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  • Le chardon Marie

     

    Voilà vers quoi le monde "moderne" doit revenir. Et je dis bien "revenir" car comme l'explique ce spécialiste des plantes sauvages, nous nous sommes détournés de ce que la nature nous prodiguait alors que tout est là , qu'il suffit d'aller marcher avec un couteau et un sac pour se préparer son repas. Juste le bon sens et une autre façon d'appréhenser l'existence.

    Pour ceux qui ne connaissent pas, je conseille la lecture de "Walden, la vie dans les bois" d'Henry David Thoreau. Pour comprendre ce que nous avons perdu et ce qu'il nous reste à retrouver. 

    Walden ou La vie dans les bois par Thoreau
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    Michel Onfray (Autre)

    EAN : 9782290225448
    96 pages
    Éditeur : 
    J'AI LU (05/02/2020)
       
    Existe en édition audio


    Note moyenne : 3.9/5 (sur 673 notes)

    Résumé :

    En 1845, Henry David Thoreau part vivre dans une cabane construite de ses propres mains, au bord de l’étang de Walden, dans le Massachusetts. Là, au fond des bois, il mène pendant deux ans une vie frugale et autarcique, qui lui laisse tout le loisir de méditer sur le sens de l’existence, la société et le rapport des êtres humains à la Nature. Une réflexion sereine qui montre qu’il faut s’abstraire du monde et de ses désirs pour devenir réellement soi-même.
    Walden est un monument de l'histoire littéraire américaine à l'immense postérité.

     

     

  • Franck Bouysse : "Grossir le ciel"

     

    Lu en deux soirs. Une claque. 

    Une écriture magnifique, une histoire qui accroche, qui ne vous laisse pas tranquille.

    Il faut absolument connaître la suite. 

    Un talent immense. 

    Grossir le Ciel par Bouysse

    SNCF du Polar - 2017


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    EAN : 9782358870788
    240 pages
    Éditeur : 
    LA MANUFACTURE DE LIVRES (09/10/2014)


    Note moyenne : 3.91/5 (sur 1022 notes)

    Résumé :

    Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées : les champs, les vaches, le bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et pour les verres.
    Un jour, l’abbé Pierre disparaît, et tout bascule : Abel change, des événements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent.
    Un suspense rural surprenant, riche et rare.

    rabanne   14 janvier 2017

    ★★★★★

    ★★★★★

    Tout d'abord, je remercie canel et Eric76 de m'avoir fait découvrir ce roman et cet auteur.
    Quelle claque !! J'en reste toute abasourdie...

    Ce livre n'est pas qu'un simple polar-fiction, c'est certes noir, mais un roman également sociologique et profondément psychologique.
    Un huis-clos en pleine campagne cévenole, entre neige et brouillard, solitude et labeur, routine et silence, solidarité et méfiance, rudesse et simplicité, angoisse et soupçons...

    Une plume saisissante de réalisme et de poésie (jours qui passent, actes quotidiens, paysages), qui raconte la fierté d'hommes blessés, la solitude préférable au chaos du monde, une relation entravée par un secret de famille et de terribles traumatismes.
    Époustouflant. Magistral.

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    Eric76Eric76   08 janvier 2017

    ★★★★★

    ★★★★★

    « le diable, il habite pas les enfers, c'est au paradis qu'il habite. »
    Une phrase lourde de sens, lancée à la cantonade par le vieil Abel et qui a fortement impressionné le pauvre Gus. Une phrase prémonitoire, annonciatrice du drame futur qui pulvérisera les deux hommes.
    Gus et Abel ! Deux paysans viscéralement attachés à leur terre dans ce coin paumé des Cévennes, au lieu-dit appelé Les Doges. Une terre pourtant ingrate, à peine arable. Deux paysans de ces temps révolus que j'ai vaguement côtoyé quand, tout gosse, je passais mes vacances à la campagne chez ma grand-mère. Deux reliques du passé. Deux lignées qui bientôt s'éteindront pour venir 
    grossir le ciel. Deux brutes. Deux taiseux.
    Leurs fermes sont mitoyennes : ils ont choisi de s'entraider, de mélanger leur solitude. Ils enfilent leurs journées les unes à la suite des autres, « comme des perles à un collier, la précédente ressemblant à la suivante. » de temps à autre, ils boivent ensemble un bon coup de rouge, aussi âpre, rustique et rugueux qu'eux, mais qui malgré tout parvient à délicieusement engourdir.
    La vie a toujours été ingrate avec Gus. C'est « Un poisson qui nage à contre-courant depuis sa naissance ». Ses parents, allez savoir pourquoi, le haïssaient ! Quand il était môme, Gus faisait partie des faibles. Les autres en profitaient pour lui enfoncer la tête. Nabochodinosaure était son surnom. Il n'y avait guère que sa Mémé qui avait de l'affection pour lui. Mais quand elle est partie…
    Gus n'a pour lui que ces quelques arpents de terre auxquels il tient comme à la prunelle de ses yeux. Sa vie, il la passe avec Mars, son chien, son fidèle compagnon. Et puis, il y a le vieil Abel ! Mais peut-on se faire un ami de cet homme tout environné d'ombres et de mystères ?
    Ce drame que sentait Gus flotter dans les airs eut lieu le jour de la mort de l'
    Abbé Pierre. C'était l'hiver et un froid rude venait de s'abattre sur les Doges. Face à cette tragédie, Gus et Abel eurent bien quelques velléités de révolte, mais la volonté des hommes ne pèse pas lourd devant leur destin en marche, et c'est bravement que tous deux se sont enfoncés dans la nuit.
    Le silence lourd et angoissant des champs, la monotonie du quotidien, les gestes infiniment répétés, la télé qui grésille… Et les mauvais souvenirs qui surgissent au crépuscule sans prendre garde comme « des vols de corneilles sorties du brouillard ». Les femmes enfuies à jamais, mais qui demeurent omniprésentes dans la tête des reclus. le museau humide du chien qui se pose avec affection sur la cuisse de son maître, et le palais de l'homme qui claque après avoir avalé un bon coup de rouge…
    Un livre inspiré, d'une noirceur sidérale qui parle avec tendresse de Gus et d'Abel, deux hommes rudes, tordus par la terre… Deux survivants du passé qui vont rejoindre ces fantômes qui rôdaient tout autour d'eux.


     

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    Cricri124Cricri124   16 octobre 2016

    ★★★★★

    ★★★★★

    Quel livre mes amis, quel livre ! Un livre sombre, poignant, envoutant, servi par une écriture poétique d'une simplicité brute et vertigineuse, qui vous laisse le souffle court, comme si vous vous teniez au bord d'un précipice surplombant un panorama grandiose. Ha! Je suis complètement sous le charme.

    Roman rural, roman noir, roman d'ambiance, ce livre vient incontestablement de rentrer dans le top 10 - peut être même top 5 - des plus beaux livres que j'ai lus cette année. Une fois n'est pas coutume, je ne mettrai en avant que le positif. Je vous l'ai dit, je suis sous le charme !

    "Gus vivait ici, depuis plus de cinquante hivers. C'était en décembre que ce pays l'avait pris et que sa mère l'avait craché sur des draps durs et épais comme des planches de châtaignier "

    "Ici", c'est un lieu-dit isolé constitué de 2 fermes enclavées dans les grands espaces austères et somptueux des Hautes Cévennes, non loin de Pont-de-Montvert. "Ici" l'hiver a enroulé son blanc et froid manteau autour d'une nature majestueuse et intransigeante, posée sur de la roche. "Ici", c'est l'homme qui s'adapte à la nature et non l'inverse. "Ici" c'est le labeur, le soin des bêtes, les travaux de la ferme et le temps qui rythment la vie. "Ici", le superflu n'a pas sa place et on se contente de ce qu'on a.

    "Il faut croire que, tant qu'on n'a pas goûté à mieux que ce qu'on a sous la main, on se trouve des raisons d'apprécier sa pitance, peut-être même de ne pas du tout en chercher d'autre."

    Personnellement, je ne connais pas du tout les Cévennes. Mais depuis la lecture de ce livre, je suis gagnée par une furieuse envie d'aller y trainer mes guêtres. Mais je m'égare... Revenons à l'histoire. le temps semble s'être figé sur cette partie du monde. Tant au niveau de la technologie, assez ancestrale, qu'au niveau du rythme, très lent, comme assourdi. L'auteur prend le temps de poser son histoire. Il nous plonge avec moult détails dans le quotidien de Gus et de son chien Mars. Certaines scènes sont décrites avec tant de détails anodins qu'elles se vivent quasiment en temps réel, créant une sorte d'inertie et renforçant cette impression d'immobilisme. Pourtant, des éléments inhabituels vont perturber la routine de Gus, l'obliger à se questionner, et faire ressurgir petit à petit un passé amer, à l'odeur soufrée de secrets enterrés.

    "Gus pensait que c'était décidément une drôle de journée, avec tous ces souvenirs qui s'amenaient, comme des vols de corneilles sorties du brouillard. Des souvenirs dont on ne sait jamais où ils mènent, ni même si ça fait du bien de les avoir, mais qui ressurgissent et s'imposent, sans crier gare"

    Gus entretient avec son voisin Abel (la deuxième ferme donc) des relations amicales frontales et sans fioritures. Des relations nécessaires, basées sur l'entraide où ils mêlent parfois leur solitude autour d'un coup de pinard. Les 2 hommes sont des solitaires, frustres, 2 taiseux, presqu'asociaux. Chargés d'un passé lourd. Des caractères forts qui font corps avec la nature, et dont la carapace rugueuse suinte pourtant de beaucoup d'humanité. Les dialogues sont peu nombreux mais percutants, en quelque sorte adaptés à la rudesse de la vie. Il y a dans leurs rapports comme un cycle immuable qui converge vers un épicentre. Les événements inhabituels auxquels Gus est confronté vont tendre leurs rapports. Il ne se passe à priori rien, mais une atmosphère d'éclipse solaire s'installe insidieusement : pesante, sourde, inquiétante, gravée dans la solitude et le silence, un climat de défiance et terre remuée. Car ce livre est aussi et surtout un livre d'ambiance.

    "Désormais le soleil crachait ses rayons sur les arbres déplumés, qui ressemblaient à des arêtes de gros poissons sans chair dans un charnier à marée basse."

    On dit qu'il y a des écritures plus musicales et d'autres plus picturales. Celle-ci se déploie comme un tableau avec de puissants effets de ténébrisme et des lignes brisées expressionnistes. C'est d'un noir lumineux. Certes, dur et âpre, mais intense. C'est mon ressenti en tout cas. Et un grand moment de lecture.

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    marina53marina53   18 février 2016

    ★★★★★

    ★★★★★

    Deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres dans ce coin paumé des Cévennes. Au lieu-dit appelé Les Doges. Autour, des grands espaces, des montagnes, des forêts et des prairies. Recouverts de neige une bonne partie de l'année. C'est ici que vivent Gus et son chien, Mars, et Abel. Deux paysans isolés des hommes. Qui s'occupent de la terre et élèvent quelques vaches et veaux. Ils ne demandent rien à personne, vivent et se contentent de peu. Ils se rendent de menus services, à l'occasion, mélangent leurs solitudes en buvant un coup, chez l'un ou chez l'autre. Mais se connaissent très peu finalement, bien qu'ils soient voisins depuis toujours. En ce jour du décès de l'abbé Pierre, la vie de chacun va brutalement être chamboulée...

    Franck Bouysse nous plonge au coeur de ces espaces sans fin. Dans les Cévennes, loin de tout, l'on fait ainsi la connaissance de Gus et son chien Mars, et Abel. Deux taiseux qui ne parlent pas pour ne rien dire. Deux âmes solitaires, un lourd passé et des secrets familiaux qui semblent peser. L'auteur dévoile peu à peu la vie de Gus, un homme confronté à la rudesse de la vie, une vie rythmée par le temps et les bêtes. Il prend son temps et s'attarde sur de menus détails de la vie quotidienne et décrit avec précision la nature environnante, les silences et la solitude. L'écriture, élégante, d'une incroyable justesse et précision, sert à merveille ce récit aux personnages forts et complexes. Les dialogues, si rares, sont savoureux et percutants. Ce roman, inquiétant, sauvage, âpre et profondément sombre, est un véritable hymne à la nature, froide et minérale, et aux hommes.

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    CannetilleCannetille   07 novembre 2019

    ★★★★★

    ★★★★★

    Gus, la cinquantaine, a passé sa vie à trimer pour maintenir seul l'activité de sa ferme, isolée aux marges d'un village perdu des Cévennes. Grand solitaire, il ne fréquente guère que son voisin Abel, septuagénaire, lui aussi seul à la tête de son exploitation agricole, avec qui il échange coups de mains et coups de rouge. L'immuable quotidien des deux hommes va soudain connaître d'indésirables et inquiétantes perturbations, au fil d'événements et de visites qui vont bientôt tout faire basculer.


    Franck Bouysse est une valeur sûre, dont je ne me lasse décidément pas. Sa marque de fabrique, c'est d'abord une histoire noire et terrible, aux personnages farouches et taiseux, cabossés par la vie et les épreuves, vivant dans un décor de nature aussi âpre que somptueux. C'est aussi le plaisir de la langue et du juste choix des mots, au fil de dialogues saisissants de vérité et d'images admirablement restituées.


    Grossir le ciel réunit tous ces ingrédients pour nous surprendre une nouvelle fois : tout de suite intrigant et installant une tension qui ne fera que croître dans un enchaînement que rien ne laissait présager, ce récit au réalisme époustouflant nous entraîne aux côtés de personnages campés avec une grande finesse d'observation et d'analyse psychologique, dans un huis-clos rural angoissant où méfiance et soupçons s'exacerbent jusqu'à l'implosion.


    L'écriture est quand à elle impressionnante de maîtrise, sobre, juste, magnifique. Alors, quand la puissance du style rejoint celle de l'histoire et de ses personnages, cela ne peut résulter qu'en un moment fort et incontournable, un immense coup de coeur.

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    iris29iris29   10 mai 2017

    ★★★★★

    ★★★★★

    Au commencement , il y a eu les formidables critiques unanimes de mes amis Babélio, puis il y a eu cette couverture âpre et boueuse , digne d'un tableau de Morandi, et je ne regrette rien ...
    Un roman noir rural et lancinant ,formidablement bien écrit ...
    Gus, la cinquantaine taiseuse vit dans une ferme au fin fond des Cevennes , son plus proche voisin , le vieux Abel, est tout aussi solitaire . De menus travaux en soins pour les bêtes , ils partagent des fois leur quotidien s'aidant mutuellement et buvant un coup aussi parfois pour tenir, dans ce morne futur . La vie aurait pu s'écouler tranquillement s'il n'y avait eu tout un tas de signes bizarres : des coups de feu, des visiteurs, le comportement d'Abel , un chien terrorisé ...
    Oui, jusqu'au jour où tout bascule , et là il est capital de rappeler que tout a commencé avec la mort de l'Abbé Pierre annoncé au JT du soir ...

    Franck Bouysse réussit a créer une ambiance ultra forte , un roman noir et rural au suspens poétique et silencieux . Il y a un petit quelque chose de Pagnol , aussi dans ces lignes ...
    Des amis qui ont bon goût , un auteur à suivre et "Grossir" ta PAL ....

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    CrossroadsCrossroads   08 février 2016

    ★★★★★

    ★★★★★

    Tu aimes les livres de gladiateur ?
    Dommaaaaaage.
    Encore que.
    Entre ces deux taiseux aussi rudes que les hivers cévenols, la rivalité larvée qui les oppose pourrait bien faire figure de combat épique.

    Gus et Abel.
    Deux fermes distantes de quelques centaines de mètres.
    Pas franchement amis mais pas en mauvais termes non plus.
    Des rapports de bon voisinage, voilà ce qui les anime. Fête des voisins, connait pas.
    Partager quelques verres, s'entraider à l'occasion. Ils semblent avoir trouvé leur équilibre.
    De toute façon, Gus et son chien, Mars, paraissent autosuffisants, dans les bons jours.
    Mais ça, c'était avant. Avant que ce dernier, lors d'une balade hivernale, ne perçoive une détonation localisée du côté de chez Abel. Un événement des plus anodins, a priori...

    Je découvre Bouysse et je lui claque 5 étoiles direct !
    Le gars fait dans le nature writing mâtiné de western rural.
    Il vous pose une ambiance aussi plombante et électrique qu'un ciel d'orage, toujours sur la corde raide, jouant avec le lecteur comme avec ses deux protagonistes.
    En véritable funambule de la plume, Bouysse vous fait toucher du doigt un abîme de souffrance inéluctable pour se rattraper in extrémis puis remiser régulièrement la chose quelques pages plus tard.
    De sous-entendus en non-dits, la tension monte au rythme de votre palpitant au bord de l'implosion.

    Grossir le ciel est de ces bouquins marquants impossible à lâcher et ils sont peu nombreux à pouvoir y prétendre.

    Magistral !

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    Annette55Annette55   19 octobre 2019

    ★★★★★

    ★★★★★

    Je ne remercierai jamais assez les ami(e)s de Babelio de m'avoir fait découvrir ce livre .
    Je comprends pourquoi j'ai attendu si longtemps le prêt de ma médiathèque.
    Me voici tétanisée , scotchée , étourdie par la force de cet ouvrage .

    Au coeur des Cévennes , terre protestante , pays de huguenots qui avaient combattu autrefois pour leur liberté , loin de tout, vit Gus, un fermier qui n'a plus vraiment de famille , à part Abel, son voisin et son chien Mars auquel il est très attaché ....

    Et commence un huit- clos, sombre, poignant, envoûtant , servi par une écriture magistrale, à la fois simple et brute, véritable hymne à la nature et aux hommes dans ce pays de taiseux, aux journées linéaires et monotones rythmées par les Bêtes et le Temps , cette nature majestueuse , froide, âpre , silencieuse , sournoise , rude, en sourdine, mais à l'affût...


    Roman terrien, rural, noir, fulgurant, suspense, solitude, mystères, colères et silences lourds, coups de gnole et coups de fourche , secrets de famille enfouis , secret de naissance , non- dits, et sous entendus, neige, traces et froid dehors et dans les coeurs , rafales glacées et « suceur de Bible », odeur de sang, tension extrême, Abbé Pierre , je n'aurai pas de mots assez forts pour qualifier cette oeuvre : véritable bombe à retardement ...

    Magistral, Unique , quel talent !
    Un western rural si j'ose dire , même si c'est un peu exagéré !!



     

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    LadybirdyLadybirdy   20 octobre 2018

    ★★★★★

    ★★★★★

    Grossir le ciel c'est une flopée de critiques positives dans lesquelles je me suis plongée avec délectation ! Amis Babelio, que de finesse et d'intelligence dans vos analyses. J'imagine sans souci un cocktail de toutes ces critiques pour une apogée littéraire sans aucun doute !

    Grossir le ciel c'est donc tout un univers perdu dans la campagne, c'est un ciel affamé qui attend à force de solitude, de secrets, de mystère, de rancoeurs de grossir son ventre encore et encore. Projetant neige et froid en bas, le ciel se délecte de ces deux paysans que sont Abel et Gus. le ciel attend avec patience qu'ils se consument ces deux-là. On les entend les dieux là-haut les regarder ces fermiers rustres, noirs, isolés de tout, de tous, labourant leur terre, sifflant à l'haleine pleine de rouge, se jugeant, se méfiant, se chercher. Mais Abel et Gus n'entendent pas les signes, les présages, ils n'écoutent qu'eux. Même les suceurs de bible qui frappent à leur porte peuvent aller prêcher la bonne parole ailleurs.

    Quelques pages ont suffi à me plonger dans le froid de ces deux fermes isolées.
    Je n'ai pu résister à faire un parallélisme avec le roman de Marcel 
    Adamek « Le maître des jardins noirs » qui reprend ce thème de la campagne tortueuse. Si vous ne l'avez jamais lu, je vous le conseille.
    Si 
    Franck Bouysse s'attarde davantage sur l'isoloir des deux agriculteurs dans leurs aspects bruts, Adamek utilise la nature pour dépeindre l'âme humaine en désuétude et le noir se condense dans les mains de celui qui jette la première pierre.

    Grossir le ciel, un roman noir, déstabilisant, oppressant que je referme en fixant mes yeux sur le ciel au-dessus de moi qui est aussi bleu que la mer des Antilles avec ce soleil qui tombe sans le faire exprès. Et c'est très bien ainsi.

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  • Inondations et zones humides

    Un sujet d'actualité.

    C'est le bon sens et le respect de l'équilibre naturel qui n'est plus d'actualité depuis longtemps.

    Quand j'étais gamin, que je vivais en Bretagne, près des immeubles où nous habitions, il y avait une forêt avec un très vaste zone humide. Remplie d'animaux et de plantes sauvages, des marais où j'aimais passer des journées entières. 

    Année après année, je l'ai vu se réduire, remplacée par des zones commerciales et des lotissements.

    Aujourd'hui, il n'en reste plus rien.

    Et régulièrement, je l'ai appris il y a quelques années, cette zone urbanisée est inondée.

    Il en est de même dans de très nombreux endroits en France. 

    La démographie et l'urbanisation. Un cocktail explosif. 

     

    Crues : multiplier les zones humides permet de limiter les inondations

     

    https://mobile.francetvinfo.fr/replay-radio/le-billet-vert/crues-multiplier-les-zones-humides-permet-de-limiter-les-inondations_4263453.html

    Par Anne-Laure Barral – Radio France

    Mis à jour le 03/02/2021 | 06:25 – publié le 02/02/2021 | 11:53

    De plus en plus de communes choisissent de préserver leurs marais pour se protéger des inondations, plutôt que de construire des digues, plus coûteuses à entretenir.

    Ce mardi 2 février, 19 départements français sont en alerte face aux crues et de nombreux cours d'eau sortent de leur lit. Ces phénomènes se répètent ces derniers temps, en raison des intempéries, dans les Landes, les Alpes-Maritimes et plus récemment en Corrèze. Et ils risquent d'être de plus en plus fréquents en raison du réchauffement climatique car, si les étés sont plus chauds et plus secs, les hivers sont quant à eux plus doux et plus humides, donc les cours d'eau descendent à la fois très bas et peuvent reprendre parfois leur lit majeur. Alors, pour prévenir les crues et limiter les inondations, le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) travaille avec plusieurs dizaines de communes pour rendre aux cours d'eau des zones humides ou des possibilités de s'étaler. 

    Près de trois quarts de zones humides perdues depuis les années 60

    La commune de la Teste de Buch en Gironde a choisi de remettre en eau ses prés salés, au gré des marées, ce qui lui permet de stocker 37 000 m³ d’eau et ainsi de faire tampon en cas d’inondation. Même décision au cœur du pays de Montbéliard, où la réhabilitation de la zone des Jonchets, une zone humide au croisement de plusieurs cours d'eau, permet de stocker 17 000 m³ d'eaux pluviales. Cela n'empêche pas totalement les inondations mais cela permet de limiter leur intensité et leur fréquence, et d'éviter l'inondation de caves ou les routes coupées en cas de crue décennale. 

    C'est une sorte de retour à une organisation du passé.

    La France a perdu 70% de ses zones humides depuis les années 60 et le monde entier, 90%.

    Elles ont été drainées, asséchées pour en faire des champs ou pour construire des lotissements et des routes.

    Aujourd'hui, on fait machine arrière.

    Dans le parc national des Everglades, en Floride, aux États-Unis, certains tronçons d’autoroute ont été construits sur pilotis pour se préserver des inondations et laisser les marais s’écouler librement. Les autorités commencent à se rendre compte que restaurer une zone humide coûte moins chère qu’entretenir une digue. Aujourd’hui, les aménagements de petits parcs, de petit bassin le long de la vallée de la Bièvre en Essonne, préservent les villages des inondations. Dans cette zone, la dernière grande crue date de 1982.

    De fait, ces zones sont des éponges : elles absorbent l’eau quand il y en a trop et nous la restitue en cas de sécheresse.

    En plus, quand il fait chaud, elles rafraîchissent l’air et limitent le bruit en ville.

    Selon une étude publiée dans Science, faite par des géographes belges et américains, en retenant le sable et les limons des rivières, les zones humides permettent ainsi d’élever le sol et de protéger les littoraux de la montée du niveau de la mer. Elles captent du CO2 avec leurs algues et leurs roseaux, elles filtrent les polluants avant qu'ils ne descendent dans nos nappes phréatiques, elles préservent, certes des moustiques, mais aussi des espèces animales.

    Pourtant, elles sont assez mal aimées.

    On se mobilise beaucoup plus pour nos forêts qui brûlent que pour nos zones humides qui s’assèchent, alors qu'elles disparaissent trois fois plus vite que les massifs forestiers.

     

     

     

  • Une sortie positive de la crise

     

    Audrey Tcherkoff, présidente exécutive de l’Institut de l’Economie Positive, était l\'invitée de franceinfo du mercredi 3 février.

    Audrey Tcherkoff, présidente exécutive de l’Institut de l’Economie Positive, était l'invitée de franceinfo du mercredi 3 février. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

    De nombreux décideurs économiques et politiques expriment leur préoccupation face à l’accroissement des inégalités. Entre volonté de régler la question et peur d’une explosion sociale, où sont les vraies solutions, sont-elles réellement applicables ? Audrey Tcherkoff, présidente exécutive de l’Institut de l’Économie Positive, est l’auteure du Manuel pour une sortie positive de la crise, aux éditions Fayard, et l'invitée éco de franceinfo mercredi 3 février.

    franceinfo : Les réflexions en cours sur la manière de réduire les inégalités vous semblent-elles être sur la bonne voie ?

    Audrey Tcherkoff : On est très très loin de ce qui devrait être fait. On pourrait imaginer que l’échéance de l’élection présidentielle de 2022 soit vraiment un moment de rupture et que chaque candidat présente un programme dirigé vers les générations futures.

    Vous avez mené une enquête en France et dans l’ensemble des pays du G20. Y voit-on plus clair sur la manière dont les pays comptent sortir de la crise ?

    On y voit surtout les intentions des citoyens. Le constat est sans appel : ils sont 96% à demander un changement radical à l’issue de cette crise. Les personnes interrogées sont plus enclines aujourd’hui à donner du temps pour s’occuper des autres, à donner du sens à leur action personnelle, voire gagner moins d’argent pour contribuer à une vraie rupture.

    Est-ce que les acteurs de l’économie sociale et solidaire vont prendre le relais après la crise ?

    On n'a pas de choix. On voit bien que sur le plan environnemental et social, si on veut que les choses se terminent bien dans la rue, il faut passer par une économie résolument positive, tournée vers les générations futures. Très concrètement, il faut revoir les processus de décisions et je pense que la société civile a un vrai rôle à jouer en donnant des injonctions et en pesant vraiment sur les décisions des leaders économiques et politiques.

    Faut-il une gouvernance mondiale pour gérer la sortie de crise ?

    La défiance des citoyens par rapport aux organisations internationales est là aujourd’hui. L’une des préconisations que nous avons présentée à l’ensemble des chefs d’État du G20 est la création d’un Haut Conseil de la Résilience qui viendrait renforcer cette coopération internationale, avec plus de transparence vis-à-vis de la société civile.

     

    Non, personnellement, je ne crois aucunement qu'une autre instance, un haut conseil ou une autre invention de la sorte puisse changer quoi que ce soit.

    Les résistances politiques et économiques, financières et tout autant que les résistances des égos des politiciens et leurs intérêts personnels seront définitivement des blocages majeurs. 

    Il n'y a qu'une chose qui puisse nous tourner vers une sortie de crise posibitve : c'est nous, le peuple, chaque individu dans nos propres actes. 

  • Combien de temps ça va tenir ?

    Le décalage est trop grand.

    Les douleurs sont trop fortes. 

    La rage ne peut que grossir. 

    On a regardé le film "Joker" il y a quelques jours.

    Il est tout à fait possible qu'un jour, cette guerre civile "pauvres-riches" éclate. C'est un des risques parmi bien d'autres. Je dirais volontiers que ce risque-là, je l'attends avec une certaine impatience.

     

    La fortune des milliardaires atteint des records avec la pandémie de Covid-19

    https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/la-fortune-des-milliardaires-atteint-des-records-avec-la-pandemie-de-covid-19-1252555

    La fortune des « super-riches » a enregistré une hausse de plus d'un quart au plus fort de la crise, en avril, pour s'établir à 10.200 milliards de dollars. Les patrons de sociétés technologiques ou innovantes comme Jeff Bezos ou Elon Musk ont considérablement augmenté leur richesse.

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    Enjeux internationaux

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    La fortune du fondateur de Tesla, Elon Musk, a bondi de 76 à 103 milliards de dollars. (Paul Hennessy/SOPA Imag/SIPA)

    Par Les Echos

    Publié le 7 oct. 2020 à 10:05Mis à jour le 7 oct. 2020 à 11:34

    Distanciation sociale, télétravail, fin des grands rassemblements… temporairement ou non, la crise sanitaire a transformé notre monde. Mais certaines données ne changent pas : les très riches restent très riches. Selon une étude d'UBS, la fortune des milliardaires « se porte merveilleusement bien », après une hausse de plus d'un quart à quelque 10.200 milliards de dollars, entre avril et juillet - au plus fort de la crise.

    Selon la banque suisse, les milliardaires ont notamment profité des paris sur la reprise des marchés boursiers, alors que ceux-ci étaient à leur plus bas niveau au moment du confinement - entre mars et avril. La fortune des milliardaires bat ainsi le record établi en 2017, année de reprise économique, où elle avait atteint 8.900 milliards de dollars. Le nombre de milliardaires est, lui, passé de 2.158 en 2017 à 2.189 en 2020.

    La concentration des richesses au plus haut

    Selon Josef Stadler, responsable du département Global family office d'UBS, les super-riches ont acheté plus d'actions de sociétés lorsque les marchés boursiers du monde entier s'effondraient. Le rebond engendré par la reprise des activités économiques a également permis à certaines entreprises technologiques, souvent détenues par des milliardaires, de fortement augmenter.

    « La concentration des richesses est aussi élevée qu'en 1905 », dit Stadler, dans le quotidien britannique « The Guardian » . ​Les super-riches dans le monde détiennent ainsi la plus grande concentration de richesses depuis l'âge d'or des Etats-Unis à l'aube du XXe siècle, lorsque des familles telles que les Carnegies, les Rockefeller et les Vanderbilt contrôlaient de vastes fortunes.

    Dynamisme du secteur Tech

    Dans le même temps, la pandémie a accéléré la division croissante de la richesse entre les entrepreneurs innovants investissant principalement dans la technologie, la santé et les produits industriels, et d'autres hommes d'affaires agissant dans des secteurs moins dynamiques comme l'immobilier, le divertissement et les services financiers. A la différence du magazine « Forbes », UBS n'établit pas de classement de la richesse mondiale. Cependant, il est possible de citer en exemple le premier des super-riches, Jeff Bezos, patron d'Amazon, ayant augmenté sa fortune de 74 milliards de dollars cette année. Pour sa part, le fondateur de Tesla, Elon Musk, a augmenté sa fortune cette année de 76 à 103 milliards de dollars.

    Le coronavirus a fait bondir la fortune des leaders de la tech

    CQFD - La Fondation Gates en cinq questions

    Selon UBS, les milliardaires ont ainsi augmenté leurs dons pour aider à lutter contre Covid-19 et à l'impact financier du confinement. « Notre étude a identifié 209 milliardaires ayant publiquement engagé un montant équivalent à 7,2 milliards de dollars de mars à juin 2020 », indique le rapport. Plus de la moitié des dons viennent des Etats-Unis.

     

    Après un an de crise du Covid-19, l'assurance chômage au bord du gouffre en Italie

    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/apres-un-an-de-crise-du-covid-19-l-assurance-chomage-au-bord-du-gouffre-en-italie_4278629.html

    Le système d'assurance chômage a du mal à faire face à l'augmentation des demandes. Les indemnités prennent parfois plusieurs mois à être versées.

    Article rédigé par

    édité par Cyrille Ardaud - Bruce de Galzain

    Radio France

    Publié le 01/02/2021 07:25Mis à jour le 01/02/2021 07:25

     Temps de lecture : 2 min.

    Le site internet de l'Inps, l'organisme italien qui verse l'allocation chômage, inaccessible. (ANDREA RONCHINI, RONCHINI / NURPHOTO)

    Le site internet de l'Inps, l'organisme italien qui verse l'allocation chômage, inaccessible. (ANDREA RONCHINI, RONCHINI / NURPHOTO)

    "En théorie j'aurais dû toucher le chômage. Mais entre mars et septembre, je n'ai rien eu !" À Rome, sur le Campo dei fiori, les vendeurs de fleurs et de fruits sont de retour, mais les restaurants restent fermés. Barbara, 25 ans, est employée depuis septembre dans un magasin récemment reconverti dans la vente de masques. Mais pendant plusieurs mois, elle était au chômage, sans le sou.

    En Italie, près d'un an après le début de la pandémie, la situation politique et économique devient inquiétante. Sur le front du chômage, d'importants retards sont constatés dans le versement des indemnités. Ils peuvent prendre plusieurs mois.

    Des employeurs obligés d'avancer l'allocation chômage

    "J'ai vécu sur mes économies et j'ai fait ce que j'ai pu, explique Barbara, ma famille m'a aidée, et puis j'ai reçu toutes mes indemnités en novembre. J'étais pourtant en règle depuis le début, mais j'ai dû attendre l'Inps."

    L'Inps, c'est en quelque sorte le Pôle emploi italien, l'organisme chargé de verser les allocations chômage. Mais parfois, ce sont les employeurs qui doivent avancer l'argent. Dans le Trastevere, Paola Manco tient une pizzeria qui ne peut plus faire que de la vente à emporter.

    Elle a six employés qu'elle a payés de sa poche lors du premier confinement : "Heureusement on a pu aider nos employés, on leur a avancé le chômage entre mars et mai. Ensuite, toutes les indemnités sont arrivées en même temps. C'était un peu compliqué à gérer, mais maintenant le système est quand même devenu plus fluide."

    Des milliers d'indemnités en attente

    Sauf que les retards continuent de s'accumuler, selon les propres chiffres de l'Inps. Guglielmo Loy est syndicaliste, il est le président du conseil de vigilance de l'organisme : "Il y a encore plus de 100 000 demandes d'allocations en attente. Il faut en moyenne deux à trois mois pour obtenir les indemnités, mais certains peuvent attendre jusqu'à quatre ou cinq mois..."

    "Ce sont des gens qui n'ont pas d'autres revenus pour vivre, qui ne peuvent pas se permettre d'attendre. Je pense qu'il faut des mesures administratives urgentes pour répondre à ces problématiques !"

    Guglielmo Loy, président du conseil de vigilance de l'Inps 

    à franceinfo

    Dans ces 100 000 demandes en attente, il peut parfois y avoir plusieurs salariés regroupés. Cela pourrait donc représenter plusieurs centaines de milliers d'indemnités. Selon la Banque d'Italie, les salariés au chômage ont perdu en moyenne 27% de revenus l'an dernier. Le gouvernement a pour l'instant interdit les licenciements en Italie.

     

     

  • Mon désert des Tartares

    J'avais repris cette idée dans la trilogie en cours. Et puis est venu l'idée qu'il était bien plus important de la réaliser intégralement au lieu de l'écrire. 

    Je n'écris plus.

    C'est là, dans mon ordinateur, dans un coin de ma tête. 

    Le jour où tout ce qu'il faut réaliser maintenant sera achevé, je reprendrai la plume. Peut-être. Si je suis toujours de ce monde. 

     

    TOUS, SAUF ELLE

    L’arrivée à la ferme. Tout était là, gravé dans sa mémoire. De ces instants de vie qui se logent au plus profond des fibres. Elle pouvait en revivre chaque minute comme un film qui tourne en boucle. Comme un instant présent dans un passé ineffaçable.

    Le véhicule avait franchi le seuil d’un plateau. Un horizon découvert jusqu’à la lisière d’une forêt dense. Au-dessus d'eux s'érigeait la chaîne immense de la Chartreuse, une barrière minérale, un labyrinthe de couloirs et de sangles, ces vires horizontales qui courent à différentes hauteurs, des chemins ancestraux pour les animaux, des terrains d'aventure inépuisables pour les marcheurs expérimentés. Elle avait balayé l'immensité verticale en s'imaginant là-haut. Des frissons de bonheur.

    À quelques centaines de mètres, droit devant, elle aperçut enfin les bâtiments.

    Un pré encadré de bois, deux blocs rocheux monumentaux, cinq ou six mètres de haut, posés comme des sentinelles, une longue ceinture de barrières horizontales clouées sur des pieux massifs enserrant le terrain sans qu’elle n’en distingue intégralement l’étendue.

    Elle scruta le corps de ferme. Elle y vit comme un fortin et ne parvint pas clairement à identifier une raison précise. Elle ressentit un ensemble énergétique, une aura qui semblait envelopper l'espace.

    Elle entrait dans un lieu particulier et elle aima la chaleur le long de sa colonne.

    Théo arrêta le véhicule devant une barrière métallique posée sur deux poteaux en acier blanc. Il prit une clé dans le vide-poche et descendit. Il ouvrit un cadenas pour libérer une lourde chaîne puis il souleva le long tube fixé à un pivot. Il déposa la barre, reprit le volant et avança de quelques mètres.

    Il s’arrêta de nouveau et referma l’entrée.

    Elle pensa au franchissement d’un pont-levis.

    Il roula jusqu’au seuil du bâtiment d’habitation.

    Elle put alors en détailler l’architecture : une bâtisse en pierre, trapue, le corps soudé au sol, sur un seul niveau, le toit en lauzes, partiellement couvert de panneaux solaires. Une longère parfaitement entretenue, soignée, la ferme d'alpage dans son charme typique. Volets fermés, une cour gravillonnée en façade, trois grands troncs évidés, posés en ligne sur des socles en béton et garnis de plantes. Ils semblaient interdire l’entrée du lieu, trois gardiens empêchant l’avancée de véhicules ennemis.

    Sur le côté de la longère s'étendait une grange fermée par deux lourds battants en bois massif, un soubassement en grosses pierres brutes couverts par endroits d’un bardage vertical, des planches lasurées et parfaitement jointes. Un toit de tôles grises et un châssis supportant d’autres panneaux solaires.

    « Un hangar pour son matériel », avait-elle pensé. Elle nota également la présence d’une antenne très haute, bardée d’éléments horizontaux. Rien à voir avec une parabole. Plutôt l’installation caractéristique d’un radio amateur.

    Une extension en pierre occupait le flanc Est, comme un appartement contigu à l’habitation principale.

    En arrière-plan, à une dizaine de mètres de la maison, elle devina un potager fermé par des filets tendus sur des pieux, protégé des sangliers, biches et chevreuils qui devaient fréquenter les lieux.

    L’ensemble dégageait une force étrange, une obstination, un enracinement profond, buté et indestructible. Une citadelle ou un fortin, c’était vraiment ça. Le positionnement des trois bâtiments constituait une muraille, elle imagina un convoi de chariots de cow-boys face à l’attaque des Indiens. Elle s’amusa de l’image enfantine. Elle aurait pu s’émerveiller des couleurs, de la lumière, de cette merveilleuse végétation, des panoramas magnifiques devant elle, l'immensité de la chaîne de Belledonne, étendue comme une muraille crénelée, mais plus puissante que la beauté du lieu s’imposait cette idée qu’elle entrait dans un territoire réservé, une enclave militaire.

    Rien de fragile, rien de vulnérable, chaque élément ayant été pensé, étudié, érigé, renforcé de toutes parts avec une volonté indéfectible. Voilà ce qu’elle ressentait.

    Théo.

    L’impression que l’homme devant elle se dénudait intégralement. Corps et âme.

    Elle repensa à ce moment émouvant où elle avait serré sa main dans le parc de l’hôpital. Comme un territoire impénétrable en lui, un mystère qu’il avait pourtant eu envie de lui révéler.

    Elle comprenait maintenant.

    Elle entrait dans son secret.

    Théo avait contourné la voiture, il avait ouvert la porte puis il lui avait pris la main.

    « Bienvenue à la ferme, plus communément appelée dans ma tête, le désert des Tartares. »

    Elle l’avait regardé, intriguée puis elle était descendue.

    « C’est un film, ça, je crois bien.

    –C’est surtout un roman de Dino Buzzati.

    –Ils attendent dans une forteresse un ennemi qui n’arrive jamais, c’est ça ?

    –Exactement. »

    Elle le regarda déverrouiller deux serrures massives à la porte d’entrée, il en ouvrit grand le battant puis il l’invita d’un geste de la main.

    Elle le précéda dans l’ombre de la pièce, le corps enveloppé par le rai de lumière dans son dos. Elle aima aussitôt l’odeur si particulière de ces maisons qui ont protégé des chapelets de vies humaines.

    Théo ouvrit une fenêtre sur le côté de la pièce.

    Elle l’observa, intriguée, fascinée, alors qu’il écartait les volets. Les ouvertures étaient toutes barrées de tiges métalliques fichées dans la pierre. La lumière entra en coup de vent.

    Elle balaya les lieux du regard, lentement, en analysant chaque élément.

    Il ne s’agissait plus d’une ferme ou d’une maison d’habitation pour des vacances ou des week-ends. C’était bien une forteresse. Et Théo en était le seigneur, l’architecte, le concepteur. Tout ce qu’elle voyait portait son empreinte. L’ordre et la solidité, la réflexion, l’anticipation et la détermination. Elle imaginait les milliers d’heures de travail pour atteindre son but.

    « Très peu de gens connaissent cet endroit », murmura-t-il.

    Elle croisa son regard et se sentit aimée.

    Elle s’approcha sans le quitter des yeux, posa les mains sur son visage. Elle ressentit le bonheur couler en elle, un flux chaud qui s’étendit comme une lumière mouvante.

    « Merci », dit-elle. Elle posa la tête sur son épaule et l’enlaça.

    Elle ferma les yeux et laissa entrer en elle le parfum des vieilles pierres et des meubles en bois, l’odeur des feux de cheminée et des coins d’ombres, puis elle observa le lieu depuis son angle de vue : le plancher aussi lisse que des galets de rivières, les poutres du plafond comme une cage thoracique, le vaisselier sculpté, la table rectangulaire qui semblait avoir connu des siècles de repas, des chaises paillées attendant de rares convives, les photographies de paysages accrochées aux lambris.

    Il ne lui fallut pas longtemps pour réaliser qu’elle ne repartirait plus. Quelques secondes, en fait.

    Elle avait pris conscience également, au bout de quelques jours, qu’elle avait perdu la notion du temps. Pas d'horaires imposés, pas de télévision, pas de radio. Aucune intrusion du monde humain.

    L’alternance des jours et des nuits, les levers de soleil et les levers de lune, les jours nuageux et les cieux étoilés, les brises des montagnes ou l’atmosphère immobile des chaleurs qui écrasent, juste cet assemblage apaisant des éléments naturels qui réduisent la perception du temps à l’unique instant.

    Il ne restait de ses souvenirs immédiats qu’une flamboyance anarchique et bienheureuse, une accumulation désordonnée de bonheurs. Un tohu-bohu réjouissant qu’elle ne voulait pas limiter par une réflexion limitante. Laisser faire les choses et les saisir simplement, qu’elles se réfugient ensuite dans une mémoire aimante et que l’inconscient vienne y puiser ses rêves.

    Théo.

    Sa silhouette puissante et souple à la fois, elle aimait cette énergie masculine, cette force tendre. Elle aimait jusqu’au bruit répétitif de son souffle en courant avec lui, elle aimait le parfum de sa sueur, elle aimait sa tendresse quand elle se blottissait nue contre son corps accueillant. Elle aimait le bonheur de le sentir vivre.

    Ils avaient beaucoup parlé.

    Après leurs étreintes, Théo semblait mû par un désir de paroles. Elle posait la tête contre son cou et elle l’écoutait. Il murmurait dans la nuit et sa voix masculine la pénétrait comme un câlin. Avec lui, elle restait en amour sans le toucher. Elle reconnaissait l’importance des mots de Théo, elle en percevait les secrets révélés, comme des coffres fermés qui s’ouvraient les uns après les autres.

    Il délivrait maintenant ses pensées les plus intimes. Il lui avait raconté ses dernières années. Cette nécessaire anticipation du chaos, sa séparation avec Sonia, la douleur et l’apaisement des montagnes, cette connaissance des lieux, des chemins les plus secrets, cet engagement déterminé à concevoir l’impensable. Il avait expliqué tout ce qu’il étudiait depuis des années. Cette certitude que l’humanité vivait dans une dissonance cognitive qui ne pourrait durer : entre la jouissance démesurée des ressources planétaires et la destruction provoquée, il y aurait fatalement une zone de rupture, le franchissement d’une limite irréversible, un point de non-retour dont personne ne pouvait mesurer les effets. Elle avait écouté sans jamais le contredire. Elle connaissait la folie des hommes, elle en avait connu l’ultime expérience. Elle ne doutait aucunement que sur sept milliards d’individus, un nombre terrifiant portait en eux les germes de la dévastation. Théo avait étudié toutes les options. Rien ne paraissait impossible. Tout semblait arrivé au point d’émergence. Et malgré cette menace suspendue, malgré cette mort en attente, ce chaos en gestation, elle aimait chaque instant avec lui."

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Le désert des Tartares

    Plusieurs années à lire des études climatiques, plusieurs années à nous interroger sur nos priorités. 

    Attendre ou anticiper ? 

    Attendre, c'est prendre le risque de ne plus être en mesure de réagir, devoir se précipiter, au risque de commettre des erreurs.

    Anticiper, c'est prendre le risque de quitter les montagnes sans être certain que les menaces se réalisent.

    C'est "Le désert des Tartares" de Dino Buzzati, en quelque sorte. C'est l'histoire d'une vie humaine consumée dans l'attente d'un événement. J'avais lu ce roman quand j'étais au lycée. Inoubliable. 

    Effectivement, il est possible que cette anticipation ne se réalise pas. Comme il est possible qu'elle survienne. 

    La balance du "risque-bénéfice" est un raisonnement incontournable. Il est venu un moment dans nos réflexions où le bénéfice du départ l'a emporté. Il nous fallait un autre lieu de vie.

    Rien dans tout ce que je continue à lire n'éveille en nous le moindre doute.

     

    Il ne s'agit pas que d'un problème climatique. 

    L'anticipation concerne l'économie, le social, la finance, le sanitaire, le démantèlement progressif ou brutal de nos modes de vie. 

    Le temps de l'insouciance est révolu.

     

     

    https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/climat-meteo-france-prevoit-des-temperatures-caniculaires-pour-la-fin-du-siecle-sur-une-large-partie-du-pays_4279819.html

    Le pire des scénarios prévoit cinq à dix fois plus de canicules pour la fin du siècle. Des périodes de fortes chaleurs qui pourraient durer un voire deux mois dans le quart Sud-Est de la France.

    Article rédigé par

    Etienne Monin

    Radio France

    Publié le 01/02/2021 17:59Mis à jour le 01/02/2021 18:03

     Temps de lecture : 2 min.

    Des adolescents jouent au volley-ball dans la fontaine de l'esplanade du Trocadéro à Paris le 25 juin 2019, un mois marqué par une canicule exceptionnelle. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

    Des adolescents jouent au volley-ball dans la fontaine de l'esplanade du Trocadéro à Paris le 25 juin 2019, un mois marqué par une canicule exceptionnelle. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

    Les impacts du réchauffement climatique pourraient être spectaculaires en France d’après de nouveaux modèles réalisés par Météo France et l'institut Pierre Simon Laplace. Trois scénarios ont été élaborés pour la fin du siècle. Ils prévoient un climat caniculaire sur une grande partie du pays si un gros effort n’est pas fait pour réduire les rejets de gaz à effets de serre.

    Trois scénarios envisagés

    Les chercheurs ont élaboré trois modèles de climat liés à trois scénarios socio-économiques. Le premier est vertueux, où nos émissions sont sensiblement réduites. Dans le second, c'est l'excès inverse : il n'y a aucune régulation. Enfin, les chercheurs ont élaboré un scénario d'entre-deux. Il en ressort que les températures vont augmenter en France d'ici la fin du siècle. L'échelle, qui conditionne notre devenir, va de + 1 à + 4 degrés en fonction du scénario.

    L'histoire du réchauffement est déjà écrite jusqu'au milieu du siècle. Les températures vont augmenter, on le sait, cela vient de l'effet des gaz à effet de serre qui sont déjà stockés dans l'atmosphère. Par contre, ce qui n'est pas écrit, c'est ce qui va se passer dans la deuxième moitié du siècle. Ce qu'on fera aujourd'hui va influencer ce climat de demain, et c'est l'enjeu qu'il y a à voir dans ces trois modèles climatiques. 

    Des canicules et des nuits tropicales plus fréquentes et plus durables

    Le plus spectaculaire, ce sont les vagues de chaleur : elles vont augmenter, quel que soit le scénario. D'ici la fin du siècle, le nombre de jours avec des températures intenses va doubler pour le scénario le plus vertueux et être multiplié de cinq à dix avec le pire des scénarios. Conséquence : des situations de canicule pour le quart Sud-Est de la France sur une durée de plus d'un mois.

    Autre phénomène : les nuits tropicales, avec des températures au-dessus de 20 degrés. Rares à la fin du siècle dernier, elles toucheraient toute la France à la fin de ce siècle si les émissions continuent d'augmenter. Elles vont déjà toucher Paris et Lyon dans les 30 ans qui arrivent, et d'après le même scénario, elles pourraient durer sur des périodes de plusieurs mois. En parallèle, le froid va devenir une situation rare. Dans le meilleur des cas, le nombre de jours liés aux vagues de froid sera divisé par deux à la fin du siècle. Il pourrait ne rester qu'un jour pour les deux autres scénarios. Pour les pluies, l'intensité devrait augmenter, mais globalement, la hausse du cumul restera limitée. On s'attend à des augmentations au Nord et des diminutions au Sud.

    Un réchauffement davantage marqué au Sud et en montagne

    C'est l'autre enseignement de cette étude. Le Sud-Est devrait être plus touché que le Nord-Ouest. Pour les températures, la Bretagne et les Hauts-de-France sont les régions les moins touchées, avec un écart de un degré. L'Arc méditerranéen, le couloir rhodanien et la vallée de la Garonne pourraient subir des périodes de canicule qui pourraient durer de un à deux mois en été. Le réchauffement est plus actif en montagne, dans les Alpes et dans les Pyrénées.

    La France est donc clairement vulnérable aux changements climatiques. Toutes les régions seront touchées, mais elles ne sont pas égales devant ce réchauffement et l'adaptation devient cruciale.

     

  • Est-ce une opportunité ou une sanction ?

    L’humanité serait depuis longtemps heureuse si tout le génie que les hommes mettent à réparer leurs bêtises, ils l’employaient à ne pas les commettre.

    Georges Bernard Shaw.

    C'est bien évidemment la course au profit qui en est responsable. Le bon sens n'y résiste pas...

    Imaginer que la nature est un champ d'expérimentations libre de droits et d'attention est une erreur effroyable.

    Là encore, les Peuples premiers ne s'y sont pas trompés. Les Indiens Kogis n'ont jamais eu le moindre problème d'exploitation des sols pour la bonne raison qu'ils ne "les exploitent" pas, ils les préservent.

    Nous, nous cherchons à en "tirer profit" alors qu'eux en profitent. La nuance est de taille.

    La course au profit est une exagération de ce qui est proposé par la nature.

    L'extension du nombre contribue bien évidemment à cette dégradation de l'équilibre. La société consumériste apparaît là encore comme une excroissance néfaste. Les lois du marché sont devenues l'unique référence, l'objectif prioritaire au nom de la libre concurrence, de la liberté du choix, du bonheur des masses...Vaste mensonge.

    Seul le profit mène ce monde et le bon sens est devenu l'ennemi du profit.

    L'avenir de l'humanité passera par la réduction des échanges, la simplification matérialiste des existences. Dans une société psycho-toxique, les citoyens sont des toxicomanes...

    Le virus qui plombe ce monde matérialiste, aussi douloureux que soient les situations que ça engendre, doit-il être considéré comme une opportunité ou comme une sanction ?