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Lever l'omerta (politique)
- Par Thierry LEDRU
- Le 10/05/2016
Nouvelles révélations, prise de conscience... L'affaire Baupin fait boule de neige
Sandrine Rousseau est une des élues EELV qui ont dénoncé les harcèlements et agressions de Denis Baupin. (PHILIPPE HUGUEN / AFP) Après que des femmes ont accusé le député écologiste Denis Baupin d'agressions et de harcèlement sexuels, de nouveaux témoignages se multiplient.
L'Obs
Huit femmes dénoncent les harcèlements et les agressions sexuels qu’elles ont subis de la part du député écologiste Denis Baupin, dont des collaboratrices et des élues Europe Ecologie-Les Verts. Sur Twitter, dans les tribunes ou dans les médias, les soutiens et les réactions se multiplient, en espérant que la parole se libère.
L'une des victimes, Sandrine Rousseau, appelle d’autres femmes à témoigner contre le vice-président démissionnaire de l’Assemblée nationale. "On sera là en soutien, nous pour lesquelles les faits sont prescrits." La porte parole du parti écologiste affirme avoir reçu "des contacts de personnes qui me disent qu’elles veulent parler".
"Merci à elles"
L'initiative décide d'autres femmes à prendre la parole."Depuis hier, six ou sept témoignages ont été adressés, à nous ou aux journalistes de France Inter et Mediapart concernant Denis Baupin", explique Maryse Oudjaoudi, cadre EELV. Avec Sandrine Rousseau et d'autres élus, l'écologiste avait monté un site pour recueillir les témoignages d'harcèlements et d'agressions en mai 2015. "J'espère que ce n'est que le début."
Encouragée par l'affaire Baupin, l'ancienne ministre Monique Pelletier révèle l'agression dont elle a été victime de la part d'un sénateur.
Monique Pelletier @pelletiermoniquD.Baupin...les victimes parlent..enfin..bravo! ministre des femmes en 1979,j'ai été agressée par un sénateur..honte à moi de mon silence!
Aurore Bergé, élue Les Républicains, relate aussi les propos sidérants qu'elle a entendus après la révélation du scandale, une "scène de la vie politique ordinaire".
Ce soir. Scène de la vie politique (encore trop) ordinaire. Ils ne changeront que si l'on parle. #Baupin #omerta
Le jour même de l’affaire Baupin, la femme politique se voit adresser un : "Quand je te vois, j’ai envie de te faire une Baupin" ou encore "Quand on voit Aurore, on a le bâton de Berger". L'élue remercie les femmes qui ont permis ces révélations. "Je mesure le courage qu’il a fallu à ces femmes pour prendre la parole. Ils ne changeront peut-être pas, mais nous oui. On parlera. Merci à elles."
"Lever l'omerta"
Une tribune dans "Libération", parue ce matin, et unepétition appellent à "lever l'omerta" et à mettre fin à l'impunité. "Il n’y a manifestement qu’en dénonçant publiquement les personnes que les choses sont susceptibles d’avancer", signent 500 militant(e)s et élu(e)s. Pour faire sortir les femmes victimes de leur silence.
Dans les médias, les femmes politiques rappellent le machisme bien connu du milieu. Sur France Info,Clémentine Autain, du Front de gauche, souligne ainsi que "le monde politique est une sorte de terrain de chasse dans lequel les femmes essaient de survivre". La candidate à la primaire de la droite, Nathalie Kosciusko-Morizet, assure que le sexisme est omniprésent en politique et appelle à la mise en place d'un dispositif d'alerte.
L'ancienne ministre Delphine Batho réclame, elle, un grand ménage. "Il y a un ministre qui doit s'expliquer, présenter des excuses pour le moins", lance la député PS en direction de Michel Sapin, accusé d'un geste déplacé envers une journaliste. Pendant ce temps, sur Twitter, le hashtag "omerta" bat son plein.
Parlez,parlez, parlez. La honte et la culpabilité doivent changer de camp #harcelement #viol #omerta
Sirine Azouaoui
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"L'avènement d'une humanité...inhumaine"
- Par Thierry LEDRU
- Le 10/05/2016
En Alberta, « l’avènement d’une humanité... inhumaine »
21 mai 2015 / Entretien avec Nancy Huston


A Fort McMurray, en Alberta, Canada, se déroule un des désastres écologiques de la planète : de monstrueux chantiers à ciel ouvert exploitent les immenses réserves de sables bitumineux. La romancière Nancy Huston, originaire de la région, s’y est rendue et témoigne. « C’est comme si je voyais l’avènement d’une humanité... inhumaine. »
Nancy Huston, célèbre romancière et essayiste, est originaire de l’Alberta. Dans le nord de cette province canadienne, d’immenses chantiers à ciel ouvert entourent une « ville champignon » : Fort McMurray. Les compagnies pétrolières, en exploitant les immenses réserves de sables bitumineux, rasent les forêts, polluent les sols, détruisent la faune et la flore. C’est un territoire gouverné par le pétrole et l’argent au mépris de la nature, des peuples. Au mépris de l’humanité.
C’est ce que dénonce le recueil Brut, la ruée vers l’or noir, chez Lux Éditeur. Les textes de Melina Laboucan-Massimo, David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein et Rudy Wiebe se croisent et se complètent. Ils nous montrent l’ampleur de la catastrophe écologique du point de vue de chaque auteur. Reporterre s’est entretenu avec Nancy Huston. Une Interview à lire… ou à écouter.

- Nancy Huston, lors de la soirée de présentation du livre « Brut, la ruée vers l’or noir », le 27 avril 2015.
Reporterre - Vous êtes revenue en Alberta. Qu’avez-vous découvert ?
Nancy Huston -
- Ecouter Nancy Huston :
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Dire « revenir en Alberta », c’est très vague parce que l’Alberta est immense, plus grand que la France. Moi, je suis née au sud de l’Alberta et les installations pétrolifères sont dans le nord. Je n’étais jamais allée dans cette région. Mes grands-parents maternels habitaient la rivière de la Paix qui n’est pas très loin. C’est dans la région de l’Athabasca. Mais je ne connaissais pas la région même de Fort McMurray.
Et donc, je loue une voiture avec des amis. On roule pendant cinq heures et l’on découvre cette ville champignon qui a décuplé de population depuis le début des années 2000 en raison de l’extraction du pétrole. Fort McMurray est une ville terrifiante parce qu’elle est là pour l’argent. C’est véritablement la ruée vers l’or noir. C’est comme la ruée vers l’or à la fin du 19e ou au début du 20esiècle. C’est des hommes... uniquement des hommes, qui viennent du monde entier pour gagner beaucoup d’argent rapidement et repartir. Et ce que ça implique à chaque fois, c’est que les gens ont du mal à s’investir dans le lieu lui-même. Ils ont du mal à parler les uns aux autres. Ils ne parlent pas la même langue, ils ne viennent pas d’une même religion. Ils ne forment pas une communauté.

- Vue aérienne d’un chantier pétrolier au nord de Fort McMurray. Source : Google Earth
Fort McMurray est constituée essentiellement de centres commerciaux entourés de banlieues résidentielles extrêmement chères. Tout est cher : les restaurants sont chers, les centres commerciaux alignent des magasins de toutes sortes, mais tout est étrangement déprimant, étrangement désinvesti. Il n’y a de centre que pour le shopping. Il n’y a aucun centre d’aucune ville. La mairie elle-même est une sorte de bâtisse disgracieuse en brique marron. On peut aller de pubs en bars, parce que moi j’aime bien aller voir où les gens boivent. Et là où les gens boivent et en principe se rencontrent pour discuter, il est impossible de discuter parce qu’il y a des écrans partout qui diffusent des émissions très bruyantes de musique et de sport.
Donc, les gens jouent au billard ou ils boivent. Mais il est extrêmement difficile de se parler. De tous les lieux que j’ai visités sur Terre - et j’ai été dans tous les continents -, c’est l’endroit du monde où je me suis sentie le plus mal à l’aise. C’est comme si je voyais l’avènement d’une humanité... inhumaine. Une humanité qui n’est là que par rapport à une sorte de survie physiologique.
Que manque-t-il à Fort McMurray ?
- Ecouter Nancy Huston :
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La dimension spirituelle. Il y a des églises partout. Mais des églises qui ont le même type de publicité que les magasins, des affiches clignotantes proclament qu’il vaut mieux sauver son âme que réparer son toit. Des choses comme ça. Tout est pensé en termes de rentabilité.
Ensuite, il y a cette immense population : 100 000 personnes à Fort McMurray même et 30 000 autres qui habitent les camps de travail alentour, travaillant pour les quelque 55 compagnies pétrolières qui exploitent les sites d’extraction du pétrole. Au centre touristique de Fort McMurray, on peut, moyennant paiement, faire le tour d’un de ces sites en car. Nous l’avons fait.
Rouler trois-quarts d’heure et visiter le site modèle qui est celui de la compagnie Syncrude, ce qui veut dire « synthetic crude » : le brut synthétique. C’est ça qui est extrait de ces terres. C’est aussi apparemment lié à la Chine. Quand je dis que c’est un site modèle, ça veut dire qu’ils vont nous montrer une image merveilleuse et souriante de l’extraction du pétrole selon « syncrude ». Pendant quatre heures, on a fait le tour de ce site. On voit les forêts qu’ils essaient de replanter.
Moi, ça m’a fait froid dans le dos parce que je suis Canadienne et j’ai senti que j’étais en face d’une propagande exactement du même type que la propagande des pays de l’Est. Dans ma jeunesse, j’ai visité beaucoup de pays derrière le rideau de fer : depuis la Russie jusqu’à la Pologne en passant par la Bulgarie. Donc, je reconnais cette sorte de discours optimiste cynique qui dit que tout va bien dans le meilleur des mondes. Ils nous montrent les soi-disant « étangs », « tailings ponds », c’est-à-dire « étangs de rétention », remplis d’eaux complètement empoisonnées, résultant de l’exploitation des sables bitumineux. On nous montre que c’est vraiment bien contenu, ce n’est pas si grave que ça et qu’il y a toutes sortes de sons qu’on émet régulièrement pour effrayer les oiseaux, pour qu’ils ne se posent pas sur ces lacs et qu’ils ne meurent pas.

- Lac de stockage de produits toxiques dans le nord de l’Alberta, le 06 avril 2014. © Guy Oberson
Ce qui m’a le plus choqué dans cette visite était le discours sur les forêts. C’est comme si l’on disait en achetant un aquarium et en mettant trois poissons rouges, qu’on a reconstitué la mer détruite ! Une forêt est un écosystème extrêmement complexe. Ils ont arraché tous les niveaux de la terre, ils ont arraché les arbres, ils ont empoisonné les cours d’eau. Ils font comme si tout allait bien, que les oiseaux allaient revenir, que les animaux allaient revenir et vivre à nouveau là dedans. J’ai été effarée... j’étais glacée par le cynisme et la violence de mon propre pays.
Au travers de votre récit, vous rendez compte d’un changement de vocabulaire. Y a-t-il l’émergence d’une nouvelle langue ?
- Ecouter Nancy Huston :
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Il y a l’émergence d’une nouvelle langue. On dit « sables pétroliers » parce qu’on est censé être très fier d’avoir beaucoup de pétrole. Ce bitume sera raffiné et transformé en pétrole à terme. Mais pas chez nous, au Texas ou en Chine ou ailleurs. Le Canada exporte traditionnellement les matières premières non traitées, non retravaillées et c’est encore le cas ici. C’est le brut... vraiment très brut.
Mais cela rapporte énormément d’argent. On est très fier de ça. Mais le produit que nous extrayons de ces terres est incroyablement sale. Le mélange entre le bitume et le sable est une substance indiciblement complexe et qu’il faut traiter avec la vapeur sous pression pour séparer sable et pétrole. Cela relâche dans les eaux et dans nappes phréatiques des poisons qui vont avoir des effets meurtriers sur la faune et les humains, en aval de la rivière.
Quand des gens viennent de différents pays et différentes langues, il faut bien sûr inventer une novlangue. Donc, il y a une sorte de simplification à outrance de la langue anglaise. Et ce qui m’a aussi le plus sidéré là-bas, c’est des affiches, littéralement des panneaux d’affichage, qui disent« BE » : soyez. C’est le premier verbe, le verbe être, le dénominateur commun. Tout le monde peut connaitre ce mot-là en apprenant l’anglais. Et les gens, on les incite, on les encourage à juste« être ». Ça dit aussi « BE YOURSELF » : soyez vous-même... « BE, BE, BE, BE YOURSELF, BEUNIQUE » : soyez unique.

- Nancy Huston, romancière et essayiste, lisant le texte de Rudy Wiebe le 27 avril 2015.
Et bien sûr, le problème des hommes qui vont travailler là-bas, c’est exactement une difficulté d’être, parce que l’être humain devient soi-même par contact et interaction avec autrui. Notre cerveau à la naissance est incomplet et ne se développe que grâce à l’interaction linguistique et sensorielle avec d’autres êtres humains. Donc, si vous plongez des êtres humains à l’âge adulte dans un endroit complètement inconnu et très hostile… c’est un milieu où il fait froid, la température moyenne doit être de deux degrés. Il fait très froid en hiver et les hivers sont longs. Que devient un être humain dans ces conditions ?
On travaille souvent 12 à 15 heures par jour, 7 jours par semaine pendant 2 ou 3 semaines d’affilée et ensuite on a une semaine de repos. Si l’on n’habite pas trop loin, si l’on habite seulement au Texas ou à l’est du Canada, on peut rentrer pendant une semaine. Si l’on habite à l’autre bout de la terre, on reste sur place et on regarde la télévision. Les hommes sont drogués. Pendant qu’ils travaillent, ils ont des casques pour se protéger du bruit épouvantable des machines qu’ils sont en train de manipuler. Ils écoutent de la musique, j’imagine, tonitruante dans leurs casques du matin au soir. Ensuite, ils vont boire un verre et reçoivent encore des bruits des écrans. Dans leur chambre, ils ont une télévision et ont accès à internet. Ça devient une vie virtuelle de A à Z.
C’est comme si la réalité pouvait être mise entre parenthèses pendant des années. Ils restent deux ans, trois ans. Ils gagnent beaucoup d’argent, mais ça coûte très cher aussi de vivre à Fort McMurray donc ils ont tendance à prolonger leurs séjours. Ils se déconnectent complètement de leur vie là-bas. Leur corps de jeune homme avec ses besoins de jeune homme, que devient-il ? Et bien, il y a des boites de strip-tease,des prostituées. J’ai entendu dire qu’on faisait venir, pour des occasions spéciales, des prostituées depuis Edmonton en avion pour assouvir les besoins des... peut-être pour les boss et non pas pour les travailleurs, je ne sais pas.
« Be » est inscrit partout. Mais finalement, « être » renvoie à « posséder » ?
- Ecouter Nancy Huston :
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Ça se confond, être et avoir. C’est comme si l’on ne pouvait pas imaginer qu’il y ait une autre fonction dans la vie que d’avoir de plus en plus d’argent, d’être sûr de gagner assez d’argent pour envoyer ses enfants à l’école, à l’université. La vie devient entièrement un calcul de fric et rien d’autre. Les galeries d’art... bon, je veux bien que ce soit impossible dans une ville aussi récente et dans une région aussi ingrate de donner naissance à de grands artistes. Je ne suis pas naïve. Mais ce qu’on appelle des galeries d’art, c’est très comique. Ils ont des crochets, des ouvrages de crochets et de broderies qui montrent des camions. Ces camions gigantesques qui sont grands comme des immeubles de deux étages et dont ils sont très fiers.
C’est une sorte d’appauvrissement, d’abêtissement, je n’ai pas envie de dire bestialité parce que j’ai trop de respect pour les animaux. C’est une mécanisation de l’être humain. C’est comme si l’homme était en train de se transformer volontairement en machine, de faire partie de ces camions et de ces excavateurs qui arrachent la surface de la Terre. Quand on les regarde, c’est comme si l’on voyait des dinosaures. Et l’on voit les hommes qui se mélangent à ces corps mécaniques de dinosaures et qui détruisent leur propre maison, leur propre terre.

- Site minier du nord de l’Alberta, le 06 avril 2015. © Guy Oberson
Les gens ont-ils conscience de cette destruction, de la catastrophe écologique ?
- Ecouter Nancy Huston :
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Je ne peux pas généraliser sur les Albertains parce que j’en connais peu. Les gens avec qui j’ai discuté là-bas n’avaient pas l’air plus inquiets que ça. Je sais qu’il y a de plus en plus de mouvements écologistes, notamment les communautés autochtones, mais pas seulement, qui protestent.
Mais autour de moi, c’est vrai, à Calgary, à Edmonton, les gens avec qui j’ai discuté prenaient ça à la légère. Ils avaient l’impression... on aurait dit… que les écolos, c’étaient : ou des doux dingues ou des manipulés par les gauchistes, voire par les pays arabes. Le but de l’opération est de remplacer l’Arabie Saoudite comme premier fournisseur de pétrole des États-Unis. Donc, on est très fier de cette mission, nous les Albertains, et l’on ne voit pas plus loin que le bout de notre nez.
- Propos recueillis par Lucas Mascarello

Brut. La ruée vers l’or noir, David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein, Melina Laboucan-Massimo, Rudy Wiebe, Lux Editeur, 112 pages, 12,00 €
Lire aussi : Sables bitumineux : pétrole ou environnement ? A vous de décider… en jouant
Source : Lucas Mascarello pour Reporterre
Photos :
. Nancy Huston : © Lucas Mascarello pour Reporterre
. Lac de stockage et site minier : © Guy Oberson -
Retour de flammes.
- Par Thierry LEDRU
- Le 10/05/2016
L’incendie de l’Alberta, parabole de l’époque
6 mai 2016 / par Hervé Kempf (Reporterre)

L’incendie gigantesque qui sévit en Alberta, effet du réchauffement climatique, a frappé la ville qui n’y croyait pas.
Il était une fois un monde très riche, qui ne voulait pas cesser d’accumuler des richesses, quel qu’en soit le prix pour la nature.
Dans un pays parmi les plus riches, le Canada, on avait trouvé des sables bitumineux, une source de pétrole qui semblait inépuisable. Mais pour extraire le pétrole de ces sables, il fallait utiliser beaucoup d’eau, beaucoup de produits chimiques, beaucoup d’énergie, couper des forêts, entasser des déchets toxiques... Les écologistes et les autochtones de la région concernée, l’Alberta, avaient beau dire que c’était un désastre pour la nature, que cela émettait énormément de gaz à effet de serre, les exploitants n’en avaient cure. La cupidité était leur guide.
A Fort McMurray, autrefois un poste perdu dans la taïga, une ville a commencé à grandir démesurément, l’exploitation de sables à se développer au moyen de machines gigantesques, des lacs de déchets toxiques à se multiplier, les maladies à se développer chez les autochtones vivant en aval, les émissions de gaz à effet de serre du pays à augmenter sans cesse.
Le gouvernement s’en moquait : pour accroitre encore la richesse apparente du pays, il soutenait sans faillir l’exploitation des sables bitumineux, allant même jusqu’à se retirer du traité international sur le changement climatique.
Mais ignorer la réalité ne suffit pas à la faire disparaitre. Le changement climatique se déploie sur la planète, et les régions les plus proches du pôle Nord sont les plus affectées par le réchauffement. Ainsi, au printemps 2016, la température moyenne dans l’Alberta était bien plus élevée que la normale saisonnière : 30°C au lieu de 15°C ! Des conditions idéales pour que se déclenchent des feux de forêts.

Ceux-ci ont rugi, créant un brasier d’enfer autour de la ville des sables bitumineux, la ville qui croyait pouvoir ignorer le changement climatique, la ville qui croyait que l’on pouvait détruire la nature impunément.
Cent mille personnes ont fui, une ville est détruite. Comme Pripiat près de Tchernobyl, abandonnée après l’accident qui ne devait jamais arriver, voici Fort McMurray, brasier fumant, maisons calcinées, torche irradiante, symbole de la folie de la cupidité et de l’aveuglement.
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Réformes scolaires et politique (école)
- Par Thierry LEDRU
- Le 10/05/2016
Il est bien gentil ce Monsieur mais je suis effaré qu'il en soit encore à se demander pour quelles raisons les politiciens s'acharnent à détruire l'école.
Naïf ? Immature ? Encore trop attaché à une forme de respect archaïque ?
Allez, allez, encore un petit effort et tout sera clair.
Cette semaine, "Marianne" consacre sa une à la stupide réforme du collège. Pour Alain Bentolila, linguiste, spécialiste de l’apprentissage de la lecture et du langage chez l’enfant, professeur à l’université Paris-Descartes et auteur de "Comment sommes-nous devenus si cons ?" (éd. First), celle-ci ne changera malheureusement rien au fait que l'école, loin d'être un creuset républicain, reste le point noir de la reproduction sociale. Les enfants socialement défavorisés seront une fois de plus les perdants, victimes du renoncement des politiques.
Photos : MATHIEU PATTIER/SIPA et IBO/SIPA
Marianne : Quel regard portez-vous sur la réforme des programmes du collège défendue par Najat Vallaud-Belkacem ?
Alain Bentolila : Je ne veux pas accabler la ministre, mais je constate qu’elle procède au même enfumage que Vincent Peillon il y a deux ans avec la loi sur la refondation de l’école publique, qui n’a servi à rien ! Le même enfumage que ses prédécesseurs de droite et de gauche… Une fois encore, j’ai le sentiment que le politique présente un projet de réforme simplement pour occuper le terrain, pour être en bonne place dans les médias, sans se soucier de l’avenir des enfants.
Ce projet me semble dangereux dans la mesure où il ne s’attaque pas au mal profond de notre système, ce sont les enfants socialement défavorisés qui seront une fois de plus les principaux perdants. Bref, c’est un projet idéologique et, à court terme, qui ne changera rien au problème majeur de notre école : celui de l’échec programmé dès la naissance…
Je considère cette attitude d’autant plus cynique et cruelle que tous les responsables politiques connaissent parfaitement cette réalité, mais ils s’en moquent…Depuis quelques jours, les polémiques se multiplient, notamment autour de l’abandon de l’allemand ou celui du latin et du grec. Est-ce aussi grave que certains veulent bien le dire, de ne plus enseigner le latin à l’école ?
Ces polémiques ne sont que de l’écume par rapport au mal profond. Les problèmes qu’elles soulèvent n’en sont pas moins graves. "NOTRE ÉCOLE DOIT FORMER DES RÉSISTANTS INTELLECTUELS ; ET CETTE RÉSISTANCE, SEULE UNE LANGUE MATERNELLE FORTE ET JUSTE PEUT LA GARANTIR"L’abandon du latin et du grec me semble une erreur majeure, car l’un et l’autre permettent aux élèves d’avoir une vision en profondeur de la cohérence de notre langue. Il ne s’agit pas simplement d’apprendre le latin, mais, quand vous expliquez à un enfant que le mot « hippopotame » signifie « cheval du fleuve », non seulement il adore, mais en plus il se rend compte que sa langue vient de loin… et que derrière « hippopotame » se profile « hippodrome » qui lui-même annonce « aérodrome »… Dans cette histoire, le véritable sujet n’est pas d’apprendre à lire et encore moins à parler latin ou grec, mais ce que ces langues peuvent apporter au lexique et à la grammaire de la langue française. La fréquentation de ces langues anciennes nous permet de regarder d’où nous venons…
La prise de position exaltée de notre Premier ministre sur la maîtrise de la langue fut un coup de trompette dans le désert. Le premier devoir de notre école est de former des résistants intellectuels ; et cette résistance, seule une langue maternelle forte et juste peut la garantir. Un enfant qui parle mal le français est vulnérable, il manquera de pouvoir et de réfutation. En un mot, il sera vulnérable face à des discours et des textes manipulateurs.Que pensez-vous également du renoncement à l’enseignement chronologique de l’histoire ?
C’est une catastrophe ! La chronologie permet de classer et donc de mettre en mémoire les faits historiques dans leur progression. Si les élèves les découvrent de façon aléatoire, sans organisation, ils ne les fixeront pas. Je ne comprends pas ce choix. Le respect de la chronologie n’est en aucun cas contradictoire avec la contextualisation d’événements et de personnages. Ils éclaireront d’autant mieux des questions actuelles qu’on les aura étudiés à leur juste place.Et l’absence de l’enseignement des Lumières…
Là encore, il s’agit d’une bêtise considérable. J’aimerais, dans la situation actuelle, savoir pourquoi on a choisi de priver les collégiens de cet enseignement ?… Pourquoi se priver de la philosophie des Lumières alors que nous menace la barbarie et l’obscurantisme.Comment, selon-vous, en est-on arrivé à un tel projet ?
Je n’ai pas été consulté, mais j’ai l’impression que les personnes qui ont élaboré ces programmes sont allées de compromis en compromis. Entre des syndicats qui ne connaissent pas forcément bien les problèmes et qui défendent des intérêts corporatistes, des didacticiens revanchards qui confondent évaluation et stigmatisation, et une Inspection générale de l’Education nationale souvent de bon sens mais divisée. Les auteurs sont tout simplement passés à côté de l’essentiel et ont une fois de plus refusé de traiter le mal profond de l’école française : notre impuissance à construire un système éducatif résilient.Quel est donc ce mal profond ?
Aujourd’hui, le collège est le cimetière des enfants fragiles. En arrivant au collège, des enfants sont condamnés à se faire scolairement massacrer, simplement parce qu’ils ne savent par lire et écrire correctement, parce qu’ils ne sont pas en mesure d’examiner le réel avec rigueur. Parce qu’on ne les a pas suffisamment préparés à passer du primaire au collège… Les études Pisa (Programme international pour le suivi des acquis mené par l’OCDE) montrent que le taux de résilience de notre Education nationale – c’est-à-dire notre capacité à sortir les enfants en difficulté de la fatalité de l’échec – est de plus en plus mauvais. La France est au 11e rang et chute année après année.
Le problème de l’école française ne tourne pas autour des polémiques sur les programmes, mais sur le fait qu’elle est le lieu cruel de la reproduction sociale. C’est épouvantable.Qui est responsable de cette situation ?
"LES GOUVERNEMENTS SUCCESSIFS ONT MIS EN ŒUVRE DES RÉFORMES DONT ILS SAVAIENT QU’ELLES NE SERVIRAIENT PAS À GRAND-CHOSE"Le monde politique porte une responsabilité considérable. Depuis vingt-cinq, trente ans, les gouvernements successifs ont baissé les bras, ils ont fait semblant de mettre en œuvre des réformes dont ils savaient parfaitement qu’elles ne serviraient pas à grand-chose. Les politiques ont fermé les yeux sur l’injustice de notre système et ça continue encore aujourd’hui… On a simplement assisté à un mouvement pendulaire d’une idéologie de gauche à une idéologie de droite alors même que l’école n’est ni de gauche ni de droite mais simplement juste ou inique.
Un jour, en 1996, j’ai expliqué pendant quatre heures à Jacques Chirac que 11 % des enfants sortaient de l’école sans savoir vraiment lire et écrire, que 3,5 % des rmistes étaient illettrés… Je me souviens qu’il est parti dans une colère noire, a convoqué ses ministres. Pendant quelques mois les choses ont bougé et puis tout est retombé dans la routine. C’est ce renoncement du politique qui est la cause majeure de l’échec de l’école française.Quelles solutions pour traiter le mal de notre école ?
Elles sont nombreuses mais deux me paraissent essentielles. Tout d’abord, organiser un sas de six mois pour les élèves en difficulté avant l’entrée en sixième. Un passage afin de les conduire à leur rythme jusqu’au collège et qu’ils y entrent en sachant lire, écrire, examiner le réel avec rigueur : c’est là un engagement fondamental qui redonnera du sens à l’examen galvaudé du bac et permettra aux études universitaire d’être dignes de ce nom.
L’autre piste consiste à traiter de la même façon et avec la même exigence les matières manuelles et les matières intellectuelles durant les trois premières années de collège : l’échec ou la réussite a la même importance s’il s’agit du maniement du rabot ou de l’analyse d’un texte littéraire. Après ces trois ans, l’adolescent peut faire un choix libre et éclairé sans se sentir exclu du système scolaire dès sa sortie de l’école primaire. J’ose affirmer que l’on est un meilleur électricien si l’on connaît l’histoire de son pays et son patrimoine littéraire.----------------------------------
>>> Lire l'intégralité du dossier « Ecole, le massacre des innocents » dans le numéro de Marianne actuellement en kiosques et disponible également au format numérique.>>> Signez notre pétition « Pour sauver l'école, réformons la réforme du collège ! »
>>> Retrouvez l'ensemble des articles parus sur Marianne.net consacrés à la réforme du collège.
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"L'amor dans l'âme" Sandra Mézière
- Par Thierry LEDRU
- Le 09/05/2016

Un beau texte de présentation pour une sortie aux éditions du 38, un livre dans les coulisses du cinéma, festival de Cannes.... Une belle rencontre avec Anita Berchenko, éditrice. Il ne reste plus qu'à rencontrer les lecteurs et lectrices. Sandra Mézière est à suivre dans ses rubriques, chroniques et analyses du cinéma. Et maintenant, dans son envol littéraire dans les sphères du roman. Longue et belle route à elles deux.
5 avril ·
Publication de mon 1er roman aux Editions du 38 le 31.03.2016 – Episode 1 : le titre et la couverture en avant-première!
A la fin du mois de mars, mon roman « L’Amor dans l’âme » sera disponible en papier en librairie mais aussi en numérique. Alors, il sera peut-être sous vos yeux et il ne m’appartiendra plus. Petite, mon rêve était déjà de publier un roman. Alors, vous comprenez, c’est un saut dans le vide et un rêve d’enfance. Très tôt, il y a eu des quantités de livres dévorés, et surtout, il y a eu le cinéma. Une autre passion de l’enfance. Qui a changé le cours de ma vie. Qui imprègne d’ailleurs ce roman. Un roman sinueux, labyrinthique, cinématographique. Dans les lieux où il se déroule, les références, la structure. Plus récemment, il y a un peu plus de deux ans, il y a eu le fracas de la réalité. Un fracas assourdissant. La mort. Ineffable. Impensable. La part de rêve que, malgré tout, elle ne sera pas (totalement) parvenue à annihiler.
L’écriture, la nécessité, viscérale, vitale même, d’écrire a été plus forte. Le chant fougueux des mots pour affronter le silence tétanisant de la disparition. Ecrire pour affronter l’indicible. Un cri de colère au départ. L’indifférence assassine. Des coups au cœur. Des bleus à l’âme. Un élan du cœur, aussi. Et les mots, rageurs ou langoureux, comme seul rempart, seule issue. Inéluctables.
Ce bonheur-là, rien ne peut le briser : inventer un univers, ciseler une phrase, me laisser être accompagnée par elle, hantée parfois, la tordre, la déchiqueter, la reconstruire, la modeler, se reconstruire, l’effacer, s’effacer devant les mots qui s’imposent. Jusqu’à l’obsession. Jusqu’à l’oubli de soi et de ses blessures. Un pansement. Une parenthèse. Fugaces et enivrants.
En dehors de ma maison d’édition, personne n’a encore lu ce roman. Un roman c’est une confiance, celle d’un éditeur, en l’occurrence une éditrice. Une confiance sans laquelle je ne pourrais et n’oserais vous le livrer. Grâce à son regard aiguisé, son empathie, sa confiance. Merci à elle à nouveau car écrire c’est aussi sans cesse repousser les doutes qui vous murmurent et vous assènent inlassablement que c’est une folie, une inconscience, une vanité. Et les miens savent être vindicatifs et bruyants.
Il faut une dose de folie sans doute aussi pour livrer une part de soi. Parce que si ce sont des personnages, si c’est une fiction, un roman, c’est toujours une part de soi. Une vérité légèrement mensongère. Un espace de liberté. De vérité. D’audace peut-être. Mais sûrement pas de courage. Le vrai courage, il a dicté l’envie et la rage et la nécessité d’écrire ce roman, et il lui est dédié.
J’ai hâte d’avoir le plaisir d’échanger avec vous sur ce livre et sur le sujet qui en a dicté l’écriture. Vos avis et commentaires seront toujours les bienvenus.
Son titre est donc « L’amor dans l’âme ». La mort dans l’âme, au départ. "L’amor" l’emporte sur la mort, peut-être, finalement. A vous de voir. Ce roman, je l’ai aussi écrit pour des bienveillants. Un « bienveillant », qui sait...
Il vous appartient désormais. Il va prendre son envol. Vivre sa vie. Je partagerai ici ses aventures, et celles qu’il me fera vivre (un débat dans un festival de premier roman auquel j’ai le plaisir d’être conviée et une séance de dédicaces dans une librairie sont déjà prévus, je vous en dirai bientôt plus).
En attendant, je vous en dévoile aujourd’hui le titre et la couverture. A suivre, très bientôt (ici et sur mon blog Inthemoodforcinema.com), le deuxième épisode, avec la quatrième de couverture qui vous en dira plus sur le sujet du roman.
Pour en savoir plus sur Les éditions du 38 par lesquelles je suis ravie et fière d’être publiée (en papier ET en numérique donc) : http://www.editionsdu38.com/LES ÉDITIONS DU 38
Format papier
Broché 140 x 216
286 pages
18€
Disponible en librairie
Format numérique
7,99€
Le 24 mai 2014, à Cannes, l’avant-dernier jour du 67e Festival du Film, une jeune actrice est retrouvée morte dans la chambre d’un palace, une balle dans le cœur. Les preuves, flagrantes, ne laissent guère planer de doutes sur les circonstances du drame.
Et pourtant…
Que s’est-il passé dans sa vie pour que son existence s’achève dans ces tragiques circonstances ?
La clef du drame se trouve-t-elle parmi les personnes qui l’ont côtoyée ces quatre derniers jours ou dans son passé, dont les récits s’entrecroisent au fil de l’enfance et des festivals de cinéma ?
Dans ce théâtre des vanités, ce cénacle du 7e art, ce monde aussi fascinant que cruel, la vérité est complexe, bien éloignée de ce qu’elle semble être…
L’amor dans l’âme est un roman aux accents mélancoliques, magnifiquement romanesque, une histoire qui entremêle deuil et amour impossibles, et pose un regard plein d’interrogations sur nos comédies humaines.
Diplômée en droit, sciences politiques, médiation culturelle, et titulaire d’un Master 2 professionnel de cinéma à la Sorbonne, Sandra Mézière, Parisienne et native de Laval, est blogueuse et chroniqueuse cinéma notamment sur Inthemoodforcinema.com qu’elle a créé en 2003.
Dès l’adolescence, des concours d’écriture lui ont permis d’être une dizaine de fois membre de jurys de différents festivals où elle n’a jamais cessé de retourner depuis.
L’amor dans l’âme est aussi une déclaration d’amour à sa grande passion, le cinéma, et aux festivals qu’elle couvre depuis de nombreuses années et qu’elle connaît parfaitement, comme le Festival du Cinéma Américain de Deauville, le Festival de Cabourg et le Festival de Cannes où évoluent les personnages de ce premier roman.

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L'adolescent, les Mayas et les étoiles.
- Par Thierry LEDRU
- Le 08/05/2016
ARCHÉOLOGIE - Selon Le Journal de Montréal, un adolescent québécois de 15 ans a mis au jour une ville jusqu'alors inconnu, située dans la péninsule du Yucatan, simplement en observant les étoiles.
Voici une histoire extraordinaire. Selon Le Journal de Montréal, un jeune québécois de 15 ans a fait une étrange découverte. Ce passionné d'histoire a trouvé grâce au ciel une importante cité maya jusqu'alors inconnue.
Ce site historique, baptisé «K'ÀAK' CHI'» par l'adolescent, se situe dans un endroit reculé et inaccessible dans la péninsule du Yucatan, en plein coeur de la jungle mexicaine.
Cette trouvaille est le fruit d'un long travail pour William Gadoury. Il a minutieusement analysé près d'une vingtaine de constellations mayas et s'est aperçu que s'il reliait sur une carte les étoiles des différentes constellations, la forme de chacune d'entre elles correspondait au positionnement de 117 cités mayas.
«Je ne comprenais pas pourquoi les Mayas avaient construit leurs cités loin des rivières, sur des terres peu fertiles et dans les montagnes», explique William Gadoury. «Il fallait qu'il y ait une autre raison, et comme ils adoraient les étoiles, l'idée m'est venue de vérifier mon hypothèse».
Des images satellites révèlent une trentaine de bâtiments
C'est en analysant la 23e constellation, comportant trois étoiles que l'adolescent s'aperçoit qu'il n'existe que deux villes répertoriées dans la zone. «J'ai partagé ma découverte avec l'Agence spatiale canadienne qui m' a transmis un bon nombre d' images satellites de la NASA et de l'agence japonaise JAXA», raconte-t-il.
À partir des photos envoyées, il recherche les vestiges de la fameuse cité maya. «Quand le Dr LaRocque m'a confirmé, en janvier dernier, que l'on distinguait une pyramide et une trentaine de structures, c'était extraordinaire», a déclaré l'adolescent, qui a été invité à participer aux fouilles avec l'équipe scientifique. «Ce serait l'aboutissement de mes trois années de travail et le rêve de ma vie».
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Un hommage
- Par Thierry LEDRU
- Le 08/05/2016

"Quand tu te lèves le matin, remercie pour la lumière du jour, pour ta vie et ta force.
Remercie pour la nourriture et le bonheur de vivre.
Si tu ne vois pas de raison de remercier, la faute repose en toi même."
Tecumseh, chef Shawnee (1768-1813)

KUNDALINI
« Sat, expliquez-moi ce que signifie la conscience cosmique. Est-ce que c’est quelque chose qu’on ressent réellement ou juste une impression ? »
Il y avait moins d’impatience en elle. Elle ressentait davantage une curiosité d’enfant. L’esprit grand ouvert. Comme si cette tension installée, ces pensées récurrentes, ce désastre ressassé, ces instants perclus de douleurs, tout cela s’épuisait au contact de son bonheur. Elle imaginait une armée sombre en défaite.
« D’accord, Maud mais on va prendre un panier de fruits et on va monter dans la cabane. Si ça vous convient.
-Où vous voulez, Sat. »
Ciel étoilé. Ils marchèrent côte à côte.
« Vous sentez les odeurs de la nuit ? La résine, les effluves des feuillages, la mousse, les pierres, comme si la chaleur qui s’en va retirait un couvercle. Quand j’étais enfant, j’imaginais toujours que les plantes au coucher du soleil diffusaient leurs plus beaux parfums en hommage et que c’est pour ça qu’il y avait ces odeurs particulières.
-Et maintenant, vous avez une explication ?
-C’est toujours la même. La différence, c’est qu’en grandissant, j’ai décidé également de témoigner ma reconnaissance au soleil. Alors, je médite. Chaque soir, quand le soleil bascule derrière les crêtes, là-bas. Quoi que je fasse, je m’assois, là où je suis. Et je commence chaque jour de la même façon. C’est très court, en fait. Quelques minutes. Mais d’une totale implication. Avec une intention d’amour. Je suis convaincu que tous les éléments de la Création en font de même, à leur manière. Il n’y a que les humains à l’avoir oublié.»
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De Marc-Aurèle au SMS (école)
- Par Thierry LEDRU
- Le 08/05/2016
« Jcroi kon devré fer 1 brek… »
http://www.fxbellamy.fr/blog/2016/04/30/jcroi-kon-devre-fer-1-brek/
« Sa va dps samedi ? G1 truc a te dir jcroi kon devré fer 1 brek… »
Manuel scolaire 5ème, 4ème, 3ème, éditions Nathan.
Voilà, la réforme du collège devient concrète.
Cette semaine, les enseignants découvrent, effarés, les manuels scolaires conformes aux injonctions ministérielles, préparés dans l’improvisation totale pour la rentrée prochaine. C’est un cours de maths remplacé par un sondage dans la classe sur les discriminations. C’est la littérature et la langue françaises sacrifiée pour des « punchlines » et des SMS. C’est l’immense aventure des sciences qui s’achève dans une curiosité morbide pour la mort de Claude François dans sa baignoire.
Immense tristesse, immense colère aussi. J’ai la rage au fond du cœur de voir ce délire devenir réalité, avec la collaboration honteuse d’éditeurs serviles et lâches, dans le silence des médias et dans la passivité générale – si l’on excepte la complicité coupable de l’enseignement privé.
Tous ceux qui coopèrent à cette immense dévastation, à ce mensonge, à ce délire, j’espère qu’ils ont un peu honte, au fond d’eux mêmes. Et j’espère, envers et contre tout, que cette réforme n’ira pas jusqu’au bout. Parce que ce n’est pas possible… Ils n’ont pas le droit. Nous n’avons pas le droit.
L’école n’a qu’une seule mission : élever les élèves qui lui sont confiés. Chacun d’entre eux porte en lui quelque chose d’exceptionnel, et chacun d’entre eux a droit au meilleur de ce que nous avons reçu. De quel droit allons-nous priver les générations qui viennent de la beauté, de la grandeur, de l’intelligence ? De quel droit condamnons-nous ces enfants à ne plus rien comprendre de leur propre histoire, de leur langue, de leur culture ? Quand la conjugaison est remplacée par l’approximative « impression » des temps, quand toute la maîtrise de la langue consiste à faire de bonnes vannes et à casser avec sa copine, qu’espérons-nous faire grandir chez nos élèves ?
Le manuel « Le livre scolaire », ici reproduit, comporte une phrase de Abd Al Malik qui résume à elle seule toute cette réforme du collège : « A force de vouloir se faire rue, on est devenu caniveau. »
A force de vouloir se faire rue, on est devenu caniveau.
Voilà à quoi ressemble une civilisation qui meurt.
Je voudrais crier partout ma tristesse pour ces enfants qu’on sacrifie… Qui ne trouveront à l’école que ipads, des SMS et des anecdotes people – tout ce qu’ils connaissent déjà en fait, bien mieux que nous, d’ailleurs, et ils nous trouveront bien ridicules de vouloir leur apprendre le « swag ».
Je voudrais crier ma tristesse pour ces gamins condamnés à la pauvreté culturelle par l’école, le lieu même qui aurait dû être pour eux le chemin de l’évasion vers ce qu’il y a d’universel, d’intemporel – les grands textes, les grandes œuvres, les grandes découvertes, tout ce qui fait grandir le cœur, tout ce qui élargit le regard… Pour ces talents qu’en chacun d’eux nous condamnons à la médiocrité.
Quand j’avais sept ou huit ans, mon grand-père m’a offert l’Anthologie de la poésie française, de Georges Pompidou, et il m’a dit : « Si tu veux être heureux dans la vie, il faut apprendre deux vers par jour. » Je l’ai fait. Il avait raison. J’ai découvert un savoir, une saveur de la vie que je ne soupçonnais pas, que le quotidien ne donne pas. Je n’ai pas tout compris bien sûr – pas tout entier, pas tout de suite… Mais c’était beau. C’était grand. Et finalement, c’est tout simplement que ce qu’il y a de beau, de grand, se dépose dans un cœur d’enfant pour l’enrichir, par le cœur. Mais qui maintenant aura encore la chance d’apprendre un peu de poésie – par cœur ?
Maintenant que le sujet des manuels de littérature, c’est : « jcroi kon devré fer 1 brek… »
Voilà à quoi ressemble une génération qui renonce à transmettre.
J’ai tant de tristesse au cœur…
Pourquoi ne nous réveillons-nous pas ?
François-Xavier Bellamy
.
Bio
"Il est toujours difficile de se présenter, mais cela fait partie du passage obligé pour qui veut ouvrir un blog… Je m’en acquitte en quelques lignes.
Après des études secondaires à Versailles, j’ai choisi d’enseigner la philosophie, et je suis entré en classes préparatoires à Paris. J’ai poursuivi ma formation à l’Ecole Normale Supérieure de Paris, jusqu’à l’agrégation de philosophie.
Parallèlement à mes études, j’ai eu l’occasion de participer à deux cabinets ministériels, auprès du Ministre de la Culture et de la communication, puis du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice. J’ai préféré ensuite ne pas prolonger cette voie pour revenir à mon projet initial. Je n’ai jamais appartenu à un parti politique.
J’ai exercé depuis mon métier d’enseignant dans plusieurs lycées de l’enseignement public, avant d’être affecté en khâgne à Paris. Des zones défavorisées à la prépa littéraire, j’ai eu la chance de rencontrer des élèves aux profils très variés ; partager avec eux l’aventure de la recherche de la vérité est la plus belle expérience qui m’ait été donnée.
En 2008, à 22 ans, j’ai été élu maire adjoint à Versailles, délégué à la jeunesse et à l’enseignement supérieur, sur la liste (sans étiquette) de François de Mazières. Je conduis ce mandat parallèlement à mon métier ; c’est un engagement quotidien, passionnant, au sein d’une équipe très active unie par le sens du service.
Ce sens du service, je l’ai appris notamment dans le scoutisme, où j’ai cherché à le transmettre pendant plusieurs années, en prenant la responsabilité d’une nouvelle unité fondée sur la pédagogie de la mer. J’ai été responsable national du scoutisme marin, et je pratique toujours la voile aussi souvent que je le puis.
De cette expérience de la mer, je voudrais conserver l’habitude de garder son cap, la liberté de mouvement jusque dans la tempête, et la faculté intérieure de s’émerveiller."
François-Xavier Bellamy
COMMENTAIRES :


Aurore Bergé @auroreberge
Illana Attali @illanaattali






Jean Happel
30 avril 2016 à 15 h 36 min (UTC 1) Lier vers ce commentaire
Répondre
Ah oui, c’est affligeant!
Mais « se réveiller », c’est signer toutes les pétitions pour l’abrogation de la réforme et les diffuser massivement !
La dernière en date ( 16 avril 2016 ) est celle de l’Association des Professeurs de Lettres ( apolitique et non-syndicale). Pétition synthétique et directe :
« Je demande l’abrogation du décret portant réforme du collège. » On la trouve sur http://www.aplettres.org.
Dans le même ordre d’idées, voici un post trouvé sur facebook ( Collectif de parents BABEL ):
Petit message posté sur la liste ADEAF ce matin en réponse à la collègue de Pont d’Ain dont la bilangue est menacée, maintenue par continuité, mais ouverte aux seuls élèves de primaire qui ont eu de l’allemand… bilan, sur 16 élèves faisant de l’allemand en primaire, seuls 4 souhaiteraient poursuivre l’allemand, les autres n’y auront pas droit ! La principale envisage donc de ne pas donner la totalité des 2h fléchées pour la bilangue de continuité parce qu’ils ne sont pas assez nombreux… et ne voulait même pas laisser la parole à la collègue en CA.
Allez, on ne se laisse pas bouffer, il faut se débarrasser de ces fonctionnaires serviles qui agissent contre l’intérêt des élèves !
Bonjour à toutes et tous,
– interpellez et faites interpeller sur ces sujets Mme Kott (coordonnées trouvables par moteur de recherche Internet),
– écrivez et faites écrire les parents directement au président de la République, il y a une page contact sur le site de l’Elysée, et pour un courrier postal, quelque soit son format et son poids, il n’y a pas à affranchir,
– n’oubliez pas de faire écrire directement au ministère aussi, puisqu’ils osent raconter qu’il y a peu de protestations, que tout se passe bien !
– interpellez et faites interpeller les députés et sénateurs du coin, les maires, ils peuvent faire voter des résolutions, poser des questions…
– Mais il faut surtout que les parents se bougent, il s’agit de l’avenir de leurs enfants ! Et qu’ils contactent la presse pour exprimer leur désaccord, montrer le vrai visage de cette « réforme ».
– Et mettez systématiquement en copie l’ambassade d’Allemagne, car la pression diplomatique ne doit pas baisser, les mensonges ministériels doivent être dénoncés, avec illustrations concrètes. Le mépris de la ministre s’exerce sur nous mais aussi sur les partenaires allemands qu’elle prend pour des imbéciles en inventant des chiffres au fur et à mesure.
Ne lâchons rien, au sein même du ministère, les doutes sur la possibilité d’appliquer la réforme à la rentrée se font jour, un recul serait même en préparation, vous avez remarquer qu’on n’entent plus Robine ?
Donc c’est le moment de pousser en nous (re)manifestant par écrit, les parents sont en train de s’allier au niveau national, des collectifs et des pétitions voient le jour partout, (re)prenez contact avec les parents. Ils ne doivent pas se limiter aux interlocuteurs immédiats, chefs d’établissement, directeurs académiques, recteurs, c’est de l’avenir de leurs enfants dont il s’agit, trop important pour le laisser entre les mains de fonctionnaires serviles dont la carrière passe trop souvent avant l’intérêt général, payés pour ne pas faire de vagues !
Allez, courage, la ministre a une page Facebook, un blog, l’Elysée a un site, et vous trouvez facilement les contacts de vos députés et sénateurs, des journalistes locaux. Nuit debout et les manifs du 1er mai peuvent être un bon moyen de sensibiliser l’opinion publique.
Amic’allemand,
Frédéric
corto74 (@corto74)
30 avril 2016 à 16 h 44 min (UTC 1)
Répondre
Bonjour ,
Puis-je reprendre ce billet sur mon blog ?
Merci d’avance
admin
30 avril 2016 à 16 h 48 min (UTC 1)
Répondre
Bien sûr ! Merci beaucoup.
corto74 (@corto74)
30 avril 2016 à 17 h 30 min (UTC 1)
Répondre
C’est fait, merci à vous
et tant que j y suis je vous colle dans ma blogroll
cdlt
Corto
http://corto74.blogspot.fr/2016/04/reforme-du-college-tristesse-pour-ces.html
Chasseguet
30 avril 2016 à 17 h 10 min (UTC 1)
Répondre
Les français doivent enfin comprendre. La lutte est en ce moment inégale. Il faut virer tout ce monde et mettre en place une droite musclée, une vraie. il y a place entre l’UMP et le FN. Avec la multiplicité des candidatures il y a place pour un Président de salut public, un vrai, nous pouvons, nous devons l’élire, nous sommes nombreux à le vouloir mais il en faut un qui se présente. Il faut espérer que l’on va multiplier les « Rendez-vous de Béziers » pour trouver notre candidat qui ne soit pas de la droite molle. Et surtout que les EGO s’effacent pour sauver la France.
Hubert Machard de Gramont
30 avril 2016 à 18 h 10 min (UTC 1)
Répondre
Merci pour ce « coup de gueule » ! Je pense que ce fait nouveau (la sortie des premiers manuels de collège) mérite d’être très largement diffusé, évidemment au niveau des parents et des enseignants. Puis-je moi aussi reprendre votre article sur mon blog ? Merci.
admin
30 avril 2016 à 18 h 36 min (UTC 1)
Répondre
Oui, bien sûr ! Merci pour votre soutien.
Damien
30 avril 2016 à 20 h 32 min (UTC 1)
Répondre
Citation du jour issue du Diable probablement (1977) du grand Robert Bresson :
« Comment finissent les civilisations ? … C’est quand tout devient con en accéléré… »
Que dire d’autre ?
Marie
30 avril 2016 à 21 h 48 min (UTC 1)
Répondre
Quelle affligeante nouvelle. Je pense profondément que si elle humilie le cœur des enseignants elle blessera très vite celui de chaque élève qui tiendra dans ses mains un livre scolaire de la sorte. Ressentir la culture de son pays en danger est une des pires sensations. C’est une partie de soi-même que l’on laisse se recouvrir de poussières et petit à petit disparaître. C’est l’histoire qui suffoque et laisse place à un paysage bien triste. Inondé par le médiatique, submerger par les formes intellectuelles les plus basses nous courons à la perte de notre propre joie, de notre propre épanouissement. Nous perdons ce qu’il y a de plus beau dans l’héritage de l’humanité, la culture. Élève de terminale, je me sens entièrement concernée et j’espère que de nombreux autres élèves continueront à prôner haut et fort la valeur ô combien immense de la culture française.
ben
30 avril 2016 à 22 h 23 min (UTC 1)
Répondre
Moi aussi j’ai mal à la France et à une jeunesse qu’on maintient dans la certitude qu’elle est incapable de faire mieux que cela.
Heureusement que beaucoup de professeurs ne respectent pas ces manuels. Mais quoi faire pour que cela change ? A part qq lettres ou mails, la diffusion des livres de JF Chemain ou autre dans ma boite, je me sens un peu impuissant…
On défile quand ??
Pierre
30 avril 2016 à 22 h 48 min (UTC 1)
Répondre
La Révolution française fut préparée par la distribution de pamphlets.
Mon épouse italienne rentre d’un saut chez ses parents… avec des petits livres à 1,9 Euro à couverture cartonnée (édition latin-italien ou grec-italien) qu’on trouve au kiosque à journaux (!!) : Sénèque – Il est facile de vivre longtemps si tu sais comment faire (La brièveté de la vie). Plutarque : L’art d’écouter.
Que penser de l’idée de monter une opération de distribution massive de petits classiques de ce genre à la sortie des lycées et collèges ? Ce sont des livres pleins de bon sens – selon le type de traduction retenue, ils peuvent être faciles d’accès. Avec une approche un peu non conventionnelle, proposer aux jeunes de l’oxygène. Certains prendront, d’autres pas. Mais la force de ces écrits, adressés à des temps parfois difficiles, sauront convaincre par eux même…
» La plupart des jeunes-gens exercent leur langue avant d’avoir exercé leurs oreilles et semblent croire qu’il est un art de bien dire et des règles pour l’apprendre, mais qu’il nest besoin ni de règles ni de méthode pour savoir écouter avec fruit. Qu’en résulte-t-il ? Semblables aux oeufs de certains oiseaux, qui ne contiennent qu’un germe imparfait et incapable de vie, leurs discours, dépourvus de sens et de réflexion, sont de vains sons qui frappent les airs » rappelle Plutarque.
sl
5 mai 2016 à 2 h 12 min (UTC 1)
Répondre
opération de distribution massive de petits classiques de ce genre à la sortie des lycées et collèges : tout ou presque finira dans les poubelles, je pense.
Pierre
30 avril 2016 à 22 h 57 min (UTC 1)
Répondre
Il me semble aussi indispensable de rappeler que ces réformes posent la question du respect du Droit à l’éducation tel qu’il est défini depuis 1948 dans la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que ses développements en Europe ainsi que lors des conférences internationales : voir icihttps://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_%C3%A0_l%27%C3%A9ducation
N’étant pas juriste je ne peux fournir d’argument précis. Néanmoins on peut percevoir que les programmes, tels qu’ils se présentent ou en tout cas tels que déclinés dans les ouvrages mentionnés, posent la question du droit d’accès à l’éducation et à l’instruction – volontairement occultés par les auteurs.
Ces procédés peuvent faire penser à une véritable volonté de couper les populations, les jeunes en particulier, des matériaux indispensables pour leur formation et l’élaboration d’une pensée. C’est la remise en question des fondements de notre société démocratique. Qu’on ne nous dise pas qu’il faut s’adapter au niveau des élèves : les jeunes professeurs dans les banlieues démontrent qu’ils peuvent intéresser des jeunes à des sujets complexes.
Sportelli
1 mai 2016 à 6 h 33 min (UTC 1)
Répondre
Merci monsieur. J’ai partagé cet article sur ma page FB.
JLM
1 mai 2016 à 10 h 42 min (UTC 1)
Répondre
Bonjour,
excusez-moi de troller, mais j’en ai marre.
La politique qui est menée a été décidée par le peuple souverain.
Vous y avez contribué en votant – vraisemblablement – pour F. Hollande.
Peut-être serez-vous plus à gauche la prochaine fois.
Cordialement quand même,
Fxb
1 mai 2016 à 16 h 05 min (UTC 1)
Répondre
Bonjour,
Je ne sais pas comment vous pouvez prétendre savoir pour qui j’ai voté en 2012… Curieux.
Quoiqu’il en soit, cela n’a rien à voir. Même élu, François Hollande n’a pas reçu de mandat pour achever l’éducation nationale. D’ailleurs, ce n’est ni lui, ni la ministre, ni le parlement qui ont écrit cette réforme ; elle n’a d’ailleurs jamais fait l’objet d’aucun vote. Ce déficit démocratique fait largement partie du problème.
Et quel que soit mon vote de 2012, nous avons le droit d’en parler. La démocratie ne consiste pas à réfléchir une fois tous les cinq ans…
FANGER
1 mai 2016 à 11 h 00 min (UTC 1)
Répondre
Un collectif d’enseignants se bat depuis 20 ans pour une école de qualité et dénonce les dérives délétères de l’éducation nationale : Sauver Les Lettres : http://www.sauv.net
DERVILLE
1 mai 2016 à 12 h 15 min (UTC 1)
Répondre
Comen ksé kon va noT les LV en FranC desormé ???
FANGER
1 mai 2016 à 12 h 32 min (UTC 1)
Répondre
Une collection de manuel scolaire dont les auteurs sont rentrés en résistance : Terre des Lettres
Je copie-colle ce message de :
Alexandre Fiebig de Défense et illustration des langues grecque et latine
26 mars ·
Hommage et soutien à Catherine Hars, Anne-Christine Denéchère, Claire-Hélène Pinon et Véronique Marchais, les auteurs de Terre des Lettres.
Terre de Lettres, le vrai manuel de Français de la résistance à #college2016, n’a que le bouche à oreille. Parlez-en, diffusez largement ce premier document, entièrement conçu et réalisé par les bons soins du groupe « Défendons (sans maugréer) les langues anciennes » et approuvé par Véronique Marchais.
Entre le déshonneur du discours de Nathan, en substance « N’ayez pas peur, la réforme va très bien se passer, d’ailleurs, nous sommes là pour vous accompagner.», et l’intégrité morale des résistants et combattants de la première heure, les auteurs de Terre des Lettres, qui ont passé l’année à se battre pour préserver la qualité et le contenu du manuel, sans rien céder sur tout ce que cette réforme a de démagogique et de ravageur, ont refusé le déshonneur de faire allégeance aux textes de #college2016, qu’ils ont combattus et combattent encore.
Leurs positions leur ont coûté la possibilité de promouvoir leur travail sur le même plan que les autres, alors la promotion, nous avons décidé d’y prendre une part active. Si vous pensez que nos 4 magnifiques collègues ont bien fait de tenir leurs positions, défendez-les avec nous, faites-le savoir, car c’est rien moins que leur existence qui se joue cette année.
Tout ce qu’elles ont refusé de faire (manuel de cycle, travail à partir du socle, littérature jeunesse…), l’éditeur Nathan l’a fait faire par d’autres auteurs, dans une autre collection. L’an prochain, il n’en restera qu’une.
Méditons les propres mots de Véronique Marchais : « Je vous jure qu’avec ou sans promo, je me battrai de toutes mes forces pour que ce soit nous, et pas un torchon qui réunit tout ce que j’abhorre. Et je compte un peu (euh… en vrai ? beaucoup) sur vous pour ça. »
Terre de Lettres, le vrai manuel de Français de la résistance à #college2016, n’a que le bouche à oreille. Parlez-en, diffusez largement ce premier document.
En espérant que vous trouverez là, Jean-Paul Brighelli, matière à faire savoir ce qui se trame dans le secret de certains éditeurs scolaires, qui eux, ont choisi le déshonneur, et auront la résistance, voire le boycott.
Version pdf pour large diffusion : https://goo.gl/GbrBGe
LARREUR Mariette(née VALANTIN)
1 mai 2016 à 13 h 58 min (UTC 1)
Répondre
J’avoue que je suis horrifiée de ce qui se passe en ce moment pour l’avenir de mes arrière-petits enfants et les autres ! Comment pourront-ils faire des études qui demandent une bonne orthographe, une culture scientifique et aussi la possibilité d’apprendre une autre langue étrangère !
J’ai 81 ans, bien entendu comme tout un chacun (e) ,parfois j’ai dun doute en orthographe , je vérifie avec un gros Larousse, BESCHERELLE, « le française Correct » de Maurice GREVISSE etc..
Merci Monsieur François -Xavier BELLAMY
corinne
1 mai 2016 à 15 h 36 min (UTC 1)
Répondre
Luc Ferry a fait un parallèle intéressant entre la structure politique et l école. Apprentissage sans comprendre pour les totalitarisme, destruction des règles car l enfant va tout réinventer pour les sociétés anarchistes…et la démocratie où l individu choisit ses lois et les respecte…. l école républicaine où on étudie les règles données par les maitres et on se les approprie par les exercices….l école républicaine a disparu …. et la démocratie?
Valentine
2 mai 2016 à 8 h 26 min (UTC 1)
Répondre
Bonjour,
Je ne suis pas en faveur de cette réforme, loin de là, et je comprends l’esprit de votre texte.
Cependant, dans ce cas précis, l’exercice ne vise pas à étudier le SMS, mais à écrire une lettre qui développe les sentiments et arguments de la rupture. Il s’agit donc, justement, de faire compléter, élaborer, tout ce qu’il y a d’insuffisant et de lacunaire dans le SMS…
Est-ce si scandaleux que l’accroche de cet exercice d’écriture traditionnel (écrire une lettre pour exprimer et expliquer des sentiments) soit constituée d’une forme de message quotidienne et évidente pour les élèves? D’autant plus que, pour aboutir à cet exercice, il faut très probablement avoir fait lire et travailler des exemples de lettres littéraires, d’amour, ou de rupture (je pense à celles de Flaubert, Hugo, Georges Sand et Musset…), comme on le fait, encore une fois, de façon traditionnelle et qui figurent souvent dans les manuels scolaires, et même ceux post-réforme (comme on peut les consulter chez différents éditeurs qui commencent à les mettre en ligne).
Encore une fois, je crois que le SMS n’est ici qu’une accroche pour amener les élèves vers autre chose, un texte plus riche et un exercice de la pensée plus développé: ce n’est après tout qu’une ruse pédagogique de base!
Ne nous servons-nous pas tous, parents et enseignants, du SMS au quotidien? Pourquoi sa simple existence serait-elle bannie des manuels scolaires, du moment qu’il s’agit justement de dépasser cette forme rapide de communication?
Je crois qu’il y a dans cette réforme des conséquences plus pernicieuses à combattre (diminutions horaires lentes mais continues, aide en classes entières, latin, etc) que de s’angoisser sur un exercice banal dont de nombreux exemples figurent d’ailleurs dans les manuels ancienne mouture.
Très cordialement, nonobstant!
Fxb
2 mai 2016 à 8 h 58 min (UTC 1)
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Merci pour votre message.
Le fait qu’il s’agisse de rédiger une lettre de rupture, et non d’en rester au seul SMS, n’enlève absolument rien au fait que le contenu même de l’exercice soit dramatique, précisément, indépendamment de sa forme. Il consiste à supposer qu’un élève de 5ème a par définition 1) un smartphone et 2) un couple, qu’il s’agit de rompre…
Quand à la forme, tout simplement… qu’est-ce que cette langue déstructurée vient faire dans un manuel de littérature française ? Il n’y a pas longtemps encore, on proposait aux élèves de répondre à Roxane avec Cyrano, ou à Rodrigue avec Chimène. Au collège, je me souviens d’une rédaction où je devais convaincre Ulysse d’avoir confiance en Pénélope. Cela donnait quand même un peu plus de hauteur d’esprit et de richesse de sentiments que ce sujet affligeant, non ?
D’ailleurs, je serais très intéressé d’avoir les exemples de ce type d’exercice que vous dites banal dans des manuels précédents. Ils n’étaient pas parfaits, c’est certain ; mais là je crois qu’on franchit un seuil dramatique. Il n’y a d’ailleurs pas que cet exemple-ci pour s’en convaincre, malheureusement…
Merci encore pour votre commentaire.
isabelle crespel
4 mai 2016 à 10 h 09 min (UTC 1)
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Et je me demande bien ce que va pouvoir raconter l’élève qui a 13 ans n’a pas eu de petit ami/amie, et pourquoi pas les deux?
Cerise sur le gâteau, il/elle va sentir « anormal » de ne pas être en couple…. A 13 ans????? Au secours!
La situation va devenir gênante et honteuse pour lui/elle.
Mes enfants ont en marre qu’on les prenne pour des idiots. Ce n’est pas leur langage. Même les téléphones refusent d’écrire ce charabia et essaient et de corriger en « bon » français les sms.
Hélas dans mon établissement certains approuvent comme vous et trouve l’exercice amusant. PAS MOI.
Albane
2 mai 2016 à 16 h 32 min (UTC 1)
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Bonjour Francois-Xavier
Merci de votre article, je partage votre analyse et j’ai bien sûr lu votre livre et écouté une de vos conférences.
Vous êtes jeune et j’ai plein d’espoir qu’un homme comme vous puisse réveiller les consciences! Tout le monde ne lit pas le Figaro et j’aimerais vous voir plus dans les médias ou en politique! Soyez notre porte parole !!!
Albane
Dorsay
2 mai 2016 à 17 h 40 min (UTC 1)
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Imaginez en plus des initiatives dingos comme celle de cet enseignant ce matin sur RMC avec l enthousiaste Bourdin qui se vantait de faire avec ses élèves des simulations de parcours de réfugiés avec stages en immersion. On touche le fond. C’est le pédagogue que l’on devrait immerger.
marmotte
2 mai 2016 à 17 h 42 min (UTC 1)
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Bonsoir monsieur,
ce mail sera peu constructif car je partage intégralement votre avis. Ma question est : que peut on faire??
j’ai signé des dizaines de pétitions. En tant que parent d’élèves, j’ai manifesté. Je lutte à la maison pour que chacun s’exprime correctement: « trop bien » est banni!. pas de smartphone, pas de petit ami (et oui, nous avons expliqué à nos enfants qu’il y a un âge pour tout et pour le moment c’est l’âge des études!)….
alors que faire?
je suis impuissante et démunie. Ce n’est pas l’école que je souhaite pour mes enfants.
cordialement
fleuraufusil59
3 mai 2016 à 14 h 04 min (UTC 1)
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Chère madame,
Bravo pour votre combat au sein de votre famille. Mais en effet, il faut faire plus ! C’est urgent !! Les professeurs se sont beaucoup mobilisés : ils ont fait grève, ils ont manifesté. Mais les parents ?… Que font les parents ???? Il s’agit pourtant bien de leurs enfants !!!!!
Si j’avais des enfants en âge scolaire, je remuerais ciel et terre : courriers massifs et rendus publics auprès du rectorat, de la direction du centre diocésain, de l’APEL à qui je dirais toute ma colère ; manifestations, locales ou nationales, aux côtés des enseignants (à vous de les inviter à vous accompagner) . Je suggérerais enfin volontiers une grève de l’école tant que la réforme ne sera pas définitivement enterrée. Les écoles, collèges et lycées n’ont pas encore acheté les nouveaux livres qu’ s’agit juste d’ envoyer au pilon. Les bretons ont bien obtenu la destruction des péages autoroutiers pour les camions. Rien n’est encore impossible. Qui ne dit mot consent. Si rien ne bouge, tout le monde devra se considérer responsable et coupable de l’application de cette réforme… Les plus combatifs auront été, de loin, les enseignants.
sl
5 mai 2016 à 2 h 46 min (UTC 1)
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je suis d’accord avez vous : manifester, pétitionner, lutter à la maison, j’ai fait aussi, mais tout cela ne sert à rien.
M. Bellamy dit : « Pourquoi ne nous réveillons-nous pas ? »
mais comment ? en faisant quoi ? une grève de l’école ? mais qui en pâtira ? et des grèves, dieu sait qu’il y en a eu : avec quels effets ?
écrire à l’APEL ? mais l’APEL est POUR cette réforme, il n’y a qu’à lire le magazine de l’APEL, terrifiant de « bienveillance ».
en ce qui me concerne je ne sais plus quoi faire. Je vois les enseignants se battre, se désespérer, faire du mieux qu’ils peuvent, enfoncés par l’éducation nationale.
A part entrer en résistance, et sortir ses enfants du système scolaire classique (ce que semblent faire de plus en de parents), que faire ? et encore faut-il en avoir les moyens financiers et trouver un bon établissement. Je préfère un établissement public ou privé sous contrat, avec lequel j’ai un minimum de certitudes et où je sais ce qui se passe à un établissement privé hors contrat.
et puis, à quoi bon faire travailler ses enfants ? quand on voit que le droit au bac est quasiment garanti, que l’accès aux études supérieures se fait sur tirage au sort (y compris en faculté de médecine)… on se demande si on n’handicape pas ses enfants en exigeant d’eux des efforts à l’école, car cela ne les préparera pas au monde de demain.
michelle.jalmain
3 mai 2016 à 8 h 45 min (UTC 1)
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quel tristesse que ce gouvernement -il n’y a pas que l’éducation tout est dans le meme état -la france est sous l’eau c’est pourquoi hollande a acheté des sous-marins
michelle.jalmain
3 mai 2016 à 8 h 49 min (UTC 1)
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il n’y a pas que l’éducation qui est dans un état désastreux tout le reste est identique -hollande a mis la france sous l’eau c’est pourquoi il a acheté des sous-marins -quant à la ministre de l’éducation une catastrophe
Léger Madeleine
4 mai 2016 à 16 h 38 min (UTC 1)
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vous vous demandez « s’ils ont honte » ? mais non bien sûr… même pas ! le pire est qu’ils ne se rendent pas compte de ce qui est écrit là, sur ces livres de classes . ils ne résonnent qu’en terme de « rendement » et de « rapport financiers » : qu’est-ce qui va rapporter le plus ? l’éducation, l’enseignement, élever noblement des enfants par la culture, la richesse de la langue, les idées, le patrimoine, l’Histoire ? pfitt ! c’est quoi ça ? tout ça au placard …