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  • Le changement

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     T : "Il y a un effet chronique qui pousse au changement. Comme si tout devait immanquablement être transformé, même ce qui fonctionne déjà...C'est la course au changement orchestrée et menée bien souvent par des individus qui n'y voient que l'opportunité de s'inscrire dans l'Histoire et non essentiellement l'idée d'un progrès. Il n'est qu'à voir le désastre actuel dans l'enseignement. Le changement, s'il n'est qu'un produit commercial, politique, égotique, intéressé n'a aucune valeur. Le changement, ça serait peut-être aussi de commencer à comprendre que ce qui fonctionne n'a pas à être changé...

    JF :  Le problème, c'est qu'il y a plus de changements que d'individus qui veulent changer, le déséquilibre vient juste de là. Parce que dès lors que l'on accepte le progrès dont le cours est immuable, le changement vient avec, mais on est toujours à la traîne pour appréhender ce changement.

    T : Mais c'est l'idée du "progrès" qui me taraude...Est-il inéluctable de vouloir changer ? Quand je repense à mon enfance et aux adultes que je côtoyais, leur vie était bien plus sereine que celle des adultes que je rencontre, dans la grande majorité. Il ne s'agit pas nécessairement de la crise actuelle mais bien de modes de vie, de valeurs humaines, de choix...Et je ne suis pas du tout persuadé que ces choix aient été bénéfiques.

    JF :  Tu n'as pas tort...mais le progrès fait inéluctablement parti de l'évolution, non ?

    T :  Le progrès pourrait être donc également de ne pas croire à tous prix que tout doit changer, nécessairement, et que ceux qui s'opposent aux changements sont des réactionnaires...Ils sont peut- être tout simplement lucides...Si on observe le monde animal ou végétal, on pourrait considérer qu'il n'y a plus aucune évolution mais c'est peut-être ça justement le bonheur...

    De plus, cette course au "changement", dès lors qu'elle est extérieure à l'individu et qu'elle répond uniquement à des critères mercantiles, génère une angoisse relative à cette difficulté constante pour suivre le mouvement et ne pas se retrouver "largué"...Mais largué par rapport à quoi ? La notion de progrès peut-elle être extérieure à l'individu ou ce progrès n'est-il qu'une supercherie ? N'est-il pas préférable d'établir en soi les critères inhérents à ce progrès existentiel et à se concentrer là-dessus ? J'en arrive à penser fatalement que nous sommes victimes du progrès et non les bénéficiaires. Je ne renie pas les progrès de la médecine ou de la technologie mais je conteste l'idée que le progrès ne peut s'établir que dans des domaines environnementaux. C'est en soi qu'il faut progresser pour ne pas subir les progrès rapportés et qui ne nous concernent pas directement. La question fondamentale est donc la suivante : Un individu qui ne se connaît pas peut-il progresser ou ce progrès qu'il absorbe va t-il finalement contribuer à sa propre perdition ?"

    Il n'est qu'à voir le Peuple Kogis. Le refus de l'exploitation du café, orchestrée par le gouvernement, signifiait que ce changement occasionnait trop de désordres et qu'ils n'en valaient pas la peine... Le changement n'est pas nécessairement un progrès...L'évolution peut s'établir aussi dans la préservation des valeurs qui fondent, unissent, éveillent...

    "LES HÉROS SONT TOUS MORTS"

    Les heros sont tous morts

    « Cet argent porte la Mort. Tout l’argent du monde porte la Mort mais parfois, les hommes le purifient par la bonté de leurs actes. Nous ne pouvons pas polluer notre Mère avec une histoire emplie de morts. Nous ne pouvons pas retrouver nos racines en souillant la Terre. Nous ne pouvons pas tenter de soigner le territoire de nos ancêtres en répandant dans l’espace les souffrances des âmes perdues. Toute la violence du monde où tu vis se nourrit des âmes perdues. Personne ne cherche à purifier cette histoire et tous les remèdes proposés sont des poisons supplémentaires. Cet argent est un poison pour les âmes et ceux qui ont cherché à construire leur bonheur en se nourrissant de ce poison en sont morts. Nous ne pouvons pas prendre cet argent. Toi-même, depuis que tu as pris cet argent, tu vis dans la peur. Figueras l’a sentie, Ayuka aussi, nous aussi. Ton âme est en souffrance mais tu possèdes aussi en toi l’éveil à la vie. Tu entends des paroles que tu ne saisis pas. Comprends que la vie est en toi, qu’elle te parle, qu’elle te propose un autre chemin, une voie de conscience, une voie d’observation, une exploration de ton espace intérieur. Toutes les tentatives de réparation du Mal sont vouées à l’échec dès lors que les moyens utilisés sont eux-mêmes les piliers de ce Mal. Vous les Petits Frères, vous pensez qu’il suffit d’avoir les moyens pour que tout s’arrange. Mais si les moyens sont employés par des individus en souffrance, la souffrance se répand. Il n’y a que les esprits en paix qui peuvent purifier la Terre. Vous, les Petits Frères, vous portez trop de souffrances. Vous nous voyez comme des êtres pauvres, misérables, sous-évolués. Mais parce que vous cherchez en nous uniquement les moyens que vous utilisez. Votre regard est faussé. Cet argent transforme ton regard. Mais l’argent n’est pas responsable. Il n’est qu’un moyen de combler un vide immense en vous. Il nous est difficile de ne pas succomber aux promesses offertes par cet argent. Nous avons discuté pendant des mois avant de détruire les plants de café donnés par le gouvernement. L’argent qui circulait dans la communauté créait des problèmes immenses, c’est toute la cohésion du clan qui était menacé. Dans vos pays, cette cohésion n’existe plus. Et cet argent porte tous les effets de cette destruction spirituelle. Vous n’avez plus d’esprit. Vous êtes des âmes perdues. »

     

    La Vie qui parlait en elle. L’image l’avait considérablement troublée, elle s’était sentie habitée. Et son âme, maintenant, percevait quelques paroles.

     

    « Nous sommes très vigilants à purifier les lieux où nous vivons car de nombreuses souillures sont répandues. Il faut expliquer nos actes à la Terre, nos travaux, nos installations, nos pensées, nos rêves, nos émotions. C’est un travail immense et continu. Nous ne pourrions pas appliquer cette purification si nous nous chargeons de choses depuis trop longtemps corrompues. Les dons que nous avons déjà reçus sont offerts par des individus qui ont de belles âmes. Il nous est possible de travailler sur la purification de cet argent parce qu’il contient une émotion positive. »

     

    Elle avait deviné la phrase suivante, elle avait compris. Rien ne serait possible.

     

    « L’argent que tu transportes est couvert de sang. »

     

    Kalén avait expliqué qu’elle ne pouvait pas rester dans le village avec cet argent. Que les narco trafiquants ou des soldats finiraient par percevoir la présence de cette fortune. Que des habitants du clan pourraient même en être affaiblis.

    Elle ne comprenait pas. Kalén avait dit que les pensées les plus puissantes se propagent et que celles qui sont attachées à l’argent, à la possession, au pouvoir, au paraître ont une dimension incommensurable, que le monde des Petits Frères est totalement englobé par ces pensées et qu’elles entretiennent le conditionnement de tous, depuis la plus petite enfance jusqu’à la mort. Le clan ne pouvait se permettre de laisser ces effluves se répandre.

    Elle devait quitter le village.

    Une rupture. Tout ce qu’elle avait espéré, tout ce qu’elle avait imaginé. Un désastre, un chaos.

    Elle avait demandé pourquoi le vieil homme qu’elle avait rencontré en arrivant lui avait dit que Figueras était dans son cœur.   

    « Figueras a senti ta peur, il a vu les images de tes pensées. Et comme Figueras est un homme bon, il a décidé de t’accompagner pour t’aider à comprendre. »

    Là, pendant qu’elle tentait de retenir toutes les paroles entendues, elle imaginait l’âme de Figueras, quelque part en elle. Comment était-ce possible ?

    Figueras avait parlé d’un champ de conscience. Tout était lié dès lors que l’Amour nourrissait l’âme des hommes. Les Petits Frères qui aiment vivent tous dans le même monde. Les autres vivent dans un espace individuel, étroit, sombre et néfaste. Il ne s’agissait pas de l’amour primaire entre des individus incomplets mais de l’Amour inconditionnel de la Vie.

    Elle ne comprenait pas. Et elle sentait l’épuisement se mêler à la colère.

    Partir. Ils ne voulaient pas d’elle, pas de son argent, ils ne voulaient pas de son aide, ils préféraient laisser les terres de leurs ancêtres dans les mains des exploitants forestiers, des exploitants de mines, des dynamiteurs de montagnes. Et bien, tant pis pour eux. Elle saurait bien utiliser cet argent pour elle."

     


     

     

     

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  • Je ne suis pas malade...

    Je suis juste entrain d'apprendre quelque chose...


    La vision chamanique de la maladie mentale : ce qu’un chaman voit dans un hôpital psychiatrique

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    (Source : SpiritScience, extrait de The Natural Medicine Guide to Schizophrenia, par Stephanie Marohn (incluant Malidoma Patrice Somé), pages 178-189, ou dans The Natural Medicine Guide to Bi-polar Disorder)

    Famille Dagara. Image : Wikipédia

    Dans la vision chamanique, la maladie mentale signale la « naissance d’un guérisseur », explique Malidoma Patrice Somé. De ce fait, les troubles mentaux sont des situations spirituelles critiques, des crises spirituelles, et doivent être considérés comme tels pour aider le guérisseur à naître.

    Ce que l’Occident voit comme une maladie mentale, le peuple Dagara (en Afrique de l’Ouest, Dagaaba en anglais) le voit comme « des bonnes nouvelles de l’autre monde. » La personne traversant la crise a été choisie comme médium pour porter un message à la communauté, devant être communiqué du monde spirituel. « Les troubles mentaux, les troubles comportementaux de toutes sortes, signalent le fait que deux énergies incompatibles ont fusionné dans le même champ, » dit le Dr. Somé. Ces perturbations se produisent quand la personne n’est pas aidée pour faire face à la présence d’une énergie du monde spirituel.

    Lorsque le Dr. Somé est venu la première fois aux États-Unis en 1980, pour ses études supérieures, l’une des premières choses qu’il a vue a été la manière dont le pays gérait la maladie mentale.  Quand un étudiant qu’il connaissait avait été envoyé dans un hôpital psychiatrique pour « dépression nerveuse », le Dr. Somé était allé lui rendre visite.

    « J’étais choqué. C’était la première fois que j’étais confronté directement à ce qu’on fait ici aux gens qui ont les mêmes symptômes que j’avais vus dans mon village. » Ce qui a frappé le Dr. Somé, c’était que de tels symptômes étaient perçus sous l’angle de la pathologie, avec l’idée qu’il faut stopper le trouble. C’était en opposition complète à la manière dont sa culture voyait une telle situation. Alors qu’il regardait les patients dans la salle austère, certains dans des camisoles de force, d’autres shootés aux médicaments, d’autres criants, il se disait, « C’est comme ça qu’on traite les guérisseurs naissants dans cette culture. Quelle perte ! Quel dommage qu’une personne finalement alignée avec une puissance de l’autre monde est ainsi gaspillée. »

    Pour le dire autrement, d’une manière peut être plus compréhensible pour la mentalité occidentale, c’est que nous en Occident ne sommes pas formés à faire face aux phénomènes psychiques, au monde spirituel, et personne non plus ne nous apprend à reconnaître son existence. En réalité, les capacités psychiques sont dénigrées. Quand les énergies du monde spirituel émergent dans la psyché occidentale, l’individu est complètement démuni pour les intégrer ou même comprendre ce qu’il se passe. Le résultat peut être terrifiant. Sans un environnement adéquat, et une aide pour faire face à une percée d’un autre niveau de réalité, en fin de compte, la personne devient folle. De fortes doses de médicaments anti-psychotiques aggravent le problème et empêchent une intégration pouvant conduire à un développement de l’âme et une croissance de l’individu ayant reçu ces énergies.

    Dans le service psychiatrique, le Dr Somé a vu beaucoup « d’êtres » qui traînaient autour des patients, des « entités » que la plupart des gens ne voient pas mais que les chamans et les médiums peuvent voir. « Elles provoquaient les crises chez ces personnes, » dit-il. Il lui apparut que ces êtres essayaient d’extraire les médicaments et leurs effets des corps des personnes avec qui les êtres voulaient fusionner, et ce faisant ils renforçaient la douleur des patients. « Les êtres agissaient presque comme une sorte d’excavateur dans le champ énergétique des personnes. Ils faisaient cela avec acharnement. Les personnes concernées se mettaient à crier et à hurler, » dit-il. Il ne pouvait pas rester dans cet endroit et dut partir.

    Dans la tradition Dagara, la communauté aide la personne à concilier les énergies des deux mondes  – « le monde spirituel avec lequel il ou elle est fusionné(e), et le village et la communauté. » Cette personne a la capacité d’agir comme un pont entre les mondes et aide les vivants en leur apportant les informations et les soins dont ils ont besoin. La crise spirituelle se termine donc par la naissance d’un nouveau guérisseur. « La relation entre l’autre monde et le notre est celle d’un parrainage, » explique le Dr. Somé. « Le plus souvent, la connaissance et les dons qui ressortent de ce genre de fusion sont une connaissance et des dons directement apportés par l’autre monde. »

    Les êtres qui renforçaient la douleur des détenus de l’hôpital psychiatrique cherchaient en fait à fusionner avec les détenus pour faire passer des messages dans ce monde. Les personnes avec lesquelles ils voulaient fusionner ne recevaient pas d’aide pour apprendre comment faire un pont entre les mondes et les tentatives des êtres de fusionner étaient contrecarrées. Il en résultait la persistance du trouble initial de l’énergie et l’avortement de la naissance d’un guérisseur.

    « La culture occidentale ignore constamment la naissance des guérisseurs, » affirme le Dr. Somé. « En conséquence, l’autre monde aura tendance à contacter de plus en plus de personnes pour essayer de capter l’attention. C’est plus dur pour eux. » Les êtres spirituels sont attirés par les personnes dont les sens n’ont pas été anesthésiés. « La sensibilité est très souvent une invitation,” note-t-il.

    Ceux qui développent les soi-disant troubles mentaux sont ceux qui sont sensibles, ce que la culture occidentale définit comme de l’hypersensibilité. Les cultures indigènes ne le voient pas de cette manière et les personnes sensibles ne pensent donc pas qu’elles sont hypersensibles. En Occident, « c’est la surcharge de la culture dans laquelle ils sont qui les détruit, » observe le Dr. Somé. Le rythme effréné, le bombardement des sens, et l’énergie violente caractérisant la culture occidentale peuvent accabler les personnes sensibles.

    Schizophrénie et énergie étrangère

    Dans la schizophrénie, il y a une « réceptivité spéciale à un flux d’images et d’informations, qui ne peut pas être contrôlé, » déclare le Dr. Somé. « Quand cette sorte de déferlement arrive à un moment qui n’est pas choisi, et particulièrement quand il comporte des images effrayantes ou contradictoires, la personne se met à délirer. »

    Dans cette situation, il est nécessaire d’abord de séparer l’énergie de la personne des énergies étrangères venant de l’extérieur, en utilisant la pratique chamanique (ce qu’on appelle un « balayage ») pour nettoyer ces dernières de l’aura de la personne. Avec le nettoyage du champ d’énergie, la personne ne capte plus le flot d’informations et donc n’a plus de raison d’être effrayée et troublée, explique le Dr. Somé.

    Il est alors possible d’aider la personne à s’aligner avec l’énergie de l’esprit qui tente de se manifester depuis son monde, et de donner naissance à un guérisseur. Le blocage de cette manifestation est ce qui crée les problèmes. « L’énergie d’un guérisseur est une énergie à haute tension, » observe-t-il. « Quand elle est bloquée, elle brûle la personne. C’est comme un court-circuit. Les fusibles sautent. C’est pourquoi ça peut faire très peur, et je comprends pourquoi cette culture préfère enfermer ces gens. Ils crient et hurlent, et on les met dans une camisole de force. C’est un triste tableau. » Encore une fois, l’approche chamanique consiste à travailler sur l’alignement des énergies pour qu’il y ait aucun blocage, que les « fusibles » ne sautent pas, et que la personne puisse devenir le guérisseur qu’elle est destinée à être.

    Cependant, il convient de noter à ce stade que tous les êtres spirituels qui entrent dans le champ énergétique d’une personne ne sont pas là à des fins de guérison. Il y a aussi des énergies négatives, qui sont des présences indésirables dans l’aura. Dans ces cas-là, l’approche chamanique consiste à les retirer de l’aura, plutôt que de travailler à s’aligner avec des énergies discordantes.

    Alex : Fou aux États-Unis, guérisseur en Afrique

    Pour mettre à l’épreuve sa croyance que la vision chamanique de la maladie mentale est vraie dans le monde occidental comme dans les cultures indigènes, le Dr. Somé a ramené un patient avec lui en Afrique, dans son village. « J’ai voulu savoir, par curiosité, s’il est véritablement universel que la maladie mentale soit liée à un alignement avec un esprit d’un autre monde, » dit le Dr. Somé.

    Alex était un américain de 18 ans qui avait vécu une crise psychotique à 14 ans. Il avait des hallucinations, était suicidaire, et traversait des cycles dangereux de dépression grave. Il était dans un hôpital psychiatrique et avait reçu quantités de médicaments, mais aucun ne l’aidait. « Les parents avaient tout essayé – sans succès, » dit le Dr. Somé. « Ils ne savaient pas quoi faire d’autre. »

    Avec leur permission, le Dr. Somé a ramené leur fils en Afrique. « Après huit mois ici, Alex était pratiquement normal, » rapporte le Dr. Somé. « Il pouvait même participer aux soins donnés par des guérisseurs; en restant avec eux toute la journée à les aider, les assistant dans ce qu’ils faisaient avec leurs patients… Il a passé quatre ans environ dans mon village. » Alex est resté par choix, et pas pour être soigné plus longtemps. Il se sentait « bien plus en sécurité dans le village qu’en Amérique. »

    Pour aligner son énergie avec l’être du monde spirituel, Alex a effectué un rituel chamanique à cette intention, bien qu’il était légèrement différent de celui utilisé chez les Dagara. « Il n’est pas né dans le village, donc il fallait quelque chose d’autre. Mais le résultat a été similaire, même si le rituel n’était pas exactement le même, » explique le Dr. Somé. Le fait que l’alignement de l’énergie permit à Alex de guérir démontra au Dr. Somé que le lien entre les autres êtres et la maladie mentale est bien universel.

    Après le rituel, Alex commença à partager des messages que l’esprit avait pour ce monde. Malheureusement, les personnes à qui il parlait ne comprenaient pas l’anglais (Dr. Somé n’était pas là à ce moment-là). Toute cette expérience a fini par conduire Alex dans une université, où il étudie la psychologie. Il est retourné aux États-Unis quatre ans plus tard car il s’était « rendu compte qu’il avait fait tout ce qu’il devait faire, et qu’il pouvait aller de l’avant dans sa vie. »

    Aux dernières nouvelles, Alex est à Harvard en psychologie. Personne n’aurait pensé qu’il aurait pu terminer ses études de premier cycle, et encore moins avoir un diplôme d’études supérieures.

    Le Dr. Somé résuma ce que la maladie mentale d’Alex indiquait : « Il demandait de l’aide. C’était un appel d’urgence. Sa tâche et son destin était d’être guérisseur. Il disait que personne n’y portait attention. »

    Après avoir constaté l’efficacité de l’approche chamanique sur Alex, le Dr. Somé conclut que les êtres spirituels sont tout aussi problématiques en Occident que dans sa communauté en Afrique. « La réponse à cette question pourrait se trouver ici, au lieu de devoir faire tout le chemin pour la trouver à l’étranger. Il pourrait y avoir un moyen de dépasser toute l’expérience de la pathologie, pour avoir la possibilité de former le rituel approprié pour aider les gens. »

    Le désir de connexion spirituelle

    Voir le site de Stephanie Marohn

    Un point commun que le Dr Somé a remarqué dans les troubles « mentaux » en Occident est « une énergie ancestrale très ancienne qui a été placée en stase, et qui finalement émerge dans la personne. » Il faut alors la retracer, remonter dans le temps pour découvrir quel est cet esprit. Dans la majorité des cas, l’esprit est lié à la nature, surtout aux montagnes ou aux grands cours d’eau, dit-il.

    Dans le cas des montagnes, pour donner un exemple illustrant le phénomène, « c’est l’esprit de la montagne qui marche à côté de la personne et qui, en conséquence, crée une distorsion spatio-temporelle qui affecte la personne prise à l’intérieur. » Il est alors nécessaire d’avoir une fusion ou un alignement des deux énergies, « pour que la personne et l’esprit de la montagne ne fassent plus qu’un. » Encore une fois, le chaman réalise un rituel spécifique pour obtenir cet alignement.

    Le Dr. Somé croit qu’il est souvent confronté à cette situation aux États-Unis car « la majeure partie du tissu de ce pays est constituée de l’énergie de la machine, et il en résulte une déconnexion et une rupture d’avec le passé. Vous pouvez fuir le passé, mais vous ne pouvez pas vous cacher. » L’esprit ancestral du monde naturel nous rend visite. « Ce n’est pas tant la volonté de l’esprit mais la volonté de la personne, » dit-il. « L’esprit voit en nous une aspiration à quelque chose de grand, quelque chose qui donne du sens à notre vie, et donc l’esprit répond à cela. »

    Cet appel, que nous faisons sans même le savoir, reflète un « désir puissant d’une connexion profonde, une connexion qui transcende la matérialisme et la possession des choses, et qui pousse vers une dimension cosmique tangible. Ce désir est en grande partie inconscient, mais pour les esprits, il n’y a pas de différence entre le conscient ou l’inconscient. » Ils répondent aux deux.

    Dans le rituel pour fusionner l’énergie de la montagne et l’énergie humaine, ceux qui reçoivent « l’énergie de la montagne » sont conduits dans une zone de montagnes de leur choix, où ils ramassent une pierre qui leur parle. Ils ramènent la pierre pour le reste du rituel et la gardent comme compagnon; certains la portent même sur eux. « La présence de la pierre fait beaucoup pour régler la faculté de perception de la personne, » note le Dr. Somé. « Ils reçoivent toutes sortes d’informations qu’ils peuvent utiliser, c’est donc comme s’ils obtenaient des indications tangibles, venant de l’autre monde, sur la manière de vivre leur vie. »

    Quand c’est l’ »énergie d’une rivière », ceux qui sont appelés vont voir la rivière et, après avoir parlé à l’esprit de la rivière, trouvent une pierre dans l’eau qu’ils ramènent pour le même genre de rituel qu’avec l’esprit de la montagne.

    “Les gens pensent que quelque chose d’extraordinaire doit être fait dans une situation extraordinaire telle que celle-ci, » dit-il. Ce n’est généralement pas le cas. Parfois, c’est aussi simple que de porter une pierre.

    L’approche du rituel sacré pour la maladie mentale

    L’une des choses qu’un chaman peut apporter au monde occidental est de permettre aux gens de redécouvrir le rituel, qui fait si cruellement défaut. « L’abandon du rituel peut être dévastateur. Du point de vue spirituel, le rituel est inévitable et nécessaire si l’on veut vivre, » écrit le Dr. Somé dans Ritual:  Power, Healing, and Community. « De dire que le rituel est nécessaire dans le monde industrialisé est un euphémisme. Sans cela, nous avons vu dans mon propre peuple qu’il est probablement impossible de vivre une vie saine. »

    Le Dr. Somé ne pensait pas que les rituels de son village traditionnel pouvaient être simplement transférés en Occident, et donc dans le cadre de son travail chamanique, il a conçu des rituels qui correspondent aux différents besoins de cette culture. Bien que le rituel change selon l’individu ou le groupe impliqué, il perçoit que certains rituels sont en général nécessaires.

    L’un d’eux consiste à aider la personne à découvrir que sa détresse vient du fait qu’elle est « appelée par des êtres de l’autre monde qui veulent s’allier avec elle pour effectuer un travail de guérison. » Le rituel permet de résoudre cette détresse et de répondre à cet appel.

    Un autre rituel dont nous avons besoin est celui de l’initiation. Dans les cultures indigènes du monde entier, les jeunes sont initiés au monde des adultes quand ils atteignent un certain âge. L’absence d’une telle initiation en Occident explique en partie la crise dans laquelle les gens sont ici, dit le Dr. Somé. Il encourage les communautés à réunir « les idées créatives des gens qui ont eu ce genre d’expérience, pour former une sorte de rituel alternatif qui puisse au moins réduire ce genre de crise. »

    Un autre rituel qui répond souvent aux besoins des personnes qui viennent demander son aide, consiste à faire un feu de joie, et de brûler tous les « éléments symboliques des problèmes que l’on porte à l’intérieur (…) Ce peut être des problèmes de colère et de frustration contre un ancêtre qui a tué des gens, était esclavagiste, ou quoi que ce soit, un héritage avec lequel doivent vivre les descendants », explique-t-il. « Si ces choses sont perçues comme bloquantes pour l’imagination humaine, le but de la vie de la personne, ou même qu’elles enferment dans une vision négative sur la vie, alors il est logique de réfléchir à comment transformer ce blocage pour en faire un chemin vers quelque chose de plus créatif et de plus épanouissant ».

    L’exemple des problèmes avec les ancêtres se retrouve dans les rituels conçus par le Dr Somé, révélant un grave dysfonctionnement dans la société occidentale et dans le processus menant à « l’illumination ». Ce sont des rituels ancestraux, et le dysfonctionnement qu’ils visent est notre attitude, le fait de « tourner le dos » massivement aux ancêtres. Certains des esprits qui tentent de se manifester, comme nous l’avons dit, peuvent être des « ancêtres qui veulent fusionner avec un descendant parce qu’ils souhaitent guérir ce qu’ils n’étaient pas en mesure de faire dans leur corps physique. »

    « Quand la relation entre les vivants et les morts n’est en équilibre, c’est le chaos », dit-il. « Les Dagara croient que si un tel déséquilibre existe, il est du devoir des vivants de guérir leurs ancêtres. Si ces ancêtres ne sont pas guéris, leur énergie malade va hanter les âmes et les psychés de ceux qui ont pour responsabilité de les aider. » Les rituels se concentrent sur la guérison de la relation avec nos ancêtres, portant à la fois sur les problèmes particuliers d’un ancêtre individuel, et les problèmes culturels plus généraux que renferme notre passé. Le Dr. Somé a vu des guérisons extraordinaires se produire lors de ces rituels.

    Adopter l’approche du rituel sacré pour la maladie mentale, plutôt que de considérer la personne comme un cas pathologique, donne à la personne affectée — mais aussi à la communauté dans son ensemble — l’occasion de regarder les choses de ce point de vue, ce qui conduit à « une pléthore d’opportunités et d’initiatives de rituels qui peuvent être extrêmement bénéfiques pour toutes les personnes présentes, » déclare le Dr Somé.

    Note :

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  • Héritage immunitaire

    Une mémoire immunitaire chez le fœtus

    Malgré un environnement stérile, le fœtus produit in utero une petite population de cellules immunitaires « mémoire », reflets d’une rencontre possible avec un micro-organisme et importantes pour combattre les infections.

    Marie-Neige Cordonnier
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    vue d'artiste d'un foetus
    Sebastian Kaulitzki/shutterstock.com

    L’environnement fœtal est considéré comme stérile, aussi pensait-on que les nouveau-nés avaient un système immunitaire immature et « naïf », vierge de toute expérience, et que ce système n'acquiérait une mémoire des infections qu'après la naissance : chez l'enfant et l'adulte, parmi les cellules chargées d'éliminer les micro-organismes infectieux – les lymphocytes T –, certaines gardent une mémoire des agents pathogènes rencontrés, et réagissent ainsi plus vite à une nouvelle agression de ces mêmes agents. On pensait que ces lymphocyte T « mémoire » n'existaient pas encore chez le nouveau-né en bonne santé. L’équipe de Richard Lo-Man, du laboratoire Régulation immunitaire et vaccinologie, à l’Institut Pasteur à Paris (U1041, Inserm), vient de prouver le contraire.

    Dans des conditions stériles, les biologistes ont prélevé et caractérisé les lymphocytes T du cordon ombilical de 48 nouveau-nés en bonne santé immédiatement après la naissance. La plupart des cellules étaient naïves : elles ne présentaient aucun signe typique des lymphocytes T mémoire, tel que l’expression de certains gènes impliqués dans le déclenchement d’une réponse inflammatoire spécifique de ces lymphocytes. In utero, les cellules naïves jouent un rôle important dans la tolérance entre le fœtus et la mère (chacun « voyant » l’autre comme un corps étranger).

    En revanche, une petite population de cellules présentaient des caractéristiques de lymphocytes T mémoire. Ces cellules ne provenaient pas de la mère, car elles portaient bien le patrimoine génétique de l’enfant. Et elles se comportaient in vitro comme des lymphocytes T mémoire, produisant une réponse immunitaire inflammatoire. Comment se sont-elles activées in utero ? Kjersti Aagaard, du Collège de médecine Baylor et de l’Hôpital pour enfants du Texas, à Houston aux États-Unis, et ses collègues apportent peut-être une piste de réponse.

    Ces biologistes ont récemment montré que le placenta, que l’on pensait stérile, abrite en réalité une population de bactéries non pathogènes – un microbiote tels ceux qui peuplent l’intestin, la bouche, le nez, le vagin ou la peau – comparable par analyse génomique au microbiote oral. Les auteurs pensent que les microbes voyagent de la bouche vers le placenta par le sang. La constitution d’une mémoire immunitaire de ces bactéries (dans l’hypothèse où le fœtus se trouverait exposé au microbiote placentaire) pourrait être une première étape de la formation du système immunitaire anti-infectieux.

    Richard Lo-Man et ses collègues étudient à présent les événements infectieux anténataux et les traitements antibiotiques susceptibles de perturber la mémoire immunitaire fœtale, afin de mieux comprendre sa mise en place.


     Pour ma part, je verrais bien là un héritage immunitaire issue de vies antérieures. Mais rien ne peut encore être prouvé par la science. Il ne s'agit que d'intuition ou de croyances ou d'hallucinations. Mais il me plaît de fouiller dans cette direction-là...

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  • "Les enfants du siècle"

    Un roman étrange, troublant, inclassable et c’est ce qui fait sa richesse.
    Des parcours de vies, des personnages engagés ou perdus, l’importance considérable de la Nature, tous les dangers que les hommes font peser sur son maintien, toutes les valeurs humaines les plus profondes, toutes les perditions d’un monde urbain où les individus se perdent, le retour à la terre, l’amour infini des êtres qui ne répondent pas aux mirages de la croissance matérielle mais qui portent en eux les traditions les plus respectables, celles qui ne portent pas atteinte à la Vie, le regard inquisiteur du Pouvoir, son discours sécuritaire quand il ne s’agit que d’une enceinte carcérale, les mirages du Progrès quand il n’est que l’effacement des libertés, la main mise des Puissants, des multinationales et de leurs intérêts destructeurs...
    Tout est là, dans une écriture très riche, émotionnelle, visuelle, aimante, sensible, celle d’une femme dont on sent que les réflexions l’entraînent dans des espaces qu’on ne peut qu’aimer. 
    Oui, il s’agit bien d’un texte qui laisse des traces, qu’il faudra relire car le foisonnement d’idées ne laisse pas place à la futilité de cette littérature fadasse qui nous environne, un livre qu’il faudrait diffuser... A partager sans modération.

    Un livre de EVA WISSENZ

    Les enfants du siècle

    Acheter ce livre

    Par cheque


    Au-delà des temps et des récits, la fable raconte la mise en place puis l’effondrement de la civilisation de Fluxus et ce qui s’ensuivit en Afrique, non loin de Bandiagara, où un autre futur est peut-être possible. Et puisque l’écologie nous enseigne que tout est lié, on rencontrera divers personnages qui font l’histoire sans le savoir... Un paysan d’autrefois, une prisonnière politique, un planteur d’arbres, un moine, des activistes, une conteuse, des refusants, une maire ainsi que de jeunes marcheurs bien décidés à ne pas répéter les erreurs de leurs ancêtres... toute une humanité aboutissant à un autre futur, est-ce possible ?
    En 2006, Le Centre National du Livre a accordé une Bourse de Découverte pour soutenir l’écriture de ce roman.
    >Voir les commentaires des lecteurs.

    L’auteur
    Eva Wissenz est née au Maroc, puis grandit en Corse et à Paris. Destinée à une carrière universitaire, elle quitte cette voie et choisit de se consacrer à l’écriture (voir ses premières publications). Aventureuse, artiviste, écrivain, journaliste, elle est active dans l’écologie, l’énergie solaire et les droits humains. Elle vit en Finlande.
    Poche — 270 p. — 12 €
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    De Léonie Ferry
    24 mars 2014
    Merci et bravo, c’est vraiment bien écrit, et on ne s’ennuie pas une minute — après le premier chapitre, je l’ai dévoré, je n’arrivais plus à m’arrêter de lire et j’ai adoré ces changements de narrateurs. Je dis après le premier chapitre, car j’ai eu du mal au début avec tous les personnages, la généalogie. La fin est superbe, les témoignages des "sans nous". Ah, je me retrouve tellement !! Je me suis dit que cette fable il fallait que je la fasse voyager autour de moi ! Génialissime !

    De Jean Ziegler, vice-président du Comité des droits de l’Homme des Nations-Unies
    1er nov. 2013
    Je vous remercie vivement de votre beau, très important livre, Les Enfants du siècle. Amicalement.

    De Martin Matin
    9 oct. 2013
    Drôle de livre. Trouvé par hasard, complètement hors normes. C’est une histoire mais pas vraiment, comme une frontière entre ici et là-bas, maintenant, hier et demain, une vision certainement. On dirait que ça part dans tous les sens mais en fait non, c’est comme un ensemble vivant, organique et ça nous tend un miroir, en fait ça m’a beaucoup décalé. On suit des veines qui traversent l’Histoire et des histoires singulières et à la fin on arrive quelque part, un lieu plus qu’un dénouement. On reconnaît des événements (Bhopal ?), des lieux (Cuba ?) mais notre attention est attirée par autre chose tout le temps, par la vie en fait. Il se dégage de tout ça une énorme énergie de vie. On a dit "la littérature à l’estomac", je me souviens plus qui, là je dis qu’elle vient et va au cœur. Je suis curieux de savoir si ce livre peut trouver son chemin vers des lecteurs contemporains.

    De Anna Cantavenera
    9 août 2013
    Il faudrait qu’il y ait plus de livres comme celui-ci ! Très touchée par cette histoire totalement actuelle et universelle. Si beaucoup de gens pouvaient le lire ça accélérerait la prise de conscience en responsabilisant davantage les gens par rapport à ce qui se passe. C’est une écriture forte et un style très particulier.

    De boudet
    8 juin 2013
    J’ai beaucoup aimé "Les enfants du siècle" et particulièrement l’idée de revenir au début du développement et de remettre ainsi les pendules à l’heure, de réfléchir à comment tout a commencé. C’est un livre surprenant, riche en rencontres humaines qui tout en nous projetant dans le futur nous amène à nous interroger sur notre présent, sur ce qu’Eva Wissenz appelle très justement le monde d’hier, un monde absurde où les écarts et les inégalités règnent. Troublant comment ce livre extra-ordinaire nous donne à penser : sur notre planète, notre avancé dans le temps, l’écologie, l’humanité. Et comment nous en sommes arrivés là... 

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  • Le destin (1)

    Le destin désigne, au moment présent, l'histoire future d'un être humain ou d'une société telle qu'elle est prédéfinie par une instance qui est soit considérée comme supérieure aux hommes (éventuellement divine) dans les conceptions finalistes du Monde, soit comme immanente à l'univers (éventuellement la Philosophie de l'histoire ou la nature) dans les conceptions déterministes.

    Face à son destin

    Dans ces conceptions, il est souvent considéré comme très difficile – voire impossible – à un homme ou à une société d'échapper à son destin, au moins dans ses grandes lignes. La notion de destin s'oppose ainsi à celle de libre arbitre.

    wikipedia

     


    À COEUR OUVERT

    "Nous vivons dans des schémas de pensées, des répétitions rassurantes sur lesquelles nous bâtissons l’identification qui nous convient et que les autres adoptent. C’est l’habitude. Un leitmotiv ronronnant. Tout ce qui porte atteinte à cette mélodie connue est considérée comme une agression, une atteinte à cette liberté que nous croyons posséder. Alors, nous renforçons les défenses. Accumulation de biens, accumulation de relations, accumulation de connaissances. Mais il n’y a aucune compréhension interne. Tout cela reste tourné vers l’environnement immédiat, une scène onirique. Personne n’est là, réellement. C’est un théâtre de marionnettes. La révélation du drame vient fermer le rideau, les acteurs disparaissent, le jeu s’arrête, le public a quitté la salle, les lumières se sont éteintes. Si les résistances sont suffisamment puissantes, l’individu concerné prend peur. Il appelle au secours, il crie, il hurle, il maudit la vie et ses épreuves. Mais si la rupture est totale, la porte s’ouvre. L’individu découvre une autre forme de perception. Il ne comprend rien mais pourtant, tout tombe en lui comme dans un puits ouvert. Plus aucune résistance. À cœur ouvert. C’est ainsi que je nomme cet état.Coeur188

    -Et pourquoi dites-vous qu’il n’y a pas de hasard ?

    -Parce que c’est une intention. Celle de la vie elle-même. Elle a un projet. L’extrême complexité du phénomène vivant ne peut pas être vide de raison. Non pas une raison cartésienne et castratrice mais une raison comme un objectif. Il y a une raison à tout ça.

    -Et le drame serait une ouverture ?

    -Parce que nous rejetons d’emblée l’idée d’une exploration. Le paradigme établi sert de modèle éducatif. Nous nous sommes trompés.

    -Cela signifierait que la vie n’a pas su prévoir ce qui arriverait ?

    -Peut-être avions-nous le potentiel et qu’elle nous a laissé le choix de nous en servir. Certains y parviennent sans attendre. D’autres sont sur le seuil. Ils ont juste besoin d’une aide provisoire, un coup de pouce de ce destin qui n’en est pas un.

    -Pas de destin non plus alors ? Tout comme le hasard ?

    -Non, évidemment. Mais il y a une volonté qui ne nous appartient pas. L’idée de destin suppose que nos vies sont écrites d’avance. Ce qui existe, ce n’est pas un destin fixe et irrémédiable, mais des tendances, des influences profondes, liées à notre passé, nos racines, notre milieu social, notre époque, toute notre éducation. Le destin qui concerne notre futur est une invention du passé. Tout ce qui a été vécu est projeté dans l’avenir si l’individu n’en a pas conscience. C’est comme s’il polluait à priori un espace vierge. Il n’y a rien d’écrit mais il existe un réseau gigantesque d’influences. Il dépend de chacun de les identifier et de s’en extraire si nécessaire. Le destin n’existe pas fondamentalement, c’est l’apathie spirituelle qui le créé. C’est là que je pense que se situe la volonté de la vie. Que nous devenions lucides. Le destin est une vision étroite de nos existences. La volonté de la vie est de nous apprendre à aller voir plus haut."

     


    Si je considère qu'au ciel tout est écrit et que je suis soumis à un destin, il est totalement antinomique de se croire doué d'une puissance capable de changer ce destin. Car un destin qui pourrait être changé ne serait pas un destin. L'éventuel changement du destin annihile l'idée même du destin.

    Si je considère que je possède la puissance nécessaire pour changer mon destin, il est possible que je m'illusionne car ce changement au regard d'un parcours bien tracé n'est peut-être que la continuité même de mon destin. Je crois être intervenu alors que je ne fais que suivre ce qui est déjà tracé.

    Le fait que je quitte l'enseignement alors que tout pouvait laisser supposer que je continuerais ainsi jusqu'à l'âge de la retraite n'est sans doute pas une intervention de ma part sur une destinée toute tracée mais la suite programmée de mon parcours. Sans que je ne puisse aucunement ni le prévoir, ni même m'y opposer...

    "Tout ce qui ne parvient pas à la conscience revient sous la forme du destin."

    Carl Gustav Jung

     

    Je pense que c'est là que se situe le libre arbitre. Dans le CHOIX d'analyser la vie, non pas seulement dans ses événements quotidiens mais dans la compréhension profonde de nos actes et de nos pensées. 

    Nous sommes libres de comprendre les raisons de nos chaînes...

    Le destin est-il nourri par la logique du hasard? ...

  • Site : La seiche.

    Dans l'océan du net, des chroniques et plus de 1000 adresses fiables, éthiques et bio.



    http://www.laseiche.net/

    Les chroniques de La Seiche

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  • Changeurs de Monde

    Soyez le monde que vous désirez vivre. À lire, à partager, à soutenir. 

    Changeurs de Monde – L'Humanité des Grands Chemins

    par Eva Wissenz - tags : Agriculture Culture Développement durable Ecologie Edition Société et social

     


    Présentation

    Retrouvez le journal quotidien de la campagne sur LaSeiche.net

    Soyez co-créateur et co-éditeur d'une autre histoire de l'humanité !

    Cette mini-collection de 3 volumes présente ceux et celles qui font l'humanité des grands chemins pour vous faire découvrir quelque 200 pionniers déjà engagés dans des changements de société très forts. Sans attendre qu'on le fasse pour eux, ils et elles changent déjà le monde. Mon vœu est de mettre à disposition de tous et des jeunes en particulier une autre histoire, positive, active et qui soit une ressource pour se sentir relié à la meilleure part de notre histoire collective.

    NB : Vous pouvez soutenir le projet par carte bleue via ce site ou bien en envoyant directement un chèque au porteur de projet qui ne l'encaissera qu'à la fin de la collecte.

    Soutiens du projet

    « Parce que nous pouvons chacun, en tant qu'individu, changer le monde par des pratiques responsables, un engagement ou l'adhésion à une cause, je soutiens le projet des Changeurs de Monde. »

    Claire Nouvian – auteur du livre Abysses en 2006, productrice de l'exposition éponyme itinérante en 2007, elle a fondé l'association BLOOM fin 2004, qui réalise un travail titanesque pour nous informer sur l'exploitation irrationnelle des grands fonds et modifier les pratiques industrielles.

    « Parce que je crois que depuis la nuit des temps, les hommes ont tracé des voies pour magnifier les rencontres, j’apporte mon entier soutien au projet d'une humanité des grands chemins. »

    Bernard Ollivier – journaliste, écrivain, marcheur le long des 12 000 km de la route de la Soie, il partage la puissance transformatrice de la marche avec son équipe au sein de l'association « Seuil » pour amener des jeunes en difficultés sur d'autres chemins.

    1€/livre sera partagé et versé aux associations BLOOM de Claire Nouvian et SEUIL de Bernard Ollivier.

    Les 3 volumes des Changeurs de Monde

    Organisés par thème, ces 3 livres de poche vont raconter une autre histoire, celle où beaucoup est possible, beaucoup plus que ce à quoi les récits, films, romans, articles et autres nous ont habitué. Il s'agit ici de fabriquer avec votre soutien 3 outils anti-déprime et surtout anti-sentiment d'impuissance.

    Car bien sûr que si on peut changer les choses... la preuve :

    Volume 1 :

    On démarre par une introduction présentant quelques pionniers historiques de Socrate à Rumi en passant par Bouddha et les Rastafari. Puis ce volume abordera les thème suivants :Agriculture (Masanobu Fufuoka et son riz naturel, Jean Nolle et sa cassine, Pierre Rabhi et l'agro-écologie...), Altruisme  (Abbé Pierre, Jean Ziegler, le projet StayHome...), Ancêtres (Les mamies du Barefoot College, Les Elders), Animaux (Gary Yourofsky), Apprentissage, Argent, Autonomie, Aventure, Beauté, Clavier, Communication, Convivialité pour finir avec laCoopération et quelques exemples historiques comme l'Andalousie (1013-1212) quand les trois religions du livre vivaient en harmonie ou actuellement Sarvodaya au Sri Lanka...

    Volume 2 :

    L'histoire se poursuit en questionnant la Croissance avec le collectif Roosevelt, puis on aborde tout ce que la Culture peut changer du rap aux romans de Christophe Léon en passant par les toiles de Picasso. Ensuite Ensemble illustrera les résultats obtenus par des mobilisations et on passera ensuite aux Entreprises qui font autrement puis les thèmes continuent : Esclavage, Fleuve, ForêtGastronomie, Grèves, Guerre (Mohamed Ali, Carl von Ossietzky, Jacques Pâris de  Bollardière, Thich Nhat Hanh, Fridtjof Nansen, Emily Green Balch... Humour ,Informer (de Pièces et Mains d'oeuvre en passant par David Suzuki, Julian Assange ou François Veillerette), Jardins, Liberté, Magie, Mémoire... qu'y mettons-nous dans cette mémoire nous qui sommes des peuples du stock et de la trace ?

    Volume 3 :

    Incontournable de notre histoire en cours, le Nucléaire (Gunther Anders, Russell-Einstein Manifesto, Józef Rotblat et Pugwash, les gens de  Jaïtapur, Ken Saro Wiva, Michèle Rivasi...),Océans  (Charles Moore, Sea Sheperd, Haidar El Ali...), Pesticides (Rachel Carson, Sofia Gatica, Paul François...), Politique (le Bouthan, les maires contre les OGM, s'indigner et désobéir : les Anonymous...), Propriété (Les femmes du Chipko en Inde, la ré-appropriation de l'eau à Cochabamba...),  Racisme, Relier, Réparer, Résistances, Ruines, Sagesses, Santé, Semences,  Séquelles,  Sciences (et industrie), Sols et enfin Terre (accès à la).

    Le but de ce travail n'est pas l'exhaustivité mais de montrer la multiplicité des changements possibles avec un récit vivant. Montrer aussi à quel point tout est lié et combien chaque changement compte. On ne s'occupe pas ici des zones d'ombres, on s'occupe des zones de lumières pour montrer que ce que l'on croit marginal ne l'est pas du tout !

    Le récit sera ponctué très librement par des illustrations d'Anne Steinlein.

    Tout le plan du livre est prêt et peut-être envoyé aux souscripteurs sur simple demande.

    Fiche technique

    Date de parution des 3 volumes : 10 décembre 2014
    80-100 pages environ/volume. Format poche 17x11 cm.
    Avec des illustrations en noir et blanc.
    Vendus par 3 uniquement au prix de 15€ (soit 5€/volume) - 1€/livre sera partagé et versé aux associations BLOOM de Claire Nouvian et SEUIL de Bernard Ollivier.

    Éditions Seepia édite une littérature alternative et engagée. Seepia est née en 2013 avec 15 titres au catalogue en juin 2014. Le fonctionnement de cette plate-forme est ultra-léger et les livres sont faits-maison. Imprimés à la commande, il n'y a pas de stocks, pas d'invendus, pas de pilon. Diffusion dans toute la francophonie (internet et librairies). Impression sur papier non-acide, sans plomb, tamponné, élaboré à partir de la pulpe de bois et certifié FSC, SFI, et PEFC.

    Qui sommes-nous ?

    Eva Wissenz : de doctorante à La Sorbonne en littérature étrangère, je suis devenue jardinière. Je plante des graines de légumes, des graines de mots avec mes livres et des graines d'énergie avec le projet GoSol.
    Depuis 4 ans, j'anime bénévolement le site de LaSeiche.net qui explore les alternatives pour les ados et pour lequel j'ai déjà effectué  des recherches qui serviront au projet des Changeurs.
    Durant l'hiver 2013, j'ai porté avec succès une campagne de levée de fonds sur Babeldoor pour réaliser la traduction française de l'essai de Janisse Ray, Ceux qui sèment – Graines de résistance. Ce projet a été soutenu par Vandana Shiva, 170 personnes et 10 entreprises.
    Ce texte sur la nouvelle CIA vous donnera un rapide aperçu de mon style.

    Anne Steinlein est peintre voyageuse. Créatrice fertile et nomade, elle peint pieds nus des femmes sauvages, des glaneuses, des fruits… et des carnets de voyage autour du monde dans des natures encore vivantes et préservées. Très engagée dans les alternatives,  elle va concevoir les couvertures et ponctuer ces histoires de grands chemins avec des illustrations originales.

    Elle a travaillé, entre autres, pour Grands Reportages, Terre Sauvage, Détours en France, Gallimard... et à exposé aux Étonnants Voyageurs, au Musée de la Poste à Paris... Son site : http://annesteinlein.com/

    Quel est l’objectif précis de la collecte ?

    Le budget minimum de réalisation de ce projet est de 9580€ pour les 3 livres (3200€/livre).

    Le budget du projet se décompose ainsi :
    4500€ (1500€/volume) pour le travail de rédaction des 3 volumes
    1600€ pour la création des couvertures originales et les illustrations internes
    2200€ pour le travail d'édition (révision du texte, notes, ressources, maquette, suivi de fabrication, promotion et diffusion)
    850€ pour les contreparties aux souscripteurs
    430€ pour les frais de la plate-forme

    Ce budget calculé au minimum nous permettra de réaliser toutes les étapes éditoriales de cette aventure rapidement et en toute indépendance.

    Avec vous, en atteignant notre objectif, la parution des 3 livres sera pour décembre 2014. Pile pour offrir à tous les jeunes de votre entourage !

    Avec un budget de 13 000€ (4300€/livre) nous réaliserons ce projet dans de vraies bonnes conditions et avec un budget de 16 500€ (5500€/livre) la traduction anglaise des 3 volumes sera publiée en mai 2015.

    Le détail des contreparties est présenté dans le paragraphe ci-dessous ; vous pourrez aussi le consulter sur la page dédiée au choix de contreparties qui s'ouvre lorsque vous cliquez sur le bouton "Soutenir ce projet".

    Compensations

    • Non merci Je ne souhaite pas de contrepartie, je veux juste recevoir des nouvelles et aider le projet

    • Pour 5 € ou plus: Intention : Un grand merci, chaque changeur compte !

    • Pour 15 € ou plus: Signature : Votre nom imprimé dans les Mercis du livre.

    • Pour 25 € ou plus: Trace : Votre nom dans le livre à côté d'une citation que vous nous enverrez qui vous inspire et vous accompagne souvent.

    • Pour 35 € ou plus: Passeur : Vous signez dans le livre un très court texte écrit par vous présentant un Changeur ou une Changeuse que vous connaissez personnellement (300 signes max) + 10 % de réduction sur vos 3 volumes.

    • Pour 50 € ou plus: Inspirateur : Vous signez dans le livre un très court texte de vous racontant qui ou ce qui vous a fait changer (450 signes max) + vos 3 volumes offerts.

    • Pour 85 € ou plus: Changeur : Vous signez votre récit de changement (450 signes) + vos 3 volumes + 3 volumes envoyés à une association qui s'occupe des jeunes.

    • Pour 150 € ou plus: Pilier : Votre nom sur le livre + votre récit de changement (450 signes) + les 3 volumes pour vous + 3 volumes envoyés à une association qui s'occupe des jeunes + 1 livre de votre choix dans le catalogue Seepia.

    Partenaires du projet

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  • Eva Wissenz

    Eva Wissenz : ne jamais rentrer dans les cases mais créer les siennes

    http://www.femininbio.com/agir-green/actualites-nouveautes/changer-vie-plusieurs-fois-73

    Eva Wissenz : ne jamais rentrer dans les cases mais créer les siennes
    Eva Wissenz a parcouru beaucoup de chemin jusqu'à la Finlande.
    Adepte de tous arts. Baroudeuse à petit budget. #Lecture #Nature #Liberté - Journaliste stagiaire @FemininBi

    Est-ce que le changement de vie se fait en une fois ? Eva Wissenz, éditrice, écrivaine et autoentrepreneuse, ne le sait pas. Ce qui est certain, c'est que rien ne la destinait au chemin qu'elle a pris. Première génération familiale à pouvoir faire de hautes études, elle a quitté sa vie confortable à Paris pour des aventures plus qu'incertaines. De Marseille à la Finlande, en passant par Cuba, elle nous raconte comment sa vie n'a cessé d'évoluer.

    En 1989, j'ai 18 ans. On dit qu'il n'y a plus de travail mais il me semble qu'il y a tout à faire ! Je ne veux pas résumer ma vie à la gagner. Je veux aider, être utile à quelque chose de bon mais quoi ? Ce sera la culture, la beauté, la poésie. Je plonge dans l'étude de mes racines italiennes et passe une dizaine d'années à lire, étudier, traduire, enseigner un poète philosophe lucide, Giacomo Leopardi. Je deviens assistante à La Sorbonne, en doctorat, et passe bien des dimanches à l'hôpital en bénévolant aux urgences pour enfants malades. Je vois le système de santé se détruire. 

    Durant mes nombreux voyages en Europe où je constate l'uniformisation, je ne m'habitue pas à la misère urbaine, à l'indifférence. A l'époque, une entreprise de prises Internet s'appelle « Noos » ce qui en grec veut dire « âme », je vois que la langue au service de la sur-consommation est une langue morte, je n'en peux plus, je craque, je cherche la source, je me rends compte que je ne sais rien faire des mes dix doigts, je tombe malade, longtemps et par réel miracle je guéris. Ainsi, commence le changement.

    Renouveau dans une forêt du Canada, découvrir le nucléaire et devenir végétarienne en Grèce

    Refusant de disséquer plus longtemps la Poésie, je quitte poste et avenir prometteur à la fac. J'apprends la danse indienne. Un jour, pour la première fois dans une forêt d'Algonquin au Canada, je suis si prise de sacré que je me déchausse, me sens chez moi, enfin.

    Mais je vis à Paris, je dois gagner ma vie, survivre et la compétition règne. Free-lance dans l'édition et le tourisme, j'absorbe les douleurs de villes et écoute leur faux silence. Je découvre le nucléaire, j'en parle à mes amis, cela n'intéresse encore personne.

    Je cesse alors de tergiverser et décide d'ouvrir en grand les portes de ma passion pour l'écriture, notamment vers l'écriture d'un livre qui va s'appelerFluxus. Je quitte mes jobs à Beaubourg, dans la presse, l'édition, j'arrête la danse, rassemble mes petites économies et j'écris. Sans filets, je m'ouvre à une vie à l'essentiel, une traversée du désert fondatrice. Je découvre les montagnes du nord de la Grèce où j'ai voyagé seule à pied tout un hiver. J'apprends à faire un feu, je dors à la belle étoile et deviens végétarienne. Je suis bien.

    Quitter Paris, arriver à Cuba et découvrir la vie sans pétrole

    De détour en détour, il devient évident qu'il me faut quitter Paris si je veux garder une vraie qualité de vie et ne pas passer mon temps à chercher de l'argent et confondre mon confort avec ma liberté. C'est à Marseille que je migre. J'y découvre le yoga, les stages d'agro-écologie que je ne peux me payer, je dors souvent à la belle étoile dans les Calanques et le Luberon. Quelques mois par an, je travaille pour des guides touristiques car ma vie a changé mais pas complètement : cet arrangement précaire me permet d'écrire mais j'en suis malade, je ne veux plus contribuer à ce système, je veux être libre et choisir totalement tout ce qui fait ma vie.


    Début 2007, mon ordre de mission pour un guide touristique est à Cuba. Je refuse d'aller écrire sur la beauté des plages dans cette dictature. Mais j'ai besoin d'argent et je pars. 

    Un jour, près de l'une des plus belles plages pourries de tourisme sexuel, je manque mon bus. Dans le bus suivant, deux jeunes Canadiens de 21 ans voyagent pour diffuser leur Solar Fire, des concentrateurs solaires en open source. Ils l'ont déjà fait en Amérique Latine, au Mexique, avec les paysans pour torréfier le café et le chocolat. Une coopérative est née.

    Je rentre métamorphosée par ce que j'ai vu à Cuba et qu'on pourrait appeler une façon de vivre sans pétrole (ou très peu).

    Les plantes me "parlent", et c'est normal

    En quelques mois j'absorbe énormément de l'actualité, je débusque le Codex Alimentarius, j'arrive à la Révolution verte, je lis Gunter Anders, je comprends que pour être en cohérence je dois quitter la ville une fois pour toutes et être cohérente. J'ai envie de devenir bergère. Mais il faut un diplôme pour aller garder des moutons dans l'Ariège que je viens de découvrir et dont la beauté me subjugue ! Un diplôme, une école, des sous, que je n'ai pas.

    Je pars vivre dans le Limousin avec un budget minime et découvre la théorie du choc de N. Klein, la propagande de Edward BernaysHoward Zinn, l'arnaque d'avoir remplacé la pauvreté par la misère et celle du développement, etc., ad nauseam. Entre temps, l'amour est là.

    Ensemble, nous développons le Solar Fire depuis une maison humide d'un hameau du Limousin louée par un ami d'ami où l'eau suinte par les murs. Je n'ai pas de travail, mon époux non plus, donc allocations minimales, pas de voiture pendant deux ans. Les courses se font à vélo ou à pied par les bois jusqu'à l'épicerie bio et le début de belles rencontres avec des gens de terrain pour qui l'écologie se définit par un fort sentiment de lien. Dans tout cela, on nous prête des bouts de terre, on fait des jardins, je découvre la seule école valable, les plantes me “parlent” et c'est normal. 

    L'Inde et une rencontre avec l'anti-Américanisation

    Un jour où on allait tout lâcher avec notre Solar Fire , Mr Desai, un entrepreneur Indien nous contacte. Small is beautiful. Il travaille dans la lignée de Gandhi. On y va. On construit nos machines sur le toit de son usine à Rajkot. Premier pied en Inde, intensification de beaucoup de choses évidemment. On y retournera plusieurs fois. On verra comment les Occidentaux sont des proies spirituelles faciles. On développera notre technique jusqu'à permettre des machines de 90m².

    Chez Mr Desai, je rencontre Jeff Knaebel. Un Américain qui a tout quitté, brûlé son passeport, sillonne l'Inde pour avertir les paysans des dangers de l'Américanisation. Ailleurs, la crise, les Anonymous, la Grèce qui dérape, l'Indignation d'Hessel partout. Je me dis que Jeff Knaebel est un exemple extraordinaire. Je le traduis en français, l'envoie partout, refusé partout. Qu'à cela ne tienne, je vais l'éditer moi-même dès que possible ! Je recycle mon métier de « guide » touristique en « guide » en ressources alternatives pour les ados, totalement bénévole depuis 4 ans sur un site que j'appelleLaSeiche et qui est en avant-poste des sites radicaux, un outil de tri fiable justement pour ceux qui ont envie de changer de vie ! Je deviens aussi membre des JNE (Journalistes pour la Nature et l'Environnement).

    Installation en Finlande et lancement dans l'édition

    Il devient assez évident qu'il faut quitter la France pour avancer dans les alternatives. Ce sera la Finlande, où se trouve une partie des ancêtres de mon époux, peu de corruption, plus d'arbres que de gens, un culte du silence, de la liberté, des lacs grands comme des mers...
    Entre temps, je suis devenue maman, j'ai appris à me soigner seule pour la plupart des choses, et à me nourrir intelligemment aussi, local et bio autant que possible.

    Notre association Solar Fire devient une entreprise sociale (il faut 1h pour créer une entreprise en Finlande), et d'autres passionnés nous rejoignent. L'intuition du livre pour l'écriture duquel j'ai tout quitté, Fluxus s'est accomplie il y a deux ans. La fable s'appelle maintenant Les enfants du sièclerécemment salué par Jean Ziegler.
    J'ai créé
     Seepia, ma plate-forme d'édition avec impression à la demande, pas de stock, pas de pilon, un fonctionnement très simple parce que je pense que nos imaginaires doivent être irrigués par d'autres récits. Un ami m'a envoyé récemment cette magnifique citation : "L’action s’invente à partir de l’imagination d’un monde meilleur, et, par conséquent, à partir de l’avenir." Robert Misrahi.

     

    Avec une amie, nous avons réalisé l'hiver dernier sur Babeldoor une campagne de co-financement d'un très beau livre de Janisse Ray, « Ceux qui sèment – Graines de résistance » qui a été soutenue par Vandana Shiva, des partenaires et 170 personnes. Il est sorti début juin. C'est une très belle énergie.

    Voilà, comme je ne rentrerai jamais dans aucune case, j'ai créé les miennes, les plus ouvertes possibles !

    >> Soutenez le projet d'Eva Wissenz "L'humanité des grands chemins" sur Babeldoor ! 

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