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"La fin du courage"

Par Le 21/12/2014

 

« Savoir dire non » – La fin du courage..?

A-t-on oublié ce qu’est le courage ?

 

http://r-eveillez-vous.fr/savoir-dire-non-la-fin-du-courage/

 

Sommes nous installés dans la soumission ?

A part les super héros des jeux vidéos ou des productions hollywoodiennes qui, aujourd’hui se montre valeureux ? Dans La fin du courage, (1) essai qui vient de paraître, la philosopheCynthia Fleury déplore que le courage ne fasse plus vibrer les individus. Or, cette exigence, affirme l’intellectuelle de 35 ans, professeur à l’Américan University of Paris, pourrait fonder une nouvelle éthique morale qui remettrait en selle aussi bien l’homme contemporain perdu dans es élucubrations existentielles que la société.

Pourquoi notre époque serait-elle particulièrement celle de la disparition du courage ?

A leur travail ou dans leur vie quotidienne, de plus en plus d’individus désavouent ce qu’ils font mais continuent à le faire. Pourquoi ne se révoltent-ils pas ? Pourquoi une telle soumission à un non ordre des choses ? La peur est telle qu’ils en oublient d’avoir recours au courage. On a cru que l’individualisme était un processus de non-contrainte, de liberté absolue. L’individu se focalise sur ses propres intérêts, délaissant l’engagement public. Livré à cette quête narcissique, il est, en fait, fortement fragilisé, rendu vulnérable par ce processus d’individualisation qui le coupe des formes collectives de défense.

On croit se sauver en succombant à de régulières petites lâchetés, en fait, il y a un prix à payer. L’émergence de ce moi décomplexé, non distancié d’avec soi-même, signe la fin du courage moral. Nous sommes les passagers clandestins de l’absence de morale. En se faufilant, l’individu pense sauver sa peau. Il fabrique sa propre érosion et sombre dans la dépression.L’érosion de soi vient de la somme de ces démissions quotidiennes. Jamais le malaise individuel n’a été à ce point lié à une déstructuration de la société. L’homme et plus largement la société, meurent par manque de courage. Et comble du paradoxe, cet individu acculé à une mise en disposition de soi-même n’en est que plus invisible.

C’est dans le monde du travail que le manque de courage sévit, particulièrement, dites-vous.

Chaque matin, en allant travailler, un certain nombre d’individus adhèrent à un système qui désavoue les principes mêmes qui  les construisent. Ils critiquent la culture de l’évaluation, les objectifs de rentabilité, le management par le harcèlement. Des puéricultrices disent : « Nous ne pouvons pas avoir seize bébés dans les bras », Les salariés de Pôle Emploi dénoncent la déshumanisation des services. Autour d’eux, de grandes entreprises gagnent de l’argent mais ferment des usines. L’homme ne résiste pas à ces logiques illogiques, à sa propre schizophrénie. Le monde du travail est donc le lieu même de l’érosion du moi et des structures collectives de résistance. A défaut de faire exploser le système, les individus se font imploser eux-mêmes. Ce sont les suicides au travail qui peuvent devenir un massacre.

Des salariés pourtant s’opposent. Dans l’Education nationale ou ailleurs, des « désobéissants » se font entendre.

Descendre dans la rue, signer des pétitions, faire la grève ou mettre en place un droit de retrait restent des actes forts. Il y a d’ailleurs plus d’actes que d’hommes courageux. Nous commettons tous, un jour, quelque acte courageux. Mais la guerre économique requiert hélas plus que des intermittents du courage. L’atomisation de tels actes ne permet pas toujours la construction d’une éthique collective du courage. C’est tout le paradoxe : il n’y a d’éthique du courage que seul. Que si nous sommes prêts à faire ce geste sacrificiel qui consiste à savoir ce que l’on peut perdre sans connaître ce qu’on peut gagner. Et, en même temps, seule l’éthique collective du courage est durable et peut nous permettre de résister.

Pourquoi cette valeur semble t-elle désuète ?

Qui enseigne le courage ? Le père, la mère, les grandes figures faisant loi. Lié à l’autorité et à l’exemplarité, le courage est donc l’inverse de l’égalitarisme ambiant. Il est perçu presque comme un geste autoritaire. Aujourd’hui, les parents se focalisent sur la réussite de leurs enfants et transmettent de moins en moins de valeurs morales. Mais le courage ne disparaît pas pour autant, il a simplement déserté le monde réel. Nous sommes vaillant dans notre imaginaire. Jeux vidéos ou fictions, content de magnifiques épisodes de bravoure ou plutôt de performances de courage. Et c’est là une forfaiture. Pour être réellement courageux, il faut avoir éprouvé la peur et trouver en soi la force de la surmonter. Dans le monde réel, chacun se nourrit d’un fantasme de courage totalement travesti qui n’a nullement besoin de tout cet apparat.

En fait, les individus ne sont pas devenus fondamentalement peureux, ils ont simplement perdu l’entraînement au courage. Cette valeur s’apprend, se transmet par des figures dans l’entourage familial, amical, scolaire, etc.  Plus que l’absence, c’est le manque d’entraînement et d’apprentissage du courage qui caractérise notre société.

En quoi le courage serait-il un excellent moyen de lutter contre la dépression ?

D’abord, malgré ce que l’on croit, l’ennemi c’est la mélancolie. La mélancolie est cette chose terrible qui vous met à terre. La posture de résistance et de combat permet de sortir de cette logique du découragement. L’ennemi désigné est ainsi à l’extérieur, il n’est plus soi-même. Geste sacrificiel, le courage peut être sans victoire – il l’est même très souvent – mais il restaure le moi, son unicité et sa légitimité. C’est un régulateur contre la dépression, qui permet de sortir de l’anonymat et de l’interchangeabilité des hommes. Ce que le courage dit-, c’est que vous n’êtes pas interchangeable avec les autres.

C’est à vous que l’acte incombe. Or, le système capitaliste est là pour nous prouver exactement le contraire, que nous sommes tous remplaçables les uns par les autres. Le courage ne s’exerce donc pas exclusivement en temps de guerre ou de circonstances exceptionnelles. Il fait partie intégrante du temps quotidien et de la pratique démocratique. Bien sûr, il ne s’agit pas de jouer constamment les héros, ce serait intenable. Mais il faut apprendre à faire du courage un réflexe, un éthos.

Comment l’enseigner ?

Tout le monde est convoqué, les parents dans l’éducation de leurs enfants, les enseignants à l’école, les médias dans le choix des parcours qu’ils mettent en avant, les hommes politiques dans les valeurs et les pratiques qu’ils défendent. Ceux qui sont exemplaires ont l’exigence de croire à l’exemplarité des autres. Les Lâches sont toujours ceux qui désespèrent des autres.

Pourquoi est-ce si difficile d’être courageux ?

Faire preuve de courage, c’est instaurer un rendez-vous radical avec ses principes et soi-même. Voilà pourquoi la majorité des individus se défilent. L’autre difficulté est que cette épreuve se vit seul. Savoir dire non, en assumer le risque et le sacrifice est une démarche solitaire. Peu d’entre nous prennent ce risque. On sait ce qu’on va perdre, pas ce qu’on va gagner. Mais le courageux n’est pas non plus celui qui ignore la peur. On juge le courage d’un homme à ses peurs, celles qui sait éviter ou bien garder.

Cet acte individuel aurait des vertus thérapeutiques sur le fonctionnement même de la démocratie ?

Je travaille sur la démocratie, ses écarts entre les principes et la réalité. Comment réguler et corriger les excès désordonnés de la démocratie ? La paix qui caractérise notre société a fait croire qu’il n’y avait plus de guerre à mener, que la démocratie, c’était du statut quo mais la démocratie n’est pas un ordre spontané de l’égalité. C’est une dynamique entre plusieurs forces,celles qui portent les valeurs d’égalité et de liberté et celles qui s’y opposent.

En déléguant nos intérêts aux automatismes de la démocratie, nous sommes entrés dans un système dégénérescent. Il ne suffit pas d’alimenter la machine démocratique, en allant voter par exemple, il faut aussi ranimer son âme et son esprit. Le courage pourrait être le pilier de cette régulation.

(1) La Fin du courageCinthia Fleury, Fayard 14 €

par Dominique Netchaïev

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Jarwal : L'irréalité des formes.

Par Le 05/12/2014

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JARWAL ET LES KOGIS

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« Je sais que tu avais raison Gwendoline. Il faut rejoindre les Kogis et voir ce qu’ils peuvent faire pour moi. Je ne dois pas abandonner et partir. C’est comme si je laissais ce Jarwal sur place et ne rentrait qu’avec un fantôme. Mon histoire est ici et c’est ici que je dois la retrouver. »

 

Elle l’embrassa sur le front. Juste un baiser plein de tendresse.  

Léontine bourdonnait de bonheur autour d’eux.

 

C’est là qu’ils virent certaines fougères bouger étrangement. Comme un roulis, une houle de frissons, un frémissement continu. Ils se levèrent et reculèrent de quelques pas. Les sens aux aguets.

Sous leurs yeux ébahis, des formes s’agitèrent, une myriade de petits êtres couverts de feuillages, des fougères qui n’en étaient pas, une apparition stupéfiante. La troupe se plaça devant eux. Des corps envahis de végétation mais pourtant une forme bien identifiable. Pas plus haut que le chapeau pointu de Jarwal. Des branchages pour membres, des tiges garnis de jeunes pousses, des feuilles, des plantes, des mousses, un amalgame hétéroclite, comme un collage anarchique, mais un visage souriant et des yeux lumineux, parfaitement visibles dans l’imbroglio végétal, des prunelles luisantes comme des soleils.

 

« Ah ! L’amour, on ne peut y résister, annonça en sautillant un des petits êtres.

-C’est vrai, c’est tellement bouleversant, enchaîna un deuxième.

-Le seul phénomène qui puisse nous pousser à nous montrer, renchérit un troisième. »

 

Des bonds qui accompagnaient chaque parole, une frénésie joyeuse, une danse pétillante.

 

« Qui êtes-vous ? demanda Gwendoline qui ne lâchait pas la main de son lutin hagard.

-Nous sommes la Vie, comme toi ! » lança le plus impétueux.

Des éclats de rires dans l’assemblée, des cabrioles et des roulades, des individus qui se trémoussaient en mêlant leur verdure, des galipettes et des embrassades, une agitation paroxystique. 

« La Vie, nous sommes la Vie, la Vie, nous sommes la Vie, répétaient-ils tous, en chœur.

 

Jarwal, Gwendoline et Léontine n’avaient jamais vu de tels êtres. Ils connaissaient pourtant bon nombre d’individus curieux et magiques, elfes et gnomes, farfadets et korrigans mais des êtres végétaux dansant des sarabandes endiablées, ils ne l’auraient même jamais imaginé.

Léontine se posa sur l’épaule de Gwendoline.

 

« Nous vous regardons depuis longtemps, mais l’amour était parti du cœur de celui-ci ! lança l’un d’eux en désignant Jarwal 

-Non, pas parti, cher ami, mais submergé de tristesse, reprit un voisin.

-Oui, la tristesse est un étouffoir de l’Amour mais l’Amour n’est jamais triste. C’est juste des feuilles mortes qui le couvrent. Laisse passer l’hiver et tu verras la pourriture des feuilles nourrir la Vie.»

 

Des  éclats de rire encore, cristallins. Des carillons de notes aigües. Les feuilles agitées de leurs corps sautillants.

 

« Vous voulez dire que vous ne vouliez pas vous montrer à cause de moi ? demanda Jarwal.

-Pas à cause de toi, répliqua un petit être ébouriffé comme un buisson juvénile. Tu n’es pas ce que tu penses. Ne te trompe pas. Ce que tu penses n’est qu’une dérive de l’Amour de la Vie.

-Nous attendions que la pourriture des feuilles soit consommée, ajouta son compagnon. Et que l’Amour remonte à la surface.

-Vous n’apparaissez qu’aux êtres qui s’aiment alors, c’est ça ? interrogea Gwendoline.

-Tous les êtres sont dans l’Amour. L’Amour, c’est la Vie, mais les pensées de votre tête vous font aimer le désordre de vos pensées. Rien à voir avec l’Amour de votre âme. Vous parvenez même parfois à aimer ce qui vous enferme. Ce sont vos pensées. Et votre tête finit par aimer ce qui la ronge. C’est incroyable ça. L’Amour de la Vie n’est pas un guerrier. Il aime la sérénité. Alors, il se retire et il attend que vous arrêtiez de vous mentir. »

 

Des réflexions secrètes, silencieuses, une analyse minutieuse.

 

« Et voilà, vous vous remettez à penser ! lança joyeusement une boule de feuilles agitée. Vous êtes tout de même incorrigibles ! Laissez donc rayonner votre Amour de la Vie.

-Nous avons un grave problème, annonça Gwendoline.

-Mais non, il n’y a pas de graves problèmes, il n’y a que ce que ce vous en pensez. Sinon, cela voudrait dire que la Vie est un grave problème et quand vous pensez cela, la Vie se retire dans son coin et vous laisse exister à travers vos pensées. La Vie ne lutte pas, elle aime la sérénité, je vous l’ai dit.

-Et bien, chers amis, intervint Jarwal, je pense que mes pensées sont un grave problème. Je pense sans cesse à ma mémoire qui a disparu.

-Mais non, elle n’a pas disparu. Elle s’est retirée dans un coin. Et comme tu étais en colère, elle avait peur. On ne réconforte pas un petit animal traumatisé avec de la colère ou de la peur. 

-Tu veux dire que je peux retrouver ma mémoire ?

-Tu ne vas pas la retrouver, c’est elle qui reviendra. Vous êtes vraiment prétentieux, vous autres, à croire que tout dépend de vos pensées et de votre volonté. C’est comme si vous étiez en Vie parce que vous l’avez voulu ! Ridicule. La Vie n’a pas eu besoin que vous pensiez à elle pour s’installer. Et vous, vous pensez que vous pouvez imposer votre volonté à la Vie. C’est incroyable ça !

-Regardez ces grands arbres ! proposa un petit arbrisseau. Vous croyez que c’est la volonté de la graine qui a donné ce superbe ouvrage ? Et la Vie alors ? Elle se serait installée une fois que la volonté aurait pris forme ? Ridicule. Vous observez tout à l’envers. »

 

Des leçons proclamées par une troupe de joyeux lurons.

Gwendoline les observait avec fascination. Une multitude de visages dans une diversité hétéroclite. Des bouilles rondelettes ou triangulaires, des faces plates comme des assiettes, un mélange inexplicable de feuilles assemblées mais toujours ce pétillement dans leurs prunelles, deux soleils ardents qui irradiaient de bonheur.

 

« Vous voulez dire que nos pensées sont des œillères à la réalité de la Vie ? demanda Jarwal.

-La réalité ? Mais qu’est-ce que c’est cette réalité ? Ce que vous voyez ?  Ridicule. »

 

L’ensemble de la troupe, dans un synchronisme parfait, s’évapora. Une multitude d’oiseaux colorés s’égailla au-dessus de leurs têtes, une nuée de piaillements dans des arabesques maîtrisées, des zébrures de corps fuselés, comme des flèches jouant un ballet de plumes. Et toujours ces yeux aussi brillants que des astres naissants, une énergie condensée, une concentration d’univers.

Le ballet cessa d’un coup, les oiseaux disparurent et un champ de pierres inertes s’étendit à leurs pieds. Des roches lisses et immobiles, éparpillées devant les trois amis. Au même instant, sur chaque caillou, des paires d’yeux s’ouvrirent et les observèrent, des prunelles étincelantes d’où jaillissaient des rires de lumières. Des battements de paupières aussi stupéfiants que des naissances d’étoiles.

Puis, avec la même célérité, dans une simultanéité parfaite, un florilège de papillons les entoura, plus de pierres sur le sol mais une farandole radieuse, des élucubrations étourdissantes, des figures imprévisibles, toute la magie délicieuse des vols de papillons. Et sur les corps délicats rayonnaient d’une intensité éblouissante des yeux aussi perçants que des fusions de soleils.

 

Comme un souffle tonitruant balayant tout sur son passage, la nuée de papillons s’évanouit. Rien d’autre n’apparut.

Les trois amis restèrent statufiés.

« Où êtes-vous ?  demanda Jarwal.

 -Chut, coupa Léontine. Les hommes. »

 

Des bruits dans la forêt, des voix qui portaient par-delà les arbres. La troupe des Portugais avait quitté le camp des Kogis et reprenait sa progression.  

 

Jarwal se coucha sous le parterre de fougères en se demandant s’il ne manquait pas d’écraser un de leurs étranges visiteurs. Gwendoline s’allongea à ses côtés.

 

« Ils ne peuvent pas nous voir. Ne bouge pas, » murmura-t-il, en posant délicatement une main sur son bras.

Gwendoline frissonna de bonheur à cette parole protectrice, à cette attention inespérée. Jarwal veillait sur elle. Jarwal reprenait vie.

 

Ils n’aperçurent même pas les soldats à travers l’épaisseur végétale. Ils suivirent attentivement l’extinction des voix et se relevèrent prudemment. Ils regardèrent minutieusement autour d’eux. Des plantes, des oiseaux, des papillons, des pierres…Quelles formes avaient-ils pris ? Où pouvaient-ils bien être ?

La réalité n’était pas ce qu’ils voyaient…

 

Au pied d’un tronc colossal, ils virent un tapis de mousse s’agiter, des ondulations de nuages, des formes timides qui tentaient une croissance, des pousses opiniâtres qui se dressaient, des silhouettes redessinant l’esquisse des corps puis peu à peu tout un petit peuple de bonhommes moussus, habillés de feuilles disparates. Enfin, les yeux flamboyants s’ouvrirent dans un seul mouvement et la troupe reconstituée, s’avança précautionneusement et les rejoignit.

 

« Bouh, toute cette méchanceté chez ces individus, c’est insupportable. Il nous est impossible de rester visibles dans cette ambiance morbide. Même les plantes en subissent les effets polluants mais moins tout de même que les autres formes vivantes. Chez elles, les pensées sombres s’évaporent rapidement. C’est l’Amour de la lumière qui permet ce nettoyage. Chez les humains, tout reste enfermé. Quand les égos sont les maîtres, la conscience de la réalité s’efface.

-Vous n’avez donc aucune forme définitive ? interrogea Gwendoline.

-Une forme ? Mais pour quoi faire ? C’est absurde, se moqua un individu hirsute.

-Tout aussi absurde que cette idée que nous devons avoir un nom, enchaîna son voisin. Vous avez vraiment une idée bien curieuse de la réalité. Vous pensez que parce que vous vous êtes identifiés à votre forme et que vous vous reconnaissez à travers votre nom, vous avez fait le tour de la Vie ? Mais c’est consternant tout ça ! Vous avez conscience de l’insignifiance de votre développement ? »

 

Un ton nullement arrogant, juste un total ébahissement.

Les trois amis sentaient que dans les paroles de ces petits êtres, il n’y avait aucune moquerie. Mais une absolue incompréhension.

 

« Un jour, vous allez mourir, vous allez perdre ce nom et cette forme. Vous aurez quitté la Vie mais la Vie, elle, n’aura rien quitté du tout. Elle n’aura pas disparu, vous comprenez ? C’est vous qui partez, c’est vous qui sortez du flux vital. La Vie continuera sa tâche créatrice, votre tour est passé. C’est ridicule dès lors de s’attacher de la sorte à cette image que la Vie vous a procurée. Il serait bien plus judicieux de saisir cette conscience de la Vie et non d’entretenir la conscience de votre forme. Cette forme n’est rien d’autre qu’une enveloppe. C’est comme si vous décidiez de vénérer votre outre et de délaisser l’eau qu’elle contient. C’est absurde.

-Les deux sont indispensables, intervint Jarwal.

-Bien entendu. Une outre vide ne sert à rien et de l’eau sans outre est intransportable. Mais par contre, elle a déjà une existence cette eau, vous n’êtes pas obligés de devoir la transporter, vous pouvez déjà en profiter. L’outre est secondaire si vous décidez de rester là où se trouve l’eau. Dans votre cas, c’est l’enveloppe qui compte avant ce qu’elle contient. Vous observez à l’envers.

-Vous voulez dire que vous pouvez changer de formes parce que vous êtes reliés à la Vie avant de l’être à votre forme ?

-Oui, c’est cela, magnifique, tu apprends vite cher lutin ! »

 

Une danse spontanée qui agita toute la troupe, des cris de joie et des cabrioles.

 

Gwendoline aperçut un sourire sur le visage de son aimé. 

 

« Quand vous êtes identifiés à votre image, vous êtes attachés aussi à la diffuser à l’extérieur, vous voulez qu’elle vous représente et vous en venez même à chercher des solutions à vos problèmes dans votre environnement et vos relations, vous pensez que le monde est responsable de votre état intérieur. Vous mélangez les conditions de vie et la Vie en vous. Mais la seule réalité qui vous concerne, elle est en vous et nulle part ailleurs. Quand vous vous acharnez à faire, vous en oubliez d’être.»

 

NOIRCEUR DES CIMES : Dieu

Par Le 18/11/2014

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"Tu n'es pas au fil des âges un amalgame de verbes d'actions conjugués à tous les temps humains mais simplement le verbe Être nourri par la vie divine de l'instant présent."

Il s'agissait d'un message. Il n'a pas d'autres explications.Quelqu'un l'a prévenu des risques à rester dans ce trou de neige. Quelqu'un lui a parlé de la vie qu'il faut sauver. Ce n'était pas un rêve. Mais il ne comprend pas.

Son propre esprit a-t-il la capacité à créer de telles images? Dans l'état où il se trouve, une part secrète de son cerveau peut-elle se révéler ? Il ne parvient pas y croire.

Dieu s'impose une nouvelle fois. Qui d'autre ?

Il reconnaît succomber trop facilement à la tentation de cette solution. Mais elle est si étrange et simultanément si apaisante. Puis lui revient à l'esprit qu'il avait lui-même provoqué la fin de son dernier voyage hors de son corps en évoquant une possible rencontre avec Dieu, une question murmirée.

Il se souvient de la douleur.

Il s'agissait d'une erreur, d'une mauvaise interprétation et le contact avait été rompu.

Le nom de Dieu avait déplu.

Il admet d'ailleurs qu'il ne voit pas cette présence comme l'apparition d'un être divin mais plustôt comme une compréhension sublime. Personne ne s'est présenté à lui, c'est lui qui a reconnu enfin son appartenance. Tout était déjà là mais sans qu'il ne l'aie jamais éprouvé. Pas de Grand Architecte mais une fabuleuse Architecture à laquelle il participe. Il regrette sa méconnaissance des religions et son enfermement dans les préceptes de son enfance. Il sait désormais que la religion catholique ne répond pas à ses interrogations. Ni aucune religion monothéiste. Musulmans, Juifs, Chrétiens, il n'appartient à aucune de ces communautés. Il ne peut plus accepter l'idée d'un Dieu créateur, observateur, critique, impitoyable ou indifférent à son Oeuvre.

Il ne conçoit même pas que ce qui lui arrive puisse avoir un rapport avec une quelconque religion. Il cherche un autre mot, un autre qualificatif permettant de cerner la démarche puis il abandonne.

"Ça ne sert à rien" dit-il à voix haute. 

Il sent que ça ne serait qu'une nouvelle tentative de domination, une intellectualisation outrancière et que ça ne correspondrait pas au bonheur infini qu'il a connu. Que ça le salirait.

les religions monothéistes ont perdu la saveur du message dans des rituels adorés, des cultes néfastes, des cérémonies trompeuses et bavardes. Il ne veut pas de cette erreur. L'intellectualisation du mystère est un poison pervers. Il laisse croire aux récitants d'ouvrages que la porte est ouverte alors qu'ils ne font que geindre aux pieds des murailles qu'ils ont eux-mêmes constituées.

il ne veut pas enferme son bonheur, lui donner une structure transmissible, une forme reconnaissable. Il est impossible de communiquer sur un tel contact. Les religions se sont obstinées à le faire, perdant aussitôt dans des dérives narcissiques toute la beauté du message en croyant follement que le lien avait besoin d'être enluminé. Comme si l'écrin avait plus de valeur que la pierre précieuse.

Il sait qu'il gardera tout cela en lui, qu'il ne cherchera jamais à l'expliquer à qui que ce soit, qu'il n'y a même rien à en dire. Qu'il faut juste le vivre.

Il regarde la neige qui tourbillonne. Sans pouvoir situer clairement la source, il devine une clarté naissante dans le maelström des nuages, une lumière diffuse encore étouffée par la masse compacte de la dépression.

Ni Dieu, ni religion. Tout cela n'est jamais qu'un résidu des embrigadements de son enfance. Il se souvient des sermons du curé au cathéchisme. "Par la volonté de Dieu, l'Homme est placé au sommet de la Création, juste sous les Anges."

Il admet que ce qu'il perçoit est un véritable mystère et non les élucubrations de théologiens prétentieux et obtus. Il veut s'extirper de toutes ces dérives insignifiantes, ne pas étouffer la beauté de la rencontre sous des pensées imposées. Rien de tous les Évangiles n'est à lui, rien de la Bible, rien des religions, rien des prêtres, des curés et des religieuses de son enfance. 

Tous ceux-là n'ont fait que vomir en lui un fiel millénaire.

Il ne veut plus de ces vieilles choses mortes.

L'aura bleutée, dans son âme, est si belle."




 

 

Lorsque je visionne en boucle des vidéos traitant de la spiritualité, je suis supris d'entendre parfois les interlocuteurs mêler les religions à la démarche.

Comment peut-on se considérer libre, intérieurement, si on pose ses pas dans des traces millénaires, s'il n'y a pas d'exploration personnelle, d'errances et de chutes, de désespoirs et de rebonds salvateurs ? Que pourrait-on trouver au coeur de ce trésor infiniment pillé depuis des générations ? Que peut-on découvrir en soi lorsqu'on y a volontairement inséré une entité qui ne relève pas de nous mais d'un inconscient collectif ?   

J'y vois des esprits remplissant leur sac à dos des réponses qu'ils s'imaginent partir chercher...Comme des réserves de forces pour lutter contre les nuits glaciales de la quête.

Ceux-là ne trouveront rien. Ils sont inévitablement égarés avant même d'être partis. 

Ils se rempliront de paix au coeur de leurs semblables sans comprendre que cette paix est un appel à la guerre. Les communautés divisent. Il n'y a que la liberté de penser qui peut unifier. 

Je ne suis pas Bouddhiste, premièrement parce que je n'y connais rien. Je ne suis pas athée parce que je refuse de me figer. Je ne suis pas agnostique parce que je ne sais pas ce que la Vie me réserve. Je ne suis rien d'identifiable parce que le vent de mes doutes arrache toutes les appartenances qui pourraient me tenter. 

Je marche et je regarde les horizons sans jamais planter dans le décor le moindre panneau d'affichage. 

Rien n'est à moi, rien n'est définitif, rien n'est acquis.

Je suis libre de ne rien trouver. Et il m'appartient le droit de me perdre. J'aurai de toute façon appris davantage de mes chutes que des certitudes héritées.  

Je suis une âme errante et j'aime infiniment ne pas savoir où la vie m'entraîne dans cette Quête.

 

 

 

 

Culture de masse

Par Le 09/11/2014

[ Livre ] Divertir pour dominer. La culture de masse contre les peuples !

Synopsis : Le développement de la culture de masse a entraîné l’érosion des formes autonomes de culture populaire et la dissolution des liens sociaux au profit d’un monde artificiel d’individus isolés, fondement de la société de consommation.

Le capitalisme ne peut donc être réduit à un système d’exploitation économique, il représente «un fait social total.» Il ne tient que sur l’intériorisation d’un imaginaire et grâce au développement d’une culture du divertissement permanent. Cette uniformisation des comportements et des aspirations se présente comme l’affranchissement de toutes les contraintes (sociales, spatiales, temporelles, etc.).

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Survalorisée et triomphante, la culture de masse (séries américaines, nouvelles technologies, football, jeux vidéos, etc.) trouve des défenseurs même chez les intellectuels dits contestataires. Il est donc urgent et nécessaire de mener une critique intransigeante du mode de vie capitaliste et de démontrer comment notre civilisation du loisir participe à la domestication des peuples.


Offensive, comme son nom l’indique, est là pour bousculer. « Libertaire et sociale », cette revue anticapitaliste donne le ton dès le titre de l’ouvrage, qui s’organise autour de quatre domaines : télévision, publicité, sport et tourisme. Ici, tout est passé au crible d’une critique sans concessions, voire alarmiste. Les membres d’Offensive prennent la parole, ou la donnent à des acteurs du milieu culturel, pour déconstruire les apparents bienfaits de la culture dite de masse. Les textes (interviews, entretiens, extraits d’articles ou de livres) dressent le portrait d’une société ravagée. Où le spectacle télévisuel « simule le monde, nous piège et nous emprisonne » ; où les publicités « standardisent nos regards et anesthésient nos vies » ; où l’idéologie sportive véhicule « un système hétérosexiste » ; où le tourisme « sert une vision hygiéniste du monde » ; et où l’humanitaire incarne « la dernière frontière de la colonisation ». En somme, la culture de masse participerait à l’édification d’un « hypercapitalisme », mais surtout à l’anéantissement de toute liberté.

 Lire l’article sur monde-diplomatique.fr

Cécile Strouk

L’Echappée, Montreuil, 2010, 268 pages, 13 euros.

La conscience et le cerveau

Par Le 09/10/2014

 

                                                                                                      Conscience et cerveauL’idée la plus répandue voudrait que les états de conscience associés à nos expériences de vie soient générés par le cerveau.

Il faut imaginer une machinerie créant un flux électrique. Quand la machine s’arrête, le flux s’éteint.

Ce serait donc à cause du fonctionnement de la machine que la conscience existe. Cause et conséquence.  

Mais rien ne vient m’expliquer la "raison" de cette machine… C’est là que se trouve le vide existentiel qui me préoccupe.

Il y a autre chose encore qui m’interroge.

J’ai repris depuis le mois de juin la totalité des textes personnels de mon blog. De nombreuses fois, j’ai été frappé par le fait que je n’avais aucun souvenir précis de ces réflexions et j’en arrivais même à me demander si c’était moi qui les avais écrites.

Je sais que très souvent, lorsque j’écris, je réponds à une « intuition », comme un parfum qui serait venu en moi, comme un flux électrique qui viendrait exciter mes synapses… Une fois l’exploration achevée, le courant s’éteint…

« Ça écrit en moi. »

Voilà l’impression qu’il m’en reste.

Et c’est maintenant que je relis tout ça que je m’aperçois que j’ai besoin d’un temps de réflexion pour comprendre pleinement ce que j’ai écrit… Stupéfiant…

 

La Conscience crée le cerveau.

Voilà l’idée qu’il me vient dès lors.

Je ne suis pas le concepteur de mes idées. Je suis un récepteur puis un transcripteur. Et le transcripteur, lui-même, aura besoin d’une certaine réflexion pour s’approprier ensuite ce qu’il aura reçu.

La preuve : Malgré les milliers d’heures que j’ai passés à explorer les strates de ma conscience, je ne parviens pas à maintenir en moi une conscience sereine au regard de mes émotions. Alors que je « sais » que toute la résolution de mes problèmes tient dans cette démarche…

Comme si tout cela ne m’appartenait pas.  

Cette phrase de Jarwal le lutin : « Tes souffrances prennent soin de toi… »

D’où me vient une telle idée ? Elle va totalement à l’encontre de la raison première…Les souffrances, on veut les éteindre.

Oui, évidemment, mais il s'agit de remonter à la source et non de les inonder. 

Dans quelle dimension suis-je projeté lorsque les mots me viennent ?

Cette impression extrêmement forte que je ne suis pas en moi ou que ce moi s’est intégralement ouvert à une conscience extérieure qui m’investit ou dans laquelle je plonge… Je ne sais pas.

Pourquoi est-ce que je me réveille parfois la nuit dans un état de conscience extrêmement lumineux, comme habité par un flux électrique et un ruissellement continu de mots ? J’ouvre les yeux et tout est là, dans une clarté que je suis incapable d’atteindre lorsque je le veux…J'allume l'ordinateur et j'écris ce qui se dit en moi. Récepteur et transcripteur.

C’est au-delà de moi.

Est-ce que l’Inconscient a ce pouvoir de discernement et de fluidité sémantique ? Est-ce que l’Inconscient écrit la nuit ?

 

Je suis convaincu aujourd’hui qu’il existe une Conscience, une Intelligence, une Raison et que, parfois, nous y avons accès.

Cette Conscience crée la matière susceptible de prendre conscience d’elle-même.

Nous sommes des turbines. Nous avons conscience de nous-mêmes en tant que machines vivantes.

Nous n’en sommes que là. C’est la suite de l’exploration qui est la plus flamboyante. Et je suis convaincu que tous les expérimentateurs d'expérience de conscience modifiée, qu'il s'agisse d'expérience de mort approchée ou d'états de transe chamaniques sont les éclaireurs d'une Terra Incognita qui se dévoile.  

La Foi et la Croyance

Par Le 21/09/2014

Quand je vois les adhérents aux partis politiques et leur « foi » en leur sauveur, j’aimerais pouvoir leur dire qu’il ne s’agit que de croyances. Quand je vois des gens entrer dans une Église, il s'agit de la même adhésion.

 

Le croyant est inquiet et il a besoin de partager ses peurs. C’est le rôle des meetings politiques et des Églises. Le croyant a adopté la vision tronquée du réel diffusée par la masse et les discours « liturgiques » des leaders.

 

La croyance est le tuteur de ceux qui n’ont pas la foi.

La croyance se nourrit d’un espoir apporté par une projection.

 

La foi n’a aucun espoir, aucune attente. Elle n’existe pas dans un espace extérieur. Elle ne vibre qu’au plus profond…

 

La croyance vient pour combler un vide existentiel qui propage des peurs, des peurs nourries par un espace extérieur, une réalité qui inquiète et dont les leaders usent à bon escient pour gonfler les armées de croyants. On pourrait trouver dans l’enfance des croyants des traumatismes irrésolus. La communauté des croyants vient apaiser les douleurs et dresser des lumières.

 

Celui qui a foi accepte la solitude pour une raison très simple : il vit dans l’instant de sa foi en la vie et il est impossible d’être seul au cœur de la vie.

 

Le réel, et non une réalité fabriquée, c’est ce qui reste quand on a laissé derrière soi toute croyance.

La croyance est une réponse à la peur alors que la foi est un appétit de vivre. Non pas sur le repas "paradisiaques" à venir mais sur les nourritures qui ruissellent en nous, à chaque instant.

L'intellect entretient les croyances, qu'elles soient religieuses, scientifiques, philosophiques.

Ce sont des idées auxquelles on tient, sur lesquelles on cherche à avancer, elles nourrissent notre ego, sans que ça soit péjoratif ou négatif, ce sont des signes d'appartenance, de reconnaissance, d'union. À mon sens, elles restent dans la dimension des "croyances", même si nous leur trouvons d'indéniables justifications parce qu'elles sont justement de l'ordre de l'intellect.

Il suffit pour s'en convaincre de juger des changements de ces "croyances", des discussions infinies sur les religions elles-mêmes ou sur la politique... Elles sont fluctuantes parce qu'elles n'existent que par notre intellect. Il est normal qu'elles évoluent dans cet espace mentalisé, sinon il s'agirait de fanatisme... Mais elles ne peuvent dès lors permettre à l'individu de nager en eaux libres.

La foi n'est pas dans cet espace parce qu'elle ne trouve pas sa source dans l'intellect. Elle est de l'ordre du ressenti, mais un ressenti qui n'est pas identifié, maîtrisable, reproductible. Les cinq sens eux-mêmes s'y affolent et dès lors qu'une tentative de contrôle est envisagée tout se perd.

L'abandon du moi est à la source du Soi. La foi est son combustible. Rien à faire. Peut-être même que seul l'abandon de l'intellect, momentané, involontaire ou pas, reste le point de départ.

Ne pas chercher revient à découvrir que c'est déjà là, comme si l'effort était un paravent au lieu du cheminement qu'on imagine. Les voies de l'intellect sont impénétrables à défaut de tailler dedans à grands coups de machette.

La foi, elle, n'est même pas une voie puisque cela laisse entendre qu'il y a un horizon à conquérir.

Ce n'est pas une voie sur la montagne. C'est la montagne.

 

Dans mon cheminement, je dirais que la foi est la certitude que je n'ai pas à chercher une réponse. Alors que la croyance m'inviterait à absorber celles qui me seraient proposées. Il me serait facile de « croire » après avoir été envahi d'auras bleues qui me parlaient, d'avoir recommencé à marcher, d'être devenu une "énigme" médicale.

Les Églises m'invitaient.

Mais je n'ai pas de croyance.

J'ai une certitude. Celle qu'il est inutile et présomptueux de vouloir obtenir une réponse autre que celle de la Vie en moi. Il n'est pas question pourtant de laxisme ou de lâcheté ou de fatalisme. Juste une bénédiction totale et constante devant cette certitude qu'il existe ce que je ne peux pas saisir mais qui pourtant vibre en moi.

Mon cerveau est un organe inerte dans le courant de ce flux, un obstacle qui me prive du bonheur de l'eau qui tourbillonne. Il me suffit de m'asseoir et de laisser monter les larmes.

La foi en moi, ce sont ces frissons qui m'enflamment.

 

Dieu ? L'Energie ? L'Architecte ? Quelle importance ?

La croyance voudrait le nommer, le reconnaître, l'identifier, lui donner une histoire, un projet, nous transmettre des Textes, la croyance voudrait souder les âmes perdues, leur donner une direction...

Ça ne m'intéresse pas. Le chemin est en moi.

C'est ma foi. Une certitude.

Les complotistes

Par Le 18/08/2014

Je trouve consternant d'entendre encore aujourd'hui des individus considérer que les Puissants n'ont aucune volonté de complot, dans quel que domaine que ça soit et que les gens qui cherchent des explications alambiquées sont juste des déglingués...

Je suis un déglingué...

Il n'est qu'à passer quelques heures à fouiller...

On peut remonter très loin dans le Temps.

Rien de nouveau.

Ceux qui pensent qu'il n'y a aucune intention inavouée dans le démantèlement de l'Ecole publique devraient quitter le monde des Bisounours. 

C'est eux qui sont responsables des actes des Puissants puisqu'ils les laissent faire en critiquant ou en ignorant ceux qui cherchent la source cachée des complots. 

Les complotistes, aujourd'hui, sont ceux qui par leur silence, leur lâcheté, leur indifférence, cautionnent les actes des Puissants.

 


 

 

Louis Thomas McFadden

Louis T. McFadden

Louis Thomas McFadden né le 25 juillet 1876 et mort le 1er octobre 1936 est un banquier et un homme politique américain. Il fut un représentant républicain de laPennsylvanie (4 mars 1915 - 3 janvier 1935), président de la Pennsylvania Bankers' Association (1914-15), président de la First National Bank of Canton (1916-25) et président du United States House Committee on Banking and Currency (1920-1931).

Biographie

 

McFadden est né à Granville Center (Troy Township, Bradford County), en Pennsylvanie. Il étudia au Warner's Commercial College d' Elmira de New York. En 1882, il fut engagé par la First National Bank of Canton en Pennsylvanie. En 1899, il fut choisi comme caissier (cashier) et devint président de la banque le 11 janvier 1916 jusqu'en 1925.

De 1906 à 1907, il fut le trésorier de la Pennsylvania Bankers’ Association, et son président en 1914 et 1915. En 1914, il fut nommé comme administrateur de l'université d'État de Pennsylvanie par les sociétés agricoles de l'État de Pennsylvanie.

En 1914, McFadden fut élu Représentant républicain du 64e Congrès. Il le resta pendant les neuf Congrès suivant. Il servit comme Président du United States House Committee on Banking and Currency (en) du 66eCongrès au 71e, soit de 1920 à 1931. De 1915 à 1923, il fut représentant du 14e District, puis de 1923 à 1935 représentant du 15e District1.

Bien que réélu sans opposition en 1932, il perdit les élections contre le candidat démocrate en 1934 par une différence de 561 voix. En 1936, il n'obtint pas la nomination du Parti républicain.

Pacifiste, McFadden était critique de l'engagement militaire des États-Unis dans la Première Guerre mondiale. Il considérait que l'Angleterre avait su manipuler la diplomatie américaine, notamment par le biais duColonel House, afin de compléter les rangs décimés de son armée par de jeunes soldats américains et ainsi de ne pas avoir à engager de nouvelles troupes2.

Le 25 février 1927, le président Coolidge approuve le McFadden Act. L'initiateur principal de la loi était le Comptroller of the Currency Henry M. Dawes (en) et avait été présenté au Congrès par Louis Thomas McFadden le 11 février 1924. Le McFadden Act avait pour objectif de favoriser la compétition entre les banques nationales en interdisant spécifiquement la création de filiales bancaires inter-étatiques. Cette loi a été depuis amendée, notamment par le Riegle-Neal Act.

McFadden est célèbre pour ses critiques de la Réserve fédérale, qu'il considérait comme contraire aux intérêts du peuple américain. Le 10 juin 1932, McFadden fit un discours de 25 minutes devant la Chambre des représentants, durant lequel il accusa la Réserve fédérale d'avoir délibérément provoqué la Grande Dépression.

En 1932, McFadden initia une procédure d’impeachment contre le président Herbert Hoover, et introduisit devant la Chambre une résolution accusant de conspiration le Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale.

En 1933, McFadden introduisit la résolution no 158 de la Chambre, initiant une procédure d’impeachment contre le Secrétaire du Trésor, deux assistants du secrétaire du Trésor, le Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale et des directeurs et fonctionnaires de ses douze banques régionales.

McFadden a été la cible de plusieurs tentatives de meurtres3. On lui tira deux fois dessus à Washington, D.C. alors qu'il descendait d'un taxi devant l'un des hôtels de la capitale, les deux balles s'encastrèrent dans le taxi. Il survécut à un violent malaise lors d'un banquet politique à Washington, D.C. grâce à la présence d'un médecin qui lui fournit un traitement d'urgence. Ce médecin annonça ultérieurement qu'il s'agissait d'un empoisonnement4.

En 1936, la mort soudaine de McFadden est attribuée à une crise cardiaque5, lors d'une visite à New York6; l'hypothèse d'un empoisonnement a rapidement été émise7. Il est enterré dans le East Canton Cemeteryde Canton en Pennsylvanie.

Citations

Extrait de son célèbre discours du 10 juin 1932 devant la Chambre des représentants

Monsieur le Président, nous avons dans ce pays une des institutions les plus corrompues qui ait jamais existé dans le monde. Je fais référence au Conseil de la Réserve Fédérale et aux banques de la Réserve Fédérale. Le Conseil de la Réserve Fédérale, un conseil gouvernemental, a fraudé le gouvernement des États-Unis d'assez de monnaie pour payer la dette nationale. Les déprédations et les iniquités du Conseil de la Réserve Fédérale et des banques de la Réserve Fédérale agissant ensemble ont coûté à ce pays assez de monnaie pour payer plusieurs fois la dette nationale. Cette institution diabolique a appauvri et ruiné le peuple des États-Unis; s'est elle-même mise en banqueroute, et a pratiquement mis en banqueroute notre Gouvernement. Elle a fait ceci grâce aux défauts de la loi sous laquelle elle opère, grâce à la mauvaise administration de cette loi par le Conseil de la Réserve Fédérale et grâce aux pratiques de corruption des vautours qui la contrôlent.

Ce qu'il faut ici est un retour à la Constitution des États-Unis. Il nous faut un divorce complet de la Banque et l'État. La vieille lutte qui fut menée ici à l'époque de Jackson doit être à nouveau menée... L'Acte de la Réserve Fédérale doit être abrogé et les Banques de la Réserve Fédérale, ayant violé leurs chartes, doivent être immédiatement liquidées. D'infidèles fonctionnaires du Gouvernement qui ont violé leurs serments doivent être mis en accusation et amenés au tribunal. À moins que nous le fassions, je prédis que le peuple américain, outragé, volé, pillé, insulté et trahi comme il l'est dans son propre pays, se mettra en colère et enverra ici un Président qui expulsera du temple les manipulateurs de la monnaie.