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Par Le 30/01/2022

 

La musique, la course dans les bois, des forêts traversées sur des chemins ancestraux, bordés de murs de pierre, l'énergie en soi, le souffle, le rythme, la musique...des heures de bonheur. 

Démission du Pr François Alla

Par Le 29/01/2022

Regardez bien la source de cet article ; il ne s'agit pas d'un site "complotiste". Il est nécessaire de le préciser désormais tellement la désinformation rend les choses compliquées...

Source https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/politique-de-sante/pr-francois-alla-jai-demissionne-du-haut-conseil-de-la-sante-publique-car-les-experts-nont-pas-joue

POLITIQUE

Pr François Alla : « J’ai démissionné du Haut Conseil de la santé publique car les experts n’ont pas joué leur rôle durant la crise sanitaire »

janvier 25, 2022

Crédit photo : DR

Le 5 janvier, le journal officiel (JO) actait la démission du Pr François Alla du Haut conseil de la santé publique (HCSP). Ex vice-président de la commission « maladies chroniques » du HCSP, le praticien hospitalier, chef du service de soutien méthodologique et d’innovation en prévention au CHU de Bordeaux, confie au « Quotidien » les raisons de son départ. Il considère que le « Haut conseil » ne dispose pas des moyens suffisants pour mener à bien ses missions. Et juge que les expertises des scientifiques du HCSP sont dévoyées par les politiques.

LE QUOTIDIEN : Pourquoi avez-vous démissionné du Haut conseil de la santé publique ?

Pr FRANÇOIS ALLA : Je voulais tout d’abord dégager du temps pour remplir ma nouvelle mission à la présidence de la Conférence régionale de santé et de l’autonomie (CRSA) de Nouvelle Aquitaine. Mais j’ai également démissionné parce que les experts du HCSP et les agences (HAS, Santé publique France, etc.) n’ont pas joué leur rôle durant la crise sanitaire. Celui-ci consiste à élaborer de l’aide à la décision, y compris quand elle ne va pas dans le sens du décideur ! Or, cette aide à la décision s’est transformée en service après-vente de décisions qui étaient déjà prises en amont.

Dernier exemple en date, l’article récent sur l’impact du passe sanitaire sur le taux de vaccination, la santé et l’économie. Il ne s’agit pas véritablement d’une expertise, mais d’un « travail alibi ». Il a été porté par le Conseil d’analyse économique (CAE), qui est rattaché à Matignon et présidé par Philippe Martin, ancien conseiller économique d’Emmanuel Macron.

Parmi les signataires de ce papier, il y a aussi un membre du Conseil scientifique, le Pr Arnaud Fontanet, qui a milité pour le passe sanitaire. Donc, ce n’est pas un travail scientifique indépendant, au sens d’absence de conflits d’intérêts avec le pouvoir politique. D’autant plus que ce focus a été publié le 18 janvier, soit deux jours après le dépôt d’une saisine du Conseil constitutionnel sur le passe vaccinal.

En dehors du passe sanitaire ou vaccinal, en quoi l’expertise scientifique n’a pas joué son rôle depuis le début de la crise ?

Souvenez-vous des positions sur le masque au début 2020. Le HCSP, comme les autres instances d’ailleurs, a clairement suivi les positions publiques des politiques qui affirmaient que le masque ne servait à rien. Or, son rôle d’instance sanitaire aurait dû consister à dire : « Le masque est nécessaire, c’est un outil de réduction des risques ». Ce sont des choses que les experts savaient, mais ils se sont censurés pour « ne pas mettre le ministre de la Santé en difficulté », comme cela m’a été dit.

Macron avait dit : « On est en guerre ». Donc, on ne pouvait pas contredire les affirmations du directeur général de la santé ou du ministre qui avaient dit que c’était inutile, voire dangereux. Sur le masque, même si on pensait autre chose, il ne fallait pas le dire. Dans l’avis que j’ai écrit en mars 2020, j’ai parlé du masque. Le ministère de la Santé m’a clairement fait remarquer que cela n’était pas politiquement correct d’en parler.

On assiste aujourd’hui à un processus de décrédibilisation de toute voix discordante. C’est devenu très dur pour un expert de dire : « Je ne suis pas tout à fait d’accord avec les politiques ». Car on risque de nous faire entrer dans le camp des complotistes. Il est par exemple devenu difficile d’émettre le moindre doute sur la politique de vaccination. Les gens sont tétanisés, ils ont peur de passer pour des antivax ou des complotistes.

D’autres raisons vous ont-elles poussé à démissionner ?

Le HCSP manque cruellement de moyens. À titre d’exemple, j’ai piloté un avis complexe, relatif aux bénéfices-risques de la cigarette électronique, publié en novembre dernier. 6 000 articles sont sortis ces dernières années sur le sujet, j’ai dû me charger moi-même de la revue de la littérature, le soir et le week-end ! Pire, pour nous accompagner, nous avons un seul chargé de projet salarié du Haut conseil, mais il est mobilisé sur dix avis à la fois…

On ne peut pas s’appuyer uniquement sur du bénévolat sur des sujets aussi complexes qui nécessitent de faire la revue de la littérature, des entretiens, de rédiger, de communiquer sur l’avis. Durant la crise sanitaire, le HCSP a fourni un travail exceptionnel. Les experts ont travaillé jour et nuit sur leur temps personnel, n’ont pas pris de vacances. Cela n’est même pas reconnu par le recrutement de deux à trois chargés de projet… Je pense aussi que le HCSP doit se donner les moyens au niveau de la prévention et de la promotion de la santé.

C’est-à-dire ?

Un peu avant mon départ du HCSP, j’ai milité pour que l’on se dote à nouveau d’une commission dédiée à la prévention. La France a des performances médiocres dans le domaine : mortalité prématurée extrêmement forte, inégalités sociales et territoriales importantes. Tout le monde est d’accord pour faire ce virage préventif qui nécessite une expertise sur la prévention. Or, ce champ est aujourd’hui complètement vierge, car le HCSP et les agences sanitaires ne s’emparent pas du sujet. C’est dramatique.

Pourquoi affirmez-vous que le HCSP ne s’empare pas du sujet de la prévention ?

Parce que l’expertise en prévention dérange les décideurs. Par exemple, sur le sujet de la couverture vaccinale, on sait que la moitié des non vaccinés ne sont pas des antivax, mais des personnes âgées isolées qui vivent loin des centres de vaccination, des SDF, des migrants qui parlent mal le français, des personnes qui n’ont pas accès à internet… Une politique de prévention efficace, c’est aussi s’intéresser à ces déterminants structuraux : l’aménagement du territoire, les inégalités socio-économiques. Mais tout cela dérange, car cela remet en question les politiques.

Durant la crise sanitaire, le HCSP a émis de nombreux avis techniques mais aucun avis stratégique. Il a pourtant, normalement, une mission stratégique mais c’est le Conseil scientifique qui a fixé les axes stratégiques importants durant la crise : confinement, couvre-feu, stratégie de vaccination, etc. Le HCSP se contente d’émettre des avis techniques de mise en application. On assiste à un dévoiement complet de l’expertise.

Source https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/politique-de-sante/pr-francois-alla-jai-demissionne-du-haut-conseil-de-la-sante-publique-car-les-experts-nont-pas-joue

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"La théorie du ruissellement"

Par Le 29/01/2022

 

Théorie du ruissellement

 


 

Définition de théorie du ruissellement


La locution "théorie du ruissellement" est la traduction de l'anglais trickle down economics. C'est une théorie économique d'inspiration 
libérale qui affirme que, hors destruction ou thésaurisation, les revenus des personnes les plus riches sont, en fin de compte, réinjectés dans l'économie au moyen de la consommation et de l'investissement. Elle affirme que les revenus des plus riches contribuent à la croissance de l'activité économique et à la création d'emplois, dont profite l'ensemble de la société.

Si la théorie du ruissellement apparait au cours du XXe siècle, c'est dans les années 1980 avec les politiques économiques très libérales mises en oeuvre par Ronald Reagan aux Etats-Unis et par Margaret Thatcher au Royaume-Uni qu'elle fait son apparition dans le 
débat public. Elle permet de justifier une politique de baisse d'impôts et de réduction des moyens de l'Etat, en assurant une hausse des revenus des particuliers. Par le biais de la consommation et des investissements, ces revenus servent à rémunérer différents prestataires sous forme de salaires et à soutenir l'économie, se substituant ainsi aux dépenses de la collectivité (salaires de fonctionnaires, indemnités aux chômeurs, grands travaux, etc.) qu'assurait l'Etat.


"Donner les réductions d'impôts aux tranches supérieures, aux individus les plus riches et aux plus grandes entreprises, et laisser les bons effets "ruisseler" à travers l'économie pour atteindre tout le monde."

David Stockman, Directeur du budget de Ronald Reagan - interview à The Atlantic - 1981


En 2017, la politique fiscale du 
gouvernement français, notamment la suppression de l'ISF et l'instauration du prélèvement forfaitaire unique (PFU) dit "flat tax" pour les revenus du capital, est dénoncée par la France Insoumise comme s'appuyant sur la "théorie du ruissellement", ce que conteste le ministre de l'économie Bruno Lemaire. Le président de la République Emmanuel Macron, quant à lui, défend sa politique en utilisant la métaphore des "premiers de cordée". 

À l’automne, lors d’une interview télévisée, le président avait déclaré que "Si l'on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c'est toute la cordée qui dégringole", comme le rappelle le Huffington Post. Des propos qui avaient fait bondir l’opposition, et qu’il clarifie aujourd’hui:

"Ce n’est pas le premier de cordée qui tire les autres sur la corde. Chacun doit aller, aspérité après aspérité, prendre sa propre prise. Mais quelqu’un a ouvert la voie", a déclaré le président.



Pour certains économistes, la théorie du ruissellement n'est défendue par personne et ne serait utilisée que de manière péjorative par les opposants aux politiques libérales. Pour d'autres, elle n'est qu'une 
utopie, une fable, ... un moyen de justifier des politiques en faveur des plus riches et des grandes entreprises, avec pour conséquence l'accroissement des inégalités.

 

>>> Thème : Economie

>>> Bibliographie : 
Le mythe de la "théorie du ruissellement" (Arnaud Parienty, Ed. La Découverte, 2018)

 

Théorie du ruissellement

 

La théorie du ruissellement ou théorie du ruissèlement (en anglais, trickle down economics) est une théorie économique non démontrée et critiquée par une majorité d'économistes selon laquelle l'État doit permettre l'enrichissement des personnes les plus riches afin que celles-ci réinjectent dans le système économique — par le biais de l'épargne (investissement) ou de la consommation — les revenus engrangés. Cela contribuerait à augmenter l'activité économique et l'emploi du reste de la société, davantage que si les revenus ainsi investis avaient été prélevés et redistribués via les impôts et les prélèvements sociaux.

Sommaire

1Concept

2Histoire de l'expression

2.1En économie

2.2Dans la culture populaire

2.3En politique

3Critiques et limites

3.1Déficit d'arguments

3.2Propension marginale à consommer décroissante

3.3Thésaurisation

3.4Accroissement des déficits et de la dette

3.5Accroissement des inégalités et ralentissement de la croissance

3.6Effets sur l'emploi

4Notes et références

5Voir aussi

5.1Bibliographie

5.2Articles connexes

Concept[modifier | modifier le code]

La théorie du ruissellement estime qu'une politique favorisant les revenus des plus riches, notamment par une réduction de leurs impôts, profite à toute l'économie. Cette réduction d'impôts permettrait de dégager des revenus auparavant ponctionnés par l’État, qui seraient réinvestis par les plus riches dans l'économie. Ce réinvestissement « ruissellerait » ainsi jusqu'aux classes populaires1.

Arnaud Parienty distingue en 2018 trois types de ruissellement. Le ruissellement « naïf » consiste à affirmer que la redistribution vers les plus favorisés est consommée par ces derniers et améliore le sort des plus pauvres. Le ruissellement « faible » consiste à affirmer que les sommes redistribuées aux plus favorisés permettront de mettre en branle des mécanismes favorables à la croissance, améliorant les salaires des plus pauvres ; l'épargne des plus riches serait canalisée sous forme d'investissement. Le ruissellement « fort », enfin, serait un ruissellement où le gain de richesses permis par les dépenses et investissements des plus riches permettrait non seulement de générer de la croissance, mais en plus, d'augmenter les recettes fiscales de l'État2.

Selon Nicholas Kaldor, lorsqu'une économie se trouve en situation de sous-investissement, l’État peut essayer de provoquer une hausse de l'investissement des plus riches par le biais d'une redistribution des richesses vers le haut3.

Histoire de l'expression[modifier | modifier le code]

En économie[modifier | modifier le code]

Le terme de « ruissellement » est employé par Arthur Okun afin de désigner les bienfaits de la diffusion large de l'innovation dans une économie. Ces bienfaits profitent à tous en partant du haut au fur et à mesure que l'innovation est vendue au grand public4. Or, l'innovation affecte la distribution des revenus, puisque le surplus de l'innovation prend notamment la forme d'augmentations des salaires réels, qui se diffusent dans toute l'économie, selon le prix Nobel d'économie Paul Romer5. L'économiste William Baumol remarque que « l'augmentation générale sans précédent du niveau de vie du monde développé depuis la Révolution industrielle n'aurait pu avoir lieu, pour sa plus grande part, sans les innovations de cette révolution »6.

Le dictionnaire Merriam-Webster note que le premier usage du mot « ruissellement » dans le sens économique remonte à 19447, et celui de « théorie du ruissellement » à 19548.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

William Jennings Bryan critique la théorie du ruissellement lors du discours de la Croix d'or de 1896.

En 1896, William Jennings Bryan, candidat démocrate à l'élection présidentielle, utilise le premier la métaphore du ruissellement, sans utiliser ce terme, lors du discours de la Croix d'or :

« Il y a deux conceptions du gouvernement. Il y a ceux qui croient que si on légifère simplement pour laisser prospérer les plus riches, leur prospérité retombera sur ceux en-dessous. La conception démocrate veut que si on légifère pour rendre les masses prospères, leur prospérité remontera à travers toutes les classes qui se reposent sur elle »9,10.

L'humoriste Will Rogers plaisante dans un journal de 1932, pendant la Grande Dépression11 :

« Cette élection a été perdue il y a quatre et six ans, non pas cette année. Ils [les Républicains] n'ont commencé à penser au commun des mortels qu'au début de la campagne électorale. L'argent a été attribué en totalité aux classes supérieures en espérant qu'il parviendrait aux nécessiteux. M. Hoover était ingénieur. Il savait que l'eau ruisselle. Mettez-la en haut d'un versant et laissez-la partir, elle atteindra le point le plus sec. Mais il ne savait pas que l'argent remonte. Donnez-le aux gens au bas de l'échelle, les gens en haut l'auront avant la nuit, d'une façon ou d'une autre. Mais au moins, il sera passé entre les mains des pauvres. Ils ont sauvé les grandes banques, mais les petites sont parties en fumée. »12

En politique[modifier | modifier le code]

La théorie du ruissellement apparaît dans le débat public dans les années 1980 avec Ronald Reagan et Margaret Thatcher13.

Ronald Reagan présente son plan de baisse d'impôts en 1981.

Ronald Reagan, président des États-Unis de 1981 à 1989, met en pratique les Reaganomics. Le taux marginal d'imposition passe de 70% en 1980 à 28% en 1987. Les inégalités et la dette augmentent, et la croissance est plus faible14.

Interrogé en 2017, Emmanuel Macron, président de la République française, défend quant à lui la métaphore des « premiers de cordée »15.

Critiques et limites[modifier | modifier le code]

Déficit d'arguments[modifier | modifier le code]

La théorie du ruissellement n'est soutenue par presque aucun économiste. Il est quasiment impossible de trouver un économiste qui, depuis les années 1990, ait pu prouver l'existence d'effets bénéfiques d'une baisse d'impôts sur les plus riches sur la croissance16. Cela conduit le journaliste économique Jean-Marc Vittori à écrire que si la théorie économique du ruissellement n'existe pas dans le monde académique, elle continue d'être proposée politiquement17,18.

Le sociologue et historien Richard Sennett considère que la théorie du ruissellement est efficace car elle permet de faire rêver d'une économie et donc d'une vie meilleure aux pauvres, de manière analogue à la promesse du paradis de la Bible19.

Propension marginale à consommer décroissante[modifier | modifier le code]

Un argument utilisé à l'encontre de la théorie du ruissellement est que la propension marginale à consommer décroît en fonction des revenus. Le sociologue Jean Ziegler remarque ainsi que les besoins n'étant pas illimités, il est peu probable que quelqu'un qui gagne 150 000 € par mois dépense, comme celui qui gagne 1 500 €, 20 % de son revenu dans l'alimentation19.

Thésaurisation[modifier | modifier le code]

La théorie du ruissellement se fonde sur l'hypothèse selon laquelle un gain de revenus des plus riches serait immédiatement et en grande partie réinvesti dans l'économie. Cela n'est pas démontré. Une étude de 2012 du Tax Justice Network tend à montrer que l'épargne des très riches, plutôt que de ruisseler vers le bas, ruissellerait vers les paradis fiscaux où elle n'est pas taxée20.

Accroissement des déficits et de la dette[modifier | modifier le code]

Ziegler remarque que l'échec des politiques de ruissellement se traduit par la perte de revenus de l’État, due à ce que les baisses d'impôts sur les plus riches ne sont pas compensées par un accroissement des revenus suffisant pour accroître la base d'imposition. Cela entraîne des déficits budgétaires importants. La baisse des revenus mène également au démantèlement des services publics, qui a été à la source de la paupérisation croissante des couches inférieures des sociétés occidentales21.

Accroissement des inégalités et ralentissement de la croissance[modifier | modifier le code]

Les années après la crise économique mondiale de 2008 voient la publication de plusieurs recherches tendant à montrer que l'accroissement des inégalités ralentit la croissance économique et fait augmenter le chômage22,23. Certaines études régionales ou nationales, comme aux Philippines, montrent que les baisses d'impôts sur les plus riches n'ont ruisselé qu'en infime partie sur les classes non-aisées, qu'elles n'ont pas stimulé l'investissement, et qu'elles ont mené à une augmentation des inégalités24.

Le papier du FMI conclut que « si la part du revenu des 20 % les plus riches augmente, la croissance du PIB diminue sur le moyen terme, ce qui suggère que les bénéfices ne ruissellent pas. A contrario, une augmentation de la part des 20 % les plus pauvres est associée avec une augmentation du PIB »25. Les canaux de l'épargne, de l'investissement, du crédit et de la consommation sont moins efficaces pour générer de la croissance lorsque les inégalités sont fortes26.

Effets sur l'emploi[modifier | modifier le code]

Une étude de 2019 du Journal of Political Economy analysant des données de différents pays montre que les baisses d'impôts sur les plus riches n'ont aucun effet ou seulement une faible influence sur le niveau d'emploi. L'étude montre une relation importante entre la baisse d'impôts sur les plus pauvres et la création d'emplois27.

Une étude de 2020 menée par des chercheurs de la London School of Economics analyse les conséquences de baisses d'impôts sur les plus riches dans dix-huit pays membres de l'OCDE. Les résultats indiquent que ces baisses d'impôts n'ont eu aucun effet significatif sur l'emploi, ainsi que sur la croissance. Elles ont toutefois fait augmenter les inégalités28.

 

 

 

On voit ici ce que ça donne chez les ultra riches. Quant au "ruissellement", on l'attend toujours. Et à propos des premiers de cordée, ça fait longtemps qu'ils ont coupé la corde. 

 

Publié le 29/01/2022 06:54Mis à jour le 29/01/2022 17:36

 Temps de lecture : 6 min.

De gauche à droite : Françoise Bettencourt-Meyer, Gérard Wertheimer, François Pinault, Alain Wertheimer et Bernard Arnault, les cinq Français les plus riches. (PHOTOS : AFP, GETTY – MONTAGE : PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

De gauche à droite : Françoise Bettencourt-Meyer, Gérard Wertheimer, François Pinault, Alain Wertheimer et Bernard Arnault, les cinq Français les plus riches. (PHOTOS : AFP, GETTY – MONTAGE : PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

La fortune des Français les plus riches a davantage augmenté pendant la pandémie que ces dix dernières années, selon un récent rapport d'Oxfam.

Ils sont deux fois plus riches qu'avant la crise. Entre le début de la pandémie en mars 2020 et la fin de l'année 2021, la fortune des cinq Français les plus riches a augmenté de 173 milliards d'euros, selon Oxfam (PDF). C'est plus que ce qu'a coûté la crise sanitaire et économique liée au Covid-19 en 2021. Cet enrichissement massif concerne d'ailleurs la quarantaine de milliardaires que compte la France. Sur cette période de dix-neuf mois, "les richesses des grandes fortunes françaises ont bondi de 86%, soit un gain de 236 milliards d'euros", écrit Oxfam. A titre de comparaison, "elles avaient augmenté de 231 milliards d'euros en dix ans, entre 2009 et 2019". Une augmentation fulgurante qui interroge, alors que la crise sanitaire a dans le même temps fragilisé les plus précaires.

Comment expliquer cet enrichissement d'une poignée de personnes ? Cette situation française est-elle exceptionnelle ? Franceinfo répond, graphiques à l'appui, aux questions que soulève cette augmentation des grandes fortunes.

Cette hausse est-elle exceptionnelle ?

C'est du jamais vu pour Bernard Arnault, le dirigeant de LVMH, numéro 1 mondial du luxe avec des marques comme Louis Vuitton ou Dior, Françoise Bettencourt-Meyer, actionnaire majoritaire de L'Oréal, François Pinault à la tête de Kering, dont font partie les marques Gucci ou Yves Saint Laurent, et les frères Alain et Gérard Wertheimer qui se partagent la propriété de Chanel. La fortune de ces cinq milliardaires, les plus riches de France, a plus que doublé en un an et demi. Le champion incontesté est Bernard Arnault, avec une hausse de presque 100 milliards entre mars 2020 et octobre 2021.

"Il faut garder à l'esprit que mars 2020, c'est le point bas. C'est le moment où la Bourse a beaucoup chuté au début de l'épidémie de Covid, et donc la comparaison avec mars 2020 rend les écarts particulièrement impressionnants", précise Catherine Lubochinsky, économiste à l'université Paris 2 et spécialiste de la finance, auprès de franceinfo.

Le classement de Challenges, qui fait le point en septembre de chaque année sur les grandes fortunes françaises, permet d'observer l'évolution sur dix ans. Ce palmarès est légèrement différent puisqu'il est calculé par famille. Ces cinq milliardaires sont bien présents, mais les frères Wertheimer sont comptés ensemble, ce qui fait entrer la famille Hermès dans le top 5.

Le constat reste le même que celui d'Oxfam : l'augmentation de 2021 est la plus importante jamais constatée. Leur fortune cumulée était déjà en hausse presque permanente depuis dix ans et ce phénomène s'était déjà accéléré depuis 2016. Ces dix dernières années, la fortune des cinq familles les plus riches de France a ainsi été multipliée par 6,5.

Comment se sont-ils enrichis ?

"Leur fortune est principalement composée d'actions. La valeur de ces actions a augmenté", explique à franceinfo Pierre-Noël Giraud, économiste spécialiste des inégalités. Si les Bourses mondiales ont chuté lourdement en février et mars 2020, elles sont rapidement reparties à la hausse. En France, le CAC40 a retrouvé son niveau d'avant-crise dès le mois de mars 2021 et a même atteint un nouveau record historique au début du mois de janvier 2022.

En Europe, la BCE a créé un programme d'achats d'urgence face à la pandémie. En tout, 1 850 milliards d'euros ont été injectés par la BCE pour acheter aux banques des titres de dettes, privées ou publiques, dans une logique de "quoi qu'il en coûte" financier. Cet argent n'a pas directement servi à acheter des actions, mais à rassurer les investisseurs et à faire baisser les taux d'intérêts, ce qui a profité in fine aux marchés boursiers et fait monter le prix des actions. Des programmes similaires existaient déjà depuis 2007, mais la somme dépensée lors de la crise sanitaire est sans commune mesure.

"Le but de la Banque centrale, quand elle mène sa politique d'achat, n'est pas d'enrichir les plus riches, détaille Pierre-Noël Giraud. Elle le fait pour éviter une crise financière qui se répercuterait sur l'économie réelle. L'enrichissement des grandes fortunes financières en est une conséquence mécanique connue depuis le début." Quentin Parrinello, responsable du plaidoyer chez Oxfam France, souligne de son côté que "l'enrichissement des ultrariches pendant la crise n'est pas dû à leurs bonnes décisions, mais à l'intervention publique".

Y a-t-il une exception française ?

Des programmes similaires à celui de la BCE ont été mis en place un peu partout dans le monde et le rebond rapide des marchés financiers a donc été observé à l'échelle mondiale. De nombreuses places boursières ont enregistré des niveaux records ces derniers mois, selon Capital.

"La hausse des grandes fortunes est un phénomène mondial, mais les fortunes françaises ont particulièrement progressé. Bernard Arnault est le deuxième homme qui s'est le plus enrichi au monde depuis le début de la crise, derrière Elon Musk", fondateur de Tesla et Space X, précise Quentin Parrinello. En Asie, la palme de l'enrichissement revient à l'industriel indien Gautam Adani, spécialisé dans la production d'énergie fossile, dont la fortune a été multipliée par huit pendant la crise sanitaire.

Les grandes fortunes françaises profitent de la bonne santé du secteur du luxe. "Comme les riches s'enrichissent globalement malgré la crise, ils continuent à consommer du luxe", explique Catherine Lubochinsky. Par exemple, le groupe LVMH de Bernard Arnault a vu son chiffre d'affaires baisser en 2020 à cause des confinements stricts partout dans le monde. Mais le rebond ne s'est pas fait attendre puisque le chiffre d'affaires en 2021 a dépassé de près de 20% celui de 2019, avant l'épidémie de Covid-19.

C'est surtout au niveau boursier que la comparaison avec les niveaux d'avant-crise est la plus impressionnante. Entre janvier 2020 et janvier 2022 la hausse de LVMH au CAC40 est de plus de 70%. Il a profité de l'augmentation globale des marchés financiers et de la chute d'autres secteurs plus fragilisés par la crise du Covid-19, comme le tourisme, pour devenir plus attractif auprès des investisseurs.

Les milliardaires français sont-ils mis à contribution pour rembourser la "dette covid" ?

Pour Oxfam, l'équation est simple : "Puisque c'est l'intervention publique de la BCE qui a aidé ces ultrariches à accroître leur fortune, ce serait normal que soit à eux de contribuer pour rembourser la dette covid." Les près de 2 000 milliards d'euros dépensés par la BCE ne sont pas de l'argent public issu de taxes ou d'emprunts d'Etat, mais de la création monétaire, ce qui peut notamment créer de l'inflation. Cette dernière est justement en hausse mais l'augmentation des prix de l'énergie, liée à la reprise économique, semble en être davantage responsable que l'argent injecté sur les marchés par la BCE.

Pour faire contribuer les plus fortunés, Catherine Lubochinsky estime qu'il est difficile de taxer la hausse de valeur d'une action, car il s'agit de plus-value potentielle. "La plus grande valorisation d'une action ne crée directement de l'argent pour son propriétaire que lorsqu'elle est vendue, explique l'économiste. C'est comme quand la valeur de votre logement augmente : si vous ne le vendez pas, cette augmentation ne vous rend pas plus riche en réalité. En plus, cette hausse de valeur est temporaire et peut très bien repartir à la baisse ensuite. Mais au moment de la vente, là il y a possibilité d'une taxation." Cette taxation des revenus du capital a précisément été allégée par Emmanuel Macron en 2018, via la "flat tax".

"Il pourrait également y avoir une vraie politique de taxation sur les très hauts revenus, car aujourd'hui ils arrivent largement à échapper à l'impôt et c'est vraiment un problème", ajoute l'économiste. Selon Quentin Parrinello, d'Oxfam, ce n'est cependant pas la piste privilégiée par la France : "Le gouvernement est en train de réfléchir aux solutions pour payer la facture de la crise et pour l'instant les milliardaires ne semblent pas devoir être mis à contribution."

Juste une citation

Par Le 29/01/2022

 

 

« Il y a trois sortes de violence.

La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui écrase et humilie des millions d’hommes, la violence aux rouages silencieux et bien huilés.

La seconde est la violence révolutionnaire qui naît de la volonté d’abolir la première.

La troisième est la violence répressive, qui se fait l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.

Il n’y a pas pire hypocrisie que de n’appeler violence que la deuxième, en feignant d’oublier la première qui l’a fait naître et la troisième qui la nie. »

Dom Helder Camara

Aurore Stephant : les ressources minières

Par Le 28/01/2022

 

Une interview absolument passionnante. A écouter et réécouter tant toutes les données sont nombreuses et les analyses argumentées.

Il est effarant d'entendre cette ingénieure dire qu'elle a très peu de contact avec le milieu politique. Alors que tout l'avenir de la civilisation actuelle se fonde sur l'idée incontestable que nous consommons à outance des ressources non renouvelables. Juste un exemple : si comme le veulent les gouvernements, le parc automobile devient à moyen terme un parc essentiellement électrique, les réserves de cobalt disponibles seront épuisées en 2050. 

Il est tout aussi effarant de l'entendre expliquer à quel point les masses populaires sont conditionnées. L'exemple de l'ampoule à incandescence est révélateur. La voiture électrique en est donc un autre et le matraquage médiatique est permanent.

En conclusion de cette interview, j'en reviens toujours à la même chose : il est impensable et même totalement fou de considérer que nous pouvons continuer à exploiter la planète de la sorte. Et donc, il ne reste qu'une solution : la décroissance. 

Oui, je sais, aucun politicien ne s'y engagera car cela signerait son arrêt de mort professionnel étant donné que la majorité des individus refuse d'emblée d'envisager une autre existence que la leur en dehors du fait qu'ils aimeraient pouvoir consommer davantage.

Il n'en reste pas moins que les commentaires sous la vidéo sont réjouissants et montrent qu'une certaine frange de la population a les yeux ouverts. 

 

 

Aurore STEPHANT

Aurore STEPHANT

 

Ingénieure géologue minier, spécialisée dans les risques environnementaux et sanitaires des filières minérales

 

Paris, Île-de-France, France+ de 500 relations

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Entretien — Mines et Gaz de schiste

Les ravages ignorés de l’activité minière

 

Les ravages ignorés de l'activité minière

Déchets dans les eaux, dégâts en Europe, pollution… Dans un rapport impressionnant qui paraît ce mardi, l’association SystExt démontre que les « mines durables » sont un mensonge et que les techniques minières sont « de plus en plus prédatrices et dangereuses ». Aurore Stephant, ingénieure géologue minier, l’explique à Reporterre.

C’est un état des lieux saisissant. Dans un rapport volumineux ultradocumenté publié ce 16 novembre, les géologues miniers et les ingénieurs de l’association SystExt [1] s’attaquent à certains aspects méconnus de l’extraction minière. Ce panorama des « controverses minières » permet de comprendre pourquoi cette industrie cumule le triste record d’être la première productrice de déchets toxiques et la responsable du plus grand nombre de conflits socioenvironnementaux à l’échelle du globe. Il montre aussi qu’on ne pourra pas lutter contre le réchauffement climatique par des technologies qui accroissent notre « dépendance minérale ». Impacts des mines, pollution, pertes en vies humaines… Aurore Stephant, ingénieure géologue minier au sein de SystExt, révèle les conclusions de ce rapport.

Reporterre — Dans le rapport « Controverses minières » qui sort mardi 16 novembre, quelles « contre-vérités » sur les mines révélez-vous ?

Aurore Stephant — Lors du dernier congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui a réuni des États et des agences gouvernementales du monde entier, nos équipes ont constaté une chose étonnante : certains représentants des gouvernements croyaient qu’aucun site minier ne rejetait aujourd’hui ses déchets directement dans les fleuves ou la mer. Ils pensaient cette pratique révolue ou interdite. Pour eux, les résidus miniers sont systématiquement stockés dans des barrages, des digues — qui posent elles-mêmes de gros problèmes, mais passons. Or, non seulement cette pratique aux conséquences dramatiques existe bel et bien, mais elle est répandue et tout à fait légale ! Des dizaines d’opérateurs jugent plus simple de bazarder chaque année en pleine nature des millions de tonnes de boues acides et/ou fortement concentrées en métaux toxiques. Sur le site de Grasberg, en Indonésie (première mine d’or et troisième mine de cuivre au monde, en volumes produits), l’entreprise Freeport déverse chaque année 87,6 millions de tonnes de résidus chargés en plomb et en arsenic dans le fleuve Ajkwa.

Sites miniers concernés par des déversements volontaires en milieux aquatiques identifiés par SystExt et volumes de déchets déversés annuellement. Rapport SystExt/octobre 2021/CC BY-SA-NC 3.0

Nous nous attaquons à d’autres idées reçues : la croyance que les impacts de l’industrie minière seraient bien plus importants dans les pays en voie de développement que dans les pays développés. On pense que si les mines polluent et sacrifient des vies humaines, c’est parce qu’elles se situent dans des pays où la réglementation est peu exigeante. C’est faux.

D’une part, l’exploitation minière demeure le secteur d’emploi le plus dangereux si l’on tient compte du nombre de personnes exposées au risque, y compris aux États-Unis et en Europe. D’autre part, les méthodes d’extraction et de traitement sont les mêmes partout. Que l’on soit aux États-Unis, au Pérou ou en République démocratique du Congo (RDC), pour extraire 10 kg de cuivre, il faudra broyer et réduire en poudre 1 tonne de roche, puis la traiter aux xanthates (hydrocarbures). En quelques années, vous aurez obtenu un lac de résidus toxiques qui resteront dangereux entre 5 000 à 10 000 ans et qu’il faudra confiner tant bien que mal. Vous aurez nécessairement des fonderies, qui dégageront du dioxyde de soufre, et donc amplifieront les pluies acides et la pollution de l’air.

La mine de cuivre de Palabora (Afrique du Sud) : à gauche, la représentation imagée de la quantité de cuivre métal produite par la mine jusqu’à environ 2007 ; à droite, l’emprise en surface des déchets miniers en vue satellitaire. © Dillon Marsh/Google 2021/Création SystExt/septembre 2021

Pourquoi vous a-t-il paru urgent « d’en finir avec certaines contre-vérités sur les mines et les filières minérales » ?

Nous constatons avec nos équipes que le niveau général de connaissance sur le fonctionnement réel des mines et des industries métallurgiques est très faible, à la fois dans le grand public, mais aussi chez les responsables politiques et institutionnels. C’est déjà très préoccupant, étant donné que toutes les marchandises qui nous entourent contiennent des métaux, depuis les pigments présents sur les emballages, le dioxyde de titane dans les dentifrices, jusqu’à la soixantaine de métaux différents dans un smartphone.

C’est d’autant plus grave que l’accélération de la numérisation, l’industrialisation des pays du Sud et la transition énergétique telle qu’elle est promue aujourd’hui (par exemple les véhicules électriques) risquent d’induire une multiplication par au moins trois de la production de métaux dans le monde ces prochaines décennies. Cela signifie produire dans les seules trente-cinq prochaines années plus de métaux qu’il n’en a été extrait dans toute l’histoire de l’humanité. Impensable !

« Le “foudroyage par blocs” provoque des séismes et des effondrements incontrôlables. »

Sur cette industrie qui risque d’être l’un des enjeux majeurs — et des problèmes majeurs — du XXIe siècle, tout se passe comme si nous étions directement passés de la non-information à la désinformation. Jusqu’à la fin des années 2000, les mines n’existaient quasiment pas dans l’espace public. Maintenant que l’on commence à s’y intéresser, les filières minérales sont recouvertes de discours-écrans qui en masquent le fonctionnement et les impacts réels. Une foule d’éléments de langage à connotation positive sont apparus dans les rapports pour justifier l’accroissement de ce secteur : « mine durable », « meilleures pratiques », « techniques révolutionnaires », etc. Nous voulions faire comprendre ce qu’elles recouvrent.

Par exemple, quand on passe en revue les « techniques révolutionnaires » vantées par les opérateurs, on constate que les pratiques récentes sont encore plus destructrices et moins maîtrisées que les précédentes. Ainsi, le « foudroyage par blocs », qui consiste à dynamiter massivement le sous-sol, provoque des séismes et des effondrements incontrôlables. La « lixiviation en tas », elle, vise à se débarrasser tout bonnement de l’usine de traitement du site minier en traitant chimiquement la roche en plein air, à grande échelle. On déverse directement des millions de litres d’agent extractif sur la montagne de roches broyées dont on veut extraire les minéraux. Cela revient à asperger une colline de 200 mètres de haut de cyanure ou d’acide sulfurique. Ces « techniques révolutionnaires » servent à exploiter des gisements à très faible teneur avec des coûts très bas.

Usine de traitement de nickel de Doniambo, en Nouvelle-Calédonie. Flickr/CC BY-NC-ND 2.0/Tim Waters

Pourquoi faites-vous très peu de recommandations dans ce rapport pour améliorer cet état des lieux ?

Il nous aurait fallu des milliers de pages pour formuler des propositions précises : le champ est immense, les filières minérales sont diverses et chacune se caractérise par des dizaines d’étapes de production, du forage au raffinage des métaux. Nous nous limitons à deux recommandations urgentes. L’une est, évidemment, l’interdiction du déversement volontaire de déchets miniers dans les milieux aquatiques. L’autre est l’interdiction de toute exploration ou exploitation minière des grands fonds marins.

« En l’état, l’industrie minérale ne peut qu’augmenter ses impacts. »

Le 12 octobre dernier, Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de leur exploration, qualifiée de « levier extraordinaire de compréhension du vivant, peut-être d’accès à certains métaux rares ». Des centaines de rapports scientifiques montrent déjà qu’il est impossible de mener ne serait-ce que de l’exploration à 2 ou 3 kilomètres de profondeur sans causer de dommages graves et irréversibles : intoxication des planctons et des espèces marines par la mise en solution des métaux présents, perturbation lumineuse et sonore, etc. Ici, la « compréhension du vivant » est incompatible avec l’activité minière : nous détruirions ces milieux avant même de les connaître. C’est pourquoi nous argumentons en faveur d’une interdiction pure et simple, et non pour un moratoire qui laisserait cette possibilité ouverte. Nous avons de bonnes raisons de craindre que l’explosion de la demande en métaux dans les années à venir ne laisse pas indemnes les ultimes barrières morales que nos sociétés tentent de se fixer.

Fumeur noir à 3 000 m de profondeur, au niveau de la dorsale médio-atlantique. MARUM − Zentrum für Marine Umweltwissenschaften, Universität Bremen · 2015 · cc by 4.0

Enfin, au-delà de l’amélioration des pratiques, il faut bien voir qu’en l’état, l’industrie minérale ne peut qu’augmenter ses impacts : en exploitant des gisements dont la concentration minérale est de plus en plus faible, nous utilisons de plus en plus d’énergie et générons des volumes de déchets toxiques de plus en plus ingérables, quelles que soient les techniques utilisées. La seule issue ne peut être que de limiter les volumes extraits.

Déchets électroniques dans une installation de traitement à Kigali (Rwanda), en 2017. Flickr/CC BY-ND 2.0/Rwanda Green Fund

Des politiques de recyclage ambitieuses pourraient-elles réduire ces problèmes ?

Oui, c’est incontournable. Les métaux recyclés seraient largement compétitifs par rapport aux métaux issus de l’extraction si les opérateurs miniers payaient le coût social et environnemental de leur activité, qui est exorbitant. Mais le recyclage est quasiment impossible quand les métaux sont utilisés de manière dispersive, comme dans l’électronique. Et il ne suffirait pas à satisfaire la demande, qui est exponentielle. Il faut donc changer notre rapport aux matières premières minérales, et cela doit passer par une transformation radicale du mode de vie des pays dits « développés ».

C’est maintenant que tout se joue.

Vaccinés/Non vaccinés

Par Le 25/01/2022

Cette scission, cette distinction, cette opposition, c'est encore et toujours l'ego encapsulé. Le fonctionnement terriblement puissant du jeu des étiquettes.

"Tu es dans ce groupe, moi je suis dans celui-là. Et le mien est meilleur que le tien. " - N'importe quoi, c'est évident que tes arguments ne tiennent pas la route. -Ah,bon, et tu peux me dire pour quelles raisons ? "etc etc etc

Les influences subies, les manipulations, les conditionnements, les formatages, les prétentions, les certitudes, les idées figées, l'absence de lucidité, l'adhésion à la masse ou la rébellion contre le nombre, tout ça n'est qu'un vaste fatras conçu et entretenu par l'ego. Le positionnement d'un côté ou d'un autre n'est bien souvent qu'une recherche d'appartenance, la quête frénétique de l'individu qui ne veut pas être esseulé, qui a intellectuellement besoin d'être reconnu en tant que tel, un vacciné ou un non vacciné, de gauche ou de droite ou dans les extrêmes, un athée ou un croyant, un agnostique ou un panthéiste, un bouddhiste ou un musulman, un vegan ou un omnivore, un spéciste ou un anti-spéciste etc etc etc.

Nous sommes sans cesse amenés à nous positionner et dès lors à défendre nos positions comme si notre existence même en dépendait.

 

Je trouve assez déprimant que ce besoin d'étiquettes soit encore présent quand il s'agit d'une démarche spirituelle et finalement, ça me laisse penser que ce moi dérivé qui a besoin de s'identifier exerce toujours son influence, même au cœur de cette sphère spirituelle qui se devrait d'être détachée de ces appartenances limitatives.

Je ne suis pas bouddhiste. Il n'y a que Bouddha qui l'était.

À la limite, je pourrais dire que je suis "ledruiste" mais ça serait encore plus ridicule.

Je ne suis rien qui puisse exercer sur moi un signe d'appartenance ou d'adhésion pleine et entière. 

Je ne suis pas Français, je suis né sur un bout de terre que des hommes ont nommé France.

Je n'étais pas instituteur, j'exerçais le métier d'instituteur.

Je ne suis pas écrivain, j'aime écrire.

Je ne suis pas un humain, je suis une forme de la vie qui s'est attribuée le nom d'humain.

Mais tout ce fatras ne fait pas de moi autre chose que ce que la vie est en moi. Elle existe et le nom prise par la forme n'est pas l'énergie qui s'y trouve.

Tant que les humains s'égareront dans ce genre de limitations, il n'y aura aucun changement possible. On sera toujours dans ce registre du moi qui cherche à exister à travers des illusions dérisoires et éphémères.

Et il y a des jours où cette immobilité spirituelle me désespère. Cette impression que le progrès matérialiste, scientifique, social, technologique a usé de toute l'énergie disponible et que l'évolution spirituelle s'est trouvée vidée de tout. Une vieille peau abandonnée, flétrie, pourrie, liquéfiée, cadenassée par l'ego.

Même ceux et celles qui se sont intéressés à cet espace spirituel, se sont dit que ça serait bien qu'ils se retrouvent ensemble pour en discuter, se reconnaître, comparer, débattre, tenter de s'élever un peu de la masse qui s'étend, s'étend...Et au fil des rencontres, ils ont créé des groupes pour pouvoir se positionner vis à vis des groupes qu'ils critiquaient.

Quelle misère, quelle épouvantable misère...

Nous serons sans doute réellement des êtes spirituels le jour où nous n'éprouverons plus le besoin d'identifier une différence entre nous, ni même une différence entre l'ensemble des êtres vivants, le jour où il n'y aura plus de conflits entre vaccinés et non-vaccinés, entre gauche et droite, entre blancs, noirs, gris, jaunes ou violets, entre les méchants loups et les gentils chiens, entre les vilains virus et les bons, entre la vie et la mort. Le jour en fait, où nous n'aurons rien d'autre à l'esprit que la paix.

Oui, je sais, c'est totalement utopique. L'humain est un être fondamentalement conflictuel.

Pour une seule raison : il est seul dans son monde intérieur et a absolument besoin de combler ce vide par des adhésions multiples.

Parfois, je me dis que celui qui ne connaît pas les noms des plantes, des arbres, des animaux, qui ne connaît rien à la science dans les livres, qui n'a aucune idée de tous les pays du monde, qui ne sait rien de la vie des gens à l'autre bout de la planète, qui ne connaît pas le nom des étoiles, ni des océans, ni des fleuves, ni des mégapoles, mais qui vit sereinement avec les plantes de son potager, avec les arbres qui l'entourent, avec les animaux qu'il voit parfois, qui aime s'asseoir sous les cieux étoilés et contempler, qui prend soin du ruisseau qui passe près de son lieu de vie, qui n'abîme rien et se montre infiniment respectueux de la vie, celui-là en sait beaucoup.

J'essaie parfois d'identifier les connaissances qui me sont utiles, réellement utiles, non pas dans le registre de l'accumulation mais dans l'agir, des savoirs qui sont par conséquent immédiatement exploitables, dans ma vie quotidienne. Je réalise alors l'incroyable masse de connaissances qui ne sont rien d'autres que des savoirs intellectuels et qui ne me sont d'acune utilité. Et je ne dis pas ça en m'octroyant un quelconque titre de savant, bien au contraire. Je ne sais au final pas grand-chose d'utile au regard de tout ce que je pense savoir. Et à 60 ans, c'est loin d'être glorieux. Il y a d'ailleurs dans toutes les fenêtres médiatiques que nous ouvrons constamment sur le monde une forme d'empêchement à apprendre ce qui nous serait utile. C'est pour ça que parfois, lorsque vraiment, je n'en peux plus de ce chaos, je ferme toutes les fenêtres et je vais m'assoir dans l'herbe. 

Scission populaire

Par Le 24/01/2022

 

 

Dans le petit village à quelques kilomètres de la maison, il y a une bibliothèque, dépendante de la médiathèque de Guéret.

N'étant pas vaccinés, nous n'avons pas le droit d'entrer dans le local.

Depuis plusieurs mois que nous y allons, nous avons dû croiser cinq adhérents.

Les deux dames responsables de la bibliothèque nous passent par la fenêtre les livres que nous avons réservés. Elles en sont très gênées.

Par contre, quand nous allons à Guéret dans le magasin de bricolage, on entre bien évidemment sans problème.

Serait-ce donc que la culture est sans importance pour qu'elle puisse ainsi être limitée ?

J'ai eu le malheur d'évoquer le sujet sur les réseaux de France info et je me suis fait "incendier" :

"T'as qu'à faire ta piqûre, espèce de danger public".

"Tu n'as que ce que tu mérites."

"On s'en fout de ton problème de bouquins, c'est secondaire."

"C'est à cause d'irresponsables comme toi que cette pandémie est toujours là."

Juste un aperçu.

Il est clair aujourd'hui que les scissions dans la population sont très fortes.

Quand j'étais plus jeune, les discussions qui pouvaient mener à des conflits tournaient principalement autour de la politique, droite-gauche, machin contre trucmuche, etc etc. Désormais, c'est vaccinés et non vaccinés. Mais, en fait, quand on y réfléchit un peu, il s'agit toujours de politique. 

 

Plus de 600 artistes et professionnels de la culture s’opposent à la dérive autoritaire en cours

 

 

 

 

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Plus de 600 artistes et professionnels de la culture s’opposent à la dérive autoritaire en cours

 

"Comment ne pas se souvenir qu’à chaque fois qu’un État a souhaité stigmatiser et attaquer une partie de sa population, le totalitarisme est alors sorti de l’ombre ?"

18 janvier 2022 - La Relève et La Peste

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Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde

- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France

 

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L’appel à sortir du silence lancé par des bibliothécaires le 14 janvier dernier semble avoir été entendu. Plus de 600 artistes et professionnels du secteur culturel (dont nombre d’acteurs du livre) s’associent pour dénoncer une politique « dangereuse » et stigmatisante, et appellent le plus grand nombre à refuser un projet de société discriminant et autoritaire.

Nous ne sommes toujours pas dupes !

Depuis le mois de juillet 2021 et la mise en place d’un pass dans des lieux du quotidien (malgré les promesses faites au printemps que cela n’arriverait jamais), le gouvernement mène une dangereuse politique de ségrégation à l’encontre d’une partie de la population.

Un grand nombre de citoyennes et de citoyens s’est brutalement vu privé de droits élémentaires et ce dès l’âge de 12 ans. Avec la mise en place du pass vaccinal, l’accès aux loisirs et à la culture est désormais interdit à plusieurs millions de personnes, devenues des parias. Des lieux, pourtant essentiels aux plus modestes, aux plus isolés, pour accéder à l’information, à la culture, au sport, au lien social, ferment à présent complètement leurs portes aux « sans pass ». 

Même l’accès équitable aux soins est remis en cause, ce qui est sans doute le plus grave.

Qui n’a pas encore en tête ces déclarations de ministres, d’élus et d’éditorialistes aussi méprisants que méprisables?

« Rendre la vie impossible aux non-vaccinés », « Il faut aller les chercher avec les dents et avec les menottes », « les personnes qui refusent le vaccin, ces jusqu’au-boutistes, sont une faille dans notre système », « faire porter le poids des restrictions aux non-vaccinés », « les non-vaccinés nous pourrissent la vie », « une minorité de connards »etc…

Des propos outrageants et discriminants qui ont largement trouvé écho auprès des médias. 

Ces stigmatisations atteignent un point culminant lorsque le Président de la République déclare : « Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire jusqu’au bout, c’est ça la stratégie ! »

Lire aussi : Pour la CNIL, le pass sanitaire brise le secret médical et banalise le contrôle de la population

Il va même jusqu’à ajouter qu’un « irresponsable n’est plus un citoyen ». Il dresse ici un mur entre les Français et les Françaises, désigne des coupables, et appelle ni plus ni moins à la déchéance de citoyenneté pour ceux qu’il accuse de « saper la solidité d’une nation » et d’incarner « le mensonge et la bêtise, qui sont les pires ennemis en démocratie ».

Le « Nous sommes en guerre » semble aujourd’hui prendre un nouveau sens, celui d’une incitation à la haine.

En mai 2019, face au traitement médiatique du mouvement des Gilets jaunes et à la répression inouïe qui s’exerçait sur les manifestants, nous étions nombreux et nombreuses à affirmer que nous n’étions pas dupes dans une tribune parue dans Libération

Aujourd’hui, le gouvernement cherche à désigner des boucs émissaires dans la population alors qu’il se défausse systématiquement de toutes ses responsabilités dans la gestion de la crise. Dans le même temps, il orchestre la casse de l’hôpital public depuis des années en plus de la fermeture de lits en pleine crise.

Crédit : Les Essentiels.org

Nous ne sommes toujours pas dupes. La dérive autoritaire se poursuit et se démasque de plus en plus.

Le pass est avant tout un outil puissant de division, de discrimination de la population, de stratification de la société. C’est une véritable porte ouverte vers le contrôle social d’État et entre les individus.

Aujourd’hui, le statut vaccinal comme marqueur de citoyenneté. Et demain ?

Aujourd’hui, l’exclusion sociale, culturelle et sanitaire comme mesure répressive. Et demain ?

Comment ne pas se souvenir qu’à chaque fois qu’un État a souhaité stigmatiser et attaquer une partie de sa population, le totalitarisme est alors sorti de l’ombre ?

Le gouvernement bafoue actuellement la Constitution française, le secret médical, le serment d’Hippocrate, la loi Kouchner dans le but d’imposer son « obligation vaccinale déguisée ».

Il trahit la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen qui stipule que :

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » et que « tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas ». 

Il va même totalement à l’encontre de la Résolution 2361 du parlement européen votée par la France le 27 janvier 2021 qui prévoit « de s’assurer que les citoyens et citoyennes sont informés que la vaccination n’est pas obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s’il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement » et « de veiller à ce que personne ne soit victime de discrimination pour ne pas être vacciné, en raison de risques potentiels pour la santé ou pour ne pas vouloir se faire vacciner. »

Nous refusons d’être désignés comme « vaccinés » ou « non vaccinés » et d’être poussés au rejet de l’autre.

Nous ne voulons être ni les actrices ou acteurs, ni les complices de ce séparatisme forcé.

Nous, artistes, professionnelles et professionnels, actrices et acteurs de la culture, sommes révoltés par la répression, la manipulation et l’idéologie de ce gouvernement. C’est un moment charnière de notre histoire.

Utilisons notre pouvoir, celui des mots, de la parole, de la musique, de l’image, de la pensée, de l’art, pour dire non à ce projet de société. Nous appelons toutes et tous à entrer en résistance face à ce discours de haine et de division et à être solidaires pour que « liberté égalité fraternité » ait encore un sens.

Les sous-marins jaunes (collectif.yellow.submarine@gmail.com)
Avec le soutien du collectif 
Lesessentiels.org

Crédit photo couv : Alain Pitton / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Premiers signataires : 

Corinne Masiero, comédienne

Dominique A, chanteur

Alexandre Jardin, écrivain   

Edmond Baudoin, auteur-dessinateur

Alain Damasio, écrivain

Bruno Podalydès, réalisateur

Antoine Peillon, journaliste, écrivain

Anny Duperey, comédienne, écrivaine, photographe

Swann Arlaud, comédien

Anne Alvaro, comédienne

Ludovic Bource, compositeur

Christophe Alévêque, humoriste, chroniqueur

Marion Mazauric, éditrice

Inès Léraud, journaliste, documentariste

Elodie Menan, comédienne

Ilya Green, autrice-illustratrice

Bernard Friot, auteur, traducteur

Yvan Le Bolloc’h, comédien musicien

Laëtitia Carton, réalisatrice

Agathe Girard, violoniste    

Grégoire Girard, violoniste    

Hughes Girard, altiste    

Lucie Girard, violoncelliste

Marie-Rose Guarnieri, libraire (librairie Les Abbesses, Paris)

Jean-Marc Rochette, auteur-dessinateur

Laurent Bonneau, auteur bd

Germano Zullo, écrivain

Flore Vesco, autrice

Thea Rojzman, scénariste BD

Alain Marc, poète et écrivain

Emile Jadoul, auteur-illustrateur

Antoine Guilloppé, auteur-illustrateur

Isabelle Merlet, coloriste

Jérôme Jouvray, auteur de BD

Olivier Jouvray, scénariste, professeur et éditeur de bandes dessinées

Florence Dupré la Tour, autrice de bande dessinée

Abdourahman Waberi, écrivain et enseignant

Albertine, dessinatrice

Bruno Gaccio, auteur, comédien, producteur

Lionel Chouin, auteur BD

Aya Cissoko, autrice, actrice, championne de boxe

Benjamin Flao, auteur-dessinateur

Christos, auteur 

HK, chanteur

Viktor Coup-K, artiste, rappeur

Brigitte Giraud, écrivaine

Alexandre Bergamini, écrivain

Simonetta Greggio, écrivain 

Veronique Genest, comédienne

Xavier Laîné, écrivain

Eric Pessan, auteur

Ohazar, auteur BD

Julien Seri, réalisateur 

Nina Mélo, actrice

Guillaume Farley, auteur, compositeur, interprète

Joanna Concejo, autrice-illustratrice

Matthieu Maudet, auteur-illustrateur

Michaël Escoffier, auteur-illustrateur

Karine Dubernet, comédienne-auteur

Christophe Léon, auteur

Hélène Vignal, auteure

Martine Bourre, autrice-illustratrice

Jo Witek, auteure

Marin Ledun, auteur

Bruno Heitz, auteur-illustrateur

Frédéric Sther, auteur-illustrateur

Marc Boutavant, auteur-illustrateur

Alain Frappier, dessinateur

Désirée Frappier, scénariste

Jean-Christophe Menu, auteur

Camille Jourdy, autrice-illusratrice

Serge Quadruppani, auteur, traducteur, journaliste

Pascal Dessaint, auteur

Négar Djavadi, auteur-scénariste

Mathilde Domecq, autrice BD

Yamina Benahmed Daho, écrivaine

Isabelle Simler, auteur-illustratrice

Antoine Gavory, écrivain

Sophie Guerrive, autrice-illustratrice

Lætitia Bourget, plasticienne et actrice jeunesse

Anaïs Vaugelade, autrice-illustratrice

Kalune, artiste
Kitty Crowther, autrice-illustratrice
Praline Gay-Para, conteuse, auteure
Natalie Tual, autrice-compositrice
Aurélien Maury, auteur-dessinateur
Benoît Broyard, auteur-dessinateur
Ghislaine Herbéra, autrice-illustratrice
Ingrid Chabbert, scénariste
Thibault Balahy, auteur de BD
Alexis Vitrebert, scénariste-dessinateur
Aude Picault, scénariste-dessinatrice
Natacha Thiéry, enseignante-chercheuse, cinéaste
Lucie Cauwe, journaliste, critique littéraire

Pour voir les 600 signataires de cette tribune et la signer, cliquez sur ce lien https://lesessentiels.org/tribune-des-sous-marins-jaunes/

18 janvier 2022 - La Relève et La Peste

"En avant citoyens enseignants !"

Par Le 24/01/2022

 

On pourrait me proposer le double de ma pension de retraite que je n'irais pas. Sans vouloir manquer de respect envers les anciens combattants, ceux qui ont connu et souffert de la vraie guerre, j'ai l'impression de voir un GVT qui fait appel aux dernières troupes disponibles. Effarant, consternant. Avec un message bien culpabilisant et démagogique : "le plus beau métier du monde et la nécessaire participation de tous pour vaincre les effets de la pandémie. Pour être un bon citoyen, il faut remonter au front.

Ce commentaire exprime parfaitement ce que je pense : "Ce qui était "le plus beau métier" a été bafoué, rabaissé et a conduit aux multiples démissions et difficultés à recruter : tout cela car la hiérarchie ne connaît pas le terrain, un laxisme total où les profs sont constamment pointés du doigts et non soutenus. Le non respect de certains parents prolifère, les insultes aussi mais ils ont le droit les parents, le prof "doit s'adapter" ; de plus en plus d'enfants violents dès la primaire voire la maternelle mais il faut faire avec, les remontées d'informations aux inpections académiques sont systématiquement bloquées, le Ministre actuel n'a sans doute jamais passé une seule journée avec un prof pour évaluer le désastre, les décisions sont prises par des personnes qui ne savent pas 1/10e des difficultés ; le navire de l'école publique sombre, sous les yeux de notre gouvernement qui ne fait rien : la parole des enseignants ne vaut plus rien ; ils ne peuvent plus enseigner : ils gèrent la violence, le non respect et l'administratif sous les yeux de la hiérarchie qui ne les soutient pas. Quel gâchis tout ce laxisme. Plutôt que de se poser la bonne question des démissions en masse et des difficultés à recruter afin de parvenir à remettre à l'honneur l'enseignement et bien les seules solutions trouvées ont été : 1/ baisser le niveau du concours pour le recrutement et 2/ embaucher des "contractuels" qui n'ont aucune formation, aucune notion d'orthographe et de grammaire et qui ne connaissent leur table de multiplication qu'en scrutant leur smatphone .... Voilà où nous en sommes."

 

"Hors de question que j'y retourne!" : face au Covid-19, des enseignants à la retraite appelés à la rescousse à l'école

 

Face au nombre important d’enseignants touchés par le Covid-19 dans les écoles, plusieurs départements lancent un appel aux anciens instituteurs. Mais dans leur grande majorité, les néo-retraités rencontrés par franceinfo y sont opposés. 

Article rédigé par

Agathe Mahuet

Radio France

Publié le 24/01/2022 06:30Mis à jour le 24/01/2022 06:44

 Temps de lecture : 2 min.

Une classe d'école primaire en septembre 2021;  (SULIANE FAVENNEC / AFP)

Une classe d'école primaire en septembre 2021;  (SULIANE FAVENNEC / AFP)

Annie a reçu le message il y a quelques jours. "C'est un mail qui est écrit en caractères excessivement importants. Je pense que c'est adapté à la population ciblée", explique cette professeure retraitée qui vit à Vannes (Morbihan). Elle fait partie de ces néo-retraités qui sont appelés à prêter main forte à l'Education nationale face au nombre important d’enseignants touchés par le Covid-19 dans les écoles. 

"Comme on est pas toutes jeunes, ils se disent qu’on ne voit pas bien", plaisante celle qui, à 61 ans, est retraitée depuis un an et demi. Sur ce mail, il est indiqué : "Vous avez exercé les fonctions de professeur des écoles avant de solliciter votre départ à la retraite. Aussi, je vous informe qu'il vous ait (eh ben, celle-là, elle est belle...) possible d'effectuer des remplacements dans le département du Morbihan". 

Mais pour Annie, "hors de question" d'y retourner ! "D'abord, je n'ai pas envie de tomber malade, de me promener dans le département ou de faire de la garderie au pied levé", explique-t-elle.

"J'ai fait ma carrière, j’ai donné, j’ai largement mérité ma retraite !"

Annie, institutrice retraitée 

à franceinfo

"J’ai quand même bien souffert à l’Education nationale, je trouve", ajoute la jeune retraitée. La crise sanitaire à l’école, elle l’a déjà connue durant ses derniers mois en classe, en 2020. Et son état d'esprit reflète bien celui des anciens enseignants contactés par franceinfo. "Je ne reviendrai pas faire le pompier de service", lancent beaucoup d'entre eux. 

Les volontaires sont rares 

Beaucoup d'anciens professeurs des écoles s’inquiètent d’être envoyés, tel n’importe quel vacataire, dans une école trop loin de chez eux. Ce que réfute l'administration. "On va évidemment rechercher une stabilité sur un territoire, autant que faire se peut. On ne veut pas mettre les gens en difficulté ! C’est le plus beau métier du monde", affirme Guylène Esnault, directrice académique dans le Finistère.  

Depuis son bureau de Quimper, après avoir épuisé le vivier des vacataires habituels, elle s’apprête à envoyer un courrier, à de jeunes retraités. "En tant que citoyen, c’est aussi se dire 'je participe à la lutte contre ce virus'. Et je pense que c'est important que les enfants continuent d’aller à l’école. Pour les néoretraités, c’est tout à fait dans cet esprit-là", avance Guylène Esnault.  

Annie, institutrice retraitée, a reçu ce message lui proposant des remplacements dans des écoles touchées par le Covid-19. (AGATHE MAHUET / RADIO FRANCE)

Annie, institutrice retraitée, a reçu ce message lui proposant des remplacements dans des écoles touchées par le Covid-19. (AGATHE MAHUET / RADIO FRANCE)


Pour la directrice académique, qui espère de nombreux retours positifs dans cette 
période de crise, "quand on est professeur un jour, on est professeur toujours !".  

Reste tout de même une limite d'âge : un fonctionnaire ne peut pas être rappelé au-delà de 67 ans… Théoriquement seulement : en Mayenne, d’anciennes institutrices de 73 et 75 ans ont été recontactées. La direction académique, à Laval, reconnaît un couac : l’âge des retraitées n’avait pas été revérifié. 

Des professeurs retraités rappelés à la rescousse par l'Education nationale : le reportage d'Agathe Mahuet

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La tête au carré.

Par Le 23/01/2022

 

L'école participe très fortement à l'édification de l'ego encapsulé. 

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"A l'école

On t'apprend à te mettre en rang, tu ne dois surtout pas en sortir.

On te demande de t'asseoir à la même place toute l'année.

On te commande d'écouter.

On te pousse à la compétition.

On te fait croire que tes notes déterminent qui tu es.

On ne te dit pas que tu es à part, différent et que cela fait de toi quelqu'un d'unique.

Que peu importe tes résultats scolaires, tu es merveilleux et bourré de talent.

Que tu as le droit de t'exprimer et de laisser aller tes émotions.

On te parle de gaz, d'électricité, de l'éolien ... Sans jamais te dire que tu es toi même énergie, comme tout ce qui t'entoure. On ne te dit pas que ton énergie vitale est alimentée par les énergies cosmiques et telluriques.

On te parle de l'appareil reproducteur et des organes sexuels, sans s'attarder sur le respect de soi et le côté sacré de la sexualité. On ne te dit pas que ton corps est un temple et que personne n'a le droit d'y toucher sans ton autorisation.

On te colle un masque sur le visage et t' inonde les mains de gel hydroalcoolique, sans te parler de la façon de booster naturellement ton système immunitaire et de rester en bonne santé. Sans te dire que la respiration est un facteur indispensable et primordial pour ton bon développement.

On t'apprend la performance, la richesse financière des pays industrialisés, sans te souligner que la plus grande richesse est dans ton cœur et s'appelle l'amour. Que peu importe la somme figurant sur ton compte en banque, si ton cœur est plein d'amour, tu seras bien plus riche que certains millionnaires.

On te parle rapidement de pays du tiers monde où les gens meurent de faim et sont souvent en guerre, sans t'expliquer que ton propre pays leur vend les armes avec lesquelles ils s'entretuent et qu'il serait facile d'enrayer la faim dans le monde, si c'était rentable. Que la vie de certains vaut bien moins qu'un baril de pétrole ou un kilo de lithium...

On te parle d'éducation civique, de droits et de devoirs en tant que citoyen, alors que nos élus, nos élites, les bafouent chaque jour qui passe. Que tu dois respecter les règlements, de l'école, de la cantine alors que les puissants de ce monde ne respectent rien ni personne.

On te parle rapidement des saisons et des cycles de la nature, sans t'expliquer que cela influe sur ton organisme et qu'il est important de respecter son environnement. Que l'humain est un hôte de la Terre et non son maître. Que Gaia est notre mère nourricière et qu'en la détruisant peu à peu, l'homme court à sa propre perte.

On te donne une carte avec les planètes de notre système solaire sans t'expliquer que tu es constitué de poussières d'étoiles et que tu es relié à l'immensité du cosmos. Que chaque vibration de l'univers a une incidence sur ta propre énergie et vice versa.

Écoute mon enfant, ce que te disent les grands. Mais ne crois rien. Découvre les non dits derrière les leçons classiques, les choses cachées derrière les prétendues vérités. Interroge toi sur tout. Ne prends rien pour acquis. Jamais.

Ouvre grand tes yeux et ton cœur et explore par toi même les mystères de la vie."

Auteur : Patou Llech

L'émotion viscérale

Par Le 22/01/2022

 

 

Aucun acte conscient ne peut se passer d'une pensée. Et un grand nombre de nos pensées est nourri par notre sensibilité et par conséquent nos émotions. Nous sommes des penseurs émotionnels. 

Vient ensuite l'engagement. Il peut être spontané ou réfléchi.

Le problème de la spontanéité, c'est la puissance émotionnelle qui la génère. Elle ne deviendra durable qu'au regard de la réflexion qui la suivra. Sinon, elle s'éteindra et les actes par là-même.

Il convient donc de saisir l'émotion viscérale pour nourrir la pensée puis de la canaliser par la raison. C'est là que les actes seront durables.

Vient ensuite le choix des actions à mener et elles sont innombrables.

Il reste à savoir si l'indifférence est plus puissante que le désir de changer, si la volonté est capable de briser la citadelle mentale de l'ego encapsulé qui repousse obstinément les émotions viscérales.

Car il y a nécessairement une émotion viscérale à voir et à entendre souffrir les animaux, à voir mourir les forêts, les océans se vider, les abeilles disparaître, les oiseaux succomber, les éléphants abattus, les dauphins éventrés, les ruisseaux s'engorger de pesticides, les mers se plastifier...

Et s'il n'y a aucune brûlure dans le ventre, si rien ne se noue, jusqu'à la nausée, si rien ne vient hurler à l'intérieur que ça ne peut plus durer, alors, c'est que l'heure du changement n'est pas venue et que la citadelle de l'ego encapsulé n'est pas prête de s'ouvrir.

La volonté est-elle suffisante pour changer de paradigme ? C'est la question clé, le point d'achoppement.

La volonté est une excroissance du mental, une entité qui est fonda-mentalement nourrie par le mental et donc l'ego. Est-ce que l'ego est apte à valider un tel changement de paradigme étant donné que cela revient à contester les anciens fonctionnements, à accepter l'idée que l'individu était dans une voie néfaste.

Je prends un exemple : j'ai mangé des animaux terrestres et aquatiques pendant plus de quarante ans et puis est venu le temps où la souffrance animale s'est révélée, viscéralement. Une véritable douleur. J'ai donc décidé de ne plus manger d'animaux. Je l'ai "voulu" mais cette volonté n'était pas du seul registre de la pensée. La puissance de cette décision prenait sa source dans mon corps.

Il ne s'agissait plus d'un ego encapsulé mais d'un ego décapsulé :) La conscience énergétique d'une connivence, d'une similitude, d'une reconnaissance. J'étais, comme tout être vivant et doué de conscience, un individu empli de la même vie, non pas dans le registre de "mon" existence mais dans celui d'un Tout. Il n'y avait donc plus de scission entre "moi à l'intérieur" et "l'environnement".

L'erreur cruelle de la pensée occidentale est de considérer que nous vivons dans le monde au lieu de réaliser que le monde est en nous. Le monde en tant qu'énergie créatrice. Pouvais-je donc continuer à nier cette énergie créatrice en puisant en elle ce dont je n'avais pas besoin pour vivre ? 

Voilà l'importance de la pensée viscérale, voilà la clé pour ouvrir la porte vers un autre monde. Il ne s'agit pas de réfléchir, de raisonner, de peser le pour et le contre, d'opposer les différentes justifications et oppositions d'un mental qui puise dans les conflits intérieurs le prétexte à son hégémonie. L'ego encapsulé est le Maître de la manipulation. 

Il faut abolir la peine de mort en Soi parce que cette condamnation relève non pas seulement de l'abattage de milliards d'êtres vivants sur la planète mais également de sa propre déchéance.

Je ne peux pas me nourrir de la mort des autres puisque les autres sont emplis de la même énergie que celle que j'ai reçue. Il est donc vital que l'humanité s'extirpe de la manipulation des égos, qu'elle parvienne à taire le mental en laissant jaillir l'émotion viscérale.

Je sais que ce goût surpuissant de la vie, je l'ai découvert dans la nature, une nature la plus vierge possible, Là-Haut. Puiser dans ses ressources physiques et mentales est un acte qui dénude et c'est une fois "nu" que la conscience  du Tout émerge. Il faut arracher les carapaces humaines pour entrer réellement au coeur de la vie. L'ego encapsulé est une entité en armure. Le mental est son ouvrier, il forge, façonne, modèle, reproduit, défait, recommence, s'agite constamment. Il ne supporte pas la nudité intérieure. Il a besoin d'être lourd, de traîner des chaînes et de se réjouir simultanément de sa force. Effrayant stratagème qui consiste à créer un rocher pour le pousser sur la pente et se glorifier de la puissance exercée, de l'opiniâtreté, de la volonté. Une volonté carcérale qui interdit à l'émotion viscérale de s'exprimer. Tant que la dictature de l'ego encapsulé est maintenue, l'émotion viscérale n'a aucune chance de jaillir. 

Le monde, tel que nous le vivons, est un espace raisonné, une calèche ancestrale. Le mental est le cocher, l'ego encapsulé le passager, et la norme la voie toute tracée. Les véhicules ont évolué mais aucunement la raison de l'assemblage. Nous sommes dans un schéma répétitif que nous nommons "progrès".

L'émotion viscérale reviendrait désormais à prendre conscience que l'espace, de l'autre côté du fossé, est une voie de salut. 

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Eric Julien et les Kogis

Par Le 21/01/2022

 

J'ai déjà maintes fois écrit sur les Indiens Kogis. Et je continue à m'y intéresser.

Eric Julien les connaît très bien. 

Et c'est passionnant. 

 

Assis sur un billot

Par Le 21/01/2022

Aujourd'hui, j'ai fendu du bois. Un forestier du secteur me donne des ronds de bois irréguliers, ceux qu'il coupe à l'extrémité des troncs pour faire des bûches régulières. Ces ronds, il ne les vend pas, il les entasse. Je lui ai donc demandé si je pouvais les récupérer et il était ravi. Moi aussi. J'en suis à environ trois stères et comme c'est à trois cents mètres de la maison, c'est encore mieux. 

Donc, j'explose ces ronds à grands coups de merlin et je les range comme si je faisais un tétris :) 

Et du coup, je pense, pendant des heures, au rythme de gestes répétitifs : prendre le rond, le poser sur le billot, prendre le merlin, armer et frapper, ramasser les éclats, les mettre dans la brouette et quand la brouette est pleine, je les empile.

Quatre heures de suite. Pas besoin d'aller soulever des haltères pour entretenir les bras.  

J'ai les écouteurs du MP3 sur les oreilles. J'adore les musiques de Max Richter. Elles me parlent, elles me stimulent, elle m'électrisent, elles m'apaisent, elles m'émerveillent.

Il m'arrive régulièrement de m'arrêter, je pose tout, je m'assois sur le billot, je regarde les arbres, le potager, la prairie où je suis, le ciel, les herbes, une buse dans le ciel puis je ferme les yeux. Et j'écoute vraiment, en dedans et  je vois mon sang dans mon corps, le flux qui coule et le coeur qui bat, la pompe de vie, j'écoute l'énergie, sans un geste sinon celui de ma poitrine. C'est là, souvent, que les pensées prennent une direction précise, c'est dans ces moments-là qu'une exploration s'engage, un cheminement que je ne quitte plus. 

Aujourd'hui est revenu "l'ego encapsulé" comme un diable sorti de sa boîte, une évidence. Je dois continuer à autopsier cette entité.

Le modèle du moi le plus commun est celui du moi individuel, séparé et distinct du monde. C'est un paradigme extrêmement puissant et tous les schémas de pensées qui en résultent conditionnent notre rapport aux autres et à la Terre. Le philosophe Alan Watts a surnommé cela "l'ego encapsulé de peau" (skin-encapsulated ego).

Ce qui est à l'intérieur de la peau est moi, ce qui est en dehors d'elle n'est pas moi.

Toutes nos expériences, nos perceptions, nos rapports, nos relations sont générées par ce paradigme et nous modelons la réalité en conséquence. Nous transformons en fait la réalité puisque nous n'en percevons que la partie inhérente à cette façon de penser et de vivre. Il est dès lors quasiment impossible dans le cadre d'une vie formatée de sortir de cette enceinte et de s'offrir de nouveaux horizons. Nous n'avons même pas conscience qu'il puisse exister une autre réalité, ou plutôt une extension de la réalité.

J'ai pris concience de cette entité lorsque je courais Là-Haut, dans les montagnes, il y a des années de cela. Mais je n'avais pas de nom à lui donner. C'était juste une intuition. C'est l'antagonisme entre les journées de travail et les journées de montagne qui mettaient en exergue cette ultime différence entre l'être social et l'être spirituel, entre le "moi" identifié, reconnu, intégré et le "Soi" innommé, inconnu et désintégré.

Le moi existe, il ne s'agit pas de le nier, c'est une réalité mais il n'est pas une entité fermée.

Elle a été fermée.

Le paradigme le plus développé a pris le pas sur toutes autres formes de perceptions. On peut bien entendu se demander ce qui a poussé l'être humain à une telle diminution de sa perception...Un égocentrisme surpuissant peut-être lié à sa fragilité originelle. Le besoin de se sauver au cœur d'une Nature insoumise. C’est là que j’entrevois les caractères ancestraux. Le goût du pouvoir sans doute également. Prendre la place du chef à la place du chef. Et le chef se doit d'être le Maître du monde pour recevoir l'adhésion du groupe. La Nature en devenant l'ennemi à dominer offrait un piédestal à ce goût du pouvoir... Juste des hypothèses bien entendu... On ne peut pas résumer une évolution aussi considérable en deux ou trois idées.

Mais ce qui est essentiel, c'est d'accepter l'idée qu'un paradigme n'est qu'une méta théorie, non pas une "méta réalité", ni encore moins le Réel. Il est donc toujours possible de changer de théorie, il suffit de changer de regard... L'intellect suivra. Et fondera une autre théorie. La théorie n'a pas d'existence propre, elle est créée par un raisonnement. Effaçons le raisonnement ou changeons-le et la théorie se transforme, rien n'est figé.

L'ego encapsulé. Une force d'inertie redoutable. Le pouvoir ne peut pas tomber de cette façon. C'est insupportable. Le chef doit résister pour préserver son statut…L'évidence avec la situation actuelle, sociale, économique et politique. 

Nous sommes sans cesse, générations après générations, dans la même situation. Les scientifiques ont bien évidemment « raison » puisque toutes les preuves qu'ils ont apportées correspondaient aux recherches qu'ils menaient. On trouve ce qu'on cherche, c'est une évidence. Et puisqu'on l'a trouvé, c'est que c'était juste... Pour trouver autre chose, il faut aller chercher ailleurs. Mais là, les scientifiques courent le risque de ne pas être subventionnés, de perdre leur poste, de ne pas voir publier leurs recherches ou de ne même pas obtenir les fonds pour les mener à terme.

« Un homme passant dans une rue voit un individu affairer à chercher quelque chose au sol, sous la lumière d’un lampadaire. Il s’approche.

-Vous avez perdu quelque chose ?

-Oui, j’ai perdu mes clés de voiture. »

Il décide de l’aider mais au bout d’un moment, il s’arrête.

-Vous êtes certain de les avoir perdues ici, sous ce lampadaire ?

-Ah, non, pas du tout, je les ai perdues, là-bas, un peu plus loin mais il n’y a pas de lampadaire, c’est tout noir alors je les cherche ici… »

La science…Diffcile aujourd'hui d'en avoir une pleine confiance. A qui obéit-elle ? A qui est-elle soumise ? De qui dépend-elle ?

Les scientifiques sont-ils sous l'emprise d'un ego encapsulé ou oeuvrent-ils dans une totale liberté de conscience ? Se pose bien entendu la notion de "conflits d'intérêt"...


Comment sortir de ce moi encapsulé ? Il faut déjà en prendre conscience… Réellement et pas dans un espace intellectuel.

Comment s’y prendre ?

Comment parvenir à concilier nos vies « modernes » avec un attachement à la quête spirituelle ?

Comment préserver les enfants du paradigme totalitaire ?

Comment éveiller en eux une dimension spirituelle étant donné qu’elle est la seule démarche permettant d’envisager une évolution verticale ?

L’extension de l’homme s’est faite sur un plan horizontal, environnemental. Même la démarche scientifique répond à une intention de pouvoir. L’altruisme est une utopie morte.

La démarche spirituelle propose une extension verticale à ceux qui parviendront à plonger dans leurs propres abysses.

La futilité n’est pas de mise dans cette exploration.

Mais la futilité est l’arme du pouvoir dans le monde horizontal. La futilité incite à ne rien comprendre et à s’en réjouir. Le pouvoir accorde une importance considérable au développement de la futilité. Il y met des moyens gigantesques.

Les enfants adopteront donc le paradigme de leurs parents, de leurs enseignants, de leur société. Ils n’y comprendront rien mais ils lutteront de toutes leurs forces pour le préserver. Parce qu'en eux a été insérée la domination de l'ego encapsulé. 

Un héritage maudit qui viendra persuader les adultes de leur santé mentale…Nous ne sommes pas fous puisque nous sommes des milliards à fonctionner pareillement…Les fous sont dans des asiles…

Non, ils sont dehors…

La norme est une abomination qui réconforte. Une norme qui conduit l'humanité à vivre sous domination et à exercer une telle pression sur le monde vivant qu'elle en arrive à creuser sa tombe. On me dira que c'est exagéré. Evidemment puisque l'ego a forcément raison. Il serait insupportable que l'ego s'observe lui-même comme une entité néfaste.

On nous parle d'économie en oubliant que le terme contient l'idée inverse du gaspillage. Savoir économiser, ne pas gaspiller, ne pas dilapider, ne prendre que le nécessaire et si possible le restituer ou en tout cas agir de façon à ce que l'extraction ne soit pas une dévastation. 

L'humanité des egos encapsulés est une armée en marche.

La nature est le lieu des combats.

Serons-nous un jour assez lucides pour cesser la guerre en nous ? Car c'est en nous que nous luttons. Entre le moi et le Soi, entre l'avoir et l'être, entre l'envie et le contentement.

Apprendre à se contenter du nécessaire vital. 

Etre assis sur un billot et regarder les nuages, écouter le vent et le chant des oiseaux ou le silence de l'hiver, écouter le sang qui coule dans les veines.

Parfois, je reste assis longtemps. 

 

 

Fizakan-tena : formations pour l'autonomie

Par Le 21/01/2022

 

Alexandre est un ami. J'ai une totale confiance dans ses compétences tout autant que dans son engagement. 

Il vient de créer son site et je tenais à le présenter ici.

Les thèmes sur lesquels Alexandre travaille ont évidemment leur place sur ce blog : l'autonomie et tout ce qui en découle.

 

 

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Bienvenue sur Fizakan-tena !

Vous cherchez des conseils ou une formation pour atteindre l’autonomie énergétique ou alimentaire… ou bien les deux ! Alors vous êtes au bon endroit.

Si l’autonomie est séduisante de prime abord par rapport à ce que certains blogueurs ou youtubeurs peuvent montrer, en pratique, tout ceci demande un nombre très important de savoir-faire et de connaissances juridiques. Mais soyez rassurés…

… je suis là pour vous !

 

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Pour en savoir un peu plus…

A propos

 

Alexandre FARDEL-AROZARENA,

Technicien et juriste passionné par l’autonomie.


Découvrez-moi en
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Pillage des forêts

Par Le 19/01/2022

D'après les gens du secteur, il n'y a jamais eu autant de coupes rases dans les forêts de la Creuse et de la Corrèze. Un désastre absolu. Des terrains ravagés. Et on pourrait parler de l'absence totale de remise en état. 

Alors quand le président, les ministres et autres grands décideurs du GVT, celui-ci comme les précédents, se mettent à parler de leur attention envers la biodiversité, la nature, le climat etc etc, j'ai juste envie de leur coller deux baffes, un bel aller-retour avec de l'élan. 

 

« Nous avons financé le reboisement des forêts françaises pour se faire piller par l’étranger »

 

« On s’estime complètement délaissés par les gestionnaires de forêt, qu’ils soient publics ou privés. Comme toutes les autres, notre scierie a contribué via cette taxation au reboisement et à l’entretien des massifs forestiers. Cela a permis de reboiser le Morvan et le Vercors avec succès, qui sont actuellement totalement dépouillés par l’étranger, tandis que nous sommes obligés de fermer pour au moins un an. Nous sommes très inquiets pour l’avenir des forêts françaises. » confie Fabrice Foulon pour La Relève et La Peste

6 janvier 2022 - Laurie Debove

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Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde

- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France

 

Commander

Après plus d’un siècle d’existence, la scierie familiale française Foulon a fermé le 31 décembre 2021. En cause : l’appétit gargantuesque d’acheteurs étrangers, Chine et Etats-Unis en tête, et l’apathie des pouvoirs publics français et européens qui permettent tout au nom du libre-échange, malgré les menaces que fait peser la situation sur la filière bois et les forêts françaises. Deux ans après l’aggravation du phénomène, les acteurs français continuent de lancer l’alerte auprès des décideurs.

Le siphonnage du bois français à l’international

Avec 17 millions d’hectares de forêt, couvrant 31% du territoire, la France est à la tête de la 3ème plus grande surface forestière d’Europe. La forêt française est composée aux deux tiers de feuillus répartis sur le territoire, mais aussi de 3,2 millions d’ha de résineux et 1,8 Mha de zones mixtes. La France reste le pays du chêne par excellence avec 5,5 Mha soit 41 % de sa surface forestière.

La France est ainsi le 3e producteur mondial de chêne et le premier en Europe.

2021 a été une année record pour l’export de bois français non transformé, appelé grumes, avec plus de 30% de la récolte de chêne ayant quitté le sol français sans aucune transformation ni valeur ajoutée. Même situation pour les résineux, avec 276 499 m3 de résineux français parti en Chine directement de la forêt française sans aucune transformation, soit + 66% par rapport à 2020.

Si cette situation n’est pas nouvelle, elle a été aggravée par plusieurs facteurs depuis le début de la crise Covid. Ainsi, la Russie, grand producteur de chêne, a décidé de stopper ses exportations vers l’Asie, tandis que la Chine a imposé un moratoire pour protéger ses forêts durant 100 ans, devenant dépendante des approvisionnements extérieurs. Un arbre sur trois coupé en France part désormais en Chine. 

Enfin, la vague d’ouragans et d’incendies qui a frappé les Etats-Unis en 2020 a généré une demande exceptionnelle en bois. Les importations du Canada ayant été surtaxées par Donald Trump il y a trois ans, les acheteurs américains se sont alors tournés vers les Européens et participent à la surenchère des prix du bois.

Résultat, 90% des scieries françaises de chênes n’ont plus assez de moyens pour assurer leurs besoins annuels en bois, mettant en péril la filière en France.

Parmi ces acteurs rudement éprouvés, Fabrice Foulon, 35 ans, a été contraint de fermer la scierie familiale créée en 1910 dans le Pas-de-Calais. La scierie a vu la hêtraie historique devenir une forêt de résineux, plus résistants. Depuis sa création, elle choisit de travailler du bois noble, non-traité, pour éviter les substances toxiques et cancérigènes. Au plus fort de leur activité, ils étaient une quarantaine d’employés dans les années 1950, contre seulement deux aujourd’hui.

La Scierie Foulon

« Depuis 5 ans, la pression s’est accentuée de manière intense sur les scieries françaises. C’est devenu une horreur depuis la fin du premier confinement car le phénomène s’est accentué, les scieries françaises ne sont même plus consultées lors des coupes de bois. Nous sommes incapables de trouver du pin douglas actuellement car les coupes partent directement aux chinois. Lors d’un weekend début novembre dans la Loire, j’ai été halluciné de voir des forêts de chênes autrefois monstrueuses, plantées dans les années 1500 grâce à François Ier pour la marine navale et la construction, ayant drastiquement diminuées et continuant d’être siphonnées. Cela rejoint le souci qu’on a rencontré lorsque Notre-Dame de Paris a brûlé, les chênes actuels sont sans commune mesure avec la majestuosité des arbres de l’époque. » témoigne Fabrice Foulon pour La Relève et La Peste

En cessant d’exploiter ses forêts, la Chine a mis les bouchées doubles pour combler sa propre demande. Elle envoie des containers par centaines qui sont remplis par du bois français non transformé, puis directement renvoyés dans le pays.

« Toutes les essences d’arbres sont touchées par la situation. Il y a aussi beaucoup d’export de résineux. Le million de mètre cubes exporté en un an a été dépassé. C’est une hérésie totale d’un point de vue écologique : si on exporte, mieux vaut exporter des produits finis que des produits bruts. Il faut 3 containers pour des grumes contre 1 seul container pour des sciages sur la même quantité d’arbres, et 3 containers de sciages pour 1 seul de parquet. C’est un gâchis écologique total. » détaille Nicolas Douzain, porte-parole de la FNB, pour La Relève et La Peste

Crédit : Canopée Forêts Vivantes

L’apathie des pouvoirs publics

Le cas de la Scierie Foulon est représentatif de l’ensemble de la filière. En milieu d’année 2021, une pétition lancée par la FNB, la fédération nationale du bois, demandait que les grumes de chêne ne soient plus exportés massivement. Malgré un succès énorme au sein de l’opinion publique et des médias, elle n’a pas été suivie d’effets par les pouvoirs publics.

« La pétition a eu un retentissement beaucoup plus fort qu’on ne l’imaginait car elle a fait le tour de l’Europe. Des pays de l’Est se l’ont approprié et l’ont développé : Pologne, Allemagne, Pays-Bas. Elle a atterri sur la table de la Commission Européenne, en mesure d’imposer des restrictions sur les exportations de grumes. Seulement, la Commission Européenne n’est pas encline à faire quoi que ce soit par dogmatisme. Les équipes de la CE ont un logiciel du libre-échange bien ancré qu’ils ne souhaitent pas remettre en cause, mais il ne faut pas être le dindon de la farce. On détient une ressource rare dans le monde, un chêne de qualité supérieure qui représente 70% de la production européenne. Ce n’est pas une essence répandue dans tous les pays du monde, mais un produit de luxe. La France a demandé le déclenchement d’une clause de sauvegarde auprès de l’UE mais il ne s’est rien passé : la France n’a pas le pouvoir de légiférer elle-même sans feu vert de l’UE. » explique Nicolas Douzain, porte-parole de la FNB, pour La Relève et La Peste

En 2015, l’Etat français a tout de même mis en place un Label UE garantissant une première transformation en Europe pour le bois issu des forêts publiques. Les arbres issus des forêts publiques (domaniales et communales) ne sont donc pas exportés bruts en Chine.

Cependant, 75% de la forêt française appartient à des propriétaires privés, qui restent libres de vendre leur bois au plus offrant.

« On souhaite que les aides financières de l’Etat soient conditionnées par l’engagement dans ce label. L’idée fait son chemin mais n’est pas encore mise en place. C’est la seule solution opérationnelle dont dispose l’Etat français, d’autant plus qu’avec le plan de relance beaucoup d’argent a été fléché pour la forêt, et c’est dans l’intérêt de la nation. » détaille Nicolas Douzain, porte-parole de la FNB, pour La Relève et La Peste

Si les coopératives forestières ont largement bénéficié des 150 millions d’euros du plan de relance, la situation est plutôt inversée pour les scieries de l’Hexagone. Elles ont contribué au reboisement des forêts françaises pendant des décennies en finançant le Fonds Forestier National avec une taxe sur le bois de 4,7%, mis en place par le Comité de la Libération au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale.

« On s’estime complètement délaissés par les gestionnaires de forêt, qu’ils soient publics ou privés. Comme toutes les autres, notre scierie a contribué via cette taxation au reboisement et à l’entretien des massifs forestiers. Cela a permis de reboiser le Morvan et le Vercors avec succès, qui sont actuellement totalement dépouillés par l’étranger, tandis que nous sommes obligés de fermer pour au moins un an. Nous sommes très inquiets pour l’avenir des forêts françaises. » confie Fabrice Foulon pour La Relève et La Peste

Peuplier majestueux transformé par la Scierie Foulon dans les années 1980 – Crédit : Scierie Foulon

La demande n’est pas nouvelle : dès 2017, la FNB sonnait déjà l’alarme et appelait à relocaliser la transformation des bois français et en particulier du chêne en France. Aujourd’hui, la crise est plus forte que jamais. Les ventes d’automne ont été ratées car l’approvisionnement des scieries françaises n’a pas pu se faire en raison de la hausse des prix engendrée par les acheteurs étrangers.

« On est au plus fort de la crise, et cela dépasse la FNB et les scieries. Bientôt, l’approvisionnement d’autres professions sera compliqué : menuisiers, fabricants de cercueils et de traverses, etc. La crise du chêne n’est plus conjoncturelle mais structurelle et cela va avoir d’autres impacts : au départ les prix montent et après il n’y a plus de livraison. Même la Roumanie a interdit l’exportation de ses grumes. » appuie Nicolas Douzain, porte-parole de la FNB, pour La Relève et La Peste

Lire aussi : Ce ne sont pas les forêts qui meurent, mais surtout des plantations d’arbres

Or, le libre-échange débridé n’est pas la seule menace qui pèse sur les forêts françaises. 

Le changement climatique va dix fois plus vite que l’adaptation naturelle des forêts.

 

Pour y pallier, les coopératives forestières privilégient la plantation de résineux plutôt que la régénération naturelle. Neuf plants sur dix sont aujourd’hui des résineux ou des peupliers de culture selon l’Institut géographique national (IGN). Hélas, ces monocultures d’arbres sont plus fragiles face aux ravageurs, maladies et au changement climatique. L’avenir des forêts françaises est donc bien incertain.

« Il faut une remise en question profonde de la gestion des forêts en France, dans les niveaux les plus hauts de l’Etat. Aujourd’hui, nous sommes obligés de fermer, mais je retire des choses extrêmement épanouissantes de mon métier. Ma plus grande fierté, c’est de dire que j’ai des clients qui sont éduqués au bois et à sa vraie valeur. » conclut Fabrice Foulon

Crédit photo couv : Arbres abattus à Fontainebleau, 17/06/2021 – Delphine Lefebvre / Hans Lucas via AFP

Pour aller plus loin : Les garde-forestiers se mobilisent contre la marchandisation des forêts françaises

6 janvier 2022 - Laurie

Pétition anti pass.

Par Le 19/01/2022

Est-ce que les instigateurs de cette pétition sont des inconscients qui ne méritent plus d'être citoyens ?

Est-ce que les signataires sont des demeurés qui ne comprennent rien ? 

 

 

Sortons du pass et de l’impasse sanitaire

 

Francois ALLA a lancé cette pétition adressée à Pouvoirs publics

Sortons du « pass » et de l’impasse sanitaire : exigeons une véritable politique de santé publique fondée sur les preuves.

(English version bellow)

Initiateurs : Barbara Stiegler, François Alla, au nom d’un collectif de soignants, de chercheurs en santé, d’élus et de citoyens, premiers signataires*

MAJ du 7/01/22 :

Nous avons décidé de ne pas actualiser le texte original par respect pour ses signataires, mais de rajouter un chapeau montrant que nous avions (malheureusement) vu juste et que nos messages sont plus que jamais d’actualité.

Barbara Stiegler, François Alla

Avec la transformation du pass sanitaire en pass vaccinal cette pétition reste plus que jamais d’actualité. Nous vous encourageons à continuer à la signer et à la diffuser.

Nous avons publié cette tribune, également parue dans le journal Libération, le 6 août dernier. Depuis, ce que nous écrivions s’est malheureusement confirmé.

Nous écrivions que le pass sanitaire était une obligation vaccinale déguisée, cela a depuis été très clairement avoué par le gouvernement.

Nous écrivions que la contagiosité des vaccinés reste élevée, que la sécurité n’était ainsi pas assurée dans les lieux soumis à pass. Cela a été largement confirmé depuis (ex: 75% des personnes PCR+ symptomatiques sont des personnes vaccinées/Drees).

Nous nous inquiétions de la vaccination massive des adolescents en bonne santé avec peu de données à l’époque sur le rapport bénéfice-risque pour cette population. Depuis le risque de myocardite a été confirmé et sa prise en compte a modifié les conditions d’utilisation des vaccins chez les moins de 30 ans (HAS novembre 2021). Il est pour le moins dommage que cette modification soit survenue après la campagne massive de vaccination et pas avant… alors que les données existaient.

Nous écrivions que le pass entraînait une vaccination tous azimuts, qui « arrose » les moins à risque et qui laisse de côté les plus vulnérables, les plus à risques de formes graves, en particulier les personnes âgées. Cela s’est depuis confirmé : la couverture vaccinale a très fortement augmenté chez les plus jeunes suite à la mise en place du pass, mais la France reste dernière en Europe de l’Ouest pour la couverture vaccinale des personnes les plus âgées (ECDC). Les non vaccinés sont les personnes les plus vulnérables de par leur âge, leur lieu d’habitation, leur niveau socio-économique.

Ce que l’on sait aujourd’hui de l’efficacité du vaccin avec le variant omicron renforce encore ce que nous indiquions : il est malheureusement illusoire d’espérer atteindre une immunité collective par la vaccination. Le vaccin présente un intérêt certain pour diminuer le risque de formes graves, entraînant hospitalisation, admission en soins intensifs, décès. Si l’on respecte la loi du 4 mars 2002 « relative aux droits des malades », il relève donc d’un choix individuel dans le cadre d’une information éclairée. L’enjeu ne peut plus être de vacciner tout le monde mais de s’assurer que les personnes les plus à risque de formes graves soient vaccinées. Or, l’annonce du pass vaccinal a eu l’effet inverse, retardant l’accès à la vaccination pour ceux qui en avaient le plus besoin, avec dans certains territoires des délais de plusieurs semaines pour un rendez-vous.

Enfin, les dernières prises de parole du président de la République sont plus que choquantes, ajoutant l’insulte à la stigmatisation. Non Monsieur le Président, ne pas avoir accès à internet, vivre éloigné du système de santé et des centres de vaccination, être au chômage, être en situation de précarité économique, ou avoir des inquiétudes et des questions légitimes sur le bénéfice / risque individuel et collectif d’un produit de santé… ne font pas des personnes non vaccinés ou en retard de leur dernier « booster » des non citoyens. Notre devoir est de mobiliser tous les moyens à notre disposition pour aller vers ces publics et s’occuper de leur santé, et pas d’en faire des boucs émissaires des échecs de la politique dite sanitaire.

Alors que nous nous apprêtons à célébrer les 20 ans de la loi Kouchner relative au droits des patients et à la démocratie sanitaire, nous renouvelons donc notre conclusion de l’été dernier : « au lieu de l’autoritarisme et de la panique, (nous proposons) le déploiement d’une véritable politique de santé, qui mobilise les données scientifiques et qui favorise l’implication des citoyennes et citoyens. ».

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Tribune publiée dans sa version courte dans Libération : https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/sortons-du-pass-et-de-limpasse-sanitaire-20210804_VDDY3DSABFH5JLL4BBKXWFQP6U/

 
Nous soignants, acteurs et chercheurs en santé, nous parlementaires et élus, nous citoyens, appelons au retrait du « pass sanitaire » car il transgresse les principes fondamentaux de l’éthique biomédicale et du droit des personnes. Il fracture en outre le corps social en deux camps qu’il rend ennemis. En cela, il ignore les principes de santé publique. En cela, il n’a rien de « sanitaire » puisqu’il risque plutôt de nous conduire à une impasse en creusant encore davantage les inégalités et laissant les personnes les plus vulnérables à la fois sans protection face au virus et sans voix pour exprimer leurs doutes ou leurs inquiétudes. En réalité, il existe une autre option qui jusqu’ici n’a pas été prise : déployer une véritable politique de santé de proximité, dont la vaccination est un des outils indispensables, mais qui ne peut en aucun cas être présentée comme la panacée universelle qu’il faudrait imposer à toutes et tous.
 
Les vaccins contre le covid-19 ont fait la preuve de leur efficacité pour la plupart des personnes vulnérables (personnes âgées et/ou avec des comorbidités) [1].  La priorité est donc d’aller vers ces personnes. Mais en laissant chaque individu face à des applications numériques improvisées, en retirant l’acte de la vaccination aux médecins et professionnels de proximité, en évinçant l’expertise de santé publique dès le début de la crise[2][3], et en confiant (à prix d’or) la réflexion sur la stratégie et la logistique à des cabinets de conseil tout en sous-finançant la recherche publique[4], on ne s’est pas suffisamment donné les moyens d’« aller vers » les plus concernés. On ne s’est pas plus donné les moyens d’entendre les questions et les doutes des personnes, comme l’exige le « consentement libre et éclairé » inhérent à tout acte de soin, accroissant sans doute la méfiance actuelle des hésitants vaccinaux. Résultat : la France est la lanterne rouge de l’Europe de l’Ouest pour la vaccination des plus âgés[5].
 
Dépassé, le gouvernement choisit d’imposer une vaccination tous azimuts en faisant montre  d’autorité, qui laisse de côté les éternels oubliés et arrose le reste de la population.  Ainsi le vaccin est érigé en remède miracle pour pallier l’absence de stratégie de santé publique. Celle-ci appelerait au contraire une priorisation, un accompagnement et l’association des populations aux décisions qui les concernent[6], comme l’atteste le succès des initiatives locales portées notamment par des professionnels de santé, des associations, des collectivités territoriales[7].
 
On se retrouve ainsi avec des millions de personnes à faible risque vaccinées et des millions de personnes fragilisées sans protection vaccinale. Or sur ces derniers, le chantage au QR code est souvent inopérant : brandir la carotte du TGV, du théâtre ou du restaurant, est un raisonnement de classe favorisée, inadapté pour beaucoup de publics âgés, précaires, marginalisés. La question des inégalités a, comme toujours, été oubliée dès le départ[8]. Toucher ces populations suppose  de formuler et déployer une vaccination mobilisant du temps humain, sans barrière d’accessibilité et dont les enjeux sont compris. Bref, c’est faire tout le contraire de ce que  propose le gouvernement, un cocktail de technologisme, de stigmatisation des « récalcitrants »[9], de répression et d’abandon des publics qui sont à la fois les plus fragiles face au virus et les moins vaccinés[10].
 
Au lieu de cela, le « pass sanitaire » soumet, sans sommation, ces publics ainsi que les enfants et les jeunes, déjà durement éprouvés par les confinements successifs, à une logique de chantage et de punition[11], les obligeant à trouver « vite leur dose » (souvent introuvable) s’ils veulent avoir le droit de continuer à vivre normalement voire de garder leur emploi ou d’accéder à l’éducation. Ceci est d’autant plus déroutant qu’il n’est à ce jour pas prouvé que la vaccination massive des populations jeunes en bonne santé soit une bonne stratégie. Il s’agit plutôt d’un pari[12]: celui de faire baisser la circulation virale pour protéger les non-vaccinés et éviter la multiplication des variants, pari que les dernières données israéliennes et américaines sont en train de remettre en cause puisque la contagiosité des vaccinés reste élevée, ce qui pourrait contribuer à expliquer les récents clusters en France au sein de lieux dont l’accès est pourtant soumis au pass sanitaire. Par ailleurs, les vaccins n’ont pas, au vu des données disponibles à ce jour, démontré une balance bénéfice / risque favorable en termes individuel chez les adolescents en bonne santé. Des effets indésirables ont été déclarés dans plusieurs pays, notamment des myocardites, inflammation du muscle cardiaque, dont l’incidence et les effets à long terme restent à déterminer. Or, du point de vue de l’éthique, un bénéfice collectif, lui-même hypothétique, ne constitue pas à lui seul un motif suffisant[13]. Enfin, rappelons de plus, que parce que les vaccins ne bénéficient pour l’heure que d’une autorisation de mise sur le marché temporaire, aucun gouvernement ne peut prendre le risque juridique de rendre ces nouveaux vaccins obligatoires. Par le « pass sanitaire », qui conduit à une obligation déguisée, le gouvernement français en réalité déplace une responsabilité qu’il se garde bien d’assurer lui-même en particulier sur les  parents[14].
 
Une vraie stratégie de santé publique serait de laisser vivre les jeunes et de mobiliser tous les moyens en direction des publics vulnérables. C’est ce que l’on appelle une approche proportionnée aux besoins. Il faut associer à cela des mesures de réduction des risques, en particulier pour limiter les contaminations en lieu clos[15]. Le tout vaccination oublie en effet toutes ces stratégies qui permettent de vivre en diminuant le risque pour soi et pour les autres.
 
La réponse ne peut enfin pas être exclusivement nationale. Nous affrontons une pandémie qui nécessite une réponse mondiale. Les inégalités dans l'accès aux vaccins aboutissent à ce que moins de 2 % des personnes en Afrique soient aujourd'hui vaccinées. Refuser l’accès d’une immense partie de la population mondiale à toutes les armes pour lutter contre cette pandémie est non seulement non éthique, c’est une ineptie d’un point de vue sanitaire. Pour répondre à cette crise, il faut notamment renforcer les capacités de production au niveau mondial, lever les barrières associées aux brevets, et favoriser les transferts de technologies [16].
 
     En conclusion, ce « pass sanitaire » crée un précédent qui pourra être invoqué à chaque crise écologique ou sanitaire. Des milliers de manifestants se dressent contre ces mesures. Ces protestations sont trop souvent réduites dans les médias au seul discours d’antivax, de complotistes, ou d’extrême-droite, qui n'ont jamais été du côté des libertés ni de la santé publique. Veillons à ce que l’arbre ne cache pas la forêt. Nous appelons tous les médias éclairés et les mouvements collectifs (partis, syndicats, ligues, associations) à s’opposer au « pass sanitaire » et à demander de toute urgence la mise en oeuvre d’une autre option : au lieu del’autoritarisme et de la panique, le déploiement d’une véritable politique de santé, qui mobilise les données scientifiques et qui favorise l’implication des citoyennes et citoyens. 

* Premiers signataires :

• François Alla, professeur de santé publique, Université de Bordeaux, Chef du service de prévention, CHU de Bordeaux

• Gaëlle Baudin, éducatrice spécialisée, Gironde

• François-Xavier Bellamy, député européen Les Républicains et professeur de philosophie

• Henri Bergeron, sociologue, directeur de recherche CNRS, Centre de sociologie des organisations, Sciences Po, Paris

• Anne Bernard, psychologue clinicienne, secteur médico-social, Gironde

• Olivier Borraz, sociologue, directeur de recherche CNRS, directeur du Centre de sociologie des organisations, Sciences Po, Paris

• Linda Cambon, enseignante-chercheuse en santé publique, Université de Bordeaux

• Patrick Castel, sociologue, Directeur de recherche de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, Centre de sociologie des organisations, Sciences Po, Paris

• Marie-Claude Decouard,  infirmière anesthésiste, cadre de santé formatrice, membre du comité d’éthique du CHU de Bordeaux

• Stéphane Gomot, juriste, conseiller municipal et métropolitain de Bordeaux, membre de Génération.s.

• Sébastien Jumel, Député, groupe parlementaire Parti Communiste Français

• Loïc Hervé, Sénateur de la Haute-Savoie, secrétaire du Sénat, membre du groupe Union centriste

• Bastien Lachaud, Député, groupe parlementaire La France insoumise

• Harmonie Lecerf, juriste, conseillère municipale de la mairie de Bordeaux, Europe-Ecologie-Les-Verts

• Pauline Londeix, co-fondatrice de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament

• Jérôme Martin, co-fondateur de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament

• Patricia Martin, infirmière coordinatrice de soins, Gironde

• Olivier Mollier, neurochirurgien, praticien hospitalier, CHU de Bordeaux, membre du comité d’Ethique du CHU

• Etienne Nouguez, sociologue, chargé de recherche CNRS, Centre de sociologie des organisations, Sciences Po, Paris

• Valery Ridde, directeur de recherche, Institut de recherche pour le développement, Centre population et développement, Paris et Dakar

• Céline Robert, psychomotricienne, Formatrice conférencière enfance et parentalités, Bordeaux

• François Ruffin, Député, groupe parlementaire La France Insoumise

• Barbara Stiegler, professeur de philosophie politique et d’éthique médicale, Université de Bordeaux Montaigne, membre du conseil de surveillance de l’Agence Régionale de Santé Nouvelle Aquitaine

• Cyril Tarquinio, professeur de psychologie clinique, directeur du centre Pierre Janet, Université de Lorraine

• Laurent Thines, neurochirurgien, CHU de Besançon, université de Franche-Comté

• Stéphane Velut, chef du service de neurochirurgie, CHU de Tours

Références : 
 [1] 93% des décès concernaient des personnes de plus de 75 ans et/ou avec comorbidités, 
https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/348002/document_file/COVID19-PE_20210527_signets.pdf
[2] Bergeron, H., Borraz, O., Castel, P., Dedieu, F. (2020). Covid-19 : une crise organisationnelle. Paris: Presses de Sciences Po. 
[3] Cambon L, Bergeron H, Castel P, Ridde V, Alla F. When the worldwide response to the COVID-19 pandemic is done without health promotion. Glob Health Promot. 2021 Jun;28(2):3-6.
[4] 
https://www.ccomptes.fr/fr/publications/le-financement-de-la-recherche-publique-dans-la-lutte-contre-la-pandemie-de-covid-19
[5] notamment seulement 82% de personnes de plus de 80 ans ont reçu au moins une dose vaccinale en France au 28 juillet 2021, contre 100% au Danemark, en Irlande, au Portugal, en Espagne. 
https://qap.ecdc.europa.eu/public/extensions/COVID-19/vaccine-tracker.html#age-group-tab
[6] 
https://theconversation.com/comment-convaincre-les-francais-de-se-faire-vacciner-contre-la-covid-19-151736
[7] 
https://www.fabrique-territoires-sante.org/sites/default/files/cp_fts_espt_avril_2020.pdf
[8] Mathevet I, Ost K, Traverson L, Zinszer K, Ridde V. Accounting for health inequities in the design of contact tracing interventions: A rapid review. Int J Infect Dis. 2021 May;106:65-70.
[9] Le président de la République a récemment dénoncé « l’irresponsabilité et l’égoïsme » des non vaccinés
[10] 
https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/07/25/covid-19-en-france-une-triple-fracture-vaccinale_6089451_3244.html
[11] «Dans le secondaire, seuls les élèves non vaccinés seront évincés et devront suivre l’enseignement à distance» d’après le ministre de l’éducation nationale (28/07/2021)
[12] Paul E, Brown GW, Kalk A, Ridde V. Playing vaccine roulette: Why the current strategy of staking everything on Covid-19 vaccines is a high-stakes wager. Vaccine. 2021 Jul 20:S0264-410X(21)00923-3.
[13] 
https://www.ccne-ethique.fr/fr/actualites/enjeux-ethiques-relatifs-la-vaccination-contre-la-covid-19-des-enfants-et-des-adolescents
[14] 
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/190721/extension-du-passe-sanitaire-aux-enfants-des-chercheurs-et-des-professionnels-de-sante
[15] 
https://theconversation.com/debat-est-il-temps-de-changer-de-strategie-face-au-covid-158999
[16] 
https://www.medecinsdumonde.org/fr/actualites/france/2021/08/04/contre-le-pass-sanitaire-tant-que-chacun-naura-pas-un-acces-effectif-la-vaccination

 

A bout de souffle

Par Le 19/01/2022

Je trouve cet article extrêmement intéressant et je vais chercher le livre de Barbara Stiegler sans tarder.

 

Santé en Nouvelle Aquitaine : "Le système sanitaire était à bout de souffle, la crise a été le dernier clou du cercueil"

 

Publié le 18/01/2022 à 14h58 • Mis à jour le 18/01/2022 à 16h47

Écrit par Clémence Rouher

Les soignants dans la tourmente au service des Urgences de Bordeaux

Les soignants dans la tourmente au service des Urgences de Bordeaux • © PHOTOPQR/SUD OUEST/MAXPPP

Bordeaux

Gironde

Nouvelle-Aquitaine

Entretien à deux voix de François Alla, et Barbara Stiegler, deux universitaires bordelais au plus près des hôpitaux et de la gestion de la crise sanitaire: tableau d'une situation critique

  François Alla est Professeur de santé publique à l’université de Bordeaux, Chef de service de soutien méthodologique et d’innovation en prévention au CHU de bordeaux et Président de la conférence régionale de santé de Nouvelle Aquitaine.

François Alla

François Alla

Barbara Stiegler est Professeur de philosophie politique à l’université Bordeaux Montaigne, Vice Présidente du comité d'éthique du CHU de Bordeaux et membre du conseil de surveillance de L’agence régionale de santé Nouvelle Aquitaine

Barbara Stiegler à propos de la crise sanitaire : l'universitaire bordelaise pose un regard complet sur une année d'épidémie.

Barbara Stiegler à propos de la crise sanitaire : l'universitaire bordelaise pose un regard complet sur une année d'épidémie. • © Franscesca Mandovani Gallimard

Tous deux travaillent ensemble et depuis 2 ans encore plus étroitement, dans le contexte de la crise sanitaire. Il ont réalisé à la fois un travail conjoint de recherche et d’intervention dans le débat public. François Alla a contribué à la rédaction du tract de Barbara Stiegler publié en 2021 ( De la démocratie en pandémie : santé, recherche, éducation aux éditions Gallimard, coll. « Tracts ») et ils sont les initiateurs d’une tribune ( « sortons du pass et de l’impasse sanitaire ») en ligne sur change.org

Vous avez, dans le cadre de vos missions et de votre travail, été au plus près des équipes soignantes tout au long de cette crise. Celles-ci manifestent encore aujourd’hui dans toute la France et en Nouvelle Aquitaine. Quel tableau de la santé dépeignez vous?


François Alla: L’épidémie a aggravé une situation de crise qui préexistait depuis des années. On assiste en réalité à une crise dans la crise, avec des services d’urgence qui ferment un peu partout, des territoires qui se retrouvent sans généralistes, sans dentistes, sans sage-femmes, avec des établissements médico-sociaux et des EHPAD amputés de la moitié de leur personnel.

Le système sanitaire était à bout de souffle. La crise a été le dernier clou du cercueil. 

François Alla

On a d’abord envoyé au front des soignants sans les protéger, ce que certains ont payé de leur vie. On les a d’abord applaudis, puis on les a obligés à prendre des décisions qui étaient des non-sens. En Nouvelle Aquitaine par exemple, où il y avait très peu de cas, on a fermé des services, on a arrêté des programmes opératoires, on a arrêté de prendre en charge des patients, ce qui a contribué à dégrader leur santé et à une réelle perte de chance.

Autre erreur massive : on a tout centré sur l’hôpital, sans solliciter les structures privées (qu’on a même écartées) et en laissant systématiquement de côté la médecine de ville. Quant à la revalorisation annoncée par le Ségur, elle n’a pas eu les effets escomptés. La preuve : beaucoup d’étudiants ou de jeunes soignants, écoeurés par les conditions de travail, sont en train de renoncer et de quitter le métier.

Si la crise a pu être stimulante au début, avec le sentiment de participer à une mobilisation nationale, les soignants ont très vite déchanté parce qu’ils se sont rendus compte qu’ils étaient instrumentalisés par un gouvernement essentiellement occupé à préserver son image en mettant en scène sa pseudo-maîtrise des événements.

Et je suis très pessimiste sur la vraie crise qui est à venir, qui est celle de l’offre de soin. En Nouvelle Aquitaine particulièrement on a des territoires qui sont déjà très vulnérables en territoire rural, mais pas seulement, et on se retrouve en grande difficulté. Je n'avais jamais vu ça avant, il y a des médecins généralistes en Nouvelle Aquitaine qui ne sont pas à l’âge de la retraite et qui décident de prendre une retraite anticipée parce qu’ils n’en peuvent plus. Et ça c’est la situation aujourd’hui qu’a révélée la crise mais qui était bien antérieure à la crise, mais là on arrive au bout d’un système et malheureusement on n'a pas les réponses.

François Alla

Barbara Stiegler: Oui, le personnel de santé a rapidement eu le sentiment d’être instrumentalisé au profit d’un spectacle. La crise sanitaire a dévoilé toutes les incuries dont s’étaient rendus responsables les gouvernants depuis 1995 et le premier grand plan d’Alain Juppé. Elle a montré les effets de la la gestion austéritaire de la santé, avec la suppression des lits, la montée en puissance des managers au détriment des soignants, la tarification à l’activité expérimentée par Lionel Jospin et Martine Aubry, mise en œuvre sous Jacques Chirac notamment par Jean Castex,  puis poursuivie sous Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron.

Autour de toutes ces questions, tous ceux qui se sont succédés au pouvoir ont fait bloc avec le « chef de guerre », qui n’a cessé de bomber le torse et de manifester sa puissance « quoi qu’il en coûte ». Dans les médias comme dans l’ensemble des services publics, une armée de petits soldats caporalisés le suit (le chef de guerre) dans tous ses mouvements, même s’ils sont complètement incohérents et manifestement dangereux.

Alors qu’elle menace la santé physique et mentale de nos citoyens, la politique soit disant sanitaire du gouvernement français se solde aussi par une véritable gabegie d’argent public. Le gouvernement dépense aujourd’hui des milliards d’euros pour des campagnes massives de tests qui ne mènent à rien.

Il a dilapidé depuis deux ans des sommes énormes pour contraindre toute la population au confinement, à la fermeture des commerces ou à la vaccination. Et pendant ce temps il ne fait rien pour sauver le système sanitaire de l’effondrement.

Barbara Stiegler

Dans le contexte de la campagne présidentielle, il est temps de faire le bilan de cette gestion, non seulement en termes de respect des droits et des libertés, mais aussi en termes économique et sanitaire. Il est temps aussi de comprendre que la gestion politique du covid a aggravé tous les maux préexistants au lieu d’y remédier.

Dans son tract L'hôpital, une nouvelle industrie ( Paris, Éditions Gallimard), Stéphane Velut a montré comment l’hôpital était passé d’une logique de stock à une logique de flux, se soumettant à un rythme à flux tendu de type industriel qui a progressivement détruit la fonction soignante. En mars 2020, au moment où les limites de cette logique apparaissaient pour la première fois au grand jour, le gouvernement a immédiatement inversé les responsabilités en culpabilisant d’abord les Français (le vocabulaire moralisateur du « relâchement »), puis les soignants refusant de se vacciner, puis tous les « réfractaires » au vaccin ou au « booster », désormais désignés comme les ennemis de l’intérieur.

Avec les dernières déclarations violentes du Président de la République, c’est l’ensemble de cette instrumentalisation qui commence à apparaître au grand jour.

Si tant de soignants désertent aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’ils ont peur d’attraper le virus ou de prendre en charge cette maladie. Ce n’est pas non plus parce qu’ils sont « fatigués ». La fatigue et la maladie, ils ont l’habitude et la force de les affronter. Ce qu’ils ne supportent plus, c’est la manière dont tout cela est géré par les chefs, des petits chefs au guerrier en chef.

Barbara Stiegler

Les soignants de Bordeaux en pleine mission d'urgence

Les soignants de Bordeaux en pleine mission d'urgence • © France 3 Nouvelle-Aquitaine

On constate une aggravation des clivages dans la société. Les soignants sont-ils également gagnés par ces divisions ?

FA: Il y a en effet, et depuis le début, une stratégie de clivage et de désignation de boucs émissaires : les Français « relâchés », les jeunes et maintenant l’ensemble des non-vaccinés. Comme beaucoup de citoyens, certains soignants sont malheureusement eux aussi gagnés par cette logique.


Je pense par exemple à la tribune d’André Grimaldi dans le Journal du Dimanche 
(" Les non vaccinés doivent-ils assumer aussi leur libre choix de ne pas être réanimés?"), dans laquelle il pose la question de la réanimation des non-vaccinés. Jusque-là, aucun soignant n’aurait osé soutenir en France de tels propos, car ils contredisent tous nos principes éthiques, déontologiques et mêmes juridiques.

A suivre ce raisonnement, on pourrait exclure 50% des personnes qui sont hospitalisées, en prenant le prétexte de leur mauvais comportements: l’alcool, le tabac, la sédentarité, l’obésité, la malnutrition, mais aussi le manque de compliance et d’observance dans les traitements. En se débarrassant de tous les « mauvais patients », on résoudrait en effet d’un coup la crise hospitalière !

François Alla

A la faveur de cette crise, cette tentation gagne du terrain, malheureusement, chez certains soignants, tandis que d’autres (la majorité) continuent de défendre les principes fondamentaux qui sous-tendent leur vocation. Et cela crée de graves tensions dans la communauté hospitalière.Au moment même où il s’agirait plus que jamais d’être solidaire entre professionnels de santé, et entre soignants et patients.

BS: On est en effet face à un pouvoir qui dresse systématiquement les Français les uns contre les autres, qui fracture le pays partout.

Avec la pomme de discorde du « pass » et du vaccin, il divise les familles mais aussi  les services de santé, où cela devient parfois irrespirable et malsain de travailler.

Barbara Stiegler

 Ce qui se joue derrière tout cela, ce n’est pas seulement un pouvoir qui essaie de sauver sa peau, c’est quelque chose de beaucoup plus profond. Le nouveau libéralisme autoritaire qui est arrivé au pouvoir dans nos pays dans les années 1970 a toujours considéré que le modèle français républicain, avec son contrat social autour de la santé hérité du Conseil National de la Résistance avec la sécurité sociale, constituait une anomalie.

Cela fait des décennies que les néo-libéraux essaient de disqualifier discrètement ce modèle en expliquant qu’il n’est pas tenable et qu’il faut que les patients maintenant soient méritants, que les droits conditionnent les devoirs, qu’ils doivent être eux aussi producteurs de santé, sans quoi on sera contraint de leur faire payer les soins, c’est-à-dire la charge qu’ils représentent pour la collectivité. Derrière une stratégie de diversion (dissimuler la pénurie en montrant du doigt les réfractaires), il y a donc aussi un enjeu politique plus profond.

La question est de savoir si les Français veulent aller vers une politique de santé très brutale, à l’américaine ou, où les plus pauvres ne sont pas soignés car ils ne sont pas en mesure de se financer des assurances privées, ou de se payer des mutuelles leur permettant de financer eux-mêmes « leur » risque.

Barbara Stiegler

Vous avez été amenés à travailler ensemble depuis 2 ans, expliquez nous comment et à quel titre. Quel ont été vos rôle au sein de cette crise sanitaire?

FA: On a ce travail d’échange tous les deux, qui est un travail d’échange pluridisciplinaire en termes scientifiques qui a un objectif scientifique mais surtout un objectif très pragmatique de contribuer d’une façon ou d’une autre au plaidoyer, à l’aide à la décision, sans malheureusement beaucoup d’illusions.

La santé publique ça n’est pas la modélisation épidémiologique, et ça continue pourtant: tous les jours on voit la courbe des contaminations qui ne prend pas en compte la globalité des problématiques et la globalité des solutions qu’il faut pour répondre à ces problématiques.

La santé publique, c’est un champ extrêmement complexe qui prend en compte des dimensions sociales, des dimensions philosophiques, des dimensions politiques, des dimensions biologiques bien sur dans le cas d’une crise sanitaire. Et c’est collectivement en mettant ensemble des réponses et des prismes qu’on arrive à construire une réponse collective. Et c’est ça qui a beaucoup manqué au niveau national.

François Alla

Parce qu’au niveau national quand on regarde les experts sollicités dans l’aide à la décision: c’est de la modélisation de l’épidémiologie, mais où est cette dimension collective? Ça a beaucoup beaucoup manqué dans la gestion de crise.

Malheureusement ce regard pluridisciplinaire sur la santé publique qui existe à l’international, en France, encore aujourd’hui on a pas réussi à le faire prendre en compte.

Je prend un exemple très concret: la gestion de la crise chez les enfants l’an dernier autour des confinements , couvre feu, fermeture des écoles, pass, vaccination etc, s’est fait sur le prisme unique de la courbe des contaminations. Mais un enfant c’est pas uniquement quelqu’un susceptible d’avoir ou de transmettre un germe. Un enfant c’est un être social qui est dans un processus d’éducation, qui a des relations familiales, des relations sociales etc. Et

On a malheureusement évité moins de décès par covid qu’on en a généré par suicide, c’est très concret. Parce qu’on a pas pris en compte les enfants et les adolescents dans leur globalité.

François Alla

Des exemples comme ça je pourrai je pourrai les multiplier. Mais on a vraiment une gestion de crise qui s’est faite sur les indicateurs épidémiques et ça continue: tous les jours on voit la courbe des contaminations et qui ne prend pas en compte la globalité des problématiques et la globalité des solutions qu’il faut pour répondre à ces problématiques. Et dans ce cadre là je trouve que les échanges avec Barbara sont vraiment importants, et qu’ils sont bien résumés dans le tract.

Seriez-vous d’accord pour vous définir comme des experts ? Ou pensez-vous, après deux ans de crise sanitaire, que cette figure est plus que jamais décrédibilisée?

BS: Pour ma part, je ne méprise nullement la fonction d’expert, je la respecte au contraire. Mon collègue François Alla accomplit régulièrement un travail d’expertise important et il a été mobilisé comme expert lors de chaque crise sanitaire. Mais le problème est qu’il y a eu, dès le départ, un dévoiement de la figure de l’expert. C’est ce que j’ai montré dans mon livre « Il faut s’adapter » (Nrf Essais, Gallimard), consacré à l’histoire du nouveau libéralisme autoritaire qui est apparu dans les années 1930 aux Etats-Unis.

Dès cette période, on a commencé à imaginer un modèle politique dans lequel les dirigeants devaient s’allier à des experts pour imposer leur propre définition du bien commun et de la vérité à une population jugée irrationnelle. C’est là qu’est née l’instrumentalisation de l’expert par le pouvoir politique. Si on le définit comme un savant hyper-spécialisé dans un domaine et qui est en même temps prêt à conseiller les acteurs du champ politique (citoyens ou élus), on ne peut que se réjouir de son intervention dans le débat public.

Comment par exemple faire face à un virus, si l’on ne mobilise pas les connaissances hyper-specialisées des meilleurs virologues ? Mais ces derniers doivent être absolument conscients des limites de leur action. Ce ne sont jamais à eux de décider, et encore moins à eux de cautionner les décisions des gouvernants.

Au lieu de se laisser instrumentaliser, ils doivent veiller à rester au service des publics qui constituent une démocratie. Ils ne doivent jamais se mettre au service des autorités qui chercheraient à mettre au pas une population. Or l L’expertise actuelle, en dérivant systématiquement vers la question de « l’acceptabilité sociale » des mesures et de la « fabrique du consentement », témoigne d’une double instrumentalisation : des populations par les experts et des savants par les politiques.

Barbara Stiegler

Or les seuls experts de la décision dans une démocratie, ce sont les citoyens assemblées. Ce que consacre d’ailleurs la loi du 4 mars 2002 sur la démocratie sanitaire et les droits des patients dont on fête aujourd’hui justement les 20 ans.

FA: A cette instrumentalisation s’est ajoutée la figure médiatique de l’expert : celle du médecin de plateau qui ne connait rien à la santé publique, à la virologie ou à l’épidémiologie, mais qui, « expert en tout », prétend connaître ces trois domaines à la fois en se réclamant de son statut de docteur ou de professeur. Cela a largement contribué à la décrédibiliser la parole scientifique et la parole publique.

Parce que la crise sanitaire nous oblige à nous confronter à une réalité complexe, associant l’environnement animal et humain dans toutes leurs dimensions en impliquant les relations sociales, il est pourtant évident que personne, ni aucune discipline isolée ne peut aborder seule cette complexité

François Alla

Quant à l’instrumentalisation des experts officiels et nommés par les politiques, cela s’explique par un contexte plus global. « Nous sommes en guerre », nous a-t-on déclaré en mars 2020. Or en guerre, tout le monde s’aligne nécessairement derrière le chef de guerre, et l’expertise ne peut plus être un processus indépendant visant à aider à la décision.

Elle est condamnée à devenir un outil de propagande, comme on appelle la communication en temps de guerre. Pour moi-même qui ai conduit des expertises pendant cette période, j’ai vu combien il était difficile de faire savoir ce que je constatais en tant qu’expert car il ne fallait pas gêner le ministre, qui lui avait un autre agenda. Normalement, en santé publique, on se doit d’avoir une démarche probante, c’est-à-dire appuyées sur les faits ou sur les preuves (« evidence-based »). On a des cadres scientifiques de raisonnement, et puis on a des données qui nous arrivent. On interprète ces données à partir des cadres préexistants et on en conclut tel ou tel élément: c’est tout le contraire d’une opinion.


Or, je trouve que dans la crise, et c’est aussi le jeu médiatique, on a beaucoup joué opinion contre opinion, aboutissant à un relativisme total où on mettait tout au même plan. Ce relativisme quant à la valeur des énoncés scientifiques ruine la confiance de la population dans la gestion de crise. Tel ou tel médicament, telle ou telle stratégie, n’est finalement plus une question de science ou de pratique éclairée par la science.

Il ne s’agit plus que d’une question d’opinion: « je suis pour » ou « je suis contre », et c’est là une complète défaite de l’expertise en santé.

François Alla

Masqués ou non, la population française en pleine crise sanitaire

Masqués ou non, la population française en pleine crise sanitaire • © //MaxPPP

Ce qu’a révélé cette crise, est-ce au fond une société clivée et dépourvue d’empathie ? la victoire du repli sur soi et du rejet de l’autre ?

FA : je ne dirais pas ça, car au même moment, il y a eu une multitude d’initiatives spontanées individuelles ou collectives, issues des citoyens eux-mêmes ou d’associations, de collectivités territoriales, de professionnels de santé… qui ont été au contraire animées par l’empathie et la solidarité.

En mars 2020, on a vu des personnels des Ephad s’enfermer avec leurs patients pendant des semaines pour ne pas risquer de les contaminer, des personnes cousant des masques en urgence pour les offrir à la collectivité, d’autres faisant des courses pour leurs voisins âgés etc. On a vu tous les volontaires, je pense à mes étudiants en médecine, qui passaient leur week-end parfois bénévolement à vacciner, à tester etc. Il y a eu beaucoup de solidarité des professionnels de santé mais aussi de toute la société au pic de la crise.

Mais malheureusement le pouvoir politique par sa volonté de fracturer - les déclarations de la semaine dernière étant l’acmé de cette stratégie – a généré cette polarisation entre les malades et ceux qui sont en bonne santé, entre les non vaccinés et les vaccinés, entre les jeunes et les vieux, entre les hospitaliers et les libéraux, entre les professionnels de santé et les autres. Il a choisi une stratégie globale pour faire peur et pour diviser, qui a été incarnée dès le départ par la figure inaugurale de Jérôme Salomon, le Directeur général de la santé qui égrenait les morts tous les soirs à la télévision.

BS: Je rejoins ce constat. On a vu en effet d’un côté, une société française qui tentait de rester solidaire et démocratique et de défendre un modèle d’Etat social attaqué de toutes parts, et de l’autre un chef de guerre qui partait en campagne.

Mais parce qu’on ne fait pas la guerre à un virus, il ne s’agissait évidemment pas d’une campagne de guerre, mais bien d’une campagne électorale. Pour moi, c’est une évidence, ce gouvernement fait campagne depuis les premiers jours de l’épidémie. 

Publications

De la démocratie en pandémie : santé, recherche, éducation de Barbara Stiegler, aux éditions Gallimard, coll. « Tracts »

Nietzsche et la vie, nouvelle histoire de la philosophie, de Barbara Stiegler, Gallimard

 

Anticorps facilitants

Par Le 18/01/2022

Preuve que je lis tout et son contraire, voilà un article issu de LCI, c'est à dire TF1. Non, je ne sous-entends pas que nécessairement, venant de TF1, c'est de la langue de bois ou du bourrage de crâne. Il est clair que les avis sont diamétralement opposés entre le professeur Raoult et d'autres scientifiques et les intervenants nommés dans cet article.

En fait, ce qui m'intéressait ici, c'est de montrer à quel point, il est très difficile de s'y retrouver ( en tout cas pour ma part).

Je ne suis pas scientifique et j'avoue même qu'après l'école primaire, en dehors de la classe de seconde (j'adorais la prof), je ne me suis jamais intéressé aux cours de "sciences naturelles". C'est effrayant d'ailleurs. J'adorais la nature et j'y passais tout mon temps libre. Je ne suis jamais allé en "boîte", je détestais les soirées-fiesta-bière-danse-drague, je n'allais pas dans les bars, sauf pour y faire un billard. J'allais dans les bois, j'allais à la mer, je faisais du vélo, de l'escalade, je courais et je grimpais aux arbres. Et je n'aimais pas les cours de sciences naturelles... Bon, résultat, j'ai beaucoup de mal à comprendre toutes les données scientifiques qui s'opposent continuellement dans l'histoire du covid. 

Ce qui me déplaît en tout cas, c'est qu'on retrouve ici Philippot, les anti-vax, Raoult, tout le monde dans le même bateau. 

Je ne suis pas vacciné contre le covid mais je ne suis pas anti-vax. 

Je ne voterai jamais pour Philippot et d'ailleurs je ne vote plus depuis bien longtemps en dehors des municipales et régionales. 

Je pense que Raoult n'est pas un déglingué mais que par contre il aurait dû embaucher quelqu'un de compétent pour l'aider dans ses prises de paroles. Il aurait fortement besoin d'être "encadré". Trop souvent, il se nuit à lui-même. 

Bref, comme dit Kyan Khojandi, chacun tentera de se faire son opinion. 

Variant Omicron : le vaccin favorise-t-il l'infection au Covid via des "anticorps facilitants" ?

Les Vérificateurs, une équipe de fact-checking commune aux rédactions de TF1, LCI et LCI.fr

Il s'agit aujourd'hui de décrypter la nouvelle théorie en vogue dans la sphère anti-vaccin. Faute d'avoir pu démontrer que les 9,68 milliards de doses inoculées dans le monde comportaient un danger, les opposants à la vaccination estiment désormais que, face au nouveau variant Omicron, le vaccin "favorise les infections" à cause des "anticorps facilitants". En tête de gondole, Florian Philippot, militant anti-masque et anti-restrictions qui a prédit ce lundi 17 janvier sur Twitter que cette nouvelle théorie, popularisée par Didier Raoult, allait mettre "très, très en colère" les Français. Mais est-elle seulement crédible ? Nous avons posé la question au professeur Xavier de Lamballerie, directeur de l'Unité des Virus Émergents (Inserm, Université Aix-Marseille).

Hypothèse surveillée dès l'automne 2020

Pour appuyer sa nouvelle hypothèse du moment, le professeur Didier Raoult est parti d'une seule observation. Les personnes vaccinées testées positives à l'IHU le seraient dans un intervalle de deux semaines. Il a également affirmé (à tort, comme nous le démontrons ici) que les pays les plus vaccinés sont ceux qui enregistrent le plus de contaminations. Preuve dès lors, aux yeux de ce microbiologiste épinglé par l'Ordre des médecins, que le vaccin produirait des "anticorps facilitants".

Cette théorie, que le défenseur de l'hydroxychloroquine n'étaye d'aucune étude spécifique, transpose au Covid-19 un mécanisme observé avec la dengue. Dans le modèle de cette maladie tropicale transmise par les moustiques, "on sait que certains anticorps, particulièrement ceux qui sont peu efficaces, peuvent s'accrocher sur le virus et l'amener vers des cellules immunitaires", comme nous le résume le professeur Xavier de Lamballerie. Ces dernières, dotées de récepteurs spécifiques, saisissent cet anticorps "lié en fait au virus, qui infecte alors la cellule". À la manière d'un cheval de Troie. Un phénomène qu'on retrouve derrière les acronymes ADE, pour antibody-dependent enhancement (aggravation dépendante des anticorps) ou VAED, pour vaccine-associated enhanced disease (maladie aggravée par la vaccination). 

Si ce phénomène a "passionné le monde de la science depuis plusieurs décennies" du propre aveu de notre interlocuteur, il n'est "absolument pas systématique". Avec la dengue, ce mécanisme ne peut être observé "que dans certaines circonstances très précises". À savoir, lorsqu'une personne qui a déjà fait un épisode de dengue, avec l'un des quatre sérotypes existants, fait une deuxième infection par un sérotype différent. Et même dans ce cas de figure, "la facilitation par les anticorps n'est pas systématique, mais il a été proposé qu'elle soit un des déterminants des formes sévères de la maladie". 

Un mécanisme "très particulier", propre à ce virus, qui possède quatre stéréotypes différents, et qui ne peut pas être transféré aussi facilement à l'épidémie actuelle. De fait, pour que cette hypothèse soit valable, il faudrait que les cellules de l'immunité qui accrochent le complexe anticorps-virus puissent être infectées par le Covid-19, comme cela est observé pour le virus de la dengue. Or, à ce jour "aucun élément scientifique et factuel ne le montre", note Xavier de Lamballerie.

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Et ce n'est pas faute d'y avoir prêté une attention toute particulière. La question des anticorps facilitants est surveillée depuis le début du développement des vaccins. On retrouve d'ailleurs un article à ce propos dans le dictionnaire médical Vidal. Daté du 3 novembre 2020, il résumait alors les questions et incertitudes à ce sujet. Face à un vaccin au seuil "d'efficacité minimal (…) fixé à 50 % par les agences de régulation", il semblait ainsi important aux yeux de la communauté scientifique que "l'hypothèse" d'un phénomène d'ADE ou de VAED soit "étudiée". 

Analyse faite dès les premiers essais cliniques et précliniques des laboratoires. "Tous les laboratoires proposant des candidats vaccins ont dû présenter des données sur l'absence de facilitation par les anticorps aux agences réglementaires", rappelle le directeur de l'Unité des Virus Émergents. On en retrouve par exemple la trace dans une étude sur le sujet parue dans la revue Nature dès septembre 2020. 

Après plus d'un an d'administration des vaccins et près de cinq milliards de personnes immunisées, rien ne corrobore cette hypothèse aujourd'hui. Bien au contraire. Des travaux décrits comme "très sérieux" par Xavier de Lamballerie ont comparé les charges virales de patients infectés au Covid-19 en fonction de leur statut vaccinal. Pour cette étude, la plus complète à ce sujet, une équipe singapourienne a mesuré quotidiennement la quantité de virus présente dans les prélèvements de 218 sujets infectés par le variant Delta. Si, au moment du diagnostic, cette valeur (CT) était la même chez les deux groupes, elle baissait significativement dès le sixième jour chez les 71 personnes complètement vaccinées. Si la théorie des anticorps facilitants étaient exacte, "les charges virales des vaccinés devraient être plus importante que celles du groupe témoin". "La simple observation vient contredire cette théorie, on ne peut donc certainement pas la présenter comme un phénomène généralisé", conclut notre interlocuteur.

De simples "supputations"

Cette absence de preuves ne suffit cependant pas à dissuader les fervents défenseurs de cette théorie, qui ont publié leurs considérations dans un article (non révisé par les pairs) largement repris, et notamment par Didier Raoult. S'ils pensent que la balance entre les anticorps facilitateurs et neutralisants chez les personnes vaccinées était en faveur de la neutralisation pour la souche originale du Covid-19 ainsi que pour les variants Alpha et Beta, ils accusent désormais Omicron d'affecter "considérablement" cet équilibre à la "faveur des anticorps facilitants". 

Des propos considérés avec circonspection par la communauté scientifique et que rien de concret ne vient étayer pour l'instant. "L'analyse des mécanismes qui modulent l'épidémiologie de la maladie mérite toute notre attention, bien entendu, mais on ne peut se contenter de supputations : il faut apporter des éléments scientifiques probants", résume notre interlocuteur. Avant de souligner par ailleurs, pour ceux qui penseraient que le phénomène ne s'applique qu'aux vaccinés infectés par le variant Omicron, qu'une nouvelle étude réalisée par des équipes scientifiques de Genève (en cours de publication) rapporte, à la fois pour le variant Delta et le variant Omicron, que les charges virales sont plus faibles chez les patients vaccinés et infectés que chez les patients infectés non-vaccinés. À ce stade, "absolument aucune donnée scientifique" n'a donc été publiée en faveur d'un mécanisme d'anticorps facilitants. 

D'autant que, même au niveau théorique, les défenseurs de cette thèse n'ont toujours pas avancé "comment ce mécanisme pourrait fonctionner avec le Covid-19", note Xavier de Lamballerie. Même constat du côté du virologue et épidémiologiste Scott Halstead. Celui qui est tout de même l'un des pionniers de cette théorie des anticorps facilitants dans la maladie de la dengue, a conclu, le 15 décembre 2020, "que les différences dans les caractéristiques cliniques, épidémiologiques et pathologiques" entre les deux maladies suggèrent que l'ADE "ne contribue pas à la gravité des infections naturelles à coronavirus humain". En résumé, il n'existe aujourd'hui aucun fait ou article scientifique en faveur de cette théorie. "Personne ne vient apporter ne serait-ce qu'un début de preuve. C'est, pour l'heure, le vide intersidéral", s'amuse Xavier de Lamballerie. 

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A CŒUR OUVERT : Une interview disparue

Par Le 17/01/2022

Un ami lecteur m'a envoyé cette interview en me demandant pourquoi elle n'était pas sur mon blog. Il l'a trouvée sur la Toile. 

Je n'ai eu acune raison à lui donner. Je n'en sais rien. C'est un mystère mais il m'est déjà arrivé de m'apercevoir que certains articles disparaissaient, qu'ils n'étaient plus enregistrés, qu'en cliquant sur le lien, on ne trouvait qu'un  :"erreur 404. Page introuvable".

Effectivement, j'ai cherché dans les archives et c'est ce que j'ai trouvé : "erreur 404". Je n'ai pas d'explication. Un mystère informatique. De la même façon d'ailleurs, j'ai vu que certaines photos disparaissaient. C'est comme s'il existait une durée de vie sur la Toile :) 

 

 

A CŒUR OUVERT (roman)

 

Coeurouvertwhite

"Un titre à double sens pour un roman magnifiquement écrit, À cœur ouvert.  

D’une part le côté « chirurgical » avec l’opération que subit Paul Laskin, à qui on implante un cœur artificiel, et d’autre part la dimension très philosophique du cœur ouvert pour recevoir, recevoir une somme d’éléments, de réflexions, de conscience de soi, de ce qui fait la Vie, au sens universel du terme, cette vie dont nous ne sommes que l’infime partie d’un tout qui nous dépasse. Un roman à lire absolument, qui vous emportera vers des chemins de lumière.

Thierry, vous nous proposez là un roman philosophique qui nous pousse à nous interroger, sur le sens de la vie, de l’amour, sur notre capacité à éveiller notre conscience, et en même temps vous construisez une intrigue romanesque très efficace pour nous mener au bout du roman, qu’on quitte en ayant envie de retourner très vite dans votre univers. Alors on a envie d’en savoir plus sur vous, sur votre écriture, pourquoi vous écrivez, comment, vos thèmes de prédilection :

Lorsque j’avais seize ans, mon grand frère, Christian, qui en avait dix-neuf, a eu un accident de voiture. La gendarmerie a appelé mes parents. C’était la nuit. On a foncé à l’hôpital. Quand on est arrivé, un interne nous a dit : « Il est cliniquement mort. » Je suis rentré dans la chambre. Je n’ai pas reconnu mon frère. Et j’ai dit : « Je sortirai de cette chambre avec Christian et il sera vivant. » J’ai passé trois mois dans cette chambre. Jour et nuit. C’était pendant l’été. J’ai manqué la rentrée des classes. Pas question de le laisser. J’ai écrit chaque événement dans un cahier, mes pensées, mes détresses, l’évolution de mon frère, la mort, Dieu, l’amour, la peur, la souffrance. Mon frère s’en est sorti. Pour la médecine, il représentait une énigme. Il n’avait plus de boîte crânienne au niveau du front. Ils ont mis une prothèse. C’était une première médicale.

Je me suis occupé de mon frère pendant deux ans. C’était très difficile pour lui. Un œil mort, une cheville bloquée, il pesait quarante-sept kilos pour 1 m 96 en sortant de l’hôpital… Il a fallu tout reprendre jusqu’à ce qu’il puisse refaire de l’escalade avec moi. Une passion commune. Il avait déchiré le cahier que j'avais écrit à l’hôpital, sans le lire. Une déchirure pour moi aussi. Tout ça est très complexe. Un déni de l’évidence pour sa part. La charge de ce qu’il avait perdu avec l’incapacité de comprendre ce qu’il avait vécu. Une blessure spirituelle pour moi. J’étais le témoin de sa guerre. Je ne pensais pas pouvoir retrouver ce que j’avais écrit dans cette chambre. Mais j’avais découvert la force incommensurable de l’écrit. Cette acuité, cette autopsie des pensées. Je ne pouvais plus m’en passer.

Au lycée, je me suis mis à écrire comme un forcené, comme un écorché. Un prof de français et un prof de philo m’ont dit qu’un jour je serais édité. Que mes mots étaient des « scalpels. » Tout avait commencé au milieu des scalpels. Je ne choisissais rien en fait.

L’écriture s’imposait à moi parce qu’elle était vitale. J’adorais la philosophie. J’aurais aimé être professeur, mais je voulais devenir indépendant financièrement et soulager mes parents qui continuaient à subvenir aux besoins de mon frère. Comme j’aimais beaucoup les enfants, j’ai décidé de devenir instituteur. La formation était payée et moins longue que celle de professeur. Je ne le regrette nullement.

Je vivais déjà une passion exclusive pour l’escalade et l’alpinisme. J’espérais devenir guide de haute montagne. Mais à vingt-quatre ans, j’ai eu une première hernie discale. L’opération a été un échec. Et on ne devient pas guide de haute montagne avec un dos détruit. Dépression. Lourde, très lourde. Et encore les mots pour me sauver.

En quelques mois, j’ai écrit Vertiges, mon premier roman. L’histoire d’un alpiniste qui redescend son compagnon sur son dos, comme un fardeau à rendre aux hommes. Je ne comprenais pas encore le symbolisme de l’histoire entre mon frère et moi. Ça viendrait plus tard.

Voilà pour mes débuts dans l’écriture. Rien de bien joyeux. C’était une thérapie, une nécessité surtout, une bouée de sauvetage.

L’écriture de Vertiges a été un déclic. J’ai d’abord pris conscience de l’importance de la nature dans ma vie, de tout ce qu’elle m’apportait, de la sérénité et de « l’éveil » que j’y trouvais. La haute montagne surtout. Parce qu’elle m’offrait la possibilité de me découvrir, d’explorer mon potentiel. Simultanément à ces défis physiques que je multipliais à mon niveau, j’accompagnais cette démarche d’une réflexion constante. Les relations humaines, l’amitié, l’amour, la mort, le sens de l’existence, cette nécessité de « pousser la machine, » de ne pas accepter les limites. Mais cette opération manquée sur ma colonne vertébrale continuait à me faire souffrir… Je devais m’en accommoder, mais c’était une souffrance morale plus encore que physique. Je courais malgré tout, des semi-marathons et des virées très longues à vélo. Se vider pour se remplir…

L’écriture continuait à m’offrir un baume salvateur, un cataplasme sur mes douleurs existentielles. Un retour analytique sur mes expériences de vie. J’avais besoin de comprendre, un besoin viscéral et je savais que l’écriture avait cette force que les échanges humains ne m’apportaient pas. Les pensées sont trop éphémères alors que les écrits sont des cheminements infinis de taupe… Aller toujours plus bas dans les profondeurs, avec acharnement. J’aurais bien eu besoin d’une psychothérapie. Je préférais écrire. Lorsque j’écris, il m’arrive de ne plus être « là », de ne plus être un mari, un père, un instituteur… J’entre dans une dimension d’une profondeur inouïe et en même temps dans des horizons inaccessibles dans le cadre de la vie sociale. Rien n’existe autour de moi, le monde a disparu, les êtres ont disparu, le jour a disparu, le temps n’est plus. C’est comme un puits au fond duquel scintille une lumière inconnue. Comme si la noirceur était lumineuse.

J’ai quitté la Bretagne pour venir m’installer dans les Alpes, en Haute-Savoie. J’avais absolument besoin du spectacle des montagnes. J’ai rencontré Nathalie. Nous vivons ensemble depuis. Nous avons trois enfants.

Mon frère est mort à trente-neuf ans d’une rupture d’anévrisme. Un choc effroyable, destructeur. Je ne l’avais pas revu depuis plus d’un an. Je l’ai retrouvé dans la salle de la morgue. Une énorme culpabilité. Mes parents n’étaient pas là et injoignables. Je suis allé en Bretagne pour m’occuper de son corps, de l’administration, pour préparer la crémation, prévenir la famille… J’ai enfin réussi à contacter mes parents pour leur dire : « Maman, Papa, Christian est mort. »

Je ne pouvais pas échapper à la quête spirituelle. C’est mon chemin de vie, je devais l’accepter.

À trente-neuf ans, cette hernie discale mal opérée et qui me faisait souffrir s’est réveillée avec une violence inimaginable. Je « portais » toujours mon frère et mon dos n’en pouvait plus, mais je ne l’avais pas encore compris.

Personne ne voulait m’opérer. Les risques étaient énormes. Mais j’allais perdre ma jambe gauche. Un chirurgien s’est lancé et ça a marché. Du moins, c’est ce que tout le monde a cru pendant quelques années. Mais ce travail en moi n’était toujours pas fait.

Je continuais à écrire.

D’autres histoires aussi. Sur mon blog « là-haut », je travaillais sur des textes « philosophiques », des réflexions qui me concernaient. L’être réel, le moi, le Soi, le mental, le temps psychologique, la mort, la douleur, la peur, l’intention, le désir, l’imagination, la conscience et l’inconscient, l’intuition, l’espoir et le désespoir, l’amitié, les autres, l’âme…

Et puis, à quarante-deux ans, trois hernies discales d’un coup. Mon médecin n’avait jamais vu ça. C’est toujours là, en moi, cette douleur effroyable. Cette destruction psychologique… Jambe gauche paralysée, atrophie musculaire, l’incompréhension, pourquoi tout ce mal ? Je tournais la boîte de morphine dans mes mains lorsque je me retrouvais seul. La vider d’un coup et que tout s’arrête…

Personne ne pouvait rien. Je faisais des rêves étranges, apaisants, comme des messages d’anges au milieu de cauchemars hallucinants… Des auras bleutées qui me parlaient : « Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. » Une totale incompréhension…

J’allais mourir. Vessie bloquée, les reins en danger, douze kilos perdus, des cauchemars infinis au milieu des larmes, ma femme et mes enfants effondrés. Un calvaire.

Une opération de la dernière chance : sortir les intestins, visser une plaque sur la colonne, ouvrir le dos, visser une autre plaque et boulonner les deux. 50 % de risque pour le fauteuil roulant, 25 % paralysie de la jambe gauche, 25 % je remarche à peu près. J’ai refusé. Prolongement du calvaire. Et puis la rencontre avec Hélène, un hasard qui n’en était pas un, une médium magnétiseuse. La première séance, quatre heures dans un espace inconnu, une dimension spirituelle dont je n’imaginais pas l’immensité… Je suis sorti en marchant. J’aurais pu rentrer à pied. Trois mois après je reprenais le ski.

À mon tour, je devenais une énigme pour la science.

J’ai écrit Les Éveillés pour essayer de comprendre.

Je ne pouvais pas échapper à cette quête spirituelle. Tout ça n’était qu’un chemin à prendre. Ça ne dépendait pas de moi

… À cœur ouvert s’est imposé un peu plus tard. C’est toujours la perte de l’intégrité physique et morale qui m’importait, comprendre ce qu’elle révèle, réaliser qu’il s’agit d’une opportunité de transformation.

-Paul Laskin, votre personnage, est transformé par l’opération qui fait de lui une sorte de cobaye, puisque son cœur artificiel le relie à toute une « machinerie » informatique. Et pourtant, sa conscience s’éveille littéralement, au fur et à mesure du questionnement qui s’installe en lui. C’est d’une richesse philosophique remarquable. Êtes-vous un philosophe, vous sentez-vous l’âme d’un « guide spirituel », pour transmettre, questionner, « éveiller » vos lecteurs ?

Un guide spirituel, certainement pas. Marcher dans les pas d’autrui interdit de se rencontrer. C’est une condamnation. Et je souhaitais pourtant devenir guide de haute montagne ! Mais dans l’espace spirituel, il importe avant tout de se connaître soi, pas de connaître son guide. Et le guide ne peut pas vous renvoyer à vous-même, il ne renvoie que l’image qu’il a de vous. Il est possible de montrer simplement comment on s’enseigne soi-même. Mais il ne s’agit pas d’une intention narcissique. Juste la volonté de rester intègre, humble, conscient. Que les autres puissent se nourrir quelque peu de cette démarche doit être de leur part un choix lucide. Surtout pas une imitation. « Si tu n’es pas toi-même, qui pourrait l’être à ta place », Henry David Thoreau. Cette maxime m’a nourri et je serais malhonnête à vouloir la détourner en m’octroyant le terme de guide ou même de philosophe.

Il y a en trame de fond une très belle histoire d’amour, entre Diane et Paul. L’amour, est-ce pour vous un élément essentiel dans les relations humaines, a-t-il une place privilégiée dans une démarche de développement personnel ?

Il convient d’établir au préalable ce que le mot « Amour » désigne. L’amour intentionnel est issu du mental et il est au service de l’ego. Il souffre de tous les fonctionnements instaurés par l’histoire temporelle de l’individu, ses refoulements, ses traumatismes, ses éducations modélisées. L’amour intentionnel est le reflet des tourments de l’ego qui se projette dans un avenir illusoire à travers des espoirs, des attentes, des projets, un futur idéalisé, ou établit un ancrage invalidant sur un passé disparu. Cet amour-là n’est que le reflet de notre incapacité à vivre l’instant présent dans un état de clairvoyance. Il est le symbole même de l’anarchie de nos pensées, du capharnaüm psychologique qui caractérise l’ego. Dès lors que l’individu qui se croyait aimant et aimé ne se reconnaît plus dans l’autre qu’il aime, il s’enfuit. Car dans ce faux amour, l’objectif est de maintenir une identification. Si la relation déséquilibre cet état figé, il y a rupture. Mais aucun des deux partenaires n’a jamais aimé. Et ils l’ignorent. Puisqu’ils ne savent pas qui ils sont quand ils aiment. Qui pourrait aimer sans exister au préalable ? C’est comme s’obstiner à arroser des fleurs qui n’ont pas encore été plantées. Croire que l’Amour peut nous construire est une abomination envers l’Amour lui-même. Et il ne le mérite pas.

L’Amour inconditionnel est un état constant, une vibration initiée par une conscience libérée du Temps psychologique. C’est cela que je cherche à transcrire dans mes romans.

Il y a les prisons que l’on accepte, mais pire encore celles que l’on se fabrique. L’amour mentalisé est une prison aux murs gigantesques. Seul l’individu ayant accompli une quête intérieure, une épuration spirituelle, qui sait ce qu’il est hors de tous conditionnements, qui a conscience des manipulations de l’ego, seul celui-là a la capacité de faire de l’Amour véritable un espace à découvrir et non des murailles à constituer.

Ce que j’aime dans la femme que j’aime c’est sa façon d’aimer la vie. Et c’est pour ça que je l’aime. Ce qui me permet d’aimer la vie en elle. Cet Amour-là est d’abord l’Amour de la Vie. Nous n’en sommes que les supports.

-La nature est omniprésente également, c’est retiré au cœur de la nature sauvage et presque déserte que Paul commence à avancer sur le chemin qui se déroule devant lui. Quelle place la nature tient-elle dans votre œuvre, mais aussi dans votre vie ?

Je lui dois d’être en vie. C’est tout de même une bonne raison pour l’aimer.

J’ai parcouru les bois de mon enfance, seul, très souvent, avec un amour infini pour le silence, les couleurs, les parfums, je vivais au bord de la mer. Les jours sans école, je partais au petit matin avec mon sac, je rentrais le plus tard possible, j’avais construit une cabane au sommet d’un chêne, c’était mon refuge. Je ne me suis jamais senti seul, en fait. Je parlais aux arbres et aux oiseaux, je sifflais avec le vent et je courais avec les nuages. Je lisais dans ma cabane :L’enfant et la rivière, Terre des hommes, Croc blanc, L’amour de la vie… La Nature est un épurateur, un liquidateur de tourments, un espace vierge de toute attente, un calice où l’âme est en paix. Même dans les parois des Alpes, il m’arrivait de ressentir cette étrange impression d’être aimé… Je me suis toujours demandé si la Nature était consciente de notre présence. J’aimerais être certain qu’elle sache à quel point je l’aime. J’écris aussi pour témoigner de cet amour.

Propos recueillis par Anita Berchenko


 

Période glaciaire affective

Par Le 16/01/2022

 

La gentillesse. Un état d'esprit, une façon d'être. Être gentil, naturellement, signifie qu'on ne cherche pas à avoir quelque chose en retour. De toute façon si dans "l'être" il y a un désir "d'avoir", alors c'est que l'être se ment et ment aux autres.

Je suis naturellement gentil et je ne compte plus les fois où "l'autre" a considéré que c'était une faiblesse, depuis mon enfance jusqu'à aujourd'hui. Que signifie cette gentillesse, comment cela se traduit-il ? De façon très simple : j'accueille, j'écoute, dans une attitude humble et bienveillante.

Alors, oui, effectivement, dans notre société, dans le système éducatif et notamment scolaire, la gentillesse est considérée comme une faille, une faiblesse dont il est judicieux pour l'autre de profiter. 

Je prends un exemple. Je ne suis pas artisan, je ne connais rien à l'électricité, ni à la plomberie, ni à la maçonnerie. Mais je suis capable de chercher les informations dont j'ai besoin. Donc, si un artisan à la suite de nos premiers contacts finit par imaginer que mon écoute, mon attention, le fait que je me présente clairement comme un novice, signifie pour lui qu'il peut me considérer comme un pigeon, le retour de flamme fera voler des plumes. Le "trop bon, trop con", ne fonctionne pas avec moi. Deux personnes ici en ont fait l'expérience. Par contre j'ai rencontré aussi des gens qui apprécient que je ne cherche pas à leur donner des leçons dès lors que je ne suis pas compétent. L'équilibre est instauré. J'ai souvent entendu des artisans se plaindre de "ces profs qui savent tout et veulent vous donner des leçons sur ce que vous faites depuis des années". Oui, entièrement d'accord, le milieu enseignant draine une frange de population quelque peu détestable. On me dira que ça n'est pas gentil comme remarque :) et ça viendra juste valider que la gentillesse n'est pas incompatible avec la lucidité et l'expérience.

Pour ce qui est de l'article lui-même et de cette période affective glaciaire, je la situerai principalement dans les zones urbaines car en milieu rural, dès lors qu'on ne se présente pas en conquérant imbu, l'ouverture des gens est bien réelle. On est arrivé en mars 2021 et je ne compte plus le nombre de gens à qui je peux demander un coup de main, un conseil, et qui m'en demanderait tout autant.

"L'erreur est urbaine", disait le tag sur le mur.

"L'humanité est rurale", ajouterais-je.

 

L’humanité vit actuellement une « période glaciaire affective »

 

« Trop bon trop con » est-il devenu un synonyme d’être gentil ?

 

26 décembre 2021 - La Relève et La Peste

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Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde

- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France

 

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L’indiscrétion de vos voisins vous pousse à l’excès ? L’incivilité des automobilistes vous fait jurer ? La promiscuité dans les transports en commun vous rend blasé ? La vie de tous les jours est loin d’être un long fleuve tranquille, surtout lorsqu’il s’agit de vivre en communauté. Il n’est pas rare de s’entendre dire : « l’Enfer, c’est les autres ! ». À l’ombre de tout ce fracas, la gentillesse a perdu ses lettres de noblesse, voire pire, elle est dénigrée au point d’être perçue comme un signe de faiblesse.

« Trop bon trop con » est-il devenu un synonyme d’être gentil ? Bien souvent, nous croyons qu’il vaut mieux être battant, égoïste et sans état d’âme pour sortir son épingle du jeu. Bon sang, sommes-nous condamnés à devoir « jouer des coudes » pour se faire respecter ?

« J’ai peur de cette société axée sur la compétition et la concurrence, cette société qui ose nous dire : vous devez être des gagnants ! Mais qu’est-ce qu’un gagnant sinon un fabricant de perdants ? Je n’ai pas le droit de fabriquer des perdants… » revendique Albert Jacquard.

Dans ce contexte social anxiogène et déséquilibré, la gentillesse est malmenée. Elle est souvent interprétée comme une forme de soumission, et fatalement associée à l’image du perdant. Aujourd’hui, le « gentil » est devenu, malgré lui, le manipulable et le simple d’esprit. « Tu seras bien gentil de faire ceci » est une formule de politesse déguisée derrière un sourire dédaigneux. Dans le liste des qualités requises, « gentil » n’est plus consenti, mais équivaut à confesser : « je n’ai rien trouvé de mieux à son sujet ».

Il est grand temps de redorer le blason de la gentillesse car elle est plus que jamais nécessaire. D’après Piero Ferrucci, psychologue et auteur du livre « Le pouvoir de la gentillesse », l’humanité vit actuellement une « période glaciaire affective ». Pour lui, les raisons sont à la fois simples et multiples : notre société met en avant l’efficacité, l’argent et la recherche du profit. Ajoutons à cela le rythme effréné de nos modes de vie associé à l’abondance des flux de connectivités, et qu’obtient-on ? Autant de possibilités de vivre par procuration.

« Bien sûr, Internet est une révolution, mais plus on est assis devant son ordinateur et moins on fréquente de vraies personnes. Nous avons moins d’occasions de ressentir ce que l’autre ressent. Quand on vit à toute allure, il y a moins de place pour le cœur et pour les sentiments. »

« Nous nous trouvons aujourd’hui au milieu d’un refroidissement généralisé. Les rapports humains sont moins chaleureux, les occasions de se rencontrer moins nombreuses, les contacts plus hâtifs et plus impersonnels. On accorde moins d’importance à la chaleur humaine et à la simple présence » Piero Ferrucci

Pourtant, la gentillesse permet de s’ouvrir aux autres et de tisser un idéal social, celui de la paix. Bien entendu, il n’est pas question de se plier en quatre pour exaucer les désirs du monde entier. « Pour être librement gentil, il faut avoir le choix de ne pas l’être » explique le psychiatre et psychothérapeute Frédéric Fanget. Autrement dit, la gentillesse est un choix comportemental.

Malgré tout son bien-fondé, nous avons parfois du mal à dévoiler notre gentillesse. « Malheureusement, dans une société individualiste, de compétition, où dominent les rapports de force et les affrontements communautaires, elle ne semble pas l’équipement de survie le plus approprié » constate le philosophe Michel Lacroix. Au contraire, la gentillesse est indispensable à l’harmonie sociale et nous pouvons compter sur elle pour préserver notre écosystème relationnel. Nous le savons, notre bonheur est inextricablement lié à celui des autres. La gentillesse produit de la bonne humeur, du lien social et c’est ainsi qu’à travers un simple sourire elle peut rendre la vie plus douce.

Peu coûteuse en temps et en énergie, la gentillesse est une vertu efficace qui se cultive et qui se transmet facilement. « Sans faire de nous des Jésus ou des superhéros, la gentillesse a le pouvoir de nous élever un peu, de nous anoblir en un minimum d’efforts » observe Emmanuel Jaffelin. Il suffit en effet d’en bénéficier pour booster son « estime de soi ». En cela, ne négligeons pas le pouvoir des compliments. Mark Twain les assimilait à une nourriture affective : « Avec un bon compliment, je peux vivre deux mois ». Dans ce cas, sachons les donner aussi bien que les recevoir.

« Les gens me demandent souvent quelle est la technique la plus efficace pour améliorer sa vie. Il est un peu embarrassant qu’après des années de recherche et d’expérimentation je dois conclure que la meilleure réponse à cette question est : Soyez juste un peu plus gentil. » Aldous Huxley

26 décembre 2021 - La Relève et La Peste

Pisser dans les champs

Par Le 14/01/2022

 

Depuis plusieurs années déjà, Nathalie me demande de garder mon urine (c'est évidemment plus facile pour moi que pour elle). Donc, je pisse quasiment tout le temps dans des bidons de cinq litres que j'entrepose dans le garage. Nathalie la dilue et s'en sert pour le jardin. C'est une méthode ancestrale qui a fait ses preuves. Scientifiquement reconnue aujourd'hui. 

J'en profite pour ceux dont les potagers sont envahis de rats taupiers pour leur conseiller de dégager les galeries et d'y verser de l'urine pure. Il faut être assidu et obstiné mais ça finit par payer. Les rats taupiers ou campagnols s'en vont ailleurs. Pisser dehors, sous les étoiles, en visant un trou de rongeurs, c'est poétique :) 

 

Prenons en main notre Planète !

Planète Bleu, le blog Evan AdelinetFrance Bleu

Jeudi 6 janvier 2022 à 6:20

Azote, phospore et potassium sont les éléments chimiques de nombreux engrais industriels. On les retrouve aussi dans l'urine humaine.

L'urine humaine utilisée comme engrais

L'urine humaine utilisée comme engrais © Getty - YOSHIHIRO TAKADA/a.collectionRF

Pourquoi fabriquer des engrais industriellement alors que notre corps fabrique exactement les même composants chimiques grâce à nos reins ? Oui, l'urine humaine est composée, entre autres, d'azote, de phospore et de potassium. Ces éléments chimiques sont fabriqués artificiellement par pour les engrais industriels. Organiser la récolte de l’urine humaine, la traiter et y développer des bactéries spécifiques pour ensuite l’utiliser sur les terres agricoles est l’objectif de Toopi Organics ! Pour se faire, il faut un peu de logistique. La startup Toopi Organics propose des toilettes spéciales pour faciliter cette récolte écologique.

En comptant toutes les chasses d'eau tirées, passer à la récolte de l’urine humaine permettrait d’économiser 6000 milliards de litres d’eau par an, en France !

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