Articles de la-haut
Anticorps facilitants
Preuve que je lis tout et son contraire, voilà un article issu de LCI, c'est à dire TF1. Non, je ne sous-entends pas que nécessairement, venant de TF1, c'est de la langue de bois ou du bourrage de crâne. Il est clair que les avis sont diamétralement opposés entre le professeur Raoult et d'autres scientifiques et les intervenants nommés dans cet article.
En fait, ce qui m'intéressait ici, c'est de montrer à quel point, il est très difficile de s'y retrouver ( en tout cas pour ma part).
Je ne suis pas scientifique et j'avoue même qu'après l'école primaire, en dehors de la classe de seconde (j'adorais la prof), je ne me suis jamais intéressé aux cours de "sciences naturelles". C'est effrayant d'ailleurs. J'adorais la nature et j'y passais tout mon temps libre. Je ne suis jamais allé en "boîte", je détestais les soirées-fiesta-bière-danse-drague, je n'allais pas dans les bars, sauf pour y faire un billard. J'allais dans les bois, j'allais à la mer, je faisais du vélo, de l'escalade, je courais et je grimpais aux arbres. Et je n'aimais pas les cours de sciences naturelles... Bon, résultat, j'ai beaucoup de mal à comprendre toutes les données scientifiques qui s'opposent continuellement dans l'histoire du covid.
Ce qui me déplaît en tout cas, c'est qu'on retrouve ici Philippot, les anti-vax, Raoult, tout le monde dans le même bateau.
Je ne suis pas vacciné contre le covid mais je ne suis pas anti-vax.
Je ne voterai jamais pour Philippot et d'ailleurs je ne vote plus depuis bien longtemps en dehors des municipales et régionales.
Je pense que Raoult n'est pas un déglingué mais que par contre il aurait dû embaucher quelqu'un de compétent pour l'aider dans ses prises de paroles. Il aurait fortement besoin d'être "encadré". Trop souvent, il se nuit à lui-même.
Bref, comme dit Kyan Khojandi, chacun tentera de se faire son opinion.
Variant Omicron : le vaccin favorise-t-il l'infection au Covid via des "anticorps facilitants" ?
Les Vérificateurs, une équipe de fact-checking commune aux rédactions de TF1, LCI et LCI.fr
Il s'agit aujourd'hui de décrypter la nouvelle théorie en vogue dans la sphère anti-vaccin. Faute d'avoir pu démontrer que les 9,68 milliards de doses inoculées dans le monde comportaient un danger, les opposants à la vaccination estiment désormais que, face au nouveau variant Omicron, le vaccin "favorise les infections" à cause des "anticorps facilitants". En tête de gondole, Florian Philippot, militant anti-masque et anti-restrictions qui a prédit ce lundi 17 janvier sur Twitter que cette nouvelle théorie, popularisée par Didier Raoult, allait mettre "très, très en colère" les Français. Mais est-elle seulement crédible ? Nous avons posé la question au professeur Xavier de Lamballerie, directeur de l'Unité des Virus Émergents (Inserm, Université Aix-Marseille).
Hypothèse surveillée dès l'automne 2020
Pour appuyer sa nouvelle hypothèse du moment, le professeur Didier Raoult est parti d'une seule observation. Les personnes vaccinées testées positives à l'IHU le seraient dans un intervalle de deux semaines. Il a également affirmé (à tort, comme nous le démontrons ici) que les pays les plus vaccinés sont ceux qui enregistrent le plus de contaminations. Preuve dès lors, aux yeux de ce microbiologiste épinglé par l'Ordre des médecins, que le vaccin produirait des "anticorps facilitants".
Cette théorie, que le défenseur de l'hydroxychloroquine n'étaye d'aucune étude spécifique, transpose au Covid-19 un mécanisme observé avec la dengue. Dans le modèle de cette maladie tropicale transmise par les moustiques, "on sait que certains anticorps, particulièrement ceux qui sont peu efficaces, peuvent s'accrocher sur le virus et l'amener vers des cellules immunitaires", comme nous le résume le professeur Xavier de Lamballerie. Ces dernières, dotées de récepteurs spécifiques, saisissent cet anticorps "lié en fait au virus, qui infecte alors la cellule". À la manière d'un cheval de Troie. Un phénomène qu'on retrouve derrière les acronymes ADE, pour antibody-dependent enhancement (aggravation dépendante des anticorps) ou VAED, pour vaccine-associated enhanced disease (maladie aggravée par la vaccination).
Si ce phénomène a "passionné le monde de la science depuis plusieurs décennies" du propre aveu de notre interlocuteur, il n'est "absolument pas systématique". Avec la dengue, ce mécanisme ne peut être observé "que dans certaines circonstances très précises". À savoir, lorsqu'une personne qui a déjà fait un épisode de dengue, avec l'un des quatre sérotypes existants, fait une deuxième infection par un sérotype différent. Et même dans ce cas de figure, "la facilitation par les anticorps n'est pas systématique, mais il a été proposé qu'elle soit un des déterminants des formes sévères de la maladie".
Un mécanisme "très particulier", propre à ce virus, qui possède quatre stéréotypes différents, et qui ne peut pas être transféré aussi facilement à l'épidémie actuelle. De fait, pour que cette hypothèse soit valable, il faudrait que les cellules de l'immunité qui accrochent le complexe anticorps-virus puissent être infectées par le Covid-19, comme cela est observé pour le virus de la dengue. Or, à ce jour "aucun élément scientifique et factuel ne le montre", note Xavier de Lamballerie.
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Et ce n'est pas faute d'y avoir prêté une attention toute particulière. La question des anticorps facilitants est surveillée depuis le début du développement des vaccins. On retrouve d'ailleurs un article à ce propos dans le dictionnaire médical Vidal. Daté du 3 novembre 2020, il résumait alors les questions et incertitudes à ce sujet. Face à un vaccin au seuil "d'efficacité minimal (…) fixé à 50 % par les agences de régulation", il semblait ainsi important aux yeux de la communauté scientifique que "l'hypothèse" d'un phénomène d'ADE ou de VAED soit "étudiée".
Analyse faite dès les premiers essais cliniques et précliniques des laboratoires. "Tous les laboratoires proposant des candidats vaccins ont dû présenter des données sur l'absence de facilitation par les anticorps aux agences réglementaires", rappelle le directeur de l'Unité des Virus Émergents. On en retrouve par exemple la trace dans une étude sur le sujet parue dans la revue Nature dès septembre 2020.
Après plus d'un an d'administration des vaccins et près de cinq milliards de personnes immunisées, rien ne corrobore cette hypothèse aujourd'hui. Bien au contraire. Des travaux décrits comme "très sérieux" par Xavier de Lamballerie ont comparé les charges virales de patients infectés au Covid-19 en fonction de leur statut vaccinal. Pour cette étude, la plus complète à ce sujet, une équipe singapourienne a mesuré quotidiennement la quantité de virus présente dans les prélèvements de 218 sujets infectés par le variant Delta. Si, au moment du diagnostic, cette valeur (CT) était la même chez les deux groupes, elle baissait significativement dès le sixième jour chez les 71 personnes complètement vaccinées. Si la théorie des anticorps facilitants étaient exacte, "les charges virales des vaccinés devraient être plus importante que celles du groupe témoin". "La simple observation vient contredire cette théorie, on ne peut donc certainement pas la présenter comme un phénomène généralisé", conclut notre interlocuteur.
De simples "supputations"
Cette absence de preuves ne suffit cependant pas à dissuader les fervents défenseurs de cette théorie, qui ont publié leurs considérations dans un article (non révisé par les pairs) largement repris, et notamment par Didier Raoult. S'ils pensent que la balance entre les anticorps facilitateurs et neutralisants chez les personnes vaccinées était en faveur de la neutralisation pour la souche originale du Covid-19 ainsi que pour les variants Alpha et Beta, ils accusent désormais Omicron d'affecter "considérablement" cet équilibre à la "faveur des anticorps facilitants".
Des propos considérés avec circonspection par la communauté scientifique et que rien de concret ne vient étayer pour l'instant. "L'analyse des mécanismes qui modulent l'épidémiologie de la maladie mérite toute notre attention, bien entendu, mais on ne peut se contenter de supputations : il faut apporter des éléments scientifiques probants", résume notre interlocuteur. Avant de souligner par ailleurs, pour ceux qui penseraient que le phénomène ne s'applique qu'aux vaccinés infectés par le variant Omicron, qu'une nouvelle étude réalisée par des équipes scientifiques de Genève (en cours de publication) rapporte, à la fois pour le variant Delta et le variant Omicron, que les charges virales sont plus faibles chez les patients vaccinés et infectés que chez les patients infectés non-vaccinés. À ce stade, "absolument aucune donnée scientifique" n'a donc été publiée en faveur d'un mécanisme d'anticorps facilitants.
D'autant que, même au niveau théorique, les défenseurs de cette thèse n'ont toujours pas avancé "comment ce mécanisme pourrait fonctionner avec le Covid-19", note Xavier de Lamballerie. Même constat du côté du virologue et épidémiologiste Scott Halstead. Celui qui est tout de même l'un des pionniers de cette théorie des anticorps facilitants dans la maladie de la dengue, a conclu, le 15 décembre 2020, "que les différences dans les caractéristiques cliniques, épidémiologiques et pathologiques" entre les deux maladies suggèrent que l'ADE "ne contribue pas à la gravité des infections naturelles à coronavirus humain". En résumé, il n'existe aujourd'hui aucun fait ou article scientifique en faveur de cette théorie. "Personne ne vient apporter ne serait-ce qu'un début de preuve. C'est, pour l'heure, le vide intersidéral", s'amuse Xavier de Lamballerie.
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A CŒUR OUVERT : Une interview disparue
Un ami lecteur m'a envoyé cette interview en me demandant pourquoi elle n'était pas sur mon blog. Il l'a trouvée sur la Toile.
Je n'ai eu acune raison à lui donner. Je n'en sais rien. C'est un mystère mais il m'est déjà arrivé de m'apercevoir que certains articles disparaissaient, qu'ils n'étaient plus enregistrés, qu'en cliquant sur le lien, on ne trouvait qu'un :"erreur 404. Page introuvable".
Effectivement, j'ai cherché dans les archives et c'est ce que j'ai trouvé : "erreur 404". Je n'ai pas d'explication. Un mystère informatique. De la même façon d'ailleurs, j'ai vu que certaines photos disparaissaient. C'est comme s'il existait une durée de vie sur la Toile :)

"Un titre à double sens pour un roman magnifiquement écrit, À cœur ouvert.
D’une part le côté « chirurgical » avec l’opération que subit Paul Laskin, à qui on implante un cœur artificiel, et d’autre part la dimension très philosophique du cœur ouvert pour recevoir, recevoir une somme d’éléments, de réflexions, de conscience de soi, de ce qui fait la Vie, au sens universel du terme, cette vie dont nous ne sommes que l’infime partie d’un tout qui nous dépasse. Un roman à lire absolument, qui vous emportera vers des chemins de lumière.
Thierry, vous nous proposez là un roman philosophique qui nous pousse à nous interroger, sur le sens de la vie, de l’amour, sur notre capacité à éveiller notre conscience, et en même temps vous construisez une intrigue romanesque très efficace pour nous mener au bout du roman, qu’on quitte en ayant envie de retourner très vite dans votre univers. Alors on a envie d’en savoir plus sur vous, sur votre écriture, pourquoi vous écrivez, comment, vos thèmes de prédilection :
Lorsque j’avais seize ans, mon grand frère, Christian, qui en avait dix-neuf, a eu un accident de voiture. La gendarmerie a appelé mes parents. C’était la nuit. On a foncé à l’hôpital. Quand on est arrivé, un interne nous a dit : « Il est cliniquement mort. » Je suis rentré dans la chambre. Je n’ai pas reconnu mon frère. Et j’ai dit : « Je sortirai de cette chambre avec Christian et il sera vivant. » J’ai passé trois mois dans cette chambre. Jour et nuit. C’était pendant l’été. J’ai manqué la rentrée des classes. Pas question de le laisser. J’ai écrit chaque événement dans un cahier, mes pensées, mes détresses, l’évolution de mon frère, la mort, Dieu, l’amour, la peur, la souffrance. Mon frère s’en est sorti. Pour la médecine, il représentait une énigme. Il n’avait plus de boîte crânienne au niveau du front. Ils ont mis une prothèse. C’était une première médicale.
Je me suis occupé de mon frère pendant deux ans. C’était très difficile pour lui. Un œil mort, une cheville bloquée, il pesait quarante-sept kilos pour 1 m 96 en sortant de l’hôpital… Il a fallu tout reprendre jusqu’à ce qu’il puisse refaire de l’escalade avec moi. Une passion commune. Il avait déchiré le cahier que j'avais écrit à l’hôpital, sans le lire. Une déchirure pour moi aussi. Tout ça est très complexe. Un déni de l’évidence pour sa part. La charge de ce qu’il avait perdu avec l’incapacité de comprendre ce qu’il avait vécu. Une blessure spirituelle pour moi. J’étais le témoin de sa guerre. Je ne pensais pas pouvoir retrouver ce que j’avais écrit dans cette chambre. Mais j’avais découvert la force incommensurable de l’écrit. Cette acuité, cette autopsie des pensées. Je ne pouvais plus m’en passer.
Au lycée, je me suis mis à écrire comme un forcené, comme un écorché. Un prof de français et un prof de philo m’ont dit qu’un jour je serais édité. Que mes mots étaient des « scalpels. » Tout avait commencé au milieu des scalpels. Je ne choisissais rien en fait.
L’écriture s’imposait à moi parce qu’elle était vitale. J’adorais la philosophie. J’aurais aimé être professeur, mais je voulais devenir indépendant financièrement et soulager mes parents qui continuaient à subvenir aux besoins de mon frère. Comme j’aimais beaucoup les enfants, j’ai décidé de devenir instituteur. La formation était payée et moins longue que celle de professeur. Je ne le regrette nullement.
Je vivais déjà une passion exclusive pour l’escalade et l’alpinisme. J’espérais devenir guide de haute montagne. Mais à vingt-quatre ans, j’ai eu une première hernie discale. L’opération a été un échec. Et on ne devient pas guide de haute montagne avec un dos détruit. Dépression. Lourde, très lourde. Et encore les mots pour me sauver.
En quelques mois, j’ai écrit Vertiges, mon premier roman. L’histoire d’un alpiniste qui redescend son compagnon sur son dos, comme un fardeau à rendre aux hommes. Je ne comprenais pas encore le symbolisme de l’histoire entre mon frère et moi. Ça viendrait plus tard.
Voilà pour mes débuts dans l’écriture. Rien de bien joyeux. C’était une thérapie, une nécessité surtout, une bouée de sauvetage.
L’écriture de Vertiges a été un déclic. J’ai d’abord pris conscience de l’importance de la nature dans ma vie, de tout ce qu’elle m’apportait, de la sérénité et de « l’éveil » que j’y trouvais. La haute montagne surtout. Parce qu’elle m’offrait la possibilité de me découvrir, d’explorer mon potentiel. Simultanément à ces défis physiques que je multipliais à mon niveau, j’accompagnais cette démarche d’une réflexion constante. Les relations humaines, l’amitié, l’amour, la mort, le sens de l’existence, cette nécessité de « pousser la machine, » de ne pas accepter les limites. Mais cette opération manquée sur ma colonne vertébrale continuait à me faire souffrir… Je devais m’en accommoder, mais c’était une souffrance morale plus encore que physique. Je courais malgré tout, des semi-marathons et des virées très longues à vélo. Se vider pour se remplir…
L’écriture continuait à m’offrir un baume salvateur, un cataplasme sur mes douleurs existentielles. Un retour analytique sur mes expériences de vie. J’avais besoin de comprendre, un besoin viscéral et je savais que l’écriture avait cette force que les échanges humains ne m’apportaient pas. Les pensées sont trop éphémères alors que les écrits sont des cheminements infinis de taupe… Aller toujours plus bas dans les profondeurs, avec acharnement. J’aurais bien eu besoin d’une psychothérapie. Je préférais écrire. Lorsque j’écris, il m’arrive de ne plus être « là », de ne plus être un mari, un père, un instituteur… J’entre dans une dimension d’une profondeur inouïe et en même temps dans des horizons inaccessibles dans le cadre de la vie sociale. Rien n’existe autour de moi, le monde a disparu, les êtres ont disparu, le jour a disparu, le temps n’est plus. C’est comme un puits au fond duquel scintille une lumière inconnue. Comme si la noirceur était lumineuse.
J’ai quitté la Bretagne pour venir m’installer dans les Alpes, en Haute-Savoie. J’avais absolument besoin du spectacle des montagnes. J’ai rencontré Nathalie. Nous vivons ensemble depuis. Nous avons trois enfants.
Mon frère est mort à trente-neuf ans d’une rupture d’anévrisme. Un choc effroyable, destructeur. Je ne l’avais pas revu depuis plus d’un an. Je l’ai retrouvé dans la salle de la morgue. Une énorme culpabilité. Mes parents n’étaient pas là et injoignables. Je suis allé en Bretagne pour m’occuper de son corps, de l’administration, pour préparer la crémation, prévenir la famille… J’ai enfin réussi à contacter mes parents pour leur dire : « Maman, Papa, Christian est mort. »
Je ne pouvais pas échapper à la quête spirituelle. C’est mon chemin de vie, je devais l’accepter.
À trente-neuf ans, cette hernie discale mal opérée et qui me faisait souffrir s’est réveillée avec une violence inimaginable. Je « portais » toujours mon frère et mon dos n’en pouvait plus, mais je ne l’avais pas encore compris.
Personne ne voulait m’opérer. Les risques étaient énormes. Mais j’allais perdre ma jambe gauche. Un chirurgien s’est lancé et ça a marché. Du moins, c’est ce que tout le monde a cru pendant quelques années. Mais ce travail en moi n’était toujours pas fait.
Je continuais à écrire.
D’autres histoires aussi. Sur mon blog « là-haut », je travaillais sur des textes « philosophiques », des réflexions qui me concernaient. L’être réel, le moi, le Soi, le mental, le temps psychologique, la mort, la douleur, la peur, l’intention, le désir, l’imagination, la conscience et l’inconscient, l’intuition, l’espoir et le désespoir, l’amitié, les autres, l’âme…
Et puis, à quarante-deux ans, trois hernies discales d’un coup. Mon médecin n’avait jamais vu ça. C’est toujours là, en moi, cette douleur effroyable. Cette destruction psychologique… Jambe gauche paralysée, atrophie musculaire, l’incompréhension, pourquoi tout ce mal ? Je tournais la boîte de morphine dans mes mains lorsque je me retrouvais seul. La vider d’un coup et que tout s’arrête…
Personne ne pouvait rien. Je faisais des rêves étranges, apaisants, comme des messages d’anges au milieu de cauchemars hallucinants… Des auras bleutées qui me parlaient : « Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. » Une totale incompréhension…
J’allais mourir. Vessie bloquée, les reins en danger, douze kilos perdus, des cauchemars infinis au milieu des larmes, ma femme et mes enfants effondrés. Un calvaire.
Une opération de la dernière chance : sortir les intestins, visser une plaque sur la colonne, ouvrir le dos, visser une autre plaque et boulonner les deux. 50 % de risque pour le fauteuil roulant, 25 % paralysie de la jambe gauche, 25 % je remarche à peu près. J’ai refusé. Prolongement du calvaire. Et puis la rencontre avec Hélène, un hasard qui n’en était pas un, une médium magnétiseuse. La première séance, quatre heures dans un espace inconnu, une dimension spirituelle dont je n’imaginais pas l’immensité… Je suis sorti en marchant. J’aurais pu rentrer à pied. Trois mois après je reprenais le ski.
À mon tour, je devenais une énigme pour la science.
J’ai écrit Les Éveillés pour essayer de comprendre.
Je ne pouvais pas échapper à cette quête spirituelle. Tout ça n’était qu’un chemin à prendre. Ça ne dépendait pas de moi
… À cœur ouvert s’est imposé un peu plus tard. C’est toujours la perte de l’intégrité physique et morale qui m’importait, comprendre ce qu’elle révèle, réaliser qu’il s’agit d’une opportunité de transformation.
-Paul Laskin, votre personnage, est transformé par l’opération qui fait de lui une sorte de cobaye, puisque son cœur artificiel le relie à toute une « machinerie » informatique. Et pourtant, sa conscience s’éveille littéralement, au fur et à mesure du questionnement qui s’installe en lui. C’est d’une richesse philosophique remarquable. Êtes-vous un philosophe, vous sentez-vous l’âme d’un « guide spirituel », pour transmettre, questionner, « éveiller » vos lecteurs ?
Un guide spirituel, certainement pas. Marcher dans les pas d’autrui interdit de se rencontrer. C’est une condamnation. Et je souhaitais pourtant devenir guide de haute montagne ! Mais dans l’espace spirituel, il importe avant tout de se connaître soi, pas de connaître son guide. Et le guide ne peut pas vous renvoyer à vous-même, il ne renvoie que l’image qu’il a de vous. Il est possible de montrer simplement comment on s’enseigne soi-même. Mais il ne s’agit pas d’une intention narcissique. Juste la volonté de rester intègre, humble, conscient. Que les autres puissent se nourrir quelque peu de cette démarche doit être de leur part un choix lucide. Surtout pas une imitation. « Si tu n’es pas toi-même, qui pourrait l’être à ta place », Henry David Thoreau. Cette maxime m’a nourri et je serais malhonnête à vouloir la détourner en m’octroyant le terme de guide ou même de philosophe.
Il y a en trame de fond une très belle histoire d’amour, entre Diane et Paul. L’amour, est-ce pour vous un élément essentiel dans les relations humaines, a-t-il une place privilégiée dans une démarche de développement personnel ?
Il convient d’établir au préalable ce que le mot « Amour » désigne. L’amour intentionnel est issu du mental et il est au service de l’ego. Il souffre de tous les fonctionnements instaurés par l’histoire temporelle de l’individu, ses refoulements, ses traumatismes, ses éducations modélisées. L’amour intentionnel est le reflet des tourments de l’ego qui se projette dans un avenir illusoire à travers des espoirs, des attentes, des projets, un futur idéalisé, ou établit un ancrage invalidant sur un passé disparu. Cet amour-là n’est que le reflet de notre incapacité à vivre l’instant présent dans un état de clairvoyance. Il est le symbole même de l’anarchie de nos pensées, du capharnaüm psychologique qui caractérise l’ego. Dès lors que l’individu qui se croyait aimant et aimé ne se reconnaît plus dans l’autre qu’il aime, il s’enfuit. Car dans ce faux amour, l’objectif est de maintenir une identification. Si la relation déséquilibre cet état figé, il y a rupture. Mais aucun des deux partenaires n’a jamais aimé. Et ils l’ignorent. Puisqu’ils ne savent pas qui ils sont quand ils aiment. Qui pourrait aimer sans exister au préalable ? C’est comme s’obstiner à arroser des fleurs qui n’ont pas encore été plantées. Croire que l’Amour peut nous construire est une abomination envers l’Amour lui-même. Et il ne le mérite pas.
L’Amour inconditionnel est un état constant, une vibration initiée par une conscience libérée du Temps psychologique. C’est cela que je cherche à transcrire dans mes romans.
Il y a les prisons que l’on accepte, mais pire encore celles que l’on se fabrique. L’amour mentalisé est une prison aux murs gigantesques. Seul l’individu ayant accompli une quête intérieure, une épuration spirituelle, qui sait ce qu’il est hors de tous conditionnements, qui a conscience des manipulations de l’ego, seul celui-là a la capacité de faire de l’Amour véritable un espace à découvrir et non des murailles à constituer.
Ce que j’aime dans la femme que j’aime c’est sa façon d’aimer la vie. Et c’est pour ça que je l’aime. Ce qui me permet d’aimer la vie en elle. Cet Amour-là est d’abord l’Amour de la Vie. Nous n’en sommes que les supports.
-La nature est omniprésente également, c’est retiré au cœur de la nature sauvage et presque déserte que Paul commence à avancer sur le chemin qui se déroule devant lui. Quelle place la nature tient-elle dans votre œuvre, mais aussi dans votre vie ?
Je lui dois d’être en vie. C’est tout de même une bonne raison pour l’aimer.
J’ai parcouru les bois de mon enfance, seul, très souvent, avec un amour infini pour le silence, les couleurs, les parfums, je vivais au bord de la mer. Les jours sans école, je partais au petit matin avec mon sac, je rentrais le plus tard possible, j’avais construit une cabane au sommet d’un chêne, c’était mon refuge. Je ne me suis jamais senti seul, en fait. Je parlais aux arbres et aux oiseaux, je sifflais avec le vent et je courais avec les nuages. Je lisais dans ma cabane :L’enfant et la rivière, Terre des hommes, Croc blanc, L’amour de la vie… La Nature est un épurateur, un liquidateur de tourments, un espace vierge de toute attente, un calice où l’âme est en paix. Même dans les parois des Alpes, il m’arrivait de ressentir cette étrange impression d’être aimé… Je me suis toujours demandé si la Nature était consciente de notre présence. J’aimerais être certain qu’elle sache à quel point je l’aime. J’écris aussi pour témoigner de cet amour.
Propos recueillis par Anita Berchenko
Période glaciaire affective
La gentillesse. Un état d'esprit, une façon d'être. Être gentil, naturellement, signifie qu'on ne cherche pas à avoir quelque chose en retour. De toute façon si dans "l'être" il y a un désir "d'avoir", alors c'est que l'être se ment et ment aux autres.
Je suis naturellement gentil et je ne compte plus les fois où "l'autre" a considéré que c'était une faiblesse, depuis mon enfance jusqu'à aujourd'hui. Que signifie cette gentillesse, comment cela se traduit-il ? De façon très simple : j'accueille, j'écoute, dans une attitude humble et bienveillante.
Alors, oui, effectivement, dans notre société, dans le système éducatif et notamment scolaire, la gentillesse est considérée comme une faille, une faiblesse dont il est judicieux pour l'autre de profiter.
Je prends un exemple. Je ne suis pas artisan, je ne connais rien à l'électricité, ni à la plomberie, ni à la maçonnerie. Mais je suis capable de chercher les informations dont j'ai besoin. Donc, si un artisan à la suite de nos premiers contacts finit par imaginer que mon écoute, mon attention, le fait que je me présente clairement comme un novice, signifie pour lui qu'il peut me considérer comme un pigeon, le retour de flamme fera voler des plumes. Le "trop bon, trop con", ne fonctionne pas avec moi. Deux personnes ici en ont fait l'expérience. Par contre j'ai rencontré aussi des gens qui apprécient que je ne cherche pas à leur donner des leçons dès lors que je ne suis pas compétent. L'équilibre est instauré. J'ai souvent entendu des artisans se plaindre de "ces profs qui savent tout et veulent vous donner des leçons sur ce que vous faites depuis des années". Oui, entièrement d'accord, le milieu enseignant draine une frange de population quelque peu détestable. On me dira que ça n'est pas gentil comme remarque :) et ça viendra juste valider que la gentillesse n'est pas incompatible avec la lucidité et l'expérience.
Pour ce qui est de l'article lui-même et de cette période affective glaciaire, je la situerai principalement dans les zones urbaines car en milieu rural, dès lors qu'on ne se présente pas en conquérant imbu, l'ouverture des gens est bien réelle. On est arrivé en mars 2021 et je ne compte plus le nombre de gens à qui je peux demander un coup de main, un conseil, et qui m'en demanderait tout autant.
"L'erreur est urbaine", disait le tag sur le mur.
"L'humanité est rurale", ajouterais-je.
L’humanité vit actuellement une « période glaciaire affective »
« Trop bon trop con » est-il devenu un synonyme d’être gentil ?

26 décembre 2021 - La Relève et La Peste
Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde
- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France
L’indiscrétion de vos voisins vous pousse à l’excès ? L’incivilité des automobilistes vous fait jurer ? La promiscuité dans les transports en commun vous rend blasé ? La vie de tous les jours est loin d’être un long fleuve tranquille, surtout lorsqu’il s’agit de vivre en communauté. Il n’est pas rare de s’entendre dire : « l’Enfer, c’est les autres ! ». À l’ombre de tout ce fracas, la gentillesse a perdu ses lettres de noblesse, voire pire, elle est dénigrée au point d’être perçue comme un signe de faiblesse.
« Trop bon trop con » est-il devenu un synonyme d’être gentil ? Bien souvent, nous croyons qu’il vaut mieux être battant, égoïste et sans état d’âme pour sortir son épingle du jeu. Bon sang, sommes-nous condamnés à devoir « jouer des coudes » pour se faire respecter ?
« J’ai peur de cette société axée sur la compétition et la concurrence, cette société qui ose nous dire : vous devez être des gagnants ! Mais qu’est-ce qu’un gagnant sinon un fabricant de perdants ? Je n’ai pas le droit de fabriquer des perdants… » revendique Albert Jacquard.
Dans ce contexte social anxiogène et déséquilibré, la gentillesse est malmenée. Elle est souvent interprétée comme une forme de soumission, et fatalement associée à l’image du perdant. Aujourd’hui, le « gentil » est devenu, malgré lui, le manipulable et le simple d’esprit. « Tu seras bien gentil de faire ceci » est une formule de politesse déguisée derrière un sourire dédaigneux. Dans le liste des qualités requises, « gentil » n’est plus consenti, mais équivaut à confesser : « je n’ai rien trouvé de mieux à son sujet ».
Il est grand temps de redorer le blason de la gentillesse car elle est plus que jamais nécessaire. D’après Piero Ferrucci, psychologue et auteur du livre « Le pouvoir de la gentillesse », l’humanité vit actuellement une « période glaciaire affective ». Pour lui, les raisons sont à la fois simples et multiples : notre société met en avant l’efficacité, l’argent et la recherche du profit. Ajoutons à cela le rythme effréné de nos modes de vie associé à l’abondance des flux de connectivités, et qu’obtient-on ? Autant de possibilités de vivre par procuration.

« Bien sûr, Internet est une révolution, mais plus on est assis devant son ordinateur et moins on fréquente de vraies personnes. Nous avons moins d’occasions de ressentir ce que l’autre ressent. Quand on vit à toute allure, il y a moins de place pour le cœur et pour les sentiments. »
« Nous nous trouvons aujourd’hui au milieu d’un refroidissement généralisé. Les rapports humains sont moins chaleureux, les occasions de se rencontrer moins nombreuses, les contacts plus hâtifs et plus impersonnels. On accorde moins d’importance à la chaleur humaine et à la simple présence » Piero Ferrucci
Pourtant, la gentillesse permet de s’ouvrir aux autres et de tisser un idéal social, celui de la paix. Bien entendu, il n’est pas question de se plier en quatre pour exaucer les désirs du monde entier. « Pour être librement gentil, il faut avoir le choix de ne pas l’être » explique le psychiatre et psychothérapeute Frédéric Fanget. Autrement dit, la gentillesse est un choix comportemental.
Malgré tout son bien-fondé, nous avons parfois du mal à dévoiler notre gentillesse. « Malheureusement, dans une société individualiste, de compétition, où dominent les rapports de force et les affrontements communautaires, elle ne semble pas l’équipement de survie le plus approprié » constate le philosophe Michel Lacroix. Au contraire, la gentillesse est indispensable à l’harmonie sociale et nous pouvons compter sur elle pour préserver notre écosystème relationnel. Nous le savons, notre bonheur est inextricablement lié à celui des autres. La gentillesse produit de la bonne humeur, du lien social et c’est ainsi qu’à travers un simple sourire elle peut rendre la vie plus douce.

Peu coûteuse en temps et en énergie, la gentillesse est une vertu efficace qui se cultive et qui se transmet facilement. « Sans faire de nous des Jésus ou des superhéros, la gentillesse a le pouvoir de nous élever un peu, de nous anoblir en un minimum d’efforts » observe Emmanuel Jaffelin. Il suffit en effet d’en bénéficier pour booster son « estime de soi ». En cela, ne négligeons pas le pouvoir des compliments. Mark Twain les assimilait à une nourriture affective : « Avec un bon compliment, je peux vivre deux mois ». Dans ce cas, sachons les donner aussi bien que les recevoir.
« Les gens me demandent souvent quelle est la technique la plus efficace pour améliorer sa vie. Il est un peu embarrassant qu’après des années de recherche et d’expérimentation je dois conclure que la meilleure réponse à cette question est : Soyez juste un peu plus gentil. » Aldous Huxley
26 décembre 2021 - La Relève et La Peste
Pisser dans les champs
Depuis plusieurs années déjà, Nathalie me demande de garder mon urine (c'est évidemment plus facile pour moi que pour elle). Donc, je pisse quasiment tout le temps dans des bidons de cinq litres que j'entrepose dans le garage. Nathalie la dilue et s'en sert pour le jardin. C'est une méthode ancestrale qui a fait ses preuves. Scientifiquement reconnue aujourd'hui.
J'en profite pour ceux dont les potagers sont envahis de rats taupiers pour leur conseiller de dégager les galeries et d'y verser de l'urine pure. Il faut être assidu et obstiné mais ça finit par payer. Les rats taupiers ou campagnols s'en vont ailleurs. Pisser dehors, sous les étoiles, en visant un trou de rongeurs, c'est poétique :)

Planète Bleu, le blog Evan AdelinetFrance Bleu
Jeudi 6 janvier 2022 à 6:20
Azote, phospore et potassium sont les éléments chimiques de nombreux engrais industriels. On les retrouve aussi dans l'urine humaine.

L'urine humaine utilisée comme engrais © Getty - YOSHIHIRO TAKADA/a.collectionRF
Pourquoi fabriquer des engrais industriellement alors que notre corps fabrique exactement les même composants chimiques grâce à nos reins ? Oui, l'urine humaine est composée, entre autres, d'azote, de phospore et de potassium. Ces éléments chimiques sont fabriqués artificiellement par pour les engrais industriels. Organiser la récolte de l’urine humaine, la traiter et y développer des bactéries spécifiques pour ensuite l’utiliser sur les terres agricoles est l’objectif de Toopi Organics ! Pour se faire, il faut un peu de logistique. La startup Toopi Organics propose des toilettes spéciales pour faciliter cette récolte écologique.
En comptant toutes les chasses d'eau tirées, passer à la récolte de l’urine humaine permettrait d’économiser 6000 milliards de litres d’eau par an, en France !
Ecole, covid, ministère
Il y a bien longtemps que je ne suis pas revenu sur le sujet. Disons que j'en ai tellement parlé qu'il fallait que je passe à autre chose. La plaie était à vif, il fallait que ça cicatrise.
Aujourd'hui, je me surprends parfois à ne plus rien ressentir de ce désastre. Il faut même que je fasse un effort pour que les souvenirs reviennent. Comme si s'était déjà écoulée une décennie.
Je me réjouis tous les jours d'avoir quitté ce navire, il y a trois ans.
Et je plains tous les jours, les collègues qui se trouvent encore à bord.
ÉDUCATION NATIONALE
https://basta.media/Greve13Janvier-Blanquer-Education-nationale-le-quotidien-des-directrices-d-ecoles-protocoles-sanitaires?
13 janvier 2022 par Lucie Tourette
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Tous les syndicats de l’éducation nationale appellent à faire grève ce 13 janvier. Les directeurs et directrices d’école y participent massivement, poussés à bout par une charge de travail grandissante et des injonctions contradictoires.
Le téléphone sonne souvent dans le vide à l’école maternelle Halphen de Ville-d’Avray dans les Hauts-de-Seine. Il n’y a plus de gardienne depuis 2018, plus d’aide administrative depuis 2017. Alors « quand ça sonne et que toutes les enseignantes et les ATSEM [1] sont en classe, il n’y a parfois personne pour répondre », commente Marie Viennot, la directrice.
Dans le Vaucluse, à Cavaillon, le téléphone de l’école maternelle Jean Moulin sonne lui aussi dans le vide trois jours par semaine. Les lundis, mardis et vendredis, la directrice Lauranne Giovanelli est dans sa classe avec ses élèves et refuse de prendre le téléphone sous peine de devoir s’interrompre en permanence. C’est seulement le jeudi qu’elle décroche car elle est dans son bureau pour effectuer son « jour de décharge » hebdomadaire. Directrice depuis huit ans, elle dispose d’un jour par semaine pour effectuer le travail lié à sa fonction de directrice.
« C’est vraiment problématique que les parents ne puissent pas joindre l’école », déplore-t-elle. Ici aussi, il n’y a plus d’aide administrative qui réponde au téléphone et aux mails, ouvre la porte, fasse les photocopies, etc. C’est le cas dans de nombreuses écoles depuis que le gouvernement a pris la décision de réduire le nombre de contrats aidés en 2017. La charge de travail d’une direction d’école s’en est trouvée considérablement alourdie.
Apprendre les annonces de Blanquer sur BFM
« Alors qu’on est déjà dans une espèce d’urgence, on est submergés d’informations contradictoires, avec une hiérarchie qui découvre la veille pour le lendemain les annonces du ministre sur BFM », pointe Sabine Duran, directrice d’école élémentaire classée REP+, à Pantin.
© Anne Paq
Ils sont aujourd’hui 45 500 enseignants à exercer la fonction de directeur d’école. Dotés d’un minimum de deux ans d’ancienneté, ils sont nommés par leur hiérarchie. En plus de leur salaire, ils touchent une indemnité qui augmente proportionnellement au nombre de classes de l’école. Ainsi, selon les calculs du Sgen-CFDT, un professeur des écoles directeur d’une école de deux à trois classes, touchera une indemnité de 299,6 euros par mois. Dans une école d’au moins dix classes, son indemnité sera de 444,39 euros par mois. Suivant la taille de l’établissement, le directeur continue ou non d’enseigner. Il est chargé de la coordination de l’équipe enseignante sans pour autant être le supérieur hiérarchique de ses collègues. Les femmes sont largement majoritaires dans le premier degré où elles représentent environ les trois quarts des personnels de direction, tandis qu’en collèges et lycées elles ne sont plus que la moitié.
Je lis, j’aime, je soutiens
Basta est en accès libre.
En novembre 2019 le ministère de l’Éducation nationale avait organisé une consultation auprès de 29 007 directeurs d’école suite au suicide de l’une d’entre eux. L’administratif arrivait déjà en tête des tâches qui leur prenaient le plus de temps (75 %) et étaient les plus pénibles (62 %), avec la sécurisation de l’école (66 %) [2].
« Je passe ma journée à ouvrir la porte, trier la paperasse, répondre à des mails et au téléphone, remplir des enquêtes »
En quoi consistent ces tâches chronophages ? Chargé de la bonne marche de leur école, le directeur doit répertorier chaque jour les élèves absents, ceux qui restent à la cantine, seront présents pendant le temps périscolaire. En début d’année, il organise les élections des représentants de parents d’élèves, saisit les fiches de renseignements remplies manuellement par les parents, vérifie et archive les attestations d’assurance scolaire. En fin d’année, il centralise les commandes de matériel de ses collègues pour la rentrée suivante, constitue les futures classes. Il répond aux courriers papier, lit puis trie ses mails, apporte une réponse à ceux qui le nécessitent, ou les transfère à ses collègues. Il fournit des certificats de scolarité aux parents qui en font la demande. Sa hiérarchie lui demande régulièrement de remplir des enquêtes sur son école. Elles peuvent porter sur des sujets aussi variés que le nombre d’enfants arrivés en France dans l’année, les effectifs prévus, les effectifs réels, les enfants autistes, etc. Responsable de la sécurité, il doit aussi mettre à jour le « Plan particulier de mise en sûreté ». En cas de catastrophe naturelle ou d’attentat, le ministère indique que ce plan doit prévoir « la mise en œuvre des mesures de sauvegarde des élèves et des personnels en attendant l’arrivée des secours ou le retour à une situation normale ».
« Parfois personne pour répondre »
À l’école maternelle Halphen de Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine), il n’y a plus de gardienne depuis 2018, plus d’aide administrative depuis 2017. Alors « quand ça sonne et que toutes les enseignantes et les ATSEM sont en classe, il n’y a parfois personne pour répondre », commente Marie Viennot, la directrice .
© Anne Paq
Désormais, « mon jour de décharge est consacré à la paperasse, explique Lauranne Giovanelli. En tant que directrice, j’ai l’impression d’être une secrétaire administrative. Je passe ma journée à ouvrir la porte, trier la paperasse, répondre à des mails et au téléphone, remplir des enquêtes. Ça ne me fait pas rêver... Mon boulot c’est d’être instit. »
Repère :
Une loi qui risque encore d’aggraver les choses
Lire l’encadré
Depuis la consultation du ministère en 2019, la crise sanitaire est venue accroître encore la charge de travail. Les directeurs d’école sont chargés de la mise en place des mesures de sécurité édictées par le ministère de l’Éducation nationale. Sabine Duran, directrice de l’école élémentaire Joséphine Baker à Pantin (Seine-Saint-Denis) constate ainsi : « Ce qui pèse aussi sur la fonction, ce sont toutes ces informations qui doivent être mises en place du jour pour le lendemain. Alors qu’on est déjà dans une espèce d’urgence, on est submergés d’informations contradictoires, avec une hiérarchie qui découvre la veille pour le lendemain les annonces du ministre sur BFM ou dans la Foire aux questions du site du ministère. » Les directeurs doivent désormais rédiger des « plans de continuité pédagogique » expliquant comment l’école s’organisera pour maintenir le lien entre l’élève qui devrait s’absenter et son enseignant. « On considère que parce que c’est écrit, ça va être effectif et que l’école met les moyens pour que ça le soit. Alors qu’on sait que ça ne va servir à rien », déplore Sabine Duran.
Dépendantes du bon vouloir des mairies
La mairie de Cavaillon (Vaucluse) « nous donne moins de 30 euros par an et par enfant et nous n’avons pas le droit d’utiliser les transports collectifs. Malgré des programmes nationaux, les disparités de territoires se répercutent sur le vécu scolaire des enfants », déplore Lauranne Giovanelli, directrice d’école maternelle.
© Anne Paq
Les directrices font l’interface avec la mairie, les parents, les collègues, la hiérarchie…
Cette surenchère de travail administratif arrive dans un contexte où les directeurs d’école se trouvaient déjà « au centre d’une configuration d’une pluralité d’acteurs qui ont tous des enjeux de pouvoir différents », comme l’observe dans son livre La direction d’école à l’heure du management la chercheuse Cécile Rouaux, qui a exercé comme directrice d’école pendant 14 ans.
Les directeurs se doivent d’être disponibles et de répondre à toutes les demandes. Cécile Rouaux parle d’un rôle « d’agent toutes mains », à qui est délégué le « sale boulot ». Elle souligne « la fragmentation et la brièveté des activités où l’imprévu, voire l’urgence, ponctue les tâches courantes. » Sabine Duran parle elle de toutes ces « petites choses qui constituent la charge mentale », chaque action entreprise étant susceptible d’être interrompue par une nouvelle demande.
Qu’il y ait besoin de changer une ampoule, de réparer une fuite d’eau ou le chauffage tombé en panne, de repeindre une salle de classe ou de colmater une fissure conséquente, le directeur s’adresse à la mairie, responsable de l’entretien des locaux. Entre la demande de travaux et sa réalisation, il peut se passer beaucoup de temps, notamment lorsque la mairie doit faire appel à un prestataire extérieur. Face au bureau de directrice de Marie Viennot, une liste de différents travaux sont notés sur un grand tableau blanc. Un trait vert indique les « demandes faites ». Certains sont écrits depuis deux ans, comme le mot « Stores », qu’elle n’arrive même plus à effacer.
Des demandes en souffrance depuis des années
Face au bureau de directrice de Marie Viennot (Ville-d’Avray, Hauts-de-Seine) une liste de différents travaux sont notés sur un grand tableau blanc. Un trait vert indique les « demandes faites ». Certains sont écrits depuis deux ans, comme le mot « Stores », qu’elle n’arrive même plus à effacer. C’est leur lot quotidien face à de nombreuses mairies, de droite comme de gauche...
© Anne Paq
De la mairie dépendent aussi certains professionnels qui travaillent au sein de l’école. Avant l’heure du début de la classe, pendant la pause méridienne et après la fin de la classe, les animateurs qui s’occupent des enfants sont salariés de la mairie. C’est aussi le cas des ATSEM qui aident les enseignants au bon déroulement de la classe en maternelle. Certaines mairies décident ainsi que les classes de grande section de maternelle ont besoin d’ATSEM, d’autres non.
Une partie du budget de l’école dépend également de la mairie. Lauranne Giovanelli pointe ainsi : « la mairie de Cavaillon [à majorité LR, ndlr] nous donne moins de 30 euros par an et par enfant et nous n’avons pas le droit d’utiliser les transports collectifs. Dans le village d’en face, le budget est de 44 euros par enfant, un bus reste à la disposition des écoles et la mairie offre une place à tous les élèves lorsque le cinéma passe un film pour les enfants. Ils ont accès à la médiathèque de leur ville autant qu’ils veulent. Nous, nous y avons droit une fois dans l’année. Malgré des programmes nationaux, les disparités de territoires se répercutent sur le vécu scolaire des enfants. Selon la mairie dont on dépend, on ne fait pas le même travail. »
Scolariser les enfants en situation de handicap : un an d’attente
« La question du handicap prend beaucoup de temps. C’est particulièrement difficile, en premier lieu pour les enfants et leurs familles, quand on sait qu’un enfant a besoin de soins. Il y a un an d’attente », explique Sabine Duran, directrice d’école élémentaire classée REP+, à Pantin (Seine-Saint-Denis).
© Anne Paq
Les écoles qui connaissent les plus grandes concentrations de difficultés sociales, comme celle de Sabine Duran à Pantin, sont classées REP+ (Réseaux d’éducation prioritaire renforcée). À ce titre, elles bénéficient de plus de moyens que les autres. Les enseignants touchent une prime, la directrice aussi. Elle est de 426 euros brut par mois pour Sabine Duran. Les enfants sont moins nombreux par classe, les enseignants ont des temps de formation.
Pour autant, certains élèves ont aussi besoin d’une aide extérieure à l’école. Dans ce cas, le directeur s’occupe des relations avec les partenaires extérieurs comme les psychologues et orthophonistes sollicités. Il doit arriver à faire concorder des agendas qui n’ont pas les mêmes impératifs.« La question du handicap prend beaucoup de temps. On peut faire beaucoup de réunions pour un élève, parfois simplement pour dire qu’il n’y a toujours pas de place en CMPP [3]. C’est particulièrement difficile, en premier lieu pour les enfants et leurs familles, quand on sait qu’un enfant a besoin de soins. Il y a un an d’attente. Parfois une famille qu’on a eu du mal à convaincre va finir par lâcher l’affaire tellement l’attente est longue », observe Sabine Duran. La pénurie de moyens entraîne là aussi une surcharge de travail.
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À Cavaillon, l’école de Lauranne Giovannelli n’est plus classée REP car ses élèves ne vont pas ensuite dans un collège classé REP. Pourtant, « l’école située à 600 mètres est classée REP. Ce sont les mêmes enfants dans les deux écoles mais on ne fait plus du tout le même métier que nos collègues. Chez nous les enfants sont 29 par classe, chez eux 12 ou 15. Les enseignants ont une prime de 300 euros par mois. Pas nous. »
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Sursollicités depuis un an, les enseignants français sont parmi les moins payés d’Europe
Les directrices d’école n’ont pas le temps de faire tout ce qu’elles devraient faire. Alors elles arbitrent en fonction de la situation et du sens qu’elles donnent à leur travail. « Je priorise tout ce qui concerne la situation des élèves en difficultés plutôt que la mise en place de modalités de circulation pour éviter que les élèves se croisent. Je reçois une famille qui a besoin de trouver des soins pour ses enfants avant de remplir une enquête administrative », explique Sabine Duran. À Ville-d’Avray, Marie Viennot reçoit chaque famille dont l’enfant va entrer à l’école. Elle y tient beaucoup : « L’entretien dure au moins une demi-heure mais je gagne du temps pour trois ans : les parents me connaissent et s’ils sont perdus ils savent vers qui aller. » Certains de ses collègues ont renoncé à ces entretiens. Au final, ceux qui ont choisi de se tourner vers cette fonction de directeur pour impulser des projets et animer une équipe ne peuvent plus y consacrer autant de temps qu’ils le souhaiteraient. La multiplication des protocoles sanitaires et des récentes inconséquences ministérielles ne constituent que « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ».
Lucie Tourette
Photos : ©Anne Paq
En une : Marie Viennot, directrice d’une école maternelle à Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine). ©Anne Paq
La Nature est notre avenir
C'est ridicule comme titre et pourtant des millions de personnes n'ont aucune conscience de ça.
Une très grande partie de l'humanité vit "hors sol".
Le changement climatique est une réalité qui est ignorée ou niée par ces individus.
Une très grande partie des gouvernements en sont là aussi d'ailleurs. Ils peuvent toujours se gausser de leurs mesurettes, rien ne changera fondamentalement. Pour une seule raison : la sacro-sainte croissance. Cette idée est tellement ancrée dans le fonctionnement de la majeure partie des pays, gouvernements et populations, que rien de salvateur n'est possible.
Il ne reste aujourd'hui comme objectif envisageable, non pas de stopper le changement climatique, mais d'en atténuer les effets. Il reste également, et l'urgence est tout aussi importante, de s'y préparer.
Gilles Boeuf est un scientifique de renom. Il convient donc de prendre le temps de l'écouter.
Un exemple de ce qui se produit déjà. On me dira que c'est en Amérique du Sud, c'est loin...Bon, là, devant des réponses de la sorte, je tourne le dos et je m'en vais m'occuper de mon potager, du verger, des arbres qu'on plante et des réserves d'eau de pluie qu'on est en train d'installer.
Argentine : une vague de chaleur hors-norme a privé d’électricité plus de 700 000 habitants
Il est illusoire de continuer à croire que la technologie va forcément nous préserver du changement climatique. Les conséquences directes des vagues de chaleur sur les systèmes électriques des pays normalement tempérés en sont une brutale illustration. Et ces vagues de chaleur sont tout aussi éprouvantes pour le corps humain.

13 janvier 2022 - Laurie Debove
L’Argentine est frappée par une vague de chaleur historique, les températures dépassant 40°C dans la majeure partie du pays, et montant jusqu’à plus de 50°C à certains endroits, faisant du territoire l’endroit le plus chaud de la planète pendant un bref moment. Cette vague de chaleur a provoqué de nombreuses coupures de courant à Buenos Aires, privant au moins 700 000 habitants d’électricité, en plus d’avoir des conséquences délétères sur les humains, les cultures et les animaux dans tout le pays.
Une fournaise sans électricité
En plein été sud-américain, où le temps sec et chaud entraîné par le régime climatique de La Nina fragilise déjà les cultures, une vague de chaleur historique frappe cette semaine l’Amérique du sud et particulièrement l’Argentine. Hier, il faisait 45,0 ºC à Rivadavia et mardi, la température a atteint 41,1 degrés à Buenos Aires, la capitale du pays.
Selon le Servicio Meteorológico Nacional (SMN), l’homologue argentin de Météo France, c’est la première fois en 65 ans qu’il fait aussi chaud dans la ville, pourtant située au bord de l’Atlantique. La dernière fois, c’était en janvier 1957, lorsque les 43,3°C avaient été atteints, le record depuis le début des relevés en 1906.
Cette vague de chaleur hors-norme a fait exploser la demande en électricité pour faire fonctionner les climatiseurs et autres équipements réfrigérants. Couplée à des incendies, cette augmentation soudaine de la consommation électrique a provoqué de nombreuses coupures de courant, les infrastructures électriques n’étant pas adaptées à cette situation.
Lire aussi : Emballement climatique : les frigoristes subissent la hausse record des températures
Plus de 700 000 foyers d’électricité ont ainsi été privés d’électricité dans cette ville de plus de 14 millions d’habitants. Le service en ligne de l’ENRE, le gestionnaire du réseau, a lui-même cessé de fonctionner. 28 000 foyers étaient toujours privés d’électricité hier.
« Le service a été interrompu après que la demande d’électricité a dépassé 27.000 mégawatts et alors qu’elle était sur le point de battre un nouveau record de consommation, deux semaines seulement après le précédent pic de 27.088 mégawatts », a détaillé le quotidien La Nación.. « En seulement 20 minutes, la consommation a chuté à 24 450 MW, ce qui témoigne de la coupure massive du service, selon les données en temps réel publiées par Cammesa, la société chargée des répartitions de l’électricité. »
Ces coupures électriques ont mis la métropole à rude épreuve : la plupart des commerces étaient à l’arrêt, les feux de circulation ont cessé de fonctionner, les climatiseurs, ventilateurs et les frigos inutiles, détruisant bon nombre de denrées essentielles. Même le système d’épuration d’AySA, qui fournit de l’eau potable à Buenos Aires, a été touché.
La population a dû économiser sa consommation d’eau en pleine canicule, un cauchemar.
« Même tôt le matin, il faisait très chaud, environ 31 degrés », a déclaré Gustavo Barrios, 34 ans, alors qu’il était assis à l’ombre de quelques arbres, pour Reuters. « Je n’ai pas de climatisation à la maison et nous étions avec juste le ventilateur qui soufflait de l’air chaud. C’était intenable. »
Face à cette situation extrême, l’une des premières mesures du gouvernement argentin a été de réactiver les importations d’électricité en provenance du Brésil, en demandant aux distributeurs d’énergie de renforcer leurs équipes et en partant à la recherche d’énergies fossiles pour produire de l’électricité.
Les autorités ont également recommandé aux habitants de rester à l’abri du soleil, porter des vêtements légers, et rester hydratés le plus possible.
L’impact du changement climatique
Selon le météorologue Lucas Berengua, cette vague de chaleur hors-norme pourrait établir de nouveaux records de température dans le pays.
« Il s’agit d’une vague de chaleur aux caractéristiques extraordinaires, avec des valeurs de températures extrêmes qui seront analysées lorsqu’elle prendra fin. Elle pourrait générer des records historiques pour les températures et la persistance de la chaleur en Argentine », a-t-il déclaré.
Aujourd’hui, la température mondiale a augmenté d’environ 1,1° par rapport à l’ère préindustrielle à cause des activités humaines. Si les vagues de chaleur ont toujours existé, le réchauffement climatique accélère leur fréquence et leur intensité
L’Organisation météorologique mondiale rappelle que les vagues de chaleur sont de loin les événements météorologiques extrêmes les plus meurtriers dans la plupart des régions du monde. La crise climatique multiplie par 600 le risque de voir de telles vagues de chaleur se reproduire !
L’Argentine subit de plein fouet les conséquences néfastes du changement climatique. Ces dernières années, l’Argentine a connu des quantités inhabituelles d’incendies de forêt autour du delta principal du Parana, causés par les pratiques de l’agrobusiness et un climat plus chaud, et le niveau du fleuve a dramatiquement baissé.
Lire aussi : Incendies en Argentine: un drame, symbole de notre modèle de civilisation
« Je suis toujours née ici dans un climat tempéré et j’ai vu comment la température changeait au fil des ans, et ce n’est pas ce à quoi nous sommes habitués », a témoigné Marta Lorusso, 59 ans, architecte, pour Reuters. « Cela avec l’humidité ambiante me tue vraiment, je ne peux pas le supporter. Je bois des litres d’eau et je fais ce que je peux. Et en plus, je n’ai plus d’électricité. Je ne sais pas quoi faire. »
Il est illusoire de continuer à croire que la technologie va forcément nous préserver du changement climatique. Les conséquences directes des vagues de chaleur sur les systèmes électriques des pays normalement tempérés en sont une brutale illustration. Et ces vagues de chaleur sont tout aussi éprouvantes pour le corps humain.
Lire aussi : En 2100, 3 personnes sur 4 pourraient mourir à cause de la chaleur
Comme le décrit Marta Lorusso, ce n’est pas un « chaud sec » qui est le plus dangereux pour l’organisme, mais bien un « chaud humide ». Les scientifiques nomment cette combinaison la « température humide » ou « température du thermomètre mouillé ». Combinant la température et le taux d’humidité dans l’air, elle est notée Tw, le « w » correspondant au mot anglais wet, signifiant « humide ».
Quand les 35 degrés Tw sont atteints, l’air est si chaud et humide que le corps humain ne peut plus assurer sa thermorégulation grâce à la transpiration. En effet, pour que la sueur joue son rôle de régulateur, il faut que l’air à la surface de la peau soit plus humide que l’air ambiant.
Les argentins ne sont pas au bout de leur peine. Les températures élevées devraient se poursuivre tout au long de la semaine avec des pics dépassant souvent les 40 °C, selon le Service météorologique national (SMN).
Lire aussi : Dôme de chaleur en Amérique du Nord : les prémisses d’événements météo extrêmes dus au réchauffement climatique
L’impact sur les cultures et la faune
Évidemment, les humains ne sont les seuls à être menacés par cette vague de chaleur. Des alertes ont déjà été lancées sur son impact sur les cultures et les végétaux, et les associations de protection de l’environnement sont extrêmement inquiètes de son impact sur les animaux et écosystèmes du pays.
En 2019, des températures extrêmes avaient provoqué la mort de 354 manchots de Magellan, une espèce menacée, sur le site de Punta Tombo. Cet épisode avait provoqué l’inquiétude majeure des scientifiques qui étudient ce site de reproduction majeur de l’espèce.

La position dans laquelle ont été retrouvés de nombreux manchots de Magellan suggère qu’ils sont décédés en haletant, à la recherche de fraîcheur… Crédit : Katie Holt, Université de Washington
L’Argentine est aussi le deuxième exportateur mondial de maïs après les Etats-Unis, et le principal fournisseur mondial d’huile et de farine de soja. Cette vague de chaleur intense et prolongée va affecter la majeure partie de la zone agricole, avec des pertes énormes aggravées par l’absence de précipitations, a rapporté la Bourse des céréales de Buenos Aires dans son rapport agroclimatique hebdomadaire.
Quant à l’impact sur la faune locale, pour l’heure l’impact le plus visible et le plus impressionnant est l’arrivée de millions de scarabées à la recherche de fraîcheur, dans plusieurs villes de la province de La Pampa. Attirés par la lumière, ils trouvent refuge partout : maisons, parcs, jardins, terrasses, immeubles, toits, canalisations, égouts…
Les argentins les ramassent par seaux entiers. S’ils sont inoffensifs pour l’humain, leur nombre est si grand que le poids de ces millions de scarabées a endommagé certains bâtiments, menaçant notamment de faire s’écrouler des plafonds, et bouché des canalisations. Pour éviter des collisions avec ces insectes imprévisibles, les habitants doivent se couvrir les yeux et le visage à leur passage.
Ce jeudi, la vague de chaleur entre dans sa phase la plus extrême en Amérique du Sud centrale, avec l’attente de nouveaux maximums records en Argentine et en Uruguay. Le Paraguay est également touché par ce phénomène.
Plus il fait chaud, plus il y aura des problèmes d’approvisionnement en eau et en électricité. La technologie ne pourra pas tout régler car elle a ses limites dans un environnement extrême, à l’image de ce qu’observent les frigoristes et les ingénieurs dans les centrales nucléaires en France. Face aux aléas climatiques, la sobriété énergétique semble la piste la plus pérenne pour adapter le fonctionnement de nos sociétés et limiter les dégâts que nous vivons déjà.
Pour aller plus loin : Canicule, eau et électricité : seule la sobriété pourra nous sauver
Crédit photo couv : Relevés de température en Argentine – European Union, Copernicus Sentinel-3 imagery
"Le monde sans fin"
Stéphane est un youtuber très connu et apprécié. Sa chaîne "la clé des champs" est une mine d'informations pour le potager, le verger et tout ce qui concerne l'autonomie. Ici, il nous parle d'une bande dessinée.
Le Monde sans fin
INFOSCRITIQUES (26)CRITIQUES PRESSE (7)CITATIONS (13)FORUM
Christophe BlainJean-Marc Jancovici
EAN : 9782205088168
168 pages
DARGAUD (01/08/2021)
★★★★★
★★★★★
4.46/5 112 NOTES
Résumé :
La rencontre entre un auteur majeur de la bande dessinée et d’un éminent spécialiste des questions énergétiques et de l’impact sur le climat a abouti à ce projet, comme une évidence, une nécessité de témoigner sur des sujets qui nous concernent tous. Intelligent, limpide, non dénué d’humour, cet ouvrage explique sous forme de chapitres les changements profonds que notre planète vit actuellement et quelles conséquences, déjà observées, ces changements parfois radicaux signifient. Jean-Marc Jancovici étaye sa vision remarquablement argumentée en plaçant la question de l’énergie et du changement climatique au cœur de sa réflexion tout en évoquant les enjeux économiques (la course à la croissance à tout prix est-elle un leurre ?), écologiques et sociétaux. Ce témoignage éclairé s’avère précieux, passionnant et invite à la réflexion sur des sujets parfois clivants, notamment celui de la transition énergétique. Christophe Blain, se place dans le rôle du candide, à la façon de son livre "En cuisine avec Alain Passard" et de "Quai d’Orsay" signé avec l’expertise d’un co-auteur : un pavé de 120 pages indispensable pour mieux comprendre notre monde, tout simplement !
« La politique du tout-vaccin n’est pas la solution miracle »
Covid-19 : « la politique du tout-vaccin n’est pas la solution miracle »
« Des programmes de rappel sans discernement ont toutes les chances de prolonger la pandémie, plutôt que d'y mettre fin, en détournant les doses disponibles vers les pays qui ont déjà des taux de vaccination élevés, offrant ainsi au virus plus de possibilités de se répandre et de muter », explique ainsi Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l'Organisation Mondiale de la Santé

12 janvier 2022 - La Relève et La Peste

Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde
- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France
Alors que certains gouvernements misent uniquement sur la vaccination face à l’arrivée du variant Omicron, une tribune publiée le 3 janvier par une centaine d’experts en santé publique vient appuyer les propos du directeur de l’Organisation Mondiale de la Santé tenus mi-décembre. Les doses de rappel ne suffiront pas pour sortir de la pandémie, sans une politique de santé complète et équitable, permettant l’accès au vaccin dans tous les pays du monde.
Efficacité et limite des vaccins
Plus de deux ans après le début de la pandémie, le SRAS-CoV-2 a infecté plus de 278 millions de personnes dans le monde, avec au moins 5,4 millions de décès enregistrés par l’Organisation mondiale de la santé au 26 décembre 2021.
La propagation rapide et la contagiosité du variant Omicron ont entraîné différentes stratégies des gouvernements pour y faire face, dont certains privilégient une approche exclusivement vaccinale en étant « disposés à tolérer des niveaux élevés d’infection à condition que leurs systèmes de santé puissent y faire face ».
Pour cette centaine d’experts en santé publique, la politique du tout-vaccin serait non seulement inefficace, mais risquerait surtout d’être contre-productive à l’échelle planétaire, rejoignant l’avertissement donné par Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), lors d’une conférence de presse tenue à Genève mi-décembre.
« Des programmes de rappel sans discernement ont toutes les chances de prolonger la pandémie, plutôt que d’y mettre fin, en détournant les doses disponibles vers les pays qui ont déjà des taux de vaccination élevés, offrant ainsi au virus plus de possibilités de se répandre et de muter », expliquait ainsi Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l’Organisation Mondiale de la Santé
Selon le comité des experts de l’OMS en matière de politique vaccinale (SAGE), 126 pays veulent lancer l’injection d’une dose de rappel ou d’une vaccination supplémentaire (concernant les enfants par exemple). La grande majorité de ces pays sont des pays riches ou à revenu moyen tandis que la couverture vaccinale reste très faible dans les pays pauvres, en raison d’un manque d’approvisionnement.
Selon un rapport publié le 15 septembre 2021 par le PNUD, l’OMS et l’Université d’Oxford, seuls 3,07 % des populations de pays à revenu faible ou moyen avaient bénéficié d’une première dose de vaccin.
Ainsi, alors que près de 8 milliards de doses ont été administrées dans le monde depuis près d’un an, une très large partie de la population mondiale n’en a, elle, pas bénéficié.
Quant aux complications redoutées par les personnes réticentes à se faire vacciner, d’autres chercheurs encouragent les autorités à conserver leur vigilance sur les effets indésirables rares qui peuvent exister de différentes façons selon les vaccins et des profils à risque spécifiques.

Lancement de la campagne de vaccination contre la COVID-19-54 au Bénin, l’Afrique est un continent qui a su excellemment bien se protéger de la pandémie. Voici quelques raisons.
Une politique de santé complète
Si les vaccins permettent bien de réduire considérablement les risques de forme grave et de décès liés au covid-19, « la transmission élevée et le degré d’échappement immunitaire des variants delta et omicron signifient qu’une immunité protectrice durable de la population est peu susceptible d’être obtenue avec les vaccins actuels basés sur la souche d’origine. »
Pour ces experts de santé comme pour l’OMS, à l’heure actuelle il n’est donc pas prioritaire de multiplier les rappels de vaccins pour chaque adulte des pays riches, mais de permettre un accès équitable aux vaccins à travers le monde ainsi que de limiter les niveaux de transmission du virus par un meilleur dépistage et un soutien aux patients malades.
En effet, une transmission généralisée du virus décroît les possibilités d’adaptation du Sars-COV-2, et donc les variants plus contagieux (comme Omicron) ou plus dangereux (comme Delta). Plus de malades implique également de plus nombreux décès et la saturation des services hospitaliers.
Surtout, les confinements successifs liés aux différentes vagues du virus ont des répercussions psychologiques et sanitaires durables sur le bien-être des citoyens et notamment des plus jeunes.
En plus d’une coordination internationale sur la campagne de vaccination, les auteurs de l’article rappellent l’importance primordiale d’utiliser des masques FFP2 pour les profils à risque et dans les environnements à haute transmission, d’aérer les espaces clos voire d’installer des purificateurs d’air, le SRAS-CoV-2 étant un agent pathogène aéroporté, et que les gouvernements communiquent mieux sur cet dernier état de fait.
Pour faciliter l’accès au vaccin aux pays qui en ont été privés jusqu’ici, les experts exhortent les gouvernements à suspendre les brevets sur vaccins, supprimer les obstacles au transfert de technologie, et établir des centres de production régionaux pour créer un approvisionnement local abondant de vaccins de haute qualité partout.
« Le déploiement mondial des vaccins devrait inclure efforts pour lutter contre la désinformation afin de garantir que les gens ont accès à des données précises et en temps opportun sur l’efficacité et la protection des vaccins. » rappellent les spécialistes
Enfin, le dernier rapport de l’IPBES rappelle à quel point santé environnementale et santé humaine sont interdépendantes, et comment les activités humaines sont à l’origine de la pandémie actuelle, notamment la déforestation et le commerce des animaux sauvages.
« Le risque de pandémie peut être considérablement réduit en diminuant les activités humaines entraînant la perte de biodiversité, par une plus grande conservation des zones protégées et par des mesures réduisant l’exploitation non durable dans les régions riches en biodiversité. Cela permettra de réduire les contacts entre les animaux sauvages, le bétail et les êtres humains, et aidera à prévenir la propagation de nouvelles maladies. » expliquent les scientifiques
Entre 631.000 et 827.000 virus présents dans la nature pourraient infecter les êtres humains. Pour les chercheurs de l’IPBES, des pandémies plus fréquentes, plus mortelles et plus coûteuses sont donc à prévoir à moins d’un changement de paradigme. L’impact économique actuel des pandémies est 100 fois supérieur au coût estimé de leur prévention.
Face aux maladies, il nous est impossible de nous protéger sans protéger ceux qui nous entourent et notre environnement.
Pour aller plus loin : « One Health » : allier santé humaine, animale et environnementale pour limiter les pandémies
12 janvier 2022 - La Relève et La Pe
Le sport, ça Creuse
Oui, bon, c'est un peu léger comme titre mais ça détend l'atmosphère. :)
Le sport, dans la Creuse, c'est pour nous, vélo de route, VTT, randonnée à pied, course à pied, tennis, natation (dans les lacs), canoé, et potager :)
Quelques images.






















Actualités diverses
Une coïncidence étrange et amusante.
Enfin, quand je dis "amusante", c'est uniquement au regard de mes romans parce qu'en réalité, les faits n'ont rien d'amusant.
Je m'explique.
" A COEUR OUVERT" a comme sujet de départ la transplantation cardiaque.
"LES HEROS SONT TOUS MORTS " a comme point de départ un chasseur qui découvre par hasard une scène de meurtre.
LES HÉROS SONT TOUS MORTS (roman)
Dans l'actualité de la semaine, les deux situations ont connu une mise en lumière.
Une première transplantation cardiaque avec un coeur de porc.
La réouverture de l'enquête de la tuerie de Chevaline, tuerie qui m'avait "inspiré".
https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/meurtres/tuerie-de-chevaline/tuerie-de-chevaline-pres-de-dix-ans-apres-le-quadruple-meurtre-ou-en-est-l-enquete_4913991.html
Tuerie de Chevaline : près de dix ans après le quadruple meurtre, où en est l'enquête ?
Un homme a été placé en garde à vue mercredi dans l'enquête sur le quadruple meurtre survenu en septembre 2012 en Haute-Savoie, jamais élucidé.
https://up-magazine.info/le-vivant/sciences/98166-transplantation-cardiaque-du-porc-a-lhomme-prouesse-espoir-et-prudence/
La première transplantation au monde d’un cœur de porc génétiquement modifié dans un être humain malade est un événement marquant pour la science médicale, ouvre un champ considérable d’espoirs et suscite l’admiration devant la prouesse technique. Mais l’opération, et plus largement l’approche, soulèvent d’importants problèmes de sécurité et d’éthique.
Ce vendredi soir du 7 janvier, des chirurgiens du centre médical de l’université du Maryland ont réalisé une première médicale qui restera dans les annales : ils ont passé huit heures à transplanter le cœur d’un porc à David Bennett, 57 ans, hospitalisé depuis plus d’un mois pour une insuffisance cardiaque terminale. Il s’agissait d’une procédure exceptionnelle, les médecins considérant que leur patient était confronté à une mort quasi certaine et qu’il était trop malade pour bénéficier d’une transplantation cardiaque humaine de routine. En dernier recours, l’équipe médicale a demandé l’autorisation d’urgence à la Food and Drug Administration (FDA) de transplanter un cœur provenant d’un porc génétiquement modifié. « C’est assez hasardeux, mais c’était ma dernière option », aurait résumé le patient à la veille de son opération.
Omicron, variant faiblissant
Je précise pour suivre les articles de France info quotidiennement que la ligne éditoriale est sans constestation possible pro vaccin. Ligne éditoriale gouvernementale. La dernière phrase de l'article est clairement révélatrice :)
Il n'en reste pas moins qu'il faut tout lire parce que sinon, on tombe dans la religion.
Variants du Covid-19 : quels sont les principaux symptômes liés à Omicron ?
Plus contagieux que le variant Delta, le variant Omicron semble provoquer des symptômes moins forts, qui s'apparentent à ceux de la grippe.
Article rédigé par
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France Télévisions
Publié le 12/01/2022 18:53
Temps de lecture : 5 min.

Le variant Omicron est devenu majoritaire en France. Parmi ses principaux symptômes, celui d'une fatigue anormale, l'asthénie. (JUSTIN PAGET / DIGITAL VISION / GETTYIMAGES)
Fatigue, fièvre et toux. Ce sont les trois symptômes les plus fréquents chez les personnes contaminées par le variant Omicron, qui est devenu majoritaire en France. Depuis deux semaines, ce variant contribue à l'envol du nombre de contaminations avec environ 300 000 nouveaux cas chaque jour, selon les chiffres des autorités sanitaires. Beaucoup plus contagieux que son homologue Delta, il a été repéré dans "74% des tests criblés", rapporte Santé publique France (SFP) dans son dernier bulletin épidémiologique du 6 janvier.
Si la majorité des cas positifs au variant Omicron sont symptomatiques, ils le sont de façon bénigne, relève l'organisme, qui a étudié 338 cas et tend à reconnaître une "moindre sévérité" de l’infection par Omicron. Cependant, la communauté médicale se garde bien de tirer des conclusions hâtives sur les symptômes causés par Omicron, en l'absence de publications scientifiques sur le sujet. Franceinfo fait le point sur les éléments connus à ce jour.
Fatigue, toux et fièvre pour la plupart des malades
Un trio de symptômes arrive en tête avec en premier l'asthénie, soit une fatigue anormale, pour 43% des 338 personnes sondées par Santé publique France, le 4 janvier. Ce symptôme est suivi de près par la toux (40%) et la fièvre (35%). Des signes qui s'apparentent de plus en plus à ceux de la grippe et seraient moins sévères que ceux provoqués par le variant Delta : ainsi, Omicron toucherait davantage les voies respiratoires supérieures, comme les bronches, et moins les poumons. Mais Santé publique France précise que la majorité des malades sondés par l'organisme ont en moyenne 32 ans et une faible proportion d'entre eux présentait des facteurs de risque.
Cette palette est également décrite par certains patients anglais dans le cadre de l'étude Zoe Covid qui s'emploie, via des données recueillies dans l'application homonyme, à définir les symptômes des malades. Des travaux menés sous l'égide de Tim Spector, professeur d'épidémiologie génétique au King's College de Londres. "Pour la plupart des gens, un cas Omicron positif ressemblera beaucoup plus à un rhume, à commencer par un mal de gorge, un écoulement nasal et un mal de tête", a-t-il détaillé sur le site Zoe Covid (article en anglais).
Pour la plupart des patients, l'ensemble de ces symptômes (toux, fatigue, maux de gorge et de tête, et écoulement nasal) semble durer entre deux et quatre jours, selon une étude menée en Norvège sur 111 patients, et publiée sur le site de la revue médicale eurosurveillance.org, qui édite notamment des articles sur l'épidémiologie (article en anglais). Le délai d'incubation du virus est aussi plus court, passant d'une semaine avec les précédents variants à trois jours en moyenne, comme le précise cet avis du Conseil scientifique du 26 décembre.
Des sueurs nocturnes, mais moins de perte de goût ou d'odorat
Contrairement à ses prédécesseurs, le variant Omicron occasionnerait moins souvent une perte de goût et d'odorat, un des symptômes typiques du Covid-19 jusque-là. Seulement 6% des patients sondés par Santé publique France ont ainsi remarqué une anosmie ou une agueusie, voire les deux simultanément.
En revanche, des équipes médicales ont relevé d'autres symptômes, plutôt rares jusqu'à présent, parmi lesquels des sueurs nocturnes. Lors d’une conférence de presse organisée par le ministère de la Santé d’Afrique du Sud, fin décembre, le médecin Unben Pillay a ainsi expliqué que le variant Omicron pouvait occasionner des suées et réveiller le patient en pleine nuit. Ce symptôme permettrait de le distinguer des autres variants.
Au Royaume-Uni, un symptôme cutané a aussi été remarqué chez certains enfants alors qu'il n'apparaît chez aucun adulte. C'est en tout cas la conclusion des observations d'un médecin généraliste interrogé sur la chaîne Skynews (en anglais) : chez environ 15% des enfants contaminés au variant Omicron, il a été constaté une apparition soudaine de petits boutons et de plaques rouges sur la peau. Néanmoins, à ce jour, aucune étude scientifique publiée ne corrobore ce symptôme cutané pédiatrique.
Une infection comportant moins de risque d'hospitalisation
D'après les premières observations menées en Afrique du Sud, et selon une étude de l’université de Hong Kong (article en anglais) qui n'est pas encore évaluée par des pairs, la souche Omicron infecterait davantage, et plus rapidement, les bronches, laissant de côté les poumons. Une autre étude, réalisée sur des souris à Liverpool (Royaume-Uni), va dans le même sens et suggère qu’Omicron infecterait moins les poumons que les précédents variants, générant donc moins de formes graves du Covid-19, rapporte Libération.
L'agence sanitaire britannique (UKHSA) a d'ailleurs conclu, avec prudence, que le risque de développer une forme grave avec Omicron était trois fois moins important qu'avec le variant Delta. Quant aux hospitalisations, elles sont moins longues, avec une baisse de 40 à 45% du risque de séjourner à l'hôpital une nuit ou plus. Les patients ont généralement besoin de moins d'oxygène.
En France, le taux d’hospitalisation après un passage aux urgences pour suspicion de Covid-19 est passé de 50% à 36% les deux dernières semaines de décembre, au moment où Omicron est devenu majoritaire. Santé publique France rappelle toutefois que ces données sont à interpréter avec précaution. En effet, les cas d’infections au variant Omicron sont encore majoritairement observés chez une population jeune, donc moins à risque.
Des symptômes plus bénins pour les vaccinés
Un autre fait important entre en ligne de compte dans l'appréciation de la graduation des symptômes causés par Omicron : ce dernier rencontre de plus en plus de personnes vaccinées. Et plus les patients sont avancés dans leur schéma vaccinal, moins les symptômes semblent forts.
Ainsi, pour les personnes ayant reçu leur dose de rappel, une infection à Omicron peut s'apparenter à un rhume. Chez eux, "Omicron a tendance à produire des infections plus bénignes", a déclaré le Dr William Schaffner, expert en maladies infectieuses au Vanderbilt University Medical Center de Nashville (Etats-Unis) sur NBC News (article en anglais). Reste qu'à l'heure actuelle, les études sur le sujet manquent. "Ce que nous n'avons pas encore vu, c'est un ensemble substantiel d'informations sur ce que l'Omicron fera chez les personnes non vaccinées", précise-t-il.
En attendant d'en savoir plus, l'épidémiologiste Antoine Flahault, également directeur de l’Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université de Genève, assure que la vaccination reste importante "pour éviter les formes graves" liées à Omicron.
"Omicron est une chance"
Plusieurs scientifiques développent l'idée que ce variant pourrait représenter une opportunité au regard de sa très grande contagion associée à une dangerosité bien moins importante que celle du variant delta.
Israël, qui a toujours été cité comme exemplaire dans la gestion de la crise sanitaire, a suspendu la campagne de vaccination de la quatrième dose, optant pour le choix d'une possible immunité collective.
Publié le 30/12/2021 à 10:18
Alors que le pays avait annoncé le lancement d'une campagne de 4e dose de vaccin contre le Covid, destiné aux plus fragiles, pour faire face au variant Omicron, le gouvernement choisit finalement de suspendre cette décision.
La quatrième dose attendra. C'est du moins ce qu'a décidé pour l'heure Israël, qui fait machine arrière après avoir annoncé l'ouverture d'un nouveau rappel vaccinal destiné aux personnes de plus de 60 ans, rapporte ce jeudi 30 décembre les Echos.
En effet, les responsables préféreraient prendre plutôt un peu de temps en raison des critiques de plusieurs scientifiques sur le choix de proposer déjà une quatrième dose. Si le gouvernement israélien avait d'abord fait ce choix, c'est parce qu'il a été prouvé que l'efficacité de la troisième dose diminuait avec le temps, au même titre que la troisième dose se justifiait par la diminution de l'efficacité de la seconde.
Attendre des éléments de réponses
Mais après l'annonce du lancement de la campagne de rappel avec une 4e dose, le directeur général du ministère de la Santé, qui dit valider le lancement du processus, a préféré attendre "d'avoir plus d'éléments de réponse sur la gravité des infections à Omicron et sur la quatrième dose", indiquent Les Echos.
Sous quinze jours sont attendus les premiers résultats lancés pour déterminer la nécessité d'une quatrième vaccination pour l'ensemble de la population. D'autres études tendent à montrer également qu'une vaccination suivie d'une contamination au Covid permet d'augmenter significativement le taux d'anticorps d'une personne et donc aiderait à se protéger contre les différents variants de la maladie.
Dans ce contexte, Omicron pourrait donner un coup de pouce à la population en permettant notamment d'augmenter "considérablement le niveau d'immunité de l'ensemble de la population".
Covid-19 : pourquoi le variant Omicron pourrait être une "bonne nouvelle" pour l'épidémie ?
Modifié le 5 janvier 2022 à 11:31
Par Elodie Descamps le 28 décembre 2021 à 16:44
Si le variant Omicron inquiète partout où il se développe, cette énième mutation du virus pourrait se révéler... bénéfique pour l'épidémie.
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Contagieux, s'il n'y avait qu'un seul mot pour définir le variant Omicron du Covid-19, ce serait bien celui-là. Et pourtant, aussi transmissible soit-il, il pourrait être une "bonne nouvelle" selon certains scientifiques.
Omicron : plus contagieux, moins dangereux
Plus d'un mois après avoir été à l'origine de l'explosion des cas de contamination en Afrique du Sud, le variant Omicron poursuit sa progression en France, comme dans de nombreux pays. Toutefois, s'il est réputé, (à juste titre), comme étant "extrêmement contagieux", ses symptômes, (maux de tête, nez qui coule, sueurs froides), sont d'une moindre gravité en comparaison au variant Delta.
En effet selon une étude anglaise, un malade infecté par Omicron a près de 2 fois moins de risques de développer des formes graves, et ainsi de terminer à l'hôpital. Les autorités sanitaires britanniques affirment même que le risque d'hospitalisation baisserait de 50 à 70% après avoir contracté ce variant.
Vers une possible fin de l'épidémie ?
C'est ce constat observé dans différentes régions du monde, Afrique du Sud et Danemark en tête, qui fait dire au virologue Yves Van Laethem interrogé par le quotidien belge La DH : "Ce variant pourrait être une bonne nouvelle".
Des suppositions partagées par la présidente de l'Association des médecins sud-africains qui avait déjà déclaré quelque temps plus tôt à son sujet : "Si on peut renverser le Deltade la sorte, ce serait un cadeau inespéré dans le sens où un variant moins virulent remplacerait l'autre et permettrait aux non-vaccinés de s'immuniser de manière bénigne". De fait, "unrhume de 37,7°C de fièvre est moins problématique", précise la chercheuse.
>> À lire aussi : Pourquoi l'immunité collective n'est toujours pas atteinte malgré la vaccination ?
Des exemples similaires dans l'histoire ?
Alors existe-t-il des cas similaires de fin d'épidémie dans l'histoire qui permettent aux chercheurs d'affirmer cette hypothèse. "Les virus ne disparaissent pas", avertit Patrick Zylberman, professeur émérite d’histoire de la santé à l’École des hautes études en santé publique au journal Ouest France.
Toutefois, cela ne signifie pas pour autant que les épidémies n'ont pas de fin. C'est même plutôt le contraire, insiste-t-il en s'appuyant sur l'exemple le plus célèbre de l'histoire pandémique mondiale. "Quand cette pandémie [de grippe espagnole] s’est progressivement éteinte, le virus responsable, que l’on a identifié plus tard comme étant un H1N1, est devenu saisonnier. Jusqu’à aujourd’hui, les virus grippaux qui circulent sont des recombinants de ce H1N1 ancestral", indiquait déjà le professeur Patrick Berche au Monde, en juin 2020.
Réagissant, aux nombreuses mutations du virus, et notamment à la dernière au travers du variant Omicron, de nombreux scientifiques n'excluent pas un dénouement similaire pour le Covid-19. Mais si cette hypothèse suscite de l'espoir, à l'heure où on a l'impression que l'on ne sortira jamais de cette épidémie, il est encore trop tôt pour la confirmer aujourd'hui. Il faudra, comme le rappellent nos confrères de France Info voir comment ce virus va évaluer à l'avenir et comment vont cohabiter les différentts variants à venir. Un concept qui est également partagé par des politiques isréaliens, qui ont récemment stopper la campagne de la quatrième dose de vaccin.
Il est clair, malgré cette idée réjouissante, que les choses ne sont pas aussi simples. Il faut différencier l'immunité stérilisante de l'immunité collective.
Pourquoi l'immunité collective ne fera pas disparaître Omicron
Faire tomber à rien la transmission du coronavirus est une gageure. On pourrait pourtant se diriger vers une forme de résistance à la maladie.

CHESNOT VIA GETTY IMAGES
Un centre de vaccination à Saint-Quentin-en-Yvelines, le 22 décembre 2021
CORONAVIRUS - “Une forme d’immunité collective”: sur France Inter lundi 3 janvier, le ministre de la Santé Olivier Véran ressuscitait un terme un peu tombé en désuétude ces derniers mois. À la lumière des chiffres quotidiens records de contaminations, poussés par l’arrivée en France du variant Omicron, la formule refait pourtant surface.
Du côté d’Israël, un pays en pointe dans la lutte contre le Covid-19 et qui fait face au même défi d’une nouvelle vague épidémique, le ministère de la Santé a utilisé les mêmes mots, expliquant que l’immunité collective pourrait arriver, mais que “le coût en sera un très grand nombre d’infections”. Un mal pour un bien, en somme. Mais la réalité est bien plus complexe, et dans le cas français au moins, bien différente: l’immunité collective dans sa définition stricte est une illusion qui n’en finit pas de se dissiper.
Objectif transmission zéro pour le Covid
Mais de quoi s’agit-il, au fait? Derrière ces mots se cache une courte formule mathématique, l’obsession des épidémiologistes: “P>1-1/R0″, la lettre P étant ici le taux de protection immunitaire nécessaire pour bloquer tout démarrage d’épidémie, R0 le taux de reproduction de base du virus. En bon français, cela signifie que l’agent pathogène ne trouve plus assez d’individus à infecter pour que ces derniers contaminent à leur tour une population plus importante, et ainsi de suite.
Prenons l’exemple du variant Delta, dont le R0 est d’environ 6. Une personne infectée en contamine en moyenne, et sans mesures barrières, 6 autres. Estimer le taux de protection immunitaire revient à calculer P = 1-1/6, soit P = 0,83 ou 83%.
Il aurait donc fallu donc que plus de 83% de la population soit totalement immunisée face au variant Delta pour bloquer un démarrage d’épidémie si ce variant venait d’apparaître.
Cela ne signifie pas seulement qu’on ne tombe pas malade du Covid, au sens où l’on n’en présente pas les symptômes. Cela veut dire aussi que l’on n’est pas porteur de cette maladie, y compris sous forme asymptomatique, preuve que le virus ne trouve aucun terrain pour se multiplier. En clair, le virus disparaît. Pour résumer, comme l’explique l’épidémiologiste Antoine Flahault au HuffPost, “l’immunité collective, c’est quand on est protégé par un taux de transmission tombé à zéro”. Bien loin de ce qu’il est aujourd’hui.
Une “forme d’immunité collective” quand même
Qu’a donc voulu dire Olivier Véran en évoquant une “forme d’immunité collective”? Il faut pour le comprendre se tourner vers l’un des membres du Conseil scientifique, le virologue Bruno Lina, qui différencie immunité collective et immunité stérilisante, c’est-à-dire qui empêche totalement d’être porteur du virus. “Avec le coronavirus, l’immunité collective ne peut pas être stérilisante, précise-t-il au HuffPost, parce qu’une personne déjà infectée peut le redevenir”.
Avec cette définition, Bruno Lina estime que l’on peut parler d’immunité collective à partir du moment où une large partie de la population est vaccinée, comme en France. Avec deux conséquences: au niveau individuel, une protection forte contre les formes graves de Covid-19, et au niveau collectif, une circulation du virus à la baisse, car les vaccinés sont moins contagieux que s’ils ne l’étaient pas.
D’ailleurs, si la circulation du virus est fortement ralentie, les conditions d’une immunité collective stérilisante peuvent tout de même être réunies, en ajoutant les personnes guéries du virus, donc également protégées et moins susceptibles d’être infectées. Mais gare à l’excès d’enthousiasme, car c’est là que les calculs désagréables commencent.
“Le problème, c’est la robustesse de l’immunité”
En France, le taux de vaccination pour l’ensemble de la population atteint 77%, et au moins 7% des Français ont été infectés puis guéris du Covid depuis le début de la pandémie. On pourrait donc penser qu’avec une proportion aussi importante de personnes vaccinées ou guéries, l’immunité tant recherchée est à portée de main.
“Le problème, c’est la robustesse de l’immunité”, tempère Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS. Étant donné que le variant Omicron est extrêmement contaminant (le fameux R), il faut une protection quasi totale de la population pour en empêcher la diffusion. “L’immunité collective pourrait nécessiter 90% de la population parfaitement immunisée!” s’exclame ainsi l’épidémiologiste.
Un chiffre tout simplement inaccessible, même si les efforts de protection étaient redoublés, car l’efficacité du vaccin chute dans le temps, tout particulièrement contre la transmission. De même chez les personnes ayant contracté une forme modérée de Covid, l’immunité dite humorale baisse au bout de deux mois environ. Or c’est elle qui empêche l’infection au niveau des muqueuses, donc la transmission du virus. Le vaccin seul, même avec un nouveau rappel, ne crée donc pas les conditions de l’immunité collective.
Et si la contagiosité du virus était elle-même la solution? Les chiffres étourdissants des contaminations de ces dernières semaines (plus de 270.000 nouveaux cas enregistrés le 4 janvier) pourraient donner l’impression que cette vague sera la “bonne”: suffisamment rapide pour infecter, donc protéger, une population suffisante pour empêcher cette transmission avant que l’immunité ne soit en baisse.
Mais les modélisations de Samuel Alizon démontrent qu’il n’en est rien. On ne sait guère combien de Français ont exactement été infectés ces dernières semaines, mais en s’appuyant sur les cas graves, il est clair que “trop peu” de Français sont tombés malades. “Si on avait atteint une immunité collective contre Omicron, on l’aurait encore plus senti passer dans les services hospitaliers”, résume-t-il.
Vivre avec le virus
Alors, la faute à Omicron? Pas sûr. Dès l’été dernier, des épidémiologistes tiraient le rideau sur la possibilité d’une immunité collective face à SARS-CoV-2. À l’époque, le variant Delta, plus contagieux que son prédécesseur, l’avait remplacé. “Est-ce que la vaccination seule permettra de faire régresser et contrôler l’épidémie? C’est non” résumait pour l’AFP le chercheur au CNRS Mircea Sofonea. Une manière, déjà, de sonner le glas de l’immunité collective. Mais aussi d’appeler à l’application d’un maximum de mesures ralentissant la transmission.
“C’est un peu pénible” de ne pas pouvoir se reposer sur la seule vaccination, reconnaît Antoine Flahault, mais l’immunité partielle qu’elle permet joue tout de même un rôle de frein puissant, comme d’ailleurs d’autres facteurs comme l’arrivée de l’été, ou encore le port du masque...FFP2 de préférence. Pour se rendre compte de l’impact de tous ces facteurs, reportons-nous au fameux R0, le taux de reproduction du virus. Celui d’Omicron est en débat, mais Samuel Alizon l’estime supérieur à 8. Sans mesure de protection ou d’impact saisonnier, chaque personne infectée en contaminerait en moyenne huit autres, contre 1,8 aujourd’hui.
Sous la double peine d’un virus très contagieux et d’un vaccin qui freine trop peu le taux de reproduction, le rêve de l’immunité collective stérilisante est donc à enterrer pour bon. Faudra-t-il alors “vivre avec le virus”, en se consolant grâce à la baisse du nombre de cas graves?
En finir malgré tout avec la pandémie
“On va immanquablement vivre avec le virus” prévient Bruno Lina, mais pour lui, c’est une bonne nouvelle. Cela signifie que le SARS-CoV-2 va continuer d’évoluer dans le sens d’une plus grande contagiosité mais d’une moindre virulence, pour devenir un coronavirus commun, à l’image du rhume que nous attrapons sans y penser. Pour lui, cela signifiera que l’on a atteint une forme d’immunité collective, une immunité contre les formes graves de la maladie.
Un point de vue partagé par d’autres spécialistes, mais qui ne fait pas l’unanimité dans le monde dans la santé. Pour Antoine Flahault, l’omniprésence du virus, c’est aussi l’épée de Damoclès d’un nouveau variant plus dangereux. Pour échapper à ce danger, il propose une autre piste. “On a pour l’instant failli à une possibilité qui nous est proposée de lutter contre la transmission avec la ventilation”, s’insurge le chercheur. “Si on rendait l’air intérieur aussi sûr que la rue, on diminuerait de 99% les contaminations, et on ne s’y est pas attelé”. Appliquée avec succès, cette politique permettrait selon lui et de nombreux autres professionnels non pas d’arriver à l’immunité collective... mais d’en finir avec la pandémie.
Voilà donc un point de vue mais il y en a un autre que je continue à écouter malgré tout ce qui se dit sur lui : le professeur Raoult. Il s'est quelque peu avancé, à diverses reprises, on peut même considérer qu'il s'est montré présomptueux. Mais on ne peut pas lui reprocher d'être opiniâtre. Il répète d'ailleurs bien souvent que la science et la connaissance sont des domaines qui évoluent constamment et qu'il est nécessaire de se remettre en question au risque de tomber dans le domaine de la religion. C'est ce qu'il développe ici, entre autres choses.
En tout cas, ce qu'il pense de la vaccination de masse et de ses effets mérite d'être entendu. Je rappelle qu'on n'a pas affaire ici à un journaliste ou à un scientifique sorti de l'oeuf mais à un éminent spécialiste reconnu dans le monde entier (sauf en France)
Un pass-citoyen covid
A l'allure où ça va, je m'imagine bien qu'au cas où mr Macron soit réélu, nous voyons apparaître l'idée d'un "pass citoyen".
Le pass citoyen existe déjà mais ne concerne qu'une partie de la population, des jeunes et uniquement dans certains zones du territoire.
On peut en trouver des exemples de ci de là:
"Pour une heure d’engagement citoyen, le jeune participant obtiendra un point. En cumulant les heures d’engagement, il pourra atteindre son objectif et échanger ses points contre un lot."
Imaginons donc un système quelque peu similaire au regard de la vaccination de masse. Etant donné qu'il continue à y avoir des personnes réfractaires et que Mr macron a dit qu'il les "embêterait" jusqu'au bout, il est clair qu'en cas de réélection, on peut s'attendre à tout.
"Toute personne n'ayant pas un pass vaccinal complet verra réduire selon les cas : allocations chômage, allocations familiales, pension de retraite, prise en charge des frais médicaux."
Pour ceux qui trouveraient cela irréaliste ou exagéré, je les invite à s'informer sur ce qui est en train de se mettre en place au Québec, par exemple, ou dans d'autres pays plus "exotiques". (Indonésie, Tadjikistan, Turkménistan, Vatican (très exotique :), Équateur...)
L'Autriche est devenu le premier pays européen à imposer une obligation vaccinale absolue, à partir de février prochain (après avoir envisagé un confinement des non-vaccinés). Les amendes pourront monter jusqu'à 7200 €.
Le pire n'est jamais certain, il reste toujours de la marge.
"Influence et manipulation" : Robert Cialdini
Une lecture passionnante, très instructive, effrayante également dans la puissance du conditionnement qu'elle analyse.
L'auteur étudie les méthodes de manipulation et de conditionnement.
Tout au long de la lecture, je me suis retrouvé à passer au crible les différentes situations que nous connaissons à travers la crise sanitaire et l'appel forcené à la vaccination. On pourra me dire qu'il y a une énorme différence entre les objectifs mercantiles d'une entreprise et les objectifs sanitaires d'un gouvernement. A première vue, effectivement. Mais si on cherche plus loin que la première vue, qu'en est-il réellement ?
J'ai trouvé une page qui résume quelque peu les grands axes du livre. Ce que Cialdini a appelé "la preuve sociale" est un élément clé.
Chacun se fera son opinion.
Qu’est-ce que la preuve sociale et comment l’utiliser ?
par axessoweb | Juil 15, 2021 |
Lorsqu’un internaute visite le site ou les réseaux sociaux d’une entreprise qu’il ne connaît pas, il aura tendance à être méfiant. Il va alors tenter de se renseigner au maximum sur celle-ci afin de savoir si elle est digne de confiance. Par exemple, si l’entreprise compte de nombreux avis positifs ou des milliers d’abonnés, le consommateur sera plus enclin à passer à l’action. Sa décision d’achat est donc impactée par le comportement des clients déjà existants. Pour cela, il est nécessaire que l’entreprise mette en place un levier non négligeable du marketing : la preuve sociale.
« La preuve sociale est un processus psychologique et social. Utilisé pour influer sur le comportement des consommateurs en communiquant une perception positive d’un produit, d’un service ou d’une entreprise. C’est l’un des plus vieux concepts marketing qui s’appuie sur la satisfaction des précédents acheteurs pour rassurer les consommateurs suivants, en créant une relation de confiance. »
• Comment utiliser la preuve sociale pour son entreprise ?
Au début du cycle d’achat, un consommateur a tendance à enquêter sur le produit qu’il souhaite acquérir. Le service proposé ou la marque dans sa globalité. Il est donc à la recherche de preuve pour accorder sa confiance à l’entreprise. En effet, il est estimé que 87 % des décisions d’achat commencent par des recherches sur internet.
Un individu est naturellement influencé par la décision de ses semblables. C’est le phénomène qui conduit davantage de personnes vers les restaurants déjà pleins que vers ceux qui sont vides. Il est donc plus qu’essentiel pour une entreprise de lui démontrer des preuves sociales. Ainsi, s’il constate que d’autres utilisateurs sont satisfaits des produits ou des services de l’entreprise, il doutera moins de la fiabilité de celle-ci.
À noter que 88 % des internautes font autant confiance aux recommandations des autres utilisateurs que celles d’un proche. Utiliser la preuve sociale permet donc de gagner la confiance des nouveaux visiteurs et d’accroître la crédibilité perçue de l’entreprise. Ce qui va ensuite générer des interactions et des conversions auprès du public. La preuve sociale peut se manifester de diverses façons.
• Les nombres
La force des nombres est une autre manière d’utiliser la preuve sociale. Cela consiste à afficher le nombre d’utilisateurs, d’évaluations, d’abonnés (réseaux sociaux ou newsletters) ou encore de partages d’articles. La mise en avant de ces chiffres prouve aux potentiels acheteurs que le produit ou le service fonctionne et qu’il est apprécié par d’autres personnes. C’est un effet de masse qui a tendance à susciter directement l’attention et déclencher le mécanisme de confiance.
Cette méthode est très répandue dans les entreprises B2B. Mais attention, si les nombres sont trop faibles, il est préférable de ne pas les utiliser, car cela crée une preuve sociale négative et donc l’effet inverse.
• Les réseaux sociaux
Un des premiers réflexes d’un consommateur qui ne connaît pas une entreprise est de vérifier la présence et la popularité de cette dernière sur les réseaux sociaux.
En effet, les acheteurs potentiels jugent la notoriété et la crédibilité d’une entreprise en fonction du nombre d’abonnés, de likes, de commentaires, de partages. C’est un terrain à ne surtout pas négliger, car la recherche d’appartenance à un groupe est très forte sur les réseaux sociaux.
Pour cela, la preuve sociale s’utilise de différentes manières : les avis partagés (en stories ou publications) ou avec le contenu généré par les utilisateurs.
Tout d’abord, un bon moyen d’engager la confiance est de relayer les témoignages clients récoltés, en stories ou en publications. Mais il est aussi possible d’inciter les clients à laisser un témoignage (dans la partie « avis » pour une page Facebook ou en commentaire sous une publication pour Instagram).
Par ailleurs, il est possible de générer du contenu grâce aux clients existants. Il s’agit, ici, de republier un contenu avec une mise en avant du produit de l’entreprise, posté par les utilisateurs.
Sur Instagram, de nombreuses marques ont recours à ce processus. Par exemple, elles choisissent des photos publiées par leur communauté valorisant leurs produits et les postent en mentionnant l’utilisateur. Cela crée naturellement des relations et de la proximité avec l’audience et améliore la fidélité.
• Les parutions médias
La preuve sociale passe également par l’apparition dans les médias. Que ce soit dans la presse papier, digitale ou audiovisuelle. C’est une forte preuve d’autorité, car cela renforce la crédibilité et la légitimité de l’entreprise auprès des nouveaux clients potentiels.
Pour cela, l’entreprise peut ajouter la parution ou le logo du média sur son site web ainsi que la partager sur ses réseaux sociaux.
• L’approbation des influenceurs ou ambassadeurs de marque
Le marketing d’influence stimule la preuve sociale et crée des opportunités à ne surtout pas manquer pour une entreprise.
Lorsqu’un influenceur fait la promotion d’un produit ou d’une marque auprès de sa communauté, les conversions augmentent. En effet, 80 % des consommateurs à l’échelle mondiale, ont déjà effectué un achat suite à la recommandation d’un influenceur via un lien direct.
Selon les moyens de l’entreprise, celle-ci peut faire appel à un influenceur avec une notoriété plus ou moins importante, pour promouvoir ses produits ou ses services. Il peut aussi être pertinent de faire appel à un micro-influenceur, qui sera plus abordable.
• Les noms prestigieux
Afficher la référence de clients prestigieux sur un site web est un gage de crédibilité et de notoriété.
Si de grandes marques font appel à l’entreprise en question, c’est qu’elle fait preuve de professionnalisme et démontre une certaine expertise. Cette preuve sociale vaut principalement pour les entreprises B2B.
• Les témoignages clients
C’est la forme la plus connue de preuve sociale. Elle consiste à récolter les témoignages des clients, soit par un envoi de formulaire de satisfaction ou en leur demandant de laisser un commentaire.
L’entreprise peut exploiter ces témoignages de manière écrite, mais aussi par vidéo. Dans les deux cas, ils peuvent être relatés sous différentes formes : des avis rédigés avec le souci du storytelling, des témoignages plutôt centrés sur les résultats obtenus ou encore des avis d’experts.
De manière générale, les témoignages jouent à la fois sur les émotions et sur le gain de résultats pour convaincre au mieux les clients potentiels.
Ils peuvent être insérés à divers endroits dans le site web d’une entreprise. L’important est qu’ils soient facilement visibles par l’internaute. Pour ce faire, il est recommandé de les ajouter sur la page d’accueil, la page à propos, les pages de vente, les pages de destinations ou encore en dessous d’un CTA.
Par ailleurs, les réseaux sociaux sont également un excellent moyen de relai de témoignages en plus du site web de l’entreprise.
• Les cas clients
Très efficaces, les études de cas permettent aux consommateurs d’avoir un avis concret sur les résultats générés par le produit ou le service d’une entreprise.
En effet, celles-ci reprennent la problématique de départ, les actions mises en place et les résultats atteints.
De manière générale, les consommateurs font plus confiance aux cas clients qu’aux simples témoignages. Et pourtant, c’est une méthode de preuve sociale encore peu utilisée par les entreprises.
Source: Hubspot
"Don't look up"
Est-ce que ce film va changer les choses, est-ce qu'il va permettre aux scientifiques d'être davantage entendus, est-ce qu'il va convaincre les spectateurs qu'ils ont eux-mêmes un rôle à jouer, est-ce que les institutions politiques, économiques, financières vont prendre conscience que leur fonctionnement est mortifère ?
Publié le 08/01/2022 07:00Mis à jour il y a 22 minutes
Temps de lecture : 7 min.

Jennifer Lawrence, Leonardo DiCaprio et Rob Morgan jouent dans "Don't look up", le film d'Adam McKay disponible sur Netflix depuis le 24 décembre 2021. (NIKO TAVERNISE / NETFLIX)
Le long-métrage d'Adam McKay fonctionne-t-il comme une métaphore de l'inaction climatique ? Franceinfo fait le tour de plusieurs aspects avec des chercheurs.
Attention, cet article dévoile des éléments clés sur la fin du film... et la fin du siècle.
Une fiction qui rappelle malheureusement la réalité ? Le film Don't look up : déni cosmique est disponible depuis le 24 décembre sur Netflix. Il raconte la découverte, par deux scientifiques (interprétés par Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence) d'une comète fonçant droit sur notre planète et dont la collision causera l'extinction de la vie. Il décrit ensuite l'inaction des politiques et de la société face à cette alerte. Un constat scientifique étayé, une menace globale, des stratégies de lutte tardant à se mettre en place... Tout ceci n'a pas tardé à faire écho à la crise climatique. Le réalisateur lui-même a relevé ce rapprochement évident : "Souvenez-vous, après avoir regardé Don't look up, que nous avons la science pour résoudre la crise climatique", s'est exclamé Adam McKay sur Twitter (en anglais). Alors, le film fonctionne-t-il comme une métaphore de l'inaction climatique ? Franceinfo fait le tour de plusieurs sujets abordés dans le long-métrage avec des spécialistes.
Sur la comète comme métaphore du changement climatique
Dans le film, la comète découverte représente une menace pour l'humanité. Tout comme le changement climatique qui, d'après le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), cause un "changement dans des extrêmes comme les vagues de chaleur, les fortes précipitations, les sécheresses et les cyclones tropicaux", et ce dans toutes les régions du monde, comme le montre son atlas des conséquences du phénomène. "Cette métaphore nous enseigne que la fin du monde, ce n'est pas à cause de la météorite. On aurait pu s'en débarrasser ! La fin du monde est causée par le dysfonctionnement de nos institutions", note Jean-Paul Vanderlinden, professeur en étude de l'environnement à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Et le rapport du Giec daté du mois d'août l'a bien souligné : l'influence humaine sur le changement climatique, à travers les émissions de gaz à effet de serre, est "sans équivoque". "Là, la métaphore fonctionne presque", ajoute le chercheur.
"Presque", car il ajoute des limites. "Une métaphore qui ne se libère pas du contexte qu'elle traverse perd de sa force, car le propre d'une métaphore est son universalité", note-t-il, citant pour exemple la présidente américaine (interprétée par Meryl Streep) et ses partisans, référence claire au "trumpisme". "Le spectateur va poser son regard sur beaucoup de choses et son jugement sur cette situation inacceptable va être défléchi vers des microsituations", regrette-t-il. Il ajoute qu'une comète qui frappe la Terre et fait disparaître l'humanité constitue une menace différente.
"Pour la première, on efface brutalement, le niveau de souffrance est assez faible. Dans le film, les gens nient puis souffrent quelques jours ou quelques heures. Mais le changement climatique va imposer énormément de douleur pendant longtemps. Des gens vont perdre leurs récoltes, vont devoir se déplacer... C'est une autre forme de risque existentiel."
Jean-Paul Vanderlinden, professeur en étude de l'environnement
à franceinfo
La responsabilité à l'origine du phénomène est également simplifiée : si personne n'est responsable de l'arrivée d'une comète, "le changement climatique, lui, est dû à l'influence humaine, mais avec une responsabilité historique différente selon les pays", note Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Giec.
Sur le traitement médiatique de la crise
Une émission de télévision qui débute par l'actualité people plutôt que par une menace pour l'humanité, un traitement qui se veut "fun et léger", un dénigrement des personnalités scientifiques... Dans le film, les médias évoquent l'alerte, pourtant étayée de preuves, de manière superficielle. "Ça me rappelle il y a plus de dix ans, quand un célèbre journaliste m'a dit que le problème avec le changement climatique, c'était que ce n'était pas assez drôle et divertissant", a noté sur Twitter (en anglais) Naomi Oreskes, historienne des sciences et autrice de Les Marchands de doute. La climatologue Valérie Masson-Delmotte déplore également que "lors de débats à la télévision, on ne recherche pas toujours le temps de l'explication, mais la petite phrase qui fera réagir".
Le traitement médiatique n'est toutefois pas si caricatural, nuance Jean-Baptiste Comby, chercheur en sciences de l'information et de la communication à l'université Paris 2, qui a travaillé sur le traitement médiatique de la question climatique. "La parole scientifique reste, dans une grande majorité des médias, une parole d'autorité, considérée. Les alertes diverses occupent une place non-négligeable", estime-t-il. On est donc loin du "fun et léger". Il précise toutefois que le rapport avec les scientifiques n'est pas le même "entre presse écrite, radio et télévision" et que "les logiques médiatiques mises en scène dans le film correspondent plus à celles des Etats-Unis qu'à celles de la France, qui sont sensiblement différentes".
Sur les réactions de la classe politique
Les références à la réalité sont évidentes. "La relation mère-fils parodie la relation père-fille de Donald Trump", remarque Jean-Paul Vanderlinden. Valérie Masson-Delmotte souligne un autre aspect visible dans Don't look up : la méconnaissance du sujet par les décideurs. "J'ai été frappée de voir le peu de dirigeants qui avaient lu le dernier rapport du Giec", expose-t-elle.
Les "gains politiques" qui peuvent motiver l'action de l'exécutif sont également bien représentés. Alors qu'elle ne souhaite pas régler le problème, la présidente américaine s'y intéresse soudainement quand cela présente un intérêt pour sa cote de popularité. Hors fiction aussi, "l'action dépend souvent des opportunités du calendrier politique et sert quand il faut gagner des points", estime Lola Vallejo, directrice du programme climat de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). "La lutte contre le changement climatique suit des mouvements de va-et-vient : la France a été mise en avant sur la scène internationale quand Donald Trump était en retrait. Et là, pendant cette campagne présidentielle, le sujet est très peu abordé." Reste que le film parle essentiellement de la classe politique américaine.
"Il n'y a pas une seule scène sur des négociations internationales. L'ONU est transparente, le continent européen invisible. On ne voit aucun pays en développement."
Lola Vallejo, directrice du programme climat à l'Iddri
à franceinfo
Dans Don't Look up, il n'est pas non plus fait mention des chambres du Parlement, d'une opposition ou des milieux militants... "Tout ce qui permet d'agir dans la réalité est absent", regrette Valérie Masson-Delmotte. "Ça donne très peu à voir la vie démocratique. Comment une stratégie d'action est-elle débattue ? Discuter ensemble est pourtant central sur le climat..."
Sur la technologie proposée comme solution
Dans le film, la stratégie mise en place pour dévier la trajectoire de la comète est réduite à néant par la cupidité d'un milliardaire (Mark Rylance). Il conçoit un deuxième plan, sur la base d'une technologie non démontrée, mais dont il tirerait les bénéfices. "Cela entraîne des tergiversations et un échec. C'est une parabole d'un des discours de l'inaction aujourd'hui : l'optimisme technologique", décrit Valérie Masson-Delmotte.
Géo-ingénierie, avions "verts", capture de carbone... Autant de technologies parfois présentées comme des solutions miracles, tout comme les robots de la multinationale Bash dans le film. Le long-métrage "vise juste" avec ce personnage technophile qui a l'oreille des élites politiques, estime Lola Vallejo. "On est confrontés tous les jours à ce discours sur les opportunités, sur ces sources pour de la croissance économique avant même de parler des risques", ajoute la spécialiste des négociations climatiques. Elle cite l'exemple de Bill Gates, qui "prône des solutions liées aux technologies alors qu'on devrait plutôt questionner notre modèle de production, de consommation".
Sur le vécu des scientifiques
Depuis sa diffusion, plusieurs climatologues ont applaudi le film. "En tant que climatologue faisant tout ce que je peux pour éveiller les consciences et éviter la destruction de la planète, c'est le film le plus juste que j'ai vu sur l'absence de réponse de la société devant la dégradation du climat", a commenté auprès du Guardian (en anglais) le climatologue américain Peter Kalmus. "Ce film est incontestablement une métaphore puissante de la crise climatique en cours", a commenté auprès du Monde un autre scientifique d'outre-Atlantique, Michael E. Mann.
Tout comme les héros du film, "nous n'étions pas écoutés au début", abonde le climatologue Jean Jouzel. "En France, nous avons beaucoup souffert du climato-scepticisme d'une partie de la communauté scientifique elle-même, comme Claude Allègre, qui a tout fait pour nier la réalité du réchauffement climatique et la responsabilité humaine dans ce phénomène", expose-t-il auprès du HuffPost. Pour Valérie Masson-Delmotte, Don't look up a fait écho à sa propre expérience : "J'ai ressenti quelques-unes des difficultés que vivent les scientifiques du film. S'exprimer dans la communauté scientifique ne prépare pas à s'exprimer de manière claire dans les médias ou devant des cercles de pouvoir", rapporte-t-elle. Un témoignage qui rappelle les leçons de communication (le media training) évoquées dans Don't Look up.
"Echapper à l'ère des pandémies"
J'ai déjà parlé ici des zoonoses et notamment de la plastisphère.
Zoonoses et dérèglement climatique
Les éléments favorables à l'émergence de nouvelles pandémies sont les conséquences de l'action de l'humanité sur la nature.
Les vaccinations de masse n'y changeront rien. Elles ne seront jamais rien d'autre que des pansements sur des plaies que nous créons nous-mêmes. Les sommes colossales qui sont dépensées pour l'application de ces "pansements" devraient être utilisées à éviter l'apparition et le développement des plaies. Nous n'en prenons toujours pas le chemin et c'est ce qui est le plus effroyable dans le constat de ces deux dernières années. La tâche des gouvernements devrait être d'éviter l'émergence des situations d'urgence au lieu de s'agiter pour tenter de les résoudre une fois qu'elles sont en place.
29 OCT 2020 COMMUNIQUÉ DE PRESSE NATURE ACTION
Échapper à l’« ère des pandémies » : Les experts mettent en garde contre de pires crises à venir
Bonn, le 29 octobre 2020 -
Des pandémies futures vont apparaître plus souvent, se propageront plus rapidement, causeront plus de dommages à l'économie mondiale et tueront plus de personnes que la COVID-19, à moins que l'approche globale de la lutte contre les maladies infectieuses ne soit modifiée, avertit un nouveau rapport clé sur la biodiversité et les pandémies (en anglais) rédigé par 22 experts de premier plan du monde entier.
Au terme d’un atelier virtuel organisé par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques ((IPBES) de son acronyme anglais) sur les liens entre la dégradation de la nature et l'augmentation des risques de pandémie, les experts conviennent qu'il est possible d'échapper à l'ère des pandémies, mais que cela nécessite un profond changement d'approche pour passer de la réaction à la prévention.
La pandémie de COVID-19 est au moins la sixième pandémie mondiale depuis la pandémie grippale de 1918, et bien qu'elle trouve son origine dans des microbes portés par des animaux, comme toutes les pandémies, son émergence a été entièrement déterminée par les activités humaines, indique le rapport publié ce jeudi.
On estime à 1,7 million le nombre de virus « non découverts » actuellement présents dans les mammifères et les oiseaux, dont 850 000 pourraient avoir la capacité d'infecter les êtres humains. « Il n'y a pas de grand mystère sur la cause de la pandémie de COVID-19, ou de toute autre pandémie moderne », a déclaré le Dr. Peter Daszak, président de EcoHealth Alliance et de l'atelier d’IPBES. « Ce sont les mêmes activités humaines qui sont à l'origine du changement climatique, de la perte de biodiversité et, de par leurs impacts sur notre environnement, du risque de pandémie. Les changements dans la manière dont nous utilisons les terres, l'expansion et l'intensification de l'agriculture, ainsi que le commerce, la production et la consommation non durables perturbent la nature et augmentent les contacts entre la faune sauvage, le bétail, les agents pathogènes et les êtres humains.
C'est un chemin qui conduit droit aux pandémies. » Le risque de pandémie peut être considérablement réduit en diminuant les activités humaines entraînant la perte de biodiversité, par une plus grande conservation des zones protégées et par des mesures réduisant l'exploitation non durable dans les régions riches en biodiversité. Cela permettra de réduire les contacts entre les animaux sauvages, le bétail et les êtres humains, et aidera à prévenir la propagation de nouvelles maladies, indique le rapport.
« Les preuves scientifiques conduisent à une conclusion encourageante », a déclaré le Dr. Daszak. « Nous avons la capacité croissante de prévenir les pandémies, mais la manière dont nous les abordons actuellement ignore largement cette capacité. Notre approche actuelle des pandémies stagne et consiste encore à essayer de contenir et de contrôler les maladies après qu’elles sont apparues, par le biais de vaccins et de thérapies. Pour nous échapper de l'ère des pandémies, nous devons, en plus de la réaction, nous concentrer sur la prévention. »
« Le fait que l'activité humaine ait pu modifier aussi fondamentalement notre environnement naturel ne doit pas nécessairement être vu comme négatif, mais prouve, au contraire, notre capacité à opérer les changements nécessaires pour réduire le risque de futures pandémies, tout en protégeant la nature et en réduisant les changements climatiques. » Selon le rapport, réagir aux maladies exclusivement après leur apparition, par des mesures de santé publique et des solutions technologiques, et en particulier par la conception et la distribution rapides de nouveaux vaccins et de nouvelles thérapies, constitue « un chemin lent et incertain », jalonné de souffrances humaines et coûtant des dizaines de milliards de dollars chaque année.
Le coût de la COVID-19 au niveau mondial a été estimé entre 8,000 et 16,000 milliards de dollars jusqu’à juillet 2020 seulement, et les coûts aux États-Unis seulement pourraient atteindre 16,000 milliards de dollars d'ici le quatrième trimestre de 2021. Les experts estiment que le coût de la prévention et de la réduction des risques de pandémies est 100 fois moins élevé que le coût de la réponse à de telles pandémies, ce qui « fournit des arguments économiques forts en faveur d’un changement transformateur ».
Le rapport propose également un certain nombre d'options politiques qui permettraient de faire face et de réduire le risque de pandémie. En voici quelques-unes :
Un Conseil intergouvernemental de haut niveau sur la prévention des pandémies pourrait être créé afin de fournir aux décideurs les meilleures données scientifiques sur les maladies émergentes ; de prévoir les zones à haut risque ; et d’évaluer l'impact économique des pandémies potentielles et de mettre en évidence les lacunes en matière de recherche. Un tel conseil pourrait également coordonner la conception d'un cadre mondial de suivi.
Les pays pourraient se fixer des objectifs dans le cadre d'un accord ou d'une entente internationale, avec des avantages évidents pour les êtres humains, les animaux et l'environnement.
L'approche « Un monde, une santé » pourrait être institutionalisée par les Gouvernements nationaux afin de renforcer la préparation aux pandémies, d'améliorer les programmes de prévention des pandémies et d'enquêter sur les épidémies et de les contrôler dans tous les secteurs.
Des évaluations de l'impact sur la santé des risques de pandémies et de maladies émergentes pourraient être développées et intégrées dans les grands projets de développement et d'aménagement du territoire, tout en réformant l'aide financière à l'aménagement du territoire afin que les avantages et les risques pour la biodiversité et la santé soient reconnus et explicitement ciblés.
Le coût économique des pandémies devrait être pris en compte dans la consommation, la production et les politiques et budgets gouvernementaux.
Une réduction des formes de consommation, d'expansion agricole mondialisée et de commerce qui ont conduit à des pandémies devrait être rendue possible, par exemple au travers de taxes ou d’impôts sur la consommation de viande, la production de bétail et d'autres d'activités à haut risque de pandémie.
Les risques de zoonoses dans le commerce international d’animaux sauvages pourraient être réduits grâce à un nouveau partenariat intergouvernemental « santé et commerce » ; les espèces à haut risque de maladie devraient être retirées partiellement ou totalement du commerce des espèces sauvages ; l'application de la loi dans tous les aspects du commerce illégal d’animaux sauvages devrait être renforcée et l'éducation des communautés sur les risques sanitaires du commerce d’animaux sauvages devrait être améliorée, particulièrement dans les zones à haut risque de propagation de maladies.
L'engagement et les connaissances des populations autochtones et des communautés locales dans les programmes de prévention des pandémies devraient être valorisés afin d’atteindre une plus grande sécurité alimentaire et de réduire la consommation d'animaux sauvages.
D’importantes lacunes dans les connaissances seraient à combler au sujet des principaux comportements à risque, de l'importance relative dans le risque de maladie du commerce illégal, non réglementé et légal d’animaux sauvages, et de la relation entre la dégradation et la restauration des écosystèmes, la structure des paysages et le risque d'émergence de maladies.
La secrétaire exécutive de l’IPBES, Dr. Anne Larigauderie, s'exprimant sur ce rapport d’atelier a déclaré : « La pandémie de COVID-19 a mis en évidence l'importance de la science et de l'expertise pour éclairer les politiques et les décisions. Bien que cela ne soit pas un rapport intergouvernemental d'évaluation comme les rapports habituels de l’IPBES, il s'agit d'une publication d'experts remarquable, revue par les pairs, produite dans des délais très courts, basée sur les preuves les plus récentes, et présentant les perspectives de certains des plus grands scientifiques au niveau mondial.
Nous félicitons le Dr. Daszak et les autres auteurs de ce rapport d'atelier et les remercions pour cette contribution essentielle pour mieux comprendre l'émergence des pandémies et les options à notre disposition pour contrôler et prévenir des flambées futures. Ce rapport d’atelier éclairera également certaines des évaluations de l’IPBES déjà en cours, en plus d'offrir dès maintenant aux décideurs de nouvelles perspectives sur la réduction des risques de pandémie et les options de prévention ».
NOTES AUX RÉDACTEURS
Le rapport de l'atelier IPBES constitue une des évaluation les plus solides sur le plan scientifique des preuves et des connaissances concernant les liens entre le risque de pandémie et la nature depuis le début de la pandémie de COVID, grâce à des contributions d'experts de premier plan dans des domaines aussi divers que l'épidémiologie, la zoologie, la santé publique, l'écologie des maladies, la pathologie comparative, la médecine vétérinaire, la pharmacologie, la santé de la faune sauvage, la modélisation mathématique, l'économie, le droit et les politiques publiques.
À propos de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES)
Souvent décrite comme le « GIEC pour la biodiversité », l'IPBES est un organisme intergouvernemental indépendant qui compte plus de 130 gouvernements membres. Créé par les Gouvernements en 2012, l’IPBES fournit aux décideurs politiques des évaluations scientifiques objectives sur l'état des connaissances concernant la biodiversité de la planète, les écosystèmes et les contributions qu'ils apportent aux populations, ainsi que les outils et méthodes pour protéger et utiliser durablement ces actifs naturels vitaux. Pour plus d'informations sur l'IPBES et ses évaluations, consultez le site www.ipbes.net
À propos du Programme des Nations unies pour l'environnement
Le PNUE est le principal porte-parole mondial en matière d'environnement. Il joue un rôle de chef de file et encourage le partenariat dans la protection de l'environnement en inspirant, en informant et en permettant aux nations et aux peuples d'améliorer leur qualité de vie sans compromettre celle des générations futures.
Pour plus d'informations, veuillez contacter
Keisha Rukikaire, responsable de l'information et des médias, Programme des Nations unies pour l'environnement
Alice Desbiolles : épidémiologiste
Un mois que je n'ai rien écrit ici. Voilà donc le premier article de l'année 2022. Encore et toujours la pandémie et ses effets.
Oui, je sais, j'ai dit que je ne m'occupais plus de cette situation pandémique, que je n'en parlerai plus, que je ne me perdrai plus dans les méandres de ce capharnaüm.
Oui, mais voilà, le Président de la République a clairement annoncé qu'il m'emmerde, moi et tous les autres non-vaccinés et qu'il considère même que je ne mérite plus, de part mon irresponsabilité, d'être considéré comme un citoyen. C'est sidérant, absolument effarant. C'est le "casse-toi pauvre con de non-vacciné" de l'ère Macron. Les présidents se suivent et se ressemblent. On dit qu'un peuple a le président qu'il mérite. Il faudrait vraiment qu'on y réfléchisse.
Bon, en tout cas, au vu de ses propos et de ma déchéance de nationalité, je considère que je n'ai plus aucun devoir envers lui puisque j'ai été déchu de ma citoyenneté et de mon devoir de réserve.
Je vous laisse donc imaginer ce que je lui réponds.
Il serait intéressant d'ailleurs qu'un juriste lui fasse lire le code pénal :
"
Article 222-33-2-2
Version en vigueur du 06 août 2014 au 06 août 2018
Création LOI n°2014-873 du 4 août 2014 - art. 41
Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n'ont entraîné aucune incapacité de travail.
Les faits mentionnés au premier alinéa sont punis de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende :
1° Lorsqu'ils ont causé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ;
2° Lorsqu'ils ont été commis sur un mineur de quinze ans ;
3° Lorsqu'ils ont été commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de leur auteur ;
4° Lorsqu'ils ont été commis par l'utilisation d'un service de communication au public en ligne.
Les faits mentionnés au premier alinéa sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende lorsqu'ils sont commis dans deux des circonstances mentionnées aux 1° à 4°."
Maintenant, il n'en reste pas moins que je continue à écouter des gens qui, eux, ont la capacité à prendre de la hauteur et à analyser la situation avec raison et lucidité.
J'aime beaucoup ce que dit la doctoresse Alice Desbiolles.
Mise en quarantaine
"Mise en quarantaine". L'expression est à la mode. Je m'éloigne quelques temps. Volontairement. Un temps indéterminé.
J'ai besoin de couper avec ce monde humain. De ne plus m'occuper de rien, de ne plus commenter, de ne plus suivre les faits et gestes de cette communauté humaine. Elle occupe trop de place en moi et je sais que de commenter son agitation ne sert finalement à rien.
Il m'importe en ce moment de retourner vers des contrées intérieures.
Il y a quelques années, j'ai écrit un roman très important pour moi, "Les Éveillés".
Il n'est pas publié pour la simple raison que je n'ai jamais décidé de sa publication et que je ne l'ai donc pas présenté aux éditeurs. Mais il y a deux nuits, j'ai rêvé de ces Éveillés...Un rêve extrêmement clair, aucunement chaotique comme le sont souvent les rêves. Il y avait un appel. Un appel à l'introspection. Je me suis réveillé avec le mot "intuition" à l'esprit. Et je n'ai plus beaucoup dormi ensuite.
Je suis allé relire ce que j'avais écrit ici sur l'intuition. Je sais combien ce "phénomène" a une importance considérable dans ma vie. Certaines décisions qui n'avaient, a priori, aucun sens et qui se sont imposées.
« Il y a pour les Éveillés un monde unique et commun mais chacun des endormis se détourne dans un monde particulier. » Héraclite.
Les Éveillés, ce sont ceux qui ont assimilé à la fois l’ordre de la pensée et l’ordre de la Nature.
L’intuition est une pensée directe sans le passage par le raisonnement. Ne serait-ce pas la plus grande sagesse que d’y parvenir en toutes circonstances ? De parvenir à rester ancré dans la compréhension du réel en joignant la raison à cette perception directe, spontanée, immédiate, fulgurante…
L’intuition est la captation directe du réel par la conscience alors que la raison explore longuement ce réel jusqu’à commettre l'effroyable erreur d'en faire « sa » réalité…
Mais il est délicat de s’en tenir à cette intuition dès lors que s’y adjoint ainsi une raison non domptée, un catalogue de conditionnements jamais analysés. Car cette intuition peut n’être dès lors qu’une extension de cette raison falsifiée, une sorte d’enluminures, une hallucination. Cette raison est même capable d'anéantir l'intuition, de la brider, de la falsifier, de culpabiliser l'individu, de se moquer de lui, de le torturer jusqu'à ce qu'il abandonne, épuisé et honteux, toute tentative de captation, plus aucune fulgurance, plus aucun ressenti qui ne soit raisonné, plus aucune flamboyance, plus jamais ce rayonnement foudroyant... Etre raisonnable jusqu'à tuer en soi toute vie...
Je le refuse. Je veux comprendre, je veux aimer l'intégralité de ce qui m'est proposé.
C'est la Vie que j'aime.
Il me semble indispensable pour atteindre une quelconque sagesse d’établir au préalable un état de conscience absolument libre. Non pas qu’il soit possible de se défaire intégralement des données éducatives, des concepts issus de la société, de la morale, de l’autre…Mais il est possible d’en établir la liste, d’en identifier chaque paramètre, comme un archéologue.
Je ne crois pas que l’intuition puisse être libre si la raison ne l’est pas.
Connaître les errances intérieures permet d’œuvrer à la lucidité. C’est là que l’intuition peut naître.
Je ne crois pas à un état de béatitude absolu, pas à mon niveau, je n’en ai pas les capacités. Mais je peux me lancer sur la route. Raisonnablement et intuitivement, les deux entités associées dans un cheminement commun, une osmose constante.
Qu’en est-il donc de cette intuition ?
Elle contient à mon sens la nature de la Nature.
« Quelle est la nature de ce problème ? »
L’expression s’intéresse non pas au problème lui-même mais à sa source.
Je voudrais comprendre la nature de la Nature…
Quelle est sa source ?
A-t-elle une intention ?
La question de l’intelligence de la Nature ne se pose plus pour moi. C’est une évidence. Mais je n’en ai aucune preuve. Je n’ai pas un niveau de connaissances suffisant. C’est juste une intuition…Justement.
Est-ce que la Nature elle-même éveille cette intuition en moi ou est-ce juste une imagination débridée, un désir qui prendrait forme, qui se persuaderait lui-même d’avoir raison. La raison… Dans ce simple exemple, on voit bien à quel point, il est déraisonnable de se croire maître de la raison.
Les hommes peuvent toujours trouver de multiples raisons aux errements de notre raison. La science, par exemple, s'évertue encore, dans ses retranchements les plus conservateurs, de nier l'impensable.
Mais je suis une énigme pour la science. Trois hernies discales en trente ans, jambe gauche paralysée à chaque crise. Inopérable. Un cauchemar, un calvaire dans l'antichambre de la mort. Et puis la rencontre avec une médium magnétiseuse. Quatre heures entre ses mains, entre ses mots. Je suis sorti en marchant, j’aurais pu rentrer chez moi à pied.
LES ÉVEILLÉS : Au-delà du réel
Je portais l’âme de mon frère et mon dos n’en pouvait plus. Mon âme mortifiée coulait son mal-être dans ma colonne, la pièce qui tient debout…Dans quelle dimension étais-je parti ? Qui est intervenu ? Qui a libéré en moi l’âme de mon frère ? Comment cette entité a-t-elle fait entrer la délivrance dans mes disques vertébraux ? Médicalement parlant, c’est impossible…
La Nature a une intention, une capacité d’intervention. Comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs ? De quel droit pourrions-nous considérer que l’entité créatrice n’a pas de pouvoir d’intervention ?
La source de Tout n’aurait aucun pouvoir sur elle-même ?
C’est absurde.
Je ne crois pas que nous soyons lancés dans la vie sans intention. Il y a quelque chose à comprendre. La nature de la Nature. Quel est son projet ?
La Vie, dans cette expérience, a ouvert une brèche en moi. Une déchirure dans le voile qui couvrait ma conscience. Pourquoi ?
J’ai l’intuition qu’il s’agissait de m’apprendre à user de ma raison, à en user pleinement, non pas dans les schémas archaïques des transmissions mais dans un cheminement individuel, épuré.
Il est temps que je retourne sur ce chemin et l'agitation de la communauté humaine est un obstacle.
Depuis deux ans, une très grande partie du monde humain est accaparée par la pandémie et ses conséquences. Et moi aussi.
Crise sanitaire, crise économique, crise sociale, crise climatique, crise écologique. Les archives des sites d'informations et des réseaux sociaux tournent autour de ça. C'était inévitable.
Mais qu'ai-je appris de moi, profondément, réellement, dans la captation que j'ai laissée s'installer, dans le commentaire constant de l'état du monde ? Rien de fondamental sinon le fait que tout cela génère une absorption de soi. Une forme d'effacement, un éloignement, un arrachement, une couverture. On dit d'ailleurs parfois dans le milieu policier que tel individu a une activité sous un faux rôle, une "couverture".
"Dans les domaines de la police et du renseignement, une couverture est une activité destinée à masquer les fonctions réelles d'un officier traitant."
Notre façon de vivre, connectée au monde humain, à son agitation, n'est-elle pas une sorte de couverture au regard de ce que nous sommes réellement ? Ne menons-nous pas un double jeu ? Un double jeu qui nous priverait de l'exploration profonde de l'être réel, comme si cette fameuse "couverture" avait fini par endosser le rôle principal. Et si c'est bien le cas, ne s'agit-il pas d'une trahison personnelle ?
J’ai rêvé des Éveillés. J'ai l'intuition que je dois comprendre le sens de cette visite.
Je me retire.
Prenez soin de la Vie en vous.
Nature sauvage

" Un jour viendra où l'on jugera notre société non à la manière dont elle a dominé la nature, mais à la part de sauvage qu'elle aura été capable de sauvegarder ".
Robert Hainard.



















