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L'ère anthropocène

Par Le 31/07/2015

L'Homme a fait entrer la Terre dans une nouvelle époque géologique

Le Monde.fr |  • Mis à jour le  | Par 

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La déforestation progresse en Amazonie.
La déforestation progresse en Amazonie. INRA/CHRISTOPHE MAITRE

L'Homme est aujourd'hui la principale force gouvernant l'état, le fonctionnement et l'évolution de la planète. Et cette prise de contrôle a commencé dans les années 1950. Telles sont les deux conclusions, aux implications vertigineuses, d'une étude qui sera publiée lundi 19 janvier dans le journal The Anthropocene Review. Ces résultats seront présentés, en même temps que ceux d'une autre étude, parue jeudi 15 janvier dans la revue Science, sur les « limites planétaires », lors du Forum économique mondial de Davos, du 22 au 25 janvier.

S'il fallait encore nous convaincre que nous sommes entrés dans une nouvelle époque – celle de l'anthropocène –, le travail conduit par Will Steffen, chercheur à l'Université de Stockholm (Suède) et à l'Université nationale australienne, en apporterait la démonstration. « En un peu plus de deux générations, l'humanité est devenue une force géologique à l'échelle de la planète », écrivent les auteurs.

C'est, précisément, la définition de l'anthropocène. Un néologisme, associant les mots grecs « homme » et « récent », forgé par le néerlandais Paul Crutzen, Prix Nobel de chimie en 1995, pour signifier que l'influence des activités anthropiques sur le système terrestre est désormais prépondérante. Et que nous sommes donc sortis de l'holocène, l'époque géologique après la dernière glaciation et qui couvre les dix derniers millénaires.

GRANDE ACCÉLÉRATION

Ce constat est aujourd'hui très largement partagé par la communauté scientifique. Pour autant, l'entrée dans l'anthropocène n'est pas encore actée par la Commission internationale de stratigraphie et l'Union internationale des sciences géologiques, seules arbitres en la matière. A fortiori, la chronologie de ce basculement n'est toujours pas arrêtée. Certains proposent de le faire commencer autour de 1800, avec la révolution industrielle. D'autres de remonter aux débuts du néolithique, voilà quelque 10 000 ans, lorsque des sociétés de cultivateurs-pasteurs sédentaires se sont substituées aux chasseurs-cueilleurs nomades.

 « De tous les candidats à une date de démarrage de l'anthropocène, le début de la grande accélération est de loin le plus convaincant du point de vue de la science du système terrestre », tranchent Will Steffen et ses collègues. La « grande accélération » ? Il s'agit d'un autre concept, formalisé au début des années 2000, pour rendre compte de l'impact de plus en plus fort des activités humaines sur le globe. Or, les auteurs montrent que ce processus s'est précipité à partir du milieu du siècle passé.

Ils ont mis en vis-à-vis deux groupes de douze indicateurs. Le premier décrit, de 1750 à 2010, les grandes « tendances socio-économiques » mondiales : population, croissance économique, consommation d'énergie primaire, urbanisation, usage de l'eau, construction de barrages, transports, télécommunications, tourisme international… Le second groupe s'attache, sur la même période, aux « tendances du système terrestre » : émissions de gaz à effet de serre ( CO2, méthane et protoxyde d'azote), ozone stratosphérique, hausse des températures, acidification des océans, pertes de forêts tropicales, érosion de la biodiversité, artificialisation des sols…

PRESSION DES ACTIVITÉS HUMAINES

Les résultats sont éloquents : pour la plupart de ces indicateurs, la courbe grimpe en flèche à partir des années 1950, ce qui établit une corrélation directe entre la pression des activités humaines – la production et la consommation de biens – et l'état de santé de la planète. « Il est certainement vrai que les humains ont toujours modifié leur environnement, parfois à grande échelle. Mais ce que nous documentons depuis le milieu du XXe siècle est sans précédent, en rythme comme en amplitude », observent les chercheurs, qui soulignent que ce bouleversement sort des limites de la « variabilité naturelle » des derniers millénaires. « C'est un phénomène nouveau et cela montre que l'humanité a une responsabilité nouvelle, à un niveau global, pour la planète », ajoutent-ils.

Les auteurs vont plus loin, en établissant que cette responsabilité n'est pas également partagée entre les nations. De fait, le concept d'anthropocène s'est parfois vu reprocher de considérer à tort l'humanité comme un bloc homogène. Leur travail échappe à cet écueil, en distinguant chaque fois que possible pays riches – ceux de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) –, pays émergents – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – et pays en développement. Il apparaît que « la part du lion » de la consommation de biens reste celle des pays de l'OCDE, qui possédaient en 2010 près des trois quarts de la richesse mondiale (somme des produits intérieurs bruts), alors qu'ils ne totalisaient que 18 % de la population. Cela, même si le poids des nations émergentes va croissant.

« MARQUEURS » IMPRIMÉS PAR L'HUMANITÉ

« Il s'agit d'une étude de très grande qualité, qui concorde parfaitement avec nos propres résultats », commente Jan Zalasiewicz, professeur de géologie à l'Université de Leicester (Angleterre) et membre du Groupe de travail sur l'anthropocène, un réseau interdisciplinaire de chercheurs œuvrant pour la Commission internationale de stratigraphie. Avec ving-cinq autres scientifiques de douze pays, il vient en effet de publier, dans la revue Quaternary international, une analyse qui retient elle aussi le milieu du siècle passé comme début de la nouvelle époque géologique. Cela, à partir d'une approche stratigraphique fondée sur les « marqueurs » imprimés par l'humanité dans la biosphère.

A ce titre, l'explosion de la première bombe atomique de l'Histoire, le 16 juillet 1945 dans le désert du Nouveau Mexique – quelques semaines avant les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki –, pourrait être considérée comme le point de départ de l'anthropocène, dans la mesure où la dissémination des matières radioactives autour du globe constitue « un signal attribuable sans équivoque aux activités humaines ».

RÉPONSE EN 2050

Entré dans une ère nouvelle, donc, l'Homme est-il condamné à l'emballement d'une « grande accélération » impossible à stopper ou même à ralentir ? Tout en constatant que la course en avant s'est poursuivie de plus belle au cours de la décennie 2000-2010, Will Steffen et ses collègues relèvent quelques (rares) signes de ralentissement. La croissance démographique mondiale faiblit. La construction de grands barrages stagne depuis une quinzaine d'années, les possibilités de nouveaux aménagements se raréfiant. Et le « trou » dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique est en voie de se résorber, du fait du bannissement des composés chlorés.

Qu'en sera-t-il du futur ? « Les cinquante prochaines années apporteront-elles le grand découplage [entre développement économique et impacts sur le système terrestre, par exemple par la promotion des énergies renouvelables] ou le grand effondrement ?, questionnent les auteurs au terme de leur étude. Cent ans après l'avènement de la grande accélération, en 2050, nous connaîtrons sûrement la réponse. » 
 

 


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/01/15/nous-sommes-entres-dans-l-anthropocene-depuis-1950_4557141_3244.html#B65W36tDH76PUUv6.99

Origine : France

Par Le 30/07/2015

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"Né, élevé et abattu en Irlande

Découpé en Grande Bretagne"

Origine France...."

 

Et ils viennent nous parler d'écologie ensuite....Rien que la pollution générée par les transports, c'est lamentable. C'est comme les crevettes pêchées au Danemark qui sont envoyées au Maroc pour y être décortiquées puis qui reviennent ensuite au Danemark pour être vendues dans l'UE.....

 

C'est très représentatif de la "mondialisaition" en fait....Quant à la protection des consommateurs, publicité mensongère, informations trompeuses, le fameux "achetez français", c'est juste une propagande supplémentaire....Qui peut me prouver que c'est Français ? Intégralement Français ... Et pas que l'étiquetage ou le magasin qui le vend....Et qu'en est-il du "bio" ?... Le bio qui pousse avec des plantes génétiquement modifiées plantées à cinq kilomètres ?....Le bio qui pousse dans des champs en bord d'autoroute.... Il n'y a plus que ce qui pousse dans le jardin de ma Belle qui me rassure. Les pluies, ici, ne sont pas celles de l'étang de Berre ou celle au-dessus de Feysin... (désolé pour ceux et celles qui habitent dans ces lieux) Et le potager de ma Belle est MAGNIFIQUE.

Expressions mortelles.

Par Le 30/07/2015

"Il est mort des suites d'une longue maladie..." Mais qui décide quand ça devient long ? Et c'est combien pour que ça soit long ? Trois jours, Trois semaines, trois mois, trois ans ?.... Et quelle est donc cette maladie dont on ne dit pas le nom ? Faut-il donc qu'il soit honteux, dégradant, humiliant d'en être porteur ? 
"J'ai perdu un proche." Et bien, en général quand on perd quelque chose, il reste toujours la possibilité de le retrouver. Il faut chercher. 
"Il a perdu la vie dans un dramatique accident." En général, les accidents ne sont pas vraiment comiques quand l'issue est fatale. Quant à dire qu'on perd la vie, je préfére dire "Il a perdu SA vie" étant donné que la Vie, elle, n'a pas disparu et qu'en plus, on ne sait pas ce qui se passe ensuite. 
Bon. Tout ça, c'est de la dialectique et il y a bien d'autres expressions tout aussi "curieuses" sur la mort....Pour moi, cette dialectique exprime le regard des humains sur le concept de la Vie. 

"Il a rendu son dernier souffle. "....A qui l'a-t-il rendu ?....

Cette dialectique représente inévitablement l'idée que les humains se font de la vie et de la mort. D'ailleurs quand on parle de la mort des animaux, on dit bien souvent qu'ils sont morts...Point...

Il y a pour les humains une certaine forme d'enrobage, comme pour adoucir les choses....Mais pour quelles raisons ? Est-ce donc que notre mort n'est pas identique à celle du Vivant dans son ensemble ?

 "Rendre son dernier soupir" signifie-t-il que l'existence n'a été qu'une succession de soupirs, du premier au dernier ?

"Rendre l'âme"...D'accord, mais la rendre à qui ?

"Il s'est éteint". D'accord mais est-ce en fin de cire, comme une bougie ou sous le coup d'une bourrasque. Et puis, qui avait allumé la mèche ?

Il existe dans ces expressions des messages subliminaux, des croyances, des peurs, des espoirs, des attentes, des déceptions, des regrets.....

Je ne sais pas si les animaux ont "conscience" (une autre forme de conscience peut-être....) de cette fin mais ils ont peut-être davantage "conscience" de l'instant présent et ça, c'est très précieux.....

 

North Sentinel

Par Le 30/07/2015

North Sentinel, ou l'île que personne ne peut approcher

Martin TRAN 02par 
le 30 juillet 2015 à 11h17 , mis à jour le 30 juillet 2015 à 14h10.
TEMPS DE LECTURE
4min
North Sentinel, une île que personne ne peut visiter...
 

North Sentinel, une île que personne ne peut visiter... / Crédits : Google Mapicl

Ce petit îlot de 72km² à peine fait parler de lui ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Certains internautes s'inventent des vacances dessus... alors que personne ou presque n'a jamais pu approcher de ses côtes, précieusement gardées par une tribu dont on ne sait pas grand-chose.
 
En plein milieu du Golfe du Bengale se trouve l'île de North Sentinel, une île que personne ou presque n'a jamais pu voir de près. En effet, la tribu qui y vit, les Sentinelles, sort lances et arcs pour "accueillir" ceux et celles qui oseraient tenter d'accoster sur ses plages.

Le Daily Mail a consacré il y a quelques jours un long reportage sur cette île que personne ne peut approcher. Reportage repéré et alimenté par nos confrères duFrancetvinfo. Personne, ou presque... En effet, un homme est parvenu à franchir cet obstacle : il s'appelle Trilokinath Pandit, c'est un universitaire indien. Après de multiples tentatives débutées dans les années 1960 et parfois espacées de plusieurs années, il a réussi à créer un contact avec les autochtones en 1991.

Des autochtones qui ne sont pas cannibales

Les cadeaux apportés pour apaiser les Sentinelles ont été accueillis de manière différente : si les noix de coco y sont appréciées et conservées car ne poussant pas sur l'île, le cochon donné en guise de cadeau a, lui, été tué sur la plage. Ceux que l'on pouvait penser anthropophages ne le sont donc finalement pas, une information confirmée par Trilokinath Pandit après sa visite de l'île. Une visite soumise à condition par ailleurs : les étrangers doivent en effet se dévêtir et ôter leurs lunettes pour pouvoir visiter l'habitat de leurs hôtes.

 

D'après le retour de l'anthropologue, les Sentinelles (dont on estime la population à 400 individus) ne se nourrissent que de poissons et de tortues. Ils vivent de la même façon depuis 15 000 ans : sans chef ni hiérarchie, ils ne répondent à aucun ordre social préétabli, suivant le mode de vie de leurs ancêtres. Noirs de peau, ils seraient originaires d'Afrique et non d'Asie, et ce malgré l'emplacement de l'île entre l'Inde à l'ouest et la Birmanie à l'est.

 

Retour sur le devant de la scène après le tsunami de 2004...

Si on ne parle que très peu de l'île, elle est "redécouverte" par le grand public fin 2004 : le tsunami vient de frapper les plages thaïlandaises, et les spécialistes craignent alors pour la survie des Sentinelles. Mais ils seront vite rassurés : les habitants de l'île sont sains et saufs, et auraient été sauvés grâce à leurs "connaissances ancestrales des signes fournis par le vent et la mer" pour prévoir la chose et donc s'en protéger.

Preuve aussi de leur volonté à s'en sortir seuls, ils n'ont pas hésité à "chasser" à coups de flèches un hélicoptère venu simplement vérifier que tout allait bien peu de temps après la catastrophe. Mais parfois, ce désir d'indépendance peut tourner au drame : ainsi, en 2006, les Sentinelles ont tué deux pêcheurs ivres venus sur ces plages sur lesquelles personne n'a jamais pu s'allonger.

... et le crash du vol MH370 

La dernière apparition de North Sentinel dans les médias date du crash du vol MH370 de la Malaysia Airlines : à la recherche de l'épave, plusieurs avions et hélicoptères ont survolé l'île, d'où s'échappait de la fumée. Beaucoup ont alors pensé que l'avion s'y était crashé, mais l'information a rapidement été démentie par les autorités.

Si l'on ne sait finalement que peu de choses sur ces Sentinelles, c'est aussi car l'île bénéficie d'une protection de la part de l'Inde dont elle dépend, une protection aussi bien politique qu'anthropologique et sanitaire, les autochtones possédant un système immunitaire des plus fragiles du fait de leur non-contact avec le monde extérieur. Mais cela ne semble pas suffisant pour certaines associations de défense de l'environnement (dont Survival France) qui exhortent "l'administration des îles Andaman à appliquer strictement sa politique de cessation de tout contact avec les Sentinelles et à mettre un terme au braconnage autour de leur île".

 

 

Un bon sujet pour un prochain roman......

Sur le spécisme.

Par Le 29/07/2015

http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article42

 

L'article reproduit ici est une version légèrement modifiée d'un texte publié en avril 1991 dans la revue Informations et Réflexions Libertaires, dans la rubrique « Antispécisme » que nous y tenions.

Bien que nécessaire, l'argumentation rationnelle au sujet du spécisme a quelque chose de frustrant. Car nos adversaires, eux, ne s'embarrassent guère de chercher des arguments qui tiennent debout ; et ils s'occupent peu d'examiner les nôtres. Pour eux, le spécisme se passe de justifications rationnelles. Il m'est arrivé récemment de presque supplier, de dire (à une anarchiste, d'ailleurs) : « Mais dis-moi, pourquoi, donne-moi un seul argument, pourquoi forcément tu considères que la souffrance des poules en batterie est un sujet secondaire... » Sa seule réponse : « Pour moi, c'est comme ça. » (texto). Pourquoi ? Parce que. Le caractère évident du spécisme, le fait que l'immense majorité des humains font partie des oppresseurs, est l'obstacle principal auquel se confronte l'antispéciste.

Il s'agit encore une fois d'être du côté de ceux qui sont méprisés et opprimés - en sachant que le mépris rejaillit sur celui qui les défend. Il fut un temps où le Blanc défenseur de « nègres » pouvait être traité comme un « nègre ». Il est relativement facile aujourd'hui d'être antiraciste ou antisexiste en France, au moins en opinion ; cela n'a pas toujours été le cas. Aujourd'hui, au moins dans les milieux de gauche, c'est l'antiracisme et l'antisexisme qui sont devenus des évidences, presque des lieux communs se passant d'arguments. La nouvelle droite a eu la partie belle, face à un antiracisme qui, à « Pourquoi ? », répondait « Parce que. », d'apparaître par contraste comme des gens qui pensent.

Pourtant, à un niveau mondial, et au cours de l'histoire, c'est bien le racisme, et non l'antiracisme, qui, tout comme le spécisme et le sexisme, est, et a toujours été, la pensée dominante. Les oppressions et massacres interethniques sont monnaie courante dans l'histoire passée et présente de tous les humains. Si beaucoup de peuples aujourd'hui peuvent paraître faire partie du camp antiraciste, c'est d'abord parce qu'ils s'opposent eux-mêmes au racisme dominant, celui de la culture occidentale, qui gomme leurs différences, et leur culture, pour ce qu'elle a de meilleur, et aussi de pire. Nous savons très bien que la culture kanake est, dans l'ensemble, sexiste, mais, chut !, il ne faut pas le dire. Il faut « respecter leur culture comme elle est ». Est-ce respecter des gens que de ne rien leur dire ?

Nous avons, face à l'immense prévalence du racisme, du sexisme et du spécisme, non pas à nous contenter de nous scandaliser et de nous référer à des « évidences », mais à réfléchir et à argumenter ; sans craindre d'être du côté des « nègres », des « gonzesses », ou des chiens.

Un peu de vocabulaire

Spécisme : le spécisme (ou espécisme) est à l'espèce ce que le racisme est à la race, et ce que le sexisme est au sexe : une discrimination basée sur l'espèce, presque toujours en faveur des membres de l'espèce humaine (Homo sapiens).

Animaux : le langage n'est pas neutre, et notre langue courante appelle « animaux » tous les animaux sauf les humains, mettant ainsi une barrière entre des êtres aussi proches qu'un humain et un gorille, et mettant dans le même sac un gorille et une huître. Conformément à l'usage scientifique, amplement justifié, j'appellerai « animaux » tous les animaux, humains ou non, et « animaux non humains » ceux qui n'ont pas l'honneur d'être « bien nés ».

Ma position

Je soutiens qu'il ne peut y avoir aucune raison - hormis le désir égoïste de préserver les privilèges du groupe exploiteur - de refuser d'étendre le principe fondamental d'égalité de considération des intérêts aux membres des autres espèces.
Peter Singer, Animal Liberation, 19751

Faut-il être antispéciste ? Eh bien, faut-il être antiraciste ? C'est évident que oui ? Ce n'est pas évident pour tout le monde ; et il ne semble pas que tous les antiracistes soient antiracistes pour les mêmes raisons. Ma position est que l'antiracisme n'est justifié ni parce que (presque) tous que les humains sont également intelligents, ou ont un langage articulé, ou sont sociaux, etc. ; l'antiracisme et l'antispécisme sont justifiés parce qu'un être sensible opprimé souffre et que la souffrance et le bonheur de tout être sensible, c'est-à-dire susceptible de souffrir ou d'être heureux, ont la même importance et doivent par conséquent être pris en compte avec un poids identique.

Je ne suis pas plus « défenseur des animaux » que ceux qui luttaient contre l'esclavage des Noirs n'étaient des « défenseurs des Nègres », comme les appelaient les racistes ; je défends des animaux opprimés, humains ou non, non par lubie, non par vocation, non parce que « j'aime les animaux » comme d'autres « aiment les fleurs » ; je défends les animaux et en particulier les animaux non humains parce que mon intention est de défendre tous les êtres sensibles, quels qu'ils soient ; parce que le seul critère qui justifie de prendre en compte les intérêts d'un être est qu'il ait des intérêts, et parce que, comme je l'expliquerai dans le prochain IRL, le phénomène de la sensibilité se limite vraisemblablement aux animaux, les plantes n'ayant ni sensations ni intérêts. Mon opposition au spécisme est une opposition à une idéologie qui sert à justifier la souffrance ignoble et la mort que la quasi-totalité des humains infligent sciemment, délibérément, quotidiennement, à des milliards d'êtres aussi sensibles qu'eux.

Racisme et spécisme

Les arguments racistes ne sont souvent que de mauvais prétextes ; mais cela ne dispense pas de les examiner. Il ne suffit pas de dénoncer les méchants racistes, qu'à moins de supprimer il faut pouvoir convaincre. Et aussi, dans le cas du spécisme, le rôle de méchants est tenu par presque tous les humains, qui usent des mêmes arguments que les racistes pour justifier la suprématie qu'ils s'octroient à eux-mêmes.

Le racisme et le spécisme sont des idéologies étroitement imbriquées, et leur ressemblance serait évidente à tous si n'était que, justement, les antiracistes sont pour la plupart spécistes et ont donc fortement intérêt à ne pas la percevoir. La volonté qu'ils ont de combattre le racisme sans mettre en danger le spécisme les amène à vouloir à tout prix défendre des positions indéfendables, qu'ils présentent pourtant comme essentielles à l'antiracisme. L'idée d'égalité animale étant pour eux impensable, c'est contre les autres animaux qu'ils veulent fonder l'égalité humaine.

Les Français d'abord ! Les humains d'abord !
Dieu a donné la supériorité aux Blancs. Dieu a donné la supériorité aux humains.
Nous nourrissons et protégeons les nègres. Nous nourrissons et protégeons les bêtes.
Les nègres sont moins sensibles que nous. Les animaux ne savent pas qu'ils souffrent.
Les nègres accordent peu de valeur à la vie. Les animaux ne savent pas qu'on va les tuer.
Les nègres sont de grands enfants. Les animaux n'agissent que par instinct.
Les indigènes se font la guerre entre eux. Les animaux se mangent entre eux.
Les nègres se ressemblent tous. Les animaux n'ont pas de personnalité.
Raciste, moi ? J'ai un ami arabe. J'aime les bêtes, je ne mange pas de cheval.
Battre sa femme est un choix personnel. Manger de la viande est un choix personnel.

Qu'est-ce que le racisme ?

Quand l'antiraciste parle de cette égalité humaine, que veut-il dire ? En mathématiques, on dit « Paul = Jean » si ce sont deux noms pour la même personne. Il ne s'agit pas de cela. Les Noirs et les Blancs ne sont en général pas égaux par la couleur de leur peau, puisque justement elle est différente. L'égalité dont parle l'antiraciste s'oppose à l'inégalité detraitement dont sont victimes certains en raison de la couleur de leur peau.

Mais l'expression « inégalité de traitement » est elle-même insuffisamment claire. Si j'étais médecin, je traiterais parfois Noirs et Blancs différemment : comme la peau noire absorbe moins le soleil, les Noirs dans un pays donné risquent moins le cancer de la peau. Constater cela n'est pas raciste, pas plus que ne serait constater, si tel était le cas, qu'une certaine couleur de peau n'a que des avantages sur une autre. L'antiracisme ne peut être fondé sur l'hypothèse hasardeuse d'une distribution équitable des faveurs de « Mère Nature » entre ses « enfants » ; car ce genre d'hypothèse, on va le voir, n'a aucune raison d'être vraie, et, de fait, le plus souvent, est fausse.

Ce serait certainement raciste, par contre, d'accorder plus ou moins d'importance aux intérêts - à la santé par exemple - des Noirs qu'à ceux des Blancs. Ce serait raciste de dire : la couleur de la peau d'un être justifie de le défavoriser, c'est-à-dire d'accorder moins d'importance à ses intérêts.

Si telle était la position des racistes, si elle ne se basait que sur la couleur de la peau, elle serait facile à contredire ; mais ce n'est pas le cas. J'ai lu une histoire il y a quelques années sur une Blanche noire sud-africaine. Une maladie avait rendu la peau de cette dame blanche toute noire. La honte face aux voisins ! Il a fallu, pour qu'elle puisse accéder aux bus pour Blancs, etc., que les autorités lui délivrent une carte spéciale certifiant que bien qu'elle était noire, elle était blanche.

Ce n'est donc pas, pour les racistes, la couleur de la peau qui justifie la discrimination. Qu'est-ce qui justifie la discrimination, dans ce cas ? Que dit donc le racisme ? Pour contredire une idéologie il faut déjà qu'elle soit dite ; et la puissance de l'idéologie raciste doit sans doute beaucoup au fait qu'elle n'est jamais vraiment dite, donc jamais vraiment contredite.

Qu'est-ce qu'un Noir ?

Il importe beaucoup au raciste que la frontière qu'il trace le mette du bon côté, définitivement. La race est un bon critère pour cela, car né blanc, on reste blanc, sauf exception. Mais avoir une frontière ne suffit pas, il faut encore que la définition de cette frontière paraisse justifier la discrimination. La couleur de peau est un critère bien trop mince, il faut donner une substance, une épaisseur à l'idée de race elle-même. Un Noir doit être noir jusqu'à l'os. La race d'un individu doit être perçue comme sa vérité profonde, comme sa nature. Noir ou blanc, un Noir né de Noirs doit être un Noir. De sang noir. Le raciste ne justifie pas la discrimination par la couleur de la peau. Il parle de la couleur, mais en fait pour lui importe la nature, dont la couleur n'est qu'un signe.

Si le racisme se basait sur des différences réelles, son intensité serait proportionnée à leur intensité ; mais la violence de l'antisémitisme nazi montre le contraire. La quasi-inexistence de différences repérables entre Juifs et « Aryens » était simplement un signe de plus, le signe de la duplicité des Juifs. Les nazis, en parlant du « nez juif », ne parlaient pas de « la forme de nez que les Juifs possèdent plus souvent que les autres » ; le « nez juif » n'était pas simplement le nez des Juifs, c'était le nez signe de l'essence juive, et c'est cette essence, cette nature, qui, aux yeux des nazis, justifiait le meurtre.

On dit aussi que le roi est roi parce qu'il a une couronne sur la tête, tout en sachant qu'il arrive qu'il ne la porte pas, et que ce n'est pas à cause d'elle qu'il est roi ; pour le royaliste, le roi est roi parce qu'il est de sang royal, de nature royale ; la couronne n'en est que le signe.

N'importe quoi peut être signe d'une nature, peut être interprété comme tel. C'est pourquoi les discussions avec les racistes sont si frustrantes. Le raciste s'occupe peu d'examiner et de produire des arguments qui tiennent debout ; tout argument est pour lui superficiel, ne concerne que les signes, ne peut atteindre la nature, car la nature se passe d'arguments. De la couleur, de la taille (les Noirs sont trop petits, ou alors trop grands, ça dépend des régions), de l'accent, de la forme du nez, de tout cela le raciste veut bien discuter, il se fiche d'en discuter : de toute façon, pour lui, la nature demeure.

Pour le raciste, c'est la nature des êtres qui justifie la discrimination : littéralement, l'affirmation de leur différence. Il n'a pas besoin de postulerl'infériorité ; entre êtres de nature différente toute comparaison est impossible. L'apartheid, c'est le développement séparé : chacun à sa place. Le raciste sud-africain niera que les Noirs soient défavorisés : comme ils sont de nature différente, cela n'a pas de sens. Les bidonvilles sont aux Noirs ce que les logements confortables sont aux Blancs. Aussi étonnant que cela paraisse, je parierais fort que les marchands d'esclaves du XVIIIe siècle niaient que pour eux, les Noirs fussent inférieurs ; car, aussi étonnant que cela paraisse, j'ai trop entendu de mangeurs de viande (anarchistes bien sûr) niant que pour eux, les « animaux » soient inférieurs - « pas inférieurs, non, différents ».

Le discours sexiste se fonde lui aussi explicitement sur l'affirmation de l'existence de deux natures différentes, féminine et masculine, et sur l'éloge de la Femme, de la Mère, de l'Épouse, de celle dont le bonheur et l'honneur est de fonder les nations en lavant les casseroles. « Moi j'aime les femmes ! », dit le sexiste (ou « les dindes » ou « les poules »).

Depuis le « je ne suis pas raciste » populaire jusqu'à l'« éloge de la différence » nouvelle droite, c'est toujours l'idée de différences de nature qui fonde racisme et sexisme. Et ces idéologies sont fausses, non parce que la peau blanche « égale » la peau noire, mais parce cette nature n'existe tout simplement pas. Mais elles sont d'autant plus crédibles que presque tous, en cachette, en acceptent le principe, et, je le pense, ils l'acceptent parce que la survie du spécisme est à ce prix. Pour maintenir le spécisme, tous acceptent l'idée d'une nature animale, et tous, malgré eux, acceptent donc l'idée d'une nature humaine. Et c'est là que commence la gymnastique intellectuelle des antiracistes spécistes.

Même principe, même discours : « Je ne suis pas spéciste » et « les animaux ne sont pas inférieurs, ils sont différents ». « Être mangés, c'est leur rôle naturel ». Le signe de cette nature, c'est qu'ils se mangent entre eux. Ils en sont heureux : les cochons sourient sur les vitrines des charcuteries.

On peut être antiraciste tout en étant sexiste, on peut être antiraciste et antisexiste en étant spéciste. Vous pouvez très bien me dire : « tout ça est vrai, mais pour les animaux, ce n'est pas comparable : car les humains sont égaux, mais les animaux, eux, sont différents ».

Et il y en a un paquet, de différences entre l'homme et l'« animal » ! C'est qu'on n'a pas lésiné sur les moyens pour les répertorier, comme en témoigne cet aveu tranquille :

Longtemps les moralistes, les philosophes et, plus tard, les chercheurs en sciences humaines ont eu pour souci principal de rejeter toute appartenance de l'Homme au monde des bêtes, ou, pour le moins, de lui trouver une dimension spécifique qui le sorte d'une famille honteuse, d'une promiscuité gênante.
J.-M. Bourre, Diététique du cerveau

Mais les humains aussi sont différents les uns des autres, chacun le sait bien. En disant qu'ils sont égaux, on ne dit qu'une chose : qu'ils sont égaux en nature. Et que les « animaux » en diffèrent, non par le nombre de pattes, mais par leur nature.

« La raison est le propre de l'homme ». La « raison » est le signe dominant pour le spéciste, et c'est pour cela - et uniquement pour cela - que je m'attarderai ici sur la question de l'égalité d'intelligence - question qui en fait, avouons-le, me préoccupe fort peu. C'est par contre une question qui a beaucoup agité les spécistes racistes et antiracistes.

Pour certains, l'intelligence est signe de l'âme, et l'âme est la nature des humains. Mais pour les autres, qu'est-ce que la nature des humains ?

Photo de présentoir devant une charcuterie

Les cochons sourient devant les vitrines des charcuteries, montrant bien ainsi que leur rôle, leur vocation intime, leur nature, est de devenir du jambon.

Qu'est-ce qu'un humain ?

La nature des êtres a beaucoup servi à justifier beaucoup de choses : le racisme, la guerre, l'ordre social établi. « Être de droite, c'est penser que l'Homme a une nature immuable » (Le Pen, cité de mémoire). Pour les chrétiens, l'âme vient de Dieu ; pour les autres, la nature des êtres vient de Nature, du Dieu Nature que tous adorent et dont les écologistes sont les prêtres. La nature d'un être, ce serait l'« inné », ce qu'avant la naissance Nature a donné.

Les gens de gauche, eux, ne peuvent pas accepter tel quel ce discours sur la nature humaine ; ils disent : « l'humain est issu de la nature, mais celle-ci s'est effacée, laissant le champ libre au proprement humain, à l'Histoire, au Culturel, au Social ; l'Homme reste un animal, dans ses fonctions animales ; dans ses fonctions hautes, telles l'intelligence, il est radicalement autre. »

Ainsi, pour eux, la nature de l'Homme se trouve définie par l'absence de nature ; les « animaux », eux, en auraient une - chaque « animal » selon son espèce, donc, avant tout, tous auraient la « nature animale » = la nature d'avoir une nature. Et si cela revient à fonder l'égalité humaine sur l'écrasement des autres animaux, ce n'est pas un hasard ; c'est qu'à gauche on est antiraciste, mais surtout pas antispéciste. Une critique réelle de la notion de nature d'un être, vérité profonde et rôle assigné par Nature, cette critique qu'ils se gardent bien de faire minerait le racisme -mais aussi le spécisme.

L'antiraciste spéciste a ce problème : justifier le spécisme, sans justifier le racisme ; maintenir l'idée de nature, fondée sur la naissance ; l'idée que Nature a donné à l'Homme la plus haute des naissance, la nature d'être libre (rien d'« inné » au-dessus de la ceinture). Aux « animaux » par contre, la nature d'esclaves soumis à l'instinct. Le raciste n'a pas ce problème ; le Blanc et le Noir, le chat et la souris, chacun a sa nature, sa place et son rôle dans l'harmonie naturelle et sociale. Le raciste peut, bien plus facilement que l'anti-, faire le paternaliste et militer à la « défense animale », pour un bon traitement des animaux de boucherie.

Au cri de « Nature avec nous », spécistes racistes et anti- débattent sur l'« inné » et l'« acquis », se disputant sur les signes : les humains ont-ils tous la même intelligence ? Et surtout : les différences d'intelligence sont-elles innées ? La hiérarchie entre humains est-ellevoulue par Nature ? A la recherche des signes les anciens interprétaient le foie des génisses, les modernes interprètent notre cerveau.

La croyance rend aveugle et ce débat peut durer. Mais pour le non aveugle la réponse est vite vue : 1. les humains ne sont pas plus égaux en intelligence qu'en autre chose ; 2. l'intelligence résulte, comme toute caractéristique d'un être vivant, d'une conjonction de causes génétiques et environnementales, et donc les gènes peuvent causer des différences d'intelligence. Les faits sont connus de tous. Et s'ils justifient le racisme, alors le racisme est juste et le spécisme l'est aussi. S'ils ne justifient pas le racisme, alors rien ne justifie ni le racisme, ni le spécisme.

Page de livre d'éducation catholique

Les signes qui montrent la présence de l'âme, d'après l'Abbé Bouvet, dansPremières Notions d'instruction religieuse et Leçons de choses religieuses, 1938.

Les humains ne sont pas égaux en intelligence

Ce n'est pas que je tienne particulièrement à définir l'intelligence. Si on préfère ne pas en parler en considérant qu'elle ne peut pas se définir, qu'on n'en parle pas, ni pour comparer les humains entre eux, ni pour comparer les humains et les autres animaux. D'un autre côté, on peut bien aussi en parler, sans avoir besoin d'une définition en béton. Je n'ai pas besoin de définition précise de la longueur du cou pour comparer celle des girafes à la mienne. Et pour peu que l'on veuille donner le moindre sens à ce mot, il est clair que certains humains sont plus intelligents que d'autres.

Il existe de nombreux humains handicapés mentaux profonds. On me dira peut-être, pensant les sauver du mépris, qu'ils sont intelligents à leur manière. Mais si on veut dire cela, ce ne peut être avec le sens où le mot « intelligence » est employé dans les débats sur son égalité entre Noirs et Blancs.

Il est difficile de comparer l'intelligence d'un chat et d'un chien, et de même d'un humain handicapé mental et d'un chien ; mais il est clair que, quel que soit le critère qu'on voudra prendre, il existe des humains moins intelligents que la plupart des chiens.

Si l'intelligence des humains justifie qu'on ne les traite pas comme des chiens, comment traite-t-on les humains qui sont moins intelligents que les chiens ? Mal, assurément, mais moins mal qu'on ne traite les animaux non humains. Les handicapés font un peu trop penser aux « animaux », tout comme cette Blanche avait honte de ressembler à une Noire ; mais pour les spécistes, racistes ou anti-, l'intelligence n'est qu'un signe, ce qui importe est la nature : les handicapés, « ce sont quand même des humains ». On tiendra pour scandaleuse l'idée même de les découper pour la recherche ou de les abattre pour la bouffe - ce que subissent tous les jours des millions d'autres animaux.

L'existence des humains handicapés mentaux suffit en elle-même à justifier mon intertitre. On me dira que le débat porte sur l'intelligence des Noirs et des Blancs. On oublie facilement les handicapés, « cas marginaux », un peu comme on oublie les non humains : ils ne manifestent pas dans la rue. Mais leur cas est pertinent : si les spécistes racistes et anti- débattent sur l'intelligence des Blancs et des Noirs, c'est que pour eux l'intelligence a un rapport avec le droit au respect ; il s'ensuit que pour eux les handicapés n'ont droit qu'au mépris.

Pour les Noirs et les Blancs (ou les Français et les Belges), les choses sont moins claires. On ne peut parler que de moyennes : pour les individus, la question est réglée, puisque dans chaque groupe il y a des handicapés mentaux et d'autres qui ne le sont pas. Mais des moyennes de quoi ? Il existe des tests de QI ; on peut les contester, construire d'autres critères, mais, sauf hasard improbable, aucun ne donnera la même moyenne chez deux groupes donnés. On pourra peut-être trouver des critères qui donnent aux Noirs une moyenne supérieure aux Blancs, et d'autres l'inverse ; mais à moins de décider que le critère précis construit pour donner les mêmes moyennes est par définition « le bon test », on aura toujours ceci : quel que soit le sens du mot, l'intelligence des deux groupes n'est pas égale.

Les gènes provoquent des différences d'intelligence entre humains

Personne ne contestera que la différence d'intelligence entre un chien et un humain n'ait des causes génétiques, et donc qu'il y ait un rapport entre l'intelligence et les gènes ; mais c'est entre humains qu'on voudrait que les gènes s'effacent. Pourtant, là encore, on sait le contraire : il y a les « cas marginaux ».

De nombreux handicaps mentaux ont une cause génétique. Par exemple, un certain gène fait naître certains humains phénylcétonuriques. Ils deviennent alors handicapés mentaux profonds et meurent jeunes - sauf qu'aujourd'hui on connaît un régime alimentaire faisant qu'ils se développent comme tout le monde. D'où mon affirmation : l'intelligence résulte, comme tout caractère, d'une conjonction de causes, qu'on peut classer, si on veut, en gènes et environnement. Pour les phénylcétonuriques, on connaît un environnement (régime alimentaire) faisant se développer leur intelligence ; pour d'autres humains, comme pour les chiens, on n'en connaît pas. Mais en quoi cela change-t-il leurnature ? Un phénylcétonurique est-il par nature plus proche d'un humain normal ou d'un chien ? Sa nature dépend-elle de ses gènes ou de son régime alimentaire ? Ou la nature des êtres n'est-elle pas une chimère ?

Et les Blancs et les Noirs ? Le génôme influe - nul ne le conteste - sur la pigmentation des Noirs. Un grand nombre de Noirs vivent dans des régions peu ensoleillées, où cette pigmentation peut entraîner une production insuffisante de vitamine D, donc un risque de rachitisme. Il est possible que le rachitisme perturbe le développement de l'intelligence. Auquel cas, certains Noirs sont moins intelligents pour des causes génétiques, et la moyenne d'intelligence des Noirs est abaissée par des causes génétiques.

Il s'agit là d'une hypothèse, et si elle existe, l'influence en question est probablement faible. Un supplément alimentaire de vitamine D la supprimerait. Mais cet exemple encore est pertinent : si on veut démontrer que la différence génétique entre Blancs et Noirs n'a aucune incidence sur leurs moyennes d'intelligence, il faut pouvoir éliminer tout chemin causal menant de leurs différences génétiques à l'intelligence - et c'est cela qui est totalement invraisemblable. En dix minutes je peux en imaginer dix, pour les Blancs et les Noirs ou pour les Français et les Belges. Il faudrait avoir beaucoup confiance en la bonté, en la volonté antiraciste farouche de Mère Nature pour croire qu'aucune de ces raisons ne se vérifie effectivement, ou que, par enchantement, elles se compensent toutes.

L'idée de l'« égalité génétique » des groupes humains est fausse. Et quel intérêt y a-t-il à la défendre ? Quel rapport avec le racisme ? Le racisme serait-il justifié si d'aventure gènes entraînent pigmentation entraîne manque de vitamine D entraîne rachitisme entraîne moindre intelligence ? Le niveau d'intelligence devient-il une nature dès lors qu'il est causée par les gènes ?

On me dira que ce n'est pas de cela qu'on parle quand on débat sur l'égalité génétique de l'intelligence. Effectivement ; justement ! La génétique réelle, celle dont je parle, c'est une cause et une suite de conséquences ; celle dont on parle habituellement, c'est la génétiquemythique, celle où le gène est notre nature, est notre être, notre vérité, notre essence ; notre destin, l'inaltérable, l'irrémédiable, le voulu par Nature. On voit en la génétique la concrétisation « scientifique » de la mystique ancestrale du sang, de la naissance. Cette génétique-là n'existe pas, n'existe que dans l'esprit des racistes, des sexistes, des spécistes, qui tous veulent débattre de savoir si la nature des Noirs est ou non plus animale que celle des Blancs. Ils peuvent bien continuer à débattre là-dessus entre eux pendant des siècles. Les Noirs sont des animaux comme les Blancs. L'intelligence innée n'existe pas. Il n'y a qu'une intelligenceréelle, les gènes eux-mêmes ne sont pas intelligents, ils n'ont ni volonté ni intention, malgré les tentatives à peine voilées - spécialité des sociobiologistes - pour leur accorder une âme.

Et alors ?

Ils parlent de cette chose dans la tête (...). Quel rapport avec les droits des femmes ou les droits des Noirs ? Si ma tasse ne tient qu'une pinte et la vôtre un litre, ne serait-ce pas méchant de votre part de ne pas me permettre de remplir ma petite demi-mesure ?
Sojourner Truth, féministe noire, devant une convention féministe aux États-Unis en 1850, citée dans Animal Liberation, P. Singer

Pourquoi donc accorde-t-on tant d'importance à l'intelligence ?

Pour son importance réelle, pratique ? On justifie l'accent mis sur elle en disant que la force physique, aujourd'hui, n'a plus grande utilité. L'intelligence est censée rendre un individu utile à la communauté, on la récompenserait par la considération sociale.

Ceux qui sont en haut de l'échelle sociale sont-ils les plus utiles à la communauté ? Je préfère retourner l'explication : dans une société conflictuelle, l'intelligence est une arme. On a dit que « la libération des opprimés sera l'oeuvre des opprimés eux-même », et malheureusement il y a là du vrai. La libération des Noirs américains doit beaucoup à leur propre action, qui n'aurait pas été s'ils n'avaient que l'intelligence des poules. De même, l'idée que les Noirs sont moins intelligents que les Blancs sert à les démoraliser dans leur lutte pour l'égalité sociale.

Une telle inégalité d'intelligence, qu'elle soit « innée » ou « acquise », serait une mauvaise nouvelle - elle rendrait plus difficile la lutte antiraciste. Mais elle ne la rendrait pas injuste. Notre culture mêle un peu trop force et droit au respect. Les Noirs américains ne sont plus esclaves, les poules le sont encore ; l'intelligence des Noirs explique en partie leur libération, ce n'est pas elle qui la justifie.

Image de livre d'initiation au judaïsme

Le signe qui montre qu'on a le droit de les manger, d'après Ch. Szlakmann, dans Le Judaïsme pour débutants, éd. La Découverte, 1985.

L'intelligence permet de « se faire respecter » ; mais surtout, elle a un rôle magique : comme principal signe d'humanitude. Les Noirs sont noirs, les bêtes sont bêtes. Et l'humain tient par dessus tout à son rang d'humain. L'énormité de la souffrance et de la misère que les humains infligent aujourd'hui aux autres animaux est connue de tous. Ce n'est que grâce au spécisme que les humains parviennent à la tenir pour sans importance. Il faut que les bêtes soient totalement autres ; que nous soyons intelligents. Et le fait même que l'intelligence soit une arme de promotion sociale la désigne comme signe : la société elle-même se définit contre les animaux non humains, et la promotion sociale comme une preuve d'humanitude.

Signes à la pelle

On évoque beaucoup de raisons pour justifier ce que les humains font aux autres animaux ; beaucoup trop. Pour leurs inventeurs, la vérité à démontrer est donnée d'avance. Le spéciste les évoque l'une après l'autre ; aucune ne tient debout. N'importe ; dans notre culture profondément spéciste chacune appelle les autres et y puise son soutien, sans que personne ne soupçonne que l'ensemble tient dans le vide.

Ces raisons ne sont pas des raisons, ce ne sont que des signes. Bien sûr personne ne se fatigue trop à montrer en quoi ils justifient la domination des humains sur les autres. Et peu importe que tous aient le même défaut, celui de ne pas inclure tous les humains, sous peine d'inclure aussi des non humains.

Innombrables sont les signes. Tout caractère peut servir, pourvu qu'il semble « noble » et propre aux humains. L'outil était « le propre de l'Homme », jusqu'à la découverte d'un oiseau qui en utilise aussi. Comme il possédait le propre de l'Homme, on a déclaré que la vie de cet oiseau était sacrée comme celle d'un humain. Non, bien sûr, je plaisante ! On aura compris. En mangeant l'oiseau, on a dit : seuls les humainsfabriquent des outils. Mais certains chimpanzés en fabriquent aussi, et ce filon tombe à l'eau.

Autre filon : le langage. On a dit que les animaux n'avaient pas de langage, mais, comme les chiens savent hurler, on a précisé : langagearticulé. Depuis, on a appris à certains singes le langage gestuel des sourd-muets humains, avec syntaxe et tout ça (ils sont moins doués que nous, mais le principe y est), et on a abandonné aussi ce filon-là (on a évité de préciser langage sonore, car les sourds-muets, contrairement aux autistes, savent se défendre eux-mêmes).

Et comment l'absence de langage justifie-t-elle le massacre ? On m'a expliqué que si un être ne peut pas dire qu'il souffre, on ne peut pas le savoir. Pourtant touslesmammifèresmontrentles mêmes signes de souffrance que les humains ; ce serait étonnant que des phénomènes aussi semblables n'aient pas lamêmecause. Peu de sciences seraient possibles si l'on exigeait que leur objet soit doué de parole. Aussi : « Si un être ne peut conceptualiser sa souffrance, celle-ci n'existe pas, elle est purement physique. » Les féministes ont bien montré que pendant des siècles, les femmes ont souffert en silence, parce que les concepts pour exprimer ce qu'elles ressentaient manquaient. Un pas décisif dans leur libération a été de réussir à forger ces concepts pour dire et penser ce qu'elles vivaient. Avant cela, leur souffrance était-elle « purement physique » ?

Critères suivants : « l'animal sait, l'homme sait qu'il sait » (Teilhard de Chardin) ; « l'animal n'a pas la conscience de soi » ; « les humains seuls ont une personnalité unique ». Faux, flou, ou les deux, rien de ça ne résiste à l'examen scientifique le plus simple. Et de toutes façons, ça changerait quoi ? Est-ce savoir qu'on sait ou la « conscience de soi » ou la « personnalité » qui donne sa valeur à la vie ? Ce sont ces « je ne sais quoi » - ces natures - qui justifient les massacres, des poules comme des Juifs.

Il y a aussi « l'instinct animal » opposé à « la raison humaine ». Cette façon de poser le problème témoigne surtout de l'ignorance crasse que les humains ont des autres animaux, de leur connaissance faite de stéréotypes remâchés. Les racistes aussi en général ne savent rien de ceux qu'ils méprisent ; mais les fables racistes et spécistes ne sont que cela : des fables, des façons de dire l'indicible, la nature.

Une idée comme une autre

Il serait très possible d'élever des enfants humains dès la naissance dans un isolement relationnel et sensoriel tel qu'ils ne développeraientaucune des si nobles qualités « proprement humaines ». Élevés dans ces conditions, équivalentes à celles que souffrent les veaux, ils pourraient alors subir le même sort, « parce qu'ils ont été faits pour ça » (« n'ont jamais connu autre chose »). En quoi devrait-on se soucier du sort de tels êtres asociaux incapables de parler, d'utiliser des outils, sans liens affectifs et qui ne savent même pas qu'ils savent ? Si vous trouvez cela scandaleux, je suis d'accord avec vous ; mais si vous ne trouvez pas tout aussi scandaleux ce qu'on fait aux veaux, alors vous êtes spéciste. Vous ne voulez pas que l'on fasse cela aux humains, parce qu'ils sont de votreespèce. Quels arguments pourrez vous alors tenir sérieusement contre un raciste, qui, lui, refuserait que l'on fasse ça à ceux de sa race ?

Les natures cachent le réel

En quoi devrait-on se soucier du sort d'un être quelconque ? Qu'est-ce qui importe pour dire si on doit s'abstenir de lui faire du mal ?

Rien, si on veut. On peut, si on veut, tuer et torturer qui on veut. On peut décider de ne torturer que les Noirs ou les droitiers, si on veut. On peut décider de se torturer soi-même ; mais cela, on le fait rarement. Pourquoi ? parce que ça fait souffrir, ça va à l'encontre de ses propres intérêts.

Éviter de faire mal à autrui, c'est décider d'étendre la considération que l'on a pour ses propres intérêts à ceux d'autrui. L'éthique, ce n'est pas autre chose. Et qu'est-ce qui doit déterminer de qui on prendra en compte les intérêts ? Des Blancs seulement ? Pourquoi des Blancs ? Des êtres intelligents seulement ? Ou sociaux ? Quand on prend en compte ses propres intérêts, on ne se demande pas si on est intelligent ou social. Cela n'a rien à voir avec le problème. Avoir mal ça fait mal, qu'on soit social ou non.

À chaque chose réelle ses conséquences réelles. L'intelligence d'un être importe pour bien des choses, mais n'a aucun rapport avec le fait que c'est grave ou non de lui faire mal. Alors, qu'est-ce qui importe pour cela ?

À chaque chose réelle ses conséquences réelles. Au fait qu'un être puisse avoir mal sa conséquence : éviter de lui faire mal. Ceci indépendamment de toute autre caractéristique de cet être. L'éthique non raciste, non sexiste, non spéciste, c'est celle-là.

Si un être est sensible, peut souffrir ou jouir, sa souffrance et sa jouissance ont la même importance que celle de tout autre. Toute différence d'importance attribuée aux intérêts de deux êtres est nécessairement arbitraire puisque fondée sur quelque chose sans rapport avec la raison pour laquelle on prend en compte ces intérêts, car cette raison est tout simplement leur existence.

La souffrance, c'est la souffrance, le plaisir, c'est le plaisir : c'est là la seule égalité qui m'importe. Si les pierres peuvent souffrir ou jouir, nous devons prendre en compte leur intérêt à ne pas souffrir et à éprouver le bonheur - que chaque pierre ait ou non une « personnalité unique ». Si les pierres ne peuvent souffrir et jouir, comme c'est très probablement le cas, il n'y a rien à prendre en compte.

En pratique, que faire ? A nous qui ne mangeons pas de viande, on reproche souvent avec un sourire narquois de mépriser les plantes ; mais ceux qui si brusquement exhibent leur sympathie pour les plantes en mangent dix fois plus que nous, à travers les animaux qu'ils font élever dans une vie de misère et tuer. N'importe ; nous ne méprisons ni les plantes ni les pierres. Le mépris est une attitude raciste en elle-même. Le mépris juge inférieure la nature d'un être ; moi, m'importe le réel. Le caractère sensible ou non d'un être est un caractère réel. Il m'importe donc de savoir : qui le possède, qui peut souffrir ?

Comment savoir si les plantes ou les pierres peuvent souffrir ? C'est une question difficile à résoudre dans l'absolu, mais dans la pratique il est facile d'aboutir à des conclusions simples. J'y viendrai dans le prochainIRL, mais tout esprit non spéciste sera déjà d'accord avec moi sur ceci : la capacité à souffrir des oiseaux, poissons et mammifères non humains est aussi vraisemblable et assurée que celle des humains. Ceci détermine la première et la plus simple conséquence : cesser de les manger.

 

"ZEITGEIST"

Par Le 26/07/2015

 

Le documentaire le plus essentiel de tous ceux que j'ai vus. 

 

Zeitgeist: Moving Forward (VOSTFR)

Zeitgeist : Moving Forward (Aller de l’avant), réalisé par Peter Joseph, est un film documentaire qui présente un argumentaire en faveur d’une transition qui déboucherait sur l’abandon de l’actuel paradigme socio-économique qui gouverne toutes les sociétés du monde. Ce film transcende le relativisme culturel ainsi que les idéologies traditionnelles et se focalise sur les principaux attributs humains et sociaux, ce « terreau vivant ». Le nouveau paradigme social durable qu’il prône, appelé « économie basée sur les ressources », s’inscrit dans le respect des lois immuables de la nature.

Apparaissent dans ce film des experts dans les domaines de la santé publique, de l’anthropologie, de la neurobiologie, de l’économie, de l’énergie, de la technologie, des sciences humaines et autres domaines ayant trait au fonctionnement socio-culturel. Ses trois thèmes centraux sont le comportement humain, l’économie monétaire et les sciences appliquées.

Dans son ensemble, cette œuvre engagée constitue un modèle de compréhension du paradigme social actuel et explique pourquoi il est impératif d’en sortir. La nouvelle approche sociale radicale, mais néanmoins pratique, qu’elle propose, est fondée sur des connaissances avancées qui permettraient de résoudre les problèmes sociaux auxquels le monde est aujourd’hui confronté.

LA-HAUT : commentaire (2)

Par Le 05/07/2015

Je viens de recevoir ce commentaire sur ma page Facebook et je suis en apesanteur, sur un nuage blanc, cotonneux :)Mille mercis à Laura Millaud pour cet article qui me comble de bonheur. 

 

 

Image 2

"Là-haut" de Thierry LEDRU au éditions A.O(André Odemard)

http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/

« Là-haut » de Thierry LEDRU au éditions AO (André Odemard).

 

Thierry LEDRU, je le suis depuis très longtemps. Depuis l’époque où j’avais envoyé des manuscrits aux éditions Laura Mare chez qui était déjà édité Thierry LEDRU : « Jarwal le lutin » (4 tomes), un roman jeunesse.

Avant, il avait sorti des livres pour adultes.

En parallèle, je lisais son blog où il nous faisait partager sa vision du métier d’instituteur : (En espérant ne pas me tromper) : avant même de leur apprendre à compter il leur enseignait la philosophie ! Beau projet et surtout beau challenge !!

J’ai aussi suivi avec une profonde tristesse son départ de l’éducation nationale. Et son désespoir.

Je ne vous raconte pas sa vie, je ne connais que ce qu’il veut bien nous livrer sur son blog mais plus qu’un autre auteur, (j’en ai eu confirmation après avoir lu « là-haut »), ses livres sont un prolongement de lui-même.

Je n’ai pas lu Le lutin ni les autres.

Ces derniers mois, quelques livres avaient été édités en numérique … mais là, les livres en numérique …. Vraiment je n’y arrive pas. J’aime trop l’objet livre.

Et puis, récemment, « là-haut » a été édité en livre papier et je l’ai commandé. Pourquoi maintenant ? Pourquoi celui-là ? Je l’ignore.

Alors « Là-haut » ….

En quelques mots, un homme, Jean, est victime de l’attentat de St Michel en 1995 et ce livre raconte sa reconstruction. Sa Reconstruction avec un immense R ! On entre dans sa tête et on avance lentement, avec lui. Ses nombreux questionnements : sur sa vie d’avant, le sens de la vie, la mort, Dieu, l’amour, la relation aux autres, la relation avec soi.

Ce n’est pas un livre de plage ou alors vous risquez de griller sans même vous en apercevoir. 

Jean est un personnage attachant, on est heureux de faire ce chemin à ses cotés. En plus, il est courageux psychologiquement, un homme qui essaye de ne pas se mentir, un homme qui écoute plus son cœur que ses peurs !

Dès que la bibliothécaire entre dans l’histoire, la respiration se fait plus légère et le suspens augmente… je n’en dirais pas plus.

C’est un livre qui fait réfléchir à sa propre vie, ses attitudes, ses questions.

Je connais plusieurs personnes qui trouveront de nouvelles pistes de réflexion par rapport à leur propre situation…

Quant à son écriture …c’est du lourd !!! Chaque mot est important, aucune phrase n’est inutile. J’ai eu l’impression que le style s’adaptait aux pensées et à l’évolution de Jean.

Vous l’avez compris c’est un GRAND livre.

 

 

La paix en soi

Par Le 04/07/2015

Croire qu’il serait possible de développer de la compassion sans faire la paix avec sa propre souffrance est purement illusoire et souvent dangereux. Le problème n’est pas de choisir entre « soi » et « les autres », mais de surmonter notre difficulté à établir un rapport juste et réel à notre douleur.
Celui qui n’a pas fait la paix avec lui-même en établissant un rapport d’amitié à sa propre fragilité de fond ne peut que faire souffrir le monde. Et c’est à établir les contours d’une juste vulnérabilité qu’il faut aujourd’hui donner droit si nous voulons penser une éthique consistante, plutôt que nous perdre des considérations abstraites.
— Fabrice Midal

Bilan de la Réforme scolaire

Par Le 03/07/2015

COMPRENDRE LA REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES
 
http://var-contre-reforme-rythmes-scolaires.blogspot.fr/p/comprendre.html
 
Tout le monde s’accorde à dire que l’Ecole en France va mal et qu’il faut la changer.
C’est dans ce cadre de refondation de l’Ecole qu’a été mise en place la réforme des rythmes scolaires.
Elle a été instaurée par décret par Messieurs Ayrault et Peillon le 24 janvier 2013.
Contrairement à une loi qui est étudiée, débattue puis votée par le parlement, un décret est juste imposé par un ministre.
Pour résumer, le « Décret Peillon »  instaure :
·         une demi-journée de classe « supplémentaire » le mercredi matin, ou le samedi matin sur dérogation, soit 9 demi-journées sur la semaine
·         trois heures d’activités périscolaires hebdomadaires supplémentaires, les TAP, Temps d’Activités périscolaires ou NAP, Nouvelles Activités Périscolaires.
·         un calendrier annuel et un nombre d’heures de cours hebdomadaires (24h) inchangés.
·         les journées ne doivent pas compter plus de 5 heures 30 maximum par jour et 3h30 le mercredi matin.
·         La pause méridienne doit durer au minimum 1h30.
·          L’Aide Personnalisée est remplacée par des APC, Activités Pédagogiques Complémentaires : aide pour les élèves en difficulté, aide au travail personnel ou activité de Projet d’Ecole
·         Les mairies et collectivités peuvent remonter un projet d’horaires mais le dernier mot revient au DASEN, Directeur Académique des Services de l’Education Nationale, représentant local du ministre de l’Education Nationale
·         Seuls les établissements publics sont tenus d’appliquer la réforme
En septembre 2013, seules 4000 communes ont choisi de l’appliquer, soit environ 22% des élèves. Elle doit être obligatoire pour tous en septembre 2014.
 
A VOIR :
 
 
CONTRE CETTE REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES
 
 
L’avenir et le bien-être des enfants dépassent tout clivage politique, c’est pourquoi les « Gilets Jaunes » sont sans étiquette et regroupent toutes les personnes qui sont contre la réforme de Mr Peillon sur les rythmes scolaires.
Les « Gilets Jaunes » revendiquent l’ABROGATION du décret Peillon qui met en place cette réforme relative aux rythmes de l’enfant et de l’école.
Non par volonté d’immobilisme, mais dans l’optique de mettre en place une réelle refondation de l’école en CONCERTATION.
 
Nous disons NON à cette réforme Peillon car :
·         L’Insécurité augmente
·         Elle est inefficace
·         Son Coût est prohibitif
 
Dossiers à lire également :
·         La face cachée des TAP (PDF)  Merci Jean Rage
·         Comprendre la réforme (PDF)   Merci Cécile 24
 
I)                  La réforme des rythmes scolaires fatigue les enfants
 
 
Contrairement à ce que pourraient laisser penser certaines études qui ne font pas l’unanimité, cette réforme a été mise en place sans prendre en compte les besoins physiologiques réels des enfants.
Au final, dans les écoles où la réforme s’applique déjà, les sondages le montrent : 86 % des enfants sont plus fatigués !
 
Ø  Une réforme qui ne tient pas compte de l’ensemble des journées des enfants.
 
La réforme raccourcit la journée scolaire des enfants. Cependant, elle allonge leur semaine en les obligeant à se lever 5 jours d’affilée. Ce qui engendre une importante fatigue. De plus, c’est sans prendre en compte la journée globale de l’enfant. Certains enfants dont les parents travaillent sont gardés en périscolaire dès le matin. Ils le sont également à midi et jusque tard le soir.
 
Avec un niveau d'heures de présence en collectivité qui excède souvent celui de leurs propres parents sur leur lieu de travail, cette réforme demande à des enfants âgés de 3 à 10 ans d'avoir la même vie que des adultes !
 
Fatigue aussi car cette réforme enlève le jour de « soupape » nécessaire à ces jeunes enfants ! Car même si certains se levaient déjà pour rejoindre le centre de loisir, la fatigue n’y est pas la même.
 
Ø Une réforme qui bouscule les repères des enfants.
Les TAP ajoutent un adulte référent supplémentaire aux enfants. De plus un même lieu de
vie se retrouve à avoir plusieurs fonctions selon l’heure de la journée. Les enfants sont encore plus déstabilisés qu’avant.
Par ailleurs, selon les modalités d’application de la réforme, les horaires d’une journée à l’autre varient énormément ce qui empêche les enfants de trouver des repères cohérents.
C’est d’autant plus vrai pour les plus jeunes en maternelle où la réforme complexifie l’organisation de la sieste des tout petits, qui leur est pourtant nécessaire. Cette réforme traite les enfants de 3 ans comme ceux de 10 ans.
 
Ø Le comble de cette réforme des rythmes scolaires.
Fatigue également car les horaires programmés sont souvent décidés suivant les ramassages scolaires et non pas pour le bien-être de l'écolier.
 
Fatigue car cette réforme ne touche pas les rythmes scolaires annuels, elle préfère ainsi mettre en avant les demandes des professionnels du tourisme plutôt que le rythme nécessaire aux enfants !
 
Fatigue car cette réforme veut copier sur nos voisins européens en oubliant que nous ne vivons pas dans la même société, que nous avons d'autres mode de vie, des systèmes économiques différents, une législation du travail différente, etc.…
 
Le comble de cette nouvelle organisation du temps scolaire pour soit disant accéder à de nouvelles activités est que les enfants qui pouvaient faire une activité extra scolaire ne peuvent plus le faire, 42 % des enfants déjà dans la réforme ont abandonné leurs activités du mercredi à cause d’une trop grande fatigue accumulée sur la semaine ou du coût des TAP!
 
Cette fatigue est telle que dans l'ensemble des écoles qui ont mis en place la réforme en 2013, 55% des parents envisagent de mettre leurs enfants en écoles privées ! Car elles ne sont pas obligées d’appliquer cette réforme. Sachez que de très nombreuses classes ferment (10 en moyenne par région) faute d’effectif, au profit des écoles privées !
 
A VOIR :
 
II)               La réforme des rythmes scolaires augmente les inégalités
 
Ø La territorialisation de l’Ecole entérine les inégalités.
Cette réforme conduit à transférer une partie de la mission éducative aux collectivités locales. Elle prévoit la mise en place d’un projet éducatif local, différent d’une commune à l’autre, d’une collectivité à l’autre. On va vers une école communale et non nationale. Cette « territorialisation » crée une inégalité entre les élèves, selon que les communes seront riches ou pauvres, ouvre la voie à une école à plusieurs vitesses. De plus chaque commune a ses particularités, qu’elles soient sociales, économiques ou culturelles, qu’elles concernent les moyens de transports ou les locaux disponibles, et ce qui peut s’appliquer dans une ne peut pas forcément s’appliquer dans l’autre.
Certaines communes pourront développer des activités intéressantes, d’autres devront se contenter d’une garderie à peine améliorée, de jeux dans la cour ou même de regarder la télé !
 
Ø La réforme porte atteinte une nouvelle fois au principe de gratuité de l’école !
 
Malgré la meilleure volonté du monde, de nombreuses mairies sont obligées de rendre les activités payantes, fautes de moyens.
Les 50 ou 90€ alloués par l’état ne suffisent pas, surtout avec les diminutions des dotations de l’Etat !
Dès lors appliquer ce décret en respectant les valeurs d’égalité et de gratuité s’avère souvent impossible. Ce sont pourtant les valeurs de l’Ecole Républicaine !
De ce fait, malgré les promesses, dans la réalité, seules les catégories assez aisées de la population ont accès aux activités périscolaires de qualité. Les autres rentrent chez eux, parfois seuls, les parents étant encore au travail, et pour y faire quoi ?
5% des communes  sont d’ores et déjà obligées de faire participer les parents financièrement pour pouvoir proposer des activités alors que l'année dernière ce temps scolaire était gratuit. Il existe donc bien une INÉGALITÉ d'accès aux Temps d'Activités Péri-éducatif, que se soit du point de vue financier ou du point de vue de la qualité des activités.
 
 
Ø Une réforme qui remet en cause la réussite pour tous.
Si l’on observe les 8 modèles de planning mis en avant par le gouvernement en mars 2014 (http://www.education.gouv.fr/cid77491/nouveaux-rythmes-scolaires-des-exemples-emplois-temps.html ), on remarque que:
·         Soit les Activité Pédagogiques Complémentaires sont inexistantes, aucun soutien aux élèves en difficulté ni aide au travail personnel…
·         Soit le seul créneau disponible est lors de la pause méridienne, alors qu’actuellement 2 possibilités sont possibles pour l’Aide Personnalisée
·         Soit les APC sont simultanées aux NAP : lorsque la plupart des enfants vont faire de nouvelles activités ou rentre chez eux, les « élèves en difficulté » vont quant à eux en APC avant de rejoindre leurs petits camarades pour 15 min d’activité !!! Outre que ces enfants sont encore plus stigmatisés, ils vont avoir une journée allégée d’un quart d’heure, continuant à s’enliser encore plus alors que c’est eux qui auraient le plus besoin de cette réforme des rythmes et d’allègement pour apprendre différemment !
 
La réforme ne favorise pas la réussite pour tous !
 
Ø  Une réforme inadaptée aux enfants en situation de handicap
Cette réforme creuse encore les inégalités avec les élèves en situation de handicap qui sont les véritables exclus de cette réforme !
En effet, les professionnels ou bénévoles de l’animation ne sont pas ou peu formés pour les accueillir et les activités ne leurs sont pas adaptées. De plus, durant les temps péri-éducatifs, les enfants handicapés ne peuvent bénéficier du soutien de leur auxiliaire de vie scolaire.
 
Ainsi cette réforme des rythmes scolaires remet en cause :
- le caractère national de l’école publique
- le principe de gratuité
- le principe fondamental d’égalité devant l’instruction.
 
 
 
A VOIR :
 
 
 
III)            La réforme des rythmes scolaires augmente l’insécurité
 
Les incidents se multiplient depuis la rentrée 2013 dans les écoles où la réforme s’est mise en place !
Le manque de moyens,  de locaux, les horaires décalés, la multiplication des intervenants, les différents statuts d’un enfant à l’autre (participe aux Tap ou pas, mange à la cantine ou pas…) et la désorganisation générale induite par ce décret favorise en effet l’apparition d’accidents.  
 
Afin de permettre aux mairies d’embaucher moins de personnel, le gouvernement a mis en place le 2 août 2013, un décret abaissant le taux d’encadrement des animateurs pour les activités périscolaires. Le seuil qui était d'un adulte pour 10 enfants de moins de 6 ans et un pour 14 au-delà de 6 ans, est passé à 1 pour 14 et 1 pour 18. Diminuer le taux d’encadrement c’est augmenter les risques d’accidents au sein des écoles.
 
Notons également que les personnels disponibles pour animer les activités périscolaires ne sont pas nombreux et les mairies pour la plupart sont obligées d’embaucher des personnes peu qualifiées ou des bénévoles. Au final, contrairement aux personnels de l’Education Nationale,  n’importe qui peut s’occuper de nos enfants sans grandes vérifications préalables. Des gens très bien ou d’autres qui peuvent s’avérer peu recommandables… L’Etat désengage sa responsabilité !
Certains syndicats se sont mêmes alarmés de problèmes en matière de sécurité et d’hygiène car les Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) sont désormais dévolus à partir de 15 heures à d’autres activités et ne peuvent plus ni ranger la classe, ni la nettoyer comme ils le faisaient avant.
 
A VOIR :
 
 
 
IV)           La réforme de Mr Peillon sur les rythmes scolaires est inefficace.
 
Ø Cette réforme n’atteindra pas ses objectifs en termes de réussite scolaire !
Elle entend améliorer les résultats scolaires des enfants français et lutter contre la spirale de l’échec scolaire. Or, elle ne peut y arriver.
Déjà,  le niveau scolaire des élèves est influencé par de nombreux facteurs et la question des rythmes n’en est qu’un parmi d’autres plus significatifs comme le contenu des programmes ou la formation des enseignants.
De surcroît, de nombreuses études se contredisent et aucune n’a pu prouver qu’un système, 4 jours ou 4,5 jours, permettent de meilleurs résultats qu’un autre !
D’ailleurs bien des écoles, dans le Rhône et la Loire par exemple, sont aux rythmes des 4 jours depuis 1991 !!! Et cela n’a eu aucune influence comparative sur les résultats des élèves lors des différentes évaluations nationales !
 
Notons également que les résultats PISA, publiés par l’OCDE et souvent évoqués, concernent des enfants qui ont fait leur scolarité en primaire avec des rythmes à 4,5 jours ! Il semble difficile de nous faire croire que revenir à un système de 4,5 jours va permettre l’amélioration des résultats scolaires.
 
Ø Le problème de la semaine de 4 jours : son week-end trop long.
Pourtant les chrono-biologistes et spécialistes sont unanimes : la semaine de 4 jours est délétère pour les enfants. Elle perturbe leurs rythmes biologiques et donc leurs rythmes d’éveil et d’attention nécessaires aux apprentissages.
Ils sont également tous d’accord pour dire que ce qui ne va pas dans cette semaine de 4jours, c’est la trop longue durée du week-end !
Aussi le décret imposé par Mr Peillon ne résout rien !!!
 
 
Ø Des pics d’attention des élèves sur la journée et sur la semaine non exploités.
Concernant les périodes de pic d’attention et d’apprentissage des élèves, notons que faire le choix de placer les temps d’activités périscolaires en fin d’après midi revient à supprimer autant de temps d’apprentissage efficace pour les élèves. C’est pourtant une proposition majeure de ce décret !
 
Si l’on s’intéresse aux pics d’attention sur la semaine, l’incohérence est encore plus flagrante !
Les études (de François Testu par exemple !) nous montrent qu’auparavant, lors de la semaine de 4,5 jours avec le samedi, le pic d’attention sur la semaine était observé le Jeudi ou le vendredi ! C'est-à-dire juste après la pause du mercredi ! Alors que l’attention n’était pas optimale le samedi, malgré trois jours d’école consécutifs !
 
Ø Aucune matinée d’apprentissage supplémentaire !
Comment dès lors affirmer que les enfants « gagnent » une matinée d’apprentissage avec le mercredi matin travaillé ? Si c’est pour que l’attention diminue le reste de la semaine, quel intérêt ?
En effet les témoignages des enseignants et des parents rapportent souvent qu’avec le mercredi travaillé l’attention diminue le jeudi, et encore plus le vendredi !
Pour remédier à ce problème, dans les écoles où la réforme est en place, la plupart des enseignants se retrouvent contraint de faire des matinées « allégées » le mercredi, sans apprentissages.
BILAN : aucune matinée d’apprentissage supplémentaire !
 
Enfin, pour citer une chrono biologiste, Claire Leconte, s’adressant au ministre : « Comment peut-on croire et faire croire que diminuer simplement la journée d'une demi heure – ou de ¾ d'h -  va permettre un mieux apprendre pour tous les enfants  et un mieux-vivre de tous ? Ce n'est pas l'allégement des journées de classe tel que vous le concevez qui permettra d'améliorer l'efficacité des apprentissages, mais bien une meilleure répartition du temps scolaire ».
 
A VOIR :
 
 
 
V)              La réforme des rythmes scolaires coûte très cher aux contribuables
 
Ø  Une réforme qui n’est pas gratuite
La réforme est présentée comme un dispositif proposant des activités gratuites pour tous. Il s’agit d’un leurre. En effet, la collectivité doit financer l’application de la réforme. Et bien que des aides soient proposées, le reste à charge est encore très important et oblige les communes à choisir entre augmenter les impôts locaux ou faire payer les activités aux familles.
La première solution touche de plein fouet le pouvoir d’achat de la population et augmente les inégalités entre communes.
La deuxième creuse les inégalités sociales en remettant en cause le principe de gratuité de l’Ecole. Elle ajoute de nouvelles charges aux familles qui devront peut être renoncer à inscrire leurs enfants à d’autres activités auxquelles ils avaient l’habitude de participer.
 
Ø Des élus pris en étaux.
De nombreux élus se sont déjà ouverts à ce sujet et refusent de faire supporter le poids de ces dépenses aux ménages.
En effet, le financement de cette réforme est le principal point de difficulté exposé par les maires dans sa mise en place, rejoint par la difficulté à trouver des personnels encadrants de qualité pour les TAP et l’organisation des emplois du temps (gestion des transports, des cantines, des locaux, etc..).
 
L’Etat s’est engagé à débloquer un fond d’amorçage de 50 à 90€ par enfant.
La CNAF peut compléter cet apport mais les modalités de demande d’aide restent très complexes et difficiles.
Malgré tout, le coût réel de cette réforme, de 150 à 500€ par enfant selon les sources, à laquelle s’ajoute la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement accordée aux maires, remettent en question l’équilibre budgétaire des communes dans un contexte économique déjà fragile. D’autant plus que l’Etat ne s’est engagé à soutenir les communes que jusqu’en 2015 ! Et après ?
De toutes manières, que ce soit l’Etat, la CNAF ou les mairies qui financent cette réforme des rythmes scolaires, dans tous les cas c’est le contribuable qui paye ! NOUS !
 
A VOIR :
 
 
 
 
VI)           La réforme des rythmes scolaires déstructure l’environnement des enfants (famille, associations…)
 
 
Ø  Une réforme qui déstabilise la cellule familiale 
 
La vie des familles est rythmée par l’école, l’emploi, les loisirs, et ce rythme est actuellement extrêmement soutenu pour les familles dont les deux parents travaillent. Impossible pour la plupart des parents de chercher son enfant à l’école en milieu d’après midi.
Pour trouver un équilibre familial, nombreux sont les parents qui arrivent à se libérer une journée par semaine pour se consacrer à leurs enfants. La réforme telle qu’elle est prévue ne permettra plus ce temps de retrouvailles familiales, d’échanges et d’activités diverses.
 
 
 
 
Ø  Une réforme qui a des conséquences sur tous les modes de garde des enfants
Les assistants maternels qui gardent des nourrissons ne pourront pas réveiller ces derniers pour aller chercher de plus grands enfants à l’école en pleine après-midi à l’heure de la sieste. De ce fait, le risque est important que celles-ci renoncent à accepter des enfants en périscolaire. D’où l’accroissement des difficultés pour les parents de trouver un mode de garde pour leurs enfants alors que cette problématique est déjà très présente et empêche de nombreux parents de travailler tous les deux, faute de mode de garde approprié.
 
Ø  Une réforme qui dévalorise les professionnels de l’animation et de l’éducation populaire
 
Les professionnels et bénévoles de l’animation et de l’éducation populaire ont des compétences et l’ambition de participer à l’épanouissement de l’enfant.
Mais des conditions d’accueil des enfants et de travail inadéquates rendent impossible le développement d’activités de qualité.
Le rabaissement du seuil d’encadrement (décret du 2 août 2013), outre l’insécurité qu’il génère, accentue encore cet état de fait et transforme les activités culturelles, artistiques et sportives en temps de gardiennage.
 
Par ailleurs, les mairies expriment leurs difficultés à recruter des animateurs (pas toujours formés), pour ces emplois précaires, non valorisés et sous payés, car oui qui accepterait d'être payé ¾ d'heure par jour, 4 jours par semaine ?
 
De plus la réforme Peillon installe la confusion entre les missions d’Education Nationale et celles du périscolaire, la concurrence entre enseignant et animateur, au détriment de la qualité éducative.
 
Ø  Une réforme qui nuit à la vie associative culturelle, artistique ou sportive
Le coût de la réforme qui diminue le budget des familles, associé à la fatigue accumulée par les enfants dans la semaine, réduisent d’autant les possibilités des parents d’inscrire leurs enfants aux activités extrascolaires qu’ils pratiquaient déjà ou qu’ils voudraient choisir. 
Le coût de la réforme diminue aussi le budget des communes qui ne pourront plus subventionner autant les associations sportives et culturelles locales.
De plus, la disparition du mercredi matin libéré diminue les créneaux horaires utilisables et oblige de nombreuses associations à supprimer les activités prévues dans ces moments.
Par ailleurs, à cause des mauvaises conditions de travail induites par cette réforme, la faible qualité des activités développées en TAP risque de ne pas rendre justice à ces disciplines, alors qu’elles  sont source d’épanouissement pour les enfants lorsqu’elles sont développées dans leur cadre habituel.
 
Ø  Une réforme qui détruit les initiatives locales de qualité
Depuis près d’une vingtaine d’années, de nombreuses communes ont développé des projets de qualité afin d’améliorer les rythmes de l’enfant (ex : ville de Munster, 68).
Ces projets sont élaborés dans la concertation, sont reconnus de tous et pérennisés.
Malheureusement, ils ne rentrent pas dans le cadre du décret 2013 sur la réforme des rythmes scolaires. Ces initiatives se verront donc stoppées faute de moyens et de validation de l’Education Nationale, et remplacées par un dispositif d’une moindre qualité.
 
A VOIR :
 
 
VII)        Une réforme imposée
 
Ø  Une réforme décidée dans la précipitation

Annoncée lors du discours d’investiture de François Hollande le 6 mai 2012, la réforme aura mis moins de 9 mois à voir le jour.  Son décret d’application est paru le 26 janvier 2013. Ce temps aura-t-il suffit pour réfléchir aux conséquences d’une telle décision sur le quotidien de millions de familles ?
 
Mr Peillon se défend pourtant de toute précipitation arguant que le gouvernement de droite avant lui voulait déjà la mettre en place.
En effet Luc Chatel son prédécesseur avait mené une grande concertation qui aboutit au rapport Tabarlot, dont les grandes lignes sont similaires à la réforme de Mr Peillon.
Cependant, rien n’avait été mis en place.
Interrogé sur la réforme des rythmes scolaires de son successeur, Luc Chatel estime qu’elle est bonne sur le principe mais que le gouvernement en a négligé certains aspects.
En effet tout le monde est d’accord sur le principe : l’école française va mal et doit être réformée, les rythmes scolaires sont un des facteurs de ce changement.
« Vous avez une bonne réforme mais mal pilotée parce que le gouvernement a péché par excès de confiance et a négligé des sujets » a déclaré Luc Chatel le lundi 18 novembre 2013 au micro de RTL.
 « En premier le contenu : qu'est-ce qu'on fait pendant les heures où il n'y a pas cours ? Ensuite le personnel : il y a un problème de recrutement du personnel encadrant. Et enfin la question du coût. »
 
Vincent Peillon avance également que tous les acteurs ont été concertés pour la mise en place de cette réforme.
"La réforme des rythmes sco­laire a été pré­pa­rée en concer­ta­tion avec les pro­fes­sion­nels de l'éducation et les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales", avançait-il notamment.
Pourtant…
 
Ø  Une réforme appliquée sans la concertation des principaux acteurs

Si les syndicats d’enseignants et associations majoritaires ont pu être consultés lors de la mise en place de la réforme, celle-ci a été imposéesans qu’aucune réelle concertation n’ait été proposée à l’ensemble des parents, enseignants, animateurs ou élus afin de construire ensemble un dispositif pertinent et réalisable. Ce sont pourtant ces personnes qui, chaque jour, œuvrent pour le bien-être et l’avenir de nos enfants.
 
« Pendant l'été 2012 tous les acteurs du système éducatif ont été consultés » grâce à un questionnaire en ligne…

Les enseignants, principaux acteurs de "terrain" auraient été consultés pendant leurs congés ? C'est peut être pour cela qu'ils ont eu le sentiment qu'on ne leur a rien demandé : la concertation a eu lieu, c'est vrai, mais sans eux, et sans beaucoup de monde d'ailleurs...

Il y a concertation et concertation... Mettre en place un site internet et recueillir les avis de ceux qui se sentent concernés (et surtout qui sont au courant de cette possibilité !) c'est une chose, dégager des heures dans les emplois du temps de tous les professeurs d'école afin qu'ils donnent leur avis sur une question c'en est une autre !
Mr Peillon (qui ne fait pas toujours n'importe quoi) a mis en place cette réelle concertation pour  l'élaboration des nouveaux programmes, mais cela n'a assurément pas eu lieu pour les rythmes scolaires: seules les "hautes sphères" ont été consultées...
 
Depuis plus de 20 ans les recherches et rapports sur les rythmes de l’enfant se succèdent… sans jamais obtenir de vrai consensus, sans jamais réussir formellement à prouver qu'une organisation vaut mieux que l'autre quant aux résultats scolaires.... certainement une des raisons (hormis le côté "pratique") qui a fait que si peu de gens se sont mobilisés lors du passage à la semaine de 4j. 
 
 
Ø Les instances consultées sont non représentatives.
 
On peut noter une certaine incohérence lorsque Vincent Peillon prétend avoir la majorité qui le soutien.
Pour les parents d’élèves par exemple, la FCPE, dont le président Mr Roault affirme être favorable à cette réforme, ne représente que 15,49% des parents du primaire !
 
Pour les enseignants, seulement 25% d’entre eux sont syndiqués. Le syndicat majoritaire, le SNUipp, malgré quelques incohérences du fait d’être dans le comité de suivi de cette réforme, relate fréquemment les dysfonctionnements du décret Peillon.
 
En fait de nombreuses instances se positionnent contre cette réforme (PEEP) et même pour l’abrogation de ce décret (SNE, SNUDI FO…), ainsi que de nombreux élus et énormément de personnes non représentées se regroupant autour du symbole des gilets jaunes, symbole de sécurité pour nos enfants, car nous veillons sur leur bien-être et leur avenir.
 
Ø Un décret et non une loi
Et pourquoi d’ailleurs choisir un décret comme support à une supposée refondation de l’école ? Ce sujet n’est-il pas assez important pour nécessiter une loi qui l'officialise ?
Certains élus interrogent  à ce sujet : « Est-ce d’ailleurs un hasard si le gouvernement est passé par un décret et non par une loi pour faire passer ce texte ? Il s’agit d’un transfert non financé de compétences de l’État aux communes, ce qui n’est pas constitutionnel. Or une loi aurait pu faire l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel et probablement d’une censure sur la base de l’article 72-2 de la Constitution ».
Bien au contraire, c’est une réforme qui nous concerne tous !
La réforme des rythmes scolaire, au-delà de l’école est en fait une réforme de société.
Elle implique l’éducation nationale et ses acteurs  bien sûr, mais aussi les parents et donc les entreprises dans lesquelles ils travaillent (possibilité de libérer un jour ou pas, de venir chercher les enfants à 16h30 ou pas…), les transports, le tourisme, la santé, le sport, la culture…
En ce sens, elle nécessiterait même un référendum pour sa mise en place !
 
Dans une République, les lois doivent être issues du peuple, pour une plus grande égalité et une plus grande justice, et non leur être imposées comme dans une dictature.
 
 
A VOIR :
 
 
CONCLUSION :
La refondation de l’Ecole de la République est nécessaire.
En ce sens, la  réforme des rythmes scolaire semble utile mais sa complexité, son coût prohibitif et son manque d’efficacité posent des questions quant à sa priorité.
Quoi qu’il en soit, ce décret mis en place par Messieurs Peillon et Ayrault crée plus de dysfonctionnements et d’inégalités qu’il n’en résout.
C’est pourquoi nous demandons son abrogation, afin de rouvrir le chantier de la réflexion sur les temps de l’enfant, dans une réelle concertation.
 

Article : Revue INEXPLORE

Par Le 29/06/2015

UNE BELLE SURPRISE !
J'ai reçu le dernier numéro de la revue "INEXPLORE" et en arrivant sur la page "LIVRES", j'ai vu ça émoticône smile C'est la première fois qu'un de mes romans a un article dans une revue de cette ampleur. J'avais envoyé un exemplaire sans trop y croire au vu du nombre de demandes qu'ils reçoivent. Je suis donc très heureux.

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LA-HAUT: Commentaire (1)

Par Le 28/06/2015

 

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5.0 étoiles sur 5 Tout simplement magnifique, 28 juin 2015
Par ValJ - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Là-haut (Format Kindle)

 

"Pour tout dire, je ne lisais plus depuis Noël car j'avais été déçue par un recueil de nouvelles de Jean-Philippe Toussaint et par le dernier Laurent Gounelle (un peu trop commercial à mon goût), mais là je me suis régalée. Cet auteur n'a rien à envier aux plus "grands", c'est beau, tout simplement, donc ça touche, forcément."
 

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"Lady Divine"

Par Le 26/06/2015

Lady Divine Lyrics   /  Alela Diane

 

 
 

​

When the day, when the day falls to the light
At the end, oh the end of my time
I call to the dark take the bones off my back
And I chant to the black you were my lady divine

'Cause my children are in hiding
Mortor and pestle they grind

Those songs whistled through white teeth do scuff the days
With songs for children to sing
Those songs whistled through white teeth do scuff the days
With songs for children to sing

When the chairs are tucked into the fading song
And the silver of their pours has grown long
Oh, they call to the dark, take the bones off my back
And they chant to the black you were my lady divine
And they bloat like a bitter wine in their bellies

'Cause the bones have been removed
From their hunched over backs
And their children are all grown now
Mortor and pestle they grind

Those songs whistled through white teeth still scuff the days
With songs for children to sing
Those songs whistled through white teeth still scuff the days
With songs for children to sing
Those songs for children to sing



Read more: Alela Diane - Lady Divine Lyrics | MetroLyrics 

 

A votre santé...

Par Le 26/06/2015

 

Il suffit de regarder les jeunes à la sortie du lycée et même déjà du collège pour avoir une idée des dégâts...

 

par Bruno Rougier vendredi 26 juin 2015 07:19
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Nash est l’appellation d’une nouvelle maladie touchant surtout les personnes obèses ou en surpoids. C’est une cirrhose ou un cancer du foie dû à l’alimentation et notamment aux boissons sucrées.

Nash, pour Non alcoholic steato hepatitis, désigne une cirrhose qui n’est pas due à l’alcool mais à une alimentation autrement dangereuse. Elle proviendrait notamment des boissons chargées en sucre. A Paris jeudi, 250 médecins réunis à l’Institut Pasteur ont lancé l’alerte.

Le sucre peut provoquer une cirrhose

 

La maladie qui inquiète les spécialistes des maladies du foie évolue en silence. Elle est difficile à repérer mais ses conséquences peuvent être dramatiques puisque 10 % des personnes qui en sont atteintes peuvent développer une cirrhose ou un cancer du foie.
Les médecins ont maintenant bien repéré ses causes. Nash se déclenche à cause d’une alimentation beaucoup trop riche en graisses saturées. Elle peut aussi venir d’une consommation exagérée de boissons sucrées.
Le professeur Lawrence Serfati est hépatologue à l'hôpital Saint-Antoine de Paris. Ce spécialiste confirme que "le sucre peut provoquer une cirrhose".

"Nous avons l’exemple de patients qui ne boivent pas d’alcool et qui ont une cirrhose, parfois même un cancer du foie. Et quand on recherche les facteurs de risque, on les retrouve dans l’alimentation. Ce sont des patients qui ont pris beaucoup de sucre. En particulier, un patient qui buvait énormément de sodas, alors qu’il ne buvait pas une goutte d’alcool s’est retrouvé avec une cirrhose."

Nash, la nouvelle maladie qui inquiète les spécialistes du foie : un reportage de Bruno Rougier

Pour le moment, la maladie ne dispose d'aucun traitement spécifique. Les  spécialistes espèrent disposer de nouveaux moyens pour la combattre d'ici deux à trois ans. Pour le professeur Serfati, il est nécessaire de mettre l’accent sur le comportement alimentaire."Il faut éduquer nos enfants" dit-il et notamment sur "la consommation de boissons sucrées, de sodas".                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

 

 

 

Condamner l'Etat

Par Le 26/06/2015

Une décision historique : un tribunal néerlandais impose à l’Etat d’agir contre le changement climatique

25 juin 2015 / Andrea Barolini (Reporterre) 
 

  

 
   
 
 

C’est une victoire historique pour la population néerlandaise et européenne. Un tribunal de La Haye, saisi par neuf cents citoyens, a condamné mercredi 24 juin l’Etat néerlandais à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. « Le gouvernement sera maintenant obligé à changer ses politiques, étant donné que les juges ont ordonné une baisse des émissions de CO2 d’ici 2020 de 25 % par rapport au niveau de 1990. Il s’agit d’une décision contraignante », explique àReporterre Dennis Van Berkel, de l’organisation non gouvernementale Urgenda, qui a coordonné l’action judiciaire. Les 900 plaignants hollandais avaient demandé à la justice de qualifier de« violation des droits de l’homme » un réchauffement climatique supérieur à 2ºC avant la fin du siècle.

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La joie des militants d’Urgenda à la sortie du procès

Le tribunal, explique Urgenda dans un communiqué, a en effet rappelé que l’Etat est « obligé par la loi à protéger ses citoyens ». L’Etat néerlandais n’a en effet jusqu’à présent pas officialisé d’engagement précis sur les émissions de gaz à effet de serre du pays, disant vouloir attendre les résultats de la Cop21, la Conférence des Nations unies sur le changement climatique qui aura lieu du 30 novembre au 15 décembre 2015 à Paris. Les Pays-Bas restent, en outre, parmi les moins avancés en Europe en ce qui concerne la production d’énergie issue de sources renouvelables : seuls Malte et Luxembourg font pire.

L’avocat qui a défendu l’Etat dans le procès a déclaré devant la Cour que « les décisions de la justice ne doivent pas interférer avec l’action du gouvernement, parce qu’indiquer un niveau de réduction spécifique suppose des évaluations politiques, dont la responsabilité, dans une démocratie, repose sur les épaules du gouvernement et du parlement ».

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L’audience au tribunal de La Haye

« Dans un pays démocratique basé sur un État de droit, a répondu l’avocat de Urgenda, même un gouvernement élu par le peuple est soumis à la loi. La justice est donc censée imposer ce principe, et corriger l’action du pouvoir publique si nécessaire. »

« Si la politique n’est pas capable de changer l’état des choses, c’est aux juges de se prononcer », avait ajouté Liesbeth van Tongeren, députée du parti Groenlinks (« Gauche verte »).

Le tribunal de La Haye a finalement donné droit aux requêtes des citoyens, en demandant au gouvernement « de faire ce que lui-même avait indiqué nécessaire afin de lutter contre un changement dangereux du climat, et notamment de réduire davantage ses émissions de CO2, alors que sur la base des politiques actuelles, en 2020 on n’arrivera qu’à une baisse de 16 % par rapport à 1990 ».

Cette diminution, poursuit le tribunal, « est présentée comme indispensable par les organisations internationales comme par les scientifiques », et les coûts qu’il faudra soutenir pour atteindre ce but ne s’élèvent pas à des niveaux « inconcevables ». En outre, ajoute Urgenda, « les objectifs sont tout à fait abordables, compte tenu du fait que d’autres pays, comme la Danemark ou l’Allemagne, ont établi des politiques qui garantiront une baisse de leurs émissions à hauteur de 40 % d’ici 2020. »

Si les politiciens n’agissent pas, les juges peuvent intervenir

Afin de partager son expérience, Urgenda est en train de traduire toute la documentation légale en anglais. D’autres organisations de citoyens, en Europe, ont entamé des actions similaires(c’est le cas de la Belgique) ou les préparent, comme en Norvège. « Des millions de personnes déjà frappées par les conséquences du changement climatique espèrent que ceux qui ont causé les émissions nocives interviennent pour les diminuer. Ce verdict leur donne un atout pour préparer leurs actions en justice », dit Marjan Minnesma, directrice d’Urgenda, qui a commencé avec une équipe d’avocats à étudier la plainte en 2013.

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Marjan Minnesma

« Il s’agit d’un jugement révolutionnaire pour la lutte des écologistes », selon Faiza Oulahsen, de Greenpeace Pays-Bas. « Le tribunal néerlandais a été très clair : le gouvernement est obligé par la loi de protéger ses citoyens face aux menaces liées au climat. Maintenant ces actions vont se multiplier dans le monde. Les politiciens qui se retrouveront en décembre à Paris devraient tenir compte de cette sentence. »

Selon Marjan Minnesma, , « le changement climatique est un problème énorme, qui nécessite d’être abordé avec davantage d’efficacité. Et si les politiciens ne s’engagent pas sur ce chemin, ce sont les juges qui interviennent. »

- Regarder la vidéo (en anglais) présentant l’événement, par Urgenda :


Lire aussi : Le mouvement pour une justice poursuivant l’écocide prend de l’ampleur

L'énergie de la sexualité sacrée.

Par Le 25/06/2015

Sexualité, vers l'amour véritable

Libido, désir, jouissance, orgasme, bien-être physique et psychique… Et si la sexualité nous conduisait aussi à une ouverture spirituelle ? De la libération sexuelle à la sexualité consciente.
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Depuis Mai 68, la sexualité a connu bien des révolutions ! Si le mot apparaît au XIXe siècle, c’est seulement au XXe si.cle que la sexualité devient un objet d’études scientifiques, soulevant d’innombrables questions sur son mystère et notre nature érotique. Qu’en est-il vraiment ?

 

Un parfum de déception


La révolution sexuelle voulait délivrer l’individu des freins moraux et sociaux qui, à l’époque, encadraient la sexualité. « Il s’agissait d’aider chacun et chacune à s’ouvrir sans gêne à ses désirs pour améliorer sa vie sexuelle », explique le psychiatre et neuropsychologue Jean-Paul Mialet. Certains objectifs de ce souffle libérateur ont été remplis : « Aujourd’hui, la sexualité n’est plus un sujet tabou, elle s’enseigne même dans les écoles, elle s’est ouverte au débat collectif et individuel : chacun en parle aisément. »

Cette libération du désir et de la sexualité n’efface cependant pas tous les malentendus et les ambiguïtés. « On assiste à un retour des travers du passé, la morale ayant été remplacée par l’obligation de jouir », prévient la Dre Ghislaine Paris, sexologue. L’immense progrès en termes de révolution sexuelle a été la reconnaissance de la femme, non plus comme objet de désir, mais comme un sujet à part entière. Son désir libéré lui appartient et elle a le droit d’en jouir. Mais doit-on confondre droit et obligation ? « La pulsion sexuelle est très puissante », rappelle notre experte, mais s’y soumettre sans réserve est en réalité anxiogène. « L’interdit est structurant ; il redonne un but à la sexualité adulte, qui est d’entrer en relation avec l’autre. » Sans lui, nous resterions piégés dans une sexualité autocentrée et infantile… Une dérive largement en cours, aujourd’hui, qui nous prive d’une autre dimension pressentie de la sexualité restant à découvrir !


 

Un partage, pas une performance


Cette nouvelle liberté chèrement acquise impliquerait donc de nouvelles responsabilités. Ne plus être soumis à des voies toutes tracées est un grand progrès mais nécessite l’effort d’inventer ses propres références, sa propre éthique librement consentie, et de se reposer la question de la sexualité. « Le prochain défi sera sans doute de replacer la sexualité dans son contexte qui n’est pas celui d’une performance mais d’un partage, c’est-à-dire l’expression de l’intimité d’un couple », avance le psychiatre Jean-Paul Mialet. 

En écho, le sexothérapeute Stephen Vasey confirme que de nouveaux besoins émergent dans le secret de son cabinet : plus de lenteur, de détente, et de laisser-faire. « La demande d’une autre façon de se “connecter” en privilégiant une qualité de présence aimante est réelle », ajoute notre expert. L’amour, nous y voilà, le grand absent des discours sur la révolution sexuelle ! Pour la psychanalyste France Schott-Billmann, « nous confondons le désir avec l’amour. Alors que le désir n’en est que l’amorce. Seul l’amour permet d’aller au-delà des corps ».


 

Redonner du sens à la sexualité


Autre point important : notre société manquerait de repères symboliques, d’où la perte de sens en matière de sexualité. Dans son livre Sous la couette, Osho, l’enseignant spirituel sans doute le plus provoquant du XXe siècle, développe son point de vue : « La sexualité, bien plus qu’une réalité biologique, est existentielle ! Le sexe est une des activités données par la nature, qu’on essaye de soumettre aux lois du marché et de notre société de consommation. Alors qu’en réalité, le sexe comme la vie est un mystère que nous avons à décoder, puisqu’il s’agit d’une énergie si vitale que la vie vient de là. »

Dans la tradition du tantra hindou, il existerait un érotisme cosmique lié aux forces élémentaires de la nature, qui s’éveillerait en nous dès lors que nous nous y immergeons. « Je garde un souvenir brûlant d’un petit matin très tôt, en Bretagne, en bord de mer, où je me suis allongée nue sur de grands rochers, offerte à l’océan et au soleil, et où j’ai ressenti un puissant désir qui grandissait à travers mon corps, sans évocation d’aucun partenaire, mais en de profondes connexions avec la nature qui m’entourait », se rappelle Nathalie. Les tribus matriarcales d’autrefois, déjà, vénéraient la femme en tant que ventre cosmique, plein de la force de vie de la terre, et c’est lors de l’union des principes masculin et féminin, que pouvait s’exprimer, la délicieuse pulsation qui anime les éléments. Alors la sexualité, porte de l’amour véritable, devient le prélude à l’expérience spirituelle.

Toutefois, comme le signale la psychanalyste France Schott Billmann, pour qui retrouver le sens de la sexualité est également un enjeu crucial, il va nous falloir dépasser certaines mésententes persistantes : « Nous sommes toujours en butte à ce que le psychanalyste Jacques Lacan appelle “l’impossibilité sexuelle” ». C’est-à-dire que la jouissance féminine est de l’ordre de l’être en quête de l’invisible pour entrer en résonance avec son âme. Tandis que la jouissance phallique, elle, est de l’ordre de l’avoir. Un saut de conscience serait donc nécessaire.


 

Vers une sexualité “consciente”


Il n’y a pas de recette pour accéder à la voie sacrée de la sexualité, simplement des changements intérieurs à opérer. Comme l’acceptation de notre désir, par exemple. D’après la Dre Shakti Malan, diplômée d’anthropologie sociale et enseignante de tantra, « notre relation habituelle au désir est le plus souvent de l’ordre de l’appétit ou du rejet. Si nous acceptons notre désir pour ce qu’il est, sans souhaiter nous en débarrasser, ni chercher un moyen de le satisfaire, le désir lui-même peut devenir un espace, un lieu de pure présence. Alors le désir peut devenir une méditation, et ouvrir la voie de la sexualité consciente. Au registre du sacré, l’éveil de la kundalini est également central. La kundalini, l’énergie vitale en sanscrit, est traditionnellement décrite comme un serpent lové sur luimême, à la base de la colonne vertébrale. Dans la pratique sexuelle ordinaire, cette énergie reste endormie, car on se focalise surtout sur les organes sexuels, et un orgasme à visée de “décharge”. » Dans la pratique sacrée, la kundalini s’éveille, et notre énergie sexuelle commence à s’élever le long de la colonne vertébrale. Là, la dimension corporelle s’efface au profit d’un sentiment de complétude plus vaste, où le coeur et la conscience s’ouvrent ! Pour Dee, l’expérience a été bouleversante : « À un moment des ébats, j’ai ressenti un puissant mais paisible flux qui montait, comme un cordon d’argent qui reliait mon périnée à la suture coronale, j’ai été envahie d’une grande béatitude. »

S’extraire d’une sexualité ordinaire n’est pas si compliqué. Pour Osho, qui avait pour habitude de ne pas offrir de longs apartés discursifs mais d’en proposer l’expérience, il s’agit lors de l’acte sexuel de rester « alerte », c’est-à-dire d’observer ses sensations. « Si vous êtes vigilant, vous ressentirez qu’un nouveau circuit se crée, l’électricité de votre corps se déplace dans une nouvelle direction, circulaire, cette fois. Vous devenez le véhicule d’une énergie vitale qui circule en vous. » Une sensation singulière, très différente de celle d’une simple décharge orgasmique, comme en témoigne Nathalie Vieyra, certifiée en massage tantrique : « Lorsque “l’inspir” et “l’expir” ralentissent alors que l’intensité des contractions orgasmiques s’amplifie, la transformation de l’énergie sexuelle peut avoir lieu. Survient alors la sensation d’un élargissement du champ de conscience avec un afflux de lumière au niveau du 3e oeil, et d’une fusion énergétique avec l’autre et le monde qui nous entoure. » Alors la possibilité de ne faire qu’un avec son partenaire est possible, quelque chose qui nous dépasse se produit : l’énergie sexuelle devient une énergie de méditation.

Si l’on considère que l’épanouissement sexuel est bel et bien une composante majeure de l’équilibre personnel, tant sur le plan du développement physique, psychologique, émotionnel que spirituel, le sujet mérite réflexion, et surtout de nouvelles explorations ! Comme une nouvelle discipline spirituelle, en quelque sorte.

 

L'Orgasme

Impossible de parler de sexualité sans évoquer l’orgasme. Perçu comme le paroxysme du plaisir, ses effets peuvent s’avérer surprenants.
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© Piotr Marcinski
L’orgasme, explosion intense de plaisir dans le corps, fruit de l’amplification du désir et de l’excitation, est généralement considéré comme étant l’objectif à atteindre dans la sexualité. Il en serait le « clou du spectacle », le bouquet final. Alors, cette jouissance hante nos psychés, nos corps, tout autant que nos clips publicitaires. Nous le voulons. Toutefois, l’orgasme tel qu’habituellement médiatisé ressemble parfois à une sorte d’arnaque du monde moderne. Derrière cette jouissance présentée comme un big bang bling-bling, se cache un phénomène notable et que nul ne sait réellement définir.

La médecine, par exemple, décrit ses manifestations les plus communes : contractions musculaires du périnée et des organes sexuels, modification de charges électriques dans la zone génitale, décharge de fluides chez la femme et éjaculation chez l’homme – bien que facultatifs. Le tout serait épicé d’une production hormonale qui favoriserait la sensation de plaisir et, bien sûr, de certains facteurs psychologiques. Cependant, la revue scientifique Clinical Psychology Review liste 26 descriptions de cette apogée sexuel sans qu’aucun consensus ne soit trouvé. « Pour l’instant, il n’y a pas de définition cohérente de l’orgasme », confirme le sexologue Jean-Claude Piquard, auteur de Les Deux Extases sexuelles. « Finalement j’ai eu un orgasme. Mais mon docteur m’a dit que ce n’était pas le bon », plaisante Woody Allen. L’orgasme ne serait-il pas alors avant tout une expérience de lâcher-prise que chacun expérimente à sa manière ?
C’est ce que pense Wilhelm Reich, médecin psychanalyste, auteur de La Fonction de l’orgasme et précurseur des recherches sur ce phénomène mystérieux. Pour lui, l’orgasme se produit lorsque la montée en puissance de l’énergie sexuelle dans le corps lâche d’un coup. Cette « petite mort » marquerait le passage d’une tension quasi insoutenable à une relaxation soudaine. Au-delà de ces symptômes variables, l’orgasme serait avant tout un abandon de soi. Une expérience divinement jouissive. « Reich a défini la courbe de l’orgasme en montrant comment au moment de l’acmé, le corps perd tout contrôle et décharge l’énergie accumulée, provoquant tout un tas de réactions », détaille le Dr Michel Heller, psychologue et auteur de Psychothérapies corporelles, Fondements et méthodes.

 

Revitalisés des pieds à la tête


Reich note aussi au passage que l’énergie libérée cherche à irriguer notre organisme. Allant bien au-delà des parties génitales, ce grand lâcher-prise pourrait potentiellement nous permettre d’être revitalisés de la tête aux pieds par un flux puissant d’énergie vitale. Ceci aurait de multiples effets bénéfiques sur notre santé. Cependant, le psychanalyste fait le constat de « cuirasses » qui agissent comme des barrages à cette circulation. Construites par tout un chacun pour se protéger des difficultés de la vie, elles se trouveraient au niveau physiologique (cuirasse musculaire) et psychologique (cuirasse caractérielle).
Le psychanalyste insiste alors sur la nécessité de les nettoyer en soulignant que l’orgasme en serait à la fois un moyen et un résultat. Plus nous sommes libérés de nos tensions, plus l’orgasme peut prendre de l’ampleur. Plus il prend de l’ampleur, plus l’énergie qu’il génère nettoie les barrages qu’elle rencontre. « Reich considérait l’orgasme comme une sorte de mécanisme de nettoyage de nos cuirasses. Il le voyait un peu comme un phénomène de réinitialisation de nos paramètres », résume le Dr Gérard Guasch, médecin psychanalyste et auteur de Wilhelm Reich : Biographie d’une passion.

 

Ouverture spirituelle


Que se passe-t-il alors lorsque nous acceptons de vivre pleinement cette initiation au lâcher-prise ? Abandon à plus grand que soi dans un plaisir intense. Entrée dans des espaces-temps où les possibles sont surprenants. « Je crois que l’orgasme ouvre à la spiritualité car il nous décharge, ne serait-ce qu’un petit moment, des repères habituels auxquels nous sommes identifiés. Là, nous accédons à d’autres sources, dans lesquelles il semble indéniable qu’il y ait une dimension spirituelle. Nous pouvons alors avoir une sensation de béatitude qui nous fait nous sentir appartenir au cosmos », énonce Gérard Guasch, par ailleurs maitre du tao de la tradition Longmen. De nombreuses traditions spirituelles ont ainsi développé des pratiques permettant de faire de la sexualité un marche-pied vers un élargissement de la conscience.

 

http://www.inrees.com/articles/l-orgasme/

 

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"Le nouveau couple"

Par Le 23/06/2015

Le Nouveau Couple

amerindiens-coupleLe couple dans la voie chamanique/tantrique

Nous avons tous désiré une relation sublime, parfaite avec un être merveilleux. Certains de nous ont réussi du premier coup, d’autres après de multiples échecs, et il y en a encore d’autres qui cherchent. Ne vous en souciez pas, car, comme un ancien proverbe roumain le dit, “chacun a sa partie”. Tôt ou tard, dès que vous allez vous éveiller à la RÉALITÉ, vous arriverez à vous réjouir avec l’être aimé, des plus sublimes aspects de l’Amour.

Il est essentiel de nous rendre compte des fautes typiques souvent commises dans une relation de couple habituelle – ou conventionnelle –, qui est vouée dès le début à l’échec, pour réussir à mettre les bases et bâtir une parfaite relation conforme aux plus profonds de nos idéaux.

Nous vous présentons par la suite un tableau comparatif des deux types de couple, conventionnel et spirituel. Découvrez la phase où vous vous trouvez à présent et soyez prêts pour la suite.

Le couple conventionnel

Processus fermé : Les motivations du couple ne sont pas définies. Le couple se modèle le plus souvent d’après un modèle standard établi par les autres et non d’après ses propres standards intérieurs.
On préfère la sécurité, la stabilité, on évite la transformation, ainsi l’évolution individuelle est très lente. Chacun se force de correspondre à l’image de l’autre sur lui, sans se manifester librement, sans agir comme il sent.

Doute : Le processus fermé produit un manque de confiance en soi et dans l’autre. On devient attaché, dépendant. On a besoin de l’autre pour se mettre en valeur.

Compétition du genre « ne prends pas ma place ». Il apparaît une lutte de pouvoir (qui commande?) et d’autorité, de conflits de rôles. L’intérêt personnel prime. L’égoïsme est “au pouvoir”. On gruge l’énergie de l’autre ce qui provoque une fatigue chronique – un combat constant entre les deux parties qui lutte incessamment pour obtenir de l’énergie l’un de l’autre.

Dépendance : Rôles fixes. Le protocole des relations extérieures est la source de conflits. Chacun a des points de vue différents qu’il veut imposer à l’autre. On se sent séparé, seul, inaccompli. On a peur d’être quitté.

Conditionnements : La dépendance produit des échanges conditionnés. Les rapports sont dirigés d’après des règles, des contrats, des impositions. La relation est basée sur l’idée d’échange: tu donnes si tu as reçu, les attitudes sont préméditées. Manipulation. On anime la jalousie souvent pour nous démontrer l’amour que l’autre ressent pour nous. Une vengeance s’installe entre les deux parties – Un duel continuel pour s’approprier l’autre…

Ennui : On crée des règles parce que les deux ne s’amusent pas ensemble. On entre dans une routine qui endort la créativité et l’invention. Les ressentiments font leur apparition. Chacun commence à croire que l’autre est la cause de son malheur et que pour cela il doit l’éviter.

Insécurité : Ils ont l’impression que “quelque chose ne va pas”, sans savoir exactement de quoi il s’agit, ils ont des sentiments de peur ; instabilité, culpabilité. Ils veulent fonder une famille dans l’espoir de trouver une solution à l’impasse et obtenir plus de stabilité. Ils recherchent des liens matériels ou extérieurs à eux-mêmes pour solidifier leur relation basée sur le superficiel. Un vide intérieur s’installe silencieusement.

Impression d’échec du couple : L’impuissance de changer le cours des choses. Dévalorisation personnelle et de l’autre. Des ressentiments puissants apparaissent, ils peuvent même conduire à des déséquilibres psychiques. Désespoir. Ils ont le sentiment qu’il n’y a plus rien à faire. Ils n’entrevoient plus de voie pour ramener l’harmonie du couple.

Séparation : La seule solution qui apparaisse est la séparation, le divorce.Ils vivent le désespoir et le sentiment aigu de la solitude, qui peut être pourtant l’occasion d’une transformation, d’une découverte possible de l’autonomie et de la liberté.

Le couple tantrique/chamanique

2831639886_1Processus ouvert : On établitclairement le but du cheminement personnel entre les deux parties, on identifie les objectifs communs qui fondent la relation. Il y a reconnaissance réciproque de la liberté de l’autre. On exprime honnêtement et ouvertement ce que chacun est, ce que chacun veut et à ce que chacun aspire. Les transformations sont acceptées, il n’existe pas de jalousie, ainsi l’évolution individuelle est très rapide. Les deux ressentent de la liberté, du bonheur, qu’ils soient ou non ensemble.

Confiance : Un processus ouvert produit la conscience de l’indépendance de chacun des deux amoureux. On n’essaie pas de changer l’autre, mais on l’accepte tel qu’il est et on l’aide par sa présence. Leur maturité émotionnelle est digne de confiance – ils trépassent les ressentiments de jalousie, envie, possession et contrôle.

Entente : Chacun a le même rang, les mêmes responsabilités. On respecte l’espace de l’autre, le besoin d’être ensemble ou seul. Échange de rôles: on est ici pour aider l’autre à évoluer à devenir meilleur en étant un miroir l’un pour l’autre.

Autonomie : Chacun se suffit à soi même, indépendamment de l’autre.L’amour confère de la sécurité. Le couple est ouvert, les relations extérieures sont indépendantes. Il existe donc une meilleure compréhension des “outils” utilisés par chacun pour évoluer (temps passé ensemble: discipline, temps libre, voyages, etc.) ce qui conduit à la spontanéité et à l’harmonie. Ils ont atteint un niveau d’INDIVIDUALITÉ qui leur permet de vivre leur cheminement de façon mature et responsable.

1806559788_small_1Liberté : L’autonomie prend naissance dans la tolérance, le détachement, l’abandon. Il ne s’agit pas de posséder. On explore ensemble, spontanément, l’aventure joyeuse de l’évolution de la conscience à deux. Bonheur, confiance réciproque, harmonie. La relation est simple et amusante.Aucun pouvoir de force ni de contrôle… Ils transcendent et transmutent pas à pas les derniers obstacles de leur cheminement évolutif.
Créativité : Il apparaît spontanément un état de jeu et de bonne disposition entre les deux. Spontanéité, inspiration, amusement. Échange spontané des rôles et de tâches. Ils inventent de nouvelles manières d’aimer. Ils s’amusent ensemble et sont heureux. Le couple joue avec l’énergie sexuelle pour les aider à transmuter leur énergie afin d’ atteindre un niveau d’EXTASE SPIRITUEL UNIQUE.

Sentiment de sécurité : Les deux ont dépassé la peur en affrontant ce qu’elle cachait. L’amour profond conduit à l’apparition du sentiment de stabilité. Il est possible que le désir de fonder une famille apparaisse, mais parce qu’ils sont arrivés à une stabilité. La fusion des âmes confère le sentiment supérieur de la sécurité.

Amour parfait : Sentiment de dévotion et de don de soi. La dévotion honore et éveille l’essence divine dans l’autre, le don de soi est le plaisir de cultiver l’état de bien dans l’autre. Ils existent pour et dans l’amour. L’amour devient cosmique, chacun ressent que l’autre est une partie du DIVIN. Ils honorent l’autre dans sa totalité.

Unité : La relation est DIVINE – Chacun à transcendé son pôle féminin/masculin dans les yeux de l’autre. Il fusionne et accomplit l’idéal de l’amour. La Grâce du moment présent est infini et leur relation devient un état de méditation à l’instant présent.

Source : Lynda Bisson
(Guide tantrique et auteure « Au-delà de l’Amour ou l’Art du tantrisme »)

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Une alliance entre deux libertés, entre deux sujets qui s’inclinent l’un devant l’autre. On n’est plus dans un registre de la complémentarité. L’autre n’est pas là pour combler le manque.
amerindiens-couple-amerindiens-5-imgCe sont deux sujets. Et dans la relation entre ces deux libertés se révèle quelque chose de divin. Ce n’est pas un amour de dépendance, ni un amour de séduction, c’est une alliance qui porte du fruit. Le fruit peut être un enfant, mais aussi une œuvre  – ou bien le plaisir ! -, mais dans tous les cas, c’estune façon de mettre Dieu au monde.Au cœur de la relation elle-même se révèle quelque chose de l’être de Dieu.”
Vous pouvez en parler avec toutes sortes d’experts, artistes ou thérapeutes, dont le travail est axé sur l’amour et le sexe dans leur rapport à la spiritualité. Pour pénétrer le cœur de ce triangle magique – chacun vous le dira à sa façon -, l’équation principale s’avère la plus simple : vivre = aimer.Peut-être parce qu’aimer réunit au plus près l’âme, l’esprit et le corps, et représente le seul chemin de l’incarnation. 
Un amour désincarné signifierait-il quelque chose ?
Par Patrice van Eersel

Source : http://r-eveillez-vous.fr

Transmis par Nadine Jane S.

 

L'illégalité de la dette grecque

Par Le 20/06/2015

 

Traduit par Okéanos – une vieille connaissance :)

Les preuves présentées dans le rapport indiqueraient que la dette issue des plans d’austérité est une violation directe des droits fondamentaux de l’homme. Le comité serait arrivé à la conclusion que la Grèce ne devrait pas payer cette dette parce qu’elle est illégale, illégitime et odieuse.

E. Toussaint présentant un document du FMI qui prouve que le fonds savait que ses mesures augmenteraient la dette grecque.

E. Toussaint présentant un document du FMI qui prouve que le fonds savait que ses mesures augmenteraient la dette grecque.

Le comité sur la vérité sur la dette publique grecque présente aujourd’hui et demain ses premières conclusions. Le rapport sera officiellement publié demain vers 16h. Composé de 9 chapitres, le rapport conclut, sans vraiment beaucoup de surprise, que la dette grecque est en grande partie illégale, illégitime et odieuse.

Ce rapport préliminaire présente une cartographie des problèmes et des questions clés liées à la dette publique grecque, et fait état des violations juridiques associées; il retrace également les fondements juridiques sur lesquels peut se fonder la suspension unilatérale des paiements de la dette.

Les résultats sont présentés en neuf chapitres structurés comme suit (traduction du résumé publié en anglais ici) :

1. la dette avant la troïka

Ce chapitre revient sur les analyses de la croissance de la dette publique grecque depuis les années 1980.

Il conclut que l’augmentation de la dette n’est pas le résultat de dépenses publiques excessives, qui sont en fait restées inférieures aux dépenses publiques des autres pays de la zone euro, mais plutôt en raison des taux extrêmement élevés, des dépenses militaires excessives et injustifiées, de la perte de recettes fiscales due à des sorties illicites de capitaux, de la  recapitalisation  des banques privées, et des déséquilibres internationaux créés par les failles dans la conception de l’Union monétaire elle-même.

L’adoption de l’euro a conduit à une augmentation drastique de la dette privée en Grèce à laquelle les grandes banques privées européennes ainsi que les banques grecques ont été exposées. La crise bancaire a contribué à la crise de la dette souveraine grecque. Le gouvernement de George Papandreou a aidé à présenter les éléments d’une crise bancaire comme une crise de la dette souveraine en 2009 en mettant l’accent et en augmentant le déficit public et la dette.

2. Evolution de la dette publique grecque entre 2010 et 2015,

Ce chapitre conclut que le premier accord de prêt de 2010 a principalement visé le sauvetage des banques privées et a permis aux banques de réduire leur exposition aux obligations d’État grecques.

3. la dette publique grecque en 2015

Ce chapitre présente la nature controversée de la dette actuelle de la Grèce, les principales caractéristiques des prêts, qui sont analysés plus en profondeur dans le chapitre 8.

4. Mécanisme de la dette en Grèce

Ce chapitre révèle les mécanismes des accords qui ont été mis en œuvre depuis mai 2010. Ils ont créé une quantité importante de nouvelle dette, tout en générant des coûts abusifs ainsi que l’approfondissement de la crise.

Les mécanismes révèlent que la majorité des fonds empruntés ont été transférés directement aux institutions financières. Plutôt que de bénéficier à la Grèce, ils ont accéléré le processus de privatisation, par l’utilisation d’instruments financiers .

5. conditionnalités contre la durabilité

Ce chapitre présente comment les créanciers ont imposé des conditions intrusives attachés aux accords de prêt, ce qui a conduit directement à l’impossibilité économique et à l’insoutenabilité de la dette. Ces conditions, sur lesquelles les créanciers insistent encore, ont non seulement contribué à la baisse  du PIB, mais aussi à un emprunt public plus élevé, faisant la dette de la Grèce plus insoutenable encore, mais a également provoqué des changements dramatiques dans la société, et a provoqué une crise humanitaire.

La dette publique de la Grèce peut être considérée comme tout à fait insoutenable à l’heure actuelle.

6. Impact des “programmes de sauvetage” sur les droits de l’homme

Ce chapitre conclut que les mesures mises en œuvre dans le cadre des “plans de sauvetage” ont directement affecté les conditions de vie des personnes et ont violé les droits de l’homme, que la Grèce et ses partenaires sont tenus de respecter, de protéger et de promouvoir en vertu du droit national et international.

Les ajustements drastiques imposés à l’économie grecque et à la société dans son ensemble ont provoqué une détérioration rapide du niveau de vie, et restent incompatibles avec la justice sociale, la cohésion sociale, la démocratie et les droits humains.

7. les questions juridiques entourant les protocoles d’entente et de prêt

Ce chapitre soutient qu’il y a eu violation des droits de l’homme de la part de la Grèce elle-même et des prêteurs que sont les États membres de la zone euro, la Commission européenne, le Parlement Européen, la Banque Centrale et le Fonds monétaire International, qui ont imposé ces mesures à la Grèce.

Tous ces acteurs ont échoué à évaluer les violations des droits de l’homme comme un résultat des politiques qu’ils ont obligés de poursuivre, et ont aussi directement violé la Constitution grecque en dépouillant efficacement la Grèce de la plupart de ses droits souverains.

Les accords contiennent des clauses abusives, qui contraignent la Grèce à capituler sur des aspects importants de sa souveraineté. Ceci est imprimé dans le choix de la loi anglaise comme régissant le droit pour ces accords, ce qui a facilité le contournement de la Constitution grecque et les obligations internationales des droits de l’homme.

Il y a plusieurs indications qui montrent que les parties contractantes ont agi de mauvaise foi, ce qui rendent ces accords invalides.

8. évaluation des dettes illégitimes, odieuses, illégale et la non-viables

Ce chapitre fournit une évaluation de la dette publique grecque selon les définitions relatives à la dette odieuse, illégitime, illégale et non viable adoptées par le Comité.

Ce chapitre conclut que la dette publique grecque, en date de juin 2015 est insoutenable, puisque la Grèce est actuellement incapable de rembourser sa dette sans compromettre gravement sa capacité à remplir ses obligations de base des droits humains. En outre, pour chaque créancier, le rapport fournit des preuves de cas indicatifs de dettes illégales, illégitimes et odieuses.

Dette envers le FMI : Elle doit être considérée comme illégale puisque qu’elle a violé les propres statuts du FMI, et ses conditions enfreignaient la Constitution grecque, le droit international coutumier, et les traités auxquels la Grèce est partie. Elle est également illégitime, puisque les conditions incluses empiétaient sur les obligations en matière de droits de l’homme. Enfin, elle est odieuse puisque le FMI savait que les mesures imposées étaient antidémocratiques, inefficaces, et conduiraient à de graves violations des droits socio-économiques.

Dettes envers la  BCE: Elles doivent être considérées comme illégales car la BCE a sur-intensifié son mandat en imposant l’application des programmes d’ajustement macro-économiques (par exemple la déréglementation du marché du travail) par l’intermédiaire de sa participation à la Troïka. Les dettes envers la BCE sont également illégitimes et odieuses, puisque la principale raison d’être du programme était de servir les intérêts des institutions financières, permettant aux grandes banques privées européennes et grecques de se débarrasser de leurs obligations grecques.

9. les fondations juridiques pour la répudiation et la suspension de la dette souveraine grecque

Ce chapitre présente les options concernant l’annulation de la dette, et en particulier les conditions dans lesquelles un Etat souverain peut exercer le droit de répudiation ou la suspension du paiement de la dette en vertu du droit international.

Plusieurs arguments juridiques permettent à un Etat de répudier unilatéralement sa dette illégale, odieuse et illégitime. Dans le cas de la Grèce, un tel acte unilatéral peut être fondée sur les arguments suivants :

  • la mauvaise foi des créanciers qui ont poussé la Grèce à violer la loi nationale et les obligations internationales relatives aux droits de l’homme;
  • la prééminence des droits humains sur les accords tels que ceux signés par les gouvernements précédents avec les créanciers ou la troïka;
  • la coercition;
  • les clauses abusives qui violent de manière flagrante la souveraineté grecque et violent la Constitution;
  • et enfin, le droit reconnu en droit international à un Etat de prendre des contre-mesures contre les actes illégaux commis par ses créanciers, qui endommagent délibérément sa souveraineté budgétaire, l’obligent à assumer la dette odieuse, illégale et illégitime, violent l’autodétermination économique et les droits humains fondamentaux.

En ce qui concerne la dette insoutenable, chaque État est légalement en droit d’invoquer la nécessité dans des situations exceptionnelles afin de sauvegarder les intérêts essentiels menacés par un péril grave et imminent. Dans une telle situation, l’Etat pourra être dispensé de l’accomplissement de ces obligations internationales qui augmentent le péril, comme cela est le cas avec les contrats de prêts en suspens.

Enfin, les Etats ont le droit de se déclarer unilatéralement insolvable quand le service de leur dette est insoutenable, dans ce cas, ils ne commettent aucun acte illicite et donc n’en portent pas la responsabilité.

La dignité des personnes vaut plus qu’une dette illégale, illégitime, odieuse et insoutenable

Ayant achevé son enquête préliminaire, le Comité estime que la Grèce a été et est la victime d’une attaque préméditée et organisée par le Fonds Monétaire International, la Banque Centrale Européenne, et la Commission Européenne. Cette mission violente, illégale et immorale était exclusivement destinée à transférer la dette privée sur le secteur public.

En mettant ce rapport préliminaire à la disposition des autorités grecques et du peuple grec, le Comité estime avoir rempli la première partie de sa mission telle que définie dans la décision du président du Parlement du 4 Avril 2015. La commission espère que le rapport sera un outil utile pour ceux qui veulent sortir de la logique destructrice de l’austérité et défendre ce qui est aujourd’hui mis en péril : les droits humains, la démocratie, la dignité des peuples, et l’avenir des générations futures.

Source : Okeanos, repris depuis Left.gr, pour Okeanews, le 17 juin 2015.

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Grèce : le rapport sur la dette est une arme utile pour Athènes

Le Comité sur la vérité concernant la dette publique grecque va remettre, ce jeudi 18 juin, son rapport préliminaire à la présidente du parlement hellénique. Un rapport qui soutient la position du gouvernement hellénique.

« Nous sommes parvenus à la conclusion que la Grèce ne doit pas payer sa dette parce qu’elle est illégale, illégitime et odieuse. » C’est la principale conclusion du rapport préliminaire du Comité pour la vérité sur la dette mis en place en avril 2015 par la présidente du parlement grec, Zoé Konstantopoulou. Ce rapport préliminaire (dont on trouvera ici un résumé en français) sera connu dans le détail ce jeudi 18 juin, mais le comité en a présenté dès mercredi les principales conclusions. Des conclusions particulièrement inquiétantes pour les créanciers.

La déconstruction du storytelling européen
Le Comité apporte en effet une déconstruction en règle du storytelling européen sur la Grèce depuis 2010. Rappelons rapidement ce dernier. Le pays a vécu jusqu’en 2009 dans une sorte d’indolence coupable jusqu’à ce que les marchés, censeurs justes et impitoyables, réveillent les Hellènes et les appellent à expier leurs fautes. Le FMI et les Européens sont alors venus au secours des Grecs avec bienveillance, en leur prêtant les sommes nécessaires à leur sauvetage, mais, évidemment, en leur imposant, pour leur propre bien, des « réformes » destinées à les protéger, à l’avenir, de telles crises. Le Comité a, mercredi, rejeté entièrement ce qui apparaît désormais comme un mythe.

Aussi a-t-il rappelé ces faits têtus qui, à eux seuls, réduisent à néant ce storytelling. Le niveau de dépenses publiques grecques est resté, durant toute la période, inférieur à la moyenne européenne. Les raisons de l’explosion de la dette résident ailleurs : jusqu’à l’entrée dans la zone euro, ce sont les taux d’intérêts élevés qui ont fait exploser principalement l’endettement qui avait été contracté par la Grèce pour ramener le niveau de protection sociale du pays à un niveau qui, in fine, est toujours resté en deçà de celui de l’Europe occidentale. Une fois dans la zone euro, la dette publique a été augmentée sous l’effet cette fois de taux anormalement bas et d’une perte de compétitivité brutale. Le Comité insiste aussi sur le niveau « injustifié » des dépenses militaires et l’importance de l’évasion fiscale qui a pesé sur les recettes. Point donc de Grecs paresseux vivant de la dépense publique et comptant sur l’argent « allemand » pour payer.

Surtout, le Comité rappelle que la crise grecque trouve aussi son origine dans l’explosion de l’endettement privé, alimenté par les banques grecques et étrangères dans le pays. Il souligne que le gouvernement de George Papandréou en 2009 s’est évertué “à présenter les éléments d’une crise bancaire en crise de la dette souveraine”. Le Comité confirme ainsi les doutes qui circulaient en Grèce depuis quelques années : ce gouvernement a volontairement intégré, avec la complicité d’Eurostat, des éléments qui ne devaient pas l’être dans le calcul du déficit public et de la dette pour 2009. Le but était d’alimenter le storytelling de la dépense excessive.

Les pressions de 2010 pour une solution imposée
Le Comité souligne ensuite combien le « sauvetage » de 2010 est empreint d’illégalités et de pressions. Il révèle ainsi que le FMI était entièrement conscient à la fois des conséquences sociales des mesures imposées à la Grèce et du caractère insoutenable des « aides » accordées à la Grèce. Ces deux éléments rendent les prêts du FMI à la fois illégaux (le FMI ne peut prêter à un pays qui n’a pas la capacité de rembourser) et illégitimes dans la mesure où les « droits humains » ont été violés par des mesures dont les conséquences sociales étaient clairement évaluées.

Le Comité insiste sur le fait que les Européens et le FMI ont, en 2010, tout fait pour empêcher le gouvernement grec de procéder à une restructuration de sa dette. Il met en avant l’intervention de la BCE qui, dès avril 2010, avait menacé, dans ce cas, de couper l’accès des banques grecques à la liquidité d’urgence, inaugurant ainsi une méthode utilisée encore en Irlande en novembre de la même année, puis à Chypre en mars 2013. En imposant de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes, les Européens ont alors permis aux banques détentrices de dette publique grecque de se désengager massivement, un désengagement encore facilité par les rachats de la BCE dans le cadre du programme SMP de la BCE. Cette méthode a clairement été imposée aux Grecs.

Dette illégale, illégitime et odieuse
Le Comité s’intéresse ensuite dans le détail aux prêts accordés à la Grèce et il estime qu’il y a, dans tous les cas, lieu de plaider leur caractère illégal, illégitime ou odieux. On l’a vu dans le cas du FMI, mais c’est également le cas des dettes détenues par la BCE qui, rappelons-le, sont les seules dettes privées émises avant 2012 à avoir échappé à la restructuration de mars 2012. Le Comité souligne que, dans tous les cas, les conditions imposées à la Grèce pour l’obtention des prêts posent de sérieux problèmes en raison de leur conditionnalité qui a réduit à néant la capacité d’action budgétaire de la Grèce tout en imposant des mesures ayant des conséquences économiques et sociales dramatiques qui, selon le Comité, enfreignent les “droits humains fondamentaux”. Dès lors, cette dette peut être considérée comme odieuse. Le Comité insiste aussi sur l’aspect non démocratique du mémorandum de 2012 qui contourne soigneusement la Constitution hellénique en relevant du droit anglais.

Bases suffisantes pour une annulation ou une suspension
Tous ces arguments permettent au Comité de considérer qu’il existe des bases suffisantes pour annuler unilatéralement une grande partie de la dette grecque ou en suspendre le remboursement. C’est une arme redoutable que le gouvernement grec a désormais à sa disposition. Certes, ce rapport n’engage en rien Alexis Tsipras, et le gouvernement grec se garde bien de le commenter. Mais, dans la partie d’échecs avec les créanciers, c’est un coup redoutable à sa disposition. Sans doute les créanciers n’accepteront-ils jamais les conclusions de ce comité, pas davantage du reste que sa légitimité. Mais en cas de rupture et de conflit ouvert, ce sera un élément décisif. La notion de dette odieuse est désormais bien établie en droit international et, si l’on peut estimer que les membres du comité étaient, au départ, favorables à la Grèce, il est impossible de leur contester leurs compétences juridiques et leur expérience dans ce domaine. Si donc le Comité s’avance autant, c’est que, très clairement, la Grèce a des chances de l’emporter devant un tribunal international, comme ce fut le cas, rappelons-le, de l’Islande qui, dans l’affaire Icesave, a obtenu gain de cause en 2013 contre le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

Arme contre le FMI
Pour le moment, il n’est peut-être pas temps pour Athènes d’utiliser cette arme. Mais elle rééquilibre à point nommé les rapports de force dans le bras de fer avec les créanciers. Surtout, elle va permettre à la Grèce d’utiliser des arguments concrets pour obtenir une restructuration de sa dette. Enfin, elle permet de relativiser les conséquences du défaut vis-à-vis du FMI. Si l’institution de Washington décide de lancer une procédure contre la Grèce en refusant de rééchelonner les échéances, Athènes pourra contester la dette elle-même et le Fonds sera alors dans une position délicate.

Le rapport du Comité n’est donc pas certainement une panacée. Mais c’est un élément nouveau essentiel dans la crise grecque.

Source : Romaric Godin, La Tribune, 18/06/2015

 

116 réponses à La dette grecque est illégale, illégitime et odieuse selon le rapport préliminaire du comité sur la dette

Commentaires recommandés

PascalcsLe 18 juin 2015 à 05h44
 
 

Enfin une base qui expose toute la facette sangsue parasitaire de ce qu’est devenu le monde financier contemporain. On le savais déjà mais avec tous les témoignages factuels qui sortent désormais, la boite de Pandore semble ouverte. On entend déjà les bruits de bottes dans les couloirs du FMI, de la BCE et de tous les bureaux qu’occupe l’oligarchie financière. Assurément, le contre feu va être puissant.

  1. PascalcsLe 18 juin 2015 à 05h44
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    Enfin une base qui expose toute la facette sangsue parasitaire de ce qu’est devenu le monde financier contemporain. On le savais déjà mais avec tous les témoignages factuels qui sortent désormais, la boite de Pandore semble ouverte. On entend déjà les bruits de bottes dans les couloirs du FMI, de la BCE et de tous les bureaux qu’occupe l’oligarchie financière. Assurément, le contre feu va être puissant.

    • davidLe 18 juin 2015 à 10h37
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      Relisez bien cette phrase, elle explicite clairement la raison d’être de l’euro :
      “L’adoption de l’euro a conduit à une augmentation drastique de la dette privée en Grèce à laquelle les grandes banques privées européennes ainsi que les banques grecques ont été exposées”
      Ceci est fort logique car Il y a deux postulats de base en économie :
      1°) La croissance au niveau mondial n’est au final que la croissance de la masse monétaire mondiale donc en gros des dettes. Ces dettes sont crées par des banques privées et refinancées par les banques centrales.
      2°) La double pyramide de crédit de Rueff : Elle se met en place en cas de déséquilibres commerciaux entre deux pays “La balance des paiements du pays émetteur de réserves tend à devenir déficitaire et un cycle auto- aggravé se met en place. Du côté du pays dont les réserves en monnaie pivot se gonflent la banque centrale émet à proportion de la monnaie banque centrale et pousse donc au développement du crédit. Mais comme les réserves sont replacées dans le pays d’origine, elles servent à nouveau à justifier un nouveau round de création monétaire et de dettes”
      Lien : link to cee.e-toile.fr
      Donc en gros, une monnaie unique permet à moindre frais de générer de la dette entre des pays à productivité différente sans casse immédiate. le change n’est plus là pour annuler les dettes relatives.
      Donc Euro = Dette = Croissance (dans un 1er temps)
      Le souci c’est que ces masses de dettes et de créances générés automatiquement finissent par se voir. Si croissance de la masse monétaire = croissance, l’inverse est vrai Recession = décroissance de la masse monétaire. La passation des dettes privées aux Etats et à la BCE n’a été qu’un transfert de la source de récession future à des entités non “capitaliste”… l’honneur est sauf, le système capitaliste bancaire privé est efficient, c’est l’Etat qui ne l’est pas…endetté comme il est.
      Cela s’appelle autrement de l’inversion accusatoire !
      Objectivement, ce système n’est pas foncièrement mauvais et mais rend cyclique la croissance. L’Euro a voulu booster plus loin cette croissance comme un pompier pyromance. Après le shoot vient le manque. Plus on est accros, plus le dégrisement est douloureux.

      • CharlesLe 18 juin 2015 à 15h41
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        Ici un suivi régulier du bras de fer et de ses conséquences possibles ( €, UE, crise bancaire,..):
        link to anti-k.org

    • nyaaLe 18 juin 2015 à 11h00
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      je suis d’accord le contre feu risque d’être extrêmement puissant car le risque pour le système en place c’est la contagion à d’autre pays de la zone euros de la méthode Siriza.
      surtout si la Grèce peut légalement répudier tout ou partie de sa dette devant les instance internationales.

      je m’attend personnellement à un risque de tentative de coup d’état “soft” lors d’une sortie probable de la Grèce de l’euro.
      manifestation pro euros montrer comme étant majoritaire, paralysie du pays puis intervention pour dissoudre l’assembler et mettre en place un pseudo gouvernement d’union nationale

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