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  • "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (fin)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (1)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

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    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (6)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (7)

    "Si vous regardez un abricot, vous pouvez décrire sa couleur, sa texture, son parfum, le goût de sa chair, la dureté de son noyau, mais tout ça n'est pas l'abricot. C'est juste sa matérialisation physique. L'énergie qui le constitue n'est pas visible alors que c'est justement sa réalité profonde. Il en est de même avec la vie. Elle est tout ce qui n'est pas visible. Effacez la vision que vous en avez et observez ce qui reste."

    Un an maintenant qu'il avait rencontré ce thérapeute. Il ne croyait plus au hasard. Son âme avait décidé de cette rencontre et c'est parce qu'il était parvenu, dans un moment de lucidité, à entendre ce message qu'il avait basculé...

    Basculé...

    Il aurait rejeté l'idée dans son ancienne vie. Le déséquilibre lui aurait été insupportable. Perdre l'équilibre et basculer. Mais l'équilibre de quoi ? D'une vie nourrie d'expédients et de tromperies, des valeurs marchandes comme guide suprême. Il avait eu une vie de déséquilibré. Et c'est parce qu'il avait perdu cet équilibre éducatif qu'il avait appris à se tenir debout sasn vaciller. Il avait eu peur de perdre pied quelquefois mais avec l'impression immédiate qu'il y gagnait bien davantage. Sans parvenir pour autant à exprimer ses ressentis.

    Le thérapeute lui avait conseillé d'écrire.

    Il avait acheté un beau cahier avec une couverture cartonnée, bien solide. 

    "Écrivez sans y penser, laissez-vous emporter. Ne jetez rien, même si dans l'instant, ce qui surviendra vous paraîtra dérisoire ou incompréhensible. Ce que votre âme éprouve n'est pas de l'ordre du mental. Les résistances éducatives sont extrêmement solides. Tout le système repose sur ces résistances. Ne vous inquiétez pas. Contentez-vous d'écouter."

    Le thérapeute communiquait parfois par mail et il les lisait avec beaucoup d'attention. Il avait même constitué un dossier personnel et il tentait de retranscrire ses émotions immédiates, les pensées, les idées, les images...

    C'est par un matin de printemps, assis sur la terrasse, dans la contemplation du ciel, que ce texte lui était venu. Il avait rejoint son bureau et il avait écrit, enflammé, frissonnant, délivré.

    Une rencontre qui se répétait désormais. Cette entité qui parlait en lui, sans que les mots ne soient recherchés, sans que les idées ne soient cartographiés, soumises à un mental inflexible et étroit.

    Elle était là. Elle lui parlait. Il écoutait.

    Et l'idée qu'un jour, cette âme déchirerait son enveloppe ne l'effrayait plus car il savait que désormais, elle aurait de longs feuillets à lire. 


     

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  • La réalité de l'amour (sexualité sacrée)

     

    Unnamed

     

    Si vous regardez un abricot, vous pouvez décrire sa couleur, sa texture, son parfum, le goût de sa chair, la dureté de son noyau, la matière de son noyau mais tout ça n'est pas l'abricot. C'est juste sa matérialisation physique. L'énergie qui le constitue n'est pas visible alors que c'est justement sa réalité profonde. Il en est de même avec l'amour. Il est tout ce qui n'est pas visible. Effacez la vision que vous en avez et observez ce qui reste."

     

    Kundalini web

  • Lettre à Peilhamon

    Lettre à Vincent et Benoit (réforme des rythmes scolaire en dedans)

    Chers Vincent et Benoît.

    Je m’adresse à vous deux bien que je sais pertinemment que Vincent, toi, tu t’en bats les tomates de cette réforme puisque tu es désormais député européen! Mais bon, vu que c’est toi qui  a pondu cette débilité de réforme, je te mets dans le lot hein!

    BD reforme rythme scolaire

    Soit dit en passant, c’est pas joli joli de mettre le dawa et après refiler le bébé aux copains hein!

    Bref, je voudrais vous parler de cette réforme. Sachez le, j’habite dans un village de campagne, avec 500 habitants environ, une école et une boulangerie, seul commerce du village (si on ne compte pas les maisons de champagne).

    Votre réforme là (je dis « votre » parce que c’est aussi la tienne désormais, Benoît), qu’est ce qu’elle va changer au quotidien pour les enfants de mon village?

    Déjà, par rapport au système actuel, ils seront en classe 15 minutes de plus par jour (si ils ne vont pas à la garderie du soir, sinon c’est 1h de plus) en plus du mercredi matin. Comment est ce possible? J’t’explique Benoît, t’excite pas. Ton ami Vincent a décrété que les enfants travaillaient mieux et sont plus attentifs le matin. Soit, je ne dis pas le contraire. Ensuite, il a dit que ça serait tip top coolos de la laïfe que la culture, le sport, la vie quoi, entre à l’école sous forme d’activités l’après-midi en remplacement de travail scolaire classique et que ça serait fait par des animateurs, éducateurs, bénévoles, que sais-je encore. Ok, c’est bien pour tous les gamins qui n’ont pas d’activités extra-scolaire.

    Chez nous ça donne ça:

    planning rythmes scolaireVous ne voyez rien, bah cliquez sur l’image bande de buses!

    Mais alors what’s ze phoque? Prenons l’école de mon village comme exemple (parce que bon les autres, j’m’en cogne…. rôô ça va je déconne!).

    Alors dans le désordre (j’aime pas ranger):

    1. Qui peut aller chercher son enfant à 16h15 sérieux?! Même pour les parents au foyer, ça va être sport! En plus, maintenant, faudra payer cette heure d’étude surveiller 1,80€ (mais l’école n’est donc pas gratuite bon sang!).
    2. Les enfants resteront plus longtemps à l’école le soir, en plus du mercredi. Donc ils seront crevés le mercredi matin au lieu du jeudi! Mais à part ça, ils seront plus à l’écoute en classe hein! Magnifique…
    3. L’étude surveillée sera faite par les enseignants. Actuellement, elle consiste à revoir les leçons non acquises et /ou à faire les devoirs. Sauf que comme le dit l’alinéa 1 ci-dessus: « Qui peut aller chercher son enfant à 16h15 sérieux?! ». Du coup, il y aura un nombre important d’élèves ce qui rendra l’étude difficile et donc se soldera en récré par exemple.
    4. Les enseignants ont accepté de prendre en charge le TAP (Temps d’Activités Péri-éducatifs) dans la limite de leurs compétences. Autrement dit, si on a la chance d’avoir un prof champion d’échec, de sport en tout genre, de loisirs créatifs, de musique, de Jeopardy, de pompon et de bonshommes en allumettes le tout en même temps, ça peut le faire!
    5. Concernant les animateurs et autres éducateurs pour assurer ces TAP, quelle personne sensée accepterai de faire 20kms aller-retour pour travailler une heure payée au SMIC? AUCUNE! Simplement parce que prix de l’essence + SMIC = travailler pour rien et on rajoute l’horaire en milieu de journée = difficile de cumuler avec un autre emploi (ou si, un emploi de nuit à la limite). Même les étudiants, ça va les faire chier (bah oui, ils ont cours eux aussi)!
    6. Le budget des familles va en prendre un coup parce que quand tu bosses, soit, tu mets ton gosse de 8h à 18h et ça coûte 11€ par jour et par enfant. Soit, tu bosses à mi temps mais avec le temps de trajet et tes horaires qui seront les mêmes que tes gosses tant qu’à faire, bah tu les mets toute la journée et ça te coûte 11€ par jour et par enfant!
    7. Les enfants qui seront à l’école de 8h à 18h, vont vadrouiller de la salle perisco, à la salle de classe, à la cantine, à la salle de classe, à la salle polyvalente, à la salle perisco. J’espère bien qu’ils auront des jambes en béton pour en faire des futurs champions de cyclisme!
    8. Autre souci, les parents qui travaillent le mercredi (oui c’est dingue je sais!), comment vont ils faire si ils n’ont aucune solution pour aller chercher leur gamin le midi? Et oui, c’est ouf mais tout le monde n’a pas de papi ou mamie à proximité dispo et/ou qui ne bosse pas! Et bah ceux là mettront leurs enfants en ville ou  dans le privé. Imagine la perte sur 52 élèves! Même si une minorité part, on peut craindre une fermeture de classe… C’est balot, on vient juste d’investir 1 800 000€ dans la rénovation de l’école primaire…

    Donc, je constate que déjà dans les villes c’est le bordel mais alors en campagne… Bien sûr cet exemple n’est que supputation et ne concerne qu’une seule école! Mais on parie combien que j’ai bon?

    Alors chers Vincent et Benoît, sans déconner les mecs, vous n’avez pas autres choses à foutre que d’inciter un des deux parents (au hasard Baltazar, la mère hein) à rester à la maison parce que bosser reviendrait à pisser dans un océan de violons qui ressortent par l’oreille gauche? Il est où le retour à l’emploi? (bah pas avec la réforme du congés parental apparemment) (oups, je m’égare là) (j’écrirais une lettre à Najat).

    Il est où le bien être de nos gosses? C’est déjà pas super simple et complètement inconscient de faire des gosses à notre époque (crises conimiques toussa toussa), mais là, les gars, vous voulez avorter les futurs embryons bordel (j’assume qu’à moitié ce jeu de mot pourri).

    Vous avez pondu une réforme à la va-comme-je-te-pousse histoire de dire « on avait qu’on le ferai hein, votez pour nous putain ». Mais réveillez vous, la réalité, vous connaissez un peu? Nan c’est pas « plus belle la vie » les mecs… Sortez de vos bureaux et mettez vos gosses dans des écoles publiques. Après on en reparle de la réforme okay!

    BD reforme rythme scolaireBD reforme rythme scolaireBD reforme rythme scolaireBD reforme rythme scolaire

    Bref, votre réforme en deux mots: c’est de la merde (bon ok, ça fait plus que deux mots).

    BD reforme rythme scolaire

    #fucklaréforme

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  • Crise de l'enseignement

    http://rue89.nouvelobs.com/2014/06/18/francois-dubet-recruter-les-profs-a-bac5-cest-erreur-252636

    Comment en est-on arrivé à recruter des profs avec 4 de moyenne au concours ? Les réponses de François Dubet, sociologue de l’éducation, qui propose un recrutement à bac+1 puis une formation jusqu’à bac+5.


    Le sociologue de l’éducation François Dubet en 2006 (Rillon/Neco/Sipa)

    Les instituteurs, une espèce en voie de disparition ? En mai, Rue89 a publié une enquête sur l’impressionnante pénurie des candidats au concours de professeurs des écoles. Elle montrait qu’en 2014, certains d’entre eux étaient admis avec des notes très basses à l’examen afin de pourvoir, coûte que coûte, les postes vacants (voir l’infographie en haut de cette page).

    Instits en colère, parents inquiets, élèves désabusés : les réactions à cet article n’ont pas manqué. Pourquoi cette pénurie de profs ? Et comment rendre le métier de nouveau attractif ? Les réponses de François Dubet, sociologue de l’éducation, professeur à l’université de Bordeaux et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

    Rue89. La carrière de professeur des écoles n’attire plus. Dans les académies de Créteil et Versailles, plus de 85 % des candidats ont été admis au concours cette année, le dernier recruté ayant dans ces deux zones une note moyenne inférieure à 5/20...

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    Cet entretien a été publié en avant première le 7 juillet 2014 dansnotre magazine Rue89 Week-end pour tablette. Chaque jeudi soir, vous y retrouvez le meilleur de Rue89.

    François Dubet. Avec un chômage de 25 %, une telle profession dans la fonction publique devrait attirer. Ce n’est plus le cas et c’est une énigme. Elle est mal payée, c’est vrai, mais ce n’est pas nouveau  : dès les années 60, on disait déjà que les profs étaient mal payés, ils l’étaient moins que les policiers, par exemple.

    Aujourd’hui, un ménage de jeunes enseignants, avec deux salaires et avec une sécurité de l’emploi totale, ne démarre pas dans la vie dans les pires conditions. Dans les pays dont les écoles sont considérées comme excellentes, comme la Suède, la Norvège ou la Finlande, les salaires des professeurs ne sont pas considérablement supérieurs à ce qu’ils sont en France. Mon sentiment, c’est donc que le salaire n’est pas fondamental dans l’explication de la désaffection que nous constatons aujourd’hui.

    Il y a pourtant eu une paupérisation. Autrefois, en France, l’instituteur étaient un notable. Son train de vie était plus confortable.

    Pas tant que cela. C’était un notable, mais son salaire n’était pas considérable.

    Il était mieux payé qu’un plombier...

    Oui, si l’on prend le fameux cas du plombier. Mais l’enseignant ne gagnait pas tellement plus que l’ouvrier très qualifié, par exemple. Les profs n’ont jamais été bien payés, mais la profession avait un prestige indiscutable.

    Dans un monde du travail bien plus dur qu’il ne l’est aujourd’hui – avec un chômage qui vous plongeait dans la misère, des accidents de travail... –, cette profession, même mal rémunérée, vous donnait un prestige social et une forte stabilité de l’emploi. Mais les profs vivaient modestement, même si certains avaient un logement de fonction.

    Si on augmentait le salaire des enseignants de 20 %, je ne suis pas sûr qu’on améliorerait considérablement le recrutement. D’ailleurs, regardez  : un maître de conf’ de fac est payé autant qu’un prof de lycée. Or, des centaines de candidats se présentent quand vous ouvrez un poste à la fac.

    Dans l’Education nationale, les enjeux symboliques sont toujours plus importants que les enjeux matériels.

    Les deux peuvent se rejoindre  : si les profs étaient mieux payés, le regard de la société sur eux changerait...

    Possible, mais ce n’est pas un facteur décisif.

    Si le niveau de vie n’est pas une des explications importantes de cette crise du recrutement, quelles sont-elles  ?

    Il y en a deux. D’une part, un problème d’image. L’image, c’est celle d’un métier difficile. Celle d’un enseignant qui souffre, face à des élèves qui ne veulent pas apprendre, à des parents d’élèves qui l’enquiquinent, à une administration qui lui gâche la vie...

    Le discours que produisent les enseignants sur eux-mêmes est celui de la plainte. Autrefois, c’était un discours sur la grandeur de la profession, le plaisir d’enseigner, de faire la classe... Il y avait une mise en scène positive, une représentation du métier qui pouvait donner envie de l’exercer.

    Aujourd’hui, quand les enseignants parlent d’eux-mêmes collectivement, c’est pour dire  : « Nous souffrons, nous ne sommes pas reconnus, nous sommes méprisés, nous avons un métier de chien, c’est extrêmement difficile, nous sommes soumis à la violence »... L’image qui s’est répandue, c’est que tous exercent dans des collèges de ZEP violents, ce qui est rarement le cas.

    L’image de l’école elle-même s’est renversée  : l’école qui intégrait la société, qui fabriquait des citoyens, qui les préparait à vivre quelque chose de commun a laissé place à l’image de la machine à diviser, à trier, à créer des inégalités. Les sociologues ne sont pas pour rien dans cette image, mais elle a peu à peu été intériorisée par les Français.

    L’école, c’est « l’endroit où mon gamin risque de se faire jeter » et dans certains quartiers, c’est carrément « la machine faite pour nous exclure ». A cela s’ajoute une perte de confiance dans la culture scolaire. Cette dernière n’est plus perçue que comme un moyen de sélectionner  : la « vraie culture » est ailleurs...

    Dans les médias, vous ne trouvez plus beaucoup d’image positive des enseignants, à part ce vieux feuilleton, L’Instit, qui présente un enseignant idéal, positif, qui a des relations formidables avec les gamins et roule à moto...

    Et qui travaille en milieu rural...

    Oui ! L’action se passe aujourd’hui, mais c’est un enseignant d’autrefois. Le reste du temps, les enseignants sont soit ridicules, soit en souffrance. Le temps de La Gloire de mon père, de Marcel Pagnol [autobiographie où il livre son admiration pour son père instituteur, ndlr], c’est fini. Il y a eu un renversement de l’image des enseignants, produit pour une part par le monde enseignant lui-même.

    Un exemple frappant se trouve dans une récente enquête, on demandait à des sondés : « Souhaiteriez-vous que vos enfants soient enseignants  ? » La profession qui souhaitait le moins que ses enfants soient enseignants, c’était les enseignants  ! C’est terrifiant. On ne peut pas dire indéfiniment  : « Passez un concours pour faire un métier de chien. »

    Quand ce changement de discours s’est-il produit et qu’est-ce qui l’a déclenché  ?

    Ce changement de discours des enseignants sur eux-mêmes a eu lieu il y a une vingtaine d’années. D’abord, le métier est devenu objectivement beaucoup plus difficile qu’il ne l’était. Dans un collège normal, quand il a une heure de cours, un prof en passe la moitié à établir l’ordre scolaire. Je crois aussi qu’on a assisté à une évolution du syndicalisme enseignant, devenu extrêmement défensif.

    Il était pendant longtemps axé sur les revendications salariales et les conditions de travail, mais il appelait ausi à la grandeur de l’éducation. Il se réclamait d’un grand projet culturel, démocratique, national... Aujourd’hui, c’est terminé.

    Pour avoir des enseignants qui vous parlent très positivement de leur métier, il faut leur parler en tête à tête. Il faut qu’un individu vous parle de l’intimité de son boulot. La parole collective, elle, est toujours négative. On ne demande plus d’augmenter les salaires parce que le travail avec les élèves est important, mais parce qu’il est épouvantable  !

    Et pourtant, si le métier est effectivement devenu plus difficile, c’est un métier qui a ses bonheurs, ses voluptés. Une autre chose qui a selon moi complètement changé le recrutement, c’est le bac+5 exigé pour passer le concours. Au fond, pendant très longtemps, le choix d’être enseignant était un choix positif et précoce.

    Une « vocation »...

    J’aime bien le mot de vocation, mais il évoque souvent une période passée dans laquelle l’enseignant se sentait investi d’une mission morale et politique. Là, je parle simplement d’un goût pour le métier, qui était défini précocement.

    Jusqu’aux années 60, pour devenir instituteur, on était recruté dans les écoles normales au niveau la troisième. Vous alliez dans une école normale, vous passiez le bac et vous deveniez instituteur... C’est un choix que vous faisiez positivement et tôt. Quand vous faisiez des études de lettres, vous saviez au sortir du bac que l’enseignement était grosso modo votre destin.

    QUAND ON EMBAUCHAIT LES PROFS ENCORE ÉTUDIANTS

    En 1957 sont créés les Instituts de préparation à l’enseignement secondaire (Ipes), alors que la scolarisation jusqu’au collège devient de plus en plus courante.

    « “Construire un collège par jour” [expression d’un ministre de l’époque, ndlr] ne suffisait pas, il fallait aussi assurer attirer vers le métier de professeur, puis fidéliser, de nombreux étudiants », rappelle la syndicaliste Marianne Auxenfans dans un article consacré aux prérecrutements dans l’Education nationale.

    « Recrutés par concours locaux dans les universités à bac+1, les “Ipésiens” percevaient un “prétraitement” correspondant à 171 % du smic de l’époque, avec l’obligation d’assiduité et aussi de réussite universitaire. »

    Il y avait même à cette période un système qui s’appelait les Ipes [instituts de préparation à l’enseignement secondaire, lire encadré, ndlr]. Vous passiez après le bac un petit concours assez facile qui vous donnait l’écrit du Capes. Et au lendemain de votre licence, vous passiez l’épreuve orale du Capes. Les choix professionnels se définissaient assez tôt.

    Aujourd’hui, que se passe-t-il  ? Les étudiants vont à l’université, généralement au terme de choix souvent négatifs  : « Je n’ai pas pu faire une classe prépa, une fac sélective, un IUT... » Tendanciellement, les futurs enseignants ne sont plus les meilleurs étudiants  : il faut quand même le dire  !

    Les meilleurs étudiants, eux, font tout pour ne pas aller à la fac. Une école d’assistantes sociales ou d’éducateurs a un quota de candidats sur le quota de reçus plus considérable que l’Education nationale. Ce ne sont pas des métiers tellement mieux payés ou tellement plus faciles.

    Les étudiants font leur licence  : en histoire, en langues, en français en sciences, etc. Ils se demandent alors ce qu’ils vont faire  : « Si je pense que je suis très bon, je fais une thèse. Si je pense que je suis bon, je fais un master compétitif. Si je pense que je suis bon en sciences, je m’oriente vers une formation d’ingénieur »...

    Beaucoup parmi les autres, ceux qui pensent qu’ils ne sont pas assez bons, qui ne sont pas trop sûrs, vont vers les concours d’enseignants.

    Ce ne sont plus les meilleurs étudiants. Et je dirais même qu’en sciences, ce ne sont non seulement pas les meilleurs, mais ce sont souvent les moins bons.

    Au Capes, on a un mal fou à recruter en maths, en physique, en chimie...

    Le choix professionnel, qui était positif et précoce, est devenu avec le système bac+5 un choix souvent contraint, parce qu’il n’y pas d’autre voie, et qui n’est pas fait par les meilleurs des étudiants.

    Prônez-vous le rétablissement de filières précoces, à la manière des écoles d’ingénieur ou des facs de médecine  ?

    Je pense que les filières que choisissent les bons étudiants, ce sont des filières à sélection précoce, celles qui garantissent leur avenir. L’étudiant préfère un IUT, une école d’ingénieur, une école de commerce. Il y trouve d’emblée l’image d’un avenir professionnel, et c’est pour lui un choix « positif ».

    Il faudrait donc recruter les futurs enseignants à bac+1 ou bac+2  ; ensuite,on les formerait jusqu’au master. Pourquoi se bagarre-t-on pour devenir infirmière, alors qu’on n’arrive pas à recruter des enseignants  ? Les infirmières ne sont pourtant pas mieux payées que les enseignants... et leur métier n’est pas plus facile. Mais elles ne sont pas recrutées à bac+5  !

    On a commis une erreur. On est passé de l’idée, juste, qu’il faut que les enseignants aient un niveau bac+5 à l’idée, fausse, qu’il faut donc les recruter à bac+5. Ce sont deux choses qu’on a eu le tort de confondre.

    J’ajoute que si l’on recrutait à bac+1 ou bac+2, on aurait des chances de recruter de bons élèves d’origine populaire. Parce que des bons élèves d’origine populaire, on en trouve à bac+1, mais ils ont presque disparu à bac+4. Ils n’ont pas survécu dans le système : il faut tenir  ; quatre ans d’études, c’est long.

    Tenir financièrement, dans votre filière « professeur des écoles », serait plus facile  ?

    Oui, parce que vous avez la garantie, une fois passé le concours d’entrée, que vous passerez la sortie. Si on disait  : « Tu es un bon élève, tu as une mention au bac, tu auras une bourse, et à la fin tu feras des stages et au bout tu auras un métier », je suis persuadé qu’on rendrait le métier plus attirant.

    Je vois mes propres étudiants qui passent le Capes. Ils sont là, ils passent la licence, ils arrivent en maîtrise et se demandent ce qu’ils pourraient bien faire. Et souvent ils choisissent instit’, parce qu’ils ne quitteront pas la région. Ils regardent aussi le Capes, mais c’est très compliqué  : il y a le risque d’atterrir dans un établissement de ZEP où personne ne veut aller...

    Ce type de calculs n’existerait pas si vous mettiez en place un recrutement plus précoce. Comme les polytechniciens, les ingénieurs, les médecins, les infirmières, les travailleurs sociaux... Si vous croisez cela avec l’image très négative du métier, cela ne déclenche pas l’enthousiasme.

    En même temps, on embourgeoise le recrutement. On se retrouve avec des candidats pas très bons d’origine sociale favorisée...

    Pourquoi cette idée de recrutement précoce n’aboutit-elle pas  ?

    J’en avais parlé à Vincent Peillon [précédent ministre de l’Education, ndlr]. Il n’y était pas hostile.

    Mais il se heurtait à deux obstacles majeurs. Le premier, c’était les universitaires, qui veulent que les étudiants s’inscrivent chez eux avant d’entrer dans une école professionnelle – sinon, c’est une perte sèche pour les universités. La seconde raison, c’est que le syndicat Snes [Syndicat national des enseignements de second degré, ndlr] est un défenseur absolu de l’idée qu’on doit recruter sur un niveau académique, qui selon lui fait la valeur d’un prof.

    Quand vous avez sur les bras les facs (et notamment les facs de lettres) et le Snes, ça devient compliqué.

    Dans le système actuel, vous êtes censé être spécialisé dans une discipline avant de devenir enseignant. Et dans le cas des professeurs des écoles, vous n’avez même pas d’obligation disciplinaire. On se retrouve avec des gens qui disent : « Je vais faire instit, mais moi les maths, je ne peux pas. » C’est embêtant.

    Vincent Peillon a réformé la formation, en créant les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espe). Est-ce un simple retour aux Instituts universitaires pour la formation des maîtres (IUFM)  ?

    Il y a de grandes chances pour qu’il ne s’agisse que d’un retour aux IUFM. Certes, le recrutement est un peu plus précoce, mais cela pose un problème aux étudiants, le concours ayant lieu avant le master. Alain Boissinot [président du Conseil supérieur des programmes, ndlr] a proposé par provocation de supprimer le concours. Car soit on recrute au niveau master, soit on recrute par concours...

    Aujourd’hui vous pouvez avoir le master des métiers de l’enseignement, mais pas le concours qui permet d’enseigner  ! Imaginez que vous fassiez une formation de médecin, que vous alliez jusqu’au bout de cette formation, et qu’on vous dise à la fin  : « OK, mais vous ne pouvez pas exercer la médecine... » En tout cas, on n’a pas basculé dans un autre modèle. On est dans une situation ambiguë, et l’ambiguïté, cela refroidit les étudiants.

    Vous dites que le salaire n’est pas déterminant dans les problèmes de recrutement. Ne peut-on pas cependant imaginer que les professeurs travaillant dans les établissements difficiles soient beaucoup mieux payés que les autres  ?

    Je suis totalement favorable à cette piste. Mais ce n’est pas si simple. D’une part, si vous faites cela, vous avez 300 000 types dans la rue demain, au nom de l’unité de la fonction publique, l’unité de la République, l’égalité des traitements sur le territoire, etc. On touche là à une vache sacrée.

    D’autre part, cela supposerait un changement fondamental du mode d’affectation. Aujourd’hui, il se déroule « à l’aveugle »  : on considère que tous les enseignants se valent  ; l’administration, qui contrôle le recrutement, affecte les enseignants en fonction des postes disponibles. En général, les jeunes vont là où personne ne veut aller.

    Ils y vont, ils obtiennent des points, certains se pacsent parce que cela fait des points supplémentaires, puis ils vont rejoindre des endroits plus paisibles. C’est désastreux pour les élèves de ces établissements difficiles  : ils sont victimes à la fois du turn over des profs et ce sont les enseignants les moins expérimentés qui font le boulot le plus difficile.

    Si vous voulez changer cette situation, ce qui me semble nécessaire, il faut changer complètement de système. Il faut adopter celui qui est en vigueur dans la plupart des autres pays  : vous avez un titre professionnel (par exemple, professeur d’espagnol) mais c’est l’établissement qui vous recrute. Et certains établissements peuvent avoir des moyens supplémentaires afin de pouvoir vous recruter à de meilleurs conditions financières.

    Pour dire les choses de manière brutale  : il faudrait généraliser le système d’affectation en vigueur dans les écoles privées. Mais aucun syndicat n’acceptera un tel changement, à part peut-être le Sgen [Syndicat général de l’Education nationale, ndlr]. Il faudrait pourtant le faire. Nous sommes dans la pire des conjonctures  : on a massifié l’université, il y a du chômage, et on ne parvient pas à recruter les enseignants. Peut-on continuer ainsi  ?

    Faut-il aussi changer la façon dont on gère les carrières des professeurs, dont on évalue leur travail ? Orienter ceux qui ne sont pas aptes à enseigner vers d’autres postes  ?

    Ce sujet est encore plus tabou. Logiquement, si l’on recrute bien et si l’on forme bien, l’écrasante majorité des enseignants doit être apte à enseigner. Au quotidien, on croise très peu d’ingénieurs « non aptes », très peu d’infirmières « non aptes »... Non  ?

    Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est qu’on a tous eu de très mauvais profs à un moment...

    Oui et on sait que « l’effet prof » est considérable. Par exemple, la qualité d’un prof de CP est déterminante pour le parcours scolaire d’un élève, quelle que soit son origine sociale. Au fond, les enseignants sont maltraités  ; quand ils rencontrent des difficultés, ils sont laissés à eux-mêmes  : ils se démerdent.

    Logiquement, dans un milieu professionnel, quand vous rencontrez des difficultés, vous êtes aidé pour les surmonter  : on vous forme de nouveau, on vous soutient... Ce n’est pas le cas dans l’éducation  : vous êtes seul dans votre classe. Vous souffrez le martyr et il ne se passera rien.

    Ce qui m’étonne, c’est que les enseignants ne protestent pas contre cela. Le système actuel leur apparaît comme une protection, mais elle est illusoire. Beaucoup sont victimes de ce système.

    De même, ils préfèrent être évalués par un inspecteur qui vient tous les sept ans assister à une heure de classe avant de leur mettre une note à peu près automatique, plutôt que d’être soumis à une évaluation collective de leur établissement, où leurs difficultés seraient examinées de façon constructive... Les enseignants tiennent au système actuel, qui les protège du regard des collègues, du chef d’établissement, des parents, des élèves... Résultat : on ne sait pas quoi faire des gens qui déconnent.

    Il y a un autre problème. Je crois qu’il faudrait qu’on forme les enseignants suffisamment bien pour qu’ils connaissent d’autres modes d’exercice de leur métier. Aujourd’hui, vous êtes professeur des écoles, vous ne dépasserez jamais le CM2  ; vous êtes professeur de collège, vous n’irez jamais dans une école élémentaire.

    Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas, dans une vie professionnelle, changer d’exercice. On pourrait imaginer une formation commune collège/école élémentaire. Qu’est-ce qui empêche un instit d’enseigner en sixième ou en cinquième  ?

    Vous êtes depuis longtemps défenseur d’un rapprochement entre le collège et l’école élémentaire. Pourquoi est-ce important  ?

    Je pense qu’une des réformes essentielles consisterait à décrocher le collège du lycée et de le rapprocher de l’école élémentaire. Il y a trop de gamins qui sortent faibles de l’école élémentaire, et qui ne peuvent pas être sauvés par le collège.

    Parce qu’ils sont perdus avec dix professeurs différents  ?

    Oui, et parce que ces professeurs ont des niveaux d’exigence définis par le lycée.

    Notre système ne coule pas complètement, parce qu’il y a des armées de profs généreux, ouverts, travaillant comme des brutes... Heureusement  ! Mais cela ne fonctionne que grâce à la vertu de ces individus. Le système, lui-même, n’est pas vertueux.

    L’éducation était la grande priorité du président François Hollande, et l’école primaire, la grande priorité de l’ancien ministre Vincent Peillon. Est-ce un échec sur toute la ligne  ?

    L’affaire des rythmes scolaires a flingué le projet. Même si ce changement finit par se mettre en place, il aura épuisé la capacité de réforme du quinquennat. Sur le « socle commun de connaissances », le rapprochement collège-école élémentaire, on s’oriente vers des mesures d’une extrême timidité  : on parle de quelques dispositifs qui pourraient être mis en place entre l’école et le collège.

    Au lieu de s’embarquer dans des réformes que le gouvernement a eu du mal à mettre en place, Vincent Peillon aurait pu dire  : « Nous recrutons désormais sur un nouveau statut. » Les 60 000 postes créés auraient alors trouvé un sens. On aurait dit  : « Les candidats qui passent le nouveau concours seront mieux payés, mais ils auront une autre obligation de service, ils seront recrutés par les établissements. »

    Enfin, il reste un enjeu plus difficile encore sur la table  : le déséquilibre financier du système. Le lycée est surfinancé. Un lycéen coûte en France, 38% de plus que la moyenne des lycéens de l’OCDE. L’élève de l’école élémentaire coûte 17% de moins. Vous serez bien obligé d’organiser un transfert du lycée vers l’école.

    Il faudra arrêter les options invraisemblables, les filières superfines, les classes européennes et autres « seconde théâtre ». C’est sympa, mais ça coûte très cher. Cependant, je n’imagine pas que ce gouvernement aura le courage de s’attaquer à ce dossier. Il y a quelques mois, Vincent Peillon a lancé une sonde sur les salaires des profs de prépa. Douze heures après, il a plié bagage.

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  • "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (7)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (1)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (3)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (4)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (5)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (6)

    Il ne pouvait faire autrement. 

    Il était retourné chez le thérapeute.

    Ce rêve était d'une telle puissance. Jamais, il ne s'était réveillé en pleurant, jamais il n'avait été aussi bouleversé par des images oniriques.

    Il était allongé sur la table de massage. Une musique de fond qui l'intriguait. Une musique de film certainement. 

    Il racontait. Le cheval qui galope au bord de l'Océan, une force qui le réjouissait, une course joyeuse nourrie par un bonheur infini, comme si coulait en lui l'énergie de l'animal, il était dans son sang, dans ses muscles, dans sa joie, dans cette conscience ultime de la vie en lui...

    Et sans que rien ne le laisse présager, sans aucune alerte, sans aucun prémices, le cheval s'était écroulé dans une gerbe de sable, il avait roulé sur lui-même et s'était immobilisé. Mort. 

    Et c'est lui qui s'était approché. Il n'était plus dans ce corps éteint où luisaient encore des rigoles de sueur. Rien, aucun mouvement dans la poitrine, aucune souffle suspendu, tout s'était arrêté avec une soudaineté effroyable.

    Les yeux ouverts de l'animal. Une brillance étrange, comme des larmes figées. 

    Il n'avait pu en supporter davantage. Une douleur insupportable qui l'avait réveillé en sursaut. 

    "Qu-avez-vous ressenti?

    -Une épouvantable tristesse, une horreur, cette certitude incompréhensible que c'était moi. 

    -Et vous n'avez pas supporté de vous voir mort ?

    -Évidemment. Comment pourrais-je le supporter ? 

    -Que pensez-vous de la mort ? 

    -C'est la pire invention de la création."

    Une voix sèche, cassante, déterminée.

    Le thérapeute se leva du fauteuil et vint se placer au bout de la table. Regards croisés.

    "Permettez-moi de vous donner ma vision de la mort. Vous en ferez ce que vous voulez. 

    -Vous n'avez jamais cherché à m'imposer quoi que ce soit de toute façon.

    -Je suis très heureux que vous l'ayez ressenti ainsi. 

    -Je vous écoute."

    Un sourire qui s'esquisse, comme un bonheur discret.

    C'était la première fois qu'il voyait le thérapeute exprimer ainsi une émotion intime. Il avait toujours été impassible au fil des séances et il s'était même demandé si cet homme éprouvait parfois quelques embrasements, quelques bouffées de bonheur ou de quelconques moments de mélancolie, tout ce que lui vivait à de multiples reprises. 

    "Que faites-vous lorsque vous recevez un courrier ? Imaginez une grande enveloppe marron. Vous ne connaissez pas l'expéditeur. 

    -Et bien, je déchire l'enveloppe et je sors la lettre ou le document. 

    -Que faites-vous de l'enveloppe ?

    -Je la jette sans doute. Aucune raison que je la conserve. Je vérifie juste avant que l'adresse de l'expéditeur soit bien inscrite sur la lettre.

    -Et que faites-vous du courrier? Il s'agit d'une longue lettre en fait. Plusieurs feuillets écrits à la main. 

    -Je la lis bien entendu. 

    -Et cette lettre vous bouleverse, elle vous concerne en tous points, elle parle de vous, elle vous connaît parfaitement, elle s'est écrite elle-même.

    -Comment ça ?

    -Cette lettre, c'est votre âme. L'enveloppe, c'est votre corps. Vous avez déchiré l'enveloppe pour pouvoir lire le courrier. Je pense que c'est ce qui se produit à notre mort physique. Je dis bien physique, c'est à dire lorsque l'enveloppe se déchire. 

    -Qui déchire l'enveloppe ?

    -Votre âme lorsqu'elle considère qu'il est temps pour elle de lire le courrier, c'est à dire l'ensemble de son parcours terrestre. La mort de son enveloppe la libère de toutes les contingences de la vie terrestre et c'est dans la paix de l'âme qu'elle pourra analyser clairement ce qu'elle aura vécu et ce qu'elle se doit de vivre encore. 

    -Comment ça de vivre encore ?

    -Dans un prochain parcours, dans une autre enveloppe, celle qui lui permettra d'éprouver de nouvelles épreuves, de nouvelles expériences, de nouvelles situations. Toujours dans l'intention d'aller vers une connaissance ultime de soi. Non pas de nous en tant qu'individu, nous ne sommes que des enveloppes, mais la connaissance spirituelle, une connaissance qui n'est pas du registre humain mais dans une dimension divine. 

    -Vous voulez dire que notre âme décide de notre mort corporelle pour se libérer d'un parcours qui devient sans intérêt ? 

    -Je ne dis pas qu'il est sans intérêt mais en tout cas, le parcours effectué lui suffit. Et il lui est par contre devenu contraignant de devoir s'y soumettre. Donc, elle déchire l'enveloppe. 

    -Qu'y a-t-il d'écrit sur la lettre?

    -Votre parcours de vie, les évènements ou les situations quotidiennes, vos pensées, vos tourments, vos passions, vos amours, vos espoirs, vos désillusions. C'est votre âme qui parle mais c'est votre mental qui transcrit. Tout le problème vient du fait que le mental n'est pas capable parfois d'entendre ce que l'âme lui murmrure parce qu'il est inscrit dans un vacarme constant, celui de l'agitation de votre condition humaine. Certains auront à lire des milliers de pages, d'autres ne disposeront que d'un brouillon râturé et très bref, un condensé dérisoire d'une vie manquée. 

    -Vous avez hâte de lire votre courrier ?

    -Je n'ai aucune impatience ou peur à avoir étant donné que cette étape ne dépend pas de moi. 

    -Et si vous vous suicidiez ?

    -Ce serait le choix de mon âme.

    -Et si vous étiez mort le jour de votre naissance ?

    -Ce serait le choix de mon âme.

    -C'est un peu facile, je trouve. Comme une soumission à des évènements dramatiques sur lesquels vous ne voulez pas intervenir.

    -Je ne pense pas comme vous. Il me semble qu'il est bien plus difficile d'accepter l'inéluctable que de le fuir. Cette peur qui vous terrorise, vous la fuyez peut-être dans l'agitation de votre vie mentale et vous n'entendez plus votre âme. 

    -Apprendre à écouter ce que je n'entends plus. " C'est ça que vous vouliez me dire ?

    -C'est à vous de le décider. 

    -Et à quoi me servira-t-il d'écouter ce que je n'entends pas ?

    -À faire en sorte que votre âme puisse lire des milliers de pages. Que décidez-vous de faire de votre parcours de vie ? Voilà la question essentielle. Vous allez me répondre que vous avez réussi à créer l'entreprise dont vous rêviez, vous ne manquez de rien, matériellement, vous avez une femme qui vous aime et que vous aimez, vous avez deux enfants et vous les accompagnez au mieux, vous avez des projets, chacune de vos journées a un objectif qui s'inscrit dans cette vie sociale. Mais qu'en est-il de votre âme ? Que connaissez-vous d'elle ? Lui avez-vous déjà apporté la moindre importance ? Avez-vous déjà imaginé que cette vie sociale n'est peut-être qu'une ébauche ou même pire un paravent ?"

    La première fois qu'ils percevait chez le thérapeute un certain énervement, une intonation appuyée, loin de cette voix monocorde qui caractérisait chaque séance. 

    "Je n'ai jamais pensé au fait que je puisse avoir une âme. Et je pense qu'il ne s'agit que d'une interprétation de votre part. Rien ne vient affirmer avec certitude que cette âme existe.

    -Et pourquoi avez-vous pleuré alors en écoutant cette musique, la séance passée et pourquoi encore en écoutant celle que je vous ai envoyée et pourquoi avez-vous fait ce rêve du cheval mort ?

    -Peut-être tout simplement que je suis plus fatigué que d'habitude, davantage de stress, peut-être que c'est le résultat de nos séances, peut-être que ça réveille en moi une sensibilité plus forte. 

    -Quand vous dites sensibilité, vous pensez sans doute à sensiblerie et ça vous dérange de vous voir sous cet angle, ça ne correspond pas à l'image que vous voulez préserver de vous. Mais vous êtes attiré malgré tout, vous voulez en savoir davantage et donc, vous êtes revenus alors que vous aviez décidé d'arrêter.

    -Comment le savez-vous ?

    -La façon dont vous m'avez dit au revoir. Vous n'étiez déjà plus là. 

    -Et qu'est-ce que je dois faire pour comprendre ce que mon âme désire ?

    -La vie se chargera de vous faire vivre ce que votre âme désire dès lors que vous serez capable d'écouter. 

    -Vous voulez dire que si je parviens à écouter mon âme, les événements correspondront à cette voie spirituelle ?

    -C'est exactement ça. Je pense que nous vivons ce dont notre âme a besoin et qu'elle a déjà choisi mais que cela n'est possible que si nous l'écoutons. Vous vous en apercevrez par vous-même. Les changements ont déjà commencé. Il ne vous reste qu'à écouter si vous souhaitez qu'ils s'amplifient. 

    -J'aimerais bien écouter chez moi cette musique. Qu'est-ce que c'est ? 

    -Funeral March. Dans le fim de Terence Malick "A tree of life".

    -J'en ai entendu parler mais ça ne me tentait pas.

    -Ça n'est pas un film pour le mental. Il faut le regarder et l'écouter avec son âme. Et vous voyez, cette musique-là, il y a deux mois, elle vous aurait irrité. Maintenant, elle vous attire."

    Il ne répondit rien,. Fin de la séance. 

    Il s'appliqua à saluer le thérapeute de façon à ce qu'il sache qu'il reviendrait...


    Suite plus tard...

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  • Témoignage

    Je n'ai encore jamais rien écrit sur ce mur mais voilà, gros ras le bol !!

    Ma fille de 7 ans et demi et demi sort de l'école a 11h30 le mercredi (11h15 les autres jours), nous sommes arrivés chez nous a 11h40 et le temps que je fasse a manger, elle s'était endormie 

    Elle adore l'école mais la, elle est pressée d'être en vacances. Avant, elle avait horreur des vacances mais la elle est pressée d'y être !!

    Ma petite de 2 ans et demi rentre chez les tout petits en septembre et je crains déjà ! Même si la directrice de l'école m'a dit que si je voulais garder ma puce les mercredi, je le pouvais. Non pas pour avoir moins d'élèves mais pour que ma puce se repose. Elle est contre cette réforme qu'elle trouve complètement absurde. Donc ma fille ira en classe les lundis, mardis, jeudis et vendredis et c'est tout. Si sa ne plait pas, je m'en fou.

    J’espère juste qu'une solution sera trouver rapidement car je ne compte pas regarder ma fille de même pas 8 ans devenir de plus en plus fatiguée et se mettre a détester l'école tellement elle est naze !!! 
    Et qu'on arrête de dire "les enfants devraient se coucher plus tot !" je dis STOP LA ! Je met mes filles au lit a 20h grand max et en a peine 5 minutes, elles dorment !

    Ou est l'interet de l'enfant, quand l'enfant se met a ne plus aimer l'école car tellement fatigué, il n'arrive plus a suivre correctement ??

    Faut m'expliquer la !!

    Voilà c'était mon ras le bol

    Je précise que je suis AVS, je travaille dans une école primaire ou je constate une fatigue général a partir de jeudi matin ! Les enseignants essayent de faire comme ils peuvent, des pauses ludiques et de repos au beau milieu de la matinée mais non les enfants n'en peuvent plus. Nous nous sentons impuissant fasse a tout ça et sa fait mal au coeur de voir des enfants en larmes tellement ils sont fatigués et aussi les voir ne plus réussir a travailler correctement.

    https://www.facebook.com/groups/609556085733767/?fref=nf


     JE NE PARTICIPERAI PAS À ÇA !!

    Refus catégorique et définitif. Et je me fiche des conséquences. Je ne vendrai pas mon âme. 

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  • Constat

    "Ceux qui peuvent traverser la vie sans "en rabattre" sont bien forts eux-mêmes, ou bien aveugles...ou vraiment n'ont pas souhaité bien haut. "

    André GIDE.

    J'ai souhaité si haut, dans un aveuglement si fort que le gouffre devant moi n'était pas visible et maintenant que je suis tombé au fond, je ne souhaite rien d'autre que d'oublier jusqu'au désir d'en ressortir puisque seule, cette acceptation peut me sauver de l'aveuglement. 

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  • "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (6)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (1)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (3)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (4)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (5)

    Des choeurs...Des voix d'église...Il n'avait jamais aimé ça. Il n'y avait pas de vie là-dedans, il n'y voyait que des cérémonies de cimetière. Décidément, ce thérapeute avait le don pour lui proposer des musiques irritantes. 

    Non, il ne devait rien refuser. Apprendre à écouter ce qu'il n'entendait pas. C'était peut-être ça cette émotion pendant la séance du matin. Mais qu'avait-il entendu ? Pourquoi n'en avait-il gardé aucune image claire, aucune explication rationnelle ? 

    Respiration abdominale. Accepter de gonfler son ventre et de se libérer de la pression qu'il s'imposait, son apparence, un physique affûté... Il n'imaginait pas un chef d'entreprise qui se laisserait aller, qui n'entretiendrait pas son corps. Il se voulait à l'image de son entreprise. Solide, soigné, attentif, efficace, infaillible...

    Il s'était demandé à quelques reprises si cette activité effrénée qui le caractérisait ne cachait pas quelque chose.  

    La mort... Il n'avait pas aimé cette supposition. Il avait refusé de l'approfondir. 

    Une musique de cimetière... Non, c'était impossible. Le thérapeute ne pouvait pas avoir deviné ce qu'il redoutait. Il ne pouvait avoir choisi cette musique avec une autre intention que la détente...Méditer, méditer. Il n'y avait jamais ressenti autre chose qu'une bonne relaxation. Mais elle lui était profitable et il n'en demandait pas davantage. 

    "J'aimerais que vous méditiez comme dans un cercueil."

    L'expression l'avait ébahi. La troisième séance. Il n'aurait jamais imaginé cela et les séances suivantes avaient validé l'étrangeté de la chose. Cela l'agaçait parfois et l'intriguait à d'autres. Une alternance constante entre le désir de s'en aller et celle d'explorer davantage. 

    "Mais je ne suis pas mort, avait-il répondu.

    -Et si vous étiez mort à la vie en vous ? Et si vous étiez justement en dehors de la vie ? Non pas dans vos actes mais dans la conscience que vous en avez, non pas dans vos pensées mais dans l'observation que vous pouvez en avoir, non pas dans vos émotions mais dans l'analyse que vous pouvez en faire... Vous comprenez ? La vie à laquelle vous êtes attaché n'est peut-être qu'une avant-scène, un premier degré, le premier barreau de l'échelle... Ce que vous écoutez n'est peut-être pas la totalité de ce qu'il y a à entendre, ce que vous éprouvez n'est peut-être qu'une expérience infime au regard de ce qu'il reste à explorer. Je pense qu'il est approprié par conséquent de méditer comme à l'intérieur d'un cercueil. 

    -Et quel est l'objectif ? 

    -Imaginez-vous mort mais en ayant conscience de l'être. 

    -C'est affreux. 

    -Pourquoi ?

    -Pourquoi, pourquoi ? Et bien, c'est tellement évident. Vous aimeriez être mort vous ? 

    -Je n'aimerais pas ne pas savoir que je vais mourir.

    -Oui, bien sûr mais ça ne me sert à rien d'y penser.

    -Pourquoi ?

    -C'est déprimant.

    -Pourquoi ?

    -Mais parce que j'aurai tout perdu. Moi, ma femme, mes enfants, mon travail, tout ce que j'aime.

    -C'est étrange, vous n'avez pas parlé de la vie. 

    -Comment ça ? Je viens de le faire. Je vous ai parlé de ma vie.

    -Oui de votre vie. Pas de la vie.

    -Mais c'est la même chose.

    -Non."

    Il n'avait rien trouvé à répliquer. Interloqué. Le thérapeute n'avait rien rajouté. Comme toujours lorsqu'il butait sur une réflexion. 

    Cette activité effrénée qu'il s'était fabriquée, que cachait-elle ? 

    Qu'avait-il refusé d'entendre ? 

    Les choeurs s'amplifiaient par moments et il avait l'impression qu'ils le remplissaient. Il avait conscience que sa respiration s'était calée sur les voix, le flux et le reflux de son ventre comme des marées successives. 

    Il est au-dessus de la mer. Au-dessus des cieux. 

    La mort... les choeurs qui l'accompagnent. Il est dans son cercueil. Il n'y a personne d'autre. Rien, le néant. 

    Et dans ce vide absolu, une lave coule en lui. Une présence. Une vie. 

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