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Covid et philosophie
COVID-19 : un philosophe face à la pandémie
« La philosophie est intarissable », avance Antoine Cantin-Brault, professeur de philosophie. Et nous, bien souvent confinés, pourquoi ne prendrions-nous pas quelques minutes par jour pour réfléchir aux questions soulevées par cette pandémie?

L'empereur romain Marc Aurèle était un adepte du stoïcisme, une doctrine qui pousse à s'interroger sur la perception qu'ont les humains sur ce qui les entoure et non sur des choses qu'ils ne peuvent contrôler.
PHOTO : RADIO-CANADA
Commentaires Laureen Laboret (accéder à la page de l'auteur) Laureen Laboret
Publié le 18 avril 2020
Quelles questions la pandémie actuelle pose-t-elle à un philosophe? Comment la philosophie peut-elle nous aider à réfléchir à ce qui nous entoure? Voici quelques pistes de réflexion avec le professeur agrégé de philosophie Antoine Cantin-Brault, de l’Université de Saint-Boniface, au Manitoba.
Nul doute que la période perturbée que nous vivons donnera matière à réfléchir aux philosophes contemporains et en devenir. C’est le cas de tout grand chamboulement.
Le retour en force de pensées du passé
Antoine Cantin-Brault voit dans la période que nous vivons, un retour de la théodicée, une doctrine qui cherche à expliquer le plan divin, la présence du mal dans un monde régi par un dieu qui est bon et tout-puissant.
Celle-ci prend une nouvelle forme sécularisée. Elle n’est plus liée au religieux, mais à la nature, comme si la nature elle-même était devenue une sorte de nouvelle divinité, précise-t-il.

Le séisme de Lisbonne est, par exemple, une catastrophe naturelle qui a marqué le 18e siècle. En 1755, celui-ci a fait près de 70 000 victimes sur une population de moins de 300 000 habitants. Cet événement tragique a grandement influencé la philosophie et la théodicée en particulier. À cette époque, philosophes et simples citoyens ont eu beaucoup de mal à expliquer pourquoi tant de personnes étaient mortes.
PHOTO : DOMAINE PUBLIC - THE EARTHQUAKE ENGINEERING ONLINE ARCHIVE - JAN KOZAK COLLECTION: KZ12
C’est une nouvelle forme de tyrannie qui n’est pas celle de Dieu, mais celle de la nature.
Antoine Cantin-Brault, professeur agrégé de philosophie à l’Université de Saint-Boniface, au Manitoba
Cette nouvelle pensée pousse à se demander si la nature a vraiment un plan dans lequel les humains seraient les victimes. Je trouve cette tendance dangereuse, car on revient à une autre forme de tyrannie ou de dictature, dit le philosophe, qui ne nie pourtant pas qu’une crise sanitaire est en train d’avoir lieu.
Poussée à l’extrême, cette pensée peut nous amener à croire que la nature nous envoie des signes, comme si c’était elle, la divinité.

« Dans d’autres époques, on allait chercher la cause dans la religion, mais aujourd’hui, on a du mal avec ça, car on vit dans un monde sécularisé, laïque. Donc, on se tourne vers la nature. » Un constat qui fait craindre à Antoine Cantin-Brault, une chasse aux sorcières à la fin de la pandémie, dans le but de trouver une cause à celle-ci et, donc, des coupables.
PHOTO : GETTY IMAGES/DOUGLAS GRUNDY
Le philosophe constate aussi un retour en force du stoïcisme. Il y a eu des recrudescences de stoïcisme, dans l’histoire [dans des] moments assez graves, comme la peste.
Le stoïcisme consiste en effet à penser que le seul contrôle qu’ont les hommes sur la vie, c’est un contrôle sur leur volonté. En agissant sur notre perception des événements, on pourrait donc atteindre un état de paix intérieure (ataraxie, chez les Grecs).
Même si cette doctrine met l’accent sur ce que l’on peut contrôler et non sur ce qui nous échappe, un excès de stoïcisme peut être dangereux. Si l’on cesse d’agir et que l’on subit et accepte la volonté divine, précise le professeur.
Une perte de liberté... au nom de la liberté?
Qu’en est-il de la liberté, ce concept si cher à la philosophie, mise à mal en ces temps de confinement?
Plusieurs mesures coercitives mises en place dernièrement semblent entraver nos libertés individuelles (circulation, rassemblement et, bientôt, des applications qui vont surveiller nos va-et-vient).
M. Cantin-Brault rappelle que cette restriction de la liberté est faite au nom de la liberté elle-même. En ce moment, beaucoup de gens ont des problèmes avec le confinement, car ils ne sentent pas qu’ils empiètent sur la liberté d’autrui, ajoute-t-il.
On n’est pas en train d’assister à une redéfinition de la liberté, on voit simplement que notre action a un impact encore plus dommageable sur l’autre.
Antoine Cantin-Brault, professeur agrégé de philosophie à l’Université de Saint-Boniface, au Manitoba
Il évoque aussi des affrontements générationnels, certaines générations se pensant plus immunisées que d’autres.
Selon le philosophe, c’est bien grâce au principe auquel on a adhéré depuis longtemps, à savoir que ma liberté s’arrête là où commence celle des autres, que les gouvernements arrivent à justifier le confinement.
Repenser demain : le rôle des lieux publics
Avec près de la moitié de la planète touchée par ce confinement, celui-ci semble sonner le glas de l’espace public tel que nous l'avons connu.
Les Grecs avaient l’Agora, lieu de rencontre par excellence, où les citoyens votaient, discutaient. Si le confinement se passait à cette époque, il y aurait un risque de tyrannie, avance Antoine Cantin-Brault.
Et aujourd’hui? Nous ne sentons pas nécessairement ce risque, car nous avons déplacé le débat public de la sphère publique. Maintenant, les gens débattent en ligne, sur les réseaux sociaux, observe le philosophe.

Selon Antoine Cantin-Brault, la période actuelle remet en question notre besoin de lieux publics, où les rencontres ont lieu. L’exemple des aires de jeu est intéressant : lieu de sociabilité et d’amusement pour les enfants, ils permettent également aux parents de se rencontrer, discuter et participer à la formation d’une vie de quartier.
PHOTO : RADIO-CANADA / GUY R. LEBLANC
Quand le besoin des lieux publics ne se fait plus sentir, cela laisse place à l’individualisme, qui donne, aux individus, l’illusion de l’autosuffisance, selon M. Cantin-Brault.
On voit que notre individualisme est aussi menacé par la pénurie de papier toilette.
Antoine Cantin-Brault, professeur agrégé de philosophie à l’Université de Saint-Boniface, au Manitoba
Est-ce que, les populations privées de ces lieux, en ressentent-elles le manque? Vont-elles réinvestir ces lieux publics avec passion et essayer de les améliorer? Ou, au contraire, va-t-on se rendre compte qu’on n'en a plus besoin? Les questions sont nombreuses pour la suite, souligne le professeur.
Le rapport au corps et la peur de la mort
Est-il possible de parler d’une pandémie sans mentionner notre rapport au corps et à la mort? Difficilement, répond M. Cantin-Brault.
En Occident, nous avons tendance à séparer le corps de l’esprit. Antoine Cantin-Brault pense que la situation actuelle nous fait nous interroger sur cette dichotomie.
Ce virus va nous faire prendre conscience de ce qu’est notre corps, et ça, c’est très important, avance-t-il. Il voit cela comme un rappel d’humilité, qui met en avant notre vulnérabilité.
On a beau avoir été sur la Lune et [avoir] inventé la bombe atomique, des choses que l’on pensait impossibles il y a 100 ans, pourtant on peut encore facilement mourir.
Antoine Cantin-Brault, professeur agrégé de philosophie à l’Université de Saint-Boniface, au Manitoba
La pandémie nous rappelle donc que nous sommes mortels. Ça n’est pas une mauvaise chose que de penser à la mort, affirme le philosophe. Même si cette pensée est angoissante, elle permet de réfléchir au sens de notre vie. Le bien et le mal n’ont plus de sens dans une existence infinie, conclut-il.
Des questionnements sans fin, donc, et de quoi se tenir éveillé pendant encore quelque temps, confinés ou non.
Laureen Laboret (accéder à la page de l'auteur)
Laureen Laboret
Le coronavirus, la vie et la mort
J'aime beaucoup ce site. J'y trouve de nombreuses lectures fort intéressantes.
On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.
Georges Bernanos, La France contre les robots (1947)

Coronavirus : une lecture philosophique et spirituelle
17 AVRIL 2020
4.7/5 (213)
Que nous apprend la crise du coronavirus sur nous-mêmes, la Nature et le monde ? Comment interpréter l’épidémie du Covid-19 sur le plan de la philosophie et de la spiritualité ?
La crise du coronavirus bouleverse nos vies et nos esprits. Arrêt de l’économie, mouvements de panique, dérèglement des habitudes, incertitude sur l’avenir : la crise pandémique révèle la non-maîtrise de ce que nous pensions maîtriser.
L’être humain, animal sans prédateur, redécouvre qu’il peut être menacé à grande échelle par un virus, forme vivante qui utilise les cellules d’autres vivants pour se nourrir et se répliquer.
L’apparition du coronavirus montre l’étendue de la crise spirituelle que traverse aveuglément notre société. Au milieu de l’effroi, le rôle du philosophe est de montrer un nouveau chemin de pensée et d’action face à une épreuve de grande envergure. En effet, le combat se mène aussi dans l’intimité de notre psychisme.
La “crise” du coronavirus nous amène à nous interroger sur nous-mêmes, sur le sens de la vie et celui de l’humanité.
Tentons une approche philosophique et spirituelle de cette pandémie.
Lire aussi notre article : Coronavirus et privation de liberté.
Le coronavirus et la peur.
La première réaction face à l’arrivée du coronavirus est la peur, largement véhiculée et amplifiée par les médias. Ces derniers répètent en boucle des informations alarmantes, comme le ferait un cerveau touché par un syndrome de stress post-traumatique.
La peur s’installe donc : peur de la maladie, de la mort, peur de voir tout remis en cause, peur de perdre son travail, ses économies, ses habitudes, ses proches.
La peur est une réaction normale, liée au désir primaire de sécurité. L’instinct de survie (un des constituants du “ça” de Freud) est ancré dans notre cerveau reptilien. Il nous pousse à voir le virus comme le mal, comme l’ennemi absolu. Il nous amène à prendre des mesures individuelles drastiques : repli, constitution de réserves, méfiance vis-à-vis des autres, rejet de tout ce qui peut constituer un risque d’être infecté.
La peur n’est pas mauvaise en soi ; elle est l’un des éléments qui peuvent nous sauver. Mais l’homme moderne est plus qu’un agrégat d’instincts et de conditionnements automatiques ; sa conscience le pousse à voir plus loin.
Rééquilibrage et recentrage.
Justement, tentons de prendre un peu de recul.
La crise du coronavirus a cela d’intéressant qu’elle s’inscrit en dehors des concepts de bien et de mal. En effet, le coronavirus n’a pas de morale, pas de projet politique, pas d’intention maléfique. Il est simplement une forme vivante qui cherche un chemin pour se développer.
Les virus sont d’ailleurs présents en nombre dans notre organisme : pour la plupart inoffensifs, ils se développent par milliards pour infecter les bactéries présentes dans notre tube digestif, favorisant l’équilibre général de nos fonctions vitales. Autrement dit, les virus jouent un rôle crucial dans notre écosystème interne.
On estime en outre qu’environ 8% de notre génome dérive de virus et de rétrovirus, ce qui signifie que nous sommes d’une certaine manière apparentés aux virus, ou encore que les virus ont largement participé à notre évolution, de très nombreux virus pathogènes étant devenus “collaboratifs”.
Les virus sont, comme nous, des êtres vivants d’abord agressifs puis ayant tendance à devenir collaboratifs. Ils décrivent le mystérieux mécanisme de la vie, ce phénomène qui se nourrit de ses propres luttes intestines pour favoriser son développement et son épanouissement global.
La vie se nourrit de sa propre mort pour conquérir de nouveaux territoires.
La vraie nature de la “crise” du coronavirus.
Nous commençons à comprendre que la crise n’est pas celle du coronavirus, mais bien celle de l’humanité, dans le sens où l’homme développe un rapport biaisé à la Nature et au monde, donc à lui-même.
La panique démontre que nous vivons dans l’illusion : illusion de la permanence des choses, illusion du savoir et de la maîtrise, illusion de l’immortalité, illusion de la liberté, illusion de notre supériorité par rapport au reste du vivant.
C’est bien de nous dont il est question, de notre conscience, de notre rapport à la réalité.
Oubliant qu’il est un être vivant parmi d’autres, l’homme a trop longtemps considéré qu’il pouvait tout comprendre et tout maîtriser. Il a effacé Dieu (défini en tant que “loi universelle”) de sa mémoire, il l’a remplacé pour fixer ses propres règles.
Il a oublié sa nature profonde : celle d’un être vivant évoluant dans un écosystème complexe, où tout est connecté, où tout évolue sans cesse, où la vie se nourrit d’elle-même.
Ainsi, la crise du coronavirus nous incite à nous recentrer pour redécouvrir l’essentiel : le mécanisme de la vie, notre condition d’être vivant égal aux autres espèces, ainsi que les grandes lois de la Nature.
L’essentiel est certainement d’accepter l’évolution, l’épreuve, le jeu.
L’acceptation est un chemin d’amour, de sérénité et de bonheur. C’est la reconnaissance que les choses sont telles qu’elles doivent être. C’est le renoncement à tout juger en bien ou en mal. C’est l’abandon de nos fausses ambitions. C’est le lâcher-prise. C’est aussi une incitation à espérer, à aider et à être solidaire.
Le coronavirus, la vie et la mort.
Pour l’homme, le coronavirus est synonyme de mort, vue sur le plan physique comme un événement dramatique et négatif.
Or, nous l’avons vu, la mort est avant tout un moyen pour la vie d’aller plus loin. Au-delà des drames personnels et familiaux, le coronavirus annonce un renouvellement, un monde nouveau.
Il ne s’agit pas seulement de l’effet de la loi de la sélection naturelle, mais bien d’une “renaissance” de l’humanité. En effet, la crise pourrait bien changer les comportements, amener de nouveaux questionnements, de nouvelles perspectives, de nouvelles idées humanistes.
Sur un plan plus intime, le virus nous permet de mieux nous connaître. Notre être profond se révèle au-delà des illusions. Mentalement, il nous faudra aussi mourir de plusieurs morts pour enfin voir la réalité : il s’agit de la mort à nos illusions.
Il y a certainement beaucoup à apprendre et à comprendre de la crise du coronavirus.
L’essentiel est de s’extirper de toute forme de dualisme bien-mal. La crise du coronavirus comporte du bon et du mauvais, des drames et des découvertes, des larmes et des joies futures.
Elle permettra peut-être à l’humanité de se recentrer pour aller plus loin, en harmonie avec la Nature.
Lire aussi notre article sur le sens de la vie.
Modif. le 16 novembre 2020
JePense.org est un blog offre une certaine vision du monde, aux carrefours des sciences humaines, de la spiritualité, du symbolisme, de la psychologie et des religions.
Sur JePense.org, on ne se fixe aucune limite dans la recherche de la Vérité. Le but est de tracer un chemin d’élévation et d’épanouissement, au-delà des soucis de la vie matérielle.
Prenons du recul, abandonnons nos préjugés et créons un nouvel espace de conscience, tolérant, adogmatique et humaniste.
Voici quelques exemples de sujets abordés sur JePense.org :
Quelles sont les grandes lois cosmiques ?
Qu’est-ce que la loi d’Amour ?
Quelle est la différence entre savoir et connaissance ?
Faut-il se libérer de son ego ?
Comment apprendre à lâcher-prise ?
Y a-t-il une vie après la mort ?
Qu’est-ce que la vérité ? Comment l’approcher ?
Comment développer sa spiritualité ?
Que nous apprend la crise du coronavirus ?
etc.
Bien sûr, les réponses à toutes ces questions ne sont pas définitives.
La manière d’aborder ces sujets est transverse, puisqu’elle fait appel aussi bien à la philosophie dans ses différents aspects (éthique, métaphysique, cosmologie, ontologie), qu’à la psychologie, aux sciences exactes, ainsi qu’aux différentes traditions spirituelles et ésotériques.
Par ailleurs, la réflexion fait largement appel au symbolisme : les symboles sont en effet un point d’appui essentiel pour se placer sur le chemin de la vérité. Les symboles sont à l’image du monde, aussi bien dans leur complexité que leur simplicité. Ils sont un langage universel qui permet d’approcher l’évidence. Ils reflètent l’état de notre avancement spirituel.
C’est précisément la conjonction de ces différentes sciences et méthodes qui permettra de dépasser les certitudes et d’avancer. Loin d’enfermer le lecteur dans des idées préconçues ou des doctrines, le but est de libérer l’intuition, de suggérer de nouveaux chemins de connaissance.
Au centre de la démarche, il y a la connaissance de soi. L’introspection permet d’ouvrir le chemin, puisque le principal obstacle à la vérité est nous-même : notre subjectivité, nos préjugés, nos limites, nos illusions, nos croyances indépassables, nos attachements, nos passions, notre héritage, nos conditionnements.
Connaître nos défauts et nos limites, c’est déjà lever le voile : c’est accepter le fait que nous ne savons rien, c’est s’ouvrir à la Lumière. Renoncer à l’illusion de l’autonomie et de la liberté de penser, c’est ouvrir les yeux sur le réel. On l’a compris, le lâcher-prise fonde la démarche.
La connaissance de soi est aussi un chemin d’approche du mystère divin : se connaître soi-même, c’est se connaître en tant que créature de Dieu, à l’image de Dieu. “Dieu” est ici abordé, non pas comme une vérité révélée, mais comme un principe ineffable, à la fois immanent et transcendant. Le terme Dieu pourra être remplacé, au choix, par “le Principe”, “le Grand Architecte de l’Univers”, ou encore “la Nature”.
Ce blog philosophique se veut enfin un espace de tolérance. Répétons-le, les idées véhiculées ne sont pas définitives, elles ne sont pas à prendre pour argent comptant. Mais chaque idée a de bonnes raisons d’être défendue, jusqu’à ce qu’elle soit dépassée.
Enfin, ce blog se veut une ouverture à la spiritualité. C’est l’idée que la vérité se cache en partie au-delà du raisonnement, au-delà des concepts et de la logique. La spiritualité s’étend au-delà des mots, dans un espace où plus rien n’est à défendre : un territoire d’Amour, celui de la parole perdue.
Philosophie, métaphysique, psychologie, religion, spiritualité, symbolisme : voilà donc le programme, qui est déroulé à travers des articles simples et accessibles.
Bonne lecture et bonne réflexion sur JePense.org !
Les mécanismes du succès
J'aime beaucoup ce youtuber et cette expérience est vraiment très parlante.
Comment se construisent les succès ?
221 k abonnésABONNÉ
Harry Potter, Star Wars ou Gangnam Style : pourquoi certains produits connaissent un énorme succès alors que d’autres sont complètement ignorés ? Quels sont les mécanismes du succès ? Pour répondre à cette question, j’ai conduit une expérience scientifique avec 1185 abonnés de ma chaîne. *** POUR ME SOUTENIR *** (1) Abonnez-vous, commentez et laissez un pouce bleu. (2) Découvrez la fouloscopie avec mon livre, paru aux éditions Humensciences : https://tinyurl.com/y6cs5a4k (3) Participez sur mon Tipeee : https://fr.tipeee.com/fouloscopie (4) Suivez-moi sur Twitter : https://twitter.com/Mehdi_Moussaid *** MES RECHERCHES *** Mon laboratoire de recherche à l’institut Max Planck : https://www.mpib-berlin.mpg.de/staff/... Ma thèse de doctorat : http://mehdimoussaid.com/TheseMoussai... Mon blog : http://mehdimoussaid.com
Jamais sans patates !
Un champ de 50 mètres carrés et ça sera top.
Permaculture : Ethique et applications
Une analyse que je trouve très claire.
La permaculture dans le développement : Une introduction à la permaculture et son application
dans le développement de l’agriculture
https://www.echocommunity.org/fr/resources/7dae3899-6abb-483b-8ad6-67dd201654b5
Par: Brad Ward
Publié: 30/10/2015
De: Notes de développement de ECHO (EDN) | EDN Numéro 129
Figure 1: L’espace jardin conçu selon la permaculture à ECHO. Source : Betsy Langford.
Introduction
Le mot permaculture est mentionné avec une fréquence croissante dans les discours, les livres et les articles de magazine sur la durabilité et la sécurité alimentaire. Qu’est-ce que la permaculture ? Est-ce un mouvement ? Une philosophie ? Est-ce simplement un ensemble d’outils de conception ? Dans cet article, je réponds à ces questions en regardant la permaculture sous divers angles. Tout d’abord, je décris brièvement l’histoire de la permaculture, ses éthiques sous-jacentes, ses principes clés et ses pratiques courantes. Puis je discute des critiques communes de la permaculture et explique les perspectives sous-jacentes qui façonnent son utilisation pour répondre aux besoins de nourriture, d’eau et d’abri de la communauté (c’est-à-dire, la lentille à travers laquelle un permaculteur voit le développement). Enfin, je partage comment la permaculture a influencé ma propre vie et mon travail, en tant que chrétien et en tant qu’agent de développement de l’agriculture.
Définitions
Le mot permaculture, inventé par son co-fondateur Bill Mollison, est formé des mots « permanent » et « agriculture ». Le concept de permaculture est Ocdifficile à expliquer en quelques mots, car le terme est utilisé pour décrire (généralement en même temps) aussi bien une vision du monde qu’une vision philosophique de la vie sur terre et un ensemble de principes et de pratiques conçues.
Bill Mollison a insisté sur l’aspect philosophique dans sa définition : « la Permaculture est une philosophie de travail avec la nature plutôt que contre elle ; d’observation prolongée et réfléchie plutôt que de travail prolongé et irréfléchi ; et de voir les plantes et les animaux dans toutes leurs fonctions, plutôt que de traiter n’importe quel domaine comme un système monotone » (Mollison 1988).
Rafter Ferguson, un praticien et un chercheur de renom en permaculture, a une façon simple et élégante d’encadrer les multiples facettes de la permaculture : « La Permaculture c’est répondre aux besoins humains tout en améliorant la santé de l’écosystème » (Ferguson 2012). Pour se prémunir contre le réductionnisme, Rafter ajoute une mise en garde à sa définition concise, disant : « Je suis pour les définitions concises dans le bon contexte tant qu’elles sont utilisées pour communiquer un principe plutôt que de masquer la complexité fondamentale » (Ferguson 2013b).
Voici ma propre définition de la permaculture : la Permaculture est un ensemble cohérent d’éthique, de principes et de pratiques qui permettent de guider l’intendance des écosystèmes, pour assurer la résilience et l’abondance pour tous ses habitants.
Les permaculteurs et les concepteurs en permaculture
Le mouvement de la permaculture est très libre et non centralisé. Une personne voulant s’appeler Permaculteur ou Concepteur en Permaculture est censée suivre un Cours Certifié de Permaculture (PDC) dirigé par un enseignant ou un groupe de professeurs ayant une formation suffisante et l’expérience requise pour enseigner le cours. Des cours sont offerts par les universités, dans de petites exploitations agricoles qui ont été conçues autour des principes de la permaculture et même dans les arrière-cours de permaculteurs urbain/périurbain. Chaque cours comprend 72 heures d’enseignement sur les thèmes principaux en Permaculture : Manuel du concepteur de Bill Mollison (1988). Les cours peuvent être structurés de plusieurs manières : les cours intensifs ont lieu plus de neuf jours consécutifs, les cours du week-end se déroulent sur plusieurs week-end consécutifs et les cours en ligne sont généralement long de neuf semaines.
Beaucoup de gens pratiquent la permaculture sans se faire appeler concepteurs en permaculture et sans avoir pris un cours de conception de permaculture. Par exemple, la ferme de ECHO à Fort Myers, en Floride, est un excellent exemple de la pratique de la permaculture appliquée, même si elle n’a pas été spécialement conçue selon les principes de la permaculture. De nombreux articles et Notes Techniques de ECHO ont détaillé l’application des principes de la permaculture sans utiliser le label « permaculture ».
Auteurs clé et document de référence
Bill Mollison (né en 1928) est considéré comme le père de la permaculture. En 1978, Mollison a collaboré avec David Holmgren pour écrire un livre fondamental appelé Permaculture One. Mollison a également écrit Permaculture : A Designers’ Manual (Permaculture : Manuel du Concepteur), publié en 1988. Ce livre de 400 pages établit les philosophies fondamentales, les principes et les pratiques de la permaculture. Mollison a fondé l’Institut de Permaculture en Tasmanie et créé un système de formation pour former d’autres personnes sous l’égide de la permaculture.
David Holmgren (né en 1955) est un co-auteur de la permaculture avec Mollison. Holmgren est un concepteur en permaculture australien, écologiste et écrivain. Son livre de 2002, Permaculture : Principles and Pathways Beyond Sustainability (Permaculture : Voies et Principes au-delà de la Durabilité), fournit ce que beaucoup considèrent comme un guide plus accessible aux principes de la permaculture. Holmgren a raffiné ces principes à travers plus de 25 années de pratique.
Deux autres auteurs dont les idées figurent en bonne place dans les concepts de la permaculture sont P.A. Yeomans (1904-1984) et Masanobu Fukuoka (1913-2008).
P.A. Yeomans était un inventeur australien connu pour le système de Keyline, utilisé pour aménager des terrains et augmenter sa fertilité. Les concepts de Keyline de Yeomans font désormais partie du programme d’études de nombreux parcours d’une agriculture durable dans les collèges et universités à travers le monde. Yeomans a écrit quatre livres : The Keyline Plan (Le Plan Keyline) ; The Challenge of Landscape (Le Défi du Paysage) ; Water for Every Farm (Eau pour Chaque Ferme) ; et The City Forest (La Forêt de la Ville).
Masanobu Fukuoka était un philosophe et un agriculteur japonais. Il promut la culture sans labour, les méthodes de culture de céréales sans herbicide et a créé une méthode particulière d’agriculture, communément appelé « Agriculture naturelle » ou « Agriculture du non-faire ». Fukuoka est l’auteur de plusieurs livres japonais, articles scientifiques et autres publications, notamment The One-Straw Revolution (La Révolution du Seul Brin de Paille).
En raison de la récente popularité croissante de la permaculture, beaucoup de livres ont été écrits pour aider à expliquer les concepts de base ou pour expliquer plus en profondeur un système particulier et/ou des pratiques. On trouvera une vaste liste des sites Web et livres de permaculture à la fin de l’article.
La permaculture comme un mouvement
Les pratiquants et enseignants de la permaculture pensent profondément aux systèmes naturels et en particulier sur l’interaction humaine avec ces systèmes. Parce que la technologie a augmenté la capacité pour l’homme de faire des changements rapides et à grande échelle des écosystèmes entiers, les pratiquants de la permaculture se retrouvent souvent sur les lignes de front d’un débat qui oppose la cupidité extractive à la santé à long terme de la planète. De cette façon, la permaculture rejoint un plus grand mouvement de ceux qui souhaitent conserver des systèmes naturels et atténuer/restaurer les dommages causés par des décennies d’exploitation débridée. La voix de la permaculture dans ce mouvement est précieuse parce qu’elle offre des alternatives de conception positive et exploitables au statu quo.
La permaculture comme un processus de conception d’une communauté humaine et des écosystèmes naturels
En observant la permaculture à l’aide d’une grille, on constate que le processus de conception évolue à travers plusieurs niveaux. Il commence par l’éthique, puis passe aux principes, ensuite à la conception de stratégies et enfin à la technique ou à l’application.
I. L’Éthique
La permaculture, qu’elle soit considérée comme une philosophie, un mouvement ou un processus de conception, repose sur trois piliers éthiques : 1) prendre soin de la terre ; 2) se soucier des personnes ; et 3) fixer des limites à la consommation et à la reproduction et redistribuer les surplus (Holmgren 2002). La plupart des gens peuvent être d’accord avec les deux premières instructions éthiques, mais les concepts de contrôle de la population et de la redistribution sont chargés de controverse. Pour cette raison, plusieurs auteurs de permaculture et enseignants ont simplifié/modifié le troisième principe éthique en « partage équitable » ou « prendre soin de l’avenir ».
II. Principes – Bill Mollison
Dans Permaculture: A Designers’ Manual (Permaculture : Manuel du Concepteur), Mollison (1988) condense les principes fondamentaux de la conception en permaculture en cinq mentions suivantes [en caractères gras, avec l’élaboration de l’auteur] :
Travailler avec la nature plutôt que contre. Cette déclaration peut sembler évidente, mais nous, les humains avons tendance à essayer de « faire selon notre volonté » en ce qui concerne les systèmes d’agriculture que nous développons. Ceci crée souvent un échec inutile, une utilisation exorbitante des ressources naturelles et potentiellement contribue à une grande diffusion des dommages écologiques. La monoculture à grande échelle est un exemple classique de travail contre la nature.
Le problème est la solution. Si nous sommes disposés à examiner un problème sous différents angles, nous découvrirons que le « problème » est en fait une ressource pour une autre partie de l’écosystème. Un bon exemple de ceci est énoncé par cette déclaration bien connu de Mollison, « vous n’avez pas un problème d’escargot, vous avez une inefficacité de canards ».
Faire le moindre changement pour le meilleur effet possible. Des interventions réfléchies a un point d’élan dans un écosystème produit le plus grand rendement par rapport au temps et aux ressources investies. Un exemple de ce principe est T.A.T.P. (Technique Agricole pour les Terres en Pente) pour la culture sur colline. En plantant des arbres le long d’un contour (les courbes de niveaux), l’érosion est réduite, les terrasses sont formées et la fertilité des sols est maintenue — et peut-être même renforcée.
Le rendement d’un système est théoriquement illimité. Ce principe peut également être exprimé en disant que c’est seulement notre connaissance et notre imagination qui limitent le potentiel de production durable d’un écosystème. Un concepteur de permaculture s’efforce de créer des strates de relations symbiotiques dans un écosystème. Ce concept est bien visible dans les systèmes agroforestiers, dans lesquels plusieurs types d’espèces œuvrent ensemble pour se protéger et se servir les uns les autres, augmentant aussi bien le rendement total potentiel et (souvent) le rendement individuel de chaque composant. La fonction d’empilage, un autre concept qui illustre ce principe, se réfère à choisir les plantes et animaux dans une conception qui effectuent plus d’une fonction et donnent plus d’un produit. L’élevage de poules est un bon exemple pour cette idée ; les poulets fournissent nourriture, plumes, fumier, travail du sol, désherbage, lutte contre les insectes, etc.
Jardins de toutes les espèces (ou modifie son environnement). Chaque partie d’un écosystème influence directement certaines autres parties du système et a une influence globale sur l’ensemble du système. Dans des systèmes complexes, les changements apportent des conséquences inattendues. Une observation attentive sur une longue période de temps réduit les imprévus négatifs.
III. Principes – David Holmgren
Dans son livre Permaculture: Principles and Pathways Beyond Sustainability (Permaculture : Voix et Principes au-delà de la Durabilité, 2002), Holmgren accroît le nombre des principes de la permaculture à douze [en caractères gras, avec l’élaboration de l’auteur]. Son approche fournit une manière plus nuancée et plus systématique pour commencer à prendre des décisions sur l’intendance des écosystèmes complexes et changeants.
Observer et Interagir. Passer beaucoup de temps à observer un écosystème avant de commencer à y construire ou à y jardiner. En procédant ainsi, cela nous permettra de construire ou de jardiner aussi efficacement et durablement que possible.
Capturer et Stocker l’Énergie. Les énergies de tous types circulent à l’intérieur et à l’extérieur de tous les écosystèmes. Tirer le meilleur parti de ces ressources et minimiser ou éliminer les pertes. Les ressources énergétiques incluent : la lumière du soleil ; l’eau ; les graines ; chaleur inhérente (tel que dans les pierres et l’eau) ; le vent ; et la matière organique (dans le sol et dans le composte).
Obtenir un Rendement. Lorsque nous produisons des plantes pour la nourriture, le carburant, le textile ou les produits de beauté, on veut obtenir une récolte. La bonne intendance est dans l’abondance et la bénédiction que nous pouvons partager.
Appliquer l’Autorégulation et Répondre aux Cercles Ouverts de Rétroaction (ou feedback). La rétroaction négative peut indiquer des méthodes insoutenables et probablement signifie que nous devons faire les choses un peu différemment. La rétroaction positive en excès peut blesser les autres systèmes. Notre objectif est l’équilibre. Pour les gens habitués à considérer que les projets d’agriculture et/ou de développement fonctionnent comme une série de problèmes à résoudre, lire les signaux de rétroaction négative peut sembler assez simples. L’évaluation de feedback positif excessif peut être plus difficile à observer et à discerner. Par exemple, pendant des décennies, la monoculture sur une très grande échelle symbolisait la meilleure pratique de productivité agricole moderne. Les impacts environnementaux et humains de ces systèmes étaient faciles à rater et restent faciles à rationaliser compte tenu de leur énorme capacité à fournir les matières premières pour les calories bon marchés et des bénéfices des sociétés. Il est difficile dans le système dominant de dire « non merci » à des gains de court terme (excès de rétroaction positive), même si nous reconnaissons qu’il y aura un coût pour les gens et la planète.
Utiliser et Valoriser les Ressources Renouvelables et les Services. Préserver les ressources non renouvelables et toujours chercher à restaurer les ressources. Élargir notre réflexion sur ce qui pourrait être une ressource.
Ne Produire aucun Déchet. L’idéal est que tout ce qui est nécessaire est fabriqué sur place, et tous les sous-produits deviennent des intrants pour une autre partie de la conception.
Concevoir à Partir des Structures d’Ensemble pour Arriver aux Détails. Tout d’abord classifier l’image d’ensemble ; après cela, tout le reste se mettra en place. Les éléments d’une image d’ensemble comprennent des facteurs comme le climat, le terrain et les aspects du soleil. Tenir compte dès le début de ces éléments est essentielle à toutes les autres décisions qui suivent, et ils déterminent en fin de compte le modèle de la conception. Un concepteur en permaculture utilise des stratégies comme des secteurs et des zones (voir description ci-dessous) pour aider à déterminer le modèle d’ensemble. Il/elle se déplace ensuite vers les plantes et les techniques spécifiques.
Intégrer plutôt que Séparer. Chaque élément dans un système a des forces et des faiblesses. En permaculture, nous pouvons utiliser ceci à notre avantage en associant des éléments aux besoins complémentaires, afin qu’ils s’aident mutuellement à croître régulièrement. Par exemple, dans un jardin « keyhole » (en forme de trou de serrure), le compostage est directement intégré au milieu du jardin. Placer ce jardin keyhole à proximité de la cuisine intègre en outre le système en localisant la zone de production de légumes frais et le réceptacle pour les garnitures et des déchets près de l’endroit où ils sont utilisés, réduisant ainsi la main-d’œuvre.
Utiliser des Solutions à de Petites Échelles et avec Patience. Les petits et lents changements construisent de la résilience et de la diversité, ce qui rend notre système adaptable et réduit l’effet des conséquences inattendues.
Utiliser et Valoriser la Diversité. La diversité constitue le fondement de la résilience.
Utiliser les Interfaces et Valoriser les Bordures. Les frontières ou encore les bords entre les différentes zones écologiques et les microclimats sont des lieux d’une grande diversité et d’un grand potentiel. Les espèces qui peuvent se développer sur les deux côtés du bord ont un avantage dans ces zones et peuvent augmenter la productivité de l’ensemble du système.
Utiliser et Répondre au Changement avec Créativité. Les choses vont toujours changer ; Cela est une garantie. Réagir au changement en innovant en permanence et n’abandonnez pas.
IV. Concevoir des Stratégies
Relier l’éthique et les principes de la permaculture sur un site spécifique requiert un cadre de conception. Les concepteurs utilisent une grande variété de méthodes pour organiser leurs pensées et articuler leurs idées. Certains outils communs sont les suivants :
L’échelle de permanence Keyline de Yeoman (Fig. 2) prend en considération le temps et l’énergie nécessaires pour apporter une modification à un site spécifique ou un écosystème. En haut de l’échelle, à l’extrémité des axes d’effort et de temps, est « le climat » ; Cet aspect nécessiterait plus de temps et d’énergie pour changer. Au bas de l’échelle est « la terre ».
Les secteurs (Fig. 3) sont utilisés pour identifier les différents facteurs qui interagissent avec un site. Les secteurs comprendront des phénomènes tels que la trajectoire du soleil, lorsqu’il traverse le site ; La direction des vents saisonniers ou prédominants ; la structure du trafic humain et animal. Le bruit ; et les impacts visuelss.
Les zones identifient l’interaction humaine nécessaire pour maintenir des domaines spécifiques d’un site. En général, il y a 6 zones, numérotées de 0 à 5. Zone 0 regroupe la maison ou l’atelier où les gens vivent ou travaillent. La zone 1 est la zone de fort trafic humain du site ; dans un cadre résidentiel, la zone 1 serait la passerelle entre l’entrée et la porte d’entrée. Il comprendrait aussi le patio ou un jardin de cuisine/herbe à proximité. La zone 2 comprendrait probablement des choses comme des planches de légumes annuels et des volailles, la zone 3 comprendrait des pâturages et des arbres fruitiers, la zone 4 aurait du bois de chauffage, et la zone 5 se resterait sauvage pour permettre une observation continue et un apprentissage de la nature.

Figure 2: Échelle de Permanence Keyline de Yeoman prend en considération le temps et l’énergie nécessaires pour apporter une modification à un site ou un écosystème. Adapté à partir de échelle de Permanence graphiques de Owen Hablutzel.

Figure 3: Analyse sectorielle permettant d’identifier les différents éléments qui interagissent avec un site.
V. Pratiques et Techniques
L’intégration de plusieurs espèces (guildes de plantes). Les concepteurs de la permaculture cherchent à réunir plusieurs histoires (niveaux de canopée) de plantes en « guildes de plantes » pour accroître et diversifier le rendement du système et augmenter la résilience. L’agroforesterie et le jardinage forestier sont des exemples type de guildes de plantes. Un exemple d’une guilde de plantes tropicale serait une arborescence de l’étage dominant comme un manguier combinée avec l’ombre des cerises de la Barbade et sous eux, la consoude et la ciboulette ail.
Agroforesterie (multi-étages, les aliments issues des plantes vivaces, le système de combustion et de fibres). L’exemple ci-dessus de guilde de plantes est aussi un bon exemple d’une partie du système agroforestier. Les systèmes agroforestiers sont conçus pour maximiser le rendement utilisable pour les humains d’une forêt multi-étagée, tout en conservant la diversité et augmentant la fertilité de la forêt elle-même.
Ralentir et retenir l’eau. L’eau est une ressource indispensable dans n’importe quel système d’agriculture. Une bonne conception de la permaculture garde un taux idéal d’humidité dans le système avec des entrées d’énergie minimale. Il s’agit de canaliser les excès d’eau à l’extérieur, retenir l’eau en saison sèche et aider l’eau à pénétrer la surface pour atteindre la zone racinaire des plantes.
Le compostage. Le compostage, s’assure que la fertilité et les éléments nutritifs restent à l’intérieur et sont recyclés dans un écosystème. Des tas de compost simple aux systèmes de la lombriculture en passant par le compostage des latrines, toutes les sources de la fertilité sont précieuses et doivent être gérés afin d’améliorer nos capacités.
Construction naturelle. Si possible, utiliser des matériaux localement disponibles et renouvelables pour répondre aux besoins du logement. Cela aidera à encourager les économies locales et préserver les ressources non renouvelables. Des maisons sûres et confortables n’ont pas besoin de ressembler aux banlieues occidentales, et les matériaux et modèles importés conduisent souvent à moins de confort et de sécurité. Un bon exemple de ceci est le toit en tôle métallique remplaçant le chaume de palmier. Le toit en tôle métallique est souvent moins résistant aux vents de l’ouragan ; Il transmet également la chaleur du soleil tropical, rendant la maison insupportablement chaude pendant la journée.
Critiques courantes sur la Permaculture
Une critique commune (et parfois précise) de la permaculture est que les promoteurs font des estimations au sujet du potentiel de rendement ou de facteurs de résilience avec peu de données fiables pour attester de cela. Parce que la promotion et la documentation des pratiques de la permaculture est largement décentralisée, aucune instance officielle n’existe pour valider les prétentions des praticiens de la permaculture et de ceux qui racontent des histoires de permaculture. Dernièrement, il y a eu un débat sérieux au sein de la communauté de permaculture sur l’impératif d’être plus attentif sur ce qui est revendiqué comme un fait et sur la recherche de partenariat avec les personnes et institutions qui peuvent aider à vérifier les bonnes pratiques avec la bonne science et augmenter la capacité de la communauté pour mener des expérimentations qui produisent des données exploitables et/ou qui conduisent à des recherches plus approfondies.
Une deuxième critique, plus superficielle, de la permaculture s’articule autour des modes de vie des gens qui s’y identifient. Ceux qui sont pris dans un paradigme de modernité occidentalisée pourraient être tentés de critiquer et de marginaliser ceux qui ont une perspective différente, plutôt que d’essayer de comprendre leur point de vue — surtout si cette perspective différente remet en question certaines des pratiques qui rendent sa vie confortable.
La permaculture dans le développement
Bon nombre de permaculteurs ont une vision industrielle du futur. Ils voient la permaculture comme un outil pour préparer un monde moins mécanisé, économiquement moins globalisé et désurbanisé. En conséquence, ils considèrent différemment le processus de développement que ne le feraient typiquement les travailleurs du développement occidental. Ce point de vue forme un « meilleur futur » pour les permaculteurs, ce qui influence leurs choix en matière d’établissement des priorités de travail et des ressources.
Comme un exemple extrême, une Agence de développement traditionnel occidental travaillant avec les petits exploitants agricoles en milieu rural pourrait fonctionner pour créer des chaînes d’approvisionnement et de distribution qui permettent l’accès au marché mondial des petits exploitants. Elle pourrait apporter des ressources non renouvelables et non locales dans la région pour augmenter le rendement d’une récolte unique ou une petite variété de cultures annuelles. Elle pourrait envisager la consolidation de petites exploitations dans une opération plus importante pour accroître l’efficacité, créant ainsi une force de travail plus petite et plus efficace avec l’espoir que les personnes déplacées trouveraient un meilleur revenu hors de la ferme. Tous ces efforts seraient effectués sous la vision que le monde industriel moderne est notre meilleure vision de l’avenir ; qu’augmenter la base économique en créant davantage de consommateurs n’a aucune barrière de ressources que la technologie ne peut pas surmonter ; et que le travail physique et la vie rurale traditionnelle sont des choses dont les gens devraient être libérés.
En revanche, un concepteur en permaculture travaillant dans la même situation s’efforcera de renforcer l’indépendance de la communauté rurale et de la protéger des influences extérieures. Il/elle chercherait d’abord à créer un écosystème et un système social qui répondent aux besoins humains fondamentaux, et qui ensuite revendraient le surplus d’abondance, avec une biodiversité maximale. Plutôt que de créer des consommateurs, un bon permaculteur cherche à créer des producteurs plus résilients et réussis qui restent sur la terre, en sachant que leur vie est précieuse et que leur travail est l’un des plus complexes et des plus dignes.
Mon histoire personnelle avec la permaculture
Mon contact personnel avec la permaculture, en tant qu’outil de conception et un paradigme à travers lequel on peut parvenir au bon développement humain, a commencé il y a environ 11 ans. Comme je me suis lancé dans une nouvelle carrière en tant que « missionnaire agricole de développement communautaire » et j’ai déraciné ma famille pour une nouvelle culture et un nouvel environnement, j’ai commencé à me poser une question très basique : « A quoi servirait le développement ? »
Les réponses initiales qui étaient fondés sur l’expérience m’étaient insatisfaisantes. Je pouvais voir la nature vraiment précaire de chose qui était pourtant appelé durable. J’ai pu voir que la meilleure qualité de vie promise par le monde moderne a conduit souvent à des niveaux de misère et de désespoir plus profond. J’ai pu voir que lorsque j’ai dit le mot « développement », j’ai projeté une vision de la classe moyenne Américaine ; et j’ai pu voir que ce mode de vie écrasait les écosystèmes de la planète et qu’il était de par sa propre nature non durable.
J’ai commencé à chercher une réponse différente. Ma lecture et mes recherches m’ont conduit à la notion de permaculture. La permaculture offre une nouvelle manière de penser sur comment l’homme pourrait vivre une vie productive et abondante, tout en stimulant et encadrant la création. J’ai vu que, plutôt que de simplement posé sur une vision utopique, le manuel de conception de permaculture et toute autre littérature de permaculture ont donné des instructions pas à pas pour l’évaluation des systèmes naturels qui m’entourent et que cela apporte systématiquement la résilience et l’abondance dans ces systèmes. La conception de la permaculture m’a donné une façon organisée pour examiner la situation dans son ensemble et de planifier et de tester des petites modifications incrémentielles.
La permaculture est une bonne intendance. Pour moi, c’est aussi une façon de travailler pour le Royaume de Dieu. Je découvre les piliers éthiques de la permaculture (répertoriés plus haut dans cet article) par le biais de différents point de vu, afin qu’ils deviennent ce qui suit : 1) activement aimer ceux qui sont à l’image de Dieu ; 2) diligemment s’occuper de la création de Dieu ; et 3) vivre avec contentement et partager avec joie les provisions de Dieu.
Après avoir pratiqué moi-même les principes de la permaculture pendant quelques années, j’ai pris un cours certifié de Permaculture pour augmenter ma compétence et ma confiance dans l’utilisation des processus de conception. Le cours était difficile et extrêmement serviable. L’échange d’expérience et de perspective a été inestimable, dans la mesure où on avait des concepts de construction évalués par des collègues étudiants et un professeur. Comme mentionné précédemment, les cours de permaculture sont offerts dans une variété de formats. La section ressource offre quelques liens vers des cours très réputés.
Conclusion
La permaculture fait partie de la communauté grandissante des disciplines de l’éco-agriculture. Elle est rapidement acceptée en tant que méthodologie de conception précieuse tant par les institutions non gouvernementales que les institutions gouvernementales à travers le monde. Elle est adaptable à chaque écosystème et à chaque culture et offre des outils accessibles de résolution de problèmes plutôt que des solutions-miracles. Elle considère l’écosystème et le système social dans son ensemble, facilitant la bonne intendance qui vous fournit un itinéraire pour un vrai développement durable, de résilience et d’abondance.
Le vrai du faux.
L'exemple type du pataques habituel de l'ultra communication.
D'un côté une condamnation pour inaction et de l'autre, un gouvernement qui se félicite d'avoir atteint son objectif. (objectif qu'il avait baissé au préalable) .
Le problème de cette concurrence médiatique, de ce verbiage constant, de cette volonté d'occuper le terrain, c'est le renforcement de ce brouhaha dans la tête des lecteurs, auditeurs, spectateurs.
Dans quelques jours, une autre information sortira, dans un sens ou dans l'autre, et ça fera les gros titres pendant une journée. Et par lassitude, par habitude, par dépit, la plupart des gens ne chercheront plus à extraire le vrai du faux ou le faux du vrai.
vrai ou fake
La France a-t-elle vraiment diminué ses émissions de gaz à effet de serre au-delà de ses objectifs, comme l'affirme Emmanuel Macron ?
La France a bien dépassé son objectif de réduction pour 2019, comme l'ont souligné dimanche Emmanuel Macron et Barbara Pompili. Mais le plafond fixé pour cette année-là avait été relevé. La baisse doit, en outre, s'accentuer dans les années à venir si le gouvernement veut tenir ses engagements.
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France Télévisions
Publié le 09/02/2021 14:09Mis à jour le 09/02/2021 15:27
Temps de lecture : 5 min.

Emmanuel Macron, le 14 décembre 2020 à Paris, lors d'une rencontre avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat. (THIBAULT CAMUS / AFP)
Un cocorico en règle. "La France a baissé ses émissions de gaz à effet de serre en 2019 de 1,7%. C’est au-delà de notre objectif !", se félicite Emmanuel Macron dans un tweet dimanche 7 février. Même satisfecit quelques heures plus tôt de la part de la ministre de la Transition écologique. "En 2019, la France a tenu ses engagements climatiques et c'est une excellente nouvelle", s'enthousiasme Barbara Pompili dans un entretien au Journal du dimanche. La membre du gouvernement se réjouit d'annoncer que "nous avons, en 2019, baissé nos émissions de gaz à effet de serre de 1,7%, contre 1,5% fixé dans notre stratégie !"
Barbara Pompili juge aussi que "cela veut dire que les mesures que nous avons prises – le remplacement des chaudières au fioul par exemple – fonctionnent". Ces affirmations ont fait bondir l'opposition de gauche et les militants écologistes, qui dénoncent un coup de com' à l'approche de la présentation, mercredi en Conseil des ministres, du projet de loi climat issu des propositions de la Convention citoyenne. Alors, le chef de l'Etat et la ministre disent-ils vrai ou non ?
Une baisse légère et conjoncturelle
Le ministère de la Transition écologique a précisé, lundi dans un communiqué, que la France avait émis 437 millions de tonnes d'équivalent CO2 (Mt CO2e) de gaz à effet de serre en 2019, selon l'estimation actualisée du Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa). Cette association, dont les travaux servent de référence, a calculé qu'en 2018 les émissions françaises s'élevaient à 444,8 Mt CO2e. Avec 7,8 Mt CO2e d'émissions en moins en un an, la baisse est donc bien de 1,7%, et même un peu plus (1,75% précisément).
Toutefois, cette légère inflexion des émissions de gaz à effet de serre constatée en 2019 apparaît bien davantage liée à la conjoncture qu'aux mesures prises par le gouvernement. Le Citepa note ainsi qu'elle est due à 55% à une moindre consommation énergétique des bâtiments. L'hiver ayant été doux, les Français ont fait marcher leur chauffage moins fort.
Quant à l'autre principale baisse mesurée, elle est liée à la désindustrialisation de la France. La diminution de la production d’acier, de ciment ou de verre a entraîné une diminution de la consommation de gaz naturel et de charbon de l'industrie chimique et métallurgique, relève le Citepa. Le Citepa note toutefois un ralentissement de cette réduction des émissions puisqu'elle avait été de 4% entre 2017 et 2018 (18,7 Mt CO2e d'émissions en moins).
L'objectif 2019 a été modifié début 2020
Avec 437 Mt CO2e émises en 2019, la France est certes en dessous (de 6 Mt CO2e) de l'objectif de 443 Mt CO2e qu'elle s'était imposé. Mais c'est oublier que le gouvernement l'a revu à la baisse, le rendant "plus facile à atteindre", dénonce sur Twitter Anne Bringault, coordinatrice des opérations pour le Réseau action climat. "L'objectif initial était une baisse de 2,3%", rappelle-t-elle, jugeant que "reporter les baisses à plus tard n'est pas responsable".
Cet objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre est inscrit noir sur blanc dans la Stratégie nationale bas carbone. Cette SNBC, née en 2015 avec la loi sur la transition énergétique, sert de "feuille de route" à la France dans la lutte contre le réchauffement climatique, comme l'explique le ministère de la Transition écologique. Celle-ci détermine des budgets carbone, c'est-à-dire les plafonds d'émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser, exprimés en millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2e). Ces objectifs à court et moyen termes tracent une trajectoire jusqu'à 2050. Avec la neutralité carbone comme but ultime à cette date.
Le premier budget carbone, entre 2015 et 2018, n'a pas été tenu, souligne le Citepa. Les 442 Mt CO2e annuelles moyennes visées ont en réalité atteint 456 Mt CO2e. Le tribunal administratif de Paris vient d'ailleurs de condamner l'Etat pour "carence" dans le non-respect de ses engagements sur cette période.
Une baisse qui doit s'accélérer pour respecter les budgets carbone
Pour le deuxième budget carbone, qui couvre la période 2019-2023, le plafond annuel moyen d'émissions a d'abord été fixé à 398 Mt CO2e, puis à 421 Mt CO2e. Mais la SNBC a été revue. Dans sa version de mars 2020, le plafond annuel moyen des émissions a encore été relevé à 422 Mt CO2e. A partir de 2020 et jusqu'en 2023, il est prévu qu'il soit raboté de 13 Mt CO2e chaque année. Mais pour 2019, le seuil était ainsi encore de 443 Mt CO2e. Cela tombe bien car dans une pré-estimation provisoire, le Citepa tablait sur 441 Mt CO2e d'émissions en 2019. Juste en dessous de la barre fatidique.
Pour autant, même si ces 437 Mt CO2e d'émissions permettent de respecter l'objectif pour 2019, ce chiffre reste inférieur à la moyenne de 422 Mt CO2 à atteindre sur la période 2019-2023. Afin que les objectifs des années suivantes soient atteints, il faudra que la baisse soit de 3% par an en moyenne à partir de 2020, et non de 1,7% seulement.
La pandémie de Covid-19 pourrait avoir aidé le gouvernement à atteindre son objectif pour l'année écoulée. Le Citepa fait remarquer que le confinement, le coup de frein donné au secteur des transports et la crise économique ont provoqué une "forte baisse" des émissions de gaz à effet de serre, au moins pendant une partie de l'année. Le Haut Conseil pour le climat (HCC) estimait dans un rapport rendu en avril que la pandémie pourrait avoir entraîné une chute des émissions de l'ordre de 5 à 15%.
Le gros de l'effort est en réalité reporté à plus tard. Le troisième budget carbone (pour la période 2024-2028) prévoit une réduction des émissions de l'ordre de 15%, avec un plafond fixé à 359 Mt CO2e par an en moyenne. Puis le quatrième budget carbone (2029 à 2033) table sur 300 Mt CO2e émises par an en moyenne, soit plus de 16% de baisse.
"Affaire du siècle" : l’État condamné à verser un euro symbolique à quatre associations en réparation de leur préjudice moral
Le tribunal donne deux mois au gouvernement avant de se prononcer sur l’injonction à agir demandée par les associations. "L'inaction climatique de l'État est jugée illégale", se réjouit Greenpeace.
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Radio France
Publié le 03/02/2021 10:34Mis à jour le 03/02/2021 14:41
Temps de lecture : 1 min.

Des militants contre le changement climatique participent à un happening, le 14 janvier 2021, avant une audience au tribunal administratif de Paris dans "L'Affaire du siècle". (THOMAS SAMSON / AFP)
Le tribunal administratif de Paris a condamné l’État à verser un euro symbolique à quatre associations, pour ne pas avoir tenu ses engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre. Les juges ont rendu leur décision mercredi 3 février, près de trois semaines après l’audience de "l’Affaire du siècle". "À hauteur des engagements qu'il avait pris et qu'il n'a pas respectés dans le cadre du premier budget carbone, l'État doit être regardé comme responsable (...) d'une partie du préjudice écologique constaté", ont tranché les juges.
La Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace, Oxfam et l’association Notre Affaire à tous poursuivaient l’État pour inaction climatique. Les ONG obtiennent chacune un euro symbolique en réparation du préjudice moral. En revanche, elles ne peuvent pas se prévaloir du préjudice écologique.
Deux mois de sursis
Les juges ont globalement suivi les préconisations de la rapporteure publique lors de l'audience mi-janvier, qui avait proposé de reconnaître la "carence fautive" de l'État et suggéré de surseoir à la demande d'enjoindre l'État à prendre des mesures supplémentaires contre le réchauffement. Le tribunal a ainsi donné deux mois au gouvernement avant de se prononcer. Les juges attendent les observations des ministres compétents avant de décider s’ils ordonnent à l’État de prendre toutes les mesures permettant d’atteindre les objectifs que la France s’est fixés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Dans un communiqué publié à la mi-journée, le gouvernement a indiqué qu'il prenait "acte" de la décision du tribunal, tout en soulignant qu'il restait "pleinement engagé pour relever le défi climatique, en ne laissant personne au bord du chemin de cette indispensable transition".
C’est le premier grand procès sur le climat en France. L’action avait été lancée il y a un peu plus de deux ans, soutenue par une pétition qui avait recueilli plus de deux millions de signatures.
"Le coronavirus : un révélateur"
L'article a pratiquement un an.
C'est intéressant de voir a postériori les réflexions qui ont été déclenchées par cette crise et surtout les actes qui doivent en découler.
Le coronavirus, un révélateur des dérives de la mondialisation
Présentée par Johannes Herrmann PR-19510
LA CHRONIQUE ÉCOLOGIE
MARDI 10 MARS 2020 À 7H20
DURÉE ÉMISSION : 3 MIN

Deux mois d’un virus assez peu létal mettent le monde à genoux. De quoi le coronavirus, sa propagation et ses conséquences sur l'économie sont-ils le signe? En quoi nous alerte-t-il?
Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.
Le mot "effondrement" est devenu un sujet de réflexion face à l’impasse écologique qui se manifeste devant nous et de la quasi-absence de réaction. Des piliers de nos sociétés vont nous faire défaut : quand ? Dans quel ordre ? On l’ignore, mais avec la fin du pétrole surabondant, la crise agricole à cause du chaos climatique et de la perte de biodiversité, pour ne citer que cela, les ressorts de notre prospérité vont prendre fin.
Un monde va finir, un autre va apparaître, c’est cela l’effondrement. Et nous n’entreprenons pas grand-chose pour devenir résilients et faire en sorte que ça se passe pas trop mal. Or le virus en remet une couche. Il révèle d’un coup des points faibles de notre système mondialisé. Comme avec les failles de sécurité en informatique.
Mais ce n’est pas une épidémie que l'on peut imputer à la crise écologique, contrairement aux virus du Sida (VIH) ou Ébola, qui étaient tapis dans les forêts équatoriales et qu’on est allés en déloger. Par contre, sa propagation ultra-rapide découle d’un monde qui vit par les échanges permanents, entre pays de tous niveaux de préparation sanitaire. On constate aussi des problèmes de la délocalisation des productions de médicaments. On découvre que la mise en quarantaine d’une région pendant quelques jours peut provoquer des catastrophes économiques à l’échelle du continent. Deux mois d’un virus assez peu létal mettent le monde à genoux.
Notre société avec toute sa technologie se découvre vulnérable d’une manière inattendue et imprévisible. D’autre part, le virus touche des pays comme l’Iran et sans doute ses voisins déjà sous tension notamment pour des raisons climatiques, ce qui peut les plonger dans le chaos avec là encore des répercussions planétaires. Notre civilisation hypermondialisée, où tout le monde dépend de tout le monde, se révèle hyper-vulnérable parce que les problèmes des uns se répandent chez tous les autres, sans pouvoir être contenus, et d’autant plus que si nous suspendons ces relations même quelques semaines, c’est l’asphyxie économique. Aujourd’hui c’est le virus qui exploite cette faille. Demain ce sera autre chose.
Passé le stade de l’urgence il faudra tirer les leçons, dans un contexte de crise écologique. C’est-à-dire de nombreux périls à affronter avec moins d’énergie, mais peut-être des recettes communes. Que faut-il relocaliser pour assurer notre sécurité ? "Et en même temps" comment faire face ensemble à des périls planétaires, comme le climat, qui ne connaissent pas les frontières : la solution ne peut pas être de recloisonner le monde. Cette alerte devrait nous conduire à lancer le chantier, à poser les principes d’un monde plus résistant.
Eclairage des villes.
Je ne mets quasiment jamais les pieds dans les grandes villes mais j'aimerais bien savoir si avec le couvre-feu à 18 h, les vitrines des grandes enseignes restent malgré tout allumées ?
C'est déjà tellement absurde qu'elles restent allumées une partie de la nuit mais alors maintenant, si c'est toujours le cas, on donne dans le ridicule grandeur XXL.
Mais doit-on s'en étonner ?
Un arrêté réglemente l'éclairage intérieur et extérieur des bâtiments non résidentiels. Il a pris effet en juillet 2013.
Éclairage interdit la nuit pour les commerces et bureaux
(© CC, Frédérique Panassac)
Il suffit de visiter les villes la nuit pour savoir que des économies monstrueuses peuvent être faites. La première décision européenne est française et concerne uniquement les bâtiments non résidentiels. Objectif : une réduction du gaspillage d'énergie massive.
> à ce sujet - Photos : l'éclairage sur Terre la nuit
Ainsi la ministre de l'Écologie Delphine Batho a publié un arrêté en février pour réglementer les éclairages de manière radicale. Il a pris effet début juillet 2013.
Crise et processus de deuil
Si je mets ce processus en ligne, c'est parce qu'à mon avis, c'est ce que l'humanité vit déjà et va connaître dans les décennies à venir au regard du paradigme consumériste et de croissance infinie. Nous sommes dans les premières phases, à des degrés divers, selon les individus.
"Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou ou un économiste". Kenneth Boulding (économiste américain (1910-1983)
Chacune de ces étapes peut être utilisée dans le cadre de la dégradation de la biodiversité, de toutes les atteintes à la vie, et elles sont aujourd'hui planétaires.
Tous ceux qui refusent de l'admettre contribuent en fait à l'accélération du processus. Ceux-là sont dans le "déni". Ils constituent en fait le "moteur" de la croissance, un carburant dont se servent les instances dirigeantes. Je l'ai écrit maintes fois : les responsables ne sont pas à chercher en haut de la pyramide mais à sa base.
D'autres, ceux qui cherchent à savoir et refusent de se voiler la face, sont dans la phase de "choc".
D'autres sont entrés dans la "sidération".
Beaucoup, je l'ai dit, sont donc figés dans le "déni."
D'autres sont entrés dans le domaine de la "colère." Ceux-là agissent. Autant qu'ils le peuvent. Il ne s'agit pas de tout brûler et de prôner la guerre civile ou la révolution ou la pendaison de tous les instigateurs du "système". Nous sommes tous "le système" dès lors que nous n'avons conscience de rien.
La "résignation", la "dépression", on voit de plus en plus d'individus qui en sont frappés. Il ne s'agit pas de "dépression évènementielle" liée aux aléas de l'existence mais d'une dépression générée par un état des lieux planétaire. C'est ce qu'a vécu Greta Thunberg par exemple.
Il n'y a pas d'évolution planifiée et régulière mais des phases de retour puis des progressions. Comme des vagues, des flux et reflux mais la progression continue, chaotique pour certains, progressive pour d'autres. Ou inexistante pour beaucoup.
J'ai longtemps alterné entre les phases d'abattement et de colère.
J'ai le sentiment aujourd'hui d'être parvenu à ce fameux "fatalisme" qui permet de gérer les émotions. Désormais, on est entré, Nathalie et moi, dans une phase intense de "construction".
Étapes du deuil
Les travaux d'Elisabeth Kübler-Ross font retenir cinq étapes d'un deuil.
Le choc ou la sidération
Le terme de sidération peut tout à fait convenir pour qualifier la réaction de la personne face à l'information. Selon les personnalités, cette réaction peut se traduire par une grande agitation ou une paralysie. C'est ce que nous nommons un choc.
Le déni
Ensuite, à ce premier état va s'ajouter le refus de croire l'information. Arguments et comportements de contestation, rejet de l'information apportée et vécue comme choquante. Une discussion intérieure ou/et extérieure peut porter sur la vraisemblance de l'évènement annoncé : - Ce n'est pas vrai, pas possible…
La description de ce moment est succincte, mais il ne faut pas croire que cette brièveté signifie que l'état n'est pas important. Il arrive que des personnes restent bloquées dans cet état… ou qu'elles y reviennent, comme dans un refuge. C'est ce que nous nommons le déni.
La colère
La personne est confrontée à la vérification entêtante de l'authenticité de l'information. Son état va se complexifier avec des attitudes de révolte, tournée vers soi et les autres. Les intensités sont variables, selon l'amplitude du système affectif de la personne. Dès lors, la pensée de la personne se nourrit de fortes contradictions. Elle peut passer de l'accusation à la plus grande considération. Emportée par des réactions paradoxales liées à son système de fonctionnement et à ses interactions, elle peut être entraînée dans le plus grand mutisme ou aller dans une volubilité incontrôlable. Elle vit de la même manière des sentiments de culpabilité. Elle intériorise ou / et exprime toutes sortes de critiques, de jugements.
La personne est dans des états hors de soi. Des pulsions de vengeance peuvent ainsi la pousser à avoir des comportements qu'elle ne comprend pas elle-même. Confrontée à l'impossibilité d'un retour à la situation dont elle doit faire le deuil, la personne vit avec incompréhension une répétitivité de la cause du deuil. Elle subit ses propres reproches, ses remords, ses ressentiments, des dégoûts, de la répulsion. Elle se bat et se débat. Elle peut agir de manière déroutante pour autrui. Tout en elle cherche à ne pas "plonger". Selon ses ressources, elle va agir en séduction ou en agression. Mais tout semble la ramener sur le sujet qui l'obsède. C'est la colère animée par une sorte de disque rayé et parfois une frénésie compensatoire pour contrecarrer l'éventuel sentiment de rejet ou de dévalorisation.
L'abattement, la tristesse jusqu'à la dépression
La tension violente que peut provoquer l'état de colère, entretenu malgré soi, peut engendrer un épuisement organique. Mêlant tout à la fois le choc initial, le déni et la colère, la personne peut en arriver à vivre un abattement, plus ou moins profond.
La personne subit un état de résistance à la soumission. Une guerre en soi, avec le sentiment déchirant d'une guerre perdue d'avance. Cet état peut aller jusqu'à la dépression, laquelle peut se caractériser par des douleurs physiques, maux de tête, de ventre, douleurs dans le dos, courbatures, ainsi que des attitudes et comportements suicidaires. Néanmoins, l'ensemble interagissant des états internes peut lui faire revivre les émotions et les comportements antérieurs. Elle devient ici particulièrement "difficile à vivre". Le plus souvent, elle est dans la fuite intérieure et parfois extérieure, avec des tentatives dispersées, imprévisibles, de recherche du retour - que nous pourrions désigner comme des régressions dans les divers états vécus depuis le début du processus. Cet état qui se développe pour arriver parfois à des points culminants de la dépression et de destruction peut être exprimé de manière paradoxale : dramatique en soi et non exprimé vis-à-vis des autres. Sa durée n'est pas liée à l'intensité des sentiments que la personne éprouvait pour le tiers. C'est au moins en tout cas un état de désespérance qui peut s'estomper, mais rarement disparaître soudainement.
La résignation
La résistance de l'organisme peut ensuite conduire la personne vers l'abandon de cette lutte au cours de laquelle elle peut avoir le sentiment d'avoir tout essayé pour revenir à la situation perdue. Elle peut parfois se réfugier dans l'étape du déni. C'est le cas de ces personnes qui mettent le couvert des personnes décédées (ou parties). Le plus souvent, suivant cette "boucle infernale", elle en arrive à un véritable abandon. Parfois dépressive, parfois redevenant sociable, la personne se laisse porter par le déroulement de la vie. Elle n'a aucune visibilité de ce qu'elle peut faire. Elle agit au gré des circonstances, selon ce à quoi la renvoie l'évènement auquel elle est confrontée. C'est la résignation. Mais cette résignation peut se composer de soumission ou de rejet.
L'acceptation fataliste
Le précédent état a provoqué une relative ouverture. Le caractère obsédant de la cause du deuil s'estompe. C'est la vie. L'heure est au fatalisme. Il arrive encore que la personne manifeste des états antérieurs. L'intensité est plus faible. Les périodes d'abattement sont moins longues. Elle conçoit quelques projets. C'est l'acceptation. Ce contexte interne est fortement entretenu dans nombre de cultures, avec la fatalité, l'attente du revers de la fortune, la volonté de dieu.
L'accueil ou la résilience
accueil - intégration de l'expérience, construction, anticipation, projection. La cause du deuil devient un souvenir.
Pourquoi n'est-il pas plus simple de bien prendre les choses tout de suite ? La question est vaine. Le passé est devenu un héritage d'existence, le présent se vit de manière relativisée et en fonction de projets et d'un regard agréable de l'existence. Ce qui était cause de souffrance est devenu une ressource en soi, apaisement, sourire, voire un "merci" d'expérience… Il s'est opéré une transformation qui n'a rien à voir avec la relativisation de l'étape précédente. Une transformation bénéfique, non un lissage d'expérience de vie. C'est l'étape nommée résilience, terme popularisé en France par l'éthologue Boris Cyrulnik.
Mais lorsque l'on ne connaît pas ce positionnement, il est inimaginable.
Arthur Keller : un lanceur d'alerte
J'ai déjà posté cette vidéo mais il n'est jamais inutile de la remonter de temps en temps.
Arthur Keller, né en 1975, est un auteur, conférencier, formateur et consultant français1.
Il a signé ou cosigné articles, tribunes, chapitres de livres collectifs et vidéos sur les questions de transition écologique, de limites et vulnérabilités des sociétés modernes, de risques systémiques, de stratégies de résilience collective, de sécurité globale – alimentaire, énergétique, civile, socio-économique, sanitaire – des territoires, ainsi que de l’usage des récits comme leviers de transformation collective2.
En tant que conférencier ou enseignant, il intervient dans plusieurs grandes écoles (CentraleSupélec3, Ponts ParisTech4, Mines ParisTech5, École polytechnique6...).
Sollicité par les médias tels que TF17,8, Libération9,10, Radio France International11, 20 minutes12, Arthur Keller est amené à s’exprimer sur ses domaines d’expertise, dans la sphère des spécialistes et des penseurs qui évaluent le potentiel d’effondrements et préconisent des stratégies face aux risques sociétaux. Il donne également des conférences, notamment devant des publics d'élus13.
Il s'est engagé dans la rédaction de programmes de transition écologique auprès de Nouvelle Donne14 puis en tant que directeur programme de la candidature de Charlotte Marchandise-Franquet15 à l’élection présidentielle française de 2017.
Sommaire
4Rédaction de programmes de transition écologique
5Publications et interventions
Biographie[modifier | modifier le code]
Études[modifier | modifier le code]
Titulaire d'un Master of Science in Spacecraft Technology and Satellite Communications obtenu à l'University College London et d'un diplôme d’ingénieur en traitement de l’information de l'école ESCPE Lyon, Arthur Keller est aussi diplômé de l'Institut de relations internationales et stratégiques en gestion de programmes internationaux1.
Activités et engagement[modifier | modifier le code]
Après avoir été directeur de la communication de Shark Angels France de 2012 à 2014, Arthur Keller intervient depuis 2014 dans des conférences, colloques, débats, rencontres, tables rondes et interviews1.
Auteur d’une classification des imaginaires de l’avenir (imaginaires illimitiste, soutenabiliste, découpliste et effondriste), un outil notamment utile en prospective et fondé sur les données et principes issus de trois champs disciplinaires (analyse des processus biogéochimiques, dynamique des systèmes et storytelling ou mise en récit), Arthur Keller a popularisé cette approche inédite en 2019, dans un épisode de la web-série documentaire [NEXT] en versions française16,17 et anglaise18, avec un cumul de vues approchant un demi-million.
Il est également un spécialiste de l’usage des récits comme leviers de transformation collective (leur nécessité et leurs vertus ainsi que leurs limites et leurs dangers)19.
En février 2020, Arthur Keller compte parmi les 1000 scientifiques signataires de l’appel intitulé « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »20.
En 2020, il cosigne deux ouvrages collectifs, Collapsus21 sous la direction de Laurent Testot et Laurent Aillet, paru chez Albin Michel, et L’effondrement de l’empire humain, publié aux Éditions Rue de L’Echiquier. Collapsus propose la première grande synthèse des risques d'un effondrement global de la civilisation, voire de la biosphère, en réunissant une quarantaine de spécialistes issus de différentes disciplines, dont Dominique Bourg, Delphine Batho, Gaël Giraud, Philippe Bihouix et Vincent Mignerot. L'Effondrement de l'empire humain rassemble les réflexions, professionnelles et intimes, de dix « penseurs » des grandes dynamiques du monde.
Depuis 2020, Arthur Keller conseille le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA) dans le développement d’outils d’évaluation de la résilience des territoires et de stratégies de transformation pour collectivités22.
Arthur Keller est administrateur d’Adrastia23, association reconnue d’intérêt général qui travaille sur l’anticipation du déclin de la civilisation thermo-industrielle.
Travaux et concepts[modifier | modifier le code]
La spécialité d'Arthur Keller est d’identifier et de caractériser les vulnérabilités des systèmes complexes. Il s’intéresse au métabolisme des sociétés humaines et évalue les risques de disruption plausibles. Il lie les notions d’impact écologique et de résilience socio-écologique, et décrit plusieurs façons d’imaginer la manière dont cet impact et cette résilience vont évoluer. Sa démonstration s’appuie notamment sur la dynamique des systèmes, mais il s’emploie à dépasser ce cadre pour élaborer une typologie des différents imaginaires que l’être humain entretient avec les notions de limites16.
Prises de position[modifier | modifier le code]
Arthur Keller refuse l’étiquette de « collapsologue ». Il affirme que la collapsologie ne correspond pas dans les faits à la définition posée dans le livre dont est issu le néologisme24 et ne constitue pas aujourd’hui un véritable champ disciplinaire: il en déplore une lacune de cadre méthodologique25.
Rédaction de programmes de transition écologique[modifier | modifier le code]
Arthur Keller a été coordinateur national de la commission Environnement et Soutenabilité de Nouvelle Donne en 2015 et 2016 et auteur principal de son programme de transition écologique14.
Il a ensuite été directeur programme de Charlotte Marchandise-Franquet15, candidate citoyenne à l’Élection présidentielle française de 2017 après sélection au terme de la procédure organisée par LaPrimaire.org26,27. À ce titre, Arthur Keller est l'auteur principal du programme de transition sociétale de cette candidate28.
"La danse avec le Diable"
Pour comprendre le présent, il est indispensable de chercher ce qui avait été écrit dans le passé et d'en faire l'analyse. Il convient ensuite de lire ce qui est écrit aujourd'hui dans ce registre de l'anticipation. Et de se demander si c'est bien le futur que nous souhaitons.
« La danse avec le Diable, une interview fantastique »
31 mars 2011
http://alerte-environnement.fr/2011/03/31/la-danse-avec-le-diable-une-interview-fantastique/
Note bibliothèque verte s’enrichit aujourd’hui d’un nouvel ouvrage. Objectif : vous donner les clés pour décrypter la pensée écologiste actuelle en (re)découvrant les livres qui ont l’ont influencé.

Publié en France en 1963, La danse avec le Diable, une interview fantastique, de Gunther Schwab a été publié pour la première fois en 1958. Ce livre est qualifié par Pierre Fournier, fondateur du premier journal écologiste La Gueule Ouverte, de « bible anti-pollution ». Peu connu du grand public, il aura principalement un impact auprès des premiers militants écologistes.
L’ouvrage est sous la forme d’un récit fictif mettant en scène un journaliste américain qui convie un technicien allemand, une française médecin et un poète suédois à aller interviewer le Diable, afin de les convaincre de travailler pour celui-ci.
Le Diable, sous les traits d’un homme d’affaires, leur explique : « J’ai imprégné tous les domaines de la vie humaine de mes principes. Dans tous les services, les administrations, les ministères, les sociétés, les associations, quelle que soit la fonction qu’ils remplissent, j’ai placé mes agents, mes délégués, mes collaborateurs et mes hommes de confiance. J’empoisonne méthodiquement tout ce dont l’homme a besoin pour son existence : l’air respirable et l’eau, l’alimentation humaine et le sol qui la produit. J’empoisonne les animaux, les plantes, les campagnes, toute la Nature sans laquelle l’être humain ne peut vivre. » Et, précise-t-il, « Je fais passer cette misère criante pour de la prospérité, et les hommes ne remarquent pas qu’ils sont bernés. »
Le Diable fait ensuite venir différents démons qui, chacun à leur tour, font un exposé circonstancié de leurs activités.
D’abord, le démon du « Progrès » se félicite notamment de voir que ses « délégués » s’appliquent à apporter aux peuples « »sous-développés » (…) le poison du « Progrès » afin qu’ils tombent eux aussi malades de corps et d’âmes ».
Il laisse ensuite sa place au démon de la puanteur dont la « réussite » est d’avoir « développé cette immoralité qui consiste à tolérer que les entreprises industrielles ainsi que de nombreux moyens de transport évacuent leurs produits de déchets (…) ». Il évoque aussi l’accumulation de gaz carbonique « qui conduit à un adoucissement des climats ».
Puis, Eiw, responsable du service Soif et Sécheresse, explique ainsi un aspect de sa stratégie : « Sous le slogan de l’hygiène, je rends obligatoire dans les HLM les salles de bains et les WC à chasse d’eau et je pousse ainsi non seulement à un gaspillage intensif de l’eau et de matières organiques hautement fertilisantes, mais je pollue encore les rivières et les fleuves. »
A Eiw succède Morf, impliqué dans la dégradation de l’alimentation. Dans son long exposé, il affirme qu’il « n’existe qu’un moyen de conserver une vie saine et noble, c’est de laisser la nourriture dans l’état où elle se trouve lorsqu’elle est préparée par la Nature. Une alimentation dénaturée est, et demeure, pour toujours médiocre. » Tout en précisant qu’« une nourriture médiocre ne peut produire que des êtres médiocres ». En conséquence, il a « créé un service important afin d’éliminer de l’alimentation humaine des substance de grande valeur et de la transformer insensiblement et artificiellement ». Les aliments raffinés, comme le sucre blanc, sont notamment désignés comme déclencheurs de cancers.
Un autre démon, Karst, décrit la déforestation, incitant « à la construction des scieries et des fabriques de cellulose et de papier ». Il se réjouit ainsi « des mouchoirs en ouate de cellulose qui ne servent qu’une seule fois, des couches de bébé et bien d’autres objets qui sont jetés aussitôt après leur utilisation ». En outre, Karst loue « le démon du Mensonge qui est occupé à la prolifération croissante du livre, des éditions, et, en général, de tout ce qui est imprimé ».
La question agricole est longuement abordée, avec trois démons : Dust, Tibu et Spray. Le premier a incité l’homme à moderniser l’agriculture et à utiliser des engrais et des pesticides chimiques, affirmant que « plus les récoltes sont impressionnantes, plus profonds et durables sont les dommages causés au sol ». Pour lui, « la mort de la vie organique dans la terre représente la dernière phase de vie de l’humanité (…) ». Le deuxième est « chargé de procéder à l’élimination de la culture rurale et de la paysannerie » tandis que le troisième se vante d’avoir « donné aux hommes l’idée de lutter contre les mauvaises herbes à l’aide de ces poisons chimiques que l’on nomme les herbicides. » Il parle aussi des insecticides, en particulier du DDT, qui entraînent selon lui la pullulation des insectes nuisibles.
A la fin du livre, Gunther Schwab avance ses idées eugénistes et malthusiennes. Un démon affirme en effet que les médecins oeuvrent pour le Diable parce qu’en « enrayant les épidémies, vous empêchez l’élimination des faibles, de ceux qui ne sont pas biologiquement résistants, et vous affaiblissez le potentiel biologique de votre peuple et de l’humanité en général. »
Le Diable termine alors avec « la source de toutes les puissances de destruction », à savoir l’explosion démographique : « Jusqu’alors, la bonne mort, due aux épidémies, aux serpents venimeux, aux tigres ou aux famines avaient maintenu la fécondité naturelle des hommes à l’intérieur de certaines limites. Mais maintenant, mes mesures sanitaires de protection et de développement des productions alimentaires sont partout, et, de plus en plus, mises en application. Le taux de mortalité baisse dans le même temps où le nombre des naissances augmente. »
Et il conclut : « L’homme obtiendra le succès qu’il a si longtemps cherché à atteindre en violant la Nature dans tous les domaines, avec son prétendu « Progrès » ! A la fin, l’humanité ne sera plus qu’un immense troupeau de milliards d’individus bornés, tarés, infirmes, malades, faibles et idiots (…). Une misère sans nom, les épidémies, les souffrances et la faim seront la récompense de votre belle humanité. »
"Toujours se relever"
"Marcher pour se sentir vivant".
Je sortais d'une sale période, une nouvelle épreuve. Trois hernies discales. J'étais inopérable.
Un calvaire.
Et puis, je m'en suis sorti. Une longue histoire.
Et j'ai recommencé à marcher. Pendant des heures et même la nuit car ce sentiment de "revivre" insufflait en moi une telle énergie que je n'avais plus sommeil.
Alors, je sais quelque peu ce que ressent cet homme. Et son amour incommensurable pour la marche, pour ce souffle de vie en soi.
Force et honneur.
Respect
Marcher pour se sentir vivant, telle est la philosophie de vie d’Yves Auberson. Malgré la maladie de Parkinson, il a parcouru plus de 1000 km dans les Alpes suisses en moins de 3 mois. Stade 2 l’a suivi boucler cet incroyable périple. (Reportage Guillaume Papin, Julien Ababsa, la RTS et Lucille Feuillebois)
Marée de plastique
Plonévez-Porzay : marée de micro-plastiques suite à la tempête Justine
Après le passage de la tempête Justine, une marée de micro-plastiques s'est déversée sur les plages de Plonévez-Porzay le week-end dernier dans le Finistère. William, un habitant de Douarnenez a décidé de lancer l'alerte. Un phénomène récurrent, une pollution qui ne cesse de s'aggraver.
Publié le 03/02/2021 à 20h00 • Mis à jour le 03/02/2021 à 20h21

William, balayette et pelle en main, a entrepris de débarrasser le sable de Plonévez-Porzay de ses micro-plastiques. • © France Télévisions / Valérian Morzadec
C'est un travail de fourmi que William Vacher a entrepris. Balayette et pelle à poussière en main, ce Finistérien nettoie le sable. Plus précisément, il tente de débarrasser le sable de tous ces micro-plastiques qui parsèment la plage de Kervel.
"Ce qui serait bien, c'est qu'il y ait un plan d'action de lancer quand ça arrive comme dimanche dernier" nous explique-t-il. Parce qu'en l'espace de trois jours, la pollution s'est étalée : il y en a enfoui dans le sable, y en a beaucoup dans les rochers."
Pourquoi ne pas envisager de mobiliser en effet une réserve citoyenne de bénévoles prêts à intervenir rapidement ? Le maire de Plonévez-Porzay n'est pas contre mais la nature de la pollution complique la tâche : "Les petits plastiques posent des problèmes très pratiques : on ne peut ramasser que ce qui est visuel, et sur l'étendue d'une plage comme celle-ci..." souffe Paul Divanac'h.
L'Europe et les collectivités tentent de remonter à la source des pollutions grâce au programme Interreg. Une autre vraie solution serait aussi de réduire la place du plastique dans le quotidien de chaque citoyen...
Une autre vraie solution serait que les consommateurs boycottent au mieux tout ce qui est plastique.
Musique : Tom Day
De la douceur.
Paradis fiscaux
Je lis beaucoup d'études sur le sujet depuis quelques temps et c'est effrayant.
Les effets financiers sur les pays sont désastreux.
Un système qui vient s'ajouter à d'autres pour accroître toujours plus les inégalités et les difficultés des Etats.
Il faut imaginer qu'il existe des gens, avocats fiscalistes et autres "spécialités" dont la tâche est de trouver les meilleurs moyens pour contourner l'imposition pour des personnes qui sont millionnaires et milliardaires.
Autant il relève de la responsabilité des gouvernements de contrer ces détournements, autant il est pour moi incompréhensible que les personnes possédant de telles sommes puissent se sentir heureux, satisfaits, réjouis de plomber de la sorte les populations car c'est bien sur nous, le "bas peuple" que les effets sont les plus lourds.

La bataille des paradis fiscaux
POSTED ON13 DÉCEMBRE 2016
4 MINUTES DE LECTURE
Oxfam révèle son classement des 15 pires paradis fiscaux au monde, auxquels les entreprises ont recours pour échapper à l’impôt. Ces paradis fiscaux alimentent une dangereuse concurrence fiscale qui voit les Etats du monde entier réduire considérablement l’imposition des entreprises pour attirer des investissements privés sur leur territoire.
Les 15 pires paradis fiscaux dans le monde
Des îles paradisiaques, des pays de l’Asie de l’Est et des Etats membres de l’Union européenne figurent parmi les 15 pires paradis fiscaux selon le classement d’Oxfam. Les voici par ordre de nocivité de leurs politiques fiscales : (1) Bermudes (2) Îles Caïmans (3) Pays-Bas (4) Suisse (5) Singapour (6) Irlande (7) Luxembourg (8) Curaçao (9) Hong Kong (10) Chypre (11) Bahamas (12) Jersey (13) Barbade, (14) Maurice et (15) Îles Vierges britanniques. Quatre de ces territoires se trouvent sous la couronne britannique [1].
Oxfam dresse ce classement en s’appuyant sur les politiques fiscales des pays encourageant les formes les plus extrêmes d’évasion fiscale des entreprises. Le rôle des paradis fiscaux n’est pas neutre : ils aident les grandes entreprises à soustraire aux États des milliards de dollars de recettes fiscales par an et soutiennent un système économique dangereusement inégalitaire, compromettant la redistribution des richesses et empêchant de mettre fin à la pauvreté et aux inégalités.
Il n’est ainsi pas étonnant de voir figurer dans cette liste des pays bien connus pour avoir été au coeur de scandales d’évasion fiscale qui ont fait la une des médias. Par exemple l’Irlande, qui a accordé à Apple des avantages fiscaux illégaux permettant au géant mondial de l’informatique de payer seulement 0,005 % d’impôts dans le pays. Ou encore le Luxembourg, théâtre du scandale LuxLeaks et des enquêtes de la Commission européenne sur les accords secrets que le pays aurait conclu avec Engie, McDonald’s, Fiat et Amazon.
Une dangereuse course à la concurrence fiscale
Mais ces paradis fiscaux ne sont que la partie visible de l’iceberg. S’ils ont certainement un grande part de responsabilité dans le nivellement vers le bas du taux d’imposition des sociétés, aucun pays n’y échappe. Les États du monde entier réduisent la fiscalité des entreprises dans l’espoir de les attirer sur leur territoire. Le taux moyen d’imposition des sociétés dans les pays du G20 est ainsi passé de 40 % il y a 25 ans à moins de 30 % aujourd’hui. La France aussi n’est pas en reste, car elle vient d’adopter une baisse progressive de son taux d’imposition sur les sociétés, de 33 % à 28 %.
Mais quelles sont les conséquences de cette course vers le bas ? Concrètement, les impôts sur les bénéfices des entreprises génèrent des recettes supplémentaires pour les budgets nationaux qui, lorsqu’elles sont investies dans les services publics tels que l’éducation et la santé, réduisent les inégalités en redistribuant les richesses.
Mais lorsque les États réduisent la charge fiscale des multinationales, pour combler ce manque à gagner, ils peuvent soit réduire les dépenses essentielles et indispensables pour lutter contre les inégalités et la pauvreté, soit augmenter d’autres impôts touchant des tranches moins aisées de la société, comme la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Cette tendance est clairement confirmée par les derniers chiffres de l’impôt dans les pays de l’OCDE, où une baisse de 0,8 % du taux d’imposition sur les sociétés entre 2007 et 2014 a été en partie compensée par une hausse de 1,5 % du taux moyen de TVA entre 2008 et 2015.
Ceux qui paient le prix de cette concurrence irresponsable sont donc les citoyens, en particulier les plus pauvres, avec l’augmentation des impôts sur le revenu des particuliers et la réduction de services essentiels, comme la santé et l’éducation. L’évasion fiscale des multinationales coûte au moins 100 milliards de dollars par an : une somme qui permettrait d’assurer la scolarisation de des 124 millions d’enfants non scolarisés dans le monde
Pour que les multinationales ne puissent plus se soustraire à leurs obligations vis-à-vis des sociétés au sein desquelles elles génèrent leurs bénéfices, les politiques fiscales internationales doivent changer. Oxfam appelle notamment les Etats à collaborer pour mettre fin à cette course folle à la concurrence fiscale et à créer une instance fiscale internationale qui encadre et coordonne une coopération fiscale incluant tous les pays sur un pied d’égalité.
Paradis fiscaux : la France met à jour sa liste noire
La France a publié sa nouvelle liste noire des paradis fiscaux. En 2016, sept États y figuraient. Six d'entre eux ont depuis signé une convention fiscale avec la France. 12 autres États ont fait leur entrée sur la liste.
Mis à jour le 07/01/2020 | 21:27
publié le 07/01/2020 | 21:27
C'est une liste noire sur laquelle plusieurs territoires viennent de faire leur entrée : les paradis fiscaux pointés du doigt par la France. Ils sont désormais 13. Le Panama est toujours présent. Trinité-et-Tobago, les îles Vierges américaines ou encore Oman figurent parmi les nouveaux venus. Ces pays sont soupçonnés par la France d'abriter des sociétés-écrans par lesquelles transiterait de l'argent en toute discrétion.
"Cette liste fait l'impasse sur les paradis fiscaux les plus notoires"
À d'autres pays, comme les Seychelles ou les Bahamas, la France reproche aussi leur manque de coopération. Mais, pour certaines associations qui luttent contre le blanchiment, la liste française est toujours très incomplète. "En France, on considère qu'un pays est un paradis fiscal juste s'il ne fait pas de coopération fiscale. On ne peut pas simplement juger d'un statut de paradis fiscal juste parce qu'un pays n'échange pas d'informations avec la France. Le problème, c'est que cette liste fait l'impasse sur les paradis fiscaux les plus notoires", déplore Quentin Parrinello, porte-parole d'OXFAM. Pour dissuader les territoires considérés comme paradis fiscaux, la France brandit des sanctions : par exemple, taxer à 75% les échanges financiers avec ces pays.
VIDEO. Justice : "Il n'y a jamais eu d'autant d'argent sale dans les paradis fiscaux", dénonce l'ancien juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke
Le magistrat désormais à la retraite incite les États à aller chercher l'argent pour combler le déficit, notamment lié à la crise du Covid-19.
FRANCEINTER / RADIOFRANCE
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franceinfoRadio France
Mis à jour le 05/01/2021 | 12:21
publié le 05/01/2021 | 11:36
"Il n'y a jamais eu autant d'argent sale dans les paradis fiscaux", a déclaré mardi 5 janvier sur France Inter, l'ancien juge d'instruction au pôle financier, Renaud Van Ruymbeke, à l'occasion de la sortie de son livre, Mémoires d'un juge trop indépendant, aux éditions Tallandier.
"On a jamais eu autant, avec le Covid, de déficit. Je dis aux États : 'Mais allez chercher l'argent, il est à vos portes !'", a lancé le magistrat désormais à la retraite, qui a expliqué avoir voulu, avec ses mémoires, "faire passer un message à la jeunesse". "J'ai confiance dans les jeunes pour faire changer complètement le système", a-t-il déclaré.
"Les parquets ont étouffé plein d'affaires"
Interrogé sur les liens entre le pouvoir et la justice, Renaud Van Ruymbeke a estimé que les temps ont changé. "Les parquets ont étouffé plein d'affaires. Depuis l'affaire Elf, la justice a commencé à avoir les mains un peu plus libres. Ça a été achevé du temps de Mme Taubira", a-t-il fait remarquer.
Saluant le rôle de la presse dans les révélations Cahuzac, Fillon, il a estimé que ce n'était pas les juges d'instruction qui donnaient des informations aux journalistes. "Les juges d'instruction observent la presse, le juge d'instruction ne maîtrise pas l'information, c'est informatisé, ça circule", a-t-il expliqué. "Le problème aujourd'hui, c'est que les affaires viennent de plus en plus tard devant le tribunal", a-t-il conclu.

Inégalités et pauvreté : en France, les voyants au rouge
POSTED ON25 JANVIER 2021
5 MINUTES DE LECTURE
Pour la première fois de l’Histoire, les inégalités ont augmenté simultanément dans la quasi-totalité des pays du monde en raison de la pandémie de Covid-19 et de ses impacts. La France n’y échappe pas : depuis le début de la crise, des centaines de milliers de personnes tombent dans la pauvreté tandis que la fortune des milliardaires atteint déjà de nouveaux sommets.
Les signaux de la pauvreté explosent en France
Depuis le début de la crise du Covid-19, les chiffres de la pauvreté s’envolent partout dans le monde. Cette pandémie n’est pas seulement une crise sanitaire, elle est également une crise économique et sociale et ses effets sont destructeurs.
Selon Kristina Georgieva, directrice générale du FMI, « l’impact sera profond (…) avec des inégalités croissances provoquant des bouleversements sociaux et économiques. »
En France, selon les associations caritatives, ce n’est pas moins d’un million de personnes qui auraient basculé dans la pauvreté à cause de la pandémie. Une tendance sans précédent, illustrée par des chiffres alarmants : à l’automne 2020, le nombre de bénéficiaires à l’aide alimentaire était estimé à plus de 8 millions de personnes, alors qu’il se situe autour de 5,5 millions en temps normal. En 2008, on comptait moins de 3 millions de bénéficiaires. Autres signaux forts : le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active (RSA) a fortement augmenté depuis le début de la crise sanitaire, tout comme le nombre d’inscrits à Pôle Emploi.
Comme le met en lumière le rapport d’Oxfam « Le virus des inégalités », l’évolution de l’épargne des Français-es est également un indicateur important des inégalités qui sont à l’œuvre. Selon une étude du Conseil d’Analyse Economique, les 20% des Français-es les plus pauvres ont vu leur épargne diminuer de près de 2 milliards d’euros pendant le premier confinement, tandis que les 10% les plus riches voyaient leur fortune augmenter de plus de 25 milliards d’euros.
Les femmes, les jeunes et les migrant-e-s sont les plus touché-e-s par la crise
Les femmes, grandes oubliées de la pandémie
Si la crise sanitaire a touché le monde entier, les inégalités face à ses impacts sont considérables. Les femmes, déjà en première ligne de l’épidémie, sont aussi les premières impactées par les conséquences économiques de la crise. Sur-représentées dans les métiers les plus précaires et les moins bien rémunérés, elles ont été touchées de plein fouet par la pandémie. Pour les mères célibataires, la situation est d’autant plus préoccupante qu’elles sont plus nombreuses à travailler en temps partiel subi (deux fois plus que les femmes en couple). Les mères isolées sont le type de ménage le plus fréquemment rencontré dans les accueils du Secours Catholique selon leur dernier rapport.
Face à la crise, des jeunes en grandes difficultés
Du côté des jeunes, la situation n’est pas moins alarmante, d’autant que depuis les années 2000 cette catégorie de la population se paupérise. Avant la crise, un jeune sur dix était en situation de précarité.
Travaillant davantage avec des contrats précaires ou sans contrat de travail, les 18-24 ans ont été fortement impactés par les pertes d’emplois liées à la crise et ils passent le plus souvent entre les mailles du filet des mesures de chômage partiel. Une étude de l’Observatoire nationale de la vie étudiante menée après le premier confinement montre que 33% des étudiant-e-s interrogé-e-s ont rencontré des difficultés financières pendant la période et que 23% d’entre eux n’ont pas pu manger à leur faim !
Les migrant-e-s, durement touché-e-s
Les migrants ont été particulièrement exposés au coronavirus. Selon une étude réalisée par Médecins sans frontière en Ile-de-France, une personne sur deux aurait été infectée par le virus en raison, notamment, des conditions de vie favorisant une forte promiscuité. La restriction de l’Aide Médicale d’Etat décidée par le gouvernement un an avant la crise a également participé à la circulation active du Covid-19.
Par ailleurs, pour les exilés sans statut légal en France, le confinement a été synonyme d’arrêt complet de l’activité économique, renforçant la grande précarité de cette partie de la population.
De l’autre côté, des milliardaires français qui ne connaissent pas la crise
En France, des riches toujours plus riches
Alors que de nombreux pans de la population française ont vu leur vie et leur quotidien ébranlés, une autre partie de la population survole la crise. Seulement 9 mois ont suffi aux milliardaires français pour retrouver leur niveau de richesse d’avant la pandémie, tandis qu’au niveau mondial, plus de 10 ans seront nécessaires aux plus pauvres pour se relever selon le rapport d’Oxfam « Le virus des inégalités ».
Ces milliardaires ont même bénéficié d’une reprise exceptionnelle : ils ont ainsi gagné 175 milliards d’euros entre mars et décembre 2020 – soit l’équivalent de deux fois le budget de l’hôpital public -, dépassant leur niveau de richesse d’avant la crise. Comparé aux autres milliardaires dans le monde c’est la 3ème plus forte progression, après les Etats-Unis et la Chine.
Bernard Arnault creuse l’écart
La France compte actuellement 43 milliardaires. Parmi eux : Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH et grand gagnant de la crise. Il fait partie des quatre milliardaires de la planète ayant enregistré les fortes augmentations de leur fortune depuis le début de la pandémie !
Sur l’ensemble de l’année 2020, malgré la crise, la fortune de Bernard Arnault augmente de 44 milliards d’euros soit un bond de 41%. Après le pic de la crise, sa fortune a doublé entre mars et décembre.

La France des inégalités, fruit des choix politiques
Les inégalités ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat de choix politiques, en France et dans le monde entier. Nous avons besoin de mesures d’urgence pour ne laisser personne sur le bord de la route mais aussi besoin de penser un nouveau modèle de long terme, plus juste et plus durable.
Libertés, inégalités, fraternité ? Pour faire bouger les lignes, mobilisez-vous à nos côtés pour dénoncer cette France des inégalités et interpeller le gouvernement.
Si un jour...
Si un jour, j'arrête d'écrire sur ce blog, je le clôturerai par cette vidéo.
Krishnamurti.
Je sais à quel point cet homme a été pour moi l'instigateur, le déclencheur, le révélateur.
J'étais au lycée quand j'ai lu "Se libérer du connu".
Je pense qu'aucun livre ne m'a autant bouleversé.
Condamnation de l'Etat
Clair et net, ça ne changera rien.
Je l'ai écrit maintes et maintes fois. C'est à nous de changer nos comportements. Comportements envers notre consommation en établissant la liste de nos besoins, et non de nos envies.
Est-ce que j'ai besoin d'aller passer mes vacances à l'autre bout de la planète en prenant l'avion ? Non, c'est un désir.
Est-ce que j'ai besoin d'aller acheter de nouveaux habits parce que c'est l'époque des soldes ? Non, c'est un désir initié par un formatage social.
Est-ce que j'ai besoin de manger des animaux pour être en bonne santé ? Non, c'est un conditionnement et qui de plus ne contribue aucunement à ce que je sois en bonne santé. Je ne mange plus d'animaux depuis dix ans et cela ne m'empêche aucunement de continuer toutes mes activités physiques et mieux que ça encore, j'ai bien plus d'énergie et d'endurance que lorsque je mangeais de la viande, de la charcuterie, des fruits de mer, du poisson. J'ajouterai que je suis en paix sur un plan moral, spirituel, dans le domaine de ma conscience.
Est-ce que j'ai besoin d'acheter une nouvelle voiture parce qu'il y a davantage de technologie intégrées ? Non, c'est un désir, une certaine recherche de reconnaissance dès lors que la voiture que j'ai déjà répond à mes besoins de déplacement sans me mettre en danger. On vient de vendre notre petit camping car. Il avait trente ans et les frais qu'il demandait dépassait nos possibilités. De plus, nous avions besoin d'un moteur plus puissant pour nous aider dans le déménagement à venir. Nous en avons donc acheté un plus récent après maintes réflexions et discussions. Et ce fut difficile de nous séparer de ce vieux camion avec lequel nous avons connu de magnifiques virées en France.
Est-ce que nous avions besoin d'acheter une autre maison ? Oui, car il nous fallait un terrain beaucoup plus grand pour atteindre l'autonomie alimentaire que nous visons. Il nous fallait également un puits pour pallier aux périodes de sécheresse.
Aujourd'hui, nous étions de sortie, en skis de fond. Notre matériel a plus de dix ans, que ça soit dans le matériel de glisse que dans les habits que nous portons. Est-ce que nous avons besoin des nouveaux produits proposés par les magasins ? Non, aucunement. Ceux que nous avons n'atténue en rien le plaisir que nous éprouvons.
Je comprends parfaitement que des gens pratiquant intensément un sport cherchent à utiliser un matériel performant. Il s'agit aussi parfois d'une question de sécurité. Le freinage des vélos est par exemple un progrès indéniable. la légèreté des skis de randonnée permet de moins se fatiguer et de ne pas dépenser une énergie qu'il convient de préserver dans des situations engagées, les skis de nouvelle génération se conduisent beaucoup mieux que ceux qui ont dix ans et il est clair que dans une pente raide, c'est un facteur de sécurité.
Je ne réfute aucunement le progrès. Je cherche juste à en saisir la nécessité. Il n'est pas question de me laisser simplement entraîner dans des mouvements de masse ou des fuites consuméristes destinées à cacher ou à atténuer un mal-être existentiel ou à m'offrir un bonheur fugace alors que ces bonheurs ne sont que des pièges.
Pour en revenir à l'article ci-dessous, je pense que tout ça n'aura aucun effet. La seule chose qui puisse amener un gouvernement à changer de fonctionnement, c'est la population. Notre systéme politique est pyramidal. Les décisions viennent du sommet de l'Etat et c'est à mes yeux une totale aberration. Il faut donc que la population, à la base de la pyramide, en fasse trembler le socle et parvienne à déséquilibrer ce système étatique.
"L'affaire du siècle" : qu'est-ce que la condamnation de l'État va changer ?
ÉDITO - Alors que l’État a été condamné parce qu’il ne respecte pas ses engagements pour le climat, il est légitime de se demander si cette sanction peut faire évoluer les mœurs.
L'Edito Politique Olivier BostITUNES RSS
"L'affaire du siècle" : qu'est-ce que la condamnation de l'État va changer ?
"L'affaire du siècle" : qu'est-ce que la condamnation de l'État va changer ? 02:48
Olivier Bost édité par Quentin Marchal
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PUBLIÉ LE 04/02/2021 À 09:16
Ce mercredi 3 février a été une journée au parfum de victoire pour les défenseurs de l'environnement. L’État a été condamné par le tribunal administratif de Paris parce qu’il ne respecte pas ses engagements pour le climat et pour les écologistes, c’est une victoire avant tout symbolique, alors que plus de deux millions de personnes avaient soutenu cette initiative lancée par des ONG il y a 2 ans.
La justice a estimé que l’État ne faisait rien ou presque rien pour réduire nos émissions à gaz à effet de serre et éviter le réchauffement de la planète. La France ne tient absolument pas ses engagements des accords de Paris, pris en 2015, et le “Make your planet great again” reste un slogan.
D’autre part, le calcul d’un préjudice ne sera pas une mince affaire car le réchauffement de la planète est la faute de toute la planète et pas seulement de la France. Ensuite, cette victoire est avant tout symbolique car l’État, même condamné, généralement, s’en moque éperdument.
L'État est très fort pour inventer le droit, moins pour le respecter
Par le passé, l’État français a déjà été condamné par la justice européenne à cause de la pollution dans l'air et les gouvernements successifs promettent de faire quelque chose sans qu'il ne se passe presque rien. Si l’État français a été condamné, personne n’a jamais eu la moindre réparation pour une maladie respiratoire.
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Un autre exemple, la France a été condamnée près d’une vingtaine de fois pour les conditions de détention jugées inhumaines dans les prisons et sur ce point là également, rien ne bouge. Enfin, il y a 15 ans, nous avons inventé le droit opposable au logement, qui permet à n'importe qui d'attaquer l'État s’il n’est pas logé dignement.
15 ans après, le bilan est très faible : autant dire que l'État est très fort pour dire le droit et l’inventer mais un peu moins pour le respecter. L'État adore fixer des règles, les politiques adorent se fixer des objectifs mais peuvent ne pas les respecter. Cela remet en cause et décrédibilise les engagements qui sont pris au niveau national, européen et international.
Alors qu'Emmanuel Macron a promis un référendum pour inscrire la préservation de la biodiversité, de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution, il est légitime de se demander à quoi cela va servir. Sinon nous assurer de futurs procès contre l’État, dans 5, 10 ou 15 ans.
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Le chardon Marie
Voilà vers quoi le monde "moderne" doit revenir. Et je dis bien "revenir" car comme l'explique ce spécialiste des plantes sauvages, nous nous sommes détournés de ce que la nature nous prodiguait alors que tout est là , qu'il suffit d'aller marcher avec un couteau et un sac pour se préparer son repas. Juste le bon sens et une autre façon d'appréhenser l'existence.
Pour ceux qui ne connaissent pas, je conseille la lecture de "Walden, la vie dans les bois" d'Henry David Thoreau. Pour comprendre ce que nous avons perdu et ce qu'il nous reste à retrouver.
Henry David Thoreau
Michel Onfray (Autre)
EAN : 9782290225448
96 pages
Éditeur : J'AI LU (05/02/2020)
Existe en édition audio
Note moyenne : 3.9/5 (sur 673 notes)
Résumé :
En 1845, Henry David Thoreau part vivre dans une cabane construite de ses propres mains, au bord de l’étang de Walden, dans le Massachusetts. Là, au fond des bois, il mène pendant deux ans une vie frugale et autarcique, qui lui laisse tout le loisir de méditer sur le sens de l’existence, la société et le rapport des êtres humains à la Nature. Une réflexion sereine qui montre qu’il faut s’abstraire du monde et de ses désirs pour devenir réellement soi-même.
Walden est un monument de l'histoire littéraire américaine à l'immense postérité.
Franck Bouysse : "Grossir le ciel"
Lu en deux soirs. Une claque.
Une écriture magnifique, une histoire qui accroche, qui ne vous laisse pas tranquille.
Il faut absolument connaître la suite.
Un talent immense.

EAN : 9782358870788
240 pages
Éditeur : LA MANUFACTURE DE LIVRES (09/10/2014)
Note moyenne : 3.91/5 (sur 1022 notes)
Résumé :
Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées : les champs, les vaches, le bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et pour les verres.
Un jour, l’abbé Pierre disparaît, et tout bascule : Abel change, des événements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent.
Un suspense rural surprenant, riche et rare.
rabanne 14 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
Tout d'abord, je remercie canel et Eric76 de m'avoir fait découvrir ce roman et cet auteur.
Quelle claque !! J'en reste toute abasourdie...
Ce livre n'est pas qu'un simple polar-fiction, c'est certes noir, mais un roman également sociologique et profondément psychologique.
Un huis-clos en pleine campagne cévenole, entre neige et brouillard, solitude et labeur, routine et silence, solidarité et méfiance, rudesse et simplicité, angoisse et soupçons...
Une plume saisissante de réalisme et de poésie (jours qui passent, actes quotidiens, paysages), qui raconte la fierté d'hommes blessés, la solitude préférable au chaos du monde, une relation entravée par un secret de famille et de terribles traumatismes.
Époustouflant. Magistral.
Eric76 08 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
« le diable, il habite pas les enfers, c'est au paradis qu'il habite. »
Une phrase lourde de sens, lancée à la cantonade par le vieil Abel et qui a fortement impressionné le pauvre Gus. Une phrase prémonitoire, annonciatrice du drame futur qui pulvérisera les deux hommes.
Gus et Abel ! Deux paysans viscéralement attachés à leur terre dans ce coin paumé des Cévennes, au lieu-dit appelé Les Doges. Une terre pourtant ingrate, à peine arable. Deux paysans de ces temps révolus que j'ai vaguement côtoyé quand, tout gosse, je passais mes vacances à la campagne chez ma grand-mère. Deux reliques du passé. Deux lignées qui bientôt s'éteindront pour venir grossir le ciel. Deux brutes. Deux taiseux.
Leurs fermes sont mitoyennes : ils ont choisi de s'entraider, de mélanger leur solitude. Ils enfilent leurs journées les unes à la suite des autres, « comme des perles à un collier, la précédente ressemblant à la suivante. » de temps à autre, ils boivent ensemble un bon coup de rouge, aussi âpre, rustique et rugueux qu'eux, mais qui malgré tout parvient à délicieusement engourdir.
La vie a toujours été ingrate avec Gus. C'est « Un poisson qui nage à contre-courant depuis sa naissance ». Ses parents, allez savoir pourquoi, le haïssaient ! Quand il était môme, Gus faisait partie des faibles. Les autres en profitaient pour lui enfoncer la tête. Nabochodinosaure était son surnom. Il n'y avait guère que sa Mémé qui avait de l'affection pour lui. Mais quand elle est partie…
Gus n'a pour lui que ces quelques arpents de terre auxquels il tient comme à la prunelle de ses yeux. Sa vie, il la passe avec Mars, son chien, son fidèle compagnon. Et puis, il y a le vieil Abel ! Mais peut-on se faire un ami de cet homme tout environné d'ombres et de mystères ?
Ce drame que sentait Gus flotter dans les airs eut lieu le jour de la mort de l'Abbé Pierre. C'était l'hiver et un froid rude venait de s'abattre sur les Doges. Face à cette tragédie, Gus et Abel eurent bien quelques velléités de révolte, mais la volonté des hommes ne pèse pas lourd devant leur destin en marche, et c'est bravement que tous deux se sont enfoncés dans la nuit.
Le silence lourd et angoissant des champs, la monotonie du quotidien, les gestes infiniment répétés, la télé qui grésille… Et les mauvais souvenirs qui surgissent au crépuscule sans prendre garde comme « des vols de corneilles sorties du brouillard ». Les femmes enfuies à jamais, mais qui demeurent omniprésentes dans la tête des reclus. le museau humide du chien qui se pose avec affection sur la cuisse de son maître, et le palais de l'homme qui claque après avoir avalé un bon coup de rouge…
Un livre inspiré, d'une noirceur sidérale qui parle avec tendresse de Gus et d'Abel, deux hommes rudes, tordus par la terre… Deux survivants du passé qui vont rejoindre ces fantômes qui rôdaient tout autour d'eux.
Cricri124 16 octobre 2016
★★★★★
★★★★★
Quel livre mes amis, quel livre ! Un livre sombre, poignant, envoutant, servi par une écriture poétique d'une simplicité brute et vertigineuse, qui vous laisse le souffle court, comme si vous vous teniez au bord d'un précipice surplombant un panorama grandiose. Ha! Je suis complètement sous le charme.
Roman rural, roman noir, roman d'ambiance, ce livre vient incontestablement de rentrer dans le top 10 - peut être même top 5 - des plus beaux livres que j'ai lus cette année. Une fois n'est pas coutume, je ne mettrai en avant que le positif. Je vous l'ai dit, je suis sous le charme !
"Gus vivait ici, depuis plus de cinquante hivers. C'était en décembre que ce pays l'avait pris et que sa mère l'avait craché sur des draps durs et épais comme des planches de châtaignier "
"Ici", c'est un lieu-dit isolé constitué de 2 fermes enclavées dans les grands espaces austères et somptueux des Hautes Cévennes, non loin de Pont-de-Montvert. "Ici" l'hiver a enroulé son blanc et froid manteau autour d'une nature majestueuse et intransigeante, posée sur de la roche. "Ici", c'est l'homme qui s'adapte à la nature et non l'inverse. "Ici" c'est le labeur, le soin des bêtes, les travaux de la ferme et le temps qui rythment la vie. "Ici", le superflu n'a pas sa place et on se contente de ce qu'on a.
"Il faut croire que, tant qu'on n'a pas goûté à mieux que ce qu'on a sous la main, on se trouve des raisons d'apprécier sa pitance, peut-être même de ne pas du tout en chercher d'autre."
Personnellement, je ne connais pas du tout les Cévennes. Mais depuis la lecture de ce livre, je suis gagnée par une furieuse envie d'aller y trainer mes guêtres. Mais je m'égare... Revenons à l'histoire. le temps semble s'être figé sur cette partie du monde. Tant au niveau de la technologie, assez ancestrale, qu'au niveau du rythme, très lent, comme assourdi. L'auteur prend le temps de poser son histoire. Il nous plonge avec moult détails dans le quotidien de Gus et de son chien Mars. Certaines scènes sont décrites avec tant de détails anodins qu'elles se vivent quasiment en temps réel, créant une sorte d'inertie et renforçant cette impression d'immobilisme. Pourtant, des éléments inhabituels vont perturber la routine de Gus, l'obliger à se questionner, et faire ressurgir petit à petit un passé amer, à l'odeur soufrée de secrets enterrés.
"Gus pensait que c'était décidément une drôle de journée, avec tous ces souvenirs qui s'amenaient, comme des vols de corneilles sorties du brouillard. Des souvenirs dont on ne sait jamais où ils mènent, ni même si ça fait du bien de les avoir, mais qui ressurgissent et s'imposent, sans crier gare"
Gus entretient avec son voisin Abel (la deuxième ferme donc) des relations amicales frontales et sans fioritures. Des relations nécessaires, basées sur l'entraide où ils mêlent parfois leur solitude autour d'un coup de pinard. Les 2 hommes sont des solitaires, frustres, 2 taiseux, presqu'asociaux. Chargés d'un passé lourd. Des caractères forts qui font corps avec la nature, et dont la carapace rugueuse suinte pourtant de beaucoup d'humanité. Les dialogues sont peu nombreux mais percutants, en quelque sorte adaptés à la rudesse de la vie. Il y a dans leurs rapports comme un cycle immuable qui converge vers un épicentre. Les événements inhabituels auxquels Gus est confronté vont tendre leurs rapports. Il ne se passe à priori rien, mais une atmosphère d'éclipse solaire s'installe insidieusement : pesante, sourde, inquiétante, gravée dans la solitude et le silence, un climat de défiance et terre remuée. Car ce livre est aussi et surtout un livre d'ambiance.
"Désormais le soleil crachait ses rayons sur les arbres déplumés, qui ressemblaient à des arêtes de gros poissons sans chair dans un charnier à marée basse."
On dit qu'il y a des écritures plus musicales et d'autres plus picturales. Celle-ci se déploie comme un tableau avec de puissants effets de ténébrisme et des lignes brisées expressionnistes. C'est d'un noir lumineux. Certes, dur et âpre, mais intense. C'est mon ressenti en tout cas. Et un grand moment de lecture.
marina53 18 février 2016
★★★★★
★★★★★
Deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres dans ce coin paumé des Cévennes. Au lieu-dit appelé Les Doges. Autour, des grands espaces, des montagnes, des forêts et des prairies. Recouverts de neige une bonne partie de l'année. C'est ici que vivent Gus et son chien, Mars, et Abel. Deux paysans isolés des hommes. Qui s'occupent de la terre et élèvent quelques vaches et veaux. Ils ne demandent rien à personne, vivent et se contentent de peu. Ils se rendent de menus services, à l'occasion, mélangent leurs solitudes en buvant un coup, chez l'un ou chez l'autre. Mais se connaissent très peu finalement, bien qu'ils soient voisins depuis toujours. En ce jour du décès de l'abbé Pierre, la vie de chacun va brutalement être chamboulée...
Franck Bouysse nous plonge au coeur de ces espaces sans fin. Dans les Cévennes, loin de tout, l'on fait ainsi la connaissance de Gus et son chien Mars, et Abel. Deux taiseux qui ne parlent pas pour ne rien dire. Deux âmes solitaires, un lourd passé et des secrets familiaux qui semblent peser. L'auteur dévoile peu à peu la vie de Gus, un homme confronté à la rudesse de la vie, une vie rythmée par le temps et les bêtes. Il prend son temps et s'attarde sur de menus détails de la vie quotidienne et décrit avec précision la nature environnante, les silences et la solitude. L'écriture, élégante, d'une incroyable justesse et précision, sert à merveille ce récit aux personnages forts et complexes. Les dialogues, si rares, sont savoureux et percutants. Ce roman, inquiétant, sauvage, âpre et profondément sombre, est un véritable hymne à la nature, froide et minérale, et aux hommes.
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Cannetille 07 novembre 2019
★★★★★
★★★★★
Gus, la cinquantaine, a passé sa vie à trimer pour maintenir seul l'activité de sa ferme, isolée aux marges d'un village perdu des Cévennes. Grand solitaire, il ne fréquente guère que son voisin Abel, septuagénaire, lui aussi seul à la tête de son exploitation agricole, avec qui il échange coups de mains et coups de rouge. L'immuable quotidien des deux hommes va soudain connaître d'indésirables et inquiétantes perturbations, au fil d'événements et de visites qui vont bientôt tout faire basculer.
Franck Bouysse est une valeur sûre, dont je ne me lasse décidément pas. Sa marque de fabrique, c'est d'abord une histoire noire et terrible, aux personnages farouches et taiseux, cabossés par la vie et les épreuves, vivant dans un décor de nature aussi âpre que somptueux. C'est aussi le plaisir de la langue et du juste choix des mots, au fil de dialogues saisissants de vérité et d'images admirablement restituées.
Grossir le ciel réunit tous ces ingrédients pour nous surprendre une nouvelle fois : tout de suite intrigant et installant une tension qui ne fera que croître dans un enchaînement que rien ne laissait présager, ce récit au réalisme époustouflant nous entraîne aux côtés de personnages campés avec une grande finesse d'observation et d'analyse psychologique, dans un huis-clos rural angoissant où méfiance et soupçons s'exacerbent jusqu'à l'implosion.
L'écriture est quand à elle impressionnante de maîtrise, sobre, juste, magnifique. Alors, quand la puissance du style rejoint celle de l'histoire et de ses personnages, cela ne peut résulter qu'en un moment fort et incontournable, un immense coup de coeur.
iris29 10 mai 2017
★★★★★
★★★★★
Au commencement , il y a eu les formidables critiques unanimes de mes amis Babélio, puis il y a eu cette couverture âpre et boueuse , digne d'un tableau de Morandi, et je ne regrette rien ...
Un roman noir rural et lancinant ,formidablement bien écrit ...
Gus, la cinquantaine taiseuse vit dans une ferme au fin fond des Cevennes , son plus proche voisin , le vieux Abel, est tout aussi solitaire . De menus travaux en soins pour les bêtes , ils partagent des fois leur quotidien s'aidant mutuellement et buvant un coup aussi parfois pour tenir, dans ce morne futur . La vie aurait pu s'écouler tranquillement s'il n'y avait eu tout un tas de signes bizarres : des coups de feu, des visiteurs, le comportement d'Abel , un chien terrorisé ...
Oui, jusqu'au jour où tout bascule , et là il est capital de rappeler que tout a commencé avec la mort de l'Abbé Pierre annoncé au JT du soir ...
Franck Bouysse réussit a créer une ambiance ultra forte , un roman noir et rural au suspens poétique et silencieux . Il y a un petit quelque chose de Pagnol , aussi dans ces lignes ...
Des amis qui ont bon goût , un auteur à suivre et "Grossir" ta PAL ....
Crossroads 08 février 2016
★★★★★
★★★★★
Tu aimes les livres de gladiateur ?
Dommaaaaaage.
Encore que.
Entre ces deux taiseux aussi rudes que les hivers cévenols, la rivalité larvée qui les oppose pourrait bien faire figure de combat épique.
Gus et Abel.
Deux fermes distantes de quelques centaines de mètres.
Pas franchement amis mais pas en mauvais termes non plus.
Des rapports de bon voisinage, voilà ce qui les anime. Fête des voisins, connait pas.
Partager quelques verres, s'entraider à l'occasion. Ils semblent avoir trouvé leur équilibre.
De toute façon, Gus et son chien, Mars, paraissent autosuffisants, dans les bons jours.
Mais ça, c'était avant. Avant que ce dernier, lors d'une balade hivernale, ne perçoive une détonation localisée du côté de chez Abel. Un événement des plus anodins, a priori...
Je découvre Bouysse et je lui claque 5 étoiles direct !
Le gars fait dans le nature writing mâtiné de western rural.
Il vous pose une ambiance aussi plombante et électrique qu'un ciel d'orage, toujours sur la corde raide, jouant avec le lecteur comme avec ses deux protagonistes.
En véritable funambule de la plume, Bouysse vous fait toucher du doigt un abîme de souffrance inéluctable pour se rattraper in extrémis puis remiser régulièrement la chose quelques pages plus tard.
De sous-entendus en non-dits, la tension monte au rythme de votre palpitant au bord de l'implosion.
Grossir le ciel est de ces bouquins marquants impossible à lâcher et ils sont peu nombreux à pouvoir y prétendre.
Magistral !
Annette55 19 octobre 2019
★★★★★
★★★★★
Je ne remercierai jamais assez les ami(e)s de Babelio de m'avoir fait découvrir ce livre .
Je comprends pourquoi j'ai attendu si longtemps le prêt de ma médiathèque.
Me voici tétanisée , scotchée , étourdie par la force de cet ouvrage .
Au coeur des Cévennes , terre protestante , pays de huguenots qui avaient combattu autrefois pour leur liberté , loin de tout, vit Gus, un fermier qui n'a plus vraiment de famille , à part Abel, son voisin et son chien Mars auquel il est très attaché ....
Et commence un huit- clos, sombre, poignant, envoûtant , servi par une écriture magistrale, à la fois simple et brute, véritable hymne à la nature et aux hommes dans ce pays de taiseux, aux journées linéaires et monotones rythmées par les Bêtes et le Temps , cette nature majestueuse , froide, âpre , silencieuse , sournoise , rude, en sourdine, mais à l'affût...
Roman terrien, rural, noir, fulgurant, suspense, solitude, mystères, colères et silences lourds, coups de gnole et coups de fourche , secrets de famille enfouis , secret de naissance , non- dits, et sous entendus, neige, traces et froid dehors et dans les coeurs , rafales glacées et « suceur de Bible », odeur de sang, tension extrême, Abbé Pierre , je n'aurai pas de mots assez forts pour qualifier cette oeuvre : véritable bombe à retardement ...
Magistral, Unique , quel talent !
Un western rural si j'ose dire , même si c'est un peu exagéré !!
Ladybirdy 20 octobre 2018
★★★★★
★★★★★
Grossir le ciel c'est une flopée de critiques positives dans lesquelles je me suis plongée avec délectation ! Amis Babelio, que de finesse et d'intelligence dans vos analyses. J'imagine sans souci un cocktail de toutes ces critiques pour une apogée littéraire sans aucun doute !
Grossir le ciel c'est donc tout un univers perdu dans la campagne, c'est un ciel affamé qui attend à force de solitude, de secrets, de mystère, de rancoeurs de grossir son ventre encore et encore. Projetant neige et froid en bas, le ciel se délecte de ces deux paysans que sont Abel et Gus. le ciel attend avec patience qu'ils se consument ces deux-là. On les entend les dieux là-haut les regarder ces fermiers rustres, noirs, isolés de tout, de tous, labourant leur terre, sifflant à l'haleine pleine de rouge, se jugeant, se méfiant, se chercher. Mais Abel et Gus n'entendent pas les signes, les présages, ils n'écoutent qu'eux. Même les suceurs de bible qui frappent à leur porte peuvent aller prêcher la bonne parole ailleurs.
Quelques pages ont suffi à me plonger dans le froid de ces deux fermes isolées.
Je n'ai pu résister à faire un parallélisme avec le roman de Marcel Adamek « Le maître des jardins noirs » qui reprend ce thème de la campagne tortueuse. Si vous ne l'avez jamais lu, je vous le conseille.
Si Franck Bouysse s'attarde davantage sur l'isoloir des deux agriculteurs dans leurs aspects bruts, Adamek utilise la nature pour dépeindre l'âme humaine en désuétude et le noir se condense dans les mains de celui qui jette la première pierre.
Grossir le ciel, un roman noir, déstabilisant, oppressant que je referme en fixant mes yeux sur le ciel au-dessus de moi qui est aussi bleu que la mer des Antilles avec ce soleil qui tombe sans le faire exprès. Et c'est très bien ainsi.
Inondations et zones humides
Un sujet d'actualité.
C'est le bon sens et le respect de l'équilibre naturel qui n'est plus d'actualité depuis longtemps.
Quand j'étais gamin, que je vivais en Bretagne, près des immeubles où nous habitions, il y avait une forêt avec un très vaste zone humide. Remplie d'animaux et de plantes sauvages, des marais où j'aimais passer des journées entières.
Année après année, je l'ai vu se réduire, remplacée par des zones commerciales et des lotissements.
Aujourd'hui, il n'en reste plus rien.
Et régulièrement, je l'ai appris il y a quelques années, cette zone urbanisée est inondée.
Il en est de même dans de très nombreux endroits en France.
La démographie et l'urbanisation. Un cocktail explosif.
Crues : multiplier les zones humides permet de limiter les inondations
https://mobile.francetvinfo.fr/replay-radio/le-billet-vert/crues-multiplier-les-zones-humides-permet-de-limiter-les-inondations_4263453.html
Par Anne-Laure Barral – Radio France
Mis à jour le 03/02/2021 | 06:25 – publié le 02/02/2021 | 11:53
De plus en plus de communes choisissent de préserver leurs marais pour se protéger des inondations, plutôt que de construire des digues, plus coûteuses à entretenir.
Ce mardi 2 février, 19 départements français sont en alerte face aux crues et de nombreux cours d'eau sortent de leur lit. Ces phénomènes se répètent ces derniers temps, en raison des intempéries, dans les Landes, les Alpes-Maritimes et plus récemment en Corrèze. Et ils risquent d'être de plus en plus fréquents en raison du réchauffement climatique car, si les étés sont plus chauds et plus secs, les hivers sont quant à eux plus doux et plus humides, donc les cours d'eau descendent à la fois très bas et peuvent reprendre parfois leur lit majeur. Alors, pour prévenir les crues et limiter les inondations, le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) travaille avec plusieurs dizaines de communes pour rendre aux cours d'eau des zones humides ou des possibilités de s'étaler.
Près de trois quarts de zones humides perdues depuis les années 60
La commune de la Teste de Buch en Gironde a choisi de remettre en eau ses prés salés, au gré des marées, ce qui lui permet de stocker 37 000 m³ d’eau et ainsi de faire tampon en cas d’inondation. Même décision au cœur du pays de Montbéliard, où la réhabilitation de la zone des Jonchets, une zone humide au croisement de plusieurs cours d'eau, permet de stocker 17 000 m³ d'eaux pluviales. Cela n'empêche pas totalement les inondations mais cela permet de limiter leur intensité et leur fréquence, et d'éviter l'inondation de caves ou les routes coupées en cas de crue décennale.
C'est une sorte de retour à une organisation du passé.
La France a perdu 70% de ses zones humides depuis les années 60 et le monde entier, 90%.
Elles ont été drainées, asséchées pour en faire des champs ou pour construire des lotissements et des routes.
Aujourd'hui, on fait machine arrière.
Dans le parc national des Everglades, en Floride, aux États-Unis, certains tronçons d’autoroute ont été construits sur pilotis pour se préserver des inondations et laisser les marais s’écouler librement. Les autorités commencent à se rendre compte que restaurer une zone humide coûte moins chère qu’entretenir une digue. Aujourd’hui, les aménagements de petits parcs, de petit bassin le long de la vallée de la Bièvre en Essonne, préservent les villages des inondations. Dans cette zone, la dernière grande crue date de 1982.
De fait, ces zones sont des éponges : elles absorbent l’eau quand il y en a trop et nous la restitue en cas de sécheresse.
En plus, quand il fait chaud, elles rafraîchissent l’air et limitent le bruit en ville.
Selon une étude publiée dans Science, faite par des géographes belges et américains, en retenant le sable et les limons des rivières, les zones humides permettent ainsi d’élever le sol et de protéger les littoraux de la montée du niveau de la mer. Elles captent du CO2 avec leurs algues et leurs roseaux, elles filtrent les polluants avant qu'ils ne descendent dans nos nappes phréatiques, elles préservent, certes des moustiques, mais aussi des espèces animales.
Pourtant, elles sont assez mal aimées.
On se mobilise beaucoup plus pour nos forêts qui brûlent que pour nos zones humides qui s’assèchent, alors qu'elles disparaissent trois fois plus vite que les massifs forestiers.



