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Thierry LEDRU
Le 29/06/2014
Demain, je retourne dans ma classe. Pour quatre jours.
Le seul moyen pour que le rectorat ne compte pas mes congés d'été en congé maladie.
Système totalement absurde mais je n'en suis plus à une absurdité près de leur part.
J'ai pleinement conscience que le contenu de ce blog a beaucoup changé dans les derniers mois.
Cette désintégration de l'enseignement, les drames de ce monde, la violence des Puissants, tout ce qui doit être dénoncé, sans cesse, tout ce qui doit être partagé; cette utilisation de la technologie qui crée des passerelles.
Il n'est plus possible aujourd'hui de dire qu'on ne pouvait pas savoir.
Mais dans cette quête de l'information réelle, qu'en est-il de l'individu ? Est-il phagocyté par cette dépense d'énergie ? Existe-t-il autrement que dans ce combat qu'il mène ?
Je suis en tout cas surpris de l'effacement progressif de ma vie passée...
Je ne suis plus enseignant. J'aurai au moins réussi à faire le point là-dessus.
De la douleur, immense, de la culpabilité qui me ronge, de la tristesse qui m'assomme, j'ai fini par basculer dans l'oubli. Tout s'évanouit et je n'ai aucun désir de réactiver les images du passé.
Je continuerai à suivre les effets de cette Réforme parce que je veux savoir si ce que je prophétise se réalisera. Je n'en ai guère de doute, malheureusement.
Devant l'entêtement du gouvernement, j'en arrive même à penser que ces conflits sont intentionnels, que le gouvernement savait très bien, dès la conception de cette réforme, que les Communes ne pourraient pas suivre, que les problèmes pour les familles seraient infinis, que la dégradation des conditions de vie et d'enseignement seraient exponentielles.
Pour quelles raisons le GVT aurait-il fomenté un tel projet ?
Imaginons que des dizaines de communes continuent à refuser l'application de cette Réforme, que le GVT se retrouve devant la justice, que des interventions coercitives soient mises en place, que les conflits prennent une ampleur considérable...
Imaginons que le GVT décide dès lors de se retirer...De déléguer intégralement la responsabilité de l'organisation de l'enseignement aux communes.
"Puisque des Maires et des familles refusent ce que nous proposons, et bien nous avons décidé que désormais l'enseignement serait à la charge des communes, qu'elles auront pour responsabilité de trouver des enseignants, qu'elles les paieront...Les établissements appartiennent aux Communes et désormais les enseignants seront leurs salariés."
N'est-ce pas cela l'objectif final ?
Je n'en ferai pas partie en tout cas.
C'est aux familles de prendre leurs responsabilités.
Moi je ne suis qu'un pion épuisé.
Demain, je retournerai devant les enfants. Quatre jours à tenir. Comme si le cadavre que j'ai enterré au fond du jardin devait sortir de sa boîte. Une dernière fois.
Enterrement de dernière classe...
Par
Thierry LEDRU
Le 14/05/2014
Aujourd'hui, j'ai fabriqué une belle caisse en bois, un cercueil avec des palettes récupérées sur un chantier. Pas la peine d'aller massacrer un arbre pour si peu.
Dedans, j'y ai mis trente-sept ans de carrière.
J'ai cloué le couvercle, j'ai mis la caisse sur une brouette et je suis descendu en bas du jardin.
J'ai fait un trou au pied d'un mélèze, un bel arbre que j'avais ramené du Queyras.
J'ai descendu la caisse et j'ai rebouché le trou.
C'est une fois debout devant la terre frâichement retournée que je me suis mis à pleurer.
Les souvenirs ont déboulé comme une avalanche de printemps, un gros rouleau compresseur, de ceux qui vous broient et font de votre corps une pâte informe.
Mon premier poste. J'avais dix-neuf ans. Une classe unique dans le fin fond de la Bretagne. Coëtlogon. Douze enfants de la moyenne section au CM2. J'ai tellement aimé ces enfants que j'en ai écrit un roman. "Jusqu'au bout. "
Eh bien, ça y est, je suis allé jusqu'au bout de ce que je pouvais donner. Non pas que je n'aime plus les enfants, loin de moi cette idée mais je ne supporte plus ce que les politiciens ont fait de ce métier.
Je me souviens que j'avais emmené ces enfants à Camaret, voir l'Océan. On a campé pendant une semaine. Escalade dans les falaises de Pen Hir, des marches à la journée dans la lande.
Dans le village, entouré par les bois, les jours de classe, quand il faisait beau, on allait dans notre cabane et je leur lisais "L'appel de la forêt", "L'enfant et la rivière", "L'inconnu sur la Terre"...
Je les ai tellement aimés...Ce bonheur du partage, leurs visages heureux et nos éclats de rire.
Les journées en classe, il y avait une table immense au fond de la salle, une oeuvre d'art, un plateau arrondi avec un banc en cercle qui faisait le tour. On pouvait tous s'y asseoir. En hiver, on se chauffait avec un poêle à bois. Les enfants venaient à pied à l'école, ils passaient à travers champs. On avait tous des chaussons aux pieds dans la classe. J'avais mis des chutes de moquette au sol et on s'allongeait pour écouter de la musique. Les plus grands s'occupaient des plus jeunes et je répondais simplement à leurs demandes. On apprenait tous ensemble.
J'ai sûrement mal fait mon travail de classe, j'étais seul et sans aucune connaissance pédagogique...J'ai fait ce que je pouvais...
David, Léo, Olivier, Héléna, Gwenaëlle, Fabrice, ... Aujourd'hui, ils ont entre 35 et 42 ans...
Et puis, il y a eu Laniscat, Hanvec, Pont de Buis, Merdrignac, Loudéac, Landerneau, Landéda, Sizun, Huelgoat, du Finistère aux Côtes d'Armor...Et puis la haute Savoie, l'Isère, la Savoie....Dix-sept déménagements en trente-deux ans. Plus d'un millier d'enfants. Dix ans de remplacements.
Tellement d'enfants, tellement de visages...
Archanmaël...Un garçon à Hanvec. Au CE2. Un jour, je le vois lire dans la cour de l'école. Je m'approche et je regarde la couverture : "La peste" Camus...
On discute un peu et il me dit : "En fait, il parle de la guerre..."
J'ai connu des enfants apathiques, passionnés, éteints, énergiques, rebelles, des enfants adorables, des enfants intenables, curieux, vifs, plein d'humour ou totalement hermétiques, des enfants voleurs, charmeurs, querelleurs, menteurs, des enfants fragiles, inquiets, des enfants détruits, des enfants inconsolables, des enfants cancéreux, des enfants cardiaques... Jamais, je n'en ai laissé un seul sur le côté. Jamais. Je me suis sûrement trompé parfois, j'ai sûrement fait du mal, il y a inévitablement des situations où je n'ai pas agi comme il fallait. Mais jamais, je n'ai cherché à les soumettre ou à les blesser.
François est mort renversé à la descente du car, devant ses camarades.
Alexandre est mort avant de recevoir une greffe de coeur.
Lison est morte d'un cancer.
Un jour, il y avait dans la classe une place vide et nous pleurions. Tous ensemble.
J'ai donné tout ce que je portais. Tout mon amour et mes insuffisances. Mais avec une foi constante en eux. Je ne les ai jamais jugés, je ne les ai jamais condamnés. J'ai eu des moments de colère. Jamais contre eux mais contre ce qu'ils pouvaient avoir fait.
J'ai eu des moments de colère contre moi. Je n'en ai plus. J'ai fini par accepter mes faiblesses et c'est parce que je les ai acceptées que j'ai pu enfin les comprendre.
Et maintenant, je suis debout devant le trou rebouché.
Et je pleure cette vie finie.
À tous et toutes.
Sachez que je vous ai aimés.
Par
Thierry LEDRU
Le 13/05/2014

Le gouvernement a décidé de détruire l'école que j'aimais.
L'Education nationale n'existe plus.
Le projet de l'État est de se désengager financièrement, d'abandonner l'école publique, de la morceler, d'en affaiblir la qualité, encore et encore, sous couvert de lois progressistes..
La chronobiologie est une fumisterie totale, un prétexte qui ne répond absolument pas aux priorités.
La baisse du chômage est une priorité bien plus présente pour l'État. Les TAP sont là pour ça.
La concentration des écoles.
Le transfert inéluctable des enfants vers les écoles privées. Deux formes d'enseignement à venir : les enfants favorisés par le niveau social de la famille et les autres.
La territorialisation de l'enseignement. Les charges aux communes, selon leurs moyens, la fin inévitable des petites écoles qui ne pourront financer les activités péri scolaires, des mairies qui iront jusqu'à souhaiter, voire accélerer les fermetures de classe. Le coût des transports suffira à mettre le budget municipal en péril.
Je renvoie vers la lecture du cahier numéro 13 de l'OCDE. Le projet n'est pas celui qui est présenté dans les "merdias."
Les inégalités territoriales seront immenses et source de multiples dérives.
La fatigue des enfants et par conséquent les effets sur les apprentissages renforceront le désastre en cours.
Les effectifs dans les classes atteindront des seuils jamais connus. Fermetures des petites écoles rurales et donc concentration urbaine ajoutée à la diminution du nombre d'enseignants.
Les entreprises entreront inévitablement dans les écoles en "sponsorisant" les activités. L'éducation deviendra un marché. Les enfants subiront un conditionnement considérablement puissant. Futurs consommateurs. Main d'oeuvre exploitable, reconnaissante, soumise, léchant la main tendue de son Maître.
La dernière chose qui me tenait encore debout, celle qui nourrissait encore mon engagement, c'était le bien être des enfants dans ma classe.
Hier, jour de rentrée scolaire...
La directrice m'arrête dans le couloir pour me dire que des parents sont venus se plaindre que leurs enfants subissent un harcèlement constant, dans ma classe, de la part d'autres enfants, un groupe important contre deux enfants.
Dans MA classe.
Je n'ai pas été informé, ni invité. Les réclamations se sont faites vers la hiérarchie et la hiérarchie me demande d'être vigilant...
Et qu'est-ce que je fais, à chaque instant, et chaque année, quels sont mes objectifs, mes attentes, mes exigences, mes valeurs, quelle est ma vision de l'enseignement ? Combien de fois je suis intervenu pour que les enfants se respectent, ils savent ce que j'ai subi à l'école, ils savent à quel point j'en ai souffert, ils savent que c'est inacceptable...
Des heures à leur parler d'amour, de respect, à leur expliquer les phénomènes de groupe, le mal immense que ça peut faire...
Et pourtant...
Tout ce que je dis sur la vie en communauté, tous les textes philosophiques, toute la dimension existentielle, cette volonté constante d'établir un sanctuaire.
Des heures à leur lire des textes de philosophes, à leur expliquer l'importance considérable de l'observation de soi...
Et pourtant...
Constat sans appel : Je ne parviens plus à faire de ma classe un sanctuaire et j'ai toujours pensé que si un jour, je ne me sentais plus en capacité d'élever la conscience des enfants dont j'ai la charge, je partirai.
Je suis allé dans ma classe, hier soir, j'ai décroché des murs tous les textes des philosophes écrits sur de grands panneaux calligraphiés, j'ai ramené chez moi tous les livres personnels que je prêtais aux enfants.
De toute façon, ils ne les lisaient pas. Et d'ailleurs, combien d'entre eux lisent encore ? Parfois ...Quelques lignes...
Un enterrement. Un désastre.
J'ai fermé ma classe et je n'y retournerai plus.
Trente-deux ans à lutter.
Clap de fin.
Je n'irai plus.
C'est mort.
Cataclysme.
Il ne reste qu'un champ de ruines.
Et je vais tourner le dos à ce champ de batailles.
Il faut que je sauve ma peau.
Pour ma femme, pour mes trois enfants.
Et pour moi.
Je refuse de collaborer au démantèlement de l'école et je n'ai plus l'énergie de lutter contre les dégâts de ce monde sur les enfants que je rencontre. C'est au-delà de mes forces.
Et tant mieux.
A partir d'aujourd'hui, j'entre en désobéissance civique.
Enterrement de dernière classe...
Après ça, il n'y aura plus rien.
Par
Thierry LEDRU
Le 06/04/2014
| Christian Beullac | UDF | Ministre de l'Éducation | ||
| Alain Savary | PS | Ministre de l'Éducation nationale | ||
| Jean-Pierre Chevènement | PS | Ministre de l'Éducation nationale | ||
| René Monory | UDF | Ministre de l'Éducation nationale | ||
| Lionel Jospin | PS | Ministre d'État de l'Éducation nationale, de la Recherche et des Sports | ||
| Jack Lang | PS | Ministre de l'Éducation nationale et de la Culture | ||
| François Bayrou | UDF | Ministre de l'Éducation nationale | ||
| Claude Allègre | PS | Ministre de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie | ||
| Jack Lang | PS | Ministre de l'Éducation nationale | ||
| Luc Ferry | UMP | Ministre de la Jeunesse, de l'Éducation nationale et de la Recherche | ||
| François Fillon | UMP | Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche | ||
| Gilles de Robien | UMP | Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche | ||
| Xavier Darcos | 23 juin 2009 | UMP | Ministre de l'Éducation nationale | |
| Luc Chatel | 23 juin 2009 | UMP | Ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative | |
| Vincent Peillon | PS | Ministre de l'Éducation nationale | ||
| Benoît Hamon | En fonction | PS |
Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
|
La liste des ministres de l'En depuis ma première année comme instituteur.
Lequel a pris en considération l'enfant avant l'élève ?
Aucun.
Peillon a fini de pourrir la maison. Hamon va se charger de compter les morts. Belkacem viendra pisser sur les tombes.
Je n'ai aucun espoir d'une rupture catégorique dans la politique éducative de ce pays.
Même si cette réforme était abandonnée ou modifiée, il est clair que la dimension existentielle, holistique, philosophique n'existera jamais autrement que dans des classes occupées par des esprits rebelles.
Je leur souhaite la plus grande énergie.
Moi, je n'en ai plus.
Il ne reste que le dégoût devant cet épouvantable gâchis.
Rien ne changera. Ils reprendront les programmes, ils ajusteront les activités périscolaires, ils demanderont de la patience et l'engagement des enseignants, des parents, des communes...Jamais, ils ne parleront des enfants. Ils joueront sur la culpabilité, ils traiteront le milieu de mammouth, les syndicats gesticuleront, la FCPE continuera à se prostituer pour ses subventions, la droite critiquera la gauche jusqu'à ce qu'elle repasse au pouvoir et que la gauche lui tombe dessus, le jeu des chaises musicales reprendra, ils toucheront leurs salaires et leurs primes, ils cumuleront leurs droits à la retraite et seront défiscalisés, la populace se plaindra mais les enfants continueront à aller à l'école...
Que faire ? La désobélissance civile.
Blocus complet de toute la sphère administrative, aucun retour de documents, aucune statistique, aucun tableau, aucun graphique, aucune réunion, aucun effectif, aucune concertation, refus des inspections, fermeture des boîtes mail professionnelles...Mais jamais de grève.
Une information continue aux parents d'élèves, une école ouverte et bienveillante, une quête d'unité.
Les communes suivraient parce que leur budget scolaire va les étouffer ou générer des conflits interminables. Que le choix se porte sur une hausse des impôts, la suspension des subventions aux associations sportives et culturelles, une participation financière des familles, quel que soit la solution retenue, il ne s'agira plus jamais d'une "école gratuite".
L'éducation nationale est devenue territoriale.
Les villes les mieux loties tenteront d'organiser des activités intéressantes, avec des personnels qualifiés.
Les petites communes ? Quelles se débrouillent...
Enseignement à deux vitesses, mise en compétition des villes, hiérarchisation des résultats. On comptera en nombre d'heures et en nombre d'activités. Il y aura des classements des villes les plus dynamiques. Ou celles qui "collaberont" le mieux.
J'imagine très bien ce qui va se passer.
Après le classement des meilleurs lycées, on aura bientôt le classement des villes les plus obéissantes.
Juste du dégoût.
La "désobéissance civile" de Thoreau, personne donc ne s'en souvient ?...
Mais je m'en sortirai.
Cette vie-là est finie.
Par
Thierry LEDRU
Le 25/03/2014
Il y a environ trois cent mille enseignants du premier degré en France.
Depuis la mise en place de la réforme Peillon, ils sont confrontés à un nombre invraisemblable de problèmes très lourds à régler.
On ne compte plus les réunions. Enseignants, élus, parents d'élèves, associations...
Tout le monde oeuvre à l'élaboration de planning, de bouclement de budgets, d'entretiens d'embauche, d'état des lieux des bâtiments susceptibles d'accueillir les enfants.
Branle bas de combat.
En sachant pertinemment que tout cela n'évitera pas le désastre à venir.
C'est comme si l'ensemble des passagers du Titanic s'organisait pour boucher les trous dans la coque en sachant que c'est perdu d'avance.
J'ai entendu le président de la FCPE dire que cette réforme était ambitieuse et complexe et qu'il faudrait sûrement de nombreux ajustements et que ça prendrait du temps, un an, deux, trois peut-être...
Trois ans dans la vie d'un enfant de dix ans, est-ce qu'il s'est posé la question de savoir ce que ça représente ? Non. Il ne voit que son positionnement et sa propre analyse, totalement décorrelée de la réalité des enfants.
Un an dans la vie d'un enfant de dix ans, c'est donc un dixième.
J'ai 52 ans, cela représentrait donc plus de 5 ans.
C'est ainsi qu'il faut regarder cette période d'ajustements, la comparer à la vie d'un enfant...
Un an de troubles cognitifs, émotionnels, existentiels. Deux ans, peut-être trois...Un traumatisme irrémédiable.
Mais j'ai vraiment l'impression de parler dans le vide.
Tout le monde travaille à ordonner ce chaos.
Et je m'interroge. Pourquoi cette obéissance ?
Les raisons sont nombreuses : un attachement à un système qui a permis à ces enseignants d'obtenir un travail, une sécurité de l'emploi, un cadre de vie qui reste bien plus supportable que celui de l'ouvrier en usine...
Une certaine forme de respect pour cette "grande maison"...
La peur de l'avenir également.
Un enfermement professionnel étant donné que les gens de ma génération, nous n'avons que le BAC et notre diplôme d'instit. C'est à dire rien du tout...
J'ai eu mon 2ème RDV aujourd'hui avec le personnel de l'EN chargé de la reconversion des enseignants. Et bien, il n'y a rien, aucune solution...Un désastre.
Plus de budget, aucune prise en charge.
Prisonnier. Trente ans à enseigner, plus de mille élèves. Aucune valeur, rien, le néant. C'est comme du vide dans l'Univers. Inexistant.
Alors, tout le monde travaille.
Et c'est là que ça me pose un problème.
300 000 enseignants qui annonceraient au gouvernement qu'ils refusent catégoriquement d'appliquer cette réforme. Aucune menace de grève, aucun refus d'accueillir les élèves mais un blocus complet envers toutes les directives. Refus des inspections, aucun formulaire d'enquête, aucun document administratif, aucun retour. Tout à la poubelle. Aucune conférence pédagogique, ni en présentiel ni en virtuel (oui, c'est ainsi que ça va se passer désormais, conférences sur le net...). Aucun effectif communiqué. Un blocus.
Les enfants seraient accueillis, le travail serait fait, les parents soutiendraient l'action commune des enseignants.
Nous serions tous en faute professionnelle. Trois cent mille fonctionnaires.
Une désobéissance civile, une "désertion" administrative.
Que pourraient-ils les politiciens ? Sanctionner 300 000 fonctionnaires ? 300 000 électeurs ?...
M Peillon agiterait la responsabilité, il jouerait sur la culpabilisation et sur la peur.
Mais les parents verraient que le travail avec les enfants est fait. Aucune sanction morale ne serait appliquée par la population.
De quoi ont-ils peur les enseignants ?
De perdre leurs prérogatives, leur sécurité, peur de s'opposer à la hiérarchie ? Peur de trahir Dieu le Père ?
Et les enfants ?
Qui pensent aux enfants ?
Finalement, le corps enseignant est un corps d'armée. Pas question de se pencher sur les victimes du conflit.
"Ne pense pas, tais-toi et obéis aux ordres. "
Je ne cautionnerai pas ce massacre. Plutôt crever.
Par
Thierry LEDRU
Le 08/02/2014
Pulsion de Vie

Pulsion de vie.
de Thierry Ledru
La Vie est une pensée qui a pris forme, il y a bien longtemps, cette pensée sous-tend deux voies indissociables l’une de l’autre, la première est la naissance de la vie (de la cellule), sa multiplication par division, créant ainsi une nouvelle cellule et la deuxième est la mort de la cellule programmée originellement pour une certaine durée de vie…
Dans sa nature originelle, la vie est composée de pulsions de vie et de pulsion de mort. La biogénèse nous enseigne que le renouvellement de la vie est programmé ou formaté. Le compte à rebours a -t-il commencé ? comme Albert Jacquard nous l'enseigne.
Si je m’en tiens à l’idée que la Vie est une pensée qui a pris forme, cela sous-entend que cette pensée contient deux voies :
- Une pulsion de vie dont le but est de créer, de prolonger puis de renouveler.
- Et une pulsion de mort.
Pour que ce renouvellement se fasse, la mort a pour rôle de mettre un terme aux formes. Il était inconcevable que des formes apparaissent sans que celles existantes ne laissent leur place.
Dans la pensée de la Vie, il y a une finitude des formes, mais pas de la Vie elle-même. C’est juste un remplacement afin que les formes existantes soient vivaces, exaltées, enthousiastes, lumineuses et soient dans un état favorable à l’idée du renouvellement. L’épuisement de la forme n’est pas compatible avec l’idée de reproduction. Le principe de la reproduction s’appuie sur des formes robustes. La Mort n’intervient pas comme une fin mais comme une évolution possible.
Le remplacement implique l’éventualité d’une amélioration, d’un renforcement, d’une transformation nécessaire. Rien n’est figé parce que la Mort se charge d’éliminer l’ancien temporel afin que la Vie propose une suite elle-même provisoire, nourrit par des changements constants, aussi infimes soient-ils, ou aussi dérisoires dans le temps d’existence de cette forme.
Le Temps de la Vie s’inscrit dans un système solaire dont la durée n’est pas accessible à notre cerveau. L’évolution de cette Vie n’est pas plus palpable. Tout juste une intuition malgré toutes les connaissances accumulées.Des savoirs qui progressent et se transforment eux aussi.
Cette mort a pourtant eu une conséquence néfaste dans ce système parfait.
La pulsion de mort, générée par la pensée, est devenue chez l’homme une véritable addiction.
Un enfant marche le long d’une haie. Il laisse traîner sa main dans les feuillages puis soudainement, il serre les doigts et arrache une feuille. Il la malaxe quelques secondes et la laisse tomber au sol.
Pulsion de mort !
Un geste irréfléchi ? Une action impulsive, très facile à réaliser, générant un sentiment de puissance qui vient renforcer l’identification de l’individu, cette irréalité du détachement envers la Vie.
« Tu as écrasé cette chenille. C’était facile. Maintenant, refais-la. » Lanza del Vasto.
« Je ne suis pas cette plante, je ne suis pas cette chenille. »
Et se disant cela, l’enfant peut la blesser ou la tuer. Elle n’est pas « lui ».
Effectivement, elle n’est pas « lui », mais elle porte une Vie identique à celle qui est en lui.
Pour concevoir cette idée, il faut être habité par la pulsion de Vie. Cela implique un détachement envers cette identification formatée dont l’individu est abreuvé depuis sa naissance par l’éducation, la société, l’histoire antédiluvienne, des conditionnements répétés, le matérialisme mondialisé, l’idée consternante que les humains possèdent la Terre. Et par conséquent la Vie.
La pulsion de vie n’est pas la norme en vigueur dans le monde occidental. Elles l’est chez les Peuples Premiers, les kogis par exemple.
La pulsion de mort a un impact incommensurable. Elle répond à des désirs immédiats d’identification et cette identification favorise le développement de comportements mercantiles. La pulsion de mort renforce le conditionnement qui consiste à présenter l’individu comme détaché de la Vie. Il y a lui et « l’environnement ».
En étant éduqué comme une entité individuelle évoluant dans un environnement et non comme un fragment d’une entité originelle, une pièce infime d’une image immense et en dehors de laquelle il n’est rien, l’individu n’est pas amené à se tourner vers la pulsion de Vie mais bien au contraire à exploiter cette pulsion de mort qui exacerbe ce schéma de pensée éducatif.
Les effets mercantiles se mettent en place dès lors que l’identification à l’individu est suffisamment ancrée pour que des désirs de puissance viennent l’alimenter. Posséder et détruire sont deux phénomènes révélateurs de ce formatage de la pensée.
La possession matérielle va apporter à l’individu un renforcement de sa distinction, de cette croyance à son extériorité au regard du phénomène vital. En accumulant les biens, il comble inconsciemment le vide existentiel tombé en lui avec son rejet forcené du phénomène vital. Etranger au cœur de ce phénomène vital, il va s’engouffrer au cœur du matérialisme « vivant ». L’appartenance à des groupes sociaux renforce là encore l’identification étant donné qu’elle créé un miroir dans lequel l’individu s’observe. « Je suis comme ceux-là. »
Tous les phénomènes sociaux, qu’ils soient politiques, économiques, religieux, consuméristes, médiatiques… sont des excroissances de cette pulsion de mort. Il s’agit tout simplement de renforcer sans cesse, en multipliant les supports, tout ce qui permet de combler le vide laissé par la perte de la pulsion de Vie et la perte de quête de sens.
Là où le phénomène a pris une ampleur jamais perdue depuis, c’est lorsque certains individus totalement impliqués dans cette pulsion de mort se sont aperçus du bénéfice qu’ils pouvaient en tirer. Ils sont devenus « les Maîtres » à penser. Dans un schéma de pensées individualistes.
La guerre en est l’exemple parfait : pouvoir, puissance, accumulation des richesses, extension des territoires, suprématie etc… Pour parvenir à ses fins, un conquérant, qu’il soit président élu, dictateur ou empereur doit avant tout accumuler des armes. Il faut des matières premières, des usines, des marchands. Des sommes colossales. Une fois les terres ravagées et la paix revenue, il faut reconstruire. Des sommes colossales et des bénéfices pour les exploitants.
Et la mort et la détresse pour les exploités... La pulsion de mort dans toute son horreur. Les instigateurs des combats n’en seront pas les victimes. Il leur aura suffi d’utiliser les masses populaires, celles qui depuis leur naissance ont appris à être identifié à eux-mêmes, puis à une nation, à un drapeau, à des idées politiques, à tout un ensemble intellectuel, jusqu’à la déraison. Pensant avec les Maîtres en retirer des bénéfices. Aussi dérisoires soient-ils. L’essentiel étant de continuer à exister comme l’individu qu’ils ont appris à être.
Il aurait été envisageable qu’à la suite de deux guerres mondiales dévastatrices, l’humanité s’engage dans un cheminement réfléchi au regard du Vivant. Il n’en a rien été. Rien de durable. La mondialisation spirituelle a été étouffée par la mondialisation matérielle.
En temps de paix, la pulsion de mort est également très profitable. Le principe est toujours le même. Pour exister, il faut posséder et combler le vide de la pulsion de Vie abandonnée. Les possessions matérielles sont là pour ça. L’individu existe parce qu’il a une maison à son nom, une voiture à son nom, un compte en banque à son nom, des enfants qui portent son nom, il a un bout de terrain qui lui appartient, il achète la technologie à la mode et il peut en parler avec ceux qui font comme lui, il est supporter d’un club de foot, il a même une femme qui a pris son nom…
Mais tout ça ne serait pas très enthousiasment s’il n’y avait pas la possibilité de changer. Il suffit de casser et on remplace, il suffit d’attendre la dernière nouveauté et on remplace, il suffit de jeter, de perdre, d’abîmer, d’user, d’abuser. Même une femme, « ça » se remplace…Mêmes des enfants, « ça » se remplace, « ça » se jette. C’est normal tout ça. Tout le monde vit comme ça. C’est le monde moderne.
Il est tout aussi intéressant de renforcer les appartenances. Les religions ont montré la voie dans ce domaine. Les religions technologiques les ont remplacées. Toujours des appartenances, du néant pour combler le vide originel. Les religions politiques, les religions médiatiques, les religions syndicalistes, historiques... Du néant.
Ce qui importe pour tous les Maîtres de ces mouvements, c’est de prolonger et d’intensifier les richesses accumulées, de renouveler la masse des consommateurs, des électeurs, des participants. Il suffit qu’ils y trouvent du rêve à défaut d’une réalité enviable.
Il est facile de faire rêver un endormi.
Dans la pulsion de Vie, le principe du renouvellement est une nécessité afin de maintenir la vie.
Dans la pulsion de mort, le principe du renouvellement est évènementiel. Il s’agit de créer un évènement qui va renouveler le rêve, lui donner un nouveau visage. Il n’y a aucune nécessité intrinsèque mais une intention cachée. Il faut changer la décoration de la cellule.
Le droit de vote n’est jamais que le droit de rester endormi. Comme il est doux de continuer à rêver après avoir fait son devoir…Juste le devoir inséré dans le cerveau de la masse par les Maîtres du système.
«Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être adapté à une société malade. » © Krishnamurti.
Il ne sert à rien de chercher à améliorer le confort d’un malade quand on en oublie de combattre la maladie. Ou pire encore quand on ne la voit même pas.
Ce monde moderne s’entête dans une voie sans issue.
Et je ne vois aucune solution collégiale au problème. L’Humanité n’évoluera qu’au regard de l’évolution spirituelle de chacun.
D’avoir perdu le sens de l’unité originelle a généré une unité fondée sur l’individualisme.
Les individus se regroupent sous les bannières des Maîtres à penser. Eux-mêmes regroupés sous la bannière de leurs propres intérêts et de leurs pulsions les plus basses.
Le monde moderne fonctionne comme une unité morcelée qui broie l’individu en prônant sa liberté.
Il est impossible d’imaginer ce que sera l’Humanité dans dix mille ans. En imaginant qu’elle existe encore.
Une évolution positive est-elle encore envisageable ? Une évolution réfléchie bien entendue, pas une somme de réactions forcenées, dictées par des évènements catastrophiques…
Je n’ose même pas essayer d’imaginer ce qu’il restera de la Nature.
Et cette douleur-là m’est insupportable.
Pour l’Humanité elle-même, je n’en éprouve aucune peine. C’était sans doute un beau projet.
Mais la pensée de la Vie aura peut-être besoin d’en changer.
Il fallait voir ce que nous étions capables de faire et de devenir...
Nous ne sommes finalement peut-être qu’une expérience.
Pulsion de vie © Thierry Ledru pour frenchwritersworldwide.com
11 juin 2012.
read more Culture et internet
La sexualité de l'Amour (sexualité sacrée)
Par
Thierry LEDRU
Le 28/01/2014

« L'amour donne accès à l'infini, à l'immortalité de la vie. Donc, si vraiment vous avez rencontré l'amour, vous pouvez l'utiliser comme technique de méditation.
Voici comment faire : Dans l'amour, ne gardez pas vos distances. Soyez amour et entrez dans l'éternité. Lorsque vous faites l'amour à un homme ou une femme, êtes-vous là en tant qu'amant ?
Si vous y êtes, vous êtes dans le temps et votre amour est faux, artificiel.
Si vous êtes encore présent et capable de dire : « Je suis », vous êtes peut-être proche physiquement, mais spirituellement vous êtes aux antipodes l'un de l'autre.
Pendant l'amour, vous ne devez pas être. Seul l'amour, seul l'acte d'amour doit être.
Devenez l'acte d'amour !
Lorsque vous caressez votre bien-aimé(e) ou votre amant(e), devenez la caresse.
Dans le baiser, ne soyez pas celui ou celle qui embrasse ou qui reçoit le baiser, soyez le baiser.
Oubliez complètement l'ego ; dissolvez-le dans l'acte.
Entrez dans l'acte de façon si profonde que celui ou celle qui agit disparaît.
Et si vous ne pouvez entrer dans l'acte d'amour, il vous sera difficile d'entrer dans l'acte de manger ou de marcher - très difficile, car l'amour est l'approche la plus simple pour dissoudre l'ego.
C'est la raison pour laquelle ceux qui sont égoïstes sont incapables d'aimer. Ils peuvent en parler, ils peuvent le chanter, ils peuvent écrire à son sujet, mais ils sont incapables d'amour. L'ego ne peut aimer....
Devenez l'amour ! Et entrez dans la vie éternelle. L'amour vous fait brusquement changer de dimension. Vous êtes projetés hors du temps et vous faites face à l'éternité.
L'amour peut se transformer en une profonde méditation, la plus profonde qui soit. Et des amants ont parfois rencontré ce que des saints n'ont pas connu.
Des amants ont pu toucher ce centre, ce que de nombreux yogis n'ont pas réussi.
Mais cela ne restera qu'un pressentiment, à moins de transformer votre amour en méditation.
Tantra signifie ceci : transformer l'amour en méditation.
Maintenant vous pouvez comprendre pourquoi le Tantra parle tellement d'amour et de sexe.
Pourquoi ? Parce que l'amour est la porte naturelle la plus aisée pour transcender ce monde-ci, la dimension horizontale....
Le sexe ne doit pas rester du sexe- voilà l'enseignement du Tantra - il doit être transformé en amour.
Et l'amour non plus ne doit pas rester de l'amour.
Il doit être transformé en lumière, en expérience méditative, en la dernière et ultime apogée mystique.
Comment transformer l'amour ?
Soyez l'acte et oubliez celui ou celle qui agit.
Pendant l'acte d'amour, soyez l'amour, rien qu'amour.
Ensuite, il ne s'agit plus de votre amour ou de mon amour ou de celui de n'importe qui d'autre. C'est simplement de l'amour.
Lorsque vous n'êtes plus là, vous êtes alors entre les mains d'un courant, d'une source ultime, et vous êtes dans l'amour.
Ce n'est pas vous qui êtes dans l'amour ; dans ce cas, l'amour vous a submergés, vous avez disparu.
Vous n'êtes qu'une énergie qui circule...
L'amour c'est passer ensemble dans un monde différent. »