Là-Haut

Articles de la-haut

Naked in Nature

Par Le 03/05/2015

Magnifique. Exactement ce que je cherchais pour mon livre en cours....Cohésion vibratoire, osmose, fusion.............Nous sommes des éléments naturels...

Metamorphosis bandeau

Au mieux

Par Le 01/05/2015

J'essaie d'appliquer au mieux, dans la mesure du possible. Et quand ça s'avère impossible, je recommence....Si je sais que l'analyse antérieure à ma volonté est lucide, rien ne mettra un terme à mon engagement. 

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Fête du travail

Par Le 01/05/2015

C'est la "Fête du travail" qu'ils disent mais dans quel sens doit-on le prendre ?

Se réjouir de ne pas aller travailler quand 3 millions de personnes cherchent un emploi ? C'est étrange finalement....

Ou alors, doit-on se réjouir d'avoir un travail et l'honorer par ce jour de fête ? .....

En tout cas, je travaille depuis 6 h ce matin à l'écriture de mon roman. Mais est-ce un travail ou un bonheur ? Les deux termes peuvent-ils être associés ou la notion de travail comporte-t-elle un frein au bonheur ? Mais si bonheur, il y a, est-ce encore un travail ? La notion de travail implique-t-elle l'idée d'une corvée puisqu'inversement on a fait d'un jour "chômé" un jour de fête ?
J'aime "travailler" l'écriture et je suis donc récompensé instantanément. Je n'ai donc rien à fêter puisqu'à chaque fois que je travaille à écrire, je suis heureux. Je travaille à mon bonheur. Et je n'ai nullement envie d'arrêter.

..On passe donc quarante ans de notre vie à travailler pour un salaire et on devrait se réjouir d'une journée annuelle de pause.....C'est totalement fou et si les Indiens Kogis nous voyaient faire, ils n'y comprendraient rien. J'aimerais pouvoir remonter à la source de ce fonctionnement qui a un jour considéré que les humains pouvaient s'enfermer dans quarante ans de vie de travail en se réjouissant de quelques jours de pause.

 

Comment diable un homme peut-il se réjouir d'être réveillé à 6h30 du matin par une alarme, bondir hors de son lit, avaler sans plaisir une tartine, chier, pisser, se brosser les dents et les cheveux, se débattre dans le trafic pour trouver une place, où essentiellement il produit du fric pour quelqu'un d'autre, qui en plus lui demande d'être reconnaissant pour cette opportunité ?

Charles BUKOWSKI

 

 

 

 

 

 

 

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Boycott de Koh Lanta

Par Le 29/04/2015

Pourquoi je ne regarderai pas Koh Lanta 2015 !

Avec sa nouvelle saison qui débute, Koh Lanta crée cette année une polémique nouvelle qui touche les défenseurs des mammifères marins. En cause, le tout nouveau sponsor de l’émission…

Koh Lanta, émission très populaire diffusée en période estivale, vient tout juste de reprendre sur une chaîne populaire de télévision. Adapté du show américain Survivor, ce programme met en scène des candidats participant à toutes sortes d’épreuves sportives, agrémentées de jeux d’esprit. On pourrait critiquer des règles poussant les individus à la compétition en exacerbant les individualités et l’élimination systématique du faible (libéralisme oblige), mais la pratique n’a rien d’exceptionnelle au regard de toutes les émissions populaires qui titillent nos instincts primaires pour rendre nos cerveaux plus disponibles aux pages publicitaires…

Cette année Koh Lanta crée une polémique tout autre en raison de l’un de ses partenariats. Pour cette nouvelle saison, l’émission de télé réalité s’est liée au groupe de parcs aquatiques Marineland, l’équivalent français de SeaWorld aux États-Unis. Ces parcs aquatiques détiennent des animaux marins, dont certains mammifères tel que les orques, ou encore de grands dauphins, mais aussi des otaries.

De manière générale, et notamment depuis le « buzz » de Blackfish, on observe de plus en plus régulièrement une remise en cause de la captivité des animaux, mais cette remise en question est encore plus forte en ce qui concerne les mammifères marins. Ce mouvement de contestation, qui pousse notamment certains fans à rejeter Koh Lanta 2015, à plusieurs raisons…

L’effet Blackfish (L’orque tueuse) 

En 2013, le film Blackfish déferle sur les écrans américains et remporte un franc succès. Au-delà de l’audimat, un véritable mouvement contre la captivité des cétacés se crée alors spontanément aux États-Unis. Incontrôlable, le mouvement de protestation a depuis traversé l’Atlantique, mais la mobilisation est bien moins importante en Europe. Blackfish est un documentaire qui raconte l’histoire de Tilikum, une orque mâle capturée dans les eaux glacées islandaises à l’âge d’environ deux ans. Séparé de son groupe familial (pod) et placé en captivité, Tilikum a depuis tué trois personnes, et le dernier accident en date qui eu lieu à Seaworld Orlando a fait la une de tous les journaux. Le 24 février 2010, Tilikum a en effet tué sa dresseuse Dawn Brancheau, en l’entraînant par le fond. Ce tragique accident avait déjà créé la stupéfaction et l’effroi auprès du public, mais la diffusion de Blackfish a fini de ternir l’image des parcs zoologiques marins.

Et pour cause, on y découvre des animaux stressés, frustrés, des petits épaulards séparés de leur mère à un très jeune âge, des tensions entre individus et des conditions de captivité pas du tout adaptées à ces animaux. La population a également pu se rendre compte de la très grande dangerosité à faire interagir des êtres humains avec des orques, ces grands prédateurs des mers. La mobilisation contre leur captivité s’est installée assez durablement pour permettre un changement des mentalités aux États-Unis. Dernièrement, le groupe Seaworld a d’ailleurs connu une chute de sa valeur en bourse. L’entreprise a en effet vu son chiffre d’affaires plonger de 5 % sur les six premiers mois de 2014, et a également perdu 30 % de sa valeur le mercredi 13 août de la même année.

Blackfish, renommé L’orque tueuse pour le public francophone, a été diffusé sur Arte en juin 2014. La chaîne a frôlé le million de téléspectateurs. Cependant, Marineland, de son côté, a continué d’enregistrer des records d’entrées en août 2014.

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Les cétacés des animaux complexes au mode de vie très développé ?  

Scientifiques, biologistes et éthologues spécialistes des mammifères marins, s’accordent à dire que les cétacés sont des êtres complexes et sensibles, fonctionnant en collectivité familiale et liés par des liens très forts les uns avec les autres. Tous s’accordent également à dire que ces animaux qui parcourent de nombreux kilomètres par jour, ont besoin de grands espaces et de richesses naturelles que la captivité ne peut leur offrir.

Doit-on maintenir ces animaux en captivité pour le seul plaisir humain, et pour servir les intérêts d’entreprises qui s’apparentent à de véritables industries ? Une émission comme Koh Lanta a-t-elle une responsabilité éthique à la vue du nombre de spectateurs ? Beaucoup de personnes ont déjà manifesté leur opposition à ce partenariat en appelant au boycott de l’émission.

Le parc Marineland : des installations critiquées …  

Marineland est aussi critiqué par des activistes en ce qui concerne les installations dans lesquelles vivent les animaux. Des installations parfois jugées insuffisantes par les observateurs en terme d’espace et de richesse d’environnement. Parallèlement, le groupe investit dans la construction d’un nouvel hôtel très luxueux composé de 5 bâtiments au total. Complètement à contre courant de l’affaire Dawn Brancheau, Marineland va également bientôt permettre aux visiteurs de « nager avec les dauphins » avec l’extension d’un nouveau lagon. Rappelons tout de même que les grands dauphins demeurent des animaux très massifs et à l’instinct sauvage. (plus d’informations concernant le nouvel hôtel ici)

En juin 2014, une jeune activiste a rapporté de nombreuses images du parc Marineland, montant un dossier photographique assez complet des conditions de vie des animaux du parc. Des aspects que le grand public ne voit pas forcément. Voici quelques unes des photographies de l’investigation : (toutes les photographies sont estampillées d’un « For Freedom, no captivity » car l’auteur ne veut pas qu’elles soient utilisées dans un but autre que celui de la dénonciation)

1. L’orque wikie blessée et n’ayant quasiment plus de dents
(l’ennui semble pousser les orques à ronger les bords des enclos)

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2. L’orque prénommé Inouk avec une plaie sous l’œil 

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3. L’orque Valentin ayant sa dorsale affaissée
(typique des orques mâles en captivité, dans la nature l’affaissement de la dorsale des orques mâles est de l’ordre de – d’1 %)

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4. Encore l’orque Inouk apparemment complètement dépourvue de dents 

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5. L’orque Freya entrain de gratter / mordre les rebords du bassin 

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Au tour de l’orque Wikie d’en faire de même … 

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6. Un dauphin femelle adulte avec son petit séparés des autres et confinés dans un très petit bassin 

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Même mère et son petit dans le très petit bassin aux contours sales

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7.  Deux Grands dauphins (espèce Tursiops) ayant la peau très marquée
(Les dauphins dans la nature peuvent également avoir la peau marquée, cependant dans le cas de cette photographie, cela est souvent du au fait que les dauphins s’attaquent entres eux en raison de la promiscuité.)

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8. Grand dauphin Tursiops au rostre abîmé 

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9. Grand dauphin Tursiops montrant des signes d’épuisement

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10. Grand Dauphin Tursiops (multiples cicatrices) 

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11. Un manchot dans son enclos 

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12. Les manchots dans leur espace (assez réduit)

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13. L’enclos des ours polaires (un petit ourson y vit depuis également) 
(pas de véritable bassin, pas de reconstitution de banquise, espace très réduit)

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Un ours  polaire dans son enclos … 

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Le parc donnant ses explications au sujet de la présence des ours polaires
(leur présence avait suscité des interrogations et une certaine indignation)

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14. Enclos des manchots de l’extérieur (avec installations vieilissantes) 

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15. Plaques de plastique au milieu de l’enclos des manchots

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16. Un manchot qui semble haleter

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Même manchot … 

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17. Bassin des Otarie de Steller (Lion de mer de Steller) disposant ici d’un très petit espace de vie
L’Otarie de Steller est la plus grande espèce d’otarie au monde

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Les Otaries de Steller ne disposent pas ici d’un espace de vie suffisant et correspondant à leurs besoins vitaux 

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Un mâle (Otarie de Steller) isolé dans un petit espace, probablement pour cause de tensions en raison de la proximité 

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18. Autre espèce d’otarie dans leur espace de vie toujours aussi vétuste (zone maternité)  

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Otaries dans la « zone maternité »

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Matelas usagé dans la « Zone de maternité » des otaries 

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Bébé otarie…

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19. Petit bassin où sont maintenues un temps les otaries avant de rejoindre le « bassin spectacle »

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20. Les eaux usées observables derrière la clôture du parc 

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Sources : blog-les-dauphins.com : 1 – 2 / lemonde.fr / nicematin.com / metronews.fr

 

Vandana Shiva

Par Le 29/04/2015

Vandana Shiva pour une désobéissance créatrice

Entretiens

LIONEL ASTRUC
COLIBRIS - DIRECTEUR D'OUVRAGE
OLIVIER DE SCHUTTER - PRÉFACIER

Emblème mondial de la révolution écologique et chef de file du mouvement altermondialiste, Vandana Shiva a basé son travail sur la pédagogie par l’exemple. Partie seule à pied sur les chemins de l’Inde à la fin des années 1980, en quête de semences menacées par l’industrie, elle en est revenue à la tête d’un cortège de 500 000 manifestants – paysans et activistes – et d’un réseau de 120 banques de graines. Ses initiatives ont pollinisé les cinq continents et ses procès contre les multinationales lui ont valu de nombreuses récompenses, dont le prix Nobel alternatif. Drapée de son éternel sari de coton artisanal, elle exhorte chacun de nous à devenir ce “petit rien” qui inversera la tendance.
Docteur en physique quantique et en philosophie, elle porte bien le nom du dieu Shiva, aussi connu pour son caractère combatif que pour sa capacité à protéger la vie. Son histoire est marquée par un engagement corps et âme, dans un pays où sévit une intense guerre des matières premières.
Pourquoi un grand changement de paradigme interviendra-t-il dès les prochaines années ? Quel rôle devons-nous jouer ? En quoi l’abondance pour les uns et la pénurie pour les autres procèdentelles d’une même perte de souveraineté alimentaire pour tous ? Qu’est-ce que l’écoféminisme et en quoi représente-t-il une opportunité majeure, tout autant pour les femmes que pour les hommes et la planète ?
Cette série d’entretiens aborde alternativement les grands enjeux actuels et le parcours épique de cette héritière de Gandhi.



Et encore un autre.....

Par Le 28/04/2015

Régis Debray: "je crains une école qui reproduirait les vices du monde extérieur"

Régis Soubrouillard

Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales

Invité sur France Inter, le philosophe Régis Debray a exprimé ses craintes pour l'école à l'occasion de la réforme du collège proposée par le ministère de l'éducation nationale. Sans mythifier un passé glorieux, Régis Debray refuse de voir l'élève transformé en un client qui viendrait choisir ses produits culturels dans un supermarché de l'éducation.
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Pourquoi s’inquiéter de la fin de l’enseignement de deux langues déjà mortes qui entrainerait leur extinction définitive ? La question était posée ce matin sur France Inter au philosophe Régis Debray qui alors que se profile la réforme du collège a tenu à rappeler à la gauche certaines évidences  : «  Il y a deux fondamentaux, l’effort de l’élève et l’autorité du maître. Ca paraît banal mais l’enseignement est un lieu d’exigence. On l’admet pour le sport. On ne fait pas un 100 mètres en douze secondes sans exercice, sans persévérance, sans répétition.  Il faut acquérir des disciplines. La civilisation, ça n’est pas le nutella, c’est l’effort. Et l’autorité du maître est fondée sur le savoir, le maître sait des choses que l’élève ne sait pas et donc il y a une hiérarchie. Elle est fondée sur le travail et sur l’effort qui sont plutôt des valeurs de gauche me semble-t-il. Et quand on attaque la mère, le latin, je crains pour la fille, le français ».

A travers cette réforme, Régis Debray craint surtout de voir l’école reproduire les « vices du monde extérieur : zapping, surfing, cocooning, marketing qui feraient de l’élève un client ».  Et de se moquer par ailleurs du jargon d’expert de cette pseudo-science pédagogiste qui « croit être science parce qu’elle jargonne » : « on ne dit plus parent d’élève, on dit géniteur d’apprenant, on ne dit plus crayon, on dit outil scripteur ».

«PLUS IL Y A DE NOUVEAU, PLUS IL FAUT AVOIR DE LA MÉMOIRE»

Pour autant, Régis Debray ne veut pas non plus d’une école qui vivrait dans un passé glorieux largement mythifié : « il ne faut pas cultiver une sorte d’aristocratisme littéraire, les conditions ont changé : hétérogénéité des classes, nouveaux outils numériques dont il faut absolument se servir  mais l’informatique est à son maximum quant on a culture pré-informatique qui vous aide à s’en servir. Donc la panacée n’est pas l’ordinateur. L’enseignement c’est toujours une transmission d’homme à homme pas un téléchargement de contenus ».

D’ailleurs à la question de cette école mythifiée, l’écrivain refuse l’opposition entre le modernisme et le conservatisme : « Rimbaud a révolutionné la poésie mais il était le premier en vers latins et à chaque pas  en avant de la société, vous avez une sorte de retour aux sources. Le temps n’est pas fait avec du nouveau qui efface l’ancien. Plus il y a de nouveau, plus il faut avoir de la mémoire. Notre société s’est abonnée au léger mais il y a du lourd et l’histoire est lourde ».

En conclusion, Patrick Cohen interrogera Régis Debray sur un autre sur sujet, non sans lien avec l’école, l’opposition entre les démocraties anglo-saxonnes et françaises : « la forme anglo saxonne va plus vers la société libérale, consumériste où l’instituteur compte moins que le curé et la forme française de la république c’est une république où l’école est au centre des choses. En démocratie, il y a deux points fondamentaux dans un village c’est le drugstore et le temple, en république, c’est l’école et la mairie ».Régis Debray finira par s’étonner que le représentant d’une démocratie à l’américaine veuille s’attribuer le mot de République : « c’est assez drôle de voir le représentant parfait du modèle américain s’appuyer sur l’analyse d’une singularité française. C’est astucieux. Peut-être qu’un jour le parti-socialiste s’appellera démocrates et nous serons en Amérique ». C’est une idée, que certains prêtent d’ailleurs régulièrement à François Hollande.

"Confusion mentale"

Par Le 28/04/2015

C'est l'expression employée par le "médecin"....de l'Education nationale après un entretien....il y a un an. 

Trois ans déjà que j'ai commencé à fouiller dans ce chaos de "l'élucubration nationale". Un an que j'ai dit que j'arrêtais. Aucun contact des enseignants avec lesquels j'ai travaillé pendant 15 ans. Un paria, en fait....

J'ai passé deux bonnes heures à lire des articles écrits par des gens connus, compétents, pas des technocrates mais des gens du terrain.

C'est un désastre et c'est tout.

Alors, ma confusion mentale, je vais la garder, elle m'est précieuse.


http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/education-vers-la-destruction-de-l-166609

Sans faire de politique, il est objectif de dire que jamais dans l'histoire de notre pays un gouvernement n'a fait autant de mal à l'école publique !

Réforme des rythmes scolaires désastreuse, réforme inégalitaire selon la richesse des communes, réforme non imposée dans les écoles privées (comme par hasard), réforme inutile dont l'avenir montrera qu'elle est de surcroit inefficace(et même que les élèves en sortent plus fatigués qu'avant surtout en maternelle). Recul face à l'industrie du tourisme sur les dates de vacances de pâques (il ne faut plus dire pâques mais printemps), quel courage !
Des créations de postes fictives dont personne sur le terrain n'en a vu la couleur. Toujours des classes aussi surchargées, des enseignants débutants débordés, déroutés. Par contre, forte baisse du nombre d'heures supplémentaires pour le soutien aux élèves, pour faire des groupes en langues vivantes (anglais par exemple) et pour les projets culturels, entrainant une forte diminution des rémunérations des enseignants. Si on rajoute à cela les hausses d'impôts et la refiscalisation des heures supp... Ces fausses créations de postes n'ont eu pour but que de monter encore un peu plus la population contre les enseignants en leur faisant croire que seuls les enseignants ne faisaient pas d'efforts pour redresser le pays.
Diminution de l'autorité des enseignants : exclusions interdites, redoublements interdits, notes chiffrées traumatisantes pour les élèves, image de l'enseignant sans cesse dévalorisée par des médias à la botte du pouvoir, toujours plus de droits et moins de devoirs pour les élèves...

Et pour couronner le tout, réforme du collège qui selon ce gouvernement est urgente car les profs de collège sont vraiment incompétents, ennuyeux, ces profs bien entendus ne connaissent rien à la pédagogie (c'est l'hôpital qui se moque de la charité). C'est bon comme discours, on revalorise le métier et l'image du prof. On supprime le latin, les classes bilangue bref les filières de réussite qui au passage ne sont interdites à personne (il suffit de demander pour y entrer sans aucune sélection, juste un peu de courage pour faire quelques heures en plus). On diminue de 30 pour 100 les horaires en français, math, anglais, histoire... C'est vrai, ce n'est pas dit comme ça sur le papier car un bon politicien est avant tout un bon menteur. Dans les faits on enlève une heure de français, une heure de math, une heure d'histoire et des demi-heures par ci par là dans toutes les matières et dans toutes les classes (6ème, 5ème, 4ème, 3ème). Ces heures seront remplacées par des projets interdisciplinaires(4 heures par semaine) et par de l'aide individualisée (1 à 3 heures par semaine mais en classe entière de 30 élèves, pour "l'individualisée" vous repasserez) qui jamais ne seront identiques à de l'enseignement disciplinaire et qui jamais ne compenseront toutes ces heures supprimées. Les parents devront toujours plus avoir recours à des heures de soutien payées à des organismes privés car les professeurs ne pourront pas enseigner grand chose en classe. Payer pour payer, Ils préfèreront mettre leur enfant en école privée qui elle comme d'habitude n'appliquera pas la réforme ou elle l'appliquera mais en version édulcorée. 

 

Reddition

Par Le 28/04/2015

Régis Soubrouillard

Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales

Une "reddition", c'est ainsi que Pascal Bruckner qualifie la réforme du collège proposée par Najat Vallaud Belkacem. Le philosophe moque notamment cette école qui institue le cancre comme référence et craint que l'utopie négative de Michel Houellebecq dans son roman Soumission ne devienne notre réalité.
GINIES/SIPA

Dans un entretien au Figaro, le philosophe Pascal Bruckner dit tout le mal qu’il pense de la réforme du collège initiée par Najat Vallaud Belkacem. : « On leur supprime le latin, le grec et l'allemand pour leur donner à la place du Jamel Debbouze. L'école devient le véhicule de l'ignorance et non du savoir ». 

L’essayiste moque notamment cette école qui institue le «  cancre comme le grand dénominateur commun de la classe » et la novlangue pédagogiste dans laquelle nager devient «se déplacer de façon autonome dans un milieu aquatique profond standardisé». « On touche le fond ! » conclut Pascal Bruckner. 

Sur le fond, justement, le romancier s’inquiète particulièrement de la mise en place de programmes d’histoire sans chronologie ou encore de l’enseignement de l’islam « obligatoire » quand les lumières deviennent optionnelles : « elles sont au fondement même de la culture laïque contemporaine. Que l'on soit de gauche ou de droite, croyant ou pas, c'est durant cette période que se noue la modernité. Faire l'impasse sur celle-ci me paraît aberrant. Il est vrai que dans certains quartiers, il est désormais impossible d'enseigner la Shoah en raison du conflit israélo-palestinien ou encore Madame Bovary qui soulève la question de l'adultère. La réforme tend à cajoler les éléments les plus rétifs du système éducatif au lieu de les assimiler ».

Autant de réformes sans doute envisagées comme  des signes d’apaisement après les attentats de janvier mais qui sont selon le philosophe une « reddition ». Et de s’en référer au livre de Michel Houellebecq Soumission « une utopie négative pour que nous n'empruntions pas ce chemin. Mais la réalité pourrait rattraper la fiction beaucoup plus vite que prévu » selon Pascal Bruckner. 

L'UE et les OGM

Par Le 28/04/2015


J'ai honte d'avoir voté "oui" à "Mas-triche"
Les règles étaient faussées dès le départ. 
Cet "héritage" aux générations actuelles et futures me fait vomir......
Le visage réjoui et brillant de dollars des patrons de ces firmes.......

http://www.lefigaro.fr/sciences/2015/04/24/01008-20150424ARTFIG00413-l-union-europeenne-autorise-19-ogm-et-met-tout-le-monde-en-colere.php

Le feu vert donné par la Commission n'est pas du goût des États opposés aux organismes génétiquement modifiés. Le projet de réforme qui l'accompagne fâche les États-Unis et l'industrie chimique.

C'est une décision qui ne satisfait presque personne. L'Union européenne a autorisé ce vendredi l'importation et la commercialisation de 19 organismes génétiquement modifiés (OGM), sans que les Etats membres ne se soient mis d'accord sur une proposition de réforme leur permettant d'interdire ces fameux OGM sur leur territoire respectif. La France, les écologistes et les Etats-Unis sont vent debout contre cette autorisation immédiate, qui s'impose à tous les pays. Explications.

C'est quoi ces OGM?

L'autorisation concerne 19 organismes génétiquement modifiés (OGM), dont 17 destinés à l'alimentation animale et humaines et 2 sont des fleurs, des œillets précisément. Dans la liste figurent onze produits de la multinationale américaine Monsanto - plusieurs variétés de soja, maïs, colza et coton - et huit autres sont des produits de la firme américaine Dupont et des groupes allemands Bayer et BASF.

Pourquoi la Commission les autorise-t-elle maintenant?

Ces demandes d'autorisation étaient en attente depuis plusieurs années. Mais les Etats membres n'avaient pas réussi à se mettre d'accord sur leur importation et leur commercialisation. Aucune majorité qualifée ne s'étant dégagée, c'est donc la Commission qui a hérité de la décision finale à prendre et qui a donné son feu vert. Résultat, l'autorisation de ces 19 OGM est immédiate, vaut pour dix ans et s'impose à tous les Etats, y compris à ceux qui s'y sont opposés.

Mais que faire si un pays ne veut pas de ces OGM? Pour rassurer les 19 Etats anti-OGM, la Commission vient de proposer, il y a tout juste deux jours, une réforme qui permettrait à la fois de rendre plus facile l'importation d'OGM au niveau européen tout en permettant aux Etats membres qui le souhaitent d'en interdire ou d'en restreindre l'utilisation sur leur propre territoire. Autrement dit, si les gouvernements européens approuvent cette réforme, chacun pourra ensuite faire ce que bon lui semble sur son territoire.

Selon un responsable européen impliqué dans le dossier, le président de la Commission «était obsédé par l'accumulation d'autorisations d'OGM bloquées». Jean-Claude Juncker a donc «fait sa proposition et a lancé les autorisations sans attendre que les Etats prennent position. Si sa proposition est rejetée, il aura beau jeu de dire qu'il a présenté une solution et que les Etats et le Parlement ne sont pas capables de s'entendre», explique ce responsable.

Les écolos dénoncent «un cadeau aux lobbies»

Pour les Verts, cette proposition n'est qu'hypocrisie: même si chaque Etat membre a la liberté d'interdire les OGM sur son sol, ces derniers pourront facilement se retrouver dans nos assiettes, disent-ils en substance. «Dans une zone de libre circulation des marchandises, la possibilité laissée aux Etats d'interdire ensuite ces OGM sur leur territoire est un leurre», écrivent les deux porte-paroles d'EELV, Julien Bayou et Sandrine Rousseaux, dans un communiqué. «Les porcs et les jambons produits avec des aliments transgéniques en Pologne ou en Espagne se retrouveront sans aucune difficulté dans les rayons des grandes surfaces des autres pays. Il n'y aura en effet aucune possibilité de mettre en place des contrôles efficaces», estiment-ils. Pour EELV, «l'acceptation d'un tel système par les dirigeants européens est non seulement un cadeau fait aux lobbies mais également une insulte faite aux consommateurs européens majoritairement opposés à la consommation d'OGM». L'eurodéputé écologiste français José Bové s'est pour sa part déclaré «scandalisé» par cette décision et a appelé le Premier ministre français Manuel Valls à «se montrer très ferme en interdisant ces OGM en France».

La proposition fâche aussi la France et les Etats-Unis

Moins critique, la France, via sa représentation permanente à Bruxelles, a dénoncé la manière d'agir de l'Europe, sans se prononcer sur le fond: «Dix-sept OGM alimentaires autorisés par la Commission sans attendre un accord du Conseil et du Parlement européen sur sa proposition de réforme, ça signifie qu'elle est inutilisable et donc que c'est une fausse option», a jugé sur Twitter l'ambassadeur adjoint, Alexis Dutertre.

Pour des raisons complètement différentes, les Etats-Unis se sont opposés à aux nouvelles règles envisagées par l'UE. «Nous sommes satisfaits que la Commission agisse sur des demandes qui lui avaient été soumises il y a longtemps mais ce n'est pas un remède de proposer aux Etats membres de pouvoir interdire des produits qui ont été jugés sans risques par les propres scientifiques de l'Union européenne», a poursuivi M. Mullaney.

Les entreprises transgéniques applaudissent

Les représentants du secteur ont en revanche salué une mesure très attendue. «Les éleveurs européens utilisent beaucoup les produits des cultures génétiquement modifiées pour l'alimentation de leur bétail et il est important de leur accorder la liberté du choix», a affirmé l'association européenne EuropaBio. «Il y a plus de 40 demandes d'OGM supplémentaires pour l'importation encore en suspens dans le système», a insisté l'association des producteurs de biotechnologies, qui représente notamment les intérêts de Monsanto et Bayer.

OGM: où en est-on?

Cette décision porte à 75 le nombre des OGM pour l'alimentation animale et humaine autorisés à l'importation pour la commercialisation dans l'UE. Un seul OGM est actuellement autorisé pour la culture, le maïs MON810 de Monsanto. Le tourteau de soja est la principale source de protéines pour le bétail. L'UE en a importé 18,5 millions de tonnes en 2013, selon les données de la Commission. 90% des importations proviennent de quatre pays - Etats-Unis, Brésil, Argentine et Paraguay - et sont génétiquement modifiés.

Le terrorisme des USA

Par Le 28/04/2015

Par Noam Chomsky - 21 octobre 2014 

http://www.les-crises.fr/les-etats-unis-sont-un-etat-terroriste-de-premier-plan/

« ICH » – « TeleSur » – Un sondage international a révélé que les États-Unis arrivaient largement en tête de « la plus grande menace actuelle pour la paix dans le monde », loin devant le Pakistan classé second, aucun autre pays ne pouvant rivaliser.

Imaginez que la une de la Pravda fasse état d’une étude du KGB passant en revue les principales opérations terroristes conduites par le Kremlin à travers le monde, dans le but de déterminer les facteurs ayant conduit à leur succès ou à leur échec, et finalement concluant que, malheureusement, les succès ont été si rares qu’il convient de quelque peu repenser leur politique. Supposez que l’article se poursuive par une citation où Poutine déclare qu’il a demandé au KGB de mener ces recherches afin de trouver des exemples de « financement et de fournitures d’armes à une insurrection dans un pays, qui aient finalement porté leurs fruits. Et ils n’ont pas pu trouver grand-chose. » De sorte qu’il soit devenu réticent à poursuivre de tels efforts.

Si, scénario presque inimaginable, un tel article devait paraître, les cris scandalisés et les hurlements d’indignation s’élèveraient jusqu’au ciel, et la Russie serait sévèrement condamnée – ou pire – non seulement pour ce violent dossier terroriste ouvertement reconnu, mais aussi pour les réactions de ses dirigeants et de sa classe politique : parfaite indifférence, sauf pour la question de l’efficacité du terrorisme d’État russe et des possibilités d’amélioration de ses méthodes.

Il est en effet bien difficile d’imaginer qu’un tel article puisse voir le jour, sauf que c’est ce qui vient d’arriver – ou presque.

Le 14 octobre, le principal article du New York Times faisait état d’une étude de la CIA passant en revue les principales opérations terroristes conduites par la Maison Blanche à travers le monde, dans le but de déterminer les facteurs ayant conduit à leur succès ou à leur échec, et finalement concluant que, malheureusement, les succès ont été si rares qu’il convient de quelque peu repenser leur politique. L’article continuait par une citation où Obama déclare qu’il a demandé à la CIA de mener ces recherches afin de trouver des exemples de « financement et de fournitures d’armes à une insurrection dans un pays, qui aient finalement porté leurs fruits. Et ils n’ont pas pu trouver grand-chose. » De sorte qu’il est devenu réticent à poursuivre de tels efforts.

Il n’y eut pas de cris scandalisés, pas d’indignation, rien.

La conclusion semble tout à fait claire. Dans la culture politique occidentale, il est admis comme étant entièrement naturel et approprié que le chef de file du Monde Libre soit un état terroriste scélérat et proclame ouvertement sa position éminente dans de tels crimes ; et il n’est rien que de naturel et d’approprié dans le fait que le lauréat du prix Nobel de la paix et spécialiste libéral du droit constitutionnel [NdT : Obama a enseigné le droit constitutionnel à l'université de Chicago] détenteur des rênes du pouvoir soit seulement préoccupé de savoir comment conduire de telles actions plus efficacement.

Un examen attentif établit ces conclusions de manière très solide.

Cet article débute en citant des opérations américaines « de l’Angola au Nicaragua à Cuba ». Complétons donc un peu les omissions.

En Angola, les États-Unis se joignirent à l’Afrique du Sud pour apporter un soutien décisif à l’armée terroriste de l’UNITA de Jonas Savimbi et continuèrent à le faire après que Savimbi eut été franchement battu dans une élection libre surveillée avec soin, et même après que l’Afrique du Sud eut retiré son soutien à ce « monstre dont le désir de pouvoir avait conduit son peuple à une misère épouvantable », selon les mots de l’ambassadeur britannique en Angola Marrack Goulding, appuyé par le chef de la station de la CIA du tout proche Kinshassa qui avertissait que « ce n’était pas une bonne idée » de soutenir le monstre « à cause de l’ampleur des crimes de Savimbi. Il était terriblement brutal. »

Malgré des opérations terroristes étendues et meurtrières soutenues par les États-Unis en Angola, l’armée cubaine repoussa les agresseurs sud-africains hors du pays, les contraignit à quitter la Namibie occupée illégalement, et ouvrit la voie à des élections angolaises suite auxquelles Savimbi, malgré sa défaite, « rejeta en bloc l’avis partagé par 800 observateurs étrangers selon lequel le scrutin… était pour l’essentiel libre et juste » (New York Times), et continua sa guerre terroriste avec le soutien des États-Unis.

Les réussites cubaines dans la libération de l’Afrique et la fin de l’Apartheid furent saluées par Nelson Mandela quand il fut finalement libéré de prison. Un de ses premiers actes fut de déclarer : « Pendant toutes mes années en prison, Cuba a été une inspiration et Fidel Castro un puissant soutien … [les victoires cubaines] ont détruit le mythe de l’invincibilité de l’oppresseur blanc [et] ont inspiré les masses combattantes de l’Afrique du Sud … un tournant pour la libération de notre continent – et de mon peuple – du fléau de l’apartheid. … Quel autre pays peut faire état d’un désintéressement plus grand que celui que Cuba a montré dans ses relations avec l’Afrique ? »

Le chef terroriste Henry Kissinger, au contraire, était « hors de lui » face à l’insubordination de la « demi-portion » Castro qui devrait être « fracassé, » comme rapporté par William Leogrande et Peter Kornbluh dans leur livre Back Channel to Cuba (le Canal de communication officieux vers Cuba), s’appuyant sur des documents récemment déclassifiés.

En ce qui concerne le Nicaragua, inutile de nous étendre sur la guerre terroriste de Reagan, qui se poursuivit bien après que la Cour internationale de justice eut ordonné à Washington de cesser «l’usage illégal de la force » – ce qui est, de fait, du terrorisme international – et de payer des indemnités substantielles, et qu’une résolution du conseil de sécurité des Nations Unies qui appelait tous les pays (signifiant : les États-Unis) à respecter les lois internationales – ne fut bloquée par le droit de véto de Washington.

Il faut savoir, cependant, que la guerre terroriste de Reagan contre le Nicaragua – poursuivie par Bush 1er, Bush « l’homme d’État » – ne fut pas aussi destructrice que le terrorisme d’État qu’il a soutenu avec enthousiasme au Salvador et au Guatemala. Le Nicaragua avait l’avantage d’avoir une armée pour affronter les forces terroristes dirigées par les États-Unis, alors que dans les États voisins, les terroristes agressant les populations étaient les forces de sécurité armées et entraînées par Washington.

Dans quelques semaines nous commémorerons l’apogée des guerres terroristes de Washington en Amérique latine : le meurtre de six intellectuels latino-américains de premier plan, des prêtres jésuites, par une unité terroriste d’élite de l’armée salvadorienne, le bataillon Atlacatl, armé et entraîné par Washington, agissant sous les ordres explicites du Haut Commandement, avec un long palmarès de massacres des victimes habituelles.

Ce crime choquant du 16 novembre 1989 à l’université jésuite de San Salvador fut le point d’orgue de l’immense épidémie de terreur qui s’étendit à tout le continent après que John F. Kennedy eut fait passer la mission des militaires d’Amérique latine de « défense de l’hémisphère » – un vestige périmé de la seconde guerre mondiale – à « sécurité intérieure », ce qui signifiait guerre contre leur propre population. Les conséquences sont décrites succinctement par Charles Maechling, qui dirigea le programme de contre-insurrection et de défense intérieure des États-Unis de 1961 à 1966. Il décrivit la décision de Kennedy en 1962 comme une transition de « la tolérance face à la rapacité et à la cruauté des militaires latino-américains » à « une complicité directe » de leurs crimes, et à un soutien par les États-Unis des « méthodes des escadrons d’extermination d’Heinrich Himmler ».

Tout cela a été oublié, ce n’est pas la « bonne catégorie de faits ».

À Cuba, les opérations terroristes de Washington furent lancées dans toute leur rage par le président Kennedy afin de punir les Cubains d’avoir repoussé l’invasion américaine de la Baie des Cochons. Comme décrit par l’historien Piero Gleijeses, JFK « demanda à son frère, le procureur général Robert Kennedy, de diriger le groupe inter-agence qui supervisa l’opération Mongoose (Mangouste), un programme d’opérations paramilitaires, de guerre économique et de sabotage qu’il lança à la fin de l’année 1961 pour faire connaître à Fidel Castro les “terreurs de la Terre” et, plus prosaïquement, pour le renverser. »

L’expression « terreurs de la Terre » est tirée d’une citation de l’associé de Kennedy et historien Arthur Schlesinger dans sa biographie quasi officielle de Robert Kennedy, qui était en charge de mener la guerre terroriste. RFK informa la CIA que le problème cubain était « la priorité principale du gouvernement des États-Unis – tout le reste [était] secondaire – et qu’il ne fallait épargner ni le temps, ni les efforts, ni les effectifs » pour renverser le régime de Castro et jeter les « terreurs de la Terre » sur Cuba.

La guerre terroriste lancée par les frères Kennedy n’était pas une mince affaire. Elle impliqua 400 Américains, 2000 Cubains, une flotte privée de hors-bord et un budget annuel de 50 millions de dollars géré par une filiale de la CIA à Miami, fonctionnant en violation du Neutrality Act et, probablement, de la loi interdisant les opérations de la CIA sur le sol américain. Les opérations incluaient la pose de bombes dans des hôtels et des installations industrielles, l’envoi par le fond de bateaux de pêche, l’empoisonnement de récoltes et du bétail, la contamination du sucre exporté, etc. Certaines de ces opérations n’étaient pas explicitement autorisées par la CIA mais menées par les forces terroristes qu’elle finançait et soutenait, une distinction sans aucune différence dans le cas d’ennemis officiels.

Les opérations terroristes Mangouste furent menées par le Général Edward Lansdale, qui avait une expérience amplement suffisante de la conduite d’opérations de terrorisme américaines aux Philippines et au Viêt-Nam. Son programme pour l’Opération Mangouste militait pour « la révolte ouverte et le renversement du régime communiste » en octobre 1962, ce qui, pour « le succès final, nécessiterait une intervention militaire US décisive » après le travail de sape du terrorisme et de la subversion.

Octobre 1962 est, bien sûr, un moment très important de l’histoire moderne. Ce fut au cours de ce mois que Nikita Khrouchtchev fit parvenir des missiles à Cuba, déclenchant la crise des missiles qui est passée sinistrement près de la guerre nucléaire terminale. Les études académiques reconnaissent maintenant que la position de Khrouchtchev était en partie motivée par la prépondérance énorme des forces américaines après que Kennedy eut répondu à ses appels de réduction d’armes offensives en augmentant radicalement l’avantage des États-Unis, et en partie par la préoccupation concernant une possible invasion américaine de Cuba. Des années plus tard, le ministre de la Défense Nationale de Kennedy, Robert McNamara, a reconnu que les craintes de Cuba et de la Russie concernant une attaque avaient été justifiées. « Si j’avais été à la place des Cubains ou des Soviétiques, j’aurais également pensé ainsi », a observé McNamara lors d’une conférence internationale majeure sur le 40e anniversaire de la crise des missiles.

L’analyste politique Raymond Garthoff, hautement considéré, qui a de nombreuses années d’expérience directe des services de renseignement américains, rapporte que dans les semaines ayant précédé l’éclatement de la crise d’octobre, un groupe terroriste cubain opérant depuis la Floride avec l’accord du gouvernement américain avait mené « une audacieuse attaque par vedette rapide en mitraillant un hôtel cubain au bord de la mer près de La Havane où on savait que des techniciens militaires soviétiques se rassemblaient, tuant des Russes et des Cubains ». Et peu de temps après, continue-t-il, les forces terroristes attaquèrent des cargos britanniques et cubains et menèrent un nouveau raid sur Cuba, parmi d’autres, suite à l’intensification des actions décidée début octobre. À un moment tendu de la crise des missiles toujours non résolue, le 8 novembre, une équipe terroriste envoyée depuis les États-Unis fit sauter une installation industrielle cubaine après que les opérations Mangouste eurent été officiellement suspendues. Fidel Castro allégua que 400 travailleurs avaient été tués dans cette opération, guidée par « des photographies prises par des avions espions. » Les tentatives d’assassinat sur Castro et d’autres attaques terroristes continuèrent immédiatement après la fin de la crise, et s’intensifièrent de nouveau dans les années suivantes.

Il y a eu quelques mentions d’une partie plutôt mineure de la guerre de la terreur, les nombreuses tentatives d’assassinat de Castro, généralement écartées comme des manigances puériles de la CIA. En dehors de cela, rien de ce qui s’est passé n’a suscité beaucoup d’intérêt ou de commentaires. La première enquête sérieuse en langue anglaise de l’impact sur les Cubains a été publiée en 2010 par le chercheur canadien Keith Bolender, dans son Voices From The Other Side: An Oral History Of Terrorism Against Cuba (Voix de l’Autre Côté : une histoire orale du Terrorisme contre Cuba), une étude de grande valeur en grande partie ignorée.

Les trois exemples mis en évidence dans le rapport du New York Times sur le terrorisme américain sont uniquement la partie visible de l’iceberg. Néanmoins, il est utile d’avoir cet aveu important de la consécration de Washington aux opérations terroristes meurtrières et destructrices et de l’insignifiance de tout ceci pour la classe politique, qui accepte comme normal et approprié que les États-Unis soient une superpuissance terroriste, non soumise à la loi et aux règles de la civilisation.

Curieusement, le monde pourrait ne pas être d’accord. Un sondage international publié il y a un an par le Réseau Indépendant Mondial/Association Internationale Gallup (WIN/GIA) a fait le constat que les États-Unis sont classés loin en tête en tant que « plus grande menace à la paix mondiale aujourd’hui », loin devant le second, le Pakistan (sans aucun doute gonflé par le vote indien), aucun autre pays ne pouvant rivaliser.

Heureusement, ces informations insignifiantes ont été épargnées aux Américains.

Noam Chomsky est professeur (émérite) de l’Institut de Linguistique du MIT (Massachusetts Institute of Technology).

Source : Information Clearing House, le 21/10/2014

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

KUNDALINI (12)

Par Le 27/04/2015

"Il lui expliqua comment choisir les galets, comment les observer pour en extraire les points d’équilibre, comment sentir les cohésions possibles, les paroles à prononcer, la promesse de n’être jamais en colère contre les galets instables, contre les effondrements, contre les désillusions, l’acceptation de ses propres insuffisances, de l’apprentissage de la patience…Il lui détailla la façon dont il appliquait cette méthode dans sa vie quotidienne.

« Parfois, nous pouvons nous mettre en colère contre des objets ou des animaux, des plantes, des humains, des pensées, des cauchemars, des problèmes de santé. La liste est longue. Mais il est essentiel de comprendre que cette colère ne changera rien à la situation, que cette émotion exacerbée est un poison qui nous prive de notre bien-être. Quand je dis : « Mais où sont ces clés bon sang ? » je transfère en fait ma colère sur un objet qui n’a bien évidemment aucune responsabilité. C’est juste un moyen de ne pas me reprocher mon incapacité à ranger mes affaires. Si je dis par contre : « J’ai encore perdu mes clés, faut que je me décide à m’organiser », l’impact est différent car cela laisse entendre que je suis conscient de mon problème et que je suis décidé à le régler définitivement. Maintenant, si je viens adjoindre à cette observation une colère tenace, je me prive moi-même de la lucidité qui m’aurait permis de retrouver ces clés et de réfléchir à la méthode éventuelle pour ne plus les perdre. C’est très simple en fait. Même dans les situations où je n’ai aucune responsabilité, il me reste celle de ne pas me perdre dans une colère invalidante. Que la colère survienne, on peut facilement l’imaginer. Mais elle sera l’opportunité à saisir pour l’individu de retourner son attention sur lui-même et de s’observer. Faire de la colère une leçon pour soi. Ici, avec les galets, si vous leur reprochez de tomber, vous n’apprendrez rien. »

 

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Il lui parla longuement encore avant de l’inviter. Elle écouta avec attention. Et avec ce plaisir immense de le sentir si impliqué pour elle.

« Je pense même que les émotions non contrôlées ont un impact sur la réalité. Non pas directement mais par ricochet. Dès lors que nous perdons pied en nous-mêmes, dès lors que nous agissons sur le coup d’une émotion qui nous submerge ou d’une pensée récurrente, d’un phénomène interne qui nous obscurcit par sa puissance, et bien, nous modifions la réalité puisque nos actes seront entachés de notre trouble. Quelle est cette réalité dès lors, cette réalité originelle, celle qui n’aurait pas dû être ainsi violentée ? Pour ma part, je l’appelle le Réel, avec une majuscule, et non la réalité. Le Réel obéit à l’ordre de la vie alors que notre réalité est issue de nos existences. On pourrait dénombrer autant de réalités qu’il y a d’individus. Mais il n’y a qu’un Réel. C’est lui que je veux honorer, à chaque instant. »

 

 

Bruce Lipton

Par Le 27/04/2015

Ajoutée le 24 avr. 2014

Contrairement au dogme central de la science et de la médecine conventionnelles qui voudrait nous faire croire que nous ne sommes ni plus ni moins que des automates génétiques ou des machines chimiques, Bruce Lipton, généticien de renommée internationale, pense que l'être humain n'est pas prisonnier de ses gènes ou de ses cellules étant donné que ceux-ci sont eux-mêmes le produit de l'environnement dans lequel ils évoluent. L'être humain aurait donc, d'après cette nouvelle compréhension de la biologie cellulaire, beaucoup plus de pouvoir qu'il ne le pense sur sa propre biologie et, par conséquent, sur ses fonctions corporelles.

Le Dr Lipton a commencé sa carrière scientifique en tant que biologiste cellulaire. Il a reçu son doctorat de l'Université de la Virginie à Charlottesville, avant de se joindre au département d'anatomie de l'école de médecine de l'Université du Wisconsin, en 1973. La recherche du Dr Lipton sur la dystrophie musculaire — des études utilisant des clones de cellules-souches humaines — focalisait sur les mécanismes moléculaires qui contrôlent le comportement cellulaire. Une technique expérimentale de transplantation de tissus, développée par le Dr Lipton avec son collègue le Dr Ed Schultz, et publiée dans la revue Science, fut par la suite utilisée en tant que forme nouvelle de génie génétique humain.

Le mensonge de l'Elucubration nationale

Par Le 27/04/2015

Laurent Lafforgue, mathématicien : « L’Education nationale est devenue un vaste mensonge »

lafforgueBrillant mathématicien, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, Laurent Lafforgue a été lauréat de la prestigieuse médaille Fields en 2002 (l’équivalent du prix Nobel en mathématiques). Il est professeur permanent à l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques (IHES).

Très sensibilisé à l’état du système éducatif français, il a coordonné en 2007, avec Liliane Lurçat, la publication de l’ouvrage La débâcle de l’école, fruit d’un colloque sur l’état alarmant de l’école en France et qui a réuni de nombreux enseignants du primaire, du collège, du lycée et de l’université. Un ouvrage passionnant, d’une clarté et d’une précision remarquables que je vous recommande vivement (et qui n’a malheureusement pas du tout vieilli…)

Quelques années auparavant, il avait été nommé en 2005 au HCE (Haut Conseil de l’Education) chargé de préparer le « socle commun » prévu par la loi Fillon. S’étant exprimé de façon ferme contre les experts de l’Education nationale, responsables des réformes mises en place depuis des années qu’il juge catastrophiques, le président du Haut Conseil lui avait alors demandé de démissionner, dix jours à peine après l’installation officielle du HCE.

Passionnée par ces sujets (comme vous devez le savoir maintenant !), j’ai souhaité interviewer Laurent Lafforgue, observateur attentif et clairvoyant du système éducatif français. Un grand merci à lui de m’avoir fait l’honneur de me consacrer du temps et de l’attention pour cet entretien réalisé par téléphone.

« L’Education nationale est devenue un vaste mensonge »

 

A partir de 2004, vous vous êtes engagé dans un combat pour la défense de l’école républicaine. Pour quelles raisons ?

Mes parents, mes frères et moi devons beaucoup à l’école, à un système scolaire qui, pendant longtemps, a été d’une très grande valeur et qui nous a permis de faire des études supérieures. Mes parents ont été les premiers, chacun dans sa famille, à pouvoir faire des études longues. Nous sommes en grande partie le produit d’un système scolaire qui nous a appris les enseignements de base, avant de nous donner accès à la culture et à des connaissances de plus en plus fines et complexes.

Il y a presque 10 ans, j’ai été amené à découvrir l’évolution de l’école depuis que je l’avais quittée. J’ai été catastrophé en constatant qu’elle avait changé du tout au tout. Et pourtant, le système était déjà dégradé lorsque j’y étais par rapport à l’époque de mes parents…

En 2004, j’ai signé une pétition pour la sauvegarde de l’enseignement du latin et du grec (qui a d’ailleurs recueilli plus de 70 000 signatures si mes souvenirs sont bons). On m’a demandé de m’exprimer sur ce sujet lors du colloque qui a marqué la fin de la campagne de pétition. C’est à cette occasion que j’ai entendu d’autres professeurs, de lettres notamment, et j’ai été abasourdi. A partir de ce jour là, j’ai décidé d’enquêter en interrogeant des professeurs autour de moi, en collectant des informations, en analysant les manuels… J’ai été effaré par ce que je découvrais. Un monde auquel je devais une grande partie de ce que j’étais était en voie de destruction très avancée.

J’ai alors commencé à intervenir lors de colloques et à rédiger des textes sur le sujet de l’école. Appelé au HCE en 2005, on m’a demandé d’en démissionner au bout de 10 jours en raison de mes propos sur l’état actuel de notre système éducatif et sur la responsabilité de ses instances dirigeantes et de ses « experts ». J’ai continué à prendre publiquement position et à m’engager dans ce combat encore quelques années, puis j’ai souhaité me recentrer sur mes travaux de recherche.

Rétrospectivement, je me rends compte que j’ai été assez naïf dans les premières années de mon engagement ! Ce que je découvrais était tellement absurde que je pensais qu’il suffirait de prononcer quelques phrases de bon sens pour rétablir la situation. Mais je suis revenu de cette illusion… Le problème est venu des plus hautes sphères de l’Education nationale mais aujourd’hui le mal est fait à tous les étages, et l’état d’esprit général nécessaire à l’instruction et à la transmission des connaissances est largement perdu.

La situation est catastrophique et l’inertie est énorme. Ce ne sont plus seulement des écoliers qui ont subi de mauvais enseignements, mais aussi des professeurs issus de ces mauvais enseignements. Comment en sortir ?

Il ne reste plus qu’à soutenir des initiatives à toute petite échelle : des personnalités, des écoles, des associations… Désormais, on peut seulement oeuvrer à ce que des petites flammes continuent de briller ici et là.

Il faut savoir toutefois qu’au moment de ma démission du HCE, j’ai reçu des milliers de réactions de professeurs, parmi lesquels des jeunes, qui dénonçaient l’absurdité du système qu’on leur avait inculqué à travers les IUFM notamment. Ainsi, même parmi ceux qui ont subi un système d’enseignement très dégradé, il existe une conscience partielle de cette dégradation. Certains conservent les moyens d’exercer un esprit critique que la plupart n’ont plus aujourd’hui. Malheureusement cette prise de conscience est très minoritaire dans tous les milieux (professeurs, parents).

Depuis 2007, vous vous exprimez moins sur ces sujets là. Quel regard portez-vous sur les réformes menées sous Nicolas Sarkozy et celles menées actuellement par François Hollande et son ministre de l’Education, Vincent Peillon ?

Globalement, un regard très négatif. La seule chose relativement positive a été la révision par Xavier Darcos des programmes de primaire, meilleurs que les précédents, même s’ils sont loin d’être idéaux. Ils ont le mérite d’être plus concis, plus précis et relativement recentrés sur les enseignements fondamentaux, alors que le programme précédent de primaire comprenait 350 pages, où tout était dit et son contraire, avec des phrases incompréhensibles (même par ceux qui l’avaient écrit, je pense…). Mais ces nouvelles directives se sont heurtées à une résistance de beaucoup d’enseignants.

Il faut bien comprendre que l’on est confronté sans cesse à un mur idéologique. On a persuadé les instituteurs que les méthodes syllabiques par exemple étaient de droite, tandis que la méthode globale était de gauche, ce qui est absurde. Dans d’autres pays, tels que les Etats-Unis, on constate cette même sur-interprétation idéologique.

Dans l’ouvrage La débâcle de l’école, l’ensemble des contributeurs incriminent le constructivisme et dénoncent la déstructuration des enseignements. Pouvez-vous expliquer ces points fondamentaux ?

Le constructivisme est l’idée que l’enfant doit construire lui-même son savoir et que l’on ne doit plus lui dispenser d’enseignement explicite . C’est un point de vue très séduisant pour des universitaires, et j’estime qu’ils ont une grande responsabilité dans le désastre de l’école.

Comme leur métier consiste à élaborer de belles théories sophistiquées, ils oublient trop souvent qu’ils ont commencé par être des enfants et par apprendre des choses simples, qu’ils ont dû apprendre par cœur. C’est ainsi que de fins lettrés peuvent en arriver à estimer que l’orthographe est la science des imbéciles. Beaucoup ont voulu remplacer les enseignements de base, trop simples à leurs yeux, par des choses plus « intelligentes ».

En parallèle, est venue la remise en cause du principe d’autorité du professeur et de l’instituteur dans sa classe. Celui qui prétend disposer de savoirs exercerait un pouvoir abusif sur les enfants.

Quant à la déstructuration, elle concerne le contenu des enseignements. Elle touche à la fois la matière (la grammaire par exemple), la structuration et l’organisation des savoirs. En histoire, on a supprimé la chronologie des événements et en français, l’histoire littéraire. On se contente de coups de projecteur sur telle ou telle période.

On a voulu des enseignements transversaux, beaucoup plus compliqués pour les élèves, et non plus l’étude par éléments : orthographe, conjugaison, grammaire, où, à chaque fois, on partait des choses simples pour aller progressivement vers les choses complexes. On a supprimé tout cela : le principe de progression ou encore le principe de distinction. Certes, il est intéressant de mettre en relation les enseignements à la condition que les bases soient installées, sinon c’est la confusion la plus totale.

On se retrouve avec des élèves qui ont passé 20 à 30 heures par semaine pendant 12 ans à l’école et qui ne savent presque rien. Quel gaspillage ! Les enfants sont noyés sous un flot d’informations mais rien ne s’accroche du fait du défaut de structure. Ils ont entendu parler de beaucoup de choses mais n’ont rien retenu de précis. L’image générale qui se dégage est celle d’une déstructuration générale des enseignements.

Sur quels principes devrait-on se réunir et se baser pour réformer le système scolaire ?

Lors de mon enquête, j’ai été frappé que des gens étonnamment différents se soient retrouvés sur ce constat simple que l’école ne remplissait plus sa mission de transmission des connaissances : des militants d’extrême-gauche et des conservateurs, des catholiques et des libres-penseurs, des gens connus ou de simples citoyens. Le véritable choix politique n’est pas de droite ou de gauche mais celui de la qualité de l’enseignement et celui de l’étendue et de la profondeur des connaissances que nous voulons transmettre.

Le cœur du problème est bel et bien le contenu de ce que l’on enseigne, qui doit obéir à des principes très simples.

Rappelons que la mission première de l’école est l’instruction et non pas la socialisation. C’est l’instruction qui, par bénéfice collatéral, va produire de la socialisation. Jamais l’école n’a été aussi soucieuse qu’aujourd’hui d’engendrer la paix et pourtant elle est beaucoup plus violente que l’ancienne.

Il faut également rappeler la raison d’être  du professeur : il sait des choses que les élèves ne savent pas, et sa mission est de transmettre ses connaissances de la manière la plus efficace possible.

Dès l’école primaire, puis au collège et au lycée, les élèves doivent apprendre véritablement à écrire, ce qui suppose, d’abord, de maîtriser l’orthographe (cela passe par des dictées régulières), la grammaire (qui s’apprend sous forme de règles) et les conjugaisons des verbes, puis de se rompre aux exercices de la rédaction et de la dissertation. Il faut aussi travailler la mémoire par l’apprentissage de textes par cœur.

Le français est à mon avis l’enseignement le plus important au primaire, même dans la perspective des sciences car tout texte scientifique est un genre de rédaction et plus profondément, toute réflexion se construit en écrivant. Les moyens d’expression sont aussi les moyens de formation de la pensée. J’ai reçu de nombreux témoignages de professeurs de mathématiques ou de physique à l’université qui disent que le premier problème de leurs étudiants est le défaut de connaissance de la langue française, leur difficulté à comprendre et à formuler des phrases abstraites, différentes du langage courant oral. Pour un usage plus élaboré de la langue, une connaissance de sa structure, plus réfléchie, est nécessaire. Par ailleurs, l’apprentissage de la grammaire est le premier apprentissage de la logique.

La dégradation de l’enseignement en français a été évoquée à plusieurs reprises sur mon blog, notamment par Loys Bonod, professeur de français. Que pensez-vous de l’enseignement en mathématiques et de l’avenir des filières scientifiques en France ? 

En mathématiques, j’insiste sur l’importance des connaissances élémentaires et de la familiarité avec les nombres : additionner, soustraire, multiplier, diviser. Ces quatre opérations étaient auparavant abordées dès le CP, maintenant seule l’addition y est enseignée. La progressivité doit être celle de la complexité des opérations mises en jeu, et non pas, comme dans les programmes actuels, une succession étalée dans le temps de l’addition puis des trois autres opérations. Il faut apprendre ses tables d’addition, de multiplication, la règle de trois. Un autre apprentissage important est celui de la mesure des grandeurs et le repérage dans l’espace.

Cela semble tout bête mais il faut savoir qu’à l’université, il n’est pas rare que les étudiants ne sachent même pas additionner deux fractions. Il existe un très gros contraste entre le gros des étudiants et une toute petite élite qui bénéficie de la recherche mathématique française qui est d’un très bon niveau. Parmi les jeunes mathématiciens d’aujourd’hui, une proportion importante sont des fils ou filles de mathématiciens. Sauf erreur de ma part, lorsque j’étais à l’ENS, il n’y en avait aucun. Pourquoi ? Parce que, l’école se dégradant, le milieu familial est devenu indispensable pour apprendre !

Les responsables des programmes ont réussi à déstructurer les enseignements mathématiques, à réduire, par exemple, quasiment à néant la géométrie qui est pourtant très formatrice pour l’esprit. Au collège et au lycée, le niveau est très mauvais. Les manuels d’aujourd’hui ne demandent plus de démonstrations. Les cours sont très flous alors que l’un des buts principaux de l’enseignement des mathématiques doit être l’apprentissage du raisonnement et de la rigueur.

De mon point de vue, les anciens humbles problèmes d’arithmétique du certificat d’études primaires étaient de beaucoup préférables aux actuels problèmes de terminale S.

Ils consistaient en une seule question tenant en une phrase qui nécessitait pour sa solution un raisonnement en plusieurs étapes qu’il fallait rédiger. Maintenant l’épreuve de mathématiques en terminale S est constituée de 4 exercices, dont un QCM, et les trois autres sont découpés en de multiples questions, avec souvent des énoncés plus longs que les solutions.

On a prétendu rendre les élèves plus créatifs, faire d’eux des chercheurs dès leur plus jeune âge, mais le résultat est que, quand ils parviennent à l’âge adulte, on ne peut leur demander autre chose que des automatismes, un savoir pré-mâché.

Il existe donc à la fois un problème d’horaires, de contenu des programmes, de méthodes et d’exigence. 

Le contenu est comme je le disais plus haut déterminant, il faut savoir bien le choisir et bien le structurer. De manière générale, l’enseignement doit procéder de l’élémentaire à l’élaboré (et non l’inverse), avec des progressions cohérentes et bien construites. Cela passe par une revalorisation qualitative bien plus que quantitative.

Ensuite, il faut cesser de prétendre que l’élève est capable de « construire » seul ses savoirs ou d’analyser d’emblée des situations complexes pour en tirer des éléments particuliers utilisables. Cela n’a pas de sens d’inviter les enfants et les jeunes à s’exprimer eux-mêmes sans leur avoir appris à maîtriser la langue. Cela n’a pas de sens de les appeler à la créativité sans leur avoir transmis ni technique ni culture. Il faut au contraire mettre les élèves en situation d’appréhender des notions fondamentales à partir de la culture et du savoir tels qu’ils ont été patiemment construits et reconstruits au cours des siècles – sans oublier néanmoins de leur laisser une marge d’initiative, de réflexion et d’exploration. Il ne s’agit pas de ne faire que des cours magistraux, mais de faire participer les élèves et de multiplier les façons d’enseigner.

Il faut également revenir à des apprentissages systématiques : en mathématiques : les nombres et leurs opérations, la géométrie, les énoncés rigoureux, les démonstrations, et en français : la grammaire, l’orthographe, les conjugaisons, les listes de vocabulaire, les rédactions, les dissertations – toutes choses qui ont été de plus en plus délaissées depuis au moins trente ans, réforme après réforme, à un point hallucinant.

Concernant les méthodes, il est temps de reconnaître que certaines sont meilleures que d’autres. Ainsi, concernant la lecture et l’écriture, la méthode alphabétique syllabique est bien plus efficace que les méthodes globales ou dites semi-globales. Pourquoi ne pas mettre en place un organisme indépendant de toutes les structures de pouvoir de l’Éducation nationale, spécialement chargé de ces comparaisons et évaluations entre les méthodes ?

J’ai rencontré une institutrice qui avait d’abord utilisé plusieurs années une méthode « semi-globale », avant de la remettre en cause et d’utiliser la méthode syllabique. Dès la première année, elle a obtenu des résultats bien meilleurs et à la fin de l’année, tous ses élèves savaient lire et écrire correctement alors que ce n’était pas le cas les années précédentes. Elle est allée voir les parents de certains de ses anciens élèves, leur a déclaré avoir pris conscience d’avoir mal enseigné ces enfants en utilisant de mauvaises méthodes et a proposé de reprendre à zéro leurs apprentissages de base, en plus de son travail normal, pour réparer les erreurs commises.

Il existe également un problème d’horaires. Il y a eu une diminution vertigineuse des horaires en français et en mathématiques en 50 ans. Avant 1960, il y avait par exemple 15 heures de français en CP, aujourd’hui, il y en a 9. Or le français est, rappelons-le, une priorité absolue. Quant à un élève de terminale S, il a perdu plus d’une année de mathématiques par rapport à un terminale C d’il y a 30 ans.

Or, il faut un minimum d’heures pour transmettre correctement les savoirs. La réforme actuelle sur les rythmes scolaires est loin d’aller dans le bon sens puisque les volumes horaires restent inchangés. Je pense qu’il serait plus judicieux d’avoir davantage de jours d’école mais avec des journées plus courtes et d’autres activités l’après-midi. Je pense qu’il faudrait également rétablir les études assistées en primaire qui étaient très importantes et très bénéfiques.

Il y a aussi le problème de la perte d’autorité des professeurs. Comment la rétablir ?

Dans l’ouvrage sur La débâcle de l’école, un chapitre est consacré à la vie au jour le jour de professeurs qui rencontrent des situations impossibles, sans pouvoir de sanction, qui les empêchent d’enseigner, au détriment de tous les élèves. Résultat : tout le monde coule…

Ces incivilités, intimidations et violences dont les professeurs et les élèves qui voudraient travailler sont la cible dans beaucoup d’établissements, n’ont pris une grande ampleur qu’à la faveur de décisions structurelles qui ont affaibli l’autorité des enseignants, et corrélativement, ont mené à une réduction du nombre des surveillants et des adjoints d’enseignement.

On a voulu remettre en cause l’autorité des professeurs, comme une concession faite aux enfants, pour rééquilibrer la balance des pouvoirs. Mais les élèves en sont les principales victimes.

L’École ne peut bien fonctionner que si les instituteurs et les professeurs sont respectés et si leur autorité est solidement établie. Par exemple, le passage à la classe supérieure ne doit être apprécié que par des personnes qui ont compétence pour cela, à savoir les professeurs. Les parents ne peuvent avoir qu’une voix consultative.

Par ailleurs, il est nécessaire que, dans la société, et particulièrement dans les familles, l’étude soit valorisée dans l’esprit des enfants, et que ceux-ci puissent prendre conscience que l’École est destinée à leur apporter les meilleures chances. Par exemple, il est important que, dans les familles, les parents veillent à ce que les enfants ne tombent pas sous l’empire de la télévision, des jeux vidéo ou des ordinateurs, et qu’ils les encouragent à apprendre et à étudier.

Enfin, je pense que les enseignants doivent retrouver une très grande liberté dans leurs choix pédagogiques et qu’ils doivent être évalués, c’est-à-dire inspectés et notés, uniquement d’après la progression et les résultats de leurs élèves, et en aucune façon d’après la conformité de leurs méthodes avec les dogmes de l’Éducation nationale.

Vous estimez que les principaux responsables de cette débâche sont les experts de l’Education nationale. Mais comment une telle dégradation a-t-elle pu se propager sans plus de résistance de la part des professeurs et des parents ?

Je ne sais pas, je suis très étonné que les professeurs et les parents n’aient pas davantage résisté.

L’Education nationale est devenue un vaste mensonge, accepté par la plupart des gens. Les enfants ne se rendent pas compte (ou alors une minorité) qu’on leur enseigne mal, et les parents sont contents du moment que leurs enfants passent dans la classe supérieure et ont de bonnes notes. Je caricature, mais à peine.

D’autre part, il faut comprendre que ces réformes ont été menées au nom du Progrès, de la Modernisation. Le pédagogisme a été présenté comme scientifique. Comment résister à cela ? On se sent coupables de lutter contre ce qui est présenté de cette façon, d’où peut-être cette passivité, ce manque de résistance…

Enfin, les Français sont plus soumis qu’on ne le pense aux fonctionnaires, ce qui est revêtu de l’autorité de l’Etat provoque peu de résistance.

Cependant certains instituteurs et professeurs se sont rendu compte que les résultats de ces réformes étaient déplorables alors qu’ils s’étaient lancés dans l’enseignement pleins de confiance dans leur hiérarchie et dans les méthodes modernes. Ceux qui avaient conservé un esprit critique ont exprimé naïvement à leur hiérarchie leur désarroi et leurs doutes. Mais la simple expression de leurs doutes leur a souvent valu de se voir mis au ban de l’école, ce qui n’a fait qu’augmenter leur méfiance. Certains ont même été « persécutés » de façon brutale.

Comment résister en tant que parent, une fois que l’on a fait ce triste constat de l’abaissement du niveau et des exigences  ?

A mon avis, la solution ne viendra pas de l’école privée sous contrat qui souffre des mêmes maux que l’école publique, mais plutôt des écoles hors contrat, indépendantes de l’Etat. Beaucoup proposent un très bon enseignement et elles ne cessent de se développer.

Internet a joué un rôle important dans la résistance à la destruction de l’école car a permis de mettre en contact des professeurs, instituteurs ou parents qui étaient devenus conscients de cette destruction, qui voulaient réagir mais qui, souvent, se trouvaient isolés.

De plus en plus de parents cherchent à fonder leur école pour offrir à leurs enfants un enseignement de bonne qualité, mais c’est un parcours long et compliqué et qui suppose de lourds sacrifices financiers.

Je connais des institutrices et instituteurs qui ont décidé de quitter l’Education nationale et de créer leur école pour pouvoir enseigner correctement et être en paix avec leur conscience. De bonnes volontés existent. Nombreux sont les professeurs et les instituteurs remarquables de dévouement mais, pour se lancer dans de telles initiatives, il faut aussi une grande force intellectuelle et morale.

Une autre stratégie adoptée par certains parents est de recommencer l’école le soir. Leurs enfants ont donc école deux fois, l’école en journée est considérée comme une activité de socialisation, pour voir les copains, et l’école en fin de journée est faite pour transmettre les savoirs. Mais cela implique une fatigue énorme pour les parents et pour les enfants. De plus, ce n’est pas à la portée de tous les parents.

Enfin, il est nécessaire d’utiliser de bons manuels classiques. Parmi les initiatives de résistance menées ces 10 dernières années, on peut signaler le travail remarquable mené par l’éditeur Jean Nemo, fondateur de La librairie des écoles qui propose des manuels de grande qualité.

Je trouve que c’est l’une des inititiatives les meilleures de ces dernières années, avec la Fondation pour l’école d’Anne Coffinier qui soutient la création et le développement d’écoles indépendantes (NDRL : il en existe environ 500 en France : des écoles confessionnelles ou non, des écoles Montessori, des écoles appliquant la pédagogie Steiner…Elles sont recensées dans cet annuaire).

Aux parents d’essayer de faire ce qu’ils peuvent, même si ce n’est pas parfait. Ils réparent un peu le désastre mais ils ne peuvent malheureusement pas remplacer à eux seuls un système scolaire entier.

On a justifié les réformes par un souci d’égalité des chances. Mais l’on constate que les inégalités n’ont jamais été aussi élevées.

Les réformes menées depuis les années 70 ont effectivement été justifiées par l’obsession de l’égalité et du social. On a dit que l’école deviendrait plus juste, mais c’est le contraire qui est vrai. Il suffit de voir les filières et les écoles où on délivre encore une véritable instruction, elles recrutent plus que jamais dans les milieux favorisés. L’itinéraire que mes parents issus de milieux modestes ont suivi n’existe plus. Or, seule une nourriture intellectuelle de qualité éveille l’esprit des élèves doués pour cela, et ce, dans toutes les classes sociales. Quand l’école ne les nourrit pas, les élèves ne peuvent plus compter que sur leur environnement familial.

L’égalité des chance a donc pris un énorme coup.  On a rabaissé les programmes et les niveaux d’exigence au nom des « nouveaux publics » notamment. Mais c’est un contre-sens total. Un enfant qui apprend n’enlève rien à aucun autre. C’est pourquoi le principe d’égalité ne doit jamais être invoqué pour abaisser les programmes et les niveaux d’exigence. Il ne doit pas plus être invoqué pour empêcher de créer, à partir du collège, des filières diversifiées, les unes plus abstraites où les élèves manifestant le plus d’ardeur et de dons pour le travail intellectuel recevraient un enseignement à la mesure de ce qu’ils peuvent apprendre, les autres où les élèves manifestant davantage d’aptitudes manuelles ou artistiques (voire sportives) recevraient une formation adaptée susceptible de leur redonner le goût de l’étude, et soigneusement construite pour prendre plus tard une véritable valeur sur le marché de l’emploi.

Enfin, le principe d’égalité ne doit pas non plus empêcher l’évaluation des élèves ; au contraire, il est d’autant mieux respecté que les élèves sont évalués suivant des règles claires pour tous, à savoir qu’on obtient de bonnes notes si on apprend bien et de mauvaises notes si on apprend mal.

Tant que l’Education nationale sera très centralisée et quasiment impossible à réformer en raison de ce mur idéologique que vous évoquiez, les choses peuvent-elles vraiment changer. Quelle organisation imaginer ?

L’organisation est importante mais elle n’est pas le plus important. Le problème du système éducatif n’est pas tant un problème de moyens, ni d’organisation, que d’état d’esprit.

Je ne pense pas que les problèmes actuels disparaîtraient si l’éducation était décentralisée. Je crains que si un dispositif tel que le chèque éducation se mettait en place, les organisations commerciales s’y engouffreraient avec la même démagogie. Il suffit de voir tout le monde applaudir lorsqu’un directeur équipe son école d’ordinateurs, comme si cela allait régler quoi que ce soit. Personnellement, je freine des quatre fers à l’entrée du numérique à l’école. Je n’y suis pas absolument opposé, mais à la condition que les élèves maîtrisent déjà parfaitement l’écriture, la lecture et toutes les connaissances de base et qu’ils aient déjà acquis une maturité certaine. Au lycée, ce qui serait judicieux serait de développer un enseignement sérieux de la programmation qui possède une véritable valeur intellectuelle.

Je pense que le système scolaire actuel ne sait plus faire la différence entre les âges. C’est ainsi que l’on se retrouve à introduire l’informatique ou la philosophie en primaire…

L’école, le collège ou même le lycée n’ont pas à courir après les derniers développements de la technique ou de la science, ni après les dernières évolutions de la société. L’École est amenée à évoluer pour inclure des nouveaux acquis fondamentaux du temps présent ; mais elle doit le faire lentement, après longue et mûre réflexion, en se gardant des effets de mode.

Vous estimez que l’école n’est pas seule en crise et que le débat sur l’école républicaine nécessiterait un débat public plus large sur la place accordée par la société française au savoir et à la culture. Qu’entendez-vous par là ?

La destruction de l’école est venue en partie des universitaires, détenteurs de savoirs qu’ils auraient dû défendre. Cela signifie que les intellectuels de notre temps ont des doutes très profonds sur la valeur de ce qu’ils font.

Par ailleurs, en France, tout le monde se dit favorable à la culture et à la science, alors que la culture anglo-saxonne est davantage teintée d’anti-intellectualisme, et pourtant, on est sidéré par la différence de traitement accordé à nos universités et aux grandes universités américaines ou anglaises. Les Anglais et les Américains, même s’ils ne leur laissent qu’une petite place, ont su créer des îlots de savoir remarquables, alors que nous, qui sommes censés honorer la culture, traitons nos campus universitaires de la pire manière possible. Il y a plus de Prix Nobel qui sortent de Cambridge que de la France et de l’Allemagne réunies. On mesure la distance entre ce que disent nos élites et ce qu’elles font.

D’autre part, il suffit de comparer la vie intellectuelle française contemporaine par rapport à celle de la première moitié du 20ème siècle pour constater que la différence est abyssale. Il y a un assèchement d’un certain terreau. Certes il y a quelques décennies, une minorité d’élèves allait au lycée mais elle bénéficiait d’une étude très poussée des langues classiques et des grands auteurs, qui constituaient pour eux des exemples. Le standard de qualité est aujourd’hui perdu : la qualité de la production éditoriale actuelle est inversement proportionnelle à la quantité de livres publiés. Désormais tout le monde estime avoir des choses intéressantes à dire, personne n’est plus capable de s’évaluer justement soi-même et de s’abstenir de publier ce qui ne mérite pas de paraître, le volume de la production éditoriale rend impossible de reconnaître ce qui a de la valeur, ce qui signifie que nous avons une censure d’un genre nouveau, la censure par ensevelissement sous la masse.

NDRL : Vous pourrez retrouver l’ensemble des documents que Laurent Lafforgue a recueillis sur l’école, des textes sur l’éducation qu’il a rédigés et des interviews qu’il a données sur son site (ainsi que ses travaux scientifiques bien évidemment). Une mine d’informations…(personnellement, j’y ai passé des heures et des heures).

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27 Commentaires

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Le 27 avril 2015 à 11 h 21 min | en réponse à Jean Barbier, Pr S. Feye a dit :

:"Il faudrait que celle-ci se réfugie dans des cloîtres, comme au Moyen-Âge, des cloîtres défendus par les armes." L'auteur éclairé de ces lignes a très probablement raison. N'y voyez aucun goût, chez moi, pour la violence et les armes., mais il semble très logique que cette masse inculte et bêtement politisée, à laquelle on a laissé pendant si longtemps la jouissance du pouvoir de la médiocratie, ne le laissera pas s'échapper de ses mains sans exercer une grande répression ou vengeance. Comme citait déjà le peintre Louis Cattiaux vers les années 50: "L'athlète qui se déshabille devant une assemblée de bossus ne doit pas s'attendre à des applaudissements.". Cet auteur, ami de Guénon, avait non seulement annoncé avec précision la chute non violente des Soviétiques, mais aussi la dissolution des nations et de l'enseignement. Mais prédire est une chose; trouver des solutions en est une autre. Je propose ceci, que j'ai pratiqué avec succès: Achetez l'ANCIEN Assimil latin (pas le nouveau qui est bourré de fautes!),, et essayez de parler latin en famille à table par exemple. C'est passionnant. Petit à petit, vous accéderez aux 85% de la littérature de l'Occident auquel on nous bouche l'accès. C'est mon cas: je ne suis pas philologue, et je viens pourtant d'éditer mon quatrième livre traduit du latin en français. Jamais je ne me serais cru capable de cela quand je consdérais le latin comme une langue morte....

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Le 27 avril 2015 à 10 h 15 min , Jean Barbier a dit :

« Il ne reste plus qu’à soutenir des initiatives à toute petite échelle : des personnalités, des écoles, des associations… Désormais, on peut seulement œuvrer à ce que des petites flammes continuent de briller ici et là. » On retrouve ici la proposition énoncée par Renaud Camus de former des "sanctuaires" de civilisation, de savoir. Mais comment se résoudre à cela ? Et comment croire que la majorité tolèrera l'existence d'une minorité éclairée ? Il faudrait que celle-ci se réfugie dans des cloîtres, comme au Moyen-Âge, des cloîtres défendus par les armes.

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Le 26 avril 2015 à 20 h 33 min , Corinne a dit :

cela fait des années que je le dis. Mais quand on sort de ces programmes minimalistes et que l'on donne le gout de l'effort et le gout de l'étude à nos élèves, nos inspecteurs nous tombent dessus pour "sortie de programme prohibée" !!!!

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Le 25 mars 2015 à 15 h 21 min , Pr S. Feye a dit :

Tout cela c’est très bien. Mais tant que vous ne restaurerez pas les études gréco-latines jadis offertes à tous, vous n’empêcherez pas la France de devenir un pays sous-développé. Pr Stéphane Feye Schola Nova (non soumise au décret inscriptions) – Humanités Gréco-Latines et Artistiques http://www.scholanova.be http://www.concertschola.be http://www.liberte-scolaire.com/…/schola-nova http://online.wsj.com/news/articles/SB10001424052702303755504579207862529717146 http://www.rtbf.be/video/detail_jt-13h?id=1889832

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Le 2 mars 2015 à 18 h 29 min , L’Education Nationale, un vaste mensonge. | FAPEC a dit :

[...] Lire la suite de l’article sur en-aparte.com [...]

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Le 15 février 2015 à 19 h 45 min , L’Education Nationale, un vaste mensonge. | Farida Belghoul - JRE2014 a dit :

[...] Lire la suite de l’article sur en-aparte.com [...]

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Le 30 octobre 2014 à 15 h 17 min , à lire: « Les déshérités ou l’urgence de transmettre » de F. X. Bellamy | Planète surdoués a dit :

[...] http://www.en-aparte.com/2013/06/28/laurent-lafforgue-mathematicien-leducation-nationale-est-devenue... [...]

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Le 21 septembre 2014 à 1 h 30 min , Về sự suy sút của nền giáo dục Pháp, theo Laurent Lafforgue « ZetaMu a dit :

[...] http://www.en-aparte.com/2013/06/28/laurent-lafforgue-mathematicien-leducation-nationale-est-devenue...http://www.linternaute.com/science/divers/interview/06/laurent-lafforgue/laurent-lafforgue.shtml [...]

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Le 27 août 2014 à 1 h 06 min | en réponse à rapunzel, Richard a dit :

@rapunzel: Bravo pour votre courage ! Un jour il y aura une école Lafforgue. N'oublions pas son frère qui est aussi génial que lui et qui aurait mérité lui aussi la médaille Fields- si elle n'était devenue un prix gadget type Oscar pour les meilleurs mathématiciens du "système". Je suis hélas persuadé que l'action de Laurent Lafforgue a desservi son frère par la réaction négative qu'il a entraînée. Le problème est que la plupart des mathématiciens universitaires n'ont pas de culture. Ils ont lu peu de livres mais pourtant se croient autorisés à donner des leçons de morale. On voit tout de suite avec Laurent Lafforgue que c'est un "honnête homme". Oui, merci M. Lafforgue !

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Le 27 août 2014 à 0 h 53 min | en réponse à JeanHuguesRobert, Richard a dit :

@JeanHuguesRobert: Jean-Hugues Robert doit être un de ces experts dont il est question. Pauvre type...

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Le 12 juillet 2014 à 20 h 11 min , JeanHuguesRobert a dit :

Il y avait longtemps que je n'avais plus lu un ensemble pareil de poncifs ringards si bien rassemblés. Au delà des savoirs de base, l'école devrait former des citoyens, c'est à dire des personnes capables de se protéger de façon autonome et collective contre les abus de pouvoir de nos dirigeants. Au lieu de quoi elle est la premiere étape d'un processus d'infantilisation perpétuel dont l'unique but est d'obtenir des électeurs incompétents et dociles, et, à l'occasion, quelques matons pour les encadrer.

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Le 5 juin 2014 à 23 h 35 min , Critiques et analyses | Pearltrees a dit :

[...] Laurent Lafforgue : "L'Education nationale est devenue un vaste mensonge" [...]

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Le 17 avril 2014 à 10 h 27 min , L’école peut-elle être une démocratie ? | Des hauts et débats a dit :

[...] brillant que Laurent Laforgue, engagé en son temps sur les questions scolaires, peut s’y perdre. Quelques extraits d’une interview  [...]

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Le 13 mars 2014 à 18 h 35 min , Le progrès en question ? | Forum Démocratique a dit :

[...] et en science en général on a de quoi se pose la question. À ce propos je vous invite à lire ce texte de Laurent Lafforge qui est assez édifiant sur l’état de l’enseignement en France. Quoi qu’il en [...]

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Le 2 décembre 2013 à 17 h 38 min , patrick a dit :

bad school

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Le 23 septembre 2013 à 14 h 59 min , Robert Jérôme a dit :

Laurent Laforgue avait aussi émis cette remarque intéressante : toute référence à l'élitisme est systématiquement gommée du discours de l'Education nationale. 
Or, la promotion de l'élitisme, sous toutes ses formes, dans toutes les branches et disciplines, manuelles y compris, est fondamentale pour l'équité de l'enseignement.

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Le 16 septembre 2013 à 18 h 46 min , rapunzel a dit :

Merci, merci et encore merci. 

Nous avons eu une expérience, très démonstrative de notre système éducatif, avec l'école maternelle et primaire dans le privé l'an passé, à notre retour de l'étranger. 
Nous avons décidé de déscolariser nos enfants en avril tellement le constat, sur les 2, étant alarmant. Nous avons repris une instruction en famille, avec des cours par correspondance d'une école en Bretagne qui nous satisfait pleinement sur le plan pédagogique et humain. Ce fut notre solution, à nous. 
Et les enfants sont heureux, apprennent volontairement, interrogent sur tout, et ont repris du poids. Ils font 4 activités qui leurs plaisent dans de bonnes conditions (à 17h après une journée de 10h on est pas top ...) et ne sont pas "dé-sociabilisés", mais plutôt "dé-collectivisés". Ils ont bien entendu des

De la hiérarchie des dimensions

Par Le 26/04/2015

Medite

Je réfléchis depuis quelques temps à établir une cartographie des différentes dimensions qui nous habitent et à identifier les liens et les hiérarchies éventuelles.

J'ai gribouillé dans ma tête un premier schéma et c'est celui qui me servira de point de départ. 

Pour moi, il existe :

une dimension émotionnelle. C'est la dimension archaïque, celle qui a vu le jour dans le ventre de notre mère.

une dimension intellectuelle. C'est la dimension éducative, depuis la famille en passant par l'école et la société entière comme point de référence. 

Lorsque l'individu parvient à fusionner ces deux dimensions, il entre dans le champ d'application de la spiritualité. Il va en effet apprendre à user de son intellect pour verbaliser en pensées ses émotions et surtout apprendre à les observer pour ne pas être emporté. L'intellect sait réguler les phénomènes car tous les apprentissages qu'il a connus lui donne l'expérience nécessaire. Il sait comment raisonner pour que les émotions deviennent des tremplins vers l'Eveil et non des condamnations ou des errances sans cesse reproduites.

Il va néanmoins manquer un élément important et qu'il s'agira de retrouver dans une mémoire ancienne, celle de l'Enfant intérieur... La dimension sensorielle. 

Il me semble impossible, voire mensonger, d'envisager la moindre évolution spirituelle sans venir associer aux connaissances intellectuelles et à la maîtrise des émotions, une dimension liée essentiellement aux sensations. C'est la dimension que j'appelle "as-sens-sionnelle"

Lorsque ces trois dimensions ont fusionné : Emotionnelle / Intellectuelle / Sensorielle , l'individu peut envisager de s'ouvrir à la dimension Sexuelle.

Je la place effectivement au sommet de la pyramide des dimensions car elle vient nourrir l'Amour et qu'il est à la source de la Vie.  

Dans tout parcours de vie qui se limite aux trois dimensions précédentes, aussi profonde que puisse être l'exploration, il manquera une dimension amoureuse. Elle n'est pas limitée à l'amour humain car il s'agit là de l'amour incondtionnel. Mais il manquera inévitablement dans le cas d'un amour non-humain, l'exploration commune de la dimension sexuelle. Elle contient pourtant un tremplin dont l'importance échappe à ceux et celles qui n'ont pas fusionné au préalable les trois dimensions précédentes. Car il est vain de s'atteler à une expérience sexuelle enrichissante si les individus n'ont pas constitué en eux des fondations indestructibles. Les séismes inévitables mettront tout en ruines.

La sexualité n'est pas un moyen de créer un lien amoureux. 

Elle est un chemin vers un objectif et le chemin lui-même est un but. Car l'objectif n'est même pas identifiable, il n'est pas du ressort de notre intellect ou des autres dimensions. C'est d'avancer par conséquent sur le chemin qui devient le but. Et peu à peu se dessineront des horizons à travers le brouillard de nos méconnaissances. 

Il ne s'agit donc pas d'une sexualité génitale mais d'une sexualité spirituelle, une sexualité sacrée, divine, une sexualité totale puisqu'elle s'éveille lorsque l'individu a unifié en lui les trois dimensions élémentaires.

Ou élémen-terre.

La dimension sexuelle étant la dimension céleste. 


Emotionnelle / Intellectuelle / Spirituelle / Sensorielle  = Sexualité sacrée. 


L'immobilité de l'équilibre.

Par Le 26/04/2015

Photo de Thierry Ledru.
« L’immobilité de l’équilibre est la meilleure réponse à donner aux questions sans réponses. Ensuite, parce que vous ne les rechercherez plus, ces réponses jailliront. L’intention de la pensée tournée vers une solution rationnelle alors que les éléments qui questionnent ne sont même pas identifiés, c’est une intention limitante. Vous en êtes responsables sans le comprendre et dès lors, vous cherchez des coupables extérieurs. Et vous entretenez inévitablement vos errances. Il faut cesser de vouloir pour que les réponses puissent s’approcher. C’est comme un animal sauvage qui ne supporterait pas votre impatience à l’apprivoiser. Comment voudriez-vous résoudre une situation problématique en usant des schémas internes qui ont conduit à l’élaboration même de cette situation ? C’est comme vouloir se protéger d’une contamination alors que vous avez développé vous-même le virus. Empiler des pierres dans un équilibre improbable, c’est s’offrir un exutoire à la volonté des résolutions impossibles. Alors, je viens ici, je choisis des pierres, je les observe, je les ressens, je les aime et je les remercie de la plénitude qu’elles m’offrent. Et c’est lorsque je n’attends plus rien, lorsque je suis totalement impliqué dans l’équilibre que l’animal sauvage de mes pensées insoumises vient se blottir contre moi. 
-C’est comme une méditation en quelque sorte ?
-Oui, mais je ne conçois pas la méditation autrement que dans la nature. Méditer dans une pièce fermée, dans un lieu humain, c’est comme s’il était nécessaire de se dénaturer pour se retrouver. Mais qui apparaîtra ? Qui va se révéler ? Est-ce qu’il ne s’agira pas uniquement d’un état égotique, du miroir déformant d’une réalité humanisée ? La paix existe déjà ici et il convient juste d’apprendre à en saisir les parfums. Je ne crée pas la paix. Je m’y plonge dès lors que j’ai déposé les armes de ma volonté et de toute intention. Alors, j'empile des pierres en équilibre et quand elles tombent, je recommence. »

Le cerveau des enfants.

Par Le 26/04/2015

 

L'apprentissage de la méditation avec de jeunes enfants est une voie idéale dans cette observation interne du cerveau. Un enfant qui médite et prend conscience des phénomènes en lui est bien plus avide de connaissances que l'enfant qui n'a aucune idée de tout ça.

Il est fascinant et enthousasmant d'imaginer le fonctionnement du cerveau lorsqu'il travaille et pour un enfant, c'est une situation stimulante. Lorsqu'ils parviennent à dire qu'ils sont en train de travailler et qu'en même temps, ils observent comment ils sont dans le travail, je sais que le plus important est installé. L'enfant qui a appris à travers la méditation à instaurer en lui une observation lucide et calme, n'a plus besoin d'être stimulé par une pression extérieure. Il chemine pour lui-même. 

 

Oui, c'est l'objectif final de ce travail. 

Non, je n'y arrive jamais. Pas dans une année scolaire. Je peux juste imaginer que certains enfants auront envie de continuer une fois qu'ils seront partis. 

 

 

 

Ce que les enfants devraient apprendre à propos de leur cerveau à l’école

 

Les neurosciences apparaissent comme un domaine réservé aux meilleurs étudiants en sciences. Or une étude américaine a démontré que

au plus tôt on apprend comment fonctionne notre cerveau à l’école, au mieux c’est.

Comment fonctionne le cerveau ?

Suite à une étude menée sur des enfants de 4 à 13 ans, les psychologues Peter Marshall et Christina Comalli ont découvert que les jeunes enfants ne connaissent ni les fonctions ni le fonctionnement de leur cerveau. Les scientifiques attribuent cet état de fait à plusieurs facteurs : 

1. les parents et les enseignants ne mentionnent que très rarement le cerveau quand ils apprennent aux enfants comment leurs corps fonctionnent. Par ailleurs, les adultes utilisent peu le mot « cerveau » dans leurs conversations avec des enfants. Par exemple, les programmes scolaires du primaire indiquent l’étude des os, des articulations et des muscles dès le CE2 mais n’abordent pas la question du cerveau ou de la mémoire. 

2. l’enseignement portant sur l’anatomie et les fonctionnalités du cerveau ne commence qu’au collège.

3. les enfants ne peuvent pas observer leur propre cerveau et sont forcés d’imaginer ce qui se passe à l’intérieur de leur tête. Les enfants s’imaginent leur cerveau comme une simple boîte dans laquelle ranger des souvenirs et des faits.

cerveau à l'école : à quoi ça sert ?Marshall et Comalli ont alors élaboré une leçon d’une vingtaine de minutes à destination d’élèves de primaire. La leçon contient des éléments sur le rôle du cerveau dans les activités sensorielles :

il s’agit d’enseigner aux enfants que le cerveau ne sert pas seulement à penser (comme les enfants le présument souvent) mais aussi à voir, entendre, sentir ou encore ressentir.

Pourquoi apprendre le fonctionnement du cerveau à l’école ?

Carol Dweck, une autre psychologue américaine, a démontré les avantages que les enfants peuvent retirer de meilleures connaissances sur leur cerveau : les enfants abordent de manière plus positive les erreurs car ils savent que leur cerveau est plastique et qu’il leur permet de développer de nouvelles compétences en travaillant.

Les enfants sont alors plus motivés à persévérer jusqu’à ce qu’ils atteignent leur objectif.

Les croyances et comportements des enfants envers la réussite et l’échec sont déjà en place chez les enfants dès la maternelle. Pourquoi ne pas alors introduire des cours sur le fonctionnement du cerveau dès le CP ? Goldie Hawn a développé un programme basé sur cette idée : enseigner le fonctionnement du cerveau aux élèves dès le primaire. Le programme MindUp est pratiqué dans une centaine d’écoles aux Etats-Unis : j’en parle ici (une autre manière d’envisager la pleine conscience à l’école).

Comment enseigner le fonctionnement du cerveau à l’école ?

Je vous propose deux vidéos (en anglais) destinées aux enfants. Vous pouvez activer les sous titres en anglais sur You Tube. La première explique à quoi sert le cerveau, la deuxième comment le cerveau fonctionne quand on apprend.

1. A quoi sert le cerveau ? 

C’est seulement à la Renaissance que les scientifiques ont démontré que les idées, les sentiments et sensations venaient du cerveau et non du coeur. Il est faux de croire que nous utilisons seulement 10% de notre cerveau (je vous conseille la lecture de cet article à ce sujet : Non, nous n’utilisons pas 10% de notre cerveau).le cerveau à l'école en vidéo

2. Comment apprend-t-on ?

Notre cerveau contrôle notre corps et choisit tout ce que nous faisons (se sentir triste, voir, se déplacer, dessiner…). Dans l’apprentissage, le cerveau est la partie la plus importante du corps humain.

Quelles sont le conditions favorables à l’apprentissage ?

1. La répétition

L’apprentissage se fait avec la répétition des gestes : plus on répète un geste, une action, une leçon, plus ceux-ci paraissent faciles car les connexions entre les neurones du cerveau se font plus vite dans le cerveau. Le processus d’apprentissage et de mémorisation consiste en la création de connexions entre neurones. Plus on entraîne notre cerveau à créer des connexions entre neurones, mieux on apprend.

Pour en savoir plus, je vous invite à consulter la vidéo dans cet article :  Mieux connaître le cerveau pour mieux enseigner – dernières découvertes en neuroéducation

2. La gestion des émotions

Le cerveau est également responsable des émotions (tristesse, anxiété, joie…). Les émotions ont un fort impact sur notre manière d’apprendre. Le stress ou l’anxiété rend les apprentissages plus compliqués. L’anxiété ou la menace provoque la sécrétion d’hormones comme l’adrénaline ou la cortisol dans le corps : ces hormones modifient la manière de penser, agir et ressentir. Les scientifiques pensent que nous apprenons mieux quand nous sommes heureux et relaxés.

Je vous propose de compléter la lecture avec ces articles :

La pleine conscience à l’école : pourquoi ? comment ? quels gains pour les élèves ?

Apprendre dans la joie grâce aux associations d’idées positives

Communiquer avec ses émotions et avec les autres

3. L’hydratation

Le cerveau a besoin d’être irrigué pour créer des connexions entre les neurones : boire de l’eau améliore les capacités d’apprentissages. La déshydratation entrave le bon fonctionnement du cerveau.

4. Une alimentation équilibrée

Le cerveau a besoin de protéines, de graisses, de fruits et légumes, d’hydrates de carbone et de sucres pour fonctionner correctement. Une alimentation trop riche en sucres et additifs entrave la concentration.

5. Les sensations physiologiques comblées

Le sommeil, la faim, la chaleur ou encore le froid affectent le niveau de concentration du cerveau et donc les apprentissages.

6. Des pauses régulières

Il est utile de faire des pauses du cerveau (« brain breaks »). En règle générale, il vaut mieux diviser une session d’apprentissage ou de révisions en plusieurs petites sessions. C’est la méthode de l’arrosage dont je parle dans cet article : 10 méthodes pour apprendre, réviser et mémoriser efficacement.

Les exercices physiques sont recommandés pour oxygéner le cerveau.

7. La stimulation de tous les canaux de réception des informations

Il existe plusieurs canaux de réception des informations :

Nous apprenons tous par différents canaux : par la vue, par l’oreille, par le mouvement. Il serait alors judicieux d’inciter les apprenants à combiner plusieurs manières d’apprendre. Isabelle Pailleau et Audrey Akoun écrivent dans Apprendre autrement avec la pédagogie positive :

Nous n’avons pas un seul et unique mode d’évocation. En fonction de la tâche que nous effectuons, nous mixons parfois plusieurs modes d’évocation. Les élèves qui réussissent brillamment sont d’ailleurs ceux qui parviennent à « jouer » sur plusieurs gammes d’évocation en fonction de l’objectif. 

L’idée essentielle est de pouvoir augmenter la palette de tout ce qui se passe dans la tête.

Est-ce que l’intelligence est fixée pour la vie ou peut-on travailler son intelligence ?

Le cerveau crée de nouvelles connexions neuronales en permanence, à tout âge. Cela signifie que TOUT LE MONDE est capable d’apprendre (hors pathologies graves).

Plus on utilise notre cerveau, plus il devient efficace. Quelques conseils pour garder son cerveau alerte tout au long de la vie :

  • amusez-vous à vous poser des défis !

  • soyez ambitieux !

  • définissez-vous des objectifs !

  • soyez curieux et imaginatifs !

Les puzzles, la lecture, la pratique d’un instrument de musique, les jeux vidéo, le dessin sont efficaces pour entraîner le cerveau à tout âge.

3. Un livre pour enfant dédié au fonctionnement du cerveau

Le cerveau, à quoi ça sert ? apporte des réponses aux questions que les enfants pourraient se poser à propos de leur cerveau :

Le cerveau sert-ils seulement à réfléchir ?

Est-ce qu’il fonctionne quand je dors ? quand je ris ou quand je pleure ?

Comment commande-t-il mes mouvements ?

Il se présente sous forme de photo-reportages et Justine, l’héroïne, guidera les lecteurs dans leur découverte de l’action du cerveau dans la vie de tous les jours.

Nils Frahm

Par Le 25/04/2015

KUNDALINI

Il me faut une musique quand j'écris un roman, une ambiance, une sonorité, un instrument.....

Nils Frahm a souvent été un compagnon fidèle. Il l'est encore pour ce roman-là.

Le faux plein

Par Le 25/04/2015

Un faux plein ne peut remplir un véritable vide et pourtant, toute la logistique économique et marchande entretient ce mensonge. Il est même recommandé de ne pas chercher à développer l'individu dans sa sphère spirituelle puisque le PIB n'y survivrait pas.

Le véritable vide est en nous et il ne peut être comblé par des éléments extérieurs. Ni même par l'amour des autres car que pourraient-ils remplir par leur affection qui ne soit déjà constitué ? Le vide réel n'a pas d'enveloppe, il n'a aucune frontière. L'individu qui est vide spirituellement n'a pas de frontières, il n'existe pas, il est totalement fluctuant, comme une méduse, il change d'ectoplasme en fonction des circonstances, il n'est que le fantôme d'une aura...

Il n'y a qu'une issue. Exister en Soi et pour cela explorer le vide. C'est lorsque cette "Terra Incognita" aura été cartographiée, éprouvée, ressentie, disséquée et enfin aimée...que le reste suivra...Plus de vide à combler par des artifices éphémères. L'Amour existe lorsque l'individu n'attend plus rien.

Comme dans toutes explorations, il y aura donc des errances, des demi-tours, des hésitations, des remords, des regrets, des bonheurs aussi...Et tout ce qui ne sera pas un bonheur sur l'instant deviendra une leçon de vie lorsqu'aura été analysée la cause des causes, lorsqu'auront été observées les émotions générées, lorsque l'individu aura compris au plus profond que le chemin est le but, que chaque pas est un trésor, que chaque instant est une vie. 

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Ardèche

Par Le 25/04/2015

Une belle virée avec le camion dans des coins perdus de l'Ardèche. Même la descente des gorges du même nom, à pied, était vide. On a croisé cinq ou six personnes sur la journée. Maintenant, c'est clair que cinq heures de marche et un retour en autostop, ça calme les prétendants. Et c'est pourtant magnifique !

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