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"Irréversible"

Par Le 10/11/2021

 

"Désormais, le réchauffement est irréversible"

 

Paris Match | Publié le 08/11/2021 à 04h00

Interview Romain Clergeat

13 juin 2019. Les chiens de traîneau du climatologue danois Steffen Olsen pataugent dans l'eau du ford d'Inglefield qui devrait être gelé à cette période.

13 juin 2019. Les chiens de traîneau du climatologue danois Steffen Olsen pataugent dans l'eau du ford d'Inglefield qui devrait être gelé à cette période.

13 juin 2019. Les chiens de traîneau du climatologue danois Steffen Olsen pataugent dans l'eau du ford d'Inglefield qui devrait être gelé à cette période.AFP

Ce n’est plus de la science-fiction. Le sommet sur le climat qui vient de débuter à Glasgow apparaît comme celui de la dernière chance tant l’urgence est criante. En un siècle, la planète s’est réchauffée de 1,1 °C. Match a donné la parole à Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Giec.

Paris Match. L’activité des hommes est indiscutablement la cause des bouleversements climatiques, écrivez-vous dans le dernier rapport du Giec. Cela sonne-t-il, une bonne fois pour toutes, le glas du climato-scepticisme ?
Valérie Masson-Delmotte. Les connaissances scientifiques n’ont fait que s’affiner et le constat est clair : ce sont les activités humaines qui rajoutent des gaz à effet de serre, et ceux-ci piègent de la chaleur. Cette dernière s’accumule, devient responsable du réchauffement des océans, de la fonte généralisée des glaces et affecte le vivant. Sur la terre comme sous la mer. Par rapport à la fin du xixe siècle, nous en sommes à 1,1 degré de réchauffement. Oui, nous estimons qu’il est dû à l’influence humaine : 80 % à 90 % proviennent des énergies fossiles, pétrole, charbon, gaz, de la déforestation, de la destruction de zones humides, du méthane issu de l’élevage des ruminants… La conséquence, ce sont des événements extrêmes, plus fréquents et plus intenses, des pluies torrentielles et des sécheresses, ici et partout. Si nous n’avions pas altéré le climat, la vague de chaleur en Europe de l’été 2019 n’aurait pas eu cette intensité. Les records de température se succèdent, amplifiés par les îlots de chaleur dans les villes. Dans toutes les parties du monde, on vit déjà avec des valeurs qui dépassent les seuils de tolérance, pour les écosystèmes ou les sociétés. Et ces phénomènes ne vont pas s’arrêter demain. Mais leur intensité dépend du niveau de réchauffement planétaire. Donc des choix que nous allons faire.

Les extrêmes chauds, qui survenaient une fois tous les 50 ans, se produisent maintenant une fois tous les 10 ans en moyenne mondiale

La Cop21 en 2015 avait été un succès, disait-on. Or, depuis cinq ans, jamais les températures n’ont été aussi élevées. Pourquoi ?
Cette conférence était le début d’un processus. Un cadre structuré où chaque pays met sur la table ses engagements, réactualisés tous les cinq ans. Avec des mécanismes de solidarité, car les responsabilités ne sont pas les mêmes partout. Certains ont un poids historique dans la situation actuelle, et une capacité plus grande à agir. D’autres sont particulièrement exposés et vulnérables. Ces derniers mois, les engagements des pays ont été révisés à la hausse. C’est une bonne nouvelle. Les scénarios pour le futur proche, de très fortes émissions de gaz à effet de serre, sont moins plausibles. Tant mieux. Néanmoins, les engagements pris en 2015 et réactualisés signifient malgré tout que les émissions vont stagner dans les prochaines décennies. Cela implique de dépasser, dans les vingt prochaines années, un réchauffement de 1,5 degré, associé à une augmentation très forte de risques majeurs. Les extrêmes chauds, qui survenaient une fois tous les cinquante ans, se produisent maintenant une fois tous les dix ans en moyenne mondiale. Ils seront plus fréquents dans un monde à +1,5 degré. Davantage encore au-delà. Les épisodes de fortes précipitations intervenaient une fois tous les dix ans en 1850-1900, leur fréquence a augmenté de 30 % aujourd’hui. Ce sera +50 % dans un monde à +1,5 degré et +70 % dans un monde à +2 degrés. Chaque fraction de réchauffement supplémentaire a des effets énormes, il faut bien le comprendre.
Malheureusement, le niveau d’ambitions et d’actions n’est encore pas suffisant. Si on abaissait maintenant fortement les émissions de gaz à effet de serre, nous aurions des bénéfices rapides sur la qualité de l’air, mais pas sur la dérive du climat. Pour cela, il faudrait attendre une vingtaine d’années. Il faut bien comprendre que le climat ne s’est pas encore ajusté. Les glaciers vont continuer à reculer pendant des décennies. L’échelle de temps pour l’océan profond est de plusieurs siècles. Pour le Groenland et l’Antarctique, de l’ordre de milliers d’années. Il y a des conséquences qui seront inexorables. Si l’on peut stopper le réchauffement, la montée du niveau des mers est en revanche inévitable. On peut simplement limiter son ampleur et sa vitesse, mais il faudra faire avec, à l’échelle de millénaires. En 2100, nous aurons gagné 50 centimètres par rapport à 1900. À l’horizon 2300, nous pourrions être à 3 mètres.

L'accumulation de chaleur dans l'océan nous aide, mais rend le réchauffement de surface irréversible

Cette notion n’est pas encore vraiment bien admise par le grand public, mais le réchauffement climatique enclenché est désormais irréversible. C’est bien cela ?
Les gens pensent parfois que nous avons un thermostat et qu’il suffirait de le baisser pour que le climat se refroidisse. Mais ça ne marche pas comme ça ! Pour ce qui est du déséquilibre du bilan énergétique de la Terre, qu’on a provoqué, plus de 90 % de la chaleur rentre dans l’océan. Pour donner un ordre de grandeur, c’est vingt fois plus que l’ensemble de l’énergie consommée par l’humanité chaque année ! C’est colossal. L’accumulation de chaleur dans l’océan nous aide, car cela limite le réchauffement de surface mais le rend irréversible.

Il faut donc déjà penser à s’adapter à un climat qui va changer ?
Tout à fait. Notre rapport est disponible à l’échelle régionale. Avec un atlas interactif (interactive-atlas.ipcc.ch/), qui permet de visualiser ce que signifie un climat qui change, selon les scénarios. Et des seuils au-delà desquels il y aura impacts et conséquences. Ces informations sont là pour être utilisées. Car, aujourd’hui encore, beaucoup de décisions sont prises en regardant dans le rétroviseur. Par exemple, quand on redimensionne l’aménagement d’une rivière, on réfléchit encore par rapport aux crues et aux records de pluie du siècle passé. Mais demain, ce sera peut-être bien pire. Il faut l’anticiper. Sinon, on court derrière un climat qui change.

J'espère que les connaissances scientifiques que nous apportons seront prises en compte

Qui dit réchauffement dit stress hydrique. L’eau, fondamentale pour la vie, va-t-elle devenir l’enjeu majeur du siècle à venir ?
Quand l’atmosphère se réchauffe, cela augmente l’évaporation et la transpiration des sols. Un climat qui se modifie, cela intensifie le cycle de l’eau. Dans les régions froides, ce sera une augmentation moyenne des précipitations. Dans les régions chaudes, en revanche, il y aura une baisse de la pluviométrie. C’est déjà le cas en Afrique du Sud, autour de la Méditerranée, en Californie, en Amérique centrale, dans certains endroits en Australie… C’est une aridification attendue. Et dans des régions où les agricultures dépendent souvent entièrement de la pluviométrie…

Lire aussi.Climat : les prévisions choc d'un brouillon de rapport du Giec

Qu’attendez-vous de cette Cop26 ?
J’espère que les connaissances scientifiques que nous apportons sur les évolutions futures du climat, par exemple, seront prises en compte pour l’utilisation des fonds multilatéraux pour l’aide à l’adaptation. Afin que les investissements futurs fonctionnent, dans un climat qui change. J’espère aussi une action plus visible des pays les plus prospères pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. En effet, selon les estimations, les 10 % les plus riches émettent entre un tiers et la moitié des émissions globales. 

 

L'usage trompeur des mots.

Par Le 10/11/2021

C'est effarant ce titre. 

Ce ne sont pas des pays qui trichent sur les chiffres mais les Etats ou gouvernants. 

Les pays, ce sont les peuples. 

Les peuples n'ont pas accès aux chiffres, ils ne délivrent aucun compte-rendu. 

Alors, pourquoi ce titre ? Pourquoi nier ou vouloir cacher la responsabilité de ceux qui nous gouvernent ?

 

COP26 : de nombreux pays déclarent des émissions de gaz à effet de serre inférieures "de 20 à 30%" aux "meilleures estimations des scientifiques"

 

Une analyse publiée dans le "Washington Post" révèle des pratiques qui éloignent "l'objectif de limiter la hausse des température à + 2 °C", déplore le chercheur Philippe Ciais, interrogé par franceinfo.

Article rédigé par

propos recueillis par - Camille Adaoust

France Télévisions

Publié le 10/11/2021 15:02Mis à jour le 10/11/2021 15:22

 Temps de lecture : 3 min.

Des palmiers à huile, à Bornéo, en Malaisie, en 2015. (QUENTIN MARTINEZ / BIOSPHOTO / AFP)

Des palmiers à huile, à Bornéo, en Malaisie, en 2015. (QUENTIN MARTINEZ / BIOSPHOTO / AFP)

Les calculs sont faussés. Dans un article publié dimanche 7 novembre, le Washington Post (en anglais) révèle que de nombreux pays déclarent des émissions de gaz à effet de serre largement inférieures aux estimations indépendantes, dans leur rapports rendus aux Nations unies. Ces données servent notamment de base aux négociations qui se tiennent en ce moment-même à Glasgow pour la COP26.

Le journal, avec l'appui de chercheurs, a épluché les rapports des 196 pays signataires de l'accord de Paris. L'écart entre les émissions qu'ils déclarent et leurs émissions réelles "va de 8,5 milliards à 13,3 milliards de tonnes, (...) de quoi faire grimper le réchauffement de la Terre", alerte le Washington Post. Philippe Ciais, directeur de recherche au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE), a participé à cette analyse.

Franceinfo : L'étude à laquelle vous avez participé révèle que des pays sous-estiment leur émissions de gaz à effet de serre. Comment êtes-vous arrivés à ce constat ?

Philippe Ciais : Oui, nous avons analysé ce qu'on appelle les inventaires d'émissions, déclarés par les pays et utilisés comme base des négociations lors de la COP26. En faisant la somme de tous les chiffres officiels, on a compté moins d'émissions au global que les meilleures estimations des scientifiques. Il y a donc un déficit, des émissions qui manquent dans les déclarations des pays. L'écart, lorsque l'on convertit tout en équivalent CO2, est de 20 à 30% d'émissions entre ces chiffres officiels et les estimations scientifiques globales.

A quoi est dû cet écart ?

Cela dépend des pays. Les émissions déclarées sont par exemple toujours plus faibles que les estimations indépendantes chez les extracteurs de pétrole ou de gaz. Ensuite, beaucoup de pays n'ont pas rapporté leurs émissions depuis longtemps. Seuls les pays du protocole de Kyoto y sont obligés chaque année. L'Iran, par exemple, n'a fourni qu'une seule communication nationale de ses émissions en 2010.

Enfin, si certains pays comme le Canada rapportent moins d'absorption de carbone par les puits naturels [ces réservoirs qui stockent le carbone dans les sols] que ce qui est observé, d'autres surestiment la capacité de leurs forêts à capter du carbone. C'est le cas de la Malaisie, où l'expansion de la culture des palmiers à huile cause beaucoup de déforestation et de pertes de carbone des sols vers l'atmosphère. Dans les forêts qu'il reste, le pays surestime visiblement la quantité de carbone absorbé, allant jusqu'à être trois ou quatre fois au-dessus de ce que donnent des taux de croissance plausibles pour des forêts tropicales. Les déclarations du pays semblent être influencées par un lobby des producteurs d'huile de palme, qui minimisent par exemple la perte de tourbières, normalement riches en carbone, lorsque de nouvelles plantations sont créées.

Les contributions déterminées au niveau national (NDC) des Etats signataires de l'accord de Paris sont insuffisantes et les pays ne les respectent pas. Vous nous expliquez aujourd'hui qu'elles sont en outre fondées sur des chiffres faussés. Tout ceci n'est pas très encourageant...

Ce n'est pas encourageant, non... D'abord, les NDC ne sont souvent pas quantitatives, elles ne fournissent pas un budget carbone, mais un pourcentage de réduction. Prenez la Chine : elle donne des indications sur un pic de ses émissions avant 2030, sur son intensité carbone [le rapport entre la quantité d'énergie utilisé par le pays et le carbone émis] et sur un futur très lointain, une neutralité carbone en 2060. Mais il n'y a pas de trajectoire précise. Je souligne aussi que la France qui a une trajectoire de neutralité et un suivi tous les 5 ans, n'a pas atteint ses objectifs de réduction sur la période 2015-2018. Donc il ne suffit pas de faire un plan très bon pour la décarbonisation, il faut aussi s'y tenir.

En plus, si on part d'émissions sous-estimées, les effets d'une réduction seront moins impressionnants. Tout ceci permet encore moins d'atteindre notre objectif de limiter la hausse des température à + 2 °C.

 

"Il ne faut pas tomber malade"

Par Le 07/11/2021

Ne rien oublier, fouiller dans le passé, chercher les causes et ne pas rester focalisé sur les effets. Sortir de la frénésie des informations, s'éloigner de la cacophonie, ne pas tomber dans le piège des dissensions, ne pas faire le jeu des gouvernants, ne rien oublier, fouiller dans le passé, chercher les causes...

 

 

 

Covid-19 : «Le meilleur moyen de soulager l'hôpital, c'est de ne pas tomber malade», avertit Jean Castex

Par 

Publié le 24/10/2020 à 16:30, mis à jour le 24/10/2020 à 17:14

En déplacement samedi après-midi à l'hôpital nord de la cité phocéenne, le premier ministre a de nouveau mis en garde les Français. «Cette progression de l'épidémie n'est pas finie, a-t-il assuré. Mais nous allons tous ensemble faire face autour de nos soignants».

En déplacement samedi après-midi à l'hôpital nord de Marseille, le premier ministre Jean Castex a de nouveau mis en garde les Français contre le fort regain de l'épidémie de coronavirus. «C'est une bataille collective, elle est dure. Cette progression de l'épidémie n'est pas finie, a averti le chef du gouvernement sur BFM-TV. Mais nous allons tous ensemble faire face autour de nos soignants. C'est un rendez-vous avec nous-mêmes. Je fais confiance aux Français pour montrer que nous sommes une nation unie et solidaire».

Accompagné du ministre de la Santé, Olivier Véran, Jean Castex a expliqué s'être rendu au sein du service de réanimation, où sont pris en charge les «malades les plus gravement atteints, de 47 à 72 ans». «Ce ne sont pas que des personnes extrêmement âgées, cette maladie frappe tout le monde», a-t-il rappelé.

 

«Le meilleur moyen de les aider (nos soignants, NDLR) et de soulager l’hôpital c'est de ne pas tomber malade», a martelé le locataire de Matignon. «Ça dépend de chacun d'entre nous. Il faut respecter les règles que nous avons édictées: le couvre-feu, mais aussi les gestes barrières, respecter les distances de sécurité, porter le masque...», a encore énuméré le premier ministre.

 

 

LE GOUVERNEMENT CONTINUE DE SUPPRIMER DES LITS D’HOSPITALISATION : LA CARTE DES HÔPITAUX CONCERNÉS

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 Sécurités et protections sociales

 Santé

 

Gouvernement et autorités sanitaires continuent de fermer des centaines de lits dans les hôpitaux, malgré la pandémie. Voici la carte des suppressions de lits à venir que nous publions en exclusivité.

On aurait pu penser qu’avec la première vague du Covid qui a déferlé au printemps, les autorités sanitaires, les Agences régionales de santé (ARS), les directions des hôpitaux auraient remis en question la politique de suppression de lits d’hôpitaux qui prime depuis des années. Il n’en est rien. Au moins treize hôpitaux vont continuer de perdre des places d’hospitalisation.

En septembre 2020, la direction du CHU de Besançon a annoncé la suppression d’un service entier de soins de suite et de réadaptation, soit 28 places d’hospitalisation en moins [1]. À l’hôpital psychiatrique du Rouvray, près de Rouen, il a été annoncé début octobre qu’au moins 80 lits seraient supprimés d’ici à 2022 « soit 20 % de la capacité d’hospitalisation », relève l’Union syndicale de la psychiatrie. C’est là, au Rouvray, que des soignants avaient fait une grève de la faim de deux semaines en 2018 pour demander des moyens afin de prendre en charge les patients. Ils avaient obtenu la promesse de créations de postes et de deux nouvelles unités. Ces engagements n’ont pas été tenus (lire notre article).

À l’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Lyon, 75 places d’hospitalisation auront fermé en 2020 d’ici fin décembre, nous indique la CGT de l’hôpital. Pendant la première vague du Covid, trois unités hospitalisation pour adulte avaient été fermées, officiellement pour libérer du personnel, certains services en manquaient à cause de l’épidémie. Cela devait à l’origine être provisoire. Mais il est déjà clair que l’une de ces unités ne rouvrira jamais. Une autre doit rouvrir en décembre, la troisième est en suspens. En plus du Covid, le Vinatier fait les frais d’un plan d’économies décidé en 2018. Celui-ci prévoit la fermeture des unités d’hospitalisation de longue durée. 75 fermetures de lits sont planifiées dans ce cadre, dont 25 dès décembre. Les patients qui vivaient dans cette unité doivent partir dans des foyers médico-sociaux ou en Ehpad, si des places sont disponibles.

Au CHU de Clemont-Ferrand aussi, les fermetures de lits opérées pour répondre à la première vague du Covid font craindre aux soignants des suppressions à plus long terme. Au printemps, « des chambres du service de cardiologie ont été transformées en chambres pour les malades du Covid, des chambres de deux lits sont devenues alors des chambres d’un seul lit. Nous ne sommes pas encore repassés à deux lits. Nous avons aussi perdu des lits dans le service d’endocrinologie, 28 lits d’hospitalisation complète ont été transformés en hospitalisation de jour », témoigne un aide-soignant du CHU et délégué CGT.

Voir en plein écran

Cliquer sur une étiquette pour lire les détails. Les données récoltées se basent essentiellement sur des informations publiées dans la presse, nationale et locale. Les sources précises sont indiquées dans les notes en bas d’article.

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Au CHU de Nancy, comme Basta! vous le racontait en avril, le Covid n’a pas non plus remis en cause le plan de suppression de 174 lits d’ici à 2024. Au CHU de Nantes, ce sont environ 100 lits qui ont été fermés depuis le début de la crise sanitaire, a comptabilisé Mediapart. En mai, des parlementaires alsaciens alertaient aussi sur un projet de leur agence régionale de santé de supprimer 20 lits de réanimation, surtout à Strasbourg, alors même que la région Grand Est sortait d’une phase très dure de Covid… [2] Partout, depuis des années, les hôpitaux français suppriment des places d’hospitalisations. Cette tendance se poursuit depuis mars 2020 comme en atteste la carte que nous publions ci-dessous.

CE COMITÉ INTERMINISTÉRIEL QUI DÉCIDE DES SUPPRESSIONS DE LITS

3400 lits avaient déjà été supprimés en 2019, 4000 en 2018. Entre 2003 et 2017, plus de 69 000 places d’hospitalisation à temps complet ont disparu [3]. Ces dernières années, ces suppressions de lits passent par des décisions du Copermo, pour « Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins », une instance interministérielle créée en 2012 [4]. C’est le Copermo qui a décidé de supprimer 174 lits et des centaines de postes au CHU de Nancy. C’est aussi le Copermo qui veut transformer le CHU de Reims, en y supprimant des lits : 184 lits en moins d’ici à 2027, selon les chiffres annoncés par le maire (LR) de Reims, 210 lits selon la CGT de l’hôpital. Le résultat en tout cas est clair : la capacité d’accueil des patients sera réduite [5]. Au CHU de Tours, le plan Copermo en cours avant la crise du Covid prévoyait de fermer 350 lits [6].

« Je n’en peux plus d’expliquer aux malades qu’il n’y a plus de lits disponibles » : l’hôpital au bord de la rupture

DES CONSIDÉRATIONS STRICTEMENT FINANCIÈRES

À Caen, c’est le projet de reconstruction de l’hôpital qui aboutira à supprimer 200 lits à l’horizon 2026 [7]. À Limoges, un projet de transformation du CHU adopté en 2018 devrait avoir pour conséquence la fermeture d’une centaine de lits [8]. À Nice, un « contrat de retour à l’équilibre financier » proposé par la direction du CHU en 2017 prévoit la disparition d’environ 200 lits [9].

Même chose à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille où le projet de 2019 qui vise à fermer 230 lits est basé sur des considérations strictement financières : il s’agit de sortir les comptes du rouge [10]. Début octobre, en pleine deuxième vague du Covid, la chambre régionale des comptes d’Occitanie a publié un rapport préconisant, là encore, des suppressions de lits au CHU de Toulouse [11].

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IL FAUT « SORTIR DU DOGME DE LA FERMETURE DES LITS » AFFIRMAIT LE MINISTRE DE LA SANTÉ EN MAI 2020

En région parisienne, les regroupements en cours de sites hospitaliers auront aussi pour conséquence de réduire les capacités d’hospitalisation. Les hôpitaux de Longjumeau, Juvisy et Orsay doivent par exemple fermer pour en ouvrir un nouveau à Saclay (notre reportage). Résultat : des centaines de lits en moins [12]. À Paris, ce sont les hôpitaux Bichat et Beaujon qui doivent disparaître au profit d’un nouvel hôpital à Saint-Ouen. Le nouveau site devrait abriter plusieurs centaines de lits d’hospitalisation en moins que les deux qu’il est censé remplacer [13]. À Poitiers, la fusion prévue pour 2021 du CHU avec un groupement hospitalier « Nord Vienne » fait également craindre une diminution des places d’hospitalisation [14].

En mai, le ministre de la Santé Olivier Véran affirmait qu’il fallait « sortir du dogme de la fermeture des lits ». Cela fait cinq mois et rien n’a été fait en ce sens. La deuxième vague changera-t-elle la donne ? Les ARS, le gouvernement, les directions d’hôpitaux, écouteront-elles enfin ce que disent les soignants depuis plusieurs années : il faut arrêter de s’attaquer aux hôpitaux, on en a besoin pour soigner.

Rachel Knaebel

Cette carte, nourrie des informations publiées ces derniers mois et années dans la presse locale et nationale sur les suppressions de lits dans les hôpitaux, n’est évidemment pas exhaustive. Nous la compléterons en fonction des données qui nous parviendront à la suite de cette publication. Pour nous informer à ce sujet, vous pouvez nous écrire à basta@bastamag.net Ou via ce formulaire : [https://framaforms.org/suppression-de-lits-dans-les-hopitaux-publics-francais-aidez-basta-a-les-recenser-1603889009]

 

 

Ouverture des stations de ski : "Si la demande explose, nous ne pourrons pas prendre en charge toutes les urgences", selon un chirurgien

 

"On est déjà aujourd'hui sur un délai de presque une semaine, pour pouvoir gérer les urgences chirurgicales traumatologiques", alerte ce dimanche sur France Bleu Didier Legeais, chirurgien et président de l'Ordre des médecins de l'Isère.  

Article rédigé par

franceinfo

Radio France

Publié le 07/11/2021 13:03Mis à jour le 07/11/2021 16:16

 Temps de lecture : 1 min.

Le peloton de gendarmerie de haute montagne de Modane intervient sur les pistes de la station de Tignes pour évacuer un skieur blessé, à Bourg-Saint-Maurice, le 5 février 2020. (YANN FOREIX / LP / MAXPPP)

Le peloton de gendarmerie de haute montagne de Modane intervient sur les pistes de la station de Tignes pour évacuer un skieur blessé, à Bourg-Saint-Maurice, le 5 février 2020. (YANN FOREIX / LP / MAXPPP)

"Si demain la demande explose, nous ne pourrons pas, en toute sécurité et en toute qualité des soins, prendre en charge toutes les urgences de traumatologie de la montagne", a affirmé le docteur Didier Legeais sur France Bleu Isère dimanche 7 novembre. Le chirurgien et président de l'ordre des médecins de l'Isère réagissait aux annonces de Jean Castex samedi sur le protocole qui accompagne la réouverture des stations de ski cet automne, après la fermeture l'hiver dernier à cause du Covid-19.

Une réouverture qui implique aussi le retour des accidents, selon le médecin. "L'ouverture des stations de ski c'est pour le bassin grenoblois une centaine d'urgences traumatologiques par jour qu'il va falloir gérer", a-t-il indiqué. "Les médecins de montagne vont, comme toujours, répondre à la demande et gérer la petite traumatologie mais pour les services d'urgence grenoblois c'est une centaine de malades qu'il faut hospitaliser quelques heures ou parfois quelques jours".

Plan blanc déclenché

Or, la crise qui touche le secteur de santé n'épargne pas l'hôpital, qui manque déjà de personnel : "On est déjà aujourd'hui sur un délai de presque une semaine, pour pouvoir gérer les urgences chirurgicales traumatologiques qui arrivent dans nos services actuellement", a ajouté le docteur Legeais.

À la demande de l'Agence régionale de santé, l'hôpital de Grenoble ainsi que celui de Voiron, à une trentaine de kilomètres, ont déclenché le plan blanc (outil qui permet à chaque établissement de santé de mobiliser des moyens supplémentaires pour faire face à l'afflux de patients) à cause de la pénurie de professionnels soignants.

Des forces inégales

Par Le 07/11/2021

 

 

Comment avoir la moindre once d'espérance en l'humanité quand on voit ça?

L'affluence pour un salon "manga". Des milliers de personnes. Le métaverse est déjà là en fait. Cette existence virtuelle dans laquelle vivent des millions d'humains.

Et dans le même temps, il y aura eu quelques dizaines de personnes qui auront manifesté pour contester une coupe rase de plusieurs hectares, dans une zone classée naturelle, "pour la construction d'une zone commerciale qui va apporter de nombreux emplois et une vie économique dynamique dans la région." Où est-ce que ça a eu lieu ? Mais partout, n'importe où, dans tous les coins du pays. Les forces en présence sont totalement inégales. Le monde virtuel a une puissance incommensurable. 

Alors, nous, ici, on plante des arbres. On sera mort avant qu'ils soient adultes. Mais on aura fait quelque chose. 

 

Le salon Paris Manga & Sci-Fi Show s'excuse auprès des visiteurs mécontents après une affluence record

 

L'édition 2021 du Paris Manga & Sci-Fi Show, organisée ce week-end à la Porte de Versailles a été victime de son succès, ce qui a provoqué la colère des visiteurs.

Article rédigé par

franceinfo

France Télévisions

Publié le 07/11/2021 15:07Mis à jour le 07/11/2021 17:10

 Temps de lecture : 1 min.

Affluence monstre au Paris Manga &amp; Sci-Fi Show, le festival de la pop culture, le 6 novembre 2021 Porte de Versailles, à Paris. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Affluence monstre au Paris Manga & Sci-Fi Show, le festival de la pop culture, le 6 novembre 2021 Porte de Versailles, à Paris. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Affluence monstre. Le salon Paris Manga & Sci-Fi Show, consacré à la pop culture japonaise (comics, jeux vidéo, cinéma, séries télévisées, culture web, manga, animation japonaise, cosplay et arts martiaux), se tient samedi 6 et dimanche 7 novembre Porte de Versailles, à Paris.

Après deux ans d'absence, à cause de la pandémie de Covid-19, de nombreux visiteurs étaient dans les starting-blocks pour assister à ce rendez-vous. Les organisateurs n'avaient pas prévu une telle affluence et n'ont pas pu gérer les milliers de visiteurs présents. Certains ont dû attendre des heures pour pénétrer dans le Hall 3 du salon.

Face à une telle affluence, les organisateurs ont été contraints d'arrêter la vente des billets sur place et de conseiller aux personnes de reporter leur visite au lendemain. "Les visiteurs qui ne pourront hélas pas se rendre sur le salon dimanche 7 novembre se verront bien sûr rembourser l'intégralité de leurs billets sur simple demande après l'événement", ajoute le communiqué. 

"Metaverse", avenir réel d'un monde virtuel

Par Le 07/11/2021

Le monde réel vous pèse ? Pas d'inquiètude, le Metaverse arrive.

Et pendant que ces gens cogitent pour mettre au point un monde virtuel, aujourd'hui, on a récolté nos topinambours.

Le monde des champs, le monde des villes, le monde réel, le monde virtuel, le monde du sol, le monde hors sol...

 

 

TECHNO

19/10/2021 15:39 CEST

"Métaverse" de Facebook: vous n'avez rien suivi? On vous raconte

 

Le “métaverse” est le monde parallèle virtuel, à la frontière entre fiction et réalité.

 

Ce monde numérique totalement immersif serait l'avenir d'Internet pour Mark Zuckerberg.

 

Par Maxence Bussiere

Michael Szadkowski

Le fondateur et PDG du service américain de médias sociaux et de réseaux sociaux...

KENZO TRIBOUILLARD VIA GETTY IMAGES

Le fondateur et PDG du service américain de médias sociaux et de réseaux sociaux Facebook, Mark Zuckerberg, à Bruxelles le 17 février 2020.

TECH - Dans la tourmente après une panne mondiale et des révélations embarrassantes d’une ancienne employée, Facebook a voulu communiquer sur ses projets d’avenir plutôt que sur les problèmes actuels.

Le réseau social a indiqué, lundi 18 octobre, vouloir embaucher 10.000 personnes dans l’Union européenne pour travailler à l’élaboration du “métaverse”: une sorte de monde parallèle numérique devenu le nouveau graal de Mark Zuckerberg, le fondateur et patron du géant américain des réseaux sociaux.

Si vous n’avez rien suivi à ce projet de réalité numérique futuriste à la sauce Facebook, Le HuffPost vous propose un résumé de ce qu’il faut en savoir. 

C’est quoi le “métaverse” ?

Si vous avez regardé le film Ready Player One, vous avez déjà une bonne idée de quoi il en retourne. Les “métaverses” sont l’équivalent de l’OASIS du film de Steven Spielberg: une sorte de doublure du monde physique, accessible par Internet et des interfaces connectées, et dans lequel on devrait pouvoir exister sous forme d’avatars.

Le terme “metavers”, ou “méta-univers”, signifie littéralement “au-delà de l’univers”. Cette extension d’Internet qui avance à grands pas est rendue possible par la convergence de différentes technologies, afin qu’un individu puisse vivre l’expérience d’un monde en réalité virtuelle, en engageant son corps, vivant émotions et sensations.

“Progressivement, les écrans, hologrammes, casques de VR et lunettes de réalité augmentée sont censés permettre des déplacements fluides d’univers virtuels en lieux physiques, comme des téléportations”, avait expliqué Mark Zuckerberg sur son profil Facebook.

Quelles sont les promesses du “métaverse” ?  

Le “métaverse” est imaginé par Facebook comme une sorte “d’internet incarné” où l’on devient acteur d’expériences et d’actions dans un univers virtuel, plutôt que n’être qu’observateur ou consommateur de contenus. “La qualité essentielle du métaverse sera la présence - le sentiment de vraiment être là avec les gens”, postait Mark Zuckerberg en juillet sur son profil Facebook. 

Dans cet univers virtuel et immersif que Facebook entend construire, il pourrait par exemple être possible de danser dans une boîte de nuit avec des personnes situées à des milliers de kilomètres, de travailler, d’acheter ou de vendre des biens ou services numériques. En clair, l’objectif est d’avoir une vie sociale numérique bien plus immersive et englobante - par rapport à ce que tout le monde fait actuellement derrière son écran d’ordinateur ou sur son smartphone. Une sorte de Second Life, mais vécu à travers des lunettes connectées.

Oculus Quest 2 est un casque de réalité virtuelle créé par Oculus, une marque...

EDWARD BERTHELOT VIA GETTY IMAGES

Oculus Quest 2 est un casque de réalité virtuelle créé par Oculus, une marque de Facebook. Successeur de l'Oculus Quest, il a été officiellement dévoilé le 16 septembre 2020 lors de Facebook Connect 7.

D’où ça vient ?

Le terme “metaverse” provient à l’origine d’un roman dystopique des années 90. Le livre “Le Samouraï virtuel”, écrit par Neal Stephenson à l’aube d’Internet, arborait cependant une définition différente du sens actuel. Il présentait des utilisateurs d’un “métaverse” dont l’esprit est prisonnier d’un virus informatique qui infecte directement leur cerveau.

Si le but du roman dystopique est de prévenir, voire d’effrayer sur les déviances à venir de nos sociétés, des grandes entreprises numériques ont investi des sommes titanesques dans des projets et technologies propres à construire des “métaverses”, comme la réalité virtuelle (VR) ou la réalité augmentée (AR).

Le Monde rapportait que, selon le cabinet IDC, “les dépenses dans ce secteur devraient être multipliées par six entre 2020 et 2024, pour passer de 12 milliards à 72 milliards de dollars”. 

 Pourquoi Facebook s’y intéresse ? 

Les méta-univers sont considérés par les géants du web et du jeu vidéo comme le prochain grand saut technologique dans l’évolution d’Internet. Et c’est là où Facebook est en train de se positionner, en voulant inventer des nouvelles formes d’interactions sociales et d’expériences au sein d’un “métaverse” qu’il construit de A et Z en définissant lui-même ses propres paramètres. 

Ce qui fait sens pour une entreprise qui s’est construite en ayant comme spécialité la mise en relation des internautes, à travers son réseau social fondateur (Facebook) mais aussi des diverses applications rachetées au fil des ans, comme WhatsApp ou Instagram.

“Pour accomplir notre vision du metaverse, nous avons besoin de construire le tissu connectif entre (les différents) espaces numériques, afin de passer outre les limitations physiques et de pouvoir se déplacer entre eux avec la même facilité qu’entre les pièces de sa maison”, avait détaillé Mark Zuckerberg sur son profil Facebook.

Pour y arriver, Facebook met beaucoup de moyens. L’entreprise californienne a racheté pour deux milliards de dollars la société de l’Oculus dès 2014. Depuis, elle a embrayé d’autres projets liés au “métaverse”, dans lesquels plusieurs milliards de dollars ont aussi été investis.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Concrètement, il est déjà possible de vivre certaines expériences qui se rattachent au projet de “métaverse” de Facebook - mais elles sont pour l’heure très limitées. Le géant californien a par exemple dévoilé au mois d’août la version Beta de son application Horizon Workroom. 

L’objectif est d’élaborer des salles de réunion en réalité virtuelle via le casque de réalité virtuelle Oculus Quest 2. Les participants apparaissent autour d’une table ronde sous forme d’avatars personnalisés, peuvent interagir via leur micro ou  dessiner sur un tableau blanc virtuel grâce aux télécommandes.

Facebook et la marque Ray-Ban ont lancé au mois de septembre une paire de lunettes connectées. Ce gadget numérique permet de prendre des photos et vidéos et de se connecter au réseau social.

Les “Ray-Ban Stories” sont cependant démunis de système de réalité augmentée. Mais Facebook espère commencer à familiariser un nombre croissant de personnes avec ce genre d’accessoires connectés (alors que Google et Snapchat, avant lui, ont plutôt échoué sur le sujet).

Qui d’autre s’y intéresse ? 

De son côté, le secteur du jeu vidéo a déjà créé des embryons de “métaverses”. C’est par exemple le cas de Fortnite, qui rassemble 350 millions de joueurs principalement âgés de 14 à 24 ans, et qui vivent, dans la plateforme virtuelle, de plus en plus d’expériences en ligne qui se détachent du concept initial du jeu de battle royal.

Des concerts virtuels du rappeur américain Travis Scott ou d’Ariana Grande, apparaissant sous la forme d’avatars, ont déjà eu lieu. En décembre 2019,  le jeu avait aussi organisé un événement exclusif à l’occasion de la promotion de Star Wars: The Rise of Skywalker. Diffusé en direct, le réalisateur J.J. Abrams était présent “en personne” sous la forme d’un avatar pour y dévoiler en avant-première un extrait du film. 

L’isolement social lié à la pandémie de covid a d’ailleurs été un catalyseur de ce phénomène. Un dirigeant d’Epic Games, l’éditeur de Fortnite, avait expliqué fin mars à l’AFP, que “dans une époque comme maintenant, où se réunir ensemble physiquement est plus difficile, il est extrêmement important d’avoir ces expériences virtuelles”, pensant vraiment “Fortnite comme une plateforme pour les expériences sociales connectées et pas seulement comme un jeu”.

Roblox, un système de création de jeux en ligne dans lequel la majorité du contenu est créée par les joueurs eux-mêmes, avait aussi organisé un concert du rappeur américain Lil Nas X en novembre 2020. 

“Mon premier concert a eu lieu dans un stade. Le premier concert de mon fils était celui de Lil Nas X sur Roblox. Ce n’est pas parce que cela s’est passé à Roblox que cela l’a rendu moins réel”, Cathy Hackl, consultante en technologie qui conseille les entreprises sur le “métaverse”. 

 

"Ready Player One" sur Netflix, le film pour comprendre le métaverse

Alors que Mark Zuckerberg a annoncé le changement de nom de Facebook pour Meta, le HuffPost s'est de nouveau penché sur le film "Ready Player One", meilleur exemple cinématographique de métaverse.

 

Par Athena Rivas

Dans l'adaptation du roman d'Ernest Cline, Tye Sheridan est Wade Watts et passe le plus clair de son...

AAP BUITENDIJK

Dans l'adaptation du roman d'Ernest Cline, Tye Sheridan est Wade Watts et passe le plus clair de son temps dans un monde virtuel où tout est possible: l'OASIS.

CINÉMA - Comme le roman de Georges Orwell, Ready Player One serait-il un film prophétie? Alors que Mark Zuckerberg a annoncé ce jeudi 28 octobre le changement de nom du groupe Facebook, qui s’appelle désormais Meta, le film de Spielberg semble être celui à voir pour comprendre le concept du métaverse que veut développer la firme. 

Le métaverse est une extension d’Internet qui assemble différentes technologies pour qu’un utilisateur puisse vivre l’expérience d’un monde en réalité virtuelle. Concrètement, le public y aura accès pour interagir, travailler ou se divertir via les lunettes de réalité augmentée et casques de réalité virtuelle.

Le concept est considéré par les géants du web et du jeu vidéo comme le prochain grand saut technologique dans l’évolution d’Internet. Et Mark Zuckerberg a annoncé dès juillet son entrée dans la course en décidant de dédier une équipe au développement d’un “méta-univers”. Le chef d’entreprise souhaite développer des équipements capables, via des capteurs, de reproduire les expressions du visage et l’apparence physique d’une personne dans le détail, jusqu’aux sensations et aux émotions des utilisateurs.

Inspiré du mot grec qui “meta” qui signifie “au-delà”, le terme “métaverse” trouve son origine dans le roman dystopique de Neal Stephenson, Le Samouraï virtuel, publié en 1992, qui est le livre de chevet de Mark Zuckerberg. En revanche, à l’époque, le livre décrivait plutôt un virus informatique qui prenait possession du cerveau des utilisateurs, devenus alors otages du métaverse.

Une science-fiction plus si fictive

Adapté d’un autre roman, celui d’Ernest Chine, Ready Player One de Steven Spielberg est un film de science-fiction où Wade Watts (Tye Sheridan), orphelin, vit dans le monde de 2045, délaissé par la population. Tout le monde passe presque tout son temps avec un casque de réalité virtuelle devant les yeux pour parcourir l’OASIS, un monde virtuel. Mais le créateur de ce métaverse, James Halliday (Mark Rylance), cache, avant sa mort, un ”œuf de Pâques”, et lance une grande chasse au trésor. À l’issue de la compétition, le gagnant remportera une immense fortune et prendra le contrôle de l’OASIS. Wade Watts s’élance alors dans la course, mais il n’est pas le seul. 

Disponible sur Netflix, Ready Player One est plein de référence à la pop culture des années 80, tout en restant un film futuriste. Spielberg allie ainsi nostalgie et modernité avec brio. Et c’est ce qui en fait un excellent exemple de métaverse. Le spectateur est plongé à la fois dans la réalité et dans le virtuel inspiré de l’univers “gaming” et des jeux-vidéos de manière générale.

Mais c’est aussi un film qui montre les dérives d’un monde “au-delà” du réel.  Ready Player One interroge sur la dépendance des humains à la technologie et questionne sur la perte du lien social et de notre notion du monde réel. Les personnages vivent une vie parallèle à travers l’OASIS, mais quand ils retirent leurs masques de réalité virtuelle, la réalité ne fait pas rêver. De fait, le 2045 imaginé par Spielberg est une gigantesque poubelle où les caravanes s’entassent à la place des grands buildings. 

Ready Player One pose l’ultime question de l’intérêt d’une vie qui serait uniquement virtuelle.

Le film sorti en 2018 avait fait plus de deux millions d’entrées en France. Le Metaverse de Facebook saura-t-il en faire autant ?

 

 

 

La 5G, technologie imposée

Par Le 03/11/2021

Il y a beaucoup de sujets de société qui ont disparu des radars avec le covid. Et pourtant, ce sont des sujets considérablement importants. Il existe des mouvements de contestation, de rébellion et même de dégradation. Et c'est inévitable car tout cela a été fait sans que nous ne soyons réellement informés. 

 

https://lareleveetlapeste.fr/pays-basque-des-citoyens-empechent-pour-la-seconde-fois-la-construction-dune-antenne-5g/?

Pays basque : des citoyens empêchent pour la seconde fois la construction d’une antenne 5G

 

Pour le collectif Arberua Bizirik et ses soutiens, un tel projet de société ne peut pas être imposé sans concertation de la population. Ils sont donc déterminés à tenir le siège le temps qu’il faudra pour décider démocratiquement de l’aménagement de leur territoire.

 

Il va en être de même avec le "metavers" dont Facebook veut devenir un géant. 

Quel intérêt ? Quelles conséquences ? Quels sont les effets ? Quel est le coût ? Quels sont les secteurs qui seront impactés ? 

L'exemple de la 5G est exemplaire.

Un article qui date de 2020

 

« La 5G est un projet de société auquel les citoyens n’ont jamais été associés »

 

L’urgence, c’est le capitalisme mondialisé qui la crée. Dirigeants et industriels font passer la compétitivité avant la démocratie.

29 septembre 2020 - Augustin Langlade

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Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

 

Commander

L’évaluation scientifique des risques biologiques et sanitaires est encore en cours, la convention citoyenne sur le climat a expressément demandé un moratoire dans l’attente d’une étude d’impact environnemental, une action en justice citoyenne est en cours contre les opérateurs téléphoniques français, néanmoins le gouvernement ouvre ce mardi 29 septembre les enchères pour l’attribution des fréquences de la 5G. La France devrait ainsi prendre le « tournant » de cette technologie qui suscite des résistances de forme et de fond. Car le déploiement de la 5G est loin de se réduire à une décision technique : véritable choix de société, enjeu sanitaire et écologique, pari stratégique, la cinquième génération des standards de téléphonie est à la confluence de tous les débats sur les technologies. 

Entretien avec Nicolas Bérard, journaliste à L’âge de faire, auteur en 2017 d’une enquête sur le compteur Linky, qui publie son nouvel ouvrage 5G mon Amour aux éditions Le Passager clandestin (2020). 

Par Augustin Langlade et Maud Barret Bertelloni

La Relève et la Peste : Pour commencer, une question toute simple, mais qui n’est pas évidente : à quels usages servira la 5G ? À quels besoins répond son déploiement ?

Nicolas Bérard : Cette technologie répond avant tout à une logique générale qui veut qu’après la 3G et la 4G, on passe forcément à la 5G. Pour vous dire, des ingénieurs planchent déjà sur la 6G ! À mon avis, la 5G n’est pas faite pour répondre à un besoin précis. On crée le réseau, on le lance et après on évalue quels usages on pourra en faire.

Il y a déjà plusieurs choses dans les cartons des industriels, c’est vrai, mais malgré tout, on est face à un fonctionnement absurde qui veut qu’on construise les tuyaux avant de trouver comment les remplir…

L’industrie des télécommunications travaille depuis longtemps sur la 5G, c’est un projet de long terme. Il y a donc de grandes tendances qu’on peut constater dans le monde entier : connecter tous les objets qui nous entourent simultanément (on parle d’une capacité d’un million d’objets connectés par kilomètre carré) ; concrétiser la smart city, multiplier les échanges, « dématérialiser »…

C’est dans l’optique de la « smart city » qu’on a créé la 5G ?

En fait, j’ai l’impression que les différents grands secteurs industriels avaient tous besoin de se réinventer, afin de pouvoir faire perdurer le vieux système capitaliste, dont la 5G est l’héritage direct, car elle est fondée sur un renouvellement perpétuel par l’innovation.

Que ce soit l’automobile, l’électroménager, la téléphonie, tous les secteurs avaient besoin de passer à autre chose et se sont restructurés autour de ce projet d’hyperconnexion. C’est ce qu’on appelle l’industrie 4.0, la « smart production », c’est-à-dire la production industrielle à la demande, ou encore la « smart city », l’urbanisme connecté avec ses voitures intelligentes, les équipements ménagers connectés, les millions de capteurs disséminés dans toutes les villes… Tout cela rentre dans une logique de renouvellement du capital.

La 5G relève donc d’un choix de société. Duquel s’agit-il ?

C’est d’ailleurs ce qui caractérise la 5G, par rapport à la 2G ou à la 3G. La 4G a déjà changé énormément de choses, du fait que nous nous envoyons des vidéos, que nous sommes sans arrêt fixés sur nos smartphones. Mais en comparaison, nous allons passer à la vitesse supérieure avec la 5G.

Toutes les professions seront bouleversées, ainsi que l’organisation de la société, ou notre rapport aux objets. Du moins s’ils arrivent à mettre en place leur modèle. Tout va se restructurer autour de la connectivité.

Et c’est là où le fait que les gens n’aient jamais été associés à ce projet, qu’ils n’aient même pas été informés, pose véritablement problème. Ça fait un mois ou un peu plus qu’on parle vraiment de la 5G, alors que les enchères ont lieu aujourd’hui… Les citoyens découvrent qu’il s’agit d’un projet de société, mais c’est trop tard ! Personne n’a son mot à dire.

Antenne 5G en Chine – Macau Photo Agency

Vous parlez ici des usages de la 5G pour les particuliers, mais pourrait-elle trouver une utilité pour certaines professions ?

Un exemple que je trouve assez parlant, c’est celui de la santé. Quand on veut faire accepter une technologie par la population, on aborde toujours en premier lieu les bénéfices qu’en tirera le domaine de la santé. Les promoteurs de la 5G nous ont ainsi promis des applications extraordinaires, comme la télémédecine et la téléchirurgie, dont tout le monde a entendu parler, notamment quand un neurochirurgien, en Chine, a opéré un patient à 3 000 kilomètres de distance.

Et ils nous ont fait passer cette opération pour la tendance générale du progrès, alors qu’on pourrait plutôt remettre en question la fermeture de certains hôpitaux, les déserts médicaux, le manque de matériel de première nécessité…

Plutôt que de mettre en place la chirurgie à distance, on ne pourrait pas rouvrir les hôpitaux fermés, recruter du personnel hospitalier, former de nouveaux chirurgiens ?

À chaque fois, on évite ces sujets, c’est comme si c’était la 5G ou rien. On supprime des postes et des moyens, puis on prétend que la solution est technologique. Avec le Covid-19 et le confinement, c’est reparti de plus belle.

L’étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) visant à pallier l’absence de données relatives aux risques biologiques et sanitaires potentiels de la 5G est encore en cours de réalisation et sera rendue au début de l’année 2021. Pourquoi le gouvernement procède-t-il déjà à l’attribution des fréquences ?

L’urgence, c’est le capitalisme mondialisé qui la crée. Dirigeants et industriels font passer la compétitivité avant la démocratie. Le dernier exemple en date est celui de la Convention citoyenne pour le climat. Macron avait promis qu’il reprendrait sans filtre les 150 propositions pour répondre à l’urgence climatique. Il devait soit les présenter telles quelles à l’Assemblée nationale, soit les proposer à l’occasion d’un référendum.

Le jour de la remise des propositions, le président s’est accordé trois jokers. Ce n’était pas prévu, mais soit, d’accord. Il n’y avait pas la 5G dans ces jokers. Puis, quelques mois plus tard, mi-septembre, devant un parterre d’industriels, Emmanuel Macron nous a expliqué qu’il était hors de question de remettre en cause le déploiement de la 5G.

Il s’est donc contredit lui-même, comme si, dans son esprit, c’était quelque chose d’impensable de faire un moratoire sur une innovation. D’autres pays la mette en place, on ne peut pas se permettre de l’arrêter, c’est son argument. La Chine et les États-Unis l’ont déjà lancée, on n’a plus le choix.

Sur l’échelle des valeurs, il y a la démocratie et bien au-dessus, il y a la compétitivité. Notre modèle sera-t-il donc celui de la Chine dictatoriale et de l’Amérique de Trump ?

Un argument du déploiement consiste à dire que le développement des réseaux 5G permettra de ne pas se retrouver dans une dépendance économique et technologique par rapport à la Chine et les États-Unis.

Au contraire ! Un moratoire aurait pu nous aider à développer nos propres outils. Si nous avions pris du temps pour réfléchir correctement au déploiement de la 5G, peut-être que notre modèle de développement technologique et notre indépendance auraient pu s’inviter dans les débats, mais nous préférons entretenir cette course folle à la compétitivité et à la productivité. Nous sommes piégés dans notre modèle.

Les réseaux 5G ont été déployés sans grands remous par de nombreux voisins européens. Pourquoi la question suscite-t-elle autant de débat en France ?

Je pense que c’est lié au réseau de résistance qui est né autour du compteur Linky. Ça ne constitue pas l’ensemble de l’opposition à la 5G, mais aujourd’hui, on retrouve beaucoup de collectifs anti-Linky qui sont passés à la lutte contre la 5G. Linky a servi en quelque sorte d’outil pédagogique pour la population.

Ce compteur avait l’avantage, si je puis dire, d’aller chez tout le monde, dans toutes les couches de la population. Pour la première fois, la technologie rentrait littéralement chez les Français sans leur demander leur avis.

C’est pour cette raison, je crois, qu’un grand nombre d’opposants à Linky, qui n’avaient jamais milité de leur vie – c’étaient souvent des personnes âgées –, ont rejoint les centaines de collectifs qui se sont créés. Il y a eu beaucoup d’échanges et de réunions, qui ont été très formateurs.

Derrière le compteur Linky, les gens ont vu pour la première fois se dessiner le modèle de la smart city, avec la déshumanisation, les problèmes de santé, la consommation d’énergie, la surveillance, et tous les problèmes que le compteur était en quelque sorte le premier à poser.

Au moment où la 5G est apparue dans le débat public, il y avait déjà ce maillage du territoire, ces organisations, ces collectifs qui existaient et qui ont pu se mobiliser assez rapidement.

Antenne 5G qui a été brûlée – crédit : YORICK JANSENS / Belga / AFP

Cette résistance a aussi pris la forme de dégradations d’antennes, qui ont eu lieu ces six derniers mois dans différents endroits d’Europe. Où ce phénomène trouve-t-il son origine ?

Je crois que les problèmes de santé n’expliquent qu’une partie de l’opposition à la 5G. Cela concerne plus largement le rejet d’une forme d’intrusion, de l’imposition d’une certaine conception du monde. Lors de la journée anti-5G organisée à Lyon le 19 septembre, une partie des opposants se préoccupaient de leur santé, mais ils représentaient une minorité.

J’ai eu l’impression que les Lyonnais s’attachaient beaucoup à la disparition de l’humain dans ce modèle où tout est interconnecté, où la machine prend le pouvoir. L’humain était au cœur de tous les débats.

Pourquoi dans ce cas les débats se cristallisent-ils autant autour des ondes ?

Les grands médias ont du mal à comprendre l’opposition à la 5G, c’est mon impression, et se concentrent sur ce point. Aujourd’hui, ils sont quand même plus prudents qu’avant. Il y a quelques années, avec les compteurs Linky, les opposants étaient décrits comme des abrutis, des complotistes, alors qu’ils étaient en train de se former, de créer des collectifs et de réfléchir à comment s’emparer de ces questions de technologie. Il y avait beaucoup à dire sur ces compteurs et les médias sont passés complètement à côté.

Vous remarquerez qu’ils ont eu autant de mal à saisir les « Gilets Jaunes ». Ce sont là encore des collectifs, mais pas des associations, pas des partis, et tous ces groupes d’opposition brassent des populations extrêmement variées, sans logique identifiable, de tous les âges. Pour les médias, ce genre de mouvements est un mystère…

En ce qui concerne la 5G, par contre, on peut aussi se demander si les médias ne sont pas influencés par le fait qu’ils sont détenus par des patrons des télécommunications :

Xavier Niel, patron de Free, possède Le Monde, la famille Bouygues possède les chaînes TF1 et LCI, Patrick Drahi, patron de SFR, détient plusieurs radios et la revue Paris Match, et ainsi de suite… La question de l’indépendance se pose davantage sur la 5G que sur les autres questions.

Dans votre livre, vous faites le rapprochement entre l’industrie pharmaceutique, les firmes phytosanitaires produisant des pesticides, les géants du tabac et les entreprises des télécommunications, qui ont tous intérêt à minimiser les effets nocifs de leurs produits et à décrédibiliser leurs contradicteurs. Est-ce là le mécanisme à l’œuvre avec la 5G ?

Comme je l’explique dans mon livre, le lobby des télécommunications mobiles s’est organisé dans les années 1990, quand les téléphones portables ne représentaient pas encore grand-chose, les clients se comptaient par milliers. Ils ont repris toutes les techniques de lobbying mises en place aux États-Unis, notamment par l’industrie du tabac.

On retrouve vraiment des parallèles entre les firmes des deux secteurs, notamment dans la « fabrique du doute » : à chaque fois qu’une étude semble démontrer un effet négatif de leurs technologies, ils font produire d’autres études, à la seule fin de créer du doute. Même si ces études sont biaisées, même si elles ne sont pas sérieuses, en attendant que ce soit prouvé, le doute bénéficiera à l’industrie et empêchera l’homme politique de prendre des décisions.

Selon l’argumentaire des opérateurs de télécommunication, le seuil d’innocuité des ondes est fixé à environ 60 volts par mètre par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), tandis que l’exposition des êtres humains à la 5G ne sera que d’un volt par mètre. Que répondez-vous ?

Le problème ne se trouve pas dans le seuil que dépassera ou non la 5G, mais dans la norme elle-même. Les industriels des télécommunications ont réussi à faire fixer des normes qui ne prennent en compte que les effets « avérés » et, depuis, c’est devenu leur principal argument.

C’est l’ICNIRP [Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants, ndlr], qui a conseillé l’OMS pour déterminer les seuils d’exposition aux ondes électromagnétiques que tous les pays ont fini par reprendre sur leur territoire, soit à peu près 60 volt de puissance par mètre.

Quand on prend les documents à l’origine de la règlementation mondiale, on voit bien que l’ICNIRP n’avait fixé qu’un seuil à partir duquel les effets des ondes électromagnétiques étaient « avérés », c’est-à-dire « immédiats ». Cela veut seulement dire que quand on finit une conversation au téléphone portable, on n’a pas la peau brûlée. Mais il n’est nullement question des effets à long terme : les suspicions de cancers, de tumeurs, d’insomnies, de migraines ne figurent jamais dans ces documents ou dans ces seuils.

Autrement dit, le principe de précaution n’est jamais appliqué quant aux effets des ondes sur le long terme ?

En ce qui concerne le risque sanitaire des ondes, la 4G et la 5G, il s’agit forcément d’études qui doivent être menées sur le long terme. Admettons qu’on ne puisse pas attendre dix ans pour déployer la 5G. Pourquoi ne pas patienter au moins jusqu’aux résultats de l’étude de l’Anses, qui sera publiée au début de l’année 2021 ?

J’ai l’impression que le principe de précaution n’est en fait jamais appliqué. En l’occurrence, on n’est même pas capable d’attendre six mois. On a préféré se baser sur les agences de santé d’une vingtaine de pays qui se seraient déjà prononcées et prétendraient qu’il n’y a aucun danger dans la 5G. Plus besoin d’attendre ! Mais à ce moment-là, à quoi servent notre agence de santé et son étude ?

Antenne 5G – F. Muhammad

Quel pourrait être le poids environnemental de la 5G ?

Le déploiement de la 5G va entraîner une augmentation de la consommation d’énergie. Ses défenseurs soutiennent que les antennes seront plus efficaces, ce qui est vrai si l’on prend pour référence un même volume de données. Seulement, la multiplication des échanges va créer un « effet rebond », dans le sens que le déploiement du réseau augmentera le trafic.

On estime actuellement que le volume d’échanges de données, avec la consommation d’énergie qui l’accompagne, pourrait être par 100 ou 1 000 avec le déploiement des nouveaux réseaux.

Puis, il y a le renouvellement des smartphones pour qu’ils soient compatibles avec la 5G, ce qui implique leur fabrication, l’extraction des métaux rares, toute la chaîne de production. Il faut y ajouter tous les objets connectés qui seront produits et mis sur le marché. En fait, ce projet relève d’une visée extractiviste énorme. Globalement, tout cela va augmenter le poids environnemental des technologies.

Actuellement, la consommation énergétique du numérique représente autour de 3,7 % des émissions de gaz à effet de serre – l’équivalent de l’aviation civile. Si l’on continue sur cette lancée, dans cinq ans le volume aura doublé, atteignant 7,5 % environ des émissions mondiales – l’équivalent du trafic routier. Alors qu’on recherche la sobriété énergétique, c’est un secteur qui devient de plus en plus polluant.

Dans une tribune du 12 septembre dernier, une soixante d’élus, dont les maires de onze grandes villes, ont appelé le gouvernement à décréter un moratoire sur la 5G. Pour eux comme pour nombre de critiques de cette technologie, ce n’est pas une interdiction pure et simple qui est visée, mais l’organisation « d’un débat démocratique décentralisé sur la 5G et sur les usages numériques ». À quoi une telle délibération pourrait-elle ressembler ? D’une manière plus générale, comment faire des nouvelles technologies un véritable débat de société ?

Je suis assez sceptique à l’égard de l’organisation d’un débat de ce genre, institutionnalisé. On a vu ce qu’a donné le Grand Débat après la crise des « Gilets Jaunes »… On a tendance à croire aussi que les télécommunications seraient un débat d’experts, qu’il faudrait vulgariser. Mais il n’y a pas besoin de pédagogie : la 5G, c’est très concret.

Exactement comme pour le compteur Linky, les gens se rendent parfaitement compte de ce qui les touche dans leur quotidien. Actuellement, les citoyens s’organisent à travers des collectifs. C’est un combat citoyen, décentralisé et local, exactement comme les Gilets jaunes. Le point le plus important est de montrer qu’il y a des alternatives à ce modèle de développement. Il faut développer un autre imaginaire de société.

Dans la santé : est-ce vraiment la télémédecine qui nous intéresse ? Ou bien est-ce avoir suffisamment de soignants pour qu’ils puissent, plutôt que d’exécuter leurs tâches à la chaîne, avoir le temps d’accomplir un véritable travail de soin ? La question se pose de la même manière pour la 5G.

Les opposants ont pris conscience de la nécessité d’un changement de modèle qui mette l’écologie et l’humain au cœur du projet de société. La défense à tout prix de la 5G – comme lorsque Macron a accusé ses opposants de vouloir retourner au modèle Amish – c’est le symptôme de l’absence de tout autre projet que la croissance du PIB et la « smart city ». Il faut leur renvoyer la balle : ce sont eux les « Gaulois réfractaires » au changement nécessaire de société, pas nous.

Comment les maires peuvent-ils combattre l’arrivée inéluctable de la 5G dans leur commune, et les citoyens dans leur vie ? De quels outils disposent-ils ?

Au niveau juridique, les élus locaux n’ont pas vraiment d’instruments pour s’opposer à l’implantation des antennes, outre les règles d’urbanisme et de paysage. C’est de la compétence de l’Agence nationale des fréquences, de l’ARCEP [l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, ndlr], et du secrétaire d’État au numérique.

Les maires disposent néanmoins d’une petite marge d’action à travers leur Plan local d’urbanisme (PLU) et les dispositifs de protection des paysages et des monuments. Le fait que les maires des grandes villes demandant un moratoire a certainement eu le mérite de mettre le dossier sur le devant de la scène médiatique. Mais le combat se joue au niveau de la mobilisation citoyenne de lieu en lieu.

Crédit photo couv : Jack Sloop

29 septembre 2020 - Augustin Langlade

La Gambie.

Par Le 03/11/2021

 

 

Je lis parfois des commentaires très virulents sur l'Afrique. 

Je n'y ai jamais mis les pieds et je ne connais que ce que j'en lis. C'est bien évidemment insuffisant.

Il n'en reste pas moins que l'Afrique est un continent et qu'il faut absolument identifier clairement de qui on parle. Ici, il s'agit d'un petit pays, méconnu et je suis allé voir sur une carte pour le situer. J'avais bien une idée mais aucune certitude...

La Gambie, comme beaucoup d'autres états, est durement frappée par le changement climatique, bien que le pays ne puisse être pointé du doigt de façon négative. C'est une des problématiques, et non des moindres, des effets du réchauffement. Les élèves attentionnés payent les conséquences des élèves inconscients. Tous ces élèves dispendieux et gaspilleurs, tous ces élèves pilleurs, et l'Afrique est une terre victime du pillage depuis bien trop longtemps, ne devraient-ils pas désormais se tourner vers les "petits" pays qui souffrent de leur inconséquence ?

On pourrait se dire que les sommes nécessaires sont déjà beaucoup trop importantes.

Faux. L'argent existe, c'est juste qu'il n'est pas utilisé correctement. 

ENVIRONNEMENT

02/11/2021 03:31 CET | Actualisé 02/11/2021 15:04 CET

COP26: la Gambie, médaillée d'or des engagements climatiques.

 

A l'heure de la COP26, zoom sur ce petit pays qui rejette peu de CO2 mais qui voit grand pour le climat. Encore faut-il que la Gambie puisse financer ses ambitions.

Par Pauline Brault

La Gambie, petit pays de l'ouest africain, a de grandes ambitions en matière de politiques climatiques....

SOPA IMAGES VIA GETTY IMAGES

La Gambie, petit pays de l'ouest africain, a de grandes ambitions en matière de politiques climatiques. (Photo au Kenya prise par James Wakibia/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)

COP26 -  L’Allemagne prépare sa sortie du nucléaire pour 2022. La France entend décarboner son économie d’ici 2030. La Chine s’engage à atteindre la neutralité carbone en 2060. Alors que la COP26 s’est ouverte lundi 1er novembre, les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète nous noient de promesses, encore loin d’être tenues. Pourtant, il y a un discret pays situé à la pointe ouest de l’Afrique qui a su tirer son épingle du jeu. La Gambie est en effet le seul État dans les clous de l’Accord de Paris sur le climat, a révélé en septembre un rapport du Climate Action Tracker. 

Plus précisément, c’est le seul, parmi les 36 pays analysés par cet organisme, à avoir mis en route des politiques climatiques suffisantes pour baisser drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre. Le seul aussi, à ne pas dépasser le cap de la barre “des +2 voire +1,5 degrés” d’ici la fin du siècle. C’est l’orientation demandée aux 197 États signataires de l’Accord de Paris sur le climat, lors de la COP21 de 2015. 

Les pays présents à la COP21, souvent citée en exemple, ont retroussé leur manche en 2015. Ils se sont attelés à écrire noir sur blanc des promesses pour 2030, date à laquelle les émissions globales doivent avoir été réduites de 50 %. Ces promesses ont un nom : les Contributions déterminées au niveau national (CDN). Sans surprise, la plupart des États ne les ont pas respectées. 

La Gambie médaillée d’or des promesses climatiques

C’est pourquoi Climate Action Tracker a décidé d’évaluer le niveau des promesses non tenues. Deux organismes à but non lucratif, le Climate Analytics et le NewClimate Institute, ont analysé les réels engagements de ces 36 États, parmi les plus gros émetteurs, pour établir un classement. 

La médaille d’or des politiques climatiques “suffisantes” revient donc à la Gambie. Sur le podium, on trouve aussi d’autres pays africains comme le Maroc ou le Nigéria dont les mesures sont jugées “presque suffisantes”. Un seul pays d’Europe rejoint ce groupe de bons élèves: la Grande-Bretagne. Quant à l’Union européenne, son engagement est noté “largement insuffisant”. Les bons derniers sont l’Iran, la Russie ou encore l’Arabie Saoudite.

Ce classement récompense la Gambie pour ses efforts. Depuis l’Accord de Paris, le plus petit pays de l’Afrique continentale n’a pas chômé: le gouvernement a lancé en 2018 un plan de restauration de 10.000 hectares de forêts, de mangroves et de savane. Un projet solaire à grande échelle est aussi prévu pour 2024: des systèmes tournant à l’énergie solaire dans 1100 écoles publiques et établissements de santé vont être déployés. 

Un pays mis sous le joug des sécheresses

La Gambie est donc sacrément motivée pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Pourtant, le pays n’en émet pratiquement pas. L’Afrique de l’Ouest, qui abrite 5% de la population mondiale, rejette seulement 1,8% des GES de la planète. Peu d’émissions et beaucoup de propositions pour les juguler : c’est très paradoxal.

Soit la Gambie veut être un héros du climat -ce qui ne lui rapporterait pas beaucoup d’argent- soit le pays s’inquiète pour son avenir. La deuxième proposition est, bien sûr, la bonne réponse. Des mesures drastiques se sont imposées à la Gambie qui est déjà touchée par les conséquences du changement climatique. 

Il y a une dizaine d’années, la Gambie a connu un épisode de sécheresse dévastateur. Les ménages ont souffert de mauvaises récoltes, de pertes de bétail, et de prix élevés des denrées alimentaires. “Plus d’un million de nos 1,7 million d’habitants ont eu besoin d’aide. Aucun ménage n’a été épargné”,indiqueLamin B. Dibba, ministre de l’Environnement de la Gambie sur le site de l’institut international de l’environnement. La Gambie - et l’Afrique de l’Ouest dans son ensemble - est l’une des régions du monde les plus vulnérables au changement climatique. 

Des objectifs qui dépendent de l’aide internationale 

Or, ces pays “pauvres” ne peuvent pas répondre seuls aux conséquences du changement climatique. S’ils sont déterminés face aux enjeux, le manque de ressources financières est une barrière majeure à l’application de ces mesures. 

Pour faire simple: les pays africains, comme la Gambie, ont deux types d’objectifs. D’une part, les “conditionnels”, ce sont des objectifs souvent très ambitieux mais qui ne verront le jour que si les pays riches leur donnent des sous. D’autre part, les “inconditionnels” qui sont toutes les mesures prises pour le climat sans aide internationale.

Forcément, “les objectifs conditionnels sont plus ambitieux que les inconditionnels, car les pays disent ‘on fera plus si on a des financements internationaux’”, explique au HuffPost Sandrine Mathy, directrice de recherche au CNRS en économie de l’environnement et de l’énergie. 

Les pays du Sud attendent l’argent de ceux du Nord 

L’aide internationale se fait pour l’instant attendre. Lors des précédentes COP, les pays du Nord avaient promis 100 milliards d’euros à ceux du Sud. Or, “il manque 20 milliards aux 100 milliards promis lors de l’Accord de Paris”, relève Sandrine Mathy. 

Mais même si la promesse des 100 milliards était tenue, l’aide resterait insuffisante. Pour s’adapter au changement climatique, 140 à 300 milliards par an sont nécessaires à ces pays, a évalué en 2016 le Programme des Nations unies pour l’environnement. Lors de la COP26, les oreilles seront attentives aux annonces des pays du Nord pour soutenir financièrement ceux du Sud. 

La forêt cathédrale

Par Le 03/11/2021

 

: "l’idée d’une forêt-cathédrale incite de nouveau les humains à adopter une attitude religieuse vis-à-vis de la nature. Elle fait jouer l’idée de la forêt comme un sanctuaire, c’est-à-dire un lieu inviolable, qu’il faudrait traiter avec déférence, vénération même."

C'est l'usage du mot "cathédrale" qui renvoie à l'idée de religion mais ce que l'expression suppose m'enchante absolument. Il est clair que le poids de la religion est inutile. Il suffirait d'associer ce comportement à une attitude spirituelle pour que les choses soient justes. Car il s'agit bien désormais de s'engager dans une voie de spiritualité au regard de l'impact humain. C'est même la seule solution. C'est là que se trouve la puissance nécessaire pour agir. 

" La religion est pour ceux qui ont peur d'aller en enfer, la spiritualité pour ceux qui y sont allés. "

- Proverbe Sioux -

 

"Dans la perspective de Marx, pour sauver la forêt, il est inutile d’essayer d’en faire un nouveau dieu ; il faut se pencher sur les conditions matérielles de la déforestation, là où sont les intérêts économiques de ceux qui l’organisent et des industries qui en jouissent."

Le concept de Dieu n'a jamais rapproché les humains dans leur entièreté parce que LES religions ont servi les dissenssions. Elles ont surtout servi la soif de puissnace et de pouvoir. Du pouvoir sur les esprits et la puissance qui en émane. 

Il ne faut pas déifier la forêt car cela aboutirait encore aux mêmes oppositions. 

"Mon Dieu est meilleur que le tien et donc nos forêts nous appartiennent car elles appartiennent à notre Dieu."

On n'en sortira jamais de cette façon. C'est à chacun de se relier à la forêt, à la nature, à la création et il n'est nul besoin d'associer ce cheminement de cœur à une idéologie religieuse. Le cœur et non le mental. La religion est un cheminement mentalisé dès lors qu'il s'appuie sur des textes écrits par des hommes.

 

"Sauver les forêts, oui – mais sans les idéaliser ?"

Je ne sais pas si on peut se passer, désormais, de l'idéalisation.

N'a-t-on pas trop attendu pour pouvoir se passer d'une forme de sacralisation ? Nos sociétés modernes ont sacralisé le business, la quête de l'avoir, la puissance matérielle et cela jusqu'à puiser inconsidérément dans les ressources de la planète. Est-il possible de freiner cette dévastation de façon cartésienne, dans une logique matérialiste ou devons-nous entrer désormais dans une démarche spirituelle, une forme de dévotion similaire à celle des peuples premiers. Il ne s'agirait pas pour autant de basculer dans le panthéisme puisque cela reviendrait à exacerber les égos et à alimenter les anciens fonctionnements. Le panthéisme est une référence à un Dieu. Qu'il s'agisse de la nature, "Deus sive natura" disait Spinoza, ne change pas le fait que cela reste une référence déique.

Il n'est pas nécessaire de se mettre à genoux au pied d'un arbre et de prier. Il s'agit de le protéger et de l'aimer en tant que forme vivante, indispensable à la survie de Tout. Et de nous. Rien de plus. 

 

Il m'arrive parfois d'imaginer une "intelligence créatrice" devant la complexité du vivant. Je ne l'associe jamais pour autant à une quelconque religion. J'ai lu suffisamment d'ouvrages pour avoir conscience des dérives, souvent épouvantables, que les humains ont perpétré au nom de leur religion. 

"Considérons l'importance du retour du spirituel dans nos sociétés : il faut remarquer qu'il n'est plus rattaché nécessairement à des églises, à des croyances religieuses. Il s'est laïcisé. En ce sens, on parle d'une différence entre religion et spiritualité. Pour bien des gens, la religion est identifiée à un ensemble de normes, d'obligations morales et à une appartenance à des institutions ecclésiales, plutôt qu'à une vie spirituelle plus personnelle et incarnée. Aujourd'hui on cherche une spiritualité plus respectueuse du corps et qui valorise les réalités matérielles. On se distancie d'une religion à tendance dualiste et manichéenne ; celle-ci présentait la matière et la sexualité comme mauvaises, et prêchait une moralité stérile et qui générait des sentiments de culpabilités maladives, comme la psychanalyse l'a mis en évidence. Une religion qui n'est pas en mesure de favoriser une spiritualité, c'est à dire une rencontre existentielle, n'est qu'idolâtrie ou même une idéologie."

Voir lien : Spiritualité laïque

 

 

 

La déforestation sur les pentes du mont Rainier, dans l’État de Washington (États-Unis). © Maksim Shutov/Unsplash

L’arbre qui cache la forêt

La nature, nouvel opium du peuple ?

 

Nicolas Gastineau publié le 02 novembre 2021 4 min

« Ces formidables écosystèmes fourmillants – ces cathédrales de la nature – sont les poumons de notre planète. » Voici un extrait des propos que doit tenir Boris Johnson à la tribune de la COP26, qui se déroule actuellement à Glasgow. Si le Premier ministre britannique fait preuve d’un tel lyrisme, c’est qu’est prévue la signature par plus de cent pays (parmi lesquels la Chine, le Brésil et les États-Unis) d’un engagement à enrayer la déforestation à l’horizon 2030.

Que signifie au juste ce recours à la métaphore religieuse ? Pourquoi avoir besoin de faire de la forêt « une cathédrale » pour encourager à sa protection ? Explications (critiques) avec Karl Marx.

Boris Johnson renoue avec une vieille analogie qui a eu beaucoup de succès dans la poésie romantique au XIXe siècle, celle des forêts comme « premiers temples de la Divinité » chez Chateaubriand, ou si l’on préfère le dire avec Baudelaire, comme d’« un temple » avec ses « vivants piliers ». Le Premier ministre britannique se joint indirectement à cette tradition en pleine COP26 : l’idée d’une forêt-cathédrale incite de nouveau les humains à adopter une attitude religieuse vis-à-vis de la nature. Elle fait jouer l’idée de la forêt comme un sanctuaire, c’est-à-dire un lieu inviolable, qu’il faudrait traiter avec déférence, vénération même. Autrement dit, Boris Johnson entend ici traiter le problème matériel de la déforestation, qui engage des intérêts économiques, par le passage au plan spirituel, en colorant les arbres et la forêt d’une aura de sacré.

Passer par le Ciel pour rendre raison de la terre, c’est bien le reproche que fait Karl Marx à la tradition idéaliste qui l’a précédé. Dans L’Idéologie allemande (1845), il n’a pas de mots assez durs pour les « sornettes idéalistes » de ses prédécesseurs, qui veulent lire l’histoire comme la marche d’une idée ou d’un esprit. « À l’encontre de la philosophie allemande qui descend du ciel sur la terre, c’est de la terre au ciel que l’on monte ici. » Pour Marx, c’est le monde matériel dans lequel l’individu est immanquablement immergé qui le détermine et forme ses pensées. Aussi, ce plan supérieur des idées, ce « ciel » dont la religion est la plus populaire expression, n’est pas un espace autonome ou privilégié, il n’est que le jouet et le reflet des conditions matérielles d’ici-bas : « On ne part pas de ce que les hommes disent, s’imaginent, se représentent, ni non plus de ce qu’ils sont dans les paroles, la pensée, l’imagination et la représentation d’autrui, pour aboutir ensuite aux hommes en chair et en os; non, on part des hommes dans leur activité réelle ». Bref, dans la perspective de Marx, pour sauver la forêt, il est inutile d’essayer d’en faire un nouveau dieu ; il faut se pencher sur les conditions matérielles de la déforestation, là où sont les intérêts économiques de ceux qui l’organisent et des industries qui en jouissent.

D’ailleurs, ce recours au religieux n’est selon lui pas qu’une simple erreur ; plutôt une grave tromperie. Dans la célèbre introduction qu’il écrit pour sa Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel (1843), il estime que « la religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’une époque sans esprit. C’est l’opium du peuple ». Autrement dit, la religion est une illusion opportunément entretenue pour dissimuler les causes matérielles, économiques et non naturelles, de la misère du peuple. Ce nuage de fumée, qui dissimule les souffrances derrière des « cancans littéraires », doit être dissipé pour que les souffrances cessent d’être justifiées et apparaissent dans leur insupportable cruauté. « Le véritable bonheur du peuple exige que la religion soit supprimée en tant que bonheur illusoire du peuple. Exiger qu’il soit renoncé aux illusions concernant notre propre situation, c’est exiger qu’il soit renoncé à une situation qui a besoin d’illusions. »

Dans le cas des forêts, discourir de la forêt-cathédrale, c’est produire de l’illusion à l’endroit d’une nature fantasmée, faute de mettre en œuvre les moyens matériels de la sauver. Pour l’anecdote, Marx écrit d’ailleurs, afin de tourner en ridicule des philosophes romantiques de son époque qui voyaient l’âme allemande dans les forêts : « Le proverbe ne dit-il pas : la forêt ne renvoie jamais en écho que ce qu’on lui a crié ? » 

Sauver les forêts, oui – mais sans les idéaliser ?

L'humusation

Par Le 03/11/2021

C'est une idée qui semble totalement irrecevable ici et c'est pourtant celle qui est partiquée depuis des millénaires un peu partout sur la planète.

Quand on a conscience de l'impact des enterrements ou des créations, on ne peut qu'opter pour ce retour à la terre.

C'est clair qu'il faudra une sacrée rupture dans les traditions pour y parvenir. En France, pour l'instant, il n'en est pas question...

 

C’est quoi l’Humusation ?

 

Une idée novatrice qui a besoin de votre soutien.

 

Lorsque nous mourons, nous n’avons généralement, que deux options pour notre corps: l’enterrement et l’incinération.

Or, l’une et l’autre sont très polluantes et cassent, irrémédiablement, le cercle vertueux de la Vie sur terre

Mais il existe une troisième solution, que nous appelons l’Humusation:

il s’agit d’un processus contrôlé de transformation des corps par les humuseurs (micro-organismes présents uniquement dans les premiers cm du sol) dans un compost composé de broyats de bois d’élagage, qui transforme, en 12 mois, les dépouilles mortelles en Humus sain et fertile.

La transformation se fera hors sol, le corps étant déposé dans un compost et recouvert d’une couche de matières végétales broyées que les Humusateurs ajusteront pour en faire une sorte de « monument vivant ».

En une année, l’humusation du défunt, réalisée sur un terrain réservé et sécurisé qui aura pour nom “Jardin-Forêt de la Métamorphose”, produira +/- 1,5 m³ de “super-compost”.

Suivez ce lien pour comprendre comment cela se déroulera en détail.

 

Pourquoi choisir l’Humusation ?

 

L’Humusation, contrairement à l’enterrement ne nécessite:

pas de cercueil

pas de frais de concession dans un cimetière pendant 5, 10, ou 25 ans

pas de frais de pierre tombale, ni de caveau

pas de frais d’embaumement, ni l’ajout de produits chimiques nocifs

pas de charge d’entretien régulier de la tombe pour les proches

pas d’exhumations par les fossoyeurs, pour faire de la place dans les cimetières, quand les tombes sont laissées à l’abandon…

et ne provoque pas de pollution des terres et des nappes phréatiques par la cadavérine, la putrescine, les résidus de médicaments, les pesticides, les conservateurs, les perturbateurs endocriniens,….

L’Humusation, contrairement à l’incinération ne génère:

pas de rejets toxiques dans l’atmosphère, ni dans les égouts

pas de consommation déraisonnée d’énergie fossile (+/- 200 l d’équivalent mazout/personne)

pas de location de columbarium

pas de détérioration des couches superficielles du sol lors la dispersion des cendres

Au contraire, l’Humusation crée un humus riche, utilisable pour régénérer les terres.

Un processus de remise à la terre doux, respectueux de la personne et durable.

Pour en savoir plus, parcourez le BLOG.

 

 

 

Tourisme spatial

Par Le 02/11/2021

Je trouve que là, on touche le fond. Des milliards d'humains survivent comme ils peuvent, la planète est considérablement impactée par l'activité humaine et il y a donc ces milliardaires qui s'envoient en l'air et qui ont l'affront de dire à leur retour que la Terre est belle vue depuis l'espace. 

Les voyages spatiaux : un tourisme ultra-polluant et indécent au profit des plus riches

 

« En 10 minutes, commente Lucas Chancel, Bezos et ses trois clients vont émettre chacun 75 tonnes de CO2. 10 minutes. Sur terre, il y a un milliard de personnes qui n’atteignent pas ces niveaux d’émissions sur une vie entière. »

22 septembre 2021 - Augustin Langlade

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Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

 

Commander

Virgin Galactic, Blue Origin, SpaceX, l’émergence du tourisme spatial a marqué par trois fois l’actualité récente. Derrière la soi-disant démocratisation du voyage spatial et les levées de fonds caritatifs, se trouve surtout un tourisme spatial ayant un coût environnemental exorbitant au profit des plus riches. Décryptage.

Des voyages spatiaux pour riches

Le 11 juillet 2021, le vaisseau VSS Unity s’élance de sa base du Nouveau-Mexique, aux États-Unis. À son bord, deux pilotes et quatre passagers civils, dont le milliardaire Richard Branson, fondateur de la compagnie Virgin Galactic, qui a construit l’avion.

Une heure après le décollage, le VSS Unity dépasse 80 km d’altitude. On coupe le moteur. Libérés de leur ceinture, les passagers flottent quelques minutes en apesanteur et admirent la courbure de la Terre.

Richard Branson décrit alors une « expérience unique dans une vie ». Avec son modèle SpaceShipTwo, il est le premier milliardaire à parcourir l’espace dans un engin conçu par sa propre entreprise, dont les vols commerciaux commenceront en 2022.  

Le 20 juillet, Jeff Bezos et trois autres passagers s’envolent à leur tour du désert texan à bord du premier vol habité de l’entreprise spatiale Blue Origin, fondée en 2000 par le patron d’Amazon. Revenu au sol, l’homme le plus riche du monde s’étonne de la « fragilité » de la Terre, puis remercie « chaque employé et chaque consommateur d’Amazon » pour leur contribution indirecte à son vol. Blue Origin en promet « beaucoup d’autres » dès 2022.  

Jeff Bezos, fondateur et PDG de Blue Origin et Amazon, prend la parole lors d’un événement au Space Launch Complex 36 en Floride pour annoncer le 15 septembre 2015 que Blue Origin construira des fusées touristiques. A ses côtés : Rick Scott, gouverneur de Floride. – Crédit photo : NASA/Kim Shiflett

Le 16 septembre, un troisième vaisseau décolle de Floride. Celui-ci appartient à SpaceX, la célèbre entreprise d’Elon Musk. Baptisée « Inspiration4 », cette mission transporte quatre touristes spatiaux américains, sans équipage professionnel, à une orbite de plus de 575 km. 

Avant leur amerrissage, les touristes profitent de trois journées de vacances dans l’espace. À 28 000 km/h, ils font chaque jour plus de 15 fois le tour de la Terre.

« Bienvenue dans la deuxième ère spatiale », déclare à leur retour le responsable de la mission.   

Un marché d’un genre nouveau vient de naître.

Lire aussi : « Pour constater que l’intelligence artificielle est très dangereuse, il suffit de regarder dans le passé »

Encore inimaginable il y a quelques décennies, le tourisme spatial connaît un essor considérable, avantagé par l’évolution des moyens techniques et la libéralisation du secteur. SpaceX, Blue Origin, Virgin Galactic, ces trois géants industriels cachent en effet une forêt de plus petites entreprises privées, qui rêvent d’envoyer de riches êtres humains dans l’espace, sur la Lune ou sur Mars, d’y établir des hôtels, voire de véritables colonies.

Des manèges de luxe au coût environnemental indécent

Vols orbitaux et suborbitaux, séjours, tours de la Lune, réalisation de films dans l’espace, ce marché nourrit les projets les plus fous. Bon nombre d’États et d’acteurs privés espèrent d’ailleurs que la « démocratisation » du cosmos favorisera la recherche, ainsi que la conquête (autrement plus difficile) des ressources spatiales.

« Nous vivons une situation analogue à celle du début du tourisme », expliquait au Monde François Graner, directeur de recherche au CNRS, en juin dernier.

Pollution de sites naturels, perte de biodiversité, urbanisation, explosion des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dues au transport : en moins de cent ans, la massification du tourisme a eu des conséquences dramatiques sur la planète. Quelles seront celles, bien terrestres, du tourisme spatial ? 

Lire aussi : « 5G : Amazon va envoyer 3 236 satellites en orbite »

Dans un article publié en septembre 2020 par The Conversation (récemment mis à jour), trois physiciens ont tenté d’évaluer le coût que cette industrie touristique encore réservée aux ultra-riches fait peser sur l’environnement.

Toutes les missions, expliquent les chercheurs, n’émettent pas la même quantité de CO2. Plus le trajet du vaisseau est complexe et éloigné de la terre, plus la facture écologique est lourde. 

Au premier échelon : les vols dits « paraboliques », déjà très pratiqués. Un avion effectue une succession de paraboles faisant ressentir aux passagers (en échange de 6 000 euros) une certaine apesanteur. Ce « manège de luxe » pollue autant qu’un vol Paris-Varsovie.

Avec les vols suborbitaux comme ceux que proposent Virgin Galactic et Blue Origin, les tarifs explosent (plusieurs centaines de milliers de dollars par personne), tout comme le coût des machines et des installations nécessaires pour les lancer.

Dans ce cas de figure, chaque passager « dépense » en moyenne 4,5 tonnes de CO2 au cours d’un seul vol, soit près de la moitié des émissions annuelles d’un Français.

Elles sont estimées à 11,2 tonnes, toutes activités confondues — nourriture, transport, logement, etc. Pour rappel, l’empreinte carbone moyenne des Français doit baisser d’environ 80% d’ici 2050 pour parvenir aux 2 tonnes de CO2 par an compatibles avec l’Accord de Paris.

Ce n’est pas tout. Un vaisseau comme le VSS Unity, à propulsion hybride, recrache également 0,6 tonne de suies dans la stratosphère. À une telle altitude, entre 30 et 50 km du sol, ces puissants polluants demeurent en suspension pendant une dizaine d’années, contribuant au réchauffement global de la planète.

Dernier échelon (provisoire), les trajets orbitaux ou vers l’ISS. Selon les scientifiques, chaque « vol complet » d’une fusée Falcon 9, celle sur laquelle ont embarqué les quatre touristes de SpaceX, émet environ « 1 150 tonnes de CO2 », soit « 638 ans d’émission d’une voiture moyenne parcourant 15 000 km par an ».

Le passager d’un vol orbital produit donc 65 fois plus de carbone que celui d’un vol suborbital, et 26 fois ce que génère aujourd’hui un Français moyen au cours d’une année. 

L’amerrissage de la capsule retour des civils – Crédit : Official SpaceX Photos

Les conséquences environnementales des pollutions indirectes

À ces émissions directes d’équivalent carbone, il faut ajouter toutes les pollutions indirectes qu’induisent la fabrication et le lancement des fusées.

Afin de construire les usines d’où sortiront les pièces, les bases et les pas de tir, d’immenses espaces naturels sont bétonnés : le seul Spaceport America de Virgin Galactic, au Nouveau-Mexique, couvre 73 km2, soit plus de deux fois la superficie de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. 

« L’extraction, [le] transport et [la] transformation de matériaux de haute qualité, l’acier ou l’aluminium par exemple, nécessaires pour fabriquer la masse totale des fusées » doivent aussi être pris en compte, tout comme les émissions liées à la « fabrication en amont du carburant ».

Lucas Chancel, codirecteur du laboratoire sur les inégalités mondiales à l’École d’économie de Paris, a « dimensionné » le bilan carbone global des vols opérés par la société Blue Origin de Jeff Bezos.

Selon l’économiste, chaque passager aurait généré 429 tonnes de CO2, « dont 71 tonnes en émissions directes (liées au lancement lui-même) et 358 en émissions indirectes », l’essentiel de celles-ci émanant de « l’énorme logistique » indispensable au moindre décollage.

« En 10 minutes, commente Lucas Chancel, Bezos et ses trois clients vont émettre chacun 75 tonnes de CO2. 10 minutes. Sur terre, il y a un milliard de personnes qui n’atteignent pas ces niveaux d’émissions sur une vie entière. »

Toutes ces pollutions pour… un ping-pong spatial – Crédit : Blue Origin

La « démocratisation » attendue du tourisme spatial, c’est-à-dire l’ouverture de l’espace aux très riches, s’accompagnera de pollutions massives sur l’ensemble de la planète, en particulier dans la stratosphère, où l’air se recycle moins rapidement qu’ailleurs.

Lire aussi : « Les astronomes lancent l’alerte sur les dangers des mégaconstellations de satellites »

Or, Christophe Bonnal, expert au sein du Centre national d’études spatiales (CNES), confie à Libération que « 50 000 personnes seraient d’ores et déjà prêtes à dépenser 200 000 dollars pour une excursion spatiale ».

Des analystes de la banque d’investissement UBS estiment quant à eux que d’ici la prochaine décennie, le marché du tourisme orbital ou suborbital devrait atteindre « 3 milliards de dollars par an, avec une croissance à deux chiffres ». 

Entre 1990 et 2015, les 1 % les plus riches ont été responsables de deux fois plus d’émissions que la moitié la plus pauvre de l’humanité. En projetant de faire le tour de la Lune dans deux ans à bord d’une fusée SpaceX, le milliardaire japonais Yusaku Maezawa, magnat de la mode, montre que cet écart terrible n’est pas prêt d’être comblé.

Crédit photo couv : Official SpaceX Photos

22 septembre 2021 - Augustin Langlade

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"Sécheresse en Europe" ARTE

Par Le 01/11/2021

L'agriculture intensive, les subventions de l'UE, les lobby agro-industriels.

L'agriculture conventionnelle accroît les effets de la sécheresse.

L'agriculture bio permet aux sols de résister. 

On est arrivé ici au mois de mars. On a paillé, couvert de broyat et de BRF, on n'utilise aucune machine, on ne tasse pas le sol, on ne le retourne pas. On fait un petit trou, on plante et on repaille. 

Aujourd'hui, le sol grouille de vers de terre et de myriades d'insectes. Tous participent à la biodiversité.

Plusieurs voisins sont venus discuter avec nous, surpris par cette méthode. Impressionnés par le rendement du terrain en aussi peu de temps.

Nos récoltes sont déjà suffisantes pour nous nourrir.

C'est une petite surface. Le potager couvre à peu près 250 m² pour l'instant. Rien n'empêcherait d'étendre cela à des hectares entiers. 

Ces derniers jours, nous avons planté à peu près quarante arbres et arbustes. Le jardin-forêt prend forme. De multiples espèces différentes de pommiers, poiriers, mirabelliers, abricotiers, cerisiers, argousiers, amélanchiers, oliviers de Bohème, baie de goji, goumi du Japon, févier d'Amérique, kiwaï, kiwis, vignes, groseilles, groseilles à maquereaux, cassis, framboises, pruniers, caraganier, chalef d'automne, feijoa...On installe des "corridors" entre les plants, des lieux réservés aux légumes, tout ce qui pousse ici se mélange. Pas de rang, pas de places attribuées, séparées, isolées. Tout est relié. On a semé de "l'engrais vert" aux pieds des arbres, sur le maximum de surface. Cet engrais vert couvrira le sol le moment venu. Le sol n'est jamais, jamais mis à nu...La terre n'est jamais retournée au-delà du trou qui accueille le plan. On désherbe le tour de l'arbre pour que l'eau s'infiltre, sinon les graminés en absorbent une trop grande quantité. Toutes les adventices sont laissées sur place, racines à l'air. Elle se décomposent et nourrissent le sol. Des bacs à compost  pour la formation du terreau et une partie des épluchures et "déchets verts" sont étalés directement sur le terrain. Plusieurs zones sont dédiées à l'accumulation de bois morts et de ronces pour que les insectes y trouvent des abris. Il ne s'agit pas d'adapter le terrain mais de nous adapter au lieu en y plantant ce qui nous importe. L'objectif est de rester au plus près de la nature et de son extraordinaire équilibre.

Maintenant, c'est évident que le travail humain, et non mécanisé, demanderait des changements de comportements très importants. 

Des tas d'expériences sur des surfaces de grande taille ont montré que tout cela est possible. 

La sécheresse réclame ces changements. Il n'y a pas d'autre solution.

 

"Les forêts précèdent les peuples; les déserts les suivent"

Apocryphe attribué à Chateaubriand.

 

 

 

Quel niveau de sobriété faut-il viser?

Par Le 31/10/2021

 

Le concept de "sobriété" ne date pas d'hier mais cette étude est la plus récente que je connaisse (merci à Bernard pour me l'avoir envoyée :) 

 

La conclusion de l'étude ne laisse guère d'illusions sur la suite.


Rien ne se fera volontairement tant que la situation ne sera pas devenue dramatique mais lorsqu'elle sera devenue dramatique, il sera bien trop tard car les changements climatiques ne se résolveront pas en quelques années. Les vingt prochaines années vont déterminer les cent prochaines, au bas mot...

 

 

 

 

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Quel niveau de sobriété faut-il viser?

Les discussions sur la transition énergétique se terminent souvent sur le constat que la sobriété est importante. L’ennui, c’est que ce concept n’est pas défini. Quel serait un mode de vie compatible avec les limites planétaires? Faut-il retourner à civilisation purement agraire? Ou à l’âge de pierre? Une étude publiée en 2020 s’est intéressée à la question de l’énergie nécessaire au maintien d’un mode de vie « décent ». Leur conclusion : il est aujourd’hui possible d’avoir des frigos et des téléphones tout en consommant moins d’énergie que des paysans du XIXe siècle.

L’étude, dirigée par Joel Millward-Hopkins de l’Université de Leeds, s’intéresse d’abord aux niveaux historiques de consommation énergétique. Les chasseurs-cueilleurs de la fin du Paléolithique consommaient environ 5 GJ d’énergie par année par personne sous forme d’aliments et de bois pour le chauffage et la cuisson des aliments. En 1850, ce niveau de consommation atteignait environ 20 GJ. De nos jours, il est de 80 GJ en moyenne, mais avec d’importantes disparités entre pays : il se situe à 5 GJ à peine dans certains pays et dépasse 200 GJ dans les pays les plus riches. Un gigajoule équivaut à environ 278 kWh et 80 GJ valent 22 222 kWh.

Enjeux de modélisation

Il existe deux approches de modélisation pour déterminer l’énergie nécessaire pour répondre aux besoins humains de base. La première est une approche descendante, où l’on utilise les données existantes pour faire un rapprochement entre la consommation d’énergie et les résultats en termes de qualité ou d’espérance de vie. Une étude antérieure, par exemple, a montré que les pays qui atteignent un indice de développement humain jugé raisonnable de 0,8 consomment entre 30 et 100 GJ d’énergie par personne et par année.

La limite de l’approche descendante, c’est qu’elle ne mesure que les systèmes existants et présume que ceux-ci vont rester semblables à l’avenir. Les approches ascendantes évitent cet écueil en construisant une liste des besoins jugés essentiels et en mesurant les ressources nécessaires pour les fournir aux populations concernées. Les travaux de Millward-Hopkins appartiennent à cette catégorie, qui a elle aussi une longue histoire. Une étude de 1985 concluait qu’on pouvait couvrir les besoins humains de base pour environ 30 GJ par personne par année. Plus près de nous, une étude de 2019 concluait que les besoins en Inde, au Brésil et en Afrique du Sud étaient de l’ordre de 12 à 24 GJ.

L’équipe de Millward-Hopkins a aussi fait un autre choix important, celui de compter en termes d’énergie finale (ou énergie nette) plutôt qu’en termes d’énergie primaire. La conversion de l’énergie primaire en énergie finale, par exemple l’utilisation du charbon pour produire de l’électricité, entraîne des pertes considérables. Ceci fait en sorte que les systèmes énergétiques à base fossile semblent offrir plus d’énergie que ceux à base renouvelable, alors que l’énergie réellement rendue disponible aux citoyens est équivalente. Le choix de l’énergie finale comme unité de mesure donne donc une base de comparaison équitable entre les deux systèmes.

Les résultats

La manière dont le mode de vie « décent » a été défini serait trop longue à résumer ici. Le niveau de vie retenu dans le scénario de base est beaucoup plus explicite et est décrit comme suit :

Nutrition : Une diète de 2000 à 2150 calories par jour, plus un frigo comportant un congélateur, plus un appareil de cuisson. Produire tout ceci représente environ 3 GJ par année (on ne compte pas la valeur énergétique des aliments eux-mêmes), dont 0,5 GJ seulement vont au frigo et à la cuisson.

Habitation : Ménages de quatre personnes en moyenne, apportant 15 m² par personne. Cet espace est maintenu à environ 20 degrés pendant toute l’année. Fournir cet espace représente de 2 à 4 GJ par année et le « confort thermique » coûte de 0,02 à 0,06 GJ/m² en moyenne, selon le climat. L’éclairage coûte 0,014 GJ par mètre carré.

Hygiène : Le modèle compte 50 litres par personne par jour, dont 20 litres d’eau chaude. Les besoins en énergie se situent entre 0,0001 et 0,0002 GJ par litre. Il existe aussi un système de collecte des ordures, au coût de 0,0180 GJ par personne. Au total, environ 1,5 GJ par année.

Vêtements : On compte 4 kilos de vêtements neufs par année (à environ 0,1 GJ par kilo) et 80 kilos de lessive, pour environ 0,002 GJ par kilo. On compte aussi des écoles et des hôpitaux, dont le coût au mètre carré est important, mais partagé entre de nombreux utilisateurs. Au total, environ 1,5 GJ par année.

Communication et information : On compte un téléphone par personne âgée de dix ans et plus, pour environ 0,1 GJ. On compte aussi un ordinateur portable par ménage, au coût de fabrication de 3 GJ chacun (amorti sur de nombreuses années), plus 0,2 GJ par année pour l’utilisation. Enfin, le coût des réseaux est estimé à 0,4 GJ par année par personne. Au total, environ 1,5 GJ par année.

Mobilité : On mise sur des déplacements motorisés de l’ordre de 5 000 à 15 000 km par année (tous modes de transport confondus). La production des véhicules coûte de 0,0001 à 0,0003 GJ par kilomètre parcouru, un peu moins pour leur alimentation. L’entretien des infrastructures revient aussi à 0,0001 à 0,0003 GJ par kilomètre. Au total, la mobilité représente environ 3 GJ par année.

Sobriété par pays

Au total, la consommation énergétique se situe entre 13 et 18,3 GJ par année dans les 119 pays étudiés, pour une moyenne de 15,3 GJ par année seulement – moins que les 20 GJ consommés en 1850 dans des systèmes à l’efficacité énergétique très médiocres. Trois cas de figure sont donnés en exemple. D’abord le Rwanda, à 13 GJ, où les besoins en mobilité et en chauffage et climatisation sont faibles. Ensuite, l’Uruguay, à 16 GJ, où les besoins de mobilité sont élevés, mais le besoin de confort thermique est moyen. Et enfin le Kirghizstan, à 18,3 GJ, où les besoins de mobilité et de confort sont élevés.

Ces besoins énergétiques sont calculés en fonction de la meilleure technologie actuellement disponible et ne requièrent aucune percée technologique majeure. Cette hypothèse surestime quelque peu l’efficacité énergétique moyenne des systèmes actuellement en place et suppose donc un effort actif de transition. Au total, les besoins énergétiques de l’humanité sont de l’ordre de 149 exajoules, ce qui est de 60 % inférieur à sa consommation actuelle et 75 % en deçà des objectifs fixés par l’Agence internationale de l’énergie pour 2050.

Les chercheurs ont évalué quelques scénarios alternatifs. Un scénario de demande élevée, où la réduction des besoins n’est pas aussi efficace que prévu, débouche sur une consommation annuelle de 24 GJ par année. Dans un scénario où la meilleure technologie n’est pas mise en place partout, la consommation atteint 26 GJ. Et enfin, dans un scénario combinant forte demande et technologie moins avancée, la consommation atteint 40 GJ. Ceci représente 400 exajoules d’énergie au total en 2050 – ce qui correspond au scénario de développement durable de l’Agence internationale de l’énergie.

Conclusions
Les chercheurs admettent que leurs travaux évitent la question la plus compliquée : comment passe-t-on de la situation actuelle à ce système sobre, qui suppose une décroissance importante dans de nombreux pays et la mise en place d’une économie à croissance zéro? Par contre, leurs résultats apportent une réponse au cliché selon lequel les écologistes veulent nous ramener à l’âge de pierre. Si le système proposé n’est pas exubérant, il assure quand même un logement confortable et un téléphone, ainsi que l’éducation et les soins de santé universels. Les chercheurs estiment aussi que cette sobriété pourrait déboucher sur une réduction importante du temps de travail.

Les chercheurs soulignent toutefois que la sobriété proposée, qui repose sur des principes d’égalité et de suffisance, est incompatible avec les propositions courantes de croissance verte, de consumérisme vert et de croissance économique infinie.

Source :

Millward-Hopkins, J., et al. (2020). « Providing decent living with minimum energy: A global scenario. » Global Environmental Change 65 (September): 102168-102168.

 

 

La souveraineté du business

Par Le 31/10/2021

 

La France n'a plus aucune souveraineté mais L'UE n'en a pas davantage, ni même les USA, ni même la Chine, ni aucun état parce que la seule souveraineté, c'est celle du business et il n'a aucune frontière.

C'est un meta-système, une imbrication planétaire qui dépasse les gouvernements eux-mêmes, une sorte de mouvement perpétuel qui a sa propre existence désormais, une existence entretenue par les états qui en dépendent eux-mêmes mais dont ils ne contrôlent pas les mouvements malgré l'illusion du pouvoir en lequel ils continuent à croire. Regardons par exemple ce que fait Total en Ouganda avec l'aval du gouvernement.

Qui possède le pouvoir ? Total, IBM, Apple, Exxon, Microsoft, Amazon, les banques, la FED, la BCE...Les financiers, les tenants du business. Et tous ceux-là se contrefichent de la souveraineté ou du pouvoir des gouvernements. Tout s'achète, tout se corrompt, tout se pervertit. Seul le business compte. Le business intervient partout, au-delà des frontières, par-delà les gouvernements qui s'imaginent encore contrôler le processus alors qu'ils sont eux-mêmes assujettis. Tous vassaux et un seul roi : le business. 

Un business mortifère

Par Le 31/10/2021

Nous sommes les participants enthousiastes ou réfractaires d'un business planétaire et nous ne pouvons pas en sortir. Et c'est justement parce que nous n'avons plus la possibilité d'en sortir que ce business planétaire court à sa perte. Par épuisement des ressources, par une dévastation effrénée.

Ça prendra un certain temps mais c'est inéluctable.

Il ne nous reste qu'à nous y préparer et en fait pas grand monde, actuellement, n'a idée de ce que ça signifie. 

L'explication est très simple, je l'ai déjà postée.

Le business. Nous sommes les proies du business et en même temps son moteur. Et c'est en cela que c'est effroyable. Car pour nous sauver, il faudrait que nous nous amputions de nous-mêmes tellement ce business est devenu une partie de nous.

Il n'y a pas de solution. Nous allons donc poursuivre sur cette voie jusqu'à ce que la Nature vienne entraver le convoi.

Le problème, c'est que ce convoi ne supporte aucunement l'entravement. Il ne sait pas ralentir, il sait encore moins s'arrêter. Il a donc décidé d'aller jusqu'au déraillement. Coûte que coûte. Persuadé que le progrès contient en lui-même la résolution aux problèmes qu'il génère.

L'humanité vit hors sol et s'imagine que le convoi taille sa route dans une Nature qu'il domine. Ce fameux "environnement". Comme s'il y avait nous, les humains et puis le reste. Pure folie. Il n'y a qu'une réalité. C'est le Tout. Nous nous en sommes extraits, nourris par la puissance du business, nourris par le progrès.

La Nature n'a pas besoin de nous. Elle est un Tout et elle peut se passer d'une partie. 

 

Pluie au Groenland, chaleur record en Europe... L'ampleur de la crise climatique révélée dans un rapport de l'Organisation météorologique mondiale

 

Le document dévoilé dimanche 31 octobre liste les phénomènes météo extrêmes observés sur la planète en 2021 et pointe le rôle du changement climatique.

Article rédigé par

Marie-Adélaïde Scigacz

France Télévisions

Publié le 31/10/2021 16:00Mis à jour il y a 44 minutes

 Temps de lecture : 4 min.

Une autoroute sous les eaux après des pluies diluviennes, à Erftstadt, dans l'ouest de l'Allemagne, le 17 juillet 2021.&nbsp; (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Une autoroute sous les eaux après des pluies diluviennes, à Erftstadt, dans l'ouest de l'Allemagne, le 17 juillet 2021.  (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Des inondations mortelles en Allemagne, en Belgique ou encore en Chine, des incendies dévastateurs en Sibérie, en Turquie ou en Californie, des canicules délirantes au Canada comme dans le sud de l'Europe... L'année 2021 a été riche en événements extrêmes. Ce constat est confirmé par la publication, dimanche 31 octobre, du dernier rapport sur l’état du climat de l’organisation météorologique mondiale (OMM).

Ce rapport de synthèse, réalisé à partir des données récoltées par des organismes scientifiques internationaux, est rendu public alors que s'ouvre la COP26, à Glasgow (Ecosse). Pendant deux semaines, chefs d'Etats et négociateurs doivent s'accorder sur la marche à suivre pour maintenir la hausse des températures sous la barre des 2 °C par rapport à l'ère préindustrielle, niveau au-delà duquel les conséquences seraient "catastrophiques". Voici ce qu'il faut en retenir.

Les sept dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées

L'année n'est pas encore terminée, mais les données épluchées par les experts de l'OMM sont formelles : 2021 figurera au sixième ou septième rang du classement des années les plus chaudes jamais enregistrées. Selon l'organisation, qui émane des Nations unies, les sept dernières années se trouvent en fait toutes dans ce classement.

En début d'année, la planète a pourtant bénéficié de l'effet rafraîchissant du courant marin La Niña, observé dans le Pacifique sud, mais dont les répercussions (à l'instar de son complice El Niño et son pouvoir réchauffant) se font sentir sur les températures moyennes à l'échelle mondiale. Selon l'OMM, la température moyenne du globe a ainsi été entre 0,18 °C et 0,26 °C plus chaude que 2011, la dernière année marquée par "La Niña".

Par rapport au niveau préindustriel, 2021 se situe à +1,09 °C, poursuit l'OMM. Pour rappel, l'accord de Paris a pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre, afin de maintenir la hausse des températures sous la barre des 2 °C, de préférence à + 1,5 °C d'ici 2100.

Le record de chaleur a été battu en Europe

Plusieurs pays et régions du monde ont battu des records de chaleur cette année. En atteignant les 48,8 °C, une station météo de Sicile a ainsi décroché le 11 août le record prévisionnel de chaleur en Europe.

La hausse annuelle du niveau des océans a été multipliée par deux

Cette année a aussi été exceptionnellement chaude pour les océans, explique le rapport de l'OMM, rappelant que cette hausse des températures marines entraîne une expansion des océans, à laquelle s'ajoute l'apport en eau provenant de la fonte des glaces qui fait grimper le niveau de la mer. Rapidement. Alors que ce niveau avait augmenté de 2,1 mm par an entre 1993 et 2002, la hausse a été depuis multipliée par deux, relève l'organisation : le niveau des mers a ainsi augmenté de 4,4 mm par an entre 2013 et 2021, "surtout en raison de la perte accélérée de la masse de glace des glaciers et de la calotte glaciaire".

Il a plu pour la première fois au sommet du Groenland

En août 2021, des conditions exceptionnellement chaudes et humides ont touché le Groenland, pointe encore le rapport. Summit Station, le point le plus haut de l'île de glace, à 3216 m d'altitude, a connu des températures positives pendant neuf heures, le 14 août. Résultat : il a plu. Un phénomène qui n'avait jamais été enregistré dans cette station.

Summit Station a ainsi connu des conditions de fonte pour la troisième fois ces neufs dernières années. Selon l'OMM, les études menées sur les noyaux de glace montrent que cela n'était pas arrivé au XXe siècle.

Des épisodes de sécheresse et des précipitations intenses à travers le monde

Dans son rapport, l'OMM fait état d'épisodes pluvieux particulièrement intenses en 2021 : pendant l'épisode qui a frappé la province du Hunan en Chine entre le 17 et le 21 juillet, la ville de Zhengzhou a reçu 201,9 mm de pluie en une heure, battant le record chinois. Au total, 720 mm de pluie ont été déversés pendant la durée de l'épisode, soit plus que la moyenne pluviométrique annuelle dans la région. L'Europe de l'Ouest, le nord de l'Amérique du Sud et des parties de l'Afrique de l'Est ont également connu des inondations.

A l'inverse, la sécheresse a frappé l'Amérique du Sud subtropicale, provoquant d'importantes pertes dans les récoltes, notamment de café, dans le sud du Brésil. La sécheresse a également touché le sud-ouest des Etats-Unis ainsi que l'île de Madagascar, dans l'océan Indien, provoquant une grave crise humanitaire.

Oui, c'est le réchauffement climatique

La météo et le climat sont deux choses distinctes. Cependant, le réchauffement climatique augmente la probabilité que ne surviennent des évènements météorologiques extrêmes. Ainsi, des études dites d'"attribution rapide" ont établi le lien entre la vague du chaleur qui a fait flamber le sud-ouest du Canada et le nord-ouest des Etats-Unis fin juin et début juillet. Un tel phénomène "est toujours rare ou très rare dans le climat actuel, mais aurait été virtuellement impossible sans le réchauffement climatique", résume l'OMM.

De même, les inondations observées en Europe de l'Ouest en juillet "ont été rendues plus probables par le réchauffement climatique". Des conclusions qui font écho à celles du Groupe d'experts international sur le climat (Giec), exprimées dans le premier volet de son sixième rapport, publié en août.

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Les auxiliaires du potager

Par Le 30/10/2021

 

Sur notre terrain, on a installé plusieurs lieux de vie pour les insectes et autres auxuliaires. Le paillage, le broyat, le compost, le BRF, les souches, des tas d'adventices éparpillés un peu partout et bien évidemment, c'est la foule des grands jours :)

Un grand bonheur d'ailleurs de croiser les lucanes qu'on ne voyait plus en Savoie.

Des chauve-souris sont installées dans la grange, je leur ai fait des nichoirs pour l'hiver.

On a un couple de hérissons avec trois petits. Ils ont commencé leur hiver au pied de la vigne vierge, un joli nid de feuilles que je renforce de temps en temps.

On a eu une invasion de bébés crapauds pendant une dizaine de jours (jusqu'à les retrouver dans la maison :) et maintenant disséminés un peu partout...On suit leur croissance en les rencontrant dans le potager.

Une salamandre aperçue deux fois.

Des hirondelles et divers oiseaux en pagaille. Au printemps, ça va être joyeux dans les arbres :)

Depuis trois semaines, on voit passer les vols de grues mais elles ne s'arrêtent pas :) 

 

Lutte biologique au jardin et au potager : les insectes auxiliaires

LES INSECTES AUXILIAIRES À LA RESCOUSSE DES JARDINIERS

 

Sommaire

Les insectes auxiliaires : comment font-ils pour nous aider ?

Les insectes auxiliaires contre les pucerons

Les insectes auxiliaires contre le reste des insectes et gastéropodes

Pour aller plus loin...

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Olivier

Par Olivier

9 septembre 2020
Actualisé le 22 septembre 2021

La lutte biologique permet, comme son nom l’indique de lutter contre les indésirables et les ravageurs de culture de manière écologique. Le but n’étant pas d’exterminer tout ce qui vit mais plutôt de réguler les populations pour qu’elles ne deviennent plus problématiques. Et pour cela nous aurons besoin de la faune : oiseaux, mammifères, araignées… mais aussi et surtout les insectes du jardin. Ce sont les fameux insectes auxiliaires ! La lutte biologique par le biais d’insectes auxiliaires est donc l’utilisation d’insectes pour nous aider à lutter préventivement ou activement contre les ravageurs et indésirables du jardin. Comment faire pour s’en faire des alliés ou les attirer dans nos jardins ? On vous dit tout dans cette fiche conseil.

LES INSECTES AUXILIAIRES : COMMENT FONT-ILS POUR NOUS AIDER ?

Les insectes auxiliaires peuvent être classés en deux catégories :

Prédateurs : ce sont des espèces insectivores (larves, adultes ou les deux) qui vont se nourrir des ravageurs et ainsi limiter leur population directement ;

Parasitoïdes : ce sont des insectes qui vont pondre leurs œufs dans les larves ou dans les œufs de leurs « proies« , ce parasitoïde va se nourrir de la larve ou de l’œuf, ce qui régulera aussi une éventuelle invasion de ravageurs.

Il va sans dire qu’en théorie, tous ces insectes auxiliaires devraient se trouver naturellement et en nombre suffisant dans tous les jardins. En pratique, ce n’est pas toujours le cas. Le mieux et le plus simple est de favoriser leur présence en créant un « sanctuaire » dans votre jardin : mare, haie vive, prairie naturelle, bois mort… et bien entendu le bannissement total d’insecticides et du reste de la chimie d’ailleurs.

Mais on peut aussi forcer les choses en introduisant artificiellement des auxiliaires indigènes. Certains apprentis sorciers ont tenté de le faire avec des espèces exotiques, ce qui a eu des répercussions préjudiciables sur la nature par la suite : un exemple parmi tant d’autres, la coccinelle asiatique.

Remarque : même si on en parle beaucoup ces dernières années, la lutte biologique par insectes auxiliaires a été étudiée depuis le XVIIIe siècle. La fin de la seconde guerre mondiale et son cortège de produits chimiques non utilisés sonna le glas de la lutte biologique.

jardin pour les insectes auxiliaires

Un jardin naturel est à privilégier pour favoriser abris et nourriture aux nombreux insectes auxiliaires

LES INSECTES AUXILIAIRES CONTRE LES PUCERONS

Coccinelles

Probablement le plus célèbre de nos insectes auxiliaires : la « bête à bon Dieu » adulte ou même encore mieux à l’état larvaire abat un boulot incroyable de régulation des pucerons. Quelques larves de coccinelles suffisent souvent à en réguler une invasion.

Pour accélérer le mouvement, vous pouvez essayer d’en trouver quelques-unes en pleine nature, près des zones humides qu’elles affectionnent particulièrement. Vous pouvez également acheter dans certaines jardineries ou par correspondance des larves de coccinelles, encore plus voraces !

Syrphes

Ce n’est pas une guêpe, encore moins une abeille ! Ces insectes (il en existe un très grand nombre d’espèces) sont en réalité plus proche des mouches (ordre des diptères). Malgré tout ce sont des pollinisateurs très efficaces et leurs larves sont de véritables petits carnassiers qui se nourrissent de toutes sortes de pucerons. Pour avoir des syrphes chez vous, il vous faudra… des fleurs, des fleurs et encore des fleurs. Ainsi que de laisser en hiver et une bonne partie de la saison une couverture du sol : débris végétaux, paillis, feuilles mortes…

Larves de Chrysopes

La Chrysope ou Demoiselle aux yeux d’or (c’est plus poétique !) a beau paraître toute frêle et délicate, elle n’en est pas moins un prédateur particulièrement vorace concernant les pucerons. La larve comme l’adulte savent chacun dévorer des centaines de pucerons en une journée. A tel point que désormais, on en vend pour protéger nos cultures.

Insectes auxiliaires du jardin

Coccinelle, Syrphe et larve de Chrysope

Perce-oreilles

Les forficules ou perce-oreille ou encore pince-oreille sont des insectes (ordre des dermaptères) reconnaissable à leur pince à l’extrémité de l’abdomen. Ils sont totalement inoffensifs pour nous et les autres grosses bêtes à poils ou à plumes contrairement à la croyance populaire… En revanche, ils raffolent de chenilles, de pucerons et d’autres larves comme le ver du pommier (carpocapse). De temps à autre, ils grignotent quelques fruits ou abîment certaines fleurs. Mais ces quelques pertes sont largement compensées par le travail de prédateur de ces sympathiques perce-oreilles. Pour les attirer, rien de plus simple : un petit pot de terre cuite retourné et rempli de paille ou d’herbe sèche à placer au sol près des fruitiers et le tour est joué !

Aphidius

Même si elle est toute petite, cette représentante de l’ordre des hyménoptères est un parasitoïde particulièrement efficace. La femelle pond ses œufs directement dans le corps des pucerons. La larve, une fois sortie de l’œuf, n’a d’autre choix que de consommer l’intérieur du puceron. Ce dernier restera toutefois en vie juste le temps que la larve sorte pour se transformer et devenir adulte.  Il existe beaucoup d’autres espèces de micro-hyménoptères qui parasitent d’autres larves : notamment contre les chenilles de Pièrides de chou ou encore les chenilles mineuses. On les repère au stade de larve parasitoïde, car le puceron parasité devient gros comme une tête d’épingle. L’adulte se nourrit de nectar de fleurs, donc une présence de plantes sauvages comme l’achillée ou certaines apiacées (ombellifère) par exemple est une bonne chose pour les attirer chez soi. 

Les guêpes

Même si beaucoup de gens en ont une crainte relative, les guêpes dans leur majorité sont tout à fait pacifiques. En tout cas pour nous… Car elles font un boulot incroyable de prédation. Certaines guêpes sociales consomment sur une vie près d’un millier de mouches et autant de chenilles. Pour prendre un exemple, une guêpe solitaire du genre Passaloecus va manger pas moins de 1500 pucerons sur les quelques semaines de sa vie. Vous souhaitez attirer les guêpes prédatrices, semez donc du fenouil !

Les Pemphrédons

Ce sont de petits hyménoptères dont il existe une petite dizaine d’espèces dans nos jardins. Les femelles aménagent des loges et pondent leurs œufs dans des tiges creuses ou des tiges à moelle tendre (comme dans le cas du Sureau noir), du bois pourris, des galles… Pour nourrir leur progéniture, elles accumulent des pucerons paralysés (et parfois quelques cicadelles) au sein même des loges. Vous l’aurez compris, pour attirer cet insecte chez vous, il vous suffira de quelques branches ou tiges creuses, un peu de bois morts et… un jardin naturel et pas trop propre.

Insectes auxiliaires du jardin

Perce-oreille, Aphidius et Pemphrédon

LES INSECTES AUXILIAIRES CONTRE LE RESTE DES INSECTES ET GASTÉROPODES

Les Carabes

Ces coléoptères n’ont pas usurpé leur surnom de « tigre du jardin« . Ils bouffent tout et n’importe quoi, ce qui fait d’eux les plus précieux alliés du jardinier. Ils sont en effet zoophages, ils mangent des insectes, des gastéropodes, des acariens… aussi bien à l’état larvaire qu’adulte. Au menu des carabes : limaces, escargots, chenilles, pucerons, carpocapses, araignées rouges (tétranyques), doryphores, cicadelles, nématodes… mais aussi des espèces utiles au jardin comme les lombrics ou les araignées. Peu importe, les carabes (il en existe un grand nombre d’espèces !) sont de parfaits régulateurs d’invasion de ravageurs.

lutte biologique, insecte

Le carabe, un autre insecte précieux, friand de limaces, escargots et pucerons

Les Staphylins

Les staphylins ne passent pas inaperçus. Ce sont de gros coléoptères noir bleuté qui n’hésitent pas à chercher à vous intimider en soulevant l’abdomen si vous le surprenez au détour du potager. Bon évidement, sur les jardiniers, cette technique fonctionne assez peu. Néanmoins, cet insecte combatif est une bénédiction pour le potager et le jardin d’ornement car il est passé maître dans l’art de la chasse aux escargots et limaces, dont il consomme aussi les œufs. Mais ce n’est pas tout, il raffole aussi des larves d’insectes dont la mouche du chou. Si vous désirez des staphylins dans votre jardin, il vous suffit de couvrir le sol et de ne pas trop nettoyer le jardin méticuleusement : quelques feuilles mortes, un fagot de branches… feront son bonheur.

insecte auxiliaire : staphylin

Staphylin

Sauterelle verte

Les sauterelles sont principalement carnivores. Lorsqu’on est une grosse bête comme la sauterelle verte, et bien, soit on mange beaucoup, soit on mange du « gros« . C’est plutôt la deuxième solution qui l’emporte. La mâchoire puissante de la Sauterelle verte n’hésite pas à s’attaquer à de grandes chenilles ou des larves de doryphores. Si vous désirez en avoir chez vous, il n’y a pas grand-chose à faire si ce n’est de pas travailler la terre là où ce n’est pas totalement nécessaire. En effet, la femelle, reconnaissable par son ovipositeur caudal (cette sorte de « sabre » à l’extrémité d’abdomen) pond ses œufs dans la terre en fin d’été. Ne pas toucher à la terre à cet endroit permettra à la future génération de s’occuper de vos chenilles.

insecte auxiliaire : sauterelle

Sauterelle verte

Les Acariens

Ce ne sont pas des insectes mais des arachnides au même titre que les araignées (qui cela dit en passant régulent aussi les insectes indésirables). Depuis quelque temps, un acarien prédateur spécifique provenant du Chili, le Phytoseiulus persimilis, est vendu en jardinerie. Il s’attaque uniquement à l’araignée rouge, un acarien lui aussi, également connue sous le nom de Tétranyque tisserand, un ravageur qui épargne peu de plantes ornementales ou légumières. Ce petit acarien de couleur rose à rouge vif, brillant et de forme arrondie, peut consommer jusqu’à 5 adultes et 20 œufs et larves de Tétranyque. Comme c’est un prédateur spécifique, celui-ci disparaîtra en l’absence de ses proies.

POUR ALLER PLUS LOIN...

Ces quelques insectes et autres arthropodes ne sont évidemment que des exemples d’insectes auxiliaires parmi tant d’autres. On pourrait rajouter le Bombyle, les libellules, les araignées (classe des arachnides)… Sans compter les autres animaux insectivores : oiseaux comme les mésanges ou les fauvettes, mammifères comme la musaraigne ou même les chauves-souris, ainsi que les amphibiens comme les grenouilles ou les crapauds.

Si vous souhaitez être épaulé par une horde d’insectes auxiliaires, vous pouvez opter pour la création d’un jardin écologique. En créant une mare, une haie libre, des petits abris naturels… Retrouvez tous nos conseils pour y arriver dans : Concevoir et aménager un jardin écologique.

Consultez également notre fiche conseil : Accueillir les insectes du jardin ainsi que notre tutoriel pour fabriquer un hôtel à insectes.

Pour finir, je vous conseille cet excellent ouvrage sur les auxiliaires du jardin édité par Terre Vivante : Des auxiliaires dans mon jardin ! 

Les mésanges et grenouilles participent aussi très efficacement à la lutte biologique au jardin !

"Atmosvert" pépinière.

Par Le 30/10/2021

 

Nous sommes allés rencontrer les fondateurs de cette pépinière, installée dans la Creuse, à quelques kilomètres de chez nous. Ils ne sont pas là par hasard, tout comme nous :)

De nombreux achats pour notre terrain.

Le site regorge d'informations passionnantes pour qui souhaite apprendre et se perfectionner. 

Entre les vidéos du "Jardin d'émerveille", celles de Damien Dekarz, les articles et vidéos sur "le jardin de Peyreledas" (encore dans la Creuse), il va falloir que je songe à regrouper tout ce qui concerne le jardin-forêt dans une rubrique attitrée. 

Quels fixateurs d'azote choisir pour la permaculture ?
TOUT SAVOIR SUR LES FIXATEURS D’AZOTE !
 29 avril, 2020 par 
Quels fixateurs d'azote choisir pour la permaculture ?
Keirse
 |  25 Commentaires

Très à la mode, on parlent beaucoup des “fixateurs d’azote”, mais il n’est pas toujours évident de comprendre de quoi il s’agit précisément. Alors, chez ATMOSVERT on vous a préparé un dossier complet !

Après la lecture de notre article, vous serez incollable sur le sujet et vous saurez pourquoi elles sont essentielles au jardinier comme en permaculture !

Au programme : 

  • Le rôle de l'azote... 
  • Un cercle vertueux
  • Quand le cycle est mis en péril
  • Des plantes "magiques"
  • Comment fonctionnent-elles ?
  • Les avantages au jardin et en permaculture
  • Alors, concrétement, on fait quoi ??

LE RÔLE DE L'AZOTE 

L’azote est un élément essentiel pour les plantes mais il est également vital pour les humains comme pour les animaux, car il entre pour tous dans la synthèse des protéines. Base de nos métabolismes et de la croissance des cellules, l’azote assure donc le développement du règne animal comme végétal ! Dans le cadre de nos potagers, vergers, haies, cultures et autres jardins-forêt, une présence qualitative en azote est d’autant plus déterminante, qu’au-delà de garantir des végétaux sains, il favorise une croissance démultipliée doublée d’un rendement accru.

UN CERCLE VERTUEUX

Toutefois l’azote est un élément complexe : car bien que constituant 78 à 80% de l’atmosphère que nous respirons, il n’est pas directement assimilable sous cette forme, ni pour nous, ni pour les plantes ou pour les animaux ! Nous devrions plutôt parler de “cycle de l’azote” car au-delà d’un composant chimique, c’est tout un écosystème interdépendant qui entre en jeu ! L’azote fonctionne en boucle fermée : contenu dans l’air, on parle “d’azote atmosphérique”, appelé plus précisément diazote (symbolisé N2). Mais comme nous l’avons vu, cette forme n’est pas utilisable telle quelle pour les humains, plantes ou animaux, il faudra auparavant l’intervention de micro-organismes. Et oui, car se sont des bactéries qui sont le chaînon essentiel de ce cycle !

En effet, lors de l’humification, la décomposition des matières organiques des végétaux, des humains et des animaux (les feuilles mortes, déjections, cadavres d’animaux… ) les bactéries vont tour à tour transformer ces matières azotées en amoniaque (NH4+) (ce qu’on appelle l’ammonification), puis en nitrites (NO2-)(qu’on nomme nitritation) puis enfin en nitrates (NO3-)(sous le nom de nitratation). A chaque étape c’est une famille différente de bactérie qui prend le relais (du genre Bacillus, Pseudomonas ou Clostridium pour l’ammonification, du genre Nitrosomas pour la nitritation, Nitrobacter pour la nitratation). Et c’est principalement la forme finale, les nitrates, qui est consommée par les plantes. L’azote nécessite donc beaucoup d’étapes, de temps et d’interventions pour être assimilable par les plantes !

Une grande partie est utilisée directement par les plantes, constituant leur apport principal, une autre petite partie est fixée dans l’humus (constituant les “réserves azotées” du sol qui seront libérées de façon lente lors de la minéralisation chaque année), enfin, une partie sera retransformée en azote gazeux, lors du procédé de dénitrification (à nouveau grâce à une famille de bactéries – encore une autre !) pour retourner dans l’atmosphère. La boucle est bouclée !  

QUAND LE CYCLE EST MIS EN PÉRIL

Toutefois, cet ingénieux système est perpétuellement menacé avec l’intensification permanente de nos activités polluantes humaines. En effet, on observe deux problématiques majeures liées à  l’agro-industrie : d’une part, le déversement annuel démesuré d’engrais chimique dans les cultures, qui sans parler du coût écologique de fabrication de l’azote chimique(nettement plus énergivore que sa version naturelle), engendrent d’immenses fuites d’azote dans l’environnement. D’autre part intervient l’élevage animal intensif (porcs et volailles particulièrement) qui entraînent pareillement de considérables excès d’azote que les sols n’arrivent pas à recycler.

Car les techniques agricoles conventionnelles, bien qu’ayant compris l’intérêt de l’azote sur la croissance et le rendement des plantes, ne prennent pas en compte que tout ce génie végétal réside dans le fait qu’il doit se dérouler perpétuellement à la juste dose. Aussi, tous les faramineux surplus que l’homme provoque viennent contaminer les sols, les eaux de surface et les nappes phréatiques, tout en créant également une pollution atmosphérique considérable dû aux émissions de protoxyde d’azote (gaz à effet de serre destructeur de la couche d’ozone). On estime par ailleurs que 70% des émissions de ce gaz destructeur (notons qu’il subsiste dans l’atmosphère environ 120 ans…)  provient de l’agriculture, tout comme le fait qu’elle est responsable du dépassement de la norme de potabilité des eaux...

Nous nous retrouvons ainsi avec des problèmes écologiques mondiaux, tels que des marées vertes, l’eutrophisation des réserves d’eau potable, la formation de terres mortes semi désertiques, de cyanobactéries pullulantes dans les plans de baignade… Avec des conséquences graves sur la santé humaine, principalement sur les dérèglements thyroïdiens et cancers (dans le Finistère par exemple, région caractérisée par une concentration élevée de nitrates dûe aux élevages intensifs, l’incidence des cancers gastriques est deux fois plus élevée qu’à l’échelon national…). 

Il est urgent de bien comprendre le fonctionnement du cycle naturel de l’azote et de le prendre en compte dans sa globalité : car respecté et soutenu dans son processus il nous assure également de très beaux rendements de façon naturelle, pérenne, autonome et bienfaisante pour tous ! 

DES PLANTES "MAGIQUES"

Heureusement en marge du processus classique, on peut trouver des végétaux particuliers qui fonctionnent différemment : ce sont nos fameux végétaux “fixateurs d’azote” ! De véritables “super héros” qui vont permettent de garantir l’intégrité du cycle à la fois en cas de défaillance des sols (pollution, perturbation…) et à la fois de booster les cultures alentours de façon douce et continue en diffusant de l’azote directement assimilable.

En effet, souvent pionnières, les “fixateurs d’azote” apparaissent naturellement au début de la succession écologique en zones abimées manquant fortement d’azote (sols pauvres, compacts, salins, pollués,…) et cela, dans tout les biotopes (prairies, lisières, forêts, dunes côtières, zones riveraines, toundra arctique …) stoppant ainsi le cercle vicieux de raréfaction des végétauxen cas de graves carences nutritives qui entraînent des sols nus inertes. En urgence, elles permettent de réhabiliter naturellement les sols dégradés et de lutter contre l’érosion, en préparant ainsi les terres à la base inhospitalières pour des espèces plus délicates, participant activement à la régénération des écosystèmes. Mais ce n’est pas tout ! Car les végétaux “fixateurs d’azote” vont également permettre d’apporter de l’azote aux plantationssans être dépendantes du cycle habituel. Magique on vous avez dit !

COMMENT FONCTIONNENT-ELLES ?

Comme nous l’avons vu, pour que le diazote soit assimilé il doit passer par de multiples étapes, demandant le concours de multiples familles de bactéries : un processus long et potentiellement précaire. Mais il existe deux autres bactéries d’un genre différent : Frankia et Rhizobium, qui ont aussi la particularité de fixer l’azote mais en version « simplifiée  et accélérée ». 

Toutefois, ces deux bactéries ne s’installent pas n’importe où : elle ont la particularité de vivre uniquement en relation symbiotique avec des plantes-hôtes spécifiques. En climat tempéré on peut majoritairement les regrouper en trois grands groupes : les Fabacées, les Elaeagnacées et une partie des Bétulacées.

C’est au niveau du système racinaire que cette relation symbiotique se joue : en premier lieu, la plante envoie un signal moléculaire de départ (par exemple, des flavonoïdes dans le cas des Fabacées) appelant les bactéries fixatrices d’azote correspondantes à sa variété, chaque espèce ayant uniquement un type de bactérie spécifique avec qui elle s’accorde. Ces dernières répondent en venant infecter la plante-hôte : les bactéries interagissent avec la plante de sorte à créer des excroissances sur les racines où les bactéries logeront (selon des processus différents s’il s’agit de genre Frankia ou Rhizobium). Ces excroissances allant de quelques millimètres à la taille d’une balle de tennis selon l’espèce, s’appellent des nodosités. C’est à l’intérieur que les bactéries réduiront l’azote gazeux en ammoniac (directement assimilable par la plante, celui-ci) via leur nitrogénase, un complexe enzymatique spécifique.

COMMENT EN TIRER AVANTAGE ?

Les végétaux “fixateurs d’azote” sont de grandes alliées pour le jardinier et le permaculteur! Ces plantes peuvent tout d’abord nous être très utiles pour nous aider à rééquilibrer nous aussi des sols abîmés par l’activité humaine, ce qui est souvent le cas quand on achète un terrain qui était dirigé en agriculture conventionnelle par exemple. Mais elles vont également nous être précieuses sur le long terme pour autonomiser nos cultures ! Ainsi intégrer des plantes “fixatrices d’azote” à bon escient permet d’avoir naturellement une bonne fertilité du sol, sans apport extérieur, en dose équilibrée et pérenne ! Car si cette relation symbiotique est bienfaisante pour le couple bactéries/plante-hôte, elle est également très profitable pour les végétaux plantés aux alentours de multiples façons :  lors du renouvellement régulier des nodosités et au cycle dépérissement/croissance des racines de la plante-hôte, de l’azote assimilable est relargué dans le sol, accessible dès lors pour les plantes voisines. Par la suite, la chute des feuilles mortes entraînent la création d’une couverture végétale riche en azote, tout comme lors de la taille. Pour cette raison les “fixateurs d’azote” sont extrêmement adaptées à la taille têtard et au paillage façon “chop and drop” (on coupe et on laisse les tailles directement au sol), enrichissant très efficacement le sol !

ALORS, CONCRÈTEMENT, ON FAIT QUOI ?

On plante, on plante, on plante !
Pour garantir un apport autonome à vos plantations et une belle croissance, nous vous conseillons d’opter pour :

POUR UNE HAIE FRUITIÈRE
Un fixateur d'azote tous les 2,50m à 5m
POUR UN MASSIF
Un fixateur d'azote tous les 20 à 30m2 minimum

A choisir bien sûr de façon judicieuse selon votre projet, la strate, la taille, votre exposition… Et n’hésitez pas à panacher les espèces ! 

Évidemment, chez Atmosvert, on aime particulièrement les plantes “fixatrices d’azote”, c’est même une de nos spécialités !  Nous avons de nombreuses variétés, dont quelques chouchous. Voici une sélection des plantes phares de la pépinière :

Dans la famille des Fabacées

Les fabacées sont une très grande famille regroupant près de 20 000 espèces ! Elle est très appréciée et très utilisée pour l’homme comme pour les animaux, car c’est d’elle que nous vient les protéines végétales. En effet, cette famille est également connue sous le nom de… Légumineuses ! Haricot, pois, lentille, soja, arachide... Tous sont des fabacées ! Mais également la luzerne et autres trèfles, très répandu en fourrage animal et comme engrais végétal. Mais chez Atmosvert, ce qui nous intéresse ce sont les plantes pérennes ! Alors, nous avons déniché quelques trésors végétaux qui assureront une fertilisation autonome et perpétuelle dans vos plantations : 

➡︎ L'Arbre à petits pois

Caragana arborescens

Cet arbuste de provenance de Sibérie est un sujet aux multiples talents, car il fixe l’azote, régénère les sols, est une source de fibre, reste assez petit en taille, nous offre une floraison jaune abondante et mellifère et la fait suivre par la production de fruits comestibles. La grande quantité de graines marron d’une taille inférieure aux petits pois se consomment exactement de la même manière et approchent leur goût (d’où le nom de l’arbre). Elle se font aussi presser pour fabriquer une huile de bonne qualité. Il est  une plante compagne idéale pour l’installation de vos vergers et jardins !

Famille : Fabaceae ou Leguminosae

Type : arbuste

Exposition :  soleil, mi-ombre, ombre

Type de sol : Forte préférence pour des sols riches et fraîches.

Résistance au froid : – 45°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation et préfère un arrosage durant des étés chauds.

Entretien :  aucun

Feuillage : caduc

Hauteur : 6m

Floraison :  mai

Période de récolte : juillet à septembre

Intérêt : Cuisine, médicinal, huile, haie, fibre, teinture, biomasse, anti-érosion

Partie(s) comestible(s) : graines (pois)

➡︎ Le Févier d'Amérique

Gleditsia Triacanthos

Le févier d’Amérique est un arbre d’ornement, grâce à son port majestueux, mais aussi défensif, ses nombreuses épines, sauf la variété inerme ‘Inermis’,  lui offrant une place de choix dans nos haies ou en tant que clôture naturelle. Son feuillage fin et délicat passera du vert au jaune a l’automne et offre des ombres très légères. Les fleurs en grappes mellifères formeront des gousses brunâtres à la pulpe sucrée et comestible. Arbre compagne comme fixateur d’azote par la microgénèse (fixation microscopique) et de forte vigueur, offrant en plus un bois d’une excellente qualité.

Famille : Fabaceae ou Leguminosae

Type : arbre

Exposition :  soleil

Type de sol : S’adapte à toutes les conditions de sol sauf marécageux. Tolère la pollution extrême et exposition maritime. 

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite. 

Entretien :  Accepte toute taille. 

Feuillage : caduc

Hauteur : 20m

Floraison :  juillet

Période de récolte : octobre à novembre

Intérêt : cuisine, mellifère, médicinal, odorant, haie,ornemental, bois d’ oeuvre, gomme, régénération des sols

Partie(s) comestible(s) : graines, intérieur de la gousse

➡︎ L' Arbre des pagodes

Sophora japonica

L’arbre des pagodes est utilisé comme arbre d’ornement ou comme arbre d’alignement, possédant une belle allure, un grand port arrondi et une floraison mellifère composé de panicules de fleurs blanc crème, qui sera éblouissante au bout de quelques années. Il possède la propriété de fixer l’azote, idéale pour accompagner d’autres plantes, tout en fournissant un bois destiné au chauffage ou à la fabrication de piquets. Arbre aux propriétés médicinales, cette espèce apprécie les sols riches, frais et profonds, mais son développement n’en sera pas retardé ou amoindri s’il est planté dans d’autres situations.

Famille : Fabaceae ou Leguminosae

Type : arbre 

Exposition : soleil, mi-ombre

Type de sol : S’adapte à toute structure de sol même sec et déminéralisé. 

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Accepte toute taille après son enracinement. 

Feuillage : caduc

Hauteur : 20m

Floraison :   septembre

Période de récolte : septembre (fleurs), avril à octobre (feuilles)

Intérêt : Cuisine, médicinal, mellifère, arbre compagne, fixateur d’azote, teinture, bois d’oeuvre

Partie(s) comestible(s) : Feuilles, fleurs

➡︎ Le Baguenaudier 

Colutea arborescens

Un petit et bel arbuste vigoureux produisant d’abondantes grappes de petites fleurs jaunes, suivies de curieuses gousses translucides et gonflées. Cet arbuste en une plante compagne, grâce à sa propriété de fixer l’azote, et offre une floraison ultra mellifère à tous les butineurs. 

Sa croissance, vraiment très rapide, et sa forte adaptation dans tout type d’emplacement en fait un indispensable en jardin forêt et jardin ornemental. 

Famille : Fabaceae ou Leguminoseae

Type : Arbuste

Exposition : soleil,mi-ombre

Type de sol : S’adapte à toute structure de sol.

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Aucun entretien mais cette plante accepte toute taille.

Feuillage : caduc

Hauteur : 3,5m

Floraison :  juin à septembre

Période de récolte : août à octobre (graines)

Intérêt : médicinale, haie brise vent, régénération des sols, fixation d’azote

Partie(s) comestible(s) : 

➡︎ Le Robinier - Faux Acacia

Robinia pseudoacacia

Le robinier est un arbre d’ornement et de grande utilité, grâce à son port majestueux érigé, mais aussi défensif, ses nombreuses épines lui offrant une place de choix dans nos haies ou en tant que clôture naturelle. Importé dans nos régions, le robinier s’est intégré entre temps dans les milieux sauvages et se ressème facilement.

Son feuillage fin et délicat passera du vert au jaune a l’automne et offre des ombres très légères comme la plupart les légumineuses. Les excellentes fleurs blanches odorantes en grappes mellifères sont comestibles et se transforment formeront des gousses. Arbre compagne comme fixateur d’azote et de forte vigueur, offrant en plus un bois d’ une excellente qualité. Conseillé comme arbre dans les zones forestières car la coupe et la taille font réagir son système racinaire à drageonner. 

Famille : Fabaceae ou Leguminosae

Type : arbre 

Exposition :  soleil

Type de sol : S’adapte à toutes les conditions de sol sauf marécageux. Tolère la pollution extrême et exposition maritime. 

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite. 

Entretien :  Accepte toute taille. 

Feuillage : caduc

Hauteur : 20m

Floraison :  juillet

Période de récolte : octobre à novembre

Intérêt : cuisine, mellifère, médicinal, odorant, haie,ornemental, bois d’ oeuvre, gomme, régénération des sols

Partie(s) comestible(s) : graines, fleurs

➡︎ Le Lespédèze

Lespedeza thunbergii

Cet arbuste gracieux et rustique possède un feuillage vert-bleuté, virant au jaune en hiver. Une floraison tardive et généreuse offrira des grappes de fleurs tombantes aux couleurs pourpres, roses et rouges.

Une plante compagne (comme fixateur d’azote) inconnue alors que sa taille réduite la rend intégrable aux buttes, cultures potagères, petits vergers et massifs comestibles et florifères.

Famille : Fabaceae ou Leguminosae

Type : arbuste 

Exposition :  soleil, mi-ombre

Type de sol : S’adapte à toutes les conditions de sol avec une préférence aux sols frais.

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Arrosage en cas de sècheresse et emplacement drainant la première année de son installation. Faible besoin par la suite.

Entretien :  Accepte toute taille.

Feuillage : caduc

Hauteur : 3m

Floraison :  août à septembre

Période de récolte : août à septembre (fleurs), avril à septembre (feuilles), octobre à novembre (graines)

Intérêt : cuisine, mellifère, fixateur d’azote, ornemental, vannerie, anti-érosion, régénération des sols

Partie(s) comestible(s) : fleurs, feuilles, graines

Dans la famille des Elaeagnacées

Moins connue que les fabacées, elle n’est pas non moins intéressante car elle nous fourni quelques très belles variétés d’arbres et des arbustes, parfois épineux, produisant des fruits comestibles très plaisants pour certains !

➡︎ Les Argousiers

Hippophae Rhamnoides

L’ argousier ‘Frugana’ est une variété femelle, donc productrice des fruits intéressants et fort recherchés rempli de vitamines C. C’est un grand arbuste épineux et vigoureux qui s’adapte à toute structure de sol, sauf celles très humides, au feuillage vert grisâtre dessus, argenté dessous. Cette variété à un port érigé et des fruits plus foncés.  Faisant parti de la famille des chalefs, c’est une excellente plante compagne et fruitière car elle fixe des grandes doses d’azote dans son système racinaire. Ses fruits sont recherchés par des grandes entreprises de superfoods (“superaliments”, nourriture riche en nutriments, considérée comme particulièrement bénéfique pour la santé et le bien-être) et de cosmétiques, car la récolte n’est pas évidente et très peu de cultures professionnelles de cette essences se sont installées. Les fruits ont une délicieuse saveur légèrement acidulé, dont le goût s’améliore après les premiers gels.

Ses multiples propriétés médicinales ne sont qu’une partie des autres usages, dont la production de charbon, transformation cosmétique, teinture, biocarburant, huile, régénération des sols et production de bois d’œuvre.

Famille : Elaeagnaceae

Type : Arbuste 

Exposition : soleil,mi-ombre

Type de sol : S’adapte à toute structure de sol sauf humide et pousse même dans le sable.

Résistance au froid : – 28°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Aucun entretien sauf taille si vous voulez obtenir une haie dense.

Feuillage : semi-persistant

Hauteur : 6m

Floraison :  avril

Période de récolte : septembre à novembre

Intérêt : Cuisine, médicinale, haie défensive et brise vent, cosmétique, teinture, bois d’oeuvre

Partie(s) comestible(s) : fruits

➡︎ L'Olivier de Bohème

Elaeagnus angustifolia

Cet arbuste compagne à forte vigueur, aux feuilles vertes argentées, et à floraison odorante ultra mellifère est un allié au multiples talents. Grâce à son adaptation rapide à n’importe quel emplacement, l’olivier de bohème peut compléter la fonction de fixateur d’azote (plante compagne), servir d’espalier pour des plantes grimpantes vigoureuses. Arbuste fruitier, source de paillage, haie défensive, plante mellifère, haie brise vent et source d’un bois d’œuvre de grande qualité. 

Famille : Elaeagnaceae

Type : arbuste

Exposition : soleil

Type de sol : S’adapte à toute structure de sol. Non exigeant. Tolère la sècheresse, vents forts et exposition maritime. 

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Taille de forme.

Feuillage : caduc

Hauteur : 7m

Floraison :   juin 

Période de récolte : septembre à octobre

Intérêt : Cuisine, médicinal, biodiversité, mellifère, fixateur d’azote, huile essentielle, bois de chauffage, gomme, haie, bois d’oeuvre

Partie(s) comestible(s) : fruit, graine

➡︎ Le Goumi du Japon

Elaeagnus Multiflora

Le Goumi du Japon est un arbre autofertile, au feuillage dense, avec une floraison de petites fleurs blanches très parfumées, qui produisent de nombreux petits fruits rouges, plus ou moins sucrés, astringents. Très appréciés des oiseaux, les fruits sont consommables par l’homme une fois blet ou en confiture, cuir, … Parfaite plante compagne en jardin forêt pour sa propriété de fixer l’azote, sa forte vigueur, sa floraison ultra mellifère et sa production monumentale de petites baies qui se récoltent facilement avec un peigne à baies. 

Famille : Elaeagnaceae

Type : arbuste 

Exposition :  soleil, mi-ombre

Type de sol : S’adapte à toutes les conditions de sol avec une préférence aux sols drainants. Tolère une exposition maritime et polluée. 

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite. 

Entretien :  Taille de forme si souhaité

Feuillage : caduc

Hauteur : 3m

Floraison :  avril à mai

Période de récolte : juillet

Intérêt : cuisine, mellifère, odorant, haie, médicinal, ornemental, porte greffe pour elaeagnaceae persistants

Partie(s) comestible(s) : fleurs, graines

➡︎ Le Chalef d'automne

Elaeagnus umbellata

À notre grand étonnement cet arbuste à port dense étalé n’est pas encore devenu la vedette des permaculteurs et jardiniers au naturel ! Ce fixateur d’azote vigoureux, en provenance des Himalayas, fleurit sur la périphérie de ses branches de façon abondante, dégageant une senteur exceptionnelle et agréable. Les butineurs se régaleront! La floraison se fait suivre par des fruits rouges juteux, légèrement acides, en quantités phénoménales qui peuvent être consommés crus et secs ou transformés en confitures, sauces, cuirs à fruits, … Les fruits se conservent deux semaines après récolte ! À récolter avec une peigne à baies. 

En plus de ces propriétés anti-cancerogènes médicinales, le chalef forme une haie dense et protectrice, et son vieux bois est un excellent bois de chauffage dégageant beaucoup de calories (donc de chaleur).
 

Famille : Elaeagnaceae

Type : arbuste 

Exposition :  soleil, mi-ombre

Type de sol : S’adapte à toutes les conditions de sol avec une préférence aux sols drainant et secs.

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Accepte toute taille si souhaité.

Feuillage : caduc

Hauteur : 4m

Floraison :  mai à juin

Période de récolte : septembre à novembre

Intérêt : cuisine, mellifère, odorant, haie, médicinal, ornemental, bois de chauffage, biomasse, fixation d’azote

Partie(s) comestible(s) : fruits

Dans la famille des Bétulaccées

Dans cette catégorie seulement les Aulnes ont la propriété d’être fixateur d’azote. Naturellement présent dans nos campagnes, il ne sont pas à négliger car il ne nécessite quasiment aucun soin, il est très résistant et se développe très bien même en zones pauvres !

➡︎ L'Aulne blanc

Alnus incana

Un arbre majestueux proche de nos aulnes glutineux qui s’adapte parfaitement aux sols pauvres et morts. Comme arbre compagne et fixateur d’azote, cette essence à forte vigueur est une alliée dans la régénération des sols, la mise en place de haies brise-vent et la récolte de biomasse. L’aulne blanc se reconnaît au dessous des feuilles grise blanchâtre. 

Famille : Betulaceae

Type : Arbre

Exposition : soleil,mi-ombre, ombre

Type de sol : S’adapte à toute structure de sol.

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Accepte toute taille en hiver.

Feuillage : caduc

Hauteur : 18m

Floraison :  février à mars

Période de récolte : hiver (bois)

Intérêt : pionnier, régénération des sols, tannin, haie, anti-érosion, fixation d’azote

Partie(s) comestible(s) : –

➡︎ L'Aulne de Corse

Alnus cordata

Avec les mêmes propriétés que l’aulne blanc, cette variété sera par contre résistante aux sècheresses longues. Il se reconnaît à son feuillage brillant en forme de coeur.

Famille : Betulaceae

Type : Arbre

Exposition : soleil,mi-ombre, ombre

Type de sol : S’adapte à toute structure de sol.

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Accepte toute taille en hiver. 

Feuillage : caduc

Hauteur : 25m

Floraison :  février à mars

Période de récolte : hiver (bois)

Intérêt : pionnier, régénération des sols, tannin, haie, anti-érosion, fixation d’azote

Partie(s) comestible(s) : –

Explorez notre catégorie Fixateurs d'Azote !

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"Network"

Par Le 30/10/2021

NETWORK, film de Sydney Lumet (1976)

 

Synopsis

 

Le réseau UBS est racheté par le conglomérat CCA. Franck Hackett décide alors de renvoyer Howard Beale, présentateur du journal télévisé depuis 20 ans et en perte d'audimat, malgré les protestations de Max Schumacher, rédacteur en chef. Lors de ses dernières émissions, Beale devient de plus en plus offensant, menaçant de se suicider et jurant en direct à la télévision. Flairant le bon coup médiatique, Diana Christensen, directrice des programmes, donne carte blanche à Beale. Lorsque Beale hurle à des millions de téléspectateurs de se rebeller contre le système, c'est le carton d'audience. Hackett décide alors de renvoyer Schumacher et donne les pleins pouvoirs à Christensen. Elle transforme alors l'émission de Beale en une idiotie commerciale où le présentateur, devenu totalement fou, crie des inepties populistes au public. Dans le même temps, elle crée une série documentaire tapageuse sur un groupe terroriste communiste. En parallèle, Schumacher quitte femme et enfants pour vivre avec Christensen.

Lors d'une émission, Beale révèle qu'UBS va être racheté par des Saoudiens et demande au public de s'en insurger. Il est donc convoqué par Arthur Jensen, propriétaire de CCA. À l'aide d'une mise en scène qui impressionne Beale, Jensen le convainc d'abandonner ses idées populistes et de propager un message pro-capitaliste et mondialiste. Beale s'exécute mais les audiences baissent. Dans le même temps, Schumacher décide de quitter Christensen, obsédée par ses objectifs d'audimat et incapable d'exprimer la moindre émotion. Elle envoie alors ses amis terroristes tuer Beale en pleine émission, pour relancer l'audimat. Beale devient alors le premier homme à avoir été assassiné parce qu'il ne faisait pas assez d'audience.

 

Il y a plusieurs passages qui m'avaient marqué à l'époque où j'ai vu ce film pour la première fois.

la scène de la colère

et

la scène du discours du financier.

 

J'y ai repensé plusieurs fois lorsque le mouvement des Gilets jaunes battait son plein.

J'y repense aujourd'hui après plus de deux ans de pandémie et des effets collatéraux majeurs sur le fonctionnement de la démocratie.

Qui est au pouvoir ?

La colère populaire a-t-elle une chance d'être entendue ?

Est-il même utile, finalement, d'être en colère lorsque les puissances dirigeantes ont un tel pouvoir ? N'est-ce pas une perte d'énergie ?

N'est-ce pas même davantage utile aux gouvernants étant donné que ces mouvements de contestation sont inéluctablement mis au service des contentions, des restrictions, des amendements, des décrets, des lois, des détournements, des mensonges, des promesses oubliées, des contradictions niées. Il devient impossible dans le flot de paroles "pipoliticiennes" de retrouver un fil conducteur qui ne soit pas un jour rompu.

Ce chaos, qu'il soit volontaire ou pas, qu'il soit le reflet de la perversion ou du machiavélisme, ne mérite pas que l'on se mette en colère étant donné qu'il est impossible de lutter contre lui.

Il faudrait donc s'en extraire, lui tourner le dos, ne pas le nourrir de nos colères puisqu'il y puise sa propre énergie.

Historiquement parlant combien de mouvements de contestations populaires l'humanité a-t-elle connus, partout sur la planète ?

Combien sont-ils à être parvenus à leur fin ? Combien parmi ceux-là ont pu pérénniser les changements opérés ? 

Les forces au pouvoir sont gigantesques, indestructibles. Et lorsqu'elles semblent avoir perdu une partie, elles réaparraissent inéluctablement. 

 

 

 

 

La mort en direct.

Par Le 29/10/2021

 

Bon, très clairement, c'est insoutenable.

Vous êtes prévenus.

Maintenant, il n'en reste pas moins que c'est la réalité, quel que soit l'abattoir. Il ne faut pas espérer que ça se passe mieux ailleurs. 

Un steack, une noix de veau, c'est évidemment avant tout une vache ou son petit.

C'est la raison pour laquelle je ne mange plus d'animaux, quels qu'ils soient.


La question est simple en fait : notre plaisir gustatif justifie-t-il de telles abominations ?

A lire et relire le travail de Spinoza et comprendre que nous ne considérons bon que ce que nous désirons et non pas que nous désirons ce qui est bon. Car il n'est aucunement "bon" de tuer un animal pour le manger.

On peut le considérer comme une nécessité dans certaines circonstances et il serait absurde par exemple de reprocher aux hommes préhistoriques d'avoir tué des animaux ou de reprocher à un explorateur affamé et en perdition de tuer une couvée (cf le livre de Jack London "L'amour de la vie". 

En sommes-nous toujours là ? Tuer un animal aujourd'hui, dans nos sociétés "modernes" relève-t-il d'une nécessité vitale ou uniquement d'un désir ? Sommes-nous si faibles intérieurement que nous ne puissions contenir nos désirs de mort ? Est-il "humain" de ne pas savoir différencier le "bon goût de la viande " de l'absence de bonté en le tuant ?

Portons-nous inévitablement ce désir de la chair qui serait si "bonne" qu'il en devient possible de ne plus être bon soi-même ?  

 

Spinoza)

 

spinoza 
  
 "Entre l’appétit et le désir il n’y a pas de différence, sinon que le désir se rapporte généralement aux hommes en tant qu’ils sont conscients de leurs appétits, et c’est pourquoi on peut le définir ainsi : le Désir est l’appétit avec la conscience de l’appétit. Il ressort donc de tout cela que, quand nous nous efforçons à une chose, quand nous la voulons ou aspirons à elle, ou la désirons, ce n’est pas parce que nous jugeons qu’elle est bonne ; mais au contraire, si nous jugeons qu’une chose est bonne, c’est précisément parce que nous nous y efforçons, nous la voulons, ou aspirons à elle,ou la désirons.
     Spinoza, Éthique, Partie III,trad. B. Pautrat, éd. Le Seuil, 1988, p. 219

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Risque de mort subite

Par Le 29/10/2021

Comme tous les ans, ça recommence.

 

Haute-Savoie : un homme grièvement blessé par un tir de chasse à Vallières-sur-Fier

 

Le petit village est sous le choc après un terrible accident qui s'est produit jeudi 28 octobre. Un homme d'une trentaine d'années a été touché par un tir de chasseurs. Une balle lui a perforé le thorax. Il est dans un état grave.

Publié le 28/10/2021 à 16h34 • Mis à jour le 28/10/2021 à 19h44

Une enquête de gendarmerie a été ouverte après qu'un promeneur d'une vingtaine d'années a été blessé par un tir de chasse en Haute-Savoie.

Une enquête de gendarmerie a été ouverte après qu'un promeneur d'une vingtaine d'années a été blessé par un tir de chasse en Haute-Savoie. • © Christian Mathieu / France 3 Alpes

Haute-Savoie

Le drame s'est joué aux alentours de 14 heures ce jeudi à Vallières-sur-Fier, dans l’Albanais en Haute-Savoie. Un  homme d’une trentaine d’années se promenait avec sa mère sur un sentier lorsqu'il a reçu une balle de fusil de chasse en plein thorax, a-t-on appris de sources concordantes.

Grièvement blessé, il a été évacué de toute urgence par l'hélicoptère Dragon 74 vers l'hôpital d'Annecy. Ses blessures sont finalement moins graves que les secours n'ont pu le craindre dans un premier temps, son pronostic vital n'est pas engagé, selon une source proche de l'enquête.

L'accident s'est produit le long du cimetière du village, entre la route des Régences et la route d’Annecy. On en sait peu encore sur les circonstances de ce terrible accident. Seule certitude, la victime se promenait dans un secteur où évoluait également un groupe de chasseurs, à la chasse aux sangliers.

Une enquête de gendarmerie est en cours. Elle a été confiée à la communauté de brigades de Rumilly afin de déterminer l'origine du tir. Le parquet d'Annecy est lui aussi saisi, plusieurs témoins doivent être auditionnés.

D'où la nécessité de renouveler nos appels à de profonds changements. 
Cette pétition est directement envoyée au sénat.

Morts, violences et abus liés à la chasse : plus jamais ça !

Texte législatif

Période de recueil des signatures10/09/2021 - 10/03/2022

PÉTITION

La plateforme e-pétitions du Sénat permet de déposer une pétition ou de soutenir une pétition déjà publiée. Ces pétitions permettent, si plusieurs conditions sont réunies, de pouvoir saisir le Sénat d’une demande d’inscription à l’ordre du jour d’un texte législatif ou de création d’une mission de contrôle sénatoriale.

Les pétitions ayant recueilli au moins 100 000 signatures dans un délai de 6 mois sont transmises à la Conférence des Présidents.

Les pétitions (texte et pièces jointes) publiées sur cette plateforme n’engagent en aucune façon le Sénat et sont de la seule responsabilité de leurs auteurs.

La Conférence des Présidents du Sénat décide seule des suites à donner aux pétitions ayant recueilli le seuil minimal de signatures dans les délais prévus. Ses décisions ne sont pas susceptibles de recours.

44 892/100 000SIGNATURES

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 SIGNÉE ! (CLIQUER POUR ANNULER)

Intégrer 

Référence : SÉNAT-INIT-2021-08-742

Morts, violences et abus liés à la chasse : plus jamais ça !

 

Mila Faustine Béatrice SANCHEZ

10/09/2021

Identifiant: N°742

Le 2 décembre dernier, en plein confinement, Morgan Keane, 25 ans, a été abattu par un chasseur alors qu’il coupait du bois dans son jardin. Le tireur l’aurait “confondu” avec un sanglier. Morgan. Un prénom qui vient s’ajouter à ceux de Gaël, Annie, Mark, Samuel, Frank, Marcel, et tant d’autres. En 20 ans, les “accidents” de chasse ont provoqué la mort de plus de 400 personnes. À ces 400 “accidents” mortels, il faut ajouter les 158 accidents par an (en moyenne) déclarés à la gendarmerie. Un chiffre qui ne signifie rien, si l’on considère que la majorité des incidents ne sont pas déclarés, et que ceux qui le sont ne font que très rarement l’objet d’une enquête.


Nous refusons d’accepter la banalisation de ces drames, que le terme “d’accident” vise à normaliser et à rendre supportables. Qu’ils provoquent la mort, des blessures physiques, ou entraînent des séquelles psychologiques, il est de notre devoir, de celui des autorités et du gouvernement de les dénoncer, de leur faire face et de ne surtout pas tolérer l’intolérable.

Le collectif Un jour un chasseur, créé à la suite de la mort de Morgan, qui collecte et relaie des témoignages de violences et d’abus liés à la chasse, exige la mise en place des mesures ci-dessous et la modification en profondeur de lois qui, de toute évidence, ne garantissent ni notre sécurité, ni notre bien-être.

I - Dimanche et mercredi sans chasse

Nous demandons l’interdiction de la chasse le dimanche et le mercredi, sur l’ensemble du territoire français et sans possibilité aucune de dérogation.
L’inquiétude et l’insécurité ressenties en période de chasse par les usagers de la nature non-chasseurs est intolérable. Nous demandons un juste partage de nos campagnes. Rappelons que nos voisins européens ont, pour la plupart, adopté au moins un jour hebdomadaire sans chasse. Par exemple, au Royaume-Uni, la chasse est interdite le dimanche depuis 1831. Aux Pays-Bas, la chasse est également interdite le dimanche, ainsi que dans plusieurs États d’Allemagne, cantons suisses et régions espagnoles.

II - Formation plus stricte et renforcement des règles de sécurité

Le permis de chasser permettant l'acquisition et la détention d'armes de catégorie C et leurs munitions, son obtention ne peut en aucun cas être considérée comme anodine.
La formation du permis de chasser doit être revue (âge minimum, difficultés des épreuves, renouvellement du permis chaque année avec certificat médical et test psychologique).
D’autre part, les règles de sécurité sont actuellement insuffisantes. Nous demandons un renforcement général de ces règles : instauration d’une zone de protection autour des habitations égale à la portée maximale des armes utilisées, interdiction de l’alcool à la chasse, encadrement strict des battues et amélioration de la communication à leur sujet, mise en place de contrôles fréquents par des personnes étrangères aux fédérations de chasseurs pour faire respecter les règles de sécurité et rapporter les incidents en gendarmerie.

III- Contrôle et suivi des armes de chasse et des comportements à risque

Le 11 juin dernier, une mère de famille a été abattue par son ex-compagnon sur un parking public à Monéteau. Celui-ci, titulaire d’un permis de chasse, a utilisé son arme de chasse pour perpétrer cet homicide, et était déjà connu de la justice pour violences conjugales. En avril 2018, à Aurillac, un homme qui avait effectué un séjour en hôpital psychiatrique quelques mois plus tôt, a abattu son ex-femme avec son arme de chasse. Combien de faits divers similaires ? Combien d’homicides et de féminicides commis avec des armes de chasse par des personnes qui les détenaient de manière complètement légale ?
Nous demandons un réel contrôle et suivi des armes sur le territoire national. Étant donné la facilité d’acquisition et de détention d’armes en France via le permis de chasse, celles-ci doivent être contrôlées et leurs détenteurs suivis.
Par exemple, il existe déjà le fichier FINIADA, censé recenser les personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes. La mise à jour régulière de ce fichier, et la possibilité d’y faire inscrire une personne suite à une infraction constatée, si elles étaient respectées, pourraient permettre la diminution des incidents liés à l’utilisation d’une arme de chasse, pendant et hors actions de chasse (suicides, règlements de compte, féminicides, homicides volontaires…).

IV- Des sanctions pénales à la hauteur des délits commis

Nous remarquons, à travers les témoignages reçus par le collectif Un jour un chasseur, que les plaintes déposées par les victimes se voient généralement refusées ou classées sans suite. Les victimes doivent pouvoir porter plainte facilement pour dénoncer tout comportement abusif.
D’autre part, nous demandons des sanctions pénales systématiques en réponse à tout incident survenu lors d’une action de chasse : la possibilité du retrait immédiat du permis de chasser, l’interdiction de détenir ou d’acquérir une arme, des dédommagements et intérêts conséquents et des peines d’emprisonnement strictes et fermes.
Rappelons qu’un homicide involontaire commis par un conducteur est puni jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Ces peines peuvent être alourdies en cas de circonstances aggravantes. Cependant, l’auteur d’un homicide involontaire d’un autre genre, dont les chasseurs, peut être sanctionné jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Dans certains cas, le tribunal peut prononcer une ou plusieurs peines complémentaires, comme l’interdiction de porter une arme soumise à autorisation pendant 5 ans au plus, la confiscation d’armes ou le retrait temporaire du permis de chasser.
Quelques questions se posent. En quoi est-ce moins condamnable d'abattre quelqu'un dans son jardin que de le tuer sur la route ? Comment se fait-il que le permis de chasser ne soit pas retiré à vie à l’auteur d’un homicide involontaire ? Ces lois traduisent encore une fois la banalisation de la mort par arme à feu, une banalisation inacceptable dans notre pays, au 21ème siècle.

V- Libération de la parole et reconnaissance des victimes de la chasse par l’État

Il est primordial et nécessaire de laisser un espace d’expression aux victimes et/ou proches des victimes des chasseurs. Tous les parents, les enfants, conjoints et amis des victimes mortelles de la chasse sont aussi des victimes collatérales qui doivent continuer à vivre avec le traumatisme d’une mort violente et injuste, à laquelle ils ont parfois assisté.
Nous demandons une reconnaissance officielle et publique des victimes de la chasse par l’État ainsi que la mise en place systématique d’un soutien psychologique et financier.

 

Un million de visites

Par Le 28/10/2021

Je viens de réaliser que le compteur des visites a franchi le million. 

Alors j'adresse juste un remerciement chaleureux à tous et toutes. 

C'est un réel plaisir de voir combien ce blog continue à vivre à travers vos lectures.

J'imagine que ce compteur représente quelque peu votre intérêt.

Sinon, il serait tombé depuis sa création en 2005 dans l'anonymat des milliers de blogs existant sur la Toile.

Merci. 

 

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