COMPRENDRE LA REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES
http://var-contre-reforme-rythmes-scolaires.blogspot.fr/p/comprendre.html
Tout le monde s’accorde à dire que l’Ecole en France va mal et qu’il faut la changer.
C’est dans ce cadre de refondation de l’Ecole qu’a été mise en place la réforme des rythmes scolaires.
Elle a été instaurée par décret par Messieurs Ayrault et Peillon le 24 janvier 2013.
Contrairement à une loi qui est étudiée, débattue puis votée par le parlement, un décret est juste imposé par un ministre.
Pour résumer, le « Décret Peillon » instaure :
· une demi-journée de classe « supplémentaire » le mercredi matin, ou le samedi matin sur dérogation, soit 9 demi-journées sur la semaine
· trois heures d’activités périscolaires hebdomadaires supplémentaires, les TAP, Temps d’Activités périscolaires ou NAP, Nouvelles Activités Périscolaires.
· un calendrier annuel et un nombre d’heures de cours hebdomadaires (24h) inchangés.
· les journées ne doivent pas compter plus de 5 heures 30 maximum par jour et 3h30 le mercredi matin.
· La pause méridienne doit durer au minimum 1h30.
· L’Aide Personnalisée est remplacée par des APC, Activités Pédagogiques Complémentaires : aide pour les élèves en difficulté, aide au travail personnel ou activité de Projet d’Ecole
· Les mairies et collectivités peuvent remonter un projet d’horaires mais le dernier mot revient au DASEN, Directeur Académique des Services de l’Education Nationale, représentant local du ministre de l’Education Nationale
· Seuls les établissements publics sont tenus d’appliquer la réforme
En septembre 2013, seules 4000 communes ont choisi de l’appliquer, soit environ 22% des élèves. Elle doit être obligatoire pour tous en septembre 2014.
A VOIR :
CONTRE CETTE REFORME DES RYTHMES SCOLAIRES
L’avenir et le bien-être des enfants dépassent tout clivage politique, c’est pourquoi les « Gilets Jaunes » sont sans étiquette et regroupent toutes les personnes qui sont contre la réforme de Mr Peillon sur les rythmes scolaires.
Les « Gilets Jaunes » revendiquent l’ABROGATION du décret Peillon qui met en place cette réforme relative aux rythmes de l’enfant et de l’école.
Non par volonté d’immobilisme, mais dans l’optique de mettre en place une réelle refondation de l’école en CONCERTATION.
Nous disons NON à cette réforme Peillon car :
Dossiers à lire également :
I) La réforme des rythmes scolaires fatigue les enfants
Contrairement à ce que pourraient laisser penser certaines études qui ne font pas l’unanimité, cette réforme a été mise en place sans prendre en compte les besoins physiologiques réels des enfants.
Au final, dans les écoles où la réforme s’applique déjà, les sondages le montrent : 86 % des enfants sont plus fatigués !
Ø Une réforme qui ne tient pas compte de l’ensemble des journées des enfants.
La réforme raccourcit la journée scolaire des enfants. Cependant, elle allonge leur semaine en les obligeant à se lever 5 jours d’affilée. Ce qui engendre une importante fatigue. De plus, c’est sans prendre en compte la journée globale de l’enfant. Certains enfants dont les parents travaillent sont gardés en périscolaire dès le matin. Ils le sont également à midi et jusque tard le soir.
Avec un niveau d'heures de présence en collectivité qui excède souvent celui de leurs propres parents sur leur lieu de travail, cette réforme demande à des enfants âgés de 3 à 10 ans d'avoir la même vie que des adultes !
Fatigue aussi car cette réforme enlève le jour de « soupape » nécessaire à ces jeunes enfants ! Car même si certains se levaient déjà pour rejoindre le centre de loisir, la fatigue n’y est pas la même.
Ø Une réforme qui bouscule les repères des enfants.
Les TAP ajoutent un adulte référent supplémentaire aux enfants. De plus un même lieu de
vie se retrouve à avoir plusieurs fonctions selon l’heure de la journée. Les enfants sont encore plus déstabilisés qu’avant.
Par ailleurs, selon les modalités d’application de la réforme, les horaires d’une journée à l’autre varient énormément ce qui empêche les enfants de trouver des repères cohérents.
C’est d’autant plus vrai pour les plus jeunes en maternelle où la réforme complexifie l’organisation de la sieste des tout petits, qui leur est pourtant nécessaire. Cette réforme traite les enfants de 3 ans comme ceux de 10 ans.
Ø Le comble de cette réforme des rythmes scolaires.
Fatigue également car les horaires programmés sont souvent décidés suivant les ramassages scolaires et non pas pour le bien-être de l'écolier.
Fatigue car cette réforme ne touche pas les rythmes scolaires annuels, elle préfère ainsi mettre en avant les demandes des professionnels du tourisme plutôt que le rythme nécessaire aux enfants !
Fatigue car cette réforme veut copier sur nos voisins européens en oubliant que nous ne vivons pas dans la même société, que nous avons d'autres mode de vie, des systèmes économiques différents, une législation du travail différente, etc.…
Le comble de cette nouvelle organisation du temps scolaire pour soit disant accéder à de nouvelles activités est que les enfants qui pouvaient faire une activité extra scolaire ne peuvent plus le faire, 42 % des enfants déjà dans la réforme ont abandonné leurs activités du mercredi à cause d’une trop grande fatigue accumulée sur la semaine ou du coût des TAP!
Cette fatigue est telle que dans l'ensemble des écoles qui ont mis en place la réforme en 2013, 55% des parents envisagent de mettre leurs enfants en écoles privées ! Car elles ne sont pas obligées d’appliquer cette réforme. Sachez que de très nombreuses classes ferment (10 en moyenne par région) faute d’effectif, au profit des écoles privées !
A VOIR :
II) La réforme des rythmes scolaires augmente les inégalités
Ø La territorialisation de l’Ecole entérine les inégalités.
Cette réforme conduit à transférer une partie de la mission éducative aux collectivités locales. Elle prévoit la mise en place d’un projet éducatif local, différent d’une commune à l’autre, d’une collectivité à l’autre. On va vers une école communale et non nationale. Cette « territorialisation » crée une inégalité entre les élèves, selon que les communes seront riches ou pauvres, ouvre la voie à une école à plusieurs vitesses. De plus chaque commune a ses particularités, qu’elles soient sociales, économiques ou culturelles, qu’elles concernent les moyens de transports ou les locaux disponibles, et ce qui peut s’appliquer dans une ne peut pas forcément s’appliquer dans l’autre.
Certaines communes pourront développer des activités intéressantes, d’autres devront se contenter d’une garderie à peine améliorée, de jeux dans la cour ou même de regarder la télé !
Ø La réforme porte atteinte une nouvelle fois au principe de gratuité de l’école !
Malgré la meilleure volonté du monde, de nombreuses mairies sont obligées de rendre les activités payantes, fautes de moyens.
Les 50 ou 90€ alloués par l’état ne suffisent pas, surtout avec les diminutions des dotations de l’Etat !
Dès lors appliquer ce décret en respectant les valeurs d’égalité et de gratuité s’avère souvent impossible. Ce sont pourtant les valeurs de l’Ecole Républicaine !
De ce fait, malgré les promesses, dans la réalité, seules les catégories assez aisées de la population ont accès aux activités périscolaires de qualité. Les autres rentrent chez eux, parfois seuls, les parents étant encore au travail, et pour y faire quoi ?
5% des communes sont d’ores et déjà obligées de faire participer les parents financièrement pour pouvoir proposer des activités alors que l'année dernière ce temps scolaire était gratuit. Il existe donc bien une INÉGALITÉ d'accès aux Temps d'Activités Péri-éducatif, que se soit du point de vue financier ou du point de vue de la qualité des activités.
Ø Une réforme qui remet en cause la réussite pour tous.
· Soit les Activité Pédagogiques Complémentaires sont inexistantes, aucun soutien aux élèves en difficulté ni aide au travail personnel…
· Soit le seul créneau disponible est lors de la pause méridienne, alors qu’actuellement 2 possibilités sont possibles pour l’Aide Personnalisée
· Soit les APC sont simultanées aux NAP : lorsque la plupart des enfants vont faire de nouvelles activités ou rentre chez eux, les « élèves en difficulté » vont quant à eux en APC avant de rejoindre leurs petits camarades pour 15 min d’activité !!! Outre que ces enfants sont encore plus stigmatisés, ils vont avoir une journée allégée d’un quart d’heure, continuant à s’enliser encore plus alors que c’est eux qui auraient le plus besoin de cette réforme des rythmes et d’allègement pour apprendre différemment !
La réforme ne favorise pas la réussite pour tous !
Ø Une réforme inadaptée aux enfants en situation de handicap
Cette réforme creuse encore les inégalités avec les élèves en situation de handicap qui sont les véritables exclus de cette réforme !
En effet, les professionnels ou bénévoles de l’animation ne sont pas ou peu formés pour les accueillir et les activités ne leurs sont pas adaptées. De plus, durant les temps péri-éducatifs, les enfants handicapés ne peuvent bénéficier du soutien de leur auxiliaire de vie scolaire.
Ainsi cette réforme des rythmes scolaires remet en cause :
- le caractère national de l’école publique
- le principe de gratuité
- le principe fondamental d’égalité devant l’instruction.
A VOIR :
III) La réforme des rythmes scolaires augmente l’insécurité
Les incidents se multiplient depuis la rentrée 2013 dans les écoles où la réforme s’est mise en place !
Le manque de moyens, de locaux, les horaires décalés, la multiplication des intervenants, les différents statuts d’un enfant à l’autre (participe aux Tap ou pas, mange à la cantine ou pas…) et la désorganisation générale induite par ce décret favorise en effet l’apparition d’accidents.
Afin de permettre aux mairies d’embaucher moins de personnel, le gouvernement a mis en place le 2 août 2013, un décret abaissant le taux d’encadrement des animateurs pour les activités périscolaires. Le seuil qui était d'un adulte pour 10 enfants de moins de 6 ans et un pour 14 au-delà de 6 ans, est passé à 1 pour 14 et 1 pour 18. Diminuer le taux d’encadrement c’est augmenter les risques d’accidents au sein des écoles.
Notons également que les personnels disponibles pour animer les activités périscolaires ne sont pas nombreux et les mairies pour la plupart sont obligées d’embaucher des personnes peu qualifiées ou des bénévoles. Au final, contrairement aux personnels de l’Education Nationale, n’importe qui peut s’occuper de nos enfants sans grandes vérifications préalables. Des gens très bien ou d’autres qui peuvent s’avérer peu recommandables… L’Etat désengage sa responsabilité !
Certains syndicats se sont mêmes alarmés de problèmes en matière de sécurité et d’hygiène car les Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) sont désormais dévolus à partir de 15 heures à d’autres activités et ne peuvent plus ni ranger la classe, ni la nettoyer comme ils le faisaient avant.
A VOIR :
IV) La réforme de Mr Peillon sur les rythmes scolaires est inefficace.
Ø Cette réforme n’atteindra pas ses objectifs en termes de réussite scolaire !
Elle entend améliorer les résultats scolaires des enfants français et lutter contre la spirale de l’échec scolaire. Or, elle ne peut y arriver.
Déjà, le niveau scolaire des élèves est influencé par de nombreux facteurs et la question des rythmes n’en est qu’un parmi d’autres plus significatifs comme le contenu des programmes ou la formation des enseignants.
De surcroît, de nombreuses études se contredisent et aucune n’a pu prouver qu’un système, 4 jours ou 4,5 jours, permettent de meilleurs résultats qu’un autre !
D’ailleurs bien des écoles, dans le Rhône et la Loire par exemple, sont aux rythmes des 4 jours depuis 1991 !!! Et cela n’a eu aucune influence comparative sur les résultats des élèves lors des différentes évaluations nationales !
Notons également que les résultats PISA, publiés par l’OCDE et souvent évoqués, concernent des enfants qui ont fait leur scolarité en primaire avec des rythmes à 4,5 jours ! Il semble difficile de nous faire croire que revenir à un système de 4,5 jours va permettre l’amélioration des résultats scolaires.
Ø Le problème de la semaine de 4 jours : son week-end trop long.
Pourtant les chrono-biologistes et spécialistes sont unanimes : la semaine de 4 jours est délétère pour les enfants. Elle perturbe leurs rythmes biologiques et donc leurs rythmes d’éveil et d’attention nécessaires aux apprentissages.
Ils sont également tous d’accord pour dire que ce qui ne va pas dans cette semaine de 4jours, c’est la trop longue durée du week-end !
Aussi le décret imposé par Mr Peillon ne résout rien !!!
Ø Des pics d’attention des élèves sur la journée et sur la semaine non exploités.
Concernant les périodes de pic d’attention et d’apprentissage des élèves, notons que faire le choix de placer les temps d’activités périscolaires en fin d’après midi revient à supprimer autant de temps d’apprentissage efficace pour les élèves. C’est pourtant une proposition majeure de ce décret !
Si l’on s’intéresse aux pics d’attention sur la semaine, l’incohérence est encore plus flagrante !
Les études (de François Testu par exemple !) nous montrent qu’auparavant, lors de la semaine de 4,5 jours avec le samedi, le pic d’attention sur la semaine était observé le Jeudi ou le vendredi ! C'est-à-dire juste après la pause du mercredi ! Alors que l’attention n’était pas optimale le samedi, malgré trois jours d’école consécutifs !
Ø Aucune matinée d’apprentissage supplémentaire !
Comment dès lors affirmer que les enfants « gagnent » une matinée d’apprentissage avec le mercredi matin travaillé ? Si c’est pour que l’attention diminue le reste de la semaine, quel intérêt ?
En effet les témoignages des enseignants et des parents rapportent souvent qu’avec le mercredi travaillé l’attention diminue le jeudi, et encore plus le vendredi !
Pour remédier à ce problème, dans les écoles où la réforme est en place, la plupart des enseignants se retrouvent contraint de faire des matinées « allégées » le mercredi, sans apprentissages.
BILAN : aucune matinée d’apprentissage supplémentaire !
Enfin, pour citer une chrono biologiste, Claire Leconte, s’adressant au ministre : « Comment peut-on croire et faire croire que diminuer simplement la journée d'une demi heure – ou de ¾ d'h - va permettre un mieux apprendre pour tous les enfants et un mieux-vivre de tous ? Ce n'est pas l'allégement des journées de classe tel que vous le concevez qui permettra d'améliorer l'efficacité des apprentissages, mais bien une meilleure répartition du temps scolaire ».
A VOIR :
V) La réforme des rythmes scolaires coûte très cher aux contribuables
Ø Une réforme qui n’est pas gratuite
La réforme est présentée comme un dispositif proposant des activités gratuites pour tous. Il s’agit d’un leurre. En effet, la collectivité doit financer l’application de la réforme. Et bien que des aides soient proposées, le reste à charge est encore très important et oblige les communes à choisir entre augmenter les impôts locaux ou faire payer les activités aux familles.
La première solution touche de plein fouet le pouvoir d’achat de la population et augmente les inégalités entre communes.
La deuxième creuse les inégalités sociales en remettant en cause le principe de gratuité de l’Ecole. Elle ajoute de nouvelles charges aux familles qui devront peut être renoncer à inscrire leurs enfants à d’autres activités auxquelles ils avaient l’habitude de participer.
Ø Des élus pris en étaux.
De nombreux élus se sont déjà ouverts à ce sujet et refusent de faire supporter le poids de ces dépenses aux ménages.
En effet, le financement de cette réforme est le principal point de difficulté exposé par les maires dans sa mise en place, rejoint par la difficulté à trouver des personnels encadrants de qualité pour les TAP et l’organisation des emplois du temps (gestion des transports, des cantines, des locaux, etc..).
L’Etat s’est engagé à débloquer un fond d’amorçage de 50 à 90€ par enfant.
La CNAF peut compléter cet apport mais les modalités de demande d’aide restent très complexes et difficiles.
Malgré tout, le coût réel de cette réforme, de 150 à 500€ par enfant selon les sources, à laquelle s’ajoute la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement accordée aux maires, remettent en question l’équilibre budgétaire des communes dans un contexte économique déjà fragile. D’autant plus que l’Etat ne s’est engagé à soutenir les communes que jusqu’en 2015 ! Et après ?
De toutes manières, que ce soit l’Etat, la CNAF ou les mairies qui financent cette réforme des rythmes scolaires, dans tous les cas c’est le contribuable qui paye ! NOUS !
A VOIR :
VI) La réforme des rythmes scolaires déstructure l’environnement des enfants (famille, associations…)
Ø Une réforme qui déstabilise la cellule familiale
La vie des familles est rythmée par l’école, l’emploi, les loisirs, et ce rythme est actuellement extrêmement soutenu pour les familles dont les deux parents travaillent. Impossible pour la plupart des parents de chercher son enfant à l’école en milieu d’après midi.
Pour trouver un équilibre familial, nombreux sont les parents qui arrivent à se libérer une journée par semaine pour se consacrer à leurs enfants. La réforme telle qu’elle est prévue ne permettra plus ce temps de retrouvailles familiales, d’échanges et d’activités diverses.
Ø Une réforme qui a des conséquences sur tous les modes de garde des enfants
Les assistants maternels qui gardent des nourrissons ne pourront pas réveiller ces derniers pour aller chercher de plus grands enfants à l’école en pleine après-midi à l’heure de la sieste. De ce fait, le risque est important que celles-ci renoncent à accepter des enfants en périscolaire. D’où l’accroissement des difficultés pour les parents de trouver un mode de garde pour leurs enfants alors que cette problématique est déjà très présente et empêche de nombreux parents de travailler tous les deux, faute de mode de garde approprié.
Ø Une réforme qui dévalorise les professionnels de l’animation et de l’éducation populaire
Les professionnels et bénévoles de l’animation et de l’éducation populaire ont des compétences et l’ambition de participer à l’épanouissement de l’enfant.
Mais des conditions d’accueil des enfants et de travail inadéquates rendent impossible le développement d’activités de qualité.
Le rabaissement du seuil d’encadrement (décret du 2 août 2013), outre l’insécurité qu’il génère, accentue encore cet état de fait et transforme les activités culturelles, artistiques et sportives en temps de gardiennage.
Par ailleurs, les mairies expriment leurs difficultés à recruter des animateurs (pas toujours formés), pour ces emplois précaires, non valorisés et sous payés, car oui qui accepterait d'être payé ¾ d'heure par jour, 4 jours par semaine ?
De plus la réforme Peillon installe la confusion entre les missions d’Education Nationale et celles du périscolaire, la concurrence entre enseignant et animateur, au détriment de la qualité éducative.
Ø Une réforme qui nuit à la vie associative culturelle, artistique ou sportive
Le coût de la réforme qui diminue le budget des familles, associé à la fatigue accumulée par les enfants dans la semaine, réduisent d’autant les possibilités des parents d’inscrire leurs enfants aux activités extrascolaires qu’ils pratiquaient déjà ou qu’ils voudraient choisir.
Le coût de la réforme diminue aussi le budget des communes qui ne pourront plus subventionner autant les associations sportives et culturelles locales.
De plus, la disparition du mercredi matin libéré diminue les créneaux horaires utilisables et oblige de nombreuses associations à supprimer les activités prévues dans ces moments.
Par ailleurs, à cause des mauvaises conditions de travail induites par cette réforme, la faible qualité des activités développées en TAP risque de ne pas rendre justice à ces disciplines, alors qu’elles sont source d’épanouissement pour les enfants lorsqu’elles sont développées dans leur cadre habituel.
Ø Une réforme qui détruit les initiatives locales de qualité
Depuis près d’une vingtaine d’années, de nombreuses communes ont développé des projets de qualité afin d’améliorer les rythmes de l’enfant (ex : ville de Munster, 68).
Ces projets sont élaborés dans la concertation, sont reconnus de tous et pérennisés.
Malheureusement, ils ne rentrent pas dans le cadre du décret 2013 sur la réforme des rythmes scolaires. Ces initiatives se verront donc stoppées faute de moyens et de validation de l’Education Nationale, et remplacées par un dispositif d’une moindre qualité.
A VOIR :
VII) Une réforme imposée
Ø Une réforme décidée dans la précipitation
Annoncée lors du discours d’investiture de François Hollande le 6 mai 2012, la réforme aura mis moins de 9 mois à voir le jour. Son décret d’application est paru le 26 janvier 2013. Ce temps aura-t-il suffit pour réfléchir aux conséquences d’une telle décision sur le quotidien de millions de familles ?
Mr Peillon se défend pourtant de toute précipitation arguant que le gouvernement de droite avant lui voulait déjà la mettre en place.
En effet Luc Chatel son prédécesseur avait mené une grande concertation qui aboutit au rapport Tabarlot, dont les grandes lignes sont similaires à la réforme de Mr Peillon.
Cependant, rien n’avait été mis en place.
Interrogé sur la réforme des rythmes scolaires de son successeur, Luc Chatel estime qu’elle est bonne sur le principe mais que le gouvernement en a négligé certains aspects.
En effet tout le monde est d’accord sur le principe : l’école française va mal et doit être réformée, les rythmes scolaires sont un des facteurs de ce changement.
« Vous avez une bonne réforme mais mal pilotée parce que le gouvernement a péché par excès de confiance et a négligé des sujets » a déclaré Luc Chatel le lundi 18 novembre 2013 au micro de RTL.
« En premier le contenu : qu'est-ce qu'on fait pendant les heures où il n'y a pas cours ? Ensuite le personnel : il y a un problème de recrutement du personnel encadrant. Et enfin la question du coût. »
Vincent Peillon avance également que tous les acteurs ont été concertés pour la mise en place de cette réforme.
"La réforme des rythmes scolaire a été préparée en concertation avec les professionnels de l'éducation et les collectivités territoriales", avançait-il notamment.
Pourtant…
Ø Une réforme appliquée sans la concertation des principaux acteurs
Si les syndicats d’enseignants et associations majoritaires ont pu être consultés lors de la mise en place de la réforme, celle-ci a été imposéesans qu’aucune réelle concertation n’ait été proposée à l’ensemble des parents, enseignants, animateurs ou élus afin de construire ensemble un dispositif pertinent et réalisable. Ce sont pourtant ces personnes qui, chaque jour, œuvrent pour le bien-être et l’avenir de nos enfants.
« Pendant l'été 2012 tous les acteurs du système éducatif ont été consultés » grâce à un questionnaire en ligne…
Les enseignants, principaux acteurs de "terrain" auraient été consultés pendant leurs congés ? C'est peut être pour cela qu'ils ont eu le sentiment qu'on ne leur a rien demandé : la concertation a eu lieu, c'est vrai, mais sans eux, et sans beaucoup de monde d'ailleurs...
Il y a concertation et concertation... Mettre en place un site internet et recueillir les avis de ceux qui se sentent concernés (et surtout qui sont au courant de cette possibilité !) c'est une chose, dégager des heures dans les emplois du temps de tous les professeurs d'école afin qu'ils donnent leur avis sur une question c'en est une autre !
Mr Peillon (qui ne fait pas toujours n'importe quoi) a mis en place cette réelle concertation pour l'élaboration des nouveaux programmes, mais cela n'a assurément pas eu lieu pour les rythmes scolaires: seules les "hautes sphères" ont été consultées...
Depuis plus de 20 ans les recherches et rapports sur les rythmes de l’enfant se succèdent… sans jamais obtenir de vrai consensus, sans jamais réussir formellement à prouver qu'une organisation vaut mieux que l'autre quant aux résultats scolaires.... certainement une des raisons (hormis le côté "pratique") qui a fait que si peu de gens se sont mobilisés lors du passage à la semaine de 4j.
Ø Les instances consultées sont non représentatives.
On peut noter une certaine incohérence lorsque Vincent Peillon prétend avoir la majorité qui le soutien.
Pour les parents d’élèves par exemple, la FCPE, dont le président Mr Roault affirme être favorable à cette réforme, ne représente que 15,49% des parents du primaire !
Pour les enseignants, seulement 25% d’entre eux sont syndiqués. Le syndicat majoritaire, le SNUipp, malgré quelques incohérences du fait d’être dans le comité de suivi de cette réforme, relate fréquemment les dysfonctionnements du décret Peillon.
En fait de nombreuses instances se positionnent contre cette réforme (PEEP) et même pour l’abrogation de ce décret (SNE, SNUDI FO…), ainsi que de nombreux élus et énormément de personnes non représentées se regroupant autour du symbole des gilets jaunes, symbole de sécurité pour nos enfants, car nous veillons sur leur bien-être et leur avenir.
Ø Un décret et non une loi
Et pourquoi d’ailleurs choisir un décret comme support à une supposée refondation de l’école ? Ce sujet n’est-il pas assez important pour nécessiter une loi qui l'officialise ?
Certains élus interrogent à ce sujet : « Est-ce d’ailleurs un hasard si le gouvernement est passé par un décret et non par une loi pour faire passer ce texte ? Il s’agit d’un transfert non financé de compétences de l’État aux communes, ce qui n’est pas constitutionnel. Or une loi aurait pu faire l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel et probablement d’une censure sur la base de l’article 72-2 de la Constitution ».
Bien au contraire, c’est une réforme qui nous concerne tous !
La réforme des rythmes scolaire, au-delà de l’école est en fait une réforme de société.
Elle implique l’éducation nationale et ses acteurs bien sûr, mais aussi les parents et donc les entreprises dans lesquelles ils travaillent (possibilité de libérer un jour ou pas, de venir chercher les enfants à 16h30 ou pas…), les transports, le tourisme, la santé, le sport, la culture…
En ce sens, elle nécessiterait même un référendum pour sa mise en place !
Dans une République, les lois doivent être issues du peuple, pour une plus grande égalité et une plus grande justice, et non leur être imposées comme dans une dictature.
A VOIR :
CONCLUSION :
La refondation de l’Ecole de la République est nécessaire.
En ce sens, la réforme des rythmes scolaire semble utile mais sa complexité, son coût prohibitif et son manque d’efficacité posent des questions quant à sa priorité.
Quoi qu’il en soit, ce décret mis en place par Messieurs Peillon et Ayrault crée plus de dysfonctionnements et d’inégalités qu’il n’en résout.
C’est pourquoi nous demandons son abrogation, afin de rouvrir le chantier de la réflexion sur les temps de l’enfant, dans une réelle concertation.
Enfin une base qui expose toute la facette sangsue parasitaire de ce qu’est devenu le monde financier contemporain. On le savais déjà mais avec tous les témoignages factuels qui sortent désormais, la boite de Pandore semble ouverte. On entend déjà les bruits de bottes dans les couloirs du FMI, de la BCE et de tous les bureaux qu’occupe l’oligarchie financière. Assurément, le contre feu va être puissant.
+34
AlerterRelisez bien cette phrase, elle explicite clairement la raison d’être de l’euro :
“L’adoption de l’euro a conduit à une augmentation drastique de la dette privée en Grèce à laquelle les grandes banques privées européennes ainsi que les banques grecques ont été exposées”
Ceci est fort logique car Il y a deux postulats de base en économie :
1°) La croissance au niveau mondial n’est au final que la croissance de la masse monétaire mondiale donc en gros des dettes. Ces dettes sont crées par des banques privées et refinancées par les banques centrales.
2°) La double pyramide de crédit de Rueff : Elle se met en place en cas de déséquilibres commerciaux entre deux pays “La balance des paiements du pays émetteur de réserves tend à devenir déficitaire et un cycle auto- aggravé se met en place. Du côté du pays dont les réserves en monnaie pivot se gonflent la banque centrale émet à proportion de la monnaie banque centrale et pousse donc au développement du crédit. Mais comme les réserves sont replacées dans le pays d’origine, elles servent à nouveau à justifier un nouveau round de création monétaire et de dettes”
Lien : link to cee.e-toile.fr
Donc en gros, une monnaie unique permet à moindre frais de générer de la dette entre des pays à productivité différente sans casse immédiate. le change n’est plus là pour annuler les dettes relatives.
Donc Euro = Dette = Croissance (dans un 1er temps)
Le souci c’est que ces masses de dettes et de créances générés automatiquement finissent par se voir. Si croissance de la masse monétaire = croissance, l’inverse est vrai Recession = décroissance de la masse monétaire. La passation des dettes privées aux Etats et à la BCE n’a été qu’un transfert de la source de récession future à des entités non “capitaliste”… l’honneur est sauf, le système capitaliste bancaire privé est efficient, c’est l’Etat qui ne l’est pas…endetté comme il est.
Cela s’appelle autrement de l’inversion accusatoire !
Objectivement, ce système n’est pas foncièrement mauvais et mais rend cyclique la croissance. L’Euro a voulu booster plus loin cette croissance comme un pompier pyromance. Après le shoot vient le manque. Plus on est accros, plus le dégrisement est douloureux.
+28
AlerterIci un suivi régulier du bras de fer et de ses conséquences possibles ( €, UE, crise bancaire,..):
link to anti-k.org
+2
Alerterje suis d’accord le contre feu risque d’être extrêmement puissant car le risque pour le système en place c’est la contagion à d’autre pays de la zone euros de la méthode Siriza.
surtout si la Grèce peut légalement répudier tout ou partie de sa dette devant les instance internationales.
je m’attend personnellement à un risque de tentative de coup d’état “soft” lors d’une sortie probable de la Grèce de l’euro.
manifestation pro euros montrer comme étant majoritaire, paralysie du pays puis intervention pour dissoudre l’assembler et mettre en place un pseudo gouvernement d’union nationale
+4
0 commentaire"Noire finance"
La grande pompe à phynances – Noire finance, partie 1
Dans ce premier volet, les auteurs remontent au fameux jeudi noir d’octobre 1929 à Wall Street, pour montrer comment une crise boursière se transforme en crise bancaire, qui elle-même se développe en crise économique mondiale.
Des « barons voleurs » d’hier aux golden boys des années Tapie, des accords de Bretton Woods à la création de l’euro, il retrace ensuite les différentes étapes qui ont conduit à la libéralisation des flux financiers. Assurances, produits dérivés, fonds spéculatifs (hedge funds)… : les dispositifs techniques se succèdent pour accroître les profits, augmentant toujours plus le risque et la fraude systémiques.Pourquoi faut-il donner de l’argent public aux banques privées en faillite ? C’est par cette question sans ambiguïté que s’ouvre ce passionnant documentaire qui, pendant plus de deux heures, nous entraîne dans les arcanes d’un système financier devenu incontrôlable. Y répondre n’était pas gagné d’avance, tant est opaque l’univers de la finance. Mais Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi (déjà coauteurs pour ARTE de Série noire au Crédit Lyonnais et de ELF : les chasses au trésor) nous ont habitués depuis longtemps à traiter sous une forme accessible des dossiers complexes. Noire finance s’inscrit dans cette veine : un montage très éclairant de propos de spécialistes, émaillé de scènes d’animation, retrace l’histoire politique des déréglementations qui ont abouti à la financiarisation de l’économie mondiale, au profit d’une spéculation criminelle.
Le bal des vautours – Noire Finance, 2e partie
Le second volet montre comment, à travers l’éclatement de la bulle immobilière et la crise des subprimes des années 2000, le « piège à pauvres » s’est refermé.
Il décortique les rouages de la « machine à dette » et expose avec clarté les logiques boursières qui ont mené à la crise mondiale actuelle. Dénonçant l’impunité des « banksters » et leur emprise sur la classe politique occidentale (aux États-Unis, on parle même d’un « gouvernement Goldman Sachs »), les réalisateurs concluent leur enquête sur un chiffre éloquent : les principaux dirigeants financiers mondiaux totalisent 95 milliards de dollars de salaire alors qu’ils ont accumulé 1 000 milliards de perte…
Pourquoi faut-il donner de l’argent public aux banques privées en faillite ? C’est par cette question sans ambiguïté que s’ouvre ce passionnant documentaire qui, pendant plus de deux heures, nous entraîne dans les arcanes d’un système financier devenu incontrôlable. Y répondre n’était pas gagné d’avance, tant est opaque l’univers de la finance. Mais Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi (déjà coauteurs pour ARTE de Série noire au Crédit Lyonnais et de ELF : les chasses au trésor) nous ont habitués depuis longtemps à traiter sous une forme accessible des dossiers complexes. Noire finance s’inscrit dans cette veine : un montage très éclairant de propos de spécialistes, émaillé de scènes d’animation, retrace l’histoire politique des déréglementations qui ont abouti à la financiarisation de l’économie mondiale, au profit d’une spéculation criminelle.
S'immoler pour mettre en lumière.........
Sans solution, une maman menace de s'immoler
Résumé : En l'absence de prise en charge pour sa fille atteinte de dysphasie sévère, une maman menace de s'immoler. La cellule de crise mise en place par MA Carlotti n'y a rien changé. Une solution a finalement été trouvée...
Par L'AFP pour Handicap.fr, le
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Depuis deux ans, Stella Manchon, maman de Mary, 17 ans, atteinte de dysphasie sévère, ne s'est vu proposer aucune solution pour celle-ci, qui vit cloîtrée, sans prise en charge, au domicile familial. Stella vit un enfer au quotidien. Lasse de se battre, elle envisage de s'immoler dans les prochains jours devant la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) d'Avignon.
Des dizaines de courriers, des dizaines de mails, de nombreux contacts avec les autorités dont le Ministère de la santé, la cellule de crise mise en place par l'ex ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, le juge des enfants… n'ont rien changé à sa situation. Selon son entourage, dans l'indifférence générale, un drame se prépare.
Le Collectif Citoyen Handicap (CCH), qui soutient cette maman, entend lancer ce dernier cri de détresse, précisant « après avoir tout mis en œuvre pour sauver Mary de l'avenir sombre qu'on lui réserve ».
Dernière minute le 10 septembre 2014
La mobilisation autour de cette maman a porté ses fruits. Mary a été accueillie dans un ESAT le 10 septembre, exceptionnellement en internat puisqu'elle habite à seulement 6 km. « L'ESAT a expliqué à Stella qu'il avait reçu un coup de téléphone du ministère, que cela n'était jamais arrivé et que celui-ci, en échange de l'intégration de Mary, aurait un renouvellement pour un contrat se terminant ce mois pour l'un de ses employés, selon Jean-Luc Duval du Collectif Citoyen Handicap qui s'est impliqué dans cette affaire. » Il faut savoir que Stella avait visité cet ESAT en juin de sa propre initiative ; le directeur lui avait alors expliqué qu'il était impossible d'accueillir Mary mais qu'il la recontacterait, certainement en fin d'année. Mary a passé une bonne journée et est rentrée avec le sourire.
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Commentaires
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Le 04-09-2014 par Amélie :
j'en suis au même satde de ma vie avec mon fils solution "la moins pire cette année scolaire entrée en clis 1 " mais inanaptée pour le handicap !! ici personne ne sait ce que veut dire dysphasie sévère mixte !! alors il vaut mieux qu'elle vive pour aider son enfant et lutter encore chaque jour qui passe!! qui sera la pour sa fille une fois partie ?les institutions on voit quotidiennement ce que cela donne avec l'avenir de nos enfants!! le combat est dur je vis la mêm chose ici en vendée !et partout en france!la loi 2005 est loin d'avoir des moyens financiers derrière pour touts nos loulous!!un papa dans sud à grimpé sur le toit de la mairie de son village pour faire entendre ses droits.moi-même je dois en arrivée à un dépôt de plainte contre l'ARS AGENCE REGINNALE DE LA SANTE et qui risque m^me d'être déboutée parce que qu'on ne change pas d'orthophoniste comme de garagiste
Le 05-09-2014 par spiroune :
vive la france pour les administrations nos enfants autiste sont des sous citoyens qui doivent etre enferme ici jai a me battre pour mon fils tous les jours pour quil ait une vie normale come tous les enfants de son age jai de plus honte de vivre dans ce pays quand je vois ce que lon propose et lenfer que letat fait vivre aux parents
Le 08-09-2014 par René :
Je voudrais juste envoyer un peu d'espoir et d'encouragement à ces mamans dans la détresse. Je suis père d'une grande fille lourdement handicapée qui est très bien accompagnée par des auxiliaires de vie et des aides techniques grâce au financement de la MDPH (PCH en aide humaine 10h par jour). Je suis militant associatif depuis 40 ans et conciliateur à la MDPH de mon département et malgré les difficultés financières évidentes des MDPH, je crois que de très nombreuses personnes handicapées sont vraiment bien aidées. Mais il y a encore trop peu d'établissements et services en ce qui concerne l'autisme. Nous y travaillons, dans les associations, mais la situation est grave pour encore de nombreux enfants ou adultes.Il faut continuer à se battre et ne pas perdre espoir et faire jouer les aides possibles, les solidarités de proximité. Bon courage, vous avez tout notre respect et notre sympathie.
Le 18-09-2014 par Pierrette :
Les médecins ont probablement eu raison pour leurs soins intensifs à la naissance et les parents ont probablement raison de demander l'arrêt des soins de survie (loi Léonetti le permet)
Pierrette ,médecin retraité,qui a à 2 reprises ,il y a 40 ans, permis à 2prématurés de ne pas "survivre"avec de très graves lésions cérébrales,en n'obéissant pas à son chef de service
Le 01-02-2015 par Autisme :
J'ai publié un article sur cette situation dramatique.
J'ai ajouté un lien vers le votre (d'article).
http://en-quete-de-declics.fr/index.php?declic=quete&autisme=Autisme-qu-est-ce-qui-te-rend-heureuse-ton-travail
L'inégalité pour tous.
[Reportage] Le bilan de la réforme scolaire 2014 : l’inégalité pour tous ?
https://www.facebook.com/celine.fabre.507/posts/988837607806901
Il y aurait plus d’inégalités dans et entre nos écoles; c’est le constat alarmant que font aujourd’hui les opposants à la réforme scolaire.
L’année scolaire se termine sur l’insatisfaction générale, manifestée mercredi 17 juin par le rassemblement des collectifs des Gilets Jaunes et Citoyen Handicap (CCH) à l’entrée des rectorats de France qui ont tous accepté de recevoir les délégations d’enseignants, parents d’élèves et auxiliaires de vie scolaire (AVS) pour discuter du bilan des réformes mises en place à la rentrée 2014. Le mot d’ordre sur cette réforme scoaire : « Ils ont essayés pendant un an, à part accroître les inégalités pour tous ça ne marche pas ! » résume un des Gilets Jaunes venu occuper le bâtiment aixois avec une trentaine de manifestants.
L’urgence, « c’est l’abrogation du décret Peillon »
Depuis la rentrée 2014, l’école c’est aussi le mercredi matin (ou le samedi plus rarement, selon le choix des communes), les journées se terminent plus tôt à 15h45, et les municipalités doivent mettre en place et financer 3h d’activités périscolaires (TAP) dans la semaine (parfois concentrées sur une après-midi comme à Marseille,le vendredi). Or, le constat est unanime: d’après le témoignage de chacun des manifestants présents devant le rectorat, la semaine de 4,5 jours fatigue les enfants. « Imaginez l’impact sur les élèves en situation de handicap si c’est déjà le cas pour les autres enfants », rappelle un représentant du CCH.
Collectif des Gilets Jaunes, Collectif Citoyen Handicap, Sud Education, Auxiliaire de Vie Scolaire tous réunis pour occuper le rectorat d’Aix-Marseille le 17 Juin.
Plus encore, pour les collectifs et syndicats réunis la réforme fait entrer l’insécurité et la politique dans les écoles. « Les animateurs sont souvent peu formés (pas de Bafa) voir bénévoles, donc les TAP pour nous contrairement à d’autres communes c’est plus de la garderie » affirme un groupe de parents d’élèves venu de Marseille, soulignant que « l’insécurité abominable qui en résulte est passée sous silence » . L’autre générateur d’inégalité selon les manifestants c’est la marge de manœuvre laissée à la mairie pour définir les activités mises en place. «Prenez le Maire FN de Beaucaire, dans le Gard,» nous indique Céline Fabre, « qui met en TAP pendant 3h avec les enfants des gens du Front National. S’il veut faire apprendre la Marseillaise et le garde à vous par exemple (ou autre activité qui va faire adhérer à son parti), qui l’empêche ? » Seule solution pour ces collectifs: abroger le décret Peillon. Les manifestants présents devant le rectorat d’Aix-Marseille y croient, « tout est possible avant la rentrée de septembre. »
Une territorialisation des services scolaires est alarmante
Pour Céline Fabre, l’enseignante en gilet jaune, cette territorialisation des services scolaires est alarmante : « Ajoutez le projet éducatif territorial (PEDT) où l’animateur devient capable d’enseigner, les TAP, et la fameuse ère du numérique; (pour caricaturer) le futur professeur est une tablette avec des animateurs autour qui interviennent, voilà où va l’enseignement ! » Selon elle, la tendance inégalitaire du système scolaire se lit déjà dans la fuite des élèves vers le privé qu’elle observe à son échelle: « dans mon école à Toulon, il y avait 1 départ en privé chaque année, cette année on a recensé 13. » Pour l’enseignante, l’impact le plus direct « sera la disparition de la maternelle d’ici deux à trois ans. » Dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, depuis 2005 des centres d’éveil payants substitueraient déjà pour de nombreuses familles les services publics.
70 000 familles en périphérie du système scolaire !
« On parle souvent des aménagements pour personne à mobilité réduite dans les écoles », souligne un représentant syndical de Sud éducation, « mais le problème majeur reste le manque de formation et le statut précaire des AVS qui accompagnent l’intégration des enfants en situation de handicap dans les classes. » C’était pourtant la promesse des mesures engagées par le gouvernement Ayrault– création de 8000 postes d’AVESH et attribution d’un contrat de CDI aux assistants éducateurs en poste depuis plus de six ans. Le CCH regrette aujourd’hui la « répartition bricolée » des AVS qui, dans les faits, ne permettrait aux enfants que de bénéficier partiellement des heures d’accompagnement pourtant promises par l’instance qui les attribue (la MDPSH). Les parents de Matthieu et Elise, tous les deux atteints de troubles autistiques, témoignent de l’ignorance qui persiste: « l’AVS nous expliquait qu’elle ne savait pas gérer les violences de Matthieu, et ce dernier était complètement isolé dans sa classe. » Conclusion, Matthieu ne devrait plus être scolarisé dans une « classe normale » mais devrait suivre un enseignement spécialisé (CLISS), voir même dans un centre médico-éducatif comme sa sœur (IME). « Mais pour avoir une place comptez 3 à 4 ans d’attente » affirme le couple. Une situation que partage plus de 70 000 familles en France.
Stella Manchon, « la folle » qui ennuie l’Etat français
C’est le titre qu’elle se donne aujourd’hui quand elle raconte son histoire, l’étiquette de son combat acharné pour que sa fille qui présente des troubles autistiques soit prise en charge par l’Etat. Cette mère, infirmière de nuit et représentante du CCH, a refusé de placer sa fille dans un IME il y a quelques années. « Je ne voulais pas qu’elle devienne un légume, droguée aux médicaments et cloîtrée dans une chambre » confit-elle. Mais l’hôpital psychiatrique était alors la seule alternative que l’Etat proposait à Mary à l’époque. Résultat, la jeune adolescente passe deux ans et demi à la maison sans être scolarisée et développe de nouveaux troubles psychologiques. Stella et sa fille se sont alors retrouvées « isolées, frappant à toutes les portes sans réponse (associations, services publics, gouvernement). » Poussée par une dépression partagée en septembre dernier, « il a fallu que je menace de m’immoler devant le ministère à Paris pour que l’Etat réagisse enfin ! En 30 minutes il ont trouvé une solution qu’on attendait depuis 2 ans et demi, » affirme-t-elle.
Aujourd’hui, Mary à 18 ans, travaille dans un ESAT (Etablissement de service d’aide par le travail), a réduit de 80% ses troubles acquis pendant son isolement, et envisage enfin l’avenir. Une fin heureuse au combat de Mary que Stella dit ne devoir qu’à sa détermination, et dont elle rappelle le caractère exceptionnel de son dénouement : en France 20 000 enfants en situation de handicap et 80% des enfants autistes ne seraient toujours pas scolarisés d’après l’Unicef.
A noter, le pays a été condamné pour les injustices que Stella dénonce par le Conseil de l’Europe pour « violation de la Charte sociale européenne révisée en ce qui concerne le droit des enfants et adolescents autistes à la scolarisation en priorité dans les établissements de droit commun, et l’absence de prédominance d’un caractère éducatif au sein des institutions spécialisées.» Dans ce contexte, Stella Manchon « ajoute que la France ne respecte pas des droits constitutionnels et l’Etat préfère organiser la déportation de ces enfants en Belgique plutôt que de financer la mise en place de centres capables de les accueillir en France. » rajoute-elle (pour en savoir plus sur ce point). « Un véritable scandale sanitaire » selon Stella qui en fait aujourd’hui son cheval de bataille
Yuka et Marine
Un jour, Marine est revenue d'une balade dans les bois avec un petit chien, une boule de poils adorable. Il était maigre, affamé, il têtait mon doigt, il mangeait de l'herbe.
C'était Yuka.
Il est impossible de décrire la fusion qui existe aujourd'hui entre notre fille et son chien. Ce chien et sa Maîtresse. L'un et l'autre s'appartenant.
J'ai roulé sur le chien de ma fille, sur ce qui emplit sa vie d'amour et de joie.
J'ai vu ma fille tout prendre en main, dans les premières minutes, là où moi, j'étais incapable d'agir, sidéré par le drame.
Depuis un mois, je vois ma fille changer des pansements sur une plaie de cinq centimètres de long, deux centimètres de large, la chair à vif....
Elle tamponne avec des compresses, enlève des filets de pus, reconstitue le pansement avec des sangles passées dans des boucles cousues à même la peau....Un travail minutieux de 45 minutes répétés deux ou trois fois par jour selon l'incontinence...
Je carresse Yuka pendant ce temps-là et je l'empêche de bouger quand il a mal. Et Marine doit continuer à le soigner en sachant qu'elle lui fait aussi du mal. Yuka n'a pas la notion du temps. Il est dans l'instant. Et même si Marine lui parle, lui explique, le rassure, le réconforte, le carresse, que peut-il comprendre de tout ça ?
On n'en sait rien mais on continue à lui parler malgré tout.
...
J'ai vu ma fille craquer et rebondir, pleurer et se réjouir.
Je l'ai vue dormir dans le garage à côté de Yuka qui avait de la fièvre. Essuyer son anus plusieurs fois par jour et devoir recommencer encore quand on vient juste de réussir à l'allonger sur sa paillasse. Je l'ai vu le câliner des heures durant et en oublier de penser à elle. Laver les couvertures toute la journée, laver Yuka cinq, six, sept fois par jour, se relever pour les besoins de la nuit.
Je l'ai vue rire avec lui alors qu'elle pleurait seule, dans son camion, dix minutes avant.
Je sais l'amour infini qu'elle porte à Yuka.
Le même que je lui porte.
Celui que je porte à Marine n'est de toute façon pas mesurable.
Il est de ces épreuves qui portent un message. Je n'ai pas encore décrypté celui-là parce que l'épreuve est en cours et que je n'ai pas le temps pour ça....
Marine, non plus.
Mais un jour, on comprendra.
Yuka. Un mois après...
C'était le 12 mai. En reculant avec le camping car, j'ai roulé sur Yuka, le chien de Marine, ma fille.
Une 1ère opération pour tenter de reconsolider le bassin, le pubis, le sacrum...Cinq broches.
Et puis une 2ème opération suite à une infection qui risquait de déclencher une septicémie.
Retrait d'une broche et pose d'une autre pour équilibrer le bassin.
Les premières "marches" (5 minutes) montraient une bascule du côté gauche et des douleurs pour Yuka.
Un soir, alors qu'on lui avait enlevé la collerette pour qu'il puisse manger, Yuka a arraché le pansement et les fils de la plaie de l'escarre et il a tout avalé...
En urgence, une heure de route, arrivée à Annecy à 22h30...Le médecin a injecté un vomitif à Yuka et quinze minutes après, il a tout rendu...Refermer la plaie, surveillance toute la nuit...
On ne compte plus les trajets entre la maison et l'hôpital.
On ne compte plus non plus, les soutiens et la patience, la bienveillance et l'attention de toutes les personnes de cet hôpital.
Je me suis même demandé une nuit où je ne dormais pas, si finalement, les gens qui consacrent leur vie aux animaux ne sont pas plus humains que les autres...
Les chirurgiens, le Docteur Bernarde ou le Docteur Matres, toutes les autres personnes dont je ne connais pas le nom, les secrétaires de l'accueil, les internes, les infirmières...Toujours cette attention bienveillante, ce soutien dans la douleur, cet apaisement des peurs, des explications patientes, des regards plein d'empathie, une efficacité intacte de leur part...La gestion émotionnelle que ça représente pour eux...Même s'il nous est douloureux de devoir retourner souvent à l'höpital, sans savoir si Yuka reviendra avec nous le soir, même si la route est longue et notre fatigue immense, nous savons, à chaque fois, que nous serons entendus, accueillis, réconfortés, que les soins seront faits avec la plus grande attention.
Beaucoup de gens du personnel nous disent adorer Yuka.
L'incontinence n'est pas réglée. Il faut laver Yuka plusieurs fois par jour et changer les couvertures sur lesquelles il dort. J'ai fait deux enclos avec de la paille pour qu'il ne sorte pas. Il ne faut pas qu'il s'allonge du côté de l'escarre. On se lève la nuit pour le retourner car Yuka s'allonge prioritairement du mauvais côté.
Il faut appuyer sur sa vessie pour déclencher la miction. Les selles arrivent n'importe quand. On a noté pourtant une amélioration puisque Yuka attend plus souvent désormais pour l'urine qu'il soit debout et hors de son enclos. Même chose pour les selles. Je sens aussi des contractions de son ventre lorsque j'appuie sur sa vessie.
Il marche un peu (5 minutes) ou deux cents mètres en tout. Le bassin semble équilibré mais les plaies lui font trop mal sans doute pour qu'il puisse adopter une marche normale.
Je continue à le masser pour le soulager des contractures musculaires. Plusieurs fois par jour, longuement. Je sais l'importance de ce lien entre lui et moi.
Il a beaucoup maigri et la masse musculaire de l'arrière-train a fondu...
Il a fallu qu'il garde un drain pendant trois jours avec obligation de le changer toutes les quatre heures...Marine s'en est chargée et j'admire son courage...
Poussées de fièvre, états d'excitation ou dépressif, douleurs et pansements déclenchant des allergies cutanées, une collerette qu'il ne supporte pas vraiment, les mouches qui le harcèlent, la chaleur, l'incontinence, la tristesse de ne pas pouvoir courir après les oiseaux, des marches insignifiantes pour l'énergie qu'il avait...
C'était l'hiver dernier...Yuka, heureux et fort. Plein de vie.
On ne sait pas trop où on va mais on continue à tout faire pour que Yuka récupère...Au mieux.
Aujourd'hui, Yuka est sorti de son enclos. On l'a emmené au lac. Il a marché quelques mètres...Il a goûté à l'eau qu'il aime tant.
On continue, on ne lâche rien.
Yuka non plus.
Yuka. Le jour où...
Yuka...Une semaine après...
L'inspiration
INSPIRATION : Action par laquelle, l'air entre dans les poumons.
INSPIRATION : Mouvement intérieur, impulsion qui porte à faire, à suggérer ou à conseiller quelque action. Souffle créateur qui anime l'écrivain, l'artiste, le chercheur....
J'aime bien l'idée que l'inspiration artistique soit associée à la notion d'air entrant dans les poumons. La création est un mouvement généré par une énergie extérieure à l'individu. Il ne s'agit pas de fabriquer en soi les éléments nécessaires mais de "s'ouvrir" pour les recevoir et d'apprendre ensuite à les matérialiser par des actes.
Le pourquoi du roman
C'est la réflexion suivante qui m'a amenée à écrire "Là-Haut"....
Il fallait que je construise une histoire pour explorer cette dimension du Bien et du Mal et de la révélation du Soi lorsque la dualité s'éteint. Il fallait que je donne vie à des personnages pour qu'ils me guident. Je devais absolument écouter, continuellement, ce qu'ils avaient à me dire, sauver leurs paroles du néant de l'oubli...Ils ont été les défricheurs de cette jungle de pensées en moi, ils ont taillé sans retenue jusqu'à ce que je ne craigne plus de me perdre. Ils ont vécu en moi et je pourrais les croiser aujourd'hui dans la rue sans même en être surpris...Ils existent quelque part...Je sais ce que je leur dois.
J'ai connu moi aussi la perte de mon intégrité physique. Durant quelques temps. Je sais donc ce qu'est le bonheur infini de se sentir de nouveau entièrement disponible...Mais il fallait que j'écrive cette histoire pour comprendre ce que j'avais connu. Comme si d'écrire ce roman me permettait de sortir de moi et de m'observer dans le miroir de leurs existences. Jean, Blandine, Isabelle...
Je sais qu'ils m'ont grandi.
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La souffrance comme une issue. La dernière clé. Toutes les situations, tous les évènements, des plus anodins aux plus traumatisants concourent à l’émergence du moi et à sa progression dans le temps. Mais je vois une distinction profonde entre cette « existence » perçue par ce moi et la « vie » perçue par bien autre chose. L’existence est constituée par tout ce que le moi accumule. La vie n’a pas besoin d’accumuler quoique ce soit. Elle est. Constante et immuable. Est-ce que le moi peut réellement la saisir, est-ce que le moi, dans le chaos de ses pensées, dans le fatras incommensurable de son existence peut réellement percevoir cette conscience du soi et de la vie.
Le Soi.
Qu’en est-il ? Le moi est une entité individuelle modelée par d’autres entités individuelles, par d’innombrables imbrications dans lequel le moi s’identifie. On peut clairement se demander si la notion de Soi et la conscience de la vie lui sont accessibles. Que peut-il saisir dans son fonctionnement, sinon, une idée mentalisée ? La vision d’un Tout et l’appartenance du Soi à ce Tout sont-ils de pures hallucinations d’un mental qui se gargarise d’un cheminement spirituel, comme un piédestal à sa magnificence ?
Il serait bien plus profitable et honnête que ce soit le Soi qui conçoive le moi, que ce soit lui qui observe les agitations frénétiques de ce petit individu mais dans cette soumission de l’individu à son identification, c’est le moi qui part à la recherche d’un Soi dont il a entendu parler et qui comblerait son désir de séduction. Car celui-là qui est au cœur de son Soi est beau et sage…Vaste mystification. Que peut saisir une entité centrée sur elle-même quand elle se dit être en quête du Tout. La fourmi a t-elle conscience de la forêt dans laquelle elle travaille, de la planète sur laquelle elle existe, de l’Univers ? Possédons-nous une conscience plus élaborée que celle de la fourmi ? Oui, bien évidemment ou alors c’est que la fourmi cache bien son jeu… Bien, et alors ? Dès lors que le moi part à la recherche d’un Graal qui dépasse son entendement, que peut-il trouver d’autre qu’une entité à sa dimension, c'est-à-dire bien autre chose que le Soi ? Alors, il nous faut chercher sur le chemin des religions…Mais les religions sont issues du mental. Aucune religion ne peut être un tremplin. Elles ne sont qu’une boucle qui ramène le moi vers lui-même. Puisqu’il en est l’instigateur. De toute façon, tant que le raisonnement, la linguistique, la dialectique, la logique, la rhétorique entrent en action, c’est le moi qui cherche ce qui ne lui est pas accessible. Dès lors qu’il y a un observateur et une quête, l’objet observé, l’individu reste dans un cheminement mentalisé et par conséquent le moi…Il a conscience de sa recherche et s’en glorifie et imagine dès lors être sur la voie. C’est juste celle qui le ramène à lui-même. Mais par des chemins enluminés de métaphysique, ce qui donne un aspect valorisant à la quête…Vaste mystification. La métaphysique est lucide quand elle est capable de juger de son insuffisance. C’est le moi qui se regarde par des fenêtres plus larges. Mais il n’y a pas de nouvel horizon. Pas celui du Soi. Faut-il donc passer par un autre canal que le moi pour saisir le Soi ? Mais s’il n’y a plus de moi, il n’y a plus de conscience, de vigilance, il n’y a plus rien qui puisse saisir puisque tout a disparu… Ça serait considérer que seul le mental a la capacité de saisir… Je ne pense pas que ça soit le cas. Là, il s’agit juste d’un formatage. On a appris à penser pour saisir. « Je pense donc je suis. » Sacrée catastrophe que cette affirmation. « Je pense donc je fuis. » Je fuis la possibilité d’entrer dans une dimension qui m’échappe dès lors que je pense. Ça ne nous donne pas de piste quant à la quête de ce Soi. Pour l’instant, il reste insaisissable. Mais n’est-ce pas justement la solution à l’énigme ? Puisque le moi ne peut pas saisir un Soi, autre qu’une enveloppe grossie de son propre moi, puisque le Soi ne peut pas être conscience de lui-même puisque cela reviendrait à concevoir un Soi détaché du Tout, c'est-à-dire immanquablement une individualité, ce qui serait antinomique dans l’idée du Tout, il n’est dès lors pas possible de saisir le Soi par le moi. Tout simplement.
Le Soi aperçu par le moi est nécessairement une entité séparée du Tout et par conséquent autre chose que le Soi. Le Soi est Conscience et non conscience. Il ne peut pas être conscientisé car il faudrait qu’il s’individualise et qu’il s’identifie à l’observateur. Le ciel ne peut pas voir le ciel. Il faudrait qu’il prenne de la hauteur !! L’Univers ne peut pas s’observer. Le Soi ne peut pas se connaître. Ni par lui-même puisqu’il ne serait plus le Soi mais une entité séparée du Soi, ni par le moi qui ne peut pas connaître ce qui le contient. Bon, ça semble à peu près se tenir tout ce charabia. Mais alors qu’en est-il des expériences mystiques ? Des révélations qui font basculer parfois en quelques instants, des individus « basiques » à des êtres éveillés ? Qu’ont-ils aperçu, ressenti, perçu, « compris » (pas de façon rationnelle bien entendu…), que leur est-il arrivé ? Est-ce que le moi peut basculer dans une dimension qui ne serait pas le Soi mais un « simple » état de conscience modifiée ? Comment considérer que ces gens puissent évoluer dans un monde mentalisé en ayant eu accès à une vision unifiée de la vie ? Comment gérer ce genre d’antagonismes ? Comment passer du haut en bas, de l’intériorité mentalisée à l’universalité dés-identifiée ? Les voyageurs des NDE ? Les guérisons « spontanées » et inexpliquées ? Que s’est-il passé ?
Le moi, dans ces expériences extrêmes, n’a rien à voir. Il est bien trop futile et insignifiant pour s’engager dans des voies aussi radicales. Écoutons les paroles des « expérimentateurs »…C’est stupéfiant. Tellement éloigné de notre vision mécaniste et rigoriste de la vie.
Le Tout s’est-il laissé découvrir, le Soi s’est-il révélé ? Mais alors, tout ce que j’ai écrit au-dessus ne tient pas. Tout ça ne serait donc bel et bien que du charabia métaphysique. C’est sans doute qu’il faut chercher ailleurs. Et se passer même du langage.
La souffrance devient-elle la clé pour ouvrir l’enceinte ? Lorsque plus rien ne permet au geôlier de prendre conscience qu’il fabrique lui-même la prison qu’il s’obstine à ignorer, la souffrance réelle, physique, psychologique, existentielle, ne devient-elle pas l’ultime accès à la liberté ? Cette rupture, totale, incompréhensible, imprévisible, comme si parvenu à une altitude inconnue, le mental n’avait plus d’oxygène, que les pensées et les résistances ne pouvaient plus prendre forme, n’avaient plus de nourriture, une perte d’identification. La douleur a tout rongé, jusqu’à la dernière image, les rôles les plus essentiels, ni mari, ni père, rien, il ne reste rien que cette douleur insoutenable jusqu’à ce qu’elle disparaisse à son tour. Cette rupture, ce vide. Cette absence de tout, plus rien, aucune sensation, plus de corps, plus de peur, aucune pensée, le néant sans rien pour le voir, rien…Comment expliquer qu’il n’y a rien. Ni même rien pour s’en rendre compte. Toute la difficulté pour l’exprimer vient du fait qu’il n’en reste rien. Puisqu’il n’y a plus rien pour s’en souvenir, pour que ça se grave. Rien ne s’est gravé dans ce rien. Et puis cette phrase, soudaine, au milieu d’auras bleutées.
« Tu n’es pas au fil des âges un amalgame agité de verbes d’actions conjugués à tous les temps humains mais simplement le verbe être nourri par la vie divine de l’instant présent. »
Ça n’était pas moi. Ça venait d’ailleurs. C’était trop long pour que je l’élabore moi-même dans cet état d’hébétude. Qu’est-ce que c’était ? « Qui » était-ce ?
Des nuits entières à me poser cette question, de mois, des années, des heures à y penser en marchant, sur mon vélo, assis dehors, sous les étoiles, à tenter de retrouver dans ce vide environnant une source, un point de départ, un noyau de clarté, un point lumineux d’où aurait jailli cette fulgurance. Dans ce vide intersidéral que la douleur avait engendré, dans cette incapacité à être moi, à penser même, comment une telle complexité pouvait-elle se concevoir ? Il existerait donc un autre émetteur ?...Et je pourrais recevoir ces émissions inconnues ?...Le Soi ? Ce vide était-ce cela « la vacuité ? »
S'éveiller à la vacuité est-ce voir que personne ne souffre ici, qu’il y a une sensation mais personne pour en prendre livraison. La douleur porte-t-elle un enseignement salvateur ? Pointe-t-elle vers ce qui est au-delà de la douleur ?
« Les quatre nobles vérités qui sont à l'origine du bouddhisme sont: la vérité de la souffrance ou de l'insatisfaction inhérente, la vérité de l'origine de la souffrance engendrée par le désir et l'attachement, la vérité de la possibilité de la cessation de la souffrance par le détachement, entre autres, et finalement la vérité du chemin menant à la cessation de la souffrance, qui est la voie médiane du noble sentier octuple. »
Je ne sais pas ce qu’est ce sentier octuple. Je comprends par contre cet attachement à la douleur, comme à tout le reste. Toutes les identifications qui s’opposent au Soi, qui le couvrent comme autant de salissures. La douleur est un purificateur forcené. Elle brise la coquille et libère le noyau. Mais ce noyau n’est pas une entité individuelle. Il est le flux vital. L’énergie créatrice. Et dans l’amour inconditionnel, ineffable, incommensurable de l’énergie, il n’y a pas de mal, pas de douleur, pas de traumatisme puisqu’il n’y a plus de moi et que le moi entretient tout ce à quoi il est identifié. N’être plus rien efface jusqu’au mal tout comme il efface le bien. Il n’y a que ce qui est. Et ce qui est ne porte pas les fardeaux mentalisés du moi. Bien et Mal nsont que des rumeurs. La douleur comme la libération du Tout en moi. Comment pourrais-je y voir du Mal ? Ce Bien dans lequel je m’imaginais exister et qui m’avait brisé. Bien et Mal, juste deux termes qui n’ont aucune réalité dans le flux vital. Cette absence de lucidité qui entretenait ces rumeurs. Et en venir à honorer la douleur lorsque le moi est éteint. Il y a autre chose. Une autre réalité, sans doute la seule. Lorsque le rêve éveillé est brisé et que toutes les rumeurs s’éteignent dans la lumière de la Conscience. Pas « ma » conscience mais l’Autre. Celle qui libère et unifie.
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Là-haut de Ledru Thierry (4 mai 2015)
Jusqu'au bout de Thierry Ledru (3 février 2014)
Les héros sont tous morts de Thierry Ledru (9 juin 2014)
Noirceur des cimes de Thierry Ledru (1 novembre 2007)
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À coeur ouvert de Thierry Ledru (14 juin 2013)
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