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Supprimer Facebook
Pour ma part, c'est fait. Compte supprimé. Quant à ma "vie sociale", elle ne passe pas par Facebook. Il ne s'agit, pour moi, que de la possibilité de partager des articles ou des réflexions. Depuis un moment, je m'interroge sur la portée réelle des écrits. Et comme je n'ai pas de réponse, je n'ai aucune raison de valider cette atteinte à la vie privée et de devenir une proie supplémentaire pour tous les marchands ou les manipulateurs d'opinion. Quant à la "visibilité" et la "publicité" envers mes romans, je n'ai jamais eu la moindre preuve que Facebook ait été d'une quelconque utilité. Ce blog a davantage d'importance au regard du nombre de visiteurs et de pages lues. Il reste maintenant à Facebook de revoir sa copie et d'apporter les preuves irréfutables que ce réseau social n'a aucune autre intention que de "rapprocher" les individus... Personnellement, je n'y crois pas. Il suffit de lire les écrits de Zuckerberg ou de Sheryl Sandberg...Ils savaient très bien ce qu'ils faisaient. Ils pensaient juste que ça ne se saurait jamais.
Quant à l'impact des suppressions de compte, elle est gigantesque...C'est l'avantage des réseaux sociaux...Des millions d'utilisateurs...Tout va très vite et quand la machine s'emballe les dégâts financiers sont énormes. 24 milliards d'euros de perdus à la bourse de Wall street en deux jours...Que des millions d'utilisateurs suppriment leur compte, c'est le meilleur moyen pour pousser Zuckerberg à entendre la colère.
Supprimer Facebook est un privilège
April Glaser — Traduit par Jean-Clément Nau — — mis à jour le 24 mars 2018 à 11h58

À un doigt de désinstaller Facebook | Kirill Kudryavtsev / AFP
Temps de lecture: 7 min
Facebook est au cœur d’une polémique de grande ampleur. Beaucoup de gens sont en colère –et ils ont bien raison. L’entreprise a permis à des milliers de concepteurs d’applications d’extraire leurs données, par l’intermédiaire de jeux chronophages et autres quiz en ligne sans queue ni tête.
Pour couronner le tout, un lanceur d’alerte et deux spectaculaires dossiers de l'Observer et du New York Times viennent de nous apprendre que l’un de ces développeurs a recueilli les données de plus de cinquante millions d’utilisateurs Facebook, avant de les partager avec la firme Cambridge Analytica, responsable du ciblage des électeurs pour la campagne de Donald Trump –une firme qui s’est enorgueillie de disposer de 230 millions de profils psychologiques d’électeurs américains, qu’elle utilise pour cibler les émotions des internautes à l’aide de publicités numériques, dans le but d’influencer le résultat des élections.
Abus de confiance
Nous avons subi tout cela pour avoir le privilège de regarder les photos de bébé de nos proches. Le jeu en valait-il réellement la chandelle?
Que Cambridge Analytica ait ou non exagéré le volume réel de ses données –seuls 139 millions d’électeurs ont voté à l’élection présidentielle de 2016, la question centrale de la controverse ne peut être balayée d’un revers de main: le prix à payer pour être sur Facebook est-il trop élevé?
Facebook a demandé notre confiance, et nous lui avons donnée –comme nous lui avons donné nos photos, nos pensées, nos «j’aime» et nos partages. Bien sûr, nous savions parfaitement que ces informations aideraient Facebook à nous «vendre» aux publicitaires.
Ce que la plupart d’entre nous ignoraient, en revanche, c’est que les développeurs d’applications ont longtemps eu accès à nos données (ils n'ont perdu ce droit qu'il y a quelques années), même si cette information était mentionnée dans les conditions d’utilisation.
De nombreux utilisateurs ne pensaient pas que ces concepteurs d’application enfreindraient ces conditions pour vendre nos données au plus offrant, y compris aux collaborateurs de certains partis politiques. On ne peut parler d’une défaillance de sécurité de la plateforme, comme l’a souligné Facebook, mais on peut parler d’abus de confiance.
Instinct compréhensible mais injuste
Conséquence: #DeleteFacebook (#SupprimeFacebook). Le hashtag Twitter est né à la suite des révélations portant sur Cambridge Analytica. Dans la nuit du mardi 20 mars, Brian Acton, co-fondateur de WhatsApp –société vendue à Facebook pour seize milliards d’euros– l’a twitté, précédé de ces mots: «Il est temps». Le hashtag a soudain pris des airs de mouvement.
It is time. #deletefacebook
Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité
Supprimer Facebook est un instinct bien compréhensible. Le faire d’un coup sec, comme un sparadrap qu’on arrache. Redécrocher son téléphone; appeler les gens. Utiliser Twitter ou Instagram –ce dernier appartient à Facebook, mais bon, il est principalement constitué de photos de voyage ensoleillées. Écrire une lettre, comme au bon vieux temps! Parler à ses voisins! Remplir le vide social d’une manière ou d’une autre, mais laisser Facebook derrière soi, pour de bon. Ce serait visiblement la solution la plus logique: toute personne en colère contre Facebook ferait mieux de changer de crémerie.
Je comprends cette réaction –mais j’estime également qu’il s’agit d’une réaction injuste: supprimer Facebook relève du privilège. Ce réseau social s’est spécialisé dans de nombreux domaines, si bien que pour d’innombrables personnes, l’abandonner tout à fait s’avérerait autodestructeur. Ces personnes méritent d’être mieux traitées. Ce scandale ne doit pas nous faire fuir. Nous devons exiger l’avènement d’un meilleur Facebook.
J’ai moi-même fait une croix sur Facebook, il y a quelques années. J’ai toujours un compte, mais je n’y retourne que par curiosité, pour poster un article ou pour donner quelques nouvelles. Je n’ai pas téléchargé l’appli mobile, et je ne vais sur le site qu’une fois par semaine environ. Seulement, je pouvais me permettre de quitter Facebook.
Cette décision n’a pas été sans conséquences négatives. J’ai perdu de vue certains amis. Je ne sors plus beaucoup et je rate des événements sympas. Je ne fais plus vraiment partie des différentes scènes culturelles locales. Je rate des occasions de voir de vieilles connaissances lors de leurs passages en ville. À l’époque où je promouvais des vernissages et où je réservais des places de concerts, je créais systématiquement des événements Facebook; si je recommençais, il me faudrait à nouveau passer par Facebook. Cette mise en retrait m’a reposé l’esprit –mais tout le monde ne peut pas se permettre d’en faire autant.
Contrairement au fait d’abandonner la télévision hertzienne et la radio, qui sont elles aussi gratuites –si l’on excepte le coût d’avoir à endurer la publicité, le fait d’abandonner Facebook revient à vivre une vie beaucoup plus solitaire. Facebook, c’est vos amis, votre scène culturelle, votre communauté; pour de nombreuses personnes, Facebook est en train de devenir internet en lui-même, et internet est en train de devenir Facebook.
En supprimant Facebook, votre entreprise aura peut-être plus de mal à trouver des clients. Votre famille refusera peut-être de changer de réseau social. Personne ne crée d’événements ailleurs. Pour de nombreuses personnes, le fait d’abandonner Facebook est tout bonnement inimaginable.
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Effet de réseau et dépendance
C’est ce qu’on appelle l’effet de réseau –une sorte de monopole naturel. La migration vers un autre réseau social ne fonctionne que si suffisamment de personnes acceptent de le faire. Autrement dit, si vous désirez avoir une vie sociale, si vous voulez pendre part à des discussions politiques, si vous souhaitez promouvoir votre travail… Facebook demeure votre unique option viable.
Lorsque j’ai fait une croix sur Facebook côté vie personnelle, j’ai dû continuer de l’utiliser côté professionnel: les médias ont besoin de Facebook, eux aussi. Une énorme proportion de mon lectorat trouve mes articles via Facebook –et si ces personnes les apprécient, elles peuvent les partager au même endroit.
Je dépendais déjà professionnellement de Facebook avant d’être journaliste. Lorsque je militais pour défendre la vie privée en ligne et lutter contre la surveillance numérique au sein de l’Electronic Frontier Foundation, nous postions nos billets de blog et nos événements… sur Facebook –c’était même l’un de nos principaux vecteurs de communication.
Mes emplois précédents fonctionnaient de la même manière. Chaque campagne, chaque projet que j’organisais devait être présent sur Facebook. Avant l'arrivée du réseau social, les militants envoyaient beaucoup d’emails et passaient de nombreux coups de téléphone. Ça fonctionnait, mais lorsque tout le monde s'est mis à rejoindre Facebook, nous avons dû y passer nous aussi. Faire le contraire, c’était prendre le risque de devenir invisible.
C’est la même chose pour les petites entreprises: parfois, la page Facebook est la seule présence en ligne d’une enseigne. Si vous ne travaillez pas dans le domaine du service et que vous n’avez pas pignon sur rue, Yelp ne sera pas forcément adapté à votre commerce. Malgré tous ses points noirs, Facebook est devenu un mal nécessaire pour de nombreuses personnes, qui ne peuvent se permettre de faire sans, personnellement comme professionnellement.
Dans les pays où le numérique est peu présent, Facebook constitue souvent une porte d’entrée vers l’ensemble d’internet. Le programme Free Basics de Facebook est en place dans soixante-trois pays et municipalités en Afrique, en Asie et en Amérique latine; il offre un accès libre à Facebook et à une poignée de sites partenaires –il est toutefois impossible d’accéder aux autres sites ou à ses emails. Pour ces utilisateurs, Facebook est peu ou prou synonyme d’internet.
À LIRE AUSSI Le scandale, ce n’est pas Cambridge Analytica: c’est le modèle économique de Facebook
Mauvais message
Mais allez-y, supprimez Facebook, si vous pouvez vous le permettre. Cette firme ne mérite sans doute pas votre confiance et votre participation; en la mettant de côté, vous aurez plus de temps libre à consacrer à de meilleures occupations. Mais si vous ne pouvez pas lui tourner le dos, vous n’avez pas à vous en vouloir.
C’est pour cette raison que #DeleteFacebook est un mauvais message: il sous-entend qu’il s’agit simplement d’un choix relevant du consommateur. En réalité, toute solution au problème sous-jacent devra venir de Facebook lui-même –modifier le service pour que ses utilisateurs se sentent en sécurité– ou du gouvernement –qui devra peut-être intervenir pour pointer du doigt le système commercial de Facebook dans son ensemble.
Si vous pensez que Facebook mérite d’être supprimé en raison des griefs évoqués ci-dessus, alors appelez vos élus pour qu’ils encadrent le fonctionnement de cette firme et celui d’autres entreprises –comme Google, qui récolte nos informations personnelles pour vendre des publicités adaptées à nos recherches en ligne. Ces sociétés n’ont aucune intention de s’auto-réglementer; la chose est de plus en plus évidente. Par ailleurs, des sujets comme la vie privée, la sécurité et le bien-être des utilisateurs sont particulièrement importants pour les personnes qui ne peuvent se permettre d’abandonner Facebook.
Les États-Unis ne disposent d’aucune loi fédérale exhaustive régissant la vie privée en ligne. En attendant, ces sociétés comptent aujourd’hui parmi les entités les plus puissantes et les plus riches de notre planète –et ce en grande partie parce que leur collecte de données est peu réglementée. Plus nous apprendrons de détails sur cette surveillance orchestrée par les entreprises, plus il deviendra difficile d’éluder la question.
Il y a quelques mois à peine, des journalistes ont appris que Facebook autorisait les publicitaires à cibler les utilisateurs à partir de mots clés offensants, tel que «déteste les juifs» ou «comment brûler les juifs». Facebook savait que Cambridge Analytica avait obtenu les données de dizaines de millions d’utilisateurs de manière non réglementaire, et il ne l’a jamais annoncé publiquement. Il a fallu attendre deux années –et que des équipes de journalistes consacrent des dossiers exposant l’envergure nauséabonde de l’affaire– pour que le réseau social se décide enfin à passer aux aveux.
Si vous avez décidé de supprimer Facebook, je suis donc de votre côté –mais seulement jusqu’à un certain point. Parce qu’en tant qu’utilisateurs et citoyens de Facebook, il est aussi de notre devoir de plaider pour une plateforme plus sûre, pour toutes les personnes qui ne peuvent se permettre d’en sortir.
De l'amour
" Il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation, qui n'est pas de produire et de consommer jusqu'à la fin de nos vies, mais d'aimer, d'admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes."
Pierre Rabhi
Ils sont nombreux ces philosophes, ces sages, ces "sauvages" perdus dans leurs forêts tropicales, leurs montagnes, leurs déserts, ils sont nombreux ces humains à expliquer que rien de bon n'adviendra à l'humanité tant qu'elle traitera les animaux et la création entière comme des "choses" secondaires.
Même les gens qui disent aimer la nature n'aiment bien souvent que leur jardin et leur animal de compagnie mais ils continuent à manger de la viande, à manger des poissons, à consommer sans modération, inconscients de tout ce que leurs actes produisent de souffrances.
Non, il est impossible, absolument impossible d'aimer la nature comme un simple moment d'apaisement, un terrain de jeu, un outil, une opportunité dont il faut "profiter", une ressource, il est absolument impossible d'aimer la Terre comme un simple terrain d'exploitation, une source de profit et de plaisirs.
Je ne supporte plus ce mensonge planétaire.
J'en ai assez d'analyser l'étendue du désastre, l'immensité de cette dévastation.
Qu'est-ce que ça m'apporte ? Quel impact ce que j'en dis peut-il avoir ?
Rien, assûrément.
J'ai mangé de la viande pendant cinquante ans.
J'ai consommé sans trop réfléchir, sans même chercher à savoir, à connaître la vérité.
Je me suis contenté de "suivre".
Et maintenant ?
J'écris, je partage des articles et je cherche à limiter, limiter, limiter encore mon impact.
Et je sais que finalement, il n'y aura qu'une fois mort que je ne participerai plus à ce désastre.
Que je ne revienne pas, surtout.
Qu'il me soit épargné de vivre de nouveau ce conflit intérieur.
Car pour écrire ceci, j'ai utilisé l'électricité nucléaire, j'ai utilisé un ordinateur contenant des terres rares, j'ai contribué à l'envoi à travers les océans de milliards de produits manufacturés.
Alors, avant d'éteindre, je regarde l'amour.
Chez les animaux.
L'amour réel, puisqu'eux ne détruisent rien.


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Syndrome d'Asperger
Syndrome d'Asperger

Syndrome d'Asperger (autisme à haut niveau de fonctionnement) : dernières actualités (recherches scientifiques, prise en charge ; symptômes, diagnostic, causes, adaptation…)
Expérience de Muir
Les super poules ne sont pas agiles...
Un biologiste de l’évolution de l’Université de Purdue, William Muir, a étudié la productivité des poules. Il créa donc une expérience pour en comprendre les ressorts.
Les poules vivant en groupe, il sélectionna un groupe moyen et le laissa tranquille pendant six générations. Il créa ensuite un second groupe avec les poules les plus productives, qu’on pourrait appeler les Super-Poules, et il a formé un Super-Groupe. Et à chaque génération, il sélectionnait les plus productives pour la reproduction.
Après six générations, que découvrit-il ? Dans le premier groupe, les poules moyennes allaient très bien. Elles étaient toutes dodues et pleines de plumes et la production avait incroyablement augmenté. Qu’en était-il du deuxième groupe ? Toutes sauf trois étaient mortes. Elles avaient picoré les autres à mort.
Les poules productives avaient réussi simplement parce qu’elles avaient réduit la productivité des autres.
Si vous racontez cette histoire, vous serez probablement surpris de voir que tout le monde se reconnait dans cette histoire : « ce Super-Groupe, c’est mon entreprise… » ou « c’est mon pays… » ou « c’est ma vie. »
On nous a toujours dit que pour avancer, il faut être en compétition : aller dans la bonne école, avoir le bon travail, arriver au sommet, et je n’ai jamais trouvé cela très stimulant.
On pense réussir en sélectionnant les superstars, les hommes, parfois les femmes, les plus brillants et en leur donnant toutes les ressources et tout le pouvoir.
Et le résultat observé est le même que dans l’expérience de William Muir : agressivité, dysfonctionnement et gâchis. Si la seule façon pour que les plus productifs puissent réussir, c’est de réprimer la productivité des autres, alors nous devons vraiment trouver une façon de travailler et de vivre plus saine.
Alors, pourquoi certains groupes sont plus performants et plus productifs que d’autres ?
C’est la question qu’une équipe du MIT s’est posée. Ils ont pris des centaines de volontaires, ont formé des groupes, puis ils leur ont donné des problèmes à résoudre. Et il se passa exactement ce à quoi on s’attendait : certains groupes étaient plus performants que d’autres.
Ce qui est intéressant, c’est que les groupes très performants n’étaient pas ceux avec une ou deux personnes au Q.I. incroyablement élevé, ni ceux qui avaient la plus haute valeur en additionnant les Q.I.
Mais les groupes qui réussissaient avaient trois caractéristiques. D’abord, ils avaient un haut degré de sensibilité sociale mesuré par un test, le R.M.E.T qui évalue le niveau d’empathie.
Ensuite, ces groupes donnaient autant de temps à chacun des membres, de telle sorte que personne ne dominait, et que personne ne se taisait.
Et finalement, les groupes les plus performants avaient plus de femmes.
Est-ce parce qu’habituellement les femmes ont des résultats plus élevés au R.M.E.T et sont naturellement deux fois plus empathiques ? Ou parce qu’elles apportent des perspectives plus variées ?
On ne sait pas, mais l’intérêt de cette expérience n’est pas de démontrer ce que l’on sait déjà, à savoir que certains groupes sont plus performants, mais que le facteur primordial de ces derniers est la connectivité sociale entre les membres du groupe.
De plus en plus d’entreprises ont compris que quand les problématiques deviennent plus complexes à résoudre, il faut faire émerger des idées nouvelles et créer les conditions de cette émergence.
Quand Alex Pentland a suggéré à une entreprise de synchroniser les pauses café pour que les collaborateurs puissent se parler, les bénéfices ont augmenté de 15 millions de dollars, et la satisfaction des employés de 10%.
Pas mal comme retour sur le capital social, qui croît même quand on l’utilise.
Les Suédois ont même un mot spécial pour ça. Ils l’appellent « Fika », ce qui est plus qu’une pause-café : c’est un moment de restauration collective.
Idexx, une société dans le Maine, a acheté des lopins de terre pour que des collaborateurs cultivent des potagers afin que les gens venant de départements différents puissent travailler ensemble et en apprendre plus sur l’entreprise.
Les sociétés n’ont pas d’idées, ce sont les gens qui en ont. Et ce qui motive les gens, ce sont les liens, la loyauté, la confiance qu’ils développent entre eux. L’important, c’est le mortier, pas simplement les briques.
En assemblant tout cela, on obtient ce qu’on appelle le capital social. C’est la confiance créée par les liens et l’interdépendance. Les équipes travaillant ensemble longtemps s’améliorent, parce qu’il faut du temps pour avoir cette confiance qui permet la franchise et l’ouverture.
Et c’est comme ça que les bonnes idées deviennent des idées géniales, parce qu’aucune idée ne naît complètement formée. Elle arrive un peu comme un enfant, brouillon et désordonnée, mais pleine de possibilités. Ce n’est qu’avec de nombreuses contributions, la confiance et les défis qu’elle réalise son plein potentiel. Et c’est ce qu’offre le capital social.
On n’a pas vraiment l’habitude de parler de cela, du talent et de la créativité, de cette manière. On a l’habitude de parler des stars en entreprises, des fameux hauts potentiels que l’on isole dans des parcours de formation spécifique, comme les Super poules.
Si vous visitez des entreprises renommées pour leur inventivité et leur créativité, vous ne rencontrerez aucune superstar, parce que tout le monde y est important.
Diriger en faisant des concours de talents ne fait souvent que monter les collaborateurs les uns contre les autres.
La rivalité doit donc laisser la place au capital social.
On a longtemps essayé de motiver les gens avec l’argent, alors que beaucoup de recherches montrent qu’il détruit la connectivité sociale. Il faut laisser les gens se motiver les uns les autres.
On a aussi longtemps pensé qu’un leader était un héros qui, seul, allait pouvoir résoudre des problèmes difficiles.
Nous devons redéfinir le « leadership » comme une activité créant les conditions nécessaires pour que tout le monde puisse oser réfléchir ensemble.
On sait que ça fonctionne. Quand le Protocole de Montréal a demandé l’élimination progressive des CFC, les chlorofluorocarbures impliqués dans le trou de la couche d’ozone, les risques étaient énormes. Les CFC étaient partout, et personne ne savait si l’on trouverait un substitut. Mais une équipe a relevé le défi en adoptant 3 principes clés.
Le premier : le chef de l’ingénierie, Frank Maslen, a annoncé qu’il n’y aurait pas de stars dans cette équipe. On a besoin de tout le monde. Et tout le monde a une vision valide.
Deuxièmement, on travaille suivant une norme : la meilleure possible.
Et troisièmement, il a dit à son patron, Geoff Tudhope, qu’il devrait se tenir à l’écart du projet parce qu’il savait que le pouvoir peut être perturbateur. Ça ne veut pas dire que Tudhope n’a rien fait. Il leur a donné le champ libre, et les a écoutés afin de s’assurer qu’ils respecteraient leurs principes. Et ça a fonctionné. Ils ont devancé toutes les autres entreprises en étant les premiers à résoudre ce problème.
Et à ce jour, le Protocole de Montréal est l’accord environnemental international le plus performant jamais mis en œuvre.
Nous ne résoudrons aucun problème si on s’attend à ce qu’ils soient résolus par quelques super-hommes ou super-femmes. On a besoin de toutes les contributions, et c’est seulement quand nous comprendrons que tout le monde a de la valeur que nous libérerons l’énergie et l’imagination dont nous avons besoin pour créer un monde meilleur.
Une vidéo très parlante sur l'expérience.
Les entreprises sont souvent dirigées selon le « modèle des super-poules » où la valeur est placée sur certains employés vedettes qui surpassent les autres. Et pourtant, ce n'est pas ça qui motive les équipes les plus performantes. La chef d'entreprise Margaret Heffernan a observé qu'il faut de la cohésion sociale afin d'avoir les meilleurs résultats possibles. Il s'agit ici d'une conception radicalement nouvelle sur ce qui nous motive à donner le meilleur de nous-mêmes et sur la signification d'être un leader. Comme le souligne Heffernan: « Les entreprises n'ont pas d'idées. Les gens, si. »
Il faudrait que l'éducation nationale entende ce discours...
Mais je serai mort avant.
Services publics
SNCF et autres services publics : comment les détruire en prétendant qu’on veut les sauver (de dégradations qu’on a provoquées) (1)
-
JEAN GADREY

C’est une recette éprouvée depuis longtemps dans le monde, et ses résultats – en termes de destructions de biens communs économiques, sociaux et écologiques comme en termes de relais par le privé lucratif sur les segments rentables - sont remarquables partout… où la résistance n’a pas été suffisante. Il faut pour cela manier plusieurs armes de destruction. Mais c’est tout un art si on veut éviter qu’elles ne vous explosent au visage.
Je résume les étapes à suivre, en pensant aux lecteurs/trices ayant peu de temps… Je développerai tout cela dans les deux billets suivants.
- Asphyxie financière soit à petit feu soit à plus gros bouillons. C’est la « réforme » de base et la difficulté est qu’il faut tenir bon pendant des années pour « arriver à l’os ». Cela exige donc du « courage ».
- D’où dégradation de la qualité (d’abord pour les usagers les moins riches) + hausse des tarifs + endettement « insupportable ». Pour gonfler encore la dette, on peut parfois compter sur des investissements délirants sur des segments privilégiés (cas de la liaison LGV Lyon-Turin et plus généralement de la stratégie du « tout pour le TGV », mais l’EPR de Flamanville n’est pas mal non plus dans un autre domaine).
- D’où une opinion publique troublée à qui l’on raconte les yeux dans les yeux qu’il faut « réformer » pour retrouver « l’équilibre ».
- Seconde « réforme » (la première étant l’austérité financière) : organisation d’une concurrence privée sur les segments (supposés) rentables, en prétendant (parfois à tort) que c’est l’Europe qui l’impose alors qu’on brule d’envie de le faire de façon anticipée. Ce qui réduit encore plus les recettes du service public en sursis. Exemple : le tout camions pour casser le fret ferroviaire, une superbe réussite puisque le trafic de marchandises mesuré en nombre de trainsxkms a été divisé, pour la SNCF, par 3,4 depuis 1980 et surtout par 2,5 depuis 2000, début d’accélération de la casse.
- En dépit de ces efforts méritoires, cette fichue opinion publique, décidément rétrograde, reste très majoritairement satisfaite de ses services publics dont on a pourtant organisé les défaillances à répétition. C’est le dernier obstacle à lever et il est de taille. Il faut pour cela entreprendre des campagnes de propagande et multiplier les aboiements des chiens de garde médiatiques sous contrôle. Le processus est en cours et même « à plein régime spécial », voir cette formidable analyse de Samuel Gontier dans Télérama.
- Enfin, « c’est la lutte finale » : dans une société rongée par les inégalités et la précarité, il faut absolument faire passer pour des privilégiés les salariés ayant encore de bonnes garanties d’emploi et plus généralement tous les fonctionnaires, en attendant de s’en prendre vraiment aux CDI, ce qui a déjà commencé avec les « Lois travail ». Il faut le faire en pensant secrètementaux privatisations futures (dont on prétendra les yeux dans les yeux qu’elles ne sont pas à l’ordre du jour) et plus généralement à la nécessaire fluidité du travail dans une start-up nation en phase avec la mondialisation néolibérale. Mais il faut le faire en public au nom de la justice, en opposant par exemple les agriculteurs aux cheminots, les salariés précaires aux salariés en CDI et ces derniers aux fonctionnaires. Je vous citerai sur ce point des arguments d’une flamboyante mauvaise foi, mais ce sont eux qui passent en priorité à la télé. Pendant ce temps, on oublie les vrais privilégiés, les gros, ceux qui organisent la dénonciation des privilèges fantasmés des petits.
Bien menée, cette stratégie peut marcher. Sauf si des empêcheurs d’exploiter en rond se mettent en ordre… de marche.
À suivre dans les deux prochains billets, où j’entrerai dans les détails car dans toute bonne stratégie le diable est dans les détails.
Mots-clés : Services publics
Compteurs Linky
Ce qui me plaît, au-delà, de pouvoir refuser ce compteur, c'est de constater que les mouvements populaires ont un impact politique. Le jour, où les "citoyens" auront vraiment conscience de leur force commune, ça ira vraiment mieux, dans tous les domaines...
La démocratie, c'est lorsque la volonté du peuple remonte vers les dirigeants et que ceux-ci ne sont aucunement décideurs mais "applicateurs".
Une sénatrice propose de modifier la loi pour permettre aux usagers le souhaitant de refuser l'installation d'un compteur Linky. Plusieurs communes continuent de s'opposer au déploiement des appareils sur leur territoire.
Nouvel épisode dans le feuilleton Linky. Ces derniers mois, plusieurs communes de la région Nouvelle-Aquitaine, parmi lesquelles Marmande, Bayonne ou encore Saint-Macaire ont demandé que les habitants refusant l'installation par Enedis, anciennement ERDF, d'un compteur intelligent Linky puissent s'y opposer. À la suite de ces prises de position, Florence Lassarade, sénatrice de la Gironde, a déposé deux amendements dans le cadre de l'examen du projet de loi sur le règlement général de la protection des données personnelle. Ils doivent être examinés ce mercredi au Sénat. L'élue girondine souhaite faire modifier une partie du Code de l'énergie pour que les personnes le souhaitant puissent refuser la pose d'un compteur Linky.
» LIRE AUSSI - Électricité: comment le compteur «intelligent» Linky est installé chez vous
«Je suis membre de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), et j'ai assisté à la commission de l'Assemblé sur les enjeux, économiques et sociétaux, des compteurs Linky et Gazpar», indique la parlementaire. «Ainsi, j'ai pu entendre tous les protagonistes, que ce soit les représentants des personnes électrosensibles, le président du directoire d'Enedis (Philippe Monloubou, NDLR), mais aussi des député(e)s», poursuit-elle. Florence Lassarade est par ailleurs élue au conseil municipal de Saint-Macaire, aux côtés du militant antinucléaire et anti-Linki Stéphane Lhomme. «Je n'ai pas toujours voté ses propositions, je ne suis pas de dogme», précise la sénatrice.
Une question de liberté individuelle
Florence Lassarade ne goûte pas toutes les attaques du militant contre le compteur Linky. En revanche, elle estime «qu'on ne peut pas installer de manière autoritaire les compteurs chez des personnes qui ne le désirent pas», explique-t-elle. À l'heure où le débat sur la protection des données personnelles est plus que jamais d'actualité, «il faut être attentif», prévient la parlementaire. «Ces compteurs permettront une analyse fine de vos habitudes énergétiques. Il faut donner la possibilité aux gens de s'y opposer, c'est une question de liberté individuelle», explique-t-elle. «Je suis pour l'apaisement, les usagers doivent être considérés, après tout, ce sont eux qui payent», conclut l'élue. Le financement du déploiement des appareils est notamment l'un des points qui cristallisent la grogne. Un compteur coûte 130 euros, pose comprise, une somme qui se répercutera graduellement sur les factures des usagers.
Pour rappel, en février dernier, le rapport annuel de la Cour des Comptes avait souligné plusieurs inconvénients dans l'installation des nouveaux compteurs. Le document évoquait entre autres un «dispositif coûteux pour le consommateur mais avantageux pour Enedis». Le 8 mars dernier, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir a lancé une pétition pour dénoncer le financement des appareils, entièrement aux frais des usagers. Aussi, jointe par le Figaro, la commune de Bayonne a indiqué qu'à la suite d'une lettre du maire Jean-René Etchegaray compilant les refus d'installation de près de 401 bayonnais, «Enedis s'est engagée à ne pas poser les compteurs chez [ces] habitants».
Disparition vertigineuse des oiseaux.
"Ce n’est pas un problème d’agriculteurs, mais de modèle agricole : si on veut enrayer le déclin de la biodiversité dans les campagnes, il faut en changer, avec les agriculteurs. »
Je ne suis pas d'accord avec cette phrase pour la bonne raison que les agriculteurs répondent à la demande des consommateurs et c'est la demande qui génère la production. C'est donc au peuple, dans son intégralité, de réaliser que ce désastre écologique est de sa responsabilité tout comme il est de sa responsabilité d'appliquer une pression totale sur l'industrie agroalimentaire en demandant à consommer des produits respectueux de l'environnement. Accuser les agriculteurs ou le modèle agricole de tous les maux, c'est comme un enfant qui dit : "c'est pas moi qu'a commencé..."
Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une « vitesse vertigineuse »
Ce déclin « catastrophique », d’un tiers en quinze ans, est largement dû aux pratiques agricoles, selon les études du CNRS et du Muséum d’histoire naturelle
LE MONDE | • Mis à jour le | Par Stéphane Foucart
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Le printemps risque fort d’être silencieux. Le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) annoncent, mardi 20 mars, les résultats principaux de deux réseaux de suivi des oiseaux sur le territoire français et évoquent un phénomène de « disparition massive », « proche de la catastrophe écologique ». « Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse, précisent les deux institutions dans un communiqué commun. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans. »
Attribué par les chercheurs à l’intensification des pratiques agricoles de ces vingt-cinq dernières années, le déclin observé est plus particulièrement marqué depuis 2008-2009, « une période qui correspond, entre autres, à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune [européenne], à la flambée des cours du blé, à la reprise du suramendement au nitrate permettant d’avoir du blé surprotéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes », ces fameux insecticides neurotoxiques, très persistants, notamment impliqués dans le déclin des abeilles, et la raréfaction des insectes en général.
Plus inquiétant, les chercheurs observent que le rythme de disparition des oiseaux s’est encore intensifié ces deux dernières années.
Résultats de deux réseaux de surveillance
Le constat est d’autant plus solide qu’il est issu de deux réseaux de surveillance distincts, indépendants et relevant de deux méthodologies différentes. Le premier, le programme STOC (Suivi temporel des oiseaux communs) est un réseau de sciences participatives porté par le Muséum national d’histoire naturelle. Il rassemble les observations d’ornithologues professionnels et amateurs sur l’ensemble du territoire et dans différents habitats (ville, forêt, campagne). Le second s’articule autour de 160 points de mesure de 10 hectares, suivis sans interruption depuis 1994 dans la « zone-atelier « du CNRS Plaine et val de Sèvre, où des scientifiques procèdent à des comptages réguliers.
« Les résultats de ces deux réseaux coïncident largement et notent une chute marquée des espèces spécialistes des plaines agricoles, comme l’alouette », constate l’écologue Vincent Bretagnolle, chercheur au Centre d’études biologiques de Chizé, dans les Deux-Sèvres (CNRS et université de La Rochelle). Ce qui est très inquiétant est que, sur notre zone d’étude, des espèces non spécialistes des écosystèmes agricoles, comme le pinson, la tourterelle, le merle ou le pigeon ramier, déclinent également. »
Sur la zone-atelier du CNRS – 450 km2 de plaine agricole étudiés par des agronomes et des écologues depuis plus de vingt ans –, la perdrix est désormais virtuellement éteinte. « On note de 80 % à 90 % de déclin depuis le milieu des années 1990, mais les derniers spécimens que l’on rencontre sont issus des lâchers d’automne, organisés par les chasseurs, et ils ne sont que quelques rescapés », précise M. Bretagnolle.
Déclin massif des insectes
Pour le chercheur français, « on constate une accélération du déclin à la fin des années 2000, que l’on peut associer, mais seulement de manière corrélative et empirique, à l’augmentation du recours à certains néonicotinoïdes, en particulier sur le blé, qui correspond à un effondrement accru de populations d’insectes déjà déclinantes ».
A l’automne 2017, des chercheurs allemands et britanniques conduits par Caspar Hallmann (université Radboud, Pays-Bas) ont, pour la première fois, mis un chiffre sur le déclin massif des invertébrés depuis le début des années 1990 : selon leurs travaux, publiés en octobre dans la revue PloS One, le nombre d’insectes volants a décliné de 75 % à 80 % sur le territoire allemand.
Des mesures encore non publiées, réalisées en France dans la zone-atelier Plaine et val de Sèvre, sont cohérentes avec ces chiffres. Elles indiquent que le carabe, le coléoptère le plus commun de ce type d’écosystème, a perdu près de 85 % de ses populations au cours des vingt-trois dernières années, sur la zone étudiée par les chercheurs du CNRS.
« Or de nombreuses espèces d’oiseaux granivores passent par un stade insectivore au début de leur vie, explique Christian Pacteau, référent pour la biodiversité à la Ligue de protection des oiseaux (LPO). La disparition des invertébrés provoque donc naturellement un problème alimentaire profond pour de nombreuses espèces d’oiseaux et ce problème demeure invisible : on va accumuler de petites pertes, nid par nid, qui font que les populations ne sont pas remplacées. »
Dégradations profondes de l’environnement
La disparition en cours des oiseaux des champs n’est que la part observable de dégradations plus profondes de l’environnement. « Il y a moins d’insectes, mais il y a aussi moins de plantes sauvages et donc moins de graines, qui sont une ressource nutritive majeure pour de nombreuses espèces, relève Frédéric Jiguet, professeur de biologie de la conservation au Muséum et coordinateur du réseau d’observation STOC. Que les oiseaux se portent mal indique que c’est l’ensemble de la chaîne trophique [chaîne alimentaire] qui se porte mal. Et cela inclut la microfaune des sols, c’est-à-dire ce qui les rend vivants et permet les activités agricoles. »
La situation française n’est pas différente de celle rencontrée ailleurs en Europe. « On est dans la continuité d’une tendance lourde qui touche l’ensemble des pays de l’Union européenne », note M. Jiguet. Est-elle réversible ? « Trois pays, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni, ont mis en œuvre des politiques nationales volontaristes pour inverser cette tendance lourde, en aménageant à la marge le modèle agricole dominant, explique Vincent Bretagnolle. Aucun de ces trois pays n’est parvenu à inverser la tendance : pour obtenir un effet tangible, il faut changer les pratiques sur des surfaces considérables. Sinon, les effets sont imperceptibles. Ce n’est pas un problème d’agriculteurs, mais de modèle agricole : si on veut enrayer le déclin de la biodiversité dans les campagnes, il faut en changer, avec les agriculteurs. »
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/03/20/les-oiseaux-disparaissent-des-campagnes-francaises-a-une-vitesse-vertigineuse_5273420_1652692.html#PLCet8Pbt4fkbgRT.99
L'avenir de l'eau
Cet article est paru aujourd'hui et je me suis réjoui en lisant les chiffres, non pas que l'idée d'un chaos planétaire m'amuse mais parce que certains chiffres donnés dans cet article correspondent à ceux que j'avais anticipés à la suite de très, très nombreuses lectures pour l'écriture du roman en cours.
Finalement, ce que je raconte parfois, ici ou sur mon blog, ça tient tout à fait la route. Et le roman aussi...
Malheureusement.
TOUS, SAUF ELLE (un extrait écrit en septembre 2017)
« Avec cette densité planétaire, reprit Walter, l’approvisionnement alimentaire sera un problème majeur. L’accès à l’eau potable également. Aux environs de 2050, selon nos modélisations, les deux tiers de la population mondiale, c'est-à-dire nos fameux dix-huit milliards, seront affectés par une pénurie d’eau. Entre quatre et cinq milliards de personnes déjà vers 2025. Nous entrerons par conséquent dans une période très trouble. Un peuple qui meurt de faim et de soif se révolte parfois avant d’être trop faible. Nous pourrions toujours trouver quelques moyens pour circonscrire ces mouvements de masse mais il faut prendre un autre élément en compte et ils nous concernent tous ici. C’est la pollution atmosphérique et ses effets sur le dérèglement climatique. Nous pouvons fomenter des guerres pour obtenir les paix qui nous intéressent, nous pouvons propager des virus pour réduire les populations, nous pouvons soumettre des peuples par la force ou la démocratie, nous pouvons produire une alimentation suffisante pour les pays développés en pillant les pays pauvres mais il est un élément contre lequel nous resterons impuissants et dont nous aurons, nous aussi, à souffrir : c’est ce dérèglement climatique. Et nous ne pouvons plus nous contenter d’inventer des procédés technologiques ou des lois qui nous avantagent sans nous préoccuper des dégâts que l’humanité entière a provoqué et amplifie jour après jour. Vous savez également qu’aucune des restrictions énergétiques ou des technologies d’énergies renouvelables ne parviendra à stopper ce processus du réchauffement. Tout au plus sera-t-il ralenti mais les phénomènes naturels ont pris déjà une ampleur considérable : inondations, hausse des océans, cyclones, tornades, sécheresse, incendies gigantesques, atteinte générale à la biodiversité, épuisement des sols par surexploitation et empoisonnement, épuisement des nappes phréatiques, épuisement des ressources halieutiques et d’autres encore et il est impossible de statuer sur un retour à des données acceptables. Pour résumer en une phrase, nous allons droit au bûcher. L’humanité se condamne et nous condamne avec elle. Nous ne pouvons l’accepter. »

Conseil mondial de l’Eau à Brasilia : 840 millions de personnes privées d’eau potable !
LE 19 MARS 2018
Plus de 840 millions de personnes dans le monde, soit 1 sur 9, n’ont pas accès à l’eau potable et 2,3 milliards, soit 1 sur 3, n’ont pas accès aux toilettes. « Partout dans le monde, plus de gens ont un téléphone portable que des toilettes », explique Matt Damon, activiste de l’eau et acteur. Dans un effort mondial pour éviter les crises hydriques et améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, le Conseil mondial de l’eau organise la 8ème édition de son Forum mondial de l’eau, qui se tiendra à Brasilia du 18 au 23 mars et le 22 mars qui s’organisera la Journée de l’eau.
Plus de 10 chefs d’État, dont le président du Brésil, Michel Temer, le président hongrois János Áder, le président du Sénégal, Macky Sall, le Premier ministre sud-coréen Lee Nak-yeon, le Chef du gouvernement du Maroc, M. Saad Eddine El Othmani, ainsi que des PDG de Fortune 500 entreprises, entre autres.
Ils se sont rendus dans la capitale brésilienne pour participer à des panels de haut niveau et plus de 200 sessions, où l’avenir de la sécurité de l’eau sera défini pour les trois prochaines années. Au cours de plus de 200 sessions, des milliers de participants se rassembleront pour trouver des solutions aux défis de la sécurité de l’eau dans le monde.
Le premier Forum Mondial de l’Eau a été accueilli par le Maroc en 1997. Parmi ses triomphes, le Forum triennal mondial de l’eau a contribué à promouvoir la reconnaissance de l’accès à l’eau en tant que droit humain reconnu en 2010 par l’ONU. Cela faisait suite au 6ème Forum mondial de l’eau (Istanbul, Turquie) où la nature fondamentale de ce droit était défendue à chaque fois.
En outre, le Forum Mondial de l’Eau et son créateur, le Conseil Mondial de l’Eau, ont joué un rôle clé dans la reconnaissance de l’objectif 6 de développement durable (ODD), garantissant un accès sûr à l’eau et à l’assainissement pour tous. Cet objectif, fixé par les Nations Unies en 2015, devrait être atteint d’ici 2030.
L’hémisphère sud accueille pour la première fois le Forum mondial de l’eau, ouvrant les portes de l’Amérique du Sud au dialogue et à l’échange d’expériences et de bonnes pratiques liées à l’utilisation de l’eau. Cette édition brésilienne proposera un Village des Citoyens, qui accueillera gratuitement tous les citoyens du monde pour participer au débat à travers des expositions, des conférences, des films, des ateliers d’art et d’artisanat, des divertissements, des débats et des aires de restauration. Le Conseil mondial de l’eau invite tout le monde à faire partie de son événement phare mondial sur l’eau.
Le Forum Mondial de l’Eau est également une opportunité cruciale pour les autorités mondiales de partager leurs connaissances et de développer des stratégies pour diverses questions, telles que la lutte contre la variabilité climatique et la pénurie d’eau. D’ici 2025, la moitié de la population mondiale vivra dans des zones soumises à des stress hydriques, les sécheresses, les inondations et autres crises d’eau sévissant dans de nombreuses régions du globe, comme au Cap, en Afrique du Sud ou à São Paolo. La principale source d’approvisionnement en eau de la ville brésilienne, le réservoir Cantareria, a récemment été réduite à 5% de sa capacité, ce qui correspond à un mois d’approvisionnement. L’ironie de cette réalité réside dans le fait que le Brésil abrite la plus grande source d’eau douce au monde, soit 12% de l’approvisionnement mondial.
Sans eau, il n’y a pas de vie, pas de nourriture, pas de développement. Au Forum Mondial de l’Eau, sous le thème général « Partager l’Eau », à la lumière du rôle de l’eau dans l’unification des communautés et l’élimination des barrières, les décideurs du monde entier se réuniront pour discuter et présenter des recommandations afin de sécuriser de l’eau pour notre avenir.
« L’eau est essentiellement une question politique et doit être traitée aux plus hauts niveaux de décision. Nous avons beaucoup de connaissances scientifiques et nous avons un grand nombre de solutions à choisir, mais les décideurs doivent en faire une priorité afin que ces propositions puissent être mises en pratique », explique le président du Conseil mondial de l’eau, Benedito Braga.
Dans le monde entier, certains des problèmes les plus urgents concernant l’eau ne concernent pas la quantité mais la qualité. C’est une question de vie ou de mort pour beaucoup dans le monde entier; 660 millions de personnes n’ont pas accès à des ressources en eau potable améliorées et 2,4 milliards n’ont pas accès à un assainissement amélioré.
En particulier, les niveaux très bas de couverture de l’assainissement sont les principales causes de décès et de maladies dans le monde entier; en 2016, 8% des enfants de moins de 5 ans sont morts de diarrhée, généralement causée par de l’eau potable contaminée. Ceux qui n’ont pas accès à un assainissement adéquat vivent principalement en Asie, en Afrique subsaharienne, en Amérique latine et dans les Caraïbes. Les femmes et les filles sont les plus touchées par les problèmes d’eau potable et d’assainissement, puisqu’elles consacrent 200 millions d’heures par jour à collecter de l’eau.
La Journée mondiale de l’eau 2018 met en évidence des «solutions fondées sur la nature» aux défis actuels liés à l’eau, souvent exacerbés par le changement climatique, les catastrophes et la croissance démographique. Le Forum mondial de l’eau aidera à montrer aux dirigeants comment une combinaison d’infrastructures existantes, de réalités géographiques, de ressources naturelles et de financement adéquat peut conduire à une meilleure gestion de l’eau. Pour chaque dollar investi dans l’eau et l’assainissement, le rendement économique en termes de coûts de santé évités et de productivité est de 4 dollars.
A travers l’organisation du Forum Mondial de l’Eau, le Conseil Mondial de l’Eau appelle tous les gouvernements à faire de l’eau leur première priorité et les encourage à augmenter leurs budgets pour des infrastructures durables et polyvalentes pour l’eau potable. utilise également, comme la production alimentaire et énergétique, tout en sauvegardant l’environnement. Le fait que 80% des pays signalent un financement insuffisant pour atteindre les objectifs nationaux en matière d’eau potable ne peut pas continuer à être une réalité au XXIe siècle. La nécessité d’un engagement et d’une innovation renouvelés est évidente, car le financement doit tripler pour atteindre 90 milliards d’euros par an, en tenant compte des coûts d’exploitation et de maintenance, pour atteindre l’objectif 6 de développement durable des Nations Unies.
Dix points d’action pour le financement de l’infrastructure de l’eau, le rapport identifie les obstacles au financement des flux provenant de sources non traditionnelles et les opportunités d’aller de l’avant.
Un rapport sur l’augmentation des flux financiers pour l’assainissement urbain et un ensemble de huit études de cas. Le rapport se concentre principalement sur le financement de l’assainissement urbain et donne un aperçu de ce à quoi l’assainissement urbain pourrait ressembler en 2030 et comment il pourrait être financé.
Sécurité mondiale de l’eau: leçons apprises et implications à long terme. Ce livre prend des leçons à partir de dix études de cas et propose des
politiques innovantes pour amener tous les usagers de l’eau à bord à atteindre une sécurité hydrique durable.
Commencer par l’eau: Mettre l’eau à l’ordre du jour des actions locales pour soutenir le changement global met l’eau à l’ordre du jour pour soutenir le changement global et cherche à fournir des stratégies et un soutien pour aider les villes à apporter des contributions concrètes aux programmes mondiaux. Il est présenté comme un ensemble de huit recommandations intégrant des études de cas du monde entier.
Le rapport sur les feuilles de route de mise en œuvre évalue les progrès réalisés par la communauté de l’eau sur les défis identifiés lors du 7ème Forum mondial de l’eau.
Le document de la GIRE sur la gestion des ressources en eau s’appuie sur les réalisations des dernières décennies. Le groupe de travail de la GIRE du Conseil mondial de l’eau a adapté des messages politiques clés nouveaux et mis à jour pour déclencher la revitalisation de la GIRE.
À propos du Conseil Mondial de l’Eau (WWC):
Le Conseil Mondial de l’Eau (WWC, World Water Council en anglais) est une plate-forme internationale multipartite, fondatrice et co-organisatrice du Forum Mondial de l’Eau. Sa mission est d ́impulser des actions sur les problématiques relatives à l’eau à tous les niveaux, y compris au plus haut niveau décisionnel, en encourageant le débat et en contestant la pensée conventionnelle. Le Conseil se concentre sur les dimensions politiques de la sécurité hydrique, de l’adaptation et de la durabilité, et travaille à positionner l’eau au sommet de l’agenda politique mondial. Créé en 1996, le Conseil Mondial de l’Eau réunit plus de 300 organisations membres de plus de 50 pays différents.
Plus d’informations sur www.worldwatercouncil.org @wwatercouncil #wwatercouncil
POUR ALLER PLUS LOIN
La crise mondiale de l’eau en débat à Brasilia
– « Stimuler la coopération » –
La métropole sud-africaine a été menacée de coupure d’eau courante dans les prochains mois à cause de la sécheresse. La situation reste extrêmement préoccupante, même si les autorités locales ont affirmé la semaine dernière que le « Jour zéro » n’aurait pas lieu en 2018 si le rationnement de la consommation était maintenu et si les pluies attendues dans les prochains mois se concrétisaient.
Plus d’un quart des ressources d’eau renouvelables (qui ne comprennent pas les glaces de l’Antarctique, environ 60% des réserves de la planète) se trouvent en Amérique latine, contre soixante fois moins au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, régions aux ressources par habitant critiques.
Des experts s’inquiètent d’une possible disparition, d’ici quelques dizaines d’années, des réserves aquifères dans une partie du bassin du Gange en Inde, dans le sud de l’Espagne et de l’Italie, ou encore dans la vallée centrale de la Californie.
Le Brésil, où se concentre 18% de l’eau potable de la planète, est aussi touché de plein fouet par le réchauffement climatique. Certaines régions du nord-est du pays sont affectées depuis 2012 par la plus longue période de sécheresse de leur histoire.
« L’eau doit être un élément qui unit les communautés, les nations, et non pas le motif d’une troisième guerre mondiale, comme le disent certains. Le forum a pour mission de mettre en commun les bonnes pratiques, les solutions et les expériences, pour stimuler la coopération entre les pays », souligne Ricardo Medeiros.
Hypersensibilité
Hypersensible ? Les repères des psychologues pour comprendre
Certaines personnes sont tout simplement plus sensibles que d’autres, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose. Mais est-ce là toute la différence que l’on peut observer chez les hypersensibles ? Non, il existe de nombreux points de particularité chez ces personnes qui représentent environ 20% de la population. Le Dr Elaine Aron, chercheuse en psychologie, nous éclaire sur le sujet.
Hypersensible ? Les repères des psychologues pour comprendre
« Quand j’étais en maternelle, un garçon de ma classe a jeté mon livre préféré par-dessus la barrière de l’école. Je me rappelle avoir énormément pleuré, non pas à cause du livre mais parce que j’en voulais à ce petit tyran. C’était probablement l’une des premières fois que je manifestais mon hypersensibilité, un torrent d’émotion que je continue à gérer au quotidien. Plusieurs de mes amis me taquinent gentiment à ce sujet mais je n’y peux absolument rien. »
Ce témoignage n’est pas un cas isolé. Selon le docteur Elaine N. Aron, chercheuse et psychologue, les hypersensibles représentent environ 20% de la population. Cela signifie que l’on connaît tous des gens hypersensibles. Peut-être même sommes-nous l’une de ces personnes ?
La psychothérapeute américaine Elaine N. Aron est considérée comme le gourou des hypersensibles aux Etats-Unis, depuis la parution de son best-seller intitulé Ces gens qui ont peur d’avoir peur. Mieux comprendre l’hypersensibilité (éd. de l’Homme). Soutenue par le psychanalyste Saverio Tomasella et la psychologue Arielle Adda, tous trois nous aident à dresser le portrait type des hypersensibles.
Un hypersensible naît hypersensible
Ce trait de caractère (car ce n’est pas une pathologie!) se constitue pendant la vie intra-utérine, se développe dès la naissance, et se manifeste de différentes façons chez les individus.
Son degré d’intensité et son évolution, de l’enfance à l’âge adulte, dépendent en grande partie de l’environnement dans lequel la personne grandit. Les questions suivantes ont un impact direct sur la manière dont se manifeste cette nature à fleur de peau :
- Son entourage a-t-il valorisé ou réprimé son hypersensibilité ?
- A-t-elle été confrontée à de lourdes épreuves : burnout, deuil, guerre, etc.?
- Accepte-t-elle, ou non, sa « différence » ou tente-t-elle de la refouler?
Et le restera toute sa vie
Inutile d’essayer de refouler l’hypersensibilité. Elle finira par refaire surface :
Il ne faut ni dominer ni subir ses émotions: il faut d’abord s’autoriser à les vivre. La plus grave erreur serait de considérer l’hypersensibilité comme une pathologie qu’il faut soigner. Devenir humain est une conquête quotidienne. Et celle-ci passe par la fierté d’être sensible.
En revanche, on peut apprendre à gérer certaines réactions, telles que le stress et l’anxiété. Pleine conscience, méditation, sport de combat… à chacun sa méthode de « toilette émotionnelle »!
Ils sont à vif émotionnellement
Les hypersensibles ont la sensation d’être « sur le fil » en permanence. Colère, larmes, repli sur soi, agressivité… l’entourage peine à comprendre leurs réactions imprévisibles et irrationnelles. Blessés par la critique, ils se sentent sans protection et peuvent ressasser à l’infini les mots qui les ont heurtés. En bref, ils gambergent à plein régime.
Ces pensées parasites sont comme une rumeur, un bruit incessant, qui draine une partie de leur énergie, Ça galope dans leur tête !
Souffrent-ils d’un excès de narcissisme ? Non, plutôt d’une grande fragilité identitaire et d’une difficulté à cicatriser. Ils vivent donc les situations de crise plus intensément, ainsi que les moments heureux :
Un paysage, un poème, un moment entre amis… Les plaisirs simples du quotidien les émerveillent.
Et à vif physiquement
En effet, ils réagissent à de nombreux stimuli. Par exemple, l’étiquette d’un vêtement qui frotte contre la peau, la sirène d’une ambulance ou une forte luminosité peuvent vite devenir insupportables. Le corps est plus réceptif aux massages, aux caresses, mais aussi plus affecté par les allergies, les médicaments et la caféine.
Les hypersensibles ont une oreille fine. Un simple bruit urbain devient un vacarme qui les empêche de se concentrer.
En entreprise, ils préfèrent travailler au calme dans des bureaux fermés plutôt que dans des « open spaces ».
Les hypersensibles sont doués d’empathie
Plus perméables à leur environnement, ils parviennent à cerner l’autre et à deviner ses intentions. C’est un problème:
Ils portent le poids du monde sur leurs épaules, en absorbant les émotions de leurs proches et en partageant leurs souffrances.
Au travail, cela se traduit par des élans de générosité envers leurs collègues. Plus attentionnés, ils sont toujours prêts à aider un nouveau venu, à accueillir un stagiaire. Ils n’agissent pas à dessein et manquent cruellement d’esprit de compétition. Cette profonde empathie pousse certains à s’orienter vers une carrière dans l’humanitaire. En revanche, elle peut aussi se retourner contre eux :
Les hypersensibles sont des proies idéales pour les pervers narcissiques. Ces derniers détectent leurs failles, exploitent leur gentillesse et leur désir de perfection.
Dépendants du regard des autres
De l’enfance à l’âge adulte, le désir d’être aimé ne les quitte jamais. En quête d’harmonie, les hypersensibles détestent les conflits. Et font tout pour éviter les vagues.
Ils ont peur de décevoir leur entourage, d’être rejetés, voire abandonnés. Ils dépendent de l’affection d’autrui, en amour comme en amitié. Dès qu’ils ont le sentiment d’avoir blessé quelqu’un, d’avoir prononcé des mots qui dépassent leur pensée, ils sont immédiatement submergés par la culpabilité. En bref, ils ont du mal à lâcher prise.
Ils sont créatifs et intuitifs
Les hypersensibles utiliseraient davantage l’hémisphère droit de leur cerveau que la moyenne. Résultat: ils ont un goût prononcé pour l’esthétique et la création. Peinture, musique, écriture… Certains en font leur métier, d’autres, un simple loisir.
Ils sont aussi dotés d’une forte intuition. Celle-ci est parfois impossible à justifier devant leur entourage et finit par les isoler :
Cette intuition résulte d’un nombre élevé de connexions cérébrales. Ajoutez-y un sens aigu de la logique, un besoin de cohérence, et vous obtiendrez l’état d’esprit d’un hypersensible.
Imaginez un métro qui ne s’arrête qu’aux correspondances et non aux stations intermédiaires : le chemin est parcouru beaucoup plus rapidement. Dans le cerveau, c’est pareil.
Même dans des secteurs non artistiques, tels que la finance, les hypersensibles apprennent à utiliser leur intuition à bon escient :
Certains ont toujours deux longueurs d’avance sur leurs concurrents en affaires ! C’est aussi une force.
Ils cherchent un sens à leur vie
Selon Elaine N. Aron, les hypersensibles s’interrogent souvent sur leur existence et sur la mort. Athées ou croyants, ils sont attirés ou fascinés par la spiritualité. Et se sentent profondément humanistes. Animés par une forte passion qui leur sert de leitmotiv, ils refusent de mener une existence routinière, dénuée d’originalité, et mettent un point d’honneur à vivre des expériences enrichissantes.
Ils seraient de plus en plus nombreux
Pour Saverio Tomasella, le nombre de personnes hypersensibles augmente. Cela peut s’expliquer par des facteurs socio-économiques et culturels :
Nous sommes dans une société en crise, où la pression au travail et les obligations pèsent sur l’individu, sur le couple, et où l’on refuse de vieillir. Esseulé, en perte de repères, en proie aux doutes et fréquemment critiqué, l’homme est de plus en plus à vif.
Mais l’hypothèse ne fait pas l’unanimité. Pour Elaine N. Aron, la société a un impact sur l’évolution de l’hypersensibilité (un environnement plus violent peut accroître la vulnérabilité des individus), mais elle ne peut en « produire » davantage. Le débat est ouvert.
Si vous désirez en apprendre davantage sur le sujet, je vous conseille cet ouvrage intéressant, à l’intérieur vous trouverez un cahier pratique pour tout savoir sur les manifestations de l’hypersensibilité et toutes les pistes pour l’apprivoiser :
Des témoignages d’hypersensibles célèbres :
Marion Cotillard :
J’ai toujours eu une grande sensibilité… Mais cette hypersensibilité est compensée par une nouvelle aptitude à rire de moi-même et de mes réactions émotives, qui peuvent être démesurées. (Psychologies Magazine, 2012).
Scarlett Johansson :
Je suis née avec une grande capacité à sentir mon environnement et mon entourage. Cette sensibilité peut être positive […]. Parfois, je préférerais ne pas voir ce que les gens gardent à huis clos. (Interview Magazine, 2001)
Sources :
- Pour comprendre l’hypersensibilité, voici 13 choses à retenir selon une psychologue , paru sur huffingtonpost.fr
- Tous hypersensibles? , paru sur lexpresse.fr
Les Vivants
"Un homme soupçonneux entre dans un bistrot et commande une bière.
Il va aux toilettes et pour qu'on ne touche pas à son verre, il met un petit papier avec écrit: "j'ai craché dedans", et s'en va.
Au retour, il peut lire sur son papier : "Moi aussi!"
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On peut lire cela sur un mode humoristique mais on peut aussi y voir un comportement très répandu : celui de la peur.
Si l'homme n'avait pas écrit un mensonge, il n'aurait pas eu à en subir les conséquences. Il risquait par contre de n'avoir plus rien à boire.
Deux choix se proposent : celui de la confiance en l'humain ou de sa peur envers lui.
La peur induit des effets néfastes par répercussion sur l'émetteur lui-même...Un effet boomerang. La peur fait de son porteur une proie toute désignée.
La confiance induit l'idée que l'autre ne me craint pas et je peux dès lors m'en trouver honoré et poussé par là même à valider cette confiance par un comportement respectueux.
Il me semble que nos sociétés occidentales ont choisi depuis bien longtemps la transmission des peurs et non celle de la confiance et que plus nous avançons dans le temps, plus les effets de ces peurs prennent une ampleur désastreuse.
La propension des réseaux sociaux à diffuser des informations portant en elles l'idée que l'humain est un être essentiellement néfaste et dont il faut se méfier contribue, il me semble, à transmettre cette peur, de façon intergénérationnelle. Et rien de bon ne peut en sortir.
C'est comme vouloir protéger des plantations avec l'emploi de pesticides. La solution est bien pire que le "mal" lui-même.
A vouloir dénoncer les errances, les esprits finissent par s'égarer dans des gouffres sombres.
Il est clair que bien des situations sont dramatiques, inacceptables, terriblement inquiétantes quant à l'avenir général de la planète.
Oui. C'est indéniable.
Mais de les dénoncer ne signifie pas qu'elles doivent être les seules à être présentées. Ou alors, aucun horizon n'existe. Il n'est plus que ce "mur" gigantesque vers lequel l'humanité fonce, tête baissée, dans une inconscience coupable.
Il n'est plus temps non plus d'attendre que des entités étatiques prennent les problèmes à bras le corps. Elles en sont les principaux responsables. C'est comme demander à un virus de soigner le corps qu'il dévaste. Nous sommes le corps de l'humanité, nous, peuple de base, la masse, le nombre. Les virus, ce sont les pensées transmises, par éducation, par l'environnement social, par la connaissance de l'Histoire des peuples, par l'actualité de masse, des peurs insérées en nous, des peurs qui servent les Etats et qu'ils entretiennent.
Oui, les Etats ont besoin des peurs de la masse pour justifier leur agitation, leurs combats politiques et l'idée perverse de la démocratie, le droit et le devoir de choisir des Maîtres, là où ils devraient servir, le droit à établir des lois, à organiser les coercitions les plus profondes, non pas seulement par la législation mais bien plus intensément encore par les pensées. Tout cela dans un seul but : le maintien de la hiérarchie sociale, le renforcement constant de la pyramide, du sommet de l'Etat à la populace.
S'ils sont les "dirigeants", alors nous sommes des "dirigés". Et là, l'image prend une autre tournure.
Le crachat dans le verre de bière, c'est la conséquence d'un système de pensées, une éducation séculaire, un inconscient collectif qui nous condamne à subir des peurs apprises et à dépenser tant d'énergie dans un combat personnel que l'existence prend l'image d'une lutte, agrémentée de quelques moments de paix.
Alors, que faire ?
Vivre en ermite, coupé du monde, se protéger de tout dans un isolement volontaire.
Et à qui cela servira-t-il, sinon à soi ? Et peut-on alors s'en contenter ?
Vivre en ermite, au milieu du monde. En commenter l'évolution, qu'elle soit bénéfique ou néfaste. Et puis, au-delà des mots partagés, construire autour de soi le monde qui répond à nos valeurs.
Et que dans ce monde, celui qui voudrait aller pisser puisse laisser sa bière sans aucune peur.
Il existe à l'échelle planétaire une peur millénaire : que les chefs ne soient pas à la hauteur des espoirs du peuple. Mais l'erreur principale n'est pas du fait de l'incompétence des chefs. L'erreur a été de croire que les chefs étaient des décideurs. De penser cela condamne l'individu à ne pas se considérer comme capable de mener son existence comme il convient et d'avoir besoin dès lors d'un "guide", d'un leader, d'un maître à penser et à agir.
Mais il est impossible de ne pas avoir peur lorsque les pensées et les actes ne sont plus de notre ressort mais de celui d'instances supérieures. La structure pyramidale des sociétés modernes délivre inévitablement d'immenses peurs puisque l'intégrité existentielle de l'individu n'est pas reconnue.
Si je considère que j'ai besoin d'une instance supérieure, c'est que je n'ai pas confiance en moi-même, que je me sous-estime et qu'il m'est nécessaire d'être rassuré et protégé. Mais qu'en sera-t-il si l'instance supérieure n'y parvient pas ? La peur s'amplifiera encore et l'individu cherchera un autre Maître.
Le monde quotidien dans cette inquiétude sourde se trouve empli des peurs de tous, des méfiances et des rancoeurs, des colères et des désirs de révolte. Mais le conditionnement est si profond qu'aucune révolte ne renversera le paradigme. Il s'agira juste de choisir de nouveaux Maîtres. La pyramide ne s'effondre jamais au final.
Je n'ai absolument aucun espoir quant à un changement de paradigme de façon volontaire et réfléchie.
Il faudrait adopter le mode de vie des Indiens Kogis, par exemple. Il n'y a pas de pyramide mais une citadelle et chacun a la responsabilité d'en maintenir la cohésion. Le Clan n'est pas simplement la somme des individus mais une entité à part entière que chaque individu constitue et dans laquelle il prend forme. Ce qui signifie que chaque individu ne pourrait exister sereinement hors du clan mais que le clan n'aurait aucune cohésion si les individus ne s'y sentaient pas sereins.
Nos sociétés modernes ont érigé le pouvoir individuel comme ciment de la pyramide. Mais ce pouvoir individuel est constamment mis en danger par la concurrence des autres, la soif de pouvoir de chacun. Dans ce monde compétitif, dans cette course vers la puissance matérielle, la peur est l'élement que chacun cherchera à amoindrir et si possible à anéantir.
Cette peur qui va conduire chaque individu à des comportements pervers, néfastes, destructeurs.
Dans l'histoire de ce crachat, les deux individus souffrent du même traumatisme éducatif : "L'autre n'est pas moi."
Il n'existe qu'une situation qui puisse faire voler en éclat cet individualisme : la catastrophe, la rupture totale avec le quotidien. Qu'il s'agisse d'un drame familial ou d'un cataclysme naturel.
L'autre devient moi quand je souffre tout autant que lui. On voit cette solidarité humaine s'étendre parfois et envelopper d'amour ceux qui souffrent.
L'amour... Voilà ce qui manque.
Plutôt que d'attendre que la souffrance partagée rapproche les êtres, en espérant d'ailleurs principalement que rien de grave ne viendra briser l'illusoire quiétude, ne devrait-on pas apprendre à chacun cet amour en soi ? Cet enseignement de l'amour de soi et donc de l'autre ne devrait-il pas être l'élement essentiel de toute éducation ?
Si l'amour devenait le tuteur des êtres, un amour universel dans une sérénité totale et immuable, les peurs n'auraient pas lieu d'être et le consommateur de bière n'aurait pas peur d'aller se soulager et le client au comptoir n'aurait aucune idée malveillante envers cette bière puisqu'elle pourrait être la sienne et qu'il aime avant tout participer à la sérénité de tous pour que la sienne soit préservée.
Il ne s'agit pas de se sacrifier béatement à la volonté des autres pour que leur bonheur soit assuré, mais d'instaurer un équilibre respectueux entre l'autre et soi.
Je donne ce que j'attends aussi pour moi. Je donne l'amour dont j'ai besoin, je donne la paix qui me comble, je donne l'attention que j'aime recevoir.
Je donne tout ce que j'ai de plus beau pour que le plus beau des autres vienne à moi.
Le monde idéal serait celui où l'individu qui doit aller vider sa vessie n'a même pas besoin de demander à quelqu'un de surveiller sa bière.
Personne n'aurait jamais l'idée d'y porter préjudice. L'idée même n'existerait pas. Puisque chacun ressentirait en lui une blessure envers lui-même. Puisque l'autre est moi.
Et si je prolonge cette utopie au monde animal, au monde végétal, à la Terre entière, il devient impossible que des souffrances soient commises.
Puisque la vie insérére est identique à sa source.
L'énergie vitale qui anime ce poisson dans les mers australes est la même que celle qui est en moi. L'énergie vitale qui anime la sève des arbres est la même que celle qui anime le sang dans mes veines.
Tout est moi et je suis par conséquent également l'ensemble du vivant.
Nous sommes pourtant profondément désunis parce que profondément identifiés.
Se dire "humain" est déjà une scission, c'est déjà marquer une rupture, une hiérarchie.
Nous devrions nous dire simplement "vivant".
Je suis vivant.
Tout comme les poissons qui meurent dans les filets dérivants, tout comme les agneaux saignés pour quelques côtelettes, tout comme les poussins broyés dans des machines, tout comme les millions de milliards d'êtres vivants sacrifiés pour ces quelques milliards d'humains qui se sont extraits du vivant.
Je rêve d'un monde où les humains n'existeraient plus. Puisqu'ils se nommeraient eux-mêmes les "Vivants".
J'ai entendu tout à l'heure que plusieurs skieurs étaient morts dans une avalanche. Qu'en est-il des milliers d'animaux qui ont été égorgés aujourd'hui ? Eux aussi, ils étaient vivants pourtant.
"On ne peut pas comparer des humains et des lapins, c'est aberrant, ça n'est pas le même drame."
C'est d'avoir fini par le croire qui est un drame.
C'est étrange mais je ne sais plus quelle était la première pensée qui m'est venue en lisant cette histoire de bière mais je sais pas contre que l'arborescence de pensées qui s'est érigée ensuite, je suis incapable d'en retrouver l'ensemble.
L'écrit conduit sur une branche mais combien de branches sont délaissées aussitôt ? Combien de pistes qui resteront inexplorées parce que la pensée doit être contrainte pour s'exprimer ? L'étendue de ce que les gens vont comprendre dépendra donc de ma capacité à exprimer le contenu d'une infime partie de l'arborescence.
Là, pour ce soir, je me comprends. C'est déjà bien...
Génocide des Indiens.
Dans la préface de l’incontournable ouvrage de Dee Brown “Bury my Heart at Wounded Knee” ( Enterre mon coeur à Wounded knee, 1970, réédité en 2000 et 2007) il est fort justement dit ceci: “Si les anglo-américains ont ‘gagné’ l’Ouest du continent, alors pourquoi ne par raconter l’histoire du point de vue de ceux qui l’ont ‘perdu’: les Apaches, les Nez-Percés, les Utes, les Cheyennes, les Sioux, les Arapahos, les Navajos ?… Pour les Indiens du reste, l’Est a toujours été la direction de laquelle le trouble est venu. […] Dee Brown fut capable de montrer comment le gouvernement des Etats-Unis a employé une méthode consistante de mensonge et de tromperie ainsi que de manipulation pour arracher leurs terres ancestrales, nation autochtone après nation autochtone.”
Célébration du plus gros génocide de l’histoire de l’humanité !-L’invasion de Christophe Colomb en Amérique
de Sandra Véringa | 11 octobre 2016

Célébration du plus gros génocide de l’histoire de l’humanité !-L’invasion de Christophe Colomb en Amérique
« Si vous les hommes blancs, n’étiez jamais venu ici, ce pays serait encore tel qu’il était autrefois. Tout y aurait conservé sa pureté originelle. Vous l’avez qualifié de sauvage, mais en réalité il ne l’était pas, il était libre. Les animaux ne sont pas sauvages, ils sont seulement libres. Nous aussi l’étions avant votre arrivée. Vous nous avez traité de sauvages, vous nous avez appellé barbares, non civilisés. Mais nous étions seulement LIBRES !! » Léon Shenandoah, chef indien iroquois
Christophe Colomb n’a pas découvert l’Amérique
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Voilà, tout est dit. Une pure fabulation de la vérité, pourtant, c’est la première chose qu’on nous apprend dans notre plus tendre enfance. Mais cela n’est seulement le début des atrocités secrètes qui ont façonné la société que nous connaissons aujourd’hui.
“Dans un tel monde de conflit, un monde de victimes et de bourreaux, il est du devoir des pensants de ne pas être du côté des bourreaux.”
~ Albert Camus ~
Journée Christophe Colomb mythe et réalité de la célébration morbide de l’holocauste du continent américain
Tous les écoliers d’Amérique du Nord apprennent ce poème qui commence par ces vers devenus forcément célèbres:
“In fourteen hundred ninety-two
Colombus sailed the ocean blue,”
Poème, contine écrit pour immortaliser auprès de la jeunesse la “découverte” du “nouveau monde” par la chrétienté occidentale au XVème siècle.
Colomb, un aventurier italien, mercenaire du roi d’Espagne, de son nom espagnol Cristobal Colón, qui veut dire “le colonisateur porteur de la croix” posa le pied sur les îles des Caraïbes le 12 octobre 1492, où il fit de suite érigé une croix et des gibets, histoire de donner d’entrée, le ton de l’aventure.
Le narratif colonial nous dit qu’il apporta les lumières de la civilisation chrétienne en ces terres paiennes, le poème à sa gloire citant même le “commerce des épices” avec les locaux.
Si bon nombre connaît le narratif officiel, immortalisé par le “Gégé” national dans un film de propagande de commande réalisé par Ridley Scott en 1992, dont le but évident fut de redorer l’image de Colomb ternie par la vérité historique émergeant pas à pas et contrant le narratif propagandiste colonialiste.
Le 12 octobre fut célébré pour la première fois 300 ans après l’arrivée de Colomb, le 12 octobre 1792. Le 12 octobre fut déclaré fête nationale “Colombus Day” en 1912, puis de nouveau par le président FDR en 1934. Ce n’est que plus tard, sous la présidence de Richard Nixon, en 1971, que “Colombus Day” fut établi comme fête nationale ayant lieu tous les seconds lundis du mois d’octobre.
L’arrivée de Colomb en ce jour néfaste de 1492 marqua le début du plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité qui vit la destruction et l’annihilation d’entre 30 et plus de 100 millions d’indigènes, selon les sources, depuis cette époque sur l’ensemble du continent des Amériques. Si les chiffres sont toujours débattus, le massacre généralisé, qui continue de nos jours alors que nous écrivons ces lignes, aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, dans la forêt amazonienne et là où des intérêts liés aux ressources naturelles et leur exploitation par les corporations et gouvernements sont en jeu, lui est totalement avéré par les archives.
Célébrer le jour de Colomb, célébrer le mythe de la civilisation apportée au “nouveau monde”, c’est célébrer le plus grand holocauste qui s’est tenu sur cette planète et pour l’expliquer un peu mieux, laissons la place aux historiens et à la parole historique autochtone.

Ce que nous dit l’histoire hors propagande coloniale
Dans la préface de l’incontournable ouvrage de Dee Brown “Bury my Heart at Wounded Knee” (1970, réédité en 2000 et 2007) il est fort justement dit ceci: “Si les anglo-américains ont ‘gagné’ l’Ouest du continent, alors pourquoi ne par raconter l’histoire du point de vue de ceux qui l’ont ‘perdu’: les Apaches, les Nez-Percés, les Utes, les Cheyennes, les Sioux, les Arapahos, les Navajos ?… Pour les Indiens du reste, l’Est a toujours été la direction de laquelle le trouble est venu. […] Dee Brown fut capable de montrer comment le gouvernement des Etats-Unis a employé une méthode consistante de mensonge et de tromperie ainsi que de manipulation pour arracher leurs terres ancestrales, nation autochtone après nation autochtone.”
C’est aussi ce à quoi se sont attelés depuis lors, des historiens tels queHoward Zinn, David Stannard, Roxanne Dunbar-Ortiz, Charles C. Mann, ainsi que des historiens, juristes et militants autochtones tels Vine Deloria Jr, Taiaiake Alfred, Ward Churchill, Russell Means, Steven Newcomb que nous allons citer pour illustrer ce propos et éclairer l’histoire du côté des soi-disant “vaincus” et ainsi réviser les positions historiques colonialistes et eurocentristes de la doctrine officielle faisant la promotion de fêtes nationales comme le “Colombus Day” et “Thanksgiving” afin de maintenir la bonne conscience coloniale dans les esprits citoyens sous emprise.
Voyons d’abord ce que nous disent les études historiques sur le continent des Amériques avant l’arrivée de Colomb, dans la période dite pré-colombienne. L’histoire coloniale officielle fait toujours état de populations autochtones éparses, peu nombreuses, mal organisées et peu nombreuses, bref, le portrait typique d’un monde obscur et barbare ne demandant qu’à recevoir la civilisation chrétienne. Là encore, l’histoire classique parle toujours des “Européens”, du continent avant l’arrivée des “Européens”, les “Européens” qui découvrirent le “nouveau monde”, de la “civilisation européenne” et tout ce qui est utile pour occulter le fait que dans les écrits de l’époque, il n’était fait nulle mention des “Européens”, mais des Chrétiens. Les documents officiels, décrets pontificaux, chartes royales ne parlent que de “terres païennes”, “d’ennemi du Christ”, de “barbares et d’infidèles” à “réduire en esclavage perpétuel”, à “dominer”, à “subjuguer”, ce qui fut effectivement fait en respectant la lettre des décrets et chartes publiés.
D’autre part, la controverse sur les chiffres de la démographie autochtone dans la période pré-colombienne tend à se dissiper au fur et à mesure de la publication d’éudes de plus en plus approfondies sur la question. L’histoire officielle veut nous faire croire depuis des décennies que la population amérindienne pré-colombienne était de quelques centaines de milliers d’individus vivant disséminés sur le continent de manière nomade et arriérée. Cette vision d’un monde obscur et de survie extrême, servant la doxa coloniale, est balayée par les nouvelles études universitaires.
Ainsi nous apprenons ceci dans l’ouvrage récent de l’historienne Roxanne Dunbar-Ortiz “An Indigenous History of the United States”, 2014, p.17 que: “La population totale du continent était d’environ 100 millions à la fin du XVème siècle, les 2/5 de la population se situant en Amérique du Nord, incluant ce qui est aujourd’hui le Mexique. Le région centrale du Mexique à elle seule comportait quelques 30 millions de personnes. A la même époque, la population de l’Europe de l’Atlantique à l’Oural était de 50 millions…”
L’Amérique pré-colombienne:
Charles C. Mann, journaliste au magazine “Science”, auteur de 4 ouvrages dont “1491, nouvelles révélations sur les Amériques avant Colomb”, Vintage Book, 2005 ~ Extraits traduits par Résistance 71~
“Lorsque Cortez arriva, d’après les chercheurs de l’université de Berkeley, Californie, Cook et Borah, 25.2 millions de personnes vivaient dans la région centrale du Mexique seule, une zone de 125 000 km2. Après son arrivée, la démographie de toute la région s’effondra. Dans les années 1620-25, il ne restait plus que 730 000 Indiens, approximativement 3% de la population originale avant la première apparition des colons. Cook et Borah ont calculé que cette zone précise n’a pas retrouvé sa population du XVème siècle avant la fin des années 1960.
Dès l’époque de Bartolomé de Las Casas, les Européens (chrétiens) ont su que leur arrivée avait amené une catastrophe pour les populations des Américains natifs. “Nous les chrétiens, avons détruit bien des royaumes ; où l’Espagnol passa, conquît et découvrit, ce fut comme si un feu avait traversé l’endroit, détruisant tout sur son passage.” écrivit Pedro Cieza de León, le grand voyageur de l’après conquête du Pérou.”
“Il est vrai que les conquistadores ne voulaient pas la mort en masse des Indiens ; mais ce désir n’était en rien motivé par un élan humanitaire. Les Espagnols voulaient en effet que les indigènes soient utilisés comme source de travail forcé (esclavage). De fait, les morts en masse des Indiens fut un tel coup dur financier aux colonies, qu’elles menèrent, d’après Borah à une ‘dépression économique’, qui dura plus d’un siècle. Pour se repourvoir en main d’œuvre, les Espagnols commencèrent à importer des esclaves d’Afrique.”
N’oublions pas non plus que lorsque les chrétiens arrivèrent sur ce continent, y vivaient déjà les grandes civilisations centralisées Inca et Maya, et plus au nord les confédérations des grandes nations des plaines centrales (Cheyennes, Sioux, Arapahos, Commanches, Apaches), au nord-est la confédération iroquoise, les nations algonquines, toutes avec un mode de gouvernance gérant, de manière centralisée (Inca, Aztèque) ou non, des millions de personnes.
La culture nord-américaine a gravé dans sa littérature l’épopée romancée des premiers explorateurs à atteindre la côte Pacifique: Meriwether Lewis et William Clark plus connus sous le vocable de Lewis & Clark, décrivant les étendues vierges et sauvages du sous-continent. Voici ce qu’en dit Charles Mann:
“Incroyable d’imaginer aujourd’hui des bisons vivant de New York à l’état de Georgie. Une créature des grandes plaines, le Bison bison fut importé à l’Est par les Indiens suivant une route de feu de prairie géré et contrôlé par les indigènes, alors que cela changeait des forêts en pâturages pour que le bison puisse survivre si loin des ses terres originelles. Le feu des Indiens a eu un gros impact sur le milieu du continent que les Amérindiens transformèrent en une prodigieuse grande ferme d’élevage. Les Amérindiens ont brûlé tant de fois les prairies centrales et du Midwest, que cela a étendu leur superficie, en toute probabilité, les grands pâturages célébrés aujourd’hui par les cow-boys furent établis et entretenus par les peuples vivant là les premiers. ‘Lorsque Lewis & Clark se dirigèrent vers l’Ouest depuis St Louis, ils n’explorèrent pas une étendue sauvage mais une très vaste pâture gérée par et pour les Indiens”, écrivit l’éthnologue Dale Lott.”
Roxanne Dunbar-Ortiz: Docteur ès Histoire de l’université d’UCLA, chaire d’études des nations amérindiennes de l’université d’état à Hayward, Californie, auteure de plusieurs ouvrage dont “Une histoire indigènes des Etats-Unis”, 2014
Extraits traduit par Résistance 71
Quand on lit ce qui suit, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec la société celtique qui mena l’Europe de l’Irlande au Danube pendant plus de 800 ans…
“Au moment des invasions européennes chrétiennes, les peuples indigènes avaient occupé et façonné chaque parcelle des Amériques, établi des réseaux extensifs d’échange et des routes de communication et ils subvenaient à leur population en s’adaptant à des environnements naturels spécifiques, mais ils adaptaient aussi la nature à leurs besoins. […]
L’universitaire David Wade Chambers écrit: “… Les Amériques pré-colombiennes étaient sillonnées et reliées par un réseau complexe de routes et de chemins qui devinrent les premiers chemins empruntés par les occupants et furent ensuite transformés en autoroutes.’ […] L’Amérique du nord en 1492 n’etait pas une étendue sauvage vierge de toute civilisation mais un réseau complexe de nations indigènes, les peuples du maïs. Le lien entre les peuples du nord et du sud du continent peut être observé par la distribution du maïs depuis la Mésoamérique… Cette brève revue d’une Amérique du Nord précoloniale suggère la magnitude de ce qui fut perdu par l’humanité et contredit tout à fait le mythe entretenu par les occupants colons des chasseurs-cueilleurs néolithiques vadrouillant sur la terre pour juste survivre. Celles-ci étaient des civilisations fondées sur une agriculture avancée et caractérisées par un système politique de gouvernance.

L’holocauste
David Stannard:
Historien, professeur d’études américaines à l’université d’Hawaii, auteur de six ouvrages et de nombreux articles universitaires. Son livre phare est “American Holocaust: The Conquest of the New World”, publié aux éditions Oxford Press, 1992, dont nous avons traduit l’extrait ci-dessous.
“Pour remettre ceci dans une perspective contemporaine, le ratio de survivants natifs sur le continent des Amériques après le premier contact avec les Européens, fut moins de la moitié de ce que serait le ratio de survie aujourd’hui aux Etats-Unis si chaque blanc ou noir mourait. La destruction des Indiens sur le continent fut et de très loin, le plus important génocide de l’histoire de l’humanité. C’est pourquoi, comme un historien l’a dit abruptement, loin du romantisme et de la chevalerie habituellement employés pour symboliser l’établissement des chrétiens d’Europe aux Amériques, le symbole le plus approprié à la réalité serait en fait une pyramide de crânes. […]
De plus, la question importante pour le futur dans ce cas n’est pas “cela peut-il encore se produire?” mais plutôt si “cela peut-il être arrêté ?” Car le génocide des Amériques et dans d’autres endroits du monde où des peuples indigènes survivent, n’a jamais vraiment cessé. Aussi récemment qu’en 1986, la Commission des Droits de l’Homme pour l’Organisation des Etats-Unis a observé que 40 000 personnes simplement “disparurent” au Guatémala durant les quinze années précédentes. 100 000 autres ont été ouvertement assassinées. Ceci représente l’équivalent aux Etats-Unis de plus de 4 000 000 de personnes qui seraient massacrées ou retirées sous décret officiel du gouvernement, un chiffre qui est presque six fois le chiffre de toutes les morts américaines durant la guerre de sécession, 1ère guerre mondiale, seconde guerre mondiale, guerres de Corée et du Vietnam, le tout combiné.“
Dunbar-Ortiz cite dans son livre sus-mentionné, l’auteur de la fameuse histoire “Le merveilleux magicien d’Oz” L. Frank Baum, qui écrivit en 1890 5 jours après le massacre de Wounded Knee, le 3 janvier 1891: “Les pionniers (sic) avaient déclaré auparavant que notre seule sécurité dépend de l’extermination totale des Indiens. Les ayant trompé pendant des siècles nous ferions mieux, afin de protéger notre civilisation, de faire suivre cela par un autre méfait et de faire disparaître de la face du monde ces créatures sauvages et indomptables.”
[…]
Cette copie du 18ème siècle de la carte de l’amiral chinois Zheng He de 1417 prouve le Nouveau Monde n’a pas été «découvert» par Christophe Colomb. La carte a été authentifié par les experts de ventes aux enchères de Christie.
“En 1913, la cour suprême des Etats-Unis déclara dans sa décision de maintenir le peuple Pueblos comme pupille du gouvernement fédéral: ‘Ils sont essentiellement un peuple simple, non informé et inférieur’.”
Le mensonge du narratif historique va jusque dans les caractères mêmes des soi-disants héros de la longue guerre des Etats-Unis contre les Indiens. C’est ainsi que le narratif s’est enrichi des images hollywoodiennes de la cavalerie pimpante coloniale chargeant les méchants Indiens tuant les pauvres fermiers blancs qui ne leur avaient rien fait, tout comme dans les films de John Ford, qui participèrent grandement à la propagande du statu quo colonial. A ce sujet voici ce que nous dit Dunbar-Ortiz dans son livre p.148:
“Comme l’a écrit l’historien amérindien Jace Weaver: “Les guerres indiennes des Etats-Unis ne furent pas combattues par la cavalerie blanche américaine comme montré dans les films de John Ford, mais par des Africains-Américains, et des immigrants irlandais et allemands enrôlés.” La chanson célèbre et envoûtante de Bob Marley “Buffalo Soldier” capture parfaitement l’expérience coloniale des Etats-Unis: “Said he was a buffalo soldier / Win the war for America.”
De tous les historiens américains, Howard Zinn de l‘université de Boston, fut celui qui en 1980, jeta l’énorme pavé dans la mare coloniale lorsqu’il publia son livre choc devenu culte aujours’hui (plus de 2 millions de copies vendus pour un livre d’histoire, pas mal du tout !…) “Une histoire populaire des Etats-Unis” qui s’ouvre sur le chapitre qui frogorifia l’Amérique “Christophe Colomb, les Indiens et le progrès humain” . Il récidiva dans le chapitre 5 de son livre entretien avec Donaldo Macedo en 2005:“Christophe Colomb et la civilisation occidentale”, qui reprend tous les thèmes de son premier chapitre de 1980.
En voici quelques extraits, nous avons par ailleurs traduit et publié ce chapitre sur Résistance 71 en septembre 2012.
“Laissez-moi ici vous faire une confession: Je ne savais pas grand chose de Colomb jusqu’à il y a environ une douzaine d’années, quand j’ai commencé à écrire mon livre “Une histoire populaire des Etats-Unis”. Je possédais un doctorat en Histoire (Ph.D) de l’université de Colombia, ce qui veut dire que j’avais reçu l’entrainement adéquat d’un historien, mais ce que je savais en fait de Christophe Colomb n’était que ce que j’avais appris à l’école primaire. […]
Ainsi, comment devais-je donc raconter l’histoire de Christophe Colomb ? J’en vins à la conclusion que je devais la voir au travers des yeux des gens qui étaient là lorsqu’il arriva, les gens qu’il appelait les “indiens”, parce qu’il croyait être arrivé en Asie. Et bien, ils n’ont laissé aucun mémoire, aucune histoire. De plus, ils avaient été exterminés en quelques décennies après l’arrivée de Colomb.
[…] Oui il était concerné par Dieu, mais il l’était plus encore par l’or. Partout sur l’île d’Hispagnola (aujourd’hui Haïti) où lui, ses frères et ses hommes passèrent le plus clair de leur temps, il fit ériger des crucifix partout. Mais ils construisirent également des échafauds partout sur l’ïle, on en comptait 340 en 1500. Des crucifix et des échafauds, cette terrible juxtaposition historique.
[…] Les atrocités se multiplièrent. Las Casas témoigna d’Espagnols embrochant des indiens au fil de leurs épées pour le plaisir, fracassant la tête de nouveaux-nés sur les rochers; lorsque les indiens résistaient, les Espagnols les traquaient, équippés pour les tuer de chevaux, d’armures, de lances, d’épieux, d’arquebuses, d’arbalètes et de chiens dressés particulièrement féroces. Des indiens prirent parfois ce qui appartenait aux Espagnols, pour ce que les indiens n’avaient pas de concept de ce qu’était la possession privée et donnait eux-mêmes tout à fait librement ce qui leur appartenait, ils furent décapités ou brûlés vifs au bûcher.”
Nous vous engageons à lire notre traduction complète du chapitre.
Dans le premier chapitre sur Colomb de son livre “Une histoire populaire des Etats-Unis”, Zinn dit ceci:
“En deux ans [après l’arrivée de Colomb], par le meurtre, les mutilations ou le suicide, plus de la moitié des 250 000 Indiens vivant sur Ispañola (aujourd’hui Haïti) étaient morts. […] En 1550 ils n’étaient plus que 500. Un rapport datant de l’année 1650 indique qu’aucun des Indiens originels Arawaks/Tainos ou leurs descendants n’existait sur l’île.”
Puis plus loin: “lorsqu’il arriva sur Ispaõla en 1508, Bartolomé de Las Casas dit “Il y avait 60 000 personnes vivant sur l’île incluant les Indiens, ainsi entre 1494 et 1508, plus de trois millions de personnes périrent de la guerre, de l’esclavage et du travail dans les mines. Qui des générations futures croira cela ? Moi-même écrivant ceci en tant que témoin occulaire ayant connaissance de ceci, ai-je du mal à le croire…”
“Ce que Colomb fit aux Indiens Arawaks aux Bahamas et à Haïti, Cortez le fit aux Aztecs du Mexique, Pizzaro aux Incas du Pérou et les occupants colons anglais en Virginie et dans la Massachussetts le firent aux Indiens Powhatans et aux Péquots.
Que nous disent les natifs sur le sujet ?
Vine Deloria Jr: Historien, théologien et ancien directeur du Congrès National Indigène, auteur de nombreux ouvrages dont le fameux “Custer est mort pour vos pêchés”, 1978.
“l’acquisition de terres et le travail des missionnaires fonctionnent toujours ensemble dans l’histoire américaine.
[…] Les premiers colons ne fuirent pas les persécutaions religieuses autant qu’ils voulaient les perpétuer dans des circonstances qui leur étaient favorables.”
Taiaiake Alfred: Professeur de Science Politique, responsable de la chaire de gouvernance indienne à l’université de Victoria, Colombie Britannique, Canada. Auteur de plusieurs ouvrages de référence comme “Wasase” et “Peace, Power and Rightousness”, dont nous avons traduit de larges extraits.
“La plupart des non-indigènes ont toujours vu les peuples indigènes en termes problématiques: comme obstacles au progrès de la civilisation, comme pupilles de la couronne, des reliques des temps sauvages, la lie de la société moderne, des criminels, des terroristes… C’est toujours l’objectif des gouvernements canadien et américain de faire disparaître les Indiens ou, si cela échouait, de les empêcher de bénéficier de leurs territoires ancestraux.”
Steven Newcomb: Juriste, co-fondateur de l’Indigenous Law Institute, auteur de “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, Fulcrum, 2008, dont nous avons aussi traduit et publié de larges extraits.
Newcomb a intensivement recherché et publié sur la motivation fondamentale qui envoya Colomb sur le continent du nouveau monde et tous ceux après lui: l’hégémonie coloniale, la conquête et l’extension de l’empire chrétien, de la chrétienté. Ceci a commencé à la fin du XIème siècle avec la première croisade et a atteint son point culminant avec les bulles pontificales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493) qui envoyèrent, justifièrent la conquête du monde “païen” par la “grâce” d’un dieu vengeur et mystificateur et pour le bénéfice de ses représentants de “droit divin” sur terre, le pape et les rois et reines, c’est à dire la chrétienté: l’empire chrétien ou “imperii christianorum”…
“Quand, de la perspective aborigène, nous rejetons la fausse affirmation des chrétiens européens que “dieu” les a envoyé pour prendre possession et coloniser les terres indigènes des “Amériques”, il est évident que les chrétiens européens n’avaient aucune autorité légitime sur les nations indigènes et leurs territoires ancestraux. Ce que les chrétiens européens clâmèrent au nom de la loi, sur la base inconsciente du modèle cognitif du conquérant n’était rien d’autre que le droit d’empire et de domination, qui était intégral à la mentaité de domination de la chrétienté.”
“Durant le XVème et le XVIème siècles et plus tard, les monarchies et nations de la chrétienté levèrent le vieux narratif de l’ancien testament et le thème du peuple élu et de la terre promise du contexte géographique général du Moyen-Orient et commencèrent à le transférer au reste du monde. […] Ainsi, ils ont conçu que pour eux-mêmes, ils avaient reçu l’ordre de dieu de prendre possession des parties les plus importantes de la terre’. […] Les monarques et les conquistadores de la chrétienté transformèrent le ‘commandement ‘ de Yaveh aux Hébreus de prendre la terre de Canaan en une version globalisée chrétienne de la même doctrine.”
Christophe Colomb fonctionna sur ce système. De fait, il était mandaté par ce système incarné par le roi d’Espagne et protégé par les bulles Dum Versitas (1452), Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493). Le colonialisme occidental est avant tout un colonialisme religieux utilisant le bras séculier des états monarchiques de “droit divin” ne rendant compte qu’au “vicaire de dieu” sur terre: le pape.
Russel Means: Activiste Lakota de renom, membre fondateur de l’American Indian Movement (AIM), figure du siège de Wounded Knee en 1973, acteur, philosophe et sociologue, que nous avons traduit et publié également. Il la publié deux ouvrages remarquables, le premier son autobiographie “Where White Men Fear to Tread” en 1995 et le second juste avant sa mort en 2012 “Si vous avez oublié le nom des nuages vous avez perdu votre chemin”, qui est une superbe introduction à la pensée et à la philosophie amérindienne. Ce petit livre de juste 100 pages dont chaque mot est pesé, fut le testament spirituel de ce grand activiste. Nous avons traduit et publié de larges extraits de l’ouvrage sur Résistance 71.
En classe
Le texte du jour en classe :
"Si un joyau tombait dans une fontaine, la plupart des gens se jetteraient à I'eau et la tourmenteraient jusqu'à ce qu'elle devienne trop trouble pour y trouver autre chose que des cailloux.
Mais le sage, lui, attendrait que l'eau se calme pour permettre au joyau de briller par lui-même."
Roshi Yamada.
Je l'ai écrit au tableau. Les enfants le lisent silencieusement puis je le lis à voix haute.
"Ce texte parle en fait de votre esprit.
Silence...
Remplacez la fontaine par votre esprit.
Silence...
Et imaginez que votre esprit soit troublé.
Je les laisse visualiser la scène.
Silence...
Si votre esprit est comme cette fontaine, qu'est-ce qui peut venir troubler le calme intérieur ?
Quelques mains se lèvent.
-C'est quand on n'est pas concentré.
-Oui, c'est ça mais qu'est-ce qui empêche cette concentration, qu'est-ce qui vient agiter l'eau ?
-Les pensées ou quand on bouge sur notre chaise, quand on regarde ce qui se passe autour de nous, quand on bavarde.
-Oui et dans le cas de ce texte, l'auteur voulait principalement parler des pensées. Quand vous vous agitez, il y a eu une pensée qui vous a invités à bouger pour une raison quelconque. Et quand vous bavardez, il y a eu une pensée qui vous a invités à dire quelque chose. C'est toujours une pensée au départ et parfois on ne s'aperçoit même pas de son passage.
Silence...
Qu'est-ce que l'auteur propose de faire pour retrouver le joyau ?
-D'attendre que l'eau se calme.
-Mais pour que l'eau se calme, qu'est-ce qu'il faut faire ?
-Arrêtez de s'agiter.
-Arrêtez de penser dans tous les sens.
-Arrêtez de bavarder.
-Oui, très bien mais alors quel est ce joyau que le calme va permettre de retrouver ? Qu'est-ce que ce joyau représente ?
Silence...
Qu'est-ce que vous allez découvrir en vous lorsque vous serez dans le calme ?
Silence...
-La concentration.
-Oui mais qui est le créateur de cette concentration ?
-C'est moi.
-Ou toi, ou toi, ou toi... Vous tous, mais ce qui est merveilleux, c'est que vous seul pouvez y parvenir. Personne ne peut vous mener à votre joyau. Vous seul le pouvez. Vous, séparément, en suivant votre propre chemin, votre propre voie, celle qui se dessine en vous lorsque vous êtes calme et que votre force intérieure rayonne. Vous êtes chacun un diamant. Mais il n'y a que vous, seul, qui pouvez le découvrir. Les sages qui écrivent sur le diamant qui est en chacun le savent. Ils ne cherchent pas eux-mêmes à rayonner à travers la gloire et la célébrité. Ils souhaitent juste que chacun d'entre vous cherchent le trésor qu'il porte en lui."
Sri Aurobindo
Suite au message ci-dessous concernant Sri Aurobindo, je poste cette vidéo qui présente l'homme et sa philosophie.
D'un très grand intérêt.
Nom : Gaia Ambrosini
E-mail : info@arianuova.org
Message : Chers amis, comme vous le savez déjà, nous venons de lancer un crowdfunding pour le théâtre de Sri Aurobindo. S’il vous plaît, pouvez-vous publier sur votre Blog la vidéo de présentation? — il se trouve ici: https://www.youtube.com/watch?
Addiction aux écrans
Il faut aussi s'interroger en amont sur l'augmentation de ces addictions étant donné que toute addiction a pour objectif, inconscient ou pas, de combler un manque, d'apaiser une "souffrance"... Pour quelles raisons, certains jeunes se portent vers les technologies de ce type ? Voilà ce qu'il faut expliquer. Sur un plan existentiel.
ADDICTION AUX ÉCRANS CHEZ LES ENFANTS : UNE EXPÉRIENCE ÉDIFIANTE
Quand un enfant est sur un écran, il donne l'impression que rien n'existe plus autour de lui. Mais, en fait, ce n'est pas du tout une impression. La preuve.
Par
Axel Leclercq-
Publié le 5 mars 2018 à 15:12 - Mis à jour le 7 mars 2018 à 14:27Le jour où les effets des écrans seront assimilés à ceux de la drogue, alors, soyons-en sûrs, les parents ne laisseront plus leurs enfants passer autant de temps sur leurs smartphones, tablettes et autres ordinateurs. D’où l’extrême importance de cette expérience à peine croyable.
Pour promouvoir les repas en famille, une marque alimentaire a imaginé un test aux résultats hallucinants. Dans quatre familles différentes, tandis que les enfants étaient absorbés par leur écran, tout leur environnement a été modifié (même leurs parents) sans qu’ils ne s’en aperçoivent une seule seconde !
À l’occasion d’une enquête sur les dangers des écrans pour les enfants, France 2 est revenue sur cette caméra cachée édifiante. Regardez :
En moyenne, un enfant garderait les yeux fixés sur un écran pendant quatre heures et onze minutes. C’est gigantesque et cela cause de graves soucis, notamment en matière de développement. Le problème, c’est que les parents sont bien mal placés pour leur faire la leçon : en moyenne, un adulte passerait cinq heures et sept minutes sur un écran !
Il est temps d’enrayer cette dangereuse spirale dont personne ne sait où elle nous mène vraiment. On a donc grand besoin de ce type de reportages et d’expériences. Ils nous ouvrent les yeux et, en cela, sont bienvenus et précieux…
Agriculture et initiative populaire.
Initiative populaire contre l’agriculture intensive en Suisse
Par : Marine Jobert | Journal de l'environnement
25 janv. 2018

En finir avec les pesticides et les antibiotiques à outrance. [Nataliafrei/Shutterstock]
La Suisse sera-t-elle la première nation européenne à sortir de l’agriculture intensive? C’est le sens d’une initiative populaire déposée auprès de la Chancellerie fédérale, afin de modifier la Constitution suisse. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.
La sortie des pesticides de synthèse. L’arrêt des antibiotiques à titre prophylactique. La fin du fourrage exporté. C’est le programme de l’initiative populaire fédérale «Pour une eau potable propre et une alimentation saine» qui, après avoir recueilli 114 420 signatures en dix mois, vient d’être déposée à la Chancellerie. Objectif: modifier la Constitution pour que soient subventionnées seulement les pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et ne polluant pas l’eau potable. Chaque année, la Confédération consacre quelque 3 milliards de francs suisses à son agriculture, essentiellement tournée vers l’élevage (lait, viande).
Après avoir été signée par plus de 100 000 citoyens, l’initiative populaire est examinée par le Parlement, puis soumise au vote populaire. Le Conseil fédéral et le Parlement peuvent toutefois choisir de lui opposer un contre-projet direct ou indirect.
Pesticides et antibiotiques à gogo
Les dégâts environnementaux causés par l’agriculture intensive sont les mêmes de part et d’autre des Alpes. Cours d’eau et nappes phréatiques contaminés par les pesticides. Sols maltraités par des pratiques agricoles non soutenables. Surproduction de lisier. Surconsommation de phosphate et autres engrais qui finissent dans l’eau potable. Émissions inquiétantes d’ammoniac. Antibiorésistance avérée pour cause de consommation excessive d’antibiotiques dans les élevages. Importation massive de fourrage, puisque la Suisse exploite à l’étranger autant de terres arables que ce dont elle dispose à l’intérieur du pays. Effondrement de la biodiversité végétale et animale dans les prairies.
Fin des subventions dans huit ans
Ce système agricole intensif coûte fort cher, puisque le montant des subventions à l’hectare est dix fois supérieur à celui pratiqué en moyenne en France. L’initiative prévoit qu’après une période transitoire de huit ans, seules les exploitations agricoles n’utilisant aucun pesticide ni antibiotique à titre prophylactique, et élevant un bétail nourri exclusivement avec du fourrage produit sur l’exploitation, recevront des aides financières fédérales. De quoi venir en aide aux agriculteurs eux-mêmes, étranglés par les importations de fourrage et l’effondrement du prix du lait.
«Au lieu de remettre en question cette méthode d’agriculture, on en appelle à l’État pour obtenir à nouveau de l’aide. La politique agricole ne peut pas continuer à promouvoir ce cercle vicieux»,dénoncent les initiateurs de l’initiative, soutenus par Greenpeace Suisse, BirdLife Suisse ou la Fédération suisse de pêche. Aucune date pour la votation n’a encore été annoncée.

Les agriculteurs bio plaident pour une PAC plus durable
La fédération européenne des mouvements d’agriculture biologique a demandé à Bruxelles de mettre l’accent sur la qualité de la production agricole et non pas sur sa compétitivité, lors de la prochaine PAC.

David et Goliath
Paul François, l'agriculteur qui a fait condamner Monsanto : "Je comprends la peur des agriculteurs, mais il faut sortir de la chimie"
Par franceinfo – Radio France
Mis à jour le – publié le
Paul François est un agriculteur charentais qui a réussi à faire condamner Monsanto, l'entreprise américaine, pour intoxication, après dix ans de procédure. Invité de franceinfo, mercredi 25 octobre, il a réagi à la décision de la Commission européenne de reporter son vote sur le renouvellement pour dix ans de l'utilisation du glyphosate, qui entre dans la composition d'un herbicide notament produit par Monsanto.
Paul François a été intoxiqué en 2004 par un autre des produits de Monsanto, le Lasso, un herbicide à base d'alachlore, qui n'est plus commercialisé. Il a raconté son combat dans un livre, Un paysan contre Monsanto (Fayard, octobre 2017). La firme a été jugée responsable en appel de l'intoxication en septembre 2015.
franceinfo : Que dites-vous aux agriculteurs qui, aujourd'hui, ne peuvent plus se passer du glyphosate ?
Paul François : Je comprends leur peur mais je leur dis que de toute façon, il faut se sortir de la chimie de façon globale et le glyphosate en fait partie. Certes, ce sera compliqué, mais ceux qui sont en bio s'en passent, et il y a des agriculteurs qui ne sont pas en bio qui se passent du glyphosate depuis des années. J'en fais partie.
En 2004, vous êtes tombé malade après avoir inhalé un herbicide de Monsanto, le Lasso. Comment s'est déroulée la reconnaissance de votre maladie, après votre intoxication ?
Les médecins refusaient de faire le lien parce que les toxicologues expliquaient qu'une intoxication telle que celle-ci ne pouvait pas provoquer ces symptômes aussi longtemps après. Il a fallu que des chercheurs, contactés par mon entourage, disent que pour eux cette intoxication pouvait provoquer ces symptômes. À partir de là, ils se sont battus, il a fallu qu'ils soient très tenaces auprès des médecins pour qu'il y ait des analyses et des recherches de faites, pour retrouver le métabolisme ou non de cette intoxication.
Pourquoi certains toxicologues ont eu du mal à vous soutenir ?
On a vu dans un premier temps que certains toxicologues avaient des liens plus ou moins proches avec la firme [Monsanto]. Ça, on l'a rencontré parce que j'étais coriace. Une fois que j'ai été sorti d'affaire, nous avons voulu demander une reconnaissance en maladie professionnelle à la Mutualité sociale et agricole, qui m'a été refusée. Cinq ans de procédure avant d'être reconnu. Pendant cette procédure, je me suis aperçu que ce produit avait été interdit depuis très longtemps dans d'autres pays. Là, j'ai commencé à avoir une suspicion sur Monsanto.
Que vous a répondu Monsanto quand vous les avez contactés ?
Ils ont dit à ma femme qu'ils seraient là pour nous soutenir s'il m'arrivait quoi que ce soit. Ma femme leur a répondu qu'elle leur demandait simplement un antidote. On n'était pas dans l'idée de porter plainte, un jour, contre cette société. Je me suis frotté aux experts du ministère de la Santé belge qui sont en fait des consultants de Monsanto, et la technique est là même que ce qu'on voit en ce moment : c'est de dénigrer toute personne qui oserait faire une enquête ou une étude.
J'ai osé porter plainte contre Monsanto, et en permanence ils m'ont dénigré.
Paul François, agriculteur, auteur d'"Un paysan contre Monsanto"à franceinfo
Que s'est-il passé après la condamnation de Monsanto ?
Pendant que j'étais à l'hôpital, mon avocat m'a dit que nous devions retourner devant la Cour d'appel parce que la Cour de cassation a estimé que ce n'était pas un défaut d'information, mais plutôt un produit défectueux. On est reparti pour deux, trois ou quatre ans de procédure. Monsanto refuse de me verser les indemnités alors qu'il y avait injonction dès la première condamnation. On me dit que c'est choquant de parler d'argent, mais ces gens-là n'ont pas de scrupules à engranger beaucoup de bénéfices. Mon avocat ne m'a pour l'instant pas demandé de régler ses honoraires, mais rien que les frais annexes me coûtent 50 000 euros. Heureusement des personnes m'ont aidé, mais je ne vais pas me mettre en faillite. C'est pour ça que j'ai fait un appel aux dons.
Le Bien et le Mal (4)

"C'est quoi le mal?
-Tout ce qui va à l'encontre de mes valeurs dès lors que mes valeurs ne font pas de mal.
- Le mal est donc assujetti a tes propres valeurs si j'ai bien compris. Comment sais-tu que tes propres valeurs ne font pas de mal?-
-Je cherche constamment à le savoir. Et si cela cause du mal pour quelqu'un ou quelque chose, j'essaie de savoir si cela est de mon fait ou de sa responsabilité. Mais de penser que tout bien de l'un peut être le mal d'un autre ou vice versa, je n'y crois pas et je le récuse parce que c'est la porte ouverte à tout et son contraire. Oui, je pense que je suis capable d'identifier le bien du mal, non pas un bien personnel mais universel et de la même façon, je pense que je suis capable d'identifier le mal qui me concerne et le mal universel.
Lorsque j'ai décidé de quitter ma classe, c'était pour combattre un plan ministériel qui ne respectait absolument plus mes valeurs mais en voulant perpétuer ce que je jugeais comme étant le bien pour mes élèves, je leur ai aussi fait du mal en les laissant. Et j'ai passé des mois à démêler l'écheveau de cette prise de responsabilité. Bien ou mal ? .....
Il s'agissait d'un mal pour mes élèves que j'abandonnais en cours d'année mais ce mal pour eux avait pour objectif la cause de tous les autres, c'est à dire de l'enseignement lui-même, l'enseignement tel que je le conçois. Est-ce qu'il était juste, bon et utile que je cesse mes fonctions pour ne pas valider par mes actes un projet que je rejetais ou aurais-je dû m'en tenir à ma responsabilité présente d'enseignant ?
J'ai mis longtemps à répondre et c'est en moi que j'ai trouvé la réponse, c'est à dire dans mon corps. Tout ce qui est parti en vrille sous le poids de la colère, toutes les somatisations qui se sont peu à peu amplifiées, elles auraient été bien plus lourdes encore si j'avais obéi à l'Etat.
Je sais ce que représente le dilemme du bien et du mal et je m'attelle consciencieusement à le résoudre lucidement. A ma façon, à ma raison.
Quant aux préceptes spirituels qui voudraient que le bien et le mal ne soient que des exhalaisons d'ego formatés, oui, c'est une évidence. Tout n'est qu'interprétation morale, éducative, sociétale, tout est embué par les haleines, parfois fétides, des anciennes pensées, de tout ce qui a été inséré dans le cerveau malléable de l'enfant, puis de l'adolescent, puis de l'adulte.
Mais lorsque, enfin, tu en prends conscience, le filtre des pensées raisonnées s'élargit, le courant lucide emporte les sédiments, le flot s'éclaircit...
La conscience ouvre les murs et là, on voit apparaître des lois incontournables, des règles immuables, même quand elles sont considérablement bafouées.
Il convient par conséquent d'analyser chaque situation au regard de l'idée qu'on se fait du bien, un bien universel et non individuel.
Si je prends l'exemple du régime carné, il se pose deux questions :
*Est-ce qu'il est bien ou juste que je m'offre le plaisir de la viande dans mon assiette ?
Si je réponds au regard de mon désir, la réponse est positive.
Si je réponds au regard de la mort de l'animal sacrifié pour cette assiette, la réponse est négative.
Le "oui" est une réponse individuelle.
Le "non" est une réponse universelle.
Cette réponse est universelle dans le sens où elle concerne des millions d'être vivants. Et les animaux sont fondamentalement des êtres vivants et non essentiellement de la viande dans une assiette.
Le bien ne peut qu'être universel.
Les industriels de l'agro-alimentaire qui s'enrichissent en détruisant la forêt amazonienne pour y mettre des ruminants et les céréales pour les nourrir agissent pour leur bien. Leur bien en tant qu'individu pour répondre aux désirs des consommateurs qui veulent se faire du bien...
Et ils n'ont tous aucune idée du bien universel.
Est-ce que l'exploitation des ouvriers dans ces régions est un bien réel ? Eux ne se posent pas la question : ils veulent juste avoir de quoi vivre et moi, je parle d'eux, confortablement assis chez moi, au chaud et bien nourri. Oui, je sais, c'est indécent. Je ne peux donc m'occuper réellement que de ce qui me concerne, ce sur quoi je peux intervenir. C'est là que doit s'étendre mon analyse du bien et du mal.
Le désir assouvi qui fait du bien à l'individu seul pour lui-même est une conséquence d'un système:
1) Celle d'une éducation formatée qui doit faire croire qu'elle s'attache à la "liberté" pour chacun d'explorer ses désirs.
2) Ces mêmes désirs étant par la même le moteur de la croissance des Etats.
3) Ces mêmes Etats se portant garants et responsables de l'éducation des enfants...
Voilà pourquoi il arrive un moment où on ne peut plus obéir.
Quant à ceux et celles qui pensent vraiment que l'éducation est du ressort des parents, qu'ils se demandent si les valeurs et les idées qu'ils cherchent à inculquer leur appartiennent vraiment, ont toutes été passées au tamis de la conscience, que rien qui ne sera transmis n'entre dans la dimension du conditionnement, de l'habitude, du rejet ou de la tradition...
Non pas que tout soit forcément néfaste mais tout n'est pas conscient. Et c'est là que le mal prend sa source : dans tout ce qui n'est pas conscient.
Personnellement, je suis loin d'en avoir fait le tour.
Le désir des individus entretient donc la croissance, soi-disant, pour le bien de tous.
Alors, qu'au final, ce désir de chacun entrave le bien de l'ensemble.
Les Kogis le savent et chaque individu oeuvre au bien de tous et trouve son accomplissement dans cette mission.
J'en reviens toujours aux Kogis. Tout me ramène vers eux.
Et combien les connaissent ?
Sur le bien et le mal, Ils pourraient nous en apprendre beaucoup.
"Tout ce qui fait du mal à la Terre ne peut pas faire de bien à la vie ni donc aux humains."
Le bien en devient dès lors limité dans son extension individuelle par les atteintes universelles.
Et nous, occidentaux voyons dans cette entrave, une atteinte à notre liberté d'individus. Tout le problème est là. A vouloir être libres d'assouvir nos désirs, nous condamnons l'ensemble à dépérir.
Le temps viendra où le bien universel devra être rétabli. Il reste à savoir si cela se fera volontairement ou pas.
Un cri d'alarme
Le cri d'alarme d'Hubert Reeves: "Nous sommes en train de vivre un anéantissement biologique"
C'est un sage qui jusque là avait plutôt la tête dans les étoiles. Aujourd'hui, il nous revient avec un cri d'alarme très terre à terre: Hubert Reeves, le célèbre astrophysicien, continue à 85 ans son combat pour sauver la planète: "Nous sommes en train de vivre un anéantissement biologique" alerte-t-il, en passage au museum de sciences naturelles de Bruxelles, "une extinction de masse des animaux".
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Il continue donc à parcourir le monde avec des livres et des conférences pour faire passer un message: il faut sauver notre biodiversité, il est urgent de sauver toutes ces espèces en train de disparaître.
"La diminution des vers de terre, ça ne fait pas la une des journaux. Cependant, c'est tout aussi grave que le réchauffement climatique. Il faut alerter sur l'importance de préserver la nature sous cette forme qui est proche de nous mais que la plupart du temps nous ignorons, parce que ça marche tout seul"
Notre civilisation est en train de surexploiter toutes les ressources de la nature au détriment des animaux ou des insectes qui peuplent la terre et ses océans, prévient-il.
"C'est une situation d'alerte. Il faut prendre conscience que les décisions qui se prennent aujourd'hui vont influencer l'humanité pendant des milliers d'années."
En attendant, de nombreux scientifiques l'ont déjà constaté, une extinction majeure des espèces est en cours. La dernière avait conduit à la disparition des dinosaures ...il y a 66 millions d'années.
"Nous avons déjà éliminé la moitié des espèces vivantes. Ca correspond à ce qu'on appelle une extinction de masse. La sixième depuis un milliard d'années, mais la plus grave car la plus rapide. Auparavant, cela prenait des milliers d'années, maintenant, c'est des décennies. La vie peut s'adapter, mais pas à cette vitesse"
Un message d'urgence qu'il veut à tout prix faire passer aux plus jeunes, en expliquant la biodiversité dans une BD. On y parle des vers de terre, ces véritables ingénieurs des mines, ou encore du nécessaire retour du loup. Un message reçu 5 sur 5 par tous les enfants, scotchés ce matin pendant une bonne heure à leur chaise...
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Retraite des agriculteurs
APRÈS LES ORDONNANCES ET LE 49.3
Les retraites des agriculteurs devaient augmenter… Macron l’empêche au Sénat
Après qu'Emmanuel Macron, au Salon de l'Agriculture, ait justifié ses attaques contre les cheminots par la précarité et les faibles retraites des agriculteurs, le gouvernement a bloqué cette semaine un projet de loi visant à augmenter la retraite des exploitants agricoles.
vendredi 9 mars
http://www.revolutionpermanente.fr/Les-retraites-des-agriculteurs-devaient-augmenter-de-15-Macron-l-empeche-au-Senat

Mercredi dernier au Sénat, devait être voté un projet de loi proposé par le PCF pour modifier le montant minimal de la retraite des agriculteurs : de 75 % du SMIC net (environ 890 euros pour une retraite complète), il se voyait rehausser à 85 %. Un exploitant agricole à la retraite qui toucherait moins que ce montant seuil, reçoit une retraite complémentaire obligatoire (RCO) pour l’atteindre. Le vote au Sénat était une pure formalité, l’ensemble des groupes politiques s’accordant sur ce texte, déjà voté à l’Assemblée Nationale en février de l’année dernière alors que le PS y détenait encore la majorité. Le gouvernement a pourtant suscité la colère des sénateurs en amendant la loi et en convoquant l’alinéa 3 de l’article 44 de la constitution. Cet article, aussi appelé « vote bloqué », permet au gouvernement de faire voter un texte en bloc en ne retenant que ses propres amendements ou ceux qu’il a accepté. Or, l’amendement ajouté dernièrement par le gouvernement concernait le délai d’application de la loi qui se voit repoussé en... 2020 ! Ainsi les sénateurs se voient contraints de voter le texte alors applicable à cette date ou alors de voter contre. Les sénateurs ont été unanimes à condamner un « coup de force du gouvernement ». Alors que les agriculteurs connaissent des conditions de vie toujours plus dures, qu’ils sont le secteur le plus à risque en ce qui concerne le suicide au travail (un exploitant agricole se suicide tous les deux jours), que le capitalisme agraire les pousse à toujours plus s’étendre pour survivre, à s’endetter pour des terres, des infrastructures, des machines, des produits phytosanitaires, des semences, le gouvernement juge qu’une augmentation de la retraite des exploitants agricoles n’est pas assez urgente au point de la retarder de deux ans.
Dans le cadre de sa réforme des institutions parlementaires, qui vise notamment le droit d’amendement, Macron et ses ministres envoient un message fort en piochant allégrement dans l’arsenal le plus autoritaire de la Vème République. Entre les ordonnances utilisées pour la loi Travail XXL et prévues pour les attaques contre les cheminots et les usagers du rail, l’article 44.3 utilisée au Sénat, et sa politique autoritaire en ce qui concerne la presse ou les migrants, Macron revêt les plus beaux atours du bonapartisme républicain. Il faut dire qu’avec le passage de la loi Macron avec l’article 49.3, alors qu’il était ministre de l’Économie de Hollande, ses débuts en politique ont été placés sous une bonne étoile !
Alors qu’il était interpellé par un cheminot au Salon de l’Agriculture sur la casse du statut, Emmanuel Macron a affirmé être contraint de changer le statut des cheminots puisque les agriculteurs n’ont parfois pas de retraite. Outre cette manœuvre particulièrement basse qui consiste à diviser pour mieux régner, on peut constater que Macron n’a que faire d’améliorer dans l’immédiat la condition des agriculteurs. Si le gouvernement retarde l’actuel projet de loi, c’est parce qu’une réforme globale des retraites est en chantier. À l’image de la logique de la bourgeoisie incarnée par Macron qui veut que les travailleurs bénéficiant encore de protections soient tenus responsables de ceux qu’elle exploite le plus, cette réforme s’effectuera en nivelant toujours plus par le bas : pas sûr que les agriculteurs y gagnent ; et si c’était le cas ce serait au prix de voir leur misère économique utilisée pour justifier la précarité de tout le reste de la population, au profit du patronat et des plus fortunés. Il est évident que lorsque les capitalistes donnent à un endroit, c’est qu’ils prennent plus ailleurs.
Avec Macron au pouvoir, les gros bonnets de l’industrie agroalimentaire peuvent dormir sur les deux oreilles ! les agriculteurs eux n’ont pas fini de se saigner pour les profits de Lactalis, Bigard, Leclerc... Ces mêmes entreprises qui font leur beurre sur la prolétarisation des agriculteurs, sur la destruction de l’environnement et qui n’hésitent pas à mettre en jeu la santé de toute la population et, en particulier, des personnes les plus précaires.
Brian Acton@brianacton






































