Il est bien évidemment et tristement connue que ce sont les femmes qui souffrent de cette déliquescence de l'autorité et de la reconnaissance. Le "prof" n'est plus qu'un ennemi qui ne doit pas s'opposer à la toute puissance de l'individu roi.
Là aussi, il s'agit d'un "viol" physique et moral. Il n'y a pas que dans le milieu du showbiz et dans celui de la politique que la violence a pris le pas.
Il faudra attendre combien de temps pour voir dans la presse le récit d'une femme enseignante violée dans sa classe par une bande de déglingués qui n'avaient rien à faire dans une école.
Je hais ces pédagos politiciens financiers qui ont plongé ce monde humain dans la désolation des âmes noires.
Professeur de lycée giflée ou la décomposition française
FIGAROVOX/TRIBUNE - Une enseignante a été giflée par un élève dans un lycée professionnel de Gagny, mardi 10 octobre. La scène, filmée par un élève, a été diffusée sur les réseaux sociaux. Barbara Lefebvre, qui a enseigné en banlieue, revient sur cette agression.
Il y a quelques jours, dans un lycée professionnel de Gagny, une enseignante était molestée par un élève qui, l'ayant acculée contre le tableau, lui avait asséné une gifle, pendant qu'un autre filmait et que des rires gras résonnaient dans la classe, constituant la désolante bande-son de cette courte vidéo.
Cet événement aurait dû rester inconnu de tous, comme tant d'autres violences physiques et psychologiques déployées dans nos établissements de l'école élémentaire au lycée.
Les experts en violences scolaires expliqueront qu'il s'agit d'un fait marginal, que les médias focalisent sur ces actes isolés à des fins idéologiques indignes de la noble mission de l'Ecole.
Bien sûr, des experts en violences scolaires expliqueront qu'il s'agit d'un fait marginal, que les médias - et les néo réacs qui gangrènent la société - focalisent sur ces actes isolés à des fins idéologiques indignes de la noble mission de l'école de la République.
Ces experts sont formels: il ne faut surtout pas répondre à la violence scolaire par un «discours sécuritaire». Tout est pédagogie, médiation, travail sur soi… Il paraît en effet que l'immense majorité des élèves sont heureux d'aller à l'école. Circulez.
Quant à ces vieux barbons de profs qui témoignent quasi unanimement, dans les enquêtes de ces mêmes experts , d'un climat scolaire de plus en plus dégradé, il faut leur faire admettre que tout cela ne relève en rien de la crise de l'éducation dont Hannah Arendt avait analysée les contours dès 1954.
Encore et toujours, c'est la «violence institutionnelle» qui est tenue pour responsable de la crise de l'éducation, c'est la structure bureaucratique et pyramidale de notre Ecole qui génère ces dysfonctionnements créateurs de violences... Les élèves, l'éducation familiale n'y sont pour rien, ce sont des victimes du système, eux aussi. Circulez.
Les transformations culturelles subies par l'Homo democraticus postmoderne atomisé par la mondialisation et la métropolisation n'ont rien à voir là-dedans non plus.
Le lycéen qui se croit autorisé à frapper son enseignante (l'aurait-il fait s'il s'était agi d'un enseignant …) révèle
Le lycéen qui se croit autorisé à frapper son enseignante révèle l'état de déréliction du corps social où toutes formes d'autorité et de hiérarchie ont été déconstruites par le gauchisme de salon.
l'état de déréliction du corps social où toutes formes d'autorité légitime et de hiérarchie ont été déconstruites avec minutie et délectation par le gauchisme de salon depuis cinquante ans.
On ne dira jamais à quel point l'acculturation qui sévit dans notre société a été l'arme de destruction massive de nos civilités et de notre morale civique. Sur ce désert culturel ont poussé des plantes toxiques. Cette acculturation s'est traduite depuis presque trois décennies par une montée ininterrompue des violences dans l'école (et logiquement au-delà).
Violences entre élèves, violences envers les adultes. Certaines de ces violences trouvent leur origine et leur expression dès la petite enfance. Mais le déni continue. Le réel est réduit à rien ou presque rien, il est donc le signe du Rien.
Les enseignants démissionnent en plus grand nombre chaque année, la plupart d'entre eux n'iront plus au bout de leur carrière et se réorientent au bout de dix ou vingt ans, alors qu'ils devaient tenir presque quarante ans ; on baisse le niveau des concours pour recruter. Mais tout va bien! C'est pourtant le déracinement de tout ce qui bâtit une culture commune qui a lentement mais sûrement conduit à une dégradation généralisée du climat scolaire dans nos écoles.
Sans la littérature française d'abord, la rigueur d'une syntaxe et d'une grammaire appuyée sur l'enseignement des lettres classiques ensuite, sans l'histoire enfin, il n'y a pas d'identité commune sur quoi fonder une cohésion sociétale a minima.
Les quartiers de l'éducation prioritaire sont loin d'être les seuls concernés par les ravages de l'acculturation et des violences induites. Presque partout, on cherche à y échapper.
Les quartiers de l'éducation prioritaire sont loin d'être les seuls concernés par les ravages de l'acculturation et des violences induites. Presque partout, on cherche à y échapper en évitant telle école, tel collège, tel lycée. A Paris même, à quelques rues d'écart, une école peut être désertée au profit d'une autre.
Les stratégies parentales sont toujours plus complexes. Ces stratégies d'évitement ne sont pas la cause du problème, comme l'ancienne ministre de l'Education le faisait croire en culpabilisant les familles, elles sont la conséquence de la dégradation de notre école publique.
Combien ai-je entendu de parents d'élèves regretter devoir inscrire leur enfant dans le privé, ou le faire domicilier à dix kilomètres du domicile familial s'obligeant chaque jour à d'épuisants trajets. Ils estimaient que l'Education nationale n'était plus en mesure d'assurer la sécurité de leur enfant ou proposer un niveau d'instruction suffisant.
Ce déracinement culturel a commencé sous la présidence Giscard d'Estaing, le président jeune et moderne, passionné d'Europe et d'ultralibéralisme. Avec lui, ce fut le collège unique: une massification scolaire qui ne rima jamais avec la véritable démocratisation promise. Sous Giscard, les idéologues du pédagogisme furent promus «experts de l'éducation», ils ont ainsi occupé tous les postes clés, de la formation enseignante à la rédaction des programmes et aux instructions qui les accompagnaient.
Les décennies mitterrandienne puis chiraquienne auront été leur âge d'or, culminant avec le tunnel des ministères Jospin-Lang-Allègre-Bayrou de 1988 à 2002. La droite ne fut pas plus au rendez-vous: hier comme aujourd'hui, l'éducation est un non sujet pour elle. C'est sans doute pourquoi Xavier Darcos a dû souffrir rue de Grenelle, car pour lui c'était «le» sujet.
La droite ne connaît qu'une solution aux problèmes de l'école: donner aveuglément toujours plus d'autonomie aux établissements, encourager l'Ecole privée, réduire les effectifs (sauf pour les ZEP qui continuent de bénéficier d'une politique de discrimination positive ruineuse pour les contribuables et sans efficacité pour les publics concernés).
Le ministère a été contraint de s'exprimer sur l'affaire de Gagny. Cela a été fait sobrement, inutile de faire de grands discours. L'Education nationale a dû réagir depuis le sommet de la hiérarchie uniquement parce que le cas a été révélé par la mise en ligne de cette vidéo sordide sur Snapshat et Twitter, véritables poubelles de la sociabilité postmoderne.
Mais hélas cet événement n'a rien de surprenant. Ce lycée «qu'il ne faut pas stigmatiser» comme l'institution s'évertue à le clamer, avait déjà défrayé la chronique en 2009 quand une vingtaine d'inconnus cagoulés, armés de barres de fer et de couteaux avaient fait intrusion dans l'établissement. Une douzaine d'élèves avaient été blessés lors de la rixe et une enseignante avait été légèrement blessée avec une arme blanche.
On avait lu, déjà, que ce lycée était formidable, sans histoire, que personne ne comprenait ce qui s'était passé. Des enseignants insultés, physiquement menacés, ce n'est ni rare, ni méconnu de l'institution scolaire. Des élèves harcelés, qui vont en cours la peur au ventre car leurs agresseurs sont dans l'impunité totale, depuis longtemps voire toujours, ce n'est ni rare, ni méconnu.
Quand un enseignant a « des problèmes pour gérer sa classe » comme on dit pudiquement, il trouve rarement du soutien auprès du chef d'établissement : «pas de vague».
Combien d'élèves dissimulent à leur entourage qu'ils vivent un cauchemar entre ces murs? Jusqu'au matin où ils ne peuvent plus se lever, écrasés par des douleurs psychosomatiques ou des crises de panique.
Combien d'enseignants gardent pour eux ces violences intra-muros? Certains de nos collègues, par discrétion, par honte, par peur du jugement de leurs pairs, ont décidé que les murs de leur classe serviraient aussi à enfermer leur secret.
Quand un enseignant a «des problèmes pour gérer sa classe» comme on dit pudiquement, il trouve rarement du soutien auprès du chef d'établissement qui a, en général, reçu pour consigne (implicite ou non) du rectorat ou de l'inspection académique le fameux «pas de vague».
Le soutien est plus fréquent auprès des collègues, mais il en est toujours pour accabler l'enseignant en difficulté en lui reprochant d'en faire trop, de vouloir trop bien faire...
Ainsi, cette enseignante qui avait confisqué le téléphone portable (raison pour laquelle le lycéen lui aurait asséné la violente gifle) a fait preuve d'autorité, elle voulait incarner le respect de la règle commune. Certains enseignants penseront qu'elle aurait dû fermer les yeux, laisser l'élève envoyer ses texto tranquillement ou supporter la sonnerie intempestive de cet objet qui devrait être interdit dans tous les établissements.
Il y a encore une décennie, des millions d'élèves allaient à l'école sans posséder de téléphone. Des millions de parents pouvaient supporter l'idée que leur enfant ne serait pas traçable pendant les sept ou huit heures où ils l'avaient confié à l'institution scolaire! Cet objet est devenu une obligation sociale, une addiction généralisée qui invente des sociabilités, permet les délations, encourage tout à la fois le voyeurisme et le flicage.
Le smartphone n'a pourtant rien à faire dans l'espace scolaire. Et cette enseignante a eu raison de le confisquer à l'élève.
En cherchant à faire respecter la règle, cette enseignante a osé faire ce que tant d'autres ne font plus, soit qu'ils sont accablés par la tâche, soit qu'ils sont devenus les complices des élèves.
C'est aussi par cet objet que son agression fut connue. Peut-être a-t-elle vécu cette publicité comme une humiliation? Mais en cherchant à faire respecter la règle et aussi une forme de common decency, elle a osé faire ce que tant d'autres ne font plus, soit qu'ils sont accablés par la tâche, soit qu'ils sont devenus les complices des élèves qu'ils considèrent comme leurs égaux.
Pour ces enseignants-là, l'acte d'éduquer ne relève plus d'aucune forme de verticalité, ne répond plus à aucun ordre hiérarchique.
Cette horizontalité pédagogique qu'on a cherché à imposer depuis plusieurs décennies ce n'est pas le calme plat, la paix perpétuelle de l'illusion égalitaire. C'est au contraire la mise en équivalence de toutes les passions, de toutes les impulsivités, de toutes les revendications individuelles au nom d'un «droit à» auquel personne ne veut déroger au profit du bien commun.
La passion de l'égalité en oubliant la transmission d'une culture exigeante pour tous aura décidément conduit l'Ecole de la République dans l'impasse.
7 raisons pour lesquelles tant d’hommes ne comprennent pas le consentement sexuel
Je vous propose aujourd’hui la traduction d’un article écrit par David Wong le 3 novembre 2016 sur Cracked.com. L’article original est ici. Il détaille des mécanismes qui incitent les hommes à ne pas prendre en compte le consentement des femmes en matière de sexualité (ce qu’on appelle la culture du viol). Je le trouve clair et bien illustré par des exemples de culture populaire très connus.
Comme toujours, n’hésitez pas à commenter si vous avez des remarques à faire sur le fond ou la forme (la traduction, la grammaire et l’orthographe…).
La phrase suivante est vraie quel que soit le moment où vous la lirez : « Un homme célèbre a récemment été accusé de faire des choses sexuelles à une (ou plusieurs) femme(s) sans leur consentement. » Lors de l’écriture de ces lignes, c’était le scandale du « tripotage » par un politicien, mais la prochaine fois ce seront des photos de bite non désirées qu’un homme de pouvoir aura envoyées à une stagiaire, ou la diffusion de photos volées d’une actrice, ou la mise en cause d’un athlète célèbre par une femme dont les accusations seront restées lettre morte auprès de la police. D’ailleurs, je parie qu’il n’y a pas une seule femme lisant ces lignes qui n’a pas été victime de ce genre d’agissements.
Eh bien, il y a une chose que vous devez savoir : depuis ma naissance, on m’apprend que c’est exactement ce comportement que les femmes désirent.
Nous continuons à enseigner cela aux garçons, tous les jours. Voilà à quoi ressemble la table des matières de cette leçon :
7 — « Imposer son désir aux femmes les fait tomber amoureuses »
Vous vous souvenez à quel point tout le monde trouvait génial qu’ils aient choisi une femme pour le premier rôle dans The Force Awakens, parce que c’est une bonne chose que les petites filles aient des modèles ?
Donc nous sommes bien d’accord que les héros de culture pop influencent les jeunes, n’est-ce pas ? C’est pour cela que la diversité dans les castings est aussi importante, n’est-ce pas?
Très bien, voici la première leçon que j’ai reçue sur le consentement sexuel. J’avais 6 ans. Mon héros et modèle pour la vie, Han Solo, s’approche d’une femme qui lui a dit à chaque occasion possible qu’elle n’était pas intéressée. Han arrive par derrière et colle son corps contre le sien. C’est une femme forte, une combattante, donc elle le repousse physiquement…
Pas le moins découragé du monde, Han s’approche à nouveau, prend ses mains, et commence à les carresser. Elle dit « Arrêtez ça », l’air stressée. Alors qu’il continue, elle le dit clairement une seconde fois. Il ne s’arrête toujours pas. Une musique romantique démarre…
Cet échange suit :
Han: De quoi avez-vous peur ?
Leia: Peur ?
Han: Vous tremblez.
Leia: Je ne tremble pas.
Han: Vous m’aimez parce que je suis un vaurien. Il n’y a pas assez de vauriens dans votre vie.
Leia: Il se trouve que j’aime les hommes gentils.
Han: Je suis un homme gentil.
Leia: Pas du tout, vous…
Et il l’embrasse. Note : la tête de Leia est coincée contre un mur métallique…
…et tout cela arrive dans un vaisseau étanche naviguant dans le vide glacial de l’espace. Même si elle voulait partir, elle ne pourrait pas (à cause des implications). La conséquence de cette interaction est qu’elle tombe amoureuse de cet homme et qu’ils passent le reste de leur vie ensemble.
Bonjour, je suis David Wong, et j’ai réalisé une expérience de 40 ans sur les attitudes toxiques des hommes envers les femmes, simplement en vivant ma vie avec un bon nombre de ces attitudes à l’interieur de mon crâne.
À cause de mon âge canonique, la référence cinématographique ci-dessus date de l’époque ancestrale des années 80. La société a bien progressé depuis. Hé, ai-je précisé que lorsque j’ai trouvé ce clip sur Youtube, la publicité en-dessous était pour le « Costume d’esclave sexy de Princesse Leia » ?
Sexy.
Esclave.
Tout le monde a compris, non ? Le fantasme ne vient pas du fait qu’elle est dénudée, le fantasme vient du fait qu’elle n’a pas choisi de porter ça. C’est une princesse, de sang royal, c’est une noble guerrière… et maintenant nous allons nous masturber en pensant à elle portant un costume très léger et humiliant qu’on l’a forcée à porter, probablement sous la menace de mort par Rancor.
En fait, plutôt que de faire l’inventaire des milliers d’exemples de la technique de séduction « Agresse-les jusqu’à ce qu’elles tombent amoureuses », je vais prouver à quel point ce truc est répandu en faisant une liste d’exemples uniquement à partir de la filmographie d’Harrison Ford:
Dans Blade Runner (1982), il pousse une femme (ou une répliquante) contre un mur après sa tentative de quitter la pièce, et ensuite la force à dire « embrasse-moi ». Elle a l’air terrifiée jusqu’à ce qu’ils commencent un rapport sexuel.
Sur combien de femmes est-ce qu’Indy s’est entraîné pour ne pas réduire son torse en lambeaux ?
Dans Indiana Jones et la dernière croisade (1989), il embrasse de force, la femme le repousse en disant « Comment ose-tu m’embrasser ? », puis l’embrasse à nouveau, passionnément.
Longtemps avant que j’ai l’âge de sortir avec des filles ou même que j’aie des amies, les choses ont été rendues très claires : dans toutes les relations, les hommes sont des prédateurs et les femmes sont des proies. Leurs expressions de peur et de rejet — y compris les attaques physiques de défense — sont un jeu de dupes qu’il faut vaincre, comme un fermoir difficile sur un soutien-gorge.
6 — « Demander la permission est un signe de faiblesse »
Si vous vous posez la question, non, je n’ai jamais de ma vie tripoté une femme qui ne m’avait pas tripoté avant. Ce n’est pas parce que j’étais un gentleman qui faisait attention au consentement. Si vous m’aviez coincé au lycée et que vous m’aviez demandé pourquoi je n’avais pas tout simplement choppé une fille dans une soirée et fait en sorte qu’elle m’embrasse, j’aurais répondu que c’était parce que je n’étais pas assez cool, ou assez beau mec. « Il faudrait que je perde du poids et que j’entre dans l’équipe de foot pour faire un truc comme ça ! » On m’a dit, voyez-vous, que ceux qui attendent d’avoir la permission sont les mauviettes, les peureux, les nazes.
Ça m’a été dit à la fois par les personnes dans ma vie et par les nombreux films et séries que je regardais à ce moment-là. Voilà une copie d’écran d’une série de l’époque où une fille dit « Il n’y a rien de moins sexy qu’un mec qui demande si il peut t’embrasser ».
Et quand je disais que cette série passait « à l’époque », bien sûr je parle de la putain d’année 2012. C’est extrait d’un épisode de New Girl. Pour chaque message public d’information disant « Non c’est non », j’ai vu, allez, environ 10 000 messages disant ou impliquant qu’il n’y a rien de plus sexy qu’un mec qui n’attend pas le consentement.
Bien sûr, je comprends ce que les actrices jouant les mots de certains auteurs masculins tentaient de dire ici : que les filles aiment les mecs qui sont suffisamment attentifs pour savoir ce qu’elles veulent avant qu’elles ne le disent. Elle ne devrait pas avoir besoin de lui dire pourquoi elle lui fait la tête, ou ce qu’elle veut pour son anniversaire, ou si elle est prête pour la prochaine étape. L’intelligence émotionnelle est sexy et il n’y a rien de plus sexy qu’un mec qui tient suffisamment à elle pour faire attention aux subtils détails.
Vous savez, comme Han Solo qui savait que Leia voulait secrètement qu’il la bloque dans un coin et l’embrasse de force. Comme sa capacité à détecter que tous ses rejets préalables et sa froideur étaient en fait un test pour vérifier qu’il pouvait voir à travers la façade.
Pas vrai ?
5 — « Les femmes aiment être conquises, et font donc toujours semblant d’être inaccessibles »
Si vous reveniez dans le temps et me retrouviez à l’âge où je me suis rendu compte que je ne savais absolument rien (20 ans) et m’aviez demandé d’expliquer les rôles genrés, voici ce que je vous aurais répondu :
Dans ce monde moderne, la qualité de vie d’une femme est immensément dépendante du type d’homme qu’elle peut attirer : une femme mariée à un homme compétent va tout simplement avoir un confort de vie supérieur, point. Sa valeur personnelle est donc largement fondée sur son attractivité pour les hommes, et sur le nombre d’hommes cherchant à la conquérir à chaque moment. Le besoin d’avoir plus de prétendants est dû à la loi de l’offre et de la demande. C’est dans son intérêt de créer de la compétition en attirant autant d’hommes que possible, puis en rendant difficile l’accès à son attention pour chacun d’entre eux.
Les femmes gagnent donc en puissance par le rejet des hommes, et ces rejets n’ont rien à voir avec ce qu’elles ressentent vraiment.
Hmm, tu as raison. Mon absence d’intérêt émotionnel, physique et mental pour toi était une excuse. Baise-moi. Baise-moi maintenant !
Tout ça, j’aurais dit, est aussi la raison pour laquelle la plupart du « slut-shaming » (NdT: culpabiliser les femmes pour leur désirs ou activité sexuelle) vient d’autres femmes. Si une femme saute dans le lit de n’importe quel homme, ça fait baisser la valeur de l’attention et de la disponibilité sexuelle féminine pour toutes les femmes. Le prix de l’essence baisserait plutôt vite si un fournisseur commençait à le donner gratuitement. Donc, comme l’OPEP, les femmes s’accordent culturellement pour garder élevé le prix des relations sexuelles et sentimentales en les rendant artificiellement difficiles à acquérir. C’est pour ça que les proches riches et nobles de la princesse Leia désapprouveraient qu’elle écarte les cuisses pour un « vaurien ».
Han Solo est un héros précisément parce qu’il voit à travers cette mascarade, et sait exactement comment dépasser ces barrières. Les facteurs principaux d’attractivité chez les hommes sont la force physique et l’agressivité, et il sait que la résistance feinte de Leia est un test de ces attributs. Vous pouvez voir la même suite dans chacun des clips en lien ci-dessus : la femme se bat, l’homme montre sa supériorité physique, la femme reconnaît sa valeur en tant que partenaire et abandonne volontairement. « Tu as prouvé que tu es assez fort pour m’avoir ».
Et bordel, c’est exactement comme ça que ça marchait au bon vieux temps, quand les hommes étaient des hommes et les femmes étaient des femmes ! Comme dans cette célèbre photo de la Libération, dans laquelle le combattant héroïque fête la fin de la guerre en embrassant la première belle jeune femme qu’il voit !
U-S-A ! U-S-A !
Attendez, vous saviez qu’ils ne se connaissaient pas, non ? Maintenant regardez cette photo prise une fraction de seconde avant. Vous voyez comme elle fait bien semblant de ne pas vouloir ? Wow, quelle bonne actrice !
Ha, son petit poing fermé est tellement mignon ! Et regardez tous les sourires approbateurs de la foule derrière eux : hommes et femmes, tous bien d’accord qu’ils passent un bon moment.
4 — « Tout ce que fait une femme a pour but d’allumer la faim masculine »
Voici le premier magazine porno que j’ai possédé :
C’était ce numéro précis. C’est Kathy Ireland. Mon dieu, ces yeux.
Il n’y avait pas Internet dans les années 80, et c’était trop risqué de posséder du vrai porno quand on était un gamin du Midwest. Voilà le génie de l’édition spéciale « Maillots de bain » de Sports Illustrated : ça donnait à l’Amérique moyenne un truc sur lequel se masturber sous couvert de lire un sujet sportif. Tout le monde savait ce qui se tramait, évidemment. Dans bon nombre de photos, au moins une partie du maillot de bain était manquant, la femme couvrant ses seins nus avec ses mains, mimant un baiser faussement timide à l’objectif. Peut-être un pouce glissé dans le côté de la culotte du bikini, comme si elle s’apprêtait à l’enlever.
De la même façon, quand des femmes en bikini apparaissaient à l’écran, elles n’existaient que comme objet masturbatoire pour les garçons adolescents de l’assistance. Littéralement toutes les images d’une femme en bikini que j’ai pu voir en dehors du catalogue de maillots de bain étaient présentées ainsi, comme un truc sur lequel baver.
Un truc qu’on ne pouvait pas avoir.
Allumant notre appétit, faisant la publicité d’un produit.
Et maintenant, vous savez de quel produit on parle, n’est-ce pas ?
Vous pouvez continuer à regarder ce GIF en boucle, ça n’arrivera pas.
Donc après avoir vécu ma vie entière dans l’idée claire que c’est une tenue que les femmes portent pour que les hommes aient envie d’éjaculer, à votre avis quelles sont les pensées qui ont traversé mon jeune esprit stupide quand j’ai été à la plage et que j’ai vu de vraies femmes porter la même chose ? Est-ce que vous pensez que j’ai pu les voir en tant qu’être humains plutôt qu’en tant que manipulatrices sournoises ?
La réaction complètement rationnelle de n’importe quelle femme sur la plage serait « Je ne le porte pas pour toi, pervers, je le porte parce que je me baigne, et c’est un maillot de bain ! Tu voudrais que je porte quoi, une tenue de ski ? »
Il n’y a pas de bonne réponse. Tout le monde devrait pouvoir porter ce qu’il veut, mais ne pas comprendre les pensées lubriques qui traversent l’esprit des hommes avoisinants, c’est ignorer le contexte culturel dans lequel ils ont grandi. Elle donne à sa tenue a un sens précis, pendant qu’à peu près 100% des posters, magazines, films, séries, chansons, clips, panneaux publicitaires, jeux vidéos, poèmes, romans, etc en donnent un autre.
Bien sûr que les hommes peuvent contrôler la façon dont ils agissent à la vue de la tenue, mais il ne peuvent pas contrôler ce qu’ils ressentent : ça a été programmé comme une réaction physique involontaire, comme un déclencheur hormonal. Grâce à une vie entière d’entraînement culturel, le bikini est la cloche qui fait saliver le chien.
Si vous ne pouviez pas voir le nom du magazine, à votre avis lequel des deux est porno ?
Maintenant, reliez ça à la croyance répandue selon laquelle les femmes cherchent à nous attirer en faisant semblant qu’elles ne veulent pas de nous. La réponse « Je ne porte ce maillot que pour me baigner » est-elle autre chose qu’un élément stratégique de ce faux-semblant ?
Cela dit, rendez-vous bien compte qu’il n’y a pas que les bikinis qu’on a fétichisé. Il y a un « subreddit » (NdT: forum de discussion spécialisé) porno entier qui ne contient rien d’autre que des filles en leggings. En voilà un sur les filles avec des lunettes. Allez faire une recherche sur Google Image avec la phrase « écolière », vous tomberez sur tout un tas de photos fétichisées, et de temps en temps, de vraies photos d’enfants.
C’est pour cela qu’aucune statistique sur la quantité d’agressions sexuelles ne pourra me surprendre. Et notez que j’utilise une définition du terme qui inclus les mains aux fesses (ou aux seins). Mais quand j’ai grandi, on m’a dit…
3 — « Aggression sexuelle = mec dans une ruelle sombre avec un couteau »
Soyons clairs : pendant mes jeunes années, on m’a bien appris et répété que le viol c’est mal. Mais la définition du « viol », c’était un homme avec une cagoule dans une ruelle sombre qui abuse d’une inconnue sous la menace de violences. Le « viol de rendez-vous » ( « date rape » ) était bien un terme que j’avais déjà entendu, mais c’était soit quand un mec droguait une femme soit quand il la violentait physiquement : le genre de situations dont elle sortait avec une lèvre ensanglantée et des habits déchirés. Si vous m’aviez demandé de définir le « viol de rendez-vous » à l’époque, j’aurais dit : « c’est comme ce que James Bond fait à Pussy Galore, enfin si c’est pas un beau mec ».
Si quelqu’un avait dit à mon moi adolescent que « tripoter » une femme ou embrasser de force était une forme d’agression sexuelle, j’aurais été perdu. « Vous venez d’accuser la plupart des héros de films d’action de mon enfance d’être des violeurs en série ! Et si ça la fait tomber amoureuse de lui ? »
Jamais, de toutes les années où j’étais à l’école, on ne m’a appris qu’il fallait attendre le consentement verbal avant de toucher une femme. J’ai vu le quarterback (NdT: poste au football américain) de l’équipe de football mettre des claques sur les fesses des filles, j’ai vu des mecs passer leurs bras autour du corps des filles par derrière et attraper leur seins pour faire des blagues, j’ai vu du gui accroché au dessus des portes et on m’a dit que si j’étais en dessous avec une fille, elle était obligée de m’embrasser. Une fois quand on jouait au volley-ball sur la plage, un beau gosse a détaché le haut du bikini d’une fille par surprise.
Encore une fois, moi je n’ai jamais rien fait de tout cela. Pas parce que c’était mal, mais parce que j’avais trop peur.
Je me détestais à cause de ça.
Est-ce que je l’ai déjà mentionné ? À quel point j’avais honte à l’époque de ne pas être un « vrai mec » ?
2 — « Tout rapport sexuel en dehors du mariage (hétérosexuel) est mal »
Je crois que notre société a besoin qu'on attire son attention là-dessus. En tant que responsable d'une fourrière, je vais partager quelque chose avec vous... un regard de l'intérieur, si vous me le permettez.
Tout d'abord, tous les vendeurs/éleveurs d'animaux devraient travailler au moins UN JOUR dans une fourrière.
Peut-être qu'en voyant ces regards tristes, perdus... les yeux troublés, vous changeriez d'avis sur l'élevage et la vente à des personnes que vous ne connaissez même pas.
Ce chiot que vous venez de vendre finira probablement dans ma fourrière quand il ne sera plus une jolie boule de poils.
Alors... comment vous sentiriez-vous si vous saviez qu'il y a 90% de chances que ce chien ne sorte jamais de la fourrière s'il y arrive seulement ? Qu'il soit de race ou non. 50% des chiens qui entrent dans mon centre, abandonnés ou venant de la rue, sont de race pure...
Les excuses les plus fréquentes que j'entend sont :
-“Nous déménageons et nous ne pouvons pas emmener notre chat/chien”.
Vraiment ? Où déménagez vous pour ne pas pouvoir prendre d'animal et pourquoi avoir choisi cet endroit et pas un autre où vous pourriez le garder ?
-“Le chien est devenu plus grand qu'on pensait”. Et quelle taille croyiez-vous qu'un Berger allemand avait ?!
-“Je n'ai pas de temps pour m'en occuper” - C'est vrai ? Je travaille 10 ou 12 heures par jour et j'arrive quand même à trouver du temps pour mes 6 chiens.
-“Il nous abîme toute la cour” - Pourquoi ne le prenez vous pas à l'intérieur avec vous ?
On me dit toujours “Pas la peine d'insister pour lui trouver un foyer, nous savons qu'il sera adopté, c'est un bon chien”
Ce qui est triste c'est que votre animal ne sera PAS adopté.... et savez-vous combien une fourrière est stressante ?
Laissez-moi vous raconter :
L'animal a 72 heures pour trouver une nouvelle famille à partir du moment où vous la laissez. Parfois un peu plus si la fourrière n'est pas pleine et arrive à se débrouiller pour le garder en parfaite santé.
S'il prend froid, il meurt.
Il sera confiné dans une petite cage, entourré des aboiements et des pleurs de 25 autres.
Il devra se débrouiller seul pour manger et dormir.
Il sera déprimé et pleurera constamment sur la famille qui l'a abandonné.
S'il a de la chance, et si j'ai assez de bénévoles, il pourra être sorti de temps en temps.
Sinon, il ne recevra aucune attention, sauf une assiette de nourriture glissée sous la porte de la cage et quelques giclées d'eau.
Si le chien est grand, noir ou d'une race "bull" (pitbull, mastin…), vous l'avez conduit à la mort du moment qu'il a passé la porte. Ces chiens ne sont généralement pas adoptés. Peu importe qu'il soit "doux" ou "dressé"...
Si le chien n'est pas adopté dans les 72 heures suivant son entrée et que le refuge est plein, il sera sacrifié.
Si le refuge n'est pas plein et que le chien est suffisamment gentil et d'une race attractive, il est possible que son exécution soit repoussée, mais pas pour longtemps.
La plupart des chiens sont mis en cages de protection et sont sacrifiés s'ils montrent la moindre agressivité.
Même le chien le plus calme est capable de changer dans un tel environnement.
Si votre chien est contaminé par la toux du chenil (traquéobronchite infectieuse canine) ou toute autre infection respiratoire, il sera sacrifié immédiatement, simplement parce que les fourrières n'ont pas les moyens de payer des traitements à 150 euros.
Et voici quelque chose sur l'euthanasie pour ceux qui n'ont jamais été témoins de comment un animal parfaitement sain sera sacrifié :
En premier lieu, il sera sorti de sa cage en laisse.
Les chiens pensent toujours qu'ils vont se promener, ils sortent heureux, remuant la queue... jusqu'à ce qu'ils arrivent à la "chambre", là ils freinent tous des 4 pattes.
Ils doivent sentir ou capter la mort ou sentir les âmes tristes qui ont été laissées là. C'est bizarre mais ça arrive avec tous sans exception. Le chien ou chat sera tenu par 1 ou 2 techniciens vétérinaires, en fonction de sa taille et de sa nervosité. Ensuite, un spécialiste de l'euthanasie ou un vétérinaire entamera le processus de trouver une veine dans sa patte avant et il lui injectera la dose de “substance rose”. Espérons que l'animal ne prenne pas peur en se sentant immobilisé. J'en ai vu se griffer eux-mêmes et finir couverts de leur propre sang, rendus sourds par les aboiements et les cris. Tous ne “dorment” pas immédiatement. Parfois ils sont pris de spasmes pendant un instant et se souillent. Une fois terminé, le cadavre de votre animal sera empilé comme un bout de bois, dans un grand congélateur, avec tous les autres animaux en attendant qu'on vienne les chercher comme des déchets. Qu'arrive-t-il ensuite ? Il sera incinéré ? Ils le conduisent à la décharge ? Ils le transforment en nourriture pour animaux? Vous ne le saurez jamais et vous ne vous poserez probablement jamais la question.
Ce n'était qu'un animal et vous pouvez toujours en acheter un autre, non ?
J'espère que si vous avez lu jusqu'ici, vous avez eu les yeux troublés et que vous ne pouvez pas vous sortir de la tête les images qui occupent mon esprit tous les jours quand je rentre chez moi après le travail. Je déteste mon travail, je déteste qu'il existe et je déteste savoir qu'il existera toujours à moins que vous changiez et vous rendiez compte des vies que vous gâchez, bien plus nombreuses que juste celle que vous laissez à la fourrière. Entre 9 et 11 millions d'animaux meurent quotidiennement dans les fourrières et vous êtes les seuls à pouvoir arrêter cela. Je fais tout mon possible pour sauver les vies que je peux mais les refuges (fourrières) sont toujours pleins et chaque jour il y a plus d'animaux qui
entrent que ceux qui sortent.
Je veux juste insister sur ce point : NE FAITES PAS D'ELEVAGE OU N'ACHETEZ PAS D'ANIMAUX TANT QU'IL Y EN A QUI MEURENT DANS LES FOURRIERES.
Détestez-moi si vous voulez. La vérité est douloureuse et la réalité est ce qu'elle est. J'espère juste qu'avec ce texte au moins une personne aura changé d'avis sur l'élevage et l'abandon de son animal dans une fourrière ou sur l'achat d'un chien. Espérons qu'un jour quelqu'un vienne à mon travail et me dise "j'ai lu cela et je veux adopter". Ca vaudrait la peine. Si vous voulez que la situation change, renvoyez ce texte à tous vos contacts.
La quête du féminin m’a toujours accompagné. Je ne parle pas seulement du désir charnel, mais du besoin de l’amitié, de l’affection des femmes.
Je crois à la nécessité d’en finir avec cette exaltation du masculin, entendu comme la volonté de puissance, l’agressivité, la domination. Je me sens profondément blessé par la subordination universelle de la femme. Combien d’hommes sont capables de s’assumer sans celles qu’ils jugent inférieures? Combien de filles n’ont pas accès à l’éducation? Combien d’épouses sont encore opprimées ou battues? Je suis déconcerté que tant de vies puissent naître de cette rencontre violente entre le masculin et le féminin. Les familles, les sociétés qui en résultent, ne peuvent que connaître un profond déséquilibre. Dans la nature, les deux sexes sont indispensables à la création. Le féminin l’est peut-être même davantage.
Lorsque j’étais éleveur, il y avait dans mon troupeau un bouc pour trente bêtes. Une fois qu’il avait fait son office, il pouvait disparaître sans que cela affecte nullement la vie des petits qui, en revanche, n’auraient pas survécu sans leur mère. J’ai toujours été un peu jaloux de cet état de fait. Comment, devant le miracle de la procréation, ne pas se sentir… un peu surnuméraire ? J’aurais tellement aimé vivre cette expérience fantastique de porter un enfant. C’est sans doute cette jalousie fondamentale qui engendre la violence chez tant d’hommes. Leur peur, fantasmée, de ne pas être indispensables. Même dans les pays les plus égalitaires, il nous faut corriger l’injustice et l’arbitraire, rééquilibrer le désir de conquête par l’instinct de protection de la vie. Je ne dis pas que l’un est masculin et l’autre féminin. Je crois à la présence de ces deux forces en chacun de nous. Je suis tout aussi révolté par ces discours qui mutilent les hommes en leur interdisant de pleurer, que par ceux qui prétendent réduire la féminité à la seule maternité. Il nous faut retrouver le sens de notre complémentarité. Entre nous, et en chacun de nous.
L'OBJECTIF DU PROJET "ETINCELLES" EST DE PERMETTRE LA VENTE DES 2.000 LIVRES AFIN DE POUVOIR RACHETER 100 HECTARES DE TERRES KOGIS. UN GRAND MERCI A VOUS POUR VOS CONTRIBUTIONS ! CETTE SOUSCRIPTION ETANT TERMINÉE, LES PRÉ-COMMANDES SONT MAINTENANT POSSIBLES SUR...
Un beau livre artistique original collector (260 pages, 200 photos, impression écologique) réalisé bénévolement par un auteur, Christophe Chenebault, accompagné d'un collectif de 40 photographes - dont YANN ARTHUS-BERTRAND et REZA - sous la direction artistique de Cécile Bourdais, et tiré à 2.000 exemplaires numérotés, au profit intégral du peuple premier les Indiens KOGIS et de l'association TCHENDUKUA (www.tchendukua.com) afin de contribuer à racheter 100 HECTARES de terres sacrées dans la Sierra Nevada de Colombie.
Car rendre la Terre à ses gardiens, c'est réveiller nos Etincelles…
POUR L'AVENIR DE LA PLANETE ET DE L'HUMANITE, ET PARCE QU'EN FINAL LA CAUSE DES INDIENS KOGIS EST NOTRE CAUSE... CONTRIBUONS ENSEMBLE AVEC CE LIVRE A SAUVER LE "COEUR DU MONDE" !
Pour les derniers 12.000 Kogis, repliés dans les hautes vallées de la Sierra Nevada de Santa Marta, en Colombie, perdre leur terre, c'est perdre leur culture. Pour nous, c'est la mort d'une mémoire et d'un savoir irremplaçable.
"La Sierra Nevada est un lieu sacré, c'est le Coeur du monde. De sa protection dépend le destin de la planète. Si le coeur devait mourir, la vie serait condamnée à disparaître." Marcello Nolavita (mamu Kogi)
"Lorsque vous nous rendez de la terre, vous ne nous rendez pas seulement des terres pour que nous puissions cultiver, vous nous rendez aussi des lieux sacrés, les sites de nos ancêtres où l’on peut faire notre travail traditionnel pour protéger les choses." Message des Kogis
Cette chance unique, jamais encore réalisée : “rendre une vallée” à leurs propriétaires d’origine, par les “peuples développés” qui ont toujours fait l’inverse.
Cette vallée, terre ancestrale des Indiens Kogis, contient une multitude de sites sacrés. Sa biodiversité remarquable (dont 500 hectares de forêt tropicale) comporte 35 % des espèces d’oiseaux nationaux et 7 % des “espèces vivantes” sur la planète. Sa position lui confère le rôle de château d’eau pour tous les habitants de la région. Malheureusement la déforestation atteint maintenant 72 % de sa surface.
Le rachat de cette vallée de 600 hectares constitue l’opportunité de sécuriser l’avenir du peuple Kogi, en le protégeant notamment face au développement du tourisme, en lui redonnant accès aux sources d’eau et aux ressources naturelles et en permettant la reforestation et régénération naturelle des sols.
"Au fil de mes trente ans de reportage sur les routes du monde, je suis devenu correspondant de paix et ai cherché à témoigner de la petite lueur dans le regard des survivants. J'ai croisé nombre de femmes, d'hommes et d'enfants, dont la guerre ou les catastrophes naturelles avaient détruit les terres, première richesse qui devait nourrir leurs familles. Jour après jour, ils effectuaient en silence le labeur quotidien pour restaurer le cycle des saisons et de la vie. Ces destins croisés m'ont amené à comprendre que quelle que soit la culture, l'histoire ou la région, la terre est intimement liée à l'âme des peuples. Je suis persuadé qu'en accompagnant les indiens Kogis à acquérir des terres, l'association Tchendukua panse les blessures de leurs âmes et participe à cultiver la dignité silencieuse que mes photographies tentent de montrer." Reza - Plus sur www.rezaphotography.org
Un collectif de 40 artistes-photographes qui soutiennent le projet ETINCELLES en mettant gracieusement à disposition du livre une ou plusieurs photos. Merci à eux pour cette contribution et pour leurs talents !
Egrenant les pages de ce livre, des "étincelles de vie" portent par les mots et les pensées une énergie mystérieuse et tissent dans l'air du temps une toile de sens, de beauté, de poésie, de nature, de sérénité, ou encore de vérité :
"Un sourire est un paradis", "Ecoute la nature, elle te parle", " Pour mieux voir, fermons les yeux", "Le droit chemin est le chemin de traverse", "Nos rêves sont nos vérités", "Accepter l’inconnu, c’est trouver son monde", "Les humeurs hument les heures", "Etre sage, c'est regarder la Terre d'en haut", "Ayez le gêne heureux !", "Qui s'aime, sème...", "Le silence éveille les sens", "Etre ou Pare-Etre ?"...
Et ces phrases, écrites par Christophe Chenebault et donc issues d'une vision inspirée de notre culture occidentale, se prennent à dialoguer - à danser parfois - avec la pensée traditionnelle des Indiens Kogis, commepour nous rappeler que l'humanité est universelle dans sa diversité.
La force de l’image, quant à elle, nous transporte sans crier gare vers notre imaginaire le plus intime, captée par l’œil du photographe, cette magie des temps actuels.
Le tout nous proposant un voyage vers soi, vers l'autre, vers notre propre nature, vers d'autres cultures. Une aventure silencieuse et intérieure dans l'instant présent.
A quoi va servir le financement ?
APRES 1 AN DE PRÉPARATION, L'OBJECTIF DE CETTE SOUSCRIPTION EST DE PERMETTRE DE FINANCER L'IMPRESSION ET DE PRÉ-VENDRE AUTANT DE LIVRES QUE POSSIBLE, AINSI LA VENTE DES 2.000 LIVRES PERMETTRA LE RACHAT DE 100 HECTARES DE TERRES KOGIS !
Le livre en format papier vous sera envoyé début septembre 2014 (le format numérique en juin 2014), de quoi vous faire un beau cadeau inspirant et préparer les futurs cadeaux de Noël de vos proches.
Le prix du livre papier est de 50 euros, dont 10 euros de frais d'impression-fabrication et 8 euros de frais de port (France), le reste des bénéfices (40 euros) est destiné au rachat de terres par l’association Tchendukua puis leurs restitutions aux indiens kogis.
Après la souscription ULULE, le livre sera disponible en vente directe sur www.tchendukua.com mais les cadeaux offerts avec le livre ne sont disponibles qu'avec la souscription ULULE, alors réservez-le dès maintenant !
Tchendukua éditions - Langue : français - ISBN 978-2-9545694-0-6 - 260 pages quadri - Format à l'italienne : 29,1 cm x 18 cm - Impression écologique avec encres végétales et papier labellisé FSC.
Un livre disponible en 2.000 exemplaires numérotés en format papier et en format numérique(pdf).
Généreux souscripteurs, chefs d'entreprise ou autres grands comptes, il vous est également possible d'acheter des lots de livres en achat groupé. Merci de nous écrire à contact@etincelles-lelivre.orgpour plus d'informations.
Merci aux équipes de SHAMENGO (www.shamengo.com) pour la réalisation gracieuse de la vidéo de ce projet.
Elle réunit depuis 1997 celles et ceux qui souhaitent préserver un mode d’existence basé sur le respect de la nature, des autres et la recherche de l’équilibre. Elle a été fondée en France par Eric Julien, lequel s'est engagé pour les indiens Kogis après avoir été recueilli et soigné par ce peuple qui lui sauve alors la vie. Un des objectifs principaux de l’association est de restituer leurs territoires aux Indiens Kogis et d'en préserver l'environnement naturel. Déjà 18 terres en zone chaude, pour une surface totale d'environ 1500 hectares ont été restituées. Ainsi, la communauté peut se réinstaller sur des terres cultivables, re-créer des villages, poursuivre ses traditions, veiller à l'équilibre de la biodiversité. L'objectif étant de permettre aux Indiens Kogis de rester sur des terres Kogis. Plus sur : www.tchendukua.com
CHRISTOPHE CHENEBAULT
Après avoir contribué à démocratiser la culture à travers EVENE.fr, 1er site culturel français, dont il a été le fondateur, Christophe Chenebault se consacre désormais à des projets qui valorisent l’humain et la planète. Il est l'auteur du livre IMPLIQUEZ-VOUS (préfacé par Pierre Rabhi), il donne des conférences, est chroniqueur sur LEXPRESS.fr et accompagne des entrepreneurs écologiques et solidaires. Par ailleurs co-fondateur des RENCONTRES CHANGER LE MONDE, ainsi que du PRINTEMPS DE L'EDUCATION (www.printemps-education.org) pour un renouveau de l'éducation, sa conviction est que chacun peut faire la différence et qu'une nouvelle société humaniste et écologique est à co-créer ensemble. Plus sur www.impliquez-vous.com
Oui, je sais, le titre est volontairement exagéré mais on est en droit de se demander si la notion même de "mauvais état" est acceptable dans le domaine nucléaire, si des tuyaux rouillés ou des installations de secours défaillantes sont des choses "normales" ... J'aimerais être certain que les gens qui gèrent tout ça ont les compétences et les moyens pour que rien de gravissime ne survienne.
J'ai un doute.
Sécurité des centrales nucléaires : le rapport accablant d'experts mandatés par Greenpeace
Face à une possible attaque terroriste, les centrales nucléaires sont très mal protégées, soulignent les experts mandatés par l'ONG qui n'ont rendu publique qu'une version "light" de leurs travaux.
La sécurité des centrales nucléaires est une préoccupation permanente. Le sujet revient régulièrement dans l'actualité, mais pour la première fois, des experts mandatés par l'ONG Greenpeace - experts en terrorisme et chercheurs, docteurs en physique, ingénieurs - se sont penchés pendant un an et demi sur la question et ont établi un rapport que le Parisien a pu se procurer. Leur objectif était d'identifier les failles pour alerter EDF et les pouvoirs publics. Et la conclusion se révèle accablante.
"Des parois de trente centimètres". La situation est telle que les sept experts ont choisi de ne rendre publique qu'une version allégée de ce rapport pour ne pas donner, disent-ils, "des idées à des personnes mal intentionnées". Ces experts expliquent ainsi que les piscines utilisées pour refroidir le combustible sont très peu protégées, moins que les réacteurs, avec des parois très fines de seulement trente centimètres d'épaisseur, dont deux centimètres de tôle métallique. "Les piscines de refroidissement tiennent plus du hangar agricole que de l'édifice nucléaire", résume Greenpeace.
Graves rejets radioactifs. Par ailleurs, à La Hague, près de Cherbourg, dans la Manche, on trouve par exemple plus de 9.000 tonnes de combustible usé entreposées dans les piscines, soit autant que dans l'ensemble des réacteurs nucléaires. Ce combustible usé est toujours hautement radioactif et il n'y a pas de dispositif de sécurité particulier, disent les experts. Le rapport précise que si le bâtiment était endommagé par une attaque, il y aurait en quelques heures de graves rejets radioactifs. A Fukushima, explique l'un des experts français à titre de comparaison, si les piscines avaient été touchées, 14 millions d'habitants de la ville de Tokyo située à 200 kilomètres de la centrale auraient dû être évacués.
"Sortir du nucléaire" porte plainte contre la centrale de Belleville-sur-Loire
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La centrale de Belleville-sur-Loire fait l'objet d'une plainte de "Sortir du nucléaire" contre EDF.@ ALAIN JOCARD / AFP
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Le réseau d'associations a déposé vendredi une plainte contre EDF pour "exploitation du centre nucléaire de production d’électricité en violation du code de l’environnement, de la réglementation relative aux installations nucléaires de base et du code du travail".
Le réseau "Sortir du nucléaire" l'avait promis, il l'a fait. Une plainte a été déposée au tribunal de grande instance de Bourges, vendredi, contre EDF, exploitant de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire. L'association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye accuse le groupe d'"exploitation du centre nucléaire de production d’électricité en violation du code de l’environnement, de la réglementation relative aux installations nucléaires de base et du code du travail".
Une centrale sous "surveillance renforcée". La décision de porter plainte avait été prise après le placement de la centrale "sous surveillance renforcée", mi-septembre. À l'époque, le chef de la division d'Orléans de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre Boquel, avait justifié cette décision par l'observation de "problèmes dans l'organisation et dans l'entretien courant de l'installation". En revanche, il réfutait tout "état dégradé" de la centrale et estimait qu'elle ne présentait "pas de risque imminent en matière de sûreté".
Nombreux dysfonctionnements. Pas de quoi convaincre "Sortir du nucléaire", d'autant que la même ASN avait alerté, lundi dernier, sur des problèmes de rouillesur les tuyaux du système de pompage. Cette corrosion, observée sur les canalisations de 29 réacteurs français, notamment les deux de la centrale de Belleville-sur-Loire, pourrait entraîner des problèmes de refroidissement en cas d'incidents plus larges, comme un séisme. Par ailleurs, Le Parisien s'est procuré l'intégralité du rapport de l'ASN sur la centrale berrichonne, qui laisse entendre de plus amples dysfonctionnements. Ce rapport mentionne les "dégradations significatives" de pièces comme les générateurs de vapeur, mais aussi des diesels de secours. Certains plans de la centrale auraient par ailleurs été égarés, tandis que l'utilisation de la sous-traitance laisse à désirer.
Une caresse de la personne aimée a le pouvoir de réinitialiser notre âme.
C’est comme la rumeur douce d’un océan ondoyant d’agréables sensations dans notre corps, éteignant les peurs, creusant dans les recoins de l’incertitude pour fusionner les frontières entre ce qui est mien et ce qui est tien.
Car les caresses qui guérissent et les mains sages qui caressent la peau atteignent toujours l’âme.
L’art de caresser demande, avant tout, d’être de bons artisans du monde émotionnel. Car que nous le croyons ou non, cette musique des sens et des plaisirs mène la danse dans le cerveau.
C’est elle qui nous signale quelle personne a le droit de nous caresser et celle qui nous apporte le plus grand bien-être.
Les caresses, les câlins et les regards des êtres que nous aimons sont aussi nécessaires dans la vie que les racines d’un arbre. Sans elles, nous fanerions petit à petit.
Il faut savoir que dans notre ADN apparaît codifié ce besoin de contact physique, nécessaire pour survivre en tant qu’espèce.
Un nouveau né, par exemple, ne peut pas grandir sainement s’il n’est pas caressé, pris dans les bras, bercé. Et même lorsqu’on arrive à l’âge adulte, nous avons besoin de ces gestes d’affection pour renforcer le lien avec les êtres aimés.
Caresser n’est pas seulement un art destiné au plaisir physique. C’est un acte de réaffirmation et d’appartenance, un lien qui s’établit par les sens pour donner de la sécurité à notre cerveau. Nous vous invitons ici à réfléchir à cela.
La caresse quotidienne que réclame votre cerveau
Dans un article intéressant et complet, publié dans la revue Psychology Today, on définit l’amour d’une manière très précise : c’est la recherche d’une connexion sûre et enrichissante avec un autre être.
À travers ce lien, les personnes sont unies émotionnellement pour se nourrir, pour calmer les peurs et pour se protéger les uns des autres.
Tous, depuis que nous naissons, avons ce besoin de construire des relations sûres, où les démonstrations d’affection sont l’expression inéquivoque de ces sentiments.
Une caresse est donc toujours un type de langage avec un fort pouvoir capable de transcender les mots pour accéder à la peau et aux sentiments.
De cette manière, le lien se renforce et le cerveau nous gratifie d’une bonne dose d’endorphines.
Qu’arrive-t-il dans ce contexte neuronal lorsqu’il y a une carence de caresses ou une absence de contact physique avec la personne aimée ? Nous pouvons le résumer en deux idées très claires.
Quand il n’y a pas d’expressivité émotionnelle, quand un membre du couple ne reçoit pas de démonstrations d’affection, de câlins ou de caresses, une «déconnexion» se produit alors et le cerveau entre en panique.
Ce manque d’affection exprimé à travers le contact physique et les mots émotionnels provoque de la solitude et une situation complexe de stress que l’esprit comprend tout d’abord comme une menace.
Le manque de caresses est un manque de réaffirmation de l’amour. C’est un vide profond dans l’âme que le cerveau traduit sous forme de stress.
L’art de savoir caresser
À présent, nous savons que la sentinelle qui guide, éclaire le plaisir d’une caresse et la réclame comme un aliment du quotidien est bien le cerveau.
Il ne suffit pas de «toucher», il est nécessaire de savoir séduire et de réaffirmer le lien, car le contact physique qui génère du bien-être, du plaisir et de la sécurité doit être offert par quelqu’un de significatif qui, de son côté, est un bon artisan du monde émotionnel.
Parfois, quand nous caressons une peau, nous cherchons aussi à caresser le désir qui réveille notre propre désir pour l’autre personne.
La peau est un champ miné de cinq millions de terminaisons nerveuses et c’est quelque chose de fascinant car elle nous ouvre toute une carte à découvrir, à écouter et à activer.
C’est pour cela que nous sommes sûrs que vous aimerez découvrir quels sont les mécanismes capables de générer les caresses les plus agréables, celles qui réinitialisent notre âme.
La carte fascinante de notre peau se connecte à nos émotions
Le cerveau réagit d’une manière incroyable au toucher.
C’est quelque chose de si pur, d’instinctif et de presque magique qui nous fait comprendre dès l’enfance qu’un visage qui pleure peut se calmer grâce aux câlins. Que les inquiétudes s’atténuent avec les caresses et qu’une accolade sur l’épaule ou le dos nous apporte de la proximité et du souffle.
Selon un article publié dans le «Journal of Neuroscience», une caresse est comme une partition pour notre cerveau, et selon qui nous l’offre et dans quel contexte, s’en suivra une émotion, quelle qu’elle soit.
Les caresses les plus agréables offertes dans un couple, ont celles qui parcourent 1, 3 ou 10 centimètres par seconde. Un rythme subtil et parfait qui active les fameux «mécanorécepteurs», qui envoient au cerveau un message catégorique : le message du plaisir.
Le cerveau nous permet de nous «connecter» aux personnes à travers le toucher. Une caresse est aussi un détecteur émotionnel de la peur, du désir ou de la tristesse. La raison est le cortex insulaire, une région profonde du cerveau, clé dans l’univers émotionnel.
Un sujet fascinant qui nous rappelle l’importance de cette science au quotidien, dans laquelle il n’existe aucun diplômé. Le Master en caresses est quelque chose qui est à portée de main de nous tous.
Un titre du Monde , repris par tous les journaux , qui repose sur une parution de PLOS one , une revue scientifique tout à fait sérieuse .
Je me souviens que nous avions abordé le sujet lors de la visite des marais du Val d'Ocre , l'étude allemande avait déjà été mentionnée et l'alarme sonnée .
Ce sujet là me tient particulièrement à coeur:durant les 18 années que j'ai passé à St Sulpice , dans le parc protégé des "Grands murs" , j'avais pu observer le retour d'insectes que l'on n'observait plus depuis longtemps , et par conséquent , d'oiseaux et de chauves souris . La raison toute simple était que je respectais la diversité des végétaux , en toute saison .
Je vais dans un premier temps vous proposer quelques articles déjà publiés :
à La Batie Montgascon en Isère , j'avais croisé le cuivré des marais .
En complément , quelques photos des plantes qui sont nécessaires à la survie des chenilles , et malheureusement , c'est là que le bât blesse , car ce sont les plantes que NOUS n'aimons pas , vous savez :"les mauvaises herbes" !
Comment peut on imaginer être en droit de choisir ce qu'on garde et ce qu'on jette : tout est lié !
L'an dernier , j'avais publié FAUCHAGE TARDIF , des photos prises le long de la route menant au hameau .
Même sujet , abordé différemment . Parfois , sur le bord des routes , le fauchage tardif permet aux insectes de se nourrir , tout en pollinisant les plantes .
Je dis parfois , car cette année par exemple , l'été indien permettait aux insectes de butiner à tout va , mais la date des tailles fauchages broyages est passée , donc ils ont fait place nette .
Dans l'article , l'accent est mis sur les pratiques de l'agriculture intensive , et sur l'utilisation des pesticides , c'est bien évidemment l'une des raisons , et pas la moindre de ce déclin .
N'empêche que nous , pékins Lambda pouvons changer nos pratiques , sans attendre l'injonction des gouvernants ou leurs incitations .
Exemple tout simple : j'ai fait une vidéo et un article au printemps sur la vie dans mon pied de rhubarbe ,
Souvent , sous prétexte de sauvegarde du pied les jardiniers coupent les hampes florales , et bien tout ce petit monde n'est pas accueilli .
Je viens d'aller photographier mon pied de rhubarbe :
encore d'attaque!
et toujours habité !
Nous pouvons accueillir des mellifères
par exemple , la menthe des montagnes comme on peut le voir sur cette vidéo , elle est appréciée de nombreux insectes .
La voici aujourd'hui : pas coupée , pas taillée , car elle peut servir de refuge pour l'hiver .
Pour finir , une petite série de photos du jour , 19 10 2017 , prises autour de la maison .
Ce que je veux illustrer , c'est le non-agir :ne pas tout nettoyer , garder des hampes des fruits des fleurs , car les insectes sont entrain de faire leurs réserves pour l'hiver , car ils auront besoin de se trouver des refuges , car les oiseaux auront besoin de se nourrir ...
Car la vie continue , et même si son apparence nous plaît moins , il faut en préserver la continuité .
D"abord , une vue d'ensemble du jardin mal rasé , des hampes , mais aussi de l'herbe coupée
Ainsi nous avons des gendarmes ,
un amateur d'origan
un amateur de raisin .
Dans le raisin nous avons les polistes , elles ont déserté leur nid , mais je les rencontre encore deci delà .
On croise encore d'innombrables abeilles ,
dans les asters bien sûr , mais aussi dans les fleurs jaunes
j'ai remarqué qu'elles appréciaient les fleurs de cette couleurs , donc je veille à en laisser un peu partout dans le jardin .
Qui dit abeille , dit bourdon , qui dit bourdon dit trèfle :
Etes-vous de ceux qui éradiquent le trèfle de peur de marcher sur un bourdon ?
Moi non ! J'apprends aux enfants à regarder où ils mettent les pieds , et juste autour de l'entrée de la maison , je rase un peu plus .
C'est juste des compromis à faire .
Des opportunités d'observation !
Pour finir une jolie petite mouche ,
à l'honneur !
La disparition des insectes est préoccupante ...
Je crois qu'en instiguant des démarches respectueuses sur nos pas de porte , en éduquant nos enfants au respect de toute vie , en apprenant à changer notre regard, sur ce qui est Beau ou Valable ou Utile nous avons le pouvoir de créer un réel changement .C'est ce que j'ai expérimenté dans le "jardin sauvage" qui était mon lieu de travail.
Le destin d’une praticienne tantra rencontre celui d’une psychanalyste et d’un musicien…
Description
Yves Carra reçoit Margot Anand, fondatrice de la méthode Skydancing Tantra. Elle nous présentera son livre « À la rencontre de l’orgasme divin ».
Nous évoquerons ensuite l’alchimie du couple avec Lilianne Holstein, psychanalyste et auteure du livre « La magie du couple ».
Enfin avec Hubert Thébaud, musicien, philosophe et auteur, nous partirons à la recherche du divin, de l’extase, par la musique.
J'ai écrit ce texte il y a quatre ans. Aujourd'hui, le constat est encore plus sombre.
"Un bon enseignant doit être capable de montrer que ses ailes ont bien été rognées par l'instruction qu'il a reçue afin d'être autorisé à rogner désormais les ailes de ses élèves."
L'éducation nationale est le plus grand budget de l'état.
Il faut de gros moyens pour rogner des ailes de millions d'individus. Il faut une grosse puisssance de feu.
Sortir du cursus scolaire en ayant réussi à ne pas se perdre en cours de route relève donc de l'exploit.
C'est sans doute parce que mes ailes ont repoussé avec les années que je n'arrive plus à rogner convenablement. J'ai toujours voulu regarder mon travail comme celui du ver dans la pomme. J'étais payé par l'Etat et je m'opposais à son pouvoir, au formatage qu'il me demandait de réaliser. J'ai longtemps cru que ça avait des effets positifs et que je me servais de l'Etat à "l'insu de son plein gré"...
C'est terrifiant la prétention en fait...Terrifiant comme on peut se bercer d'illusions.
Comme si moi, petit instituteur, je pouvais en un an, dans ma classe, permettre à de jeunes esprits de prendre conscience de leur statut d'être humain. De la nécessité d'être en quête de vérité, d'être engagé dans une voie spirituelle, d'être sur la défensive par rapport au monde marchand, par rapport au système, comme si ces enfants pouvaient avoir une vision claire de ce système alors que je cherche encore moi-même à en identifier tous les rouages.
Je sais bien pourquoi ma cornée est trouée, pourquoi mon champ visuel s'est réduit, pourquoi ma vésicule biliaire ne fonctionne plus, pourquoi j'ai toutes ces somatisations qui s'empilent les unes sur les autres, indéfiniment...
Tout ce travail ne sert à rien et je ne supporte plus de voir cette réalité devant moi."
Oui, j'en suis là, de nouveau, après trois ans d'arrêt et de contestation inutile puisque je suis de nouveau dans une classe. A quoi cela a-t-il servi que je m'oppose aux directions gouvernementales ? Sur la réforme, elle-même, ça n'a eu aucun effet et je n'avais pas cette prétention. Par contre, je sais que si je ne l'avais pas fait, je serais bien plus "abîmé" encore. La honte, c'est comme une peste, ça ronge. Je préfère la colère, finalement.
Alors qu'en est-il aujourd'hui après cet intermède ?
Je suis effaré premièrement par "l'instabilité" des enfants. Pour la plupart, ils sont mûs par une agitation perpétuelle. Avoir un objet dans la main semble être une nécessité absolue et s'ils n'étaient pas "invités" à rester assis et silencieux, ils seraient debout en permanence et parleraient sans discontinuer.
Certains ne sont sans doute pas ,naturellement, prédisposés à ce genre d'attitude mais l'importance du groupe a un effet dévastateur...Comment rester calme et intériorisé quand le monde entier, autour de soi, est agité et bruyant ?...
J'ai l'impression, parfois, que ma classe, n'est qu'une antichambre préfabriquée du monde adulte.
Comment comprendre, par exemple, que les enfants sont dans leur grande majorité, incapables de maintenir le silence en eux au-delà de cinq minutes (expérience faite en classe) et que le premier "coupeur de silence" sera immédiatement suivi par une dizaine d'autres qui paraissaient en fait attendre l'occasion pour laisser couler cette agitation qu'ils ne pouvaient plus contenir ?
J'ai l'impression parfois d'avoir en face de moi des individus en danger, en alerte constante, à l'affût du moindre bruit... On dirait des lièvres aux abois dans un champ clos. Et ça me désole profondément.
Comment comprendre que les notions " de travail et d'effort, d'abnégation et de patience, de détermination et de conscience de soi," relèvent pour eux d'un total mystère, d'une incompréhension profonde alors que toute forme d'enseignement, aussi pointue soit-elle, ne peut être validée que par l'entière conscience du travail dans l'esprit de l'enseigné ?
Je pense que nous avons tout faux sur les premières années d'enseignement de nos élèves. Il ne sert à rien de vouloir insérer dans de jeunes esprits l'apprentissage de la lecture et du calcul, de l'écriture et des mathématiques, alors qu'ils n'ont quasiment aucune conscience d'eux-mêmes, ni certainement aucune conscience de l'importance considérable d'être un humain en éveil ?
Je récupère dans une classe de 29 CM2 des enfants qui, pour un tiers, connaissent des difficultés et ne voient plus l'école que comme une menace, une majorité qui suit mais sans aucune ardeur réelle et quelques-uns et unes qui éprouvent toujours un embrasement constant dans leur existence, des esprits en éveil, des regards flamboyants.
J'ai connu dans mes premières années des pourcentages inverses. Et je n'ai vu au fil des ans qu'une dégradation.
J'ai passé alors des milliers d'heures à tenter de comprendre le pourquoi du comment, à analyser ma pratique, à essayer de les enthousiasmer à travers le travail, à faire bouillir en eux ce magma de l'intellect et du corps et simultanément à culpabiliser devant le manque de passion et de sérieux, de réflexion et de calme, à culpabiliser de ne pas pouvoir repousser la vague folle du monde extérieur d'entre les murs de ma classe.
J'ai la "chance" au vu de tout ce qui est parti en vrille, physiquement et psychologiquement, d'avoir obtenu un poste à mi-temps thérapeutique à plein salaire. (reconductible ou pas tous les trois mois après avis d'une commission médicale). Je sais aujourd'hui, arrivé aux premières vacances scolaires, et en observant le délabrement de mes collègues après deux mois de classe, que ce travail n'est plus pour moi.
Ni sur un plan physique et psychologique, ni encore moins sur un plan spirituel. Il est évident que la partie est finie.
Les parents qui continueront à penser que l'école publique a les moyens d'oeuvrer au développement bienheureux, rigoureux et aimant de leurs enfants, sont entrés dans le champ de l'utopie.
Nous n'avons plus, enseignants, ni les conditions favorables (sur-effectif), ni les moyens (j'ai fait moi-même des meubles de ma classe, budget des communes en berne), ni les dirigeants intelligents, ni la formation professionnelle, ni le soutien de la société civile elle-même. Peu importe les raisons, c'est un fait, un constat et c'est justement le fait que ça soit possible qui est consternant.
Le problème fondamental, c'est que l'institution scolaire fonctionne comme la société civile et que justement et inévitablement, le développement spirituel des individus en est renié. Qu'on ne vienne pas me dire que le travail salarié, tel qu'il est vécu, par des millions d'individus, contribue à leur développement spirituel... L'école est-elle donc devenue une simple succursale du monde salarié ? Doit-on extraire tout bonheur de ces lieux ? Doit-on juste astreindre les masses étudiantes à ingurgiter des nourritures "matérielles" ?
"Tu auras un meilleur métier que moi, mon fils."
Les enfants, et c'est bien évidemment, le plus douloureux, sont considérablement contaminés par ce monde extérieur et je n'ai pas le pouvoir, ni encore moins l'énergie, pour lutter contre de telles forces.
Je peux me dire qu'il restera peut-être un petit coin lumineux dans leur tête, dans quelques années, un lieu secret où il leur plaira de venir se reposer et se réjouir. Leur année de CM2.
C'est la dernière chose qui me tient "debout" quand j'ouvre la porte et que je les regarde entrer.
"Pourvu qu'il en reste quelque chose de bien de toutes ces heures à vivre..."
Il m'est venu parfois l'idée, au fil de ma carrière, que tout ce chemin professionnel n'avait aucun sens, n'avait aucun effet bénéfique sur personne et je sentais aussitôt les larmes monter. C'était une réelle douleur. Des dizaines de visages qui. s'affichaient en fond d'écran sur ma mémoire.
Aujourd'hui, je ne ressens plus rien d'aussi intense.
J'ai d'ailleurs oublié la majorité des visages d'enfants de mes cinq dernières années alors que je me souviens parfaitement bien des enfants de mes premières classes.
Est-ce une lassitude, un détachement qu'on ne veut pas s'avouer, un épuisement de la mémoire, un affaiblissement de la passion, une extinction de la foi ?
Je vais tenter d'aller jusqu'au bout, en me réjouissant des sourires et des yeux brillants, des visages captivés, du bonheur de la connaissance, de la joie d'apprendre.
J'ai appris, avec les années qui passent, à ne plus manquer un seul de ces instants.
Disparition des insectes en Europe : "C'est l'ensemble de la biodiversité qui est en déclin"
Selon Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au CNRS, les insectes ne sont pas les seuls menacés par les pratiques agricoles intensives. D'autres animaux, comme les oiseaux, sont aussi en danger. Et la France est largement concernée.
Une abeille en train de butiner à Radebeul, en Allemagne en octobre 2017 (MONIKA SKOLIMOWSKA / AFP)
Propos recueillis par Juliette CampionfranceinfoFrance Télévisions
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L'étude scientifique publiée mercredi 18 octobre par la revue PLoS One est très inquiétante : en trente ans, les populations d'insectes auraient chuté de 80%. Cette étude internationale, menée en Allemagne depuis 1989, annonce : "Nos résultats documentent un déclin dramatique des insectes volants, de 76% en moyenne et jusqu’à 82% au milieu de l’été, dans les aires protégées allemandes, en seulement vingt-sept ans". Le facteur principal avancé par les scientifiques : l'intensification des pratiques agricoles avec, en premier lieu, le recours accru aux pesticides.
Ce constat est largement partagé par Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et responsable de la Zone Atelier "Plaine & Val de Sèvre". Sur ce vaste territoire agricole, il constate lui aussi, depuis vingt-cinq ans, le déclin très fort de nombreux insectes mais aussi de mammifères et de certains oiseaux. Franceinfo l'a interrogé pour comprendre l'impact de l'agriculture intensive sur les écosystèmes. Le chercheur avance des pistes de solutions, qui doivent s'accompagner d'une prise de conscience de la part des agriculteurs, des politiques et des citoyens.
Franceinfo : L'étude publiée par la revue PLoS One vous paraît-elle fiable ?
Vincent Bretagnolle : Je l'ai lue en détail et je pense qu'elle est très fiable. En premier lieu, elle est passée par le processus de validation des pairs de la communauté scientifique en étant publiée dans une revue internationale. Elle est donc solide, par la quantité de données disponibles et par les analyses statistiques, qui sont très soigneuses.
Elle repose ensuite sur un travail empirique : cela signifie que ses auteurs se fondent sur des données historiques. Ces résultats ne prouvent pas seuls la causalité des facteurs. Du coup, les scientifiques qui ont mené cette étude ont pris beaucoup de précautions pour définir les facteurs, en écartant les hypothèses alternatives, comme le changement climatique par exemple.
L'étude est d'autant plus impressionnante qu'elle a été réalisée sur trente ans, et sur de multiples territoires en Allemagne. Chacun des 63 sites a été étudié pendant un à deux ans : il a donc fallu agglomérer toutes ces données pour en tirer une tendance temporelle et éviter de faire des erreurs en produisant de mauvaises interprétations. Le facteur majeur qu'elle dégage pour expliquer cette baisse spectaculaire des insectes est donc l'intensification des pratiques agricoles.
En France, constate-t-on aussi une disparition des espèces ?
Oui, et de manière inquiétante. Avec une équipe de chercheurs du CNRS et de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), on suit 450 kilomètres carrés de parcelles agricoles depuis vingt-cinq ans. On parle de 15 000 parcelles cultivées au sud de Niort (Deux-Sèvres). On a donc une description extrêmement complète de l'évolution des paysages agricoles. Depuis toutes ces années, on suit l'ensemble de la chaîne alimentaire animale : les mammifères et les oiseaux, mais aussi les insectes comme les pollinisateurs (abeilles, papillons ...), les criquets, les carabes ou encore les araignées... Pratiquement l'ensemble de cette biodiversité est en déclin, surtout les insectes, pour lesquels ce phénomène est très rapide. Du coup, les oiseaux étant insectivores, ils tendent à disparaître très vite eux aussi. Les populations d'alouettes des champs et de perdrix grises sont en déclin spectaculaire : la première a diminué pratiquement de moitié et la seconde de 95% ! La situation globale est probablement la même dans toutes les plaines d'Europe de l'Ouest, c'est-à-dire la France mais aussi l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne, le Danemark...
Comment expliquer cette situation très inquiétante ?
La taille des parcelles agricoles n'a cessé d'augmenter car il y a de moins en moins d'agriculteurs. Le prix de la terre agricole étant très élevé, ils cherchent à s'agrandir, ce qui est normal. Mais le problème est que le paysage en devient beaucoup plus homogène et bien moins favorable à la biodiversité : puisqu'il y a de moins en moins de prairies, l'élevage diminue. Il en résulte une disparition des haies, des murets, des petites mares. Autant de lieux dans lesquels les insectes et les oiseaux se reproduisent. Ce qui est impossible au milieu des champs. Ensuite, évidemment il y a le rôle très néfaste des pesticides. Entre les herbicides qui enlèvent aux insectes leurs ressources alimentaires et les insecticides qui tuent directement les insectes, je ne suis pas étonné de ces résultats.
Comment susciter une prise de conscience de la part des agriculteurs ?
En leur montrant qu'ils ont tout à gagner à travailler en harmonie avec l'écosystème animal. On essaie de leur montrer que la biodiversité est bénéfique à leur activité. Quand ils perdent des insectes, ils perdent des pollinisateurs et notamment les abeilles : dans nos précédentes études, nous avons démontré que les pollinisateurs augmentaient les rendements de colza et de tournesol de 25%. C'est considérable ! Si ces pollinisateurs se raréfient, les agriculteurs vont perdre de l'argent.
Quand ils perdent des insectes, par exemple des guêpes, qui vont parasiter des pucerons, eux-mêmes ravageurs de cultures, ils sont obligés de remplacer ces guêpes, qui sont un service gratuit, par des insecticides, qui eux ne le sont pas. On essaie de rentrer dans des considérations économiques car le seul argument de la biodiversité ne suffit pas à motiver les agriculteurs. On fait évoluer les mentalités mais sur notre seul territoire, c'est tout petit. On aimerait bien qu'il y ait des relais qui soient pris, soit par les politiques publiques, soit par les instituts techniques.
Que peuvent faire les politiques et les citoyens pour remédier à cette situation ?
Je ne suis pas convaincu que ce ne soit qu'une question de politique publique : par exemple le plan Ecophyto est très bien, mais à lui tout seul il ne suffira pas à faire évoluer les mentalités. Ce qui me rend optimiste, c'est que nous avons identifié des solutions : nous démontrons qu'il est possible de baisser le recours aux intrants. Mais je me pose des questions sur la volonté des politiques pour faire appliquer ces méthodes. Le consommateur a aussi un rôle fondamental à jouer en faisant pression sur les politiques publiques. C'est ce qui se passe en ce moment autour des pesticides ou du prix de l'eau. Les citoyens ont des motifs qui devraient les inciter à relayer un certain nombre de revendications. Chacun a un rôle à jouer !
« Les autistes, au fond, ce sont tous des génies »
« De toute façon c’est un surdoué, il vit dans sa bulle d’autiste »
Qui n’a jamais entendu ou formulé ce genre d’affirmation ? Beaucoup de gens ne font pas la différence entre autisme et haut potentiel et n’hésitent pas à mêler allègrement ces deux concepts pour évoquer un individu perçu comme à la fois brillant et marginal, ou juste bizarre.
En outre, la pop culture a tendance à entretenir cette confusion. Êtes-vous capables de déterminer si Sheldon Cooper de The Big Bang Theory est un surefficient mental, un autiste ou les deux ? J’ai la flemme de vérifier, mais je suis sûre que ce débat est plus violent que le conflit pain au chocolat VS chocolatine. Dans les séries, les HP sont souvent représentés comme également autistes (qu’il s’agisse d’autisme réel ou de clichés populaires à ce sujet) et les autistes s’avèrent être en général des génies incompris. Prodiges marginaux, envahis de tocs, à des années-lumière de comprendre les normes sociales et les émotions d’autrui… le rapport haut QI/autisme s’impose alors dans l’esprit du spectateur.
"On pleure parce qu'on est triste. Par exemple, je pleure parce que les autres sont stupides et cela me rend triste." Sheldon Cooper
Mais qu’en est-il vraiment ? Est-ce décent ou non de comparer les autistes et les HP ? Qu’est-ce qui les différencie l’un de l’autre ?
Pourquoi on mélange tout, déjà ?
C’est vrai quoi, si la méprise existe elle doit bien avoir une origine ! Il existe en effet des points communs entre l’autisme et le haut potentiel et il n’est pas absurde de confronter ces deux notions. Voici les éléments incriminés :
Dans les deux cas, la personne est dotée d’un fonctionnement cognitif différent de la norme, influant profondément sur sa façon de réfléchir, de ressentir et de percevoir le monde.
Dans les deux cas, la personne est en décalage par rapport aux autres, à des degrés variables : cela se traduit par exemple par des difficultés à communiquer, à s’adapter aux normes et à comprendre leur sens ou leur utilité… D’où le fait qu’elle soit plus à l’aise en présence de personnes fonctionnant comme elle, diminuant ce décalage.
Dans les deux cas, la personne est hypersensible : ses émotions bouillonnent, elle est facilement anxieuse, ses sens sont plus affûtés et elle est atteinte d’un déficit d’inhibition latente plus ou moins envahissant. (Ce dernier est beaucoup plus fort chez les autistes.)
Dans les deux cas, la personne peut présenter des attitudes ou comportements hors-normes. (Tocs, habitudes excentriques, façon particulière de bouger, de parler…)
Dans les deux cas, la personne peut être très à l’aise avec la logique et les chiffres.
Dans les deux cas, si la personne n’a pas identifié sa différence, elle a tendance à croire que tout le monde fonctionne comme elle, ce qui accroît les malentendus et le sentiment d’incompréhension. Bah oui y’a pas de raison, elle n’a jamais vécu dans une autre tête que la sienne.
Dans les deux cas, la personne est perçue comme immature lorsqu’elle est enfant et cet aspect puéril peut perdurer jusqu’à l’âge adulte.
Dans les deux cas, la personne naît ainsi et le reste toute sa vie. Vous pouvez tout plaquer, rester H24 devant votre ordi et ne plus parler à personne (hormis à votre guilde de d’elfes-nains des bois maudits), vous ne deviendrez pas un autiste : vous deviendrez juste un no-life. Vous pouvez aussi offrir à votre gamin l’intégrale des Misérables pour ses 7 ans : il ne deviendra pas un HP, il deviendra juste allergique aux classiques du XIXe siècle. On ne peut « guérir » de l’autisme ou « devenir normal » quand on est HP : on peut juste apprendre à mieux vivre avec sa différence.
Ni l’un ni l’autre ne sont considérés comme des maladies. L’autisme (aussi appelé trouble du spectre autistique) est un trouble du développement, tandis que le haut potentiel n’est pas un trouble mais désigne simplement une structure cérébrale particulière associée à un haut QI.
Un HP peut présenter le syndrome d’Asperger (une forme d’autisme sans retard intellectuel et verbal) et un autiste peut avoir un haut QI. Eh ouais ils font vraiment tout pour vous embrouiller en plus, les saligauds…
Et donc, quelles différences ?
Les différences entre autisme et haut potentiel résident principalement dans les causes qui ont amené l’individu à posséder ses caractéristiques hors-normes. En fait, s’ils peuvent se ressembler extérieurement (je dis bien « peuvent », parce que c’est loin d’être systématique), un autiste et un surefficient mental ont un fonctionnement interne très différent.
Tout d’abord, voyons les différences liées à ce fameux QI, puisqu’il semble souvent impliqué dans l’affaire :
Le QI d’un HP est d’au moins 130, ce qui correspond à deux écarts-types au-dessus de la moyenne (100). Certaines exceptions existent, par exemple lorsque les résultats du test sont trop hétérogènes pour être exploitables, ou jugés biaisés par certains facteurs tels qu’un trouble de l’attention, une dépression… Le diagnostic est alors surtout posé en fonction des tests d’évaluation psychologique accompagnant le test de QI. On estime qu’il n’y a pas plus d’autistes parmi les HP que parmi les non-HP (environ 1 %).
Un autiste peut présenter un retard mental (on parle d’autistes de Kanner) oune pas présenter de retard mental (on parle d’autistes de « haut niveau » et d’autistes Asperger, capables d’interactions sociales). Le point de bascule entre présence ou absence de retard mental se situe en théorie à deux écarts-types en-dessous de la moyenne (soit un QI de 70), mais comme pour le cas des HP, la réalité est plus complexe et nuancée. Ceci explique qu’il soit possible pour un autiste d’avoir un haut QI et même de passer à la télé avec l’étiquette « autiste savant », tandis que d’autres ne seront jamais capables de parler ou de vivre en autonomie. On estime que la proportion d’autistes à haut QI n’est pas plus élevée que la proportion de non-autistes (dits neuro-typiques) à haut QI (environ 2 %).
En conclusion, la majorité des HP ne sont pas autistes et la majorité des autistes ne sont pas HP. La plupart du temps, lorsqu’on désigne une personne comme étant les deux à la fois, il s’agit d’une confusion entre les caractéristiques de chacun (et donc plus spécifiquement entre les HP et les autistes de haut niveau).
Autre point qui induit trop de psychologues de comptoir innocents en erreur : les spécificités d’ordre psycho-social. C’est là qu’on entre dans le vif du sujet et qu’on peut dégager les divergences cruciales entre nos deux « cas », celles qui vous permettront de ne plus jamais les confondre. Et comme j’adore énumérer des trucs, c’est parti pour une nouvelle liste comparative ! (Ici sont présentés des cas généraux : n’oubliez pas les nuances ! C’est très important les nuances…)
L’autiste ne perçoit pas les implicites. Il ne saisit pas ou comprend mal les normes sociales, notamment lorsqu’elles sont tacites (savoir à quelle distance d’une personne il faut se tenir quand on lui parle, deviner quand c’est son tour de parler dans une conversation, etc.). Il peut les apprendre, mais elles ne lui sont pas innées et lui réclament un effort d’adaptation. Pour cette raison, il peine à comprendre les sous-entendus et le second degré. Le surefficient mental, lui, perçoit les implicites : il jouit même d’une compréhension fine des normes sociales et des rapports humains. Cependant, cela ne supprime pas son décalage… Il peut trouver ces normes inutiles, absurdes et avoir une réticence ou des difficultés à s’y conformer. Quand un HP vous dit « Franchement je comprends rien aux relations humaines » après que sa copine non-HP l’ait largué en le traitant de cas social, il sous-entend en réalité : « J’ai parfaitement analysé et compris les rouages des relations humaines : j’en déduis qu’ils sont mal foutus. Pourquoi personne ne voit que j’ai raison ? ». (Tenez, voici le genre d’implicite que les HP passent leur temps à relever.) Le surefficient adulte aime faire des sous-entendus et abuser du second degré (je spécifie « adulte », car les enfants HP prennent plutôt ce qu’ils entendent au pied de la lettre, ce qui nourrit la confusion avec les autistes). Il peut se montrer cynique et apprécier l’humour noir.
L’autiste a du mal à identifier les émotions des autres, surtout quand elles ne sont pas exprimées explicitement. Il pourra s’isoler par peur de se retrouver démuni face au comportement d’autrui et de réagir d’une façon inadaptée. Le surefficient, au contraire, est hyperempathique : il absorbe les émotions des autres comme une éponge, consciemment ou non. Il risque un état de surcharge émotionnelle uniquement en captant les « ondes » des personnes autour de lui. Il pourra s’isoler pour éviter l’épuisement. (Bande de prédateurs !) Note : après des recherches supplémentaires, il m'a semblé bon de préciser que les autistes manquent d'empathie cognitive (capacité à reconnaître physiquement les émotions d'autrui), mais pas d'empathie émotionnelle (fait de ressentir les émotions d'autrui) : au contraire, cette dernière est exacerbée, ce qui les poussent au détachement pour se protéger.
Nos deux cas peuvent paraître immatures lorsqu’ils sont enfants, puis le rester une fois adultes. Ils le sont en partie à cause de leur sensibilité accrue, mais pas que. L’autiste peut avoir un retard affectif, qui se manifeste durant l’enfance et peut se poursuivre à l’âge adulte. Lorsqu’il est enfant, le surefficient mental manifeste pour sa part une « dyssynchronie interne », un décalage entre son âge intellectuel (en avance) et son âge affectif (normal) : il n’est pas en retard par rapport aux autres enfants, mais son âge intellectuel le rend capable de comprendre des notions que son âge émotionnel ne peut assumer, ce qui crée des incohérences dans son comportement (comme disserter sur les gangs criminels au Japon puis pleurer parce qu’il ne retrouve pas son doudou… -on est d’accord qu’il n’y a rien de plus dramatique, si ça se trouve il s’est fait kidnapper par la maffia). Bien que sa dyssynchronie disparaisse en grandissant, ce n’est pas le cas de son hypersensibilité, c’est pourquoi il garde toujours son âme d’enfant.
L’autiste a tendance à développer très jeune un « intérêt spécifique », un centre d’intérêt précis et obsessionnel dans lequel il va fortement se spécialiser. (Certains autistes en ont plusieurs, et ils peuvent varier dans le temps.) Le surefficient aura davantage tendance à être polyvalent. En dehors de ses domaines de prédilection, il s’intéresse potentiellement à tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi). Un HP a toujours quelque chose de complètement inutile à vous apprendre.
L’autiste se présente comme un être logique et « rangé », parfois perçu comme dénué de fantaisie dans ses intérêts et ses activités. S’il peut être une personne très logique, le surefficient conserve un aspect intuitif et délirant (on rejoint cette histoire de puérilité).
J’sais pas si Maud Pie est autiste, mais c’est clair qu’elle a un intérêt spécifique pour les cailloux…
Mais alors, La Chouette, qu’est-ce qui se passe si on est un HP avec des traits autistiques ou qu'on a le syndrome d’Asperger ? (Note : le syndrome d'Asperger est à différencier des descriptions au-dessus, qui concernent l'autisme d'une façon générale.) La question est légitime, puisque ces deux cas présentent des caractéristiques contradictoires. Eh bien ça, c’est hors de ma portée. La problématique du rapport haut potentiel-autisme est extrêmement complexe, en raison de la proximité et de la mouvance des catégories dans lesquelles on s’évertue à ranger tout ce beau monde. Comme pour tant d’autres sujets, on ne peut définir précisément de frontières et les découvertes successives amènent à réajuster sans cesse les étiquettes.
Ce que je peux affirmer à ce propos, c’est qu’il existe autant de formes d’autismes que d’autistes et autant de formes de haut potentiel que de HP. Comme tout le monde, chaque autiste et chaque HP est unique et a sa propre façon de vivre et d’exprimer son individualité. Et puis, qu’il s’agisse d’autisme ou de haut potentiel, il est contre-productif d’enfermer les gens dans des cases : il n’y a pas de nette cassure entre un autiste et un neuro-typique ou entre un HP et un non-HP, mais des caractéristiques augmentant progressivement en intensité jusqu’à un point de bascule déterminé par des analyses et calculs. Chaque personne se positionne quelque part sur l’échelle d’intelligence de Wechsler, et chaque personne autiste se positionne quelque part sur le spectre autistique. Ces deux continuums peuvent se croiser à tous les endroits et donner lieu à un nombre infini de combinaisons, qu’elles soient harmonieuses ou paradoxales.
On pourrait se dire que de toute manière, un HP est déjà un paradoxe vivant, et qu’on n’est plus à ça près… C’est une des raisons pour lesquelles le syndrome d’Asperger est si fastidieux à détecter chez eux. Mais si vous voulez mon avis (et même si vous n’en voulez pas je vous le donne quand même, parce que c’est mon article et que je fais ce que je veux), à des niveaux de confusion pareils, la priorité est de permettre à l’individu d’apprivoiser le hamster dopé qui fait tourner la roue dans sa caboche, ainsi que d’être accueilli avec bienveillance par son entourage. Que ce hamster se nomme Cachou ou Jean-Bernard n’a pas grande importance tant qu’on a constaté ce dont il a besoin pour être épanoui.
Note : suite à une remarque d'un lecteur, je précise que cette dernière partie n'a pas pour vocation de minimiser le vécu des HP et des personnes avec un trouble du spectre autistique. Elle sert à souligner le fait que les autistes et les HP, avant d'être des porteurs d'étiquettes, sontdes individus à part entière qui aimeraient vivre un quotidien où on les respecte et où ils peuvent être eux-mêmes.
Deux moines zen s’apprêtaient à traverser une rivière à gué, lorsqu’arriva une belle jeune fille.
Elle aussi souhaitait traverser, mais elle était effrayée par la violence du courant.
Alors l’un des moines la prit en souriant sur ses épaules et la porta de l’autre côté de la rivière.
Son compagnon fulminait : un moine ne doit pas toucher le corps d’une femme ! Et tout le long du trajet, il ne desserra plus les dents.
Deux heures plus tard, lorsqu’ils arrivèrent en vue du monastère, il lui annonça sur un ton de reproche qu’il allait informer le maître de ce qui s’était passé :
– Ce que tu as fait est honteux et interdit par notre règle !
Son compagnon s’étonna :
– Qu’est-ce qui est honteux ? Qu’est-ce qui est interdit ?
– Comment ? Tu as oublié ce que tu as fait ? Tu ne t’en souviens donc pas ? Tu as porté une belle jeune fille sur tes épaules !
– Ah oui, se souvint le premier en riant. Tu as raison. Mais il y a deux bonnes heures que je l’ai laissée sur l’autre rive, tandis que toi, tu la portes toujours sur ton dos !
Quel est le sens de cette histoire ?
Y en a-t-il un seul d'ailleurs ?
On en a longuement parlé, hier soir, Nathalie et moi.
La conclusion finale est effectivement, à nos yeux, d'une importance capitale.
Le moine qui a porté la jeune fille sur ses épaules a agi selon son coeur et non, selon des préceptes si nombreux qu'ils finissent par troubler l'esprit. Il suffit de voir le moine qui porte le jugement sur son compagnon de route. Lui, il réfléchit à travers le filtre de son mental et de tous les conditionnements qu'il a absorbés.
Pire encore, celui-là qui agit selon son mental est condamné à errer dans les miasmes du temps et de ses tourments. C'est la raison pour laquelle il ne parvient pas à effacer les images de la jeune fille.
Le moine qui a agi selon son coeur, par simple empathie, n'a aucune raison, ni même besoin de se retourner vers ce passé. Ce désir naturel de rendre service a été consommé. Le feu s'est éteint naturellement.
Celui qui vit dans le temps et ses aigreurs est tourmenté par l'obligation d'obéir aux préceptes et le feu d'une probable jalousie puisque celui qui n'écoute plus son coeur est un éternel insatisfait. Rie n'est jamais assouvi dans le mental. La raison n'est juste qu'un étouffoir des douleurs. Mais le mal est toujours là. Etouffer un symptôme donne naissance à un autre.
Il n'y a que l'énergie aimante du coeur qui puisse apporter la sérénité de l'instant présent et le saisissement intégral de tous les bonheurs de la vie.
Des chercheurs ont observé une chute de plus de 75% du nombre d'insectes volants depuis 1989 dans des réserves naturelles allemandes. Ils soulignent que les zones étudiées sont entourées de terres agricoles traitées avec des insecticides.
Des papillons posés sur des fleurs dans le nord de l'Allemagne, le 17 août 2017. (CARSTEN REHDER / DPA)
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Un déclin catastrophique. La biomasse des insectes volants, essentiels aux écosystèmes, a diminué de plus de 75% en près de trente ans en Allemagne. La cause n'est pas identifiée avec certitude, mais les chercheurs suspectent que les pesticides agricoles sont responsables de cette hécatombe alarmante, selon des conclusions publiées mercredi 18 octobre dans la revue américaine scientifique Plos One (en anglais).
1Qu'ont observé les chercheurs ?
Des entomologistes ont recueilli des données pendant vingt-sept ans dans 63 réserves naturelles disséminées sur le territoire allemand. Ils ont pesé la masse totale des insectes qu'ils piégeaient et ont déterminé qu'elle avait diminué de 76% en moyenne, et même de 82% au milieu de l'été. "Cela dépasse considérablement le déclin quantitatif, estimé à 58%, des vertébrés sauvages depuis 1970", relève, cité par Le Monde, Caspar Hallmann, entomologiste à l'université Radboud de Nimègue (Pays-Bas), qui a participé à l'étude.
"La diminution de la biomasse des insectes ailés est suspectée depuis longtemps, mais s'est avérée plus sévère qu'on ne le pensait, poursuit le chercheur. Le fait que la population de ces insectes se réduise dans de telles proportions et sur d'aussi vastes étendues géographiques est encore plus alarmant."
Cette chute a été observée quels que soient les changements météorologiques, l'utilisation des sols ou les caractéristiques de l'habitat.
2Quelles sont les causes de ce déclin ?
Les entomologistes restent prudents, et réclament des recherches supplémentaires pour identifier les causes de ce phénomène. Mais ils font remarquer que les réserves étudiées, en majorité des petites surfaces, sont entourées de zones agricoles utilisant des insecticides. Ce déclin catastrophique, résume Le Monde, "est dû à l’intensification des pratiques agricoles et au recours aux pesticides. Il menace la chaîne alimentaire."
La cause la plus plausible, selon les chercheurs, est en effet à chercher dans les pratiques agricoles. D’autres travaux récents, disent-ils, mettent en évidence que "l’intensification agricole (…) et les nouvelles méthodes de protection des cultures sont associées à un déclin général de la biodiversité des plantes, des insectes, des oiseaux et d’autres espèces". Sont à nouveau pointés du doigt les néonicotinoïdes, des insecticides accusés de décimer les abeilles et dont la France a voté l'interdiction totale à compter de 2018, avec des dérogations possibles jusqu’en 2020.
Les chercheurs estiment en effet que si la météo peut expliquer des fluctuations de la masse des insectes au cours d'une saison ou d'une année sur l'autre, elle ne peut être la cause d'un si rapide déclin. En outre, le réchauffement climatique devrait plutôt encourager la prolifération d'insectes, et non leur diminution.
Ces résultats, selon eux, sont probablement représentatifs de ce qui se passe dans une grande partie de l'Europe ou ailleurs dans le monde, lorsque des réserves naturelles se trouvent au milieu de terres agricoles. De précédentes études avaient déjà révélé un déclin inquiétant de la diversité et de la population de certaines espèces (abeilles, papillons, etc.) en Europe et en Amérique du Nord.
3Pourquoi est-ce grave ?
Les insectes volants jouent un rôle crucial dans la pollinisation de 80% des plantes sauvages et dans l'alimentation de 60% des espèces d'oiseaux. "Alors que des écosystèmes entiers dépendent des insectes pour la nourriture et la pollinisation, on peut s'inquiéter d'un déclin des populations d'oiseaux et de mammifères qui s'en nourrissent", a prévenu Hans de Kroon, lui aussi chercheur à l'université Radboud.
"On peut difficilement imaginer ce qu'il pourrait advenir si ce phénomène de disparition des insectes ailés se poursuivait", s'est inquiété le scientifique. Mais comme les causes de ce déclin ne sont pas clairement établies à ce stade, il est difficile de prendre des mesures concrètes pour l'enrayer, a-t-il ajouté.
Ces chercheurs espèrent que leurs conclusions vont servir de signal d'alarme et entraîner rapidement des études supplémentaires.
Une étude a mis en évidence l'effondrement des populations d'insectes volants. Peut-on espérer une réaction politique avant l'effondrement final ?
Rien ne nous sera épargné. Nous avions déjà entendu que plus de la moitié des vertébrés de la planète avait disparu en quarante ans, que la France avait perdu 50% de ses chauves-souris restantes entre 2006 et 2014, que les abeilles étaient officiellement reconnues comme une espèce en voie de disparition. Et voilà qu’une étude publiée le 18 octobre dans la revue PLoS One estime que le déclin des insectes volants en Allemagne en moins de trente ans est de 76% (et jusqu’à 82% au milieu de l’été). Nous pourrions ne pas nous en inquiéter et nous dire que cela ne concerne que nos voisins allemands, que l’étude ne porte pas sur la France et qu’il n’y a donc aucune raison de tirer le signal d’alarme. Seulement voilà, le principal facteur explicatif mis en évidence par les chercheurs est l’intensification des pratiques agricoles et l’utilisation massive d’engrais de synthèse et de pesticides. Or, avertissent les auteurs de l’étude, les systèmes agricoles de la France et du Royaume-Uni sont « très semblables » à ceux de l’Allemagne et ont recours aux intrants mis en cause. En conséquence de quoi « il y a une bonne ‘chance’ pour que l’Allemagne soit représentative d’une situation bien plus large ». En outre, les interactions des écosystèmes sont telles que les insectes allemands sont connectés par des mécanismes écologiques aux insectes des autres pays. Il est donc peu probable que l’effondrement constaté en Allemagne se limite à cette seule Allemagne. Rajoutons encore que les insectes sont liés aux vertébrés – dont l’effondrement sur l’ensemble de l’Europe est dument documenté – par des interactions proie-prédateur et que le déclin des vertébrés entraîne mécaniquement celui des insectes.
Que se passerait-il si les insectes venaient à disparaître entièrement ? Tout simplement le pire. « Il apparaît que nous rendons de vastes étendues de terre inhospitalières à la plupart des formes de vie et que nous sommes en route vers une apocalypse écologique », a déclaréau Guardian Dave Goulson, un des auteurs. « Si nous perdons les insectes, tout va s’effondrer. » Il est d’usage, pour décrire les actions écologiques, de parler de « sauver la planète ». Or la planète Terre se remettra très bien de la sixième extinction de messe que nous vivons. Elle en a vu d’autres, et notamment la disparition des dinosaures. Celle qui ne va pas s’en remettre, en revanche, c’est l’humanité, tributaire et dépendante des interactions entre toutes les formes de vie existant actuellement sur le globe. Ce « tout » qui va s’effondrer, c’est ce qui nous permet de respirer, de boire de l’eau potable, de produire la nourriture dont nous avons besoin pour vivre. Autrement dit, la planète n’est pas en danger, mais nous, nous le sommes.
On aurait pu penser que, depuis le temps que les scientifiques donnent l’alerte, les responsables politiques des pays occidentaux auraient réagi. Qu’ils auraient questionné la pertinence des modèles économiques et de la consommation de ressources qu’ils occasionnent à l’aune de ce que nous commençons à savoir. Qu’ils auraient compris, enfin, que les mobilisations contre les « grands projets inutiles » (A45, Notre-Dame-des-Landes, Center Parcs, stades géants) sont notamment basées sur des données chiffrées quantifiant l’effet de ce type d’équipement sur la biodiversité et les équilibres naturels. Mais non. Ils s’accrochent coûte que coûte à l’idée que ces grands projets faciliteront l’accès à l’emploi et que cela compensera d’une manière ou d’une autre – mais laquelle ? – les dégradations écologiques qu’elles entraînent.
Le combat contre la centrale à biomasse de Gardanne est le dernier exemple en masse de l’aveuglement volontaire de la classe politique française. Comme le rapportait Reporterre au début du mois, les parcs naturels du Verdon et du Lubéron et l’association France Nature Environnement PACA ont dû l’accepter sous la pression car la région menaçait de leur supprimer leurs subventions s’ils persistaient dans leur refus. Or 70% à 80% de leur budget dépend de financements régionaux. Ce n’est certes pas la première fois que des associations de la nature sont ainsi menacées : les auvergnates et les rhônalpines, qualifiées par Laurent Wauquiez d’ « ayatollahs » et « doryphores vivant sur la bête », ont déjà subi l’ire du président de la grande région fusionnée (et probable futur président des Républicains, ce qui n’augure rien de bon quant à la prise en compte de l’urgence de la situation par la droite). Mais les arguments avancés par ceux des hommes politiques qui dépassent l’insulte pour tenter un argumentaire donnent l’impression de venir d’une autre époque. « Il est temps que chacun se ressaisisse et comprenne que l’écologie n’est ni une doctrine ni une idéologie, mais doit être mise au service de l’économie pour faire de la croissance verte un atout et faire gagner la France » : la déclaration est signée Renaud Muselier, président de la région PACA. Les insectes volants dont les effectifs s’effondrent doivent-ils eux aussi se ressaisir et comprendre qu’il leur faut croître et multiplier malgré des vents hostiles, pour se mettre au service de l’économie et de la croissance européenne ? Les chauves-souris et les vertébrés sont-ils eux aussi des fainéants qui ne déclinent que par idéologie et refus de se mettre au service de la croissance verte qui fera repartir l’Europe ?
Entre les discours politiques et la réalité écologique, le fossé se creuse un peu plus chaque jour. Emmanuel Macron n’a pas eu beaucoup de mots pour l’écologie lors de sa dernière intervention télévisée. Nicolas Hulot essaie de ménager la chèvre et le chou depuis sa nomination. Nos hommes politiques ne font rien pour inverser la tendance qui va mener à la disparition de la vie humaine et s’en félicitent. À moins que ceux qui ont en main les leviers d’action ne vivent un chemin de Damas, nous boirons le calice jusqu’à la lie.
« Vous n’avez pas idée de tout ce que vous avez déjà appris. Il est déjà impossible, alors que vous n’avez que dix ans, d’écrire la liste entière de tout ce que vous savez aujourd’hui et il serait encore plus illusoire de vouloir écrire la liste de tout ce que vous allez encore apprendre. Mais pour ça, il faut que vous soyez présent, c'est-à-dire que vous parveniez à utiliser l’intégralité de ce que la vie vous a offert. Votre corps, votre cerveau, toute la vie en vous, les émotions, les perceptions, les sensations, vos pensées, vos rêves, vos espoirs, tout ce qui va emplir votre existence et que vous devez honorer, bénir, remercier, aimer, de toutes vos forces.
Quand je vous demande d’apprendre un mot nouveau, une règle, des tables de multiplication, des cartes de géographie, des périodes historiques, la diversité immense de la nature, tout ce que vous pouvez apprendre en venant ici, il faut absolument pour l'obtenir que vous entriez en contact avec vous-mêmes. C'est-à-dire à communiquer avec vous, avec votre être intérieur.
De cette façon-là, par exemple :
« Oui, toi, c’est à toi que je parle. Mon cerveau. Je veux que tu dises à notre mémoire qu’elle doit se mettre au travail, je veux que tous mes efforts pour apprendre, elle en retienne la moindre parcelle, je veux que toi, cerveau, tu sois éveillé, actif, en ébullition et qu’en même temps, tu saches rester calme. Je te dis tout ça sans colère mais bien au contraire avec un très grand amour pour tout ce que tu m’apportes. Nous deux, unis, il n’y aura pas de limites, aucune barrière infranchissable, nous serons des compagnons inséparables sur le chemin de notre vie commune. Sois courageux. Je t’aime. »
Aujourd’hui, cela fait tout juste un an que j’ai créé – en plein cœur d’une situation difficile – ce site Internet pour présenter la salle que j’allais ouvrir deux semaines après.
Pleine d’incertitudes, je me disais : « Allez ! On verra bien… Je vais donner tout ce que j’ai à donner (et même ce que je n’ai pas) et si ça ne va pas, j’arrête. Il y aura bien autre chose qui se présentera. »
Et vu que rien d’autre ne s’est présenté…
Aujourd’hui, à quelques jours de la ré-ouverture après une période d’interruption estivale, les doutes ne m’ont toujours pas quittée. Ils se sont peut-être même intensifiés.
Mais bon. Allez ! On verra bien…
***
Il n’y a pas un texte, pas un seul, que je publie sans me demander : « À quoi bon rendre cela public ? Qui cela intéressera ? Ça ne parle que de moi et qui j’intéresse, moi ? »
J’ai toujours ce frein, cette résistance qui vient s’immiscer là, juste après avoir écrit, à cet instant même qui précède la mise en ligne de ce qui livre – même si ce n’est souvent qu’entre les mots – autant de mon intimité.
Et puis, je ne sais jamais pourquoi, je lance à l’eau, j’abandonne à la lecture d’autres que moi – de mêmes que moi, en fait – ce qui au fond ne m’appartient pas tant que cela.
Je parle de moi dans chacun de mes textes ; il n’y a en pas un, pas un seul, où je ne parle pas de moi. Mais je n’utilise pour ainsi dire jamais le « je ». C’est toujours avec beaucoup d’hésitation, voire même de réticence, que j’écris à la première personne.
Sans doute parce que je trouve le « je » trop personnel, trop exclusif, trop excluant et j’ai à coeur de ne pas parler que de moi mais de recouvrir des sensations, des émotions, des sentiments et des états qui peuvent être reconnus et partagés par quiconque me lit.
Et sans cela, pour la raison évoquée dans le paragraphe précédent, je ne publierai rien. C’est l’absence de « je » – qui ne signifie pas pour autant la négation de ma présence, bien au contraire – qui me permet de ne pas rester bloquée sur le frein.
Ici, je vais parler avec le « je ». Je n’ai presque pas le choix. Comme bien souvent lorsque j’écris, cela s’impose à moi.
Je vais écrire avec sincérité, comme je le fais chaque fois d’ailleurs, mais sans avoir besoin ici de me cacher derrière l’absence de « je » que je viens d’évoquer.
Il me coûtera alors d’autant plus de laisser partir ce texte pour être lu. Sans doute autant, sinon plus, que lorsque j’avais laissé partir ce texte ci (publié alors sur Yoganova magazine) : Faut-il être « bien roulée » pour « faire » du Yoga ?
***
Comme à chaque fois et – comme je l’ai expliqué précédemment – encore bien davantage cette fois, j’ai beaucoup hésité avant de décider de laisser partir ce texte. Il fallait que je sache pourquoi je le fais, sinon cela n’aurait aucun intérêt et aucun sens à mes yeux.
La raison qui m’est apparue comme étant la plus évidente est en lien avec ma constatation de plus en plus fréquente de cette sorte de mise en scène d’une prétendue et souvent déguisée « meilleure version de soi » dans toutes les sphères de la vie et en particulier dans celle du « bien-être » à laquelle le Yoga est assimilé.
Je ne suis pas fondamentalement opposée à l’idée de « vendre du rêve ». Mais, pour ma part, le Yoga est une science de la Réalité et non pas une sorte de scénario bien ficelé d’un bonheur standardisé à base de palmiers à la noix (de coco évidemment !), de thé detox qui purifie autant le côlon de toutes ses toxines que le mental de tous ses soucis, de postures de yoga quasi irréalisables mais qui donnent le plus beau sourire de l’Univers tout entier. Mais je ne vais pas m’étendre sur le sujet, je l’ai fait déjà à maintes reprises (entre autres, ici, là, là, là et, je l’ai cité plus haut : là).
Pour moi, la vocation du Yoga est de nous amener à sortir de l’ignorance dans laquelle nous sommes enfermés (et aussi dans laquelle nous nous enfermons, du reste !) pour nous ouvrir à la Connaissance. Et c’est la raison majeure pour laquelle j’offre l’énergie que j’ai consacrée à la rédaction de ce texte, comme à celle de tous les autres. Il m’est essentiel d’énoncer la vérité, même si elle n’est que la mienne.
Et la vérité que je souhaite énoncer ici c’est que non, la pratique du Yoga, et qui plus est le fait de la transmettre, ne prémunit pas contre les doutes, l’incertitude, le manque voire même l’absence de confiance et d’estime de soi. Non, atteint un certain nombres d’heures et même d’années de pratique, on n’est pas « sorti d’affaire » et on ne connaît pas la Béatitude jusqu’à ce que la mort nous sépare de notre actuel corps. Quel que soit le chemin sur lequel nous sommes engagés et le nombre de pas que nous avons fait sur celui-ci, nous n’avons jamais fini et je dirai même nous venons toujours à peine de commencer.
Après une discussion avec un ami hier soir (merci Xavier), j’ai également compris que ce qui importe le plus pour court-circuiter l’illusion du « paraître » qui divertit de l’essentiel est non pas – comme je l’ai longtemps cru et comme je reste encore si souvent tentée de le croire (je développe plus bas à ce propos) – de « disparaître », mais bien plutôt de « transparaître ». Disparaître revient à se placer dans un état d’opposition à ; tandis que transparaître c’est transcender, aller au-delà de la dualité en fait.
Alors voilà ce que je tente de faire ici en livrant ce texte « à visage découvert » : transparaître.
***
La sincérité – Satya en sanskrit – est pour moi l’une des valeurs les plus fondamentales. Elle est à mon sens très en lien avec la connaissance de soi (Svadhyaya), et donc évidemment avec le Yoga qui nous y initie. On peut en effet très bien se croire tout à fait sincère sans pour autant l’être faute en fait de se connaître vraiment… faute en fait d’être sincère avec soi-même en embrassant la totalité de ce que l’on est en somme. Dans nos dimensions paraissant être les plus gratifiantes mais aussi dans celles qui semblent les moins louables.
Alors voilà. La sincérité me doit de dire que j’écris présentement dans un état intérieur délicat, pétri avec peine pendant des heures et des heures de doutes et d’incertitudes.
Il y a quelques jours, j’ai annoncé ma reprise des cours après cinq semaines d’interruption (à l’exception de quelques cours particuliers). J’ai annoncé cette reprise comme il se doit et comme il en est : des informations clairement données et, à la fin, une phrase communiquant mon enthousiasme à reprendre.
Mais là aussi, la sincérité me doit de dire que, en rédigeant cette annonce, je me demandais – et il se peut très certainement que je me le demande encore à cet instant – comment j’allais pouvoir reprendre ? Comment vais-je pouvoir guider d’autres que moi alors que je ne suis, disons-le, même pas fichue de me guider moi-même en ce moment ?
Et toutes ces choses que je ne cesse de répéter, par écrit dans mes textes et à l’oral auprès de mes élèves, auprès de mes amis rares mais précieux, alors que je suis la première personne à avoir besoin de lire et d’entendre tout cela. La première ! Et pourtant ça peine encore si souvent autant à s’intégrer en moi… N’est-ce pas insensé ?
Et puis lorsque l’on me demande des références bibliographiques sur le Yoga – ce qui arrive fréquemment – je ne suis même pas capable d’en donner. N’ayant jamais lu sur le sujet, pas même les fameux Yoga-Sutra dont je me suis « contentée » de recevoir l’enseignement oral, comme tout le reste d’ailleurs, je ne peux apporter que ce que je ressens à travers ma propre pratique qui, bien que je m’y accroche depuis tant d’années, me semble pourtant m’avoir actuellement abandonnée.
Et pourtant…
***
Cela fait 14 ans que j’ai commencé à pratiquer le Yoga, 7 ans que j’ai commencé à le transmettre, 3 ans que j’ai commencé à publier ce que j’écris sur le sujet et 1 an que j’ai commencé à faire pousser Yoga Sésâme planté toutefois un peu malgré moi.
Mais tout ceci ne représente pas grand chose en fait.
C’est un temps en réalité non comptable, non mesurable, aussi insignifiant qu’une poignée de grains de sable qui, bien qu’on les maintient bien en main, parviennent tout de même à s’écouler, à s’échapper, à nous filer entre les doigts. A disparaître comme s’ils n’existaient que tant qu’on les tenait.
Ce temps ne représente rien.
Il n’existe pas un jour où je ne fais pas l’expérience de l’éternel recommencement où, du néant que je suis, il me revient de créer la réalité que j’ai à incarner.
Je me réveille chaque matin en ne sachant rien, en n’étant rien ; en ayant tout à apprendre et tout à être.
A chaque instant je pars de rien et de nulle part.
Tout reste à vivre.
A chaque pas que je fais, le Ciel à hauteur de Cœur vers lequel je cherche depuis toujours à m’élever semble en fait toujours un peu plus s’éloigner.
Je me retourne parfois. Je peux mesurer le chemin parcouru. Et Dieu sait que oui, je reviens de loin. Je peux maintenant m’autoriser à le reconnaître.
Mais pourtant, bien que continuant à investir toute mon énergie à avancer sur ce chemin – parfois en le survolant presque sans aucun effort, souvent en ayant à m’extraire de la Terre où il me semble être enlisée – j’ai cette amère impression de ne jamais m’approcher du Centre.
J’y suis déjà pourtant. Nous y sommes toutes et tous déjà. Mais… bien que je le sache… je ne le sais pas.
Je ne le sais pas.
J’ai mis toutes ces années – et je continue encore – à me tirer à bout de bras d’un gouffre dans lequel je m’étais moi-même ensevelie, confondant les ténèbres avec la Lumière : à mesure où je m’allégeais, persuadée de pouvoir ainsi m’élever, je ne faisais en fait que m’enfoncer.
Étrange paradoxe de ne s’être jamais sentie aussi vivante spirituellement qu’en s’ingéniant à se faire disparaître corporellement jusqu’à n’être plus qu’une ombre suspendue ne se nourrissant à rien d’autre qu’au vertige de la mort.
Et la nostalgie de cette époque qui reste si souvent présente encore aujourd’hui, j’ai chaque jour à travailler encore et encore pour ne pas y glisser à nouveau et me laisser ainsi emporter dans ce fantasme à réaliser de parvenir à me désincarner d’un corps toujours trop lourd à porter.
N’être plus rien : invisible, inaudible, impalpable… pour pouvoir être Tout : pure Lumière, pur Son et pure Présence. Immatérielle.
Ainsi, chaque jour tout est à recommencer.
Je ne sais rien, je ne suis rien.
Et ce néant duquel m’extirper et me convaincre de la nécessité d’être matière, de consentir à me laisser être faite de poussière pour pouvoir créer la réalité d’un Être qu’une Vie – pourtant même dédiée au Yoga – ne suffira pas à connaître et à aimer.
Mille fois égratignée – peut-être même mille et une – à tomber, et à retomber encore, et parfois plus bas encore que ce que j’aurai pu imaginer imaginable, je continue pourtant à remonter sans relâche à dos de ma volonté pour escalader l’immensité de l’inconnue que je suis pour moi-même.
En sachant bien néanmoins que demain il n’en restera plus rien.
Peu importe.
Il sera temps de recommencer demain.
Et après-demain.
Et les autres jours aussi.
Que ce soit avec ou sans Yoga.
Recommencer.
Encore et encore.
Mais jamais cependant deux fois de la même façon.
Explorer en long, en large et parfois même en travers, à m’y perdre et à m’y retrouver, toutes les combinaisons possibles dans ce labyrinthe qu’est ce corps dans lequel j’ai été mise au monde.
Jusqu’au jour où jaillira en moi la Conscience que la Terre sur laquelle je tombe et retombe sans arrêt et le Ciel vers lequel je ne cesse d’aspirer à m’élever ne font en fait qu’Un.
Et ce n’est rien d’autre que moi-même qui leur fait office de lien.
Je ne suis en fait ni perdue entre la Terre et le Ciel, ni au centre de Rien ou de Tout. Je porte Cela – cette Vie et l’Amour de celle-ci – en moi autant que Cela me porte.
Et chaque jour je l’oublie.
Et chaque jour j’ai à m’en souvenir.
Encore et encore.
Pour chaque jour Le transmettre du mieux que je peux.
Et chaque jour renouveler d’essayer de convaincre la part de moi-même qui est persuadée que ce n’est pas assez – que je ne suis pas assez – que c’est tout de même mieux que rien…
***
À chaque instant, dans la douleur ordinaire de n’être qu’un Être limité et imparfait, faire ainsi l’expérience extraordinaire d’une création infinie et à jamais inachevée.
Le Yoga est l’état où les pensées fluctuantes et alourdissantes qui agitent et encombrent l’esprit se sont à tel point apaisées et allégées qu’elles se sont envolées.
Souvent, notre tête ploie sous le poids des pensées amassées, entassées, ressassées qu’elle renferme et qui l’enferment, que l’on retient et qui nous détiennent, prisonniers que nous sommes de ces barbelés de mots qui enchevêtrent notre corps et notre cœur, interdits de frissonner et de palpiter.
Nos épaules s’effondrent, lassées, tassées, cassées de porter et supporter le poids des malheurs de la terre entière et du monde entier que l’on rassemble dans notre esprit trop petit pour tenter à lui seul de résoudre chaque ennui, de réparer chaque dépit et de sauver chaque vie.
Et pourtant… s’il semble ne pas y avoir de solution aux problèmes qui occupent et préoccupent notre esprit c’est que ces problèmes n’existent en fait pas ailleurs que dans notre tête. Alors justement la solution reviendrait à couper celle-ci.
Mais de là à la couper pour couper court à tous les scénarios dramatiques auquel notre mental veut nous faire croire…
Si nous tenons tant à trouver une solution à un problème qui n’existe pas et quitte à couper quelque chose, le mieux reste encore de laisser parler la voix dans notre tête… et lui couper la parole.
Lorsqu’on l’entend plus que notre cœur, c’est signe qu’il est plus que temps qu’elle se la ferme !
Non mais oh ! On ne va quand même pas se laisser commander, réprimander, dévaloriser par quelque chose qui n’existe que si nous l’autorisons nous-mêmes à exister !
Nous sommes le maître. Le reste c’est du vent.
Et nous avons le choix : ou bien nous nous laissons être ébranlés par ces bavardages incessants, ou bien nous relevons la tête (plutôt que la couper) et nous avançons… contre vents et marées.
C’est ce que symbolise la divinité tantrique Chinnamasta : elle se coupe elle-même la tête afin de représenter la cessation de ces fluctuations du mental dont parle le Yoga-Sutra évoqué plus haut.
Chinnamasta n’est pas la seule à personnifier cette métaphore de la décapitation pour mettre terme à la domination des projections du mental. On retrouve aussi cela notamment dans l’histoire de Ganesh (cf. La naissance de Ganesh, de l’impur au divin).
Au-delà du geste sanguinaire sur lequel il serait primaire de s’arrêter, il convient surtout de comprendre ce qui se cache derrière cette image.
Cela a à voir en fait avec la notion de dualité.
Chinnamasta symbolise un paradoxe qu’il est fondamental de comprendre intégralement, c’est-à-dire intellectuellement avec sa tête mais aussi charnellement avec son corps. Ce paradoxe est le suivant : c’est en désunissant que l’on réunit. Autrement dit, c’est en sortant de la con-fusion que l’on entre dans la conscience de la véritable union.
Ce qui est ici paradoxal et très subtil à comprendre c’est qu’en réalité la confusion naît de l’illusion de la séparation. Tant que l’on reste enfermé dans le piège de la dualité, cette fausse croyance que notre corps charnel et sensuel (prétendument relié à l’humain) est séparé de notre esprit pur et conscient (prétendument relié au divin), on se maintient prisonnier de la confusion entre ce que nous croyons être et ce que nous sommes vraiment. Nous croyons être de simples humains, captifs de leur malheur lié à la connaissance de leur nature imparfaite et mortelle alors que nous sommes en vérité du nectar d’Amour divin et éternel qui a été incarné afin d’en enrichir les arômes.
Le jour béni où l’on se délivre de cette confusion – et cela ne peut se passer que par l’expérience humaine transcendée – ce jour où, nous confrontant à notre plus grande peur, nous prenons conscience que celle-ci n’était construite que sur des fondations fantômes et qu’il suffisait d’ouvrir vraiment, réellement les yeux pour s’apercevoir que ça n’existait pas, alors on goûte enfin à ce qu’est vraiment la Liberté. La liberté d’être Soi. Pleinement Soi. Et non plus un soi que l’on avait établi sur une identité étriquée et erronée.
Mais pour cela il faut prendre le risque. Le risque de s’exposer à sa peur de disparaître. Cette peur de disparaître est elle-même le fruit de la confusion : nous croyons que c’est ce que nous sommes intrinsèquement qui disparaîtra alors que c’est justement ce que nous ne sommes pas et que nous croyons pourtant être (vous suivez toujours ? ) qui disparaîtra.
Il y aura donc effectivement une disparition, une dissolution, une abolition. Mais celle-ci est nécessaire précisément pour faire éclore ce que l’on est vraiment. La disparition, la mort est celle de ce « faux-nous » dans lequel nous faisions si bien semblant de vivre que nous étions la première personne à nous croire nous-mêmes.
Et il est indispensable d’en passer par cette mort si l’on souhaite un jour connaître le bonheur de ne plus se contenter de faire semblant de vivre pour pouvoir vivre enfin vraiment.
Il faut avoir la bravoure de faire l’offrande de ce « faux-soi » auquel nous croyions et auquel nous nous attachions. Il faut avoir l’humilité de reconnaître que l’on ne sait en fait rien au sujet de Soi, que l’on est « débutant » dans la connaissance de Soi (voir le texte suivant : Sans titre). Il faut avoir la sagesse de tout oublier des convictions que l’on avait au sujet de soi-même pour pouvoir se rencontrer pour la première fois. Il faut avoir la folie nécessaire de se jeter nu tout entier dans le feu au risque de disparaître… et donc au risque de vivre…
Il est en effet vital de nous mouiller à l’eau trouble de nos failles, de goûter à l’amer salé de nos larmes, de plonger dans les profondeurs du cœur de nos entrailles.
Alors seulement peut émerger à notre propre surface le pur nectar du Soi.
Pas d’ascension sans immersion.
Il est vital d’anéantir tous les orgueils de notre ego, de creuser la tombe du cadavre de nos illusions, de faire le deuil de notre propre chaos.
Alors seulement pourront tomber en lambeaux les vieilles peaux qui recouvrent la précieuse soie du Soi.
Pas de reconstruction sans destruction.
Il est vital d’avoir été intérieurement ébranlé par la traversée de zones de turbulences pour pouvoir laisser enfin la Vie danser en soi.
Alors seulement, nous serons prêts à jouir de notre juste place : au centre de Soi.
Pas d’évolution sans révolution.
Au-delà de la tête coupée, c’est la déchirure de toutes les limitations et les peurs créées par notre mental et auxquelles nous nous soumettons que Chinnamasta symbolise.
C’est précisément lorsque nous nous coupons de cela par le dépassement de ce que nous croyions impossible que nous entrons alors dans la conscience de notre Unité.
Et cette Unité dont il s’agit est triple : notre corps et notre tête, l’Autre et nous, le Divin et nous.
Nous ne sommes ni un corps sans tête, ni une tête sans corps.
Nous ne sommes ni séparés de nous-même, ni séparés de lui, ni séparés de Tout.
Nous ne faisons qu’Un car nous ne sommes en vérité qu’Un.
Juste mon dégoût de ces "hommes" et de leur silence coupable.
Affaire Harvey Weinstein : où sont les hommes ?
La chute du producteur de cinéma Harvey Weinstein, accusé d’agressions sexuelles et de viols, a été fulgurante. A Hollywood, les prises de position sont principalement venues des femmes.
De gauche à droite : Gwyneth Paltrow, Rosanna Arquette, Mira Sorvino, Rose McGowan, Angelina Jolie Pitt, Asia Argento et Ashley Judd, des actrices parmi les nombreuses femmes qui ont témoigné contre Harvey Weinstein. AP
Le comportement de prédateur sexuel d’Harvey Weinstein était le « secret le moins bien gardé » d’Hollywood. L’affaire tourne désormais au règlement de comptes entre les victimes et leurs soutiens, et ceux qui « savaient forcément », ceux qui « se doutaient ». Mais aussi ceux qui savent désormais et ne disent toujours rien.
Les premières accusations d’agressions sexuelles révélées par le New York Times ont été suivies par un article accablant dans le New Yorkercomportant trois accusations de viol, dont une a valu l’ouverture d’une enquête par la police de New York. De nombreuses actrices ont depuis ajouté leur témoignage, dont les actrices Emma de Caunes, Judith Godrèche, Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow et Léa Seydoux.
Silence embarrassé et accusations de complicité
A quelques rares exceptions, les hommes d’Hollywood n’ont pas, dans un premier temps, réagi ou pris position publiquement, alors que les femmes étaient nombreuses à le faire, de Meryl Streep à Kate Winslet.
Il y a bien eu Colin Firth, Leonardo DiCaprio ou Mark Ruffalo – qui a qualifié ces agissements de « répugnant abus de pouvoir » sur Twitter. George Clooney, dans une interview au Daily Beast, a, lui, reconnu que des rumeurs selon lesquelles des actrices avaient « couché avec Harvey Weinstein pour obtenir des rôles » courraient depuis les années 1990. Rumeurs qu’il a jugées sexistes, concluant qu’il ne fallait pas y prêter plus d’attention.
des réalisateurs de premier plan ayant travaillé avec Weinstein, comme Quentin Tarantino et Michael Moore ;
des acteurs dont Matt Damon, Bradley Cooper, Brad Pitt, Daniel Day-Lewis, Russell Crowe ou Ewan McGregor.
Au stade de l’affaire où chacun se demande « qui savait » et « qui ignorait », le silence embarrassé de ces acteurs de premier plan est interprété comme un aveu de complicité, plus ou moins passive. Car certains sont eux-mêmes accusés d’avoir contribué à étouffer les accusations pesant sur Harvey Weinstein. Sharon Waxman, journaliste et fondatrice du site The Wrap.com, explique avoir mené une première enquête en 2004, alors qu’elle était journaliste au New York Times. Elle accuse Matt Damon et Russell Crowe d’avoir fait pression sur elle, au téléphone, pour que son article ne soit pas publié en l’état. Matt Damon, ainsi que le New York Times, ont démenti.
« J’en ai marre que l’on demande aux femmes de prendre la parole. Qu’en est-il des hommes ? »
Elle partage, à la suite de cette remarque, une tribune parue dans le magazine Variety, qui explique que les hommes doivent prendre part à la condamnation collective pour que les choses changent :
« Quand il s’agit de transformer la culture d’Hollywood, c’est très simple : si vous ne faites pas partie de la solution, vous faites partie du problème. »
« Nous n’acceptons pas de considérer les agressions sexuelles comme de simples conversations de vestiaire. Alors pourquoi ce silence assourdissant, en particulier de la part d’hommes du milieu du cinéma, lorsque l’un des nôtres est dénoncé pour son goût répugnant de l’humiliation des femmes ? »
Et Lena Dunham de dresser un parallèle entre Weinstein et d’autres hommes du milieu du cinéma qui ont bénéficié, avant lui, d’une forme de complicité active ou passive de la part d’Hollywood.
Elle cite Woody Allen, accusé par sa fille adoptive, Dylan Farrow, d’agressions sexuelles alors qu’elle était enfant, et qui n’a jamais été inculpé pour ces accusations. Mais aussi Roman Polanski, activement protégé par une partie de la profession, en France comme aux Etats-Unis, alors qu’il est poursuivi dans ce pays depuis 1977 pour viol sur une mineure de 13 ans. Son arrestation en Suisse en 2009 lui a valu de nombreux soutiens en France, en Pologne et aux Etats-Unis. Dont celui, rappelle Lena Dunham, d’Harvey Weinstein.
La réalisatrice poursuit en affirmant à quel point il est curieux que les hommes d’Hollywood, qui concentrent le plus de pouvoir entre leurs mains, n’aient pas la force de parler :
« Les hommes ont le moins à perdre et le plus de pouvoir entre leurs mains pour faire changer les choses, outre qu’ils ne gèrent probablement pas le même niveau de traumatisme personnel et collectif autour de ces accusations. (…) Et pourtant, nous sommes là, des jours après, à attendre des collaborateurs les plus puissants d’Harvey Weinstein qu’ils disent quelque chose. N’importe quoi. »
Le silence des hommes, conclut-elle, contribue à créer un environnement où des comportements comme celui de M. Weinstein restent possibles. « Quand nous restons silencieux, nous fermons les yeux sur un comportement qu’aucun d’entre nous ne peut juger acceptable. (…) Parlez plus fort. »
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/10/12/affaire-harvey-weinstein-ou-sont-les-hommes_5200109_4832693.html#3kAyoFLhcec9k2C2.99