Articles de la-haut
"Ils sont devenus décroissants"
KIM BASCHET / LE MONDE
https://www.lemonde.fr/climat/article/2018/12/13/ils-sont-devenus-decroissants-quatre-francais-temoignent_
Patricia Mignone, 60 ans, est formatrice et cadre dans le marketing numérique à Charleroi, en Belgique.
« L’empêchement principal à la décroissance ? Les habitudes »
« Je fais partie de la première vague des décroissants, celle des années 1970. A 16 ans, en 1974, j’ai été touchée par le mouvement écologique naissant : j’ai adopté la frugalité et le minimalisme. Puis dans les années 1980, alors que j’étais jeune mère, nous avons vécu dans le Brabant, une région de Belgique qui constituait un véritable vivier en matière d’écologie. Nous avions un maraîcher bio, un boulanger bio, un boucher bio et, au village, un précurseur avait organisé un système de tri et de recyclage des déchets ménagers.
J’ai toujours été perçue comme une personne originale et austère. Il est clair que je détonnais par rapport aux autres adolescentes. Quand j’étais à l’université, il est arrivé que l’on me dise que j’étais radine parce que je n’étais pas aussi coquette que les autres filles de ma promo. J’ai élevé mes enfants dans cet esprit-là. Arrivés à l’âge adulte, ils m’en ont remerciée, ce qui ne les a pas empêchés de faire d’autres choix de consommation.
Chez moi, on trouve un pain de savon de Marseille et une bouteille d’eau vinaigrée pour le rinçage des cheveux !
Concrètement, je consomme ce dont j’ai besoin, en m’efforçant d’observer des comportements résilients : j’évite les produits non éthiques et les déchets ; je tends vers l’autonomie. De passage à Paris ces jours-ci, j’ai loué un appartement sur la plate-forme Airbnb et j’ai découvert dans la cabine de douche un nombre de flacons en plastique inutiles… Chez moi, on trouve un pain de savon de Marseille et une bouteille d’eau vinaigrée pour le rinçage des cheveux ! C’est économique et sain : la publicité fait croire qu’on a besoin d’un produit pour chaque fonction alors que des produits de base suffisent.
Je me passe de télévision depuis une vingtaine d’années, je suis végane et j’ai mon propre jardin. Je n’en suis pas pour autant exemplaire : il m’arrive encore d’acheter des produits emballés dans du plastique.
Comment arriver à convaincre davantage de personnes d’adopter ce mode de vie ? L’empêchement principal, ce sont les habitudes. En matière d’alimentation, les gens commencent cependant à admettre que nous devons réduire notre consommation de chair animale. Afin d’aider mes amis omnivores à évoluer en ce sens sans changer d’habitudes gustatives, j’adapte régulièrement des recettes de cuisine dites « traditionnelles ».
Selon moi, il faut être pédagogue, pas moralisateur : non culpabiliser, mais aider ceux qui le souhaitent à évoluer sur ce chemin. A une échelle un peu plus grande, la publication de livres, l’animation d’ateliers, les conférences permettent aux “éclaireurs” de sensibiliser ceux qui ont besoin d’aide.
Je pense que nous assistons aujourd’hui à la réplique d’un mouvement qui a eu lieu il y a cinquante ans, après Mai 68. Si dans les années 1970 ce mouvement était une lame de fond, là ça devient une véritable tendance : les médias s’intéressent au sujet ; l’Europe a légiféré quant à la responsabilité sociétale des entreprises ; les enseignes de la grande distribution vont désormais au-delà du bio en intégrant les concepts de la transition – local, de saison, en vrac… C’est souvent du greenwashing [marketing écologique], elles font ça pour se donner une bonne image, mais cela permet au moins de sensibiliser le grand public. Le mode de vie de la transition semble également séduire de plus en plus de jeunes, notamment ceux qui sont éduqués : ils ont une conscience aiguë de l’état du monde.
En 1972, le rapport Meadows [la première étude significative à alerter sur l’impact pour la planète de la croissance économique et démographique, intitulé “Les Limites de la croissance”] nous invitait à changer de cap. A l’époque, il était encore temps. Rien n’a été fait depuis, notamment parce que le monde politique manque de courage. Et nous le payons aujourd’hui. »
Olivia Cunéo, 19 ans, est étudiante en langues étrangères à Papeete.
« J’ai totalement arrêté le shampooing, le savon, le dentifrice industriel, le papier toilette… »
« Tout a commencé avec le déodorant. Je me souviendrai toujours de ce jour où mon père m’a dit de ne plus en mettre parce que cela pouvait provoquer un cancer. Cela m’a frappée, et j’ai cherché par quoi je pourrais le remplacer. J’ai testé le bicarbonate de soude, puis je me suis rendu compte qu’il pouvait servir à d’autres choses, comme fabriquer son dentifrice ou des produits nettoyants. Et de fil en aiguille, j’ai tout remplacé. J’ai voulu être cohérente avec mes convictions écologiques, je suis donc devenue une partisane du zéro déchet et de tout ce qui va avec : le minimalisme, la décroissance…
Honnêtement, ce n’est pas très compliqué pour une jeune adulte qui n’a pas de revenu fixe et qui vit chez ses parents. Malgré tout, mes seuls achats neufs récents sont des sous-vêtements et une paire de chaussures pour le scooter. Autrement, j’achète toujours des vêtements d’occasion. Bien sûr, il est très difficile de résister à certaines tentations du quotidien. J’adore le chocolat et les biscuits industriels, et quand j’ai un peu d’argent j’en achète encore. C’est difficile de ne pas succomber, avec toutes ces publicités qui nous incitent à consommer ! Même si l’on sait que c’est mauvais pour la santé et loin d’être écolo.
Mes proches m’ont totalement suivie. Ma mère est même allée plus loin : terminé la lessive industrielle, les produits ménagers industriels… et même, depuis cette année, le papier toilette ! C’est notre grande réussite. Pour les selles, nous utilisons l’eau de la douche. Et pour le reste, nous utilisons des serviettes que l’on garde après usage dans une petite poubelle, où ma mère a mis du bicarbonate pour éviter les odeurs, puis qu’elle lave régulièrement.
La plupart de mes amis comprennent mes décisions, mais cela ne va pas plus loin
Est-ce qu’on fait des économies ? Oui, oui et re-oui. A tel point qu’on s’en veut de ne pas avoir pratiqué le zéro déchet et le minimalisme plus tôt ! Du côté de mes amis, c’est beaucoup plus mitigé. L’un d’entre eux trouve “dégoûtant” que je n’utilise pas de shampooing. La plupart des autres comprennent mes décisions, mais cela ne va pas plus loin. Pour eux, cette prise de conscience est inutile et mon idéal impossible à atteindre. Je pense notamment à mes amies parties en métropole qui y ont découvert les « vrais » magasins de vêtements : pour elles, il n’est pas question de ne rien acheter de neuf, et je peux les comprendre. Ici, les vêtements coûtent affreusement cher. Heureusement, j’ai quand même deux ou trois amies qui essaient elles aussi d’être décroissantes. Donc on peut en parler et essayer de convaincre les autres.
Pour moi, un retour en arrière est impensable. Impossible de racheter un jour du shampooing par exemple. On me dit souvent “au cas par cas, ça ne sert à rien. J’adopterai ce mode de vie quand les politiques auront changé”. Je trouve ça assez facile.
Si on ne change rien soi-même, les responsables politiques ou les industriels n’ont aucune raison de le faire. Je pense, au contraire, que l’on doit tous agir au plan individuel, parce que ce sont les actions du peuple qui modifieront les façons de penser à plus grande échelle. Au bout d’un moment, si on arrête d’engraisser les industriels, ils finiront bien par cesser leurs activités. Et c’est eux qu’il faut viser. Ce sont eux les vrais pollueurs. »
KIM BASCHET / LE MONDE
Guy Renard, 45 ans, est informaticien en Suisse.
« Ouvrez un tiroir et demandez-vous “qu’est-ce que j’utilise régulièrement ?” »
« Le déclic n’est pas vraiment venu à un moment précis. C’est un processus qui s’est étiré sur plus de quinze ans. Au fil des années, j’ai pris de plus en plus de recul sur la société de consommation, vu les choses empirer : on ne peut pas continuer avec un tel mode de vie, un tel gaspillage des ressources.
A l’échelle de la planète, ce n’est plus soutenable ; il faut que ce soit plus équilibré. C’est pour cela que, progressivement, je suis devenu décroissant. Cela m’a permis de ralentir, de changer de mode de vie. De prendre davantage le train, de prendre le temps de cuisiner et de servir moins de plats préparés. Je passe aussi moins de temps dans les magasins.
Je dirais que 60 % des choses que l’on possède ne sont jamais utilisées
Après avoir découvert le mouvement minimaliste, j’ai décidé de changer d’appartement pour en prendre un plus petit. Faites l’expérience chez vous, ouvrez un tiroir dans votre salle de bains ou dans votre cuisine et demandez-vous “qu’est-ce que j’utilise régulièrement ?”. Je dirais que 60 % des choses que l’on possède ne sont jamais utilisées. Il est donc facile de s’en débarrasser : vêtements, matériel de cuisine, de bricolage… Je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin d’un appartement si grand : je suis passé d’un 80 m² à un 60 m² et c’est encore trop grand. Je pense que je m’en sortirais très bien avec un 45 m².
J’ai aussi arrêté de prendre l’avion, je ne prends plus ma voiture tous les jours. J’utilise davantage le vélo ou le bus. Mais on a une énorme chance en Suisse, on a plusieurs alternatives à la voiture. Il y a beaucoup de lignes régionales pour se rendre dans les petites villes. Ce n’est pas forcément le cas en France. Je fais également plus de tourisme local et je visite des pays frontaliers. Economiquement, j’y gagne à tous les niveaux ; mon loyer a par exemple baissé de 20 % à 30 %. Je n’ai pas l’impression de vivre moins bien et j’ai redonné du sens à ma vie.
Cela a été assez facile avec mes proches, je n’ai pas vraiment eu de réactions posant problème, même si pour certaines personnes je suis excessif. Mais elles hésitent à me le reprocher car cela les renvoie à leurs propres contradictions.
Mon objectif, c’est d’en débattre dans une démarche pédagogique. Mais c’est vrai que nous sommes confrontés à une pression sociale de toujours consommer et cela crée de la frustration. Tout décroissant peut, à un moment donné, se sentir isolé socialement. Je mange par exemple moins de viande, mais je n’ai pas arrêté complètement : je sais que l’élevage pose beaucoup de problèmes à l’environnement, mais, socialement, la diminution de la viande, plutôt que l’arrêt complet, est plus facile à faire accepter à ses proches.
Je suis convaincu que les changements individuels, on ne peut pas y couper. Nous sommes les clients des multinationales. Dans l’idéal, il faudrait que les individus évoluent en parallèle des politiques, mais il y a une résistance au changement. Beaucoup sont convaincus par ce mode de vie décroissant, mais il est vrai que cela demande beaucoup d’efforts dans la vie de tous les jours. »
Comment agir pour le climat ? « Le Monde » se mobilise pendant une semaine
Que faire face au défi du changement climatique ? Comment agir, concrètement, à l’échelle individuelle ou collective ? Les initiatives citoyennes ont-elles un sens alors que c’est tout le système qu’il faudrait faire évoluer pour espérer limiter les effets du dérèglement ? Alors que la COP24 sur le climat s’est ouverte, dimanche 2 décembre, en Pologne, la rédaction du Monde se mobilise autour de ces questions. Au-delà du constat de l’urgence, nous avons voulu nous interroger sur les solutions existantes ou à explorer.
Chaque jour, pendant une semaine, des personnalités, expertes de leur domaine et engagées au quotidien, répondront en direct aux questions des internautes :
Peut-on se passer de la voiture ? Jérémie Almosni, chef du service Transport et mobilités à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), a répondu aux questions des internautes lundi 10 décembre.
Peut-on continuer à manger autant de viande ? Le chef cuistot Adrien Zedda, du resto lyonnais Culina Hortus et Cyrielle Denhartigh, responsable agriculture et alimentation pour Réseau Action Climat ont répondu à vos questions mardi.
Peut-on se chauffer autrement ? Vous avez pu dialoguer avec Jean-Baptiste Lebrun, directeur du CLER – réseau pour la transition énergétique, mercredi.
Peut-on consommer moins ? Le politologue Paul Ariès a répondu à de nombreuses questions jeudi.
Et, finalement, peut-on peser collectivement ? L’ingénieur agronome et collapsologue Pablo Servigne, auteur de Comment tout peut s’effondrer en 2015 et de Une autre fin du monde est possible. Vive l’effondrement en 2018 répondra à vos questions à partir de 13 h 30. Il sera suivi dans la foulée par le youtubeur écolo Nicolas Meyrieux, engagé dans la campagne « On est prêt », qui sera présent en tchat à partir de 15 heures.
"La solution de la décroissance"
Je sais très bien que ce terme de "décroissance" agit comme un épouvantail et qu'il est souvent associé à des esprits perturbés, extrémistes, anarchistes et autres "istes" monstrueux.
Je dois dire que ça m'agace quelque peu.
Si je ne me retenais pas, je bombarderai ce blog d'articles et de documentaires expliquant ce qu'il en est réellement. Il ne s'agit donc pas de propos d'huluberlus mais bien de chercheurs scientifiques en tous genres : économistes, sociologues, biologistes et même financiers (si, si, il y en a :) )
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La solution de la décroissance ?
http://ses.ens-lyon.fr/articles/la-solution-de-la-decroissance
Publié le 20/02/2016
Auteur(s) : Fabrice Flipo
Alors que la croissance est réaffirmée comme indispensable en réponse à la crise économique et écologique, le philosophe Fabrice Flipo propose d'explorer la voie alternative de la décroissance. Après une introduction sur l'émergence de la problématique de la décroissance, il développe cinq types d'arguments en faveur de celle-ci et donc cinq critiques théoriques de la croissance : écologiste, économique, anthropologique, démocratique et spirituel. Cette conférence s'inscrit dans le cycle sur "Le défi du développement durable" qui s'est déroulé à l'ENS de Lyon en 2015-16.
SOMMAIRE
La conférence de fabrice Flipo : La solution de la décroissance ?
La troisième conférence du cycle à l'ENS de Lyon sur "Le défi du développement durable" s'est déroulée le 8 février 2016. L'invité était le philosophe Fabrice Flipo.
Fabrice Flipo est Maître de conférences en philosophie et épistémologie politique à Télécom École de Management (Institut Mines-Télécom) et chercheur au Laboratoire de changement social et politique (LCSP-Université Paris 7 Denis Diderot) où il travaille dans le domaine des nouvelles technologies d'une part et dans celui de l'écologie et du développement durable d'autre part. Ses recherches portent notamment sur l'écologie politique et le mouvement de l'écologisme, les questions de justice en lien avec les enjeux écologiques, l'épistémologie de la décroissance, l'impact environnemental des NTIC et les technologies vertes. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et articles sur ces questions. Il est également chroniqueur du journal La Décroissance.
La conférence de fabrice Flipo : La solution de la décroissance ?
Partie 1 : La présentation de Fabrice Flipo
ChapitresDurée
Introduction aux cinq arguments ou justifications théoriques de la décroissance12:26
1. La source écologiste04:59
2. La source économique12:34
3. La source anthropologique09:37
4. La source démocratique09:52
5. La source spirituelle10:54
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Résumé des cinq arguments ou justifications théoriques de la décroissance développés par Fabrice Flipo :
1. La source écologiste : la croissance détruit l'environnement et les écosystèmes ; critique du courant de la durabilité faible – substitution du capital technique au capital naturel permettant de concilier croissance économique et environnement – et de la thèse de la dématérialisation de l'économie. L'impact positif des NTIC sur l'environnement par exemple n'est absolument pas évident.
2. La source économique : la croissance est vouée à s'amenuiser en raison de l'essoufflement des gains de productivité (cf. thèses sur la stagnation séculaire, Robert Gordon), de la raréfaction des ressources non renouvelables et de la difficulté croissante à les exploiter, mais aussi du caractère limité des ressources renouvelables (Nicholas Georgescu-Roegen et la loi d'entropie).
3. La source anthropologique : la croissance est un type de civilisation ou de rapport au monde qui repose sur la division du travail et l'échange considéré comme mutuellement bénéfique (Serge Latouche). L'époque moderne a imposé une norme de développement fondée sur la croissance économique et la marchandisation du monde, où la nature est une simple ressource support de l'échange, sans valeur intrinsèque. On peut imaginer un autre mode de vie ou modèle de société qui reposerait sur le bien-vivre ensemble plutôt que sur la croissance et le productivisme.
4. La source démocratique : la croissance est un processus de dépossession des besoins par le système industriel et publicitaire et d'«industrialisation du manque» (Ivan Illich, voir aussi John Kenneth Galbraith et Jean Baudrillard). Le système industriel et commercial impose par exemple l'usage des technologies numériques ou une certaine configuration de l'espace incitant à l'utilisation de la voiture, d'où une perte de liberté et de maîtrise des objectifs de la croissance, mais aussi un accroissement des inégalités.
5. La source spirituelle : la décroissance favorise la réappropriation des besoins et des désirs à l'échelle individuelle. Une révolution intérieure est nécessaire pour faire face à la crise de sens que traversent nos sociétés. La "simplicité volontaire" est un moyen de se libérer de l'obligation de consommer toujours plus et de revenir à plus d'authenticité dans nos modes de vie (Pierre Rabhi).
Ces cinq sources de la décroissance sont indépendantes mais peuvent se renforcer mutuellement.
Partie 2 : Les questions du public
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Questions abordées : la problématique démographique, comment produire le changement attendu avec des démarches individuelles minoritaires, la décroissance est-elle compatible avec le plein emploi, la décroissance implique-t-elle une baisse du revenu et du pouvoir d'achat ?
Pour aller plus loin
Fabrice Flipo, François Schneider, Denis Bayon, La décroissance. Dix questions pour comprendre et débattre, La Découverte Poche / Essais n°362, mars 2012. Compte rendu de Pascal Décarpes dans Lectures.
Fabrice Flipo, "Les cinq sources de la décroissance", Implications philosophiques (revue électronique de philosophie), 16 janvier 2015.
Fabrice Flipo, "Décroissance", Encyclopædia Universalis en ligne.
Fabrice Flipo, "L'urgence de la décroissance", Le Monde, 9/12/2015.
Fabrice Flipo, "Les trois conceptions du développement durable", Développement durable et territoires, Vol. 5, n°3, décembre 2014.
Film Demain, réalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion en 2015 (le site du film propose une rubrique enseignant et un dossier pédagogique).
Retour vers la présentation du cycle "le défi du développement durable".
"L'écomodernisme"
A la suite des deux articles reprenant les écrits et les propos de Michael Shellenberger et pour tenter d'en comprendre la teneur, j'ai continué à chercher sur le net. J'ai lu quelques articles, études, interview et je me suis intéressé à un autre scientifique couramment cité : Roger Pielke.
Roger A. Pielke Jr. (né le 2 novembre 1968) est un politologue et professeur américain, et a été directeur du Sports Governance Center au sein du département d'athlétisme du Center for Science and Technology Policy Research de l'Université du Colorado à Boulder1.
Il a précédemment servi dans le programme d'études environnementales et a été membre de l'Institut coopératif de recherche en sciences de l'environnement (CIRES), où il a été directeur du Center for Science and Technology Policy Research de l'Université du Colorado Boulder de 2001 à 2007. Pielke a été chercheur invité à la Saïd Business School de l'Université d'Oxford au cours de l'année scolaire 2007-20082.
Écrivain prolifique, il s'intéresse notamment à la politisation de la science, aux prises de décision dans l'incertitude, à l'éducation politique des scientifiques dans des domaines tels que le changement climatique, les plans d'urgence, le commerce mondial et des recherches sur la gouvernance des organisations sportives, dont la FIFA et la NCAA.
Sommaire
Éducation et formation
Pielke a obtenu une licence en mathématiques (1990), une maîtrise en politique publique (1992) et un doctorat en science politique, tous de l'Université du Colorado Boulder. Avant d'occuper ses fonctions à l'Université du Colorado Boulder, de 1993 à 2001, il a été chercheur au sein du groupe Impacts environnementaux et sociétaux du National Center for Atmospheric Research.
De 2002 à 2004, Pielke a été directeur des études supérieures pour le programme d'études supérieures en études environnementales de l'l'Université du Colorado Boulder et en 2001, les étudiants l'ont sélectionné pour le prix du meilleur conseiller diplômé (Outstanding Graduate Advisor Award). Pielke siège à de nombreux comités de rédaction et comités consultatifs, conserve de nombreuses affiliations professionnelles et a siégé au conseil d'administration de WeatherData, Inc. de 2001 à 2006. En 2012, il a reçu un doctorat honorifique de l'Université de Linköping et le prix du service public de la Geological Society of America.
Publications
Les premières publications de Pielke ont été réalisés dans le cadre du programme de la navette spatiale américaine. En 1993, 7 ans après l'accident de la navette spatiale Challenger, il suggère que la navette est coûteuse et risquée et qu'il est « probable » qu'une autre navette soit perdue dans un délai de 20 à 35 vols7. Peu avant la perte de Columbia en 2003, il avertit que la perte d'une autre navette n'est qu'une question de temps8. Il a également critiqué le programme de la station spatiale internationale9.
Pielke a également beaucoup écrit sur les politiques en matière de changement climatique. Il est d'accord avec le GIEC : « Le GIEC a conclu que les émissions de gaz à effet de serre résultant de l'activité humaine sont un important facteur de changement du climat. Et sur cette seule base, je suis personnellement convaincu qu'il est logique de prendre des mesures pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ». Selon Pielke, « toute politique concevable de réduction des émissions, même si elle est efficace, ne peut avoir un impact perceptible sur le climat pendant de nombreuses décennies », et il en conclut « que dans les décennies à venir, les seules politiques qui pourront être utilisées efficacement pour gérer les effets immédiats de la variabilité et du changement climatiques seront des politiques d'adaptation ».
Sur les questions des ouragans et du changement climatique, il fait valoir que la tendance à l'augmentation des dommages causés par les ouragans est principalement due à des facteurs sociétaux et économiques (principalement une augmentation de la densité de la richesse), plutôt qu'à un changement de fréquence et d'intensité. Cette opinion a conduit différentes personnes dont le Guardian à le considérer comme un « négateur » du changement climatique et un « alarmiste », ce qu'il rejette « fermement ».
Pielke est mentionné dans des courriels impliquant John Podesta, président de la campagne d'Hillary Clinton révélés par WikiLeaks. Le courriel en question a été envoyé par Judd Legum, l'éditeur de ThinkProgress, un site qui fait partie du Center for American Progress Action Fund, le bras de défense du think tank libéral Center for American Progress, qui a été fondé par Podesta en 2003. Dans son courriel à l'écologiste milliardaire Tom Steyer, Legum a décrit comment, selon lui, Climate Progress, la branche environnementale de ThinkProgress, a obtenu de Pielke qu'il cesse d'écrire sur le changement climatique pendant une période de cinq ans et demi.
En avril 2015, Pielke s'est joint à un groupe de chercheurs pour publier un « Manifeste de l'écomodernisme » : John Asafu-Adjaye, Linus Blomqvist, Stewart Brand, Barry Brook. Ruth DeFries, Erle Ellis, Christopher Foreman, David Keith, Martin Lewis, Mark Lynas, Ted Nordhaus, Rachel Pritzker, Joyashree Roy, Mark Sagoff, Michael Shellenberger, Robert Stone et Peter Teague.
Pielke a été nommé dans une lettre envoyée par le sénateur Edward Markey (D-MA) à de nombreux groupes de l'industrie énergétique, leur demandant de révéler les noms des scientifiques qu'ils avaient financés. Concernant la divulgation des conflits d'intérêts, M. Pielke a déclaré que la non-divulgation des conflits d'intérêts est assez endémique au sein des scientifiques du climat.
Si je reprends une des idées énoncées par Schellenberger et que je la juxtapose avec cette dernière phrase écrite en rouge, je ne peux m'empêcher de penser à des conflits d'intérêt : "La prévention des futures pandémies nécessite plus d’agriculture « industrielle » et non pas l’inverse."
Cette phrase-là m'a singulièrement interpellé. J'ai déjà évoqué ici la puissance du lobbying, au sein de l'UE comme dans tous les états développés. Mais bon, il faudrait que je lise le livre de Shellenberger pour comprendre ce qu'il veut dire.
Je pourrais en tout cas délivrer ici de très nombreuses études qui affirment le contraire. L'agriculture intensive industrielle n'est aucunement une fatalité et encore moins une nécessité. Disons que j'ai là un sérieux doute sur l'objectivité de ce monsieur. Il n'en reste pas moins que son parcours scientifique et son engagement dans l'écologie, durant une partie de sa vie, m'incite à m'interroger.
En continuant donc mes recherches, j'ai fini par croiser un terme dont j'ignorais l'existence : l'écomodernisme. Pielke, Shellenberger et les autres scientifiques mentionnés plus haut sont des adeptes de ce mouvement. On retrouve d'ailleurs le nom de Schellenberger et de Pielke dans l'article suivant.
A chacun de se faire son idée. Je renvoie bien évidemment au "paradoxe de Jevons" avant de tirer des conclusions.
ECOMODERNISME
https://www.hisour.com/fr/ecomodernism-34769/
Lecture audio
L’écomodernisme est une philosophie environnementale qui soutient que les humains peuvent protéger la nature en utilisant la technologie pour «dissocier» les impacts anthropiques du monde naturel. L’écomodernisme est une école de pensée de nombreux spécialistes de l’environnement et du design, critiques, philosophes et activistes. Le modernisme basé sur l’écologie est la manière la plus directe de définir ce mouvement. Il englobe les aspects les plus réussis des Designers Outlaw (Jay Baldwin, Buckminster Fuller et Stewart Brand) des années 1960 et 70 avec le pragmatisme optimiste des Modernistes basé sur la réforme. Il exige une compréhension plus détaillée de l’histoire de la discipline et encourage les objets conçus et les systèmes créés avec l’inspiration logique du cycle de la nature intégré à ses objectifs.
Les créations matérielles et immatérielles qui en résultent espèrent mieux unir la technologie, l’humanité et la nature. L’éco-modernisme incite les designers à se déconnecter de leur univers de pixels et à renouer avec les nuances de notre environnement naturel pour mieux comprendre les matériaux que nous utilisons, les procédés que nous utilisons et apprécier l’importance de nos ressources naturelles. Au lieu de l’approche linéaire d’un processus de conception, basé sur le fordisme et le taylorisme, l’éco-modernisme embrasse le modèle de la «nourriture égale» (William McDonough et Michael Braungart) et le berceau-à-berceau inventé par Walter R. Stahel dans le 1970 (pendant le mouvement de conception d’Outlaw) où la conception et la fabrication visent à «fermer la boucle».
Pour réaliser cette composante du mouvement, les concepteurs doivent minimiser leur empreinte environnementale en utilisant des ressources locales et renouvelables pour tous nos projets futurs. Dans leur manifeste de 2015, 18 écomodernistes autoproclamés – y compris des chercheurs du Breakthrough Institute, de l’Université de Harvard, de l’Université de Jadavpur et de la Long Now Foundation – ont élargi la définition originale d’Eric Benson et Peter Fine en 2010: l’idéal environnemental durable, que l’humanité doit réduire ses impacts sur l’environnement pour faire plus de place à la nature, alors que nous en rejetons une autre, que les sociétés humaines doivent s’harmoniser avec la nature pour éviter l’effondrement économique et écologique.
Aperçu
L’écomodernisme comprend explicitement la substitution des services écologiques naturels à l’énergie, à la technologie et aux solutions synthétiques. Les éco-modernistes adoptent notamment l’intensification agricole, les aliments génétiquement modifiés et synthétiques, le poisson des fermes aquacoles, le dessalement et le recyclage des déchets, l’urbanisation et le remplacement des combustibles moins denses par des combustibles plus denses (par exemple, remplacer le charbon par du bois). les technologies à faible teneur en carbone telles que les centrales électriques à combustible fossile équipées de systèmes de capture et de stockage du carbone, les centrales nucléaires et les énergies renouvelables avancées). L’utilisation de la technologie pour intensifier l’activité humaine et faire plus de place à la nature sauvage est l’un des principaux objectifs d’une éthique environnementale respectueuse de l’environnement.
L’écomodernisme a émergé de la rédaction académique d’Eric Benson et Peter Fine dans un article publié en 2010. Divers débats, y compris le débat sur le moment où Homo sapiens est devenu une force dominante agissant sur les écosystèmes terrestres (dates proposées pour la gamme Anthropocène) depuis l’avènement de l’agriculture il y a 10 000 ans jusqu’à l’invention des armes atomiques au XXe siècle). Parmi les autres débats qui forment la base de l’écomodernisme, on peut citer la meilleure façon de protéger les milieux naturels, d’accélérer la décarbonisation pour atténuer les changements climatiques et d’accélérer le développement économique et social des pauvres dans le monde.
Dans ces débats, l’écomodernisme se distingue des autres courants de pensée, notamment le développement durable, l’économie écologique, la décroissance ou l’économie stationnaire, la réduction de la population, l’économie du laisser-faire, la «soft energy» et la planification centrale. L’écomodernisme considère beaucoup de ses idéologies fondamentales empruntées au pragmatisme américain, à l’écologie politique, à l’économie évolutionniste et au modernisme.
L’éco-modernisme embrasse les principes fondamentaux de la durabilité où tout design est créé pour: respecter et prendre soin de la communauté, améliorer la qualité de vie, conserver la vitalité et la diversité de la Terre, minimiser l’épuisement des ressources non renouvelables et changer les attitudes et pratiques personnelles maintenir la capacité de charge de la planète.
Les concepteurs et les artistes qui travaillent dans ce mouvement cherchent la réalisation créative dans les problèmes de conception systémique plus grands afin d’élever la profession du niveau inférieur de l’échelle de l’entreprise aux leaders respectés et aux innovateurs à travers la culture. Ils embrassent la logique moderniste et les initiatives basées sur la réforme, mais rejettent les solutions universelles et utilisent plutôt des matériaux locaux et des idées sexospécifiques / culturelles qui créent ce que Jorge Frascara considère comme le meilleur design: faciliter, soutenir et améliorer la vie.
Origine
L’éco-modernisme est né aux alentours de 2004 aux États-Unis. La manière de penser a surgi en partie en réponse aux idées d’une partie du mouvement environnemental traditionnel. Selon les écomodernistes, une grande partie du mouvement environnemental traditionnel est:
Trop critique sur les effets de la modernité et du progrès sur l’environnement.
Trop critique du rôle de l’homme par rapport à la nature, et pense trop en termes de limitations des actions humaines qui seraient nécessaires.
Trop critique sur les inconvénients de la technologie et de l’économie pour l’environnement.
Trop négatif sur l’avenir de la nature, et trop positif sur la nature elle-même.
Des idées
Les écomodernistes se distinguent au sein du mouvement environnemental par leur forte appréciation du modernisme et de la modernité. Il se félicite de la poursuite de la modernisation et est convaincu que cela conduira à de grands progrès, y compris dans le domaine de la durabilité.
Les éco-modernistes reconnaissent les problèmes environnementaux existants, mais croient en la possibilité de les réduire à l’avenir avec l’inventivité humaine.
Ils s’attendent à court terme à de nombreuses innovations technologiques, telles que, par exemple, des techniques de production plus propres, qui contribueront grandement à une nouvelle économie durable. Parce qu’ils croient que l’économie peut devenir pleinement viable, ils ne voient pas la croissance économique comme un problème, mais comme une augmentation positive de la prospérité. Selon les écomodernistes, aucune restriction de comportement ne doit donc être imposée aux personnes ou au monde des affaires pour atteindre la durabilité. Ils ont une résistance aux règles du comportement et des appels moraux à la sobriété.
Ils ne considèrent pas la nature comme intrinsèquement utile, mais comme un fournisseur de ressources naturelles et de services écosystémiques pour les humains. Les écomodernistes n’ont aucun problème avec la prédominance des humains sur notre planète dans l’Anthropocène et croient qu’il peut être souhaitable d’augmenter davantage la domination humaine afin de contrôler de façon optimale le système naturel.
Positions
Les éco-modernistes veulent se démarquer des points de vue communs et répandus sur l’environnement et le climat et offrir une alternative à un débat qui, selon eux, est au point mort. Ils doutent surtout que les changements culturels demandés par de nombreux écologistes (moins de consommation, plus de subsistance, etc.) soient réalisables. Surtout en raison de la persistance de la pauvreté généralisée dans de grandes parties du monde qui serait naïve. Ils supposent que la plupart des problèmes environnementaux peuvent être résolus technologiquement.
Un document important de l’Ökomodernisten est le Manifeste Ecomodernist. Ses points clés comprennent:
L’intensification de l’agriculture, de l’aquaculture, de la production d’énergie et des zones de peuplement humain devrait protéger la nature selon le principe d’économie de la terre.
L’énergie est essentielle pour une utilisation plus efficace des ressources naturelles (par exemple, la purification et le dessalement de l’eau, le recyclage, l’agriculture intensive avec un minimum d’utilisation des terres), d. H. L’énergie moins chère est un facteur très important dans la réalisation de ces technologies. À long terme, l’énergie nucléaire et l’énergie solaire sont considérées comme les producteurs d’énergie les plus efficaces.
Les menaces graves comprennent le changement climatique, l’amincissement de la couche d’ozone et l’acidification des océans.
La dépendance générale vis-à-vis de la nature devrait être réduite afin de la protéger.
L’urbanisation mondiale devrait réduire la consommation naturelle et promouvoir la croissance.
La durabilité peut être atteinte par la renaturalisation et la réimagerie de la planète.
La protection du climat ne doit pas être placée inconditionnellement avant les intérêts de la population, en particulier dans les pays les plus pauvres.
Les États et les sociétés doivent consacrer leurs énergies à la réalisation de ces objectifs. Le niveau de vie moderne dans le monde et la promotion des pays en développement et émergents doivent être prioritaires. Les fonds sont réellement là. Pour cela, cependant, les réserves idéologiques devraient être supprimées.
Un manifeste écomoderniste
En avril 2015, un groupe de 18 écomodernistes autoproclamés a publié collectivement un manifeste éco-moderniste. Les auteurs étaient:
John Asafu-Adjaye
Linus Blomqvist
Stewart Brand
Barry Brook
Ruth DeFries
Erle Ellis
Christopher Foreman
David Keith
Martin Lewis
Mark Lynas
Ted Nordhaus
Roger Pielke, Jr.
Rachel Pritzker
Joyashree Roy
Mark Sagoff
Michael Shellenberger
Robert Stone
Peter Teague
Les auteurs ont écrit:
Bien que nous ayons à ce jour écrit séparément, nos opinions sont de plus en plus discutées dans leur ensemble. Nous nous appelons écopragmatistes et écomodernistes. Nous offrons cette déclaration pour affirmer et clarifier nos points de vue et pour décrire notre vision pour mettre les pouvoirs extraordinaires de l’humanité au service de la création d’un bon Anthropocène.
Réception et critique
Des journalistes environnementaux éminents ont fait l’éloge du Manifeste Ecomodernist. Au New York Times, Eduardo Porter a écrit d’une manière approbatrice l’approche alternative de l’écomodernisme au développement durable. Dans un article intitulé «Le Manifeste appelle à mettre fin à l’écologisme des« gens sont mauvais », Eric Holthaus de Slate a écrit:« C’est inclusif, c’est excitant, et cela donne aux environnementalistes quelque chose à se battre pour un changement. La revue scientifique Nature a éditorialisé le manifeste.
Les critiques courantes de l’écomodernisme ont inclus son manque relatif de considération pour la justice, l’éthique et le pouvoir politique. Dans “Un diagnostic sympathique du Manifeste Ecomoderniste”, Paul Robbins et Sarah A. Moore décrivent les similitudes et les points de départ entre l’écomodernisme et l’écologie politique.
Certains écologistes [qui?] Ont également caractérisé l’écomodernisme comme une excuse pour continuer l’exploitation des ressources naturelles pour des gains humains.
Un autre courant important de critique envers l’écomodernisme vient des partisans de la décroissance ou de l’économie stationnaire. Dix-huit économistes écologiques ont publié une longue réplique intitulée “Une réponse de décroissance à un manifeste écomoderniste”, (je l'ai cherchée sur le net mais sans succès ) écrivant que “les écomodernistes ne fournissent ni un modèle très inspirant pour de futures stratégies de développement ni beaucoup de solutions à nos problèmes environnementaux et énergétiques.”
Lors du Dialogue annuel de l’Institut Breakthrough en juin 2015, plusieurs éminents spécialistes de l’environnement ont présenté une critique de l’écomodernisme. Bruno Latour ( ce Monsieur est une sacrée référence dans le domaine de la réflexion.) a fait valoir que la modernité célébrée dans le Manifeste Ecomodernist est un mythe. Jenny Price a soutenu que le manifeste offrait une vision simpliste de l ‘«humanité» et de la «nature», qui, selon elle, sont «rendues invisibles» en parlant d’elles en termes si généraux.
Paradoxe de Jevons
On en revient toujours à la même problématique : le défaut principal de l'humain, en dépit de son extraordinaire intelligence, c'est de ne pas engager ses réflexions et ses créations dans un processus spitiruel, c'est à dire dans une dimension holistique, qui implique l'intégralité des effets et des conséquences, non pas dans l'immédiateté mais dans la projection la plus longue possible, bien au-delà de la génération qui découvre et use d'une nouvelle technologie.
La "croissance verte" n'aura aucun sens dès lors qu'elle consiste à péréniser un mode de vie fondé sur la "croissance infinie", ni même sur un mode de vie dans lequel la croissance reste le moteur de toutes les intelligences.
Il nous faut revoir nos modes de vie et le sens que nous accordons à l'existence.
Paradoxe de Jevons : comprendre le mythe de la « croissance verte »
16 août 2018
En matière d’écologie, il est primordial de s’inspirer de l’Histoire pour profiter des enseignements acquis par les générations passées, d’autant plus de leurs erreurs. À ce titre, la compréhension du paradoxe de Jevons semble importante pour anticiper l’avènement des énergies renouvelables et aborder la transition énergétique sereinement. Du paradoxe de Jevons aux énergies de demain.
Le paradoxe de Jevons a initialement été formulé par l’économiste britannique du nom de William Stanley Jevons dans son livre Sur la question du charbon en 1865. L’homme va faire précocement une observation capitale dont les conséquences sont essentielles aujourd’hui. Ce paradoxe est le suivant : À mesure que les améliorations technologiques augmentent l’efficacité avec laquelle une ressource est employée, on observe que la consommation globale de cette ressource augmente. En termes simples : plus une énergie est maitrisée (donc démocratisée), plus sa consommation augmente car sa disponibilité est plus grande.
Le chercheur a donc démontré que l’introduction de technologies plus efficaces, permettant théoriquement de faire des économies d’énergie, augmentait paradoxalement la consommation totale d’énergie consommée. D’où le paradoxe : à travers la croissance de la production, un effet positif généré par une innovation réelle peut être annihilé par la quantité. À l’époque, la machine à vapeur de James Watt, véritable rupture technologique, n’avait pas fait baisser la consommation globale de charbon. Pourtant, grâce à cette rupture technologique, il fallait beaucoup moins de charbon pour produire plus d’énergie. Cette observation fut ensuite validée à plusieurs reprises dans l’histoire des technologies modernes. Conclusion : une innovation à l’échelle individuelle ne génère pas forcément une externalité négative à une échelle de masse. Mais par quelle procédé la consommation d’énergie totale augmente-t-elle ?
Des écrans partout, une pollution camouflée pourtant évitable
Résolution du paradoxe
Le phénomène est très simple à comprendre. Une augmentation de la rentabilité d’une ressource induit une baisse de son prix par un phénomène économique de base : l’offre et la demande. À très court terme, la demande chute car il est maintenant possible d’utiliser moins de charbon pour arriver au même résultat. Le problème est que cette réduction du coût va entrainer un effet rebond à moyen terme : l’avènement d’une technologie efficiente à coût abordable fait des envieux. Les applications se multiplient autour de la nouvelle source d’énergie et la consommation totale augmente.
Outre l’exemple du charbon, le schéma ci-dessous présente l’effet rebond du paradoxe de Jevons sur les appareils électriques des maisons américaines pendant les trente glorieuses. Le développement des machines à laver et climatiseurs offre des appareils à plus faible consommation. Cependant, le nombre d’appareils par foyer a été plusieurs multiplié. Au final, la consommation d’énergie électrique par habitant ne cesse d’augmenter entrainant une croissance inévitable de la demande de matières comme d’énergie. Appliqué à l’ère moderne, par exemple, aux télévisions, l’apparition des écrans LED à basse énergie fut une véritable innovation pour réduire la consommation d’énergie. Malheureusement, son faible coût a engendré une explosion du nombre d’écrans vendus, sous toutes ses formes, au point de pouvoir en croiser jusque dans les toilettes de certains magasins… et, par conséquent, un grand nombre dans les déchetteries.

Graphique exposant le paradoxe : la demande augmente alors que la quantité de charbon nécessaire pour une même production d’énergie ne cesse de diminuer.
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Les énergies renouvelables et le paradoxe de Jevons
Une fois le paradoxe assimilé, il est légitime de se questionner sur les risques de le voir s’appliquer aux technologies qui se revendiquent du développement durable. Si nous en sommes encore loin, la généralisation des énergies renouvelables (qui ne peuvent jamais être entièrement propres) peut donner rapidement l’occasion de prétexter leur abondance pour perpétuer la fuite en avant productiviste dans un contexte où c’est précisément la croissance soutenue de la consommation (poussée par la publicité et l’obsolescence programmée) qui engendre les aberrations environnementales que nous connaissons.
Il existe donc un risque réel de voir l’humanité céder à l’opportunisme qui naît des efforts d’efficacités et d’innovations. Bien que l’énergie solaire incidente soit plusieurs milliers de fois supérieure aux besoins énergétiques de l’humanité, il ne faut pas perdre de vue qu’il y a toujours interaction entre production énergétique et exploitation de ressources, quelles qu’elles soient. À ce titre, le développement durable ne peut prétendre être efficace à long terme sans logique collective d’objection à la croissance et plus globalement aux institutions qui l’encouragent. Le mythe d’une croissance infinie sur une planète finie semble désormais bien intégré de tous si on en croit les grands discours entendus aux grandes conférences sur le climat. Mais les responsables sont-ils en mesure d’adapter ce savoir aux institutions qu’ils dirigent ?

L’argument fort de cette thèse est qu’une part conséquente de la croissance actuelle repose sur des processus extractivistes. Outre les énergies fossiles –pétrole, charbon, gaz-, la partie exploitable des ressources minérales et métalliques est physiquement limitée. Les métaux les plus consommés tendent à se raréfier plus rapidement qu’on ne le pensait. Même les ressources renouvelables sont conditionnées par certaines limites. Par exemple, s’il est effectivement possible – et vital – d’entretenir une forêt durablement, il n’y a pas assez d’espace libre sur terre pour soutenir la demande globale en bois, trop importante. Autant de raisons de rester prudents quand une entreprise ou un gouvernement parle de croissance verte pour perpétuer un modèle de société fondamentalement dépassé.
Attention cependant à ne pas se méprendre. Ce phénomène économique ne rend pas toute innovation écologique négative par défaut ! Il convient simplement d’observer ces innovations à travers le filtre d’un risque inhérent au capitalisme productiviste. Ayant désormais connaissance de cet effet rebond décrit par le paradoxe de Jevons, il apparait donc judicieux de se tourner vers une transition verte qui considère l’ensemble des éléments en jeu, présents et futurs, afin qu’elle ne soit pas nouveau prétexte pour augmenter les champs de nos consommations.
Portrait de Stanley Jevons (1877)
Questions-réponses sur le rapport du GIEC
Cette page compile les questions les plus fréquentes en opposition aux arguments du Giec et les réponses apportées.
Encore une fois, je ne prends pas position. Je partage des informations.
Ce que j'en pense d'ailleurs n'a strictement aucune importance.
5ÈME RAPPORT DU GIEC
SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET LEURS ÉVOLUTIONS FUTURES
EN FINIR AVEC LES IDÉES REÇUES SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
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LES ARGUMENTS CLIMATO-SCEPTIQUES RÉFUTÉS EN QUELQUES MOTS PUIS EN QUELQUES LIGNES
LE CLIMAT A DÉJÀ CHANGÉ, CE N’EST PAS GRAVE !
LE CLIMAT A TOUJOURS CHANGÉ, QUEL QUE SOIT LE MOTEUR DE SES CHANGEMENTS. OR AUJOURD’HUI, LA FORCE MOTRICE DOMINANTE PROVIENT DES ACTIVITÉS HUMAINES.
Plusieurs forces différentes peuvent influencer le climat. Quand l’activité solaire augmente, la planète reçoit plus d’énergie et se réchauffe. Lorsque des volcans entrent en éruption, ils émettent des particules dans l’atmosphère qui renvoient la lumière du soleil, et la planète se refroidit.
Quand il y a plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, la planète se réchauffe. Aujourd’hui, la force motrice dominante provient des activités humaines et des émissions de gaz à effet de serre additionnelles provoquées par ces activités.
Les changements climatiques passés ne nous disent pas que les humains ne peuvent pas influer sur le climat, au contraire, ils nous disent que le climat est très sensible aux gaz à effet de serre dont nous contribuons à augmenter la présence dans l’atmosphère terrestre.
LE RESPONSABLE, C’EST LE SOLEIL !
DURANT LES 35 DERNIÈRES ANNÉES, AU COURS DESQUELLES LE CLIMAT S’EST RÉCHAUFFÉ, L’ACTIVITÉ DU SOLEIL A EU TENDANCE À DIMINUER.
Le soleil «cause du réchauffement climatique» est l’un des mythes les plus tenaces et les plus communément répandus. Effectivement, sur les périodes passées, l’activité solaire a souvent influencé le climat. Mais si l’on tient compte des dernières décennies, les deux divergent.
Le 5e rapport du GIEC montre comment les différentes variations naturelles, comme celles de l’activité solaire (cf. pages 13 et 16), peuvent expliquer les variations de températures constatées dans le passé, jusqu’à la moitié du XXe siècle. Mais depuis 1950, le réchauffement constaté est explicable principalement du fait des activités humaines.

LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, CE N’EST PAS SI GRAVE !
LES IMPACTS NÉGATIFS DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES SUR L’AGRICULTURE, LA SANTÉ OU L’ENVIRONNEMENT DÉPASSENT DE TRÈS LOIN SES QUELQUES EFFETS POSITIFS.
Les impacts des changements climatiques seront développés par le 5ème rapport du GIEC en mars 2014. Cependant, la liste des secteurs touchés par ces changements est déjà très longue, touchant des dizaines de secteurs d’activité humaine, dans tous les pays :
Agriculture
Toute l’agriculture dépend de la fiabilité des réserves d’eau, et les changements climatiques sont susceptibles de perturber ces ressources par des inondations, des sécheresses ou une plus grande variabilité. L’agriculture peut être perturbée par des incendies, conséquences des sécheresses et des canicules. L’impact est d’autant plus important dans les pays où les rendements sont réduits ou soumis à un risque d’échec (Afrique subsaharienne notamment).
Santé
Les morts attribuables aux canicules devraient être environ cinq fois plus nombreux que les morts hivernales évitées. Il est largement admis qu’un climat plus chaud encouragera la migration d’insectes porteurs de maladies comme les moustiques, et la malaria (paludisme) est déjà en train d’apparaître dans des zones où elle n’avait jamais été vue auparavant.
Fonte des glaces polaires
Les effets nuisibles incluent la perte de l’habitat de l’ours polaire et l’augmentation des risques de collisions entre icebergs. Les eaux plus chaudes accroissent la fonte des glaciers et de la couche de glace du Groenland.
Acidification de l’océan
Ce processus est causé par l’absorption de plus de CO2 par l’eau, et pourrait avoir des effets déstabilisants sérieux sur la chaîne alimentaire océanique entière.
Fonte des glaciers
Un sixième de la population mondiale dépend de l’eau douce restituée par la fonte annuelle des glaciers dans les mois et saisons suivant l’hiver. Ces ressources en eau (eau potable, agriculture) pourraient venir à manquer en période estivale.
Economie
Le rapport Stern a montré que les coûts de l’inaction face au changement climatique excèdent largement les coûts de sa prévention. Certains scénarios prévus par le 4ème rapport du GIEC témoignent de migrations massives de populations au fur et à mesure que les pays en basses-terres seront inondés. Des perturbations dans le marché mondial, les transports, les réserves d’énergie et le marché du travail, la banque et la finance, l’investissement et l’assurance, feraient toutes des ravages sur la stabilité des pays en développement mais aussi des pays développés. Les marchés endureraient plus d’instabilité et les investisseurs tels que les fonds de pension et les compagnies d’assurance auraient des difficultés considérables.
IL N’Y A PAS DE CONSENSUS SCIENTIFIQUE SUR LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE
97% DES SCIENTIFIQUES DE LA PLANÈTE COMPÉTENTS EN MATIÈRE CLIMATIQUE S’ACCORDENT À DIRE QU’IL Y A BIEN UN RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET QUE CE PHÉNOMÈNE EST D’ORIGINE HUMAINE.
Le fait que les activités humaines soient la cause du réchauffement planétaire est la position prise par les académies des sciences de 19 pays (dont la France), en plus des organismes scientifiques qui étudient la climatologie (dont le GIEC). Plus particulièrement, 97% des climatologues actifs en recherche appuient le consensus.
LES TEMPÉRATURES N’AUGMENTENT PLUS DEPUIS 1998 !
COMPARER LES DONNÉES CLIMATIQUES PAR RAPPORT À UNE SEULE ANNÉE NE CONFÈRE PAS UNE SOLIDITÉ STATISTIQUE À CETTE OBSERVATION. DES PÉRIODES DE RÉFÉRENCE PLUS LONGUES (20 À 30 ANS) PERMETTENT DE MIEUX APPRÉHENDER LES PHÉNOMÈNES. LE RAPPORT PROVISOIRE DE L’OMM (ORGANISATION MÉTÉOROLOGIQUE MONDIALE) POUR 2014 INDIQUAIT QUE QUATORZE DES QUINZE ANNÉES LES PLUS CHAUDES JAMAIS MESURÉES APPARTIENNENT AU XXIE SIÈCLE.
Même si la température moyenne globale augmente moins vite depuis 10 ans, la décennie 2000-2009 a été la plus chaude jamais enregistrée depuis 1850!
Le 5e rapport du GIEC rappelle aussi que depuis 1980, chaque décennie a été significativement plus chaude que n’importe quelle décennie passée depuis 1850. De plus, l’explication du réchauffement climatique repose sur plusieurs facteurs. S’il est naturel de commencer par la température de l’air, un examen plus approfondi devrait aussi inclure la couverture neigeuse, la fonte des glaces, les températures au sol, au-dessus des mers et même la température de la mer elle-même. Aujourd’hui, chacun de ces indicateurs atteste d’un réchauffement global des températures.
LES ESPÈCES ANIMALES ET VÉGÉTALES VONT S’ADAPTER
ON ASSISTE DÉJÀ À L’EXTINCTION D’UN GRAND NOMBRE D’ESPÈCES, CELLES-CI NE POUVANT PAS S’ADAPTER ASSEZ VITE À DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES AUSSI RAPIDES. UN RAPPORT DE WWF DE 2014 ÉTABLIT QUE LA MOITIÉ DES ESPÈCES ANIMALES SUR TERRE A DÉJÀ DISPARU. L’ÉTUDE MONTRE QUE SUR 10000 POPULATIONS REPRÉSENTATIVES DE MAMMIFÈRES, D’OISEAUX, DE REPTILES, D’AMPHIBIENS ET DE POISSONS, ON ENREGISTRE UN DÉCLIN DE LA TAILLE DES POPULATIONS DE 52% DEPUIS 1970.
LE RAPPORT MONTRE QU’À L’ÉCHELLE MONDIALE, LES PRINCIPALES MENACES POUR CES ESPÈCES SONT : LA PERTE ET LA DÉGRADATION DES HABITATS, LA CHASSE, ET LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES.
Historiquement, les extinctions massives d’espèces ont été très souvent causées par des changements climatiques trop rapides. Le mode d’adaptation le plus classique d’une espèce est la migration. Aujourd’hui, la vitesse à laquelle le climat évolue, ainsi que certaines activités humaines dévastatrices pour les habitats (changement d’usage des sols avec leur artificialisation par exemple) pourraient ne pas laisser suffisamment de temps aux espèces pour migrer, et donc survivre aux changements imposés. Il faut généralement plusieurs milliers d’années pour que se consolide une biodiversité.
AVEC L’HIVER ET LE PRINTEMPS FROIDS QUE L’ON VIENT DE SUBIR, ON PARLE ENCORE DE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE !?
UNE JOURNÉE FROIDE, OU UNE ANNÉE FROIDE EN UN LIEU DONNÉ, N’A RIEN À VOIR AVEC LES TENDANCES DE LONG TERME (LES VARIATIONS DU CLIMAT S’ÉVALUENT SUR 30 ANS) QUI MONTRENT UNE HAUSSE DES TEMPÉRATURES À L’ÉCHELLE PLANÉTAIRE.
La climatologie s’intéresse aux évolutions longues du système climatique, sur des périodes de 20 à 30 ans.
De la même manière qu’à la plage, il est difficile de savoir si la marée est montante ou descendante en observant les vagues pendant quelques minutes, on ne peut pas analyser les évolutions du climat seulement à partir des évolutions de quelques années.
Lorsqu’il analyse les tendances de long terme, le GIEC montre par exemple qu’entre 1901 et 2010, la température moyenne globale a augmenté de 0,8°C. De même, la période 1981-2010 a été la plus chaude depuis 1400 ans.

IL FAISAIT PLUS CHAUD AU MOYEN-AGE
LES TEMPÉRATURES MOYENNES GLOBALES SONT AUJOURD’HUI PLUS ÉLEVÉES QUE CELLES CONNUES AU MOYEN-ÂGE.
Même si dans certaines régions (dans l’Atlantique Nord) on a observé que la température au Moyen-Âge était plus élevée qu’aujourd’hui, si l’on étudie les températures atmosphériques globales, on voit que le Moyen-Âge fut une période plus froide que la période actuelle.
De plus, des phénomènes naturels permettent d’expliquer la relative chaleur de l’époque : en effet, au Moyen-Âge, l’activité volcanique (qui contribue à refroidir le climat) était très faible; à l’inverse, l’activité solaire (qui réchauffe le climat lorsqu’elle est importante) était très forte.
Ces phénomènes, bien connus, sont moins intenses aujourd’hui ; seules les activités humaines et les émissions de gaz à effet de serre permettent d’expliquer le réchauffement constaté depuis 1950.
LA FONTE DE L’ARCTIQUE RÉSULTE D’UN CYCLE NATUREL
LES OBSERVATIONS SATELLITES MONTRENT UNE FONTE TRÈS RAPIDE DE LA BANQUISE EN ARCTIQUE DEPUIS 30 ANS.
La banquise en Arctique est un indicateur très sensible aux changements climatiques. Les données satellites recueillies ces trente dernières années montrent un déclin très rapide de la surface de la banquise : l’extension de la banquise en Arctique a diminué de 12,2% par décennie (en Septembre) depuis le début des observations satellites, en 1979.
Le graphique ci-dessous montre clairement la baisse constatée de l’extension de l’Arctique. Celle ci coïncide avec le réchauffement global (voir la courbe des températures dans le point suivant), et donc avec la hausse brutale des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

L’EFFET D’UNE AUGMENTATION DES ÉMISSIONS DE CO2 EST TRÈS FAIBLE, VOIRE NUL
UN FAISCEAU DE PREUVES, ISSUES D’OBSERVATIONS SATELLITES ET DE TESTS EN LABORATOIRES, MONTRE QUE LE CO2 CONTRIBUE INDISCUTABLEMENT À L’EFFET DE SERRE, ET DONC À RÉCHAUFFER LE CLIMAT.
Le CO2 est incontestablement un des quelques paramètres principaux qui pilotent la température de la Terre. Cela est établi non par une corrélation observée entre température et concentration en CO2, mais par des mesures répétées en laboratoire, et appuyée par les observations de l’atmosphère au sol ou par satellite. On peut mesurer l’augmentation de l’effet de serre lié à l’augmentation des concentrations en dioxyde de carbone et quelques autres gaz.
Même si le parallèle entre les niveaux de CO2 et les températures n’est pas parfait à court terme, les tendances de long terme montrent bien que la hausse des températures accompagne la hausse des concentrations en CO2.
LE GIEC EST TROP ALARMISTE, SON JUGEMENT EST BIAISÉ
LES PUBLICATIONS OFFICIELLES DU GIEC SONT UNE SYNTHÈSE DES CONNAISSANCES SCIENTIFIQUES, QUI INCLUENT DES PUBLICATIONS QUI FONT L’UNANIMITÉ AINSI QUE CELLES QUI SONT CONTESTÉES.
Le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) a été créé en 1988 par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme pour l’Environnement des Nations Unies (PNUE) ; il représente tous les gouvernements. Il évalue et synthétise les travaux publiés de milliers de climatologues sous forme de rapports, analysant les tendances et prévisions mondiales en matière de changement climatique.
Le rapport du GIEC est donc une compilation des travaux scientifiques réalisés depuis le précédent rapport. Il fait la synthèse de nombreuses analyses et modélisations ; en cela il ne s’agit pas d’un travail partisan et orienté, mais bien d’une analyse pondérée.
FIXER DES LIMITES D’ÉMISSION DE CO2 EST SUICIDAIRE DANS LE CONTEXTE ÉCONOMIQUE
LE COÛT D’UNE ACTION AUJOURD’HUI (TANT QU’IL EST ENCORE TEMPS) EST MINIME, COMPARÉ À CE QUE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE NOUS COÛTERA À L’AVENIR SI ON NE FAIT RIEN.
Agir aujourd’hui, c’est dépenser un petit peu pour ne pas avoir à dépenser beaucoup pour panser les plaies des changements climatiques. En effet, le coût de l’inaction serait bien supérieur au coût qu’aurait une politique volontariste de réduction des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui.
C’EST FAUX, LE CLIMAT NE CHANGE PAS !
L’ANALYSE DE NOMBREUX INDICATEURS MONTRE QUE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE EST SANS ÉQUIVOQUE.
Même si certains avancent que le réchauffement est moins rapide que prévu, on s’aperçoit que quels que soient les indicateurs utilisés, tous montrent que le climat est en train de changer. La température de l’atmosphère, l’humidité, la couverture neigeuse, la fonte des glaciers… sont autant d’indicateurs dont l’évolution atteste d’un réchauffement global.
LE GROENLAND ÉTAIT VERT, RECOUVERT D’HERBE (LORSQU’IL A ÉTÉ DÉCOUVERT PAR LES VIKINGS IL Y A 1000 ANS) !
LES CAROTTAGES SUR PLACE MONTRENT QUE LA CALOTTE GLACIAIRE DU GROENLAND EXISTE DEPUIS AU MOINS 400000 ANS !
Certaines régions côtières du sud du Groenland sont plus froides aujourd’hui qu’elles n’étaient il y a 1000 ans, ce qui expliquerait que les Vikings aient vu des zones «vertes» au Groenland (Grøland en danois).
Même si ce phénomène est vrai, cela ne contredit en rien le phénomène de réchauffement planétaire. Comme précisé dans l’argumentaire sur le Moyen-Âge, on a observé dans certaines régions (l’Atlantique Nord) que la température était plus élevée au Moyen-Âge qu’aujourd’hui.
Mais si l’on observe les températures à l’échelle mondiale, les températures actuelles sont globalement plus élevées qu’au Moyen-Âge.
IL N’Y A AUCUNE PREUVE EMPIRIQUE QUE LES ACTIVITÉS HUMAINES SONT RESPONSABLES DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
DES OBSERVATIONS DIRECTES MONTRENT QUE LES CONCENTRATIONS EN CO2 AUGMENTENT DU FAIT DES ACTIVITÉS HUMAINES. DES MESURES SATELLITAIRES ET EN SURFACE MONTRENT QUE CE CO2 PIÈGE LA CHALEUR, QUI S’ACCUMULE ALORS SUR LA TERRE.
Comme précisé auparavant, des mesures répétées en laboratoire, et appuyée par les observations de l’atmosphère au sol ou par satellite ont montré clairement que le CO2 piège la chaleur.
Le CO2 émis par la nature (océans, végétaux et volcans) est rééquilibré par l’absorption naturelle (par les mêmes océans et végétaux).
Mais les émissions humaines bouleversent l’équilibre naturel en élevant le CO2 à des niveaux jamais atteints en 800 000 ans. Environ 40% des émissions humaines de CO2 sont absorbées, en grande partie par les océans et la végétation. Le reste demeure dans l’atmosphère, la quantité ajoutée est, certes faible mais elle est cumulée tous les ans. Cela porte le niveau de CO2 à son plus haut niveau depuis 15 à 20 millions d’années (Tripati, 2009).
C’EST LA FAUTE D’EL NINO !
EL NIÑO EST UN PHÉNOMÈNE INFLUANT SUR LA TEMPÉRATURE MOYENNE GLOBALE, MAIS CE PHÉNOMÈNE EST ÉPHÉMÈRE ET N’A DONC PAS D’IMPACT SUR LA TENDANCE DE LONG TERME.
Le phénomène El Niño désigne un phénomène climatique particulier qui se caractérise par des températures de l’eau anormalement élevées dans la partie Est de l’océan Pacifique équatorial. Lorsque ce phénomène se manifeste, on assiste à la forte hausse des températures annuelles. Cependant ce phénomène ne perdure pas, d’où le terme d’«oscillation», et ne peut pas expliquer les tendances de long terme.
C’EST LA FAUTE DU MÉTHANE !
BIEN QUE LE MÉTHANE SOIT UN GAZ BEAUCOUP PLUS PUISSANT QUE LE CO2 (PAR MOLÉCULE) IL Y A AU MOINS 200 FOIS PLUS DE CO2 QUE DE MÉTHANE DANS L’ATMOSPHÈRE.
Bien que le méthane soit un gaz beaucoup plus puissant que le CO2 (par molécule) il y a au moins 200 fois plus de CO2 que de méthane dans l’atmosphère. Ainsi, la concentration de CO2 est de 390 ppm (parties par million) alors que celle du méthane est de 1,75 ppm. Les activités humaines ont conduit a doubler la concentration de méthane dans l’atmosphère, alors que celle du CO2 a augmenté d’environ un tiers. Même si l’accroissement du méthane dans l’atmosphère a contribué à augmenter l’effet de serre, cette augmentation est plus faible que celle due au CO2. C’est ce que montrent clairement les calculs, qui sont eux mêmes basés sur les mesures de l’absorption du rayonnement par les différents gaz.
Cependant, il ne faut pas négliger les effets du méthane.
Ce dernier a en effet un pouvoir de réchauffement (PRG) très élevé et a la spécificité de concentrer son action dans les premières années après son émission.
La bonne nouvelle est que depuis le début des années 90, l’augmentation des concentrations de méthane dans l’atmosphère s’est fortement ralentie. Après être restées stables pendant une dizaine d’années, les concentrations sont reparties à la hausse en 2008 (Dlugokencky 2003).
Les causes des variations interannuelles de la concentration en méthane restent mal comprises.
IL N’Y A PAS À S’INQUIÉTER, C’EST UN PHÉNOMÈNE NATUREL, UN CYCLE
UN CYCLE NATUREL RÉPOND À UN FORÇAGE, UNE FORCE MOTRICE ELLE MÊME NATURELLE. OR AUCUNE FORCE MOTRICE CONNUE, NE PEUT EXPLIQUER LE RÉCHAUFFEMENT OBSERVÉ, SI CE N’EST LES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE PROVOQUÉES PAR LES ACTIVITÉS HUMAINES.
Des épisodes de réchauffement/refroidissement, connus sous le nom d’événements de Dansgaard-Oeschger, sont observés dans les enregistrements de la dernière période glaciaire (entre -100 000 et -10 000 ans approximativement) avec une durée de retour de l’ordre de 1500 ans. Ils se caractérisent par un réchauffement rapide de l’Atlantique Nord accompagné d’un refroidissement plus lent de l’Antarctique et d’une migration des zones pluvieuses tropicales. Ainsi ces cycles montrent plutôt une réorganisation des gradients de température, et l’hypothèse la mieux étayée pour les expliquer est une variation de la circulation océanique et du transport de chaleur associé. A l’inverse, le réchauffement climatique observé actuellement concerne l’ensemble des deux hémisphères et notamment la totalité des océans de la planète, ce qui indique un déséquilibre énergétique global d’importance et pas seulement une réorganisation des transports de chaleur.
LE GIEC S’EST TROMPÉ LORS DE SON PRÉCÉDENT RAPPORT, SUR LA FONTE DES GLACIERS EN HIMALAYA
LA MASSE DES GLACIERS SE RÉDUIT RAPIDEMENT PARTOUT DANS LE MONDE MAIS EFFECTIVEMENT, LE GIEC A COMMIS UNE ERREUR DANS SON PRÉCÉDENT RAPPORT : UNE ERREUR (2035 AU LIEU DE 2350) DANS UN PARAGRAPHE, SUR UN RAPPORT DE 3000 PAGES.
Une erreur s’est donc bien glissée dans le dernier rapport du GIEC, dans la section 10.6.2 ; erreur sur laquelle se sont précipités les climato-sceptiques pour discréditer l’ensemble du travail du GIEC.
Cette affirmation était erronée : « la probabilité de voir les glaciers en Himalaya disparaître d’ici 2035 – voire avant – est très élevée si la Terre continue à se réchauffer à la vitesse actuelle ».
Il s’agissait néanmoins d’une seule erreur au milieu d’un rapport de 3000 pages, dans la partie traitant des impacts des changements climatiques.
C’EST LA FAUTE DE LA CHALEUR URBAINE
BIEN QUE LES ZONES URBAINES SOIENT SANS CONTESTE PLUS CHAUDES QUE LES ZONES RURALES AVOISINANTES, CELA N’A QUE PEU D’EFFETS, VOIRE AUCUN, SUR LA TENDANCE AU RÉCHAUFFEMENT GLOBAL OBSERVÉE.
Lorsqu’ils compilent les enregistrements de température, les scientifiques du GISS (« Goddard Institute for Spatial Studies ») de la NASA (National Aeronautics and Space Administration) tiennent compte de l’influence des Îlots de Chaleur Urbains (ICU). Ils comparent les tendances climatiques à long terme des zones urbaines à celles des zones rurales voisines. Ces procédures sont décrites en détail sur le site de la NASA (Hansen 2001). Leurs études révèlent que, dans la plupart des cas, le réchauffement urbain est modeste et d’amplitude comparable à celle de l’erreur sur la mesure. Ces résultats sont confirmés par un examen critique effectué par des confères du NCDC (le « National Climatic Data Center », Peterson 2003), qui ont mené une étude statistique sur les anomalies de température en zones rurales et urbaines et aboutissent à la conclusion que « contrairement à une opinion largement répandue, l’impact de l’urbanisation sur l’évolution annuelle des températures ne peut être statistiquement démontré. Les zones industrielles d’une ville sont certes nettement plus chaudes que les territoires ruraux, mais les observations météorologiques sont le plus souvent effectuées dans les parties froides des villes et non dans les zones industrielles. »
Les scénarios du GIEC
Le GIEC, groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
Les scénarios du GIEC
http://www.meteofrance.fr/climat-passe-et-futur/le-giec-groupe-dexperts-intergouvernemental-sur-levolution-du-climat/les-scenarios-du-giec
Le climat à venir est notamment fonction des émissions ou concentrations de gaz à effet de serre et d'aérosols dues aux activités humaines. Or, les émissions humaines dépendent de notre consommation énergétique : chauffage et climatisation, transports, production de biens de consommation, activités agricoles, etc. Pour réaliser des projections climatiques, il faut donc émettre des hypothèses sur l'évolution de la démographie mondiale et des modes de vie à travers la planète.
Les scénarios des rapports 2001 et 2007
Dans les précédents Rapports du GIEC, l'analyse reposait sur un faisceau de futurs possibles de nos sociétés et de nos modes de vie. Ces scénarios socio-économiques, organisés en 4 familles (A1, A2, B1 et B2), étaient traduits chacun en termes d'émissions de gaz à effet de serre pour le XXIème siècle. Ces évolutions des émissions ou des concentrations de gaz à effet de serre et d'aérosols étaient alors utilisées par les climatologues comme données d'entrée des modèles simulant le climat futur. Les scénarios climatiques émergeant de ces simulations étaient à leur tour utilisés dans des modèles d'impacts permettant notamment de simuler les effets du climat sur les écosystèmes ou l'hydrologie. Ces résultats étaient enfin utilisés dans des études socio-économiques sur les impacts et l'adaptation aux changements climatiques.
5ème Rapport du GIEC : une nouvelle approche
Lors de la préparation du 5ème Rapport, une approche différente a été adoptée afin d'accélérer le processus d'évaluation. Pour analyser le futur du changement climatique, les experts du GIEC ont cette fois défini a priori quatre trajectoires d'émissions et de concentrations de gaz à effet de serre, d'ozone et d'aérosols, ainsi que d'occupation des sols baptisés RCP (« Representative Concentration Pathways » ou « Profils représentatifs d'évolution de concentration »).
Ces RCP sont utilisés par les différentes équipes d'experts (climatologues, hydrologues, agronomes, économistes …), qui travaillent pour la première fois en parallèle. Les climatologues en déduisent des projections climatiques globales ou régionales. Les économistes établissent des scénarios qui explorent toutes les possibilités d'évolutions technologiques et socio-économiques compatibles avec les RCP.
A quoi correspondent les RCP ?
Les quatre profils d'évolution des concentrations des gaz à effet de serre (RCP) retenus par les experts du GIEC pour le 5ème Rapport ont été traduits en termes de forçage radiatif, c'est-à-dire de modification du bilan radiatif de la planète. Le bilan radiatif représente la différence entre le rayonnement solaire reçu et le rayonnement infrarouge réémis par la planète. Il est calculé au sommet de la troposphère (entre 10 et 16 km d'altitude). Sous l'effet de facteurs d'évolution du climat, comme par exemple la concentration en gaz à effet de serre, ce bilan se modifie : on parle de forçage radiatif.
Les 4 profils RCP correspondent chacun à une évolution différente de ce forçage à l'horizon 2300. Ils sont identifiés par un nombre, exprimé en W/m² (puissance par unité de surface), qui indique la valeur du forçage considéré. Plus cette valeur est élevée, plus le système terre-atmosphère gagne en énergie et se réchauffe.
Évolution du bilan radiatif de la terre ou « forçage radiatif »
en W/m2 sur la période 1850-2250 selon les différents scénarios

Après 2006, les traits continus correspondent aux nouveaux scénarios dits RCP (Representative Concentration Pathways)
et les traits pointillés aux scénarios des rapports 2001 et 2007 du GIEC.
Comparaison entre RCP et anciens scénarios
Les RCP et les scénarios utilisés pour les Rapports 2001 et 2007 se recouvrent partiellement. Les RCP couvrent cependant une période plus longue : jusqu'à 2300 (2100 pour les anciens scénarios).
Le profil RCP 8.5 est le plus extrême (pessimiste). Il est un peu plus fort que le scénario le plus marqué utilisé dans les simulations du rapport du GIEC 2007 (A2).
Les profils RCP 6.0 et RCP 4.5 correspondent sensiblement et respectivement aux scénarios A1B et B1.
Enfin, le profil RCP 2.6 est sans équivalent dans les anciennes propositions du GIEC. En effet, sa réalisation implique, et c'est une nouveauté importante, l'intégration des effets de politiques de réduction des émissions susceptibles de limiter le réchauffement planétaire à 2°C.
Rappel : les scénarios utilisés pour les rapports 2001 et 2007
Famille A1
Elle postule une croissance économique très rapide et répartie de façon homogène sur la planète. La population mondiale atteint un maximum de 9 milliards d'individus au milieu du siècle pour décliner ensuite. De nouvelles technologies énergétiquement efficaces sont introduites rapidement. Les variantes viennent de l'utilisation plus ou moins intense des combustibles fossiles. Par exemple, la variante A1B suppose une utilisation des différentes sources énergétiques sans en privilégier une en particulier (scénario médian). À l'inverse, le scénario A1FI est le plus pessimiste, puisqu'il suppose que ce sont surtout des sources d'énergie fossile qui sont utilisées.
Famille A2
Elle prévoit un monde beaucoup plus hétérogène : la croissance économique et le développement des technologies énergétiquement efficaces sont très variables selon les régions et la population atteint 15 milliards d'habitants à la fin du siècle sans cesser de croître.
Famille B1
Elle décrit la même hypothèse démographique que la famille A1 mais avec une économie rapidement dominée par les services, les « techniques de l'information et de la communication » et dotée de technologies énergétiquement efficaces. Mais sans initiatives supplémentaires par rapport à aujourd'hui pour gérer le climat. Ce scénario est le plus optimiste.
Famille B2
Elle décrit un monde à mi-chemin des scénarios A1 et A2 sur les plans économiques et technologiques, qui voit sa population atteindre à 10 milliards d'habitants en 2100, sans cesser de croître.
Le GIEC
Il est juste au regard des deux articles précédents de mentionner les travaux du GIEC.
On peut lire des quantités d'articles très documentés en fouillant sur le net.
Ici, c'est juste de la vulgarisation.
https://www.lepoint.fr/environnement/sauver-les-oceans-pour-sauver-l-humanite-le-constat-glacant-du-giec-
Montée du niveau des océans, disparition des glaciers... : le rapport alarmant du Giec
VIDÉO. Le niveau des océans a augmenté 2,5 fois plus vite au début du XXIe siècle qu'au XXe, et va continuer à s'accroître, alertent les experts climat de l'ONU.

Source AFP
Publié le 25/09/2019 à 11h14 - Modifié le 25/09/2019 à 13h08
Victimes du réchauffement, les océans et les zones gelées dépérissent à grande vitesse, menaçant des pans entiers de l'Humanité qui doit réduire au plus vite ses émissions de CO2 pour limiter les dégâts, avertit mercredi un rapport alarmant du Giec. Montée du niveau des océans, petites îles menacées de submersion, glaciers qui disparaissent… Certains des impacts dévastateurs du changement climatique sont déjà « irréversibles », note le groupe d'experts climat de l'ONU à l'issue d'une réunion marathon de cinq jours à Monaco.
Deux jours après le sommet climat de New York qui n'a pas suscité l'impulsion espérée, ce rapport souligne toutefois que mettre en place des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pourrait faire une vraie différence. Les modifications de l'océan ne s'arrêteront pas soudainement en baissant les émissions, mais leur rythme devrait être ralenti. « Ça donne plus de chances de conserver les écosystèmes, et ça permettrait de gagner du temps », souligne la climatologue Valérie Masson-Delmotte, qui a participé à la rédaction du document de 900 pages basé sur des milliers d'études scientifiques.
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Gagner du temps pour, par exemple, se préparer à la montée des eaux qui favorisent les vagues de submersion et les tempêtes : en construisant des digues autour des grandes mégapoles côtières comme New York ou en anticipant le déplacement peut-être inéluctable de certaines populations, notamment celles de petits États insulaires qui pourraient devenir inhabitables d'ici à la fin du siècle.
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« On ne peut pas mettre un pansement dessus pour le faire disparaître »
Le niveau des océans a augmenté 2,5 fois plus vite au début du XXIe siècle qu'au XXe, et va continuer à s'accroître. Ce n'est « pas un problème technique ou environnemental. On ne peut pas mettre un pansement dessus pour le faire disparaître », insiste un autre auteur, Bruce Glavovic, de l'université Massey en Nouvelle-Zélande. Cela va « redéfinir les littoraux du monde entier, là même où la population est concentrée ». Sur ces côtes, construire des protections contre la montée des eaux pourrait réduire de 100 à 1 000 fois les risques d'inondations, selon le rapport. À condition d'investir « des dizaines à des centaines de milliards de dollars par an ». Ces protections seraient toutefois plus efficaces pour les mégalopoles côtières que les grands deltas agricoles ou les petits États insulaires qui n'auraient de toute façon pas les moyens de financer ces grands travaux.
Au total, selon le rapport, plus d'un milliard de personnes vivront d'ici le milieu du siècle dans des zones côtières peu élevées particulièrement vulnérables aux inondations ou à d'autres événements météo extrêmes amplifiés par la montée du niveau de la mer et le dérèglement climatique. Et même dans un monde à + 2 °C, de nombreuses mégapoles et petites îles devraient être frappées d'ici à 2050 au moins une fois par an par un événement extrême qui ne se produisait jusqu'alors que tous les cent ans.
Le monde s'est engagé en 2015 dans l'accord de Paris à limiter le réchauffement à + 2 °C, voire + 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. Les océans, qui couvrent plus de 70 % de la surface du globe, ont absorbé environ un quart de ces émissions et 90 % de la chaleur supplémentaire générée par le CO2 produit par l'Homme. Avec des conséquences palpables : hausse de la température de la mer, acidification, perte d'oxygène.
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Promesses trop « faibles »
Ces bouleversements entraînent des impacts en cascade sur les écosystèmes dont dépend l'Homme, comme les récifs coralliens qui servent de nurserie à de nombreuses espèces de poissons ou les régions de montagnes alimentées en eau par les glaciers. Ce rapport adopté par les 195 États membres du Giec est le quatrième opus scientifique de l'ONU en un an à tirer la sonnette d'alarme sur les impacts du dérèglement climatique et à pointer des pistes vers les façons d'y remédier ou au moins les limiter.
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Mais malgré le constat sans appel de la science et la mobilisation de millions de jeunes dans les rues du monde entier la semaine dernière, les dirigeants mondiaux réunis à New York lundi n'ont pas été à la hauteur des engagements nécessaires, accusent les défenseurs de la planète. « Avec ces faibles promesses des États, nous avons probablement plus de chance de faire sauter la banque au casino de Monte-Carlo que de limiter le réchauffement à + 1,5 °C », a commenté Stephen Cornelius, de WWF.
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Les engagements internationaux actuels, s'ils étaient respectés, conduiraient à un monde à + 3 °C. Le Giec note dans son rapport que les océans peuvent aussi offrir des solutions pour aider à réduire ces émissions, notamment par le développement des énergies renouvelables.
Le catastrophisme climatique
Dans la continuité de l'article précédent, je partage celui-ci.
Il reprend les arguments de Michael Schellenberger et son combat contre le "catastrophisme climatique".
TRIBUNE. Pourquoi les affirmations catastrophistes sur le climat sont fausses
https://www.lepoint.fr/postillon/tribune-pourquoi-les-affirmations-catastrophistes-sur-le-climat-sont-fausses-
Pour l'écologiste pragmatique Michael Shellenberger, les déclarations apocalyptiques s'avèrent scientifiquement erronées et politiquement contre-productives.
Par Michael Shellenberger*
Publié le 09/12/2019 à 15h46
Ces dernières semaines, les journalistes et les défenseurs de l'environnement ont fait un certain nombre de prédictions apocalyptiques sur l'impact du changement climatique. L'écologiste Bill McKibben a suggéré qu'en Australie, les incendies causés par le climat avaient rendu les koalas « pratiquement éteints ». Extinction Rebellion affirme : « Des milliards de gens mourront » et « la vie sur Terre est en train de s'éteindre ». Vice magazine soutient que « l'effondrement de la civilisation a peut-être déjà commencé ».
Peu ont plus attiré l'attention sur cette menace que la militante étudiante Greta Thunberg et la représentante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, sponsor du Green New Deal. Cette dernière prétend que « le monde va s'écrouler dans douze ans si nous ne nous attaquons pas au changement climatique ». Dans son nouveau livre, Thunberg affirme : « Vers 2030, nous serons en situation de déclencher une réaction en chaîne irréversible hors du contrôle humain, qui conduira à la fin de la civilisation telle que nous la connaissons. »
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Parfois, les scientifiques eux-mêmes font des affirmations apocalyptiques. Si la terre se réchauffe de quatre degrés, « il est difficile de voir comment nous pourrions accueillir huit milliards de personnes, voire la moitié d'entre elles », a déclaré l'un d'entre eux, Johan Rockström, directeur de l'Institut de Potsdam pour la recherche sur l'impact du climat. Si le niveau de la mer s'élève autant que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat le prévoit, un autre scientifique, Michael Oppenheimer, professeur des sciences de la Terre à Princeton, a déclaré : « Ce sera un problème ingérable. »
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L'écologiste « pragmatique » Michael Shellenberger en février à Madrid.
© Oscar Gonzalez / NurPhoto
Des déclarations apocalyptiques comme celles-ci ont des répercussions dans le monde réel. En septembre, un groupe de psychologues britanniques a déclaré que les enfants souffrent de plus en plus de l'anxiété causée par le discours effrayant sur le changement climatique. En octobre, un militant d'Extinction Rebellion (XR) – un groupe environnemental fondé en 2018 pour désobéir civilement afin d'attirer l'attention sur la menace que les changements climatiques font peser sur l'existence humaine – et un vidéaste ont été frappés et battus dans une station du métro londonien par des voyageurs en colère. Et fin novembre, un cofondateur de XR a déclaré qu'un génocide comme celui de l'Holocauste « se reproduisait, à une bien plus grande échelle, et à la vue de tous » à cause du changement climatique.
Le changement climatique est une question qui me tient à cœur et à laquelle j'ai consacré une partie importante de ma vie. J'ai été politiquement actif sur cette question pendant plus de vingt ans et j'ai fait des recherches et écrit à ce sujet pendant dix-sept ans. Au cours des quatre dernières années, mon organisation, Environmental Progress, a collaboré avec certains des plus grands climatologues du monde pour empêcher les émissions de carbone d'augmenter. À ce jour, nous avons contribué à prévenir l'augmentation des émissions, pour l'équivalent de 24 millions de voitures supplémentaires sur les routes.
Je tiens également à rétablir l'exactitude des faits et de la science et j'ai, ces derniers mois, corrigé la couverture médiatique inexacte et apocalyptique des incendies en Amazonie et en Californie, qui ont été présentés à tort comme étant principalement attribuables aux changements climatiques.
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L'approche catastrophiste du changement climatique est autodestructrice
Les journalistes et les militants ont l'obligation de décrire les problèmes environnementaux avec honnêteté et précision, même s'ils craignent que cela réduise la valeur de ces nouvelles ou leur impact sur le public. Il y a des preuves concordantes du fait que l'approche catastrophiste du changement climatique est autodestructrice, car elle détourne et polarise de nombreuses personnes. Et exagérer le changement climatique risque de nous éloigner d'autres questions importantes, y compris celles sur lesquelles nous pourrions avoir un meilleur contrôle à court terme.
Je ressens le besoin de le dire d'emblée parce que je veux que les questions que je m'apprête à soulever soient prises au sérieux et ne soient pas rejetées par ceux qui qualifient de « négationnistes du climat » ou de « retardateurs du climat » ceux qui repoussent l'exagération.
Cela étant posé, examinons si les données scientifiques appuient ce qui a été dit.
Premièrement, aucun organisme scientifique crédible n'a jamais dit que les changements climatiques menacent la civilisation d'effondrement et encore moins l'espèce humaine d'extinction. « Nos enfants vont mourir dans les 10 à 20 prochaines années. » Quel est le fondement scientifique de ces allégations ? » Andrew Neil, de la BBC, a interrogé le mois dernier une porte-parole de XR visiblement mal à l'aise. « Il est vrai que ces affirmations ont été contestées », répond-elle. « Il y a des scientifiques qui sont d'accord et d'autres qui disent que ce n'est pas vrai. Mais le problème général, c'est que ces morts vont bien se produire. » « Mais la plupart des scientifiques ne sont pas d'accord avec cela » poursuit Neil. « J'ai examiné les rapports du Giec et je ne vois aucune référence à des milliards de personnes qui mourront, ou à de telles conséquences pour les enfants dans 20 ans. Comment mourraient-ils ? » « Des migrations de masse à travers le monde ont déjà lieu en raison de la sécheresse prolongée qui sévit dans certains pays, en particulier en Asie du Sud. Il y a des incendies de forêt en Indonésie, dans la forêt amazonienne, en Sibérie, dans l'Arctique », dit-elle.
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Mais en disant cela, la porte-parole de XR a grossièrement déformé la science. « Il existe des preuves solides que les catastrophes déplacent des personnes dans le monde entier, note le Giec, mais des preuves limitées que le changement climatique ou l'élévation du niveau de la mer en sont la cause directe. » Qu'en est-il de cette « migration de masse » ? « La majorité des mouvements de population qui en résultent ont tendance à se produire à l'intérieur des frontières des pays touchés », explique le Giec.
Ce n'est pas comme si le climat n'avait pas d'importance. C'est que les changements climatiques sont compensés par d'autres facteurs. Plus tôt cette année, les chercheurs ont constaté que le climat « a affecté les conflits armés organisés dans des pays. Cependant, d'autres moteurs, tels que le faible développement socio-économique et les faibles capacités de l'État, sont jugés beaucoup plus influents. »
En janvier dernier, après que les climatologues eurent critiqué la représente Alexandria Ocasio-Cortez pour avoir dit que la fin du monde arriverait dans douze ans, son porte-parole a répondu : « Nous pouvons ergoter sur la phraséologie, qu'elle soit existentielle ou cataclysmique », ajoutant : « Nous observons beaucoup de problèmes [liés au changement climatique] qui ont déjà un impact sur des vies. » Cette dernière partie est peut-être vraie, mais il est également vrai que le développement économique nous a rendus moins vulnérables, ce qui explique pourquoi le nombre de victimes de catastrophes naturelles a diminué de 99,7 % depuis son point culminant de 1931. Cette année-là, 3,7 millions de personnes sont mortes des suites de catastrophes naturelles. En 2018, 11 000 seulement. Et ce déclin s'est produit au cours d'une période où la population mondiale a quadruplé.
Qu'en est-il de l'élévation du niveau de la mer ? Le Giec estime que le niveau de la mer pourrait monter de deux pieds (0,6 mètre) d'ici 2100. Est-ce que cela semble apocalyptique ou même « ingérable » ? Considérons qu'un tiers des Pays-Bas se trouve sous le niveau de la mer et que certaines régions se trouvent à sept mètres sous le niveau de la mer. On pourrait objecter que les Pays-Bas sont riches alors que le Bangladesh est pauvre. Mais les Pays-Bas se sont adaptés à la vie sous le niveau de la mer il y a quatre cents ans. La technologie s'est un peu améliorée depuis.
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Qu'en est-il des allégations de mauvaises récoltes, de famine et de mortalité massive ? C'est de la science-fiction, pas de la science. Aujourd'hui, les humains produisent suffisamment de nourriture pour 10 milliards de personnes, soit 25 % de plus que ce dont nous avons besoin, et les organismes scientifiques prédisent une augmentation de cette tendance, et non un déclin. L'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prévoit uneaugmentation des rendements agricoles de 30 % d'ici 2050. Et les régions les plus pauvres du monde, comme l'Afrique subsaharienne, devraient connaître des augmentations de 80 à 90 %.
Personne ne suggère que le changement climatique n'aura pas d'impact négatif sur le rendement des cultures. Cela se pourrait. Mais ces baisses doivent être relativisées. Les rendements du blé ont augmenté de 100 à 300 % dans le monde entier depuis les années 1960, tandis qu'une étude reposant sur 30 modèles a révélé que les rendements diminueraient de 6 % pour chaque degré Celsius d'augmentation des températures. Les taux de croissance futurs des rendements dépendent beaucoup plus de l'accès des pays pauvres aux tracteurs, à l'irrigation et aux engrais que du changement climatique, selon la FAO.
Tout ceci explique pourquoi le Giec prévoit que les changements climatiques auront un impact modeste sur la croissance économique. D'ici 2100, le Giec prévoit que l'économie mondiale sera de 300 à 500 % plus importante qu'elle ne l'est actuellement. Le Giec et le lauréat du prix Nobel d'économie de Yale, William Nordhaus, prédisent conjointement qu'un réchauffement de 2,5 °C et 4 °C réduirait le produit intérieur brut (PIB) de 2 % et 5 % au cours de la même période.
Cela signifie-t-il que nous ne devrions pas nous inquiéter du changement climatique ? Pas du tout.
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Doit-on s'inquiéter pour les koalas ? Absolument !
L'une des raisons pour lesquelles je travaille sur le changement climatique est que je m'inquiète de l'impact qu'il pourrait avoir sur les espèces en péril. Le changement climatique pourrait menacer un million d'espèces dans le monde et la moitié de tous les mammifères, reptiles et amphibiens dans divers endroits comme le Rift Albertin en Afrique centrale, habitat du gorille des montagnes dont l'espèce est menacée.
Mais il n'est pas vrai que « nous mettons notre propre survie en danger » par des extinctions, comme Elizabeth Kolbert l'a affirmé dans son livre, La Sixième Extinction (éditions Vuibert). Aussi tragiques que soient les extinctions d'animaux, elles ne menacent pas la civilisation humaine. Si nous voulons sauver les espèces en voie de disparition, nous devons le faire parce que nous nous préoccupons de la faune pour des raisons spirituelles, éthiques ou esthétiques, et non pour des raisons de survie.
Et exagérer le risque et suggérer que le changement climatique est plus important que des choses comme la destruction de l'habitat sont contre-productifs. Par exemple, les incendies en Australie ne conduisent pas à l'extinction des koalas, comme l'a suggéré Bill McKibben. Le principal organisme scientifique qui suit l'espèce, l'Union internationale pour la conservation de la nature, ou UICN, qualifie le koala de « vulnérable », qui est un niveau en dessous de « en danger », deux niveaux en dessous de « en danger critique d'extinction » et trois en dessous de « éteint » à l'état sauvage.
Doit-on s'inquiéter pour les koalas ? Absolument ! Ce sont des animaux étonnants et leur nombre est tombé à environ 300 000. Mais ils font face à des menaces beaucoup plus importantes comme la destruction de leur habitat, les maladies, les feux de brousse et les espèces envahissantes. Envisagez les choses ainsi. Le climat pourrait changer radicalement – et nous pourrions encore sauver les koalas. Inversement, le climat pourrait ne changer que modestement – et les koalas pourraient toujours disparaître.
L'accent monomaniaque mis sur le climat détourne notre attention d'autres menaces qui pèsent sur les koalas et sur les possibilités de les protéger, comme la protection et l'expansion de leur habitat. En ce qui concerne les incendies, l'un des scientifiques australiens les plus éminents sur la question déclare : « Les pertes dues aux feux de brousse peuvent s'expliquer par l'exposition croissante des habitations aux broussailles sujettes au feu. Aucune autre influence n'a besoin d'être invoquée. Donc, même si le changement climatique avait joué un petit rôle dans l'occurrence des feux de brousse récents, et nous ne pouvons l'exclure, le changement d'exposition des biens au risque est un facteur largement prééminent. »
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Les incendies ne sont pas non plus uniquement dus à la sécheresse, qui est fréquente en Australie, et exceptionnelle cette année.« Le changement climatique joue son rôle ici », a expliqué Richard Thornton du Bushfire and Natural Hazards Cooperative Research Centre en Australie, « mais il n'est pas la cause de ces incendies. »
Il en va de même pour les incendies aux États-Unis. En 2017, les scientifiques ont modélisé 37 régions différentes et ont découvert que « les humains peuvent non seulement influencer les régimes de feu, mais que leur présence peut en fait éclipser, ou même neutraliser, les effets du climat ». Parmi les dix variables qui influent sur le feu, « aucune n'était aussi importante… que les variables anthropiques », comme la construction de maisons, la gestion de feux et l'utilisation du bois en tant que combustible à proximité des forêts.
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Les scientifiques du climat commencent à repousser les exagérations des militants, des journalistes et des autres scientifiques. « Alors que de nombreuses espèces sont menacées d'extinction », a déclaré Ken Caldeira de Stanford, « le changement climatique ne menace pas l'extinction de l'homme… Je ne voudrais pas qu'on motive les gens à faire ce qu'il faut en leur faisant croire quelque chose qui est faux. » J'ai demandé au climatologue australien Tom Wigley ce qu'il pensait de l'affirmation selon laquelle le changement climatique menace la civilisation. « Ça me dérange vraiment parce que c'est faux », a-t-il dit. « Tous ces jeunes ont été mal informés. Et c'est en partie la faute de Greta Thunberg. Pas délibérément. Mais elle a tort. » Mais les scientifiques et les militants n'ont-ils pas besoin d'exagérer pour attirer l'attention du public ? « Je me souviens de ce que disait Steve Schneider, un climatologue de l'université de Stanford, répondit Wigley. « Il avait l'habitude de dire qu'en tant que scientifique, nous ne devons pas vraiment nous préoccuper de la façon dont nous présentons les choses dans nos communications avec les gens de la rue qui ont besoin d'un petit coup de pouce pour réaliser que le problème est grave. Steve n'avait aucun scrupule à parler de cette façon biaisée. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ça. »
Nécessité d'un terrain d'entente
Wigley a commencé à travailler à plein temps sur la science du climat en 1975 et a créé l'un des premiers modèles climatiques (MAGICC) en 1987. MAGICC reste l'un des principaux modèles climatiques utilisés aujourd'hui. « Quand je m'adresse au grand public, dit-il, je souligne certaines des choses qui pourraient réduire le réchauffement prévu et d'autres qui pourraient l'accroître. J'essaie toujours de présenter les deux côtés. »
Ce qui me dérange pour partie dans la rhétorique apocalyptique des activistes du climat, c'est qu'elle s'accompagne souvent d'exigences visant à refuser aux pays pauvres les sources d'énergie bon marché dont ils ont besoin pour se développer. J'ai constaté que de nombreux scientifiques partagent mes préoccupations.
« Si vous voulez minimiser la proportion de dioxyde de carbone dans l'atmosphère en 2070, vous pourriez bien être amené à accélérer la combustion du charbon en Inde aujourd'hui », a déclaré Kerry Emanuel, climatologue du MIT. « Cela semble paradoxal. Le charbon est terrible pour le carbone. Mais c'est en brûlant beaucoup de charbon que les Indiens s'enrichissent, et en s'enrichissant ils ont moins d'enfants, et en n'ayant pas autant de gens qui brûlent du carbone, on sera peut-être en meilleure position en 2070. »
Emanuel et Wigley affirment qu'une rhétorique extrémiste rend plus difficile un accord politique sur le changement climatique.
« Il faut trouver un terrain d'entente où l'on peut faire des choses raisonnables pour atténuer les risques et essayer en même temps de sortir les gens de la pauvreté et les rendre plus résilients », dit Emanuel. « Nous ne devrions pas être forcés de choisir entre sortir les gens de la pauvreté et faire quelque chose pour le climat. »
Fort heureusement, il y a une grande marge de manœuvre entre l'apocalypse climatique et le déni climatique.
*Nommé « héros de l'environnement » par le magazine Time en 2008 et fondateur du think thank Environmental Progress, Michael Shellenberger se définit comme un écologiste pragmatique et pro-nucléaire. Il est un fréquent contributeur de Forbes, du New York Times et du Washington Post.
À lire aussi : Débat Bruckner-Shellenberger : « L'Occident est fatigué et déprimé »
Michael Shellenberger et la peur climatique
C'est un sujet qui me préoccupe de longue date. J'ai lu beaucoup, beaucoup de documents sur cette problématique.
Je viens de découvrir un auteur qui a un point de vue radicalement différent de tous les scientifiques qui alertent sur le changement climatique et la responsabilité de l'homme dans ce phénomène.
Je ne sais toujours pas s'il faut parler de "changement", de "dérèglement", de "réchauffement" mais ce qui est clair pour moi, à travers de simples observations quotidiennes, c'est que les effets sur la nature sont indéniables.
Il y a dix ans, la saison de ski de fond durait jusqu'aux vacances de Pâques. Dans une semaine, avec les températures actuelles, le site de la Féclaz ne sera plus praticable. C'est un fait.
Les primevères sont déjà en fleurs dans le jardin.
L'été dernier, pour la première fois, en vingt-cinq ans, le lac des grenouilles à 2000 mètres était sec. Totalement sec.
Le ruisseau qui alimente l'étang en contrebas de la maison disparaît au mois de juin et à la fin de l'été, cet étang n'est plus qu'une mare boueuse.
Je ne parle pas de la difficulté considérable de maintenir le potager en état quand l'absence de pluie devient mortifère et que le vent du sud qui dure des semaines grille tout.
Bon, on va me dire que ça n'a rien de scientifique. Effectivement, c'est juste de l'observation. Est-ce que ça n'a aucune valeur pour autant ? Est-ce que ce "changement" climatique en devient illusoire ?
Je pose la question.
Je n'ai pas de réponse.
Quant au plastique, je rappelle juste qu'on en trouve désormais dans tous les grands lacs de montagne des Alpes et que les pêcheurs professionnels craignent considérablement des atteintes irrémédiables sur la faune.
Mais bon, il faut toujours poser en contrepoints les arguments venant du camp opposé.
En voici un exemple.
Il y a dans cet argumentaire des affirmations qui me font bondir. Mais il convient malgré tout de lire et d'y réfléchir et de ne surtout pas s'enfermer dans une vision unique.
Je me méfie considérablement en tout cas des gens qui affirment avoir raison dans le domaine. De quelque bord que ce soit.
Pour ma part, je ne sais rien avec certitude. Je me contente d'observer et je tente de m'informer.
Association des climato-réalistes
Au nom des écologistes, je tiens à m’excuser pour avoir répandu la peur climatique
3 juillet 2020 / Association des climato-réalistes
Michael Shellenberger
Traduit de l’anglais par l’association des climato-réalistes
Michael Shellenberger est fondateur et président de l’association Environmental Progress, qui se réclame de l’écomodernisme. Il vient de publier, Apocalypse Never (Harper Collins 30 juin 2020), un livre dans lequel il dénonce les déclarations apocalyptiques sur le climat qui sont scientifiquement erronées et politiquement contre-productives. Dans un article, initialement publié dans Forbes qui l’a finalement censuré, Michael Shellenberger tient au nom des écologistes du monde entier, à présenter ses excuses pour avoir répandu la peur climatique. Le texte original en anglais de sa déclaration se trouve sur le site du GWPF.
Au nom des écologistes du monde entier, je voudrais m’excuser formellement pour la peur climatique que nous avons créée au cours des 30 dernières années.
Le changement climatique se produit. Ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est même pas notre problème environnemental le plus grave.
Il peut paraître étrange que je dise tout cela. J’ai milité pour le climat pendant 20 ans et été un écologiste pendant 30 ans.
Mais en tant qu’expert en énergie invité par le Congrès à fournir un témoignage objectif, et invité par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à être expert examinateur de son prochain rapport d’évaluation, je me sens une obligation de demander des excuses pour la façon dont nous les écologistes avons trompé le public.
Voici quelques faits que peu de gens savent :
Les humains ne sont pas à la cause d’une « sixième extinction de masse » ;
L’Amazonie n’est pas « le poumon du monde » ;
Le changement climatique n’aggrave pas les catastrophes naturelles ;
Les incendies ont diminué de 25 % dans le monde depuis 2003 ;
La superficie des terres que nous utilisons pour la viande (l’élevage est la plus grande utilisatrice de terres) a diminué d’une superficie presque équivalente à celle de l’Alaska ;
Ce sont l’accumulation de bois et la proximité des habitations des forêts, et non le changement climatique, qui expliquent pourquoi il y a davantage d’incendies et de plus dangereux, en Australie et en Californie ;
Les émissions de carbone diminuent dans les pays riches depuis des décennies et ont atteint un pic en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France au milieu des années 1970 ;
En s’adaptant à la vie en dessous du niveau de la mer, les Pays-Bas sont devenus plus riches et non pas plus pauvres ;
Nous produisons 25 % de nourriture en plus de ce dont nous avons besoin et les excédents alimentaires continueront à augmenter à mesure que le monde deviendra plus chaud ;
La perte d’habitat et l’abattage direct d’animaux sauvages sont des menaces plus grandes pour les espèces que le changement climatique ;
Le bois est bien plus dangereux pour les gens et la faune que les combustibles fossiles ;
La prévention des futures pandémies nécessite plus d’agriculture « industrielle » et non pas l’inverse.
Je sais que les faits ci-dessus paraîtront comme du « négationnisme climatique » à beaucoup de gens. Mais cela montre simplement la puissance de l’alarmisme climatique.
En réalité, les faits ci-dessus proviennent des meilleures études scientifiques disponibles, y compris celles conduites ou acceptées par le GIEC, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et d’autres organismes scientifiques de premier plan.
Certaines personnes en lisant ceci imagineront que je suis une sorte d’anti-environnementaliste de droite. Je ne le suis pas. À 17 ans, j’ai vécu au Nicaragua pour montrer ma solidarité avec la révolution socialiste sandiniste. À 23 ans, j’ai recueilli des fonds destinés à des coopératives de femmes guatémaltèques. Dans les 1ères années de ma vingtaine, j’ai vécu dans la semi-Amazonie pour y faire des recherches avec de petits agriculteurs luttant contre l’invasion de leurs terres. À 26 ans, j’ai contribué à faire connaître les mauvaises conditions de travail dans les usines Nike en Asie.
Je suis devenu un écologiste à 16 ans quand j’ai lancé une collecte de fonds pour Rainforest Action Network. À 27 ans, j’ai aidé à sauver les derniers séquoias antiques non protégés en Californie. Dans ma trentaine, je me suis fait l’avocat des énergies renouvelables et contribué avec succès à persuader l’administration Obama d’investir 90 milliards de dollars dans celles-ci. Au cours des dernières années, j’ai aidé à éviter le remplacement de centrales nucléaires par des centrales thermiques, évitant ainsi une forte augmentation des émissions.
Jusqu’à l’année dernière, j’ai évité de m’exprimer contre la peur climatique. C’est en partie parce que j’étais embarrassé. Après tout, je suis aussi coupable d’alarmisme que n’importe quel autre écologiste. Pendant des années, j’ai parlé du changement climatique comme d’une menace « existentielle » pour la civilisation humaine, et je le qualifiant de « crise ».
Mais surtout, j’avais peur. Je suis resté silencieux au sujet de la campagne de désinformation climatique parce que je craignais de perdre des amis et des crédits. Les rares fois où j’ai eu le courage de défendre la science du climat contre ceux qui la dénaturent, j’ai subi des conséquences sévères. Et donc je n’ai rien fait alors que mes collègues écologistes terrifiaient le public.
Je n’ai même pas réagi lorsque des gens à la maison blanche et beaucoup d’autres dans les médias ont essayé de détruire la réputation et la carrière d’un scientifique exceptionnel, un homme bien, et ami à moi, Roger Pielke, Jr., démocrate progressiste de longue date et un écologiste qui militait pour la réglementation du carbone. Pourquoi ont-ils fait ça ? Parce que ses recherches prouvaient que les catastrophes naturelles ne s’aggravaient pas.
Mais l’année dernière, les choses ont basculé.
Alexandrie Ocasio-Cortez a déclaré : « Ce sera la fin du monde dans douze ans si nous ne nous attaquons pas au changement climatique. » Le groupe environnemental le plus en vue de Grande-Bretagne a affirmé que « le changement climatique tue les enfants ».
Le journaliste vert le plus influent du monde, Bill McKibben, a qualifié le changement climatique de « plus grand défi auquel les humains ont jamais été confrontés » et a déclaré qu’il « anéantirait les civilisations ».
Les journalistes « mainstream » ont rapporté, à plusieurs reprises, que l’Amazonie était le « poumon du monde », et que la déforestation avait les mêmes effets que l’explosion d’une bombe nucléaire.
En conséquence, la moitié des personnes interrogées dans le monde l’année dernière ont déclaré qu’ils pensaient que le changement climatique ferait disparaître l’humanité. Et en janvier, un enfant britannique sur cinq disait aux sondeurs qu’il faisait des cauchemars à cause du changement climatique.
Que vous ayez ou non des enfants, vous devez voir à quel point cette situation est mauvaise. J’avoue que je devrais être sensibilisé à cette question étant le père d’une fille adolescente. Après que nous en ayons parlé de façon scientifique, elle s’est sentie rassurée. Mais ses amis sont profondément désinformés et donc, naturellement, effrayés.
J’ai donc décidé que je devais m’exprimer. Je savais que l’écriture de quelques articles ne suffiraient pas. Il fallait un livre pour exposer toutes les preuves.
Et ainsi mes excuses formelles pour avoir répandu la crainte ont pris la forme d’un nouveau livre, « l’apocalypse jamais : pourquoi l’alarmisme environnemental nous fait du mal à tous ».
Il est basé sur deux décennies de recherche et trois décennies d’activisme environnemental. Avec 400 pages, dont 100 de notes de fin, Apocalypse Never couvre le changement climatique, la déforestation, les déchets plastiques, l’extinction des espèces, l’industrialisation, la viande, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables.
Quelques faits saillants du livre :
Les usines et l’agriculture moderne sont les clés pour la libération humaine et le progrès environnemental ;
Le plus important pour sauver l’environnement est de produire plus de nourriture, en particulier de la viande, sur moins de terres ;
Le plus important pour réduire la pollution atmosphérique et les émissions de carbone est de passer du bois au charbon, puis au pétrole et au gaz naturel et enfin à l’uranium ;
100 % d’énergies renouvelables nécessiteraient d’augmenter le nombre de terres utilisées pour l’énergie de 0,5 % à 50 % ;
Nous devrions avoir des villes, des fermes et les centrales électriques plus denses en énergie, et non pas le contraire ;
Les végétariens réduisent leur trace carbone de de moins de 4% ;
Greenpeace n’a pas sauvé les baleines ; passer de l’huile de baleine au pétrole et à l’huile de palme en sauve ;
Le bœuf « en liberté » aurait besoin de 20 fois plus de terres et produirait 300 % plus d’émissions en plus ;
Le dogmatisme de Greenpeace a aggravé la fragmentation forestière de l’Amazonie ;
L’approche colonialiste de la conservation des gorilles au Congo a produit un effet pervers qui a pu avoir comme conséquence le meurtre de 250 éléphants.
Pourquoi avons-nous tous été autant induits en erreur ?
Dans les trois derniers chapitres d’Apocalypse Jamais j’expose les motivations financières, politiques et idéologiques. Les mouvements environnementaux ont accepté des centaines de millions de dollars provenant de l’industrie des combustibles fossiles. Des groupes motivés par des croyances antihumanistes ont forcé la Banque mondiale à cesser leurs efforts pour mettre fin à la pauvreté en tentant de rendre la pauvreté « soutenable ». Et l’anxiété, la dépression, et l’hostilité à la civilisation moderne sont largement à l’origine de l’alarmisme.
Lorsque que vous vous rendez compte à quel point nous avons été désinformés, souvent par des gens dont les motivations sont manifestement peu recommandables ou malsaines, il est difficile de ne pas se sentir dupé.
Est-ce que Apocalypse Never changera quelque chose ? Il y a certainement des raisons d’en douter.
Les médias d’information ont fait des déclarations apocalyptiques sur le changement climatique depuis la fin des années 1980, et ne semblent pas disposés à s’arrêter.
L’idéologie qui est derrière l’alarmisme environnemental, à savoir le malthusianisme, bien que maintes fois dénoncée pendant ces 200 dernières années, est pourtant plus puissante que jamais.
Mais il y a aussi des raisons de croire que l’alarmisme environnemental, s’il ne sera pas éradiqué, perdra de son pouvoir d’influence culturelle.
La pandémie de coronavirus est une crise réelle qui a permis de relativiser la « crise » climatique. Même s’il y a des raisons de penser que nous avons surréagi, la Covide-19 aura tué près de 500 000 personnes et brisé des économies dans le monde entier.
Les institutions scientifiques, dont l’OMS et le GIEC, ont sapé leur crédibilité en politisant la science de façon répétée. Leur future existence et leur utilité exigent un nouveau leadership et une réforme sérieuse.
Les faits importent encore, et les réseaux sociaux permettent à des voix nouvelles et indépendantes de s’opposer à celle des journalistes écologistes alarmistes écrivant dans les publications mainstream.
Les nations se réorientent vers l’intérêt national et s’éloignent du Malthusianisme et du néolibéralisme, ce qui est bon pour le nucléaire et mauvais pour les énergies renouvelables.
Il y a des preuves accablantes que notre civilisation à forte densité en énergie est meilleure pour les populations et la nature que la civilisation à faible énergie prônées par les alarmistes.
Et les invitations que j’ai reçues du GIEC et du Congrès à la fin de l’année dernière, après la publication d’une série de critiques sur l’alarmisme climatique, sont les signes d’une ouverture croissante à une nouvelle réflexion sur le changement climatique et l’environnement.
Un autre signe est la réponse à mon livre de la part de climatologues, écologistes et spécialistes de l’environnement. « Apocalypse Never est un livre extrêmement important » a écrit Richard Rhodes, l’auteur The Making of the Atomic Bomb, lauréat du prix Pulitzer. « Cela pourrait être le livre le plus important jamais écrit sur l’environnement », a aussi dit Tom Wigley, l’un des pères de la science moderne du climat.
« Nous, les écologistes, condamnons ceux qui ont des opinions antithétiques, sont ignorants de la science et suspects de biais de confirmation », a déclaré Steve McCormick ancien directeur de The Nature Conservancy. « Mais trop souvent, nous prêtons le flanc aux mêmes critiques. Shellenberger offre « l’amour sans concession » : un défi aux orthodoxies rigides et enracinées, et aux mentalités autodestructrices. Apocalypse Never nous sert des points de vue occasionnellement dérangeants mais toujours fondés sur des preuves et bien conçus, qui nous aideront à développer le « muscle mental » dont nous avons besoin pour concevoir un avenir non seulement plein d’espoir, mais réalisable. »
C’est tout ce que j’espérais en l’écrivant. Si vous m’avez suivi jusqu’au bout, j’espère que vous conviendrez que ce n’est peut-être pas aussi étrange que cela qu’un écologiste de toute une vie, progressiste, et militant du climat aie ressenti le besoin de dénoncer l’alarmisme.
J’espère en outre que vous accepterez mes excuses.
Confucius : citations
Il est rare de tomber sur une liste aussi importante des citations de Confucius et donc, je la mets ici pour ne pas la perdre.
Une phrase par jour, la lecture du matin au réveil, une réflexion offerte.

Confucius : citations les plus célèbres
22 FÉVRIER 2021
https://www.jepense.org/confucius-citations-celebres/
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Confucius : citations les plus célèbres sur le travail, la vie, le bonheur, le savoir, l’amour et le gouvernement.
Confucius (551 – 479 avant J-C) est un philosophe chinois fondateur du confucianisme, qui est l’une des trois écoles de pensée chinoise traditionnelle, les deux autres étant le taoïsme et le bouddhisme.
Le confucianisme est une voie d’épanouissement dont le but est de devenir un homme honorable vivant en harmonie avec ses semblables. L’importance attachée aux rites et aux cérémonies lui donne l’aspect d’une religion, même si Confucius n’évoque aucun dieu.
Confucius décrit une morale positive, structurée par les rites, l’art de se conduire avec loyauté et sincérité (par exemple l’art de tirer à l’arc), valeurs qui doivent fonder la société.
L’essentiel de la pensée de Confucius est rassemblée dans les Entretiens de Confucius, oeuvre écrite par les disciples de Confucius et dont nous livrons ici les préceptes essentiels. Une description détaillée du mode de vie de Confucius figure au chapitre 10.
Voici les citations les plus célèbres de Confucius.
Confucius : citations les plus célèbres.
Voici quelques-unes des citations les plus célèbres de Confucius, tirées des Entretiens de Confucius.
Citations de Confucius sur le travail.
Si l’étudiant fait sans cesse des efforts, même en recueillant peu à la fois, il amassera beaucoup ; mais s’il s’arrête à mi-chemin, il perdra tout le fruit du travail qu’il a déjà accompli. 9, 18
Une légère impatience ruine de grands projets. 15, 26
Citations sur la connaissance et l’enseignement.
Le Maître dit : Ne vous affligez pas de ce que les hommes ne vous connaissent pas ; affligez-vous de ne pas connaître les hommes. 1, 16
Le Maître dit : Les Odes sont au nombre de trois cents. Un seul mot les résume toutes : penser sans dévier. 2, 2
En réchauffant l’ancien, on perçoit le nouveau. 2, 11
Étudier sans réfléchir est une occupation vaine ; réfléchir sans étudier est dangereux. 2, 15
Iou, veux-tu que je t’enseigne le moyen d’arriver à la connaissance ? Ce qu’on sait, savoir qu’on le sait ; ce qu’on ne sait pas, savoir qu’on ne le sait pas : c’est savoir véritablement. 2, 17
Celui qui s’applique de toutes ses forces à étudier peut devenir un saint. 5, 27
Engranger en silence les connaissances, apprendre sans éprouver jamais de satiété, enseigner sans jamais se lasser, quelle est la difficulté pour moi ? 7, 2
En parlant ainsi, Confucius a voulu s’abaisser lui-même. Il a été un saint, parce que la connaissance était innée en lui. Quand il disait qu’il aimait l’étude, ce n’était pas uniquement pour engager les autres à étudier. Car, ce qu’un homme peut connaître naturellement et sans étude, ce sont les devoirs de Justice et de convenance. Quant aux faits historiques, aux changements introduits dans les cérémonies, dans la musique, dans les insignes des dignités, nul ne peut les connaître avec certitude, s’il ne les a étudiés. 7, 19
Le Maître enseignait spécialement quatre choses : les textes anciens, la pratique, la loyauté et la fidélité. 7, 24
Adonnez-vous à l’étude avec une foi profonde, conservez la bonne voie jusqu’à la mort ; n’entrez pas dans un pays troublé ; ne demeurez pas dans un État en rébellion. Si le monde suit la Voie, montrez-vous, sinon cachez-vous. Si le pays suit la Voie, ayez honte de n’avoir ni richesses ni honneurs. Mais s’il ne la suit pas, ayez honte d’en avoir. 8, 13
Étudiez comme si vous aviez toujours à acquérir. 8, 17
Le Maître dit : Oh ! suprême grandeur ! Chouenn et Iu ont possédé le monde sans y être attachés. 8, 18
Le Maître dit : Est-ce que j’ai beaucoup de science ? Je n’ai pas de science. Mais quand un homme de la plus humble condition m’interroge, je discute la question sans préjugés, d’un bout à l’autre, sans rien omettre. 9, 7
Je n’ai que faire d’un homme qui acquiesce sans réfléchir, qui approuve sans se corriger. 9, 23
Le Maître dit : Si vous refusez d’instruire un homme qui a les dispositions requises, vous perdez un homme. Si vous enseignez un homme qui n’a pas les dispositions nécessaires, vous perdez vos instructions. Un sage ne perd ni les hommes ni ses enseignements. 15, 7
Le Maître dit : Dans mon école tous les hommes sont admis, sans distinction. La nature humaine profonde est excellente en elle-même. La différence entre les bons et les méchants est due à la différence des habitudes qu’ils ont contractées. Lorsqu’un homme honorable tient école, tous les hommes peuvent, sous sa direction, recouvrer l’excellence, et mériter de n’être plus rangés dans la classe des méchants. 15, 38
Celui qui chaque jour examine ses manques, et qui chaque mois examine s’il n’a rien oublié de ce qu’il a appris, celui-là désire vraiment apprendre. 19, 5
Sur l’honneur et la vertu.
L’homme honorable commence par appliquer ce qu’il veut enseigner ; ensuite il enseigne. 2, 13
L’homme honorable aime tous les hommes et n’a de partialité pour personne. L’homme de peu est partial et n’aime pas tous les hommes. 2, 14
Même quand il lutte, l’homme honorable est toujours plein d’humanité. 3, 7
Avant de peindre, il faut avoir un fond blanc. 3, 8 (sur la sincérité des sentiments)
Quand on tire à l’arc, le mérite ne consiste pas à transpercer le cuir ; l’essentiel est d’atteindre le centre de la cible, et non de la transpercer. 3, 16
Le Maître dit : “Celui qui s’applique sérieusement à cultiver la vertu d’humanité s’abstient de mal faire.” 4, 4
Tout homme, s’il fait des efforts sérieux, peut atteindre la perfection. 4, 6
Ne soyez pas en peine de ce que personne ne vous connaît ; travaillez à vous rendre digne d’être connu. 4, 14
Ma Voie est cousue d’un seul fil. La Voie consiste en la loyauté et en l’amour d’autrui comme de soi-même. 5, 15
Le Maître dit : “L’homme honorable considère les choses à travers la justice, et l’homme de peu à travers son intérêt.” 4, 16
Le Maître dit : “Quand vous voyez un homme sage, pensez à l’égaler en vertu. Quand vous voyez un homme dépourvu de sagesse, examinez-vous vous-même.” 4, 17
Le Maître dit : “L’homme honorable s’applique à être lent dans ses discours et diligent dans ses actions.” 4, 23
Que sert d’être habile à parler ? Ceux qui reçoivent tout le monde avec de belles paroles, qui viennent seulement des lèvres, et non du cœur, se rendent souvent odieux. 5, 4
Ce que je ne veux pas que les autres me fassent, je désire ne pas le faire aux autres. 5, 11
Le Maître dit que Tzeu tchang pratiquait parfaitement quatre qualités de l’homme honorable, à savoir la déférence envers ses égaux, le respect envers ses supérieurs, la bienfaisance envers le peuple, la justice envers ses sujets. 5, 15
Ki Wenn tzeu réfléchissait trois fois avant de faire une chose. Le Maître, l’ayant appris, dit : “Il suffit de réfléchir deux fois.” 5, 19
Le Maître dit : Pe i et Chou ts’i oubliaient les défauts passés d’autrui ; aussi avaient-ils peu d’ennemis. 5, 22
On doit partager avec tout l’univers l’usage des choses de tout l’univers. 5, 25
J’ai entendu dire que l’homme honorable secourait les indigents ; mais n’ajoutait pas à l’opulence des riches. 6, 3
Les hommes savent que, pour sortir, il faut passer par la porte, et ils ne savent pas que, pour bien agir, il faut passer par la Voie. 6, 15
Le Maître dit : “Celui chez qui les qualités naturelles l’emportent sur la politesse des manières et du langage est un homme agreste. Celui chez qui la politesse des manières et du langage l’emporte sur les vertus intérieures est comme un copiste de tribunal. Celui qui possède à un égal degré la vertu et la politesse est un homme honorable.” 6, 16
L’homme honorable commence par le plus difficile, avant de penser aux avantages qu’il en doit retirer ; on peut appeler cela de l’humanité. 6, 20
Le Maître dit : L’homme intelligent aime l’eau, et l’homme honorable les montagnes. L’homme intelligent se donne du mouvement ; l’homme honorable demeure immobile. L’homme intelligent vit heureux ; l’homme honorable vit longtemps. L’homme intelligent a l’esprit exempt de tout préjugé et de toute passion, très perspicace et libre de toute entrave. Il a une ressemblance avec l’eau ; c’est pour cela qu’il aime l’eau. L’homme honorable est grave et ferme par caractère ; rien ne peut l’émouvoir ni l’agiter. Il a une ressemblance avec les montagnes, et il les aime. L’homme intelligent pénètre toutes choses par perspicacité ; son activité atteint presque le plus haut degré possible. L’homme honorable pratique tous les principes célestes spontanément ; son cœur n’est ni troublé ni tourmenté par les passions. Son repos est presque absolu. Un homme dont le cœur est attaché aux choses extérieures, comme par des liens, rencontre des obstacles à ses désirs et éprouve mille soucis. L’homme intelligent, dont la force d’âme est toujours pure et lucide, n’est arrêté par aucun obstacle. Comment ne serait-il pas heureux ? Un homme qui ne met pas de frein à ses passions ni à ses désirs se conduit mal et abrège sa vie. L’homme honorable jouit d’une santé forte et vigoureuse, qu’aucun excès ne vient altérer. Comment ne vivrait-il pas longtemps ? 6, 21
La Vertu qui se tient dans le milieu juste n’est-elle pas la plus parfaite ? 6, 27
La vertu d’humanité, c’est élever autrui comme on souhaiterait l’être soi-même ; c’est le faire parvenir là où on le voudrait soi-même. 6, 28
Les défauts que je reconnaîtrais en l’autre, je tâcherais de les corriger en moi-même. 7, 21
La vertu d’humanité est la bonté naturelle que chaque homme possède nécessairement. Mais les hommes, aveuglés par leurs passions, ne savent pas la chercher. Ils suivent l’inverse et se persuadent qu’elle est loin d’eux. 7, 29
La prodigalité conduit à l’arrogance, et la parcimonie à l’avarice. L’arrogance est pire que l’avarice. 7, 35
Un homme honorable a surtout soin de trois choses : éviter la violence et l’insolence dans ses attitudes et dans ses gestes, garder une expression qui inspire confiance, prendre un ton dénué de vulgarité et de bassesse. 8, 4
L’ambition sans droiture, l’ignorance sans prudence, la naïveté sans bonne foi, cela dépasse mon entendement ! 8, 16
Le Maître désapprouvait quatre choses : l’opinion personnelle, l’affirmation catégorique, l’opiniâtreté et l’égoïsme. 9, 4
Le Maître dit : Un homme éclairé n’hésite pas ; un homme honorable est exempt de soucis ; un homme courageux n’a pas peur. 9, 27
Se maîtriser soi-même, et revenir aux rites de la courtoisie, c’est cela le sens d’humanité. 12, 1
Ne pas se laisser imprégner par les calomnies, ni se laisser meurtrir par les accusations ; cela peut s’appeler lucidité. 12,6
Magnifier la Vertu, c’est s’appliquer principalement à garder la fidélité et la sincérité, et observer la justice. 12, 10
Servir d’abord, avant d’en espérer les fruits, n’est-ce pas magnifier la Vertu ? Lutter contre ses propres défauts, et non sur ceux d’autrui, n’est-ce pas le moyen de se corriger ? 12, 20
Fan Tch’eu demanda en quoi consiste la vertu d’humanité. Elle consiste à aimer les hommes, répondit le Maître. Fan Tch’eu demanda en quoi consiste la connaissance. Elle consiste à connaître les hommes, répondit Confucius. 12, 21
Avertis tes amis avec franchise, et conseille les avec douceur. S’ils n’approuvent pas tes avis, arrête, plutôt que de risquer un affront. 12, 22
L’homme honorable cultive l’harmonie et non le conformisme. L’homme de peu cultive le conformisme et non l’harmonie. 13, 23
Fermeté, résolution, simplicité, réserve, touchent à la vertu d’humanité. 13, 27
La Voie de l’homme honorable est triple – que je ne peux quant à moi réaliser : la plénitude humaine sans obsession ; la connaissance sans scepticisme ; le courage sans peur. 14, 30
Le Maître dit : Ne t’afflige pas d’être méconnu des hommes, mais plutôt d’être incompétent. 14, 32
Le Maître dit : Le sage évite le monde, puis évite certaines contrées, puis certaines attitudes, enfin certaines paroles. 14, 39
Sois loyal et digne de confiance dans tes paroles, sérieux et circonspect dans tes actions, et tu pourras œuvrer, même au milieu des barbares du Sud ou du Nord. 15, 5
Celui qui est sévère envers lui-même et indulgent envers les autres évite les mécontentements. 15, 14
L’homme honorable attend tout de lui-même ; l’homme de peu attend tout des autres. 15, 20
Ne pas se corriger après une faute, c’est là qu’est la faute. 15, 29
Celui-là est parfait qui est capable de pratiquer cinq choses partout et toujours. Tzeu tchang dit : Permettez-moi de vous demander quelles sont ces cinq choses ? – Ce sont, répondit Confucius, la déférence, la grandeur d’âme, la sincérité, la diligence et la générosité. 17, 6
Répéter en chemin à tous les passants ce que l’on a appris de bon en chemin, c’est jeter la Vertu au vent. 17, 14
L’homme honorable honore les sages, et est indulgent envers la multitude ; il encourage par des éloges les excellents et a compassion des faibles. 19, 3
L’homme de peu colore toujours d’une belle apparence les fautes qu’il a commises. 19, 8
Les fautes d’un homme honorable sont comme les éclipses du soleil et de la lune. Quand il s’égare, tous les yeux le voient. Quand il se corrige, tous les regards le contemplent. 19, 21
Citations sur la famille et l’harmonie sociale.
Le sage donne son principal soin à la racine. Une fois la racine affermie, la Voie peut naître. L’affection envers nos parents et le respect envers ceux qui sont au-dessus de nous sont comme la racine de la vertu. 1, 2
Un jeune homme, dans la maison, doit aimer et respecter ses parents. Hors de la maison, il doit respecter ceux qui sont plus âgés ou d’un rang plus élevé que lui. Il doit être attentif et sincère dans ses paroles ; aimer tout le monde, mais se lier plus étroitement avec les hommes d’humanité. Ces devoirs remplis, s’il lui reste du temps et des forces, qu’il les emploie à l’étude des lettres et des arts libéraux. 1, 6
Cultiver l’harmonie pour elle-même, sans qu’elle soit réglée par les rites, ne peut se faire. 1, 12
Meng I tzeu ayant interrogé sur la piété filiale, le Maître répondit : Elle consiste à ne pas contrevenir. 2, 5
Tzeu koung demanda s’il existait un mot qu’on pût observer toute la vie. Le Maître répondit : N’est-ce pas celui de tolérance ? Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse à vous-même. 15, 23
Confucius dit : Trois sortes d’amitié sont avantageuses, et trois sortes d’amitié sont nuisibles. L’amitié avec un homme qui parle sans détours, l’amitié avec un homme sincère, l’amitié avec un homme de grand savoir, ces trois sortes d’amitié sont utiles. L’amitié avec un homme habitué à tromper par une fausse apparence d’honnêteté, l’amitié avec un homme habile à flatter, l’amitié avec un homme qui est grand parleur, ces trois sortes d’amitié sont nuisibles. 16, 4
Le Maître dit : Les hommes sont tous semblables par leur nature profonde ; ils diffèrent par leurs us et coutumes. 17, 2
Citations de Confucius sur la vie et le bonheur.
Rien ne sert de parler des choses qui sont déjà accomplies, ni de faire des remontrances sur celles qui sont déjà très avancées, ni de blâmer ce qui est passé. 3, 21
Le Maître dit : “Un homme dépourvu d’humanité ne peut demeurer longtemps dans le malheur ou dans le bonheur. L’homme honorable trouve la paix dans la vertu d’humanité ; l’homme sage en connaît tout le profit.” 4, 2
La pauvreté et l’abjection sont en horreur aux hommes ; si elles vous viennent, même sans aucune faute de votre part, ne les fuyez pas. 4, 5
Celui qui le matin a compris la Voie, le soir peut mourir content. 4, 8
Le Maître dit : “Que la sagesse de Ien Houei était grande ! Il demeurait dans une misérable ruelle, n’ayant qu’une écuelle de riz et une gourde de boisson. Un autre, en se voyant si dépourvu, aurait eu un chagrin intolérable. Houei était toujours content. Oh ! que Houei était sage !” 6, 9
Le Maître dit : Fût-on réduit à manger une grossière nourriture, à boire de l’eau, et à reposer la nuit la tète appuyée sur son bras, on y trouvera de la joie au milieu de ses privations. Les richesses et les dignités obtenues injustement me paraissent comme des nuages qui passent. 7, 15
Le plus grand malheur qui puisse arriver à un homme, c’est de n’être pas averti de ses fautes. Moi, j’ai un bonheur particulier ; si je commets une faute, elle ne manque pas d’être connue. Lorsqu’elle est connue des autres, j’en suis informé ; je puis changer de conduite, et me rendre irréprochable. N’est-ce pas un très grand bonheur pour moi ? 7, 30
Le Maître dit : Le sage est calme et serein. L’homme de peu est toujours accablé de soucis. 7, 36
Le Maître se trouvant au bord d’un cours d’eau dit : Tout passe comme cette eau ; rien ne s’arrête ni jour ni nuit. L’homme honorable imite ce mouvement continuel de l’eau et de toute la nature. Il ne cesse de s’efforcer d’atteindre sa perfection. 9, 16
Celui qui ne sait pas ce qu’est la vie, comment saura-t-il ce qu’est la mort ? 11, 11
Le Maître dit : Un gentilhomme d’idéal, un homme pleinement humain ne cherche jamais à sauver sa vie aux dépens de la vertu d’humanité. Il est des circonstances où il sacrifie sa vie, pour que s’accomplisse cette vertu. 15, 8
Citations sur la meilleure façon de gouverner.
Chercher à plaire aux hommes par des discours étudiés et un extérieur composé est rarement signe de plénitude humaine. 1, 3
Le Maître dit : Celui qui gouverne un peuple par la Vertu est comme l’étoile polaire qui demeure immobile, pendant que toutes les autres étoiles se meuvent autour d’elle. 2, 1
Le Maître dit : Si le prince conduit le peuple au moyen des lois et le retient dans l’unité au moyen des châtiments, le peuple s’abstient de mal faire ; mais il ne connaît aucune honte. Si le prince dirige le peuple par la Vertu et fait régner l’union grâce aux rites, le peuple a honte de mal faire, et devient vertueux. 2, 3
Entrer en lutte avec le parti opposé, c’est nuisible. 2, 16
Ngai, prince de Lou, dit à Confucius : “Que doit faire un prince pour que le peuple soit content ?” Maître K’ong répondit : “Si le prince élève aux charges les hommes vertueux et écarte tous les hommes vicieux, le peuple le soutiendra ; si le prince élève aux charges les hommes vicieux et écarte les hommes vertueux, le peuple ne se soumettra pas.” 2, 19
Faire régner la vertu dans sa famille par son exemple, c’est aussi gouverner. 2, 21
Le Maître dit : Celui qui, dans le gouvernement de l’État, montre cette déférence qui fait le fondement de l’urbanité, quelle difficulté rencontrera-t-il ? 4, 13
Tzeu wenn fut trois fois nommé Premier ministre ; il n’en manifesta aucune joie. Il fut trois fois dépouillé de sa charge ; il n’en manifesta aucun mécontentement. En quittant la charge de Premier ministre, il faisait connaître à son successeur ses actes administratifs. 5, 18
Le Maître dit : Sans civilité la politesse devient laborieuse, la circonspection craintive, le courage rebelle, la franchise offensante. Que le prince remplisse avec zèle ses devoirs envers ses proches, et le peuple sera mû par le bien. Que le prince n’abandonne pas ses anciens amis, et le peuple ne sera pas négligent. 8, 2
Ne cherchez pas à vous immiscer dans les affaires dont vous n’avez pas la charge. 8, 14
Tzeu koung interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Le Maître répondit : Celui qui gouverne doit avoir soin que les vivres ne manquent pas, que les forces militaires soient suffisantes, que le peuple lui donne sa confiance. Tzeu koung dit : S’il était absolument nécessaire de négliger une de ces trois choses, laquelle conviendrait-il de négliger ? – Les forces militaires, répondit Confucius. Et s’il était absolument nécessaire d’en négliger encore une seconde, dit Tzeu koung, quelle serait-elle ? – Les vivres, répondit Confucius, car de tout temps les hommes ont été sujets à la mort, mais si le peuple n’a pas confiance en ceux qui le gouvernent, c’en est fait de lui. 12, 7
Si le peuple est dans le besoin, comment le prince serait-il le seul à ne manquer de rien ? 12, 9
Instruire un procès, je le puis, tout comme un autre. L’important serait de faire qu’il n’y eût plus de procès. 12, 13
Gouverner, c’est maintenir dans la voie droite. Si vous-même, Seigneur, maintenez droit, qui osera dévier ? 12, 16
Ki K’ang tzeu, interrogeant Confucius sur la manière de gouverner, lui dit : Ne ferais-je pas bien de mettre à mort ceux qui contreviennent à la Voie, pour faire place à ceux qui la suivent ? Confucius répondit : Pour gouverner le peuple, Seigneur, avez-vous besoin de tuer ? Vous-même tendez vers le bien, et le peuple sera bon. La Vertu du prince est comme le vent ; celle du peuple est comme l’herbe. Au souffle du vent, l’herbe se courbe toujours. 12, 18
Tzeu lou interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Le Maître répondit : Donner l’exemple du labeur. Tzeu lou pria le Maître de lui en dire davantage. Confucius répondit : Sans relâche. 13, 1
Si le prince s’attache à la justice, aucun de ses sujets n’osera lui refuser l’obéissance. Si le prince s’attache à la sincérité, aucun de ses sujets n’osera agir de mauvaise foi. Les choses étant ainsi, les habitants de toutes les contrées accourront à lui, avec leurs petits enfants sur leurs épaules. 13, 4
Le Maître dit : Si le prince personnifie la rectitude, tout se fait sans qu’il commande ; si le prince ne l’incarne pas, il aura beau donner des ordres, il ne sera pas suivi. 13, 6
Le Maître alla dans la principauté de Wei avec Jen Iou, qui conduisait son char. Le Maître dit : Que les habitants sont nombreux ! – Maintenant qu’ils sont nombreux, dit Jen Iou, que faut-il faire pour eux ? Le Maître répondit : Les rendre riches. Jen Iou reprit : Quand ils seront devenus riches, que faudra-t-il faire de plus pour eux ? – Les instruire, répondit Confucius. 13, 9
Le Maître dit : Si des princes vertueux se succédaient sur le trône durant cent ans, a dit un poète, ils vaincraient les scélérats, et élimineraient la peine de mort. 13, 11
Le Maître dit : Si un homme sait se gouverner lui-même, quelle difficulté aura-t-il à gouverner l’État ? Mais celui qui ne sait pas se gouverner lui-même, comment pourra-t-il gouverner les autres ? 13, 13
Il est un dicton : “Il est malaisé d’être souverain, il n’est pas facile d’être ministre.” Si le prince comprenait bien la difficulté de régner, ne serait-il pas sur le point de faire prospérer le pays par ce seul adage ? 13, 15
Si le prince parle bien, et que personne ne le contredise, ne sera-ce pas bien ? Mais s’il parle mal, et que personne ne le contredise, n’est-il pas sur le point, par ce seul adage, de mener le pays à sa perte ? 13, 15
Tzeu hia, étant préfet de Kiu fou, interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Le Maître dit : Ne te hâte pas trop ; ne recherche pas les petits avantages. Qui se hâte n’atteint pas loin ; qui poursuit de petits avantages néglige les grandes choses. 13, 17
Le Maître dit : Celui qui ne craint pas de promettre de grandes choses a de la peine à les exécuter. 14, 21
Le Maître dit : Si le prince aime à garder l’ordre fixé par les lois et les usages, le peuple est facile à diriger. 14, 44
L’homme honorable est maître de lui-même et n’a de contestation avec personne ; il est sociable, mais n’est pas homme de parti. 15, 21
Un prince ne néglige pas ceux qui lui sont unis par le sang. Il a soin que les grands officiers ne puissent pas se plaindre de n’être pas employés. À moins d’une raison grave, il ne rejette pas ceux qui ont servi l’État de génération en génération. Il n’exige pas qu’un homme possède à lui seul tous les talents et toutes les qualités. 18, 10
Pour votre bibliothèque :
Les entretiens de Confucius, texte complet.
Modif. le 24 février 2021
"A la découverte de stations de ski abandonnées"
Un effet du réchauffement.
Le climat n'est pas le seul responsable.
Il y a aussi toutes les malversations humaines.
A voir aussi les impacts sur la nature de tous ces bâtiments et infrastructures abandonnés. C'est toujours pareil en fait. La faillite induit qu'il n'y a aucune prise en charge des stations mortes même si une nouvelle loi, non rétroactive, impose aujourd'hui le démantèlement.
"L'or blanc" n'est plus de mise partout. Les mines sont à l'abandon.
Il reste à changer de méthode.
MOUNTAIN WILDERNESS
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« Par wilderness, on entend cet environnement d’altitude, où tous ceux qui le désirent peuvent encore faire l’expérience d’une rencontre directe avec les grands espaces, et y éprouver en toute liberté la solitude, les silences, les rythmes, les dimensions, les lois naturelles et les dangers. » [1]
OUVERTE À TOUS LES AMOUREUX DE LA MONTAGNE, MOUNTAIN WILDERNESS SOUTIENT UN RAPPORT À LA MONTAGNE FONDÉ SUR LE RESPECT DES HOMMES ET DE LA NATURE. POUR CELA, LES ACTIONS DE L’ASSOCIATION VISENT À :
VEILLER AU MAINTIEN DES ÉQUILIBRES NATURELS,
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SOUTENIR UNE ÉCONOMIE MONTAGNARDE DIVERSIFIÉE.
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[1] Cette définition extraite des "Thèses de Biella" (1987) inspire toujours les actions de Mountain Wilderness depuis plus de 20 ans et partout dans le monde.
Réchauffement climatique et menaces planétaires
Le problème, c'est que ce genre d'alerte, des dizaines de scientifiques issus de divers domaines l'ont faite il y a bien longtemps. Donc, il ne suffit plus d'établir des constats. Il faut passer aux actes. Et pas dans dix ans. On lit depuis quelques années, des articles qui parlent de la menace d'un "nouvel ordre mondial". Il faudrait bien pourtant que des ententes mondiales soient établies. Pour le bien de tous.
Le réchauffement climatique menace la sécurité mondiale
Le lien entre crise climatique et sécurité mondiale est indéniable, a expliqué Emmanuel Macron lors d'un débat en visioconférence au Conseil de sécurité de l'ONU. Les chefs d'Etat ont reconnu l'urgence de la situation et plaidé pour une meilleure coordination des actions.
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D'ici 2050, quelque 143 millions de personnes devraient être obligées de quitter leur région d'origine à cause du réchauffement climatique selon la Banque mondiale. (LUIS TATO/AFP)
Par Michel De Grandi
Publié le 23 févr. 2021 à 19:05
Quelques jours après la réintégration formelle des Etats-Unis dans l'accord de Paris des Etats-Unis sous l'impulsion de l'administration Biden, le Conseil de sécurité de l'ONU a réuni, mardi en visioconférence, un sommet de dirigeants pour débattre des implications du changement climatique sur la paix dans le monde.
Le thème, bien qu'universel, ne fait pas nécessairement l'unanimité parmi les 15 membres du Conseil de sécurité. Pour le Britannique Boris Johnson, organisateur du sommet, il faut une action rapide pour protéger « la stabilité de notre monde ».
Antonio Guterres, le Secrétaire général de l'ONU, a très vite planté le décor en s'efforçant de rendre tangibles les problématiques soulevées : « En Afghanistan, où 40 % des travailleurs sont liés à l'agriculture, des moissons réduites précipitent les gens dans la pauvreté et l'insécurité alimentaire, les rendant susceptibles d'être recrutés par des groupes armés », a-t-il expliqué. De quoi justifier que cette question soit portée devant le Conseil de Sécurité a plaidé John Kerry. La crise climatique, « c'est une menace pour notre sécurité collective, qu'elle soit alimentaire, énergétique ou physique », a-t-il dit. L'envoyé américain pour le changement climatique a été rejoint sur ce terrain par le président français.
Envoyé spécial de l'ONU pour la sécurité climatique
Emmanuel Macron a plaidé pour que « l'ONU et le Conseil de sécurité jouent un rôle accru » autour de cet enjeu du climat et de la sécurité. Le président français a cité trois régions -l'Afrique, l'Indo-Pacifique et l'Arctique- où « les besoins d'une plus grande implication de la communauté internationale sont réels ».
Surtout, le chef de l'Etat a proposé la nomination d'un envoyé spécial de l'ONU pour la sécurité climatique afin de mieux coordonner la lutte contre le réchauffement de la terre. Il a suggéré aussi au secrétaire général de l'ONU de présenter chaque année au Conseil de sécurité, dont la France est l'un des membres permanents, « un rapport sur l'impact du climat sur la sécurité internationale pour anticiper, alerter, faire des recommandations et nous permettre de jouer notre rôle ». « Très clairement, le lien entre climat et sécurité, s'il est complexe, est indéniable, en quelque sorte inexorable », a souligné le président français, rappelant que « sur les 20 pays les plus touchés par les conflits dans le monde, 12 font également partie des pays les plus vulnérables aux impacts du changement climatique ».
L'Inde et le Mexique, entrés au Conseil de sécurité en janvier, ont déroulé eux aussi une vision plus progressiste. « Il faut une réponse internationale coordonnée qui permette une protection des écosystèmes » a dit le Mexique. L'Inde de son côté s'est posée en bon élève des Accords de Paris en rappelant avoir respecté les objectifs fixés en 2015.
Nécessaire coordination
Tandis que le Kenya ou le Niger « ressentent très vivement » l'impact du changement climatique sur la situation sécuritaire, la Chine a prôné l'intérêt du multilatéralisme et d'une nécessaire coordination entre croissance, réduction de la pauvreté et réponse au réchauffement climatique. De son côté, le représentant de la Russie a rappelé qu'il ne faut pas considérer le réchauffement climatique comme le problème fondamental en matière de sécurité. « C'est détourner le débat des causes premières », a-t-il dit.
Les évaluations parlent d'elles-mêmes
Quelles que soient les positions adoptées, tous les pays reconnaissent l'urgence de la situation. Les évaluations parlent d'elles-mêmes. Dans un rapport publié en 2018, la Banque mondiale alertait déjà sans détour : « Dans seulement trois régions, le changement climatique pourrait forcer plus de 143 millions de personnes à se déplacer à l'intérieur de leur pays d'ici 2050 ». Sur ce total, plus de la moitié (86 millions de personnes) seraient des migrants climatiques internes à l'Afrique subsaharienne.
A propos de la désertification, le GIEC (Groupement d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) dressait en 2019, un constat tout aussi accablant : au cours de la période 1961-2013, la désertification a progressé en moyenne de plus de 1 % par an de sorte qu'en 2015, environ 500 millions de personnes (entre 380 et 620 millions) vivaient dans des zones qui ont été touchées par ce phénomène entre les années quatre-vingt et 2000.
Michel De Grandi
Polio et vaccination
Pour que les choses soient claires, je ne suis aucunement réfractaire à l'usage des vaccins. Je pense qu'il faudrait être inconscient pour le dire. L'exemple de la polio reste celui qui est le plus emblématique.
La polio est officiellement éradiquée en Afrique
ACTUALITÉClassé sous :MÉDECINE , POLIOMYÉLITE , AFRIQUE
Futura avec l'AFP-Relaxnews
Publié le 26/08/2020
Une formidable victoire... une délivrance... un moment historique pour l'Afrique qui a aujourd'hui éradiqué la polio sur son continent. Depuis quatre ans, aucun cas n'a été signalé. Malgré la découverte du vaccin dans les années 50, la polio continuait ses ravages irréversiblement. Retour sur les campagnes de vaccination et les batailles durement menées contre certains préjugés.
Le poliovirus sauvage, plus connu sous le nom de polio a été mardi officiellement déclaré « éradiqué » du continent africain par l'Organisation mondiale de la Santé, après quatre années consécutives sans cas déclaré et des efforts massifs de vaccination des enfants. « Aujourd'hui, les membres de la Commission de certification pour la région Afrique (ARCC) -- organisme de certification de l'OMS -- déclarent que la transmission du poliovirus sauvage a été interrompue » en Afrique, a affirmé sa présidente, Rose Leke, lors d'un événement organisé par visioconférence.

Les experts scientifiques estiment qu'il reste environ 30.000 enfants toujours « inaccessibles ». Selon eux, ce chiffre est « trop faible » pour assurer une transmission épidémique. © Jaimie Duplass, Shutterstock.com
Aucun cas signalé depuis 4 ans
« C'est un moment historique pour l'Afrique, a déclaré la directrice Afrique de l'OMS, Matshidiso Moeti. À partir de maintenant, les enfants qui naîtront sur ce continent n'auront pas à craindre d'être infectés par la polio ». Cette annonce a également réuni par visioconférence le directeur général de l'OMS, l'Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus ainsi que le Nigérian Aliko Dangote et l'Américain Bill Gates, tous deux milliardaires et philanthropes.
« C'est une formidable victoire, une délivrance, confie à l'AFP Tunji Funsho, du comité Polio Nigeria de l'association Rotary International. Cela fait plus de 30 ans que nous avons lancé ce défi. Dire que je suis heureux, c'est un euphémisme ! », se réjouit ce médecin nigérian.
“
À partir de maintenant, les enfants qui naîtront sur ce continent n'auront pas à craindre d'être infectés par la polio
Il faut normalement attendre trois ans sans cas déclaré pour obtenir la certification de l'OMS, mais l'organisation onusienne a préféré attendre quatre ans cette fois, « pour être sûre à 100 % qu'il n'y a plus de danger », explique le médecin. Provoquée par le poliovirus sauvage, la poliomyélite est une maladie infectieuse aiguë et contagieuse qui touche principalement les enfants, attaquant la moelle épinière et pouvant provoquer une paralysie irréversible. Elle était endémique partout dans le monde, jusqu'à la découverte d'un vaccin dans les années 1950.
Les efforts de pédagogie ont fini par convaincre les populations
En 1988, l'OMS dénombrait 350.000 cas à travers le monde et encore plus de 70.000 cas rien qu'en Afrique en 1996. Mais, grâce à une rare prise de conscience collective et à d'importants efforts financiers (19 milliards de dollars sur 30 ans), seuls deux pays au monde comptent aujourd'hui des contaminations par le poliovirus sauvage : l'Afghanistan (29 cas en 2020) et le Pakistan (58 cas).
Épicentre de la maladie dans le monde au début des années 2000, le Nigeria, géant africain de 200 millions d'habitants, figurait encore il y a peu à leurs côtés. Dans le Nord musulman, sous la pression des milieux salafistes, les campagnes de vaccination antipolio s'étaient arrêtées entre 2003 et 2004, accusées par la rumeur d'être l'outil d'un vaste complot international pour stériliser les musulmans.

Une employée du ministère de la Santé de la RDC administre un vaccin contre la polio à un enfant congolais. © Gwenn Dubourthoumieu, AFP Photo
Il a fallu un énorme travail avec les chefs traditionnels et religieux pour convaincre les populations de faire vacciner leurs enfants. Pourtant, dès 2009 l'émergence du conflit contre Boko Haram a douché les espoirs d'avoir enfin éradiqué la maladie: en 2016, quatre nouveaux cas de poliomyélite étaient enregistrés dans l'État du Borno (Nord-Est), foyer de l'insurrection jihadiste.
« À l'époque, environ 400.000 enfants étaient hors d'atteinte de toute campagne médicale à cause des violences », se souvient le Dr Funsho. La situation sécuritaire reste extrêmement volatile dans le Nord-Est du Nigeria, dont Boko Haram et le groupe État Islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) contrôlent de larges zones, particulièrement autour du lac Tchad.
Le 2e virus à être éradiqué sur le continent africain
« Mais les autorités locales, les agences humanitaires et tous les partenaires ont pris le taureau par les cornes pour trouver des solutions pour atteindre ces enfants », raconte Musa Idowu Audu, coordinateur de l'OMS pour l'Etat du Borno.
Aujourd'hui, on estime que seuls 30.000 enfants sont toujours « inaccessibles » : un chiffre « trop faible » pour assurer une transmission épidémique, selon les experts scientifiques. Malgré son « immense fierté et sa joie », le Dr Audu rappelle qu'une vingtaine d'employés médicaux ou de bénévoles ont été tués ces dernières années dans le Nord-Est du Nigeria. C'est le deuxième virus à être éradiqué du continent depuis la disparition de la variole il y a 40 ans.
Une bonne nouvelle qui n'arrive pas seule
Autres bonnes nouvelles émanant du continent : la République démocratique du Congo a annoncé mardi la fin officielle d'une meurtrière épidémie de rougeole qui a emporté, en 25 mois, plus de 7.000 enfants de moins de cinq ans.
“
La République démocratique du Congo a annoncé la fin officielle d'une meurtrière épidémie de rougeole et le Togo a annoncé avoir définitivement éradiqué la « maladie du sommeil »
Et le Togo a annoncé lundi être le premier pays africain à avoir définitivement éradiqué de son territoire la Trypanosomiase humaine africaine (THA), plus connue sous le nom de « maladie du sommeil ».
Des médecins restent cependant inquiets de l'impact de la pandémie de coronavirus sur les activités de surveillance d'autres épidémies. Dans plusieurs pays du continent, les campagnes de vaccination, notamment de la polio, ont été interrompues en raison des restriction sur les déplacements, mais l'OMS a appelé à leur reprise dès que possible.
Continent le moins touché par le Covid-19 après l'Océanie, l'Afrique a officiellement recensé 1.196.539 cas de coronavirus, dont 27.990 décès. « Nous semblons avoir atteint un pic et désormais le nombre de nouveaux cas quotidiens est en baisse », a souligné mardi la directrice régionale Afrique de l'OMS, Matshidiso Moeti, tout en mettant en garde contre un relâchement qui faciliterait une deuxième vague de contaminations.
Vaccin et transmission d'un virus
A propos des vaccins et de l'éradication du covid.
Un vaccin qui n'empêche pas la transmission du virus est-il utile ?
ACTUALITÉClassé sous :VACCIN ANTI-COVID , VACCIN CONTRE LE CORONAVIRUS , IMMUNITÉ
Céline Deluzarche
Journaliste
Publié le 24/02/2021

[EN VIDÉO] Comment fonctionne un vaccin à ARN messager ? Pfizer et Moderna ont choisi cette technique de pointe pour concevoir en un temps record leur vaccin contre le Covid-19. Cette vidéo présente tout ce qu'il faut savoir sur les vaccins à ARN messager en trois minutes !
Contrairement à ce que pensent les gens, la plupart des vaccins ne protègent pas contre l'infection par le virus et n'empêchent pas sa diffusion dans la population. Faut-il en conclure qu'ils sont inutiles ?
Les différents vaccins contre la Covid-19 montrent une efficacité assez remarquable. Ils préviennent les formes graves de la maladie dans 62 à 94 % des cas. Cependant, les données manquent toujours pour savoir si ces vaccins réduisent aussi la transmission du virus.
Il existe en effet deux types d'immunité conférés par les vaccins. L'immunité « effective », qui protège le sujet contre les principaux symptômes d'une maladie mais n'empêche pas le virus d'entrer dans l'organisme et de s'y multiplier, et l'immunité dite « stérilisante », qui prévient l'infection de l'organisme par le virus et empêche donc la propagation du pathogène. Et si la deuxième solution représente le but ultime de la recherche vaccinale, elle est en réalité rarement atteinte.
Vaccins non stérilisants : un virus qui continue à circuler
Un des cas les plus connus de vaccin stérilisant est celui de la variole, la seule maladie dans l'histoire à avoir été éradiquée par un vaccin. (D'autres études scientifiques disent que le vaccin n'est pas la raison principale de cette éradication. C'est toujours aussi difficile de se faire une idée claire))
Les anticorps produits par la réponse immunitaire en réaction au vaccin éliminent entièrement le virus de l'organisme, et suppriment de fait la circulation du virus. La rougeole est un autre exemple de vaccin à immunité stérilisante.
Mais la plupart des vaccins (hépatite B, oreillons, grippe...) ne procurent qu'une immunité effective. « Avec ces vaccins, le système immunitaire contient suffisamment l'agent pathogène pour prévenir la maladie, mais celui-ci peut persister dans l'organisme et potentiellement infecter d'autres personnes. Cela signifie que l'agent pathogène continue à circuler dans une population, où il peut rendre malades des personnes non vaccinées ou vulnérables, ou encore évoluer vers une forme résistante à la réponse immunitaire », avertit Dawn Bowdish, professeur de médecine à l'université McMaster au Canada, dans le journal Scientific American.

L’immunité acquise par les vaccins passe par la production d’anticorps dits neutralisants. © Christoph Burgstedt, Adobe Stock
Quand la vaccination accroît l’infectiosité
Dans certains cas, la vaccination peut même engendrer une diffusion accrue du pathogène. Les vaccins contre Bordetella pertussis, la principale bactérie responsable de la coqueluche, entraînent ainsi le développement du microbe dans les voies respiratoires supérieures, alors que l'infection « naturelle » produit une puissante réponse immunitaire dans les muqueuses. « La transmission asymptomatique peut donc être un moteur majeur de la résurgence de la coqueluche dans les populations hautement vaccinées », attestent les auteurs d’une étude de l’Institut Pasteur de Lille.
Réduire la charge virale
Alors faut-il vacciner massivement contre la Covid-19 sachant que l'on ne sait pas si le vaccin empêche la transmission du virus ? Oui, selon Richard Bailey, auteur d'une modélisation sur le virus de Marek chez les poulets. « La vaccination avec un vaccin non stérilisant réduit considérablement la charge virale chez les personnes vaccinées, mais aussi chez les personnes contacts non vaccinées qu'elles infectent. Par conséquent, elles sont moins susceptibles de répandre des virus infectieux. Même une vaccination partielle avec [ce type de vaccin] a des conséquences positives sur le contrôle de la propagation et des symptômes de la maladie ».
Le saviez-vous ?
L’immunité stérilisante est acquise lorsque le vaccin engendre suffisamment d’anticorps neutralisants chez l’individu. Ces anticorps bloquent l’entrée du virus dans la cellule et l’empêchent donc de se multiplier. Mais il existe d’autres formes d’immunité acquise, comme celle des lymphocytes T ou des anticorps non neutralisants, qui ralentissent la progression du virus et préviennent les principaux symptômes.
Une étude préliminaire portant sur le vaccin Pfizer/BioNTech montre une baisse significative de la charge virale chez les patients infectés ayant reçu une première dose de vaccin. « Cela suggère que la vaccination réduit le potentiel infectieux des personnes vaccinées même si elle ne prévient pas l'infection », confirme dans Nature Virginia Pitzer, épidémiologiste à la Yale School of Public Health à New Haven (États-Unis). Les essais du vaccin AstraZeneca ont également montré une plus grande réduction de la charge virale chez les personnes vaccinées.
Désengorger les hôpitaux
En attendant d'être fixé, la vaccination des populations à risque permettra en tous cas de désengorger les hôpitaux en empêchant les cas graves. Selon une étude portant sur l’Écosse et publiée le 22 février, le vaccin Pfizer réduit le risque d'admission à l'hôpital de 85 % quatre semaines après la première dose, et celui d'AstraZeneca jusqu'à 94 %, et même 81 % chez les personnes âgées alors qu'il est réputé peu efficace chez ce public. Le SARS-CoV-2 ne sera peut-être jamais éradiqué comme la variole, mais il deviendra endémique et bénin, un peu comme le rhume.
Vaccin et charge virale
Une question sur laquelle je continue à chercher des réponses.
Qu'en est-il de la charge virale et d'une éventuelle protection envers autrui après une vaccination ?
Il semble que ça soit le cas mais rien ne vient encore le prouver scientifiquement. Il le faudrait pourtant si on veut espérer sortir un jour de cette période.
SANTÉ
Espoir et prudence : le vaccin Pfizer réduirait aussi la charge virale
ACTUALITÉClassé sous :PANDÉMIE , VACCIN , VACCIN ANTI-COVID
Julien Hernandez
Journaliste scientifique
Publié le 09/02/2021

[EN VIDÉO] Comment fonctionne un vaccin à ARN messager ? Pfizer et Moderna ont choisi cette technique de pointe pour concevoir en un temps record leur vaccin contre le Covid-19. Cette vidéo présente tout ce qu'il faut savoir sur les vaccins à ARN messager en trois minutes !
Une récente étude prépubliée suggère que le vaccin développé par le laboratoire Pfizer pourrait aussi avoir un effet sur la charge virale des personnes vaccinées. Selon des résultats préliminaires à prendre avec précaution, il pourrait la réduire, ce qui, dans une perspective mécaniste, pourrait conduire à une baisse des transmissions.
Une bonne nouvelle sur la planète Covid-19 ? Même si les résultats que nous vous présentons sont à prendre avec précaution car ils sont issus d'une étude prépubliée, qui n'est donc pas encore passée par la case peer-review, nous ne résistons pas à saupoudrer un peu d'espoir dans cette lutte contre ce virus qui dure depuis plus d'un an désormais. Ces données proviennent d'expériences réalisées par des chercheurs israéliens. En effet, ce pays compte plus de 650.000 personnes vaccinées depuis le 25 janvier.
Une charge virale qui semble réduite entre 12 et 28 jours après l'infection
En analysant des échantillons de patients infectés (vaccinés et non vaccinés), les chercheurs ont remarqué que le nombre de seuils de cycle pour détecter la présence du virus à l'aide d'un test PCR était plus important entre 12 et 28 jours après l'infection chez les échantillons des personnes vaccinées. Cela suggère donc qu'il y a moins de matériel génétique du virus chez les patients vaccinés, étant donné qu'on a plus de difficulté à détecter l'ARN du virus via un test PCR au fur et à mesure que l'infection évolue. Les mesures de charges virales se rejoignent à nouveau après 28 jours, lorsque la charge virale revient progressivement à des quantités faibles, même chez les patients non vaccinés.

La vaccination augmenterait le seuil de cycle nécessaire pour détecter le matériel génétique du virus dans un échantillon lors d'un test PCR. © Medrxiv
Prudence avec les données d'observations
Toutefois, même si ces résultats sont encourageants et poussent à l'engouement, il faut rester mesuré comme dans toutes analyses de résultats scientifiques. Ces données émanent d'une étude d'observation et pas d'une étude clinique, contrôlée et randomisée. Même si les chercheurs ont fait en sorte d'apparier leurs données afin de disperser l'influence de variables d'intérêts connues - l'âge et le sexe notamment - on ne peut occulter, dans le cadre d'une étude d'observation, l'influence de facteurs de confusion (état de santé de base des patients, infection à un variant qui se traduit par une charge virale plus basse) qui ne serait pas portée à notre connaissance.
Enfin, les échantillons prélevés sont issus de la cavité nasopharyngée. Les résultats ne valent donc que pour la présence du virus dans cette cavité. Cependant, elle n'est pas toujours la zone la plus représentative de la charge virale et du potentiel infectieux du patient. Il est donc important d'attendre plus de données pour conclure définitivement. Mais un peu d'espoir, pourvu qu'il soit mesuré et ne pousse pas à la cacophonie médiatique, ne fait de mal à personne.
CE QU'IL FAUT RETENIR
Des analyses préliminaires, non relues par les pairs, suggèrent que le vaccin Pfizer pourrait réduire la charge virale après une infection à SARS-CoV-2.
L'étude étant observationnelle, il faut être très prudent dans l'analyse des données et attendre pour conclure définitivement.
Texas
Le pays le plus puissant de la planète, celui qui sert "d'exemple", le moteur, la locomotive, "l'influenceur".
Il n'y a aucune moquerie dans mes propos. Juste un état des lieux.
Le réchauffement climatique, c'est en premier lieu un "dérèglement" et sa particularité, ce sont des phénomènes inhabituels de grande ampleur : sécheresse, canicule, vents violents, vague de froid, inondations, orages de grêle, tornades, etc etc et tout ça, à des saisons qui ne sont pas répertoriées pour ce genre de situations. Ni certaines zones géographiques.
A savoir également que cela ne stoppe aucunement le réchauffement en cours. Il faut imaginer des montagnes russes avec des pics de plus en plus hauts et des creux parfois très marqués.
Dans les années 1970, le Pentagone avait sorti un dossier dans lequel il envisageait la possiblité d'un "enfoncement du Gulf Stream" sous l'effet des eaux froides descendues des zones polaires en raison du réchauffement climatique. Cet enfoncement du Gulf Stream aurait pour effet de plonger le continent Européen dans un âge semi-glaciaire.
Tout est possible. La complexité des phénomènes météorologiques est bien connue. La complexité du climat est au-delà de toute compréhension. Elle relève juste de la prédiction.
D'où la nécessité de s'y préparer. Ou d'attendre que ça arrive.
Texas : pannes monstres, canalisations gelées, sénateur envolé... Les conséquences d'une vague de froid historique
Des températures jusqu'à -18 °C ont été enregistrées dans cet Etat américain plutôt habitué aux canicules qu'aux vagues de froid.
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France Télévisions
Publié le 21/02/2021 11:42Mis à jour le 21/02/2021 11:55
Temps de lecture : 5 min.

Des camions à l'arrêt sur l'autoroute Interstate-35, à Killeen (Texas), le 18 février 2021. (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)
Le Texas, Etat du sud des Etats-Unis, est touché depuis près d'une semaine par une vague de froid polaire sans précédent, avec des températures 15 à 20 degrés sous la normale. Selon les médias américains, au moins 40 personnes seraient mortes ces derniers jours à cause de cet épisode de froid glacial, et ce alors que de nombreuses polémiques ont éclaté dans l'Etat. Entre coupures d'électricité, canalisations gelées et un sénateur exilé en vacances sous le soleil du Mexique, franceinfo vous explique les conséquences de cet épisode climatique exceptionnel.
Quelle est l'ampleur de cette vague de froid ?
Depuis le 15 février, les 30 millions d'habitants de cet Etat ont dû affronter un froid extrême, alors qu'ils sont plutôt habitués des vagues de chaleur. Les températures sont descendues jusqu'à -18 °C à Dallas, le 16 février, soit près de 30 degrés de moins que les normales saisonnières, habituellement entre 10 et 15 °C. Le thermomètre vient à peine de repasser au-dessus de zéro.
Les tempêtes de neige qui frappent les Etats-Unis depuis plusieurs jours devraient s'apaiser durant le week-end, en particulier dans le sud du pays, selon les services météorologiques américains (NWS). "La semaine anormalement froide qu'ont connue les plaines du Sud prendra fin ce week-end à mesure qu'une dépression apportera un air plus chaud", ont-ils affirmé vendredi 19 février.
Quelles sont les conséquences pour les Texans ?
Au total, plus de deux millions de foyers ont été privés d'électricité dans le Texas. Samedi, plus de 60 000 foyers restaient sans électricité, alors que les autorités s'efforcent de rétablir le courant. Une panne géante liée à une trop forte demande d'énergie, que les structures n'ont pas pu gérer : l'ERCOT, organisation chargée de gérer l'électricité au Texas, a annoncé un nouveau record avec un pic de consommation à 69 000 mégawatts. Sursollicitées par les habitants, l'ensemble des ressources énergétiques de l'Etat ont progressivement cédé face à la demande croissante et la difficulté de fonctionnement en raison du froid qui gelait les installations, comme l'explique le Guardian (lien en anglais).

Deux Texanes tentent de se réchauffer autour d'un barbecue alors que l'Etat américain est balayé par une vague de froid qui a causé de nombreuses coupures de courant, à Houston (Etats-Unis), le 16 février 2021. (GO NAKAMURA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)
Les habitants du Texas ont aussi dû faire face à des ruptures de canalisations occasionnées par le gel. En raison de ces problèmes d'alimentation en eau, il a été conseillé à quelque sept millions de Texans de faire bouillir l'eau avant de la consommer ou de l'utiliser pour la cuisine. Dans plusieurs localités, des distributions d'eau potable ont été organisées.
Des usines de fabrication de puces électroniques ont été contraintes de fermer temporairement. Les matchs de basket des équipes de Dallas et Houston en NBA, prévus les 18 et 20 février, ont été reportés après que leurs salles respectives ont été fermées par les autorités. Le président américain Joe Biden s'est entretenu vendredi avec le directeur par intérim de l'agence fédérale pour les situations d'urgence, Bob Fenton, et a signé une nouvelle déclaration d'urgence pour le Texas, ce qui permet de débloquer une aide fédérale pour l'Etat du sud des Etats-Unis. Le président américain devrait se rendre sur place dans les prochains jours.

La distribution d'eau potable s'organise à Houston (Texas), le 19 février 2021. (JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)
Pourquoi le sénateur Ted Cruz s'est-il retrouvé au cœur des critiques ?
Sénateur du Texas depuis 2013, le républicain Ted Cruz est l'un des politiques les plus connus du pays, mais ce n'est pas par sa mobilisation au cours de cette crise qu'il brille en une de l'actualité. Le sénateur a en effet fait le choix de s'envoler à Cancun (Mexique) pour des vacances en famille le 18 février. Le voyage du sénateur, répéré par un internaute à l'aéroport de Houston, n'est pas resté secret très longtemps.
Une décision qui a été extrêmement mal perçue par les Américains, ce qui a conduit Ted Cruz à présenter ses excuses : "C'était évidemment une erreur. Avec le recul, je ne l'aurais pas fait." Il assure avoir voulu se comporter en "bon père" pour ses filles qui ne pouvaient pas aller à l'école et n'avaient pas de chauffage.
Au-delà de son voyage, c'est surtout son manque de cohérence qui a été moqué et a choqué les Américains. En effet, lors d'une interview radio le 15 février, Ted Cruz avait mis en garde les habitants de son Etat contre les graves perturbations météorologiques à venir, soulignant qu'elles pourraient faire de nombreuses victimes. "Ne prenez aucun risque. Assurez-vous que votre famille est à l'abri, ne quittez pas votre maison et prenez soin de vos enfants", avait-il déclaré.

Un camion dans les rues de Houston (Texas), portant l'inscription "Les Texans ont gelé, Ted s'est enfuit", le 19 février 2021. (JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)
Pourquoi ce froid relance-t-il le débat autour des énergies fossiles ?
Les coupures massives d'électricité ont engendré un débat entre pro et anti-énergies fossiles au Texas. Principal Etat fournisseur de pétrole et de gaz naturel dans le pays, le Texas est indépendant énergétiquement : il n'est pas raccordé au réseau des Etats frontaliers. Quand son réseau est en difficulté, il ne peut donc pas faire appel à ses voisins, son circuit d'alimentation fonctionne en vase clos, ce qui explique ces coupures de courant.
Le 20 février, le commissaire à l'Agriculture du Texas Sid Miller, un républicain notoire, a mis en cause les éoliennes et pointé un échec des dirigeants locaux dans la gestion de la vague de froid, sur Facebook. Des propos rapidement contredits par Daniel Cohan, professeur à la Rice University de Houston, dans un post sur Twitter : "Nous affrontons une crise du système énergétique texan, pas simplement une crise électrique." Si les pales des éoliennes ont elles aussi gelé sous l'effet du froid, l'énergie éolienne n'est pas la principale responsable de ces coupures soudaines. Le froid a ainsi gelé les puits de gaz naturel et bloqué les gazoducs, qui acheminent 47,2% de l'électricité texane, selon des données publiées par l'Etat en 2019.
Tirer les leçons
Depuis l'ouragan Katrina en 2005 et le désastre qu'a connu notamment la ville de la Nouvelle-Orléans, je me suis fortement intéressé aux scénarios catastrophes, non par morbidité mais par prévoyance.
Comment peut-on éviter les effets de situations de crises majeures ?
J'ai lu de nombreux ouvrages et vu de nombreux documentaires.
La crise sanitaire actuelle n'est juste qu'une alerte. Une espèce de mise en bouche. Un aperçu.
Lorsque la vallée de la Vésubie et de la Roya ont été dévastées par des crues phénoménales, j'ai vu des habitants qui disposaient encore de leurs maisons réclamer de la nourriture trois jours après la catastrophe, réclamer des piles, des médicaments, de l'eau potable. Je trouve ça effarant de disposer d'aussi peu de ressources, d'être aussi dépendants, d'être aussi fragiles.
Il n'y a pas si longtemps, dans les campagnes, les gens avaient des réserves, ils avaient un coin de potager. Ils étaient dans la prévoyance. Désormais, même dans les campagnes, une très grande partie de la population ne vit qu'au jour le jour.
Il suffit de regarder ce qui se passe actuellement au Texas qui connaît une vague de froid conséquente. Black out électrique, plus d'eau potable, plus de nourriture dans les magasins.
Je rappelerai juste les bagarres dans les magasins en France lors du premier confinement et la "valeur" prise par les rouleaux de papier toilette. Paris intra-muros dispose de trois jours de réserves alimentaires. Imaginez un black-out d'une semaine.
On quitte la Savoie parce que la région a une démographie trop importante et que cette population représente une sorte de bombe à retardement. Je ne parle même pas de Paris ou d'autres zones urbaines de la même ampleur, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille etc etc...
Nous avons cherché un territoire à l'écart de tout. Là où nous allons pouvoir réaliser notre objectif de résilience totale. Nourriture, eau potable, énergie. Il ne s'agira pas de nous isoler mais de chercher à rencontrer des individus engagés dans une voie similaire. Et on ne les trouve que dans des lieux retirés.
Être survivaliste ne consiste pas à stocker des biens, de la nourriture, de l'eau, des médicaments et des armes en attendant égoïstement que le monde s’effondre, qu'une catastrophe planétaire éteigne cette humanité et efface tout ce qu'elle accomplit de néfaste. Il s'agit de réduire notre impact sur la Terre afin que les équilibres se maintiennent, il s'agit d'économiser ce qui appartient à tous et ne doit pas être dilapidé, il s'agit de prévoir afin de ne pas subir, il s'agit de relier les individus dont la vison de l'existence ne se résume pas au consumérisme et à un "Après moi, le déluge". Notre rêve désormais est de constituer cette base de vie durable et d'en partager l'expérience.
COVID-19 : à quoi s’attendre au sortir de la crise sanitaire
Publié par Légendat | 30/03/2020 | Survivalisme et résilience | 12 |

Presque trois ans se sont écoulés depuis que j’ai écrit mon article expliquant comment se préparer à une pandémie. Ce scénario -que j’ai toujours estimé être potentiellement le pire mais le moins susceptible de se produire- est aujourd’hui devenu réalité avec la propagation mondiale du COVID-19.
La France est confinée et la même question est sur toutes les lèvres : quand la vie va-t-elle reprendre son cours normal ?
Pour ceux et celles qui n’auraient pas encore compris, la fête est finie. La vie ne reprendra pas son cours normal au sens où nous l’entendons tous. Les choses ne reviendront pas à la normale après quelques semaines ni quelques mois. Il faudra des années pour que les vies politiques nationales et les économies repartent.
Et certaines choses ne seront jamais plus comme avant.
Ce premier trimestre 2020 aura été l’occasion de constater une bonne fois pour toutes que :
L’Etat français n’a ni la volonté profonde ni les moyens de protéger son peuple.
Le gouvernement est incompétent et n’hésite pas à mentir pour couvrir ses fautes stratégiques et s’assurer la continuité du pouvoir (et des profits).
Les fonctionnaires servant ce même gouvernement sont traités comme de la chair à canon, corvéables à merci jusqu’à la mort.
La sécurité est sacrifiée sur l’autel de la rentabilité, qui a menée à la destruction de nos hôpitaux, de notre armée et de nos forces de l’ordre (entre autres).
Je pourrais encore allonger cette liste mais ces 4 points me semblent être les plus importants pour nous, survivalistes (fous d’hier, lucides d’aujourd’hui), qui cherchons à assurer notre sécurité par nous-même.
Les conclusions sont faciles à tirer : chacun doit œuvrer pour être à même d’assurer sa propre protection au sens large : sécurité financière, alimentaire, sanitaire et bien sûr personnelle.
J’aurais énormément à dire sur ce que je pense de cette crise et de la façon dont elle est gérée mais je vais me concentrer sur les aspects qui nous intéressent. Les scandales de la pénurie de masques et du traitement à la chloroquine sont largement débattus par tout le monde et l’ensemble des médias s’épand jour et nuit sur la gravité de la situation, mais ma perception de cette pandémie est toute autre.
Ce que je peux commencer par vous dire, c’est qu’en dépit du bordel planétaire qu’elle a provoqué, cette pandémie de COVID-19 ne restera dans l’Histoire que comme un événement précurseur, le déclencheur de quelque chose de bien plus important.
Propagation et résurgence du COVID-19
Le sujet est très peu abordé pour le moment mais il est déjà évident que nous sommes loin d’être débarrassés du coronavirus. L’absence d’équipements de protection et de consensus mondial sur la façon de contenir la pandémie va inévitablement favoriser la réapparition de la maladie pendant des mois voire des années, avec le risque réel de faire face à des mutations bien plus virulentes que la souche actuelle.
J’en profite pour préciser que le COVID-19 est un virus à la létalité assez faible si on le met en perspective avec d’autres maladies virales ou bacilles comme Ebola, la peste noire ou la souche H5N1 modifiée. Le COVID-19 n’est pas le danger biologique auquel je me préparais jusqu’ici et je le prends plus comme un entraînement à ce qui va suivre que comme une épreuve en tant que tel.
La vérité est que la crise que nous traversons est moins liée au coronavirus qu’à l’incompétence des gouvernements européens et à la destruction des Etats-nations orchestrée par l’Union Européenne et ses sous-fifres. Si nos stocks stratégiques de matériel de protection NRBC avaient été corrects et notre chef d’Etat compétent, des milliers de morts et le confinement que nous subissons auraient pu être évités. La récession économique brutale qui va en découler aurait donc pu, elle aussi, être maîtrisée.
Prenez le temps de vous imaginer ce que nous serions en train de vivre si nous avions été la cible d’une attaque biologique et si nous n’avions pas la « chance » de faire face à une affection contrôlable -qui en passant est devenue hors de contrôle grâce à l’incompétence de nos « élites ».
Quoi qu’il en soit, la passivité et l’attentisme des gouvernements européens ainsi que la perméabilité des frontières nationales supplantées par celles de l’espace Schengen nous garantissent le taux de mortalité le plus élevé possible et la résurgence future de la maladie dans des zones assainies.
Conséquences du COVID-19
Nous payons aujourd’hui la vente de nos Etats -et donc notre destin individuel comme national- à une économie de marché libérale ne jurant que par le profit maximal : nos gouvernants sont des incapables méprisants qui ne représentent qu’eux-mêmes, notre système de santé est mis à genoux par une politique de rentabilité incohérente avec sa nature profonde, notre armée est déliquescente, nos forces de l’ordre sont à bout de souffle, nos stocks de résilience sont inexistants.
Le point commun à tous ces maux est la recherche vorace d’une rentabilité totale qui n’a pas lieu d’être dans les fonctions régaliennes de l’Etat. Les fonctionnaires sont les premiers à avoir été trahis par le gouvernement et leur intégrité et dévouement sont admirables car ils en sont très conscients.
Qu’elle doive affronter une guerre sanitaire ou une guerre conventionnelle, la France est mal engagée. Une guerre se mène de front avec des chefs de guerre compétents, des décisions claires et cohérentes, de la confiance, du courage, des hommes motivés et soudés, du matériel adapté et une logistique solide.
La victoire n’est jamais acquise même quand toutes ces conditions sont réunies et comme le démontre le cirque pitoyable auquel nous assistons, nous n’avons plus rien de tout cela.
Ne vous y trompez pas. Si à l’heure où j’écris ces lignes nos soignants, pompiers, FO, militaires font front commun pour tenter d’endiguer le COVID-19, il est inévitable que le mépris et la violence passés -encore très présents dans les esprits et dans les chairs- ainsi que l’incompétence crasse du gouvernement et le manque de moyens mis à disposition vont se payer très cher au sortir de la crise sanitaire.
Cette pandémie est l’occasion de mettre en lumière tous les manquements gouvernementaux en termes de gestion régalienne : nos hôpitaux, notre armée et nos forces de l’ordre sont sous-équipés et en sous-nombre, nos réserves stratégiques sont vides, notre tissu social est gangréné au point de devoir adapter les mesures de confinement aux territoires « perdus » (pour ne pas dire abandonnés à l’ennemi) de peur de voir les cités « s’embraser ».
Tout cela en dit long sur l’état du pays.
On parle beaucoup du coronavirus en lui-même mais il ne faut pas en oublier l’essentiel : c’est la mauvaise gestion de l’Etat plus que le virus en lui-même qui aura causé tant de souffrances et de dégâts.
Ce qu’il restait de confiance entre le gouvernement et le peuple est mort du coronavirus, en France comme dans nombre d’autres pays européens. L’heure des révoltes populaires est proche, celle des « mesures sécuritaires » drastiques aussi.
Ce temps de confinement n’est que le calme avant la tempête.
Je vous renvoie donc vers mon article sur les produits à stocker en cas de crise, qui risque lui aussi de devenir encore plus d’actualité très prochainement.
La foudre vient, l’orage est déjà là. Préparez-vous aujourd’hui plus que jamais, demain n’attend pas.
Légendat
Comprendre l'économie
Oui, c'est complexe et il faut rester concentré et attentif. Mais ne pas comprendre le monde économique, c'est continuer à le subir.
Cette complexité fait le jeu des gouvernements et bien plus encore celui des banques.
Maintenant, le jour où la délaftion explosrea et que nous entrerons dans un cycle similaire à celui du Japon, il sera trop tard.
Gaël Giraud, né le 24 janvier 1970, est un économiste et prêtre jésuite français. Spécialiste en économie mathématique, il a été économiste en chef de l'Agence française de développement (AFD) de 2015 à 2019.
Sommaire
1.2Recherche, enseignement et autres activités
Biographie[modifier | modifier le code]
Jeunesse et études[modifier | modifier le code]
Après deux années de classes préparatoires B/L (Lettres et Sciences économiques et sociales) au lycée Henri-IV, à Paris, il intègre l’École normale supérieure de la rue d'Ulm et l’École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE) en 1989.
Pendant ses deux années de service civil au Tchad (1995-1997), il enseigne les mathématiques et la physique au lycée Saint-Charles-Lwanga (Sarh) et fonde le Centre d'accueil des enfants de la rue de Balimba1.
En janvier 1998, il soutient sa thèse de doctorat en mathématiques appliquées (à l'économie) au laboratoire d'économétrie de l’École polytechnique et à l'université Panthéon-Sorbonne2.
En 2004, il obtient l'habilitation à diriger des recherches (HDR). La même année, le 27 septembre, il entre chez les jésuites. Il est ordonné prêtre le 14 décembre 20133. Il soutient une thèse de doctorat en théologie le 22 septembre 2020 au Centre Sèvres de Paris sur le thème de la théologie politique des communs à l'ère anthropocène4, sous la direction de Christoph Theobald.
Recherche, enseignement et autres activités[modifier | modifier le code]
Après une année passée en tant que fellow au CORE (Centre For Operations Research, Louvain-la-Neuve, Belgique), il entre au CNRS en 1999 comme chargé de recherche en économie. Sa première affectation est au BETA (Bureau d'économie théorique et appliquée, Strasbourg), puis, en 2001, il est affecté au CES (Centre d'Économie de la Sorbonne). Il est chercheur associé à l’École d'économie de Paris de sa fondation jusqu'en 2014, tout en ayant une activité de consultant scientifique5. Il est, de début 2015 jusqu'à 2019, l'économiste en chef et directeur exécutif de l'Agence française de développement6.
Il exerce en outre la fonction de quant (consultant chargé de la conception des modèles mathématiques utilisés en finance de marché) dans les équipes de Jean-Michel Lasry auprès de la CPR et de Calyon entre 1999 et 2004. Il y travaille notamment à la tarification des actifs dérivés de crédit. En 2003, un poste de trader lui est proposé à New York, qu'il décline pour pouvoir devenir jésuite7.
Gaël Giraud enseigne la théorie des jeux et l’économie mathématique à l’université Panthéon-Sorbonne, à la Faculté des sciences économiques et de gestion de Strasbourg et à l’université de Hanoï au Viêt Nam. Il enseigne aujourd'hui l'économie au corps des ingénieurs des Ponts et Chaussées, à l’École polytechnique - où il fonde et dirige depuis 2015 la chaire Énergie et Prospérité, et au Sustainability Institute de l'Université de Stellenbosch (Afrique du Sud).
En 2007, il est professeur affilié à l'ESCP Europe8. Depuis lors, il a été membre du conseil scientifique de Finance Watch, de la Fondation Nicolas Hulot, du Shift Project et du Campus de la transition écologique. Depuis 2018, il est fellow associé à l'Institut d'études avancées de Nantes.
Membre du Centre de recherche et d'action sociales, il tient régulièrement une chronique sur l'actualité économique et financière dans la revue Projet.
En 2020, Gaël Giraud devient président d'honneur de l'Institut Rousseau, un nouveau cercle de réflexion qui se définit comme étant « apartisan, indépendant des partis » et « au croisement de la social-démocratie, de l’écologie et de la pensée républicaine », et considéré par Le Monde comme se situant « à la gauche de la gauche »9,10.
Travaux[modifier | modifier le code]
Ses travaux portent notamment sur le rôle de la monnaie, le rôle des marchés financiers et de leur réglementation dans la prévention des krachs économiques, ainsi que sur les dynamiques économiques hors équilibre. Gaël Giraud travaille également sur les obligations indexées sur l’inflation, les enchères pour les introductions en bourse (IPO), les dérivés de crédit et les méthodes de fixing pour les chambres de compensation des marchés internationaux.
Dans sa chronique pour la revue Projet, depuis 2007, il prend également position sur le « pic pétrolier », en faveur d'un protectionnisme aux frontières de l'Europe11, d'un plafonnement des revenus, d'un financement massif de la transition écologique, du passage de l'euro monnaie unique à l'euro monnaie commune12. Il considère que l'énergie est le facteur essentiel de la croissance économique : l'élasticité, autrement dit la sensibilité du PIB par habitant par rapport à la consommation d'énergie est, d'après lui, de l'ordre de 60 %, et non de moins de 10 % (soit le coût de la facture énergétique dans la production) selon la littérature économique habituelle13.
Les travaux de Gaël Giraud explorent et développent les aspects éthiques, voire théologiques, des sciences économiques14. Depuis 2012, il alerte sur les risques liés au réchauffement climatique, et à l'épuisement des ressources énergétiques15[source insuffisante].
Avec une équipe de chercheurs de l’Agence française de développement, il développe depuis 2015 un nouvel outil de modélisation macroéconomique : GEMMES (General Monetary and Multisectoral Macrodynamics for the Ecological Shift). Cet outil d'aide à la prise de décision intègre les enjeux de la transition écologique16.
Prix et distinctions[modifier | modifier le code]
Gaël Giraud est nominé pour le prix du meilleur jeune économiste de France 2009 décerné par le journal Le Monde et le Cercle des économistes17,18.
En 2013, son livre l'Illusion financière reçoit le prix « Lire l'économie », décerné par des lycéens français et organisé par le ministère de l'Éducation nationale19.
En 2019, il reçoit le prix du « MOOC of the year » de l'AFD et de l’École normale supérieure pour le MOOC « Transition écologique et énergétique dans les pays du Sud »20.
Prises de position[modifier | modifier le code]
Gaël Giraud a contribué à la préparation de la loi Moscovici portant sur la séparation des banques21, dénonçant avec (entre autres) Alain Grandjean et Olivier Berruyer l'inefficacité prévisible des nouvelles dispositions réglementaires. Il a à ce titre organisé un colloque-débat à la Sorbonne le 21 janvier 201322.
Dans un entretien de février 2017, il explique l'importance économique et écologique du concept de communs23 : « Plus globalement, ma conviction est que nous devons travailler à l’émergence de communautés capables d’administrer intelligemment des communs, à égale distance de la gestion bureaucratique soviétique ou néo-libérale. »
Dans le contexte de la crise économique découlant de l'épidémie de COVID-19, il plaide pour l'annulation des dettes souveraines détenues par la Banque centrale européenne24, afin de permettre aux États d'investir dans un plan de reconstruction écologique des économies européennes.
La pandémie depuis un an.
"L'être humain est un animal qui trébuche 20 fois sur la même pierre" Jose Mujica, ex-président de l'Uruguay
Cette vidéo date de mars 2020. Quasiment un an par conséquent. Et c'est ce flash-back qui permet de mieux comprendre notre présent et de nous projeter dans l'avenir.
Comme je l'avais expliqué dans l'article sur l'éradication de la variole, c'est bien le traçage des personnes contaminées et leur isolement qui reste le recours le plus performant. Le cas de Singapour est exemplaire.
Une vidéo encore une fois passionnante. Claire, documentée, objective.
"Les catastrophes naturelles n'existent pas. Ce sont nos actions (ou nos inactions) qui transforment les risques en désastres."
Les prochaines pandémies (3)
En 2018, j'avais publié un article parlant déjà de cette immense pollution planétaire du plastique, des dégâts qu'elle occasionnait sur la biodiversité marine et des risques qu'elle faisait désormais courir à l'humanité. Je ne serais guère surpris que la prochaine pandémie vienne de là. A moins que les élevages intensifs ne lui dame le pion. Il serait inconscient en tout cas de croire qu'il n'y en aura pas d'autres.
Inquiétantes découvertes scientifiques sur les microplastiques dans les océans
Durée de lecture : 6 minutes
https://reporterre.net/Inquietantes-decouvertes-scientifiques-sur-les-microplastiques-dans-les-oceans
19 février 2021 / Marie Astier (Reporterre)

La pollution générée par le plastique est plus complexe qu’elle n’y paraît. Saviez-vous que les microplastiques voguant sur l’eau déplacent des espèces invasives ? Qu’en absorbant les antibiotiques ils favorisent l’antibiorésistance ? Des chercheurs au CNRS font le bilan de leurs inquiétantes découvertes. Des solutions naissent, doucement.
Faut-il encore le rappeler ? De l’Antarctique aux grands fonds méditerranéens, les plastiques sont partout. Et les conséquences de leur dissémination aussi exponentielles que la courbe de leur utilisation.
Le sujet occupe et préoccupe de plus en plus de chercheurs, a rappelé le CNRS lors d’une présentation en ligne des travaux du groupement de recherche polymères et océans — créé en 2019, il rassemble plus de deux cents chercheurs. Plusieurs d’entre eux ont ainsi fait le point mercredi 10 février sur la recherche concernant cette matière omniprésente dans notre quotidien.
L’occasion de préciser l’ampleur de la pollution, et sa répartition. La mer est sa principale victime : quatre cents millions de tonnes de plastique sont produites chaque année et environ dix millions d’entre elles aboutissent dans les océans, a chiffré François Galgani, océanographe et écotoxicologue à l’Ifremer en Corse. Le rapport d’experts d’une ONG étasunienne prédit même un triplement à trente millions de tonnes par an en 2040, si rien n’est fait.
Parmi ces déchets, « 30 à 40 % sont des emballages », a précisé le chercheur. « La mer Méditerranée est la plus polluée au monde, en raison du grand nombre d’habitants, du fait qu’elle est fermée, de la densité de trafic maritime et des grands fleuves qui s’y déversent », a-t-il poursuivi. L’embouchure du Nil ou celle du canal de Suez sont notamment des points noirs.
« La pollution croît significativement dans les zones les plus lointaines, comme l’Antarctique ou les grands fonds »
Surtout, ces déchets ne restent pas forcément là où ils sont produits. « Ils circulent sur de longues distances, explique le chercheur. Par exemple, les déchets produits sur la côte atlantique européenne peuvent être transportés de l’autre côté de l’Atlantique. Ils s’accumulent aussi dans les zones de convergence, ce que les ONG ont appelé les continents de plastique. La pollution n’augmente pas partout de la même manière. Désormais, elle croît significativement dans les zones les plus lointaines, comme l’Antarctique ou les grands fonds. »
L’étendue des conséquences de cette pollution commence à peine à être explorée. « On connaît les effets sur la macrofaune via les piégeages, les étranglements, les blessures, a expliqué Ika Paul-Pont, chercheuse au CNRS en écotoxicologie marine. Mais il y a une pollution plus insidieuse. Les plastiques sont ingérés par toute la chaîne alimentaire marine. Ils peuvent s’accumuler dans le tube digestif des animaux, voire passer la barrière intestinale et aller dans d’autres organes. Ils ont des effets toxiques avérés. »
« Les déchets s’accumulent aussi dans les zones de convergence, ce que les ONG ont appelé les continents de plastique. »
Car, au-delà de la perturbation mécanique que crée la présence d’un morceau de plastique dans le corps, cette matière a aussi des effets chimiques. Les plastiques contiennent, pour environ 5 % de leur composition, des additifs parfois problématiques, tels que les phtalates et le bisphénol A. Et en plus de cela « le plastique a une très forte capacité d’absorption des contaminants du milieu environnant », poursuit Mme Paul-Pont. Un concentré de polluants, en somme, ingéré par les habitants des mers. « On a observé en laboratoire que cela a des effets sur la capacité des animaux à se nourrir, crée du stress, perturbe leurs défenses immunitaires, leur croissance, leur reproduction et leur comportement. »
Des micro-organismes — dont des espèces invasives — voyagent sur des microplastiques
Mme Paul-Pont nous apprend aussi la découverte récente de ce que les spécialistes ont appelé la « plastisphère », soit l’ensemble des micro-organismes vivant sur les particules de plastique parsemant les océans. « C’est une nouvelle niche écologique », constate-t-elle. Qui pose de sacrées questions : « Les microplastiques sont très durables dans le temps et peuvent parcourir de grandes distances. Cela peut déplacer des espèces invasives voire pathogènes. Par exemple, six ans après le tsunami au Japon de 2011, on a retrouvé près de trois cents espèces nouvelles de micro-organismes arrivées sur la côte américaine via des microplastiques. Ils ont traversé le Pacifique. » Autre inquiétude, cette plastisphère comprend parmi ses habitants des bactéries ayant développé des résistances à un large éventail d’antibiotiques. La chercheuse au CNRS résume :
Les plastiques absorbent aussi les antibiotiques. Ils pourraient donc jouer un rôle dans le développement de l’antibiorésistance.
Après les microplastiques et leur cortège de micro-organismes, poursuivons la plongée dans l’infiniment petit avec les nanoplastiques, produits de la dégradation du plastique et invisibles à l’œil nu. Ils intéressent les chercheurs depuis 2015. Eux aussi sont partout. « Dans les sols, les plages, les océans, les rivières, détaille Julien Gigault, chargé de recherche au CNRS. Ils sont très contaminants. Leur taille et leur forme leur procurent une capacité de diffusion extraordinaire. Ils traversent les barrières organiques très facilement. » Et apportent donc avec eux leur cortège de polluants et micro-organismes prospérant sur le plastique. Les scientifiques explorent encore les conséquences de ces observations.
Lise Durantou, cofondatrice de l’association la Pagaie sauvage, en pleine capture de microplastiques dans une rivière au Pays basque.
Elles semblent, à première vue, potentiellement catastrophiques pour le monde marin. En revanche, les spécialistes se sont montrés plus rassurants pour les humains. Concernant les nanoplastiques, « l’exposition est limitée et se fait surtout par l’air, puis par les vêtements, les cosmétiques, l’alimentation et de façon volontaire par des actes médicaux, a expliqué Guillaume Duflos, biochimiste à l’Anses (l’agence nationale de sécurité sanitaire). Mais les recherches sur la toxicité pour l’humain ont commencé il y a peu. » En 2019, un rapport de l’ONG Center for international environmental law (Ciel) s’intéressant aux effets des plastiques sur la santé humaine estimait tout de même que « le plastique est une crise sanitaire globale ignorée bien que sous nos yeux ». On y lisait qu’« une étude a trouvé des microplastiques dans les selles de sujets habitant dans des régions du monde variées et aux régimes alimentaires totalement différents ».
« On est capable de faire des plastiques biodégradés à 90 % au bout de 250 jours »
Alors, que faire face à l’ampleur du désastre annoncé ? « Malheureusement, on ne peut pas nettoyer les océans », a constaté Fabienne Lagarde, maîtresse de conférences à l’Université du Mans. Il faut donc absolument limiter les entrées. » Réduire, donc, la quantité de plastique relarguée dans la nature. En en diminuant notre consommation effrénée par exemple. La réglementation européenne visant à réduire l’utilisation du plastique à usage unique est un bon début, selon François Galgani : « Il y a également des discussions au niveau mondial pour s’accorder sur la réduction du plastique à usage unique, cela peut fonctionner. »
Mieux récupérer les déchets plastiques pour les recycler davantage fait également partie des pistes évoquées. Enfin, « il faut penser la fin d’usage du matériau dès sa conception », a estimé Fabienne Lagarde. Autrement dit, inventer des plastiques qui se dégradent rapidement dans l’environnement. Un champ de la recherche en plein développement selon Stéphane Bruzaud, professeur à l’Université de Bretagne-Sud : « On est capables de faire des plastiques biodégradés à 90 % au bout de 250 jours », se félicite-t-il. « Ils ne persisteraient dans l’environnement que quelques jours ou semaines plutôt que des dizaines d’années. Mais ils ne représentent que 1 % du plastique aujourd’hui dans le monde. »
C’est maintenant que tout se joue…
Les scientifiques alertent sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale dans le traitement de l’actualité.
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Lire aussi : Le plastique est relancé par le coronavirus — au détriment de l’environnement
Source : Marie Astier pour Reporterre
Photos :
. chapô : Des microplastiques de la rivière Patapsco photographiés au laboratoire du département de science environnementale et de technologie de l’Université du Maryland (États-Unis), en 2015. Will Parson/Chesapeake Bay Program
. Cofondatrice de l’association la Pagaie sauvage. © Chloé Rebillard/Reporterre
. Des microplastiques récoltés dans un vortex, ou tourbillon, de déchets dans l’océan. Will Parson/Chesapeake Bay Program / Flickr
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Les élevages de visons en Chine à l’origine du Covid-19 ? Les indices s’accumulent
Durée de lecture : 24 minutes
8 janvier 2021 / Yann Faure et Yves Sciama (Reporterre)

Et si la pandémie était née dans des élevages intensifs d’animaux à fourrure en Chine ? Le « chainon manquant » entre la chauve-souris et l’humain pourrait bien être le vison — le chien viverrin est également suspecté. Ceci expliquerait la volonté tenace de la Chine — premier producteur mondial de fourrure — de verrouiller l’information scientifique.
La naissance du Covid-19 dans une ferme d’animaux à fourrure chinoise — et notamment de visons — semble de plus en plus plausible, comme le montre cette enquête. Fin décembre 2020, Reporterre avait révélé que les souches responsables des deux vagues épidémiques qui ont ravagé l’Europe étaient apparues à proximité immédiate d’importants élevages de visons. Reporterre a continué l’enquête du côté chinois. Aujourd’hui même, vendredi 8 janvier, Science a publié un article soulignant la nécessité d’étudier le lien entre Covid et visons.
Ira, ira pas ? Plus personne ne sait à l’heure où nous écrivons ces lignes si la délégation de scientifiques sélectionnés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se rendra bel et bien en Chine pour enquêter sur l’origine de la pandémie. Les dix experts internationaux n’ont toujours pas reçu les autorisations nécessaires pour entrer sur le territoire. Des négociations sont en cours, mais l’opacité est telle que nul n’en connaît les enjeux. [1]
Il est stupéfiant qu’un an après ce qui s’annonce comme la plus importante pandémie du siècle écoulé, aucun progrès n’ait été réalisé dans la compréhension de comment le Sars-CoV-2 a pu être transmis à l’humain depuis la chauve-souris, son hôte naturel. Une incertitude qui n’est pas due aux limites de la science, mais bel et bien à l’attitude des autorités chinoises, qui depuis un an s’opposent becs et ongles à toute tentative indépendante — quand bien même elle viendrait de l’intérieur du pays — de répondre à cette question. On se demande ce que la Chine veut absolument cacher.
Difficile de ne pas noter, en particulier, qu’aucune enquête n’a été menée pour confirmer ou infirmer une hypothèse aussi évidente que rarement mentionnée : celle d’une origine de la pandémie dans un élevage d’animaux à fourrure. La Chine est en effet à la fois le premier marché et le premier producteur de fourrure mondiaux, et la colossale branche chinoise de cette industrie pèse plus de vingt milliards de dollars annuels, avec plus de cinquante millions de têtes. Or, si les animaux d’élevage traditionnels (bovins, porcins, volailles…) ne semblent pas infectés par le coronavirus, c’est l’inverse pour les animaux à fourrure : les trois principales espèces — vison, renard, et chien viverrin — y sont hautement sensibles.
Tous les spécialistes savent que les épidémies humaines issues d’élevages n’ont rien d’exceptionnel. Ces derniers sont des bouillons de culture microbiens connus : la dernière pandémie grippale de 2009, par exemple, est née dans les élevages porcins américains — d’où son nom de grippe porcine. Du reste, le « coronavirologue » Christian Drosten, découvreur du Sars-CoV-1 en 2003, et conseiller scientifique du gouvernement allemand, affirmait dès le mois d’avril 2020 dans une interview au Guardian : « Si quelqu’un me donnait quelques centaines de milliers de dollars et un laissez-passer en Chine pour trouver la source du virus, je chercherais dans les endroits où les chiens viverrins sont élevés. »
L’hypothèse émise par Christian Drosten, selon laquelle le chien viverrin pourrait être le chaînon manquant entre la chauve-souris (l’hôte originel de ce coronavirus, selon le consensus scientifique) et l’humain, tombe sous le sens. Les chiens viverrins (Nyctereutes procyonoides) — souvent confondus avec les ratons laveurs auxquels ils ressemblent — sont de petits carnivores de la famille des canidés. Une équipe dirigée par Conrad Freuling, de l’Institut fédéral allemand de recherche sur la santé animale, situé à Riems, a démontré expérimentalement en août 2020 que non seulement ces animaux attrapent le coronavirus humain, mais qu’ils se le transmettent parfaitement.
En Chine, le nombre de chiens viverrins d’élevage était estimé à 14 millions en 2019.
« Nous avons constaté que le virus reste cantonné aux fosses nasales dans cette espèce, et ne gagne pas les poumons », indique le chercheur, interrogé par Reporterre. Conséquences ? « Ils ne sont pratiquement pas malades lorsqu’ils sont infectés, et restent asymptomatiques tout en étant contagieux. De plus, ils excrètent a priori suffisamment de virus pour infecter un humain. » Cette propriété les rapproche des visons, comme on a pu le constater dans les élevages du nord de l’Europe. Le chercheur note qu’être très transmissible et peu pathologique est le profil d’un virus très adapté, ce qui est tout à fait compatible avec l’hypothèse selon laquelle ces espèces seraient le « chaînon manquant » entre la chauve-souris et l’humain.
Mais si Christian Drosten soupçonne le chien viverrin, c’est avant tout à cause de la pandémie de Sras de 2003 [2]. Car s’il a beaucoup été répété que l’animal qui a propagé cette maladie (dont le Sars-CoV-1 était l’agent) était un viverridé, la civette masquée (Paguma larvata)… les raccoon dogs, ou chiens viverrins, étaient également contaminés et tout autant susceptibles de jouer le rôle de transmetteur à l’être humain !
Dans les études scientifiques datant de 2003-2004 portant notamment sur les marchés de Shenzhen, dans le Guandong, il paraît quasiment impossible de départager laquelle des deux espèces a contaminé l’autre ou si une troisième a infecté les deux à la fois. Comme l’indique un article d’avril 2007 paru dans Virus Research, la civette masquée est considérée comme le dernier hôte intermédiaire le plus probable avant l’humain. L’une des principales raisons évoquées : l’identification de restaurants, proches, où se trouvaient des civettes infectées et où trois clients et une serveuse sont tombés malades. C’est maigre. D’autant plus maigre que les civettes, qui furent pendant plusieurs décennies élevées pour leur fourrure avant de devenir une viande de consommation réputée, ne comptaient plus dans ces années-là que 40.000 têtes dans l’ensemble du pays. Autrement dit, un tout petit réservoir potentiel. Le nombre de chiens viverrins d’élevage est, lui, estimé entre cinq et dix millions.
En 2003, la Chine semble avoir manœuvré pour incriminer la civette afin de détourner l’attention de son industrie de la fourrure
À l’hiver 2003-2004, une immense enquête financée par le ministère chinois des Sciences et Techniques et le National Institute of Health étasunien, portant sur le séquençage d’un échantillon de 1.107 civettes issues de 23 élevages choisis dans douze provinces, a conclu que si, sur le marché de Xinyuan (Guandong), les 91 civettes présentes étaient effectivement porteuses du virus, il n’y avait pas d’infection détectable dans les élevages d’origine des civettes commercialisées. Indice que la contamination avait pu avoir lieu plutôt sur le marché ou durant le transport. Or, sur le même marché de Xinyuan, la totalité des quinze chiens viverrins présents étaient contaminés.
Bien que plusieurs articles aient souligné que ces civettes auraient pu tout simplement avoir été contaminées par les chiens viverrins, aucune étude n’a été lancée pour en savoir davantage sur les raccoon dogs. Plusieurs chercheurs s’en sont étonné, notamment Paul et Martin Chan, qui ont déploré que ceux-ci « ne suscitent pas d’intérêt ». Shi Zhengli, sans doute la principale « coronavirologue » chinoise — elle dirige un département du Wuhan Institute of Virology —, regrettait, en 2007 dans l’article de Virus Research déjà mentionné, qu’il ne soit « toujours pas clair si ce sont les chiens viverrins qui ont été infectés par les civettes ou l’inverse ». Et concluait : « Contrairement aux civettes, très peu de recherches ont été conduites pour échantillonner les chiens viverrins sauvages ou d’élevage. »
On retrouve ce même étonnement chez Conrad Freuling, qui avoue qu’il a aussi testé les chiens viverrins en Allemagne parce que personne ne l’avait jamais fait en Chine, où sont pourtant situés la quasi-totalité des élevages du monde — on en trouve une poignée en Finlande et en Pologne [3]
Notons enfin que sur ces marchés, des renards roux et des mustélidés étaient également infectés. Curieusement, l’étude sino-américaine n’échantillonna aucune ferme dans le Shandong, le Liaoning, le Jilin ou le Heilongjiang, les quatre principales provinces d’élevage de visons. Ne pas avoir enquêté dans le Shandong est particulièrement étonnant, puisque c’est la capitale sans rivale de la production de fourrure et que cette province est géographiquement plus proche du Guandong que le Hebei — qui a pourtant été bien prospecté.
Fur farming regions in China.
Tout s’est donc passé en 2003 comme si la Chine avait manœuvré pour incriminer la civette, une espèce à l’importance économique marginale, afin de détourner l’attention de son industrie de la fourrure, pour la protéger.
Or, cette même stratégie semble bien avoir été reprise et portée à un niveau supérieur en 2020 — dans un contexte évidemment différent et avec des enjeux colossaux. Cette fois-ci, la Chine a manifestement décidé de contrôler totalement la parole scientifique sur la pandémie, au même titre que la parole citoyenne. Après une phase initiale de confusion en janvier et février 2020, durant laquelle on a vu tant des journalistes que des scientifiques de haut rang publier relativement librement, la répression s’est abattue sur les premiers (avec des condamnations et même des disparitions), et la censure sur les seconds.
L’information est à l’évidence filtrée et façonnée au gré des besoins du pouvoir chinois
Plus précisément, une enquête récente de l’Associated Press (AP) révèle que le pouvoir a engagé une vigoureuse reprise en main des publications scientifiques après la parution d’un article de deux chercheurs en février — article introuvable, désormais, sur internet [4] —, suggérant que le virus s’était échappé d’un laboratoire de Wuhan. Conséquences, dès le 24 février : une nouvelle procédure d’approbation des publications par le Centre de contrôle des maladies chinois (CDC), puis la diffusion d’une note ministérielle confidentielle, datée du 3 mars, qu’AP s’est procurée et a mise en ligne. Le contenu de celle-ci est saisissant, appelant à « coordonner la publication de la recherche scientifique sur le Covid-19 à travers le pays à la manière d’une partie d’échecs », sous le contrôle d’un « groupe de recherche scientifique du Conseil d’État » et après avoir notifié l’équipe de « propagande » dudit Conseil. La note interdit toute publication qui ne serait pas validée par ce groupe — et conclut que les contrevenants « seront tenus pour responsables ».
C’est donc à la lumière de cette note qu’il faut aborder les récentes publications scientifiques chinoises : malgré l’excellence d’un grand nombre de chercheurs, l’information est à l’évidence filtrée et façonnée au gré des besoins du pouvoir. Même chose pour la presse : pendant des mois, on n’y trouve aucune mention des renards, des visons et des chiens viverrins dans l’inventaire des animaux présents au marché de Wuhan avant sa fermeture le 31 décembre 2019.
Au marché de Wuhan se vend une profusion de marchandises, dont des renards, des visons et des chiens viverrins.
Pourtant, d’après le dernier rapport de l’OMS, les renards étaient bien présents au « wet market » de la ville. Et d’après une évaluation des risques publiée en mars par le Centre des maladies infectieuses et l’Agence de santé publique canadienne, les visons aussi figuraient sur la liste des animaux en vente. Enfin, sur des photographies, prises début décembre 2019 à l’intérieur du marché et diffusées en janvier 2020 par CNN, il y avait bien aussi, dans ce fameux marché, des raccoon dogs. Quoi qu’en aient dit les autorités, le trio des carnivores d’élevage était donc au complet sur le marché de Wuhan.
Notons que si ces espèces ont fait l’objet d’un black-out médiatique, le ministère chinois de l’Agriculture et des Affaires rurales n’a pas pour autant oublié leur existence. Lorsqu’il a fallu, sous la pression de l’opinion publique mondiale, interdire le commerce d’animaux sauvages en raison des risques d’émergence virale et de propagation, il les a requalifiées en « espèces domestiques » afin d’exonérer leur élevage de toute entrave possible.
Évoquons aussi le succès planétaire de la fable du pangolin. Pas moins de quatre articles chinois sont sortis pour incriminer cet animal à écailles. La théorie du pangolin, désormais abandonnée, puisque le virus trouvé dans cet animal est encore plus éloigné du Sars-CoV-2 que celui de la chauve-souris, a été proposée alors même que le séquençage du gène viral qu’il était censé porter était loin d’être achevé. Juste avant, les autorités chinoises avaient déjà réussi à nourrir la presse de l’hypothèse que le serpent était probablement l’hôte intermédiaire. Dans la foulée, il y a même eu une tentative de jeter la tortue en pâture à l’opinion. Que de fausses pistes ! On ne peut s’empêcher de penser que diriger les regards vers trois espèces à écailles ne peut relever tout à fait du hasard, tant de tels suspects éloignent efficacement l’imaginaire du public des producteurs de fourrure.
L’hôte intermédiaire le plus probable d’après une recherche récente ? Le vison
Pourtant, après que l’Université d’agriculture du Sud a communiqué brutalement, sans aucune donnée à l’appui, au sujet du pangolin, une étude contredisant la précédente passait à peu près inaperçue. Le 24 janvier 2020, ainsi qu’on peut le voir sur le site Global Times, qui tient le journal de l’épidémie depuis ses prémices, l’hôte intermédiaire le plus probable d’après une recherche fondée sur une comparaison générale des bases de données (GISAID) à l’aide d’un logiciel d’intelligence artificielle est… le vison. Il a même le potentiel d’en être l’hôte d’origine. Or, cette étude qui cible le vison a été initiée avec le soutien de l’Académie chinoise des sciences, du laboratoire virologique de Wuhan et du CDC chinois. Le travail de l’équipe de Quian Guo offre toutes les garanties de sérieux, et ses résultats n’ont pas été contestés. Mais, excepté à Singapour et en Australie, on s’est juste contenté de ne lui accorder aucune audience. Il a été fait en sorte que le pangolin, en confortant les préjugés et en exacerbant les passions, sature tout l’espace disponible.
Un autre exemple édifiant des publications dilatoires de la communauté scientifique chinoise est l’étude effectuée par l’Université médicale du Shandong, parue le 1er avril 2020 dans le Medical Journal of Virology. Les chercheurs ont testé à partir de la structure de leur protéine réceptrice, celle sur laquelle se fixe le virus, 85 espèces de mammifères : humain, chat, chien, porc, cheval, civette, pangolin, macaque, renard, chien viverrin, éléphant africain, suricate, taureau, putois, kangourou, opossum, tortue, lynx, etc. Mais ils ont « oublié » le vison, pourtant particulièrement présent dans la région d’origine des chercheurs, à savoir dans le Shandong, où ils ne sont pas moins de quinze millions ! Les scientifiques ont conclu sans rire qu’il serait bon de surveiller attentivement un cétacé, « le marsouin sans nageoire du Yang Tsé, parce qu’il s’en trouve dans les lacs à proximité de Wuhan et qu’il pourrait être infecté par le Sars-CoV-2 ou un coronavirus apparenté ». Il est d’ailleurs amusant de noter que leur étude trouve aux petits carnivores, chats inclus, une affinité nettement moindre pour le Sars-CoV-2 que la vache ou le mouton, alors que l’on sait désormais que c’est l’inverse.
Il y a trois mille élevages de visons chinois, dont certains dépassent les cent mille têtes
Les visons chinois, et particulièrement ceux du Shandong, méritent pourtant qu’on s’y attarde. On le sait, ces derniers mois ont fait la démonstration scientifique que les visons pouvaient à la fois contracter le virus des humains et les infecter en retour, non sans fréquemment générer des mutations dans le processus. Mais il y a par-delà cette actualité, une longue histoire des maladies du vison, qui montre que cette espèce solitaire — comme tous les carnivores d’élevage, alors que les herbivores sont sociaux —, placée dans les conditions de promiscuité épouvantable des élevages, contracte des maladies multiples qui en font une menace sanitaire. Or, il y a trois mille élevages de visons chinois, dont certains dépassent les cent mille têtes, qui peuvent être à la source de l’actuelle pandémie. Il est donc incompréhensible qu’aucune recherche virale n’ait été publiée concernant ces animaux.
Les visons — ici, chinois — peuvent à la fois contracter le virus des humains et les infecter en retour, non sans fréquemment générer des mutations dans le processus.
Quelques exemples du problème ? En 2011, un nouveau virus excrété par des visons d’élevage a été génétiquement mis en évidence dans une ferme du Hebei. Il semble être un réassortiment virulent de souches de virus humains et porcins habituellement bénignes. 100 % des visons étaient touchés, 5 % en mouraient. L’apparition d’encéphalopathie nécrosante chez deux enfants était susceptible d’être attribuée à cette recombinaison, et l’étude publiée par Emerging infectious diseases a conclu qu’il fallait se préparer à l’émergence de variantes plus virulentes.
En 2014, les visons d’une ferme du Shandong étaient victimes d’une épidémie de pseudorage d’origine porcine qui aboutit à la mort de 87 % des animaux et se propagea à l’ensemble de la province. Les scientifiques qui avaient essayé d’évaluer l’ampleur de l’épidémie dans quatorze localités affirmaient dans leur publication que le virus avait un taux d’infection très élevé dans la région et que « cela pose un défi pour l’industrie de la fourrure ».
En 2015, une équipe (comprenant la virologue chinoise Shi Zhengli) a isolé et identifié des virus de chauve-souris étroitement liés aux virus humains, porcins et visonins. Ce qui suggère des transmissions interspécifiques entre les chauves-souris et les humains ou les animaux.
En octobre 2016, une équipe du collège vétérinaire de Quingdao découvrait que les visons du Shandong étaient contaminés par une grippe aviaire H5N1 hautement pathogène.
En 2019, une autre équipe du même collège vétérinaire de Quindao a repéré dans les élevages de visons du Shandong l’émergence d’une co-infection mortelle du virus de la maladie de Carré et de celui de la grippe H1N1 porcine, donnant lieu à une nouvelle souche H1N1 dans les poumons infectés de ces mustélidés.
Les visons d’élevage sont également des hôtes intermédiaires possibles pour des variétés de grippe A qui peuvent conduire au développement de souches pandémiques humaines par transmission directe ou indirecte. Ils hébergent parfois de manière épidémique le virus de l’hépatite E, sans qu’on sache encore s’ils peuvent le transmettre aux humains. Ils sont suivis pour l’ESB (encéphalite spongiforme bovine) en raison de leur régime en partie constitué de farines animales, etc.
Pour limiter les dégâts, les visons sont vaccinés contre les virus qui les affectent le plus couramment, comme le parvovirus de la maladie aléoutienne, hautement contagieux pour leur espèce et le virus de la maladie de Carré, transmissible depuis les canidés et aux canidés. Mammifères aux poumons fragiles, ils attrapent spontanément des pneumopathies, qu’ils propagent facilement car ils ont la particularité d’éternuer, tout comme les furets, eux aussi des mustélidés. Visons comme furets sont porteurs de coronavirus spécifiques, celui des furets étant appelé « systémique », car il touche tous les organes, tandis que celui des visons est appelé mink CoV (MCoV) (mink est le mot anglais pour vison).
Les chauves-souris, attirées par les hangars d’élevage, défèquent… sur les cages
Enfin, pour prendre la mesure du chaudron microbien que représentent ces élevages, notons que les visons chinois sont particulièrement concentrés dans la région du Shandong. Cette terre historique d’élevages pour la fourrure accueille des milliers d’exploitations, parfois en polyactivités. On l’a vu, quinze millions de visons s’y agglutinent (en plus de trois millions de chiens viverrins et de six millions de renards). La plupart se trouvent dans une zone grande comme un département français, qui s’étend vers le sud depuis la commune côtière de Weifang. Les animaux, entassés dans des conditions d’hygiène parfois effrayantes, y sont nourris en partie de poissons frais tirés de la mer Jaune, d’abats de volailles ou de porcs, de farines animales et des charognes de leurs congénères, au gré des dépeçages. La nourriture fraîche fortement protéinée est importante pour améliorer la qualité de leurs peaux. Leur existence, entièrement captive, est plutôt brève : les visons, par exemple, se reproduisent en mars, mettent bas en avril et les portées sont tuées entre la mi-novembre et la mi-décembre. Ne sont épargnés que les « étalons » et les femelles destinés à reproduire la génération suivante. Ces reproducteurs représentent néanmoins environ 12 % de l’effectif de chaque élevage, ce qui peut suffire à ce que d’éventuels pathogènes persistent.
Vente de fourrures au marché Sunning, dans la province de Hebei.
Ajoutons que le Shandong, territoire de moyenne montagne et de forêts, connu entre autre pour ses grottes, héberge de nombreuses espèces de chauves-souris, dont certaines, comme Rhinolophus ferrumequinum, Myotis Fimbriatus ou Eptesicus Serotinus, sont porteuses de coronavirus. Les chauves-souris sont attirées par les hangars d’élevage, qui leur fournissent un abri potentiel. Elles urinent et défèquent fréquemment sur tout ce qu’elles surplombent. Des cages contenant des animaux par exemple. De fait, on dispose donc dans le Shandong (même si c’est également le cas dans d’autres régions de Chine) de tous les ingrédients pour de formidables rencontres virales, des recombinaisons en tout genre et des émergences fulgurantes.
Un chiffre peu connu attire l’attention : en 2019, la province n’a récolté que 6,5 millions de peaux de visons, contre presque quinze l’année précédente. Quasiment neuf millions de visons volatilisés d’une année sur l’autre ! Une baisse de 55 %, propre à cette seule province, qui semble ne pouvoir s’expliquer que par une catastrophe ou un fléau brutal. Lequel ? Pourrait-il être sanitaire ? D’autant que les productions de peaux de renards (5,7 millions) et de chiens viverrins (trois millions) issues du même territoire sont, elles, restées parfaitement stables. Sollicitée à plusieurs reprises par Reporterre pour expliquer cette hécatombe, la China Leather Industry Association a laconiquement invoqué dans un courriel « un marché stagnant et une surproduction de peaux de visons » qui auraient conduit « la plupart des compagnies à quitter l’industrie ». Une explication qui semble insuffisante devant l’ampleur du séisme.
Tous les grands pays producteurs de peaux de visons ont été contaminés… sauf la Chine ?
Quoiqu’il en soit, on peut s’étonner qu’officiellement aucune ferme intensive chinoise de visons n’ait été contaminée alors que l’Europe de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud, les États-Unis et le Canada sont touchés. Ce serait une étonnante anomalie : tous les grands pays producteurs auraient été frappés mais le principal ferait exception, malgré les nombreux liens commerciaux et professionnels l’unissant à ses partenaires étrangers, notamment l’Amérique, l’Europe du Nord et l’Italie.
En définitive, mustélidés, canidés et viverridés — les mammifères suspects pour tenir le rôle d’intermédiaire — sont les mêmes aujourd’hui que pour l’épidémie de Sars-CoV-1 en 2003-2004. Sauf que les civettes masquées sont désormais mille fois moins nombreuses dans le pays que les renards, les raccoon dogs et les visons élevés pour leur fourrure. Il paraît donc inconcevable pour l’établissement de la vérité et pour prévenir une future nouvelle pandémie que l’OMS ne commande pas une enquête serrée dans les élevages, au Shandong et ailleurs.
Vente de renards et de chiens viverrins dans la province de Hebei, au marché de fourrures de Shangcun.
On comprend à la lecture du rapport préparatoire, malgré les perceptibles précautions diplomatiques vis-à-vis de la Chine, que l’intention est présente. Il est par exemple indiqué que la commission d’experts envisage notamment de « cartographier les chaînes d’approvisionnement de tous les animaux vendus sur le marché », sauvages et domestiques, en vue d’identifier « des aires géographiques intéressantes pour effectuer des sérologies animales et humaines ». Exactement, donc, ce qui aurait dû être fait depuis un an : des recherches de virus dans et autour des élevages.
Hélas, l’OMS, après de multiples concessions à l’égard du régime chinois, a abandonné l’ambition de pratiquer directement le travail de terrain en signant un protocole qui délègue aux chercheurs locaux cette partie de l’enquête. La mission ne devrait même pas sortir de Wuhan et l’un de ses membres déclarait récemment à la revue Science et Avenir qu’il ne faut pas s’attendre « à ce que l’équipe revienne avec des résultats concluants ». Même ainsi désarmée, cette délégation semble continuer à poser problème à Pékin.
Le mur dressé par l’État chinois semble toutefois commencer à se lézarder. Le 8 janvier, un article signé par des chercheurs chinois éminents, en l’occurrence Zhengli Shi et Peng Zou, reconnaît pour la première fois dans les colonnes de la revue Science que le vison pourrait être l’hôte « du virus qui a engendré le Sars-CoV-2 ». Les chercheurs suggèrent même de conduire « des investigations rétrospectives d’échantillons datant d’avant la pandémie chez les visons ou d’autres animaux susceptibles ». Les esprits suspicieux se demanderont pourquoi cette suggestion vient si tard, la sensibilité au Covid des visons étant connue depuis six mois, et si de tels échantillons existent encore. Les autres jugeront sans doute qu’il vaut mieux tard que jamais.
Compte tenu de son importance internationale, nous avons traduit cette enquête en anglais : Mounting evidence suggests mink farms in China could be the cradle of Covid-19
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[1] Une équipe de l’OMS est finalement arrivée jeudi 14 janvier en Chine, à Wuhan (centre).
[2] Le Sras est la première maladie grave et transmissible à émerger au XXIe siècle. L’épidémie, partie de Chine fin 2002, a éclaté au niveau mondial en 2003 faisant plus de 8.000 cas et près de 800 morts, résume l’Institut Pasteur.
[3] En 2018, 34,7 millions de visons, 2,7 millions de renards, 166.000 chiens viverrins et 227.000 chinchillas ont été élevés dans l’Union européenne.
[4] Le lien vers lequel nous renvoyons est une archive.
Lire aussi : EXCLUSIF - Les élevages de visons sont-ils la source du Covid en Europe ?
Source : Yann Faure et Yves Sciama pour Reporterre
Carte : © Gaëlle Sutton/Reporterre
Graphique : © Nicolas Boeuf/Reporterre
Photos :
. chapô et vison blanc : Visons élevés pour leur fourrure, en 2015, à Zhangjiakou, province de Hebei. © Greg Baker / AFP
. Chien viverrin. Animal Equality International
. Wuhan. c f de Pixabay
. Marché Suning, à Hebei. Rapport Peoples Republic of Fur Animals and Products
. Wuhan Market. Arend Kuester/Flickr
. Marché de fourrures de Shangcun. Animal Equality International/Flickr











