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"Ce sont des criminels"

Par Le 04/12/2021

Oui, on peut le dire. Et avec préméditation de surcroit. Car qui oserait dire que la situation actuelle n'était pas prévisible ? La seule différence avec un criminel de droit commun, et elle est de taille, c'est que sur le plan judiciaire, les gouvernants ne risquent rien. Aux prochaines élections, ceux en place passeront le témoin et sortiront des radars. Ils ne quitteront pas la scène politique pour autant mais ils pourront toujours arguer qu'ils n'y sont pour rien. Ça fait des décennies que ça dure. Qui a déjà été condamné pour ces crimes ? Personne puisque la "Justice" ne les reconnaît pas. C'est très bien ficelé et ça fonctionnera encore longtemps. 

 

"Ce sont des criminels" : dans le cortège des manifestants pour l'hôpital public, les soignants mettent en cause les gouvernants

 

Les soignants étaient appelés à manifester samedi pour alerter sur les difficultés de l'hôpital public. Dans le cortège parisien, les professionnels racontent un quotidien fait de manque de moyens, aux conséquences désastreuses.

Article rédigé par

franceinfo - Anne-Laure Dagnet

Radio France

Publié le 04/12/2021 18:30Mis à jour il y a 16 minutes

 Temps de lecture : 3 min.

Des soignants lors de la manifestation pour l'hôpital public, le samedi 4 décembre 2021 à Paris. (ANNE-LAURE DAGNET / RADIO FRANCE)

Des soignants lors de la manifestation pour l'hôpital public, le samedi 4 décembre 2021 à Paris. (ANNE-LAURE DAGNET / RADIO FRANCE)

"Olivier Variant !", scandent les manifestants dans le cortège. Samedi 4 décembre, à l'appel de dizaines de collectifs, syndicats et organisations, des membres du personnel de l'hôpital public ont manifesté dans toute la France, notamment à Paris, pour "défendre le système de santé". Tous ont dénoncé le manque de personnel, les problèmes de rémunération et des conditions de travail dégradées. Ils ont lancé un cri d'alerte car ces problèmes ont été accentués par la crise du Covid-19, poussant l'hôpital public à un point de rupture.

Des conséquences dramatiques pour les patients

Bien qu'ils viennent de toute la France, le constat est le même pour les personnels : l'hôpital public est à l'os. Ils décrivent une situation qui devient dramatique. "Aujourd'hui, en France, il y a des morts parce qu'il n'y a plus de Smur", les structures mobiles d'urgence et de réanimation, s'écrie Christelle, infirmière-anesthésiste à l'hôpital du Bailleul (Sarthe).

"Je suis dans un endroit où il n'y a plus de Smur la nuit, depuis deux ans. C'est à pleurer !"

Christelle, infirmière-anesthésiste à l'hôpital du Bailleul (Sarthe) 

à franceinfo

Julie, médecin en soins intensif à Voiron (Isère), liste, elle aussi, de nombreux exemples des dysfonctionnements de l'hôpital public. "Un greffon rénal a été jeté à Grenoble par manque d'accès au bloc opératoire, des gens ne sont pas opérés dans les temps... C'est notre quotidien", déplore-t-elle. Elle estime que la situation est catastrophique : "Il y a déjà beaucoup de retards et de pertes de chances."

Manque de personnel et restrictions budgétaires

Mathieu, médecin à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine), est confronté tous les jours au manque de moyens. Il estime que 20% des lits sont fermés au sein de son établissement. "Il y a 25 patients dans le couloir, tous les jours, aux urgences." Il impute principalement ces difficultés aux problèmes de recrutement. "Il nous manque du personnel soignant et nous sommes dans une politique de restrictions budgétaires majeures. Cela fait qu'on cherche des personnes en intérim la veille pour le lendemain, après avoir harcelé le personnel qui est épuisé", déplore ce professionnel. 

A l'hôpital de Mayenne, Florence, infirmière, subit les mêmes conséquences. "On travaille dans une usine. On ne peut pratiquement plus prendre nos pauses et on revient sur nos jours de repos pour remplacer les collègues parce qu'on est à flux tendu", décrit cette professionnelle de santé. Elle estime qu'il manque 22 infirmières dans son hôpital : "On voit que le métier n'attire plus parce qu'on n'a pas de moyens. On a été là pendant la crise du Covid-19, on est encore là aujourd'hui mais on est usés. On n'en peut plus."

Donner "des perspectives" à l'hôpital

Pour beaucoup de manifestants, la crise du Covid-19 a accéléré les départs des soignants, faisant exploser une organisation qui craquait déjà. "Le système, qui est tenu à bout de bras par ceux qui sont encore là, est en train de s'écrouler", alerte Julie. Les soignants quittent l'hôpital par vague : "Le système s'écroule parce qu'il tenait jusqu'ici sur des vocations quasi christiques et sacrificielles", analyse Emmanuelle Seris, médecin à Sarreguemines (Moselle) et porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

Au-delà de leurs dirigeants directs, ces soignants en veulent aux gouvernements successifs qui n'ont rien fait d'après eux pour remettre sur pied l'hôpital public.  Christelle appelle notamment les directions d'hôpitaux et des agences régionales de santé à s'expliquer. "Qu'elles prennent leurs responsabilités de dire, devant nous, pourquoi les lits sont fermés, pourquoi les urgences ferment, pourquoi les Smur ferment. Ce sont des criminels !"

Seule solution, pour Emmanuelle Seris : prendre le problème à bras le corps. "Si maintenant on nous dit qu'on va augmenter les lits, les effectifs et les étudiants en médecine, on aura effectivement des perspectives. Tant que ce n'est pas le cas, les gens quittent le système de santé pour se réorienter parce que ce n'est plus possible de soigner correctement."

Les soignants ont manifesté à Paris, samedi 4 décembre. Un reportage d'Anne-Laure Dagnet

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Hôpital public : "Nous sommes des chefs de service qui essayons de gérer la misère", alerte la cheffe du service pédiatrie de l'hôpital Necker à Paris

 

"Le Covid n'y est pour rien."

 

De nombreux syndicats et collectifs de professionnels hospitaliers et libéraux appellent à se mobiliser samedi pour dénoncer leurs conditions de travail et l'état inquiétant des hôpitaux publics.

Article rédigé par

franceinfo

Radio France

Publié le 04/12/2021 09:55

 Temps de lecture : 3 min.

Isabelle Desguerre, cheffe du service neuropédiatrie à l'hôpital Necker de Paris. (AURELIE LADET / MAXPPP)

Isabelle Desguerre, cheffe du service neuropédiatrie à l'hôpital Necker de Paris. (AURELIE LADET / MAXPPP)

"On risque d'avoir une vague de désertion des soignants qui va encore s'aggraver", alerte sur franceinfo samedi 4 décembre Isabelle Desguerre, la cheffe du service pédiatrie de l'hôpital Necker à Paris, et membre du collectif Inter-Hôpitaux qui appelle à manifester à Paris. "Nous sommes dans l'impasse, nous sommes des chefs de service qui essayons de gérer la misère", a déploré la médecin, qui explique que la pandémie de Covid-19 a été le "révélateur" du manque de moyens dans les hôpitaux publics.

franceinfo : Vous aviez participé à un mouvement de "démission collective" des chefs de service il y a deux ans. Que s'est-il passé ?

Isabelle Desguerre : Il ne s'est clairement rien passé, si ce n'est que ça s'est aggravé en termes de tension, nous avions alerté sur la situation critique pour soigner dans de bonnes conditions les patients. Avec le risque que les soignants désertent l'hôpital : nous le percevions clairement à ce moment-là. Les propositions faites au Ségur n'ont rien réglé du tout, c'est-à-dire que les propositions ont été des propositions salariales et vraiment à minima. Et elles n'ont absolument pas abordé les sujets importants qui sont la réorganisation de l'hôpital public, la tarification à l'acte qui est un vrai problème. Donc, à l'heure actuelle, nous sommes dans l'impasse. Nous sommes des chefs de service qui essayons de gérer la misère.

Dans votre hôpital, Isabelle Deguerre, quelle est la situation ?

C'est très simple. Depuis plus de 6 mois, j'ai 5 lits sur 25 de fermés, ce qui fait 20% faute de soignants, alors qu'on est en pleine épidémie infectieuse de bronchiolite et qu'on a des malades partout, dans tous les couloirs. Les urgences de pédiatrie débordent dans tous les hôpitaux et sur l'hôpital Necker, il y a 12% de lits qui sont fermés, faute de soignants. Donc, on a une situation qui est extrêmement compliquée, qui est épuisante pour les soignants parce qu'on est sur le fil en permanence. Tout le monde a peur de ne pas bien faire. Cela épuise à moyen terme, toutes les équipes. On risque d'avoir une vague de désertion des soignants qui va encore s'aggraver. Et là, pour l'instant, elle a touché surtout des infirmières et des paramédicaux, aides-soignants, kinés et autres. Je pense qu'elle va toucher les médecins aussi, en particulier les jeunes qui vont se tourner en dehors de l'hôpital et qui sont très découragés. Les soignants se posent des questions éthiques sur leur métier de tous les jours. L'argent ne règle pas tout, loin de là, parce qu'il est question d'organisation du soin et de possibilité de soigner dans des conditions correctes, conditions qui ne sont pas respectées à l'heure actuelle. J'ai beaucoup de jeunes qui décident de changer de métier.

Quelle place a le Covid-19 dans cette crise que vous décrivez ?

Le Covid a été juste le révélateur d'un dysfonctionnement. Le Covid a même donné l'illusion aux soignants qu'on avait peut-être un moyen de travailler à l'hôpital différent, même si les conditions étaient très difficiles et effroyables. Les gens se sont beaucoup mobilisés, les infirmières ont été dans différents services, les médecins aussi. Tout le monde y a mis du sien, mais ce qui a changé, c'est toute la pesanteur administrative qui a totalement disparu durant cette période-là et surtout la pesanteur financière. Celle qui fait qu'on ne nous parle pas de soigner les gens, on nous parle de ce qu'ils vont rapporter. Le Covid n'y est pour rien."

Hôpital en scène

Par Le 03/12/2021

Il ne faut pas croire que c'est la direction de l'hôpital qui a décidé de cette mise en scène. Il est évident, dans un organisme public, que l'idée vient de bien plus haut. C'est quoi l'idée ? Améliorer le service ou dégoûter le personnel ? Pour ce qui est de la deuxième option, c'est assurément réussi. Le taux de démission dans l'hôpital public, tout comme dans l'éducation nationale, n'a jamais été aussi élevé. Et je ne parle pas des dépressions et des burn-out. 

 

 

Brive - Des comédiens ont testé le personnel en jouant les faux patients à l'hôpital, "minable" pour la CFDT

 

Vendredi 3 décembre 2021 à 18:11 - 

Par , France Bleu Limousin, France Bleu

Brive-la-Gaillarde

Grosse colère de la CFDT à l'hôpital de Brive. Le syndicat a appris que la direction avait fait appel à des comédiens pour tester anonymement le personnel. Ils se sont faits passer pour des patients. La direction confirme et assume la méthode : tester l'accueil pour s'améliorer.

Accueil de l'hôpital de Brive-la-Gaillarde en avril 2016 (photo d'illustration)

Accueil de l'hôpital de Brive-la-Gaillarde en avril 2016 (photo d'illustration) © Radio France - Nicolas Blanzat

Une "expérience" récemment menée au centre hospitalier de Brive a beaucoup de mal à passer auprès des syndicats et notamment de la CFDT. La direction a fait appel à deux comédiens pour tester le personnel. Ils se sont faits passer pour des patients dans 6 services de l'établissement. Seuls les médecins chefs de pole et les cadres de service étaient au courant. Une façon de faire que dénonce le syndicat, alerté par le personnel suite à un incident au service psychiatrique. L'un des comédiens a visiblement été beaucoup trop loin.

C'est regrettable, lamentable, minable d'agir ainsi.

C'est d'ailleurs lui qui a mis fin au sketch et s'est expliqué, alors qu'il devait jouer le patient égaré mais a surtout semé la zizanie. "Le patient ne jouait pas une personne égarée mais manifestait des troubles psychologiques sérieux pour ne pas dire sévères. Un infirmier a du venir au secours de la secrétaire. Puis un médecin a du abréger sa consultation pour venir en aide à l'infirmier. C'est une perte de temps. C'est regrettable, lamentable, minable d'agir ainsi" fulmine Jean Pierre Salès, secrétaire de la section hôpital de Brive à la CFDT. 

Une méthode et un timing douteux pour la CFDT

Un syndicaliste pour qui la méthode n'a pas lieu d'être : "Faire ce genre d'enquête, caché, avec des comédiens, c'est très mal venu. C'est écœurant comme pratique. Que l'on fasse des enquêtes utiles à tous, pourquoi pas ! Mais d'une manière ouverte et officielle. On prévient." Quand au timing, il n'arrange rien à l'affaire aux yeux de Jean-Pierre Salès : "Il y a le Covid qui s'ajoute à ça actuellement. L'hôpital de Brive a déclenché le plan Blanc. Quand une période est compliquée et c'est le cas pour le personnel, on fait tout pour l'améliorer et on évite de rajouter de la tension".

Un comédien a été trop loin.

La direction de l'hôpital confirme et assume l'expérience. L'idée étant de "s'améliorer" en testant le personnel de façon "moins technocratique", avec dans le viseur l'obtention en juin prochain de la certification Experts visiteurs. S'il reconnait "qu'un comédien a été trop loin", le directeur adjoint Michel Da Cunha parle de "réaction disproportionnée". Selon lui, "90%" des interactions entre le personnel et les comédiens se sont bien passées. Il en déduit que le personnel a été favorablement réceptif à une démarche qui "ne visait pas à le mettre en difficulté".

De nouveaux comédiens début 2022 ?

Pour Jean Pierre Salès de la CFDT, c'est tout le contraire :"Quelqu'un qui pleure devant vous, ça interpelle. Ce n'est pas normal. Les retours négatifs ne sont pas minimes. Ils sont massifs. La majorité des soignants est écœuré. C'est un manque de confiance. La rupture est là. Il faut faire attention", prévient le représentant syndical qui compte bien s'opposer à une expérience du même genre prévue début 2022. La question sera sur la table jeudi lors du prochain Comité Technique d'Etablissement.

 

Hôpital : une urgence programmée.

Par Le 03/12/2021

Et ça continue, encore et encore...Et de l'autre côté, l'UE commence fortement à envisager une vaccination obligatoire. Ubuesque.

L'hôpital public, tout comme l'Ecole publique sont voués à dépérir, année après année.

Les cliniques privées et les écoles privées prendront la relève. 

Il y a plusieurs années déjà, j'étais tombé sur des textes émanant de l'OCDE. Tout est programmé. Sur tout le service public. Pas seulement l'hôpital ou l'éducation nationale. Ces textes datent de 2001. On voit bien où on en est vingt après. 

Lorsque je suis entré en désobéissance civique et que j'ai refusé de prendre ma classe à la suite de la réforme Peillon, j'avais écrit directement au Ministre. Ca m'a valu d'être convoqué devant l'inspecteur académique. Ca n'a pas plus du tout que je diffuse ça. Ceux qui suivent ce blog depuis sa création savent ce que j'ai enduré pendant trois ans et je sais ce qu'endurent aujourd'hui tous les rebelles qui défendent becs et ongles le service public. 

 

OCDE, c'est du long terme...

Cahier numéro 13 de l'OCDE

 

Les urgences de l'hôpital de Guéret en Creuse débordées à cause de fermetures de lits

 

Jeudi 2 décembre 2021 à 17:17 - 

Par , , France Bleu Creuse

Guéret

Le chef des urgences de l'hôpital de Guéret et le responsable du Samu 23 alertent sur la crise aux urgences. Le service est saturé depuis la fermeture brutale de quinze lits début octobre.

Le responsable du Samu et celui des urgences de l'hôpital de Guéret alertent sur la crise aux urgences.

Le responsable du Samu et celui des urgences de l'hôpital de Guéret alertent sur la crise aux urgences. © Radio France - Justine Maurel

A Guéret, les urgences sont saturées. Depuis fin novembre, entre dix et quinze patients attendent chaque jour dans les couloirs de l'hôpital sans pouvoir être pris en charge, selon le chef des urgences de l'hôpital de Guéret et le responsable du Samu 23.

Ils dénoncent le manque de lits dans les services de médecine. La direction de l'hôpital a décidé d'en fermer quinze le 1er octobre. Depuis, aucun lit n'a été rouvert.

La situation inquiète les soignants, alors que le nombre d'arrivées liées au coronavirus ne cesse d'augmenter ces derniers jours. D'après Pour le docteur Bruno Verguet, responsable du Samu 23, la santé des patients est mise en danger.

La direction mettra en place une cellule de crise ce vendredi matin à 8h pour trouver des solutions au problème.

 

EN 2019

Face à la fermeture de lits, le personnel de l'hôpital de Guéret ne veut rien lâcher

 

Publié le 23/05/2019 à 19h56

Face à la fermeture de lits, le personnel de l'hôpital de Guéret ne veut rien lâcher

Le personnel entend mener d'autres actions. © BARLIER Bruno     

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La direction du centre hospitalier de Guéret n’a pas l’air disposée à retropédaler sur la fermeture d’une cinquantaine de lits sous trois ans. Au grand dam du personnel.

Le personnel de l’hôpital de Guéret l’a appris formellement ce jeudi 23 mai. Dix lits du service cardiologie fermeront à partir du 14 juin. Et le 1er juillet, ce sont 14 lits du service endocrinologie qui fermeront. En parallèle, six lits de Soins de suite et de rééducation, ouvriront. Pas de quoi satisfaire le personnel, qui s’inquiète.

La population soutient le personnel

Jeudi, à l’initiative de la CGT, plusieurs membres du personnel sont restés devant l’hôpital une bonne partie de la journée pour faire signer une pétition. Pétition qui exprime le refus du projet de l’Agence régionale de santé (ARS) qui comprend la fermeture de 53 lits dans les trois ans à l’hôpital de Guéret. Avec les premières fermetures de lits à venir, le processus est lancé. Alors même que Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse, préconisait un moratoire sur la question.

Enfin des propositions pour sortir l'hôpital de Guéret de son déficit ?

« On veut réaffirmer la lutte contre ces fermetures, laisse entendre Nathalie Teste, secrétaire de l’USD CGT. On voit que la population adhère. On sent un vrai soutien, et c’est rare. » Toute la journée, les gens se sont rassemblés autour du petit stand de fortune, installé à l’entrée de l’hôpital. Pour signer la pétition et dire quelques mots pour la cause. Dans la journée, le personnel a recueilli plus de 400 signatures. « Si on fait ça, ce n’est pas que pour nous, c’est aussi pour l’offre de soins en Creuse », valide Nathalie.

La pétition a été signée à de nombreuses reprises toute la journée.
Les agents  ont également mis en place des bâches dédiée à l’expression libre. « On a posé la question de savoir comment les gens voyaient un hôpital en bonne santé. » Et les réponses ont été nombreuses avec des « c’est en Creuse que je veux être soigné », ou encore « du sourire pour le personnel ».

Les agents hospitaliers se sont succédé autour du stand. Il y a ceux qui travaillaient toute la journée et qui ont profité de leur pause pour soutenir. « Comme on est réquisitionnés, c’est difficile d’être présent sur un temps long, mais on a vu des personnes de l’administration, des urgences et même les cuistots », se félicite Nathalie Teste. En clair, la majorité du personnel fait bloc et va multiplier les actions.

Difficultés à l'hôpital de Guéret : le dialogue social a tourné court entre la direction et le personnel

Les agents mobilisés espèrent qu’une discussion sera ouverte, même s’ils décrivent le dialogue social comme  « compliqué » avec Frédéric Artigaut, le directeur de l’hôpital. « Il faut que l’on pense à la population et à la manière de la soigner, plutôt que de parler de rentabilité », tranche la secrétaire de l’USD CGT. Elle espère que les élus, qui siégeront au conseil de surveillance le 7 juin, voteront contre le plan proposé par l’ARS. Même s’il n’a qu’une valeur consultative. « S’ils votent contre, ce serait déjà un pas en avant. »

Eric Correia, président de la Com d'Agglo du Grand Guéret est venu apporter son soutien.
En parlant d’élus, seul Éric Correia, président de la Communauté d’agglomération du Grand Guéret, s’est rendu sur place jeudi. « C’est indispensable d’être là au niveau politique. Quand on voit qu’on a le Plan particulier pour la Creuse à 80 millions d’euros et qu’on ferme des lits à l’hôpital sans projet global de l’autre côté, il y a une incohérence. »

L'harmonisation public-privé au coeur du débat

Et de remettre sur la table l’idée de combiner les forces entre public et privé. « Il faut finir d’opposer les deux. L’offre de soin, ce n’est pas que l’hôpital. Il y a aussi le CMN de Sainte-Feyre et la Clinique de la Marche à Guéret, précise Éric Correia. Il faut remettre le patient au centre. Il ira se faire soigner chez le médecin le plus compétent et le plus proche. » Une phrase avec laquelle, Nathalie Teste n’est pas d’accord. « Les patients, qui n’ont pas forcément les moyens, doivent avoir le choix et se faire soigner sans sortir la carte bleue. »

Le député Moreau prépare le rapprochement des établissements hospitaliers publics et privés de la Creuse

Mais tous les deux se sont rejoints sur la nécessité d’une harmonisation fiscale entre le privé, aujourd’hui défiscalisé, et le public,  pour que le rapprochement entre les trois établissements se fasse plus facilement. « Ca ne se fera pas du jour au lendemain, estime Éric Correia. Mais il faut y réfléchir et inclure le personnel dans les décisions. Moi, je serais pour une loi, qui force les directeurs d’hôpital à se faire soigner dans leur propre établissement. Ca changerait beaucoup de choses. »

Romain Conversin

René Dumont, un visionnaire oublié

Par Le 03/12/2021

 

René Dumont, agronome tiers-mondiste et visionnaire

 

Publié le : 03/07/2021 - 11:22

Audio 04:01Podcast

René Dumont, en avril 1974, lors de sa campagne électorale pour l'élection présidentielle de mai 1974. © AFP

Par :Agnès Rougier

17 mn

Expert du développement agricole devenu militant écologiste, René Dumont se revendiquait avant tout tiers-mondiste. Toute sa vie, cet ingénieur agronome s’est battu pour « mettre fin à la faim ». Alliant l’engagement, les connaissances scientifiques, l’analyse critique et le sens de la communication, René Dumont, le premier candidat écologiste aux élections présidentielles de 1974, est considéré comme le créateur de l’écologie politique en France.

René Dumont est né dans le Nord en 1904, d’un père agronome et d’une mère mathématicienne et directrice de collège, tous deux républicains laïques. René Dumont a 10 ans au début de la Première Guerre mondiale, il vit avec sa famille près du front et sa confrontation aux horreurs de la guerre le rendra pacifiste pour toujours.

Petit garçon, René Dumont adore passer ses vacances à la ferme de ses grands-parents et encouragé par son père qui lui communique son attachement à la terre, aux plantes, aux animaux, il décide, très jeune, d’étudier l’agronomie et il réussit brillamment le concours d’entrée à l’Institut national d’agronomie en 1922.

Sorti diplômé, René Dumont part effectuer son service militaire, mais le jeune homme au tempérament rebelle et pacifiste le vit très mal et en sortira dépressif. Pour s’en remettre, il travaillera comme ouvrier agricole pendant un an dans la ferme de ses oncles.

Jeune agronome productiviste

En 1927, René Dumont, jeune ingénieur agronome, veut découvrir le monde, se rendre utile, et il entre à l’Institut national d’agronomie coloniale (INAC). Il travaille au développement de l’agriculture intensive par les engrais chimiques et le machinisme. L’INAC l’envoie en mission au Maroc, puis en Tunisie, et enfin en Indochine en 1930. Il est alors responsable de la station agricole sur le delta du Fleuve Rouge, où il est chargé de tester les engrais pour la riziculture.

Mais en parallèle de son travail, l’agronome rencontre les agriculteurs locaux, ce qui le conduira à remettre en question l’idéologie des agronomes coloniaux et dans son première livre, La culture du riz dans le delta du Tonkin. René Dumont affirme ses positions critiques et anticolonialistes.

Pour Marc Dufumier, agronome et qui a été son élève en agronomie comparée : « Il était parti pour aider les Vietnamiens à se nourrir par eux-mêmes en intensifiant leur système de culture, mais il découvrait que l’attitude des Français était très autoritaire ».

René Dumont démissionne de l’INAC en 1932 pour entrer, en 1933, à l’Institut national d’agronomie (INA), où il créera la chaire d’agriculture comparée en 1953.

Nourrir le monde

Des années 1930 aux années 1960, la population mondiale est en pleine croissance. René Dumont est alors régulièrement sollicité pour ses conseils en agronomie, d’abord en France, pour mettre en place le système d’agriculture productiviste ; puis à la fin des années 1950, au lendemain des indépendances, par les jeunes gouvernements des anciennes colonies africaines.

Mais l’agronome, toujours à l’écoute des paysans, constate que le système néocolonial qui consiste à reproduire les techniques agricoles des pays industrialisés dans les pays du tiers-monde est source de dégâts sociaux et environnementaux : « Petit-fils de paysan et agronome, je dois défendre les paysanneries sous-développées et souvent opprimées, ces vrais prolétaires des temps modernes », écrit-il dans un livre qui fait scandale à sa publication en 1962, L’Afrique noire est mal partie.

Voyageur infatigable, ses missions l’amènent dans plus de 90 pays, de l’Inde à Cuba, où il constate les méfaits de la Révolution verte qui pousse à la monoculture mécanisée avec engrais et pesticides chimiques. Alors qu’il ne défend pas le libéralisme, René Dumont est aussi très critique envers l’agriculture des « pays socialistes », et de la canne à sucre à Cuba en particulier. Fidel Castro, mécontent, ira jusqu’à l’accuser d’être un agent de la CIA !

Où l’agronome devient écologiste 

Alors qu’au début des années 1970, les écologistes sont plutôt perçus comme des marginaux, René Dumont, scientifique de terrain, a à la fois la légitimité et les connaissances qui apportent crédibilité au discours écologiste, et le goût de parler en public. « Il était très bon professeur, très bon pédagogue… et très polémique ! déclare son ancien élève en agronomie comparée, Marc Dufumier, (…) mais la force de son enseignement, c’était de nous dire : "avant de donner des conseils, allez d’abord voir sur le terrain !" »  

En 1972, les scientifiques du Club de Rome éditent un rapport intitulé : « Stopper la croissance » – ou « Rapport Meadows » –, dans lequel ils affirment que le système planétaire va s’effondrer sous la pression de la croissance démographique et industrielle si rien n’est fait.

Et en 1973, René Dumont dresse à son tour un bilan implacable du XXe siècle productiviste : « Nous fonçons à toute allure dans le brouillard vers un mur de ciment », écrit-il dans L’utopie ou la mort, son dernier livre.

Alors que l’Afrique subsaharienne est en proie à de graves sécheresses depuis 1970, l’auteur tire le signal d’alarme sur l’épuisement des ressources naturelles, la pollution, le changement climatique et le risque d’effondrement de la civilisation dus à la croissance de la consommation dans les pays industrialisés, inversement proportionnelle à la misère des populations des pays démunis.

Naissance de l’écologie politique

Le professeur Dumont a 70 ans quand les représentants des mouvements écologistes, dont Brice Lalonde, des Amis de la Terre, lui demandent de porter la parole de l’écologie aux élections présidentielles de 1974 ; il accepte à condition qu’on le laisse libre de parler et devient le premier candidat écologiste en France.

Vêtu de son éternel pull-over rouge, le candidat Dumont a le sens du spectacle et la télévision est l’occasion idéale de faire passer ses idées : « Nous allons bientôt manquer d’eau », déclare-t-il aux téléspectateurs et brandissant un verre plein : « C’est pourquoi je bois devant vous un verre d’eau, précieuse, puisque avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera ». Le candidat écologiste, qu’aucun parti politique installé ne soutient, récoltera seulement 1,32 % des voix aux élections, mais l’écologie politique était née.

Un lanceur d’alerte visionnaire

Celui que l’on appelait « l’agronome de la faim », lanceur d’alerte visionnaire, professeur et militant, anticipait en 1974 les sujets qui sont aujourd’hui d’actualité – le changement climatique et ses conséquences, ou la perte de biodiversité –, il proposait aussi des solutions, comme l’agroécologie, dont la pertinence commence seulement à être perçue.

Pour Marc Dufumier, « le principal héritage de René Dumont, c’est que des solutions concrètes, oui, il y en a, et il y aurait des raisons d’être optimiste sur le fait qu’on peut nourrir l’humanité toute entière avec des formes d’agricultures respectueuses de l’environnement » mais quand on lui demande s’il est vraiment optimiste : « Politiquement parlant ? Alors là, je réponds à la René Dumont : je n’attends pas de le savoir pour rester mobilisé ! »

Jusqu’à son décès en 2001, René Dumont, auteur de plus de 60 ouvrages, militant tiers-mondiste, engagé pour le pacifisme et l’émancipation des femmes, membre fondateur de l’association Attac en 1998, dénoncera les effets délétères du productivisme et les inégalités entre pays du Sud et pays du Nord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jardin d'agronomie tropicale René Dumont, le bâtiment d'Indochine © © RFI Agnès Rougier

Pour en savoir plus :

Site du Musée du vivant et de la fondation René Dumont

Extrait de L’Afrique noire est mal partie

René Dumont, une vie saisie pas l’écologie, par Jean Paul Besset, édition Stock, 1992

Marc Dufumier, agroéconomiste, spécialiste des agricultures dans les pays en développement

 

Martin Blachier

Par Le 02/12/2021

Si vous ne connaissez pas ce médecin, un petit tour sur le net vous montrera à quel point, il a pu être virulent dans ses prises de position envers une vaccination de masse et le pass sanitaire.

C'est donc très intéressant de constater aujourd'hui à quel point son discours a évolué.

Au moins, avec lui, personne ne pourra parler de complotisme et autres raccourcis méprisants.

 

 

Omicron

Par Le 30/11/2021

Bon, voilà ce que j'espérais entendre.

"Vivre en harmonie avec la nature en respectant l'immunité."

"L'état désastreux du système hospitalier."

 

Invité : Gérald Kierzek, médecin urgentiste

 

"Contester le pass- sanitaire ne signifie pas que l'on soit anti-vax"

L’Université populaire de la biodiversité

Par Le 27/11/2021

 

C'est tout nouveau et je trouve cela très intéressant. Les quizz peuvent d'ailleurs être une source d'informations pour des enfants.

 

   

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Publié le 24 novembre 2021

par Tela Botanica

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L’UNIVERSITÉ POPULAIRE DE LA BIODIVERSITÉ

 

L’Université populaire de la biodiversité

L'Office français de la biodiversité a lancé cette semaine l’Université populaire de la biodiversité. Découvrez sur son site des contenus thématiques, des quiz pour vous tester et des informations sur les conférences, débats et témoignages à suivre en ligne ou à Tours.

universite-populaire-de-la-biodiversite-2021-bandeau

Pourquoi une Université populaire de la biodiversité ?

La crise sanitaire actuelle a déclenché une prise de conscience des impacts des modes de vie humains et des habitudes de consommation sur les espaces naturels et les milieux. Elle amène des interrogations sur le rapport à la nature, du côté individuel et collectif. Tous les experts internationaux s’accordent à pointer une érosion massive de la biodiversité qui affecte tous les milieux et toutes les espèces, à un rythme sans précédent. Les causes sont toutes, directement ou indirectement, d’origine humaine : il y a urgence à enrayer son déclin au quotidien.

L’Université souhaite inviter les citoyens à faire le lien entre des actes de la vie quotidienne et les transformations globales des modes de production et de consommation, qui sont aujourd’hui indispensables pour faire bouger les lignes.

Présentation sur le site de l’OFB.

Des contenus à consulter en ligne

Rendez-vous sur le site de l’OFB pour découvrir des vidéos et contenus en ligne sur la biodiversité, la place qu’elle occupe dans la vie quotidienne et l’impact de gestes comme se nourrir, prendre soin de soi, se loger, ou profiter de la nature. Ci-dessous, un aperçu avec une vidéo sur la dissémination des graines dans les forêts de Guyane grâce aux primates, agouti, tapirs et autres espèces frugivores.

Voir la vidéo sur la chaine YouTube de l’OFB

Voir tous les contenus de l'Université populaire de la biodivsersité

Sur le site de l'OFB

Sur la chaîne YouTube de l'OFB

Des quiz pour tester vos connaissances

Testez-vous avec des quiz interactifs autour des différents thèmes abordés par l’Université. Par exemple, quelle est la réponse à cette question du quiz « La biodiversité, source de nourriture »?

Pour nourrir la majorité de la population sur Terre, combien de plantes domestiques comestibles est-il nécessaire de cultiver?

– 9
– 6 000
– 300 000

VOIR TOUS LES QUIZ

Des conférences et des débats

L’Université populaire de la biodiversité vous donne rendez-vous les 27 et 28 novembre pour des conférences, des débats, des temps pédagogiques, des décryptages scientifiques et des témoignages. Pour participer à l’événement sur inscription, deux possibilités :

en présentiel, à Tours

en ligne, via la chaîne Youtube de l’OFB

Rendez-vous sur le site de l’OFB pour vous inscrire et découvrir le programme.

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La forêt en péril

Par Le 26/11/2021

 

Supprimer des postes de fonctionnaires, faire des économies, précariser des emplois qui devraient être attribués à des gens compétents et non à des contractuels du privé, abandonner l'idée d'une gestion à long terme dans le respect de la nécessire biodiversité pour aller vers le court terme et la rentabilité immédiate etc etc...Et un jour prochain, on se demandera pour quelles raisons les forêts françaises dépérissent. Souvenons-nous de l'effacement du paysage de toutes les haies afin d'augmenter les surfaces cultivables. Aujourd'hui, on tente de les replanter parce que les scientifiques et les gens du terrain eux-mêmes, cultivateurs, agriculteurs, forestiers ont réalisé que leur disparition était catastrophique dans l'équilibre des terrains. Raser une haie et des talus, c'est rapide. Les réinstaller, c'est beaucoup, beaucoup plus long. Que feront les gouvernements lorsqu'ils verront les forêts dépérir ? Ils demanderont des études ? Ils enverront des spécialistes sur le terrain ? Mais c'est déjà fait, c'est déjà étudié, tout est déjà écrit. Le problème, c'est que les gouvernants n'entendent jamais les alertes dès lors que la rentabilité les obsède. 

 

Les garde-forestiers se mobilisent contre la marchandisation des forêts françaises

 

Les domaines à gérer sont toujours plus grands, les effectifs toujours plus minces : chaque garde-forestier doit aujourd’hui gérer, en moyenne, 2 000 hectares de forêts. C’est 1 200 de plus que dans les années 1980.

25 novembre 2021 - Augustin Langlade

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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
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Ce jeudi 25 novembre, les personnels de l’Office national des forêts, soutenus par des associations et de nombreux élus, ont manifesté devant le siège de leur organisation, à Paris. Ils dénoncent les baisses continues de leurs effectifs, la marchandisation des forêts et la « privatisation rampante » de l’établissement public.

Alors que les arbres souffrent des conséquences du réchauffement climatique, le gouvernement assassine l’Office national des forêts (ONF). C’est le constat qu’ont martelé, jeudi 25 novembre, les organisations syndicales, associations et élus rassemblés avenue de Saint-Mandé, dans le 12e arrondissement de Paris, pour protester contre le démantèlement programmé des services forestiers.

Le 2 juillet dernier, l’adoption du contrat État-ONF pour les années 2021-2025 a été perçue comme un énième coup de poignard porté à l’établissement public.

Ce document-cadre, approuvé de justesse par un conseil d’administration divisé, a entériné la suppression de 475 postes supplémentaires en cinq ans, dans un office plus que jamais exsangue.

En 35 ans, l’ONF a perdu près de 40 % de ses effectifs : de 16 000 salariés que comptait l’office en 1986, il n’en reste plus que 8 400, auxquels l’État confie pourtant un nombre équivalent de missions et exige une plus grande rentabilité.

Manifestation pour la défense du service public forestier – Crédit : Union syndicale Solidaires

Démantèlement programmé

Ces suppressions de postes continuelles viennent s’ajouter à une série de mesures structurelles dans lesquelles se dessine la stratégie de l’État, sans équivoque : le démantèlement. 

Adoptée en octobre 2020, la loi dite d’accélération et de simplification de l’action publique (Asap) a par exemple autorisé le gouvernement à élargir, par ordonnances, « les possibilités de recrutement d’agents contractuels de droit privé », qui pourront désormais « concourir à l’exercice de l’ensemble des missions confiées à l’Office [national des forêts], y compris la constatation de certaines infractions ».

Conjointe au gel, il y a quatre ans, des concours de recrutement de techniciens forestiers, cette réforme devrait permettre, à terme, de vider entièrement l’ONF de ses fonctionnaires, auxquels seront substitués des agents privés plus maniables – et 20 % moins chers.

« En parallèle de cette loi destructrice, des projets de filialisation sont étudiés pour retirer certaines activités à l’ONF, témoigne Loukas Bénard, technicien forestier en Haute-Marne et représentant du syndicat CGT-Forêt, pour La Relève et La Peste. Toute une partie de nos travaux sylvicoles, comme l’élagage, en sera fortement impactée. »

Selon le syndicaliste, présent à la manifestation de jeudi, ce sont les ouvriers qualifiés qui subissent les plus importantes suppressions d’emplois.

« Sur le terrain, déplore-t-il, l’État préfère de plus en plus avoir recours à de l’intérim ou de la sous-traitance, alors que c’est la perpétuation, au sein d’un service public, de ces compétences majeures qui a toujours permis de transmettre les forêts aux générations suivantes. »

Crédit : Union syndicale Solidaires

Un patrimoine exceptionnel, mais fragile

Les forêts couvrent 31 % du territoire métropolitain, soit 17 millions d’hectares, trois de plus qu’en 1985. Sur ces 17 millions d’hectares, plus de 25 %, les forêts publiques, dépendent de l’ONF, dont les missions vont de la commercialisation du bois à la protection de l’environnement, en passant par l’accueil du public et la prévention des risques naturels.

Les domaines à gérer sont toujours plus grands, les effectifs toujours plus minces : chaque garde-forestier doit aujourd’hui gérer, en moyenne, 2 000 hectares de forêts. C’est 1 200 de plus que dans les années 1980.

Ce fragile équilibre est d’ailleurs compromis par les défis du réchauffement climatique, aussi immenses qu’imprévisibles : dépérissement de certaines espèces, augmentation des incendies et des tempêtes, glissements de terrain, prolifération de parasites tels que les scolytes, qui ravagent les forêts d’épicéas, dans le nord-est de la France.

C’est cette situation qui fait craindre à Loukas Bénard que les fondements mêmes de l’ONF soient en péril.

« Les effectifs sont si réduits que nous ne parvenons pas à réaliser correctement nos missions, confie-t-il, notamment toutes celles qui relèvent de la gestion (suivi des exploitations, contrôle des infractions) et de l’environnement (étude des écosystèmes, surveillance des milieux…). À force, on se dit que l’objectif de nos patrons, c’est la production de bois. »

Lire aussi : Ce ne sont pas les forêts qui meurent, mais surtout des plantations d’arbres

Vers une marchandisation des forêts

Jusqu’ici, le statut de fonctionnaires permettait aux techniciens de résister, tant bien que mal, aux pressions de l’industrie forestière et aux exigences de rentabilité : espaces multifonctionnels, les forêts devaient avant tout profiter au bien commun, la « valorisation » des domaines n’étant qu’un aspect, parmi d’autres, des mille et une missions de l’ONF.

Mais avec la « privatisation rampante » de l’office public, les syndicats et les associations redoutent que la logique productiviste du gouvernement prenne le dessus sur celle de service et que les forêts se transforment, peu à peu, en « usines à bois ».

En se débarrassant des fonctionnaires, l’État prive ses étendues vertes de gardiens assermentés que des agents contractuels ne sauraient remplacer. D’un statut précaire et révocable, isolés, comment ceux-ci pourront-ils s’opposer à leur employeur, aux préfets réglementant les coupes rases ou aux acteurs du secteur, puissants et organisés ?

Posées par la manifestation de jeudi, ces interrogations resteront une fois de plus sans réponse. Au cours d’un défilé suivi de près par les forces de l’ordre, l’intersyndicale de l’ONF est parvenue, en milieu d’après-midi, devant le ministère de l’Économie (Paris 12e), où elle espérait être reçue. Mais ni l’Élysée, ni le ministère de l’Agriculture, ni Bercy n’ont donné suite à ses revendications.

Approuvé en conseil d’administration, le contrat État-ONF devrait être adopté d’ici peu.

Crédit photo couv : Canopée Forêts Vivantes

25 novembre 2021 - Augustin Langlade

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Plus qu'à attendre.

Par Le 26/11/2021

 

 

Historiquement, il n'y a eu que deux pétitions qui soient arrivées à dépasser le seuil des 100 000 votes et qui sont donc accessibles au débat au Sénat.

La première concernait les personnes en situation de handicap.

https://www.vie-publique.fr/en-bref/278381-senat-une-petition-en-ligne-pour-un-nouveau-calcul-de-laah

"Pour pouvoir bénéficier de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH), un certain nombre de conditions doivent être réunies dont des conditions de ressources à ne pas dépasser. Or, pour les personnes handicapées en couple, les ressources sont calculées en prenant en compte les revenus du conjoint, concubin ou pacsé.

Face à ce constat, une pétition demandant la désolidarisation des revenus du conjoint pour le paiement de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) (nouvelle fenêtre)a été déposée sur la plateforme de pétitions en ligne du Sénat le 10 septembre 2020."

 

Il est très parlant de voir que la pétition qui suit cet article et qui émane des chasseurs eux-mêmes a reçu 109 signatures. En même temps, vu les propositions, c'est préférable...

Une pétition s’impose au Sénat pour mettre fin aux dérives meurtrières de la chasse

 

Cette pétition exige la mise en place de cinq mesures : l’interdiction de la chasse le dimanche et le mercredi, « sur l’ensemble du territoire français » ; le renforcement de la formation des chasseurs et des règles générales de sécurité ; le contrôle et le suivi des armes de chasse et des comportements à risque ; de nouvelles sanctions pénales, à la hauteur des délits commis ; enfin « la libération de la parole et la reconnaissance des victimes de la chasse par l’État ».

17 novembre 2021 - Augustin Langlade

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Portée par le collectif « Un jour, un chasseur », une pétition réclamant une refonde profonde des lois sur la chasse vient de dépasser, sur le site internet du Sénat, le seuil des 100 000 signatures à partir duquel la chambre haute du Parlement peut s’en saisir et l’examiner. C’est une petite victoire pour toutes les victimes, directes ou indirectes, de ce loisir dont on ne compte plus les dommages.

410 morts en 10 ans

Depuis des décennies, les « accidents » de chasse se suivent et se ressemblent, chaque année apportant son lot de décès, de blessures et de traumatismes. De leur ouverture en septembre à leur fermeture en janvier-février, les périodes de chasse sont toujours accompagnées, en France, d’une litanie de victimes. À peine commencée, la saison actuelle n’échappe pas à cette triste fatalité.

Le 28 octobre, en Haute-Savoie, un jeune homme se promenant avec sa mère le long d’un sentier de village reçoit soudain une balle de fusil en plein thorax. Il est grièvement blessé. Le chasseur responsable, qui participait à une battue, n’avait pas respecté les règles les plus élémentaires de sécurité, qui exigent de ne jamais tirer en direction des routes. 

Le 30 octobre, alors qu’il circule sur une quatre-voies entre Laillé et Orgères, en Ille-et-Vilaine, un automobiliste de 67 ans est atteint au cou par une balle de calibre 9,3 mm. Quatre jours plus tard, il décède de ses blessures dans un centre hospitalier de Rennes.

Le 6 novembre, en Normandie, un cycliste amateur rentre de sa promenade le visage, les mains et le dos perforés de treize éclats de plomb. Un chasseur l’avait pris pour un faisan. Le lendemain, c’est au tour d’un chasseur de l’Aisne d’être blessé au thorax, alors que son adroit collègue visait un sanglier… 

Entre 1999 et 2019, la chasse aurait causé, en France, 2 792 accidents, dont pas moins de 410 mortels.

Encore ne s’agit-il que des faits « recensés » : si l’on prenait le temps de l’estimer, le nombre de drames évités de justesse — balles perdues, ricochets, tirs venant siffler au-dessus de la tête ou finissant dans les murs de maisons — serait, lui, beaucoup plus grand.

Intimidations, harcèlement, violences physiques, monopole des espaces naturels, noyautage des institutions civiques, les maux que l’on reproche aux chasseurs, nourris par cette multitude d’incidents quotidiens, ont fini par créer un climat de peur et de défiance insoutenable.

Dans les zones rurales, qui rappelons-le représentent l’écrasante majorité des territoires français, la chasse est devenue l’objet d’une discorde de plus en plus vive entre les « usagers de la nature », au point que les chasseurs apparaissent désormais comme une caste, distincte du reste de la population. C’est pourquoi les initiatives visant à réguler ce loisir encore trop anarchique se multiplient.

Lire aussi : « En campagne, témoignages et actions se multiplient contre la tyrannie des chasseurs »

Des initiatives pour mettre fin aux dérives

La dernière en date est d’une ampleur inédite. Il s’agit d’une pétition citoyenne. Déposée début septembre sur le site internet du Sénat par le collectif Un jour, un chasseur, elle demande qu’une modification profonde des lois permette enfin d’éviter les « morts, violences et abus liés à la chasse ». 

Le collectif Un jour, un chasseur a été créé à la suite d’un de ces accidents de chasse si fréquents. C’était le 2 décembre 2020, dans le Lot. Ce jour-là, Morgan Keane, un Britannique de 25 ans, était sorti de sa maison de Calvignac pour couper du bois, sans se douter qu’une battue avait lieu autour du jardin.

Quelques minutes plus tard, un chasseur surgit. Il confond le jeune homme avec un sanglier et lui fiche une balle au creux du ventre, le tuant sur le coup.

Largement relayé par la presse, ce drame a comme libéré la parole des habitants du Lot contre la tyrannie des chasseurs, ainsi que le rapporte le journal Reporterre. L’envie de se battre a tout à coup dépassé l’inertie.

Se sentant soutenues par la population, six amies de Morgan Keane ont alors décidé de monter « Un jour, un chasseur » et de porter, au sommet de l’État, une série de revendications.

En quelques mois, le collectif a compilé et diffusé des milliers de témoignages prouvant — s’il le fallait encore — les comportements intolérables des chasseurs, auxquels les fédérations et les comités locaux, intimement liés aux pouvoirs publics, garantissent une impunité qu’on ne retrouve nulle part ailleurs, hormis peut-être dans certains rangs de la police.

Afin de prolonger et concrétiser ces témoignages, l’idée est ensuite venue aux six amies de porter leur combat à l’échelon national. C’est là que le Sénat entre en jeu : depuis janvier 2021, une plate-forme numérique permet à toute personne ou à tout groupe d’adresser, à la chambre haute du Parlement, une pétition inédite ou déjà publiée.

Si, dans un délai de six mois, celle-ci a recueilli au moins 100 000 signatures, elle est alors transmise à la Conférence des Présidents, qui pourra choisir d’y donner suite, par exemple en instituant une mission de contrôle ou en l’inscrivant à l’ordre du jour d’un texte législatif. 

Déposée le 10 septembre, la pétition d’Un jour, un chasseur a dépassé, en moins de deux mois, le nombre de 100 000 signatures requis.

Lire aussi : « La chasse plombe l’environnement »

Le 16 novembre, plus de 118 000 personnes avaient adhéré, en prenant le soin de s’identifier, à cette requête exigeant la mise en place de cinq mesures : l’interdiction de la chasse le dimanche et le mercredi, « sur l’ensemble du territoire français » ; le renforcement de la formation des chasseurs et des règles générales de sécurité ; le contrôle et le suivi des armes de chasse et des comportements à risque ; de nouvelles sanctions pénales, à la hauteur des délits commis ; enfin « la libération de la parole et la reconnaissance des victimes de la chasse par l’État ».

Constatant « l’adhésion forte » de la population à cette pétition, le Sénat a annoncé le 9 novembre, dans un communiqué de presse, que les questions soulevées par le collectif allaient faire l’objet d’une « mission conjointe » entre la commission des lois et celle des affaires économiques.

À cette occasion, un débat, une série d’auditions et une « étude de législation comparée » devraient être organisés, « afin de déboucher sur des propositions concrètes, éventuellement de portée législative ».

Réagissant sur les réseaux sociaux, les amies de Morgan Keane ont souligné que la rapidité avec laquelle la pétition a atteint le seuil des 100 000 signatures « relève de l’exploit », mais traduit également « les attentes des citoyens ».

« Ce n’est qu’un premier pas vers la victoire, ajoutent-elles, qui ne sera atteinte qu’à la mise en place d’un texte législatif qui apportera de réelles réponses à nos revendications. »

Des aberrations dans la loi

Affirmant vouloir « ouvrir le débat » et « porter la parole des ruraux » sur les méfaits de la chasse, le collectif Un jour, un chasseur n’a cessé, pendant ses dix mois d’existence, de relever les « aberrations » de la loi, responsables selon lui des drames quotidiens qui entourent ce loisir.

Les chasseurs bénéficient en effet de maints privilèges et passe-droits entretenant, voire justifiant leur sentiment d’impunité.

Le bon million de détenteurs d’un permis valide sur le territoire peuvent par exemple, en toute légalité, manipuler des armes létales avec un taux d’alcoolémie de plusieurs grammes par litre de sang, malgré le risque évident que ce vide juridique fait courir aux autres citoyens.

Lire aussi : « Chasser sous l’emprise d’alcool est toujours légal, une faille juridique dangereuse »

De la même manière, une fois le permis en poche, les capacités physiques et psychiques des chasseurs, tout comme leurs armes, ne sont soumises à aucun examen régulier : chasser alors qu’on est atteint d’une maladie motrice et doté d’une arme défectueuse est tout à fait possible.

Autre dérive : si un « accident » entraîne mort d’homme lors d’une partie de chasse, le crime est la plupart du temps qualifié d’homicide involontaire ; à ce titre, il n’est puni que de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, alors que cette peine s’élève, pour un accident de voiture, à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

Lire aussi : « La souffrance est inhérente à la chasse de loisir car il est quasi impossible de tuer net un animal »

Sans juger du bien-fondé d’un loisir consistant à abattre des animaux sauvages, de telles incohérences juridiques démontrent, selon le collectif, qu’il est urgent de refondre entièrement des lois « qui, de toute évidence, ne garantissent ni notre sécurité, ni notre bien-être ».

Le combat d’Un jour, un chasseur parviendra-t-il à ébranler le statu quo ? En 2000, la loi Voynet instaurait, pour la première fois, un jour sans chasse en France, le mercredi. Trois ans plus tard, après le retour de la droite au pouvoir, cette disposition aussi légitime que minime était abrogée par l’Assemblée nationale.

Depuis lors, les cadres n’ont presque pas évolué. Murmurant à l’oreille du gouvernement, le lobby de la chasse est contraire à toute réforme, toute conciliation, tout aménagement.

Dans un entretien au JDD, le 14 novembre, le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, a même proposé que les chasseurs prennent part, comme « police de proximité », à la sécurité des villages et à « la surveillance des espaces agricoles et forestiers ». L’avenir est encore bien incertain.

17 novembre 2021 - Augustin Langlade

 

Denigrement des chasseurs, tireurs et amateurs d'armes: ça suffit!

 

AvatarSébastien POINT

15/11/2021

Identifiant: N°870

Seuil non atteint

En 2019, une ancienne actrice française mondialement célèbre qualifiait les chasseurs de "sous hommes d'une abjecte lâcheté aux trognes d'ivrognes" et de "terroristes du monde animal". En 2020, la fédération de chasse de Gironde subissait des volées d'insultes de la part d'internautes après une opération promotionnelle en faveur du permis de chasse. A ces deux exemples récents et connus, il faut ajouter la majorité des incidents, injures et dénigrements que subissent chasseurs, tireurs et amateurs d'armes et qui ne sont pas déclarés.

Nous refusons d’accepter la banalisation de ces discriminations. Il est du devoir des autorités et du gouvernement de les dénoncer, de leur faire face et de ne surtout pas tolérer l’intolérable.

Dans cet esprit, la mise en place des mesures suivantes s'avère , sinon suffisante, au moins nécessaire:

I - Reconnaissance d'un droit inaliénable à la chasse

Nous demandons l’inscription dans la loi d'un droit inaliénable pour les chasseurs de chasser tous les jours de la semaine, y compris le dimanche et le mercredi.

II - Information des promeneurs

La présence de promeneurs sur des parcelles forestières privées est souvent tolérée par les propriétaires mais, en cas de chasse en cours, cette présence pose des problèmes de sécurité. Nous demandons un renforcement général de l'information des promeneurs sur les risques qu'ils encourent ou qu'ils font courir à pénétrer des parcelles forestières privées accueillant potentiellement des actions de chasse. Une bonne appréciation et définition des responsabilités en cas d'accident doit être systématiquement réalisée.

III- Allègement du contrôle et du suivi des armes de chasse

La chasse est une action favorable à l'entretien des espaces forestiers et à la régulation des espèces animales. Elle doit être encouragée.
Le tir aux armes à feu, quel que soit le calibre, est une pratique sportive et de loisir encadrée qui ne doit souffrir d'aucune discrimination et qui doit être accessible à toutes et tous, dans un esprit démocratique.
La collection d'armes à feu participe de la préservation d'un patrimoine historique et technique français, européen et mondial.

Ces raisons plaident pour l'arrêt des politiques répressives et pour un allègement des conditions de détention des armes à feu de catégories C et de leurs munitions afin de permettre la démocratisation des disciplines exigeant la possession et/ou l'utilisation d'une arme à feu.

IV- Reconnaissance par l’État

Il est primordial de reconnaître la place des chasseurs dans la préservation de nos usages et modes de vie traditionnels, et dans la gestion des espaces naturels.

Il est primordial de reconnaître le tir sportif et la collection d'armes comme des moyens de faire vivre et de valoriser un patrimoine historique et technologique.

Texte législatif

Cette pétition est fermée aux signatures.

Décision de la Conférence des Présidents :

Lors de sa réunion du mardi 23 novembre 2021, la Conférence des Présidents a décidé de renvoyer la pétition n° 742 à la commission des affaires économiques et à la commission des lois en vue de la création d'une mission conjointe de contrôle.

Elle a en outre décidé de fermer aux signatures cette pétition ainsi que celles publiées sur la plateforme ayant le même objet.

Coronavirus : nouvelles du jour

Par Le 25/11/2021

 

Bon, tout ça n'est guère réjouissant.

En même temps, j'ai déjà lu moult articles scientifiques annonçant que la disparition du virus est utopique. Les personnes vaccinées peuvent continuer à transmettre le virus et doivent donc rester tout aussi prudentes que les non-vaccinées. Ce qui n'est pas le cas. Il existe un état de fait qui montre clairement que les personnes vaccinées sont beaucoup moins prudentes. 

Où va-t-on ? Je n'en sais rien bien évidemment mais il est certain en tout cas, pour moi, que le fait de prendre soin de sa santé est primordial et je ne suis pas persuadé que cette idée ait beaucoup évolué dans l'esprit des gens. Le système immunitaire, ça s'entretient. Son affaiblissement est une opportunité offerte au virus.

Je ne dis pas que je n'attraperai pas cette maladie et je n'ai aucune certitude sur la façon dont mon corps réagira dans ce cas mais au moins, j'aurais fait de mon mieux pour que le virus, s'il m'atteint, rencontre une certaine résistance. Je ne peux pas faire davantage. 

Quand je vois déjà apparaître sur les réseaux sociaux le calendrier des marchés de Noël et toutes les animations associées, ça me désole. Toutes ces concentrations humaines, dans des espaces restreints, même si ça a lieu en plein air, c'est "open bar" pour le virus. 

Oui, je pense qu'il est nécessaire de se passer de toutes les concentrations qui ne relèvent pas d'une obligation absolue. Il s'agit de savoir si la période de fêtes doit être une période de risques. 

Je trouve d'ailleurs déplorable les réglements de compte sur les réseaux sociaux de la part de certains vaccinés qui s'acharnent sur les non-vaccinés et les accusent de tous les maux. Je suis non-vacciné et je me tiens à distance, je porte un masque, je me lave les mains. Je n'embrasse que la femme de ma vie. 

Le vaccin n'empêche pas intégralement les transmissions. Il faut absolument que ça rentre dans les têtes. 

Nous ne sommes pas revenus au "monde d'avant" et ça n'en prend pas le chemin. Personnellement, il y a énormément de paramètres qui peuvent disparaître sans que ça me désole. Le "monde d'avant" est empli de comportements néfastes. Ce qui m'importe, par contre, serait de voir émerger de nouveaux modes d'existence. On n'en prend pas le chemin non plus. Nous sommes donc entre deux mondes.

 

JEUDI 25/11/2021 à 14H03 - Mis à jour à 14H07

| ACTUALITÉS

Coronavirus : un nouveau variant détecté en Afrique du Sud

Par La Provence (avec AFP)

 Le variant B.1.1.529 présente un nombre "extrêmement élevé" de mutations.

Le variant B.1.1.529 présente un nombre "extrêmement élevé" de mutations.NIPHON KHIAWPROMMAS / GETTY IMAGES

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Un nouveau variant du Covid-19, dont le nombre élevé de mutations pourrait menacer l'efficacité des vaccins existants, a été détecté en Afrique du Sud, ont annoncé jeudi des scientifiques.

"Nous avons malheureusement détecté un nouveau variant qui constitue une source de préoccupation en Afrique du Sud", a déclaré le virologue Tulio de Oliveira, lors d'une conférence de presse en ligne. Le variant B.1.1.529 présente un nombre "extrêmement élevé" de mutations, selon les scientifiques sud-africains qui avaient déjà détecté le variant Beta, contagieux.

À ce stade, les scientifiques ne sont pas certains de l'efficacité des vaccins anti-Covid contre cette nouvelle forme du virus. 

L'apparition de ce variant est sans doute à l'origine de l'augmentation "exponentielle" des contaminations ces dernières semaines, selon le ministre de la Santé, Joe Phaahla, présent à la conférence de presse. D'autres cas ont été signalés au Botswana voisin et à Hong Kong, sur une personne de retour d'un voyage en Afrique du Sud.

L'Afrique du Sud, qui craint une nouvelle vague de la pandémie d'ici la fin de l'année, est officiellement le plus touché du continent par la pandémie. Il compte plus de 2,9 millions de cas et plus de 89 600 décès.

La pandémie dans le monde est actuellement dominée par la propagation du variant Delta, très contagieux, initialement détecté en Inde.

Coronavirus : à cause du variant Delta, les vaccins ne protègent qu'à 40% de la transmission selon l'OMS

Par La Provence (avec AFP)

Le variant Delta, très contagieux, a réduit à 40% l'efficacité des vaccins contre la transmission de la maladie, a souligné mercredi le patron de l'OMS, pressant les gens de continuer à porter des masques et autres pratiques barrières.

Le variant Delta, très contagieux, a réduit à 40% l'efficacité des vaccins contre la transmission de la maladie, a souligné mercredi le patron de l'OMS, pressant les gens de continuer à porter des masques et autres pratiques barrières.PHOTO - AFP/ARCHIVES - FABRICE COFFRINI

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Le variant Delta, très contagieux, a réduit à 40% l'efficacité des vaccins contre la transmission de la maladie, a souligné mercredi le patron de l'OMS, pressant les gens de continuer à porter des masques et autres pratiques barrières.

"Les vaccins sauvent des vies, mais ils n'empêchent pas totalement la transmission du Covid-19", a expliqué Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'un point de presse régulier consacré à la pandémie, qui refait des ravages en Europe. "Il y a des données qui suggèrent qu'avant l'arrivée du variant Delta, les vaccins réduisaient la transmission d'environ 60%, avec Delta cela a chuté à 40%", a-t-il souligné. "Dans de nombreux pays et communautés, nous craignons qu'il n'y ait cette idée fausse que les vaccins ont mis fin à la pandémie, et que les gens qui sont vaccinés n'ont plus besoin de prendre d'autres précautions", a-t-il ajouté.

Le directeur général de l'organisation a ouvert ses traditionnelles remarques liminaires sur la situation en Europe, frappée de plein fouet par une cinquième vague d'infections, provoquée par un mélange de taux de vaccination insuffisant et du relâchement - sans doute prématuré au vu de la domination du variant Delta dans la région - dans les gestes barrières et les restrictions.

"La semaine dernière, plus de 60% des infections et des décès du Covid dans le monde se sont produits en Europe", a rappelé le docteur Tedros, ajoutant que "cet énorme nombre de cas se répercute en fardeau insupportable pour les systèmes de santé et les personnels de santé épuisés".

Avec plus de 2,5 millions de cas et près de 30 000 morts enregistrés depuis une semaine, le Vieux Continent est de loin la région du monde la plus touchée par la pandémie, selon les données officielles collectées par l'AFP. Et la tendance reste à la hausse.

Mardi, l'OMS Europe s'était alarmée de l'"emprise" du Covid-19 en Europe, qui pourrait faire 700 000 morts supplémentaires sur le continent d'ici au printemps, en plus des 1,5 million de décès déjà dénombrés. 

L'enseignement en ligne : BAAC TO SCHOOL

Par Le 18/11/2021

 

Un site pour tous les parents, ceux qui pratiquent l'école à domicile ou les autres.

Une aide en ligne.

Je connais un des fondateurs. Une personne de très grande valeur.

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BAAC to School est une école conçue sur plus de deux années et finalement créée courant 2021.

Suite à la crise du Covid et au constat du nombre grandissant d'élèves en phobie scolaire, il nous est apparu primordial et d'actualité de fonder BAAC to School, une école en visioconférence, proche de ses élèves et de leurs parents.

jeux

BAAC to School

Outre les jeux de mots Bac to school et Back to school, ne cherchez plus la signification de BAAC to school !

Elle vient de BAccalauréat ACadémie, notre but avoué étant de former de futurs bacheliers....
Je suis Jenna et j'ai concrétisé avec mon collègue et ami Bernard l'ensemble du projet.Je

Anciens prestataires pour de prestigieux établissements en e-learning - notamment auprès d'élèves en phobie scolaire ou en IEF - et enseignants des mathématiques et physique-chimie en collèges, lycées et universités, nous avons joint nos compétences au service de l'éducation des enfants et adolescents non scolarisés - pour des raisons qui leur sont propres et qui réclament le respect -, dans le cadre du projet de loi 2022.

La passion de notre métier, nous souhaitons la partager avec eux, notamment en nous entourant de professeurs qualifiés, de qualité et différents. Nous avons souhaité de ces enseignants que l'on n'oublie pas, tant ils nous ont apporté confiance en nous tout en valorisant leur discipline et en nous donnant le goût d'apprendre.

Nous ferons tout notre possible pour que chaque élève se sente au mieux parmi ses collègues et qu'il envisage, dès son entrée chez nous, l'enseignement chez BAAC to School comme une chance et un privilège.
 

Notre engagement

Te porter plus haut (n'est-ce pas la signification d'élever ?)

Te faire aimer le goût du savoir

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Musique : Jonathan Warman

Par Le 13/11/2021

Personnellement, je trouve magnifique les musiques de ce compositeur.

J'ai écouté ça pendant des jours dernièrement, soit en travaillant dans le jardin, en construisant un mur de pierres sèches, en rangeant du bois, en aménageant une pièce dans la grange, en marchant hier dans les forêts immenses du plateau des Millevaches.

Je ne m'en lasse pas et à chaque écoute, je découvre de nouvelles notes, un instrument que je n'avais pas perçu, une mélodie lointaine en arrière-plan, je perçois mieux l'architecture et du coup, je suis plus à même de visiter toutes les pièces du domaine.

 

 

 

 

 

 

"L'apocalypse de Roger" Philippe Renaissance

Par Le 13/11/2021

 

 

 

Feuilleter un extrait

Catégorie : Roman

Date de publication : Septembre 2021

Éditeur : Atramenta

ISBN : 978-952-340-918-7

Format : 148x210mm, 382 pages

Pages : Noir et blanc sur papier crème 83g

Reliure : Couverture souple, finition brillante

(4 avis)

17,00 €

Disponible : Expédié sous 3 à 8 jours ouvrés

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Par 

Philippe Renaissance

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Présentation

L’Histoire qui se répète. Un pouvoir sans scrupule. Une Grande-Europe au bord du gouffre. Un héros qui s’ignore. Un code source qui peut tout changer.

La vie serait-elle comme un ruban de Möbius nous condamnant à revivre les mêmes expériences ? En 2133, Müssler est nommé chancelier de la Grande-Europe. L’amour du pouvoir, l’appât du gain, l’anti-progrès social et la barbarie ordinaire deviennent les quatre piliers de la nouvelle politique. Estampillé Déviant, comme des millions de personnes, Roger Vécisse est emporté par une tornade qui balaie tout sur son passage. Jusqu’à la moindre trace d’humanité, la plus infime parcelle d’intimité, de mémoire. Son destin semble tout tracé.

À moins de briser le ruban…

 

Je voulais écrire un commentaire après ma lecture. Je n'en écris pas souvent. Mais, là, c'était indispensable. 

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ». Winston Churchill
Cette citation a été mise par l'auteur en exergue de son ouvrage.
Le phénomène est effectivement connu mais la problématique s'intensifie si on se projette au siècle prochain. Qu'en sera-t-il de cette répétition au regard de « l'évolution » humaine ? Si tant est qu'on puisse parler d'évolution.
La question suivante est tout aussi inquiétante : Philippe Renaissance est-il un auteur de talent ou bien davantage un visionnaire inquiétant ? Il serait préférable que la première option se suffise à elle-même puisque c’est déjà le cas. Pour ce qui est de l’aspect visionnaire, il serait hautement préférable qu’il s’agisse d’une pure imagination de romancier. Imagination oh combien impressionnante.
Car à travers cette dystopie, il est clair et radical que nous ne devons absolument pas oublier notre passé, le passé de la grande Histoire, c'est à dire celle où se sont déroulées les pires atrocités.

Plongé dans cette lecture, j'ai vu passer « Metropolis », « Sleeper », « Blade runner », « Bienvenue à Gattaca », « Divergente »... Et d'autres. Ceux sur la Shoah, bien évidemment. Car l'Histoire se répète. Ici, les exclus, les pourchassés, sont appelés les « Transgresseurs » et ils doivent être isolés pour être« guéris » et ne pas contaminer les « BonneSantés ».
Le Ministère de la Santé florissante, le Ministère de l'environnement maîtrisé, le Ministère du Parler vrai, le Ministère des Finances transparentes, les Jeunesses chimériennes...
Nous sommes dans un nouvel ordre mondial et la surveillance des individus est constante :

« Tout ce que vous direz ou rêverez pourra être retenu contre vous ».

Le CPR, coefficient personnel de rendement est un élément déterminant :

«  Je note une baisse du taux d'engagement ainsi que du taux de réactivité. Cela impacte votre accomplissement. En clair, vous n'atteignez pas vos objectifs. »

Dans toute bonne dystopie futuriste, le présent est roi puisqu'il s'agit d'extraire le lecteur de son existence pour le plonger dans ce qui l'attend s'il ne prend pas garde à son présent.
Ce roman est un aller-retour constant entre maintenant et plus tard :

« Triste mascarade que ces dictatures qui, afin de légitimer leurs forfaits, agissent sous le couvert de la légalité. »

« Au laboratoire de sondage, le scanophaseur avait implanté une colonie de nanorobots dans ses omoplates. Le système après avoir analysé sa généalogie, ses traits de caractère, ses performances au travail, ses angoisses, ses rêves, traçait en temps réel le moindre de ses faits et gestes. »


Big Brother a atteint une dimension inconcevable pour l’instant. Pour l’instant… Et c’est bien là tout le problème. Philippe Renaissance nous met en garde. L’Intelligence Artificielle est-elle au service de l’humanité ou de ceux qui la conçoivent et de ceux qui la financent ? Son usage est-il assujetti à une éthique incontournable et universelle ?

Chaque chapitre de ce livre, chaque événement, chaque prolongement induit des réflexions qu’on ne peut s’épargner. Qu’on ne doit pas s’épargner. Il en est du maintien de notre liberté.

Qu’une maladie soit dans cet ouvrage l’élément déclencheur, le prétexte idéal pour les gouvernants pour déclencher des rafles, n’est-ce pas une possible dérive aux prochaines pandémies ? Doit-on balayer cette idée d’un geste méprisant ? Mais qui donc avait imaginé les camps de concentration ? Combien de temps a-t-il fallu pour que la réalité éclate ? Ne jamais oublier son passé. Ne jamais oublier que l’humain a une propension effroyable à toujours aller plus loin.

La technologie amplifie les projections. Dans un sens comme dans l’autre. Il peut donc s’agir de progrès, tout comme il peut s’agir des pires abominations. Qui donc, aujourd’hui, là maintenant, immédiatement, a la capacité de dire ce que sera ce monde dans cent ans ?
Les concepteurs de l’IA, peut-être, puisqu’ils agissent à créer ce futur et que nous n’en avons aucunement conscience.
Ce roman est une plongée dans les abysses de notre futur. Et le lire, c’est déjà réaliser ce que nous devons empêcher d’advenir. On pourrait se dire que c’est trop douloureux, on pourrait s’excuser de ne pas avoir la tête à ça, que l’existence est déjà assez ardue pour ne pas en plus s’alourdir de projections aussi sombres.
Mais alors, lorsque la réalité sera là, il ne faudra pas se plaindre.
C’est en cela que je vois dans ce roman un parallèle saisissant avec l’état de la planète. Nous n’avons pas écouté les alertes des scientifiques. Nous avons continué dans une voie destructrice, insouciant, ignorants volontaires.
Allons-nous reproduire le même schéma au regard de nos libertés ? Sommes-nous donc condamnés à systématiquement nous réveiller trop tard ?

La lecture de ce roman est une nécessité. Aussi effroyable qu’en soit la teneur, il n’en reste pas moins que l’écriture emporte, que la puissance évocatrice nourrit le désir de tourner les pages. Les pages de notre avenir ? Telle est la question.

Krishnamurti : entretien en Français

Par Le 12/11/2021

Un document incontournable. Le plaisir immense d'écouter cet homme.

"Tres rare! Il faut abandonner les croyances, la peur, la vanité ... Il explique comment aller vers Dieu, en dehors des images, du conditionnement. Il n'aime pas employer le mot Dieu. La méditation est un chemin, ce n'est pas une technique. Il énumère les différents dangers pour l'homme.

En première partie les thèmes sont: l'anecdote de l'homme et du diable. Il n'y a pas de liberté quand on est conditionné par la religion. La culture aussi conditionne et divise les hommes. C'est la division qui crée la difficulté, le conflit.

Pour lui, la bonne conduite, c'est l'amour, faire attention aux arbres, à autrui ..., être conscient de tout pour créer une unité, une harmonie avec le monde, pour faire quelque chose de vrai.

Il démontre son idée en prenant comme exemple, les juifs et les arabes. Dans la deuxième partie, Krishnamurti parle de la nature, du sommeil, de la souffrance, de sa conception de la révolution intérieure, de l'art, la notion du temps, du silence, de la mort (André Voisin "Les conteurs", 1972)

THEME : Jarwal le lutin (16)

Par Le 11/11/2021

En fouillant dans le blog, je me suis aperçu qu'il y avait pas mal d'articles avec Jarwal.

Je fais donc un seizième regroupement dans la rubrique des thèmes.

En voici les liens. Ils ne sont pas dans l'ordre de leur parution. Et il doit même en manquer car parfois, je n'indiquais pas dans le titre qu'il s'agissait d'un extrait d'un récit de Jarwal. Je vais lancer des recherches et je les ajouterai :) 

Jarwall le gardien du livre

JARWAL LE LUTIN : A l'origine

Jarwal le lutin (tome 1, chapitre 1).

Jarwal le lutin (tome 2)

Jarwal le lutin (tome 2, chapitre 1)

Jarwal le lutin (tome 3, chapitre 1)

Jarwal le lutin (tome 3)

Jarwal le lutin (tome 3)

Jarwal le lutin (tome 4)

Jarwal le lutin (tome 4)

Jarwal le lutin (tome 4)

Jarwal le lutin : Au-delà des formes

Jarwal le lutin : l'illusion de la matière

Jarwal le lutin : une étrange rencontre

Jarwal le lutin : la conscience de la vie

Jarwal le lutin : l'instant présent

Jarwal le lutin : la Création

Jarwal le lutin : la peur

Jarwal le lutin : le détachement de soi

Jarwal le lutin : Quelques traces encore.

Jarwal le lutin et Krishnamurti

Jarwal : "Laisse passer dix mille,ans..."

Jarwal : L'irréalité des formes.

Jarwal : Libre de comprendre

Jarwal : littérature jeunesse

Jarwal le lutin : l'émotion-choc

Jarwal en "coup de cœur"

Jarwal et Jackmor

Jarwal et les Kogis

Jarwal et les Kogis

Jarwal et les Kogis : Kalén

Jarwal et les Kogis : les Conquistadors

Jarwal et les Maruamaquas

JARWAL LE LUTIN : Commentaire (1)

JARWAL LE LUTIN : Commentaire (2)

Jarwal le lutin ( tome 4, chapitre 1)

JARWAL LE LUTIN (4) : Au-delà du réel

JARWAL LE LUTIN (4) : Canal de lumière

JARWAL LE LUTIN (4) : L'arbre de vie.

Jarwal, toujours lui.

Jarwal le Lutin : de la réalité au Réel

Jarwal : de l'origine à la publication

JARWAL : Le gardien du livre

 

 

Jarwal le Lutin : de la réalité au Réel

Par Le 10/11/2021

 

 

 

 

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JARWAL LE LUTIN

TOME 3


 

Chapitre 9

Jarwal s’arrêta de lire, laissa le silence s’étendre puis il referma délicatement le Livre et leva les yeux.

Les trois enfants le regardaient, fascinés, les visages tendus comme des bourgeons prêts à éclore, enivrés de sèves nourricières, toutes les idées qui ruisselaient, les images qui coulaient en torrents bondissants, des flots inépuisables de révélations à poursuivre.

Jarwal sortit de sa musette une pierre étrangement percée en son centre. Elle était lisse et blanche, un morceau de calcaire sculpté par des siècles d’eau.

« Vous voyez les enfants, ce trou peut être décrit par rapport à la couleur de la roche, sa forme, sa dimension, l’usure, la régularité du contour mais il ne s'agit réellement jamais du trou lui-même, c'est à dire du vide qui le constitue, de la qualité de l'air qui s'y trouve, en fait de tout ce qui se trouve dans l'espace même de ce trou et non de ce qui l'entoure. Les qualités du trou sont trop abstraites pour être clairement définies et surtout nous avons pris l'habitude de porter notre attention vers l'environnement plutôt que vers le sujet lui-même. Il en est de même avec notre moi. La construction de notre identité personnelle s’établit lentement à travers toutes les expériences vécues dans cet environnement. Et nous finissons par penser que cet individu est réel alors que ce sont les évènements qu’il a traversés qui le sont. Mais la réalité de l’individu ne se trouve pas dans ces évènements tout comme la réalité de ce trou n’existe pas en fonction de la roche. Les deux sont pourtant indissociables car s’il n’y avait pas la roche, il n’y aurait pas non plus de trou. Ce qui ne veut pas dire que le trou n’existe essentiellement que par rapport à la roche.

-Ouhlala, Jarwal, je suis perdu, annonça Léo.

-Moi aussi, ajouta Rémi.

-Tu veux dire, Jarwal, que lorsque tu as perdu la mémoire, tu avais perdu une partie de ton environnement, une partie de ce qui t’avait servi à fabriquer l’image que tu avais de toi-même. Et que tu as eu peur du vide alors qu’il était le plus important.

-Exactement Marine, ce vide me désespérait et je pleurais l’histoire de moi-même que j’avais perdue. En pensant qu’elle était plus essentielle que ce vide qui m’angoissait.

-Parce que tu ne regardais pas le vide comme il faut ?

-Et comment doit-on le regarder alors, chère enfant ?

-C’est lui le point de départ. La matière s’est condensée à partir du vide. L’espace du vide est le lieu d’existence de la matière.»

Jarwal regarda intensément Marine.

«Un grand bonheur que tu me fais Marine.

-Tu veux dire Jarwal que quand tu as perdu la mémoire, c’était une chance parce que tu retrouvais le vide à l’intérieur duquel la Vie s’est condensée.

-Parfaitement Rémi, tu vois bien que tu comprends bien plus que ce que tu penses. Arrête de penser simplement et écoute avec ton âme. Elle en sait bien plus que ton mental.

-Et donc, moi, quand je suis en haut d’un arbre et que je regarde au loin et que je sens que c’est tout vide dans ma tête et même que parfois ça me rend triste, c’est parce que mon âme se souvient de ce vide ?

-Oui, Léo, c’est ça la nostalgie. Le souvenir de ce dont on ne se souvient plus mais qui reste pourtant au fond de nous. Dans ce coin secret qui ne se dévoile que quand il n’y a plus rien qui nous occupe. Et qu’on est enfin en paix.

-Et c’est pour ça qu’on aime venir s’asseoir en montagne après avoir couru pendant des heures ?

-Oui, Rémi, certainement. Et c’est ce qui manque le plus aux enfants de ce monde moderne. Le vide en Soi, au cœur des immensités de la Nature. Les villes modernes sont à mes yeux des pièges qui condensent les pensées des hommes autour de la possession matérielle, jusqu’à en oublier le vide originel alors qu’il contient la paix des âmes et que les possessions matérielles attisent les conflits.

-Les Kogis ne pourraient pas survivre dans nos villes aujourd’hui.

-Certainement pas, Rémi et les hommes de ces villes ne pourraient pas vivre chez les Kogis.

-L’agitation de ce monde moderne n’est donc que la volonté d’étouffer l’angoisse du vide alors qu’il est à la base de tout ? C’est effrayant.

-Effectivement Marine, c’est effrayant. Les hommes se sont fourvoyés dans une impasse et ils poussent sur le mur de toutes leurs forces en s’interdisant de penser qu’ils s’épuisent.

-Mais pourquoi ?

-Par imitation Léo. Parce qu’ils dorment tous ensemble et veulent continuer à croire en leurs rêves. Même si ces rêves ne sont que des cauchemars au regard de la Vie.

-J’ai peur parfois de ce que tu nous racontes Jarwal, avoua Marine. Peur de ce monde que tu nous décris, parce que tu en as une expérience immense et que rien dans tes récits ne témoigne du moindre progrès. Tous les mouvements de masse dont tu nous parles sont néfastes. Il ne reste que des peuples retranchés dans les montagnes. Et nous, qu’est-ce qu’on va devenir ? Comment on va faire pour vivre là-dedans ? »

Les regards tendus des trois enfants.

« Cette réalité n’est pas inéluctable les enfants. Les humains portent aussi en eux un potentiel d’amour dont ils n’ont pas idée. Il est vrai que les zones d’ombres sont gigantesques et qu’elles ont un pouvoir démesuré, celui de cacher la lumière. Je pense même que les dirigeants de ce monde moderne usent de ces désastres continus pour propager la peur dans l’esprit des hommes parce que la peur permet de manipuler les masses. Quand on a peur et qu’on se laisse entraîner par elle, on perd sa lucidité et un homme qui n’a plus de lucidité ou de conscience est un homme qu’il est aisé de diriger. Homme libre, toujours tu chériras la Conscience, aurait pu écrire Baudelaire.

-Ah oui, je connais ça, je l’ai appris à l’école, lança Rémi. Mais c’était pour la mer !

-Oui, Rémi, c’est un très beau poème. J’aime beaucoup la poésie. Pour reprendre ta remarque Marine, je pense que la connaissance de l’Histoire de l’Humanité est indispensable pour parvenir à établir une voie différente. Il est indiscutable que cette Histoire est désespérante à bien des égards mais faites l’effort de vous concentrer aussi sur les aspects positifs de mes histoires, sur tout ce que mes voyages contiennent, pas uniquement les éléments destructeurs mais également les attitudes respectueuses de la Vie. Elles existent et il ne faut pas les négliger.

-Pourquoi est-ce que l’Humanité n’est pas tournée vers ces exemples bénéfiques ? Pourquoi est-ce que les hommes restent fascinés par les destructions ? Pourquoi la Vie a-t-elle placé dans le cœur des hommes des désirs de puissance et de pouvoir ? Pourquoi est-ce que depuis le début de l’Humanité, les hommes ne sont pas devenus des êtres humains ? »

Un sourire ému dans les yeux du lutin.

« J’ai encore beaucoup d’histoires à vous raconter Marine. Quelques réponses s’y trouvent. »

Ils savaient tous les trois qu’il y aurait d’autres rencontres, ils savaient qu’ils ne pourraient les refuser malgré les troubles en eux, malgré les peurs que ce monde humain propageait.

« Cette histoire, les enfants, montre que toute mon expérience est centrée sur moi-même. Je suis celui par lequel tout ce qui vient à moi est reçu, analysé, commenté, rejeté, détesté, adoré. Ce moi qui perçoit est au centre. Tout du moins, c'est l'impression qu'il donne. J’ai compris en ayant perdu provisoirement la mémoire que ce moi est ce qui m'appartient le moins, c’est une entité constituée de multiples fragments, parfois éparpillés au vent des conditions de vie. Lorsque je sais que quelqu'un pense du mal de moi, comme Jackmor par exemple, je suis en quelque sorte relié à cette personne, je me laisse emporter par les pensées générées par cette crise. De la même façon lorsqu'il s'agit de quelqu'un qui m'aime. C'est à partir du moi que j'entre en relation avec le monde. Je vais donc m'appliquer à confirmer l'existence de ce moi en accumulant des fragments à partir desquels je pourrais sculpter l'identification dont ce moi a besoin pour se prolonger. On devine le piège. Quelle est la réalité de ce moi sitôt qu'il prend forme à travers des pièces éparpillées ? Juste un amalgame hétéroclite. C’est cela que j’ai compris. J’essayais d’exister alors que je n’avais aucune idée de l’image initiale.

-Ça me fait penser à un puzzle que je voudrais reconstituer alors que je n’aurais même pas eu l’image finie en modèle, expliqua Marine.

-Qu’est-ce que c’est ce puzzle ? demanda Jarwal.

-C’est un jeu de patience, on a des petites pièces avec un morceau d’image et quand on les assemble, ça donne une grande image complète.

-Je comprends, c’est important d’apprendre la patience et effectivement, c’est un très bon exemple pour expliquer la façon dont nous voyons la Vie. On croit que parce que nous avons dans les mains quelques petites images, on a saisi l’ensemble. On essaie de construire quelque chose dont on ne possède même pas la vue générale.

-On dirait un ouvrier qui voudrait construire une maison alors qu’il n’a même pas idée de ce que ça va donner à la fin, ajouta Rémi.

-Oui, c’est exactement ça, s’enthousiasma le lutin. Vous voyez, vous comprenez très bien de quoi je parle. L'énergie dispensée pour élaborer cette image est pourtant phénoménale. Je vais accumuler et protéger mes objets, mes relations, mes connaissances, mes passions, mes projets...Tout cela crée un attachement grâce auquel je pense pouvoir donner de la valeur à mon existence. J'appartiens à mes attachements et je m'en glorifie... Il va falloir en plus que je protège mon territoire, toutes mes possessions. Je vais devoir lutter contre ceux qui s'opposent à mes droits. Je chercherai sans doute à intégrer un groupe qui me ressemble et qui pourra me défendre. J’abandonnerai certainement une partie de mes convictions pour être bien vu, bien accueilli et pouvoir bénéficier de la force de ce groupe.

-Ah, oui, on voit ça à l’école. Tous ces enfants qui veulent absolument suivre un chef et faire comme lui ou qui s’habillent comme leurs idoles de télévision. Ça m’énerve ! lança Rémi.

-Ils ont peur Rémi, tout simplement. C'est inévitable. Beaucoup de gens fonctionnent de cette façon. La peur qu'on me vole mon identification ou qu'on ne la reconnaisse pas, que je sois rejeté ou incompris, que mes choix de vie soient bafoués. J'entre en confrontation avec ceux qui ne me reconnaissent pas ou qui défendent leur image. La colère se nourrit de ma peur. Attachement, aversion, colère, peur, réjouissance, reconnaissance, insatisfaction, désillusion, amour, joie, peine. C’est un chaos immense. Il se peut qu'un jour, pour une raison connue ou pas, je prendrai conscience de ces tourments répétés. Une illumination, un choc, une révélation, quelque chose d'incompréhensible pour la raison mais qui me bouleversera au-delà du connu. J'entrerai peut-être dans une nouvelle dimension, ça sera long évidemment, douloureux sans doute mais je sentirai pourtant que c'est mon chemin.

-C’est ce qui t’est arrivé chez les Kogis ?

-Oui Léo. Mais il y a un autre risque. Si j’attribue cette révélation à moi-même sans comprendre qu’elle vient de la Vie elle-même, j'aurai l'impression d'être supérieur aux autres, d’être plus puissant qu’eux. Je détournerai la révélation pour m’en glorifier.

-Et le moi sera toujours le Maître.

-Tout à fait Marine. Alors je chercherai à préserver cette plénitude, à l'accroître même, et dès lors se mettra en place une nouvelle identification. D'autres empilements. Juste d'autres perceptions, d'autres sensations, d'autres pensées, d'autres réflexions narcissiques. Je me prendrai pour un Sage ou un grand Maître. J'aurai juste changé ma façon de regarder les pièces du puzzle éparpillées.

-En ayant été incapable de voir l’image originale.

-Oui Marine. Cette quête n'aura été qu'une illusion, une machination du moi qui se sera finalement révélé le plus malin. Il sera toujours le maître des lieux.

-Mais quelle est cette image originale Jarwal ?

-Il faut comprendre avant tout qu’il n’y a rien à chercher. Tout est déjà là mais en le cherchant, je m'en éloigne. Tout le problème vient de ce remplissage inconsidéré de l’existence. On ne voit plus rien quand on a entassé des gravats.
Le Soi, c’est la fusion de ce moi, du je et de la conscience de la Vie.

-Je ne comprends plus rien, avoua Léo.  

-Tu ne comprends pas les mots Léo mais ton âme sait de quoi je parle parce que tu es déjà dans cette vie intérieure. Sinon, tu ne serais pas là à m’écouter.

-Il ne s’agit pas de constituer l’image originelle parce qu’elle est nécessairement déjà là mais de parvenir à enlever tout ce qui la couvre. C’est ça Jarwal ?

-Oui Marine.

-Et cette image originelle, c’est la conscience de la Vie qui la détient. C’est lorsque nous avons abandonné notre appartenance à ce chaos humain.

-Pas exactement Rémi. Il ne s’agit pas de l’abandonner parce que sinon il faudrait aller vivre sur une île déserte. Il s’agit de ne pas lui appartenir. De faire la distinction entre la participation lucide et la disparition dans le flot. Imagine une molécule d’eau de l’Océan. Elle n’est pas dans l’Océan puisqu’elle fait partie de l’Océan. Je dis par conséquent qu’elle est de l’Océan. Sans toutes ces molécules d’eau, l’Océan n’existe pas. Mais sans l’Océan, les molécules ne seraient que des individualités esseulées. La fusion des molécules crée l’Océan. Il y a plusieurs menaces ensuite. Soit certaines molécules regroupées considèrent qu’elles ont un pouvoir plus grand que celui de l’Océan et elles finissent par l’oublier, le contester, le combattre même, soit certaines molécules refusent de se voir assemblées dans un Tout et considèrent qu’elles doivent préserver une liberté de décisions, une autonomie qui leur paraît plus importante que le Tout. Dans les deux cas, ces molécules sont dans l’erreur. Celles qui s’imaginent obtenir un pouvoir parce qu’elles pensent avoir une ressemblance, une particularité, des idées communes, des intentions autres que la participation à l’Océan, celles-là participent au désordre. Elles fabriquent une rupture dans la cohésion des molécules. D’autres molécules vont prendre peur et vont vouloir assembler leurs peurs pour fonder d’autres groupes contre les premières. La confrontation prend une ampleur inéluctable et incontrôlable. De leur côté, celles qui pensent bénéficier d’une autonomie vont s’efforcer de s’isoler ou de lutter individuellement contre ces groupes. Elles ne participent pas pour autant à la cohésion perdue mais elles l’entretiennent en réagissant contre un désordre qu’elles condamnent. Elles utilisent le même fonctionnement que les groupes qu’elles critiquent. Des entités rebelles entêtées dans une distinction qu’elles vénèrent ne participent aucunement à la réhabilitation de l’Unité. Elles se voient comme plus importantes que l’Océan lui-même et succombent à la peur de disparaître. C’est toujours la peur qui crée le chaos. Cette incapacité à dépasser la vision restrictive de l’individu est une condamnation de l’Unité.

-Mais comment doit-on se comporter alors Jarwal ?

-C’est là qu’intervient cet apprentissage de l’observation consciente. Il ne s’agit pas de se nier en tant qu’individu ni de rejeter l’appartenance à l’Océan mais de parvenir à observer les deux phénomènes. Juste les observer, sans leur apporter la moindre émotion. C’est ce qu’on appelle « agir dans le non-agir ». Je suis une molécule animée par l’Océan. J’agis dans le champ de mes expériences mais sans jamais être dissocié d’une dimension bien plus grande. L’Amour est à la source de cette paix intérieure. Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. Cette phrase est essentielle pour moi. On pourrait penser que c’est une invitation à l’abandon et à la lâcheté, comme un bâton qui flotte sur l’Océan. Mais nous ne sommes justement pas des bâtons inertes. Nous sommes animés par la Vie et c’est en son cœur que nous devons apprendre à agir. Non pas agir contre elle en nous dressant fièrement devant elle mais agir dans la dimension qu’elle nous propose. C’est un équilibre extraordinaire à trouver. »

Le silence.

L’écho de tous les mots, la nécessité d’aller au plus profond de la compréhension. Chacun animé par la volonté d’explorer les horizons proposés, au regard de son propre potentiel, sans se soucier de l’avancée des compagnons, juste dans l’acceptation de ses limites et de l’énergie disponible.

« Il faut que vous rentriez les enfants. Vous avez une longue descente et le jour va tomber. »

Cette difficulté à quitter les espaces intérieurs. Comme si les mouvements de l’Océan participaient au bonheur des voyages.

« Tu sais Jarwal, c’est très à la mode depuis quelques temps de parler de l’environnement. La pollution, les destructions de la planète et tout ça. Mais j’ai un peu l’impression que cette façon de voir cet environnement est totalement fausse et en plus je me dis que notre façon de nous voir est également fausse. Ce que nous voyons de nous n’est qu’un environnement mais c’est au cœur de cet environnement que se trouve la réalité. Enfin, j’ai du mal à l’expliquer. Tu vois, c’est comme si nous, les humains, on voyait la Terre comme quelque chose de séparée de nous mais en fait, c’est pareil pour nous. Nous sommes séparés de nous-mêmes parce que nous ne percevons que ce qui est visible ou identifiable, tout ce sur quoi on sait mettre un nom. Ah, ça m’énerve, je ne sais pas comment l’expliquer !

-J’ai parfaitement compris ce que tu veux dire Marine. Notre identité, tout ce que sur quoi nous avons-nous-mêmes apportés une reconnaissance que nous transmettons aux autres, toute cette fabrication est artificielle. Elle n’est qu’un environnement. Mais ce qui importe et qui est réel est caché en nous-mêmes. Nous portons un trésor et nous nous occupons du coffre qui le contient. De la même façon que les hommes s’inquiètent de l’environnement ou y sont totalement indifférents sans comprendre qu’ils ne s’intéressent qu’à des formes matérielles en ignorant le flux vital qui les anime. Mais il n’en reste pas moins que je préfère les voir s’inquiéter de la préservation de cet environnement plutôt que de le délaisser. Il existe au moins la possibilité qu’un jour ils parviennent à établir un vrai regard et qu’ils cessent de jouer des rôles de sauveur, juste pour leur gloire personnelle.

-Tout ça, c’est de l’espoir Jarwal et cet espoir est une illusion. Tu l’as dit toi-même.

-C’est vrai Rémi. C’est pour cela qu’il faut juste agir dans le non-agir, faire ce qui te semble juste sans te préoccuper des résultats éventuels. Faire ce que tu es sans vouloir que les choses soient ce que tu aimerais. Puisque les choses ne peuvent pas être ce que tu n’es pas.

-Tu veux dire que les choses sont ce que je suis ?

-Oui Rémi. Tu crées la réalité qui te correspond. Tu vis ce que tu es et tes actes influent sur la réalité de ton environnement mais ils ne changent rien à la réalité de la Vie que tu portes. La Vie que tu portes, je l’appelle le réel. L’environnement n’est que la réalité. Mais il faut arrêter nos discussions les enfants, vous allez vous mettre en retard et je m’en voudrais que vos parents s’inquiètent. Filez vite. Nous nous reverrons.

-C’est difficile de te laisser Jarwal. J’aimerais tellement ne plus te quitter, avoua Marine en baissant les yeux. La vie quotidienne ne sera jamais aussi belle qu’avec toi.

-Ta vie quotidienne sera ce que tu es Marine. Ne l’accuse pas d’être d’une quelconque responsabilité.

-Tu as raison Jarwal. Je m’en souviendrai. Allez les garçons, on y va. »

Ils s’enlacèrent tous les quatre, comme unifiés par leur amour commun de la Vie puis Jarwal prit son bâton de marche, ajusta sa besace, remit son chapeau et regarda intensément les trois enfants.

« Mon âme vous aime de tout son cœur. »

Relire Jarwal le lutin

Par Le 10/11/2021

Il m'arrive parfois de replonger dans ces anciens écrits.


Je les reprends pour les transmettre un jour à notre petit-fils. 

 

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JARWAL LE LUTIN

TOME 3

 

« Nasta voudrait te parler Jarwal. »

Ce calme retrouvé, cette paix réinstallée, la plénitude des âmes, des visages sereins et des voix rassurées, l’impression que la Nuhé elle-même diffusait des parfums de quiétude.

Kalén reprit les paroles du vieux sage.

« Nous savons que tu as aidé Izel à vaincre le mal. Les soldats quittent les montagnes, notre peuple n’est plus en danger. Les Maruamaqua sont montés dans les vents qui portent les nuages et ils les ont vus s’enfuir. L’un d’entre eux m’est apparu en rêve et me l’a dit. C’est un grand honneur pour moi, d’ailleurs. Maintenant, nous voulons tous vous témoigner notre reconnaissance, à toi Jarwal ainsi qu’à ta compagne et ta petite Maruamaqua bleue. Vous êtes venus de loin pour nous aider et vous avez pris de grands risques. Nous ne l’oublierons jamais.

-Qu’allez-vous faire maintenant ? demanda le lutin.

-Nous allons rester ici. Il nous faut rétablir le contact avec la pensée de la Terre. »

Nasta parla longuement.

Kalén expliqua.

« La Vie est une pensée qui a ensemencé la Terre. C'est la pensée originelle. Les êtres humains imaginent que leurs pensées leur appartiennent, qu’ils en disposent librement. Ils ont oublié la première pensée, ils ne savent plus la ressentir. Toutes les pensées qui parcourent l’espace sont les enfants de la pensée créatrice. Ici, nous pouvons remonter à la source. 

-Nasta veut-il dire que la Vie est une pensée ?

-Oui, c’est bien cela Jarwal. Cette pensée s’est matérialisée sous des formes innombrables. Les Kogi écoutent les pensées des arbres, des nuages, des montagnes, de toutes les formes créées par la Vie. Les hommes imaginent qu’ils existent parce qu’ils pensent alors que c’est la pensée de la Vie qui vibre en eux et leur donne vie. Les hommes ont oublié l’humilité.

-Kalén, pour qu’il y ait une pensée, il faut un émetteur. Qui est à la source de la pensée de la Vie ?

-La Vie elle-même. Les Conquistadors qui nous ont maltraités disaient qu’ils étaient en mission, qu’un Dieu tout puissant les guidait. Aucun Dieu n’existe. Pas les Dieux des hommes. Ces Dieux-là ne sont que des mensonges.

-La Vie est divine, c’est cela ?

-Exactement Jarwal. La création est la pensée de la Vie et toutes les formes de vies créées sont à l'image de l'infinité de ses pensées.

-Et alors les hommes qui se sont coupé des pensées diffusées par la Nature ne seront plus jamais des êtres humains ?

-Cela dépendra d’eux, Jarwal. Les Kogi sont des êtres humains mais les Conquistadors sont des hommes. Ils vivent pour les biens matériels, la puissance, le pouvoir, l’exploitation, l’asservissement. Nasta dit que l’avenir de ces hommes est très sombre. Et qu’ils jetteront sur la Vie toute entière un voile d’ombre. Leur intelligence est au service du Mal parce qu’ils ignorent la pensée de la Vie. Ils sont soumis à des pensées d’hommes.

-Quel est l’avenir de ce monde d’hommes Kalén ?

-Il n’a pas plus d’avenir que l’homme qui s’est coupé de la source. Il ne vit que dans le fardeau du passé et des erreurs commises sans pour autant prendre conscience qu’il répète à l’infini les mêmes erreurs en les habillant simplement de nouveaux apparats. Ce monde-là continuera à vouloir construire l’avenir qui correspond à son errance. Il est empoisonné par le poids de son histoire et ce poison contamine son futur. Le voile d’ombre finira par s’étendre jusqu’à cacher la lumière du Monde et de la Vie. »

Ils parlèrent longuement.

Gwendoline s’était retirée dans un coin de la hutte.

Des larmes qui auraient aimé s’épandre. Une telle détresse aux paroles de Kalén.

Comme si la Vie elle-même pleurait dans son âme. Cette peur immense de ce monde à venir, cette dégénérescence inéluctable, cet oubli de la source, comment était-ce possible ? Pourquoi la Vie laissait-elle s’étendre ce désastre, pourquoi la Vie offrait-elle aux hommes cette pensée insoumise qui les menait à la destruction d’eux-mêmes ?

Elle ne comprenait pas.

« C’est le défi qu’ils doivent relever, murmura tendrement Léontine à son oreille. Apprendre à s’élever au-dessus de leurs pensées sombres.

-Et crois-tu qu’ils en seront capables un jour ?

-Il ne me servirait à rien de me torturer avec de telles interrogations. Étant donné que je n’y peux rien.

-C’est de l’abandon.

-Non, Gwendoline, c’est de la lucidité. Apprends à te consacrer aux choses sur lesquelles tu as une incidence possible. Le sage n’est pas celui qui donne des leçons aux autres mais celui qui écoute la voix de la Vie. Si tu écoutes les tourments des hommes, tu ne peux plus entendre la Vie et si tu ne l’entends plus, tu ne peux rien apprendre et si tu n'apprends plus, tu n'as rien à montrer. Tu dois saisir la Vie en toi et ne pas t’alourdir. 

-En quoi cela peut-il améliorer les situations néfastes ?

-Tu n’agis pas pour améliorer les situations néfastes mais pour appliquer éventuellement à ces situations ce qui te semble juste. Si tu as une intention, tu fabriques toi-même la possibilité d’une désillusion et tu n'es plus dans l'instant. Tu essaies d'aller plus loin, là où il n'y a rien encore. Contente-toi de faire ce que tu penses être juste. Et quand tu décides de le faire, ne fais que ça. Le reste ne t’appartient pas.

-Tu veux dire qu’en venant ici, la seule chose importante était de tenter d’aider les Kogi mais qu’il n’y a rien d’autre à vouloir ou à espérer.

-Exactement. À quoi cela servirait-il que tu t’inquiètes pour l’avenir de ce monde humain ou de celui des Kogi ? As-tu une solution à apporter ?

-Non et c’est ce qui me ronge.

-C’est toi alors qui as choisi d’être rongé, ça n’est pas l’état de ce monde qui agit sur toi mais l’émotion que tu entretiens. Et non seulement, elle ne sert à rien mais elle te prive de l’énergie dont tu pourrais user pour être ce que tu portes. Et par conséquent, tu prives ceux qui pourraient te voir vivre dans ce qui est juste. Tu te condamnes deux fois : une fois pour la détresse que tu génères toi-même et ensuite pour la détresse de ceux qui vivent près de toi et qui souffrent de te voir dans cet état. Est-ce que c’est ainsi que tu penses agir de façon juste ? »

Un trouble immense, une leçon impitoyable.

« Tu es redoutable, chère petite fée.

-C’est le rôle des vraies amies. » 

L'entêtement destructeur

Par Le 10/11/2021

On a ici (et il y a d'autres exemples dans le milieu montagnard,) un cas typique d'entêtement. Un entêtement évidemment nourri par des intentions financières. 

Le maire est également président de la station. 

S'il a été élu, c'est parce que la population, dans sa majorité, souhaite que la station continue à attirer les skieurs. J'ai vu le développement de cette station pendant des années. On vivait en Haute Savoie.

Les canons à neige et les retenues d'eau. Reculer pour mieux crever. Crever après avoir massacré des hectares de nature. C'est la fuite en avant mais l'issue ne changera pas. Tout le monde sait que l'enneigement diminue et diminuera encore et les canons à neige avec des températures trop douces ne servent à rien. Ils projettent de la pluie, pas de la neige. Des millions dépensées en perte. Et des espaces naturels dévastés. Car il faut bien comprendre qu'il ne s'agit pas que de la zone concernée par l'aménagement de la retenue. les effets sont bien plus vastes.

 

La Clusaz : les habitants s’opposent au saccage de la montagne pour les canons à neige

 

9 novembre 2021 - Matthieu Delaunay

https://lareleveetlapeste.fr/la-clusaz-les-habitants-sopposent-au-saccage-de-la-montagne-pour-les-canons-a-neige/?

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Dans quelques jours, seront entamés les travaux d’une cinquième retenue collinaire dans le bois de la Colombière, un corridor écologique majeur de la municipalité de La Clusaz. Maquillé en projet ayant pour mission de fournir à moyen terme de l’eau potable, la réalité est plus prosaïque : alimenter les canons à neige de la station de ski. Entretien avec les associations FNE Haute-Savoie, le Collectif Fier Aravis, de La Nouvelle Montagne et de Sauvons Beauregard, qui se battent contre ce projet.

LR&LP : Quelles sont la nature et les motivations du projet de retenue sur le plateau de Beauregard ?

La Clusaz projette de lancer dès cet automne 2021 la construction d’une cinquième retenue collinaire à 1500m d’altitude, dans le bois de la Colombière. Situé à l’Est du plateau de Beauregard, il s’agit d’un corridor écologique majeur situé à proximité directe d’un site classé zone Natura 2000 et d’une tourbière (zone humide) riche en faune et en flore.

Cette retenue grillagée, d’un volume de 148 000m3, d’une surface de 3,8ha (l’équivalent de 5 terrains de foot) et de 12 mètres de profondeur, condamnera des écosystèmes uniques dont 11 habitats naturels à protéger.

L’emprise totale sera de 8ha, soit une surface équivalente à 11 terrains de foot du parc des Princes. Cette retenue sera remplie par captation de l’eau de la source de la Gonière, située 4 km en aval, vers le col des Aravis, à environ 1 240m d’altitude.

La municipalité actuelle, dirigée par le maire Didier Thévenet, présente cette cinquième retenue collinaire comme étant destinée pour un tiers à alimenter le village en eau (la commune compte 1 720 habitants), les 2/3 restants servant à la production de neige artificielle.

L’exploitant des remontées mécaniques de La Clusaz, dont le domaine skiable s’étage entre 1 000 et 2 500m d’altitude, envisage ainsi de couvrir 45 % de son domaine en neige artificielle, contre 27% actuellement.

Naturalistes à l’affût – Crédit : Sandra Stavo Debauge

LR&LP : Qui est à l’origine de ce projet ?

Ce projet émane de la SATELC (Société d’aménagement touristique et d’exploitation de la Clusaz, dont le maire Didier Thévenet est le président, ndlr) ainsi que de la municipalité précédente, dans laquelle siégeaient déjà les 1er et 2nd adjoints au Maire actuel.

A l’époque, ce projet n’était alors destiné qu’à la production de neige artificielle. En témoigne l’observation d’une personne, conseillère municipale du précédent mandat, restée anonyme qui a été déposée sur le registre dématérialisé lors de l’enquête publique.

LR&LP : Que dit cette observation ?

Voilà ce qui est écrit noir sur blanc : « Quand le projet nous a été présenté, il nous a bien été précisé qu’il fallait mettre un volet eau potable, sinon une retenue pour des canons à neige ne passerait jamais aux services de l’État. A savoir : que l’eau de cette retenue ne pourra en aucun cas aller jusqu’à votre robinet, puisque rien n’est prévu pour la traiter. Elle ne pourra pas servir aux autres communes puisqu’aucune canalisation n’est prévue dans ce sens. »

Cette même personne a aussi transmis des textes de SMS reçus, envoyés par un élu à ses amis et l’autre d’un directeur à ses collaborateurs.

L’interview donnée en 2017 à Actu montagne par M. Pierre Lestas, alors directeur de la SATELC et également président de Domaines Skiables de France, est riche d’enseignements. Dans cette interview – où il est uniquement question de renforcer l’enneigement artificiel de la station -, il cite déjà la retenue de Beauregard. (voir l’extrait à la fin de cet article, ndlr)

Selon nous, collectifs et associations, si le besoin mis en avant est celui de l’eau potable, c’est bien la stratégie d’augmenter fortement la production de neige artificielle qui impose le choix de ce site vierge et l’ampleur de l’ouvrage. L’eau potable sert d’alibi pour justifier l’utilité publique de ce projet.

La Clusaz bénéficiant déjà de quatre retenues collinaires (soit 270 000 m3) dédiées à l’enneigement artificiel, l’obtention de la DUP (Déclaration d’Utilité Publique) pour une 5ème retenue ne pourrait être justifiée par la seule neige de culture.

En matière d’enneigement artificiel, la Cour des Comptes en 2018 mettait en garde les stations de ski des Alpes du Nord et leur demandait de changer de modèle face aux modifications du climat. En page 561 de ce rapport, il est noté :

« La stratégie en matière d’enneigement de culture est très claire : n’y recourir que sur des zones bien définies et ne pas consommer d’eau potable. »

Plateau de Beauregard enneigé – Crédit : Sandra Stavo Debauge

LR&LP : Concrètement, quelles seraient les conséquences d’un projet d’une telle envergure ?

Cette retenue collinaire grillagée de 148 000m3 de stockage aura une emprise de 3,8 hectares avec une digue de 12 mètres de haut qui présente un risque, faible mais existant, de rupture de digue inondant une partie du village en aval.

Elle entraînera la destruction directe de 8ha d’habitats naturels particulièrement riches et préservés. Le secteur prévu pour la retenue est aujourd’hui une zone de tranquillité pour la faune, puisque le reste du plateau est très fréquenté.

Une dérogation a été demandée par la Mairie de La Clusaz pour engager la destruction de sites de reproduction ou d’aires de repos pour les animaux et certaines espèces animales protégées. Les impacts secondaires, sur une superficie bien plus large, n’ont pas été évalués…

Mais il faut être clair : la localisation de ce projet est catastrophique : il est situé dans l’immédiate proximité de nombreux zonages réglementaires ou d’inventaires qui témoignent de la richesse environnementale du site du plateau de Beauregard.

Photomontage de l’impact de la retenue sur le plateau de Beauregard – Crédit : Pierre-Tardivel

Cet ouvrage est donc en décalage total avec la géomorphologie naturelle du territoire. Nous ajoutons que l’ancien maire de la Clusaz, Guy Collomb-Patton, s’est inscrit contre ce projet lors de la concertation préalable !

Lors de la construction de la retenue, la quasi-totalité du pic / plateau de La Colombière sera « décapitée » et imperméabilisée. La surface autour de la Colombière est importante pour capter l’eau de la pluie et de fonte de neige. Une fois construite, la retenue ne permettra plus l’infiltration de l’eau du plateau.

Cette retenue constitue donc une menace hydrologique : nous soulignons l’absence ou l’insuffisance des études concernant les prélèvements en eau et leurs impacts environnementaux sur les cours d’eau : ruisseau du Nom, ruisseau de La Patton et Nant des Prises.

Hydrologues, géomorphologues et botanistes craignent l’assèchement d’une partie de la tourbière remarquable de Beauregard.

La Tourbière du plateau de Beauregard – Crédit : Sandra Stavo Debauge

LR&LP : Ce projet va entraîner une consommation énergétique très forte, ne serait-ce que pour faire remonter l’eau de 1240 à 1500 mètres d’altitude …

L’Autorité Environnementale a recommandé à la commune d’approfondir toute alternative à la création de la retenue du plateau de Beauregard, en lien avec le changement climatique. Ces alternatives ne nous semblent pas avoir été étudiées, et les autres sources potentielles n’ont pas été investiguées !

Les impacts du projet sur les consommations énergétiques et le climat sont analysés de manière beaucoup trop succincte. Le dossier d’autorisation environnementale conclut à un niveau potentiel faible en phase d’exploitation. L’argument est que la distribution depuis la retenue de l’eau s’effectuera par gravité, limitant ainsi les consommations énergétiques.

Cependant, le public ne reçoit aucune information concernant les consommations énergétiques nécessaires pour alimenter la retenue de Beauregard en eau depuis le captage de la Gonière, puis pour remonter les m³ d’eau de la retenue qui seront évaporés dans un contexte marqué par le réchauffement climatique et la contraction des ressources en eau. Comment dès lors s’inscrire dans la sobriété énergétique exigée par la loi de transition énergétique ?

On voudrait faire passer pour de l’adaptation ce qui est avant tout une obstination à ne pas faire évoluer un modèle économique qui a tant rapporté. C’est une fuite en avant d’un modèle économique et environnemental qui n’est pas viable à moyen terme : celui du tout ski à tout prix.

C’est un engagement dans la voie de l’artificialisation de la pratique touristique, de façon à la maintenir et à s’émanciper d’une forme de dépendance à l’égard des facteurs exogènes du climat. On retarde l’adaptation du territoire au changement climatique. Si le réchauffement climatique est inéluctable, la neige naturelle ne va pas disparaître du jour au lendemain.

Plutôt que d’augmenter à tout prix un enneigement artificiel aléatoire et coûteux, la « lente » diminution de l’enneigement naturel devrait permettre de poursuivre parallèlement une réduction douce de l’activité « tout ski » pour la remplacer par des activités alternatives, le retour d’une activité économique diversifiée avec une repopulation permanente grâce à la réduction de l’inflation immobilière qui frappe la vallée depuis ces 30 dernières années.

Raquettes au plateau de Beauregard – Crédit : Sandra Stavo Debauge

LR&LP : L’enjeu de l’eau potable est un sujet fondamental, surtout en montagne puisque les ressources vont se raréfier. Ce projet ne revêt-il pas un intérêt public majeur ?

Ce projet imaginé par la SATELC uniquement pour la neige de culture remonte à 2017. Il a été revendiqué par la municipalité d’intérêt public majeur, au nom de l’alimentation en eau potable, ce qui est selon nous un argument fallacieux qui vise, comme expliqué plus haut, à la faire reconnaître d’intérêt public majeur.

En outre, expliquer qu’il s’agit de sécuriser l’accès à l’eau potable pour les populations présentes et futures nous semble malhonnête et manipulateur, avec des prévisions de croissance de population particulièrement hautes, alors que celle-ci ne cesse de baisser. Cela agite la peur de la pénurie d’une part, et présente la retenue comme la seule solution envisageable d’autre part.

Rappelons que 270 000 mètres cubes sont déjà disponibles et potabilisables, à travers les 4 autres retenues. Se servir des retenues existantes comme alternative semble plus adapté et beaucoup moins onéreux !

Sur le territoire de La Clusaz, plusieurs sources ont alimenté le réseau d’eau potable pendant des années, avant d’être déconnectées du circuit. Jamais il n’a été question de les prendre en compte ce qui aurait sans nul doute porté ombrage au projet.

Il y a une cristallisation sur la possibilité de manque d’eau potable aujourd’hui et la mairie se sert de cet argument pour convaincre la population (en agitant l’épouvantail de la peur du manque d’eau, de la peur du manque à gagner, etc.)

Or, la source de la Gonière ne peut en aucun cas être consommée sans traitement, et l’usine de traitement n’est même pas budgétée dans le dossier d’enquête publique ! Ce dossier d’enquête publique présente très peu de données relatives à l’alimentation en eau potable. Qu’est-il concrètement prévu, on ne le sait pas.

Dans ce dossier, la préfecture invente l’utilité publique à géométrie variable ! En effet dans ses conclusions à l’enquête publique, la préfecture note dans son avis favorable « Ayant conscience que ce projet n’est pas d’utilité publique pour l’ensemble de la population française, la commission chargée de l’enquête publique considère qu’il est d’intérêt public pour la population de la vallée des Aravis »

Il est également noté : « La commission d’enquête retient que : – le projet aura un impact négatif sur la biodiversité et plus particulièrement en phase travaux. – les prélèvements supplémentaires du captage de Gonière risquent de perturber le régime d’écoulement et d’assécher le torrent Le Nom et tuer toute vie piscicole. »

Le torrent le Nom se jette dans le Fier, qui se jette dans le Rhône. Si la question est « est-ce un projet qui concerne l’intérêt général ? », la réponse est évidemment OUI !

Nous avons affaire à un projet qui touche à une ressource naturelle dont l’accès est un droit humain (mais qui la privatise), et qui pose des questions sur la continuité de cette ressource en aval du projet, et pas seulement sur le site identifié pour la retenue.

Le cumul des retenues collinaires tend à avoir des conséquences négatives sur les bassins versants concernés, en les rendant beaucoup moins résilients aux sécheresses.

Plusieurs types de données sont nécessaires pour déterminer l’influence d’une retenue, et a fortiori d’un ensemble de retenues, sur le cours d’eau. Toute tentative pour estimer l’influence d’une retenue sans disposer de ces données, qu’il s’agisse de l’hydrologie, du transport solide ou de la qualité de l’eau conduit à une grande incertitude.

Pourtant, ces données ne sont quasi jamais disponibles, de façon exhaustive, sur un bassin versant. Dans un contexte de changement climatique qui est déjà à +2 °C en montagne et tend à s’accélérer, continuer ce type d’aménagement en parlant d’adaptation rend perplexe.

Les habitants opposés à la retenue d’eau se sont rassemblés – Crédit : Pierre Tardivel

LR&LP : On décèle une forme d’opacité dans la prise de décision de la préfecture et de la mairie. Quel est votre sentiment en tant qu’habitants de la Vallée ? On entend aussi parler d’Omerta au sein de la station, comme dans d’autres, qu’en est-il réellement et comment l’expliquer ?

Voici quelques extraits d’observations déposés anonymement sur le registre dématérialisé :

« Déposition anonyme d’un habitant de la vallée qui porte un nom d’ici mais qui se protège de pressions sociales importantes dans son cercle familial qui ne partage pas forcément la même opinion. » Observation n°971 (Web) Anonyme Déposée le 14 septembre 2021 à 22 h16

« Une habitante native des Aravis qui pratique le ski alpin, le ski de randonnée, le ski de fond, le VTT qui choisit de rester anonyme vis-à-vis de ses enfants ».

« Je m’oppose au projet de retenue collinaire de la forêt de la Colombière à Manigod. Elue du bassin annécien je préfère garder l’anonymat car le débat est clivant aussi dans nos vallées et les pressions diverses »

« Monsieur le commissaire, Je souhaite rester anonyme non pas par peur, ou manque de convictions… j’assume pleinement et ouvertement mes idées. En revanche ma moitié et mes enfants n’ont pas à en subir les retombées, je ne leur lobotomise pas le cerveau à coup de slogan écolo, ou autre car contrairement à ce que disent les maires des Aravis… nous serions des extrémistes, voir mêmes des talibans de l’écologie… qui de nous deux tient des propos extrémistes et violents par leur sens, qui attaque son « opposant » ? Je semble rentrer dans leur critère de « respectabilité » puisque j’ai toujours vécu dans les Aravis, j’y vis encore, mes enfants y grandissent, ils sont au club de ski de mon village, nous y travaillons, nous consommons dans nos villages, et nous payons les charges. »

Volontairement et historiquement les élus n’associent jamais les habitants pour débattre d’un projet, ou seulement une fois que celui-ci est finalisé. Par ailleurs, il est avéré que des habitants de La Clusaz ont subi des pressions, ce qui distille la peur de s’exprimer, ou de simplement poser des questions.

Ces tensions ne datent pas d’aujourd’hui et profitent toujours au pouvoir en place et restent profondément ancrée dans la population. Durant les campagnes municipales, les vertus affichées pour plus de « démocratie » sont vite oubliées ensuite.

Malgré les affirmations de la mairie, il n’y a pas eu de vraie concertation publique relative à ce projet.

Il y a eu deux phases d’une pauvreté inouïe en terme de débat public : la concertation préalable et l’enquête publique. Ces deux phases ont permis au public de s’exprimer par voie dématérialisée mais certainement pas de débattre publiquement du projet avec les élus qui le portent, ceux qui le soutiennent et ceux qui le dénoncent.

Entre les deux phases du projet, la mairie souhaitait rencontrer les structures associatives une par une et nous priait de laisser nos téléphones portables à l’entrée… ce qui nous semblait un peu étrange, et certainement pas opportun dans le but d’avoir un échange transparent et constructif. La mairie a refusé de rencontrer l’ensemble des collectifs opposés au projet tel qu’il est présenté.

Beauregard- Crédit : Sandra Stavo-Debauge

LR&LP : Quel est votre sentiment sur le concept des « stations 4 saisons » ?

Le concept de station 4 saisons est à la mode, et il est évident que les stations ne doivent plus se considérer seulement comme des stations de ski, mais comme des stations de montagne.

Il y a l’idée de rester attractive tout au long de l’année, mais selon nous, il ne faudrait pas que cela soit seulement autour du tourisme : il s’agit aussi de recréer des bassins de vie stables, redynamiser les territoires autour d’une véritable économie résidentielle, sortir du paradigme de la destination touristique « mono-activité » et sortir aussi du paradigme du 100% tourisme !

Il est nécessaire de redévelopper l’attractivité locale : le retour aux services de proximité, la promotion d’un tourisme local et orienté vers le patrimoine naturel et historique des territoires de montagne. Le patrimoine (richesses des paysages, faune, flore, histoire, culture) est un quatrième pilier fondamental à ajouter aux trois consacrés du développement soutenable (Écologique, Social et Économique). 

C’est pourquoi la préservation des espaces de montagne, voire leur protection, est primordiale pour consacrer un territoire de nature, contenir les aménagements, permettre de conserver des zones de tranquillité pour que les humains puissent toujours aller à la rencontre de la nature sauvage dans des espaces de liberté et refonder une relation équilibrée et respectueuse avec la montagne. Etaler la fréquentation touristique tout au long des saisons nous semble être une voie à suivre.

Il y a un grand oublié dans le concept de valoriser la montagne, le village. Jamais on ne parle de village pour ce qu’il est, pour sa vie sociale, son cadre et reflet de l’authenticité de ses habitants. C’est une valeur non commerciale qui pourtant valorise la station. Quand on parle de village ce n’est pas pour parler d’une station déguisée à exploiter…

Le plateau de Beauregard en automne – Crédit : Sandra Stavo-Debauge

LR&LP : On argue que la station est aussi un poumon économique de la région, et que vos protestations témoignent en réalité d’un désintérêt pour l’aspect économique qui garantit un emploi à beaucoup de personnes. Quelles sont vos propositions alternatives pour maintenir une économie durable dans le secteur ?

Nous croyons au contraire que nos protestations sont le signe d’un intérêt vif pour l’aspect économique de nos vallées et massifs, et pour la transition économique et environnementale de nos territoires de montagne.

Nous adorons le ski, nous sommes en lien direct avec les activités économiques du village, hébergeurs, moniteurs, commerçants, saisonniers, presse spécialisée, et sommes parfaitement conscients de la richesse économique qu’il a permis et permet encore.

C’est pour cette raison que nous sommes d’autant plus inquiets de voir l’absence d’alternatives émerger de la part des acteurs publics, qui revendiquent porter des projets d’intérêt général.

Pourtant, les industries qui dépendent du ski doivent aussi avoir le temps de s’adapter et donc concrètement s’orienter vers une autre pratique de la montagne. De ce point de vue, il y a clairement un défi culturel pour nous permettre collectivement d’envisager la montagne autrement.

Nous constatons que, simplement pour copier les pays concurrents et les stations voisines, l’équipement en neige artificielle devient systématique sur les domaines skiables où désormais on raisonne en “taux de couverture”.

On ne résonne plus en adéquation des seuls besoins, et surtout de l’évolution prévisible du changement climatique : saison de neige retardée et plus courte ; pluies plus abondantes que les chutes de neige. Des investissements lourds amortissables sur de longues périodes ne sont également pas en adéquation parce que trop fortement aidés par de l’argent public.

Dans un contexte de changement climatique qui s’accélère, le respect et la bienveillance d’un tourisme en montagne devrait être la priorité. Assurer une vie économique pérenne, créer des emplois, améliorer les conditions de vie des habitants tout en préservant l’environnement montagnard à la fois exceptionnel et fragile.

Les projets mériteraient d’être élaborés avec les habitants des territoires afin que la montagne garde son attractivité sans atteinte à l’environnement. Recréer en socle de pluriactivité, favoriser sa mise en œuvre en démocratisant les discussions et non seulement avec une gouvernance toute puissante imposant ces projets.

Les activités neige et les différentes pratiques du ski sont aujourd’hui structurantes pour le tourisme en montagne ; garder l’existant suffit largement pour le présent. Elles doivent être accompagnées de projets innovants adaptés à chaque territoire en lien étroit avec la nécessaire transition climatique et environnementale, dans une perspective de viabilité économique et sociale.

Geler les fonciers et ne plus permettre de construire devrait être aussi une priorité. La France dispose de trop de lits en montagne. Comparativement, l’Autriche dispose de 1 millions de moins de lits mais la saison est plus longue et les remplissages meilleurs.

Ne plus avoir comme cible la clientèle étrangère qui met à mal le défi énergie climat et de résilience des territoires définis par l’Europe est à envisager sérieusement.

Enfin, il est nécessaire de retrouver ou de créer une économie locale permanente autour par exemple de l’industrie du bois dont les débouchés sont en pleine croissance grâce à la construction bois, de l’agroforesterie, de l’enseignement, des activités tertiaires qui ne nécessitent pas de localisation particulière et peuvent bénéficier des techniques de communication actuelles.  

La forêt de Beauregard sous la neige – Crédit : Sandra Stavo-Debauge

LR&LP : Maintenant que les décisions ont été prises, quelles sont vos options ? Quel message souhaitez-vous faire passer à la population qui pourrait lire cette interview ?

Nous allons continuer à nous opposer au projet qui s’inscrit dans une logique de développement déjà actée au SCOT (Schéma de cohérence territoriale). D’autre retenues collinaires sont prévues : des liaisons inter-massifs et un gros porteur dit « ascenseur valléen ».

Nous encourageons toute personne qui comprend les raisons de notre lutte à s’informer et informer autour d’elle, mais aussi à signer la pétition qui a déjà recueilli plus de 51 500 signatures. Nous leur demandons aussi de nous soutenir dans les initiatives que nous allons lancer prochainement, dont un appel au don pour des études alternatives et pour les recours que nous allons déposer.

Dans d’autres parties du territoire national, nous relevons des projets impactant fortement l’environnement, inadaptés au changement climatique et à la transition économique. Certains de ces territoires, touchés par des sécheresses importantes, voient se renforcer les conflits autour de l’usage de l’eau.

En Haute-Savoie, ils émergent alors que nous avons encore de l’eau. Malheureusement sans concertation digne de ce nom, et sans cohérence territoriale, cela ne fait que polariser les positionnements des uns et des autres et nous amène à des situations pour l’instant conflictuelles, demain explosives.

Pour aller plus et aider les associations à stopper cette destruction de la montagne qui sera irréversible, il est enfin possible de :

> Demander à la Mairie d’effectuer des recherches poussées au Bossonnet, site abritant potentiellement un immense gisement d’eau potable, avant d’engager tout travaux au bois de La Colombière.
> Signer la pétition sur Change.org 
« Destruction d’espèces protégées : sauvons Beauregard »
> Suivre le Collectif Fier-Aravis, Sauvons Beauregard de la destruction, La Nouvelle Montagne, 
France Nature Environnement Haute Savoie sur FB et insta
>  En adhérant aux 
associations impliquées dans la défense de l’environnement local
>  
En faisant un don pour nous aider à collecter des fonds pour les recours juridiques nécessaires et les études complémentaires. Nous souhaitons créer une jurisprudence pour tous ces projets honteux.

Extrait de l’interview parue dans Actu Montagne

Actu montagne : »Quels sont vos prochains gros chantiers ?

Pierre Lestas : Nous avons ouvert un nouveau dossier pour un plan stratégique à 15 ans, comprenant le creusement d’une nouvelle retenue d’eau d’altitude sur Beauregard, et surtout le réaménagement du massif de Balme. Nous travaillons et débattons de plusieurs scénarios. Notre décision interviendra début 2018, pour une première mise en œuvre dès 2021. Nous investissons entre 10 et 12 millions d’euros tous les trois/quatre ans.

La France a rétrogradé à la 3e place du classement mondial des destinations neige. Êtes-vous inquiets ?

PL : Non. Si l’enneigement est satisfaisant, nous retrouverons notre deuxième, voire la première place. Le domaine skiable français est le plus important au monde, en taille et en remontées mécaniques. C’est clairement le manque de neige à Noël ces deux dernières années qui a impacté sa fréquentation. Nous devons investir dans des réseaux d’enneigement capables de saisir les fenêtres de froid. Nous devons également être précautionneux financièrement pour que nos sociétés ne soient pas en péril, si elles devaient encore faire face à l’aléa climatique. Je vous rappelle que nous avons déjà divisé par trois notre exposition à ce dernier depuis 25 ans, grâce à la neige de culture, au damage et aux travaux sur les pistes. »

Propos recueillis par Matthieu Delaunay. Journaliste, auteur, voyageur au long cours, Matthieu Delaunay contribue régulièrement à La Relève et La Peste à travers des entretiens passionnants, vous pourrez le retrouver ici et voir tous ses entretiens sur sa chaîne Hic & Nunc.

9 novembre 2021 - Matthieu Delaunay

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"Nous creusons nos propres tombes"

Par Le 10/11/2021

 Nous creusons surtout celle de nos enfants. 

Il faut imaginer cette situation. 

Donner la vie et en même temps, creuser les tombes des nouveaux arrivants.

Nous en sommes là.

 

 

 

Cop26 à Glasgow . « Nous creusons nos propres tombes » : les dirigeants au pied du mur

 

Les dirigeants du monde entier réunis à Glasgow pour la conférence climat de l’Onu ont été sommés de prendre enfin des mesures concrètes au nom de l’avenir des futures générations.

Ouest-FrancePublié le 01/11/2021 à 21h03

 

Il est temps de dire « Assez » », ​a lancé Antonio Guterres, le secrétaire général de l’Onu, qui n’a pas mâché ses mots devant les quelque 120 dirigeants de tous les continents et les milliers de délégués et d’observateurs du sommet.

Assez de brutaliser la biodiversité. Assez de nous tuer nous-mêmes avec le carbone. Assez de traiter la nature comme des toilettes. Assez de brûler, forer et extraire toujours plus profond. Nous creusons nos propres tombes », ​a-t-il martelé.

Les principaux dirigeants de la planète ont ensuite répondu, chacun à leur manière, sur la ligne de crête entre engagements et contraintes politiques nationales.

Emmanuel Macron souhaite ambition et solidarité

Rappelant l’objectif commun d’un réchauffement limité à + 1,5 °C, conforme aux Accords de Paris, Emmanuel Macron a estimé que la France, mais plus largement l’Union européenne, le Royaume-Uni, sont aujourd’hui au rendez-vous de ces engagements. Notre défi est maintenant de les mettre en œuvre et je n’en sous-estime ni l’importance ni la difficulté. ​

Bottant en touche, il a estimé que la clé pour les quinze prochains jours ici dans notre Cop, est que les plus gros émetteurs, dont les stratégies nationales ne sont pas conformes à notre objectif des 1,5 °C, rehaussent leur ambition », ​allusion notamment à la Russie et à la Chine.

« Il est minuit moins une sur l’horloge de l’apocalypse »

Hôte de la Cop, le Premier ministre britannique Boris Johnson n’était pas en reste en matière de proclamation. L’humanité a longtemps joué la montre sur le climat. Il est minuit moins une sur l’horloge de l’apocalypse. Nous devons agir maintenant », ​a-t-il renchéri, mettant en garde contre la colère incontrôlable ​que provoquerait un échec de cette Cop26, six ans après les Accords de Paris.

Le G20 qui réunissait à Rome, ce week-end, les représentants des pays représentant 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, a bien réaffirmé à l’unisson l’objectif de limiter le réchauffement à + 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Mais cela n’a convaincu ni les ONG ni Antonio Guterres qui a fait part de ses espoirs déçus ».

Lire aussi : Climat, taxe mondiale, aide aux pays pauvres : le G20, ou la diplomatie tous azimuts

Faire « cause commune »

Les présidents russe et chinois figurent parmi les grands absents à la Cop26. Pékin a formellement déposé ses nouveaux engagements climat qui reprennent sans les renforcer les promesses faites par le président Xi Jinping. Quant à l’Inde, autre gros émetteur, elle s’est fixée comme objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2070 »,​ a annoncé lundi à Glasgow le Premier ministre indien, Narendra Modi.

Cop26 : l'avenir de la planète se joue-t-il à Glasgow ?

Débattez !

Dans un message vidéo, ce lundi soir, la reine Elizabeth II a exhorté les dirigeants mondiaux à faire « cause commune » pour s’attaquer au changement climatique. « En travaillant côte à côte, nous avons la capacité de résoudre les problèmes les plus insurmontables et de triompher de la plus grande des adversités. »

 

 

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