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  • Dérive sécuritaire

    Finalement, aux yeux de l'Etat, nous sommes dangereux, voire terroristes, dès lors que nous souhaitons défendre, pacifiquement, les territoires, l'environnement, la biodiversité, la vie.

    Et je rappelle que nous sommes en démocratie. Si, si, enfin, c'est ce qui se dit. Il semblerait que ça soit en raison du droit de vote. Il est bien, utile celui-là pour cautionner l'injustifiable.

     

    https://lareleveetlapeste.fr/un-paysan-bio-de-62-ans-violemment-arrete-lors-dun-pique-nique-militant/

    Un paysan bio de 62 ans violemment arrêté suite à un pique-nique militant

    Après 48h de garde-à-vue pendant lesquelles il a dû répondre à un total de sept auditions, maintenu dans une cellule « avec les ventilateurs à fond », Hubert en est ressorti avec de nombreux hématomes et sous le choc. Le médecin qui l’a examiné a attesté de « coups et blessures » et lui a donné 10 jours d'ITT. Il s’est révélé offusqué de son état. Hubert va porter plainte.

    9 juin 2021 - Laurie Debove

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    Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

    - Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
    - Format : 128 pages
    - Impression : France

     

    Commander

    Hubert, un paysan bio et militant écologiste actif sur son territoire a été violemment arrêté par les gendarmes alors qu’il participait à un week-end festif contre le projet industriel du Carnet à Frossay. Agé de 62 ans, cet homme diabétique a pu retrouver sa liberté au terme de deux jours de garde-à-vue desquels il est ressorti blessé et rudement éprouvé. Cet épisode marque une étape de plus dans la criminalisation et la répression policière que dénoncent subir les écologistes, mais aussi les journalistes et citoyens ayant eu l’audace de s’intéresser à leurs revendications.

    Une arrestation violente

    Le weekend du 5 et 6 juin, un pique-nique ainsi qu’une balade naturaliste avaient été organisés par des collectifs écologistes afin d’échanger sur la lutte du Carnet et l’industrialisation de l’estuaire de la Loire, où 110ha de zones humides, abritant de nombreuses espèces protégées, sont menacés par la bétonisation de l’agrandissement du Grand port maritime Nantes-Saint-Nazaire.

    Lire aussi : Le Port de Saint-Nazaire veut bétonner 110ha de zones humides sous le label de la « transition énergétique »

    Il s’agissait pour les écologistes de montrer que l’intérêt pour cette zone humide est toujours aussi vivace, malgré l’expulsion de la ZAD du Carnet ayant eu lieu fin mars, et le fait que la zone soit désormais gardée par un escadron de gendarmes.

    Lire aussi : La ZAD du Carnet a été expulsée ce matin pour un « projet au point mort »

    D’abord exclus de Frossay, le lieu initialement prévu, par des arrêtés municipaux interdisant la circulation et le stationnement pour risque avéré de « rave party », les militants s’étaient repliés au canal de la Martinière un peu plus loin. La crainte de voir émerger une nouvelle ZAD explique sans doute l’important dispositif mis en place par les autorités pour encadrer ce simple pique-nique.

    « Une vingtaine de camions de gendarmes mobiles encerclaient le Carnet, nous avons croisé 4 camions de gendarmes mobiles et nous avons été escortés par 4 motards. Motards, camionnettes de gendarmerie et voitures banalisées ont circulé régulièrement ou sont restés en stationnaire toute la journée pour effectuer des contrôles, décourageant ainsi les potentiel.le.s participant.e.s de nous rejoindre. Les gendarmes ont également relevé les plaques d’immatriculation des voitures présentes. » rapporte le Collectif Stop Carnet.

    Une démonstration de force impressionnante, avec certains agents lourdement armés « de fusils ou de FAMAS », qui n’a d’abord pas entamé le moral des quelques 200 manifestants bien décidés à profiter de leur droit à la libre expression et tentant d’ouvrir le dialogue avec certains gendarmes.

    « Lorsque nous avons évoqué la complicité de la gendarmerie lors de l’épandage des boues de station d’épuration sur la route du Carnet avant notre week-end de mobilisation fin août, un gendarme nous a dit qu’il s’agissait d’individus isolés ! La mise en place de caméras de surveillance cachées et hyper sophistiquées dans des fausses pierres et faux tronc d’arbres est probablement également le fait de gendarmes isolés qui sont décidément bien nombreux ! » rapporte le Collectif Stop Carnet.

    Malgré cette surveillance accrue, toute la manifestation s’est déroulée sans encombre sous un soleil rayonnant, favorisant les échanges et les liens entre les participants.

    Le lendemain, les participants ont donc manifesté dans la bonne humeur, équipés de banderoles bariolées, afin de réaffirmer leur amour pour cette zone humide. A la fin de l’événement, alors que les militants s’apprêtaient à repartir dans le calme, cinq fourgons de gendarmerie mobile se sont déployés aux abords de la route, le long du parking.

    Hubert, paysan bio de 62 ans, a donc demandé aux gendarmes s’ils pouvaient quitter le lieu sans encombre, ce à quoi les autorités lui ont répondu par l’affirmative. Au moment où il a tenté de partir en voiture, les gendarmes ont alors immobilisé le véhicule, ouvert les portes et extrait violemment de l’habitacle.

    L’arrestation qui a suivi a été très violente et choqué les nombreux témoins que La Relève et La Peste a contacté :

    « Ils l’ont projeté sur le sol la tête la première, lui ont passé les menottes, l’ont traîné sur plusieurs mètres pour le jeter à plat ventre dans une camionnette de gendarmerie, qui s’est empressée de déguerpir sur le champ, alors même qu’il n’était pas attaché ou même assis. »

    La vidéo de l’interpellation

    Après 48h de garde-à-vue pendant lesquelles il a dû répondre à un total de sept auditions, maintenu dans une cellule « avec les ventilateurs à fond », Hubert en est ressorti avec de nombreux hématomes et sous le choc. Le médecin qui l’a examiné a attesté de « coups et blessures » et lui a donné 10 jours d’ITT. Il s’est révélé offusqué de son état. Hubert va porter plainte.

    L’avocate commise d’office a également subi des pressions et remarques sexistes lors de ses échanges avec les gendarmes. Elle a décidé de porter plainte au barreau et mentionne un dossier très tendu. Alors que le procureur a requis un contrôle judiciaire pour empêcher le paysan de se rendre à Frossay, Paimboeuf et Saint-Viaud, mettant en péril son activité, ainsi qu’une comparution immédiate, le Juge des Libertés ont décidé de lui rendre sa liberté.

    « Hubert est poursuivi pour « menaces de crimes ou délit ». Outre le fait que nous n’ayons rien entendu ou vu de tel pendant toute la mobilisation, les interpellations pour ce chef d’inculpation se font généralement instantanément, et non après la manifestation alors que tout le monde quitte les lieux. Il s’agit d’une répression ciblée et politique. Nous dénonçons ce climat de terreur qui règne contre les lanceurs d’alerte et militante.s écologistes au Pays de Retz depuis quelques années et qui ne fait que de s’amplifier. » expliquent les collectifs

    Une répression de plus en plus accrue

    Hubert est très bien connu des autorités. Militant de longue date sur le territoire, il ne fait pas l’unanimité au sein de population et aurait même été menacé de mort en plein Conseil municipal. Deux civils sont venus jusque sur son terrain pour l’agresser, sans que la gendarmerie ne donne suite à l’affaire. Son arrestation violente est donc loin d’être anodine pour les militants impliqués dans les collectifs.

    « Alors que les autorités connaissent ses problèmes de santé et qu’il est visé par des agressions, menaces, intimidations par des civils dans le Pays de Retz du fait de son engagement militant (cf nos récents articles sur notre blog Terres Communes) sans que ses plaintes ne soient reçues ou suivies de procédures, qu’il subit un harcèlement judiciaire et policier constant (au moins 60 passages d’hélicoptères sur sa ferme depuis 3 ans !), il a été arrêté comme un grand bandit de manière violente pour ensuite se retrouver dans une Garde à vue prolongée pour un dossier monté de toute pièce visant à le briser et à briser nos luttes pour le vivant et notre avenir commun dans le Pays de Retz ! » s’offusque le Collectif Terres Communes

    Un constat partagé par les sympathisants et curieux à leur cause écologiste, dont certains ont été rudement éprouvés, comme Jacinthe, une « journaliste dilettante » qui était venue faire un reportage sur le site du Carnet lors du World Clean Up Day.

    Trois semaines après, elle a reçu 135 euros d’amende et 3 points de permis en moins pour « stationnement dangereux » alors que les gendarmes présents ce jour-là l’avaient vue se garer sans rien lui dire.

    « Par la suite, deux gendarmes sont même venus jusque chez moi pour me demander une photocopie de mon permis ! Une jeune femme très compréhensive et un homme beaucoup plus dur. Cela s’est passé une quinzaine de jours avant le pique-nique, ça venait d’un officier ministériel qui leur demandait ça ! Ils m’ont parlé de la contravention, et le gendarme a même demandé à sa collègue si elle allait faire mon audition alors que j’avais déjà payé l’amende ! J’ai été transparente avec eux, oui je me sens militante écolo, mais j’ai toujours été dans la plus parfaite légalité ! Je suis malade de voir la tournure des choses actuelles, je fais ces reportages pour sensibiliser afin de laisser un avenir viable à mes enfants et mes petits-enfants… Moi, je suis une anxieuse de nature et j’ai plus de 60 ans. Suite à tout ça, j’ai pas osé me rendre au pique-nique du weekend dernier. » confie-t-elle à La Relève et La Peste

    Une manifestation paisible

    Dispositif policier arrivé alors que les manifestant.e.s quittaient la zone de stationnement

    Même constat pour la journaliste Marion Lopez, du journal local Le Courrier du Pays de Retz, qui s’est heurtée au refus des autorités lorsqu’elle a voulu prendre quelques photos du site du Carnet, et a subi une fouille et un interrogatoire suspicieux pour avoir eu le malheur de simplement vouloir faire son travail.

    Mais c’est bien pour les militants que cette répression accrue devient intenable au quotidien. Pour eux, cette pression permanente a pour objectif de tuer la contestation dans l’œuf afin d’éviter une nouvelle ZAD si les travaux reprennent, puisqu’ils sont pour l’instant bloqués par un moratoire.

    « Une réoccupation du Carnet les terrorise, alors que de ce que j’en sais il n’en est même pas question ! Les militant.e.s ont besoin de repos car ils subissent beaucoup de pression. Un zadiste a été mis en prison pour 18 mois (ndlr : le détenu a donné un coup de marteau sur une voiture banalisée de la gendarmerie). Une autre militante a pris 6 mois avec sursis pour avoir soi-disant proféré des menaces de mort, alors que ce n’est pas vrai, elle juste a pris pour tout le monde et servir d’exemple ! Certaines habitations des membres des collectifs sont régulièrement survolées en hélicoptère, des voitures viennent guetter en stationnaire devant la ferme de Yoann et d’Hubert ! On a eu beaucoup moins de monde que prévu au pique-nique car les gens commencent à avoir vraiment peur face à cette répression phénoménale. Des hommes armés feront toujours peur, surtout les contrôles d’identité avec tout ce que ça implique : les gens n’ont pas envie d’être fichés. En tant que militante et membre du collectif, moi aussi ça me fait peur alors que plus on est nombreux et nombreuses, et plus on peut s’organiser pour continuer à lutter. Si tu ne connais pas tous tes droits tu prends des risques aussi, et c’est toujours les mêmes qui prennent c’est ça le problème, ils sont persuadés qu’on a des chefs, alors qu’on est auto-géré. Ils sont aussi persuadés que le collectif et la ZAD, c’est la même chose alors que pas du tout. Il s’agit de deux entités qui font partie de la même lutte mais qui étaient autonomes et indépendantes, des modes d’action complémentaires. Mais quand les lieux de soutien sont constamment surveillés, ça commence à être compliqué pour être solidaires. » s’inquiète Verveine auprès de La Relève et La Peste

    Lire aussi : Paroles de Zadistes : « La nature suffoque et c’est à notre génération de faire bouger les lois »

    L’escadron présent au pique-nique

    Au vu de ces témoignages accablants, il semblerait que le Pays de la Loire devienne un terrain d’expérimentation de la répression policière, après le traumatisme pour les institutions et l’Etat de la victoire des militants de Notre-Dame-des-Landes.

    La liberté d’expression des militants est ainsi de plus en plus menacée, même quand il s’agit d’un simple pique-nique, un phénomène qui s’étend partout en France et qui est régulièrement dénoncé par les associations des droits de l’homme et environnementales.

    En novembre 2020, France Nature Environnement avait ainsi lancé une campagne pour alerter sur les nombreuses menaces que subissent les militants écologistes.

    « A la veille d’élections départementales et régionales jouant sur la thématique de la sécurité, il n’est pas étonnant qu’un pique-nique organisé par un collectif ayant activement soutenu la ZAD du Carnet soit étroitement surveillé. Cette surveillance s’inscrit dans la droite ligne de ce que l’on condamne : la criminalisation de plus en plus forte des actions militantes ces dernières années. Il y a une pression policière très forte pour dissuader les citoyens de s’engager dans les mouvements militants. C’est une dérive générale qui menace les libertés des citoyens qui veulent sensibiliser la population contre les grands projets économistes qui nuisent à l’environnement. Cela plonge le milieu militant associatif dans un état de stress et de tension qui ne peut qu’aboutir à des dérapages. On espère pouvoir discuter calmement bientôt avec nos politiques locaux et nationaux de ces sujets-là : quelle liberté a-t-on encore en France pour exprimer un avis différent alors qu’on est encore censés être une démocratie ? » analyse Xavier Métay, du FNE Pays-de-la-Loire, pour La Relève et La Peste

    Loin d’être un fait divers isolé, l’arrestation brutale de ce paysan bio et la dynamique de répression à l’œuvre sur le territoire devrait ainsi nous alerter sur la dérive sécuritaire du gouvernement français. Hubert, lui, attend son jugement qui aura lieu au tribunal correctionnel le 8 novembre à 14h.

    9 juin 2021 - Laurie Debove

  • Pics pétroliers : graphiques

    Je tiens à garder ça ici pour le retrouver et suivre l'évolution.

    Il est clair que ce "pic de pétrole", on en entend parler depuis longtemps. Ce qui ne veut pas dire que ça n'arrivera jamais à l'échelle planétaire.

    Ce qui importe, par conséquent, c'est  de l'anticiper.

    Et la réflexion que ça implique, il ne faut pas l'attendre de la part des gouvernants.

    C'est une anticipation qui nous concerne, nous, en tant qu'individus, pas en tant que citoyens. Le citoyen, à mes yeux, est une personne dépendante des structures étatiques et qui par conséquent attend de l'Etat les mesures qui lui assurent son existence.
    L'individu, de son côté, même s'il reste un citoyen puisqu'il vit dans un Etat, décide de prendre en charge tout ce qui est de son ressort. 

     

    Quels pays ont passé leur pic de production de pétrole ?

     

    https://jancovici.com/transition-energetique/petrole/le-pic-de-production-une-realite-deja-courante/

     

    Nous ne manquerons jamais de pétrole, c’est évident. Voyez plutôt : il y a 40 ans, nous n’avions « que » 40 ans de pétrole, et nous voici, 40 ans après, avec toujours du pétrole pour 40 ans, non ? Même si cette affirmation est complètement trompeuse, elle sous-tend l’idée qu’il y aura toujours plein de pétrole, et cela suppose en particulier que la production ne pourra jamais passer par un maximum puis décliner. C’est évident, mon cher Watson : si la production de pétrole peut passer par un maximum puis décliner, alors la conséquence est que nous manquerons au moins partiellement de pétrole, ce qui est justement la situation considérée comme impossible par les supporters du « 40 ans pour l’éternité ».

    En fait, la production de pétrole doit passer par un maximum. C’est vrai pour tout gisement de pétrole pris individuellement, pour un pays, ou pour le monde dans son ensemble. Cela découle d’un théorème de mathématiques qui dit que l’extraction issue d’un stock initial donné une fois pour toutes (et donc qui ne se renouvelle pas en cours de route) ne peut rien faire d’autre que de commencer à zéro (ça c’est facile à vérifier), passer par un maximum, puis décliner à nouveau vers zéro ensuite.

    Ce théorème est tellement valable qu’il y a pléthore de pays producteurs de pétrole qui ont déjà passé leur pic. Suivez le guide !

    NB : les chiffres de production ci-dessous incluent la production de pétrole conventionnel et non conventionnel (sables bitumineux), ainsi que les liquides de gaz naturel.

    Europe

    En Europe, tous les pays producteurs ont passé leur pic de production, sauf peut-être l’Italie. Pour fixer les idées pour les chiffres de production, exprimés en millions de tonnes par an, la consommation de la France était de 80 millions de tonnes en 2013 (cela fait environ 230.000 tonnes par jour, soit un gros pétrolier tous les jours).

    Production pétrolière du Danemark.

    Pic en 2004.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Italie.

    Pic en 2005 ?

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Norvège (premier producteur de l’Europe occidentale).

    Pic en 2001.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Grande Bretagne (deuxième producteur de l’Europe occidentale).

    Pic en 1999.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Roumanie.

    Pic en 1977.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Globalement, la production de la zone est en fort déclin. Le « taux de couverture » de l’Europe (en incluant la Norvège, qui ne fait pas partie de l’Union) est actuellement de 25%.

    Production pétrolière en Europe occidentale (UE+Norvège).

    Pic en 2000.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Ancienne Union Soviétique

    La Russie, 2è producteur mondial, a probablement passé son « vrai » pic dans les années 1980, mais sa production est actuellement croissante vers un pic secondaire. Un certain nombre de pays producteurs moins importants de la zone ont passé leur pic de production.

    Production pétrolière en Russie.

    Le vrai pic est probablement survenu en 1987, et la production se dirige vers un pic secondaire.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Ouzbekistan.

    Pic en 1999.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Globalement, la zone présente une production encore en croissance.

    Production pétrolière de l’ancienne URSS (Russie + anciennes républiques soviétiques ; essentiellement Kazakhstan et Azerbaïdjan).

    Pour la zone dans son ensemble, le pic principal n’est pas encore arrivé, mais la production semble se diriger vers un plateau.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Extrême Orient

    En Extrême Orient, le producteur le plus important est la Chine, qui a une production en croissance continue. Mais le 2è (Indonésie) est en déclin significatif, et l’Inde, qui arrive en 3è position, est globalement sur un plateau depuis 1995. Parmi les producteurs significatifs de la zone, plusieurs pays ont passé leur pic.

    Production pétrolière en Australie.

    Pic en 2000.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière au Brunei?
    (le Sultan du Brunei fut un temps l’homme le plus riche du monde).

    Pic en 1979.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Indonésie.

    Pic en 1977, et pic secondaire en 1991.

    Source : BP Statistical Review, 2013

    Production pétrolière en Malaisie.

    Pic en 2004 ?

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière au Viet-Nam.

    Pic en 2004 ?

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Au total, la zone est sur un plateau depuis 2000.

    Production pétrolière en Asie pacifique.

    Plateau légèrement ascendant depuis 2000.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Proche et Moyen Orient

    Le Moyen Orient, « grenier à pétrole » dans l’esprit de tous les européens, recèle quelques surprises : on y trouve quelques pics….

    Production pétrolière en Iran.

    Pic principal en 1974, plateau secondaire en cours.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Irak.

    Un pic est survenu en 1979, mais la production très variable de ce pays, lié à son histoire récente, rend difficile une appréciation très sûre ! Dans un contexte d’investissements effectués sans limites, de nombreux géologues pensent que la production pourrait monter jusqu’à 6 ou 7 millions de barils/jour, mais le contexte géopolitique de ce pays fait que le véritable maximum sera peut-être très en dessous, auquel cas il sera bien entendu maintenu plus longtemps si tout le pétrole extractible est produit.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière au Koweït.

    Pic historique en 1972 (la chute très violente en 1991 est bien sûr la conséquence de l’invasion par l’Irak, mais il n’aura fallu que 2 ans pour un retour à la situation antérieure). Le pays se dirige probablement vers un plateau à un niveau voisin.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière du Sultanat d’Oman.

    Pic en 2001 ?

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Syrie.

    Pic en 2002.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Arabie Saoudite.
    (premier producteur mondial à parité avec la Russie).

    Plateau ascendant en cours.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière des Emirats Arabes Unis.

    3 « faux pics » depuis 1975 !

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Au total, la zone conserve une production en croissance, et que ce soit un peu au-dessus ou un peu en dessous du niveau actuel, elle pourrait y rester pendant encore une trentaine d’années.

    Production pétrolière au Moyen Orient.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Afrique

    Dans cette zone plusieurs pays ont passé leur pic, et la zone dans son ensemble pourrait bien l’avoir passé aussi.

    Production pétrolière au Cameroun.

    Pic en 1985.
    (les chiffres de production ne sont plus publiés depuis 2011, ce qui suggère une production encore diminuée).

    Source : BP Statistical Review, 2010 

    Production pétrolière en Algérie.

    Pic probable en 2008 ?

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Angola
    (2è producteur de la zone).

    Pic en 2008 ?

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière au Tchad.

    Pic en 2005 il semblerait.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Egypte.

    Pic en 1993.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Guinée Equatoriale.

    Pic en 2005 ?

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière au Gabon.

    Pic en 1996.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Libye.

    Pic principal en 1970, et pic secondaire proche ou passé.
    L’année 2011 est non significative pour cause de guerre.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière en Tunisie.

    Pic en 1980.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Au total, la zone semble bien avoir passé son pic (le premier producteur de la zone, le Nigeria, est sur un plateau ondulant depuis la fin des années 1990).

    Production pétrolière en Afrique.

    Pic en 2008 ?
    Le décrochage de 2011 correspond à la Lybie.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Amérique du Sud

    Dans cette zone, beaucoup de pays producteurs ont passé leur pic de production, même si l’ensemble est sur un plateau ascendant.

    Production pétrolière de l’Argentine.

    Pic en 1998.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière au Pérou.

    Pic en 1982.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière de Trinidad et Tobago.

    Pic en 1978.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière au Venezuela.

    Pic en 1970 et pic secondaire en 1997.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Du coup, malgré la croissance du Brésil, la zone est globalement sur un plateau.

    Production pétrolière de l’Amérique du Sud.

    Plateau ascendant de 1998 à maintenant.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Amérique du Nord

    Cette zone n’a que 3 pays.

    Production pétrolière des USA.

    Pic en 1970 pour l’heure.

    Il est à noter qu’une partie du « rebond » récent est fait de liquides de gaz, à cause de l’augmentation de la production de gaz non conventionnels qui permettent d’obtenir une fraction liquide (cette contribution représente environ 50 millions de tonnes en 2014).

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Production pétrolière du Canada.

    Production pétrolière du Mexique.

    Pic en 2004.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Soit au final :

    Production pétrolière de l’Amérique du Nord.

    L’augmentation des non-conventionals au Canada (sables bitumineux) et le rebond US a fait dépasser le long plateau qui a démarré au début des années 1980.

    Source : BP Statistical Review, 2015

    Monde

    Alors le pic, juste une invention de Cassandre ? En fait, non seulement le pic n’est pas une chimère, mais comme c’est une obligation mathématique dès lors que le stock de départ est donné une fois pour toutes, la seule bonne question pour la production mondiale est : à quand le pic ? Et, depuis 2005, la réponse la plus probable est : modulo quelques ajouts marginaux (agrocarburants, liquides de gaz, etc), nous y sommes…

    Production mondiale de pétrole (en millions de tonnes par an, échelle de gauche) depuis 1965.

    La production semble « redémarrer » en 2010, mais en fait l’essentiel de l’incrément est constitué de « liquides de gaz », molécules légères extraites avec le gaz mais comptés avec le pétrole.
    Le pétrole stricto-sensu (ce qui sort de terre ou d’une unité de traitement des bitumes canadiens sous forme de pétrole) ne croit quasiment plus depuis 2005, comme les statistiques mensuelles de l’EIA le montrent dans le graphique suivant.

    Source : BP Statistical Review, 2015.

    Production mondiale de liquides (en milliers de barils par jour, sachant que 1 baril par jour ≈ 50 tonnes par an ; échelle de gauche) depuis janvier 1994.

    La production de brut stricto sensu (qui inclut cependant les condensats de gaz, essences naturelles extraites avec le gaz) n’a augmenté que de 5 millions de barils par jour entre 2005 et 2015, soit en 10 ans l’incrément qui survenait auparavant en 2 à 3 ans.
    On constate par contre la hausse continue des liquides de gaz, molécules légères (2 à 4 atomes de carbone) qui ne servent que marginalement à produire des carburants.

    Source : Energy Information Agency

  • "Astrid et Raphaëlle" : Interview

    Astrid et Raphaëlle (France 2) : "Raphaëlle n'a aucun à priori envers Astrid, c'est ce qui fait sa force" selon Sara Mortensen [INTERVIEW]

    Par Julia Fernandez — 20 mars 2020 à 20:00

    Rencontre avec les comédiennes Lola Dewaere et Sara Mortensen, héroïnes de la série "Astrid et Raphaëlle" sur France 2, dans lequel une flic à la vie chaotique s'associe à une jeune femme autiste dotée de talents particuliers pour ses enquêtes.

    Comment avez-vous abordé le thème de l'autisme dans Astrid et Raphaëlle ? 

    Jean-Luc Azoulay, producteur (JLA) : On est partis du fait qu'on voulait être justes. La genèse du projet a été marquée par des rencontres avec des autistes, pour ne pas être caricatural comme c'est le cas dans certains films, parce que ça les blesse énormément. Rain Man était un peu notre repoussoir; il a fait beaucoup de mal aux autistes et à l'image qu'ils renvoient. L'écriture a été assez longue à cause de cet impératif de justesse; l'auteur, Alex De Seguins, est venu nous proposer le projet il y a deux ans. On a beaucoup attendu avant d'avoir le feu vert de France 2, mais une fois que c'était fait, tout s'est accéléré à une vitesse supersonique.

    Etait-il déjà question au début du projet d'en faire une série récurrente ?

    Sara Mortensen : En tout cas en lisant le scénario, c'était un désir immédiat. Je me suis dit que ce serait extraordinaire que ce ne soit pas juste un 90 minutes.

    Sara, quel était le plus grand défi en découvrant votre rôle ?

    Sara Mortensen, interprète d'Astrid : Le plus compliqué c'est d'être crédible. Astrid est avant tout documentaliste, et il se trouve qu'elle travaille au fond à gauche parce que c'est là où elle est le mieux, mais elle travaille là parce qu'elle est autiste et que ça lui convient très bien de ne pas avoir de bruit, d'avoir des horaires fixes, un travail très routinier - parce que les autistes ont besoin d'une routine, c'est la seule chose qui les cadre réellement et qui les rattache à une sorte de vie commune avec les neuro-typiques (les personnes non-autistes). Donc il a fallu faire un choix à la fois artistique pour qu'Astrid soit attachante pour les neuro-typiques, et qu'elle soit "autistiquement" crédible et réelle. Il y a autant d'autismes que d'autistes, et il a fallu faire un choix de caractère, de fonctionnement, de diction, de mouvement... Les autistes ont souvent un développement moteur qui peut être plus lent, donc Astrid est assez renfermée sur elle-même et ne regarde pas les gens dans les yeux. Comme le dit Josef Shovanec, qui est l'autiste le plus connu en France, "on peut avoir un prix Nobel, mais dire bonjour est très compliqué." Car la personne autistique peut perdre un temps fou à analyser son interlocuteur avant de prendre la parole ! La concentration était également un aspect essentiel du personnage : j'essayais de décomposer chaque geste comme un autiste peut le faire, de me fixer sur les petits bruits du quotidien qui peuvent être très envahissants, tout en ayant des kilomètres de texte à apprendre et à réciter dans un débit très rapide, car lorsque les autistes parlent de leur intérêt spécifique ils parlent très vite, ils deviennent intarissables et ils ne font aucune faute... Donc je ne pouvais pas en faire non plus ! Astrid est un personnage qui m'a beaucoup plus habité que les autres, à tel point que j'ai eu la sensation en terminant le tournage de ne pas avoir tourné. C'était très étrange. 

    Jean-Luc Azoulay : Un des problèmes majeurs pour les autistes, c'est tout ce qui est lié au relationnel : ils n'ont pas de filtre du tout ! Donc ils disent des vérités difficiles à entendre. L'un des aspects clés de la série est aussi de montrer comment on vit avec une personne autiste au quotidien. 

    Vous êtes-vous appuyée sur des personnages de fiction associées au syndrome d'Asperger pour votre personnage, telles que The Good Doctor, Sheldon Cooper dans The Big Bang Theory ou encore Claire Danes dans Homeland, ou au contraire les avez-vous tenues à distance ? 

    Sara Mortensen : Ce sont des personnages que j'adore à titre personnel, ce sont des performances d'acteur de dingue, mais justement je n'ai pas voulu du tout m'en inspirer. Je me suis fermée à tout ce qui était fiction car je ne voulais pas que ce soit une performance. Je voulais me plonger dans l'autisme, donc je suis allée m'immerger auprès d'eux, j'ai rencontré beaucoup de personnes et d'associations, notamment dans un café où toutes les personnes employées sont autistes ou handicapées mentales - or l'autisme n'est ni une maladie ni un handicap mental, ça n'a été révélé qu'en 2012 en France donc je tiens à le préciser car on est très en retard en matière de prise en charge de l'autisme. Je me suis plus penchée sur le dialogue avec eux, avec des parents d'autistes, plutôt que sur des performances d'acteur - que je salue au passage.

    Jean-Luc Azoulay : Le traitement de The Good Doctor ne nous plaisait pas du tout. Je trouve que tous les codes visuels de la série ne sont pas du tout convaincants, ni réalistes par rapport aux Asperger, c'est très à l'américaine. Nous avons voulu faire quelque chose de beaucoup plus réaliste. On pourrait se dire, dans Elementary, que Sherlock est un autiste. On a plus pensé à un Sherlock rebooté.

    Sara Mortensen : Lors du premier casting j'ai été recalée. "Trop autiste", m'a-t-on dit ! Et par chance on m'a rappelée et j'ai pu ajuster les curseurs.

    Lola Dewaere : Moi je les ai harcelés. Je voulais vraiment le faire, j'étais très enthousiaste à la lecture du scénario, car on a jamais vu ce sujet traité de cette façon en France. L'équilibre du duo était tellement primordial que les castings ont pris beaucoup de temps.

    Lola, avez-vous également eu besoin de cette immersion auprès de personnes autistiques pour concevoir votre personnage ?

    Lola Dewaere, interprète de Raphaëlle : "Non justement, car je voulais arriver un peu vierge de tout ça pour ne pas être influencée. Lorsque Raphaëlle fait la rencontre de cette nana autiste Asperger, elle ne connaît rien de tout ça, et justement j'incarne le point de vue de toutes ces personnes qui sont étrangères à l'autisme. Je suis juste arrivée avec Rain Man en tête ou The Big Bang Theory, comme beaucoup de gens imaginent l'autisme, et je ne voulais pas être influencée par quoi que ce soit. Comme Raphaëlle a plutôt un tempérament de bulldozer, je ne voulais pas paraître trop renseignée ni trop subtile."

    Sara Mortensen : Je t'ai trouvée très mignonne. (rires) En fait, comme je ne pouvais pas la regarder dans les yeux pendant tout le tournage, ce qui était assez terrible pour nous deux...

    Lola Dewaere : On jouait côte à côte, mais pas en face !

    Sara Mortensen : ...Voilà c'est ça, on était un même personnage, mais un peu dos à dos. Donc je n'ai découvert qu'après-coup le jeu de Lola et tout ce qu'elle avait fait, et je l'ai trouvée hyper mignonne et inventive. Moi je décortiquais plus tous les petits détails de la personne en face de moi, les aspérités sur un vêtement... 

    Lola Dewaere : Moi par contre j'étais tout le temps focalisée sur toi, et j'ai bien vu tout ce que tu as fait ! Parfois j'en oubliais même de jouer tellement j'étais obnubilée par son jeu. Sara restituait tellement bien le langage des autistes Asperger qu'elle avait l'air très en décalé dans son phrasé et son débit, et par moments je me disais "merde, sauve-la, enchaîne ! Si ça se trouve elle n'a pas appris son texte !" (rires) 

    Etait-ce compliqué de vous positionner par rapport à un personnage aussi fort en face ?

    Lola Dewaere : Je savais que c'était le rôle d'Astrid qui allait ramasser. J'ai l'habitude de jouer les flics, et en tant que spectatrice, je suis beaucoup plus fascinée par la performance d'Astrid que Raphaëlle ! J'étais très tranquille par rapport à ça, et j'ai le physique que j'ai; ça contrebalançait bien le personnage plutôt filiforme d'Astrid. Ca ne m'a jamais fait peur, et j'étais très contente de le faire. En revanche, sur le tournage, j'imitais Sarah en train de jouer son rôle.

    Sara Mortensen : Un jour on a inversé d'ailleurs. (rires) Les réalisateurs sont sortis de derrière leur combo et ont dit "Mais Sara, qu'est-ce qui t'arrive ?" La force d'Astrid et Raphaëlle, c'est qu'il s'agit vraiment d'un personnage à deux têtes. C'est en ça qu'on se rejoint.

    La force d'Astrid et Raphaëlle, c'est qu'il s'agit vraiment d'un personnage à deux têtes.

    Qu'est-ce qui vous a plu à chacune dans ce duo de personnages ?

    Lola Dewaere : Elles ont une grande complémentarité. Raphaëlle est un peu borderline : c'est une carriériste, et en même temps elle veut être une bonne mère; c'est une fille qui a besoin de cadre, et même si elle est très droite dans son travail, dans sa vie personnelle c'est le bordel. Donc c'est très bien qu'elle rencontre cette autiste Asperger, ça lui impute du cadre dans sa vie. Pour moi, c'est vraiment une complémentarité, et pour Astrid, c'est plus compliqué mais ça risque de se développer s'il y a une suite à ce pilote, c'est mon boulot de foutre un peu le bordel dans sa vie à elle.

    Sara Mortensen : Ce qui peut aller très vite d'ailleurs. (rires) "On va à droite - non, on va à gauche !" Oulah...

    Lola Dewaere : Raphaëlle en joue avec elle, toujours avec bienveillance.

    Sara Mortensen : Ce qui est très mignon c'est que parfois Raphaëlle zappe complètement qu'elle est autiste. Elle n'a aucun à priori, c'est ce qui fait sa force.

    Lola Dewaere : Grâce à ce personnage, on évite tout sentiment de culpabilité face à l'autisme en regardant ce pilote. Raphaëlle a envie de secouer Astrid, et elle s'est jurée qu'elle y arriverait.

    Elle a aussi un intérêt professionnel à le faire.

    Lola Dewaere : Bien sûr ! Il y a une forme d'opportunisme de sa part au début, de la fréquenter pour faire avancer l'enquête. Mais elle l'assume de manière décomplexée.

    Sara Mortensen : Elles sont décomplexées toutes les deux d'ailleurs, puisque Astrid ne sait pas ce qu'est un complexe ! (rires) Elles n'ont pas de filtre.

    Jean-Luc Azoulay : Elles sont différentes mais complémentaires. C'est un peu un hydre à deux têtes ! On parle aussi de deux solitudes qui se rapprochent, à la fois de l'ouverture progressive d'Astrid, et des éléments familiaux qui vont montrer comment on vit avec une personne autistique, et notamment lorsqu'on est parent d'un enfant autiste. Il faut les deux points de vue. Je ne vous cache pas que le personnage de la mère d'Astrid risque d'arriver dans sa vie et va soulever toutes ces questions.

    Sara Mortensen : Les autistes ont une capacité à imiter tout ce qui se passe autour d'eux, pour se fondre dans la masse. si des gens rient autour d'eux dans une conversation, ils vont rire, mais ils ne vont pas forcément comprendre le second degré ou les métaphores. C'est pour cela qu'il est si compliqué de déceler l'autisme chez certaines personnes, beaucoup le découvrent à l'âge adulte.

    Avez-vous déjà eu des retours de personnes autistiques par rapport à Astrid & Raphaëlle ? 

    Sara Mortensen : L'unitaire a déjà été diffusé en Belgique, et j'ai reçu des messages troublants, voire bouleversants, qui m'ont beaucoup émue, de mamans d'autistes et d'autistes eux-mêmes me disant que je les avais bien observés et que c'était tout à fait crédible. Et je précise que les autistes, contrairement aux neurotypiques, ne mentent pas ! (rires)

    Qu'espérez-vous à l'issue de la diffusion de ce pilote ?

    Sara Mortensen : Ce qui compte le plus pour moi ce serait que tous les gens qu'on a rencontrés ne se sentent pas trahis. Si ça pouvait changer le regard des Français sur l'autisme, de comprendre qu'il s'agit d'une différence et des connexions différentes dans le cerveau, la partie sociale va être plus restreinte alors que toute la partie intellectuelle et purement analytique va être beaucoup plus développée, si les gens pouvaient juste comprendre ça, ce serait incroyable. J'ai parlé avec beaucoup de parents, et ce qui m'a frappée c'est à quel point ils sont seuls. En France, quand on a un enfant autiste, c'est comme si on avait une tare chez soi. Alors que c'est juste une différence ! Certains autistes sont non-verbaux en effet et c'est plus compliqué, mais il y a tellement de solutions pour les intégrer. Or une prise en charge en trois et six ans, ça coûte une blinde, tout le monde ne peut pas se le permettre, alors que si c'était remboursé par la sécurité sociale, les enfants qui sont pris en charge très tôt ont 70% de chances de se retrouver avec un vrai métier plus tard. Sauf qu'en France, on les met en hôpital de jour, on incite les parents à limiter les interactions... On est un peu moyenâgeux là-dessus. Beaucoup de parents sont contraints d'aller en Belgique pour recevoir un meilleur accompagnement.

    Retrouvez la saison 1 inédite d'Astrid et Raphaëlle chaque vendredi à 21h sur France 2 :

    Astrid et Raphaëlle - saison 1 Bande-annonce VF

    Astrid et Raphaëlle - saison 1 Bande-annonce VF

    Propos recueillis le 18 mars 2019

     

  • "Astrid et Raphaëlle"

    Ca doit faire environ vingt ans qu'on n'a plus de télévision  mais on a deux ordinateurs portables et il nous arrive de nous intéresser aux programmes des différentes chaînes. Il y a quelques jours, je suis tombé sur une série policière qui m'a intrigué car une des deux protagonistes joue le rôle d'une jeune femme autiste asperger. 

     

    On a donc regardé un épisode.

    Et ce fut un sacré choc. Non pas au regard du scénrio mais pour l'interprétation.

    Astrid est jouée par Sara Mortensen. Et c'est une interprétation remarquable.

    J'ai eu deux élèves autistes asperger dans ma carrière d'instituteur. Et j'en ai gardé des souvenirs très forts. Une relation très particulière que j'ai adorée. Je considère qu'il s'agit pour moi d'un cadeau d'avoir croisé la route de ces deux enfants. 

    Pour en revenir à ce personnage d'Astrid, je suis estomaqué par la justesse de l'interprétation. 

    La jeune actrice, Amélia Lacquemant, qui joue le rôle d'Astrid enfant est également très impressionnante. 

     

    "La commandante de police Raphaëlle (incarnée par Lola Dewaere) fait équipe avec Astrid, une archiviste souffrant du syndrome autistique d’Asperger, pour résoudre des enquêtes criminelles. C’est Sara Mortensen qui a décroché le rôle d’Astrid, pour lequel elle a énormément travaillé : « Le plus compliqué était d’être crédible, de ne trahir ni les personnes qui ont un trouble autistique, ni leurs parents, a-t-elle confié au Parisien. J’ai rencontré des associations, des groupes pour être avec eux, les observer et j’ai discuté avec beaucoup de parents. »

     

     

    https://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=24967.html

    Xavier François

    Xavier François

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    3 abonnésLire ses 16 critiquesCritique de la série

    3,5

     Publiée le 22 mai 2021

    Qu'elles sont belles, attachantes et talentueuses ces deux actrices. Le duo fonctionne à merveille. Peux-être serait-il temps que les scénaristes ne s'endorment sur leurs lauriers pour trouver un second souffle à cette série qui mérite d'évoluer. Les Guests ne sauveront pas la mise. Je préfèrerais voir évoluer la relation entre Astrid et Raphaëlle et approfondir chacun de ces personnages qui "en ont encore sous le pieds". Surprenez-nous !!!

    00

    Bab 73

    Bab 73

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    Lire ses 9 critiquesCritique de la série

    5,0

     Publiée le 25 mai 2021

    C'est pour la performance de l'actrice Sara Mortensen que je mets 5 étoiles, son jeu d'actrice est d'une telle justesse et relève de l'exploit! Les autres acteurs jouent également très bien et contribuent à crédibiliser l'histoire... Les énigmes sont originales, intéressantes, on apprend aussi toujours quelque chose de nouveau, on s'enrichit à chaque épisode... J'adore cette série et la recommande vivement, j'attend avec impatience la saison 3!

    00

    Siao

    Siao

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    22 abonnésLire ses 3 critiquesCritique de la série

    5,0

     Publiée le 30 mars 2020

    Excellent. Le jeu de Sarah mortensen est juste, le binôme avec Lola Dewaere fonctionne parfaitementt. J'adore Sarah dans ce rôle. Vivement une saison 2, 3, 4, 5, .........

    52

    Alexandre Goldfarb

    Alexandre Goldfarb

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    7 abonnésLire ses 144 critiquesCritique de la série

    5,0

     Publiée le 4 avril 2020

    Enfin une bonne série française où les acteurs sont très attachants et jouent juste. Une mention particulière aux deux héroïnes : Sara Mortensen et Lola Dewaere, qui sont magnifiques dans leur rôle respectif. Chaque histoire est bien amenée, et on s'attache vraiment à nos deux héroïnes. A voir et à savourer car c'est tellement rare de pouvoir saluer une série française.

    41

    Valérie Chagneau

    Valérie Chagneau

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    14 abonnésLire ses 121 critiquesCritique de la série

    4,0

     Publiée le 16 avril 2019

    Beaucoup aimé ce premier épisode et le duo Astrid (Sarah Mortensen) et Raphaëlle (Lola Deweare) collent bien ensemble. Un bon choix d'acteurs aussi qui jouent tous très bien. Les 2 vedettes femmes en prime bien sûr! Sarah Mortensen n'a pas un rôle facile que de jouer une autiste. On voit qu'il y a eu de la recherche documentaire sur cette pathologie. On retrouve avec bonheur Lola Dewaere que j'adore dans un rôle qui lui va très bien et on est content de retrouver Benoit Michel qui nous manque depuis Clem en pote de Raphaëlle. J'attends les autres épisodes ou saison avec impatience car on y apprend des tas de trucs en 1h30. Super!

    31

    Robert R.

    Robert R.

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    5,0

     Publiée le 29 mars 2020

    Un régal ! Une excellente série originale, riche en suspense, humour, finesse et humanité. Les intrigues sont bien construites, le texte est remarquablement bien écrit avec une note particulière pour les répliques d'Astrid parfois déroutantes et amusantes, toujours en parfaite cohésion avec le personnage. La série vaut aussi par le talent des comédiens et des deux excellentes principales comédiennes toutes les deux parfaites dans leur rôle. Lola Dewaere est remarquable et Sara Mortensen absolument impressionnante, époustouflante dans le rôle d'Astrid. V

  • Stop aux marées vertes

    C'est très bien ce genre de lutte, l'intérêt d'une pétition. 
    Mais la solution, elle est très simple.

    Et elle n'apparaît aucunement ici. 

    Lorsque j'étais instituteur en Bretagne, il y a plus de trente ans, j'avais des élèves qui mangeaient de la charcuterie le matin, avant de venir à l'école et qui avait un sandwich avec de la charcuterie à la récréation de dix heures et qui mangeaient de la charcuterie à midi, à la cantine ou chez eux et de nouveau le soir. 

    Le régime végétarien, ça n'existait même pas dans leurs esprits, bien évidemment.

    Et rien n'a changé. Ou pas suffisamment. 

    Alors que tout est là, toute la résolution du problème.
    En plus des algues vertes, le régime végétarien éliminera la souffrance animale et Dieu sait combien elle est impitoyable. 

    "Il est dit ici qu'il faut  : "Favoriser la diminution du cheptel breton" mais c'est très insuffisant et même hypocrite si cela contribue à importer du porc chinois ou des pays de l'Europe de l'Est. On exporte les algues vertes en quelque sorte ou la pollution des nappes phréatiques. Et on se réjouira qu'il n'y a plus d'algues vertes sur les côtes bretonnes. De l'hypocrisie. 

    Il n'y a qu'une solution : ne plus manger d'animaux. Là, on règlera le problème, tous les problèmes, toutes les souffrances.

    Je dis STOP aux marées vertes !

    La pétition d’Eau et Rivières de Bretagne, soutenue par 100 organisations et personnalités.

    Amas d’algues, odeur d’œufs pourris et gaz toxique, dégradation du littoral : les marées vertes qui défigurent une partie de nos plages, ont des conséquences catastrophiques. Exigeons des pouvoirs publics des actions fortes et efficaces pour que cesse enfin ce fléau.

    12282 signataires.

    Un courrier électronique de confirmation vient d’être envoyé à jarwal73@gmail.com. Vous devrez visiter l’adresse web mentionnée dans ce courrier pour valider votre signature.

    Pour valider votre signature, rendez-vous sur votre boîte mail (vérifiez vos spams).

    Parmi les signataires :

    Cette pétition est adressée au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, à la ministre de la Transition écologique, au préfet de la Région Bretagne et au/à la futur.e président.e du la Région Bretagne.

    Les raisons sont connues

    Le taux de nitrates dans les rivières bretonnes est trop élevé. Alors qu’il était inférieur à 5 mg/L en 1960, il est aujourd’hui au-dessus de 30, très loin des recommandations scientifiques, qui préconisent 10mg/L dans les baies les plus touchées.
    Cet excédent de nitrates alimente la prolifération des algues vertes.

    En cause, le modèle agro-industriel

    La Bretagne élève plus de la moitié des cochons, poulets et vaches de France dont une partie de la nourriture, riche en azote, est importée dans notre région. L’agriculture bretonne importe également des engrais minéraux azotés pour fertiliser ses cultures et prairies. L’excès d’azote que notre terre et nos plantes ne peuvent absorber, se retrouve sous forme de nitrates dans les rivières. Grande distribution, industrie agro-alimentaire et syndicat majoritaire imposent leur modèle dépassé qui fait disparaître les paysans et pollue la nature.

    Les conséquences sont graves

    En se dégradant, les algues vertes dégagent un gaz mortel, l’hydrogène sulfuré. Des humains et des animaux en sont morts.
    La biodiversité s’appauvrit sur les estrans, les touristes fuient les plages touchées : la nature, l’économie et l’image de la Bretagne en pâtissent.

    Les politiques publiques sont défaillantes

    Malgré les promesses, sous la pression des lobbys, l’État et les collectivités ne prennent pas les décisions à la hauteur des enjeux. Les plans de lutte se succèdent, 110 millions d’euros ont été investis entre 2010 et 2019, mais les algues vertes sont toujours là.

    Il est temps de prendre des mesures efficaces

    Le taux de nitrates est la seule cause sur laquelle l’action publique peut agir pour que cesse ce fléau. Des décisions fortes doivent être prises dès cette année pour espérer descendre sous la barre des 10 mg/L dans les baies et vasières touchées.

    Comment y arriver ?

    Nous demandons un objectif clair pour la politique agricole : produire moins mais mieux.
    Les pouvoirs publics doivent s’engager avant la fin de l’année à :

    Favoriser la diminution du cheptel breton en étant beaucoup plus restrictif pour les autorisations de création et d’agrandissement d’élevage ainsi qu’en soutenant le développement de l’autonomie alimentaire des exploitations.

    Conditionner les aides publiques en aidant prioritairement les exploitations agricoles et les entreprises agroalimentaires engagées dans le respect de l’environnement.

    Renforcer la réglementation et le contrôle sur les épandages de déjections sur les terres (lisiers, fumiers).

    Continuer à améliorer l’assainissement collectif et individuel dont les flux sortants ont une responsabilité minime mais non négligeable (entre 5 et 20% des nitrates, selon les baies et les saisons)

    La liste des 100 premiers signataires :

    - Agriculture Bio de Cornouaille
    - Agir pour l’environnement
    - AAPPMA Elorn
    - AAPPMA du Leff
    - AAPPMA Le Leguer
    - AAPPMA Pontrieux La Roche Derrien
    - Association Abers-Nature
    - Association Bevañ Tost d’ar Mene Bre
    - Association Chlorophylle
    - Association De la Source à la mer
    - Association Nationale pour la Protection des Eaux & Rivières Truites, Ombres,Saumons
    - Association Pays d’Emeraude Mer Environnement
    - Association pour la protection et la promotion de la côte de légende
    - Association pour la sauvegarde du pays Fouesnanatais
    - Aubert Claude, ingénieur agronome et écrivain
    - Aurousseau Pierre, professeur honoraire de Sciences de l’environnement et ancien président du Conseil Scientifique de l’Environnement de Bretagne
    - Avenir et Environnement en Pays d’Iroise
    - Avril Pierre, paysan bio et concepteur de désherbage mécanique
    - Baie de Douarnenez Environnement
    - Baldos Raphaël, journaliste
    - Bouin Edouard, administrateur général d’Agir pour le Climat
    - Bonnec Alain, Président d’Eau et Rivières de Bretagne
    - Braine Charles, ancien patron pêcheur
    - Bretagne Vivante
    - Brunet Gwenaël, brasseur (Brasserie de Trévarn)
    - Caplat Jacques, agronome et anthropologue
    - Clugery Yann, Président de la coopérative Finisterra-Biocoop
    - Collectif Plein Air
    - Collectif pour une alternative aux Fermes Usines en Pays Bigouden
    - Collet Jean-Baptiste, agriculteur en conversion bio
    - Comité de protection du cadre de vie de Bourg des comptes
    - Confédération Bretonne pour l’Environnement et la Nature
    - Cotentin nature Qualité de vie
    - De Beaulieu François, écrivain
    - Deleume Marie-Pascale, agronome et membre du CESER
    - Défense de L’environnement, du cadre de vie et du littoral du Pays de Daoulas
    - Dubreuil Thomas, avocat spécialiste en droit de l’environnement
    - Eau et Rivières de Bretagne
    - Eau fil de l’Yaigne
    - France Nature Environnement
    - France Nature Environnement Bretagne
    - Fréhel Environnement
    - Forestier Yann, boulanger bio
    - Générations Futures
    - Gladu Yves, photographe sous-marin
    - Glinec Jean-François, éleveur de vaches laitières
    - Glinec Olivier, agriculteur
    - Gourcuff Christian, retraité, ex-entraîneur de football professionnel
    - Greenpeace
    - Green Cross
    - Groupe Mammalogique Breton
    - Halte aux Marées Vertes
    - Huet Gilles, militant associatif
    - Jacob Jérôme, éleveur de porcs
    - Kerleguer Gaëlle, éleveuse de chèvres
    - Kermagoret René, ancien président du GAB 56
    - La Renverse
    - Large Morgan, journaliste qui traite des questions agricoles, agro-alimentaires et environnementales
    - Le Briéro Sébastien, avocat spécialiste en droit
    - Le Cleac’h Ronan, éleveur de vaches laitières
    - Le Du André, éleveur de vaches laitières à la retraite
    - Lefebvre Claude, maraichère en bio
    - Leost Raymond, enseignant-chercheur en droit
    - Le Provost Jean-Baptiste, ancien agriculteur
    - Les Amis de la Terre
    - Les Colocaterre
    - Le Quéau Serge, membre du Conseil Économique, Social et Environnemental
    - Léraud Inès, journaliste autrice de la BD Algues Vertes
    - Libre Canut
    - Lohéac Jean-Jacques, maraicher à la retraite
    - Madec Alain, récoltant et transformateur d’algues
    - Maison de l’Agriculture Biologique du Finistère (MAB29)
    - Menesguen Alain, océanographe biologiste retraité d’IFREMER
    - Nadan José, apiculteur et ancien président du Syndicat des apiculteurs professionnels de Bretagne
    - Nicolino Fabrice, journaliste et fondateur de Nous voulons des coquelicots
    - Nono, dessinateur
    - O Geallabhain Breandan, pêcheur de la mer d’Iroise
    - Ollivro André, militant associatif
    - Optim’ISM, associations pour l’emploi dans la transition agricole
    - Philippe Pierre, médecin-urgentiste qui a alerté sur le risque sanitaire lié à la prolifération des algues vertes
    - Pierre Jean-Claude, fondateur d’Eau et Rivières de Bretagne
    - Piriou Jean-Yves, scientifique en environnement littoral, retraité d’IFREMER
    - Pleine mer
    - Plouguerneau Nature Environnement
    - Pochon André, agriculteur à la retraite
    - Quéniat Vincent, éleveurs de porcs et de volailles
    - Rance Environnement
    - Réhault Nolwenn, ostréicultrice sous le label Nature & Progrès
    - Réseau Cohérence
    - Rivières et Bocage Bélon Brigneau Merrien
    - Robast Marine, maraichère
    - Romagné Leslie, mytilicultrice
    - Rothéneuf Environnement
    - Sauvegarde du Trégor
    - SaveStangAlar
    - Sibéril Soïg, guitariste
    - Stivell Alan, musicien
    - Tarz-Heol
    - Thomas Thierry, éleveur de porcs à la retraite
    - Veillerette François, fondateur de Générations Futures
    - Vitré-Tuvalu
    - Vivarmor
    - Youth For Climate France
    - Yvon Jean-Noël, ostréiculteur traditionnel, d’huîtres nées en mer
    - Yvon Tifenn, ostréicultrice traditionnelle, d’huîtres nées en mer

    Pour aller plus loin :

    Pour suivre notre campagne

    Nos 10 propositions pour mettre fin aux marées vertes

    Contribution de FNE à l’évaluation de la politique publique de lutte contre la prolifération des algues vertes en Bretagne

    Positionnement de Bretagne Vivante sur les algues vertes

    La campagne des Amis de la Terre sur l’azote minéral

    Cette pétition est portée par l’association agréée pour la protection de la nature Eau & Rivières de Bretagne. En signant cette pétition, vous acceptez de recevoir des informations de notre association. En aucun cas votre adresse courriel ne sera commercialisée.

    Conformément à la loi, vous avez à tout moment la possibilité de demander le retrait de vos coordonnées en vous adressant à erb@eau-et-rivieres.org

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  • L'ortie

     

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    Bruno Wisniewski

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    L'ortie : thermomètre et pansement du sol

    (post un peu long mais mais saura "piquer" votre curiosité, je l'espère!)

    La répartition des plantes sauvages dans un environnement donné n'est pas due au seul hasard. Leur présence / absence est liée à de nombreux paramètres dont un, fondamental : la nature du sol. Prenons l'exemple de la grande ortie (Urtica dioïca). L'observateur attentif aura remarqué que même s'il s'agit d'une plante « banale », on ne la trouve pas dans tous les milieux.

    Voici quelques éléments permettant de comprendre sa répartition et donc sa probabilité de présence dans un environnement (question souvent posée par les amateurs de soupes d'ortie!)

    La présence de l'ortie est liée à celle de l'azote (les fameux nitrates des engrais chimiques). Retenons que là où il y a un excès d'azote, il y a généralement profusion d'orties. En gros, et pour faire simple, les orties poussent dans des sols pollués à l'azote. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on qualifie volontiers notre sauvageonne de "pointeur d'azote".

    Ces excès d'azote dans l’environnement peuvent être naturels (liés à la décomposition de la matière organique qui s'accumule) ou d'origine anthropiques (liés aux activités humaines). C'est ce qui explique que les orties viennent assez facilement à proximité de nos tas de compost et des abords des fermes.

    Mais qu'en est-il pour ces « champs d'orties » qui colonisent les berges de l'Isle par exemple ? D'où provient cette pollution à l'azote ?

    Réponse : de nos pratiques agricoles (agriculture conventionnelle) et de l'incapacité de nos sols à retenir les nitrates...

    La plupart des engrais azotés épandus dans un sol agricole finissent dans les nappes souterraines ou dans les cours d'eau par ruissellement. Et cela pour ne raison très simple qu'il faut dire et redire :

    LES SEULS ÊTRES AU MONDE A SAVOIR FIXER L'AZOTE DANS UN SOL SONT : LES VERS DE TERRE....

    Et c'est là que le « bas blesse », que la machine s'enraye selon le schéma suivant :

    - retournement des sols,

    - chute du taux de matière organique

    - sol mis à nu

    - chute des populations de lombric,

    - les nitrates ne sont plus « collés » aux argiles (travail des vers de terre),

    - les nitrates se retrouvent dans les cours d'eau,

    - débordement des cours d'eau et dépôts massifs de nitrates sur les berges des rivières

    - prolifération des orties (pour le plus grand bonheur des buveurs de soupes!)

    Mais l'ortie ne se contente pas de pointer de ses racines nos pratiques dévastatrices. En même temps qu'elle indique un excès d'azote, elle répare la pathologie qui l'a favorisée. En gros, la présence de l'ortie nettoie le sol de son azote excédentaire.

    Ortie : thermomètre et pansement du sol.

    Mais la nature pourra-t-elle panser encore longtemps les plaies qu'on lui inflige ?

    Rien n'est moins sûr !

  • Bac philo : Comment noter ?

    Vous voulez participer à une expérience fort intéressante ?

    Ecoutez la vidéo puis allez dans le lien, il vous sera proposé de donner votre avis sur trois copies de philo. 

    A vos stylos rouges ^^

    Les vidéos de Monsieur Phi sont très souvent passionnantes.

     

    Monsieur Phi

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    Le questionnaire "version tout public" avec les trois copies se trouve ici : https://forms.gle/ctUqjydyr9uUw9oA9

  • Une école pour prendre soin de soi

    Je l'ai écrit ici, il doit y avoir cinq ou six ans. L'école publique est en phase terminale et tant mieux. J'attends avec impatience le jour de la crémation. 

    Il y a d'autres écoles qui prennent le relais. J'aurais aimé y travailler. Au lieu de me faner dans le champ de pesticides ministériels, de toutes les réformes néfastes, de tout ce formatage et ces blocages, de cet archaïsme destructeur. 

    Cette fois, "le monde d'avant", je lui souhaite de crever le plus vite possible. 

     

    OSE : une école pour prendre soin de soi, de ses relations, et de la Nature

     

    « J’aime particulièrement le côté bienveillant, le côté Nature, la confiance en soi encouragée, l’entraide, le fait que tous les âges soient mélangés et la coopération enfants/adultes. On est tous conscients qu’on apprend les uns des autres et c’est ça qui est important pour moi. » témoigne Val, l’une des mamans de l’école, pour La Relève et La Peste

    20 mai 2021 - Laurie Debove

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    Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

    - Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
    - Format : 128 pages
    - Impression : France
     

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    Dans le Sud des Landes, à Tarnos, une école pas comme les autres apprend aux enfants à grandir en harmonie avec la nature. Innovante, laïque, pluri-pédagogique, cette école éco-citoyenne construit son programme pédagogique autour de nombreux projets en plein air et permet aux petits et grands de devenir des citoyens éclairés, épanouis et acteurs d’une société respectueuse du vivant.

    Sortir du formatage de l’éducation nationale

    L’école OSE a été créée par Camille Colombain et Fanny Dubois. Toutes deux issues du milieu de l’éducation nationale, c’est face à la difficulté des enfants « atypiques » de s’insérer dans le milieu scolaire classique qu’elles ont eu envie de proposer une école respectueuse du rythme de chaque enfant.

    « On a chacune eu des expériences avec classes surchargées et des enfants en grande difficulté, moi j’étais avec des enfants qui ont des troubles du comportement, et Fanny a été avec des enfants aux troubles de l’apprentissage. Et on s’est rendues compte que ce n’était pas adapté de mettre tous les enfants avec les mêmes problèmes ensemble. Il faut une école inclusive qui mélange les enfants « ordinaires » et « extraordinaires ». On se disait aussi que tous les enfants ont des journées à rallonge, de 8h à 17h à l’école, puis ils sortent, vont chez l’orthophoniste pour certains ou faire des activités extra-scolaires, ils rentrent il y a des devoirs, ils mangent et tout de suite au lit. On s’est dits mais c’est quoi cette vie qu’on offre aux enfants où ils n’ont même plus le temps de jouer librement ? On leur demande de s’asseoir 6h par jour quasiment, ce n’est pas respectueux des rythmes de l’enfant. » explique Camille Colombain pour La Relève et La Peste

    Et pour cause, l’éducation nationale reproduit trop souvent un schéma de société qui ne correspond plus aux aspirations individuelles et sociétales, où des professeurs passionnés sont confrontés à des manques de moyens problématiques selon les territoires. C’est ce qui a poussé Val, l’une des mamans, à mettre sa petite fille à l’école OSE.

    « Outre les dysfonctionnements que tout le monde connaît, il me semble que le système scolaire a vocation à formater des enfants dans leur façon de penser, dans ce qui est bien ou pas, et à enseigner des choses certes importantes mais qui ne sont pas les seules à l’être. Evidemment, il y a des exceptions au sein des enseignants mais ce n’est pas ce à quoi encourage le système éducatif français actuel. Puis on parle beaucoup d’inclusion pour les enfants différents, mais sans manque de moyens, l’inclusion sur le terrain se passe mal. En tant qu’assistante scolaire, j’ai assisté au broyage d’enfants et il était hors de question que ma fille soit là-dedans, même si elle n’a pas de soucis et n’aurait pas été directement broyée, je n’ai pas envie de cautionner ce système-là. » explique-t-elle pour La Relève et La Peste

    L’école OSE ne se revendique pas d’une méthode pédagogique précise (comme Montessori, Freinet ou Forest School) mais a construit tout son projet autour de la dimension écologique. D’abord, une écologie intérieure pour apprendre aux enfants à se positionner, savoir qui ils sont, comment gérer leurs émotions, connaître leurs limites, ressources et talents.

    « Bien se connaître soi-même permet ensuite d’aller vers une écologie relationnelle, comment on fait pour bien vivre ensemble, et ensuite prendre soin de l’environnement. Notre pédagogie est une pédagogie avec et par la Nature. C’est une pédagogie consciente où on va vraiment apprendre aux enfants à prendre soin d’eux-mêmes, de leurs relations et de la Terre. » explique Camille Colombain pour La Relève et La Peste

    A l’école OSE, il n’y a donc pas de devoirs, et les soignants, comme une psychomotricienne, interviennent pendant le temps de classe des enfants afin de ne pas surcharger leurs journées. Les 34 élèves âgés entre 3 et 11 ans sont répartis en deux classes de 3/6 ans et 7/11 ans mais ont de nombreux chantiers et projets communs.

    Des projets pluri-disciplinaires

    L’école OSE, après de nombreuses recherches fastidieuses, a trouvé accueil dans un lieu unique : la ferme Emmaüs Baudonne, dont le directeur Gabi voulait donner vie à une célèbre phrase de Victor Hugo : « Quand on ouvre une école, on ferme une prison. »

    Lire aussi : Dans les Landes, la première ferme agro-écologique à donner une seconde chance aux femmes détenues

    Dans cet écrin de verdure, entouré par une véritable forêt de plusieurs hectares, les enfants peuvent apprendre en toute sérénité autour de projets collectifs, le plus souvent à l’air libre.

    « Grâce à la pédagogie de projets, on peut faire travailler beaucoup de compétences. Il faut juste être un peu rusé et beaucoup de préparation en amont. Par exemple, le potager est LE projet de l’année : on utilise les maths, l’art avec le design, l’aquarelle, les sciences du vivant avec la permaculture, etc. C’est plus concret et permet de rendre du sens aux apprentissages : j’apprends à mesurer et faire un angle droit parce que j’en ai besoin dans mon potager, j’apprends à écrire pour envoyer une lettre à la Mairie ou un proche. » détaille Camille Colombain pour La Relève et La Peste

    Les parents sont d’ailleurs étroitement impliqués dans le programme pédagogique de l’école, comme Sébastien, un papa paysagiste et permaculteur qui anime l’atelier potager tous les mardis matins.

    « L’idée, c’est de comprendre l’évolution du vivant, pas seulement comment on fait pousser une plante mais de quoi elle a besoin comme écosystème complet pour qu’elle puisse pousser en autonomie, observer le Vivant et son cycle. Le mélange des âges est très intéressant car les grands transmettent aux petits donc ça booste les petits dans les activités pour faire la même chose que les grands. Après, ils restent des enfants : des fois ils sont concentrés et d’autres pas. J’essaie alors de les ré-orienter pour transformer l’atelier et trouver une autre activité qui va permettre de canaliser leur énergie sur quelque chose de constructif, différent mais complémentaire à la précédente activité. C’est l’école que j’aurais bien aimé connaître quand j’étais petit, avoir de la liberté et une autre approche pédagogique, une proximité avec le Vivant, la Nature et pouvoir en profiter ne pas être enfermé toute la journée et pouvoir aller dehors c’est quand même génial pour un enfant. Le jardin leur permet aussi d’apprendre la patience et de réaliser qu’on ne peut pas tout avoir tout de suite. » explique Sébastien pour La Relève et La Peste

    A l’école OSE, il n’y pas une seule intelligence qui soit valorisée, mais huit selon la théorie des intelligences multiples d’Howard Gardner. Chaque enfant peut ainsi se positionner selon ses capacités innées, sans se sentir dévalorisé par rapport à ses camarades. Petit à petit, les enfants réalisent que leurs différences font aussi leur richesse.

    « Moi j’aime bien l’école, la forêt. Avant j’étais dans une autre école mais j’aimais moins les profs, l’école publique était pas très sympa. Ici, il y a le jardin, et on fait des fois de la création de totems. » raconte le petit Caspar

    « Un enfant avait été humilié à l’école classique par sa maîtresse et ne voulait plus y retourner. Ici, avec la Nature il s’est complètement reconnecté et réconcilié à l’école. Il adore grimper aux arbres, a une habileté et des compétences physiques incroyables. Désormais, il mène des projets en Nature, il a même fait un escalier en terre dans un endroit en forêt qui était glissant, et là il a pris sa place au sein du collectif et tout son potentiel peut se déployer. » raconte Camille Colombain dans un sourire pour La Relève et La Peste

    Une micro-société tolérante

    Les enfants restent donc encadrés dans des activités précises avec des objectifs pédagogiques nets. A terme, Fanny et Camille espèrent avoir fait la preuve de leur méthode pédagogique pour que l’école soit acceptée au sein de l’Education Nationale, et pouvoir embaucher des professeurs.

    « Il n’est pas question de mettre les enfants dans une bulle aseptisée hors du monde extérieur. Nous essayons de créer une micro-société tolérante où on leur donne des outils pour vivre plus en conscience, et savoir gérer les formes de violence qu’ils pourront rencontrer dans leur vie à travers des mises en scène et des ateliers. On travaille beaucoup sur le savoir-être. De la même façon, on les encourage à s’accrocher et dépasser leurs échecs quand ils tâtonnent. Si l’enfant n’y arrive pas et qu’il passe à autre chose, il va continuer à se penser incapable, et après l’estime de soi n’est pas là. » ajoute Camille Colombain pour La Relève et La Peste

    Les tarifs d’inscription sont basés sur le quotient familial, afin de favoriser la mixité sociale et donner sa chance à chaque enfant, et parent. Un espace d’apprentissage est ainsi destiné aux adultes : l’école des grands où les parents peuvent partager ensemble toutes leurs compétences pour pouvoir construire des modes de vie durable et apprendre tout au long de la vie.

    Parents et intervenants extérieurs peuvent ainsi proposer des ateliers et conférences sur des sujets variés : cours sur la parentalité consciente par une maman psychologue, santé alternative comme la médecine ayurvédique, alimentation, éducation, communication non-violente, etc.

    « Il ne s’agit pas de faire du prosélytisme mais d’ouvrir le champ des possibles. » explique Camille

    « J’aime particulièrement le côté bienveillant, le côté Nature, la confiance en soi encouragée, l’entraide, le fait que tous les âges soient mélangés et la coopération enfants/adultes. On est tous conscients qu’on apprend les uns des autres et c’est ça qui est important pour moi. » témoigne Val, l’une des mamans de l’école, pour La Relève et La Peste

    Et le succès est au rendez-vous : les parents trouvent leurs enfants plus tolérants et liés à la Nature, et toute la communauté était soudée autour de la Fête de la Nature pendant laquelle parents, intervenants et enfants ont mené de nombreux ateliers.

    L’école est d’ailleurs complète et Fanny et Camille pensent déjà à la suite : ouvrir une classe maternelle et une classe collège dans un futur proche.

    20 mai 2021 - Laurie Debove

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    "Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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