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La Gambie.
- Par Thierry LEDRU
- Le 03/11/2021
Je lis parfois des commentaires très virulents sur l'Afrique.
Je n'y ai jamais mis les pieds et je ne connais que ce que j'en lis. C'est bien évidemment insuffisant.
Il n'en reste pas moins que l'Afrique est un continent et qu'il faut absolument identifier clairement de qui on parle. Ici, il s'agit d'un petit pays, méconnu et je suis allé voir sur une carte pour le situer. J'avais bien une idée mais aucune certitude...
La Gambie, comme beaucoup d'autres états, est durement frappée par le changement climatique, bien que le pays ne puisse être pointé du doigt de façon négative. C'est une des problématiques, et non des moindres, des effets du réchauffement. Les élèves attentionnés payent les conséquences des élèves inconscients. Tous ces élèves dispendieux et gaspilleurs, tous ces élèves pilleurs, et l'Afrique est une terre victime du pillage depuis bien trop longtemps, ne devraient-ils pas désormais se tourner vers les "petits" pays qui souffrent de leur inconséquence ?
On pourrait se dire que les sommes nécessaires sont déjà beaucoup trop importantes.
Faux. L'argent existe, c'est juste qu'il n'est pas utilisé correctement.
02/11/2021 03:31 CET | Actualisé 02/11/2021 15:04 CET
COP26: la Gambie, médaillée d'or des engagements climatiques.
A l'heure de la COP26, zoom sur ce petit pays qui rejette peu de CO2 mais qui voit grand pour le climat. Encore faut-il que la Gambie puisse financer ses ambitions.

SOPA IMAGES VIA GETTY IMAGES
La Gambie, petit pays de l'ouest africain, a de grandes ambitions en matière de politiques climatiques. (Photo au Kenya prise par James Wakibia/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)
COP26 - L’Allemagne prépare sa sortie du nucléaire pour 2022. La France entend décarboner son économie d’ici 2030. La Chine s’engage à atteindre la neutralité carbone en 2060. Alors que la COP26 s’est ouverte lundi 1er novembre, les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète nous noient de promesses, encore loin d’être tenues. Pourtant, il y a un discret pays situé à la pointe ouest de l’Afrique qui a su tirer son épingle du jeu. La Gambie est en effet le seul État dans les clous de l’Accord de Paris sur le climat, a révélé en septembre un rapport du Climate Action Tracker.
Plus précisément, c’est le seul, parmi les 36 pays analysés par cet organisme, à avoir mis en route des politiques climatiques suffisantes pour baisser drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre. Le seul aussi, à ne pas dépasser le cap de la barre “des +2 voire +1,5 degrés” d’ici la fin du siècle. C’est l’orientation demandée aux 197 États signataires de l’Accord de Paris sur le climat, lors de la COP21 de 2015.
Les pays présents à la COP21, souvent citée en exemple, ont retroussé leur manche en 2015. Ils se sont attelés à écrire noir sur blanc des promesses pour 2030, date à laquelle les émissions globales doivent avoir été réduites de 50 %. Ces promesses ont un nom : les Contributions déterminées au niveau national (CDN). Sans surprise, la plupart des États ne les ont pas respectées.
La Gambie médaillée d’or des promesses climatiques
C’est pourquoi Climate Action Tracker a décidé d’évaluer le niveau des promesses non tenues. Deux organismes à but non lucratif, le Climate Analytics et le NewClimate Institute, ont analysé les réels engagements de ces 36 États, parmi les plus gros émetteurs, pour établir un classement.
La médaille d’or des politiques climatiques “suffisantes” revient donc à la Gambie. Sur le podium, on trouve aussi d’autres pays africains comme le Maroc ou le Nigéria dont les mesures sont jugées “presque suffisantes”. Un seul pays d’Europe rejoint ce groupe de bons élèves: la Grande-Bretagne. Quant à l’Union européenne, son engagement est noté “largement insuffisant”. Les bons derniers sont l’Iran, la Russie ou encore l’Arabie Saoudite.
Ce classement récompense la Gambie pour ses efforts. Depuis l’Accord de Paris, le plus petit pays de l’Afrique continentale n’a pas chômé: le gouvernement a lancé en 2018 un plan de restauration de 10.000 hectares de forêts, de mangroves et de savane. Un projet solaire à grande échelle est aussi prévu pour 2024: des systèmes tournant à l’énergie solaire dans 1100 écoles publiques et établissements de santé vont être déployés.
Un pays mis sous le joug des sécheresses
La Gambie est donc sacrément motivée pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Pourtant, le pays n’en émet pratiquement pas. L’Afrique de l’Ouest, qui abrite 5% de la population mondiale, rejette seulement 1,8% des GES de la planète. Peu d’émissions et beaucoup de propositions pour les juguler : c’est très paradoxal.
Soit la Gambie veut être un héros du climat -ce qui ne lui rapporterait pas beaucoup d’argent- soit le pays s’inquiète pour son avenir. La deuxième proposition est, bien sûr, la bonne réponse. Des mesures drastiques se sont imposées à la Gambie qui est déjà touchée par les conséquences du changement climatique.
Il y a une dizaine d’années, la Gambie a connu un épisode de sécheresse dévastateur. Les ménages ont souffert de mauvaises récoltes, de pertes de bétail, et de prix élevés des denrées alimentaires. “Plus d’un million de nos 1,7 million d’habitants ont eu besoin d’aide. Aucun ménage n’a été épargné”,indiqueLamin B. Dibba, ministre de l’Environnement de la Gambie sur le site de l’institut international de l’environnement. La Gambie - et l’Afrique de l’Ouest dans son ensemble - est l’une des régions du monde les plus vulnérables au changement climatique.
Des objectifs qui dépendent de l’aide internationale
Or, ces pays “pauvres” ne peuvent pas répondre seuls aux conséquences du changement climatique. S’ils sont déterminés face aux enjeux, le manque de ressources financières est une barrière majeure à l’application de ces mesures.
Pour faire simple: les pays africains, comme la Gambie, ont deux types d’objectifs. D’une part, les “conditionnels”, ce sont des objectifs souvent très ambitieux mais qui ne verront le jour que si les pays riches leur donnent des sous. D’autre part, les “inconditionnels” qui sont toutes les mesures prises pour le climat sans aide internationale.
Forcément, “les objectifs conditionnels sont plus ambitieux que les inconditionnels, car les pays disent ‘on fera plus si on a des financements internationaux’”, explique au HuffPost Sandrine Mathy, directrice de recherche au CNRS en économie de l’environnement et de l’énergie.
Les pays du Sud attendent l’argent de ceux du Nord
L’aide internationale se fait pour l’instant attendre. Lors des précédentes COP, les pays du Nord avaient promis 100 milliards d’euros à ceux du Sud. Or, “il manque 20 milliards aux 100 milliards promis lors de l’Accord de Paris”, relève Sandrine Mathy.
Mais même si la promesse des 100 milliards était tenue, l’aide resterait insuffisante. Pour s’adapter au changement climatique, 140 à 300 milliards par an sont nécessaires à ces pays, a évalué en 2016 le Programme des Nations unies pour l’environnement. Lors de la COP26, les oreilles seront attentives aux annonces des pays du Nord pour soutenir financièrement ceux du Sud.
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La forêt cathédrale
- Par Thierry LEDRU
- Le 03/11/2021
: "l’idée d’une forêt-cathédrale incite de nouveau les humains à adopter une attitude religieuse vis-à-vis de la nature. Elle fait jouer l’idée de la forêt comme un sanctuaire, c’est-à-dire un lieu inviolable, qu’il faudrait traiter avec déférence, vénération même."
C'est l'usage du mot "cathédrale" qui renvoie à l'idée de religion mais ce que l'expression suppose m'enchante absolument. Il est clair que le poids de la religion est inutile. Il suffirait d'associer ce comportement à une attitude spirituelle pour que les choses soient justes. Car il s'agit bien désormais de s'engager dans une voie de spiritualité au regard de l'impact humain. C'est même la seule solution. C'est là que se trouve la puissance nécessaire pour agir.
" La religion est pour ceux qui ont peur d'aller en enfer, la spiritualité pour ceux qui y sont allés. "
- Proverbe Sioux -
"Dans la perspective de Marx, pour sauver la forêt, il est inutile d’essayer d’en faire un nouveau dieu ; il faut se pencher sur les conditions matérielles de la déforestation, là où sont les intérêts économiques de ceux qui l’organisent et des industries qui en jouissent."
Le concept de Dieu n'a jamais rapproché les humains dans leur entièreté parce que LES religions ont servi les dissenssions. Elles ont surtout servi la soif de puissnace et de pouvoir. Du pouvoir sur les esprits et la puissance qui en émane.
Il ne faut pas déifier la forêt car cela aboutirait encore aux mêmes oppositions.
"Mon Dieu est meilleur que le tien et donc nos forêts nous appartiennent car elles appartiennent à notre Dieu."
On n'en sortira jamais de cette façon. C'est à chacun de se relier à la forêt, à la nature, à la création et il n'est nul besoin d'associer ce cheminement de cœur à une idéologie religieuse. Le cœur et non le mental. La religion est un cheminement mentalisé dès lors qu'il s'appuie sur des textes écrits par des hommes.
"Sauver les forêts, oui – mais sans les idéaliser ?"
Je ne sais pas si on peut se passer, désormais, de l'idéalisation.
N'a-t-on pas trop attendu pour pouvoir se passer d'une forme de sacralisation ? Nos sociétés modernes ont sacralisé le business, la quête de l'avoir, la puissance matérielle et cela jusqu'à puiser inconsidérément dans les ressources de la planète. Est-il possible de freiner cette dévastation de façon cartésienne, dans une logique matérialiste ou devons-nous entrer désormais dans une démarche spirituelle, une forme de dévotion similaire à celle des peuples premiers. Il ne s'agirait pas pour autant de basculer dans le panthéisme puisque cela reviendrait à exacerber les égos et à alimenter les anciens fonctionnements. Le panthéisme est une référence à un Dieu. Qu'il s'agisse de la nature, "Deus sive natura" disait Spinoza, ne change pas le fait que cela reste une référence déique.
Il n'est pas nécessaire de se mettre à genoux au pied d'un arbre et de prier. Il s'agit de le protéger et de l'aimer en tant que forme vivante, indispensable à la survie de Tout. Et de nous. Rien de plus.
Il m'arrive parfois d'imaginer une "intelligence créatrice" devant la complexité du vivant. Je ne l'associe jamais pour autant à une quelconque religion. J'ai lu suffisamment d'ouvrages pour avoir conscience des dérives, souvent épouvantables, que les humains ont perpétré au nom de leur religion.
"Considérons l'importance du retour du spirituel dans nos sociétés : il faut remarquer qu'il n'est plus rattaché nécessairement à des églises, à des croyances religieuses. Il s'est laïcisé. En ce sens, on parle d'une différence entre religion et spiritualité. Pour bien des gens, la religion est identifiée à un ensemble de normes, d'obligations morales et à une appartenance à des institutions ecclésiales, plutôt qu'à une vie spirituelle plus personnelle et incarnée. Aujourd'hui on cherche une spiritualité plus respectueuse du corps et qui valorise les réalités matérielles. On se distancie d'une religion à tendance dualiste et manichéenne ; celle-ci présentait la matière et la sexualité comme mauvaises, et prêchait une moralité stérile et qui générait des sentiments de culpabilités maladives, comme la psychanalyse l'a mis en évidence. Une religion qui n'est pas en mesure de favoriser une spiritualité, c'est à dire une rencontre existentielle, n'est qu'idolâtrie ou même une idéologie."
Voir lien : Spiritualité laïque

La déforestation sur les pentes du mont Rainier, dans l’État de Washington (États-Unis). © Maksim Shutov/Unsplash
L’arbre qui cache la forêt
La nature, nouvel opium du peuple ?
Nicolas Gastineau publié le 02 novembre 2021 4 min
« Ces formidables écosystèmes fourmillants – ces cathédrales de la nature – sont les poumons de notre planète. » Voici un extrait des propos que doit tenir Boris Johnson à la tribune de la COP26, qui se déroule actuellement à Glasgow. Si le Premier ministre britannique fait preuve d’un tel lyrisme, c’est qu’est prévue la signature par plus de cent pays (parmi lesquels la Chine, le Brésil et les États-Unis) d’un engagement à enrayer la déforestation à l’horizon 2030.
Que signifie au juste ce recours à la métaphore religieuse ? Pourquoi avoir besoin de faire de la forêt « une cathédrale » pour encourager à sa protection ? Explications (critiques) avec Karl Marx.
Boris Johnson renoue avec une vieille analogie qui a eu beaucoup de succès dans la poésie romantique au XIXe siècle, celle des forêts comme « premiers temples de la Divinité » chez Chateaubriand, ou si l’on préfère le dire avec Baudelaire, comme d’« un temple » avec ses « vivants piliers ». Le Premier ministre britannique se joint indirectement à cette tradition en pleine COP26 : l’idée d’une forêt-cathédrale incite de nouveau les humains à adopter une attitude religieuse vis-à-vis de la nature. Elle fait jouer l’idée de la forêt comme un sanctuaire, c’est-à-dire un lieu inviolable, qu’il faudrait traiter avec déférence, vénération même. Autrement dit, Boris Johnson entend ici traiter le problème matériel de la déforestation, qui engage des intérêts économiques, par le passage au plan spirituel, en colorant les arbres et la forêt d’une aura de sacré.
Passer par le Ciel pour rendre raison de la terre, c’est bien le reproche que fait Karl Marx à la tradition idéaliste qui l’a précédé. Dans L’Idéologie allemande (1845), il n’a pas de mots assez durs pour les « sornettes idéalistes » de ses prédécesseurs, qui veulent lire l’histoire comme la marche d’une idée ou d’un esprit. « À l’encontre de la philosophie allemande qui descend du ciel sur la terre, c’est de la terre au ciel que l’on monte ici. » Pour Marx, c’est le monde matériel dans lequel l’individu est immanquablement immergé qui le détermine et forme ses pensées. Aussi, ce plan supérieur des idées, ce « ciel » dont la religion est la plus populaire expression, n’est pas un espace autonome ou privilégié, il n’est que le jouet et le reflet des conditions matérielles d’ici-bas : « On ne part pas de ce que les hommes disent, s’imaginent, se représentent, ni non plus de ce qu’ils sont dans les paroles, la pensée, l’imagination et la représentation d’autrui, pour aboutir ensuite aux hommes en chair et en os; non, on part des hommes dans leur activité réelle ». Bref, dans la perspective de Marx, pour sauver la forêt, il est inutile d’essayer d’en faire un nouveau dieu ; il faut se pencher sur les conditions matérielles de la déforestation, là où sont les intérêts économiques de ceux qui l’organisent et des industries qui en jouissent.
D’ailleurs, ce recours au religieux n’est selon lui pas qu’une simple erreur ; plutôt une grave tromperie. Dans la célèbre introduction qu’il écrit pour sa Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel (1843), il estime que « la religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’une époque sans esprit. C’est l’opium du peuple ». Autrement dit, la religion est une illusion opportunément entretenue pour dissimuler les causes matérielles, économiques et non naturelles, de la misère du peuple. Ce nuage de fumée, qui dissimule les souffrances derrière des « cancans littéraires », doit être dissipé pour que les souffrances cessent d’être justifiées et apparaissent dans leur insupportable cruauté. « Le véritable bonheur du peuple exige que la religion soit supprimée en tant que bonheur illusoire du peuple. Exiger qu’il soit renoncé aux illusions concernant notre propre situation, c’est exiger qu’il soit renoncé à une situation qui a besoin d’illusions. »
Dans le cas des forêts, discourir de la forêt-cathédrale, c’est produire de l’illusion à l’endroit d’une nature fantasmée, faute de mettre en œuvre les moyens matériels de la sauver. Pour l’anecdote, Marx écrit d’ailleurs, afin de tourner en ridicule des philosophes romantiques de son époque qui voyaient l’âme allemande dans les forêts : « Le proverbe ne dit-il pas : la forêt ne renvoie jamais en écho que ce qu’on lui a crié ? »
Sauver les forêts, oui – mais sans les idéaliser ?
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L'humusation
- Par Thierry LEDRU
- Le 03/11/2021
C'est une idée qui semble totalement irrecevable ici et c'est pourtant celle qui est partiquée depuis des millénaires un peu partout sur la planète.
Quand on a conscience de l'impact des enterrements ou des créations, on ne peut qu'opter pour ce retour à la terre.
C'est clair qu'il faudra une sacrée rupture dans les traditions pour y parvenir. En France, pour l'instant, il n'en est pas question...
C’est quoi l’Humusation ?
Une idée novatrice qui a besoin de votre soutien.
Lorsque nous mourons, nous n’avons généralement, que deux options pour notre corps: l’enterrement et l’incinération.
Or, l’une et l’autre sont très polluantes et cassent, irrémédiablement, le cercle vertueux de la Vie sur terre
Mais il existe une troisième solution, que nous appelons l’Humusation:
il s’agit d’un processus contrôlé de transformation des corps par les humuseurs (micro-organismes présents uniquement dans les premiers cm du sol) dans un compost composé de broyats de bois d’élagage, qui transforme, en 12 mois, les dépouilles mortelles en Humus sain et fertile.
La transformation se fera hors sol, le corps étant déposé dans un compost et recouvert d’une couche de matières végétales broyées que les Humusateurs ajusteront pour en faire une sorte de « monument vivant ».
En une année, l’humusation du défunt, réalisée sur un terrain réservé et sécurisé qui aura pour nom “Jardin-Forêt de la Métamorphose”, produira +/- 1,5 m³ de “super-compost”.
Suivez ce lien pour comprendre comment cela se déroulera en détail.
Pourquoi choisir l’Humusation ?
L’Humusation, contrairement à l’enterrement ne nécessite:
pas de cercueil
pas de frais de concession dans un cimetière pendant 5, 10, ou 25 ans
pas de frais de pierre tombale, ni de caveau
pas de frais d’embaumement, ni l’ajout de produits chimiques nocifs
pas de charge d’entretien régulier de la tombe pour les proches
pas d’exhumations par les fossoyeurs, pour faire de la place dans les cimetières, quand les tombes sont laissées à l’abandon…
et ne provoque pas de pollution des terres et des nappes phréatiques par la cadavérine, la putrescine, les résidus de médicaments, les pesticides, les conservateurs, les perturbateurs endocriniens,….
L’Humusation, contrairement à l’incinération ne génère:
pas de rejets toxiques dans l’atmosphère, ni dans les égouts
pas de consommation déraisonnée d’énergie fossile (+/- 200 l d’équivalent mazout/personne)
pas de location de columbarium
pas de détérioration des couches superficielles du sol lors la dispersion des cendres
Au contraire, l’Humusation crée un humus riche, utilisable pour régénérer les terres.
Un processus de remise à la terre doux, respectueux de la personne et durable.
Pour en savoir plus, parcourez le BLOG.
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Tourisme spatial
- Par Thierry LEDRU
- Le 02/11/2021
Je trouve que là, on touche le fond. Des milliards d'humains survivent comme ils peuvent, la planète est considérablement impactée par l'activité humaine et il y a donc ces milliardaires qui s'envoient en l'air et qui ont l'affront de dire à leur retour que la Terre est belle vue depuis l'espace.
Les voyages spatiaux : un tourisme ultra-polluant et indécent au profit des plus riches
« En 10 minutes, commente Lucas Chancel, Bezos et ses trois clients vont émettre chacun 75 tonnes de CO2. 10 minutes. Sur terre, il y a un milliard de personnes qui n’atteignent pas ces niveaux d’émissions sur une vie entière. »

22 septembre 2021 - Augustin Langlade
Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !
- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France
Virgin Galactic, Blue Origin, SpaceX, l’émergence du tourisme spatial a marqué par trois fois l’actualité récente. Derrière la soi-disant démocratisation du voyage spatial et les levées de fonds caritatifs, se trouve surtout un tourisme spatial ayant un coût environnemental exorbitant au profit des plus riches. Décryptage.
Des voyages spatiaux pour riches
Le 11 juillet 2021, le vaisseau VSS Unity s’élance de sa base du Nouveau-Mexique, aux États-Unis. À son bord, deux pilotes et quatre passagers civils, dont le milliardaire Richard Branson, fondateur de la compagnie Virgin Galactic, qui a construit l’avion.
Une heure après le décollage, le VSS Unity dépasse 80 km d’altitude. On coupe le moteur. Libérés de leur ceinture, les passagers flottent quelques minutes en apesanteur et admirent la courbure de la Terre.
Richard Branson décrit alors une « expérience unique dans une vie ». Avec son modèle SpaceShipTwo, il est le premier milliardaire à parcourir l’espace dans un engin conçu par sa propre entreprise, dont les vols commerciaux commenceront en 2022.
Le 20 juillet, Jeff Bezos et trois autres passagers s’envolent à leur tour du désert texan à bord du premier vol habité de l’entreprise spatiale Blue Origin, fondée en 2000 par le patron d’Amazon. Revenu au sol, l’homme le plus riche du monde s’étonne de la « fragilité » de la Terre, puis remercie « chaque employé et chaque consommateur d’Amazon » pour leur contribution indirecte à son vol. Blue Origin en promet « beaucoup d’autres » dès 2022.

Jeff Bezos, fondateur et PDG de Blue Origin et Amazon, prend la parole lors d’un événement au Space Launch Complex 36 en Floride pour annoncer le 15 septembre 2015 que Blue Origin construira des fusées touristiques. A ses côtés : Rick Scott, gouverneur de Floride. – Crédit photo : NASA/Kim Shiflett
Le 16 septembre, un troisième vaisseau décolle de Floride. Celui-ci appartient à SpaceX, la célèbre entreprise d’Elon Musk. Baptisée « Inspiration4 », cette mission transporte quatre touristes spatiaux américains, sans équipage professionnel, à une orbite de plus de 575 km.
Avant leur amerrissage, les touristes profitent de trois journées de vacances dans l’espace. À 28 000 km/h, ils font chaque jour plus de 15 fois le tour de la Terre.
« Bienvenue dans la deuxième ère spatiale », déclare à leur retour le responsable de la mission.
Un marché d’un genre nouveau vient de naître.
Lire aussi : « Pour constater que l’intelligence artificielle est très dangereuse, il suffit de regarder dans le passé »
Encore inimaginable il y a quelques décennies, le tourisme spatial connaît un essor considérable, avantagé par l’évolution des moyens techniques et la libéralisation du secteur. SpaceX, Blue Origin, Virgin Galactic, ces trois géants industriels cachent en effet une forêt de plus petites entreprises privées, qui rêvent d’envoyer de riches êtres humains dans l’espace, sur la Lune ou sur Mars, d’y établir des hôtels, voire de véritables colonies.
Des manèges de luxe au coût environnemental indécent
Vols orbitaux et suborbitaux, séjours, tours de la Lune, réalisation de films dans l’espace, ce marché nourrit les projets les plus fous. Bon nombre d’États et d’acteurs privés espèrent d’ailleurs que la « démocratisation » du cosmos favorisera la recherche, ainsi que la conquête (autrement plus difficile) des ressources spatiales.
« Nous vivons une situation analogue à celle du début du tourisme », expliquait au Monde François Graner, directeur de recherche au CNRS, en juin dernier.
Pollution de sites naturels, perte de biodiversité, urbanisation, explosion des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dues au transport : en moins de cent ans, la massification du tourisme a eu des conséquences dramatiques sur la planète. Quelles seront celles, bien terrestres, du tourisme spatial ?
Lire aussi : « 5G : Amazon va envoyer 3 236 satellites en orbite »
Dans un article publié en septembre 2020 par The Conversation (récemment mis à jour), trois physiciens ont tenté d’évaluer le coût que cette industrie touristique encore réservée aux ultra-riches fait peser sur l’environnement.
Toutes les missions, expliquent les chercheurs, n’émettent pas la même quantité de CO2. Plus le trajet du vaisseau est complexe et éloigné de la terre, plus la facture écologique est lourde.
Au premier échelon : les vols dits « paraboliques », déjà très pratiqués. Un avion effectue une succession de paraboles faisant ressentir aux passagers (en échange de 6 000 euros) une certaine apesanteur. Ce « manège de luxe » pollue autant qu’un vol Paris-Varsovie.
Avec les vols suborbitaux comme ceux que proposent Virgin Galactic et Blue Origin, les tarifs explosent (plusieurs centaines de milliers de dollars par personne), tout comme le coût des machines et des installations nécessaires pour les lancer.
Dans ce cas de figure, chaque passager « dépense » en moyenne 4,5 tonnes de CO2 au cours d’un seul vol, soit près de la moitié des émissions annuelles d’un Français.
Elles sont estimées à 11,2 tonnes, toutes activités confondues — nourriture, transport, logement, etc. Pour rappel, l’empreinte carbone moyenne des Français doit baisser d’environ 80% d’ici 2050 pour parvenir aux 2 tonnes de CO2 par an compatibles avec l’Accord de Paris.
Ce n’est pas tout. Un vaisseau comme le VSS Unity, à propulsion hybride, recrache également 0,6 tonne de suies dans la stratosphère. À une telle altitude, entre 30 et 50 km du sol, ces puissants polluants demeurent en suspension pendant une dizaine d’années, contribuant au réchauffement global de la planète.
Dernier échelon (provisoire), les trajets orbitaux ou vers l’ISS. Selon les scientifiques, chaque « vol complet » d’une fusée Falcon 9, celle sur laquelle ont embarqué les quatre touristes de SpaceX, émet environ « 1 150 tonnes de CO2 », soit « 638 ans d’émission d’une voiture moyenne parcourant 15 000 km par an ».
Le passager d’un vol orbital produit donc 65 fois plus de carbone que celui d’un vol suborbital, et 26 fois ce que génère aujourd’hui un Français moyen au cours d’une année.

L’amerrissage de la capsule retour des civils – Crédit : Official SpaceX Photos
Les conséquences environnementales des pollutions indirectes
À ces émissions directes d’équivalent carbone, il faut ajouter toutes les pollutions indirectes qu’induisent la fabrication et le lancement des fusées.
Afin de construire les usines d’où sortiront les pièces, les bases et les pas de tir, d’immenses espaces naturels sont bétonnés : le seul Spaceport America de Virgin Galactic, au Nouveau-Mexique, couvre 73 km2, soit plus de deux fois la superficie de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.
« L’extraction, [le] transport et [la] transformation de matériaux de haute qualité, l’acier ou l’aluminium par exemple, nécessaires pour fabriquer la masse totale des fusées » doivent aussi être pris en compte, tout comme les émissions liées à la « fabrication en amont du carburant ».
Lucas Chancel, codirecteur du laboratoire sur les inégalités mondiales à l’École d’économie de Paris, a « dimensionné » le bilan carbone global des vols opérés par la société Blue Origin de Jeff Bezos.
Selon l’économiste, chaque passager aurait généré 429 tonnes de CO2, « dont 71 tonnes en émissions directes (liées au lancement lui-même) et 358 en émissions indirectes », l’essentiel de celles-ci émanant de « l’énorme logistique » indispensable au moindre décollage.
« En 10 minutes, commente Lucas Chancel, Bezos et ses trois clients vont émettre chacun 75 tonnes de CO2. 10 minutes. Sur terre, il y a un milliard de personnes qui n’atteignent pas ces niveaux d’émissions sur une vie entière. »

Toutes ces pollutions pour… un ping-pong spatial – Crédit : Blue Origin
La « démocratisation » attendue du tourisme spatial, c’est-à-dire l’ouverture de l’espace aux très riches, s’accompagnera de pollutions massives sur l’ensemble de la planète, en particulier dans la stratosphère, où l’air se recycle moins rapidement qu’ailleurs.
Lire aussi : « Les astronomes lancent l’alerte sur les dangers des mégaconstellations de satellites »
Or, Christophe Bonnal, expert au sein du Centre national d’études spatiales (CNES), confie à Libération que « 50 000 personnes seraient d’ores et déjà prêtes à dépenser 200 000 dollars pour une excursion spatiale ».
Des analystes de la banque d’investissement UBS estiment quant à eux que d’ici la prochaine décennie, le marché du tourisme orbital ou suborbital devrait atteindre « 3 milliards de dollars par an, avec une croissance à deux chiffres ».
Entre 1990 et 2015, les 1 % les plus riches ont été responsables de deux fois plus d’émissions que la moitié la plus pauvre de l’humanité. En projetant de faire le tour de la Lune dans deux ans à bord d’une fusée SpaceX, le milliardaire japonais Yusaku Maezawa, magnat de la mode, montre que cet écart terrible n’est pas prêt d’être comblé.
Crédit photo couv : Official SpaceX Photos
22 septembre 2021 - Augustin Langlade
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"Sécheresse en Europe" ARTE
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/11/2021
L'agriculture intensive, les subventions de l'UE, les lobby agro-industriels.
L'agriculture conventionnelle accroît les effets de la sécheresse.
L'agriculture bio permet aux sols de résister.
On est arrivé ici au mois de mars. On a paillé, couvert de broyat et de BRF, on n'utilise aucune machine, on ne tasse pas le sol, on ne le retourne pas. On fait un petit trou, on plante et on repaille.
Aujourd'hui, le sol grouille de vers de terre et de myriades d'insectes. Tous participent à la biodiversité.
Plusieurs voisins sont venus discuter avec nous, surpris par cette méthode. Impressionnés par le rendement du terrain en aussi peu de temps.
Nos récoltes sont déjà suffisantes pour nous nourrir.
C'est une petite surface. Le potager couvre à peu près 250 m² pour l'instant. Rien n'empêcherait d'étendre cela à des hectares entiers.
Ces derniers jours, nous avons planté à peu près quarante arbres et arbustes. Le jardin-forêt prend forme. De multiples espèces différentes de pommiers, poiriers, mirabelliers, abricotiers, cerisiers, argousiers, amélanchiers, oliviers de Bohème, baie de goji, goumi du Japon, févier d'Amérique, kiwaï, kiwis, vignes, groseilles, groseilles à maquereaux, cassis, framboises, pruniers, caraganier, chalef d'automne, feijoa...On installe des "corridors" entre les plants, des lieux réservés aux légumes, tout ce qui pousse ici se mélange. Pas de rang, pas de places attribuées, séparées, isolées. Tout est relié. On a semé de "l'engrais vert" aux pieds des arbres, sur le maximum de surface. Cet engrais vert couvrira le sol le moment venu. Le sol n'est jamais, jamais mis à nu...La terre n'est jamais retournée au-delà du trou qui accueille le plan. On désherbe le tour de l'arbre pour que l'eau s'infiltre, sinon les graminés en absorbent une trop grande quantité. Toutes les adventices sont laissées sur place, racines à l'air. Elle se décomposent et nourrissent le sol. Des bacs à compost pour la formation du terreau et une partie des épluchures et "déchets verts" sont étalés directement sur le terrain. Plusieurs zones sont dédiées à l'accumulation de bois morts et de ronces pour que les insectes y trouvent des abris. Il ne s'agit pas d'adapter le terrain mais de nous adapter au lieu en y plantant ce qui nous importe. L'objectif est de rester au plus près de la nature et de son extraordinaire équilibre.
Maintenant, c'est évident que le travail humain, et non mécanisé, demanderait des changements de comportements très importants.
Des tas d'expériences sur des surfaces de grande taille ont montré que tout cela est possible.
La sécheresse réclame ces changements. Il n'y a pas d'autre solution.
"Les forêts précèdent les peuples; les déserts les suivent"
Apocryphe attribué à Chateaubriand.
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Quel niveau de sobriété faut-il viser?
- Par Thierry LEDRU
- Le 31/10/2021
Le concept de "sobriété" ne date pas d'hier mais cette étude est la plus récente que je connaisse (merci à Bernard pour me l'avoir envoyée :)
La conclusion de l'étude ne laisse guère d'illusions sur la suite.
Rien ne se fera volontairement tant que la situation ne sera pas devenue dramatique mais lorsqu'elle sera devenue dramatique, il sera bien trop tard car les changements climatiques ne se résolveront pas en quelques années. Les vingt prochaines années vont déterminer les cent prochaines, au bas mot...Comprendre les enjeux énergétiques et leur impact sur notre monde
Quel niveau de sobriété faut-il viser?
Les discussions sur la transition énergétique se terminent souvent sur le constat que la sobriété est importante. L’ennui, c’est que ce concept n’est pas défini. Quel serait un mode de vie compatible avec les limites planétaires? Faut-il retourner à civilisation purement agraire? Ou à l’âge de pierre? Une étude publiée en 2020 s’est intéressée à la question de l’énergie nécessaire au maintien d’un mode de vie « décent ». Leur conclusion : il est aujourd’hui possible d’avoir des frigos et des téléphones tout en consommant moins d’énergie que des paysans du XIXe siècle.
L’étude, dirigée par Joel Millward-Hopkins de l’Université de Leeds, s’intéresse d’abord aux niveaux historiques de consommation énergétique. Les chasseurs-cueilleurs de la fin du Paléolithique consommaient environ 5 GJ d’énergie par année par personne sous forme d’aliments et de bois pour le chauffage et la cuisson des aliments. En 1850, ce niveau de consommation atteignait environ 20 GJ. De nos jours, il est de 80 GJ en moyenne, mais avec d’importantes disparités entre pays : il se situe à 5 GJ à peine dans certains pays et dépasse 200 GJ dans les pays les plus riches. Un gigajoule équivaut à environ 278 kWh et 80 GJ valent 22 222 kWh.
Enjeux de modélisation
Il existe deux approches de modélisation pour déterminer l’énergie nécessaire pour répondre aux besoins humains de base. La première est une approche descendante, où l’on utilise les données existantes pour faire un rapprochement entre la consommation d’énergie et les résultats en termes de qualité ou d’espérance de vie. Une étude antérieure, par exemple, a montré que les pays qui atteignent un indice de développement humain jugé raisonnable de 0,8 consomment entre 30 et 100 GJ d’énergie par personne et par année.
La limite de l’approche descendante, c’est qu’elle ne mesure que les systèmes existants et présume que ceux-ci vont rester semblables à l’avenir. Les approches ascendantes évitent cet écueil en construisant une liste des besoins jugés essentiels et en mesurant les ressources nécessaires pour les fournir aux populations concernées. Les travaux de Millward-Hopkins appartiennent à cette catégorie, qui a elle aussi une longue histoire. Une étude de 1985 concluait qu’on pouvait couvrir les besoins humains de base pour environ 30 GJ par personne par année. Plus près de nous, une étude de 2019 concluait que les besoins en Inde, au Brésil et en Afrique du Sud étaient de l’ordre de 12 à 24 GJ.
L’équipe de Millward-Hopkins a aussi fait un autre choix important, celui de compter en termes d’énergie finale (ou énergie nette) plutôt qu’en termes d’énergie primaire. La conversion de l’énergie primaire en énergie finale, par exemple l’utilisation du charbon pour produire de l’électricité, entraîne des pertes considérables. Ceci fait en sorte que les systèmes énergétiques à base fossile semblent offrir plus d’énergie que ceux à base renouvelable, alors que l’énergie réellement rendue disponible aux citoyens est équivalente. Le choix de l’énergie finale comme unité de mesure donne donc une base de comparaison équitable entre les deux systèmes.
Les résultats
La manière dont le mode de vie « décent » a été défini serait trop longue à résumer ici. Le niveau de vie retenu dans le scénario de base est beaucoup plus explicite et est décrit comme suit :
Nutrition : Une diète de 2000 à 2150 calories par jour, plus un frigo comportant un congélateur, plus un appareil de cuisson. Produire tout ceci représente environ 3 GJ par année (on ne compte pas la valeur énergétique des aliments eux-mêmes), dont 0,5 GJ seulement vont au frigo et à la cuisson.
Habitation : Ménages de quatre personnes en moyenne, apportant 15 m² par personne. Cet espace est maintenu à environ 20 degrés pendant toute l’année. Fournir cet espace représente de 2 à 4 GJ par année et le « confort thermique » coûte de 0,02 à 0,06 GJ/m² en moyenne, selon le climat. L’éclairage coûte 0,014 GJ par mètre carré.
Hygiène : Le modèle compte 50 litres par personne par jour, dont 20 litres d’eau chaude. Les besoins en énergie se situent entre 0,0001 et 0,0002 GJ par litre. Il existe aussi un système de collecte des ordures, au coût de 0,0180 GJ par personne. Au total, environ 1,5 GJ par année.
Vêtements : On compte 4 kilos de vêtements neufs par année (à environ 0,1 GJ par kilo) et 80 kilos de lessive, pour environ 0,002 GJ par kilo. On compte aussi des écoles et des hôpitaux, dont le coût au mètre carré est important, mais partagé entre de nombreux utilisateurs. Au total, environ 1,5 GJ par année.
Communication et information : On compte un téléphone par personne âgée de dix ans et plus, pour environ 0,1 GJ. On compte aussi un ordinateur portable par ménage, au coût de fabrication de 3 GJ chacun (amorti sur de nombreuses années), plus 0,2 GJ par année pour l’utilisation. Enfin, le coût des réseaux est estimé à 0,4 GJ par année par personne. Au total, environ 1,5 GJ par année.
Mobilité : On mise sur des déplacements motorisés de l’ordre de 5 000 à 15 000 km par année (tous modes de transport confondus). La production des véhicules coûte de 0,0001 à 0,0003 GJ par kilomètre parcouru, un peu moins pour leur alimentation. L’entretien des infrastructures revient aussi à 0,0001 à 0,0003 GJ par kilomètre. Au total, la mobilité représente environ 3 GJ par année.

Au total, la consommation énergétique se situe entre 13 et 18,3 GJ par année dans les 119 pays étudiés, pour une moyenne de 15,3 GJ par année seulement – moins que les 20 GJ consommés en 1850 dans des systèmes à l’efficacité énergétique très médiocres. Trois cas de figure sont donnés en exemple. D’abord le Rwanda, à 13 GJ, où les besoins en mobilité et en chauffage et climatisation sont faibles. Ensuite, l’Uruguay, à 16 GJ, où les besoins de mobilité sont élevés, mais le besoin de confort thermique est moyen. Et enfin le Kirghizstan, à 18,3 GJ, où les besoins de mobilité et de confort sont élevés.
Ces besoins énergétiques sont calculés en fonction de la meilleure technologie actuellement disponible et ne requièrent aucune percée technologique majeure. Cette hypothèse surestime quelque peu l’efficacité énergétique moyenne des systèmes actuellement en place et suppose donc un effort actif de transition. Au total, les besoins énergétiques de l’humanité sont de l’ordre de 149 exajoules, ce qui est de 60 % inférieur à sa consommation actuelle et 75 % en deçà des objectifs fixés par l’Agence internationale de l’énergie pour 2050.
Les chercheurs ont évalué quelques scénarios alternatifs. Un scénario de demande élevée, où la réduction des besoins n’est pas aussi efficace que prévu, débouche sur une consommation annuelle de 24 GJ par année. Dans un scénario où la meilleure technologie n’est pas mise en place partout, la consommation atteint 26 GJ. Et enfin, dans un scénario combinant forte demande et technologie moins avancée, la consommation atteint 40 GJ. Ceci représente 400 exajoules d’énergie au total en 2050 – ce qui correspond au scénario de développement durable de l’Agence internationale de l’énergie.
Conclusions
Les chercheurs admettent que leurs travaux évitent la question la plus compliquée : comment passe-t-on de la situation actuelle à ce système sobre, qui suppose une décroissance importante dans de nombreux pays et la mise en place d’une économie à croissance zéro? Par contre, leurs résultats apportent une réponse au cliché selon lequel les écologistes veulent nous ramener à l’âge de pierre. Si le système proposé n’est pas exubérant, il assure quand même un logement confortable et un téléphone, ainsi que l’éducation et les soins de santé universels. Les chercheurs estiment aussi que cette sobriété pourrait déboucher sur une réduction importante du temps de travail.Les chercheurs soulignent toutefois que la sobriété proposée, qui repose sur des principes d’égalité et de suffisance, est incompatible avec les propositions courantes de croissance verte, de consumérisme vert et de croissance économique infinie.
Source :
Millward-Hopkins, J., et al. (2020). « Providing decent living with minimum energy: A global scenario. » Global Environmental Change 65 (September): 102168-102168.
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La souveraineté du business
- Par Thierry LEDRU
- Le 31/10/2021
La France n'a plus aucune souveraineté mais L'UE n'en a pas davantage, ni même les USA, ni même la Chine, ni aucun état parce que la seule souveraineté, c'est celle du business et il n'a aucune frontière.
C'est un meta-système, une imbrication planétaire qui dépasse les gouvernements eux-mêmes, une sorte de mouvement perpétuel qui a sa propre existence désormais, une existence entretenue par les états qui en dépendent eux-mêmes mais dont ils ne contrôlent pas les mouvements malgré l'illusion du pouvoir en lequel ils continuent à croire. Regardons par exemple ce que fait Total en Ouganda avec l'aval du gouvernement.
Qui possède le pouvoir ? Total, IBM, Apple, Exxon, Microsoft, Amazon, les banques, la FED, la BCE...Les financiers, les tenants du business. Et tous ceux-là se contrefichent de la souveraineté ou du pouvoir des gouvernements. Tout s'achète, tout se corrompt, tout se pervertit. Seul le business compte. Le business intervient partout, au-delà des frontières, par-delà les gouvernements qui s'imaginent encore contrôler le processus alors qu'ils sont eux-mêmes assujettis. Tous vassaux et un seul roi : le business.
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Un business mortifère
- Par Thierry LEDRU
- Le 31/10/2021
Nous sommes les participants enthousiastes ou réfractaires d'un business planétaire et nous ne pouvons pas en sortir. Et c'est justement parce que nous n'avons plus la possibilité d'en sortir que ce business planétaire court à sa perte. Par épuisement des ressources, par une dévastation effrénée.
Ça prendra un certain temps mais c'est inéluctable.
Il ne nous reste qu'à nous y préparer et en fait pas grand monde, actuellement, n'a idée de ce que ça signifie.
L'explication est très simple, je l'ai déjà postée.
Le business. Nous sommes les proies du business et en même temps son moteur. Et c'est en cela que c'est effroyable. Car pour nous sauver, il faudrait que nous nous amputions de nous-mêmes tellement ce business est devenu une partie de nous.
Il n'y a pas de solution. Nous allons donc poursuivre sur cette voie jusqu'à ce que la Nature vienne entraver le convoi.
Le problème, c'est que ce convoi ne supporte aucunement l'entravement. Il ne sait pas ralentir, il sait encore moins s'arrêter. Il a donc décidé d'aller jusqu'au déraillement. Coûte que coûte. Persuadé que le progrès contient en lui-même la résolution aux problèmes qu'il génère.
L'humanité vit hors sol et s'imagine que le convoi taille sa route dans une Nature qu'il domine. Ce fameux "environnement". Comme s'il y avait nous, les humains et puis le reste. Pure folie. Il n'y a qu'une réalité. C'est le Tout. Nous nous en sommes extraits, nourris par la puissance du business, nourris par le progrès.
La Nature n'a pas besoin de nous. Elle est un Tout et elle peut se passer d'une partie.
Pluie au Groenland, chaleur record en Europe... L'ampleur de la crise climatique révélée dans un rapport de l'Organisation météorologique mondiale
Le document dévoilé dimanche 31 octobre liste les phénomènes météo extrêmes observés sur la planète en 2021 et pointe le rôle du changement climatique.
Article rédigé par

France Télévisions
Publié le 31/10/2021 16:00Mis à jour il y a 44 minutes
Temps de lecture : 4 min.

Une autoroute sous les eaux après des pluies diluviennes, à Erftstadt, dans l'ouest de l'Allemagne, le 17 juillet 2021. (SEBASTIEN BOZON / AFP)
Des inondations mortelles en Allemagne, en Belgique ou encore en Chine, des incendies dévastateurs en Sibérie, en Turquie ou en Californie, des canicules délirantes au Canada comme dans le sud de l'Europe... L'année 2021 a été riche en événements extrêmes. Ce constat est confirmé par la publication, dimanche 31 octobre, du dernier rapport sur l’état du climat de l’organisation météorologique mondiale (OMM).
Ce rapport de synthèse, réalisé à partir des données récoltées par des organismes scientifiques internationaux, est rendu public alors que s'ouvre la COP26, à Glasgow (Ecosse). Pendant deux semaines, chefs d'Etats et négociateurs doivent s'accorder sur la marche à suivre pour maintenir la hausse des températures sous la barre des 2 °C par rapport à l'ère préindustrielle, niveau au-delà duquel les conséquences seraient "catastrophiques". Voici ce qu'il faut en retenir.
Les sept dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées
L'année n'est pas encore terminée, mais les données épluchées par les experts de l'OMM sont formelles : 2021 figurera au sixième ou septième rang du classement des années les plus chaudes jamais enregistrées. Selon l'organisation, qui émane des Nations unies, les sept dernières années se trouvent en fait toutes dans ce classement.
En début d'année, la planète a pourtant bénéficié de l'effet rafraîchissant du courant marin La Niña, observé dans le Pacifique sud, mais dont les répercussions (à l'instar de son complice El Niño et son pouvoir réchauffant) se font sentir sur les températures moyennes à l'échelle mondiale. Selon l'OMM, la température moyenne du globe a ainsi été entre 0,18 °C et 0,26 °C plus chaude que 2011, la dernière année marquée par "La Niña".
Par rapport au niveau préindustriel, 2021 se situe à +1,09 °C, poursuit l'OMM. Pour rappel, l'accord de Paris a pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre, afin de maintenir la hausse des températures sous la barre des 2 °C, de préférence à + 1,5 °C d'ici 2100.
Le record de chaleur a été battu en Europe
Plusieurs pays et régions du monde ont battu des records de chaleur cette année. En atteignant les 48,8 °C, une station météo de Sicile a ainsi décroché le 11 août le record prévisionnel de chaleur en Europe.
La hausse annuelle du niveau des océans a été multipliée par deux
Cette année a aussi été exceptionnellement chaude pour les océans, explique le rapport de l'OMM, rappelant que cette hausse des températures marines entraîne une expansion des océans, à laquelle s'ajoute l'apport en eau provenant de la fonte des glaces qui fait grimper le niveau de la mer. Rapidement. Alors que ce niveau avait augmenté de 2,1 mm par an entre 1993 et 2002, la hausse a été depuis multipliée par deux, relève l'organisation : le niveau des mers a ainsi augmenté de 4,4 mm par an entre 2013 et 2021, "surtout en raison de la perte accélérée de la masse de glace des glaciers et de la calotte glaciaire".
Il a plu pour la première fois au sommet du Groenland
En août 2021, des conditions exceptionnellement chaudes et humides ont touché le Groenland, pointe encore le rapport. Summit Station, le point le plus haut de l'île de glace, à 3216 m d'altitude, a connu des températures positives pendant neuf heures, le 14 août. Résultat : il a plu. Un phénomène qui n'avait jamais été enregistré dans cette station.
Summit Station a ainsi connu des conditions de fonte pour la troisième fois ces neufs dernières années. Selon l'OMM, les études menées sur les noyaux de glace montrent que cela n'était pas arrivé au XXe siècle.
Des épisodes de sécheresse et des précipitations intenses à travers le monde
Dans son rapport, l'OMM fait état d'épisodes pluvieux particulièrement intenses en 2021 : pendant l'épisode qui a frappé la province du Hunan en Chine entre le 17 et le 21 juillet, la ville de Zhengzhou a reçu 201,9 mm de pluie en une heure, battant le record chinois. Au total, 720 mm de pluie ont été déversés pendant la durée de l'épisode, soit plus que la moyenne pluviométrique annuelle dans la région. L'Europe de l'Ouest, le nord de l'Amérique du Sud et des parties de l'Afrique de l'Est ont également connu des inondations.
A l'inverse, la sécheresse a frappé l'Amérique du Sud subtropicale, provoquant d'importantes pertes dans les récoltes, notamment de café, dans le sud du Brésil. La sécheresse a également touché le sud-ouest des Etats-Unis ainsi que l'île de Madagascar, dans l'océan Indien, provoquant une grave crise humanitaire.
Oui, c'est le réchauffement climatique
La météo et le climat sont deux choses distinctes. Cependant, le réchauffement climatique augmente la probabilité que ne surviennent des évènements météorologiques extrêmes. Ainsi, des études dites d'"attribution rapide" ont établi le lien entre la vague du chaleur qui a fait flamber le sud-ouest du Canada et le nord-ouest des Etats-Unis fin juin et début juillet. Un tel phénomène "est toujours rare ou très rare dans le climat actuel, mais aurait été virtuellement impossible sans le réchauffement climatique", résume l'OMM.
De même, les inondations observées en Europe de l'Ouest en juillet "ont été rendues plus probables par le réchauffement climatique". Des conclusions qui font écho à celles du Groupe d'experts international sur le climat (Giec), exprimées dans le premier volet de son sixième rapport, publié en août.
