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Les ondes cérébrales

Par Le 28/03/2022

Types d'ondes cérébrales : Delta, Thêta, Alpha, Bêta et Gamma

7 minutes

https://nospensees.fr/types-dondes-cerebrales-delta-theta-alpha-beta-et-gamma/

 

Types d'ondes cérébrales : Delta, Thêta, Alpha, Bêta et Gamma

Il existe 5 types d’ondes cérébrales qui fonctionnent presque comme des notes de musique. Certaines agissent à basse fréquence, d’autres à une fréquence plus élevée. Cependant, ensemble, elles sont capables de constituer une harmonie où nos pensées, nos émotions et nos sensations peuvent atteindre un équilibre parfait, de sorte que nous nous sentons plus attentifs et réceptifs à tout ce qui nous entoure…

Chacun d’entre nous aura entendu quelqu’un dire quelque chose comme “je veux entraîner mon onde cérébrale Alpha pour me sentir plus détendu et atteindre la sérénité adéquate et la paix intérieure”. Plus encore, il est même question ces derniers temps de machines de biorétroaction capables de stimuler certaines ondes pour nous permettre d’atteindre, grâce à elles, certains états de conscience. Il convient néanmoins de rester prudent avec ces données.

S’agissant de nos ondes cérébrales, la clé de l’authentique bien-être est que chacune d’elles fonctionne correctement, dans sa fréquence et à un niveau optimal. De plus, nous ne pouvons pas ignorer le fait que ces rythmes cérébraux ne sont pas stables, mais qu’ils changent à mesure que nous grandissons, mûrissons et vieillissons. Le but, par conséquent, n’est pas d’être obsédé par le renforcement de nos ondes Bêta pour améliorer notre attention ou les Gammas pour atteindre un état mystique ou spirituel supposé.

La vérité est qu’il n’existe pas de type d’onde cérébrale meilleure qu’une autre ou plus spéciales par rapport aux autres. Toutes sont importantes, car elles sont toutes le résultat de l’activité électrique de nos neurones et de chacun de nos états mentaux.

ondes cérébrales

Les différents types d’ondes cérébrales

Nous savons tous que  le cerveau est un organe électrochimique ; en effet, les neurologues expliquent que si toutes nos cellules nerveuses étaient activées en même temps, nous pourrions obtenir assez d’énergie pour allumer une ampoule. Il s”agit là d’une donnée incroyable.

Par ailleurs, toute cette activité électrique est responsable des différents types d’ondes cérébrales, une sorte de processus complexe, fascinant et parfait par lequel chaque activité, chaque état mental et chaque pensée sont capables d’émettre un type d’onde cérébrale.

D’autre part, il est important de clarifier que notre cerveau maintient actifs les 5 types d’ondes cérébrales tout au long de la journée. Selon ce que nous faisons à un instant donné certaines ondes montreront une plus grande activité dans certaines zones de notre cerveau et d’autres travailleront avec moins d’intensité dans d’autres zones, mais aucune ne sera, pour ainsi dire, “déconnectée”.

Il s’agit de nuances très spécifiques que nous devons prendre en considération. Voyons à continuation qu’elles sont les différents types d’ondes cérébrales et comment se caractérise leur effet.

ondes cérébrales

1. Les ondes Delta (1 à 3 Hz)

Les ondes Delta sont celles qui ont une plus grande amplitude d’onde et sont liées au sommeil profond (mais sans rêves). Il est également intéressant de savoir qu’elles sont très fréquentes chez les bébés et les jeunes enfants, de sorte que, à mesure que nous vieillissons, nous produisons moins d’ondes de ce type. La vérité est que le sommeil et notre capacité à nous reposer se perdent progressivement au fil des ans.

Par ailleurs, il faut également noter que ce type d’onde est principalement lié à des activités corporelles dont nous n’avons pas conscience, telles que la régulation de la fréquence cardiaque ou de la digestion.

Que se passe-t-il si dans un électroencéphalogramme révèle des pics très élevés de cette onde ? Cela pourrait indiquer une lésion cérébrale, des problèmes d’apprentissage ou même être un indicateur de TDAH sévère.

Que se passe-t-il si dans un électroencéphalogramme révèle de faibles pics de cette onde ? Cela pourrait indiquer un mauvais sommeil, des difficultés pour activer et revitaliser le corps et l’esprit …

Un niveau adéquat d’ondes delta favorise et protège le système immunitaire, notre repos et notre capacité d’apprentissage.

2. Les ondes Thêta (3,5 à 8 Hz)

Le deuxième des types d’ondes cérébrales va de 3,5 à 8 Hz et est principalement lié à nos capacités imaginatives, à la réflexion et au sommeil. En tant que curiosité, nous pouvons préciser que les ondes thêta ont tendance à montrer une activité élevée lorsque nous éprouvons des émotions très profondes.

Un exemple simple lors duquel nous pouvons être conscients du moment où ce type d’onde prend le contrôle est lorsque nous finissons de faire un effort ou une tâche qui a demandé beaucoup d’énergie. Juste au moment où nous nous détendons et laissons notre imagination “voler” , les ondes thêta acquièrent une plus grande présence dans notre cerveau.

Voici davantage de données illustratives :

Un pic élevé d’ondes Thêta peut être lié à un trouble dépressif, un manque d’attention…

Les pics bas vont de pair avec l’anxiété, le stress et une faible auto-conscience émotionnelle.

Un niveau adéquat d’ondes Thêta favorise la créativité, la connexion émotionnelle et même notre intuition.

ondes cérébrales

3. Les ondes alpha (8 à 13 Hz)

Les ondes Alpha apparaissent dans ce crépuscule intermédiaire où il le calme est présent mais pas le sommeil, où nous trouvons la relaxation et un état favorable à la méditation. Nous pouvons également les éprouver lorsque nous sommes sur le canapé à regarder la télévision ou au lit, mais sans nous endormir.

Un niveau élevé d’ondes alpha nous empêcherait de concentrer notre attention ou même de nous sentir trop faible pour accomplir une tâche.

Un niveau bas vas de pair avec l’anxiété, le stress et l’insomnie.

4. Les ondes bêta (12 à 33 Hz)

Nous avons déjà franchi le seuil de ce types d’ondes cérébrales, de niveau faible ou modéré, pour atteindre un échelon supérieur. Nous sommes ici déjà dans ce spectre de fréquences plus élevées qui résultent d’une intense activité neuronale.

Nous parlons d’états très intéressants, en même temps que complexes, il faut bien le dire. Des états qui sont liés à ces activités quotidiennes où nous mettons toute notre attention, lorsque nous restons vigilants et que nous devons être conscients de multiples stimuli.

Des activités aussi banales que conduire, passer un examen, faire une exposition, participer à une réunion de travail en présentant un projet, etc., sont des moments d’activation maximale. Cependant, un excès, une suractivation neuronale peut conduire à un état d’anxiété ou de stress susceptible de nous porter préjudice.

Un faible niveau d’ondes bêta, en revanche, nous conduirait à un état trop détendu, laxiste, voire dépressif…

Un niveau optimal de ces ondes nous aide à être beaucoup plus réceptif, concentré sur l’amélioration de notre capacité à résoudre les problèmes.

5. Les ondes gamma (25 à 100 Hz)

Nous savons qu’en écoutant le mot “gamma” nous vient immédiatement à l’esprit les fameux rayons gamma, avec leur longue longitude d’onde et leur rayonnement électromagnétique élevé. En réalité, les ondes gamma et les rayons gamma ne se ressemblent que sur un point : leur fréquence extrêmement rapide .

ondes cérébrales

Nous devons préciser que les neuroscientifiques commencent à découvrir davantage de données sur ce type d’ondes, dont nous savions peut de chose il y a peu encore. Plus encore, il est très difficile de les capturer dans les électroencéphalogrammes. Nous parlons d’un type d’onde qui trouve son origine dans le thalamus et qui se déplace de l’arrière du cerveau vers l’avant et à une vitesse incroyable.

Elle sont liées à des tâches de traitement cognitif élevé.

Elles ont un rapport avec notre style d’apprentissage, avec la capacité d’établir de nouvelles informations mais également avec nos sens et nos perceptions.

Nous savons par exemple que les personnes ayant des problèmes mentaux ou d’apprentissage tendent à avoir une activité d’ondes gamma plus faible que la moyenne.

Les états de bonheur montrent également des pics élevés dans ce type d’ondes.

La phase de sommeil REM est par ailleurs généralement caractérisée par une activité élevée dans cette gamme de fréquences.

Pour conclure, connaître les différents types d’ondes nous permet de comprendre que nos processus mentaux, nos émotions, activités et dynamiques génèrent un type d ‘”énergie” dans notre cerveau. La clé est donc d’en être conscient, d’apprendre à se détendre, d’être plus réceptif, intuitif ou de favoriser, par exemple, ce contrôle émotionnel où notre anxiété agit en notre faveur et jamais contre nous.

Cela vaut la peine d’essayer.

La résonance de Schumann

Par Le 25/03/2022

Il y a quelques années déjà, j'ai écrit un roman intitulé "Les héros sont tous morts".

Peu à peu, l'idée s'est construite d'en écrire une suite pour en constituer une trilogie.

J'ai achevé le deuxième tome " Le désert des Barbares" à la fin de l'année 2020.

Puis, j'ai entamé le troisième tome.

En 2021, un projet de grande ampleur est venu dans notre vie et l'écriture est passée au second plan. Jusqu'à disparaître de ma vie. Il est clair que le temps que j'y consacrais et le peu de retour que j'en avais n'a pas aidé à me motiver. Alors que le projet de changement de lieu de vie était pour sa part réjouissant, stimulant, intellectuellement, physiquement, spirituellement.

Je pense que peu de personnes ont conscience de l'engagement que représente l'écriture d'un roman. C'est un véritable chantier intérieur, une construction qui nécessite d'être opiniâtre, appliqué, rigoureux. C'est une mise à l'écart de la vie quotidienne. C'est en tout cas ainsi que je l'ai toujours vécu. Ce qui n'est pas facile à vivre pour une compagne et des enfants. L'écriture est un espace d'isolement. 

Voilà un an que nous sommes dans notre nouveau lieu de vie. Nous y avons énormément travaillé, quasiment tous les jours. Beaucoup d'éléments sont en place et même s'il reste encore beaucoup à faire, l'intensité de l'engagement journalier n'est plus la même. L'essentiel est réalisé. On suit notre plan de marche. Chaque jour.  

Et donc, depuis quelques semaines, une envie s'est réveillée. L'actualité du monde humain a une part de responsabilité. La crise sanitaire, la guerre, la crise climatique... Ecrire de nouveau, reprendre le fil de l'histoire, en développer les élements primordiaux. Comme une évidence. Je ne peux plus laisser tout ça en plan. 

Cette trilogie entre dans le registre de la littérature d'anticipation. Du tome 1 au tome 3, l'évolution des personnages et des évènements suit une ligne de plus en plus chaotique puis bascule dans une projection dévastatrice. Et pourtant, bien que l'humanité se retrouve toute entière menacée, le titre du tome 3 laisse entendre qu'il n'y aura qu'une seule et unique solution : "Il faudra beaucoup d'amour."

La spiritualité. Nous ne pouvons y échapper. Et elle devra prendre une ampleur inconnue jusque-là. Le chemin sera long, ardu, redoutablement désespérant parfois. Il faudra beaucoup d'amour et de joie et d'humilité et de bienveillance et d'empathie, beaucoup de reconnaissance envers la Vie. 

Il s'agira également d'entrer dans un nouveau champ d'investigation, un paradigme qui ira bien au-delà des limites actuelles, l'acceptation de l'idée fondamentale que la science ne peut nier la spiritualité et que la spiritualité a une dimension scientifique. Les résistances issues de l'esprit cartésien, redoutable héritage, devront être dépassées. 

Je me suis intéressé en 2021 à la résonance de Schumann et j'ai beaucoup lu sur le sujet. Jusqu'à décider d'insérer dans le tome 3 ce phénomène. 

J'ai trouvé ce site et cette vidéo et les explications me plaisent.

Alors, oui, on peut mettre tout ça dans le cadre ésotérique, sous une étiquette ironique d'illuminé, sous le carcan réducteur de visions sectaires, aucunement prouvées etc etc etc... Je réponds aux sceptiques qu'au vu de l'état de l'humanité et de la planète, il aurait été salutaire de se montrer plus lucide et de ne pas remettre les existences aux mains de puissances essentiellement matérialistes. L'humanité a manqué de prudence et a fait preuve d'une prétention sans limites.

Les limites apparaissent aujourd'hui. Nous n'avons pas appris encore à être des humains puisque l'humain devrait avant toute chose ne jamais considérer qu'il y a lui et puis l'environnement. Tant que l'idée d'un ministère de l'environnement perdurera, quel que soit son nom, c'est que n'aurons toujours rien compris.

Nous sommes la Terre. Et la Terre est ce que nous sommes. 

Je vais donc recommencer à écrire et essayer de finir cette trilogie. Je sais que ça sera long car il n'est plus question que je "m'isole".

Le plan de marche prioritaire n'est pas celui-là. Notre lieu de vie, c'est notre tâche essentielle. 

 

La résonance de Schumann et le taux vibratoire de la terre

 

La résonance de Schumann et le taux vibratoire de la terre

 

Résonance de Schumman et taux vibratoire de la terre

Sommaire

La résonance de Schumann : une mesure scientifiqueQu’est-ce que la résonance de Schumann ?

Les éclairs, principale source de la fréquence de Schumann

La résonance de Schumann, une mesure importante

Mesure de la résonance de Schumann

Découverte

Petit historique des recherches scientifiques liées

Résonance de Schumann et ondes cérébrales alpha

Résonance de Schumann et ADN

Émission de la résonance de Schumann à visée thérapeutique, première expérience

Applications scientifiques des mesures de la résonance Schumann

Météorologie et climatologie terrestre et spatiale

Changement climatique

Effets biologiques de la résonance Schumann : un outil thérapeutique

Effets biologiques

L’équilibre vibratoire

Émission de la résonance Schumann à visée thérapeutique

Ramener à l’équilibre l’état vibratoire grâce à des impulsions magnétiques

Les cryptochromes détectant le champ magnétique

Résonances de Schumann et spiritualité

Le diapason de la terre et de la vie

Trouver le chemin vers notre propre harmonie

Corps humain, corps de la planète, corps de conscience

La vibration individuelle affectée par la vibration collective

Ascension

7,83 Hz, résonance physique et mystique

Téléchargez nos 52 cadrans de radiesthésie dont l’échelle de Bovis

Découvrir la résonance de Schumann en vidéo

La résonance de Schumann : une mesure scientifique

Qu’est-ce que la résonance de Schumann ?

La résonance de Schumann est le nom donné à la fréquence électromagnétique de la terre. C’est une mesure scientifique, qui s’intéresse à la résonance telle que définie par la physique, c’est-à-dire l’augmentation de l’amplitude d’oscillation d’un système au contact d’une de ses fréquences propres.

Les éclairs, principale source de la fréquence de Schumann

Dans le cas de la résonance de Schumann, les éclairs sont la principale source de cette fréquence. L’ionosphère, qui est une couche de l’atmosphère terrestre comprise entre environ 60 et 1000 km d’altitude, se comporte alors comme un guide d’ondes pour les très basses fréquences (entre 3 et 30 kHz) et les fréquences extrêmement basses (ou EBF, entre 3 et 30 Hz). On la nomme ionosphère car elle est composée de gaz ionisés. Le signal généré par les éclairs ou d’autres décharges électriques est amplifié. Selon la Nasa, il y aurait à tout moment environ deux mille orages produisant environ cinquante flashs de lumière par seconde. Chacune de ces décharges électriques produit des ondes qui se combinent et s’amplifient, donnant naissance à la résonance de Schumann.

La résonance de Schumann, une mesure importante

Les champs électromagnétiques font partie des forces fondamentales de la nature, comme la gravitation. C’est la rencontre entre la charge électrique qui caractérise toute vie (étant positive, négative ou neutre) et les champs magnétiques. La résonance de Schumann est donc une mesure importante en soi. C’est la pulsation de la planète. Mais c’est lorsqu’elle fut comparée aux fréquences du cerveau humain que de multiples hypothèses sont nées, quant à son rôle biologique, cognitif ou spirituel.

Mesure de la résonance de Schumann

Actuellement, on mesure les résonances de Schumann en continu dans différentes stations au travers du monde. On observe une variation normale de plus ou moins 0.5 Hz non significative ainsi que des pics au courant d’une journée. On mesure le champ magnétique horizontalement et le champ électrique verticalement, à l’aide d’inducteurs magnétiques.
Les mesures des résonances sont disponibles en direct en ligne via plusieurs sites internet qui les relaient. Le plus souvent on se sert du spectrogramme, qui permet de visualiser les fréquences entre 1 et 50 Hz par bandes de couleurs.

Découverte

Prédites pour la première fois en 1952, et estimées autour de 10 Hz, les résonances de Schumann sont mesurées pour la première fois en 1957 par Winfried Otto Schumann. Il repère la principale onde permanente, mesurée à 7,83 Hz, lui donnant ainsi son nom. Schumann, un physicien allemand de Tübingen fait alors équipe avec Herbert Konig. Depuis les années soixante, cette mesure a été largement répliquée et confirmée par de nombreux scientifiques. L’existence de la résonance de Schumann avait déjà été postulée au préalable par différents chercheurs dont Nikola Tesla. Dans les années soixante, les techniques d’analyse et de mesure s’affinent avec Balser et Wagner. Ils permettent de valider la mesure de 7,83 Hz.

Petit historique des recherches scientifiques liées

Résonance de Schumann et ondes cérébrales alpha

À cette époque, l’inventeur de l’EEG, Hans Berger, découvre et nomme les ondes alpha, en mesurant l’activité électrique du cerveau. Ces ondes, qui correspondent à un état éveillé calme et détendu, se situent dans la fourchette de fréquence de 8 à 12 Hz, en parfaite adéquation avec les mesures des résonances de Schumann. Cette corrélation est relevée par le Dr Anker Mueller, un collègue de Hans Berger. La découverte soulève de nombreuses questions, car elle ne concerne pas que l’humain mais l’ensemble des mammifères. L’hypothèse d’une fréquence caractérisant la vie et bénéfique ou essentielle à la vie, est postulée. Selon ses défenseurs, son usage pourrait révolutionner la médecine et la science.

Résonance de Schumann et ADN

Rares sont les scientifiques qui ont directement travaillé sur le lien entre la résonance de Schumann et la vie. Néanmoins, un scientifique français connu et controversé met à contribution la fameuse fréquence dans ses recherches sur la réplication de l’ADN. Il s’agit de Luc Montagnier, prix Nobel de médecine pour sa découverte du VIH, et hautement débattu pour ses travaux sur la mémoire de l’eau, ses positions sur les vaccins, ou plus récemment ses théories sur l’origine du coronavirus. Montagnier travaille sur les fréquences extrêmement basses échangées entre des brins d’ADN. Il soutient qu’elles ont un rôle clef dans la transformation et la réplication de l’ADN. Cette expérience, malgré les questions fascinantes, n’est pas bien reçue par la communauté scientifique et n’a pas été répliquée.

Émission de la résonance de Schumann à visée thérapeutique, première expérience

Ces questions donnent naissance à de nombreuses recherches scientifiques. L’une des plus marquantes est certainement l’expérimentation menée par Rütger Wever, qui s’intéressait alors aux rythmes circadiens. Il mena une expérimentation dans un bunker, isolant les sujets de la fréquence de la terre pendant deux semaines. Les sujets développèrent des maux de tête, et des souffrances émotionnelles dans ces conditions d’isolement. Wever apporta un générateur de fréquence, pour les exposer à la résonance de Schumann, ou 7,83Hz. Il rapporta de nettes améliorations répétées immédiatement suite à cette exposition. Cette expérience ouvrit la porte à de nombreuses nouvelles questions, bien qu’elle semble manquer de contrôles sur tous les effets liés à l’enfermement, au manque de lumière… inhérent au protocole. Néanmoins, c’est la première fois qu’un scientifique expose volontairement ses sujets à la fréquence de la résonance de Schumann à des fins de recherche thérapeutique.

Applications scientifiques des mesures de la résonance Schumann

Il faudra attendre les années 90 pour que les résonances de Schumann éveillent un intérêt scientifique majeur. E lles viennent compléter l’arsenal de mesures permettant d’étudier le changement climatique. Loin des bunkers et des tubes à essai, la résonance de Schumann fait son entrée en sciences de l’environnement, et climatologie terrestre et spatiale.

Météorologie et climatologie terrestre et spatiale

Les résonances Schumann sont utilisées pour l’analyse de l’ionosphère. Et en particulier le suivi scientifique des phénomènes dans la couche D de cette dernière (60 à 90 km). Ces mesures, aux côtés d’autres paramètres, rentrent dans la boîte à outil de la compréhension du climat terrestre mais aussi du climat spatial et des climats d’autres planètes. Sur terre, elles sont utiles pour détecter à court terme les éclairs, les tempêtes, les tremblements de terre, ou d’autres évènements climatiques majeurs.

Changement climatique

Elles nous informent aussi sur les changements de température, en faisant une clef dans les sciences du changement climatique, aujourd’hui en plein développement.

Effets biologiques de la résonance Schumann : un outil thérapeutique

Effets biologiques

L’effet de la résonance de Schumann sur l’humain est un domaine d’étude au croisement de la physique, de la médecine et la biologie. Son étude n’est pas complète. On explore encore aujourd’hui de nombreuses pistes.
Néanmoins, nous savons que les champs électromagnétiques affectent l’ensemble des fonctions biologiques. L’emploi des fréquences a une influence sur l’ensemble de l’être. Au niveau cellulaire et bactérien, comme au niveau électrique, ce qui se répercute au niveau du cerveau par un changement d’état de conscience (mesurable par l’EEG) lorsque nous nous synchronisons sur les ondes alpha.

L’équilibre vibratoire

La santé humaine dépend de nombreux facteurs, l’un d’entre eux étant l’environnement géophysique dans lequel évolue le sujet. Cette interrelation fréquentielle peut affecter notre santé et notre état émotionnel, comme le postule Hainsworth. Son idée se résume à la notion d’équilibre vibratoire. S’exposer à certaines fréquences de façon répétée peut nous faire perdre cet équilibre. Cela se manifeste par une baisse d’énergie, une baisse du système immunitaire et un affaiblissement général, avec des conséquences cognitives. C’est lorsque le corps s’accorde avec la résonance de la planète qu’il retrouve vitalité. Pour savoir comment calculer son taux vibratoire, vous pouvez vous munir d’une planche de radiesthésie (échelle de Bovis).
Sachant que notre corps lui aussi émet une fréquence, l’idée que notre bonne santé correspond à une résonance fréquentielle biologique optimale, est derrière tous les usages de thérapies fréquentielles qui visent à stimuler, par exposition ou impulsion, les fréquences biologiques du corps.

Émission de la résonance Schumann à visée thérapeutique

À partir de l’expérimentation de Wever, d’autres chercheurs ont continué à expérimenter l’émission de la fréquence de Schumann à visée thérapeutique. Lorsque notre champ électromagnétique est perturbé (par un excès d’ondes au bureau par exemple), le fait de se réexposer à la résonance clef du corps et de la terre permet de promouvoir un état calme propice à l’équilibre et la guérison.

Ramener à l’équilibre l’état vibratoire grâce à des impulsions magnétiques

Cette approche et cette pratique trouvent un écho particulièrement fort, au moment où nous vivons la pollution électromagnétique la plus élevée que l’humanité n’ait jamais connue. Pour contrebalancer l’effet des bains d’ondes électromagnétiques qui règnent particulièrement en zone urbaine, et affectent notre équilibre, la proposition est de s’exposer à la fréquence de la planète, ou 7,83Hz pour stimuler nos rythmes circadiens naturels. En répliquant la résonance naturelle et en stimulant sa résonance physique grâce à des impulsions magnétiques, on cherche à ramener à l’équilibre l’état vibratoire du sujet.

Les cryptochromes détectant le champ magnétique

Cette proposition repose aussi sur des hypothèses scientifiques qui postulent un lien entre notre environnement électromagnétique et notre capacité à gérer nos niveaux de mélatonine (hormone régulatrice du sommeil), via le rôle notamment des cryptochromes. Ces dernières sont des protéines présentes chez les animaux, les végétaux et chez l’humain, impliquées les rythmes circadiens et la détection des champs magnétiques. Les cryptochromes absorbent la lumière bleue et peuvent détecter le champ magnétique à partir de celle-ci. Néanmoins, ce chapitre scientifique demande encore à être mis en lumière…

Adopter une posture neutre et détachée pour penduler

Résonances de Schumann et spiritualité

Le diapason de la terre et de la vie

Nous décrivons la résonance de Schumann comme « le diapason de la terre ». Partant de l’idée que la résonance de Schumann est un diapason du vivant, nous y exposer nous permet de nous remettre en contact instantanément avec ce point de repère électromagnétique et physique. Entrer en résonance avec cette fréquence nous permet de retrouver notre équilibre naturel. Cet équilibre stimule la capacité du corps à se régénérer et donc à guérir.

Trouver le chemin vers notre propre harmonie

Ce processus d’entrée en résonance explique partiellement pourquoi nous nous sentons aussi bien dans la nature : nous retrouvons cet état vibratoire naturel, auquel nous souhaitons toujours revenir, car il est synonyme d’harmonie et de détente. C’est en entrant en contact avec la fréquence qui contient la mémoire de cette harmonie que nous trouvons le chemin vers notre propre harmonie. C’est l’harmonie de nos rythmes et mouvements internes, en synchronisation avec les rythmes et mouvements de l’univers. L’harmonie c’est l’équilibre des rythmes de la vie. Notre corps fonctionne comme un instrument de musique qu’il faut parfois raccorder, pour pouvoir jouer sa partie dans la grande symphonie du vivant.

Vous voulez en savoir plus sur le taux vibratoire ? Découvrez notre article “Comment augmenter le taux vibratoire ?” et “Pourquoi augmenter son taux vibratoire ?“

Énergies du corps

Corps humain, corps de la planète, corps de conscience

La résonance Schumann affecte la surface de la terre (l’ionosphère) qui peut être comparée symboliquement à la peau de notre planète. Cette couche de l’atmosphère est très proche de nous et nous affecte en tant que collectivité, que corps.
Les êtres humains, tout comme l’ensemble du vivant sont affectés par les modifications du champ magnétique de la terre.

La vibration individuelle affectée par la vibration collective

Mais, il ne s’agit pas là d’un effet unilatéral. L’être humain affecte lui aussi de façon collective la fréquence de la terre. C’est une chaîne du vivant fréquentielle : ma vibration individuelle affecte et est affectée par la vibration collective du vivant. Et elle-même est affectée et affecte la vibration de la terre. Nous sommes tous à la fois émetteurs et récepteurs. C’est l’interrelation de tous les corps conscients. Dans ce paradigme, la terre a, elle aussi, une conscience, souvent évoquée par son nom grec : Gaia. Il existe une corrélation entre les mouvements de l’univers, de la planète, et du vivant. Par conséquent, il y a donc une corrélation entre notre résonance individuelle et le monde.

Ascension

Dans cette approche, les conditions vibratoires de la planète déterminent ce qui peut être manifesté ou non. L’interrelation vibratoire des corps de conscience permet à l’humain d’affecter volontairement la fréquence de la terre. C’est l’idée derrière la notion d’ascension, l’augmentation collective de la fréquence vibratoire de l’humanité. Cette notion accompagne un changement de paradigme planétaire vibratoire et spirituel.

7,83 Hz, résonance physique et mystique

7,83Hz. De la détection des éclairs à l’ascension de la conscience collective, les résonances de Schumann font raisonner les scientifiques et vibrer les mystiques. Fidèle à sa sémantique, la résonance, telle que l’entend la physique, cohabite avec la résonance dans son sens le plus large, ce qui nous fait vibrer ; comment retentit en nous un vécu ou une sensation…

"L'esprit léger et le corps sain."

Par Le 19/03/2022

 

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"Puissé- je être en paix, heureux (se)
L'esprit léger et le corps sain.
Puissé-je vivre en sécurité
Et sans afflictions.
Puissé-je être libre de la colère
De la peur et de l'anxiété
Puissé-je me voir toujours avec les yeux
de la compréhension et de l'amour.
Puissé- je être capable de vivre avec fraîcheur,
Dans la détente et la solidité
Libre de tout attachement et de toute aversion,
Sans sombrer dans l'indifférence. "

Thich Nhat Hanh

 

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Le jeûne thérapeutique (3)

Par Le 17/03/2022

 

Une méthode que nous pratiquons depuis pas mal d'années. 

Ceux qui me connaissent savent que sur le plan médical, je traîne quelques belles "casseroles".

Je suis convaincu que sans le jeûne, il ne s'agirait pas de casseroles mais de gamelles, de chaudrons, de marmites...

C'est toujours la même problématique avec des méthodes qui ne sont pas passées dans le domaine public. Beaucoup de réticences et de doutes encore aujourd'hui. Sans parler bien entendu de tous les commentaires négatifs d'une bonne partie du corps médical. Je rappelle juste que j'ai été opéré de deux hernies discales, qu'elles se sont reformées et qu'une sténose canalaire lombaire s'y est ajoutée. A ce jour, je devrais marcher avec une canne.

Avant-hier, j'ai couru 14 km en forêt (jamais sur le goudron), j'en suis à 600 km de vélo depuis le 1er janvier. Je mesure 1m76 et pèse environ, selon les saisons, entre 55 et 58 kilos. J'ai pesé jusqu'à 85 kilos. Je ne mange pas à midi. Petit-déjeuner et repas du soir, principalement cru. Jamais d'animaux. Je ne mange pas mes amis...

 

 

Le jeûne thérapeutique (1)

Le jeûne thérapeutique.  (2)

Le jeûne et l'hormèse

Jeûner pour se soigner

L'autophagie dans le jeûne (1)

L'autophagie dans le jeûne (2)

 

 

"Laughing heart" De Charles Bukowski

Par Le 11/03/2022

Il y a quelques temps déjà que j'écoute ce morceau de musique et je tenais à trouver l'origine des paroles. 

Et j'ai enfin trouvé.

C'est un poème de Bukowski. Et j'aime infiniment. 

Quand à l'accompagnement musical, il me fascine par sa justesse. 

Death poems 3

 

The Laughing Heart (traduction en français)

Artiste : Charles Bukowski

The Laughing Heart

Your life is your life

don't let it be clubbed into dank submission.

Be on the watch.

There are ways out.

There is a light somewhere.

It may not be much light, but

it beats the darkness.

Be on the watch.

The gods will offer you chances.

Know them.

Take them.

You can't beat death, but

you can beat death in life, sometimes.

And the more often you learn to do it,

the more light there will be.

Your life is your life.

Know it while you have it.

You are marvelous.

The gods wait to delight

in you.

 

La coeur hilare

Ta vie c'est ta vie

Ne la laisse pas se faire matraquer par une froide soumission.

Sois sur tes gardes.

Il y a des issues.

Il y a une lumière quelque part.

Peut-être qu'elle éclaire peu

Mais elle bat l'obscurité.

Sois sur tes gardes.

Les dieux vont t'offrir une chance.

Rencontre-les

Prends-les sous ta coupe.

Tu ne peux pas battre la mort, mais

tu peux battre la mort dans ta vie, parfois.

Et plus tu apprends à le faire,

Plus il y aura de la lumière.

Ta vie c'est ta vie.

Sache-le tant que t'es en vie.

Tu es merveilleux.

Les dieux attendent de se délecter

en toi.

la zone ultime.

Par Le 27/02/2022

 

 

"« Ce n'est pas un état dans lequel on se met, c'est un état qu'on trouve. Et si vous prenez conscience que vous êtes en train d'accomplir quelque chose d'extraordinaire, vous vous déconcentrez, et vous sortez donc de “la zone.” »

"La zone" (lien)

 

Un tour de vélo aujourd'hui et il y avait longtemps que je n'avais pas expérimenté cette fameuse "zone" à vélo. L'avantage de prendre de l'âge, c'est que le potentiel physique se réduit et que le temps nécessaire pour basculer dans cet état "second" se raccourcit. C'est en tout cas le cas pour moi. Je l'ai vécu dernièrement dans une sortie de trail. Cet espace temps pendant lequel la fatigue se révèle intense, où les muscles sont en feu et où pourtant, il devient impossible de ralentir parce que le plaisir est plus puissant que la brûlure musculaire, où l'euphorie est plus stimulante que l'envie de tout relâcher.

Et c'est délicieux.

Mais la suite l'est encore plus. Jusque-là, cette euphorie est consciente, on est encore dans la pensée, on est concentré, on s'applique, on cherche le geste juste, on se parle intérieurement, on récite les connaissances, on fait appel à l'expérience, on est dans le savoir. On pourrait penser que sur un vélo, il n'y a pas grand-chose à savoir : on pédale et c'est tout. J'en suis environ sur le plan kilométrique à cinq fois le tour de la Terre et je sais combien le cyclisme n'est pas qu'une histoire de force musculaire. C'est certain qu'entre les premières sorties en janvier et maintenant, les muscles sont plus affûtés. Mais ça ne fait pas tout. Le contrôle mental, l'observation de la consommation d'énergie, la position du corps, le relâchement des épaules, la rotation des jambes et le mouvement du pied, la poussée de la jambe vers le bas et la traction de l'autre vers le haut, l'analyse du relief, l'usage juste des vitesses, le souffle, l'usage du poids du corps en danseuse, il existe de multiples paramètres incontournables. Et lorsque tout ça est en place, alors, l'entrée dans la "zone" est envisageable.

Mais il reste un point essentiel : que le corps devienne le maître et que le mental se retire puis que tout disparaisse. Corps et mental et que tout se fasse dans un "no man's land" que j'appelle la "zone tampon". Et c'est cette dimension que j'aime par-dessus tout dans les activités d'endurance. 

Il s'agit en fait d'être là, totalement là.  

La "zone, ça n'est pas pour moi un état "qu'on trouve", c'est elle qui nous trouve. Parce que la volonté est une pensée, et de vouloir trouver la zone, c'est l'empêcher d'advenir. 

Inspiration, expiration...Les mouvements du ventre et de la poitrine. Tant que j'y pense, comme à tout ce que j'ai cité avant, c'est un état de pensée. Et la "zone" est un état de "non pensée". C'est un état de perfection.

La concentration est une forme de pensée silencieuse qui visualise un phénomène intérieur et le fait d'en prendre conscience et de le verbaliser est une autre forme de pensée.

Arrêter volontairement de se concentrer c'est encore un état de pensée. Et même à chercher à saisir ce qui reste implique la réflexion et le fonctionnement cérébral.

Il faut aller vers l'état de conscience qui consiste à réaliser qu'on ne pense à rien... Puis il faut se placer dans cet espace où s'établit la césure entre la conscience et la pensée...Car comment concevoir qu'une pensée puisse prendre conscience d'elle-même ? Une pensée pense mais elle n'agit pas en dehors d'elle-même, elle ne peut pas se séparer de ce qu'elle est ou alors, c'est qu'elle ne penserait plus. La pensée ne peut pas se conscientiser sans s'évaporer. Une pensée concientisée n'est plus une pensée, elle est la conscience. Et nous devrions ne penser que consciemment pour penser vraiment. Sinon, ça serait comme imaginer qu'une pomme puisse se manger elle-même. Elle ne peut qu'être mangée. La pensée, de la même façon, ne peut pas vouloir s'observer elle-même au risque de se dévorer. C'est donc qu'il y a une autre entité. Et c'est là que la conscience surgit.

Alors, dans cet espace qui marque la césure entre ma pensée et la conscience que j'en ai, il y a un lieu où rien ne se passe. Ni pensée, ni même conscience. Rien. C'est la zone tampon. C'est là que se situe le "no man's land". Et rien n'est plus intense que cet homme-là alors qu'il semble ne plus être là... Il est même possible et incommensurablement intense de le vivre dans le cadre de la sexualité. Lorsque l'étreinte amoureuse n'est plus la rencontre entre deux individus mais l'état de pureté absolu de l'amour. Et lorsque l'activité physique entre dans cette dimension-là, qu'il s'agisse du trail, du vélo, de la marche en montagne, comme de n'importe quelle activité associée à la durée, c'est d'amour qu'il s'agit. L'amour de la vie en soi, la puissance de l'énergie et elle peut s'avérer ne plus avoir de limites connues. C'est là que courent par exemple les ultra-trailers, au-delà du connu, dans une dimension nourrie par la puissance de vie, nourri par l'amour de la vie en soi. 

Et c'est pour cela que j'aime autant l'endurance dans le sport. Il y a inévitablement dans cet état des moments de rupture, des instants pendant lesquels la conscience revient puis les pensées et alors il faut de nouveau se concentrer, rétablir les rituels, l'usage contrôlé du souffle, l'application physique, la quintessence des gestes, une forme de douceur envers soi-même, sans chercher à forcer, pour que le mental retourne se coucher, puis laisser venir l'absence ou la présence mais une présence qui ne relève pas de la conscience de soi. Juste de la conscience d'être au-delà. Et l'au-delà de soi n'a pas besoin de conscience. C'est la beauté ineffable de la "zone". 

 

LES ÉGARÉS (roman 14)

Par Le 23/02/2022

Franck, un lecteur, m'a fait part d'une particularité, prise en compte dans la dimension du chaminisme et ignorée, bien évidemment, par la médecine occidentale.

Un traumatisme est susceptible d'entamer une partie de l'âme. Et l'individu, sans comprendre les raisons profondes, souffrira toute sa vie de cette amputation.

J'ai vécu quelques traumatismes. L'un d'entre eux a eu un impact considérable. 

J'avais 16 ans, je veillais Christian, mon frère, cliniquement mort, dans une chambre d'hôpital. Jours et nuits. Charlotte était une infirmière de nuit. 

Puis est venu Roger...

Puis est venu le temps d'écrire tout ça. Parce qu'il m'aurait fallu une thérapie et que je ne l'ai jamais demandée.

Un bout de mon âme est peut-être parti le jour où Roger s'en est allé. Un autre à la mort de mon frère. Un autre lorsque j'ai frôlé la mort, si près que le frisson est toujours là. Que faut-il réaliser pour que le morceau d'âme perdu réintègre son calice ? Faut-il même y croire ? Si j'allais en parler avec les médecins qui m'ont suivi, ils me proposeraient des anxiolytiques. Je n'en ai aucunement besoin.  

Je sais qu'il existe des médiums. J'ai eu la chance d'en croiser une. Hélène. Je n'en connais pas d'autre et ça n'est pas le genre de démarche que l'on demande à n'importe qui. Je ne crois qu'au hasard en sachant qu'il n'existe pas. Il faut lui donner un autre nom : coïncidence, destin.

"Rien au ciel n'est écrit" disait le philosophe. A moins que nous ne sachions pas lire. 

 

LES ÉGARÉS (roman) 6

 

 

Portes au dela

 

LES ÉGARÉS

"C'est le lendemain soir que l'épreuve en cours se renforça encore davantage.

Il faisait les cent pas dans le couloir. Il avait besoin régulièrement de vider en marchant le trop plein de douleurs. Lui qui n’aimait pas particulièrement cette activité lancinante, il avait découvert dans ces couloirs austères l’apaisement de ce baume, la quiétude de ces gestes simples, la tranquillité intérieure qui émanait de ces allers-retours. L’absence. Laisser tomber sous les semelles les chargements de pensées.

Une aide-soignante poussait un brancard roulant. Il avait regardé rapidement le visage éteint, le pansement volumineux qui entourait le crâne. Il avait cru reconnaître son ami de classe.

Chambre 21. Il avait vérifié l’identité du blessé auprès d’une infirmière. Il ne s’était pas trompé.

Il avait questionné l'infirmière. Elle avait raconté.

« Il roulait en mobylette derrière le tracteur de son père, ils avaient labouré un champ, ils rentraient à la ferme et le père a pilé pour éviter un chien. Ton ami n’a pas réagi assez vite. Il est venu s’empaler sur les barres de coupe. Une dans le crâne, elle a perforé le casque, une autre dans le poumon droit. Coma profond. Y a pas beaucoup de chance qu’il s’en sorte d’après le chirurgien. Faut attendre. »

Il se souvient du ton dénué d’émotions. Un compte-rendu anodin, juste une énumération de faits, comme s’il s’agissait d’un objet abîmé, un pantin malmené, juste un cas de plus, un dossier médical, un lit occupé, un numéro de chambre, « le patient du 21. »

Il avait imaginé le père. Il le connaissait. Un homme bourru, silencieux, amoureux de sa terre. Roger ne voulait pas reprendre la ferme. Il n’aimait que les livres. Son père lui en voulait. L’ambiance à la maison était conflictuelle. Lourde. Roger ne voulait pas céder. Il rêvait de devenir professeur de français.

Il avait demandé à Charlotte l’autorisation d’aller voir Roger. Une supplique. Elle avait hésité pendant plusieurs jours puis devant sa détermination, elle avait accepté. Personne n’en saurait rien.

Il lui lisait des livres.

 

....

Il n’aurait jamais imaginé à quel point la Mort était une garce.

Chaque nuit, il allait voir Roger. Ses parents étaient venus deux fois pendant la première semaine. Plus jamais depuis. Les médecins avaient dit que ça ne servait à rien de rester. Ils les avaient écoutés et puis les animaux de la ferme avaient besoin de soins eux aussi. Ils ne pouvaient pas les laisser.

Roger n’avait jamais réagi, à aucune de ses visites. Le respirateur sur lequel il était branché insufflait un air purifié dans ses poumons inertes. Quand il se penchait au-dessus du visage inexpressif, il avait du mal à comprendre qu’un geste aussi essentiel puisse être ignoré par le cerveau. L’état apparent de Roger était pourtant moins désastreux que celui de Christian. Il sentait néanmoins à quel point, dans cette poitrine artificiellement gonflée, la vie n’avait plus beaucoup d’emprise.

Continuer malgré tout à offrir à Roger le bonheur des mots partagés. Ces mots qui les faisaient vibrer de bonheur. Ils partageaient souvent leurs lectures, s’enflammaient dans des discussions passionnées.

Sartre, Camus, Le Clézio, London, Gandhi, Schoendeorffer, Koestler, Gide, Mauriac …

Ils avaient adoré tous les deux « La longue route » de Moitessier. Tant de poésie, tant d’amour envers l’océan, tant de révélations aussi. Ils rêvaient qu’à leur tour ils parcourraient un jour les mers du sud. Leurs discussions passionnées dans la cour du lycée, leurs recherches endiablées dans les rayons de la bibliothèque, les pages qu’ils recopiaient, les passages qu’ils récitaient.

Cet amour des mots.

Cette journée-là avait été particulièrement éprouvante. Une nouvelle opération pour Christian, la cheville gauche, rien ne se consolidait. Les chirurgiens avaient opté pour une arthrodèse. Boulonner les fracas osseux et vivre peut-être avec un pied bloqué. Mais vivre.

Chaque anesthésie nourrissait l’état comateux. Impossible de savoir si le réveil aurait lieu. Les chirurgiens avaient refusé les premiers jours de le placer en coma artificiel. Malgré les crises de folie furieuse que les douleurs intenables déclenchaient, il était trop dangereux d’ajouter des drogues puissantes avec des effets difficilement contrôlables.

À chaque fois qu’il voyait Christian partir au bloc, il ne savait pas s’il le reverrait vivant et il priait pendant des heures dans le fauteuil de la chambre, dans les couloirs, près d’une fenêtre, sur un banc du parc, près de l’ascenseur par lequel il devait réapparaître.

Il priait.

Il se souvient bien de ces phrases répétées jusqu’à l’assèchement de sa volonté. Il se surprenait parfois à les murmurer dans la solitude de ses pensées.

« Tiens le coup, Christian, tiens le coup. T’as fait le plus dur maintenant. Tu ne dois pas lâcher. »

Il n’avait jamais mêlé Dieu à ses suppliques. Impossible d’oublier cette haine du premier jour. Dieu … Dans l’éventualité de son existence, il ne pouvait l’absoudre de toutes les souffrances propagées.

Christian était revenu.

Et lui, épuisé par l’attente, il s’était senti vaciller dans ses fibres, dans son esprit laminé, dans son énergie consumée.

Une immense fatigue. Comme si l’immobilité de cette vie d’attente le fossilisait insidieusement, comme si des relents d’anesthésiants flottaient dans les airs et l’empoisonnaient.

Lorsque ses parents étaient arrivés après leur journée de travail et qu'ils avaient pris le relais, il avait raconté ce que les infirmières avaient bien voulu lui expliquer puis il était allé dormir. Il prendrait sa veille à 5 heures. Il avait immédiatement sombré dans un sommeil de tombe. Vidé de toute pensée.

Au petit matin, quand ses parents avaient repris le chemin du travail et qu’il avait réintégré son poste de garde, recroquevillé dans son fauteuil, il avait pensé qu’il n’était pas allé voir Roger au début de la nuit. Jusque-là il avait instauré un horaire fixe. De vingt heures à vingt et une heures. Que Roger puisse se repérer dans sa journée.

Il avait oublié. L’épuisement avait voilé sa conscience et la mission qu’il s’était fixé avait succombé cette fois sous le fiel poisseux de la torpeur.

Charlotte était entrée. Elle venait toujours le voir avant de quitter le service au matin. Il avait deviné sur les joues les sillons des larmes séchées, la brillance triste des yeux embués.

« Yoann, je préfère que ce soit moi qui te le dise. »

Il avait deviné. Un pressentiment. Une culpabilité déjà nourrie par son abandon au sommeil.

« Roger est mort cette nuit. »

Il avait mis les mains sur ses oreilles. L’impression effroyable qu’il allait vomir son cœur.

Un coup de sabre dans le ventre.

Le dégoût.

Il aurait voulu tuer la Mort. L’étrangler de ses mains, la regarder perdre son souffle, l’entendre suffoquer, serrer sa gorge décharnée, sourire devant son visage qui blanchit, les yeux qui se révulsent, le gargouillis infâme des dernières bulles d’air.

Tuer la Mort revenait à se servir d'elle et donc à lui donner vie.

L’absurdité de l’idée l’avait renvoyé à sa trahison.

Il avait abandonné Roger et ses envies de meurtre n’étaient que des subterfuges pour se supporter.

Le dégoût. La honte.

Effondré, en larmes, la tête dans les mains.

Charlotte s’était accroupie devant lui et l’avait enlacé.

« J’ai pleuré pour Roger, Yoann, mais aussi pour toi. Roger ne pouvait pas s’en sortir. C’était un coma irrémédiable. Je n’aurais pas dû te laisser le voir, te laisser croire que tu pouvais réussir avec lui ce que tu as fait avec Christian. Je n’ai pas réalisé la mission que tu t’imposais. Et c’est pour toi aussi que j’ai mal. Je sais que tu vas t’en vouloir. Je sais que tu vas te sentir coupable. J’ai vécu ça si souvent. Mais tu n’y es pour rien, Yoann. Les gens ne partent pas à un instant précis. Ils partent, c’est tout. Rien n’est prévisible. Roger aurait pu mourir alors que tu étais à ses côtés. Et j’aurais dû y penser. Je m’en veux terriblement du mal que je t’ai fait. Je n’aurais jamais dû accepter. C’est une faute impardonnable. »

Il était sorti du carcan de ses larmes, il avait ouvert ses mains. Oh, ce visage, cette douceur en souffrance, ce petit éclat étrange dans la prunelle de son œil droit, une surprise génétique lui avait-elle dit, toujours cette envie de poser sa tête contre sa poitrine, de s’abandonner… Tant d’émotions mêlées.

 

 

 

 

Il s’arrête. La pente s’est renforcée sans qu’il ne s’en aperçoive. Le chemin trace de longues diagonales vers une brèche étroite, une entaille rectiligne dans la muraille rocheuse.

Il s’assoit et sort la gourde.

Son amour pour Charlotte. Ce serrement de ses entrailles, cette chaleur qui ruisselait comme une lave délicieuse, ce désir d’étreintes, cette plongée offerte dans la lumière de ses yeux, les arabesques fluides de son corps en mouvement, les mélodies câlines de sa voix mesurée, la danse de ses mains sur le tempo de ses mots. Il imaginait la douceur de ses seins.

Découvrir l’amour dans l’antre de la Mort. Charlotte l’avait protégé et cette attitude avait incrusté dans son âme la nécessité d’une compagne protectrice, une gardienne de cœur, une soignante attentive.

Leslie …

Ce n’est pas elle qu’il aimait mais le prolongement irréfléchi de ses traumatismes, le maintien pervers d’une identification névrotique.

Il avait pris forme dans le cocon désinfecté des murs de l’hôpital. Sa vie entière portait les stigmates des coups, des blessures, des refoulements, des peurs et les baumes inventés n’étaient que des palliatifs.

Il n’avait aimé que dans le sillage des jours sombres.

La Faucheuse avait rogné en lui les bourgeons d’amour avant qu’ils n’éclosent. Il n’en restait que des pustules nécrosées et il devinait au plus profond de son âme les branches tordues portant des résidus de bonheurs morts nés, des fœtus pourris, gangrenés, des embryons avortés.

Découvrir l’Amour dans l’antichambre de la Mort et n’en jamais sortir.

 

 

 

Il aurait voulu voir Roger une dernière fois mais Charlotte avait déjà envoyé le corps à la morgue. Elle avait rejeté sa requête.

« Ça ne servirait qu’à augmenter ta douleur Yoann. Garde en toi le souvenir de ton ami vivant. C’est ce qu’il aurait voulu. »

Il n’avait pas insisté.

Juste avant de partir, elle avait tenté de lui sourire mais il avait lu dans ses yeux une détresse immense.

Un mort et deux âmes torturées.

À quel point le combat contre le monstre était inégal. Sa haine s’était renforcée et il avait juré d’être encore plus intraitable et vigilant.

Il ne la laisserait plus jamais l’endormir.

« Le seul moyen de tuer la Mort, c’est de rester en vie. Chaque jour qui passe, c’est une bataille gagnée. Elle, elle ne l’emportera qu’une seule fois. L’enjeu, c’est de la ridiculiser et de l’humilier le plus longtemps possible. »

Il s’était assis au bord du lit de Christian en psalmodiant ce sermon. Il serait un guerrier indestructible.

Il avait retenu ses larmes en les noyant sous les promesses.

L’attente de Roger. Combien de fois il l’a imaginée ?

Cette porte qui s’ouvre, l’ami qui vient s’asseoir et parler, cette vie reliée, connectée, la solitude repoussée, la détresse étouffée pendant une heure, les retrouvailles avec les mots adorés, les phrases qui grandissent, les idées qui bouleversent.

Roger l’avait sûrement attendu, tendu, crispé, angoissé, incapable d’appeler à l’aide. La Mort qui le frôle, murmure à son esprit appesanti qu’il est temps de lâcher prise, que ce calvaire est inutile, ce refus qui s’étiole, cette fissure qui grandit, les sanglots qui l’étouffent. La peur qui monte en lui comme une bête immonde. Elle ronge les murailles, use les résistances, s’infiltre, serpente. De son corps répugnant suintent des semences assassines, des jus gluants qui grignotent les ultimes barrières. Le désespoir qui gonfle, l’étouffe, l’air qui lui manque, les soubresauts de sa poitrine, la panique qui l’étreint, les soubresauts, ce cri impossible, quelques spasmes profonds comme des séismes moribonds et l’abandon.

L’abandon, comme une pierre qui coule et voit s'éloigner la lumière.

La Mort qui se couche sur lui avec un rictus immonde, un baiser fatal, l’ectoplasme glacé qui l’enlace, l’envahit, le pénètre par tous les pores, envahit ses cellules, les derniers frissons.

Une ultime colère envers l’ami qui l’a trahi, celui qui l’a abandonné, celui qui l’a oublié.

Mourir dans un sursaut de haine.

Cette épouvantable honte avec laquelle il a grandi. Comme un poison en lui."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Kintsugi

Par Le 21/02/2022

 

La technique du kintsugi pour les objets casses

Qu’est-ce que le Kintsugi ?

Le Kintsugi est l’art japonais de réparer des pièces de poterie cassées avec de l’or. La traduction de kintsugi est «jointure en or» alors que kintsukuroi signifie «réparation en or». Cette technique de réparation japonaise permet de réparer et d’embellir des porcelaines ou céramiques brisées. L’idée est d’utiliser les défauts et les imperfections pour créer une œuvre d’art encore plus forte et plus belle. Chaque fissure est unique et au lieu de réparer un article comme neuf, la technique vieille de 400 ans met en évidence les « cicatrices » dans sa conception même.

La philosophie du Kintsugi

La philosophie du Kintsugi est de considérer la casse et la réparation comme faisant partie de l’histoire d’un objet, plutôt que comme quelque chose à masquer. Non seulement il n’y a aucune tentative de cacher les dégâts, mais la réparation avec l’or met littéralement en valeur les cicatrices pour les sublimer.

Le Kintsugi peut nous apprendre une leçon importante avec une métaphore. Parfois, en réparant des choses qui se sont cassées, nous créons en fait quelque chose de plus unique, beau et résistant. C’est une sorte d’expression physique de l’esprit de mushin. Mushin est souvent littéralement traduit par « sans esprit », mais porte des connotations d’exister pleinement dans le moment, de non-attachement, d’équanimité au milieu de conditions changeantes. Les vicissitudes de l’existence au fil du temps, dont tous les humains sont concernés, ne pourraient être plus claires que dans les cassures, les chocs et les éclatements auxquels la céramique est également soumise.

https://www.abacor.fr/kintsugi/

 

"Dans l'épreuve, ne cherche pas l'adversaire ; cherche l'enseignement."

Mikao Usui

 

Qui parmi nous, n'a pas été brisé ? Qui n'a pas connu d'épreuves redoutables ? Se réparer de façon à ce que la cassure en vienne à embellir l'individu, à ce qu'elle apporte une révélation, un éveil, voilà le chemin. 

 

Agnès Stevenin : Dans le silence de l'amour.

Par Le 17/02/2022

 

Je ne me permettrais pas de commenter. Juste que c'est magnifique. 

A CŒUR OUVERT : le cerveau du cœur

Par Le 14/02/2022

Je me demande souvent à quel point nous pouvons nous octroyer une quelconque once de liberté étant donné que nous sommes engagés dans un processus si intense, si ancien, si prégnant, que toute lucidité peut en être exclue.

Nous affirmons notre personnalité à travers des fonctionnements qui relèvent de l'attachement. Et il s'agit bien du verbe "attacher".

Dès lors, il faut s'interroger sur ce que nous aimons, sur les supports multiples que nous nous efforçons de maintenir, de développer ou même de découvrir.

D'où viennent ces désirs ? D'où viennent les passions ? D'où viennent nos émois et nos volontés de les explorer ? Est-il possible finalement de remonter à la source de ce que nous aimons et bien plus important encore d'en comprendre la quintessence ? Y a-t-il eu, à un moment, un événement déclencheur ? Est-ce qu'il s'agit davantage de multiples expériences qui, une fois accumulées, sont devenues essentielles?

Est-ce qu'il y a eu tout au long du processus un état de clairvoyance, une lucidité qui permettrait d'affirmer que le choix s'est fait en pleine conscience ou bien au contraire s'agit-il d'une succession d'errances, de fourvoiements, d'illusions, de conditionnements, de réactions ?

Sommes-nous capables d'agir ou seulement de réagir ?

Existe-t-il un état intérieur qui puisse valider le statut d'individu conscient ?

Et si cela n'est pas possible, quel est le chemin que nous pouvons emprunter pour parvenir à nous extraire de ce sac émotionnel que nous transportons depuis le premier jour (et même avant) ? Car il s'agit bien des émotions et de leurs effets et rien d'autre. Nous sommes des individus extraordinairement pointus dans la réception des émotions. C'est dans leur gestion que le bât blesse.

Il faudrait donc que nous parvenions à ne plus aimer ce que nous aimons pour savoir si, réellement, cet amour a un sens et s'il est justifié qu'il soit maintenu. Apprendre à ne plus aimer pour aimer réellement, sortir du cadre aimant lorsqu'il n'est qu'un mirage et découvrir ce qui peut être aimé, sans aucun a priori, ce qui peut être aimé sans que rien ne soit dicté par l'histoire personnelle, sans que rien ne vienne canaliser l'énergie, sans que rien ne s'immisce dans l'émotion avant qu'elle ne jaillisse. Il faudrait aimer sur un coup de foudre, sans aucune donnée initiale, sans aucun apport antérieur, sans que l'histoire passée ne vienne influer sur l'instant.

Est-il envisageable d'aimer sans savoir pourquoi ? Et plus important encore de n'en pas chercher la raison ? N'est-ce pas une forme d'amour qui serait au-delà de l'amour connu ? Au-delà de tout ce qui a été expérimenté mais qui n'aurait aucune influence ?

Pour y parvenir, il faudrait apprendre à s'asseoir et à ne plus penser, à ne plus rien nommer, à ne plus reconnaître, apprendre à se taire, apprendre à contempler, explorer le vide émotionnel en soi, non pas un vide mort, non pas un néant abyssal mais un vide libérateur, un vide déraisonné, un vide déshumanisé.

"Déshumanisé". Le terme fait peur et renvoie à des individus sombres. C'est encore et toujours l'impact social, éducatif, historique. Je parle d'individus "déshumanisés" dans l'optique de l'accès à cette liberté intérieure qui projette l'individu bien au-delà du connu, bien au-delà de ce qu'il pense de lui-même, de ce qu'il sait, de toutes ses certitudes, de toutes ses convictions, de tout ce qu'il a assimilé et qui le remplit. 

Il faudrait aimer dans un état d'éveil. Un éveil épuré.  

 

 

 

Coeurouvertwhite

 

 

 

« Tu sais Paul, le cœur est bien autre chose qu’une pompe. J’ai lu pas mal de choses sur le sujet. J’avais rencontré un scientifique dans un colloque que je suivais pour un article, des discussions passionnantes qui m’avaient donné envie d’en savoir davantage. Mais, tu as bien dû te documenter toi aussi.

-Absolument pas Diane, rien du tout, j’ai posé là-dessus une chape de béton. Je serais même incapable de t’expliquer clairement ce qui est arrivé à mon cœur et tout autant pour te dire comment celui-ci fonctionne exactement. J’ai vécu tout ça comme si je n’étais pas concerné et je ne comprends pas vraiment pourquoi. Et d’un point de vue technique, ça ne m’intéresse toujours pas. De toute façon, je ne maîtrise rien là-dedans, je suis complètement dépendant de cette technologie. Avant, j’en étais dépendant d’un point de vue professionnel, je vendais tout ce qui était le plus techniquement avancé avec la nécessité d’être le premier à le faire, je connaissais parfaitement les usages de tous les appareils, les extensions, les améliorations successives, je restais à la pointe de l’évolution. Maintenant, il s’agit de ma survie et je réalise que je ne connais pratiquement rien de cette technologie.

-Parce que ça serait une connaissance, Paul alors que tu vis désormais une quête de compréhension. Il ne te servirait à rien de t’encombrer.

-Oui, c’est sans doute l’explication. Qu’est-ce que tu voulais me dire à propos du cœur ?

-Et bien, il y a beaucoup à dire en fait. Et il est possible que ça puisse t’aider à comprendre ce trouble qui te poursuit.

-Je n’en souffre pas en tout cas. Aujourd’hui, c’est juste une impression étrange. Mais je t’écoute.

-Est-ce que tu sais que le cœur a des neurones ?

-Comme dans le cerveau ? Non, je l’ignorais.

-En fait, la plupart de nos organes en disposent. Des neuroscientifiques ont fait cette découverte. Le cœur a son propre système nerveux. Il possède au moins quarante mille neurones, autant que dans divers centres sous-corticaux du cerveau. Le cerveau du cœur et son système nerveux relaient de l’information au cerveau du crâne, créant un système de communication à double sens. Le dicton populaire qui parle de « l’intelligence du cœur » avait raison. En Occident, la science considérait que notre pensée résultait de la somme des interconnexions entre les neurones et les synapses baignant dans une centaine d’agents chimiques. Et puis, les dernières avancées de la neurobiologie ont découvert ce que la médecine chinoise traditionnelle enseignait depuis des millénaires.

-C'est-à-dire ?

-Pour eux, l’activité neuronale est répartie au sein de l’organisme. Le cœur en a une part importante. Chaque organe assume une facette de la vie intérieure. Et pas seulement physiologique. Selon eux, les poumons sont le siège de la vie végétative, le foie contrôle l’imagination et la créativité, la rate assimile les expériences et la connaissance, les reins génèrent l’esprit de décision et la volonté, les intestins séparent le pur de l’impur et le cœur entretient la conscience, l’énergie centrale qui gouverne les quatre autres, il est le nœud, c’est le Shen, le discernement dans les pensées, l’intelligence du cœur n’est pas qu’une expression populaire, c’est une réalité profonde. Mais si un de ces esprits viscéraux est déficient, il aura une influence néfaste sur le Shen. Tout est lié et interdépendant. Le cerveau apparaît comme un centre de tri, un récepteur qui coordonne, il gère les cinq sens mais reste sous l’emprise des esprits viscéraux. Il n’est pas ce super ordinateur que nous imaginons ici.   

-Est-ce que ces interprétations ont une base scientifique ou sont-elles juste des traditions ?

-Je me méfie considérablement des preuves apportées par la science. C’est une entité subjective qui ne valide bien souvent que ce qui lui permet de renforcer le paradigme en cours et par conséquent les démonstrations antérieures. Une question d’argent dans le fond. Il vaut mieux pour les chercheurs travailler sur des projets qui seront subventionnés par les laboratoires. Mais tout le monde, heureusement, ne se soumet pas à ce genre de pressions.

-Tu veux dire que de m’avoir enlevé mon cœur et en plus de m’avoir équipé d’un cœur artificiel pourrait expliquer ce changement radical dans ma vie ? Non pas simplement parce que j’ai eu un infarctus mais parce que je vis sans ces neurones du cœur ? 

-Je ne sais pas mais c’est une piste.

-Tu disais que pour les Chinois, le cœur est le siège de la conscience ?

-Oui, c’est ça. Et c’est logique d’un point de vue symbolique. Il est le souffle vital.

-Mais alors, pourquoi est-ce que je suis bien plus conscient aujourd’hui que dans toute ma vie ? Pourquoi est-ce que j’ai réalisé avec une violence infinie que tout ce qui me portait en avant était dérisoire ? Puisque je n’ai plus de cœur, je devrais être privé de cette lucidité. »

Elle s’arrêta et le fixa. Comme figé intérieurement.

« Qu’est-ce qu’il y a Diane ?

-Une idée soudaine.

-C’est quoi ?

-Attends, c’est tout mélangé. »

Il se tut et attendit. Les yeux rivés sur son visage.

« Est-ce que ça voudrait dire que cette conscience originelle est détournée au fil du temps ? À travers l’éducation, l’environnement familial, scolaire, sociétal, professionnel et que les neurones du cœur finissent par absorber des données qui les pervertissent ? Et que, désormais, étant donné que tu en as été nettoyé, cette conscience originelle ressurgit ? »

Elle s’arrêta.

« Ton cerveau ayant géré tout ça pendant cinquante ans a gardé en mémoire l’ensemble des données. Par contre, ces données ne sont plus alimentées par ton cœur. Alors, elles s’effacent ou elles perdent de leur importance. Tu vois ?

-Le cœur influencerait le cerveau ? La façon dont on vit, tout ce que le cœur perçoit, toutes les expériences contribueraient donc à donner au cerveau les éléments favorables à la constitution de l’ego ? C’est ça ? Le cerveau reçoit, trie, dissèque, interprète, il se fait son film. Les émotions qu’il disperse dans le corps sont réalimentées par les organes et selon la puissance des réactions, ces émotions deviennent des empreintes indélébiles, c’est ça ?

-Et selon l’interprétation et la résonnance, le cerveau du crâne va conduire l’individu à vivre de nouvelles expériences similaires, des nourritures identiques ou en tout cas destinées à développer cet individu. Mais au départ, le cœur a une importance considérable, primordiale. La petite enfance nourrirait le cœur et formerait le cerveau. Regarde juste l’exemple de la fête de Noël. Les parents achètent des cadeaux aux enfants, ils s’en servent et finissent par les délaisser et ils se mettent à espérer les cadeaux à venir. Le conditionnement matériel se met en place. Il s’agit de posséder. Cette fête pourrait être l’occasion de proposer aux enfants des expériences de vie, un voyage ou même une sortie en forêt, aller construire une cabane et y passer la nuit ou projeter de le faire, n’importe quoi d’autre mais dans la dimension existentielle, celle des choses vécues et non celle des choses reçues. Bien sûr que les enfants sont heureux de recevoir les cadeaux qu’ils ont attendus et tout le mal vient de là. Leur cœur est touché et la mémoire activée. Avoir devient la source de leur être.

-Et donc, j’ai perdu tout ça. Ou en tout cas, ça n’est plus alimenté et c’est pour ça que je me suis retrouvé aussi paumé.

-Pas paumé mais en décalage. Tu t’es peut-être plutôt retrouvé. C'est-à-dire l’individu originel que la vie avait l’intention de promouvoir.

-Ça nous amène très loin tout ça.

-Effectivement. C’est même assez effrayant.

-Mais est-ce que tu sais comment vivent les gens qui ont reçu un greffon humain ? Est-ce qu’ils sont déstabilisés comme je le suis ?

-Je ne sais pas Paul. On peut imaginer qu’un greffé bénéficie toujours des données enregistrées par son donneur et qu’elles correspondent suffisamment à son style de vie. Des individus ayant une vie radicalement différente, je ne pense pas que dans le monde occidental, ça soit très fréquent. On peut donc considérer que les greffés ne seront pas aussi désemparés que toi. Dans ton cas, il n’y a plus rien. Plus de neurones, plus de flux électrique naturel.

-Et pourtant, c’est une histoire qui me tient à cœur ! ajouta-t-il en souriant.

-Le cœur a ses raisons que le cerveau ignore! répliqua-t-elle. Et le tien aussi, peut-être.

Il aimait son sourire. Elle le regardait profondément.

Un crépitement dans sa poitrine, l’idée que l’emballement de l’organe n’avait aucun sens, que ça ne pouvait pas être généré par cette machine en lui, que le cerveau en était le décideur, que l’intelligence de ce cœur était une illusion. Comment son cœur pourrait-il s’emballer de lui-même ? C’était inconcevable.

« Qu’est-ce qui se passe Paul ? » demanda-t-elle, soucieuse.

Il hésita quelques secondes.

« Une émotion très forte, Diane, un bonheur que je n’imaginais plus pouvoir vivre. Et mon cœur qui s’emballe. »

Elle s’approcha. L’horizon disparut derrière les contours de son visage. Il posa ses mains sur ses joues, il la regarda intensément, le besoin de lire son accord, elle souriait.

Ils s’embrassèrent. »

Cet amour en toi

Par Le 11/02/2022

 

Cet Amour en toi

il consume les peaux mortes

son rayonnement te parfume

sens les particules qu'il t'apporte

saisis tout ce qu'il te donne

oublie ce que tu hais

découvre ce que tu es

cet Amour en toi

crie-le, écris-le

et crois-le, il ne te trompe pas

pleure, tremble, frissonne

cours, marche, danse

puise dans les gouffres lumineux

jouis, aime, ris, laisse le t'éblouir

les forces consumées sont des Soleils en croissance

un jour, tu comprendras la Présence.

OLYMPUS-DIGITAL-CAMERA

The shift project

Par Le 08/02/2022

Jean Marc Jancovici est pour moi une référence incontournable. Clair, objectif, lucide, capable de se projeter de façon réaliste, en évitant le catastrophisme qui n'a pour seul effet que de couper toutes initiatives. Jancovici est une pointure qui n'a pas attendu les problèmes actuels pour se faire connaître, en surfant sur une vague médiatique. Il est là depuis bien longtemps et c'est justement cette ancienneté qui lui donne tout son crédit. S'il y a bien un projet qui mérite d'être suivi de près, à mon avis, c'est bien celui-là.

 

 

Événements

PLAN DE TRANSFORMATION DE L’ÉCONOMIE FRANÇAISE (PTEF): PUBLICATION DU LIVRE ET

SORTIE DU SITE WEB !

 

25 janvier 2022

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Toute l’équipe du Shift Project est fière et heureuse de vous annoncer la publication de son nouveau livre aux éditions Odile Jacob, fruit de deux ans de travaux : « Climat, crises : le Plan de transformation de l’économie française (PTEF) » ! 

A cette occasion, nous sommes ravis de mettre à votre disposition des contenus inédits et exclusifs à retrouver sur le tout nouveau site web entièrement dédié au PTEF : rendez-vous sur ilnousfautunplan.fr.

Nous présenterons le livre et nos propositions lors d’un Live spécial le 7 février à 18h sur Zoom, en présence notamment de Laurent Berger (CFDT), Patrick Martin (MEDEF), Estelle Brachlianoff (Veolia), Eva Sadoun (Mouvement Impact France), Jean-Marc Jancovici et de toute l’équipe du Shift Project. Programme et inscriptions ici. 

« La question que nous nous sommes posée peut se résumer ainsi : que faut-il faire pour mettre l’économie française en cohérence avec une baisse des émissions planétaires de 5% par an, compatible avec nos engagements climatiques, tout en permettant à chacun(e) de trouver un emploi ? » Jean-Marc Jancovici, Président du Shift Project

Lancé en mars 2020 par le Shift Project, le PTEF ou Plan de transformation de l’économie française est un vaste programme opérationnel pour nous emmener vers la neutralité carbone, secteur par secteur. Né dans le sillage de la crise sanitaire, ce plan vise à proposer des solutions pragmatiques pour transformer l’économie, en la rendant moins carbonée, plus résiliente et créatrice d’emplois. Notre objectif est de convaincre un maximum de décideurs politiques et économiques de planifier la transition, avec des propositions concrètes et chiffrées.

« C’est ce plan de marche visant la décarbonation effective de nos activités que nous avons essayé de construire. Derrière les chapitres qui suivent, il y a l’apport de dizaines de collaborateurs, de centaines de contributeurs et de milliers de relecteurs. Si ce plan parvient à faire un tant soit peu la différence dans les débats à venir, nous n’aurons pas perdu notre temps. »

Disponible en librairie dès aujourd’hui, aux Editions Odile Jacob. 

UN TOUT NOUVEAU SITE WEB POUR METTRE NOS PROPOSITIONS À L’HONNEUR !

Pour suivre toutes les actualités sur le Plan de transformation de l’économie française, rendez-vous sur le site dédié ilnousfautunplan.fr. Vous pourrez y retrouver : 

Nos propositions détaillées secteur par secteur ;

Des infographies résumant ces propositions (état des lieux du secteur, leviers de décarbonation et perspectives à horizon 2050) ;

Des vidéos exclusives de nos chefs de projets 

Des contenus dédiés à la mise en récit du Plan de transformation de l’économie française

UN LIVE SPÉCIAL POUR PRÉSENTER LE LIVRE ET NOS PROPOSITIONS 

Nous organisons le 7 février prochain de 18h à 21h une grande présentation publique en ligne, en présence d’invités politiques et économiques de premier plan (Laurent Berger, Estelle Brachlianoff…), de Jean-Marc Jancovici et de toute l’équipe du Shift Project : les inscriptions sont ouvertes ! Pour retrouver le programme complet et toutes les informations sur cet événement, rendez-vous sur la page dédiée. 

Retrouvez-nous le 7 février prochain sur 
Zoom et en direct sur notre page Facebook. 

 

Une interview à écouter pour se faire une idée.

 

 

Les Communs : Vandana Shiva

Par Le 06/02/2022

Bravery in battle est un groupe musical de post rock.

Ils ont invité Vandana Shiva pour lier la musique et le texte sur les Communs.

 

" Parce que nous vivons dans un monde interconnecté et que les sociétés humaines dépendent profondément de ce que la nature leur prodigue, toutes les sociétés qui se sont souciées du bien-être humain et de l'intérêt public ont toujours défini, administré, protégé et renouvelé les Communs.

Puisque les Communs sont le fondement du bien-être commun, leur enfermement, leur privatisation, leur saisie est la base de la pauvreté. La pauvreté n'est pas l'état original des sociétés. La pauvreté est le résultat de l'exploitation, de la privatisation et de l'enfermement des Communs.

Les Communs, ce sont les prés, les champs, les forêts, les semences, les Communs, c'est la biodiversité, c'est la culture du partage et du soin qui se développe quand les semences sont des Communs. Et comme nous avons transformé les plantes en marchandises, considérées comme de la propriété privée ou de la propriété intellectuelle, parce qu'elles sont soumises à la collecte de royalties, nous sommes passés de dix mille espèces qui composaient le régime alimentaire des humains à quelques centaines et maintenant seulement à quatre : le maïs, le colza, le soja et le coton.

La biodiversité est la base de la santé. Ce corps incroyable qui est le nôtre est profondément relié à la terre. Nous sommes la terre. Le mot humain vient du mot humus qui signifie "sol". Enfermer le Commun de la biodiversité a aussi des conséquences économiques : les services pris en charge gratuitement par la biodiversité deviennent les produits à coût élevé que vendent les entreprises. Mais les Communs, ce n'est pas seulement ce que la nature nous offre. Tout ce que la communauté crée dans l'intérêt collectif et conservé dans le domaine public est un Commun. C'est pourquoi nos sociétés ont beaucoup lutté pour créer des systèmes de santé qui soient des systèmes publics, des systèmes d'éducation qui soient des systèmes publics, des systèmes de transport qui soient des systèmes publics, des systèmes dénergie qui soient des systèmes publics. Nous avons besoin de tout cela pour créer des sociétés bienfaisantes. Nous avons besoin de tout cela pour apporter la justice et l'égalité dans nos sociétés."

 

Vandana Shiva

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Œuvres principales

Staying Alive: Women, Ecology, and Development (d), The Violence of the Green Revolution: Third World Agriculture, Ecology, and Politics (d), Earth Democracy: Justice, Sustainability, and Peace (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

modifier - modifier le code - modifier WikidataDocumentation du modèle

Vandana Shiva, née le 5 novembre 1952 à Dehradun (Uttarakhand), est une conférencière, écrivaine et militante féministe et écoféministe indienne1.

Elle dirige la Fondation de la recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles (Research Foundation for Science, Technology and Natural Resource Policy). Elle a reçu le prix Nobel alternatif en 1993.

 

 

Biographie

Après avoir obtenu une licence de physique en 1972, puis un master en 1974, à l'université du Panjab, à Chandigarh en Inde, Vandana Shiva poursuit ses études au Canada. Elle y obtient un master de philosophie des sciences à l’université de Guelph en 1977, puis un doctorat dans la même discipline obtenu en 1978 à l'université de Western Ontario. Elle réoriente ensuite ses recherches dans le domaine des politiques environnementales à l'Indian Institute of Science2.

Elle est l'une des chefs de file des écologistes de terrain et des altermondialistes au niveau mondial, notamment pour la promotion de l'agriculture paysanne traditionnelle et biologique, en opposition à la politique d'expansion des multinationales agro-alimentaires et au génie génétique. Elle lutte contre le brevetage du vivant et la biopiraterie3.

Dès les années 1980, elle a été très active dans le « Narmada Bachao Andolan » (Mouvement Sauvons le Narmada) qui s'oppose à la construction d'énormes barrages sur la rivière Narmadâ, barrages bouleversant les écosystèmes et obligeant aux déplacements de millions de paysans pauvres4.

En 1991, Vandana Shiva fonde l'association « Navdanya », association pour la conservation de la biodiversité.

Elle est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 20095.

Engagements et critiques

Intervention de Vandana Shiva au Salon international du goût (it) - Terra Madre 2012, Turin.

Tout en poursuivant sa lutte contre l'introduction des OGM dans son pays6,7, Vandana Shiva s'engage dans une forme d'activisme mondial en faveur de la paix, la biodiversité et du droit des peuples de disposer d'eux-mêmes.

En 2001, Vandana Shiva, avec quatorze lauréats du Prix Nobel alternatif ou du Prix Goldman, demande au Congrès mexicain la reconnaissance constitutionnelle des peuples autochtones et de leurs droits, au Mexique, en insistant sur leur rôle dans le développement et la conservation de la biodiversité naturelle et culturelle8.

En 2004, après deux ans de combat, Vandana Shiva obtient la fermeture de l'usine Coca-Cola du Kerala9.

Combat contre les OGM : sa fondation de recherche a surveillé les activités liées aux OGM depuis 1997 et mené une campagne anti-OGM au niveau national et international.

Elle accuse les OGM du coton Bt introduits en 2002 d'être responsable des suicides des paysans indiens qui se seraient endettés et n'auraient pas eu les rendements prévus. Ces accusations sont reprises par diverses organisations, par exemple par le Centre pour les droits de l’Homme et la justice mondiale (CHRGJ) de la faculté de droit de l'Université de New York (NYU) dans un rapport datant de 201110 (dont la co-autrice, la professeure Smita Narula évoque dans une vidéo le rôle des OGM dans la recrudescence des suicides chez les paysans indiens11). Mais les études portant sur les suicides d'agriculteurs en Inde réfutent ces affirmations, constatant qu'il n'y a pas eu d'augmentation du taux de suicides depuis l'adoption massive du coton Bt en 200212,13, l'une d'elles indiquant même une diminution du taux de suicides à partir de 200513. La principale cause des suicides serait en réalité un surendettement des agriculteurs, induit par un ensemble de facteurs incluant le manque d'irrigation ou la diminution des prêts accordés aux agriculteurs14. Les théories de Vandana Shiva concernant une supposée forme de « totalitarisme alimentaire » orchestrée selon elle par les laboratoires et certaines fondations caritatives15 sont donc déconsidérées par certains sceptiques16. Elle est également critiquée pour ses nombreuses positions anti-scientifiques17.

Œuvres

(en) Staying alive : women, ecology and development, Londres, Zed books, 1988, 224 p. (ISBN 0-86232-822-5, notice BnF no FRBNF36638978).

The Violence of the Green Revolution - Third World Agriculture, Ecology and Politics, Paperback, 1991, 264 p.

Ecoféminisme (1993) avec Maria Mies (ISBN 2738471773)

Vandana Shiva, Ethique et agro-industrie. Main basse sur la vie, L'Harmattan, 1996, 128 p. (ISBN 978-2-7384-4409-7)

Vandana Shiva, Le terrorisme alimentaire, Fayard, 2001, 197 p. (ISBN 978-2-213-61080-1)

Vandana Shiva, La Guerre de l'eau : Privation, pollution et profit, Parangon, 2003, 162 p. (ISBN 978-2-84190-097-8)

India Divided, Seven Stories Press, 2005

Globalization's New Wars: Seed, Water and Life Forms Women Unlimited, New Delhi, 2005 (ISBN 81-88965-17-0)

Earth Democracy; Justice, Sustainability, and Peace, South End Press, 2005 (ISBN 0-89608-745-X)

Manifestos on the Future of Food and Seed, editor, South End Press 2007 (ISBN 978-0-89608-777-4)

Democratizing Biology: Reinventing Biology from a Feminist, Ecological and Third World Perspective, author, Paradigm Publishers 2007 (ISBN 978-1-59451-204-9)

Soil Not Oil, South End Press, 2008 (ISBN 978-0-89608-782-8)

Staying Alive, South End Press. 2010 (ISBN 978-0-89608-793-4)

Biopiracy: The Plunder of Nature & Knowledge, Natraj Publishers, 2011 (ISBN 978-8-18158-160-0)

Monocultures of the Mind: Perspectives on Biodiversity, Natraj Publishers, 2011 (ISBN 978-8-18158-151-8)

Making Peace With The Earth, Pluto Press, 2013 (ISBN 978-0-7453-33762)

"Etreindre les arbres", dans Reclaim. Recueil de textes écoféministes choisis et présentés par Emilie Hache, Paris, Cambourakis, 2016

1 % : Reprendre le pouvoir face à la toute-puissance des riches, Rue de l’Échiquier, 2019

Médias

Un monde à vendre (titre anglais : Life running out of control), film de Bertram Verhaag et Gabriele Kröber de 2004, diffusé sur Arte le 11 mars 2004 et le 9 février 2006, relate son combat18

Vandana Shiva apparait en outre dans les films documentaires suivants :

Dalai Lama Renaissance19.

Solutions locales pour un désordre global de Coline Serreau.

Le Monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin.

The True Cost d'Andrew Morgan.

En quête de sens de Nathanaël Coste et Marc de la Ménardière.

Demain de Mélanie Laurent et Cyril Dion.

La Guerre des graines de Stenka Quillet et Clément Montfort20.

SEED: The Untold Story de Taggart Siegel et Jon Betz.

Internet ou la révolution du partage (55 min) de Philippe Borrel version courte de son film La bataille du Libre [archive] (87 min) aka Hacking for the Commons [archive] .

Distinctions

Prix et récompenses

1993 : Prix Nobel alternatif « pour avoir placé les femmes et l'écologie au cœur du discours sur le développement moderne »

2007 : Prix de la Planète bleue21

2010 : Prix Sydney de la paix22

2008 : LennonOno Grant for Peace (en)

2011 : Prix Thomas Merton

2012 : Prix de la culture asiatique de Fukuoka

2012 : Das Glas der Vernunft (de)

2016 : MIDORI Prize for Biodiversity 23

2016 : Prix Danielle Mitterrand, de la Fondation France Libertés

2019 : BBC 100 Women

Courir

Par Le 30/01/2022

 

La musique, la course dans les bois, des forêts traversées sur des chemins ancestraux, bordés de murs de pierre, l'énergie en soi, le souffle, le rythme, la musique...des heures de bonheur. 

Démission du Pr François Alla

Par Le 29/01/2022

Regardez bien la source de cet article ; il ne s'agit pas d'un site "complotiste". Il est nécessaire de le préciser désormais tellement la désinformation rend les choses compliquées...

Source https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/politique-de-sante/pr-francois-alla-jai-demissionne-du-haut-conseil-de-la-sante-publique-car-les-experts-nont-pas-joue

POLITIQUE

Pr François Alla : « J’ai démissionné du Haut Conseil de la santé publique car les experts n’ont pas joué leur rôle durant la crise sanitaire »

janvier 25, 2022

Crédit photo : DR

Le 5 janvier, le journal officiel (JO) actait la démission du Pr François Alla du Haut conseil de la santé publique (HCSP). Ex vice-président de la commission « maladies chroniques » du HCSP, le praticien hospitalier, chef du service de soutien méthodologique et d’innovation en prévention au CHU de Bordeaux, confie au « Quotidien » les raisons de son départ. Il considère que le « Haut conseil » ne dispose pas des moyens suffisants pour mener à bien ses missions. Et juge que les expertises des scientifiques du HCSP sont dévoyées par les politiques.

LE QUOTIDIEN : Pourquoi avez-vous démissionné du Haut conseil de la santé publique ?

Pr FRANÇOIS ALLA : Je voulais tout d’abord dégager du temps pour remplir ma nouvelle mission à la présidence de la Conférence régionale de santé et de l’autonomie (CRSA) de Nouvelle Aquitaine. Mais j’ai également démissionné parce que les experts du HCSP et les agences (HAS, Santé publique France, etc.) n’ont pas joué leur rôle durant la crise sanitaire. Celui-ci consiste à élaborer de l’aide à la décision, y compris quand elle ne va pas dans le sens du décideur ! Or, cette aide à la décision s’est transformée en service après-vente de décisions qui étaient déjà prises en amont.

Dernier exemple en date, l’article récent sur l’impact du passe sanitaire sur le taux de vaccination, la santé et l’économie. Il ne s’agit pas véritablement d’une expertise, mais d’un « travail alibi ». Il a été porté par le Conseil d’analyse économique (CAE), qui est rattaché à Matignon et présidé par Philippe Martin, ancien conseiller économique d’Emmanuel Macron.

Parmi les signataires de ce papier, il y a aussi un membre du Conseil scientifique, le Pr Arnaud Fontanet, qui a milité pour le passe sanitaire. Donc, ce n’est pas un travail scientifique indépendant, au sens d’absence de conflits d’intérêts avec le pouvoir politique. D’autant plus que ce focus a été publié le 18 janvier, soit deux jours après le dépôt d’une saisine du Conseil constitutionnel sur le passe vaccinal.

En dehors du passe sanitaire ou vaccinal, en quoi l’expertise scientifique n’a pas joué son rôle depuis le début de la crise ?

Souvenez-vous des positions sur le masque au début 2020. Le HCSP, comme les autres instances d’ailleurs, a clairement suivi les positions publiques des politiques qui affirmaient que le masque ne servait à rien. Or, son rôle d’instance sanitaire aurait dû consister à dire : « Le masque est nécessaire, c’est un outil de réduction des risques ». Ce sont des choses que les experts savaient, mais ils se sont censurés pour « ne pas mettre le ministre de la Santé en difficulté », comme cela m’a été dit.

Macron avait dit : « On est en guerre ». Donc, on ne pouvait pas contredire les affirmations du directeur général de la santé ou du ministre qui avaient dit que c’était inutile, voire dangereux. Sur le masque, même si on pensait autre chose, il ne fallait pas le dire. Dans l’avis que j’ai écrit en mars 2020, j’ai parlé du masque. Le ministère de la Santé m’a clairement fait remarquer que cela n’était pas politiquement correct d’en parler.

On assiste aujourd’hui à un processus de décrédibilisation de toute voix discordante. C’est devenu très dur pour un expert de dire : « Je ne suis pas tout à fait d’accord avec les politiques ». Car on risque de nous faire entrer dans le camp des complotistes. Il est par exemple devenu difficile d’émettre le moindre doute sur la politique de vaccination. Les gens sont tétanisés, ils ont peur de passer pour des antivax ou des complotistes.

D’autres raisons vous ont-elles poussé à démissionner ?

Le HCSP manque cruellement de moyens. À titre d’exemple, j’ai piloté un avis complexe, relatif aux bénéfices-risques de la cigarette électronique, publié en novembre dernier. 6 000 articles sont sortis ces dernières années sur le sujet, j’ai dû me charger moi-même de la revue de la littérature, le soir et le week-end ! Pire, pour nous accompagner, nous avons un seul chargé de projet salarié du Haut conseil, mais il est mobilisé sur dix avis à la fois…

On ne peut pas s’appuyer uniquement sur du bénévolat sur des sujets aussi complexes qui nécessitent de faire la revue de la littérature, des entretiens, de rédiger, de communiquer sur l’avis. Durant la crise sanitaire, le HCSP a fourni un travail exceptionnel. Les experts ont travaillé jour et nuit sur leur temps personnel, n’ont pas pris de vacances. Cela n’est même pas reconnu par le recrutement de deux à trois chargés de projet… Je pense aussi que le HCSP doit se donner les moyens au niveau de la prévention et de la promotion de la santé.

C’est-à-dire ?

Un peu avant mon départ du HCSP, j’ai milité pour que l’on se dote à nouveau d’une commission dédiée à la prévention. La France a des performances médiocres dans le domaine : mortalité prématurée extrêmement forte, inégalités sociales et territoriales importantes. Tout le monde est d’accord pour faire ce virage préventif qui nécessite une expertise sur la prévention. Or, ce champ est aujourd’hui complètement vierge, car le HCSP et les agences sanitaires ne s’emparent pas du sujet. C’est dramatique.

Pourquoi affirmez-vous que le HCSP ne s’empare pas du sujet de la prévention ?

Parce que l’expertise en prévention dérange les décideurs. Par exemple, sur le sujet de la couverture vaccinale, on sait que la moitié des non vaccinés ne sont pas des antivax, mais des personnes âgées isolées qui vivent loin des centres de vaccination, des SDF, des migrants qui parlent mal le français, des personnes qui n’ont pas accès à internet… Une politique de prévention efficace, c’est aussi s’intéresser à ces déterminants structuraux : l’aménagement du territoire, les inégalités socio-économiques. Mais tout cela dérange, car cela remet en question les politiques.

Durant la crise sanitaire, le HCSP a émis de nombreux avis techniques mais aucun avis stratégique. Il a pourtant, normalement, une mission stratégique mais c’est le Conseil scientifique qui a fixé les axes stratégiques importants durant la crise : confinement, couvre-feu, stratégie de vaccination, etc. Le HCSP se contente d’émettre des avis techniques de mise en application. On assiste à un dévoiement complet de l’expertise.

Source https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/politique-de-sante/pr-francois-alla-jai-demissionne-du-haut-conseil-de-la-sante-publique-car-les-experts-nont-pas-joue

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"La théorie du ruissellement"

Par Le 29/01/2022

 

Théorie du ruissellement

 


 

Définition de théorie du ruissellement


La locution "théorie du ruissellement" est la traduction de l'anglais trickle down economics. C'est une théorie économique d'inspiration 
libérale qui affirme que, hors destruction ou thésaurisation, les revenus des personnes les plus riches sont, en fin de compte, réinjectés dans l'économie au moyen de la consommation et de l'investissement. Elle affirme que les revenus des plus riches contribuent à la croissance de l'activité économique et à la création d'emplois, dont profite l'ensemble de la société.

Si la théorie du ruissellement apparait au cours du XXe siècle, c'est dans les années 1980 avec les politiques économiques très libérales mises en oeuvre par Ronald Reagan aux Etats-Unis et par Margaret Thatcher au Royaume-Uni qu'elle fait son apparition dans le 
débat public. Elle permet de justifier une politique de baisse d'impôts et de réduction des moyens de l'Etat, en assurant une hausse des revenus des particuliers. Par le biais de la consommation et des investissements, ces revenus servent à rémunérer différents prestataires sous forme de salaires et à soutenir l'économie, se substituant ainsi aux dépenses de la collectivité (salaires de fonctionnaires, indemnités aux chômeurs, grands travaux, etc.) qu'assurait l'Etat.


"Donner les réductions d'impôts aux tranches supérieures, aux individus les plus riches et aux plus grandes entreprises, et laisser les bons effets "ruisseler" à travers l'économie pour atteindre tout le monde."

David Stockman, Directeur du budget de Ronald Reagan - interview à The Atlantic - 1981


En 2017, la politique fiscale du 
gouvernement français, notamment la suppression de l'ISF et l'instauration du prélèvement forfaitaire unique (PFU) dit "flat tax" pour les revenus du capital, est dénoncée par la France Insoumise comme s'appuyant sur la "théorie du ruissellement", ce que conteste le ministre de l'économie Bruno Lemaire. Le président de la République Emmanuel Macron, quant à lui, défend sa politique en utilisant la métaphore des "premiers de cordée". 

À l’automne, lors d’une interview télévisée, le président avait déclaré que "Si l'on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c'est toute la cordée qui dégringole", comme le rappelle le Huffington Post. Des propos qui avaient fait bondir l’opposition, et qu’il clarifie aujourd’hui:

"Ce n’est pas le premier de cordée qui tire les autres sur la corde. Chacun doit aller, aspérité après aspérité, prendre sa propre prise. Mais quelqu’un a ouvert la voie", a déclaré le président.



Pour certains économistes, la théorie du ruissellement n'est défendue par personne et ne serait utilisée que de manière péjorative par les opposants aux politiques libérales. Pour d'autres, elle n'est qu'une 
utopie, une fable, ... un moyen de justifier des politiques en faveur des plus riches et des grandes entreprises, avec pour conséquence l'accroissement des inégalités.

 

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>>> Bibliographie : 
Le mythe de la "théorie du ruissellement" (Arnaud Parienty, Ed. La Découverte, 2018)

 

Théorie du ruissellement

 

La théorie du ruissellement ou théorie du ruissèlement (en anglais, trickle down economics) est une théorie économique non démontrée et critiquée par une majorité d'économistes selon laquelle l'État doit permettre l'enrichissement des personnes les plus riches afin que celles-ci réinjectent dans le système économique — par le biais de l'épargne (investissement) ou de la consommation — les revenus engrangés. Cela contribuerait à augmenter l'activité économique et l'emploi du reste de la société, davantage que si les revenus ainsi investis avaient été prélevés et redistribués via les impôts et les prélèvements sociaux.

Sommaire

1Concept

2Histoire de l'expression

2.1En économie

2.2Dans la culture populaire

2.3En politique

3Critiques et limites

3.1Déficit d'arguments

3.2Propension marginale à consommer décroissante

3.3Thésaurisation

3.4Accroissement des déficits et de la dette

3.5Accroissement des inégalités et ralentissement de la croissance

3.6Effets sur l'emploi

4Notes et références

5Voir aussi

5.1Bibliographie

5.2Articles connexes

Concept[modifier | modifier le code]

La théorie du ruissellement estime qu'une politique favorisant les revenus des plus riches, notamment par une réduction de leurs impôts, profite à toute l'économie. Cette réduction d'impôts permettrait de dégager des revenus auparavant ponctionnés par l’État, qui seraient réinvestis par les plus riches dans l'économie. Ce réinvestissement « ruissellerait » ainsi jusqu'aux classes populaires1.

Arnaud Parienty distingue en 2018 trois types de ruissellement. Le ruissellement « naïf » consiste à affirmer que la redistribution vers les plus favorisés est consommée par ces derniers et améliore le sort des plus pauvres. Le ruissellement « faible » consiste à affirmer que les sommes redistribuées aux plus favorisés permettront de mettre en branle des mécanismes favorables à la croissance, améliorant les salaires des plus pauvres ; l'épargne des plus riches serait canalisée sous forme d'investissement. Le ruissellement « fort », enfin, serait un ruissellement où le gain de richesses permis par les dépenses et investissements des plus riches permettrait non seulement de générer de la croissance, mais en plus, d'augmenter les recettes fiscales de l'État2.

Selon Nicholas Kaldor, lorsqu'une économie se trouve en situation de sous-investissement, l’État peut essayer de provoquer une hausse de l'investissement des plus riches par le biais d'une redistribution des richesses vers le haut3.

Histoire de l'expression[modifier | modifier le code]

En économie[modifier | modifier le code]

Le terme de « ruissellement » est employé par Arthur Okun afin de désigner les bienfaits de la diffusion large de l'innovation dans une économie. Ces bienfaits profitent à tous en partant du haut au fur et à mesure que l'innovation est vendue au grand public4. Or, l'innovation affecte la distribution des revenus, puisque le surplus de l'innovation prend notamment la forme d'augmentations des salaires réels, qui se diffusent dans toute l'économie, selon le prix Nobel d'économie Paul Romer5. L'économiste William Baumol remarque que « l'augmentation générale sans précédent du niveau de vie du monde développé depuis la Révolution industrielle n'aurait pu avoir lieu, pour sa plus grande part, sans les innovations de cette révolution »6.

Le dictionnaire Merriam-Webster note que le premier usage du mot « ruissellement » dans le sens économique remonte à 19447, et celui de « théorie du ruissellement » à 19548.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

William Jennings Bryan critique la théorie du ruissellement lors du discours de la Croix d'or de 1896.

En 1896, William Jennings Bryan, candidat démocrate à l'élection présidentielle, utilise le premier la métaphore du ruissellement, sans utiliser ce terme, lors du discours de la Croix d'or :

« Il y a deux conceptions du gouvernement. Il y a ceux qui croient que si on légifère simplement pour laisser prospérer les plus riches, leur prospérité retombera sur ceux en-dessous. La conception démocrate veut que si on légifère pour rendre les masses prospères, leur prospérité remontera à travers toutes les classes qui se reposent sur elle »9,10.

L'humoriste Will Rogers plaisante dans un journal de 1932, pendant la Grande Dépression11 :

« Cette élection a été perdue il y a quatre et six ans, non pas cette année. Ils [les Républicains] n'ont commencé à penser au commun des mortels qu'au début de la campagne électorale. L'argent a été attribué en totalité aux classes supérieures en espérant qu'il parviendrait aux nécessiteux. M. Hoover était ingénieur. Il savait que l'eau ruisselle. Mettez-la en haut d'un versant et laissez-la partir, elle atteindra le point le plus sec. Mais il ne savait pas que l'argent remonte. Donnez-le aux gens au bas de l'échelle, les gens en haut l'auront avant la nuit, d'une façon ou d'une autre. Mais au moins, il sera passé entre les mains des pauvres. Ils ont sauvé les grandes banques, mais les petites sont parties en fumée. »12

En politique[modifier | modifier le code]

La théorie du ruissellement apparaît dans le débat public dans les années 1980 avec Ronald Reagan et Margaret Thatcher13.

Ronald Reagan présente son plan de baisse d'impôts en 1981.

Ronald Reagan, président des États-Unis de 1981 à 1989, met en pratique les Reaganomics. Le taux marginal d'imposition passe de 70% en 1980 à 28% en 1987. Les inégalités et la dette augmentent, et la croissance est plus faible14.

Interrogé en 2017, Emmanuel Macron, président de la République française, défend quant à lui la métaphore des « premiers de cordée »15.

Critiques et limites[modifier | modifier le code]

Déficit d'arguments[modifier | modifier le code]

La théorie du ruissellement n'est soutenue par presque aucun économiste. Il est quasiment impossible de trouver un économiste qui, depuis les années 1990, ait pu prouver l'existence d'effets bénéfiques d'une baisse d'impôts sur les plus riches sur la croissance16. Cela conduit le journaliste économique Jean-Marc Vittori à écrire que si la théorie économique du ruissellement n'existe pas dans le monde académique, elle continue d'être proposée politiquement17,18.

Le sociologue et historien Richard Sennett considère que la théorie du ruissellement est efficace car elle permet de faire rêver d'une économie et donc d'une vie meilleure aux pauvres, de manière analogue à la promesse du paradis de la Bible19.

Propension marginale à consommer décroissante[modifier | modifier le code]

Un argument utilisé à l'encontre de la théorie du ruissellement est que la propension marginale à consommer décroît en fonction des revenus. Le sociologue Jean Ziegler remarque ainsi que les besoins n'étant pas illimités, il est peu probable que quelqu'un qui gagne 150 000 € par mois dépense, comme celui qui gagne 1 500 €, 20 % de son revenu dans l'alimentation19.

Thésaurisation[modifier | modifier le code]

La théorie du ruissellement se fonde sur l'hypothèse selon laquelle un gain de revenus des plus riches serait immédiatement et en grande partie réinvesti dans l'économie. Cela n'est pas démontré. Une étude de 2012 du Tax Justice Network tend à montrer que l'épargne des très riches, plutôt que de ruisseler vers le bas, ruissellerait vers les paradis fiscaux où elle n'est pas taxée20.

Accroissement des déficits et de la dette[modifier | modifier le code]

Ziegler remarque que l'échec des politiques de ruissellement se traduit par la perte de revenus de l’État, due à ce que les baisses d'impôts sur les plus riches ne sont pas compensées par un accroissement des revenus suffisant pour accroître la base d'imposition. Cela entraîne des déficits budgétaires importants. La baisse des revenus mène également au démantèlement des services publics, qui a été à la source de la paupérisation croissante des couches inférieures des sociétés occidentales21.

Accroissement des inégalités et ralentissement de la croissance[modifier | modifier le code]

Les années après la crise économique mondiale de 2008 voient la publication de plusieurs recherches tendant à montrer que l'accroissement des inégalités ralentit la croissance économique et fait augmenter le chômage22,23. Certaines études régionales ou nationales, comme aux Philippines, montrent que les baisses d'impôts sur les plus riches n'ont ruisselé qu'en infime partie sur les classes non-aisées, qu'elles n'ont pas stimulé l'investissement, et qu'elles ont mené à une augmentation des inégalités24.

Le papier du FMI conclut que « si la part du revenu des 20 % les plus riches augmente, la croissance du PIB diminue sur le moyen terme, ce qui suggère que les bénéfices ne ruissellent pas. A contrario, une augmentation de la part des 20 % les plus pauvres est associée avec une augmentation du PIB »25. Les canaux de l'épargne, de l'investissement, du crédit et de la consommation sont moins efficaces pour générer de la croissance lorsque les inégalités sont fortes26.

Effets sur l'emploi[modifier | modifier le code]

Une étude de 2019 du Journal of Political Economy analysant des données de différents pays montre que les baisses d'impôts sur les plus riches n'ont aucun effet ou seulement une faible influence sur le niveau d'emploi. L'étude montre une relation importante entre la baisse d'impôts sur les plus pauvres et la création d'emplois27.

Une étude de 2020 menée par des chercheurs de la London School of Economics analyse les conséquences de baisses d'impôts sur les plus riches dans dix-huit pays membres de l'OCDE. Les résultats indiquent que ces baisses d'impôts n'ont eu aucun effet significatif sur l'emploi, ainsi que sur la croissance. Elles ont toutefois fait augmenter les inégalités28.

 

 

 

On voit ici ce que ça donne chez les ultra riches. Quant au "ruissellement", on l'attend toujours. Et à propos des premiers de cordée, ça fait longtemps qu'ils ont coupé la corde. 

 

Publié le 29/01/2022 06:54Mis à jour le 29/01/2022 17:36

 Temps de lecture : 6 min.

De gauche à droite : Françoise Bettencourt-Meyer, Gérard Wertheimer, François Pinault, Alain Wertheimer et Bernard Arnault, les cinq Français les plus riches. (PHOTOS : AFP, GETTY – MONTAGE : PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

De gauche à droite : Françoise Bettencourt-Meyer, Gérard Wertheimer, François Pinault, Alain Wertheimer et Bernard Arnault, les cinq Français les plus riches. (PHOTOS : AFP, GETTY – MONTAGE : PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

La fortune des Français les plus riches a davantage augmenté pendant la pandémie que ces dix dernières années, selon un récent rapport d'Oxfam.

Ils sont deux fois plus riches qu'avant la crise. Entre le début de la pandémie en mars 2020 et la fin de l'année 2021, la fortune des cinq Français les plus riches a augmenté de 173 milliards d'euros, selon Oxfam (PDF). C'est plus que ce qu'a coûté la crise sanitaire et économique liée au Covid-19 en 2021. Cet enrichissement massif concerne d'ailleurs la quarantaine de milliardaires que compte la France. Sur cette période de dix-neuf mois, "les richesses des grandes fortunes françaises ont bondi de 86%, soit un gain de 236 milliards d'euros", écrit Oxfam. A titre de comparaison, "elles avaient augmenté de 231 milliards d'euros en dix ans, entre 2009 et 2019". Une augmentation fulgurante qui interroge, alors que la crise sanitaire a dans le même temps fragilisé les plus précaires.

Comment expliquer cet enrichissement d'une poignée de personnes ? Cette situation française est-elle exceptionnelle ? Franceinfo répond, graphiques à l'appui, aux questions que soulève cette augmentation des grandes fortunes.

Cette hausse est-elle exceptionnelle ?

C'est du jamais vu pour Bernard Arnault, le dirigeant de LVMH, numéro 1 mondial du luxe avec des marques comme Louis Vuitton ou Dior, Françoise Bettencourt-Meyer, actionnaire majoritaire de L'Oréal, François Pinault à la tête de Kering, dont font partie les marques Gucci ou Yves Saint Laurent, et les frères Alain et Gérard Wertheimer qui se partagent la propriété de Chanel. La fortune de ces cinq milliardaires, les plus riches de France, a plus que doublé en un an et demi. Le champion incontesté est Bernard Arnault, avec une hausse de presque 100 milliards entre mars 2020 et octobre 2021.

"Il faut garder à l'esprit que mars 2020, c'est le point bas. C'est le moment où la Bourse a beaucoup chuté au début de l'épidémie de Covid, et donc la comparaison avec mars 2020 rend les écarts particulièrement impressionnants", précise Catherine Lubochinsky, économiste à l'université Paris 2 et spécialiste de la finance, auprès de franceinfo.

Le classement de Challenges, qui fait le point en septembre de chaque année sur les grandes fortunes françaises, permet d'observer l'évolution sur dix ans. Ce palmarès est légèrement différent puisqu'il est calculé par famille. Ces cinq milliardaires sont bien présents, mais les frères Wertheimer sont comptés ensemble, ce qui fait entrer la famille Hermès dans le top 5.

Le constat reste le même que celui d'Oxfam : l'augmentation de 2021 est la plus importante jamais constatée. Leur fortune cumulée était déjà en hausse presque permanente depuis dix ans et ce phénomène s'était déjà accéléré depuis 2016. Ces dix dernières années, la fortune des cinq familles les plus riches de France a ainsi été multipliée par 6,5.

Comment se sont-ils enrichis ?

"Leur fortune est principalement composée d'actions. La valeur de ces actions a augmenté", explique à franceinfo Pierre-Noël Giraud, économiste spécialiste des inégalités. Si les Bourses mondiales ont chuté lourdement en février et mars 2020, elles sont rapidement reparties à la hausse. En France, le CAC40 a retrouvé son niveau d'avant-crise dès le mois de mars 2021 et a même atteint un nouveau record historique au début du mois de janvier 2022.

En Europe, la BCE a créé un programme d'achats d'urgence face à la pandémie. En tout, 1 850 milliards d'euros ont été injectés par la BCE pour acheter aux banques des titres de dettes, privées ou publiques, dans une logique de "quoi qu'il en coûte" financier. Cet argent n'a pas directement servi à acheter des actions, mais à rassurer les investisseurs et à faire baisser les taux d'intérêts, ce qui a profité in fine aux marchés boursiers et fait monter le prix des actions. Des programmes similaires existaient déjà depuis 2007, mais la somme dépensée lors de la crise sanitaire est sans commune mesure.

"Le but de la Banque centrale, quand elle mène sa politique d'achat, n'est pas d'enrichir les plus riches, détaille Pierre-Noël Giraud. Elle le fait pour éviter une crise financière qui se répercuterait sur l'économie réelle. L'enrichissement des grandes fortunes financières en est une conséquence mécanique connue depuis le début." Quentin Parrinello, responsable du plaidoyer chez Oxfam France, souligne de son côté que "l'enrichissement des ultrariches pendant la crise n'est pas dû à leurs bonnes décisions, mais à l'intervention publique".

Y a-t-il une exception française ?

Des programmes similaires à celui de la BCE ont été mis en place un peu partout dans le monde et le rebond rapide des marchés financiers a donc été observé à l'échelle mondiale. De nombreuses places boursières ont enregistré des niveaux records ces derniers mois, selon Capital.

"La hausse des grandes fortunes est un phénomène mondial, mais les fortunes françaises ont particulièrement progressé. Bernard Arnault est le deuxième homme qui s'est le plus enrichi au monde depuis le début de la crise, derrière Elon Musk", fondateur de Tesla et Space X, précise Quentin Parrinello. En Asie, la palme de l'enrichissement revient à l'industriel indien Gautam Adani, spécialisé dans la production d'énergie fossile, dont la fortune a été multipliée par huit pendant la crise sanitaire.

Les grandes fortunes françaises profitent de la bonne santé du secteur du luxe. "Comme les riches s'enrichissent globalement malgré la crise, ils continuent à consommer du luxe", explique Catherine Lubochinsky. Par exemple, le groupe LVMH de Bernard Arnault a vu son chiffre d'affaires baisser en 2020 à cause des confinements stricts partout dans le monde. Mais le rebond ne s'est pas fait attendre puisque le chiffre d'affaires en 2021 a dépassé de près de 20% celui de 2019, avant l'épidémie de Covid-19.

C'est surtout au niveau boursier que la comparaison avec les niveaux d'avant-crise est la plus impressionnante. Entre janvier 2020 et janvier 2022 la hausse de LVMH au CAC40 est de plus de 70%. Il a profité de l'augmentation globale des marchés financiers et de la chute d'autres secteurs plus fragilisés par la crise du Covid-19, comme le tourisme, pour devenir plus attractif auprès des investisseurs.

Les milliardaires français sont-ils mis à contribution pour rembourser la "dette covid" ?

Pour Oxfam, l'équation est simple : "Puisque c'est l'intervention publique de la BCE qui a aidé ces ultrariches à accroître leur fortune, ce serait normal que soit à eux de contribuer pour rembourser la dette covid." Les près de 2 000 milliards d'euros dépensés par la BCE ne sont pas de l'argent public issu de taxes ou d'emprunts d'Etat, mais de la création monétaire, ce qui peut notamment créer de l'inflation. Cette dernière est justement en hausse mais l'augmentation des prix de l'énergie, liée à la reprise économique, semble en être davantage responsable que l'argent injecté sur les marchés par la BCE.

Pour faire contribuer les plus fortunés, Catherine Lubochinsky estime qu'il est difficile de taxer la hausse de valeur d'une action, car il s'agit de plus-value potentielle. "La plus grande valorisation d'une action ne crée directement de l'argent pour son propriétaire que lorsqu'elle est vendue, explique l'économiste. C'est comme quand la valeur de votre logement augmente : si vous ne le vendez pas, cette augmentation ne vous rend pas plus riche en réalité. En plus, cette hausse de valeur est temporaire et peut très bien repartir à la baisse ensuite. Mais au moment de la vente, là il y a possibilité d'une taxation." Cette taxation des revenus du capital a précisément été allégée par Emmanuel Macron en 2018, via la "flat tax".

"Il pourrait également y avoir une vraie politique de taxation sur les très hauts revenus, car aujourd'hui ils arrivent largement à échapper à l'impôt et c'est vraiment un problème", ajoute l'économiste. Selon Quentin Parrinello, d'Oxfam, ce n'est cependant pas la piste privilégiée par la France : "Le gouvernement est en train de réfléchir aux solutions pour payer la facture de la crise et pour l'instant les milliardaires ne semblent pas devoir être mis à contribution."

Juste une citation

Par Le 29/01/2022

 

 

« Il y a trois sortes de violence.

La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui écrase et humilie des millions d’hommes, la violence aux rouages silencieux et bien huilés.

La seconde est la violence révolutionnaire qui naît de la volonté d’abolir la première.

La troisième est la violence répressive, qui se fait l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.

Il n’y a pas pire hypocrisie que de n’appeler violence que la deuxième, en feignant d’oublier la première qui l’a fait naître et la troisième qui la nie. »

Dom Helder Camara

Aurore Stephant : les ressources minières

Par Le 28/01/2022

 

Une interview absolument passionnante. A écouter et réécouter tant toutes les données sont nombreuses et les analyses argumentées.

Il est effarant d'entendre cette ingénieure dire qu'elle a très peu de contact avec le milieu politique. Alors que tout l'avenir de la civilisation actuelle se fonde sur l'idée incontestable que nous consommons à outance des ressources non renouvelables. Juste un exemple : si comme le veulent les gouvernements, le parc automobile devient à moyen terme un parc essentiellement électrique, les réserves de cobalt disponibles seront épuisées en 2050. 

Il est tout aussi effarant de l'entendre expliquer à quel point les masses populaires sont conditionnées. L'exemple de l'ampoule à incandescence est révélateur. La voiture électrique en est donc un autre et le matraquage médiatique est permanent.

En conclusion de cette interview, j'en reviens toujours à la même chose : il est impensable et même totalement fou de considérer que nous pouvons continuer à exploiter la planète de la sorte. Et donc, il ne reste qu'une solution : la décroissance. 

Oui, je sais, aucun politicien ne s'y engagera car cela signerait son arrêt de mort professionnel étant donné que la majorité des individus refuse d'emblée d'envisager une autre existence que la leur en dehors du fait qu'ils aimeraient pouvoir consommer davantage.

Il n'en reste pas moins que les commentaires sous la vidéo sont réjouissants et montrent qu'une certaine frange de la population a les yeux ouverts. 

 

 

Aurore STEPHANT

Aurore STEPHANT

 

Ingénieure géologue minier, spécialisée dans les risques environnementaux et sanitaires des filières minérales

 

Paris, Île-de-France, France+ de 500 relations

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Entretien — Mines et Gaz de schiste

Les ravages ignorés de l’activité minière

 

Les ravages ignorés de l'activité minière

Déchets dans les eaux, dégâts en Europe, pollution… Dans un rapport impressionnant qui paraît ce mardi, l’association SystExt démontre que les « mines durables » sont un mensonge et que les techniques minières sont « de plus en plus prédatrices et dangereuses ». Aurore Stephant, ingénieure géologue minier, l’explique à Reporterre.

C’est un état des lieux saisissant. Dans un rapport volumineux ultradocumenté publié ce 16 novembre, les géologues miniers et les ingénieurs de l’association SystExt [1] s’attaquent à certains aspects méconnus de l’extraction minière. Ce panorama des « controverses minières » permet de comprendre pourquoi cette industrie cumule le triste record d’être la première productrice de déchets toxiques et la responsable du plus grand nombre de conflits socioenvironnementaux à l’échelle du globe. Il montre aussi qu’on ne pourra pas lutter contre le réchauffement climatique par des technologies qui accroissent notre « dépendance minérale ». Impacts des mines, pollution, pertes en vies humaines… Aurore Stephant, ingénieure géologue minier au sein de SystExt, révèle les conclusions de ce rapport.

Reporterre — Dans le rapport « Controverses minières » qui sort mardi 16 novembre, quelles « contre-vérités » sur les mines révélez-vous ?

Aurore Stephant — Lors du dernier congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui a réuni des États et des agences gouvernementales du monde entier, nos équipes ont constaté une chose étonnante : certains représentants des gouvernements croyaient qu’aucun site minier ne rejetait aujourd’hui ses déchets directement dans les fleuves ou la mer. Ils pensaient cette pratique révolue ou interdite. Pour eux, les résidus miniers sont systématiquement stockés dans des barrages, des digues — qui posent elles-mêmes de gros problèmes, mais passons. Or, non seulement cette pratique aux conséquences dramatiques existe bel et bien, mais elle est répandue et tout à fait légale ! Des dizaines d’opérateurs jugent plus simple de bazarder chaque année en pleine nature des millions de tonnes de boues acides et/ou fortement concentrées en métaux toxiques. Sur le site de Grasberg, en Indonésie (première mine d’or et troisième mine de cuivre au monde, en volumes produits), l’entreprise Freeport déverse chaque année 87,6 millions de tonnes de résidus chargés en plomb et en arsenic dans le fleuve Ajkwa.

Sites miniers concernés par des déversements volontaires en milieux aquatiques identifiés par SystExt et volumes de déchets déversés annuellement. Rapport SystExt/octobre 2021/CC BY-SA-NC 3.0

Nous nous attaquons à d’autres idées reçues : la croyance que les impacts de l’industrie minière seraient bien plus importants dans les pays en voie de développement que dans les pays développés. On pense que si les mines polluent et sacrifient des vies humaines, c’est parce qu’elles se situent dans des pays où la réglementation est peu exigeante. C’est faux.

D’une part, l’exploitation minière demeure le secteur d’emploi le plus dangereux si l’on tient compte du nombre de personnes exposées au risque, y compris aux États-Unis et en Europe. D’autre part, les méthodes d’extraction et de traitement sont les mêmes partout. Que l’on soit aux États-Unis, au Pérou ou en République démocratique du Congo (RDC), pour extraire 10 kg de cuivre, il faudra broyer et réduire en poudre 1 tonne de roche, puis la traiter aux xanthates (hydrocarbures). En quelques années, vous aurez obtenu un lac de résidus toxiques qui resteront dangereux entre 5 000 à 10 000 ans et qu’il faudra confiner tant bien que mal. Vous aurez nécessairement des fonderies, qui dégageront du dioxyde de soufre, et donc amplifieront les pluies acides et la pollution de l’air.

La mine de cuivre de Palabora (Afrique du Sud) : à gauche, la représentation imagée de la quantité de cuivre métal produite par la mine jusqu’à environ 2007 ; à droite, l’emprise en surface des déchets miniers en vue satellitaire. © Dillon Marsh/Google 2021/Création SystExt/septembre 2021

Pourquoi vous a-t-il paru urgent « d’en finir avec certaines contre-vérités sur les mines et les filières minérales » ?

Nous constatons avec nos équipes que le niveau général de connaissance sur le fonctionnement réel des mines et des industries métallurgiques est très faible, à la fois dans le grand public, mais aussi chez les responsables politiques et institutionnels. C’est déjà très préoccupant, étant donné que toutes les marchandises qui nous entourent contiennent des métaux, depuis les pigments présents sur les emballages, le dioxyde de titane dans les dentifrices, jusqu’à la soixantaine de métaux différents dans un smartphone.

C’est d’autant plus grave que l’accélération de la numérisation, l’industrialisation des pays du Sud et la transition énergétique telle qu’elle est promue aujourd’hui (par exemple les véhicules électriques) risquent d’induire une multiplication par au moins trois de la production de métaux dans le monde ces prochaines décennies. Cela signifie produire dans les seules trente-cinq prochaines années plus de métaux qu’il n’en a été extrait dans toute l’histoire de l’humanité. Impensable !

« Le “foudroyage par blocs” provoque des séismes et des effondrements incontrôlables. »

Sur cette industrie qui risque d’être l’un des enjeux majeurs — et des problèmes majeurs — du XXIe siècle, tout se passe comme si nous étions directement passés de la non-information à la désinformation. Jusqu’à la fin des années 2000, les mines n’existaient quasiment pas dans l’espace public. Maintenant que l’on commence à s’y intéresser, les filières minérales sont recouvertes de discours-écrans qui en masquent le fonctionnement et les impacts réels. Une foule d’éléments de langage à connotation positive sont apparus dans les rapports pour justifier l’accroissement de ce secteur : « mine durable », « meilleures pratiques », « techniques révolutionnaires », etc. Nous voulions faire comprendre ce qu’elles recouvrent.

Par exemple, quand on passe en revue les « techniques révolutionnaires » vantées par les opérateurs, on constate que les pratiques récentes sont encore plus destructrices et moins maîtrisées que les précédentes. Ainsi, le « foudroyage par blocs », qui consiste à dynamiter massivement le sous-sol, provoque des séismes et des effondrements incontrôlables. La « lixiviation en tas », elle, vise à se débarrasser tout bonnement de l’usine de traitement du site minier en traitant chimiquement la roche en plein air, à grande échelle. On déverse directement des millions de litres d’agent extractif sur la montagne de roches broyées dont on veut extraire les minéraux. Cela revient à asperger une colline de 200 mètres de haut de cyanure ou d’acide sulfurique. Ces « techniques révolutionnaires » servent à exploiter des gisements à très faible teneur avec des coûts très bas.

Usine de traitement de nickel de Doniambo, en Nouvelle-Calédonie. Flickr/CC BY-NC-ND 2.0/Tim Waters

Pourquoi faites-vous très peu de recommandations dans ce rapport pour améliorer cet état des lieux ?

Il nous aurait fallu des milliers de pages pour formuler des propositions précises : le champ est immense, les filières minérales sont diverses et chacune se caractérise par des dizaines d’étapes de production, du forage au raffinage des métaux. Nous nous limitons à deux recommandations urgentes. L’une est, évidemment, l’interdiction du déversement volontaire de déchets miniers dans les milieux aquatiques. L’autre est l’interdiction de toute exploration ou exploitation minière des grands fonds marins.

« En l’état, l’industrie minérale ne peut qu’augmenter ses impacts. »

Le 12 octobre dernier, Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de leur exploration, qualifiée de « levier extraordinaire de compréhension du vivant, peut-être d’accès à certains métaux rares ». Des centaines de rapports scientifiques montrent déjà qu’il est impossible de mener ne serait-ce que de l’exploration à 2 ou 3 kilomètres de profondeur sans causer de dommages graves et irréversibles : intoxication des planctons et des espèces marines par la mise en solution des métaux présents, perturbation lumineuse et sonore, etc. Ici, la « compréhension du vivant » est incompatible avec l’activité minière : nous détruirions ces milieux avant même de les connaître. C’est pourquoi nous argumentons en faveur d’une interdiction pure et simple, et non pour un moratoire qui laisserait cette possibilité ouverte. Nous avons de bonnes raisons de craindre que l’explosion de la demande en métaux dans les années à venir ne laisse pas indemnes les ultimes barrières morales que nos sociétés tentent de se fixer.

Fumeur noir à 3 000 m de profondeur, au niveau de la dorsale médio-atlantique. MARUM − Zentrum für Marine Umweltwissenschaften, Universität Bremen · 2015 · cc by 4.0

Enfin, au-delà de l’amélioration des pratiques, il faut bien voir qu’en l’état, l’industrie minérale ne peut qu’augmenter ses impacts : en exploitant des gisements dont la concentration minérale est de plus en plus faible, nous utilisons de plus en plus d’énergie et générons des volumes de déchets toxiques de plus en plus ingérables, quelles que soient les techniques utilisées. La seule issue ne peut être que de limiter les volumes extraits.

Déchets électroniques dans une installation de traitement à Kigali (Rwanda), en 2017. Flickr/CC BY-ND 2.0/Rwanda Green Fund

Des politiques de recyclage ambitieuses pourraient-elles réduire ces problèmes ?

Oui, c’est incontournable. Les métaux recyclés seraient largement compétitifs par rapport aux métaux issus de l’extraction si les opérateurs miniers payaient le coût social et environnemental de leur activité, qui est exorbitant. Mais le recyclage est quasiment impossible quand les métaux sont utilisés de manière dispersive, comme dans l’électronique. Et il ne suffirait pas à satisfaire la demande, qui est exponentielle. Il faut donc changer notre rapport aux matières premières minérales, et cela doit passer par une transformation radicale du mode de vie des pays dits « développés ».

C’est maintenant que tout se joue.

Vaccinés/Non vaccinés

Par Le 25/01/2022

Cette scission, cette distinction, cette opposition, c'est encore et toujours l'ego encapsulé. Le fonctionnement terriblement puissant du jeu des étiquettes.

"Tu es dans ce groupe, moi je suis dans celui-là. Et le mien est meilleur que le tien. " - N'importe quoi, c'est évident que tes arguments ne tiennent pas la route. -Ah,bon, et tu peux me dire pour quelles raisons ? "etc etc etc

Les influences subies, les manipulations, les conditionnements, les formatages, les prétentions, les certitudes, les idées figées, l'absence de lucidité, l'adhésion à la masse ou la rébellion contre le nombre, tout ça n'est qu'un vaste fatras conçu et entretenu par l'ego. Le positionnement d'un côté ou d'un autre n'est bien souvent qu'une recherche d'appartenance, la quête frénétique de l'individu qui ne veut pas être esseulé, qui a intellectuellement besoin d'être reconnu en tant que tel, un vacciné ou un non vacciné, de gauche ou de droite ou dans les extrêmes, un athée ou un croyant, un agnostique ou un panthéiste, un bouddhiste ou un musulman, un vegan ou un omnivore, un spéciste ou un anti-spéciste etc etc etc.

Nous sommes sans cesse amenés à nous positionner et dès lors à défendre nos positions comme si notre existence même en dépendait.

 

Je trouve assez déprimant que ce besoin d'étiquettes soit encore présent quand il s'agit d'une démarche spirituelle et finalement, ça me laisse penser que ce moi dérivé qui a besoin de s'identifier exerce toujours son influence, même au cœur de cette sphère spirituelle qui se devrait d'être détachée de ces appartenances limitatives.

Je ne suis pas bouddhiste. Il n'y a que Bouddha qui l'était.

À la limite, je pourrais dire que je suis "ledruiste" mais ça serait encore plus ridicule.

Je ne suis rien qui puisse exercer sur moi un signe d'appartenance ou d'adhésion pleine et entière. 

Je ne suis pas Français, je suis né sur un bout de terre que des hommes ont nommé France.

Je n'étais pas instituteur, j'exerçais le métier d'instituteur.

Je ne suis pas écrivain, j'aime écrire.

Je ne suis pas un humain, je suis une forme de la vie qui s'est attribuée le nom d'humain.

Mais tout ce fatras ne fait pas de moi autre chose que ce que la vie est en moi. Elle existe et le nom prise par la forme n'est pas l'énergie qui s'y trouve.

Tant que les humains s'égareront dans ce genre de limitations, il n'y aura aucun changement possible. On sera toujours dans ce registre du moi qui cherche à exister à travers des illusions dérisoires et éphémères.

Et il y a des jours où cette immobilité spirituelle me désespère. Cette impression que le progrès matérialiste, scientifique, social, technologique a usé de toute l'énergie disponible et que l'évolution spirituelle s'est trouvée vidée de tout. Une vieille peau abandonnée, flétrie, pourrie, liquéfiée, cadenassée par l'ego.

Même ceux et celles qui se sont intéressés à cet espace spirituel, se sont dit que ça serait bien qu'ils se retrouvent ensemble pour en discuter, se reconnaître, comparer, débattre, tenter de s'élever un peu de la masse qui s'étend, s'étend...Et au fil des rencontres, ils ont créé des groupes pour pouvoir se positionner vis à vis des groupes qu'ils critiquaient.

Quelle misère, quelle épouvantable misère...

Nous serons sans doute réellement des êtes spirituels le jour où nous n'éprouverons plus le besoin d'identifier une différence entre nous, ni même une différence entre l'ensemble des êtres vivants, le jour où il n'y aura plus de conflits entre vaccinés et non-vaccinés, entre gauche et droite, entre blancs, noirs, gris, jaunes ou violets, entre les méchants loups et les gentils chiens, entre les vilains virus et les bons, entre la vie et la mort. Le jour en fait, où nous n'aurons rien d'autre à l'esprit que la paix.

Oui, je sais, c'est totalement utopique. L'humain est un être fondamentalement conflictuel.

Pour une seule raison : il est seul dans son monde intérieur et a absolument besoin de combler ce vide par des adhésions multiples.

Parfois, je me dis que celui qui ne connaît pas les noms des plantes, des arbres, des animaux, qui ne connaît rien à la science dans les livres, qui n'a aucune idée de tous les pays du monde, qui ne sait rien de la vie des gens à l'autre bout de la planète, qui ne connaît pas le nom des étoiles, ni des océans, ni des fleuves, ni des mégapoles, mais qui vit sereinement avec les plantes de son potager, avec les arbres qui l'entourent, avec les animaux qu'il voit parfois, qui aime s'asseoir sous les cieux étoilés et contempler, qui prend soin du ruisseau qui passe près de son lieu de vie, qui n'abîme rien et se montre infiniment respectueux de la vie, celui-là en sait beaucoup.

J'essaie parfois d'identifier les connaissances qui me sont utiles, réellement utiles, non pas dans le registre de l'accumulation mais dans l'agir, des savoirs qui sont par conséquent immédiatement exploitables, dans ma vie quotidienne. Je réalise alors l'incroyable masse de connaissances qui ne sont rien d'autres que des savoirs intellectuels et qui ne me sont d'acune utilité. Et je ne dis pas ça en m'octroyant un quelconque titre de savant, bien au contraire. Je ne sais au final pas grand-chose d'utile au regard de tout ce que je pense savoir. Et à 60 ans, c'est loin d'être glorieux. Il y a d'ailleurs dans toutes les fenêtres médiatiques que nous ouvrons constamment sur le monde une forme d'empêchement à apprendre ce qui nous serait utile. C'est pour ça que parfois, lorsque vraiment, je n'en peux plus de ce chaos, je ferme toutes les fenêtres et je vais m'assoir dans l'herbe. 

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