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LA-HAUT : Il marche...

Par Le 27/08/2015

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Il marche.

La lumière du jour semble éveiller dans les cristaux assemblés des mémoires de clarté. Le tapis neigeux, accompagnant le ciel qui s’éveille, diffuse des haleines phosphorescentes. Ses pas soulèvent des myriades de flocons givrés, comme des scintillements d’étoiles. A l’horizon, l’astre montant, encore caché par les courbures de la Terre, a repoussé de chaque côté de la scène deux vagues noires de nuages boursouflés. Une couverture sombre, menace immobile, domine le lit du jour. Lentement, ces tentures mouvantes, plissées comme des chairs molles, se parent de rose. Rien de vif, juste des coulures discrètes mais qui s’imposent peu à peu. C’est un hublot qui s’est ouvert dans la masse compacte, un puits lumineux qui grandit lentement. Régulièrement, tout en préservant le rythme obstiné de ses pas, il tourne les yeux vers la naissance à venir. Les draperies de nuages se tendent, les tissus célestes se contractent, le rouge gagne la place. Enfin, le haut de la tête apparaît. Flamboyant. La boule lisse s’extirpe, se hisse, se faufile entre les parois nuageuses qui se déchirent sous les tensions.

Des traînées carmin se répandent de tous côtés mais rapidement la masse spongieuse des nuages accumulés engloutit dans le noir imposant les promesses de chaleur. Le disque rayonnant, malgré toute l’énergie concentrée, ne peut lancer ses cris de lumière. Le rond impuissant s’affaiblit, disparaît et s’éteint dans l’océan sombre des eaux suspendues.

Il s’est arrêté.

Impossible d’avancer quand le monde joue les scènes épiques.

Et c’est la nature, encore une fois, qui lui donne à voir son parcours, qui met à nu l’état de son être, qui dessine par delà les esquisses incertaines la profondeur réelle de sa vie. La vie, intense, bouillonnante, retranchée dans les tréfonds du corps, réfugiée dans les méandres de l’âme, la vie, insaisissable, indestructible, inexpugnable, résiste et s’élève. Là-bas, derrière les épaisses tentures mouvantes, gonflées de futures averses, nourrissant les prochaines tempêtes, il devine la montée inexorable de la lumière. Rien ne freine son cours. C’est à lui, avec la même obstination, d’ignorer les ténèbres qui l’entourent et de préserver l’irremplaçable élévation.

Il marche.

Les larmes coulent sur ses joues. Des larmes de bonheur. Le monde est son soutien. Il le sait pleinement désormais, le monde est son salut. Le monde est son Dieu. Il n’a pas besoin des hommes, ni de leurs religions, ni de tous leurs mensonges. Rien n’est plus simple que cet amour absolu pour la Terre car elle ne réclame rien, aucune prière, aucune idole, aucune guerre, aucune pratique doctrinaire. Juste de l’amour. Et de la contemplation.

Il dépasse le cinquième virage. Les bâtons de randonnée sont des aides indéniables. Le tapis de neige est si épais qu’il a du mal parfois à distinguer l’empreinte de la route. Le chasse-neige de la commune ne viendra pas jusque-là. Aucune maison à dégager, aucun accès indispensable. Il est seul et le restera. Mais sitôt pensé cela, il sent combien sa solitude n’est qu’une fausse image. Les arbres muets le regardent passer, les oiseaux camouflés écoutent le chuintement de ses pas, le ciel est un observateur curieux. Rien n’est inerte. C’est la petitesse de nos regards qui limitent les contacts à nos semblables. Il le sait, sans rien pouvoir exprimer. Il n’est pas seul, il est même impossible de l’être. La vie ne peut pas être seule. Elle est partout, sous différentes images. Que ces images ne puissent communiquer entre elles par des mots humains n’effacent pas leurs présences. Il voudrait parler aux arbres, aux nuages et aux oiseaux, aux brins d’herbe, au vent et à la pluie qui tombe. D’être muré dans le silence humain, de ne pas prononcer parfois le moindre mot en une journée, lui ouvre d’autres langages. L’air qui tourne autour de lui le respire, les parfums de son corps sont des messages lancés alentour, les regards attendris vers les horizons blafards sont des mots d’amour. Rien n’est inerte et tout lui parle. Derrière le foisonnement merveilleux d’images, il devine une présence flamboyante. Une étrange mélancolie, l’impression d’avoir perdu un temps précieux, d’être resté sourd à des paroles essentielles, d’avoir ignoré la vie dans son extraordinaire diversité, de n’avoir été qu’un homme. Et c’est profondément décevant et douloureux.

Il marche.

Il cherche à comprendre ce qu’il est devenu. Est-il d’ailleurs si différent ou n’est-ce qu’une perception nouvelle ? Tout était-il déjà là ? Il lui semble que l’homme caché, l’homme réel, est parvenu à briser la carapace de l’homme sculpté. Sculpté par les rencontres, formé par les contraintes, modelé par les répétitions quotidiennes et la faiblesse de l’homme qui s’abandonne, repu de suffisance, en s’imaginant tenir entre ses mains les fils de son destin. Il sait désormais qu’il n’a été rien d’autre qu’une esquisse, une silhouette sans matière. Qu’une partie de la figurine ait été arrachée semble avoir permis à cette matière interne d’enfin se révéler au grand jour… Comme si du trou béant de sa jambe avait jailli en quelques instants une lueur inconnue.

La lumière s’impose. Les nuages, pourtant toujours aussi compacts, ne parviennent plus à étouffer la brillance de l’astre. La volonté du jour est la plus forte. Il s’étonne de cette clarté répandue alors que la source elle-même reste invisible. Il espère atteindre lui aussi cette capacité à rayonner quand tout autour n’est que ténèbres.

Il marche.

La chaleur de son corps animé exhale des parfums de sueur, de brûlure musculaire, de soif intense, de respiration contrôlée. Il a délacé sa veste. Des courants incandescents cascadent dans ses fibres. Chaque pas, chaque appui, chaque souffle est un instant de vie, unique, immensément joyeux, intensément désiré, profondément apprécié. Il sait qu’il a failli perdre tout cela, que l’image aurait pu totalement disparaître, qu’elle aurait pu également être terriblement déchirée, au point que rien n’aurait été possible, que l’image aurait désespérément jauni, jour après jour, sans qu’aucune couleur joyeuse ne vienne embellir le dessin. Il sourit. A lui-même. Il reconnaît aujourd’hui que les médecins ont eu raison. Il a eu un peu de chance… Malgré tout ce qu’il a perdu, il lui reste juste de quoi se reconstruire. Il a eu beaucoup de mal à l’admettre mais de sentir ainsi son corps en action le rassure. Il reste de belles couleurs à découvrir. Ses doigts serrent la poignée des bâtons avec une énergie redoublée, les épaules poussent le torse en avant. C’est une proue butée qui taille sa route, qui tranche l’océan de neige et laisse un sillage régulier. Une avancée silencieuse, juste rythmée par le frottement des pas dans la neige légère, le balancement hypnotique du corps, la régularité répétitive et efficace de chaque geste. L’escalade ne lui offrait pas cette simplicité. Trop de tensions, trop de contraintes. Aucune pensée ne pouvait être détournée de l’objectif à atteindre. L’importance de ce qu’il n’avait jamais réellement accueilli. Une palette nouvelle de couleurs inconnues, les complémentarités de l’être. En dehors du temps, à l’écart des hommes, dans les horizons intérieurs, des contrées à atteindre.

Septième virage. La route s’engage sous les arbres. Il s’arrête à l’orée de la forêt. C’est un peuple puissant qui l’observe. Les grands résineux tapissés de neige sont des gardiens impassibles. Il les regarde avec un léger sourire. Majestueux et immobiles, ils forment un mur compact. Le trait blanc de la route, sillage fragile, se glisse prudemment sous les branches figées comme des vagues écumeuses. C’est un monde secret qui s’ouvre, baigné par une lumière teintée de verts sombres. Les frondaisons épaisses cachent des vies de plumes, des fourrures agiles, des insectes fureteurs. Au plus profond des broussailles, dans les sous-bois les plus éloignés de tout, des oreilles inquiètes épient le moindre bruit. La vie joue de ses formes et impose à chaque espèce des règles immuables. Les plus faibles ne connaîtront pas la douceur du printemps. Les plus résistants supporteront les longues nuits froides.

Il est certain aujourd’hui qu’il goûtera à la lente montée de l’astre dans l’azur. Il n’aurait osé l’affirmer quelques semaines auparavant. Il a bien pensé, parfois, que tout devait s’arrêter, que rien ne justifiait la suite. L’idée, désormais, lui paraît inconcevable. L’absence glaciale de Blandine sera pour toujours une brûlure insupportable. Il ne saurait en être autrement.

Mais il marche.

Et la neige est si belle.

Il fait demi-tour. Sans amertume. Le moignon est échauffé. Il doit l’accepter et écouter la plainte. Il ne veut pas d’une plaie qui s’infecte. Il est resté trop longtemps dépendant du personnel de l’hôpital puis du centre de rééducation pour courir le risque d’une immobilisation. Lionel, le prothésiste de Grenoble, lui a clairement détaillé les risques. Il lui fait confiance. C’est d’ailleurs le seul spécialiste dont il accepte sans retenue les conseils. Lionel ne voit pas en lui un amputé mais une personne. La distinction est d’importance. Le spécialiste n’a pas pris le pas sur l’humain. Il sait combien dans le milieu hospitalier la rencontre est rare.

Les bâtons diminuent considérablement la difficulté de la descente. Il marche à petites enjambées, sans forcer sur l’articulation. Ce n’est plus son énergie qui commande mais la nécessité de rester en bon état. Il accepte la situation parce qu’il n’a pas le choix. Jouer le téméraire, faire la sourde oreille ne servirait qu’à amplifier le mal. Le bonheur qui se dévoile dans cette marche laisse entrevoir des lendemains heureux. Il ne pensait pas cela possible, il s’en étonne encore. La force de son rebond l’interpelle. Il ne se savait pas si sage ! Les souvenirs sont sans doute trop proches et trop sombres pour laisser le rideau retomber. Il ne veut plus de ce voile de ténèbres qui le laissait hagard et sans désir. Il doit apprendre à maîtriser ses élans.

Il se félicite d’avoir fait demi-tour.

Il sait qu’il reviendra.

Il s’arrête.

Longuement, il observe les horizons gagnés.

La lumière a empli le monde. A certains endroits du ciel, l’étendue nuageuse se désagrège. Des déchirures apparaissent. Des chapelets de vaisseaux fragiles se dispersent sur un océan grisâtre qui ondule. Une brise légère s’est levée et les pousse.

Les forêts impassibles.

Aucun bruit humain ne remonte jusqu’à lui.

Laboratoires pharmaceutiques

Par Le 27/08/2015

C'est avec ce type d'exemple qu'on prend conscience que la santé des patients est secondaire et que la course aux profits est la première donnée prise en compte pour la mise sur le marché ou même le développement d'une molécule...Il y a certainement beaucoup de traitements qui auraient fonctionné pour diverses pathologies si les recherches ou la commercialisation n'avaient pas été stoppées pour des intérêts financiers....

 

 

 

traitement de la DMLA

L'état autorise que le médicament contre le cancer Avastin soit aussi prescrit pour soigner la DMLA. Avantage : il est moins cher que le traitement habituellement utilisé, le Lucentis,

Jeudi 27 août, le ministère de la Santé a autorisé par un arrêté le remboursement de l'anticancéreuxAvastin, produit par Roche, dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), une maladie dégénérative de la rétine. Le ministère avait reçu, en juin, le feu vert de l'Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM). Celle-ci a délivré une autorisation spécifique pour que l'Avastin puisse être aussi prescrit dans le traitement de la DMLA dans un cadre hospitalier.

La ministre, Marisol Touraine, entend désormais favoriser l'utilisation de l'Avastin à la place duLucentis de Novartis pour soigner la DMLA. Elle a de bonnes raisons pour cela. Alors qu'une injection du médicament de Novartis coûte 900 euros en moyenne, une injection d'Avastin coûtera, selon le ministère, autour de 30 euros. Le traitement de la DMLA, maladie qui touche 900.000 personnes, a coûté quelques 428 millions d'euros en 2013 ; la prescription de l'Avastin pourrait donc permettre à l'Assurance-maladie de réaliser de substantielles économies, «dans le respect de la sécurité des patients», souligne Marisol Touraine.

Engager une dynamique

Ces économies sont toutefois difficiles à évaluer, précise le ministère de la Santé, dans la mesure où elles dépendent du taux de substitution effectif de l'Avastin dans les hôpitaux. «Il n'y aura aucune réticence du côté des médecins si les médicaments présentent la même efficacité et des effets secondaires identiques», affirme Patrick Gasser, le président de l'Union nationale des médecins spécialistes. Il est en revanche «évident, selon lui, qu'il y aura des réticences de la part des patients. Mais, peu importe, conclue-t-il, l'important, c'est d'engager une dynamique».

Deux obstacles pourraient cependant s'opposer à la substitution de l'Avastin au Lucentis. D'une part, les conditions d'utilisation de l'Avastin par les hôpitaux ne sont pas incitatives. Le ministère a fixé le prix de remboursement de ce produit à 10 euros par injection, alors que le coût de préparation est supérieur, selon Thierry Bour, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France, qui dit ne pas comprendre pourquoi le prix fixé est si faible. Par ailleurs, l'autorisation donnée par l'ANSM en juin est temporaire, et les hôpitaux désireux d'utiliser l'Avastin doivent se soumettre à des procédures assez lourdres.

Recours devant le Conseil d'État

D'autre part, Roche a déposé, le 20 août, un recours devant le Conseil d'État contre l'arrêté ministériel permettant le remboursement de l'Avastin dans le traitement de la DMLA. L'utilisation de l'Avastin est donc conditionnée par la décision du juge, mais la date de l'audience de référé n'est pas encore connue.

Le laboratoire suisse affirme que l'Avastin, malgré les effets positifs largement constatés, n'est pas adapté à la DMLA. En réalité, l'objection de Roche est peut-être moins médicale qu'économique. Les molécules de l'Avastin et du Lucentis ont toutes deux été développées par Genentech. Ce laboratoire américain a conclu un accord de commercialisation avec Novartis valable dans le monde entier, à l'exception des États-Unis, où Genentech conserve son brevet exclusif. Or, Genentech a été racheté en 2009 par Roche. Ainsi, quand Novartis vend son Lucentis, il verse une partie de ses recettes à Genentech, c'est-à-dire une filiale de... Roche.

La différence de prix entre le Lucentis et l'Avastin est telle qu'il est plus avantageux pour Roche de percevoir, par l'intermédiaire de Genentech, des redevances de brevet sur les ventes de Novartis que de vendre l'Avastin à la place du Lucentis. Les intérêts de Novartis et de Roche sont donc convergents. Cette situation se rapproche encore un peu plus de l'entente quand on sait que le laboratoire Novartis détient un tier de Roche, qui a donc encore moins intérêt à aspirer les parts de marché de son actionnaire. Les deux groupes ont déjà été condamnés, en mars 2014 par l'autorité de la concurrence italienne, à 182,5 millions d'euros pour avoir tenté de s'entendre pour empêcher la commercialisation de l'Avastin comme traitement de la DMLA.

Dans les forêts...

Par Le 27/08/2015

"Il me semblait que les hautes montagnes, les rivières, les lacs, les beaux arbres, les fleurs et les animaux traduisent bien mieux l'essence divine que les hommes avec leur vanité, leur esprit de mensonge et leur insupportable égocentrisme. Les arbres en particulier étaient mystérieux et me semblaient traduire immédiatement le sens incompréhensible de la vie. C'est pourquoi la forêt était l'endroit où l'on ressentait le sens le plus profond et l'activité la plus frémissante de la nature. "Carl Gustav Jung.

 

Conseil : suite.

Par Le 26/08/2015

 

Éducation : la rentrée à laquelle vous avez échappé !

Un nouveau membre du Conseil supérieur des programmes a démissionné pour dénoncer la prise en main idéologique de Najat Vallaud-Belkacem sur cette instance.

Publié le  - Modifié le  | Le Point.fr
Avec la rentrée, les polémiques qui avaient entouré la réforme du collège repartent de plus belle.
Avec la rentrée, les polémiques qui avaient entouré la réforme du collège repartent de plus belle.AFP©FRANCOIS LO PRESTI
 
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Conseil supérieur des programmes.

Par Le 26/08/2015

Super, l'ambiance......

 

Pourquoi j'ai démissionné du Conseil supérieur des programmes

Annie Genevard - Najat Vallaud-Belkacem

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Annie Genevard explique les raisons de sa démission le mardi 25 août 2015 du Conseil supérieur des programmes, actuellement chargé de la refonte des programmes du CP à la troisième. Pour elle, cet organe n'est d'indépendant que dans ses statuts.


Annie Genevard est députée du Doubs et maire de Morteau (25). Elle a été membre du Conseil supérieur des programmes d'octobre 2013 à août 2015.


LE FIGARO. - Vous écrivez que le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem influence-t-il le Conseil supérieur des programmes. De quelle manière?

Annie GENEVARD. - Nous avons eu en juin une réunion avec la ministre et les membres du Conseil. Il a été dit que chaque semaine, le président du Conseil supérieur des programmes rencontrait un membre du cabinet de la ministre. Nous avons eu la révélation de l'intervention du cabinet sur certains points délicats du programme. Cela pose problème parce que dans le texte de la loi, il a été dit explicitement que le CSP est «une instance indépendante placée sous l'autorité du ministre». La formule très ambiguë contient les germes de la situation que nous connaissons. On est indépendant, ou on ne l'est pas. Dans cette affaire, chacun doit prendre ses responsabilités, comme je l'ai indiqué dans la lettre que j'ai adressée à la ministre. Au CSP d'élaborer les programmes, et à la ministre d'arbitrer. Mais pendant l'élaboration des programmes, il n'est pas souhaitable que le cabinet de la ministre intervienne en permanence.

Vous évoquez les difficultés spécifiques rencontrées dans l'élaboration des programmes d'histoire du cycle IV [de la cinquième à la troisième]. Quelles sont les principales?

Elles concernaient notamment la présentation de l'histoire des religions, l'aspect qui a été le plus médiatisé. Mais également le mélange d'une approche chronologique et d'une approche thématique ou la mise en valeur de certains aspects de l'Histoire au détriment d'autres. Au-delà de ces points d'achoppement, je crois qu'il faut tirer des enseignements de cette polémique: elle a montré que, d'une part, la feuille de route donnée à ce Conseil n'est pas tenable. Réformer neuf niveaux en même temps est une folie ; cela ne peut garantir un travail de qualité. La précipitation a montré que de nombreux éléments ont échappé au Conseil. La relation entre le Conseil et la tutelle ministérielle pose problème quant à l'indépendance du CSP. Quand nous avons rencontré la ministre, nous lui avons fait part de ces difficultés. Elle s'est montrée désinvolte, ne prenant pas la mesure de celles-ci.

Quels sont les partis pris pédagogiques et idéologiques des experts dont vous faites part dans votre communiqué de démission?

L'Education nationale est traversée par des partis pris très clivants. A titre d'exemple, lorsque nous avons réuni les représentants de diverses associations d'enseignants de lettres, j'ai pu constater que certains considéraient que prôner la maîtrise de la langue française n'avait pas de sens. Il fallait parler de «maîtrise des langages». L'enseignement est traversé par ces clivages profonds. Avant de se lancer dans cette réforme des programmes, il aurait fallu prendre davantage de temps pour appréhender toutes ces querelles et se faire une opinion. La ministre a préféré se lancer tête baissée dans une rédaction des programmes en suivant un calendrier qui n'était pas pédagogique mais politique. Les réponses apportées par la ministre devant les difficultés qui lui ont été rapportées sont insatisfaisantes.

Sur 18 membres du CSP, 4 ont déjà démissionné. Pour des raisons similaires aux vôtres?

Je ne me prononcerai pas à titre personnel sur leurs motifs. Néanmoins, le recteur Boissinot qui a démissionné en juin 2014, après avoir été nommé en octobre 2013 a exprimé les raisons de sa démission, évoquant l'absence de recherche d'un consensus suffisant. Il a fait savoir que le CSP n'était pas adapté aux missions qui lui ont été confiées. Les querelles pédagogiques qui ont démarré dès le début des travaux les ont considérablement obstrués. J'ai pris soin de formuler dans ma lettre des arguments de fond, pas uniquement de nature politique. Je parle en connaissance de cause. Indépendamment de la qualité de ses membres, le CSP tel qu'il est organisé peine à remplir la mission qui lui a été confiée. Je ne fais aucune confiance à la ministre pour nous laisser travailler dans l'indépendance. J'en veux pour preuve la lettre de saisine qu'elle nous a adressée sur l'enseignement des langues anciennes où elle nous demande de lui faire des propositions en respectant le canevas de sa réforme du collège. C'était donc une fausse saisine qui montre bien que cette indépendance qu'elle se plaît constamment à rappeler n'existe pas.

La démocratie.

Par Le 26/08/2015

Il faudrait vraiment que ce discours entre dans la tête des gens du Peuple. Nous. 

 

JUSQU'AU BOUT : Une nudité consciente.

Par Le 26/08/2015

De l'intérêt de cette nudité dans la Nature, de cet effacement de tous les repères, de tous les carcans, de toutes les habitudes. De l'intérêt de s'affranchir des interdits dans la solitude et de retrouver en soi celui qui n'existe pas lorsque la pression humaine est installée. 

Le marin solitaire, l'alpiniste, le randonneur, l'artiste, l'écrivain, le musicien, l'ermite, le jardinier qui travaille la terre, ils sont nombreux ces humains qui cherchent dans la solitude de leur passion, ce retour à soi, ce plongeon dans une conscience éveillée, dénudée....La puissance des découvertes n'est pas transmissible dans son intégralité. Il n'en restera toujours qu'un aperçu limité. Il faudrait pouvoir raconter l'Amour. Mais qui aurait l'outrecuidance d'affirmer que son expression de l'Amour contient l'intégralité de ce qui fait la Vie ?...

Nous ne serons jamais que des novices en apprentissage. 

Nous pourrons raconter nos émois, nos détresses, nos euphories...Nous pourrons les écrire, les dessiner, les peindre, les sculpter, les photographier, les danser,  nous pourrons nous réunir pour en parler...Tout ça ne sera jamais que l'expression de notre incomplétude et notre impuissance à traduire intégralement ce qui nous emporte.

Il me plaît d'imaginer ces humains  dans la solitude dénudée de leur âme et de leur corps. Et je ne pense pas que les "naturistes" enfermés dans des enceintes légales soient dans le même champ émotionnel et spirituel...

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JUSQU'AU BOUT

extrait

"Il décida de marcher. L’envoûtement des pas, le retournement vers soi… Plonger à l’intérieur. Le goût d’un bonbon de son enfance. Il revenait régulièrement. Il n’aurait su le décrire mais il le ressentait pourtant. Ce n’était pas dans la bouche mais dans une mémoire profonde, diffuse, insaisissable, un abysse impossible à situer. Comme un envahissement. Qu’y avait-il d’autre dans ces endroits inexplorés ? Etait-il possible de remonter plus loin dans le temps ? Une mémoire à l’échelle de l’humanité se cachait-elle en nous ? Une mémoire à l’échelle de l’univers, était-ce possible ? Portions-nous bien plus que nos simples souvenirs ?

Enflammé par les idées, il se prépara joyeusement et partit. Il délaissa les sentiers et s’enfonça sous les arbres. Une borne d’altitude placée sur la carte. C’était son objectif. Entraînement pour le Grand Nord.

Méandres sous les pinèdes, franchissements de talus, remontées de flancs rocailleux, faire le point avec la boussole, tracer un azimut, prendre des repères…

Il essaya de replonger dans la discussion de la veille. L’opposition entre l’essence et la personnalité. Où en était-il ? Un fouillis de pensées lui brouilla rapidement l’esprit. Désagréable malaise. Comme un travail titanesque, une odyssée périlleuse, sans aucune balise. En était-il capable ? Il décida de chercher parmi les écrivains ceux qui auraient pu s’intéresser à cette théorie et qui l’aurait analysée. Il n’en trouva aucun et il perdit les quelques réflexions personnelles qu’il avait réussi à extirper des méandres de son cerveau agité.

Il s’arrêta pour rectifier son cap avec la boussole. La traversée d’une zone de feuillus encombrée d’arbustes épineux et de taillis serrés l’avait écarté de son axe.

Lorsqu’il voulut reprendre le fil de ses réflexions il n’en restait qu’un capharnaüm indescriptible. L’impression de devoir tout reprendre à zéro. Il en garda une pénible sensation d’impuissance et décida finalement de ne penser à rien et de se concentrer sur la marche.

Les parfums de résine, les chants joyeux d’oiseaux invisibles, les couleurs chatoyantes des frondaisons, la découverte curieuse d’un nouveau paysage, quelques traces d’animaux dans une boue séchée, des sentes discrètes qu’il suivit silencieusement attisèrent peu à peu cet abandon.

Et pourtant ce dépit, cette déception tenace. Ce n’était pas ainsi qu’il parviendrait à progresser dans sa propre connaissance et la désillusion le rattrapait. Une lutte inéluctable, comme si les pensées ne pouvaient cesser de se combattre, de se chevaucher, de se contredire, il voulait cesser de penser et devait y penser pour y parvenir. Désirer l’apaisement et créer dès lors les conditions favorables à l’émergence du dégoût, une nasse inévitable, ce dégoût de l’impuissance en lui.

En débouchant dans une clairière, il s’aperçut que la couverture nuageuse s’était déchirée et que des taches de bleu parsemaient le tissu tendu du ciel. Une étrange similitude avec les différents états dans lesquels il évoluait depuis quelques mois. Les trouées éparses pouvaient représenter les quelques moments de clairvoyance qui parvenaient parfois à déchirer la masse compacte de son engourdissement. Les eaux boueuses du lac. La nature, quand on l’observait réellement, offrait de multiples possibilités d’analyses de l’existence. Mais cette simple observation restait insuffisante si l’on désirait parvenir à une conscience supérieure. Comme un simple jeu enfantin, une connivence imaginaire. Il en resta troublé puis l’idée jaillit brutalement comme un éclair de lucidité, une fulgurance qui faillit le renverser !

Il s’arrêta.

Le ciel, comme son esprit, procédait de la même façon, ils étaient semblables et égaux dans leurs existences ! Il ne s’agissait pas de se comparer occasionnellement à un élément de la nature mais de vivre comme cet élément, aussi fragile ou déterminé que lui, aussi troublé ou apaisé. Identique. Lui, simple être vivant, membre à part entière d’une nature vivante, il ressentait les mêmes troubles, les mêmes agitations, les mêmes apaisements qu’un ciel, qu’un lac, qu’un arbre ou qu’un insecte. Leurs effets étaient sans doute différents dans leurs matérialisations visibles mais leurs causes restaient communes. Les ouragans ou les tremblements de terre pouvaient donc représenter les conséquences d’un trouble profond de la planète, trouble assimilable à celui d’une crise de nerfs chez l’homme.

Durant quelques secondes, cette idée lui sembla totalement folle puis finalement cela lui parut évident. Les animistes l’avaient ressenti depuis longtemps. Cette terre était vivante, tout comme lui et il la percevait enfin dans sa réalité. Tous ces textes ésotériques qui prenaient, à travers cette vision, une portée considérable, ces réflexions qu’il n’avait pas su saisir, ces témoignages incompris.

Mais si cette nouvelle conscience s’avérait exacte, tout ce que l’homme infligeait à la nature devait la plonger dans une totale incompréhension vis à vis de cette humanité.

« Pourquoi cette espèce vivante me cause-t-elle autant de douleurs ? »

Cette question devait résonner à chaque instant dans l’âme de cette planète. Il en eut honte. Terriblement honte. Aucune autre espèce vivante ne se permettait un tel affront, l’idée d’une atteinte physique inconsidérée et injustifiée ne pouvant sans doute même pas s’éveiller dans l’esprit d’aucun des autres membres de cette vie. Le plus incroyable étant d’entendre ces hommes accuser la montagne meurtrière, la mer implacable, les volcans cruels d’avoir emporté quelques vies humaines. Mais pouvait-on honnêtement demander à cette planète de rester impassible juste parce que nous vivions à sa surface ? La puce qui nous sautait dessus ne nous demandait pas de rester immobile et de cesser toute activité. Elle savait bien qu’elle prenait un risque en s’aventurant sur cette surface vivante, mouvante et colérique. Elle en assumait la décision. Nous étions bien les seuls à oser nous plaindre des phénomènes inhérents à la vie de notre vaste foyer.

Il essaya de recentrer chacune de ses pensées et d’en retirer un résumé, une formule parfaite, un condensé précis qu’il pourrait facilement transmettre aux hommes qui seraient prêts à l’écouter. Il ne trouva rien de simple. Vouloir limiter de telles réflexions revenait systématiquement à en perdre un aspect et à donner à l’ensemble une impression farfelue. On ne l’écouterait même pas, on se moquerait de lui, il s’en doutait bien et entendait déjà les railleries. L’humanité s’était enfermée dans une vision restrictive mais rassurante, une hégémonie qui satisfaisait son désir narcissique. Vouloir établir une égalité d’existence, une similitude dans nos émotions avec un brin d’herbe ou une fourmi relevait de l’utopie absolue. Personne ne l’écouterait.

Il pensa à Laure et Daniel. Un possible partage.

Le retournement vers soi. Il ne s’agissait pas de se contenter d’un regard humain mais d’instaurer un regard différent, neuf, épuré, jusqu’à l’effacement de cet humain. Qu’il ne reste qu’une forme de vie en symbiose avec d’autres formes de vie. L’oubli de soi, quand il ne s’agit que d’une forme aiguë de prétention, était la clé nécessaire à cette ouverture vers le monde. Il tenait la solution et la joie qui le gonflait aurait pu le faire voler au-dessus de la cime des arbres.

Ce fut comme une naissance et l’accession à une nouvelle lumière.

Pas, cette fois, la lumière artificielle d’une salle d’hôpital mais la lumière de l’univers. Un rayonnement d’étoile, un embrasement au cœur de ses fibres, un noyau en fusion, une âme libérée, un envol. Des vagues de frissons qui cascadent.

Un autre état de conscience, différent de celui prôné par l’esprit humain. Un état naturel. Un état de connivence avec le monde. Nous serions donc en dehors de la vie, attachés comme du bétail à tirer dans une fuite aveugle des fardeaux imposés, à nous abrutir jour et nuit de drogues licites, à nous interdire, par tous les moyens, de nous observer. Il pensa à ses journées de travail, à ses six heures en classe, à ses deux heures au bureau, à l’entretien de son logement et de son fourgon, de son vélo et de toutes ses petites affaires, aux courses, à la télévision et à la radio, à ces informations d’un monde en débâcle, aux discussions sur le mauvais temps et le prix de l’essence, et à tous les passe-temps dérisoires pour occuper les dernières minutes de cette mort camouflée dans une journée quotidienne. Toutes nos activités nous tournaient irrémédiablement vers un extérieur artificiel, à des distances considérables de nous-mêmes et du monde. De notre complicité avec ce monde. Nous étions tous dans un état de non vie.

Il s’assit au sommet d’une butte. Il dominait la cime des arbres. Le paysage devant lui s’étendait jusqu’à l’horizon. Il eut peur brutalement de ce qu’il découvrait.

Il eut peur du moment où il redescendrait parmi les morts.   

Il eut envie de leur parler. Il eut pitié d’eux. Pour la première fois, il aima l’humanité. Pendant quelques secondes. Pourquoi cette humanité avait-elle abandonné ce bonheur ?

Il chercha… Et comprit qu’il ne devait pas le faire. Chercher, c’était encore faire appel à l’esprit humain pour répondre à une question qui concernait un ordre planétaire, une harmonie universelle d’où l’homme s’était retiré.

Il déposa son sac, sortit sa serviette et l’étala. Il se déshabilla et s’allongea au soleil. Les yeux fermés.

Une brise légère mais régulière coiffait le sommet dégagé et repoussait les insectes. Il pensa aux rennes de Scandinavie qui progressent sur les crêtes ventées pour se protéger des taons. Il suivit leurs longues marches. Vaste troupeau obéissant à des migrations séculaires, chaque individu posant ses pas dans les pas de ses ancêtres, acceptant la loi du groupe sans même y penser, perpétuant sereinement un ordre naturel. Un faucon survolait les troupeaux. La danse suspendue de l’oiseau le conduisit au bord de l’océan. Jonathan Livingstone l’accueillit. Le goéland avait acquis la liberté à travers le vol, il avait brisé les règles établies et choisi de développer des qualités extraordinaires pour éveiller sa propre connaissance. Mais s’il avait atteint une liberté sublime, il ne le devait qu’à une volonté farouche. Ce n’était pas un exemple accessible à tous. Le développement de cette connaissance hors du commun n’avait été rendu possible qu’à travers l’extrême perception et l’absolue maîtrise de son essence. Il avait retrouvé enfoui sous de misérables comportements quotidiens toutes les possibilités de son corps et de son esprit. De son être unifié. Aujourd’hui, le culte de la personnalité qui servait de référence ne représentait en fait que la consolidation d’un système pervers, nullement l’accession à cette connaissance supérieure. Ce n’était pas l’homme qui était promu mais sa totale participation à une vie de masse. Et les quelques individus parvenant à s’extirper de cette foule anonyme cautionnaient par cette fausse réussite un esclavage doré, totalement éloigné de toute essence. Rien ne s’éveillerait. Ce n’était pas l’homme libre qui pouvait jaillir mais juste l’homme privilégié, profitant avidement de l’opulence sordide des plaisirs offerts par ce système, l’embellissement frénétique des murs de la prison. Celui qui y parvenait apparaissait comme le plus heureux et le meilleur des hommes et la foule envieuse continuait à rêver avec le même enthousiasme aveugle, la même convoitise, se nourrissant d’espoirs de gloire et de fortune quand la paix de l’âme restait à portée de main, accessible à tous, sans distinction sociale, raciale ou d’intelligence. C’est l’esprit seul, sa sensibilité et sa capacité à goûter pleinement l’importance d’un brin d’herbe comme celle d’une étoile qui ouvrait les portes du monde.

Il s’étonna de la fluidité de son raisonnement. Il ne se souvenait pas avoir connu auparavant des éveils aussi flamboyants. Il ne pouvait certifier qu’il parviendrait à échanger de telles idées mais ce bonheur était déjà si inattendu qu’il lui suffisait amplement. Il douta d’ailleurs d’une possible transmission. N’était-ce pas à chacun de constituer sa propre théorie ? Sa propre vérité…Opposée à cette vacuité terrible qui nous étouffait. Soudainement, encore une fois, le vide de l’existence telle qu’elle était instituée, lui brûla la gorge. Physiquement. Il s’assit, prit la gourde et avala plusieurs goulées d’eau fraîche. L’angoisse disparût mais la tension dans laquelle l’esprit s’était maintenu céda d’un coup. Les larmes coulèrent, librement, sur les joues, il fallait pleurer, il le sentait, c’était une délivrance nécessaire, pas une fuite ou un abandon mais un lien avec ce monde oublié et battu. La rencontre triste de deux consciences esseulées, la complicité fabuleuse de deux esprits en sursis, deux êtres condamnés à plus ou moins brève échéance, sentant au-dessus de leurs consciences effrayées la menace permanente d’un sabre que l’espèce humaine tenait fièrement.

Il refusa de sombrer dans les noirceurs et se releva. Il reprit son sac et s’engagea sur une sente. Il força son pas durant de longues minutes, crachant des bouffées de déprime dans les souffles jaillis de ses poumons, dans les brûlures de ses muscles, les gouttes de sueur qui voilaient ses yeux. Il sentit combien la peur pouvait étouffer les plus beaux sentiments, les plus intenses émotions. Il avait entrevu son retour parmi les hommes et la terreur qui s’était dressée l’avait tétanisé. Comment supporter ce mensonge immonde ? Ça ne lui semblait plus possible.

Il marcha comme un forcené, évadé d’une prison morale et qui court, qui court, sentant dans son dos la rage haineuse des morts.

Il serpenta entre les arbres, hors de tout objectif et de toute conscience réelle. Ce fut une fuite sans but. La douleur était en lui, les terreurs l’habitaient. Et il souffrait davantage encore de ne pas maîtriser ces assauts morbides, de ne pas parvenir au contrôle de soi et de devoir, pour trouver une certaine paix, consumer ses forces dans des défis déraisonnés.

Il atteignit un nouveau sommet, simple colline déboisée, ouverte sur les horizons. Dans la dernière montée, un vertige l’avait ébloui. Il décida de manger. Espérant surtout y trouver l’absence de pensées dont il avait besoin.

Face à lui s’étendaient des pentes boisées, vastes mers de couleurs superbes sur lesquelles les rayons solaires, variant leurs inclinaisons et leurs intensités, jouaient pendant des heures. Il devina, sous le secret des frondaisons, les itinéraires répétés des animaux, leurs parcours ancestraux, incessamment agressés par des hommes envahisseurs. Il sentit l’angoisse pesante des espèces encerclées, les cris suppliants des arbres abattus, les râles étouffés d’une terre labourée, toutes ces souffrances quotidiennes qui resserraient impitoyablement sur des êtres fragiles leurs étreintes mortelles. Il aperçut au loin une brume étrange, surplombant une vallée invisible. Était-ce une vapeur échappée d’un lac ou la pollution d’une ville ? Embryon de pluie ou haleine putride. C’est de nos âmes que s’élevait ce poison. L’empreinte des hommes sur la Terre. Le cerf, au fond des bois, percevait le parfum pestilentiel des fumées d’usine, le ronflement des moteurs, le vacarme des avions, le hurlement aigu des tronçonneuses, les appels des chasseurs vers les meutes excitées des chiens. Même le parfum âcre de sa sueur agressait les narines des animaux aux abois. L’homme n’était toujours qu’une menace, que le complice cynique de la mort. Le dégoût. Il n’était qu’un humain. Les fumées de son fourgon, les routes dont il profitait, les champs sulfatés pour les récoltes forcées dont il se nourrissait, les bétails engraissés pour des populations obèses, les mers vidées par les filets dérivants, les centrales nucléaires pour des électricités gaspillées, les forêts vierges rasées pour des meubles coûteux, les fleuves agonisants sous les rejets nitratés, les décharges sauvages et les dépotoirs engorgés. On immergeait dans les fosses marines des containers de déchets radioactifs comme on jetait par les fenêtres des voitures un paquet de cigarettes. Le geste était le même. C’est la mort qu’on propageait.

Le dégoût.

Il ne voyait pas d’issue et sentait combien ses réflexions le conduisaient à une impasse. Si les animaux vivaient dans la peur permanente, la planète elle-même ressentait-elle cette angoisse ? Représentions-nous désormais le mal absolu ? 

Sa simple présence éveillait dans les arbres des frissons inquiets et les gens incrédules mettaient cela sur le compte du vent. Un pigeon passa devant lui. Son vol était puissant et rapide. Était-ce une fuite, la recherche désespérée d’un dernier refuge ? On trouvait jusque dans les mers australes des traces de dérivés chimiques. Où pouvait-il aller ? Les feuilles des arbres, autour de lui, le regardaient avec des yeux terrifiés, des hordes d’insectes affolés fuyaient devant ses pas aveugles, les nuages empoisonnés pleuraient des larmes acides.

Les hommes avaient propagé la mort. Ils étaient son plus fidèle allié. L’humanité comme l’étendard de la grande faucheuse.

Le dégoût.

La violence du dégoût.

Il se leva et prit le chemin du retour. Un court instant, des désirs de suicide. Il en gardait sur les lèvres un goût sucré, presque bon, l’anéantissement salvateur de la culpabilité et l’impression d’un geste enfin à soi.

Il ne devait pas rester seul. Il en mourrait. C’était certain.

Tête baissée, il parcourut les bois, la mort aux trousses et c’est ce sentiment effroyable de la fin à venir que les hommes étouffaient sous des agitations frénétiques. Ne pas savoir, ne pas écouter ni sentir. Rien. Vivre dans l’aveuglement, juste pour se supporter. Nous étions la mort et nous le savions. Mais nous maintenions avec obstination l’interdiction de le dire.

Il finit par courir espérant que la violence de l’effort empêcherait toute intrusion raisonnée.

Arrêter de penser et ne penser qu’à cela.

C’était donc cela le rôle du sport. Juste le complice d’une dictature complexe. L’opium du peuple, un de plus.

Ne pas penser. Courir. Etouffer le dégoût sous des épuisements musculaires.

« Arrête de penser ! » cria-t-il dans le silence craintif des bois. Des sanglots échappés bloquaient ses souffles dans la gorge serrée.

« Arrête de penser, gémit-il, arrête. »

A l’orée d’une clairière, il se figea. Il ne se souvenait pas de cet espace dégagé. Il regarda autour de lui et ne reconnut rien. Au premier instant, il se dit qu’il était perdu mais l’absurdité de cette conclusion le frappa. Parmi les hommes, il était perdu. C’est ici qu’il était quelque part mais il n’y trouvait pas les repères inculqués et se sentait totalement égaré.

Avant de s’effondrer, il fonça, droit devant.

Ce n’est pas le temps qui s’égrena mais la répétition mécanique de ses foulées, la force de ses respirations, l’usure de ses muscles, le choc dans son crâne des pas retombés, les crachats de salive qui suintaient aux coins des lèvres et les larmes salées qui coulaient de son corps comme un pus honteux.

Honteux.

C’est ainsi qu’il déboucha sur une route. Il reconnut l’accès au lac. Il était descendu trop bas. Il remonta le ruban goudronné et songea à ces milliards de kilomètres balafrant la planète, cicatrices sans cesse entretenues, élargies, renforcées, reliées entre elles par des réseaux de plus en plus étendus. Il crut devenir fou et comprit qu’il découvrait la vraie raison. Les fous, de leurs côtés, traçaient de nouvelles routes pour rejoindre plus rapidement leurs semblables.

Le parking, le fourgon. Il courut encore, s’engouffra, ferma la porte et sauta fébrilement sur la boîte de cannabis. Anesthésier les flots de pensées sous des brouillards parfumés, étouffer fébrilement des consciences insupportables."


Rentrée scolaire...

Par Le 24/08/2015

Elle se rapproche à grands pas et rien n'aura changé. Pire, le désastre sera encore plus profond....Les ateliers périscolaires deviendront une garderie. Payante, bien entendu.

Tout va bien qu'elle a dit la Ministre....

 

Et cette réforme, alors ?

Sur le papier, elle présentait plutôt bien, cette réforme. Rendre la vie des jeunes écoliers plus douce ne pouvait que nous satisfaire même si je savais déjà, avant la rentrée 2014-2015, que les volontés de l’appliquer correctement n’étaient pas majoritaires dans la commune.

Mais j’ai laissé le temps au temps et j’ai tourné patiemment les pages de monagenda toute l’année jusqu’à aujourd’hui avant de vous dresser un rapide bilan de la réforme des rythmes scolaires dans ma commune rurale Normande d’à peine 1000 habitants.

Enseignants et municipalité se sont d’abord affrontés pour la mise en place du nouvel emploi du temps. Au final, après avoir de nombreuses fois révisé leurs copies, le choix fût fait d’adopter une semaine de 5 jours aux horaires suivants : Lundi, mardi, jeudi, vendredi -> 08h30-11h30 13h30-15h45 / Mercredi -> 8h30-11h30 (pour les heures d’enseignements) et de 15h45 (mais plutôt 16h dans les faits) à 16h45 : Activités périscolaires. (sauf le Vendredi)

Ensuite, lors d’une réunion de rentrée, la municipalité nous a demandé de choisir quelles activités plairaient le plus à nos enfants parmi celles listées sur une grande feuille :

Initiation au journalisme, initiation à la BD, djembé, théâtre, atelier philo, initiation aux premiers secours, atelier citoyen, ateliers créatifs …

Plutôt pas mal, non ?

Ah oui mais, ATTENTION,  certains ateliers ne seront pas accessibles à tous !

Arf …

D’une part parce que la mairie n’a pas réussi à recruter suffisamment d’animateurs (bénévoles ou rémunérés) et d’autre part, parce que la plupart des animateurs ne sont disponibles qu’un jour (et bien souvent le même jour que leurs collègues). Forcément, ça ne colle pas.

C’est ainsi que se multiplièrent les ateliers “créatifs”, tels des petits pains bibliques. Mais comme on manquait de budget, les crayons de couleurs, feutres et autrespeintures étaient aussi rares qu’un bouton disgracieux sur mannequin Photoshopé.

Soyez créatifs avec des stylos, les enfants ! De toute façon, pour décorer des rouleaux de PQ, ça suffira.

Rythmes

Après quelques jours, de nombreux ateliers furent également victimes d’un violent coup d’effaceur pour être aussitôt redéfinis en ateliers récréation.

R.I.P initiation au journalisme et à la BD, disparus dans la force de l’âge au champs d’honneur.

Du côté des Miniatures The Cat, elles ont eu la chance d’être tirée au sort parmi les dizaines d’élèves intéressés par l’atelier théâtre (tenu par une maîtresse). Miniature N°1 a également pu participer à un atelier philo animé par l’un des maîtres de l’école. Pour le reste, beaucoup d’ateliers artistiques, beaucoup … Elles sont devenues expertes en customisation de rouleaux  de PQ et coloriage au stylo bic.

Dès novembre, profs et parents étaient d’accord pour constater une augmentation de la fatigue des mômes par rapport aux anciens rythmes. Les enfants ont dû tenir ainsi toute cette longue année. Rappelons que la réforme avait pour objectif l’effet inverse.

Dès le début, dans notre commune, 80% des ateliers périscolaires proposés ressemblaient plus à de la garderie ou temps de récréation pendant lesquels les mômes étaient libres de s’ennuyer. Rappelons que l’objectif était de permettre aux mômes de s’ouvrir à des activités extrascolaires auxquelles ils n’auraient pas forcément eu accès autrement.

Forts de ce constat, à quelques semaines de la fin d’année scolaire, parents d’élèves élus (dont je fais partie) et professeurs ont demandé comment améliorer les choses l’année prochaine.

“L’année prochaine ? On abandonne les ateliers périscolaires pour mettre de la garderie à la place”, nous a répondu la municipalité en nous faisant comprendre que ce n’était pas négociable et que nombreuses autres communes feraient de même car tout cela est bien trop complexe à gérer.

Tout ça pour ça …

Alors voilà, cette année, les mômes de notre commune auront de nouveaux horaires d’école. 8h45-12h puis 13h30-15h30. Après, ce sera garderie jusqu’à 18h30 pour certains enfants dont les parents ne peuvent les récupérer plus tôt.

3h de garderie … (payante, bien sûr)

Loin de moi l’envie de débattre sur la politique de tel ou tel gouvernement. Je constate juste que dans l’application de cette réforme, ici, la règle qui consiste à privilégier le  bien être de l’enfant passe au second,  troisième, voire quinzième plan.

Et  ça me fait bien chier, tu vois …

Les Miniatures The Cat ne sont pas les plus à plaindre. Nous avons la chance de pouvoir leur proposer des activités extrascolaires comme la danse et le judo. Je vais également leur épargner la garderie en les récupérant à 15h30 car je bosse à la maison (même si je vais devoir m’organiser pour bosser différemment).

J’espère que les enfants de ma commune auront bien rechargé les batteries pendant les vacances car cette année va encore être bien fatigante pour eux.

(Bonus : si tu as le compas dans l’oeil, tu auras remarqué que j’ai profité de l’article pour dresser une petite liste de rentrée au passage. Merveilleux, n’est-Till-pas ?)

 

 

Naturisme.

Par Le 24/08/2015

Naturisme : vivre nu, dans le respect des autres et de la nature

« Le naturisme est une manière de vivre en harmonie avec la nature, caractérisée par la pratique de la nudité en commun qui a pour but de favoriser le respect de soi-même, le respect des autres et de celui de l’environnement. »

Chloé Poignant de l'agence Créative CulturElle | 12 Août 2015, 17h33 | MAJ : 12 Août 2015, 17h33
 
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Naturisme : vivre nu, dans le respect des autres et de la nature
 

LANCER LE DIAPORAMA

La France est la première destination naturiste mondiale avec 6 millions de naturistes européens, dont 2 millions de Français. 

Du point de vue légal, les naturistes se distinguent des exhibitionnistes car ils n’imposent pas leur nudité aux autres.

Et c’est bien pour respecter cette règle que les campings et plages naturistes se dérobent aux regards des passants, nichés dans de petits coins de paradis.

Nudiste, naturiste, écolo, quelle différence ?

Selon la Fédération Naturiste Internationale, « le naturisme est une manière de vivre en harmonie avec la nature, caractérisée par la pratique de la nudité en commun qui a pour but de favoriser le respect de soi-même, le respect des autres et de celui de l’environnement. » Il y a donc un peu de préoccupations écolo derrière chaque naturiste. D’ailleurs, pas la moindre poubelle en vue dans les campings, ce sont les clients qui ramènent leurs sacs et vont les jeter directement dans les bennes à ordures. Des clients très respectueux de leur environnement, dont ils veulent préserver la beauté. 

Le nudiste, quant à lui, recherche seulement la nudité ou «aime être à poil» comme le dirait Marc Bordigoni, anthropologue chercheur à l’Institut d’Ethnologie Méditerranéenne, Européenne et Comparative (IDEMEC) et auteur de l’ouvrage « Les Naturistes » aux Editions Le Cavalier bleu.

Il n’y a pourtant rien de naturel dans l’envie de se mettre à nu. Pour le chercheur, c’est entièrement pour des raisons culturelles que sont nés les mouvements naturistes au 19e siècle. S’il s’agissait alors d’apporter une réponse à des questions d’hygiène et de santé publique (maladies pulmonaires, rachitisme pollution), ils ont ensuite évolué pour trouver un vrai public.

Hygiène et tranquillité, les bases de la vie en communauté

Depuis la fin du 20e siècle, les motifs de chacun ont évolué et il est désormais davantage question de bien-être et de plaisir. Pour Fabrice, c’était une façon de s’éloigner de l’agitation quotidienne. Entre les embouteillages et les plages bondées, le naturisme permet au trentenaire d’avoir du calme et de la tranquillité. Même son de cloche chez Charlotte et Paul, 40 ans, qui ont tenté cette année leur premier camping naturiste en famille. « On fréquentait des plages naturistes depuis 5 ans, alors on a eu envie d’une véritable expérience familiale. C’est comme un retour aux sources ! » Ils ont d’ailleurs laissé le choix à leurs enfants, pour ne pas forcer leur pudeur.

Un respect d’autrui, mais aussi de soi-même omniprésent dans la mentalité naturiste : tous le confirment, leurs campings accordent une importance toute particulière à la propreté et au calme, par rapport aux campings «textiles». Au camping Des Saules, à Sussac en Haute-Vienne (87), c’est même le mot d’ordre. Les propriétaires veillent au respect de l’intimité avec des emplacements situés dans de petites clairières, et un nettoyage quotidien des sanitaires... pour le plus grand bonheur de leurs clients. « Il y a une grande retenue chez les naturistes dans le cadre du respect de l’autre. Ils font très attention à la propreté et à la préservation de la nature, pour ne pas laisser de trace de leur passage », confirme Marc Bordigoni. Il ajoute : « Pour les mêmes raisons, les radios et télévisions sont souvent bannies des centres, tandis que les voitures restent à l’entrée. »
 – (Photo Chloé Poignant)
Se délester du poids des apparences

Mais le vrai bénéfice du naturisme, selon beaucoup d'adeptes, c’est d’être en harmonie avec son corps. Ainsi, pour Daan, jeune néerlandais de 19 ans « on apprend à mieux connaître son corps, et à le respecter davantage. » Gabrielle et Hans, propriétaires d’un camping, voient tous les ans cette recherche de l’acceptation de soi chez leurs clients : « Une année, une femme qui avait eu une ablation du sein suite à un cancer, est venue tester le naturisme pour la première fois. Cela lui a permis d’accepter et d’aimer à nouveau son corps tel qu’il était, avec ses imperfections. » 

Pour beaucoup, être nu c’est mettre tout le monde sur un pied d’égalité, sans a priori. « On ne juge plus quand on est nu », confie Laurent. Au-delà de soi-même, c’est tout le rapport au corps qui change. Les plus jeunes comme les moins jeunes affirment que la pratique du naturisme les a aidés à s’affranchir des complexes, surtout lors de l’adolescence. De son côté Bob, 12 ans, est déjà convaincu que cela l’aidera à grandir : « Je ne suis pas comme les autres, et ça ne me dérange pas ». Pourtant, lorsqu’on lui demande s’il en parlera avec ses amis, sa réponse est sans équivoque : « Pas du tout ! » (Voir encadré)

Mais si la nudité crée une certaine cohésion, elle peut aussi être un facteur d’exclusion. Là où certains campings naturistes tolèrent une forme de pudeur et acceptent sans conditions que les plus timides revêtent une serviette de temps à autre, les plages, moins communautaires, voient parfois d’un œil moins bienveillant les personnes les plus pudiques. Pourtant, au regard de la loi, le naturisme n’y est qu’autorisé et non obligatoire. Là où la nudité permettait d’instaurer une égalité tacite dans un environnement protégé, le vêtement établit un déséquilibre (au contraire de la randonue, qui prône plutôt une cohabitation entre textiles et nudistes).

Le souci de la nature et de la communauté

La philosophie naturiste se démarque aussi par sa communauté. Marc Bordigoni rappelle que pour les adeptes, le pratiquer seul n’a pas de sens, l’essentiel est d’abord d’être nu en communauté. 

Annemie a 21 ans et se rend dans le camping naturiste Lous Suais à Cheissoux (87) depuis sa plus tendre enfance. Pour elle, les propriétaires Ria et Gerrit sont comme une deuxième famille, et elle n’envisage pas de passer ses vacances autrement. Pour Daan, le jeune homme néerlandais, le naturisme aide à se sentir intégré. 

Ce sentiment d’appartenance s’accompagne d’une conscience aiguë de la nature environnante et de l’importance de la préserver. « Ici, c’est le paradis, alors on fait en sorte que ça le reste » ajoute Annemie « On trie nos déchets, on économise l’eau et les fumeurs ne jettent pas leurs cigarettes n’importe où ». 

Et des fumeurs, il semble y en avoir une faible proportion chez les naturistes les plus fervents. « Un certain nombre de naturistes a de fortes prises de position sur le respect de la nature, qui implique une méfiance vis-à-vis du tabac, un choix de vie alimentaire spécifique comme le végétarisme ou le végétalisme » explique le chercheur de l'IDEMEC, « mais l’écologie naturiste tient plus dans des actes quotidiens que dans des déclarations ». Des gestes simples, donc, qui s’accompagnent de petites mesures (il n’est pas rare de voir des panneaux solaires et des lampes d’extérieures photovoltaïques), discrètes et efficaces. Et Fabrice de conclure « Ce n’est peut-être pas la liberté, mais ça y ressemble beaucoup ! »
 

Des restes de méfiance et de préjugés ?

Lors de la réalisation de ce reportage, la majorité des personnes interviewées pour l’occasion a souhaité ne pas être photographiée, et certains ont également demandé à utiliser des pseudonymes. Que ce soit pour des raisons professionnelles, ou par méfiance envers les journalistes (certains sites ont refusé notre présence), il semble rester un fond de préjugés sur le sujet. Etrange, lorsque l’on sait que la France est la première destination naturiste !

Pour Marc Bordigoni, rien d’étonnant à cela. Avant les années 80, la nudité n’avait rien de honteux, et certaines revues, comme Vie au Soleil, éditée par la Fédération Française de Naturisme, n’hésitait pas à montrer des familles où adultes comme enfants étaient photographiés nus. « Maintenant, c’est inadmissible à cause du numérique. C’est une manière pour les naturistes de se protéger. Comme ils ne le pratiquent pas par militantisme mais pour leur plaisir personnel, ils n’ont pas toujours envie de devoir faire face aux préjugés. C’est aussi un sujet qui, déformé, peut prêter à rire, comme certains reportages d’été sur le Cap d’Adge qui alimentent les confusions ».

 

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Aspartame et E621

Par Le 24/08/2015

Info du mois : Aspartame et Glutamate Monosodique

6 février 2009

 

Aspartame et Glutamate Monosodique

 

Après les OGM (Voir info du mois et mai et juin), voici les additifs.

Pour ce mois, voici 2 additifs "POISONS" dangereux pour notre santé:  l'Aspartame et le Glutamate Monosodique.

 

 

L'Aspartame:

Connu sous E951.

Malgré ce qu'en disent certaines firmes et malgré le fait que de nombreux diabétologues, nutritionnistes, dentistes, généralistes,gynécologues, ... ... ..., conseillent à leurs patients d'en consommer en tant qu'édulcorant (en poudre, en sucrettes, en boissons "light", en chewing-gum, ...) ceci pour perdre du poids ou pour éviter le sucre, cet additif n'aurait JAMAIS DÛ EXISTER.

 

Il a été découvert en 1965 par un chimiste américain qui tentait de créer un nouveau médicament pour soigner les ulcères. Dès 1973, des chercheurs américains indépendants avait trouvé que l'aspartame détruisait le système nerveux et était hautement cancérigène. Sa mise sur le marché fut imposé dans les années 80 avec beaucoup d'argent !

Des milliers de produits en contiennent dans près d'une centaine de pays dans le monde. Il s'agit de l'additif le plus controversé du siècle et dont nul ne peut encore mesurer les retombées du scandale qui va exploser un jour ou l'autre.

L'Aspartame et l'additif le plus meurtrier au monde!

 

A part les milliards qu'a rapporté (et qu'il rapporte Encore !) cet édulcorant de synthèse (nommé parfois comme exhausteur de goût sur certaines étiquettes), il peut provoquer jusqu'à plus de 90 effets secondaires.

IL EST DONC VITAL DE SAVOIR LE DETECTER ET DE L'EVITER

 

Le Dr Roberts, spécialiste de la question et auteur d'un ouvrage de 1020 pages sur ce sujet, déclare :"L"Aspartame est un édulcorant de synthèse, un additif et c'est un produit chimique. Ce n'est pas un produit naturel, c'est en fait un VERITABLE POISON".

Il précise aussi que l'Aspartame est constituée de trois composants: 50% de phénylalanine, 40% d'acide aspartique et les 10% restants sont constitués d'Ester de Méthyle qui, une foisavalé, se transforme en méthanol de bois (de l'alcool de bois, un poison très toxique). Ensuite ce méthanol se décompose en formaldéhyde (classé dans le même groupe que les drogues comme le cyanure et l'arsenic), en acideformique et en diketopiperazine, tous responsables de tumeurs au cerveau.

Ce poison est présenté sous différents noms:

Aspartame, parfois Aspartam (dans certains médicaments, même pour les enfants !!!!!!!), E951 et tout produit en contenant doit mentionner la phrase :"Contient une source de phénylalanine" pour les rares personnes qui y seraient allergiques. Il est donc Indispensable de lire toutes les étiquettes avant d'ingérer quoi que ce soit, même dans les suppléments alimentaires (vitamines et autres), et que dire des "produits light" !

 

QQ effets secondaires de ce Véritable POISON: (Des plus courants aux plus rares)

Maux de tête, troubles digestifs, ballonnements, diarrhées, insomnies, prise de poids, hyperactivité, manque de concentration, baisse et troubles de la vue, baisse de l'ouïe, forte sensibilité au bruit, douleurs articulaires, crampes, fatigue chronique, cernes sous les yeux, réactions cutanées et diverses démangeaisons inexpliquées, perte de cheveux, sinusites, problèmes de dentition, rétraction des gencives, sensation d'avoir froid en toute saison, saignement de nez, baisse de l'intelligence, trous de mémoire, dépression, sauts d'humeur sans raison particulière, crises de panique, paranoïa, obsessions, agoraphobie, agressivité, crises d'hypersexualité, crise de démence, convulsions, parfois épilepsie, problèmes de thyroïde, infertilité, impuissance, déformation congénitale, retards mentaux, baisse du nombre plaquette dans le sang, hypo et hyperglycémie, destruction du système immunitaire... ...

Plus grave, cet édulcorant peut provoquer ou encore aggraver le diabète, la maladie de Parkinson, celle d'Alzheimer, de SEP (sclérose en plaque), la fibromyalgie, les arrêts cardiaques brutaux (chez le spsortifs par exemple), cancers du cerveau (et autres), ruptures d'anévrisme, lupus.

Il peut aussi entraîner une intoxication aux métaux lourds !

 

Cet additif fait partie de la famille des "excitotoxines", c'est-à-dire qu'il a la triste capacité d'exciter les neurones et ce jusqu'à les faire exploser petit à petit, détruisant ainsi le système nerveux et pouvant atteindre de nombreux organes. Des millions de "victimes de l'Aspartame" vont donc se faire soigner pour des maladies plus ou moins graves pendant parfois des années SANS SAVOIR que leur consommation de produits à l'Aspartame est la source de leurs problèmes de santé.

 

Donc, arrêter d'en consommer (au moins pendant 60 jours). Parallèlement préparez et cuisinez vous-même vos repas (afin d'éviter aussi le E621), mangez sainement (bio++) et buvez de l'eau plate très régulièrement tout au long de la journée par petites gorgées. Vous remarquerez progressivement une amélioration de votre état général.

Dès lors ne touchez PLUS JAMAIS à ces produits, qui entraîne une DANGEREUSE accoutumance, et prenez l'habitude de lire les étiquettes.

Il n'y a aucune raison de consommer de l'Aspartame, sauf , si vous désirez altérer un peu plus votre santé et celle de votre entourage !

 

 

 

Glutamate Monosodique

Connu sous E621 (GMS en français, MSG en anglais)

 

Cet exhausteur de goût est aussi dangereux que l'Aspartame mais peut se cacher sous différents noms. Il a pour but d'exciter vos papilles gustatives et de vous donner envie de manger encore plus de produits en contenant.

Le problèmes est que certaines persnnes y sont très allergiques et comme dans ce cas là, une consommation accidentelle pourrait leur êre parfois fatale. Elles doivent cuisiner elles-mêmes TOUT ce qu'elles consomment.

 

Depuis les années 50, cet additif a été de plus en plus utilisé par les industriels de l'agroalimentaire en quantités grandissantes, afin de donner plus de goût aux aliments et de faire de plus en plus de profit grâce à l'argent des consommateurs non informés.

 

Cet additif a largement favorisé l'épidémie d'obésité que nous connaissons de nos jours, il a aussi tendance à tripler le taux d'insuline fabriquée par le pancréas, pouvant ainsi provoquer des cas de diabète de type 2. Cet additif peut rendre aussi dépendant que la nicotine ou que certaines drogues dures !

 

Dans son livre "EXCITOTOXINS : The taste that kills" ("Excitotoxines: le goût qui tue" - 1997), le Dr Russel Blaylock (neurochirurgien et nutritionniste américain), explique en détails ce que peuvent faire comme ravages l'Aspartame et le Glutamate Monosodique, tous deux considérés comm des "excitotoxine" détruisant le système nerveux et cancérigènes. Le tout en 260 pages et en citant plus de 490 références et études scientifiques datant de 1950 à 1993.

 

Dans de trop nombreux pays comme la France, RIEN n'a été dit sur la toxicité de cet additif qui est pourtant très utilisé par les industriels et sous plusieurs noms tel un additif caméléon !

Cet additif pourrait être présent dans la majorité des produits transformés. Etant donné qu'il est très utilisé dans les plats asiatiques et indiens, certains restaurants aux Etats-Unis affichent sur leur vitrine : "NO MSG HERE", afin d'attirer les clients informés.

 

Il se dissimule dans des millions de produits tels les chips, les soupes en sachets, les plats surgelés, les plats préparés, les bonbons, les pâtes à tartiner, les produits de "régime" et tant d'autres produits dont la liste est impossible à faire !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Les noms suivants cachent TOUJOURS du GMS:

Glutamate Monosodique, glutamate, acide glutamique, huile ou graisse végétale hydrogénées, protéines hydrogénées, gélatine, caséinates de sodium ou de calcium, levure rajoutée, extrait de levure, glutamate monopotassique, huiles de maïs

 

Les noms suivants en contiennent SOUVENT!

Extraits de malt, bouillons, arômes de malt, arômes artificiels, arômes naturels, arômes naturels de pors ou de poulet, extrais d'épices, protéines de blé, dans de nombreux assaisonnements ou épices, maltodextrine, sauce au soja, produits fermentés ou fortifiés aux protéines, acide citrique, sirop de maïs, arôme de caramel.

 

 

Ceux-ci pourraient contenir du GMS:

Protéine de soja, isolat de protéines de soja, protéines de blé, carragheens, enzymes, protéines de lait ou encore protéines de riz ou d'avoine.

 

Sur ce ,

BON APPETIT !

 

 

Vous comprenez bien içi l'importance d'avoir une alimentation la plus saine possible, la plus naturelle, la plus BIO.

Pourquoi ne pas instaurer le bio dans toutes les cantines de France ? Ce n'est pas la santé qui est onéreuse pour la sécurité sociale et l'état, mais bien la maladie !

Bon il est aussi vrai que si tout le monde était en bonne santé certaines institutions seraient moins riches !!!!!!

 

Pour ma part je préfère de LOIN LA SANTE à la maladie, donc 2€ de plus à la cantine pour que nos enfants se portent mieux, ne vas pas me rendre "malade"  !!!!!!!!!

 

 

Sources: Additifs alimentaires - Edts Chariot d'Or - Corinne Gouget.

                  Les 10 plus gros mensonges sur les médicaments - Sylvie Simon - Edts Dangles

                  Etudes diverses et études de cas thérapeutiques au sein de mon cabinet.

 

Re-forestation en Equateur

Par Le 23/08/2015

Même l'armée s'y est mise..... Utilité publique, pour une fois. 

 

L'Equateur bat un record mondial... de reforestation

EN DIRECT DU MONDE par Alexis Morel mardi 19 mai 2015
Forêt en Equateur © Maxppp

En une seule journée, les Équatoriens ont planté près de 600 000 arbres sur tout le territoire. Des dizaines de milliers de volontaires étaient mobilisés.

580.000 arbres, 200 espèces différentes: c'est tout simplement du jamais vu en moins de 24 heures! Pour participer, il suffisait de planter un arbre, de prendre une photo et d’envoyer un tweet avec le hashtag de l’opération. Les volontaires avaient été convoqués par le ministère équatorien de l’Environnement, mais aussi les autorités locales, les entreprises privées, et même... l'armée! Des soldats se sont mobilisés, munis de pelles et de pioches.

Les autorités équatoriennes veulent en faire le symbole d’une "politique d’Etat permanente" en faveur de la réforestation. La ministre de l’Environnement a rappellé que le pays y a consacré 74 millions de dollars depuis 2008, ce qui a permis le reboisement d’un peu plus de 4% de la superficie totale du territoire. L’objectif des autorités est maintenant d'atteindre un niveau de déforestation zéro en 2017, à la fin du deuxième mandat du président Correa.

Victor Hugo

Par Le 22/08/2015

Hugo se souvient de ses enchantements et de ses terreurs alpestres de ses jeunes années entre 1825 et 1839.....

 


 

"Les monts sont vieux; cent fois et cent fois séculaires,

Muets, drapés de nuit sous leurs manteaux polaires,

Leur âge montrueux épouvante l'esprit;

Sur leur front ténébreux tout un monde est écrit;

L'âpre neige des jours a neigé sur leur tête;

Le temps est un morceau de leur masse, leur faîte,

De loin morne profil qui s'efface de près,

Livre au vent une barbe épaisse de forêts;

Ils ont vu tous les deuils, toutes les défaillances

Toutes les morts passer autour de leurs silences;

Ils ont vu s'écrouler des astres dans le puits

De l'horreur infinie et sourde; ils ont depuis

Bien des millions d'ans la lassitude d'être;

Eh bien, sur leurs noirs flancs décrépits, le vent traître,

L'orage furieux, l'éclair fauve, ce ver

Qui serpente dans l'ombre immense de l'hiver,

L'ouragan qui, farouche, aux grands sommets essuie

Sa chevelure d'air, de tempête et de pluie,

L'aquilon qui revient quand on croit qu'il s'enfuit,

La grêle, et l'avalanche, et la trombe, et le bruit,

Toutes les visions des affreuses nuées,

La tourmente et ses chocs, la bise et ses huées,

S'acharnent, et ne font, sous leurs dais de brouillards,

Pas même remuer ces effrayants vieillards.""

Victor Hugo 

Coca cola contre l'eau.

Par Le 20/08/2015

UNE DES RAISONS ESSENTIELLES DU BOYCOT DE CHACUN;

 

Au Mexique, la population manque d’eau potable mais Coca-Cola prospère

27 avril 2015 / Alain Sousa (Silence) 
 

  

 
   
 

Comment dit-on « eau potable » en mexicain ? Réponse : Coca-cola... Cette blague est malheureusement loin d’être une boutade : dans tout le pays, il est plus facile — et souvent moins cher — d’acheter une bouteille de boisson gazeuse que de se procurer de l’eau. Pollution, réseau vétuste, surexploitation des nappes... Etat des lieux.


- Mexico, reportage

Le Mexique compte 119 millions d’habitants... dont 12 millions n’ont pas d’accès à l’eau potable. La ville de Mexico est l’exemple le plus frappant de cette situation dramatique : l’agglomération compte 19 millions de personnes, dont 35 % ne sont pas connectées au réseau d’eau, et 1,3 million de personnes n’ont aucun accès a une source d’eau potable...

Pourtant, un réseau d’eau existe. Mais il est extrêmement vétuste et peu entretenu, avec des fuites importantes. Selon les estimations, le réseau accuse ainsi 40 % de pertes. Cela correspondrait à environ mille litres par seconde.

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Autre problème majeur au Mexique, les eaux usées, ou agua negra, sont souvent rejetées sans aucun système de retraitement.

Ajoutez a cela le réseau des eaux usées qui lui aussi fuit, contaminant le réseau d’eau potable et rendant impropre à la consommation le peu d’eau qui parvient jusqu’aux différents foyers. Et vous vous retrouvez avec des mesures d’urgence qui deviennent la norme, tel le district d’Iztapalapa, où mille camions-citernes distribuent chaque jour de l’eau pour deux millions d’habitants.

Conséquence de ce manque d’eau potable, le pays détient le record mondial de consommation d’eau en bouteille, avec 234 litres par an et par habitant. Dans les bouteilles que vous trouvez en magasin, pas d’eau de source ou d’eau minérale. Il s’agit simplement d’eau filtrée et traitée... Bref de l’eau du robinet. Si Danone et Coca-cola sont leaders sur ce marché de l’or bleu, ce sont surtout les milliers d’entreprises de microfiltration qui fournissent cette eau en bouteille aux populations.

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Certaines régions du Mexique connaissent d’importantes précipitations, comme ici dans la ville de Merida. Une richesse insuffisamment exploitée.

Cette consommation d’eau a des conséquences catastrophiques sur l’environnement. Selon l’organisation Food and Water Watch, 21 millions de bouteilles plastiques sont ainsi jetées chaque année au Mexique. 20 % sont recyclées, le reste terminant dans des décharges, ou simplement dans la nature

Récolter la pluie

Cela a aussi un coût. Dans certaines familles, l’eau représente jusqu’à 20 % des dépenses. Des solutions émergent aujourd’hui pour aider les plus pauvres, notamment les populations indigènes. Ces actions sont souvent menées par des associations ou des structures locales. L’une des solutions les plus simples et les plus avantageuses, c’est la récolte d’eau de pluie.

C’est la mission que s’est fixée une petite organisation, Isla Urbana, créée en 2009 par de jeunes Mexicains. Leur constat était simple : certaines zones telles Tlalpa ou Xochimilco enregistrent mille millimètres de pluies chaque année... et pourtant près de 130 000 habitants n’ont pas accès à l’eau. Ils ont donc décidé d’équiper les populations de systèmes de collecte d’eau de pluie, en réduisant les coûts au maximum et avec l’aide de mécènes.

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De telles installations, ici réalisée par l’organisation Isla Urbana, permettent de récupérer jusqu’à 50 000 litres par an.

Le système, avec séparation des premières pluies et filtration, permet de fournir 50 000 litres d’eau sur l’année, soit six mois de consommation pour une famille entière. L’installation de ces systèmes de captation est accompagnée de programmes d’éducation et de sensibilisation a l’environnement.

Ces initiatives locales, certes importantes, restent une goutte d’eau face au problème auquel sont confrontés plusieurs millions d’habitants de Mexico. Sans mesures drastiques pour améliorer l’accès à l’eau au Mexique, la situation déjà dramatique pourrait se transformer en crise majeure. A moins que Tlaloc, le dieu Maya de l’eau, ne vienne en aide au peuple mexicain...


COCA-COLA, MON AMOUR...

Corollaire de ce manque d’eau, ou phénomène indépendant, la consommation de boissons gazeuses a explosé au Mexique. Ce pays est ainsi le premier consommateur au monde de cette boisson sucrée avec l’équivalent de 728 bouteilles de 25 cl par an et par habitant, contre 406 pour les Etats-Unis ou 149 pour la France (chiffres Coca-Cola 2012). Le Mexique consomme a lui seul 42 % de tout le Coca-Cola bu en Amérique Latine...

Il faut dire que la compagnie pratique une politique commerciale très agressive. Outre les publicités omniprésentes, la compagnie propose des demi canettes ou des minis bouteilles à des prix ridicules, pour s’assurer que les populations les plus pauvres ou les enfants avec trois pesos en poche consomment la boisson gazeuse.

Bien sûr cette consommation de Coca-Cola est l’un des facteurs de l’épidémie de surpoids et d’obésité qui frappe le Mexique : 70 % de la population sont en surpoids, dont 33 % d’obèses et 13 % de diabétiques.

Outre ces conséquences sur la santé, cette consommation du soda a un impact dramatique sur les ressources en eau, car fabriquer un litre de Coca-cola nécessite au moins deux litres d’eau. La compagnie a choisi d’implanter ses usines d’embouteillage dans des endroits stratégiques.

Elle a ainsi négocié 27 concessions sur tout le territoire pour pomper de l’eau et 8 concessions pour rejeter ses eaux usées. L’une de principales usines se situe ainsi au cœur d’une des régions emblématiques du Mexique : le Chiapas. La compagnie y pompe plus de 100 millions de litres d’eau chaque année. Plusieurs associations dénoncent la catastrophe environnementale et humaine que représente l’usine. La surexploitation de la nappe est non seulement un désastre écologique, mais prive également les populations locales de précieuses ressources en eau.

Si le gouvernement mexicain ne souhaite pas contrarier la multinationale, il a tout de même, face à la pression de la société civile, adopté fin 2013 une taxe sur les boissons gazeuses : 10 % du prix (les associations de consommateurs demandaient 25 %). Avec une majoration d’un peso par litre seulement, le flot de Coca-cola n’est pas prêt de se tarir.

Note : Il faut ajouter que le président du Mexique de décembre 2000 à novembre 2006, Vincente Fox, était avant d’être élu, président de Coca-Cola pour l’Amérique latine et salarié de la firme depuis 1964. Il était aussi député depuis 1988.


Pour aller plus loin

- Un excellent documentaire, H2Omx, a récemment mis en lumière les problèmes de gestion de l’eau à Mexico. Voir le site www.h2o.mx.
- Pour en savoir plus sur le problème de Coca-cola au Chiapas, voir le site de l’associationCasacollective.
- Pour en savoir plus sur Isla Urbana et la collecte d’eau de pluie au Mexique :www.islaurbana.org.

KUNDALINI (15)

Par Le 20/08/2015

 

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« J’aimerais méditer avec … vous, Sat. J’aimerais que vous m’appreniez ce que vous savez. J’en éprouve, là, maintenant, un besoin viscéral et ça me brûle. »

Elle avait baissé les yeux, sans s’en apercevoir. C’est quand il prit la parole qu’elle réalisa qu’elle ne le regardait plus.

« Quand un adulte dit à un jeune enfant qu’il doit aller à l’école pour savoir plein de choses, il lui ment. L’enfant ne va pas savoir plein de choses, il va juste être amené à ingérer des connaissances et comme toute ingestion, une partie sera rejetée comme autant d’excréments. On peut espérer malgré tout que quelques-unes de ces connaissances aboutiront à un savoir. Pour cela, il faudra que l’enfant expérimente ces connaissances, qu’il les perçoive, qu’il les ressente, qu’il les vive pleinement, physiquement, émotionnellement, intellectuellement. Vous ne pouvez pas savoir ce que je sais, Maud. Je peux juste partager avec vous mes quelques connaissances. Mais ça sera à vous, ensuite, de les expérimenter, de les éprouver, pour qu’elles deviennent éventuellement un savoir, le vôtre. Et de la même façon, je ne peux pas savoir ce que vous savez. On ne peut rien savoir de personne. On peut juste essayer de saisir leurs connaissances. Mais ce savoir éventuel, n’allez pas croire, Maud qu’il sera permanent et nécessairement durable. Le savoir s’entretient par un travail quotidien. Il nous est bien entendu impossible de mettre en actes, constamment tous nos savoirs mais nous devons au moins les garder en conscience, leur parler, leur montrer notre attachement, les réveiller aussi souvent que possible. Un savoir est comme un être vivant. Il se doit d’être soigné.

-Apprenez-moi ce que vous connaissez, Sat et j’en ferai bon usage. Pour mon propre savoir.

-Trouvez-moi alors un exemple criant qui prouve sans contestation possible que la connaissance n’est pas un savoir. »

 

Elle repensa de façon fulgurante aux cinq éléments essentiels, les cinq nuances dont Sat avait parlé. Il avait dit que le sommet de la pyramide était occupé par la dimension sexuelle, une sexualité sacrée.

« Tous les humains connaissent, à partir d’un certain âge, le processus sexuel d’accouplement mais très peu savent faire l’amour. »

Elle avait lancé sa réponse sans avoir eu besoin de la construire. Tout était là. Comme une évidence. Elle le regarda. Stupéfaite d’elle-même.

Il lui sourit.

« Chapeau bas, dit-il, doucement. J’ajouterais juste que nous ne faisons pas l’amour. C’est l’amour qui nous fait. »

Elle répéta minutieusement les deux phrases, les yeux fermés. Un jour, elle saurait pleinement ce que cela signifiait. Elle s’en fit la promesse et se réjouit aussitôt d’avoir su observer en elle à quel point cette phrase de Sat la laissait perdue, comme aspirée dans un tunnel de lumière, tellement de lumière qu’elle en perdait la capacité à réfléchir. Comme une humilité qui se découvrait, la conscience de l’insignifiance de ses connaissances et du peu de savoir qu’elle en avait retiré. Et ce regard bienveillant sur soi, elle avait envie de l’enlacer. Un amour étrange en elle, comme une reconnaissance ou mieux que ça encore. Comme une naissance à soi. Une fin de grossesse  spirituelle, l’orée du monde intérieur qui se dévoilait.

Un tourbillon en elle. Elle posa une main sur son front."

Lettre d'une vieille maman...

Par Le 19/08/2015

Lettre d’une vieille maman à sa fille …

http://www.espritsciencemetaphysiques.com/%EF%BB%BF%EF%BB%BF%EF%BB%BFlettre-d-une-vieille-maman-a-sa-fille.html

Par  | 15 août 2015
 

      

Lettre d’une vieille maman à sa fille …

Lettre d’une vieille maman à sa fille …

 
Ma fille, Le jour où tu trouveras que j’ai vieilli, aie de la patience envers moi et essaie surtout de comprendre ce que je traverse, de me comprendre.
Si lorsque nous parlons, je répète la même chose des dizaines de fois, ne m’interromps pas pour me dire: « Tu as dit la même chose il y a une minute ». Écoute-moi s’il te plaît. Souviens-toi quand tu étais petite, tu voulais que je te lise la même histoire, soir après soir, jusqu’à ce que tu t’endormes.Si je ne souhaite pas prendre un bain, ne te mets pas en colère et ne me mets pas mal à l’aise en disant que c’est une honte. Souviens-toi combien de raisons je devais inventer pour te faire prendre un bain quand tu étais petite. En voyant mon ignorance vis-à-vis des nouvelles technologies, ne te moque pas de moi, mais laisse-moi plutôt le temps d’assimiler tout ça et de comprendre. Je t’ai appris tant de choses: comment te tenir à table, t’habiller, te coiffer, comment appréhender les défis de la vie… Le jour où tu trouveras que j’ai vieilli, aie de la patience envers moi et essaie surtout de comprendre ce que je traverse, de me comprendre.

Lettre d’une vieille maman

S’il m’arrive à l’occasion d’oublier ou de ne pouvoir suivre une conversation, laisse-moi le temps nécessaire pour me souvenir et si je n’y parviens pas, ne te montre pas irritée, impatiente ou condescendante: le plus important pour moi, c’est d’être avec toi, de partager des moments avec toi. Quand mes jambes ne me permettront plus de me déplacer comme auparavant, tends-moi la main comme je te l’ai tendue pour t’apprendre à faire tes premiers pas.

Quand ces jours approcheront, ne sois pas triste. Sois tout simplement avec moi et comprends-moi alors que je m’approche de la fin de ma vie, avec amour et gratitude. Je te chéris et te remercie pour les moments passés ensemble et la joie éprouvée. Avec un sourire et tout l’amour que je ressens pour toi, je souhaite juste te dire ma fille: je t’aime.

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Tantra (2)

Par Le 19/08/2015

 

Tantra

Tantrisme

Tantrisme (2)


Le Tantra : levons le voile sur notre sexualité sacrée

http://www.femininbio.com/sante-bien-etre/actualites-nouveautes/tantra-sexualite-sacree-69854

Le Tantra : levons le voile sur notre sexualité sacrée
Tantra : Sexualité sacrée
Fondatrice de FemininBio, directrice de collection chez Eyrolles, dingue de bio, folle de nature, de running et par dessus tout de l'évolution de la conscience de l'être humain ;-)

Qu'est ce que le Tantra ? A quoi sert-il et comment se pratique-t-il ? Marisa Ortolan et Jacques Lucas répondent à deux voix.

Une sexualité sacrée, qu'est ce que c'est ? 

Si dans le terme sexualité, nous parlons de la pratique de "faire l’amour", alors la sexualité sacrée est la conscience. Le Tantra est une voie qui implique le corps (les perceptions, les sensations), les sentiments et l'intention afin d'unifier chacun et de connecter l'Union du Masculin et du Féminin, en Soi et dans la relation. 

La sexualité sacrée dans un couple passe par une communication fluide et le fait de savoir exprimer son ressenti, ses sentiments : ce que je vis sans en faire porter à l’autre la responsabilité. 

Est-il possible de rester heureux dans sa sexualité en couple toute une vie ? 

Le possible vient de l’implication de chacun dans le couple. Les conditions optimales sont les suivantes : 

  • Ne jamais s’arrêter sur des acquis : il est toujours celui/celle qu'on doit séduire, comme au premier jour. 
  • Oser remettre en question ce qui fonctionne bien, et chercher à l'améliorer, le parfaire. 
  • Ne pas oublier que l’autre est un Dieu, une Déesse et qu’il est bon de l'honorer comme tel. 
  • Sortir des buts fixés, lâcher la recherche de l’orgasme : le plaisir extatique est autant dans le désir que dans la jouissance. 
  • S’occuper de soi, de sa propre pratique corporelle, de sa respiration. 
  • Être connecté au niveau du cœur : lâcher les jugements et les projections, les attentes. Un travail sur soi est conseillé pour les débusquer (psychothérapie, par exemple). 
  • Se laisser toucher par l’autre, et savoir recevoir l’amour de l’autre. 
  • Pratiquer la sexualité comme une ascèse et ne pas attendre que le désir ou l'excitation soient les moteurs de la relation sexuelle.
  • S’oublier pendant le temps du partage tantrique veut dire oublier sa "persona", son ego, se prouver quoi que ce soit. 
  • Se laisser aller à l’instant, se laisser surprendre par ce qui se passe, par la co-création du moment et pratiquer le yoga tantrique concentré et léger, le cœur ouvert, avec le détachement du projet, et la présence totale à l’instant. 
  • Considérer l'acte sexuel comme une méditation pratiquée seul et simultanément à deux.. 

La liste n’est pas exhaustive, à chacun de la compléter !

Quel est le rôle du souffle ? 

Le souffle est une clé majeure du yoga tantrique. Les chacras ou centres énergétiques sont stimulés par la respiration, ainsi un échange subtil avec le partenaire se fait. 

Lorsque l’acte amoureux est engagé, une manière simple de monter l’énergie sexuelle le long de la colonne vertébrale impose une respiration consciente. Il y a deux atouts à cela : l’énergie monte du périnée au sommet du crâne (la respiration tantrique) et le retour à soi (acte méditatif). 

Ensuite, il est conseillé de laisser faire et de ressentir en soi et entre soi et l’autre ce qui se passe, sans bouger davantage. Le ou les corps parlent sans impulse de la volonté ou du projet. La sexualité tantrique est plutôt joyeuse et épanouissante. 

Une autre clé majeure est de conscientiser totalement les sens : la vue, l’odorat, l’ouïe, le toucher, le ressenti. Cette extrême présence à soi et à l’instant permet de revenir sans cesse à l’intérieur, non par la pensée, le mental mais par le corps et les sens, par l’expérience. 

Faut-il avoir fait un travail de développement personnel pour une sexualité épanouie ? 

Nous constatons dans nos stages que les personnes qui ont, au préalable, suivi un cursus thérapeutique, partagent plus rapidement et facilement la dimension sacrée dans la relation. 

Les enjeux transférentiels (papa/maman, abandon/dévalorisation, etc) sont repérés très rapidement et écartés de la situation actuelle et réelle. Et au-delà de la relation amoureuse, se sentir libéré des entraves du passé et de l’histoire personnelle, procure un soulagement et un épanouissement dans tous les types de relations : sexuelles, amicales, professionnelles, etc. 

Y a-t-il un risque de dérive ? 

La dérive existe souvent par rapport à une norme. Or, le Tantra ne cherche pas à normer les pratiques sexuelles ou les relations mais plutôt à responsabiliser chacun sur l’usage de son propre corps et sa propre sexualité, en adulte. Le respect de soi et de l’autre est la seule Loi et c'est la base de l’enseignement tantrique aujourd’hui. 

Savoir dire Non et se sentir entendu dans ses limites contribue à l'épanouissement dans la sexualité. 

La qualité du cadre (les stages de Tantra ne sont pas des lieux de sexualité débridée) et la conscience des animateurs sont indispensables aux bons fonctionnements et aboutissements des formations. La sécurité et la confiance sont deux conditions au lâcher-prise et à la connaissance. Cette qualité est garantie lorsque les animateurs assument une déontologie, une éthique sérieuse. Alors les enjeux personnels peuvent être travaillés en profondeur et c'est un gage de réussite et de liberté d'être Soi. 

Différencier "dérive" et liberté est parfois un point sensible entre deux partenaires quand les besoins de l'un diffèrent de ceux de l'autre. Un tiers, un contrat préalable et/ou une communication sincère sont bienvenus pour ne pas sombrer dans un conflit qui peut dériver vers une séparation prématurée.
Au début du travail en Tantra, certains "célibataires" se comportent comme des prédateurs par frustration. Très vite, ils comprennent l'intérêt de découvrir une autre dimension du désir, du plaisir et de la jouissance. 
Quant aux vrais pervers, ils sont assez rares dans les stages car ils sont vite débusqués et ne s'y sentent pas à l'aise. 

Les "tantristes" sont-ils de meilleurs partenaires sexuels que les autres ? 

Il semblerait que les personnes ayant pratiqué le Tantra, les tantrikas, partagent une sexualité différente, plus "habitée" et respectueuse. 

Le risque, doux et agréable certes, est de limiter la voie du Tantra à une amélioration de sa sexualité, de la relation à l’autre. En effet, si le pratiquant tantrique reste uniquement sur la "gamme" de la sensualité, il ne peut vibrer au delà de ce qui se passe dans le réel. Comme s’il était la note de musique qui reste uniquement accrochée à la partition sans partir, sans vibrer, avec le son, la vibration qu’elle crée. C’est à ce moment là que l’énergie tantrique, la douceur du divin traverse nos cellules et modifie nos perceptions. 

Un homme ou une femme tantrique est à l’aise autant avec le versant animal de sa personnalité qu’avec ses sentiments et émotions et aussi son aspiration à accéder à la dimension spirituelle proposée par le Tantra. 

Il/elle utilise ses énergies sexuelles pour accéder à des vécus d’ordre spirituels par le biais de techniques simples (respiration, mouvements spécifiques, ouverture du cœur, regard sur l’autre et intention vers la transcendance). L’extase est accessible à tous et toutes. Il est évident que de telles expériences sont transformatrices. 

Et, nous Jacques et Marisa, pouvons témoigner comment, encore aujourd’hui après 10 ans de co-animation, nous sommes touchés par cette révélation qu’est la pratique du Tantra, pour les femmes et les hommes qui la découvrent ! 

Qu'est ce qu'un couple authentique ? 

Le couple passe d’abord par l’harmonisation du couple intérieur. Au delà des mots, c’est un chemin en soi de découverte et d’acceptation de nos parties masculines et féminines. Il s’agit de conscientiser celles qui dominent dans la vie sociale et dans l’intime car ce ne sont pas forcément les mêmes. 

Se sentir pleinement "acceptant" de ce que l’on est permet de ne pas faire porter à l’autre (dans le couple), nos manques, nos travers, nos vides. S’unir sexuellement corps-âme-esprit impose d’avoir réalisé au préalable cette union en soi. 

Beaucoup croient que c’est l’autre qui ouvre l’amour en soi (être amoureux), alors que c’est en nous que se trouvent les clés de l’amour, du désir et de la sacralisation. 

L’aide majeure qu'apporte la pratique d'une méditation quotidienne est de prendre du recul par rapport au couple pour le remettre dans le grand jeu de la vie. La notion de l’Autre peut s’élargir au point de prendre la dimension de l’univers dans un vécu ou la jouissance et l’expérience spirituelle sont étroitement mêlées. Tout le travail tantrique vise cette perspective d’union en soi. 

Une implication personnelle profonde est indispensable parce que, d’une part l’énergie sexuelle est concernée et que d’autre part, les enjeux relationnels "amoureux" engendrent toujours de la vulnérabilité. 

Le Tantra est une voie spirituelle extrêmement puissante puisqu’elle procède d’une démarche personnelle très engagée. Elle se pratique à 2 et peut être initiée dans un travail en groupe. 

Pour terminer, nous ajouterons qu’acquérir des outils pour une bonne communication transforme le couple et améliore la relation qui devient plus authentique quelles que soient les concessions faites. 

Pourquoi la société nous impose-t-elle des modèles de sexualité ? (fréquence, intensité etc) 

Le pourquoi vient certainement de plusieurs choses que nous résumerons en deux points essentiels  : 

  • la main-mise des religions sur la sexualité, son utilité et la manière de la pratiquer. 
  • l’interdit posé sur les organes sexuels qui doivent être cachés, et des codes moraux très stricts. 

Cela induit le désir de curiosité et aussi celui de transgresser ces codes. Il y a une jouissance que chacun ressent à enfreindre les règles. 

La preuve en est que tout ce qui parle de sexualité dans les journaux, les livres, sur internet, suscitent de l‘intérêt. Plus particulièrement l’exposition du corps féminin : les seins, les fesses, la vulve. Cela prouve la dominante patriarcale, encore aujourd’hui dans les mœurs européennes : le corps féminin est soit caché soit surexposé. 

Petit à petit, les femmes basculent dans ce même type de référence. Elles sexualisent leur regard sur l’homme, dans l’image et le comportement. Elles recherchent l’excitation et l’efficacité sexuelle au détriment de sa profonde satisfaction et ne pensent qu'à donner à l’homme. Par exemple, certaines femmes décident qu’une sexualité à prédominance clitoridienne est la seule valable. 

Le côté positif de tout cela est que la femme redécouvre les multiples possibilités que lui offre son corps. Mais pour l’homme, cela ne lui apporte pas un autre regard sur la sexualité. 

Aujourd’hui, il existe un marketing sexuel avec des codes précis de physique autant chez les femmes que chez les hommes (taille du pénis, grosseur des seins..etc) et de savoir-faire. Nous pensons que c’est un signe des changements de repères de la société actuelle. Les couples ne durent plus toute la vie, les femmes se positionnent dans une quête de place plus juste, les hommes sont en recherche d’identité et la sexualité dans tout ça est plus consommée que vécue de l’intérieur. 

Heureusement, nous voyons dans nos séminaires des hommes et des femmes qui veulent vivre autre chose ! L’envie de retrouver des valeurs plus enthousiasmantes, plus motivantes est là. Nous constatons que les hommes ne demandent qu’à retrouver leur capacité d’émerveillement face à la femme, en ouvrant leur cœur et leur vulnérabilité, et que la femme libère sa créativité en s’autorisant à retrouver sa puissance féminine, sa félinité. 

Des idées reçues (issues de l’éducation, de la culture, de la religion) bloquent ou freinent l’ouverture à cette dimension : l’homme pour jouir doit éjaculer, la femme-animal est une "salope". La voie du Tantra œuvre à se débarrasser de ce qui encombre le contact direct à l’autre et aide à dissocier excitation et désir qui sont, aujourd’hui encore, confondus dans la sexualité. Le désir concerne "l’être" alors que l’excitation implique "l’avoir". 

Que cherchent les personnes lors de vos stages ? 

Le Tantra est une voie qui prône la sexualité sacrée comme voie d’éveil. La majorité des personnes viennent au Tantra comme voie de recherche intérieure. 

Être en paix avec sa sexualité est une étape déterminante pour le chercheur d’éveil. D’autre part, on se rend compte très vite que l’énergie sexuelle est un formidable "carburant" pour atteindre des états de méditation et de transformation de soi. 

Le Tantra utilise ces énergies, que désirs et excitations génèrent (sans "consommer" forcément par le passage à l’acte), pour les faire circuler en soi, les transcender et les diriger vers une complétude spirituelle. La jouissance d’un coït n’a rien de commun avec l’extase tantrique : l’orgasme, l’éjaculation ne sont plus les buts de l’acte sexuel. 

Certains participants sont motivés par l'amélioration de leur sexualité, voire de résoudre certaines difficultés dans ce domaine. Et puis, bien des couples ont besoin de relancer le désir et la créativité dans leur intimité. 

Tous découvrent que cette porte d’entrée leur ouvre un univers qu’ils ne soupçonnaient pas : au delà de tout cela ils visitent le plaisir de la sensualité et de la sexualité sacrée. La rencontre sexuelle devient le théâtre d’un échange et d’une expérience dont la saveur transcendantale et spirituelle rappelle les moments de l’amoureux à l’adolescence, avant le premier acte sexuel. Le désir était là, très fort, le monde paraissait magnifique, le cœur ouvert, la frustration du désir était acceptée, tout avait un sens, chacun, chacune se sentait connecté à tout et à tous. Retrouver cet état et le garder pour toujours est un aspect magique du Tantra. 

Les stages de Tantra poussent chacun à travailler sur l’image de soi et de l’autre ainsi que sur l’ego : par exemple, les choix de partenaires (pour ceux qui viennent en célibataire). Le rapport à la dépendance, à l’anti-dépendance et les stratégies comportementales pour gérer manques et besoins sont également largement visités et regardés. Nous sommes interdépendants, nous sommes tour à tour sujet et objet de l’autre (sujet de désir, objet d’amour et vice versa). 

Grâce à la pratique tantrique, nous devenons plus conscients de nos fonctionnements et pouvons décider de ne pas se figer dans une position. Une relation réussie impose un juste équilibre des deux positions afin de renoncer à une toute-puissance nuisible aussi bien à la relation qu’à l’autre et à soi-même. La voie du Tantra passe par soi c’est à dire là où j’en suis, dans l’instant, dans ma vulnérabilité. Tout de soi est pris en compte : le corps, les émotions et sentiments, les comportements, la spiritualité. Le Tantra est l'un des chemins (la voie abrupte disent les initiés) pour se relier au divin cosmique, être en extase avec le Tout. Et laisser la joie émerger, libre, totale…

Le Tantra, horizon sacré de la relation, de Marisa Ortolan et Jacques Lucas. Ed. Le Souffle d'Or. 

"Tous les hommes sont des connards"

Par Le 19/08/2015

Tous les hommes sont des connards

http://fvsch.com/

 

Oui mec, tous les hommes sont des connards, va falloir t’y faire.

Et je dis pas ça au douzième degré pour railler les féministes misandres1 qui font rien qu’à exagérer et faire des amalgames. Je suis très sérieux là: les hommes sont des connards, toi tu es un connard, moi je suis un connard, et peut-être qu’à un moment faut voir la réalité en face et se dire que merde, y a un truc qui va pas.

En quoi est-ce que tu es un connard, tu demandes, et comment je peux affirmer ça alors que je te connais même pas? C’est une question de définitions. Par exemple une définition contemporaine du connard ce serait un mec qui, individuellement, fait de la merde et nuit aux gens autour de lui. Or toi t’as pas spécialement l’impression de nuire aux gens, tu fais même des efforts pour être un mec bien, pas comme tous ces connards là. De toute évidence, les connards c’est une minorité nuisible, pas la majorité des hommes, et certainement pas tous les hommes. En tout cas certainement pas toi, pas tes potes, pas tes amis, pas tes proches de sexe masculin.

Ben moi, je me permets une définition à peine différente. Je pars du même point: personne qui nuit aux gens autour d’elle, et je rajoute:et s’en fout parce que c’est pas son problème.

La belle affaire! En quoi les hommes sont des connards d’après cette définition? Alors là, c’est assez simple:

  1. Les hommes constituent une classe sociale dominante2, qui profite de nombreux avantages matériels et symboliques, de meilleurs salaires, de plus de pouvoir de décision sur leur propre sort et celui d’autrui (par leur présence hégémonique dans les structures de pouvoir publiques ou privées), et du fait qu’on les laisse plus aisément décider de leur vie sans leur faire un procès en respectabilité sociale (se soldant par de l’exclusion sociale ou une peine judiciaire, suivant le contexte).

  2. Cette domination est active, ce n’est pas un don reçu des fées à ta naissance et dans lequel tu n’aurais aucune part. Ça marche pas comme ça, désolé. Ce n’est pas juste une «donne» de départ inéquitable, c’est le résultat d’une somme d’actions. Ça passe par des torts causés à autrui pour que cet autrui reste à sa place subalterne; ça demande des violences symboliques et si besoin physiques; ça demande de restreindre la liberté des gens dans leur tête et si ça suffit pas dans leur corps. Et il faut le faire génération après génération, et ça prend diverses formes: exploitation économique, exploitation du travail non rémunéré, violences sexistes, pressions sociales restreignant la liberté d’action des femmes (sauf à vouloir encourir des reproches, des violences symboliques voire physiques), etc.

  3. Tous les hommes participent à la mise en acte et à la perpétuation de cette oppression sexiste. Bien sûr la participation de chaque homme à la domination masculine n’est pas un truc en noir et blanc, il n’y a pas d’un côté les machos rétrogrades et de l’autre les hommes normaux qui n’ont jamais pris part au sexisme (…et pourtant on l’entend tous les jours, cette blague!). Il y a plutôt un éventail de participation active aux violences (plus ou moins graves), de justification des violences, et de tolérance des injustices (le plus souvent avec une forme d’ignorance volontaire: Je veux avoir le droit de m’en foutre, m’a-t-on dit une fois…). D’ailleurs la tolérance, la justification et l’ignorance volontaire, c’est plus que courant; forcément, quand c’est pas toi qui prends les coups3…

L’étendue de l’oppression sexiste est documentée, de même que de nombreuses formes de participation concrètes des hommes à cette oppression. Les mécanismes de l’oppression font l’objet de nombreuses analyses, et on peut être d’accord ou pas avec certains constats et certaines analyses. Mais la base c’est qu’il y a des gens qui en exploitent d’autres pour en tirer un profit, sous une forme ou une autre, et qui trouvent ça bien normal. Donc: connards.

AMALGAME TOI-MÊME

Ça doit être tentant de répondre «non mais c’est pas comme ça», «tu mélanges tout», «tu fais des amalgames», «tu exagères». Sauf que non, j’amalgame rien du tout. Je veux bien qu’on discute des nuances et des mécanismes exacts en jeu, mais le déni ça commence à bien faire. Je veux bien discuter, je veux bien qu’on me corrige quand je dis des bêtises, mais faudrait voir à y mettre un peu de rigueur, à pas se limiter à des preuves anecdotiques choisies avec soin pour montrer que c’est pas si grave ou que le sexisme va dans les deux sens—non, il va pas dans les deux sens, pas avec la même force et les mêmes objectifs.

Le sexisme est un système d’exploitation dans un sens bien précis (domination des hommes sur les femmes), on va arrêter de se cacher derrière son petit doigt et de prétendre que c’est pas vrai, ou que c’était avant (oui c’était pire avant; non ça n’a pas disparu), et enfin on va arrêter de prétendre qu’un système d’exploitation peut exister et se perpétuer sans participation active du groupe dominant.

Ça veut dire que oui, tous les hommes participent à l’oppression sexiste. Peut-être à des niveaux divers, car il y a des variations dans l’éducation et les parcours de chacun (et, soyons fous, les éventuelles mises en pratique d’engagements antisexistes). Mais l’éducation genrée facilite, normalise, justifie et même souvent exigecette participation à la domination; à partir de là, dire qu’un homme ne participe pas à la domination sexiste parce qu’il a un bon fond, et que cette domination tomberait du ciel… soyons sérieux. Ça ne marche pas comme ça.

Alors je ne veux entendre aucun homme contester, «relativiser» ou «nuancer» l’existence et la gravité de la domination masculine avant d’avoir fait le taf de se renseigner.

Se renseigner, ça veut dire quoi? Déjà, ça veut dire arrêter de s’en foutre et de réclamer le droit de s’en foutre, parce que t’as beau ne pas avoir choisi d’être né mec et t’as beau ne pas avoir choisi d’avoir la plus grande part du gâteau, tu es impliqué, c’est comme ça. Le sexisme, et par sexisme je parle en priorité de la domination des hommes sur les femmes4, ce ne sont pas les machos qui le font, c’est un peu tout le monde: c’est tes parents, tes frères et sœurs, tes profs de la maternelle à la fin de tes études, c’est tes potes du collège, c’est la culture dans laquelle tu baigne, c’est ton éducation. Donc non, c’est pas juste une histoire de meufs féministes dans ton coin: tu as du boulot aussi.

Se renseigner, concrètement, c’est écouter. Si une femme dénonce le sexisme d’une situation qu’elle vit, faut arrêter de se donner comme mission de la contredire, ou même de jauger ce qu’elle raconte en se croyant objectif. En tant que mec tu as un intérêt concret à ne pas lutter contre la domination masculine, tu vois. Parce que ça veut dire, par exemple, plus d’opportunités d’embauche et plus de thunes pour toi si tu participes aux discriminations au travail ou si tu les laisse se produire (et même chose en amont pour les discriminations dans l’orientation). Ça veut dire, par exemple, plus de sexe (pour les hommes hétéros ou bis en relation avec une femme) si on défend le droit des mecs à insister pour avoir du sexe (quand leur copine veut pas trop, ou à insister quand une fille dit non mais que ça veut dire peut-être…). Et ainsi de suite5. Donc on arrête d’être à la fois juge et partie, surtout si c’est pour juger d’expériences que par définition on ne pourra pas avoir car le monde autour nous considère comme homme.

Je pourrais enfin dire que se renseigner c’est lire des bouquins de sociologie et d’études sur le genre, et oui il y a plein de trucs importants à apprendre comme ça… mais à la rigueur c’est secondaire, si on pouvait au moins commencer par écouter sans juger! Ça serait vachement bien. Tu peux même ne pas croire un traitre mot de ce que je raconte ici, et arrêter ta lecture ici, si tu gardes juste cette idée d’écouter sans juger et de vraiment prendre en compte la parole des femmes au lieu de défendre «les hommes».

(J’ai déjà proposé cette idée, qui ne vient pas de moi, à des hommes: écouter sans juger. C’est à vous désespérer de l’espèce humaine. Certains réagissent comme si on souhaitait leur couper les couilles, et vous répondent que cette demande est sexiste. C’est sidérant. On leur demande juste d’être dans le non-jugement, vous savez ce truc tout con—mais compliqué à faire, on est d’accord—qu’on recommande comme outil pour améliorer sa capacité d’empathie et ses relations avec ses proches… mais non, il faut absolument avoir la possibilité, que dis-je le pouvoir de juger dans sa tête et de communiquer au monde ce jugement. Tant pis si ça écrase des gens.)

UTILITÉ DU MOT CONNARD

On résume. Par défaut, un homme est un connard car:

  • Il est éduqué pour assumer un rôle de dominant.
  • Cette domination implique un dommage causé à autrui.
  • Et il s’en fout parce qu’il trouve ça normal.

Faire du tort et n’en avoir rien à battre, c’est un peu la définition du connard. J’suis désolé si ça cause de la peine à certains et certaines. Mais à ce niveau là c’est mécanique: on a le préjudice causé (pour son propre profit qui plus est, que l’exploitation soit directe ou indirecte…), parfois même la justification sans gêne du préjudice (c’est normal, c’est bien, c’est souhaitable…), ou au mieux l’indifférence volontaire; on est donc en présence d’un connard.

Mais maintenant qu’on y est, on peut noter que cette définition un peu rigoureuse du connard, c’est finalement une simple description de la classe dominante dans toute forme d’oppression: exploiter et/ou limiter fortement la liberté d’autrui, justifier cette oppression en la décrivant comme normale, et se moquer du dommage causé car on n’en souffre pas.

Pourquoi parler de «connard» plutôt que de dominant, dans cet article? Eh bien parce que si je parle simplement de domination, ou d’oppression, c’est abstrait; si je parle de dominant, tu t’en fiches; et si je parle d’oppresseur, tu écarquilles les yeux. Il y a peut-être des oppressions, mais des oppresseurs? Naaan, faut pas pousser quand même.

Bah si, il y a des oppresseurs. Et je dis «connard» pour dire oppresseur, pour rappeler qu’il y a une participation personnelle à l’oppression, et que cette oppression c’est pas un truc abstrait mais un préjudice causé à autrui.

En passant, cette idée que tous les hommes sont des connards, je ne l’ai pas inventée. Je l’ai piquée à d’autres hommes: mecs lambda, antiféministes, égalitaristes… Si si, je vous jure. Faut que je vous raconte.
Ça se passe souvent comme ça: des femmes décrivent un aspect de l’oppression sexiste, notamment des violences sexistes, et pointent les bénéficiaires et agents principaux de ces violences: des hommes. Réaction du chœur des hommes mentionné plus haut:Stigmatisation! Tu dis que tous les hommes sont des connards!

Et ils y croient vraiment. À aucun moment le texte auquel ils réagissent ne dit «tous les hommes», ni même «une majorité des hommes», mais ils y croient dur comme fer à une mise en causeimplicite de tous les hommes.

On pourrait se dire que c’est une réaction de l’égo blessé de certains hommes, la réaction de quelques uns qui se sont sentis, par une maladresse de lecture, visés par un propos qui a priori ne parlait pas d’eux, puisqu’il parlait d’hommes coupables de violences sexistes et uniquement d’eux.

Sauf que c’est trop systématique pour être juste un truc individuel.
Ce Tu dis que tous les hommes sont des connards! (variante possible avec «violeurs»), je ne sais pas exactement ce que c’est, mais ça ressemble à un mécanisme de défense de groupe, une forme de solidarité masculine. Il importe que le moins d’hommes possibles soient désignés comme violents ou oppressifs, afin que la classe sociale «homme» ne soit pas entachée de ce problème. Il faut en quelque sorte que l’oppression, que l’on veut bien admettre parfois, tombe du ciel.

Ce que cette réaction dit, finalement, c’est: je refuse catégoriquement que l’on désigne la classe sociale des hommes comme responsable de l’oppression sexiste.

Bah si, désolé mais il faut. Tant pis si ça pique. Il y a pas trente-six moyens: c’est ça ou laisser les hommes refaire l’oppression à l’identique. Les hommes sont des connards. Les hommes sont des oppresseurs. Est-ce qu’on se satisfait de cet état de fait? Est-ce qu’on essaie d’y changer quelque chose?

QUESTIONS-RÉPONSES

Tu es un homme, tu dois vraiment te détester…

Parce que je dis que tous les hommes sont des connards, des oppresseurs? Non ça va, merci, je m’aime beaucoup en fait. Mais c’est une question hors-sujet. Il ne s’agit pas d’aimer ou détester des gens, mais d’identifier, dans un système oppressif, qui cause du tort à qui et comment.

Je suis un homme, donc je devrais me mépriser?

Savoir si tu te méprise ou pas, ça te regarde. Moi je te rappelle juste que tu participes à une oppression, donc que tu nuis très probablement à des gens. À toi d’identifier quand, en quoi, et comment tu peux éventuellement arrêter (si tu souhaites arrêter…).

Tu culpabilises les hommes!

Non, j’essaie de dire un truc qui se rapproche de la vérité. Je ne demande à personne de se sentir coupable face à ça. Je crois qu’il appartient à chacun de savoir s’il doit se sentir coupable pour tel ou tel comportement. C’est pas trop mes oignons et je m’en fiche un peu, en fait.

Ce qui m’intéresse plutôt, c’est qu’on admette avoir, nous tous dans la classe sociale «hommes», la responsabilité collective de l’oppression sexiste.

Pour donner un exemple de responsabilité sociale: je ne suis pas à l’origine des inégalités salariales, mais si à un moment je suis en situation de décider du salaire d’autrui, d’une promotion ou d’un recrutement, et que je ne me suis pas sérieusement renseigné sur les discriminations sexistes salariales et à l’embauche et les moyens concrets de les minimiser… j’ai très clairement manqué à ma responsabilité.

Responsabilité? Je suis pas responsable des crimes sexistes!

Quand on parle d’un crime sexiste, il y a d’une part la culpabilité individuelle de la personne (ou des personnes) ayant commis ce crime, et d’autre part la responsabilité de la société. La société est responsable dans la mesure où le contexte social et culturel est favorable—ou du moins pas assez défavorable—à ce crime: solidarité masculine dans la défense des agresseurs, mise en accusation des victimes, discours relativisant voire justifiant le crime.

Or, «la société», c’est tout un chacun. Chacun d’entre nous écope donc sa petite part de la responsabilité collective. La bonne nouvelle, c’est que c’est une part suffisamment modeste pour être parfaitement gérable. La «mauvaise» nouvelle c’est qu’elle n’est pas suffisamment infime pour qu’on ait le droit de s’en foutre et de ne pas s’interroger sur son propre comportement et sur sa tolérance d’un contexte social et culturel légitimant les violences.

Si tout le monde est responsable, les femmes aussi, non?

Je tiens les hommes pour davantage responsables du contexte culturel et social sexiste que les femmes, d’une part parce que ce contexte est biaisé en faveur des hommes (il offre un certain degré de protection à chaque homme exerçant une violence, exploitant ou discriminant des femmes), et d’autre part parce que les hommes ont trois ou quatre fois plus de poids économique, politique et médiatique pour y changer quelque chose.


  1. Alors que bon, c’est une réaction parfaitement saine la misandrie, quand on y pense. (En en-tête: motif Misandry Floral par Uncycled Patches.)Retour

  2. Les hommes sont une classe sociale dominante: cela ne signifie pas que tout individu homme est en situation de pouvoir supérieur à la moyenne. Cela signifie que toutes autres caractéristiques étant égales, un individu de genre masculin dispose de plus de liberté et d’autonomie qu’un individu de genre féminin.Retour

  3. Christiane Rochefort écrivait: Il est hors de question que l’oppresseur aille comprendre de lui-même qu’il opprime, puisque ça ne le fait pas souffrir: mettez vous à sa place. (Citation in extenso par Mademoiselle dans la préface de Rupture anarchiste et trahison proféministe.)Retour

  4. Faut-il préciser que la domination inverse n’existe pas? Parmi les choses qui ne sont pas une domination des femmes sur les hommes, dans les vécus possibles d’un homme: être attiré par des femmes (l’argument elles nous mènent par la braguette est risible); ne pas avoir de succès amoureux avec les femmes ou une femme en particulier; mal vivre les injonctions à la virilité (ces injonctions visent à renforcer la position dominante de la classe des hommes); avoir des ennuis personnels, scolaires ou judiciaires à cause des injonctions à la virilité (idem, on peut parler de cout de la domination masculine mais pas de domination des hommes par les femmes).Retour

  5. J’ai donné deux exemples, il y en aurait cent autres. Et je dis pas que ces deux exemples s’appliquent forcément à chaque homme (je sens venir les tu dis que tous les hommes sont des violeurs de loin…); la seule portée de ces exemples, c’est d’illustrer le principe de l’intérêt de classe à jouer du sexisme ou a minima à l’ignorer.

Viagra féminin

Par Le 19/08/2015

Deux refus précédents de la part de la FDA (administration de la santé aux USA), apparemment aucun changement dans le médicament, des effets secondaires très lourds mais maintenant ils le commercialisent.....Quand on peut gagner des sous, tout est bon....

Consternant.....

Très représentatif de l'image associée à la sexualité....On est loin, très loin, d'une démarche spirituelle.....


 

Le comprimé Addyi, considéré comme un "Viagra féminin", pourra désormais être prescrit par ordonnance aux Etats-Unis. Après deux refus, l'Agence américaine des médicaments a finalement autorisé sa mise sur le marché américain.

Le premier "Viagra" féminin va faire son entrée sur le marché américain. Destiné aux patientes non-ménopausées souffrant d'une libido défaillante, le comprimé Addyi, de la firme Sprout pharmaceutical, a reçu le feu vert de l'Agence américaine des médicaments (FDA), après deux refus en 2010 et 2013 et une "intense campagne de lobbying", ajoute le New York Times.  

L'organisation a finalement suivi les recommandations émises en juin par un comité consultatif d'experts en faveur de sa commercialisation par 18 voix contre six. Selon plusieurs études médicales, au moins 40% des femmes non ménopausées présenteraient à différents degrés une hypoactivité sexuelle, ne résultant d'aucun problème biologique, psychologique ou d'une interaction de médicaments.  

 

Pour les femmes non-ménopausées

Cette autorisation "fournit aux femmes souffrant d'un faible désir sexuel une option de traitement", a déclaré dans un communiqué la Dr Janet Woodcock, directrice du centre d'évaluation et de recherche sur les médicaments de la FDA. "Les patientes et les médecins doivent être pleinement conscients des risques liés à ce médicament avant de décider de le prendre", note toutefois la responsable de la FDA. 

Le Flibanserin, commercialisé sous le nom Addyi, ne peut être obtenu que sur ordonnance médicale. Il agit sur la sérotonine et agit sur le désir. Des femmes comme des hommes, note le New York Times, contrairement au Viagra exclusivement masculin. 

 

La FDA l'a par ailleurs approuvé à condition que Sprout pharmaceutical indique clairement sur une étiquette tous les risques encourus. Le médicament peut en effet provoquer une importante chute de la tension artérielle, de la somnolence et même des syncopes. Ces risques sont accrus et plus sévères quand les patients boivent de l'alcool ou prennent certains autres médicaments, ajoute la Dr Woodcock. 

Découverte accidentelle

La décision de la FDA s'appuie sur les résultats de trois essais cliniques menés aux Etats-Unis et au Canada avec une dose de 100 milligrammes auprès d'environ 2400 femmes non-ménopausées âgées de 36 ans en moyenne, qui souffraient de ce syndrome de faible désir sexuel pendant cinq ans. Environ 10% des participantes ont fait part d'une amélioration significative de leur satisfaction dans leurs relations sexuelles, en termes de désir et aussi de diminution de l'angoisse avec Addyi, précise la FDA. Toutefois ce médicament "n'a apparemment pas amélioré les performances sexuelles". 

Les propriétés aphrodisiaques de cette molécule ont été découvertes accidentellement alors qu'elle était testée comme antidépresseur qui a échoué. A l'instar du Viagra, qui était à la base destiné à être un médicament pour le coeur. Les antidépresseurs sont connus pour réduire temporairement l'appétit sexuel pendant les périodes de stress. 


Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/le-premier-viagra-feminin-va-faire-son-entree-sur-le-marche-americain_1707771.html#fLxfylEdTj0i3deY.99

Woodstock

Par Le 18/08/2015

J'en ai lu des bouquins sur cet évènement....Vu des photos, écouté des reportages....J'aurais aimé connaître ça et pourtant je supporte mal la foule....Mais, là, de tout ce que j'ai lu,  cette énergie incroyable, j'aurais voulu en être.... J'ai ressenti ça malgré tout une fois. C'était à Plogoff, dans les luttes contre la centrale nucléaire de la pointe du Raz. Les chants dans la lande bretonne....L'unité des gens....

 


Par Mélanie Bonvard  
 
 
Il y a 46 ans, Woodstock battait à tout rompre. Ce festival musical, devenu symbole de toute une génération, reflétait une belle époque de d’appel à la tolérance, comme nous le prouvent avec subtilité ces photographies. 

“3 jours de paix et d'amour” : c'est ainsi que la plupart des gens définissent ce festival hors-norme, qu'ils l'aient vécu ou pas. Considéré comme un des événements les plus marquants de l'Histoire de la musique, Woodstock n'a laissé personne indifférent. 

À la base, ça devait durer 2 jours, du 15 au 16 août 1969. Mais ce festival, qui a eu lieu dans la petite ville de Bethel, dans l’état de New York (nord-est des États-Unis), s’est étalé sur une journée de plus. 

Ainsi le "Woodstock Music and Art Fair" (nom original complet, ndlr) a eu un impact non seulement musical mais aussi social, à travers le monde. C'est toute une génération représentant la communauté hippie qui s'est réunie pour honorer musique, paix et libération des mœurs de l'époque. Aujourd'hui encore, pour son 46e anniversaire, Woodstock fait parler de lui et nombreux sont les festivals du monde tentant d'égaler un tel phénomène. 

Mais en regardant de plus près ces photographies, les festivals Coachella et autres organisations musicales d'aujourd'hui n'égaleront probablement jamais la folie de ces jours hors du commun, parfois risqués aussi, passés à Woodstock : Janis Joplin, Jimi Hendrix, The Who et nombreuses autres icônes de l'époque ont marqué l'Histoire dans ce festival où l'esprit libre des années 60 régnait en maître. 

Vous auriez adoré faire partie de cette foule de hippies passionnés d'amour et de musique ? Découvrez l'envers de ce festival incroyable, la foule impressionnante, les musiciens, la boue… Car Woodstock, c'était ça:
                             
Un jeune homme blessé a été éjecté du coffre d'une voiture sur la route qui le menait à Woodstock. Les secours n'ont pas pu parvenir jusqu'à lui à cause des bouchons sur la route du festival.
@Hulton Archive / Getty Images
@AP


 
Les organisateurs avaient assuré aux autorités qu'ils attendaient en moyenne 50 000 personnes. Ils se sont bien évidemment trompés sur le compte…
@AP
@AP
@AP
@Hulton Archive / Getting Images
@AP
 
Jimi Hendrix sur scène, le troisième jour du festival.
@theredlist.com
@Tucker Ransom / Hulton Archive / Getty Images
 
À force de voir de plus en plus de gens arriver au festival, les organisateurs ont fini par laisser l'entrée du festival gratuite pour tous.
@AP
@Getty
@AP
@AP
@Three Lions / Getty Images
@Archive Photos / Getty Images
 
Max Yasgur, le fermier qui a laissé le festival s'organiser sur son terrain, et sa femme.
@Bill Eppridge / The LIFE Premium Collection / Getty Images
 
Janis Joplin au festival, le deuxième jour.
@Henry Diltz / Corbis
@Henry Diltz / Corbis
@AP

@Henry Diltz / Corbis
 
La nudité n'était pas un problème à Woodstock. C'était même assez commun d'y croiser des personnes nues !
@Pictorial Parade / Getty Images

@Archive Photos / Getty Images
@AP photo
@AP
@Tucker Ranson / Pictorial Parade / Hulton Archive / Getty Images
 
Beaucoup de festivaliers ont prêté main-forte pour nourrir toute la communauté et soigner certains.
@John Dominis / The LIFE Picture Collection/Gett


 
Deux femmes qui soignent les festivaliers.
@John Dominis / The LIFE Picture Collection/Gett


 
Deux décès ont eu lieu pendant Woodstock : un, dû à une overdose d'héroïne et un autre, quand un tracteur a roulé sur des sacs de couchage. Il y a également eu deux naissances !
 
@Anonymous / AP


 
Après trois jours de festival au milieu de toute cette foule, quitter les lieux n’a pas été chose aisée…
@Anonymous / AP


 
Nettoyer l’endroit a été une lourde tâche, également !
@AP


Les photos sont incroyables, vous ne trouvez pas ? Une sacrée époque pour un festival qui a marqué les esprits.
 
Source : Buzzfeed.com
 
 

KUNDALINI (14)

Par Le 18/08/2015

 

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« J’ai un peu froid, Sat. »

Il sauta à l’eau et tendit les bras.

« Venez. »

 

Ils nagèrent vigoureusement jusqu’à la berge et retrouvèrent le sac de Sat. Il en sortit deux serviettes et un flacon.

Elle se sécha partiellement et étala sa serviette.

Il s’approcha avant qu’elle ne s’allonge.

« Je vais vous passer de l’huile sur le dos, Maud. Ici, entre les parois, le soleil a une puissance décuplée. »

Elle le regarda sans répondre. Comme si venait de couler en elle, dans la totalité de ses fibres, un ciment émotionnel, une paralysie délicieuse, l’arrêt de tout. Le cœur suspendu dans une apnée sanguine.

Il prit au sol la bouteille d’huile, en versa dans sa main et passa dans son dos.

Elle ne put s’empêcher de se crisper lorsque ses doigts se posèrent sur sa peau, un sursaut infime mais qui ne pouvait lui échapper, elle le savait, il percevait davantage de phénomènes qu’elle n’en avait conscience elle-même.

Elle s’appliqua à respirer calmement, les yeux fermés.

Les mains de Sat.

Elle suivait minutieusement leur parcours, captant chaque sensation, chaque point de contact, chaque pression.

Les mains de Sat. Elles glissaient sur les épaules, descendaient doucement en suivant la colonne, dessinaient une courbe au niveau des reins puis reprenaient leur ascension. L’impression inexplicable que ses doigts glissaient sous sa peau, atteignaient des fibres jamais perçues, des profondeurs délaissées, des terres inconnues… Elle aurait voulu que ça ne s’arrête jamais. Elle sentit des picotements étranges au bout des doigts, comme des grésillements qui devinrent des ondes et remontèrent vers la nuque.

Les yeux fermés. Elle voyait en elle des auras orange. Là, où les mains passaient.

Une vague l’engloutit, comme une averse soudaine, des frissons infinis qui emplirent son crâne, comme s’ils venaient de l’extérieur, comme s’ils l’enveloppaient avant de se glisser en elle et de ruisseler jusqu’à la terre, une pluie de paillettes pétillantes, des cristaux lumineux.

Les frissons la pénétraient par tous ses pores, comme des milliards de filtres abandonnés au délice. Elle se vit traversée, irradiée, elle se vit crépiter.

Les mains de Sat.

Combien de temps cela dura ?

Elle ouvrit les yeux lorsque le contact fut rompu.

 

« Voilà, je vous laisse finir, » annonça-t-il en passant devant elle.

Elle ne répondit rien et l’invita des yeux à lui donner le flacon d’huile. Elle se plaça derrière lui et versa le liquide parfumé.

Elle s’appliqua à couvrir son dos, lentement, en instillant dans ses gestes la douceur qu’elle avait reçue.

Sat. Elle touchait son corps, elle caressait sa peau, les bras le long du corps, il était immobile et silencieux.

Elle descendit jusqu’au creux des reins et réfréna son désir d’effleurer ses fesses. Elle décida de fermer les yeux et de chercher à rester impliqué sur la précision du geste, comme si ses mains concentraient l’intégralité de l’énergie en elle, une énergie sensorielle qui l’enflammait.

Jamais, elle n’avait ressenti un tel embrasement et elle devait s’efforcer de calmer ses respirations. Jamais, elle n’avait conçu le massage comme une étreinte magnétique. Elle tenta d’imaginer ce qu’il en serait si elle venait à l’embrasser, à l’enlacer, si elle s’autorisait à prendre son sexe dans ses mains, à s’allonger sur lui, à guider sa verge vers son sexe impatient.

Elle secoua la tête pour évacuer ce trouble. Ne pas fabriquer d’illusions. Elle se répéta l’interdiction.

« Vous avez une peau mate, Sat, vous ne risquez pas grand-chose.

-Effectivement, mais je ne me priverais pas pour autant de cet instant. »

Elle sourit si intensément qu’elle eut peur que ça s’entende.

Cette sensation inexplicable que ses mains absorbaient des chaleurs, des énergies pétillantes, qu’un flux de vibrations inconnues émanaient du corps de Sat. L’impression qu’il diffusait des courants, des ondes, comme des brises sur la surface d’un lac.

Elle ne pouvait limiter ce trouble à son imagination. Ces émois ne pouvaient être que de simples désirs sexuels, même si ce vide en elle avait fini par occuper une place immense, il ne pouvait s’agir que de cela…Elle ne pouvait y croire. Simultanément, elle pensa qu’elle usait peut-être d’un subterfuge pour ne pas se donner l’image vénale d’une femme désirante. Elle n’avait jamais laissé s’étendre ces émotions corporelles hors de son couple. Vingt-cinq ans de vie avec Laurent, vingt-cinq ans à considérer que sa vie de femme devait s’accorder avec celle de son époux. Rien ne devait s’étendre au-delà de cette limite. Elle ne le regrettait pas. Elle n’aurait pas su vivre autrement puisqu’elle aurait fini par ne plus se reconnaître. Mais, là, maintenant, que se passait-il ?

Elle réalisa soudainement qu’elle ne massait plus réellement le corps de Sat. Ses mains circulaient sans qu’aucune conscience ne soit associée aux gestes. Les pensées l’emplissaient jusqu’au bout de ses doigts.

Les sensations avaient disparu, cette présence étrange, ce ressenti inexplicable, toute la magie de l’instant.

« Vous n’êtes plus là, » murmura Sat.

Les mains figées sur ses épaules. Comme si, enfant, elle venait d’être surprise à mentir.

« Je le sais Sat, je venais juste de m’en apercevoir. »

Il se retourna et la regarda intensément.

« Alors, c’est que vous apprenez vite.

-Pourquoi dites-vous ça ? »

Elle craignait immensément de l’avoir déçu.

« Pourquoi surtout refusez-vous de l’admettre ? Pourquoi enfermez-vous cette joie dans des doutes inutiles ? Pourquoi ne laissez-vous pas s’étendre en vous cette conscience au lieu de vous reprocher de la perdre parfois ? Puisque les reproches que vous vous attribuez contribuent justement à étouffer cette conscience ? Vous comprenez ce que je veux dire ?

-Mes peurs de ne pas être assez consciente de ce que je vis font justement que je n’arrive pas à maîtriser ce qui se passe en moi. C’est ça ?

-Exactement. Et de pouvoir exprimer la chose aussi clairement doit vous remplir de joie et d’estime pour vous-même. Tout est dans votre regard. Soit vous décidez de vous flageller pour vos imperfections, soit vous décidez de vous honorer pour la qualité de l’observation du pas que vous venez de faire. Même si vous marchez de travers. L’essentiel, c’est l’observation. La capacité à s’extraire de l’acte lui-même pour observer celle que vous êtes dans l’exécution de cet acte. L’état désastreux d’une bonne partie de l’humanité s’explique essentiellement par l’insignifiance spirituelle des individus. Les gens se réjouissent  de voir le monde et ils ne regardent rien en eux. Ou quand ils se regardent enfin, c’est avec mépris, colère, mésestime, désamour ou égoïsme, vanité, suffisance, arrogance, prétention, une alternance considérablement néfaste qui les enferme. La plupart du temps, ils ne se voient même qu’à travers le regard déformé des autres. Et ces multiples déformations, d’une rencontre à l’autre, accentuent encore l’errance. Car de se croire jugés, on finit immanquablement par juger les autres et dès lors, les relations ne sont plus que des conflits déguisés, des peurs et des interrogations, des doutes et des interprétations multiples, infinies, contradictoires, envahissantes. »

 

Fascinée, subjuguée. Figée. Elle s’aperçut qu’elle le regardait fixement et elle baissa les yeux.

Il prit le flacon d’huile posé au sol et le reboucha.

« On va s’installer sur les serviettes ? proposa-t-il.

-Oui, Sat, volontiers mais pas question de laisser tomber tout ça pour autant. J’ai besoin de comprendre. »

Il ne répondit rien et rejoignit le sac posé sur les dalles, au soleil.

Il sortit deux serviettes et les étala.

Il s’assit en tailleur. Elle s’installa à ses côtés.

« Comprendre est insuffisant, Maud. Ce qu’il faut atteindre, c’est l’éveil. Une conscience permanente dans l’observation. Et si vous cherchez uniquement à comprendre, c’est votre mental qui agit, votre raisonnement, vos pensées. Mais ce sont justement ces éléments en vous qui participent à votre trouble. C’est comme si vous vouliez guérir d’un mal en imaginant que le virus lui-même peut vous sauver, comme si la dimension intellectuelle qui vous a détournée de votre être réel pouvait réparer ses propres dégâts. Mais elle en est incapable, tout simplement parce qu’elle n’a pas été programmée pour ça. Elle ne peut pas fonctionner seule et dès lors que chaque individu est conduit durant son enfance à croire que le mental et l’intellect sont ses maîtres, il est inévitable que les adultes qu’ils deviennent soient égarés. La vie s’est chargée de vous asséner le choc dont vous aviez besoin pour vous réveiller ou vous éveiller à vous-même. »

Elle avait besoin de silence pour absorber ses paroles, comme si le manque de pratique l’avait limitée.

 

« J’ai tellement de questions à vous poser, Sat. C’est un chaos complet dans ma tête, j’ai l’impression de courir après des milliers d’années gaspillées et en même temps, je n’arrive pas à donner à ma vie passée une image aussi noire.

-Il n’y a rien de noir, ni de gris, ni de lumineux, il n’y a que ce qui doit être. Tout le reste, c’est du coloriage. Le problème, c’est justement que les individus accordent bien plus d’importance à leurs coloriages qu’à la vie réelle.

-Sat, j’attendais avec impatience le moment où vous alliez me donner des explications et maintenant, j’aimerais que vous arrêtiez, non pas que je ne sois pas intéressée mais bien au contraire parce que je voudrais ne rien oublier.

-Alors, c’est peut-être le moment de méditer ?"

 

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