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L'énergie encore et toujours et de plus en plus.

Par Le 23/04/2022

Ce qui se passe en Allemagne présage des problèmes que nous allons rencontrer.

L'Allemagne a décidé de se passer de l'énergie nucléaire à la suite de Fukushima pour investir dans le charbon jusqu'en 2030, c'est à dire le temps nécessaire pour produire suffisamment d'énergies "renouvelables". Le problème est simple : avec une croissance exponentielle, il est illusoire de croire que l'énergie solaire et éolienne parviendront un jour à assurer l'autonomie énergétique. C'est le rêve d'une "croissance verte" et on sait que c'est un mensonge. Le problème ne vient pas des "écolos" comme on peut le lire dans divers commentaires mais de l'idée d'un monde en croissance dans une planète aux ressources limitées. 

Dans le roman "Jusqu'au bout", j'utilisais l'image du grimpeur. En escalade, la prioroité n'est pas de renforcer la masse musculaire mais d'apprendre à utiliser avec économie celle déjà disponible. Augmenter la masse musculaire revient également à augmenter la masse corporelle et donc le poids et par conséquent à devoir user davantage d'énergie.

On est dans la même problématique sur le plan énergétique. Si on cherche à préserver la hausse de la croissance, il faudra sans cesse augmenter la production d'énergie alors qu'on sait très bien que le pétrole, le gaz et le charbon coûteront de plus en plus cher. Il arrivera un moment où ces sources d'énergie ne seront plus accessibles à la population de base. C'est d'ailleurs déjà le cas. Un ami pompier a eu à intervenir chez une dame âgée, vivant seule dans une maison très ancienne. C'était pendant le coup de froid du mois de mars. Il faisait douze degrés dans la pièce principale. Elle a expliqué qu'elle n'avait pas les moyens pour se chauffer.

On va vers un monde scindé entre les "privilégiés" et les autres. Le problème écologique va se heurter à la réalité quotidienne et c'est insoluble dans une économie de marché. Je lis parfois que dans une économie en décroissance, les services de base ne pourront plus être financés. Santé et éducation, par exemple. Mais ils ne sont déjà plus financés à hauteur de l'importance de leur mission... L'économie de marché, le néo-libéralisme, le capitalisme les ont déjà laissés tomber. Quant à l'argent existant, il existe. C'est juste qu'il n'est pas partagé. Le concept du "ruissellement" cher à tous les politiciens et à tous les financiers est une utopie, un mensonge de plus. Mais quel gouvernement osera mettre en avant et appliquer la nécessaire décroissance alors que "le pouvoir d'achat" est de plus en faible ? Nous sommes enchaînés et la seule solution, c'est de viser la plus grande autonomie personnelle possible. Aucune solution ne viendra des puissants, ni même de la population dans sa grande majorité. Il n'est qu'à voir les candidats restants pour l'élection de demain...

 

 

Allemagne : des milliers de manifestants rassemblés dans un village menacé de disparaître en raison de l'extension d'une mine de charbon

 

Le village de Lützerath est, comme d'autres, condamné à disparaître pour permettre à une mine de charbon de s'étendre, malgré l'abandon de cette énergie, très émettrice en gaz à effet de serre, programmé par l'Allemagne à horizon 2030.

Article rédigé par

franceinfo avec AFP

France Télévisions

Publié le 23/04/2022 16:30Mis à jour le 23/04/2022 16:38

 

Des manifestants protestent contre la disparition d'un village en raison de l'extension d'une mine de charbon, à Lützerath (Allemagne), le 23 avril 2022. (BERND LAUTER / AFP)

Des manifestants protestent contre la disparition d'un village en raison de l'extension d'une mine de charbon, à Lützerath (Allemagne), le 23 avril 2022. (BERND LAUTER / AFP)

Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi 23 avril dans un village voué à disparaître en raison de l'extension d'une mine de charbon. Selon les organisateurs, quelque 3 500 personnes ont manifesté à Lützerath, dans le bassin minier rhénan, à quelques centaines de mètres seulement de la gigantesque mine à ciel ouvert de Gazrweiler, une des plus grandes du monde, régulièrement cible de militants écologistes. La police n'a, elle, pas communiqué le nombre de participants.

Une centaine de militants ont décidé d'aller protester au bord de la mine, ce qui peut s'avérer "extrêmement dangereux", a estimé dans un tweet la police de la région Rhénanie-du-Nord-Westphalie, demandant aux organisateurs de faire passer le message parmi les protestataires.

Ce village est, comme d'autres, condamné de longue date à disparaître pour permettre à la mine de charbon de s'étendre encore, malgré l'abandon de cette énergie très émettrice en gaz à effet de serre programmé par l'Allemagne à horizon 2030. Depuis l'invasion russe de l'Ukraine, le débat sur le charbon est toutefois relancé dans le pays, très dépendant du gaz russe qui représente quelque 55% de ses importations. Afin d'assurer la production d'électricité tout en réduisant sa dépendance, le gouvernement allemand s'est donné fin mars la possibilité de "suspendre" la fermeture de certaines centrales à charbon pour remplacer le gaz russe, tout en assurant que l'objectif d'une sortie du charbon d'ici à 2030 reste inchangé.

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"Les immensités secrètes" : voyage à vélo

Par Le 21/04/2022

A lire 

 

Se déplacer sans essence, sans électricité, par la force des mollets...

[LIVRE] Les Immensités secrètes - Un voyage à vélo jusqu'au pays où le soleil ne se couche jamais

 

 

Quelques années après À la poursuite de l'horizon, je me suis lancé dans un nouveau voyage à vélo. Je vous propose de découvrir le récit de cette aventure. Les Immensités secrètes est paru aux éditions BoD. Il est théoriquement disponible sur commande dans toutes les librairies.

EXTRAIT :
 

"Alors que les grues commencent à se perdre dans les nuages, l'ennui, telle une marée montante, engloutit peu à peu les quais déserts du port. Plongées dans la bruine, balayées par les vents, les trois rues d'Hirtshals semblent tout aussi abandonnées. Soufflant dans le creux de mes mains engourdies, j'entre dans un petit magasin pour y dépenser mes dernières couronnes danoises. Rien de très alléchant, mais au fond, tout ce qui compte, c'est de faire le plein de calories. N'osant pas abuser du confort de ce Rema 1000 (seul lieu chauffé accessible aux vagabonds), je m'assois dehors près des caddies. En mangeant une énorme brioche à la crème industrielle, je débute mon étude de la carte du monde d'en face, perdu au loin dans les brumes. Et je me souviens de ce moment où, quelques minutes avant de changer d'année, fatigué par le bruit (et songeant déjà à dérouler mon duvet sous un bel épicéa), je m'éclipsai discrètement dans la Nature. Plutôt que d'affronter les effusions de joie, les danses traditionnelles et toutes ces choses, je préférai partir rêvasser dans les immensités glacées. Seul, les pieds dans la neige, sous une lune naissante, bleutée, contemplant le grand ciel étoilé sur lequel se dessinait la belle silhouette du mont Charvet, je me promis, sans trop y croire, de reprendre mon vieux vélo pour m'enfuir jusqu'au soleil de minuit..."


158 pages. 8,95 euros. À noter : le livre ne contient aucune photo.

Lire les 2 premiers chapitres.

CRITIQUES (plus de détails en bas de page) :

"Une belle philosophie de vie, un récit superbement écrit et poétique, un cadeau offert par un simple humain amoureux de la Nature qui aimerait croire que ses semblables ne la détruiront pas trop vite." Jean-Yves Mounier, Biblio-cycles, novembre 2020. "Sur son vieux vélo, avec sa tente et ses sacoches, Matthieu Stelvio raconte avec talent son périple [jusqu'au] cap Nord. [...] Il voulait affronter la nature sauvage, il n'a pas été déçu, nous non plus." Magazine Outdoor Go (n°21, février-mars 2021, p°15). "Heureusement, [Matthieu] a le moral et le plaisir l’emporte toujours. Et pour nous aussi, tout au long de la lecture à travers laquelle il nous communique son euphorie, et sait nous faire ressentir ce qu’il y a d’exceptionnel à pouvoir se déplacer en douceur dans un environnement préservé. Un livre pour rêver [...]." B. Désormeaux, Carnets d'Aventures, mars 2021. "La manière de conter est réellement plaisante et l'auteur sait ne pas se mettre en avant au profit des paysages, des rencontres, des émotions. Quatre étoiles." La librairie du Voyage, septembre 2020. Top 5 des récits de voyage à bicyclette 2020 : Les Immensités secrètes est un "récit superbement bien écrit, empli de poésie". Revue Le Randonneur, janvier 2021. Livre conseillé par le magazine 200 (n°27, janvier-mars 2021, p°121).

COMMANDES :

Commandez le livre (8€95) sur : AMAZON (EN STOCK) / la Librairie du Voyage (EN STOCK - ENVOI RAPIDE - frais de port = 3,80 €) / la FNAC (sur commande) / La Galerne (sur commande) / CULTURA (en stock) / DECITRE (sur commande) / ARTHAUD (sur commande).

Pour commander le livre (8€95) sur le site de l'éditeur (EN STOCK, frais de port = 2,99 €), cliquez ici. Pour commander le livre en librairie, vous pouvez utiliser son numéro ISBN : 978-2-3222-3633-6. Vous pouvez aussi passer une commande en me contactant (par ce formulaire de contact ou en laissant un commentaire).

À noter : le livre ne contient aucune photo (ajouter des photos aurait doublé le prix de l'ouvrage).

Marre de cette société grise et étriquée ! Mon rêve est esquissé. C'est décidé : loin de l'air pollué des cités bétonnées, je partirai. Sur mon vieux vélo, avec ma tente et mes sacoches, je traverserai la France, l'Allemagne, puis le Danemark. Je franchirai ensuite un petit bout de mer. Commencera alors l'aventure du Grand Nord. Au fil des fjords de Norvège, je découvrirai mes immensités rêvées, et j'irai si loin que les jours n'auront plus de fin.

 

Les CRITIQUES détaillées :

« De son voyage à vélo entre Grenoble et le Cap Nord, et retour, Matthieu tire la substantifique moelle et nous raconte avec talent et poésie la partie scandinave du périple, plus particulièrement le long de la côte norvégienne et de ses incroyables fjords.
Celui qui veut ressentir la pureté des éléments, exister de toutes [ses] forces, vivre en grand, se sent de plus en plus mal à l'aise avec la vie standardisée qui lui est promise, veut se confronter aux éléments, vent, pluie, froid, il veut se perdre dans les vastes forêts nordiques, se frotter aux animaux sauvages, rennes, élans et autres oiseaux. Il recherche moins la compagnie humaine, qu'il ne néglige cependant pas quand il a l'occasion de croiser de beaux yeux clairs ou un congénère pédalant, que la Nature, toujours majuscule chez lui. Il veut retrouver la beauté des choses simples, il refuse la civilisation du toujours plus, il aspire à se sentir vivant à travers l'épreuve physique que représente un tel voyage dans ces immensités sauvages et secrètes...
Une belle philosophie de vie, un récit superbement écrit et poétique, un cadeau offert par un simple humain amoureux de la Nature qui aimerait croire que ses semblables ne la détruiront pas trop vite. (Jean-Yves Mounier) Livre hautement apprécié par le comité de lecture. » 
Biblio-cycles de Philippe Orgebin, Hervé Le Cahain et Jean-Yves Mounier, novembre 2020.
« Un parcours conté jour après jour mais qui évite le côté laborieux du genre. La manière de conter est réellement plaisante et l'auteur sait ne pas se mettre en avant au profit des paysages, des rencontres, des émotions. Quatre étoiles. » 
La librairie du Voyage, septembre 2020.
Top 5 des récits de voyage à bicyclette 2020 : Les Immensités secrètes est un "récit superbement bien écrit, empli de poésie". 
Revue Le Randonneur, janvier 2021.
« Sur son vieux vélo, avec sa tente et ses sacoches, Matthieu Stelvio raconte avec talent son périple de Grenoble à Grenoble... en passant par le cap Nord. C'est l'aventure du Grand Nord le long de la côte norvégienne, de ses incroyables fjords, puis les forêts immenses et secrètes de Finlande. Matthieu voulait affronter la nature sauvage, il n'a pas été déçu, nous non plus. » 
Magazine Outdoor Go (n°21, février-mars 2021, p°15).
«Allez, un petit tour à vélo pour changer. Une promenade jusqu’au cap Nord, si, si, c’est juste par là, plein nord en sortant de Grenoble. Bon, on vous passe les banlieues – Allemagne, Danemark, tout ça –, et on attaque direct par le plat (à peu près, voire pas du tout…) de résistance : la Norvège, par la côte – pas trop le choix – vous aurez même droit à un petit détour Lofoten (cf. CA 53). Le tout est joliment empaqueté et Matthieu ne nous épargne pas les moments pénibles de son périple, mais heureusement, il a le moral et le plaisir l’emporte toujours. Et pour nous aussi, tout au long de la lecture à travers laquelle il nous communique son euphorie, et sait nous faire ressentir ce qu’il y a d’exceptionnel à pouvoir se déplacer en douceur dans un environnement préservé. À lire pour rêver un peu et commencer à préparer la prochaine virée.» 
Bruno Désormeaux, Carnets d'Aventures, mars 2021.

Livre conseillé par le magazine 200 (n°27, janvier-mars 2021, p°121).

 

Jacques Perrin

Par Le 21/04/2022

 

On sait bien que c'est inéluctable mais, très clairement, pour moi, c'est un très grand homme qui s'en est allé.

Il restera tous ses rôles et je sais à quel point, ils m'ont marqué. Tout comme les films de Pierre Schoendoerffer avec lequel il a travaillé. Et bien évidemment tous les documentaires, remarquables, qu'il a produits. 

Toute une période de ma vie. D'immenses souvenirs, de profondes émotions. 

 

 

L'acteur, réalisateur et producteur Jacques Perrin est mort à l'âge de 80 ans

 

Connu pour ses rôles dans "Les Demoiselles de Rochefort", "Peau d'âne", "Le Crabe-tambour" ou plus récemment "Les Choristes", il avait aussi réalisé de nombreux documentaires comme "Le Peuple migrateur" et "Océans".

Article rédigé par

franceinfo avec AFP

France Télévisions

Publié le 21/04/2022 18:39Mis à jour il y a 8 minutes

 Temps de lecture : 1 min.

L'acteur, réalisateur et producteur Jacques Perrin à Paris, le 7 juin 2019. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

L'acteur, réalisateur et producteur Jacques Perrin à Paris, le 7 juin 2019. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

L'acteur, cinéaste et producteur Jacques Perrin, qui avait notamment joué dans Peau d'âne ou Le Crabe-tambour et réalisé le documentaire Le Peuple migrateur, est mort jeudi 21 avril à Paris à l'âge de 80 ans, a annoncé sa famille à l'AFP. "La famille a l'immense tristesse de vous informer de la disparition du cinéaste Jacques Perrin, mort le jeudi 21 avril à Paris. Il s'est éteint paisiblement à l'âge de 80 ans", a annoncé sa famille dans une déclaration transmise à l'AFP par son fils, Mathieu Simonet. Il était tout récemment apparu dans le film Goliath de Frédéric Tellier, avec Pierre Niney, Gilles Lellouche et Emmanuelle Bercot.

Un défenseur engagé de la nature

Comme acteur, Jacques Perrin, né à Paris le 13 juillet 1941, a tourné dans plus de 70 films à partir des années 1950. Sa voix douce et sa chevelure grise devenue blanche étaient familières au grand public, qui l'a notamment vu chez Pierre Schoendoerffer (Le Crabe-tambour en 1977, L'Honneur d'un capitaine en 1982) et Jacques Demy (Les Demoiselles de Rochefort en 1967, Peau d'âne en 1970). Jacques Perrin a aussi été le coproducteur d'une quinzaine de films depuis la fin des années 1960, parmi lesquels Z de Costa-Gavras (1968) ou Les Choristes (2004) de son neveu Christophe Barratier, dans lequel il jouait également (8,6 millions d'entrées). Au début des années 2000, il avait également fait une apparition dans le rôle du narrateur dans Le Pacte des loups, de Christophe Gans.

Défenseur engagé de la nature, il a coproduit plusieurs documentaires sur ce thème, dont Le Peuple singe (1989), Microcosmos : le peuple de l'herbe (1996) ou Himalaya : l'enfance d'un chef (1999). Par la suite, il a lui-même coréalisé des documentaires remarqués, dont Le Peuple migrateur, consacré aux oiseaux (2001, 2,8 millions de spectateurs en France), puis Océans (2010, 2,9 millions de spectateurs), récompensé par le César du meilleur documentaire en 2011.

 

Bruno Cremer, Jean Rochefort, Claude Rich, Jacques Dufilho... Tous ceux qui sont partis et qui sont toujours là. 

 

 

 

Le trilemme de Rodrick

Par Le 19/04/2022

Le trilemme de Rodrick

Wikipedia

 « La démocratie, la souveraineté nationale et une intégration économique poussée sont mutuellement incompatibles : il est possible de combiner deux des trois possibilités, mais il n’est jamais possible d’avoir les trois simultanément et entièrement. »5

La thèse peut donc se résumer donc de la manière suivante : une société ne peut pas avoir à la fois un régime démocratique, accepter une large ouverture à la mondialisation et conserver sa souveraineté nationale. Il est nécessaire de choisir entre ces trois pôles et une communauté politique doit choisir deux pôles parmi ces trois dimensions6.

Une fois ces trois alternatives définies Dani Rodrik en déduit nécessairement trois régimes institutionnels possibles :

L’option du « fédéralisme global » : ce régime combine institutions démocratiques et ouverture internationale de l’économie mais renonce alors à l’indépendance vis-à-vis du reste du monde. Un exemple donné par Rodrik lui-même est l’Union européenne.

Une deuxième option est appelée « camisole dorée » par Rodrik (golden straightjacket en anglais) en référence à la thèse, controversée, du journaliste Thomas Friedman selon lequel un pays devrait accepter de sacrifier sa souveraineté démocratique au bénéfice d’institutions internationales pour parvenir à la prospérité économique7. Ce paradigme peut être incarnée par la Chine contemporaine, ouverte économiquement et intégré à la mondialisation avec un État développé et souverain au prix de l’absence d’institutions démocratiques.

Enfin la troisième option est celle du « compromis de Bretton Woods ». Elle renvoie à l’idée qu’avant l’ère de libéralisation qui succède à la fin de l’étalon or les pays étaient relativement moins intégrés économiquement.

 

 

 

"On ne change pas un système en place en s’y opposant’’, disait Einstein, ‘’mais en créant un nouveau système qui rende le précédent obsolète’’.

Bon, tout le problème est là en fait. Nous n'avons pas la possibilité de changer le système politique, nous le subissons mais il est par contre possible de s'extraire, au mieux, de ce système et c'est là qu'entre en scène la simplicité volontaire, le retrait, la décroissance choisie puisque tout cela revient à ne pas alimenter, en tout cas le moins possible, le système économique qui maintient en place le système politique.

 

Arnaud RIOU

C’est le moment de faire votre choix… Je vous écoute…

Le serveur attend que l’homme visiblement mal à l’aise se décide.

Il tourne les pages d’un menu qui ne semble pas lui convenir, se gratte la tête...

- C’est tout ce que vous avez dans votre menu ?’

- Si je puis me permettre, je vous conseille la tête de veau. Elle est appréciée…

- Oui j’ai vu, mais, non, ça ne va pas le faire…

- Alors prenez les pieds de porc

- Ça ne sera pas possible non plus

L’homme est mal à l’aise

- Vous n’avez vraiment que ces deux plats dans votre carte ?

- On peut vous préparer un magret de canard dans son jus, une entrecôte paysanne et même des cuisses de grenouille si vous préférez

- C’est que je suis végétarien…

- Ah ! et bien, prenez le poulet aux épinards Vous mangez bien du poulet ?

- Non, je suis végétarien, je ne mange pas d’animaux

Le visage du serveur se crispe

- Orientez-vous sur un poisson, Une sole meunière, une truite aux amandes… Non ? Vous ne mangez pas non plus de poisson ?

- Pas d’animaux, non…

- Des moules, des bulots ?

- Non, ni crevettes, ni coquillages, animal à plume, à poil, à coquille, à sabot !

- Alors vous êtes végétalien… Pas végétarien précise le serveur satisfait

- Oui, si vous préférez… Je ne mange pas d’animaux quoi…

Le silence devient pesant…

C’est l’heure du choix

Soudain le regard du client s’éclaire !

- Ah j’ai trouvé ! l’assiette vegan ! Je n’avais pas vu

Émincé de carottes sur son lit de riz sauvage, brocolis et cake aux olives... Avec une soupe au butternet, c’est parfait ça !

Pourquoi ne me l’avez-vous pas proposé ?

- Nous l’avons arrêté dimanche dernier… Les clients n’en voulaient pas… Bon… Vous choisissez quoi ? J’ai bien entendu que vous êtes végétarien. Mais qu’est-ce que je vous sers ? Tête de veau ou pieds de cochon ?

Un classique de la manipulation est de nous faire croire que nous avons le choix à un endroit où nous ne l’avons pas.

Mais nous nous manipulons nous-même en perdant de vue notre propre pouvoir et en oubliant la force de notre véritable souveraineté.

La démocratie ne se manifeste pas qu’un jour tous les cinq ans. C’est un processus qui se gagne jour après jour. Quant à la liberté, C’est un sentiment qui s’acquiert de l’intérieur. C’est une force, une conscience. Elle disparaît d’elle-même lorsque nous perdons le goût de ce qui vraiment nous anime sur cette terre.

Lorsque nous abandonnons notre souveraineté en termes d’écologie, d’alimentation, d’éducation, de culture, de lieu de vie, d’activité professionnelle, lorsque nous laissons d’autres choisir pour nous ce que nous devons manger, comment nous devons nous soigner, pour qui nous devons voter, nos systèmes s’épuisent et naissent des simulacres de démocratie. Les lobbys, les personnalités politiques, les centres de pouvoir parallèles se réjouissent de cette souveraineté oubliée.

Le fait que les candidats au premier tour, mais aussi les chanteurs, les joueurs de foot, ou autres célébrités nous transmettent leurs consignes de vote en dit long sur ce que nous avons perdu au fil du temps en termes de démocratie, de souveraineté et de liberté.

Au moment de faire un choix, nous sommes généralement animés par deux élans :

L’amour, et la peur

Plus notre cœur est ouvert, moins nous avons peur. Notre choix est assumé, lumineux, inspirant.

Plus nous sommes dans la peur, plus notre cœur se ferme.

Le choix de l’amour est un choix souverain, nous adoptons un modèle de vie, une façon de décider, de nous soigner, de consommer, à partir de nos valeurs. Le choix de la peur est un choix perdant. Nous choisissons par dépit un plat, un lieu de vie, des études, un candidat aux élections.

Lorsque nous choisissons par la peur, nous perdons progressivement notre souveraineté, mais aussi notre foi, notre enthousiasme et notre propre raison de vivre.

On peut faire un choix la trouille au ventre, parce que son horizon nous fait rêver. Le sportif qui se lance dans un nouveau défi, l’entrepreneur qui décide de se mettre à son compte ont souvent peur d’échouer. Mais ils assument leur choix car celui-ci correspond à leur vocation et à leur philosophie.

Lorsque nous assumons pleinement nos choix, notre vie est plus sereine. Il n’y a plus de ‘’on doit’’ ‘’il faut’’ Il n’y a plus de ‘’corvées’’ de ‘’tâches’’ qu’il ‘’faut faire’’. Les choix sont naturels et sans effort. Nous comprenons la loi de causalité, chaque cause produit un effet et chaque effet vient d’une cause. Si nous souhaitons vivre dans une maison bien rangée, nous comprenons le sens de faire le ménage le matin. Si nous voulons nous maintenir en bonne santé, nous trouverons la motivation de soigner notre alimentation, de faire de l’exercice... Nous savons pourquoi nous avons choisi. Nous sortons alors de la posture de victime. C’est l’œuvre d’une vie.

La période sanitaire nous a interrogé sur le moteur de nos choix, plus qu’aucune autre période de ces dernières décennies.

Qu’est ce qui a animé tant d’entre nous à se faire vacciner ? Un véritable choix souverain, un petit arrangement, ou la peur, de perdre son travail, de ne plus pouvoir sortir. Lorsque ces choix - qui n’en sont pas - sont trop nombreux, nous perdons notre lumière. Lorsque nous générons de vrais choix vertueux, ils nous pacifient. Lorsque nous choisissons par dépit un choix qui n'en est pas un, nous ne gagnons pas en sérénité. Nous attendons que l'autre fasse les mêmes choix que nous, nous nous agaçons qu'il ne sache pas choisir, qu'il hésite. Ce processus de choix par dépit entretient tant de conflits dans les cercles familiaux et professionnels.

Sommes-nous conscients, que notre choix est souverain, lorsque nous commandons un livre chez le libraire du coin plutôt que chez Amazon ? Sommes-nous conscient que nous votons avec notre carte bleue toute l'année ? Sommes-nous conscients que chaque acte aussi anodin soit il a des répercussions sur l’économie, sur l’écologie, sur notre environnement ?

Certains choix sont des dilemmes, (deux options incompatibles – Je ne veux pas me faire vacciner, mais j’ai besoin de mon pass pour voyager) d’autres sont des trilemmes. Nous n’avons pas deux options, mais trois, dont l’une est incompatible avec les deux autres.

Beaucoup ressentent ce trilemme à l’approche des élections.

- Je ne veux pas repartir cinq ans avec ce président sortant

- Je ne veux pas voter pour cette candidate

- Je ne veux pas ignorer mon droit de vote durement acquis

Un trilemme est une impasse qui met en avant la fragilité de tout un système qui montre son incohérence. Ce n’est pas alors choisir le moins pire qui est tant important pour sortir ce ce trilemme, que la prise de conscience de ce qui l’a généré.

L’économiste Dani Rodrik s’est illustré en mettant en avant le trilemme qui porte désormais son nom, le Trilemme de Rodrik. Selon lui, la mondialisation nécessaire à l’évolution de l’économie, la souveraineté nationale et la démocratie forment un trilemme et sont donc incompatibles.

Il faut alors sacrifier l’un des piliers du triangle : la mondialisation, la souveraineté nationale, ou la démocratie.

Ces dernières années, l’Europe a privilégié une économie fédératrice. Une monnaie unique, des lois votées à Bruxelles pour réglementer nos quotas hexagonaux. Elle a, du coup, fragilisé notre souveraineté nationale et notre démocratie.

La Chine a résolu à sa façon son trilemme de Rodrik en privilégiant une mondialisation sans complexe et une gouvernance supranationale. Elle a pour cela clairement éradiqué la démocratie en imposant le crédit social. C’est ce qu’on appelle la camisole dorée.

Résoudre un trilemme, ce n’est pas tirer à la courte paille laquelle des options nous allons finalement choisir, celle qui serait la moins pire. Car en agissant ainsi, un autre trilemme plus insoluble encore se représentera. Nous avons besoin de méditer en profondeur sur le système qui a généré ce trilemme. Un système obsolète, pervers et décadent. Nous avons besoin de retrouver la congruence de chacun de nos actes.

‘’On ne change pas un système en place en s’y opposant’’, disait Einstein, ‘’mais en créant un nouveau système qui rende le précédent obsolète’’. C’est donc jour après jour, que nous pouvons restaurer un système vertueux dans lequel chacun soit souverain, libre, conscient et solidaire. Un système qui intègre l’écologie, grande absente de ce scrutin, mais aussi l’écologie relationnelle, la conscience du tout et de chaque partie du tout.

Puisse cette période chaotique nous rappeler chacun à notre souveraineté et vocation, celle d’être un véritable gardien d’une humanité tellement fragilisée par des siècles d’égoïsme, d’ignorance et de violence.

Texte : Arnaud RIOU

LE DÉSERT DES BARBARES (4)

Par Le 18/04/2022

Dans le cas d'un monde en chaos, (les raisons pour cela sont nombreuses), se pose la question de la capacité et même de la volonté de survivre. Il ne s'agit pas d'une catastrophe localisée comme l'humanité en a déjà connue mais d'un désastre planétaire. Voir s'effondrer la totalité du monde connu, l'ensemble de ses repères, l'idée même d'une amélioration à venir, cela relève d'un défi monumental. L'humanité, depuis les temps les plus anciens, s'est construite à travers un combat quotidien, "the struggle for life", et chaque génération a vu croître sa sécurité, son confort, son espérance de vie. Il a fallu beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps et cela n'est pas vrai partout sur la planète. Les différences sont considérables et parfois même effroyables. Il n'en reste pas moins que le développement des sociétés modernes a atteint un niveau critique au regard des lourdes menaces qui pèsent sur la planète. Et il est fou de penser que nous ne sommes pas concernés. Cette inconscience s'explique justement par le niveau de vie des sociétés modernes. Nous vivons hors sol. Dépendants sur le plan alimentaire, au niveau de l'eau, au niveau énergétique, entassés dans des zones urbaines où la nuit elle-même n'existe plus. Pétrole et électricité. Nous avons bâti notre monde moderne là-dessus. 

Qu'en sera-t-il si cette humanité toute entière bascule dans une dévastation totale, dans un laps de temps très court ? Qui sera susceptible de s'en sortir ? Qui en aura envie ? 

 

"Entre la civilisation et la barbarie, il y a cinq repas." Winston Churchill.

 

LE DESERT DES  BARBARES

"Théo et Laure avaient présenté le désert des Barbares à Yves et Lisette. Tous les deux impressionnés par les installations. Ils finirent d’aménager l’extension pour qu’ils se sentent au mieux, dans leur intimité. Personne ne savait combien de temps cette cohabitation durerait. Théo avait insisté pour que Yves et Lisette se sentent libres d’arranger l’intérieur à leur idée.

C’est le soir même que Théo reçut un message d’Alec.

 

Message général. Éruption solaire majeure. Perturbations totales de l’ensemble du réseau électrique. Fin des communications dans quelques heures. Sans aucune possibilité d’estimer une date de reprise. Vous allez pouvoir juger de la qualité de votre préparation. Je vous l’ai déjà dit. Maintenant, nous avons tous une certitude : il ne restera que les meilleurs. Ceux qui avaient prévu tout ce qui était prévisible et qui sont prêts à affronter ce qui ne l’était pas. Le Hum s’étend à une vitesse effroyable. L’épidémie de choléra tout autant. Des guerres civiles et des conflits frontaliers partout sur la planète, des zones entières dont nous n’avons plus aucune nouvelle, deux centrales nucléaires ont connu des destructions majeures aux États-Unis, Tchernobyl en plus puissant. Dernier évènement la nuit dernière, l’explosion gigantesque d’un volcan Islandais, avec un séisme destructeur, les projections de cendres peuvent avoir un effet provisoire sur la météo, les incendies en cours depuis plusieurs jours à New York sont passés hors de contrôle, des millions d’Américains fuient les villes, l’armée chinoise a envahi Taïwan et Hong Kong, Israël a bombardé Téhéran, l’armée russe est entrée en Pologne. Les pays les plus belliqueux trouvent encore le moyen de balancer des bombes. La folie humaine n’a jamais eu de limites. Prenez soin de vous et, si nécessaire, tuez les autres. »

 

Fin du message.

La dernière phrase. Jamais Alec n’avait parlé en ces termes.

Lisette se mit à pleurer.

« Je ne veux pas vivre dans ce cauchemar. Yves, je ne veux pas vivre ça !

- Calme-toi, Lisette, oublie tout ça. Nous sommes à l’abri ici. Le reste du monde ne nous trouvera pas.

- Mais c’est pas ça le problème ! cria Lisette en se tenant la tête des deux mains. Tu ne comprends pas. C’est insupportable pour moi. C’est quoi cette volonté de survivre ? Être le plus fort, le plus malin, le plus résistant ? Mais on parle de milliards de morts, des milliards, est-ce que vous avez conscience de ça ? Ce monde va devenir un gigantesque charnier et vous, tout ce que vous voulez, c’est rester en vie. Mais moi, ça ne m’intéresse pas, je n’ai pas envie d’assister à ce cauchemar, je ne veux pas y être mêlée, je ne veux même pas en entendre parler, je ne veux plus y penser. Je ne veux plus rien savoir. Je ne veux pas que des hommes soient tués pour que je sois sauvée. Je préfère être morte. C’est moins douloureux. »

Yves enlaça sa femme qui éclata en sanglots.

« Comment tu vois la suite, Théo, demanda Laure lorsqu’ils eurent rejoint leur chambre.

- Sur le plan organisationnel, ça devrait aller. On est autonome en électricité et en eau potable. On a de la bouffe pour des mois. Il faudra chasser pour compléter. On a des armes, mon 4X4 et du carburant. Par contre, on ne saura plus rien de ce qui se passe dans le monde. Aucune idée de la propagation du choléra et du Hum. Donc, à partir d’aujourd’hui, plus personne ne doit entrer sur notre territoire. Tirs à vue. Pas de discussions. Qui que ce soit.

- Et les Balthuzar ?

- Demain, j’irai les voir mais je pense que la réponse sera toujours la même. L’électricité, ils s’en cognent. Ils ont un poêle à bois et des bougies. Des vrais paysans, de ceux qui vivent à l’ancienne et ils ont l’eau du puits. Ils ne partiront pas.

- Mais il y a autre chose qui t’inquiète.

- Je ne peux rien te cacher, divine sorcière chamanique, répondit Théo en posant un baiser sur le front de Laure. C’est Lisette. Je ne suis pas certain qu’elle tienne.

- C’est l’état du monde qui la ronge.

- Oui. Elle fait partie des gens qui ne peuvent pas accepter un tel bouleversement. Ils n’ont plus de repères. Soit ils en deviennent fous et dangereux pour les autres, soit ils en deviennent dangereux pour eux-mêmes.

- Je m’occuperai d’elle. Elle aime le jardinage, ça lui fera du bien. Il y a de quoi faire tous les jours.

- Oui, ça l’aidera peut-être. »

Silence. Théo pensait. Beaucoup, énormément, constamment. Laure le sentait. Elle entendait en elle le vacarme des pensées. Elle en devinait les raisons. Il avait préparé le chaos en pensant à ce dont il aurait besoin. Désormais, ils étaient quatre. Et l’anxiété de Lisette menaçait la sérénité nécessaire, la cohésion et la lucidité du groupe. Comment Yves allait-il pouvoir gérer l’état de sa femme ?

Ils se couchèrent et s’enlacèrent.

« Est-ce que tu as une interprétation des phénomènes naturels sur la planète ? Le choléra, le Hum, et maintenant l’éruption solaire.

- Tu oublies l’éruption volcanique en Islande, ajouta Théo. Avec un risque sur le climat. Un nuage de cendres, ça peut couvrir une partie de l’Europe. C’est déjà arrivé.

- Oui, les avions n’avaient plus le droit de voler, je m’en souviens. Mais ça n’avait pas duré très longtemps. Ça peut vraiment perturber le climat ?

- Tout dépendra de la durée de l’éruption et de la quantité de cendres projetées dans l’atmosphère. L’éruption du Krakatoa en Indonésie, en 1883, je crois bien, ça a projeté tellement de cendres dans l’atmosphère que la température de la planète entière a diminué et le temps a été déréglé pendant plusieurs années. Il ne faudrait pas que d’autres volcans s’y mettent. Je sais que ça arrive parfois. Mais, cette fois, on n’en saura rien.

- Donc, on pourrait avoir un hiver très froid ?

- Par exemple. Le rayonnement solaire est atténué par les cendres, tu vois, c’est comme un voile.

- Et tu en penses quoi de tous ces phénomènes ?

- Je n’en ai aucune idée. À quoi tu penses, en fait ? Tu te dis que c’est lié aux comportements de l’humanité, un truc comme ça ?

- Oui, c’est ça. Pourquoi est-ce que ça arrive maintenant ?

- Les hommes sont fous et la Terre part en vrille ? C’est ça ton idée ? Pour un esprit cartésien, ça ne tient pas debout. Mais les esprits cartésiens nous ont conduit au désastre alors je me dis que tout est possible et qu’il faudrait peut-être changer notre façon de voir les choses. J’aimerais bien savoir ce qu’il en pense ton Figueras.

- Oui, moi aussi. »

Figueras. Tim.

Les deux hommes qui occupaient les pensées de Laure lorsqu’elle s’endormait.

Figueras, dont elle rêvait parfois.

Tim dont elle avait rêvé la nuit précédente.

Un évènement pour elle.

Elle posa les mains sur son ventre. Deux jours que cette pointe était apparue sur le flanc. Une chaleur mouvante, comme des bulles alternant les plongées et les remontées, une agitation pétillante.

Tim dont elle n’aurait plus de nouvelles mais qu’elle sentait plus proche que jamais. Elle imagina qu’il pensait à elle.

Elle s’appliqua à maintenir les mains sur la zone. Elle devinait des ondes, comme un massage profond.

Elle se remémora les sorties en montagne avec son petit frère. Des souvenirs joyeux. Ils étaient proches à cette époque. Elle prenait soin de lui, elle l’entraînait dans ses aventures en forêt, il apprenait vite, elle en était parfois un peu jalouse et souvent très fière.

Elle se concentra encore et elle guida la lumière.

Les cerisiers du Japon

Par Le 17/04/2022

 

Bon, très franchement, si les cerisiers japonais ne fleurissent plus, personnellement, ça ne me pose pas de problème. Il y en a un dans la propriété qu'on a acheté et l'an prochain, on va le couper à un mètre de la base pour le greffer en couronne avec un cerisier à fruits.

Les arbres d'ornements n'ont pas d'intérêt. Tout comme les jardins d'ornement et les pelouses de terrain de golf. Cette époque-là n'aurait jamais dû exister et si ce genre de jardin disparaît pour être remplacé par des jardins nourriciers, tant mieux.

Les pommiers, les cerisiers, les pêchers, les abricotiers et tous les autres arbres nourriciers, lorsqu'ils sont en fleurs, c'est magnifique et c'est la promesse d'un cadeau inestimable. Le cerisier du Japon qu'on a ici est en fleurs et dans quinze jours, il n'y aura plus rien. 

Ce que je trouve consternant dans cet article, c'est la dernière réflexion : les Japonais vont réaliser la gravité du dérèglement climatique le jour où leurs cerisiers ne fleuriront plus. C'est en fait un exemple flagrant de ce que j'avais développé dans l'article contenant le haïku de Kobayashi Issa :

"Nous marchons sur le toit de l'enfer en ce monde et nous regardons les fleurs."

Je sais que mes propos peuvent paraître exagérés, que c'est de l'extrémisme végétal :) Mais comme je l'ai déjà dit, premièrement, ça ne me pose aucun problème d'être considéré comme un extrémiste et deuxièmement, je pense que seul l'extrémisme porte en lui les conditions d'un changement radical de paradigme. J'ajoute, pour ne pas créer de malentendu, que je ne parle pas de l'extrême droite. Celle-là, je la conspue tout autant que l'autre cafard. Je parle d'un extrémisme de décroissance utile, de simplicité volontaire, de retour à la nature, une nature au service de l'homme et l'humanité au service de la nature. 

 

DESCRIPTION

Origine : Les Japonais, qui cultivent le cerisier à fleurs depuis des millénaires ont créé d’innombrables variétés. Ils apprécient sa floraison luxuriante qui annonce l’arrivée du printemps et lui consacrent chaque année depuis l’ère Heian (794-1185) une fête très populaire appelée Hanami. Aucun pays ne possède autant de cerisiers à fleurs que le Japon où ils sont considérés comme une richesse nationale. Aujourd’hui, les sites célèbres sont classés et protégés par la loi japonaise.

Principales caractéristiques : Arbre ornemental à port évasé, très large et très étalé dont les branches, légèrement arquées, au feuillage vert clair, se développent à l’horizontale. Il donne au printemps des bouquets de 2 à 3 fleurs simples ou doubles d’un blanc neige ou rose qui ne donnent pas de fruit comestible mais diffusent un agréable parfum d’amande et d’aubépine.

Période de floraison : Fin mars à mi-avril.

Rusticité : Résistant au froid, cet arbre décoratif s’adapte pratiquement à tous les climats.

 

Au Japon, les cerisiers en fleurs sont menacés : "Si le réchauffement climatique continue, ils ne fleuriront plus"

 

Au Japon, les scientifiques s'inquiètent pour l'avenir des "sakura", ces cerisiers dont l'on guette rituellement la floraison au printemps. Entre les phénomènes météo exceptionnels et la hausse des températures, ils fleurissent plus tôt et pourraient bien ne plus fleurir du tout.

Karyn Nishimura - franceinfo

Radio France

Publié le 17/04/2022 17:01

 Temps de lecture : 2 min.

Des cerisiers en fleur à Tokyo, au Japon. Image d'illustration. (KAZUHIRO NOGI / AFP)

Des cerisiers en fleur à Tokyo, au Japon. Image d'illustration. (KAZUHIRO NOGI / AFP)

C'est le trésor naturel et éphémère du Japon. Les sakura, ces cerisiers en fleurs sous lesquels les Japonais font la fête chaque année, pourraient bien finir par ne plus fleurir. Au cause : le changement climatique qui accélère leur floraison et les fait souffrir, alertent les scientifiques. Une situation qui inquiète nombre de Japonais, pour qui l'observation de la floraison, le hanami, se célèbre à chaque printemps. 

Les sakura sont tellement ancrés dans la culture et l’imaginaire japonais que même les robots domestiques les célèbrent. Pourtant, à cause de l’humain, la saison des cerisiers en fleurs n’est déjà plus ce qu’elle était il y a cinquante ans. Elle ne suit plus le même calendrier explique Yoshie Nakamura, de l’agence de météo privée Weathernews. 

"Le début de la floraison des cerisiers est de plus en plus précoce. Dans les années 1960, elle commençait en moyenne vers le 30 mars. Mais dans les années 2010, c’était vers le 22 mars, plus d’une semaine plus tôt."

Yoshie Nakamura 

à franceinfo

Mais ce n’est pas qu’un changement calendaire, c’est pire. Si les hivers froids disparaissent, les fleurs disparaîtront aussi. "Pour que les cerisiers fleurissent, il faut que le bourgeon qui deviendra fleur connaisse une vraie période de basses températures hivernales qui le sorte de son sommeil" explique Yoshie Nakamura, qui ajoute que "si à cause du changement climatique ce critère de froid n’est pas bien rempli, et qu’à l’avenir les températures hivernales augmentent encore, les cerisiers risquent de ne pas fleurir."

Déjà plus de floraison dans certaines régions

Et selon les scientifiques ce n’est qu’un début. "L’absence de floraison ou une floraison partielle pourrait se voir sur l’île de Kyushu, au sud. D’ores et déjà, plus au sud encore, à Okinawa, la variété des cerisiers yoshino ne fleurit pas et nous pensons que la région concernée par ce phénomène risque de s’étendre plus au nord."

À la télévision japonaise, les météorologues commencent à tirer la sonnette d’alarme. On peut par exemple entendre "si le réchauffement climatique continue, les cerisiers ne fleuriront plus complètement ou ne fleuriront plus du tout". Ou encore : "C’est trop triste que le changement climatique ait aussi ce genre de conséquences".

Des effets plus tragiques encore menacent le Japon, mais les sakura sont sacrés dans le pays. D'ailleurs, "la passion des Japonais pour les cerisiers en fleurs est telle que si davantage de personnes comprennent que non seulement ils fleuriront plus tôt mais qu’ils risquent de ne pas fleurir du tout, la prise de conscience des Japonais vis-à-vis du changement climatique pourrait s’accentuer". Et le temps presse.

 

Sécheresse en 2022

Par Le 16/04/2022

On est en avril et les articles sur le manque d'eau fleurissent.

Mais sinon, tout va bien. L'écologie n'est absolument pas une priorité. On verra ça plus tard...

De notre côté on vient d'installer la cinquième citerne de 1000 litres en récupération d'eau de pluie.

L'épisode suivant, c'est une citerne souple de 10 000 litres.

 

Une dizaine de départements déjà en alerte pour la sécheresse, "un phénomène de plus en plus fréquent" selon un spécialiste

 

Une dizaine de département français sont déjà en alerte sécheresse précoce. Un phénomène qui, en raison du changement climatique, va devenir de moins en moins rare.

Article rédigé par

franceinfo

Radio France

Publié le 16/04/2022 15:36

 Temps de lecture : 2 min.

La rivière du Doubs totalement asséchée à Villiers-Le-Lac, en 2020. Image d'illustration. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

La rivière du Doubs totalement asséchée à Villiers-Le-Lac, en 2020. Image d'illustration. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

"Ce type de phénomène apparaît de plus en plus fréquemment", a commenté sur franceinfo Alain Dupuy, professeur d'hydrologie à l'Institut national polytechnique de Bordeaux, alors qu'une dizaine de départements en France se trouve déjà en situation d'alerte pour la sécheresse. 

>> Sécheresse : "Je crois qu'on n'a pas compris ce qui arrive devant nous", alerte une hydrologue

"C'est une situation héritée de l'hiver et de l'automne dernier", a-t-il expliqué, alors que les situations sont très diverses sur l'ensemble du territoire français. La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur est la plus touchée actuellement par ce phénomène de sécheresse. Les professionnels et les particuliers sont incités à faire des économies d'eau.

franceinfo : Dans les départements touchés, on retrouve la Vienne, l'Ain, la Drôme, les Alpes-Maritimes, mais la région Paca est la plus concernée. Pourquoi ?

Alain Dupuy : C'est la région qui a cumulé deux effets en même temps. D'abord un déficit hydrique marqué en début d'hiver, suite à l'été dernier qui a été très sec et ensuite une période de précipitations bien moindres que d'habitude. Il en résulte donc un déficit hydrique en ce début de printemps qui est très important, car la végétation est en débourrage, elle est en train de démarrer. Autrement dit, même s'il y avait des précipitations actuellement, elles seront captées par la végétation et n'iraient pas dans le sol ou le sous-sol. Ça risque donc d'être compliqué pour la suite, pour l'été et l'automne qui arrive.

On a des déficits jusqu'à plus de 50% par rapport à la normale aujourd'hui ?

Oui, mais la situation est très hétérogène sur le territoire. C'est vraiment ce qu'on appelle les masses d'eau, soit superficielles, soit souterraines. Ce sont des éléments de fonctionnement du système en surface ou en sous-terrain qui sont touchés. Et chaque situation sera différente, on ne peut pas homogénéiser au niveau des régions.

Est-ce que ces périodes de sécheresse précoces vont être de plus en plus fréquentes ?

Malheureusement, cela va devenir de moins en moins rare parce que la tendance du changement climatique nous fait avancer vers des systèmes où on aura une concentration relative des précipitations en hiver et ensuite un arrêt des précipitations tôt dans le printemps. Les premiers signaux qui nous sont remontés sur l'analyse des données montrent qu'on a ce type de phénomène de plus en plus fréquemment. D'autant plus que c'est quelque chose qui se cumule d'une année sur l'autre, notamment pour les nappes de surface dites phréatiques. C'est moins vrai pour les nappes plus profondes, mais si le déficit hydrique continue à s'accumuler, on va vers des gestions territorialisées de crise, il faut le dire.

Est-ce que la situation est rattrapable d'ici l'été ?

Avec le début du débourrage de la végétation, le boom végétal, on estime qu'une fois que la végétation est partie, elle capture la majorité des flux des précipitations, sauf à avoir des événements extrêmes très marqués et très concentrés. Mais malheureusement, la végétation est partie, donc les cultures vont capturer le maximum d'eau. Ensuite, on n'a que les résidus pour le ruissellement et pour la recharge des nappes. Donc ce sera difficilement rattrapable.

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Sécheresse : des restrictions d'eau dans huit communes des Alpes-Maritimes

Sécheresse : le printemps débute sur une vague de chaleur

 

Au service de l'humanité

Par Le 16/04/2022

 

Un travail remarquable, essentiel.

Le bonheur aussi pour nous parce que c'est ce que Nathalie essaie de faire en échangeant des graines par la poste. Elle récolte, elle partage, et elle reçoit d'autres graines qu'elle expérimente. Et les résultats sont parfois fascinants. L'idée, c'est bien entendu de garder des graines des plantes les plus résistantes et les plus généreuses pour nous. On n'achète pas de graines. Nathalie garde celles des plants les plus vigoureux, les plus résistants à la canicule, principalement. Il est clair également qu'il faut privilégier les plants à floraison tardive. On l'a encore vu cette année. Monsanto et autre firmes du même genre n'ont aucune utilité. Tout est dans la nature. 

 

Alimentation : il conserve des graines pour éviter une famine mondiale

 

Publié le 16/04/2022 à 08h00

Écrit par Yannick Kusy (@yannkusy) Propos recueillis par Alain Fauritte

Stéphane Crozat dirige le CRBA : "Depuis que je suis tout petit, il y a deux choses qui m'intéressent : c'est l'histoire et les plantes"

Stéphane Crozat dirige le CRBA : "Depuis que je suis tout petit, il y a deux choses qui m'intéressent : c'est l'histoire et les plantes" • © Yannick Kusy

Lyon

Rhône

Auvergne-Rhône-Alpes

Ethnobotaniste et historien d'art des jardins, Stéphane Crozat dirige le Centre de ressources botanique appliquée (CRBA), situé près de Lyon. Un organisme, créé en 2008, qui travaille sur l'avenir de notre alimentation à partir de ce qui subsiste : un immense patrimoine naturel en danger.

Ce CRBA est basé à Charly, près de Lyon, au sein de la ferme Melchior, en référence à Melchior Philibert. “Un riche marchand lyonnais du 17e siècle qui a construit cette maison des champs... Une villa de plaisance, en fait, mais qui est aussi un domaine agricole.” précise Stéphane.

Le CRB s’est installé en 2019 dans ce lieu idéal de travail. “C'est un endroit vraiment important pour nous parce qu’on à la fois une mission de conservation, d'études de variétés anciennes... et c'est aussi un domaine historique. Au CRBA, il y a une partie où on travaille sur les jardins historiques, sur l'archéologie des jardins, la restauration des jardins. Cela permettait de tout rassembler dans un seul et même endroit”

Grâce au CRBA, les graines sont conservées et observées dans leur diversité

Grâce au CRBA, les graines sont conservées et observées dans leur diversité • © france tv

La vocation de ce Centre est multiple. “ Au tout début, c'était vraiment d’étudier notre patrimoine horticole agricole lyonnais. Dans la seconde moitié du 19e siècle, il y avait vraiment la création de dizaines de milliers de variétés de fruits, légumes, fleurs de céréales. On a voulu les retrouver et les conserver.”

Puis les choses ont progressé. “On a aussi voulu valoriser ces variétés. Qu'est-ce qu'on en fait ? A quoi elles servent ? Et du coup, on a créé une station d'expérimentation agronomique. Et puis on a aussi créé une ferme dans laquelle on étudie ces variétés, aussi bien lyonnaises que des variétés qui viennent d’un petit peu partout dans le monde entier.”

Dans la seconde moitié du 19e siècle, il y avait vraiment la création de dizaines de milliers de variétés de fruits, légumes, fleurs de céréales. On a voulu les retrouver et les conserver

Il y a quelques années, Stéphane a rappelé, dans un ouvrage intitulé “fleurs, fruits, légumes l'épopée lyonnaise” que Lyon a été le centre du monde en matière d'horticulture jusqu'à la Première Guerre mondiale. “Absolument. C'était vraiment très important. 70% des roses mondiales, dans la seconde moitié du 19e siècle, viennent de cette région. Ce n'est pas anecdotique mais c'est aussi des dizaines de milliers de variétés de fleurs, des céréales, des légumes, des fruits... Par exemple, on a listé à peu près 300 variétés de pommes, de poires de prunes, de pêches, etc... créés dans la région. On en a déjà retrouvé à peu près 120” détaille l’expert.

Lyon était donc le centre du monde à cette époque-là. “Cela commence au 16è siècle, en fait. Toute cette histoire où Lyon est vraiment un grand carrefour - on le dit encore aujourd'hui...la confluence-. Grâce à ces gens qui viennent de toute l'Europe pour construire cette ville, comme les italiens, les flamands, les Allemands, les Espagnols... Chacun arrive avec ses graines, ses artistes, ses architectes, enfin tous ces savoirs européens.” Il donne des exemples : “La fameuse gastronomie lyonnaise est internationale au départ. Elle vient de cette période et les végétaux qui vont avec. Pour pouvoir cuisiner, manger, on a eu besoin de ces végétaux.”

Confrontés aux défis du dérèglement climatique

Aujourd'hui, le défi qui s’annonce consiste à d'adapter nos cultures au changement climatique. “On ne sait pas très bien où on va. C'est vrai qu'on parle souvent de réchauffement climatique mais, on le voit concrètement dans notre quotidien, ce n'est pas que du chaud. C'est vraiment un dérèglement climatique ” s’inquiète Stéphane Crozat. "Si on prend, par exemple, l'hiver... on a eu un hiver très doux, les végétaux ont démarré très tôt puis, on a vécu un gros coup de gel et hop, voilà le problème.”

La question est de trouver comment s’adapter à l’avenir. “Pour des fruitiers, ça peut consister à choisir des variétés tardives. On va chercher, notamment, pour les légumes ou les céréales, des végétaux dont les variétés vont avoir un cycle le plus court possible. Il y a de plus en plus d'aléas. De la grêle, de la sécheresse, les inondations, etc... Il faut passer entre les gouttes, si j'ose dire, et du coup on va devoir chercher les variétés qui s'adaptent ” répond le spécialiste.

Croiser génétiquement les espèces ou laisser faire la nature

S’adapter passera-t-il par des modifications génétiques ou des croisements d’espèces ? ”Ce n'est pas du tout caricatural. Il faut vraiment prendre conscience du fait qu’aujourd'hui il y a ces deux tendances au niveau mondial. Il y a ceux qui pensent que les croisements génétiques, la création variétale, les OGM notamment, vont permettre de nous nourrir et vont révolutionner le monde. Et puis il y a ceux -dont nous sommes- qui pensent plutôt qu’il y a déjà les ressources. On peut continuer de créer des variétés évidemment. Après, c’est toujours un problème de technique. Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on met, etc.…”

Il esquisse quelques pistes. “De toute façon quand on crée une nouvelle variété, la ressource vient de quelque part. Cela vient de végétaux qui existaient déjà. On va chercher les qualités chez des végétaux plus anciens. D'où l'intérêt de les connaître et de les conserver. Et, éventuellement, on peut en créer pour un certain nombre de raisons, et notamment pour essayer de de s'adapter”

Depuis 10 000 ans que l'agriculture existe, l'homme a toujours sélectionné les meilleures variétés

L’une des options consisterait à donner tous les pouvoirs à des multinationales, telles que Bayer ou Monsanto, qui auraient, de fait, une mainmise sur l'alimentation de la planète. L’autre possibilité se résume à faire confiance à la nature et au savoir-faire de l'homme qui, lui, peut produire des plantes qui feront face aux aléas climatiques. "Dites-vous que, depuis 10 000 ans que l'agriculture existe, l'homme a toujours sélectionné les meilleures variétés, celles qui lui convenaient le mieux. Et tout ça était dans la main des paysans.” rappelle Stéphane. “A partir du 20e siècle, c'est la standardisation, et l'industrialisation. Donc on a enlevé ça des mains des agriculteurs pour le confier à des multinationales. Aujourd'hui, peut-être qu'il va falloir rendre ces variétés aux agriculteurs tout simplement.”

Anticiper un risque de pandémie sur le végétal

De nos jours, 15 espèces de plantes fournissent 90% des ressources alimentaires de la planète. Ce qui signifie que, si elles s'adaptent difficilement à l'évolution du climat, les problèmes commencent. “Oui et c'est, potentiellement, des risques de famine. Regardez : le riz, le maïs, la pomme de terre, le blé, le soja, voilà... on a à peu près fait le tour, déjà, de ce qui nourrit l'immense majorité de la population. On a standardisé de plus en plus. Donc on a diminué le nombre de variétés. Imaginez une pandémie du végétal...”

Comment s'y préparer ? “C'est l'importance même de la conservation de cette biodiversité, de son entretien, de son utilisation quotidienne dans vos assiettes. Plus vous avez de diversité et plus vous avez de solutions possibles. Plus vous avez de possibilités de vous adapter.”

On voit effectivement des variétés de pastèques, de melons, etc.… qui poussent par 50 degrés

On peut trouver des plantes qui s'adapteront à ces changements climatiques dans l'immense richesse des végétaux qui existent encore, où qui ont existé sur la planète. On trouve, par exemple, en Arménie, des melons et des pastèques qui poussent dans des températures de 50 degrés. “Certaines de nos variétés locales vont s'adapter, mais d'autres pas. Au-delà, on va faire comme les gens ont toujours fait. Je disais tout à l'heure qu’au 16ème siècle, les gens amenaient leurs végétaux de partout et que c'est comme ça qu'ils ont créé les variétés locales. Il faut continuer ce mouvement.”

Ce qui implique des recherches sur le terrain “ On conduit des expéditions botaniques où on va chercher ces végétaux dans des régions spécifiques. On est allés, par exemple, dans une des stations de l'institut Vavilov, de Saint-Pétersbourg, qui est la plus ancienne banque de semences mondiale, au Daguestan. Là-bas, l'amplitude thermique, c'est moins -20 à +53 degrés. Et on voit effectivement des variétés de pastèques, de melons, etc.… qui poussent par 50 degrés. Ici, on n'a pas du tout ce type de variétés là. Donc on les introduit, on les étudie, et on voit ce que ça donne.”

Nikolaï Vavilov, botaniste et généticien russe

Nikolaï Vavilov, botaniste et généticien russe • © france tv

L’Institut Vavilov doit son nom à Nikolaï Vavilov, botaniste et généticien russe qui a effectué 115 expéditions dans 64 pays du monde pour constituer une collection extraordinaire. Elle constitue aujourd’hui la 4ème banque de semences du monde. "Déjà, dans les années 1920/1930, Nicolas Vavilov, qui est un des pères de la génétique mondiale, a eu cette idée. Il fallait identifier ce qu'on appelle les centres de primo-domestication des plantes. C'est à dire l'endroit où l'homme a domestiqué, pour la première fois, le blé, le soja, le maïs, la pomme de terre. Lors de ses expéditions, il est allé collecter ces variétés parce qu’il avait conscience, déjà, que, à l'état sauvage, les plantes résistent à tout. Elles n'ont pas de maladie. On ne les traite pas et elle se débrouillent toute seules. Elles résistent à leur environnement.”

Vavilov est donc allé chercher cette diversité. “Il s'est dit que c’était la clé pour nourrir son pays, à l'époque. Alors il est allé chercher ces variétés un peu partout et elles existent encore effectivement. 80% ne sont là que parce qu'elles ont été collectées avant la seconde guerre mondiale. Soit avant l'industrialisation de l'agriculture. Et avant que quiconque ne se mette à créer ces banques de semences au monde” raconte le spécialiste.

L'immense héritage de Vavilov

Ces semences très anciennes peuvent toujours être utilisées. “Bien sûr. Elles sont multipliées régulièrement. Mais elles sont aussi conservées de différentes manières. En congélation, par exemple, vous pouvez garder les graines entre 50 et 70 ans. Si on reprend l'exemple de l'institut Vavilov, il y a aussi la cryogénisation à l’azote liquide (-196°) qui permet de conserver des pollens ou des greffons pour des durées beaucoup plus longues encore. Cela permet les avoir et de les ressortir en cas de besoin” explique Stéphane Crozat.

Pour l'anecdote, Vavilov, qui voulait sauver les hommes de la faim, est finalement décédé au Goulag, sous Staline, en 1943. Son institut est toujours dans une situation fragile Elle comprend 12 stations dans le monde et une seule hors de Russie. C’est celle dirigée par Stéphane. "L'idée, c'était vraiment de s'inspirer de ces stations et du travail de Vavilov en Russie. Aujourd'hui à Lyon, on va étudier nos variétés, les caractériser, déterminer si elles sont grandes, petites, résistantes aux maladies, à la sécheresse... Si elles ont bon goût ou de bonnes qualités nutritionnelles.”

Les critères pris en compte sont ceux de l'industrie et de la transformation. Jamais l'agriculteur seul, ou le consommateur. Jamais vous et moi.

La mission ne s’arrête pas là. "On fait cette sélection de façon participative avec l'ensemble des utilisateurs. Le consommateur, bien sûr, des chefs cuisiniers, des transformateurs, etc. Il faut savoir que la plupart des variétés que vous trouvez dans vos supermarchés aujourd'hui ont été créées par les grands semenciers dont on parlait tout à l'heure. Et les critères pris en compte sont ceux de l'industrie et de la transformation. Jamais l'agriculteur seul, ou le consommateur. Jamais vous et moi.”

Ce qui signifie que l’on privilégie la facilité à les conserver ou les transporter et pas prioritairement leur qualité gustative. “Donc on cherche à vraiment développer ça. Donc on va faire une sélection avec les gens qui les utilisent. On va les tester, les goûter. Faire un travail sur des variétés qui, finalement, ne plaisent pas aux consommateurs, c'est un peu dommage. Et, enfin, on fait des analyses des qualités nutritionnelles, en laboratoire, pour voir, par exemple, les taux de vitamines, de protéines, etc. Quelles sont les variétés qui développent le plus d'intérêt.”

Il précise : “Vous savez aujourd'hui que, par exemple pour les protéines, on va devoir de plus en plus se passer ldes protéines animales parce que c'est très consommateur d'eau, c'est polluant etc. On va chercher ces protéines dans les végétaux donc on fait des analyses pour savoir quelles sont les variétés qui ont le plus de protéines.”

durée de la vidéo : 01min 27

Stéphane Crozat répond à la question fort minable • ©france tv

Le parcours de Stéphane Croizat parle pour lui et explique sans doute ses convictions. Lycée agricole de Brioude, licence d'histoire de l'art et d'archéologie à Clermont-Ferrand, maîtrise de langues “histoire civilisation du monde entier” option archéologie, école d'architecture option jardin botanique et paysage à Versailles... Stéphane est passé par le CNRS où il était chargé d'études.

Un profil impressionnant, empreint de modestie. “Je ne sais pas... Depuis que je suis tout petit, il y a deux choses qui m'intéressent : c'est l'histoire et les plantes. J’ai toujours suivi ma passion et, petit à petit, je suis allé vers ces différents domaines. Je me suis rendu compte que je pouvais rassembler tout ça dans l’ethnobotanique. A partir de ça, une fois qu'on a commencé à retrouver ces végétaux, on s'est dit que ce n’était pas possible de les laisser s'en aller. On a donc créé le CRBA.” résume-t-il simplement.

Chacun peut cultiver sa variété de semences

D'une passion, Stéphane a donc créé un organisme qui est en train de rendre service à la population, et qui nous sauvera peut-être un jour de la famine. Il propose également aux particuliers d'adopter des graines pour les faire pousser "C’est une démarche participative. On travaille sur du vivant. Et donc il faut continuer à le faire vivre. L'objectif, c'est de faire connaître ce travail, d'expliquer à chacun. Et chacun peut faire des choses. Notamment, si vous avez un jardin, vous pouvez nous aider à multiplier ces variétés. On vous confie une variété -pas plus parce que sinon ça peut être un peu compliqué- vous cultivez ces graines... on vous forme et les graines sont ensuite données gratuitement. Et ensuite les gens nous rendent ces graines. Cela nous permet d'en distribuer à d'autres et aussi aux agriculteurs.” Avec Cette initiative, chacun peut ainsi planter sa petite graine... et c'est comme cela qu'on fait des grandes forêts.

REPLAY : Voir ou revoir l'intégralité de cette émission

KUNDALINI :l'avis d'un lecteur

Par Le 15/04/2022

 

ou d'une lectrice. 

 

Kundalini web 1

 

Client d'Amazon

5,0 sur 5 étoiles délicieux !!!

Commenté en France le 22 février 2022

Achat vérifié

A lire..que d’enseignements ! Merci pour nous emmener au profondeur de l’Amour.
Un nectar succulent merci et encore merci monsieur.

 

Un choix qui n'en est pas un

Par Le 15/04/2022

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Tout le monde comprendra de quoi il s'agit.

Et c'est effrayant d'imaginer que quoi que l'on décide désormais, il ne s'agira pas d'un choix par conviction mais par dépit. En tout cas, pour ma part.

Tout aussi effrayant de constater à quel point, la problématique écologique est renvoyée au second plan, voire même bien plus loin. Alors que tout va dépendre de nos décisions, non pas dans les cent ans à venir mais, là, maintenant. 

Il est évident qu'il faudra attendre que la situation environnementale devienne fortement chaotique et que cela impacte la majorité de la population pour que la prise de conscience survienne. Maintenant, il est tout aussi évident que des décisions politiques majeures ne peuvent être assumées que par un seul pays, ni deux, ni trois. C'est à l'ensemble des gouvernements du monde de franchir le pas. Parce que sinon, on se heurtera toujours à la compétitivité, la rentabilité, la croissance, le PIB, au pouvoir d'achat etc etc...et pire encore à la carrière politique de tous les cafards.

Mouton résilient : ITW de Barnabé Chaillot

Par Le 13/04/2022

Barnabé Chaillot

 

par 

17/08/2021

Barnabé Chaillot se consacre depuis plus de 10 ans à la recherche et la promotion de l'autonomie énergétique, hydrique et alimentaire. Il est spécialisé dans la création, l'expérimentation et la diffusion de petits systèmes autoconstruits, simples et accessibles au plus grand nombre.

De l'alimentation solaire, en passant par un rocket-stove, faire sa farine maison, ou boire et se laver à l'eau de pluie, etc. Toutes ses vidéos suivent une démarche scientifique : De l'idée, au prototype, aux tests, en passant par les problèmes et leurs résolutions, ses tutos sont très didactiques, accessibles et filmés dans la bonne humeur.

Dans cette interview, Barnabé nous en dit plus sur son autonomie en eau et l'évolution de sa réflexion sur le sujet de l'eau de pluie. 

 

INTERVIEW DE BARNABÉ CHAILLOT 

 

Bonjour Barnabé, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

"Je suis bricoleur du dimanche à temps plein. Je fais des vidéos et des tutos. J’essaye de faire des choses reproductibles et qui nous poussent vers toujours plus de liberté, d’autonomie et donc de résilience. Je partage mes expériences notamment sur YouTube."

Pourquoi cette passion pour le partage de tes expériences ?

"Cela a commencé par bricoler une éolienne. Quand j’ai vu que je n’avais pas assez de vent chez moi, au lieu de la démonter et la recycler, un ami m’a conseillé de filmer ma démarche, mes erreurs et de suivre l’évolution du projet. De l’inspiration à la conception en passant par les nombreux obstacles et adaptations. Cette vidéo à beaucoup plus et ce concept de faire voir la démarche dans son ensemble est devenu la ligne éditoriale de ma chaine YouTube."

Es-Tu 100% Autonome En Eau ?

"L’autonomie, c’est toujours pareil. Est-ce que tout le monde est 100% autonome pour se déplacer sans pétrole ? Oui bien sûr, car nous avons tous des jambes. En revanche, est-ce que l’on ne se déplace qu’avec nos jambes ? La réponse est non. Dans le cas de l’eau, c’est pareil dans mon cas. J’ai 10 fois plus d’eau de pluie que ce dont j’ai besoin, mais j’achète quand même de l’eau de ville."

Pourquoi ce choix ?

"Si demain il n’y a plus d’eau du réseau, je serai 100% autonome. En fait, je suis autonome, mais je n’en tiens pas compte. Nous avons un WC sec, mais on n’y va jamais car nous avons de l’eau de pluie pour alimenter la chasse d’eau.

Au début, j’utilisais un petit chauffe-eau électrique de 10L que l’on allumait 20 minutes avant de prendre notre douche et que l’on arrêtait juste après (c’est le temps qu’il faut pour chauffer les 10L). Une fois refroidie, cela représente une douche de 20L.

Largement suffisant pour se laver. L’avantage de ce système est d’être doublement économique. J’ai calculé qu’allumer 4 fois le chauffe-eau de 10L consommé moins que notre gros chauffe-eau standard. Aussi, on utilise moins d’eau sous la douche, car une fois la réserve d’eau chaude partie, l’eau commence rapidement à se refroidir, c’est le signal qu’il faut vite se rincer avant de n’avoir que de l’eau froide.

Désormais, comme pour le WC sec, nous préférons le confort de chauffe-eau standard alimenter à l’eau de ville. C’est quand même plus pratique, car c’est plus rapide pour tout le monde au quotidien."

Peux-tu expliquer ton système ?

"J’ai simplement un petit pan de toiture de 70m² (sur les 200m² totaux) qui se jette dans une cuve en plastique de 3500L équipée d’un préfiltre. L’eau est aspirée via une crépine flottante par une pompe et un surpresseur me permet d’alimenter toute la maison dans un réseau de tuyaux secondaire.

Le robinet de cuisine est lui toujours raccordé à l’eau de ville, ainsi que l’eau chaude. Cela pour éviter de devoir installer un second chauffe-eau. Ainsi tout le réseau d’eau chaude est branché à l’eau de ville.

Nous sommes 4 et nous consommons 2.5m3 d’eau de pluie par mois et environs 2m3 d’eau de ville."

As-tu déjà étais en pénurie d'eau de pluie ?

"Oui, 2 fois de suite pendant 1 semaine. Une fois, ils avaient annoncé de la pluie, j’ai donc vidé ma cuve pour remplir mes réserves pour le jardin et il n’a pas plu.

Mais cela reste rare par chez moi (Grenoble) qu’il ne pleuve pas pendant 1 mois et demi. Si cela devait se repérer, je commencerais par dévier plus de toiture dans ma cuve (je n’ai actuellement que 70m² de surface qui alimentent ma cuve)."

J’ai vu dans une de tes vidéos que tu possèdes un filtre à gravité, tu peux m’en parler ?

"Oui, j’ai un filtre à gravité de type Berkey / Bekerfeld avec des cartouches céramiques / charbon actif. C’est un système génial totalement passif. Je l’ai surtout quand je reçois du monde, pour ne pas les obliger à boire de l’eau de pluie non filtrée. 

C’est également un système de secours s’il fallait boire tous les jours, boire de l’eau de pluie avec des gens sensibles qui ont mal au ventre ou autre. On pourrait passer sur ce système sans problème."

As-tu un système pour contrôler le niveau de ta cuve ?

"Oui, j’ai un système avec un radar de recul de voiture. Ça coute 15 euros. Cela fonctionne via un radar phonique qui bip et me donne une idée du niveau de l’eau selon le bip.

Mais au final, je ne regarde pas souvent, car comme il pleut souvent, je sais que j’ai assez d’eau."

Comment filtres-tu ton eau ?

"Au début, j’avais mis une série de filtres (filtre lavable puis filtre à sédiment de 10 microns). Un jour au moment du nettoyage, j’ai remarqué que les filtres sentaient fortement la vase. J’ai considéré qu’à cet endroit, cette concentration de vase n’était pas nécessaire. Ça ne me plaisait pas. J’ai alors décidé de retirer mes filtres.

À la base, l’eau n’était pas pour les besoins potables. Puis, on a commencé à se brosser les dents avec. Peu après, j’ai appris que mon fiston avait décidé de s’acclimater à l’eau de pluie. Il en buvait une demi-gorgée tous les jours. Il n’a pas été malade.

Aujourd’hui on en boit sans se soucier de quoi que ce soit, il ne nous est rien arrivé jusqu’à présent. L’eau n’a pas le gout particulier. J’aime beaucoup dire que notre eau n’est pas potable et c’est très dangereux, car les oiseaux chient sur notre toit ;)"

Comment s’est faite cette transition dans la famille ?

"Au début seul la salle du bain du bas, la douche, les WC et la machine à laver étaient raccordés à l’eau de pluie. L’expérience étant concluante, nous avons ensuite passé toutes les canalisations d’eau froide à l’eau de pluie. Tout le monde a très bien accepté l’arrivée de l’eau de pluie dans la maison, surtout les enfants."

Pourquoi ce choix de l’autonomie ?

" La liberté. Je ne veux pas dépendre de qui que ce soit ou quoi que ce soit. Je veux être libre de choisir ou non d’être dépendant. Je désirais une source d’eau au cas où le réseau tombe en panne ou si un jour je ne gagne plus d’argent, j’aimerais pouvoir ne vivre de quasiment rien.

Cette liberté et cette résilience me permettent de ne pas trembler s’il n’y a plus d’eau de ville."

Qu’en pensent ton entourage et les gens de ta démarche d’autonomie en général ?

" Comme tout le monde, ils trouvent intéressant d’en entendre parler. Tout le monde est curieux est intéressé si je dis que je fais 200kg de pommes de terre, que je suis autonome en noix, que je fais mon huile, mes chaussures, mais quand il s’agit de passer des heures dans le jardin à ramasser les récoltes, faire des conserves, etc., il n’y a plus personne."

Si je te dis résilience ?

« Disons simplement que quand l’extérieur se modifie, toi tu peux rester pareil et regarder les autres s’affoler. »

Que penses-tu du survivalisme ?

« Je trouve que la démarche est très bonne et permet d'ouvrir les consciences. En revanche, c’est un sentiment qui peut vite devenir destructeur et angoissant. Le fond est le même (que l’autonomie), mais avec souvent un peu plus de peur.

La peur d’être submergé par un changement extérieur. S’il devait y avoir un gros changement extérieur, je ne pense pas que l’on puisse s’y préparer de toute façon. Tenir 3 semaines de plus que les autres, à quoi bon ? Aussi en ce qui con-cerne l’effondrement probable dont on entend parler régulièrement, il est possible que cela mettre énormément de temps, sur plusieurs générations.

Quant au fait de stocker, si rien ne se passe, cela peut générer beaucoup de gaspillage.

Un gros stock de bouteilles en plastoc ou des boites des conserves, pour moi, c’est de la mal bouffe. Si on parle de haricot sec, ou si possible de cuve d’eau de pluie, OK. Mais stocker de la mal bouffe, ça ne me va pas.

Si je suis au fond survivaliste, je préfère me qualifier d’autonomiste. »

Quelle est ta vision du futur ?

« Je suis assez pessimiste. Tout se modifie et se dégrade. Les animaux, la faune, la flore, les in-sectes, les oiseaux, la biodiversité, les semences potagères… tout se dégrade, on bétonne, on goudronne et dans le même temps, on se déconnecte.

Plus personne ne sait décortiquer du sarrasin. Plus personne ne sait moudre du blé, potabiliser de l’eau ou savoir que l’on peut boire de l’eau de pluie. Le pétrole, tout le monde sait que ce n’est pas éternel et à côté de ça, le risque nucléaire est bien là. Même si le risque est faible, statistiquement ce n'est qu'une question de temps avant le prochain accident.

Je pense que le progrès est le problème. Trouver une solution en inventant une solution technique qui, globalement et de manière assez objective, est plus complexe que le problème déjà présent ne peut pas fonctionner.

Pour ne pas trop prendre de bois, on a trouvé du charbon, puis du pétrole puis du nucléaire et maintenant on fait du lithium. Or chaque solution est pire que la précédente. On pense que le progrès va amener une solution alors que pour moi le progrès, c’est le problème. »

Si tu avais un conseil à donner aux lecteurs de ce livre, quel serait-il ?

« C’est dommage de ne pas utiliser ce qui tombe sur le toit. Cette eau plus ou moins propre permet déjà de faire énormément de chose. Aussi, il ne faut pas avoir peur de l’eau de pluie et des normes. Mon conseil donc, mettez une cuve sous la gouttière, buvez un peu d’eau, faites des tisanes, regardez si vous n’êtes pas malade, testez. »

Un mot sur les bactéries ?

« C’est un sujet consensuel. Il y a des bactéries partout. Dans beaucoup de pays, les gens ne boivent que de l’eau de pluie et tout va bien.

Les bactéries dans l’eau ne sont peut-être pas le plus gros danger et pourtant on n’entend parler que de ça. Où sont par exemple les analyses sur les néonicotinoïdes ? Ou sur l’aluminium ? On sait tous que l’aluminium cause la maladie l’Alzheimer et pourtant, dans les usines de potabilisation d’eau de ville, une pratique courante est d’utiliser des sels d’aluminium dans le processus du traitement (pour faire floculer les particules). Si l’on en met trop, cela se retrouve dans l’eau au robinet, mais personne n’en parle. Pas de débat, pas d’analyse, pas de problèmes.

Aussi, quand une analyse de l’eau de ville dépasse les critères, le préfet fait un arrêté pour autoriser la distribution de l’eau malgré le fait qu’elle est dépassée les seuils. Peu de gens savent que parfois l’eau est dégueulasse, mais elle est quand même vendue. Ils ne vont pas couper l’eau de toute façon, et on ne reçoit pas de texto pour nous en informer. » 

Ton opinion sur les normes ?

« Il ne faut pas se fier aux normes qu’on nous donne. Pour se protéger, ceux qui nous vendent l’eau ont fait des normes qui nous contraignent. Si je regardais ce qui se trouve sur la pomme de mon jardin, et que je la faisais analyser, on me dirait : impropre à la vente.

Effectivement, les entreprises se doivent de bien gérer leur stock pour éviter tout problème dans le cadre de la vente.

Hors cadre de vente, dans mon potager, il me suffit de manger ma pomme et tout va bien. Pour l’eau, c'est pareil. Pour vendre une eau, il faut des critères de malade, mais pour la consommer, on s’en fiche complètement. Mais cette notion est loin d’être grand public. »

Que penses-tu des normes sur la qualité de l’eau du robinet qui changent régulièrement ?

« Il faut le voir comme ça : d’abord on analyse l’eau, puis on adapte la norme aux résultats pour que l’eau soit juste en dessous de la limite. Ce n’est pas la norme qui est faite en premier (cf. la distinction entre norme réglementaire et norme sanitaire).

C'est pareil dans l'industrie automobile. Ce n'est pas la nouvelle norme de pollution qui force les constructeurs à développer un nouveau moteur moins polluant. D'abord ils créent un moteur et s'il est moins polluant que les autres, il devient la nouvelle norme. »

Merci Barnabé et à bientôt.

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Pierre | Mouton-Résilient

Nous nous définissons comme citoyens résilients. C’est-à-dire que nous développons dans nos vies des solutions pragmatiques, à notre échelle, afin d'être le plus indépendant possible... en savoir plus sur notre équipe.

Si vous avez des questions, suggestions ou remarques, alors l'espace commentaire ci-dessous n'attends que vous.

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Haïku

Par Le 13/04/2022

 

Je suis retombé sur ce haïku hier soir. 

J'adorais ces petits textes lorsque j'étais au lycée. Mr Ollier nous les lisait et on les commentait. 

Celui-là m'était resté. Déjà, à cette époque.

 

Nous marchons en ce monde sur le toit de l'enfer en regardant les fleurs

Kobayashi ISSA

 

Je ne sais plus pour quelles raisons précises, j'avais ce sentiment de futilité, d'ignorance de la masse, ce sentiment de voir s'agiter les adultes dans une sorte de folie collective. Etait-ce juste inhérent à cette période de l'adolescence ou avais-je conscience que ce monde "moderne" ne pourrait jamais répondre à mes désirs, à mes besoins, à mes attentes, à mes passions ? Les fleurs que les gens autour de moi regardaient n'étaient que des artifices, non pas des fleurs réelles mais des créations humaines destinées à cacher le spectacle de l'enfer. 

Ce sentiment de décalage que j'éprouvais mille fois par an, cet isolement dans lequel je me sentais vivre et cet étouffement qui m'étreignait lorsque le "monde" me sautait à la gorge, ce sentiment d'être "hors cadre", il est toujours là. Je passais les récréations à lire, assis contre un muret, le plus loin possible des autres. On m'avait surnommé "maverick", c'est à dire les veaux qui quittent le troupeau dès qu'ils sont sevrés. 

Qu'en est-il de ce regard porté sur les fleurs ? A l'époque, jamais, je n'aurais considéré que c'était la solution. J'avais participé aux manifestations contre la centrale nucléaire de Plogoff et les CRS avait pu juger de mes qualités au lance-pierres. J'avais la rage. 

J'ai été renvoyé trois jours du collège, déjà, pour avoir cassé le nez d'un élève qui me harcelait en raison de mon surpoids. Il était entré dans les toilettes pendant que j'urinais et il avait mis sa main sous le robinet d'un lavabo pour m'arroser. Il était sorti en gueulant que je m'étais "pissé dessus". Je suis allé vers lui et je lui ai balancé mon poing dans la figure. Le proviseur a considéré que ma réaction était disproportionnée. Evidemment, quatre ans de harcèlement, il n'en tenait pas compte. J'étais asthmatique et à l'époque, on "soignait" à la cortisone. Je pesais 65 kilos à 14 ans. J'ai jeté tous les médicaments dans les wc de la maison et j'ai dit à mes parents "Maintenant, ça passe ou ça casse".

Et c'est là que j'ai commencé le sport, à hautes doses et que je me suis éloigné du monde et que j'ai commencé à regarder les fleurs avec un regard apaisé et non plus chargé de colère. Oui, il était bon de regarder les fleurs, les arbres, d'écouter le chant des oiseaux, de contempler la mer et d'y plonger pour nager pendant des heures, de regarder le coucher du soleil ou de se lever à 5 heures du matin et de grimper au sommet du plus grand chêne de la forêt pour regarder le soleil se lever. Je n'ai pas oublié la folie humaine pour autant, j'ai continué à me battre, je suis allé à Plogoff, j'ai participé au nettoyage des plages souillées par le pétrole de l'Amoco Cadiz et j'ai participé aux manifestations paysannes, j'étais au procès du maire de Plogoff lorsque les CRS ont tabassé les personnes qui le soutenaient à la sortie du tribunal, j'ai vu la folie humaine et son opposé, j'avais la rage malgré le bonheur de la paix éprouvée au coeur de la nature. Il me manquait quelque chose de plus puissant encore, quelque chose qui pourrait m'éviter de déraper parce que cette violence en moi, je la sentais comme une force plus forte que moi... Et j'ai découvert l'escalade et l'alpinisme. Je sais que les montagnes ont été le terrain de "jeu" qui m'a sauvé de la rage. Là-Haut.

Des centaines de millions de personnes continuent à regarder les fleurs artificielles. Celles-là font partie de l'enfer car elles l'entretiennent. 

Et moi, je m'occupe des fleurs de mes arbres fruitiers, non pas pour fuir ce monde moderne où je ne me suis jamais senti en paix mais parce que les arbres que je plante seront des choses très précieuses, de plus en plus précieuses, au fur et à mesure que les flammes de l'enfer grandiront. 

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Le bonheur de la folie douce

Par Le 10/04/2022

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C'est un texte à double tranchant ou à double face.

On ne parle évidemment pas de la folie psychiatrique mais d'une "folie douce", une folie existentielle.

Si on se place du côté de celui qui est "hors cadre", on peut supposer qu'il sera apaisé, voire réjoui de constater que quelqu'un d'autre vit dans la même dimension, avec le même regard. Personnellement, je me demande toujours pour quelles raisons il faudrait connaître quelqu'un qui soit semblable à soi pour, enfin, se sentir bien. L'essentiel étant de se sentir bien avec soi-même.

C'est vrai que ça dépend de sa propre capacité à vivre isolé. A ce qu'il paraît, l'humain est un être grégaire. Il n'est pas certain qu'il ait retiré le meilleur de cette tendance de fond. 

Il n'en reste pas moins que ce texte me dérange dès lors qu'on peut y voir également la folie de la masse. Combien sont-ils ces gens qui se sentent bien à vivre "comme les autres", à se sentir comme un poisson dans l'eau lorsque l'eau grouille de congénères. S'agit-il d'un état de conscience ou d'une certaine hallucination collective ?

Le fou est-il nécessairement une personne "hors cadre" ?

La masse ne pourrait donc pas être folle parce qu'elle regroupe un nombre considérable d'individus et que tous ces individus ne peuvent pas être tous fous... ?

Mais si, bien entendu, que la folie peut être collective et que l'individu, seul, "hors cadre", peut dès lors être totalement sain d'esprit.

Le nombre ne fait pas la raison et la raison peut être totalement détournée par le nombre car le nombre n'est pas nécessairement dans une démarche de réflexion. Il suit le courant.

Beaucoup de gens voient le monde d'une façon unique et cela ne signifie pas que ce monde soit sensé. Et beaucoup de ceux qui vivent dans une dimension unique sont considérés par la masse comme étant dérangés.

Finalement, est-il si réconfortant de savoir que d'autres nous ressemblent ?... Ne vaudrait-il mieux pas cultiver sa propre folie, dès lors qu'elle nous réjouit, sans pour autant chercher à tous prix d'autres fous identiques ?

L'idéal, au final, ne serait-il pas de trouver juste une personne suffisamment folle pour aimer partager sa propre folie avec la nôtre. Deux fous, c'est bien suffisant pour un bonheur commun. Cela, pour que ça advienne, demande avant tout que chacun des deux individus soit heureux de sa folie car aucune rencontre n'est possible si l'état intérieur de chacun n'est pleinement et sereinement vécu. 

Cuba : le secret de l’île bio

Par Le 08/04/2022

Ce qui m'intéresse dans ces deux vidéos, c'est de mettre en parallèle l'histoire de Cuba et l'avenir qui se profile pour nous et tous les pays industrialisés et dépendants du pétrole. 

Cuba a subi un blocus monumental pendant des années de la part des USA et la disparition de l'aide apportée, à l'époque, par l'URSS a obligé le pays à changer radicalement son agriculture. Le résultat aujourd'hui est exceptionnel. 

Lorsque nous regardons l'avenir de nos sociétés au regard de la dépendance envers le pétrole, il est clair, que dès aujourd'hui, les pays occidentaux devraient anticiper. Ce qui n'est pas fait dans le registre de l'agriculture. La guerre en Ukraine et les restrictions imposées à la Russie mettent d'ailleurs, déjà, en exergue, les manques dans l'approvisionnement de denrées telle que le blé et autres céréales. 

C'est vers une autonomie la plus grande possible que les pays doivent se tourner et la France a une terre particulièrement propice à ce développement. Ce sont les méthodes qu'il faut changer.

 

Pic de pétrole et décroissance.

Pétrole et sables bitumineux

Mathieu Auzanneau : Pic de pétrole

A propos du pétrole

 

ARTE Découverte

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Aujourd'hui, plus de 4000 exploitations agricoles urbaines produisent 1,5 millions de tonnes de légumes, sans pesticides ni engrais chimiques. Au début des années 1990, lors l'effondrement de l'Union soviétique, Cuba perd brutalement son principal fournisseur de pesticides. Pour éviter la famine, Cuba n'a d'autre choix que de développer des alternatives naturelles réduisant quasiment à zéro le recours aux produits chimiques. Résultat : les abeilles sont en pleine forme. Partout dans le monde, les apiculteurs se plaignent de perdre 20 à 30% de leur population d'abeilles chaque hiver. Ce n'est pas le cas à Cuba. L’île produit un miel garanti sans pesticide, qui s'exporte dans le monde entier. Cuba, malgré ses pénuries, fait figure d’exception... Trente ans sans pesticides démontrent, avec éclat, qu’une autre voie est possible. Dans les prochaines décennies, peut-être ne viendra-t-on plus à Cuba pour ses cigares, mais pour son miel… Disponible jusqu'au 06/06/2023

 

Dans trente ans, Nathalie et moi serons probablement morts. On pourrait donc se dire que ce problème ne nous concerne pas. Le pétrole viendra à manquer et bien avant ça, son coût, pour chacun, sera exorbitant.

Le terrain que nous avons acheté est destiné à nous nourrir mais également à nourrir ceux qui prendront notre suite. Sans aucun outil mécanisé ni aucun engrais chimique. 

Le proverbe dit que "tu ne te reposeras pas à l'ombre de l'arbre que tu viens de planter." Et pourtant, il faut le faire. 

Pour nos enfants, nos petits-enfants et tous ceux qui ont le droit de naître sur une Terre viable. 

 

 

L'amour fou

Par Le 06/04/2022

 

Je n'aime pas que l'amour se retrouve à devoir porter les dérives humaines. Je n'aime pas cette expression de "l'amour fou" car si folie il y a alors l'amour n'est pas à sa place. Il conviendrait plutôt de parler de folie amoureuse. La folie est le moteur, l'amour est son véhicule. Et un véhicule fou ne va pas bien loin.

C'est comme de de dire que parfois "l'amour fait mal."

Non, les humains font du mal à l'amour.

Je ne considère pas l'amour comme une possession humaine mais comme un phénomène associé à la création toute entière. Il ne s'agit donc pas d'humains usant de l'amour mais de l'amour emplissant les humains. Mais comme les humains sont des êtres complexes, l'amour peut se retrouver opposé à bien d'autres phénomènes existentiels et la folie en est un. C'est donc aux humains à ne pas pervertir l'amour en l'ensevelissant sous des monceaux de dérives.

Le mari qui tue sa femme par amour ne l'aime pas. Il est juste fou d'amour mais c'est le premier terme qui importe. Il est fou. L'amour n'est qu'un prétexte. Pas une réalité. C'est impossible. Il n'y a pas de malheur dans l'amour.

Être fou d'amour ou éprouver un amour fou, ça n'est absolument pas la même chose. Les deux expressions sont à l'opposé mais il n'en reste pas moins que la folie y est associée et même dans l'amour fou, il s'agira d'en être toujours conscient.

L'amour n'a pas besoin de folie ajoutée, il en contient déjà, intrinsèquement, fondamentalement. Il demande juste à être vécu totalement pour être ce qu'il est. 

 

 

Psycho : l’amour peut-il encore rendre fou ?

 

Publié le 27/01/2018 à 04:56 | Mis à jour le 27/01/2018 à 11:56

 

FRANCE


© Photo NR

Notre époque aime l’émotionnellement correct, déteste la souffrance. Malgré des sites de rencontres pour localiser l’objet de son désir, l’amour continue de défier les lois de la raison.

"Le romantisme, qui a sacralisé l’amour fou, ne se limite pas à l’époque dite romantique, résume l’écrivaine Ariane Charton (1). Il la précède et lui survivra longtemps. Cette soif d’absolu appartient à la nature humaine. Notre société cadrée et consumériste n’est pas venue à bout de cette folie."

L’amour « fou » est une révélation, une évidence. Même si l’autre n’est absolument pas « notre genre », même s’il est exactement l’inverse de ce qui serait « bon » pour nous, on le « reconnaît ». En revanche, on ne se reconnaît plus, soi. Incapable de résister, dépossédé soudain de toute volonté. Il n’y a pas de mot pour décrire cette impression à la fois délicieuse et nauséeuse de s’échapper à soi-même. D’être soudain capable du pire comme du meilleur. Transcendé.

Oui, l’amour peut rendre fou

Mais quel plus joli risque à courir ? "Être fou d’amour, c’est ce que nous avons de plus merveilleux à expérimenter", explique la psychanalyste Catherine Vanier. Oui, tant que l’on reste dans la folie douce, « la névrose banale », comme résume le psychiatre et addictologue Michel Reynaud. "On parle de folie parce qu’on perd la raison", précise-t- il en souriant.

De fait, biologiquement, l’état cérébral change, on est en surrégime : on observe alors, dans le cerveau, un hyperfonctionnement des zones de la recherche du plaisir et un hypofonctionnement des zones de l’analyse critique… L’envahissement est total.

C’est un état d’obnubilation autour d’un objet unique, qui n’est pas sans rappeler les mécanismes de l’addiction : un plaisir (un être) unique a pris toute la place, il est devenu indispensable à notre stabilité intérieure, responsable de tout notre bonheur et toute notre souffrance.

L'amour dure 3 ans

Il faut bien un brin de folie pour vaincre son inquiétude de l’autre et s’attacher aveuglément à un être. Au moins le temps d’avoir ensemble une progéniture et de la rendre capable de se tenir debout. Environ trois ans, calibrent les scientifiques. Souvent moins, rarement plus, au grand désespoir des passion addicts. "Le prototype de cet amour, poursuit Michel Reynaud, est sans doute celui du nourrisson et de sa mère : un échange corps à corps sans limites, fait de dépendance et de satisfaction absolue. C’est peut-être cet état primordial que l’on recherche, et que l’on retrouve, dans l’amour fou." Notre premier lien. Vital. Être deux mais ne faire qu’un.

Pari risqué, car les psys nous ont mis en garde contre la fusion… "Quand l’autre doit vous appartenir et vous à lui, l’amour peut basculer dans le mortifère, révéler la haine (harcèlement, possession, jalousie…), explique encore Catherine Vanier. C’est tellement puissant que si on va jusqu’au bout, on en meurt."

Tout dépend de ce que nous faisons de l’emballement passionnel. En général, il s’apaise de lui-même (parfois avant les fameux trois ans). Fin de l’histoire pour les uns. Passage à l’amour pour les autres. La folie amoureuse n’a qu’un temps.

Il faut plonger

Sauf pour les personnalités borderline, chez qui l’amour peut faire sauter tous les verrous. Mais il n’est alors qu’un déclencheur. Nul ne devient « fou » qui ne l’était déjà, de manière latente, invisible parfois. Ce qui n’est guère rassurant, car comment savoir, avant de plonger, l’ampleur de notre fragilité ? "Il n’existe pas de diagnostic pour évaluer les risques, confirme Catherine Vanier. Pas de test pour nous garantir qu’on peut y aller, sans risque. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas essayer !"

(1) « Alain-Fournier » (Gallimard, “ Folio”) et « Marie d’Agoult, une sublime amoureuse » (Kirographaires).

En partenariat avec Psychologies

folies psychiatriques

Le psychiatre et addictologue Michel Reynaud (*) assure que si, dans une relation, il est une folie que l’on espère, il y a aussi celle que l’on redoute, qui peut pousser au crime ou au suicide.
> Y a-t-il des pathologies de l’amour ? « Oui. L’amour procure des émotions si puissantes qu’il peut servir de révélateur des fragilités, des failles d’une personnalité. Être le déclencheur de pathologies psychiatriques. Le sentiment amoureux se transforme alors en « délires chroniques » : conviction délirante d’être trompé par sa ou son partenaire, dans le délire de jalousie (plus souvent masculin) ; conviction délirante d’être aimé par quelqu’un qui n’a en réalité pas de sentiments pour vous, dans l’érotomanie (plutôt féminine).
> Quels symptômes doivent nous alerter ? D’abord, la répétition. Certains ne peuvent pas construire une relation durable. Ils courent après cet état exceptionnel et transcendant, au sens religieux du terme : l’amour absolu. Allant de passion malheureuse en passion destructrice. Seul le nom du malheur change. Autre symptôme suspect : lorsqu’on utilise la passion amoureuse comme un calmant, qui nous guérit un temps de nos souffrances. Dès que la période de shoot massif diminue, la souffrance réapparaît. Et le sujet se conforte dans l’idée qu’il est prédestiné au malheur.
> Sommes-nous tous susceptibles de sombrer dans l’une de ces pathologies ? Non, l’amour n’est qu’un révélateur. Mais il est très difficile d’évaluer les risques au préalable. On peut toujours, après un suicide par exemple, retrouver des éléments qui auraient permis d’anticiper. Mais qui aurait pu « prédire » ? Nos capacités de résistance et d’éclatement sont variables à l’infini. Et la psychiatrie n’est pas une science exacte ».
(*) « L’amour est une drogue douce… en général » (Éd. Flammarion).

Le 1er avril

Par Le 05/04/2022

277578136 3266058013719735 3165214239553602046 nPas vraiment utile de commenter en longueur. C'est devenu tellement évident. 

Trop d'informations tue l'information. C'est le premier point. A peine arrivée, une information est effacée par la suivante.

Deuxièmement, la "liberté d'expression" est devenue également la liberté de raconter n'importe quoi. 

Ce qui fait qu'aujourd'hui, pour tenter d'avoir une vision la plus juste d'un fait ou d'une situation donnée, il faut recouper les informations sans oublier de chercher à qui appartiennent les medias. La sphère Bolloré, par exemple, raconte essentiellement la même chose. 

Mais parmi les medias indépendants auprès desquels on serait en droit d'attendre une parfaite objectivité et impartialité, il est clair que tout n'est pas à prendre.

Il faut regarder le film "NETWORK" pour bien appréhender la sphère médiatique. Et c'est effrayant. 

"En thérapie"

Par Le 04/04/2022

Magnifique.

Une série bouleversante, admirablement bien jouée, sans aucun artifice, du cinéma profond, juste, humain. 

 

Le survivalisme selon "Legendat"

Par Le 04/04/2022

J'ai peut-être déjà posté cet article mais tant pis. C'est le meilleur travail que je connaisse dans le domaine.

Tout y est. Et il est important, je pense, de faire sortir ce mode de vie de la sphère complotiste et déglinguée, telle que les medias veulent la présenter.

Il est temps également de comprendre que si les gouvernements font la chasse aux survivalistes, c'est avant tout parce qu'il s'agit d'une mouvance dans laquelle la décroissance occupe une place prépondérante.

Et la décroissance, les gouvernements ne veulent surtout pas en entendre parler. 

Le survivalisme en France : la réponse à une société en perte de valeurs

 

Publié par  | Publié le 19/04/2017 | Mis à jour le 10/12/2019 |  | 50  |     

Le survivalisme en France : la réponse à une société en perte de valeurs

Sommaire de l'article [Afficher]

Le survivalisme et la préparation survivaliste sont de plus en plus au cœur de l’actualité en France. Si beaucoup considèrent les survivalistes comme des originaux, ce mode de vie visant à être indépendant et autonome réunit de plus en plus d’adeptes en France et dans le monde.

Survie : Fait de survivre à un événement négatif, de continuer à vivre : Un malade en survie. Continuité de la vie dans un contexte dégradé.

Survivalisme : Mode de vie visant l’autonomie et la résilience dans le but d’éviter de subir des situations de survie.

01. Société moderne et survivalisme : le paradoxe de l’évolution

01.1 L’effet domino

Notre société moderne repose sur une longue chaîne d’interdépendances : chaque maillon de la structure socio-économique dépend d’un autre maillon pour fonctionner correctement. Industrie, transports, services publics, fret, entreprises privées, tous ces secteurs semblent distincts et pourtant l’un de ne saurait fonctionner sans les autres. Chacun, à un moment ou à un autre de sa vie, a fait l’expérience d’une perturbation de ce système en France : paralysies des transports, catastrophes naturelles ou industrielles, pénuries de pétrole, accidents nucléaires, effondrements économique, pannes de courant, grèves, conflits armés, émeutes, etc. Dans une société où chaque jour amène son lot de nouvelles menaces, les rangs des citoyens cherchant à se protéger se grossissent de jour en jour.

Les facteurs potentiels de dérèglement sont nombreux. Le dysfonctionnement isolé d’un organe est courant et communément considéré comme un incident tolérable (cf. cas AZF). Mais une défaillance simultanée et durable de plusieurs systèmes vitaux pourrait déclencher une réaction en chaîne capable de provoquer l’effondrement complet de notre société. Que ceux qui pensent que c’est impossible en France ouvrent leurs livres d’Histoire…

Certains balayent cette éventualité d’un revers de la main en s’appuyant sur la probabilité « statistiquement faible » d’un tel bouleversement. D’autres choisissent de la prendre en compte et créent leurs propres maillons pour minimiser leur dépendance au système. Ils limitent ainsi l’impact qu’aurait une rupture complète de la chaîne principale sur leurs vies.

La démarche survivaliste qui vise à maintenir une normalité relative le temps que les systèmes principaux soient rétablis pourrait, si elle se démocratisait en France, participer à la création d’une société plus réfléchie. Avec une population plus réactive et résiliente, la France serait capable de s’adapter aux contraintes exceptionnelles et de basculer sur un mode de fonctionnement alternatif entièrement opérationnel lorsque les circonstances l’exigent.

01.2 Le survivalisme a mauvaise presse en France

Apprendre à maintenir son habitation en bonne condition structurelle et sanitaire, stocker et produire de quoi s’hydrater, se nourrir et se chauffer, générer sa propre énergie pour s’éclairer, connaitre les gestes qui sauvent et être capable de se défendre lorsque c’est nécessaire semble tomber sous le sens. Et pourtant, la communauté survivaliste et la notion même de survivalisme ont mauvaise presse, en particulier en France où le sujet est souvent tourné en ridicule.

Qualité inhérente à l’espèce humaine, la capacité de survie est pourtant devenue une notion étrangère au citoyen moderne, au point de s’être transformée en une curiosité spectaculaire qu’on met en scène dans des téléréalités comme la célèbre « Man vs. Wild » où le sensationnel Bear Grylls, en caricature d’aventurier, grimpe aux arbres, se jette dans des rivières glacées, mange des plâtrées d’insectes et boit son urine.

L’audience est toute trouvée : la survie et la nature sont deux notions bien méconnues de l’homme 2.0 piégé dans sa jungle de béton. Les techniques de survie n’ont d’ailleurs jamais été adaptées à nos modes de vies urbains : la grande majorité des guides parus à ce jour se propose de nous apprendre à subsister dans la nature, ce qui est d’une pertinence relative quand on habite en ville. L’objet de la préparation survivaliste sera de vous donner les moyens de vous maintenir autant que possible dans votre logement urbain et donc ne pas avoir à appliquer leur contenu, ou du moins le plus tard possible.

Souvent abordé sous le prisme de la pathologie mentale et du sensationnalisme voyeuriste par les médias français, le terme survivalisme appelle irrémédiablement l’image d’un paranoïaque qui s’enferme dans son bunker avec armes et provisions pour échapper à la fin des temps.

survivalisme durant la guerre froide : illustration d'un bunker survivaliste de 1962

Brochure commerciale d’un promoteur de bunkers personnels, Etats-Unis, années 1960.

01.3 Qui sont les survivalistes ?

Cette vision réductrice de l’état d’esprit survivaliste occulte les raisons profondes de son apparition et de sa démocratisation, tout comme l’étendue des savoirs qu’il regroupe. Compétences techniques, organisation, cohésion, cultures, soins médicaux, maniement des armes, psychologie, chimie, mécanique, stratégie, tactique, la liste des qualités et connaissances des membres de la communauté survivaliste est longue. Et pour cause : l’accumulation de savoirs utiles est la meilleure façon de se préparer aux risques qu’impliquent les situations dégradées.

Il n’y a pas de doute, le survivalisme fascine. Critiqué pour sa logique perçue comme catastrophiste, ultra-individualiste et prédatoire, le mouvement survivaliste a pris ses racines aux États-Unis dans les années 1950, entre autres en réponse à la menace d’un conflit nucléaire avec l’URSS.

À la fin de la Guerre du Vietnam (1955-1975), des dizaines de milliers de soldats vétérans rentrent aux États-Unis. Ce retour marquera le début du survivalisme moderne : certains d’entre eux, marqués par l’expérience du combat et de la guerre, se retirent de la vie collective avec la société américaine qui traverse alors une révolution culturelle libertaire. Certains de ces soldats partent alors dans les régions isolées du centre des États-Unis pour s’y installer en quasi autarcie. Isolés du reste de la population américaine, ils vivent simplement tout en se préparant à l’éventualité d’une catastrophe ou d’une guerre sur le sol américain et posent les bases du survivalisme en mettant au point guides et techniques que nous connaissons aujourd’hui.

Devant la décadence d’une société qu’ils ne reconnaissent ni ne comprennent plus, ils se vouent à vivre en préservant et en étant prêts à défendre les valeurs authentiques de liberté, de propriété et de souveraineté sur leurs terres inspirées par leur foi et la constitution des États-Unis. Cette vie rudimentaire orientée sur des valeurs simples et axée sur la survie leur a valu le surnom de survivalistes.

Le survivalisme a évolué depuis la fin de la guerre froide et la multiplication des catastrophes industrielles et naturelles, des guerres, des attaques terroristes et des tensions socio-culturelles au cours des XX et XXIème siècles l’ont démocratisé sous les notions de prepping ou néo survivalisme, considérées comme des approches plus durables, plus collectives, plus sereines et plus politiquement correctes de la survie. Il n’en a néanmoins pas perdu de vue ses fondamentaux.

Survivre implique de continuer à vivre quand tout est réuni pour entraîner la déchéance, la mort, ou les deux. Les communautés humaines font face à ces risques depuis la nuit des temps, la notion de préparation préventive n’a donc rien de nouveau. Pendant longtemps la communauté survivaliste s’est principalement préparée à un effondrement soudain et brutal de la continuité civilisationnelle et sociale. Elle a petit à petit élargi le spectre des scénarios envisagés pour s’adapter aux enjeux et contraintes d’un monde moderne qui sombre lentement et donne d’une main pour reprendre de l’autre.

Ainsi, loin des clichés du reclus associable qui astique son arme toute la journée dans l’attente que l’humanité retourne à ses plus bas instincts, le survivaliste passe le plus clair de son temps à travailler (comme tout le monde) et à assimiler des connaissances pour accroître son autonomie : jardinage, couture, bricolage, premiers soins, la liste est longue.

Aujourd’hui en France, les survivalistes sont aussi nombreux qu’invisibles. Nous sommes vos voisins, vos amis, vos policiers, vos médecins ou vos garçons de café. Nous ne sommes ni des fous ni des dangers. Nous ne sommes pas un contre-pouvoir. Nous ne souhaitons pas la guerre ni la chute de l’État. Bien au contraire : nous construisons, dans le calme et dans la discrétion, la transmission de nos valeurs et les remparts de notre société au cas où elle viendrait à s’effondrer.

01.4 Se préparer à mieux vivre

De la panne d’essence au milieu de nulle part à la guerre civile en passant par la catastrophe naturelle, une foule d’événements extraordinaires plus ou moins déstabilisants et graves peuvent survenir. Le citoyen survivaliste ne se concentre d’ailleurs pas nécessairement sur les risques d’une catastrophe majeure. Savoir comment éviter et minimiser les problèmes et dangers de la vie quotidienne et comment réagir à des désastres aux conséquences temporaires est même sa préoccupation principale.

Si le survivalisme est souvent perçu comme un mode de vie réservé aux illuminés ou aux fous furieux, la réalité est bien différente. Au cours d’une vie, tout un tas de coups durs surviennent : perte d’emploi, problèmes de santé, perte d’un proches, catastrophe naturelle… dans les moments où l’argent vient à manquer ou quand plus rien ne semble avoir de sens, avoir un stock de denrées alimentaires et de l’argent de côté est un « luxe » qu’on apprécie.

Les scénarios plus graves sont bien sûr aussi un sujet de préoccupation pour le survivaliste, mais leur nature extrêmement imprévisible et destructrice les rend très complexe à anticiper. Une personne seule ou accompagnée de sa famille ne peut rien faire pour anticiper une catastrophe nucléaire ou une guerre, et à l’heure où les discours alarmistes se multiplient en France il est bon de garder les pieds sur terre. La préparation à l’imprévu ne doit pas se transformer en une peur irrationnelle du lendemain ni en angoisse de tous les instants.

Un certain nombre d’auteurs et de commerçants on fait de la peur un fonds de commerce très lucratif et distillent leur message angoissant par le biais de livres, de vidéos et de billets de blogs. Si injecter un peu de réalité dans l’esprit de son prochain n’est en soi pas une mauvaise chose, il faut savoir rester terre à terre.

On a plus de chance de se faire renverser en traversant la rue que d’être victime d’une attaque bactériologique,

il est plus probable de perdre son emploi que de voir son lieu de travail détruit par un bombardement,

le risque de perdre un proche de la maladie est plus élevé celui de le voir tomber lors d’une attaque terroriste,

il est plus vraisemblable de subir les conséquences d’une inondation que celles d’une guerre civile. etc…

Si cette dernière hypothèse apparaît souvent comme la moins probable, elle est néanmoins possible et nombreux sont les événements à nous l’avoir rappelé ces dernières années. Ce n’est pas un hasard si on entend de plus en plus parler de survie urbaine, de survivalisme et de résilience… Les divers sites de sécurité civile ont toujours préconisé de garder chez soi de quoi tenir au minimum 1 mois et le gouvernement allemand a récemment incité sa population à constituer des stocks de vivres et d’eau en cas d’attentat ou de catastrophe.

Si vous lisez ceci c’est que vous prenez conscience que le contexte général actuel et notre mode de vie moderne –la dépendance à tout- nous rendent vulnérable. Vous voulez vous donner les moyens de protéger votre famille du mieux que vous le pouvez en cas de situation de crise et c’est normal. Pour chacun et plus encore pour le survivaliste, l’idée de voir ses proches manquer, souffrir ou mourir est inacceptable. S’imaginer incapacité et ne plus pouvoir leur être utile ou les défendre l’est tout autant. On ne survit pas pour soi, on survit pour que les siens survivent. Et pour cela, il faut se préparer.

Quoi qu’il en soit, nul ne peut se préparer à toutes les éventualités ni vivre dans l’isolement total, quel que soit son niveau de préparation. Personne ne choisit la date ni les circonstances de sa mort et nous ne pouvons qu’essayer d’en retarder l’heure. Les éventualités de vivre un cataclysme majeur sont restreintes. Il est donc plus constructif et accessible de se concentrer sur des scénarios plus plausibles et de mettre en place des plans d’actions répondant à des troubles limités en gravité et en durée : le plan d’évacuation et le sac d’évacuation d’urgence, qui peut s’avérer utile en cas de travaux dans l’appartement comme en cas de guerre civile, en est un bon exemple.

01.5 Ville et campagne, deux environnements pour une même dépendance

Le milieu urbain évoque communément une forte densité de population et le nombre élevé de logements et services qui lui sont dédiés : barres d’immeubles, parkings, usines, bureaux, hôtels de police, casernes de pompiers, ateliers, hôpitaux, crèches, commerces, écoles, etc.  A l’école, on nous apprend très tôt à différencier la ville et la campagne, comme si ces deux univers se côtoyaient sans  se rencontrer. La réalité est bien différente et dès lors qu’il s’agit d’être confronté à une situation de crise, les enjeux des habitants de grandes villes de France comme Paris, Lyon ou Marseille ne sont pas très éloignés de ceux de communes bien plus modestes.

On peut alors élargir les critères de la vie en milieu urbain à toute personne qui vit dans un logement qui donne sur une route fréquentée ou qui en est proche, qui a une proximité directe de voisinage (maisons proches ou mitoyennes, vie en appartement dans un immeuble), qui est dépendante des réseaux publics pour l’eau, le gaz et l’électricité et des commerces pour s’alimenter.

On s’aperçoit ainsi que la plus grande part de la population française est confrontée à des problématiques de résilience et de survie urbaine. La densité de population et la proximité des bâtiments sont les facteurs les plus inquiétants à considérer dans le cadre d‘un effondrement de la normalité dans une ville. La haute concentration d’individus dans un secteur aux ressources limitées ou épuisées ne peut rien amener de bon et le survivalisme urbain fait de plus en plus d’adeptes. Il est extrêmement difficile de se figurer la barbarie des comportements induits par le manque. On a beau se l’imaginer, on ne connait pas le manque d’hygiène total, ni la soif, ni la faim, la vraie, celle qui rend fou au point de piller ou de tuer son voisin pour se nourrir.

01.6 Le siège de Sarajevo : une population forcée au survivalisme urbain

Les survivants des guerres de Yougoslavie et en particulier ceux du siège de Sarajevo (Bosnie) auraient beaucoup à dire sur le sujet. Pris au piège par le siège le plus long et le plus meurtrier de l’histoire de la guerre moderne (5 avril 1992 – 29 février 1996, près de 11500 morts), la population a vécu en vase clos pendant 4 ans. A la merci du manque de tout, pris pour cibles par les snipers et les bombardements incessants de l’artillerie serbe, les assiégés ont vu tomber près de 500 000 obus sur leur ville. Entre pertes humaines dramatiques et ravages matériels, le cauchemar fut total. Ce qui est particulièrement marquant avec ce siège et ce qui en fait un cas d’école, c’est la situation de Sarajevo avant que la situation ne bascule. Avant la guerre, cette capitale dynamique de 500 000 âmes connaissait une forte période de croissance et de développement et était un modèle de mixité ethnique et religieuse.

Les habitants vivaient en paix et jouissaient de l’animation de la cité qui proposait douceur de vie et services modernes : hôpitaux, cinémas, restaurants, etc. Entouré de ce confort et de ces signes tangibles de civilisation, la population n’a pas voulu croire à la guerre qui frayait son chemin jusqu’à elle. Ces gens vivaient dans un pays civilisé où ils étaient égaux. Nationalités, religions et origines ethniques différentes se mélangeaient pour créer une nation vantée comme forte et prospère, égalitaire, fraternelle… du moins jusqu’à ce que l’équilibre des forces change et qu’il en soit décidé autrement. Et lorsque les obus ont commencé à pleuvoir autour de la ville, il était trop tard. Incrédules, les Sarajéviens ont imaginé que leur gouvernement allait faire quelque chose, que l’aide internationale allait solutionner le conflit et que la situation allait revenir à la normale rapidement. Mais rien ne s’est produit. Et personne n’était préparé à vivre l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire européenne du XXe siècle.

01.7 L’expérience est un peigne pour les chauves

La morale est que nos sociétés structurées nous offrent une facilité d’accès à du matériel utile et un confort de vie dont il ne faut pas se priver tant qu’il nous est donné d’en profiter. Plus le niveau de civilisation est élevé, plus la chute est rude. Survivalisme rime nécessairement avec anticipation. Nul ne sait de quoi demain est fait et la satisfaction des besoins médicaux doit être une priorité, en particulier en France où leur accès est aisé et bien remboursé. Ce n’est pas une fois privé d’accès aux soins qu’il faut se dire qu’on aurait dû faire soigner cette mauvaise dent, cette douleur à l’abdomen ou se faire prescrire des lunettes à notre vue…

En dépit de ce confort, nombreux sont ceux qui fantasment un effondrement socio-économique en France qui les placerait en position dominante ou leur donnerait un rôle, une mission claire qu’ils comprennent et approuvent. Ceux-là sont les victimes inconscientes d’une société d’hyper-croissance et d’uniformisation de masse qui les empêche de trouver leur place : personne ne veut être un mauvais investissement. Personne ne veut être pris pour moins que ce qu’il ne vaut. Personne ne veut être la preuve que la vie ne vaut finalement vraiment rien. Alors tout le monde avance dans les pas de celui qui le précède. L’individualisme est total et rend la dépendance collective et massive, le naufrage est universel.

La consommation n’est pas un mode de vie ni une fin en soi et nos générations en prennent conscience dans la frustration et la douleur, ce qui n’est pas sans engendrer une certaine forme de violence.

02. Un regard survivaliste sur les restes du monde

Au-delà de l’accumulation de connaissances et de matériel, le survivalisme s’appuie sur la compréhension du monde qui l’entoure. Ceux d’entre vous qui ont lu 1984 de George Orwell se souviennent certainement de ce slogan: « LA GUERRE, C’EST LA PAIX. LA LIBERTE, C’EST L’ESCLAVAGE. L’IGNORANCE, C’EST LA FORCE.»

Ce slogan du régime politique fictif (ANGSOC) de 1984 de George Orwell illustre parfaitement la stratégie de contrôle mise en place par nos gouvernements et la contradiction permanente dans laquelle nous vivons. La double pensée orwellienne qui consiste en l’acceptation simultanée de deux concepts contradictoires  se retrouve par exemple dans le concept de guerre « préventive » moderne (Irak, Afghanistan, Lybie, Syrie, etc.) utilisé par les États-Unis et l’OTAN.

02.1 « La guerre, c’est la paix »

Éliminer un adversaire potentiel avant qu’il n’ait une chance de pouvoir se défendre honorablement dans le cadre d’un éventuel conflit est interdit par le droit international, mais le concept de guerre préventive existe pour contourner cette interdiction : appuyés par le flot continu d’informations orientées des médias, les gouvernements nous emmènent faire la guerre pour ne pas faire la guerre.

Ce système de pensée se retrouve aussi dans les discours politiques : le meilleur exemple récent en est l’élocution du Président de la République Française qui au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 annonçait gravement « la France est en guerre » devant le Parlement et la France entière et déclenchait l’état d’urgence… sans qu’aucune mesure cohérente ne soit mise en place par la suite : du jamais vu au pays de la pensée cartésienne.

La population française, à qui on a annoncé la guerre suite à des attaques d’une barbarie extrême qui ont fait 130 morts, plus de 400 blessés et détruit des milliers de vies, a donc continué à vivre comme en temps de paix. Si certains analystes politiques voient dans cette déclaration présidentielle une énième maladresse de communication, on peut en faire une lecture différente. La répétition de cette déclaration et les invitations lâches du Premier ministre à « s’habituer à vivre avec le terrorisme » pourraient laisser penser qu’on cherche à nous habituer à vivre en paix dans un état de guerre permanent. Aveu d’impuissance ou manipulation ?

Le résultat est le même pour le citoyen. De tous  temps, la propagande mensongère a été la composante majeure des systèmes politiques sans principes. Tous les systèmes tentent de convaincre leurs électeurs que le système est bon, juste et noble, digne d’être défendu et perpétué… Mais en France, y croit-on encore ?

02.2 « Et je soufflerai sur ta maison… »

L’objectif des terroristes est de perturber notre mode de vie et de nous faire vivre dans la peur constante d’une attaque. Les réponses hasardeuses apportées par les politiciens, loin de créer de la réassurance, appuient malgré eux cet agenda : déploiement inutile de militaires et de policiers patrouillant en tenue de combat dans les rues, propositions de lois visant à restreindre l’accès aux armes à feu à la population, édition de consignes à respecter en cas d’attaque… l’intégration de l’islam en France (comme ailleurs) est un échec et la guerre se mène désormais à la fois contre un ennemi intérieur et extérieur.

Toutes ces mesures soulignent la soumission et l’impuissance de notre nation devant l’ennemi et influent négativement sur le quotidien du citoyen sans le protéger pour autant. Et rares sont ceux à opposer le bon sens à ces dispositions. Les militaires sont formés à la guerre conventionnelle et ne sont ni organisés ni équipés pour s’engager rapidement et efficacement dans des situations où civils et terroristes sont mélangés.

Nos policiers, qui sont d’ailleurs souvent adeptes du survivalisme, souffrent d’un manque de personnel, de formation et d’un équipement désuet dont le remplacement est sans cesse repoussé par manque de budget… En dépit des millions dépensés par le gouvernement dans des projets inutiles ou moins urgents. On l’a bien vu lors des attaques du 13 novembre 2015, les terroristes ont pris leur temps avec leurs victimes, en particulier au Bataclan.

02.3 Le jeu de quilles de l’ennemi : strike sur un peuple français désarmé

Tels des renards dans un poulailler, ils ont joué avec nos frères, nos femmes, nos adolescents avant de les mettre à mort. Ils ont pris leur temps car ils savaient qu’il n’y avait aucune chance qu’ils rencontrent la moindre résistance armée de la part de leurs otages. Et devant la volonté des citoyens de s’armer pour se protéger, la leçon que tirent les politiciens est : il faut interdire les armes à feu à la population. A ce titre, le cercle des tireurs sportif et le mouvement survivaliste sont surveillés de près.

L’explosion du survivalisme en France est directement liée à la montée de l’insécurité et à la fréquence de plus en plus élevée des attaques terroristes. Les bombes ont été délaissées pour des attaques barbares à l’arme automatique, à la machette, à la hache, au couteau ou au camion-bélier… La capitale n’est plus la cible unique et chacun se sait désormais la victime potentielle d’un « déséquilibré« . Survivalisme et défense sont directement lié et sous l’impulsion de l’Union Européenne, les lois sur le contrôle des armes légales se durcissent. L’interdiction pure et simple de détenir une arme finira par tomber, ce n’est plus qu’une question de temps. Il ne faudrait pas que le peuple Français aie l’idée de se défendre… la puissance de l’État ne doit pas être remise en cause (on ne peut mettre fin à la tyrannie sans recours à la force…) et le spectre de la guerre civile ne doit pas être agité.

Pourtant, l’ensemble des tueries de masse procède du même mode opératoire bien connu : un ou plusieurs assaillants lourdement armés pénètrent dans une enceinte abritant des civils désarmés et les massacrent. Le concept de gun-free zones inventé par les américains pour créer des zones de sûreté est en réalité le meilleur moyen de créer des pièges mortels pour les civils.

Il en va de même à l’échelle d’un pays. Incriminer préventivement les citoyens et chercher à les priver de leur doit à posséder légalement les armes à feu qui leur permettraient de se défendre est une hérésie sans nom. Désarmer un peuple revient à nier son droit à l’autodétermination et à l’offrir en sacrifice au premier assaillant venu. Le survivaliste et le tireur sportif, qui souvent sont une seule et même personne, ne savent cela que trop bien.

La seule réponse apportée par la population aux massacres du 13 novembre aura été le dépôt de bougies, de fleurs et de peluches devant les lieux où ils furent commis, symptôme d’une population infantilisée qui ne juge et ressent les événements que par le prisme façonné par les médias et les discours du pouvoir en place, qui la dispensent d’exercer son jugement et de prendre en main son destin. La guerre de la désinformation fait rage, les mêmes images et les mêmes discours tournent en boucle sur les chaines télévisées et l’effet de sidération fait son œuvre. « Vous n’aurez pas ma haine ».

Dépendant et désarmé, le citoyen devient un sujet à la merci des décisions de la classe politique qui règne en maitre. La guerre est là, invisible mais prête à s’abattre et à déchaîner toute sa barbarie dans le monde fleuri et vulnérable des gentils, peuplé de peluches, de dessins d’enfants et de bougies ; la violence en suspens a alors un effet de pétrification sur le peuple impuissant et l’enferme dans la psychose. Ceux qui contrôlent les médias, et donc les esprits des citoyens, ont un pouvoir dont n’auraient pas osé rêver les rois et les dictateurs. La population, couche par couche, perd progressivement toute capacité de discernement. Or le discernement est la capacité à reconnaître la différence entre croyance et réalité démontrable. Aujourd’hui, tout n’est plus que croyances martelées… Le survivalisme et sa philosophie visent à contrecarrer cela.

02.4 « La liberté, c’est l’esclavage »

Ce slogan pourrait malheureusement être gravé sur les devantures de la plupart des entreprises. Aussi paradoxale que cette affirmation puisse paraitre, elle est à la base de la structuration de notre société moderne. De l’ouvrier au ministre, tous les êtres humains sont esclaves de l’argent et du profit : ils doivent travailler pour vivre et s’acquitter de taxes et d’impôts souvent abusifs pour faire partie de la société, certains plus que d’autres, certains profitant des autres. Néanmoins, beaucoup s’imaginent être libres.

Si vous avez un doute, cessez de payer lesdits impôts et vous comprendrez rapidement que la liberté s’achète. Le système financier nous oblige à pointer chaque jour de 9h à 18h et peu nombreux sont ceux qui peuvent se targuer de faire un travail à la fois bien payé, créatif, stimulant et utile à la société. Bien souvent, la seule motivation pour aller travailler est la paye à la fin du mois, qui bien sûr ne suffit pas à combler les besoins et ce n’est pas un hasard. D’un côté, le smicard vit un survivalisme économique forcené : vivre avec rien ou presque est un vrai combat quotidien, personne ne peut le nier.

Travailler plus pour gagner plus… pour payer toujours plus

Le schéma est le même dans toutes les entreprises : les équipes dirigeantes sont payées 5 à 10 fois plus que les petites mains (ouvriers, agents de maitrise, cadres) car en maintenant la plus grande part de la population dans la précarité on l’enferme dans sa condition et on la fait se concentrer sur ses problèmes matériels : comment payer les impôts, économiser pour changer de voiture, mettre de côté pour les vacances des enfants ou pour la retraite, s’offrir tel bien ou tel service… d’ailleurs nombreux sont ceux qui s’intéressent d’abord au survivalisme par nécessité matérielle.

Avec de telles préoccupations, l’envie d’envoyer paître son patron ou de prendre du temps pour se lancer en politique disparait aussi vite qu’un SMIC en période de Noël. La pauvreté, la maladie et la guerre sont profitables mais rien n’arrive à la cheville de l’esclavage salarié quand il s’agit de contrôler la population tout en la mettant au service du capital.

L’argent est devenu la religion planétaire, partout dans le monde on trouve ses fidèles. Des êtres qui vivent une vie d’esclave, piégés dans des cages de verre et de béton le jour, hypnotisés devant des écrans la nuit. Dépendants de tout, ils assemblent leurs chaînes minutieusement dans des jobs qui ne sont d’aucune utilité à leur prochain. Obéissants et soumis à l’autorité ils sont les suppôts d’un mal exponentiel et les plus dociles d’entre eux sont glorifiés par la société comme ambitieux. De bons soldats bien sous tous rapports, prêts à piller, trahir et tuer avec la bénédiction de la Machine qui joue de leurs frustrations. Se soumettre au système est leur victoire la plus étincelante ; en être exclu est leur pire cauchemar.

02.5 « L’ignorance, c’est la force »

Ces quelques mots reflètent bien l’absence d’écoute et de partage du savoir entre les élites auto-proclamées et le simple citoyen, le manque de transparence et l’immobilisme des gouvernements ainsi que la confiscation du pouvoir au peuple en dépit des discours, des postures et du cirque démocratique. On le sait et on le constate chaque jour dans le monde entier, un système politique fera n’importe quoi pour préserver son pouvoir, y compris envoyer sa nation à la casse. En Chine, on dit qu’un sot juge les gens sur leurs paroles, et qu’un homme sage les juge sur leurs actes et leur accomplissement… Avec une classe politique qui n’accomplit rien, nous en somme réduits à choisir nos présidents en fonction de leur degré de corruption. Et tout cela semble banal en France, berceau de la démocratie…

Nos jeunes sont désormais programmés dès le plus jeune âge pour exécuter des tâches binaires, leur raison d’être est de générer plus de zéros sur un serveur bancaire car leur survie en dépend : personne ne leur a appris l’indépendance ni montré qu’une autre voie est possible. La liberté  passe aujourd’hui au travers d’une vie professionnelle dévorante et d’un casque de réalité virtuelle ; l’expérience n’est plus acquise mais simulée et personne ne questionne les programmeurs. C’est une véritable guerre de destruction intellectuelle qui est menée et la conquête se fait par la saturation des esprits.

survivaliste préparation guerre virtuelle

Déconnexion totale de la réalité pour un abrutissement maximal

Le constat est clair : nos vies s’articulent autour de centres d’intérêt, d’actions et de matériels qui s’éloignent et nous éloignent chaque jour un peu plus de nos besoins réels. Les séries nous abreuvent d’histoires extraordinaires abordant d’ailleurs souvent la question du survivalisme (The Walking Dead, Jericho, The leftovers, The 100, etc.) pendant que nous sommes vautrés dans nos canapés. Il suffit d’allumer sa télévision ou de s’attarder sur les publicités placardées dans les couloirs du métro parisien pour prendre conscience que la priorité de l’humanité est devenue de s’échapper du réel. Qu’il s’agisse de consoles de jeux, de chaînes câblées proposant des milliers d’heures de séries à visionner ou de casques de réalité virtuelle invitant à l’évasion numérique, la tendance générale s’inscrit dans la fuite de la réalité. Nous sommes entrés dans l’ère du divertissement.

Diversion : Manœuvre ou procédé visant à attirer l’adversaire vers une zone ou un point différent de celui sur lequel on compte attaquer : opérer une diversion. Événement, action qui amène quelqu’un à détourner son attention d’une tâche, d’un souci : Une agréable diversion à son ennui.

Cet éloignement de la vie et l’ultra dépendance au système qui en découle résultent d’une certaine atteinte de la civilisation telle qu’elle nous est présentée par la société de consommation. Ce que nous appelons survivalisme était tout simplement la vie pour les générations qui nous ont précédées. Le survivalisme d’aujourd’hui ferait sans doute sourire nos ancêtres. Dans notre monde moderne, un être civilisé est un être qui ne se soucie pas de pouvoir satisfaire lui-même ses besoins physiologiques, il se consacre au travail et au divertissement. Chacun de ses actes génère des profits pour la Machine et c’est la Machine qui pourvoit à ses besoins vitaux.

02.6 L’esclavage moderne

Chacun doit pouvoir se dédier entièrement à travailler, à consommer et à se divertir pour combler les temps morts entre ces deux activités. Ces derniers se font d’ailleurs de plus en plus rares : le divertissement devient lui-même une source inépuisable de consommation : télévision à la demande (payante bien sûr), électroménager connecté avec fonction de commande automatique, jeux avec achats intégrés, etc. La consommation s’insinue partout et tout le temps, omnipotente, omnisciente, vorace.

Telle l’oie que l’on gave, l’humain devient une machine à consommation perpétuelle. Une personne qui se soucie de sa capacité à vivre sans l’appui des miracles et du harcèlement constant de la société de consommation  (c’est-à-dire, qui met en doute sa pertinence, ses intentions, ses valeurs et sa pérennité, un survivaliste par exemple) est considérée comme réactionnaire -voire dangereuse-, mise au ban par les gens « normaux » et lapidée par les médias.

Mais quelle est donc cette norme à laquelle on veut nous faire adhérer à tout prix ? Accepter la cheptelisation de l’humanité, la privatisation des gains et la socialisation des pertes, la décadence de la société et la destruction des valeurs, la négation du bon sens et de l’équilibre naturel et l’usure de l’humain jusqu’à la corde, voilà ce qu’est devenue la normalité (lire accès à la consommation, progrès et cohésion sociale). Le survivalisme, au-delà des considérations de sécurité physique et matérielle, vise aussi à préserver l’esprit. Et plus le temps passe, plus il devient urgent de se prémunir contre les déviances que provoque la société « moderne ».

02.7 Le survivalisme pour reprendre le contrôle

Devenir survivaliste et résilient, c’est travailler sur soi pour y échapper et créer sa propre réalité pour vivre en accord avec ses valeurs. Gagner son autonomie, c’est se donner les moyens d’être plus confiant en l’avenir et s’offrir une paix de l’esprit pour avancer le plus sereinement possible dans un monde instable et incertain. Un pied dedans, un pied dehors : il faut profiter de la croisière mais être prêt à sauter dans un canot de sauvetage si le navire sombre. Et comme à bord du Titanic, il n’y en a pas assez pour tous les passagers.

Le constat est terrible : on ne peut pas changer le monde. Mais on peut changer son monde. Prendre le contrôle de sa vie et de son environnement pour le simplifier et le sécuriser est à la portée de chacun et pour cela il suffit d’ouvrir les yeux. La résilience c’est aussi, en partie, sortir de l’enfance. L’homme est une créature d’habitudes en quête constante de réassurance ; le réflexe enfantin de se cacher dans les jambes de ses parents se transpose à l’âge adulte par le réflexe de faire appel à la protection de la société, même si elle en est incapable. Le survivaliste apprend à rejeter ce réflexe et à ne s’appuyer que sur lui-même.

La vulnérabilité entraine la peur et pour beaucoup la peur appelle le déni. Peut-être avez-vous déjà fait part de votre préoccupation à des collègues ou à des proches et essuyé des regards fuyants ? C’est frustrant mais tout à fait normal. Le commun des mortels fait tout pour oublier qu’il l’est ; ne vous avisez surtout pas de lui rappeler. La vie s’en chargera.

Si vous lisez cet article c’est que vous savez que quelque chose ne tourne pas rond et que vous voulez agir. Votre instinct de conservation s’est réveillé car vous sentez que le système se trouve déjà dans une situation critique et qu’il pourrait brutalement tout entrainer dans sa chute. Vous l’avez écouté et c’est très bien, soyez-en fier. Le mouvement survivaliste s’appuie sur l’espoir et le courage, signe le désir de renouer avec la vie et le refus de se soumettre un esclavagisme pervers.

Le survivalisme est la forme la plus avancée d’engagement et de désobéissance civile. Et par-dessus tout, c’est un chemin qui mène à la vie dans sa nature la plus authentique. En minimisant notre dépendance, nous regagnons notre indépendance, notre liberté et surtout notre humanité.

Si les quelques ondes négatives attachées au terme « survivalisme » vous dérangent, sachez que ce n’est qu’un mot. Les valeurs et notions qu’il abrite sont, elles, universelles et positives.

03. De l’ultra-consumérisme au survivalisme en France : les raisons du changement

L’objectif du survivalisme est d’apprendre comment se passer au maximum des systèmes de support et de la respiration artificielle qu’ils représentent. Le but profond est de (re)conquérir son humanité et de s’ancrer dans le réel.

03.1 La place du survivalisme dans une société déséquilibrée

Maslow a théorisé qu’en tant qu’êtres humains, nous avons différents besoins à combler pour nous épanouir dans notre condition et pour tendre à la civilisation. Ces besoins sont hiérarchisés (à tort dans un contexte de développement personnel mais à raison dans un contexte de survivalisme) en 5 strates pyramidales et complémentaires qui entrent dans 3 sphères de besoins à la fois différents et indissociables : besoins physiologiques, besoins psychologiques et enfin, besoins sociologiques.

survivalisme pyramide de maslow

Notre mode de fonctionnement moderne nous permet de nous concentrer sur nos besoins psychosociologiques. Si c’est en soi la marque d’une société stable au quotidien, cela a pour effet pervers de nous rendre égocentriques et de nous divertir de ce qui devrait toujours être au centre de nos préoccupations : garantir la satisfaction pérenne de nos besoins vitaux et ceux de nos proches. Le survivalisme n’est pas une occupation farfelue ni un centre d’intérêt : c’est un mode de vie à part entière.

Une étude mondiale récente TNS-SOFRES a démontré qu’en France les 16-34 ans passent plus de 24 heures par semaine à consulter les réseaux sociaux. Cela représente plus de 3h30 par jour, auquel nous pouvons ajouter 1h30 de télévision soit en moyenne 5 heures de divertissement audiovisuel quotidien et ces chiffres ne sont pas très éloignés chez leurs aînés. A titre de comparaison, environ 2h30 par semaine sont consacrées aux courses alimentaires, et 3h30 au tâches domestiques (source INSEE).

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Reprenons notre pyramide de Maslow et agrégeons-y les composantes de notre monde contemporain pour voir de quoi la société nous abreuve pour pourvoir à nos besoins.

survivalisme pyramide de maslow survivaliste en France

La complexité de notre monde modifie notre rapport au réel. La mondialisation de l’économie devenue toute puissante, la démission et la corruption du politique, la pluralité et l’immédiateté de l’information et des échanges nous plongent dans un enchevêtrement cauchemardesque. Bâillonnée par l’absence d’institutions représentatives, débordée par l’information, les sources de divertissement, la technologie et les changements brutaux, la population se noie dans un sentiment d’impuissance face à un monde dont la géométrie varie trop souvent pour qu’elle puisse en appréhender durablement les contours.

La société en montre d’ailleurs chaque jour un peu plus les symptômes et le fantasme d’une vie plus authentique et plus sensée pointe de plus en plus en opposition à cette modernité dévorante. En France, ce besoin d’authenticité est en train de prendre une telle ampleur qu’il se transforme lentement mais sûrement en une force d’implosion qui revêt différent noms : survivalisme, décroissance, écologie… derrière ces appellations se cache le cri d’une humanité qui se perd dans une société où elle ne s’épanouit plus.

03.2 Le masque technologique et l’obsession du Moi

Cette force d’implosion, l’industrie du divertissement s’affaire à la contenir en cultivant l’individualisme, en particulier chez les plus jeunes. Les émissions de télé-réalité, la musique (plus spécifiquement le rap français et sa culture ethnocentrique mi-violente mi-victimaire qui glorifie l’égocentrisme, la violence et la drogue, fait l’apologie de l’oisiveté dans des complaintes geignardes et encourage à objétiser la femme qui est, en fonction de son lien de parenté et de l’humeur du jour, une sainte ou une chienne), les jeux vidéo et les réseaux sociaux jouent un rôle prédominant dans cet égocentrisme exacerbé, encouragé par des filtres de distorsion positive : l’apparition du self-marketing catalysé par des plateformes comme Facebook encourage la création d’un Moi fantasmé et la focalisation des individus sur l’image qu’ils renvoient à la société.

L’essentiel est abandonné au profit des apparences, l’utilisateur devient à son tour une marchandise prête à tout pour se vendre, un produit au polymorphisme mercantile qui s’assujettit de son propre chef à la pensée dominante. Le glissement du réel vers le fictif est insidieux mais patent ; l’âne se fantasme en licorne magnifique, ses œillères ont été remplacées par des écrans et la carotte par une reconnaissance et un sentiment d’accomplissement illusoires.

Le monde fournit désormais des palliatifs à tout. Au-delà du divertissement, ce sont aujourd’hui des mécanismes de compensations et de remplacement qui sont introduits au peuple pour l’anesthésier. Or on constate bien que loin de créer la complétude par le lien social, ces instruments sont des vecteurs de frustration, d’insatisfaction et d’isolement, un paradis artificiel aux relents de purgatoire. La négation de la réalité et de son poids est devenue l’échappatoire providentielle de notre société infantilisée et débilitée, aux antipodes du survivalisme, incapable d’affronter la froide brutalité de la vie et l’essence fragile de l’humanité.

03.3 Les caïds du bac à sable virtuel

Si beaucoup y voient la marque du progrès au travers de la raréfaction de la violence, nul n’a encore le recul pour juger des conséquences de cet écosystème de diversion palliative sur les plus jeunes, bercés dans une illusion de toute puissance et de sécurité absolue par l’absence de confrontation avec la réalité. Violence esthétisée, rapports sexuels idéalisés aux performances athlétiques, information sans réflexion, consommation sans effort…

Tout comme l’enfant qui s’invente un monde magique pour se protéger de la complexité du monde des adultes, le citoyen moderne se réfugie dans un abri fantasmagorique fait de divertissements. Dans les jeux vidéo, les séries, les jouets, la consommation, il  retrouve un sentiment auquel le monde l’a déshabitué : la satisfaction immédiate, le bonheur, la joie béate, l’absence d’incompréhensions, de douleurs, d’humiliations, de pleurs, de pensées.

Pour construire son identité incertaine à cause d’une société en perte de valeurs, l’humain est poussé à perdre le contact avec le réel pour aller se construire dans une réalité fantasmée. L’expression IRL (In Real Life, littéralement dans la vraie vie, employée en opposition à In-game, dans le jeu) utilisée par les adeptes du virtuel vient consacrer l’idée qu’il existe bien désormais 2 plans d’existence distincts et simultanés : la réalité et la réalité virtuelle, la dernière venant s’interposer entre l’homme et le monde tel un filtre à la magnification illusoire.

03.4 Instantanéité et jouissance immédiate

Il est plus simple de se laisser bercer par la télévision que de se retrouver seul avec soi-même. Plus gratifiant de connaître la gloire dans les jeux vidéo que d’assumer ses échecs.

Plus rassurant de passer des heures à juger la vie des autres sur les réseaux sociaux que de prendre la sienne en main. Moins fatiguant de commander son diner aux services de livraison à domicile que de faire les courses et le préparer.

Plus amusant de jouer avec un drone que de trouver le moyen de payer ses factures. Plus facile de rassasier sa libido en surfant sur des sites pornos que de se confronter au sexe opposé. Plus rapide de choisir son partenaire dans une liste que de vaincre sa timidité et faire confiance à la vie pour nous mener à la bonne personne. Plus facile de s’en remettre à la supposée protection de L’État que de se donner les moyens de l’assurer soi-même.

03.5 Le survivalisme comme repère

Il est urgent d’apprendre à se déconnecter au maximum de cet écosystème nocif et de la respiration artificielle qu’il représente afin de (re)conquérir son humanité et de s’ancrer dans le réel.

Le survivalisme vient s’interposer entre l’humain et une la société où l’endorphine règne en maître : la gratification doit être instantanée, sans effort et sans réflexion. Or, la vie est lente, inconfortable, frustrante, compliquée, douloureuse, brutale et injuste. Le survivalisme, c’est du bon sens et une bonne dose de prévoyance.

Il n’est pas question de se priver totalement de la technologie ni de renoncer à se faire plaisir en achetant le nouvel écran plat dont on a envie. Pas question de demander à sa moitié de limiter ses achats plaisir ou de s’offrir des oranges à Noël pour économiser.

Il est question d’aiguiser son raisonnement et de rationaliser son temps et ses dépenses pour s’aménager un temps de réflexion et se créer un « budget résilience » qui permettra l’achat immédiat de stocks alimentaires et de matériels utiles en prévision de circonstances extraordinaires.

Soyez responsables. Reprenez le contrôle de votre vie. Préparez-vous.

Légendat

La guerre

Par Le 03/04/2022

La guerre, là pas très loin. 

Comme s'il n'y avait que celle-là.

Non, il y a actuellement 22 conflits armés dans le monde. 

Je pourrais passer des heures à les commenter, à chercher à les analyser, à en connaître l'historique, les causes, les responsables, les conséquences.

Ça serait sans fin. Et ça serait inutile.

"Les responsables des guerres ne sont pas ceux qui les déclenchent mais ceux qui les ont rendues inévitables." Montaigne.

 

A quoi servirait-il que je commente celle en Ukraine ? Je ne suis pas expert en géo-politique. Je connais par contre, un peu, les enjeux financiers. Et là, on peut trouver déjà quelques explications et non des moindres... Mais ça n'a aucune importance au final. Ca ne changera rien au conflit ce que j'en pense et le temps que j'aurai consacré à essayer de comprendre ne m'aura servi, personnellement, à rien. Tenter de comprendre les tourments des puissants, c'est du temps que je ne consacre pas à tenter de sauver mes arbres fruitiers des gelées actuelles. On me dira que c'est effrayant de penser à des choses aussi basiques pendant que des civils meurent. Et je vais faire quoi ? Prendre un fusil et aller me battre en Ukraine ? Et pourquoi là-bas et pas au Yémen ou dans tous les autres conflits armés ? J'ai lu des tas d'articles pro Poutine et d'autres pro-Ukraine et d'autres pro-Otan etc etc...Des tas de gens prennent la parole. Ça parle, ça parle beaucoup, tout le monde sait tout sur tout, tout le monde a un avis tranché, argumenté. C'est impressionnant d'ailleurs que tout le monde puisse argumenter dans son sens. Cela voudrait-il dire qu'il n'y a pas de vérité ? Qu'il n'y a que des prises de position.

J'ai bien vu ce que ça donnait avec le COVID et moi-même, je me suis bien fait avoir en tentant de trouver la vérité... Quelle prétention.

"Occupe-toi de tes patates et de tes radis, tu feras quelque chose d'utile et surtout à ta mesure."

Je n'ai aucun avis sur cette guerre. Tout ce que j'en ai lu ne me donne pas le droit de me positionner. 

La seule chose dont je sois certain, c'est que la folie humaine est sans limite. L'Histoire est jonchée de cadavres. Ceux du passé, ceux d'aujourd'hui, ceux de demain.  

Et la seule chose dont je sois certain, c'est que l'amour humain est sans limite mais beaucoup plus fragile que la folie. La folie, il n'est pas besoin de creuser profond pour la trouver, elle est là, sous la surface, elle rôde en permanence.

L'amour est fragile parce qu'il n'a pas d'autre arme que lui-même et que c'est peu face à la folie. 

Dans cette guerre-là, comme dans toutes celles en cours, il y aura des humains fous et d'autres emplis d'amour. Il y aura des histoires effroyables et des histoires magnifiques, il y aura des récits qui nous révulseront et d'autres qui nous rempliront de joie. C'est humain. Voilà, c'est humain... Et c'est bien pour cela que les Indiens Kogis disent de nous que nous ne sommes pas encore des êtres finis, complets, accomplis, des êtres en paix. 

 

"Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre."

Marc-Aurèle

Encore deux nuits de gelées. On a couvert les arbres fruitiers avec des voilages.

Je peux tenter de sauver quelques fleurs. 

 

Un an dans la Creuse

Par Le 01/04/2022

Nous avons aménagé le 16 mars 2021 et on a commencé à vraiment travailler sur le terrain (4600 m²) le 1 er avril. 

Le terrain était à l'abandon depuis trois ans. La nature sauvage avait repris ses droits. Enormément de choses à faire.

Les anciens propriétaires avaient construit une serre mais elle était dans un état pitoyable et envahie par des vinaigriers ( le sumac de Virginie), très, très envahissant et particulièrement vivace. Si vous en oubliez un bout de racine de cinq centimètres, trois semaines après vous avez une pousse à chaque extrémité...A ne jamais mettre dans un jardin en décoration à moins que vous ayez envie d'être envahi. 

La prairie était recouverte de ronces,  de genêts et de fougères, tout autant que l'ancien potager. Impossible d'y passer la tondeuse, il a fallu y aller à la machette. Nous n'utilisons jamais de motoculteur. La terre ne doit pas être retournée au risque de tuer toutes la vie des bactéries. Retourner la terre met à la surface les bactéries anaérobies et enterre les bactéries aérobies. Résultat : le sol est mort. 

On a donc entièrement coupé la végétation sauvage puis ensuite on l'a broyée et laissée sur le sol. Il a fallu par contre arracher toutes les racines des ronces et c'est d'une solidité redoutable...

Au vu de tous les chevreuils qui se baladent dans le coin et avaient pris leurs habitudes, il a fallu clôturer entièrement les 300 m² de potager puis commencer à faire les bandes de culture. Cette fois, le potager recevait ses premières plantations.

A l'été, il était magnifique. Il nous nourrit. 

On a planté les arbres fruitiers et les arbustes puis quelques grands arbres. (43 plantations à ce jour)  L'idée, c'est de constituer un "jardin-forêt". J'en ai déjà parlé ici. Biodiversité, c'est le mot d'ordre. 

Nettoyage du puits qui n'était plus utilisé depuis des années et qui s'était "embourbé". Descendre au fond avec la corde, remplir le seau, remonter  le seau, le vider dans une brouette. On ne sait plus combien de brouettes on a rempli. 

Nettoyage du puits

Installation des citernes de récupération d'eau de pluie. 4000 litres réparties entre la serre et le potager, plus des bidons de 200 litres à divers endroits. Le puits a été fortement mis à contribution pour remplir tout ça. Deux jours de pompage, le niveau est descendu de 5 m à 2 m. Deux jours après, il était de nouveau remonté à 5 m, sans qu'il n'ait plu. Comme quoi, le dicton a raison : "Il faut tirer l'eau du puits pour qu'il se remplisse".

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L'eau, c'est la priorité et ça le sera de plus en  plus.

Préparation d'un terrain pour recevoir une citerne de 10 000 litres avant l'été. Enlever des tonnes de cailloux qui ont servi à monter deux murets à l'entrée du terrain. Le toit de la grange et celui de la deuxième habitation serviront au remplissage de cette citerne. Une pompe y sera jointe pour l'arrosage du potager. 

On continue, tous les jours. Soit on est sur le terrain, soit on y pense :) 

 

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