Articles de la-haut
LE DÉSERT DES BARBARES (5)
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Tristan avait pris son poste de veille à 22 heures. Dans le dernier virage avant l’arrivée sur le plateau. David occupait le deuxième poste cent mètres plus haut. Fusil, cartouches, poignard, cocktail-molotov, radio, thermos, lampe frontale, un duvet.
L’attente.
Peut-être rien. Peut-être le pire. La conscience aiguë de la survie du groupe.
Tristan avait vérifié le fonctionnement de sa radio en appelant David puis il avait installé ses affaires. Tout à portée de main. Il avait laissé le duvet dans son sac. La nuit était douce, ciel étoilé. L’idée de garder une radio dans le hameau pour prévenir d’une attaque avait été abandonnée. Si une attaque avait lieu, les coups de feu suffiraient à réveiller le groupe. Il était préférable que les guetteurs puissent communiquer entre eux. La maison de Sophie et Tristan avait été choisie pour accueillir l’ensemble de la communauté pendant les nuits. Il était essentiel que le groupe soit réactif. Pas de dispersion dans les diverses habitations. Les décisions devaient être immédiates, sans problème de communication. Il avait fallu aménager les pièces, enlever des meubles pour installer des couchages. Quatre couples à loger Martha avait demandé à rester avec Tian et Louna.
Poste de guet en pierres sèches, au sommet de la pente qui dominait la piste, cinq mètres en contrebas. Pendant la construction, ils s’étaient tous appliqués à penser au confort. Si tant est qu’on pouvait parler ainsi. Des pierres plates en assise et pour le dos, le corps tourné vers la piste. Un châssis en bois supportant deux tôles. Les pluies étaient rares mais souvent intenses. Il s’agissait de tenir quatre heures, aux aguets. Des assaillants viendraient sans doute avec des véhicules, comme chez les Teillard mais ils pouvaient aussi les laisser plus bas et finir à pied. Il fallait rester vigilant, guetter le moindre bruit de pas sur les pierres de la piste, une lampe frontale, des voix.
Une chouette au loin, pas de vent. La lune en phase ascendante, juste un croissant. Clarté limpide.
Tristan se doutait bien qu’ils auraient tous à vivre des nuits bien plus rudes.
Il se leva pour uriner, s’écarta de quelques mètres puis il décida de pousser jusqu’au point de vue, un promontoire qui dominait l’étendue forestière. Si la piste n’avait pas filé en ligne droite pendant un kilomètre pour bifurquer bien plus bas, il aurait pu voir les phares d’éventuels véhicules. Mais sous lui, s’étendait uniquement un espace sauvage, parcouru par les sentes animales. Avant que le monde ne s’éteigne, on pouvait voir les lumières des villes en fond de vallée. Maintenant, la nuit n’avait plus aucune blessure. Pas un seul point lumineux sur tout l’horizon. À vol d’oiseau, Alès devait être à vingt kilomètres. Tristan imagina la ville dans l’obscurité. Comment les habitants se débrouillaient-ils sans courant ? Plus d’eau potable dans les robinets, plus de nourriture dans les magasins, plus de soins dans les hôpitaux. Les forces de l’ordre étaient-elles encore en état d’intervenir ou la loi du plus fort était-elle devenue la norme ? L’entraide, la solidarité, le partage, l’attention aux autres. Que restait-il de ce qui avait permis à l’espèce humaine de se développer alors qu’elle avait représenté pendant des millénaires une proie de choix ? Il se souvenait d’un livre de Kropotkine sur cette entraide. Loin des théories de Darwin et du combat pour la vie, de la sélection naturelle à l’avantage du plus fort, Kropotkine considérait que l’entraide avait eu un rôle considérable dans le maintien et le développement des communautés, qu’elles soient animales ou humaines. Le chaos permettrait-il aux humains de redécouvrir ce que la vie moderne avait effacé ? Non pas juste, le coup de main aux membres de la famille ou aux amis proches, mais un mouvement de masse, un comportement universel. Les villes regorgeaient-elles désormais d’individualistes acharnés ou baignaient-elles dans un amour inconditionnel de l’autre ? Ou était-ce le mélange des deux ? Et qui avaient le plus de chances de l’emporter ?
Lui vint alors l’image de Jean et Delphine. Et la tristesse de Martha.
Il retourna à son poste de guet.
Kropotkine : l'entraide, facteur d'évolution
14 MARS 2018
par Emmanuel Daniel / Reporterre
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Article paru le 17 février 2018 sur Reporterre
Et si l’homme n’était pas un loup pour l’homme ? Et si la loi du plus fort n’était pas la loi de l’évolution ? Et si l’entraide en était le vrai moteur ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles répond « L’Entraide », le livre majeur du penseur anarchiste russe Pierre Kropotkine.
L’entraide, facteur d’évolution. Avec un titre pareil, on pourrait s’attendre à un bouquin ennuyeux comme la pluie, réservé aux personnes qui connaissent par cœur le nom des plantes et des animaux en latin. Pourtant, ce livre de Pierre Kropotkine, prince russe, géographe et théoricien de l’anarchisme, est un livre accessible, stimulant et combatif.
Paru en 1902, il vient tordre le cou à la pensée, majoritaire à son époque (et toujours aujourd’hui), selon laquelle le règne animal est une arène où il faut vaincre ou mourir, une jungle où la seule règle qui compte est la loi du plus fort. Kropotkine ne nie pas l’existence de la compétition, notamment entre les espèces, mais contrairement aux darwinistes, il lui dénie son caractère systématique et son rôle central dans l’évolution.
Et il multiplie les exemples pour étayer sa position : des fourmis qui partagent la nourriture à demi digérée à tout membre qui en fait la demande ; des chevaux qui, pendant le blizzard, se collent les uns aux autres pour se protéger du froid ; des pélicans qui, chaque jour, parcourent 45 km pour aller nourrir un des leurs aveugle ; des abeilles qui, grâce au travail en commun, « multiplient leurs forces individuelles [et…] parviennent à un niveau de bien-être et de sécurité qu’aucun animal isolé ne peut atteindre ». Partout ou presque où Kropotkine a pu jeter son regard, il y a trouvé de la coopération. Même des animaux aussi belliqueux que les rats s’entraident pour piller nos garde-manger et nourrissent leurs malades, écrit-il.
S’appuyant sur ses observations et lectures scientifiques, Kropotkine affirme que l’entraide assure aux animaux une meilleure protection contre les ennemis, une meilleure efficacité dans la recherche de nourriture et une plus grande longévité. Attribuer le progrès à la lutte du chacun contre tous, analyse-t-il, est une grossière erreur. La coopération a fait bien plus pour le développement de l’intelligence que les combats, qui laissaient les espèces affaiblies et ne leur laissaient que peu de chance de survie et encore moins d’évolution positive.
Une contre-histoire de l’humanité
Partant du constat (erroné) que la compétition est dominante dans le règne animal, la plupart des intellectuels de cette époque ont décidé d’en faire une loi naturelle chez les humains, justifiant ainsi les inégalités et la pauvreté. Refusant cette fable, qu’on appelle « darwinisme social », Kropotkine nous livre une contre-histoire de l’humanité. Pas celle des grands hommes et de leurs luttes pour le pouvoir et le prestige, mais celle des masses de paysans, de nomades et de prolétaires qui luttent ensemble pour faire face aux différents défis posés par l’existence. Dans ce livre, il nous raconte l’histoire de ceux dont se fiche l’Histoire. Et ça fait un bien fou.

Pierre Kropotkine (1842-1921)
Qu’il parle du « communisme primitif » des tribus préhistoriques, des communes villageoises, des cités médiévales et de leurs puissantes guildes ou des associations de travailleurs, il décrit avec simplicité des pratiques d’entraide aussi répandues chez nos aïeux que méconnues aujourd’hui. Le travail collectif, la propriété commune des terres et le fait que rien ne pouvait se décider sans l’accord de l’assemblée étaient des caractéristiques partagées par la plupart des sociétés qu’il évoque. On découvre les trésors d’ingéniosités inventés depuis des millénaires pour lutter contre les inégalités et faire que les conflits ne dégénèrent pas en règlements de comptes violents, voire en guerre. Greniers communs, ventes groupées, caisses d’entraide pour la maladie ou les grèves, jurys populaires et droit coutumier… On y apprend comment, avant la Sécurité sociale, le Code civil et les supermarchés, les humains s’organisaient pour faire face à la nature hostile mais aussi pour « se protéger des habiles et des forts ».
Et l’entraide dont parle Kropotkine ne se limite pas à quelques individus isolés mais à des groupements de familles, de villages, de tribus rassemblées en confédération de parfois plusieurs dizaines de milliers de membres. L’humanité qu’il décrit a confiance en sa capacité d’autodétermination. Ou plutôt avait confiance. Car, si les communautés humaines se sont longtemps méfiées des petits chefs, Kropotkine estime que le travail de sape de l’Église et de certains intellectuels ont eu petit à petit raison de notre goût pour l’insoumission et l’autogestion. « Bientôt aucune autorité ne fut trouvée excessive […]. Pour avoir eu trop de confiance dans le gouvernement, les citoyens ont cessé d’avoir confiance en eux. »
La colonisation de nos imaginaires
Ce livre est plein de surprises et d’apprentissages, abondamment sourcé, et plaisant à lire. Un siècle après sa sortie, il garde toute sa pertinence, d’un point de vue scientifique mais aussi politique (comme l’explique le très bon livre de Renaud Garcia sur le sujet). Dans la préface, Pablo Servigne (coauteur d’un ouvrage qui prolonge le travail commencé par L’Entraide), fait remarquer que les travaux de Kropotkine ont été jusqu’à récemment ignorés par les scientifiques et commencent seulement à être pris au sérieux. Pas trop tôt ! Car ce vieux bouquin nous est utile pour tenter de résoudre un des paradoxes de notre époque : le capitalisme réussit l’exploit de nous apparaître à la fois détestable et nuisible, mais… indépassable. Nos imaginaires sont tellement colonisés que l’on peine à imaginer un monde sans État, sans flic, sans actionnaire, sans salariat et sans banque.
Le savant russe nous rappelle que nous n’avons pas toujours été les êtres de calcul, cupides et soumis que nous sommes aujourd’hui. Sans nier que l’histoire humaine est aussi faite de violences et de dominations, il nous donne à voir une humanité partageuse, inventive et rebelle. Il prouve ainsi que le capitalisme et l’État ne sont ni naturels ni éternels et que d’autres formes d’organisation, basées sur l’entraide et l’autogestion, sont possibles. À nous maintenant de les faire (re)vivre.
Pour aller + loin
L’Entraide, de Pierre Kropotkine, éditions Aden, 2009.
Pierre Kropotkine ou l’économie par l’entraide, de Renaud Garcia, éditions Le Passager clandestin, 2014.
L'Entraide, l'autre loi de la jungle, de Gauthier Chapelle et Pablo Servigne, éditions Les Liens qui Libèrent, 2017.
Alerte sécheresse
Personnellement, le fond de l'article ne me surprend aucunement et on en est qu'au début. Les pays industrialisés valorisent le pétrole à des prix toujours plus hauts mais il viendra un jour où l'eau sera tout aussi recherchée. Il y a une phrase qu'il est important de lire et à laquelle il faut fortement réfléchir :
"Elle rappelle que la France ne dispose pas d’une agriculture capable de nourrir sa population",...
C'est complètement dingue ce constat. Nous disposons d'un climat tempéré, d'un sol riche sur le plan végétal, d'une diversité extraordinaire dans les légumes et les fruits et le pays n'est pas autonome sur le plan alimentaire. C'est affligeant, consternant et totalement anormal. Et je n'attends rien des politiques. FNSEA, UE, Bruxelles, subventions, endettement des agriculteurs, etc etc...Les problèmes sont connus, les solutions ne viendront pas d'un système qui les a créés.
Je pense juste que chacun, en tout cas, ceux qui ont la chance de disposer d'un terrain, pourraient s'y mettre. Alors, oui, c'est du travail, il faut être régulier, organisé, attentif, observateur,il faut apprendre, lire, expérimenter, mais le bonheur de manger ses propres productions et de ne pas être dépendant des réseaux commerciaux,en tout cas le moins possible, c'est sans commune mesure.
Pour ce qui est des pénuries d'eau actuelles et à venir, il ne reste qu'une solution : la récupération et le stockage des eaux pluviales. Ici, c'est le chantier en cours.
Les scientifiques lancent l’alerte sur la sécheresse qui s’installe en France
MétéoFrance a établi des scénarios plus chauds et secs que la normale pour les mois de mai et juin. Emma Haziza estime ainsi que la situation ne peut que difficilement s’inverser, sauf précipitations exceptionnelles, puisque même en cas de pluies, l’eau sera récupérée par la végétation et ainsi ne s’infiltrera pas dans les sous-sols.

22 avril 2022 - Maïté Debove
Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde
- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France
La France vit son début d’année le plus sec depuis 2012. D’après les géologues et les hydrologues français, la sécheresse est cette année précoce, et est à surveiller de très près. Les déficits de pluie depuis janvier concernent quasiment tout le pays et atteignent des niveaux records sur la Région PACA, où la sécheresse des sols est particulièrement inquiétante.
En février et mars 2022, la situation s’est rapidement dégradée, la période de vidange ayant démarré deux mois à l’avance : les réserves d’eau sont ainsi très basses pour un mois d’avril.
Selon une alerte du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) publiée le 12 avril, le niveau des nappes souterraines est en 2022 inférieur à la normale dans tous nos territoires sauf en Ile-de-France, en Normandie, en Savoie, dans une partie des Pyrénées, et également dans l’Aude et dans l’Hérault. Ces régions ont bénéficié des pluies du début de l’année.
La situation est plus particulièrement inquiétante en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Vendée, en Charente-Maritime et dans le Grand Est. La sécheresse est aussi particulièrement marquée dans le Sud-Est.
Cette sécheresse a déjà des effets très concrets dans tout le pays. Dans la Drôme, des premières restrictions des usages de l’eau ont été mises en place, au mois d’avril !, et quasi-l’ensemble du département est en état d’alerte. Dans la Loire, la situation n’est pas encore critique mais pourrait vite le devenir et des mesures de restriction d’eau sont envisagées.
Dans le Vaucluse, Météo France a enregistré le début d’année le plus sec depuis les années 1950. Comme sur toute la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, il n’a pas plu une seule goutte depuis le début du mois d’avril. Les agriculteurs sont extrêmement inquiets. Toujours en PACA, les maires de 18 communes ont décidé de couper l’eau des fontaines publiques pour alerter la population sur cette sécheresse inédite, d’habitude observée durant les mois d’été.
Emma Haziza, hydrologue, qui s’est exprimée lors d’une interview pour FranceInfo, a expliqué que les sécheresses sont particulièrement sévères depuis 2017. Un cinquième des cours d’eau des territoires tendent chaque année à avoir 40 % de débit en moins que la moyenne. Dans les Pyrénées-Orientales, le déficit de pluie peut s’élever jusqu’à 75 %.
MétéoFrance a établi des scénarios plus chauds et secs que la normale pour les mois de mai et juin. Emma Haziza estime ainsi que la situation ne peut que difficilement s’inverser, sauf précipitations exceptionnelles, puisque même en cas de pluies, l’eau sera récupérée par la végétation et ainsi ne s’infiltrera pas dans les sous-sols.
L’hydrologue n’exclut pas une multiplication d’autres restrictions d’eau dès le mois de mai (qui surviennent habituellement en juillet), et redoute des difficultés d’irrigation des terres agricoles, ainsi que des incendies majeurs dans le sud cet été.
Elle avertit : « Si toutes ces masses d’eau, qui sont censées tenir jusqu’à l’été, sont défaillantes dès le mois de mars, ça pose problème. Surtout, le paramètre aggravant c’est qu’à chaque canicule, on a un territoire qui plonge encore plus dans un état de sécheresse. Si on s’oriente vers un été plus chaud et plus sec, ce qui semble être le cas, on risque d’avoir à nouveau une sécheresse historique. »
Elle rappelle que la France ne dispose pas d’une agriculture capable de nourrir sa population, et que la problématique liée à l’eau est un phénomène global. Le Maroc, la Tunisie ou encore le Portugal subissent déjà des sécheresses historiques.
Lire aussi : En plein hiver, sécheresse et canicule en Espagne, Portugal, France et Californie
Les réserves de blé ou autres denrées alimentaires qui ne seront pas disponibles sur un territoire seront importées d’autres pays : « (…) mais si tout le monde se met à aller le chercher ailleurs, il y a un vrai problème. Notre seule solution est de faire en sorte de réformer notre agriculture pour nourrir notre population en premier lieu. »
La journaliste Anne Le Gall souligne : « D’où l’urgence d’apprendre à mieux séquestrer l’eau dans le sol dans les années à venir et cela passe par les prairies, les forêts, la végétalisation des villes. Limiter l’artificialisation des sols leur permettra de jouer ce rôle crucial d’éponge. »
Le manque d’eau est source d’une véritable détresse et est à l’origine de famines, provoque immanquablement des révoltes populaires et des migrations. Les sécheresses s’installent dans la durée et affectent l’environnement de plusieurs semaines à plusieurs décennies, et dégradent les écosystèmes.
Emma Haziza souligne le manque de traitement de la question aux présidentielles : « Je crois qu’on n’a pas compris ce qui arrive devant nous avec ces évolutions de température et on n’a surtout pas compris ce que signifie le manque d’eau. Ça concerne à peu près quatre milliards d’êtres humains sur Terre mais nous, nous ne sommes pas habitués à ne pas avoir d’eau dans notre robinet. C’est une question d’énergie puisque la plupart des sources énergétiques s’alimentent en eau, notamment le nucléaire, les barrages hydroélectriques, mais l’eau est aussi nécessaire pour aller chercher du pétrole ou du gaz. Nous avons besoin de quantités d’eau astronomiques, donc on voit très bien que se pose la question énergétique. »
Crédit photo couv : Extrait reportage FranceInfo
22 avril 2022 - Maïté Debove
La civilisation de l'entraide
La question est simple : Qui serait le plus à même de survivre à une époque considérablement chaotique ? Réponse : ceux qui s'entraident. C'est la raison première qui a conduit notre espèce humaine, fragile au premier abord, à avoir réussi à occuper l'ensemble de la planète et à avoir appris à en retirer tous les bénéfices. Au détriment de la planète elle-même, c'est là tout le problème. Peut-être devrons-nous donc repasser par la case départ pour retrouver le fondement même de l'humanité.
« Il y a des années, un étudiant a demandé à l’anthropologue Margaret Mead ce qu’elle pensait être le premier signe de civilisation dans une culture. L’étudiant s’attendait à ce que Mead parle d’hameçons, de casseroles en terre cuite ou de moulins en pierre. Mais ce ne fut pas le cas.
Mead a dit que le premier signe de civilisation dans une culture ancienne était un fémur cassé puis guéri. Elle a expliqué que dans le règne animal, si tu te casses la jambe, tu meurs. Tu ne peux pas fuir le danger, aller à la rivière boire ou chercher de la nourriture. C’est n’être plus que chair pour bêtes prédatrices. Aucun animal ne survit à une jambe cassée assez longtemps pour que l’os guérisse. Un fémur cassé qui est guéri est la preuve que quelqu’un a pris le temps d’être avec celui qui est tombé, a bandé sa blessure, l’a emmené dans un endroit sûr et l’a aidé à se remettre.
Mead a dit qu’aider quelqu’un d’autre dans les difficultés est le point où la civilisation commence. »
L'entraide n'est pas une valeur. La coopération est un mode adaptatif, une stratégie sélectionnée dans l'évolution pour les avantages qu'elle peut aussi procurer dans l'optimisation de la capture d'énergie et la domination.
Extraits de l'article :
"L’être humain, de nos jours, est seul, et c’est exceptionnel. Durant la majorité de notre existence en tant qu’Homo sapiens, nous avons partagé la planète avec toutes sortes d’autres espèces humaines. À l’époque où notre lignée a commencé à évoluer, en Afrique, il y a environ 300 000 ans, on en comptait au moins cinq autres. Et s’il avait fallu parier sur la survie d’une seule de ces espèces, vous n’auriez peut-être pas misé sur nous.
En fait, c’étaient plutôt les Néandertaliens qui semblaient les mieux lotis, eux qui s’étaient déjà adaptés à la vie sous des climats plus rigoureux et s’étaient répandus dans une grande partie de l’Eurasie. Ou Homo erectus, qui s’était installé avec succès dans le sud-est de l’Asie. En comparaison, nos ancêtres Homo sapiens étaient les derniers arrivés, et il leur faudrait attendre encore plus de 200 000 ans avant de s’implanter ailleurs qu’en Afrique. Pourtant, il y a 40 000 ans, voire moins, nous étions les seuls humains encore en vie. Pourquoi ?
Survie du plus aimable
Bien des hypothèses ont été avancées : la puissance de notre cerveau, le langage, ou la chance, tout simplement. Aujourd’hui, une nouvelle idée se fait jour pour expliquer notre domination. Curieusement, ce sont peut-être certaines de nos plus grandes vulnérabilités – notre dépendance vis-à-vis des autres, notre aptitude à la compassion et à l’empathie – qui nous ont donné l’avantage."
(...)
Nouer des relations
L’archéologue Penny Spikins, de l’université de York, au Royaume-Uni, propose une nouvelle explication. Elle pense que ce sont nos fragilités et notre nature émotive qui nous ont conféré l’avantage : “Notre besoin affectif nous a poussés à entrer en contact avec les autres.” Et plus nous avons étendu notre réseau, plus nous sommes devenus résistants, ce qui nous a permis de prospérer dans bien des environnements différents.
Cet investissement dans l’attention a produit des bénéfices tant pour le groupe que pour l’individu. Penny Spikins précise :
“Cela a permis à l’être humain de chasser des animaux dangereux tout en vivant avec les conséquences en matière de risques de blessures. Et cela a allongé la durée de vie, donnant aux grands-parents la possibilité de s’impliquer dans l’éducation des plus jeunes et de leur transmettre leur savoir et leurs compétences.”
Plus on se rapproche de notre époque, plus l’archéologie nous apporte des preuves de ces bénéfices, et l’on voit que les hommes chassaient des animaux plus grands qu’eux et coopéraient pour s’attaquer à une faune particulièrement dangereuse, comme le rhinocéros laineux, le mammouth et le grand buffle du Cap [Pelorovis antiquus].
Augmenter ses chances de survie
Mais, dès son apparition, Homo sapiens a perfectionné ces compétences collaboratives et a commencé à interagir de façon considérable avec d’autres individus que les membres de son groupe – ce qui n’avait encore jamais été vu. On ne sait pas ce qui a motivé cette évolution, mais d’importantes variations climatiques en Afrique ont pu rendre l’existence difficile et ceux qui collaboraient avaient peut-être plus de chances de survie.
(...)
Les Homo sapiens se seraient « domestiqués » eux-mêmes
Qui plus est, ces mêmes mutations peuvent expliquer pourquoi les Néandertaliens sont parfois décrits comme ayant l’air de brutes, avec leurs arcades sourcilières épaisses et leur mâchoire robuste. Penny Spikins commente :
“Non seulement ces changements génétiques nous ont rendus moins agressifs, mais ils ont apparemment pour résultat des caractéristiques physiques qui nous font paraître moins menaçants.”
En fait, nos ancêtres Homo sapiens se seraient apparemment “domestiqués” eux-mêmes. Les découvertes archéologiques confirment que l’adoucissement des traits de notre visage, avec le développement de crânes plus petits, de maxillaires moins proéminents et de dents plus petites, commence à se produire dans notre lignée il y a environ 300 000 ans."
Bravery in battle
Un groupe que j'aime infiniment. Je connais chaque morceau par coeur :)
J'ai passé la journée avec eux, à décaisser des monceaux de terre pour préparer la réception de cinq citernes de mille litres pour récupérer l'eau de pluie.
De l'énergie dans les oreilles.

La foi, la force, la volonté
Ces trois-mots là contiennent l'essentiel. Un engagement énorme, des coups durs, mais la passion, l'enthousiasme, le défi d'une vie.
Magnifique.
Depuis huit jours, on a travaillé sans relâche sur nos 4500 mètres carrés. Une seule balade en huit jours. Aujourd'hui, on a commencé à 9 h, on a arrêté à 17h30.
Alors, on imagine bien ce que représente le travail que ces deux jeunes ont effectué et ce qui leur reste à faire.
Le travail de la terre, c'est rude. Mais le bonheur est immense.

25 mars 2022 - Laurie Debove

Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde
- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France
Ce jeune couple de permaculteurs s’est lancé un défi fou : transformer 7ha de terres ravagées par la culture du maïs industriel en un paradis permacole. Depuis 4 ans, ils bûchent sans répit pour bâtir leur rêve : une ferme pédagogique préservant des races animales anciennes et produisant œufs, fruits et légumes dans le respect des principes de la permaculture. Aujourd’hui, les animaux sont arrivés sur le terrain, un étang a été créé, de nombreux arbres et arbustes ont été plantés, les premiers légumes ont été récoltés. Il leur reste une étape cruciale : construire un pôle agricole destiné à accueillir villageois, paysans et visiteurs.
Un chemin vers la liberté
Anthony et Zoé ont toujours ressenti l’appel de la Terre. Dès l’enfance, Anthony a appris les savoirs paysans auprès des anciens landais, en échange de travaux manuels et dans les champs. Quant à Zoé, elle a passé un CAP agricole en Ile-de-France, sa région natale, à l’adolescence. Leur rencontre a tout précipité, avec l’envie viscérale d’offrir à leur future famille un mode de vie libre et résilient.
« Depuis toujours, je voulais créer un parc pédagogique autour des animaux et des plantes. On s’est rencontrés, et en évoluant ensemble la volonté de prendre soin de la Terre s’est renforcée. C’est comme ça qu’est né le projet « Les Pieds sur Terre », pour encourager du monde à se lancer dans une démarche d’autosuffisance et prouver que c’est possible. » raconte Anthony Castera pour La Relève et La Peste
A seulement 20 et 23 ans, Zoé et Anthony sont revenus de voyage d’Amérique du Sud déterminés à trouver le terrain sur lequel construire leur rêve. L’attente aura été longue, il leur aura fallu un an. L’agriculteur qui a accepté de leur vendre des terres leur avait d’abord dit non un an plus tôt, mais le départ à la retraite approchant et sa peur devant l’évolution mortifère de la société occidentale l’ont convaincu de donner une chance aux jeunes rêveurs.

Le terrain d’Anthony et Zoé, au tout début de leur aventure, était abîmé par des années d’agroindustrie – Crédit : Les Pieds sur Terre
Au bout d’un an de fermage et avoir passé le diplôme du BPREA pour Anthony, le jeune couple est devenu propriétaire d’un terrain de 7ha comprenant 5,8ha jusque-là cultivés en maïs et une enceinte de forêt autour, à Saint-André-de-Seignanx, une commune du Sud-Ouest des Landes. Dès la période de fermage, le travail abattu a été titanesque.
« La première année, on a semé un gros couvert végétal et préparé le sol pour le décompacter. On a mis des amendements comme du fumier et pas mal de matière végétale. C’était un moment de pure euphorie où j’ai planté 3700 piquets d’acacia à la masse, en faisant d’innombrables allers/retours pour les installer. Si un drone était resté pendant 4 ans là-haut, il aurait filmé une vraie fourmilière. » raconte Anthony en riant pour La Relève et La Peste
Dès le début, le projet est clair et balisé : une ferme landaise à vocation pédagogique comprenant du maraîchage avec avec des semences paysannes, la conservation des races anciennes avec un poly-élevage bénéfique pour amender les sols, et tout cela dans un système agroécologique où chaque élément a plusieurs fonctions. Ainsi, pour faire le brise-vent de la serre, ils ont empilé des tas de bois de châtaigniers, destinés au chauffage, qui servent d’hôtel à insectes.

Le plan de base, quand tout restait à accomplir – Crédit : Les Films de l’instant
Le soin de la Terre et des êtres
Les débuts ont été parfois bien difficiles. La montagne de paperasse administrative pour obtenir toutes les autorisations nécessaires a été bien plus chronophage que prévu. L’activité de maraîchage a été stoppée net par l’invasion du liseron. Emporté par l’impatience de voir éclore son projet, Anthony a fait un burn-out après trois ans de travail sans relâche qui l’a obligé à lever le pied. Et les remboursements des crédits contractés pour lancer leur activité agricole n’attendaient pas.
« On s’est retrouvés tiraillés entre l’envie de prendre soin de cette Terre et la nécessité d’arriver à une rentabilité rapidement pour rembourser nos prêts. Finalement, cela a été des ajustements permanents pour arriver à un équilibre intermédiaire. On va faire beaucoup moins de maraîchage que prévu au début : on le fera quand le sol sera prêt. » explique Zoé Martinez pour La Relève et La Peste

Pour mettre en œuvre leur projet, ils ont tout déclaré et mis aux normes, pour une transparence totale. Anthony a observé les plantes présentes et le ruissellement de l’eau sur le terrain pour choisir l’emplacement de l’étang et s’est servi de l’argile pour faire la digue. Deux jours après avoir creusé le trou, une pluie a rempli tout l’étang. Crédit : Laurie Debove
Toutes ces épreuves sont impossibles à deviner quand on accompagne Anthony et Zoé sur leur ferme. Partout, les arbres commencent à bourgeonner. Les insectes bourdonnent et les premières abeilles ont fait leur apparition.

Les dindes côtoient les poules et les poneys – Crédit : Laurie Debove
Les 250 poules pondeuses déambulent à leur guise ; les chèvres des Pyrénées trônent sur les tas de bois dans leur enclos et vont librement dans la forêt ; Reine, la vache originelle du fromage à raclette, batifole avec la vache Highland, les moutons et l’âne Kirikou ; les dindes aux grands yeux interpellent les visiteurs et les serres se préparent petit à petit pour les prochaines récoltes.

Le mouton et la vache Highland – Crédit : Les Pieds sur Terre
« On a tout de suite fait le choix de s’orienter vers des races d’animaux anciennes car ce sont des espèces adaptées aux conditions locales et c’est urgent de les préserver. On s’entraîne d’abord avec une troupe de dindes blanches avant d’accueillir des dindons gascons, car il n’y en a plus que 50 au conservatoire avicole local et c’est très difficile d’en trouver ailleurs. » explique Zoé pour La Relève et La Peste
Seules exceptions : les poneys et chèvres naines pour le contact avec les petits enfants et les poules pondeuses, sauvées de la réforme pour donner un second souffle à des animaux considérés comme des déchets par l’élevage industriel. En France, on estime que 40 millions de poules pondeuses sont abattues chaque année. Les œufs d’Anthony et Zoé sont vendus aux AMAP, restaurations collectives et infrastructures locales comme la Ferme Emmaüs Baudonne.
Tous les différents enclos ont été conçus pour que les animaux domestiques et sauvages puissent coexister pacifiquement, sans empiéter sur les corridors naturels des espèces sauvages qu’il s’agisse des hérissons, batraciens, ou de plus grands animaux comme les chevreuils à l’orée de la forêt. Les clôtures servent aussi à ce que les pieds des visiteurs n’amènent pas de germes sous leurs chaussures dans les champs de cultures. D’immenses poteaux ont été plantés dans les champs pour que les rapaces et les échassiers puissent faire leurs nids.
La chèvre majestueuse des Pyrénées – Crédit : Les Pieds sur Terre
Aujourd’hui, après 4 ans de travail, Zoé et Anthony se sentent prêts et attendent leur premier enfant. Passionnés et animés du désir profond de transmission, ils ont commencé à accueillir des visiteurs et des scolaires, et souhaitent bâtir un pôle agricole.
« C’est pour nous la pierre angulaire du projet. On l’appelle Pôle Agricole mais ce sera plus l’art de l’humain. Le but c’est que cela soit un lieu de rencontres, entre un point d’accueil et la vente directe à la ferme, un atelier de transformation, du stockage de récoltes et matériel, mais aussi un salon de thé. J’aimerais aussi y créer un four à pain communal. » détaille Anthony pour La Relève et La Peste

Zoé au travail avec une amie – Crédit : Sophie Labruyère
« Nous voulons développer la connaissance et la reconnaissance du monde agricole local, transmettre notre savoir et savoir-faire puis surtout, sensibiliser les publics pour redonner du sens à ce qu’ils consomment. » renchérit Zoé
Pour faire sortir de terre ce bâtiment de 310m2, Anthony et Zoé ont lancé une campagne de financement participatif. La structure extérieure du bâtiment est évaluée à 21 000 €.
« Au plus dur des épreuves, il y a eu tellement de fois où on a cru qu’on n’y arriverait pas qu’on a bien failli abandonner. Mais aujourd’hui, quand je vois tout ce qu’on a accompli, je me sens fière et pleine d’espoir. On a envie de le partager avec le plus grand nombre : une agriculture nourricière, durable, locale et diversifiée, c’est possible ! » conclut Zoé dans un grand sourire
Pour suivre l’évolution d’Anthony et Zoé, retrouvez-les sur leur page FB et compte Instagram. Vous pouvez découvrir l’histoire d’Anthony et Zoé dans le documentaire « Nouvelles Graines », réalisé par Sophie Labruyère et Nicolas Meyrieux, et visible gratuitement ici.
Crédit photo couv : Sophie Labruyère
25 mars 2022 - Laurie Debove
"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"
Votre soutien compte plus que tout
"En thérapie" (2)
J'ai déjà parlé ici de cette série.
On arrive à la fin de la saison numéro 1.
Et on est toujours aussi fascinés par la richesse émotionnelle, intellectuelle, la mise en scène, les dialogues, le jeu des acteurs, la profondeur de chaque situation, l'exploration intérieure qui avance progressivement.
On regarde un épisode tous les jours.
On a découvert l'actrice qui joue le rôle de Camille.
Remarquable.
Il est certain que beaucoup de jeunes filles et de parents pourraient se retrouver là-dedans...
Céleste Brunnquell (En thérapie) : “J’ai vraiment abordé Camille par le prisme de l’intime”
par Ava Cahen | 2 Fév 2021 | SERIES,

Révélée par Les Éblouis de Sarah Suco, Céleste Brunnquell joue Camille dans En thérapie, championne de natation aux deux bras plâtrés et aux idées noires. C’est la benjamine des patients de Philippe, une adolescente profondément esquintée qui essaie de ne pas couler. Eaux troubles. Rencontre avec Céleste Brunnquell.
Comment avez-vous réagi à la lecture du scénario et comment avez-vous abordé votre personnage ?
Céleste Brunnquell : En fait, j’ai d’abord passé des essais avant de lire le scénario. Je savais seulement au départ qu’il s’agissait d’une série chapeautée par Toledano et Nakache, je n’avais pas entendu parler de la série israélienne ou de ses déclinaisons internationales. Donc j’ai lu le scénario après avoir été prise, et j’ai beaucoup aimé. J’ai trouvé le rôle de Camille très intéressant. Comparé aux autres personnages, Camille semble être en apparence moins affectée par les attentats du Bataclan, elle en parle moins lors de ses séances avec Philippe. Camille m’a touchée parce que c’est une adolescente à fleur de peau, qui se demande si elle est folle ou pas. On a beaucoup travaillé sur ça avec Pierre Salvadori (qui réalise les épisodes dédiés à Camille, NDLR) : quand est-ce que Camille ment ? Quand est-ce qu’elle dit la vérité ? Il y avait une balance à trouver, même dans la relation qu’elle entretient avec le psy, parfois c’est très tendu, comme dans un duel, parfois c’est plus tendre ou complice. J’ai beaucoup aimé ce mélange de couleurs qu’on devait trouver tous ensemble. On reconnaît bien la patte de Salvadori. Ses films sont aussi traversés par plusieurs couleurs et registres, et même si En thérapie n’est jamais une comédie et qu’il y a une unité artistique globale, je trouve que chaque réalisateur a tout de même gardé son style. Par exemple, Pierre a fait peut-être plus de gros plans, plus d’inserts, sur des objets, des détails, il travaille l’ellipse aussi, les ruptures de ton. Le seul matériau qu’on a ici, c’est le texte, et chercher à le faire vivre et à lui donner des nuances, c’était super intéressant comme exercice.
A travers Camille, plusieurs questions d’actualité font surface : la libération de la parole, MeToo, les abus dans l’univers du sport et du sport-études. Aviez-vous cela en tête lorsque vous avez abordé ce rôle ?
Céleste Brunnquell : Inconsciemment peut-être, mais je n’ai jamais voulu être le porte-voix de quoique ce soit, et je crois que Camille n’a pas non plus conscience de tout ça. Ce qui m’importait, c’était son expérience à elle. Quand nous avons tourné, il n’y avait pas encore eu les révélations de Sarah Abitbol par exemple. J’ai vraiment abordé Camille par le prisme de l’intime. Nous avons presque le même âge, je n’ai jamais fait de sport de haut niveau et j’ai d’ailleurs dû porter des épaulettes pour paraitre un peu plus baraquée, pour avoir la carrure d’une nageuse. A plein d’endroits, je suis différente de Camille, mais à d’autres, je me retrouve. Surtout, je la comprends. Je suis en empathie avec elle.
Il y a le texte, il y a les dialogues, il y a aussi le langage du corps. Même si Camille est souvent assise, son corps n’est jamais vraiment statique. Ça fait aussi partie du travail que vous avez fait avec Pierre Salvadori ?
Céleste Brunnquell : Je ne crois pas qu’on en ait vraiment parlé, il y avait de toute façon ses épaulettes à porter qui changeaient ma posture. La plupart du temps, Camille est assise, Pierre m’a dit de ne pas hésiter à bouger si j’en avais envie, mais j’étais un peu inhibée à cause du texte et de la parole au départ, je n’osais pas trop. On m’a fait remarquer à la fin du tournage que je jouais beaucoup avec mes mains, que je tortillais mes doigts, mais c’est parce que j’étais nerveuse, et aussi parce que je me mettais à la place de Camille. En amont du tournage, on a fait des lectures avec Pierre, pour avoir le texte en bouche et changer les choses qui n’allaient pas. Les dialogues étaient super bien écrits, parfois certains mots étaient un peu trop littéraires et du coup, en situation, ça ne fonctionnait pas tout à fait pareil. J’étais contente qu’on me demande mon avis sur ces petits détails, je me suis sentie vraiment impliquée.
A quel moment rencontrez-vous Frédéric Pierrot qui joue le psy, Philippe ?
Céleste Brunnquell : Au moment du tournage ! En fait, la série a été tournée dans l’ordre chronologique, et finalement, la relation entre Camille et Philippe avançait en même temps que la notre à Frédéric et moi, c’était vachement intéressant. Étant donné qu’il n’y avait pas eu de répétitions à proprement parler, le travail s’est vraiment fait sur le tournage, trouver la bonne distance, le bon rythme. Ça m’a donné l’impression d’un jeu, d’un puzzle à reconstituer. Je me suis vraiment laisser aller à cette méthode de travail qui était pour moi une expérience, parce que c’est la deuxième fiction dans laquelle je joue, et ça a été assez facile dans le sens où j’avais complètement confiance en Pierre. J’étais disponible pour les informations que Pierre me donnait. Souvent, je commençais par en faire le moins possible sur les premières prises, et progressivement, j’augmentais le curseur. Mais en réalité, le personnage était si bien écrit que tout était là, à ma portée. Ce qui a été le plus déroutant pour moi, c’était davantage de réussir à me mettre à nu devant une équipe que je ne connaissais pas. C’est très intime ce que Camille raconte, et puis on tournait en équipe réduite, j’avais parfois l’impression d’être comme sur une scène de théâtre, exposée, et ça, ça n’a pas été évident tout de suite. Mais la pression est vite redescendue. Ce qui est intéressant entre Philippe et Camille, c’est que parfois, la distance que pose la cure est rompue, parce qu’on est tous des êtres humains, et on a chacun certaines paroles ou gestes qui nous échappent. C’est en regardant la série une fois terminée que je me suis rendue compte que le cas de Camille inquiétait vraiment Philippe, qu’il en parlait avec sa contrôleuse (jouée par Carole Bouquet, NDLR). Puis surtout, j’ai pris davantage conscience de la vie de Philippe, de ce qu’il traverse avec sa femme, ses enfants… Je ne savais pas qu’il était si névrosé ! Il ne va pas très bien non plus…
En parlant de névroses, on parle beaucoup en ce moment de l’impact psychologique de la crise, de la pandémie. Pensez-vous, à titre personnel, que la psychanalyse puisse apaiser nos souffrances ?
Céleste Brunnquell : Oui, je pense. Je n’ai jamais fait de thérapie, je ne sais pas si ça peut avoir un effet sur tout le monde, mais je crois bien sûr au travail qu’on peut faire sur soi, par la parole. Ça ne rend peut-être pas plus heureux, mais ça ne peut certainement pas faire de mal. La série en rend bien compte je trouve. C’est la parole, c’est l’écoute, c’est l’introspection.
Et avez-vous l’impression qu’on s’écoute mieux ?
Céleste Brunnquell : Pas vraiment non. La parole est souvent parasitée par plein de choses, plein de bruit, on reste en surface, on est bouffé par trop d’informations. C’est ce que j’ai aimé aussi dans la série, qu’elle aille si profond, les silences, l’ambiance, la discrétion de la musique, la manière dont, dans le cabinet, on fait de la place aux mots. On écoute vraiment. Ce n’est pas une série de divertissement. Elle demande une vraie concentration, et demander ça aux téléspectateurs, je trouve ça intéressant. C’est une marque de confiance.
Où est-ce qu’on vous retrouve prochainement ?
Céleste Brunnquell : Je tourne à l’été dans un premier long métrage avec Quentin Dolmaire, j’ai le premier rôle et Garance Marillier joue ma sœur. L’histoire est chouette, c’est un film doux, et c’est réalisé par Jeanne Aslan et Paul Saintillan.

Céleste Brunnquell et Frédéric Pierrot – Copyright Les Films du Poisson / Arte
En thérapie, série diffusée le 4 février sur Arte et disponible dans son intégralité sur le site d’Arte.
Le stock du citoyen prévoyant
Pour ceux qui pensent que ça ne sert à rien allez donc discuter avec les habitants de la vallée de la Vésubie. Juste un exemple parmi beaucoup d'autres.
Qu'il s'agisse d'une catastrophe naturelle ou autre chose, être un citoyen prévoyant évite bien des difficultés supplémentaires quand la situation est déjà bien compliquée. Quand elle est là, c'est trop tard.
Le Stock survivaliste en cas de crise
18/03/2022
Quand on dit stock survivaliste en cas de crise, on pense tout de suite à une pénurie ou une guerre, mais cela peut aussi être une panne de courant d'une journée.
Dans tous les cas, disposer d'une certaine autonomie chez soi via un stock de crise est une sécurité non négligeable qui vous permet de mieux traverser des situations d'urgence.
Ainsi, avoir de l'eau, de la nourriture, des piles, des médicaments ou encore du carburant d'avance n'est que du simple bon sens et peut vous éviter bien des galères.
C'est sans parler des économies substantielles face à l'inflation galopante.
Attention, on ne parlera PAS de potager ici dans le but de rester simple et d'être accessible au plus grand nombre. En effet, tout le monde n'a pas la chance d'avoir une maison avec du terrain et le fait de posséder un potager n'enlève en rien la pertinence d'avoir un stock de crise de sécurité (Principe de redondance et de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier).
SOMMAIRE
Principes pour constituer votre stock
Les fonds d'urgence : votre réserve de cash
Stock de crise survivaliste : l'eau
Stock de crise survivaliste : la nourriture
Stock de crise survivaliste : l'hygiène et la santé
Stock de crise survivaliste : l'énergie
Stock de crise survivaliste : les animaux
Stock de crise survivaliste : le bricolage d'urgence
Stock de crise survivaliste : les addictions
Stock de crise survivaliste : les loisirs low-tech
Stocker pour combien de temps ?
Conclusion du stock anti-crise
Ressources
[NB1] : La liste pense-bête (synthèse de cet article) est téléchargeable gratuitement.
1) Vous imprimez le PDF (une page A4).
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PRINCIPES POUR CONSTITUER VOTRE STOCK
Le stock de vivres et équipement de base vous permet de "passer l'orage" sans grosse difficulté lors de nombreuses situations dégradées.
En effet, les situations dans lesquelles vous serrez content d'avoir ce stock de sécurité chez vous sont multiples : routes coupées, impossibilité de se déplacer, inondation, grève, pénuries, troubles sociaux, manifestations violentes dans les rues ou encore l'exemple récent de la crise covidienne.
Imaginez si vous aviez été prêt au préalable
Les survivalistes ont passé cette étape sans aucun souci. Et ça à même participer à gonfler leur moral, bien au contraire de bon nombre de voisins non préparés qui se sont déchirés et ont fini par divorcer.
Vous voyez le tableau ?
Un stock d'urgence est donc polyvalent et vous permet d'encaisser beaucoup plus sereinement une situation puante. Avant de courir acheter des "rations de survie" sur internet, il est bon de connaitre les principes de base pour constituer un stock.
Gardez-les en tête pour vos achats :
1. PAS D'ACCÈS À L'EAU COURANTE
Étant donné que PERSONNE ne connait l'avenir, on partira par défaut avec la situation la pire : Il n'y à plus d'eau au robinet.
Donc bien sûr, un stock d'eau potable doit figurer sur votre liste (on va en parler plus bas), mais pensez aussi au point suivant :
Si vous stockez des pâtes à gogo, pensez aussi à stocker de l'eau à gogo pour pouvoir les cuire.
Si vous stockez des plats et des rations lyophilisés à gogo, là aussi, il faut de l'eau à gogo pour les consommer.
2. PAS D'ACCÈS À L'ÉLECTRICITÉ
Dans les scénarios de crise, il faut aussi prévoir la coupure de courant.
Coté nourriture, si vous vous vous reposez sur un gros congélateur plein comme stock d'urgence, pensez qu'en cas de coupure de courant, si vous n'avez pas un groupe électrogène, toute cette nourriture sera perdue.
3. CE STOCK VIENT EN COMPLÉMENT
C'est "en plus" de ce que vous avez déjà dans les placards, au frigo et congélateur. Considérez ce que vous avez déjà comme du bonus et une marge de sécurité supplémentaire. Une étagère dédiée au stock d'urgence est une bonne idée. Simple et efficace. À vous de vous organiser en fonction de votre logement.
4. FAITES TOURNER VOTRE STOCK
Le stock décrit dans cette page a été conçu pour être facile à faire, mais surtout facile à maintenir avec un minimum de travail.
Nous n'avons pas tous envie de faire une gestion de stock de pro sur tableur Excel pas vrai ?
Certains articles se gardent indéfiniment et on peut les mettre dans un coin et les oublier (savon, PQ, bougies, Miel, etc.).
D'autres articles se gardent pendant de longues années, mais il faut quand même faire tourner le stock, car ils se périment tout de même (piles, pâtes, médicaments, etc.). Cela signifie que quand vous mangez une conserve, vous la remplacez par une nouvelle plus récente. Idem pour les bouteilles d'eau.
Enfin, quelques rares éléments de votre stock doivent faire l'objet d'une rotation plus régulière, pas le choix. À titre d'exemple, c'est le cas de la javel pour qui une rotation doit être fait tous les 6 mois - 1 an max pour qu'elle garde ses propriétés. Dans ce cas précis de la javel, regardez bien la date indiquée sur l'emballage et respectez-la.
La rotation du stock peut sembler être une perte de temps au premier abord, mais cette rotation permet aussi de vérifier régulièrement l'état de son stock.
5. SOYEZ DISCRET ! (PRINCIPE DU LOW-PRO)
Il ne faut pas que le premier qui débarque voit vos préparatifs. Non seulement vous passerez pour un fou ou un parano, mais les gens se souviendront de vous au premier problème.
Low-Pro = Low Profil (faire profil bas). Oui, c'est un anglicisme, mais c'est pratique.
6. IL N'Y A PAS QUE LA BOUFFE DANS LA VIE
En effet, stock d'urgence rime souvent avec nourriture, mais il n'y a pas que ça. Serviettes hygiéniques, piles, médicaments, croquettes du chien, sacs poubelle, savons, brosses à dent... Un bon stock survivaliste doit penser à tout ! En fait, c'est simple, il s'agit de stocker tout ce que l'on consomme.
Commençons par une première chose à avoir chez soi : du cash !
LES FONDS D'URGENCE : VOTRE RÉSERVE DE CASH
Courses d'urgences, évacuation du domicile, stratégie de diversification de son épargne, etc. Pour tout cela, un minimum de cash est nécessaire.
C'est simple, l'argent liquide en cash, ça sert à tout et c'est aussi le moyen de paiement le plus rustique.
Aussi, en cas de panne d'électricité, les distributeurs de billets sont HS et les commerçants ne prennent que du liquide.
C'est sans parler d'une possible fermeture des banques du jour au lendemain, comme l'histoire le démontre dans chaque pays en crise financière.
*****
Par conséquent, vous prévoir un "bas de laine" avec du cash (en petites coupures) vous permet de parer à bon nombre de situations.
Pour la somme d'argent à envisager, c'est en fonction de VOTRE situation. Mais disons que mieux vaut un peu trop que pas assez
Et si vous croyez que c'est facile de retirer 3000 euros en liquide rapidement, alors allez demander à votre banquier et vous allez être surpris (cf. le début d'article "solution pour une épargne résiliente").
La réserve de cash se fait donc petit à petit, en retirant toutes les semaines en fonction de vos plafonds de retrait et de vos moyens.
STOCK DE CRISE SURVIVALISTE : L'EAU
L'eau est la base de la base ! L'eau est vitale. Environ trois jours (plus ou moins) sans boire et c'est GAME OVER pour vous.
Pour un stock de sécurité, il faut en prévoir (au minimum) quatre litres par personne et par jour (pour boire, cuisiner et maintenir un minimum d'hygiène).
Les packs d'eau sont le plus simple (prenez les moins chers).
Les bouteilles de 5 ou 8 litres possèdent une bonne autonomie pour la cuisine ou pour se laver.
Vous calculez le besoin de votre famille en fonction du nombre de personnes : 4L par jour et par personne. Une autonomie de 15 jours est un minimum, soit 60 L/personne. Par ex pour 3 personnes cela fait 180 Litres, soit 20 packs.
Si vous avez la place, vous pouvez doubler cette quantité.
Si vous avez des bidons ou jerricans en plastique alimentaire , vous pouvez les remplir avec l'eau du robinet, mais il faudra traiter l'eau pour la conserver (par simplicité, je n'insiste pas ici et tout est détaillé dans cet article).
Comprimés de purification comme les Micropur Forte sont très faciles à utiliser pour désinfecter de l'eau. C'est ce qu'il y a dans les rations militaires. Efficacité garantie. 1 comprimé par litre d'eau. Laissez agir 30 minutes avant de boire.
STOCK ALIMENTAIRE SURVIVALISTE
DES ALIMENTS À CONSERVER ET CONSOMMER FACILEMENT : LA BOITE DE CONSERVE
Que l'on aime ou pas, la question ne se pose pas : la boite de conserve est LA valeur sûre ! C'est typiquement le cliché du Prepper français ou Américain qui entasse des boites de conserves. Et c'est parfaitement justifié.
Voilà les raisons principales :
Elle ne nécessite pas d'eau, peut être consommée sans préparation, froide (pas terrible, mais un cassoulet froid ça passe largement) et se conserve très longtemps.
De plus, la plupart ont des ouvertures rapides et ne nécessitent pas d'ouvre-boite (mais ayez en un quand même, au cas où).
Les conserves métalliques, ce n'est pas bio
Si vous êtres contre ce type de produit, alors il vous faudra partir sur le même principe avec des bocaux fait maison. C'est très bien et parfaitement possible, mais bien plus long à mettre en place.
Les dates de péremption, ce qu'il faut savoir
Pour les boites de conserve par exemple, vous pouvez les consommer bien au-delà de la date limite (env. 10 ans, voire plus si stocké au sec et à l'abri de la chaleur), ne vous inquiétez pas à ce sujet.
Concernant les abréviations :
DLC signifie Date Limite de Consommation.
Sur l'emballage, il est souvent indiqué : "À consommer jusqu’au…"
Explications : Ce sont les produits périssables (produit frais, viande, produit laitiers, etc.)
DDM signifie Date de Durabilité Minimale.
Sur l'emballage, il est souvent indiqué : "À consommer de préférence avant le…"
Explications : Aucun risque donc de dépasser la date, il est simplement conseillé de consommer le produit avant telle date. C'est juste une garantie sur ses qualité "gustatives"
DLUO signifie Date Limite d’Utilisation Optimale
Cette mention a été remplacée par la DDM en 2015. C’est donc la même chose que le DDM.
COMMENT STOCKER VOTRE RÉSERVE ALIMENTAIRE
L'idéal sont les endroits frais naturels de votre logement (cave, placard éloignés d'une source de chaleur). Évitez donc le garage et le grenier.
Les bonnes vielles étagères sont parfaites pour les conserves et bocaux (ça permet une rotation du stock facile). En cas de manque de place, soyez inventif (sous le lit, sous la table basse, dans un coin).
LA RÈGLE ABSOLUE AVEC LE STOCK DE NOURRITURE :
Stockez ce que vous mangez et manger ce que vous stockez.
Stockez ce que vous mangez
En effet, pas besoin de stocker des sardines si vous n'aimez pas ça. On comprend là que la "nourriture de survie" vendue en magasin (rations militaires, seaux de l'apocalypse, rations lyophilisés, etc. ne respectent pas cette règle.
Perso je n'en ai pas et je vous le déconseille. Non seulement ça coute un bras, le gout est ce qu'il est, mais surtout, ce n'est PAS ce que l'on consomme habituellement sous notre toit.
Mangez ce que vous stockez
L'idée est ici de consommer régulièrement notre stock et de le remplacer, le faire tourner. C'est ce que certains appellent un stock vivant (à l'opposé d'un stock mort qu'on le met dans un coin et qu'on l'oublie).
Pas besoin de stocker pour un an de farine et de tout laisser pourrir dans un coin. On pioche régulièrement dans notre stock et on remplace aussitôt par un paquet neuf.
Logique n'est-ce pas ?
Bien entendu, au risque de me répéter, il vous faut adapter les quantités à votre cas (selon votre appétit, vos goûts, votre force morale, le nombre d'adultes/enfants, sédentarité vs activité physique, etc.).
EXEMPLES D'ALIMENTS "VALEUR SÛRE" (À ADAPTER À VOS GOÛTS)
Conserves de poissons (maquereau, sardines à l'huile d'olive, thon, morue). Top, car protéines et lipides en un seul aliment.
Choucroute : un aliment fermenté excellent pour la santé et qui se conserve. En plus c'est un remède naturel contre le scorbut (Carence grave en vitamine C).
Pâtés de viande, terrines et Corned Beef (protéines et lipides).
Conserves de viandes avec glucides (plat tout en un) : saucisse-lentille, cassoulet, ravioli, agneau+flageolets, chili con carne, etc.
Légumes en bocaux ou en boites (lentilles, haricots, petits pois).
Quelques soupes de légumes (soupes en sachet si vous avez de l'eau, sinon briques).
Conserves de fruits (ça fait toujours plaisir).
Riz, pâtes, semoule (attention, nécessite de l'énergie).
Flocons d'avoine/sarrasin (se consomme froid, ne nécessite PAS d'énergie).
Biscottes (conservation de plusieurs mois).
Biscuits, chocolat, miel, confiture, café lyophilisé (pour le moral).
Huile d'olive (Bio si possible, mais ce n'est pas bien important).
Condiments Sel, poivre, épices et sauces (pour nettement améliorer vos plats).
Noix et fruits secs (snack).
Compléments alimentaires : vitamine C et vitamine D peuvent s'avérer utiles.
Petits pots bébé, lait en poudre : Si vous avez un bébé ou enfant en bas âge, ça doit bien sûr figurer en tête de liste.
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STOCK SURVIVALISTE DE PRODUITS
D'HYGIÈNE ET SANTÉ
STOCK DE PRODUITS D'HYGIÈNE
Sacs-poubelles (pour faire caca dedans s'il n'y a plus d'eau courante. Ceux de 30 ou 50L sont top).
Eau de javel non parfumée et la plus faiblement concentrée (2.6%, elle se conserve mieux). Pour désinfecter les surfaces, mais aussi, pour votre eau de boisson en cas d'urgence. Pas la peine d'en prendre des tonnes, la javel ne se conserve qu'un 1 an avant de perdre ses propriétés.
Savon de Marseille (se laver, faire un shampoing, faire la vaisselle, ce truc est plus sain, sert à tout et est économique !). Un pain de 300 g dure des mois alors il est facile d'avoir de savon pour un an. Le savon ne se périme pas.
Brosse à dent, fil dentaire, bain de bouche pour maintenir une bonne hygiène dentaire.
PQ, Kleenex pas besoin de vous faire un dessin. Précision pour les zéro-déchets : s'il n'y plus d'eau au robinet, mieux vaux utiliser du PQ que devoir se servir de son stock d'eau potable. Ce n'est PAS ici une démarche écologique, mais de la survie.
Serviettes ou tampons hygiéniques. Les cups et solutions lavables sont super, mais attention, elles nécessitent de l'eau. Là encore, un peu de jetable pour les situations d'urgence est conseillé.
Assiettes en carton. Dans la même idée d'économiser l'eau pour faire la vaisselle pendant quelques jours.
Un peu de lingettes bébé Très pratique pour une toilette de chat ou en guise de PQ de luxe.
Couches bébé. Mieux vaut en avoir d’avance que l’inverse pas vrai ? Anticipez l'évolution de bébé pour les tailles.
Filtre à café. le grand classique pour filtrer de l'eau.
Consommables de produits d'entretien divers, liquide vaisselle, lessive, produit pour laver le sol. Les bidons de 5 litres sont économiques, s'empilement facilement et vous donnent une bonne autonomie.
Gel hydro-alcoolique Sans eau courante, c'est pas mal pour se laver les mains après un passage aux WC). Un bidon de 5L est le plus rentable économiquement. Il permet de remplir vos formats poche.
LES MÉDICAMENTS ET PREMIERS SECOURS
Je ne vais pas trop m'étendre et rester simple. Encore une fois, cela dépend de la situation de chacun.
Priorité absolue : stock de traitement courant (ou régulier) toujours à l'avance. Par ex, votre traitement pour l'Asthme, Thyroïde, Allergies, etc. (négociez avec votre médecin).
Une grosse trousse de secours/pharmacie complète grand format pour la maison. Un puriste vous dira que la trousse de soin doit être personnalisée et il a raison, mais vous n'êtes PAS expert. Ce n'est PAS parfait, mais c'est le plus simple et rapide à mettre en place et vous pourrez customiser cette trousse au fur et à mesure. Prévoyez un bon stock de consommables : pansements petits et grands formats, compresses, Sparadra, Steri-Strip 6mm, Arnica, Betadine, etc.
Médicaments classiques en quantité (Cycatril, Collyre, Smecta/Immodium, Doliprane, huiles essentielles, Pevaryl, etc.).
NB : "En quantité" signifie plus qu'une tablette ou une boite pour la famille. Comme d'habitude, vous adaptez la quantité à votre situation. Les médicaments se conservent très bien y compris après la date de péremption.
STOCK SURVIVALISTE D'ÉQUIPEMENTS LIÉS À L'ÉNERGIE
Pour éclairer, chauffer, faire du feu, allumer le réchaud, alimenter les petits matériels.
Briquets (pour allumer vos bougies, votre réchaud, le feu dans la cheminée). Le plus économique est encore un lot de 50 sur Amazon, à répartir dans vos kits, boite à gant, BOB, tiroir de cuisine, etc. et à partager avec vos proches.
Allumettes. Le 2e meilleur moyen de faire du feu. Protégez-les de l'humidité dans un contenant hermétique.
Bougies. Attention au risque incendie ! Les bougies chauffe-plats sont super.
Bouteille de gaz butane pour votre plaque de camping afin de pouvoir cuisiner (à mon sens indispensable, car ça peut faire toute la différence).
Piles AA et AAA et les autres selon vos besoins (pour vos lampes, radios, etc.)
Quelques Jerricans de 10 ou 20 L de carburant (voir le détail dans cet article).
Des couvertures chaudes (c'est le moyen le plus low-tech de se réchauffer). La laine est l'idéale.
Bois de chauffage. Ce serait dommage d'avoir un poêle à bois ou une cheminée et rien pour l'alimenter. Il faut toujours garder quelques stères d'avance. Idéalement une saison de chauffe d'avance.
STOCK SURVIVALISTE EN RAPPORT AVEC LES ANIMAUX
Et oui, il faut aussi penser avoir un stock de sécurité pour nos animaux. Que ce soit nos animaux de compagnie ou nos petits élevages. Ce stock doit comprendre la nourriture, mais aussi l'hygiène pour nos animaux :
Des croquettes d'avance. Dans leur sac d'origine, elles se conservent bien.
De la litière pour chat (mon Dieu, vu l'odeur atroce qui leur sort du cul, imaginez être en appartement et ne plus avoir de litière...).
Du grain pour vos poules. Les fûts sont le top pour le stockage du grain.
De la paille pour vos poules.
Des copeaux pour vos rongeurs.
Etc.
STOCK SURVIVALISTE POUR LE BRICOLAGE D'URGENCE
On parle ici d'avoir un minimum de matériaux et de consommables pour effectuer des réparations de fortune. En effet, lors d'événements de grande ampleur, il se passe du temps avant que quelqu'un ne vienne s'occuper de vos réparations.
Eh oui, tout le monde se retrouve dans la merde en même temps. La liste d'attente peut être particulièrement longue.
Une tuile envolée et c'est rapidement le dégât des eaux.
Une fenêtre brisée en plein hiver, et c'est le froid et le vent qui rentrent.
Cette liste ne comprend rien de foufou. Juste le strict minimum.
Des articles simples, mais d'une extrême polyvalence.
Duck-Tape. L'adhésif renforcé qui sert à tout. C'est solide. Ça se déchire à la main. C'est étanche. Ça permet de calfeutrer des ouvertures et mille et une autres choses. C'est indispensable.
Bâches. De la bonne bâche bleue avec œillets. Boucher une fenêtre, improviser une porte, un rideau, monter un abri d'urgence, collecter de l'eau de pluie, réparer une fuite sur la toiture. La encore, mille et une utilisations. Indispensable.
Cordelette. Entre la ficelle à gigot et la grosse corde d'escalade, la plus polyvalente est sans doute la paracorde 550. Cette cordelette de 4.5 mm de diamètre résiste à 250 kilos. C'est parfait pour tendre une bâche, etc. Là encore, les utilisations des cordages sont sans limites.
Trousse à outils simple. Si vous avez une maison, vous avez certainement déjà tout ce qu'il faut, mais pensez-y également en appartement.
Clous / vis. C'est la base en bricolage pour attacher un bout de bois sur un autre. Une bonne boite de chaque fait l'affaire. Un marteau n'a pas besoin d'électricité pour fonctionner.
Huile WD-40. Quand ça coince, un peu d'huile et ça repart !
Tuiles. Bon là, ce n'est pas polyvalent, mais dans la liste des trucs à avoir, quelques tuiles de rechanges ne sont pas un luxe lors des tempêtes.
STOCK SURVIVALISTE SPECIAL ADDICTIONS
Et oui, pour certains, ce stock sera en tête de liste. En cas de pénurie grave, pouvez-vous faire sans votre addiction ?
À mon sens, ce n'est PAS DU TOUT le moment de vous ajouter un stress supplémentaire. Pensez aux fumeurs qui fument clope sur clope au moindre petit stress du travail. Si c'est votre cas, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Note : Ce type de produits, à l'instar de tous les autres, peut également servir aux petits cadeaux de remerciement pour un service et au troc.
Quelques exemples :
Chocolat.
Sucrerie en tous genres (soda, bonbons, biscuits, etc.).
Alcool.
Cigarette.
Antidépresseurs.
STOCK SURVIVALISTE DE LOISIRS LOW-TECH
Si vous avez déjà subi une coupure d'électricité de quelques jours, alors vous savez de quoi je parle. Sans électricité, votre vie bascule soudainement dans un monde silencieux et ENNUYEUX.
Le choc est brutal pour tout le monde, mais surtout pour les enfants.
Chaque journée, c'est plusieurs heures que l'on passe devant des écrans à nous distraire ou à travailler. Quand nos écrans restent noirs, ces heures deviennent longues, très longues.
Des jeux de société sont alors parfait pour occuper toute la famille au coin d'une lanterne.
Des livres sont aussi incontournables. Qui sait, peut-être que c'est à ce moment que vous lirez mon livre sur l'eau au chapitre "Autonomie et systèmes résilients spécifiques" pour découvrir comment s'approvisionner en eau quand il n'y a plus de jus
STOCKER POUR COMBIEN TEMPS ?
En ce qui concerne les quantités à acquérir, cela dépend principalement de votre famille, de votre porte-monnaie et de votre espace de stockage.
Cependant :
3 JOURS D'AUTONOMIE MINIMUM
C'est le strict minimum que le gouvernement vous conseille d'avoir. C'est ce que possèdent par défaut la plupart de gens, voire un peu plus.
Cependant, vous trouvez que c'est suffisant ?
La réponse est évidemment : NON.
10 JOURS D'AUTONOMIE POUR PARER À L'IMPRÉVU
C'est déjà mieux comme réserve d'urgence pour surmonter la plupart de situations d'urgence.
Une panne de courant, une coupure d'eau, une route barrée, une tempête, tous ces événements sont dans leur grande majorité temporaire et ne durent que quelques jours.
Normalement...
3 MOIS D'AUTONOMIE POUR ANTICIPER LES CRISES MAJEURES
C'est ce que je conseille d'avoir au minimum- si vous le pouvez - étant donné la situation et la conjoncture actuelle, je ne vous fais pas de dessin (crise sanitaire, guerre en Europe, crise écologique, crise sociale, crise politique, crise bancaire, crise économique, crise financière, crise géopolitique mondiale).
Vous trouvez que j'exagère ? Pas si sûr...
C'est un stock à la fois réaliste et pas trop excessif.
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Alors là, certains individus vont me dire :
"Ouai, 3 mois de stock d'eau, à raison de 4 litres par jours et par personne, ça représente 1440 litres ! Soit 160 packs d'eau ! Soit presque une tonne et demie à mettre dans mon appartement parisien. Les voisins vont faire la gueule !"
Bien entendu qu'il est inenvisageable de stocker autant d'eau. Et c'est là qu'on se rend compte qu'il y a rapidement des contraintes logistiques et techniques. Qu'il faut faire preuve de bon sens pour trouver des solutions.
Justement, c'est cette recherche constante de solutions et de plans B qui fait l'esprit survivaliste.
Effectivement, la ressource en eau est vitale.
Oui, elle est contraignante : c'est lourd, c'est volumineux, elle doit être potable pour être consommé sans danger, etc.
Et OUI, il existe des solutions viables, simples et efficaces.
Si vous voulez creuser le sujet de la résilience en eau, je vous propose mon manuel pratique de 310 pages qui détaille toutes les solutions à mettre en place pour assurer de l'eau potable à vos proches en toutes conditions (en ville ou à la campagne).
C'est un livre de survivalisme pragmatique qui m'a demandé une bonne année de travail et qui, je pense, est bien exhaustif sur le domaine.
*******
6 MOIS OU 1 AN DE STOCK
Maintenant si vous pouvez plus, ce n'est pas perdu.
Je parie qu'il n'y a pas encore si longtemps, l'idée d'avoir 6 mois ou 1 an de stock de sécurité à la maison vous aurait fait bondir : " Pfff mais t'es un grand malade!"
Mais, à présent, qu'on se bouffe de plein fouet l'inflation et des pénuries (qui étaient parfaitement prévisibles), cette idée confrontée au RÉEL s'avère finalement être un sacré bon plan pour faire des économies ?
Ou du moins limiter la casse de notre pouvoir d'achat qui diminue.
*****
Étant donné l'inflation galopante qui ne risque pas de disparaitre de sitôt, tout ce que vous achetez présentement coûtera certainement moins cher que dans six mois.
Et je ne parle pas des augmentations de prix naturelles, des pénuries (rapport direct avec l'inflation) et des ruptures d'approvisionnement dues à deux ans de crise covidienne.
Faire des stocks est donc bon pour le portefeuille.
PFFF ! PAS BESOIN DE STOCK
"Tu vas faire quoi après que tu auras vidé ton stock d'urgence, hein ? Tu seras comme tout le monde, dans la merde !".
C'est la remarque qu'on entend souvent venant de la bouche (ou du clavier) d'individus dénués de bon sens.
Ce sont généralement les mêmes individus qui disent " ça ne sert à rien de se préparer, tout va s'effondrer de toute façon." (en fait, il a décidé d'être passif et soumis et cherche du renfort dans sa médiocrité).
En fait, dans les faits, ils n'ont rien et sont toujours les premiers à pleurer. Qui connait le futur exact ? Personne.
Mais, une chose est sûre : ce genre de réaction binaire est stupide. Entre le grand effondrement de l'apocalypse et la panne de courant pendant 2 h, il y a une multitude de scenarios d'effondrement possible, plus ou moins importants, plus ou moins dangereux...
CONCLUSION CONCERNANT LE STOCK SURVIVALISTE ANTI-CRISE
Votre stock survivaliste de sécurité, vous permet d'appréhender une situation de rupture de normalité BEAUCOUP plus sereinement et avec BEAUCOUP moins de stress.
Bien évidemment, si vous avez maison et terrain, un potager va également aider, mais ce n'est pas le sujet dans cet article qui focus sur des principes et astuces accessible au plus grand nombre.
Ce stock vous laisse le temps de vous adapter progressivement aux événements et d'y faire face plus efficacement. Aussi, ce stock d'urgence étant anticipé, il vous évite de prendre de mauvaises décisions prises dans la panique (comme se ruer sur les pâtes lors d'une pénurie et totalement dénigrer l'eau de javel ou des piles par exemple).
Stockez ce que vous consommez (90 %) et du "au-cas-ou" pas cher (10 %). C'est une assurance pragmatique pour votre famille.
Finalement, ça vous donne un avantage ÉNORME sur l'ensemble de la population.
Vous ne trouvez pas ?
Vivre mieux MAINTENANT tout en anticipant sereinement le futur
Voilà ce que permet un stock survivaliste d'urgence pour faire face aux crises.
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RESSOURCES
EXEMPLE DE 30 OBJETS QUI DISPARAISSENT EN CAS DE CRISE
Je vous liste ci-dessous un exemple de 30 objets qui disparaissent rapidement. Cette liste est basée sur le RETEX (RETour d'EXpérience) d'un habitant de Sarajevo en 1990.
Les 30 objets :
Groupe électrogène.
Filtre à eau a gravité.
Toilettes sèches de fortune.
Bois de chauffage.
Pétrole lampant.
Couteaux, spray de défense, lacrymos.
Arme à feu et munition.
Ouvre-boîte manuel.
Sucre sous toutes ses formes (Miel, etc.).
Céréales et légumineuses sèches : riz, pâtes, haricots, etc.
Huile de cuisson.
Charbon de bois.
Contenants divers (seau, bassines, gamelles, etc.).
Chauffage au gaz butane.
Moulin à main à céréale.
Bouteilles de gaz (butane, propane).
Manuel de survie variés.
Lampe à pétrole.
Matériel bébé (couches, lait ne poudre, etc.).
Matériel de lessive à la main (savon, brosse).
Gazinière à gaz, réchaud à gaz.
Médicaments et vitamines.
Support de bouteilles de gaz.
Produits d'hygiène féminine (serviettes, tampons, etc.).
Sous vêtement chaud.
Matériel pour le bois de chauffage (hache, scie, hachette, etc.).
Papier alu.
Jerrican de carburant.
Sacs-poubelles.
Papier toilette, lingettes bébé.
Attention, cette liste n'est PAS dans l'ordre et est à replacer dans son contexte : une situation de guerre en ex-Yougoslavie il y a 40 ans.
En outre, on ne parle pas vraiment de stock de crise survivaliste, mais ça reste en rapport avec l'article. Finalement, apprendre de l'histoire est toujours bénéfique.
Vous constatez dès à présent que bon nombre d'objets figure déjà dans la liste de stock de situation de crise (même si on ne parle pas exactement de la même chose).
LES 100 OBJETS QUI DISPARAISSENT LE PLUS VITE
Pour aller plus loin et voir la liste complète avec les 70 autres objets, je vous invite à regarder la vidéo de Vik Gadsden : "les 100 objets qui disparaissent le plus vite lors d'une guerre" (voir ci-dessous).
NB : Vik propose des consultations privées pour booster votre préparation, vous faire gagner du temps et vous éviter de faire des erreurs.
DEUX EXEMPLES DE RÉSERVES ALIMENTAIRES SURVIVALISTE
Les chaines YouTube Le Survivaliste Français et Enimus La Micro Ferme Urbaine nous présente leur réserve alimentaire à base de conserves et bocaux. Rien de sorcier à mettre en place.
Pierre | Mouton-Résilient
Nous nous définissons comme citoyens résilients. C’est-à-dire que nous développons dans nos vies des solutions pragmatiques, à notre échelle, afin d'être le plus indépendant possible... en savoir plus sur notre équipe.
Si vous avez des questions, suggestions ou remarques, alors l'espace commentaire ci-dessous n'attends que vous.
le pouvoir d'achat
Il me pose beaucoup de problèmes ce pouvoir d'achat...
Personnellement, d'abord, sur un plan strictement individuel. Il est clair et indiscutable que mon pouvoir d'achat a diminué au fil du temps. Le pouvoir d'achat de Nathalie est encore plus modéré que le mien. Malgré son master 2 (psychologue clinicienne) et sa carrière professionnelle (institurice puis psychologue scolaire).
Sa pension la place sous le seuil de pauvreté. Moi, je suis 500 euros au-dessus, quelle chance...A nous deux, on s'en sort mais tout est calculé et il est heureux que le potager nous nourrisse en grande partie.
Je sais bien qu'il y a des individus qui sont dans une situation bien plus critique que la nôtre. Mais je l'ai déjà expliqué, la "dialectique du pire", c'est un piège, une abomination.
Aujourd'hui, j'ai eu deux visites. J'avais mis en vente sur le bon coin des fenêtres que nous avons remplacées. Les deux couples qui sont venus, un le matin, l'autre l'après-midi, ont raconté la même situation. Ils sont venus vivre dans la Creuse parce que c'était un département, quasiment le seul, où ils pouvaient acheter une petite maison. (environ 35 000 euros) Ils sont donc, eux aussi, en pleine rénovation mais dans l'impossibilité d'acheter des matériaux neufs. Tout est acheté en occasion et remonté par eux-mêmes. Ils sont pourtant tous salariés... Il existe indiscutablement de très nombreuses personnes qui peinent à joindre les deux bouts.
Quelles sont les conséquences au-delà des individus ? Peut-on demander à cette frange de population de prendre fait et cause pour l'environnement, de s'engager dans une voie de décroissance alors que les médias donnent de celle-ci une image catastrophique, un désastre économique, une perte encore plus grande du pouvoir d'achat?
En vélo, on dit que quand on roule vent de face, il faut être con pour lever la tête. Voilà, on en est là, la tête dans le guidon et on n'a pas la possibilité de regarder plus loin que la roue avant. On rentre les épaules, on fait le dos rond, on tente de survivre. Alors, il ne faut pas demander en plus de penser aux miilions de kilomètres que l'humanité a encore devant elle. Il ne reste que l'individu engagé dans sa lutte. Et il serait abject d'aller parler d'égoïsme. La frange de population dont le sujet prioritaire, c'est la perte réelle de pouvoir d'achat, n'est pas en état pour se préoccuper de l'état de la planète, de la biodiversité, de la souffrance animale, des risques environnementaux et de la possibilité de plus en plus grande d'un effondrement de nos systèmes.
Les gens que j'ai vus aujourd'hui sont en équilibre, sur le fil du rasoir, inquiets pour leurs enfants et se sentent démunis, fatigués, aux aguets. Ils se sentent déjà en danger alors un danger lointain qui concerne la planète entière, ça ne peut pas entrer dans leur espace intérieur. Sinon, ils explosent. Et je les comprends parfaitement.
Cette idée que la pauvreté sert les puissants, qu'un pouvoir d'achat réduit à sa portion congrue, c'est un moyen idéal pour maintenir le système en état. Il y a bien longtemps que je suis persuadé que tout ça est volontaire, calculé. "L'Etat-providence", c'est une supercherie. C'est sa providence qu'il cherche à maintenir et pour cela, il faut qu'il y ait des inégalités, des seuils de pauvreté et des seuils de richesse, des injustices et des passe-droits, des malversations et quelques condamnés pour l'exemple. Tout ça est une vaste machinerie et je parle volontairement de machinerie dans le sens où il n'y a plus de réflexions au-delà des rouages ancestraux des classes sociales. Il y aura toujours des pauvres, de plus en plus, et toujours des riches, de plus en plus riches. Et les uns comme les autres entretiennent la machine, les premiers en tentant d'améliorer leur sort en acceptant les règles de la machine et les seconds en oeuvrant à préserver leurs privilèges. Tous engagés dans le même sens. Au jour le jour.
La toute puissance du pouvoir d'achat restera le fil conducteur des existences.
Alors, effectivement, et on le voit encore ce soir, rien ne change et les électeurs espèrent que leur sort va s'améliorer ou tout du moins ne pas s'aggraver davantage. Tout le monde la tête dans le guidon, avec le vent de face. Les contestations, les manifestations, les grèves, les rassemblements, rien ne viendra réellement transformer le système. Chacun ira de sa proposition pour améliorer la situation de chacun mais en fonction de son appartenance à un groupe précis. La notion d'humanité est inexistante.
C'est comme si chacun vivait sur sa planète.
Qu'arrivera-t-il le jour ou les Puissants prendront conscience que ce système les condamne eux aussi au vu de la dégradation constante de l'état de la planète ? Décideront-ils de supprimer les pauvres pour réduire l'impact d'une humanité dévastatrice ? C'est ce que je tente d'écrire depuis deux ans. Et il arrive, parfois, où je finis par avoir peur de ce que j'écris.
L'énergie encore et toujours et de plus en plus.
Ce qui se passe en Allemagne présage des problèmes que nous allons rencontrer.
L'Allemagne a décidé de se passer de l'énergie nucléaire à la suite de Fukushima pour investir dans le charbon jusqu'en 2030, c'est à dire le temps nécessaire pour produire suffisamment d'énergies "renouvelables". Le problème est simple : avec une croissance exponentielle, il est illusoire de croire que l'énergie solaire et éolienne parviendront un jour à assurer l'autonomie énergétique. C'est le rêve d'une "croissance verte" et on sait que c'est un mensonge. Le problème ne vient pas des "écolos" comme on peut le lire dans divers commentaires mais de l'idée d'un monde en croissance dans une planète aux ressources limitées.
Dans le roman "Jusqu'au bout", j'utilisais l'image du grimpeur. En escalade, la prioroité n'est pas de renforcer la masse musculaire mais d'apprendre à utiliser avec économie celle déjà disponible. Augmenter la masse musculaire revient également à augmenter la masse corporelle et donc le poids et par conséquent à devoir user davantage d'énergie.
On est dans la même problématique sur le plan énergétique. Si on cherche à préserver la hausse de la croissance, il faudra sans cesse augmenter la production d'énergie alors qu'on sait très bien que le pétrole, le gaz et le charbon coûteront de plus en plus cher. Il arrivera un moment où ces sources d'énergie ne seront plus accessibles à la population de base. C'est d'ailleurs déjà le cas. Un ami pompier a eu à intervenir chez une dame âgée, vivant seule dans une maison très ancienne. C'était pendant le coup de froid du mois de mars. Il faisait douze degrés dans la pièce principale. Elle a expliqué qu'elle n'avait pas les moyens pour se chauffer.
On va vers un monde scindé entre les "privilégiés" et les autres. Le problème écologique va se heurter à la réalité quotidienne et c'est insoluble dans une économie de marché. Je lis parfois que dans une économie en décroissance, les services de base ne pourront plus être financés. Santé et éducation, par exemple. Mais ils ne sont déjà plus financés à hauteur de l'importance de leur mission... L'économie de marché, le néo-libéralisme, le capitalisme les ont déjà laissés tomber. Quant à l'argent existant, il existe. C'est juste qu'il n'est pas partagé. Le concept du "ruissellement" cher à tous les politiciens et à tous les financiers est une utopie, un mensonge de plus. Mais quel gouvernement osera mettre en avant et appliquer la nécessaire décroissance alors que "le pouvoir d'achat" est de plus en faible ? Nous sommes enchaînés et la seule solution, c'est de viser la plus grande autonomie personnelle possible. Aucune solution ne viendra des puissants, ni même de la population dans sa grande majorité. Il n'est qu'à voir les candidats restants pour l'élection de demain...
Allemagne : des milliers de manifestants rassemblés dans un village menacé de disparaître en raison de l'extension d'une mine de charbon
Le village de Lützerath est, comme d'autres, condamné à disparaître pour permettre à une mine de charbon de s'étendre, malgré l'abandon de cette énergie, très émettrice en gaz à effet de serre, programmé par l'Allemagne à horizon 2030.
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France Télévisions
Publié le 23/04/2022 16:30Mis à jour le 23/04/2022 16:38

Des manifestants protestent contre la disparition d'un village en raison de l'extension d'une mine de charbon, à Lützerath (Allemagne), le 23 avril 2022. (BERND LAUTER / AFP)
Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi 23 avril dans un village voué à disparaître en raison de l'extension d'une mine de charbon. Selon les organisateurs, quelque 3 500 personnes ont manifesté à Lützerath, dans le bassin minier rhénan, à quelques centaines de mètres seulement de la gigantesque mine à ciel ouvert de Gazrweiler, une des plus grandes du monde, régulièrement cible de militants écologistes. La police n'a, elle, pas communiqué le nombre de participants.
Une centaine de militants ont décidé d'aller protester au bord de la mine, ce qui peut s'avérer "extrêmement dangereux", a estimé dans un tweet la police de la région Rhénanie-du-Nord-Westphalie, demandant aux organisateurs de faire passer le message parmi les protestataires.
Ce village est, comme d'autres, condamné de longue date à disparaître pour permettre à la mine de charbon de s'étendre encore, malgré l'abandon de cette énergie très émettrice en gaz à effet de serre programmé par l'Allemagne à horizon 2030. Depuis l'invasion russe de l'Ukraine, le débat sur le charbon est toutefois relancé dans le pays, très dépendant du gaz russe qui représente quelque 55% de ses importations. Afin d'assurer la production d'électricité tout en réduisant sa dépendance, le gouvernement allemand s'est donné fin mars la possibilité de "suspendre" la fermeture de certaines centrales à charbon pour remplacer le gaz russe, tout en assurant que l'objectif d'une sortie du charbon d'ici à 2030 reste inchangé.
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"Les immensités secrètes" : voyage à vélo
A lire
Se déplacer sans essence, sans électricité, par la force des mollets...
[LIVRE] Les Immensités secrètes - Un voyage à vélo jusqu'au pays où le soleil ne se couche jamais
Quelques années après À la poursuite de l'horizon, je me suis lancé dans un nouveau voyage à vélo. Je vous propose de découvrir le récit de cette aventure. Les Immensités secrètes est paru aux éditions BoD. Il est théoriquement disponible sur commande dans toutes les librairies.
EXTRAIT :
"Alors que les grues commencent à se perdre dans les nuages, l'ennui, telle une marée montante, engloutit peu à peu les quais déserts du port. Plongées dans la bruine, balayées par les vents, les trois rues d'Hirtshals semblent tout aussi abandonnées. Soufflant dans le creux de mes mains engourdies, j'entre dans un petit magasin pour y dépenser mes dernières couronnes danoises. Rien de très alléchant, mais au fond, tout ce qui compte, c'est de faire le plein de calories. N'osant pas abuser du confort de ce Rema 1000 (seul lieu chauffé accessible aux vagabonds), je m'assois dehors près des caddies. En mangeant une énorme brioche à la crème industrielle, je débute mon étude de la carte du monde d'en face, perdu au loin dans les brumes. Et je me souviens de ce moment où, quelques minutes avant de changer d'année, fatigué par le bruit (et songeant déjà à dérouler mon duvet sous un bel épicéa), je m'éclipsai discrètement dans la Nature. Plutôt que d'affronter les effusions de joie, les danses traditionnelles et toutes ces choses, je préférai partir rêvasser dans les immensités glacées. Seul, les pieds dans la neige, sous une lune naissante, bleutée, contemplant le grand ciel étoilé sur lequel se dessinait la belle silhouette du mont Charvet, je me promis, sans trop y croire, de reprendre mon vieux vélo pour m'enfuir jusqu'au soleil de minuit..."
158 pages. 8,95 euros. À noter : le livre ne contient aucune photo.
Lire les 2 premiers chapitres.
CRITIQUES (plus de détails en bas de page) :
"Une belle philosophie de vie, un récit superbement écrit et poétique, un cadeau offert par un simple humain amoureux de la Nature qui aimerait croire que ses semblables ne la détruiront pas trop vite." Jean-Yves Mounier, Biblio-cycles, novembre 2020. "Sur son vieux vélo, avec sa tente et ses sacoches, Matthieu Stelvio raconte avec talent son périple [jusqu'au] cap Nord. [...] Il voulait affronter la nature sauvage, il n'a pas été déçu, nous non plus." Magazine Outdoor Go (n°21, février-mars 2021, p°15). "Heureusement, [Matthieu] a le moral et le plaisir l’emporte toujours. Et pour nous aussi, tout au long de la lecture à travers laquelle il nous communique son euphorie, et sait nous faire ressentir ce qu’il y a d’exceptionnel à pouvoir se déplacer en douceur dans un environnement préservé. Un livre pour rêver [...]." B. Désormeaux, Carnets d'Aventures, mars 2021. "La manière de conter est réellement plaisante et l'auteur sait ne pas se mettre en avant au profit des paysages, des rencontres, des émotions. Quatre étoiles." La librairie du Voyage, septembre 2020. Top 5 des récits de voyage à bicyclette 2020 : Les Immensités secrètes est un "récit superbement bien écrit, empli de poésie". Revue Le Randonneur, janvier 2021. Livre conseillé par le magazine 200 (n°27, janvier-mars 2021, p°121).
COMMANDES :
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À noter : le livre ne contient aucune photo (ajouter des photos aurait doublé le prix de l'ouvrage).
Marre de cette société grise et étriquée ! Mon rêve est esquissé. C'est décidé : loin de l'air pollué des cités bétonnées, je partirai. Sur mon vieux vélo, avec ma tente et mes sacoches, je traverserai la France, l'Allemagne, puis le Danemark. Je franchirai ensuite un petit bout de mer. Commencera alors l'aventure du Grand Nord. Au fil des fjords de Norvège, je découvrirai mes immensités rêvées, et j'irai si loin que les jours n'auront plus de fin.
Les CRITIQUES détaillées :
« De son voyage à vélo entre Grenoble et le Cap Nord, et retour, Matthieu tire la substantifique moelle et nous raconte avec talent et poésie la partie scandinave du périple, plus particulièrement le long de la côte norvégienne et de ses incroyables fjords.
Celui qui veut ressentir la pureté des éléments, exister de toutes [ses] forces, vivre en grand, se sent de plus en plus mal à l'aise avec la vie standardisée qui lui est promise, veut se confronter aux éléments, vent, pluie, froid, il veut se perdre dans les vastes forêts nordiques, se frotter aux animaux sauvages, rennes, élans et autres oiseaux. Il recherche moins la compagnie humaine, qu'il ne néglige cependant pas quand il a l'occasion de croiser de beaux yeux clairs ou un congénère pédalant, que la Nature, toujours majuscule chez lui. Il veut retrouver la beauté des choses simples, il refuse la civilisation du toujours plus, il aspire à se sentir vivant à travers l'épreuve physique que représente un tel voyage dans ces immensités sauvages et secrètes...
Une belle philosophie de vie, un récit superbement écrit et poétique, un cadeau offert par un simple humain amoureux de la Nature qui aimerait croire que ses semblables ne la détruiront pas trop vite. (Jean-Yves Mounier) Livre hautement apprécié par le comité de lecture. » Biblio-cycles de Philippe Orgebin, Hervé Le Cahain et Jean-Yves Mounier, novembre 2020.
« Un parcours conté jour après jour mais qui évite le côté laborieux du genre. La manière de conter est réellement plaisante et l'auteur sait ne pas se mettre en avant au profit des paysages, des rencontres, des émotions. Quatre étoiles. » La librairie du Voyage, septembre 2020.
Top 5 des récits de voyage à bicyclette 2020 : Les Immensités secrètes est un "récit superbement bien écrit, empli de poésie". Revue Le Randonneur, janvier 2021.
« Sur son vieux vélo, avec sa tente et ses sacoches, Matthieu Stelvio raconte avec talent son périple de Grenoble à Grenoble... en passant par le cap Nord. C'est l'aventure du Grand Nord le long de la côte norvégienne, de ses incroyables fjords, puis les forêts immenses et secrètes de Finlande. Matthieu voulait affronter la nature sauvage, il n'a pas été déçu, nous non plus. » Magazine Outdoor Go (n°21, février-mars 2021, p°15).
«Allez, un petit tour à vélo pour changer. Une promenade jusqu’au cap Nord, si, si, c’est juste par là, plein nord en sortant de Grenoble. Bon, on vous passe les banlieues – Allemagne, Danemark, tout ça –, et on attaque direct par le plat (à peu près, voire pas du tout…) de résistance : la Norvège, par la côte – pas trop le choix – vous aurez même droit à un petit détour Lofoten (cf. CA 53). Le tout est joliment empaqueté et Matthieu ne nous épargne pas les moments pénibles de son périple, mais heureusement, il a le moral et le plaisir l’emporte toujours. Et pour nous aussi, tout au long de la lecture à travers laquelle il nous communique son euphorie, et sait nous faire ressentir ce qu’il y a d’exceptionnel à pouvoir se déplacer en douceur dans un environnement préservé. À lire pour rêver un peu et commencer à préparer la prochaine virée.» Bruno Désormeaux, Carnets d'Aventures, mars 2021.
Livre conseillé par le magazine 200 (n°27, janvier-mars 2021, p°121).
Jacques Perrin
On sait bien que c'est inéluctable mais, très clairement, pour moi, c'est un très grand homme qui s'en est allé.
Il restera tous ses rôles et je sais à quel point, ils m'ont marqué. Tout comme les films de Pierre Schoendoerffer avec lequel il a travaillé. Et bien évidemment tous les documentaires, remarquables, qu'il a produits.
Toute une période de ma vie. D'immenses souvenirs, de profondes émotions.
L'acteur, réalisateur et producteur Jacques Perrin est mort à l'âge de 80 ans
Connu pour ses rôles dans "Les Demoiselles de Rochefort", "Peau d'âne", "Le Crabe-tambour" ou plus récemment "Les Choristes", il avait aussi réalisé de nombreux documentaires comme "Le Peuple migrateur" et "Océans".
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France Télévisions
Publié le 21/04/2022 18:39Mis à jour il y a 8 minutes
Temps de lecture : 1 min.

L'acteur, réalisateur et producteur Jacques Perrin à Paris, le 7 juin 2019. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
L'acteur, cinéaste et producteur Jacques Perrin, qui avait notamment joué dans Peau d'âne ou Le Crabe-tambour et réalisé le documentaire Le Peuple migrateur, est mort jeudi 21 avril à Paris à l'âge de 80 ans, a annoncé sa famille à l'AFP. "La famille a l'immense tristesse de vous informer de la disparition du cinéaste Jacques Perrin, mort le jeudi 21 avril à Paris. Il s'est éteint paisiblement à l'âge de 80 ans", a annoncé sa famille dans une déclaration transmise à l'AFP par son fils, Mathieu Simonet. Il était tout récemment apparu dans le film Goliath de Frédéric Tellier, avec Pierre Niney, Gilles Lellouche et Emmanuelle Bercot.
Un défenseur engagé de la nature
Comme acteur, Jacques Perrin, né à Paris le 13 juillet 1941, a tourné dans plus de 70 films à partir des années 1950. Sa voix douce et sa chevelure grise devenue blanche étaient familières au grand public, qui l'a notamment vu chez Pierre Schoendoerffer (Le Crabe-tambour en 1977, L'Honneur d'un capitaine en 1982) et Jacques Demy (Les Demoiselles de Rochefort en 1967, Peau d'âne en 1970). Jacques Perrin a aussi été le coproducteur d'une quinzaine de films depuis la fin des années 1960, parmi lesquels Z de Costa-Gavras (1968) ou Les Choristes (2004) de son neveu Christophe Barratier, dans lequel il jouait également (8,6 millions d'entrées). Au début des années 2000, il avait également fait une apparition dans le rôle du narrateur dans Le Pacte des loups, de Christophe Gans.
Défenseur engagé de la nature, il a coproduit plusieurs documentaires sur ce thème, dont Le Peuple singe (1989), Microcosmos : le peuple de l'herbe (1996) ou Himalaya : l'enfance d'un chef (1999). Par la suite, il a lui-même coréalisé des documentaires remarqués, dont Le Peuple migrateur, consacré aux oiseaux (2001, 2,8 millions de spectateurs en France), puis Océans (2010, 2,9 millions de spectateurs), récompensé par le César du meilleur documentaire en 2011.
Bruno Cremer, Jean Rochefort, Claude Rich, Jacques Dufilho... Tous ceux qui sont partis et qui sont toujours là.
Le trilemme de Rodrick
Le trilemme de Rodrick
Wikipedia
« La démocratie, la souveraineté nationale et une intégration économique poussée sont mutuellement incompatibles : il est possible de combiner deux des trois possibilités, mais il n’est jamais possible d’avoir les trois simultanément et entièrement. »5
La thèse peut donc se résumer donc de la manière suivante : une société ne peut pas avoir à la fois un régime démocratique, accepter une large ouverture à la mondialisation et conserver sa souveraineté nationale. Il est nécessaire de choisir entre ces trois pôles et une communauté politique doit choisir deux pôles parmi ces trois dimensions6.
Une fois ces trois alternatives définies Dani Rodrik en déduit nécessairement trois régimes institutionnels possibles :
L’option du « fédéralisme global » : ce régime combine institutions démocratiques et ouverture internationale de l’économie mais renonce alors à l’indépendance vis-à-vis du reste du monde. Un exemple donné par Rodrik lui-même est l’Union européenne.
Une deuxième option est appelée « camisole dorée » par Rodrik (golden straightjacket en anglais) en référence à la thèse, controversée, du journaliste Thomas Friedman selon lequel un pays devrait accepter de sacrifier sa souveraineté démocratique au bénéfice d’institutions internationales pour parvenir à la prospérité économique7. Ce paradigme peut être incarnée par la Chine contemporaine, ouverte économiquement et intégré à la mondialisation avec un État développé et souverain au prix de l’absence d’institutions démocratiques.
Enfin la troisième option est celle du « compromis de Bretton Woods ». Elle renvoie à l’idée qu’avant l’ère de libéralisation qui succède à la fin de l’étalon or les pays étaient relativement moins intégrés économiquement.
"On ne change pas un système en place en s’y opposant’’, disait Einstein, ‘’mais en créant un nouveau système qui rende le précédent obsolète’’.
Bon, tout le problème est là en fait. Nous n'avons pas la possibilité de changer le système politique, nous le subissons mais il est par contre possible de s'extraire, au mieux, de ce système et c'est là qu'entre en scène la simplicité volontaire, le retrait, la décroissance choisie puisque tout cela revient à ne pas alimenter, en tout cas le moins possible, le système économique qui maintient en place le système politique.
C’est le moment de faire votre choix… Je vous écoute…
Le serveur attend que l’homme visiblement mal à l’aise se décide.
Il tourne les pages d’un menu qui ne semble pas lui convenir, se gratte la tête...
- C’est tout ce que vous avez dans votre menu ?’
- Si je puis me permettre, je vous conseille la tête de veau. Elle est appréciée…
- Oui j’ai vu, mais, non, ça ne va pas le faire…
- Alors prenez les pieds de porc
- Ça ne sera pas possible non plus
L’homme est mal à l’aise
- Vous n’avez vraiment que ces deux plats dans votre carte ?
- On peut vous préparer un magret de canard dans son jus, une entrecôte paysanne et même des cuisses de grenouille si vous préférez
- C’est que je suis végétarien…
- Ah ! et bien, prenez le poulet aux épinards Vous mangez bien du poulet ?
- Non, je suis végétarien, je ne mange pas d’animaux
Le visage du serveur se crispe
- Orientez-vous sur un poisson, Une sole meunière, une truite aux amandes… Non ? Vous ne mangez pas non plus de poisson ?
- Pas d’animaux, non…
- Des moules, des bulots ?
- Non, ni crevettes, ni coquillages, animal à plume, à poil, à coquille, à sabot !
- Alors vous êtes végétalien… Pas végétarien précise le serveur satisfait
- Oui, si vous préférez… Je ne mange pas d’animaux quoi…
Le silence devient pesant…
C’est l’heure du choix
Soudain le regard du client s’éclaire !
- Ah j’ai trouvé ! l’assiette vegan ! Je n’avais pas vu
Émincé de carottes sur son lit de riz sauvage, brocolis et cake aux olives... Avec une soupe au butternet, c’est parfait ça !
Pourquoi ne me l’avez-vous pas proposé ?
- Nous l’avons arrêté dimanche dernier… Les clients n’en voulaient pas… Bon… Vous choisissez quoi ? J’ai bien entendu que vous êtes végétarien. Mais qu’est-ce que je vous sers ? Tête de veau ou pieds de cochon ?
Un classique de la manipulation est de nous faire croire que nous avons le choix à un endroit où nous ne l’avons pas.
Mais nous nous manipulons nous-même en perdant de vue notre propre pouvoir et en oubliant la force de notre véritable souveraineté.
La démocratie ne se manifeste pas qu’un jour tous les cinq ans. C’est un processus qui se gagne jour après jour. Quant à la liberté, C’est un sentiment qui s’acquiert de l’intérieur. C’est une force, une conscience. Elle disparaît d’elle-même lorsque nous perdons le goût de ce qui vraiment nous anime sur cette terre.
Lorsque nous abandonnons notre souveraineté en termes d’écologie, d’alimentation, d’éducation, de culture, de lieu de vie, d’activité professionnelle, lorsque nous laissons d’autres choisir pour nous ce que nous devons manger, comment nous devons nous soigner, pour qui nous devons voter, nos systèmes s’épuisent et naissent des simulacres de démocratie. Les lobbys, les personnalités politiques, les centres de pouvoir parallèles se réjouissent de cette souveraineté oubliée.
Le fait que les candidats au premier tour, mais aussi les chanteurs, les joueurs de foot, ou autres célébrités nous transmettent leurs consignes de vote en dit long sur ce que nous avons perdu au fil du temps en termes de démocratie, de souveraineté et de liberté.
Au moment de faire un choix, nous sommes généralement animés par deux élans :
L’amour, et la peur
Plus notre cœur est ouvert, moins nous avons peur. Notre choix est assumé, lumineux, inspirant.
Plus nous sommes dans la peur, plus notre cœur se ferme.
Le choix de l’amour est un choix souverain, nous adoptons un modèle de vie, une façon de décider, de nous soigner, de consommer, à partir de nos valeurs. Le choix de la peur est un choix perdant. Nous choisissons par dépit un plat, un lieu de vie, des études, un candidat aux élections.
Lorsque nous choisissons par la peur, nous perdons progressivement notre souveraineté, mais aussi notre foi, notre enthousiasme et notre propre raison de vivre.
On peut faire un choix la trouille au ventre, parce que son horizon nous fait rêver. Le sportif qui se lance dans un nouveau défi, l’entrepreneur qui décide de se mettre à son compte ont souvent peur d’échouer. Mais ils assument leur choix car celui-ci correspond à leur vocation et à leur philosophie.
Lorsque nous assumons pleinement nos choix, notre vie est plus sereine. Il n’y a plus de ‘’on doit’’ ‘’il faut’’ Il n’y a plus de ‘’corvées’’ de ‘’tâches’’ qu’il ‘’faut faire’’. Les choix sont naturels et sans effort. Nous comprenons la loi de causalité, chaque cause produit un effet et chaque effet vient d’une cause. Si nous souhaitons vivre dans une maison bien rangée, nous comprenons le sens de faire le ménage le matin. Si nous voulons nous maintenir en bonne santé, nous trouverons la motivation de soigner notre alimentation, de faire de l’exercice... Nous savons pourquoi nous avons choisi. Nous sortons alors de la posture de victime. C’est l’œuvre d’une vie.
La période sanitaire nous a interrogé sur le moteur de nos choix, plus qu’aucune autre période de ces dernières décennies.
Qu’est ce qui a animé tant d’entre nous à se faire vacciner ? Un véritable choix souverain, un petit arrangement, ou la peur, de perdre son travail, de ne plus pouvoir sortir. Lorsque ces choix - qui n’en sont pas - sont trop nombreux, nous perdons notre lumière. Lorsque nous générons de vrais choix vertueux, ils nous pacifient. Lorsque nous choisissons par dépit un choix qui n'en est pas un, nous ne gagnons pas en sérénité. Nous attendons que l'autre fasse les mêmes choix que nous, nous nous agaçons qu'il ne sache pas choisir, qu'il hésite. Ce processus de choix par dépit entretient tant de conflits dans les cercles familiaux et professionnels.
Sommes-nous conscients, que notre choix est souverain, lorsque nous commandons un livre chez le libraire du coin plutôt que chez Amazon ? Sommes-nous conscient que nous votons avec notre carte bleue toute l'année ? Sommes-nous conscients que chaque acte aussi anodin soit il a des répercussions sur l’économie, sur l’écologie, sur notre environnement ?
Certains choix sont des dilemmes, (deux options incompatibles – Je ne veux pas me faire vacciner, mais j’ai besoin de mon pass pour voyager) d’autres sont des trilemmes. Nous n’avons pas deux options, mais trois, dont l’une est incompatible avec les deux autres.
Beaucoup ressentent ce trilemme à l’approche des élections.
- Je ne veux pas repartir cinq ans avec ce président sortant
- Je ne veux pas voter pour cette candidate
- Je ne veux pas ignorer mon droit de vote durement acquis
Un trilemme est une impasse qui met en avant la fragilité de tout un système qui montre son incohérence. Ce n’est pas alors choisir le moins pire qui est tant important pour sortir ce ce trilemme, que la prise de conscience de ce qui l’a généré.
L’économiste Dani Rodrik s’est illustré en mettant en avant le trilemme qui porte désormais son nom, le Trilemme de Rodrik. Selon lui, la mondialisation nécessaire à l’évolution de l’économie, la souveraineté nationale et la démocratie forment un trilemme et sont donc incompatibles.
Il faut alors sacrifier l’un des piliers du triangle : la mondialisation, la souveraineté nationale, ou la démocratie.
Ces dernières années, l’Europe a privilégié une économie fédératrice. Une monnaie unique, des lois votées à Bruxelles pour réglementer nos quotas hexagonaux. Elle a, du coup, fragilisé notre souveraineté nationale et notre démocratie.
La Chine a résolu à sa façon son trilemme de Rodrik en privilégiant une mondialisation sans complexe et une gouvernance supranationale. Elle a pour cela clairement éradiqué la démocratie en imposant le crédit social. C’est ce qu’on appelle la camisole dorée.
Résoudre un trilemme, ce n’est pas tirer à la courte paille laquelle des options nous allons finalement choisir, celle qui serait la moins pire. Car en agissant ainsi, un autre trilemme plus insoluble encore se représentera. Nous avons besoin de méditer en profondeur sur le système qui a généré ce trilemme. Un système obsolète, pervers et décadent. Nous avons besoin de retrouver la congruence de chacun de nos actes.
‘’On ne change pas un système en place en s’y opposant’’, disait Einstein, ‘’mais en créant un nouveau système qui rende le précédent obsolète’’. C’est donc jour après jour, que nous pouvons restaurer un système vertueux dans lequel chacun soit souverain, libre, conscient et solidaire. Un système qui intègre l’écologie, grande absente de ce scrutin, mais aussi l’écologie relationnelle, la conscience du tout et de chaque partie du tout.
Puisse cette période chaotique nous rappeler chacun à notre souveraineté et vocation, celle d’être un véritable gardien d’une humanité tellement fragilisée par des siècles d’égoïsme, d’ignorance et de violence.
Texte : Arnaud RIOU
LE DÉSERT DES BARBARES (4)
Dans le cas d'un monde en chaos, (les raisons pour cela sont nombreuses), se pose la question de la capacité et même de la volonté de survivre. Il ne s'agit pas d'une catastrophe localisée comme l'humanité en a déjà connue mais d'un désastre planétaire. Voir s'effondrer la totalité du monde connu, l'ensemble de ses repères, l'idée même d'une amélioration à venir, cela relève d'un défi monumental. L'humanité, depuis les temps les plus anciens, s'est construite à travers un combat quotidien, "the struggle for life", et chaque génération a vu croître sa sécurité, son confort, son espérance de vie. Il a fallu beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps et cela n'est pas vrai partout sur la planète. Les différences sont considérables et parfois même effroyables. Il n'en reste pas moins que le développement des sociétés modernes a atteint un niveau critique au regard des lourdes menaces qui pèsent sur la planète. Et il est fou de penser que nous ne sommes pas concernés. Cette inconscience s'explique justement par le niveau de vie des sociétés modernes. Nous vivons hors sol. Dépendants sur le plan alimentaire, au niveau de l'eau, au niveau énergétique, entassés dans des zones urbaines où la nuit elle-même n'existe plus. Pétrole et électricité. Nous avons bâti notre monde moderne là-dessus.
Qu'en sera-t-il si cette humanité toute entière bascule dans une dévastation totale, dans un laps de temps très court ? Qui sera susceptible de s'en sortir ? Qui en aura envie ?
"Entre la civilisation et la barbarie, il y a cinq repas." Winston Churchill.
LE DESERT DES BARBARES
"Théo et Laure avaient présenté le désert des Barbares à Yves et Lisette. Tous les deux impressionnés par les installations. Ils finirent d’aménager l’extension pour qu’ils se sentent au mieux, dans leur intimité. Personne ne savait combien de temps cette cohabitation durerait. Théo avait insisté pour que Yves et Lisette se sentent libres d’arranger l’intérieur à leur idée.
C’est le soir même que Théo reçut un message d’Alec.
Message général. Éruption solaire majeure. Perturbations totales de l’ensemble du réseau électrique. Fin des communications dans quelques heures. Sans aucune possibilité d’estimer une date de reprise. Vous allez pouvoir juger de la qualité de votre préparation. Je vous l’ai déjà dit. Maintenant, nous avons tous une certitude : il ne restera que les meilleurs. Ceux qui avaient prévu tout ce qui était prévisible et qui sont prêts à affronter ce qui ne l’était pas. Le Hum s’étend à une vitesse effroyable. L’épidémie de choléra tout autant. Des guerres civiles et des conflits frontaliers partout sur la planète, des zones entières dont nous n’avons plus aucune nouvelle, deux centrales nucléaires ont connu des destructions majeures aux États-Unis, Tchernobyl en plus puissant. Dernier évènement la nuit dernière, l’explosion gigantesque d’un volcan Islandais, avec un séisme destructeur, les projections de cendres peuvent avoir un effet provisoire sur la météo, les incendies en cours depuis plusieurs jours à New York sont passés hors de contrôle, des millions d’Américains fuient les villes, l’armée chinoise a envahi Taïwan et Hong Kong, Israël a bombardé Téhéran, l’armée russe est entrée en Pologne. Les pays les plus belliqueux trouvent encore le moyen de balancer des bombes. La folie humaine n’a jamais eu de limites. Prenez soin de vous et, si nécessaire, tuez les autres. »
Fin du message.
La dernière phrase. Jamais Alec n’avait parlé en ces termes.
Lisette se mit à pleurer.
« Je ne veux pas vivre dans ce cauchemar. Yves, je ne veux pas vivre ça !
- Calme-toi, Lisette, oublie tout ça. Nous sommes à l’abri ici. Le reste du monde ne nous trouvera pas.
- Mais c’est pas ça le problème ! cria Lisette en se tenant la tête des deux mains. Tu ne comprends pas. C’est insupportable pour moi. C’est quoi cette volonté de survivre ? Être le plus fort, le plus malin, le plus résistant ? Mais on parle de milliards de morts, des milliards, est-ce que vous avez conscience de ça ? Ce monde va devenir un gigantesque charnier et vous, tout ce que vous voulez, c’est rester en vie. Mais moi, ça ne m’intéresse pas, je n’ai pas envie d’assister à ce cauchemar, je ne veux pas y être mêlée, je ne veux même pas en entendre parler, je ne veux plus y penser. Je ne veux plus rien savoir. Je ne veux pas que des hommes soient tués pour que je sois sauvée. Je préfère être morte. C’est moins douloureux. »
Yves enlaça sa femme qui éclata en sanglots.
« Comment tu vois la suite, Théo, demanda Laure lorsqu’ils eurent rejoint leur chambre.
- Sur le plan organisationnel, ça devrait aller. On est autonome en électricité et en eau potable. On a de la bouffe pour des mois. Il faudra chasser pour compléter. On a des armes, mon 4X4 et du carburant. Par contre, on ne saura plus rien de ce qui se passe dans le monde. Aucune idée de la propagation du choléra et du Hum. Donc, à partir d’aujourd’hui, plus personne ne doit entrer sur notre territoire. Tirs à vue. Pas de discussions. Qui que ce soit.
- Et les Balthuzar ?
- Demain, j’irai les voir mais je pense que la réponse sera toujours la même. L’électricité, ils s’en cognent. Ils ont un poêle à bois et des bougies. Des vrais paysans, de ceux qui vivent à l’ancienne et ils ont l’eau du puits. Ils ne partiront pas.
- Mais il y a autre chose qui t’inquiète.
- Je ne peux rien te cacher, divine sorcière chamanique, répondit Théo en posant un baiser sur le front de Laure. C’est Lisette. Je ne suis pas certain qu’elle tienne.
- C’est l’état du monde qui la ronge.
- Oui. Elle fait partie des gens qui ne peuvent pas accepter un tel bouleversement. Ils n’ont plus de repères. Soit ils en deviennent fous et dangereux pour les autres, soit ils en deviennent dangereux pour eux-mêmes.
- Je m’occuperai d’elle. Elle aime le jardinage, ça lui fera du bien. Il y a de quoi faire tous les jours.
- Oui, ça l’aidera peut-être. »
Silence. Théo pensait. Beaucoup, énormément, constamment. Laure le sentait. Elle entendait en elle le vacarme des pensées. Elle en devinait les raisons. Il avait préparé le chaos en pensant à ce dont il aurait besoin. Désormais, ils étaient quatre. Et l’anxiété de Lisette menaçait la sérénité nécessaire, la cohésion et la lucidité du groupe. Comment Yves allait-il pouvoir gérer l’état de sa femme ?
Ils se couchèrent et s’enlacèrent.
« Est-ce que tu as une interprétation des phénomènes naturels sur la planète ? Le choléra, le Hum, et maintenant l’éruption solaire.
- Tu oublies l’éruption volcanique en Islande, ajouta Théo. Avec un risque sur le climat. Un nuage de cendres, ça peut couvrir une partie de l’Europe. C’est déjà arrivé.
- Oui, les avions n’avaient plus le droit de voler, je m’en souviens. Mais ça n’avait pas duré très longtemps. Ça peut vraiment perturber le climat ?
- Tout dépendra de la durée de l’éruption et de la quantité de cendres projetées dans l’atmosphère. L’éruption du Krakatoa en Indonésie, en 1883, je crois bien, ça a projeté tellement de cendres dans l’atmosphère que la température de la planète entière a diminué et le temps a été déréglé pendant plusieurs années. Il ne faudrait pas que d’autres volcans s’y mettent. Je sais que ça arrive parfois. Mais, cette fois, on n’en saura rien.
- Donc, on pourrait avoir un hiver très froid ?
- Par exemple. Le rayonnement solaire est atténué par les cendres, tu vois, c’est comme un voile.
- Et tu en penses quoi de tous ces phénomènes ?
- Je n’en ai aucune idée. À quoi tu penses, en fait ? Tu te dis que c’est lié aux comportements de l’humanité, un truc comme ça ?
- Oui, c’est ça. Pourquoi est-ce que ça arrive maintenant ?
- Les hommes sont fous et la Terre part en vrille ? C’est ça ton idée ? Pour un esprit cartésien, ça ne tient pas debout. Mais les esprits cartésiens nous ont conduit au désastre alors je me dis que tout est possible et qu’il faudrait peut-être changer notre façon de voir les choses. J’aimerais bien savoir ce qu’il en pense ton Figueras.
- Oui, moi aussi. »
Figueras. Tim.
Les deux hommes qui occupaient les pensées de Laure lorsqu’elle s’endormait.
Figueras, dont elle rêvait parfois.
Tim dont elle avait rêvé la nuit précédente.
Un évènement pour elle.
Elle posa les mains sur son ventre. Deux jours que cette pointe était apparue sur le flanc. Une chaleur mouvante, comme des bulles alternant les plongées et les remontées, une agitation pétillante.
Tim dont elle n’aurait plus de nouvelles mais qu’elle sentait plus proche que jamais. Elle imagina qu’il pensait à elle.
Elle s’appliqua à maintenir les mains sur la zone. Elle devinait des ondes, comme un massage profond.
Elle se remémora les sorties en montagne avec son petit frère. Des souvenirs joyeux. Ils étaient proches à cette époque. Elle prenait soin de lui, elle l’entraînait dans ses aventures en forêt, il apprenait vite, elle en était parfois un peu jalouse et souvent très fière.
Elle se concentra encore et elle guida la lumière.
Les cerisiers du Japon
Bon, très franchement, si les cerisiers japonais ne fleurissent plus, personnellement, ça ne me pose pas de problème. Il y en a un dans la propriété qu'on a acheté et l'an prochain, on va le couper à un mètre de la base pour le greffer en couronne avec un cerisier à fruits.
Les arbres d'ornements n'ont pas d'intérêt. Tout comme les jardins d'ornement et les pelouses de terrain de golf. Cette époque-là n'aurait jamais dû exister et si ce genre de jardin disparaît pour être remplacé par des jardins nourriciers, tant mieux.
Les pommiers, les cerisiers, les pêchers, les abricotiers et tous les autres arbres nourriciers, lorsqu'ils sont en fleurs, c'est magnifique et c'est la promesse d'un cadeau inestimable. Le cerisier du Japon qu'on a ici est en fleurs et dans quinze jours, il n'y aura plus rien.
Ce que je trouve consternant dans cet article, c'est la dernière réflexion : les Japonais vont réaliser la gravité du dérèglement climatique le jour où leurs cerisiers ne fleuriront plus. C'est en fait un exemple flagrant de ce que j'avais développé dans l'article contenant le haïku de Kobayashi Issa :
"Nous marchons sur le toit de l'enfer en ce monde et nous regardons les fleurs."
Je sais que mes propos peuvent paraître exagérés, que c'est de l'extrémisme végétal :) Mais comme je l'ai déjà dit, premièrement, ça ne me pose aucun problème d'être considéré comme un extrémiste et deuxièmement, je pense que seul l'extrémisme porte en lui les conditions d'un changement radical de paradigme. J'ajoute, pour ne pas créer de malentendu, que je ne parle pas de l'extrême droite. Celle-là, je la conspue tout autant que l'autre cafard. Je parle d'un extrémisme de décroissance utile, de simplicité volontaire, de retour à la nature, une nature au service de l'homme et l'humanité au service de la nature.
DESCRIPTION
Origine : Les Japonais, qui cultivent le cerisier à fleurs depuis des millénaires ont créé d’innombrables variétés. Ils apprécient sa floraison luxuriante qui annonce l’arrivée du printemps et lui consacrent chaque année depuis l’ère Heian (794-1185) une fête très populaire appelée Hanami. Aucun pays ne possède autant de cerisiers à fleurs que le Japon où ils sont considérés comme une richesse nationale. Aujourd’hui, les sites célèbres sont classés et protégés par la loi japonaise.
Principales caractéristiques : Arbre ornemental à port évasé, très large et très étalé dont les branches, légèrement arquées, au feuillage vert clair, se développent à l’horizontale. Il donne au printemps des bouquets de 2 à 3 fleurs simples ou doubles d’un blanc neige ou rose qui ne donnent pas de fruit comestible mais diffusent un agréable parfum d’amande et d’aubépine.
Période de floraison : Fin mars à mi-avril.
Rusticité : Résistant au froid, cet arbre décoratif s’adapte pratiquement à tous les climats.
Au Japon, les cerisiers en fleurs sont menacés : "Si le réchauffement climatique continue, ils ne fleuriront plus"
Au Japon, les scientifiques s'inquiètent pour l'avenir des "sakura", ces cerisiers dont l'on guette rituellement la floraison au printemps. Entre les phénomènes météo exceptionnels et la hausse des températures, ils fleurissent plus tôt et pourraient bien ne plus fleurir du tout.
Karyn Nishimura - franceinfo
Radio France
Publié le 17/04/2022 17:01
Temps de lecture : 2 min.

Des cerisiers en fleur à Tokyo, au Japon. Image d'illustration. (KAZUHIRO NOGI / AFP)
C'est le trésor naturel et éphémère du Japon. Les sakura, ces cerisiers en fleurs sous lesquels les Japonais font la fête chaque année, pourraient bien finir par ne plus fleurir. Au cause : le changement climatique qui accélère leur floraison et les fait souffrir, alertent les scientifiques. Une situation qui inquiète nombre de Japonais, pour qui l'observation de la floraison, le hanami, se célèbre à chaque printemps.
Les sakura sont tellement ancrés dans la culture et l’imaginaire japonais que même les robots domestiques les célèbrent. Pourtant, à cause de l’humain, la saison des cerisiers en fleurs n’est déjà plus ce qu’elle était il y a cinquante ans. Elle ne suit plus le même calendrier explique Yoshie Nakamura, de l’agence de météo privée Weathernews.
"Le début de la floraison des cerisiers est de plus en plus précoce. Dans les années 1960, elle commençait en moyenne vers le 30 mars. Mais dans les années 2010, c’était vers le 22 mars, plus d’une semaine plus tôt."
Yoshie Nakamura
à franceinfo
Mais ce n’est pas qu’un changement calendaire, c’est pire. Si les hivers froids disparaissent, les fleurs disparaîtront aussi. "Pour que les cerisiers fleurissent, il faut que le bourgeon qui deviendra fleur connaisse une vraie période de basses températures hivernales qui le sorte de son sommeil" explique Yoshie Nakamura, qui ajoute que "si à cause du changement climatique ce critère de froid n’est pas bien rempli, et qu’à l’avenir les températures hivernales augmentent encore, les cerisiers risquent de ne pas fleurir."
Déjà plus de floraison dans certaines régions
Et selon les scientifiques ce n’est qu’un début. "L’absence de floraison ou une floraison partielle pourrait se voir sur l’île de Kyushu, au sud. D’ores et déjà, plus au sud encore, à Okinawa, la variété des cerisiers yoshino ne fleurit pas et nous pensons que la région concernée par ce phénomène risque de s’étendre plus au nord."
À la télévision japonaise, les météorologues commencent à tirer la sonnette d’alarme. On peut par exemple entendre "si le réchauffement climatique continue, les cerisiers ne fleuriront plus complètement ou ne fleuriront plus du tout". Ou encore : "C’est trop triste que le changement climatique ait aussi ce genre de conséquences".
Des effets plus tragiques encore menacent le Japon, mais les sakura sont sacrés dans le pays. D'ailleurs, "la passion des Japonais pour les cerisiers en fleurs est telle que si davantage de personnes comprennent que non seulement ils fleuriront plus tôt mais qu’ils risquent de ne pas fleurir du tout, la prise de conscience des Japonais vis-à-vis du changement climatique pourrait s’accentuer". Et le temps presse.
Sécheresse en 2022
On est en avril et les articles sur le manque d'eau fleurissent.
Mais sinon, tout va bien. L'écologie n'est absolument pas une priorité. On verra ça plus tard...
De notre côté on vient d'installer la cinquième citerne de 1000 litres en récupération d'eau de pluie.
L'épisode suivant, c'est une citerne souple de 10 000 litres.
Une dizaine de départements déjà en alerte pour la sécheresse, "un phénomène de plus en plus fréquent" selon un spécialiste
Une dizaine de département français sont déjà en alerte sécheresse précoce. Un phénomène qui, en raison du changement climatique, va devenir de moins en moins rare.
Article rédigé par
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Radio France
Publié le 16/04/2022 15:36
Temps de lecture : 2 min.

La rivière du Doubs totalement asséchée à Villiers-Le-Lac, en 2020. Image d'illustration. (SEBASTIEN BOZON / AFP)
"Ce type de phénomène apparaît de plus en plus fréquemment", a commenté sur franceinfo Alain Dupuy, professeur d'hydrologie à l'Institut national polytechnique de Bordeaux, alors qu'une dizaine de départements en France se trouve déjà en situation d'alerte pour la sécheresse.
>> Sécheresse : "Je crois qu'on n'a pas compris ce qui arrive devant nous", alerte une hydrologue
"C'est une situation héritée de l'hiver et de l'automne dernier", a-t-il expliqué, alors que les situations sont très diverses sur l'ensemble du territoire français. La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur est la plus touchée actuellement par ce phénomène de sécheresse. Les professionnels et les particuliers sont incités à faire des économies d'eau.
franceinfo : Dans les départements touchés, on retrouve la Vienne, l'Ain, la Drôme, les Alpes-Maritimes, mais la région Paca est la plus concernée. Pourquoi ?
Alain Dupuy : C'est la région qui a cumulé deux effets en même temps. D'abord un déficit hydrique marqué en début d'hiver, suite à l'été dernier qui a été très sec et ensuite une période de précipitations bien moindres que d'habitude. Il en résulte donc un déficit hydrique en ce début de printemps qui est très important, car la végétation est en débourrage, elle est en train de démarrer. Autrement dit, même s'il y avait des précipitations actuellement, elles seront captées par la végétation et n'iraient pas dans le sol ou le sous-sol. Ça risque donc d'être compliqué pour la suite, pour l'été et l'automne qui arrive.
On a des déficits jusqu'à plus de 50% par rapport à la normale aujourd'hui ?
Oui, mais la situation est très hétérogène sur le territoire. C'est vraiment ce qu'on appelle les masses d'eau, soit superficielles, soit souterraines. Ce sont des éléments de fonctionnement du système en surface ou en sous-terrain qui sont touchés. Et chaque situation sera différente, on ne peut pas homogénéiser au niveau des régions.
Est-ce que ces périodes de sécheresse précoces vont être de plus en plus fréquentes ?
Malheureusement, cela va devenir de moins en moins rare parce que la tendance du changement climatique nous fait avancer vers des systèmes où on aura une concentration relative des précipitations en hiver et ensuite un arrêt des précipitations tôt dans le printemps. Les premiers signaux qui nous sont remontés sur l'analyse des données montrent qu'on a ce type de phénomène de plus en plus fréquemment. D'autant plus que c'est quelque chose qui se cumule d'une année sur l'autre, notamment pour les nappes de surface dites phréatiques. C'est moins vrai pour les nappes plus profondes, mais si le déficit hydrique continue à s'accumuler, on va vers des gestions territorialisées de crise, il faut le dire.
Est-ce que la situation est rattrapable d'ici l'été ?
Avec le début du débourrage de la végétation, le boom végétal, on estime qu'une fois que la végétation est partie, elle capture la majorité des flux des précipitations, sauf à avoir des événements extrêmes très marqués et très concentrés. Mais malheureusement, la végétation est partie, donc les cultures vont capturer le maximum d'eau. Ensuite, on n'a que les résidus pour le ruissellement et pour la recharge des nappes. Donc ce sera difficilement rattrapable.
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Au service de l'humanité
Un travail remarquable, essentiel.
Le bonheur aussi pour nous parce que c'est ce que Nathalie essaie de faire en échangeant des graines par la poste. Elle récolte, elle partage, et elle reçoit d'autres graines qu'elle expérimente. Et les résultats sont parfois fascinants. L'idée, c'est bien entendu de garder des graines des plantes les plus résistantes et les plus généreuses pour nous. On n'achète pas de graines. Nathalie garde celles des plants les plus vigoureux, les plus résistants à la canicule, principalement. Il est clair également qu'il faut privilégier les plants à floraison tardive. On l'a encore vu cette année. Monsanto et autre firmes du même genre n'ont aucune utilité. Tout est dans la nature.
Alimentation : il conserve des graines pour éviter une famine mondiale
Publié le 16/04/2022 à 08h00
Écrit par Yannick Kusy (@yannkusy) Propos recueillis par Alain Fauritte

Stéphane Crozat dirige le CRBA : "Depuis que je suis tout petit, il y a deux choses qui m'intéressent : c'est l'histoire et les plantes" • © Yannick Kusy
Ethnobotaniste et historien d'art des jardins, Stéphane Crozat dirige le Centre de ressources botanique appliquée (CRBA), situé près de Lyon. Un organisme, créé en 2008, qui travaille sur l'avenir de notre alimentation à partir de ce qui subsiste : un immense patrimoine naturel en danger.
Ce CRBA est basé à Charly, près de Lyon, au sein de la ferme Melchior, en référence à Melchior Philibert. “Un riche marchand lyonnais du 17e siècle qui a construit cette maison des champs... Une villa de plaisance, en fait, mais qui est aussi un domaine agricole.” précise Stéphane.
Le CRB s’est installé en 2019 dans ce lieu idéal de travail. “C'est un endroit vraiment important pour nous parce qu’on à la fois une mission de conservation, d'études de variétés anciennes... et c'est aussi un domaine historique. Au CRBA, il y a une partie où on travaille sur les jardins historiques, sur l'archéologie des jardins, la restauration des jardins. Cela permettait de tout rassembler dans un seul et même endroit”

Grâce au CRBA, les graines sont conservées et observées dans leur diversité • © france tv
La vocation de ce Centre est multiple. “ Au tout début, c'était vraiment d’étudier notre patrimoine horticole agricole lyonnais. Dans la seconde moitié du 19e siècle, il y avait vraiment la création de dizaines de milliers de variétés de fruits, légumes, fleurs de céréales. On a voulu les retrouver et les conserver.”
Puis les choses ont progressé. “On a aussi voulu valoriser ces variétés. Qu'est-ce qu'on en fait ? A quoi elles servent ? Et du coup, on a créé une station d'expérimentation agronomique. Et puis on a aussi créé une ferme dans laquelle on étudie ces variétés, aussi bien lyonnaises que des variétés qui viennent d’un petit peu partout dans le monde entier.”
Dans la seconde moitié du 19e siècle, il y avait vraiment la création de dizaines de milliers de variétés de fruits, légumes, fleurs de céréales. On a voulu les retrouver et les conserver
Il y a quelques années, Stéphane a rappelé, dans un ouvrage intitulé “fleurs, fruits, légumes l'épopée lyonnaise” que Lyon a été le centre du monde en matière d'horticulture jusqu'à la Première Guerre mondiale. “Absolument. C'était vraiment très important. 70% des roses mondiales, dans la seconde moitié du 19e siècle, viennent de cette région. Ce n'est pas anecdotique mais c'est aussi des dizaines de milliers de variétés de fleurs, des céréales, des légumes, des fruits... Par exemple, on a listé à peu près 300 variétés de pommes, de poires de prunes, de pêches, etc... créés dans la région. On en a déjà retrouvé à peu près 120” détaille l’expert.
Lyon était donc le centre du monde à cette époque-là. “Cela commence au 16è siècle, en fait. Toute cette histoire où Lyon est vraiment un grand carrefour - on le dit encore aujourd'hui...la confluence-. Grâce à ces gens qui viennent de toute l'Europe pour construire cette ville, comme les italiens, les flamands, les Allemands, les Espagnols... Chacun arrive avec ses graines, ses artistes, ses architectes, enfin tous ces savoirs européens.” Il donne des exemples : “La fameuse gastronomie lyonnaise est internationale au départ. Elle vient de cette période et les végétaux qui vont avec. Pour pouvoir cuisiner, manger, on a eu besoin de ces végétaux.”
Confrontés aux défis du dérèglement climatique
Aujourd'hui, le défi qui s’annonce consiste à d'adapter nos cultures au changement climatique. “On ne sait pas très bien où on va. C'est vrai qu'on parle souvent de réchauffement climatique mais, on le voit concrètement dans notre quotidien, ce n'est pas que du chaud. C'est vraiment un dérèglement climatique ” s’inquiète Stéphane Crozat. "Si on prend, par exemple, l'hiver... on a eu un hiver très doux, les végétaux ont démarré très tôt puis, on a vécu un gros coup de gel et hop, voilà le problème.”
La question est de trouver comment s’adapter à l’avenir. “Pour des fruitiers, ça peut consister à choisir des variétés tardives. On va chercher, notamment, pour les légumes ou les céréales, des végétaux dont les variétés vont avoir un cycle le plus court possible. Il y a de plus en plus d'aléas. De la grêle, de la sécheresse, les inondations, etc... Il faut passer entre les gouttes, si j'ose dire, et du coup on va devoir chercher les variétés qui s'adaptent ” répond le spécialiste.
Croiser génétiquement les espèces ou laisser faire la nature
S’adapter passera-t-il par des modifications génétiques ou des croisements d’espèces ? ”Ce n'est pas du tout caricatural. Il faut vraiment prendre conscience du fait qu’aujourd'hui il y a ces deux tendances au niveau mondial. Il y a ceux qui pensent que les croisements génétiques, la création variétale, les OGM notamment, vont permettre de nous nourrir et vont révolutionner le monde. Et puis il y a ceux -dont nous sommes- qui pensent plutôt qu’il y a déjà les ressources. On peut continuer de créer des variétés évidemment. Après, c’est toujours un problème de technique. Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on met, etc.…”
Il esquisse quelques pistes. “De toute façon quand on crée une nouvelle variété, la ressource vient de quelque part. Cela vient de végétaux qui existaient déjà. On va chercher les qualités chez des végétaux plus anciens. D'où l'intérêt de les connaître et de les conserver. Et, éventuellement, on peut en créer pour un certain nombre de raisons, et notamment pour essayer de de s'adapter”
Depuis 10 000 ans que l'agriculture existe, l'homme a toujours sélectionné les meilleures variétés
L’une des options consisterait à donner tous les pouvoirs à des multinationales, telles que Bayer ou Monsanto, qui auraient, de fait, une mainmise sur l'alimentation de la planète. L’autre possibilité se résume à faire confiance à la nature et au savoir-faire de l'homme qui, lui, peut produire des plantes qui feront face aux aléas climatiques. "Dites-vous que, depuis 10 000 ans que l'agriculture existe, l'homme a toujours sélectionné les meilleures variétés, celles qui lui convenaient le mieux. Et tout ça était dans la main des paysans.” rappelle Stéphane. “A partir du 20e siècle, c'est la standardisation, et l'industrialisation. Donc on a enlevé ça des mains des agriculteurs pour le confier à des multinationales. Aujourd'hui, peut-être qu'il va falloir rendre ces variétés aux agriculteurs tout simplement.”
Anticiper un risque de pandémie sur le végétal
De nos jours, 15 espèces de plantes fournissent 90% des ressources alimentaires de la planète. Ce qui signifie que, si elles s'adaptent difficilement à l'évolution du climat, les problèmes commencent. “Oui et c'est, potentiellement, des risques de famine. Regardez : le riz, le maïs, la pomme de terre, le blé, le soja, voilà... on a à peu près fait le tour, déjà, de ce qui nourrit l'immense majorité de la population. On a standardisé de plus en plus. Donc on a diminué le nombre de variétés. Imaginez une pandémie du végétal...”
Comment s'y préparer ? “C'est l'importance même de la conservation de cette biodiversité, de son entretien, de son utilisation quotidienne dans vos assiettes. Plus vous avez de diversité et plus vous avez de solutions possibles. Plus vous avez de possibilités de vous adapter.”
On voit effectivement des variétés de pastèques, de melons, etc.… qui poussent par 50 degrés
On peut trouver des plantes qui s'adapteront à ces changements climatiques dans l'immense richesse des végétaux qui existent encore, où qui ont existé sur la planète. On trouve, par exemple, en Arménie, des melons et des pastèques qui poussent dans des températures de 50 degrés. “Certaines de nos variétés locales vont s'adapter, mais d'autres pas. Au-delà, on va faire comme les gens ont toujours fait. Je disais tout à l'heure qu’au 16ème siècle, les gens amenaient leurs végétaux de partout et que c'est comme ça qu'ils ont créé les variétés locales. Il faut continuer ce mouvement.”
Ce qui implique des recherches sur le terrain “ On conduit des expéditions botaniques où on va chercher ces végétaux dans des régions spécifiques. On est allés, par exemple, dans une des stations de l'institut Vavilov, de Saint-Pétersbourg, qui est la plus ancienne banque de semences mondiale, au Daguestan. Là-bas, l'amplitude thermique, c'est moins -20 à +53 degrés. Et on voit effectivement des variétés de pastèques, de melons, etc.… qui poussent par 50 degrés. Ici, on n'a pas du tout ce type de variétés là. Donc on les introduit, on les étudie, et on voit ce que ça donne.”

Nikolaï Vavilov, botaniste et généticien russe • © france tv
L’Institut Vavilov doit son nom à Nikolaï Vavilov, botaniste et généticien russe qui a effectué 115 expéditions dans 64 pays du monde pour constituer une collection extraordinaire. Elle constitue aujourd’hui la 4ème banque de semences du monde. "Déjà, dans les années 1920/1930, Nicolas Vavilov, qui est un des pères de la génétique mondiale, a eu cette idée. Il fallait identifier ce qu'on appelle les centres de primo-domestication des plantes. C'est à dire l'endroit où l'homme a domestiqué, pour la première fois, le blé, le soja, le maïs, la pomme de terre. Lors de ses expéditions, il est allé collecter ces variétés parce qu’il avait conscience, déjà, que, à l'état sauvage, les plantes résistent à tout. Elles n'ont pas de maladie. On ne les traite pas et elle se débrouillent toute seules. Elles résistent à leur environnement.”
Vavilov est donc allé chercher cette diversité. “Il s'est dit que c’était la clé pour nourrir son pays, à l'époque. Alors il est allé chercher ces variétés un peu partout et elles existent encore effectivement. 80% ne sont là que parce qu'elles ont été collectées avant la seconde guerre mondiale. Soit avant l'industrialisation de l'agriculture. Et avant que quiconque ne se mette à créer ces banques de semences au monde” raconte le spécialiste.
L'immense héritage de Vavilov
Ces semences très anciennes peuvent toujours être utilisées. “Bien sûr. Elles sont multipliées régulièrement. Mais elles sont aussi conservées de différentes manières. En congélation, par exemple, vous pouvez garder les graines entre 50 et 70 ans. Si on reprend l'exemple de l'institut Vavilov, il y a aussi la cryogénisation à l’azote liquide (-196°) qui permet de conserver des pollens ou des greffons pour des durées beaucoup plus longues encore. Cela permet les avoir et de les ressortir en cas de besoin” explique Stéphane Crozat.
Pour l'anecdote, Vavilov, qui voulait sauver les hommes de la faim, est finalement décédé au Goulag, sous Staline, en 1943. Son institut est toujours dans une situation fragile Elle comprend 12 stations dans le monde et une seule hors de Russie. C’est celle dirigée par Stéphane. "L'idée, c'était vraiment de s'inspirer de ces stations et du travail de Vavilov en Russie. Aujourd'hui à Lyon, on va étudier nos variétés, les caractériser, déterminer si elles sont grandes, petites, résistantes aux maladies, à la sécheresse... Si elles ont bon goût ou de bonnes qualités nutritionnelles.”
Les critères pris en compte sont ceux de l'industrie et de la transformation. Jamais l'agriculteur seul, ou le consommateur. Jamais vous et moi.
La mission ne s’arrête pas là. "On fait cette sélection de façon participative avec l'ensemble des utilisateurs. Le consommateur, bien sûr, des chefs cuisiniers, des transformateurs, etc. Il faut savoir que la plupart des variétés que vous trouvez dans vos supermarchés aujourd'hui ont été créées par les grands semenciers dont on parlait tout à l'heure. Et les critères pris en compte sont ceux de l'industrie et de la transformation. Jamais l'agriculteur seul, ou le consommateur. Jamais vous et moi.”
Ce qui signifie que l’on privilégie la facilité à les conserver ou les transporter et pas prioritairement leur qualité gustative. “Donc on cherche à vraiment développer ça. Donc on va faire une sélection avec les gens qui les utilisent. On va les tester, les goûter. Faire un travail sur des variétés qui, finalement, ne plaisent pas aux consommateurs, c'est un peu dommage. Et, enfin, on fait des analyses des qualités nutritionnelles, en laboratoire, pour voir, par exemple, les taux de vitamines, de protéines, etc. Quelles sont les variétés qui développent le plus d'intérêt.”
Il précise : “Vous savez aujourd'hui que, par exemple pour les protéines, on va devoir de plus en plus se passer ldes protéines animales parce que c'est très consommateur d'eau, c'est polluant etc. On va chercher ces protéines dans les végétaux donc on fait des analyses pour savoir quelles sont les variétés qui ont le plus de protéines.”
durée de la vidéo : 01min 27
Stéphane Crozat répond à la question fort minable • ©france tv
Le parcours de Stéphane Croizat parle pour lui et explique sans doute ses convictions. Lycée agricole de Brioude, licence d'histoire de l'art et d'archéologie à Clermont-Ferrand, maîtrise de langues “histoire civilisation du monde entier” option archéologie, école d'architecture option jardin botanique et paysage à Versailles... Stéphane est passé par le CNRS où il était chargé d'études.
Un profil impressionnant, empreint de modestie. “Je ne sais pas... Depuis que je suis tout petit, il y a deux choses qui m'intéressent : c'est l'histoire et les plantes. J’ai toujours suivi ma passion et, petit à petit, je suis allé vers ces différents domaines. Je me suis rendu compte que je pouvais rassembler tout ça dans l’ethnobotanique. A partir de ça, une fois qu'on a commencé à retrouver ces végétaux, on s'est dit que ce n’était pas possible de les laisser s'en aller. On a donc créé le CRBA.” résume-t-il simplement.
Chacun peut cultiver sa variété de semences
D'une passion, Stéphane a donc créé un organisme qui est en train de rendre service à la population, et qui nous sauvera peut-être un jour de la famine. Il propose également aux particuliers d'adopter des graines pour les faire pousser "C’est une démarche participative. On travaille sur du vivant. Et donc il faut continuer à le faire vivre. L'objectif, c'est de faire connaître ce travail, d'expliquer à chacun. Et chacun peut faire des choses. Notamment, si vous avez un jardin, vous pouvez nous aider à multiplier ces variétés. On vous confie une variété -pas plus parce que sinon ça peut être un peu compliqué- vous cultivez ces graines... on vous forme et les graines sont ensuite données gratuitement. Et ensuite les gens nous rendent ces graines. Cela nous permet d'en distribuer à d'autres et aussi aux agriculteurs.” Avec Cette initiative, chacun peut ainsi planter sa petite graine... et c'est comme cela qu'on fait des grandes forêts.
KUNDALINI :l'avis d'un lecteur
ou d'une lectrice.

5,0 sur 5 étoiles délicieux !!!
Commenté en France le 22 février 2022
Achat vérifié
A lire..que d’enseignements ! Merci pour nous emmener au profondeur de l’Amour.
Un nectar succulent merci et encore merci monsieur.
Un choix qui n'en est pas un

Tout le monde comprendra de quoi il s'agit.
Et c'est effrayant d'imaginer que quoi que l'on décide désormais, il ne s'agira pas d'un choix par conviction mais par dépit. En tout cas, pour ma part.
Tout aussi effrayant de constater à quel point, la problématique écologique est renvoyée au second plan, voire même bien plus loin. Alors que tout va dépendre de nos décisions, non pas dans les cent ans à venir mais, là, maintenant.
Il est évident qu'il faudra attendre que la situation environnementale devienne fortement chaotique et que cela impacte la majorité de la population pour que la prise de conscience survienne. Maintenant, il est tout aussi évident que des décisions politiques majeures ne peuvent être assumées que par un seul pays, ni deux, ni trois. C'est à l'ensemble des gouvernements du monde de franchir le pas. Parce que sinon, on se heurtera toujours à la compétitivité, la rentabilité, la croissance, le PIB, au pouvoir d'achat etc etc...et pire encore à la carrière politique de tous les cafards.
Mouton résilient : ITW de Barnabé Chaillot
Barnabé Chaillot
17/08/2021
Barnabé Chaillot se consacre depuis plus de 10 ans à la recherche et la promotion de l'autonomie énergétique, hydrique et alimentaire. Il est spécialisé dans la création, l'expérimentation et la diffusion de petits systèmes autoconstruits, simples et accessibles au plus grand nombre.
De l'alimentation solaire, en passant par un rocket-stove, faire sa farine maison, ou boire et se laver à l'eau de pluie, etc. Toutes ses vidéos suivent une démarche scientifique : De l'idée, au prototype, aux tests, en passant par les problèmes et leurs résolutions, ses tutos sont très didactiques, accessibles et filmés dans la bonne humeur.
Dans cette interview, Barnabé nous en dit plus sur son autonomie en eau et l'évolution de sa réflexion sur le sujet de l'eau de pluie.
INTERVIEW DE BARNABÉ CHAILLOT
Bonjour Barnabé, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?
"Je suis bricoleur du dimanche à temps plein. Je fais des vidéos et des tutos. J’essaye de faire des choses reproductibles et qui nous poussent vers toujours plus de liberté, d’autonomie et donc de résilience. Je partage mes expériences notamment sur YouTube."
Pourquoi cette passion pour le partage de tes expériences ?
"Cela a commencé par bricoler une éolienne. Quand j’ai vu que je n’avais pas assez de vent chez moi, au lieu de la démonter et la recycler, un ami m’a conseillé de filmer ma démarche, mes erreurs et de suivre l’évolution du projet. De l’inspiration à la conception en passant par les nombreux obstacles et adaptations. Cette vidéo à beaucoup plus et ce concept de faire voir la démarche dans son ensemble est devenu la ligne éditoriale de ma chaine YouTube."
Es-Tu 100% Autonome En Eau ?
"L’autonomie, c’est toujours pareil. Est-ce que tout le monde est 100% autonome pour se déplacer sans pétrole ? Oui bien sûr, car nous avons tous des jambes. En revanche, est-ce que l’on ne se déplace qu’avec nos jambes ? La réponse est non. Dans le cas de l’eau, c’est pareil dans mon cas. J’ai 10 fois plus d’eau de pluie que ce dont j’ai besoin, mais j’achète quand même de l’eau de ville."
Pourquoi ce choix ?
"Si demain il n’y a plus d’eau du réseau, je serai 100% autonome. En fait, je suis autonome, mais je n’en tiens pas compte. Nous avons un WC sec, mais on n’y va jamais car nous avons de l’eau de pluie pour alimenter la chasse d’eau.
Au début, j’utilisais un petit chauffe-eau électrique de 10L que l’on allumait 20 minutes avant de prendre notre douche et que l’on arrêtait juste après (c’est le temps qu’il faut pour chauffer les 10L). Une fois refroidie, cela représente une douche de 20L.
Largement suffisant pour se laver. L’avantage de ce système est d’être doublement économique. J’ai calculé qu’allumer 4 fois le chauffe-eau de 10L consommé moins que notre gros chauffe-eau standard. Aussi, on utilise moins d’eau sous la douche, car une fois la réserve d’eau chaude partie, l’eau commence rapidement à se refroidir, c’est le signal qu’il faut vite se rincer avant de n’avoir que de l’eau froide.
Désormais, comme pour le WC sec, nous préférons le confort de chauffe-eau standard alimenter à l’eau de ville. C’est quand même plus pratique, car c’est plus rapide pour tout le monde au quotidien."
Peux-tu expliquer ton système ?
"J’ai simplement un petit pan de toiture de 70m² (sur les 200m² totaux) qui se jette dans une cuve en plastique de 3500L équipée d’un préfiltre. L’eau est aspirée via une crépine flottante par une pompe et un surpresseur me permet d’alimenter toute la maison dans un réseau de tuyaux secondaire.
Le robinet de cuisine est lui toujours raccordé à l’eau de ville, ainsi que l’eau chaude. Cela pour éviter de devoir installer un second chauffe-eau. Ainsi tout le réseau d’eau chaude est branché à l’eau de ville.
Nous sommes 4 et nous consommons 2.5m3 d’eau de pluie par mois et environs 2m3 d’eau de ville."
As-tu déjà étais en pénurie d'eau de pluie ?
"Oui, 2 fois de suite pendant 1 semaine. Une fois, ils avaient annoncé de la pluie, j’ai donc vidé ma cuve pour remplir mes réserves pour le jardin et il n’a pas plu.
Mais cela reste rare par chez moi (Grenoble) qu’il ne pleuve pas pendant 1 mois et demi. Si cela devait se repérer, je commencerais par dévier plus de toiture dans ma cuve (je n’ai actuellement que 70m² de surface qui alimentent ma cuve)."
J’ai vu dans une de tes vidéos que tu possèdes un filtre à gravité, tu peux m’en parler ?
"Oui, j’ai un filtre à gravité de type Berkey / Bekerfeld avec des cartouches céramiques / charbon actif. C’est un système génial totalement passif. Je l’ai surtout quand je reçois du monde, pour ne pas les obliger à boire de l’eau de pluie non filtrée.
C’est également un système de secours s’il fallait boire tous les jours, boire de l’eau de pluie avec des gens sensibles qui ont mal au ventre ou autre. On pourrait passer sur ce système sans problème."
As-tu un système pour contrôler le niveau de ta cuve ?
"Oui, j’ai un système avec un radar de recul de voiture. Ça coute 15 euros. Cela fonctionne via un radar phonique qui bip et me donne une idée du niveau de l’eau selon le bip.
Mais au final, je ne regarde pas souvent, car comme il pleut souvent, je sais que j’ai assez d’eau."
Comment filtres-tu ton eau ?
"Au début, j’avais mis une série de filtres (filtre lavable puis filtre à sédiment de 10 microns). Un jour au moment du nettoyage, j’ai remarqué que les filtres sentaient fortement la vase. J’ai considéré qu’à cet endroit, cette concentration de vase n’était pas nécessaire. Ça ne me plaisait pas. J’ai alors décidé de retirer mes filtres.
À la base, l’eau n’était pas pour les besoins potables. Puis, on a commencé à se brosser les dents avec. Peu après, j’ai appris que mon fiston avait décidé de s’acclimater à l’eau de pluie. Il en buvait une demi-gorgée tous les jours. Il n’a pas été malade.
Aujourd’hui on en boit sans se soucier de quoi que ce soit, il ne nous est rien arrivé jusqu’à présent. L’eau n’a pas le gout particulier. J’aime beaucoup dire que notre eau n’est pas potable et c’est très dangereux, car les oiseaux chient sur notre toit ;)"
Comment s’est faite cette transition dans la famille ?
"Au début seul la salle du bain du bas, la douche, les WC et la machine à laver étaient raccordés à l’eau de pluie. L’expérience étant concluante, nous avons ensuite passé toutes les canalisations d’eau froide à l’eau de pluie. Tout le monde a très bien accepté l’arrivée de l’eau de pluie dans la maison, surtout les enfants."
Pourquoi ce choix de l’autonomie ?
" La liberté. Je ne veux pas dépendre de qui que ce soit ou quoi que ce soit. Je veux être libre de choisir ou non d’être dépendant. Je désirais une source d’eau au cas où le réseau tombe en panne ou si un jour je ne gagne plus d’argent, j’aimerais pouvoir ne vivre de quasiment rien.
Cette liberté et cette résilience me permettent de ne pas trembler s’il n’y a plus d’eau de ville."
Qu’en pensent ton entourage et les gens de ta démarche d’autonomie en général ?
" Comme tout le monde, ils trouvent intéressant d’en entendre parler. Tout le monde est curieux est intéressé si je dis que je fais 200kg de pommes de terre, que je suis autonome en noix, que je fais mon huile, mes chaussures, mais quand il s’agit de passer des heures dans le jardin à ramasser les récoltes, faire des conserves, etc., il n’y a plus personne."
Si je te dis résilience ?
« Disons simplement que quand l’extérieur se modifie, toi tu peux rester pareil et regarder les autres s’affoler. »
Que penses-tu du survivalisme ?
« Je trouve que la démarche est très bonne et permet d'ouvrir les consciences. En revanche, c’est un sentiment qui peut vite devenir destructeur et angoissant. Le fond est le même (que l’autonomie), mais avec souvent un peu plus de peur.
La peur d’être submergé par un changement extérieur. S’il devait y avoir un gros changement extérieur, je ne pense pas que l’on puisse s’y préparer de toute façon. Tenir 3 semaines de plus que les autres, à quoi bon ? Aussi en ce qui con-cerne l’effondrement probable dont on entend parler régulièrement, il est possible que cela mettre énormément de temps, sur plusieurs générations.
Quant au fait de stocker, si rien ne se passe, cela peut générer beaucoup de gaspillage.
Un gros stock de bouteilles en plastoc ou des boites des conserves, pour moi, c’est de la mal bouffe. Si on parle de haricot sec, ou si possible de cuve d’eau de pluie, OK. Mais stocker de la mal bouffe, ça ne me va pas.
Si je suis au fond survivaliste, je préfère me qualifier d’autonomiste. »
Quelle est ta vision du futur ?
« Je suis assez pessimiste. Tout se modifie et se dégrade. Les animaux, la faune, la flore, les in-sectes, les oiseaux, la biodiversité, les semences potagères… tout se dégrade, on bétonne, on goudronne et dans le même temps, on se déconnecte.
Plus personne ne sait décortiquer du sarrasin. Plus personne ne sait moudre du blé, potabiliser de l’eau ou savoir que l’on peut boire de l’eau de pluie. Le pétrole, tout le monde sait que ce n’est pas éternel et à côté de ça, le risque nucléaire est bien là. Même si le risque est faible, statistiquement ce n'est qu'une question de temps avant le prochain accident.
Je pense que le progrès est le problème. Trouver une solution en inventant une solution technique qui, globalement et de manière assez objective, est plus complexe que le problème déjà présent ne peut pas fonctionner.
Pour ne pas trop prendre de bois, on a trouvé du charbon, puis du pétrole puis du nucléaire et maintenant on fait du lithium. Or chaque solution est pire que la précédente. On pense que le progrès va amener une solution alors que pour moi le progrès, c’est le problème. »
Si tu avais un conseil à donner aux lecteurs de ce livre, quel serait-il ?
« C’est dommage de ne pas utiliser ce qui tombe sur le toit. Cette eau plus ou moins propre permet déjà de faire énormément de chose. Aussi, il ne faut pas avoir peur de l’eau de pluie et des normes. Mon conseil donc, mettez une cuve sous la gouttière, buvez un peu d’eau, faites des tisanes, regardez si vous n’êtes pas malade, testez. »
Un mot sur les bactéries ?
« C’est un sujet consensuel. Il y a des bactéries partout. Dans beaucoup de pays, les gens ne boivent que de l’eau de pluie et tout va bien.
Les bactéries dans l’eau ne sont peut-être pas le plus gros danger et pourtant on n’entend parler que de ça. Où sont par exemple les analyses sur les néonicotinoïdes ? Ou sur l’aluminium ? On sait tous que l’aluminium cause la maladie l’Alzheimer et pourtant, dans les usines de potabilisation d’eau de ville, une pratique courante est d’utiliser des sels d’aluminium dans le processus du traitement (pour faire floculer les particules). Si l’on en met trop, cela se retrouve dans l’eau au robinet, mais personne n’en parle. Pas de débat, pas d’analyse, pas de problèmes.
Aussi, quand une analyse de l’eau de ville dépasse les critères, le préfet fait un arrêté pour autoriser la distribution de l’eau malgré le fait qu’elle est dépassée les seuils. Peu de gens savent que parfois l’eau est dégueulasse, mais elle est quand même vendue. Ils ne vont pas couper l’eau de toute façon, et on ne reçoit pas de texto pour nous en informer. »
Ton opinion sur les normes ?
« Il ne faut pas se fier aux normes qu’on nous donne. Pour se protéger, ceux qui nous vendent l’eau ont fait des normes qui nous contraignent. Si je regardais ce qui se trouve sur la pomme de mon jardin, et que je la faisais analyser, on me dirait : impropre à la vente.
Effectivement, les entreprises se doivent de bien gérer leur stock pour éviter tout problème dans le cadre de la vente.
Hors cadre de vente, dans mon potager, il me suffit de manger ma pomme et tout va bien. Pour l’eau, c'est pareil. Pour vendre une eau, il faut des critères de malade, mais pour la consommer, on s’en fiche complètement. Mais cette notion est loin d’être grand public. »
Que penses-tu des normes sur la qualité de l’eau du robinet qui changent régulièrement ?
« Il faut le voir comme ça : d’abord on analyse l’eau, puis on adapte la norme aux résultats pour que l’eau soit juste en dessous de la limite. Ce n’est pas la norme qui est faite en premier (cf. la distinction entre norme réglementaire et norme sanitaire).
C'est pareil dans l'industrie automobile. Ce n'est pas la nouvelle norme de pollution qui force les constructeurs à développer un nouveau moteur moins polluant. D'abord ils créent un moteur et s'il est moins polluant que les autres, il devient la nouvelle norme. »
Merci Barnabé et à bientôt.
La chaine YouTube de Barnabé Chaillot
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Pierre | Mouton-Résilient
Nous nous définissons comme citoyens résilients. C’est-à-dire que nous développons dans nos vies des solutions pragmatiques, à notre échelle, afin d'être le plus indépendant possible... en savoir plus sur notre équipe.
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Haïku
Je suis retombé sur ce haïku hier soir.
J'adorais ces petits textes lorsque j'étais au lycée. Mr Ollier nous les lisait et on les commentait.
Celui-là m'était resté. Déjà, à cette époque.
Nous marchons en ce monde sur le toit de l'enfer en regardant les fleurs
Kobayashi ISSA
Je ne sais plus pour quelles raisons précises, j'avais ce sentiment de futilité, d'ignorance de la masse, ce sentiment de voir s'agiter les adultes dans une sorte de folie collective. Etait-ce juste inhérent à cette période de l'adolescence ou avais-je conscience que ce monde "moderne" ne pourrait jamais répondre à mes désirs, à mes besoins, à mes attentes, à mes passions ? Les fleurs que les gens autour de moi regardaient n'étaient que des artifices, non pas des fleurs réelles mais des créations humaines destinées à cacher le spectacle de l'enfer.
Ce sentiment de décalage que j'éprouvais mille fois par an, cet isolement dans lequel je me sentais vivre et cet étouffement qui m'étreignait lorsque le "monde" me sautait à la gorge, ce sentiment d'être "hors cadre", il est toujours là. Je passais les récréations à lire, assis contre un muret, le plus loin possible des autres. On m'avait surnommé "maverick", c'est à dire les veaux qui quittent le troupeau dès qu'ils sont sevrés.
Qu'en est-il de ce regard porté sur les fleurs ? A l'époque, jamais, je n'aurais considéré que c'était la solution. J'avais participé aux manifestations contre la centrale nucléaire de Plogoff et les CRS avait pu juger de mes qualités au lance-pierres. J'avais la rage.
J'ai été renvoyé trois jours du collège, déjà, pour avoir cassé le nez d'un élève qui me harcelait en raison de mon surpoids. Il était entré dans les toilettes pendant que j'urinais et il avait mis sa main sous le robinet d'un lavabo pour m'arroser. Il était sorti en gueulant que je m'étais "pissé dessus". Je suis allé vers lui et je lui ai balancé mon poing dans la figure. Le proviseur a considéré que ma réaction était disproportionnée. Evidemment, quatre ans de harcèlement, il n'en tenait pas compte. J'étais asthmatique et à l'époque, on "soignait" à la cortisone. Je pesais 65 kilos à 14 ans. J'ai jeté tous les médicaments dans les wc de la maison et j'ai dit à mes parents "Maintenant, ça passe ou ça casse".
Et c'est là que j'ai commencé le sport, à hautes doses et que je me suis éloigné du monde et que j'ai commencé à regarder les fleurs avec un regard apaisé et non plus chargé de colère. Oui, il était bon de regarder les fleurs, les arbres, d'écouter le chant des oiseaux, de contempler la mer et d'y plonger pour nager pendant des heures, de regarder le coucher du soleil ou de se lever à 5 heures du matin et de grimper au sommet du plus grand chêne de la forêt pour regarder le soleil se lever. Je n'ai pas oublié la folie humaine pour autant, j'ai continué à me battre, je suis allé à Plogoff, j'ai participé au nettoyage des plages souillées par le pétrole de l'Amoco Cadiz et j'ai participé aux manifestations paysannes, j'étais au procès du maire de Plogoff lorsque les CRS ont tabassé les personnes qui le soutenaient à la sortie du tribunal, j'ai vu la folie humaine et son opposé, j'avais la rage malgré le bonheur de la paix éprouvée au coeur de la nature. Il me manquait quelque chose de plus puissant encore, quelque chose qui pourrait m'éviter de déraper parce que cette violence en moi, je la sentais comme une force plus forte que moi... Et j'ai découvert l'escalade et l'alpinisme. Je sais que les montagnes ont été le terrain de "jeu" qui m'a sauvé de la rage. Là-Haut.
Des centaines de millions de personnes continuent à regarder les fleurs artificielles. Celles-là font partie de l'enfer car elles l'entretiennent.
Et moi, je m'occupe des fleurs de mes arbres fruitiers, non pas pour fuir ce monde moderne où je ne me suis jamais senti en paix mais parce que les arbres que je plante seront des choses très précieuses, de plus en plus précieuses, au fur et à mesure que les flammes de l'enfer grandiront.














