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  • "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (5)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (1)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

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    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (4)

    "Bonsoir Paul. Je me permets de vous contacter par mail pour vous adresser cette vidéo. Regardez-là quand vous serez tranquille. Essayez de ne penser à rien. Laissez-vous porter. Toujours cette idée toute simple : Écoutez ce que vous n'entendez plus. C'est en vous de toute façon, vous n'avez pas à aller chercher dans des antres insondables mais simplement à vous libérer d'une attention dirigée. Nous en reparlerons si vous le souhaitez un jour. Le coeur bat au choeur de la vie. Bonne continuation."

    Pierre. 

     Vingt-deux heures trente. Christine était couchée. Les deux garçons dans leur chambre respective. 

    Il s'allongea sur le canapé. Les écouteurs en place. L'ordinateur portable posé à ses côtés. La lampe sur pied, éclairage vers le plafond, diffusion légère, un halo pâle, comme un matin de brume. 

    "Le coeur bat au choeur de la vie."

    Il ne comprenait pas la phrase. Une de plus. Ce thérapeute fonctionnait par énigmes, il le savait bien depuis le temps.

    Il ferma les yeux et repensa à sa journée. Cette impression étrange que la séance du matin s'était évanouie, que toutes les activités avaient agi comme une gomme, un effaceur impitoyable. Réunion de travail, les graphistes, brain storming, appels téléphoniques, rencontre avec l'organisateur du salon du 4X4 de Valloire, une affiche à créer, téléphone, téléphone, fax, téléphone, discussion avec l'imprimeur, le coloriste, le maquettiste, un projet avec la ville pour le bi centenaire du Château des Ducs, téléphone, fax, dicter un courrier à Laura...Une course infernale, permanente. Depuis combien de temps ? Que cherchait-il à se prouver ? 

    Il avait été surpris par ces questions insensées. L'impression qu'en lui un horizon inconnu se révélait.

    Il était rentré à dix-neuf heures trente, un horaire honorable au regard de certaines journées.

    Christine corrigeait ses cahiers de classe.  

    Il l'avait embrassée sur le front. Elle avait levé vers lui un regard fatigué. Cette ride qui barrait son front. Elle s'étendait comme une lèpre. 

    Pendant le repas, Albin avait raconté une nouvelle altercation avec le professeur de chimie. 

    "Il nous prend pour ses esclaves. Je ne supporte plus cette humilation. J'en ai marre d'être pris pour un gamin. J'ai l'impression que pour tous ces profs, nous ne sommes que des individus complètement ignares, incapables du moindre raisonnement en dehors de leurs cours. Et ça m'apporte quoi à moi, toutes ces formules que je dois apprendre ? 

    -La possibilité un jour de gagner ta vie, avait-il répondu. Les diplômes, c'est la seule issue. Tu ne peux rien faire d'intéressant en dehors de cette voie.

    -Gagner sa vie ? Mais je n'ai pas à la gagner, elle est déjà là, Papa."

    Il n'avait eu aucune réponse. 

    "Aurora";

    Le titre du morceau. Y avait-il une signification cachée à son intention ? Tout ce que ce thérapeute disait ou faisait était empli de sens. La moindre anecdote contenait une leçon à saisir. Il ne l'avait pas compris au début. Mais il avait toujours eu confirmation dans les jours qui suivaient. Comme si tout était déjà inscrit, comme si tout était déjà prévu. À moins que nos comportements et nos pensées viennent influer sur la vie elle-même, à moins que nos actes soient les graines des actes à venir, comme un enchaînement inéluctable.

    Mais alors, comment pouvions-nous accepter de vivre sans observer cette vie ? L'impression ne d'être qu'un acteur incapable de comprendre la pièce dans laquelle il joue. Et la jouer pourtant. 

    Ce sentiment d'impuissance et d'ivresse, comme un abandon au naufrage. L'orchestre du Titanic qui s'obstine à jouer de la musique. 

    Sa vie coulait dans les affres de l'inconscience avec des justifications nourries d'illusions apprises.

    Cette nausée qui durait et s'amplifiait insidieusement. Cette alternance insoumise entre les obligations professionnelles, cette nécessité de gagner sa vie, cette fierté de chef d'entreprise et ce chaos existentiel dont il ignorait la source. Comme une aurore qui point. 

    Un sursaut. Il se redressa et cliqua sur le mail de Pierre.

    "Bonne continuation"."

    Comme si son thérapeute avait deviné son intention de ne plus revenir...

    Était-il donc si prévisible ? Il ne s'agissait pas d'une inexplicable capacité à prévoir l'avenir, il n'y croyait pas un seul instant. Non. Impossible. Il avait nécessairement montré ce qui était en lui et ce thérapeute, sans magie aucune, l'avait ressenti. Nous étions des livres ouverts pour qui savait déchiffrer. 

    Pourquoi avait-il pleuré pendant la séance ? Qu'avait-il donc éprouvé ? Il n'avait aucune explication rationnelle et n'avait pas gardé assez de détails pour y trouver une réponse. Il se souvenait juste avoir pleuré et il n'en restait désormais qu'une certaine colère. Comment accepter de ne pas se comprendre ? 

    Et pourquoi se perdait-il ainsi en interrogations infinies ? 

    Il était allé voir ce thérapeute parce qu'il avait la réputation d'apaiser le stress. Il avait imaginé des séances de massages relaxants, une énergie retrouvée et le retour au front, chargé de forces nouvelles. 

    Au lieu de ça, il se sentait désormais aspiré par des sables mouvants...

    Et il en avait peur. 

    Il ajusta les coussins sous sa tête, lança la lecture de la vidéo, s'allongea confortablement, les mains jointes sur sa poitrine et ferma les yeux. 

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  • FIFA

    C’est la théorie de la saucisse:

    «Si vous aimez quelque chose, n’essayez pas de savoir comment c’est fait.»

    Après la neutralité du Net, John Oliver s’est attaqué à la Fédération internationale de football, la Fifa, ce dimanche 8 juin dans l'émission Last Week Tonight, sur HBO. Et l'humoriste britannique arrive parfaitement à expliquer les enjeux au public américain (et européens):

    «La Fifa est une organisation incroyablement grotesque. Expliquer à quelqu’un comment fonctionne la Fifa est un peu comme lui montrer Two Girls One Cup. Vous le faites surtout pour regarder comment il réagit

    Une série d’extraits de journaux télévisés montre l’argent dépensé dans des stades qui ne serviront que pour quelques matchs, les retombées économiques qui ne reviennent pas aux Brésiliens, mais à la Fifa:

    «Imaginez l’argent comme des poils pubiens, et la Fifa comme de la cire. Quand ils s’en vont, ils prennent tout l’argent avec eux. Y compris dans certains endroits dont vous ignoriez l’existence.»

    Ajouter à cela le fait que la Fifa ne paie aucun impôt ou taxe:

    «Le Brésil laisse ainsi à la Fifa 2,5 millions de dollars. Wesley Snipes (condamné à trois ans de prison pour fraude fiscale en 2010) doit donc se dire que le foot était la solution.»

    Mais la Fifa laisse aussi beaucoup derrière elle... comme des lois.

    En 2003, le gouvernement brésilien a banni l’alcool des stades pour des raisons de sécurité. Petit problème du côté de la Fifa, Budweiser (une marque de bière américaine) sponsorise la Coupe du monde. Jérôme Valcke, le secrétaire général de la Fifa s’était exprimé à ce sujet, ce qui donne une raison à John Oliver de se moquer de son accent:

    «J’ai peut-être l’air arrogant, mais on emmerde vos lois et la sécurité. C’est bien comme ça qu’on dit?»

    Avant de reprendre plus sérieusement:

    «Et le plus incroyable, c’est que la Fifa  réussit. Une loi Budweiser autorise la vente de bière dans les stades de foot. A ce point-là, soit vous êtes horrifiés, soit vous êtes soulagés que la Fifa ne soit pas sponsorisée par la cocaïne et les tronçonneuses.»

    Avant d’expliquer que la Fifa est déjà allée plus loin:

    «Quand l’Afrique du Sud a accueilli la Coupe du monde en 2010, la Fifa a obligé le pays à créer des tribunaux spéciaux.  Ceci a l’air drôle dit comme cela, sauf que, c’était loin d’être une blague. Deux Zimbabwéens qui ont volé deux journalistes un mercredi, ont été arrêtés le jeudi, et commencé leur peine de 15 ans de prison le vendredi.»

    Tout cela avant de rappeler que la Fifa elle-même et certains de ses membres dirigeants sont régulièrement accusés de corruption:

    «Et si vous pensez que la Fifa ne peut pas être encore plus comiquement grotesque, voici leur salle de réunion. Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à celle deDocteur Folamour. Je crois que c’est la meilleure preuve que c’est une organisation qui n’en a rien à foutre de ce que vous pensez d’elle. Et pourtant, la personne à la tête de la Fifa continue de répéter que cette dernière n’est qu’une humble organisation à but non-lucratif… Avec une réserve de plus d’un milliard de dollars à la banque.»

    Il décide ensuite de présenter Sepp Blatter en publiant un extrait où un présentateur raconte que le président de la Fifa pense que la meilleure façon de rendre le foot féminin plus attractif est de demander aux filles de mettre des shorts plus courts.

    Mais le plus terrifiant avec la Fifa n’est peut-être pas son passé ou son présent, mais son futur.

    «Le Qatar en 2022? Il y a entre une et cinquante raisons pour lesquelles c’est une horrible idée.»

    Premièrement la température, avec des pointes à 50°C. Et en revenant sur lesaccusations de corruption pour que le Qatar accueille la compétition :

    «J’espère que c’est vrai. Sinon, c’est littéralement insensé. Pas seulement à cause du temps, mais aussi à cause des conditions de travail. La Coupe du monde au Qatar est l’entreprise de construction la plus mortelle depuis les pyramides d’Egypte. Et à ce point, j’espère vous avoir montré à quel point la Fifa est consternante.»

    Et pourtant, comme la plupart des gens dans le monde, nous sommes incroyablement excités avant même le coup d’envoi du premier match, jeudi 12 juin. Pour l’expliquer, John Oliver décide de rapprocher le foot des autres religions:

    «Le foot n’est pas qu’une simple religion. C’est plus que ça, et la Fifa est son église. Prenez une minute pour réfléchir à cela: son leader est infaillible, elle oblige des pays sud-américains à construire des cathédrales opulentes avec de l’argent qu’ils n’ont pas, et elle est responsable d’un nombre incroyable de morts au Moyen-Orient.

    Mais pour beaucoup de gens à travers le monde, comme moi, c’est le seul gardien de la seule chose qui leur donne une raison d’être.»


    Cette "loi Fifa" qui ligote le Brésil

    Par Pauline Hofmann

    Publié le 10 juin 2014 à 19h59Mis à jour le 10 juin 2014 à 20h48

       
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    Un manifestant écoute un discours devant une cohorte de policiers brésiliens (illustration)
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    Un manifestant écoute un discours devant une cohorte de policiers brésiliens (illustration) © Reuters

    TOUTE PUISSANTE - Brasilia a dû voter la "loi générale de la Coupe", qui dédouane la Fifa de toute responsabilité et préserve les sponsors de la Coupe du monde.

    Le Brésil doit gérer une fronde sociale et l’organisation de la Coupe du monde de football au même moment. 42 employés du métro de Sao Paulo ont été licenciés lundi pour avoir fait grève, en vertu d'une législation mise en place pour la Fifa, estiment les signataires d'une tribune dans Libération. La Fédération, elle, n’est pas très inquiète, puisqu’elle a assuré ses arrières en mars 2012 en faisant voter la Lei geral da Copa, la loi générale de la Coupe.

    Le Fifa protège ses deniers. Cet appareil législatif imposé par l’instance internationale du football bouleverse fortement l’économie brésilienne. Quand la Seleçao jouera, la Fifa a ordonné un jour férié dans les villes.

    Plus grave : porter atteinte à l’image de la Fifa ou à ses sponsors est désormais un crime fédéral, tout comme l’utilisation sans autorisation de l’image de la Coupe du monde. Des employés de métro de Sao Paulo ont été licenciés après leur grève justement dans le cadre de cette loi. "C’est une grave atteinte à la liberté d’expression", estime pour Europe 1 Marc Perelman, chercheur en esthétique philosophique à Nanterre, signataire de la tribune.

    La tradition du football populaire en prend également pour son grade, puisque la Fifa a imposé la fin des prix réduits. Le gouvernement a malgré tout voulu maintenir des tarifs seniors.

    Cette "loi Fifa" qui ligote le Brésil

    © Reuters

    La libre-concurrence, connais pas. Mais les vrais protégés de la Fifa avec cette Lei geral da Copa controversée, ce sont ses sponsors. Fini l’interdiction de boire de l’alcool dans les stades brésiliens. Peu importe la violence engendrée par la consommation d’alcool, la Fifa veut préserver ses relations avec un de ses plus gros sponsors, Anheuser-Busch, qui fabrique la bière Budweiser. La fédération a également assuré de gros cadeaux aux entreprises engagées dans l’organisation de la compétition, notamment les entreprises de travaux publics, grâce à des exonérations fiscales, des réductions de délais dans l’obtention de permis, ...

    Comme le remarque pour Europe 1 le sociologue Patrick Vassort, la Fifa a réussi à mettre la libre-concurrence entre parenthèses le temps de la compétition. Elle se réserve le privilège de toute activité commerciale sur certains produits aux abords des stades. Les 300.000 vendeurs installés dans un périmètre de 2km autour des stades devront baisser leur rideau s’ils ont l’intention de vendre des produits de sponsors de la Fifa.

    Cette "loi Fifa" qui ligote le Brésil

    © Reuters

    Des tribunaux spéciaux. Pour juger si les Brésiliens respectent ou non cette loi Fifa, l’instance internationale de football a bien l’intention de créer des tribunaux d'exception, comme cela a été le cas en Afrique du Sud, totalement anticonstitutionnels dans un pays qui assure l’égalité de ses citoyens devant la justice. Pourtant, le Tribunal fédéral suprême a débouté une action contre la Loi générale de la Coupe.

    De plus, la Fifa se dédouane par avance d’éventuels incidents : "Le gouvernement fédéral assumera la responsabilité" d’un incident "lié à la sécurité" et "objectivement attribué à la Fifa, à moins que la Fifa elle-même contribuera à cet incident", explique l’Etat.

    Mais le Brésil le promet, l’Etat garde sa souveraineté, puisqu’"aucun amendement ne va à l’encontre de la Constitution fédérale ou de l’ordre légal du pays." Ce n’est pas l’avis des deux signataires de la tribune deLibération, qui estiment, comme l’ancien joueur brésilien Romario, que la Fifa sera le temps du Mondial "la vraie présidente du Brésil". Cette loi temporaire, dans tous les cas, sera supprimée cinq jours après la compétition.

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    STATU QUO - La grève du métro suspendue

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  • "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " (4)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. "

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (2)

    "Apprends à écouter ce que tu n'entends pas." (3)

    Il avait rejoint sa voiture. Il ne se souvenait pas des derniers instants avec le thérapeute...Comme s'il n'était pas vraiment revenu, comme s'il volait encore dans les cieux lumineux. Une étrange impression, un inconnu qu'il porterait en lui-même.

    Il avait pleuré. Il regarda les yeux rougis dans le rétroviseur. 

    Il avait une réunion avec les graphistes de la boîte. Une gêne puissante, comme une honte. Il ne pouvait pas se permettre de se présenter comme ça à ses employés. Il imaginait déjà les rumeurs gonfler devant la machine à café. Il fallait passer à la maison, prendre une douche, boire un café, retrouver ses esprits, effacer les traces de ce voyage...

    Cette musique qui ne le quittait plus. Les notes répétitives, comme des paroles saccadées, des voix qu'on ne peut étouffer.

    Passer à la maison. Téléphoner à Laura d'abord, qu'elle prévienne les graphistes du report de la réunion. Ne pas donner d'explications, il n'avait pas à se justifier auprès de ses employés et il ne l'avait jamais fait. 

    Il démarra et entra dans le flot des voitures. Centre-ville. Circulation des âmes en boîte. Des silhouettes enfermées dans des carcans métalliques. Aucun regard, toutes les pensées tournées vers un but précis, des pensées insoumises qui tournent en boucle, musique répétitive des actes programmés. Une dame âgée au bord du trottoir, les yeux fixés sur le courant implacable des automobiles, comme une âme en peine au bord d'un fleuve infranchissable. il accéléra et passa au feu orange. Milieu du carrefour, circulation bloquée. L'autre voie qui se libère et d'autres véhicules qui surgissent, grignotent quelques mètres et se figent. Mouvements opposés des masses. Se faufiler, anticiper chaque mouvement aussi infime soit-il, ignorer les visages, ignorer les passants, ignorer le monde.

    Ignorer le monde.

    Les notes répétitives dans sa tête.  

    Un contrat énorme à venir. Il fallait que les graphistes se surpassent, un marché publicitaire qui pouvait devenir une vitrine sur toute la région, augmentation substantielle du chiffre d'affaires, Il avait déjà manqué les affiches du salon du 1er roman l'an passé. Il ne l'avait toujours pas digéré. L'ambiance dans l'équipe s'en était ressentie. Il avait détesté cette propension du personnel à tirer un trait sur cet échec. Il aurait voulu sentir et voir un engagement plus fort, une volonté de s'imposer, de surpasser la concurrence. L'impression d'être le seul concerné, de porter toute la charge de l'entreprise. 

    Reprise du trafic. Vingt minutes pour rejoindre la maison. Il s'accorderait une heure de pause.

    Une maman et ses deux enfants sur le passage piétons. Il força le passage sans un regard. Pas de temps à perdre. 

    Il en avait assez de cette musique. Toujours ces notes qui s'imposaient à son esprit. 

    "Gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, gnagnagna, boum boum boum...

    Gnagnagna, gnagnagna..."

    Incapable d'en retrouver la puissance qui l'avait saisi. Il n'en restait que l'irritation.

    "Apprendre à écouter ce que vous n'entendez plus."

    Il se gara dans l'allée de la maison et sortit. 

    Mais qu'avait-il entendu ?

    Les clés dans la malette en cuir.

    Pourquoi avait-il pleuré comme ça ? C'était absurde. L'impression d'avoir été manipulé. Il ferait peut-être mieux d'arrêter ces séances. Ce thérapeute était finalement trop étrange. Et il lui était surtout désagréable de se sentir aussi vulnérable en sa présence. Comme s'il agissait sur lui au même titre qu'un médecin légiste, ce sentiment désagréable d'avoir été autopsié sans autorisation préalable.

    Allumer la cafetière. Silence de la maison. Natacha avec ses monstres de dix ans et les deux garçons au lycée. C'était tout de même effrayant ce que sa femme racontait de son travail. Une classe ingérable, des enfants irrespectueux, apathiques ou surexcités, toujours cette impression de devoir les forcer à apprendre. Il se souvenait avec bonheur de ses années d'école primaire. Que restait-il de cette école qu'il avait aimée ? Il devait à l'institution tout son parcours professionnel et à écouter Natacha, il lui semblait aujourd'hui que même les jeunes enfants n'y voyaient qu'un exutoire possible à tout ce que le monde insérait en eux. Il s'inquiétait de plus en plus de l'épuisement chronique de sa femme. Elle ne parlait que de ça et ne pas l'écouter revenait à la voir exploser. Quant aux deux garçons, le lycée n'était pour eux qu'un champ de bataille contre l'armée des professeurs. 

    Les notes répétitives dans sa tête. Un agacement exponentiel. 

    Qu'est-ce qu'il avait vécu dans le cabinet du thérapeute? Il cherchait des souvenirs précis et ne trouvait qu'un chaos de sensations inconnues. À quoi cela lui avait-il servi ? Le renforcement de son mal être, cette impression nauséeuse de ne rien comprendre. Mais peut-être convenait-il de ne pas chercher à comprendre, cette idée qu'il suffisait de s'abandonner à l'amour. 

    L'amour...

    Était-ce cela qu'il avait éprouvé, était-ce l'amour qui l'avait fait pleurer ? Mais l'amour de quoi ? Il n'en avait aucune idée. Il se souvenait vaguement de troupeaux d'animaux galopant dans des plaines et des nuages de pollen mouchetant le ciel de flocons virevoltants. 

    Tout cela était absurde. Il avait été hypnotisé par le thérapeute. Ça n'arriverait plus. Déjà, dans les séances précédentes, il avait trouvé étrange cet état de plénitude qu'il avait éprouvé, comme s'il avait avalé un anxyolitique. Une forme d'endormissement qui le révoltait désormais. Et maintenant, en plus, il le faisait pleurer sans qu'il n'y comprenne rien. Et avec une musique obsédante qu'il ne parvenait pas à effacer. 

    Fini, terminé. Il devait se concentrer sur son travail. Il ne se ferait plus avoir. C'était un moment de faiblesse passager, il allait se reprendre. De toute façon, le travail lui avait toujours été bénéfique lorsqu'il succombait à des moments de trouble intérieur. Travailler, c'était le meilleur moyen d'évacuer toutes ces bêtises.


     Suite plus tard...  

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  • Mondialisme et obésité

    L’obésité, maladie du mondialisme

    Nicolas Bourgoin.

    http://bourgoinblog.wordpress.com/2014/06/09/lobesite-maladie-du-mondialisme/comment-page-1/#comment-1239

    La semaine passée, un couple de Britanniques du comté de Norfolk a été mis en état d’arrestation, accusé de mauvais traitements envers leur fils de 11 ans qu’ils « auraient laissé devenir obèse ». Relâchés sous caution après plusieurs heures, ils risquent de voir leur enfant placé dans une famille d’accueil. Ce fait divers a eu de nombreux précédents. Peu étonnant quand on sait que le Royaume Uni compte un quart de personnes obèses, le taux le plus élevé des pays Européens. Simple hasard ? Les causes de l’obésité, rarement génétiques, sont avant tout sociales, la qualité des conditions de vie et de l’alimentation étant déterminante. Or la pauvreté, conséquence de plusieurs décennies de politiques ultralibérales, est endémique au Royaume Uni – la moitié des enfants anglais vivront sous le seuil de pauvreté en 2020 et le marché de la restauration en expansion continue. En février dernier, la chaîne KFC a ainsi annoncé qu’elle allait ouvrir 300 restaurants d’ici cinq ans. La situation dramatique que connaissent les Anglais pourrait bien préfigurer ce qui attend les européens :l’obésité ne cesse de progresser sur le continent de même que les inégalités sociales, et la pénalisation de la misère et de ses effets, inspirée par la révolution néo-conservatrice étasunienne, y devient peu à peu la norme.

    ObesesLa fabrique des pauvres

    Privatisations à tout crin, baisse des dépenses publiques, monétarisme effréné, réduction du rôle de l’État, déréglementations des salaires et des prix, libéralisation de la finance : le Royaume-Uni est depuis le début des onze années de règne de Margaret Thatcher sous le feu de la politique mondialiste dans ses aspects les plus brutaux. La révolution néolibérale nord-américaine, qui a substitué le Worfare State au Welfare Statea transformé radicalement et rapidement le visage de la Grande Bretagne. Le chômage a fait plus que doubler entre 1979 et 1983, conséquence de la politique de réduction massive des effectifs dans le secteur public. Aujourd’hui, les inégalités sociales y sont plus grandes que partout ailleurs en Europe et la pauvreté s’y est installée durablement. Parallèlement à la dégradation des conditions de vie, l’obésité s’est développée de manière exponentielle : de 1979 à 2013, le pourcentage d’adultes obèses passe de 7 % à 25 % et aujourd’hui plus de la moitié des britanniques sont en surpoids. Les taux d’hospitalisation des 5-19-ans pour l’ensemble des diagnostics liés à l’obésité ont plus que quadruplé en 10 ans et même les bébésne sont pas épargnés. Si cette tendance se maintient, c’est la quasi-totalité (90 %) de la population britannique qui sera obèse en 2050.

    L’obésité, maladie de la pauvreté

    L’obésité n’est pas un phénomène individuel mais avant tout social. Pour s’en convaincre, un simple examen de sa prévalence en fonction du niveau social suffit. En France, l’obésité est près de deux fois plus répandue dans les catégories les moins favorisées (16,7 % chez les ouvriers, 16,2 % chez les employés) que dans les catégories plus aisées (8,7 % chez les cadres supérieurs), selon l’enquête épidémiologique nationale sur le surpoids et l’obésité 2012. Le revenu est un facteur important. Près d’un adulte sur deux (48,4 %) touché par l’obésité, vit au sein d’un foyer aux revenus inférieurs à 1 200 euros contre 7 % de ceux qui ont un revenu mensuel supérieur à 5 300 euros. 
Le niveau de diplôme est fortement lié aux pratiques alimentaires. Selon l’étude citée plus haut, le taux d’obésité est trois fois plus élevé chez les personnes d’un niveau d’instruction équivalent à celui de l’école primaire (24,5 %) que chez les diplômés d’un 3ème cycle d’études supérieures (7,3 %). Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), « les plus diplômés sont ceux qui ont l’alimentation la plus saine (plus de fruits et légumes, des apports plus élevés en nutriments des meilleurs indices alimentaires…) parce que ce sont ceux qui s’intéressent le plus aux liens entre nutrition et santé ». L’obésité est bel et bien une maladie de la pauvreté dans toutes ses dimensions – économique, culturelle et sociale – et de plus en plus nettement car ses écarts de prévalence suivant la catégorie sociale tendent à s’accroître. Elle a des conséquences néfastes sur l’état de santé des individus, donc sur leur longévité – contribuant à creuser encore un peu plus les écarts d’espérance de vie entre classes sociales.

    Encore et toujours, punir les pauvres.

    La réponse des pouvoirs publics britanniques face à cette épidémie est en complet décalage. Elle tient en une formule : sanctionner les victimes. Autrement dit, faire porter aux individus eux-mêmes la responsabilité de leur propre état physiologique ou aux parents celle de leur enfant, sous couvert de « responsabilisation ». Et en épargnant pour le coup le vrai responsable : le libéralisme qui a favorisé à la fois la progression de la pauvreté, les comportements sur-consuméristes et l’essor du marché de l’alimentation low-cost destinée aux pauvres, malsaine et déséquilibrée. Au Royaume Uni, cette éthique de la responsabilité individuelle est poussée à l’extrême : placement des enfants obèses dans des familles ou des structures d’accueil, instauration d’une taxe anti-obésité appliquée aux personnes en surpoids et suppression des aides sociales et des allocations pour les personnes obèses ou en surpoids qui refuseraient de faire de l’exercice. Toutes ces mesures ne peuvent que pénaliser financièrement des populations déjà fragiles, compromettant encore leur accès à une nourriture saine qui, au fur et à mesure que la pauvreté se développe, tend à devenir un luxe réservé à une minorité. Cette politique discriminatoire s’applique jusqu’aux policiers anglais menacés d’une baisse de salaire en cas d’inaptitude physique.

    Société précarisée, société sécuritaire

    On retrouve avec la pénalisation de la pauvreté et de ses effets physiologiques, les ingrédients d’une culture du contrôle importée des États-Unis qui associe intensification de la surveillance des populations précaires, restauration de la mission punitive du droit pénal et prédominance accrue de la privation de liberté dans l’économie des sanctions. Autrement dit, redéfinir les problèmes sociaux en termes de sécurité publique pour les résoudre par l’usage exclusif de la sanction[1]. Les États occidentaux ont de plus en plus recours au rapport de forces brutal, à la militarisation du discours et des pratiques policières pour tenter de contenir les désordres produits par le développement du chômage, de la pauvreté et de l’insécurité sociale propres au capitalisme post-fordiste. Les dispositifs d’accompagnement social de la période de l’après-guerre sont abandonnés au profit du filet policier et pénal.

    Le Royaume-Uni avec ses 4 millions de caméras de surveillance – une pour 14 habitants, ce qui en fait le pays le plus surveillé d’Europe – et ses 85.000  détenus – deux fois plus qu’il y a 20 ans – fait figure de pionnier en la matière. Loin d’être un fait divers banal, cette nouvelle chronique de la misère ordinaire condense à elle seule tous les ingrédients des maux du libéralisme : l’essor de lajunk food bon marché, la boulimie sur-consumériste, l’explosion des inégalités sociales – y compris celles devant la mort – et la pénalisation de la misère et de ses effets sociaux. L’industrie agroalimentaire, la grande distribution et la restauration rapide pourront continuer à faire des profits sur le dos des pauvres tandis que les inégalités sociales s’accroîtront toujours plus et que les laissés-pour-compte s’entasseront dans des prisons surpeuplées. Ce qui arrive aux Anglais préfigure ce qui sera bientôt la norme en Europe : des populations malades, précarisées, désaffiliées, paupérisées, coincées entre surendettement et surconsommation et n’ayant pour seul horizon que les dispositifs de prise en charge policière et pénale.

      [1] Voir mon livre, La Révolution sécuritaire (1976-2012), Champ social, 2013.

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  • Honorer

    Levé à 4h30...Assis dehors, j'écoutais les oiseaux saluer le lever du jour. Une symphonie disparate emplissant le silence de la nuit qui se retire. Est-ce que j'ai salué cette vie maintenue pendant mon sommeil ? Est-ce que j'ai conscience du privilège inexplicable d'être encore là ? Est-ce que je suis capable de chanter intérieurement, de me réjouir, d'honorer ce cadeau inestimable ?
    Encore faudrait-il parvenir à sortir des pensées mécaniques, à délaisser les émotions mortifères, à comprendre que le passé s'est éteint et que la fin du jour n'existe pas encore, qu'il n'y a rien d'autre que cet instant lumineux de l'aurore...J'ai retrouvé soudainement la musique de Moby..."Apprends à écouter ce que tu n'entends pas. " Il ne s'agit pas seulement de l'écrire. Encore faut-il le vivre pleinement...

    Aurore

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  • Crise sanitaire

    C'est effroyable.

    Dans les chiffres, dans les conséquences, dans le fait que ce sont les populations défavorisées qui sont les plus touchées...

    Et des laboratoires pharmaceutiques cherchent LA molécule qui permettra d'enrayer ce fléau et par la même ooccasion d'engranger des milliards...Est-ce qu'on doit les critiquer et les freiner dans leurs recherches ? Non, sûrement pas. Il suffit de penser aux victimes. Mais le raisonnement qui consiste à trouver un traitement à un problème qui relève parfois, uniquement, de comportements addictifs et destructeurs, m'interpelle considérablement...Et j'en suis même à me demander aujourd'hui devant cette absurdité si ceux qui en profiteront ne sont pas ceux qui entretiennent le problème. Il faudrait voir quels sont les participations actionnariales des grands groupes alimentaires...S'ils ont des participations financières dans des laboratoires pharmaceutiques, on aurait une réponse...

     


     

    USA: 29 millions de diabétiques
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    Par lefigaro.fr avec AFPMis à jour le 10/06/2014 à 21:22 Publié le 10/06/2014 à 21:20
    Les Etats-Unis comptaient en 2012 plus de 29 millions de diabétiques, ce qui représente une augmentation de 11,5% par rapport à 2010, selon un rapport alarmant des autorités sanitaires fédérales publié aujourd'hui. Une personne sur quatre ignore souffrir du diabète de type 2 ou adulte, précisent les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

    Outre les 29 millions d'adultes atteints de diabète, soit 9,3% de la population, 86 millions, soit plus d'une personne sur trois, est prédiabétique (c'est à dire avec un taux sanguin de glucose plus élevé que la normale). Sans perte de poids et sans activité physique, 15 à 30% de ces personnes deviendront diabétiques dans les cinq ans, selon les CDC.

    L'obésité, qui affecte plus d'un tiers des adultes américains, est le principal déclencheur du diabète de type 2. Les responsables sanitaires parlent de véritable épidémie baptisée "diabesity". "Ces dernières statistiques sont alarmantes et soulignent la nécessité d'intensifier les actions pour réduire le fardeau du diabète dans notre pays", insiste Dr Ann Albright, directrice de la division du diabète aux CDC.

    On diagnostique deux fois plus de diabète chez les Noirs, les Hispaniques, les Amérindiens ainsi que chez les autochtones d'Alaska que chez les Blancs non-hispaniques, ont aussi constaté les chercheurs. Mais la proportion d'adultes aux Etats-Unis qui sont prédiabétiques est quasiment similaire chez les Blancs (35%), les Noirs non-hispaniques (39%) ainsi que chez les Hispaniques (38%). 

    Le rapport précise également que 208.000 jeunes de moins de vingt ans souffrent de diabète de type 1 (juvénile) ou de type 2.
    Le diabète est une maladie grave caractérisée par un taux élevé de glucose dans le sang. Elle peut être jugulée par une activité physique, un régime alimentaire adéquat, un usage approprié de l'insuline ou encore un traitement. Traiter le diabète permet aussi de réduire d'autres risques de maladies cardiovasculaires alimenté par l'hypertension artérielle, un taux élevé de cholestérol ou le tabagisme.

    Les diabétiques courent un risque plus grand de maladies cardiaques, d'accident vasculaire cérébral, de défaillance rénale et de complications graves dont une perte de la vision, une amputation des orteils, des pieds ou des jambes, voire une mort prématurée, met en garde le rapport. Selon les CDC, en 2012, le diabète et ses complications ont coûté 245 milliards de dollars en soins médicaux et en manque à gagner économique comparativement à 174 milliards en 2007.

  • Exemple d'horaires

    Le message d 'une maman, à Embruns, Hautes Alpes. Quatre écoles élémentaires et pas une seule n'applique les mêmes horaires...


    "Maternelle de ma fille et mon fils 
    Lundi mardi jeudi vendredi : 8h30 12h - 14h 15h45 
    Mercredi 8h30 - 11h30

    Mon fils en primaire : 
    Lundi 8h30 12h - 14h 16h30 
    Mardi 8h30 12h  -14h 15h 
    Mercredi 8h30  - 11h30 
    Jeudi 8h30 12h - 14h 15h45 
    Vendredi 8h30 12h  - 14h 15h45

    Et la cerise sur le gâteau pour les enfants qui prennent le car ( ça sera le cas des miens, je n'ai pas le choix ) : 
    Prise du car seulement à 16h30 : Mon fils qui finit à 15h doit attendre 1h30 pour rentrer en car...Ou alors, je dois payer la garderie..."


    1h30 à attendre sur le trottoir... 

    ...On appelle ça désormais l'école communale ou pire encore l'école de quartier. 

    Mais c'est pour "l'intérêt des enfants", qu'ils ont dit...

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