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La paix en soi

Par Le 04/07/2015

Croire qu’il serait possible de développer de la compassion sans faire la paix avec sa propre souffrance est purement illusoire et souvent dangereux. Le problème n’est pas de choisir entre « soi » et « les autres », mais de surmonter notre difficulté à établir un rapport juste et réel à notre douleur.
Celui qui n’a pas fait la paix avec lui-même en établissant un rapport d’amitié à sa propre fragilité de fond ne peut que faire souffrir le monde. Et c’est à établir les contours d’une juste vulnérabilité qu’il faut aujourd’hui donner droit si nous voulons penser une éthique consistante, plutôt que nous perdre des considérations abstraites.
— Fabrice Midal

Bilan de la Réforme scolaire

Par Le 03/07/2015

COMPRENDRE LA REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES
 
http://var-contre-reforme-rythmes-scolaires.blogspot.fr/p/comprendre.html
 
Tout le monde s’accorde à dire que l’Ecole en France va mal et qu’il faut la changer.
C’est dans ce cadre de refondation de l’Ecole qu’a été mise en place la réforme des rythmes scolaires.
Elle a été instaurée par décret par Messieurs Ayrault et Peillon le 24 janvier 2013.
Contrairement à une loi qui est étudiée, débattue puis votée par le parlement, un décret est juste imposé par un ministre.
Pour résumer, le « Décret Peillon »  instaure :
·         une demi-journée de classe « supplémentaire » le mercredi matin, ou le samedi matin sur dérogation, soit 9 demi-journées sur la semaine
·         trois heures d’activités périscolaires hebdomadaires supplémentaires, les TAP, Temps d’Activités périscolaires ou NAP, Nouvelles Activités Périscolaires.
·         un calendrier annuel et un nombre d’heures de cours hebdomadaires (24h) inchangés.
·         les journées ne doivent pas compter plus de 5 heures 30 maximum par jour et 3h30 le mercredi matin.
·         La pause méridienne doit durer au minimum 1h30.
·          L’Aide Personnalisée est remplacée par des APC, Activités Pédagogiques Complémentaires : aide pour les élèves en difficulté, aide au travail personnel ou activité de Projet d’Ecole
·         Les mairies et collectivités peuvent remonter un projet d’horaires mais le dernier mot revient au DASEN, Directeur Académique des Services de l’Education Nationale, représentant local du ministre de l’Education Nationale
·         Seuls les établissements publics sont tenus d’appliquer la réforme
En septembre 2013, seules 4000 communes ont choisi de l’appliquer, soit environ 22% des élèves. Elle doit être obligatoire pour tous en septembre 2014.
 
A VOIR :
 
 
CONTRE CETTE REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES
 
 
L’avenir et le bien-être des enfants dépassent tout clivage politique, c’est pourquoi les « Gilets Jaunes » sont sans étiquette et regroupent toutes les personnes qui sont contre la réforme de Mr Peillon sur les rythmes scolaires.
Les « Gilets Jaunes » revendiquent l’ABROGATION du décret Peillon qui met en place cette réforme relative aux rythmes de l’enfant et de l’école.
Non par volonté d’immobilisme, mais dans l’optique de mettre en place une réelle refondation de l’école en CONCERTATION.
 
Nous disons NON à cette réforme Peillon car :
·         L’Insécurité augmente
·         Elle est inefficace
·         Son Coût est prohibitif
 
Dossiers à lire également :
·         La face cachée des TAP (PDF)  Merci Jean Rage
·         Comprendre la réforme (PDF)   Merci Cécile 24
 
I)                  La réforme des rythmes scolaires fatigue les enfants
 
 
Contrairement à ce que pourraient laisser penser certaines études qui ne font pas l’unanimité, cette réforme a été mise en place sans prendre en compte les besoins physiologiques réels des enfants.
Au final, dans les écoles où la réforme s’applique déjà, les sondages le montrent : 86 % des enfants sont plus fatigués !
 
Ø  Une réforme qui ne tient pas compte de l’ensemble des journées des enfants.
 
La réforme raccourcit la journée scolaire des enfants. Cependant, elle allonge leur semaine en les obligeant à se lever 5 jours d’affilée. Ce qui engendre une importante fatigue. De plus, c’est sans prendre en compte la journée globale de l’enfant. Certains enfants dont les parents travaillent sont gardés en périscolaire dès le matin. Ils le sont également à midi et jusque tard le soir.
 
Avec un niveau d'heures de présence en collectivité qui excède souvent celui de leurs propres parents sur leur lieu de travail, cette réforme demande à des enfants âgés de 3 à 10 ans d'avoir la même vie que des adultes !
 
Fatigue aussi car cette réforme enlève le jour de « soupape » nécessaire à ces jeunes enfants ! Car même si certains se levaient déjà pour rejoindre le centre de loisir, la fatigue n’y est pas la même.
 
Ø Une réforme qui bouscule les repères des enfants.
Les TAP ajoutent un adulte référent supplémentaire aux enfants. De plus un même lieu de
vie se retrouve à avoir plusieurs fonctions selon l’heure de la journée. Les enfants sont encore plus déstabilisés qu’avant.
Par ailleurs, selon les modalités d’application de la réforme, les horaires d’une journée à l’autre varient énormément ce qui empêche les enfants de trouver des repères cohérents.
C’est d’autant plus vrai pour les plus jeunes en maternelle où la réforme complexifie l’organisation de la sieste des tout petits, qui leur est pourtant nécessaire. Cette réforme traite les enfants de 3 ans comme ceux de 10 ans.
 
Ø Le comble de cette réforme des rythmes scolaires.
Fatigue également car les horaires programmés sont souvent décidés suivant les ramassages scolaires et non pas pour le bien-être de l'écolier.
 
Fatigue car cette réforme ne touche pas les rythmes scolaires annuels, elle préfère ainsi mettre en avant les demandes des professionnels du tourisme plutôt que le rythme nécessaire aux enfants !
 
Fatigue car cette réforme veut copier sur nos voisins européens en oubliant que nous ne vivons pas dans la même société, que nous avons d'autres mode de vie, des systèmes économiques différents, une législation du travail différente, etc.…
 
Le comble de cette nouvelle organisation du temps scolaire pour soit disant accéder à de nouvelles activités est que les enfants qui pouvaient faire une activité extra scolaire ne peuvent plus le faire, 42 % des enfants déjà dans la réforme ont abandonné leurs activités du mercredi à cause d’une trop grande fatigue accumulée sur la semaine ou du coût des TAP!
 
Cette fatigue est telle que dans l'ensemble des écoles qui ont mis en place la réforme en 2013, 55% des parents envisagent de mettre leurs enfants en écoles privées ! Car elles ne sont pas obligées d’appliquer cette réforme. Sachez que de très nombreuses classes ferment (10 en moyenne par région) faute d’effectif, au profit des écoles privées !
 
A VOIR :
 
II)               La réforme des rythmes scolaires augmente les inégalités
 
Ø La territorialisation de l’Ecole entérine les inégalités.
Cette réforme conduit à transférer une partie de la mission éducative aux collectivités locales. Elle prévoit la mise en place d’un projet éducatif local, différent d’une commune à l’autre, d’une collectivité à l’autre. On va vers une école communale et non nationale. Cette « territorialisation » crée une inégalité entre les élèves, selon que les communes seront riches ou pauvres, ouvre la voie à une école à plusieurs vitesses. De plus chaque commune a ses particularités, qu’elles soient sociales, économiques ou culturelles, qu’elles concernent les moyens de transports ou les locaux disponibles, et ce qui peut s’appliquer dans une ne peut pas forcément s’appliquer dans l’autre.
Certaines communes pourront développer des activités intéressantes, d’autres devront se contenter d’une garderie à peine améliorée, de jeux dans la cour ou même de regarder la télé !
 
Ø La réforme porte atteinte une nouvelle fois au principe de gratuité de l’école !
 
Malgré la meilleure volonté du monde, de nombreuses mairies sont obligées de rendre les activités payantes, fautes de moyens.
Les 50 ou 90€ alloués par l’état ne suffisent pas, surtout avec les diminutions des dotations de l’Etat !
Dès lors appliquer ce décret en respectant les valeurs d’égalité et de gratuité s’avère souvent impossible. Ce sont pourtant les valeurs de l’Ecole Républicaine !
De ce fait, malgré les promesses, dans la réalité, seules les catégories assez aisées de la population ont accès aux activités périscolaires de qualité. Les autres rentrent chez eux, parfois seuls, les parents étant encore au travail, et pour y faire quoi ?
5% des communes  sont d’ores et déjà obligées de faire participer les parents financièrement pour pouvoir proposer des activités alors que l'année dernière ce temps scolaire était gratuit. Il existe donc bien une INÉGALITÉ d'accès aux Temps d'Activités Péri-éducatif, que se soit du point de vue financier ou du point de vue de la qualité des activités.
 
 
Ø Une réforme qui remet en cause la réussite pour tous.
Si l’on observe les 8 modèles de planning mis en avant par le gouvernement en mars 2014 (http://www.education.gouv.fr/cid77491/nouveaux-rythmes-scolaires-des-exemples-emplois-temps.html ), on remarque que:
·         Soit les Activité Pédagogiques Complémentaires sont inexistantes, aucun soutien aux élèves en difficulté ni aide au travail personnel…
·         Soit le seul créneau disponible est lors de la pause méridienne, alors qu’actuellement 2 possibilités sont possibles pour l’Aide Personnalisée
·         Soit les APC sont simultanées aux NAP : lorsque la plupart des enfants vont faire de nouvelles activités ou rentre chez eux, les « élèves en difficulté » vont quant à eux en APC avant de rejoindre leurs petits camarades pour 15 min d’activité !!! Outre que ces enfants sont encore plus stigmatisés, ils vont avoir une journée allégée d’un quart d’heure, continuant à s’enliser encore plus alors que c’est eux qui auraient le plus besoin de cette réforme des rythmes et d’allègement pour apprendre différemment !
 
La réforme ne favorise pas la réussite pour tous !
 
Ø  Une réforme inadaptée aux enfants en situation de handicap
Cette réforme creuse encore les inégalités avec les élèves en situation de handicap qui sont les véritables exclus de cette réforme !
En effet, les professionnels ou bénévoles de l’animation ne sont pas ou peu formés pour les accueillir et les activités ne leurs sont pas adaptées. De plus, durant les temps péri-éducatifs, les enfants handicapés ne peuvent bénéficier du soutien de leur auxiliaire de vie scolaire.
 
Ainsi cette réforme des rythmes scolaires remet en cause :
- le caractère national de l’école publique
- le principe de gratuité
- le principe fondamental d’égalité devant l’instruction.
 
 
 
A VOIR :
 
 
 
III)            La réforme des rythmes scolaires augmente l’insécurité
 
Les incidents se multiplient depuis la rentrée 2013 dans les écoles où la réforme s’est mise en place !
Le manque de moyens,  de locaux, les horaires décalés, la multiplication des intervenants, les différents statuts d’un enfant à l’autre (participe aux Tap ou pas, mange à la cantine ou pas…) et la désorganisation générale induite par ce décret favorise en effet l’apparition d’accidents.  
 
Afin de permettre aux mairies d’embaucher moins de personnel, le gouvernement a mis en place le 2 août 2013, un décret abaissant le taux d’encadrement des animateurs pour les activités périscolaires. Le seuil qui était d'un adulte pour 10 enfants de moins de 6 ans et un pour 14 au-delà de 6 ans, est passé à 1 pour 14 et 1 pour 18. Diminuer le taux d’encadrement c’est augmenter les risques d’accidents au sein des écoles.
 
Notons également que les personnels disponibles pour animer les activités périscolaires ne sont pas nombreux et les mairies pour la plupart sont obligées d’embaucher des personnes peu qualifiées ou des bénévoles. Au final, contrairement aux personnels de l’Education Nationale,  n’importe qui peut s’occuper de nos enfants sans grandes vérifications préalables. Des gens très bien ou d’autres qui peuvent s’avérer peu recommandables… L’Etat désengage sa responsabilité !
Certains syndicats se sont mêmes alarmés de problèmes en matière de sécurité et d’hygiène car les Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) sont désormais dévolus à partir de 15 heures à d’autres activités et ne peuvent plus ni ranger la classe, ni la nettoyer comme ils le faisaient avant.
 
A VOIR :
 
 
 
IV)           La réforme de Mr Peillon sur les rythmes scolaires est inefficace.
 
Ø Cette réforme n’atteindra pas ses objectifs en termes de réussite scolaire !
Elle entend améliorer les résultats scolaires des enfants français et lutter contre la spirale de l’échec scolaire. Or, elle ne peut y arriver.
Déjà,  le niveau scolaire des élèves est influencé par de nombreux facteurs et la question des rythmes n’en est qu’un parmi d’autres plus significatifs comme le contenu des programmes ou la formation des enseignants.
De surcroît, de nombreuses études se contredisent et aucune n’a pu prouver qu’un système, 4 jours ou 4,5 jours, permettent de meilleurs résultats qu’un autre !
D’ailleurs bien des écoles, dans le Rhône et la Loire par exemple, sont aux rythmes des 4 jours depuis 1991 !!! Et cela n’a eu aucune influence comparative sur les résultats des élèves lors des différentes évaluations nationales !
 
Notons également que les résultats PISA, publiés par l’OCDE et souvent évoqués, concernent des enfants qui ont fait leur scolarité en primaire avec des rythmes à 4,5 jours ! Il semble difficile de nous faire croire que revenir à un système de 4,5 jours va permettre l’amélioration des résultats scolaires.
 
Ø Le problème de la semaine de 4 jours : son week-end trop long.
Pourtant les chrono-biologistes et spécialistes sont unanimes : la semaine de 4 jours est délétère pour les enfants. Elle perturbe leurs rythmes biologiques et donc leurs rythmes d’éveil et d’attention nécessaires aux apprentissages.
Ils sont également tous d’accord pour dire que ce qui ne va pas dans cette semaine de 4jours, c’est la trop longue durée du week-end !
Aussi le décret imposé par Mr Peillon ne résout rien !!!
 
 
Ø Des pics d’attention des élèves sur la journée et sur la semaine non exploités.
Concernant les périodes de pic d’attention et d’apprentissage des élèves, notons que faire le choix de placer les temps d’activités périscolaires en fin d’après midi revient à supprimer autant de temps d’apprentissage efficace pour les élèves. C’est pourtant une proposition majeure de ce décret !
 
Si l’on s’intéresse aux pics d’attention sur la semaine, l’incohérence est encore plus flagrante !
Les études (de François Testu par exemple !) nous montrent qu’auparavant, lors de la semaine de 4,5 jours avec le samedi, le pic d’attention sur la semaine était observé le Jeudi ou le vendredi ! C'est-à-dire juste après la pause du mercredi ! Alors que l’attention n’était pas optimale le samedi, malgré trois jours d’école consécutifs !
 
Ø Aucune matinée d’apprentissage supplémentaire !
Comment dès lors affirmer que les enfants « gagnent » une matinée d’apprentissage avec le mercredi matin travaillé ? Si c’est pour que l’attention diminue le reste de la semaine, quel intérêt ?
En effet les témoignages des enseignants et des parents rapportent souvent qu’avec le mercredi travaillé l’attention diminue le jeudi, et encore plus le vendredi !
Pour remédier à ce problème, dans les écoles où la réforme est en place, la plupart des enseignants se retrouvent contraint de faire des matinées « allégées » le mercredi, sans apprentissages.
BILAN : aucune matinée d’apprentissage supplémentaire !
 
Enfin, pour citer une chrono biologiste, Claire Leconte, s’adressant au ministre : « Comment peut-on croire et faire croire que diminuer simplement la journée d'une demi heure – ou de ¾ d'h -  va permettre un mieux apprendre pour tous les enfants  et un mieux-vivre de tous ? Ce n'est pas l'allégement des journées de classe tel que vous le concevez qui permettra d'améliorer l'efficacité des apprentissages, mais bien une meilleure répartition du temps scolaire ».
 
A VOIR :
 
 
 
V)              La réforme des rythmes scolaires coûte très cher aux contribuables
 
Ø  Une réforme qui n’est pas gratuite
La réforme est présentée comme un dispositif proposant des activités gratuites pour tous. Il s’agit d’un leurre. En effet, la collectivité doit financer l’application de la réforme. Et bien que des aides soient proposées, le reste à charge est encore très important et oblige les communes à choisir entre augmenter les impôts locaux ou faire payer les activités aux familles.
La première solution touche de plein fouet le pouvoir d’achat de la population et augmente les inégalités entre communes.
La deuxième creuse les inégalités sociales en remettant en cause le principe de gratuité de l’Ecole. Elle ajoute de nouvelles charges aux familles qui devront peut être renoncer à inscrire leurs enfants à d’autres activités auxquelles ils avaient l’habitude de participer.
 
Ø Des élus pris en étaux.
De nombreux élus se sont déjà ouverts à ce sujet et refusent de faire supporter le poids de ces dépenses aux ménages.
En effet, le financement de cette réforme est le principal point de difficulté exposé par les maires dans sa mise en place, rejoint par la difficulté à trouver des personnels encadrants de qualité pour les TAP et l’organisation des emplois du temps (gestion des transports, des cantines, des locaux, etc..).
 
L’Etat s’est engagé à débloquer un fond d’amorçage de 50 à 90€ par enfant.
La CNAF peut compléter cet apport mais les modalités de demande d’aide restent très complexes et difficiles.
Malgré tout, le coût réel de cette réforme, de 150 à 500€ par enfant selon les sources, à laquelle s’ajoute la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement accordée aux maires, remettent en question l’équilibre budgétaire des communes dans un contexte économique déjà fragile. D’autant plus que l’Etat ne s’est engagé à soutenir les communes que jusqu’en 2015 ! Et après ?
De toutes manières, que ce soit l’Etat, la CNAF ou les mairies qui financent cette réforme des rythmes scolaires, dans tous les cas c’est le contribuable qui paye ! NOUS !
 
A VOIR :
 
 
 
 
VI)           La réforme des rythmes scolaires déstructure l’environnement des enfants (famille, associations…)
 
 
Ø  Une réforme qui déstabilise la cellule familiale 
 
La vie des familles est rythmée par l’école, l’emploi, les loisirs, et ce rythme est actuellement extrêmement soutenu pour les familles dont les deux parents travaillent. Impossible pour la plupart des parents de chercher son enfant à l’école en milieu d’après midi.
Pour trouver un équilibre familial, nombreux sont les parents qui arrivent à se libérer une journée par semaine pour se consacrer à leurs enfants. La réforme telle qu’elle est prévue ne permettra plus ce temps de retrouvailles familiales, d’échanges et d’activités diverses.
 
 
 
 
Ø  Une réforme qui a des conséquences sur tous les modes de garde des enfants
Les assistants maternels qui gardent des nourrissons ne pourront pas réveiller ces derniers pour aller chercher de plus grands enfants à l’école en pleine après-midi à l’heure de la sieste. De ce fait, le risque est important que celles-ci renoncent à accepter des enfants en périscolaire. D’où l’accroissement des difficultés pour les parents de trouver un mode de garde pour leurs enfants alors que cette problématique est déjà très présente et empêche de nombreux parents de travailler tous les deux, faute de mode de garde approprié.
 
Ø  Une réforme qui dévalorise les professionnels de l’animation et de l’éducation populaire
 
Les professionnels et bénévoles de l’animation et de l’éducation populaire ont des compétences et l’ambition de participer à l’épanouissement de l’enfant.
Mais des conditions d’accueil des enfants et de travail inadéquates rendent impossible le développement d’activités de qualité.
Le rabaissement du seuil d’encadrement (décret du 2 août 2013), outre l’insécurité qu’il génère, accentue encore cet état de fait et transforme les activités culturelles, artistiques et sportives en temps de gardiennage.
 
Par ailleurs, les mairies expriment leurs difficultés à recruter des animateurs (pas toujours formés), pour ces emplois précaires, non valorisés et sous payés, car oui qui accepterait d'être payé ¾ d'heure par jour, 4 jours par semaine ?
 
De plus la réforme Peillon installe la confusion entre les missions d’Education Nationale et celles du périscolaire, la concurrence entre enseignant et animateur, au détriment de la qualité éducative.
 
Ø  Une réforme qui nuit à la vie associative culturelle, artistique ou sportive
Le coût de la réforme qui diminue le budget des familles, associé à la fatigue accumulée par les enfants dans la semaine, réduisent d’autant les possibilités des parents d’inscrire leurs enfants aux activités extrascolaires qu’ils pratiquaient déjà ou qu’ils voudraient choisir. 
Le coût de la réforme diminue aussi le budget des communes qui ne pourront plus subventionner autant les associations sportives et culturelles locales.
De plus, la disparition du mercredi matin libéré diminue les créneaux horaires utilisables et oblige de nombreuses associations à supprimer les activités prévues dans ces moments.
Par ailleurs, à cause des mauvaises conditions de travail induites par cette réforme, la faible qualité des activités développées en TAP risque de ne pas rendre justice à ces disciplines, alors qu’elles  sont source d’épanouissement pour les enfants lorsqu’elles sont développées dans leur cadre habituel.
 
Ø  Une réforme qui détruit les initiatives locales de qualité
Depuis près d’une vingtaine d’années, de nombreuses communes ont développé des projets de qualité afin d’améliorer les rythmes de l’enfant (ex : ville de Munster, 68).
Ces projets sont élaborés dans la concertation, sont reconnus de tous et pérennisés.
Malheureusement, ils ne rentrent pas dans le cadre du décret 2013 sur la réforme des rythmes scolaires. Ces initiatives se verront donc stoppées faute de moyens et de validation de l’Education Nationale, et remplacées par un dispositif d’une moindre qualité.
 
A VOIR :
 
 
VII)        Une réforme imposée
 
Ø  Une réforme décidée dans la précipitation

Annoncée lors du discours d’investiture de François Hollande le 6 mai 2012, la réforme aura mis moins de 9 mois à voir le jour.  Son décret d’application est paru le 26 janvier 2013. Ce temps aura-t-il suffit pour réfléchir aux conséquences d’une telle décision sur le quotidien de millions de familles ?
 
Mr Peillon se défend pourtant de toute précipitation arguant que le gouvernement de droite avant lui voulait déjà la mettre en place.
En effet Luc Chatel son prédécesseur avait mené une grande concertation qui aboutit au rapport Tabarlot, dont les grandes lignes sont similaires à la réforme de Mr Peillon.
Cependant, rien n’avait été mis en place.
Interrogé sur la réforme des rythmes scolaires de son successeur, Luc Chatel estime qu’elle est bonne sur le principe mais que le gouvernement en a négligé certains aspects.
En effet tout le monde est d’accord sur le principe : l’école française va mal et doit être réformée, les rythmes scolaires sont un des facteurs de ce changement.
« Vous avez une bonne réforme mais mal pilotée parce que le gouvernement a péché par excès de confiance et a négligé des sujets » a déclaré Luc Chatel le lundi 18 novembre 2013 au micro de RTL.
 « En premier le contenu : qu'est-ce qu'on fait pendant les heures où il n'y a pas cours ? Ensuite le personnel : il y a un problème de recrutement du personnel encadrant. Et enfin la question du coût. »
 
Vincent Peillon avance également que tous les acteurs ont été concertés pour la mise en place de cette réforme.
"La réforme des rythmes sco­laire a été pré­pa­rée en concer­ta­tion avec les pro­fes­sion­nels de l'éducation et les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales", avançait-il notamment.
Pourtant…
 
Ø  Une réforme appliquée sans la concertation des principaux acteurs

Si les syndicats d’enseignants et associations majoritaires ont pu être consultés lors de la mise en place de la réforme, celle-ci a été imposéesans qu’aucune réelle concertation n’ait été proposée à l’ensemble des parents, enseignants, animateurs ou élus afin de construire ensemble un dispositif pertinent et réalisable. Ce sont pourtant ces personnes qui, chaque jour, œuvrent pour le bien-être et l’avenir de nos enfants.
 
« Pendant l'été 2012 tous les acteurs du système éducatif ont été consultés » grâce à un questionnaire en ligne…

Les enseignants, principaux acteurs de "terrain" auraient été consultés pendant leurs congés ? C'est peut être pour cela qu'ils ont eu le sentiment qu'on ne leur a rien demandé : la concertation a eu lieu, c'est vrai, mais sans eux, et sans beaucoup de monde d'ailleurs...

Il y a concertation et concertation... Mettre en place un site internet et recueillir les avis de ceux qui se sentent concernés (et surtout qui sont au courant de cette possibilité !) c'est une chose, dégager des heures dans les emplois du temps de tous les professeurs d'école afin qu'ils donnent leur avis sur une question c'en est une autre !
Mr Peillon (qui ne fait pas toujours n'importe quoi) a mis en place cette réelle concertation pour  l'élaboration des nouveaux programmes, mais cela n'a assurément pas eu lieu pour les rythmes scolaires: seules les "hautes sphères" ont été consultées...
 
Depuis plus de 20 ans les recherches et rapports sur les rythmes de l’enfant se succèdent… sans jamais obtenir de vrai consensus, sans jamais réussir formellement à prouver qu'une organisation vaut mieux que l'autre quant aux résultats scolaires.... certainement une des raisons (hormis le côté "pratique") qui a fait que si peu de gens se sont mobilisés lors du passage à la semaine de 4j. 
 
 
Ø Les instances consultées sont non représentatives.
 
On peut noter une certaine incohérence lorsque Vincent Peillon prétend avoir la majorité qui le soutien.
Pour les parents d’élèves par exemple, la FCPE, dont le président Mr Roault affirme être favorable à cette réforme, ne représente que 15,49% des parents du primaire !
 
Pour les enseignants, seulement 25% d’entre eux sont syndiqués. Le syndicat majoritaire, le SNUipp, malgré quelques incohérences du fait d’être dans le comité de suivi de cette réforme, relate fréquemment les dysfonctionnements du décret Peillon.
 
En fait de nombreuses instances se positionnent contre cette réforme (PEEP) et même pour l’abrogation de ce décret (SNE, SNUDI FO…), ainsi que de nombreux élus et énormément de personnes non représentées se regroupant autour du symbole des gilets jaunes, symbole de sécurité pour nos enfants, car nous veillons sur leur bien-être et leur avenir.
 
Ø Un décret et non une loi
Et pourquoi d’ailleurs choisir un décret comme support à une supposée refondation de l’école ? Ce sujet n’est-il pas assez important pour nécessiter une loi qui l'officialise ?
Certains élus interrogent  à ce sujet : « Est-ce d’ailleurs un hasard si le gouvernement est passé par un décret et non par une loi pour faire passer ce texte ? Il s’agit d’un transfert non financé de compétences de l’État aux communes, ce qui n’est pas constitutionnel. Or une loi aurait pu faire l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel et probablement d’une censure sur la base de l’article 72-2 de la Constitution ».
Bien au contraire, c’est une réforme qui nous concerne tous !
La réforme des rythmes scolaire, au-delà de l’école est en fait une réforme de société.
Elle implique l’éducation nationale et ses acteurs  bien sûr, mais aussi les parents et donc les entreprises dans lesquelles ils travaillent (possibilité de libérer un jour ou pas, de venir chercher les enfants à 16h30 ou pas…), les transports, le tourisme, la santé, le sport, la culture…
En ce sens, elle nécessiterait même un référendum pour sa mise en place !
 
Dans une République, les lois doivent être issues du peuple, pour une plus grande égalité et une plus grande justice, et non leur être imposées comme dans une dictature.
 
 
A VOIR :
 
 
CONCLUSION :
La refondation de l’Ecole de la République est nécessaire.
En ce sens, la  réforme des rythmes scolaire semble utile mais sa complexité, son coût prohibitif et son manque d’efficacité posent des questions quant à sa priorité.
Quoi qu’il en soit, ce décret mis en place par Messieurs Peillon et Ayrault crée plus de dysfonctionnements et d’inégalités qu’il n’en résout.
C’est pourquoi nous demandons son abrogation, afin de rouvrir le chantier de la réflexion sur les temps de l’enfant, dans une réelle concertation.
 

Article : Revue INEXPLORE

Par Le 29/06/2015

UNE BELLE SURPRISE !
J'ai reçu le dernier numéro de la revue "INEXPLORE" et en arrivant sur la page "LIVRES", j'ai vu ça émoticône smile C'est la première fois qu'un de mes romans a un article dans une revue de cette ampleur. J'avais envoyé un exemplaire sans trop y croire au vu du nombre de demandes qu'ils reçoivent. Je suis donc très heureux.

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LA-HAUT: Commentaire (1)

Par Le 28/06/2015

 

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5.0 étoiles sur 5 Tout simplement magnifique, 28 juin 2015
Par ValJ - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Là-haut (Format Kindle)

 

"Pour tout dire, je ne lisais plus depuis Noël car j'avais été déçue par un recueil de nouvelles de Jean-Philippe Toussaint et par le dernier Laurent Gounelle (un peu trop commercial à mon goût), mais là je me suis régalée. Cet auteur n'a rien à envier aux plus "grands", c'est beau, tout simplement, donc ça touche, forcément."
 

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"Lady Divine"

Par Le 26/06/2015

Lady Divine Lyrics   /  Alela Diane

 

 
 

​

When the day, when the day falls to the light
At the end, oh the end of my time
I call to the dark take the bones off my back
And I chant to the black you were my lady divine

'Cause my children are in hiding
Mortor and pestle they grind

Those songs whistled through white teeth do scuff the days
With songs for children to sing
Those songs whistled through white teeth do scuff the days
With songs for children to sing

When the chairs are tucked into the fading song
And the silver of their pours has grown long
Oh, they call to the dark, take the bones off my back
And they chant to the black you were my lady divine
And they bloat like a bitter wine in their bellies

'Cause the bones have been removed
From their hunched over backs
And their children are all grown now
Mortor and pestle they grind

Those songs whistled through white teeth still scuff the days
With songs for children to sing
Those songs whistled through white teeth still scuff the days
With songs for children to sing
Those songs for children to sing



Read more: Alela Diane - Lady Divine Lyrics | MetroLyrics 

 

A votre santé...

Par Le 26/06/2015

 

Il suffit de regarder les jeunes à la sortie du lycée et même déjà du collège pour avoir une idée des dégâts...

 

par Bruno Rougier vendredi 26 juin 2015 07:19
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Nash est l’appellation d’une nouvelle maladie touchant surtout les personnes obèses ou en surpoids. C’est une cirrhose ou un cancer du foie dû à l’alimentation et notamment aux boissons sucrées.

Nash, pour Non alcoholic steato hepatitis, désigne une cirrhose qui n’est pas due à l’alcool mais à une alimentation autrement dangereuse. Elle proviendrait notamment des boissons chargées en sucre. A Paris jeudi, 250 médecins réunis à l’Institut Pasteur ont lancé l’alerte.

Le sucre peut provoquer une cirrhose

 

La maladie qui inquiète les spécialistes des maladies du foie évolue en silence. Elle est difficile à repérer mais ses conséquences peuvent être dramatiques puisque 10 % des personnes qui en sont atteintes peuvent développer une cirrhose ou un cancer du foie.
Les médecins ont maintenant bien repéré ses causes. Nash se déclenche à cause d’une alimentation beaucoup trop riche en graisses saturées. Elle peut aussi venir d’une consommation exagérée de boissons sucrées.
Le professeur Lawrence Serfati est hépatologue à l'hôpital Saint-Antoine de Paris. Ce spécialiste confirme que "le sucre peut provoquer une cirrhose".

"Nous avons l’exemple de patients qui ne boivent pas d’alcool et qui ont une cirrhose, parfois même un cancer du foie. Et quand on recherche les facteurs de risque, on les retrouve dans l’alimentation. Ce sont des patients qui ont pris beaucoup de sucre. En particulier, un patient qui buvait énormément de sodas, alors qu’il ne buvait pas une goutte d’alcool s’est retrouvé avec une cirrhose."

Nash, la nouvelle maladie qui inquiète les spécialistes du foie : un reportage de Bruno Rougier

Pour le moment, la maladie ne dispose d'aucun traitement spécifique. Les  spécialistes espèrent disposer de nouveaux moyens pour la combattre d'ici deux à trois ans. Pour le professeur Serfati, il est nécessaire de mettre l’accent sur le comportement alimentaire."Il faut éduquer nos enfants" dit-il et notamment sur "la consommation de boissons sucrées, de sodas".                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

 

 

 

Condamner l'Etat

Par Le 26/06/2015

Une décision historique : un tribunal néerlandais impose à l’Etat d’agir contre le changement climatique

25 juin 2015 / Andrea Barolini (Reporterre) 
 

  

 
   
 
 

C’est une victoire historique pour la population néerlandaise et européenne. Un tribunal de La Haye, saisi par neuf cents citoyens, a condamné mercredi 24 juin l’Etat néerlandais à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. « Le gouvernement sera maintenant obligé à changer ses politiques, étant donné que les juges ont ordonné une baisse des émissions de CO2 d’ici 2020 de 25 % par rapport au niveau de 1990. Il s’agit d’une décision contraignante », explique àReporterre Dennis Van Berkel, de l’organisation non gouvernementale Urgenda, qui a coordonné l’action judiciaire. Les 900 plaignants hollandais avaient demandé à la justice de qualifier de« violation des droits de l’homme » un réchauffement climatique supérieur à 2ºC avant la fin du siècle.

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La joie des militants d’Urgenda à la sortie du procès

Le tribunal, explique Urgenda dans un communiqué, a en effet rappelé que l’Etat est « obligé par la loi à protéger ses citoyens ». L’Etat néerlandais n’a en effet jusqu’à présent pas officialisé d’engagement précis sur les émissions de gaz à effet de serre du pays, disant vouloir attendre les résultats de la Cop21, la Conférence des Nations unies sur le changement climatique qui aura lieu du 30 novembre au 15 décembre 2015 à Paris. Les Pays-Bas restent, en outre, parmi les moins avancés en Europe en ce qui concerne la production d’énergie issue de sources renouvelables : seuls Malte et Luxembourg font pire.

L’avocat qui a défendu l’Etat dans le procès a déclaré devant la Cour que « les décisions de la justice ne doivent pas interférer avec l’action du gouvernement, parce qu’indiquer un niveau de réduction spécifique suppose des évaluations politiques, dont la responsabilité, dans une démocratie, repose sur les épaules du gouvernement et du parlement ».

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L’audience au tribunal de La Haye

« Dans un pays démocratique basé sur un État de droit, a répondu l’avocat de Urgenda, même un gouvernement élu par le peuple est soumis à la loi. La justice est donc censée imposer ce principe, et corriger l’action du pouvoir publique si nécessaire. »

« Si la politique n’est pas capable de changer l’état des choses, c’est aux juges de se prononcer », avait ajouté Liesbeth van Tongeren, députée du parti Groenlinks (« Gauche verte »).

Le tribunal de La Haye a finalement donné droit aux requêtes des citoyens, en demandant au gouvernement « de faire ce que lui-même avait indiqué nécessaire afin de lutter contre un changement dangereux du climat, et notamment de réduire davantage ses émissions de CO2, alors que sur la base des politiques actuelles, en 2020 on n’arrivera qu’à une baisse de 16 % par rapport à 1990 ».

Cette diminution, poursuit le tribunal, « est présentée comme indispensable par les organisations internationales comme par les scientifiques », et les coûts qu’il faudra soutenir pour atteindre ce but ne s’élèvent pas à des niveaux « inconcevables ». En outre, ajoute Urgenda, « les objectifs sont tout à fait abordables, compte tenu du fait que d’autres pays, comme la Danemark ou l’Allemagne, ont établi des politiques qui garantiront une baisse de leurs émissions à hauteur de 40 % d’ici 2020. »

Si les politiciens n’agissent pas, les juges peuvent intervenir

Afin de partager son expérience, Urgenda est en train de traduire toute la documentation légale en anglais. D’autres organisations de citoyens, en Europe, ont entamé des actions similaires(c’est le cas de la Belgique) ou les préparent, comme en Norvège. « Des millions de personnes déjà frappées par les conséquences du changement climatique espèrent que ceux qui ont causé les émissions nocives interviennent pour les diminuer. Ce verdict leur donne un atout pour préparer leurs actions en justice », dit Marjan Minnesma, directrice d’Urgenda, qui a commencé avec une équipe d’avocats à étudier la plainte en 2013.

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Marjan Minnesma

« Il s’agit d’un jugement révolutionnaire pour la lutte des écologistes », selon Faiza Oulahsen, de Greenpeace Pays-Bas. « Le tribunal néerlandais a été très clair : le gouvernement est obligé par la loi de protéger ses citoyens face aux menaces liées au climat. Maintenant ces actions vont se multiplier dans le monde. Les politiciens qui se retrouveront en décembre à Paris devraient tenir compte de cette sentence. »

Selon Marjan Minnesma, , « le changement climatique est un problème énorme, qui nécessite d’être abordé avec davantage d’efficacité. Et si les politiciens ne s’engagent pas sur ce chemin, ce sont les juges qui interviennent. »

- Regarder la vidéo (en anglais) présentant l’événement, par Urgenda :


Lire aussi : Le mouvement pour une justice poursuivant l’écocide prend de l’ampleur

L'énergie de la sexualité sacrée.

Par Le 25/06/2015

Sexualité, vers l'amour véritable

Libido, désir, jouissance, orgasme, bien-être physique et psychique… Et si la sexualité nous conduisait aussi à une ouverture spirituelle ? De la libération sexuelle à la sexualité consciente.
http://www.inrees.com/articles/sexualite-vers-amour-veritable/
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Depuis Mai 68, la sexualité a connu bien des révolutions ! Si le mot apparaît au XIXe siècle, c’est seulement au XXe si.cle que la sexualité devient un objet d’études scientifiques, soulevant d’innombrables questions sur son mystère et notre nature érotique. Qu’en est-il vraiment ?

 

Un parfum de déception


La révolution sexuelle voulait délivrer l’individu des freins moraux et sociaux qui, à l’époque, encadraient la sexualité. « Il s’agissait d’aider chacun et chacune à s’ouvrir sans gêne à ses désirs pour améliorer sa vie sexuelle », explique le psychiatre et neuropsychologue Jean-Paul Mialet. Certains objectifs de ce souffle libérateur ont été remplis : « Aujourd’hui, la sexualité n’est plus un sujet tabou, elle s’enseigne même dans les écoles, elle s’est ouverte au débat collectif et individuel : chacun en parle aisément. »

Cette libération du désir et de la sexualité n’efface cependant pas tous les malentendus et les ambiguïtés. « On assiste à un retour des travers du passé, la morale ayant été remplacée par l’obligation de jouir », prévient la Dre Ghislaine Paris, sexologue. L’immense progrès en termes de révolution sexuelle a été la reconnaissance de la femme, non plus comme objet de désir, mais comme un sujet à part entière. Son désir libéré lui appartient et elle a le droit d’en jouir. Mais doit-on confondre droit et obligation ? « La pulsion sexuelle est très puissante », rappelle notre experte, mais s’y soumettre sans réserve est en réalité anxiogène. « L’interdit est structurant ; il redonne un but à la sexualité adulte, qui est d’entrer en relation avec l’autre. » Sans lui, nous resterions piégés dans une sexualité autocentrée et infantile… Une dérive largement en cours, aujourd’hui, qui nous prive d’une autre dimension pressentie de la sexualité restant à découvrir !


 

Un partage, pas une performance


Cette nouvelle liberté chèrement acquise impliquerait donc de nouvelles responsabilités. Ne plus être soumis à des voies toutes tracées est un grand progrès mais nécessite l’effort d’inventer ses propres références, sa propre éthique librement consentie, et de se reposer la question de la sexualité. « Le prochain défi sera sans doute de replacer la sexualité dans son contexte qui n’est pas celui d’une performance mais d’un partage, c’est-à-dire l’expression de l’intimité d’un couple », avance le psychiatre Jean-Paul Mialet. 

En écho, le sexothérapeute Stephen Vasey confirme que de nouveaux besoins émergent dans le secret de son cabinet : plus de lenteur, de détente, et de laisser-faire. « La demande d’une autre façon de se “connecter” en privilégiant une qualité de présence aimante est réelle », ajoute notre expert. L’amour, nous y voilà, le grand absent des discours sur la révolution sexuelle ! Pour la psychanalyste France Schott-Billmann, « nous confondons le désir avec l’amour. Alors que le désir n’en est que l’amorce. Seul l’amour permet d’aller au-delà des corps ».


 

Redonner du sens à la sexualité


Autre point important : notre société manquerait de repères symboliques, d’où la perte de sens en matière de sexualité. Dans son livre Sous la couette, Osho, l’enseignant spirituel sans doute le plus provoquant du XXe siècle, développe son point de vue : « La sexualité, bien plus qu’une réalité biologique, est existentielle ! Le sexe est une des activités données par la nature, qu’on essaye de soumettre aux lois du marché et de notre société de consommation. Alors qu’en réalité, le sexe comme la vie est un mystère que nous avons à décoder, puisqu’il s’agit d’une énergie si vitale que la vie vient de là. »

Dans la tradition du tantra hindou, il existerait un érotisme cosmique lié aux forces élémentaires de la nature, qui s’éveillerait en nous dès lors que nous nous y immergeons. « Je garde un souvenir brûlant d’un petit matin très tôt, en Bretagne, en bord de mer, où je me suis allongée nue sur de grands rochers, offerte à l’océan et au soleil, et où j’ai ressenti un puissant désir qui grandissait à travers mon corps, sans évocation d’aucun partenaire, mais en de profondes connexions avec la nature qui m’entourait », se rappelle Nathalie. Les tribus matriarcales d’autrefois, déjà, vénéraient la femme en tant que ventre cosmique, plein de la force de vie de la terre, et c’est lors de l’union des principes masculin et féminin, que pouvait s’exprimer, la délicieuse pulsation qui anime les éléments. Alors la sexualité, porte de l’amour véritable, devient le prélude à l’expérience spirituelle.

Toutefois, comme le signale la psychanalyste France Schott Billmann, pour qui retrouver le sens de la sexualité est également un enjeu crucial, il va nous falloir dépasser certaines mésententes persistantes : « Nous sommes toujours en butte à ce que le psychanalyste Jacques Lacan appelle “l’impossibilité sexuelle” ». C’est-à-dire que la jouissance féminine est de l’ordre de l’être en quête de l’invisible pour entrer en résonance avec son âme. Tandis que la jouissance phallique, elle, est de l’ordre de l’avoir. Un saut de conscience serait donc nécessaire.


 

Vers une sexualité “consciente”


Il n’y a pas de recette pour accéder à la voie sacrée de la sexualité, simplement des changements intérieurs à opérer. Comme l’acceptation de notre désir, par exemple. D’après la Dre Shakti Malan, diplômée d’anthropologie sociale et enseignante de tantra, « notre relation habituelle au désir est le plus souvent de l’ordre de l’appétit ou du rejet. Si nous acceptons notre désir pour ce qu’il est, sans souhaiter nous en débarrasser, ni chercher un moyen de le satisfaire, le désir lui-même peut devenir un espace, un lieu de pure présence. Alors le désir peut devenir une méditation, et ouvrir la voie de la sexualité consciente. Au registre du sacré, l’éveil de la kundalini est également central. La kundalini, l’énergie vitale en sanscrit, est traditionnellement décrite comme un serpent lové sur luimême, à la base de la colonne vertébrale. Dans la pratique sexuelle ordinaire, cette énergie reste endormie, car on se focalise surtout sur les organes sexuels, et un orgasme à visée de “décharge”. » Dans la pratique sacrée, la kundalini s’éveille, et notre énergie sexuelle commence à s’élever le long de la colonne vertébrale. Là, la dimension corporelle s’efface au profit d’un sentiment de complétude plus vaste, où le coeur et la conscience s’ouvrent ! Pour Dee, l’expérience a été bouleversante : « À un moment des ébats, j’ai ressenti un puissant mais paisible flux qui montait, comme un cordon d’argent qui reliait mon périnée à la suture coronale, j’ai été envahie d’une grande béatitude. »

S’extraire d’une sexualité ordinaire n’est pas si compliqué. Pour Osho, qui avait pour habitude de ne pas offrir de longs apartés discursifs mais d’en proposer l’expérience, il s’agit lors de l’acte sexuel de rester « alerte », c’est-à-dire d’observer ses sensations. « Si vous êtes vigilant, vous ressentirez qu’un nouveau circuit se crée, l’électricité de votre corps se déplace dans une nouvelle direction, circulaire, cette fois. Vous devenez le véhicule d’une énergie vitale qui circule en vous. » Une sensation singulière, très différente de celle d’une simple décharge orgasmique, comme en témoigne Nathalie Vieyra, certifiée en massage tantrique : « Lorsque “l’inspir” et “l’expir” ralentissent alors que l’intensité des contractions orgasmiques s’amplifie, la transformation de l’énergie sexuelle peut avoir lieu. Survient alors la sensation d’un élargissement du champ de conscience avec un afflux de lumière au niveau du 3e oeil, et d’une fusion énergétique avec l’autre et le monde qui nous entoure. » Alors la possibilité de ne faire qu’un avec son partenaire est possible, quelque chose qui nous dépasse se produit : l’énergie sexuelle devient une énergie de méditation.

Si l’on considère que l’épanouissement sexuel est bel et bien une composante majeure de l’équilibre personnel, tant sur le plan du développement physique, psychologique, émotionnel que spirituel, le sujet mérite réflexion, et surtout de nouvelles explorations ! Comme une nouvelle discipline spirituelle, en quelque sorte.

 

L'Orgasme

Impossible de parler de sexualité sans évoquer l’orgasme. Perçu comme le paroxysme du plaisir, ses effets peuvent s’avérer surprenants.
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© Piotr Marcinski
L’orgasme, explosion intense de plaisir dans le corps, fruit de l’amplification du désir et de l’excitation, est généralement considéré comme étant l’objectif à atteindre dans la sexualité. Il en serait le « clou du spectacle », le bouquet final. Alors, cette jouissance hante nos psychés, nos corps, tout autant que nos clips publicitaires. Nous le voulons. Toutefois, l’orgasme tel qu’habituellement médiatisé ressemble parfois à une sorte d’arnaque du monde moderne. Derrière cette jouissance présentée comme un big bang bling-bling, se cache un phénomène notable et que nul ne sait réellement définir.

La médecine, par exemple, décrit ses manifestations les plus communes : contractions musculaires du périnée et des organes sexuels, modification de charges électriques dans la zone génitale, décharge de fluides chez la femme et éjaculation chez l’homme – bien que facultatifs. Le tout serait épicé d’une production hormonale qui favoriserait la sensation de plaisir et, bien sûr, de certains facteurs psychologiques. Cependant, la revue scientifique Clinical Psychology Review liste 26 descriptions de cette apogée sexuel sans qu’aucun consensus ne soit trouvé. « Pour l’instant, il n’y a pas de définition cohérente de l’orgasme », confirme le sexologue Jean-Claude Piquard, auteur de Les Deux Extases sexuelles. « Finalement j’ai eu un orgasme. Mais mon docteur m’a dit que ce n’était pas le bon », plaisante Woody Allen. L’orgasme ne serait-il pas alors avant tout une expérience de lâcher-prise que chacun expérimente à sa manière ?
C’est ce que pense Wilhelm Reich, médecin psychanalyste, auteur de La Fonction de l’orgasme et précurseur des recherches sur ce phénomène mystérieux. Pour lui, l’orgasme se produit lorsque la montée en puissance de l’énergie sexuelle dans le corps lâche d’un coup. Cette « petite mort » marquerait le passage d’une tension quasi insoutenable à une relaxation soudaine. Au-delà de ces symptômes variables, l’orgasme serait avant tout un abandon de soi. Une expérience divinement jouissive. « Reich a défini la courbe de l’orgasme en montrant comment au moment de l’acmé, le corps perd tout contrôle et décharge l’énergie accumulée, provoquant tout un tas de réactions », détaille le Dr Michel Heller, psychologue et auteur de Psychothérapies corporelles, Fondements et méthodes.

 

Revitalisés des pieds à la tête


Reich note aussi au passage que l’énergie libérée cherche à irriguer notre organisme. Allant bien au-delà des parties génitales, ce grand lâcher-prise pourrait potentiellement nous permettre d’être revitalisés de la tête aux pieds par un flux puissant d’énergie vitale. Ceci aurait de multiples effets bénéfiques sur notre santé. Cependant, le psychanalyste fait le constat de « cuirasses » qui agissent comme des barrages à cette circulation. Construites par tout un chacun pour se protéger des difficultés de la vie, elles se trouveraient au niveau physiologique (cuirasse musculaire) et psychologique (cuirasse caractérielle).
Le psychanalyste insiste alors sur la nécessité de les nettoyer en soulignant que l’orgasme en serait à la fois un moyen et un résultat. Plus nous sommes libérés de nos tensions, plus l’orgasme peut prendre de l’ampleur. Plus il prend de l’ampleur, plus l’énergie qu’il génère nettoie les barrages qu’elle rencontre. « Reich considérait l’orgasme comme une sorte de mécanisme de nettoyage de nos cuirasses. Il le voyait un peu comme un phénomène de réinitialisation de nos paramètres », résume le Dr Gérard Guasch, médecin psychanalyste et auteur de Wilhelm Reich : Biographie d’une passion.

 

Ouverture spirituelle


Que se passe-t-il alors lorsque nous acceptons de vivre pleinement cette initiation au lâcher-prise ? Abandon à plus grand que soi dans un plaisir intense. Entrée dans des espaces-temps où les possibles sont surprenants. « Je crois que l’orgasme ouvre à la spiritualité car il nous décharge, ne serait-ce qu’un petit moment, des repères habituels auxquels nous sommes identifiés. Là, nous accédons à d’autres sources, dans lesquelles il semble indéniable qu’il y ait une dimension spirituelle. Nous pouvons alors avoir une sensation de béatitude qui nous fait nous sentir appartenir au cosmos », énonce Gérard Guasch, par ailleurs maitre du tao de la tradition Longmen. De nombreuses traditions spirituelles ont ainsi développé des pratiques permettant de faire de la sexualité un marche-pied vers un élargissement de la conscience.

 

http://www.inrees.com/articles/l-orgasme/

 

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"Le nouveau couple"

Par Le 23/06/2015

Le Nouveau Couple

amerindiens-coupleLe couple dans la voie chamanique/tantrique

Nous avons tous désiré une relation sublime, parfaite avec un être merveilleux. Certains de nous ont réussi du premier coup, d’autres après de multiples échecs, et il y en a encore d’autres qui cherchent. Ne vous en souciez pas, car, comme un ancien proverbe roumain le dit, “chacun a sa partie”. Tôt ou tard, dès que vous allez vous éveiller à la RÉALITÉ, vous arriverez à vous réjouir avec l’être aimé, des plus sublimes aspects de l’Amour.

Il est essentiel de nous rendre compte des fautes typiques souvent commises dans une relation de couple habituelle – ou conventionnelle –, qui est vouée dès le début à l’échec, pour réussir à mettre les bases et bâtir une parfaite relation conforme aux plus profonds de nos idéaux.

Nous vous présentons par la suite un tableau comparatif des deux types de couple, conventionnel et spirituel. Découvrez la phase où vous vous trouvez à présent et soyez prêts pour la suite.

Le couple conventionnel

Processus fermé : Les motivations du couple ne sont pas définies. Le couple se modèle le plus souvent d’après un modèle standard établi par les autres et non d’après ses propres standards intérieurs.
On préfère la sécurité, la stabilité, on évite la transformation, ainsi l’évolution individuelle est très lente. Chacun se force de correspondre à l’image de l’autre sur lui, sans se manifester librement, sans agir comme il sent.

Doute : Le processus fermé produit un manque de confiance en soi et dans l’autre. On devient attaché, dépendant. On a besoin de l’autre pour se mettre en valeur.

Compétition du genre « ne prends pas ma place ». Il apparaît une lutte de pouvoir (qui commande?) et d’autorité, de conflits de rôles. L’intérêt personnel prime. L’égoïsme est “au pouvoir”. On gruge l’énergie de l’autre ce qui provoque une fatigue chronique – un combat constant entre les deux parties qui lutte incessamment pour obtenir de l’énergie l’un de l’autre.

Dépendance : Rôles fixes. Le protocole des relations extérieures est la source de conflits. Chacun a des points de vue différents qu’il veut imposer à l’autre. On se sent séparé, seul, inaccompli. On a peur d’être quitté.

Conditionnements : La dépendance produit des échanges conditionnés. Les rapports sont dirigés d’après des règles, des contrats, des impositions. La relation est basée sur l’idée d’échange: tu donnes si tu as reçu, les attitudes sont préméditées. Manipulation. On anime la jalousie souvent pour nous démontrer l’amour que l’autre ressent pour nous. Une vengeance s’installe entre les deux parties – Un duel continuel pour s’approprier l’autre…

Ennui : On crée des règles parce que les deux ne s’amusent pas ensemble. On entre dans une routine qui endort la créativité et l’invention. Les ressentiments font leur apparition. Chacun commence à croire que l’autre est la cause de son malheur et que pour cela il doit l’éviter.

Insécurité : Ils ont l’impression que “quelque chose ne va pas”, sans savoir exactement de quoi il s’agit, ils ont des sentiments de peur ; instabilité, culpabilité. Ils veulent fonder une famille dans l’espoir de trouver une solution à l’impasse et obtenir plus de stabilité. Ils recherchent des liens matériels ou extérieurs à eux-mêmes pour solidifier leur relation basée sur le superficiel. Un vide intérieur s’installe silencieusement.

Impression d’échec du couple : L’impuissance de changer le cours des choses. Dévalorisation personnelle et de l’autre. Des ressentiments puissants apparaissent, ils peuvent même conduire à des déséquilibres psychiques. Désespoir. Ils ont le sentiment qu’il n’y a plus rien à faire. Ils n’entrevoient plus de voie pour ramener l’harmonie du couple.

Séparation : La seule solution qui apparaisse est la séparation, le divorce.Ils vivent le désespoir et le sentiment aigu de la solitude, qui peut être pourtant l’occasion d’une transformation, d’une découverte possible de l’autonomie et de la liberté.

Le couple tantrique/chamanique

2831639886_1Processus ouvert : On établitclairement le but du cheminement personnel entre les deux parties, on identifie les objectifs communs qui fondent la relation. Il y a reconnaissance réciproque de la liberté de l’autre. On exprime honnêtement et ouvertement ce que chacun est, ce que chacun veut et à ce que chacun aspire. Les transformations sont acceptées, il n’existe pas de jalousie, ainsi l’évolution individuelle est très rapide. Les deux ressentent de la liberté, du bonheur, qu’ils soient ou non ensemble.

Confiance : Un processus ouvert produit la conscience de l’indépendance de chacun des deux amoureux. On n’essaie pas de changer l’autre, mais on l’accepte tel qu’il est et on l’aide par sa présence. Leur maturité émotionnelle est digne de confiance – ils trépassent les ressentiments de jalousie, envie, possession et contrôle.

Entente : Chacun a le même rang, les mêmes responsabilités. On respecte l’espace de l’autre, le besoin d’être ensemble ou seul. Échange de rôles: on est ici pour aider l’autre à évoluer à devenir meilleur en étant un miroir l’un pour l’autre.

Autonomie : Chacun se suffit à soi même, indépendamment de l’autre.L’amour confère de la sécurité. Le couple est ouvert, les relations extérieures sont indépendantes. Il existe donc une meilleure compréhension des “outils” utilisés par chacun pour évoluer (temps passé ensemble: discipline, temps libre, voyages, etc.) ce qui conduit à la spontanéité et à l’harmonie. Ils ont atteint un niveau d’INDIVIDUALITÉ qui leur permet de vivre leur cheminement de façon mature et responsable.

1806559788_small_1Liberté : L’autonomie prend naissance dans la tolérance, le détachement, l’abandon. Il ne s’agit pas de posséder. On explore ensemble, spontanément, l’aventure joyeuse de l’évolution de la conscience à deux. Bonheur, confiance réciproque, harmonie. La relation est simple et amusante.Aucun pouvoir de force ni de contrôle… Ils transcendent et transmutent pas à pas les derniers obstacles de leur cheminement évolutif.
Créativité : Il apparaît spontanément un état de jeu et de bonne disposition entre les deux. Spontanéité, inspiration, amusement. Échange spontané des rôles et de tâches. Ils inventent de nouvelles manières d’aimer. Ils s’amusent ensemble et sont heureux. Le couple joue avec l’énergie sexuelle pour les aider à transmuter leur énergie afin d’ atteindre un niveau d’EXTASE SPIRITUEL UNIQUE.

Sentiment de sécurité : Les deux ont dépassé la peur en affrontant ce qu’elle cachait. L’amour profond conduit à l’apparition du sentiment de stabilité. Il est possible que le désir de fonder une famille apparaisse, mais parce qu’ils sont arrivés à une stabilité. La fusion des âmes confère le sentiment supérieur de la sécurité.

Amour parfait : Sentiment de dévotion et de don de soi. La dévotion honore et éveille l’essence divine dans l’autre, le don de soi est le plaisir de cultiver l’état de bien dans l’autre. Ils existent pour et dans l’amour. L’amour devient cosmique, chacun ressent que l’autre est une partie du DIVIN. Ils honorent l’autre dans sa totalité.

Unité : La relation est DIVINE – Chacun à transcendé son pôle féminin/masculin dans les yeux de l’autre. Il fusionne et accomplit l’idéal de l’amour. La Grâce du moment présent est infini et leur relation devient un état de méditation à l’instant présent.

Source : Lynda Bisson
(Guide tantrique et auteure « Au-delà de l’Amour ou l’Art du tantrisme »)

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Une alliance entre deux libertés, entre deux sujets qui s’inclinent l’un devant l’autre. On n’est plus dans un registre de la complémentarité. L’autre n’est pas là pour combler le manque.
amerindiens-couple-amerindiens-5-imgCe sont deux sujets. Et dans la relation entre ces deux libertés se révèle quelque chose de divin. Ce n’est pas un amour de dépendance, ni un amour de séduction, c’est une alliance qui porte du fruit. Le fruit peut être un enfant, mais aussi une œuvre  – ou bien le plaisir ! -, mais dans tous les cas, c’estune façon de mettre Dieu au monde.Au cœur de la relation elle-même se révèle quelque chose de l’être de Dieu.”
Vous pouvez en parler avec toutes sortes d’experts, artistes ou thérapeutes, dont le travail est axé sur l’amour et le sexe dans leur rapport à la spiritualité. Pour pénétrer le cœur de ce triangle magique – chacun vous le dira à sa façon -, l’équation principale s’avère la plus simple : vivre = aimer.Peut-être parce qu’aimer réunit au plus près l’âme, l’esprit et le corps, et représente le seul chemin de l’incarnation. 
Un amour désincarné signifierait-il quelque chose ?
Par Patrice van Eersel

Source : http://r-eveillez-vous.fr

Transmis par Nadine Jane S.

 

L'illégalité de la dette grecque

Par Le 20/06/2015

 

Traduit par Okéanos – une vieille connaissance :)

Les preuves présentées dans le rapport indiqueraient que la dette issue des plans d’austérité est une violation directe des droits fondamentaux de l’homme. Le comité serait arrivé à la conclusion que la Grèce ne devrait pas payer cette dette parce qu’elle est illégale, illégitime et odieuse.

E. Toussaint présentant un document du FMI qui prouve que le fonds savait que ses mesures augmenteraient la dette grecque.

E. Toussaint présentant un document du FMI qui prouve que le fonds savait que ses mesures augmenteraient la dette grecque.

Le comité sur la vérité sur la dette publique grecque présente aujourd’hui et demain ses premières conclusions. Le rapport sera officiellement publié demain vers 16h. Composé de 9 chapitres, le rapport conclut, sans vraiment beaucoup de surprise, que la dette grecque est en grande partie illégale, illégitime et odieuse.

Ce rapport préliminaire présente une cartographie des problèmes et des questions clés liées à la dette publique grecque, et fait état des violations juridiques associées; il retrace également les fondements juridiques sur lesquels peut se fonder la suspension unilatérale des paiements de la dette.

Les résultats sont présentés en neuf chapitres structurés comme suit (traduction du résumé publié en anglais ici) :

1. la dette avant la troïka

Ce chapitre revient sur les analyses de la croissance de la dette publique grecque depuis les années 1980.

Il conclut que l’augmentation de la dette n’est pas le résultat de dépenses publiques excessives, qui sont en fait restées inférieures aux dépenses publiques des autres pays de la zone euro, mais plutôt en raison des taux extrêmement élevés, des dépenses militaires excessives et injustifiées, de la perte de recettes fiscales due à des sorties illicites de capitaux, de la  recapitalisation  des banques privées, et des déséquilibres internationaux créés par les failles dans la conception de l’Union monétaire elle-même.

L’adoption de l’euro a conduit à une augmentation drastique de la dette privée en Grèce à laquelle les grandes banques privées européennes ainsi que les banques grecques ont été exposées. La crise bancaire a contribué à la crise de la dette souveraine grecque. Le gouvernement de George Papandreou a aidé à présenter les éléments d’une crise bancaire comme une crise de la dette souveraine en 2009 en mettant l’accent et en augmentant le déficit public et la dette.

2. Evolution de la dette publique grecque entre 2010 et 2015,

Ce chapitre conclut que le premier accord de prêt de 2010 a principalement visé le sauvetage des banques privées et a permis aux banques de réduire leur exposition aux obligations d’État grecques.

3. la dette publique grecque en 2015

Ce chapitre présente la nature controversée de la dette actuelle de la Grèce, les principales caractéristiques des prêts, qui sont analysés plus en profondeur dans le chapitre 8.

4. Mécanisme de la dette en Grèce

Ce chapitre révèle les mécanismes des accords qui ont été mis en œuvre depuis mai 2010. Ils ont créé une quantité importante de nouvelle dette, tout en générant des coûts abusifs ainsi que l’approfondissement de la crise.

Les mécanismes révèlent que la majorité des fonds empruntés ont été transférés directement aux institutions financières. Plutôt que de bénéficier à la Grèce, ils ont accéléré le processus de privatisation, par l’utilisation d’instruments financiers .

5. conditionnalités contre la durabilité

Ce chapitre présente comment les créanciers ont imposé des conditions intrusives attachés aux accords de prêt, ce qui a conduit directement à l’impossibilité économique et à l’insoutenabilité de la dette. Ces conditions, sur lesquelles les créanciers insistent encore, ont non seulement contribué à la baisse  du PIB, mais aussi à un emprunt public plus élevé, faisant la dette de la Grèce plus insoutenable encore, mais a également provoqué des changements dramatiques dans la société, et a provoqué une crise humanitaire.

La dette publique de la Grèce peut être considérée comme tout à fait insoutenable à l’heure actuelle.

6. Impact des “programmes de sauvetage” sur les droits de l’homme

Ce chapitre conclut que les mesures mises en œuvre dans le cadre des “plans de sauvetage” ont directement affecté les conditions de vie des personnes et ont violé les droits de l’homme, que la Grèce et ses partenaires sont tenus de respecter, de protéger et de promouvoir en vertu du droit national et international.

Les ajustements drastiques imposés à l’économie grecque et à la société dans son ensemble ont provoqué une détérioration rapide du niveau de vie, et restent incompatibles avec la justice sociale, la cohésion sociale, la démocratie et les droits humains.

7. les questions juridiques entourant les protocoles d’entente et de prêt

Ce chapitre soutient qu’il y a eu violation des droits de l’homme de la part de la Grèce elle-même et des prêteurs que sont les États membres de la zone euro, la Commission européenne, le Parlement Européen, la Banque Centrale et le Fonds monétaire International, qui ont imposé ces mesures à la Grèce.

Tous ces acteurs ont échoué à évaluer les violations des droits de l’homme comme un résultat des politiques qu’ils ont obligés de poursuivre, et ont aussi directement violé la Constitution grecque en dépouillant efficacement la Grèce de la plupart de ses droits souverains.

Les accords contiennent des clauses abusives, qui contraignent la Grèce à capituler sur des aspects importants de sa souveraineté. Ceci est imprimé dans le choix de la loi anglaise comme régissant le droit pour ces accords, ce qui a facilité le contournement de la Constitution grecque et les obligations internationales des droits de l’homme.

Il y a plusieurs indications qui montrent que les parties contractantes ont agi de mauvaise foi, ce qui rendent ces accords invalides.

8. évaluation des dettes illégitimes, odieuses, illégale et la non-viables

Ce chapitre fournit une évaluation de la dette publique grecque selon les définitions relatives à la dette odieuse, illégitime, illégale et non viable adoptées par le Comité.

Ce chapitre conclut que la dette publique grecque, en date de juin 2015 est insoutenable, puisque la Grèce est actuellement incapable de rembourser sa dette sans compromettre gravement sa capacité à remplir ses obligations de base des droits humains. En outre, pour chaque créancier, le rapport fournit des preuves de cas indicatifs de dettes illégales, illégitimes et odieuses.

Dette envers le FMI : Elle doit être considérée comme illégale puisque qu’elle a violé les propres statuts du FMI, et ses conditions enfreignaient la Constitution grecque, le droit international coutumier, et les traités auxquels la Grèce est partie. Elle est également illégitime, puisque les conditions incluses empiétaient sur les obligations en matière de droits de l’homme. Enfin, elle est odieuse puisque le FMI savait que les mesures imposées étaient antidémocratiques, inefficaces, et conduiraient à de graves violations des droits socio-économiques.

Dettes envers la  BCE: Elles doivent être considérées comme illégales car la BCE a sur-intensifié son mandat en imposant l’application des programmes d’ajustement macro-économiques (par exemple la déréglementation du marché du travail) par l’intermédiaire de sa participation à la Troïka. Les dettes envers la BCE sont également illégitimes et odieuses, puisque la principale raison d’être du programme était de servir les intérêts des institutions financières, permettant aux grandes banques privées européennes et grecques de se débarrasser de leurs obligations grecques.

9. les fondations juridiques pour la répudiation et la suspension de la dette souveraine grecque

Ce chapitre présente les options concernant l’annulation de la dette, et en particulier les conditions dans lesquelles un Etat souverain peut exercer le droit de répudiation ou la suspension du paiement de la dette en vertu du droit international.

Plusieurs arguments juridiques permettent à un Etat de répudier unilatéralement sa dette illégale, odieuse et illégitime. Dans le cas de la Grèce, un tel acte unilatéral peut être fondée sur les arguments suivants :

  • la mauvaise foi des créanciers qui ont poussé la Grèce à violer la loi nationale et les obligations internationales relatives aux droits de l’homme;
  • la prééminence des droits humains sur les accords tels que ceux signés par les gouvernements précédents avec les créanciers ou la troïka;
  • la coercition;
  • les clauses abusives qui violent de manière flagrante la souveraineté grecque et violent la Constitution;
  • et enfin, le droit reconnu en droit international à un Etat de prendre des contre-mesures contre les actes illégaux commis par ses créanciers, qui endommagent délibérément sa souveraineté budgétaire, l’obligent à assumer la dette odieuse, illégale et illégitime, violent l’autodétermination économique et les droits humains fondamentaux.

En ce qui concerne la dette insoutenable, chaque État est légalement en droit d’invoquer la nécessité dans des situations exceptionnelles afin de sauvegarder les intérêts essentiels menacés par un péril grave et imminent. Dans une telle situation, l’Etat pourra être dispensé de l’accomplissement de ces obligations internationales qui augmentent le péril, comme cela est le cas avec les contrats de prêts en suspens.

Enfin, les Etats ont le droit de se déclarer unilatéralement insolvable quand le service de leur dette est insoutenable, dans ce cas, ils ne commettent aucun acte illicite et donc n’en portent pas la responsabilité.

La dignité des personnes vaut plus qu’une dette illégale, illégitime, odieuse et insoutenable

Ayant achevé son enquête préliminaire, le Comité estime que la Grèce a été et est la victime d’une attaque préméditée et organisée par le Fonds Monétaire International, la Banque Centrale Européenne, et la Commission Européenne. Cette mission violente, illégale et immorale était exclusivement destinée à transférer la dette privée sur le secteur public.

En mettant ce rapport préliminaire à la disposition des autorités grecques et du peuple grec, le Comité estime avoir rempli la première partie de sa mission telle que définie dans la décision du président du Parlement du 4 Avril 2015. La commission espère que le rapport sera un outil utile pour ceux qui veulent sortir de la logique destructrice de l’austérité et défendre ce qui est aujourd’hui mis en péril : les droits humains, la démocratie, la dignité des peuples, et l’avenir des générations futures.

Source : Okeanos, repris depuis Left.gr, pour Okeanews, le 17 juin 2015.

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Grèce : le rapport sur la dette est une arme utile pour Athènes

Le Comité sur la vérité concernant la dette publique grecque va remettre, ce jeudi 18 juin, son rapport préliminaire à la présidente du parlement hellénique. Un rapport qui soutient la position du gouvernement hellénique.

« Nous sommes parvenus à la conclusion que la Grèce ne doit pas payer sa dette parce qu’elle est illégale, illégitime et odieuse. » C’est la principale conclusion du rapport préliminaire du Comité pour la vérité sur la dette mis en place en avril 2015 par la présidente du parlement grec, Zoé Konstantopoulou. Ce rapport préliminaire (dont on trouvera ici un résumé en français) sera connu dans le détail ce jeudi 18 juin, mais le comité en a présenté dès mercredi les principales conclusions. Des conclusions particulièrement inquiétantes pour les créanciers.

La déconstruction du storytelling européen
Le Comité apporte en effet une déconstruction en règle du storytelling européen sur la Grèce depuis 2010. Rappelons rapidement ce dernier. Le pays a vécu jusqu’en 2009 dans une sorte d’indolence coupable jusqu’à ce que les marchés, censeurs justes et impitoyables, réveillent les Hellènes et les appellent à expier leurs fautes. Le FMI et les Européens sont alors venus au secours des Grecs avec bienveillance, en leur prêtant les sommes nécessaires à leur sauvetage, mais, évidemment, en leur imposant, pour leur propre bien, des « réformes » destinées à les protéger, à l’avenir, de telles crises. Le Comité a, mercredi, rejeté entièrement ce qui apparaît désormais comme un mythe.

Aussi a-t-il rappelé ces faits têtus qui, à eux seuls, réduisent à néant ce storytelling. Le niveau de dépenses publiques grecques est resté, durant toute la période, inférieur à la moyenne européenne. Les raisons de l’explosion de la dette résident ailleurs : jusqu’à l’entrée dans la zone euro, ce sont les taux d’intérêts élevés qui ont fait exploser principalement l’endettement qui avait été contracté par la Grèce pour ramener le niveau de protection sociale du pays à un niveau qui, in fine, est toujours resté en deçà de celui de l’Europe occidentale. Une fois dans la zone euro, la dette publique a été augmentée sous l’effet cette fois de taux anormalement bas et d’une perte de compétitivité brutale. Le Comité insiste aussi sur le niveau « injustifié » des dépenses militaires et l’importance de l’évasion fiscale qui a pesé sur les recettes. Point donc de Grecs paresseux vivant de la dépense publique et comptant sur l’argent « allemand » pour payer.

Surtout, le Comité rappelle que la crise grecque trouve aussi son origine dans l’explosion de l’endettement privé, alimenté par les banques grecques et étrangères dans le pays. Il souligne que le gouvernement de George Papandréou en 2009 s’est évertué “à présenter les éléments d’une crise bancaire en crise de la dette souveraine”. Le Comité confirme ainsi les doutes qui circulaient en Grèce depuis quelques années : ce gouvernement a volontairement intégré, avec la complicité d’Eurostat, des éléments qui ne devaient pas l’être dans le calcul du déficit public et de la dette pour 2009. Le but était d’alimenter le storytelling de la dépense excessive.

Les pressions de 2010 pour une solution imposée
Le Comité souligne ensuite combien le « sauvetage » de 2010 est empreint d’illégalités et de pressions. Il révèle ainsi que le FMI était entièrement conscient à la fois des conséquences sociales des mesures imposées à la Grèce et du caractère insoutenable des « aides » accordées à la Grèce. Ces deux éléments rendent les prêts du FMI à la fois illégaux (le FMI ne peut prêter à un pays qui n’a pas la capacité de rembourser) et illégitimes dans la mesure où les « droits humains » ont été violés par des mesures dont les conséquences sociales étaient clairement évaluées.

Le Comité insiste sur le fait que les Européens et le FMI ont, en 2010, tout fait pour empêcher le gouvernement grec de procéder à une restructuration de sa dette. Il met en avant l’intervention de la BCE qui, dès avril 2010, avait menacé, dans ce cas, de couper l’accès des banques grecques à la liquidité d’urgence, inaugurant ainsi une méthode utilisée encore en Irlande en novembre de la même année, puis à Chypre en mars 2013. En imposant de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes, les Européens ont alors permis aux banques détentrices de dette publique grecque de se désengager massivement, un désengagement encore facilité par les rachats de la BCE dans le cadre du programme SMP de la BCE. Cette méthode a clairement été imposée aux Grecs.

Dette illégale, illégitime et odieuse
Le Comité s’intéresse ensuite dans le détail aux prêts accordés à la Grèce et il estime qu’il y a, dans tous les cas, lieu de plaider leur caractère illégal, illégitime ou odieux. On l’a vu dans le cas du FMI, mais c’est également le cas des dettes détenues par la BCE qui, rappelons-le, sont les seules dettes privées émises avant 2012 à avoir échappé à la restructuration de mars 2012. Le Comité souligne que, dans tous les cas, les conditions imposées à la Grèce pour l’obtention des prêts posent de sérieux problèmes en raison de leur conditionnalité qui a réduit à néant la capacité d’action budgétaire de la Grèce tout en imposant des mesures ayant des conséquences économiques et sociales dramatiques qui, selon le Comité, enfreignent les “droits humains fondamentaux”. Dès lors, cette dette peut être considérée comme odieuse. Le Comité insiste aussi sur l’aspect non démocratique du mémorandum de 2012 qui contourne soigneusement la Constitution hellénique en relevant du droit anglais.

Bases suffisantes pour une annulation ou une suspension
Tous ces arguments permettent au Comité de considérer qu’il existe des bases suffisantes pour annuler unilatéralement une grande partie de la dette grecque ou en suspendre le remboursement. C’est une arme redoutable que le gouvernement grec a désormais à sa disposition. Certes, ce rapport n’engage en rien Alexis Tsipras, et le gouvernement grec se garde bien de le commenter. Mais, dans la partie d’échecs avec les créanciers, c’est un coup redoutable à sa disposition. Sans doute les créanciers n’accepteront-ils jamais les conclusions de ce comité, pas davantage du reste que sa légitimité. Mais en cas de rupture et de conflit ouvert, ce sera un élément décisif. La notion de dette odieuse est désormais bien établie en droit international et, si l’on peut estimer que les membres du comité étaient, au départ, favorables à la Grèce, il est impossible de leur contester leurs compétences juridiques et leur expérience dans ce domaine. Si donc le Comité s’avance autant, c’est que, très clairement, la Grèce a des chances de l’emporter devant un tribunal international, comme ce fut le cas, rappelons-le, de l’Islande qui, dans l’affaire Icesave, a obtenu gain de cause en 2013 contre le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

Arme contre le FMI
Pour le moment, il n’est peut-être pas temps pour Athènes d’utiliser cette arme. Mais elle rééquilibre à point nommé les rapports de force dans le bras de fer avec les créanciers. Surtout, elle va permettre à la Grèce d’utiliser des arguments concrets pour obtenir une restructuration de sa dette. Enfin, elle permet de relativiser les conséquences du défaut vis-à-vis du FMI. Si l’institution de Washington décide de lancer une procédure contre la Grèce en refusant de rééchelonner les échéances, Athènes pourra contester la dette elle-même et le Fonds sera alors dans une position délicate.

Le rapport du Comité n’est donc pas certainement une panacée. Mais c’est un élément nouveau essentiel dans la crise grecque.

Source : Romaric Godin, La Tribune, 18/06/2015

 

116 réponses à La dette grecque est illégale, illégitime et odieuse selon le rapport préliminaire du comité sur la dette

Commentaires recommandés

PascalcsLe 18 juin 2015 à 05h44
 
 

Enfin une base qui expose toute la facette sangsue parasitaire de ce qu’est devenu le monde financier contemporain. On le savais déjà mais avec tous les témoignages factuels qui sortent désormais, la boite de Pandore semble ouverte. On entend déjà les bruits de bottes dans les couloirs du FMI, de la BCE et de tous les bureaux qu’occupe l’oligarchie financière. Assurément, le contre feu va être puissant.

  1. PascalcsLe 18 juin 2015 à 05h44
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    Enfin une base qui expose toute la facette sangsue parasitaire de ce qu’est devenu le monde financier contemporain. On le savais déjà mais avec tous les témoignages factuels qui sortent désormais, la boite de Pandore semble ouverte. On entend déjà les bruits de bottes dans les couloirs du FMI, de la BCE et de tous les bureaux qu’occupe l’oligarchie financière. Assurément, le contre feu va être puissant.

    • davidLe 18 juin 2015 à 10h37
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      Relisez bien cette phrase, elle explicite clairement la raison d’être de l’euro :
      “L’adoption de l’euro a conduit à une augmentation drastique de la dette privée en Grèce à laquelle les grandes banques privées européennes ainsi que les banques grecques ont été exposées”
      Ceci est fort logique car Il y a deux postulats de base en économie :
      1°) La croissance au niveau mondial n’est au final que la croissance de la masse monétaire mondiale donc en gros des dettes. Ces dettes sont crées par des banques privées et refinancées par les banques centrales.
      2°) La double pyramide de crédit de Rueff : Elle se met en place en cas de déséquilibres commerciaux entre deux pays “La balance des paiements du pays émetteur de réserves tend à devenir déficitaire et un cycle auto- aggravé se met en place. Du côté du pays dont les réserves en monnaie pivot se gonflent la banque centrale émet à proportion de la monnaie banque centrale et pousse donc au développement du crédit. Mais comme les réserves sont replacées dans le pays d’origine, elles servent à nouveau à justifier un nouveau round de création monétaire et de dettes”
      Lien : link to cee.e-toile.fr
      Donc en gros, une monnaie unique permet à moindre frais de générer de la dette entre des pays à productivité différente sans casse immédiate. le change n’est plus là pour annuler les dettes relatives.
      Donc Euro = Dette = Croissance (dans un 1er temps)
      Le souci c’est que ces masses de dettes et de créances générés automatiquement finissent par se voir. Si croissance de la masse monétaire = croissance, l’inverse est vrai Recession = décroissance de la masse monétaire. La passation des dettes privées aux Etats et à la BCE n’a été qu’un transfert de la source de récession future à des entités non “capitaliste”… l’honneur est sauf, le système capitaliste bancaire privé est efficient, c’est l’Etat qui ne l’est pas…endetté comme il est.
      Cela s’appelle autrement de l’inversion accusatoire !
      Objectivement, ce système n’est pas foncièrement mauvais et mais rend cyclique la croissance. L’Euro a voulu booster plus loin cette croissance comme un pompier pyromance. Après le shoot vient le manque. Plus on est accros, plus le dégrisement est douloureux.

      • CharlesLe 18 juin 2015 à 15h41
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        Ici un suivi régulier du bras de fer et de ses conséquences possibles ( €, UE, crise bancaire,..):
        link to anti-k.org

    • nyaaLe 18 juin 2015 à 11h00
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      je suis d’accord le contre feu risque d’être extrêmement puissant car le risque pour le système en place c’est la contagion à d’autre pays de la zone euros de la méthode Siriza.
      surtout si la Grèce peut légalement répudier tout ou partie de sa dette devant les instance internationales.

      je m’attend personnellement à un risque de tentative de coup d’état “soft” lors d’une sortie probable de la Grèce de l’euro.
      manifestation pro euros montrer comme étant majoritaire, paralysie du pays puis intervention pour dissoudre l’assembler et mettre en place un pseudo gouvernement d’union nationale

      "Noire finance"

      Par Le 20/06/2015

      La grande pompe à phynances – Noire finance, partie 1

      Dans ce premier volet, les auteurs remontent au fameux jeudi noir d’octobre 1929 à Wall Street, pour montrer comment une crise boursière se transforme en crise bancaire, qui elle-même se développe en crise économique mondiale.

      Des « barons voleurs » d’hier aux golden boys des années Tapie, des accords de Bretton Woods à la création de l’euro, il retrace ensuite les différentes étapes qui ont conduit à la libéralisation des flux financiers. Assurances, produits dérivés, fonds spéculatifs (hedge funds)… : les dispositifs techniques se succèdent pour accroître les profits, augmentant toujours plus le risque et la fraude systémiques.Pourquoi faut-il donner de l’argent public aux banques privées en faillite ? C’est par cette question sans ambiguïté que s’ouvre ce passionnant documentaire qui, pendant plus de deux heures, nous entraîne dans les arcanes d’un système financier devenu incontrôlable. Y répondre n’était pas gagné d’avance, tant est opaque l’univers de la finance. Mais Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi (déjà coauteurs pour ARTE de Série noire au Crédit Lyonnais et de ELF : les chasses au trésor) nous ont habitués depuis longtemps à traiter sous une forme accessible des dossiers complexes. Noire finance s’inscrit dans cette veine : un montage très éclairant de propos de spécialistes, émaillé de scènes d’animation, retrace l’histoire politique des déréglementations qui ont abouti à la financiarisation de l’économie mondiale, au profit d’une spéculation criminelle.

       

      Le bal des vautours – Noire Finance, 2e partie

      Le second volet montre comment, à travers l’éclatement de la bulle immobilière et la crise des subprimes des années 2000, le « piège à pauvres » s’est refermé.

      Il décortique les rouages de la « machine à dette » et expose avec clarté les logiques boursières qui ont mené à la crise mondiale actuelle. Dénonçant l’impunité des « banksters » et leur emprise sur la classe politique occidentale (aux États-Unis, on parle même d’un « gouvernement Goldman Sachs »), les réalisateurs concluent leur enquête sur un chiffre éloquent : les principaux dirigeants financiers mondiaux totalisent 95 milliards de dollars de salaire alors qu’ils ont accumulé 1 000 milliards de perte…

      Pourquoi faut-il donner de l’argent public aux banques privées en faillite ? C’est par cette question sans ambiguïté que s’ouvre ce passionnant documentaire qui, pendant plus de deux heures, nous entraîne dans les arcanes d’un système financier devenu incontrôlable. Y répondre n’était pas gagné d’avance, tant est opaque l’univers de la finance. Mais Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi (déjà coauteurs pour ARTE de Série noire au Crédit Lyonnais et de ELF : les chasses au trésor) nous ont habitués depuis longtemps à traiter sous une forme accessible des dossiers complexes. Noire finance s’inscrit dans cette veine : un montage très éclairant de propos de spécialistes, émaillé de scènes d’animation, retrace l’histoire politique des déréglementations qui ont abouti à la financiarisation de l’économie mondiale, au profit d’une spéculation criminelle.

       

      S'immoler pour mettre en lumière.........

      Par Le 20/06/2015

      Sans solution, une maman menace de s'immoler

      Résumé : En l'absence de prise en charge pour sa fille atteinte de dysphasie sévère, une maman menace de s'immoler. La cellule de crise mise en place par MA Carlotti n'y a rien changé. Une solution a finalement été trouvée... 

      Par , le  
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      Depuis deux ans, Stella Manchon, maman de Mary, 17 ans, atteinte de dysphasie sévère, ne s'est vu proposer aucune solution pour celle-ci, qui vit cloîtrée, sans prise en charge, au domicile familial. Stella vit un enfer au quotidien. Lasse de se battre, elle envisage de s'immoler dans les prochains jours devant la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) d'Avignon.

      Des dizaines de courriers, des dizaines de mails, de nombreux contacts avec les autorités dont le Ministère de la santé, la cellule de crise mise en place par l'ex ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, le juge des enfants… n'ont rien changé à sa situation. Selon son entourage, dans l'indifférence générale, un drame se prépare.

      Le Collectif Citoyen Handicap (CCH), qui soutient cette maman, entend lancer ce dernier cri de détresse, précisant « après avoir tout mis en œuvre pour sauver Mary de l'avenir sombre qu'on lui réserve ».

      Dernière minute le 10 septembre 2014

      La mobilisation autour de cette maman a porté ses fruits. Mary a été accueillie dans un ESAT le 10 septembre, exceptionnellement en internat puisqu'elle habite à seulement 6 km. « L'ESAT a expliqué à Stella qu'il avait reçu un coup de téléphone du ministère, que cela n'était jamais arrivé et que celui-ci, en échange de l'intégration de Mary, aurait un renouvellement pour un contrat se terminant ce mois pour l'un de ses employés, selon Jean-Luc Duval du Collectif Citoyen Handicap qui s'est impliqué dans cette affaire. » Il faut savoir que Stella avait visité cet ESAT en juin de sa propre initiative ; le directeur lui avait alors expliqué qu'il était impossible d'accueillir Mary mais qu'il la recontacterait, certainement en fin d'année. Mary a passé une bonne journée et est rentrée avec le sourire.

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      Réagissez à cet article

      Le 04-09-2014 par Amélie : 
      j'en suis au même satde de ma vie avec mon fils solution "la moins pire cette année scolaire entrée en clis 1 " mais inanaptée pour le handicap !! ici personne ne sait ce que veut dire dysphasie sévère mixte !! alors il vaut mieux qu'elle vive pour aider son enfant et lutter encore chaque jour qui passe!! qui sera la pour sa fille une fois partie ?les institutions on voit quotidiennement ce que cela donne avec l'avenir de nos enfants!! le combat est dur je vis la mêm chose ici en vendée !et partout en france!la loi 2005 est loin d'avoir des moyens financiers derrière pour touts nos loulous!!un papa dans sud à grimpé sur le toit de la mairie de son village pour faire entendre ses droits.moi-même je dois en arrivée à un dépôt de plainte contre l'ARS AGENCE REGINNALE DE LA SANTE et qui risque m^me d'être déboutée parce que qu'on ne change pas d'orthophoniste comme de garagiste

      Le 05-09-2014 par spiroune : 
      vive la france pour les administrations nos enfants autiste sont des sous citoyens qui doivent etre enferme ici jai a me battre pour mon fils tous les jours pour quil ait une vie normale come tous les enfants de son age jai de plus honte de vivre dans ce pays quand je vois ce que lon propose et lenfer que letat fait vivre aux parents

      Le 08-09-2014 par René : 
      Je voudrais juste envoyer un peu d'espoir et d'encouragement à ces mamans dans la détresse. Je suis père d'une grande fille lourdement handicapée qui est très bien accompagnée par des auxiliaires de vie et des aides techniques grâce au financement de la MDPH (PCH en aide humaine 10h par jour). Je suis militant associatif depuis 40 ans et conciliateur à la MDPH de mon département et malgré les difficultés financières évidentes des MDPH, je crois que de très nombreuses personnes handicapées sont vraiment bien aidées. Mais il y a encore trop peu d'établissements et services en ce qui concerne l'autisme. Nous y travaillons, dans les associations, mais la situation est grave pour encore de nombreux enfants ou adultes.Il faut continuer à se battre et ne pas perdre espoir et faire jouer les aides possibles, les solidarités de proximité. Bon courage, vous avez tout notre respect et notre sympathie.

      Le 18-09-2014 par Pierrette : 
      Les médecins ont probablement eu raison pour leurs soins intensifs à la naissance et les parents ont probablement raison de demander l'arrêt des soins de survie (loi Léonetti le permet)
      Pierrette ,médecin retraité,qui a à 2 reprises ,il y a 40 ans, permis à 2prématurés de ne pas "survivre"avec de très graves lésions cérébrales,en n'obéissant pas à son chef de service

      Le 01-02-2015 par Autisme : 
      J'ai publié un article sur cette situation dramatique.

      J'ai ajouté un lien vers le votre (d'article).

      http://en-quete-de-declics.fr/index.php?declic=quete&autisme=Autisme-qu-est-ce-qui-te-rend-heureuse-ton-travail

      L'inégalité pour tous.

      Par Le 20/06/2015

      [Reportage] Le bilan de la réforme scolaire 2014 : l’inégalité pour tous ?

       

      https://www.facebook.com/celine.fabre.507/posts/988837607806901

       

      Il y aurait plus d’inégalités dans et entre nos écoles; c’est le constat alarmant que font aujourd’hui les opposants à la réforme scolaire.
      L’année scolaire se termine sur l’insatisfaction générale, manifestée mercredi 17 juin par le rassemblement des collectifs des Gilets Jaunes et Citoyen Handicap (CCH) à l’entrée des rectorats de France qui ont tous accepté de recevoir les délégations d’enseignants, parents d’élèves et auxiliaires de vie scolaire (AVS) pour discuter du bilan des réformes mises en place à la rentrée 2014. Le mot d’ordre sur cette réforme scoaire : « Ils ont essayés pendant un an, à part accroître les inégalités pour tous ça ne marche pas ! » résume un des Gilets Jaunes venu occuper le bâtiment aixois avec une trentaine de manifestants.

      L’urgence, « c’est l’abrogation du décret Peillon »

      Depuis la rentrée 2014, l’école c’est aussi le mercredi matin (ou le samedi plus rarement, selon le choix des communes), les journées se terminent plus tôt à 15h45, et les municipalités doivent mettre en place et financer 3h d’activités périscolaires (TAP) dans la semaine (parfois concentrées sur une après-midi comme à Marseille,le vendredi). Or, le constat est unanime: d’après le témoignage de chacun des manifestants présents devant le rectorat, la semaine de 4,5 jours fatigue les enfants. « Imaginez l’impact sur les élèves en situation de handicap si c’est déjà le cas pour les autres enfants », rappelle un représentant du CCH.

      Collectif des Gilets Jaunes, Collectif Citoyen Handicap, Sud Education, Auxiliaire de Vie Scolaire tous réunis pour occuper le rectorat d’Aix-Marseille le 17 Juin.
      Plus encore, pour les collectifs et syndicats réunis la réforme fait entrer l’insécurité et la politique dans les écoles. « Les animateurs sont souvent peu formés (pas de Bafa) voir bénévoles, donc les TAP pour nous contrairement à d’autres communes c’est plus de la garderie » affirme un groupe de parents d’élèves venu de Marseille, soulignant que « l’insécurité abominable qui en résulte est passée sous silence » . L’autre générateur d’inégalité selon les manifestants c’est la marge de manœuvre laissée à la mairie pour définir les activités mises en place. «Prenez le Maire FN de Beaucaire, dans le Gard,» nous indique Céline Fabre, « qui met en TAP pendant 3h avec les enfants des gens du Front National. S’il veut faire apprendre la Marseillaise et le garde à vous par exemple (ou autre activité qui va faire adhérer à son parti), qui l’empêche ? » Seule solution pour ces collectifs: abroger le décret Peillon. Les manifestants présents devant le rectorat d’Aix-Marseille y croient, « tout est possible avant la rentrée de septembre. »

      Une territorialisation des services scolaires est alarmante

      Pour Céline Fabre, l’enseignante en gilet jaune, cette territorialisation des services scolaires est alarmante : « Ajoutez le projet éducatif territorial (PEDT) où l’animateur devient capable d’enseigner, les TAP, et la fameuse ère du numérique; (pour caricaturer) le futur professeur est une tablette avec des animateurs autour qui interviennent, voilà où va l’enseignement ! » Selon elle, la tendance inégalitaire du système scolaire se lit déjà dans la fuite des élèves vers le privé qu’elle observe à son échelle: « dans mon école à Toulon, il y avait 1 départ en privé chaque année, cette année on a recensé 13. » Pour l’enseignante, l’impact le plus direct « sera la disparition de la maternelle d’ici deux à trois ans. » Dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, depuis 2005 des centres d’éveil payants substitueraient déjà pour de nombreuses familles les services publics.

      70 000 familles en périphérie du système scolaire !

      « On parle souvent des aménagements pour personne à mobilité réduite dans les écoles », souligne un représentant syndical de Sud éducation, « mais le problème majeur reste le manque de formation et le statut précaire des AVS qui accompagnent l’intégration des enfants en situation de handicap dans les classes. » C’était pourtant la promesse des mesures engagées par le gouvernement Ayrault– création de 8000 postes d’AVESH et attribution d’un contrat de CDI aux assistants éducateurs en poste depuis plus de six ans. Le CCH regrette aujourd’hui la « répartition bricolée » des AVS qui, dans les faits, ne permettrait aux enfants que de bénéficier partiellement des heures d’accompagnement pourtant promises par l’instance qui les attribue (la MDPSH). Les parents de Matthieu et Elise, tous les deux atteints de troubles autistiques, témoignent de l’ignorance qui persiste: « l’AVS nous expliquait qu’elle ne savait pas gérer les violences de Matthieu, et ce dernier était complètement isolé dans sa classe. » Conclusion, Matthieu ne devrait plus être scolarisé dans une « classe normale » mais devrait suivre un enseignement spécialisé (CLISS), voir même dans un centre médico-éducatif comme sa sœur (IME). « Mais pour avoir une place comptez 3 à 4 ans d’attente » affirme le couple. Une situation que partage plus de 70 000 familles en France.

      Stella Manchon, « la folle » qui ennuie l’Etat français

      C’est le titre qu’elle se donne aujourd’hui quand elle raconte son histoire, l’étiquette de son combat acharné pour que sa fille qui présente des troubles autistiques soit prise en charge par l’Etat. Cette mère, infirmière de nuit et représentante du CCH, a refusé de placer sa fille dans un IME il y a quelques années. « Je ne voulais pas qu’elle devienne un légume, droguée aux médicaments et cloîtrée dans une chambre » confit-elle. Mais l’hôpital psychiatrique était alors la seule alternative que l’Etat proposait à Mary à l’époque. Résultat, la jeune adolescente passe deux ans et demi à la maison sans être scolarisée et développe de nouveaux troubles psychologiques. Stella et sa fille se sont alors retrouvées « isolées, frappant à toutes les portes sans réponse (associations, services publics, gouvernement). » Poussée par une dépression partagée en septembre dernier, « il a fallu que je menace de m’immoler devant le ministère à Paris pour que l’Etat réagisse enfin ! En 30 minutes il ont trouvé une solution qu’on attendait depuis 2 ans et demi, » affirme-t-elle.

      Aujourd’hui, Mary à 18 ans, travaille dans un ESAT (Etablissement de service d’aide par le travail), a réduit de 80% ses troubles acquis pendant son isolement, et envisage enfin l’avenir. Une fin heureuse au combat de Mary que Stella dit ne devoir qu’à sa détermination, et dont elle rappelle le caractère exceptionnel de son dénouement : en France 20 000 enfants en situation de handicap et 80% des enfants autistes ne seraient toujours pas scolarisés d’après l’Unicef.

      A noter, le pays a été condamné pour les injustices que Stella dénonce par le Conseil de l’Europe pour « violation de la Charte sociale européenne révisée en ce qui concerne le droit des enfants et adolescents autistes à la scolarisation en priorité dans les établissements de droit commun, et l’absence de prédominance d’un caractère éducatif au sein des institutions spécialisées.» Dans ce contexte, Stella Manchon « ajoute que la France ne respecte pas des droits constitutionnels et l’Etat préfère organiser la déportation de ces enfants en Belgique plutôt que de financer la mise en place de centres capables de les accueillir en France. » rajoute-elle (pour en savoir plus sur ce point). « Un véritable scandale sanitaire » selon Stella qui en fait aujourd’hui son cheval de bataille

      Yuka et Marine

      Par Le 14/06/2015

       

      Un jour, Marine est revenue d'une balade dans les bois avec un petit chien, une boule de poils adorable. Il était maigre, affamé, il têtait mon doigt, il mangeait de l'herbe.

      C'était Yuka.

      Il est impossible de décrire la fusion qui existe aujourd'hui entre notre fille et son chien. Ce chien et sa Maîtresse. L'un et l'autre s'appartenant.

       

      J'ai roulé sur le chien de ma fille, sur ce qui emplit sa vie d'amour et de joie.

      J'ai vu ma fille tout prendre en main, dans les premières minutes, là où moi, j'étais incapable d'agir, sidéré par le drame.

      Depuis un mois, je vois ma fille changer des pansements sur une plaie de cinq centimètres de long, deux centimètres de large, la chair à vif....

      Elle tamponne avec des compresses, enlève des filets de pus, reconstitue le pansement avec des sangles passées dans des boucles cousues à même la peau....Un travail minutieux de 45 minutes répétés deux ou trois fois par jour selon l'incontinence...

      Je carresse Yuka pendant ce temps-là et je l'empêche de bouger quand il a mal. Et Marine doit continuer à le soigner en sachant qu'elle lui fait aussi du mal. Yuka n'a pas la notion du temps. Il est dans l'instant. Et même si Marine lui parle, lui explique, le rassure, le réconforte, le carresse, que peut-il comprendre de tout ça ?

      On n'en sait rien mais on continue à lui parler malgré tout. 

      ...

      J'ai vu ma fille craquer et rebondir, pleurer et se réjouir.

      Je l'ai vue dormir dans le garage à côté de Yuka qui avait de la fièvre. Essuyer son anus plusieurs fois par jour et devoir recommencer encore quand on vient juste de réussir à l'allonger sur sa paillasse. Je l'ai vu le câliner des heures durant et en oublier de penser à elle. Laver les couvertures toute la journée, laver Yuka cinq, six, sept fois par jour, se relever pour les besoins de la nuit.

      Je l'ai vue rire avec lui alors qu'elle pleurait seule, dans son camion, dix minutes avant. 

      Je sais l'amour infini qu'elle porte à Yuka.

      Le même que je lui porte.

       

      Celui que je porte à Marine n'est de toute façon pas mesurable. 

       

      Il est de ces épreuves qui portent un message. Je n'ai pas encore décrypté celui-là parce que l'épreuve est en cours et que je n'ai pas le temps pour ça....

      Marine, non plus.

      Mais un jour, on comprendra. 

       
       
       
       
       
       
       

       

       

      Yuka. Un mois après...

      Par Le 14/06/2015

      C'était le 12 mai. En reculant avec le camping car, j'ai roulé sur Yuka, le chien de Marine, ma fille. 

      Une 1ère opération pour tenter de reconsolider le bassin, le pubis, le sacrum...Cinq broches. 

      Et puis une 2ème opération suite à une infection qui risquait de déclencher une septicémie.

      Retrait d'une broche et pose d'une autre pour équilibrer le bassin.

      Les premières "marches" (5 minutes) montraient une bascule du côté gauche et des douleurs pour Yuka.

      Un soir, alors qu'on lui avait enlevé la collerette pour qu'il puisse manger, Yuka a arraché le pansement et les fils de la plaie de l'escarre et il a tout avalé...

      En urgence, une heure de route, arrivée à Annecy à 22h30...Le médecin a injecté un vomitif à Yuka et quinze minutes après, il a tout rendu...Refermer la plaie, surveillance toute la nuit...

       

      On ne compte plus les trajets entre la maison et l'hôpital.

      On ne compte plus non plus, les soutiens et la patience, la bienveillance et l'attention de toutes les personnes de cet hôpital. 

      Je me suis même demandé une nuit où je ne dormais pas, si finalement, les gens qui consacrent leur vie aux animaux ne sont pas plus humains que les autres...

      Les chirurgiens, le Docteur Bernarde ou le Docteur Matres, toutes les autres personnes dont je ne connais pas le nom, les secrétaires de l'accueil, les internes, les infirmières...Toujours cette attention bienveillante, ce soutien dans la douleur, cet apaisement des peurs, des explications patientes, des regards plein d'empathie, une efficacité intacte de leur part...La gestion émotionnelle que ça représente pour eux...Même s'il nous est douloureux de devoir retourner souvent à l'höpital, sans savoir si Yuka reviendra avec nous le soir, même si la route est longue et notre fatigue immense, nous savons, à chaque fois, que nous serons entendus, accueillis, réconfortés, que les soins seront faits avec la plus grande attention.

      Beaucoup de gens du personnel nous disent adorer Yuka.

       

      L'incontinence n'est pas réglée. Il faut laver Yuka plusieurs fois par jour et changer les couvertures sur lesquelles il dort. J'ai fait deux enclos avec de la paille pour qu'il ne sorte pas. Il ne faut pas qu'il s'allonge du côté de l'escarre. On se lève la nuit pour le retourner car Yuka s'allonge prioritairement du mauvais côté. 

      Il faut appuyer sur sa vessie pour déclencher la miction. Les selles arrivent n'importe quand. On a noté pourtant une amélioration puisque Yuka attend plus souvent désormais pour l'urine qu'il soit debout et hors de son enclos. Même chose pour les selles. Je sens aussi des contractions de son ventre lorsque j'appuie sur sa vessie. 

       

      Il marche un peu (5 minutes) ou deux cents mètres en tout. Le bassin semble équilibré mais les plaies lui font trop mal sans doute pour qu'il puisse adopter une marche normale. 

      Je continue à le masser pour le soulager des contractures musculaires. Plusieurs fois par jour, longuement. Je sais l'importance de ce lien entre lui et moi. 

      Il a beaucoup maigri et la masse musculaire de l'arrière-train a fondu...

      Il a fallu qu'il garde un drain pendant trois jours avec obligation de le changer toutes les quatre heures...Marine s'en est chargée et j'admire son courage...

       

      Poussées de fièvre, états d'excitation ou dépressif, douleurs et pansements déclenchant des allergies cutanées, une collerette qu'il ne supporte pas vraiment, les mouches qui le harcèlent, la chaleur, l'incontinence, la tristesse de ne pas pouvoir courir après les oiseaux, des marches insignifiantes pour l'énergie qu'il avait...

       

      C'était l'hiver dernier...Yuka, heureux et fort. Plein de vie.

       

      On ne sait pas trop où on va mais on continue à tout faire pour que Yuka récupère...Au mieux. 

      Aujourd'hui, Yuka est sorti de son enclos. On l'a emmené au lac. Il a marché quelques mètres...Il a goûté à l'eau qu'il aime tant.

      On continue, on ne lâche rien. 

      Yuka non plus. 

       

       

       

      Yuka. Le jour où...

      Yuka...Une semaine après...

       


       

      L'inspiration

      Par Le 08/06/2015

      INSPIRATION : Action par laquelle, l'air entre dans les poumons.

      INSPIRATION : Mouvement intérieur, impulsion qui porte à faire, à suggérer ou à conseiller quelque action. Souffle créateur qui anime l'écrivain, l'artiste, le chercheur....

       

      J'aime bien l'idée que l'inspiration artistique soit associée à la notion d'air entrant dans les poumons. La création est un mouvement généré par une énergie extérieure à l'individu. Il ne s'agit pas de fabriquer en soi les éléments nécessaires mais de "s'ouvrir" pour les recevoir et d'apprendre ensuite à les matérialiser par des actes. 

       

      Le pourquoi du roman

      Par Le 05/06/2015

      C'est la réflexion suivante qui m'a amenée à écrire "Là-Haut"....

      Il fallait que je construise une histoire pour explorer cette dimension du Bien et du Mal et de la révélation du Soi lorsque la dualité s'éteint. Il fallait que je donne vie à des personnages pour qu'ils me guident. Je devais absolument écouter, continuellement, ce qu'ils avaient à me dire, sauver leurs paroles du néant de l'oubli...Ils ont été les défricheurs de cette jungle de pensées en moi, ils ont taillé sans retenue jusqu'à ce que je ne craigne plus de me perdre. Ils ont vécu en moi et je pourrais les croiser aujourd'hui dans la rue sans même en être surpris...Ils existent quelque part...Je sais ce que je leur dois.

      J'ai connu moi aussi la perte de mon intégrité physique. Durant quelques temps. Je sais donc ce qu'est le bonheur infini de se sentir de nouveau entièrement disponible...Mais il fallait que j'écrive cette histoire pour comprendre ce que j'avais connu. Comme si d'écrire ce roman me permettait de sortir de moi et de m'observer dans le miroir de leurs existences. Jean, Blandine, Isabelle...

      Je sais qu'ils m'ont grandi. 

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      La souffrance comme une issue. La dernière clé. Toutes les situations, tous les évènements, des plus anodins aux plus traumatisants concourent à l’émergence du moi et à sa progression dans le temps. Mais je vois une distinction profonde entre cette « existence » perçue par ce moi et la « vie » perçue par bien autre chose. L’existence est constituée par tout ce que le moi accumule. La vie n’a pas besoin d’accumuler quoique ce soit. Elle est. Constante et immuable. Est-ce que le moi peut réellement la saisir, est-ce que le moi, dans le chaos de ses pensées, dans le fatras incommensurable de son existence peut réellement percevoir cette conscience du soi et de la vie.

      Le Soi.

      Qu’en est-il ? Le moi est une entité individuelle modelée par d’autres entités individuelles, par d’innombrables imbrications dans lequel le moi s’identifie. On peut clairement se demander si la notion de Soi et la conscience de la vie lui sont accessibles. Que peut-il saisir dans son fonctionnement, sinon, une idée mentalisée ? La vision d’un Tout et l’appartenance du Soi à ce Tout sont-ils de pures hallucinations d’un mental qui se gargarise d’un cheminement spirituel, comme un piédestal à sa magnificence ?

      Il serait bien plus profitable et honnête que ce soit le Soi qui conçoive le moi, que ce soit lui qui observe les agitations frénétiques de ce petit individu mais dans cette soumission de l’individu à son identification, c’est le moi qui part à la recherche d’un Soi dont il a entendu parler et qui comblerait son désir de séduction. Car celui-là qui est au cœur de son Soi est beau et sage…Vaste mystification. Que peut saisir une entité centrée sur elle-même quand elle se dit être en quête du Tout. La fourmi a t-elle conscience de la forêt dans laquelle elle travaille, de la planète sur laquelle elle existe, de l’Univers ? Possédons-nous une conscience plus élaborée que celle de la fourmi ? Oui, bien évidemment ou alors c’est que la fourmi cache bien son jeu… Bien, et alors ? Dès lors que le moi part à la recherche d’un Graal qui dépasse son entendement, que peut-il trouver d’autre qu’une entité à sa dimension, c'est-à-dire bien autre chose que le Soi ? Alors, il nous faut chercher sur le chemin des religions…Mais les religions sont issues du mental. Aucune religion ne peut être un tremplin. Elles ne sont qu’une boucle qui ramène le moi vers lui-même. Puisqu’il en est l’instigateur. De toute façon, tant que le raisonnement, la linguistique, la dialectique, la logique, la rhétorique entrent en action, c’est le moi qui cherche ce qui ne lui est pas accessible. Dès lors qu’il y a un observateur et une quête, l’objet observé, l’individu reste dans un cheminement mentalisé et par conséquent le moi…Il a conscience de sa recherche et s’en glorifie et imagine dès lors être sur la voie. C’est juste celle qui le ramène à lui-même. Mais par des chemins enluminés de métaphysique, ce qui donne un aspect valorisant à la quête…Vaste mystification. La métaphysique est lucide quand elle est capable de juger de son insuffisance. C’est le moi qui se regarde par des fenêtres plus larges. Mais il n’y a pas de nouvel horizon. Pas celui du Soi. Faut-il donc passer par un autre canal que le moi pour saisir le Soi ? Mais s’il n’y a plus de moi, il n’y a plus de conscience, de vigilance, il n’y a plus rien qui puisse saisir puisque tout a disparu… Ça serait considérer que seul le mental a la capacité de saisir… Je ne pense pas que ça soit le cas. Là, il s’agit juste d’un formatage. On a appris à penser pour saisir. « Je pense donc je suis. » Sacrée catastrophe que cette affirmation. « Je pense donc je fuis. » Je fuis la possibilité d’entrer dans une dimension qui m’échappe dès lors que je pense. Ça ne nous donne pas de piste quant à la quête de ce Soi. Pour l’instant, il reste insaisissable. Mais n’est-ce pas justement la solution à l’énigme ? Puisque le moi ne peut pas saisir un Soi, autre qu’une enveloppe grossie de son propre moi, puisque le Soi ne peut pas être conscience de lui-même puisque cela reviendrait à concevoir un Soi détaché du Tout, c'est-à-dire immanquablement une individualité, ce qui serait antinomique dans l’idée du Tout, il n’est dès lors pas possible de saisir le Soi par le moi. Tout simplement.

      Le Soi aperçu par le moi est nécessairement une entité séparée du Tout et par conséquent autre chose que le Soi. Le Soi est Conscience et non conscience. Il ne peut pas être conscientisé car il faudrait qu’il s’individualise et qu’il s’identifie à l’observateur. Le ciel ne peut pas voir le ciel. Il faudrait qu’il prenne de la hauteur !! L’Univers ne peut pas s’observer. Le Soi ne peut pas se connaître. Ni par lui-même puisqu’il ne serait plus le Soi mais une entité séparée du Soi, ni par le moi qui ne peut pas connaître ce qui le contient. Bon, ça semble à peu près se tenir tout ce charabia. Mais alors qu’en est-il des expériences mystiques ? Des révélations qui font basculer parfois en quelques instants, des individus « basiques » à des êtres éveillés ? Qu’ont-ils aperçu, ressenti, perçu, « compris » (pas de façon rationnelle bien entendu…), que leur est-il arrivé ? Est-ce que le moi peut basculer dans une dimension qui ne serait pas le Soi mais un « simple » état de conscience modifiée ? Comment considérer que ces gens puissent évoluer dans un monde mentalisé en ayant eu accès à une vision unifiée de la vie ? Comment gérer ce genre d’antagonismes ? Comment passer du haut en bas, de l’intériorité mentalisée à l’universalité dés-identifiée ? Les voyageurs des NDE ? Les guérisons « spontanées » et inexpliquées ? Que s’est-il passé ?

      Le moi, dans ces expériences extrêmes, n’a rien à voir. Il est bien trop futile et insignifiant pour s’engager dans des voies aussi radicales. Écoutons les paroles des « expérimentateurs »…C’est stupéfiant. Tellement éloigné de notre vision mécaniste et rigoriste de la vie.

      Le Tout s’est-il laissé découvrir, le Soi s’est-il révélé ? Mais alors, tout ce que j’ai écrit au-dessus ne tient pas. Tout ça ne serait donc bel et bien que du charabia métaphysique. C’est sans doute qu’il faut chercher ailleurs. Et se passer même du langage.

      La souffrance devient-elle la clé pour ouvrir l’enceinte ? Lorsque plus rien ne permet au geôlier de prendre conscience qu’il fabrique lui-même la prison qu’il s’obstine à ignorer, la souffrance réelle, physique, psychologique, existentielle, ne devient-elle pas l’ultime accès à la liberté ? Cette rupture, totale, incompréhensible, imprévisible, comme si parvenu à une altitude inconnue, le mental n’avait plus d’oxygène, que les pensées et les résistances ne pouvaient plus prendre forme, n’avaient plus de nourriture, une perte d’identification. La douleur a tout rongé, jusqu’à la dernière image, les rôles les plus essentiels, ni mari, ni père, rien, il ne reste rien que cette douleur insoutenable jusqu’à ce qu’elle disparaisse à son tour. Cette rupture, ce vide. Cette absence de tout, plus rien, aucune sensation, plus de corps, plus de peur, aucune pensée, le néant sans rien pour le voir, rien…Comment expliquer qu’il n’y a rien. Ni même rien pour s’en rendre compte. Toute la difficulté pour l’exprimer vient du fait qu’il n’en reste rien. Puisqu’il n’y a plus rien pour s’en souvenir, pour que ça se grave. Rien ne s’est gravé dans ce rien. Et puis cette phrase, soudaine, au milieu d’auras bleutées.

       « Tu n’es pas au fil des âges un amalgame agité de verbes d’actions conjugués à tous les temps humains mais simplement le verbe être nourri par la vie divine de l’instant présent. »

      Ça n’était pas moi. Ça venait d’ailleurs. C’était trop long pour que je l’élabore moi-même dans cet état d’hébétude. Qu’est-ce que c’était ?  « Qui » était-ce ?

      Des nuits entières à me poser cette question, de mois, des années, des heures à y penser en marchant, sur mon vélo, assis dehors, sous les étoiles, à tenter de retrouver dans ce vide environnant une source, un point de départ, un noyau de clarté, un point lumineux d’où aurait jailli cette fulgurance. Dans ce vide intersidéral que la douleur avait engendré, dans cette incapacité à être moi, à penser même, comment une telle complexité pouvait-elle se concevoir ? Il existerait donc un autre émetteur ?...Et je pourrais recevoir ces émissions inconnues ?...Le Soi ? Ce vide était-ce cela « la vacuité ? »

      S'éveiller à la vacuité est-ce voir que personne ne souffre ici, qu’il y a une sensation mais personne pour en prendre livraison. La douleur porte-t-elle un enseignement salvateur ? Pointe-t-elle vers ce qui est au-delà de la douleur ?

      « Les quatre nobles vérités qui sont à l'origine du bouddhisme sont: la vérité de la souffrance ou de l'insatisfaction inhérente, la vérité de l'origine de la souffrance engendrée par le désir et l'attachement, la vérité de la possibilité de la cessation de la souffrance par le détachement, entre autres, et finalement la vérité du chemin menant à la cessation de la souffrance, qui est la voie médiane du noble sentier octuple. »

      Je ne sais pas ce qu’est ce sentier octuple. Je comprends par contre cet attachement à la douleur, comme à tout le reste. Toutes les identifications qui s’opposent au Soi, qui le couvrent comme autant de salissures. La douleur est un purificateur forcené. Elle brise la coquille et libère le noyau. Mais ce noyau n’est pas une entité individuelle. Il est le flux vital. L’énergie créatrice. Et dans l’amour inconditionnel, ineffable, incommensurable de l’énergie, il n’y a pas de mal, pas de douleur, pas de traumatisme puisqu’il n’y a plus de moi et que le moi entretient tout ce à quoi il est identifié. N’être plus rien efface jusqu’au mal tout comme il efface le bien. Il n’y a que ce qui est. Et ce qui est ne porte pas les fardeaux mentalisés du moi. Bien et Mal nsont que des rumeurs. La douleur comme la libération du Tout en moi. Comment pourrais-je y voir du Mal ? Ce Bien dans lequel je m’imaginais exister et qui m’avait brisé. Bien et Mal, juste deux termes qui n’ont aucune réalité dans le flux vital. Cette absence de lucidité qui entretenait ces rumeurs. Et en venir à honorer la douleur lorsque le moi est éteint. Il y a autre chose. Une autre réalité, sans doute la seule. Lorsque le rêve éveillé est brisé et que toutes les rumeurs s’éteignent dans la lumière de la Conscience. Pas « ma » conscience mais l’Autre. Celle qui libère et unifie.

       

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      Par Le 04/06/2015

       
      Thierry Ledru


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