Là-Haut

Articles de la-haut

Jarwal le Lutin : de la réalité au Réel

Par Le 10/11/2021

 

 

 

 

523913 3530748479752 83916199 n 3


JARWAL LE LUTIN

TOME 3


 

Chapitre 9

Jarwal s’arrêta de lire, laissa le silence s’étendre puis il referma délicatement le Livre et leva les yeux.

Les trois enfants le regardaient, fascinés, les visages tendus comme des bourgeons prêts à éclore, enivrés de sèves nourricières, toutes les idées qui ruisselaient, les images qui coulaient en torrents bondissants, des flots inépuisables de révélations à poursuivre.

Jarwal sortit de sa musette une pierre étrangement percée en son centre. Elle était lisse et blanche, un morceau de calcaire sculpté par des siècles d’eau.

« Vous voyez les enfants, ce trou peut être décrit par rapport à la couleur de la roche, sa forme, sa dimension, l’usure, la régularité du contour mais il ne s'agit réellement jamais du trou lui-même, c'est à dire du vide qui le constitue, de la qualité de l'air qui s'y trouve, en fait de tout ce qui se trouve dans l'espace même de ce trou et non de ce qui l'entoure. Les qualités du trou sont trop abstraites pour être clairement définies et surtout nous avons pris l'habitude de porter notre attention vers l'environnement plutôt que vers le sujet lui-même. Il en est de même avec notre moi. La construction de notre identité personnelle s’établit lentement à travers toutes les expériences vécues dans cet environnement. Et nous finissons par penser que cet individu est réel alors que ce sont les évènements qu’il a traversés qui le sont. Mais la réalité de l’individu ne se trouve pas dans ces évènements tout comme la réalité de ce trou n’existe pas en fonction de la roche. Les deux sont pourtant indissociables car s’il n’y avait pas la roche, il n’y aurait pas non plus de trou. Ce qui ne veut pas dire que le trou n’existe essentiellement que par rapport à la roche.

-Ouhlala, Jarwal, je suis perdu, annonça Léo.

-Moi aussi, ajouta Rémi.

-Tu veux dire, Jarwal, que lorsque tu as perdu la mémoire, tu avais perdu une partie de ton environnement, une partie de ce qui t’avait servi à fabriquer l’image que tu avais de toi-même. Et que tu as eu peur du vide alors qu’il était le plus important.

-Exactement Marine, ce vide me désespérait et je pleurais l’histoire de moi-même que j’avais perdue. En pensant qu’elle était plus essentielle que ce vide qui m’angoissait.

-Parce que tu ne regardais pas le vide comme il faut ?

-Et comment doit-on le regarder alors, chère enfant ?

-C’est lui le point de départ. La matière s’est condensée à partir du vide. L’espace du vide est le lieu d’existence de la matière.»

Jarwal regarda intensément Marine.

«Un grand bonheur que tu me fais Marine.

-Tu veux dire Jarwal que quand tu as perdu la mémoire, c’était une chance parce que tu retrouvais le vide à l’intérieur duquel la Vie s’est condensée.

-Parfaitement Rémi, tu vois bien que tu comprends bien plus que ce que tu penses. Arrête de penser simplement et écoute avec ton âme. Elle en sait bien plus que ton mental.

-Et donc, moi, quand je suis en haut d’un arbre et que je regarde au loin et que je sens que c’est tout vide dans ma tête et même que parfois ça me rend triste, c’est parce que mon âme se souvient de ce vide ?

-Oui, Léo, c’est ça la nostalgie. Le souvenir de ce dont on ne se souvient plus mais qui reste pourtant au fond de nous. Dans ce coin secret qui ne se dévoile que quand il n’y a plus rien qui nous occupe. Et qu’on est enfin en paix.

-Et c’est pour ça qu’on aime venir s’asseoir en montagne après avoir couru pendant des heures ?

-Oui, Rémi, certainement. Et c’est ce qui manque le plus aux enfants de ce monde moderne. Le vide en Soi, au cœur des immensités de la Nature. Les villes modernes sont à mes yeux des pièges qui condensent les pensées des hommes autour de la possession matérielle, jusqu’à en oublier le vide originel alors qu’il contient la paix des âmes et que les possessions matérielles attisent les conflits.

-Les Kogis ne pourraient pas survivre dans nos villes aujourd’hui.

-Certainement pas, Rémi et les hommes de ces villes ne pourraient pas vivre chez les Kogis.

-L’agitation de ce monde moderne n’est donc que la volonté d’étouffer l’angoisse du vide alors qu’il est à la base de tout ? C’est effrayant.

-Effectivement Marine, c’est effrayant. Les hommes se sont fourvoyés dans une impasse et ils poussent sur le mur de toutes leurs forces en s’interdisant de penser qu’ils s’épuisent.

-Mais pourquoi ?

-Par imitation Léo. Parce qu’ils dorment tous ensemble et veulent continuer à croire en leurs rêves. Même si ces rêves ne sont que des cauchemars au regard de la Vie.

-J’ai peur parfois de ce que tu nous racontes Jarwal, avoua Marine. Peur de ce monde que tu nous décris, parce que tu en as une expérience immense et que rien dans tes récits ne témoigne du moindre progrès. Tous les mouvements de masse dont tu nous parles sont néfastes. Il ne reste que des peuples retranchés dans les montagnes. Et nous, qu’est-ce qu’on va devenir ? Comment on va faire pour vivre là-dedans ? »

Les regards tendus des trois enfants.

« Cette réalité n’est pas inéluctable les enfants. Les humains portent aussi en eux un potentiel d’amour dont ils n’ont pas idée. Il est vrai que les zones d’ombres sont gigantesques et qu’elles ont un pouvoir démesuré, celui de cacher la lumière. Je pense même que les dirigeants de ce monde moderne usent de ces désastres continus pour propager la peur dans l’esprit des hommes parce que la peur permet de manipuler les masses. Quand on a peur et qu’on se laisse entraîner par elle, on perd sa lucidité et un homme qui n’a plus de lucidité ou de conscience est un homme qu’il est aisé de diriger. Homme libre, toujours tu chériras la Conscience, aurait pu écrire Baudelaire.

-Ah oui, je connais ça, je l’ai appris à l’école, lança Rémi. Mais c’était pour la mer !

-Oui, Rémi, c’est un très beau poème. J’aime beaucoup la poésie. Pour reprendre ta remarque Marine, je pense que la connaissance de l’Histoire de l’Humanité est indispensable pour parvenir à établir une voie différente. Il est indiscutable que cette Histoire est désespérante à bien des égards mais faites l’effort de vous concentrer aussi sur les aspects positifs de mes histoires, sur tout ce que mes voyages contiennent, pas uniquement les éléments destructeurs mais également les attitudes respectueuses de la Vie. Elles existent et il ne faut pas les négliger.

-Pourquoi est-ce que l’Humanité n’est pas tournée vers ces exemples bénéfiques ? Pourquoi est-ce que les hommes restent fascinés par les destructions ? Pourquoi la Vie a-t-elle placé dans le cœur des hommes des désirs de puissance et de pouvoir ? Pourquoi est-ce que depuis le début de l’Humanité, les hommes ne sont pas devenus des êtres humains ? »

Un sourire ému dans les yeux du lutin.

« J’ai encore beaucoup d’histoires à vous raconter Marine. Quelques réponses s’y trouvent. »

Ils savaient tous les trois qu’il y aurait d’autres rencontres, ils savaient qu’ils ne pourraient les refuser malgré les troubles en eux, malgré les peurs que ce monde humain propageait.

« Cette histoire, les enfants, montre que toute mon expérience est centrée sur moi-même. Je suis celui par lequel tout ce qui vient à moi est reçu, analysé, commenté, rejeté, détesté, adoré. Ce moi qui perçoit est au centre. Tout du moins, c'est l'impression qu'il donne. J’ai compris en ayant perdu provisoirement la mémoire que ce moi est ce qui m'appartient le moins, c’est une entité constituée de multiples fragments, parfois éparpillés au vent des conditions de vie. Lorsque je sais que quelqu'un pense du mal de moi, comme Jackmor par exemple, je suis en quelque sorte relié à cette personne, je me laisse emporter par les pensées générées par cette crise. De la même façon lorsqu'il s'agit de quelqu'un qui m'aime. C'est à partir du moi que j'entre en relation avec le monde. Je vais donc m'appliquer à confirmer l'existence de ce moi en accumulant des fragments à partir desquels je pourrais sculpter l'identification dont ce moi a besoin pour se prolonger. On devine le piège. Quelle est la réalité de ce moi sitôt qu'il prend forme à travers des pièces éparpillées ? Juste un amalgame hétéroclite. C’est cela que j’ai compris. J’essayais d’exister alors que je n’avais aucune idée de l’image initiale.

-Ça me fait penser à un puzzle que je voudrais reconstituer alors que je n’aurais même pas eu l’image finie en modèle, expliqua Marine.

-Qu’est-ce que c’est ce puzzle ? demanda Jarwal.

-C’est un jeu de patience, on a des petites pièces avec un morceau d’image et quand on les assemble, ça donne une grande image complète.

-Je comprends, c’est important d’apprendre la patience et effectivement, c’est un très bon exemple pour expliquer la façon dont nous voyons la Vie. On croit que parce que nous avons dans les mains quelques petites images, on a saisi l’ensemble. On essaie de construire quelque chose dont on ne possède même pas la vue générale.

-On dirait un ouvrier qui voudrait construire une maison alors qu’il n’a même pas idée de ce que ça va donner à la fin, ajouta Rémi.

-Oui, c’est exactement ça, s’enthousiasma le lutin. Vous voyez, vous comprenez très bien de quoi je parle. L'énergie dispensée pour élaborer cette image est pourtant phénoménale. Je vais accumuler et protéger mes objets, mes relations, mes connaissances, mes passions, mes projets...Tout cela crée un attachement grâce auquel je pense pouvoir donner de la valeur à mon existence. J'appartiens à mes attachements et je m'en glorifie... Il va falloir en plus que je protège mon territoire, toutes mes possessions. Je vais devoir lutter contre ceux qui s'opposent à mes droits. Je chercherai sans doute à intégrer un groupe qui me ressemble et qui pourra me défendre. J’abandonnerai certainement une partie de mes convictions pour être bien vu, bien accueilli et pouvoir bénéficier de la force de ce groupe.

-Ah, oui, on voit ça à l’école. Tous ces enfants qui veulent absolument suivre un chef et faire comme lui ou qui s’habillent comme leurs idoles de télévision. Ça m’énerve ! lança Rémi.

-Ils ont peur Rémi, tout simplement. C'est inévitable. Beaucoup de gens fonctionnent de cette façon. La peur qu'on me vole mon identification ou qu'on ne la reconnaisse pas, que je sois rejeté ou incompris, que mes choix de vie soient bafoués. J'entre en confrontation avec ceux qui ne me reconnaissent pas ou qui défendent leur image. La colère se nourrit de ma peur. Attachement, aversion, colère, peur, réjouissance, reconnaissance, insatisfaction, désillusion, amour, joie, peine. C’est un chaos immense. Il se peut qu'un jour, pour une raison connue ou pas, je prendrai conscience de ces tourments répétés. Une illumination, un choc, une révélation, quelque chose d'incompréhensible pour la raison mais qui me bouleversera au-delà du connu. J'entrerai peut-être dans une nouvelle dimension, ça sera long évidemment, douloureux sans doute mais je sentirai pourtant que c'est mon chemin.

-C’est ce qui t’est arrivé chez les Kogis ?

-Oui Léo. Mais il y a un autre risque. Si j’attribue cette révélation à moi-même sans comprendre qu’elle vient de la Vie elle-même, j'aurai l'impression d'être supérieur aux autres, d’être plus puissant qu’eux. Je détournerai la révélation pour m’en glorifier.

-Et le moi sera toujours le Maître.

-Tout à fait Marine. Alors je chercherai à préserver cette plénitude, à l'accroître même, et dès lors se mettra en place une nouvelle identification. D'autres empilements. Juste d'autres perceptions, d'autres sensations, d'autres pensées, d'autres réflexions narcissiques. Je me prendrai pour un Sage ou un grand Maître. J'aurai juste changé ma façon de regarder les pièces du puzzle éparpillées.

-En ayant été incapable de voir l’image originale.

-Oui Marine. Cette quête n'aura été qu'une illusion, une machination du moi qui se sera finalement révélé le plus malin. Il sera toujours le maître des lieux.

-Mais quelle est cette image originale Jarwal ?

-Il faut comprendre avant tout qu’il n’y a rien à chercher. Tout est déjà là mais en le cherchant, je m'en éloigne. Tout le problème vient de ce remplissage inconsidéré de l’existence. On ne voit plus rien quand on a entassé des gravats.
Le Soi, c’est la fusion de ce moi, du je et de la conscience de la Vie.

-Je ne comprends plus rien, avoua Léo.  

-Tu ne comprends pas les mots Léo mais ton âme sait de quoi je parle parce que tu es déjà dans cette vie intérieure. Sinon, tu ne serais pas là à m’écouter.

-Il ne s’agit pas de constituer l’image originelle parce qu’elle est nécessairement déjà là mais de parvenir à enlever tout ce qui la couvre. C’est ça Jarwal ?

-Oui Marine.

-Et cette image originelle, c’est la conscience de la Vie qui la détient. C’est lorsque nous avons abandonné notre appartenance à ce chaos humain.

-Pas exactement Rémi. Il ne s’agit pas de l’abandonner parce que sinon il faudrait aller vivre sur une île déserte. Il s’agit de ne pas lui appartenir. De faire la distinction entre la participation lucide et la disparition dans le flot. Imagine une molécule d’eau de l’Océan. Elle n’est pas dans l’Océan puisqu’elle fait partie de l’Océan. Je dis par conséquent qu’elle est de l’Océan. Sans toutes ces molécules d’eau, l’Océan n’existe pas. Mais sans l’Océan, les molécules ne seraient que des individualités esseulées. La fusion des molécules crée l’Océan. Il y a plusieurs menaces ensuite. Soit certaines molécules regroupées considèrent qu’elles ont un pouvoir plus grand que celui de l’Océan et elles finissent par l’oublier, le contester, le combattre même, soit certaines molécules refusent de se voir assemblées dans un Tout et considèrent qu’elles doivent préserver une liberté de décisions, une autonomie qui leur paraît plus importante que le Tout. Dans les deux cas, ces molécules sont dans l’erreur. Celles qui s’imaginent obtenir un pouvoir parce qu’elles pensent avoir une ressemblance, une particularité, des idées communes, des intentions autres que la participation à l’Océan, celles-là participent au désordre. Elles fabriquent une rupture dans la cohésion des molécules. D’autres molécules vont prendre peur et vont vouloir assembler leurs peurs pour fonder d’autres groupes contre les premières. La confrontation prend une ampleur inéluctable et incontrôlable. De leur côté, celles qui pensent bénéficier d’une autonomie vont s’efforcer de s’isoler ou de lutter individuellement contre ces groupes. Elles ne participent pas pour autant à la cohésion perdue mais elles l’entretiennent en réagissant contre un désordre qu’elles condamnent. Elles utilisent le même fonctionnement que les groupes qu’elles critiquent. Des entités rebelles entêtées dans une distinction qu’elles vénèrent ne participent aucunement à la réhabilitation de l’Unité. Elles se voient comme plus importantes que l’Océan lui-même et succombent à la peur de disparaître. C’est toujours la peur qui crée le chaos. Cette incapacité à dépasser la vision restrictive de l’individu est une condamnation de l’Unité.

-Mais comment doit-on se comporter alors Jarwal ?

-C’est là qu’intervient cet apprentissage de l’observation consciente. Il ne s’agit pas de se nier en tant qu’individu ni de rejeter l’appartenance à l’Océan mais de parvenir à observer les deux phénomènes. Juste les observer, sans leur apporter la moindre émotion. C’est ce qu’on appelle « agir dans le non-agir ». Je suis une molécule animée par l’Océan. J’agis dans le champ de mes expériences mais sans jamais être dissocié d’une dimension bien plus grande. L’Amour est à la source de cette paix intérieure. Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. Cette phrase est essentielle pour moi. On pourrait penser que c’est une invitation à l’abandon et à la lâcheté, comme un bâton qui flotte sur l’Océan. Mais nous ne sommes justement pas des bâtons inertes. Nous sommes animés par la Vie et c’est en son cœur que nous devons apprendre à agir. Non pas agir contre elle en nous dressant fièrement devant elle mais agir dans la dimension qu’elle nous propose. C’est un équilibre extraordinaire à trouver. »

Le silence.

L’écho de tous les mots, la nécessité d’aller au plus profond de la compréhension. Chacun animé par la volonté d’explorer les horizons proposés, au regard de son propre potentiel, sans se soucier de l’avancée des compagnons, juste dans l’acceptation de ses limites et de l’énergie disponible.

« Il faut que vous rentriez les enfants. Vous avez une longue descente et le jour va tomber. »

Cette difficulté à quitter les espaces intérieurs. Comme si les mouvements de l’Océan participaient au bonheur des voyages.

« Tu sais Jarwal, c’est très à la mode depuis quelques temps de parler de l’environnement. La pollution, les destructions de la planète et tout ça. Mais j’ai un peu l’impression que cette façon de voir cet environnement est totalement fausse et en plus je me dis que notre façon de nous voir est également fausse. Ce que nous voyons de nous n’est qu’un environnement mais c’est au cœur de cet environnement que se trouve la réalité. Enfin, j’ai du mal à l’expliquer. Tu vois, c’est comme si nous, les humains, on voyait la Terre comme quelque chose de séparée de nous mais en fait, c’est pareil pour nous. Nous sommes séparés de nous-mêmes parce que nous ne percevons que ce qui est visible ou identifiable, tout ce sur quoi on sait mettre un nom. Ah, ça m’énerve, je ne sais pas comment l’expliquer !

-J’ai parfaitement compris ce que tu veux dire Marine. Notre identité, tout ce que sur quoi nous avons-nous-mêmes apportés une reconnaissance que nous transmettons aux autres, toute cette fabrication est artificielle. Elle n’est qu’un environnement. Mais ce qui importe et qui est réel est caché en nous-mêmes. Nous portons un trésor et nous nous occupons du coffre qui le contient. De la même façon que les hommes s’inquiètent de l’environnement ou y sont totalement indifférents sans comprendre qu’ils ne s’intéressent qu’à des formes matérielles en ignorant le flux vital qui les anime. Mais il n’en reste pas moins que je préfère les voir s’inquiéter de la préservation de cet environnement plutôt que de le délaisser. Il existe au moins la possibilité qu’un jour ils parviennent à établir un vrai regard et qu’ils cessent de jouer des rôles de sauveur, juste pour leur gloire personnelle.

-Tout ça, c’est de l’espoir Jarwal et cet espoir est une illusion. Tu l’as dit toi-même.

-C’est vrai Rémi. C’est pour cela qu’il faut juste agir dans le non-agir, faire ce qui te semble juste sans te préoccuper des résultats éventuels. Faire ce que tu es sans vouloir que les choses soient ce que tu aimerais. Puisque les choses ne peuvent pas être ce que tu n’es pas.

-Tu veux dire que les choses sont ce que je suis ?

-Oui Rémi. Tu crées la réalité qui te correspond. Tu vis ce que tu es et tes actes influent sur la réalité de ton environnement mais ils ne changent rien à la réalité de la Vie que tu portes. La Vie que tu portes, je l’appelle le réel. L’environnement n’est que la réalité. Mais il faut arrêter nos discussions les enfants, vous allez vous mettre en retard et je m’en voudrais que vos parents s’inquiètent. Filez vite. Nous nous reverrons.

-C’est difficile de te laisser Jarwal. J’aimerais tellement ne plus te quitter, avoua Marine en baissant les yeux. La vie quotidienne ne sera jamais aussi belle qu’avec toi.

-Ta vie quotidienne sera ce que tu es Marine. Ne l’accuse pas d’être d’une quelconque responsabilité.

-Tu as raison Jarwal. Je m’en souviendrai. Allez les garçons, on y va. »

Ils s’enlacèrent tous les quatre, comme unifiés par leur amour commun de la Vie puis Jarwal prit son bâton de marche, ajusta sa besace, remit son chapeau et regarda intensément les trois enfants.

« Mon âme vous aime de tout son cœur. »

Relire Jarwal le lutin

Par Le 10/11/2021

Il m'arrive parfois de replonger dans ces anciens écrits.


Je les reprends pour les transmettre un jour à notre petit-fils. 

 

523913 3530748479752 83916199 n 3

JARWAL LE LUTIN

TOME 3

 

« Nasta voudrait te parler Jarwal. »

Ce calme retrouvé, cette paix réinstallée, la plénitude des âmes, des visages sereins et des voix rassurées, l’impression que la Nuhé elle-même diffusait des parfums de quiétude.

Kalén reprit les paroles du vieux sage.

« Nous savons que tu as aidé Izel à vaincre le mal. Les soldats quittent les montagnes, notre peuple n’est plus en danger. Les Maruamaqua sont montés dans les vents qui portent les nuages et ils les ont vus s’enfuir. L’un d’entre eux m’est apparu en rêve et me l’a dit. C’est un grand honneur pour moi, d’ailleurs. Maintenant, nous voulons tous vous témoigner notre reconnaissance, à toi Jarwal ainsi qu’à ta compagne et ta petite Maruamaqua bleue. Vous êtes venus de loin pour nous aider et vous avez pris de grands risques. Nous ne l’oublierons jamais.

-Qu’allez-vous faire maintenant ? demanda le lutin.

-Nous allons rester ici. Il nous faut rétablir le contact avec la pensée de la Terre. »

Nasta parla longuement.

Kalén expliqua.

« La Vie est une pensée qui a ensemencé la Terre. C'est la pensée originelle. Les êtres humains imaginent que leurs pensées leur appartiennent, qu’ils en disposent librement. Ils ont oublié la première pensée, ils ne savent plus la ressentir. Toutes les pensées qui parcourent l’espace sont les enfants de la pensée créatrice. Ici, nous pouvons remonter à la source. 

-Nasta veut-il dire que la Vie est une pensée ?

-Oui, c’est bien cela Jarwal. Cette pensée s’est matérialisée sous des formes innombrables. Les Kogi écoutent les pensées des arbres, des nuages, des montagnes, de toutes les formes créées par la Vie. Les hommes imaginent qu’ils existent parce qu’ils pensent alors que c’est la pensée de la Vie qui vibre en eux et leur donne vie. Les hommes ont oublié l’humilité.

-Kalén, pour qu’il y ait une pensée, il faut un émetteur. Qui est à la source de la pensée de la Vie ?

-La Vie elle-même. Les Conquistadors qui nous ont maltraités disaient qu’ils étaient en mission, qu’un Dieu tout puissant les guidait. Aucun Dieu n’existe. Pas les Dieux des hommes. Ces Dieux-là ne sont que des mensonges.

-La Vie est divine, c’est cela ?

-Exactement Jarwal. La création est la pensée de la Vie et toutes les formes de vies créées sont à l'image de l'infinité de ses pensées.

-Et alors les hommes qui se sont coupé des pensées diffusées par la Nature ne seront plus jamais des êtres humains ?

-Cela dépendra d’eux, Jarwal. Les Kogi sont des êtres humains mais les Conquistadors sont des hommes. Ils vivent pour les biens matériels, la puissance, le pouvoir, l’exploitation, l’asservissement. Nasta dit que l’avenir de ces hommes est très sombre. Et qu’ils jetteront sur la Vie toute entière un voile d’ombre. Leur intelligence est au service du Mal parce qu’ils ignorent la pensée de la Vie. Ils sont soumis à des pensées d’hommes.

-Quel est l’avenir de ce monde d’hommes Kalén ?

-Il n’a pas plus d’avenir que l’homme qui s’est coupé de la source. Il ne vit que dans le fardeau du passé et des erreurs commises sans pour autant prendre conscience qu’il répète à l’infini les mêmes erreurs en les habillant simplement de nouveaux apparats. Ce monde-là continuera à vouloir construire l’avenir qui correspond à son errance. Il est empoisonné par le poids de son histoire et ce poison contamine son futur. Le voile d’ombre finira par s’étendre jusqu’à cacher la lumière du Monde et de la Vie. »

Ils parlèrent longuement.

Gwendoline s’était retirée dans un coin de la hutte.

Des larmes qui auraient aimé s’épandre. Une telle détresse aux paroles de Kalén.

Comme si la Vie elle-même pleurait dans son âme. Cette peur immense de ce monde à venir, cette dégénérescence inéluctable, cet oubli de la source, comment était-ce possible ? Pourquoi la Vie laissait-elle s’étendre ce désastre, pourquoi la Vie offrait-elle aux hommes cette pensée insoumise qui les menait à la destruction d’eux-mêmes ?

Elle ne comprenait pas.

« C’est le défi qu’ils doivent relever, murmura tendrement Léontine à son oreille. Apprendre à s’élever au-dessus de leurs pensées sombres.

-Et crois-tu qu’ils en seront capables un jour ?

-Il ne me servirait à rien de me torturer avec de telles interrogations. Étant donné que je n’y peux rien.

-C’est de l’abandon.

-Non, Gwendoline, c’est de la lucidité. Apprends à te consacrer aux choses sur lesquelles tu as une incidence possible. Le sage n’est pas celui qui donne des leçons aux autres mais celui qui écoute la voix de la Vie. Si tu écoutes les tourments des hommes, tu ne peux plus entendre la Vie et si tu ne l’entends plus, tu ne peux rien apprendre et si tu n'apprends plus, tu n'as rien à montrer. Tu dois saisir la Vie en toi et ne pas t’alourdir. 

-En quoi cela peut-il améliorer les situations néfastes ?

-Tu n’agis pas pour améliorer les situations néfastes mais pour appliquer éventuellement à ces situations ce qui te semble juste. Si tu as une intention, tu fabriques toi-même la possibilité d’une désillusion et tu n'es plus dans l'instant. Tu essaies d'aller plus loin, là où il n'y a rien encore. Contente-toi de faire ce que tu penses être juste. Et quand tu décides de le faire, ne fais que ça. Le reste ne t’appartient pas.

-Tu veux dire qu’en venant ici, la seule chose importante était de tenter d’aider les Kogi mais qu’il n’y a rien d’autre à vouloir ou à espérer.

-Exactement. À quoi cela servirait-il que tu t’inquiètes pour l’avenir de ce monde humain ou de celui des Kogi ? As-tu une solution à apporter ?

-Non et c’est ce qui me ronge.

-C’est toi alors qui as choisi d’être rongé, ça n’est pas l’état de ce monde qui agit sur toi mais l’émotion que tu entretiens. Et non seulement, elle ne sert à rien mais elle te prive de l’énergie dont tu pourrais user pour être ce que tu portes. Et par conséquent, tu prives ceux qui pourraient te voir vivre dans ce qui est juste. Tu te condamnes deux fois : une fois pour la détresse que tu génères toi-même et ensuite pour la détresse de ceux qui vivent près de toi et qui souffrent de te voir dans cet état. Est-ce que c’est ainsi que tu penses agir de façon juste ? »

Un trouble immense, une leçon impitoyable.

« Tu es redoutable, chère petite fée.

-C’est le rôle des vraies amies. » 

L'entêtement destructeur

Par Le 10/11/2021

On a ici (et il y a d'autres exemples dans le milieu montagnard,) un cas typique d'entêtement. Un entêtement évidemment nourri par des intentions financières. 

Le maire est également président de la station. 

S'il a été élu, c'est parce que la population, dans sa majorité, souhaite que la station continue à attirer les skieurs. J'ai vu le développement de cette station pendant des années. On vivait en Haute Savoie.

Les canons à neige et les retenues d'eau. Reculer pour mieux crever. Crever après avoir massacré des hectares de nature. C'est la fuite en avant mais l'issue ne changera pas. Tout le monde sait que l'enneigement diminue et diminuera encore et les canons à neige avec des températures trop douces ne servent à rien. Ils projettent de la pluie, pas de la neige. Des millions dépensées en perte. Et des espaces naturels dévastés. Car il faut bien comprendre qu'il ne s'agit pas que de la zone concernée par l'aménagement de la retenue. les effets sont bien plus vastes.

 

La Clusaz : les habitants s’opposent au saccage de la montagne pour les canons à neige

 

9 novembre 2021 - Matthieu Delaunay

https://lareleveetlapeste.fr/la-clusaz-les-habitants-sopposent-au-saccage-de-la-montagne-pour-les-canons-a-neige/?

Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

 

Commander

Dans quelques jours, seront entamés les travaux d’une cinquième retenue collinaire dans le bois de la Colombière, un corridor écologique majeur de la municipalité de La Clusaz. Maquillé en projet ayant pour mission de fournir à moyen terme de l’eau potable, la réalité est plus prosaïque : alimenter les canons à neige de la station de ski. Entretien avec les associations FNE Haute-Savoie, le Collectif Fier Aravis, de La Nouvelle Montagne et de Sauvons Beauregard, qui se battent contre ce projet.

LR&LP : Quelles sont la nature et les motivations du projet de retenue sur le plateau de Beauregard ?

La Clusaz projette de lancer dès cet automne 2021 la construction d’une cinquième retenue collinaire à 1500m d’altitude, dans le bois de la Colombière. Situé à l’Est du plateau de Beauregard, il s’agit d’un corridor écologique majeur situé à proximité directe d’un site classé zone Natura 2000 et d’une tourbière (zone humide) riche en faune et en flore.

Cette retenue grillagée, d’un volume de 148 000m3, d’une surface de 3,8ha (l’équivalent de 5 terrains de foot) et de 12 mètres de profondeur, condamnera des écosystèmes uniques dont 11 habitats naturels à protéger.

L’emprise totale sera de 8ha, soit une surface équivalente à 11 terrains de foot du parc des Princes. Cette retenue sera remplie par captation de l’eau de la source de la Gonière, située 4 km en aval, vers le col des Aravis, à environ 1 240m d’altitude.

La municipalité actuelle, dirigée par le maire Didier Thévenet, présente cette cinquième retenue collinaire comme étant destinée pour un tiers à alimenter le village en eau (la commune compte 1 720 habitants), les 2/3 restants servant à la production de neige artificielle.

L’exploitant des remontées mécaniques de La Clusaz, dont le domaine skiable s’étage entre 1 000 et 2 500m d’altitude, envisage ainsi de couvrir 45 % de son domaine en neige artificielle, contre 27% actuellement.

Naturalistes à l’affût – Crédit : Sandra Stavo Debauge

LR&LP : Qui est à l’origine de ce projet ?

Ce projet émane de la SATELC (Société d’aménagement touristique et d’exploitation de la Clusaz, dont le maire Didier Thévenet est le président, ndlr) ainsi que de la municipalité précédente, dans laquelle siégeaient déjà les 1er et 2nd adjoints au Maire actuel.

A l’époque, ce projet n’était alors destiné qu’à la production de neige artificielle. En témoigne l’observation d’une personne, conseillère municipale du précédent mandat, restée anonyme qui a été déposée sur le registre dématérialisé lors de l’enquête publique.

LR&LP : Que dit cette observation ?

Voilà ce qui est écrit noir sur blanc : « Quand le projet nous a été présenté, il nous a bien été précisé qu’il fallait mettre un volet eau potable, sinon une retenue pour des canons à neige ne passerait jamais aux services de l’État. A savoir : que l’eau de cette retenue ne pourra en aucun cas aller jusqu’à votre robinet, puisque rien n’est prévu pour la traiter. Elle ne pourra pas servir aux autres communes puisqu’aucune canalisation n’est prévue dans ce sens. »

Cette même personne a aussi transmis des textes de SMS reçus, envoyés par un élu à ses amis et l’autre d’un directeur à ses collaborateurs.

L’interview donnée en 2017 à Actu montagne par M. Pierre Lestas, alors directeur de la SATELC et également président de Domaines Skiables de France, est riche d’enseignements. Dans cette interview – où il est uniquement question de renforcer l’enneigement artificiel de la station -, il cite déjà la retenue de Beauregard. (voir l’extrait à la fin de cet article, ndlr)

Selon nous, collectifs et associations, si le besoin mis en avant est celui de l’eau potable, c’est bien la stratégie d’augmenter fortement la production de neige artificielle qui impose le choix de ce site vierge et l’ampleur de l’ouvrage. L’eau potable sert d’alibi pour justifier l’utilité publique de ce projet.

La Clusaz bénéficiant déjà de quatre retenues collinaires (soit 270 000 m3) dédiées à l’enneigement artificiel, l’obtention de la DUP (Déclaration d’Utilité Publique) pour une 5ème retenue ne pourrait être justifiée par la seule neige de culture.

En matière d’enneigement artificiel, la Cour des Comptes en 2018 mettait en garde les stations de ski des Alpes du Nord et leur demandait de changer de modèle face aux modifications du climat. En page 561 de ce rapport, il est noté :

« La stratégie en matière d’enneigement de culture est très claire : n’y recourir que sur des zones bien définies et ne pas consommer d’eau potable. »

Plateau de Beauregard enneigé – Crédit : Sandra Stavo Debauge

LR&LP : Concrètement, quelles seraient les conséquences d’un projet d’une telle envergure ?

Cette retenue collinaire grillagée de 148 000m3 de stockage aura une emprise de 3,8 hectares avec une digue de 12 mètres de haut qui présente un risque, faible mais existant, de rupture de digue inondant une partie du village en aval.

Elle entraînera la destruction directe de 8ha d’habitats naturels particulièrement riches et préservés. Le secteur prévu pour la retenue est aujourd’hui une zone de tranquillité pour la faune, puisque le reste du plateau est très fréquenté.

Une dérogation a été demandée par la Mairie de La Clusaz pour engager la destruction de sites de reproduction ou d’aires de repos pour les animaux et certaines espèces animales protégées. Les impacts secondaires, sur une superficie bien plus large, n’ont pas été évalués…

Mais il faut être clair : la localisation de ce projet est catastrophique : il est situé dans l’immédiate proximité de nombreux zonages réglementaires ou d’inventaires qui témoignent de la richesse environnementale du site du plateau de Beauregard.

Photomontage de l’impact de la retenue sur le plateau de Beauregard – Crédit : Pierre-Tardivel

Cet ouvrage est donc en décalage total avec la géomorphologie naturelle du territoire. Nous ajoutons que l’ancien maire de la Clusaz, Guy Collomb-Patton, s’est inscrit contre ce projet lors de la concertation préalable !

Lors de la construction de la retenue, la quasi-totalité du pic / plateau de La Colombière sera « décapitée » et imperméabilisée. La surface autour de la Colombière est importante pour capter l’eau de la pluie et de fonte de neige. Une fois construite, la retenue ne permettra plus l’infiltration de l’eau du plateau.

Cette retenue constitue donc une menace hydrologique : nous soulignons l’absence ou l’insuffisance des études concernant les prélèvements en eau et leurs impacts environnementaux sur les cours d’eau : ruisseau du Nom, ruisseau de La Patton et Nant des Prises.

Hydrologues, géomorphologues et botanistes craignent l’assèchement d’une partie de la tourbière remarquable de Beauregard.

La Tourbière du plateau de Beauregard – Crédit : Sandra Stavo Debauge

LR&LP : Ce projet va entraîner une consommation énergétique très forte, ne serait-ce que pour faire remonter l’eau de 1240 à 1500 mètres d’altitude …

L’Autorité Environnementale a recommandé à la commune d’approfondir toute alternative à la création de la retenue du plateau de Beauregard, en lien avec le changement climatique. Ces alternatives ne nous semblent pas avoir été étudiées, et les autres sources potentielles n’ont pas été investiguées !

Les impacts du projet sur les consommations énergétiques et le climat sont analysés de manière beaucoup trop succincte. Le dossier d’autorisation environnementale conclut à un niveau potentiel faible en phase d’exploitation. L’argument est que la distribution depuis la retenue de l’eau s’effectuera par gravité, limitant ainsi les consommations énergétiques.

Cependant, le public ne reçoit aucune information concernant les consommations énergétiques nécessaires pour alimenter la retenue de Beauregard en eau depuis le captage de la Gonière, puis pour remonter les m³ d’eau de la retenue qui seront évaporés dans un contexte marqué par le réchauffement climatique et la contraction des ressources en eau. Comment dès lors s’inscrire dans la sobriété énergétique exigée par la loi de transition énergétique ?

On voudrait faire passer pour de l’adaptation ce qui est avant tout une obstination à ne pas faire évoluer un modèle économique qui a tant rapporté. C’est une fuite en avant d’un modèle économique et environnemental qui n’est pas viable à moyen terme : celui du tout ski à tout prix.

C’est un engagement dans la voie de l’artificialisation de la pratique touristique, de façon à la maintenir et à s’émanciper d’une forme de dépendance à l’égard des facteurs exogènes du climat. On retarde l’adaptation du territoire au changement climatique. Si le réchauffement climatique est inéluctable, la neige naturelle ne va pas disparaître du jour au lendemain.

Plutôt que d’augmenter à tout prix un enneigement artificiel aléatoire et coûteux, la « lente » diminution de l’enneigement naturel devrait permettre de poursuivre parallèlement une réduction douce de l’activité « tout ski » pour la remplacer par des activités alternatives, le retour d’une activité économique diversifiée avec une repopulation permanente grâce à la réduction de l’inflation immobilière qui frappe la vallée depuis ces 30 dernières années.

Raquettes au plateau de Beauregard – Crédit : Sandra Stavo Debauge

LR&LP : L’enjeu de l’eau potable est un sujet fondamental, surtout en montagne puisque les ressources vont se raréfier. Ce projet ne revêt-il pas un intérêt public majeur ?

Ce projet imaginé par la SATELC uniquement pour la neige de culture remonte à 2017. Il a été revendiqué par la municipalité d’intérêt public majeur, au nom de l’alimentation en eau potable, ce qui est selon nous un argument fallacieux qui vise, comme expliqué plus haut, à la faire reconnaître d’intérêt public majeur.

En outre, expliquer qu’il s’agit de sécuriser l’accès à l’eau potable pour les populations présentes et futures nous semble malhonnête et manipulateur, avec des prévisions de croissance de population particulièrement hautes, alors que celle-ci ne cesse de baisser. Cela agite la peur de la pénurie d’une part, et présente la retenue comme la seule solution envisageable d’autre part.

Rappelons que 270 000 mètres cubes sont déjà disponibles et potabilisables, à travers les 4 autres retenues. Se servir des retenues existantes comme alternative semble plus adapté et beaucoup moins onéreux !

Sur le territoire de La Clusaz, plusieurs sources ont alimenté le réseau d’eau potable pendant des années, avant d’être déconnectées du circuit. Jamais il n’a été question de les prendre en compte ce qui aurait sans nul doute porté ombrage au projet.

Il y a une cristallisation sur la possibilité de manque d’eau potable aujourd’hui et la mairie se sert de cet argument pour convaincre la population (en agitant l’épouvantail de la peur du manque d’eau, de la peur du manque à gagner, etc.)

Or, la source de la Gonière ne peut en aucun cas être consommée sans traitement, et l’usine de traitement n’est même pas budgétée dans le dossier d’enquête publique ! Ce dossier d’enquête publique présente très peu de données relatives à l’alimentation en eau potable. Qu’est-il concrètement prévu, on ne le sait pas.

Dans ce dossier, la préfecture invente l’utilité publique à géométrie variable ! En effet dans ses conclusions à l’enquête publique, la préfecture note dans son avis favorable « Ayant conscience que ce projet n’est pas d’utilité publique pour l’ensemble de la population française, la commission chargée de l’enquête publique considère qu’il est d’intérêt public pour la population de la vallée des Aravis »

Il est également noté : « La commission d’enquête retient que : – le projet aura un impact négatif sur la biodiversité et plus particulièrement en phase travaux. – les prélèvements supplémentaires du captage de Gonière risquent de perturber le régime d’écoulement et d’assécher le torrent Le Nom et tuer toute vie piscicole. »

Le torrent le Nom se jette dans le Fier, qui se jette dans le Rhône. Si la question est « est-ce un projet qui concerne l’intérêt général ? », la réponse est évidemment OUI !

Nous avons affaire à un projet qui touche à une ressource naturelle dont l’accès est un droit humain (mais qui la privatise), et qui pose des questions sur la continuité de cette ressource en aval du projet, et pas seulement sur le site identifié pour la retenue.

Le cumul des retenues collinaires tend à avoir des conséquences négatives sur les bassins versants concernés, en les rendant beaucoup moins résilients aux sécheresses.

Plusieurs types de données sont nécessaires pour déterminer l’influence d’une retenue, et a fortiori d’un ensemble de retenues, sur le cours d’eau. Toute tentative pour estimer l’influence d’une retenue sans disposer de ces données, qu’il s’agisse de l’hydrologie, du transport solide ou de la qualité de l’eau conduit à une grande incertitude.

Pourtant, ces données ne sont quasi jamais disponibles, de façon exhaustive, sur un bassin versant. Dans un contexte de changement climatique qui est déjà à +2 °C en montagne et tend à s’accélérer, continuer ce type d’aménagement en parlant d’adaptation rend perplexe.

Les habitants opposés à la retenue d’eau se sont rassemblés – Crédit : Pierre Tardivel

LR&LP : On décèle une forme d’opacité dans la prise de décision de la préfecture et de la mairie. Quel est votre sentiment en tant qu’habitants de la Vallée ? On entend aussi parler d’Omerta au sein de la station, comme dans d’autres, qu’en est-il réellement et comment l’expliquer ?

Voici quelques extraits d’observations déposés anonymement sur le registre dématérialisé :

« Déposition anonyme d’un habitant de la vallée qui porte un nom d’ici mais qui se protège de pressions sociales importantes dans son cercle familial qui ne partage pas forcément la même opinion. » Observation n°971 (Web) Anonyme Déposée le 14 septembre 2021 à 22 h16

« Une habitante native des Aravis qui pratique le ski alpin, le ski de randonnée, le ski de fond, le VTT qui choisit de rester anonyme vis-à-vis de ses enfants ».

« Je m’oppose au projet de retenue collinaire de la forêt de la Colombière à Manigod. Elue du bassin annécien je préfère garder l’anonymat car le débat est clivant aussi dans nos vallées et les pressions diverses »

« Monsieur le commissaire, Je souhaite rester anonyme non pas par peur, ou manque de convictions… j’assume pleinement et ouvertement mes idées. En revanche ma moitié et mes enfants n’ont pas à en subir les retombées, je ne leur lobotomise pas le cerveau à coup de slogan écolo, ou autre car contrairement à ce que disent les maires des Aravis… nous serions des extrémistes, voir mêmes des talibans de l’écologie… qui de nous deux tient des propos extrémistes et violents par leur sens, qui attaque son « opposant » ? Je semble rentrer dans leur critère de « respectabilité » puisque j’ai toujours vécu dans les Aravis, j’y vis encore, mes enfants y grandissent, ils sont au club de ski de mon village, nous y travaillons, nous consommons dans nos villages, et nous payons les charges. »

Volontairement et historiquement les élus n’associent jamais les habitants pour débattre d’un projet, ou seulement une fois que celui-ci est finalisé. Par ailleurs, il est avéré que des habitants de La Clusaz ont subi des pressions, ce qui distille la peur de s’exprimer, ou de simplement poser des questions.

Ces tensions ne datent pas d’aujourd’hui et profitent toujours au pouvoir en place et restent profondément ancrée dans la population. Durant les campagnes municipales, les vertus affichées pour plus de « démocratie » sont vite oubliées ensuite.

Malgré les affirmations de la mairie, il n’y a pas eu de vraie concertation publique relative à ce projet.

Il y a eu deux phases d’une pauvreté inouïe en terme de débat public : la concertation préalable et l’enquête publique. Ces deux phases ont permis au public de s’exprimer par voie dématérialisée mais certainement pas de débattre publiquement du projet avec les élus qui le portent, ceux qui le soutiennent et ceux qui le dénoncent.

Entre les deux phases du projet, la mairie souhaitait rencontrer les structures associatives une par une et nous priait de laisser nos téléphones portables à l’entrée… ce qui nous semblait un peu étrange, et certainement pas opportun dans le but d’avoir un échange transparent et constructif. La mairie a refusé de rencontrer l’ensemble des collectifs opposés au projet tel qu’il est présenté.

Beauregard- Crédit : Sandra Stavo-Debauge

LR&LP : Quel est votre sentiment sur le concept des « stations 4 saisons » ?

Le concept de station 4 saisons est à la mode, et il est évident que les stations ne doivent plus se considérer seulement comme des stations de ski, mais comme des stations de montagne.

Il y a l’idée de rester attractive tout au long de l’année, mais selon nous, il ne faudrait pas que cela soit seulement autour du tourisme : il s’agit aussi de recréer des bassins de vie stables, redynamiser les territoires autour d’une véritable économie résidentielle, sortir du paradigme de la destination touristique « mono-activité » et sortir aussi du paradigme du 100% tourisme !

Il est nécessaire de redévelopper l’attractivité locale : le retour aux services de proximité, la promotion d’un tourisme local et orienté vers le patrimoine naturel et historique des territoires de montagne. Le patrimoine (richesses des paysages, faune, flore, histoire, culture) est un quatrième pilier fondamental à ajouter aux trois consacrés du développement soutenable (Écologique, Social et Économique). 

C’est pourquoi la préservation des espaces de montagne, voire leur protection, est primordiale pour consacrer un territoire de nature, contenir les aménagements, permettre de conserver des zones de tranquillité pour que les humains puissent toujours aller à la rencontre de la nature sauvage dans des espaces de liberté et refonder une relation équilibrée et respectueuse avec la montagne. Etaler la fréquentation touristique tout au long des saisons nous semble être une voie à suivre.

Il y a un grand oublié dans le concept de valoriser la montagne, le village. Jamais on ne parle de village pour ce qu’il est, pour sa vie sociale, son cadre et reflet de l’authenticité de ses habitants. C’est une valeur non commerciale qui pourtant valorise la station. Quand on parle de village ce n’est pas pour parler d’une station déguisée à exploiter…

Le plateau de Beauregard en automne – Crédit : Sandra Stavo-Debauge

LR&LP : On argue que la station est aussi un poumon économique de la région, et que vos protestations témoignent en réalité d’un désintérêt pour l’aspect économique qui garantit un emploi à beaucoup de personnes. Quelles sont vos propositions alternatives pour maintenir une économie durable dans le secteur ?

Nous croyons au contraire que nos protestations sont le signe d’un intérêt vif pour l’aspect économique de nos vallées et massifs, et pour la transition économique et environnementale de nos territoires de montagne.

Nous adorons le ski, nous sommes en lien direct avec les activités économiques du village, hébergeurs, moniteurs, commerçants, saisonniers, presse spécialisée, et sommes parfaitement conscients de la richesse économique qu’il a permis et permet encore.

C’est pour cette raison que nous sommes d’autant plus inquiets de voir l’absence d’alternatives émerger de la part des acteurs publics, qui revendiquent porter des projets d’intérêt général.

Pourtant, les industries qui dépendent du ski doivent aussi avoir le temps de s’adapter et donc concrètement s’orienter vers une autre pratique de la montagne. De ce point de vue, il y a clairement un défi culturel pour nous permettre collectivement d’envisager la montagne autrement.

Nous constatons que, simplement pour copier les pays concurrents et les stations voisines, l’équipement en neige artificielle devient systématique sur les domaines skiables où désormais on raisonne en “taux de couverture”.

On ne résonne plus en adéquation des seuls besoins, et surtout de l’évolution prévisible du changement climatique : saison de neige retardée et plus courte ; pluies plus abondantes que les chutes de neige. Des investissements lourds amortissables sur de longues périodes ne sont également pas en adéquation parce que trop fortement aidés par de l’argent public.

Dans un contexte de changement climatique qui s’accélère, le respect et la bienveillance d’un tourisme en montagne devrait être la priorité. Assurer une vie économique pérenne, créer des emplois, améliorer les conditions de vie des habitants tout en préservant l’environnement montagnard à la fois exceptionnel et fragile.

Les projets mériteraient d’être élaborés avec les habitants des territoires afin que la montagne garde son attractivité sans atteinte à l’environnement. Recréer en socle de pluriactivité, favoriser sa mise en œuvre en démocratisant les discussions et non seulement avec une gouvernance toute puissante imposant ces projets.

Les activités neige et les différentes pratiques du ski sont aujourd’hui structurantes pour le tourisme en montagne ; garder l’existant suffit largement pour le présent. Elles doivent être accompagnées de projets innovants adaptés à chaque territoire en lien étroit avec la nécessaire transition climatique et environnementale, dans une perspective de viabilité économique et sociale.

Geler les fonciers et ne plus permettre de construire devrait être aussi une priorité. La France dispose de trop de lits en montagne. Comparativement, l’Autriche dispose de 1 millions de moins de lits mais la saison est plus longue et les remplissages meilleurs.

Ne plus avoir comme cible la clientèle étrangère qui met à mal le défi énergie climat et de résilience des territoires définis par l’Europe est à envisager sérieusement.

Enfin, il est nécessaire de retrouver ou de créer une économie locale permanente autour par exemple de l’industrie du bois dont les débouchés sont en pleine croissance grâce à la construction bois, de l’agroforesterie, de l’enseignement, des activités tertiaires qui ne nécessitent pas de localisation particulière et peuvent bénéficier des techniques de communication actuelles.  

La forêt de Beauregard sous la neige – Crédit : Sandra Stavo-Debauge

LR&LP : Maintenant que les décisions ont été prises, quelles sont vos options ? Quel message souhaitez-vous faire passer à la population qui pourrait lire cette interview ?

Nous allons continuer à nous opposer au projet qui s’inscrit dans une logique de développement déjà actée au SCOT (Schéma de cohérence territoriale). D’autre retenues collinaires sont prévues : des liaisons inter-massifs et un gros porteur dit « ascenseur valléen ».

Nous encourageons toute personne qui comprend les raisons de notre lutte à s’informer et informer autour d’elle, mais aussi à signer la pétition qui a déjà recueilli plus de 51 500 signatures. Nous leur demandons aussi de nous soutenir dans les initiatives que nous allons lancer prochainement, dont un appel au don pour des études alternatives et pour les recours que nous allons déposer.

Dans d’autres parties du territoire national, nous relevons des projets impactant fortement l’environnement, inadaptés au changement climatique et à la transition économique. Certains de ces territoires, touchés par des sécheresses importantes, voient se renforcer les conflits autour de l’usage de l’eau.

En Haute-Savoie, ils émergent alors que nous avons encore de l’eau. Malheureusement sans concertation digne de ce nom, et sans cohérence territoriale, cela ne fait que polariser les positionnements des uns et des autres et nous amène à des situations pour l’instant conflictuelles, demain explosives.

Pour aller plus et aider les associations à stopper cette destruction de la montagne qui sera irréversible, il est enfin possible de :

> Demander à la Mairie d’effectuer des recherches poussées au Bossonnet, site abritant potentiellement un immense gisement d’eau potable, avant d’engager tout travaux au bois de La Colombière.
> Signer la pétition sur Change.org 
« Destruction d’espèces protégées : sauvons Beauregard »
> Suivre le Collectif Fier-Aravis, Sauvons Beauregard de la destruction, La Nouvelle Montagne, 
France Nature Environnement Haute Savoie sur FB et insta
>  En adhérant aux 
associations impliquées dans la défense de l’environnement local
>  
En faisant un don pour nous aider à collecter des fonds pour les recours juridiques nécessaires et les études complémentaires. Nous souhaitons créer une jurisprudence pour tous ces projets honteux.

Extrait de l’interview parue dans Actu Montagne

Actu montagne : »Quels sont vos prochains gros chantiers ?

Pierre Lestas : Nous avons ouvert un nouveau dossier pour un plan stratégique à 15 ans, comprenant le creusement d’une nouvelle retenue d’eau d’altitude sur Beauregard, et surtout le réaménagement du massif de Balme. Nous travaillons et débattons de plusieurs scénarios. Notre décision interviendra début 2018, pour une première mise en œuvre dès 2021. Nous investissons entre 10 et 12 millions d’euros tous les trois/quatre ans.

La France a rétrogradé à la 3e place du classement mondial des destinations neige. Êtes-vous inquiets ?

PL : Non. Si l’enneigement est satisfaisant, nous retrouverons notre deuxième, voire la première place. Le domaine skiable français est le plus important au monde, en taille et en remontées mécaniques. C’est clairement le manque de neige à Noël ces deux dernières années qui a impacté sa fréquentation. Nous devons investir dans des réseaux d’enneigement capables de saisir les fenêtres de froid. Nous devons également être précautionneux financièrement pour que nos sociétés ne soient pas en péril, si elles devaient encore faire face à l’aléa climatique. Je vous rappelle que nous avons déjà divisé par trois notre exposition à ce dernier depuis 25 ans, grâce à la neige de culture, au damage et aux travaux sur les pistes. »

Propos recueillis par Matthieu Delaunay. Journaliste, auteur, voyageur au long cours, Matthieu Delaunay contribue régulièrement à La Relève et La Peste à travers des entretiens passionnants, vous pourrez le retrouver ici et voir tous ses entretiens sur sa chaîne Hic & Nunc.

9 novembre 2021 - Matthieu Delaunay

FacebookTwitter

 

 

"Nous creusons nos propres tombes"

Par Le 10/11/2021

 Nous creusons surtout celle de nos enfants. 

Il faut imaginer cette situation. 

Donner la vie et en même temps, creuser les tombes des nouveaux arrivants.

Nous en sommes là.

 

 

 

Cop26 à Glasgow . « Nous creusons nos propres tombes » : les dirigeants au pied du mur

 

Les dirigeants du monde entier réunis à Glasgow pour la conférence climat de l’Onu ont été sommés de prendre enfin des mesures concrètes au nom de l’avenir des futures générations.

Ouest-FrancePublié le 01/11/2021 à 21h03

 

Il est temps de dire « Assez » », ​a lancé Antonio Guterres, le secrétaire général de l’Onu, qui n’a pas mâché ses mots devant les quelque 120 dirigeants de tous les continents et les milliers de délégués et d’observateurs du sommet.

Assez de brutaliser la biodiversité. Assez de nous tuer nous-mêmes avec le carbone. Assez de traiter la nature comme des toilettes. Assez de brûler, forer et extraire toujours plus profond. Nous creusons nos propres tombes », ​a-t-il martelé.

Les principaux dirigeants de la planète ont ensuite répondu, chacun à leur manière, sur la ligne de crête entre engagements et contraintes politiques nationales.

Emmanuel Macron souhaite ambition et solidarité

Rappelant l’objectif commun d’un réchauffement limité à + 1,5 °C, conforme aux Accords de Paris, Emmanuel Macron a estimé que la France, mais plus largement l’Union européenne, le Royaume-Uni, sont aujourd’hui au rendez-vous de ces engagements. Notre défi est maintenant de les mettre en œuvre et je n’en sous-estime ni l’importance ni la difficulté. ​

Bottant en touche, il a estimé que la clé pour les quinze prochains jours ici dans notre Cop, est que les plus gros émetteurs, dont les stratégies nationales ne sont pas conformes à notre objectif des 1,5 °C, rehaussent leur ambition », ​allusion notamment à la Russie et à la Chine.

« Il est minuit moins une sur l’horloge de l’apocalypse »

Hôte de la Cop, le Premier ministre britannique Boris Johnson n’était pas en reste en matière de proclamation. L’humanité a longtemps joué la montre sur le climat. Il est minuit moins une sur l’horloge de l’apocalypse. Nous devons agir maintenant », ​a-t-il renchéri, mettant en garde contre la colère incontrôlable ​que provoquerait un échec de cette Cop26, six ans après les Accords de Paris.

Le G20 qui réunissait à Rome, ce week-end, les représentants des pays représentant 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, a bien réaffirmé à l’unisson l’objectif de limiter le réchauffement à + 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Mais cela n’a convaincu ni les ONG ni Antonio Guterres qui a fait part de ses espoirs déçus ».

Lire aussi : Climat, taxe mondiale, aide aux pays pauvres : le G20, ou la diplomatie tous azimuts

Faire « cause commune »

Les présidents russe et chinois figurent parmi les grands absents à la Cop26. Pékin a formellement déposé ses nouveaux engagements climat qui reprennent sans les renforcer les promesses faites par le président Xi Jinping. Quant à l’Inde, autre gros émetteur, elle s’est fixée comme objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2070 »,​ a annoncé lundi à Glasgow le Premier ministre indien, Narendra Modi.

Cop26 : l'avenir de la planète se joue-t-il à Glasgow ?

Débattez !

Dans un message vidéo, ce lundi soir, la reine Elizabeth II a exhorté les dirigeants mondiaux à faire « cause commune » pour s’attaquer au changement climatique. « En travaillant côte à côte, nous avons la capacité de résoudre les problèmes les plus insurmontables et de triompher de la plus grande des adversités. »

 

 

"Irréversible"

Par Le 10/11/2021

 

"Désormais, le réchauffement est irréversible"

 

Paris Match | Publié le 08/11/2021 à 04h00

Interview Romain Clergeat

13 juin 2019. Les chiens de traîneau du climatologue danois Steffen Olsen pataugent dans l'eau du ford d'Inglefield qui devrait être gelé à cette période.

13 juin 2019. Les chiens de traîneau du climatologue danois Steffen Olsen pataugent dans l'eau du ford d'Inglefield qui devrait être gelé à cette période.

13 juin 2019. Les chiens de traîneau du climatologue danois Steffen Olsen pataugent dans l'eau du ford d'Inglefield qui devrait être gelé à cette période.AFP

Ce n’est plus de la science-fiction. Le sommet sur le climat qui vient de débuter à Glasgow apparaît comme celui de la dernière chance tant l’urgence est criante. En un siècle, la planète s’est réchauffée de 1,1 °C. Match a donné la parole à Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Giec.

Paris Match. L’activité des hommes est indiscutablement la cause des bouleversements climatiques, écrivez-vous dans le dernier rapport du Giec. Cela sonne-t-il, une bonne fois pour toutes, le glas du climato-scepticisme ?
Valérie Masson-Delmotte. Les connaissances scientifiques n’ont fait que s’affiner et le constat est clair : ce sont les activités humaines qui rajoutent des gaz à effet de serre, et ceux-ci piègent de la chaleur. Cette dernière s’accumule, devient responsable du réchauffement des océans, de la fonte généralisée des glaces et affecte le vivant. Sur la terre comme sous la mer. Par rapport à la fin du xixe siècle, nous en sommes à 1,1 degré de réchauffement. Oui, nous estimons qu’il est dû à l’influence humaine : 80 % à 90 % proviennent des énergies fossiles, pétrole, charbon, gaz, de la déforestation, de la destruction de zones humides, du méthane issu de l’élevage des ruminants… La conséquence, ce sont des événements extrêmes, plus fréquents et plus intenses, des pluies torrentielles et des sécheresses, ici et partout. Si nous n’avions pas altéré le climat, la vague de chaleur en Europe de l’été 2019 n’aurait pas eu cette intensité. Les records de température se succèdent, amplifiés par les îlots de chaleur dans les villes. Dans toutes les parties du monde, on vit déjà avec des valeurs qui dépassent les seuils de tolérance, pour les écosystèmes ou les sociétés. Et ces phénomènes ne vont pas s’arrêter demain. Mais leur intensité dépend du niveau de réchauffement planétaire. Donc des choix que nous allons faire.

Les extrêmes chauds, qui survenaient une fois tous les 50 ans, se produisent maintenant une fois tous les 10 ans en moyenne mondiale

La Cop21 en 2015 avait été un succès, disait-on. Or, depuis cinq ans, jamais les températures n’ont été aussi élevées. Pourquoi ?
Cette conférence était le début d’un processus. Un cadre structuré où chaque pays met sur la table ses engagements, réactualisés tous les cinq ans. Avec des mécanismes de solidarité, car les responsabilités ne sont pas les mêmes partout. Certains ont un poids historique dans la situation actuelle, et une capacité plus grande à agir. D’autres sont particulièrement exposés et vulnérables. Ces derniers mois, les engagements des pays ont été révisés à la hausse. C’est une bonne nouvelle. Les scénarios pour le futur proche, de très fortes émissions de gaz à effet de serre, sont moins plausibles. Tant mieux. Néanmoins, les engagements pris en 2015 et réactualisés signifient malgré tout que les émissions vont stagner dans les prochaines décennies. Cela implique de dépasser, dans les vingt prochaines années, un réchauffement de 1,5 degré, associé à une augmentation très forte de risques majeurs. Les extrêmes chauds, qui survenaient une fois tous les cinquante ans, se produisent maintenant une fois tous les dix ans en moyenne mondiale. Ils seront plus fréquents dans un monde à +1,5 degré. Davantage encore au-delà. Les épisodes de fortes précipitations intervenaient une fois tous les dix ans en 1850-1900, leur fréquence a augmenté de 30 % aujourd’hui. Ce sera +50 % dans un monde à +1,5 degré et +70 % dans un monde à +2 degrés. Chaque fraction de réchauffement supplémentaire a des effets énormes, il faut bien le comprendre.
Malheureusement, le niveau d’ambitions et d’actions n’est encore pas suffisant. Si on abaissait maintenant fortement les émissions de gaz à effet de serre, nous aurions des bénéfices rapides sur la qualité de l’air, mais pas sur la dérive du climat. Pour cela, il faudrait attendre une vingtaine d’années. Il faut bien comprendre que le climat ne s’est pas encore ajusté. Les glaciers vont continuer à reculer pendant des décennies. L’échelle de temps pour l’océan profond est de plusieurs siècles. Pour le Groenland et l’Antarctique, de l’ordre de milliers d’années. Il y a des conséquences qui seront inexorables. Si l’on peut stopper le réchauffement, la montée du niveau des mers est en revanche inévitable. On peut simplement limiter son ampleur et sa vitesse, mais il faudra faire avec, à l’échelle de millénaires. En 2100, nous aurons gagné 50 centimètres par rapport à 1900. À l’horizon 2300, nous pourrions être à 3 mètres.

L'accumulation de chaleur dans l'océan nous aide, mais rend le réchauffement de surface irréversible

Cette notion n’est pas encore vraiment bien admise par le grand public, mais le réchauffement climatique enclenché est désormais irréversible. C’est bien cela ?
Les gens pensent parfois que nous avons un thermostat et qu’il suffirait de le baisser pour que le climat se refroidisse. Mais ça ne marche pas comme ça ! Pour ce qui est du déséquilibre du bilan énergétique de la Terre, qu’on a provoqué, plus de 90 % de la chaleur rentre dans l’océan. Pour donner un ordre de grandeur, c’est vingt fois plus que l’ensemble de l’énergie consommée par l’humanité chaque année ! C’est colossal. L’accumulation de chaleur dans l’océan nous aide, car cela limite le réchauffement de surface mais le rend irréversible.

Il faut donc déjà penser à s’adapter à un climat qui va changer ?
Tout à fait. Notre rapport est disponible à l’échelle régionale. Avec un atlas interactif (interactive-atlas.ipcc.ch/), qui permet de visualiser ce que signifie un climat qui change, selon les scénarios. Et des seuils au-delà desquels il y aura impacts et conséquences. Ces informations sont là pour être utilisées. Car, aujourd’hui encore, beaucoup de décisions sont prises en regardant dans le rétroviseur. Par exemple, quand on redimensionne l’aménagement d’une rivière, on réfléchit encore par rapport aux crues et aux records de pluie du siècle passé. Mais demain, ce sera peut-être bien pire. Il faut l’anticiper. Sinon, on court derrière un climat qui change.

J'espère que les connaissances scientifiques que nous apportons seront prises en compte

Qui dit réchauffement dit stress hydrique. L’eau, fondamentale pour la vie, va-t-elle devenir l’enjeu majeur du siècle à venir ?
Quand l’atmosphère se réchauffe, cela augmente l’évaporation et la transpiration des sols. Un climat qui se modifie, cela intensifie le cycle de l’eau. Dans les régions froides, ce sera une augmentation moyenne des précipitations. Dans les régions chaudes, en revanche, il y aura une baisse de la pluviométrie. C’est déjà le cas en Afrique du Sud, autour de la Méditerranée, en Californie, en Amérique centrale, dans certains endroits en Australie… C’est une aridification attendue. Et dans des régions où les agricultures dépendent souvent entièrement de la pluviométrie…

Lire aussi.Climat : les prévisions choc d'un brouillon de rapport du Giec

Qu’attendez-vous de cette Cop26 ?
J’espère que les connaissances scientifiques que nous apportons sur les évolutions futures du climat, par exemple, seront prises en compte pour l’utilisation des fonds multilatéraux pour l’aide à l’adaptation. Afin que les investissements futurs fonctionnent, dans un climat qui change. J’espère aussi une action plus visible des pays les plus prospères pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. En effet, selon les estimations, les 10 % les plus riches émettent entre un tiers et la moitié des émissions globales. 

 

L'usage trompeur des mots.

Par Le 10/11/2021

C'est effarant ce titre. 

Ce ne sont pas des pays qui trichent sur les chiffres mais les Etats ou gouvernants. 

Les pays, ce sont les peuples. 

Les peuples n'ont pas accès aux chiffres, ils ne délivrent aucun compte-rendu. 

Alors, pourquoi ce titre ? Pourquoi nier ou vouloir cacher la responsabilité de ceux qui nous gouvernent ?

 

COP26 : de nombreux pays déclarent des émissions de gaz à effet de serre inférieures "de 20 à 30%" aux "meilleures estimations des scientifiques"

 

Une analyse publiée dans le "Washington Post" révèle des pratiques qui éloignent "l'objectif de limiter la hausse des température à + 2 °C", déplore le chercheur Philippe Ciais, interrogé par franceinfo.

Article rédigé par

propos recueillis par - Camille Adaoust

France Télévisions

Publié le 10/11/2021 15:02Mis à jour le 10/11/2021 15:22

 Temps de lecture : 3 min.

Des palmiers à huile, à Bornéo, en Malaisie, en 2015. (QUENTIN MARTINEZ / BIOSPHOTO / AFP)

Des palmiers à huile, à Bornéo, en Malaisie, en 2015. (QUENTIN MARTINEZ / BIOSPHOTO / AFP)

Les calculs sont faussés. Dans un article publié dimanche 7 novembre, le Washington Post (en anglais) révèle que de nombreux pays déclarent des émissions de gaz à effet de serre largement inférieures aux estimations indépendantes, dans leur rapports rendus aux Nations unies. Ces données servent notamment de base aux négociations qui se tiennent en ce moment-même à Glasgow pour la COP26.

Le journal, avec l'appui de chercheurs, a épluché les rapports des 196 pays signataires de l'accord de Paris. L'écart entre les émissions qu'ils déclarent et leurs émissions réelles "va de 8,5 milliards à 13,3 milliards de tonnes, (...) de quoi faire grimper le réchauffement de la Terre", alerte le Washington Post. Philippe Ciais, directeur de recherche au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE), a participé à cette analyse.

Franceinfo : L'étude à laquelle vous avez participé révèle que des pays sous-estiment leur émissions de gaz à effet de serre. Comment êtes-vous arrivés à ce constat ?

Philippe Ciais : Oui, nous avons analysé ce qu'on appelle les inventaires d'émissions, déclarés par les pays et utilisés comme base des négociations lors de la COP26. En faisant la somme de tous les chiffres officiels, on a compté moins d'émissions au global que les meilleures estimations des scientifiques. Il y a donc un déficit, des émissions qui manquent dans les déclarations des pays. L'écart, lorsque l'on convertit tout en équivalent CO2, est de 20 à 30% d'émissions entre ces chiffres officiels et les estimations scientifiques globales.

A quoi est dû cet écart ?

Cela dépend des pays. Les émissions déclarées sont par exemple toujours plus faibles que les estimations indépendantes chez les extracteurs de pétrole ou de gaz. Ensuite, beaucoup de pays n'ont pas rapporté leurs émissions depuis longtemps. Seuls les pays du protocole de Kyoto y sont obligés chaque année. L'Iran, par exemple, n'a fourni qu'une seule communication nationale de ses émissions en 2010.

Enfin, si certains pays comme le Canada rapportent moins d'absorption de carbone par les puits naturels [ces réservoirs qui stockent le carbone dans les sols] que ce qui est observé, d'autres surestiment la capacité de leurs forêts à capter du carbone. C'est le cas de la Malaisie, où l'expansion de la culture des palmiers à huile cause beaucoup de déforestation et de pertes de carbone des sols vers l'atmosphère. Dans les forêts qu'il reste, le pays surestime visiblement la quantité de carbone absorbé, allant jusqu'à être trois ou quatre fois au-dessus de ce que donnent des taux de croissance plausibles pour des forêts tropicales. Les déclarations du pays semblent être influencées par un lobby des producteurs d'huile de palme, qui minimisent par exemple la perte de tourbières, normalement riches en carbone, lorsque de nouvelles plantations sont créées.

Les contributions déterminées au niveau national (NDC) des Etats signataires de l'accord de Paris sont insuffisantes et les pays ne les respectent pas. Vous nous expliquez aujourd'hui qu'elles sont en outre fondées sur des chiffres faussés. Tout ceci n'est pas très encourageant...

Ce n'est pas encourageant, non... D'abord, les NDC ne sont souvent pas quantitatives, elles ne fournissent pas un budget carbone, mais un pourcentage de réduction. Prenez la Chine : elle donne des indications sur un pic de ses émissions avant 2030, sur son intensité carbone [le rapport entre la quantité d'énergie utilisé par le pays et le carbone émis] et sur un futur très lointain, une neutralité carbone en 2060. Mais il n'y a pas de trajectoire précise. Je souligne aussi que la France qui a une trajectoire de neutralité et un suivi tous les 5 ans, n'a pas atteint ses objectifs de réduction sur la période 2015-2018. Donc il ne suffit pas de faire un plan très bon pour la décarbonisation, il faut aussi s'y tenir.

En plus, si on part d'émissions sous-estimées, les effets d'une réduction seront moins impressionnants. Tout ceci permet encore moins d'atteindre notre objectif de limiter la hausse des température à + 2 °C.

 

"Il ne faut pas tomber malade"

Par Le 07/11/2021

Ne rien oublier, fouiller dans le passé, chercher les causes et ne pas rester focalisé sur les effets. Sortir de la frénésie des informations, s'éloigner de la cacophonie, ne pas tomber dans le piège des dissensions, ne pas faire le jeu des gouvernants, ne rien oublier, fouiller dans le passé, chercher les causes...

 

 

 

Covid-19 : «Le meilleur moyen de soulager l'hôpital, c'est de ne pas tomber malade», avertit Jean Castex

Par 

Publié le 24/10/2020 à 16:30, mis à jour le 24/10/2020 à 17:14

En déplacement samedi après-midi à l'hôpital nord de la cité phocéenne, le premier ministre a de nouveau mis en garde les Français. «Cette progression de l'épidémie n'est pas finie, a-t-il assuré. Mais nous allons tous ensemble faire face autour de nos soignants».

En déplacement samedi après-midi à l'hôpital nord de Marseille, le premier ministre Jean Castex a de nouveau mis en garde les Français contre le fort regain de l'épidémie de coronavirus. «C'est une bataille collective, elle est dure. Cette progression de l'épidémie n'est pas finie, a averti le chef du gouvernement sur BFM-TV. Mais nous allons tous ensemble faire face autour de nos soignants. C'est un rendez-vous avec nous-mêmes. Je fais confiance aux Français pour montrer que nous sommes une nation unie et solidaire».

Accompagné du ministre de la Santé, Olivier Véran, Jean Castex a expliqué s'être rendu au sein du service de réanimation, où sont pris en charge les «malades les plus gravement atteints, de 47 à 72 ans». «Ce ne sont pas que des personnes extrêmement âgées, cette maladie frappe tout le monde», a-t-il rappelé.

 

«Le meilleur moyen de les aider (nos soignants, NDLR) et de soulager l’hôpital c'est de ne pas tomber malade», a martelé le locataire de Matignon. «Ça dépend de chacun d'entre nous. Il faut respecter les règles que nous avons édictées: le couvre-feu, mais aussi les gestes barrières, respecter les distances de sécurité, porter le masque...», a encore énuméré le premier ministre.

 

 

LE GOUVERNEMENT CONTINUE DE SUPPRIMER DES LITS D’HOSPITALISATION : LA CARTE DES HÔPITAUX CONCERNÉS

 1 |

 Sécurités et protections sociales

 Santé

 

Gouvernement et autorités sanitaires continuent de fermer des centaines de lits dans les hôpitaux, malgré la pandémie. Voici la carte des suppressions de lits à venir que nous publions en exclusivité.

On aurait pu penser qu’avec la première vague du Covid qui a déferlé au printemps, les autorités sanitaires, les Agences régionales de santé (ARS), les directions des hôpitaux auraient remis en question la politique de suppression de lits d’hôpitaux qui prime depuis des années. Il n’en est rien. Au moins treize hôpitaux vont continuer de perdre des places d’hospitalisation.

En septembre 2020, la direction du CHU de Besançon a annoncé la suppression d’un service entier de soins de suite et de réadaptation, soit 28 places d’hospitalisation en moins [1]. À l’hôpital psychiatrique du Rouvray, près de Rouen, il a été annoncé début octobre qu’au moins 80 lits seraient supprimés d’ici à 2022 « soit 20 % de la capacité d’hospitalisation », relève l’Union syndicale de la psychiatrie. C’est là, au Rouvray, que des soignants avaient fait une grève de la faim de deux semaines en 2018 pour demander des moyens afin de prendre en charge les patients. Ils avaient obtenu la promesse de créations de postes et de deux nouvelles unités. Ces engagements n’ont pas été tenus (lire notre article).

À l’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Lyon, 75 places d’hospitalisation auront fermé en 2020 d’ici fin décembre, nous indique la CGT de l’hôpital. Pendant la première vague du Covid, trois unités hospitalisation pour adulte avaient été fermées, officiellement pour libérer du personnel, certains services en manquaient à cause de l’épidémie. Cela devait à l’origine être provisoire. Mais il est déjà clair que l’une de ces unités ne rouvrira jamais. Une autre doit rouvrir en décembre, la troisième est en suspens. En plus du Covid, le Vinatier fait les frais d’un plan d’économies décidé en 2018. Celui-ci prévoit la fermeture des unités d’hospitalisation de longue durée. 75 fermetures de lits sont planifiées dans ce cadre, dont 25 dès décembre. Les patients qui vivaient dans cette unité doivent partir dans des foyers médico-sociaux ou en Ehpad, si des places sont disponibles.

Au CHU de Clemont-Ferrand aussi, les fermetures de lits opérées pour répondre à la première vague du Covid font craindre aux soignants des suppressions à plus long terme. Au printemps, « des chambres du service de cardiologie ont été transformées en chambres pour les malades du Covid, des chambres de deux lits sont devenues alors des chambres d’un seul lit. Nous ne sommes pas encore repassés à deux lits. Nous avons aussi perdu des lits dans le service d’endocrinologie, 28 lits d’hospitalisation complète ont été transformés en hospitalisation de jour », témoigne un aide-soignant du CHU et délégué CGT.

Voir en plein écran

Cliquer sur une étiquette pour lire les détails. Les données récoltées se basent essentiellement sur des informations publiées dans la presse, nationale et locale. Les sources précises sont indiquées dans les notes en bas d’article.

<donbasta|>

Au CHU de Nancy, comme Basta! vous le racontait en avril, le Covid n’a pas non plus remis en cause le plan de suppression de 174 lits d’ici à 2024. Au CHU de Nantes, ce sont environ 100 lits qui ont été fermés depuis le début de la crise sanitaire, a comptabilisé Mediapart. En mai, des parlementaires alsaciens alertaient aussi sur un projet de leur agence régionale de santé de supprimer 20 lits de réanimation, surtout à Strasbourg, alors même que la région Grand Est sortait d’une phase très dure de Covid… [2] Partout, depuis des années, les hôpitaux français suppriment des places d’hospitalisations. Cette tendance se poursuit depuis mars 2020 comme en atteste la carte que nous publions ci-dessous.

CE COMITÉ INTERMINISTÉRIEL QUI DÉCIDE DES SUPPRESSIONS DE LITS

3400 lits avaient déjà été supprimés en 2019, 4000 en 2018. Entre 2003 et 2017, plus de 69 000 places d’hospitalisation à temps complet ont disparu [3]. Ces dernières années, ces suppressions de lits passent par des décisions du Copermo, pour « Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins », une instance interministérielle créée en 2012 [4]. C’est le Copermo qui a décidé de supprimer 174 lits et des centaines de postes au CHU de Nancy. C’est aussi le Copermo qui veut transformer le CHU de Reims, en y supprimant des lits : 184 lits en moins d’ici à 2027, selon les chiffres annoncés par le maire (LR) de Reims, 210 lits selon la CGT de l’hôpital. Le résultat en tout cas est clair : la capacité d’accueil des patients sera réduite [5]. Au CHU de Tours, le plan Copermo en cours avant la crise du Covid prévoyait de fermer 350 lits [6].

« Je n’en peux plus d’expliquer aux malades qu’il n’y a plus de lits disponibles » : l’hôpital au bord de la rupture

DES CONSIDÉRATIONS STRICTEMENT FINANCIÈRES

À Caen, c’est le projet de reconstruction de l’hôpital qui aboutira à supprimer 200 lits à l’horizon 2026 [7]. À Limoges, un projet de transformation du CHU adopté en 2018 devrait avoir pour conséquence la fermeture d’une centaine de lits [8]. À Nice, un « contrat de retour à l’équilibre financier » proposé par la direction du CHU en 2017 prévoit la disparition d’environ 200 lits [9].

Même chose à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille où le projet de 2019 qui vise à fermer 230 lits est basé sur des considérations strictement financières : il s’agit de sortir les comptes du rouge [10]. Début octobre, en pleine deuxième vague du Covid, la chambre régionale des comptes d’Occitanie a publié un rapport préconisant, là encore, des suppressions de lits au CHU de Toulouse [11].

<newsletterbasta|>

IL FAUT « SORTIR DU DOGME DE LA FERMETURE DES LITS » AFFIRMAIT LE MINISTRE DE LA SANTÉ EN MAI 2020

En région parisienne, les regroupements en cours de sites hospitaliers auront aussi pour conséquence de réduire les capacités d’hospitalisation. Les hôpitaux de Longjumeau, Juvisy et Orsay doivent par exemple fermer pour en ouvrir un nouveau à Saclay (notre reportage). Résultat : des centaines de lits en moins [12]. À Paris, ce sont les hôpitaux Bichat et Beaujon qui doivent disparaître au profit d’un nouvel hôpital à Saint-Ouen. Le nouveau site devrait abriter plusieurs centaines de lits d’hospitalisation en moins que les deux qu’il est censé remplacer [13]. À Poitiers, la fusion prévue pour 2021 du CHU avec un groupement hospitalier « Nord Vienne » fait également craindre une diminution des places d’hospitalisation [14].

En mai, le ministre de la Santé Olivier Véran affirmait qu’il fallait « sortir du dogme de la fermeture des lits ». Cela fait cinq mois et rien n’a été fait en ce sens. La deuxième vague changera-t-elle la donne ? Les ARS, le gouvernement, les directions d’hôpitaux, écouteront-elles enfin ce que disent les soignants depuis plusieurs années : il faut arrêter de s’attaquer aux hôpitaux, on en a besoin pour soigner.

Rachel Knaebel

Cette carte, nourrie des informations publiées ces derniers mois et années dans la presse locale et nationale sur les suppressions de lits dans les hôpitaux, n’est évidemment pas exhaustive. Nous la compléterons en fonction des données qui nous parviendront à la suite de cette publication. Pour nous informer à ce sujet, vous pouvez nous écrire à basta@bastamag.net Ou via ce formulaire : [https://framaforms.org/suppression-de-lits-dans-les-hopitaux-publics-francais-aidez-basta-a-les-recenser-1603889009]

 

 

Ouverture des stations de ski : "Si la demande explose, nous ne pourrons pas prendre en charge toutes les urgences", selon un chirurgien

 

"On est déjà aujourd'hui sur un délai de presque une semaine, pour pouvoir gérer les urgences chirurgicales traumatologiques", alerte ce dimanche sur France Bleu Didier Legeais, chirurgien et président de l'Ordre des médecins de l'Isère.  

Article rédigé par

franceinfo

Radio France

Publié le 07/11/2021 13:03Mis à jour le 07/11/2021 16:16

 Temps de lecture : 1 min.

Le peloton de gendarmerie de haute montagne de Modane intervient sur les pistes de la station de Tignes pour évacuer un skieur blessé, à Bourg-Saint-Maurice, le 5 février 2020. (YANN FOREIX / LP / MAXPPP)

Le peloton de gendarmerie de haute montagne de Modane intervient sur les pistes de la station de Tignes pour évacuer un skieur blessé, à Bourg-Saint-Maurice, le 5 février 2020. (YANN FOREIX / LP / MAXPPP)

"Si demain la demande explose, nous ne pourrons pas, en toute sécurité et en toute qualité des soins, prendre en charge toutes les urgences de traumatologie de la montagne", a affirmé le docteur Didier Legeais sur France Bleu Isère dimanche 7 novembre. Le chirurgien et président de l'ordre des médecins de l'Isère réagissait aux annonces de Jean Castex samedi sur le protocole qui accompagne la réouverture des stations de ski cet automne, après la fermeture l'hiver dernier à cause du Covid-19.

Une réouverture qui implique aussi le retour des accidents, selon le médecin. "L'ouverture des stations de ski c'est pour le bassin grenoblois une centaine d'urgences traumatologiques par jour qu'il va falloir gérer", a-t-il indiqué. "Les médecins de montagne vont, comme toujours, répondre à la demande et gérer la petite traumatologie mais pour les services d'urgence grenoblois c'est une centaine de malades qu'il faut hospitaliser quelques heures ou parfois quelques jours".

Plan blanc déclenché

Or, la crise qui touche le secteur de santé n'épargne pas l'hôpital, qui manque déjà de personnel : "On est déjà aujourd'hui sur un délai de presque une semaine, pour pouvoir gérer les urgences chirurgicales traumatologiques qui arrivent dans nos services actuellement", a ajouté le docteur Legeais.

À la demande de l'Agence régionale de santé, l'hôpital de Grenoble ainsi que celui de Voiron, à une trentaine de kilomètres, ont déclenché le plan blanc (outil qui permet à chaque établissement de santé de mobiliser des moyens supplémentaires pour faire face à l'afflux de patients) à cause de la pénurie de professionnels soignants.

Des forces inégales

Par Le 07/11/2021

 

 

Comment avoir la moindre once d'espérance en l'humanité quand on voit ça?

L'affluence pour un salon "manga". Des milliers de personnes. Le métaverse est déjà là en fait. Cette existence virtuelle dans laquelle vivent des millions d'humains.

Et dans le même temps, il y aura eu quelques dizaines de personnes qui auront manifesté pour contester une coupe rase de plusieurs hectares, dans une zone classée naturelle, "pour la construction d'une zone commerciale qui va apporter de nombreux emplois et une vie économique dynamique dans la région." Où est-ce que ça a eu lieu ? Mais partout, n'importe où, dans tous les coins du pays. Les forces en présence sont totalement inégales. Le monde virtuel a une puissance incommensurable. 

Alors, nous, ici, on plante des arbres. On sera mort avant qu'ils soient adultes. Mais on aura fait quelque chose. 

 

Le salon Paris Manga & Sci-Fi Show s'excuse auprès des visiteurs mécontents après une affluence record

 

L'édition 2021 du Paris Manga & Sci-Fi Show, organisée ce week-end à la Porte de Versailles a été victime de son succès, ce qui a provoqué la colère des visiteurs.

Article rédigé par

franceinfo

France Télévisions

Publié le 07/11/2021 15:07Mis à jour le 07/11/2021 17:10

 Temps de lecture : 1 min.

Affluence monstre au Paris Manga &amp; Sci-Fi Show, le festival de la pop culture, le 6 novembre 2021 Porte de Versailles, à Paris. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Affluence monstre au Paris Manga & Sci-Fi Show, le festival de la pop culture, le 6 novembre 2021 Porte de Versailles, à Paris. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Affluence monstre. Le salon Paris Manga & Sci-Fi Show, consacré à la pop culture japonaise (comics, jeux vidéo, cinéma, séries télévisées, culture web, manga, animation japonaise, cosplay et arts martiaux), se tient samedi 6 et dimanche 7 novembre Porte de Versailles, à Paris.

Après deux ans d'absence, à cause de la pandémie de Covid-19, de nombreux visiteurs étaient dans les starting-blocks pour assister à ce rendez-vous. Les organisateurs n'avaient pas prévu une telle affluence et n'ont pas pu gérer les milliers de visiteurs présents. Certains ont dû attendre des heures pour pénétrer dans le Hall 3 du salon.

Face à une telle affluence, les organisateurs ont été contraints d'arrêter la vente des billets sur place et de conseiller aux personnes de reporter leur visite au lendemain. "Les visiteurs qui ne pourront hélas pas se rendre sur le salon dimanche 7 novembre se verront bien sûr rembourser l'intégralité de leurs billets sur simple demande après l'événement", ajoute le communiqué. 

"Metaverse", avenir réel d'un monde virtuel

Par Le 07/11/2021

Le monde réel vous pèse ? Pas d'inquiètude, le Metaverse arrive.

Et pendant que ces gens cogitent pour mettre au point un monde virtuel, aujourd'hui, on a récolté nos topinambours.

Le monde des champs, le monde des villes, le monde réel, le monde virtuel, le monde du sol, le monde hors sol...

 

 

TECHNO

19/10/2021 15:39 CEST

"Métaverse" de Facebook: vous n'avez rien suivi? On vous raconte

 

Le “métaverse” est le monde parallèle virtuel, à la frontière entre fiction et réalité.

 

Ce monde numérique totalement immersif serait l'avenir d'Internet pour Mark Zuckerberg.

 

Par Maxence Bussiere

Michael Szadkowski

Le fondateur et PDG du service américain de médias sociaux et de réseaux sociaux...

KENZO TRIBOUILLARD VIA GETTY IMAGES

Le fondateur et PDG du service américain de médias sociaux et de réseaux sociaux Facebook, Mark Zuckerberg, à Bruxelles le 17 février 2020.

TECH - Dans la tourmente après une panne mondiale et des révélations embarrassantes d’une ancienne employée, Facebook a voulu communiquer sur ses projets d’avenir plutôt que sur les problèmes actuels.

Le réseau social a indiqué, lundi 18 octobre, vouloir embaucher 10.000 personnes dans l’Union européenne pour travailler à l’élaboration du “métaverse”: une sorte de monde parallèle numérique devenu le nouveau graal de Mark Zuckerberg, le fondateur et patron du géant américain des réseaux sociaux.

Si vous n’avez rien suivi à ce projet de réalité numérique futuriste à la sauce Facebook, Le HuffPost vous propose un résumé de ce qu’il faut en savoir. 

C’est quoi le “métaverse” ?

Si vous avez regardé le film Ready Player One, vous avez déjà une bonne idée de quoi il en retourne. Les “métaverses” sont l’équivalent de l’OASIS du film de Steven Spielberg: une sorte de doublure du monde physique, accessible par Internet et des interfaces connectées, et dans lequel on devrait pouvoir exister sous forme d’avatars.

Le terme “metavers”, ou “méta-univers”, signifie littéralement “au-delà de l’univers”. Cette extension d’Internet qui avance à grands pas est rendue possible par la convergence de différentes technologies, afin qu’un individu puisse vivre l’expérience d’un monde en réalité virtuelle, en engageant son corps, vivant émotions et sensations.

“Progressivement, les écrans, hologrammes, casques de VR et lunettes de réalité augmentée sont censés permettre des déplacements fluides d’univers virtuels en lieux physiques, comme des téléportations”, avait expliqué Mark Zuckerberg sur son profil Facebook.

Quelles sont les promesses du “métaverse” ?  

Le “métaverse” est imaginé par Facebook comme une sorte “d’internet incarné” où l’on devient acteur d’expériences et d’actions dans un univers virtuel, plutôt que n’être qu’observateur ou consommateur de contenus. “La qualité essentielle du métaverse sera la présence - le sentiment de vraiment être là avec les gens”, postait Mark Zuckerberg en juillet sur son profil Facebook. 

Dans cet univers virtuel et immersif que Facebook entend construire, il pourrait par exemple être possible de danser dans une boîte de nuit avec des personnes situées à des milliers de kilomètres, de travailler, d’acheter ou de vendre des biens ou services numériques. En clair, l’objectif est d’avoir une vie sociale numérique bien plus immersive et englobante - par rapport à ce que tout le monde fait actuellement derrière son écran d’ordinateur ou sur son smartphone. Une sorte de Second Life, mais vécu à travers des lunettes connectées.

Oculus Quest 2 est un casque de réalité virtuelle créé par Oculus, une marque...

EDWARD BERTHELOT VIA GETTY IMAGES

Oculus Quest 2 est un casque de réalité virtuelle créé par Oculus, une marque de Facebook. Successeur de l'Oculus Quest, il a été officiellement dévoilé le 16 septembre 2020 lors de Facebook Connect 7.

D’où ça vient ?

Le terme “metaverse” provient à l’origine d’un roman dystopique des années 90. Le livre “Le Samouraï virtuel”, écrit par Neal Stephenson à l’aube d’Internet, arborait cependant une définition différente du sens actuel. Il présentait des utilisateurs d’un “métaverse” dont l’esprit est prisonnier d’un virus informatique qui infecte directement leur cerveau.

Si le but du roman dystopique est de prévenir, voire d’effrayer sur les déviances à venir de nos sociétés, des grandes entreprises numériques ont investi des sommes titanesques dans des projets et technologies propres à construire des “métaverses”, comme la réalité virtuelle (VR) ou la réalité augmentée (AR).

Le Monde rapportait que, selon le cabinet IDC, “les dépenses dans ce secteur devraient être multipliées par six entre 2020 et 2024, pour passer de 12 milliards à 72 milliards de dollars”. 

 Pourquoi Facebook s’y intéresse ? 

Les méta-univers sont considérés par les géants du web et du jeu vidéo comme le prochain grand saut technologique dans l’évolution d’Internet. Et c’est là où Facebook est en train de se positionner, en voulant inventer des nouvelles formes d’interactions sociales et d’expériences au sein d’un “métaverse” qu’il construit de A et Z en définissant lui-même ses propres paramètres. 

Ce qui fait sens pour une entreprise qui s’est construite en ayant comme spécialité la mise en relation des internautes, à travers son réseau social fondateur (Facebook) mais aussi des diverses applications rachetées au fil des ans, comme WhatsApp ou Instagram.

“Pour accomplir notre vision du metaverse, nous avons besoin de construire le tissu connectif entre (les différents) espaces numériques, afin de passer outre les limitations physiques et de pouvoir se déplacer entre eux avec la même facilité qu’entre les pièces de sa maison”, avait détaillé Mark Zuckerberg sur son profil Facebook.

Pour y arriver, Facebook met beaucoup de moyens. L’entreprise californienne a racheté pour deux milliards de dollars la société de l’Oculus dès 2014. Depuis, elle a embrayé d’autres projets liés au “métaverse”, dans lesquels plusieurs milliards de dollars ont aussi été investis.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Concrètement, il est déjà possible de vivre certaines expériences qui se rattachent au projet de “métaverse” de Facebook - mais elles sont pour l’heure très limitées. Le géant californien a par exemple dévoilé au mois d’août la version Beta de son application Horizon Workroom

L’objectif est d’élaborer des salles de réunion en réalité virtuelle via le casque de réalité virtuelle Oculus Quest 2. Les participants apparaissent autour d’une table ronde sous forme d’avatars personnalisés, peuvent interagir via leur micro ou  dessiner sur un tableau blanc virtuel grâce aux télécommandes.

Facebook et la marque Ray-Ban ont lancé au mois de septembre une paire de lunettes connectées. Ce gadget numérique permet de prendre des photos et vidéos et de se connecter au réseau social.

Les “Ray-Ban Stories” sont cependant démunis de système de réalité augmentée. Mais Facebook espère commencer à familiariser un nombre croissant de personnes avec ce genre d’accessoires connectés (alors que Google et Snapchat, avant lui, ont plutôt échoué sur le sujet).

Qui d’autre s’y intéresse ? 

De son côté, le secteur du jeu vidéo a déjà créé des embryons de “métaverses”. C’est par exemple le cas de Fortnite, qui rassemble 350 millions de joueurs principalement âgés de 14 à 24 ans, et qui vivent, dans la plateforme virtuelle, de plus en plus d’expériences en ligne qui se détachent du concept initial du jeu de battle royal.

Des concerts virtuels du rappeur américain Travis Scott ou d’Ariana Grande, apparaissant sous la forme d’avatars, ont déjà eu lieu. En décembre 2019,  le jeu avait aussi organisé un événement exclusif à l’occasion de la promotion de Star Wars: The Rise of Skywalker. Diffusé en direct, le réalisateur J.J. Abrams était présent “en personne” sous la forme d’un avatar pour y dévoiler en avant-première un extrait du film. 

L’isolement social lié à la pandémie de covid a d’ailleurs été un catalyseur de ce phénomène. Un dirigeant d’Epic Games, l’éditeur de Fortnite, avait expliqué fin mars à l’AFP, que “dans une époque comme maintenant, où se réunir ensemble physiquement est plus difficile, il est extrêmement important d’avoir ces expériences virtuelles”, pensant vraiment “Fortnite comme une plateforme pour les expériences sociales connectées et pas seulement comme un jeu”.

Roblox, un système de création de jeux en ligne dans lequel la majorité du contenu est créée par les joueurs eux-mêmes, avait aussi organisé un concert du rappeur américain Lil Nas X en novembre 2020. 

“Mon premier concert a eu lieu dans un stade. Le premier concert de mon fils était celui de Lil Nas X sur Roblox. Ce n’est pas parce que cela s’est passé à Roblox que cela l’a rendu moins réel”, Cathy Hackl, consultante en technologie qui conseille les entreprises sur le “métaverse”. 

 

"Ready Player One" sur Netflix, le film pour comprendre le métaverse

Alors que Mark Zuckerberg a annoncé le changement de nom de Facebook pour Meta, le HuffPost s'est de nouveau penché sur le film "Ready Player One", meilleur exemple cinématographique de métaverse.

 

Par Athena Rivas

Dans l'adaptation du roman d'Ernest Cline, Tye Sheridan est Wade Watts et passe le plus clair de son...

AAP BUITENDIJK

Dans l'adaptation du roman d'Ernest Cline, Tye Sheridan est Wade Watts et passe le plus clair de son temps dans un monde virtuel où tout est possible: l'OASIS.

CINÉMA - Comme le roman de Georges Orwell, Ready Player One serait-il un film prophétie? Alors que Mark Zuckerberg a annoncé ce jeudi 28 octobre le changement de nom du groupe Facebook, qui s’appelle désormais Meta, le film de Spielberg semble être celui à voir pour comprendre le concept du métaverse que veut développer la firme. 

Le métaverse est une extension d’Internet qui assemble différentes technologies pour qu’un utilisateur puisse vivre l’expérience d’un monde en réalité virtuelle. Concrètement, le public y aura accès pour interagir, travailler ou se divertir via les lunettes de réalité augmentée et casques de réalité virtuelle.

Le concept est considéré par les géants du web et du jeu vidéo comme le prochain grand saut technologique dans l’évolution d’Internet. Et Mark Zuckerberg a annoncé dès juillet son entrée dans la course en décidant de dédier une équipe au développement d’un “méta-univers”. Le chef d’entreprise souhaite développer des équipements capables, via des capteurs, de reproduire les expressions du visage et l’apparence physique d’une personne dans le détail, jusqu’aux sensations et aux émotions des utilisateurs.

Inspiré du mot grec qui “meta” qui signifie “au-delà”, le terme “métaverse” trouve son origine dans le roman dystopique de Neal Stephenson, Le Samouraï virtuel, publié en 1992, qui est le livre de chevet de Mark Zuckerberg. En revanche, à l’époque, le livre décrivait plutôt un virus informatique qui prenait possession du cerveau des utilisateurs, devenus alors otages du métaverse.

Une science-fiction plus si fictive

Adapté d’un autre roman, celui d’Ernest Chine, Ready Player One de Steven Spielberg est un film de science-fiction où Wade Watts (Tye Sheridan), orphelin, vit dans le monde de 2045, délaissé par la population. Tout le monde passe presque tout son temps avec un casque de réalité virtuelle devant les yeux pour parcourir l’OASIS, un monde virtuel. Mais le créateur de ce métaverse, James Halliday (Mark Rylance), cache, avant sa mort, un ”œuf de Pâques”, et lance une grande chasse au trésor. À l’issue de la compétition, le gagnant remportera une immense fortune et prendra le contrôle de l’OASIS. Wade Watts s’élance alors dans la course, mais il n’est pas le seul. 

Disponible sur Netflix, Ready Player One est plein de référence à la pop culture des années 80, tout en restant un film futuriste. Spielberg allie ainsi nostalgie et modernité avec brio. Et c’est ce qui en fait un excellent exemple de métaverse. Le spectateur est plongé à la fois dans la réalité et dans le virtuel inspiré de l’univers “gaming” et des jeux-vidéos de manière générale.

Mais c’est aussi un film qui montre les dérives d’un monde “au-delà” du réel.  Ready Player One interroge sur la dépendance des humains à la technologie et questionne sur la perte du lien social et de notre notion du monde réel. Les personnages vivent une vie parallèle à travers l’OASIS, mais quand ils retirent leurs masques de réalité virtuelle, la réalité ne fait pas rêver. De fait, le 2045 imaginé par Spielberg est une gigantesque poubelle où les caravanes s’entassent à la place des grands buildings. 

Ready Player One pose l’ultime question de l’intérêt d’une vie qui serait uniquement virtuelle.

Le film sorti en 2018 avait fait plus de deux millions d’entrées en France. Le Metaverse de Facebook saura-t-il en faire autant ?

 

 

 

La 5G, technologie imposée

Par Le 03/11/2021

Il y a beaucoup de sujets de société qui ont disparu des radars avec le covid. Et pourtant, ce sont des sujets considérablement importants. Il existe des mouvements de contestation, de rébellion et même de dégradation. Et c'est inévitable car tout cela a été fait sans que nous ne soyons réellement informés. 

 

https://lareleveetlapeste.fr/pays-basque-des-citoyens-empechent-pour-la-seconde-fois-la-construction-dune-antenne-5g/?

Pays basque : des citoyens empêchent pour la seconde fois la construction d’une antenne 5G

 

Pour le collectif Arberua Bizirik et ses soutiens, un tel projet de société ne peut pas être imposé sans concertation de la population. Ils sont donc déterminés à tenir le siège le temps qu’il faudra pour décider démocratiquement de l’aménagement de leur territoire.

 

Il va en être de même avec le "metavers" dont Facebook veut devenir un géant. 

Quel intérêt ? Quelles conséquences ? Quels sont les effets ? Quel est le coût ? Quels sont les secteurs qui seront impactés ? 

L'exemple de la 5G est exemplaire.

Un article qui date de 2020

 

« La 5G est un projet de société auquel les citoyens n’ont jamais été associés »

 

L’urgence, c’est le capitalisme mondialisé qui la crée. Dirigeants et industriels font passer la compétitivité avant la démocratie.

29 septembre 2020 - Augustin Langlade

FacebookTwitter

Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

 

Commander

L’évaluation scientifique des risques biologiques et sanitaires est encore en cours, la convention citoyenne sur le climat a expressément demandé un moratoire dans l’attente d’une étude d’impact environnemental, une action en justice citoyenne est en cours contre les opérateurs téléphoniques français, néanmoins le gouvernement ouvre ce mardi 29 septembre les enchères pour l’attribution des fréquences de la 5G. La France devrait ainsi prendre le « tournant » de cette technologie qui suscite des résistances de forme et de fond. Car le déploiement de la 5G est loin de se réduire à une décision technique : véritable choix de société, enjeu sanitaire et écologique, pari stratégique, la cinquième génération des standards de téléphonie est à la confluence de tous les débats sur les technologies. 

Entretien avec Nicolas Bérard, journaliste à L’âge de faire, auteur en 2017 d’une enquête sur le compteur Linky, qui publie son nouvel ouvrage 5G mon Amour aux éditions Le Passager clandestin (2020). 

Par Augustin Langlade et Maud Barret Bertelloni

La Relève et la Peste : Pour commencer, une question toute simple, mais qui n’est pas évidente : à quels usages servira la 5G ? À quels besoins répond son déploiement ?

Nicolas Bérard : Cette technologie répond avant tout à une logique générale qui veut qu’après la 3G et la 4G, on passe forcément à la 5G. Pour vous dire, des ingénieurs planchent déjà sur la 6G ! À mon avis, la 5G n’est pas faite pour répondre à un besoin précis. On crée le réseau, on le lance et après on évalue quels usages on pourra en faire.

Il y a déjà plusieurs choses dans les cartons des industriels, c’est vrai, mais malgré tout, on est face à un fonctionnement absurde qui veut qu’on construise les tuyaux avant de trouver comment les remplir…

L’industrie des télécommunications travaille depuis longtemps sur la 5G, c’est un projet de long terme. Il y a donc de grandes tendances qu’on peut constater dans le monde entier : connecter tous les objets qui nous entourent simultanément (on parle d’une capacité d’un million d’objets connectés par kilomètre carré) ; concrétiser la smart city, multiplier les échanges, « dématérialiser »…

C’est dans l’optique de la « smart city » qu’on a créé la 5G ?

En fait, j’ai l’impression que les différents grands secteurs industriels avaient tous besoin de se réinventer, afin de pouvoir faire perdurer le vieux système capitaliste, dont la 5G est l’héritage direct, car elle est fondée sur un renouvellement perpétuel par l’innovation.

Que ce soit l’automobile, l’électroménager, la téléphonie, tous les secteurs avaient besoin de passer à autre chose et se sont restructurés autour de ce projet d’hyperconnexion. C’est ce qu’on appelle l’industrie 4.0, la « smart production », c’est-à-dire la production industrielle à la demande, ou encore la « smart city », l’urbanisme connecté avec ses voitures intelligentes, les équipements ménagers connectés, les millions de capteurs disséminés dans toutes les villes… Tout cela rentre dans une logique de renouvellement du capital.

La 5G relève donc d’un choix de société. Duquel s’agit-il ?

C’est d’ailleurs ce qui caractérise la 5G, par rapport à la 2G ou à la 3G. La 4G a déjà changé énormément de choses, du fait que nous nous envoyons des vidéos, que nous sommes sans arrêt fixés sur nos smartphones. Mais en comparaison, nous allons passer à la vitesse supérieure avec la 5G.

Toutes les professions seront bouleversées, ainsi que l’organisation de la société, ou notre rapport aux objets. Du moins s’ils arrivent à mettre en place leur modèle. Tout va se restructurer autour de la connectivité.

Et c’est là où le fait que les gens n’aient jamais été associés à ce projet, qu’ils n’aient même pas été informés, pose véritablement problème. Ça fait un mois ou un peu plus qu’on parle vraiment de la 5G, alors que les enchères ont lieu aujourd’hui… Les citoyens découvrent qu’il s’agit d’un projet de société, mais c’est trop tard ! Personne n’a son mot à dire.

Antenne 5G en Chine – Macau Photo Agency

Vous parlez ici des usages de la 5G pour les particuliers, mais pourrait-elle trouver une utilité pour certaines professions ?

Un exemple que je trouve assez parlant, c’est celui de la santé. Quand on veut faire accepter une technologie par la population, on aborde toujours en premier lieu les bénéfices qu’en tirera le domaine de la santé. Les promoteurs de la 5G nous ont ainsi promis des applications extraordinaires, comme la télémédecine et la téléchirurgie, dont tout le monde a entendu parler, notamment quand un neurochirurgien, en Chine, a opéré un patient à 3 000 kilomètres de distance.

Et ils nous ont fait passer cette opération pour la tendance générale du progrès, alors qu’on pourrait plutôt remettre en question la fermeture de certains hôpitaux, les déserts médicaux, le manque de matériel de première nécessité…

Plutôt que de mettre en place la chirurgie à distance, on ne pourrait pas rouvrir les hôpitaux fermés, recruter du personnel hospitalier, former de nouveaux chirurgiens ?

À chaque fois, on évite ces sujets, c’est comme si c’était la 5G ou rien. On supprime des postes et des moyens, puis on prétend que la solution est technologique. Avec le Covid-19 et le confinement, c’est reparti de plus belle.

L’étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) visant à pallier l’absence de données relatives aux risques biologiques et sanitaires potentiels de la 5G est encore en cours de réalisation et sera rendue au début de l’année 2021. Pourquoi le gouvernement procède-t-il déjà à l’attribution des fréquences ?

L’urgence, c’est le capitalisme mondialisé qui la crée. Dirigeants et industriels font passer la compétitivité avant la démocratie. Le dernier exemple en date est celui de la Convention citoyenne pour le climat. Macron avait promis qu’il reprendrait sans filtre les 150 propositions pour répondre à l’urgence climatique. Il devait soit les présenter telles quelles à l’Assemblée nationale, soit les proposer à l’occasion d’un référendum.

Le jour de la remise des propositions, le président s’est accordé trois jokers. Ce n’était pas prévu, mais soit, d’accord. Il n’y avait pas la 5G dans ces jokers. Puis, quelques mois plus tard, mi-septembre, devant un parterre d’industriels, Emmanuel Macron nous a expliqué qu’il était hors de question de remettre en cause le déploiement de la 5G.

Il s’est donc contredit lui-même, comme si, dans son esprit, c’était quelque chose d’impensable de faire un moratoire sur une innovation. D’autres pays la mette en place, on ne peut pas se permettre de l’arrêter, c’est son argument. La Chine et les États-Unis l’ont déjà lancée, on n’a plus le choix.

Sur l’échelle des valeurs, il y a la démocratie et bien au-dessus, il y a la compétitivité. Notre modèle sera-t-il donc celui de la Chine dictatoriale et de l’Amérique de Trump ?

Un argument du déploiement consiste à dire que le développement des réseaux 5G permettra de ne pas se retrouver dans une dépendance économique et technologique par rapport à la Chine et les États-Unis.

Au contraire ! Un moratoire aurait pu nous aider à développer nos propres outils. Si nous avions pris du temps pour réfléchir correctement au déploiement de la 5G, peut-être que notre modèle de développement technologique et notre indépendance auraient pu s’inviter dans les débats, mais nous préférons entretenir cette course folle à la compétitivité et à la productivité. Nous sommes piégés dans notre modèle.

Les réseaux 5G ont été déployés sans grands remous par de nombreux voisins européens. Pourquoi la question suscite-t-elle autant de débat en France ?

Je pense que c’est lié au réseau de résistance qui est né autour du compteur Linky. Ça ne constitue pas l’ensemble de l’opposition à la 5G, mais aujourd’hui, on retrouve beaucoup de collectifs anti-Linky qui sont passés à la lutte contre la 5G. Linky a servi en quelque sorte d’outil pédagogique pour la population.

Ce compteur avait l’avantage, si je puis dire, d’aller chez tout le monde, dans toutes les couches de la population. Pour la première fois, la technologie rentrait littéralement chez les Français sans leur demander leur avis.

C’est pour cette raison, je crois, qu’un grand nombre d’opposants à Linky, qui n’avaient jamais milité de leur vie – c’étaient souvent des personnes âgées –, ont rejoint les centaines de collectifs qui se sont créés. Il y a eu beaucoup d’échanges et de réunions, qui ont été très formateurs.

Derrière le compteur Linky, les gens ont vu pour la première fois se dessiner le modèle de la smart city, avec la déshumanisation, les problèmes de santé, la consommation d’énergie, la surveillance, et tous les problèmes que le compteur était en quelque sorte le premier à poser.

Au moment où la 5G est apparue dans le débat public, il y avait déjà ce maillage du territoire, ces organisations, ces collectifs qui existaient et qui ont pu se mobiliser assez rapidement.

Antenne 5G qui a été brûlée – crédit : YORICK JANSENS / Belga / AFP

Cette résistance a aussi pris la forme de dégradations d’antennes, qui ont eu lieu ces six derniers mois dans différents endroits d’Europe. Où ce phénomène trouve-t-il son origine ?

Je crois que les problèmes de santé n’expliquent qu’une partie de l’opposition à la 5G. Cela concerne plus largement le rejet d’une forme d’intrusion, de l’imposition d’une certaine conception du monde. Lors de la journée anti-5G organisée à Lyon le 19 septembre, une partie des opposants se préoccupaient de leur santé, mais ils représentaient une minorité.

J’ai eu l’impression que les Lyonnais s’attachaient beaucoup à la disparition de l’humain dans ce modèle où tout est interconnecté, où la machine prend le pouvoir. L’humain était au cœur de tous les débats.

Pourquoi dans ce cas les débats se cristallisent-ils autant autour des ondes ?

Les grands médias ont du mal à comprendre l’opposition à la 5G, c’est mon impression, et se concentrent sur ce point. Aujourd’hui, ils sont quand même plus prudents qu’avant. Il y a quelques années, avec les compteurs Linky, les opposants étaient décrits comme des abrutis, des complotistes, alors qu’ils étaient en train de se former, de créer des collectifs et de réfléchir à comment s’emparer de ces questions de technologie. Il y avait beaucoup à dire sur ces compteurs et les médias sont passés complètement à côté.

Vous remarquerez qu’ils ont eu autant de mal à saisir les « Gilets Jaunes ». Ce sont là encore des collectifs, mais pas des associations, pas des partis, et tous ces groupes d’opposition brassent des populations extrêmement variées, sans logique identifiable, de tous les âges. Pour les médias, ce genre de mouvements est un mystère…

En ce qui concerne la 5G, par contre, on peut aussi se demander si les médias ne sont pas influencés par le fait qu’ils sont détenus par des patrons des télécommunications :

Xavier Niel, patron de Free, possède Le Monde, la famille Bouygues possède les chaînes TF1 et LCI, Patrick Drahi, patron de SFR, détient plusieurs radios et la revue Paris Match, et ainsi de suite… La question de l’indépendance se pose davantage sur la 5G que sur les autres questions.

Dans votre livre, vous faites le rapprochement entre l’industrie pharmaceutique, les firmes phytosanitaires produisant des pesticides, les géants du tabac et les entreprises des télécommunications, qui ont tous intérêt à minimiser les effets nocifs de leurs produits et à décrédibiliser leurs contradicteurs. Est-ce là le mécanisme à l’œuvre avec la 5G ?

Comme je l’explique dans mon livre, le lobby des télécommunications mobiles s’est organisé dans les années 1990, quand les téléphones portables ne représentaient pas encore grand-chose, les clients se comptaient par milliers. Ils ont repris toutes les techniques de lobbying mises en place aux États-Unis, notamment par l’industrie du tabac.

On retrouve vraiment des parallèles entre les firmes des deux secteurs, notamment dans la « fabrique du doute » : à chaque fois qu’une étude semble démontrer un effet négatif de leurs technologies, ils font produire d’autres études, à la seule fin de créer du doute. Même si ces études sont biaisées, même si elles ne sont pas sérieuses, en attendant que ce soit prouvé, le doute bénéficiera à l’industrie et empêchera l’homme politique de prendre des décisions.

Selon l’argumentaire des opérateurs de télécommunication, le seuil d’innocuité des ondes est fixé à environ 60 volts par mètre par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), tandis que l’exposition des êtres humains à la 5G ne sera que d’un volt par mètre. Que répondez-vous ?

Le problème ne se trouve pas dans le seuil que dépassera ou non la 5G, mais dans la norme elle-même. Les industriels des télécommunications ont réussi à faire fixer des normes qui ne prennent en compte que les effets « avérés » et, depuis, c’est devenu leur principal argument.

C’est l’ICNIRP [Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants, ndlr], qui a conseillé l’OMS pour déterminer les seuils d’exposition aux ondes électromagnétiques que tous les pays ont fini par reprendre sur leur territoire, soit à peu près 60 volt de puissance par mètre.

Quand on prend les documents à l’origine de la règlementation mondiale, on voit bien que l’ICNIRP n’avait fixé qu’un seuil à partir duquel les effets des ondes électromagnétiques étaient « avérés », c’est-à-dire « immédiats ». Cela veut seulement dire que quand on finit une conversation au téléphone portable, on n’a pas la peau brûlée. Mais il n’est nullement question des effets à long terme : les suspicions de cancers, de tumeurs, d’insomnies, de migraines ne figurent jamais dans ces documents ou dans ces seuils.

Autrement dit, le principe de précaution n’est jamais appliqué quant aux effets des ondes sur le long terme ?

En ce qui concerne le risque sanitaire des ondes, la 4G et la 5G, il s’agit forcément d’études qui doivent être menées sur le long terme. Admettons qu’on ne puisse pas attendre dix ans pour déployer la 5G. Pourquoi ne pas patienter au moins jusqu’aux résultats de l’étude de l’Anses, qui sera publiée au début de l’année 2021 ?

J’ai l’impression que le principe de précaution n’est en fait jamais appliqué. En l’occurrence, on n’est même pas capable d’attendre six mois. On a préféré se baser sur les agences de santé d’une vingtaine de pays qui se seraient déjà prononcées et prétendraient qu’il n’y a aucun danger dans la 5G. Plus besoin d’attendre ! Mais à ce moment-là, à quoi servent notre agence de santé et son étude ?

Antenne 5G – F. Muhammad

Quel pourrait être le poids environnemental de la 5G ?

Le déploiement de la 5G va entraîner une augmentation de la consommation d’énergie. Ses défenseurs soutiennent que les antennes seront plus efficaces, ce qui est vrai si l’on prend pour référence un même volume de données. Seulement, la multiplication des échanges va créer un « effet rebond », dans le sens que le déploiement du réseau augmentera le trafic.

On estime actuellement que le volume d’échanges de données, avec la consommation d’énergie qui l’accompagne, pourrait être par 100 ou 1 000 avec le déploiement des nouveaux réseaux.

Puis, il y a le renouvellement des smartphones pour qu’ils soient compatibles avec la 5G, ce qui implique leur fabrication, l’extraction des métaux rares, toute la chaîne de production. Il faut y ajouter tous les objets connectés qui seront produits et mis sur le marché. En fait, ce projet relève d’une visée extractiviste énorme. Globalement, tout cela va augmenter le poids environnemental des technologies.

Actuellement, la consommation énergétique du numérique représente autour de 3,7 % des émissions de gaz à effet de serre – l’équivalent de l’aviation civile. Si l’on continue sur cette lancée, dans cinq ans le volume aura doublé, atteignant 7,5 % environ des émissions mondiales – l’équivalent du trafic routier. Alors qu’on recherche la sobriété énergétique, c’est un secteur qui devient de plus en plus polluant.

Dans une tribune du 12 septembre dernier, une soixante d’élus, dont les maires de onze grandes villes, ont appelé le gouvernement à décréter un moratoire sur la 5G. Pour eux comme pour nombre de critiques de cette technologie, ce n’est pas une interdiction pure et simple qui est visée, mais l’organisation « d’un débat démocratique décentralisé sur la 5G et sur les usages numériques ». À quoi une telle délibération pourrait-elle ressembler ? D’une manière plus générale, comment faire des nouvelles technologies un véritable débat de société ?

Je suis assez sceptique à l’égard de l’organisation d’un débat de ce genre, institutionnalisé. On a vu ce qu’a donné le Grand Débat après la crise des « Gilets Jaunes »… On a tendance à croire aussi que les télécommunications seraient un débat d’experts, qu’il faudrait vulgariser. Mais il n’y a pas besoin de pédagogie : la 5G, c’est très concret.

Exactement comme pour le compteur Linky, les gens se rendent parfaitement compte de ce qui les touche dans leur quotidien. Actuellement, les citoyens s’organisent à travers des collectifs. C’est un combat citoyen, décentralisé et local, exactement comme les Gilets jaunes. Le point le plus important est de montrer qu’il y a des alternatives à ce modèle de développement. Il faut développer un autre imaginaire de société.

Dans la santé : est-ce vraiment la télémédecine qui nous intéresse ? Ou bien est-ce avoir suffisamment de soignants pour qu’ils puissent, plutôt que d’exécuter leurs tâches à la chaîne, avoir le temps d’accomplir un véritable travail de soin ? La question se pose de la même manière pour la 5G.

Les opposants ont pris conscience de la nécessité d’un changement de modèle qui mette l’écologie et l’humain au cœur du projet de société. La défense à tout prix de la 5G – comme lorsque Macron a accusé ses opposants de vouloir retourner au modèle Amish – c’est le symptôme de l’absence de tout autre projet que la croissance du PIB et la « smart city ». Il faut leur renvoyer la balle : ce sont eux les « Gaulois réfractaires » au changement nécessaire de société, pas nous.

Comment les maires peuvent-ils combattre l’arrivée inéluctable de la 5G dans leur commune, et les citoyens dans leur vie ? De quels outils disposent-ils ?

Au niveau juridique, les élus locaux n’ont pas vraiment d’instruments pour s’opposer à l’implantation des antennes, outre les règles d’urbanisme et de paysage. C’est de la compétence de l’Agence nationale des fréquences, de l’ARCEP [l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, ndlr], et du secrétaire d’État au numérique.

Les maires disposent néanmoins d’une petite marge d’action à travers leur Plan local d’urbanisme (PLU) et les dispositifs de protection des paysages et des monuments. Le fait que les maires des grandes villes demandant un moratoire a certainement eu le mérite de mettre le dossier sur le devant de la scène médiatique. Mais le combat se joue au niveau de la mobilisation citoyenne de lieu en lieu.

Crédit photo couv : Jack Sloop

29 septembre 2020 - Augustin Langlade

La Gambie.

Par Le 03/11/2021

 

 

Je lis parfois des commentaires très virulents sur l'Afrique. 

Je n'y ai jamais mis les pieds et je ne connais que ce que j'en lis. C'est bien évidemment insuffisant.

Il n'en reste pas moins que l'Afrique est un continent et qu'il faut absolument identifier clairement de qui on parle. Ici, il s'agit d'un petit pays, méconnu et je suis allé voir sur une carte pour le situer. J'avais bien une idée mais aucune certitude...

La Gambie, comme beaucoup d'autres états, est durement frappée par le changement climatique, bien que le pays ne puisse être pointé du doigt de façon négative. C'est une des problématiques, et non des moindres, des effets du réchauffement. Les élèves attentionnés payent les conséquences des élèves inconscients. Tous ces élèves dispendieux et gaspilleurs, tous ces élèves pilleurs, et l'Afrique est une terre victime du pillage depuis bien trop longtemps, ne devraient-ils pas désormais se tourner vers les "petits" pays qui souffrent de leur inconséquence ?

On pourrait se dire que les sommes nécessaires sont déjà beaucoup trop importantes.

Faux. L'argent existe, c'est juste qu'il n'est pas utilisé correctement. 

ENVIRONNEMENT

02/11/2021 03:31 CET | Actualisé 02/11/2021 15:04 CET

COP26: la Gambie, médaillée d'or des engagements climatiques.

 

A l'heure de la COP26, zoom sur ce petit pays qui rejette peu de CO2 mais qui voit grand pour le climat. Encore faut-il que la Gambie puisse financer ses ambitions.

Par Pauline Brault

La Gambie, petit pays de l'ouest africain, a de grandes ambitions en matière de politiques climatiques....

SOPA IMAGES VIA GETTY IMAGES

La Gambie, petit pays de l'ouest africain, a de grandes ambitions en matière de politiques climatiques. (Photo au Kenya prise par James Wakibia/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)

COP26 -  L’Allemagne prépare sa sortie du nucléaire pour 2022. La France entend décarboner son économie d’ici 2030. La Chine s’engage à atteindre la neutralité carbone en 2060. Alors que la COP26 s’est ouverte lundi 1er novembre, les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète nous noient de promesses, encore loin d’être tenues. Pourtant, il y a un discret pays situé à la pointe ouest de l’Afrique qui a su tirer son épingle du jeu. La Gambie est en effet le seul État dans les clous de l’Accord de Paris sur le climat, a révélé en septembre un rapport du Climate Action Tracker. 

Plus précisément, c’est le seul, parmi les 36 pays analysés par cet organisme, à avoir mis en route des politiques climatiques suffisantes pour baisser drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre. Le seul aussi, à ne pas dépasser le cap de la barre “des +2 voire +1,5 degrés” d’ici la fin du siècle. C’est l’orientation demandée aux 197 États signataires de l’Accord de Paris sur le climat, lors de la COP21 de 2015. 

Les pays présents à la COP21, souvent citée en exemple, ont retroussé leur manche en 2015. Ils se sont attelés à écrire noir sur blanc des promesses pour 2030, date à laquelle les émissions globales doivent avoir été réduites de 50 %. Ces promesses ont un nom : les Contributions déterminées au niveau national (CDN). Sans surprise, la plupart des États ne les ont pas respectées

La Gambie médaillée d’or des promesses climatiques

C’est pourquoi Climate Action Tracker a décidé d’évaluer le niveau des promesses non tenues. Deux organismes à but non lucratif, le Climate Analytics et le NewClimate Institute, ont analysé les réels engagements de ces 36 États, parmi les plus gros émetteurs, pour établir un classement. 

La médaille d’or des politiques climatiques “suffisantes” revient donc à la Gambie. Sur le podium, on trouve aussi d’autres pays africains comme le Maroc ou le Nigéria dont les mesures sont jugées “presque suffisantes”. Un seul pays d’Europe rejoint ce groupe de bons élèves: la Grande-Bretagne. Quant à l’Union européenne, son engagement est noté “largement insuffisant”. Les bons derniers sont l’Iran, la Russie ou encore l’Arabie Saoudite.

Ce classement récompense la Gambie pour ses efforts. Depuis l’Accord de Paris, le plus petit pays de l’Afrique continentale n’a pas chômé: le gouvernement a lancé en 2018 un plan de restauration de 10.000 hectares de forêts, de mangroves et de savane. Un projet solaire à grande échelle est aussi prévu pour 2024: des systèmes tournant à l’énergie solaire dans 1100 écoles publiques et établissements de santé vont être déployés. 

Un pays mis sous le joug des sécheresses

La Gambie est donc sacrément motivée pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Pourtant, le pays n’en émet pratiquement pas. L’Afrique de l’Ouest, qui abrite 5% de la population mondiale, rejette seulement 1,8% des GES de la planète. Peu d’émissions et beaucoup de propositions pour les juguler : c’est très paradoxal.

Soit la Gambie veut être un héros du climat -ce qui ne lui rapporterait pas beaucoup d’argent- soit le pays s’inquiète pour son avenir. La deuxième proposition est, bien sûr, la bonne réponse. Des mesures drastiques se sont imposées à la Gambie qui est déjà touchée par les conséquences du changement climatique. 

Il y a une dizaine d’années, la Gambie a connu un épisode de sécheresse dévastateur. Les ménages ont souffert de mauvaises récoltes, de pertes de bétail, et de prix élevés des denrées alimentaires. “Plus d’un million de nos 1,7 million d’habitants ont eu besoin d’aide. Aucun ménage n’a été épargné”,indiqueLamin B. Dibba, ministre de l’Environnement de la Gambie sur le site de l’institut international de l’environnement. La Gambie - et l’Afrique de l’Ouest dans son ensemble - est l’une des régions du monde les plus vulnérables au changement climatique. 

Des objectifs qui dépendent de l’aide internationale 

Or, ces pays “pauvres” ne peuvent pas répondre seuls aux conséquences du changement climatique. S’ils sont déterminés face aux enjeux, le manque de ressources financières est une barrière majeure à l’application de ces mesures. 

Pour faire simple: les pays africains, comme la Gambie, ont deux types d’objectifs. D’une part, les “conditionnels”, ce sont des objectifs souvent très ambitieux mais qui ne verront le jour que si les pays riches leur donnent des sous. D’autre part, les “inconditionnels” qui sont toutes les mesures prises pour le climat sans aide internationale.

Forcément, “les objectifs conditionnels sont plus ambitieux que les inconditionnels, car les pays disent ‘on fera plus si on a des financements internationaux’”, explique au HuffPost Sandrine Mathy, directrice de recherche au CNRS en économie de l’environnement et de l’énergie. 

Les pays du Sud attendent l’argent de ceux du Nord 

L’aide internationale se fait pour l’instant attendre. Lors des précédentes COP, les pays du Nord avaient promis 100 milliards d’euros à ceux du Sud. Or, “il manque 20 milliards aux 100 milliards promis lors de l’Accord de Paris”, relève Sandrine Mathy. 

Mais même si la promesse des 100 milliards était tenue, l’aide resterait insuffisante. Pour s’adapter au changement climatique, 140 à 300 milliards par an sont nécessaires à ces pays, a évalué en 2016 le Programme des Nations unies pour l’environnement. Lors de la COP26, les oreilles seront attentives aux annonces des pays du Nord pour soutenir financièrement ceux du Sud. 

La forêt cathédrale

Par Le 03/11/2021

 

: "l’idée d’une forêt-cathédrale incite de nouveau les humains à adopter une attitude religieuse vis-à-vis de la nature. Elle fait jouer l’idée de la forêt comme un sanctuaire, c’est-à-dire un lieu inviolable, qu’il faudrait traiter avec déférence, vénération même."

C'est l'usage du mot "cathédrale" qui renvoie à l'idée de religion mais ce que l'expression suppose m'enchante absolument. Il est clair que le poids de la religion est inutile. Il suffirait d'associer ce comportement à une attitude spirituelle pour que les choses soient justes. Car il s'agit bien désormais de s'engager dans une voie de spiritualité au regard de l'impact humain. C'est même la seule solution. C'est là que se trouve la puissance nécessaire pour agir. 

" La religion est pour ceux qui ont peur d'aller en enfer, la spiritualité pour ceux qui y sont allés. "

- Proverbe Sioux -

 

"Dans la perspective de Marx, pour sauver la forêt, il est inutile d’essayer d’en faire un nouveau dieu ; il faut se pencher sur les conditions matérielles de la déforestation, là où sont les intérêts économiques de ceux qui l’organisent et des industries qui en jouissent."

Le concept de Dieu n'a jamais rapproché les humains dans leur entièreté parce que LES religions ont servi les dissenssions. Elles ont surtout servi la soif de puissnace et de pouvoir. Du pouvoir sur les esprits et la puissance qui en émane. 

Il ne faut pas déifier la forêt car cela aboutirait encore aux mêmes oppositions. 

"Mon Dieu est meilleur que le tien et donc nos forêts nous appartiennent car elles appartiennent à notre Dieu."

On n'en sortira jamais de cette façon. C'est à chacun de se relier à la forêt, à la nature, à la création et il n'est nul besoin d'associer ce cheminement de cœur à une idéologie religieuse. Le cœur et non le mental. La religion est un cheminement mentalisé dès lors qu'il s'appuie sur des textes écrits par des hommes.

 

"Sauver les forêts, oui – mais sans les idéaliser ?"

Je ne sais pas si on peut se passer, désormais, de l'idéalisation.

N'a-t-on pas trop attendu pour pouvoir se passer d'une forme de sacralisation ? Nos sociétés modernes ont sacralisé le business, la quête de l'avoir, la puissance matérielle et cela jusqu'à puiser inconsidérément dans les ressources de la planète. Est-il possible de freiner cette dévastation de façon cartésienne, dans une logique matérialiste ou devons-nous entrer désormais dans une démarche spirituelle, une forme de dévotion similaire à celle des peuples premiers. Il ne s'agirait pas pour autant de basculer dans le panthéisme puisque cela reviendrait à exacerber les égos et à alimenter les anciens fonctionnements. Le panthéisme est une référence à un Dieu. Qu'il s'agisse de la nature, "Deus sive natura" disait Spinoza, ne change pas le fait que cela reste une référence déique.

Il n'est pas nécessaire de se mettre à genoux au pied d'un arbre et de prier. Il s'agit de le protéger et de l'aimer en tant que forme vivante, indispensable à la survie de Tout. Et de nous. Rien de plus. 

 

Il m'arrive parfois d'imaginer une "intelligence créatrice" devant la complexité du vivant. Je ne l'associe jamais pour autant à une quelconque religion. J'ai lu suffisamment d'ouvrages pour avoir conscience des dérives, souvent épouvantables, que les humains ont perpétré au nom de leur religion. 

"Considérons l'importance du retour du spirituel dans nos sociétés : il faut remarquer qu'il n'est plus rattaché nécessairement à des églises, à des croyances religieuses. Il s'est laïcisé. En ce sens, on parle d'une différence entre religion et spiritualité. Pour bien des gens, la religion est identifiée à un ensemble de normes, d'obligations morales et à une appartenance à des institutions ecclésiales, plutôt qu'à une vie spirituelle plus personnelle et incarnée. Aujourd'hui on cherche une spiritualité plus respectueuse du corps et qui valorise les réalités matérielles. On se distancie d'une religion à tendance dualiste et manichéenne ; celle-ci présentait la matière et la sexualité comme mauvaises, et prêchait une moralité stérile et qui générait des sentiments de culpabilités maladives, comme la psychanalyse l'a mis en évidence. Une religion qui n'est pas en mesure de favoriser une spiritualité, c'est à dire une rencontre existentielle, n'est qu'idolâtrie ou même une idéologie."

Voir lien : Spiritualité laïque

 

 

 

La déforestation sur les pentes du mont Rainier, dans l’État de Washington (États-Unis). © Maksim Shutov/Unsplash

L’arbre qui cache la forêt

La nature, nouvel opium du peuple ?

 

Nicolas Gastineau publié le 02 novembre 2021 4 min

« Ces formidables écosystèmes fourmillants – ces cathédrales de la nature – sont les poumons de notre planète. » Voici un extrait des propos que doit tenir Boris Johnson à la tribune de la COP26, qui se déroule actuellement à Glasgow. Si le Premier ministre britannique fait preuve d’un tel lyrisme, c’est qu’est prévue la signature par plus de cent pays (parmi lesquels la Chine, le Brésil et les États-Unis) d’un engagement à enrayer la déforestation à l’horizon 2030.

Que signifie au juste ce recours à la métaphore religieuse ? Pourquoi avoir besoin de faire de la forêt « une cathédrale » pour encourager à sa protection ? Explications (critiques) avec Karl Marx.

Boris Johnson renoue avec une vieille analogie qui a eu beaucoup de succès dans la poésie romantique au XIXe siècle, celle des forêts comme « premiers temples de la Divinité » chez Chateaubriand, ou si l’on préfère le dire avec Baudelaire, comme d’« un temple » avec ses « vivants piliers ». Le Premier ministre britannique se joint indirectement à cette tradition en pleine COP26 : l’idée d’une forêt-cathédrale incite de nouveau les humains à adopter une attitude religieuse vis-à-vis de la nature. Elle fait jouer l’idée de la forêt comme un sanctuaire, c’est-à-dire un lieu inviolable, qu’il faudrait traiter avec déférence, vénération même. Autrement dit, Boris Johnson entend ici traiter le problème matériel de la déforestation, qui engage des intérêts économiques, par le passage au plan spirituel, en colorant les arbres et la forêt d’une aura de sacré.

Passer par le Ciel pour rendre raison de la terre, c’est bien le reproche que fait Karl Marx à la tradition idéaliste qui l’a précédé. Dans L’Idéologie allemande (1845), il n’a pas de mots assez durs pour les « sornettes idéalistes » de ses prédécesseurs, qui veulent lire l’histoire comme la marche d’une idée ou d’un esprit. « À l’encontre de la philosophie allemande qui descend du ciel sur la terre, c’est de la terre au ciel que l’on monte ici. » Pour Marx, c’est le monde matériel dans lequel l’individu est immanquablement immergé qui le détermine et forme ses pensées. Aussi, ce plan supérieur des idées, ce « ciel » dont la religion est la plus populaire expression, n’est pas un espace autonome ou privilégié, il n’est que le jouet et le reflet des conditions matérielles d’ici-bas : « On ne part pas de ce que les hommes disent, s’imaginent, se représentent, ni non plus de ce qu’ils sont dans les paroles, la pensée, l’imagination et la représentation d’autrui, pour aboutir ensuite aux hommes en chair et en os; non, on part des hommes dans leur activité réelle ». Bref, dans la perspective de Marx, pour sauver la forêt, il est inutile d’essayer d’en faire un nouveau dieu ; il faut se pencher sur les conditions matérielles de la déforestation, là où sont les intérêts économiques de ceux qui l’organisent et des industries qui en jouissent.

D’ailleurs, ce recours au religieux n’est selon lui pas qu’une simple erreur ; plutôt une grave tromperie. Dans la célèbre introduction qu’il écrit pour sa Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel (1843), il estime que « la religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’une époque sans esprit. C’est l’opium du peuple ». Autrement dit, la religion est une illusion opportunément entretenue pour dissimuler les causes matérielles, économiques et non naturelles, de la misère du peuple. Ce nuage de fumée, qui dissimule les souffrances derrière des « cancans littéraires », doit être dissipé pour que les souffrances cessent d’être justifiées et apparaissent dans leur insupportable cruauté. « Le véritable bonheur du peuple exige que la religion soit supprimée en tant que bonheur illusoire du peuple. Exiger qu’il soit renoncé aux illusions concernant notre propre situation, c’est exiger qu’il soit renoncé à une situation qui a besoin d’illusions. »

Dans le cas des forêts, discourir de la forêt-cathédrale, c’est produire de l’illusion à l’endroit d’une nature fantasmée, faute de mettre en œuvre les moyens matériels de la sauver. Pour l’anecdote, Marx écrit d’ailleurs, afin de tourner en ridicule des philosophes romantiques de son époque qui voyaient l’âme allemande dans les forêts : « Le proverbe ne dit-il pas : la forêt ne renvoie jamais en écho que ce qu’on lui a crié ? » 

Sauver les forêts, oui – mais sans les idéaliser ?

L'humusation

Par Le 03/11/2021

C'est une idée qui semble totalement irrecevable ici et c'est pourtant celle qui est partiquée depuis des millénaires un peu partout sur la planète.

Quand on a conscience de l'impact des enterrements ou des créations, on ne peut qu'opter pour ce retour à la terre.

C'est clair qu'il faudra une sacrée rupture dans les traditions pour y parvenir. En France, pour l'instant, il n'en est pas question...

 

C’est quoi l’Humusation ?

 

Une idée novatrice qui a besoin de votre soutien.

 

Lorsque nous mourons, nous n’avons généralement, que deux options pour notre corps: l’enterrement et l’incinération.

Or, l’une et l’autre sont très polluantes et cassent, irrémédiablement, le cercle vertueux de la Vie sur terre

Mais il existe une troisième solution, que nous appelons l’Humusation:

il s’agit d’un processus contrôlé de transformation des corps par les humuseurs (micro-organismes présents uniquement dans les premiers cm du sol) dans un compost composé de broyats de bois d’élagage, qui transforme, en 12 mois, les dépouilles mortelles en Humus sain et fertile.

La transformation se fera hors sol, le corps étant déposé dans un compost et recouvert d’une couche de matières végétales broyées que les Humusateurs ajusteront pour en faire une sorte de « monument vivant ».

En une année, l’humusation du défunt, réalisée sur un terrain réservé et sécurisé qui aura pour nom “Jardin-Forêt de la Métamorphose”, produira +/- 1,5 m³ de “super-compost”.

Suivez ce lien pour comprendre comment cela se déroulera en détail.

 

Pourquoi choisir l’Humusation ?

 

L’Humusation, contrairement à l’enterrement ne nécessite:

pas de cercueil

pas de frais de concession dans un cimetière pendant 5, 10, ou 25 ans

pas de frais de pierre tombale, ni de caveau

pas de frais d’embaumement, ni l’ajout de produits chimiques nocifs

pas de charge d’entretien régulier de la tombe pour les proches

pas d’exhumations par les fossoyeurs, pour faire de la place dans les cimetières, quand les tombes sont laissées à l’abandon…

et ne provoque pas de pollution des terres et des nappes phréatiques par la cadavérine, la putrescine, les résidus de médicaments, les pesticides, les conservateurs, les perturbateurs endocriniens,….

L’Humusation, contrairement à l’incinération ne génère:

pas de rejets toxiques dans l’atmosphère, ni dans les égouts

pas de consommation déraisonnée d’énergie fossile (+/- 200 l d’équivalent mazout/personne)

pas de location de columbarium

pas de détérioration des couches superficielles du sol lors la dispersion des cendres

Au contraire, l’Humusation crée un humus riche, utilisable pour régénérer les terres.

Un processus de remise à la terre doux, respectueux de la personne et durable.

Pour en savoir plus, parcourez le BLOG.

 

 

 

Tourisme spatial

Par Le 02/11/2021

Je trouve que là, on touche le fond. Des milliards d'humains survivent comme ils peuvent, la planète est considérablement impactée par l'activité humaine et il y a donc ces milliardaires qui s'envoient en l'air et qui ont l'affront de dire à leur retour que la Terre est belle vue depuis l'espace. 

Les voyages spatiaux : un tourisme ultra-polluant et indécent au profit des plus riches

 

« En 10 minutes, commente Lucas Chancel, Bezos et ses trois clients vont émettre chacun 75 tonnes de CO2. 10 minutes. Sur terre, il y a un milliard de personnes qui n’atteignent pas ces niveaux d’émissions sur une vie entière. »

22 septembre 2021 - Augustin Langlade

FacebookTwitter

Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

 

Commander

Virgin Galactic, Blue Origin, SpaceX, l’émergence du tourisme spatial a marqué par trois fois l’actualité récente. Derrière la soi-disant démocratisation du voyage spatial et les levées de fonds caritatifs, se trouve surtout un tourisme spatial ayant un coût environnemental exorbitant au profit des plus riches. Décryptage.

Des voyages spatiaux pour riches

Le 11 juillet 2021, le vaisseau VSS Unity s’élance de sa base du Nouveau-Mexique, aux États-Unis. À son bord, deux pilotes et quatre passagers civils, dont le milliardaire Richard Branson, fondateur de la compagnie Virgin Galactic, qui a construit l’avion.

Une heure après le décollage, le VSS Unity dépasse 80 km d’altitude. On coupe le moteur. Libérés de leur ceinture, les passagers flottent quelques minutes en apesanteur et admirent la courbure de la Terre.

Richard Branson décrit alors une « expérience unique dans une vie ». Avec son modèle SpaceShipTwo, il est le premier milliardaire à parcourir l’espace dans un engin conçu par sa propre entreprise, dont les vols commerciaux commenceront en 2022.  

Le 20 juillet, Jeff Bezos et trois autres passagers s’envolent à leur tour du désert texan à bord du premier vol habité de l’entreprise spatiale Blue Origin, fondée en 2000 par le patron d’Amazon. Revenu au sol, l’homme le plus riche du monde s’étonne de la « fragilité » de la Terre, puis remercie « chaque employé et chaque consommateur d’Amazon » pour leur contribution indirecte à son vol. Blue Origin en promet « beaucoup d’autres » dès 2022.  

Jeff Bezos, fondateur et PDG de Blue Origin et Amazon, prend la parole lors d’un événement au Space Launch Complex 36 en Floride pour annoncer le 15 septembre 2015 que Blue Origin construira des fusées touristiques. A ses côtés : Rick Scott, gouverneur de Floride. – Crédit photo : NASA/Kim Shiflett

Le 16 septembre, un troisième vaisseau décolle de Floride. Celui-ci appartient à SpaceX, la célèbre entreprise d’Elon Musk. Baptisée « Inspiration4 », cette mission transporte quatre touristes spatiaux américains, sans équipage professionnel, à une orbite de plus de 575 km. 

Avant leur amerrissage, les touristes profitent de trois journées de vacances dans l’espace. À 28 000 km/h, ils font chaque jour plus de 15 fois le tour de la Terre.

« Bienvenue dans la deuxième ère spatiale », déclare à leur retour le responsable de la mission.   

Un marché d’un genre nouveau vient de naître.

Lire aussi : « Pour constater que l’intelligence artificielle est très dangereuse, il suffit de regarder dans le passé »

Encore inimaginable il y a quelques décennies, le tourisme spatial connaît un essor considérable, avantagé par l’évolution des moyens techniques et la libéralisation du secteur. SpaceX, Blue Origin, Virgin Galactic, ces trois géants industriels cachent en effet une forêt de plus petites entreprises privées, qui rêvent d’envoyer de riches êtres humains dans l’espace, sur la Lune ou sur Mars, d’y établir des hôtels, voire de véritables colonies.

Des manèges de luxe au coût environnemental indécent

Vols orbitaux et suborbitaux, séjours, tours de la Lune, réalisation de films dans l’espace, ce marché nourrit les projets les plus fous. Bon nombre d’États et d’acteurs privés espèrent d’ailleurs que la « démocratisation » du cosmos favorisera la recherche, ainsi que la conquête (autrement plus difficile) des ressources spatiales.

« Nous vivons une situation analogue à celle du début du tourisme », expliquait au Monde François Graner, directeur de recherche au CNRS, en juin dernier.

Pollution de sites naturels, perte de biodiversité, urbanisation, explosion des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dues au transport : en moins de cent ans, la massification du tourisme a eu des conséquences dramatiques sur la planète. Quelles seront celles, bien terrestres, du tourisme spatial ? 

Lire aussi : « 5G : Amazon va envoyer 3 236 satellites en orbite »

Dans un article publié en septembre 2020 par The Conversation (récemment mis à jour), trois physiciens ont tenté d’évaluer le coût que cette industrie touristique encore réservée aux ultra-riches fait peser sur l’environnement.

Toutes les missions, expliquent les chercheurs, n’émettent pas la même quantité de CO2. Plus le trajet du vaisseau est complexe et éloigné de la terre, plus la facture écologique est lourde. 

Au premier échelon : les vols dits « paraboliques », déjà très pratiqués. Un avion effectue une succession de paraboles faisant ressentir aux passagers (en échange de 6 000 euros) une certaine apesanteur. Ce « manège de luxe » pollue autant qu’un vol Paris-Varsovie.

Avec les vols suborbitaux comme ceux que proposent Virgin Galactic et Blue Origin, les tarifs explosent (plusieurs centaines de milliers de dollars par personne), tout comme le coût des machines et des installations nécessaires pour les lancer.

Dans ce cas de figure, chaque passager « dépense » en moyenne 4,5 tonnes de CO2 au cours d’un seul vol, soit près de la moitié des émissions annuelles d’un Français.

Elles sont estimées à 11,2 tonnes, toutes activités confondues — nourriture, transport, logement, etc. Pour rappel, l’empreinte carbone moyenne des Français doit baisser d’environ 80% d’ici 2050 pour parvenir aux 2 tonnes de CO2 par an compatibles avec l’Accord de Paris.

Ce n’est pas tout. Un vaisseau comme le VSS Unity, à propulsion hybride, recrache également 0,6 tonne de suies dans la stratosphère. À une telle altitude, entre 30 et 50 km du sol, ces puissants polluants demeurent en suspension pendant une dizaine d’années, contribuant au réchauffement global de la planète.

Dernier échelon (provisoire), les trajets orbitaux ou vers l’ISS. Selon les scientifiques, chaque « vol complet » d’une fusée Falcon 9, celle sur laquelle ont embarqué les quatre touristes de SpaceX, émet environ « 1 150 tonnes de CO2 », soit « 638 ans d’émission d’une voiture moyenne parcourant 15 000 km par an ».

Le passager d’un vol orbital produit donc 65 fois plus de carbone que celui d’un vol suborbital, et 26 fois ce que génère aujourd’hui un Français moyen au cours d’une année. 

L’amerrissage de la capsule retour des civils – Crédit : Official SpaceX Photos

Les conséquences environnementales des pollutions indirectes

À ces émissions directes d’équivalent carbone, il faut ajouter toutes les pollutions indirectes qu’induisent la fabrication et le lancement des fusées.

Afin de construire les usines d’où sortiront les pièces, les bases et les pas de tir, d’immenses espaces naturels sont bétonnés : le seul Spaceport America de Virgin Galactic, au Nouveau-Mexique, couvre 73 km2, soit plus de deux fois la superficie de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. 

« L’extraction, [le] transport et [la] transformation de matériaux de haute qualité, l’acier ou l’aluminium par exemple, nécessaires pour fabriquer la masse totale des fusées » doivent aussi être pris en compte, tout comme les émissions liées à la « fabrication en amont du carburant ».

Lucas Chancel, codirecteur du laboratoire sur les inégalités mondiales à l’École d’économie de Paris, a « dimensionné » le bilan carbone global des vols opérés par la société Blue Origin de Jeff Bezos.

Selon l’économiste, chaque passager aurait généré 429 tonnes de CO2, « dont 71 tonnes en émissions directes (liées au lancement lui-même) et 358 en émissions indirectes », l’essentiel de celles-ci émanant de « l’énorme logistique » indispensable au moindre décollage.

« En 10 minutes, commente Lucas Chancel, Bezos et ses trois clients vont émettre chacun 75 tonnes de CO2. 10 minutes. Sur terre, il y a un milliard de personnes qui n’atteignent pas ces niveaux d’émissions sur une vie entière. »

Toutes ces pollutions pour… un ping-pong spatial – Crédit : Blue Origin

La « démocratisation » attendue du tourisme spatial, c’est-à-dire l’ouverture de l’espace aux très riches, s’accompagnera de pollutions massives sur l’ensemble de la planète, en particulier dans la stratosphère, où l’air se recycle moins rapidement qu’ailleurs.

Lire aussi : « Les astronomes lancent l’alerte sur les dangers des mégaconstellations de satellites »

Or, Christophe Bonnal, expert au sein du Centre national d’études spatiales (CNES), confie à Libération que « 50 000 personnes seraient d’ores et déjà prêtes à dépenser 200 000 dollars pour une excursion spatiale ».

Des analystes de la banque d’investissement UBS estiment quant à eux que d’ici la prochaine décennie, le marché du tourisme orbital ou suborbital devrait atteindre « 3 milliards de dollars par an, avec une croissance à deux chiffres ». 

Entre 1990 et 2015, les 1 % les plus riches ont été responsables de deux fois plus d’émissions que la moitié la plus pauvre de l’humanité. En projetant de faire le tour de la Lune dans deux ans à bord d’une fusée SpaceX, le milliardaire japonais Yusaku Maezawa, magnat de la mode, montre que cet écart terrible n’est pas prêt d’être comblé.

Crédit photo couv : Official SpaceX Photos

22 septembre 2021 - Augustin Langlade

FacebookTwitter

 

"Sécheresse en Europe" ARTE

Par Le 01/11/2021

L'agriculture intensive, les subventions de l'UE, les lobby agro-industriels.

L'agriculture conventionnelle accroît les effets de la sécheresse.

L'agriculture bio permet aux sols de résister. 

On est arrivé ici au mois de mars. On a paillé, couvert de broyat et de BRF, on n'utilise aucune machine, on ne tasse pas le sol, on ne le retourne pas. On fait un petit trou, on plante et on repaille. 

Aujourd'hui, le sol grouille de vers de terre et de myriades d'insectes. Tous participent à la biodiversité.

Plusieurs voisins sont venus discuter avec nous, surpris par cette méthode. Impressionnés par le rendement du terrain en aussi peu de temps.

Nos récoltes sont déjà suffisantes pour nous nourrir.

C'est une petite surface. Le potager couvre à peu près 250 m² pour l'instant. Rien n'empêcherait d'étendre cela à des hectares entiers. 

Ces derniers jours, nous avons planté à peu près quarante arbres et arbustes. Le jardin-forêt prend forme. De multiples espèces différentes de pommiers, poiriers, mirabelliers, abricotiers, cerisiers, argousiers, amélanchiers, oliviers de Bohème, baie de goji, goumi du Japon, févier d'Amérique, kiwaï, kiwis, vignes, groseilles, groseilles à maquereaux, cassis, framboises, pruniers, caraganier, chalef d'automne, feijoa...On installe des "corridors" entre les plants, des lieux réservés aux légumes, tout ce qui pousse ici se mélange. Pas de rang, pas de places attribuées, séparées, isolées. Tout est relié. On a semé de "l'engrais vert" aux pieds des arbres, sur le maximum de surface. Cet engrais vert couvrira le sol le moment venu. Le sol n'est jamais, jamais mis à nu...La terre n'est jamais retournée au-delà du trou qui accueille le plan. On désherbe le tour de l'arbre pour que l'eau s'infiltre, sinon les graminés en absorbent une trop grande quantité. Toutes les adventices sont laissées sur place, racines à l'air. Elle se décomposent et nourrissent le sol. Des bacs à compost  pour la formation du terreau et une partie des épluchures et "déchets verts" sont étalés directement sur le terrain. Plusieurs zones sont dédiées à l'accumulation de bois morts et de ronces pour que les insectes y trouvent des abris. Il ne s'agit pas d'adapter le terrain mais de nous adapter au lieu en y plantant ce qui nous importe. L'objectif est de rester au plus près de la nature et de son extraordinaire équilibre.

Maintenant, c'est évident que le travail humain, et non mécanisé, demanderait des changements de comportements très importants. 

Des tas d'expériences sur des surfaces de grande taille ont montré que tout cela est possible. 

La sécheresse réclame ces changements. Il n'y a pas d'autre solution.

 

"Les forêts précèdent les peuples; les déserts les suivent"

Apocryphe attribué à Chateaubriand.

 

 

 

Quel niveau de sobriété faut-il viser?

Par Le 31/10/2021

 

Le concept de "sobriété" ne date pas d'hier mais cette étude est la plus récente que je connaisse (merci à Bernard pour me l'avoir envoyée :) 

 

La conclusion de l'étude ne laisse guère d'illusions sur la suite.


Rien ne se fera volontairement tant que la situation ne sera pas devenue dramatique mais lorsqu'elle sera devenue dramatique, il sera bien trop tard car les changements climatiques ne se résolveront pas en quelques années. Les vingt prochaines années vont déterminer les cent prochaines, au bas mot...

 

 

 

 

Énergie et environnement

Comprendre les enjeux énergétiques et leur impact sur notre monde

Mes positions

Engagez-moi!

Contact

Énergie et environnement

Quel niveau de sobriété faut-il viser?

Les discussions sur la transition énergétique se terminent souvent sur le constat que la sobriété est importante. L’ennui, c’est que ce concept n’est pas défini. Quel serait un mode de vie compatible avec les limites planétaires? Faut-il retourner à civilisation purement agraire? Ou à l’âge de pierre? Une étude publiée en 2020 s’est intéressée à la question de l’énergie nécessaire au maintien d’un mode de vie « décent ». Leur conclusion : il est aujourd’hui possible d’avoir des frigos et des téléphones tout en consommant moins d’énergie que des paysans du XIXe siècle.

L’étude, dirigée par Joel Millward-Hopkins de l’Université de Leeds, s’intéresse d’abord aux niveaux historiques de consommation énergétique. Les chasseurs-cueilleurs de la fin du Paléolithique consommaient environ 5 GJ d’énergie par année par personne sous forme d’aliments et de bois pour le chauffage et la cuisson des aliments. En 1850, ce niveau de consommation atteignait environ 20 GJ. De nos jours, il est de 80 GJ en moyenne, mais avec d’importantes disparités entre pays : il se situe à 5 GJ à peine dans certains pays et dépasse 200 GJ dans les pays les plus riches. Un gigajoule équivaut à environ 278 kWh et 80 GJ valent 22 222 kWh.

Enjeux de modélisation

Il existe deux approches de modélisation pour déterminer l’énergie nécessaire pour répondre aux besoins humains de base. La première est une approche descendante, où l’on utilise les données existantes pour faire un rapprochement entre la consommation d’énergie et les résultats en termes de qualité ou d’espérance de vie. Une étude antérieure, par exemple, a montré que les pays qui atteignent un indice de développement humain jugé raisonnable de 0,8 consomment entre 30 et 100 GJ d’énergie par personne et par année.

La limite de l’approche descendante, c’est qu’elle ne mesure que les systèmes existants et présume que ceux-ci vont rester semblables à l’avenir. Les approches ascendantes évitent cet écueil en construisant une liste des besoins jugés essentiels et en mesurant les ressources nécessaires pour les fournir aux populations concernées. Les travaux de Millward-Hopkins appartiennent à cette catégorie, qui a elle aussi une longue histoire. Une étude de 1985 concluait qu’on pouvait couvrir les besoins humains de base pour environ 30 GJ par personne par année. Plus près de nous, une étude de 2019 concluait que les besoins en Inde, au Brésil et en Afrique du Sud étaient de l’ordre de 12 à 24 GJ.

L’équipe de Millward-Hopkins a aussi fait un autre choix important, celui de compter en termes d’énergie finale (ou énergie nette) plutôt qu’en termes d’énergie primaire. La conversion de l’énergie primaire en énergie finale, par exemple l’utilisation du charbon pour produire de l’électricité, entraîne des pertes considérables. Ceci fait en sorte que les systèmes énergétiques à base fossile semblent offrir plus d’énergie que ceux à base renouvelable, alors que l’énergie réellement rendue disponible aux citoyens est équivalente. Le choix de l’énergie finale comme unité de mesure donne donc une base de comparaison équitable entre les deux systèmes.

Les résultats

La manière dont le mode de vie « décent » a été défini serait trop longue à résumer ici. Le niveau de vie retenu dans le scénario de base est beaucoup plus explicite et est décrit comme suit :

Nutrition : Une diète de 2000 à 2150 calories par jour, plus un frigo comportant un congélateur, plus un appareil de cuisson. Produire tout ceci représente environ 3 GJ par année (on ne compte pas la valeur énergétique des aliments eux-mêmes), dont 0,5 GJ seulement vont au frigo et à la cuisson.

Habitation : Ménages de quatre personnes en moyenne, apportant 15 m² par personne. Cet espace est maintenu à environ 20 degrés pendant toute l’année. Fournir cet espace représente de 2 à 4 GJ par année et le « confort thermique » coûte de 0,02 à 0,06 GJ/m² en moyenne, selon le climat. L’éclairage coûte 0,014 GJ par mètre carré.

Hygiène : Le modèle compte 50 litres par personne par jour, dont 20 litres d’eau chaude. Les besoins en énergie se situent entre 0,0001 et 0,0002 GJ par litre. Il existe aussi un système de collecte des ordures, au coût de 0,0180 GJ par personne. Au total, environ 1,5 GJ par année.

Vêtements : On compte 4 kilos de vêtements neufs par année (à environ 0,1 GJ par kilo) et 80 kilos de lessive, pour environ 0,002 GJ par kilo. On compte aussi des écoles et des hôpitaux, dont le coût au mètre carré est important, mais partagé entre de nombreux utilisateurs. Au total, environ 1,5 GJ par année.

Communication et information : On compte un téléphone par personne âgée de dix ans et plus, pour environ 0,1 GJ. On compte aussi un ordinateur portable par ménage, au coût de fabrication de 3 GJ chacun (amorti sur de nombreuses années), plus 0,2 GJ par année pour l’utilisation. Enfin, le coût des réseaux est estimé à 0,4 GJ par année par personne. Au total, environ 1,5 GJ par année.

Mobilité : On mise sur des déplacements motorisés de l’ordre de 5 000 à 15 000 km par année (tous modes de transport confondus). La production des véhicules coûte de 0,0001 à 0,0003 GJ par kilomètre parcouru, un peu moins pour leur alimentation. L’entretien des infrastructures revient aussi à 0,0001 à 0,0003 GJ par kilomètre. Au total, la mobilité représente environ 3 GJ par année.

Sobriété par pays

Au total, la consommation énergétique se situe entre 13 et 18,3 GJ par année dans les 119 pays étudiés, pour une moyenne de 15,3 GJ par année seulement – moins que les 20 GJ consommés en 1850 dans des systèmes à l’efficacité énergétique très médiocres. Trois cas de figure sont donnés en exemple. D’abord le Rwanda, à 13 GJ, où les besoins en mobilité et en chauffage et climatisation sont faibles. Ensuite, l’Uruguay, à 16 GJ, où les besoins de mobilité sont élevés, mais le besoin de confort thermique est moyen. Et enfin le Kirghizstan, à 18,3 GJ, où les besoins de mobilité et de confort sont élevés.

Ces besoins énergétiques sont calculés en fonction de la meilleure technologie actuellement disponible et ne requièrent aucune percée technologique majeure. Cette hypothèse surestime quelque peu l’efficacité énergétique moyenne des systèmes actuellement en place et suppose donc un effort actif de transition. Au total, les besoins énergétiques de l’humanité sont de l’ordre de 149 exajoules, ce qui est de 60 % inférieur à sa consommation actuelle et 75 % en deçà des objectifs fixés par l’Agence internationale de l’énergie pour 2050.

Les chercheurs ont évalué quelques scénarios alternatifs. Un scénario de demande élevée, où la réduction des besoins n’est pas aussi efficace que prévu, débouche sur une consommation annuelle de 24 GJ par année. Dans un scénario où la meilleure technologie n’est pas mise en place partout, la consommation atteint 26 GJ. Et enfin, dans un scénario combinant forte demande et technologie moins avancée, la consommation atteint 40 GJ. Ceci représente 400 exajoules d’énergie au total en 2050 – ce qui correspond au scénario de développement durable de l’Agence internationale de l’énergie.

Conclusions
Les chercheurs admettent que leurs travaux évitent la question la plus compliquée : comment passe-t-on de la situation actuelle à ce système sobre, qui suppose une décroissance importante dans de nombreux pays et la mise en place d’une économie à croissance zéro? Par contre, leurs résultats apportent une réponse au cliché selon lequel les écologistes veulent nous ramener à l’âge de pierre. Si le système proposé n’est pas exubérant, il assure quand même un logement confortable et un téléphone, ainsi que l’éducation et les soins de santé universels. Les chercheurs estiment aussi que cette sobriété pourrait déboucher sur une réduction importante du temps de travail.

Les chercheurs soulignent toutefois que la sobriété proposée, qui repose sur des principes d’égalité et de suffisance, est incompatible avec les propositions courantes de croissance verte, de consumérisme vert et de croissance économique infinie.

Source :

Millward-Hopkins, J., et al. (2020). « Providing decent living with minimum energy: A global scenario. » Global Environmental Change 65 (September): 102168-102168.

 

 

La souveraineté du business

Par Le 31/10/2021

 

La France n'a plus aucune souveraineté mais L'UE n'en a pas davantage, ni même les USA, ni même la Chine, ni aucun état parce que la seule souveraineté, c'est celle du business et il n'a aucune frontière.

C'est un meta-système, une imbrication planétaire qui dépasse les gouvernements eux-mêmes, une sorte de mouvement perpétuel qui a sa propre existence désormais, une existence entretenue par les états qui en dépendent eux-mêmes mais dont ils ne contrôlent pas les mouvements malgré l'illusion du pouvoir en lequel ils continuent à croire. Regardons par exemple ce que fait Total en Ouganda avec l'aval du gouvernement.

Qui possède le pouvoir ? Total, IBM, Apple, Exxon, Microsoft, Amazon, les banques, la FED, la BCE...Les financiers, les tenants du business. Et tous ceux-là se contrefichent de la souveraineté ou du pouvoir des gouvernements. Tout s'achète, tout se corrompt, tout se pervertit. Seul le business compte. Le business intervient partout, au-delà des frontières, par-delà les gouvernements qui s'imaginent encore contrôler le processus alors qu'ils sont eux-mêmes assujettis. Tous vassaux et un seul roi : le business. 

Un business mortifère

Par Le 31/10/2021

Nous sommes les participants enthousiastes ou réfractaires d'un business planétaire et nous ne pouvons pas en sortir. Et c'est justement parce que nous n'avons plus la possibilité d'en sortir que ce business planétaire court à sa perte. Par épuisement des ressources, par une dévastation effrénée.

Ça prendra un certain temps mais c'est inéluctable.

Il ne nous reste qu'à nous y préparer et en fait pas grand monde, actuellement, n'a idée de ce que ça signifie. 

L'explication est très simple, je l'ai déjà postée.

Le business. Nous sommes les proies du business et en même temps son moteur. Et c'est en cela que c'est effroyable. Car pour nous sauver, il faudrait que nous nous amputions de nous-mêmes tellement ce business est devenu une partie de nous.

Il n'y a pas de solution. Nous allons donc poursuivre sur cette voie jusqu'à ce que la Nature vienne entraver le convoi.

Le problème, c'est que ce convoi ne supporte aucunement l'entravement. Il ne sait pas ralentir, il sait encore moins s'arrêter. Il a donc décidé d'aller jusqu'au déraillement. Coûte que coûte. Persuadé que le progrès contient en lui-même la résolution aux problèmes qu'il génère.

L'humanité vit hors sol et s'imagine que le convoi taille sa route dans une Nature qu'il domine. Ce fameux "environnement". Comme s'il y avait nous, les humains et puis le reste. Pure folie. Il n'y a qu'une réalité. C'est le Tout. Nous nous en sommes extraits, nourris par la puissance du business, nourris par le progrès.

La Nature n'a pas besoin de nous. Elle est un Tout et elle peut se passer d'une partie. 

 

Pluie au Groenland, chaleur record en Europe... L'ampleur de la crise climatique révélée dans un rapport de l'Organisation météorologique mondiale

 

Le document dévoilé dimanche 31 octobre liste les phénomènes météo extrêmes observés sur la planète en 2021 et pointe le rôle du changement climatique.

Article rédigé par

Marie-Adélaïde Scigacz

France Télévisions

Publié le 31/10/2021 16:00Mis à jour il y a 44 minutes

 Temps de lecture : 4 min.

Une autoroute sous les eaux après des pluies diluviennes, à Erftstadt, dans l'ouest de l'Allemagne, le 17 juillet 2021.&nbsp; (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Une autoroute sous les eaux après des pluies diluviennes, à Erftstadt, dans l'ouest de l'Allemagne, le 17 juillet 2021.  (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Des inondations mortelles en Allemagneen Belgique ou encore en Chine, des incendies dévastateurs en Sibérie, en Turquie ou en Californie, des canicules délirantes au Canada comme dans le sud de l'Europe... L'année 2021 a été riche en événements extrêmes. Ce constat est confirmé par la publication, dimanche 31 octobre, du dernier rapport sur l’état du climat de l’organisation météorologique mondiale (OMM).

Ce rapport de synthèse, réalisé à partir des données récoltées par des organismes scientifiques internationaux, est rendu public alors que s'ouvre la COP26, à Glasgow (Ecosse). Pendant deux semaines, chefs d'Etats et négociateurs doivent s'accorder sur la marche à suivre pour maintenir la hausse des températures sous la barre des 2 °C par rapport à l'ère préindustrielle, niveau au-delà duquel les conséquences seraient "catastrophiques". Voici ce qu'il faut en retenir.

Les sept dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées

L'année n'est pas encore terminée, mais les données épluchées par les experts de l'OMM sont formelles : 2021 figurera au sixième ou septième rang du classement des années les plus chaudes jamais enregistrées. Selon l'organisation, qui émane des Nations unies, les sept dernières années se trouvent en fait toutes dans ce classement.

En début d'année, la planète a pourtant bénéficié de l'effet rafraîchissant du courant marin La Niña, observé dans le Pacifique sud, mais dont les répercussions (à l'instar de son complice El Niño et son pouvoir réchauffant) se font sentir sur les températures moyennes à l'échelle mondiale. Selon l'OMM, la température moyenne du globe a ainsi été entre 0,18 °C et 0,26 °C plus chaude que 2011, la dernière année marquée par "La Niña".

Par rapport au niveau préindustriel, 2021 se situe à +1,09 °C, poursuit l'OMM. Pour rappel, l'accord de Paris a pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre, afin de maintenir la hausse des températures sous la barre des 2 °C, de préférence à + 1,5 °C d'ici 2100.

Le record de chaleur a été battu en Europe

Plusieurs pays et régions du monde ont battu des records de chaleur cette année. En atteignant les 48,8 °C, une station météo de Sicile a ainsi décroché le 11 août le record prévisionnel de chaleur en Europe.

La hausse annuelle du niveau des océans a été multipliée par deux

Cette année a aussi été exceptionnellement chaude pour les océans, explique le rapport de l'OMM, rappelant que cette hausse des températures marines entraîne une expansion des océans, à laquelle s'ajoute l'apport en eau provenant de la fonte des glaces qui fait grimper le niveau de la mer. Rapidement. Alors que ce niveau avait augmenté de 2,1 mm par an entre 1993 et 2002, la hausse a été depuis multipliée par deux, relève l'organisation : le niveau des mers a ainsi augmenté de 4,4 mm par an entre 2013 et 2021, "surtout en raison de la perte accélérée de la masse de glace des glaciers et de la calotte glaciaire".

Il a plu pour la première fois au sommet du Groenland

En août 2021, des conditions exceptionnellement chaudes et humides ont touché le Groenland, pointe encore le rapport. Summit Station, le point le plus haut de l'île de glace, à 3216 m d'altitude, a connu des températures positives pendant neuf heures, le 14 août. Résultat : il a plu. Un phénomène qui n'avait jamais été enregistré dans cette station.

Summit Station a ainsi connu des conditions de fonte pour la troisième fois ces neufs dernières années. Selon l'OMM, les études menées sur les noyaux de glace montrent que cela n'était pas arrivé au XXe siècle.

Des épisodes de sécheresse et des précipitations intenses à travers le monde

Dans son rapport, l'OMM fait état d'épisodes pluvieux particulièrement intenses en 2021 : pendant l'épisode qui a frappé la province du Hunan en Chine entre le 17 et le 21 juillet, la ville de Zhengzhou a reçu 201,9 mm de pluie en une heure, battant le record chinois. Au total, 720 mm de pluie ont été déversés pendant la durée de l'épisode, soit plus que la moyenne pluviométrique annuelle dans la région. L'Europe de l'Ouest, le nord de l'Amérique du Sud et des parties de l'Afrique de l'Est ont également connu des inondations.

A l'inverse, la sécheresse a frappé l'Amérique du Sud subtropicale, provoquant d'importantes pertes dans les récoltes, notamment de café, dans le sud du Brésil. La sécheresse a également touché le sud-ouest des Etats-Unis ainsi que l'île de Madagascar, dans l'océan Indien, provoquant une grave crise humanitaire.

Oui, c'est le réchauffement climatique

La météo et le climat sont deux choses distinctes. Cependant, le réchauffement climatique augmente la probabilité que ne surviennent des évènements météorologiques extrêmes. Ainsi, des études dites d'"attribution rapide" ont établi le lien entre la vague du chaleur qui a fait flamber le sud-ouest du Canada et le nord-ouest des Etats-Unis fin juin et début juillet. Un tel phénomène "est toujours rare ou très rare dans le climat actuel, mais aurait été virtuellement impossible sans le réchauffement climatique", résume l'OMM.

De même, les inondations observées en Europe de l'Ouest en juillet "ont été rendues plus probables par le réchauffement climatique". Des conclusions qui font écho à celles du Groupe d'experts international sur le climat (Giec), exprimées dans le premier volet de son sixième rapport, publié en août.

Voir les commentaires

Les auxiliaires du potager

Par Le 30/10/2021

 

Sur notre terrain, on a installé plusieurs lieux de vie pour les insectes et autres auxuliaires. Le paillage, le broyat, le compost, le BRF, les souches, des tas d'adventices éparpillés un peu partout et bien évidemment, c'est la foule des grands jours :)

Un grand bonheur d'ailleurs de croiser les lucanes qu'on ne voyait plus en Savoie.

Des chauve-souris sont installées dans la grange, je leur ai fait des nichoirs pour l'hiver.

On a un couple de hérissons avec trois petits. Ils ont commencé leur hiver au pied de la vigne vierge, un joli nid de feuilles que je renforce de temps en temps.

On a eu une invasion de bébés crapauds pendant une dizaine de jours (jusqu'à les retrouver dans la maison :) et maintenant disséminés un peu partout...On suit leur croissance en les rencontrant dans le potager.

Une salamandre aperçue deux fois.

Des hirondelles et divers oiseaux en pagaille. Au printemps, ça va être joyeux dans les arbres :)

Depuis trois semaines, on voit passer les vols de grues mais elles ne s'arrêtent pas :) 

 

Lutte biologique au jardin et au potager : les insectes auxiliaires

LES INSECTES AUXILIAIRES À LA RESCOUSSE DES JARDINIERS

 

Sommaire

Les insectes auxiliaires : comment font-ils pour nous aider ?

Les insectes auxiliaires contre les pucerons

Les insectes auxiliaires contre le reste des insectes et gastéropodes

Pour aller plus loin...

Articles connexes

Partager l'article
    

Olivier

Par Olivier

9 septembre 2020
Actualisé le 22 septembre 2021

La lutte biologique permet, comme son nom l’indique de lutter contre les indésirables et les ravageurs de culture de manière écologique. Le but n’étant pas d’exterminer tout ce qui vit mais plutôt de réguler les populations pour qu’elles ne deviennent plus problématiques. Et pour cela nous aurons besoin de la faune : oiseaux, mammifères, araignées… mais aussi et surtout les insectes du jardin. Ce sont les fameux insectes auxiliaires ! La lutte biologique par le biais d’insectes auxiliaires est donc l’utilisation d’insectes pour nous aider à lutter préventivement ou activement contre les ravageurs et indésirables du jardin. Comment faire pour s’en faire des alliés ou les attirer dans nos jardins ? On vous dit tout dans cette fiche conseil.

LES INSECTES AUXILIAIRES : COMMENT FONT-ILS POUR NOUS AIDER ?

Les insectes auxiliaires peuvent être classés en deux catégories :

Prédateurs : ce sont des espèces insectivores (larves, adultes ou les deux) qui vont se nourrir des ravageurs et ainsi limiter leur population directement ;

Parasitoïdes : ce sont des insectes qui vont pondre leurs œufs dans les larves ou dans les œufs de leurs « proies« , ce parasitoïde va se nourrir de la larve ou de l’œuf, ce qui régulera aussi une éventuelle invasion de ravageurs.

Il va sans dire qu’en théorie, tous ces insectes auxiliaires devraient se trouver naturellement et en nombre suffisant dans tous les jardins. En pratique, ce n’est pas toujours le cas. Le mieux et le plus simple est de favoriser leur présence en créant un « sanctuaire » dans votre jardin : mare, haie vive, prairie naturelle, bois mort… et bien entendu le bannissement total d’insecticides et du reste de la chimie d’ailleurs.

Mais on peut aussi forcer les choses en introduisant artificiellement des auxiliaires indigènes. Certains apprentis sorciers ont tenté de le faire avec des espèces exotiques, ce qui a eu des répercussions préjudiciables sur la nature par la suite : un exemple parmi tant d’autres, la coccinelle asiatique.

Remarque : même si on en parle beaucoup ces dernières années, la lutte biologique par insectes auxiliaires a été étudiée depuis le XVIIIe siècle. La fin de la seconde guerre mondiale et son cortège de produits chimiques non utilisés sonna le glas de la lutte biologique.

jardin pour les insectes auxiliaires

Un jardin naturel est à privilégier pour favoriser abris et nourriture aux nombreux insectes auxiliaires

LES INSECTES AUXILIAIRES CONTRE LES PUCERONS

Coccinelles

Probablement le plus célèbre de nos insectes auxiliaires : la « bête à bon Dieu » adulte ou même encore mieux à l’état larvaire abat un boulot incroyable de régulation des pucerons. Quelques larves de coccinelles suffisent souvent à en réguler une invasion.

Pour accélérer le mouvement, vous pouvez essayer d’en trouver quelques-unes en pleine nature, près des zones humides qu’elles affectionnent particulièrement. Vous pouvez également acheter dans certaines jardineries ou par correspondance des larves de coccinelles, encore plus voraces !

Syrphes

Ce n’est pas une guêpe, encore moins une abeille ! Ces insectes (il en existe un très grand nombre d’espèces) sont en réalité plus proche des mouches (ordre des diptères). Malgré tout ce sont des pollinisateurs très efficaces et leurs larves sont de véritables petits carnassiers qui se nourrissent de toutes sortes de pucerons. Pour avoir des syrphes chez vous, il vous faudra… des fleurs, des fleurs et encore des fleurs. Ainsi que de laisser en hiver et une bonne partie de la saison une couverture du sol : débris végétaux, paillis, feuilles mortes…

Larves de Chrysopes

La Chrysope ou Demoiselle aux yeux d’or (c’est plus poétique !) a beau paraître toute frêle et délicate, elle n’en est pas moins un prédateur particulièrement vorace concernant les pucerons. La larve comme l’adulte savent chacun dévorer des centaines de pucerons en une journée. A tel point que désormais, on en vend pour protéger nos cultures.

Insectes auxiliaires du jardin

Coccinelle, Syrphe et larve de Chrysope

Perce-oreilles

Les forficules ou perce-oreille ou encore pince-oreille sont des insectes (ordre des dermaptères) reconnaissable à leur pince à l’extrémité de l’abdomen. Ils sont totalement inoffensifs pour nous et les autres grosses bêtes à poils ou à plumes contrairement à la croyance populaire… En revanche, ils raffolent de chenilles, de pucerons et d’autres larves comme le ver du pommier (carpocapse). De temps à autre, ils grignotent quelques fruits ou abîment certaines fleurs. Mais ces quelques pertes sont largement compensées par le travail de prédateur de ces sympathiques perce-oreilles. Pour les attirer, rien de plus simple : un petit pot de terre cuite retourné et rempli de paille ou d’herbe sèche à placer au sol près des fruitiers et le tour est joué !

Aphidius

Même si elle est toute petite, cette représentante de l’ordre des hyménoptères est un parasitoïde particulièrement efficace. La femelle pond ses œufs directement dans le corps des pucerons. La larve, une fois sortie de l’œuf, n’a d’autre choix que de consommer l’intérieur du puceron. Ce dernier restera toutefois en vie juste le temps que la larve sorte pour se transformer et devenir adulte.  Il existe beaucoup d’autres espèces de micro-hyménoptères qui parasitent d’autres larves : notamment contre les chenilles de Pièrides de chou ou encore les chenilles mineuses. On les repère au stade de larve parasitoïde, car le puceron parasité devient gros comme une tête d’épingle. L’adulte se nourrit de nectar de fleurs, donc une présence de plantes sauvages comme l’achillée ou certaines apiacées (ombellifère) par exemple est une bonne chose pour les attirer chez soi. 

Les guêpes

Même si beaucoup de gens en ont une crainte relative, les guêpes dans leur majorité sont tout à fait pacifiques. En tout cas pour nous… Car elles font un boulot incroyable de prédation. Certaines guêpes sociales consomment sur une vie près d’un millier de mouches et autant de chenilles. Pour prendre un exemple, une guêpe solitaire du genre Passaloecus va manger pas moins de 1500 pucerons sur les quelques semaines de sa vie. Vous souhaitez attirer les guêpes prédatrices, semez donc du fenouil !

Les Pemphrédons

Ce sont de petits hyménoptères dont il existe une petite dizaine d’espèces dans nos jardins. Les femelles aménagent des loges et pondent leurs œufs dans des tiges creuses ou des tiges à moelle tendre (comme dans le cas du Sureau noir), du bois pourris, des galles… Pour nourrir leur progéniture, elles accumulent des pucerons paralysés (et parfois quelques cicadelles) au sein même des loges. Vous l’aurez compris, pour attirer cet insecte chez vous, il vous suffira de quelques branches ou tiges creuses, un peu de bois morts et… un jardin naturel et pas trop propre.

Insectes auxiliaires du jardin

Perce-oreille, Aphidius et Pemphrédon

LES INSECTES AUXILIAIRES CONTRE LE RESTE DES INSECTES ET GASTÉROPODES

Les Carabes

Ces coléoptères n’ont pas usurpé leur surnom de « tigre du jardin« . Ils bouffent tout et n’importe quoi, ce qui fait d’eux les plus précieux alliés du jardinier. Ils sont en effet zoophages, ils mangent des insectes, des gastéropodes, des acariens… aussi bien à l’état larvaire qu’adulte. Au menu des carabes : limaces, escargots, chenilles, pucerons, carpocapses, araignées rouges (tétranyques), doryphores, cicadelles, nématodes… mais aussi des espèces utiles au jardin comme les lombrics ou les araignées. Peu importe, les carabes (il en existe un grand nombre d’espèces !) sont de parfaits régulateurs d’invasion de ravageurs.

lutte biologique, insecte

Le carabe, un autre insecte précieux, friand de limaces, escargots et pucerons

Les Staphylins

Les staphylins ne passent pas inaperçus. Ce sont de gros coléoptères noir bleuté qui n’hésitent pas à chercher à vous intimider en soulevant l’abdomen si vous le surprenez au détour du potager. Bon évidement, sur les jardiniers, cette technique fonctionne assez peu. Néanmoins, cet insecte combatif est une bénédiction pour le potager et le jardin d’ornement car il est passé maître dans l’art de la chasse aux escargots et limaces, dont il consomme aussi les œufs. Mais ce n’est pas tout, il raffole aussi des larves d’insectes dont la mouche du chou. Si vous désirez des staphylins dans votre jardin, il vous suffit de couvrir le sol et de ne pas trop nettoyer le jardin méticuleusement : quelques feuilles mortes, un fagot de branches… feront son bonheur.

insecte auxiliaire : staphylin

Staphylin

Sauterelle verte

Les sauterelles sont principalement carnivores. Lorsqu’on est une grosse bête comme la sauterelle verte, et bien, soit on mange beaucoup, soit on mange du « gros« . C’est plutôt la deuxième solution qui l’emporte. La mâchoire puissante de la Sauterelle verte n’hésite pas à s’attaquer à de grandes chenilles ou des larves de doryphores. Si vous désirez en avoir chez vous, il n’y a pas grand-chose à faire si ce n’est de pas travailler la terre là où ce n’est pas totalement nécessaire. En effet, la femelle, reconnaissable par son ovipositeur caudal (cette sorte de « sabre » à l’extrémité d’abdomen) pond ses œufs dans la terre en fin d’été. Ne pas toucher à la terre à cet endroit permettra à la future génération de s’occuper de vos chenilles.

insecte auxiliaire : sauterelle

Sauterelle verte

Les Acariens

Ce ne sont pas des insectes mais des arachnides au même titre que les araignées (qui cela dit en passant régulent aussi les insectes indésirables). Depuis quelque temps, un acarien prédateur spécifique provenant du Chili, le Phytoseiulus persimilis, est vendu en jardinerie. Il s’attaque uniquement à l’araignée rouge, un acarien lui aussi, également connue sous le nom de Tétranyque tisserand, un ravageur qui épargne peu de plantes ornementales ou légumières. Ce petit acarien de couleur rose à rouge vif, brillant et de forme arrondie, peut consommer jusqu’à 5 adultes et 20 œufs et larves de Tétranyque. Comme c’est un prédateur spécifique, celui-ci disparaîtra en l’absence de ses proies.

POUR ALLER PLUS LOIN...

Ces quelques insectes et autres arthropodes ne sont évidemment que des exemples d’insectes auxiliaires parmi tant d’autres. On pourrait rajouter le Bombyle, les libellules, les araignées (classe des arachnides)… Sans compter les autres animaux insectivores : oiseaux comme les mésanges ou les fauvettes, mammifères comme la musaraigne ou même les chauves-souris, ainsi que les amphibiens comme les grenouilles ou les crapauds.

Si vous souhaitez être épaulé par une horde d’insectes auxiliaires, vous pouvez opter pour la création d’un jardin écologique. En créant une mare, une haie libre, des petits abris naturels… Retrouvez tous nos conseils pour y arriver dans : Concevoir et aménager un jardin écologique.

Consultez également notre fiche conseil : Accueillir les insectes du jardin ainsi que notre tutoriel pour fabriquer un hôtel à insectes.

Pour finir, je vous conseille cet excellent ouvrage sur les auxiliaires du jardin édité par Terre Vivante : Des auxiliaires dans mon jardin ! 

Les mésanges et grenouilles participent aussi très efficacement à la lutte biologique au jardin !

"Atmosvert" pépinière.

Par Le 30/10/2021

 

Nous sommes allés rencontrer les fondateurs de cette pépinière, installée dans la Creuse, à quelques kilomètres de chez nous. Ils ne sont pas là par hasard, tout comme nous :)

De nombreux achats pour notre terrain.

Le site regorge d'informations passionnantes pour qui souhaite apprendre et se perfectionner. 

Entre les vidéos du "Jardin d'émerveille", celles de Damien Dekarz, les articles et vidéos sur "le jardin de Peyreledas" (encore dans la Creuse), il va falloir que je songe à regrouper tout ce qui concerne le jardin-forêt dans une rubrique attitrée. 

Quels fixateurs d'azote choisir pour la permaculture ?
TOUT SAVOIR SUR LES FIXATEURS D’AZOTE !
 29 avril, 2020 par 
Quels fixateurs d'azote choisir pour la permaculture ?
Keirse
  25 Commentaires

Très à la mode, on parlent beaucoup des “fixateurs d’azote”, mais il n’est pas toujours évident de comprendre de quoi il s’agit précisément. Alors, chez ATMOSVERT on vous a préparé un dossier complet !

Après la lecture de notre article, vous serez incollable sur le sujet et vous saurez pourquoi elles sont essentielles au jardinier comme en permaculture !

Au programme : 

  • Le rôle de l'azote... 
  • Un cercle vertueux
  • Quand le cycle est mis en péril
  • Des plantes "magiques"
  • Comment fonctionnent-elles ?
  • Les avantages au jardin et en permaculture
  • Alors, concrétement, on fait quoi ??

LE RÔLE DE L'AZOTE 

L’azote est un élément essentiel pour les plantes mais il est également vital pour les humains comme pour les animaux, car il entre pour tous dans la synthèse des protéines. Base de nos métabolismes et de la croissance des cellules, l’azote assure donc le développement du règne animal comme végétal ! Dans le cadre de nos potagers, vergers, haies, cultures et autres jardins-forêt, une présence qualitative en azote est d’autant plus déterminante, qu’au-delà de garantir des végétaux sains, il favorise une croissance démultipliée doublée d’un rendement accru.

UN CERCLE VERTUEUX

Toutefois l’azote est un élément complexe : car bien que constituant 78 à 80% de l’atmosphère que nous respirons, il n’est pas directement assimilable sous cette forme, ni pour nous, ni pour les plantes ou pour les animaux ! Nous devrions plutôt parler de “cycle de l’azote” car au-delà d’un composant chimique, c’est tout un écosystème interdépendant qui entre en jeu ! L’azote fonctionne en boucle fermée : contenu dans l’air, on parle “d’azote atmosphérique”, appelé plus précisément diazote (symbolisé N2). Mais comme nous l’avons vu, cette forme n’est pas utilisable telle quelle pour les humains, plantes ou animaux, il faudra auparavant l’intervention de micro-organismes. Et oui, car se sont des bactéries qui sont le chaînon essentiel de ce cycle !

En effet, lors de l’humification, la décomposition des matières organiques des végétaux, des humains et des animaux (les feuilles mortes, déjections, cadavres d’animaux… ) les bactéries vont tour à tour transformer ces matières azotées en amoniaque (NH4+) (ce qu’on appelle l’ammonification), puis en nitrites (NO2-)(qu’on nomme nitritation) puis enfin en nitrates (NO3-)(sous le nom de nitratation). A chaque étape c’est une famille différente de bactérie qui prend le relais (du genre Bacillus, Pseudomonas ou Clostridium pour l’ammonification, du genre Nitrosomas pour la nitritation, Nitrobacter pour la nitratation). Et c’est principalement la forme finale, les nitrates, qui est consommée par les plantes. L’azote nécessite donc beaucoup d’étapes, de temps et d’interventions pour être assimilable par les plantes !

Une grande partie est utilisée directement par les plantes, constituant leur apport principal, une autre petite partie est fixée dans l’humus (constituant les “réserves azotées” du sol qui seront libérées de façon lente lors de la minéralisation chaque année), enfin, une partie sera retransformée en azote gazeux, lors du procédé de dénitrification (à nouveau grâce à une famille de bactéries – encore une autre !) pour retourner dans l’atmosphèreLa boucle est bouclée !  

QUAND LE CYCLE EST MIS EN PÉRIL

Toutefois, cet ingénieux système est perpétuellement menacé avec l’intensification permanente de nos activités polluantes humaines. En effet, on observe deux problématiques majeures liées à  l’agro-industrie : d’une part, le déversement annuel démesuré d’engrais chimique dans les cultures, qui sans parler du coût écologique de fabrication de l’azote chimique(nettement plus énergivore que sa version naturelle), engendrent d’immenses fuites d’azote dans l’environnement. D’autre part intervient l’élevage animal intensif (porcs et volailles particulièrement) qui entraînent pareillement de considérables excès d’azote que les sols n’arrivent pas à recycler.

Car les techniques agricoles conventionnelles, bien qu’ayant compris l’intérêt de l’azote sur la croissance et le rendement des plantes, ne prennent pas en compte que tout ce génie végétal réside dans le fait qu’il doit se dérouler perpétuellement à la juste dose. Aussi, tous les faramineux surplus que l’homme provoque viennent contaminer les solsles eaux de surface et les nappes phréatiques, tout en créant également une pollution atmosphérique considérable dû aux émissions de protoxyde d’azote (gaz à effet de serre destructeur de la couche d’ozone). On estime par ailleurs que 70% des émissions de ce gaz destructeur (notons qu’il subsiste dans l’atmosphère environ 120 ans…)  provient de l’agriculture, tout comme le fait qu’elle est responsable du dépassement de la norme de potabilité des eaux...

Nous nous retrouvons ainsi avec des problèmes écologiques mondiaux, tels que des marées vertes, l’eutrophisation des réserves d’eau potable, la formation de terres mortes semi désertiques, de cyanobactéries pullulantes dans les plans de baignade… Avec des conséquences graves sur la santé humaine, principalement sur les dérèglements thyroïdiens et cancers (dans le Finistère par exemple, région caractérisée par une concentration élevée de nitrates dûe aux élevages intensifs, l’incidence des cancers gastriques est deux fois plus élevée qu’à l’échelon national…)

Il est urgent de bien comprendre le fonctionnement du cycle naturel de l’azote et de le prendre en compte dans sa globalité : car respecté et soutenu dans son processus il nous assure également de très beaux rendements de façon naturelle, pérenne, autonome et bienfaisante pour tous ! 

DES PLANTES "MAGIQUES"

Heureusement en marge du processus classique, on peut trouver des végétaux particuliers qui fonctionnent différemment : ce sont nos fameux végétaux “fixateurs d’azote” ! De véritables “super héros” qui vont permettent de garantir l’intégrité du cycle à la fois en cas de défaillance des sols (pollution, perturbation…) et à la fois de booster les cultures alentours de façon douce et continue en diffusant de l’azote directement assimilable.

En effet, souvent pionnières, les “fixateurs d’azote” apparaissent naturellement au début de la succession écologique en zones abimées manquant fortement d’azote (sols pauvres, compacts, salins, pollués,…) et cela, dans tout les biotopes (prairies, lisières, forêts, dunes côtières, zones riveraines, toundra arctique …) stoppant ainsi le cercle vicieux de raréfaction des végétauxen cas de graves carences nutritives qui entraînent des sols nus inertes. En urgence, elles permettent de réhabiliter naturellement les sols dégradés et de lutter contre l’érosion, en préparant ainsi les terres à la base inhospitalières pour des espèces plus délicates, participant activement à la régénération des écosystèmes. Mais ce n’est pas tout ! Car les végétaux “fixateurs d’azote” vont également permettre d’apporter de l’azote aux plantationssans être dépendantes du cycle habituel. Magique on vous avez dit !

COMMENT FONCTIONNENT-ELLES ?

Comme nous l’avons vu, pour que le diazote soit assimilé il doit passer par de multiples étapes, demandant le concours de multiples familles de bactéries : un processus long et potentiellement précaire. Mais il existe deux autres bactéries d’un genre différent : Frankia et Rhizobium, qui ont aussi la particularité de fixer l’azote mais en version « simplifiée  et accélérée »

Toutefois, ces deux bactéries ne s’installent pas n’importe où : elle ont la particularité de vivre uniquement en relation symbiotique avec des plantes-hôtes spécifiques. En climat tempéré on peut majoritairement les regrouper en trois grands groupes : les Fabacées, les Elaeagnacées et une partie des Bétulacées.

C’est au niveau du système racinaire que cette relation symbiotique se joue : en premier lieu, la plante envoie un signal moléculaire de départ (par exemple, des flavonoïdes dans le cas des Fabacées) appelant les bactéries fixatrices d’azote correspondantes à sa variété, chaque espèce ayant uniquement un type de bactérie spécifique avec qui elle s’accorde. Ces dernières répondent en venant infecter la plante-hôte : les bactéries interagissent avec la plante de sorte à créer des excroissances sur les racines où les bactéries logeront (selon des processus différents s’il s’agit de genre Frankia ou Rhizobium). Ces excroissances allant de quelques millimètres à la taille d’une balle de tennis selon l’espèce, s’appellent des nodosités. C’est à l’intérieur que les bactéries réduiront l’azote gazeux en ammoniac (directement assimilable par la plante, celui-ci) via leur nitrogénase, un complexe enzymatique spécifique.

COMMENT EN TIRER AVANTAGE ?

Les végétaux “fixateurs d’azote” sont de grandes alliées pour le jardinier et le permaculteur! Ces plantes peuvent tout d’abord nous être très utiles pour nous aider à rééquilibrer nous aussi des sols abîmés par l’activité humaine, ce qui est souvent le cas quand on achète un terrain qui était dirigé en agriculture conventionnelle par exemple. Mais elles vont également nous être précieuses sur le long terme pour autonomiser nos cultures ! Ainsi intégrer des plantes “fixatrices d’azote” à bon escient permet d’avoir naturellement une bonne fertilité du sol, sans apport extérieur, en dose équilibrée et pérenne ! Car si cette relation symbiotique est bienfaisante pour le couple bactéries/plante-hôte, elle est également très profitable pour les végétaux plantés aux alentours de multiples façons :  lors du renouvellement régulier des nodosités et au cycle dépérissement/croissance des racines de la plante-hôte, de l’azote assimilable est relargué dans le sol, accessible dès lors pour les plantes voisines. Par la suite, la chute des feuilles mortes entraînent la création d’une couverture végétale riche en azote, tout comme lors de la taille. Pour cette raison les “fixateurs d’azote” sont extrêmement adaptées à la taille têtard et au paillage façon “chop and drop” (on coupe et on laisse les tailles directement au sol)enrichissant très efficacement le sol !

ALORS, CONCRÈTEMENT, ON FAIT QUOI ?

On plante, on plante, on plante !
Pour garantir un apport autonome à vos plantations et une belle croissance, nous vous conseillons d’opter pour :

POUR UNE HAIE FRUITIÈRE
Un fixateur d'azote tous les 2,50m à 5m
POUR UN MASSIF
Un fixateur d'azote tous les 20 à 30m2 minimum

A choisir bien sûr de façon judicieuse selon votre projet, la strate, la taille, votre exposition… Et n’hésitez pas à panacher les espèces ! 

Évidemment, chez Atmosvert, on aime particulièrement les plantes “fixatrices d’azote”, c’est même une de nos spécialités !  Nous avons de nombreuses variétés, dont quelques chouchous. Voici une sélection des plantes phares de la pépinière :

Dans la famille des Fabacées

Les fabacées sont une très grande famille regroupant près de 20 000 espèces ! Elle est très appréciée et très utilisée pour l’homme comme pour les animaux, car c’est d’elle que nous vient les protéines végétales. En effet, cette famille est également connue sous le nom de… Légumineuses ! Haricot, pois, lentille, soja, arachide... Tous sont des fabacées ! Mais également la luzerne et autres trèfles, très répandu en fourrage animal et comme engrais végétal. Mais chez Atmosvert, ce qui nous intéresse ce sont les plantes pérennes ! Alors, nous avons déniché quelques trésors végétaux qui assureront une fertilisation autonome et perpétuelle dans vos plantations : 

➡︎ L'Arbre à petits pois

Caragana arborescens

Cet arbuste de provenance de Sibérie est un sujet aux multiples talents, car il fixe l’azote, régénère les sols, est une source de fibre, reste assez petit en taille, nous offre une floraison jaune abondante et mellifère et la fait suivre par la production de fruits comestibles. La grande quantité de graines marron d’une taille inférieure aux petits pois se consomment exactement de la même manière et approchent leur goût (d’où le nom de l’arbre). Elle se font aussi presser pour fabriquer une huile de bonne qualité. Il est  une plante compagne idéale pour l’installation de vos vergers et jardins !

Famille : Fabaceae ou Leguminosae

Type : arbuste

Exposition :  soleil, mi-ombre, ombre

Type de sol : Forte préférence pour des sols riches et fraîches.

Résistance au froid : – 45°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation et préfère un arrosage durant des étés chauds.

Entretien :  aucun

Feuillage : caduc

Hauteur : 6m

Floraison :  mai

Période de récolte : juillet à septembre

Intérêt : Cuisine, médicinal, huile, haie, fibre, teinture, biomasse, anti-érosion

Partie(s) comestible(s) : graines (pois)

➡︎ Le Févier d'Amérique

Gleditsia Triacanthos

Le févier d’Amérique est un arbre d’ornement, grâce à son port majestueux, mais aussi défensif, ses nombreuses épines, sauf la variété inerme ‘Inermis’,  lui offrant une place de choix dans nos haies ou en tant que clôture naturelle. Son feuillage fin et délicat passera du vert au jaune a l’automne et offre des ombres très légères. Les fleurs en grappes mellifères formeront des gousses brunâtres à la pulpe sucrée et comestible. Arbre compagne comme fixateur d’azote par la microgénèse (fixation microscopique) et de forte vigueur, offrant en plus un bois d’une excellente qualité.

Famille : Fabaceae ou Leguminosae

Type : arbre

Exposition :  soleil

Type de sol : S’adapte à toutes les conditions de sol sauf marécageux. Tolère la pollution extrême et exposition maritime. 

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite. 

Entretien :  Accepte toute taille. 

Feuillage : caduc

Hauteur : 20m

Floraison :  juillet

Période de récolte : octobre à novembre

Intérêt : cuisine, mellifère, médicinal, odorant, haie,ornemental, bois d’ oeuvre, gomme, régénération des sols

Partie(s) comestible(s) : graines, intérieur de la gousse

➡︎ L' Arbre des pagodes

Sophora japonica

L’arbre des pagodes est utilisé comme arbre d’ornement ou comme arbre d’alignement, possédant une belle allure, un grand port arrondi et une floraison mellifère composé de panicules de fleurs blanc crème, qui sera éblouissante au bout de quelques années. Il possède la propriété de fixer l’azote, idéale pour accompagner d’autres plantes, tout en fournissant un bois destiné au chauffage ou à la fabrication de piquets. Arbre aux propriétés médicinales, cette espèce apprécie les sols riches, frais et profonds, mais son développement n’en sera pas retardé ou amoindri s’il est planté dans d’autres situations.

Famille : Fabaceae ou Leguminosae

Type : arbre 

Exposition : soleil, mi-ombre

Type de sol : S’adapte à toute structure de sol même sec et déminéralisé. 

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Accepte toute taille après son enracinement. 

Feuillage : caduc

Hauteur : 20m

Floraison :   septembre

Période de récolte : septembre (fleurs), avril à octobre (feuilles)

Intérêt : Cuisine, médicinal, mellifère, arbre compagne, fixateur d’azote, teinture, bois d’oeuvre

Partie(s) comestible(s) : Feuilles, fleurs

➡︎ Le Baguenaudier 

Colutea arborescens

Un petit et bel arbuste vigoureux produisant d’abondantes grappes de petites fleurs jaunes, suivies de curieuses gousses translucides et gonflées. Cet arbuste en une plante compagne, grâce à sa propriété de fixer l’azote, et offre une floraison ultra mellifère à tous les butineurs. 

Sa croissance, vraiment très rapide, et sa forte adaptation dans tout type d’emplacement en fait un indispensable en jardin forêt et jardin ornemental. 

Famille : Fabaceae ou Leguminoseae

Type : Arbuste

Exposition : soleil,mi-ombre

Type de sol : S’adapte à toute structure de sol.

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Aucun entretien mais cette plante accepte toute taille.

Feuillage : caduc

Hauteur : 3,5m

Floraison :  juin à septembre

Période de récolte : août à octobre (graines)

Intérêt : médicinale, haie brise vent, régénération des sols, fixation d’azote

Partie(s) comestible(s) : 

➡︎ Le Robinier - Faux Acacia

Robinia pseudoacacia

Le robinier est un arbre d’ornement et de grande utilité, grâce à son port majestueux érigé, mais aussi défensif, ses nombreuses épines lui offrant une place de choix dans nos haies ou en tant que clôture naturelle. Importé dans nos régions, le robinier s’est intégré entre temps dans les milieux sauvages et se ressème facilement.

Son feuillage fin et délicat passera du vert au jaune a l’automne et offre des ombres très légères comme la plupart les légumineuses. Les excellentes fleurs blanches odorantes en grappes mellifères sont comestibles et se transforment formeront des gousses. Arbre compagne comme fixateur d’azote et de forte vigueur, offrant en plus un bois d’ une excellente qualité. Conseillé comme arbre dans les zones forestières car la coupe et la taille font réagir son système racinaire à drageonner. 

Famille : Fabaceae ou Leguminosae

Type : arbre 

Exposition :  soleil

Type de sol : S’adapte à toutes les conditions de sol sauf marécageux. Tolère la pollution extrême et exposition maritime. 

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite. 

Entretien :  Accepte toute taille. 

Feuillage : caduc

Hauteur : 20m

Floraison :  juillet

Période de récolte : octobre à novembre

Intérêt : cuisine, mellifère, médicinal, odorant, haie,ornemental, bois d’ oeuvre, gomme, régénération des sols

Partie(s) comestible(s) : graines, fleurs

➡︎ Le Lespédèze

Lespedeza thunbergii

Cet arbuste gracieux et rustique possède un feuillage vert-bleuté, virant au jaune en hiver. Une floraison tardive et généreuse offrira des grappes de fleurs tombantes aux couleurs pourpres, roses et rouges.

Une plante compagne (comme fixateur d’azote) inconnue alors que sa taille réduite la rend intégrable aux buttes, cultures potagères, petits vergers et massifs comestibles et florifères.

Famille : Fabaceae ou Leguminosae

Type : arbuste 

Exposition :  soleil, mi-ombre

Type de sol : S’adapte à toutes les conditions de sol avec une préférence aux sols frais.

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Arrosage en cas de sècheresse et emplacement drainant la première année de son installation. Faible besoin par la suite.

Entretien :  Accepte toute taille.

Feuillage : caduc

Hauteur : 3m

Floraison :  août à septembre

Période de récolte : août à septembre (fleurs), avril à septembre (feuilles), octobre à novembre (graines)

Intérêt : cuisinemellifère, fixateur d’azote, ornemental, vannerie, anti-érosion, régénération des sols

Partie(s) comestible(s) : fleurs, feuilles, graines

Dans la famille des Elaeagnacées

Moins connue que les fabacées, elle n’est pas non moins intéressante car elle nous fourni quelques très belles variétés d’arbres et des arbustes, parfois épineux, produisant des fruits comestibles très plaisants pour certains !

➡︎ Les Argousiers

Hippophae Rhamnoides

L’ argousier ‘Frugana’ est une variété femelle, donc productrice des fruits intéressants et fort recherchés rempli de vitamines C. C’est un grand arbuste épineux et vigoureux qui s’adapte à toute structure de sol, sauf celles très humides, au feuillage vert grisâtre dessus, argenté dessous. Cette variété à un port érigé et des fruits plus foncés.  Faisant parti de la famille des chalefs, c’est une excellente plante compagne et fruitière car elle fixe des grandes doses d’azote dans son système racinaire. Ses fruits sont recherchés par des grandes entreprises de superfoods (“superaliments”, nourriture riche en nutriments, considérée comme particulièrement bénéfique pour la santé et le bien-être) et de cosmétiques, car la récolte n’est pas évidente et très peu de cultures professionnelles de cette essences se sont installées. Les fruits ont une délicieuse saveur légèrement acidulé, dont le goût s’améliore après les premiers gels.

Ses multiples propriétés médicinales ne sont qu’une partie des autres usages, dont la production de charbon, transformation cosmétique, teinture, biocarburant, huile, régénération des sols et production de bois d’œuvre.

Famille : Elaeagnaceae

Type : Arbuste 

Exposition : soleil,mi-ombre

Type de sol : S’adapte à toute structure de sol sauf humide et pousse même dans le sable.

Résistance au froid : – 28°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Aucun entretien sauf taille si vous voulez obtenir une haie dense.

Feuillage : semi-persistant

Hauteur : 6m

Floraison :  avril

Période de récolte : septembre à novembre

Intérêt : Cuisine, médicinale, haie défensive et brise vent, cosmétique, teinture, bois d’oeuvre

Partie(s) comestible(s) : fruits

➡︎ L'Olivier de Bohème

Elaeagnus angustifolia

Cet arbuste compagne à forte vigueur, aux feuilles vertes argentées, et à floraison odorante ultra mellifère est un allié au multiples talents. Grâce à son adaptation rapide à n’importe quel emplacement, l’olivier de bohème peut compléter la fonction de fixateur d’azote (plante compagne), servir d’espalier pour des plantes grimpantes vigoureuses. Arbuste fruitier, source de paillage, haie défensive, plante mellifère, haie brise vent et source d’un bois d’œuvre de grande qualité. 

Famille : Elaeagnaceae

Type : arbuste

Exposition : soleil

Type de sol : S’adapte à toute structure de sol. Non exigeant. Tolère la sècheresse, vents forts et exposition maritime. 

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Taille de forme.

Feuillage : caduc

Hauteur : 7m

Floraison :   juin 

Période de récolte : septembre à octobre

Intérêt : Cuisine, médicinal, biodiversité, mellifère, fixateur d’azote, huile essentielle, bois de chauffage, gomme, haie, bois d’oeuvre

Partie(s) comestible(s) : fruit, graine

➡︎ Le Goumi du Japon

Elaeagnus Multiflora

Le Goumi du Japon est un arbre autofertile, au feuillage dense, avec une floraison de petites fleurs blanches très parfumées, qui produisent de nombreux petits fruits rouges, plus ou moins sucrés, astringents. Très appréciés des oiseaux, les fruits sont consommables par l’homme une fois blet ou en confiture, cuir, … Parfaite plante compagne en jardin forêt pour sa propriété de fixer l’azote, sa forte vigueur, sa floraison ultra mellifère et sa production monumentale de petites baies qui se récoltent facilement avec un peigne à baies. 

Famille : Elaeagnaceae

Type : arbuste 

Exposition :  soleil, mi-ombre

Type de sol : S’adapte à toutes les conditions de sol avec une préférence aux sols drainants. Tolère une exposition maritime et polluée. 

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite. 

Entretien :  Taille de forme si souhaité

Feuillage : caduc

Hauteur : 3m

Floraison :  avril à mai

Période de récolte : juillet

Intérêt : cuisine, mellifère, odorant, haie, médicinal, ornemental, porte greffe pour elaeagnaceae persistants

Partie(s) comestible(s) : fleurs, graines

➡︎ Le Chalef d'automne

Elaeagnus umbellata

À notre grand étonnement cet arbuste à port dense étalé n’est pas encore devenu la vedette des permaculteurs et jardiniers au naturel ! Ce fixateur d’azote vigoureux, en provenance des Himalayas, fleurit sur la périphérie de ses branches de façon abondante, dégageant une senteur exceptionnelle et agréable. Les butineurs se régaleront! La floraison se fait suivre par des fruits rouges juteux, légèrement acides, en quantités phénoménales qui peuvent être consommés crus et secs ou transformés en confitures, sauces, cuirs à fruits, … Les fruits se conservent deux semaines après récolte ! À récolter avec une peigne à baies. 

En plus de ces propriétés anti-cancerogènes médicinales, le chalef forme une haie dense et protectrice, et son vieux bois est un excellent bois de chauffage dégageant beaucoup de calories (donc de chaleur).
 

Famille : Elaeagnaceae

Type : arbuste 

Exposition :  soleil, mi-ombre

Type de sol : S’adapte à toutes les conditions de sol avec une préférence aux sols drainant et secs.

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Accepte toute taille si souhaité.

Feuillage : caduc

Hauteur : 4m

Floraison :  mai à juin

Période de récolte : septembre à novembre

Intérêt : cuisine, mellifère, odorant, haie, médicinal, ornemental, bois de chauffage, biomasse, fixation d’azote

Partie(s) comestible(s) : fruits

Dans la famille des Bétulaccées

Dans cette catégorie seulement les Aulnes ont la propriété d’être fixateur d’azote. Naturellement présent dans nos campagnes, il ne sont pas à négliger car il ne nécessite quasiment aucun soin, il est très résistant et se développe très bien même en zones pauvres !

➡︎ L'Aulne blanc

Alnus incana

Un arbre majestueux proche de nos aulnes glutineux qui s’adapte parfaitement aux sols pauvres et morts. Comme arbre compagne et fixateur d’azote, cette essence à forte vigueur est une alliée dans la régénération des sols, la mise en place de haies brise-vent et la récolte de biomasse. L’aulne blanc se reconnaît au dessous des feuilles grise blanchâtre. 

Famille : Betulaceae

Type : Arbre

Exposition : soleil,mi-ombre, ombre

Type de sol : S’adapte à toute structure de sol.

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Accepte toute taille en hiver.

Feuillage : caduc

Hauteur : 18m

Floraison :  février à mars

Période de récolte : hiver (bois)

Intérêt : pionnier, régénération des sols, tannin, haie, anti-érosion, fixation d’azote

Partie(s) comestible(s) : –

➡︎ L'Aulne de Corse

Alnus cordata

Avec les mêmes propriétés que l’aulne blanc, cette variété sera par contre résistante aux sècheresses longues. Il se reconnaît à son feuillage brillant en forme de coeur.

Famille : Betulaceae

Type : Arbre

Exposition : soleil,mi-ombre, ombre

Type de sol : S’adapte à toute structure de sol.

Résistance au froid : – 35°

Plantation : septembre à avril

Arrosage : Arrosage lors de la plantation. Faible besoin par la suite

Entretien :  Accepte toute taille en hiver. 

Feuillage : caduc

Hauteur : 25m

Floraison :  février à mars

Période de récolte : hiver (bois)

Intérêt : pionnier, régénération des sols, tannin, haie, anti-érosion, fixation d’azote

Partie(s) comestible(s) : –

Explorez notre catégorie Fixateurs d'Azote !

Sur la pépinière en ligne nous avons une catégorie dédiée pour que vous puissiez choisir facilement vos plantes compagnes  en 1 clic !

Se connecter pour laisser un commentaire.
  • 44
  • 45
  • 46
  • 47
  • 48
  • 49
  • 50
  • 51