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Nanga Parbat

Par Le 09/02/2018

« Affaire » Nanga Parbat : point de situation

Publiée le 9 février 2018 à 16:58 par Philippe Poulet

Face à la polémique explosant sur les réseaux sociaux, il convient de faire un point de la situation sur l'« affaire » Nanga Parbat...

nanga parbat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour les néophytes : le fonctionnement des secours en montagne en France

99,99 % des commentaires désobligeants, voire carrément haineux (pourquoi ?), sont écrits par des personnes ne connaissant strictement rien à la montagne et au monde du secours en général. Certains sont même persuadés qu'ils ont dû payer l'hélicoptère qui, un jour, les a évacués vers un hôpital !

Rappelons qu'en France, le secours (tous types de secours) est gratuit. Que l'on ait un accident de voiture mort bourré à 3 grammes, que l'on se tranche le pied avec sa tondeuse ou que l'on ait un soucis en pratiquant un sport quelconque, c'est la même chose. Le secours est gratuit. Point.

Quel différence entre un footeux qui se met en arrêt cardiaque le dimanche (le foot représente 30 % des accidents sportifs) ou un alpiniste qui se casse une cheville en montagne ? Aucune. 

Les deux ont pleinement choisi d'être là simplement pour leur plaisir. Notre société vient les aider à se sortir de ce mauvais pas. Ah, il faut un hélico en montagne ? Oui, tout comme il faut un hélico si le footeux est en état critique ou lors d'un gros accident de la route. Ces fantastiques machines sont là, elles sauvent plus de vie qu'elle n'en prennent comme disait Sikorsky et qu'elles volent ou restent au sol, l'équipage touche exactement le même solde. Si le quota d'heures de vol n'est pas réalisé, il faudra de toute façon cramer le volume annuel de kérosène attribué à chaque base... 

Dans le cas plus précis de la montagne, éventuellement, il peut être relevé une clause de « secours abusif » (défini par les secouristes eux-mêmes, gendarmes ou policiers) mais c'est extrêmement rare et et je ne crois pas qu'un centime ait, à ce jour, été demandé à qui que ce soit (merci pour les plus informés qui liront cet article de réagir, s'ils savent – uniquement...). 

De toute façon, les secouristes préfèrent toujours récupérer quelqu'un « d'un peu » fatigué en le redescendant dans la vallée que de le laisser se foutre tout seul dans une galère à la descente pour finalement déclencher un secours en pleine nuit, toujours plus risqué, ou pour aller, le lendemain, récupérer son corps au pied d'une barre rocheuse...

 

Pour les « montagnards » : pourquoi tant de haine ?

Reste le 00,01 % de « montagnards »... 
Là ça devient nettement plus compliqué à expliquer...
Pourquoi tant de méchanceté totalement gratuite (comme les secours...) et de haine ?
Pure jalousie ? Mise en avant ? Grande gueule ? 

Pour certains, il s'agit de conflits plus personnels avec des protagonistes dans cette - désormais - affaire mais pour les autres, quel est l'intérêt de dézinguer une des leurs, qu'ils ne connaissaient d'ailleurs même pas il y a une semaine ?

 

Qui est Élisabeth Revol ?

Si d'un coup elle se retrouve prise dans un gigantesque cyclone médiatique (comme il y en a rarement, voire comme il n'y en a jamais eu auparavant !), c'est bien malgré elle. 

Le 2.0 l'a sauvé, le 2.0 la lapide.

Depuis des années cette femme réalise des ascensions fantastiques en Himalaya (entre autres le premier enchaînement de 3 x 8000...) tout en restant dans l'anonymat le plus complet, et cela même dans les médias spécialisés qui n'ont quasiment découvert son existence que tout récemment...

On a donc affaire à une sportive hors-paire (le fait qu'elle soit encore en vie le prouve), prof de gym à la base, qui n'est pas une communicante comme elle pourrait l'être si elle était plus habituée à se frotter aux journalistes. Ses proches ont géré comme ils ont pu la monstrueuse pression. 

D'abord 24h/24 pour tenter d'organiser un secours à 8 000 km de distance, puis 24h/24 en étant littéralement poursuivis par les charognards de la « presse ».

Tout ça pour dire que les propos d'Élisabeth de ces derniers jours ne sont donc pas calculés. 
Elle est sous le coup de l'incroyable épreuve qu'elle vient de vivre (sûrement qu'une grosse partie d'elle est encore là-bas, sur les pentes du Nanga Parbat) et, en état post-traumatique, elle parle donc avec son cœur, avec ses tripes, sans réfléchir plus que cela aux plus mauvaises interprétations qui en découleront. 

Son ami est mort, elle a tenté l'impossible pour le sauver (lui pesait 80 kg et elle 45...), elle ne s'en sort que par miracle et elle risque de finir avec quelques bouts en moins.

Pour 99,99 % des gens qui liront cet article (pour reprendre mon % fétiche), nous serions tous en train de dormir de notre dernier sommeil au fond d'un trou de neige sur la voie Kinshofer depuis une semaine à sa place... Elle a réussi l'impossible et même nos deux Polonais, Adam et Denis, ont été surpris de la voir dans l'état ou elle était, redescendre sans trop de mal, les 1 200 mètres la face.

Profitons-en, au passage, pour rappeler qu'il s'agit d'alpinistes, volontaires, en train de grimper la montagne d'à côté, qui sont venus simplement et humainement tendre la main à leur frère et sœur d'altitude. Cela aurait tout aussi bien pu être Tomek et Élisabeth qui aillent leur porter secours !

Certains pensent donc encore qu'il s'agit de secouristes étatiques payés par on-ne-sait-qui...

En toute état de cause, aujourd'hui, et par manque de quelques informations également, Élisabeth est persuadée d'avoir était bernée et trahie par les autorités pakistanaises. 

 

Les secours au Pakistan

C'est simple il n'y en a pas au sens stricto sensu du terme. 

Au Pakistan, le tourisme n'en est qu'à ses balbutiements, le pays souffrant toujours d'une sinistre réputation de par ses conflits à répétitions depuis 70 ans avec l'Inde, puis du terrorisme. 

Notre milieu fut particulièrement touché en 2013 lors de l'attaque du camp de base du Nanga Parbat par des talibans qui firent, au final, 10 morts parmi les équipes d'alpinistes présentes ce jour là...

Ici on n'est pas au Népal, pour qui le tourisme est la manne financière principale des contrées les plus reculées. Le secours là-bas, est en train de doucement se mettre en place, à base d'initiatives totalement privées et de collaborations principalement européennes avec la Suisse, l'Italie, la France et l'Allemagne. 

Des équipes de sherpas sont ainsi spécialement formées aux manips de secours tandis que les pilotes font du réel travail aérien (un bon entraînement !) pour la construction des infrastructures du pays.

Au Pakistan, les seuls hélicos et pilotes disponibles sont militaires et l'armée rentabilise ses machines et équipages en confiant toutes les missions « commerciales » à l'une de ses filiales : Askari Aviation. 

Askari intervient donc en tant qu'opérateur totalement privé qui ne fait qu'utiliser les moyens militaires, à savoir, dans ce cas, des Écureuils B3 perçus en 2009. 

La mission première de ces machines est quand même d'apporter un soutien aérien, en altitude, aux troupes dans le conflit larvé depuis les années 50 avec l'Inde (1 000 à 2 000 morts dans le dernier affrontement de 2001/2002 et 1 000 morts en 1999...). 

À côté de cela, les machines décollent donc pour de simples prestations privées : transport, vol touristique et... SAR (Search And Rescue).

Les secouristes « de terrain » proprement dit ne sont que des volontaires du Club alpin pakistanais qui sont prêts à apporter, comme ils peuvent, leur aide (ils étaient d'ailleurs en stand-by dans le cas du Nanga Parbat).

 

Le mensonge pakistanais

Oui, les pakistanais se sont nettement emballés sur leurs réelles capacités... Ils ont simplement sorti la notice technique de leur B3 dont le plafond d'utilisation est bien de 7 000 mètres, sauf que... dans la réalité, il faut des conditions aérologiques parfaites pour arriver à une telle altitude (donc pas le cas forcément en plein hiver et durant les journées précises de ce secours). 

Il s'agit ensuite d'une altitude de vol maximale, donnée « constructeur », sans avoir à réaliser les manœuvres les plus risquées de pose ou de décollage. La preuve, c'est qu'ils ont déjà eu toutes les peines du monde à mettre au sol les sauveteurs polonais à moins de 5 000 mètres d'altitude...

À titre de comparaison également, les sociétés privées népalaises sont équipées de machines rétrofitées en B3+ offrant un gain d'une centaine de chevaux, ce qui n'est pas négligeable quand on évolue en limite de puissance.

Il y a même eu un gros quiproquo pendant le secours car l'un des pilotes a annoncé un temps avoir déposé les polonais à 6 400 mètres ! Il est rapidement revenu sur ses déclarations en prétextant une erreur de lecture (!) de ses instruments de vol. Sauf que dans ce cas précis, cela voulait dire qu'il les avait déposés bien au-delà du gros morceau de la voie, à savoir le couloir puis le mur Kinshofer qu'Adam et Denis ont tout de même mis 8 heures à franchir ! Sa déclaration erronée a vraiment donné une lueur d'espoir car, dans ce cas, la cordée aurait pu courir réellement dans les pentes de neige jusqu'à Tomek, qui n'aurait été que 800 mètres d'eux... Faux espoirs.

De toute façon, vu les diagnostics médicaux établis à posteriori, ils n'auraient trouvé qu'un Tomek sans vie, où, même très affaibli, ils ne pouvaient strictement rien faire à deux.

 

Élisabeth n'a pas abandonné Tomek par choix, mais sur consigne des secours pakistanais

En se basant sur les dires (et le SMS) des secours pakistanais (et donc leur extrapolation sur leurs réelles capacités), ce sont eux qui ont donné comme ultimatum à Élisabeth : « tu descends jusqu'à 6 000 m, là on te récupère et on remonte chercher Tomek ». 

Dans ces conditions, elle a obtempéré, pensant que ce n'était que l'affaire de quelques heures et le SEUL moyen de sauver Tomek.

Dans la réalité : les hélicoptères ne dépasseront donc jamais les 5 000 mètres et arriveront péniblement au pied de la face 2 jours plus tard...

Quoiqu'il en soit, la situation de la cordée aurait de toute façon mal tournée, car le docteur Fred Champly estime que Tomek, vu son état, est mort entre 2 à 6 heures après qu'elle l'ai quitté. Dans tous les cas de figure, il n'aurait pas pu être sauvé. Élisabeth aurait donc accompagné son ami jusqu'à son dernier souffle (comme cela s'est fait des dizaines de fois en Himalaya) et n'aurait eu alors d'autres choix que de redescendre seule de la montagne.

Donc, en ce sens, oui ils ont menti : sur leurs capacités et sur le timing du secours.

 

ARTICLE RECOMMANDE : Nanga Parbat historique : entre exploit, "bonheur" et tragédie

 

 

Les Pakistanais ont-ils fait « monter les enchères » ? Non.

Comme déjà expliqué précédemment, Askari Aviation est un opérateur privé. 

1 / Les tarifs de leurs prestations sont mentionnés sur leur site internet : 3 818 $/heure pour un B3 avec une altitude max de vol à 6 000 m.

2 / Les clauses sont aussi très claires : les hélicoptères ne volent que par deux (pour des raisons évidentes de sécurité, si l'une des machines doit être abandonnée en montagne sur problème technique, l'équipage peut être ainsi récupéré).

3 / Leurs prestations pour les opérations de secours sont aussi notifiées : s'inscrire au préalable chez eux en faisant un dépôt de 15 000 $ (récupérable s'il n'y a pas d'intervention – 300 $ de frais de dossier) + une garantie financière de son assurance + une garantie de son ambassade.

Lors du déclenchement du secours il a donc été demandé les 15 000 $ (12 000 €) dans un premier temps, le montant normal du dépôt.

Dans un second temps, un devis estimatif a été établi à 50 000 $ (correspond donc à une huitaine d'heures d'intervention, à, obligatoirement, deux machines). 

Dans ce type d'opération, on sait quand on commence mais jamais trop quand cela finit, donc leur calcul n'est pas à remettre en question et, au final, la facture est de l'ordre de 32.000 €. Tout cela n'est donc pas « sorti du chapeau » comme beaucoup l'ont dit... 

Nous excusons donc au passage Élisabeth et son entourage (qui avaient bien d'autres préoccupations en tête) et qui ont eu immédiatement le sentiment d'être devenus une bonne pompe à fric pour les Pakistanais.
Quant à l'option que tout soit payé en cash, cela ne choque qu'à moitié car tout s'est déroulé un week-end, donc avec les banques fermées, et le Pakistan étant un peu dans le collimateur des instances anti-terroristes internationales, il faut sûrement du temps pour faire transiter des dizaines de milliers de $... 

Bref, il y a eu quelques dysfonctionnements c'est sûr, et ce n'est pas pour rien que le gouvernement pakistanais a demandé l'ouverture d'une enquête. Mais peut-être que cela n'est qu'un mal pour un bien pour justement que ce type de missions de secours soit mieux organisé à l'avenir.

Profitons-en juste pour rappeler que lundi dernier, le PGHM de Chamonix a fêté les 60 ans de sa création, suite... aux cafouillages chamoniards lors du secours de Vincendon et Henry...

ARTICLE RECOMMANDE : [Il y a] 60 ans, la création du PGHM de Chamonix

 

La preuve du sommet

L'autre grosse discussion actuelle concerne la preuve du sommet, c'est-à-dire, pour les non-initiés, la preuve que Tomek et Élisabeth sont bien allés au sommet. 

C'est maintenant le nouveau grand truc à la mode qui hante la communauté grimpante tandis que pendant des décennies chacun a bien raconté ce qu'il voulait... (et même les plus grands !).

Le visionnage des images de l'ascension, hier soir dans Envoyé Spécial, a montré Élisabeth juste à 100 ou 200 m sous le sommet, vers 17 h, au coucher du soleil. Elle est en parfaite forme physique, même pas essoufflée (enfin si, comme la plupart d'entre nous quand on a monté un étage sans ascenseur...), et elle attend Tomek qui est une centaine de mètres derrière elle. 

Elle annonce qu'ils seront au sommet de nuit. Dernières images.

Selon son récit, elle continue sa progression jusqu'à arriver sur la crête sommitale à 18 h et se prend le vent remontant de la face Rakiot (4 000 m de dénivelé quand même) en pleine figure.

Il fait nuit noire et, visiblement, elle ne réalise pas d'images complémentaires sur lesquelles nous n'aurions rien vu de toute façon. Quand Tomek finit très péniblement par la rejoindre et lui annonce qu'il est aveugle, elle comprend immédiatement que c'est une monstrueuse galère en prévision et prend la seule décision évidente de vite filer au plus vite vers le bas. 

Sommet ou pas ? Contrairement à quelques uns de ses « collègues » sous pression médiatico-sponsoro-financière, Élisabeth n'a pas à traîner cela sur ses petites épaules. 

Et ses choix de « pousser le bouchon » au maximum certes, mais de toujours redescendre au bon moment, montrent qu'elle a toujours été très claire et honnête dans ses ascensions. 

Certains, dont il vaut mieux taire le nom ici, n'ont jamais eu de problème avec l'enjolivage (voire le mensonge pur et simple) sur leurs sommets... Tous ces mêmes détracteurs qui ragotent aujourd'hui ont même sûrement été les premiers à applaudir des deux mains des chronos, qui, avec le recul, étaient totalement irréalisables.

L'année dernière, pour prendre les deux derniers exemples concernant Élisabeth, elle s'arrête à l'antécime du Makalu, à 8 445 m, à 20 mètres (de dénivelé) du sommet et le dit. Il lui aurait été aussi très simple d'annoncer qu'elle était allée au sommet. Personne ne la voyait de toute façon.

De même, juste après, à l'Everest, en solo, elle atteint 8 400 m dans la tempête. Elle le dit. Personne sur la montagne ? Aussi ultra simple de croiter le sommet et de passer à autre chose.

Dans l'histoire de l'alpinisme, rappelons que certains se sont même faits une spécialité des ascensions par mauvais temps. Au moins, on n'a jamais trop su où ils étaient réellement allé...

Je finirais juste avec les mots que Catherine Destivelle a tenu à la conférence de presse : « il est vraiment dommage que les grands médias ne parlent de la montagne qu'à travers les drames ».

Bon week-end à tous et faites gaffe, la montagne, ça vous gagne...

Mots clés : Elisabeth RevolNanga ParbatPakistansecours en montagne


 

 

La sagesse de Pythagore

Par Le 08/02/2018

Présentation du livre

 

"Quoi qu'il m'arrive, c'est pour mon bien.
Cet espace-temps est la dimension que mon esprit a choisi pour s'incarner.
Mes amours et mes amis me permettent de connaître ma capacité d'aimer.
Mes ennemis et les obstacles qui se dressent sur mon chemin servent à vérifier ma capacité de résistance et de combat.
Mes problèmes me permettent de mieux me connaître.
J'ai choisi ma planète.
J'ai choisi mon pays.
J'ai choisi mon époque.
J'ai choisi mes parents.
J'ai choisi mon corps.
Dès le moment où je prends conscience que ce qui m'entoure est issu de mon propre désir, je ne peux plus me plaindre, je ne peux plus avoir de sentiment d'injustice.
Je ne peux plus me sentir incompris.
Je ne peux qu'essayer de percevoir pourquoi mon âme a besoin de ces épreuves pour avancer.
Toutes les nuits, durant mon sommeil, c'est ce message qui m'est rappelé
sous forme de rêves au cas où j'en viendrais à l'oublier.
Tout ce qui m'entoure est là pour m'instruire.
Tout ce qui m'arrive est là pour me faire évoluer."

Sagesse pythagoricienne

La Sagesse de Pythagore

Autre livres de sagesse
par le Dr. Ekkirala Krishnamacharya

 

La Sagesse de Pythagore

Brève description : 
La sagesse pythagoricienne se développe d'elle-même au travers des initiés fonctionnant en tant qu'âme. Elle ne peut être apprise en classe via l'intellect. Elle a besoin d'être vécue dans la vie et requiert une ferme résolution. Maître E.K. fait partie des initiés qui vivait la sagesse intemporelle de diverse manière. En 1983 il donna à Paris un aperçu de la sagesse de Pythagore à un groupe de chercheurs de la vérité. Il s’ensuivit huit ans plus tard, la version anglaise de ce livre. 
Les enseignements contenus dans ce livre aideront le lecteur à comprendre l'unité de la Sagesse Immémoriale exprimée différemment, en différents lieux et époques. Le but est d'accomplir la fusion spirituelle entre l'Occident et l'Orient. Il donne aussi une approche de la sagesse par un initié. 

 

Contenu : 
Préface; Scènes de la vie de Pythagore; Les enseignements de Pythagore; Les clés pythagoriciennes; Les triangles pythagoriciens; Le Tetraktys; Les chiffres pythagoriques et les cycles de création; Le Seigneur des chiffres et le Seigneur de la forme; Commentaire sur les aphorismes de Pythagore; La communauté pythagoricienne. 

Le livre n’est pas encore publié en français, seulement en anglais, allemand et espagnol. 

Kulapathi Book Trust, Visakhapatnam, India 1991 
ISBN 84-88011-02-4 


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Concernant l'Auteur 
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Échantillon

Chapitre 2 : Les enseignements de Pythagore

Observons de façon plus détaillée quelques aspects de la vision de Pythagore, ainsi que sa manière particulière d'exprimer la vérité. Aujourd'hui, pénétrons ses enseignements, qui étaient de nature essentiellement humoristique, néanmoins très très profonds. 
1. Il est du devoir de chaque élève, avant qu’il ne meure, de soulager la création du poids d'un imbécile. Cet imbécile, c'est lui-même. Il devrait de même veiller à ce qu’il y ait un sage de plus sur cette terre et là aussi, c'est lui-même.

Il peut faire ensuite ce qu’il veut. C’est le minimum à attendre d’un élève spirituel.

2. Celui qui n’est pas maître de son temps, de sa raison, des ses sens, pensées et idéaux est l’esclave de chaque créature de ce monde.

Tant que nous ne sommes pas maîtres de notre temps, n’importe quel sot dans la rue peut profiter de nous. C’est ce que voulait dire Pythagore par ce précepte qui comprend pas mal de choses auxquelles nous devrions réfléchir. 10 ans suffisent à peine pour en saisir pleinement le sens, car tout dépend de la compréhension que nous avons de notre temps et de notre durée de vie. Nous ne reconnaissons pas la signification de notre durée de vie : combien agissons-nous de manière inconsidérée envers elle, comme elle est vite révolue et combien nous la laissons passer sans en profiter. Tant que nous n’en sommes pas conscients, nous ne pouvons pas comprendre complètement cette affirmation.

Nous passons beaucoup de temps sans but. Nous nous attardons des soirées et des nuits entières dans notre association. Les joueurs de cartes y restent même jusqu’à l’aube. Le week-end passe de cette façon et qu’en résulte-t-il? Ainsi, Pythagore signifie que la sagesse est contentement. Toute activité incapable de causer notre satisfaction n'est qu'une activité mécanique.

La machine humaine a son propre mode d'usure.. Nous ne pouvons compenser le temps perdu car notre durée est dépensée, que ce soit une minute, une heure ou un jour, cela ne peut revenir pour que l'on fasse quelque chose de mieux. Nous pouvons utiliser que le temps qui nous reste et chaque moment mal dépensé est à jamais perdu. Lorsque nous dépensons de l’argent, nous pouvons en regagner. Si nous perdons nos biens, nous pouvons les retrouver. Si nous ratons une occasion, nous en aurons peut-être une autre. Mais si le temps est écoulé, notre vie touche alors à sa fin et aucune montre ni horloge ne peut nous le ramener. Plus nous essayons de comprendre la signification de la vie et plus nous prenons cette affirmation de Pythagore au sérieux.

3. Chercher la connaissance c'est courir après vous-mêmes; votre ombre court après vous.

Lorsque vous marchez dans le soleil, votre ombre vous suit. Si votre visage est tourné vers le soleil, votre ombre est dans votre dos et vous suit. En revanche, si vous faites face à votre ombre, vous avez le soleil dans le dos et vous devez suivre l’ombre. L'ombre court devant vous. Votre ombre est votre corps et vos besoins. Voila ce qu'enseignait Pythagore.

 Il nous faut offrir cette pensée à notre mental et vivre une vie avant de pouvoir en comprendre l'entière signification. Le corps est composé de chair et de sang, a ses propres désirs et envies, a besoin de nourriture et de boissons, exige le repos, le sommeil, la sexualité etc. Les désirs qui dépassent ces besoins sont complètement faux. Le corps a besoin par exemple de nourriture, mais il existe également un désir de manger, il y a un besoin de boire et un désir de boire, un besoin de sommeil et un désir de dormir, un besoin de travailler et un désir de faire un travail que l'on aime, un besoin de sexe et un désir sexuel. Nous devrions être capables de saisir la ligne de démarcation.

Le besoin est vrai. Le désir est faux. Lorsque vous vous conduisez au regards de vos besoins, vous faites face au soleil. Le soleil représente l’esprit, la lumière, la source de l’illumination, la source initiale en nous, qui est le contenu de l’âme. L’âme et la lumière forment ensemble la lumière en nous. Faire face au soleil signifie vivre dans la conscience de l’âme et de l’esprit. On l'appelle Conscience de Dieu permanente.

Pythagore dit que lorsque nous vivons dans notre propre conscience, nous faisons face au soleil.. Les désirs et le corps se trouvent alors derrière nous. Lorsque nous vivons en tant qu’âme et esprit, lorsque nous sommes identifié à l’esprit, nous ne nous identifions plus avec le corps. Le corps n’est qu’une ombre. Mais parce qu'il nous a été donné par la nature pour nous servir de véhicule, il a quelques besoins auxquels nous devrions répondre. Tout ce qui va au-delà est désir. Si nous y répondons nous nous tournons vers l’ombre. Nous essayons de servir notre corps du matin au soir. Nous prenons soin par exemple de notre peau et de nos cheveux avec des parfums et des produits cosmétiques, nous veillons particulièrement à la peau jusqu'au moindre cheveux de notre tête et jusqu'aux chaussures, nous nous faisons reluire. Ainsi, de la tête aux pieds, nous lui offrons un service de 24 heures. Il en résulte que nous vivons comme un serviteur à vie de nos cheveux, de notre peaux, de nos habits et chaussures. C'est ce qu'on appelle courir après l'ombre; et dans ce cas votre soleil sera dans votre dos. Cette explication ne recouvre qu’une partie de la déclaration de Pythagore. Chacun devrait la méditer et en trouver plus pour soi-même.

4. Qu'il y ait un midi pour chacun. Il n’y a qu’à midi que l'on ne projette pas d’ombre, ni devant ni derrière.

Pythagore dit : “Qu'il y ait un midi pour toi” et explique ensuite ce qu’il entend par midi. Lorsque le soleil se trouve au-dessus de votre tête, ceci est appelé le point d'initiation. C'est appelé aussi techniquement le “Douze Supérieur”. Pythagore avait deux termes particuliers : “Douze Supérieur” et “Douze Inférieur”. Debout sur cette Terre avec le soleil au-dessus de votre tête est appelé le “Douze Supérieur”, c’est le midi. Lorsque le soleil est sous vos chaussures, c’est appelé le “Douze Inférieur” ou le temps zéro.

Il y a encore deux points : l’Est où le soleil se lève et l’Ouest où le soleil se couche.

En tout ce sont les quatre points cardinaux du jour. Même durant le “Douze Supérieur”, la formation de l’ombre ne peut être évitée que si nous sommes debout. Cela signifie que tant que vous n'êtes pas érigé mentalement et moralement, cette ombre existe. C'est ce qu'on appelle une vie droite. Pythagore le qualifia de Verticales.

Les Verticales représentent une nature droite : droiture dans la pensée, la parole et l’action. Par exemple, si vous appréciez quelqu'un, vous devriez dire : “je vous aime bien.” A défaut, vous devriez dire “Je ne vous aime pas”. Mais ne dites pas à quelqu'un que vous n'aimez pas un tiers. Au lieu de cela, dites le directement à la personne concernée. Si vous parlez négativement de quelqu'un en son absence, cela n'est pas appelé droiture ou vie verticale. Les verticales représentent les vertus personnelles et l’auto discipline.

Pythagore définissait aussi les Horizontales comme les vertus sociales ou comme notre comportement social envers la société. Par exemple, l'amour ou la tolérance sont appelées les vertus horizontales ou sociales requises pour l'interaction avec la société. Il qualifiait également les Verticales de fil à plomb et les Horizontales de niveau d'esprit. On les appelle les instruments, même chez les francs-maçons, bien qu'ils ne soient utilisés comme symboles vocaux qu'une heure par mois dans les loges. A moins que le vertical du fil de plomb et l'horizontal du niveau de l'esprit ne soient pratiqués dans la vie quotidienne, on ne peut se revendiquer comme franc-maçon ou constructeur.

L'usage oral de symboles demeurent une farce s'ils sont dénués d'application pratique dans la vie.. Les pratiquants de ces symboles dans la vie sont les constructeurs de la société qui ne réclament rien. Lorsque Pythagore les désignait comme outils de la franc maçonnerie, il se référait aux francs-maçons opératifs et non aux spéculatifs. On est fier dans une société maçonnique d’être franc-maçon spéculatif et non opératifs. Ainsi, nous sommes aussi utile que la poussière tant que nous ne sommes pas des franc-maçons opératifs et que nous n’appliquions ces vertus au quotidien. Nous pouvons être membres d'une société ritualiste pendant de nombreuses années. On peut tenter d'observer le rituel uniquement dans la salle du rite et non dans la vie. Nous ne sommes alors qu'un maçon spéculatif. Absolument inutile car nous ne construisons aucun temple sur le plan solide.

"Les conquérants de l'inutile"

Par Le 04/02/2018

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La poésie d’une ascension inutile

Par

 Arnaud P

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Le sauvetage des derniers jours au Nanga Parbat a mis sous les projecteurs une discipline qui se fait discrète : l’alpinisme de haut niveau. Une discipline que les médias aiment à qualifier d’ « extrême » même s’ils n’en parlent que rarement. Le grand public ne découvre bien souvent ces exploits du bout du monde qu’à l’occasion de catastrophes.

Et pour cause, l’alpinisme n’est pas un bon client pour les journalistes. On ne comprend pas bien ce qu’ils y cherchent, et pour quelles raisons. On n’est pas bien capable de dire si l’un est meilleur que l’autre, si un sommet est plus difficile qu’un autre. S’ils sont inconscients ou artistes… Georges Mallory (alpiniste britannique du début du XXe siècle) n’aide pas à mieux comprendre l’affaire : « Pourquoi grimper les montagnes ? parce qu’elles sont là ! ».

Ces « Conquérants de l’Inutile », comme se présentait Lionel Terray, intriguent.

Les femmes et les hommes qui se lancent dans de telles aventures, ne le font pas pour une quelconque gloire. Ils ne cherchent pas à impressionner, à être reconnus dans la rue. Ils cherchent avant tout à mieux se connaître eux-mêmes. A atteindre leurs limites, à mieux se comprendre. Pour y arriver, ils prennent des risques. Mais ce ne sont pas des fous, des êtres irraisonnés qui n’ont peur de rien. Ces risques sont calculés, mesurés, pesés. Si la balance penche trop dans la mauvaise direction, ils renoncent. Ils font demi-tour, machine arrière. Et ils réessaieront une prochaine fois. Tous les alpinistes, petits ou grands, se sont inclinés face à la puissance de la montagne. Une météo incertaine, trop de neige instable, un vent trop puissant, un coup de fatigue…

Dans l’Euphorie des Cimes, Anne-Laure Boch – médecin, docteur en philosophie et alpiniste amateur – expliquait : « l’alpinisme n’est donc pas un vain effort. Au contraire, il porte en lui-même son sens et sa récompense. (…) Déplacer, un tant soi peu, ses limites physiques et morales est une source de joie profonde, où la sensation d’accomplissement voisine avec une impression de plénitude et d’harmonie. »

La « course en montagne », une course qui porte mal son nom

Cette discipline n’est pas chronométrée. On n’y fait pas la course. Si l’alpiniste regarde sa montre, c’est pour savoir s’il devra bivouaquer dans la voie, accélérer pour éviter l’orage ou sera rentré à temps au refuge pour un bon repas chaud. Un sport sans perdant ni vainqueur. Voilà qui n’est pas banal. L’alpiniste veut parfois être le premier à arriver sur un sommet, à emprunter une voie… non pas pour gagner face aux autres mais pour savourer le privilège d’emprunter un itinéraire vierge, que seule la nature a jusque-là parcouru. Arrivé au sommet, il pourra profiter pendant quelques longues minutes de la splendeur d’un paysage, de la satisfaction d’avoir surmonté une difficulté qu’il croyait indomptable. Ou tout simplement, comme le disait Lionel Terray : « la satisfaction animale de sentir que je viens de sauver ma peau ».

En quittant le Pakistan il y a quelques heures, Elisabeth Revol l’avouait : elle compte bien revenir. Grimper à nouveau. Car même lorsque des moments tragiques viennent ponctuer ces aventures en haute altitude, cet univers agit sur les alpinistes comme une drogue dure. Difficile de se désaccoutumer.

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Tomek Mackiewicz

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Tomek Mackiewicz, l’alpiniste qui avait une idée fixe : le Nanga Parbat

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Épilogue

Par Le 01/02/2018

L'alpiniste Elisabeth Revol raconte son calvaire dans l'Himalaya

 il y a 3 heures  44 AFP

L'alpiniste Elisabeth Revol raconte son calvaire dans l'Himalaya 
Elisabeth Revol est soignée à Sallanches pour de graves gelures aux deux mains.

AFP / PHILIPPE DESMAZES

 

 

Elle souffre de gelures graves mais elle est rentrée vivante du Pakistan où son compagnon d'aventure est décédé. Depuis sa chambre d'hôpital, elle raconte son miraculeux sauvetage. 

Une "sacrée aventure", et puis le drame. Depuis sa chambre d'hôpital, l'alpiniste Elisabeth Revol revient sur sa conquête du 9e plus haut sommet du monde dans l'Himalaya, dont son compagnon de cordée polonais Tomasz Mackiewicz n'est pas rentré.

A Sallanches (Haute-Savoie), où elle est soignée pour des gelures graves aux deux mains et au pied gauche, ce petit bout de femme - 1,56 m pour 43 kg en retour d'expédition - relate sobrement, techniquement, son ascension du Nanga Parbat (8.126 m) au Pakistan - une première pour une femme en hiver, sans oxygène ni sherpa.

La montagne "tueuse"

"C'était ma 4e tentative hivernale, la 7e pour Tomek et la 3e ensemble", détaille la rescapée. En "himalayistes" expérimentés, ils affrontaient de nouveau cette montagne dite "tueuse" sans appréhension, malgré les risques "que l'on accepte".Partie de France le 15 décembre, Elisabeth Revol s'était engagée le 20 janvier, encordée avec ce "passionné" de Polonais "en communion avec la montagne", dont elle parle encore au présent.

A LIRE AUSSI - Elisabeth Revol sauvée après une ascension épique

Quelques jours plus tard, à plus de 7 000 m d'altitude, ils touchent au but. "On était bien à ce moment-là", confie-t-elle, les yeux pétillants. Ils tâtonnent pourtant dans "le cheminement compliqué" de la pyramide sommitale. A 17H15, un peu en retard, ils hésitent mais l'envie l'emporte: 45 minutes plus tard, c'est gagné.
Mais le plaisir est de courte durée.

 

Le HuffPost@LeHuffPost

L'incroyable ascension de deux alpinistes polonais pour sauver Élisabeth Revol sur l’Himalaya http://huffp.st/8fpCu1G 

L'incroyable ascension de deux alpinistes polonais pour sauver Élisabeth Revol sur l’Himalaya

"La plupart des gens mettent deux ou trois jours pour le faire et ils ont mis huit heures dans l'obscurité."

huffingtonpost.fr

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"C'était la fuite vers le bas"

"Là Tomek me dit "je ne vois plus rien". Il n'avait pas utilisé de masque car il y avait un petit voile pendant la journée et à la tombée de la nuit, il a eu une ophtalmie (inflammation de l'oeil, NDLR). On n'a pas pris une seconde au sommet. C'était la fuite vers le bas".
Tomek s'accroche à une de ses épaules et tous deux entament une "descente très longue" en terrain plus que difficile, de nuit.

"A un moment, il n'arrivait plus à respirer, il a enlevé la protection qu'il avait devant la bouche et a commencé à geler. Son nez devenait blanc et puis après les mains, les pieds", détaille celle qui envoie alors un message de détresse.

Au lever du jour, "la situation est dramatique"

Au bas d'une cuvette, ils se mettent à l'abri du vent, mordant, dans une crevasse. Tomek n'a plus la force de remonter au camp. Au lever du jour, la situation est dramatique: "Il avait du sang qui coulait en permanence de sa bouche".

Des signes d'oedèmes, d'après les médecins consultés a posteriori, stade ultime du mal aigu des montagnes, fatal si le blessé n'est pas soigné dans les plus bref délais.
"J'ai alerté un peu tout le monde, parce que Tomek ne pouvait pas redescendre tout seul", poursuit "Eli".

Les secours s'organisent 

Des messages sont échangés pour organiser les secours. Dont certains se sont perdus dans l'immensité himalayenne, suscitant des incompréhensions. "On m'a dit: si tu descends à 6 000 m, on peut te récupérer et on peut récupérer Tomek à 7 200 m (en hélicoptère, NDLR). Ça s'est fait comme ça. Ce n'est pas une décision que j'ai choisie, mais qui m'a été imposée".


A Tomek qu'elle quitte alors, elle dit simplement: "Ecoute, les hélicos arrivent en fin d'après-midi, moi je suis obligée de descendre, ils vont venir te récupérer".

Elle envoie le point GPS de sa position, protège son ami tant bien que mal et, persuadée d'une issue heureuse, part "sans rien prendre, ni tente, ni duvet, rien". "Parce que les hélicos arrivaient en fin d'après-midi", ressasse-t-elle. Mais ils ne sont pas arrivés.

 

RTL France@RTLFrance

Himalaya : "Il faut décorer les sauveteurs polonais" qui ont secouru Elisabeth Revol, clame Nicolas Domenach http://bit.ly/2GAcKYO 

Himalaya : "Il faut décorer les sauveteurs polonais", clame Nicolas Domenach

BILLET - Lors de ses vœux aux forces vives de la Nation, mardi 30 janvier, Emmanuel Macron a célébré les héros français de 2017. Cela ne suffit pas au journaliste Nicolas Domenach, qui cite d'autres...

rtl.fr

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Hallucination

C'est donc une seconde nuit dehors, "sans équipement" comme Tomek dans sa crevasse. "Je savais que j'allais m'en sortir, j'étais dans mon trou, je grelotais de froid mais je n'étais pas dans une position désespérée. J'avais plus peur pour Tomek, beaucoup plus affaibli".

L'altitude lui provoque alors une hallucination - elle y avait toujours échappé jusqu'alors. Elle imagine qu'on vient lui porter "du thé chaud" et que pour "remercier, il faut donner une chaussure". Elle passe le pied à l'air pendant 5 heures. C'est la gelure.

Quand le jour revient, elle compte toujours sur les secours. Posée à 6 800 m, Elisabeth décide de ne pas bouger, pour "se préserver, emmagasiner de la chaleur". Elle entend une rotation d'hélicoptère en bas du glacier "mais il était déjà trop tard, le vent se levait".

"Une question de survie"

Quand elle apprend que l'hélicoptère ne pourra venir que le lendemain, et qu'elle va devoir passer une troisième nuit dehors, elle choisir de descendre. "Ça commençait à être une question de survie", dit la jeune femme, qui n'avait pas reçu le texto lui annonçant que deux alpinistes polonais partaient à sa rencontre.

Elle décrit une descente prudente, "calme", malgré des "gants humides", le "froid vif" qui gèle ses doigts et la "douleur" dès qu'elle tient une des cordes fixes de l'itinéraire. Vers 3h30 du matin, elle atteint le camp 2 vers 6 300m. "J'ai vu deux frontales dans la nuit. Je me suis mise à hurler et je me suis dit: c'est bon", ajoute l'alpiniste dont la voix se brise dans un sanglot.

"Ça a été une grosse émotion", admet cette grande pudique. D'autant que ses deux sauveteurs sont Adam Bielecki, qu'elle connaît - ils avaient un projet d'ascension dans l'Everest - et Denis Urubko, sa légende sur les 8 000 mètres.

Aller voir les enfants de Tomek

La suite est connue : son évacuation vers Islamabad dimanche, son retour en France mardi soir. L'avenir, Elisabeth Revol l'aborde au jour le jour. "Récupérer au maximum", éviter peut-être l'amputation, et surtout "aller voir les enfants" de Tomek.

Repartir en montagne ? Sous le regard complice de son mari Jean-Christophe, l'enseignante drômoise reconnaît qu'elle a "besoin de ça". "C'est tellement beau".

Improbables amitiés.

Par Le 28/01/2018

 

 

Certaines amitiés semblent peut-être improbables, mais en réalité, elles peuvent déplacer des montagnes et faire fondre des coeurs.

Ingos et ses amies chouettes font partie de la famille de Tanja Brandt, une talentueuse photographe animalière. Ces magnifiques animaux poilus et à plumes sont les parfaits modèles pour présenter les moments adorables et inattendus partagés entre deux espèces entièrement différentes.

« J’ai toujours adoré les animaux, depuis que je suis enfant », a affirmé Tanja au site Bored Panda. « Quand j’étais petite, je trouvais toutes sortes d’animaux et je les cachais de mes parents. J’adore la beauté, le pouvoir, la loyauté, le courage et l’amitié des animaux. Plusieurs personnes pourraient en apprendre d’eux. »

Plus d’info : ingoundelse.de | Facebook | 500px.com (h/t)

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Sauvetage en cours

Par Le 27/01/2018

Au regard de ce qui se joue au Nanga Parbat en ce moment, je pensais, (en faisant la vaisselle) à ces gens qui critiquent les "conquérants de l'inutile" (Lionel Terray) en arguant qu'il est inadmissible de prendre de tels risques et pire encore d'en faire courir aux sauveteurs. Et du coup, je repensais à Robert, le pompier volontaire, mort en intervention... Lorsqu'un pompier arrive sur les lieux d'un accident, il ne se demande pas si la personne est responsable de sa situation, si elle a commis une erreur, si elle n'aurait pas dû être là etc etc...Imaginons un pompier qui refuse d'intervenir auprès d'un accidenté de la route parce que le conducteur a une haleine alcoolisée. Après tout, il savait bien que c'était dangereux de prendre le volant dans cet état. 
Le gars qui enlève l'herbe sous sa tondeuse, à la main, et sans débrancher la bougie, qui ramone sa cheminée un jour de grand vent et sans attache, le gars qui traverse la rue sans regarder parce qu'il manipule son smartphone, le gars dans son bain qui répond à un appel téléphonique, le gars qui va se baigner alors qu'il y a des vagues énormes, le gars qui tronçonne des branches à cinq mètres du sol, sans baudrier, sans corde, sans attache, le gars qui etc etc etc... Des milliers d'accidents de ce genre toutes les semaines. 
Ils font tous une erreur, ils sont responsables. Et parfois, pour aller les secourir, les pompiers prendront des risques considérables ... Sans aucune hésitation. Parce que c'est comme ça, c'est en eux... 
Mais alors, comment est-il possible en fait qu'il n'en soit pas de même pour tout le monde, que cet élan spontané vers le secours, dans une simple pensée aimante, comment se fait-il qu'elle ne soit pas générale ? 
Ces gens qui critiquent les victimes le feraient-ils encore s'ils devaient être secourus ?...Juste un exemple tout à fait plausible : les milliers d'automobilistes qui viennent en vacances à la neige sans avoir mis de pneus spéciaux. Ils savent que c'est très dangereux. Ils savent qu'ils prennent un risque et en font courir un aussi à tous ceux qu'ils vont croiser. Que diraient-ils alors si les pompiers refusaient d'aller les secourir lorsqu'ils auront basculé dans un ravin ?...
"L'alpinisme n'a aucun sens. Les gens montent à un sommet et en redescendent." 
Oui, c'est vrai. Et c'est justement ça qui est splendide, c'est justement ça cette liberté de la montagne. Ça n'a aucun sens. Pas dans le sens de la "rentabilité" que ces gens vénèrent. Ils sont juste incapables d'imaginer ce qui se passe dans cet aller-retour de la base au sommet.

 

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Hivernale de Revol et Mackiewicz – Sauvetage en cours

Par

 Eric T.

 -

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La française Elisabeth Revol et le polonais Tomek Mackiewicz était partis pour le sommet du Nanga Parbat (8.126m). Mais la situation s’est compliquée. Malade, le polonais est bloqué à plus de 7.000m. La française l’a aidé à descendre de quelques centaines de mètres et l’a installé sous une tente. Ne pouvant pas l’aider plus, elle a continué sa descente, avec un pied gelé, et a réussi à arriver vers 6.700m. Un sauvetage est déclenché.

Par chance, une équipe d’alpinistes aguerris étaient présents dans la région pour une autre ascension hivernale (K2). Ils ont accepté sans hésiter de quitter leur projet d’ascension pour sauver cette cordée en perdition. Mais à quelques 7.000m, en plein hiver, dans une région particulièrement hostile, cette opération de secours devrait s’avérer très délicate.

Toutes les ressources sur le sujet :

Retrouvez toutes les informations sur cette ascension, ses protagonistes et le sauvetage en cours.

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Hivernale de Revol et Mackiewicz : photo Tomek Mackiewicz Facebook.

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Eric T.

http://www.altitude.news

Eric, spécialiste de l'univers de la montagne, a mis son baudrier et ses crampons de côté pour rédiger des articles pour : Altitude.news. Business, Nature et Alpinisme sont les trois rubriques principales dans lesquelles vous pouvez retrouver ses articles. Ce montagnard d'adoption est à l'affût d'histoire et d'anecdotes insolites à partager avec ses lecteurs. Pour le contacter directement : eric@altitude.news !

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"La communication va être coupée"...

Par Le 25/01/2018

C'est effrayant je trouve comme faits divers. Effrayant de lire que pour ce jeune homme sa seule source de bonheur était l'équipe de foot de Marseille. Je n'ai rien spécialement contre cette équipe, je m'en "foot" en fait mais c'est surtout la "misère existentielle" de l'individu qui m'interpelle. Comment peut-on envisager que la vie d'un être humain soit aussi vide ? N'avait-il aucun ami réel ? Désespéré en amour ? Inconscient du miracle d'être en vie au point que cette vie soit reniée ? Entouré de gens pour lesquels il ne comptait pas ? Saoulé de discussions anodines et qui évitent scrupuleusement toutes questions existentielles ? Ou est-ce, lui, tout seul, par un cheminement tortueux qui a fini par interpréter faussement son existence ?
Nous vivons dans une société "moderne" dans laquelle des êtres humains sont dans une solitude intérieure dévastatrice à laquelle ils ne trouvent pas d'issue et nous n'avons jamais autant communiqué par l'entremise de la technologie. Est-ce donc que cette communication ne suffise pas à remplir l'existence ? C'est une certitude. Dix mille amis sur facebook ou twitter ne remplissent pas un coeur. Ce jeune homme a pourtant été sauvé grâce à ces réseaux sociaux, une communication qui a été entendue cette fois.

 

La mobilisation des internautes a sûrement sauvé une vie. Jeudi 24 janvier, dans la soirée, un étudiant publie un message annonçant son suicide sur son compte Twitter : "Coucou la #TeamOM. Je mets fin à ma vie ce soir (...) Merci à l’OM pour avoir été la seule source de bonheur dans ma vie." Des internautes repèrent le message et préviennent la police, qui intervient à temps pour sauver le jeune homme. Il a été transféré aux urgences après une tentative de suicide. Ses jours sont maintenant hors de danger, précise Le Parisien.

 

Capture d\'écran du tweet du supporter de l\'OM.
Capture d'écran du tweet du supporter de l'OM. (TWITTER)

 

Dès la publication du message du jeune homme, internautes anonymes et supporters de l'Olympique de Marseille se sont mobilisés pour tenter de le dissuader. "Louis, reviens à la raison, reste avec nous, de belles choses t'attendent, crois-moi", lui a répondu le commentateur sportif Philousport"On parle en MP si tu veux, mais arrête tes conneries", a réagi de son côté René Malleville, supporter emblématique de l'OM.

Un soutien psychologique pour ses camarades

La mobilisation s'est aussi faite du côté de l'Institut européen du journalisme, où le jeune homme fait ses études. "Je passais une soirée avec des amis quand j’ai reçu des messages de Bruce Toussaint (Franceinfo) et Mohamed Bouhafsi (RMC), qui interviennent chez nous. Je suis rapidement passée à l’école pour retrouver ses coordonnées et les transmettre le plus rapidement possible à la police", a expliqué Magali Bonavia, directrice de l’IEJ, au Parisien

La directrice de l'école a aussi indiqué être la recherche d'un psychologue pour intervenir auprès de ses camarades de classe, qui sont choqués.

Plus violent que mes mots.

Par Le 25/01/2018

 

 

 

 

 

Quand je vois le comportement de ces gens et que je pense à ceux ou celles qui sont persuadés qu'en cas de crise majeure, alimentaire ou/et énergétique, les gens auront un comportement civique, ça m'amuse...

Là, c'est juste pour des pots de nutella qui sont bradés. Alors, imaginons pour de l'essence et des produits alimentaires de première nécessité. 

Que des gens continuent à acheter ce produit, déjà, c'est juste immonde mais qu'en plus ils en soient à se bousculer pour piller le stock avant les autres, c'est la pleine représentation de la "valeur" des individus. Juste des rats lobotomisés (les rats, eux, sont très intelligents).

Bon, qu'ils se goinfrent et qu'ils finissent avec le foie et le reste en carafe. Ça ne ramènera pas les orangs-outans et tous les autres animaux exterminés mais ça fera moins d'acheteurs. Toujours ça de gagné.

Oui, je sais, ça n'est pas bien de souhaiter la mort des gens. Qu'on me donne une autre solution alors avant que les derniers orangs-outans ne disparaissent. Il est impossible aujourd'hui de ne pas connaître la dévastation générée par la production d'huile de palme. Il est inexcusable dès lors de ne pas lire les étiquettes sur les emballages. Il est effroyable de considérer qu'un plaisir gustatif vaille davantage que la vie de la forêt toute entière. Il est terrifiant d'être aussi indifférents.

 

Alors, oui, je souhaite la mort à ces gens parce qu'ils ne sont rien que des bouches et des esprits malades et que le mal qu'ils font ne mérite aucune circonstance atténuante. 

Je ne suis pas bouddhiste parce que je récuse parfois la non-violence. Je suis violent dans mes propos et je sais que je pourrais l'être physiquement. Si j'avais par exemple le droit d'abattre les braconniers qui tuent les éléphants et les rhinocéros, je pourrais le faire. Sans aucune hésitation, sans même me demander qui est cet homme que j'abats. Pour la bonne raison que je n'y vois pas un être humain.

Et c'est là que je ne peux pas être bouddhiste. 

Non, tous les individus ne sont pas des êtres humains.

Beaucoup ne sont que des intestins insatisfaits ou des sexes hystériques, des bouches avides ou des cerveaux malades, des cerveaux couverts de pustules. Certains gouvernent des hommes, beaucoup les exploitent et les exploités malades ne peuvent rien voir puisque les puissants entretiennent leur dégénérescence. 

Il y dans cette humanité un nombre hallucinant de gens malades. Et pire que tout, terriblement contagieux. 

Oui, je me sens en danger puisque je sais, qu'à cause d'eux, je pourrais devenir plus violent encore que mes mots. 

Qui es-tu quand...?

Par Le 24/01/2018

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Thierry Ledru

 

Hum, hum, sacrée question... A mon sens, le problème n'est pas de se penser exister même quand personne ne nous regarde mais de savoir qui est regardé et qui est-ce qui se sent exister ? S'il s'agit de "je", quelle est la réalité intrinsèque de ce "je" et de quoi est-il constitué ? Si je prends en considération, le fait que, historiquement le "je" se constitue en partie à travers le regard des autres, est-ce que le fait que ce regard n'existe plus, le "je" se trouve "libéré" de l'empreinte des regards passés ? Si je prends comme exemple un enfant maltraité, psychologiquement, par des parents humiliants, on peut imaginer aisément qu'une fois adulte, l'impact de ces regards sera profondément ancré et que même une fois séparés de ces parents destructeurs, le "je" ne sera pas le "soi", c'est à dire un individu épuré mais un individu "regardé intérieurement" par les émotions néfastes qui perdurent.

Maintenant, si je prends l'exemple d'un sommet que je vois depuis la maison, du moment que je ne le regarde plus, il existe encore. Pour lui-même. Inaltérable, naturellement existant. Et peu lui importe, les regards aimants et détestés qui lui auront été portés. Sa nature de sommet de montagne n'en est pas altéré. Il s'agit donc pour moi d'atteindre cette plénitude...

Que je sois aimé ou détesté, cela ne change rien à ma nature. Le "soi" est ce qui reste lorsque les regards passés ne reçoivent plus aucune énergie pour qu'ils se maintiennent, qu'ils soient aimants ou pas.

On ne peut d'ailleurs souhaiter se défaire des regards néfastes pour ne garder que le bonheur des regards aimants. Il y a dans la quête de la joie l'inévitable balancier vers la peine. Il existe par contre la possibilité de ne pas apporter d'émotions exacerbées au phénomène... C'est là que se trouve la plénitude de la montagne.

Moi : entité mêlée à un environnement social et ne réagissant qu'à travers lui.
Je : entité ayant appris à se libérer de ce conditionnement. (ou tentant de le faire...)
Soi : entité incluant le Je dans une osmose avec l'Un.

Sylvain Tesson

Par Le 19/01/2018

« En ville, le libéral, le gauchiste, le révolutionnaire et le grand bourgeois paient leur pain, leur essence et leurs taxes. L'ermite, lui, ne demande ni ne donne rien à l'Etat. Il s'enfouit dans les bois, en tire substance. Son retrait constitue un manque à gagner pour le gouvernement. Devenir un manque à gagner devrait constituer l'objectif des révolutionnaires. Un repas de poisson grillé et de myrtilles cueillies dans la forêt est plus anti-étatique qu'une manifestation hérissée de drapeaux noirs.» Sylvain Tesson

https://www.hypnose-deconditionnement.com/blog/2017/12/21/sylvain-tesson-16-belles-pensees-dun-aventurier

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Sylvain Tesson : 16 belles pensées d'un Aventurier

21.12.2017, 01:024 commentaires

 

Sylvain Tesson : 16 belles pensées d'un Aventurier

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Parce que des fois, on enverrait bien tout bouler comme lui.

 

«Je m'étais promis avant mes quarante ans de vivre en ermite au fond des bois. Je me suis installé pendant six mois dans une cabane sibérienne sur les rives du lac Baïkal, à la pointe du cap des Cèdres du Nord. Un village à cent vingt kilomètres, pas de voisins, pas de routes d'accès, parfois, une visite. L'hiver, des températures de -30°C, l'été des ours sur les berges. Bref, le paradis.»

Sylvain Tesson, est un écrivain hors-norme, membre de la Société des explorateurs français, est un voyageur  à la plume inspirante. Entre sa traversée à vélo du désert central en Islande, son étape spéléologie à Bornéo, son tour du monde à bicyclette, sa traversée de l'Himalaya, à pied, ou encore l'exploration de l'Asie centrale à cheval, l'homme a de quoi nous enseigner. Voici une sélection quelques réflexions de l'aventurier, rédigées depuis une cabane au fond de la Sibérie ou simplement pendant ses aventures.

«On dispose de tout ce qu'il faut lorsque l'on organise sa vie autour de l'idée de ne rien posséder.» 

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« L'homme libre possède le temps. L'homme qui maîtrise l'espace est simplement puissant. En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent. Elles coulent de la plaie du temps blessé. Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et, soudain, on ne sait même plus qu'il est là. Je suis libre parce que mes jours le sont.»

 

« Rien ne vaut de passer un bon moment avec soi même, à parcourir les rayonnages de sa bibliothèque intérieure. »

«Comment peut-on préférer mettre les oiseaux dans la mire d'un fusil plutôt que dans le verre d'une jumelle ? »

 

 « Lorsqu'on quitte un lieu de bivouac, prendre soin de laisser deux choses. Premièrement : rien. Deuxièmement : ses remerciements." L'essentiel ? Ne pas peser trop à la surface du globe. »

 

« En ville, le libéral, le gauchiste, le révolutionnaire et le grand bourgeois paient leur pain, leur essence et leurs taxes. L'ermite, lui, ne demande ni ne donne rien à l'Etat. Il s'enfouit dans les bois, en tire substance. Son retrait constitue un manque à gagner pour le gouvernement. Devenir un manque à gagner devrait constituer l'objectif des révolutionnaires. Un repas de poisson grillé et de myrtilles cueillies dans la forêt est plus anti-étatique qu'une manifestation hérissée de drapeaux noirs.»

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« Lire nous confirme que la solitude est un trésor. Un livre peut changer une vie. Et dire qu'il n'y a aucune mise en garde d'inscrite sur la couverture !»

 

 « S'asseoir devant la fenêtre le thé à la main, laisser infuser les heures, offrir au paysage de décliner ses nuances, ne plus penser à rien et soudain saisir l'idée qui passe, la jeter sur le carnet de notes. Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. »

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« Je préfère les natures humaines qui ressemblent aux lacs gelés à celles qui ressemblent aux marais. Les premiers sont durs et froids en surface mais profonds, tourmentés et vivants en-dessous. Les seconds sont doux et spongieux d’apparence mais leur fond est inerte et imperméable. »

 

« Au cours de ces journées là-haut, je me consacre à la pure réjouissance d'être. Tirer sur son clope, seul, devant le lac ; ne nuire à rien, ne subir le diktat de personne, ne désirer pas plus que ce que l'on éprouve et savoir que la nature ne nous rejette pas. Dans la vie, il faut trois ingrédients : du soleil, un belvédère, et dans les jambes le souvenir lactique de l'effort. Et aussi des petits Montecristo. Le bonheur est fugace comme une bouffée de cigare. »

En avant, calme et fou : Une esthétique de la bécane .

 « L'ermite ne s'oppose pas, il épouse un mode de vie. Il ne dénonce pas un mensonge, il cherche une vérité. Il est physiquement inoffensif et on le tolère comme s'il appartenait à un ordre intermédiaire, une caste médiane entre le barbare et le civilisé. »

 

 « L'espérance est une insulte à l'instant.»

 

 « Je préfère les natures humaines qui ressemblent aux lacs gelés à celles qui ressemblent aux marais. Les premiers sont durs et froids en surface mais profonds, tourmentés et vivants en dessous. Les seconds sont doux et spongieux d'apparence mais leur fond est inerte et imperméable. »

« Un ermite ne menace pas la société des hommes. Tout juste en incarne-t-il la critique. Le vagabond chaparde. Le rebelle appointé s'exprime à la télévision. [...] »


« L'ermite se tient à l'écart, dans un refus poli. Il ressemble au convive qui, d'un geste doux, refuse un plat. Si la société disparaissait, l'ermite poursuivrait sa vie d'ermite. Les révoltés, eux, se trouveraient au chômage technique. L'ermite ne s'oppose pas, il épouse un mode de vie. Il ne dénonce pas un mensonge, il cherche une vérité. Il est physiquement inoffensif et on le tolère comme s'il appartenait à un ordre intermédiaire, une caste médiane entre le barbare et le civilisé. Yvain, le chevalier fou d'amour, erre tout nu dans la forêt. Il rencontre un ermite qui le recueille, le soigne, le ramène à la raison et le reconduit à la ville. L'ermite, passeur des mondes. »

 

« Il est bon de n'avoir pas à alimenter une conversation. D'où vient la difficulté de la vie en société? De cet impératif de trouver toujours quelque chose à dire. »

 

 «  L'enfer, ce n'est pas les autres, c'est l'obligation de vivre avec eux. Le mieux consiste donc à construire un donjon solitaire avec le ciment de son rêve suffisamment solide pour que le ressac du monde extérieur s'y fracasse. »

« Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. »

Dans les forêts de Sibérie

Sources :

Sur les chemins noirs - Sylvain Tesson

Dans les forêts de Sibérie - Sylvain Tesson

L'axe du loup - Sylvain Tesson

Une très légère oscillation  - Sylvain Tesson

En avant, calme et fou : Une esthétique de la bécane  - Sylvain Tesson

 

En lien avec avec les articles: 

Marc Aurèle - Pensées pour moi-même.  Extraits et citations inspirantes

 

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Tags : Changer de vie avec les livres, Déconditionnement, Hypnose, Inspiration, Sylvain Tesson

 

L'aéroport et le campagnol

Par Le 18/01/2018

La dernière question du journaliste est consternante et incite à la réflexion... Comment est-il possible de concevoir encore que la vie d'animaux n'est respectable qu'au yeux de leur "intérêt" pour l'humain ? C'est cette idée que la question contient.

"Est-ce si grave si le campagnol disparaît ? "

Ça me sidère.

En tout cas, les campagnols sont sauvés du désastre. Et tout ce qui vit avec eux dans cette zone humide.

 

http://www.20minutes.fr/nantes/1924935-20160915-dame-landes-interroge-specialiste-campagnol-amphibie-animal-menace-aeroport

publié le 15 septembre 2016

Un campagnol amphibie.

Un campagnol amphibie. — Pierre Rigaux

Il est inscrit sur la liste nationale des mammifères terrestres protégés depuis 2012. Le campagnol amphibie est devenu l’un des symboles de la biodiversité menacée par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L’inquiétude des naturalistes est montée d’un cran mercredi puisque le préfet de Loire-Atlantique a autorisé, de manière dérogatoire et sous conditions, sa destruction afin de mener les travaux de construction.

Mais qui est donc au juste ce petit animal inconnu du grand public ? Et pourquoi serait-il si précieux ? Le point avec Pierre Rigaux, administrateur de la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) et l’un des rares spécialistes du campagnol amphibie.

Un campagnol amphibie.
Un campagnol amphibie. - David Perez/wikimediacommons

A quoi ressemble-t-il ? C’est un rongeur d’une « vingtaine de centimètres (sans la queue) et qui pèse environ 200 g », donc un peu plus gros que ses cousins campagnols terrestres. Très bon nageur, vivant en groupe, il est actif de jour comme de nuit. Sa période de reproduction s’étend de mars à octobre. La femelle peut donner naissance à une douzaine de petits par an. « Très discret, de couleur brune, il est quasiment impossible à repérer par l’homme. »

Où vit-il ? Le long des cours d’eau, des marais et étangs. En France, on le trouve surtoutdans l’ouest, le centre et le sud-est. Dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes, la population serait « relativement importante ».

« Il faudrait des moyens humains énormes »

Qu’a-t-il de particulier ? « Il n’existe que deux espèces de rongeur indigènes évoluant en milieu aquatique en France : le castor et le campagnol amphibie [le ragondin est originaire d’Amérique du sud]. En dehors de la France, on ne le trouve que dans deux pays : l’Espagne et le Portugal. Son aire de répartition extrêmement réduite et sa population qui ne cesse de diminuer expliquent qu’il soit inscrit sur la liste rouge mondiale des espèces menacées de disparition. »

Pourquoi est-il menacé ? Principalement « à cause de la destruction des terres humides » lors de remblaiements ou projets urbains. Il est également une victime collatérale des campagnes d’empoisonnement des rats et ragondins dans les campagnes.

Sera-t-il facile de le transférer hors de Notre-Dame-des-Landes ? L’Etat prévoit le transfert des campagnols dans des zones dites de compensation. « C’est une véritable inconnue car ça n’a jamais été fait. On sait comment attraper quelques individus, avec des petits pièges, pour les étudier. Mais en capturer un très grand nombre, ça me paraît très compliqué. Il faudrait des moyens humains énormes, presque chirurgicaux. On va forcément en oublier sur le site, en particulier les petits qui ne sortent pas. Et puis il y aura de la mortalité car ce sont des animaux fragiles. Pour moi, c’est clair, on va droit vers une perte massive de campagnols amphibies. »

« On aura une mortalité invisible importante »

Peut-il s’adapter à un nouveau territoire ? « Si la zone a été bien pensée, oui, certains arriveront peut-être à s’intégrer et à se reproduire. Mais on peut craindre une mortalité invisible importante car ce sont des animaux territoriaux, très exigeants avec leur habitat. Ils ont en plus le défaut de se reproduire relativement lentement pour des rongeurs. Reconstituer une population n’est donc pas gagné d’avance. »

>> A lire aussi : La situation reste toujours critique pour le grand hamster d'Alsace

Au fond, est-ce si grave que ça s’il disparaît ? « Outre sa rareté, il a évidemment un rôle dans l’écosystème. Il se nourrit de végétation et participe donc à la régulation du milieu aquatique. Il sert aussi de proie à beaucoup de carnivores. Bien sûr, s’il disparaît, ça ne va pas changer notre quotidien à nous, humains. Mais ça ne justifie pas de le supprimer. »

 

Les marginaux.

Par Le 18/01/2018

 

 

Un mode de vie qui déplaît parce que "visuellement, ça ne colle pas" avec le tourisme mais sans eux, il n'y a plus de tourisme. 

Des jeunes qui participent à leur façon à la vie économique d'une région mais qui sont considérés comme des "marginaux" avec leurs allures "hors cadre".

Ah oui, bien entendu, ceux qui viennent là avec la dernière tenue à la mode sont plus intéressants.

Ils diraient même facilement que ces "individus" vivent au crochet de la société de consommation, que ce sont des profiteurs qui vont toucher le chômage quand la saison sera finie.

Mais aucun de ces "bien pensants" n'iraient se plaindre des milliards qui s'envolent dans les paradis fiscaux et qui ne profitent pas à cette société.

Qui sont les "marginaux" au final ?

Ceux qui vivent en camion avec peu de moyens et participent à la vie économique des régions ou ceux qui viennent profiter des lieux après avoir mis à l'abri l'argent qu'ils doivent à la société ? Les "rasta" sont-ils plus néfastes dans leur mode de vie minimaliste que les individus consommateurs outranciers qui participent à la sacro sainte croissance sans aucun regard critique sur leur comportement ? Après les vacances de Noël, les stations de Tarentaise ont mis à contribution ces saisonniers pour aller nettoyer les parkings, les pieds d'immeubles, les pistes de ski elle-mêmes, polluées par les touristes qui balancent sans vergogne leurs détritus. Il faut venir voir à la fonte de la neige sous les remontées mécaniques les centaines de déchets plastique qui ont été jetés par ceux qui ont les moyens de se payer des vacances.

Qui sont les "marginaux", qui sont les individus néfastes ? 

Les cravatés de la finance, les grands patrons, les politiciens et leurs "valises", et même l'individu "lambda" qui crachent sur les adeptes de la vie nomade, je les conspue. 

 

Qu'on enlève les saisonniers qui ramassent les fruits, qui font les vendanges, qui bossent sur la côte en été et en station en hiver, qu'on enlève ceux qui entretiennent leur potager et tentent d'atteindre une autonomie la plus grande, qui nettoient des forêts abandonnées aux broussailles, là où ils vivent, et empêchent les incendies, qui réhabilitent des habitats abandonnés parce que "c'est trop loin des grands centres commerciaux", ceux qui par leurs actes et non par leurs finances oeuvrent à une forme de vie où la simplicité volontaire est le fil conducteur, et on verra alors le vide immense que ça représentera dans une société indifférente à la mort de deux amoureux, carbonisés dans un camion...

A mes yeux, les vrais "marginaux" sont ces individus qui profitent de l'opulence de la société, autant que possible, en dehors de toutes considérations réfléchies sur la portée de leurs actes. Des marginaux de coeur et d'esprit, des êtres enfermés dans des visions étroites mais qui s'en réjouissent parce qu'ils font comme tout le monde et que ça les rassure. 

 

 

La Clusaz (Haute-Savoie), envoyé spécial. Le 3 janvier, un salarié des remontées mécaniques et sa compagne ont péri dans l’incendie 
du camion qui leur servait de domicile. 
Au début de la saison, les autorités locales 
avaient contraint 
les jeunes routards 
comme eux 
à s’installer sur 
un sentier forestier, 
sans eau, ni électricité, 
afin de ne pas gâcher le paysage.

Thomas et Margaux filaient le parfait amour. Ils étaient jeunes : lui, vingt ans ; elle, dix-sept. Ils avaient un chien aussi. Le garçon travaillait aux remontées mécaniques de La Clusaz et sa copine, encore étudiante, l’avait rejoint. Ils étaient sûrs d’être libres comme le grand air du massif des Aravis, en Haute-Savoie, leur département d’origine. Le 3 janvier, en début de soirée, le couple de saisonniers a péri, avec son fidèle compagnon, dans le violent incendie de son petit camion aménagé en logement sur le chemin forestier des Riffroids. Selon la mère de Margaux, on a retrouvé les corps enlacés. La gendarmerie a, elle, ouvert une enquête ; pour l’heure, après les autopsies, tout ce qu’on sait des circonstances, c’est que les décès sont liés au feu, mais, d’après leurs proches, leur matériel de chauffage qui venait d’être acheté n’était pas défectueux. Les parents des deux jeunes ont été orientés par les services municipaux vers la plate-forme téléphonique de SOS Victimes, et leurs copains, une vingtaine de saisonniers qui, eux aussi en camion ou camping-car, étaient les voisins du couple aux Riffroids, ont été déplacés. Les journalistes sont priés de s’adresser à l’office du tourisme : « C’est eux qui gèrent la communication », prévient-on à l’accueil de la mairie.

Une semaine à peine après le tragique accident, le naturel est revenu au galop. À La Clusaz, jeudi et vendredi, la liesse des sports d’hiver repart de plus belle. Devant l’entrée de l’église, une grosse sono crache des rythmes électro ragga pour promouvoir l’événement du week-end, le Radikal Mountain, avec un K comme dans marketing, étape du circuit mondial des champions du hors-piste, ces free-riders libres d’offrir leurs images belles et rebelles aux clips publicitaires de leurs sponsors. La caisse centrale des remontées mécaniques ne désemplit pas : les forfaits s’arrachent à 
193 euros la semaine. Les hôtels affichent complet, il reste quelques chambres à 220 euros la nuit dans un quatre-étoiles. Sur le panneau d’affichage réservé aux petites annonces, près de la mairie, une quinzaine de demandes de logement (studio, chambre, colocation, etc.) rédigées à la main par des saisonniers prennent la poussière. Un peu à l’écart, au milieu du sentier des Riffroids, loin derrière le panneau Décharge interdite, la neige recouvre déjà presque complètement le portrait de Margaux et Thomas punaisé sur un tronc noirci par les flammes. Dans ce chemin de glace enserré par les arbres, la nature reprend ses droits, elle aussi. L’ordre règne.

Dans le village, vendredi matin, une petite troupe finit par attirer l’attention. Ils ont des piercings, des boucles, des casquettes, des capuches, des dreadlocks pour certains… Au fond, ils ne sont pas bien différents des touristes, mais on voit bien derrière les masques d’indifférence qu’ils sont surveillés du coin de l’œil. Dans leurs mains, de petits tracts pour les commerçants qui les reçoivent sans hostilité affichée mais sans grand succès : sur la place de l’église, aucun magasin ne le mettra en vitrine, les affaires sont les affaires. Sur le document non signé, rien d’autre qu’un très sobre appel à participer samedi matin à une « marche blanche et silencieuse » en hommage à Thomas et Margaux. Car oui, ce sont eux, les « routards » ou les « teufeurs », comme les appellent les gens du cru, des saisonniers comme les autres, en fait, sauf qu’ils vivent dans des camions plus ou moins bien aménagés… Ils sont une quinzaine, là, ce sont les amis des deux jeunes décédés il y a quelques jours. Sur le moment, ces invisibles des stations, petites mains précaires du tourisme saisonnier, n’ont pas trop envie de raconter. « On a eu l’autorisation de faire notre marche, ce n’est pas l’heure de revenir sur ce qui s’est passé, même si c’est sûr qu’on a des choses à dire », s’excuse Skippy qui s’improvise porte-parole.

"Aucun d’entre nous ne voulait de cette impasse glaciale"

Très vite, pourtant, les langues se délient parce que tous refusent d’enterrer leurs morts sous la chape de la fatalité. Oui, ils ont choisi de faire les saisons en logeant dans leurs camions, glissent-ils en chœur, mais non, ils n’ont jamais voulu aller sur le chemin des Riffroids, bien cachés dans la forêt, sans soleil, ni eau, ni électricité. Ils y ont été conduits par les autorités locales à leur arrivée, alors que, l’année dernière, ils étaient sur le parking de la Cluse, là aussi à l’écart du village, sur une aire plus ouverte… à l’endroit même où ils sont retournés depuis le drame. « Thomas, il ne voulait pas y aller, aux Riffroids, témoigne Tibo. Aucun d’entre nous ne voulait de cette impasse glaciale. Il n’y avait pas une minute de soleil par jour, nos panneaux étaient inutilisables. On a tous dû acheter des poêles et du pétrole. Je chauffais mon camion jusqu’à deux heures du matin pour arriver à vingt degrés et je me levais à huit heures, avec deux, trois degrés sous le zéro à l’intérieur… On est devenus des bombes. Et derrière Thomas et Margaux, on aurait tous pu y passer ! » D’après ces jeunes saisonniers qui bossent dans les remontées mécaniques, les hôtels et les restaurants de La Clusaz, on les considère comme des détritus. « C’est le maire et le directeur des installations qui ont un jour parlé de nous comme d’une “pollution visuelle”, rapporte Skippy. C’est sûr qu’on ne dépense pas autant d’argent que les touristes, mais sans nous tout s’arrête… Aujourd’hui, ceux qui nous ont cachés dans les bois sans eau ni électricité aimeraient étouffer l’affaire. »

Un peu plus tard, sur le parking où ils sont désormais, entre les pistes de ski et la route, Émilie, l’une des copines de Thomas et Margaux, fait visiter son domicile propret, un gros camion, encore marqué « la Santé au travail », dans lequel elle vit à l’année avec son compagnon et Lula, sa chienne. « Je peux même faire un bon tajine », promet-elle. À l’intérieur, les jeunes décrivent un peu leur vie de précaires nomades : l’hiver dernier, certains d’entre eux étaient en Maurienne, « mais la mentalité était trop bizarre pour y retourner » ; l’été, ils étaient à Mimizan sur la côte landaise. Sur leur travail proprement dit, ils n’ont pas vraiment de récriminations : « On a des patrons très réglos », avance l’une des filles. Ils ne comptent pas les heures ; leurs salaires tournent en moyenne autour de « 1300, 1 500 euros net » pendant la saison, et ça leur convient, insistent-ils. Alors qu’une de leurs collègues, hébergée au foyer des travailleurs (36 places pour 1 200 saisonniers à La Clusaz), se plaint de payer 400 euros par mois pour une piaule sans avoir le droit d’inviter des gens chez elle, l’un des jeunes saisonniers, arrivé de Mimizan, confesse qu’à la différence des autres, comme c’était sa première saison d’hiver en montagne, il aurait bien pris un logement en dur : « Il n’y en avait pas, tout est bouclé longtemps à l’avance et c’est saturé, regrette-t-il. Alors, j’ai été obligé de me débrouiller… »

Dans la petite troupe, aucun de ces saisonniers ne se montre en rupture de ban, mais tous se sentent gommés du paysage. « Dans les documents administratifs, je cherche toujours la case “ saisonnier”, mais elle est rarement là », constate le copain d’Émilie. « On paye des taxes et, pour quelques-uns, des impôts, moi, je me sens appartenir à la société, revendique Skippy, un des seuls trentenaires du groupe, dreadlocks qui tombent jusqu’au bas du dos. Vous savez, il est normal d’être anarchiste à vingt ans, mais il est stupide de l’être encore à trente… Ça, c’est un adage que j’aime beaucoup ! »

"Des immeubles qui brûlent, il y en a aussi à Paris, non ?"

À l’office du tourisme, l’accueil est tout sourire. « Vous prendrez bien un café ? » propose une secrétaire. « Il y a une dimension humaine ici, on n’est pas une station industrielle, les touristes sont nos invités, se gargarise Alexis Bongard, le directeur chargé de gérer la communication. La Clusaz, c’est un village qui vit à l’année où on cherche à fidéliser nos saisonniers en proposant des CDI au bout de deux saisons. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de précaires, mais les raisons sont multiples : il y a la maladie, l’absence de famille… En fait, 80 % de nos saisonniers sont originaires du canton et vraiment, c’est plus facile de se loger à La Clusaz que dans les grandes villes ! » Au sujet de la mort de Thomas et Margaux, en particulier, l’homme au look savamment décoiffé évoque un « grand malheur », avant de se montrer moins affable : « Ce qui est en cause, c’est leur mode de vie qui est inadapté à la montagne. La station de La Clusaz fait beaucoup d’efforts pour dissuader de choisir ce mode de vie, mais la liberté existe en France. Après, des immeubles qui brûlent, il y en a aussi à Paris, non?»

Mais tout de même, est-ce pour éviter la « pollution visuelle » que ces jeunes saisonniers ont été parqués sur un étroit sentier forestier dépourvu de tout équipement ? Alexis Bongard n’accepte ni ne récuse l’expression utilisée, d’après les jeunes saisonniers, par ses patrons avant le drame pour justifier leur déplacement à l’abri des regards : « À l’automne, on a présenté les Riffroids et ils avaient répondu que ça leur allait… Ce sont eux qui ont envie d’être tranquilles, un peu à l’écart ! Après, c’est sûr que leurs dégaines ne les servent pas, mais ils ont des contrats de travail qui sont honorés… On ne tient vraiment pas à ce qu’ils se sentent marginalisés ou qu’ils se marginalisent. »

Samedi matin, le ciel s’est dégagé sur les Aravis. La neige est fraîche et le soleil généreux. Au loin, retentissent les explosions destinées à provoquer les avalanches. Le week-end s’annonce splendide pour la station. Sur la place du village, trois Ivoiriens, venus de Grenoble et employés comme videurs dans les boîtes de nuit, filent boire un petit jus. Devant un bar, un moniteur de ski fait une démonstration d’étanchéité de ses étuis pour téléphone, avant de prendre les commandes. L’heure de la marche blanche en hommage à Thomas et Margaux approche et voilà que quelques-uns de leurs copains arrivent, avec les vingt-cinq roses blanches et la couronne qu’ils ont achetées en se cotisant. Devant la mairie, les visages sont très fermés. La plupart des saisonniers logeant dans des camions sortent d’une rencontre avec le préfet de Haute-Savoie et le maire, mais ils refusent de commenter.

"Ici, les gonzes, il n’y a que le tiroir-caisse qui les intéresse"

Devant la presse, Georges-François Leclerc, le représentant de l’État dans le département, invite à « tirer les leçons » de ce qui s’est passé, mais « avec la tête froide »: «Je ne prendrai pas de mesures sous le coup de l’émotion, avertit-il, mais dans quelques semaines, nous annoncerons des recommandations générales. » À quelques pas derrière le préfet, André Vittoz, maire de La Clusaz, se tient immobile au milieu des saisonniers et des proches de Thomas et Margaux ; il porte une rutilante combinaison de ski bleu-blanc-rouge, siglée France, avec, contre son épaule gauche, sa paire de skis et, dans les mains, ses bâtons chapeautés par ses gants. « Non mais ce n’est pas vrai, mais quelle indécence : pendant qu’on honore nos amis, monsieur le maire part faire du ski », fulmine un des jeunes. Le cortège qui rassemble une centaine de personnes démarre, les cloches de l’église sonnent. Tout le parcours se déroule sans un mot, ni un représentant du village. « Je regarde, mais vraiment, je ne vois personne de La Clusaz », admettra, désolé, le seul habitant qui participe à l’hommage, mais qui préfère rester discret. « De toute façon, ici, les gonzes, il n’y a que le tiroir-caisse qui les intéresse », dénonce-t-il en mimant un bandit manchot.

Sur le chemin des Riffroids, à l’endroit même où les enfants sont morts, ce sont les mères qui prennent la parole avec dignité. « Thomas, il avait choisi cette vie, cet échange, ce partage, avance sa maman. Il avait trouvé sa petite communauté. Il voulait vivre en liberté, Thomas, sans rentrer dans le schéma métro-boulot-dodo. Il voulait vivre intensément, ne pas être captif d’un travail. » Celle de Margaux ajoute : « Au fond, ils ne demandaient pas grand-chose, un peu plus de lumière, du soleil, de l’eau et de l’électricité. Est-ce que deux morts suffiront pour que ça n’arrive plus ? » Collègue de Thomas aux remontées mécaniques et voisin de camion, Thibault laisse remonter sa colère en aparté : « On nous a parqués ici comme des animaux. Un drame est arrivé et ça passe à la trappe. À la limite, on en est à expliquer que c’est de notre faute si certains d’entre nous sont morts… »

Dans quelques mois, les copains saisonniers de Margaux et Thomas emmèneront leurs camions vers d’autres horizons. Pour La Clusaz, parti comme c’est parti, la saison aura été bonne. Les tiroirs-caisses déborderont. Et, sur le sentier des Riffroids, quand la neige fondra, les sédentaires retrouveront une couronne, des bougeoirs, des fleurs fanées dans leur plastique et deux petits anges dorés. Souvenirs d’un fait divers qui n’en était pas un.

« Les saisonniers doivent s’organiser » 
Réunis en fin de semaine dernière à Chambéry (Savoie), des délégués CGT 
des remontées mécaniques venus de différentes stations des Alpes 
et des Vosges témoignent de leurs situations. À Chamonix et aux Ménuires, les municipalités ont mis en place des aires aménagées payantes avec accès à des sanitaires, à de l’eau chaude et de l’électricité. Aux Carroz d’Arâches, les saisonniers payent dix euros par jour, mais sans accéder au moindre équipement. À Chatel, ils sont cachés dans la forêt, comme ils l’étaient 
à La Clusaz. « Il y a des endroits où c’est catastrophique, témoigne Antoine Fatiga, l’animateur national de la CGT des remontées mécaniques. On ne peut qu’inciter ces saisonniers en camion à prendre la parole et à s’organiser ! »

Retour de flammes

Par Le 17/01/2018

Il ne s'agit pas à mes yeux de "juger" l'inaction des municipalités, de la région ou de l'état. Techniquement, il est évident que le chantier est complexe. Ce qui m'interpelle le plus, c'est cette pratique du déversement sauvage pendant des décennies. Non seulement les entreprises locales mais les riverains. On peut y ajouter également tous les consommateurs. La pyramide est en place. Et maintenant, année après année, cette dévastation générale montre ses effets. Ce qui était caché ou que personne ne cherchait même à voir, tout cela éclate au grand jour. 

Nous allons avancer dans un avenir contaminé à tout jamais par un passé irrespectueux.  

On tient la symbolique de l'époque actuelle : on appelle ça un "retour de flammes".

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/havre/havre-ancienne-decharge-sauvage-falaises-dollemard-rejette-toujours-dechets-1403475.html

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Le Havre : L'ancienne décharge sauvage des falaises de Dollemard rejette toujours des déchets

 

© France 3 Baie de Seine © France 3 Baie de Seine

PARTAGES

Avec les récentes tempêtes, la mer a ramené sur les plages des tonnes de déchets. Pour définir leur provenance, de nombreux riverains du Havre et des environs ont tout de suite pensé à l'ancienne décharge sauvage de Dollemard. Jusqu'en 1999, des millions de mètres cube y ont été déversés.

Par Danilo Commodi 

Pour la voir de près, il faut marcher plus de trois kilomètres sur les galets, au pied des falaises. Et là, après une heure de marche, on se rend compte de l'ampleur de la décharge sauvage de Dollemard. Gravats, plastiques, pneumatiques, verre, ferraille, on y trouve toute sorte d'immondices.
Pendant des décennies et jusqu’en 1999, le haut de la falaise du Havre servait de déchetterie. Chaque jour des camions et des havrais venaient déverser impunément leurs bennes et poubelles. Des entreprises de BTP y avaient leur zone réservée.
D’éboulements en éboulements, des milliers de tonnes ont dévalé la falaise. Aujourd’hui, on observe une sédimentation qui s’effrite quand la mer vient brasser le pied de la falaise, à chaque tempête ou grande marée.
La mairie du Havre avait commandé une étude en 2011 pour voir s'il était possible de nettoyer les lieux. Les conclusions n’avaient pas délivré de solution miracle pour rendre la falaise et la plage propre. Aujourd’hui, des voix s’élèvent pour demander de nouveau de se pencher sur ce problème et trouver une solution. Une réunion est prochainement prévue entre la mairie du Havre, la préfecture de Seine-Maritime et la DREAL.
reportage de Danilo Commodi, David Frotté, Didier Meunier, Corinne Sala, Pascal Mahieu et Alexis Delahaye avec des interviews de :
- Annie Leroy
vice-présidente Ecologie pour Le Havre
- Franck Nicolon 
militant écologiste en 1994
- Jonathan Hénichart
président association Sea-Mer
- Marc Migraine
adjoint au maire du Havre, chargé de la nature en ville
- Hubert Dejean de la Batie
président du Conservatoire du Littoral

 

Décharge sauvage de Dollemard

 

TOUS, SAUF ELLE : Entre chaos et amour

Par Le 16/01/2018

Il est clair que le roman en cours et celui qui le suivra n'ont rien d'apaisant si on s'en tient aux éléments essentiels du scénario. Mais l'amour y prend malgré tout une place immense.

 

Unnamed 2

 

"Théo cherchait à comprendre. Laure dormait à ses côtés.

Ils s’étaient aimés et il aurait toujours été incapable d’en décrire le voyage.

La lumière. La même description que le témoin. Fabien et Laure. Des vagues mouvantes. Mais leur description allait beaucoup plus loin, si loin qu’il éprouvait d’immenses difficultés à les suivre.

« Un sentiment d’amour comme il n’en existe pas sur Terre, » avait dit Fabien.

Jamais, il n’aurait pensé entendre une phrase pareille dans la bouche d’un flic.

Et il se fustigeait maintenant d’avoir encore des pensées aussi ringardes.

Il était évident, quand il songeait au visage de Fabien et de Laure, que leur vécu commun était au-delà du connu. Dans sa carrière, il en avait écouté des récits, des témoignages, des racontars, des délires ou des histoires vécues invraisemblables et il avait, au fil de ces heures d’écoute, fini par développer une intuition infaillible. Le plus professionnel des menteurs, celui qui est persuadé de dire la vérité, même celui-là, il en devinait les failles, il en percevait les écarts de voix, les yeux menteurs, fuyants ou poreux, comme une conscience qui cherche à s’échapper d’elle-même, craintive et honteuse, une senteur âcre, la nervosité des mains, une ride frontale, une immobilité forcée, comme un diable à ressort, comprimé dans sa boîte. Il y avait toujours un signe.

Là, il n’y en avait jamais eu. Et non seulement, son intuition ne l’avait jamais alerté mais elle lui criait désormais l’évidence.

Tout était vrai.

La lumière les avait sauvés.

Fabien et Laure.

Et maintenant, Fabien allait peut-être retrouver l’usage de ses jambes.

Et lui, Théo, le flic bourru, l’ours des montagnes, le taiseux rationnel, quand il aimait le corps de Laure, il sentait en lui son âme grandir. Et il ne comprenait rien à l’image.

 

Sur le trajet du retour, après avoir laissé Fabien, apaisé et fabuleusement déterminé à remarcher, Théo avait demandé à Laure de lui raconter ses visions.

« Ce ne sont pas des visions, Théo, pas au sens d’hallucinations.

–Non, ça n’est pas ce que je voulais dire, Laure, excuse-moi si je t’ai blessée.

–Rien ne me blesse, Théo sinon, ce que je pourrais m’infliger moi-même. Ce ne sont pas des visions parce que les impressions sont bien davantage intérieures que visuelles. Ce que j’ai ressenti est bien plus extraordinaire encore que ce que j’ai vu. Et ce qui vibre, maintenant en moi, lorsque je médite, est bien plus vaste encore. C’est comme si cette lumière, depuis qu’elle m’a envahie, a déclenché une évolution dont je ne connais pas l’étape ultime. Je peux même t’avouer que je n’ai jamais joui aussi divinement. Et même si tu es un très bon amant, aussi ardent que tendre, tu n’es pas l’élément déclencheur de cet orgasme sidérant. Maintenant, ce que je vis à travers une étreinte sexuelle, c’est une connexion avec la lumière intérieure. Ton sexe agit comme une allumette. Il met le feu aux poudres mais il n’est pas la poudre lui-même. Il enflamme la vie en moi, intégralement et je lui suis d’ailleurs infiniment reconnaissante. »

Elle posa une main sur sa joue. Il tourna rapidement la tête et lui sourit.

« C’est très beau comme tu racontes ça, avoua-t-il, troublé.

–Mais le plus fabuleux, Théo, ça n’est pas ce niveau d’orgasme quand tu es en moi mais le fait que ça ne soit plus seulement explosif. Je ne saurais même pas dire combien de temps ça dure. Et je n’aurais jamais imaginé que l’intégralité du corps, jusqu’au bout des orteils ou le lobe des oreilles puisse en être envahie. J’aimerais maintenant pouvoir t’amener aussi haut et aussi profondément à la fois. »

Jamais aucune de ses compagnes ne lui avait témoigné une telle liberté de paroles et une telle confiance, jamais il n’avait été honoré par de telles confidences et il sentit alors combien, il était simple de parler dès lors qu’il s’agissait d’amour. Lui qui avait toujours souffert d’une certitude opposée.

« Je n’arriverai pas à te décrire ce que je vis avec toi, Laure, quand on fait l’amour ou même juste à tes côtés, ou même juste à penser à toi, jamais, je n’arriverai à te dire combien tout cela me bouleverse, comme tout cela m’empêche de réfléchir et comme c’est délicieux, enivrant et lumineux. Tu vois, cette lumière, je l’imagine maintenant et je l’appelle, je l’invite, je lui dis à quel point j’aimerais qu’elle m’envahisse également. Quand on s’est rencontré la première fois, j’ai eu l’impression que tu étais dans une bulle, dans une espèce d’espace inaccessible. Je m’en voulais de perdre pied devant toi et je t’en voulais aussi d’être aussi déstabilisante. Et c’est en même temps ce qui m’attirait. Tu sais, on ne se connaît pas depuis longtemps, mais tu n’imagines pas à quel point, j’ai changé à tes côtés. Des changements qui font que je me lève heureux et que je me couche avec reconnaissance.

–Je t’ai vu changer, Théo. Même physiquement tu as changé parce que ce sourire intérieur se lit sur ton visage, sur ta façon de marcher, sur la douceur de ton regard, sur la tendresse de tes gestes, sur cette façon que tu as de me protéger, non pas parce que je serais une faible femme mais parce que tu puises dans cette attitude la fierté d’être un homme. Tu n’avais plus de femme dans ta vie et donc plus d’amour à donner, ni à elle, ni à toi. Mais si tu n’as plus d’amour pour toi, tu n’as rien à donner. Ce que tu chercherais, pour te soulager, c’est de piller en l’autre l’amour qu’il a pour lui. Il y a énormément de couples qui se font et se défont dans cette guerre froide qui ne dit pas son nom. Des individus qui finissent par ne plus s’aimer eux-mêmes tant ils ont été vidés de leur substance. Je sais que tu es à l’opposé de ce gâchis. Et l’homme que tu es aujourd’hui est le seul qui m’importe. Celui d’hier n’existe plus. Celui que tu seras demain, je ne pourrai en parler que le jour même. Il n’y a rien d’autre que l’instant et chaque instant, je veux le vivre avec toi.

–Pour l’instant, intervint Théo, en souriant.

–Oui, c’est ça, pour l’instant.

–Tu vois, cette phrase-là, elle est très importante pour moi et elle explique que je ne sois pas revenu le soir où tu m’avais invité. J’avais peur de ce que l’amour risquait de m’imposer. Je n’aime pas l’idée d’engagement. Je l’ai déjà vécu et c’est un désastre. Pour moi, être amoureux, c’est comme l’impossibilité de vivre l’instant parce que l’avenir devient encore plus inquiétant.

–Pourquoi inquiétant ? demanda Laure, intriguée.

–Je cherche à me préserver du prochain chaos, à l’anticiper au mieux et c’est une tâche immense et qui occupe une grande partie de ma vie. Mais de devoir étendre cette tâche à un autre individu, c’est quelque chose qui me paraissait impossible. Ça ne l’est plus. Et je précise que je n’ai aucune difficulté à aimer chaque instant avec toi.

–Moi aussi, Théo. »

 

Ils s’étaient couchés, sitôt arrivés. Laure avait tourné le dos à Théo puis elle s’était collée à lui. Elle aimait infiniment sentir le corps chaud contre sa peau, contre ses fesses, elle aimait tout autant lorsqu’il passait les bras devant elle et venait caresser ses seins, son ventre, ses cuisses, son pubis, son visage, son cou… Elle aimait sa douceur autant que celle de sa peau.

 

« Tu sais, Théo, tout à l’heure, quand tu as dit que tu aimais chaque instant avec moi ?

–Oui, eh bien ?

–Je ne pense pas qu’il y ait plusieurs instants et qu’on passe sans cesse de l’un à l’autre. J’imagine plutôt un seul instant mais qui est rempli différemment. On ne  passerait donc pas d’instant en instant mais d’une activité quelconque à une autre dans le même instant, puisqu’il serait unique.

–Oui, ça me plaît beaucoup comme image et je pense que c’est juste.

–Et du coup, le Temps devient une illusion totale qui ne prend forme qu’au regard du souvenir des activités que nous avons connues dans le passé et de celles  que nous imaginons pour la suite. Mais ce passé et ce futur ne sont dès lors que des tiroirs psychologiques et n’ont en eux-mêmes aucune réalité. Personne ne peut concevoir le passé en dehors de ses propres pensées, il n’existe pas. Et c’est la même chose pour le futur. Personne ne peut le concevoir en dehors de ses propres pensées. Mais ce qui est pensé n’en devient pas pour autant réel. Ça n’est toujours qu’une vue d’un seul esprit et une autre personne en aurait une différente, selon ses propres schémas de pensées. Aucun passé ne peut être commun. Aucun futur ne le sera jamais. Par contre, l’amour entre les êtres offre la possibilité pour deux individus de vivre communément l’instant présent, d'être unifiés dans l'instant, l'unique, non pas chacun en soi mais chacun en l'autre jusqu'à n'être plus qu'un. Et c’est ce que je vis avec toi. »

Message tantrique.

Par Le 14/01/2018

Un très beau texte auquel j'adhère intégralement, une page Facebook de très grande qualité. Les écrits de Marylin sont à connaître.

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Marilyn Feelyn Tantra

8 h · 

SANTOSHA, félicité... trouver la plénitude à chaque instant. Dans cette quête du bonheur légitime, l'erreur est de vouloir et de faire. La satisfaction ne se trouve pas quand on fait. Etre. Juste être. Présent. Intensément. Dans les gestes les plus banals ou les plus intimes de notre quotidien. A chaque instant, être présent. Mon expérience tantrique la plus forte sans doute, c'était dans un stage où j'ai rejoint la cuisinière pour lui porter mon aide. En épluchant des patates ! Méditation et extase tantrique, pas forcément où on l'attend. Je n'étais pas en train de faire. Faire ça sépare de l'extérieur. Etre. Que vous soyez en train de masser votre amant(e) ou de balayer votre parterre. Il n'y a rien d'autre que ce qui est en cet instant. Donc être plutôt que faire.
L'autre piège c'est avoir. Cette avidité de posséder. Ce qui vous éloigne de la plénitude et la satisfaction. Comme par exemple AVOIR DU PLAISIR. Il y a dessous ce "Je veux", "je prends", "j'ai droit" ... "jeveuxzetjexige".
Ça part de la frustration. De l'avidité. De la pulsion qui met sous emprise. Ça éloigne toujours du présent pour vous projeter dans l'après, dans le futur. Ça empêche de sentir. Ce qui et là. Par ses sens. Dans son corps. 
Je préfère encore et toujours partir de l'être. Etre, c'est juste être présent ici et maintenant. Là où je suis. Comment faire autrement? 
En tout. Dans les tâches les plus simples. Quand on marche, quand on se rend d'un point à un autre. Dans la sexualité aussi. Dans la relation à deux, le plus précieux de la rencontre. Etre présent à Soi, et aussi à l'autre.
Etre amour. A partir de là je peux faire. Faire l'amour, dans ses infinies manifestations...et en découle le plaisir...C'est cadeau ! 
ETRE, seul ou à deux, dans la plénitude de l'être.

Alors...être, faire ou avoir? Vous avez toujours le choix...
celui de la frustration ou de la Joie.

Love M'Lyn
Marilyn Feelyn Tantra
Masculin Féminin Sacré

www.feelyn.fr - tel. 06 52 448 777

Pour l'expérimenter :

*Sessions tantriques individuelles sur RDV (Lyon Avignon Paris)
Massage Tantrique Cachemirien - Soins Sacré pour Elle 

www.feelyn-tantra.fr

*Tantra de la Joie : 20 et 21 Janvier
https://www.facebook.com/events/146150099443497/

*Massage Tantrique (tradition du Cachemire)
10 et 11 février à Lyon 

https://www.facebook.com/events/1524660680942870/

*Magie de l'énergie sexuelle 17 et 18 février 2018 à Antibes
https://www.facebook.com/events/711400369056888/

* Marche Nomade initiatique dans le désert 
https://www.facebook.com/events/124877308220039/
et d'autres propositions à venir (en solo et pour les Couples)

'Hmmmmmmmm.........."

Par Le 11/01/2018

7776273738 la planete terre photographiee par la mission apollo le 7 decembre 1972

 

"TOUS, SAUF ELLE"

Figueras avait entendu le son de la Terre, il avait senti dans ses fibres la résonnance, le murmure lancinant des douleurs, la plainte infinie des souffrances. Il avait senti le soupir remonter des entrailles, comme un souffle sans fin. Il avait deviné les pleurs qui ruissellent, un trop-plein que plus rien ne pouvait contenir. Aucune colère, aucun désir de vengeance. Juste un équilibre à rétablir, une respiration salvatrice. Il avait entendu ce que les Mamus lui avaient enseigné. Il en connaissait le sens, la raison de son émergence, la captation jusque-là impossible. Comme l’esprit d’un dormeur remontant vers le réveil, le grondement allait s’étendre à la surface du monde.

« Hmmm…Hmmmmm..Hmmmmmmmm… »

Figueras avait entendu.

À la limite de l’indicible et c’était pourtant là.

À ces milliards d’humains qui pensaient follement se mouvoir sur une surface impassible, juste agitée parfois de soubresauts éphémères, le bruit de la Terre allait retentir."

 

Ce bourdonnement mystérieux qui rend fou, de l'Angleterre au Canada

 

Ce bourdonnement mystérieux qui rend fou, de l'Angleterre au Canada La journaliste de la BBC Linda Geddes a enquêté sur le "hum". (Capture d'écran/BBC)

Des bruits étranges sont entendus par une partie de la population mondiale. Certains d'entre eux sont toujours inexpliqués...

Par 

C'est un bruit bizarre entendu en différents endroits de la planète, de l'Ecosse au Canada en passant par le Maroc ou le Nouveau-Mexique. Un ronronnement entêtant, qui dérange, qui intrigue. Baptisé "the hum" (le bourdonnement en anglais), ce phénomène sonore a été signalé pour la première fois dans les années 1970, dans la ville anglaise de Bristol.

Certains l'ont comparé à un moteur diesel tournant au ralenti dans le lointain, comme si un camion était dans la rue d'à côté. On parle de  bourdonnement, de tintement, de ronronnement, mais il est difficile à définir. Le seul élément sur lequel s'accordent les témoins auditifs, c'est que ce bruit est sacrément ennuyeux.

"C'est comme un bruit de moteur"

La journaliste de la BBC Linda Geddes racontait l'an dernier sa première expérience du "hum" : "Il est 11 heures du matin et je suis soudain consciente de ce bruit bourdonnant et pulsant, un peu comme une perceuse ou une disqueuse lointaine. Mais ce n'est pas seulement un bruit. On dirait que mon oreille interne est en train de vibrer."

Les centaines d'habitants de Bristol qui s'étaient plaints dans les années 1970 n'ont pas à l'époque reçu de réponse satisfaisante. Un temps disparu, le "hum" y a pourtant refait surface en 2016, amplifié cette fois par les réseaux sociaux. Et ça continue. Au mois d'octobre, une habitante se confiait au "Bristol Post" :

"Ça me rend dingue. Je ne le remarque que la nuit, quand tout est éteint et qu'il y a moins de circulation. Mais quand je m'allonge, ça devient encore plus fort. J'ai essayé de mettre des bouchons d'oreilles, mais je l'entends toujours, c'est comme un bruit de moteur, mais ça pulse."

"Son venu du ciel"

Bristol n'est pas un cas isolé. La ville canadienne de Windsor est un autre exemple frappant. Le bruit est plutôt dans les basses, on évoque des grommellements façon Barry White. Des centaines d'habitants se plaignent d'incidences de ce fameux bruit sur leur santé. Sauf que dans ce cas-là, il y a un coupable possible : certains montrent du doigt une zone industrielle américaine située à Détroit, de l'autre côté de la frontière.

A Taos, au Nouveau-Mexique, bourgade connue notamment pour accueillir le ranch de Julia Roberts, c'est environ 2% de la population qui entend le bourdonnement local, dont les premières occurrences remonteraient aux années 1990. En 1995, des scientifiques de l'université de l'Etat ont effectué des recherches sur place, sans obtenir de résultats concluants malgré de nombreux tests et l'utilisation d'instruments destinés à capter le fameux son.

D'autres endroits du monde connaissent ou ont connu des phénomènes similaires : Bornéo, l'Indiana... Au Maroc, c'est un "son venu du ciel" qui était décrit l'an dernier après des témoignages venant de plusieurs grandes villes.

Une carte du "hum" dans le monde. (Capture d'écran/BBC)

Mais d'où vient le "hum" ?

S'il a de quoi laisser perplexe, le bourdonnement semble avoir convaincu les scientifiques qu'il ne s'agit pas d'une hallucination collective. Cela ne signifie pas pour autant qu'ils aient trouvé une origine certaine à ce bruit que la rumeur publique attribue aux causes les plus diverses, allant des bruits d'icebergs aux fermes éoliennes en passant par les sous-marins et les lignes à haute tension. On a même évoqué les acouphènes, ces sons que certaines personnes entendent sans qu'ils soient associés à des bruits dans leur environnement.

Peu d'études ont été consacrées au "hum". La première d'importance date de 2004 et est due à David Deming, de l'université de l'Oklahoma. Il exclut les acouphènes, et signale qu'il "peut se manifester par des vibrations ressenties dans le corps et est souvent accompagné par une suite de symptômes physiques qui incluent maux de tête, nausée et douleur dans les oreilles".

Il reconnaît cependant le peu de données disponibles, mais envisage une hypothèse : que certaines personnes aient la capacité d'interpréter certaines longueurs d'ondes radio (notamment les très basses fréquences) sous forme de son.

Parmi les causes envisagées par Glen McPherson, de l'université de Colombie Britannique, qui s'est penché sur le sujet, le "hum" pourrait être "l'accumulation de sons à basses fréquences et d'infrasons générés par les humains", ce qui inclurait ce qui va "des bruits d'autoroute à toutes sortes d'activités industrielles". Mais il tend à privilégier l'hypothèse de David Deming.

Le tintement du fond de l'Arctique

Durant l'été 2016, dans le grand Nord canadien, des chasseurs ont signalé un son mystérieux semblant provenir du fond de l'océan Arctique, dans un petit détroit situé à une centaine de kilomètres de la bourgade d'Igloolik. Un bruit inquiétant selon eux, car il fait fuir baleines et phoques qui passent habituellement par ce détroit.

Le gouvernement canadien les a pris au sérieux et a patrouillé dans le secteur, envoyant même un spécialiste sur place. Rien n'a pu être mesuré, et aucune explication officielle n'a pu être fournie. Aux dernières nouvelles, "le dossier est clos".

Plus récemment, des chercheurs du CNRS ont mis en avant une autre cause possible : il s'agirait du "bourdonnement de la Terre", créé par l'action de l'océan sur la terre ferme, les vagues faisant vibrer le fond de l'océan.

Ce ne sont probablement pas les seules explications, comme le démontrent des bruits particuliers enregistrés en d'autres endroits de la planète.

Le bruit métallique de la fosse des Mariannes

La fosse des Mariannes n'est pas seulement l'endroit le plus profond des océans, c'est aussi le siège d'un bruit qui a intrigué les scientifiques durant plusieurs années. En 2014 et 2015, des sondes sous-marines capables de plonger jusqu'à 1.000 mètres de profondeur y enregistraient des bruits complexes se terminant par un son métallique. Finalement, des chercheurs de l'université d'état de l'Oregon (Etats-Unis) identifiaient l'origine du bruit : il s'agirait d'un chant de baleine inconnu jusque-là.

 

Le bruit enregistré dans la fosse des Mariannes.  (ORCAA Lab)

La migration des animaux marins

Pour ceux qui sont proches de l'océan, une source de bruit serait... la migration des poissons, crevettes et autres méduses, selon une étude menée par des scientifiques de l'université de San Diego (Californie). Ces chercheurs ont enregistré un son à peine plus fort que le bruit de fond de l'océan et en ont déterminé la possible origine. Nombre de petits animaux marins remonteraient en masse au crépuscule pour aller se nourrir et redescendraient à l'aube vers la sécurité des profondeurs.  Leurs migrations massives et régulières produiraient cette vibration significative, mais les scientifiques n'ont pas encore déterminé si elles sont dues à une espèce en particulier.

Le chant des aurores boréales

 

Le son des aurores boréales. (université d'Aalto, Finlande)

Ceux qui ont la chance d'observer régulièrement des aurores boréales l'ont peut-être remarqué, elles ne sont pas entièrement silencieuses. Bien sûr, leur bruit est peu perceptible et est souvent couvert par d'autres sons naturels, mais il existe, et un acousticien finlandais, Unto K.Laine, professeur à l'université d'Aalto, en est le spécialiste. L'an dernier, il a même avancé une explication sur la manière dont ces sons sont produits.

En général, l'air se refroidit au fur et à mesure que l'on monte en altitude, mais dans des conditions vraiment froides et par temps calme, l'air froid est plus près du sol alors que de l'air plus chaud s'est élevé, un phénomène connu des spécialistes sous le nom de couches d'inversion. Des charges électriques s'accumulent dans l'air froid au-dessus et au-dessous de cette couche. Lorsque l'aurore polaire se produit sous l'effet du vent solaire, l'électricité entre les deux couches se décharge, avec des étincelles qui émettent des sons (et une activité magnétique) que l'on peut mesurer. Le volume des sons varie alors en fonction de l'intensité des aurores.

Le bruit de la Terre qui bouge

En théorie, on ne peut pas l'entendre, mais on peut le mesurer : le son que fait la Terre en bougeant n'est pas une vue de l'esprit, et une équipe de scientifiques emmenée par Martha Deen, de l'Institut de physique du globe de Paris, l'a enregistré. Car notre planète est sans arrêt en mouvement, et pas seulement lors des tremblements de terre. L'écorce terrestre bouge sans arrêt, ce que les spécialistes nomment une "oscillation libre permanente". Et ce déplacement fait du bruit, mais à des fréquences inaudibles, à peu près 10.000 fois plus basses que celles que peut capter l'oreille humaine. Ce sont ces vibrations qui ont été mesurées au fond de l'océan grâce à des instruments déployés pendant presque un an au large de La Réunion.

Si le "bruit de la Terre qui bouge" n'est apparemment pas à l'origine du "hum", on voit qu'il y a une brochette de suspects possibles. Et ont peut espérer qu'un jour la science apporte une réponse définitive à ces mystérieux bourdonnements qui hantent les nuits d'une partie de la population de la planète...

CON

Entre la peine et la joie

Par Le 09/01/2018

 

Aucun texte alternatif disponible.

Aujourd'hui avait lieu l'hommage pour Robert, le pompier mort en intervention dans la vallée. Mille personnes qui ont prié avec leurs mots, des mots qui sont montés par "la grande échelle" que Robert a empruntée, beaucoup trop tôt.

Le même jour, une élève de ma classe a posé ce petit mot sur mon bureau.

Et cette journée marquée par le deuil et la tristesse se trouve emplie également par ce petit mot coloré, porteur d'une joie que je reçois comme un immense cadeau, un rayon de soleil. 
Comme une balance qui s'équilibre entre la peine et la joie, entre le désarroi et le bonheur.

Les enfants m'ont manqué pendant trois ans, trois ans à lutter contre une administation que je conspue parce que c'est affligeant, pitoyable, insignifiant, d'une lourdeur effroyable, d'une prétention absolue...

Je repense à l'inspectrice qui passe dans l'école et me demande de la rejoindre dans le couloir et qui me reproche de ne pas avoir "d'emploi du temps"...

Je lui ai répondu que le temps ne s'emploie pas, il n'y a que le don de l'instant, ce don à saisir, dans l'écoute, l'attention et l'empathie, l'accueil et l'énergie de l'amour.

Je n'ai pas d'emploi du temps parce que lorsque je rentre dans la classe, je ne sais pas ce que je vais y faire. D'abord, je vais écouter, discuter, partager et ensuite, selon ce que j'entendrai, je déciderai de ce qui est "bon, juste et utile" pour les enfants à cet instant et qu'il ne m'est d'aucune importance de faire de la grammaire ou des maths ou de la lecture ou autre chose.

La seule chose qui m'importe, c'est de parvenir à leur transmettre le désir d'apprendre, qu'ils ressentent ce besoin, comme un manque, comme un besoin physique et spirituel. Comme lorsqu'ils ont faim et qu'ils mangent, je veux, de tout mon cœur qu'ils éprouvent la soif d'apprendre. Je lui ai expliqué que l'amour de la connaissance, c'est un enracinement, qu'il faut aller puiser les nourritures au plus profond, dans toutes les directions, absorber, enrichir la sève et que cet enracinement est la plus grande force qui soit, qu'elle leur donnera la capacité de résister à toutes les tempêtes de l'existence, que rien ne les fera tomber, qu'ils seront des arbres de vie.

Donc, je peux commencer par une citation d'un philosophe ou une carte de géographie ou un problème de mathématiques et basculer en un instant dans une information de sciences parce que, dans l'instant, elle aura son importance et qu'elle viendra s'adjoindre à toutes les autres pièces du puzzle de la connaissance, un puzzle dont l'image finale n'existe même pas parce qu'elle grandit à chaque pièce qu'on pose en soi. 

Elle n'a rien compris et a sans doute dû se précipiter ensuite dans son bureau pour aller y lire ce que "l'administration" pense de moi, ce qui est écrit sur leurs "dossiers", sur leurs "rapports", sur leurs "jugements" avec leurs "critères". Elle a dû y rajouter un commentaire qu'elle aura surligné en rouge : "élément rebelle à surveiller."

S'ils savaient ce que je pense d'eux... Ils m'ont convoqué huit fois en hôpital psychiatrique. S'ils peuvent recommencer, ils ne s'en priveront pas.

Mais je resterai le même jusqu'au dernier jour.

Parce qu'il me serait insupportable de trahir les enfants. 

En conscience.

Par Le 06/01/2018

"C'est au-delà des mots. Et quand on tente d'en parler, on le désacralise. Les mots sont impuissants."

Portes au dela

Voilà... Tout le problème dans mon écriture, elle est là. Trouver les mots sans "trahir" ou pire encore salir cette beauté ineffable.

Parvenir à transmettre cette dimension du "sacré" sans pour autant faire fuir. 

J'ai essayé de traduire tout cela dans "KUNDALINI" et le mot "traduire" est parfaitement adapté puisqu'il s'agit d'une "langue écrite" qui semble relever d'une langue étrangère.

L'écriture de "TOUS, SAUF ELLE" est une nouvelle tentative.

Tout cela restera peut-être à l'état de manuscrit et ne sera jamais lu. 

Mais, ça, c'est au-delà de ma volonté, de ma responsabilité, je n'y peux rien. 

Le pire serait de décider "d'alléger" mon propos pour pouvoir me donner une "chance" supplémentaire d'être lu. Et ça ne serait du coup absolument pas une "chance" mais un désastre. 

Je suis heureux en tout cas d'avoir croisé la route de ce documentaire.

 

 

 

Lettre à Ménécée

Par Le 06/01/2018

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Source: indéterminée. 
  

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ÉPICURE

Lettre à Ménécée


 

Epicure à Ménécée,

Même jeune, on ne doit pas hésiter à philosopher. Ni, même au seuil de la vieillesse, se fatiguer de l’exercice philosophique. Il n’est jamais trop tôt, qui que l’on soit, ni trop tard pour l’assainissement de l’âme. Tel, qui dit que l’heure de philosopher n’est pas venue ou qu’elle est déjà passée, ressemble à qui dirait que pour le bonheur, l’heure n’est pas venue ou qu’elle n’est plus. Sont donc appelés à philosopher le jeune comme le vieux. Le second pour que, vieillissant, il reste jeune en biens par esprit de gratitude à l’égard du passé. Le premier pour que jeune, il soit aussi un ancien par son sang-froid à l’égard de l’avenir. En définitive, on doit donc se préoccuper de ce qui crée le bonheur, s’il est vrai qu’avec lui nous possédons tout, et que sans lui nous faisons tout pour l’obtenir.

Ces conceptions, dont je t’ai constamment entretenu, garde-les en tête. Ne les perds pas de vue quand tu agis, en connaissant clairement qu’elles sont les principes de base du bien vivre.

D’abord, tenant le dieu pour un vivant immortel et bienheureux, selon la notion du dieu communément pressentie, ne lui attribue rien d’étranger à son immortalité ni rien d’incompatible avec sa béatitude. Crédite-le, en revanche, de tout ce qui est susceptible de lui conserver, avec l’immortalité, cette béatitude. Car les dieux existent : évidente est la connaissance que nous avons d’eux. Mais tels que la foule les imagine communément, ils n’existent pas : les gens ne prennent pas garde à la cohérence de ce qu’ils imaginent. N’est pas impie qui refuse des dieux populaires, mais qui, sur les dieux, projette les superstitions populaires. Les explications des gens à propos des dieux ne sont pas des notions établies à travers nos sens, mais des suppositions sans fondement. De là l’idée que les plus grands dommages sont amenés par les dieux ainsi que les bienfaits. En fait, c’est en totale affinité avec ses propres vertus que l’on accueille ceux qui sont semblables à soi-même, considérant comme étranger tout ce qui n’est pas tel que soi.

Accoutume-toi à penser que pour nous la mort n’est rien, puisque tout bien et tout mal résident dans la sensation, et que la mort est l’éradication de nos sensations. Dès lors, la juste prise de conscience que la mort ne nous est rien autorise à jouir du caractère mortel de la vie : non pas en lui conférant une durée infinie, mais en l’amputant du désir d’immortalité.

Il s’ensuit qu’il n’y a rien d’effrayant dans le fait de vivre, pour qui est authentiquement conscient qu’il n’existe rien d’effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre. Stupide est donc celui qui dit avoir peur de la mort non parce qu’il souffrira en mourant, mais parce qu’il souffre à l’idée qu’elle approche. Ce dont l’existence ne gêne point, c’est vraiment pour rien qu’on souffre de l’attendre ! Le plus effrayant des maux, la mort ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, c’est nous qui ne sommes plus ! Elle ne concerne donc ni les vivants ni les trépassés, étant donné que pour les uns, elle n’est point, et que les autres ne sont plus. Beaucoup de gens pourtant fuient la mort, soit en tant que plus grands des malheurs, soit en tant que point final des choses de la vie.

Le sage, lui ne craint pas le fait de n’être pas en vie : vivre ne lui convulse pas l’estomac, sans qu’il estime être mauvais de ne pas vivre. De même qu’il ne choisit jamais la nourriture la plus plantureuse, mais la plus goûteuse, ainsi n’est-ce point le temps le plus long, mais le plus fruité qu’il butine ? Celui qui incite d’un côté le jeune à bien vivre, de l’autre le vieillard à bien mourir est un niais, non tant parce que la vie a de l’agrément, mais surtout parce que bien vivre et bien mourir constituent un seul et même exercice. Plus stupide encore celui qui dit beau de n’être pas né, ou « sitôt né, de franchir les portes de l’Hadès ».

S’il est persuadé de ce qu’il dit, que ne quitte-t-il la vie sur-le-champ ? Il en a l’immédiate possibilité, pour peu qu’il le veuille vraiment. S’il veut seulement jouer les provocateurs, sa désinvolture en la matière est déplacée.

Souvenons-nous d’ailleurs que l’avenir, ni ne nous appartient, ni ne nous échappe absolument, afin de ne pas tout à fait l’attendre comme devant exister, et de n’en point désespérer comme devant certainement ne pas exister.

Il est également à considérer que certains d’entre les désirs sont naturels, d’autres vains, et que si certains des désirs naturels sont nécessaires, d’autres ne sont seulement que naturels. Parmi les désirs nécessaires, certains sont nécessaires au bonheur, d’autres à la tranquillité durable du corps, d’autres à la vie même. Or, une réflexion irréprochable à ce propos sait rapporter tout choix et tout rejet à la santé du corps et à la sérénité de l’âme, puisque tel est le but de la vie bienheureuse. C’est sous son influence que nous faisons toute chose, dans la perspective d’éviter la souffrance et l’angoisse. Quand une bonne fois cette influence a établi sur nous son empire, toute tempête de l’âme se dissipe, le vivant n’ayant plus à courir comme après l’objet d’un manque, ni à rechercher cet autre par quoi le bien, de l’âme et du corps serait comblé. C’est alors que nous avons besoin de plaisir : quand le plaisir nous torture par sa non-présence. Autrement, nous ne sommes plus sous la dépendance du plaisir.

Voilà pourquoi nous disons que le plaisir est le principe et le but de la vie bienheureuse. C’est lui que nous avons reconnu comme bien premier et congénital. C’est de lui que nous recevons le signal de tout choix et rejet. C’est à lui que nous aboutissons comme règle, en jugeant tout bien d’après son impact sur notre sensibilité. 
  

 

Justement parce qu’il est le bien premier et né avec notre nature, nous ne bondissons pas sur n’importe quel plaisir : il existe beaucoup de plaisirs auxquels nous ne nous arrêtons pas, lorsqu’ils impliquent pour nous une avalanche de difficultés. Nous considérons bien des douleurs comme préférables à des plaisirs, dès lors qu’un plaisir pour nous plus grand doit suivre des souffrances longtemps endurées. Ainsi tout plaisir, par nature, a le bien pour intime parent, sans pour autant devoir être cueilli. Symétriquement, toute espèce de douleur est un mal, sans que toutes les douleurs soient à fuir obligatoirement. C’est à travers la confrontation et l’analyse des avantages et désavantages qu’il convient de se décider à ce propos. A certains moments, nous réagissons au bien selon les cas comme à un mal, ou inversement au mal comme à un bien.

Ainsi, nous considérons l’autosuffisance comme un grand bien : non pour satisfaire à une obsession gratuite de frugalité, mais pour que le minimum, au cas où la profusion ferait défaut, nous satisfasse. Car nous sommes intimement convaincus qu’on trouve d’autant plus d’agréments à l’abondance qu’on y est moins attaché, et que si tout ce qui est naturel est plutôt facile à se procurer, ne l’est pas tout ce qui est vain. Les nourritures savoureusement simples vous régalent aussi bien qu’un ordinaire fastueux, sitôt éradiquée toute la douleur du manque : pain et eau dispensent un plaisir extrême, dès lors qu’en manque on les porte à sa bouche. L’accoutumance à des régimes simples et sans faste est un facteur de santé, pousse l’être humain au dynamisme dans les activités nécessaires à la vie, nous rend plus aptes à apprécier, à l’occasion, les repas luxueux et, face au sort, nous immunise contre l’inquiétude.

Quand nous parlons du plaisir comme d’un but essentiel, nous ne parlons pas des plaisirs du noceur irrécupérable ou de celui qui a la jouissance pour résidence permanente - comme se l’imaginent certaines personnes peu au courant et réticentes à nos propos, ou victimes d’une fausse interprétation - mais d’en arriver au stade où l’on ne souffre pas du corps et ou l’on n’est pas perturbé de l’âme. Car ni les beuveries, ni les festins continuels, ni les jeunes garçons ou les femmes dont on jouit, ni la délectation des poissons et de tout ce que peut porter une table fastueuse ne sont à la source de la vie heureuse : c’est ce qui fait la différence avec le raisonnement sobre, lucide, recherchant minutieusement les motifs sur lesquels fonder tout choix et tout rejet, et chassant les croyances à la faveur desquelles la plus grande confusion s’empare de l’âme.

Au principe de tout cela, comme plus grand bien : la prudence. Or donc, la prudence, d’où sont issues toutes les autres vertus, se révèle en définitive plus précieuse que la philosophie : elle nous enseigne qu’on ne saurait vivre agréablement sans prudence , sans honnêteté et sans justice, ni avec ces trois vertus vivre sans plaisir. Les vertus en effet participent de la même nature que vivre avec plaisir, et vivre avec plaisir en est indissociable.

D’après toi, quel homme surpasse en force celui qui sur les dieux nourrit des convictions conformes à leurs lois ? Qui face à la mort est désormais sans crainte ? Qui a percé à jour le but de la nature, en discernant à la fois comme il est aisé d’obtenir et d’atteindre le "summum" des biens, et comme celui des maux est bref en durée ou en intensité ; s’amusant de ce que certains mettent en scène comme la maîtresse de tous les événements – les uns advenant certes par nécessité, mais d’autres par hasard, d’autres encore par notre initiative –, parce qu’il voit bien que la nécessité n’a de comptes à rendre à personne, que le hasard est versatile, mais que ce qui vient par notre initiative est sans maître, et que c’est chose naturelle si le blâme et son contraire la suivent de près (en ce sens, mieux vaudrait consentir à souscrire au mythe concernant les dieux, que de s’asservir aux lois du destin des physiciens naturalistes : la première option laisse entrevoir un espoir, par des prières, de fléchir les dieux en les honorant, tandis que l’autre affiche une nécessité inflexible). Qui témoigne, disais-je, de plus de force que l’homme qui ne prend le hasard ni pour un dieu, comme le fait la masse des gens (un dieu ne fait rien de désordonné), ni pour une cause fluctuante (il ne présume pas que le bien ou le mal, artisans de la vie bienheureuse, sont distribués aux hommes par le hasard, mais pense que, pourtant, c’est le hasard qui nourrit les principes de grands biens ou de grands maux) ; l’homme convaincu qu’il est meilleur d’être dépourvu de chance particulière tout en raisonnant bien que d’être chanceux en déraisonnant ; l’idéal étant évidemment, en ce qui concerne nos actions, que ce qu’on a jugé « bien » soit entériné par le hasard.

A ces questions, et à toutes celles qui s’y rattachent, réfléchis jour et nuit pour toi-même et pour qui est semblable à toi, et jamais tu ne seras troublé ni dans la veille ni dans tes rêves, mais tu vivras comme un dieu parmi les humains. Car il n’a rien de commun avec un animal mortel, l’homme vivant parmi des biens immortels." 

L'instant de vie.

Par Le 05/01/2018

La mort...

Le fait que nous ayons l'opportunité de parler de la mort prouve que nous sommes en vie.

Est-ce que quand je serai mort je parlerai de la vie ? Ça serait tout aussi absurde dès lors que je passerai mon temps à parler de quelque chose qui n'est pas. Je suis en vie et donc pas mort ou je suis mort et donc pas en vie. Alors je dois m'atteler à parler de ce que je suis.


Pour ce qui est de la mort en elle-même, je ne la vois pas comme ayant une "existence" propre. Ça n'est pas la mort qui survient, c'est la vie qui s'en va, ça n'est pas un phénomène qui survient mais un phénomène qui nous quitte. On appelle ça la mort mais elle n'est rien en elle-même. On devrait plutôt dire une "non vie".

 

On me dira que ça ne change rien mais pour moi ça change beaucoup. Il n'y a pas cet "ennemi" effrayant qui peut nous tomber dessus à tout instant. Il n'y a qu'une vie qui peut s'échapper. C'est la vie qui nous fait mort. Et si cette vie que nous adorons (ou pas) contient en elle-même la non vie, je me dois de l'aimer de la même façon. Je ne peux pas aimer un aspect de la vie et en refuser un autre. C'est tout ou rien. À moins d'être un bel hypocrite.

 

 

De quoi devrions-nous nous plaindre d'ailleurs ?

Ce qui nous effraie le plus, fait en sorte que lorsqu’elle sera là, nous n’y serons plus.

Fantastique création.

Imaginons un instant que nous découvrions la mort tout en restant vivant. Là, on pourrait se plaindre. Ça serait par exemple la putréfaction de notre corps mais sans que nous ayons été privés de notre conscience. Là, effectivement, on aurait de quoi gémir. Mourir de son vivant. Plus aucun mouvement, aucun battement cardiaque, rien, le sang figé, la peau glacée, rigidité du cadavre.

Mais en totale conscience. Durant un temps infini.

 

La création s’est arrangée pour nous épargner ça. Et nous parvenons encore à lui reprocher la sentence finale. Incroyable mésestime.

 

Nous sommes là. Puis nous n’y sommes plus. L’espace et la durée entre les deux peuvent bien entendu être diversement éprouvés. C’est là que se trouvent les difficultés. Pas dans le basculement lui-même.

 

D’ailleurs, étrangement, nous ne sommes pas angoissés de ce que nous étions avant notre naissance. Quel était mon visage avant la rencontre de mes parents ?

Absurde ? En quoi serait-ce plus absurde que cette angoisse du « néant » que nous imaginons après la mort ? Est-ce qu’avant ma naissance j’étais mort ? Où étais-je ? Nulle part ? Il n’y avait rien de moi ? Des éléments séparés dans les corps de mes parents ? Rien d’autre ? Vraiment ? Qui en est certain ? Les mêmes qui disent qu’après la mort il n’y a rien ? Ou un Paradis ? Ou une réincarnation ? Ou  un enfer ? Des chromosomes, uniquement ça ? Et d’où vient l’énergie qui les anime ?

 

Rien, il n’y a rien d’autre que le néant de notre « inconnaissance. »

Et à chaque réponse, à chaque avancée, s’agrandit proportionnellement la distance à parcourir.

De quoi devrions-nous nous plaindre ? Il reste tellement de chemin à faire. Rien n’est plus déstabilisant, voire déprimant, qu’un voyage achevé. Celui-là, nous n’en connaissons pas la fin. Nous savons uniquement qu’à un moment il se passe quelque chose de totalement nouveau. 

 

Quelque soit la direction que prend notre imagination, ça n’est toujours qu’une excroissance de notre mental et de tous les a priori, les conditionnements, les cultures, les histoires, les religions, les éducations que nous transportons.

Il n’y a rien de réel. Ni, pour avant ma naissance, ni, pour après ma mort.

 

Et là, maintenant, qu’y a-t-il de réel ? Tiens, c’est vrai que la question peut paraître absurde elle aussi.

Moi. Je suis réel. C’est indéniable. D’ailleurs si je mourais je ne serais plus là, c’est donc que je suis réel. Ah, mais non, ça ne tient pas ça étant donné que je ne sais pas ce que je serai après la mort. Je ne peux donc pas me convaincre d’être réel en usant de l’image que j’ai de la mort.

Imaginons qu’après la mort je sois dans un état de conscience beaucoup plus profond que celui de mon « vivant ». J’aurais l’air malin d’avoir affirmé que j’étais réel en étant vivant…Ça n’est peut-être ici qu’une antichambre de la conscience, une certaine forme d’hallucination collective dont la mort est la sortie. C’est ensuite que s’ouvrirait le monde réel.

Oui, mais tout ça n’est encore une fois qu’un amalgame d’hypothèses, un jeu intellectuel, une rhétorique.

 

Puisque je ne connais pas la réalité de la mort, je ne peux pas en user pour me convaincre que je suis vivant. Ni encore moins réel.

Je ne peux pas me faire une idée du blanc sans avoir éprouvé le noir de la nuit mais que pourrais-je bien saisir du noir de la nuit sans avoir au préalable pu goûter à la clarté du jour. Rien n'existe hors du tout. 

 

Cet espace et ce temps de vie ne pourraient-ils donc n’être qu’une "irréalité partagée" et la mort l’apparition de la réalité dans un espace d’éternité ?

 

Et voilà, c’est reparti… Des questions, des questions…  

 

Mais puisque je m’interroge, il faut bien qu’il y ait en moi une réalité capable d’éprouver cette éventuelle irréalité. Est-il possible que je sois suffisamment manipulateur envers moi-même pour aller me prouver que j’existe réellement en m’interrogeant sur ma propre réalité ?

Conscience auto réfléchie. Ah, oui, la fameuse théorie de Descartes.

"Je pense donc je suis."

Je panse et je m’essuie.

Au fil de mes souffrances, de mes blessures, de mes traumatismes. Le sang coule et les idées sombrent. Tout ça est bien réel. Je ne peux pas en douter.

Ah, mais si justement, Descartes a dit que je dois douter de tout. C’est la preuve que je pense et donc que je suis. Mais si j’en viens à douter que je pense…Que se passe-t-il ? Cela signifie-t-il que je ne suis pas puisque je ne sais qui pense pas malgré que je doute ? Mais qu’en est-il du doute ? Il s’agit bien d’une pensée pourtant. Tout ça est bien réel.

Sauf que je ne sais toujours pas si cette vie est bien réelle étant donné que je ne peux pas la comparer à sa finitude à travers l’idée de la mort. Tout ça n’est donc pas plus réel que la mort. Il n’y a rien de réel, sinon les certitudes que je me fabrique. Certitudes sur la mort et par balancier certitudes sur la vie.

Juste le jeu infini des pensées pour me prouver que j’existe.

Trop fort le gars !

De quoi éclater de rire.

Quelle mascarade !

Tiens, c’est peut-être ça la réalité.

L’éclat de rire.

J'ai une certitude malgré tout. C'est que je peux jouir, là, maintenant de ce miracle de pouvoir écrire sur ce jeu des pensées, jouir du spectacle merveilleux du monde, jouir de mon existence, ressentir et jouir intégralement, sans aucune distorsion, sans aucune retenue, sans aucune pudeur, rire encore ou pleurer de bonheur, courir, marcher, nager, être dans l'amour avec mon aimée, sentir les parfums des fleurs, siffler avec un oiseau, frissonner dans le vent glacial de l'hiver, me réchauffer dans les coulées lumineuses du soleil, jouir de l'absence provisoire des pensées quand je contemple le ciel.

C'est peut-être une illusion, un rêve, une hallucination mais ce qui ne l'est pas, c'est que je peux en jouir. Le bonheur, je peux le saisir. Qu'il soit hallucinatoire ou pas, peu m'importe au final.

Dans cet instant-là, le bonheur de vivre me donne vie.

Instant après instant. Le reste n'a pas d'existence. 

 

Comme dans ce ciel, il n'y a de noirceurs envahissantes que si je choisis d'ignorer la lumière et il n'y a de lumière qu'à travers l'existence des noirceurs.

Tout est là. 

 

L’image contient peut-être : ciel, nuage, plein air et nature

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