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Alex Honnold : légende du "free solo"

Par Le 01/04/2018

RENCONTRE AVEC ALEX HONNOLD, LÉGENDE DU FREE SOLO

Posted by  | Oct 23, 2017 |  |  |     

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Rencontre avec Alex Honnold, légende du free solo

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A l’occasion de l’International Mountain Festival à Brixen dans les Dolomites, j’ai été invité à découvrir le Sud Tyrol (je ferai un article photo à part) et j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec le grand Alex Honnold.  Pour ceux qui ne connaissent pas Alex Honnold, c’est un des meilleurs, sinon considéré comme le meilleur, en ce qui concerne les ascensions en solo intégral. Bien que, comme il le s’amuse à le répéter lui-même, dans le mesure où ils ne sont pas si nombreux, ce n’est pas difficile de faire parti des meilleurs.

DE LÀ, SURVIENT, POUR CERTAINS, UNE AUTRE QUESTION, QU’EST-CE QUE LE SOLO INTÉGRAL ?

Le solo intégral, c’est un style à part en escaladePas d’assurage, pas d’équipement de protection (à la différence de l’escalade libre), une hauteur importante (à la différence de l’escalade en bloc), hauteur que l’on pourrait qualifier d’improbable, impossible pour le commun des mortels, qui implique de graves blessures voir la mort en cas de chute. Je pense que, comme moi, certains d’entre vous ont vu Alain Robert (corocico) grimper des tours sans assurage dans les années 90. (on ne résume souvent Alain Robert qu’à ses prouesses solos dans les grattes-ciels, beaucoup plus médiatisés que ses 15 solos entre 8a et 8b, merci wikipédia).

Alain Robert avait d’ailleurs envisagé El Capitan dans les années 90 mais la voie Freerider n’existait pas alors. Qui sait, si Alain n’avait pas été happé par les grattes ciels… l’histoire aurait pu s’écrire autrement.

(source).

 

Regardez ce jeté de Dan Osman qui me donne des sueurs froides. A chaque fois que je regarde ces quelques secondes, mes mains deviennent moites !

(Dan Osman est malheureusement décédé dans le parc du Yosemite en 1998 par, ironie du sort, une corde qui a lâché lors d’un saut controlé)

 

Alex lui a d’ailleurs rendu un hommage sous la forme d’une ascension clin d’oeil sur la même voie : Bear’s Reach.

 

Bon, je pourrai continuer longtemps ainsi en refaisant la chronologie de l’évolution du solo intégral mais là n’est pas le sujet 

COMMENT FONT-ILS ALORS ?

Ils doivent prendre drogues  je pense… Ils s’entrainement constamment, en respectant une discipline drastique, tant mentalement que physiquement, pour ne pas chuter car la chute, pour ces funambules des parois, s’apparente souvent à un ticket direct vers l’au delà.
Néanmoins, quand on voit Alain Robert, notre spiderman français, faire une chute de 15m en 1982, tête la première. 6 jours de coma avec pronostique vitale engagé et un diagnostique des médecins affirmant qu’il ne pourra plus grimper rempilant tout de même un an après (et toujours actif depuis même s’il en a gardé des séquelles), on se demande si ces athlètes ne viennent pas d’une autre planète.
Au delà de la maîtrise technique de top niveau partagée par d’autres grimpeurs (voir dépassé avec le tchèque Adam Ondra qui fait de l’escalade libre et joue dans sa propre catégorie avec une voie ouverte cette année en Norvège cotée 9c), le solo intégral demande un mental d’acier. Les commentateurs sur youtube concernant les vidéo en solo intégral suggèrent plutôt des « balls of steel » (je vous laisse traduire) et se demandent d’ailleurs comment ils font pour les soulever !

ET IL A FAIT QUELQUE CHOSE D’IMPORTANT TON ALEX POUR QUE L’ON PARLE DE LUI ?

Rien de bien folichon, en somme, il a grimpé un petit mur…


Alex Honnold a de nombreux faits d’armes qui lui valent, depuis de nombreuses années, le respect de la communauté du monde de l’escalade (solo du Half Dome, traversée du Fitz Roy)… mais sa dernière ascension représente un exploit dont l’écho a porté bien au-delà du cercle restreint d’initiés et de pratiquant de la discipline. Je suis tout sauf un expert de l’escalade mais ce qu’il a fait, à mes yeux, s’apparente à la première ascension d’un 8000m hivernal voir l’équivalent, dans sa discipline, de la conquête de l’Everest. (note : le pionnier de la discipline, Peter Croft, a dit lui-même qu’il n’y a rien au-delà…)


Je me trompe peut-être mais je le vois ainsi. Alexa Honnold a, cet été, le 6 juin, réalisé en 3h56 exactement, l’ascension en solo intégral du mythique El Capitan, un mur de granite de 900m de haut, par la voie freerider. C’était son rêve, son obsession depuis des années. Un but pour lequel il s’est longuement préparé.

ET DONC, J’AI RENCONTRÉ ALEX HONNOLD.

Je ne cours pas les festivals outdoor pour les interviews. Je ne suis pas journaliste de métier, l’interview d’un grand athlète est un format que je ne maîtrise absolument pas. Lors de cette balade matinale jusqu’au refuge, il y avait plus de 40 journalistes étrangers souhaitant recueillir la parole d’Alex. Avant de prendre le téléphérique, j’ai pu l’approcher. Je lui ai dit bonjour, je lui ai serré la main. Alex (on va être familier) est apparu très calme. Il se dégageait de lui une bienveillance juvénile, aucune arrogance, aucune agressivité, aucune impatience. On sent que l’on a en face quelqu’un de profondément humain, de très terre à terre. On sent qu’il partage et qu’il a incorporé la philosophie de vie de son partenaire d’ascension (pas pour El Capitan vu que c’était du solo intégral), Conrad Anker, qui sonne ainsi « be good, be kind, be happy » Sois bon, sois gentil, sois heureux.

Alex fut un peu flashé en mode paparazzi tout du long mais il resta disponible pour celui qui souhaitait échanger avec lui quelques mots. J’ai laissé les pros faire leur job en espérant peut-être avoir la possibilité de lui parler à un moment où la tension sera retombée. Eux sont journalistes, ils ont des obligations, ils doivent sortir leur papier, leurs photos. Moi et mon blog outdoor 1001pas, on n’a, au fond, aucune pression. Je pourrai même me contenter de retranscrire ses échanges avec quelques journalistes alors que je marchais à quelques pas derrière lui. C’est tout de même étrange de marcher derrière un géant. Géant non par sa taille ou son égo mais ses accomplissements.

J’aimerais bien avoir quelque chose d’intéressant sur quoi l’engager. Mais que dire ? Y’a t-il une question à lui poser à laquelle il n’ait déjà répondu ?

Je n’aime pas répéter les choses ni faire répéter les gens. J’étais avec Jocelyn Chavy, le rédac en chef du journal outdoor Wider qui, quant à lui, est plus au fait de ce genre de rendez-vous. Il a le savoir, la manière. Il connait les athlètes dont Alex depuis des années.
Toutes les questions concernant la préparation, la gestion de la peur sont des questions qui lui ont déjà été posées et auxquelles il a du se soumettre de nouveau. En même temps, ce qu’il accomplit, lui et ses semblables, est tellement incompréhensible que l’on essaie à chaque fois de connaître la recette de sa potion magique.

5 minutes avant d’arriver au refuge, les journalistes l’ont laissé quelques peu respiré c’est donc le moment où le blogueur vient porter le coup de grâce. On a échangé sur le souhait du gouvernement Trump de souhaiter supprimer la protection de certains parcs en autorisant les forages. L’environnement est une problématique qui lui tient à coeur et il suivait visiblement le sujet de près. J’étais persuadé que j’avais enregistré sa réponse (il était très prolixe sur le sujet) mais ce n’est pas le cas (amateurisme quand tu nous tiens). On a fini sur une note décontractée où je lui ai demandé si, comme nous les français, il a la nostalgie des plats de chez lui en voyage. (personnellement je rêve souvent de la fraîcheur d’une bonne salade vinaigrette à l’étranger). Alex étant végétarien, il m’a répondu en souriant que ce qui lui manquait le plus était le guacamole et les plats épicés mexicains.

(On peut s'amuser en disposant de cette information de tous ces gens qui affirment qu'un régime végétarien est incompatible avec la pratique du sport...)

QUI EST ALEX HONNOLD ?

Il y a ceux, les incultes/idiots/rois du canapé qui le  traiteront de fou, d’inconscient, d’égoïste. Qui n’ont jamais compris et ne comprendront jamais la philosophie et les motivations d’un tel athlète. Le genre de personne pour qui l’accomplissement de toute une vie se résume à métro,boulot,dodo. Je ne porte pas ce genre de personnes dans mon coeur. Avec eux, on en serait encore à essayer de faire du feu dans les cavernes. Aucune audace, aucune ambition, aucune étincelle dans leur existence.

Moi ce que je vois c’est tout sauf un homme suicidaire. C’est un sportif qui repousse, dans sa discipline la définition du mot « impossible ». C’est quelqu’un bien au-dessus de la majorité d’entre nous en terme d’engagement sportif mais qui vous regarde dans les yeux et vous sourit d’une sourire franc et sincère quand il est en face de vous. Il a eu ses modèles qui l’ont fait rêver et, en mixant talent et travail acharné, après des dizaines d’années, il est devenu un modèle pour d’autres.

Quand je vois tant d’abnégation et de sacrifices pour réaliser ses rêves, cela me porte. Cela me donne envie, non pas de me jeter sur une paroi en free solo, ce qui, dans mon cas, serait réellement suicidaire… non, les accomplissements d’Alex me donnent envie de réaliser mes rêves. Aussi humbles qu’ils soient en comparaison, ils sont miens. Quand vous voyez un homme (ou une femme) rayonner autant parce qu’il a réalisé l’impossible, vous avez, au fond de vous, envie de faire de même.

EST-CE QUE SON CERVEAU FONCTIONNE DIFFÉREMMENT POUR DÉPASSER LA PEUR DE L’ERREUR, LA PEUR DE LA CHUTE, LA PEUR DE LA MORT ?

Alex vous dira qu’après des années de préparation physique, de répétition et de mémorisation des gestes, de la voie, ce qu’il a fait n’était, au fond, qu’une chorégraphie. Une succession de gestes parfaitement maîtrisés. Il écoutait d’ailleurs tranquillement sa playlist pendant les 4h de son ascension. Celui que ses amis surnomment, monsieur « no big deal » (ce n’est pas grand chose) a appris à gérer la peur. A la dompter à forcer de projection et de préparation.

Quand je vous parlais, plus haut, de la philosophie de son collègue de grimpe qu’il a fait sienne « Be good », sois bon, Alex l’applique avec sa fondation à qui il reverse 1/3 de ses revenus. Durant ses échanges avec les journalistes, je me souviens d’une anecdote. Quand il a commencé à être connu, il a fait une pub. Il a dit qu’il avait gagné en 2 jours ce que sa soeur, travaillant dans le social, gagnait en quelques années. Il voulait rééquilibrer la balance d’où la création de sa fondation.

ET LA SUITE ?

C’est la grande question que l’on pose tous à Alex. Quels projets ? Tu vas faire quoi maintenant Alex ? Il y a le film réalisé par Jimmy Chin et Chai Vasarhelyi sur ce free solo légendaire qui devrait sortir l’an prochain. Il y a les conférences de présentation de son ascension qu’il mène en parallèle. En attendant, on peut se repasser des sections où on voit l’artiste à l’oeuvre… néanmoins, comme il nous l’a expliqué, El Capitan était un rêve, SON rêve, le rêve de toute une vie qui le berçait depuis des années et il ne se voit pas faire de l’alpinisme. Il n’a pas non plus une sorte de dizaines de « rêves de toute une vie » empilé à la suite de ce dernier comme on aurait une liste de course à cocher. En terme d’escalade pure, il aimerait réaliser des voies côtées 9 mais il n’a pas, pour le moment, pas de grand projet d’escalade dans son planning. La vie suit son court. Il a ses conférences, sa fondation, les projets avec ses sponsors…

Son projet en Angola en partenariat avec sa fondation.

 

Son ascension du Half Dome

 


Si vous aimez, n’hésitez pas à partager.


Ce voyage et cette rencontre ont pu se faire grâce à la participation de l’office de tourisme du Sud Tyrol ainsi que de l’International Mountain Summit que je remercie pour l’invitation. Mon avis reste totalement indépendant.

L'eau des WC

Par Le 31/03/2018

En fait, quand je lis ça, je suis content de voir que les idées évoluent et en même temps, je suis effaré qu'on en soit encore que là...Ce système-là, ça fait bien longtemps qu'il a été imaginé et mis au point par des particuliers. Et qu'on ne soit pas encore passé à la grande distribution, c'est juste qu'une question de mentalité, de priorités. Et l'eau n'est pas assez chère encore pour être une priorité. 

Pour notre, part, dans les toilettes, c'est effectivement l'eau de la salle de bain qui est utilisée. Tout simplement dans une cuvette posée dans le lavabo. Et donc le prix d'une cuvette et l'obligation de faire trois pas pour passer de la salle de bains aux WC...


 

Sidi Drici s’est adressé au président de la République dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux pour défendre son projet. Il pourrait être reçu à l’Elysée prochainement.

Le système de ce plombier permet d\'alimenter les chasse-d\'eau avec l\'eau des douches et des lavabos. 
Le système de ce plombier permet d'alimenter les chasse-d'eau avec l'eau des douches et des lavabos.  (GARO / PHANIE / AFP)

Il n'y a pas de petites économies, surtout quand elles peuvent protéger notre planète. Plombier à Rubelles (Seine-et-Marne), Sidi Drici a inventé un système qui permet de recycler l'eau de la douche et du lavabo d'une salle de bain pour alimenter la chasse-d'eau des toilettes. Fort de son concept, note Le Parisien dans son édition du 29 mars, Sidi Drici a adressé une vidéo à Emmanuel Macron pour partager son idée. Visible sur sa page Facebook, celle-ci a déjà été vue près de 20 000 fois. "L’Elysée m’a rappelé", assure-t-il au quotidien. "Ils m’ont dit que je serai reçu bientôt. Ils me préviendront trois jours avant." Contactée par franceinfo, la présidence n'était pas en mesure de confirmer cette information samedi 31 mars dans l'après-midi.

"Comment est-il possible en 2018 que nous urinons dans de l'eau potable", interroge le fondateur de l'entreprise DSM et créateur de la pépinière d’entreprises DSM Evolution à Rubelles. Il détaille ensuite le principe simple de son installation. L'eau de la douche est stockée dans un réservoir où elle est filtrée avant d'être reversée dans la chasse d'eau des toilettes. Ce dispositif breveté a déjà été posé chez une cinquantaine de particuliers dont 21 pavillons neufs à Rozay-en-Brie. L'installation coûte entre 600 et 1 000 euros.

"On consomme plus d'eau pour aller aux toilettes que pour se laver", se lamente-t-il, avant d'appeler Emmanuel Macron à se pencher sur son idée.

Oublié en prison.

Par Le 31/03/2018

C'est, à mes yeux, une histoire effroyable. Que reste-t-il de cet homme, comment a-t-il pu être délaissé à ce point ? Comment est-il possible que personne ne soit jamais intervenu, ni sur un plan juridique, ni auprès du personnel de la prison, ni avec d'anciens détenus. Sauf un. Comment est-il possible que cet homme, apparemment affable, ait pu être oublié de tous aussi longtemps, d'une façon aussi effroyable, comme un effacement, une mort sociale ? Que sait-il de ce monde dont il a été privé ?

Imaginons que nous revenions à la lumière après quarante ans de survie sous terre...

 

 

 

Michel Cardon, en prison depuis 40 ans, va être remis en liberté

 

Michel Cardon à la fin des années 70 / © France 2 Michel Cardon à la fin des années 70 / © France 2

PARTAGES

C'était l'un des plus vieux détenus de France.

Par Emmanuel Magdelaine 

Il est libre. Michel Cardon va quitter très prochainement la prison de Bapaume. Le tribunal d'application des peines d'Arras a rendu sa décision. Michel Cardon, condamné à perpétuité pour meurtre en 1977, est remis en liberté conditionnelle après 40 ans d'incarcération. Décision effective le 1er juin prochain. 

"C'est l'une de mes plus grandes émotions professionnelles, c'est une grande joie pour lui et j'espère qu'il pourra en profiter pleinement", a réagi Eric Morain, son avocat. Dix-huit mois de travail, dix-huit mois de combat... mais ça n'a rien à voir avec les quarante ans, cinq mois et trois jours de détention. C'est beaucoup d'émotion et une grande joie pour lui".

Libération conditionnelle de Michel Cardon : "C'est beaucoup d'émotion et une grande joie pour lui", déclare son avocat

Cet Amiénois de 67 ans a une histoire particulière, celle d'un détenu "oublié" : 
il n’a bénéficié d’un premier parloir qu’au bout de trente-huit ans de détention. Il n'est revenu dans l'actualité qu'à la faveur d'un article de La Voix du Nord en août 2016. Un avocat parisien, Me Morain, est touché par l'histoire de Michel Cardon. Il le rencontre, lui demande s’il a envie de sortir de prison puis entreprend des démarches pour essayer de la faire sortir.

"J'ai eu en face de moi quelqu'un ressemble à l'image qu'on se fait de Robinson Crusoë, mangé par la barbe mais avec un merveilleux sourire, raconte Eric Morain. Il a du mal à parler parce qu'il a les restes d'un AVC, du mal à respirer, il es sourd d'une oreille. Mais il comprend, il s'exprime..."

"La société qui vous a sanctionné a choisi aussi de vous oublier", écrivait ce même avocat dans un courrier daté du 12 février qui avait demandé sa grâce au président Emmanuel Macron. Selon lui, M. Cardon aurait pu réclamer depuis vingt ans le bénéfice d'une liberté conditionnelle.

 

Michel Cardon, le détenu oublié de Bapaume
Reportage diffusé par France 2 début mars.
Les requêtes devant le tribunal d'application des peines avaient jusque-là été toujours rejetées. Notamment parce que les experts relevaient toujours un risque de récidive toujours présent, selon le parquet. "Compte tenu de l'état de dégradation physique de M. Cardon, nous avons estimé, du point de vue du parquet, que le risque de réitération apparaissait désormais limité", a déclaré M. Lourdelle, procureur d'Arras, à l'issue de l'examen de la dernière demande le 15 mars dernier. Ce jour-là, le parquet avait donc requis "un placement extérieur probatoire à une libération constitutionnelle dans un établissement pour personnes âgées dépendantes, compte tenu de son état de santé et dégradation physique". 

 

Il vivra dans le Val d'Oise


Michel Cardon a été condamné dans « l’affaire du crime du chemin de la Flaque ». En octobre 1977, à Amiens, Michel Cardon, 26 ans, et Jean-Yves Defosse, 29 ans, tuent un homme invalide 64 ans suite à un cambriolage qui a mal tourné. Lors du procès aux Assises, les accusés échappent de peu à la peine de mort. 

Après la condamnation, les proches de Michel Cardon se détournent de lui.

Le détenu s'isole. Son état de santé se dégrade. 

Seul un détenu se prend d'amitié pour lui, un Nordiste incarcéré avec lui à Bapaume entre 2008 et 2015. « Il était seul, déprimé, alors je lui apportais tous les jours du café dans sa cellule
raconte-t-il dans La CroixJe ne sais pas trop pourquoi il a baissé les bras car il avait son caractère, mais il a été cassé par toutes ces années. Il ne parlait pas beaucoup. »

Michel Cardon va être logé dans un centre d'hébergement et de réinsertion du Val d'Oise. «  C’est une grande joie pour lui
explique à La Voix du Nord, son avocatIl va sortir. Qu’il a fallu du temps et de la mobilisation. J’ai rencontré des associations, des confrères, des magistrats, des gens exceptionnels. (...) Michel va pouvoir faire autre chose, être au contact de la nature. Être libre, tout simplement. » 

Désormais, "il ne va plus être le détenu oublié de Bapaume, il va changer de région et de département pour essayer de vivre quelques années libre", 
a conclu sur France info Eric Morain.

 

Le plus vieux détenu de France ?

Michel Cardon a passé plus de 40 ans en prison. C'est l'un des plus anciens détenus de France. Mais pas le plus ancien.

Casanova Agamemnon, dit "Cajo", 68 ans, est le plus ancien prisonnier de France. Aujourd'hui incarcéré à La Réunion, il a déposé sa 23e demande de libération conditionnelle, après quarante-huit années passées derrière les barreaux.

 

Réseaux sociaux et vie sociale.

Par Le 30/03/2018

Au moment où Facebook est au cœur d'un nouveau scandale, certains de ses utilisateurs ont décidé de sauter le pas et de quitter le réseau social aux 2 milliards d'abonnés. Une démarche plus difficile qu'il n'y paraît...

Le scandale Cambridge Analytica a décidé des utilisateurs de Facebook à quitter le réseau social.
Le scandale Cambridge Analytica a décidé des utilisateurs de Facebook à quitter le réseau social. (NASIR KACHROO / NURPHOTO)

Et c’est reparti pour une nouvelle controverse sur Facebook, qui viole à nouveau notre vie privée en permettant à d’autres de recueillir nos renseignements personnels. Certes, cette flambée-ci est importante et amène certains à envisager de quitter complètement Facebook. Mais, soyez-en sûrs, l’entreprise et la plupart de ses 2 milliards d’utilisateurs se réconcilieront. La grande majorité d’entre eux retournera sur Facebook, tout comme ils l’ont fait la dernière fois et toutes les autres fois auparavant. Car, comme dans toute relation abusive, les usagers ont développé une dépendance psychologique qui les rend accros – bien qu’ils sachent que sur certains plans, ce n’est pas bon pour eux.

>> J'ai fouillé dans les données que j'ai envoyées à Facebook depuis onze ans (et le résultat m'a donné le vertige)

Des décennies de recherche ont montré que notre relation avec tous les médias, qu’il s’agisse du cinéma, de la télévision ou de la radio, est toujours de nature symbiotique : les gens les apprécient en raison des gratifications qu’ils tirent de leur consommation – évasion, relaxation, illusion d’une compagnie… Plus les gens les utilisent, plus ils recherchent et obtiennent ces gratifications.

Sur les réseaux sociaux, cependant, le consommateur fournit sans cesse des données qui permettent de cibler précisément ce qui le satisfait le plus ; les médias sociaux exploitent les modèles de comportements qu’ils ont repérés afin d’ajuster ses expériences en ligne et de répondre à ses besoins psychologiques particuliers.

>> Publicité, propagande... A quoi servent les données personnelles que vous confiez à Facebook ?

En plus de nous fournir du contenu, Facebook, Twitter, Google – en fait, tous les médias sociaux – nous offrent de nouvelles possibilités d’interaction sur la plateforme qui peuvent satisfaire certaines de nos envies innées.

Les outils interactifs de Facebook offrent en effet des moyens simplifiés de susciter notre curiosité, de diffuser nos pensées, de promouvoir notre image, de maintenir des relations et de satisfaire le désir ardent de validation par les autres. Les médias sociaux s’appuient sur les ressorts de la psychologie pour nous faire cliquer – et en dire toujours davantage sur nous-mêmes.

>> Pourquoi Facebook nous enfume avec ses nouvelles mesures censées protéger la vie privée de ses utilisateurs

Voici pourquoi il est si difficile, en tant qu’utilisateur d’un réseau social, de débrancher la prise une fois pour toutes.

Maintenir vos relations à flot

Plus vous interagissez sur la plateforme, plus vous renforcez vos relations en ligne. Le fait d’appuyer sur le bouton « J’aime », de commenter des photos d’amis, d’envoyer des vœux d’anniversaire et d’identifier (ou « tagger ») d’autres personnes ne sont que quelques-unes des façons dont Facebook vous permet de vous engager dans une forme d’« entretien du lien social ». Tous ces contacts minuscules et éphémères aident les utilisateurs à maintenir des relations avec un grand nombre de personnes avec une relative facilité.

Définir l’image que vous voulez donner

Plus vous révélez de détails sur votre vie, plus vous avez de chances de modeler votre image avec succès. Des études démontrent que cette façon stratégique de se présenter est une caractéristique clé de l’utilisation de Facebook. Les utilisateurs façonnent leur identité en ligne en affichant le concert auquel ils sont allés (et en disant avec qui), les causes qu’ils soutiennent, les rassemblements auxquels ils assistent, etc. De cette façon, vous pouvez devenir le curateur de votre personnalité numérique et gérer les réactions des autres, ce qui serait impossible à faire dans la vie réelle, du moins avec autant de régularité et de précision. En ligne, vous pouvez projeter votre moi idéal.

Espionner, caché derrière les rideaux

Plus vous êtes présents sur les réseaux sociaux, plus vous pouvez épier les autres. Ce type de contrôle social fait partie des gratifications les plus importantes que l’on peut tirer de Facebook. La plupart des gens prennent plaisir à faire des recherches sur les autres via les médias sociaux, souvent en douce. Le besoin psychologique de surveiller notre environnement est profondément enraciné en nous ; c’est lui qui nous pousse à suivre les actualités – et qui nous rend victimes du FOMO (fear of missing out), la peur de manquer quelque chose. Même les personnes âgées soucieuses de leur vie privée, qui détestent révéler trop de choses sur elles-mêmes, utilisent Facebook pour fouiner dans la vie des autres.

Améliorer vos ressources sociales

Plus vous en révélez sur les réseaux sociaux, plus votre valeur nette sociale augmente. Être plus disponible peut vous permettre de trouver un emploi via LinkedIn. Cela peut aussi aider un ancien camarade de classe à vous retrouver et à renouer avec vous. Certaines études montrent qu’une utilisation active de Facebook peut améliorer votre capital social, que vous soyez un étudiant ou une personne âgée désirant nouer des liens avec des membres de sa famille ou raviver des liens avec des amis perdus de vue depuis longtemps. Le fait d’être actif sur les médias sociaux est associé à une augmentation de l’estime de soi et du bien-être subjectif.

Élargir votre tribu

Plus vous cliquez, plus l’effet boule de neige est puissant. Lorsque vous partagez une nouvelle sur les médias sociaux ou exprimez votre approbation au sujet d’un produit ou d’un service, vous contribuez à la création d’un effet boule de neige. Les indicateurs de notation – comme la note de cinq étoiles attribuée à un produit sur Amazon – sont persuasives, en partie parce qu’elles représentent un consensus parmi de nombreuses opinions. C’est ainsi que vous intégrez des communautés en ligne qui se forment autour d’idées, d’événements, de mouvements, d’histoires et de produits – ce qui peut également améliorer votre sentiment d’appartenance.

S’exprimer et obtenir des validations sociales

Plus vous en révélez sur votre vie, plus votre capacité d’influence augmente. Qu’il s’agisse d’un tweet, d’une mise à jour de statut ou d’un billet de blog détaillé, vous pouvez vous exprimer et aider à façonner les discours du moment. Cette forme d’expression peut être très stimulante. Et les indicateurs indiquant l’effet boule de neige qu’entraînent vos messages – tous ces « likes » et ces smileys – peuvent profondément améliorer votre estime de soi en faisant appel à votre besoin psychologique fondamental de validation externe.

Ainsi, par des biais différents, les fonctionnalités des médias sociaux nous fournissent bien trop de gratifications pour que nous puissions facilement y renoncer.

Des algorithmes qui ne vous lâchent jamais

Bien que la plupart des gens soient écœurés par les algorithmes d’extraction de leurs données personnelles, il existe une sorte d’accord tacite selon lequel le partage de données personnelles est un mal nécessaire qui aide à améliorer nos expériences. Les algorithmes qui recueillent vos informations sont aussi ceux qui vous incitent à développer votre vie sociale, en fonction de vos intérêts, comportements et réseaux d’amis. Car sans Facebook, vous ne seriez probablement pas aussi sociable. Facebook est un lubrifiant social majeur à notre époque, grâce aux recommandations d’amis à ajouter à votre cercle et aux notifications lorsqu’un ami a dit ou fait quelque chose qui pourrait vous intéresser.

Pensez au nombre de notifications que Facebook envoie, ne serait-ce qu’à propos des événements. Quand on vous incite à assister à un événement, vous envisagez au moins un instant d’y aller, vous visitez peut-être la page de l’événement, vous indiquez peut-être que vous êtes « intéressé » et parfois même, vous décidez d’assister à l’événement en question. Aucune de ces décisions n’aurait été possible sans avoir d’abord reçu une incitation de la part du réseau social.

Et si Facebook ne vous incitait pas à interagir de la sorte ? Et si les algorithmes ne vous envoyaient jamais de recommandations ou de suggestions ? Seriez-vous aussi actif ? Selon la théorie du nudge, vous seriez beaucoup moins enclin à agir si rien ne vous encourageait à le faire. Si Facebook ne vous poussait pas à assister à des événements, à ajouter des amis à vos contacts, à voir les messages des autres ou à souhaiter joyeux anniversaire aux uns et aux autres, il est peu probable que vous le feriez. Et votre vie sociale s’en ressentirait.

>> dont l’auteur principal de cet article, avec le commentaire « Vous allez manquer à S. Shyam ».

The ConversationC’est comme vous demander si vous souhaitez sciemment et définitivement couper les liens avec tous vos amis. Franchement, qui voudrait faire une chose pareille ?

S. Shyam Sundar, Distinguished Professor of Communication & Co-Director of the Media Effects Research Laboratory, Pennsylvania State UniversityBingjie Liu, Ph.D. Student in Mass Communications, Pennsylvania State UniversityCarlina DiRusso, Ph.D. Student in Mass Communications, Pennsylvania State University et Michael Krieger, Ph.D. Student in Mass Communications, Pennsylvania State University

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Tourisme de masse (1)

Par Le 29/03/2018

Un des nombreux exemples...De ce désastre.

Et je suis même persuadé que depuis que cette rumeur courait sur cette interdiction, certains touristes se sont dépêchés d'y aller avant. 

"C'est bon, moi, j'y suis déjà allé, ils peuvent fermer. Bon, où est-ce qu'on va aller au prochain voyage ?"

Les modes, les phénomènes de groupe, le tape à l'oeil, cet égocentrisme digne d'Attila :" Après les touristes, plus rien ne pousse".

On pourrait ajouter bien évidemment l'incommensurable pollution atmosphérique de tous ces mlillions d'avions qui transportent des individus "amoureux des tropiques"... 

Faux : ils sont amoureux d'eux-mêmes et ils se font plaisir car s'ils aimaient les tropiques, ils n'y viendraient plus. 

 

La baie de Maya, en Thaïlande, le 10 mars 2016.
La baie de Maya, en Thaïlande, le 10 mars 2016. (ALEXANDRA SCHULER / DPA / AFP)

Un site paradisiaque que le tourisme de masse met en péril. En Thaïlande, la baie de Maya, rendue célèbre par le film La Plage de Danny Boyle, avec Leonardo DiCaprio, sera complètement fermée aux touristes entre juin et septembre afin de réparer les dégâts engendrés par sa forte fréquentation. Son accès sera restreint par la suite, ont annoncé les autorités mercredi 28 mars.

Actuellement, quelque 4 000 touristes se rendent chaque jour dans cette petite baie, ce qui nuit aux coraux et à l'environnement, rapporte la BBC(article en anglais).

 

Les coraux piétinés par les touristes

Entre juin et septembre, seuls les bateaux pourront approcher de la baie de Maya, mais ils "ne pourront pas accoster et personne ne sera autorisé à entrer dans la baie" afin de permettre à l'écosystème de se régénérer, a indiqué le directeur des parcs nationaux thaïlandais. Et à partir du mois d'octobre, début de la haute saison touristique, seules 2 000 personnes seront autorisées à se rendre sur la plage.

La Thaïlande, qui accueille chaque année plus de 35 millions de vacanciers, fascinés de pouvoir observer des poissons tropicaux à l'aide d'un masque et d'un tuba, est confrontée à une dégradation avancée de ses récifs coralliens.

Outre le réchauffement climatique, est pointé du doigt le comportement des touristes, qui n'hésitent pas à marcher sur les coraux, mais aussi la surabondance de tour-opérateurs proposant des sorties de plongée à la journée sur ces îles censées être protégées par leur statut de parcs nationaux

LE DÉSERT DES BARBARES (1)

Par Le 29/03/2018

"LES HEROS SONT TOUS MORTS"

"TOUS, SAUF ELLE"

"LE DÉSERT DES BARBARES"

Les images que j'ai en tête sont similaires à celles-ci.

Le chaos, la survie, la haine, la peur, la solidarité, l'amour.

Beaucoup d'amour.

Il en faudra.

https://www.artstation.com/johnsweeney

Facebook : enfumage

Par Le 29/03/2018

Pas d\'annonces révolutionnaires dans le communiqué publié par Facebook mercredi 28 mars 2018.
Pas d'annonces révolutionnaires dans le communiqué publié par Facebook mercredi 28 mars 2018. (ERIC BARADAT / AFP)

Après l'affaire Cambridge Analytica, Facebook tente de regagner la confiance de ses utilisateurs. Pour apaiser les critiques, l'entreprise a présenté, mercredi 28 mars, trois grandes mesures pour permettre aux internautes de mieux protéger leurs données.

"Nous allons tout faire pour protéger les informations de nos utilisateurs et limiter les abus sur la plateforme", écrit Facebook dans la note de blog présentant ces dispositions. Mais ces nouvelles règles ont suscité un certain scepticisme auprès des internautes, résumé par ce tweet du rédacteur en chef du Monde.fr. On vous explique pourquoi les annonces de Facebook sont plutôt décevantes au regard de l'enjeu.

Les dernières annonces de Facebook sur la vie privée : 
- en partie déjà annoncées
- obligatoires au regard du droit européen 
#RGPD
- aucune ne changera l'utilisation des données personnelles par FB
- aucune n’aurait empêché l'affaire Cambridge Analytica 
https://t.co/bVvq6ZMoG7

— Michaël Szadkowski (@szadkowski_m) 28 mars 2018

Parce qu'il n'y a pas de vraie nouveauté  

La première mesure présentée dans cette note consiste à centraliser les paramètres de confidentialité, actuellement répartis sur une vingtaine d'écrans différents, "en un seul et même menu". Ces outils existent déjà, comme les réglages liés aux préférences publicitaires ou la visibilité des posts publiés sur son compte. Il s'agit donc juste de les rendre plus visibles.

 

Les paramètres de confidentialité de Facebook vont être réorganisés en un seul et même menu
Les paramètres de confidentialité de Facebook vont être réorganisés en un seul et même menu (Communiqué de Facebook)

 

L'association américaine Public Knowledge ne cache pas sa déception face à ces annonces qui ne présentent, selon elle, que des "changements mineurs, peu à même de remédier à un problème systémique plus large".

Rien de révolutionnaire donc, d'autant qu'une refonte des paramètres de confidentialité avait déjà été annoncée le 28 janvier par Erin Egan, responsable de la vie privée chez Facebook, dans un communiqué (en anglais). Dans sa note publiée mercredi, le réseau social ne fait nullement référence à cette précédente annonce. 

Parce que Facebook ne fait que se conformer au droit européen 

Les mesures communiquées par Facebook se contentent d'être en accord avec le droit européen, ce que le groupe omet de mentionner. Elles sont "un moyen de se conformer au règlement général sur la protection des données (RGPD), un texte européen très contraignant en la matière qui va s’appliquer sur tout le continent dès le 25 mai" explique Le Monde. Ce règlement repose sur le droit fondamental que constitue, pour toute personne se trouvant sur le territoire européen, la protection de sa vie privée et de ses données personnelles. 

Même chose pour sa troisième promesse, mettre en place "des outils pour trouver, télécharger et supprimer toutes vos données Facebook : 'Accès à vos informations'". Cette nouvelle rubrique devrait permettre aux utilisateurs de supprimer d'anciennes publications mais également de transférer leurs données sur un autre service que Facebook. Là, encore, c'est une exigence du RGPD, qui prévoit, rappellent Les Echos, qu'"un citoyen pourra récupérer les données le concernant auprès d'une entreprise ou d'une administration pour les transférer à un service concurrent sans devoir construire un nouveau profil de zéro". 

Parce que ça ne règle pas le problème 

"En fin de compte, la seule façon pour les utilisateurs de limiter l’utilisation de leurs données personnelles par les réseaux sociaux est d’éviter tout simplement d’utiliser ces plateformes", résumait l'universitaire australien David Glance sur le site The Conversation. Autrement dit, ne comptez pas trop sur Facebook pour les protéger. 

"Facebook n'a aucune motivation économique pour s'engager" dans des pratiques "responsables", note également l'association Public Knowledge, puisque "les annonceurs mécontents n'ont pas de plateforme alternative aussi performante que le réseau social". 

 Ainsi, Facebook ne facilite toujours pas la possibilité de supprimer purement et simplement son compte, constate le Guardian (en anglais). Pour l'instant, l'option est cachée au fin fond du site. Le groupe met plutôt en avant la possibilité de désactiver son compte, laissant ainsi "toutes les informations présentes sur les serveurs de Facebook accessibles aux outils d'explorations de données de la plateforme", pointe le quotidien britannique. 

Dans leur communiqué, Erin Egan et Ashlie Beringer, responsable juridique adjointe, promettent tout de même de "nouvelles mesures" dans les prochaines semaines afin d'offrir "aux utilisateurs un contrôle simplifié et maximal de leurs paramètres de confidentialité".

Facebook et les annonceurs

Par Le 29/03/2018

AFP29/03/2018 à 07:20

 

"Facebook n'a aucune motivation économique pour s'engager" dans des pratiques "responsables" puisque les annonceurs mécontents n'ont pas de plateforme alternative aussi efficace, ajoute l'organisation.

"Mark Zuckerberg a promis de meilleurs contrôles des données privées +ces prochaines semaines+ il y a huit ans", a ironisé un professeur de l'université de Caroline du Nord, Zeynep Tufekci, sur Twitter.

Une image de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, attaqué de toute part à cause de la gestion des données personnelles des utilisateurs. ( AFP/Archives / Mladen ANTONOV )

Une image de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, attaqué de toute part à cause de la gestion des données personnelles des utilisateurs. ( AFP/Archives / Mladen ANTONOV )

Facebook, qui tente toujours de se relever de l'affaire Cambridge Analytica, a promis mercredi des "mesures supplémentaires" pour mieux protéger les données personnelles de ses usagers mais les dispositions, qui étaient déjà largement prévues avant le scandale, ont suscité un certain scepticisme.

"Nous devons rendre nos paramètres de confidentialité plus faciles à comprendre, à trouver et à utiliser", a admis Facebook, qui revendique plus de deux milliards d'utilisateurs.

"En plus des annonces faites la semaine dernière par (le PDG) Mark Zuckerberg", "nous prendrons des mesures supplémentaires dans les prochaines semaines pour donner plus de contrôle aux gens sur leurs données personnelles", poursuit le réseau.

"La plupart de ces mises à jour sont prévues depuis un certain temps et les événements de ces derniers jours ne font que souligner leur importance", ajoute Facebook, qui avait en effet déjà promis fin janvier de "donner (aux usagers) un meilleur contrôle de (leurs) informations personnelles".

Parmi ces modifications, qui consistent essentiellement à rendre plus visibles des outils qui existent déjà, Facebook promet "un menu unique pour trouver et gérer l'ensemble de vos paramètres de confidentialité" et "des outils simples pour trouver, télécharger et supprimer vos données".

Quelques heures plus tard, Facebook a annoncé bien plus discrètement une autre mesure, destinée cette fois à limiter l'utilisation de données personnelles à des fins publicitaires.

Précisément, Facebook "va fermer" un outil baptisé "Catégories de partenaires", qui permet aux annonceurs de cibler au plus près les usagers grâce aux données personnelles compilées par des agrégateurs de données, a-t-il annoncé.

Facebook travaille avec plusieurs de ces "fournisseurs de données relatives à l'audience", notamment Acxiom ou Experian, selon le site du réseau social.

"Même si c'est une pratique habituelle du secteur, nous pensons que cette mesure, qui va être mise en œuvre sur les six prochains mois, aidera à améliorer la confidentialité sur Facebook", a écrit Graham Mudd, un responsable marketing du groupe.

La société Cambridge Analytica (CA) est accusée d'avoir récupéré à leur insu les données personnelles de 50 millions d'utilisateurs de Facebook, pour les utiliser à des fins politiques, notamment lors de la campagne du Brexit au Royaume-Uni ou celle de Donald Trump, élu président des Etats-Unis fin 2016.

Ces données auraient été récupérées via une application de tests psychologiques accessible sur Facebook et créée notamment par un psychologue, qui, selon Facebook, les a ensuite fournies indûment à CA.

- Playboy s'en va -

Malgré des excuses réitérées le week-end dernier, la tempête ne s'apaise pas et l'action Facebook a perdu près de 18% en Bourse depuis que le scandale a éclaté, faisant partir en fumée des dizaines de milliards de dollars de capitalisation boursière. L'action a regagné un peu de terrain mercredi, finissant en hausse de 0,53%.

Des magazines Playboy dans un kiosque de Bethesda, dans le Maryland, le 13 octobre 2015 ( AFP/Archives / Mandel NGAN )

Des magazines Playboy dans un kiosque de Bethesda, dans le Maryland, le 13 octobre 2015 ( AFP/Archives / Mandel NGAN )

De nombreux utilisateurs se sont penchés sur leurs données personnelles stockées par Facebook, certains découvrant avec stupéfaction l'étendue d'informations détaillées gardées en mémoire par le réseau: photos, mais aussi messages privés et contacts.

Refusant d'être "complice" des fuites de données privées, le pionnier de la presse érotique grand public, Playboy, a annoncé mercredi qu'il quittait Facebook.

- Promesses -

Puisque les outils de Facebook permettant de protéger les données "sont d'évidence si importants pour les utilisateurs, on peut se demander pourquoi cela n'avait pas été fait plus tôt", a réagi Jennifer Grygiel, professeur à l'université américaine de Syracuse.

Les mesures promises sont "bienvenues" mais "ces changements mineurs sont peu à même de remédier à un problème systémique plus large", selon l'association de consommateurs Public Knowledge, qui regrette l'absence de contrainte juridique pour obliger les groupes internet à protéger les données.

Et "Facebook n'a aucune motivation économique pour s'engager" dans des pratiques "responsables" puisque les annonceurs mécontents n'ont pas de plateforme alternative aussi efficace, ajoute l'organisation.

"Mark Zuckerberg a promis de meilleurs contrôles des données privées +ces prochaines semaines+ il y a huit ans", a ironisé un professeur de l'université de Caroline du Nord, Zeynep Tufekci, sur Twitter.

La Commission européenne et une commission parlementaire britannique ont sommé mardi Mark Zuckerberg de s'expliquer mais il compte déléguer un de ses adjoints pour témoigner à Londres.

Aux Etats-Unis, il est en revanche décidé à se présenter devant le Congrès pour une audition prochainement, d'après plusieurs médias américains.

Autre boulet au pied de Facebook: un juge américain lui a ordonné mardi de lui fournir des documents internes sur le transfert en 2010 de son siège européen à Dublin, en Irlande. Le fisc américain estime qu'il avait alors sous-évalué ses actifs.

Un demi siècle en prison.

Par Le 28/03/2018

Le plus ancien prisonnier de France, aujourd'hui incarcéré à La Réunion, a déposé sa 23e demande de libération conditionnelle, après quarante-huit années passées derrière les barreaux. Ses proches espèrent qu'elle sera enfin acceptée. 

Casanova Agamemnon, 68 ans, a passé l\'essentiel de sa vie en prison et a déposé sa 23e demande de libération conditionnelle. 
Casanova Agamemnon, 68 ans, a passé l'essentiel de sa vie en prison et a déposé sa 23e demande de libération conditionnelle.  (DR/ FRANCEINFO)

Elle n'a pas voulu de blanc et a préféré revêtir une robe bustier bleu électrique. La couleur préférée de Casanova Agamemnon. Le 27 novembre 2017, Nadège, 46 ans, a dit "oui" à celui qu'on surnomme "Cajo", 68 ans. Le couple est entouré de neuf invités, des membres de la famille, des amis et de Marie-Claire, une religieuse proche de Nadège. La cérémonie débute à 14 heures puis s'achève vers 16h30, autour d'une pièce montée. "C'était (trop) magnifique", confie la mariée à franceinfo. A un détail près : l'échange des consentements ne s'est pas fait dans une mairie ou une salle des fêtes, mais au parloir du centre de détention du Port, sur l'île de La Réunion. 

 

Casanova Agamemnon a épousé Nadège Lhomond, le 27 novembre 2017, au centre de détention du Port, à La Réunion. 
Casanova Agamemnon a épousé Nadège Lhomond, le 27 novembre 2017, au centre de détention du Port, à La Réunion.  (DR)

 

C'est ici, dans le nord-ouest de l'île française, que Casanova Agamemnon – jugé pour le meurtre de deux personnes, son frère et son patron – est enfermé. Il y a été transféré en 2014, après avoir écumé un grand nombre de prisons en métropole, et purge une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Il y a quelques semaines, il a déposé une nouvelle demande de libération conditionnelle, sa 23e depuis les années 1990. "Si aujourd'hui, il ne sort pas, c'est que personne ne veut qu'il sorte", soupire son avocat, maître Benoît David. Après 48 années de détention, son conseil estime qu'"il a bien fait son temps". Le Réunionnais hérite même du titre du plus ancien détenu de France, car un autre prisonnier, Maurice Gateaux, incarcéré depuis 1965, a, lui, bénéficié d'un aménagement de peine pour raisons de santé et se trouve maintenant dans un Ehpad. 

Mais le dossier de Casanova Agamemnon, malgré le poids des années, continue de déchaîner les passions. La légende est encore bien vivace sur l'île de La Réunion. Le mystère aussi. 

"Vous abusez de quelqu'un qui est plus faible que vous"

Dans son bureau parisien, Benoît David tente une description physique de son client : "Il est grand, balèze, a des yeux bleu acier, une belle tête et une grosse voix. Il a beaucoup de charme". Une carrure impressionnante, qu'il a façonnée en prison à coups de séances de musculation et de longues promenades.

A 15 ans, Casanova, s'il n'a pas encore la même musculature, ne s'en laisse déjà pas compter. Claude Najède le rencontre adolescent, alors que la famille Agamemnon, qui compte quatre enfants – trois garçons et une fille – quitte le quartier de La Confiance à Saint-Benoît pour un lotissement à Bras-Fusil, dans la même commune. Nous sommes dans les années 1960. Le père est planteur puis ouvrier communal, la mère ne travaille pas. "C'était un gentil garçon, il était tranquille et nous aimait beaucoup", assure la cousine de Casanova, Micheline Lhomond. "C'était un garçon comme n'importe quel jeune, il n'avait pas d'animosité, n'était pas vulgaire", raconte Claude Najède. Un signe le distingue cependant des autres, selon son ami : son refus de l'injustice. 

Depuis très jeune, il n'aime pas l'injustice. Il ne pouvait pas encaisser.Claude Najède, ami d'enfance de Casanova Agamemnonà franceinfo

Claude Najède se souvient en particulier d'une anecdote. "C'était un dimanche, un jour de fête foraine. On est tombés sur un monsieur, un gros bras, qui se bagarrait avec quelqu'un de moins costaud que lui. On est intervenus pour les séparer". Le "gros bras" propose alors à Casanova de prendre la place de son adversaire. "Et là, Casanova a dit : 'Je vais prendre sa place parce que vous abusez de quelqu'un qui est plus faible que vous'", poursuit Claude Najède. "Le gros bras a pris une raclée", en rigole-t-il encore.

A 19 ans, la perpétuité

Celui qui habite aujourd'hui encore à Saint-Benoît part à l'époque au lycée à Saint-Denis. Son ami, lui, devient apprenti cuisinier au restaurant Le Cheval Blanc, également situé à Saint-Denis. "Le jeudi, on n'avait pas cours alors j'allais le voir. Il était content", se souvient Claude Najède. En 1969, Casanova a 19 ans et son destin bascule. Un jour, son patron, Paul Pothin, l'accuse de vol. Le jeune homme lui tend un guet-apens et le poignarde à mort. Le 10 mai 1969, il est placé en détention provisoire. Quelques mois plus tard, le 16 octobre 1970, a lieu son procès. "Il a toujours expliqué qu'il était persuadé que, lors de son altercation avec son patron, celui-ci détenait une arme. Et il l'aurait poignardé car il se sentait en danger", raconte le site Clicanoo. Les assises de La Réunion le condamnent à la réclusion criminelle à perpétuité. 

Il était mineur à l'époque et il a pris perpétuité. Il lui a mis juste un ou deux coups de couteau. C'est pas accompagné de torture, d'actes de barbarie. C'est terrible, il l'a tué. Mais on est sur quelque chose qui est assez simple.Benoît David, avocat de Casanova Agamemnonà franceinfo

"De toute façon, le dossier a été bidonné, falsifié", grommelle Claude Najède, qui refuse d'en dire plus par téléphone mais fait clairement comprendre qu'il reste, selon lui, des zones d'ombre dans ce dossier. Détenu à La Réunion, Casanova est transféré en 1973 en métropole, après avoir été condamné en mai 1972 pour des faits d'évasion. "Il profite d'une évasion d'une bande de détenus qui durera sept jours", raconte RTL dans une émission consacrée au prisonnier. Il fera le tour des QHS, les quartiers de haute sécurité. Le 5 mai 1985, à 35 ans, Casanova Agamemnon obtient une libération conditionnelle et revient sur son île natale dans la foulée. 

 

Photo non datée de Casanova Agamemnon remise par sa famille. 
Photo non datée de Casanova Agamemnon remise par sa famille.  (FAMILY HANDOUT / AFP)

 

"On fouillait les maisons, on montait des planques"

C'est le choc. Son île a changé, ses parents sont morts entre-temps. "Il ne savait pas compter les francs, il ne maniait pas l'argent, alors je lui faisais ses courses", se rappelle Claude Najède. "On l'aidait. J'ai essayé de le faire bosser, il voulait passer son permis". Le 26 février 1986, une dispute éclate avec sa compagne de l'époque. Un coup de feu part, accidentel selon Casanova. Il informe qu'il part chercher les secours. En réalité, il la laisse, grièvement blessée, et s'en va trouver son frère Joseph sur le chantier où ce dernier travaille puis l'abat. Pour une histoire d'héritage de terres. "Moi, je n'y crois pas, à cette histoire d'héritage. On n'en parlait pas avec lui. Ça a été monté par d'autres membres de la famille", veut croire Claude Najède. "Son frère voulait que Casanova n'ait rien et avait aussi l'intention de le tuer. Donc, il m'a dit : 'J'ai un peu pris les devants'", avance, de son côté, son avocat. Après avoir tué son frère, Casanova s'enfuit et disparaît des radars de la police. 

Claude Najède apprend la nouvelle au volant. "Je me dis : 'Mais qu'est-ce qui se passe encore ?'" L'homme arrive chez lui et prend son courrier. "Je vois une enveloppe. Il y a 10 000 francs dedans et il y a écrit : 'Cajo pour Claude'". Le lendemain, sa femme part à la banque ouvrir un compte pour y déposer la somme. Quelques jours après, un jeune homme vient le voir et l'informe que "Cajo a demandé de l'argent". Il lui en donnera, avant que la même scène se reproduise trois jours plus tard. "Je lui ai dit : 'il y a un souci et je n'ai pas donné'", assure-t-il. Pendant ce temps, tous les policiers de l'île traquent Casanova, qui bénéficie de plusieurs complicités. Sa cavale va durer trois mois. 

C'est à ce moment-là qu'est née la légende.maître Benoît Davidà franceinfo

Les forces de l'ordre ne laissent rien passer et organisent des barrages partout sur l'île. "On fouillait les maisons, on montait des planques", raconte le commissaire divisionnaire Daniel Thirel, ancien chef de la Sûreté départementale de l'île. Le 27 mars, une femme de policier vient se plaindre qu'elle a été violée par un homme qu'elle a reconnu comme étant Casanova Agamemnon.

Ce n'est que quelques semaines plus tard que l'étau se resserre. "On a eu un renseignement comme quoi il était logé à Saint-Benoît. Quelqu'un nous a dit qu'il avait remarqué qu'un petit jeune achetait plus que pour lui seul, il prenait par exemple deux pains", se rappelle Daniel Thirel. Une surveillance s'organise autour de la maison et, le 18 mai, Casanova est interpellé non sans mal. Un policier lui tire deux balles dans les jambes pour le neutraliser mais le fugitif parvient à rentrer dans la maison, prendre son arme et tente de se suicider. Conduit à l'hôpital, il est jugé le 22 juillet 1988 et condamné à dix ans de réclusion pour le meurtre de son frère. Il est en revanche acquitté du viol dont on l'accusait. "C'est une bête féroce", lâche dans son réquisitoire l'avocat général. 

La lettre d'un "oublié"

Le 8 novembre 1988, Casanova embarque pour la métropole pour y purger sa peine. En 1991, il peut à nouveau déposer des demandes de libération conditionnelle, qui sont systématiquement refusées. Le détenu sombre dans l'oubli. Son histoire resurgit dans l'actualité à la faveur d'une lettre. Des proches de Casanova contactent en 2012 Jérôme Talpin, rédacteur en chef du Journal de l'île de La Réunion, et lui font comprendre qu'il cherche à revenir sur son île natale. "Agamemnon à La Réunion, c'est une figure qui fait peur. J'ai commencé à m'y intéresser", raconte le journaliste. En réalité, Casanova cherche à rentrer depuis un bout de temps sur son île mais tout est bloqué. "On lui dit que pour une libération conditionnelle, il faut un projet de réinsertion à La Réunion mais le parquet de l'île refuse qu'il revienne pour risque de trouble à l'ordre public", se souvient Benoît David. 

En novembre 2012, Jérôme Talpin reçoit les réponses aux questions qu'il a envoyées par courrier à Casanova. Ce dernier s'estime "oublié" et se dit "victime d'une justice parallèle et discriminatoire"

 

Le Journal de La Réunion publié le 9 novembre 2012 une lettre de Casanova Agamemnon. 
Le Journal de La Réunion publié le 9 novembre 2012 une lettre de Casanova Agamemnon.  (DR)

 

Malgré les années en prison, Casanova ne sombre pas. "Il est parfaitement lucide, il est tout à fait au clair dans sa tête. Lorsque je l'ai rencontré la première fois, j'ai eu l'impression qu'il venait de rentrer en taule", note son ancien avocat, Etienne Noël. 

C'est un homme debout qui a même un sacré humour. Le contact avec lui était facile, les entretiens agréables.maître Etienne Noëlà franceinfo

Le 25 mars 2014, Casanova gagne une première bataille en obtenant son transfert à La Réunion

"Il était tellement beau"

C'est quelques semaines plus tard que le détenu fait la rencontre, au parloir, de Nadège Lhomond, la fille de sa cousine Micheline. "La première fois que je l'ai vu, il était tellement beau", raconte Nadège. "Comment quelqu'un peut-il être enfermé aussi longtemps et être comme il est ?", s'interroge-t-elle. Elle assure avoir discuté avec lui de ses actes passés. "Il me dit qu'il a beaucoup de regrets, que ce n'est pas parce qu'il ne parle pas qu'il ne souffre pas. Je l'ai vu pleurer une fois devant mes enfants", raconte-t-elle, persuadée que jouer avec eux remue "des choses qu'il n'a pas pu connaître". Nadège lui avoue ses sentiments le 24 septembre 2014, elle a encore la date en mémoire. Casanova demande à réfléchir. "Il m'a dit : 'Tu sais, je suis enfermé, je n'ai pas de vie, je ne voudrais pas te faire du mal'". Finalement, c'est en février 2015 qu'a lieu "le premier baiser", puis le mariage donc en novembre 2017. 

 

Nadège Lhomond signe les registres d\'état civil le jour de son mariage avec Casanova Agamemnon, le 27 novembre 2017, au centre de détention du Port, à La Réunion. 
Nadège Lhomond signe les registres d'état civil le jour de son mariage avec Casanova Agamemnon, le 27 novembre 2017, au centre de détention du Port, à La Réunion.  (DR)

 

Malgré cet heureux événement, le quotidien en prison reste inchangé pour Casanova, qui fait essentiellement du sport et lit aussi beaucoup, "des magazines d'actualité mais aussi de nature", confie un surveillant pénitentiaire. Le maton loue "son comportement exemplaire""Il s'entend bien avec tout le monde. Il a même incité les autres détenus à jouer aux échecs. Si on avait 507 détenus comme lui, ce serait beaucoup plus facile de travailler", raconte un autre gardien. Lui aussi a du mal à comprendre comment Casanova n'est pas devenu fou après quarante-huit ans de détention. "Il doit être très fort dans sa tête". 

Il est très bien conservé. Peut-être que personne ne veut le mettre dehors à cause de ça, peut-être que s'il était plus grabataire...Un surveillant pénitentiaireà franceinfo

"Il a envie de vivre, il a envie de sortir, de connaître la liberté", ajoute ce surveillant de prison. Si Casanova Agamemnon est libéré, sa femme, restauratrice à Saint-Benoît, s'est engagée à le faire travailler bénévolement dans son établissement. Mais que se passera-t-il si sa dernière demande de libération conditionnelle, dont on n'attend pas les résultats avant plusieurs mois, n'aboutit pas ? "Il faudra convoquer la presse et puis on fera une demande de grâce, c'est aussi une option", explique Benoît David. "J'ai peur, je crains le pire, même si j'ai dans la tête qu'ils ne pourront pas le garder éternellement", analyse Claude Najède. "On ne demande qu'à vivre", soupire Nadège Agamemnon, qui refuse de dormir dans le lit conjugal tant que son mari n'est pas libéré. "Il me dit souvent : 'Si je meurs, je ne veux pas être enterré, enfermé dans la terre, je veux que l'on brûle mon corps et après tu feras ce que tu veux des cendres'"

Effacé ou pas ?

Par Le 28/03/2018

Voilà justement ce que je tiens à vérifier en ayant demandé la suppression intégrale de mon compte : est-ce que Facebook fait véritablement le nettoyage ou pas ?

Là, avec cet exemple, on est en droit de se poser la question puisque le compte réapparaît un an après avec des données historiques et sous un autre nom. 

Que veut dire "compte inactif" finalement ? Si c'est juste un compte "dormant" avec un historique qui reste enregistré et qui n'est donc jamais effacé, je n'en veux pas.

Je veux pouvoir contrôler l'intégralité de mon compte. 

Et je ne veux surtout pas que mes données historiques se retrouvent sur un autre compte... 

 

"Malgré les demandes multipliées auprès de Facebook, pas de soucis pour eux, ça ne pose aucun problème", raconte le youtubeur Julien Ménielle à franceinfo

avatar

Robin PrudentFrance Télévisions

Le 8 janvier 2018, Julien Ménielle a une drôle de surprise sur Facebook. Le youtubeur santé reçoit une notification de la part d'une inconnue. Une fois sur son profil, il s'apperçoit que celle-ci est amie avec tous ses proches et que des photos de famille sont visibles sur son mur. "En fait, je réalise que c'est le compte de ma maman [dont le nom et la photo de profil ont été modifiés], sauf que le souci c'est que le compte de ma mère on l'avait fait supprimer avec mon frère, juste après son décès", explique-t-il à franceinfo.

Sur le coup, grosse claque. Sensation très bizarre et très gênante.

Julien Ménielle

à franceinfo

Quand il essaie de se reconnecter sur le compte de sa mère, impossible. Le mot de passe a été changé. Il n'a plus le contrôle sur ce profil, alors qu'il pensait l'avoir définitivement supprimé. "Vite fait, je me reprends, je fais des signalements à Facebook : 'Cette personne usurpe l’identité de quelqu'un que je connais.' Rejetés. Facebook, à chaque fois, adresse des fins de non recevoir, donc le profil est toujours en ligne", ajoute-t-il.

Tristesse, malaise... et colère

"A la tristesse et au malaise, il y a une colère qui prend la place. Parce qu'on est complètement impuissants, raconte Julien Ménielle. Il y a des comptes qui sont supprimés tous les jours parce que ce n’est pas exactement le bon nom de famille, etc. Mais par contre, aller hacker le compte d’une personne décédée, ça ne pose pas de soucis." 

Contacté par franceinfo, Facebook a finalement rendu le compte inactif.

"La Barclay sans pitié"

Par Le 27/03/2018

Ce film est magnifique, époustouflant et le scénario est diabolique... Un remarquable documentaire visuel et émotionnel. Du grand art cinématographique pour une épreuve extrême.

Voyage au bout de soi-même.

"La Barclay sans pitié"

 

La Barclay

La Barkley : L'Ultra Trail le plus difficile du monde

 

Depuis sa création en 1986, douze participants seulement ont terminé les cinq boucles de 32km (soit 160km au total) du tracé, avec un dénivelé total correspondant à une double ascension de l’Everest...

Par Mirko Hominal le 26/04/2015

...

La "Barkley : L'Ultra Trail le plus difficile du monde 

Patrick Montel, pour l'émission Stade 2, s’est rendu dans la forêt du Tennessee où se déroule cette course hors-norme : il a rencontré son organisateur, l’atypique Laz, et a suivi les souffrances d’un des participants tricolores de l’édition 2015.

Aucun Trailer n'est parvenu au bout de l'édition 2015.

L’idée de cette course est venue de l’évasion de la prison nichée au coeur des montagnes, le 10 juin 1977, de James Earl Ray, le meurtrier de Martin Luther King, repris après 54 heures de cavale et seulement huit miles (12,8 km) parcourus. 

Près de 130 Miles en 5 boucles de jour comme de nuit (le parcours change chaque année et est seulement connu des concurrents quelques minutes avant le départ) et près de 16000m de dénivelé positif avec seulement une carte et une boussole.

 

https://www.lequipe.fr/explore-video/020-la-barkley-sans-pitie/

La Barkley: il y a ceux qui la finissent, et tous les autres

 

Par Didier Arnaud — 

160 kilomètres à couvrir en 60 heures dans une forêt du Tennessee: c'est la course à pieds la plus dure du monde. Rares sont ceux invités à y participer. Plus rares encore ceux qui la domptent.

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     La Barkley: il y a ceux qui la finissent, et tous les autres

C’est une course qui laisse des traces. Ceux qui y ont participé disent «on est toujours à la limite de ce qui est humainement possible» ou «il faut lutter contre ses démons parce qu’il y aura toujours en soi une bonne raison d’arrêter» ou enfin, un de ses vainqueurs, «tout le corps fait extrêmement mal mais il faut surmonter si tu veux finir».

Le programme de la Barkley, cet ultratrail dont la trentième édition partira ce vendredi est chargé: 100 miles (160 kilomètres) et 18 000 mètres de dénivellé à parcourir en moins de soixante heures, sur cinq tours, à travers une forêt dense et très escarpée, dans le Tennessee, au départ de Frozen Head. Pour prouver qu’il est bien passé au bon endroit, chaque concurrent doit trouver des livres cachés le long du parcours et arracher la page correspondant à son numéro de dossard. Le ravitaillement aussi est limité à son strict minimum: deux points d’eau seulement. L’organisateur, «Laz» (Lazarus Jake), en a eu l’idée après l’évasion de James Earl Ray, l’assassin de Martin Luther King, en 1977. Le fugitif avait été arrêté par la police après cinquante quatre heures de cavale: il n’avait réussi à parcourir qu’une douzaine de kilomètres. «Moi, en 54 heures, j’aurais pu faire 100 miles», fanfaronne Laz à l’époque. Neuf ans plus tard, il crée la Barkley dans cette même forêt (1).

Rémy Jegard, journaliste sportif pour le site Running Mag, grand habitué des trails, a eu la chance de compter parmi les inscrits pour cette édition 2015 (il n’y a que 35 participants, cooptés sur lettre de motivation par l’organisateur). Rémy parle «très mal l’anglais» et il pense que ce sont ses erreurs qui ont fait sourire l’organisateur et ont fait pencher la balance pour qu’il soit pris. Comme les quelque 40 autres élus, il a été averti de sa sélection par un courrier aux allures de lettre de condoléances style désolé, vous avez été retenu pour participer. Ambiance.

Le départ de la course est fixé «entre minuit et 11 heures du matin». A un moment, Laz souffle dans une conque: une heure après, tous les participants doivent être fins prêts. «L’épreuve est très longue et très dure, dit Rémy, Jegard, contacté par LibérationMais l’organisateur ne prendra pas forcément les meilleurs coureurs du monde. Personnellement j’ai travaillé l’orientation, les cartes.» Il faut savoir qu’après le premier tour, une vingtaine de coureurs abandonnent, ils ne sont plus que 7 ou 8 sur après le troisième, et seulement 2 ou 3 à accomplir l’ensemble du parcours. Depuis sa création, en 1986, seuls 14 coureurs ont réussi à achever la Barkley dans le temps limite de soixante heures. Et un seul a réussi cet exploit deux fois.

Pour sa part, Rémy tentera de se caler avec ceux qui connaissent (les vétérans contrairement aux «vierges», ceux qui participent pour la première fois). «Ensuite, [je vais tenter de] réaliser trois tours, c’est l’objectif que je me fixe.» Même si peu sont choisis, la Barkley est à la portée de toutes les bourses: 1,6 dollar l’inscription pour les virgins, et une plaque d'immatriculation de l'endroit d'où l'on vient. «Les gens ne viennent pas pour la gloire ou pour un prix, dit le vainqueur de l'an dernier. Ils viennent ici pour apprendre des choses sur eux-mêmes, savoir de quoi ils sont faits.» 

(1) Histoire à retrouver dans le documentaire de Canal+ sur l'édition 2014: «Les Rescapés».

 

 

Intérieur Sport - La Barkley

 

 

Qui ou quoi ?

Par Le 26/03/2018

Il y a quelques années déjà, j'avais écrit ce texte à la suite d'une leçon de grammaire sur le COD et je viens de revivre la même situation...Des enfants qui disent avoir du mal à utiliser le "QUI" quand il parle d'un arbre ou d'une chenille...

C'est à mes yeux un travail linguisitique fondamental parce qu'il induit la nécéssité naturelle de se comporter identiquement avec tout ce qui est vivant.

Ce qui n'est pas le cas actuellement sur Terre. 

Et j'emploie le terme "naturelle" volontairement, dans le sens où ce comportement devrait être inscrit en chacun, de génération en génération. Il ne devrait même pas être nécessaire de l'enseigner...

"L'homme saccage la Nature

-L'homme saccage "quoi" ou "qui" ?...

 

Au-delà de la grammaire

Une leçon aujourd'hui sur l'analyse de la phrase et du groupe verbal.

 

Je propose une phrase simple et les enfants doivent chercher le COD en utilisant une question précise. 

"L'enfant range ses crayons.

-L'enfant range quoi ? Ses crayons.

-L'enfant caresse son chien.

-L'enfant caresse quoi ? Son chien.

-Non, je ne suis pas d'accord. L'enfant caresse QUI ? Pourquoi Qui ?

Silence...

-Le jardinier entretient ses plantations.

-Le jardinier entretient quoi ? Ses plantations.

-Non, je ne suis pas d'accord. Le jardinier entretient QUI ? Ses plantations. Pourquoi Qui ?

Silence...

-Papa range la vaisselle.

-Papa range quoi ? la vaisselle.

-Oui, là je suis d'accord. Pourquoi ?

-Ah, oui, je sais ! parce que c'est un objet ! Et les autres, c'était vivant.

-Oui, voilà, c'est exactement ça. Développe s'il te plaît.

-Et bien, il faut dire QUI quand c'est quelque chose de vivant.

-Ah, mais alors, ça n'est pas une chose justement.

-Oui, je voulais dire quand c'est...

-Oui, alors, comment le définir ?

Silence...

-Quel est le point commun entre le chien, les plantes, un animal, un homme, un enfant, une fleur ?

-C'est quelque chose de vivant !

-Mais alors, on ne doit pas dire quelque chose ! Comment les définir ?

-Ce sont des êtres vivants ? C'est ça ? Mais une plante, c'est pas vivant comme nous !

-Ah bon, et pourquoi ? Comment définir ce qui est vivant ? Si tu penses qu'une plante n'est pas un être vivant, elle est donc dans le même état que ce crayon. C'est ça ?

-Ah, ben non, c'est pas comme un crayon.

-Alors quelles sont les différences ?

-Ben, le crayon, il n'est pas vivant.

-Oui, d'accord, mais comment définir ce qui est vivant ?

-Ça parle.

-Mais une fleur, ça ne parle pas comme nous. Mais est-ce que ça communique ? Les oiseaux, par exemple, ils chantent. Est-ce que c'est une communication ? Est-ce que les plantes communiquent à leur façon ? 

-On ne peut pas le savoir.

-Pourquoi ?

-On ne les comprend pas.

-Alors, on ne peut pas limiter ce qui est vivant à ce qui communique. Il faut trouver une définition plus juste.

-Ça change. Ça meurt.

-Est-ce qu'une plante change, est-ce qu'elle meurt ?

-Ben, oui.

-Est-ce que tout ce que vous connaissez et que vous jugez comme étant vivant va changer et mourir un jour ?

-Ben, oui.

-Bon, alors cette définition-là, on peut la garder. Tout ce qui est vivant se transforme et finit par mourir. Mais si tout finit par mourir, comment expliquer que ça existe encore ? Tout ce qui est vivant aurait dû disparaître depuis le temps que ça existe.

-C'est la reproduction !

-Tout ce qui est vivant se reproduit ? Même les plantes ?

-Ben oui, elles ont des graines et les fleurs, elles ont du pollen. Et les animaux, ils font des petits.

-Et les humains aussi ?

-Ben oui, sinon, on ne serait pas là.

-Bon, alors, tout ce qui est vivant se reproduit avant de mourir. Il reste encore un élément. Vous avez parlé de transformation. Qu'est-ce qui permet aux éléments vivants de se transformer ?

-La nourriture !!

-Bien, mais est-ce que les plantes se nourrissent ?

-Ben oui, elles ont des racines.

-C'est plus compliqué que ça mais c'est vrai que les plantes se nourrissent. Donc, tout ce qui est vivant se transforme en se nourrissant, se reproduit et finit par mourir. Est-ce que les plantes, les animaux et les êtres humains répondent à ces critères ?

-Ben, oui.

-Alors, vous comprenez pourquoi j'insiste pour dire QUI et non QUOI quand on pose la question ? Est-ce que vous allez utiliser QUI pour parler d'un crayon ou de la vaisselle ?

-Ben, non, c'est pas vivant.

-Alors pourquoi est-ce qu'on n'a pas ce réflexe de considérer une plante comme un être vivant ou même certains animaux ? Lisez ce texte et dites-moi ce que vous en pensez ?

"Tu as écrasé cette chenille. Bien, c'était facile. Maintenant, refais-la. " Lanza Del Vasto.

 

-On ne peut pas la refaire !!

-Alors pourquoi l'avoir écrasée ?

Silence...

-Moi, je sais, c'est parce qu'on ne l'entend pas se plaindre.

-Et oui. Voilà. On en revient à ce fameux langage dont on parlait tout à l'heure. On n'entend pas la chenille nous parler. De la même façon qu'on n'entend pas les arbres se plaindre des feuilles qu'on leur arrache en passant devant la haie. Ils ne disent rien qu'on ne peut comprendre. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne disent rien, c'est juste qu'on n'entend rien. Mais on ne sait pas ce qui se passe en eux. On peut imaginer qu'ils souffrent en tout cas puisqu'ils sont vivants. Si on m'écrase le pied ou qu'on m'arrache les cheveux, j'aurai mal. Pourquoi ?

-Parce que tu es vivant.

-Mais on vient bien de dire que les animaux et les plantes sont eux aussi des êtres vivants. Est-ce qu'on a le droit de penser et de croire qu'ils n'ont pas mal ?

-Ben, non. Ils sont comme nous.

-Ils ne sont pas comme nous mais ils sont en tout cas des êtres vivants. Ce qui nous rapproche, c'est cette vie en nous. Quelle que soit la forme qu'elle prend. Alors, je tiens à parler d'eux avec les termes qui concernent les êtres vivants. Donc, je dis QUI et pas QUOI. Et que pensez-vous de la Terre en général alors ? Si je dis : Certains hommes abîment la Terre. Est-ce que je dois dire : Certains hommes abîment quoi ? La Terre. Ou bien est-ce que je dois dire : Certains hommes abîment qui ? La Terre ? 

-Qui !!

Facebook : Une enquête est ouverte

Par Le 26/03/2018

Ce qui me plaît dans cette histoire, c'est de voir la puissance financière d'un boycott... On n'en est pas encore là mais la suppression très importante de comptes a un impact gigantesque sur les revenus publicitaires.  

 

C'est là qu'on peut juger de la force de frappe de la masse populaire. Les sociétés médiatiques s'enrichissent par les contrats publicitaires mais si par "accident" le nombre d'adhérents chutent, les annonceurs ne veulent plus payer aussi cher et donc les revenus baissent. Et là, on parle de milliards.

C'est nous qui agissons sur ces milliards déversés ou retirés.

Fermer son compte Facebook pour refuser de cautionner des pratiques frauduleuses ou en tout cas une gestion négligente des protections individuelles, c'est retirer une pièce du cochon rose. 

Ces jours-ci, la tirelire a pris un régime sévère. 

Personnellement, j'attends de voir le cadre sécurisé qui sera mis en place. Ou pas. 

Résultat de recherche d'images pour "le pouce de facebook"

 

 

 

(Reuters) - Facebook chute de plus de 5% à Wall Street lundi après que le Bureau de protection des consommateurs de la Commission fédérale américaine du Commerce (FTC) a confirmé enquêter sur l'utilisation des données personnelles de ses abonnés.

L'annonce de la FTC accentue la pression sur les parlementaires américains et européens pour demander au patron de Facebook, Mark Zuckerberg, d'expliquer comment la société Cambridge Analytica a pu collecter des informations relatives à 50 millions d'utilisateurs du réseau social.

L'action Facebook est brièvement tombée sous les 150 dollars pour la première fois depuis juillet 2017, reculant jusqu'à 149,02 dollars. A ce niveau, le réseau social a perdu plus de 100 milliards de dollars (80 milliards d'euros) de capitalisation boursière en dix jours.

Le titre qui avait vainement tenté de rebondir en tout début de séance vaut 155,13 dollars vers 16h15 GMT, en baisse de -2,68% sur la journée, après avoir déjà dégringolé de près de 14% sur l'ensemble de la semaine dernière.

La société est également confrontée au mécontentement croissant de ses fournisseurs de publicité et utilisateurs. Le distributeur de pièces détachées automobiles Prep Boys a suspendu ses publicités sur Facebook lundi, rejoignant ainsi le groupe Mozilla qui a pris la même décision la semaine dernière.

Malgré les excuses de Zuckerberg, des enquêtes d'opinion aux Etats-Unis et en Allemagne ont montré dimanche qu'une majorité de la population perdait confiance dans Facebook sur la question de la protection des données personnelles.

Moins de la moitié des Américains sont convaincus que Facebook respecte la loi américaine sur la protection de la vie privée, selon une enquête Reuters/Ipsos publiée dimanche, tandis qu'une enquête publiée par le journal allemand Bild am Sonntag montre que 60% des Allemands craignent que Facebook et d'autres réseaux sociaux aient un impact négatif sur la démocratie.

La FTC confirme rarement ses enquêtes avant de déposer une plainte, sauf dans les affaires particulièrement suivies.

"La FTC prend très au sérieux les récentes informations de presse qui soulèvent des interrogations substantielles sur les pratiques de Facebook en matière de protection des données. La FTC confirme qu'elle a ouvert une enquête (...) sur ces pratiques", lit-on dans un communiqué.

Facebook est sur la sellette depuis que l'hebdomadaire britannique The Observer et le New York Times ont révélé que le cabinet d'études londonien Cambridge Analytica, très impliqué dans la campagne électorale de Donald Trump en 2016, avait siphonné les donneés de 50 millions d'utilisateurs de Facebook.

L'enquête de la FTC vise à déterminer si le réseau social a autorisé Cambridge Analytica à recevoir certaines données d'utilisateurs en violation de ses règles, rapportait mardi dernier l'agence Bloomberg en citant une source au fait du dossier.

 

(Bill Rigby, Véronique Tison et Juliette Rouillon pour le service français)

Facebook et la publicité ciblée

Par Le 25/03/2018

Publicité, propagande... A quoi servent les données personnelles que vous confiez à Facebook ?

Empêtré dans le scandale Cambridge Analytica, Mark Zuckerberg a promis de permettre aux utilisateurs de Facebook de mieux contrôler l'usage de leurs données personnelles. Mais que fait le réseau social de toutes les informations que vous lui donnez ? Franceinfo s'est penché sur la question.

Un utilisateur se connecte à Facebook sur son téléphone, le 24 octobre 2017, à Ankara (Turquie).
Un utilisateur se connecte à Facebook sur son téléphone, le 24 octobre 2017, à Ankara (Turquie). (AYTAC UNAL / ANADOLU AGENCY / AFP)

Le lieu de vos dernières vacances, votre âge, vos goûts musicaux, vos opinions politiques, la paire de chaussures sur laquelle vous lorgnez... Facebook sait presque tout de vous. Le patron du réseau social, Mark Zukerberg, a promis, mardi 21 mars, de permettre aux internautes de mieux contrôler l'usage de ces informations. Le géant du web est embourbé dans une vaste polémique depuis la révélation de l'utilisation indue de données personnelles de millions d'utilisateurs par l'entreprise britannique Cambridge Analytica. Franceinfo vous explique pourquoi ces informations intéressent autant le réseau social (et pas que lui).

La publicité ciblée, fond de commerce de Facebook

Vos données personnelles constituent une véritable mine d'or pour Facebook. Le réseau social "ne fait pas payer ses utilisateurs mais il engrange des milliards de dollars de revenus", note Michael Bazzell, un expert en cybersécurité, interrogé par Gizmodo (en anglais). Il a ainsi réalisé presque 16 milliards de dollars de profit en 2017, un chiffre en hausse de 56% sur un an, selon Challenges. Comment ? "Les utilisateurs sont le produit [qu'il vend]", explique Michael Bazzell.

Plus précisément, Facebook vend sa connaissance des internautes. Grâce aux données fournies par ses deux milliards d'usagers, le réseau social est capable de déterminer quels produits peuvent les intéresser. Et il en profite pour vendre de la publicité "ciblée". Les annonceurs peuvent ainsi choisir de diffuser leur réclame auprès des consommateurs les plus adaptés, en fonction de leur âge, de leur lieu de résidence ou de leurs activités favorites.

Facebook vend aux entreprises la garantie de toucher le public qu'elles recherchent.Arthur Messaud, juriste de La Quadrature du netà franceinfo

"Il est difficile de savoir à quel point ces publicités ciblées sont efficaces, mais pour l'instant cette promesse suffit à convaincre les annonceurs", poursuit le juriste. Au quatrième trimestre 2017, les recettes publicitaires représentaient ainsi 98,5% du chiffre d'affaires total de la firme, avance encore Challenges.

Facebook vous observe partout, tout le temps

Pour tenir cette promesse, Facebook collecte toutes les informations que vous postez, mais aussi vos réactions à diverses publications, vos "likes", vos recherches... "Les comportements des internautes en révèlent beaucoup plus qu'ils ne le pensent", souligne Arthur Messaud. Facebook affirmait ainsi en 2014 être capable de déterminer si un utilisateur était en couple même s'il ne l'indiquait pas sur le réseau social, en analysant ses interactions avec ses contacts. L'entreprise rappelle toutefois que les usagers divulguent volontairement ces éléments. "Les utilisateurs choisissent d’ajouter leurs opinions politiques ou leurs préférences sexuelles sur Facebook, nous n’exigeons pas d’eux qu’ils le fassent", indique Facebook France, contacté par franceinfo.

Vos likes ne sont pas la seule source d'information du réseau social. Il continue de vous observer même lorsque vous êtes sur d'autres pages web, que vous ayez un compte sur Facebook ou non. Des "traceurs" invisibles, les cookies, sont installés sur plus de 10 000 sites, précise ainsi le Daily Mail(en anglais). Ils enregistrent votre adresse IP (qui permet notamment de vous géolocaliser), les pages qui vous intéressent ou encore le temps que vous passez dessus. Facebook affirme avoir le droit de récolter ces informations grâce à sa "bannière cookie" : une fois que vous avez cliqué "oui", le géant du web considère que vous l'autorisez à exploiter ces données.

Un cookie espion pour "protéger les données"

"Nous utilisons le cookie datr afin de protéger les données des internautes sur [le réseau social], assure Facebook France à franceinfo. Dans le détail, ce cookie nous aide à stopper environ 400 000 tentatives non autorisées visant à prendre le contrôle de comptes personnels chaque jour." Il permettrait par exemple au réseau social de voir si un internaute visite des milliers de sites en quelques secondes et donc d'empêcher le spam. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a pourtant condamné l'entreprise à 150 000 euros d'amende, en mars 2017, pour avoir "tracé à leur insu les internautes, avec ou sans compte, sur des sites tiers", rapporte Numerama.

Vous scannez différents sites d'ameublement en quête d'une nouvelle table basse ? Ne vous étonnez pas de voir apparaître des publicités pour ce genre de meuble sur votre page Facebook. L'entreprise vous connaît assez bien pour déterminer si vous êtes intéressé par une nouvelle paire de baskets, une voiture hybride ou un joli cadeau pour votre conjoint, dont l'anniversaire tombe justement la semaine prochaine. "L'outil Ad Preferences donne la possibilité à l’utilisateur d’éditer ses choix publicitaires en fonction de ses centres d’intérêt, ce qui inclut la possibilité de bloquer un type précis de publicité, s’il le considère peu pertinent", se défend Facebook France, contacté par franceinfo.

Nous avons considérablement renforcé le contrôle des utilisateurs sur les publicités.Facebook Franceà franceinfo

De la publicité à la propagande, il n'y a qu'une app

Les annonceurs ne sont toutefois pas les seuls à s'intéresser à ces données personnelles. Facebook se targue ainsi de pouvoir dresser des profils précis des électeurs, en isolant "ceux qui s'intéressent activement aux contenus politiques et ont une forte tendance à partager des contenus", note leGuardian (en anglais). Les partis politiques y voient une opportunité sans précédent pour mieux calibrer et diffuser leurs idées auprès du public. Et cela marche, selon Facebook. Le réseau social explique la victoire d'Andrzej Duda à la présidentielle en Pologne, en 2015, et celle du Parti national écossais aux législatives britanniques, la même année, par leurs excellentes campagnes sur le réseau social.

La possibilité de cibler les électeurs comme on cible les consommateurs n'a pas échappé à Cambridge Analytica. L'entreprise est accusée d'avoir récupéré les données personnelles de 50 millions d'utilisateurs de Facebook pour peser dans la campagne présidentielle de Donald Trump aux États-Unis ou lors de la campagne pour le Brexit. Grâce à une application, Cambridge Analytica a pu accéder aux messages de ces usagers sur le réseau social et à leurs goûts.

"Lorsque les internautes utilisent une application tierce, Facebook transmet un certain nombre de données personnelles : le nom, les informations publiques, la liste de contacts, etc., détaille Arthur Messaud. Mais les utilisateurs ne sont pas informés clairement qu'ils vont transmettre ces éléments." Même si vous n'avez pas autorisé ce genre d'applications à se connecter à votre compte, il est possible qu'elles aient obtenu vos données personnelles... à cause de vos amis. Lorsque vos contacts installent une application, ils l'autorisent en effet à accéder à certaines de vos informations, comme votre ville d'origine, votre orientation sexuelle ou vos likes.

"Influencer massivement les internautes"

Vous pouvez bien sûr contrôler les données que vous partagez avec vos applications et celles de vos amis sur Facebook"Dans la plupart des cas, ce contrôle se fait a posteriori et les usagers n'ont pas conscience des données qu'ils partagent, s'insurge Arthur Messaud. Refuser de communiquer même certaines de ces données signifie par ailleurs souvent que l'application fonctionnera mal, ou pas du tout."

Facebook ne peut plus contrôler l'usage des données une fois qu'elles ont été transmises à une tierce partie. Or, les révélations sur Cambridge Analytica montrent qu'elles peuvent être utilisées pour influencer massivement les internautes.Arthur Messaudà franceinfo

Pour l'association, Facebook devrait obtenir le consentement direct de ses usagers avant de transmettre leurs données personnelles à des applications tierces. Le fait de mentionner quelles informations sont communiquées dans les conditions d'utilisation, que peu d'internautes lisent, est insuffisant. Ce problème se pose également concernant les autres réseaux sociaux rachetés par le groupe Facebook. En décembre 2017, la Cnil a mis en demeure WhatsApp pour transfert illégal de données vers sa maison mère."Les données de ses utilisateurs sont transmises à la société Facebook [depuis son rachat] pour trois finalités : le ciblage publicitaire, la sécurité et l'évaluation et l'amélioration des services"dénonce la Cnil. "Ces données ne sont pourtant pas utiles au bon fonctionnement de WhatsApp", ajoute Arthur Messaud.

Un règlement européen pour protéger les données

Facebook a déjà été épinglé dans plusieurs pays européens pour l'utilisation opaque des données de ses utilisateurs. En février, un tribunal allemand a jugé illégaux certains réglages par défaut de Facebook, rappelle le Guardian (en anglais) : sur l'application mobile Messenger, la géolocalisation était préactivée ; dans les paramètres de confidentialité, les profils des utilisateurs pouvaient par défaut apparaître dans les moteurs de recherche. La justice allemande a estimé que l'utilisateur aurait dû consentir activement à ces réglages avant qu'ils ne soient mis en place. L'utilisation des cookies pour traquer l'activité des internautes sur des sites tiers, sanctionnée par la Cnil, a également été condamnée en Belgique en 2015, rappelle Le Monde.

Un nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) doit toutefois mieux encadrer ces pratiques à partir du 25 mai prochain. Il impose plus de transparence sur les données collectées, un consentement explicite à leur utilisation ou encore le droit à l'oubli. Il oblige également les entreprises à assurer la protection des données qu'elles collectent et à avertir rapidement la Cnil en cas de perte, de vol ou de divulgation, sous peine d'amendes qui pourront aller jusqu'à 4% du chiffre d'affaires mondial, précise RTL.

"Il sera désormais possible d'attaquer Facebook avec des actions de groupe et lui imposer de véritables sanctions", assure Arthur Messaud, qui précise que La Quadrature du net est "en train d'élaborer un plan d'action""Nous sommes dans une nouvelle ère, où la population se sent enfin légitime pour contester les géants du web, conclut le juriste. Cela devrait enfin nous permettre de mieux protéger les données personnelles des internautes."

Ils ont supprimé leur compte FB.

Par Le 25/03/2018

"J'ai vu ressurgir tout ce que je détestais dans l'internet des années 2000" : ils expliquent pourquoi ils ont quitté Facebook

Au moment où le réseau social est au cœur d'un nouveau scandale, certains de ses utilisateurs ont décidé de sauter le pas. Ils livrent leur témoignage à franceinfo.

Facebook est sous le feu des critiques, accusé d\'avoir divulgué les données personnelles de 50 millions d\'utilisateurs.
Facebook est sous le feu des critiques, accusé d'avoir divulgué les données personnelles de 50 millions d'utilisateurs. (NORBERTO DUARTE / AFP)

"J'ai supprimé mon compte Facebook hier." Albert, un internaute de franceinfo qui a répondu à notre appel à témoignages, a franchi le pas. Il a quitté le réseau social de Mark Zuckerberg, sous le feu des critiques après la divulgation de données personnelles de 50 millions d'utilisateurs et leur possible utilisation dans le cadre de la campagne présidentielle aux Etats-Unis. "Je n'ai aucune confiance dans cette entreprise qui se permet de vendre nos informations personnelles. Voilà le 'business model' de Facebook", critique Albert. "J'ai supprimé mon compte à la suite du scandale Cambridge Analytica. Je ne veux plus rien avoir affaire avec ce réseau soi-disant social, qui prend ses abonnés pour des pigeons", renchérit un internaute anonyme.

Pour Olive, cette nouvelle affaire concernant Facebook a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. "Cela fait plusieurs semaines que je me posais la question de me retirer de Facebook. Si vous mettez dans la balance les amis (et ceux qui n'en sont pas), les informations (et les fake news), les nouvelles de vos connaissances (et le voyeurisme social), eh bien l'équilibre n'y est pas, juge-t-elle. Le scandale des vols de données a fini de me décider."

Une vie privée mise à mal

Mais la plupart des repentis de Facebook avec lesquels franceinfo a pu entrer en contact s'en sont détournés avant même l'affaire Cambridge Analytica. Le respect de la vie privée revient souvent parmi les raisons qui les ont poussés à s'en aller.

Florian, 24 ans, a ainsi claqué la porte de Facebook il y a un mois, gêné que ses collègues de travail prennent un malin plaisir à regarder son profil "de façon très malveillante". Régulièrement, les suggestions du réseau social l'invitant à "partager un souvenir" posté il y a plusieurs années lui ont fait prendre conscience que certaines photos ou vidéos postées lorsqu'il était adolescent étaient devenues difficiles à assumer.

J'ai utilisé les réseaux sociaux à un âge où je n'avais aucun recul et j'ai littéralement publié ma vie. (...) On m’a filmé et pris en photo sans mon consentement plusieurs fois et mes bêtises sont gravées sur les timelines.Florian, 24 ansà franceinfo

Victime de harcèlement scolaire lorsqu'elle était au collège et au lycée, Mathilde a continué à vivre son calvaire via Facebook, où ses harceleurs l'ont retrouvée des années plus tard, "malgré les pseudonymes" qu'elle utilisait. De guerre lasse, elle a décidé de quitter le réseau il y a trois ans.

Un réseau "voyeuriste" et "narcissique"

Pour protéger sa vie privée sur Facebook, il est possible de régler ses paramètres de confidentialité. Mais c'est une besogne trop complexe pour Marie, qui passait son temps à devoir "supprimer des 'amis' inconnus" qui se présentaient sur son mur ou "empêcher des notifications intempestives". Elle a raccroché il y a tout juste un mois.

Les questions de vie privée ne sont pas les seules à gêner certains utilisateurs. Yon explique ainsi avoir quitté Facebook à cause de "ce voyeurisme où tout le monde s'expose, sans intimité, sans limite". C'est la course à la popularité, au nombre d'amis et de "likes" qui a décidé une autre internaute (anonyme), à supprimer Facebook en 2015. "J'ai déjà entendu des personnes se moquer d'une autre car elle avait eu peu de messages 'Joyeux anniversaire' sur son mur", raconte-t-elle.

"Je faisais défiler le fil d'actualité de manière automatique, presque inconsciente, explique pour sa part Davina, 25 ans, qui a coupé tout lien avec Facebook l'année dernière. Je ne postais pas grand-chose donc ça ressemblait plus à du voyeurisme. J'étais parfois choquée de découvrir la vie de 'mes vrais amis' sur Facebook. Les gens ne prennent parfois plus la peine de s'écrire, car après tout ils ont déjà 'tout dit' sur Facebook. (...) Je trouvais ce narcissisme malsain."

"Des foires d'empoigne incessantes"

Davina se rappelle aussi s'être retrouvée malgré elle au milieu de polémiques en tous genres, par exemple lors de la présidentielle de 2017 : "Il ne fallait pas critiquer certains candidats, sous peine de voir débarquer une armée de groupies. J'étais atterrée par certains commentaires de haine, de violence, là où il n'y avait à la base qu'une simple divergence d'idées politiques."

Je me suis interdit de réagir parfois ou de publier, pour éviter des déferlements de commentaires abominables. Ce qui était censé être un formidable outil encourageant la liberté d'expression est devenu le lieu d'une triste autocensure.Davina, 25 ansà franceinfo

L'envie de "débattre dans des groupes de discussion", c'est aussi ce que recherchait Céline, qui s'est désabonnée après huit années passées sur le réseau social. Mais cette femme de 47 ans a fini par "prendre conscience du bavardage vide et chronophage" que représente Facebook. "Au début on trouve cela super, au final, on le regrette. On a du mal à se reconnaître soi-même en quittant son ordinateur en fin de soirée, après une foire d'empoigne sur un sujet brûlant d'actualité, sociétal et/ou politique.

On s'emporte plus rapidement sur Facebook, on manque plus vite de respect, on réagit de manière épidermique.Céline, 47 ansà franceinfo

Au fil du temps, Frédéric, un quadragénaire habitant à Metz, en a lui aussi eu assez de voir défiler fake news et autres messages de propagande. Même les photos de chatons et de petits dauphins ont fini par l'agacer. "J'ai vu ressurgir tout ce que je détestais dans l'internet des années 2000, quand ces trucs-là arrivaient par chaînes d'e-mails dans des 'PowerPoint'. Alors je me suis dit qu'il était temps de passer à autre chose", coupe-t-il. Sans regrets.

Cette "impression sourde" de perdre son temps

Céline non plus ne regrette rien. Depuis sa déconnexion au mois de novembre, elle assure avoir retrouvé "avec un grand soulagement" sa "liberté de penser", "le plaisir de la retenue, du secret, de la solitude". Et mis fin à "cette impression sourde de gaspiller un temps précieux de vie".

L'argument de la perte de temps figure en bonne place parmi les raisons qui ont motivé certains internautes à quitter Facebook. Après plusieurs années "d'une assiduité quotidienne à toute épreuve" sur le réseau social, Eric s'en est finalement échappé.

C'est vraiment la perte de temps qui m'a fait partir du réseau et le fait d'entretenir des relations avec des gens que je ne connais pas et dont finalement je me fiche un peu.Eric, 33 ansà franceinfo

Il est passé à l'acte il y a quatre mois, en pleine nuit, alors qu'il venait de consulter un énième "top 10 débile sur je ne sais plus quoi". Le lendemain, il s'est presque senti en manque. "C'était un peu comme un arrêt du tabac, je ne savais pas trop quoi faire de mes pouces sur mon téléphone ou ma tablette, ou même sur mon ordinateur de travail." Un manque dont n'a pas souffert Thomas. "L'application était devenue chronophage, remplie de pub et surtout, un gros vecteur à conneries en tout genre, tranche-t-il. Depuis, aucune sensation de manque, bien au contraire. J'ai du temps, de l’indépendance et, surtout, j'ai fait un tri monumental dans mes potes."

Facebook et les données enregistrées

Par Le 25/03/2018

Alors que le réseau social créé par Mark Zuckerberg traverse une crise sans précédent, j'ai téléchargé mes archives personnelles pour évaluer la somme d'informations recueillies par Facebook à mon sujet.

Le logo Facebook qui se reflète dans un œil.
Le logo Facebook qui se reflète dans un œil. (THOMAS TRUTSCHEL / PHOTOTHEK)

Vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le soir du vendredi 28 septembre 2007 ? Moi oui : je faisais la fête pour ma soirée d'intégration à Sciences Po Aix-en-Provence au TNC, une boîte de nuit qui a fermé depuis. La soirée n'était guère mémorable et je ne suis pas hypermnésique : j'ai simplement consulté les données envoyées à Facebook depuis la création de mon compte, il y a bientôt onze ans.

>>> Publicité, propagande... A quoi servent les données personnelles que vous confiez à Facebook ?

Alors que le réseau social traverse une crise sans précédent après les révélations de l'utilisation indue des données personnelles de millions d'utilisateurs par une société liée à la campagne de Donald Trump, j'ai voulu savoir ce que Facebook savait de moi. La démarche n'est pas compliquée : depuis un ordinateur, il suffit de cliquer sur la flèche située dans le coin supérieur droit de l'écran, de se rendre sur la page "Paramètres", puis de cliquer sur "Télécharger une copie de vos données Facebook".

Après quelques minutes, Facebook m'a envoyé un e-mail permettant de télécharger un fichier de 507 mégaoctets renfermant onze années de textes, de sons, de photos, de vidéos… et pas mal de malaise. Voici ce que j'y ai trouvé.

Un résumé de ma vie (y compris amoureuse)

En ouvrant le fichier index.html qui se trouve dans le dossier, j'atterris sur une page épurée résumant l'ensemble des données qui me concernent directement. J'apprends ainsi que j'ai créé mon compte le 28 mai 2007 à 22h13 (mes soirées devaient être trépidantes), je retrouve les adresses e-mail liées à mon compte, mon numéro de téléphone, ma date de naissance, mais pas mon adresse postale, que je n'ai jamais renseignée, pas plus que mes opinions politiques.

 

Voici la page d\'accueil de mes archives Facebook, qui résume les données principales me concernant.
Voici la page d'accueil de mes archives Facebook, qui résume les données principales me concernant. (FACEBOOK)

 

Le premier frisson de gêne arrive un peu plus bas. A la ligne "Relations précédentes", se trouve le nom d'une ex-petite amie. Je m'agace contre le Vincent d'il y a onze ans, qui s'enthousiasmait à l'idée d'exhiber son statut amoureux. Facebook n'a pas oublié non plus la blague (pas très drôle avec le recul) de ma fausse histoire d'amour avec un ami. Je me console en me félicitant de ne pas avoir répété l'erreur.

Suivent un résumé de mes activités professionnelles depuis 2007 (est-ce bien le lieu approprié ?), ainsi qu'une liste des artistes dont j'ai "aimé" la page qui fleure bon les années 2000 (j'aimais vraiment tant que ça les White Stripes ?). Même topo pour les séries (je suis à peu près sûr que Lost a très mal vieilli), les films (c'est vrai qu'il était pas mal, ce docu sur Georges Frêche) et les pages diverses (tiens, je "like" Facebook sur Facebook).

Soulagement immense : je ne fais visiblement partie d'aucun de ces groupes à l'intitulé douteux qui fleurissaient à l'époque ("Si ce groupe atteint six milliards de personnes, tout le monde sera dedans" et autres "Je préfère une tartine au brie que Martine Aubry"). Bon sens de ma part ? Pas sûr : à partir d'octobre 2010, Facebook a remplacé ces groupes-slogans par des communautés, le plus souvent fermées. Certains d'entre eux se sont transformés en pages (comme "Si ton prénom commence par : A C D F H I J K L M S T", qui compte 92 000 abonnés), mais la plupart ont lentement disparu de la surface du réseau.

Le nom de mes amis (et leurs coordonnées)

L'onglet "Amis" du fichier est plus sympathique. Il liste de façon très sobre les noms de mes 732 contacts Facebook, ainsi que la date à laquelle nous nous sommes mutuellement ajoutés. Plus surprenant, il permet aussi de consulter les demandes refusées depuis onze ans, ainsi que les contacts supprimés au fil des années. Dans le même genre, il y a la surprenante rubrique "Poke", qui répertorie ces tapes virtuelles tombées dans l'oubli.

 

Les noms de quelques-uns de mes contacts Facebook, accompagnés de la date à laquelle nous sommes devenus \"amis\".
Les noms de quelques-uns de mes contacts Facebook, accompagnés de la date à laquelle nous sommes devenus "amis". (FACEBOOK)

 

Je craignais le pire en cliquant sur l'onglet "Coordonnées". Je n'ai pas été déçu. Sur 1 382 lignes s'étalent, souvent en doublon, les adresses e-mail et numéros de téléphone de tous mes contacts. Tous. Y compris ceux qui ne sont pas mes amis sur le réseau social. De l'ancienne adresse Hotmail ridicule utilisée par un de mes proches à la fin des années 2000 au portable d'un attaché de presse contacté dans le cadre d'un article : tout semble y être. Je culpabilise en pensant à ma grand-mère qui ne possède ni smartphone ni ordinateur : que dirait-elle si elle savait que son numéro se balade dans les serveurs d'un des géants de la Silicon Valley ?

Après une inspection plus poussée, je m'aperçois que les coordonnées des personnes que j'ai rencontrées ces deux dernières années manquent à la liste. Tout s'éclaire : alors que j'avais synchronisé les contacts de mon ancien téléphone avec l'application Facebook, j'avais pris soin de ne pas réactiver cette option avec mon nouvel appareil.

Un peu penaud, je cherche un moyen de réparer les dégâts en supprimant ces numéros des serveurs de Facebook. Direction les pages permettant de visualiser les contacts importés via l'application Facebook et via la messagerie instantanée Messenger. Je m'empresse d'en supprimer les données. Facebook essaie de m'en dissuader en m'indiquant que cela rendra les suggestions d'amis moins pertinentes, mais cela ne m'empêchera pas de dormir.

 

 

Mais pas sûr que ce soit vraiment utile puisque 261 de mes contacts ont importé leur propre répertoire sur les serveurs du réseau social. Difficile de tous les contacter pour les inviter à m'imiter.

Les lieux où je me trouvais

Facebook n'a pas oublié les dizaines d'invitations à des événements plus ou moins intéressants reçues depuis onze ans. Grâce aux données stockées dans ses serveurs, j'apprends que j'ai participé à une "journée calanque" à l'été 2010, à une "Mad Men Party" (ne me jugez pas) à Aix-en-Provence début 2011, ou encore à une "December suburb party" à Aubervilliers à l'hiver 2015. Bien.

Mais mes archives personnelles ne s'arrêtent pas là. Comme je m'y attendais, le dossier contient l'intégralité des photos et des vidéos publiées sur mon profil. Et Facebook a soigneusement consigné les métadonnées contenues dans celles-ci. Voici par exemple ce que je retrouve sous le cliché de ma première carte de presse, que je trouvais indispensable de partager en septembre 2012.

 

Les métadonnées d\'une photo publiée sur mon compte Facebook en septembre 2012.
Les métadonnées d'une photo publiée sur mon compte Facebook en septembre 2012. (FACEBOOK)

 

Outre les innocentes informations sur la sensibilité ISO et l'exposition de la photo, les coordonnées GPS et l'adresse IP de mon iPhone de l'époque permettent de me localiser avec précision. Gloups. Ces adresses IP, véritables numéros d'identification de chacun de mes appareils connectés à internet, se trouvent également dans l'onglet "Sécurité". Facebook a visiblement gardé en mémoire chacune de mes connexions depuis février 2017, en plus de chaque appareil utilisé pour accéder aux réseaux depuis juillet 2013.

Ce que j'ai dit à mes amis

Télécharger ses données permet aussi de retrouver en un clin d'œil les tout premiers messages postés sur son profil ou dans des conversations privées. Dans mon cas, cela sert surtout à me plonger dans des abîmes de malaise. Je l'avoue : lors de mes premiers mois sur le réseau, quand il n'était pas encore traduit en français, mon moi de 19 ans écrivait des statuts en anglais alors que 100% de mes amis étaient francophones. La honte.

 

 

Même topo du côté des conversations privées : là où remonter le fil d'une conversation entamée il y a dix ans prendrait des lustres, trois clics depuis l'onglet "Messages" situé dans les archives permettent de retrouver les premiers messages échangés sur "Facebook Chat", devenu "Messenger", avec un de mes meilleurs amis. Avec, là encore, pas mal de gêne.

 

 

Une autre expérience assez vertigineuse consiste à utiliser l'explorateur de fichiers pour trouver toutes les photos échangées dans ces conversations privées, rassemblées dans un seul dossier (et dont je préfère vous épargner un extrait).

Mon profil publicitaire et les marques qui disposent de mes coordonnées

Les onglets "publicités" et "applications" ne sont pas moins flippants. Le premier dresse mon profil publicitaire en fonction des pages que j'ai "aimées" et d'autres critères qui m'échappent. Le résultat est d'une pertinence variable : pour Facebook, je suis intéressé par les jeux vidéo (d'accord), le marketing (ah bon ?), la réunion du G20 (je n'y pense pourtant pas si souvent), les abeilles (heu…) ou encore les pieds nus (tout cela devient vraiment bizarre).

J'y trouve aussi le récapitulatif des huit dernières publicités sur lesquelles j'ai cliqué, ainsi que la liste des annonceurs qui ont accès à mes coordonnées. Pas de surprise pour certains : je possède une PlayStation, j'ai sans doute dû avoir un vieux compte qui traîne sur vente-privee.com et j'ai déjà utilisé Airbnb et Uber. D'autres me rendent plus circonspect : je n'ai jamais mis les pieds chez Best Buy, sorte de Darty américain, et je ne suis pas davantage client de Sally Beauty, qui se présente comme "le plus grand vendeur de produits de beauté au monde".

L'explication m'est donnée par le Wall Street Journal (article payant) : certaines applications pour smartphones qui affichent de la publicité sont reliées à un identifiant unique associé à mon téléphone et qui sert là aussi à me proposer de la pub ciblée. Or, Facebook utilise cet identifiant, ce qui lui permet de prendre en compte mon comportement dans ces applications tierces pour affiner les publicités affichées lorsque je m'y connecte. L'article m'apprend qu'il est possible de limiter ce suivi sur Android en se rendant dans Paramètres > Google > Annonces > Désactiver personnalisation des annonces, et sur iOS en allant dans Réglages > Confidentialité > Publicité > Suivi publicitaire limité. Ce que je m'empresse de faire.

Retour à mes archives. L'onglet "applications", qui recense tous les sites internet et programmes à qui j'ai accordé l'accès à certaines données de mon compte Facebook, me donne le tournis. Je pensais avoir fait le ménage, mais plus de 80 applications continuent de pouvoir piocher dans mes informations. A la lumière du récent scandale autour de l'entreprise Cambridge Analytica, je décide de retourner illico me débarrasser du superflu. Si vous voulez faire comme moi, suivez le guide préparé par mon collègue Thomas Baïetto. A noter tout de même que certains services peuvent garder vos données dans leurs propres serveurs, même si vous supprimez leur application de Facebook, relève Business Insider.

 

La page \"paramètres des applications\" permet de modifier ou supprimer l\'accès à mon compte Facebook par des services tiers.
La page "paramètres des applications" permet de modifier ou supprimer l'accès à mon compte Facebook par des services tiers. (FACEBOOK)

 

Et même ce que je fais ailleurs sur internet

Et si, pour éviter que ma vie puisse être utilisée à ce point, je supprimais mon compte Facebook, comme l'a recommandé Brian Acton, le créateur de WhatsApp (qui a été racheté par Facebook en 2014) ? C'est une piste, mais malheureusement, le réseau social ne me laisserait pas tranquille pour autant.

Même sans compte, Facebook pourrait continuer à étudier mon comportement en ligne grâce aux cookies. Ces petits fichiers, qui s'installent sur nos appareils lorsque nous visitons des sites web, servent à mémoriser certaines informations ou à nous reconnaître lorsque nous visitons à nouveau le même site. Or, Facebook utilise un cookie, baptisé datr, qui lui permet d'être alerté dès que je visite un site internet comprenant un module social, comme le fameux bouton "j'aime". Et cela, que je possède un compte ou pas. L'utilisation de datr a valu à Facebook des ennuis avec la justice belge, ainsi qu'une amende en France, notait Le Monde en mai 2017. Ce qui n'a pas empêché le réseau social de continuer à utiliser ce cookie, qui lui sert également, selon Facebook France, à "stopper environ 400 000 tentatives non autorisées visant à prendre le contrôle de comptes personnels chaque jour".

Pour certains utilisateurs, plonger ainsi dans plus de dix ans d'activité numérique peut faire l'effet d'une madeleine de Proust. Pas pour moi : je ne me reconnais plus dans ces publications et ces vieilles discussions. Malheureusement (et je n'en suis pas franchement étonné), Facebook ne propose rien pour effacer automatiquement les anciens messages après une période définie. La seule solution officielle consiste à passer en revue, dans mon historique personnel, chacune de mes publications, année par année, et de les supprimer une par une. Ou d'utiliser un programme tiers sur votre navigateur, comme l'explique Slate (article en anglais), pour automatiser cette tâche fastidieuse. Je vous laisse choisir. Pour ma part, je vais supprimer toutes mes anciennes publications, jusqu'à arriver à l'époque où j'ai commencé à ne plus mettre grand-chose sur Facebook... et sérieusement envisager de vivre dans une grotte sans Wi-Fi.

Cinq mille litres par jour

Par Le 24/03/2018

C'est la consommation de carburant par jour du plus grand paquebot actuel. 

D'autres suivront.

Ce que ça m'inspire, c'est juste de la colère.

Aucunement de l'admiration. 

Une image criante de l'aveuglement, de cette course en avant vers le "toujours plus".

Il faut juste avoir une idée de la pollution générée par ce genre de navires, qu'il s'agisse des paquebots, des cargos et des ferries.

La mondialisation a entraîné la construction de milliers de navires de commerce.

Le tourisme de luxe occupe le reste.

On va où là ?...

 

 

Les chantiers STX livrent le plus grand paquebot du monde

>Économie|Le Parisien|23 mars 2018, 10h29|14

Long de 362 mètres, le Symphony of the Seas pourra embarquer 8 000 personnes dont 2 200 membres d’équipage AFP

Les chantiers STX de Saint-Nazaire remettent les clés du Symphony of the Seas, le plus grand paquebot du monde à l’armateur américain Royal Caribbean Cruise Ltd (RCCL).

Dix millions d’heures de travail en trois années de chantier, 525 000 m2 de tôle d’acier, 5 000 km de fil électrique, 90 000 m2 de moquette, une consommation de 5 tonnes de carburant par jour pour un coût de 1,2 milliard d'euros…

Les chantiers STX de Saint-Nazaire livrent ce vendredi matin, à l’armateur Royal Caribbean Cruise Ltd (RCCL), le plus grand paquebot de croisière au monde, le Symphony of the Seas.

 

 

 

 

Ce nouveau géant des mers de 362 mètres qui pourra embarquer près de 8 000 personnes dont 2 200 membres d’équipage est légèrement plus grand que son aîné l’Harmony of the Seas livré en 2016.

 

 

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Les cabines /Capture Royal Caribbean

 

Doté de 25 restaurants, d’une patinoire, de quatre piscines, d’un parc naturel avec des centaines d’espèces de plantes mais aussi d’un casino ou encore d’un théâtre, cette ville flottante devrait réaliser sa première croisière de sept jours au mois de mai. Facturé entre 1 237 euros à 1 588 euros, ce voyage au départ de Barcelone devrait passer par Marseille.

 

Auparavant le navire va poursuivre ses essais en mer tout en quittant définitivement le chantier pour mettre le cap sur Malaga.

Un carnet de commandes jusqu’en 2026

Pour les chantiers STX détenu à 51 % par l’italien Fincantieri, cette livraison est loin d’être un aboutissement. Huit autres navires doivent être livrés d’ici à l’automne 2022 dont ceux de la série « Edge ». Des navires plus luxueux mais moins grands que le « Symphony ». A cela s’ajouteront les quatre paquebots de la série « World Class » de l’armateur italien MSC.

Un carnet de commande qui assure aux chantiers de Saint-Nazaire un plan de charge au moins jusqu’en 2026.

Selon les prévisions, le marché de la croisière devrait doubler voire tripler avant 2030. Un marché mondial de 117 milliards d’euros.


 

"20 gros cargos polluent plus que la totalité des voitures du monde !"

Publié dans 

  par  Clément R.

"Jean-Pierre Pernaut n'en parlera jamais dans son journal !" Mamie Matraque

Quand on parle de pollution, de destruction, de mondialisation, on ne parle jamais des cargos gigantesques qui servent à transporter les produits d'un bout à l'autre du monde. On n'y pense pas à ça... Moi, je n'ai pas ma langue dans ma poche, alors j'ai décidé d'en parler ! 

 

 

 

 

 

 

 

circulation alternée cargos

Source photo : Pause Caféin

 

Je ne regarde presque jamais la télé, les enfants. Leurs émissions où tout le monde il est content, tout le monde il gagne de l'argent et tout le monde crie, très peu pour moi. Moi je préfère lire.

 

Mais parfois, mon petit-fils m'appelle pour me dire de regarder tel ou tel reportage, qui passe en général sur France 5 ou Arte. Alors pour lui faire plaisir et qu'on en parle après, je regarde. La dernière émission que j'ai regardée, c'était un documentaire fort intéressant qui s'appelait "Cargos, la face cachée du fret" : je vous assure, ça vous dégoûte de notre monde, comme tout un tas d'autres choses, quand on y pense ! 

 

Vous saviez qu'il existe des cargos gigantesques, qui faisaient 400 mètres de long - 4 fois la taille d'un terrain de foot - et qui pouvaient transporter 800 millions de bananes ? Vous saviez que la pollution de seulement 20 d'entre eux rejette plus de particules de soufre que... 50 millions de voitures réunies ? Eh bien non mes enfants, vous ne le saviez pas parce que Jean-Pierre Pernaut se garde bien d'en parler dans son journal télévisé. Alors que ça, c'est important, bien plus que les reportages sur la cueillette des champignons ! Je suis outrée, mon petit-fils le verra bien !

 

 

 

 

 

 

 

cargo géant baignade nulle

Source photo : Pause Caféin

 

Il y a 60 000 gros navires de commerce qui circulent dans nos océans, chaque jour de l'année ou presque. Vous imaginez la quantité de pollution que ça fait juste pour qu'on puisse acheter "made in Taïwan" ou qu'on puisse manger des fruits d'Amérique du Sud ? Chaque année, ces bateaux de la mort rejettent 1,8 millions de tonnes de produits toxiques dans la mer, ça fait quand même la bagatelle de 5 000 tonnes par jour.

 

Ils polluent nos océans au sens strict, mais aussi au sens figuré : lorsqu'ils ne sont pas chargés, ils pompent de l'eau (et des poissons avec) pour rester stables et détruisent l'écosystème des animaux marins. Et ils font tellement de bruit qu'ils affolent aussi les pauvres mammifères qui se retrouvent perdus, sans repères, incapables de communiquer. Dans le reportage, ils disent que c'est pour ça que de plus en plus de baleines et d'autres viennent s'échouer sur les plages, et moi j'y crois. 

 

 

 

 

 

 

 

baleines échouées pollution sonore

Source photo : Pause Caféin

 

Mais ce n'est pas tout : tous les 3 jours, un de ces bateaux géants fait naufrage et vient polluer encore un peu plus, et dans ce contexte, le silence des médias est un crime. Et après on vient nous dire qu'il faut prendre des douches un peu plus courtes, arrêter de fumer et prendre moins souvent la voiture pour faire attention à l'environnement, non mais c'est l'hôpital qui se fout de la charité !

 

Tous ces moyens de transports géants et polluants permettent aux multinationales de délocaliser, d'exploiter, de détruire, toujours plus facilement, toujours plus vite. Je ne suis pas dupe, hein ! Et ces entreprises maritimes qui font les intermédiaires sont les reines du pétrole ; elles font des bénéfices de 450 milliards à l'année. Tout ça pour qu'on mange des bananes et des kiwis qui viennent de l'autre bout du monde en hiver, mes petits !

 

 

 

 

 

 

 

cargo = maxi pollution

Source photo : Pause Caféin

 

C'est écoeurant. Allez mes enfants ! Je compte sur vous pour nous changer ce monde, moi je suis trop vieille... Mais au moins, je fais toutes mes courses au marché et je ne mange que des fruits de saison produits le plus près de chez moi possible. 

 

Quand on veut, on peut !

 

 

Facebook encore...

Par Le 24/03/2018

Le scandale, ce n’est pas Cambridge Analytica: c’est le modèle économique de Facebook

Will Oremus — Traduit par Antoine Bourguilleau —  — mis à jour le 22 mars 2018 à 11h12

L’affaire Cambridge Analytica nous en dit long sur les manipulations en ligne –et plus encore sur les failles énormes de Facebook pour tout ce qui touche de près ou de loin à notre vie privée, et à ce que l’on pourrait en faire.

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«Les yeux dans les yeux», nous n'y sommes pour rien. | geralt via Pixabay License by

 

 

Temps de lecture: 8 min

L’affaire a fait la une des journaux et des sites internet d’information: un opérateur scientifique de Facebook devenu opérateur politique a abusé de la confiance des utilisateurs de Facebook en leur demandant de lui fournir des données personnelles sur eux et leurs amis dans un but de recherche, avant de les utiliser pour développer le ciblage du profil psychologique de dizaines de millions d’électeurs –ce qui aurait pu permettre aux responsables de la campagne de Trump de l’orienter d’une manière qui leur a permis de remporter une victoire historique.

Les enquêtes sont actuellement en cours. Les appels à une plus sévère réglementation se font entendre de partout... et l’action Facebook a plongé de 7 points à la bourse de New York lundi.

 

Mais pour sensationnel qu’il paraisse, le scandale Cambridge Analytica ne compromet pas Facebook de la manière dont on le présente partout. Car ce scandale ne révèle rien ou presque du réseau social ou de sa politique de protection des données; tout cela était déjà bien connu et il n’existe dans cette affaire aucune preuve que Facebook ou ses employés aient ici commis des actes répréhensibles. Il n’est pas non plus évident, à l’heure actuelle, de déterminer l’impact réel de l’utilisation frauduleuse de ces données sur la dernière campagne présidentielle américaine.

Une indignation disproportionnée

Pour le dire autrement: l’indignation de nombreuses personnes à l’égard de Facebook semble plutôt disproportionnée eu égard à la culpabilité réelle de la compagnie dans cet épisode précis.

Mais cela ne signifie pas pour autant que la colère des utilisateurs soit injustifiée, au contraire. Pour Facebook, le vrai scandale, ce n’est pas ce qu’il a permis à Cambridge Analytica de faire dans le dos de ses utilisateurs. C’est plutôt ce que Facebook permet à tout le monde de faire, et en pleine lumière. Plus spécifiquement, c’est le modèle économique de collecte de données en ligne, dont Facebook est le pionnier, qui est en ligne de mire.

Les outils et les politiques de Facebook qui ont permis au chercheur Aleksandr Kogan d’obtenir, en 2014, des informations pour l’entreprise de collecte de données politiques Cambridge Analytica –par le biais de l’app «thisismydigitallife»– étaient bien connus et parfaitement publics. Et ils étaient assez permissifs, permettant à des utilisateurs de collecter des données non seulement auprès des personnes qui utilisaient telle ou telle application, mais également de leurs amis Facebook. (Facebook a depuis changé cette politique.) Comme le Washington Post l’évoque, des compagnies allant de Tinder à Farmville en passant par la campagne présidentielle d’Obama en 2012 ont utilisé le même outil pour collecter les mêmes genres d’information. Tout simplement parce que jusqu’en 2015, c’est comme ça que Facebook fonctionnait.

Les gens qui utilisaient l’app de Kogan lui donnaient explicitement accès à ces données, mais pour des recherches universitaires, pas dans un but commercial. (Bien sûr, on pourrait également arguer du fait que Facebook n’aurait jamais dû permettre à des utilisateurs de fournir des données personnelles d’autres personnes, fut-ce pour des recherches –et on aurait raison.) En tous cas, la politique de Facebook ne permet pas le type d’utilisation qu’a pu faire Kogan de ces données.

Et selon la version officielle de Facebook, lorsque la compagnie a réalisé que ces données avaient été utilisées dans un but non autorisé, elle a demandé à Kogan et à Cambridge Analytica de les effacer et de certifier à Facebook que cela avait bien été effectué. Il apparaît maintenant qu’ils auraient menti. Mais nous ignorons à ce stade si Facebook pouvait, ou non, le savoir.

Un scandale ou de la simple politique?

Quant à ce que Cambridge Analytica a bien pu faire de ces informations, on pourrait également dire que l’on en fait toute une histoire pour pas grand chose. Pour inquiétant que cela puisse paraître, le «ciblage comportemental» –soit la production de publicités en fonction d’information obtenues sur l’attitude, les centres d’intérêt et la personnalité des individus– est au mieux une science imprécise, au pire de la poudre de perlimpinpin.

Résumé à sa plus simple expression, le scandale Cambridge Analytica est une affaire où des consultants de campagne électorale utilisent des méthodes contestables pour tenter de délivrer leur message aux électeurs les plus réceptifs et de la manière la plus efficace qui soit. Pour le dire plus simplement: c’est à peine un scandale, c’est juste de la politique.

Mais du point de vue de Facebook, la compagnie est bien en ligne de mire, parce qu’un développeur peu scrupuleux a profité d’une ancienne politique de protection des données permissive, même si elle s’est depuis resserrée. (Il y a également un autre problème: le fait d’avoir maintenu caché durant des années la fuite de données de 2015 et d'avoir embauché et maintenu à son poste un chercheur qui était directement lié à cette fuite. Facebook n’a fait aucun commentaire à ce sujet.) Il est donc possible d’imaginer que d’autres personnes malintentionnées aient pu développer des app du même genre exploitant les données en provenance d’autres plateformes comme Twitter, Android ou même l’iOS d’Apple de la même manière.

Voilà pourquoi les responsables de Facebook se sont lancés dans une défense tous azimuts de leur entreprise sur Twitter le weekend dernier, en se montrant totalement imperméables aux critiques pourtant de plus en plus nombreuses: ils ne considèrent pas avoir une vraie responsabilité en la matière. Le principal responsable de la sécurité de Facebook, comme d’autres, pouvait ainsi dire à propos de l’article du Guardian du 17 mars dernier qui révélait l’affaire qu’il s’agissait d’une «fuite de données». (Ce responsable, Alex Stamos, a depuis effacé ses tweets et a lundi confirmé des informations indiquant qu’il n’était plus le responsable sécurité de Facebook et qu’il quitterait l’entreprise en août prochain.) Comme Tiffany C. Li l’a indiqué à Slate, la sémantique a son importance en l’espèce, car une «fuite de données» pourrait exposer Facebook à des poursuites légalesde la part des États américains et de l’autorité fédérale de régulation, ce qui pourrait déboucher sur des amendes et d’autres réparations.

Mais s’il n’y a eu aucune fuite de données et que la sécurité de Facebook n’a pas été menacée, pourquoi les projecteurs ne sont-ils pas uniquement braqués sur Cambridge Analytica?

Cela vient notamment du fait que les enjeux de ce scandale touchant des données sont particulièrement importants. Si ces données avaient été utilisées pour vendre des réfrigérateurs ou pour envoyer des spams, cette affaire ne ferait pas les gros titres. En d’autres termes: pour peu que Facebook ait joué un quelconque rôle dans l’élection de Trump, ce rôle a nécessairement été énorme, car la victoire de Trump a pris tout le monde de court. De très nombreux électeurs qui étaient très hostiles à Trump sont toujours furieux et en quête des responsables de ce qu’ils tiennent pour un fiasco. Et comme nous le savons, Facebook a joué un rôle central dans la stratégie de Trump, comme dans la campagne pour le Brexit au Royaume-Uni, une campagne dont Cambridge Analytica s’est également mêlée.

Le modèle même de Facebook en question

Mais il existe une autre raison qui explique que Facebook se fasse ainsi clouer au pilori là où d’autres entreprises de nouvelles technologies –comme Apple ou Microsoft par exemple– passeraient entre les gouttes. Ce n’est pas tant que Facebook se soit montré négligent avec la protection des données de ses utilisateurs dans cette affaire. Ni même que sa politique qui permet à des tierces partis, via des apps, d’accéder à des informations sur les amis de ses utilisateurs soit aussi cavalière que mal avisée.

Le vrai problème, c'est que Facebook est le principal architecte de ce modèle socio-commercial qui fait qu’aux quatre coins de la planète, des personnes acceptent sans difficulté de donner des informations les concernant en l’échange de services gratuits en ligne. Facebook n’est donc pas seulement la source des données que Cambridge Analytica a utilisées. La compagnie est la raison même de l’existence –et du mode de tri et d’organisation– de ce genre de données. Certes, Google et Twitter et bien d’autres entreprises emploient des modèles économiques similaires. Et l’idée de faire vivre un site en ligne en diffusant des publicités à destination de ses visiteurs n’est pas neuve. Mais c’est bien Facebook, plus que tout autre, qui a poussé les internautes à livrer gratuitement toujours plus de données personnelles et à accepter que ces données puissent être utilisées pour élaborer des publicités ciblées en échange d’un droit d’accès «gratuit» à un service.

Si vous pensez que l’octroi de ces données et les publicités sont un prix relativement faible à payer pour avoir le privilège de pouvoir rester en lien constant avec tous ceux que vous aimez, alors Facebook est l'exemple type de la compagnie qui a rendu tout cela possible. Mais si vous commencez à réfléchir au coût de ce marché de manière faustienne –en pensant particulièrement aux coûts à long terme qui pourraient bien s’avérer supérieurs aux bénéfices immédiats– alors Facebook est le diable incarné.

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Au vu des enjeux énormes que représentent ces données, il était probable, voire inévitable, que ces règles soient violées

De ce point de vue, le vrai scandale ne vient donc pas d’une «fuite de données» où d’une erreur isolée de Facebook. Ce que Cambridge Analytica a fait, c’est à bien des égards exactement ce pourquoi Facebook est conçu: collecter des informations personnelles en provenance d’un très grand nombre de personnes sous une forme immédiatement exploitable pour vendre des choses à des gens.

Certes, les règles étaient censées interdire que de telles données soient utilisées de cette manière. Mais au vu des enjeux énormes que représentent ces données, il était probable, voire inévitable, que ces règles soient violées. Facebook semble ne pas s’être beaucoup préoccupé de les faire appliquer, se contentant de faire les gros yeux en espérant que cela passe. Tout indique que jusqu’en 2014 au moins, Facebook se préoccupait bien davantage de sa croissance que de la protection de la vie privée de ses utilisateurs. Si la compagnie a fait des efforts évidents en la matière ces dernières années, cela n’excuse en rien la manière dont elle s’est construite.

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Josh Constine, de Techcrunch, est sans aucun doute l'un des journalistes qui connaît le mieux Facebook, une compagnie qu’il scrute depuis cinq ans, et il est connu pour l’avoir souvent défendue lorsque tout le monde lui tombait dessus. Pas cette fois. Dans un article intitulé «Facebook et la suite ininterrompue de scénarios du pire», il répertorie une bonne dizaine de cas où la compagnie de Mark Zuckerberg a lancé des produits sans les garde-fous nécessaires pour éviter des abus, avant d’ignorer ou de minimiser les conséquences de ses actes.

Cette sale habitude pourrait enfin avoir des effets désastreux pour l’entreprise: dans le scandale Cambridge Analytica, Facebook n’a pas vraiment le bénéfice du doute et il est difficile d’éprouver la moindre sympathie pour la firme. Le réseau social a plus que certainement laissé passer le moment où il pouvait s’autoréguler. La balle est désormais dans le camp du public, des législateurs et des régulateurs.

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Ce sont eux qui vont retravailler les termes de cet accord qui permet à des individus de confier leurs données personnelles –et celles des autres– au profit des plateformes, de leurs clients annonceurs et de toute personne qui serait assez maline pour mettre la main dessus.

Facebook et la politique

Par Le 24/03/2018

Fake news et ingérence russe : les deux années qui ont ébranlé Facebook

 

 La Une de "The Wired". Montage Obs. (Capture d'écran)

Le magazine "Wired" publie une enquête fleuve sur les deux dernières années au sein du réseau social, secoué par la mise en cause des fake news et des manipulations russes.

Par 

Le mensuel "Wired" a consacré à plusieurs reprises sa couverture au fondateur de Facebook. Mais celle qu'il a publiée le 12 février tranche avec les précédentes : le visage tuméfié du PDG illustre un article fleuve (68.000 signes !), "Les deux années qui ont ébranlé Facebook - et le monde", une enquête sur les événements de 2016 et 2017, entre tech, presse et politique, avec en toile de fond la controverse des "fake news" et l'élection de Donald Trump.

Pour le réaliser, ses deux auteurs ont discuté "avec 51 employés ou ex-employés de Facebook", dont beaucoup ont demandé à rester anonymes. Un salarié en poste a même demandé à son interlocuteur d'éteindre son téléphone, au cas où l'entreprise chercherait si son smartphone a été proche de celui de quelqu'un chez Facebook...

En 2016 : "Facebook peut-il vous sauver la vie ?" En 2018, un portrait de Zuckerberg retouché sans commentaire, en mode "Fight Club".

 

Voici un résumé de cette enquête.

1 – Fuites et licenciements

Février-mars 2016. Une note de Mark Zuckerberg à tous les employés mentionne que sur un mur d'affichage libre au siège de Facebook, à Menlo Park (Californie), les mots "Black Lives Matter" ont été rayés et remplacés par "All Lives Matter". Il critique cette suppression et annonce une enquête sur cet acte.

Un jeune employé en CDD, Benjamin Fearnow, prend une capture d'écran du mémo et l'envoie à un de ses amis, Michael Nuñez, qui travaille pour le site d'actualité tech Gizmodo et en tire un article. Une semaine plus tard, Fearnow transmet à Nuñez une autre info : l'entreprise a proposé à ses salariés d'envoyer des questions à Zuckerberg pour une réunion générale. Une des questions les plus votées est "Quelle responsabilité a Facebook pour aider à empêcher d'avoir un président Trump en 2017 ?"

Fearnow travaille à New York, dans une équipe appelée Trending Topics. Ce groupe de 25 personnes vérifie les actualités collectées par un algorithme, afin d'écarter canulars et infos bidon et de mettre en avant les actualités importantes pas assez visibles, pour qu'elles soient intégrées au fil d'actualités des utilisateurs.

Au lendemain de son second message à son ami de Gizmodo, Fearnow est convoquée à une vidéoconférence. La directrice des enquêtes, Sonya Ahuja, lui demande s'il a été en contact avec Nuñez, ce qu'il nie. Elle lui affirme alors avoir les messages que Nuñez et lui ont échangé sur Gchat (un logiciel de vidéochat), et Fearnow est licencié sur le champ.

Un second salarié de Trending Topics, Ryan Villarreal, qui plusieurs années avant avait partagé une colocation avec Fearnow et Nuñez, est interrogé le même jour par Ahuja. Villareal assure n'avoir pris aucune capture d'écran, et donc encore moins avoir transmis des infos à Nuñez. Mais la directrice des enquêtes relève qu'il a "liké" l'histoire du mémo sur Black Lives Matter, et qu'il est ami avec Nuñez sur Facebook. Villareal est à son tour licencié.

2 – Un biais de gauche ?

Mai 2016. Nuñez a continué ses recherches sur Trending Topics, et discuté avec un troisième ex-salarié de cette équipe. Il publie un article, "D'anciens employés de Facebook : nous supprimions de façon routinière des articles conservateurs", selon lequel des articles favorables à Trump sont régulièrement supprimés. L'article, très partagé dans les heures qui suivent, enclenche une controverse qui va marquer les deux années qui suivent.

 

Facebook : mais si, nous aimons les conservateurs !

Facebook a toujours eu l'obsession de se présenter comme neutre, un simple relais technologique. La plateforme est ainsi protégée par une loi qui exclut la responsabilité de l'intermédiaire pour les messages postés par les utilisateurs. Si le réseau social créait ses propres contenus, sa responsabilité pourrait perdre son immunité, au péril de son existence.

L'article de Gizmodo amène un sénateur républicain, John Thune, à écrire à Facebook pour demander des éclaircissements. Or Thune n'est pas n'importe qui : il dirige au Sénat la commission du Commerce, laquelle supervise la Federal Trade Commission, une agence gouvernementale qui a été très active dans les enquêtes sur Facebook. L'entreprise répond au sénateur qu'après une analyse des Trending Topics, elle estime les accusations de Gizmodo fausses.

Facebook veut à tout prix faire la paix avec la droite : des animateurs télé, des membres de think tank, un conseiller de la campagne de Trump, 17 personnalités influentes au total sont invités au siège de Menlo Park, une semaine après l'article de Gizmodo.

La principale retombée de la controverse sur les Trending Topics, selon une dizaine d'employés et ex-employés, est que Facebook est devenu soucieux de ne rien faire qui semble diminuer les articles de droite, laissant ainsi le champ libre à ce qui allait venir.

3 – Rencontre avec Murdoch et menace de représailles

Juillet 2016. Mark Zuckerberg participe à une conférence dans l'Idaho, où des dirigeants discutent de façon informelle. Il y a une rencontre privée avec Rupert Murdoch, le propriétaire de l'empire de presse News Corp (comprenant la chaîne télé Fox News), et Robert Thomson, le PDG de ce groupe de presse. Les deux hommes expliquent à Zuckerberg leurs griefs contre Facebook et Google.

Ils reprochent aux deux géants d'accaparer presque tout le marché publicitaire en ligne ; ils déplorent que l'algorithme de Facebook ait été modifié sans consulter ses partenaires de presse. Si le réseau social ne propose pas un meilleur accord aux médias que ses offres d'alors, menacent-ils, ils vont le dénoncer fortement, et lui mener la vie dure aux Etats-Unis, comme ils l'ont fait contre Google en Europe.

Menace de "simple" lobbying, ou de possibles campagnes de presse ? Zuckerberg se méfie d'autant plus de News Corp qu'en 2007, une série de plaintes contre le réseau social ont été déposées, pour des contenus inappropriés et des mineurs exposés à des prédateurs.

Or l'enquête interne de Facebook a conclu que la plupart des comptes Facebook alors en cause étaient des comptes bidon créés probablement par ou pour News Corp afin de permettre cette campagne. Une soixantaine d'employés sont recrutés par Facebook pour travailler aux partenariats avec l'industrie des actualités.

4 – Facebook vire ses journalistes, Trump mise sur les réseaux sociaux

Août 2016. Toute l'équipe de journalistes chargée des Trending Topics est licenciée, et ses responsabilités sont transférées à une équipe d'ingénieurs à Seattle. Peu après, l'algorithme maison laisse passer des articles bidon.

Parallèlement, l'équipe de campagne de Trump exploite à fond les possibilités de Facebook et de ses propres fichiers sur ses sympathisants, en envoyant des messages publicitaires ciblés. Trump balance des textes comme "Cette élection est truquée par les médias qui diffusent des accusations fausses et dénuées de réalité, et des mensonges éhontés, pour faire élire Hillary la pourrie !" Ce genre de messages obtient des centaines de milliers de "J'aime", de commentaires et de partages, et l'argent afflue.

Alors que les messages plus nuancés de la campagne d'Hillary Clinton obtiennent moins d'écho. "Au sein de Facebook, presque tout le monde parmi les dirigeants voulaient que Clinton gagne, mais ils savaient que Trump utilisait mieux la plateforme. S'il était un candidat pour Facebook, elle était une candidate pour LinkedIn", note "Wired".

Une nouvelle espèce d'arnaqueurs en ligne apparaît, diffusant des articles viraux et totalement bidonnés. Ils ont vite remarqué que les sujets pro-Trump marchent très bien, et sortent par exemple un article prétendant que le pape soutient Donald Trump, qui obtient près d'un million de réactions sur Facebook.

 

En Macédoine, Trump est une machine à cash pour des sites d’info crapuleux

"À la fin de la campagne, les histoires bidon en tête sur la plateforme obtenaient plus d'engagements [likes, commentaires et partages] que les articles sérieux en tête."

5 – Zuckerberg ne voit aucun problème, puis la guerre aux fake news est déclarée

Novembre 2016. L'élection de Donald Trump plonge les dirigeants de Facebook dans la stupeur et l'inquiétude à l'idée que leur outil soit mis en cause. Deux jours après la victoire de Trump, Zuckerberg déclare lors d'une conférence que les réseaux sociaux influencent peu le vote des gens :

"L'idée que des fake news dans Facebook – dont, vous savez, c'est une très petite quantité du contenu – aient influencé l'élection d'une façon ou d'une autre, je pense que c'est une idée sacrément dingue."

Ce commentaire passe mal, y compris au sein de Facebook. Un ancien cadre explique qu'il fallait faire comprendre au PDG qu'il se trompait, "ou sinon, la compagnie allait devenir un paria comme Uber était en train de l'être". Un employé dit à "Wired" qu'en regardant Zuckerberg, il pensait à Lennie dans "Des souris et des hommes" : un colosse qui n'a aucune notion de sa force.

 

Facebook ne lutte pas assez contre les infos bidon, selon des employés

Une semaine après son haussement d'épaules, Zuckerberg esquisse un mea culpa : il promet que Facebook prend au sérieux la désinformation, et présente un plan en 7 points pour la combattre. 

Quelques semaines plus tard, Facebook annonce deux choses : il coupera les revenus publicitaires des usines à fausses nouvelles et rendra plus facile pour ses utilisateurs de signaler des articles qu'ils pensent faux.

En décembre, l'entreprise annonce qu'elle va, pour la première fois, introduire du fact-checking. En l'externalisant : l'idée est de déléguer la tâche à des journalistes ailleurs.

En janvier 2017, Facebook annonce le recrutement de Campbell Brown, une ex-présentatrice de CNN, chargée du "Facebook Journalism Project". En gros, selon les sources de "Wired", il s'agit de formaliser et rendre plus publics les efforts déjà entamés par le réseau social.

Les dénégations initiales de Zuckerberg ont énervé une chercheuse en sécurité, Renée DiResta, qui étudie depuis des années la diffusion de la désinformation sur la plateforme. Elle a noté que si on rejoint un groupe anti-vaccins, l'algorithme propose d'adhérer à des groupes complotistes comme ceux croyant que la Terre est plate ou des adeptes du Pizzagate.

En mai, DiResta publie un article où elle compare les diffuseurs de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux aux manipulations du trading haute fréquence sur les marchés financiers. Pour elle, les réseaux sociaux permettent à des acteurs malveillants d'opérer à grande échelle, et de faire croire avec des bots et des comptes sous fausse identité à des mouvements importants sur le terrain.

Avec Roger McNamee, un actionnaire de Facebook furieux des réponses pleines d'autosatisfaction qu'a renvoyées l'entreprise à ses courriers d'alerte, et Tristan Harris, ancien de Google devenu célèbre pour pointer les dangers des services numériques, les trois dénoncent dans les médias les dangers que ferait peser Facebook pour la démocratie américaine.

6 – 2017 : révélations sur les publicités russes

Pendant la campagne pour l'élection présidentielle, les équipes de Facebook ont remarqué des attaques de pirates présumés proches du gouvernement russe, dérobant des documents (hors du réseau social) puis créant des comptes bidon avec des identités usurpées. Mais le réseau social n'y décèle pas une opération d'ensemble.

Au printemps 2017, l'équipe de sécurité dirigée par Alex Stamos rédige un rapport sur la façon dont la Russie et des services de renseignement ont utilisé Facebook. Le 27 avril 2017, au lendemain de la convocation par le Sénat du directeur (ensuite chassé par Trump) du FBI James Comey, le rapport de Stamos est publié. Titré "Information Operations and Facebook" [PDF], il explique comment une puissance étrangère pourrait utiliser Facebook pour manipuler les gens.

Le rapport, pauvre en exemples, est critiqué à l'extérieur par maints spécialistes en sécurité, d'autant qu'ils s'étonnent que l'entreprise ait mis si longtemps à comprendre que des usines russes de trolls ont exploité sa plateforme. Facebook approfondit ses analyses, et découvre un ensemble de comptes créés par l'Internet Research Agency (réputée liée au Kremlin), se faisant passer pour des activistes américains.

La page Blacktivist par exemple, qui diffusait des articles sur les brutalités contre des Noirs, avait plus d'abonnés que celle, vérifiée, du vrai mouvement Black Lives Matter.

 

 

Après un débat interne chez Facebook (divulguer ou pas des données sur des utilisateurs, et créer ainsi un dangereux précédent?), un billet de blog est publié en septembre 2017, par Stamos. Il annonce que les Russes ont acheté pour 100.000 dollars environ 3.000 messages publicitaires destinés à influencer la politique américaine pendant la campagne électorale de 2016. Tout est fait dans le message pour minimiser l'impact de ces révélations.

 

Comment les Russes ont trollé la campagne américaine de 2016 sur les réseaux sociaux

Un chercheur, Jonathan Albright, découvre alors des données encore accessibles, et peut estimer que les messages des comptes russes sous fausse identité ont en fait été partagés plus de 340 millions de fois.

7 – Sale moment devant le Congrès, et un Zuckerberg... transformé ?

Septembre 2017. Le trio McNamee, Harris et DiResta conseille les parlementaires qui enquêtent sur l'ingérence russe et s'apprêtent à interroger les responsables des réseaux sociaux. Ils aident alors les députés et les sénateurs à préparer les questions qu'ils vont leur poser.

Le 1er novembre, Colin Stretch, vice-président de Facebook, est mis sur le gril par une série de questions dérangeantes. Les jours suivants, la vague de critiques continue à pleuvoir sur le réseau social, y compris d'anciens prestigieux : l'ex-président de Facebook Sean Parker, l'ancien responsable de la protection de la vie privée Sandy Parakilas, puis Chamath Palihapitiya, ex-vice-président.

 

Facebook, Google : les "hérétiques de la Silicon Valley" nous alertent

Le réseau social est aussi accusé d'avoir permis la diffusion de propagande mortelle contre les Rohingyas en Birmanie et d'avoir servi les méthodes brutales de Duterte à la tête des Philippines. Mais ses résultats sont plus florissants que jamais.

Janvier 2018. Mark Zuckerberg annonce, comme chaque début d'année, ses bonnes résolutions. Et cette fois il ne s'agit pas de ses habituels défis personnels (apprendre le chinois mandarin, lire 25 livres, etc.), mais de "réparer Facebook", reconnaissant que l'entreprise a un rôle à jouer "qu'il s'agisse de protéger notre communauté contre les abus et la haine, de se défendre contre l'ingérence de nations-Etats, ou de s'assurer que le temps passé sur Facebook est du temps bien employé" (un terme qu'on dirait emprunté à Tristan Harris).

Comment va évoluer Facebook ? Selon un dirigeant cité par "Wired" :

"Toute cette année a complètement changé son techno-optimisme [de Mark Zuckerberg]. Ça l'a rendu beaucoup plus paranoïaque quant aux façons dont des gens peuvent abuser de ce qu'il a construit."

T. N.

Démocratie facebookienne.

Par Le 24/03/2018

Facebook: un test à la con et soudain la démocratie s'effondre

Titiou Lecoq —  — mis à jour le 23 mars 2018 à 11h16

On savait que nos données étaient siphonnées par nos réseaux sociaux préférés. On ne savait pas qu'on pouvait s'en servir pour nous manipuler au point de mettre en péril la démocratie.

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Tout va bien! | geralt via Pixabay License by

Temps de lecture: 5 min

Écrire au sujet d’internet est un excellent moyen de déprimer. Là, par exemple, je m’apprête à vous parler de Facebook et de Cambridge Analytica et je sais que certains vont souffler d'ennui alors qu'il s’agit de comprendre comment en répondant à des tests psychologiques à la con sur Facebook, du genre «quel Télétubbies êtes-vous?», vous pouvez ébranler la démocratie.

En vrai, le test en question ne s’appelait pas «kelteletubbiesvousetes» mais «thisisyourdigitallife». Ces tests, qu’on voit passer par dizaines sur Facebook, ne sont pas mis au point par l’entreprise. Ils sont proposés par des applications tierces. Et quand on les fait, on accepte certaines conditions. Ici, on acceptait que l’appli accède à certaines de nos données soi-disant à des fins de recherches universitaires. (C’était un mensonge mais en même temps, comme personne ne lit les conditions exactes avant de cliquer sur «accepter» c’est un mensonge que peu de gens avaient vu…).

 

Cette appli ne se contentait pas d’enregistrer vos réponses et vos données, elle siphonnait également celles de vos amis. 270.000 électeurs américains ont fait ce test. L’entreprise en question a récupéré les données de cinquante millions de personnes. (Beauté de la connexion des humains entre eux.) C’est particulièrement pervers parce que même si vous vous méfiez de ces tests et que vous ne les faites pas, il suffit qu’une seule personne parmi vos amis le fasse pour qu’une partie de vos datas soit aspirée.

Internet is the new «Monde du silence»

Ensuite, le créateur de cette app a transmis ces données à Cambridge Analytica sans prévenir Facebook – d’après ce que dit Facebook. Quand le réseau social a appris cette «fuite», il n'a même pas prévenu les utilisateurs. (Internet is the new Monde du silence de Cousteau.)

Finalement, de quoi est accusé Facebook? Pas d’avoir manipulé le scrutin. Le paradoxe c’est que Facebook se retrouve impliqué dans cette affaire qui aurait aidé à l’élection de Donald Trump alors que Mark Zuckerberg est démocrate. Et je veux bien croire qu’il est lui-même troublé d’avoir créé une machine qui sert les intérêts de ses adversaires. (L’enquête de Wired traduite sur l’Obs est super.)

On reproche à Facebook de mal protéger les données des utilisateurs parce que c’est précisément grâce à elles que le réseau gagne de l’argent. Mais il a l’obligation de contrôler ce que font les applications tierces. «With great power comes great responsability»: autrement dit, quand on crée une plate-forme centralisatrice qui permet ce genre de détournements, on porte la responsabilité des dérives possibles.

Que s’est-il passé ensuite? Cambridge Analytica fonctionne comme une agence de pub pour les politiques. Un candidat les engage pour se faire élire. L'entreprise analyse l’électorat et cible le plus finement possible les électeurs pour donner le bon message à la bonne personne et qu’elle mette le bon bulletin dans la bonne urne. (Leur vidéo de présentationressemble à s'y méprendre à mes pires cauchemars numériques.)

C’est comme la publicité ciblée. On peut se dire «bah oui, quitte à se coltiner de la pub, autant qu’elle soit pertinente en me proposant un produit qui peut m’intéresser.»
Le problème n’est pas nouveau. 
Obama a utilisé le même genre de méthodes dans ses campagnes électorales, en profitant d’une législation encore floue à l’époque. Ses équipes avaient réalisé un maillage et un profilage très fin des électeurs. Ils pouvaient venir sonner à votre porte en sachant qu’un membre de votre famille était atteint d’un cancer –et évidemment vous vanter les bienfaits de l’Obamacare.

Le problème c’est qu’un président, ce n’est pas un tube de dentifrice. En délivrant un message politique différent à chaque catégorie d’électrices et d'électeurs, un message répété à l’infini, un message qui joue sur des émotions, on se situe exactement dans l’inverse du débat d’idées. Une membre de l’équipe numérique de campagne de Donald Trump a expliquéqu’une mère de famille intéressée par la garde d’enfant ne voudrait pas voir une pub pleine de guerre et de violence. L’équipe de Trump lui montrait alors un spot doux et chaleureux: «Il nous arrivait assez souvent de produire trente-cinq ou quarante-cinq mille itérations de ce type de pub au quotidien.»

D'anciens agents des services secrets britanniques et israéliens recrutés

On est dans une forme de manipulation psychologique et émotionnelle. Cambridge Analytica explique que le vote se joue sur deux émotions: la peur et l’espoir. Et que les gens ne savent pas que quelque chose leur fait peur tant qu’on ne leur a pas montré. Évidemment, à Athènes, des orateurs pouvaient user de démagogie, mais ils le faisaient face à l'ensemble des citoyens en même temps. Ils n'allaient pas chez les votants la nuit pour les harceler avec leurs pires craintes. Cette manipulation est très efficacement renforcée par l’usage des fake news. (L’un des principaux investisseurs de Cambridge Analytica est également un des fondateurs de Breitbart News, site d'extrême droite soupçonné de fake news.)

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Cambridge Analytica ne s’arrête pas là. Dans un court et incroyable reportage (en anglais mais je vous le conseille), Channel 4 a filmé un dirigeant de l’entreprise en train d’expliquer qu’ils font appel à des sous-traitants qui recrutent des anciens agents des services secrets britanniques et israéliens: «On a employé une organisation différente pour un projet très réussi dans un pays d’Europe de l’Est, personne ne savait qu’ils étaient là, ils sont venus, ils ont fait le boulot, ils sont partis, et ils nous ont fourni du très bon matériel.»

Cambridge Analytica est payé pour pratiquer une forme de 
«highjacking»de la démocratie. Savoir à quel point il fonctionne est impossible. Si vous avez une opinion désastreuse de Donald Trump, vous aurez tendance à penser que sa victoire est la preuve de la réussite de ces techniques de manipulation. Si vous détestez Obama, vous pourrez en tirer la même conclusion. On ne sait pas ce qui se passe dans la tête d'un électeur ou d'une électrice au moment de choisir un bulletin. Mais peu importe leur efficacité réelle, leur véritable impact sur nos vies démocratiques, ces pratiques sont condamnables. Il s'agit d'un détournement du modèle démocratique dans son fonctionnement même. Cambridge Analytica affirme l’avoir fait aux États-Unis, au Mexique, en Malaisie, avoir travaillé pour la campagne pro-Brexit, et bosser en ce moment au Brésil et en Chine.

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Tout cela est rendu possible par notre utilisation plus ou moins volontairement aveugle d’une plate-forme centralisée et privée à laquelle on n'a pas suffisamment demandé de compte.

Ce texte est paru dans la newsletter hebdomadaire de Titiou Lecoq. Pour vous abonner c'est ici. Pour la lire en entier:

 

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