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  • Forêts et CO2

    Je n'adhère pas à l'écomodernisme et Elon Musk fait partie de ces adeptes les plus influents et les plus puissants. La solution ne viendra pas des inventions humaines mais de l'usage de ce que la nature elle-même met à notre disposition. Sinon, si on adhère aux idées de l'écomodernisme, il s'agira uniquement d'une lutte économique et non pas écologique. Et il s'agira donc toujours de préserver la croissance, d'en accroître même le processus. 

     

     

     

    Francis Hallé à Elon Musk : « Ne cherchez plus, on a trouvé vos pièges à CO2 ! »

     

    https://lareleveetlapeste.fr/francis-halle-a-elon-musk-ne-cherchez-plus-on-a-trouve-vos-pieges-a-co2/

    « Je ne crois pas qu’une quelconque machine va pouvoir faire cela et je suis convaincu que le meilleur moyen de capter et de stocker le carbone atmosphérique sur le long terme, c’est la forêt. »

    10 mars 2021 - La Relève et La Peste

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    Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

    - Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
    - Format : 128 pages
    - Impression : France

     

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    Francis Hallé est un biologiste, botaniste et dendrologue français. Il porte un projet exceptionnel : reconstituer une forêt primaire de 70 000 hectares en Europe de l’Ouest. Lorsqu’il a appris que le milliardaire ELon Musk voulait lancer « le plus grand prix de l’histoire » en matière de lutte contre le changement climatique, en attribuant 100 millions de dollars à quiconque trouverait la meilleure technologie pour capter et stocker le CO2, l’éminent naturaliste n’a pas hésité longtemps à concourir. Il nous explique sa vision ici.

    La démarche d’Elon Musk ne vise-t-elle pas plutôt à éviter de remettre en question notre modèle de croissance ?

    Francis Hallé : « Exactement et c’est très pernicieux. Supposez qu’on trouve la machine dont rêve Elon Musk. Ce serait dramatique puisque nous n’aurions plus aucune raison de diminuer nos émissions de GES. Or il faut les diminuer, c’est impératif !

    Mais essayons plutôt de répondre à son challenge : si nous avions des grandes forêts avec des grands arbres de gros diamètre, on stockerait le carbone de façon très efficace et durable.

    Notez d’ailleurs que si nous avons de grandes quantités de gaz carbonique dans l’atmosphère actuellement, c’est en grande partie lié à la destruction des forêts. Il y a aussi la combustion des carburants fossiles, qui eux-mêmes étaient des forêts au départ.

    Une étude réalisée en 2019 par des chercheurs de l’école polytechnique de Zurich (publiée par la revue Science) révèle qu’à l’échelle de la planète nous pourrions « reforester » une surface d’environ 900 millions d’hectares – équivalente au Brésil – et ainsi capter plus de 200 milliards de tonnes de CO2 (les activités humaines ont généré 43 milliards de tonnes de CO2 en 2019). Face à cette capacité bien documentée des forêts, les alternatives industrielles sont-elles crédibles ?

    Elles sont anecdotiques voire illusoires si on intègre toutes les conséquences sur l’environnement d’une telle industrialisation – bilan carbone des installations, artificialisation des sols, paysages défigurés…

    La solution forestière reste à mon sens, et de loin, la meilleure solution. Faisons sur ce point une distinction qui me paraît essentielle entre les plantations d’arbres qui sont faites dans le but d’être exploitées, et les forêts qui se développent librement sur le très long terme, on parle de millénaires.

    Dans les forêts les arbres vivent généralement très longtemps et pour eux les changements climatiques, y compris celui que nous vivons actuellement, c’est la routine !

    On observe pourtant beaucoup de massifs forestiers en dépérissement…

    Pourtant les arbres se portent plutôt bien dans l’ensemble. Sauf effectivement dans les espaces plantés d’espèces uniques, véritables monocultures où les parasites se régalent. Mais ces espaces auxquels vous faites référence, ce ne sont pas des forêts mais des cultures !

    Lire aussi : « Ce ne sont pas les forêts qui meurent, mais surtout des plantations d’arbres »

    Crédit : Maxx Gong

    Quand on parle de « reforestation » parmi les solutions, l’homme y joue généralement un rôle d’acteur, via la plantation d’arbres. A-t-on un rôle à jouer dans la reconstitution des forêts ?

    Certains vous diront que oui. Dans la logique de ce que je viens d’évoquer nous avons besoin de bois pour satisfaire nos besoins dans de nombreux domaines et dans ce cadre, effectivement, l’humain joue un rôle actif d’agriculteur. On parle d’ailleurs de « récolter le bois ».

    Mais cela n’a rien à voir avec les forêts en libre évolution qui elles sont indispensables pour stocker le CO2 et régénérer la biodiversité.

    Il est d’ailleurs choquant qu’en France, comme à l’échelle du monde, on refuse cette distinction en confiant chez nous la question des forêts au ministère de l’agriculture et à l’échelle de l’ONU à la FAO.

    J’appelle de tous mes vœux la création d’une structure ministérielle ad hoc qui s’occupe exclusivement de la forêt, avec une structure similaire à l’échelon mondial. Et laissons le ministère de l’agriculture gérer les plantations d’arbres.

    Revenons à Elon Musk. Si celui-ci vous répond qu’il cherche avant tout des innovations, que lui direz-vous ?

    Je lui dirai que la photosynthèse reste la meilleure innovation en matière de captation du carbone. D’ailleurs si j’en juge aux recherches qui sont menées par des startups en vue comme Climeworks, on est sur des modèles qui ne sont pas très éloignés de ceux des arbres.

    Or la biomimétique devrait plutôt nous inciter à utiliser les systèmes vivants que d’imaginer des imitations artificielles.

    L’innovation n’est plus dans cette industrialisation, qui évoque plutôt le « monde d’avant » pour reprendre une formule à la mode. Comme l’expliquent très bien les scientifiques Béatrice et Gilbert Cochet qui soutiennent notre projet, innover consiste désormais à miser sur les dynamiques extrêmement puissantes de la nature – forêts et océans en tête – pour trouver des solutions efficaces face à la crise climatique.

    Pièges à CO2 développés par la startup Climework. Source : Climeworks.

    De nombreuses voix s’élèvent pour inventer un autre système de comptabilité économique que celui fondé sur la seule croissance du PIB. Un modèle qui intègre les services rendus par la nature…

    Il faudrait en effet faire le bilan entre ce qu’on gagne à détruire la nature et ce qu’on perd. Le déduire des gains industriels, car on n’intègre jamais dans ces comptabilités fallacieuses la perte de tous les services que nous rend la nature. Or une fois qu’elle est détruite, on n’a plus tous ses services.

    J’appelle donc à faire évoluer cette comptabilité et je ne doute pas que les économistes trouveront mieux que le PIB, beaucoup travaillent d’ailleurs sur ces questions.

    Il faut ensuite que les acteurs économiques intègrent ces données, mais là c’est une autre histoire. Pour l’instant, c’est une question de volonté politique et de suite dans les idées.

    Ma conviction est que le jour où le PIB intègrera les services rendus par la nature, notre forêt primaire vaudra de l’or. Et on sera imité partout ! Avis aux investisseurs…

    Lire aussi : « Remplaçons le PIB par l’indicateur de vie heureuse, longue et soutenable »

    Crédit : Dmitry Gladkikh

    Justement, en parlant d’investisseurs, Warren Buffet a dit un jour « quelqu’un s’assoit à l’ombre aujourd’hui parce que quelqu’un d’autre a planté un arbre il y a longtemps. » Un conseil que pourrait méditer Elon Musk ?

    C’est vrai, en précisant que l’arbre est peut-être venu tout seul… puisqu’on n’a pas toujours besoin de le planter !

    Le même Warren Buffet a dit que « quand des gens intelligents expliquent leurs idées à un orang-outang, cela améliore la qualité de leur prise de décision. »

    Je l’encourage donc vivement à expliquer à cet orang-outang – qui lui connaît bien la nature – qu’il veut investir dans des technologies coûteuses pour un résultat hypothétique, alors que la nature – qui elle a fait ses preuves – fait tout le boulot gratuitement…

    Comment imaginer qu’Elon Musk n’y ait pas déjà pensé ?

    C’est une idée qui lui a sans doute échappé…

    Imaginons à présent qu’il vous appelle pour vous attribuer les 100 millions de dollars. Qu’en faites-vous ?

    Oh je ne serais pas du tout en peine ! On pourrait commencer par se procurer des terrains pour les laisser en libre évolution. Et laisser faire la nature. Tout simplement. »

    Cette interview a été initialement publiée sur le site de l’association de Francis Hallé, partagée avec toutes autorisations.

    10 mars 2021 - La Relève et La Peste

  • Yves Auberson

     

    La suite d'une histoire exemplaire.

    En ce moment, des millions de Français se passionnent pour des footballeurs. Et puis, il y a ceux qui marchent alors qu'ils ne devraient même pas pouvoir le faire. 

    "Toujours se relever"

     

     

     

    Atteint de la maladie de Parkinson, Yves Auberson traverse les Alpes suisses en solitaire et à pied

    Le Suisse de 51 ans a parcouru 1 122 kilomètres en trois mois.

     

    Antoine Bchini08 février 2021 à 14h09

     

    Alors qu'il n'avait que 35 ans, Yves Auberson a été diagnostiqué avec la maladie de Parkinson. Un véritable coup dur pour l'ancien golfeur professionnel - champion de Suisse junior en 1988 - qui a aussi arpenté les courses de trail dans les années 2000. Malgré la découverte de sa maladie en 2004, le Suisse ne s'est pas apitoyé sur son sort. Pour preuve : quinze ans plus tard, il ne s'est pas attaqué à une simple montagne, mais à toutes les Alpes suisses.

    L'été dernier, à 51 ans, il a réalisé un défi fou en solitaire : parcourir plus de 1 000 kilomètres et gravir quarante cols en moins de cent jours. Cette aventure a avant tout été conçue comme un projet pour sensibiliser sur cette maladie dégénérative, et notamment sur l'idée reçue qu'elle ne touche que les personnes âgées.

     

    À l'origine, il voulait faire le tour de l'Europe à vélo par les côtes, soit 20 000 kilomètres. La situation sanitaire et surtout la dangerosité de ce plan ont poussé le natif de Genève et son ami Michel Zryd - membre de l'association Défi-Parkinson - à changer de cap : un long périple à travers les Alpes, du lac Léman jusqu'à Nice, avec une centaine de cols sur le trajet. Là encore, la pandémie du Covid-19 s'est mêlée à l'histoire, obligeant l'aventurier à rester en Suisse. Le terrain de jeu est un vaste champ des possibles, avec notamment la Via Alpina et le Chemin des cols Alpins au programme.

    Yves Auberson est parti de Montreux et a traversé la contrée helvétique d'ouest en est, avant de revenir. Au total : près de 60 000 mètres de dénivelé. Le Suisse et son association ont planifié son parcours à l'avance, en réservant les hôtels et auberges au fur et à mesure de son avancée. À force de vingt kilomètres par jour en moyenne, avec parfois près de deux kilomètres de montée, il s'est enfoncé dans le coeur des Alpes.

     

    « Je devais faire le point, me remettre en question »

    Le Genevois a du caractère et un mental solide. Il a lutté pour pouvoir réaliser ce projet qui lui tenait à coeur, malgré les nombreux aléas de cette période. D'une résilience à toute épreuve, Yves Auberson s'est relevé à chaque fois qu'il a trébuché - plusieurs fois par jour -, mais a continué son chemin pendant quatre-vingt-cinq jours et 1 122 kilomètres de marche pour prouver qu'il pouvait le faire. « On se dit souvent que, dans la marche, le plus compliqué ce sont les montées, mais non ! Le plus dur, ce sont les descentes. Surtout avec un sac à dos de quinze kilos », rigole-t-il.

    Au téléphone, le Suisse parle calmement. Il prend son temps pour sortir les mots à cause de la maladie et conte ses longs mois sur les routes de montagne, de temps en temps aidé par Michel Zryd pour compléter ses phrases et parfois les reprendre. « Ce qui a été le plus difficile à supporter, c'était la solitude, nous confie Yves Auberson. 90 % du temps, tu es seul sur la route. Tu croises des gens de temps en temps, tu discutes un peu, mais tu reprends ton chemin, seul. Heureusement, certains jours, j'étais accompagné par mon fils, par des amis, ma famille. Mais j'avais besoin d'être seul. Je devais faire le point, me remettre en question. Même si je n'ai pas réussi à tout poser, j'ai pu faire un bon nettoyage dans ma tête. »

     

    Épargné par le mauvais temps (10 jours de pluie sur 85), Yves Auberson s'est émerveillé devant les paysages magnifiques de son pays natal. L'aventurier a même ajouté un détour d'environ 100 km au parcours pour se rendre au Lac des Quatre-Cantons, au centre du pays. Un endroit où il rêvait d'aller depuis longtemps.

    Yves Auberson avait besoin de cette remise en question, notamment pour mieux appréhender les affres de cette maladie et savoir venir en aide aux personnes, comme lui, atteintes de Parkinson. Et par ailleurs, il croit aux bienfaits de l'activité sportive. « Le sport ne guérit pas, mais il aide à vivre mieux », dit-il avec conviction. Une clinique de Montreux et le CHU de Lausanne se sont déjà manifestés pour s'attacher les services de l'ancien champion de golf, en tant que coach.

     

    « Le plus gros effort, c'était d'arrêter de courir »

    Cette aventure lui aura demandé une force et une volonté surhumaines. « Je m'entraîne tous les jours, précise le Suisse. J'avais multiplié par deux mon activité sur les six mois avant le départ pour me préparer. De la marche surtout. » Yves Auberson a même participé à l'Ultra-trail du Mont-Blanc et à la CCC (la course Courmayeur-Champex-Chamonix).

    « J'en ai fait jusqu'en 2010, sans savoir que j'étais malade au début, raconte-t-il. J'ai dû m'adapter au fur et à mesure, en levant le pied. D'une heure et demie je suis passé à une heure. Le plus gros effort que j'ai eu à faire, c'était d'arrêter de courir. » Au fil de l'avancement de la maladie, certaines activités sont devenues pénibles pour lui, courir lui a par exemple abîmé ses vertèbres lombaires. Malgré tout, le Suisse reste positif et prend la vie avec philosophie. « Je fais tout à mon rythme, explique-t-il. C'est difficile, mais je suis autonome, il faut juste me laisser plus de temps. »

     

    Son projet a beau avoir été modifié par la situation sanitaire, il songe déjà à repartir sur les routes pour effectuer le trajet initial. « J'ai envie de le refaire, assure-t-il. Ce voyage-là, je tenais à le faire maintenant. Avant mon opération. Je voulais que ce soit difficile. Je veux surtout voir la différence, entre avant et après. C'est pour ça que je ne voulais pas me faire opérer l'année passée. »

    Cette intervention devient de plus en plus nécessaire. Les symptômes continuent de se développer et sont difficilement supportables. L'opération pourrait grandement lui simplifier la vie pour les prochaines années. En attendant, Yves Auberson continue de s'entraîner, et compte bien aller vers de nouveaux sommets.

    publié le 8 février 2021 à 14h09

     

    Stade 2

    La nouvelle vie d'Yves Auberson

     

    extrait

    présenté par : Matthieu Lartot

    Quand il se regarde dans la glace, le marcheur Yves Auberson ne se reconnait plus, mais le sourire est revenu. Depuis son opération du cerveau, le Suisse qui nous avait donné une telle leçon avec son Défi Parkinson dans les Alpes, entame une 2e vie pleine de promesses. C'est le Grand Format Stade2 signé Guillaume Papin et Julien Ababsa

  • Comme prévu.

     

     

    Et donc, c'est parti pour deux, trois ou quatre mois de canicule, sécheresse, orages, grêle, vents violents et même tornade. 

    Comme tous les ans depuis quelque temps. 

    Mais on se contente d'observer, de compatir pour tous ceux qui sont touchés et soulagés de ne pas être frappés. En espérant qu'on continuera à échapper au pire. 

    Certains, hier, ont beaucoup perdu. Maisons endommagées, voitures mitraillées de grêlons, potagers hachés menus, vergers décimés etc etc...

    Donc, on est entré dans la période des plaintes.

    Mais il faudrait se souvenir que les scientifiques les plus compétents préviennent depuis parfois plusieurs décennies que le comportement consumériste du monde moderne conduira inévitablement à un renforcement dramatique d'un changement climatique, sans doute d'ordre naturel. C'est comme si on mettait un malade fiévreux sous trois couvertures et devant le poêle. On ne fait pas baisser la fièvre de cette façon. La planète est entrée dans une période de réchauffement et nous, humains, par nos comportements ajoutons des couvertures. 

    Et maintenant on se plaint.

    Reste à savoir combien parmi ceux qui se plaignent ont décidé de changer leurs comportements, de prendre leur part de reponsabilités, de tenter d'atténuer les effets.

    Combien ne prendront plus l'avion pour des vacances ? Combien diminueront leur consommation, combien chercheront à identifier le nécessaire du superficiel, combien changeront leur régime alimentaire en ayant conscience de l'impact de l'élevage intensif, de l'agriculture industrielle, combien opteront pour des vacances à vélo, à pied, dans une région proche et non à des milliers de kilomètres ?

    Combien acceptent l'idée de changer et non uniquement de se plaindre ?

     

    Publié le 20/06/2021 11:38

     Temps de lecture : 2 min.

    Les orages ont notamment éclaté à Paris, le 19 juin 2021. (CARINE SCHMITT / HANS LUCAS)

    Les orages ont notamment éclaté à Paris, le 19 juin 2021. (CARINE SCHMITT / HANS LUCAS)

    "On a pu assister à des phénomènes violents", a constaté dimanche 20 juin sur franceinfo Stéphane Schmitt, expert à Météorage, centre européen de surveillance des orages, filiale de Météo France. La France est traversée depuis samedi par de fortes intempéries, avec notamment un épisode orageux intense.

    >> DIRECT. Orages : cinq nouveaux départements de l'Est et du Sud placés en vigilance orange, 28 départements concernés au total

    franceinfo : Comment expliquer la puissance de cet épisode orageux ?

    Stéphane Schmitt : On est sur un épisode de grande ampleur. Dès hier, Météo France a placé 51 départements en vigilance orange, sachant que d'autres départements ont également été frappés par des orages isolés. C'est notamment le cas de la région nantaise, qui était en vigilance jaune. Effectivement, de manière très locale, on a pu assister à des phénomènes violents. On est sur une situation assez classique d'été et assez précoce, on a cet épisode caniculaire en France, pas intense, mais qui est quand même très précoce pour la saison. Quand ces conditions de chaleur sont associées à la présence d'un air frais d'humidité, on a les conditions nécessaires.

    On a observé la présence de nuages supercellulaires. Pouvez-vous nous expliquer ce phénomène ?

    Les nuages d'orage sont impressionnants dans tous les cas, même dans le cas d'un monocellulaire. Le nuage d'orage se développe à deux kilomètres au-dessus de nos têtes et va jusqu'aux limites d'une zone de l'atmosphère, à 18 km pour certaines latitudes. Imaginez ce monstre qui atteint 15 km d'épaisseur. Effectivement, ces phénomènes peuvent être particulièrement impressionnants. Dans certains cas, ces phénomènes sont accentués par des vents ascendants encore plus violents et qui peuvent localement donner la génération de tornades ou de mini tornade, comme hier. C'est commun aux Grandes plaines [région de l'Amérique du Nord, à l'est des montagnes Rocheuses]. Pourquoi ? Parce qu'en fait, on est sur des phénomènes de très grande ampleur, qui partent de l'ouest et qui va traverser des centaines de kilomètres. À la différence près que dans les Grandes plaines, aux États-Unis, ces phénomènes sont encore plus violents puisque très souvent, on a des vents qui peuvent aller au-delà de 180 km/h et fort heureusement, un peu moins généralement chez nous.

    On a vu sur les réseaux sociaux des photos de grêlons de la taille d'une balle de tennis. Comment expliquez-vous cette grosseur ?

    Le cumulonimbus, c'est un nuage qui est très haut. La vapeur d'eau qui est en altitude va se transformer en glace. C'est ce qui va constituer le noyau de notre grêlon et ensuite, notamment avec les courants à l'intérieur du nuage, va avoir tendance à descendre aussi par la pesanteur. Et puis, en agrégeant toutes les gouttelettes d'eau qui sont sur son passage, et avec la température, ils vont immédiatement geler. En accumulant ces gouttelettes, ils vont grossir et frapper le sol avec de temps en temps des diamètres qui sont très importants.

     

    METEO. "Des grêlons comme des balles de tennis", de gros dégâts dans le Doubs à Vercel et Valdahon

     

    Un violent orage s’est abattu samedi 19 juin en fin de journée dans le Doubs principalement dans le secteur de Vercel-Villedieu-le-Camp et Valdahon causant des dégâts notables sur les voitures et les maisons. L'alerte orange de Météo-France reste active ce dimanche en Franche-Comté.

    Publié le 20/06/2021 à 10h18 • Mis à jour le 20/06/2021 à 15h47

    Un violent orage de grêle s'est déversé samedi 18 juin en fin de journée sur le Doubs.

    Un violent orage de grêle s'est déversé samedi 18 juin en fin de journée sur le Doubs. • © Facebook Météo-Comtoise

    Doubs Haut-Doubs

    Des grêlons de 5 à 10 cm de diamètre

    Les pare-brises des voitures totalement brisés et des toitures détruites. Certains grêlons mesuraient entre 5 et 6 cm, quand d’autres atteignaient 10 cm selon Météo Franc-comtoise. 80% des habitants du secteur de Vercel-Villedieu-le-Camp et Valdahon auraient été touchés.

    Samedi 19 juin 2021 en fin de journée un important orage s’est abattu dans le Doubs, principalement sur les communes de Valdahon et à Vercel-Villedieu-le-Camp. "L'orage est arrivé très vite. On a d'abord eu une pluie d'orage puis une plus grosse pluie et des grêlons de la même taille que des oignons sont tombés" relate Emilie Mosse, habitante de Valdahon. "Dans notre lotissement, les pare-brises des voitures et les rétroviseurs sont explosés. Trois voitures viennent de partir sur une dépanneuse. Chez nous la piscine et la table de jardin ont été abîmées. C'était très impressionnant et le bruit des grêlons qui tombaient sur le toit faisait peur. C'était la panique pour tout le monde".

    Grêlons dans le Haut-Doubs

    Les communes de Nods et de Villers-Chief ont elles aussi été très impactées. L'orage est arrivé vers 19h00 et en l'espace de 10 minutes les dégâts ont été importants. "On a  juste eu le temps de mettre les deux voitures au garage. Les grêlons étaient aussi gros que des balles de tennis. Les enfants ont eu peur" décrit Angélique Labbez-Jouillerot. Dans cette famille de Villers-Chief, l'orage a causé quelques dégradations "Un panneau solaire a été détérioré ainsi que la cabane du jardin et quelques tuiles" précise Angélique Labbez-Jouillerot.

    Vers 19h, l'orage s'est déplacé sur Laviron, Servin, Valonne, Clerval et l’Isle-sur-le-Doubs. 

    Maîche et Saint-Hippolyte sous surveillance par Météo Franc-comtoise

    La probabilité pour qu’un tel épisode de grêle se produise en Franche-Comté était minime. Mais la présence d’une super cellule, autrement dit un orage rotatif, a déclenché des orages de grêle qui ont pris naissance dans la vallée d’Ornans.

    « Nous n’avions pas eu pareil situation depuis 2012 où les orages de grêle s’étaient étendus de Levier dans le Doubs jusque dans le Jura. Et à l’heure où je vous parle, je surveille une même super cellule au-dessus de Maîche et Saint-Hippolyte » prévient Ilyes Ghouil de Météo franc-comtoise. « L’orage de grêle d’hier est un phénomène rare qui a surpris tout le monde »

    Toute la semaine prochaine, le temps sera orageux et nous ne serons pas à l’abri d’autres orages de grêle.

    La vigilance orange de Météo-France toujours en cours ce dimanche

    La Préfecture du Doubs prévient que les orages seront de retour dès le milieu de journée ce dimanche 20 juin par le sud sur la Bourgogne. Ils s'étenderont en tout début d'après-midi à la Franche-Comté. L'alerte orange reste active jusqu'à lundi 21 juin 6h, sur les quatre départements de Franche-Comté ainsi que la Côte d'Or, Saône-et-Loire et Nièvre.

    © Météo-France

    Météo Comtoise détaille un peu plus ce qui pourrait venir côté ciel ce dimanche après-midi.

    À compter de 14-15h, de violents orages vont remonter de l’Ain et de la Saône-et-Loire, direction les Vosges pour 16-17h.

    C'est bien le Doubs, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort qui sont les plus exposés face à ces orages potentiellement dangereux… On attend à leur passage une forte activité électrique mais aussi :

    Des pluies diluviennes

    Des grêlons de 2 à 5cm de diamètre

    Des vents jusqu’à 110km/h

  • Nettoyage du puits

    On est arrivé dans notre nouvelle habitation le 16 mars et depuis, il ne s'est pas passé beaucoup de jours sans qu'on travaille au jardin.

    4600 mètres carrés, ça occupe. 

    On a lancé pas mal de zones de culture et il a fallu arroser pour amorcer tout ça.

    On a un puits mais il était fermé par une dalle en béton. Impossible de connaître son état réel, la quantité d'eau et son réapprovisonnement au fil de nos pompages quasi journalier.

    Depuis une semaine, on avait des soucis de désamorçage de la pompe et après avoir vérifié et revirifié tous les branchements, éliminé toutes les éventuelles entrées d'air, il a bien fallu se rendre à l'évidence que la visite dans le puits s'imposait. Nécessité de vérifier le niveau d'eau.

    Un ami a découpé la dalle avec une disqueuse et a soulevé la chape avec le bras du tracteur. Et là, dès le premier coup d'oeil, on a bien vu que le niveau d'eau était très bas. Gros coup...

    On savait que ce puits n'avait pas été utilisé. Sans doute deux ou trois décennies sans être pompé. Hors, on dit toujours que l'eau doit être tirée pour que le puits survive. Sinon, c'est l'envasement qui s'installe. L'eau n'a plus d'accès ou en tout cas pas en quantité. 

    Il faut donc le curer, descendre au fond et enlever la vase, la boue, les déchets végétaux, tout ce qui s'est accumulé et qui finit par boucher les arrivées d'eau, qu'il s'agisse d'une source souterraine ou d'une nappe phréatique

    Donc, je suis descendu. Le matériel de montagne a bien servi, corde, baudrier, descendeur et poignée jumar pour remonter. Je connaissais les dangers inhérents à la présence de gaz toxiques issus de la dégradation des végétaux. J'y suis allé sous la surveillance de deux amis et de Nathalie. Rien, aucun problème.

    Vraiment, je suis fasciné par la qualité du travail de construction, pas une pierre qui bouge, sept mètres de profondeur, un emboîtement magique, des pierres de toutes formes, pas de ciment. Et tout est là, intact. Il faut imaginer la patience, la notion du temps qui ne compte pas, le travail doit être fait, et bien fait.

    J'ai donc enlevé la vase, Nathalie remontait les seaux, un par un.

    Au fond du puits, il y a un lit de pierres de toutes tailles, toutes recouvertes par la vase. J'ai trouvé deux "conduits" horizontaux qui étaient partiellement bouchés. J'ai enlevé la boue au plus loin que je pouvais. J'ai fini ce matin. 

    Et à 16 heures, l'eau avait déjà remonté de vingt centimètres. On verra dans les prochains jours. 

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  • Changement climatique et phénomènes météorologiques

     

    Allez, c'est parti. Les infos vont nous donner les derniers épisodes météorologiques d'ampleur et vont nous expliquer que c'est dû au "réchauffement climatique". Et certains diront que c'est  de la foutaise. Et d'autres diront que c'est la nature qui se "révolte" et d'autres diront que c'est un phénomène naturel et nullement anthropique, que la planète a déjà connu des périodes identiques et patati et patata et ça durera le temps de l'été et des diverses périodes de canicule et de sécheresse, et puis la Sibérie recommencera à brûler, à moins que ça soit la Californie ou l'Australie ou on nous annoncera que la calotte du Groenland ne parviendrait même plus à refroidir les pastis de la région Paca et que les glaciers de l'Himalaya fondent si vite qu l'Everest finira par se faire en bermuda etc etc etc...

    Année après année.

    Et les gouvernements se réjouissent du retour de la croissance avec la baisse de l'épidémie de Covid.

    On n'aura rien appris, rien retiré, rien n'aura changé, on en est toujours au même point. Les adeptes de "l'écomodernisme" présentent leurs dernières idées et cherchent des financements qu'ils obtiendront assurément. 

    Et nous, ici, on ausculte le ciel, on lit les prévisions météorologiques, jour après jour, avec la peur au ventre de la survenue d'orages de grêle et on se dit que tous les gens qui vivent de la production de leurs champs ne doivent pas dormir beaucoup.

    L'article suivant a un an. Je ne serais aucunement surpris d'en voir un quasiment similaire apparaître sous peu. 

    Réchauffement climatique et phénomène météo exceptionnel : décryptage de la canicule en Sibérie

    11 août 2020, 22:11 CEST

    https://theconversation.com/rechauffement-climatique-et-phenomene-meteo-exceptionnel-decryptage-de-la-canicule-en-siberie-144252

     

    Auteurs

    Directrice de recherche au CNRS, laboratoire LATMOS, Institut Pierre Simon Laplace (IPSL), Sorbonne Université

    Ingénieure de recherche en chimie atmosphérique, Sorbonne Université

    Chargée de recherche CNRS, Sorbonne Université

    Déclaration d’intérêts

    Cathy Clerbaux a reçu des financements du CNES (Centre d’études spatiales, France) et du programme européen H2020 (ERC-advanced IASI-FT) pour financer les travaux de recherche de son équipe.

    Maya George et Sarah Safieddine ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

    Partenaires

    Sorbonne Université

    Sorbonne Université apporte des fonds en tant que membre fondateur de The Conversation FR.

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    Image des feux (indiqués par des points rouges) et des fumées au-dessus de la Sibérie capturée par l’instrument satellite MODIS, le 1er juillet 2020. Nasa

     

    20 juin 2020 : la température atteint 38 °C à Verkhoïansk, une ville russe située au nord du cercle polaire arctique. Cette petite cité est également réputée pour avoir connu l’une des plus basses températures jamais enregistrées sur Terre (hors Antarctique).

    Ces derniers mois, d’autres vagues de chaleur exceptionnelles ont été rapportées dans une bonne partie de l’hémisphère Nord, suivies par des feux dévastateurs en Sibérie.

    Plus de 3 millions d’observations quotidiennes

    Notre équipe de recherche travaille depuis 15 ans sur les données fournies par la mission IASI ; ces informations permettent de suivre depuis l’espace à la fois l’évolution des températures et les épisodes de feux qui ravagent des régions entières.

    Le sondeur atmosphérique IASI a été construit par le CNES dans les années 1990, et vole maintenant à bord des trois satellites météorologiques Metop. Le cœur de l’instrument est un spectromètre à transformée de Fourier ; il enregistre la radiation émise par la Terre et par l’atmosphère dans la gamme spectrale de l’infrarouge thermique.

    L’instrument balaie en continu la surface de la Terre, et délivre un signal appelé « spectre atmosphérique », à partir duquel nous pouvons obtenir différents paramètres géophysiques – tels que la température à différentes altitudes et les concentrations des gaz qui se trouvent dans l’atmosphère.

    Chaque jour, une antenne parabolique installée sur le toit de Sorbonne Université réceptionne les données envoyées par le satellite et déverse en quasi temps réel (deux heures après le passage du satellite au plus tard) 3,6 millions d’observations (soit 45 Gb de données) que nous analysons à l’aide de programmes informatiques automatisés.

    Un exemple de spectre IASI enregistré au-dessus de la Sibérie (longitude 151.82°E ; latitude 66.16°N), le 28 juin 2020 vers 11 heures du matin (heure locale). Chaque spectre contient les signatures d’une série de molécules, et des informations sur la température à l’endroit de la mesure. Les carrés indiquent les régions spectrales utilisées pour mesurer la température (en surface et en altitude, en bleu) et le monoxyde de carbone issu des feux (en rouge). Maya George/Latmos, CC BY-NC-ND

    Sur la trace des gaz présents dans l’atmosphère

    Les spectres IASI permettent ainsi de cartographier les concentrations des gaz au quotidien, mais aussi de fournir des alertes quand les événements sortent de la norme : températures exceptionnelles, éruptions volcaniques, épisodes de pollution, grands feux, etc.

    À partir des spectres, le paramètre le plus facile à mesurer concerne la « skin température », à savoir la température qu’on mesurerait si on enfonçait un thermomètre dans le sol à l’endroit de la mesure. On l’obtient en analysant les régions du spectre où aucun gaz n’absorbe la radiation infrarouge.

    Pour obtenir la température plus haut dans l’atmosphère, nous utilisons la région spectrale dans laquelle le CO2 absorbe la radiation. Pourquoi ? Parce que ce gaz est stable et il reste très longtemps (plus de 100 ans) dans l’atmosphère. Ce qui est problématique vis-à-vis de son impact sur le climat mais nous permet toutefois d’obtenir une estimation de la température à différentes altitudes ; sachant que le signal mesuré par le satellite fluctue en fonction de 3 paramètres : la température, la pression atmosphérique (qui est un bon indicateur de l’altitude) et la concentration du gaz à l’endroit de la mesure.

    L’analyse des spectres permet aussi de suivre facilement les gaz qui sont émis par les incendies et transportés par les vents. Selon le type de combustible, différents gaz vont être émis ; mais il existe un traceur de combustion toujours présent, le monoxyde de carbone (CO). Présent en quantité importante dans les fumées de tous les feux, on l’observe facilement dans les spectres IASI, avec d’autres gaz représentatifs du type de végétation qui brûle.

    Mesure des anomalies de températures (en degrés Celsius) au sol et à 5 km d’altitude, dérivée des données IASI. Pour obtenir les anomalies, les cartes de température en 2020 sont comparées à la moyenne des 3 années qui précèdent. On voit bien la hausse des températures (en rouge) au-dessus de la Russie en mai ; et au-dessus des pays scandinaves et de la Sibérie en juin. Marie Bouillon/Latmos, CC BY-NC-ND

    Pourquoi des températures si élevées en Sibérie ?

    Aux moyennes latitudes de l’hémisphère Nord, les fronts météorologiques de haute et basse pression se déplacent généralement d’ouest en est. Ils sont entraînés par « le courant-jet », un vent rapide situé en altitude. Ce système est en mouvement et, en général, les épisodes de basse pression qui apportent du temps nuageux, venteux et potentiellement humide, chassent les épisodes de haute pression et vice-versa.

    Il arrive cependant que des systèmes météorologiques restent bloqués pendant une longue période. De tels systèmes conduisent à des canicules et de la sécheresse en été, du froid glacial en hiver.

    Lorsqu’un système de haute pression se trouve sur son chemin, le système de basse pression est soit dévié, soit reste lui aussi sur place. Ainsi, le temps agréable en Europe au printemps dernier fut le résultat d’un phénomène météorologique bloquant : le courant-jet s’est déformé et déplacé vers le nord, permettant à des zones successives de haute pression de dominer.

    Ces systèmes de blocages expliquent notamment les grands épisodes de canicules : les étés 1976 et 2003 en Europe ; les vagues de chaleur avec incendies de forêt à l’été 2010 en Russie, l’été 2013 en Sibérie, en 2019-2020 en Australie ; l’hiver très rigoureux de 2009-2010 en Europe.

    Dans certaines régions du monde, de tels blocages se produisent plus fréquemment.

    À gauche : illustration d’un système météorologique bloquant au-dessus de l’Amérique du Nord. À droite : illustration d’un « bloc Oméga » au-dessus du Royaume-Uni. Science History Images/Alamy Stock Photo/Met Office

    Des phénomènes de blocages

    Si plusieurs mécanismes entrent en jeu pour expliquer la formation de ces phénomènes météorologiques bloquants, les météorologues s’accordent sur le fait que les ondes planétaires – ou « ondes de Rossby » – sont impliquées.

    Ces ondes correspondent à des mouvements ondulatoires de la circulation atmosphérique ; ils se forment de manière naturelle, car la Terre tourne. Le blocage peut se produire lorsque les ondes de Rossby s’amplifient et/ou se brisent, ce qui ralentit la progression d’est en ouest des systèmes météorologiques, rendant les conditions plus stables.

    Un anticyclone de blocage peut être associé à un « bloc Oméga », appelé ainsi parce qu’il ressemble à la lettre majuscule oméga (Ω) de l’alphabet grec ; dans ce cas, les zones alternées de haute et de basse pression se forment respectivement dans les pics et les creux des ondes de Rossby.

    Les conditions météorologiques inhabituelles qui ont prévalu autour du cercle polaire arctique sont donc liées à la persistance d’un épisode de système anticyclonique « bloquant » haut en altitude, comme observé par l’instrument IASI.

    Ces dernières semaines, trois dômes anticycloniques chauds en altitude ont été observés sur la Sibérie orientale, la Scandinavie et le Nord canadien. Entre ces trois pôles chauds, bien identifiés, s’intercalent des « blocages froids d’altitude », notamment en Sibérie occidentale, vers l’Alaska et sur l’Atlantique Nord.

    Feux de tourbières et toundras

    Les températures anormalement élevées en Sibérie et la sécheresse qui a suivi ont déclenché d’immenses incendies, principalement dans l’Est sibérien. L’agence russe de gestion des feux de forêt (Aviales) a rapporté que, début juillet, 3,4 millions d’hectares (soit plus que la superficie de la Belgique) avaient déjà brûlé dans des zones inaccessibles.

    Dans ces contrées inhabitées, les feux incontrôlés ont dégagé énormément de fumées, bien visibles sur les photos satellites, car la végétation qui se consume est composée de tourbières et de toundras qui génèrent davantage de fumées. Ces combustibles émettent également davantage de composés carbonés, dont le monoxyde de carbone qu’on surveille aisément avec l’instrument IASI.

    Monoxyde de carbone mesuré par l’instrument IASI à bord du satellite Metop, entre le 20 et le 30 juin 2020. En mauve, on observe des concentrations élevées de CO dans les fumées des grands feux en Sibérie (combustion de la végétation) ainsi que via la pollution émise au-dessus de la Chine (combustion de fuels fossiles). Sarah Safieddine/LATMOS, CC BY-NC-ND

    Les estimations du service de surveillance européen de l’atmosphère Copernicus indiquent qu’en juin 2020, 59 mégatonnes de CO₂ auraient été libérées dans l’atmosphère.

    Après les incendies australiens, 2020 restera comme une année intense en matière de feux violents.

    Glace de mer et pergélisol

    L’Arctique se réchauffe plus de deux fois plus vite que la moyenne de la surface du globe. Ce phénomène est connu sous le nom d’« amplification arctique ».

    Il s’explique en partie par la perte rapide de la couverture de glace de mer dans cette région : lorsque la glace diminue, l’énergie du soleil qui aurait été réfléchie par la glace blanche et brillante est absorbée par l’océan, ce qui provoque un réchauffement supplémentaire.

    Cette année, début juillet, les mesures de l’étendue de glace dans la mer de Laptev montrent en effet une diminution exceptionnelle.

    Évolution saisonnière de l’étendue de la glace de mer (en millions de kilomètres carrés) entre 1979 et 2020. Zach Labé/Colorado State University

    Une des craintes associées au réchauffement climatique, en particulier dans l’Arctique, concerne le dégel du pergélisol (permafrost en anglais). Lorsque ce dernier se réchauffe, le sol dégèle, l’activité microbienne augmente et relâche du méthane et du CO2 – deux gaz à effet de serre.

    Les scientifiques estiment que 1500 milliards de tonnes de carbone sont ainsi stockées dans les sols gelés, c’est-à-dire deux fois plus que dans l’atmosphère et cinq fois plus que ce qui a été émis par toutes les activités humaines depuis 1850 !

    Alors que les émissions du pergélisol représentent moins de 1 % des émissions mondiales de méthane, sa fonte progressive et la formation de nouveaux lacs pourraient entraîner la libération progressive du méthane dans l’atmosphère.

    Près d’un quart des terres libres de glace dans l’hémisphère Nord sont recouvertes de pergélisol (données du National Snow and Ice Data Center). NASA

    Des scientifiques ont cartographié plus de 150 000 cavités qui relâchent du méthane près des limites du pergélisol en dégel et des glaciers en recul. Elles apparaissent sous forme de trous dans les lacs et les rivières gelés qui bouillonnent de gaz ; ces phénomènes ont donné lieu à des images impressionnantes sur Internet, le gaz qui s’échappe pouvant s’embraser !

    Jusqu’à présent, il y a peu de preuves que les émissions liées au dégel du pergélisol ont augmenté. Les réseaux de capteurs au sol et les satellites n’ont rien détecté d’inhabituel. En revanche, en Amérique du Nord comme en Sibérie, l’accélération d’effondrements de terrain dans le pergélisol suggère que le dégel n’est pas nécessairement un processus linéaire et graduel.

    Par ailleurs, les émissions issues de l’extraction d’hydrocarbures progressent et constituent la deuxième grande source de méthane dans l’Arctique. La région représente un quart des émissions mondiales de méthane liées à l’exploitation du pétrole et du gaz. Au vu des estimations actuelles, le risque d’un relargage massif et brutal de méthane paraît donc relativement faible, mais le scénario d’une augmentation progressive des émissions est vraisemblable.

    Selon le dernier rapport du GIEC, consacré à l’océan et la cryosphère, les émissions du pergélisol sont susceptibles d’entraîner un réchauffement supplémentaire de ~0,1 à 0,5 °C d’ici 2100, selon que les émissions des gaz à effet de serre sont régulées ou non.

    Le rôle du réchauffement climatique

    Suite à cette canicule exceptionnelle qui a touché la Sibérie, une équipe internationale de scientifiques, réunis au sein du réseau « World Weather Attribution », a étudié l’influence potentielle du changement climatique sur cet épisode.

    Les chercheurs ont analysé deux aspects fondamentaux de cette vague de chaleur. Tout d’abord, ils ont examiné les températures moyennes dans une large zone couvrant la Sibérie. Sur la période de six mois, s’étendant de janvier à juin, les températures dans cette zone ont été supérieures de plus de 5 °C à la moyenne (et de 10 °C pour le seul mois de juin). Sans changement climatique, l’analyse montre que des températures moyennes aussi extrêmes sur six mois en Sibérie n’arriveraient que… tous les 80 000 ans environ !

    Ils se sont ensuite penchés sur ce record de température de 38 °C rapporté le 20 juin dans la station météorologique de Verkhoïansk, analysant les températures maximales quotidiennes pour le mois de juin dans cette ville. Dans les deux cas, ils ont constaté que cet événement aurait effectivement été impossible sans le changement climatique, qui a multiplié par au moins 600 les risques de chaleur prolongée dans cette partie du globe.

    La canicule exceptionnelle observée récemment dans tout le cercle arctique résulte ainsi de la combinaison d’un phénomène météorologique exceptionnel (avec l’interruption de la circulation atmosphérique zonale) sur fond de réchauffement climatique, le tout exacerbé par la présence de feux incontrôlés et de la glace qui fond et ne réverbère plus la radiation solaire. Un cocktail éminemment dangereux.

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    Jennifer Gallé

    Cheffe de rubrique Environnement + Énergie

  • André GORZ

    Le genre d'homme qu'il aurait fallu écouter, le genre d'idées qu'il aurait fallu appliquer. 

    André Gorz, cet écolo socialiste qui voulait libérer le temps

    André Gorz, cet écolo socialiste qui voulait libérer le temps

    Françoise Gollain ravive la brillante actualité de la pensée d’André Gorz pour une société écosocialiste. Aux impasses de la gauche réformiste et productiviste, elle rappelle que la baisse radicale du temps de travail et le revenu universel défendus par le penseur sont « des instruments vers l’expansion de l’autonomie » face au capitalisme.

    Françoise Gollain est docteure en sociologie et retraitée de l’enseignement supérieur. Elle vient de publier André Gorz & l’écosocialisme (2021, éd. Le Passager clandestin).

    Reporterre - Vous avez bien connu André Gorz ?
    Françoise Gollain - Oui, c’était un ami. À 19 ans, j’ai d’abord découvert le journaliste : ses articles étaient les premiers sur lesquels je sautais dans Le Nouvel Observateur [
    1] – ils sont peu nombreux encore aujourd’hui à développer des idées aussi radicales ! Et puis je l’ai rencontré quand je finissais ma thèse publiée en 2000 sous le titre Une critique du travail. Entre écologie et socialisme. Je n’étais pas encore diplômée, mais il m’a prise au sérieux tout de suite.

    Gorz ne raisonnait vraiment pas en termes de réussite matérielle, ni de statut social. Lui-même n’était pas un philosophe officiel, d’ailleurs : il n’avait qu’un diplôme d’ingénieur chimiste, et était simplement disciple et ami de Sartre. Son activité intellectuelle, qu’il a menée assez fébrilement durant une cinquantaine d’années, provenait d’un intérêt sincère pour la manière dont les gens vivent. Ce qui l’intéressait, c’était d’élaborer une philosophie qui favorise l’accomplissement, par chacun, de sa propre liberté : contre l’impératif de profit, et contre l’État si nécessaire. L’écologie de Gorz est fondamentalement humaniste.


    En 1972, il a été le premier à appeler à la « décroissance ». Dans quel contexte, et pourquoi ?

    1972 est l’année durant laquelle a émergé une conscience écologique mondiale, avec plusieurs publications : le rapport Meadows, commandé par le Club de Rome, dont le titre français était « Halte à la croissance ». Et, moins connue du grand public, la lettre ouverte au président de la Commission européenne, de Sicco Mansholt, un homme d’État néerlandais qui remettait en cause l’orientation vers la croissance de ladite Commission.

    En avril de la même année, Gorz a publié dans Le Nouvel Obs un article en défense de ces deux textes, particulièrement contre des critiques acerbes du journal l’Humanité. Pour lui, ces publications montraient que le capitalisme, qui exige le rendement et la croissance pour garantir des profits, n’est tout simplement pas compatible avec la survie de l’humanité. Conclusion : il faut engager l’économie dans une logique de décroissance.

    Keep Cottage, une maison partagée habitée et gérée par des étudiants de l’université d’Oberlin (Ohio), aux États-Unis. André Gorz s’est très tôt intéressé à l’habitat partagé, qui permet beaucoup de possibilités de mutualisation (salles de télévision communes, jardins partagés, buanderies, ateliers de bricolage, etc.), et donc une socialité enrichie et une réduction des dépenses énergétiques. Wikimedia Commons / CC BY 3.0 / Pteranadons



    Malgré 
    les avertissements des scientifiques et les alertes, qui donnent raison à André Gorz sur la nécessité de réduire la consommation énergétique, le terme de « décroissance » reste marginal. Europe Écologie - Les Verts, par exemple, parle sur son site de « post-croissance ». Quelle en est la raison à votre avis ?

    Je pense que ce mot de « décroissance » reste choquant dans un contexte qui continue à considérer que la croissance est la seule manière de satisfaire les besoins. Or Gorz a montré très tôt — dès 1964, dans Stratégie ouvrière et néo-capitalisme — que c’est plutôt l’inverse : c’est la croissance qui se nourrit des inégalités et de la frustration, en suscitant un désir infini de consommation.

    Et puis on ne nous propose que la décroissance subie. Les gens la perçoivent donc comme une « condamnation à la médiocrité sans espoir », selon les termes de Gorz.



    « Mieux, ce peut être moins », écrivait-il…

    Oui, Gorz a montré comment une « décroissance productive », par opposition à la « croissance destructive » actuelle, pouvait à la fois enrichir la vie et préserver la planète. Œuvrer à la création d’une société post-capitaliste, c’est faire le choix de vivre mieux avec moins, en travaillant et en consommant moins, mais en s’impliquant davantage socialement.

    La base, c’est que l’objectif ne doit plus être la production maximale. Cela constitue un projet politique de démocratie économique, qui implique une redéfinition collective et souveraine de nos besoins : que produisons-nous, comment, à quel prix — en termes de travail humain, de peine, mais aussi d’environnement ?

    À partir de 1980, pour accompagner cette redéfinition des besoins, il a proposé une diminution planifiée du temps de travail, avec l’octroi d’un « revenu universel » découplé du temps de travail. Le but : libérer un temps croissant pour la poursuite d’activités qu’il appelle « autodéterminées » : donc hors-marché, individuelles, mais aussi coopératives. Un moyen de développer la sphère de l’autonomie, c’est-à-dire de favoriser la prise en main, par chacun, de sa propre vie, et l’implication dans la collectivité.

    C’est cette société, dégagée des impératifs de l’accumulation et du gaspillage, et dans laquelle le salariat avait perdu sa centralité, qu’il appelait écosocialiste.


    Cette libération du temps de travail devait, selon lui, s’accompagner d’une politique de l’expérimentation sociale. Qu’entendait-il par là ?

    Gorz n’a jamais défendu le revenu universel en soi. Dans « De l’aptitude au temps libre », il écrit que le temps libéré sera celui de la consommation, de l’ennui ou de la frustration s’il n’y a pas une diversité de politiques pour accompagner sa mise en œuvre. C’est une dimension que ne mettent pas suffisamment en avant, je pense, les gens qui aujourd’hui font campagne pour la garantie du revenu.

    Au-delà de la nécessité d’un changement d’imaginaire, pour parler comme Serge Latouche, il s’agissait pour lui de donner aux gens les moyens concrets de mettre en œuvre leur autonomie : du temps, donc, mais aussi de l’espace. Il avait été très frappé, lors des trois voyages qu’il fit aux États-Unis de 1969 à 1971, par l’organisation coopérative qu’il avait pu observer au sein de la contre-culture — qu’il s’agisse des gardes d’enfants, de l’alimentation, de l’énergie. Sur ce modèle, il suggère notamment une autre politique de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, qui encourage, au niveau le plus micro possible, la mutualisation dans tous les domaines : avec, par exemple, des bibliothèques d’outils pour favoriser, grâce à l’emprunt de ces derniers à très bas coût, la réparation des objets et la fabrication du superflu, selon les goûts et les désirs de chacun.

    Pour Gorz, la « décroissance productive » doit s’accompagner d’une transformation culturelle. Le capitalisme, écrivait-il, a institué « le travail en tant qu’activité purement fonctionnelle, séparée de la vie, amputée de sa dimension culturelle et coupée du tissu des rapports humains ». Il s’agit de restaurer ces liens entre l’activité, la vie et la culture.


    Gorz liait-il le revenu universel à l’obligation de ne pas dépasser un certain quota d’heures de travail ?

    La question pour lui, c’est plutôt de ne pas être obligé d’effectuer sur une vie entière plus de dix à quinze ans en équivalent temps plein ! Au départ, il s’agissait de dissocier le montant du revenu de la durée du travail fourni individuellement. Puis, vers 1995, Gorz s’est aperçu que cette formule n’était déjà plus pertinente, avec la montée de la précarité et de l’extrême discontinuité de l’emploi (et donc du revenu) pour beaucoup. Il proposa alors de dissocier le revenu de l’emploi lui-même.


    Comment imaginait-il d’inscrire l’autolimitation énergétique dans la société ?

    En mutualisant le plus possible les fonctions essentielles, et en sollicitant l’imagination collective. À ce propos, il s’est très tôt intéressé à l’habitat partagé, un antidote à ses yeux aux cages à lapins où le couple familial est délié des autres habitants. Il proposait d’y créer des salles de télévision, des buanderies, des jardins, des ateliers de bricolage communs, etc., pour engendrer une autre socialité et une réduction de la consommation.



    Finalement, son but n’était-il pas de redonner chair au désir d’émancipation des travailleurs ?

    Si, parce que Gorz était fondamentalement marxiste. Pour lui, la révélation de la menace que fait peser le capitalisme sur les ressources naturelles était d’abord une possibilité nouvelle de motiver sa subversion — et cela dès « Pour un bon usage du Mansholt », un texte de 1972 [2].

    C’est une des dimensions de la singularité de sa perspective décroissante, l’articulation entre une critique écologique radicale et un socialisme associatif, qui renouerait avec l’aspiration initiale des mouvements ouvriers d’un contrôle sur la production et la consommation.


    Il était par ailleurs très critique envers l’imaginaire de la gauche officielle…

    Gorz s’intéressait au Marx passionné par le développement des individualités, pas à ses textes marqués par le productivisme. Il ne croyait pas au credo marxiste de l’émancipation par le travail et, très tôt, a dénoncé cette vision d’un prolétariat comme classe révolutionnaire prédestinée. Il pensait que c’était les gens réels qui devaient vouloir leur émancipation, et en créer les modalités.

    Dans un de ses derniers textes, il regrette « la complicité structurelle entre le travailleur et le capitalisme », favorisée par les syndicats qui demandent le partage du gâteau sans remettre en question son augmentation par la croissance.


    Quelle part Gorz donne-t-il à l’État dans le processus de rationalisation des besoins et de libération du temps ?

    Au départ, il pensait qu’une réduction massive du temps de travail ne peut être réalisée qu’au moyen d’une planification étatique. Mais en considérant que ce processus de démarchandisation de l’existence doit se fonder sur une société civile active, qui tarabuste l’État.

    À partir de 1997, il a proposé une version plus radicale encore de l’écosocialisme : une reconnexion entre production et consommation. C’est le moment où il se disait proche du municipalisme libertaire de Murray Bookchin. Il imagina alors une gestion coopérative et décentralisée de la production, donc sa relocalisation, grâce à un usage subversif du numérique — logiciels libres, fablabs, hackers…


    Aujourd’hui, dans un contexte néolibéral où l’État perd sa fonction régulatrice, comment la population pourrait-elle envisager une réorientation de la production ?

    Il faut qu’elle redevienne très active. Gorz écrivait dans une période où il y avait des mouvements importants dans la société civile — c’était l’après-68 —, et il comptait beaucoup sur les résistances au travail, les mouvances écologiques, mais aussi féministes, qui questionnaient l’idéologie du travail, le rapport à la nature, le productivisme et l’hyperconsommation, pour contraindre les instances régulatrices, étatiques en particulier, à une réorientation.

    On peut avoir des doutes là-dessus aujourd’hui. En même temps, on est peut-être dans un creux de l’Histoire, un creux de la vague, mais ça ne veut pas dire qu’on n’aura pas une autre vague à un moment donné. Gorz pensait comme Sartre qu’il y a chez tout individu, même dans une situation très contrainte, une aptitude foncière à la liberté. Il avait vu beaucoup de mouvements de grève pour « changer la vie », c’est ce qui le rendait optimiste.

    Le ciel de Picardie. Le « temps libéré » n’est pas le temps des loisirs marchands, mais celui qui permet de vivre « la présence désintéressée à l’être dans la vibration de l’instant » - André Gorz. © Catherine Marin/Reporterre



    Pour la présidentielle de 2022, La France insoumise annonce vouloir 
    « aller vers les 32 heures et la semaine de quatre jours ». EELV, en l’occurrence la maire de Poitiers Léonore Moncond’huy, soutient que la libération du temps de travail doit s’inscrire dans « une politique sociale de vacances, d’accès aux loisirs pour toutes et tous »… Qu’aurait pensé Gorz de ces approches de la libération du temps de travail ?

    Pour Gorz, les deux mesures, la réduction du temps de travail et, plus fortement à partir de 1997, le revenu inconditionnel d’existence, ne sont que des « instruments » vers l’expansion de l’autonomie. Il ne s’agit absolument pas pour lui de favoriser la société des loisirs. Parce que le temps du loisir, ça peut n’être qu’un temps de la consommation marchande. Il ne contrevient pas au fonctionnement de la société capitaliste, qui nous modèle en tant que travailleurs-consommateurs : on gagne avec son travail les moyens de consommer pendant son temps libre. Mais c’est un « temps libre », pas un « temps libéré ».

    Personnellement, je suis contente que La France insoumise propose une mesure de réduction du temps de travail. Chez Gorz, on est néanmoins dans un projet beaucoup plus large, même s’il paraît utopique. Mais il acceptait le terme d’« utopie », car l’utopie est ce qui permet de regarder la réalité présente et de l’interroger de manière radicale.
     

    André Gorz et l’écosocialisme de Françoise Gollin, aux éditions Le passager clandestin, janvier 2021, 128 p., 10 €.

    C’est maintenant que tout se joue…

  • L'ikigaï

     

    L'Ikigai reste une méthode "exotique" (sans vouloir être péjoratif) dont l'objectif consiste à "réussir" à être heureux. Le problème à mon sens est d'ordre dialectique et est entaché par les pressions que l'individu occidental rencontre dans son parcours. Le mot "réussite" a dans nos sociétés occidentales une portée très pesante parce qu'elle est associée à l'idée de l'échec. 

    Il faut "réussir à l'école, "réussir" en amour, "réussir" professionnellement, "réussir" socialement, "réussir" à être en bonne santé, "réussir" à être beau ou belle etc etc etc. Le terme finit par contenir une connotation négative dès lors que les "résultats" ne suivent pas. C'est le terme d'échec qui du coup prend la relève.

    L'Ikigai n'a pas d'autre objectif que de réussir à être heureux. Le terme de réussite ne devrait pas être associé à la pression, c'est surtout ça le problème. Ne pas réussir, c'est l'opportunité d'apprendre. L'échec n'existe pas en lui-même. Le problème est d'ordre émotionnel.

    "Dans chaque épreuve, ne cherchez pas l'adversaire ; cherchez l'enseignement." Mikao Isui.

    La différence entre l'Occident et l'Orient, c'est la douceur, l'acceptation, la qualité de vie intérieure. Cette qualité n'est pas ici. Elle est à apprendre et pour cela il faut désapprendre ce que la société occidentale enseigne. Se vider pour mieux se remplir.

    J'ai tellement entendu les enfants de mes classes parler de "réussite" ou "d'échec" qu'il a bien fallu que je réfléchisse sur le concept. Et au-delà du concept, c'est surtout un conditionnement dont il s'agit.

     Stefano Ttitsipas vient de perdre en finale de Roland Garros. Est-ce un échec ? Oui, pour lui, sur l'instant, c'en est un. Mais demain, il s'agira d'un enseignement. C'est là toute la différence entre l'individu "lambda", c'est à dire nous, et les sportifs professionnels ou en tout cas, ceux qui œuvrent à la plus grande des carrières sportives.

    Il s'agit donc d'accueillir la déception, voire la détresse pour la convertir en énergie vers le progrès, l'amélioration, une performance encore plus grande. C'est ce qu'il y a de plus puissant dans la compétition. La connaissance intérieure. Et il n'y a que ceux ou celles qui s'astreignent à cette exploration qui deviennent les sportifs les plus grands, ceux dont le souvenir devient impérissable.

    Mais nous ne sommes pas des sportifs professionnels ^^ Nous sommes même des amateurs au regard de la compréhension de l'existence. Notre "réussite" passe par l'acceptation pleine et entière des moments de détresse associés à "l'échec" tout comme des moments de joie associés à la "réussite". Il ne s'agit que de la puissance des émotions. C'est nous qui modelons la réalité de l'instant, qui lui apportons ce qu'il ne contient pas en lui-même. La réalité n'est que la réalité. L'émotion en est son apparat, sombre ou lumineux. Mais cet apparat, nous en sommes responsables. La réalité n'y est pour rien. L'ikigaï, à mes yeux, est un mode de pensée et d'agir qui apporte la douceur et la bienveillance dans l'interprétation de la réalité. C'est l'observation de soi à travers l'événement. Et la meilleure chose à faire, que tout ça relève de la peine ou de la joie, c'est d'en rire. Et c'est de ce rire que viendra la douceur. 

     

    Ikigaï – la méthode pour redonner du sens à son quotidien

     

    https://organisologie.com/ikigai/

     

    Trouver sa vocation

    Vous en avez assez de votre boulot ?

    Vous aimeriez vous sentir plus investi et heureux dans votre travail au quotidien ?

    Dans cet article, découvrez l’ikigaï, et comment il peut vous aider à devenir plus épanoui au travail.

    Cet article a été écrit par Isis, du blog LesNouveauxTravailleurs.fr

    Ce que vous allez découvrir

    Qu'est-ce que l'ikigaï?

    Voici comment trouver votre ikigaï

    Étape 1 : Identifier son ikigaï

    Étape 2 : Retranscrire l’ikigaï dans son travail

    Qu'est-ce que l'ikigaï?

    L’ikigaï, une philosophie japonaise du bonheur

    Sur l’île d’Okinawa au Japon, les centenaires sont nombreux. Leur secret ? Bien manger, un peu d’exercice et.... l’ikigaï.

    En français, “ikigaï” pourrait se traduire par “ce qui nous donne envie de nous lever le matin”. C’est savoir pourquoi on se lève le matin, donner du sens à son quotidien.

    Les centenaires d’Okinawa vivent vieux parce que leur vie a un sens, qu’ils savent pourquoi ils se lèvent le matin, et que ça leur donne envie de vivre.

    L’ikigaï, un état d’esprit du quotidien

    Ken Mogi est un neuroscientifique japonais et auteur de centaines de livres. Dans son livre “Le petit livre de l’ikigaï : la méthode japonaise pour trouver un sens à sa vie”, il explique que l’ikigaï se compose de 5 piliers, que l’on peut mettre en place dans son quotidien :

    Pilier 1 : Commencer petit

    Pilier 2 : Se libérer soi-même

    Pilier 3 : Harmonie et Durabilité

    Pilier 4 : La joie des petites choses

    Pilier 5 : Être ici et maintenant

    L’ikigaï dans le travail
     

    En Occident, l’ikigaï a été représenté par une rosace à 4 composantes : 

    Ce que j’aime ;

    Ce pour quoi je suis doué(e) ;

    Ce dont le monde a besoin ;

    Ce pour quoi je peux être payé(e). 

    Trouver son ikigaï

    L’ikigaï se trouve à la jonction de ces 4 composantes. Comme il est question de rémunération (“ce pour quoi je peux être payé(e)”), cela veut dire que, idéalement, l’ikigaï est lié à son travail. 

    Finalement, trouver son ikigaï....

    c’est trouver un travail qui nous plaît (“ce que j’aime”),

    dans lequel on peut exprimer son potentiel (“ce pour quoi je suis doué(e)”),

    contribuer à quelque chose qui a du sens pour nous (“ce dont le monde a besoin”),

    et qui nous rémunère convenablement (“ce pour quoi je peux être payé(e)”).

    Dis autrement, c’est en réunissant ces quatre composantes que notre travail peut être épanouissant.

    Voici comment trouver votre ikigaï

    Comment trouver un travail qui réunit tous ces aspects ? En se posant des questions sur les différents aspects qu’on veut retrouver.

    Puis en trouvant des métiers ou emplois compatibles.

    Étape 1 : Identifier son ikigaï

    Étape 1.1 : Identifier vos activités-passion

    Ikigai ce que j'aime

    Pour la composante “ce que j’aime”, il y a deux types de “passions” à explorer :

    Les “activités-passions”, soit ce qu’on adore faire et qu’on aimerait retrouver dans son quotidien au travail ;

    Les “passions sujets”, soit les causes et thématiques qui nous tiennent à coeur et pour lesquelles on aimerait contribuer via notre travail. Nous verrons cette deuxième passion dans l’étape 1.3.

    Comment identifier ses activités-passion ?

    Voici 3 pistes :

    Exercice 1 : Journal de Flow

    Le Flow est un état dans lequel on est tellement absorbé par ce qu’on fait qu’on en oublie le monde autour de soi. Le Flow est possible avec des activités que l’on aime bien, et est facteur de bonheur, d’après une étude du psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihalyi.

    Dans les prochains jours, essayez de repérer les activités qui vous font rentrer dans le Flow, que ce soit dans la vie professionnelle ou la vie personnelle.

    Attention, il doit s’agir d’activités non passives (pas de télévision, scroll sur les réseaux sociaux)... Pensez à tenir un journal quotidien.

    Exercice 2 : Les activités que j’aime faire

    Vous pouvez également, tout simplement, noter les activités que vous aimez faire, qui vous procurent du plaisir, de l’énergie, vous amusent, vous font vous sentir vivants. Ce n’est pas grave si elles ne vous font pas entrer dans le flow.

    Exercice 3 : Que feriez-vous si vous n’aviez plus besoin de gagner d’argent ?

    Comme nous avons besoin d’argent pour subvenir à nos besoins, nous avons tendance à ne pas oser rêver à ce que nous ferions si nous n’avions plus besoin de gagner notre vie.

    Pourtant, ces rêves-là cachent souvent ce que nous avons vraiment envie de faire. Et on peut y trouver une source d’inspiration pour notre “travail de rêve”.

    Alors à vous : comment occuperiez-vous vos journées si vous aviez tout l’argent nécessaire et n’aviez plus besoin d’un emploi pour gagner cet argent ?

    Une fois ces exercices faits, faites la synthèse : listez les activités que vous aimez et que vous aimeriez pouvoir faire au quotidien. Cette liste sera votre terreau pour trouver un travail que vous appréciez au quotidien.

    Étape 1.2 : Identifier vos talents

    Ikigai ce pour quoi je suis doué

    Pour la composante “ce pour quoi je suis doué(e)”, nous allons chercher vos “talents”, c’est-à-dire les choses que vous faites naturellement bien.

    Souvent, nous ne sommes même pas conscients de nos talents, car, pour nous, c’est “normal”. Mais ce n’est en réalité pas “normal” pour d’autres.

    C’est pourquoi, pour trouver vos talents, vous pouvez :

    Lister les talents auxquels vous pensez : que faites-vous naturellement bien ? Repensez à des situations de votre vie professionnelle, mais aussi personnelle. Par exemple, quand j’avais cherché mon ikigaï, j’avais noté qu’un de mes talents était de “Prendre une large masse d’informations et la synthétiser pour l’expliquer” (ce qui paraît logique avec le choix du blogging ensuite).

    Demander à des personnes de votre entourage de vous dire ce que vous faites naturellement bien.

    Rassemblez vos talents en une seule et même liste. 

    Parmi eux, lesquels vous procurent du plaisir et aimeriez-vous utiliser dans votre activité professionnelle au quotidien, si c’était possible ?
     

    Étape 1.3 : Identifier votre utilité pour la société

    Ikigai ce dont le monde a besoin

    Pour la composante “ce dont le monde a besoin”, le but est de trouver une cause ou thématique qui nous tient à coeur. Par exemple, quand j’ai cherché qui je voulais aider via mon blog et quelle cause me tenait à coeur, j’ai écrit “Aider chacun à devenir plus épanoui au travail”.

    Vous voyez qu’une “cause” n’a pas besoin de sauver le monde de la misère et la guerre. Le tout est de trouver quelque chose qui nous tient vraiment à coeur et qui nous donne envie d’apporter notre pierre à l’édifice.

    Voici quelques pistes pour trouver ces causes qui vous tiennent à coeur :

    De quel sujet pourriez-vous parler toute la nuit parce que ça vous passionne ?

    Quelle situation vous révolte ou vous attriste profondément ?

    De quoi parlent les livres que vous lisez, les magazines, les conférences auxquelles vous assistez ?

    Dès qu’un sujet attire votre curiosité et que vous avez envie d’en savoir plus, notez-le.

    Une fois ces pistes identifiées, raisonnez en termes de personnes à aider. Car, une entreprise, ce n’est ni plus ni moins qu’un service qui répond au besoin de quelqu’un, qui aide une certaine catégorie de personnes.

    Qui avez-vous envie d’aider ? Les parents, les enfants, les personnes âgées, les petites entreprises ? À résoudre quel problème ?
     

    Étape 1.4 : Identifier votre mode de vie de rêve

    Ikigai ce pour quoi je suis payé

    Voici une composante non incluse dans l’ikigai, mais que je trouve personnellement importante à considérer quand on réfléchit à sa vie professionnelle idéale : le mode de vie que l’on souhaite vivre.

    Souhaitez-vous vivre dans une ville dynamique ?

    Voyager six mois par an ?

    Être libre de choisir vos horaires ?

    Pouvoir amener vos enfants à l’école ?

    Personnellement, c’est cet aspect qui m’a fait changer de voie professionnelle : j’ai souhaité être indépendante financièrement et pouvoir voyager au moins six mois par an. C’est pour ça que je suis devenue blogueuse.

    Étape 1.5 : Identifier vos valeurs

    Autre composante non présente dans l’ikigaï, mais essentielle à mon sens pour faire un travail dans les termes qui nous conviennent : ses valeurs.

    Les valeurs, c’est ce qui explique qu’on veut fonctionner d’une façon plutôt qu’une autre. 

    Et c’est une des choses les plus ancrées en nous. Si on travaille en allant contre nos valeurs, on peut expérimenter des conflits internes, difficiles à vivre psychologiquement. J’en ai vécu un dans un de mes stages et j’en ai pleuré pendant trois mois.

    Une valeur existe en opposition à une autre. Par exemple, si ma valeur est “l’audace”, je vais probablement tenter plein de choses dans mon quotidien professionnel, quitte à me tromper et faire des erreurs.

    La valeur inverse serait la “prudence”. Avec cette valeur-là, j’aurai tendance à bien peser le pour et le contre avant de prendre une décision.

    Pour trouver vos valeurs, partez de situations qui vous ont énervé ou fait sentir mal à l’aise dans votre travail. 

    Demandez-vous pourquoi cette situation vous a causé une émotion négative.

    Qu’auriez-vous aimé avoir à la place ?

    Quel besoin n’a pas été satisfait ?

    Puis demandez-vous quelle valeur peut se cacher derrière tout ça.

    Étape 1.6 : Identifier votre revenu idéal

    Enfin, dernière composante de l’ikigaï : le revenu. Vous avez probablement déjà une idée de votre revenu idéal. Mais vous pouvez quand même vous pose la question suivante : 

    Pourquoi est-ce important pour vous de gagner cette somme ? 

    Que comptez-vous faire de cet argent ?

    Cette question du revenu est d’autant plus importante quand on compte devenir indépendant, car elle influence le modèle économique et les prix que l’on choisit.

    Étape 2 : Retranscrire l’ikigaï dans son travail

    Dans toute la première partie, nous avons exploré ce qui était important pour vous. Passons maintenant à la partie concrète : comment trouve-t-on un travail qui correspond à son ikigaï ?

    Étape 2.1 : Redonner du sens à son activité actuelle

    Si vous êtes actuellement en poste et n’appréciez plus votre travail, commencez par vous demander en quoi votre travail actuel correspond à votre ikigaï :

    Cause : Vous permet-il, d’une certaine manière, d’oeuvrer à la cause qui vous tient à coeur ? Si ce n’est pas le cas, pourriez-vous demander un petit changement qui le permettrait ? (par exemple, traiter avec des clients du secteur de la santé plutôt que du secteur informatique, si votre cause est “la santé”) 
     

    Activités-passion : Ce que vous faites au quotidien correspond-il à ce que vous aimez ? Comment pourriez-vous intégrer davantage de ces activités-passion dans votre quotidien ?
     

    Talents : avez-vous l’opportunité d’exprimer vos talents ? Comment pourriez-vous les utiliser davantage ? Pourriez-vous faire évoluer votre poste ?
     

    Valeurs : L’entreprise dans laquelle vous êtes partage-t-elle vos valeurs ? Si ce n’est pas le cas, pouvez-vous envisager de changer d’entreprise 
     

    Mode de vie : Votre entreprise vous permet-elle de vivre le mode de vie dont vous rêvez vraiment ? Valorisez-vous plus la sécurité et la constance du salariat ou l’aventure et la liberté de l’indépendance ?

    Étape 2.2 : Changer : salarié ou indépendant ?

    Nous venons d’introduire l’idée avec la question sur le mode de vie. À mon sens, la première question à se poser quand on n’est pas bien dans son boulot et qu’on envisage de changer est : est-ce que je souhaite rester salarié(e) ou j’aimerais devenir indépendant(e) ?

    Est-ce que j’ai l’impression que j’aurais des regrets si je quittais le salariat ?

    Certaines personnes ont aussi envie d’une situation hybride : un CDI à temps partiel, et une activité indépendante le reste du temps.

    Étape 2.3a : salarié : identifier une nouvelle entreprise

    Si la réponse est que vous souhaitez rester dans le salariat, mais que vous sentez que vous ne vous épanouirez pas dans votre entreprise actuelle, il est temps d’identifier une nouvelle entreprise. Faites la liste de ce que vous aimeriez obtenir dans votre nouvelle entreprise, compte tenu des éléments listés en étape 1.

    Et partez à la recherche d’une entreprise qui peut vous offrir ça.

    Vous pouvez commencer, soit par chercher une entreprise qui partage vos valeurs, puis proposer une candidature spontanée et voir comment vous pourriez utiliser vos talents et activités-passion dans un poste chez eux.

    Soit chercher par poste, en recherchant ceux qui contiennent vos activités-passion et vos talents. Puis, parmi les entreprises candidates, ne retenir que celles qui semblent partager vos valeurs.

    Si vous voulez faire du télétravail à 100% (“travail remote”), vous pouvez aussi directement chercher des entreprises qui proposent ce format de travail.

    Étape 2.3b : indépendant : identifier une activité indépendante

    Si la réponse est que vous souhaitez devenir indépendant, il vous faut définir ce que vous aimeriez faire. Pour cela, vous pouvez structurer votre réflexion comme suit :

    Quel problème ai-je envie de résoudre ? (étape 1.3)
     

    Comment ai-je envie de le résoudre ? (étapes 1.1, 1.2, 1.5) ; pour cette question, en plus de l’introspection, renseignez-vous sur les métiers et activités indépendantes qui peuvent correspondre.
     

    Comment puis-je moduler cette activité pour qu’elle me permette de vivre le mode de vie que j’ai envie de vivre ? Par exemple, comment tout faire à distance pour devenir Digital Nomad et voyager régulièrement ?
     

    Et enfin, quel modèle économique puis-je mettre sur cette activité pour obtenir le revenu que je souhaite ?

  • Biodiversité et changement climatique

     

    Un exemple supplémentaire de la lourdeur des institutions, voire de leur impéritie. On sépare des données indissociables, on crée des comités et on paye des dizaines, des centaines, des milliers de personnes, on fait des congrès auxquels les gens viennent en avions etc etc...Et rien de bon n'enr essort parce que dès le départ, la résolution réelle est impossible puisque tout est dissocié.

    Consternant. 

     

    "La communauté scientifique qui étudie le système climatique n’est en effet pas la même que celle qui travaille sur la biodiversité. Chacune de ces problématiques est abordée par des conventions internationales distinctes : la Convention sur le Changement climatique des Nations Unies et la Convention sur la diversité biologique.  Et chacun de ces domaines est suivi par des organismes intergouvernementaux différents : l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) et l’IPBES (Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services).

    À cause de cette séparation, on risque de ne pas identifier l’intégralité des facteurs à l’oeuvre dans ces domaines voire de prendre des mesures qui aggraveraient l’un et/ou l’autre de ces deux problèmes."

         

     

    https://www.numerama.com/sciences/718730-la-biodiversite-est-un-allie-bien-trop-sous-estime-contre-le-changement-climatique.html

     

    La biodiversité est un allié bien trop sous-estimé contre le changement climatique

    11 juin 2021 - Climat

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     La biodiversité est un allié bien trop sous-estimé contre le changement climatique

    On a beaucoup parlé de carbone dans la lutte contre le changement climatique, mais vraiment pas assez de biodiversité. Sa baisse menace pourtant gravement les humains. A l'inverse, la protection de la biodiversité peut aider à réduire fortement les émissions de gaz à effet.

    Réduction des émissions de gaz à effet de serre, capture du CO2… On s’est beaucoup intéressé aux technologies permettant de contrôler le carbone pour lutter contre le changement climatique. Et ces innovations sont bien sûr essentielles. Il y a cependant un point essentiel que l’on a raté, alertent 50 scientifiques dans un rapport publié le 10 juin : la protection de la biodiversité.

    « La perte de biodiversité et le changement climatique sont tous deux les conséquences des activités économiques humaines et ces problèmes se renforcent mutuellement. Il n’est pas possible de résoudre l’un sans solutionner l’autre », mettent en garde les scientifiques.

    Source : Heiko Behn / Pixabay

    LA BAISSE DE LA BIODIVERSITÉ MENACE GRAVEMENT LES HUMAINS

    On pourrait penser que la chute de la biodiversité ne menace que les animaux et les plantes (ce qui serait déjà extrêmement grave) mais elle menace également très sérieusement les êtres humains. « Plus le monde se réchauffe, moins la nature pourra nous fournir l’eau, la nourriture et les autres ressources dont nous avons besoin », rappelle le professeur Hans-Otto Pörtner, co-président du Comité scientifique Steering.

    La baisse de la biodiversité a un impact énorme sur le changement climatique car les sols et les océans jouent un rôle majeur dans l’absorption des émissions de gaz à effet de serre. « Ils absorbent presque 50 % des émissions de CO2 humaines » souligne Ana María Hernández Salgar, présidente de l’IPBES.

    Le problème c’est que les sols et les océans sont bouleversés par nos activités. Selon le rapport, 77 % des sols (si l’on excepte l’Antarctique) et 87 % des océans ont été modifiés par les effets collatéraux des activités humaines. « Ces changements sont corrélés à la perte de 83 % de la biomasse de mammifères sauvages, et de la moitié de la biomasse des plantes ». Le rapport souligne que désormais 96 % de la biomasse de mammifères sur Terre est composée de bétail ou d’humains. Et qu’il n’y a jamais eu autant d’espèces menacées d’extinction dans toute l’histoire de l’humanité.

    Les écosystèmes les plus vulnérables actuellement sont :

    les récifs coralliens, très sensibles à la hausse des températures et à l’acidification des océans ;

    les savanes dont la végétation se modifie à mesure que le CO2 atmosphérique augmente ;

    les forêts tropicales très menacées par les sécheresses ;

    les écosystèmes de type méditerranéen ;

    les écosystèmes côtiers.

    Le problème ? « Même si les scientifiques et les politiques reconnaissent que le changement climatique et la perte de biodiversité sont interconnectés, en pratiques, ces deux défis sont traités de manière séparée », alertent les auteurs du rapport.

    IL FAUT S’OCCUPER SIMULTANÉMENT DU CLIMAT ET DE LA BIODIVERSITÉ

    La communauté scientifique qui étudie le système climatique n’est en effet pas la même que celle qui travaille sur la biodiversité. Chacune de ces problématiques est abordée par des conventions internationales distinctes : la Convention sur le Changement climatique des Nations Unies et la Convention sur la diversité biologique.  Et chacun de ces domaines est suivi par des organismes intergouvernementaux différents : l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) et l’IPBES (Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services).

    À cause de cette séparation, on risque de ne pas identifier l’intégralité des facteurs à l’oeuvre dans ces domaines voire de prendre des mesures qui aggraveraient l’un et/ou l’autre de ces deux problèmes. La hausse de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère fait monter les températures, modifie le régime des précipitations, augmente la fréquence des évènements météorologiques extrêmes, la baisse de l’oxygène et l’acidification des océans, alerte le rapport. Autant de facteurs qui menacent la biodiversité. « Réciproquement, ces modifications de la biodiversité affectent le système climatique, en particulier à cause de leur impact sur les cycles de l’azote, du carbone et de l’eau. Ces interactions peuvent entrainer des boucles complexes (…) et produire des effets imprévisibles. »

    COMMENT PROTÉGER LA BIODIVERSITÉ ?

    Le rapport recommande de protéger en priorité des écosystèmes qui sont à la fois clés dans le traitement du carbone et la préservation d’espèces tels que les forêts, les océans, les zones humides, les prairies ou encore les savanes. « Réduire la déforestation et la dégradation des forêts peut aider à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 0,4 à 5,8 gigatonnes par an. »

    La restauration d’écosystème est également, selon les 50 scientifiques à l’origine du rapport, « un des moyens naturels de mitigation du changement climatique les moins onéreux et les plus rapides ». Elle offre du reste bien d’autres avantages : la préservation des zones côtières, l’amélioration de la qualité de l’eau, la réduction de l’érosion des sols, et la préservation de la pollinisation.

    À lire : Cette carte de la vie révèle les endroits où il reste le plus d’espèces inconnues à découvrir

    Les auteurs appellent également à augmenter fortement la part de zones protégées. À l’heure actuelle elles ne représentent que 15 % des sols et 7,5 % des océans. Selon les auteurs, il faudrait étendre ces protections à 30 à 50 % des sols et des océans.

    Le rapport recommande enfin de :

    diversifier les cultures agricoles et les espèces d’arbres en forêt ;

    réduire l’usage d’engrais avec la mise en place d’autres pratiques agricoles ;

    étudier les combinaisons possibles de technologies de préservation du climat et de technologies de préservation de la nature (mise en place des cultures de plantes sous certaines étendues de panneaux solaires, création de récifs artificiels au niveau des turbines éoliennes offshores, etc.) ;

    éviter les grandes monocultures consacrées aux bioénergies ;

    ne pas planter des arbres dans des écosystèmes qui n’étaient pas historiquement des forêts.

    POUR LE PROTÉGER, IL FAUT COMPRENDRE L'ENVIRONNEMENT