L'école de l'auto-suffisance

Si j'avais 20 ans aujourd'hui, je ne bosserai pas dans l'enseignement public mais dans le privé et dans ce type de structure, quitte à la créer. Mais le problème, c'est que je dis ça avec 35 ans d'enseignement derrière moi... A 20 ans, je n'étais pas l'enseignant que je suis aujourd'hui. Il faudrait vivre à l'envers en fait : Être ancien, rempli de milliers d'expériences et de savoirs et passer le reste de sa vie à les appliquer jusqu'à être assez jeune et plein d'énergie pour se lancer dans sa propre structure...

 

NI CLASSE, NI DEVOIRS : DANS CETTE ÉCOLE LES ENFANTS ÉTUDIENT LA NATURE

En Nouvelle-Zélande, les élèves de la Deep Green Bush school apprennent à survivre en pleine nature pour se préparer au défi climatique.

Par

 Victoria Ouicher

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Pas de leçons, ni de devoirs, à quoi peut bien ressembler la vie dans cette école de Nouvelle-Zélande ? Les élèves de Deep Green Bush school, comprenez « l’école des buissons verts foncés » passent la majeure partie de leur temps en extérieur. Ils explorent la nature, apprennent à pêcher, à chasser, à fabriquer des pièges et à allumer des feux… Le but : leur offrir la possibilité de vivre en auto-suffisance.

Dans cette école, idéalement située dans une forêt de kauris, des conifères endémiques du nord de la Nouvelle-Zélande, près d’Auckland, les devoirs, les récitations et les salles de classe ont été totalement bannis. Leur credo : enseigner aux enfants l’école de la vie. Car ici, l’expérimentation personnelle prime sur les savoirs abstraits, comme l’explique Joey Moncarz, cofondateur des lieux, au Guardian :

« On nous appelle ‘école’, mais rien ne ressemble à une école ici. On ne fait pas des trucs comme dire aux enfants que c’est l’heure d’écrire ou d’apprendre les maths. Quand ça les intéresse de le faire, ils le font. »

Joey Moncarz a enseigné pendant cinq ans dans une école traditionnelle, avant de se décider à monter sa propre structure inspirée de certaines écoles expérimentales scandinaves ou américaines. Sa volonté est de préparer les enfants aux défis de demain, et en particulier au changement climatique. Ainsi, l’étude de la nature prime sur tout le reste. Pour autant, pas question de faire l’impasse sur l’écriture, la lecture ou l’arithmétique. Les enfants sont invités à les apprendre à leur propre rythme, sans suivre nécessairement le programme imposé par l’éducation nationale. Et ils sont bien plus épanouis de cette façon.

« Ces parents voyaient leurs enfants malheureux et stressés dans le système éducatif classique et ils ont commencé à s’interroger : est-ce normal ou juste pour des enfants de rentrer à la maison stressés et malheureux ? Pour avoir enseigné dans une école classique, je dois dire que la plupart des enfants sont stressés et malheureux. »

Cette école indépendante n’a pas rempli tous les critères pour être reconnue par le Ministère de l’Éducation. Mais ce dernier se réserve un droit de regard afin de s’assurer que les enfants soient armés pour s’intégrer à la société moderne. Pour Joey Moncarz, l’objectif est très clair :  « Nous ne voulons pas être un genre d’école, nous voulons remplacer les écoles mainstream » .

Cette volonté n’est pas totalement dénuée de sens. Car, « pour réussir dans la société moderne, il y a tout un champ de compétences à développer, mais seulement quelques-unes peuvent être déployées à l’extérieur » rappelle David Berg, chercheur en éducation à l’université d’Otago (Nouvelle-Zélande) au Guardian. En réalité, les individus souffrent d’être totalement déconnectés de la nature et de la vie en extérieur de manière générale.

Et si cette école peut sembler extrême pour certains, elle tente d’apporter une solution au problème de déconnexion avec l’environnement et cela reste une bonne chose.

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