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Les trois portes.
- Par Thierry LEDRU
- Le 06/12/2009
Les trois portes
Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.
"Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie", demanda le Prince.
"Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras trois portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi."Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie.
Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire "CHANGE LE MONDE".
"C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas."
Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent.
Bien des années passèrent.
Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :
"Qu’as-tu appris sur le chemin ?"
"J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas".
"C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise." Et il disparut.Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire "CHANGE LES AUTRES".
"C’était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration." Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat.
Bien des années passèrent.

Un jour, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :
"Qu’as-tu appris sur le chemin ?"
"J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses."
"Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu’ils réveillent en toi,les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir." Et le Vieil Homme disparut.Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots "CHANGE-TOI TOI-MEME".
"Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire," se dit-il. Et il entama son troisième combat.
Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :
"Qu’as-tu appris sur le chemin ?"
"J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser."
"C’est bien" dit le Sage.
"Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise."
"C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru." Et il disparut.Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait "ACCEPTE-TOI TOI-MEME."
Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens. "Quand on combat on devient aveugle, se dit-il." Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer. Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :
"Qu’as-tu appris sur le chemin ?"
"J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement, inconditionnellement."
"C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisième porte."A peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut "ACCEPTE LES AUTRES".
Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu’il avait aimées comme celles qu’il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu.
Il rencontra à nouveau le Vieux Sage.
"Qu’as-tu appris sur le chemin ?" demanda ce dernier.
"J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement."
"C’est bien" dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut "ACCEPTE LE MONDE".
Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ? Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :
"Qu’as-tu appris sur le chemin ?"
"J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’estni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à l’accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement."
"C’est la troisième Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde."Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l’habita.
"Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence"Et le Vieil Homme disparut.
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Pulsion de vie.(1)
- Par Thierry LEDRU
- Le 28/11/2009
La connaissance de soi consiste à se libérer du connu, comme le disait Krishnamurti. Le mental est cet espace connu dans lequel nous errons.
Je vois dans l'expression de Krishnamurti la nécessité d'affronter "une pulsion de mort" qui consiste à survivre dans les conditionnements auxquels nous nous sommes identifiés. Celui-là est "mort" qui n'existe que dans l'hébétude et la futilité.
"La pulsion de vie" impose au contraire de s'extraire de cette routine érigée en réussite parce qu'elle annihile en les analysant les inquiétudes et les tourments. Bien entendu, on ne voit souvent l'étreinte consciente des traumatismes que comme une auto-flagellation, un goût pervers pour la souffrance, une exacerbation narcissique de l'égo qui se complait dans le malheur ressassé. S'il ne s'agit effectivement que d'une exploitation malsaine du statut de victime afin d'amener vers soi la compassion, la plainte et l'identification à ce rôle adoré, il n'y a dans cette dérive qu'un enfoncement néfaste dans le bourbier des douleurs irrésolues.
La pulsion de vie n'est pas cela. Elle demande à explorer l'inconnu en nous, cet inconnu qui nous terrorise et que nous ne voulons pas affronter parce qu'il porte tous les stigmates des coups reçus, les souffrances enkystées, les malheurs fossilisés. En nous accrochant désespérément à nos habitudes, à nos croyances, à nos chimères, nos sempiternelles répétitions, en vissant nos yeux aux veilleuses qui repoussent les noirceurs, nous restons figés dans la pulsion de mort. Rien n'est possible et nous irons ainsi jusqu'à la mort réelle. Hallucinés de certitudes et de mensonges maintenus. Bien sûr que l'existence nous aura paru aussi douce que possible, tant que nous serons parvenus à résister aux assauts de l'inconscient. Encore faudra-t-il que notre enveloppe corporelle parvienne à échapper aux somatisations de toutes sortes...Ca n'est pas gagné...Cette pulsion de mort n'est par conséquent qu'une errance enluminée. Il n'y a aucun éveil mais un cinéma hollywoodien. C'est le mental le metteur en scène.
C'est le chaos des étoiles qui créé la splendeur de l'Univers. La pulsion de vie qui détruit les dogmes personnifiés nous pousse vers le chaos en nous-mêmes. C'est un chemin de clarté et une épreuve. Il ne s'agit pas de dolorisme mais une quête de lucidité. Rien n'empêchera d'admirer le cosmos dans les nuits calmes.
Refuser la pulsion de mort, celle qui maintient l'individu dans le carcan de ses traumatismes, par peur, par déni, par accoutumance, c'est se nourrir de l'élan vital qui veut que la vie soit une évolution verticale et non l'extension horizontale de l'individu.
De toute façon, il suffit de regarder autour de nous, nos proches, quelques connaissances, pour réaliser que si ce travail n'est pas entamé, consciemment, maintenu, préservé, encouragé, les dégâts collatéraux finissent la plupart du temps par jaillir comme si l'âme étouffée gangrénait l'enveloppe qui la porte. Je l'ai vécu. J'en suis sorti. La médecine ne l'explique pas. Nous sommes nombreux dans ce cas.
La connaissance de soi peut se présenter comme une tentative de l'individu à ramener l'inconscient à la conscience ou à ouvrir le conscient à l'inconscient. De nombreuses pratiques sont envisageables. L'écriture m'a servi de support. La montagne est un écrin. -
RONE : "Bora vocal"
- Par Thierry LEDRU
- Le 23/08/2025
Paroles de "Bora Vocal" par Rone
Voici les paroles de la chanson "Bora Vocal" de Rone. Ces paroles reflètent l'intensité et la philosophie de la chanson, inspirée par la réflexion d'Alain Damasio sur l'isolement nécessaire à la création et à l'expression de soi.
"Y'a pas de secret, y'a une vérité
Simple, sobre, crue, quoi
Un truc...Alain, "La Horde du Contrevent"
Tu la réussiras uniquement, quoi
Uniquement si tu t'isoles, si tu t'isoles, quoi
Tu comprends ce que ça veut dire "isoles" ?Isola, l'île, quoi
Tu crées ton île, et tu l'effaces au maximum, quoi
Il faut que les gens soient extrêmement loin de toi, mais loin,
Parce que ton univers sera vaste, quoi,
Sera immense, sera énorme,
Sera un énorme univers, quoi.Énorme puissance d'univers, quoi.
C'est ça qu'il faut, et... y'a qu'ça qu'il faut.
Et tu restes collé au vent, collé au vent, collé au vent, quoi.
Et que tu te battes, que tu ne fasses aucune concession sur le reste,
Tu oublies tout, quoi.T'es pas consultant, t'es rien,
Le consulting, c'est de la merde, quoi !La seule chose qui ait de la valeur, c'est...
C'est quand t'es capable de faire un chapitre comme celui-là, quoi.
Ça, ça restera, ça mérite que tu vives, quoi.Tu peux vivre pour écrire ça, ouais.
Là, ça mérite que tu vives, quoi — tu vois.Là, là, t'es pas né pour rien, t'es nécessaire, quoi.
T'es pas surnuméraire, comme dirait Sartre, t'es pas superflu, quoi.Là, là, là, t'as une nécessité quand t'écris ça, quoi.
La nécessité d'être, quoi...Et c'est ça qu'il faut tenir, mec.
C'est ça qu'il faut putain de tenir, quoi.LÂCHE PAS LE MORCEAU.
T'es pas là pour te faire enculer, te disperser, te fragmenter,
Fais pas de concession, quoi...Y'a pas de concession avec la vie, quoi.
Y'a pas de concession, quoi.Tu vis, et faut vivre à fond —
C'est... c'est... c'est...
La nécessité d'être.Et c'est ça qu'il faut tenir, mec.
PUTAIN DE MERDE, quoi !C'est quand même extraordinaire !"
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Pour un catastrophisme éclairé
- Par Thierry LEDRU
- Le 15/03/2024
Il ne faudra pas dire que nous ne savions pas.
Il faudra juste reconnaître que nous ne voulions pas comprendre ce que nous savions.
EAN : 9782020660464
224 pages
Seuil (16/04/2004)4/5 15 notes
Résumé :
Le temps est venu de mener une réflexion sur le destin apocalyptique l’humanité : nous avons en effet acquis la certitude que l’humanité était devenue capable de s’anéantir elle-même, soit directement par les armes de destruction massive, soit indirectement par l’altération des conditions nécessaires à sa survie. Le pire n’est plus à venir mais déjà advenu, et ce que nous considérions comme impossible est désormais certain. Et pourtant nous refusons de croire à la réalité du danger, même si nous en constatons tous les jours la présence. Face à cette situation inédite, la théorie du risque ne suffit plus : c’est à l’inévitabilité de la catastrophe et non à sa simple possibilité que nous devons désormais nous confronter.
"Ce n'est pas l'incertitude, scientifique ou non, qui est l'obstacle, c'est l'impossibilité de croire que le pire va arriver. [...]
La peur de la catastrophe n'a aucune force dissuasive. [...]
David Fleming construit un "principe inverse d'évaluation des risques" : la propension d'une communauté à reconnaître l'existence d'un risque serait déterminée par l'idée qu'elle se fait de l'existence de solutions. [...]
Tout nous porte à penser que nous ne pouvons étendre indéfiniment, ni dans le temps, ni dans l'espace, le mode de développement qui est actuellement le nôtre. Mais remettre en cause ce que nous avons appris à assimiler au progrès aurait des répercussions si phénoménales que nous ne croyons pas ce que nous savons pourtant être le cas. [...]
On ne croit à l'éventualité de la catastrophe qu'une fois celle-ci advenue, telle est la donnée de base. On ne réagit qu'à son actualité, donc trop tard" (in Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé, 2002, p. 141-145, 163-165)
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Derrière ce que tu crois être vrai
- Par Thierry LEDRU
- Le 21/11/2023

"Une vibration moléculaire se produit lorsque les atomes d'une molécule sont dans un mouvement périodique pendant que la molécule dans son ensemble subit un mouvement de translation et de rotation. La fréquence du mouvement périodique est appelée fréquence de vibration. Une molécule non linéaire constituée de n atomes possède 3n-6 modes normaux de vibration, alors qu'une molécule linéaire n'en possède que 3n-5, puisque la rotation autour de son axe moléculaire ne peut être observée. Une molécule diatomique ne possède ainsi qu'un mode normal de vibration. Les modes normaux des molécules polyatomiques sont indépendants les uns des autres, chacun d'entre eux impliquant des vibrations simultanées des différentes parties de la molécule; Une vibration moléculaire est produite lorsque la molécule absorbe un quantum d'énergie, E, qui correspond à une vibration de fréquence, ν, selon la relation E=hν, où h est la constante de Planck. Une vibration fondamentale est excitée lorsqu'un tel quantum d'énergie est absorbé par la molécule dans son état fondamental. Lorsque deux quanta sont absorbés la première harmonique est excitée, et ainsi de suite pour les harmoniques suivantes."......
Non, je n'y comprends rien mais ça me fascine et en même temps, ça me désole quelque peu parce que ces connaissances fabuleuses sont des ouvertures vers ce qui n'est pas visible, vers un mystère immense, celui de ce qui est, le réel, alors que moi, petit esprit limité, je ne perçois que ma réalité. Alors, parfois, je lis des documents que je ne comprends pas, juste pour revenir à cette conscience que ce que je perçois n'est qu'une infime partie de ce qui est. Je n'y ai pas accès par la réflexion, par manque de connaissances, mais il me semble que, parfois, je parviens à en percevoir quelques parfums, quelques touches de lumière, quelques effleurements, des moments fugaces mais intenses. Et c'est toujours lorsque je suis dans la nature. Dehors, dans le silence.
Peut-être aussi lorsque j'écris. Cet étrange état dans lequel la création littéraire semble ne pas m'appartenir mais venir d'un espace qui s'est ouvert. Est-ce moi qui suis parvenu à m'y insérer ou est-ce cet espace qui m'a englobé ? La question paraît absurde mais lorsque je lis le texte précédent, je me dis que la perception de la réalité n'est qu'une infime partie et que tout ce qui peut me paraître absurde n'est peut-être que la mise en lumière de mon ignorance.
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La nouvelle littérature
- Par Thierry LEDRU
- Le 24/02/2023
Un jour prochain, on verra des files d'attente de lecteurs et lectrices pour une dédicace signée par un robot. La nouvelle littérature est en marche.
Sans oublier la réécriture de l'ancienne littérature pour faire disparaître des termes qui choquent la bien pensance.
L’éditeur de Roald Dahl supprime des mots jugés trop offensants dans ses livres
Des mots employés dans des ouvrages de l’auteur, jugés dégradants, comme « gros, petits hommes, hideuse… », ont été modifiés par son éditeur, Puffin.
Par LePoint.fr
https://www.lepoint.fr/culture/l-editeur-de-roald-dahl-supprime-des-mots-juges-trop-offensants-dans-ses-livres-19-02-2023-2509176_3.php
Publié le 19/02/2023 à 11h35
Temps de lecture : 2 min
Les critiques de certains lecteurs auront eu raison de certains extraits des œuvres de Roald Dahl. Comme l'indique The Daily Telegraph, l'éditeur Puffin a décidé de faire réécrire certains passages des livres pour enfants du célèbre auteur britannique, pour qu'ils puissent « continuer à être appréciés par tous aujourd'hui ». Des critiques ont ainsi été sollicités pour modifier différents contenus.
Parmi les principaux changements, l'apparence physique des personnages arrive au premier plan. Les mots « gros » et « laid » ont ainsi été supprimés de chaque nouvelle édition des livres. Dans Charlie et la chocolaterie, Augustus Gloop est ainsi décrit comme quelqu'un d'« énorme » tandis que Mrs Twit, dans The Twits, n'est plus « laide et bestiale » mais juste « bête ».
Des extraits offensants contre les femmes supprimés
Au total, plus d'une centaine de modifications ont été apportées aux écrits de Roald Dahl. De son côté, la Roald Dahl Story Company a assuré « qu'il n'est pas inhabituel de revoir la langue » lors d'un nouveau tirage et que tout changement était « petit et soigneusement étudié ». Certains extraits, jugés dégradants à l'encontre des femmes ont également été supprimés, remplacés par des termes non sexistes.
À LIRE AUSSIÉcole – Les revers de l'inclusion
Dans Sacrées Sorcières, un paragraphe expliquant que les sorcières sont chauves sous leur perruque se termine avec une nouvelle phrase : « Il existe plusieurs raisons pour lesquelles les femmes pourraient porter des perruques et il n'y a rien de mal à cela. » L'emploi de termes neutres est aussi devenu la norme. Dans Charlie et la chocolaterie, les fameux Oompa Loompas étaient décrits comme de « petits hommes » et sont désormais qualifiés de « petites personnes », de même que les « hommes-nuages », qui sont devenus des « gens-nuages », dans James et la Pêche géante.
À LIRE AUSSIÉcriture inclusive : « On caricature le débat »L'ensemble de ces transformations ont été effectuée en collaboration avec Inclusive Minds, « un collectif de personnes passionnées par l'inclusion et l'accessibilité dans la littérature pour enfants », selon son porte-parole. Mais ces modifications ne font pas que des heureux et ont été vivement critiquées par Salman Rushdie sur Twitter. « Roald Dahl n'était pas un ange mais c'est une censure absurde. Puffin Books et la succession Dahl devraient avoir honte », a fustigé l'écrivain.
Au moins 200 livres créés avec ChatGPT ont été publiés sur la boutique Kindle d’Amazon
La boutique Kindle d’Amazon contient au moins 200 livres produits en utilisant ChatGPT. Un problème pour les vrais auteurs car leurs œuvres se retrouvent noyées dans une masse de publications de faible qualité. Si ce mouvement, movité par l'appât du gain, ne doit pas faire craindre un bouleversement de l’industrie du livre, il appelle néanmoins à de nouvelles régulations en matière de droits d’auteur.
Mélicia Poitiers
22 Février 2023 \ 17h45
3 min. de lecture
https://www.usine-digitale.fr/article/au-moins-200-livres-crees-avec-chatgpt-ont-ete-publies-sur-la-boutique-kindle-d-amazon.

© Felipe Pelaquim
Le 21 février 2023, Reuters a dévoilé que la boutique Kindle d’Amazon – dédiée à l’achat de livres électroniques pour sa liseuse éponyme – contient au moins 200 ouvrages pour lesquels ChatGPT est répertorié comme auteur ou coauteur. Un chiffre qui ne représente qu'une fraction de la réalité, car les conditions d'utilisation du géant américain n'exigent pas que les auteurs mentionnent l'usage de systèmes d’intelligence artificielle de ce type.
L'origine du phénomène est simple : des opportunistes tentent de générer rapidement de l'argent en demandant au générateur de texte d’OpenAI de créer des livres électroniques, puis en les publiant via Kindle Direct Publishing, la branche d'auto-édition d'Amazon.
Un nouveau business… pas vraiment rentable
Les livres illustrés pour enfants sont les plus ciblés. Sur le Kindle store, ChatGPT est par exemple à l’origine du conte The Power of Homework, d’un recueil de poésie intitulé Echoes of the Universe, ou encore de The Wise Little Squirrel : A Tale of Saving and Investing, une histoire pour enfants dans laquelle un écureuil trouve une pièce d'or et découvre l’intérêt de l’épargne et de l’investissement. L’ouvrage de trente pages, entièrement écrit et illustré par des outils de génération automatique d'image ou de texte, est vendu 2,99 dollars pour la version numérique et 9,99 dollars pour la version imprimée.
Depuis la sortie très remarquée de ChatGPT en novembre dernier, des centaines de tutoriels YouTube donnent des "idées de business" pour gagner de l’argent avec le système, parmi lesquelles "l’écriture et la publication d’un livre" en quelques heures. Mais comme toujours, les auteurs de ces tutoriels gagnent plus grâce à l'audience de leurs contenus (et aux services payants dont ils font la promotion) que ce que leurs idées ne rapportent à leurs auditeurs. L’auteur du livre en question aurait touché moins de 100 dollars depuis sa sortie en janvier.
"Beaucoup d’auteurs vont se retrouver au chômage" ?
Ce qui n’empêche pas les craintes de certains acteurs du secteur : "C'est quelque chose qui doit vraiment nous inquiéter, ces livres vont inonder le marché et beaucoup d'auteurs vont se retrouver au chômage", a déclaré Mary Rasenberger, directrice exécutive de l'Authors Guild, la plus grande organisation professionnelle américaine d'écrivains.
Le message, insinuant que ChatGPT va bouleverser l’industrie du livre, est peut-être un peu fort. Cela "fonctionne" dans l’auto-édition, mais ce système compte déjà beaucoup d’auteurs qui ne rencontrent qu'un succès mitigé. La majorité des lecteurs préfèrent toujours s’en tenir aux sélections des grands éditeurs. Le schéma classique et toujours largement plus répandu est le suivant : un auteur propose son texte au comité de lecture de l’éditeur qui décide ou non de le faire rentrer dans le cercle (souvent très fermé) des auteurs publiés.
"Il doit y avoir une transparence de la part des auteurs et des plateformes sur la façon dont ces livres sont créés", poursuit Mary Rasenberger. Sur ce point-là, elle n’a pas tort, et il y a fort à parier que si cela est fait, les lecteurs préféreront acheter des œuvres émanant du travail d’un être humain.
Clarkesworld a dû geler toute nouvelle soumission de textes
Dans le même temps, Clarkesworld, un magazine américain spécialisé dans la publication de collections de nouvelles de science-fiction, submergé de textes écrits par l’intelligence artificielle (la publication a banni plus de 500 utilisateurs ce mois-ci pour avoir soumis du contenu suspecté d'être assisté par l'IA) a dû geler toute nouvelle soumission de textes sur son site. Clarkesworld est l’un des rares éditeurs à accepter de publier des textes venants d’auteurs encore inconnus, et de les rémunérer (12 cents par mot), ce qui en fait une cible de choix.
Son rédacteur en chef Neil Clarke envisage plusieurs possibilités pour combattre le problème, telle que l’introduction de soumissions payantes, même s’il assure qu’il regretterait de devoir en arriver là, que ces "changements imposés par des fraudeurs n’entraînent un nombre croissant d’obstacles pour les nouveaux auteurs".
Un problème de plagiat difficile à réguler
L’utilisation de ChatGPT, de Google Bard et de tout autre générateur de texte basé sur l’IA à des fins commerciales, pose avant tout un problème de plagiat. Dénué d’imagination, ces systèmes ne font que réutiliser des contenus créés par l'homme à l'insu des auteurs originaux ou en tout cas sans leur autorisation.
La solution la plus envisageable reste alors d’imposer une citation claire des sources. D’ailleurs, notons que l’article 3 des conditions générales d’utilisation d’OpenAI, mentionne explicitement le transfert de tous les droits à l’utilisateur (les textes de ChatGPT appartiennent donc à la personne qui les a générés), mais qu’elles interdisent de présenter le contenu comme s’il était généré par un humain. Ce qui, à priori, n’est pas respecté, et de toutes façons très difficile à détecter puisqu’ils recoupent, combinent et même paraphrasent plusieurs sources...
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Les prochaines années
- Par Thierry LEDRU
- Le 23/06/2021
Clairement, aujourd'hui, la question pour moi n'est pas de savoir comment éviter une période à venir qui semble de plus en plus douloureuse, mais comment s'y préparer au mieux.
Il ne s'agit plus seulement de réduire notre impact mais d'anticiper sur ce que les prochaines années nous réservent.
Qu'il s'agisse d'un réchauffement de 1,5 degrés, de 2 degrés ou encore pire, les effets seront de toute façon de grande ampleur.
Quant aux débats et conflits entre le GIEC ou d'autres entités scientifiques, (voir les deux articles ci-dessous) ça m'est complètement égal. Je tente toujours d'avoir des articles contradictoires mais la réalité restera la même. Qu'il s'agisse d'un réchauffement d'ordre uniquement naturel ou que l'humanité en soit partiellement responsable, c'est à mes yeux, un débat totalement stérile. Ces débats se concentrent sur les causes mais pas sur les effets. Ca ne change rien aux effets eux-mêmes.
Par conséquent, il va bien falloir qu'on envisage une dégradation majeure dans nos modes de vie. Et ensuite, il va falloir qu'on s'y prépare. Rapidement. Et c'est là, de nouveau, qu'intervient la notion de "survivalisme" tellement décriée dernièrement. Sans doute qu'il vaudrait mieux parler de "citoyen prévoyant". Même si dans la méthode et dans le fond, c'est la même chose. Il s'agit juste d'anticiper...
Dérèglement climatique : faim, pauvreté, maladies... Ce qu'il faut retenir du projet de rapport du Giec
Les experts du climat annoncent des "impacts irréversibles" si la hausse des températures est supérieure à 1,5°C, selon un pré-rapport dévoilé par l'AFP et qui n'est toutefois pas destiné à être publié tel quel.
Article rédigé par

France Télévisions
Publié le 23/06/2021 17:16Mis à jour le 23/06/2021 18:11
Temps de lecture : 7 min.

Les restes d'un poisson mort repose sur les rives asséchées de la Loire, à Montjean-sur-Loire, le 24 juillet 2019. (LOIC VENANCE / AFP)
Il y a urgence. Pénurie d'eau, exode, malnutrition, extinction d'espèces... Un réchauffement climatique durable supérieur au seuil de +1,5 °C aurait des "impacts irréversibles pour les systèmes humains et écologiques", avertit un projet de rapport des experts du climat de l'ONU obtenu en exclusivité par l'AFP mercredi 23 juin. Quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ces impacts vont s'accélérer et devenir douloureusement palpables bien avant 2050, assure le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) dans ce document de 137 pages.
"La vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L'humanité ne le peut pas."
Les experts du Giec
dans un projet de rapport dévoilé par l'AFP
Voici ce qu'il faut retenir de ce résumé technique, qui n'en est encore qu'au stade de projet. Le texte définitif ne sera officiellement publié qu'en février 2022, après son approbation par consensus par les 195 Etats-membres.
Les villes côtières vont souffrir
Le réchauffement climatique touchera directement et fortement les habitants des villes côtières. En 2050, des centaines de millions d'entre eux, de Bombay (Inde) à Miami (Etats-Unis), et de Dacca (Bangladesh) à Venise (Italie), seront menacés par des submersions plus fréquentes, provoquées par la hausse du niveau de la mer, qui entraînera à son tour des migrations importantes. Environ 10% de la population mondiale et des actifs vivent à moins de 10 m au-dessus du niveau de la mer, notent les experts du Giec. Pour certaines mégalopoles, les conséquences pourraient se faire sentir très vite, du vivant des populations actuelles.
"Le niveau de la mer continue à monter, les inondations et les vagues-submersion sont de plus en plus fréquentes et intenses, le réchauffement accroît l'acidité de l'océan et intensifie les canicules."
Les experts du Giec
dans un projet de rapport dévoilé par l'AFP
"La plupart des villes côtières peuvent mourir. Beaucoup d'entre elles seront éliminées par les inondations à long terme. D'ici 2050, on aura une idée plus précise", explique Ben Strauss, de l'organisation Climate Central, interrogé par l'AFP. Mais en dépit de ces sombres prédictions, les villes côtières continuent de grossir, multipliant les victimes potentielles, en particulier en Asie et en Afrique. En Europe, Venise, chef-d'œuvre architectural classé au patrimoine mondial de l'Unesco, est particulièrement vulnérable : plus de 90% des habitations de la cité des Doges sont menacées par les inondations.
Au-delà de +2 °C, la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique de l'Ouest (qui contiennent assez d'eau pour provoquer une hausse du niveau de la mer de 13 m) pourraient d'ailleurs entraîner un point de non retour, selon de récents travaux. C'est pour cela que "chaque fraction d'un degré compte", insiste le Giec.
Enfin, sous l'effet combiné de la dilatation des océans et de la fonte des glaces provoquées par le réchauffement, la hausse du niveau des mers menace également de contaminer à l'eau salée les sols agricoles et d'engloutir des infrastructures stratégiques, comme les ports ou les aéroports.
La faim et la pauvreté vont s'aggraver
Même en limitant la hausse à 2 °C, quelque 130 millions de personnes supplémentaires pourraient sombrer dans la pauvreté extrême d'ici à dix ans, et la malnutrition s'accroîtra. Agriculture, élevage, pêche, aquaculture... "Dans tous les systèmes de production alimentaire, les pertes soudaines s'accroissent" à cause des sécheresses, des canicules etc., observe le pré-rapport, en pointant les aléas climatiques comme "principal moteur". La fréquence des mauvaises récoltes augmente déjà régulièrement depuis 50 ans et la multiplication de phénomènes météorologiques extrêmes touchera de plus en plus la production. L'apport protéinique tiré du riz, du blé, de l'orge ou des pommes de terre devrait ainsi chuter entre 6% et 14% dans les années à venir.
S'ajoutera la pression sur les terres liée à la demande croissante en biocarburants ou à la plantation d'arbres pour séquestrer le carbone. Tous ces facteurs pousseront les prix à la hausse d'environ 30% d'ici 2050. Ce qui placera plus de 180 millions d'habitants ayant de faibles revenus au bord de la malnutrition chronique, un danger très inégalement réparti, l'Afrique et l'Asie du Sud-Est concentrant 80% des personnes menacées. Autre conséquence : plus de 10 millions de cas supplémentaires de malnutrition ou de rachitisme infantile sont attendus en Afrique ou en Asie d'ici 2050.
L'eau douce va manquer
Côté approvisionnement en eau, un peu plus de la moitié de la population mondiale est déjà en situation d'insécurité. Avec l'aggravation de la sécheresse et la multiplications des canicules, le manque d'eau douce deviendra de plus en plus criant dans certaines régions du monde. Près de 75% des approvisionnements en eaux souterraines – principale source d'eau potable pour 2,5 milliards d'humains – pourraient être touchées par le changement climatique d'ici à 2050, alors que la fonte des glaciers a déjà fortement affecté le cycle de l'eau (cours d'eau, mers, évaporation, pluie).
Avec une augmentation de 1,5 °C, dans les villes, 350 millions d'habitants supplémentaires seront exposés aux pénuries d'eau. Ce chiffre passera à 400 millions de personnes supplémentaires si la hausse des températures s'élève à 2 °C. "Les coûts d'adaptation pour l'Afrique devraient augmenter de dizaines de milliards de dollars par an au-delà de +2 °C", relèvent encore les auteurs du projet de rapport. D'après les études citées par le Giec, dans un monde à +1,5 °C, 14% de la population terrestre sera exposée à des canicules sévères au moins tous les cinq ans, en "augmentation significative".
"A +2 °C, 1,7 milliard de personnes supplémentaires seront exposées à de fortes chaleurs, 420 millions à des chaleurs extrêmes et environ 65 millions à des canicules exceptionnelles tous les cinq ans."
Les plus touchés seront les habitants des mégalopoles tropicales des pays en développement, en Asie et en Afrique notamment. "Dans ces régions, la population des villes augmente fortement et la menace de canicules mortelles plane", explique Steffen Lohrey de l'université de Berlin, principal auteur de l'étude dont sont extraits les chiffres du Giec.
Les maladies vont se propager
Autre danger, le réchauffement climatique agrandit les territoires propices aux vecteurs de maladies, notamment les moustiques. D'ici à 2050, la moitié des habitants de la planète pourrait être exposée à la dengue, la fièvre jaune ou des virus comme zika. Les ravages du paludisme ou de la maladie de Lyme vont s'amplifier et les décès liés aux diarrhées infantiles devraient augmenter au moins jusqu'au milieu du siècle, malgré le développement socio-économique. Les maladies liées à la qualité de l'air, notamment la pollution à l'ozone, typique des vagues de chaleur, vont aussi "substantiellement augmenter". "Il y aura également des risques accrus de contamination de l'eau ou des aliments" par les toxines maritimes, selon les auteurs du pré-rapport.
De nouvelles espèces seront menacées
Pour certains animaux et certaines variétés de plantes, il est peut-être déjà trop tard : "Même à +1,5 °C, les conditions de vie vont changer au-delà de la capacité de certains organismes à s'adapter", souligne le projet de rapport, en citant les récifs coralliens. Parmi les espèces en sursis figurent les animaux de l'Arctique, territoire qui se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne.
Des solutions peuvent être trouvées
Face à ces problèmes systémiques, il n'existe pas de remède miracle unique. En revanche, une seule action peut avoir des effets positifs en cascade. Par exemple, la conservation et la restauration des mangroves et des forêts sous-marines de varech (des algues), qualifiées de puits de "carbone bleu", accroissent le stockage du carbone, mais protègent aussi contre les submersions, tout en fournissant un habitat à de nombreuses espèces et de la nourriture aux populations côtières. En dépit de ses conclusions alarmantes, le pré-rapport offre ainsi une note d'espoir. En prenant aujourd'hui des mesures fortes, il est possible de freiner l'emballement de la deuxième moitié du siècle.
"Nous avons besoin d'une transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux: individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernement."
"Nous devons redéfinir notre mode de vie et de consommation", plaident encore les auteurs de ce document, dont la teneur définitive ne sera connue que l'an prochain.
https://www.climato-realistes.fr/pre-rapport-alarmiste-du-giec-23-juin-2021-comminique-climato-realistes/
Association des climato-réalistesClimat, Énergie & Environnement
Contre l’opacité de l’AFP et du GIEC
23 juin 2021 / Association des climato-réalistes
Communiqué de l’association des climato-réalistes
Paris, le 23 juin 2021
Plusieurs médias (dont Le Point, Libération, Le Monde) se font aujourd’hui 23 juin l’écho d’un « projet de rapport du GIEC » annonçant une « accélération » des « dérèglements » climatiques d’ici 2050. Comme toujours le pire est pour demain, mais nulle possibilité n’est offerte à quiconque d’exercer son esprit critique puisque le texte lui-même du rapport n’est pas rendu public. Seule l’AFP l’a eu en main en exclusivité, et n’en a diffusé que quelques bribes, bien évidemment toutes orientées vers le catastrophisme.
La validation par le GIEC de ce rapport n’étant prévue que pour 2022, il est aujourd’hui impossible de savoir ce qu’il contient, ni sur quoi se fondent les affirmations toujours plus inquiètes sur le «dérèglement» annoncé, ni si celles-ci subsisteront à l’issue du processus de validation. Nous avons donc affaire à un dévoiement du processus d’expertise à des fins de propagande. Ce n’est hélas que le dernier en date d’une longue série sur le climat, où il ne s’agit pas d’informer mais de faire peur et d’orienter l’opinion publique.
L’Association des Climato-Réalistes demande donc au GIEC ou à l’AFP de dévoiler ce projet de rapport en intégralité. S’agissant d’un rapport financé sur fonds publics, il est indécent d’obliger le public à se fier servilement aux extraits sélectionnés dans la presse. Le public doit au contraire pouvoir exercer son droit à l’information et à la critique.
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Les modèles climatiques surestiment le rôle des gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique
21 juin 2021 / Association des climato-réalistes
Une étude publiée le 28 mai 2021 dans la revue Science advances suggère que les modèles climatiques surestiment le rôle des gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique. L’étude intitulée « Improved estimates of preindustrial biomass burning reduce the magnitude of aerosol climate forcing in the Southern Hemisphere » a été menée par le groupe de modélisation de la chimie atmosphérique de l’université d’Harvard, que co-dirigé Loretta Mickley, l’auteure principale de l’article.
Résumé de l’article
Le feu joue un rôle central dans la formation des écosystèmes terrestres et dans la composition chimique de l’atmosphère influençant ainsi le climat de la Terre. La tendance et l’ampleur de l’activité des incendies au cours des derniers siècles sont controversées, ce qui entrave la compréhension du forçage radiatif des aérosols de l’époque préindustrielle à nos jours. À partir des enregistrements de 14 carottes de glace de l’Antarctique et d’une carotte de glace des Andes centrales nous présentons ici des preuves que l’activité historique des incendies dans l’hémisphère Sud (SH) a dépassé les niveaux actuels. Pour comprendre cette observation, nous utilisons un modèle de feu global montrant que les émissions globales de feu de l’hémisphère Sud pourraient avoir diminué de 30% au cours du 20ème siècle, probablement en raison de l’expansion rapide de l’utilisation des terres pour l’agriculture et l’élevage aux latitudes moyennes à élevées.
Les chercheurs ont déterminé qu’il y avait quatre fois plus de suie dans l’atmosphère de l’hémisphère sud préindustriel qu’on ne le pensait auparavant. Ces résultats signifient que les modèles climatiques peuvent avoir surestimé l’impact des gaz à effet de serre sur le climat.
L’un des plus grands défis dans la prévision des impacts du changement climatique est de prévoir comment les températures de surface augmenteront en fonction de l’augmentation des gaz à effet de serre. Alors que les gaz à effet de serre emprisonnent la chaleur et réchauffent la surface de la planète, les particules d’aérosol provenant des volcans, des incendies et d’autres formes de combustion ont un effet rafraîchissant car elles bloquent la lumière du soleil ou la couverture nuageuse.
Comprendre comment ces facteurs interagissent est essentiel pour comprendre les effets du changement climatique. Alors que de nombreux modèles climatiques actuels reposent sur des données quantifiant les niveaux passés de gaz à effet de serre, les données équivalentes pour les aérosols de fumée d’avant la révolution industrielle étaient largement inconnues jusqu’à présent.
Pour obtenir des données sur les niveaux d’aérosols, les chercheurs ont analysé 14 carottes de glace prélevées dans tout l’Antarctique, indiquant des quantités de fumée provenant d’incendies dans l’hémisphère sud. À l’intérieur de ces noyaux, ils ont mesuré les niveaux de suie, un composant clé de la fumée. Ce faisant, ils ont trouvé des résultats inattendus :
Les carottes de glace contenaient quatre fois plus de suie que prévu, suggérant un passé beaucoup plus tumultueux qu’on ne le pensait auparavant. Les chercheurs ont ensuite vérifié leurs résultats avec des simulations informatiques prenant en compte ces niveaux de fumée provenant d’incendies de forêt et les pratiques de brûlage des peuples autochtones.
Les résultats des simulations correspondaient à ceux des carottes de glace. Ils ont également suggéré qu’à mesure que les changements dans l’utilisation des terres ont entraîné une diminution de l’activité des incendies, les émissions de l’industrie ont augmenté. Cela signifie que les niveaux de suie sont restés relativement constants avant le début de l’ère industrielle jusqu’au 20e siècle.
Les résultats suggèrent que jusqu’à présent, les scientifiques ont pu sous-estimer l’effet de refroidissement des particules de fumée dans le monde préindustriel. Cela signifie inversement que les modèles climatiques ont surestimé l’effet de réchauffement du dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre pour expliquer les augmentations observées des températures de surface.
Il est clair que le monde se réchauffe, mais la question clé est de savoir à quelle vitesse il se réchauffera alors que les émissions de gaz à effet de serre continueront d’augmenter. Cette recherche nous permet d’affiner nos prévisions pour l’avenir
Loretta Mickley, auteure principale de l’article.
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Sauvegarde des baleines
- Par Thierry LEDRU
- Le 22/06/2021
Une bonne nouvelle, une.
L’Islande renonce pour la troisième année consécutive à chasser les baleines
Le rorqual commun est une espèce vulnérable selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, situant le nombre de ses individus aux alentours de 100 000. Sa viande est exportée depuis 2013 par les baleiniers islandais au Japon, mais la demande n’a jamais augmenté et le marché reste stagnant.

22 juin 2021 - Maïté Debove

Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !
- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France
Un peu de répit pour les baleines ! Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) l’affirme avec soulagement : « il semble maintenant évident que pour la troisième année consécutive, les géants des mers ne seront pas victimes des harpons en Islande. »
C’est IFAW, le Fond international pour La protection des animaux qui l’annonce, comme au cours des années précédentes. En 2019 et 2020, la chasse aux baleines avait été annulée à cause du covid-19 mais également parce que l’observation des baleines est graduellement devenue plus prisée par les touristes.
L’activité génère tous les ans 22 millions d’euros en Islande et s’élève à 2 milliard de dollars dans le monde entier. Plus de 350 000 personnes se rendent chaque année en Islande pour observer les cétacés, ce qui rend leur conservation plus importante économiquement que ce qu’entraîne leur chaire une fois qu’elles sont mortes.
Il semblerait qu’une des campagnes d’IFAW, « Meet Us Don’t Eat Us » pour informer les vacanciers de la réalité de la chasse à la baleine, ait eu un effet considérable sur les visiteurs. Quant aux Islandais, la dernière enquête d’IFAW montre que seulement 1% d’entre eux en consomment régulièrement.

Des touristes observent un petit rorqual en Islande. Crédit : IFAW
Le rorqual commun est une espèce vulnérable selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, situant le nombre de ses individus aux alentours de 100 000. Sa viande est exportée depuis 2013 par les baleiniers islandais au Japon, mais la demande n’a jamais augmenté et le marché reste stagnant.
Selon IFAW, il ne reste qu’une entreprise de chasse au rorqual commun, Hvalur hf. Kristjan Loftsson, le dirigeant de l’entreprise, n’a depuis 2018 pas fait le choix de perpétuer la chasse, mais pourrait repartir l’an prochain pour conserver un nouveau quota sur les cinq années à venir.

Un rorqual commun pêché en Islande en 2009. – Crédit : Dagur Brynjólfsson
Piégeant 33 tonnes de CO2 tout au long de leur vie, les baleines jouent un rôle important face au réchauffement climatique : leur pouvoir d’absorption du carbone étant bien supérieur à celui d’un arbre, qui peut emprisonner seulement 20 kg de CO2 par an.
Lire aussi : Une baleine dans l’océan vaut des milliers d’arbres sur terre
Leurs matières fécales flottent à la surface et nourrissent les phytoplanctons, qui sont à l’origine de 50% de l’oxygène de la planète et absorbent environ 37 milliards de tonnes de CO2 par an.
Aider les populations de baleines à se rétablir en les protégeant est donc l’un des enjeux majeurs de notre époque, et les décisions prises en Islande sont une belle avancée qu’il faut espérer voir maintenue au fil des années à venir.

