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  • S'immoler pour mettre en lumière.........

    Sans solution, une maman menace de s'immoler

    Résumé : En l'absence de prise en charge pour sa fille atteinte de dysphasie sévère, une maman menace de s'immoler. La cellule de crise mise en place par MA Carlotti n'y a rien changé. Une solution a finalement été trouvée... 

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    Depuis deux ans, Stella Manchon, maman de Mary, 17 ans, atteinte de dysphasie sévère, ne s'est vu proposer aucune solution pour celle-ci, qui vit cloîtrée, sans prise en charge, au domicile familial. Stella vit un enfer au quotidien. Lasse de se battre, elle envisage de s'immoler dans les prochains jours devant la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) d'Avignon.

    Des dizaines de courriers, des dizaines de mails, de nombreux contacts avec les autorités dont le Ministère de la santé, la cellule de crise mise en place par l'ex ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, le juge des enfants… n'ont rien changé à sa situation. Selon son entourage, dans l'indifférence générale, un drame se prépare.

    Le Collectif Citoyen Handicap (CCH), qui soutient cette maman, entend lancer ce dernier cri de détresse, précisant « après avoir tout mis en œuvre pour sauver Mary de l'avenir sombre qu'on lui réserve ».

    Dernière minute le 10 septembre 2014

    La mobilisation autour de cette maman a porté ses fruits. Mary a été accueillie dans un ESAT le 10 septembre, exceptionnellement en internat puisqu'elle habite à seulement 6 km. « L'ESAT a expliqué à Stella qu'il avait reçu un coup de téléphone du ministère, que cela n'était jamais arrivé et que celui-ci, en échange de l'intégration de Mary, aurait un renouvellement pour un contrat se terminant ce mois pour l'un de ses employés, selon Jean-Luc Duval du Collectif Citoyen Handicap qui s'est impliqué dans cette affaire. » Il faut savoir que Stella avait visité cet ESAT en juin de sa propre initiative ; le directeur lui avait alors expliqué qu'il était impossible d'accueillir Mary mais qu'il la recontacterait, certainement en fin d'année. Mary a passé une bonne journée et est rentrée avec le sourire.

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    Commentaires

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    Le 04-09-2014 par Amélie : 
    j'en suis au même satde de ma vie avec mon fils solution "la moins pire cette année scolaire entrée en clis 1 " mais inanaptée pour le handicap !! ici personne ne sait ce que veut dire dysphasie sévère mixte !! alors il vaut mieux qu'elle vive pour aider son enfant et lutter encore chaque jour qui passe!! qui sera la pour sa fille une fois partie ?les institutions on voit quotidiennement ce que cela donne avec l'avenir de nos enfants!! le combat est dur je vis la mêm chose ici en vendée !et partout en france!la loi 2005 est loin d'avoir des moyens financiers derrière pour touts nos loulous!!un papa dans sud à grimpé sur le toit de la mairie de son village pour faire entendre ses droits.moi-même je dois en arrivée à un dépôt de plainte contre l'ARS AGENCE REGINNALE DE LA SANTE et qui risque m^me d'être déboutée parce que qu'on ne change pas d'orthophoniste comme de garagiste

    Le 05-09-2014 par spiroune : 
    vive la france pour les administrations nos enfants autiste sont des sous citoyens qui doivent etre enferme ici jai a me battre pour mon fils tous les jours pour quil ait une vie normale come tous les enfants de son age jai de plus honte de vivre dans ce pays quand je vois ce que lon propose et lenfer que letat fait vivre aux parents

    Le 08-09-2014 par René : 
    Je voudrais juste envoyer un peu d'espoir et d'encouragement à ces mamans dans la détresse. Je suis père d'une grande fille lourdement handicapée qui est très bien accompagnée par des auxiliaires de vie et des aides techniques grâce au financement de la MDPH (PCH en aide humaine 10h par jour). Je suis militant associatif depuis 40 ans et conciliateur à la MDPH de mon département et malgré les difficultés financières évidentes des MDPH, je crois que de très nombreuses personnes handicapées sont vraiment bien aidées. Mais il y a encore trop peu d'établissements et services en ce qui concerne l'autisme. Nous y travaillons, dans les associations, mais la situation est grave pour encore de nombreux enfants ou adultes.Il faut continuer à se battre et ne pas perdre espoir et faire jouer les aides possibles, les solidarités de proximité. Bon courage, vous avez tout notre respect et notre sympathie.

    Le 18-09-2014 par Pierrette : 
    Les médecins ont probablement eu raison pour leurs soins intensifs à la naissance et les parents ont probablement raison de demander l'arrêt des soins de survie (loi Léonetti le permet)
    Pierrette ,médecin retraité,qui a à 2 reprises ,il y a 40 ans, permis à 2prématurés de ne pas "survivre"avec de très graves lésions cérébrales,en n'obéissant pas à son chef de service

    Le 01-02-2015 par Autisme : 
    J'ai publié un article sur cette situation dramatique.

    J'ai ajouté un lien vers le votre (d'article).

    http://en-quete-de-declics.fr/index.php?declic=quete&autisme=Autisme-qu-est-ce-qui-te-rend-heureuse-ton-travail

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  • L'inégalité pour tous.

    [Reportage] Le bilan de la réforme scolaire 2014 : l’inégalité pour tous ?

     

    https://www.facebook.com/celine.fabre.507/posts/988837607806901

     

    Il y aurait plus d’inégalités dans et entre nos écoles; c’est le constat alarmant que font aujourd’hui les opposants à la réforme scolaire.
    L’année scolaire se termine sur l’insatisfaction générale, manifestée mercredi 17 juin par le rassemblement des collectifs des Gilets Jaunes et Citoyen Handicap (CCH) à l’entrée des rectorats de France qui ont tous accepté de recevoir les délégations d’enseignants, parents d’élèves et auxiliaires de vie scolaire (AVS) pour discuter du bilan des réformes mises en place à la rentrée 2014. Le mot d’ordre sur cette réforme scoaire : « Ils ont essayés pendant un an, à part accroître les inégalités pour tous ça ne marche pas ! » résume un des Gilets Jaunes venu occuper le bâtiment aixois avec une trentaine de manifestants.

    L’urgence, « c’est l’abrogation du décret Peillon »

    Depuis la rentrée 2014, l’école c’est aussi le mercredi matin (ou le samedi plus rarement, selon le choix des communes), les journées se terminent plus tôt à 15h45, et les municipalités doivent mettre en place et financer 3h d’activités périscolaires (TAP) dans la semaine (parfois concentrées sur une après-midi comme à Marseille,le vendredi). Or, le constat est unanime: d’après le témoignage de chacun des manifestants présents devant le rectorat, la semaine de 4,5 jours fatigue les enfants. « Imaginez l’impact sur les élèves en situation de handicap si c’est déjà le cas pour les autres enfants », rappelle un représentant du CCH.

    Collectif des Gilets Jaunes, Collectif Citoyen Handicap, Sud Education, Auxiliaire de Vie Scolaire tous réunis pour occuper le rectorat d’Aix-Marseille le 17 Juin.
    Plus encore, pour les collectifs et syndicats réunis la réforme fait entrer l’insécurité et la politique dans les écoles. « Les animateurs sont souvent peu formés (pas de Bafa) voir bénévoles, donc les TAP pour nous contrairement à d’autres communes c’est plus de la garderie » affirme un groupe de parents d’élèves venu de Marseille, soulignant que « l’insécurité abominable qui en résulte est passée sous silence » . L’autre générateur d’inégalité selon les manifestants c’est la marge de manœuvre laissée à la mairie pour définir les activités mises en place. «Prenez le Maire FN de Beaucaire, dans le Gard,» nous indique Céline Fabre, « qui met en TAP pendant 3h avec les enfants des gens du Front National. S’il veut faire apprendre la Marseillaise et le garde à vous par exemple (ou autre activité qui va faire adhérer à son parti), qui l’empêche ? » Seule solution pour ces collectifs: abroger le décret Peillon. Les manifestants présents devant le rectorat d’Aix-Marseille y croient, « tout est possible avant la rentrée de septembre. »

    Une territorialisation des services scolaires est alarmante

    Pour Céline Fabre, l’enseignante en gilet jaune, cette territorialisation des services scolaires est alarmante : « Ajoutez le projet éducatif territorial (PEDT) où l’animateur devient capable d’enseigner, les TAP, et la fameuse ère du numérique; (pour caricaturer) le futur professeur est une tablette avec des animateurs autour qui interviennent, voilà où va l’enseignement ! » Selon elle, la tendance inégalitaire du système scolaire se lit déjà dans la fuite des élèves vers le privé qu’elle observe à son échelle: « dans mon école à Toulon, il y avait 1 départ en privé chaque année, cette année on a recensé 13. » Pour l’enseignante, l’impact le plus direct « sera la disparition de la maternelle d’ici deux à trois ans. » Dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, depuis 2005 des centres d’éveil payants substitueraient déjà pour de nombreuses familles les services publics.

    70 000 familles en périphérie du système scolaire !

    « On parle souvent des aménagements pour personne à mobilité réduite dans les écoles », souligne un représentant syndical de Sud éducation, « mais le problème majeur reste le manque de formation et le statut précaire des AVS qui accompagnent l’intégration des enfants en situation de handicap dans les classes. » C’était pourtant la promesse des mesures engagées par le gouvernement Ayrault– création de 8000 postes d’AVESH et attribution d’un contrat de CDI aux assistants éducateurs en poste depuis plus de six ans. Le CCH regrette aujourd’hui la « répartition bricolée » des AVS qui, dans les faits, ne permettrait aux enfants que de bénéficier partiellement des heures d’accompagnement pourtant promises par l’instance qui les attribue (la MDPSH). Les parents de Matthieu et Elise, tous les deux atteints de troubles autistiques, témoignent de l’ignorance qui persiste: « l’AVS nous expliquait qu’elle ne savait pas gérer les violences de Matthieu, et ce dernier était complètement isolé dans sa classe. » Conclusion, Matthieu ne devrait plus être scolarisé dans une « classe normale » mais devrait suivre un enseignement spécialisé (CLISS), voir même dans un centre médico-éducatif comme sa sœur (IME). « Mais pour avoir une place comptez 3 à 4 ans d’attente » affirme le couple. Une situation que partage plus de 70 000 familles en France.

    Stella Manchon, « la folle » qui ennuie l’Etat français

    C’est le titre qu’elle se donne aujourd’hui quand elle raconte son histoire, l’étiquette de son combat acharné pour que sa fille qui présente des troubles autistiques soit prise en charge par l’Etat. Cette mère, infirmière de nuit et représentante du CCH, a refusé de placer sa fille dans un IME il y a quelques années. « Je ne voulais pas qu’elle devienne un légume, droguée aux médicaments et cloîtrée dans une chambre » confit-elle. Mais l’hôpital psychiatrique était alors la seule alternative que l’Etat proposait à Mary à l’époque. Résultat, la jeune adolescente passe deux ans et demi à la maison sans être scolarisée et développe de nouveaux troubles psychologiques. Stella et sa fille se sont alors retrouvées « isolées, frappant à toutes les portes sans réponse (associations, services publics, gouvernement). » Poussée par une dépression partagée en septembre dernier, « il a fallu que je menace de m’immoler devant le ministère à Paris pour que l’Etat réagisse enfin ! En 30 minutes il ont trouvé une solution qu’on attendait depuis 2 ans et demi, » affirme-t-elle.

    Aujourd’hui, Mary à 18 ans, travaille dans un ESAT (Etablissement de service d’aide par le travail), a réduit de 80% ses troubles acquis pendant son isolement, et envisage enfin l’avenir. Une fin heureuse au combat de Mary que Stella dit ne devoir qu’à sa détermination, et dont elle rappelle le caractère exceptionnel de son dénouement : en France 20 000 enfants en situation de handicap et 80% des enfants autistes ne seraient toujours pas scolarisés d’après l’Unicef.

    A noter, le pays a été condamné pour les injustices que Stella dénonce par le Conseil de l’Europe pour « violation de la Charte sociale européenne révisée en ce qui concerne le droit des enfants et adolescents autistes à la scolarisation en priorité dans les établissements de droit commun, et l’absence de prédominance d’un caractère éducatif au sein des institutions spécialisées.» Dans ce contexte, Stella Manchon « ajoute que la France ne respecte pas des droits constitutionnels et l’Etat préfère organiser la déportation de ces enfants en Belgique plutôt que de financer la mise en place de centres capables de les accueillir en France. » rajoute-elle (pour en savoir plus sur ce point). « Un véritable scandale sanitaire » selon Stella qui en fait aujourd’hui son cheval de bataille

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  • Yuka et Marine

     

    Un jour, Marine est revenue d'une balade dans les bois avec un petit chien, une boule de poils adorable. Il était maigre, affamé, il têtait mon doigt, il mangeait de l'herbe.

    C'était Yuka.

    Il est impossible de décrire la fusion qui existe aujourd'hui entre notre fille et son chien. Ce chien et sa Maîtresse. L'un et l'autre s'appartenant.

     

    J'ai roulé sur le chien de ma fille, sur ce qui emplit sa vie d'amour et de joie.

    J'ai vu ma fille tout prendre en main, dans les premières minutes, là où moi, j'étais incapable d'agir, sidéré par le drame.

    Depuis un mois, je vois ma fille changer des pansements sur une plaie de cinq centimètres de long, deux centimètres de large, la chair à vif....

    Elle tamponne avec des compresses, enlève des filets de pus, reconstitue le pansement avec des sangles passées dans des boucles cousues à même la peau....Un travail minutieux de 45 minutes répétés deux ou trois fois par jour selon l'incontinence...

    Je carresse Yuka pendant ce temps-là et je l'empêche de bouger quand il a mal. Et Marine doit continuer à le soigner en sachant qu'elle lui fait aussi du mal. Yuka n'a pas la notion du temps. Il est dans l'instant. Et même si Marine lui parle, lui explique, le rassure, le réconforte, le carresse, que peut-il comprendre de tout ça ?

    On n'en sait rien mais on continue à lui parler malgré tout. 

    ...

    J'ai vu ma fille craquer et rebondir, pleurer et se réjouir.

    Je l'ai vue dormir dans le garage à côté de Yuka qui avait de la fièvre. Essuyer son anus plusieurs fois par jour et devoir recommencer encore quand on vient juste de réussir à l'allonger sur sa paillasse. Je l'ai vu le câliner des heures durant et en oublier de penser à elle. Laver les couvertures toute la journée, laver Yuka cinq, six, sept fois par jour, se relever pour les besoins de la nuit.

    Je l'ai vue rire avec lui alors qu'elle pleurait seule, dans son camion, dix minutes avant. 

    Je sais l'amour infini qu'elle porte à Yuka.

    Le même que je lui porte.

     

    Celui que je porte à Marine n'est de toute façon pas mesurable. 

     

    Il est de ces épreuves qui portent un message. Je n'ai pas encore décrypté celui-là parce que l'épreuve est en cours et que je n'ai pas le temps pour ça....

    Marine, non plus.

    Mais un jour, on comprendra. 

     
     
     
     
     
     
     

     

     

  • Yuka. Un mois après...

    C'était le 12 mai. En reculant avec le camping car, j'ai roulé sur Yuka, le chien de Marine, ma fille. 

    Une 1ère opération pour tenter de reconsolider le bassin, le pubis, le sacrum...Cinq broches. 

    Et puis une 2ème opération suite à une infection qui risquait de déclencher une septicémie.

    Retrait d'une broche et pose d'une autre pour équilibrer le bassin.

    Les premières "marches" (5 minutes) montraient une bascule du côté gauche et des douleurs pour Yuka.

    Un soir, alors qu'on lui avait enlevé la collerette pour qu'il puisse manger, Yuka a arraché le pansement et les fils de la plaie de l'escarre et il a tout avalé...

    En urgence, une heure de route, arrivée à Annecy à 22h30...Le médecin a injecté un vomitif à Yuka et quinze minutes après, il a tout rendu...Refermer la plaie, surveillance toute la nuit...

     

    On ne compte plus les trajets entre la maison et l'hôpital.

    On ne compte plus non plus, les soutiens et la patience, la bienveillance et l'attention de toutes les personnes de cet hôpital. 

    Je me suis même demandé une nuit où je ne dormais pas, si finalement, les gens qui consacrent leur vie aux animaux ne sont pas plus humains que les autres...

    Les chirurgiens, le Docteur Bernarde ou le Docteur Matres, toutes les autres personnes dont je ne connais pas le nom, les secrétaires de l'accueil, les internes, les infirmières...Toujours cette attention bienveillante, ce soutien dans la douleur, cet apaisement des peurs, des explications patientes, des regards plein d'empathie, une efficacité intacte de leur part...La gestion émotionnelle que ça représente pour eux...Même s'il nous est douloureux de devoir retourner souvent à l'höpital, sans savoir si Yuka reviendra avec nous le soir, même si la route est longue et notre fatigue immense, nous savons, à chaque fois, que nous serons entendus, accueillis, réconfortés, que les soins seront faits avec la plus grande attention.

    Beaucoup de gens du personnel nous disent adorer Yuka.

     

    L'incontinence n'est pas réglée. Il faut laver Yuka plusieurs fois par jour et changer les couvertures sur lesquelles il dort. J'ai fait deux enclos avec de la paille pour qu'il ne sorte pas. Il ne faut pas qu'il s'allonge du côté de l'escarre. On se lève la nuit pour le retourner car Yuka s'allonge prioritairement du mauvais côté. 

    Il faut appuyer sur sa vessie pour déclencher la miction. Les selles arrivent n'importe quand. On a noté pourtant une amélioration puisque Yuka attend plus souvent désormais pour l'urine qu'il soit debout et hors de son enclos. Même chose pour les selles. Je sens aussi des contractions de son ventre lorsque j'appuie sur sa vessie. 

     

    Il marche un peu (5 minutes) ou deux cents mètres en tout. Le bassin semble équilibré mais les plaies lui font trop mal sans doute pour qu'il puisse adopter une marche normale. 

    Je continue à le masser pour le soulager des contractures musculaires. Plusieurs fois par jour, longuement. Je sais l'importance de ce lien entre lui et moi. 

    Il a beaucoup maigri et la masse musculaire de l'arrière-train a fondu...

    Il a fallu qu'il garde un drain pendant trois jours avec obligation de le changer toutes les quatre heures...Marine s'en est chargée et j'admire son courage...

     

    Poussées de fièvre, états d'excitation ou dépressif, douleurs et pansements déclenchant des allergies cutanées, une collerette qu'il ne supporte pas vraiment, les mouches qui le harcèlent, la chaleur, l'incontinence, la tristesse de ne pas pouvoir courir après les oiseaux, des marches insignifiantes pour l'énergie qu'il avait...

     

    C'était l'hiver dernier...Yuka, heureux et fort. Plein de vie.

     

    On ne sait pas trop où on va mais on continue à tout faire pour que Yuka récupère...Au mieux. 

    Aujourd'hui, Yuka est sorti de son enclos. On l'a emmené au lac. Il a marché quelques mètres...Il a goûté à l'eau qu'il aime tant.

    On continue, on ne lâche rien. 

    Yuka non plus. 

     

     

     

    Yuka. Le jour où...

    Yuka...Une semaine après...

     


     

  • L'inspiration

    INSPIRATION : Action par laquelle, l'air entre dans les poumons.

    INSPIRATION : Mouvement intérieur, impulsion qui porte à faire, à suggérer ou à conseiller quelque action. Souffle crétaeur qui anime l'écrivain, l'artiste, le chercheur....

     

    J'aime bien l'idée que l'inspiration artistique soit associée à la notion d'air entrant dans les poumons. La création est un mouvement généré par une énergie extérieure à l'individu. Il ne s'agit pas de fabriquer en soi les éléments nécessaires mais de "s'ouvrir" pour les recevoir et d'apprendre ensuite à les matérialiser par des actes. 

     

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  • Le pourquoi du roman

    C'est la réflexion suivante qui m'a amenée à écrire "Là-Haut"....

    Il fallait que je construise une histoire pour explorer cette dimension du Bien et du Mal et de la révélation du Soi lorsque la dualité s'éteint. Il fallait que je donne vie à des personnages pour qu'ils me guident. Je devais absolument écouter, continuellement, ce qu'ils avaient à me dire, sauver leurs paroles du néant de l'oubli...Ils ont été les défricheurs de cette jungle de pensées en moi, ils ont taillé sans retenue jusqu'à ce que je ne craigne plus de me perdre. Ils ont vécu en moi et je pourrais les croiser aujourd'hui dans la rue sans même en être surpris...Ils existent quelque part...Je sais ce que je leur dois.

    J'ai connu moi aussi la perte de mon intégrité physique. Durant quelques temps. Je sais donc ce qu'est le bonheur infini de se sentir de nouveau entièrement disponible...Mais il fallait que j'écrive cette histoire pour comprendre ce que j'avais connu. Comme si d'écrire ce roman me permettait de sortir de moi et de m'observer dans le miroir de leurs existences. Jean, Blandine, Isabelle...

    Je sais qu'ils m'ont grandi. 

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    La souffrance comme une issue. La dernière clé. Toutes les situations, tous les évènements, des plus anodins aux plus traumatisants concourent à l’émergence du moi et à sa progression dans le temps. Mais je vois une distinction profonde entre cette « existence » perçue par ce moi et la « vie » perçue par bien autre chose. L’existence est constituée par tout ce que le moi accumule. La vie n’a pas besoin d’accumuler quoique ce soit. Elle est. Constante et immuable. Est-ce que le moi peut réellement la saisir, est-ce que le moi, dans le chaos de ses pensées, dans le fatras incommensurable de son existence peut réellement percevoir cette conscience du soi et de la vie.

    Le Soi.

    Qu’en est-il ? Le moi est une entité individuelle modelée par d’autres entités individuelles, par d’innombrables imbrications dans lequel le moi s’identifie. On peut clairement se demander si la notion de Soi et la conscience de la vie lui sont accessibles. Que peut-il saisir dans son fonctionnement, sinon, une idée mentalisée ? La vision d’un Tout et l’appartenance du Soi à ce Tout sont-ils de pures hallucinations d’un mental qui se gargarise d’un cheminement spirituel, comme un piédestal à sa magnificence ?

    Il serait bien plus profitable et honnête que ce soit le Soi qui conçoive le moi, que ce soit lui qui observe les agitations frénétiques de ce petit individu mais dans cette soumission de l’individu à son identification, c’est le moi qui part à la recherche d’un Soi dont il a entendu parler et qui comblerait son désir de séduction. Car celui-là qui est au cœur de son Soi est beau et sage…Vaste mystification. Que peut saisir une entité centrée sur elle-même quand elle se dit être en quête du Tout. La fourmi a t-elle conscience de la forêt dans laquelle elle travaille, de la planète sur laquelle elle existe, de l’Univers ? Possédons-nous une conscience plus élaborée que celle de la fourmi ? Oui, bien évidemment ou alors c’est que la fourmi cache bien son jeu… Bien, et alors ? Dès lors que le moi part à la recherche d’un Graal qui dépasse son entendement, que peut-il trouver d’autre qu’une entité à sa dimension, c'est-à-dire bien autre chose que le Soi ? Alors, il nous faut chercher sur le chemin des religions…Mais les religions sont issues du mental. Aucune religion ne peut être un tremplin. Elles ne sont qu’une boucle qui ramène le moi vers lui-même. Puisqu’il en est l’instigateur. De toute façon, tant que le raisonnement, la linguistique, la dialectique, la logique, la rhétorique entrent en action, c’est le moi qui cherche ce qui ne lui est pas accessible. Dès lors qu’il y a un observateur et une quête, l’objet observé, l’individu reste dans un cheminement mentalisé et par conséquent le moi…Il a conscience de sa recherche et s’en glorifie et imagine dès lors être sur la voie. C’est juste celle qui le ramène à lui-même. Mais par des chemins enluminés de métaphysique, ce qui donne un aspect valorisant à la quête…Vaste mystification. La métaphysique est lucide quand elle est capable de juger de son insuffisance. C’est le moi qui se regarde par des fenêtres plus larges. Mais il n’y a pas de nouvel horizon. Pas celui du Soi. Faut-il donc passer par un autre canal que le moi pour saisir le Soi ? Mais s’il n’y a plus de moi, il n’y a plus de conscience, de vigilance, il n’y a plus rien qui puisse saisir puisque tout a disparu… Ça serait considérer que seul le mental a la capacité de saisir… Je ne pense pas que ça soit le cas. Là, il s’agit juste d’un formatage. On a appris à penser pour saisir. « Je pense donc je suis. » Sacrée catastrophe que cette affirmation. « Je pense donc je fuis. » Je fuis la possibilité d’entrer dans une dimension qui m’échappe dès lors que je pense. Ça ne nous donne pas de piste quant à la quête de ce Soi. Pour l’instant, il reste insaisissable. Mais n’est-ce pas justement la solution à l’énigme ? Puisque le moi ne peut pas saisir un Soi, autre qu’une enveloppe grossie de son propre moi, puisque le Soi ne peut pas être conscience de lui-même puisque cela reviendrait à concevoir un Soi détaché du Tout, c'est-à-dire immanquablement une individualité, ce qui serait antinomique dans l’idée du Tout, il n’est dès lors pas possible de saisir le Soi par le moi. Tout simplement.

    Le Soi aperçu par le moi est nécessairement une entité séparée du Tout et par conséquent autre chose que le Soi. Le Soi est Conscience et non conscience. Il ne peut pas être conscientisé car il faudrait qu’il s’individualise et qu’il s’identifie à l’observateur. Le ciel ne peut pas voir le ciel. Il faudrait qu’il prenne de la hauteur !! L’Univers ne peut pas s’observer. Le Soi ne peut pas se connaître. Ni par lui-même puisqu’il ne serait plus le Soi mais une entité séparée du Soi, ni par le moi qui ne peut pas connaître ce qui le contient. Bon, ça semble à peu près se tenir tout ce charabia. Mais alors qu’en est-il des expériences mystiques ? Des révélations qui font basculer parfois en quelques instants, des individus « basiques » à des êtres éveillés ? Qu’ont-ils aperçu, ressenti, perçu, « compris » (pas de façon rationnelle bien entendu…), que leur est-il arrivé ? Est-ce que le moi peut basculer dans une dimension qui ne serait pas le Soi mais un « simple » état de conscience modifiée ? Comment considérer que ces gens puissent évoluer dans un monde mentalisé en ayant eu accès à une vision unifiée de la vie ? Comment gérer ce genre d’antagonismes ? Comment passer du haut en bas, de l’intériorité mentalisée à l’universalité dés-identifiée ? Les voyageurs des NDE ? Les guérisons « spontanées » et inexpliquées ? Que s’est-il passé ?

    Le moi, dans ces expériences extrêmes, n’a rien à voir. Il est bien trop futile et insignifiant pour s’engager dans des voies aussi radicales. Écoutons les paroles des « expérimentateurs »…C’est stupéfiant. Tellement éloigné de notre vision mécaniste et rigoriste de la vie.

    Le Tout s’est-il laissé découvrir, le Soi s’est-il révélé ? Mais alors, tout ce que j’ai écrit au-dessus ne tient pas. Tout ça ne serait donc bel et bien que du charabia métaphysique. C’est sans doute qu’il faut chercher ailleurs. Et se passer même du langage.

    La souffrance devient-elle la clé pour ouvrir l’enceinte ? Lorsque plus rien ne permet au geôlier de prendre conscience qu’il fabrique lui-même la prison qu’il s’obstine à ignorer, la souffrance réelle, physique, psychologique, existentielle, ne devient-elle pas l’ultime accès à la liberté ? Cette rupture, totale, incompréhensible, imprévisible, comme si parvenu à une altitude inconnue, le mental n’avait plus d’oxygène, que les pensées et les résistances ne pouvaient plus prendre forme, n’avaient plus de nourriture, une perte d’identification. La douleur a tout rongé, jusqu’à la dernière image, les rôles les plus essentiels, ni mari, ni père, rien, il ne reste rien que cette douleur insoutenable jusqu’à ce qu’elle disparaisse à son tour. Cette rupture, ce vide. Cette absence de tout, plus rien, aucune sensation, plus de corps, plus de peur, aucune pensée, le néant sans rien pour le voir, rien…Comment expliquer qu’il n’y a rien. Ni même rien pour s’en rendre compte. Toute la difficulté pour l’exprimer vient du fait qu’il n’en reste rien. Puisqu’il n’y a plus rien pour s’en souvenir, pour que ça se grave. Rien ne s’est gravé dans ce rien. Et puis cette phrase, soudaine, au milieu d’auras bleutées.

     « Tu n’es pas au fil des âges un amalgame agité de verbes d’actions conjugués à tous les temps humains mais simplement le verbe être nourri par la vie divine de l’instant présent. »

    Ça n’était pas moi. Ça venait d’ailleurs. C’était trop long pour que je l’élabore moi-même dans cet état d’hébétude. Qu’est-ce que c’était ?  « Qui » était-ce ?

    Des nuits entières à me poser cette question, de mois, des années, des heures à y penser en marchant, sur mon vélo, assis dehors, sous les étoiles, à tenter de retrouver dans ce vide environnant une source, un point de départ, un noyau de clarté, un point lumineux d’où aurait jailli cette fulgurance. Dans ce vide intersidéral que la douleur avait engendré, dans cette incapacité à être moi, à penser même, comment une telle complexité pouvait-elle se concevoir ? Il existerait donc un autre émetteur ?...Et je pourrais recevoir ces émissions inconnues ?...Le Soi ? Ce vide était-ce cela « la vacuité ? »

    S'éveiller à la vacuité est-ce voir que personne ne souffre ici, qu’il y a une sensation mais personne pour en prendre livraison. La douleur porte-t-elle un enseignement salvateur ? Pointe-t-elle vers ce qui est au-delà de la douleur ?

    « Les quatre nobles vérités qui sont à l'origine du bouddhisme sont: la vérité de la souffrance ou de l'insatisfaction inhérente, la vérité de l'origine de la souffrance engendrée par le désir et l'attachement, la vérité de la possibilité de la cessation de la souffrance par le détachement, entre autres, et finalement la vérité du chemin menant à la cessation de la souffrance, qui est la voie médiane du noble sentier octuple. »

    Je ne sais pas ce qu’est ce sentier octuple. Je comprends par contre cet attachement à la douleur, comme à tout le reste. Toutes les identifications qui s’opposent au Soi, qui le couvrent comme autant de salissures. La douleur est un purificateur forcené. Elle brise la coquille et libère le noyau. Mais ce noyau n’est pas une entité individuelle. Il est le flux vital. L’énergie créatrice. Et dans l’amour inconditionnel, ineffable, incommensurable de l’énergie, il n’y a pas de mal, pas de douleur, pas de traumatisme puisqu’il n’y a plus de moi et que le moi entretient tout ce à quoi il est identifié. N’être plus rien efface jusqu’au mal tout comme il efface le bien. Il n’y a que ce qui est. Et ce qui est ne porte pas les fardeaux mentalisés du moi. Bien et Mal nsont que des rumeurs. La douleur comme la libération du Tout en moi. Comment pourrais-je y voir du Mal ? Ce Bien dans lequel je m’imaginais exister et qui m’avait brisé. Bien et Mal, juste deux termes qui n’ont aucune réalité dans le flux vital. Cette absence de lucidité qui entretenait ces rumeurs. Et en venir à honorer la douleur lorsque le moi est éteint. Il y a autre chose. Une autre réalité, sans doute la seule. Lorsque le rêve éveillé est brisé et que toutes les rumeurs s’éteignent dans la lumière de la Conscience. Pas « ma » conscience mais l’Autre. Celle qui libère et unifie.

     

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    Thierry Ledru


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  • L'inconscience (spiritualité)

    Nous ne sommes pas responsables de la plupart de nos tourments pour une raison très simple, c'est que nous sommes inconscients de leurs causes et on ne peut pas être responsable en étant inconscient.

    Par contre, nous sommes responsables de notre inconscience.

    Lorsque quelqu'un se comporte de façon dangereuse, bien souvent nous pensons qu'elle est "inconsciente."

    Nous sommes également inconscients des dangers que nous courons, bien souvent, parfois quotidiennement, parfois à chaque instant. Des dangers qui ne ressemblent pas à ceux que nous avons identifiés au cours de notre vie. Le danger d'agir sans observation de soi, de parler en donnant aux mots des contingents de maux, en considérant qu'un silence bûté puisse être une réponse, en pensant à mille choses en même temps, en aimant l'autre pour soi, en se flageallant de culpabilité ou de remords, en s'humiliant dans le bain fangeux de la dévalorisation, en ne regardant la vie qu'à travers le prisme déformé de nos existences. 

    Nous sommes responsables de cette inconscience spirituelle mais nous ne sommes pas responsables des affres physiques ou psychologiques qu'elle peut générer tant que nous resterons inconscients.

    Il sera parfois impossible de guérir ce corps qui souffre à l'intérieur de cette inconscience, même avec la médecine la plus performante car les Professeurs les plus émérites ne travaillent que dans la matière. Et que la matière n'est pas responsable de ce qui la fait souffrir. 

    Faut-il donc s'en remettre à la psychiatrie pour guérir cet esprit perturbé ?

    Je pense que la psychiatrie n'aurait aucune raison d'être si les enfants, dès leur conception, étaient projetés vers l'Être en eux, l'élan vital, le souffle divin, la création, l'Un. Certains l'appellent Dieu. Le nom qu'il porte n'a aucune importance. C'est juste un habit pour des humains qui ont besoin d'une image alors que le brin d'herbe devant eux est un fragment du Dieu qu'ils cherchent à identifier dans des livres et des temples.

    Nous ne sommes pas un esprit dans un corps mais l'inverse. Ce corps est poreux et la conscience qui peut venir l'habiter est une extension de l'Esprit dans lequel nous évoluons. 

    Ce que nous appelons, notre esprit à mes yeux, est un fragment infinitésimal de l'Esprit créateur. 

    Nous sommes responsables de la quête en nous de cette conscience divine. Elle ne se donne pas. Elle se trouve. 

    Des millions d'individus mouront sans avoir entamé le premier pas, sans même avoir jamais eu conscience de leur immobilité intérieure.

    Des millions d'enfants ont connu cette osmose spirituelle avec l'Univers du Vivant. L'insertion dans le monde adulte aura suffi à les éteindre. 

    Est-ce qu'il juste de vivre ainsi ? 

    Dans le film, "Le crabe tambour" de Pierre Schoendoerffer, Jacques Dufilho parle de la parabole des talents et je ne sais pas pourquoi, ce passage du film est resté en moi avec une force immense. J'ai lu la Bible il y a longtemps. Je n'en ai rien retenu mais dans ce film, le message me parlait....

    "Qu'as-tu fait de tes talents?"

    Ne serait-il pas juste que nous nous posions cette question régulièrement ?

    Ne serait-ce pas déjà une voie vers la conscience ?

    Thomas Merton écrivait que "nous devions devenir ce que nous sommes."

    J'ai mis longtemps à comprendre pleinement cette phrase. Du moins, la comprendre à mon niveau de conscience actuelle.

    Il me reste peut-être encore énormément à comprendre mais je n'en suis pas responsable puisque je n'en ai pas conscience. Je ne peux pas avoir conscience de ce que j'ignore.

    J'ai conscience d'être nul en mathématiques parce que je me suis confronté aux mathématiques.

    Je ne peux pas avoir conscience de quelque chose dont j'ignore même la dimension. La conscience est en nous comme un Univers en extension. Mais cette extension dépend de nous. Elle n'est pas un dû. 

    Je sais juste, au regard de mon parcours de vie, qu'il m'aurait été impossible, à vingt ans, d'imaginer celui que je suis à cinquante-deux.  

    Je ne peux donc en rien présager de la suite. 

    J'en suis conscient.

    Il faut donc que je continue à chercher pour atteindre peut-être un jour un point de conscience dont je n'ai même pas conscience aujourd'hui.