Articles de la-haut
Montée des océans
http://huet.blog.lemonde.fr/2017/12/13/la-fonte-acceleree-du-groenland-confirmee/
La fonte accélérée du Groenland confirmée

L’altitude de la calotte de glace du Groenland, issue de 7 millions de points de mesure du satellite Cryosat en 2012
La glace de la calotte polaire du Groenland est-elle en train de fondre vraiment plus vite qu’auparavant ? Et le changement climatique provoqué par nos émissions de gaz à effet de serre en est-il vraiment responsable ?
Ce sont les deux questions que les glaciologues se posent depuis le milieu des années 2000. Des questions à la racine d’une controverse scientifique, et de débats assez rudes au sein des laboratoires et du GIEC – le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – sur les projections de l’élévation future du niveau marin mondial. Va t-elle rester dans la fourchette actuelle du dernier rapport du GIEC – entre 20 et 80 cm – ou aller au delà du mètre ? Et menacer ainsi des centaines de millions de personnes ? Or, un article (1) qui paraît dans la revue Science Advances apporte une réponse positive et plutôt convaincante à ces deux questions.
Une petite équipe de glaciologues danois signe cet article. Son atout majeur : il étend une observation certes locale, mais bien liée au changement régional, sur une période nettement plus longue que celle des observations satellitaires, en remontant à 1975. Soit plus de quarante années continues. Une durée dépassant les 30 années canoniques exigées par les climatologues lorsqu’ils veulent saisir des tendances qui s’affranchissent des oscillations naturelles majeures sur une, deux ou trois décennies. Alors que les mesures par satellites, qui ont lancé l’alerte mais aussi des interrogations, ne remontent pas avant le début des années 1990.
Newton en serait resté baba
Trois progrès scientifiques et techniques de la télédétection spatiale sont à l’origine de ces mesures satellitaires. Ils se sont mis en place progressivement au début des années 1990. Les deux premiers sont l’altimétrie par radar. Ils permettent de dresser des cartes de l’altitude des surfaces de la calotte polaire. Ce qui donne accès à son évolution dans le temps. En Europe, les satellites ERS-1 et 2 puis Envisat ont ouvert la voie. Tandis que la série des satellites d’altimétrie Franco-américain (CNES/NASA) Topex-Poséidon puis les Jason ont également réalisé de telles cartes. Aujourd’hui, c’est le satellite radar Cryosat de l’Agence spatiale européenne qui a pris le relais et montre la diminution du volume de la glace du Groenland :
La technique la plus fascinante demeure toutefois la gravimétrie spatiale, notamment avec la mission GRACE (Gravity recovery and climate experiment) Américano/allemande. Elle aurait laissé Newton baba puisqu’elle consiste à mesurer les variations locales du champ gravitationnel de la Terre, et ses variations au cours du temps. Elle est si précise qu’elle peut mesurer les variations de ce champ au fil des saisons lorsque la calotte polaire Groenlandaise se remplume à coups de chutes de neige l’hiver ou perd de la glace l’été par fonte et départs d’icebergs au bord de la mer. Elle peut d’ailleurs également mesurer la variation de « poids » d’un sol de vastes dimensions, comme le bassin de l’Amazonie, lorsqu’il s’assèche ou au contraire se gorge d’eau à la suite de pluies ou d’inondations saisonnières.
Ces mesures de gravimétrie ont en permis de peser le poids total de la glace des calottes et d’en mesurer les variations saisonnières et pluriannuelles de 2002 à 2016.
Mais demeurait une interrogation : l’accélération récente de la perte de glace ainsi mesurée, spectaculaire et allant contribuer de plus en plus à l’élévation du niveau des océans, était-elle due à un phénomène de courte durée, transitoire, peut-être sans lien direct avec la transformation climatique générale ?
Un recul historique remontant à 1975
Pour répondre à cette question, les glaciologues danois ont pu exploiter une des très rares séries d’informations de plus longue durée à leur disposition. Elle provient d’un captage d’eau à l’aval d’un lac du sud-ouest du Groenland, alimenté pour l’essentiel par la fonte de la calotte durant l’été. Or, les mesures de sa décharge remontent nettement plus loin, à 1975. Alors que la tendance au réchauffement des températures de la basse atmosphère ne montre pas encore de hausse significative.
Les analyses des glaciologues ont permis de reconstruire l’effet du réchauffement au fil des ans, en particulier en ôtant des mesures les années où le barrage naturel de glace du lac est submergé par une inondation. Ils ont également pu observer que lors des éruptions volcaniques stratosphériques (El Chichon en 1982 et le Pinatubo en 1991), les particules qui affaiblissent la lumière du Soleil se traduisent par une fonte beaucoup plus faible de la glace, confirmant sa sensibilité aux paramètres atmosphériques.
Au total, les glaciologues en arrivent à mesurer que la fonte de la glace augmente de 80% entre la période 1976/2003 et la période 2003/2014. Une augmentation (graphique ci-contre) liée notamment aux effets du changement climatique planétaire sur la circulation atmosphérique. La cause immédiate de la fonte plus forte des glaces l’été semble en effet due à l’augmentation de la persistance de conditions anticycloniques estivales. Un air également plus chaud car provenant de régions plus au sud. Or, ces caractéristiques de la circulation atmosphérique sont appelées à s’accentuer dans le futur, notent-ils, avec le changement climatique en cours.
Le niveau marin futur plus menaçant
Ce résultat conforte les glaciologues dans l’idée que les accélérations observées durant la période satellitaire proviennent bien du réchauffement de l’Arctique, la partie du globe qui s’est le plus réchauffée depuis 50 ans.
Cette nouvelle pièce du dossier « calottes » appuie les arguments des glaciologues qui n’ont pas été entendus dans le dernier rapport du GIEC. Et accentue l’alerte sur le niveau marin mondial dont le rythme de hausse (ci-contre vu par les satellites d’océanographie) a déjà triplé par rapport au 19ème siècle.
Le dernier rapport du GIEC, dont la partie scientifique a été publiée en 2013, ne pouvait prendre en compte que des articles parus avant 2011 au plus tard. Et donc des mesures encore antérieures. Déjà, les discussions ont été assez tendues. Quelques glaciologues, dont l’équipe d’Eric Rignot (un Français travaillant aux Etats-Unis depuis des années), estimaient que la fourchette retenue – entre 30 et 80 cm pour l’élévation du niveau marin mondial à la fin du siècle) – était bien trop optimiste. Et qu’il fallait plutôt placer la barre minimale vers un mètre en raison de l’accélération de la perte de glace du Groenland… mais aussi de l’Antarctique, alors que les simulations des années 1990 laissaient espérer que la calotte du pôle sud allait augmenter de volume, boostée par des chutes de neige plus abondantes.

La contribution des calottes polaires à l’élévation du niveau marin est de plus en plus nette et semble s’accélérer.
Sur le long terme, plusieurs siècles, la menace pourrait devenir majeure. En effet, les paléoclimatologues savent que lors de la dernière période chaude (l’Eémien), il y a environ 130 000 ans, la température de la planète avait atteint… 2°C de plus que le niveau pré-industriel, celui vers lequel nous nous dirigeons inexorablement. A l’époque, ces températures avaient été atteintes pour des raisons astronomiques – les variations de l’orbite terrestre autour du Soleil – et non liées à un effet de serre plus intense. Or, le simple maintien de cette température durant des siècles avait provoqué la fonte d’une grande part de la calotte du Groenland, provoquant une hausse de 6 à 9 mètres du niveau marin mondial. Avons-nous déclenché un processus similaire ? De quoi se faire traiter d’apprentis sorciers par nos lointains descendants…
Cette montée du niveau marin se fait déjà sentir sur les basses côtes et les deltas des grands fleuves (un phénomène qui sera accentué pour ces derniers avec la construction de barrages en amont). Dans le delta du Mekong, au Vietnam, des rizières sont massivement transformées en zones d’aquaculture de crevettes, en raison de l’invasion par des eaux chargées en sel. Ailleurs, ce sont les champs ou des aménagements industriels et des habitations qui seront submergés. Au total, un mètre en plus du niveau marin menace les territoires où vivent entre 200 et 400 millions de personnes, pour des submersions permanentes ou lors des marées et tempêtes. Le problème est donc bien plus important que sa perception par la disparition de quelques îles peu peuplées.
(1) Abrupt shift in the observed runoff from the southwerstern Greenland ice sheet. Andreas, P. Ahlstrøm et al. Science Advances, 13 décembre 2017.
Réchauffement en vidéo.
Bien entendu que toutes les données sont importantes, graphiques et autres études mais cette animation en accéléré est vraiment très parlante... Terriblement parlante.
La vidéo du réchauffement 1880/2017
La Nasa vient de publier sur Youtube une vidéo visualisant l’évolution des températures planétaires depuis 1880 – le début des relevés thermométriques – et jusqu’à décembre 2017. Selon l’équipe du Goddard institute for space studies et de l’Université de Columbia (New York) qui analyse ces données de températures , 2017 se situe à 1,1°C au dessus de la moyenne climatique des années 1951 à 1980. Au deuxième rang des années les plus chaudes. La NOAA de son côté la classe en 3ème après 2015 mais l’écart n’est en réalité pas significatif entre 2015 et 2017 et ne provient que des méthodes d’analyse qui diffèrent légèrement entre les deux équipes.
Cette vidéo montre que les températures affichent une forte variabilité au fil des années et une répartition spatiale qui peut provoquer des épisodes plus froids ou plus chauds que les moyennes régionales, mais surtout une tendance persistante au réchauffement avec une accélération majeure après le milieu des années 1970.
La vidéo ci-dessous indique les variations des températures régionales relativement à leur moyenne climatologique avec un code couleur simple (le bleu c’est froid, le blanc indique la moyenne climatique, le jaune, l’orange et le rouge, c’est de plus en plus chaud), les températures sont indiquées en moyenne glissante sur cinq ans, ce qui « lisse » les écarts :
Le record de l’année la plus chaude reste à 2016, marquée par un fort El Niño dans le Pacifique. L’année 2017 est de ce point de vue plutôt neutre, voire en léger Niño selon les observations par satellites d’altimétrie océaniques, ce qui a contribué à hisser les températures très haut.

Surtout, note l’Organisation météorologique mondiale, sur les 17 années les plus chaudes depuis 1880, 16 se situent au 21ème siècle (il faut y ajouter 1998, marquée aussi par un « super Niño » pour faire le compte). Les mêmes données vues par une courbe de la moyenne planétaire, mais avec la climatologie de 1880- 1920 comme référence montre que le maximum mensuel observé a titillé les 1,3°C de réchauffement début 2016 :
Il n’existe aucun phénomène géophysique et climatique, ou d’origine solaire, susceptible d’expliquer un tel tir groupé… à l’exception de l’intensification de l’effet de serre par nos émissions de gaz à effet de serre, principalement le CO2. Des émissions qui se sont envolées après 1950. D’après une projection récente, les 1,5°C de plus qu’avant la Révolution industrielle – la référence de la Convention Climat de l’ONU – seront atteints en moyenne dès 2040… et probablement sur une année dans un ou deux super Niños.
Conséquence de ces émissions, la concentration de CO2 dans l’atmosphère continue de grimper, et atteint désormais les 408 parties par millions (contre 280 ppm avant la Révolution industrielle), montrent les analyses de la NOAA (le service météo et océanographique des Etats-Unis d’Amérique). Or, les carottes de glace de l’Antarctique nous montrent que cette concentration évolue entre 180 ppm pour les ères froides et 300 ppm pour les ères chaudes depuis au moins 800 000 ans. Elle augmente ces dernières années de près de 3 ppm par an. L’origine de ce CO2 qui vient bousculer les équilibres naturels de l’atmosphère et intensifier son effet de serre se trouve pour l’essentiel dans la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel (méthane) ainsi que dans la fabrication du ciment. Ces énergies représentent aujourd’hui 80% du total des énergies utilisées par l’Humanité pour subvenir à ses besoins économiques.
Ces émissions avaient présenté un plateau en 2014, 2015 et 2016 mais leur croissance a repris montrent en 2017 les chiffres du Global carbon project :

Ce rythme des émissions de gaz à effet de serre, s’il était maintenu durant plusieurs décennies, met la planète sur une trajectoire qui porte le réchauffement au delà des 3°C à la fin du siècle. Seule une diminution très forte et de longue durée de ces émissions, dès aujourd’hui et de 5% par an au niveau mondial, avec des émissions « négatives » (inférieures à la capacité d’absorption des écosystèmes terrestres, marins et des océans) après 2070 permettrait de limiter le réchauffement autour des 2°C.
Conséquences du réchauffement
Même un réchauffement de 2°C aura une incidence importante
AFP02/04/2018 à 13:53

Climat : si le réchauffement dépasse 2°C ( AFP / Gillian HANDYSIDE )
Hausse des mers, perte de biodiversité, accès compliqué à la nourriture, moindre niveau de vie... Même si le monde parvient à limiter le réchauffement à 2°C, les conséquences seront significatives, selon des études publiées lundi.
"Nous décelons des changements importants dans les impacts climatiques pour un monde à 2°C, donc nous devons prendre des mesures pour l'éviter", explique à l'AFP Dann Mitchell, de l'université de Bristol, auteur principal du texte qui introduit ce numéro spécial de la revue britannique "Philosophical Transactions of the Royal Society A".
Plus de deux ans après la signature de l'accord de Paris qui vise à maintenir la hausse du thermomètre sous 2°C, voire 1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle, la vingtaine d'études comparent notamment l'incidence des deux scénarios.
"L'un des défis concerne la vitesse à laquelle nous atteindrons +2°C", ajoute M. Mitchell. Autrement dit, le temps que le monde aura ou non pour s'adapter aux multiples conséquences du réchauffement.
Le groupe des experts du climat de l'ONU (Giec) doit publier en octobre un rapport sur une éventuelle planète à +1,5°C. Le projet de texte estimait en janvier qu'au vu des engagements actuels des Etats et des trajectoires d'émissions de CO2, il était "extrêmement improbable" d'atteindre l'objectif.
- Hausse des océans -
Même si la montée de température se stabilise à +1,5 ou +2°C, le niveau de la mer continuera à s'élever "pendant au moins trois siècles", de 90 ou 120 cm d'ici à 2300, selon une des études. S'ensuivront inondations, érosion et salinisation des nappes phréatiques.
Plus le scénario est optimiste, plus les îles du Pacifique, le delta du Gange ou les villes côtières auront du temps pour construire des défenses ou déplacer des populations.
Si rien n'est fait pour limiter les émissions de CO2, la hausse moyenne du niveau de la mer, provoqué par la fonte de glaces et la dilatation de l'eau, atteindra 72 cm d'ici à 2100. Mais cette perspective est repoussée de 65 ans pour le scénario à +2°C, et de 130 ans pour +1,5°C.
"Les impacts pour le XXIe siècle sont plutôt reportés qu'évités", notent les chercheurs. Alors "l'adaptation est essentielle", insiste Robert Nicholls, de l'université de Southampton.
- Accès à la nourriture -
Une hausse des températures va entraîner une plus grande insécurité alimentaire à travers le monde, sous le coup à la fois d'inondations et de sécheresses plus importantes, avertit une des études.
Avec un réchauffement de 2°C, Oman, le Bangladesh, la Mauritanie, le Yémen et le Niger seraient les pays les plus vulnérables à la pénurie.
Au contraire, le Mali, le Burkina Faso et le Soudan verraient leur situation légèrement s'améliorer car ils souffriraient de sécheresses moins dures. Mais il s'agit d'une "exception", précise le professeur Richard Betts, qui a conduit l'étude.
En cas de réchauffement de 1,5°C, "76% des pays étudiés enregistreraient une augmentation plus faible de leur vulnérabilité à l'insécurité alimentaire".
- Croissance des inégalités -
Si +1,5°C ne devrait pas changer grand chose à la croissance économique mondiale, "un réchauffement de 2°C laisse entrevoir des taux de croissance considérablement plus bas pour de nombreux pays, en particulier autour de l'équateur", indique à l'AFP Felix Pretis, économiste à l'université d'Oxford.
La différence est encore plus marquée avec le PIB par habitant. D'ici à la fin du siècle, il serait de 5% inférieur si le réchauffement atteint 2°C plutôt que 1,5°C, selon cette étude.
En outre, "les pays qui sont pauvres aujourd'hui devraient devenir encore plus pauvres avec le changement climatique, et plus en cas de +2°C que +1,5°C, alors que les pays riches vont probablement être moins touchés", souligne Felix Pretis.
- Biodiversité -
Si une hausse des températures chamboulera une partie de la faune et de la flore, "contenir le réchauffement à 1,5°C plutôt qu'à 2°C (...) permettrait d'augmenter de 5,5% à 14% les zones du globe qui pourraient servir de refuge climatique aux plantes et aux animaux", selon une autre étude. Leur superficie équivaudrait à celle du "réseau actuel des zones protégées".
De plus, limiter le réchauffement pourrait réduire de jusqu'à 50% le nombre d'espèces risquant de voir leur habitat naturel réduit de moitié.
Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
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Néandertal

Une exposition au Musée de l'Homme à Paris montre la reconstitution de l'Homme de Spy, le 26 mars 2018 / © AFP/STEPHANE DE SAKUTIN
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L'homme de Néandertal, notre cousin pas si lointain, à Paris
PARIS - AFP - MARDI 27 MARS 2018
Paris (AFP)
L'homme de Néandertal, une brute épaisse aux allures de singe? S'il a traîné longtemps une mauvaise image, la science a permis depuis quelques décennies de dresser un portrait nettement plus flatteur de notre cousin, au centre d'une grande exposition à Paris.
Apparu en Europe occidentale il y a environ 350.000 ans, Homo neanderthalensis s'est étendu vers l'est jusqu'à l'Altaï (Russie) et est allé également au Proche-Orient.
Puis il a disparu, il y a environ 35.000 ans. Pas totalement cependant dans la mesure où 1 à 4% de ses gènes se retrouvent chez les Eurasiatiques actuels, Néandertal et l'Homme moderne s'étant reproduits à certains moments de la Préhistoire.
L'exposition "Néandertal", qui ouvre ses portes au public mercredi au musée de l'Homme à Paris, fait le point sur les dernières connaissances scientifiques autour de cette espèce du genre Homo. Mais elle questionne aussi nos représentations de Néandertal depuis le 19e siècle.
Aujourd'hui, l'homme de Néandertal est clairement à la mode. "C'est devenu le top", dit Marylène Patou-Mathis, une des commissaires de l'exposition, peut-être "parce que beaucoup de gens n'aiment pas ce que l'on est devenu".

L'exposition du musée de l'Homme à Paris rassemble plusieurs crânes d'hommes de Néandertal, le 26 mars 2018
/ © AFP/STEPHANE DE SAKUTIN
L'exposition au musée de l'Homme présente quelque 260 objets dont des fossiles originaux qui voyagent très rarement.
Les visiteurs vont ainsi pouvoir découvrir la célèbre calotte crânienne qui a donné son nom à l'espèce. Découverte en 1856 avec d'autres ossements fossiles dans la vallée allemande de Neander, elle avait fait sensation.
"C'était la première fois que l'on mettait en évidence une espèce du genre Homo différente de l'Homo sapiens. Pas facile à admettre dans une époque très religieuse où l'on pensait que l'Homme moderne avait été créé à l'image de Dieu", explique à l'AFP Pascal Depaepe, l'un des commissaires scientifiques de l'exposition. Certains préférèrent alors voir dans le fossile de Neander un Homo sapiens "dégénéré", un "crétin", tandis que d'autres le considèrent comme un "homme-singe".

Une des commissaires de l'exposition "Néandertal", Marylène Patou-Mathis, pose au Musée de l'Homme à Paris, le 26 mars 2018 / © AFP/STEPHANE DE SAKUTIN
Trois décennies plus tard, en 1886, on découvre les fossiles néandertaliens de la grotte de Spy en Belgique. "Les auteurs des fouilles ont compris qu'il s'agissait d'une sépulture. Et là, problème. Si c'était un être simiesque et brutal, le fait qu'il enterre ses morts lui faisait grimper une marche côté humanité", souligne Pascal Depaepe, de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives).
- 'Artisan hors pair' -
Chasseur-cueilleur nomade, Néandertal n'a pas toujours vécu durant des périodes glaciaires; il a aussi connu des périodes où le climat était tempéré.
Il possédait le savoir-faire nécessaire pour construire des abris temporaires. L'exposition reconstitue partiellement un campement de base néandertalien protégé par un abri coupe-vent circulaire.
Une dizaine d'outils sont présentés. Racloirs pour couper la viande ou tailler le bois, bifaces, éclats, pointes et lames en pierre, lissoirs pour tailler les peaux, retouchoirs en os pour redonner du tranchant...

Des outils de l'homme de Néandertal sont exposés au Musée de l'Homme à Paris, le 26 mars 2018 / © AFP/STEPHANE DE SAKUTIN
Néandertal était un grand chasseur (bison, renne, cheval, bouquetin...). Il pratiquait également le charognage sur des animaux difficiles à tuer comme les mammouths ou les rhinocéros.
"C'était un artisan hors pair", souligne Pascal Depaepe, spécialiste des outils. "Un être sensible qui s'intéressait à la symbolique, à la beauté". Il se parait probablement avec des coquillages, des dents d'animaux perforées.
Il se livrait occasionnellement au cannibalisme, comme l'atteste l'étude d'ossements retrouvés sur des sites néandertaliens, note la préhistorienne Marylène Patou-Mathis. Ce cannibalisme était-il alimentaire ou rituel? "Probablement les deux".
L'originalité de l'exposition, qui se tient jusqu'au 7 janvier 2019, réside notamment dans sa façon de montrer les représentations de Néandertal, du 19e à aujourd'hui. On est ainsi confronté au buste inquiétant d'un Néandertalien à l'aspect simiesque, réalisé en 1909 à la demande de l'anthropologue et criminologue Cesare Lombroso.
Plus loin, un mur couvert de citations rappelle qu'aux Etats-Unis, traiter quelqu'un de "Néandertal" est encore utilisé comme une insulte.
Juste avant de partir, le visiteur croise Kinga, une jeune Néandertalienne rousse réalisée par la plasticienne Elisabeth Daynès et habillée par la styliste agnès.b. Avec son regard mutin, son cardigan pression, on s'attendrait presque à la rencontrer dans la rue.

Une équipe internationale de chercheurs a étudié le tartre dentaire de quatre fossiles d'hommes de Néandertal. Retrouvés en Belgique (grotte de Spy) et en Espagne (site d'El Sidron), ils ont entre 42.000 et 50.000 ans. / © Paleoanthropology Group MNCN-CSIC/AFP/Handout
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L'homme de Néandertal, pionnier de l'automédication?
PARIS - AFP - MERCREDI 8 MARS 2017
Paris (AFP)
L'homme de Néandertal, notre cousin disparu, se soignait déjà à l'"aspirine" il y a 48.000 ans, en mangeant du peuplier qui libère une substance aux propriétés anti-inflammatoires et antalgiques, selon une étude publiée mercredi.
Cette découverte a été réalisée par une équipe internationale de chercheurs qui a étudié le tartre dentaire de quatre fossiles d'hommes de Néandertal. Retrouvés en Belgique (grotte de Spy) et en Espagne (site d'El Sidron), ils ont entre 42.000 et 50.000 ans.
La plaque dentaire est un véritable attrape-tout: elle capture les micro-organismes de la bouche, les agents pathogènes de l'appareil respiratoire et digestif mais aussi de petits morceaux de nourriture coincés dans les dents. Lorsqu'elle se minéralise sur les dents, elle se transforme en tartre.
"L'analyse génétique de l'ADN +enfermé+ dans la plaque dentaire représente une fenêtre unique sur le mode de vie de l'homme de Néandertal", souligne Laura Weyrich, de l'Université d'Adélaïde (Australie), principal auteur de l'étude publiée dans la revue Nature. Le tartre donne des informations sur le régime alimentaire de ces hommes préhistoriques, leur état de santé, l'impact de l'environnement sur leur comportement, ajoute-t-elle.
Pour les chercheurs, la "principale surprise" est venue de l'étude du tartre dentaire d'un jeune adulte néandertalien trouvé dans la grotte d'El Sidron (nord-ouest de l'Espagne). Il souffrait d'un abcès dentaire encore visible sur sa mâchoire. L'analyse de son tartre montre qu'il était aussi affecté par un parasite intestinal (Enterocytozoon bieneusi) qui provoque des diarrhées sévères.
Cet homme malade mangeait du peuplier, dont les bourgeons sont "réputés pour contenir des concentrations élevées d'anti-inflammatoires ou antalgiques, comme notamment la salicine", métabolisée en acide salicylique (aspirine) par notre foie, explique à l'AFP Bastien Llamas, co-auteur de l'étude.
L'ADN de la moisissure Penicillium, qui produit naturellement l'antibiotique pénicilline, est également présent dans le tartre, ajoute ce chercheur.
"Apparemment, les hommes de Néandertal connaissaient bien les plantes médicinales, leurs propriétés anti-inflammatoires et anti-douleur et semblent s'être automédiqués", déclare Alan Cooper, directeur du Centre Australien pour l'ADN ancien (ACAD) de l'Université d'Adélaïde.
- Rhinocéros ou pignons de pain -
L'analyse ADN corrobore une étude parue en 2012 dans la revue Naturwissenschaften qui évoquait la possibilité que l'homme de Néandertal se soit servi de plantes médicinales comme la camomille ou la millefeuille pour se soigner. Elle s'appuyait sur l'analyse chimique du tartre de fossiles de Néandertaliens retrouvés là aussi à El Sidron.
Dans l'étude parue mercredi, les scientifiques indiquent également être parvenus à réaliser le séquençage presque complet d'une bactérie très similaire au Methanobrevibacter oralis, qui provoque des parodontites (l'infection de la gencive et du tissu osseux). Vieux de 48.000 ans, il s'agit du plus vieux génome microbien à avoir été décrypté.
L'étude illustre aussi la diversité des régimes alimentaires de l'homme de Néandertal suivant la région où il vivait et le type de nourriture disponible.
En Belgique, les Néandertaliens de la grotte Spy mangeaient du rhinocéros laineux et des mouflons, accompagnés de champignons, selon les chercheurs. "Ils vivaient dans un environnement de steppes" et "les gros animaux herbivores représentaient pour eux une source majeure d'aliments", déclare à l'AFP Laura Weyrich.
Plus au sud, les hommes de Néandertal du site d'El Sidron "vivaient dans une forêt dense à l'époque". "Leur régime était largement composé de champignons, de pignons de pain et de mousses, plutôt que de gros gibier", ajoute-t-elle.
"Il semble donc que la population belge était chasseuse et cueilleuse, alors que la population espagnole était juste cueilleuse", souligne Bastien Llamas, lui aussi chercheur à l'université d'Adelaïde.
L'homme de Néandertal, du genre Homo comme l'homme moderne, est apparu il y a environ 300.000 ans en Eurasie et s'est éteint il y a environ 30.000 ans.
Chez l'Homme de Néandertal, l'esthétique avait aussi sa place
WASHINGTON - AFP - MERCREDI 29 MARS 2017
Un fragment d'os de corbeau gravé, datant de 40.000 ans, laisse penser que les Néandertaliens, proches cousins de l'homme moderne disparus il y a 38.000 ans, avaient bien un sens esthétique voire du symbolisme, conclut une étude française publiée mercredi aux Etats-Unis.
Ce bout d'os d'un centimètre et demi de long mis au jour sur un site archéologique de Crimée, en Ukraine, compte huit entailles régulières faites avec un silex.
Une analyse au microscope a montré que l'auteur de ces marques profondes en avait fait initialement six avant de réaliser qu'il avait laissé trop d'espace entre certaines.
Il en a rajouté deux mais de manière à ce que la distance entre toutes les entailles reste égale, a expliqué à l'AFP Francesco d'Errico, un paléontologue de l'Université de Bordeaux, principal auteur de ces travaux parus dans la revue Plos One.
Les chercheurs ont ensuite demandé à un groupe de volontaires de faire huit marques équidistantes sur des os de dinde de la même taille.
L'analyse a montré qu'ils avaient espacé et creusé les huit entailles exactement de la même manière que l'Homme de Néandertal.
"On a pu ainsi démontrer que le Néandertalien a bien fait des entailles avec l'intention de créer un motif harmonieux visuellement et peut-être symbolique", explique le scientifique.
"Il y avait au moins un but esthétique derrière ces marques en raison de leur régularité et du fait de produire cette régularité de façon délibérée (...), qui a d'ailleurs nécessité une certaine expertise", ajoute-t-il.
Des ossements d'oiseaux portant des marques régulières, découverts sur plusieurs sites néandertaliens en Europe, avaient déjà conduit de nombreux chercheurs à penser que ces objets étaient des parures et que ces encoches ne résultaient pas du découpage des carcasses avec des silex pour récupérer la viande.
- Des cultures plus complexes -
"Cette recherche est la première à produire une indication directe confortant l'hypothèse d'une intention symbolique dans ces modifications volontaires d'un os d'oiseau (...), ce qui est une avancée", souligne le professeur d'Errico.
Il s'agissait peut-être de marques de propriété de l'objet, qui dans ce cas symbolisaient la personne le possédant, suppute-t-il.
L'étude est aussi nouvelle dans le sens qu'elle met des hommes modernes dans les mêmes conditions que les Néandertaliens pour voir s'ils produisent la même chose, relève l'anthropologue.
Au cours des dernières années, poursuit-il, on s'est rendu compte que les Néandertaliens avaient des cultures plus complexes que ce qu'on pensait initialement.
Il cite notamment le fait que les Néandertaliens s'intéressaient aux oiseaux et ramassaient les griffes des gros rapaces comme des aigles ainsi que les plumes pour peut-être en faire des parures, selon les vestiges mis au jour sur une demi-douzaine de sites en Europe, dont le plus récent en Croatie. On connaissait aussi leurs sépultures.
Mais on ne pouvait pas vraiment savoir avant les résultats de cette dernière étude si ce cousin de l'Homme moderne, dont les capacités cognitives sont toujours débattues, pouvait avoir un sens esthétique voire du symbolisme.
Les Néandertaliens sont apparus en Eurasie il y a environ 200.000 ans et ont cohabité avec l'homme moderne pendant quelque 10.000 ans, ce dernier étant arrivé d'Afrique voilà 50.000 ans.
Selon les anthropologues, les dernières traces de l'Homme de Néandertal remontent à 38.000 ans, selon les plus récentes estimations publiées en 2014.
Mais il n'a pas totalement disparu puisque, à la suite de croisements, les humains ont hérité de 2 à 4% de ses gènes.
La Grande Muraille verte de Chine
Loin de moi l'idée d'aller critiquer un gouvernement qui prône la plantation d'arbres et qui cherche à réduire l'impact de son économie mais tout comme certains scientifiques, je suis circonspect quant à l'effet réel sur la planète.
SI en même temps, un plan de décroissance n'est pas appliqué, ce travail titanesque restera insuffisant. L'avancée du désert est dû à l'exploitation intensive de la terre et surtout à une politique agricole encourageant l'élevage du bétail à viande et les cultures associées. C'est un changement alimentaire et donc de productions agricoles qu'il faut engager.
Les causes de l'avancée du désert
En cause : la déforestation, l’agriculture intensive et la surpopulation auxquelles s’ajoute le réchauffement climatique.
"Exemple dans le district de Duolun, situé au sud-est du désert de Gobi : la surexploitation agricole et le surpâturage ont transformé la région en désert aride, explique Vincent Beiser dans le magazine Géo. S’ajoutent à cela, le changement climatique et la surpopulation : le nombre d’habitants a quadruplé en 50 ans et le nombre de têtes de bétail a été multiplié par six".
https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/planete-geo/planete-geo-la-grande-muraille-verte-contre-la-desertification_2661864.html
Chine : une « grande muraille verte » pour sauver l'Asie
Par Côme Bastin I Publié le 12 Février 2014
Pour lutter contre la désertification et limiter ses émissions de Co2, la Chine mène un vaste programme de reforestation. Lancé en 1978, il doit accoucher en 2074 d'une forêt de 4 500 km de long, qui protègera l'Empire du milieu du désert.

Une fôret de bambous en Chine © Rob Shangaï
C’est un projet méconnu mais pharaonique. La « grande muraille verte » a été imaginée par le gouvernement chinois pour freiner l’extension du désert de Gobi, au nord du Pays. Le plan prévoit que, d’ici 2074, une forêt de 4 500 km de long soit plantée autour du front désertique. C'est, de loin, la plus grande opération de reforestation au monde.
Il est urgent pour la Chine et ses voisins de freiner l’hémorragie. Chaque année, quelque 3 600 km2 de prairies seraient grignotées en Chine par l’extension des zones arides. En plus de réduire la surface les terres cultivables, le phénomène contribue à la formation de « tempêtes de sable jaune » géantes, qui rejettent de grandes quantités de sable, de poussière et de pollution jusqu’en Corée et au Japon. Elle favorise également les inondations massives, comme celle du fleuve Bleu en 1998. Pour aider la Chine à s'attaquer aux racines de ces phénomènes, de nombreux volontaires sud-coréens, comme ceux de l’ONG Future Forest, viennent participer aux plantations.

Tempête de sable dans le désert de Gobi © NASA
La création de cette muraille végétale s’inscrit dans un plus large plan national de reconversion des terres agricoles en espaces boisés. Baptisé « Grain-for-green » (des grains contre du vert), il prévoit de rémunérer financièrement ou par de la nourriture tous les paysans qui acceptent de planter des arbres.
2,5 fois plus d’arbres que le reste du monde
Et ça fonctionne : quelques 56 milliards d’arbres auraient ainsi été semés, essentiellement par des particuliers, durant les dix dernières années, selon les statistiques officielles du gouvernement. La Banque Mondiale, elle, affirme que la Chine serait aujourd’hui l'un des seuls pays au monde à augmenter la taille de ses forêts. Elles seraient passées de 16 % à 20 % du territoire depuis le lancement du programme. « La Chine plante 2,5 fois plus d’arbres chaque année que l’ensemble du reste du monde », a affirmé le prix Nobel de la paix Al Gore, connu pour son engagement contre le changement climatique.
Coups de pelle et coup de com’
Si l’objectif affiché de cette course à la reforestation est de contrebalancer les importantes quantités de gaz carboniques provoquées par le boom de l’économie chinoise, il s’agit aussi de mettre en scène la volonté écologiste du premier pollueur du monde, alors que les niveaux de pollution alarmants des mégalopoles inquiètent de plus en plus la population. Chaque printemps, rapporte le Guardian, trois millions de membres du Parti communiste Chinois et d’employés modèles paradent à travers le pays pour y planter des arbres. En avril 2010, c'est deux millions de Chinois qui auraient accompagnés le président Hu Jintao à Pékin, pour le 26eplan volontaire de reforestation de la ville.
Une fôret de pins autour du lac Tianchi, près d'Urumqui. © Jlau
Mais la capacité de ces grandes forêts artificielles à absorber le Co2 divise les scientifiques. Un arbre consomme en effet de plus en plus de gaz carbonique à mesure qu’il vieillit. Dans l’immédiat, il n’est pas certain que ces jeunes pousses de résineux aient un impact sur la pollution en Chine. Quant à la « grande muraille verte », certains militants dénoncent son impact écologique. La monoculture de résineux nuirait à la biodiversité et le niveau des nappes phréatiques aurait baissé de 6 mètres dans le district de Minqin suite aux plantations massives. Tous les paysans n’ont par ailleurs pas gagné au change en abandonnant leurs terres pour laisser la forêt pousser.
En revanche, force est de reconnaître que le programme parvient à ralentir la désertification. Les résultats obtenus seraient impressionnants, selon Luc Gnacadja, secrétaire exécutif de des Nations-Unies contre la désertification (UNCCD). Un projet de grande muraille verte est également étudié par l’Union Africaine pour faire face à l’extension du désert du Sahara.
Atteindre l'orgasme littéraire.
AccueilLes toposComment atteindre l’orgasme ? Ou comment écrire une scène érotique qui marche…
01/12/17
Comment atteindre l’orgasme ? Ou comment écrire une scène érotique qui marche…
En littérature, une scène érotique réussie nécessite un immense travail de fond. Elle requiert une exigence de tous les instants aussi bien au niveau narratif, descriptif que lexical. Voici cinq conseils pour atteindre l’orgasme (littéraire) !
Par Mélanie Carpentier

Le contexte avant l’acte
Avant d’envisager tout passage à l’acte, il faut privilégier la structure de votre roman ou de votre nouvelle. En effet, toute bonne scène érotique doit s’inclure dans une histoire de qualité qui ait du sens. À vous de bien travailler le contexte général car le lecteur doit impérativement s’identifier et s’attacher aux personnages pour apprécier leurs ébats amoureux. Vos protagonistes doivent être « normaux », c’est-à-dire proches de notre quotidien ( Pas d'accord : on peut très bien utiliser la vie de gens qui ne nous ressemblent pas pour mieux cerner notre propre existence ) . C’est en pointant leurs failles que vous arriverez à les plonger dans des situations de vulnérabilité.
Le choix du narrateur
Dès le départ de votre écriture érotique, il vous faut vous positionner en tant que narrateur. Trois possibilités s’offrent à vous : le point de vue omniscient (vous savez tout sur vos personnages, à la fois ses sentiments et ses pensées), le point de vue interne (vous percevez la scène uniquement à travers un personnage) (C'est ce que je tente d'appliquer ) et le point de vue externe (vous restez un simple observateur de l’histoire). Gardez-le tout au long de l’histoire sous peine de perdre votre lecteur en cours de route.
La problématique de l'écriture (roman et spiritualité)
Le poids des mots
Une fois que votre trame narrative est bien posée, il est temps d’emmener vos personnages au royaume de tous les plaisirs sexuels. Une scène érotique exige une écriture assez technique car, pour qu’elle soit réussie, elle doit faire monter le désir à travers des détails anatomiques. Le choix des mots est essentiel et c’est à vous de définir un champ lexical collant au ton général de votre roman. Plutôt délicat ou cru ? Avec poésie ou vulgarité ? C’est à vous de choisir votre bataille afin de contrôler au mieux l’ambiance et les personnages créés. Vous pouvez également doser subtilement le langage soutenu et les expressions plus « hard ».
Le piège des répétitions
Autre piège à éviter : celui des répétitions ! (C'est valable pour n'importe quel domaine... Quand j'écris un roman d'alpinisme, je constitue un panel de mots précis afin d'éviter les répétitions.)
Dans une scène érotique, certaines actions peuvent revenir. Pour s’en sortir brillamment, notez sur une feuille un lexique de mots se référant au sexe ou à un domaine précis du corps. Selon le ton de votre histoire, employez ensuite les expressions les plus appropriées qui colleront à la scène. Cette variété lexicale permet au lecteur d’entrer plus facilement dans la scène érotique.
Le plaisir par les sensations
Le lecteur mord à l’hameçon lorsqu’il ressent pleinement le plaisir ressenti par les personnages. Pour y parvenir, jouez sur les cinq sens afin de montrer toutes les facettes de leur bonheur sexuel. L’usage du champ-contrechamp (exemple : que regarde Monsieur lorsque Madame lui fait une fellation ?) ou des confidences intimes (exemple : Madame ressent une gêne terrible lorsque Monsieur tente de la caresser sous la table du restaurant) permettent d’exprimer les sensations des personnages. Jouez également sur les moments de silence ou sur les sons prononcés durant l’acte sexuel pour donner du rythme à la scène.
Un peu de surprise pour finir
Enfin, si le ton général doit rester réaliste, rien n’empêche vos personnages d’emprunter quelques sentiers inhabituels ! Vous pouvez, par exemple, rédiger une scène de strip-tease très stimulante qui se termine par une surprise ou alors faire avorter une scène qui s’annonçait prometteuse (exemple : Madame se caresse mais s’interrompt au moment où son amant entre dans l’appartement)
Lire et faire lire
Pour rapidement maîtriser ce difficile exercice de style, n’hésitez pas à faire relire votre texte par quelques proches avant de le publier. C’est le meilleur moyen de savoir si la potion érotique fonctionne. Et n’oubliez pas de lire des romans de référence pour s’inspirer du meilleur. Quelques auteurs qu’on vous conseille : Sade, Henry Miller, Charles Bukowski ou encore Esparbec.
Il me semble, à la lecture de cet article et des "recettes" qu'il propose qu'il manque un élément essentiel, vital, la source même de l'érotisme : l'exploration des pensées. Les sensations génèrent des pensées et les pensées stimulent les sensations. Il n'est pas de sensation qui ne soit conscientisée pour être exprimée et donc qui ne soit pas pensée. Il ne s'agit donc pas pour moi de me satisfaire d'une description sensorielle mais bien d'analyser le champ intime des pensées et c'est là, justement, que le transfert entre le lecteur-lectrice et le personnage peut se faire. Non pas seulement dans une dimension corporelle mais également spirituelle.

KUNDALINI
""La respiration qui accélère, le soleil dans son dos, sur ses fesses, l’air autour d’elle comme un cocon silencieux et la verge de Sat comme un piston accordé à ses souffles. Elle entendit une voix qui gémissait et elle comprit étrangement que c’était elle, comme un écho lointain qui remontait des entrailles, la pression des pubis électrisant son clitoris, des décharges lumineuses, des bouffées d’air brûlant qui remontaient de son ventre et fusionnait avec l’air qu’elle inspirait, comme un circuit fermé mû par un mouvement perpétuel. Elle voyait en elle des courants pétillant, un cheminement précis, une circumnavigation interne, de sa bouche à son sexe, une boucle chargée de particules.
Elle se cambra et tendit les seins, la tête en arrière, les cheveux tombant, la bouche ouverte, cette conscience de son corps impudique, elle n’en voulait plus, elle aimait la verge de Sat, elle aimait son corps, elle aimait la jouissance qui montait, l’impudeur était une morale humaine, rien dans l’amour en elle ne devait s’accorder à une morale, elle voulait jouir, être la femme réelle qu’elle devinait et de s’autoriser ainsi une nudité aussi totale, elle sentit fondre des chaînes mentales, des résistances inquiètes, des images fausses consumées par le feu de ses entrailles, par le brasier de ses fibres, par le ruissellement de son sexe, des flamboyances qui jaillissaient avec de plus en plus d’ampleur.
Elle n’avait rien à retenir, elle n’avait rien à protéger, il n’y avait aucun danger, aucune menace, aucun objectif à tenir. Juste être là, dans le vide et se remplir de tout ce qu’il était.
La verge de Sat comme un créateur d’Univers.
Alors, elle voulut tout connaître, tout explorer, aller au-delà du connu puisqu’il n’était qu’une prison, que la mémoire était une geôle et qu’il fallait l’ouvrir pour qu’elle se charge du réel.
Elle ne comprenait plus vraiment ce qu’elle pensait et elle se dit d’ailleurs que les pensées pensaient toutes seules, qu’elles existaient au dehors et qu’elles tombaient en elle.
Elle se retira, fit demi-tour, passa une jambe de chaque côté du visage de Sat et prit sa verge dans ses mains. Elle la lissa, doucement et posa les lèvres sur le gland.
Les doigts de Sat sur ses fesses, écartant les monts, sa langue fouissant entre les plis des lèvres nacrées.
Elle continua à user de son souffle pour régler les mouvements de succion. Inspiration, elle absorbait la tige écarlate jusqu’aux racines.
Expiration.
Elle remontait jusqu’à la cime.
Elle imagina un court instant les jets de sperme dans sa bouche. Des queues luisantes de comètes, des laitances épaisses comme des étoiles liquides.
Le sperme de Laurent. Elle n’en aimait ni la matière ni le goût. Elle n’y percevait qu’une soumission nauséeuse et avait fini par la rejeter.
Insignifiance des ressentis primaires. Elle voulait vivre l’instant et ne plus rien s’interdire, franchir les limites imaginaires, dépasser le cadre étroit de la matière.
L’amour n’a pas de mémoire. Elle le comprenait enfin.
Comme si cela participait au processus. Sans qu’elle ne sache vraiment ce que le processus contenait de découvertes ni même en quoi il consistait. Une évidence. Ce monde qu’elle avait aperçu tout à l’heure dans une étreinte incompréhensible s’ouvrait intégralement à ce que la vie proposait, sans rejet, ni colère, ni adoration, ni suffisance, ni peur, ni espoir, ni attente. Le monde jouissait de ce qui le constituait. Intégralement.
La terre n’a jamais rejeté la moindre graine.
Elle absorberait le sperme de Sat comme des rosées salutaires. Ou qu’il jaillisse.
Et ce fut en elle comme une terre chaude qui s’ouvrait à la pluie.
Elle glissa vers les pieds de Sat et le remercia intérieurement de son abandon à ses désirs. Elle posa les mains sur ses tibias, totalement dénués de poils, elle les trouva beaux et s’étonna de cette émotion. Des tibias…
Une étrange contemplation, l’impression de voir crépiter des couleurs.
Et là surgit la conviction que l’orgasme n’avait aucune importance, qu’autre chose était possible. Ce qu’elle avait déjà vécu dans les bras de Sat n’était pas l’objectif final. Il y avait un horizon aussi vaste que ce qu’elle avait connu lorsque le monde était entré en elle. C’est là qu’elle voulait aller.
Elle le chevaucha de nouveau, les mains appuyées sur son torse. La verge comme une baguette de sourcier.
Un déversement continu.
Il était en elle comme la sève au cœur de l’arbre, comme le soleil sur le monde, la lumière nutritive. Il ne la pénétrait pas, il lui permettait d’être nourrie. Oui, c’était ça. La verge de Sat comme un cordon ombilical qui la reliait à la vie. Et coulait en elle le courant de la source, l’énergie de toutes choses.
Les fleurs donnent un sens à la vie des bourdons. Sa matrice donnait vie à la verge de Sat. L’un et l’autre redevables de la conscience révélée de l’énergie créatrice.
Les larmes de nouveau, un voile liquide qui noyait le paysage. Elle regarda les montagnes en descendant et montant sur la trompe butineuse et sa bouche ouverte aspirait des molécules parfumées.
Elle varia l’angle de frottement du membre en elle, le point sublime qui l’avait fait couler, elle en adorait la rosée.
Elle n’étouffa plus aucun de ses gémissements et elle voyait s’envoler dans les airs les souffles de sa voix, les aigus de ses râles, le chant de son corps.
Jouir dans la nature et se réjouir de la nature en soi.
Un papillon coloré passa devant elle, un vol chaotique empli de joie. Elle croisa son regard pétillant et elle en éclata de rire.
Le plaisir l’enivrait et la verge engloutie agissait comme un alcool déversé, les vertiges l’emportaient et c’était délicieux, le brasier de son ventre remontait dans son dos et elle aurait pu dessiner à la perfection chacune de ses vertèbres, l’impression de les voir s’illuminer comme une guirlande, étage par étage, puis le courant lumineux redescendit entre ses seins et inonda son vagin.
Ne pas succomber à l’orgasme comme un bourgeon qui s’ouvrirait dès les premiers flux de sève, constituer une boule d’énergie, plus forte encore, plus vaste, plus dense, accueillir et ne pas vouloir se consumer, s’emplir jusqu’à l’ultime débordement.
Elle se dégagea de la verge et se déplaça. Il ne bougea pas. Elle s’accroupit au-dessus de son visage, comme si elle s’apprêtait à uriner, posant son sexe sur sa bouche, dans une posture qu’elle n’aurait jamais pensé initier. Et le bonheur de cette liberté l’envahit comme un souffle tiède, une risée de câlins chauds qu’elle regarda s’étendre.
La langue de Sat fouillait en elle et ses mains pétrissaient ses fesses.
« La puissance de ton hommage à l’amour de la vie nourrira mon plaisir. »
Il l’avait dit, elle n’oubliait plus rien désormais, aucune parole, comme un enregistreur inépuisable.
Elle s’était fabriqué des limites. Il n’y en aurait plus.
Pour la première fois de sa vie, elle invitait un homme à la caresser. Sans retenue, sans culpabilité, sans aucune peur, comme elle le souhaitait, sans que rien ne bride son désir et elle découvrait, en regardant le visage de Sat entre ses cuisses, ce bonheur du plaisir reçu sans que rien ne soit dû.
Il glissa deux doigts entre les lèvres, s’insinua lentement entre les parois intérieures.
Elle s’abandonna aux pressions, elle se délecta des rotations, elle absorba le moindre frémissement.
Elle leva les yeux vers les arbres, elle contempla les feuillages et sans pouvoir le comprendre, elle sentit dans son corps les pressions des sucs de la terre, le déversement des subsistances, la dispersion des flux énergétiques les plus infimes, la lumière absorbée pour que la vie se forme. Comme un envahissement libérateur, une invasion bénie des Dieux.
Elle vit en elle, sans en expliquer l’apparition soudaine, les lumières rasantes du lever du jour, ce moment suspendu où la marée solaire gagne les territoires, où la terre endormie par les câlins de la nuit se réveille, ces ondes délicieuses de la chaleur qui s’installe, l’apparition de l’astre par-dessus les crêtes et l’ascension inexorable vers le zénith.
Elle était au zénith.
Elle se tendit, le souffle bloqué, bouche ouverte, les mains pressant la poitrine de Sat et l’explosion l’emporta.
Une fois.
L’énergie se rechargea immédiatement.
Nouvelle ascension, deuxième vague contre la digue, un rouleau surpuissant qui balaya l’ouvrage, son sexe déversant des incendies liquides.
Deux fois.
Elle pensa un instant au visage de Sat, à sa bouche avide, à sa langue fouisseuse. Il ne se retirait pas, il accueillait ce qu’il déclenchait. Cet amour offert, cet homme entre ses cuisses ouvertes, cette attention sublime qu’il lui accordait. Elle voyait son regard aimant en elle et ce fut comme une fournaise.
Trois fois.
Elle se laissa tomber sur le côté.
« C’est trop fort, je ne tiens plus. »
Elle roula sur le dos. Il se dégagea et se plaça entre ses cuisses. Il souleva ses fesses et amena son pubis étoilé de cyprine à hauteur de son visage.
Les regards qui se croisent.
Il caressa de sa bouche la fine toison et lécha les lèvres avant de venir épouser le capuchon de son bouton érigé.
Elle ne voulait plus le quitter des yeux, elle s’évertuait à plonger en lui, à se réjouir de chacun de ses gestes, à capter l’intégralité des offrandes, qu’elles soient visuelles ou autres, les parfums de la sueur de Sat, les fragrances de son sexe mâle, le goût de son vagin sur sa bouche quand il l’embrassait, elle voulait goûter à tous les sens et que ses pensées se taisent.
C’est là que la contradiction apparut. Vouloir, c’était encore une pensée. Il lui restait encore à savoir taire ce mental, elle en devinait les résistances, comme des peurs qui s’accrochaient désespérément au-dessus des vides sensoriels.
Aller au plus profond de l’ouverture de son corps.
Le territoire de l’amour n’a pas de pensées.
Le corps de Sat entre ses cuisses ouvertes. Il avait reposé doucement ses fesses sur la couverture. Ses regards sur elle. Il était si bon de se sentir aimée.
Mais qu’aimait-il réellement ? Elle ou l’amour de la vie en elle ?
Elle ne chercha pas la réponse. Elle accueillit sa verge et les pensées s’enfuirent.
C’est lui qui adopta le protocole de la respiration et elle sentit à chaque souffle l’invasion délicieuse du membre et la chaleur insérée lorsqu’il se retirait. Elle aima l’alternance car elle ne souffrait plus de l’attente. Il ne restait que l’instant et sa complète absorption.
Le visage béat de Sat et cette flamboyance dans ses prunelles, comme si la vie brûlait à l’intérieur mais qu’il gardait la maîtrise du feu.
Elle accompagna ses souffles en synchronisant les contractions de son périnée lorsqu’il s’introduisait au plus profond, enserrant la verge dans son cocon et elle imagina son vagin comme un bourgeon extasié.
Elle aimait les muscles de son dos et la fermeté de ses fesses, les sangles tendues de ses abdominaux, toute cette force contrôlée. Sat aimait la vie en lui et non pas l’image qu’il avait de lui. Elle le savait. L’explication de cette joie qui émanait de chacun de ses regards, la fluidité de ses gestes, la profondeur de ses paroles, cette observation bienveillante de l’existence. Et la sensualité de son corps, cette beauté naturelle qu’il préservait religieusement.
Lui vint à l’esprit cette image des familles croyantes qui prient avant d’entamer un repas, ces paroles qui honorent et remercient.
Elle regrettait de n’avoir pas prié avant de jouir et se promit de combler l’oubli, de remercier désormais avant de consommer la joie des corps.""
Alex Honnold : légende du "free solo"
RENCONTRE AVEC ALEX HONNOLD, LÉGENDE DU FREE SOLO
Posted by Piotr | Oct 23, 2017 | Récit | 0 |
http://www.1001-pas.fr/rencontre-alex-honnold-legende-freesolo/
A l’occasion de l’International Mountain Festival à Brixen dans les Dolomites, j’ai été invité à découvrir le Sud Tyrol (je ferai un article photo à part) et j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec le grand Alex Honnold. Pour ceux qui ne connaissent pas Alex Honnold, c’est un des meilleurs, sinon considéré comme le meilleur, en ce qui concerne les ascensions en solo intégral. Bien que, comme il le s’amuse à le répéter lui-même, dans le mesure où ils ne sont pas si nombreux, ce n’est pas difficile de faire parti des meilleurs.
DE LÀ, SURVIENT, POUR CERTAINS, UNE AUTRE QUESTION, QU’EST-CE QUE LE SOLO INTÉGRAL ?
Le solo intégral, c’est un style à part en escalade. Pas d’assurage, pas d’équipement de protection (à la différence de l’escalade libre), une hauteur importante (à la différence de l’escalade en bloc), hauteur que l’on pourrait qualifier d’improbable, impossible pour le commun des mortels, qui implique de graves blessures voir la mort en cas de chute. Je pense que, comme moi, certains d’entre vous ont vu Alain Robert (corocico) grimper des tours sans assurage dans les années 90. (on ne résume souvent Alain Robert qu’à ses prouesses solos dans les grattes-ciels, beaucoup plus médiatisés que ses 15 solos entre 8a et 8b, merci wikipédia).
Alain Robert avait d’ailleurs envisagé El Capitan dans les années 90 mais la voie Freerider n’existait pas alors. Qui sait, si Alain n’avait pas été happé par les grattes ciels… l’histoire aurait pu s’écrire autrement.
(source).
Regardez ce jeté de Dan Osman qui me donne des sueurs froides. A chaque fois que je regarde ces quelques secondes, mes mains deviennent moites !
(Dan Osman est malheureusement décédé dans le parc du Yosemite en 1998 par, ironie du sort, une corde qui a lâché lors d’un saut controlé)
Alex lui a d’ailleurs rendu un hommage sous la forme d’une ascension clin d’oeil sur la même voie : Bear’s Reach.
Bon, je pourrai continuer longtemps ainsi en refaisant la chronologie de l’évolution du solo intégral mais là n’est pas le sujet
COMMENT FONT-ILS ALORS ?
Ils doivent prendre drogues je pense… Ils s’entrainement constamment, en respectant une discipline drastique, tant mentalement que physiquement, pour ne pas chuter car la chute, pour ces funambules des parois, s’apparente souvent à un ticket direct vers l’au delà.
Néanmoins, quand on voit Alain Robert, notre spiderman français, faire une chute de 15m en 1982, tête la première. 6 jours de coma avec pronostique vitale engagé et un diagnostique des médecins affirmant qu’il ne pourra plus grimper rempilant tout de même un an après (et toujours actif depuis même s’il en a gardé des séquelles), on se demande si ces athlètes ne viennent pas d’une autre planète.
Au delà de la maîtrise technique de top niveau partagée par d’autres grimpeurs (voir dépassé avec le tchèque Adam Ondra qui fait de l’escalade libre et joue dans sa propre catégorie avec une voie ouverte cette année en Norvège cotée 9c), le solo intégral demande un mental d’acier. Les commentateurs sur youtube concernant les vidéo en solo intégral suggèrent plutôt des « balls of steel » (je vous laisse traduire) et se demandent d’ailleurs comment ils font pour les soulever !
ET IL A FAIT QUELQUE CHOSE D’IMPORTANT TON ALEX POUR QUE L’ON PARLE DE LUI ?
Rien de bien folichon, en somme, il a grimpé un petit mur…
Alex Honnold a de nombreux faits d’armes qui lui valent, depuis de nombreuses années, le respect de la communauté du monde de l’escalade (solo du Half Dome, traversée du Fitz Roy)… mais sa dernière ascension représente un exploit dont l’écho a porté bien au-delà du cercle restreint d’initiés et de pratiquant de la discipline. Je suis tout sauf un expert de l’escalade mais ce qu’il a fait, à mes yeux, s’apparente à la première ascension d’un 8000m hivernal voir l’équivalent, dans sa discipline, de la conquête de l’Everest. (note : le pionnier de la discipline, Peter Croft, a dit lui-même qu’il n’y a rien au-delà…)
Je me trompe peut-être mais je le vois ainsi. Alexa Honnold a, cet été, le 6 juin, réalisé en 3h56 exactement, l’ascension en solo intégral du mythique El Capitan, un mur de granite de 900m de haut, par la voie freerider. C’était son rêve, son obsession depuis des années. Un but pour lequel il s’est longuement préparé.
ET DONC, J’AI RENCONTRÉ ALEX HONNOLD.
Je ne cours pas les festivals outdoor pour les interviews. Je ne suis pas journaliste de métier, l’interview d’un grand athlète est un format que je ne maîtrise absolument pas. Lors de cette balade matinale jusqu’au refuge, il y avait plus de 40 journalistes étrangers souhaitant recueillir la parole d’Alex. Avant de prendre le téléphérique, j’ai pu l’approcher. Je lui ai dit bonjour, je lui ai serré la main. Alex (on va être familier) est apparu très calme. Il se dégageait de lui une bienveillance juvénile, aucune arrogance, aucune agressivité, aucune impatience. On sent que l’on a en face quelqu’un de profondément humain, de très terre à terre. On sent qu’il partage et qu’il a incorporé la philosophie de vie de son partenaire d’ascension (pas pour El Capitan vu que c’était du solo intégral), Conrad Anker, qui sonne ainsi « be good, be kind, be happy » Sois bon, sois gentil, sois heureux.
Alex fut un peu flashé en mode paparazzi tout du long mais il resta disponible pour celui qui souhaitait échanger avec lui quelques mots. J’ai laissé les pros faire leur job en espérant peut-être avoir la possibilité de lui parler à un moment où la tension sera retombée. Eux sont journalistes, ils ont des obligations, ils doivent sortir leur papier, leurs photos. Moi et mon blog outdoor 1001pas, on n’a, au fond, aucune pression. Je pourrai même me contenter de retranscrire ses échanges avec quelques journalistes alors que je marchais à quelques pas derrière lui. C’est tout de même étrange de marcher derrière un géant. Géant non par sa taille ou son égo mais ses accomplissements.
J’aimerais bien avoir quelque chose d’intéressant sur quoi l’engager. Mais que dire ? Y’a t-il une question à lui poser à laquelle il n’ait déjà répondu ?
Je n’aime pas répéter les choses ni faire répéter les gens. J’étais avec Jocelyn Chavy, le rédac en chef du journal outdoor Wider qui, quant à lui, est plus au fait de ce genre de rendez-vous. Il a le savoir, la manière. Il connait les athlètes dont Alex depuis des années.
Toutes les questions concernant la préparation, la gestion de la peur sont des questions qui lui ont déjà été posées et auxquelles il a du se soumettre de nouveau. En même temps, ce qu’il accomplit, lui et ses semblables, est tellement incompréhensible que l’on essaie à chaque fois de connaître la recette de sa potion magique.
5 minutes avant d’arriver au refuge, les journalistes l’ont laissé quelques peu respiré c’est donc le moment où le blogueur vient porter le coup de grâce. On a échangé sur le souhait du gouvernement Trump de souhaiter supprimer la protection de certains parcs en autorisant les forages. L’environnement est une problématique qui lui tient à coeur et il suivait visiblement le sujet de près. J’étais persuadé que j’avais enregistré sa réponse (il était très prolixe sur le sujet) mais ce n’est pas le cas (amateurisme quand tu nous tiens). On a fini sur une note décontractée où je lui ai demandé si, comme nous les français, il a la nostalgie des plats de chez lui en voyage. (personnellement je rêve souvent de la fraîcheur d’une bonne salade vinaigrette à l’étranger). Alex étant végétarien, il m’a répondu en souriant que ce qui lui manquait le plus était le guacamole et les plats épicés mexicains.
(On peut s'amuser en disposant de cette information de tous ces gens qui affirment qu'un régime végétarien est incompatible avec la pratique du sport...)
QUI EST ALEX HONNOLD ?
Il y a ceux, les incultes/idiots/rois du canapé qui le traiteront de fou, d’inconscient, d’égoïste. Qui n’ont jamais compris et ne comprendront jamais la philosophie et les motivations d’un tel athlète. Le genre de personne pour qui l’accomplissement de toute une vie se résume à métro,boulot,dodo. Je ne porte pas ce genre de personnes dans mon coeur. Avec eux, on en serait encore à essayer de faire du feu dans les cavernes. Aucune audace, aucune ambition, aucune étincelle dans leur existence.
Moi ce que je vois c’est tout sauf un homme suicidaire. C’est un sportif qui repousse, dans sa discipline la définition du mot « impossible ». C’est quelqu’un bien au-dessus de la majorité d’entre nous en terme d’engagement sportif mais qui vous regarde dans les yeux et vous sourit d’une sourire franc et sincère quand il est en face de vous. Il a eu ses modèles qui l’ont fait rêver et, en mixant talent et travail acharné, après des dizaines d’années, il est devenu un modèle pour d’autres.
Quand je vois tant d’abnégation et de sacrifices pour réaliser ses rêves, cela me porte. Cela me donne envie, non pas de me jeter sur une paroi en free solo, ce qui, dans mon cas, serait réellement suicidaire… non, les accomplissements d’Alex me donnent envie de réaliser mes rêves. Aussi humbles qu’ils soient en comparaison, ils sont miens. Quand vous voyez un homme (ou une femme) rayonner autant parce qu’il a réalisé l’impossible, vous avez, au fond de vous, envie de faire de même.
EST-CE QUE SON CERVEAU FONCTIONNE DIFFÉREMMENT POUR DÉPASSER LA PEUR DE L’ERREUR, LA PEUR DE LA CHUTE, LA PEUR DE LA MORT ?
Alex vous dira qu’après des années de préparation physique, de répétition et de mémorisation des gestes, de la voie, ce qu’il a fait n’était, au fond, qu’une chorégraphie. Une succession de gestes parfaitement maîtrisés. Il écoutait d’ailleurs tranquillement sa playlist pendant les 4h de son ascension. Celui que ses amis surnomment, monsieur « no big deal » (ce n’est pas grand chose) a appris à gérer la peur. A la dompter à forcer de projection et de préparation.
Quand je vous parlais, plus haut, de la philosophie de son collègue de grimpe qu’il a fait sienne « Be good », sois bon, Alex l’applique avec sa fondation à qui il reverse 1/3 de ses revenus. Durant ses échanges avec les journalistes, je me souviens d’une anecdote. Quand il a commencé à être connu, il a fait une pub. Il a dit qu’il avait gagné en 2 jours ce que sa soeur, travaillant dans le social, gagnait en quelques années. Il voulait rééquilibrer la balance d’où la création de sa fondation.
ET LA SUITE ?
C’est la grande question que l’on pose tous à Alex. Quels projets ? Tu vas faire quoi maintenant Alex ? Il y a le film réalisé par Jimmy Chin et Chai Vasarhelyi sur ce free solo légendaire qui devrait sortir l’an prochain. Il y a les conférences de présentation de son ascension qu’il mène en parallèle. En attendant, on peut se repasser des sections où on voit l’artiste à l’oeuvre… néanmoins, comme il nous l’a expliqué, El Capitan était un rêve, SON rêve, le rêve de toute une vie qui le berçait depuis des années et il ne se voit pas faire de l’alpinisme. Il n’a pas non plus une sorte de dizaines de « rêves de toute une vie » empilé à la suite de ce dernier comme on aurait une liste de course à cocher. En terme d’escalade pure, il aimerait réaliser des voies côtées 9 mais il n’a pas, pour le moment, pas de grand projet d’escalade dans son planning. La vie suit son court. Il a ses conférences, sa fondation, les projets avec ses sponsors…
Son projet en Angola en partenariat avec sa fondation.
Son ascension du Half Dome
Si vous aimez, n’hésitez pas à partager.
Ce voyage et cette rencontre ont pu se faire grâce à la participation de l’office de tourisme du Sud Tyrol ainsi que de l’International Mountain Summit que je remercie pour l’invitation. Mon avis reste totalement indépendant.
L'eau des WC
En fait, quand je lis ça, je suis content de voir que les idées évoluent et en même temps, je suis effaré qu'on en soit encore que là...Ce système-là, ça fait bien longtemps qu'il a été imaginé et mis au point par des particuliers. Et qu'on ne soit pas encore passé à la grande distribution, c'est juste qu'une question de mentalité, de priorités. Et l'eau n'est pas assez chère encore pour être une priorité.
Pour notre, part, dans les toilettes, c'est effectivement l'eau de la salle de bain qui est utilisée. Tout simplement dans une cuvette posée dans le lavabo. Et donc le prix d'une cuvette et l'obligation de faire trois pas pour passer de la salle de bains aux WC...
Sidi Drici s’est adressé au président de la République dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux pour défendre son projet. Il pourrait être reçu à l’Elysée prochainement.
Il n'y a pas de petites économies, surtout quand elles peuvent protéger notre planète. Plombier à Rubelles (Seine-et-Marne), Sidi Drici a inventé un système qui permet de recycler l'eau de la douche et du lavabo d'une salle de bain pour alimenter la chasse-d'eau des toilettes. Fort de son concept, note Le Parisien dans son édition du 29 mars, Sidi Drici a adressé une vidéo à Emmanuel Macron pour partager son idée. Visible sur sa page Facebook, celle-ci a déjà été vue près de 20 000 fois. "L’Elysée m’a rappelé", assure-t-il au quotidien. "Ils m’ont dit que je serai reçu bientôt. Ils me préviendront trois jours avant." Contactée par franceinfo, la présidence n'était pas en mesure de confirmer cette information samedi 31 mars dans l'après-midi.
"Comment est-il possible en 2018 que nous urinons dans de l'eau potable", interroge le fondateur de l'entreprise DSM et créateur de la pépinière d’entreprises DSM Evolution à Rubelles. Il détaille ensuite le principe simple de son installation. L'eau de la douche est stockée dans un réservoir où elle est filtrée avant d'être reversée dans la chasse d'eau des toilettes. Ce dispositif breveté a déjà été posé chez une cinquantaine de particuliers dont 21 pavillons neufs à Rozay-en-Brie. L'installation coûte entre 600 et 1 000 euros.
"On consomme plus d'eau pour aller aux toilettes que pour se laver", se lamente-t-il, avant d'appeler Emmanuel Macron à se pencher sur son idée.
Oublié en prison.
C'est, à mes yeux, une histoire effroyable. Que reste-t-il de cet homme, comment a-t-il pu être délaissé à ce point ? Comment est-il possible que personne ne soit jamais intervenu, ni sur un plan juridique, ni auprès du personnel de la prison, ni avec d'anciens détenus. Sauf un. Comment est-il possible que cet homme, apparemment affable, ait pu être oublié de tous aussi longtemps, d'une façon aussi effroyable, comme un effacement, une mort sociale ? Que sait-il de ce monde dont il a été privé ?
Imaginons que nous revenions à la lumière après quarante ans de survie sous terre...
Michel Cardon, en prison depuis 40 ans, va être remis en liberté
Michel Cardon à la fin des années 70 / © France 2
PARTAGES
C'était l'un des plus vieux détenus de France.
Par Emmanuel Magdelaine
"C'est l'une de mes plus grandes émotions professionnelles, c'est une grande joie pour lui et j'espère qu'il pourra en profiter pleinement", a réagi Eric Morain, son avocat. Dix-huit mois de travail, dix-huit mois de combat... mais ça n'a rien à voir avec les quarante ans, cinq mois et trois jours de détention. C'est beaucoup d'émotion et une grande joie pour lui".
Libération conditionnelle de Michel Cardon : "C'est beaucoup d'émotion et une grande joie pour lui", déclare son avocat
Cet Amiénois de 67 ans a une histoire particulière, celle d'un détenu "oublié" : il n’a bénéficié d’un premier parloir qu’au bout de trente-huit ans de détention. Il n'est revenu dans l'actualité qu'à la faveur d'un article de La Voix du Nord en août 2016. Un avocat parisien, Me Morain, est touché par l'histoire de Michel Cardon. Il le rencontre, lui demande s’il a envie de sortir de prison puis entreprend des démarches pour essayer de la faire sortir.
"J'ai eu en face de moi quelqu'un ressemble à l'image qu'on se fait de Robinson Crusoë, mangé par la barbe mais avec un merveilleux sourire, raconte Eric Morain. Il a du mal à parler parce qu'il a les restes d'un AVC, du mal à respirer, il es sourd d'une oreille. Mais il comprend, il s'exprime..."
"La société qui vous a sanctionné a choisi aussi de vous oublier", écrivait ce même avocat dans un courrier daté du 12 février qui avait demandé sa grâce au président Emmanuel Macron. Selon lui, M. Cardon aurait pu réclamer depuis vingt ans le bénéfice d'une liberté conditionnelle.
Michel Cardon, le détenu oublié de Bapaume
Reportage diffusé par France 2 début mars.
Les requêtes devant le tribunal d'application des peines avaient jusque-là été toujours rejetées. Notamment parce que les experts relevaient toujours un risque de récidive toujours présent, selon le parquet. "Compte tenu de l'état de dégradation physique de M. Cardon, nous avons estimé, du point de vue du parquet, que le risque de réitération apparaissait désormais limité", a déclaré M. Lourdelle, procureur d'Arras, à l'issue de l'examen de la dernière demande le 15 mars dernier. Ce jour-là, le parquet avait donc requis "un placement extérieur probatoire à une libération constitutionnelle dans un établissement pour personnes âgées dépendantes, compte tenu de son état de santé et dégradation physique".
Il vivra dans le Val d'Oise
Michel Cardon a été condamné dans « l’affaire du crime du chemin de la Flaque ». En octobre 1977, à Amiens, Michel Cardon, 26 ans, et Jean-Yves Defosse, 29 ans, tuent un homme invalide 64 ans suite à un cambriolage qui a mal tourné. Lors du procès aux Assises, les accusés échappent de peu à la peine de mort.
Après la condamnation, les proches de Michel Cardon se détournent de lui.
Le détenu s'isole. Son état de santé se dégrade.
Seul un détenu se prend d'amitié pour lui, un Nordiste incarcéré avec lui à Bapaume entre 2008 et 2015. « Il était seul, déprimé, alors je lui apportais tous les jours du café dans sa cellule, raconte-t-il dans La Croix. Je ne sais pas trop pourquoi il a baissé les bras car il avait son caractère, mais il a été cassé par toutes ces années. Il ne parlait pas beaucoup. »
Michel Cardon va être logé dans un centre d'hébergement et de réinsertion du Val d'Oise. « C’est une grande joie pour lui, explique à La Voix du Nord, son avocat. Il va sortir. Qu’il a fallu du temps et de la mobilisation. J’ai rencontré des associations, des confrères, des magistrats, des gens exceptionnels. (...) Michel va pouvoir faire autre chose, être au contact de la nature. Être libre, tout simplement. »
Désormais, "il ne va plus être le détenu oublié de Bapaume, il va changer de région et de département pour essayer de vivre quelques années libre", a conclu sur France info Eric Morain.
Le plus vieux détenu de France ?
Michel Cardon a passé plus de 40 ans en prison. C'est l'un des plus anciens détenus de France. Mais pas le plus ancien.
Casanova Agamemnon, dit "Cajo", 68 ans, est le plus ancien prisonnier de France. Aujourd'hui incarcéré à La Réunion, il a déposé sa 23e demande de libération conditionnelle, après quarante-huit années passées derrière les barreaux.
Réseaux sociaux et vie sociale.
Au moment où Facebook est au cœur d'un nouveau scandale, certains de ses utilisateurs ont décidé de sauter le pas et de quitter le réseau social aux 2 milliards d'abonnés. Une démarche plus difficile qu'il n'y paraît...
Et c’est reparti pour une nouvelle controverse sur Facebook, qui viole à nouveau notre vie privée en permettant à d’autres de recueillir nos renseignements personnels. Certes, cette flambée-ci est importante et amène certains à envisager de quitter complètement Facebook. Mais, soyez-en sûrs, l’entreprise et la plupart de ses 2 milliards d’utilisateurs se réconcilieront. La grande majorité d’entre eux retournera sur Facebook, tout comme ils l’ont fait la dernière fois et toutes les autres fois auparavant. Car, comme dans toute relation abusive, les usagers ont développé une dépendance psychologique qui les rend accros – bien qu’ils sachent que sur certains plans, ce n’est pas bon pour eux.
Des décennies de recherche ont montré que notre relation avec tous les médias, qu’il s’agisse du cinéma, de la télévision ou de la radio, est toujours de nature symbiotique : les gens les apprécient en raison des gratifications qu’ils tirent de leur consommation – évasion, relaxation, illusion d’une compagnie… Plus les gens les utilisent, plus ils recherchent et obtiennent ces gratifications.
Sur les réseaux sociaux, cependant, le consommateur fournit sans cesse des données qui permettent de cibler précisément ce qui le satisfait le plus ; les médias sociaux exploitent les modèles de comportements qu’ils ont repérés afin d’ajuster ses expériences en ligne et de répondre à ses besoins psychologiques particuliers.
>> Publicité, propagande... A quoi servent les données personnelles que vous confiez à Facebook ?
En plus de nous fournir du contenu, Facebook, Twitter, Google – en fait, tous les médias sociaux – nous offrent de nouvelles possibilités d’interaction sur la plateforme qui peuvent satisfaire certaines de nos envies innées.
Les outils interactifs de Facebook offrent en effet des moyens simplifiés de susciter notre curiosité, de diffuser nos pensées, de promouvoir notre image, de maintenir des relations et de satisfaire le désir ardent de validation par les autres. Les médias sociaux s’appuient sur les ressorts de la psychologie pour nous faire cliquer – et en dire toujours davantage sur nous-mêmes.
Voici pourquoi il est si difficile, en tant qu’utilisateur d’un réseau social, de débrancher la prise une fois pour toutes.
Maintenir vos relations à flot
Plus vous interagissez sur la plateforme, plus vous renforcez vos relations en ligne. Le fait d’appuyer sur le bouton « J’aime », de commenter des photos d’amis, d’envoyer des vœux d’anniversaire et d’identifier (ou « tagger ») d’autres personnes ne sont que quelques-unes des façons dont Facebook vous permet de vous engager dans une forme d’« entretien du lien social ». Tous ces contacts minuscules et éphémères aident les utilisateurs à maintenir des relations avec un grand nombre de personnes avec une relative facilité.
Définir l’image que vous voulez donner
Plus vous révélez de détails sur votre vie, plus vous avez de chances de modeler votre image avec succès. Des études démontrent que cette façon stratégique de se présenter est une caractéristique clé de l’utilisation de Facebook. Les utilisateurs façonnent leur identité en ligne en affichant le concert auquel ils sont allés (et en disant avec qui), les causes qu’ils soutiennent, les rassemblements auxquels ils assistent, etc. De cette façon, vous pouvez devenir le curateur de votre personnalité numérique et gérer les réactions des autres, ce qui serait impossible à faire dans la vie réelle, du moins avec autant de régularité et de précision. En ligne, vous pouvez projeter votre moi idéal.
Espionner, caché derrière les rideaux
Plus vous êtes présents sur les réseaux sociaux, plus vous pouvez épier les autres. Ce type de contrôle social fait partie des gratifications les plus importantes que l’on peut tirer de Facebook. La plupart des gens prennent plaisir à faire des recherches sur les autres via les médias sociaux, souvent en douce. Le besoin psychologique de surveiller notre environnement est profondément enraciné en nous ; c’est lui qui nous pousse à suivre les actualités – et qui nous rend victimes du FOMO (fear of missing out), la peur de manquer quelque chose. Même les personnes âgées soucieuses de leur vie privée, qui détestent révéler trop de choses sur elles-mêmes, utilisent Facebook pour fouiner dans la vie des autres.
Améliorer vos ressources sociales
Plus vous en révélez sur les réseaux sociaux, plus votre valeur nette sociale augmente. Être plus disponible peut vous permettre de trouver un emploi via LinkedIn. Cela peut aussi aider un ancien camarade de classe à vous retrouver et à renouer avec vous. Certaines études montrent qu’une utilisation active de Facebook peut améliorer votre capital social, que vous soyez un étudiant ou une personne âgée désirant nouer des liens avec des membres de sa famille ou raviver des liens avec des amis perdus de vue depuis longtemps. Le fait d’être actif sur les médias sociaux est associé à une augmentation de l’estime de soi et du bien-être subjectif.
Élargir votre tribu
Plus vous cliquez, plus l’effet boule de neige est puissant. Lorsque vous partagez une nouvelle sur les médias sociaux ou exprimez votre approbation au sujet d’un produit ou d’un service, vous contribuez à la création d’un effet boule de neige. Les indicateurs de notation – comme la note de cinq étoiles attribuée à un produit sur Amazon – sont persuasives, en partie parce qu’elles représentent un consensus parmi de nombreuses opinions. C’est ainsi que vous intégrez des communautés en ligne qui se forment autour d’idées, d’événements, de mouvements, d’histoires et de produits – ce qui peut également améliorer votre sentiment d’appartenance.
S’exprimer et obtenir des validations sociales
Plus vous en révélez sur votre vie, plus votre capacité d’influence augmente. Qu’il s’agisse d’un tweet, d’une mise à jour de statut ou d’un billet de blog détaillé, vous pouvez vous exprimer et aider à façonner les discours du moment. Cette forme d’expression peut être très stimulante. Et les indicateurs indiquant l’effet boule de neige qu’entraînent vos messages – tous ces « likes » et ces smileys – peuvent profondément améliorer votre estime de soi en faisant appel à votre besoin psychologique fondamental de validation externe.
Ainsi, par des biais différents, les fonctionnalités des médias sociaux nous fournissent bien trop de gratifications pour que nous puissions facilement y renoncer.
Des algorithmes qui ne vous lâchent jamais
Bien que la plupart des gens soient écœurés par les algorithmes d’extraction de leurs données personnelles, il existe une sorte d’accord tacite selon lequel le partage de données personnelles est un mal nécessaire qui aide à améliorer nos expériences. Les algorithmes qui recueillent vos informations sont aussi ceux qui vous incitent à développer votre vie sociale, en fonction de vos intérêts, comportements et réseaux d’amis. Car sans Facebook, vous ne seriez probablement pas aussi sociable. Facebook est un lubrifiant social majeur à notre époque, grâce aux recommandations d’amis à ajouter à votre cercle et aux notifications lorsqu’un ami a dit ou fait quelque chose qui pourrait vous intéresser.
Pensez au nombre de notifications que Facebook envoie, ne serait-ce qu’à propos des événements. Quand on vous incite à assister à un événement, vous envisagez au moins un instant d’y aller, vous visitez peut-être la page de l’événement, vous indiquez peut-être que vous êtes « intéressé » et parfois même, vous décidez d’assister à l’événement en question. Aucune de ces décisions n’aurait été possible sans avoir d’abord reçu une incitation de la part du réseau social.
Et si Facebook ne vous incitait pas à interagir de la sorte ? Et si les algorithmes ne vous envoyaient jamais de recommandations ou de suggestions ? Seriez-vous aussi actif ? Selon la théorie du nudge, vous seriez beaucoup moins enclin à agir si rien ne vous encourageait à le faire. Si Facebook ne vous poussait pas à assister à des événements, à ajouter des amis à vos contacts, à voir les messages des autres ou à souhaiter joyeux anniversaire aux uns et aux autres, il est peu probable que vous le feriez. Et votre vie sociale s’en ressentirait.
>> dont l’auteur principal de cet article, avec le commentaire « Vous allez manquer à S. Shyam ».
C’est comme vous demander si vous souhaitez sciemment et définitivement couper les liens avec tous vos amis. Franchement, qui voudrait faire une chose pareille ?
S. Shyam Sundar, Distinguished Professor of Communication & Co-Director of the Media Effects Research Laboratory, Pennsylvania State University; Bingjie Liu, Ph.D. Student in Mass Communications, Pennsylvania State University; Carlina DiRusso, Ph.D. Student in Mass Communications, Pennsylvania State University et Michael Krieger, Ph.D. Student in Mass Communications, Pennsylvania State University
La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.
Tourisme de masse (1)
Un des nombreux exemples...De ce désastre.
Et je suis même persuadé que depuis que cette rumeur courait sur cette interdiction, certains touristes se sont dépêchés d'y aller avant.
"C'est bon, moi, j'y suis déjà allé, ils peuvent fermer. Bon, où est-ce qu'on va aller au prochain voyage ?"
Les modes, les phénomènes de groupe, le tape à l'oeil, cet égocentrisme digne d'Attila :" Après les touristes, plus rien ne pousse".
On pourrait ajouter bien évidemment l'incommensurable pollution atmosphérique de tous ces mlillions d'avions qui transportent des individus "amoureux des tropiques"...
Faux : ils sont amoureux d'eux-mêmes et ils se font plaisir car s'ils aimaient les tropiques, ils n'y viendraient plus.
Un site paradisiaque que le tourisme de masse met en péril. En Thaïlande, la baie de Maya, rendue célèbre par le film La Plage de Danny Boyle, avec Leonardo DiCaprio, sera complètement fermée aux touristes entre juin et septembre afin de réparer les dégâts engendrés par sa forte fréquentation. Son accès sera restreint par la suite, ont annoncé les autorités mercredi 28 mars.
Actuellement, quelque 4 000 touristes se rendent chaque jour dans cette petite baie, ce qui nuit aux coraux et à l'environnement, rapporte la BBC(article en anglais).
Les coraux piétinés par les touristes
Entre juin et septembre, seuls les bateaux pourront approcher de la baie de Maya, mais ils "ne pourront pas accoster et personne ne sera autorisé à entrer dans la baie" afin de permettre à l'écosystème de se régénérer, a indiqué le directeur des parcs nationaux thaïlandais. Et à partir du mois d'octobre, début de la haute saison touristique, seules 2 000 personnes seront autorisées à se rendre sur la plage.
La Thaïlande, qui accueille chaque année plus de 35 millions de vacanciers, fascinés de pouvoir observer des poissons tropicaux à l'aide d'un masque et d'un tuba, est confrontée à une dégradation avancée de ses récifs coralliens.
Outre le réchauffement climatique, est pointé du doigt le comportement des touristes, qui n'hésitent pas à marcher sur les coraux, mais aussi la surabondance de tour-opérateurs proposant des sorties de plongée à la journée sur ces îles censées être protégées par leur statut de parcs nationaux
LE DÉSERT DES BARBARES (1)
"LES HEROS SONT TOUS MORTS"
"TOUS, SAUF ELLE"
"LE DÉSERT DES BARBARES"
Les images que j'ai en tête sont similaires à celles-ci.
Le chaos, la survie, la haine, la peur, la solidarité, l'amour.
Beaucoup d'amour.
Il en faudra.
https://www.artstation.com/johnsweeney












Facebook : enfumage
Après l'affaire Cambridge Analytica, Facebook tente de regagner la confiance de ses utilisateurs. Pour apaiser les critiques, l'entreprise a présenté, mercredi 28 mars, trois grandes mesures pour permettre aux internautes de mieux protéger leurs données.
"Nous allons tout faire pour protéger les informations de nos utilisateurs et limiter les abus sur la plateforme", écrit Facebook dans la note de blog présentant ces dispositions. Mais ces nouvelles règles ont suscité un certain scepticisme auprès des internautes, résumé par ce tweet du rédacteur en chef du Monde.fr. On vous explique pourquoi les annonces de Facebook sont plutôt décevantes au regard de l'enjeu.
Les dernières annonces de Facebook sur la vie privée :
— Michaël Szadkowski (@szadkowski_m) 28 mars 2018
- en partie déjà annoncées
- obligatoires au regard du droit européen #RGPD
- aucune ne changera l'utilisation des données personnelles par FB
- aucune n’aurait empêché l'affaire Cambridge Analytica https://t.co/bVvq6ZMoG7
Parce qu'il n'y a pas de vraie nouveauté
La première mesure présentée dans cette note consiste à centraliser les paramètres de confidentialité, actuellement répartis sur une vingtaine d'écrans différents, "en un seul et même menu". Ces outils existent déjà, comme les réglages liés aux préférences publicitaires ou la visibilité des posts publiés sur son compte. Il s'agit donc juste de les rendre plus visibles.
L'association américaine Public Knowledge ne cache pas sa déception face à ces annonces qui ne présentent, selon elle, que des "changements mineurs, peu à même de remédier à un problème systémique plus large".
Rien de révolutionnaire donc, d'autant qu'une refonte des paramètres de confidentialité avait déjà été annoncée le 28 janvier par Erin Egan, responsable de la vie privée chez Facebook, dans un communiqué (en anglais). Dans sa note publiée mercredi, le réseau social ne fait nullement référence à cette précédente annonce.
Parce que Facebook ne fait que se conformer au droit européen
Les mesures communiquées par Facebook se contentent d'être en accord avec le droit européen, ce que le groupe omet de mentionner. Elles sont "un moyen de se conformer au règlement général sur la protection des données (RGPD), un texte européen très contraignant en la matière qui va s’appliquer sur tout le continent dès le 25 mai" explique Le Monde. Ce règlement repose sur le droit fondamental que constitue, pour toute personne se trouvant sur le territoire européen, la protection de sa vie privée et de ses données personnelles.
Même chose pour sa troisième promesse, mettre en place "des outils pour trouver, télécharger et supprimer toutes vos données Facebook : 'Accès à vos informations'". Cette nouvelle rubrique devrait permettre aux utilisateurs de supprimer d'anciennes publications mais également de transférer leurs données sur un autre service que Facebook. Là, encore, c'est une exigence du RGPD, qui prévoit, rappellent Les Echos, qu'"un citoyen pourra récupérer les données le concernant auprès d'une entreprise ou d'une administration pour les transférer à un service concurrent sans devoir construire un nouveau profil de zéro".
Parce que ça ne règle pas le problème
"En fin de compte, la seule façon pour les utilisateurs de limiter l’utilisation de leurs données personnelles par les réseaux sociaux est d’éviter tout simplement d’utiliser ces plateformes", résumait l'universitaire australien David Glance sur le site The Conversation. Autrement dit, ne comptez pas trop sur Facebook pour les protéger.
"Facebook n'a aucune motivation économique pour s'engager" dans des pratiques "responsables", note également l'association Public Knowledge, puisque "les annonceurs mécontents n'ont pas de plateforme alternative aussi performante que le réseau social".
Ainsi, Facebook ne facilite toujours pas la possibilité de supprimer purement et simplement son compte, constate le Guardian (en anglais). Pour l'instant, l'option est cachée au fin fond du site. Le groupe met plutôt en avant la possibilité de désactiver son compte, laissant ainsi "toutes les informations présentes sur les serveurs de Facebook accessibles aux outils d'explorations de données de la plateforme", pointe le quotidien britannique.
Dans leur communiqué, Erin Egan et Ashlie Beringer, responsable juridique adjointe, promettent tout de même de "nouvelles mesures" dans les prochaines semaines afin d'offrir "aux utilisateurs un contrôle simplifié et maximal de leurs paramètres de confidentialité".
Facebook et les annonceurs
AFP29/03/2018 à 07:20
"Facebook n'a aucune motivation économique pour s'engager" dans des pratiques "responsables" puisque les annonceurs mécontents n'ont pas de plateforme alternative aussi efficace, ajoute l'organisation.
"Mark Zuckerberg a promis de meilleurs contrôles des données privées +ces prochaines semaines+ il y a huit ans", a ironisé un professeur de l'université de Caroline du Nord, Zeynep Tufekci, sur Twitter.

Une image de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, attaqué de toute part à cause de la gestion des données personnelles des utilisateurs. ( AFP/Archives / Mladen ANTONOV )
Facebook, qui tente toujours de se relever de l'affaire Cambridge Analytica, a promis mercredi des "mesures supplémentaires" pour mieux protéger les données personnelles de ses usagers mais les dispositions, qui étaient déjà largement prévues avant le scandale, ont suscité un certain scepticisme.
"Nous devons rendre nos paramètres de confidentialité plus faciles à comprendre, à trouver et à utiliser", a admis Facebook, qui revendique plus de deux milliards d'utilisateurs.
"En plus des annonces faites la semaine dernière par (le PDG) Mark Zuckerberg", "nous prendrons des mesures supplémentaires dans les prochaines semaines pour donner plus de contrôle aux gens sur leurs données personnelles", poursuit le réseau.
"La plupart de ces mises à jour sont prévues depuis un certain temps et les événements de ces derniers jours ne font que souligner leur importance", ajoute Facebook, qui avait en effet déjà promis fin janvier de "donner (aux usagers) un meilleur contrôle de (leurs) informations personnelles".
Parmi ces modifications, qui consistent essentiellement à rendre plus visibles des outils qui existent déjà, Facebook promet "un menu unique pour trouver et gérer l'ensemble de vos paramètres de confidentialité" et "des outils simples pour trouver, télécharger et supprimer vos données".
Quelques heures plus tard, Facebook a annoncé bien plus discrètement une autre mesure, destinée cette fois à limiter l'utilisation de données personnelles à des fins publicitaires.
Précisément, Facebook "va fermer" un outil baptisé "Catégories de partenaires", qui permet aux annonceurs de cibler au plus près les usagers grâce aux données personnelles compilées par des agrégateurs de données, a-t-il annoncé.
Facebook travaille avec plusieurs de ces "fournisseurs de données relatives à l'audience", notamment Acxiom ou Experian, selon le site du réseau social.
"Même si c'est une pratique habituelle du secteur, nous pensons que cette mesure, qui va être mise en œuvre sur les six prochains mois, aidera à améliorer la confidentialité sur Facebook", a écrit Graham Mudd, un responsable marketing du groupe.
La société Cambridge Analytica (CA) est accusée d'avoir récupéré à leur insu les données personnelles de 50 millions d'utilisateurs de Facebook, pour les utiliser à des fins politiques, notamment lors de la campagne du Brexit au Royaume-Uni ou celle de Donald Trump, élu président des Etats-Unis fin 2016.
Ces données auraient été récupérées via une application de tests psychologiques accessible sur Facebook et créée notamment par un psychologue, qui, selon Facebook, les a ensuite fournies indûment à CA.
- Playboy s'en va -
Malgré des excuses réitérées le week-end dernier, la tempête ne s'apaise pas et l'action Facebook a perdu près de 18% en Bourse depuis que le scandale a éclaté, faisant partir en fumée des dizaines de milliards de dollars de capitalisation boursière. L'action a regagné un peu de terrain mercredi, finissant en hausse de 0,53%.

Des magazines Playboy dans un kiosque de Bethesda, dans le Maryland, le 13 octobre 2015 ( AFP/Archives / Mandel NGAN )
De nombreux utilisateurs se sont penchés sur leurs données personnelles stockées par Facebook, certains découvrant avec stupéfaction l'étendue d'informations détaillées gardées en mémoire par le réseau: photos, mais aussi messages privés et contacts.
Refusant d'être "complice" des fuites de données privées, le pionnier de la presse érotique grand public, Playboy, a annoncé mercredi qu'il quittait Facebook.
- Promesses -
Puisque les outils de Facebook permettant de protéger les données "sont d'évidence si importants pour les utilisateurs, on peut se demander pourquoi cela n'avait pas été fait plus tôt", a réagi Jennifer Grygiel, professeur à l'université américaine de Syracuse.
Les mesures promises sont "bienvenues" mais "ces changements mineurs sont peu à même de remédier à un problème systémique plus large", selon l'association de consommateurs Public Knowledge, qui regrette l'absence de contrainte juridique pour obliger les groupes internet à protéger les données.
Et "Facebook n'a aucune motivation économique pour s'engager" dans des pratiques "responsables" puisque les annonceurs mécontents n'ont pas de plateforme alternative aussi efficace, ajoute l'organisation.
"Mark Zuckerberg a promis de meilleurs contrôles des données privées +ces prochaines semaines+ il y a huit ans", a ironisé un professeur de l'université de Caroline du Nord, Zeynep Tufekci, sur Twitter.
La Commission européenne et une commission parlementaire britannique ont sommé mardi Mark Zuckerberg de s'expliquer mais il compte déléguer un de ses adjoints pour témoigner à Londres.
Aux Etats-Unis, il est en revanche décidé à se présenter devant le Congrès pour une audition prochainement, d'après plusieurs médias américains.
Autre boulet au pied de Facebook: un juge américain lui a ordonné mardi de lui fournir des documents internes sur le transfert en 2010 de son siège européen à Dublin, en Irlande. Le fisc américain estime qu'il avait alors sous-évalué ses actifs.
Un demi siècle en prison.
Le plus ancien prisonnier de France, aujourd'hui incarcéré à La Réunion, a déposé sa 23e demande de libération conditionnelle, après quarante-huit années passées derrière les barreaux. Ses proches espèrent qu'elle sera enfin acceptée.
Elle n'a pas voulu de blanc et a préféré revêtir une robe bustier bleu électrique. La couleur préférée de Casanova Agamemnon. Le 27 novembre 2017, Nadège, 46 ans, a dit "oui" à celui qu'on surnomme "Cajo", 68 ans. Le couple est entouré de neuf invités, des membres de la famille, des amis et de Marie-Claire, une religieuse proche de Nadège. La cérémonie débute à 14 heures puis s'achève vers 16h30, autour d'une pièce montée. "C'était (trop) magnifique", confie la mariée à franceinfo. A un détail près : l'échange des consentements ne s'est pas fait dans une mairie ou une salle des fêtes, mais au parloir du centre de détention du Port, sur l'île de La Réunion.
C'est ici, dans le nord-ouest de l'île française, que Casanova Agamemnon – jugé pour le meurtre de deux personnes, son frère et son patron – est enfermé. Il y a été transféré en 2014, après avoir écumé un grand nombre de prisons en métropole, et purge une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Il y a quelques semaines, il a déposé une nouvelle demande de libération conditionnelle, sa 23e depuis les années 1990. "Si aujourd'hui, il ne sort pas, c'est que personne ne veut qu'il sorte", soupire son avocat, maître Benoît David. Après 48 années de détention, son conseil estime qu'"il a bien fait son temps". Le Réunionnais hérite même du titre du plus ancien détenu de France, car un autre prisonnier, Maurice Gateaux, incarcéré depuis 1965, a, lui, bénéficié d'un aménagement de peine pour raisons de santé et se trouve maintenant dans un Ehpad.
Mais le dossier de Casanova Agamemnon, malgré le poids des années, continue de déchaîner les passions. La légende est encore bien vivace sur l'île de La Réunion. Le mystère aussi.
"Vous abusez de quelqu'un qui est plus faible que vous"
Dans son bureau parisien, Benoît David tente une description physique de son client : "Il est grand, balèze, a des yeux bleu acier, une belle tête et une grosse voix. Il a beaucoup de charme". Une carrure impressionnante, qu'il a façonnée en prison à coups de séances de musculation et de longues promenades.
A 15 ans, Casanova, s'il n'a pas encore la même musculature, ne s'en laisse déjà pas compter. Claude Najède le rencontre adolescent, alors que la famille Agamemnon, qui compte quatre enfants – trois garçons et une fille – quitte le quartier de La Confiance à Saint-Benoît pour un lotissement à Bras-Fusil, dans la même commune. Nous sommes dans les années 1960. Le père est planteur puis ouvrier communal, la mère ne travaille pas. "C'était un gentil garçon, il était tranquille et nous aimait beaucoup", assure la cousine de Casanova, Micheline Lhomond. "C'était un garçon comme n'importe quel jeune, il n'avait pas d'animosité, n'était pas vulgaire", raconte Claude Najède. Un signe le distingue cependant des autres, selon son ami : son refus de l'injustice.
Depuis très jeune, il n'aime pas l'injustice. Il ne pouvait pas encaisser.Claude Najède, ami d'enfance de Casanova Agamemnonà franceinfo
Claude Najède se souvient en particulier d'une anecdote. "C'était un dimanche, un jour de fête foraine. On est tombés sur un monsieur, un gros bras, qui se bagarrait avec quelqu'un de moins costaud que lui. On est intervenus pour les séparer". Le "gros bras" propose alors à Casanova de prendre la place de son adversaire. "Et là, Casanova a dit : 'Je vais prendre sa place parce que vous abusez de quelqu'un qui est plus faible que vous'", poursuit Claude Najède. "Le gros bras a pris une raclée", en rigole-t-il encore.
A 19 ans, la perpétuité
Celui qui habite aujourd'hui encore à Saint-Benoît part à l'époque au lycée à Saint-Denis. Son ami, lui, devient apprenti cuisinier au restaurant Le Cheval Blanc, également situé à Saint-Denis. "Le jeudi, on n'avait pas cours alors j'allais le voir. Il était content", se souvient Claude Najède. En 1969, Casanova a 19 ans et son destin bascule. Un jour, son patron, Paul Pothin, l'accuse de vol. Le jeune homme lui tend un guet-apens et le poignarde à mort. Le 10 mai 1969, il est placé en détention provisoire. Quelques mois plus tard, le 16 octobre 1970, a lieu son procès. "Il a toujours expliqué qu'il était persuadé que, lors de son altercation avec son patron, celui-ci détenait une arme. Et il l'aurait poignardé car il se sentait en danger", raconte le site Clicanoo. Les assises de La Réunion le condamnent à la réclusion criminelle à perpétuité.
Il était mineur à l'époque et il a pris perpétuité. Il lui a mis juste un ou deux coups de couteau. C'est pas accompagné de torture, d'actes de barbarie. C'est terrible, il l'a tué. Mais on est sur quelque chose qui est assez simple.Benoît David, avocat de Casanova Agamemnonà franceinfo
"De toute façon, le dossier a été bidonné, falsifié", grommelle Claude Najède, qui refuse d'en dire plus par téléphone mais fait clairement comprendre qu'il reste, selon lui, des zones d'ombre dans ce dossier. Détenu à La Réunion, Casanova est transféré en 1973 en métropole, après avoir été condamné en mai 1972 pour des faits d'évasion. "Il profite d'une évasion d'une bande de détenus qui durera sept jours", raconte RTL dans une émission consacrée au prisonnier. Il fera le tour des QHS, les quartiers de haute sécurité. Le 5 mai 1985, à 35 ans, Casanova Agamemnon obtient une libération conditionnelle et revient sur son île natale dans la foulée.
"On fouillait les maisons, on montait des planques"
C'est le choc. Son île a changé, ses parents sont morts entre-temps. "Il ne savait pas compter les francs, il ne maniait pas l'argent, alors je lui faisais ses courses", se rappelle Claude Najède. "On l'aidait. J'ai essayé de le faire bosser, il voulait passer son permis". Le 26 février 1986, une dispute éclate avec sa compagne de l'époque. Un coup de feu part, accidentel selon Casanova. Il informe qu'il part chercher les secours. En réalité, il la laisse, grièvement blessée, et s'en va trouver son frère Joseph sur le chantier où ce dernier travaille puis l'abat. Pour une histoire d'héritage de terres. "Moi, je n'y crois pas, à cette histoire d'héritage. On n'en parlait pas avec lui. Ça a été monté par d'autres membres de la famille", veut croire Claude Najède. "Son frère voulait que Casanova n'ait rien et avait aussi l'intention de le tuer. Donc, il m'a dit : 'J'ai un peu pris les devants'", avance, de son côté, son avocat. Après avoir tué son frère, Casanova s'enfuit et disparaît des radars de la police.
Claude Najède apprend la nouvelle au volant. "Je me dis : 'Mais qu'est-ce qui se passe encore ?'" L'homme arrive chez lui et prend son courrier. "Je vois une enveloppe. Il y a 10 000 francs dedans et il y a écrit : 'Cajo pour Claude'". Le lendemain, sa femme part à la banque ouvrir un compte pour y déposer la somme. Quelques jours après, un jeune homme vient le voir et l'informe que "Cajo a demandé de l'argent". Il lui en donnera, avant que la même scène se reproduise trois jours plus tard. "Je lui ai dit : 'il y a un souci et je n'ai pas donné'", assure-t-il. Pendant ce temps, tous les policiers de l'île traquent Casanova, qui bénéficie de plusieurs complicités. Sa cavale va durer trois mois.
C'est à ce moment-là qu'est née la légende.maître Benoît Davidà franceinfo
Les forces de l'ordre ne laissent rien passer et organisent des barrages partout sur l'île. "On fouillait les maisons, on montait des planques", raconte le commissaire divisionnaire Daniel Thirel, ancien chef de la Sûreté départementale de l'île. Le 27 mars, une femme de policier vient se plaindre qu'elle a été violée par un homme qu'elle a reconnu comme étant Casanova Agamemnon.
Ce n'est que quelques semaines plus tard que l'étau se resserre. "On a eu un renseignement comme quoi il était logé à Saint-Benoît. Quelqu'un nous a dit qu'il avait remarqué qu'un petit jeune achetait plus que pour lui seul, il prenait par exemple deux pains", se rappelle Daniel Thirel. Une surveillance s'organise autour de la maison et, le 18 mai, Casanova est interpellé non sans mal. Un policier lui tire deux balles dans les jambes pour le neutraliser mais le fugitif parvient à rentrer dans la maison, prendre son arme et tente de se suicider. Conduit à l'hôpital, il est jugé le 22 juillet 1988 et condamné à dix ans de réclusion pour le meurtre de son frère. Il est en revanche acquitté du viol dont on l'accusait. "C'est une bête féroce", lâche dans son réquisitoire l'avocat général.
La lettre d'un "oublié"
Le 8 novembre 1988, Casanova embarque pour la métropole pour y purger sa peine. En 1991, il peut à nouveau déposer des demandes de libération conditionnelle, qui sont systématiquement refusées. Le détenu sombre dans l'oubli. Son histoire resurgit dans l'actualité à la faveur d'une lettre. Des proches de Casanova contactent en 2012 Jérôme Talpin, rédacteur en chef du Journal de l'île de La Réunion, et lui font comprendre qu'il cherche à revenir sur son île natale. "Agamemnon à La Réunion, c'est une figure qui fait peur. J'ai commencé à m'y intéresser", raconte le journaliste. En réalité, Casanova cherche à rentrer depuis un bout de temps sur son île mais tout est bloqué. "On lui dit que pour une libération conditionnelle, il faut un projet de réinsertion à La Réunion mais le parquet de l'île refuse qu'il revienne pour risque de trouble à l'ordre public", se souvient Benoît David.
En novembre 2012, Jérôme Talpin reçoit les réponses aux questions qu'il a envoyées par courrier à Casanova. Ce dernier s'estime "oublié" et se dit "victime d'une justice parallèle et discriminatoire".
Malgré les années en prison, Casanova ne sombre pas. "Il est parfaitement lucide, il est tout à fait au clair dans sa tête. Lorsque je l'ai rencontré la première fois, j'ai eu l'impression qu'il venait de rentrer en taule", note son ancien avocat, Etienne Noël.
C'est un homme debout qui a même un sacré humour. Le contact avec lui était facile, les entretiens agréables.maître Etienne Noëlà franceinfo
Le 25 mars 2014, Casanova gagne une première bataille en obtenant son transfert à La Réunion.
"Il était tellement beau"
C'est quelques semaines plus tard que le détenu fait la rencontre, au parloir, de Nadège Lhomond, la fille de sa cousine Micheline. "La première fois que je l'ai vu, il était tellement beau", raconte Nadège. "Comment quelqu'un peut-il être enfermé aussi longtemps et être comme il est ?", s'interroge-t-elle. Elle assure avoir discuté avec lui de ses actes passés. "Il me dit qu'il a beaucoup de regrets, que ce n'est pas parce qu'il ne parle pas qu'il ne souffre pas. Je l'ai vu pleurer une fois devant mes enfants", raconte-t-elle, persuadée que jouer avec eux remue "des choses qu'il n'a pas pu connaître". Nadège lui avoue ses sentiments le 24 septembre 2014, elle a encore la date en mémoire. Casanova demande à réfléchir. "Il m'a dit : 'Tu sais, je suis enfermé, je n'ai pas de vie, je ne voudrais pas te faire du mal'". Finalement, c'est en février 2015 qu'a lieu "le premier baiser", puis le mariage donc en novembre 2017.
Malgré cet heureux événement, le quotidien en prison reste inchangé pour Casanova, qui fait essentiellement du sport et lit aussi beaucoup, "des magazines d'actualité mais aussi de nature", confie un surveillant pénitentiaire. Le maton loue "son comportement exemplaire". "Il s'entend bien avec tout le monde. Il a même incité les autres détenus à jouer aux échecs. Si on avait 507 détenus comme lui, ce serait beaucoup plus facile de travailler", raconte un autre gardien. Lui aussi a du mal à comprendre comment Casanova n'est pas devenu fou après quarante-huit ans de détention. "Il doit être très fort dans sa tête".
Il est très bien conservé. Peut-être que personne ne veut le mettre dehors à cause de ça, peut-être que s'il était plus grabataire...Un surveillant pénitentiaireà franceinfo
"Il a envie de vivre, il a envie de sortir, de connaître la liberté", ajoute ce surveillant de prison. Si Casanova Agamemnon est libéré, sa femme, restauratrice à Saint-Benoît, s'est engagée à le faire travailler bénévolement dans son établissement. Mais que se passera-t-il si sa dernière demande de libération conditionnelle, dont on n'attend pas les résultats avant plusieurs mois, n'aboutit pas ? "Il faudra convoquer la presse et puis on fera une demande de grâce, c'est aussi une option", explique Benoît David. "J'ai peur, je crains le pire, même si j'ai dans la tête qu'ils ne pourront pas le garder éternellement", analyse Claude Najède. "On ne demande qu'à vivre", soupire Nadège Agamemnon, qui refuse de dormir dans le lit conjugal tant que son mari n'est pas libéré. "Il me dit souvent : 'Si je meurs, je ne veux pas être enterré, enfermé dans la terre, je veux que l'on brûle mon corps et après tu feras ce que tu veux des cendres'".
Effacé ou pas ?
Voilà justement ce que je tiens à vérifier en ayant demandé la suppression intégrale de mon compte : est-ce que Facebook fait véritablement le nettoyage ou pas ?
Là, avec cet exemple, on est en droit de se poser la question puisque le compte réapparaît un an après avec des données historiques et sous un autre nom.
Que veut dire "compte inactif" finalement ? Si c'est juste un compte "dormant" avec un historique qui reste enregistré et qui n'est donc jamais effacé, je n'en veux pas.
Je veux pouvoir contrôler l'intégralité de mon compte.
Et je ne veux surtout pas que mes données historiques se retrouvent sur un autre compte...
"Malgré les demandes multipliées auprès de Facebook, pas de soucis pour eux, ça ne pose aucun problème", raconte le youtubeur Julien Ménielle à franceinfo
Robin PrudentFrance Télévisions
Le 8 janvier 2018, Julien Ménielle a une drôle de surprise sur Facebook. Le youtubeur santé reçoit une notification de la part d'une inconnue. Une fois sur son profil, il s'apperçoit que celle-ci est amie avec tous ses proches et que des photos de famille sont visibles sur son mur. "En fait, je réalise que c'est le compte de ma maman [dont le nom et la photo de profil ont été modifiés], sauf que le souci c'est que le compte de ma mère on l'avait fait supprimer avec mon frère, juste après son décès", explique-t-il à franceinfo.
Sur le coup, grosse claque. Sensation très bizarre et très gênante.
Julien Ménielleà franceinfo
Quand il essaie de se reconnecter sur le compte de sa mère, impossible. Le mot de passe a été changé. Il n'a plus le contrôle sur ce profil, alors qu'il pensait l'avoir définitivement supprimé. "Vite fait, je me reprends, je fais des signalements à Facebook : 'Cette personne usurpe l’identité de quelqu'un que je connais.' Rejetés. Facebook, à chaque fois, adresse des fins de non recevoir, donc le profil est toujours en ligne", ajoute-t-il.
Tristesse, malaise... et colère
"A la tristesse et au malaise, il y a une colère qui prend la place. Parce qu'on est complètement impuissants, raconte Julien Ménielle. Il y a des comptes qui sont supprimés tous les jours parce que ce n’est pas exactement le bon nom de famille, etc. Mais par contre, aller hacker le compte d’une personne décédée, ça ne pose pas de soucis."
Contacté par franceinfo, Facebook a finalement rendu le compte inactif.
"La Barclay sans pitié"
Ce film est magnifique, époustouflant et le scénario est diabolique... Un remarquable documentaire visuel et émotionnel. Du grand art cinématographique pour une épreuve extrême.
Voyage au bout de soi-même.
"La Barclay sans pitié"
La Barkley : L'Ultra Trail le plus difficile du monde
Depuis sa création en 1986, douze participants seulement ont terminé les cinq boucles de 32km (soit 160km au total) du tracé, avec un dénivelé total correspondant à une double ascension de l’Everest...
Par Mirko Hominal le 26/04/2015
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La "Barkley : L'Ultra Trail le plus difficile du monde
Patrick Montel, pour l'émission Stade 2, s’est rendu dans la forêt du Tennessee où se déroule cette course hors-norme : il a rencontré son organisateur, l’atypique Laz, et a suivi les souffrances d’un des participants tricolores de l’édition 2015.
Aucun Trailer n'est parvenu au bout de l'édition 2015.
L’idée de cette course est venue de l’évasion de la prison nichée au coeur des montagnes, le 10 juin 1977, de James Earl Ray, le meurtrier de Martin Luther King, repris après 54 heures de cavale et seulement huit miles (12,8 km) parcourus.
Près de 130 Miles en 5 boucles de jour comme de nuit (le parcours change chaque année et est seulement connu des concurrents quelques minutes avant le départ) et près de 16000m de dénivelé positif avec seulement une carte et une boussole.
https://www.lequipe.fr/explore-video/020-la-barkley-sans-pitie/
La Barkley: il y a ceux qui la finissent, et tous les autres
Par Didier Arnaud —
160 kilomètres à couvrir en 60 heures dans une forêt du Tennessee: c'est la course à pieds la plus dure du monde. Rares sont ceux invités à y participer. Plus rares encore ceux qui la domptent.
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La Barkley: il y a ceux qui la finissent, et tous les autres
C’est une course qui laisse des traces. Ceux qui y ont participé disent «on est toujours à la limite de ce qui est humainement possible» ou «il faut lutter contre ses démons parce qu’il y aura toujours en soi une bonne raison d’arrêter» ou enfin, un de ses vainqueurs, «tout le corps fait extrêmement mal mais il faut surmonter si tu veux finir».
Le programme de la Barkley, cet ultratrail dont la trentième édition partira ce vendredi est chargé: 100 miles (160 kilomètres) et 18 000 mètres de dénivellé à parcourir en moins de soixante heures, sur cinq tours, à travers une forêt dense et très escarpée, dans le Tennessee, au départ de Frozen Head. Pour prouver qu’il est bien passé au bon endroit, chaque concurrent doit trouver des livres cachés le long du parcours et arracher la page correspondant à son numéro de dossard. Le ravitaillement aussi est limité à son strict minimum: deux points d’eau seulement. L’organisateur, «Laz» (Lazarus Jake), en a eu l’idée après l’évasion de James Earl Ray, l’assassin de Martin Luther King, en 1977. Le fugitif avait été arrêté par la police après cinquante quatre heures de cavale: il n’avait réussi à parcourir qu’une douzaine de kilomètres. «Moi, en 54 heures, j’aurais pu faire 100 miles», fanfaronne Laz à l’époque. Neuf ans plus tard, il crée la Barkley dans cette même forêt (1).
Rémy Jegard, journaliste sportif pour le site Running Mag, grand habitué des trails, a eu la chance de compter parmi les inscrits pour cette édition 2015 (il n’y a que 35 participants, cooptés sur lettre de motivation par l’organisateur). Rémy parle «très mal l’anglais» et il pense que ce sont ses erreurs qui ont fait sourire l’organisateur et ont fait pencher la balance pour qu’il soit pris. Comme les quelque 40 autres élus, il a été averti de sa sélection par un courrier aux allures de lettre de condoléances style désolé, vous avez été retenu pour participer. Ambiance.
Le départ de la course est fixé «entre minuit et 11 heures du matin». A un moment, Laz souffle dans une conque: une heure après, tous les participants doivent être fins prêts. «L’épreuve est très longue et très dure, dit Rémy, Jegard, contacté par Libération. Mais l’organisateur ne prendra pas forcément les meilleurs coureurs du monde. Personnellement j’ai travaillé l’orientation, les cartes.» Il faut savoir qu’après le premier tour, une vingtaine de coureurs abandonnent, ils ne sont plus que 7 ou 8 sur après le troisième, et seulement 2 ou 3 à accomplir l’ensemble du parcours. Depuis sa création, en 1986, seuls 14 coureurs ont réussi à achever la Barkley dans le temps limite de soixante heures. Et un seul a réussi cet exploit deux fois.
Pour sa part, Rémy tentera de se caler avec ceux qui connaissent (les vétérans contrairement aux «vierges», ceux qui participent pour la première fois). «Ensuite, [je vais tenter de] réaliser trois tours, c’est l’objectif que je me fixe.» Même si peu sont choisis, la Barkley est à la portée de toutes les bourses: 1,6 dollar l’inscription pour les virgins, et une plaque d'immatriculation de l'endroit d'où l'on vient. «Les gens ne viennent pas pour la gloire ou pour un prix, dit le vainqueur de l'an dernier. Ils viennent ici pour apprendre des choses sur eux-mêmes, savoir de quoi ils sont faits.»
(1) Histoire à retrouver dans le documentaire de Canal+ sur l'édition 2014: «Les Rescapés».
Qui ou quoi ?
Il y a quelques années déjà, j'avais écrit ce texte à la suite d'une leçon de grammaire sur le COD et je viens de revivre la même situation...Des enfants qui disent avoir du mal à utiliser le "QUI" quand il parle d'un arbre ou d'une chenille...
C'est à mes yeux un travail linguisitique fondamental parce qu'il induit la nécéssité naturelle de se comporter identiquement avec tout ce qui est vivant.
Ce qui n'est pas le cas actuellement sur Terre.
Et j'emploie le terme "naturelle" volontairement, dans le sens où ce comportement devrait être inscrit en chacun, de génération en génération. Il ne devrait même pas être nécessaire de l'enseigner...
"L'homme saccage la Nature
-L'homme saccage "quoi" ou "qui" ?...
Une leçon aujourd'hui sur l'analyse de la phrase et du groupe verbal.
Je propose une phrase simple et les enfants doivent chercher le COD en utilisant une question précise.
"L'enfant range ses crayons.
-L'enfant range quoi ? Ses crayons.
-L'enfant caresse son chien.
-L'enfant caresse quoi ? Son chien.
-Non, je ne suis pas d'accord. L'enfant caresse QUI ? Pourquoi Qui ?
Silence...
-Le jardinier entretient ses plantations.
-Le jardinier entretient quoi ? Ses plantations.
-Non, je ne suis pas d'accord. Le jardinier entretient QUI ? Ses plantations. Pourquoi Qui ?
Silence...
-Papa range la vaisselle.
-Papa range quoi ? la vaisselle.
-Oui, là je suis d'accord. Pourquoi ?
-Ah, oui, je sais ! parce que c'est un objet ! Et les autres, c'était vivant.
-Oui, voilà, c'est exactement ça. Développe s'il te plaît.
-Et bien, il faut dire QUI quand c'est quelque chose de vivant.
-Ah, mais alors, ça n'est pas une chose justement.
-Oui, je voulais dire quand c'est...
-Oui, alors, comment le définir ?
Silence...
-Quel est le point commun entre le chien, les plantes, un animal, un homme, un enfant, une fleur ?
-C'est quelque chose de vivant !
-Mais alors, on ne doit pas dire quelque chose ! Comment les définir ?
-Ce sont des êtres vivants ? C'est ça ? Mais une plante, c'est pas vivant comme nous !
-Ah bon, et pourquoi ? Comment définir ce qui est vivant ? Si tu penses qu'une plante n'est pas un être vivant, elle est donc dans le même état que ce crayon. C'est ça ?
-Ah, ben non, c'est pas comme un crayon.
-Alors quelles sont les différences ?
-Ben, le crayon, il n'est pas vivant.
-Oui, d'accord, mais comment définir ce qui est vivant ?
-Ça parle.
-Mais une fleur, ça ne parle pas comme nous. Mais est-ce que ça communique ? Les oiseaux, par exemple, ils chantent. Est-ce que c'est une communication ? Est-ce que les plantes communiquent à leur façon ?
-On ne peut pas le savoir.
-Pourquoi ?
-On ne les comprend pas.
-Alors, on ne peut pas limiter ce qui est vivant à ce qui communique. Il faut trouver une définition plus juste.
-Ça change. Ça meurt.
-Est-ce qu'une plante change, est-ce qu'elle meurt ?
-Ben, oui.
-Est-ce que tout ce que vous connaissez et que vous jugez comme étant vivant va changer et mourir un jour ?
-Ben, oui.
-Bon, alors cette définition-là, on peut la garder. Tout ce qui est vivant se transforme et finit par mourir. Mais si tout finit par mourir, comment expliquer que ça existe encore ? Tout ce qui est vivant aurait dû disparaître depuis le temps que ça existe.
-C'est la reproduction !
-Tout ce qui est vivant se reproduit ? Même les plantes ?
-Ben oui, elles ont des graines et les fleurs, elles ont du pollen. Et les animaux, ils font des petits.
-Et les humains aussi ?
-Ben oui, sinon, on ne serait pas là.
-Bon, alors, tout ce qui est vivant se reproduit avant de mourir. Il reste encore un élément. Vous avez parlé de transformation. Qu'est-ce qui permet aux éléments vivants de se transformer ?
-La nourriture !!
-Bien, mais est-ce que les plantes se nourrissent ?
-Ben oui, elles ont des racines.
-C'est plus compliqué que ça mais c'est vrai que les plantes se nourrissent. Donc, tout ce qui est vivant se transforme en se nourrissant, se reproduit et finit par mourir. Est-ce que les plantes, les animaux et les êtres humains répondent à ces critères ?
-Ben, oui.
-Alors, vous comprenez pourquoi j'insiste pour dire QUI et non QUOI quand on pose la question ? Est-ce que vous allez utiliser QUI pour parler d'un crayon ou de la vaisselle ?
-Ben, non, c'est pas vivant.
-Alors pourquoi est-ce qu'on n'a pas ce réflexe de considérer une plante comme un être vivant ou même certains animaux ? Lisez ce texte et dites-moi ce que vous en pensez ?
"Tu as écrasé cette chenille. Bien, c'était facile. Maintenant, refais-la. " Lanza Del Vasto.
-On ne peut pas la refaire !!
-Alors pourquoi l'avoir écrasée ?
Silence...
-Moi, je sais, c'est parce qu'on ne l'entend pas se plaindre.
-Et oui. Voilà. On en revient à ce fameux langage dont on parlait tout à l'heure. On n'entend pas la chenille nous parler. De la même façon qu'on n'entend pas les arbres se plaindre des feuilles qu'on leur arrache en passant devant la haie. Ils ne disent rien qu'on ne peut comprendre. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne disent rien, c'est juste qu'on n'entend rien. Mais on ne sait pas ce qui se passe en eux. On peut imaginer qu'ils souffrent en tout cas puisqu'ils sont vivants. Si on m'écrase le pied ou qu'on m'arrache les cheveux, j'aurai mal. Pourquoi ?
-Parce que tu es vivant.
-Mais on vient bien de dire que les animaux et les plantes sont eux aussi des êtres vivants. Est-ce qu'on a le droit de penser et de croire qu'ils n'ont pas mal ?
-Ben, non. Ils sont comme nous.
-Ils ne sont pas comme nous mais ils sont en tout cas des êtres vivants. Ce qui nous rapproche, c'est cette vie en nous. Quelle que soit la forme qu'elle prend. Alors, je tiens à parler d'eux avec les termes qui concernent les êtres vivants. Donc, je dis QUI et pas QUOI. Et que pensez-vous de la Terre en général alors ? Si je dis : Certains hommes abîment la Terre. Est-ce que je dois dire : Certains hommes abîment quoi ? La Terre. Ou bien est-ce que je dois dire : Certains hommes abîment qui ? La Terre ?
-Qui !!
Facebook : Une enquête est ouverte
Ce qui me plaît dans cette histoire, c'est de voir la puissance financière d'un boycott... On n'en est pas encore là mais la suppression très importante de comptes a un impact gigantesque sur les revenus publicitaires.
C'est là qu'on peut juger de la force de frappe de la masse populaire. Les sociétés médiatiques s'enrichissent par les contrats publicitaires mais si par "accident" le nombre d'adhérents chutent, les annonceurs ne veulent plus payer aussi cher et donc les revenus baissent. Et là, on parle de milliards.
C'est nous qui agissons sur ces milliards déversés ou retirés.
Fermer son compte Facebook pour refuser de cautionner des pratiques frauduleuses ou en tout cas une gestion négligente des protections individuelles, c'est retirer une pièce du cochon rose.
Ces jours-ci, la tirelire a pris un régime sévère.
Personnellement, j'attends de voir le cadre sécurisé qui sera mis en place. Ou pas.
(Reuters) - Facebook chute de plus de 5% à Wall Street lundi après que le Bureau de protection des consommateurs de la Commission fédérale américaine du Commerce (FTC) a confirmé enquêter sur l'utilisation des données personnelles de ses abonnés.
L'annonce de la FTC accentue la pression sur les parlementaires américains et européens pour demander au patron de Facebook, Mark Zuckerberg, d'expliquer comment la société Cambridge Analytica a pu collecter des informations relatives à 50 millions d'utilisateurs du réseau social.
L'action Facebook est brièvement tombée sous les 150 dollars pour la première fois depuis juillet 2017, reculant jusqu'à 149,02 dollars. A ce niveau, le réseau social a perdu plus de 100 milliards de dollars (80 milliards d'euros) de capitalisation boursière en dix jours.
Le titre qui avait vainement tenté de rebondir en tout début de séance vaut 155,13 dollars vers 16h15 GMT, en baisse de -2,68% sur la journée, après avoir déjà dégringolé de près de 14% sur l'ensemble de la semaine dernière.
La société est également confrontée au mécontentement croissant de ses fournisseurs de publicité et utilisateurs. Le distributeur de pièces détachées automobiles Prep Boys a suspendu ses publicités sur Facebook lundi, rejoignant ainsi le groupe Mozilla qui a pris la même décision la semaine dernière.
Malgré les excuses de Zuckerberg, des enquêtes d'opinion aux Etats-Unis et en Allemagne ont montré dimanche qu'une majorité de la population perdait confiance dans Facebook sur la question de la protection des données personnelles.
Moins de la moitié des Américains sont convaincus que Facebook respecte la loi américaine sur la protection de la vie privée, selon une enquête Reuters/Ipsos publiée dimanche, tandis qu'une enquête publiée par le journal allemand Bild am Sonntag montre que 60% des Allemands craignent que Facebook et d'autres réseaux sociaux aient un impact négatif sur la démocratie.
La FTC confirme rarement ses enquêtes avant de déposer une plainte, sauf dans les affaires particulièrement suivies.
"La FTC prend très au sérieux les récentes informations de presse qui soulèvent des interrogations substantielles sur les pratiques de Facebook en matière de protection des données. La FTC confirme qu'elle a ouvert une enquête (...) sur ces pratiques", lit-on dans un communiqué.
Facebook est sur la sellette depuis que l'hebdomadaire britannique The Observer et le New York Times ont révélé que le cabinet d'études londonien Cambridge Analytica, très impliqué dans la campagne électorale de Donald Trump en 2016, avait siphonné les donneés de 50 millions d'utilisateurs de Facebook.
L'enquête de la FTC vise à déterminer si le réseau social a autorisé Cambridge Analytica à recevoir certaines données d'utilisateurs en violation de ses règles, rapportait mardi dernier l'agence Bloomberg en citant une source au fait du dossier.
(Bill Rigby, Véronique Tison et Juliette Rouillon pour le service français)







