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John Seymour et l'autosuffisance

Par Le 05/01/2021

S'il y a des lecteurs, lectrices que ça intéresse, ce livre culte est édité en français et de nouveau disponible.

 

Le guide de l'auto-suffisance par Seymour
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EAN : 9782501124799
2 pages
Éditeur : 
MARABOUT (11/09/2019)


Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)

Résumé :

John Seymour était chef de file du mouvement d'autosuffisance dans les années 1970 en Grande-Bretagne. Très engagé contre la société de consommation, l'industrialisation, les OGM. Il se faisait le porte-parole des valeurs du jardinage, d'autosuffisance, d'écologie.
Ce livre est une référence (700 000 exemplaires vendus dans le monde) et il est enfin disponible dans son intégralité en français.
Ce manuel visionnaire offre aux jardiniers et à toutes les personnes qui visent l'autosuffisance des principes clairs pour multiplier les rendements, récolter des fruits et légumes de qualité, élever des animaux, conserver et stocker des animaux, travailler la pierre et le bois, limiter sa consommation en énergie...

A propos de cet ouvrage, dans une interview au journal Libération, Perrine Hervé-Gruyer, fondatrice de la ferme du Bec-Hellouin dit : « On était tombés sur des livres de John Seymour, tenant d'un mouvement dans les années 1970 sur l'autosuffisance, qui ont été notre bible. On y apprend aussi bien à fabriquer sa bière que ses détergents. C'est bien plus tard qu'on a découvert le principe de permacultur
e. »

 

 

John Seymour (12 juin 1914 - 14 septembre 2004) est un auteur britannique, pionnier du mouvement pour l'autosuffisance. En 1976, il a publié avec Dorling Kindersley le livre The Complete Book of Self-sufficiency, avec sa préface d'Ernst Friedrich Schumacher, est devenu une référence pour l'autonomie alimentaire.

 

Biographie

Il est né dans l'Essex en Angleterre et fut scolarisé en Suisse puis étudia au Wye agricultural College (Kent) ensuite il partit en Afrique vers 20 ans. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint les King's African Rifles et s'est battu en Ethiopie et en Birmanie. Il rentra en Angleterre et écrivit des livres de voyage sur l'Afrique et l'Inde ainsi que d'autres comme un article sur la navigation à voile. Il fit des émissions a la BBC.

Il se maria a Sally en 1953 et louèrent une maison sans eau ni électricité avec leur premier enfant dans la campagne du Suffolk, 10 ans plus tard ils partirent à l'Ouest du pays de Galles (où il est enterre) sur une propriété de 3.5 hectares puis alla à Killowen en Irlande en 1981 avec sa compagne Angela Ashe c'est la ou il s'engage pour la préservation de l'environnement.

En 1992, il ouvrit une école de vie en autarcie avec sa compagne.

En 1998, il était l'un des 7 militants arrêtes pour avoir détruit une partie d'un champ expérimental de bettrave sucrières (OGM) de Monsanto.

Il participa au sommet de la Terre des Nations unies à Rio avec Will Sutherland.

John disait que le bonheur c'était « Se mettre à table affamé et au lit fatigué ».

John Seymour a joué de multiples rôles en tant qu'écrivain, écologiste et agriculteur ; militant contre le consumérisme, l'industrialisation, les organismes génétiquement modifiés, les villes et les voitures ; défenseur de l'autonomie, de la responsabilité personnelle, de l'autosuffisance, de la convivialité, du jardinage, du soin de la Terre et du sol, il fit notamment de nombreux cours d'autarcie.

En tout, il écrivit environ quarante livres ainsi que de nombreux films et d'émission de radio (BBC et RTE)

Publications

Revivre à la campagne réédité sous le titre Le grand guide Marabout de l'autosuffisance, éditions Marabout, 2019 (ISBN 9782501124799).

Métiers oubliés, éditions du Chêne, 1985.

Arts et traditions à la maison, éditions du Chêne, 2001.

Le grand guide du potager, éditions Marabout, 2009.

Notes et références

Préface de Will Sutherland et Anne Sears, dans Le grand guide Marabout de l'autosuffisance, 2019.

Journal Libération, 25 août 2017.

Voir aussi

Autosuffisance

Jardin potager

Resurgence

Souveraineté alimentaire

Un exemple grandeur nature et grandeur humaine

Par Le 03/01/2021

Voilà en quoi je crois.

L'humain et non le citoyen parce que le citoyen est intégré à un système politique qui le prive de son potentiel humain. 

 

 

Au plus grand Village Emmaüs de France, le monde d’après se construit maintenant

 

https://lareleveetlapeste.fr/au-plus-grand-village-emmaus-de-france-le-monde-dapres-se-construit-maintenant/

 

Aujourd’hui, le Village accueille 130 compagnons et près de 2000 visiteurs par jour. A chaque fin de confinement, les files d’attentes à la déchetterie-recyclerie ont explosé ! A tel point que le Village a décidé d’ouvrir ses portes également tous les matins.

17 décembre 2020 - Laurie Debove

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Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

 

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Situé dans le département des Pyrénées-Atlantiques, le Village Emmaüs Lescar-Pau porte bien son nom. Ici, compagnons et bénévoles s’affairent tous les jours à la recyclerie, l’espace vente, l’épicerie, la crêperie, le restaurant, et même la Ferme ! Un véritable lieu de vie où plus d’une centaine de compagnons sont hébergés et nourris sur place. En plaçant l’humain au cœur de son projet, le village Emmaüs Lescar-Pau construit dès maintenant le monde d’après : une utopie anticapitaliste, sobre, et résiliente, pour mieux vivre ensemble en prenant soin des écosystèmes.

Confiance et ouverture

Au Village Emmaüs Lescar-Pau, les visiteurs qui se hasardent dans les bureaux sont accueillis avec la même facilité que les compagnons qui décident d’habiter sur le lieu : avec confiance et ouverture.

Cette même ouverture a lancé les conférences, débats, concerts et festivals qui ont permis au Village Lescar-Pau de devenir le plus grand Emmaüs de France, ainsi qu’un acteur économique et social incontournable de la Région.

« Quand j’ai commencé, tout ce que je voulais c’était monter une communauté. Puis les événements que nous avons organisé nous ont permis de faire des rencontres qui ont nourri notre réflexion et affiné notre approche. On a pris conscience de l’importance du bien-manger par exemple, et ça passe par la façon dont on produit la nourriture ! Un de nos derniers projets :  mettre des ruches et créer un musée de l’apiculture ! Avec le scandale sur les néonicotinoïdes, on veut sensibiliser les visiteurs à ces enjeux. » nous explique Germain, le fondateur, un sourire aux lèvres

Aujourd’hui, le Village accueille 130 compagnons et près de 2000 visiteurs par jour. A chaque fin de confinement, les files d’attentes à la déchetterie-recyclerie ont explosé ! A tel point que le Village a décidé d’ouvrir ses portes également tous les matins.

Un effet direct de la crise du covid que les membres du Village ont encore du mal à analyser : y a-t-il une prise de conscience d’un besoin de consommer mieux, ou le pouvoir d’achat a-t-il diminué ? Sans doute un peu des deux.

« Nous ne sommes pas naïfs, nous avons vu comme tout le monde les files devant Zara ou McDo lorsque les restrictions de déplacement ont été levées. Mais ce premier confinement nous a conforté dans notre démarche. Dans ce grand jardin de 11 hectares, nous avons cultivé les légumes dont nous avions besoin, avons soigné les ruches et les animaux. Nous avons vécu dans notre chair les bienfaits de la sécurité alimentaire, et la vivacité du collectif. Cela nous a beaucoup soudé. » raconte Germain pour La Relève et La Peste

Pour nourrir les animaux, humains et non-humains, le Village a fait le choix de ne plus accepter les invendus de la grande distribution pour ne plus tolérer ses dérives. Il a fallu mettre plus de cuisiniers aux fourneaux mais le résultat est là : tout le monde se régale avec une nourriture saine.

Germain, le fondateur du Village – Crédit : Village Emmaüs Lescar-Pau

La voie de l’autonomie pour un modèle anticapitaliste et solidaire

Le Village ne se repose pas sur ses acquis, mais se remet régulièrement en question et reconnaît ses propres limites. Sans un seul centime d’argent public, l’essentiel de ces revenus provient de la vente des objets de la recyclerie et des vêtements de la friperie. Ces déchets valorisés comme ressources sont la face visible de notre système de production outrancier.

Pour l’instant, les objets affluent tellement que le Village réorganise de façon drastique l’atelier vêtements afin de maximiser le tri et minimiser la manutention. Les vêtements sont revendus dans les différentes boutiques de bric-à-brac du village ou envoyés à l’entreprise locale Ouatéco qui transforme chaque année les 2000 tonnes de textiles invendus du Village en un isolant thermique nommé Filéco.

« Notre position est paradoxale. On dépend financièrement d’une société matérialiste qu’on dénonce ! Mais cette indépendance financière nous donne une liberté d’action politique énorme, on peut accueillir qui l’on souhaite, y compris les réfugiés politiques ! » explique Germain avec malice pour La Relève et La Peste

En novembre 2019, le Village Emmaüs Lescar-Pau a ainsi dénoncé la complicité des Etats-Unis et de la Commission Européenne dans le coup d’état de l’opposition contre le gouvernement d’Evo Morales. Pour le Village, il s’agissait de dénoncer la mainmise des puissances occidentales sur les ressources du pays. La Bolivie est la 1ère réserve mondiale de lithium, mais aussi un très important producteur de gaz, d’étain, d’antimoine, de plomb, d’argent et de zinc.

En lien avec le gouvernement Morales depuis de nombreuses années, la place de l’Etat Plurinational de la Bolivie au Village Emmaüs Lescar-Pau a été inaugurée par Evo Morales lui-même en 2015. « L’Etat Plurinational est la reconnaissance de la richesse de tous les peuples dans leurs différences. » précise le Village

Le Village utilise aussi la Tinda, la monnaie locale du Béarn – Crédit : Village Emmaüs Lescar-Pau

Faire société autrement

Conséquence d’une société en crise, les profils des bénévoles et compagnons du Village sont de plus en plus variés. De nombreux volontaires sont ainsi des personnes de 20 à 40 ans qui s’interrogent sur les dérives du capitalisme et veulent découvrir une façon de faire société autrement.

« Ce qui me fait le plus peur en ce moment, c’est les conséquences politiques liberticides dans la gestion du virus et l’anxiété que cela génère chez les gens, confie Germain d’un air soucieux. On assiste déjà à une hausse des états dépressifs, cela risque de s’aggraver avec la crise économique et sociale. C’est difficile de risquer l’utopie, mais si des personnes ont l’envie et la curiosité de faire la démarche de voir ce qu’on construit ici, la porte est ouverte à tou.te.s. Ici, on ne fait pas de la ré-insertion sociale, mais de la reconstruction d’individus. »

C’est un coup dur personnel qui a mené Camille, une jeune femme lumineuse de 31 ans, au Village début septembre. Après avoir quitté son métier de juriste pour mineurs isolés, elle a tenté de prendre la mer en rénovant un voilier avec son amoureux de l’époque. Le chantier a échoué et la relation s’est terminée. C’est un cherchant un nouveau chantier solidaire qu’elle a découvert par hasard le Village.

Camille à la serre

« Après seulement une semaine de découverte ici, j’ai repris goût à la danse. Je suis rentrée à Strasbourg pour récupérer mes affaires et je suis revenue pour devenir compagne, un moment très fort. Ici, j’ai trouvé du sens et j’ai repris goût à la vie. J’ai une tranquillité d’esprit que je n’avais plus depuis très longtemps. On est à la fois extrêmement protégés et libres, et cela s’est encore plus ressenti pendant le confinement. » raconte Camille avec chaleur pour La Relève et La Peste

Au Village, les compagnons sont nourris, logés et ont une rémunération de 45€/semaine qui augmente au fil des mois, nommée « le pécule ». Chacun peut repartir quand il le souhaite, dès qu’il le souhaite. La seule condition : participer activement à la vie collective et aux tâches du Village.

L’organisation prend en compte les aspirations individuelles de chacun, comme Félicien le chef cuisinier qui a valorisé le four à pain pour former des compagnons à la boulangerie. Les outils appartenant au Village, ils ne prennent aucun risque financier et n’ont pas de soucis de rentabilité.

Le Village fabrique son propre pain – Crédit : Village Emmaüs Lescar-Pau

Les besoins de la collectivité priment quand même, et tout le monde doit être prêt à s’adapter en fonction des circonstances. D’abord « engagée » à la friperie puis à la boutique de vêtements pour remplacer une collègue, Camille travaille à la ferme depuis un mois, où David le maraîcher lui apprend le métier. Elle y découvre le plaisir du travail en plein air… et sous la serre quand il pleut !

Camille et David, sur le chemin de la serre

« Je suis vraiment heureuse d’être passée sur la ferme. C’est un vrai bonheur d’apprendre avec lui, c’est un mentor calme qui a plaisir à transmettre ce qu’il sait. J’ai vraiment rencontré des personnalités incroyables ici. Après, tout n’est pas idyllique, il y a notamment le sexisme, mais ça c’est un mal de société ! Quand il y a des disputes, on en parle tous ensemble et comme dit Germain : nous ne sommes pas tous obligés de nous aimer, mais nous devons nous respecter. »

Pour la jeune femme, sa démarche d’autonomie va de pair avec des valeurs permettant de faire société ensemble paisiblement : bienveillance, partage, et justesse. Un terme intriguant pour une ancienne juriste : justesse, pas justice ?

« La justice est devenue trop associée à l’appareil d’Etat, et même symboliquement à une recherche de vengeance. Alors que la justesse vise l’équilibre, ce qui est juste. Et puis quand la loi est inique, ça fait du bien de lui dire « merde » ! » conclut-elle avec sourire

17 décembre 2020 - Laurie Debove

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Le striatum en nous.

Par Le 03/01/2021

Striatum

 

Le striatum.

.
De quoi s'agit-il ? D'une petite partie de notre cerveau et qui a une sacrée importance. C'est connu depuis quelques années mais des scientifiques et conférenciers l'ont remis au centre du débat. Et c'est très bien. 

Cet article a huit ans :

NEURO: Le striatum ventral, pour rester motivé, motivé, motivé

 

Actualité publiée il y a 8 années 10 mois 2 semaines

Inserm et PLoS Biology

 

Existe-t-il dans les profondeurs du cerveau un centre de commandement de la motivation ? Oui, répond l’équipe de Mathias Pessiglione, de l’Inserm qui vient d’identifier la partie du cerveau impliquée dans la motivation, le striatum ventral. Des conclusions publiées dans l’édition du 21 février de la revue PLoS Biology qui expliquent en plus, qu'à chaque type de défi, moteur ou cognitif, le striatum mobilise un soutien cérébral spécifique.

Les résultats d'une activité (physique ou mentale) dépendent en partie des efforts consacrés à cette activité qui peuvent eux-mêmes être motivés par une récompense. Par exemple, explique l'Inserm, le sportif est susceptible de s'entrainer « plus intensément » si le résultat lui apporte un prestige social ou monétaire. Il en va de même pour l'étudiant qui prépare ses examens dans l'objectif de réussir sa carrière professionnelle.


Action ou cognition? Les chercheurs du Centre de recherche en neurosciences de la Pitié-Salpêtrière ont cherché savoir si des efforts mentaux et physiques sont conduits par un centre de motivation commun ou s'ils sont menés par des parties distinctes du cerveau.

Pour étudier les mécanismes neuronaux qui découlent d'une activité mêlant l'action et la cognition, les chercheurs ont soumis 20 participants volontaires allongés la tête dans un appareil d'IRM fonctionnelle à plusieurs séries de tâches, conjuguant effort mental et physique, leur permettant d'accumuler des gains qu'ils peuvent remporter mais qui sont plafonnés pour chaque série à partir de la première réponse fausse de la série. A la fin de chaque test, un récapitulatif des gains est projeté de manière à motiver le participant.

Grâce à l'IRM, les chercheurs ont pu identifier dans le cerveau, un système motivationnel général, capable d'activer n'importe quel type d'effort, qu'il soit mental ou physique, situé dans la zone du striatum ventral. Cette zone s'active en fonction du degré de motivation et recourt à une partie spécifique du striatum lorsque la tâche à réaliser est difficile sur le plan cognitif ou sur le plan moteur.

Le striatum ventral, zone clé de la motivation ? C'est ce que suggèrent les chercheurs, et en mobilisant soit la partie motrice soit la partie cognitive du striatum selon l'action à mener. « Le striatum ventral pourrait commuter les connexions en fonction de la demande, c'est-à-dire amplifier l'activité neuronale dans le noyau caudé pour une opération cognitive et dans le putamen pour une action physique » conclut Mathias Pessiglione.

 


 

Cette vidéo-là est toute récente (2019). Ce monsieur a écrit un ouvrage que je vais m'empresser de lire dès que je mettrai la main dessus. 

"Le bug humain" de Sébastien Bohler

Le Bug humain par Bohler
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LIRE UN EXTRAIT

EAN : 9782266306249
288 pages
Éditeur : 
POCKET (17/09/2020)


Note moyenne : 4.29/5 (sur 94 notes)

Résumé :

Peut-on lutter contre soi-même ? Et si notre cerveau était devenu notre pire ennemi ?
Plus qu'un moment critique nous vivons une véritable tragédie. Surpopulation, surpoids, surproduction, surconsommation, surchauffe, surendettement, nous avons basculé dans l'ère de tous les superlatifs qui mène l'humanité tout droit à sa perte. Si la capacité des ressources de la planète sont comptées, alors nos jours aussi le seront... Inéluctablement.
Mais alors que la situation empire heure après heure, aucune réponse collective tangible ne vient. Nous voyons le mur se rapprocher et nous ne faisons rien. La conscience de ce qui nous attend ne semble avoir aucun effet sur le cours des événements. Pourquoi ?
Sébastien Bohler docteur en neuroscience et rédacteur en chef du magazine Cerveau et psycho apporte sur la grande question du devenir contemporain un éclairage nouveau, dérangeant et original. Pour lui, le premier coupable à incriminer n'est pas l'avidité des hommes ou leur supposée méchanceté mais bien, de manière plus banalement physiologique, la constitution même de notre cerveau lui-même.

Au cœur de notre cerveau, un petit organe appelé striatum régit depuis l'apparition de l'espèce nos comportements. Il a habitué le cerveau humain à poursuivre 5 objectifs qui ont pour but la survie de l'espèce : manger, se reproduire, acquérir du pouvoir, étendre son territoire, s'imposer face à autrui. Le problème est que le striatum est aux commandes d'un cerveau touours plus performant (l'homme s'est bien imposé comme le mammifère dominant de la planète) et réclame toujours plus de récompenses pour son action. Tel un drogué, il ne peut discipliner sa tendance à l'excès. À aucun moment, il ne cherche à se limiter.
Hier notre cerveau était notre allié, il nous a fait triompher de la nature. Aujourd'hui il est en passe de devenir notre pire ennemi.

 


 

Sur le site "Sens critique", j'ai trouvé un commentaire qui exprime parfaitement ce que j'avais envie d'en dire. Merci à lui.

L’Homme : ennemi mortel pour l’homme

 

Avis sur Le bug humain

 

https://www.senscritique.com/livre/Le_bug_humain/critique/214496100

Critique publiée par le 20 mars 2020

ATTENTION, ceci n’est pas une "Critique". D’ailleurs je ne m’octroie pas le droit d’émettre des critiques, tout juste des commentaires. Ici, ce serait plutôt un billet d’humeur. Dans ce cercle littéraire de brillants lettrés, peu de gens vont lire ce livre et encore moins mon papier, mais si je touche une ou deux personnes, je n’aurai pas perdu mon temps et si j’éveille la curiosité de quelqu’un au point qu’il ait envie de réfléchir, voire de lire cet ouvrage, j’aurai gagné !

On se croit « raisonnable » (LAROUSSE : Doué de raison. Qui pense, agit selon la raison, le bon sens, la mesure et la réflexion) et on découvre que les dés sont pipés. Depuis des millions d’années, avant-même qu’Homo soit sapiens ou même hominidé, au fil de l’évolution, tout concourt pour qu’on ne soit pas maître de nos actes mais PROGRAMMÉ ! ! ! Oui, bon, on le savait, ce n’est pas nouveau, mais là "on" nous le démontre par A plus B et ça fout un choc, quand même…

Il s’est complètement gouré, le Créateur ! Il ne voyait pas plus loin que le bout de son nez ! La preuve : Sa Programmation à la noix, qui devait promouvoir tout le règne du vivant, dès qu’arrive Sapiens, tout dérape => Inconséquence ? Amateurisme ? Improvisation ? Aveuglement ? Imprévision ?... On pourrait continuer comme ça un certain temps mais ça ne sert à rien de L’accabler, Il doit déjà mordre Ses divins doigts devant Sa divine réussite.

Et pourtant il n’y a pas matière à plaisanter nous dit Sébastien Bohler…

Sébastien Bohler est né en 1970 à Strasbourg, il est journaliste, chroniqueur, conférencier et écrivain français. Rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho, il intervient dans les domaines liés aux neurosciences et à la psychologie. Il est ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique. Il est en outre titulaire d’un DEA de pharmacologie moléculaire et cellulaire et d’une thèse de neurobiologie moléculaire à l’université Pierre-et-Marie-Curie, sur le fonctionnement des récepteurs neuronaux impliqués dans la dépendance à la nicotine. Il sait de quoi il parle, non ?

Et donc ? Eh bien on est prédisposé pour être dopé à la dopamine… c’est marrant, on l’a fait exprès, ou quoi ? Dopé à la dopamine. La dopamine, c’est la carotte, la récompense… Se nourrir, se reproduire, acquérir du pouvoir, un rang social sont les clés du bonheur programmé. Eh oui, au cas où vous n’auriez pas compris que c’est bon : une giclée de dope et le nirvana entrevue vous fait comprendre que vous êtes sur la bonne voie, alors on remet le couvert, toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus fort ! Et c’est comme ça qu’on finit par se casser la G…

On sait très bien qu’en mangeant trop, trop de viande, trop de sucre et trop de graisse on finit par en crever : obésité, diabète, maladies cardiaques… mais on le fait quand même (dopamine), le pays le plus riche, le plus instruit et le plus civilisé du monde nous montre l’exemple.
On le sait que c’est con d’aller chercher sa baguette de pain avec un gros 4 x 4 qui brûle un max d’essence que la nature a mis une infinité d’années à fabriquer, mais on le fait quand même (dopamine). Et bien sûr, on se gare en travers, à cheval sur deux emplacements, pour montrer sa virilité, on sait que c’est très con, mais on le fait quand même (dopamine).
On le sait très bien que c’est con de faire le tour de la planète, en jet-polluant, pour espérer apercevoir une panthère, qui n’a rien demandé à personne, sur le flanc d’une montagne, à l’autre bout du monde, mais on le fait quand même (dopamine).
On sait que c’est con de faire croire à sa réussite sociale grâce à la couleur de sa peau : obtenir absolument un "beau" bronzage, preuve flagrante qu’on a les moyens de s’offrir un séjour lointain au soleil, au prix de tonnes de crèmes solaires déversées dans les océans qui détruisent les coraux et le phytoplancton, base de la chaine alimentaire et producteur d’une bonne partie de l’oxygène que nous respirons. C’est con mais on le fait quand même (dopamine).
La planète étouffe ? On produit du dioxyde de carbone par tonnes en brulant le fossilisé accumulé depuis des millions d’années, en quelque décennies, mais on s’en fout, et comme ce n’est pas suffisant on incendie les forêts qui peinent à fixer ce carbone, ce qui empire notre asphyxie, on le sait, mais on le fait quand même.
Tous ces excès sont si bons, si bien récompensés par la dopamine que c’est la course effrénée à l’autodestruction !

Revenons au livre, même si on ne s’en était guère éloigné.
Que nous dit Sébastien ?
« …j’allume la radio et j’entends le flash d’informations suivant : « 15 000 scientifiques viennent de lancer une pétition, […] nos émissions de CO2 n’en finissent plus d’augmenter […] l’horizon du réchauffement en 2100 est désormais estimé à quatre degrés. Une élévation de sept mètres du niveau des océans est envisagée. Des millions de kilomètres carrés de territoires seront immergés. C’est une très mauvaise nouvelle. » […] Une journée se passe, et le lendemain matin : « Airbus vient de décrocher un contrat de 50 milliards de dollars pour 430 moyen-courriers. C’est une très bonne nouvelle. » […] Comment les mêmes personnes, les mêmes journalistes, les mêmes directeurs de programmes radio peuvent-ils, jour après jour, rédiger coup sur coup des communiqués aussi incohérents que la mauvaise nouvelle du réchauffement climatique et la bonne nouvelle d’un contrat industriel qui va accentuer ce même processus ? » C’est avec une Grande joie qu’on se tape sur la tête !
Je vous fais grâce de cette connerie de super-serveur enfoui dans les terres glacées d’Islande dont le but est de peaufiner le Bitcoin, cette monnaie virtuelle qui fait tourner la tête des spéculateurs depuis 2017. Pourquoi là-bas ? Pour évacuer l’énorme quantité de chaleur qu’il dégage… c’est-à-dire, pour réchauffer la planète, pour une monnaie fictive sans laquelle la planète ne saurait plus tourner autour de son axe !
On comprend que ces contradictions relèvent d’une idéologie que personne ne parvient à remettre en cause, et qui est l’idéologie de la CROISSANCE : « Même devant une catastrophe qui menacerait de façon imminente nos modes de vie, nous ne cesserions de prôner la croissance. La croissance est sur toutes les lèvres, dans tous les programmes politiques, au cœur de tous les choix économiques. […] Quoi qu’il arrive, la production doit augmenter, la consommation doit s’accroître, […] nous avons à ce point intégré cette idée que nous sommes devenus incapables de penser autrement. » Mais « qu’est-ce qui, dans notre cerveau, nous conditionne à chercher non seulement de la nourriture, de l’argent, du sexe et du statut social, mais toujours plus d’argent, toujours plus de nourriture, toujours plus de sexe ou toujours plus de statut ? » C’est encore la programmation de la libération de la dopamine qui fait en sorte que l’on n’est jamais rassasié.
C’est le propre du drogué, ça, monsieur !

Alors, rien à faire ?

Tous les voyants sont au rouge. Le spectre de la destruction de l’environnement nous fige de stupeur. Il est urgent d’agir et nous ne faisons rien ! Timidement, on améliore l’isolation de nos habitats, on trie un peu nos déchets « Mais lorsque des communiqués lucides, fondés sur des mesures scientifiques validées, nous rappellent qu’un seul voyage en avion long-courrier annule, par son impact carbone, les efforts d’un an de tri de déchets ménagers, alors nous préférons penser à autre chose. […] Renoncer à des vacances à Bali pour espérer un effet dans quarante ans sur le niveau des mers, et encore, à condition que tout le monde fasse pareil ? » Hein ? Pourquoi serais-je seul à me priver de plaisir (dopamine) ? Et quel impact cela aurait-il ? Alors c’est certain que si chacun a le même raisonnement, RIEN, jamais, ne sera fait et c’est la tête droit dans le mur !

Bon, eh ben voilà, ce n’est pas de notre faute, c’est la faute à la dopamine ! Il nous l’a dit Sébastien, on est gouverné par la "carotte" !

Eh, oh ! Faut pas exagérer ! On a notre mot à dire, non ? Esclave de la drogue, je veux bien, mais jusqu’à un certain point, quand même. J’ai fumé pendant vingt ans, ou plus exactement, pendant deux ans, et j’ai essayé d’arrêter pendant dix-huit, à raison d’un peu plus d’un paquet par jour (dopamine), et en utilisant tous les subterfuges possibles, vainement… jusqu’au jour où (le 08/12/1978 vers 17h30) j’ai donné mon briquet et mon paquet de clopes à ma femme en lui disant « Terminé ! » et ce fut définitif. J’avais décidé que la dopamine allait changer de camp (même si je ne connaissais pas son existence).

OUAIS… Bingo ! J’ai écrit le paragraphe précédent quelques jours AVANT de découvrir le chapitre traitant de Mère Teresa…
NON, non, ne croyez pas que je sois devenu complètement dingue au point de me prendre pour Mère Teresa ! Mais ce chapitre développe ce que j’ai voulu dire par "J’avais décidé que la dopamine allait changer de camp" : en effet, bien que les hommes et les femmes ne naissent probablement pas avec des striatum (élément du cerveau distributeur de dopamine) différents, il apparait qu’il libère de la dopamine lorsque l’on partage son argent par exemple. Cette réaction a été majoritairement observée chez les femmes alors que - pour être schématique - les hommes libéraient de la dopamine quand ils gardaient leur argent. Le striatum des femmes semble davantage tourné vers la survie des autres. Cette différence viendrait d’un apprentissage, ou d’une prise de conscience. Ce qui est important dans cette constatation c’est que « La générosité féminine n’est qu’un exemple, mais elle montre que le striatum peut apprendre à aimer bien d’autres choses ». Ainsi, plus de quarante ans plus tard, je me souviens encore du plaisir ressenti à chaque envie de fumer refoulée.

Et comme mon ami Sébastien Bohler, je reste persuadé qu’avec un peu de doigté et de finesse on doit pouvoir utiliser le côté Panurge des humains pour éduquer notre striatum « Un jour, peut-être, le nec plus ultra du snobisme sera d’être sobre et respectueux de l’environnement, et non de posséder un 4 x 4 suréquipé. Dans cette hypothèse, dès l’instant où le statut social sera associé aux comportements respectueux de la planète, la partie sera gagnée. Le striatum sera devenu le moteur de la préservation, et non de la destruction. »

Mais pour rééduquer un élève vieux de plusieurs millions d’années d’évolution-sélection et lui inculquer de nouvelles valeurs, le travail sera rude et demandera des mises à jour fréquentes. Haut les cœurs ! Soyons d’inébranlables optimistes, sinon tout est foutu ! Le souhait le plus fou du vieil homme que je suis est que ces pages ne soient pas tout à fait inutiles.

C’est avec une infinie tristesse que je lègue à mon petit-fils une planète saccagée (j’y ai participé), mais c’est trop tard, j’en ai terminé. Et quand je vois l’incompréhensible comportement égoïste des jeunes générations, « non concernées » par les mesures anti-virus du "Corona" actuelles, s’ils ne veulent rien faire pour sauver des vies pour ces prochains jours, comment les convaincre de changer bien plus profondément de comportements pour sauver la planète pour les décennies à venir ? Complètement désabusé, je laisserai le mot de la fin à l’auteur : « Nous nous comportons comme des êtres dotés d’un haut niveau d’intelligence mais d’un faible niveau de conscience. » On sait, tout cela, mais on le fait quand même !

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 Philou33 ·

 

 

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Par Le 03/01/2021

 

 

 

JO 2024 : les jardiniers d’Aubervilliers se battent pour sauver leurs terres du béton

 

« La verdure, ce n’est pas un luxe pour bobos ! s’emporte Viviane. C’est nécessaire pour la santé des gens. Ce que les élus ne veulent pas voir ni comprendre, c’est que le béton et les aménagements dégradent la qualité de vie au lieu de l’améliorer. Il y a des appétits financiers dirigés vers la petite couronne, mais à terme plus personne ne voudra habiter ici s’ils continuent. »

9 décembre 2020 - Augustin Langlade

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Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

 

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Au pied du Fort d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), une grande partie des potagers populaires des Vertus risque de disparaître au printemps sous une plaque de bitume, au nom de l’accueil des Jeux olympiques de 2024 et d’une gare du futur Grand Paris Express. Les jardiniers se mobilisent aujourd’hui pour sauver leur coin de paradis de la bétonisation.

À seulement une trentaine de minutes à pied des portes de Paris, les jardins ouvriers des Vertus semblent un peu trop en avance sur leur temps. Au beau milieu d’une zone urbaine densément peuplée et encore très populaire, ils accueillent depuis 1935 des générations de jardiniers amateurs, qui y cultivent légumes, céréales et arbres fruitiers, en communion avec hérissons, renards, grillons, chauves-souris, ainsi que 36 espèces d’oiseaux, dont 22 jouissent d’un statut de protection.

Et pourtant, les 26 000 m2 des Vertus sont aujourd’hui convoités par de multiples projets, qui à l’inverse des espaces de véritable verdure paraissent fédérer mairie, aménageurs du Grand Paris, promoteurs et collectivités.

En mars prochain, 19 des 85 parcelles actuelles, soit 4 000 m2, devraient être éradiquées par les éternelles pelleteuses et bétonnières chargées de faire sortir de terre le futur centre aquatique du Fort d’Aubervilliers, l’un des cinq sites d’entraînement destinés aux compétiteurs des Jeux olympiques de 2024.

La piscine à proprement parler sera construite sur le parking qui jouxte les jardins, remplacés quant à eux par un espace de « fitness, spa et solarium minéral », ainsi qu’un « splashpad » et un « pentagliss » de la plus belle facture, le tout dans un bâtiment « aux matériaux biosourcés » : béton bas carbone, bois d’origine française, laine de chanvre, toiture végétalisée… On le sait, le ridicule ne tue pas. L’hypocrisie non plus.

Crédit : https://www.facebook.com/JardinsAubervilliers/photos

David contre Goliath

Membre du collectif « de défense des jardins des Vertus » mis sur pied pendant l’été, Viviane se rappelle avoir connu l’association qui gère les parcelles par le bouche-à-oreille. Avec son mari, elle a fait une demande, acceptée en mars, peut-être parce qu’elle possède une fille en bas âge.

« Ma parcelle est située juste à côté du parking, elle fait donc partie des espaces qui vont bientôt être artificialisés. »

En seulement huit mois, malgré les restrictions et avec l’aide de leurs voisins et voisines, Viviane et son mari ont réussi à cultiver carottes, poirées, betteraves, choux, tomates, poireaux « et bien sûr des blettes, qui poussent toutes seules. »

À Aubervilliers, nous raconte-t-elle, « le confinement a provoqué de vraies ruptures d’approvisionnement de légumes de saison, donc on était content d’avoir quelques blettes à donner à notre fille. Moi je peux me contenter de patates pendant un certain temps, mais elle… » Viviane développe à présent sa parcelle en permaculture.

La parcelle de Viviane

En 1963, les jardins des Vertus occupaient encore plus de 62 000 m2, grignotés peu à peu par l’urbanisation : prolongement de la ligne 7 du métro, création du parking d’intérêt régional, gare routière…

Propriété de l’État, les parcelles ne sont exploitées par l’association des jardins ouvriers des Vertus qu’à titre précaire et révocable, en contrepartie d’une maigre compensation financière.

Portant très bien leur nom, les Vertus sont aussi convoitées par l’établissement public Grand Paris Aménagement (GPA), le propriétaire effectif des jardins, qui prévoit d’y implanter une gare de la ligne 15 du Grand Paris Express « à l’horizon 2030 ». Les travaux devraient aussi commencer en 2021. Quelque 6 000 m2 supplémentaires seront ratiboisés, excavés, bétonnés, « aménagés ».

Un ver de terre des Jardins d’Aubervilliers

Convaincre la population

Mais pour le moment, de crainte de se disperser, le collectif se concentre sur l’extension spa-solarium-sauna de la piscine.

« Nous n’avons rien contre la construction des bassins sur le parking, nous dit Viviane, mais pourquoi venir empiéter sur les jardins ? Pourquoi nous déloger pour ça ? »

Un architecte ayant rejoint le collectif a étudié les plans et démontré que les extensions pourraient tenir sur le toit, avec un petit effort de volonté. Impossible, compliqué, trop coûteux, répondent les promoteurs, qui ne veulent aucun compromis et nulle concertation. À défaut de sensibiliser leurs prédateurs, le collectif se tourne vers la population.

« Le grand public n’est au courant de rien, c’est important de l’impliquer. On a donc fait du porte-à-porte le long de la N2, dans toutes les boutiques de pièces automobiles. On s’est aussi installé place de la Mairie pour une opération « marché gratuit » où l’on distribuait des tomates, des graines et des tracts. »

Les Jardiniers au Marché pour sensibiliser la population

Le collectif a aussi fabriqué des « kits de sensibilisation parents-enfants » qu’il diffuse dans les AMAP « pour que chacun puisse s’informer de la réalité du projet » : on y trouve un coloriage, un découpage « de la plus belle piscine », des sachets (décorés) de graines des plantes des jardiniers, un jeu de vrai ou faux, une lettre que les gens peuvent signer, dater et envoyer à la maire d’Aubervilliers.

Le collectif demande simplement que l’intégrité des jardins soit préservée.

Le propriétaire des terrains, GPA, propose de « compenser » (encore un mot de promoteurs) les espaces bientôt perdus en offrant aux habitants de cultiver un ancien terrain de football de la gendarmerie et certaines parcelles à l’abandon dans les jardins de Pantin.

« On nous fait miroiter qu’il y aura l’électricité dans nos cabanes, c’est absurde ! Ils essaient d’acheter les gens. Mais on ne veut pas regarder la télé, on veut avoir les mains dans la terre. Et puis, un écosystème, ça ne se transpose pas. »

Certains ont même évoqué la possibilité de déraciner les arbres et de les replanter un peu plus loin, preuve que ce ne sont pas des génies de la botanique qui sont aux commandes.

L’un des derniers poumons verts de la ville

Arbres et climatiseurs

Viviane nous raconte que pendant son porte-à-porte à la recherche de soutien, commerçants et habitants affirmaient à l’unisson souffrir de la chaleur, du manque d’air, de l’omniprésence du béton.

« Sans parler d’écologie, les gens disaient massivement qu’il y avait besoin d’arbres, qu’il ne fallait pas avoir fait d’études pour le comprendre. Même les adolescents m’ont répété que l’été dans les barres avait été horrible, qu’ils n’en peuvent plus. »

À Aubervilliers, il y a seulement 1,42 mètre carré de verdure par habitant. L’été dernier, il faisait plus de 30 degrés en permanence dans l’appartement de Viviane, qui a dû quitté plusieurs fois Aubervilliers pour protéger sa petite fille.

« Ma gamine ne dormait plus, la soif la réveillait, les plantes crevaient. Un jour, je suis allée au parc de la Courneuve pour être un peu à l’ombre, mais en une demi-heure de bus, ma fille qui avait à peine six mois a fait un gros stress hydrique. »

En ville, la présence d’un arbre mature équivaut à cinq climatiseurs. Une comparaison bien moderne. Mais nous en sommes arrivés là.

« La verdure, ce n’est pas un luxe pour bobos ! s’emporte Viviane. C’est nécessaire pour la santé des gens. Ce que les élus ne veulent pas voir ni comprendre, c’est que le béton et les aménagements dégradent la qualité de vie au lieu de l’améliorer. Il y a des appétits financiers dirigés vers la petite couronne, mais à terme plus personne ne voudra habiter ici s’ils continuent. »

C’est la faute à…

Samedi dernier, des membres du collectif ont été reçus par Karine Franclet, maire d’Aubervilliers fraîchement élue, issue du courant centre-droit UDI. C’était peine perdue.

« La maire nous a fait valoir que le projet avait été monté par la précédente majorité municipale, qu’elle était liée par des clauses, que l’abandon du projet entraînerait de lourdes pénalités financières, du type 2,5 millions d’euros. »

Toujours la même histoire : pour l’aménageur, c’est la faute de la mairie ; pour la mairie, c’est la faute du prédécesseur ; pour le prédécesseur, c’est la faute de l’aménageur. Tout cela a un petit air de déjà vu…

Pourtant, l’équipe de la maire précédente, Meriem Derkaoui (communiste, eh oui), avait promis aux jardiniers et aux habitants impliqués dans les espaces partagés que les projets futurs n’empiéteraient jamais sur leur havre de paix. En sortant, elle semble donc s’être débarrassée d’un lourd fardeau, comme le raconte le journal Libération. Quoi qu’il en soit, la nouvelle édile refuse d’assumer la responsabilité du dossier et se dédouane comme il se doit.

Confronté à la sourde oreille traditionnelle des pouvoirs publics, le collectif envisage désormais un recours en justice.

L’affaire est la suivante : le Plan local d’urbanisme (PLU) aurait été modifié en mars 2020 pour rendre constructible une partie des jardins, contre toutes les déclarations officielles des élus (qui auraient donc menti) et en parfaite contradiction avec les conclusions de l’enquête publique, qui prévoyait de protéger les jardins.

De plus, le schéma directeur de la région Île-de-France (2013 – 2030), une planification ayant valeur d’engagement, envisage de protéger et de développer les espaces vivriers (pages 111-112 de ce document) tels que les jardins ouvriers ou familiaux, les friches, les mails plantés… À première vue, le PLU de la mairie se situe ainsi à l’encontre de cette norme.

Derniers éléments normatifs contre lesquels pourrait se briser le PLU : la circulaire ministérielle du 8 février 1973, répondant à une exigence de l’Organisation mondiale de la santé, qui affichait l’ambition d’octroyer un minimum de 10 mètres carrés d’espaces verts par Francilien, une norme censée orienter les politiques des collectivités publiques.

« Et puis le gouvernement a annoncé son objectif de parvenir à zéro artificialisation nette d’ici 2030, alors on est dans les clous, même si la mairie peut toujours gruger grâce à l’absurdité de la compensation », conclut Viviane.

Espérons que les oreilles de la justice seront plus impartiales.

Une pétition a été publiée par le collectif de défense des jardins des Vertus.

9 décembre 2020 - Augustin Langlade

Montagnes de l'hiver

Par Le 01/01/2021

 

La magie des montagnes. Il fait grand beau temps, on sort au soleil.

Il pleut en bas, on sort quand même puisque là-haut il neige :) 

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Finir l'année sur une note sereine

Par Le 31/12/2020

 

http://www.martinbeaupre.com/

 
 

 

 

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Edgar Morin : une alerte de plus

Par Le 31/12/2020

Une alerte lancée par un écrivain, un philosophe, un sociologue ! Mais enfin, un peu de sérieux, ça n'a aucune valeur et ça n'aura aucune écoute. 

Si encore il avait été dans la politique ou s'il avait été milliardaire, passe encore mais là, c'est qui ce "vieux bonhomme" ? En plus, c'est quoi ce charabia de fumeur de pétard ? Il n'a pas pris ses cachets ou quoi ? 

Bon, allez, demain soir, c'est la fiesta, faut que j'aille faire des courses. Foie gras, huîtres, une dinde, une bûche, de l'alcool, plein d'alcool. Pour oublier ce bazar.

 

« Il nous manque un vrai droit et une vraie éthique mondiale. Il nous manque des instances capables de réguler les fléaux qui empêchent cette société-monde de naître et peuvent nous détruire : une instance capable d’éradiquer l’arme atomique qui devrait être détruite partout, une instance capable de régler le grave problème de la biosphère, une instance régulant l’économie autrement que le Fonds monétaire international, dans l’équité...

Une confédération capable de prendre des décisions vitales pour l’avenir de la planète. Un nouveau modèle, une troisième voie est donc à trouver. Il y a une citoyenneté mondiale à établir qui ne va pas nier les autres citoyennetés.

J’ai peur qu’il faille des catastrophes plus grandes encore pour susciter des réactions salutaires en ce sens. Castoriadis parlait de la montée de l’insignifiance : il est vrai que nous devons sortir de cette invasion de la futilité qui touche l’ensemble de la société occidentale, alors que nous sommes devant des défis extraordinaires, incommensurables qu’il nous faut relever.

Autre point : nous avons été éduqués dans une forme d’esprit qui apprend à séparer les problèmes mais qui rend aveugle au contexte, au global. C’est pour cela que tant qu’il n’y a pas une réforme de la pensée et de l’éducation rien ne se passera de façon durable. Une vraie réforme de l’esprit, cet esprit humain qui a des possibilités extraordinaires et que l’on maintient dans une forme de sous-développement qui nous rend obnubilés par nos petites obsessions et hagards face à la réalité globale. » Edgar Morin.

Jarwal : littérature jeunesse

Par Le 30/12/2020

C'est étrange ce personnage. Je l'ai créé pour raconter ses aventures à nos trois enfants quand nous allions en montagne c'est à dire très souvent.

Je ne sais pas combien d'histoires j'ai inventées. 

Lorsque j'ai commencé à écrire son histoire, j'y ai donc associé nos trois enfants. 

La réalité se mêlait à la fiction. J'écrivais ce que j'avais raconté.

J'ai pensé que les éditeurs en littérature jeunesse pourraient s'y intéresser mais lorsque je relis au hasard quelques passages des quatre tomes qui sont achevés, je me dis que tout ça ne répond pas aux critères de la littérature jeunesse et que ça ne correspond pas non plus à la littérature adulte. Le tome 1 était le plus "accessible" pour de jeunes lecteurs mais au fil des tomes, j'ai quelque peu approfondi les propos. Il faudrait que je déniche un éditeur de littérature jeunesse à visées philosophiques ou un éditeur de littérature adulte à visées enfantines :)

 

Jarwal : L'irréalité des formes.

 

JARWAL ET LES KOGIS

TOME 2

« Je sais que tu avais raison Gwendoline. Il faut rejoindre les Kogis et voir ce qu’ils peuvent faire pour moi. Je ne dois pas abandonner et partir. C’est comme si je laissais ce Jarwal sur place et ne rentrait qu’avec un fantôme. Mon histoire est ici et c’est ici que je dois la retrouver. »

 

Elle l’embrassa sur le front. Juste un baiser plein de tendresse.  

Léontine bourdonnait de bonheur autour d’eux.

 

C’est là qu’ils virent certaines fougères bouger étrangement. Comme un roulis, une houle de frissons, un frémissement continu. Ils se levèrent et reculèrent de quelques pas. Les sens aux aguets.

Sous leurs yeux ébahis, des formes s’agitèrent, une myriade de petits êtres couverts de feuillages, des fougères qui n’en étaient pas, une apparition stupéfiante. La troupe se plaça devant eux. Des corps envahis de végétation mais pourtant une forme bien identifiable. Pas plus haut que le chapeau pointu de Jarwal. Des branchages pour membres, des tiges garnis de jeunes pousses, des feuilles, des plantes, des mousses, un amalgame hétéroclite, comme un collage anarchique, mais un visage souriant et des yeux lumineux, parfaitement visibles dans l’imbroglio végétal, des prunelles luisantes comme des soleils.

 

« Ah ! L’amour, on ne peut y résister, annonça en sautillant un des petits êtres.

-C’est vrai, c’est tellement bouleversant, enchaîna un deuxième.

-Le seul phénomène qui puisse nous pousser à nous montrer, renchérit un troisième. »

 

Des bonds qui accompagnaient chaque parole, une frénésie joyeuse, une danse pétillante.

 

« Qui êtes-vous ? demanda Gwendoline qui ne lâchait pas la main de son lutin hagard.

-Nous sommes la Vie, comme toi ! » lança le plus impétueux.

Des éclats de rires dans l’assemblée, des cabrioles et des roulades, des individus qui se trémoussaient en mêlant leur verdure, des galipettes et des embrassades, une agitation paroxystique. 

« La Vie, nous sommes la Vie, la Vie, nous sommes la Vie, répétaient-ils tous, en chœur.

 

Jarwal, Gwendoline et Léontine n’avaient jamais vu de tels êtres. Ils connaissaient pourtant bon nombre d’individus curieux et magiques, elfes et gnomes, farfadets et korrigans mais des êtres végétaux dansant des sarabandes endiablées, ils ne l’auraient même jamais imaginé.

Léontine se posa sur l’épaule de Gwendoline.

 

« Nous vous regardons depuis longtemps, mais l’amour était parti du cœur de celui-ci ! lança l’un d’eux en désignant Jarwal 

-Non, pas parti, cher ami, mais submergé de tristesse, reprit un voisin.

-Oui, la tristesse est un étouffoir de l’Amour mais l’Amour n’est jamais triste. C’est juste des feuilles mortes qui le couvrent. Laisse passer l’hiver et tu verras la pourriture des feuilles nourrir la Vie.»

 

Des  éclats de rire encore, cristallins. Des carillons de notes aigües. Les feuilles agitées de leurs corps sautillants.

 

« Vous voulez dire que vous ne vouliez pas vous montrer à cause de moi ? demanda Jarwal.

-Pas à cause de toi, répliqua un petit être ébouriffé comme un buisson juvénile. Tu n’es pas ce que tu penses. Ne te trompe pas. Ce que tu penses n’est qu’une dérive de l’Amour de la Vie.

-Nous attendions que la pourriture des feuilles soit consommée, ajouta son compagnon. Et que l’Amour remonte à la surface.

-Vous n’apparaissez qu’aux êtres qui s’aiment alors, c’est ça ? interrogea Gwendoline.

-Tous les êtres sont dans l’Amour. L’Amour, c’est la Vie, mais les pensées de votre tête vous font aimer le désordre de vos pensées. Rien à voir avec l’Amour de votre âme. Vous parvenez même parfois à aimer ce qui vous enferme. Ce sont vos pensées. Et votre tête finit par aimer ce qui la ronge. C’est incroyable ça. L’Amour de la Vie n’est pas un guerrier. Il aime la sérénité. Alors, il se retire et il attend que vous arrêtiez de vous mentir. »

 

Des réflexions secrètes, silencieuses, une analyse minutieuse.

 

« Et voilà, vous vous remettez à penser ! lança joyeusement une boule de feuilles agitée. Vous êtes tout de même incorrigibles ! Laissez donc rayonner votre Amour de la Vie.

-Nous avons un grave problème, annonça Gwendoline.

-Mais non, il n’y a pas de graves problèmes, il n’y a que ce que ce vous en pensez. Sinon, cela voudrait dire que la Vie est un grave problème et quand vous pensez cela, la Vie se retire dans son coin et vous laisse exister à travers vos pensées. La Vie ne lutte pas, elle aime la sérénité, je vous l’ai dit.

-Et bien, chers amis, intervint Jarwal, je pense que mes pensées sont un grave problème. Je pense sans cesse à ma mémoire qui a disparu.

-Mais non, elle n’a pas disparu. Elle s’est retirée dans un coin. Et comme tu étais en colère, elle avait peur. On ne réconforte pas un petit animal traumatisé avec de la colère ou de la peur. 

-Tu veux dire que je peux retrouver ma mémoire ?

-Tu ne vas pas la retrouver, c’est elle qui reviendra. Vous êtes vraiment prétentieux, vous autres, à croire que tout dépend de vos pensées et de votre volonté. C’est comme si vous étiez en Vie parce que vous l’avez voulu ! Ridicule. La Vie n’a pas eu besoin que vous pensiez à elle pour s’installer. Et vous, vous pensez que vous pouvez imposer votre volonté à la Vie. C’est incroyable ça !

-Regardez ces grands arbres ! proposa un petit arbrisseau. Vous croyez que c’est la volonté de la graine qui a donné ce superbe ouvrage ? Et la Vie alors ? Elle se serait installée une fois que la volonté aurait pris forme ? Ridicule. Vous observez tout à l’envers. »

 

Des leçons proclamées par une troupe de joyeux lurons.

Gwendoline les observait avec fascination. Une multitude de visages dans une diversité hétéroclite. Des bouilles rondelettes ou triangulaires, des faces plates comme des assiettes, un mélange inexplicable de feuilles assemblées mais toujours ce pétillement dans leurs prunelles, deux soleils ardents qui irradiaient de bonheur.

 

« Vous voulez dire que nos pensées sont des œillères à la réalité de la Vie ? demanda Jarwal.

-La réalité ? Mais qu’est-ce que c’est cette réalité ? Ce que vous voyez ?  Ridicule. »

 

L’ensemble de la troupe, dans un synchronisme parfait, s’évapora. Une multitude d’oiseaux colorés s’égailla au-dessus de leurs têtes, une nuée de piaillements dans des arabesques maîtrisées, des zébrures de corps fuselés, comme des flèches jouant un ballet de plumes. Et toujours ces yeux aussi brillants que des astres naissants, une énergie condensée, une concentration d’univers.

Le ballet cessa d’un coup, les oiseaux disparurent et un champ de pierres inertes s’étendit à leurs pieds. Des roches lisses et immobiles, éparpillées devant les trois amis. Au même instant, sur chaque caillou, des paires d’yeux s’ouvrirent et les observèrent, des prunelles étincelantes d’où jaillissaient des rires de lumières. Des battements de paupières aussi stupéfiants que des naissances d’étoiles.

Puis, avec la même célérité, dans une simultanéité parfaite, un florilège de papillons les entoura, plus de pierres sur le sol mais une farandole radieuse, des élucubrations étourdissantes, des figures imprévisibles, toute la magie délicieuse des vols de papillons. Et sur les corps délicats rayonnaient d’une intensité éblouissante des yeux aussi perçants que des fusions de soleils.

 

Comme un souffle tonitruant balayant tout sur son passage, la nuée de papillons s’évanouit. Rien d’autre n’apparut.

Les trois amis restèrent statufiés.

« Où êtes-vous ?  demanda Jarwal.

 -Chut, coupa Léontine. Les hommes. »

 

Des bruits dans la forêt, des voix qui portaient par-delà les arbres. La troupe des Portugais avait quitté le camp des Kogis et reprenait sa progression.  

 

Jarwal se coucha sous le parterre de fougères en se demandant s’il ne manquait pas d’écraser un de leurs étranges visiteurs. Gwendoline s’allongea à ses côtés.

 

« Ils ne peuvent pas nous voir. Ne bouge pas, » murmura-t-il, en posant délicatement une main sur son bras.

Gwendoline frissonna de bonheur à cette parole protectrice, à cette attention inespérée. Jarwal veillait sur elle. Jarwal reprenait vie.

 

Ils n’aperçurent même pas les soldats à travers l’épaisseur végétale. Ils suivirent attentivement l’extinction des voix et se relevèrent prudemment. Ils regardèrent minutieusement autour d’eux. Des plantes, des oiseaux, des papillons, des pierres…Quelles formes avaient-ils pris ? Où pouvaient-ils bien être ?

La réalité n’était pas ce qu’ils voyaient…

 

Au pied d’un tronc colossal, ils virent un tapis de mousse s’agiter, des ondulations de nuages, des formes timides qui tentaient une croissance, des pousses opiniâtres qui se dressaient, des silhouettes redessinant l’esquisse des corps puis peu à peu tout un petit peuple de bonhommes moussus, habillés de feuilles disparates. Enfin, les yeux flamboyants s’ouvrirent dans un seul mouvement et la troupe reconstituée, s’avança précautionneusement et les rejoignit.

 

« Bouh, toute cette méchanceté chez ces individus, c’est insupportable. Il nous est impossible de rester visibles dans cette ambiance morbide. Même les plantes en subissent les effets polluants mais moins tout de même que les autres formes vivantes. Chez elles, les pensées sombres s’évaporent rapidement. C’est l’Amour de la lumière qui permet ce nettoyage. Chez les humains, tout reste enfermé. Quand les ego sont les maîtres, la conscience de la réalité s’efface.

-Vous n’avez donc aucune forme définitive ? interrogea Gwendoline.

-Une forme ? Mais pour quoi faire ? C’est absurde, se moqua un individu hirsute.

-Tout aussi absurde que cette idée que nous devons avoir un nom, enchaîna son voisin. Vous avez vraiment une idée bien curieuse de la réalité. Vous pensez que parce que vous vous êtes identifiés à votre forme et que vous vous reconnaissez à travers votre nom, vous avez fait le tour de la Vie ? Mais c’est consternant tout ça ! Vous avez conscience de l’insignifiance de votre développement ? »

 

Un ton nullement arrogant, juste un total ébahissement.

Les trois amis sentaient que dans les paroles de ces petits êtres, il n’y avait aucune moquerie. Mais une absolue incompréhension.

 

« Un jour, vous allez mourir, vous allez perdre ce nom et cette forme. Vous aurez quitté la Vie mais la Vie, elle, n’aura rien quitté du tout. Elle n’aura pas disparu, vous comprenez ? C’est vous qui partez, c’est vous qui sortez du flux vital. La Vie continuera sa tâche créatrice, votre tour est passé. C’est ridicule dès lors de s’attacher de la sorte à cette image que la Vie vous a procurée. Il serait bien plus judicieux de saisir cette conscience de la Vie et non d’entretenir la conscience de votre forme. Cette forme n’est rien d’autre qu’une enveloppe. C’est comme si vous décidiez de vénérer votre outre et de délaisser l’eau qu’elle contient. C’est absurde.

-Les deux sont indispensables, intervint Jarwal.

-Bien entendu. Une outre vide ne sert à rien et de l’eau sans outre est intransportable. Mais par contre, elle a déjà une existence cette eau, vous n’êtes pas obligés de devoir la transporter, vous pouvez déjà en profiter. L’outre est secondaire si vous décidez de rester là où se trouve l’eau. Dans votre cas, c’est l’enveloppe qui compte avant ce qu’elle contient. Vous observez à l’envers.

-Vous voulez dire que vous pouvez changer de formes parce que vous êtes reliés à la Vie avant de l’être à votre forme ?

-Oui, c’est cela, magnifique, tu apprends vite cher lutin ! »

 

Une danse spontanée qui agita toute la troupe, des cris de joie et des cabrioles.

 

Gwendoline aperçut un sourire sur le visage de son aimé. 

 

« Quand vous êtes identifiés à votre image, vous êtes attachés aussi à la diffuser à l’extérieur, vous voulez qu’elle vous représente et vous en venez même à chercher des solutions à vos problèmes dans votre environnement et vos relations, vous pensez que le monde est responsable de votre état intérieur. Vous mélangez les conditions de vie et la Vie en vous. Mais la seule réalité qui vous concerne, elle est en vous et nulle part ailleurs. Quand vous vous acharnez à faire, vous en oubliez d’être.»

 

L'année la plus chaude.

Par Le 30/12/2020

Le titre exact est incomplet parce qu'il ne sert plus à rien de préciser que l'année en cours est la plus chaude : la plus chaude sera la prochaine. C'est ça qui est gravisssime.

Les débats entre climato-septiques et adeptes de l'apocalypse n'ont aucun intérêt. Il n'est plus vraiment important de savoir s'il s'agit d'un réchauffement essentiellement naturel ou anthropique, ça n'apporte plus rien au problème. L'urgence, maintenant, c'est de changer de modèle. A tous points de vue. Mais pour cela, il faudrait déjà s'entendre. Il est toujours intéressant, quoique parfois déprimant, de lire les commentaires qui suivent les articles de ce genre. Les conflits entre groupes de pensées relèvent parfois de la foire d'empoigne.

Alors, faire quoi ?

Eh bien, planter son potager, sur un terrain avec un puits ou une source, planter des arbres fruitiers, ne plus se déplacer en voiture dans la mesure du possible, économiser tout, absolument tout, récupérer, trier, recycler, refaire du neuf avec du vieux, sortir du système commercial, réduire ses besoins, éliminer les manques qui se nourrissent de désirs, s'enrichir intérieurement.

 

2020, année la plus chaude en France : "Il va falloir diversifier les cultures, renforcer les sols et revoir la manière dont on gère l'eau"

 

Les éleveurs ont dû "prélever dans leur stock d'aliments pour l'hiver" et "chercher de l'eau parfois jusqu'à 80 km pour abreuver les animaux" affirme Jean-François Soussana.

Article rédigé par

franceinfo

Radio France

Publié le 30/12/2020 14:44Mis à jour le 30/12/2020 15:16

 Temps de lecture : 2 min.

Un champ de blé en Moselle avant le début des moissons. (VICTOR VASSEUR / RADIOFRANCE)

Un champ de blé en Moselle avant le début des moissons. (VICTOR VASSEUR / RADIOFRANCE)

L'année 2020 a été la plus chaude jamais enregistrée, selon Météo France. Conséquence : l'agriculture a souffert de ces conditions climatiques "réellement défavorables", a déclaré mercredi 30 décembre sur franceinfo Jean-François Soussana, vice-président en charge de la politique internationale à l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), avec notamment "une baisse des rendements des cultures d'hiver". 

franceinfo : Dans quelle mesure l'agriculture est-elle victime du réchauffement climatique ?

Jean-François Soussana : Cette année, on peut dire que les conditions climatiques ont été réellement défavorables. Avec cette année 2020 chaude, mais aussi sèche pendant l'été, on a enregistré une baisse des rendements des cultures d'hiver. La production des céréales a baissé, en volume, de 18 à 19%, avec, en particulier, un recul pour le blé et l'orge. Tandis que les cultures d'été, comme le maïs, ont été peu affectées. Les prairies ont également été très affectées, avec un recul de production de 30% par rapport à la moyenne : c'est donc un problème pour les éleveurs.

Le réchauffement, c'est plus d'eau l'hiver à cause des inondations et plus de chaleur et de sécheresse l'été ?

C'est ça. On a eu une année très contrastée, avec des événements extrêmes, des tempêtes en début d'année, des épisodes de pluie exceptionnels à l'automne, mais aussi une sécheresse tout à fait marquée et deux épisodes de canicule. Cette sécheresse a touché en particulier des zones qui ne sont pas historiquement habituées au déficit. On peut dire que la zone allant de Cherbourg à Grenoble se trouvait à un niveau de sécheresse décennal. Les cultures ne sont pas bien adaptées, les animaux non plus. Et on a vu que les éleveurs étaient particulièrement pénalisés. Ils devaient prélever dans leur stock d'aliments pour l'hiver, chercher de l'eau parfois jusqu'à 80 km pour abreuver les animaux. Cela crée des problèmes économiques puisqu'ils doivent vendre plus tôt. L'Insee a récemment estimé que, malgré une hausse pour certains produits agricoles comme par exemple les céréales (+ 8%), la valeur ajoutée de l'agriculture, donc le revenu de l'activité agricole par actif, diminuerait de 6,5% en 2020.

À l'avenir, y aura-t-il des produits dont il faudra se passer ?

Je pense que ça, c'est sans doute un peu excessif. Mais lorsque l'on regarde les projections pour 2050, il y a de fait des impacts négatifs généralisés, sur la façade méditerranéenne en particulier. Pour les cultures qui ne sont pas irriguées, on a des reculs de production attendus qui sont tout de même assez marqués. Donc ça pose cette question de l'adaptation au changement climatique, mais aussi des outils économiques pour aider les agriculteurs. On peut noter que dans le plan de relance, il y a un petit budget qui figure pour l'adaptation au changement climatique. Mais il faudra probablement mettre en œuvre des mesures de transformation. C'est-à-dire qu'à court terme, on peut s'adapter aux aléas, mais à plus long terme, si les problèmes persistent, il va falloir diversifier les cultures, renforcer les sols pour leur permettre de mieux stocker l'eau et revoir la manière dont on gère l'eau.

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Le renforcement identitaire et ses conséquences

Par Le 30/12/2020

 

C'est un ancien texte de 2012 que je remonte parce qu'il correspond à la péiode actuelle : les conséquences du renforcement identitaire.

 

"Il y a désormais l'humanité comme un corps encapsulé et l'environnement comme un corps à exploiter. Jusqu'à l'outrage.   "

 

C'est ça tout le problème actuel, de l'humanité dans sa quasi intégralité. Nous ne sommes plus en lien avec le monde du Vivant.

Nous l'observons, nous l'analysons, nous le disséquons, nous le cataloguons dans des livres, nous le symbolisons dans les créations artistiques, nous nous rejouissons de sa beauté, nous profitons de ces bienfaits. 

Nous profitons. 

Voilà le résumé, brut, direct. 

Nous profitons.

J'ai toujours été frappé par l'étrangeté du terme "économie".

Il existe un sens lié au fait de savoir préserver un capital, qu'il soit financier ou naturel et l'économie qui englobe tous les phénomènes marchands, qu'il s'agisse de l'industrie, de l'agriculture, de la technologie, des marchés financiers.

Cette économie-là n'est absolument pas économe. Elle dilapide depuis des décennies. Et nous en sommes les acteurs, non pas les victimes mais les participants et nous courons après l'exploitation la plus vaste qui soit. Sans jamais nous repaître. Pour quelles raisons agissons-nous de la sorte ? Parce que nous sommes fondamentalement et uniquement des individus isolés dans notre identité et que le monde qui nous entoure n'est qu'un "environnement". Ce qui nous environne n'est pas nous puisqu'il nous faut être le point central pour que l'environnement existe. Il y a "nous", des milliards de "moi", et le monde autour.

Dès lors, il ne peut exister cette osmose économe, ce bon sens de l'économie des choses.

Qui donc, aujourd'hui, ressent les atteintes au monde du Vivant comme une propre atteinte sur lui-même ? Il m'est arrivé de l'éprouver et je fais tout mon possible pour que ça n'arrive plus. Parce que c'est insupportable, terriblement douloureux, dévastateur.

Lorsque je me sens réellement inséré dans le monde, je réfute toutes les pensées qui se tournent vers l'impact humain sur ce monde. Je m'efforce de contempler. Mais donc, cela signifie, que je m'efforce de profiter. Et je retombe dans les mêmes travers. Je profite.

Il fallait donc que j'établisse un comportement, il fallait que j'agisse, à ma mesure. 
Je ne suis pas un porte-parole et je n'ai aucune envie de le devenir. Ca n'est pas pour moi. Il me reste donc à agir dans ma vie quotidienne, sans m'engager nulle part ailleurs que dans les actes immédiats sur lesquels j'ai un réel pouvoir. 

 

"Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre."

Marc-Aurèle
 

 

 

 

 

LE RENFORCEMENT IDENTITAIRE

 

Des étapes spitituelles

 

Le renforcement identitaire.


  •  
  •  Le 11/02/2012
  •  

  •  

Le moi dérivé qui s'est exclu de l'unicité a besoin d'interrelations pour renforcer constamment son identité. Cette existence se limite dès lors à une accumulation d'expériences nourries par les schémas mentaux. En psychologie, on appelle cela le "renforcement positif".

On ne peut reprocher aux individus d'œuvrer ainsi à cette extension du domaine d'influence et à cette consommation effrénée d'énergie puisqu'ils ne font que reproduire avec application le formatage qu'ils ont subi.

De la même façon, ces individus ne peuvent reprocher à l'existence de les blesser dans cette quête de reconnaissance. Dès lors qu'on attend d'autrui le renforcement psychologique inhérent à l'identité du moi dérivé, il faut en assumer les effets inverses.

Les émotions néfastes associées à la vie amoureuse, professionnelle, familiale, sociale ne sont que des interprétations inévitables de cette "réalité" générée par le paradigme. Si j'ai besoin d'affirmer mon identité à travers les activités humaines, ces mêmes activités humaines sont à même décorner cette identité. C'est le phénomène des plateaux de la balance. Il n'y a pas de juste milieu mais une alternance conflictuelle entre ce qui est vécu de façon positive et ce qui est vécu de façon douloureuse. Lorsqu'on regarde l'existence du haut de son piédestal égotique, on court le risque d'en tomber.

 

La vie sociétale au cœur du paradigme de la dualité génère une défense constante de l'individu sous la forme d'une justification, d'une comparaison, d'une compétition exacerbées par la confrontation permanente avec les individus qui fonctionnent dans les schémas identiques. L'école est le lieu d'apprentissage de ce moi dérivé...C'est absolument effrayant d'ailleurs que ce cadre d'évolution soit sali de la sorte par des intrusions matérialistes inhérents au paradigme.

L'accumulation de connaissances qui est vidée de son sens spirituel participe activement et aveuglément au formatage du moi dérivé. 

Il suffit de lancer avec de jeunes enfants une discussion touchant à la perception de la Vie pour réaliser à quel point ils sont déjà manipulés, à quel point ils ont déjà adhéré à une vision matérialiste de la Vie. Ils ne sont pas coupables mais uniquement victimes. Ces garçons qui veulent devenir footballeur pour devenir millionnaires...Ils connaissent même la couleur de la dernière voiture de luxe de leur joueur millionnaire préféré.

Renforcement du sens du moi dérivé. Les publicitaires connaissent parfaitement les fonctionnements et les manipulations à entretenir. A ce propos, la Saint-Valentin se rapproche pour vous rappeler que vous êtes amoureux ou amoureuse... Au cas où vous auriez oublié de le montrer à chaque jour qui passe.

Les prochaines élections présidentielles vont également pouvoir jouer leur rôle de rassembleur. Un tel appartient à ce groupe et s'oppose à celui de l'adversaire de son idole. PSG/ OM, le choc de la ligue de foot, jusqu'à se balancer des boules de pétanque à la figure. L'imagination du moi dérivé est sans limite.

Je me demande parfois s'il y a quelque chose à attendre de ces individus. Puisqu'ils sont persuadés d'appartenir à la "bonne" société, au bon groupe politique, au bon groupe social, d'écouter la bonne musique, d'aller en vacances dans les bons endroits, d'être de bons parents, de bons amis, de bons voisins, de bons supporters, de bons amants, de posséder une bonne voiture, un bon portefeuille, une bonne femme pour certains...Le comble de l'ignominie. 

On pourrait penser que toutes ces appartenances identitaires sont dérisoires, infantiles, immatures. Ouvrons un livre sur les deux guerres mondiales pour en voir les effets les plus fous. Ouvrons les yeux sur l'état de la planète pour en deviner les effets les plus destructeurs. Le pire est à venir. L'humanité n'est plus la seule concernée.

Extension du domaine de la lutte. Il y a désormais l'humanité comme un corps encapsulé et l'environnement comme un corps à exploiter. Jusqu'à l'outrage.   

Les décodeurs et la Covid

Par Le 28/12/2020

Ce blog, les décodeurs, est réputé dans le registre des réseaux sociaux pour son intégrité et son objectivité.

Il est donc nécessaire d'en lire les contenus et de se faire son idée.

Je l'ai dit maintes fois ici : il est indispensable de multiplier les sources pour pouvoir prétendre à une information fiable et rien, pourtant, ne sera jamais certain dans ce domaine.

 

 

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/live/2020/12/04/covid-19-que-sait-on-des-vaccins-posez-vos-questions_6062182_4355770.html

 

Covid-19 : que sait-on des vaccins ? Les réponses à vos questions

 

Vaccins à « ARN messager », à « virus inactivé »… les projets en cours de développement suscitent de nombreuses interrogations. Les Décodeurs ont répondu à vos questions sur ce que l’on sait et ce que l’on ignore.

LES FAITS

SUIVEZ LE LIVE DE L’ÉVÉNEMENT

Le premier ministre, Jean Castex, a détaillé jeudi soir la stratégie de la France en matière de vaccination contre le Covid-19. Une première phase doit débuter dès janvier avec la vaccination des résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), avant un élargissement aux plus de 75 ans dans un deuxième temps, puis aux plus de 65 ans et aux professionnels de santé.

On compte aujourd’hui 237 projets de vaccins contre le Covid-19 dans le monde, développés selon des techniques très différentes.

Explications : Comment fonctionnent les futurs vaccins contre le Covid-19 ?

Les Décodeurs font le point sur ce que l’on sait et ce que l’on ignore de ces vaccins développés dans un temps record.

Réponses aux questions : Combien de vaccins ? Quand seront-ils disponibles ? Seront-ils obligatoires ? Peuvent-ils mettre fin à l’épidémie de Covid -19 ?

Portrait : Alain Fischer, le nouveau « M. Vaccin » du gouvernement

Données-clés : Visualisez l’évolution de l’épidémie en France et dans le monde

Dans votre département : Hausse, stabilisation ou baisse : où en est l’épidémie ?

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Envoyez votre question

Les Décodeurs le 04 décembre à 15h45

TCHAT

Ce tchat touche à sa fin

Vous avez été très nombreux à poser vos questions, souvent utiles et parfois pointues. S'il est difficile, dans l'espace d'une heure quarante, de répondre à autant d'interrogations, nous continuerons dans les semaines qui viennent à répondre à ces questions, souvent importantes, à travers nos articles.

Merci de nous avoir suivis et de nous avoir lus.

Les Décodeurs le 04 décembre à 15h45

VOS QUESTIONS

Que représentent les 90% d'efficacité des vaccins ? 90% de chances en moins de contracter la maladie dans les populations vaccinées par rapport aux non-vaccinés, ou bien plutôt une réponse immunitaire chez 90% des personnes vaccinées, sans préjuger de la protection effective apportée, ou bien encore autre chose ?

-Polo


Bonjour Polo,

C'est plutôt la réponse 1), et nous vous invitons à lire l'article ci-dessous pour entrer dans le détail car il est bientôt l'heure de vous dire au revoir :

 

Covid-19 : les 90 % d’efficacité du vaccin de Pfizer, un « résultat extraordinaire » qui pose des questions

Le résultat provisoire avancé, lundi 9 novembre, par le laboratoire américain Pfizer et l’allemand BioNTech est spectaculaire, mais il pourrait encore évoluer et ne permet pas de déterminer la durée d’immunité apportée.

Les Décodeurs le 04 décembre à 15h43

VOS QUESTIONS

Faudra-t-il envisager des campagnes de vaccination régulières dans les années à venir ou peut-on espérer qu'une fois l'immunité collective atteinte grâce à la vaccination, le virus disparaisse de lui-même une bonne fois pour toute ?

-Jaipastoutcompris


Bonjour,

À vrai dire, il est encore un peu tôt pour envisager la disparition "une bonne fois pour toutes" de cette maladie. Même des maladies anciennes et pour lesquelles des vaccins existent de longue date, comme la rougeole, n'ont pas totalement disparu (la faute, notamment, à une couverture vaccinale parfois insuffisante).

En ce qui concerne le Covid-19, une baisse importante du nombre de cas, en particulier des formes graves, permettant un assouplissement des restrictions sanitaires, serait déjà une grande étape.

Les Décodeurs le 04 décembre à 15h38

VOS QUESTIONS

Bonjour Disposons-nous aujourd'hui de plus amples informations concernant les vaccins en oeuvre en Chine et en Russie, notamment sur la technique utilisée( à ARN ou à virus atténué)?

-Orion


Bonjour Orion,

Concernant le vaccin russe développé par l'Institut Gamaleya, Sputnik V, il est basé sur la technologie des vecteurs viraux : deux adénovirus (Ad5 et Ad26) modifiés pour contenir le gêne codant la protéine du Sars-CoV-2 sont utilisés comme « véhicules » pour livrer, dans les cellules humaines, ce gêne codant. Cette technique est assez bien maîtrisée, et l'utilisation de deux vecteurs différents augmente les chances de succès du vaccin. Le savoir-faire de cet institut n'est plus à démontrer, mais il existe une relative opacité sur les données scientifiques communiquées, ce qui rend difficile de savoir ce que valent les résultats annoncés.

Pour ce qui est des quatre vaccins développés en Chine et entrés en phase III, trois d'entre eux utilisent la technique du virus inactivé (tué), tandis que le dernier utilise un adénovirus comme vecteur viral. Ces quatre vaccins sont testés dans une quinzaine de pays d'Asie du sud-Est, mais de nombreuses informations et éléments manquent encore pour se faire une idée de leur efficacité.

Les Décodeurs le 04 décembre à 15h38

VOS QUESTIONS

Ne craignez-vous pas un large refus de la population à se faire vacciner en entretenant la méfiance via l'emploi de conditionnel et de tournures de phrases diverses qui tendent à faire croire que tout a été fait à la va-vite, sans réels protocoles, sans expliquer le fonctionnement de ce genre de vaccin (et de virus) ? Il apparait que les vaccins sont plus que des alternatives, il n'y a jamais eu de vaccins mortels sur le marché, d'autisme provoqué... Finalement, les vaccins ont permis l'émergence d'un monde où les populations sont plus en sécurité qu'avant. la variole, le tétanos, mais aussi le ROR, et j'en passe.Je pense qu'un article dédié au fonctionnement du virus dans l'organisme, permet de mieux appréhender l'usage de l'ARNm en tant que vaccin. Les médias ont leur part à jouer dans le succès de la stratégie vaccinale des populations.merci.

-coro


Bonjour Coro,

Nous nous efforçons simplement de rester factuels. Cela étant, vous soulevez plusieurs points qui, cela tombe bien, ont été largement abordés dans des articles des Décodeurs ces derniers mois. L'occasion de vous en proposer une petite sélection : 

- L'efficacité des vaccins en onze maladies ;

- Comment fonctionnent les futurs vaccins contre le Covid ;

- Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime ;

- Nos réponses à vos questions sur les vaccins contre le Covid-19.

Les Décodeurs le 04 décembre à 15h34

VOS QUESTIONS

Euh pourquoi émettre spécifiquement un doute sur le fait que les vaccins limiteraient la transmission du virus. Est ce qu'il y a un seul exemple de vaccin qui empêche les symptômes sans affecter la transmission ? Ça me paraît plus que douteux...

-Docto

Nous n'émettons pas de doutes particuliers sur le sujet. Simplement, à ce stade, il est difficile d'apprécier dans quelle mesure cela sera le cas. Cette donnée doit donc être prise en compte face aux chiffres d'efficacité très médiatisés des vaccins contre le Covid-19 (annoncés comme efficaces à 90 % et plus par les différents laboratoires).  

Les Décodeurs le 04 décembre à 15h30

VOS QUESTIONS

Pourra t’on choisir son vaccin? Personellement je ne fais pas confiance aux vaccins américains dont les labos ne sont conduits que par intérêt financiers au dépens de la santé ( voir les opioïdes). Pourra t’on bénéficier du vaccin russe qui me parait plus fiable ?

-Mika

Bonjour Mika, 

Le gouvernement n'a pas donné d'indication sur ce sujet à ce stade. Pour vous répondre, rappelons tout de même qu'il va déjà falloir avoir ne serait-ce qu'un vaccin avant d'imaginer pouvoir le choisir, en fonction de l'approvisionnement... Cela pourra peut-être faire l'objet de discussions avec votre médecin le moment venu, mais tout cela est encore très hypothétique.

Par ailleurs, la France n'a pour l'heure pas commandé de doses du vaccin russe Spoutnik-V, et il est donc difficile de vous dire si et quand il pourrait être disponible dans le pays.

Les Décodeurs le 04 décembre à 15h20

VOS QUESTIONS

Bonjour, je retente ma question : Quel est l’intérêt supplémentaire d'une vaccination si on a déjà été infecté et guéri du covid?

-SARKOV


Bonjour Sarkov,

Vous êtes nombreux à poser cette question. A priori, l'intérêt de se faire vacciner est nettement plus faible pour ceux qui ont été atteints du Covid-19 ces derniers mois. Au vu des dernières études d'immunologie que nous avons pu lire et relayer dans nos colonnes l'été dernier, il est à noter que la plupart des personnes asymptomatiques ont développé des niveaux de réponses immunitaires cellulaires et humorales relativement « satisfaisantes » et protectrices.

Il nous semble donc probable que l'intérêt à se faire vacciner soit moindre pour ces personnes, mais nous reviendrons sur ces questions dans des publications ultérieures, afin de proposer notamment une synthèse actualisée des connaissances, qui continuent d'évoluer rapidement dans ce domaine.




 

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Les Décodeurs le 04 décembre à 15h20

VOS QUESTIONS

Pourquoi dites vous que le questionnement est légitime ? (Or considération philosophique bien sûr)

-Stjean


Bonjour Stjean, 

En ce qui concerne les onze vaccins obligatoires en France, nous disposons en 2020 d'un grand recul sur leur efficacité (question que nous abordons en détails et en chiffres ici). Il est tout à fait logique de ne pas disposer des mêmes certitudes concernant les vaccins à venir contre le Covid-19, maladie qui n'était pas connue il y a encore un an. C'est pour cela que les nombreuses questions que nous recevons pour ce tchat, notamment sur les garanties mises en œuvre pour assurer la sécurité de ces vaccins, nous semblent parfaitement légitimes. Cette campagne de vaccination devra probablement s'accompagner d'un réel effort de transparence pour convaincre.

Les Décodeurs le 04 décembre à 15h08

VOS QUESTIONS

Si je comprends vos explications sur l'absence de données sur la transmission du virus par les individus vaccinés, la protection apportée par le vaccin n'est qu'individuelle. 1. J'en déduis que M. Castex se trompe lorsqu'il parle d'acte altruiste. 2. Je ne comprend pas en quoi le vaccin ralentit alors la circulation du virus. Il ne fait que protéger les vaccinés.Merci pour vos réponses.

-peano

En effet, on ne sait pas pour l'heure dans quelle mesure les vaccins réduiront la transmission du virus, et le ministère de la santé, Olivier Véran, l'a reconnu hier (ce qui est normal à ce stade). Cela dit, si les vaccins tiennent leurs promesses, vacciner des millions de personnes, à commencer par les plus fragiles, réduirait de facto le nombre de cas graves de Covid-19.

Jean Castex, quant à lui, a qualifié jeudi "d'acte altruiste" le fait de "se faire vacciner, [car] c'est se protéger mais aussi protéger les autres", et qu'il s'agit donc d'un "acte altruiste". Or, effectivement, il est trop tôt pour dire que c'est directement le cas.

A la décharge du premier ministre, on peut malgré tout retenir qu'une grande baisse du nombre de malades du Covid-19 irait de pair avec une baisse de la pression sur le système de santé et donc un probable allègement des restrictions. 

Les Décodeurs le 04 décembre à 15h04

VOS QUESTIONS

Pourra-t-on se faire vacciner si l'on suit un traitement immunosuppresseur de type biothérapie pour une maladie chronique? Ce genre de traitements interdit normalement les vaccins "vivants atténués". De quel type sont les vaccins contre le Sars Cov 2?

-Andréa


Bonjour Andréa,

En effet, comme expliqué plus tôt ici, les vaccins à virus atténué sont déconseillés pour les personnes fragiles ou immunodéprimées. Mais les nombreux vaccins contre le Covid-19 en développement partout dans le monde utilisent des techniques assez diverses, dont une très large majorité n'utilisent pas de virus atténué. C'est justement l'occasion de vous recommander la lecture de cet article publié ce matin, et qui fait le tour de la question.

 

Comment fonctionnent les futurs vaccins contre le Covid-19

On compte aujourd’hui 237 projets de vaccins contre le Covid-19 dans le monde, développés selon des techniques très différentes. Voici comment ils agissent.
Et une fois n'est pas coutume, nous vous recommandons, si vous recherchez des informations plus précises, de consulter 
le suivi des projets de vaccins assuré par nos confrères du New York Times.

Les Décodeurs le 04 décembre à 14h58

VOS QUESTIONS

Bonjour, L'ARN messager des vaccins utilisant cette technologie peut-il muter avant son injection dans le corps humain, et si oui a t'on une idée de la conséquence d'une telle mutation sur la personne vaccinée ?

-J.C.


Bonjour J.C,

Vous êtes très nombreux aujourd'hui à poser des questions sur les vaccins à ARN messager (ARNm), cette technique récente dont vous avez pu entendre parler avec les annonces concernant les vaccins de Moderna et de Pfizer/BioNTech.

Concrètement, l'ARN messager ne peut pas « muter » toute seule. Il s'agit d'une molécule chimiquement plutôt instable, mais qui n'est pas sujette aux mutations spontanées dans un environnement isolé. Une fois injectée, ces brins d'ARNm sont transportés dans un liposome, terme technique désignant une membrane faite de lipides (de graisse), dont le rôle est de conserver l'ARNm en l'état jusqu'à ce qu'elle rencontre une cellule humaine. Une fois entrée dans la cellule, l'ARNm ne pénètre pas dans le noyau de la cellule où se trouvent les chromosomes dépositaires de notre code génétique. Elle est directement « prise en charge » par la cellule, et il n'en reste aucune trace une fois que la protéine virale a été synthétisée par la cellule.

Le risque de modification de l'ADN de nos cellules est considéré comme quasi-nul (le « quasi » étant là pour rappeler que les certitudes absolues sont étrangères à la science). Nous reviendrons très bientôt, dans des articles, sur la sécurité de ces vaccins.

CERCLE APOGÉE[Les 8 conseils de Marius] Hygiène de vie, entraînement : le mode de vie des commandos Marine adapté à votre quotidien

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Les Décodeurs le 04 décembre à 14h50

VOS QUESTIONS

On parle beaucoup d'immunité en évaluant les niveau d'anticorps, mais je lis régulièrement que ce n'est pas le seul mécanisme protecteur (lymphocytes,...).Est ce que les études sur l'efficacité des vaccins prennent en compte ces paramètres et sont ils pertinents ?

-Pwouet


Bonjour Pwouet, 

Comme nous l'expliquons ici, l'efficacité des vaccins est mesurée en comparant la part de personnes malades chez les vaccinés et les non-vaccinés. Parmi les critères observés dans les essais, il y a bien les données sur des formes graves de la maladie. On s'assure donc que les vaccins réduisent le nombre de personnes atteintes par le virus, mais aussi le nombre de personnes gravement touchées, ce qui est au fond le nerf de la guerre.

Les Décodeurs le 04 décembre à 14h47

VOS QUESTIONS

Pourquoi des techniques classiques comme les virus atténués par exemple ne sont pas utilisé pour le Covid-19 ? Est-ce une question de délai de mise au point ou bien y a t'il une raison techonologique ?

-Ulysse


Bonjour Ulysse,

La technique d'inoculer un virus atténué pour provoquer une réponse immunitaire protectrice est utilisée dans le cadre de la recherche de vaccins contre le Covid-19. Selon
 le recensement du think tank américain Milken Institute, quatre projets de vaccins en développement utilisent cette technique.

Mais si elle n'est plus si utilisée, c'est parce que cette technique comporte un certain nombre de risques, dont le principal est que le virus inoculé ne soit pas suffisamment affaibli et provoque une infection réelle dans l'organisme. Cela peut arriver, spécialement chez des personnes fragiles ou immunodéprimées, dont les défenses peuvent être trop faibles pour faire face au virus, même affaibli. Il existe aussi d'autres risques, rares, mais potentiellement graves, comme celui que les anticorps produits facilitent la reproduction du virus au lieu de le neutraliser. Ces risques font l'objet de travaux de recherche, mais ont progressivement poussé les laboratoires, ces dernières décennies, à délaisser cette technique au profit d'autres, considérées comme plus sûres.

 

Les Décodeurs le 04 décembre à 14h44

VOS QUESTIONS

Bonjour. Merci pour cet échange. J'ai une question concernant les liens entre immunité collective et vaccin. Le confinement et la distanciation sociale permettent de baisser le % nécessaire de personnes à vacciner pour atteindre une immunité collective ?

-jdlery


Bonjour Jdlery, 

Plus la proportion de la population qui est immunisée est grande, plus la circulation du virus ralentit. Et ce quelle que soit la part acquise par la vaccination ou de manière naturelle (bien que dans les deux cas, cette immunité n'est pas éternelle, encore une fois). Les mesures qui visent à diminuer le nombre de contacts physiques, comme le confinement, contribuent elles aussi à ralentir la diffusion du virus. Mais ce n'est valable que lorsqu'elles sont en vigueur : le fait d'avoir été confiné en automne ne contribuera pas à nous protéger au printemps, si c'est ce que vous suggérez.

Les Décodeurs le 04 décembre à 14h39

J'ai vu qu'une étude publiée hier conclue que le vaccin de Moderna garantit au moins 3 mois d'immunité. Je comprends qu'il faudra attendre dans la pratique plusieurs mois/années pour confirmer empiriquement l'immunité que donne un vaccin, mais est-ce que les scientifiques ont déjà un avis sur la durée probable de cette immunité, ont-ils émis des hypothèses?

-vladi


Bonjour Vladi,

En effet, 
cette étude parue hier dans le New England Journal of Medicine (NEJM pour les intimes), l'une des plus grandes revues médicales, montre que le vaccin de Moderna a conféré à la modeste cohorte étudiée un bon niveau d'immunité pendant au moins 90 jours. Cependant, comme vous le soulignez, même en étudiant le niveau d'anticorps chez les personnes atteintes du Covid-19 au début de l'année, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur la durée de protection qu'une infection passée ou un vaccin pourra offrir contre ce virus.

Des six précédents coronavirus connus pour infecter les humains (le SARS-CoV-1, le MERS-CoV et quatre autres coronavirus provoquant des infections respiratoires banales), la durée de protection observée se situait entre douze et vingt-quatre mois. Il est donc relativement probable qu'une infection au SARS-CoV-2 puisse conférer une durée de protection similaire. Mais là encore, il est trop tôt pour le dire.


 

Les Décodeurs le 04 décembre à 14h38

VOS QUESTIONS

Les personnes vaccinées peuvent-elles garder un risque de transmission du Covid 19 ? Même question pour les personnes ayant été malades et ayant des anticorps.

-Claudius

Bonjour Claudius, 

La réponse est oui !

Une personne malade du Covid-19 peut, semble-t-il, le contracter une deuxième fois après plusieurs mois et donc être de nouveau infectieuse pendant quelques jours. Quant aux vaccins, les premiers éléments sur lesquels les différents laboratoires travaillaient portaient sur leur efficacité avec des niveaux de protection souvent élevés (de l'ordre de 90 % dans une premier temps), mais qui n'est déjà pas absolu. On ne sait pas, pour l'heure, dans quelles proportions les personnes vaccinées pourront contaminer leur entourage ou non mais, là encore, la protection n'atteindra vraisemblablement pas les 100 %, loin de là.

Les Décodeurs le 04 décembre à 14h29

VOS QUESTIONS

Bonjour, j'aimerais savoir quand le vaccin Pasteur sera disponible ??? Merci d'avance

-Paprika


Bonjour Paprika,

 

Le vaccin développé par les chercheurs de l’Institut Pasteur (en coopération avec le laboratoire Merck) en est encore à la première phase des tests cliniques, lancée en août 2020. Ce vaccin utilise le virus de la rougeole atténué pour « livrer » la protéine de spicule du coronavirus, une technique que l’Institut a développé dans le passé pour un candidat-vaccin contre le Chikungunya passé en phase III. Il ne devrait donc pas être prêt rapidement.
 

Sanofi-Pasteur (qui est indépendant de l’Institut Pasteur) développe également ses vaccins via deux technologies :
    • Un vaccin à base de protéines virales (avec adjuvants) dont la technique de culture a été testée et approuvée pour leur vaccin contre la grippe (FluBlok), et qui devrait bientôt passer en phase III après les phases I et II lancées en septembre. Il devrait être disponible à la mi-2021
    • Un vaccin à ARN messager développé avec la firme Translate Bio. Des tests sur les souris et les singes ont montré une bonne réponse immunitaire, et la phase I devrait s’ouvrir ce mois-ci.


 

Les Décodeurs le 04 décembre à 14h29

VOS QUESTIONS

pourquoi commencer par les personnes les plus fragiles alors qu'on ne connait pas encore précisément les effets secondaires ?

-jbrzo


Bonjour Jbrzo,

Toute campagne de vaccination repose sur une mise en perspective de ses bénéfices et de ses risques. Ici, l'idée est de vacciner d'abord les personnes fragiles car ce sont elles qui ont le plus grand risque de contracter des formes graves de Covid-19. Les données dont les autorités sanitaires disposent pour l'heure leur laissent à penser que les en protéger présente des bénéfices bien supérieurs aux risques liés aux vaccins. En pratique, ils devront faire l'objet d'une surveillance continue.

Les Décodeurs le 04 décembre à 14h25

VOS QUESTIONS

Bonjour, compte tenu qu'on dit que les tests sérologiques (qui contrôlent la présence d'anticorps) ne sont pas fiables pour prédire si l'on est immunisé ou non après une infection guérie, pourquoi les anticorps créés par un vaccin seraient-ils plus efficaces que l'immunité créé "naturellement" ?

-Philippe


Bonjour Philippe, 

Votre question semble mélanger plusieurs sujets. L'efficacité des vaccins est notamment mesurée en comparant la part de personnes malades chez les vaccinés avec celle des vaccinés dans les essais cliniques. Lorsque cette comparaison tourne à l'avantage de la population vaccinée, on en conclut que le vaccin confère une immunité (dont la durée reste sujette à caution).

L'immunité naturelle, quant à elle, n'est pas en cause (même si elle n'est pas éternelle non plus, semble-t-il, concernant le Covid-19), mais elle ne s'acquiert qu'à condition de rencontrer le virus. Or la multiplication du nombre de personnes infectées, indispensables pour atteindre une hypothétique "immunité collective", s'accompagne logiquement d'une multiplication des formes graves de la maladie et des décès.

Vaccin : pour ou contre

Par Le 28/12/2020

Cette étude montre à quel point l'utilisation des vaccins à grande échelle a très fortement contribué à l'affaiblissement voire la disparition de certaines maladies, autrefois redoutables en terme de létalité. 

C'est un fait, c'est indéniable.

Le vaccin contre la covid entrera-t-il dans ces statistiques avec la même ampleur ? Je n'en sais rien. 

Tout comme je n'arrive pas à savoir, avec certitude, si le fait d'être vacciné protège également les autres, comme je le lis très souvent de la part des pro-vaccins. J'ai lu pas mal de données à ce sujet et il y a des points de vue divergents. 

"Si je comprends vos explications sur l'absence de données sur la transmission du virus par les individus vaccinés, la protection apportée par le vaccin n'est qu'individuelle. 1. J'en déduis que M. Castex se trompe lorsqu'il parle d'acte altruiste. 2. Je ne comprend pas en quoi le vaccin ralentit alors la circulation du virus. Il ne fait que protéger les vaccinés.Merci pour vos réponses.

-peano

En effet, on ne sait pas pour l'heure dans quelle mesure les vaccins réduiront la transmission du virus, et le ministère de la santé, Olivier Véran, l'a reconnu hier (ce qui est normal à ce stade). Cela dit, si les vaccins tiennent leurs promesses, vacciner des millions de personnes, à commencer par les plus fragiles, réduirait de facto le nombre de cas graves de Covid-19.

Jean Castex, quant à lui, a qualifié jeudi "d'acte altruiste" le fait de "se faire vacciner, [car] c'est se protéger mais aussi protéger les autres", et qu'il s'agit donc d'un "acte altruiste". Or, effectivement, il est trop tôt pour dire que c'est directement le cas.

A la décharge du premier ministre, on peut malgré tout retenir qu'une grande baisse du nombre de malades du Covid-19 irait de pair avec une baisse de la pression sur le système de santé et donc un probable allègement des restrictions."

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/live/2020/12/04/covid-19-que-sait-on-des-vaccins-posez-vos-questions_6062182_4355770.html 

J'espère que ce vaccin aura un effet très bénéfique sur toutes les personnes fortement concernées par ce virus.

De notre côté, nous sommes tellement solitaires que nous ne représentons pas un risque pour les autres. On respecte les consignes sanitaires.

Quant à nous, si on l'attrape, on verra bien qui aura le dernier mot. 

L’efficacité des vaccins en onze maladies

 

« Le Monde » détaille l’impact important qu’a eu en France la vaccination sur les pathologies ciblées par les vaccins obligatoires et recommandés, données à l’appui.

Par Gary Dagorn

Publié le 01 août 2017 à 14h16 - Mis à jour le 22 mai 2018 à 12h20 

Temps deLecture 13 min.

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Plus d’options

Les nombreuses rumeurs et les questions adressées aux Décodeurs à propos des vaccins en attestent : une partie de la population française est défiante, voire opposée, à l’endroit de la vaccination ou de certains vaccins. Les réactions ont été vives à l’annonce, par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, de son souhait de rendre obligatoires huit vaccins en plus des trois actuellement prescrits par la loi.

Les professionnels de la santé restent divisés quant à la meilleure façon de faire face à l’opposition ou à la perte de confiance qui croît entre le corps médical et une partie des patients et qui entraîne souvent une chute de la couverture vaccinale sur certains vaccins, posant ainsi des problèmes de santé publique.

Si la pertinence de l’obligation par la loi est discutée jusqu’au sein des professionnels de la santé, l’efficacité des vaccins et leur bénéfice en termes de santé publique, eux, ne souffrent aucun doute. Car si les vaccins peuvent entraîner, dans de très rares cas, des effets indésirables, ils ont également fait disparaître ou se raréfier quasiment toutes les maladies qu’ils ciblaient.

Maladie par maladie, nous avons collecté, avec l’aide de l’organisme public Santé publique France, toutes les données épidémiologiques existantes sur l’impact de la vaccination sur onze pathologies (les trois actuellement obligatoires et les huit recommandés).

Sommaire

Diphtérie

Tétanos

Poliomyélite

Coqueluche

Rougeole

Rubéole

Oreillons

Hépatite B

Haemophilus influenzae B

Pneumocoque

Méningocoque C

Diphtérie

Vaccin obligatoire inscrit au calendrier vaccinal en 1938.

Couverture vaccinale :

Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

   

24 mois

6 ans

11 ans

15 ans

98,9 %

La diphtérie, maladie provoquée par la toxine de la bactérie Corynebacterium diphteriae, peut être mortelle, notamment pour les enfants. Responsable de plus de 3 000 décès en 1945, l’incidence de la maladie a très fortement chuté après la généralisation de la vaccination la même année. Aujourd’hui, la diphtérie a quasiment disparu de l’Hexagone et les rares cas déclarés sont importés (d’un autre pays) chez des sujets non ou mal vaccinés (c’est-à-dire n’ayant pas reçu toutes les doses).

Impact épidémiologique : chute de 99,98 % des cas en soixante-dix ans

Nombre de cas de diphtérie entre 1945 et 2016 (corynebacterium diphtheriae + corynebacterium ulcerans)

0100002000030000400005000019381950196219741986199820101942194619541958196619701978198219901994200220062014◀ Vaccin rendu obligatoire en 1938

Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires)

Tétanos

Vaccin obligatoire introduit en 1938, inscrit au calendrier vaccinal en 1940, obligatoire pour les nourrissons depuis 1952.

Couverture vaccinale :

Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

   

24 mois

6 ans

11 ans

15 ans

98,9 %

Comme la diphtérie, le tétanos est une infection devenue extrêmement rare en France grâce à la vaccination. A la différence que la maladie n’est pas éradicable car due à la toxine produite par une bactérie naturellement présente dans la terre. La couverture vaccinale très haute a permis de réduire radicalement le nombre de personnes infectées, mais ne protège pas toute la vie. L’immunisation ne dure qu’une vingtaine d’années et le manque de rappels chez les adultes affaiblit la protection (en 2012, un Français sur deux se disait à jour de ses rappels). Sur les 111 cas déclarés entre 2004 et 2013, 83 % concernaient des personnes âgées de plus de 70 ans. Vingt-neuf d’entre elles sont mortes de la maladie.

L’infection survient principalement après des blessures minimes (dues entre autres à des travaux de jardinage) lorsque la plaie est en contact avec la terre, du matériel contaminé ou des animaux (griffures, morsure).

Impact épidémiologique : chute de 97 % des cas depuis 1946

Nombre de cas de tétanos entre 1946 et 2015.

0100200300400500600194619491952195519581961196419671970197319761979198219851988199119941997200020032006200920122015◀ Vaccin rendu obligatoire en 1940

Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires) & Agence national de service à la personne

Poliomyélite

Vaccin obligatoire introduit en France en 1958, inscrit au calendrier vaccinal en 1964.

Couverture vaccinale :

Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

   

24 mois

6 ans

11 ans

15 ans

98,9 %

La poliomyélite a disparu de France depuis 1989, date du dernier cas autochtone diagnostiqué (à l’exception du cas importé de 1995), grâce à la vaccination (rendue obligatoire en 1964). La maladie est considérée comme éradiquée en Europe depuis 2012 et fait l’objet d’un programme d’éradication mondiale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1988. Elle ne persiste durablement que dans deux pays (le Pakistan et l’Afghanistan) et l’OMS espère l’éradiquer d’ici à 2018.

Dans les dix ans qui ont précédé l’introduction du premier vaccin contre la poliomyétile en 1958, la maladie a tué plus de 2 200 personnes (selon les déclarations obligatoires qui ne sont pas exhaustives).

Impact épidémiologique : plus aucun cas en France depuis 1995

Nombre de cas de poliomyélite entre 1949 et 2015.

07001400210028003500420019491952195519581961196419671970197319761979198219851988199119941997200020032006200920122015◀ Vaccin introduit en 1958

Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires)

Coqueluche

Vaccin introduit en France en 1959, inscrit au calendrier vaccinal en 1966.

Couverture vaccinale :

Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

   

24 mois

6 ans

11 ans

15 ans

98,6 %

La coqueluche étant une maladie mortelle seulement pendant les premiers mois de vie, la vaccination contre cette maladie respiratoire a pour objectif principal de protéger les nourrissons (bien que des formes sévères puissent survenir aussi chez l’adulte). L’incidence de la coqueluche, qui est provoquée par la bactérie Bordetella pertussis, a baissé suite à l’introduction du premier vaccin, le Vaxicoq, en 1959, mais c’est suite à l’inscription au calendrier vaccinal du nourrisson et à l’arrivée du vaccin Tétracoq en 1966 que l’incidence va réellement plonger jusqu’au milieu des années 1980, époque à laquelle la déclaration obligatoire fut levée.

Les données plus récentes collectées par le réseau Rénacoq depuis 1996 montrent que le vaccin actuel, dont la durée de protection est faible (entre deux et quatre ans), ne permet plus de continuer à réduire drastiquement l’incidence de la coqueluche, car, comme beaucoup de maladies très contagieuses, la coqueluche connaît des cycles que la vaccination ne peut briser entièrement que lorsque l’immunité de groupe est suffisante pour empêcher sa transmission. Or, si les nourrissons sont aujourd’hui bien protégés (avec 98,6 % de couverture à 2 ans), la bactérie continue de circuler chez les adolescents et chez les adultes, qui ne sont, eux, plus protégés. C’est un problème pour les nourrissons de moins de 2 mois qui ne sont pas vaccinés et qui ne peuvent être protégés qu’indirectement par la protection des adultes de leur entourage (dont les parents). C’est pourquoi la France a adopté une stratégie dite de « cocooning » destinée à vacciner les jeunes adultes et futurs parents, principaux contaminateurs des nourrissons.

Malgré cela, la couverture vaccinale chez les adultes reste insuffisante et n’a pas permis de briser lesdits cycles (bien qu’en 2015, l’incidence chez les nourrissons ait atteint un minimum historique en dépit de l’amélioration conséquence du diagnostic depuis quinze ans).

En février 2016, une étude a estimé qu’une couverture vaccinale à 75 % chez les adolescents et les adultes aurait pu éviter au moins 429 cas de coqueluche chez les moins de 3 mois entre 2004 et 2012 (et au plus 617, selon la fourchette haute), ce qui correspond à une fourchette de dix à quinze morts de nourrissons évitées.

Impact épidémiologique : chute de 99,3 % des cas entre 1959 et 1985

Nombre de cas de coqueluche entre 1945 et 1985.

02000400060008000194519471949195119531955195719591961196319651967196919711973197519771979198119831985◀ Vaccin introduit en 1959

Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires)

Nombre de cas graves de coqueluche chez l'enfant entre 1996 et 2015.

010020030040050019961997199819992000200120022003200420052006200720082009201020112012201320142015

Source : réseau Rénacoq

Rougeole

Vaccin introduit en France en 1968, inscrit au calendrier vaccinal en 1983.

Couverture vaccinale (2 doses) :

Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

   

24 mois

6 ans

11 ans

15 ans

78,8 %

La rougeole est une infection virale éruptive qui fait l’objet d’un programme d’éradication en France et en Europe sous l’égide de l’OMS depuis 2005. Cette maladie hautement contagieuse touche principalement les nourrissons et peut entraîner chez eux des complications rares mais sévères, voire mortelles (encéphalite, pneumopathie, etc.). Surveillée depuis 1985 par le réseau Sentinelles (créé en 1984) pour observer les effets de la vaccination généralisée débutée en 1983, l’incidence de la maladie a très largement chuté, passant de plusieurs centaines de milliers de cas annuels à seulement quelques centaines en 2015, au fur et à mesure que la couverture vaccinale augmentait.

En 2008, la maladie fut considérée suffisamment rare pour rendre obligatoire sa déclaration par n’importe quel médecin, permettant de suivre sa progression de manière plus précise qu’avec le réseau Sentinelles. Malheureusement, la couverture vaccinale insuffisante pour les deux doses nécessaires du vaccin a provoqué une épidémie de rougeole inédite en France entre 2008 et 2012.

Depuis 2008, 43 000 cas de rougeole ont été déclarés dans l’Hexagone (en prenant en compte la sous-déclaration), entraînant 6 655 hospitalisations (selon le programme de médicalisation des systèmes d’information – PMSI), près de 1 500 pneumopathies graves, 31 encéphalites, une myélite et deux syndromes de Guillain-Barré. Au moins dix personnes sont mortes de la rougeole lors de l’épidémie : trois sujets vaccinables mais non vaccinés et sept ayant des contre-indications (immuno-dépressives, c’est-à-dire que leurs défenses immunitaires étaient largement affaiblies ou inexistantes, rendant leur protection dépendante de la vaccination des autres).

La contagiosité de la maladie est telle qu’en l’absence d’une très haute couverture vaccinale des deux doses requises (estimée suffisante vers 95 %), le risque de nouvelles épidémies n’est pas écarté. En 2015, la maladie a atteint 364 nouveaux cas (dûs à un foyer épidémique en Alsace) et en 2017, entre le 1er janvier et le 15 juin, ce sont 295 cas qui ont été signalés (un autre foyer épidémique en Lorraine a été détecté). A la date du 30 avril, deux cas d’encéphalite et 18 pneumopathies graves ont été recensés. Le 27 juin, une jeune fille de 16 ans qui n’était pas vaccinée est décédée de la rougeole.

La couverture vaccinale insuffisante peut notamment s’expliquer par la controverse provoquée par une étude parue en 1998 dans la revue The Lancet par le britannique Andrew Wakefield, faisant le lien entre le vaccin ROR et l’autisme. Alors même que l’étude en question a été strictement contredite par tous les travaux de recherche ultérieurs, que la revue l’ayant publiée s’est rétractée, qu’elle était gravement entachée de manquements méthodologiques et motivée par un financement de son auteur, l’impact médiatique qu’elle a eu sur l’opinion occidentale a alimenté une méfiance qui perdure.

Impact épidémiologique : chute de 99,8 % des infections depuis 1985

Nombre de cas de rougeole entre 1985 et 2015.

0600001200001800002400003000003600004200004800005400001985198719891991199319951997199920012003200520072009201120132015◀ Vaccin introduit en 1968

Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires) & réseau Sentinelles

Rubéole

Vaccin introduit en France en 1976, inscrit au calendrier vaccinal en 1983.

Couverture vaccinale (2 doses) :

Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

   

24 mois

6 ans

11 ans

15 ans

78,8 %

La rubéole est une maladie infectieuse virale bénigne touchant principalement les enfants de moins de 3 ans, mais pouvant provoquer de graves malformations congénitales à un nouveau-né (voire la mort du fœtus) lorsque la mère est atteinte dans le premier trimestre de sa grossesse.

Après quelques années de variations entre l’introduction du vaccin (1976) et son inscription au calendrier vaccinal (1983), l’incidence des infections rubéoleuses en cours de grossesse et des malformations congénitales a durablement baissé et touche désormais environ une naissance sur cent mille. Santé publique France, sous la plume du docteur Daniel Lévy-Bruhl, responsable de la vaccination, estimait en 2016 que les 58 infections en cours de grossesse (dont six rubéoles malformatives) déclarées entre 2004 et 2013 « auraient pu être évitées si le calendrier vaccinal avait été respecté » (c’est-à-dire si la couverture vaccinale avait atteint 95 %).

Impact épidémiologique : chute de 97,1 % de l'incidence des infections et malformations depuis 1983

Taux d'incidence des infections rubéoleuses en cours de grossesse et des rubéoles congénitales malformatives par 100 000 naissances entre 1976 et 2014.

010203040506019761978198019821984198619881990199219941996199820002002200420062008201020122014◀ Vaccin introduit en 1976

Source : réseau Rénarub

Oreillons

Vaccin introduit en France et inscrit au calendrier vaccinal en 1986.

Couverture vaccinale (2 doses) :

Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

  

24 mois

6 ans

15 ans

78,8 %

Les oreillons, maladie contagieuse virale affectant les glandes salivaires proches des oreilles, se sont largement raréfiés depuis l’introduction de la vaccination en 1986, passant de 475 000 cas annuels à moins de 9 000 en 2015. La maladie est bénigne la plupart du temps mais, à l’instar de la rougeole et de la rubéole, peut entraîner des complications graves (méningites, surdité temporaire ou définitive, inflammation des testicules), spécialement chez les adolescents et jeunes adultes (beaucoup plus rarement chez les enfants). Bien qu’un rappel soit recommandé à l’âge de 11 ans (et mieux suivi que la moyenne des rappels avec 93,2 % de couverture vaccinale à cet âge), la maladie est plus difficile à éliminer complètement en raison de la durée limitée de protection immunitaire qu’offre le vaccin actuel, moins efficace que les souches de rougeole et de rubéole présentes dans le même vaccin.

Santé publique France notait en 2016 qu’« il n’est pas certain que l’atteinte d’une couverture vaccinale de 95 % avec le vaccin triple ROR permette d’éliminer définitivement les oreillons ». Plusieurs cas groupés d’oreillons ont ainsi été attestés parmi des jeunes adultes vaccinés en tant que nourrissons.

Impact épidémiologique : chute de 98,4 % des infections depuis 1986

Taux d'incidence des oreillons entre 1986 et 2015.

025050075010001250198619881990199219941996199820002002200420062008201020122014◀ Vaccin introduit en 1986

Source : réseau Sentinelles

Hépatite B

Vaccin introduit en France en 1982, inscrit au calendrier vaccinal en 1994.

Couverture vaccinale :

Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

   

24 mois

6 ans

11 ans

15 ans

88,1 %

L’hépatite B est une infection du foie d’origine virale qui, sous sa forme aiguë, se guérit en quelques semaines, mais qui, sous ses formes chronique ou fulminante, entraîne des complications sévères létales (respectivement des lésions du foie provoquant une cirrhose ou un cancer et une atteinte du foie nécessitant une greffe).

Recommandé pour les nourrissons depuis 1994 par les autorités et objet d’une grande campagne dans le milieu des années 1990, le vaccin contre l’hépatite B a contribué à réduire grandement le nombre d’hépatites B fulminantes et aiguës, malgré une couverture vaccinale insuffisante, spécialement chez les adolescents, où elle stagne à environ 45 % seulement. La couverture chez les nourrissons, au départ très faible (27,5 % en 1998 à 2 ans) a progressivement augmenté et frôle désormais les 90 % (88,1 % en 2015).

Reste que, depuis 2003-2004, la maladie n’a que peu reculé en raison de l’insuffisance de la couverture vaccinale des adolescents et jeunes adultes, et que les gains récents de couverture vaccinale chez les nourrissons n’auront d’impact que d’ici au moins quinze ans (l’hépatite B se transmet par le sang ou d’autres fluides, mais la transmission sexuelle reste le facteur de risque le plus élevé). Sur les 969 cas déclarés entre 2006 et 2013, 489 sont survenus chez des sujets ayant reçu uniquement la première dose du vaccin mais pas la seconde, pourtant requise pour assurer une protection contre la maladie.

En prenant en compte la sous-déclaration (on estime que seulement un cas sur cinq d’hépatite B est déclaré), le respect du calendrier vaccinal pourrait éviter entre 260 et 300 infections aiguës symptomatiques addittionnelles chaque année.

La faible couverture vaccinale s’explique notamment par la polémique qui a entouré le vaccin contre l’hépatite B, accusé de provoquer des scléroses en plaques (SEP). Pourtant, après plusieurs années de recherche sur la question, aucun lien entre le vaccin et cette affection n’a jamais pu être démontré. Si tous les doutes ne sont pas écartés en raison des difficultés à démontrer l’absence de lien entre le vaccin contre l’hépatite B et la survenue d’une SEP, la communauté scientifique est confiante et estime « hautement probable » l’apparition de maladies préexistantes concomitante à la vaccination à l’hépatite B, étant donné le très grand nombre de Français vaccinés en quelques années (25 millions de personnes entre 1994 et 2000).

Sur la dizaine d’études menées sur la question, neuf ont conclu à une absence de lien de causalité et une seule a conclu à une augmentation significative du risque de développer une SEP.

Dans le cas où un lien existerait, deux études ont tenté de modéliser le rapport bénéfice/risque. Une étude française montre que la vaccination de 800 000 préadolescents de 10 ans à 12 ans exposerait à 1,1 cas supplémentaire de sclérose en plaques tout en évitant jusqu’à 21 cas d’hépatite fulminante et 49 cirrhoses. L’étude italienne montre que la vaccination de 100 000 adolescents de 12 ans entraînerait 0,4 à 1 cas supplémentaire de sclérose tout en évitant 1 063 nouvelles hépatites et 51 cirrhoses. Ces études sont faites sous l’hypothèse d’un lien entre cette maladie et le vaccin, hypothèse qui n’est pour l’heure pas démontrée.

Impact épidémiologique : chute de 90 % des greffes en treize ans

Nombre de tranplantations pour hépatite B fulminante entre 1990 et 2003.

051015202519901991199219931994199519961997199819992000200120022003◀ Vaccin introduit en 1982

Source : registre européen des greffes hépatiques (ELTR), Pr D. Samuel

Chute de l'incidence entre 2000 et 2008

Taux d'incidence de l'hépatite B aigüe entre 2000 et 2008.

07142128354249200020012002200320042005200620072008◀ Vaccin introduit en 1982

Source : réseau Sentinelles

Précision : les données du réseau Sentinelles étant approximatives du fait de la rareté de la maladie et de la difficulté d'établir des chiffres nationaux, seule la tendance est pertinente.

Nombre de cas estimés d'hépatite B symptomatiques entre 2003 et 2015.

0501001502002502003200420052006200720082009201020112012201320142015◀ Inscrit au calendrier vaccinal en 2004

Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires)

Haemophilus Influenzae B

Vaccin introduit en France et inscrit au calendrier vaccinal en 1992.

Couverture vaccinale :

Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

  

9 mois

24 mois

11 ans

96,6 %

Le vaccin contre Haemophilus influenzae a permis de réduire drastiquement les infections invasives (principalement des méningites) que cette bactérie provoque. De cinquante cas pour cent mille personnes, l’incidence a chuté à moins d’un cas pour cent mille personnes en moins de dix ans de vaccination. Lors de l’introduction de celle-ci en 1992, cette bactérie était responsable de plus de mille cas chez l’enfant, provoquant près de 600 méningites, une trentaine de décès et une centaine de cas avec séquelles définitives.

Depuis, aucune infection invasive due à cette bactérie n’a été diagnostiquée chez un enfant ayant reçu la série vaccinale complète, et l’immunité de groupe engendrée par la haute couverture vaccinale a pu également réduire les risques chez les nourrissons de moins de 3 mois, trop jeunes pour être vaccinés. Entre 1996 et 2012, 43 cas de méningite ont été diagnostiqués chez des enfants non vaccinés (29) ou partiellement vaccinés (14), dont une grande partie était évitable par la vaccination.

Impact épidémiologique : chute de 98 % de l'incidence chez les enfants en treize ans

Taux d'incidence des méningites à Haemophilus influenzae chez les enfants de moins de cinq ans entre 1991 et 2015.

01020304050601991199219931994199519961997199819992000200120022003200420052006200720082009201020112012201320142015◀ Vaccin introduit en 1992

Source : réseau Epibac

Pneumocoque

Vaccin introduit en France et inscrit au calendrier vaccinal en 2003.

Couverture vaccinale :

Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

9 mois

24 mois

92,4 %

Le pneumocoque est une bactérie provoquant des infections invasives sources de complications graves, telles que des méningites, septicémies ou des pneumonies, et peut occasionner des séquelles sévères (épilepsie, surdité, etc.), dont le taux de mortalité est très haut (10 % à 30 % chez l’adulte, 10 % chez l’enfant).

La vaccination débutée en 2003 a permis un recul certain mais limité des infections invasives dues à la bactérie. Les baisses sont de 48 % et 38,5 % pour, respectivement, les plus jeunes (moins 1 an) et les seniors (plus de 65 ans). La baisse de l’incidence chez les plus âgés étant un bénéfice indirect de l’immunité de groupe obtenue par la vaccination des plus jeunes. Cette réduction limitée s’explique notamment par l’inefficacité du premier vaccin à combattre tous les pneumocoques (le Prévenar-7), celui-ci ne contenant que sept sérotypes (sept variantes de la bactérie) alors qu’il existe 94 souches recensées en circulation.

Le Prévenar-13, un vaccin contenant treize sérotypes responsables en 2008 de 67,8 % des infections chez les enfants de 0 à 23 mois et de 77,6 % des infections pour les 1 à 3 ans l’a remplacé en 2010 et permet de protéger plus efficacement les nourrissons. Malgré cela, le vaccin actuel à treize sérotypes est jugé peu apte à éliminer totalement les infections par pneumocoque, car les sérotypes non ciblés par le vaccin ont tendance à émerger et à « remplacer » ceux qui déclinent. Le phénomène est plus léger que lorsque le premier vaccin à sept sérotypes était utilisé, mais persiste.

Entre 2003 et 2007, on estime qu’une meilleure couverture vaccinale aurait pu éviter entre 45 et 121 cas d’infections invasives dues au pneumocoque, correspondant à une fourchette de cinq à douze morts évitables et quatorze à trente-six enfants atteints de séquelles elles aussi évitables.

Impact épidémiologique : chute de 48 % des cas d'infections invasives chez les moins d'un an depuis 2003

Nombre de cas par 100 000 personnes d'infections invasives à pneumocoque de 1998 à 2015.

010203040Moins d'un anPlus de 65 ansTous âges199819992000200120022003200420052006200720082009201020112012201320142015◀ Prévenar-7◀ Prévenar-13

Source : réseau Epibac, Santé Publique France & Centre National de référence des pneumocoques

Méningocoque C

Vaccin introduit en France en 2002 et inscrit au calendrier vaccinal en 2010.

Couverture vaccinale :

Proportion de vaccinés en 2016 parmi les sujets âgés de :

    

2 ans

3-9 ans

10-14 ans

15-19 ans

20-25 ans

70,9 %

Les infections à méningocoque C sont dues à Neisseria meningitidis (une bactérie présente dans la gorge de 30 % des adolescents et 10 % des adultes) et provoquent des méningites et des septicémies redoutables (mortelles dans 20 % à 30 % des cas). Les infections invasives touchent surtout les nourrissons, les jeunes enfants et les jeunes adultes de 15 ans à 24 ans.

Malheureusement, la couverture vaccinale est largement insuffisante pour espérer faire reculer durablement et efficacement ces infections potentiellement mortelles ou causes de séquelles définitives. L’incidence a nettement baissé dès 2002 pendant huit ans, avant de croître à nouveau, commençant un nouveau cycle que la faible couverture vaccinale n’a pas permis d’enrayer.

Entre 2011 et 2015, 569 cas de ces infections ont été déclarés, dont 255 sont survenus chez des sujets non vaccinés ciblés par le vaccin (de 1 an à 24 ans). Les vingt-cinq décès qui en ont résulté ont été estimés quasiment tous évitables par une haute couverture vaccinale. Chez nos voisins européens (Royaume-Uni, Pays-Bas) ayant atteint une couverture vaccinale élevée (supérieure à 85 %), le vaccin a permis une réduction de plus de 80 % des cas.

Impact épidémiologique : chute de 46,8 % des infections invasives à méningocoque C

Nombre de cas d'infections invasives à méningocoque C entre 1995 et 2016.

0501001502002503001995199619971998199920002001200220032004200520062007200820092010201120122013201420152016

2005
● Nombre de cas: 159 cas

◀ Vaccin introduit en 2002

Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires)

A propos des données

Les données utilisées en Open Data

A CŒUR OUVERT : témoignage

Par Le 26/12/2020

 

Coeurouvertwhite

 

 

 

 

Plusieurs passages de ce livre m'ont porté durant ma convalescence.
J'avais recopié quelques citations et je les relisais quand les forces et le moral m'abandonnaient.
Si je suis debout aujourd'hui, c'est en partie grâce à Thierry .
Ayant vécu une épreuve similaire, il m'a insufflé une part de sa force mentale par le biais de son livre (qu'il m'a envoyé un matin) et de ses mails échangés.
Merci Thierry pour ce magnifique cadeau !

PS : Ce livre est un ressourcement. L'âme de l'auteur est mise à jour...
C'est donc dans la logique des choses qu'il s'est trouvé un dernier coin de paradis : la nature, la vraie, sans artifices.

Vincent

 

 

 

Merci infiniment Vincent. Rien ne peut m'enthousiasmer davantage dans le registre de l'écriture de romans que ceux-ci puissent se révéler utiles.
"Si je suis debout aujourd'hui, c'est en partie grâce à Thierry ."
Tu es le deuxième lecteur à m'écrire ce témoignage. Le premier émanait d'une personne amputée tibial. Elle a lu "Là-Haut" après avoir assisté à une remise de prix à laquelle j'avais été invité. Ce monsieur a décidé d'aller en montagne, pour la première fois, l'été suivant cette lecture. Il voulait éprouver réellement le cheminement du personnage principal du livre. Puisque lui aussi est amputé.
Sans doute faut-il avoir exploré les abysses en soi pour pouvoir les raconter. Sachant cela, je bénis mon parcours pour ce qu'il m'a permis de développer : l'écriture.

 

Castoriadis et la démocratie

Par Le 25/12/2020

A écouter ou à lire pour avoir une vision claire de la démocratie. 

Politique et paradis fiscaux

Par Le 25/12/2020

« Si nos politiciens étaient honnêtes, le système égotique actuel ne tiendrait pas longtemps. »

 

Ces grands possédants n’ont jamais eu de peine à s’entendre pour conserver leurs intérêts, et ils décident d’utiliser les paradis fiscaux pour faire de l'évasion fiscale, mais surtout rendre intraçables des transactions, illégales la plupart du temps.

 

 

https://lareleveetlapeste.fr/si-nos-politiciens-etaient-honnetes-le-systeme-egotique-actuel-ne-tiendrait-pas-longtemps/?

3 novembre 2020 - Matthieu Delaunay

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Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

 

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Avec « Là où est l’argent », Maxime Renahy signe un témoignage personnel saisissant et rare ainsi qu’un cours magistral sur son travail dans les services secrets contre la fraude et les paradis fiscaux. Entretien autour de l’éthique, de l’intégrité et de l’intérêt général.

Propos recueillis par Matthieu Delaunay – @Delaunaymatth

LR&LP : Qu’est-ce qui vous a amené, alors que vous étiez administrateur de fonds à Jersey, à proposer votre collaboration à la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) ?

Maxime Renahy : Mon grand-père paternel et mon père ont été des piliers de mon éducation. En 1941, mon grand-père s’est engagé dans la résistance. Il a notamment sauvé des rafles de nombreux juifs, puis a été capturé par les Allemands. Il s’est ensuite échappé, a pris la direction du Maghreb où il a rejoint les FFL (Forces françaises libres, ndlr) où il est devenu goumier (membre d’unités d’infanteries légères composées de troupes marocaines, ndlr).

Vingt ans plus tard, pendant la guerre d’Algérie, il a aidé pendant deux ans une trentaine d’Algériens en les cachant dans une chapelle au fond de son jardin. Il a répondu à l’appel d’un curé réputé de Besançon qui cherchait quelqu’un pour protéger les Algériens des ratonnades qui avaient cours à cette période.

Mon grand-père était quelqu’un de taiseux, très catholique, droit et austère, mais auprès de qui j’ai ressenti beaucoup de choses. C’était un homme qui, à 19 ans, a mis sa vie en jeu contre l’avis de son père pour rentrer dans l’illégalité afin de servir l’intérêt collectif.

Mon père, lui, a été un établi (militant politique établi dans une usine pour y partager la condition de vie ouvrière et y diffuser ses idées, ndlr) dans les années 70, pendant 10 ans sous une fausse identité. C’était le n°3 d’un parti maoïste interdit par Valéry Giscard d’Estaing. Dans ma famille, y a donc toujours eu cet aspect de servir jusqu’au bout et à l’excès.

Nous vivions dans la pauvreté, mais, pour mon père, il n’y avait rien de plus beau que de se dédier à l’intérêt général.

Ces personnes-là m’ont forgées et c’est sans doute pour cela que j’ai toujours été à la recherche d’une vie d’aventure au service du collectif. Après mon bac, je me suis mis à travailler dans l’hôtellerie de luxe pour vivre. Arrivés à Paris avec mon frère, plutôt que d’aller visiter la tour Eiffel, je lui ai demandé de me prendre en photo dans le 20ème arrondissement, devant la caserne de la Direction générale des services extérieurs (DGSE, ndlr).

La vie offre toujours une porte dérobée pour arriver dans un endroit dans lequel on ne nous attend pas à l’origine. Je suis rentré dans le journalisme sans la formation, dans la finance sans la formation, à la DGSE sans la formation, et j’ai écrit un livre sans formation non plus. Cette prédétermination, c’est à chacun de la dépasser pour laisser libre court à sa créativité. Le désir et le travail font que les opportunités s’ouvrent.

Votre plongée dans le monde des paradis fiscaux commence alors que vous travaillez en Angleterre.

Quand une amie anglaise, rencontrée alors que je travaillais dans un hôtel de luxe, me propose d’aller travailler à Jersey, je ne savais rien sur les paradis fiscaux, rien sur les lanceurs d’alertes. Nous sommes en 2007, et peu de médias traitaient ces sujets. Le monde de l’information a beaucoup changé en 15 ans.

J’ai accepté cette proposition sans hésiter, car j’ai eu l’intuition que c’était l’opportunité de travailler avec la DGSE. Je me suis dit que cela pourrait être le moyen de faire advenir mes rêves. Dans une société basée sur la raison, parler d’intuition peut sembler un peu naïf, mais j’ai toujours fonctionné comme ça.

Vous arrivez donc à Jersey.

En quelques semaines, je comprends que je suis dans le « Saint des saints ». Il m’a d’abord fallu beaucoup travailler pour bien comprendre ce que je faisais et avec qui. J’ai eu la chance de travailler sous la direction d’un mentor qui m’a appris toutes les ficelles du métier d’administrateur de fonds et au bout de quatre mois, je me suis dit que j’avais l’opportunité de contacter la DGSE.

Après une première tentative ingénue de prise de contact sur le site web de l’armée, je tente plus tard, par un appel téléphonique, d’en savoir plus. Puis, je fais la rencontre de celui qui deviendra mon officier traitant, qui donnera suite à d’autres rencontres qui s’étalent sur un peu moins d’un an. Ensuite, tout est allé très vite. J’ai travaillé pour la DGSE pendant 5 ans en tant qu’agent secret.

Beaucoup ne comprennent pas vraiment les termes qui ont trait à la haute finance. Selon ma compréhension, un fonds d’investissement est un organisme qui permet à un collectif de détenir et gérer des actifs financiers pour bénéficier d’une gestion professionnelle et profitable. Pourriez-vous en détailler les origines et les pratiques ?

Dans mon portefeuille de gestion, à Jersey puis au Luxembourg, il y avait une immense majorité de Fonds Private equity (Fonds d’investissement en capital dans des entreprises non cotées, ndlr), qui n’est pas du capital risque. Il s’agit d’un titre de fonds spécifique de rachat de sociétés non cotées en bourse, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne puissent pas le devenir par la suite.

Les membres de ces fonds jouent sur toutes les paramètres pour s’enrichir : en sur endettant les entreprises qu’ils rachètent, en remontant des profits via très souvent un remboursement de dette fictive vers des paradis fiscaux, en désossant les entreprises pour les revendre plus facilement, etc.

Je fais un petit rappel historique : le système de finance offshore vient de la Suisse, de la Grande-Bretagne et des États-Unis et apparait à la fin du 19ème siècle. Dès les années 1920, d’énormes fortunes américaines s’organisent en fonds d’investissement pour s’associer et être plus fortes et profitables (le livre de Christian Chavagneux à ce sujet est une référence).

Ces grands possédants n’ont jamais eu de peine à s’entendre pour conserver leurs intérêts, et ils décident d’utiliser les paradis fiscaux pour faire de l’évasion fiscale, mais surtout rendre intraçables des transactions, illégales la plupart du temps.

Pour cela ils usent de la création de monopoles, d’abus de bien sociaux, d’abus de confiance, de délits d’initiés, du blanchiment d’argent, etc. Cette pratique s’est accélérée avec l’explosion de l’industrialisation et de la mondialisation et le développement de l’informatique.

La richesse a augmenté de façon exponentielle, les pratiques d’évasion fiscale se sont accrues et complexifiées avec les Hedges Funds par exemple, qui sont peu réglementés et réservés à la catégorie des investisseurs institutionnels ou aux grandes fortunes. Il y a aussi les fonds en immobilier, capital-risque, fonds souverains.

Tous fonctionnent de façon opaque et je témoigne que les groupes dits « respectables » en utilisent et que les multinationales utilisent également d’autres moyens pour transférer leurs profits. Je n’avais pas une grande connaissance en dehors des multinationales bancaires et des assurances de par mon parcours à Jersey et au Luxembourg.

Mais c’est grâce au groupe que j’ai monté en 2013, constitué aujourd’hui d’une cinquantaine de personnes qui travaillent avec moi sur ces sujets, que je me suis formé sur les fraudes des multinationales et des prix de transfert.

Capture d’écran d’un entretien à Thinkerview

C’est donc avec cette masse d’argent mise en commun que les détenteurs de fonds s’enrichissent, et ce, par des moyens légaux, illégaux et amoraux ?

Exactement. Le côté légal n’est qu’un vernis. Ces pratiques sont tout le temps illégales et immorales en permanence, mais ne parlons même pas de ce dernier point.

Vous parlez de vernis légal. Mais pourquoi son existence ? Qui fait ces lois ? Pour quels intérêts ?

Je vais donner un exemple. Je viens de terminer une Investigation sur le groupe Verallia, leader mondial de l’emballage en verre. Cette entreprise va licencier 200 personnes dans le Sud-ouest de la France, à Cognac. Mon ami Fabien Roussel, député et secrétaire national du Parti communiste français, m’a demandé de regarder ça, car les salariés et lui trouvent que cette histoire est louche.

J’ai donné un premier coup de sonde et constaté qu’effectivement, il y avait des choses bizarres. J’ai donc investigué en urgence, et voilà ce que j’ai découvert. En décembre 2019, Verallia a transféré 559 millions d’euros de sa holding basée au Luxembourg vers les iles Caïmans, qui est sur la liste noire des paradis fiscaux.

Pendant ce temps, la BPI (Banque publique d’investissement, ndlr) est investie aux côtés du fonds d’investissement Apollo, dans Verallia. En plus de ce transfert, ils ont remonté des profits de plusieurs centaines de millions d’euros sur cinq ans, via une dette à un taux usurier de remboursement, de 8 %, interdit par les directives européennes.

Le fonds se prête à lui-même au niveau des structures européennes pour remonter les profits de façon déguisée.

Or, nous sommes dans une période où les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas, pour ne pas dire négatifs parfois, pour les entreprises. En plus de cela, le management de Verallia touchait des actions gratuitement du groupe, s’il respectait des objectifs de restructuration.

Dans le même temps, se pose la question des salariés qui n’ont pas touché la part due de leur participation et de leur intéressement, auxquels ils avaient légalement droit. Pour expliquer cela, on leur a fait croire qu’il n’y avait pas suffisamment d’argent dans l’entreprise, alors qu’on a fait remonter des profits faramineux vers les paradis fiscaux.

Suite à cette enquête, j’ai été contacté par le FISC qui a déclenché deux contrôles sur Verallia. Au cours d’un appel téléphonique, ils m’ont proposé de nous rencontrer à la DVNI (Direction des vérifications nationales et internationales qui contrôle tous les impôts, droits et taxes dus par les entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 150 millions d’euros, ou dont l’actif brut est supérieur à 400 millions d’euros, ndlr). J’ai accepté avec plaisir cette invitation et j’attends maintenant une proposition de date.

Réunion de la CGT devant un des sites de Verallia

Mais ce vernis légal ne sort pas de nulle part ?

Non. Toutes ces façons de faire en France, ne pourraient continuer sans des réseaux, des connivences, des amitiés au plus haut niveau de l’Etat, avec des hauts fonctionnaires et certains politiques qui permettent d’organiser ça depuis 50 ans.

On peut dire que l’adversaire, c’est « le monde de la finance, les Chinois et les Américains qui nous pillent », ce qui est vrai ; mais si en face nous avions des gens qui défendaient l’intérêt collectif, qu’ils croient ou pas en l’indépendance de la Nation, ou en une forme de souveraineté, les choses se passeraient différemment.

Ce qui se passe, c’est que, en plus d’être incompétents, ces gens vivent avant tout en vendant la souveraineté de la France, du collectif, au plus offrant. Je ne peux pas faire grand-chose de plus que de semer des graines pour ce qui va se passer dans le futur, s’il se passe quelque chose, ce qui est aussi loin d’être sûr.

Pensez-vous que la population, dans son ensemble, souhaite que ces états de fait changent ?

Je pense que, pour la majorité, les gens s’en fichent encore. Ils ne changeront pas leur façon de vivre, de penser et de s’entre-aider avec la crise écologique qui couve. Pour eux, ça n’est pas suffisant pour bouger.

Mais si une crise économique majeure met une partie du système à terre, quelques-uns se réveilleront et se demanderont : « comment tourne cette machine ? Qui fait marcher l’Etat ? ».

Selon moi, tant qu’il y aura une couche moyenne aisée en France, qui représente à peu près 30 % de la population, tant que ces personnes resteront confortablement installées à leur place, il n’y aura pas de changement.

Et les lanceurs d’alertes, les syndicalistes et les activistes n’y changeront rien. Nous faisons donc notre travail, heureux de le faire, et conscients que ce travail est limité du fait du pouvoir d’inertie.

L’impunité financière en France est donc simplement due à la corruption de certains de nos dirigeants ?

C’est presque aussi simple que ça. Il a aussi le laisser faire d’une partie de la population. Si nous avions une équipe au pouvoir, aussi imparfaite soit-elle car nous ne sommes que des mortels, qui soit honnête et qui comprenne le concept de l’intérêt général et le serve, le système égotique dans lequel nous vivons à l’heure actuelle ne tiendrait pas longtemps. Beaucoup de cartes seraient redistribuées et des choses basiques seraient changées rapidement.

Il y aura bien sûr une forme de violence et de résistance en face, de la part de certaines personnes qui ne voudront rien lâcher, mais je crois que les choses peuvent encore bouger. C’est dans cette perspective que nous semons.

Aujourd’hui, il y a la COVID, les Gilets jaunes, mais ces évènements importants n’ont pas encore fait suffisamment vaciller l’Etat. A un moment donné, la vague sera plus importante et nous aurons quelque chose à jouer pour que ça évolue dans le bon sens.

Vous y croyez ?

Oui, presque contre mon gré. Même si j’essaie de me raisonner, j’ai la foi en fait. Physiquement je sens qu’il y a quelque chose, que nous sommes aux prémices de quelque chose de neuf. Si un jour cette sensation disparaissait, je retournerais faire mon jardin et écrire des livres. Mais tant que je ressens cette force et cette foi, je continuerai un peu plus chaque jour.

Quelle est votre définition de l’intérêt général ?

Ma conception englobe déjà la nature et le respect qu’on doit lui porter. L’intérêt général, pour moi, est quelque chose de frugal. C’est un endroit où tout le monde a ses chances, dans lequel chacun est capable de s’autolimiter pour n’écraser, ni la nature ni les autres. Il y a aussi la notion d’entraide qui y est fondamentale. C’est le ciment nécessaire à notre tissu collectif.

Elle consiste en un dévouement aux autres avant soi, en une égalité entre tous et une amitié, une camaraderie, qui offre une entente sur laquelle l’entraide peut naitre. Pour résumer l’intérêt général c’est : entraide, égalité, liberté, et autolimitation dans une planète finie.

Toutes les questions que vous soulevez pourraient se résumer ainsi : plus de contrôle, moins de passe-droit. Il faudrait simplement que nos dirigeants soient intègres ?

Voilà. Le temps est venu que le peuple devienne souverain et que soit constituée une structure pour accompagner ce changement dans lequel il vivra dans un état démocratique, plus développé que l’embryon qui existe en Suisse. Le peuple sera l’Etat.

Il aura la possibilité de mesurer l’impact des actions menées par les dirigeants par le biais d’associations citoyennes, de systèmes différents, flexibles, qui seront en mesure de demander des comptes concernant des grands sujets comme celui de la pollution, de l’industrie, ou la possibilité de battre à nouveau monnaie.

Je pense qu’on n’aura pas d’autre choix que de rebattre monnaie et de ne plus laisser cette prérogative aux banques privées. Un point de rupture est en train d’arriver. De notre côté, il nous faut rester tranquilles et créatifs pour transformer ce monde basé sur la domination.

Les garderies Babilou ont été financées par le fonds Alpha private equity en passant par Jersey, les plateformes de pétition comme Change.org sont basées au Delaware, un des plus gros paradis fiscaux au monde. C’est désespérant. Comment arriver à faire les choses de façon éthique et intègre ?

Il y a là un côté que je trouve très encourageant : quel que soit le domaine de lutte, nous sommes de plus en plus conscients de ce qui se passe dans le monde. Je m’en réjouis. Il faut toujours, sans être paranoïaque, veiller à être vigilant. À qui est-ce que je confie ma signature ? À qui, pourquoi je donne mon argent ?

Grâce à internet, on peut aujourd’hui donner quelques coups de sondes pour se faire un premier avis, puis creuser en s’informant précisément. Il y a aussi beaucoup de choses alternatives qui existent, qui permettent de consommer différemment, y compris même de signer des pétitions. Il faut simplement prendre le temps de les chercher et de les utiliser.

Je crois aux choses toutes simples, qui s’inscrivent dans le local. Je vis très simplement en regardant comment je peux être le plus vigilant possible. Rien ne sera parfait, mais il me semble que c’est la seule façon de réduire nos impacts négatifs dans nos vies, notre système et sur la planète.

crédit photo couv : Capture d’écran d’un entretien à Thinkerview

3 novembre 2020 - Matthieu Delaunay

Passeport vert

Par Le 22/12/2020

Bon, comment dire ? Je n'aime pas ça du tout.

Premièrement, cette députée raconte n'importe quoi quand elle dit que le vaccin permet de se protéger ET de protéger les autres. Il faudrait qu'elle écoute les scientifiques compétents. Le vaccin est censé empêcher la personne vaccinée de tomber malade mais cette personne pourrait très bien porter le virus et contaminer les autres, d'autant plus que le vaccin empêchera l'émergence de symptômes significatifs. Une personne vaccinée pourrait donc très bien porter le virus et le propager. Un vaccin ne "tue" pas un virus, il empêche la maladie de se propager dans l'individu parce que le système immunitaire a appris à se défendre contre elle. 

"On ne sait toutefois pas précisément combien de temps dure la protection même si Moderna avance que son vaccin produit des anticorps persistant trois mois après la vaccination. Précisons que cette conclusion repose sur une étude limitée à 34 participants. On ne sait pas non plus si les personnes vaccinées pourront transmettre ou non le virus. C'est un point crucial sur lequel il est impossible de répondre clairement. "

https://www.rtl.fr/actu/bien-etre/coronavirus-michel-cymes-explique-ce-qu-est-un-vaccin-a-arn-messager-7800940958

 

 

Il existe des pages très claires sur les vaccins. En voici une :

https://www.vaccination-info.be/la-vaccination-c-est-quoi/

 

 

 

Une députée UDI suggère la mise en place d'un “passeport vert” pour les personnes vaccinées

Par 

Auteur

valeursactuelles.com

 / Jeudi 17 décembre 2020 à 15:3923

Photo d'illustration © Valery Sharifulin/TASS/Sipa USA/SIPA

Afin d’encourager les Français à se vacciner contre le Covid-19, la députée UDI Valérie Six, est favorable au “passeport vert” pour “retrouver” au plus vite “une vie normale”.

Selon un sondage Ifop-Fiducial pour CNews et Sud Radio, une majorité de Français (61%) sont encore réticents à l’idée de recevoir une injection et 28% sont catégoriques. Les 33% restants n’iront « probablement pas » se faire vacciner. Face à de tels chiffres, le groupe UDI à l'Assemblée nationale a mis en avant une proposition pour «inciter» à se protéger du Covid-19. Comme le rapporte en effet Le Figaro, la députée de centre droit (UDI) Valérie Six a proposé de mettre en place un « passeport vert » pour toute personne qui aura été vaccinée. « Nous pourrions prendre exemple sur Israël qui octroie à chaque personne vaccinée un passeport vert, permettant de se rendre dans des lieux de culture, de restaurant... En définitive, de retrouver une vie normale», a-t-elle expliqué au Figaro.

« La vaccination permet de se protéger soi-même, mais également autrui… »

Et la députée du Nord d’ajouter : « Notre groupe considère qu'une telle mesure serait de nature à inciter les Français à se faire vacciner et à faire prendre conscience que la vaccination permet de se protéger soi-même, mais également autrui». Valérie Six espère ainsi que la prise de conscience des Français va permettre de retrouver « une vie sociale, une vie culturelle».

 

Mais ce qui m'inquiète encore plus, c'est ce projet de loi, sorti aujourd'hui. Là, on entre très clairement dans la mise en place d'injonctions faites aux citoyens et ces injonctions pourraient aller jusqu'à la vaccination obligatoire ou à tout le moins à l'élaboration d'un passeport vert, un signe de reconnaissance en quelque sorte, un permis de séjourner aux pays des vaccinés. Quelles seront les rétorsions imposées aux non-vaccinés ? Telle est la question ? 

Affaire à suivre de près. 

 

Extrait du texte. L'ensemble est très long et laborieux à lire. Evidemment...

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3714_projet-loi

N° 3714

_____

ASSEMBLÉE  NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

QUINZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 21 décembre 2020.

PROJET  DE  LOI

instituant un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires,

(Procédure accélérée)

(Renvoyé à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale
de la République, à défaut de constitution d’une commission spéciale
dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

PRÉSENTÉ

par M. Jean CASTEX,

Premier ministre

– 1 –

EXPOSÉ DES MOTIFS

L’épidémie de covid‑19 a imposé l’élaboration en extrême urgence, en mars dernier, d’un cadre législatif permettant de faire face à la crise qu’elle a provoquée. Soucieux de réexaminer ce cadre dans un contexte moins contraint, le législateur a prévu dès l’origine sa caducité au 1er avril 2021. Bien que ce régime ait fait ses preuves, cette échéance n’a été remise en cause par aucune des trois lois de prorogation intervenues depuis lors. Elle a même été étendue aux systèmes d’information institués pour gérer la crise sanitaire par la loi du 11 mai 2020.

L’ambition du présent projet de loi est ainsi de substituer à ces dispositions, conçues dans des circonstances particulièrement contraintes et pour faire spécifiquement face à l’épidémie de covid‑19, un dispositif pérenne dotant les pouvoirs publics des moyens adaptés pour répondre à l’ensemble des situations sanitaires exceptionnelles.

Il s’agit donc de bâtir un cadre robuste et cohérent à partir des dispositions qui préexistaient à la crise et de celles mises en place à cette occasion, qui forment aujourd’hui un ensemble de trois régimes d’urgence imparfaitement articulés : celui des menaces sanitaires graves (art. L. 3131‑1 à L. 3131‑11 du code de la santé publique), celui de l’état d’urgence sanitaire (art. L. 3131‑12 à L. 3131‑ 20) et celui de la sortie de l’état d’urgence sanitaire (article 1er de la loi du 9 juillet 2020), auxquels s’ajoutent des dispositions particulières en matière de systèmes d’information.

La refonte prévue par le présent projet de loi distingue deux niveaux d’intervention selon la gravité de la situation et la nature des mesures à prendre pour y faire face : l’état de crise sanitaire, d’une part, et l’état d’urgence sanitaire, d’autre part. Ces deux régimes pourront rester parfaitement autonomes mais ils pourront également s’inscrire dans le prolongement l’un de l’autre, car l’état de crise sanitaire pourra être déclenché avant comme après l’état d’urgence sanitaire, soit pour juguler une crise naissante qui n’a pas encore l’ampleur d’une catastrophe sanitaire, soit pour mettre un terme durable aux effets d’une catastrophe qui n’aura pu être empêchée. Pendant la catastrophe sanitaire elle‑même, c’est le régime de l’état d’urgence sanitaire qui s’appliquera avec ses prérogatives propres auxquelles s’ajouteront celles de l’état de crise sanitaire, applicables de plein droit.

 Il est en outre proposé de bâtir un cadre pérenne des systèmes d’information de crise, une disposition législative étant nécessaire pour autoriser, dans la stricte limite nécessaire à leur objet, des dérogations au secret médical, comme c’est actuellement le cas pour les systèmes créés pour la crise de la covid‑19.

L’article 1er crée ainsi trois nouvelles sections au sein du chapitre Ier du titre III du livre Ier de la troisième partie du code de la santé publique.

La section 1 prévoit la création d’un état de crise sanitaire ayant vocation à fixer un cadre pour l’exercice de plusieurs prérogatives qui, à l’heure actuelle, ne relèvent pas de l’état d’urgence sanitaire et peuvent directement être mises en œuvre par l’autorité compétente, sans que l’entrée dans le dispositif ne dépende d’un critère unique, ni ne soit formalisé ou limité dans le temps. Le déclenchement de ce régime a donc été conçu par symétrie avec l’état d’urgence sanitaire, tout en assouplissant les exigences procédurales qui prévalent pour ce dernier : déclaré par décret simple en vue de répondre à une menace ou une situation sanitaire grave, l’état de crise sanitaire est prorogé, tous les deux mois, par décret en conseil des ministres pris après avis public du Haut Conseil de la santé publique dont le rôle est étendu par symétrie avec celui du comité de scientifiques en état d’urgence sanitaire. L’information du Parlement sera renforcée par la remise d’un rapport en cas de mise en œuvre de l’état de crise sanitaire pendant plus de six mois.

La mise en œuvre de ce régime donne compétence au ministre chargé de la santé, comme c’est déjà le cas aujourd’hui en vertu de dispositions éparses, pour ordonner des mesures de mise en quarantaine et de placement à l’isolement, autoriser la mise à disposition de produits de santé et prescrire toute autre mesure relative à l’organisation et au fonctionnement du dispositif de santé. Le Premier ministre reste quant à lui compétent pour prendre des mesures de contrôle des prix et ordonner des mesures de réquisition.

Les deux principales évolutions introduites à cette occasion consistent, d’une part, à unifier la compétence en matière de produits de santé au profit du ministre chargé de la santé et, d’autre part, à étendre le champ d’application des mesures de mise en quarantaine et de placement à l’isolement à des personnes déjà présentes sur le territoire et qui présenteraient un risque élevé de développer une maladie infectieuse.

La section 2, relative à l’état d’urgence sanitaire, reprend pour l’essentiel les dispositions déjà applicables tant du point de vue des modalités de déclaration, prorogation et cessation que des pouvoirs qui y sont attachés.

En sus des facultés associées à l’état de crise sanitaire, qui sont mobilisables sous l’état d’urgence sanitaire, le Premier ministre pourra recourir à des prérogatives de police administrative extérieures au domaine strictement sanitaire, comme le prévoit la loi actuelle : réglementation de la circulation des personnes, interdiction de la sortie du domicile, réglementation de l’ouverture des établissements recevant du public, limitation des rassemblements dans les lieux publics ainsi que toute autre mesure limitant la liberté d’entreprendre. La pérennisation de ce cadre législatif est l’occasion de confirmer l’exclusion de toute possibilité de réglementation des locaux à usage d’habitation et, d’autre part, de prévoir la possibilité de conditionner l’accès à certains lieux et l’exercice de certaines activités à la réalisation d’un dépistage ou à la prise d’un traitement préventif ou curatif, comme c’est le cas aujourd’hui par exemple pour les tests obligatoires avant un déplacement par transport aérien ou maritime.

La section 3 comprend les dispositions communes aux deux régimes, pour l’essentiel à droit constant. La dispense des consultations préalables obligatoires normalement applicables pour l’ensemble des mesures prises en application de l’état de crise ou d’urgence sanitaire est confirmée. Aucune modification n’est apportée en termes d’information du Parlement et d’exercice des recours contentieux à l’encontre des décisions prises qui ont fait preuve de leur efficacité depuis plusieurs mois.

etc etc etc etc etc

Humour : Sellig

Par Le 22/12/2020

Ah, vraiment, lui, je l'adore :) 

Et ça n'est pas souvent que je mets quelque chose de comique ici !

C'est la fête :)...

L'autorité et le pouvoir

Par Le 22/12/2020

Là, vraiment, il touche le fond de l'absurdité, "Monsieur" Macron.

J'ai relu ça deux fois tellement je n'y croyais pas. Le Gorafi n'aurait pas mieux fait.

On voit donc ici, le président de la République qui se plaint des réseaux sociaux et de leurs détournements, de leurs hérésies, de leur irrespect envers l'autorité, qu'elle soit politique ou scientifique.

Se peut-il qu'il aimerait mettre un baillon sur la parole citoyenne ?

Se peut-il qu'il ait oublié l'histoire de ce pays et de tous les méfaits politiques ou scientifiques, de tous ces scandales qui ont émaillé l'Histoire de France ?

Se peut-il qu'il considère que l'autorité est un dû et qu'elle ne doit aucunement être contestée, quels que soient les travers dont elle se pare au fil des années ?

Faut-il donc que les réseaux sociaux dont il critique la liberté de parole, quelle qu'en soit la pertinence, viennent lui rappeler que la démocratie est la seule autorité à laquelle lui-même doit obéir ? 

Veut-il donc que nous nous taisions tous, parce que certaines exubérances apparaissent ? Ne peut-il dont pas s'interroger sur les causes de ces exubérances ? N'a-t-il donc pas la capacité à prendre de la hauteur pour remonter à la source ? 

"Mais pourquoi donc les gens s'égarent dans des "discussions de comptoir" se demande-t-il ? 

Il faudrait juste que ses conseillers lui rappellent quelques épisodes éminemment douloureux, sur le plan politique et pire encore sur le plan sanitaire. Là, peut-être comprendrait-il d'où vient le désordre dont il se plaint.

Pour ma part, ce désordre est le signe d'une société qui s'interroge, qui s'inquiète, qui a peur, qui n'a plus confiance, une société qui ne reconnaît plus, a priori, l'autorité.

L'autorité n'est aucunement un dû, c'est une valeur qui se gagne, qui s'entretient, et pour laquelle on doit montrer une totale intégrité. N'importe quel enseignant, digne de ce nom, le sait. Sans intégrité, il n'y pas d'autorité possible ; il ne reste que l'autoritarisme. 

Monsieur Macron mélange la notion d'autorité et de pouvoir. Il voudrait que le pouvoir dont il dispose lui octroie automatiquement l'autorité. C'est une des caractéristiques de la dictature. Quel message veut-il donc nous envoyer ? 

Il devrait plutôt réfléchir sur la notion d'intégrité. C'est là que se trouve le remède au désordre ambient. 

 

https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/emmanuel-macron-s-inquiete-de-la-crise-d-autorite-qui-favorise-le-complotisme_4229351.html

Emmanuel Macron s'inquiète, dans un entretien à L'Express (article pour les abonnés) publié mardi 22 décembre, de la "crise d'autorité" qui frappe le pays en pleine pandémie de Covid-19. Ce long entretien a été réalisé en visioconférence, jeudi 17 décembre, alors qu'il venait de s'isoler à La Lanterne (Yvelines) après avoir été déclaré positif au Covid-19. "Toutes les sociétés contemporaines vivent cette espèce d'horizontalisation de la société, de la contestation de toute forme d'autorité, y compris de l'autorité académique et scientifique", y déclare le chef de l'Etat.

"Les conséquences psychologiques et sociales sont terribles car on finit par ne plus croire en rien", ajoute Emmanuel Macron en décrivant un "cercle vicieux : un nivellement, qui crée du scepticisme, engendre de l'obscurantisme et qui, au contraire du doute cartésien fondement de la construction rationnelle et de la vérité, conduit au complotisme".

"Le deuxième confinement est un exemple d'efficacité"

Il s'inquiète notamment des conséquences du complotisme qui vise la science, face au "grand défi" que représente la crise sanitaire. "Je regarde pour ma part avec beaucoup d'admiration ce que les scientifiques ont accompli. Jamais dans l'histoire de l'humanité nous n'avions assisté à l'apparition d'un virus et, moins d'un an plus tard, à la découverte d'un vaccin, souligne-t-il. Mais la science n'est plus exempte du doute."

"Le problème clef pour moi, c'est l'écrasement des hiérarchies induit par la société du commentaire permanent : le sentiment que tout se vaut, que toutes les paroles sont égales, celle de quelqu'un qui n'est pas spécialiste mais a un avis sur le virus vaut la voix d'un scientifique."

Emmanuel Macron 

à "L'Express"

Citant les crises survenues depuis le début du quinquennat, dont celle des "gilets jaunes", Emmanuel Macron indique que, "pour répondre à la défiance, il faut (...) mêler l'action, la cohérence et l'explication". "Voilà la ligne que je me fixe. Pour recréer de la confiance, je crois qu'il faut une action qui ait véritablement une efficacité, un effet des mots aux choses, assure le président de la République. A ce titre, le deuxième confinement est un exemple d'efficacité car nous avons pris la décision au bon moment. Nous l'avons expliqué, les Françaises et les Français ont agi et, par leur action, ont réussi à casser le cycle du virus."

Macron veut "miser sur l'intégration"

Dans cet entretien qui évoque la "crise de la démocratie", le président est par ailleurs longuement interrogé sur les débats autour des valeurs républicaines. Emmanuel Macron affirme la nécessité de "miser sur l'intégration", qui permet à "chacun de pouvoir vivre entre plusieurs horizons culturels". "Il me semble qu'être français, c'est d'abord habiter une langue et une histoire, c'est-à-dire s'inscrire dans un destin collectif. C'est pour cette raison que nous renforcerons les cours de français et nos exigences en histoire, en particulier pour accéder à la nationalité", détaille-t-il.

"Quand vous parlez l'arabe à la maison, que votre famille vient des rives du fleuve Congo, que vous possédez une histoire qui ne se noue pas entre l'Indre et la Bretagne, vous avez une singularité qui importe et il faut pouvoir la reconnaître", estime-t-il, en soulignant "la richesse des diasporas". "Nous devons pouvoir être pleinement français et cultiver une autre appartenance, poursuit-il. C'est un enrichissement et pas une soustraction." L'Express indique que la seconde partie de cet entretien sera publiée mercredi.

 

 

Un rappel des derniers évènements :

Ve République : 1958 à nos jours

 

1959 : l'affaire des ballets roses ;

1965 : l'affaire Ben Barka, disparition d'un leader de l'opposition marocaine, Mehdi Ben Barka ;

1968 : l'affaire Marković ;

1973 : l'affaire des plombiers ;

1974 : l'affaire Eurodif et sa suite en 1985 l'affaire des otages du Liban ;

1979 : l'affaire Robert Boulin ;

1981+ : l'affaire du cancer caché de François Mitterrand ;

1983+: l'affaire des écoutes de l'Élysée

1985 : l'affaire des otages du Liban ;

1985+: l'affaire du sang contaminé ;

1985 : l’affaire du Rainbow Warrior, le sabordage du navire amiral de Greenpeace, par les services secrets français le 10 juillet 1985 ;

1989 : l'affaire Urba ;

Affaire des ventes d'armes à l'Angola

1990 : l'affaire de la profanation du cimetière juif de Carpentras ;

Affaire de la MNEF

1992 : l'Affaire Habache ;

1993 : l'affaire du suicide de Pierre Bérégovoy ;

1994 : l'affaire Dauphiné News ;

1995 : l'affaire des faux électeurs du 3e arrondissement de Paris ;

Affaire du « détail »

1999 : l'affaire des paillotes ;

 

Années 2000

 

2001+ : l'affaire du compte japonais de Jacques Chirac

Affaire Bédier

Affaire des frégates d'Arabie saoudite et des sous-marins du Pakistan

Affaire de l'hippodrome de Compiègne

Affaire des propos de Bruno Gollnisch d'octobre 2004

Affaire Clearstream 1

Affaire Clearstream 2

Affaire Sarkozy-Kadhafi

Affaire Tapie - Crédit lyonnais

2011 : l'« affaire des fadettes » ;

Affaire Woerth-Bettencourt

Affaire du détournement de fonds publics au profit de sénateurs UMP

Affaire Sylvie Andrieux

Affaire Thomas Thévenoud

Affaire Alstom

2013 : l'affaire Cahuzac ;

Affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen

Affaire Jeanne

2017 : l'affaire Fillon ;

Affaire des assistants parlementaires du Mouvement démocrate au Parlement européen

2018 : l'affaire Benalla.

Affaire Business France

Affaire Bruno Le Roux

Affaire Richard Ferrand et les Mutuelles de Bretagne

Affaire Gilles Le Gendre

Affaire Carlos Ghosn

Jean-Paul Delevoye#Polémique sur le cumul de revenus et conflit d'intérêts

Affaire des évadés fiscaux

Affaire François de Rugy

Panama Papers

Affaire Balkany ainsi que tout l’œuvre de Patrick Balkany


Crises de santé publique

 

Les soins médicaux ne sont pas sans risque et se justifient par l'analyse de leur balance bénéfice - risque. Toutefois certains manquements ont pu conduire à des crises ou scandales sanitaires :

1917, États-Unis : affaire des « Radium Girls », des ouvrières américaines avaient été exposées à de fortes doses de rayonnements ionisants pendant de longues périodes à cause du radium contenu dans une peinture utilisée pour marquer des cadrans lumineux ;

1932-années 1970, États-Unis : étude de Tuskegee sur la syphilis ;

1952 : affaire de la poudre Baumol ;

1953-1954 : affaire du Stalinon ;

1961-… : affaire du thalidomide ;

1971-1977, scandale du Distilbène ;

1972 : affaire du talc Morhange ;

1972 / 2000-… : scandale de la chlordécone aux Antilles françaises ;

1980 et 1988, France : affaire de l'hormone de croissance ;

1984-1985, France, affaire du sang contaminé ;

1991 : affaire de l'Isoméride ;

2005-2010 : affaire des implants mammaires PIP ;

2008-2015 : affaire des grossesses sous Dépakine ;

2010-2012 : biberons stérilisés à l'oxyde d'éthylène en milieu hospitalier ;

2010 : affaire du Mediator ;

2012- : crise des implants vaginaux ;

2015-2019 : crise des implants mammaires texturés cancérogènes (retirés du marché français en 2019) ;

2016- : crise de la durée de vie des TAVI ;

2018- : au moins 654 entreprises européennes ne respectent pas le règlement REACH et utilisent 970 substances interdites17 ;

2019 : crise des traitements au 5-FU de patients déficients en DPD (test devenu obligatoire en 2019 en France).

2019 : crise de la surprescription d'opiacés à fort risque d’accoutumance (comme l'oxycodone ; procès en Oklahoma en 2019 contre Johnson & Johnson)18.

2020 : Scandale politico-sanitaire de la Covid-19 19.

 

"Syndémie"

Par Le 21/12/2020

Bon, je n'écris pas dans "Philosophie magazine" mais j'ai déjà évoqué ici ce rapport entre la dégradation de l'humain, physiquement, psychologiquement, spirituellement et les conséquences de cet état de fait dans la propagation du Covid. Je ne connaissais pas le terme de "syndégie". Et c'est  exactement ce que je pense. Il ne s'agit pas d'une pandémie issue de nulle part mais d'une conséquence d'un mal plus ancien : Nous, "l'homme moderne" et tout ce que cela implique dans l'affaiblissement de nos organismes.

Nous sommes donc désormais engagés dans une course au vaccin ou à d'autres méthodes pour sortir de cette nasse mais qui se soucie de la raison première de l'existence de cette nasse ? S'il s'agit de sortir de celle-là pour retomber dans la suivante, ça n'a guère d'intérêt. Sinon celui d'enrichir les laboratoires pharmaceutiques. Alors bien entendu que tout le monde sera ravi que ça s'arrête. Mais on est devant le même phénomène que les incendies gigantesques en Californie ou en Australie. Les pompiers les éteignent et parfois c'est la pluie elle-même. Mais tous les ans ça recommence. C'est la prévention qui importe. Pas le passage à l'acte lorsque le désastre est entamé.

Alors quelles préventions faut-il instaurer pour que l'humain parvienne à échapper aux épidémies modernes ? Qu'il commence déjà par prendre conscience et par réaliser qu'il est responsable du désastre, qu'il reconnaisse ses torts envers la Nature toute entière. Ensuite, lorsqu'il aura appris l'humilité, il pourra réfléchir. Parce que s'il ne songe qu'à se sauver lui-même en luttant contre la Nature, en considérant qu'elle doit lui être assujettie, alors il est perdu. 

« On domine la Nature en lui obéissant » disait Francis Bacon.

https://www.philomag.com/articles/syndemie-deja-malades-avant-de-tomber-malades

© Su San Lee/Unsplash

Le concept du moment

“Syndémie” : déjà malades avant de tomber malades ?

Octave Larmagnac-Matheron publié le 30 novembre 2020 4 min

« Le Covid-19 n’est pas une pandémie », affirmait Richard Horton, le rédacteur en chef du plus célèbre journal médical britannique, The Lancet, il y a peu. Certes, sa propagation est devenue un problème mondial (pan- en grec désigne le « tout »). Mais constater sa diffusion rapide à l’échelle du globe est insuffisant : si le virus s’est développé avec une telle virulence, c’est qu’il profite de l’entrelacement de nombreux autres facteurs pathologiques affectant la santé humaine de manière structurelle. 

« C’est une syndémie » – du grec syn-, « avec ». Ce que vient confirmer une étude détaillée publiée elle aussi dans le Lancet le 17 octobre : « L’interaction du Covid-19 avec la hausse mondiale continue ces trente dernières années des maladies chroniques et de leurs facteurs de risques, dont l’obésité, l’hyperglycémie et la pollution atmosphérique, a créé les conditions d’une tempête, alimentant le nombre de morts du Covid-19. » Et les scientifiques à l’origine de l’étude d’ajouter que « de nombreux facteurs de risques et maladies non transmissibles étudiés dans ce rapport sont associés avec un risque accru de formes graves de Covid-19, voire de décès ». 

Nos sociétés étaient, sans peut-être s’en rendre compte, malade avant même de tomber vraiment malade. Avant d’être victimes d’un corps étranger, elles se sont elles-mêmes empoisonnées par leurs propres modes de vie. Le Covid-19 est un révélateur, la partie émergée de l’iceberg : son irruption nous montre combien le rapport entre santé et maladie sont plus ambigus qu’il n’y paraît.

Depuis au moins trois décennies, les pathologies « non transmissibles » se multiplient un peu partout dans le monde : développement de l’obésité et du diabète, multiplications des cancers dus aux innombrables pollutions d’origines humaines – alors que se perpétuent d’autres grandes « maladies » liées à l’alcool et au tabac. Ces différents facteurs s’entremêlent et s’aggravent mutuellement, de sorte qu’il devient presque impossible de les traiter séparément. Les inégalités d’accès au soin n’arrangent rien : si vous ne pouvez vous faire soigner pour une maladie, comment lutter contre des pathologies enchâssées ? C’est pour décrire cet « entrelacement de maladies en interactions et s’aggravant réciproquement », contre lequel la médecine n’est pas armée, que l’anthropologue américain Merrill Singer inventa, en 1990, la notion de « syndémie ».

Ce qui frappe le plus dans la « syndémie globale » que nous vivons, c’est qu’elle met en jeu des pathologies dont nous serions peut-être hésitants à dire qu’elle sont des maladies. Nous pensons en effet spontanément la maladie comme un événement, une rupture de la santé, liés à l’immixtion d’un corps étranger – un virus, une bactérie – qui ébranle l’intégrité corporelle. Rien à voir, par exemple, avec l’obésité, qui s’apparente à un processus plus qu’à un événement : on ne « tombe » pas obèse comme on tombe malade ; on le devient, progressivement. Et cette lente métamorphose, que l’on peine parfois à remarquer (sauf quand elle franchit un seuil particulièrement extrême), est endogène, non exogène : elle dépend de nos modes de vies et n’implique aucun élément étranger.

La syndémie globale, dont le Covid-19 révèle l’ampleur, nous pousse, ainsi, à repenser la maladie, et à redéfinir le rapport de celle-ci à la santé. Comme l’explique George Canguilhem dans La Connaissance de la vie (1952) : « La santé, c’est le luxe de pouvoir tomber malade et de s’en relever. Toute maladie est au contraire la réduction du pouvoir d’en surmonter d’autres. » Santé et maladie ne s’opposent pas mais se révèlent l’une l’autre. Et le philosophe d’ajouter que « vivre pour l’animal déjà, et à plus forte raison pour l’homme, ce n’est pas seulement végéter et se conserver, c’est affronter des risques et en triompher », c’est être en mesure d’encaisser les chocs et l’adversité du devenir.

« La santé [est] pour l’homme, note encore Canguilhem, un sentiment d’assurance dans la vie qui ne s’assigne de lui-même aucune limite. » Être en bonne santé, c’est être en capacité de choisir la manière dont on vit sa vie, sans se préoccuper de ce à quoi nous expose ce choix. Au contraire, l’homme malade, déjà malade avant d’avoir contracté le virus qui le tuera peut-être, est contraint de vivre confiné (un mot plus que jamais adapté) dans « un milieu “rétréci” » dicté par l’exigence exclusive de la survie. Un milieu qui l’isole de l’extérieur, dont son organisme n’est pas capable d’affronter le risque.

Nos modes de vie modernes, avec leurs lots de pathologies chroniques, auraient-ils créés corps structurellement fragilisés, déjà malades avant de tomber malades ? La stagnation de l’espérance de vie en “bonne santé” dans les pays les plus développés semble étayer cette idée. Avons-nous perdu « le luxe de pouvoir tomber malade et de s’en relever » ? Sans doute en partie – et nous ne nous en rendons pas compte. Il est cependant essentiel, pour éviter le culte puritain du corps sain, de citer encore Canguilhem : « L’homme […] ne se limite pas à son organisme. L’homme [prolonge] ses organes par des outils. » (Le Normal et le Pathologique) Tout l’enjeu, c’est que cet appareillage ne servent pas uniquement de bouées curative pour notre survie maladive, mais puisse, aussi, devenir un moyen d’encourager et de soutenir la santé de chaque individu – sa capacité à s’exposer au monde.

La pandémie de Covid-19 est, bien entendu, un drame. Cependant, si nous essayons de la penser comme syndémie, il est possible de tirer de ce drame une vérité et un horizon pour l’avenir : nos corps sont affaiblis par nos modes de vie ; plus que des politiques sanitaires de lutte contre la maladie, nous avons besoin de politique capable de développer la santé de chacun. 

Impact de la crise sur les enfants

Par Le 20/12/2020

Ariane Bilheran

http://www.arianebilheran.com/post/impacts-traumatiques-de-la-politique-sanitaire-actuelle-sur-les-enfants-un-constat-clinique-alarmant?

 

Impacts traumatiques de la politique sanitaire actuelle sur les enfants:un constat clinique alarmant

 

Mis à jour : il y a 6 jours

Pour la France, le 30 novembre 2020

Résumé

Des professionnels en psychologie, psychanalyse, pédiatrie et pédopsychiatrie dressent un constat alarmant au sujet des impacts traumatiques de la politique sanitaire actuelle sur les enfants. Décrivant leurs observations, ainsi que les symptômes relevés dans leurs consultations et analysant les témoignages de parents, enseignants et enfants, ils relèvent de graves perturbations dans le vivre-ensemble et la socialisation, la survenue de nouvelles maltraitances au sein des établissements, une condamnation de la tendresse, de l’empathie et un interdit implicite à l’altérité, une entrave au développement relationnel, psychomoteur ainsi que des régressions dans les apprentissages, une fragilisation majeure de l’autorité bienveillante/contenante et de la posture parentale, une perte de repères structurants et des discours paradoxaux. Le tableau clinique conclut à une souffrance psychique croissante chez les enfants, risquant d’entraîner une explosion de troubles psychiques graves et de passages à l’acte suicidaires.

Introduction

Nous professionnels en psychologie, psychanalyse, pédiatrie et pédopsychiatrie entendons alerter sur les impacts traumatiques de la politique sanitaire actuelle sur les enfants.

Ce traumatisme provient plus généralement d’une effraction du monde des adultes dans le monde des enfants, les adultes étant traités par l’État comme des enfants, et les enfants comme des adultes auxquels l’on supprime la joie de vivre, les loisirs, la socialisation, la projection confiante dans les adultes et l’avenir, la tendresse et l’innocence.

Le discours adressé aux enfants par la politique sanitaire actuelle est un matraquage de peur, de méfiance, de culpabilité, de maladie et de mort. De plus, il s’agit d’un discours d’adultes mortifère qui ne s’adapte pas à l’âge des enfants, et face auquel les enfants reçus en consultation nous paraissent totalement désorientés.

Les symptômes relevés dans nos consultations

Des enfants de plus en plus nombreux surgissent en consultations, avec un tableau traumatique sans équivoque.

Énumérons quelques-uns des symptômes les plus fréquemment rencontrés :

Angoisse, troubles du sommeil, démotivation, retrait émotionnel, baisse d’énergie (liée au manque d’activités, à la surveillance continue, à l’inquiétude de mal faire), asthénie liée à la peur constante (peur de la maladie, peur de mal faire, peur d’enlever le masque, peur de contaminer autrui, peur d’être grondé, peur de l’autre etc.), sidération, anxiété chronique (due notamment à la consigne induite de ne pas tomber malade pour pouvoir rester à l’école), troubles psychosomatiques (qui perdurent de retour à la maison, par exemple : tics, problèmes de peau, troubles respiratoires et asthmatiques inédits pour des enfants ne présentant pas de symptômes antérieurs, bouffées de chaleur qui entravent le sommeil la nuit, migraines, dermatoses…). Le développement de traits hypocondriaques et des retours d’énurésie chez des enfants déjà grands (ex. : enfants de CM2 qui avaient acquis la propreté depuis longtemps) ont également été constatés.

L’on constate une extrême agitation entraînant des diagnostics en chaîne d’hyperactivité (alors même que les enfants n’ont pas d’espace pour jouer et se dépenser à l’école, que leurs activités sportives et culturelles ont diminué au profit d’un temps plus important passé sur les écrans), des régressions dans le langage, des confusions émotionnelles, psychiques et intellectuelles graves entraînant une régression dans les apprentissages, dans l’adaptation et le comportement en société, une diminution de l’altérité, de la coopération et de l’empathie, un repli sur soi, une perte de spontanéité, et des troubles de type dépressifs inquiétants conduisant à une augmentation des idées suicidaires.

Pour certains, l’école est vécue sur un mode désormais phobique[1].

Les troubles traumatiques se lisent en particulier dans le déploiement exponentiel de sentiments de honte, de tristesse et de culpabilité, ainsi que de symptômes dissociatifs, voire d’épisodes de déréalisation.

Les environnements familiaux et éducatifs ne parviennent plus à contenir les angoisses des enfants, tant la politique sanitaire actuelle est intrusive et violente à leur égard, et nous souhaitons en particulier argumenter sur les raisons d’un tel tableau clinique.

La maladie et la mort : un rapport terrorisé au corps et au vivant

Les enfants absorbent tous les jours par les médias et au sein de leurs établissements scolaires le conditionnement d’une peur permanente et latente de la mort.

Le corps est désormais investi principalement à travers la maladie. Il devient un ennemi persécuteur dès l’apparition du moindre symptôme, entraînant sentiment de culpabilité et rejet de l’enfant. De plus, le corps est traqué et investi par des lavages de mains incessants (voire compulsifs) avec du gel hydro alcoolique, ou le signalement du masque mal mis sur le visage.

Le corps de l’enfant est également maltraité dans certaines situations, par exemple des parents dénoncent des situations ubuesques où le recours au casier au collège et lycée est interdit, ainsi les enfants doivent porter des sacs jusqu’à 11 kg, et prendre des itinéraires contraignants et épuisants au sein de l’école pour rejoindre une salle de classe[2].

Dans cet article paru dans le Lancet Child & Adolescent health, les auteurs insistent sur l’impact tragique des mesures politiques d’isolement social sur les enfants et les adolescents[3]. Ils rappellent que les interactions sociales font partie des besoins humains de base, tout comme le besoin fondamental de manger ou dormir. Se sentir insuffisamment relié aux autres a des conséquences négatives profondes et durables sur la santé physique et mentale, et cela peut même aller jusqu’à induire plus de mortalité[4].

Certains protocoles de biosécurité obligent les enfants à se tenir sur une case, ce qui entrave le libre déploiement du mouvement nécessaire à un développement psychomoteur harmonieux, notamment dans les cours de récréation.

Le masque est vécu tant comme une marque de musèlement qu’un objet fétiche irrationnel qui éloignerait un ennemi invisible. Aussi dès que l’enfant retire son masque pour retrouver une vie normale, il peut vivre des éprouvés de terreur et de culpabilité. Nous avons des retours d’orthophonistes et de psychologues indiquant que les enfants ont tellement peur de se faire gronder ou encore de mourir s’ils le retirent, qu’ils sont désormais bloqués pour enlever le masque.

La réalité est que les enfants ont un besoin important de voir le visage des personnes qui s’occupent d’eux : lire les visages, les expressions, les mimiques, ce qui se traduit par le jeu universel des grimaces (tirer la langue, etc.) ; la lecture du visage permet à la fois un apprentissage des émotions sur le visage de l’autre, et un apprentissage de ses propres fonctions nécessaires au langage et à la communication.

Le 06 septembre 2020, les professeurs de pédiatrie Christèle Gras-Le Guen, vice-présidente de la société française de pédiatrie, et Régis Hankard, coordonnateur du réseau de recherche clinique pédiatrique Pedstart, sont formels : « la COVID-19 n’est pas une maladie qui concerne les enfants. (…) la Covid-19 n’est définitivement pas une maladie pédiatrique. »[5]. Ils rajoutent : « L’idée qui se dégage de ces observations est qu’il ne faut surtout pas que les enfants fassent l’objet de mesures draconiennes, pénibles à vivre, qui pourraient bouleverser leur quotidien, alors que ce microbe ne les concerne que vraiment très peu. »

En dépit de ce constat médical, les plaintes des enfants quant au port du masque peuvent être banalisées, voire réprimandées, sous prétexte qu’il ne serait pas si terrible de porter un masque toute la journée (« les chirurgiens en portent bien eux ! »). D’où le message implicite qu’il n’est désormais plus permis aux enfants de se plaindre dans leur quotidien d’un quelconque désagrément ou mal-être physique et/ou psychologique.

De surcroît, sur un plan physiologique, l’on prive les enfants d’oxygène, ce qui aggrave tout ce que nous allons dire ensuite. Le port du masque en continu rend en effet la respiration difficile et accentue le ressenti d’angoisse[6]. Des médecins observent également une recrudescence de problèmes respiratoires de type bronchites asthmatiformes[7]. Le manque d’oxygénation du cerveau engendre des déficits de la concentration, de l’attention, de la mémoire, risquant de conduire davantage d’enfants en échecs scolaires, sans parler des répercussions sur leur immunité.

Le Dr Margarite Griesz-Brisson[8], docteur en médecine, neurologue consultante et neurophysiologiste, titulaire d’un doctorat en pharmacologie alerte sur la gravité d’un problème de saturation d’oxygène et de saturation en dioxyde de carbone : selon elle « pour les enfants et les adolescents, les masques sont un interdit absolu »[9] et ce, afin de permettre le développement du système immunitaire et le déploiement du cerveau.

De graves perturbations dans le vivre-ensemble et la socialisation

La peur et la terreur sont les maîtres mots de cette politique sanitaire, dans laquelle l’autre n’est plus un autre à apprivoiser, mais un ennemi potentiel duquel chacun doit se méfier en conservant des distances entravant tout apprentissage de la fraternité et de la solidarité.

Cette méfiance permanente est susceptible d’entraîner un sentiment de persécution qui, s’il vient se renforcer comme nous le constatons par des troubles dissociatifs ainsi qu’un déficit d’empathie, peut entraîner à termes des passages à l’acte auto-agressifs (conduites suicidaires) ou hétéro-agressifs (coups et blessures, conduites impulsives, dégradations), ainsi que des troubles de nature délirante (persécution).

Nous avons des retours d’enseignants, de parents et d’enfants concernant le développement de comportements désormais inadaptés dès l’école primaire (ex. : endormissements en classe, insolence face à une autorité dont les enfants ne reconnaissent plus la légitimité en raison de la violence subie, harcèlement entre élèves et passages à l’acte violents notamment à l’heure de la cantine).

La survenue de nouvelles maltraitances au sein des établissements scolaires

La politique sanitaire actuelle entraîne la survenue de nouvelles maltraitances au sein des établissements scolaires. Ces maltraitances sont de divers ordres : incitations à la délation des autres enfants ou encore des membres de sa propre famille, incitation des enseignants à la délation des enfants qui tiennent « des propos manifestement inacceptables »[10], isolement et rejet, stigmatisation, exclusion, mépris pour la vulnérabilité de certains enfants, présence des forces de l’ordre autour des établissements et parfois en leur sein, harcèlement.

Le traitement égalitaire d’enfants présentant une vulnérabilité rajoute une maltraitance doublée d’une discrimination, à une situation déjà difficile. Par exemple, les enfants présentant déjà des troubles du langage sont doublement affectés ; les enfants asthmatiques et/ou phobiques vivent une angoisse majorée et des conséquences psychosomatiques aggravées ; les enfants ayant des problèmes d’audition ne peuvent plus se raccrocher à l’expression faciale (l’expression du visage est l’un des 5 paramètres de la langue des signes.

Sans ce paramètre, le signe perd sa valeur d’intensité et n’a plus le même sens) ; les enfants autistes présentent des difficultés accrues pour analyser les visages, ce qui aggrave le déficit social dont ils souffrent déjà. Tout l’accompagnement psycho-éducatif se voit ainsi complètement bouleversé ; le travail effectué jusque-là sur plusieurs mois (voire années) est anéanti (apprentissage des mimiques, des expressions faciales, décryptage des émotions). Chez certains adolescents autistes, la médiatisation mortifère renforce leur rigidité mentale, et amplifie les troubles anxieux déjà bien présents.

Christophe Leroy, docteur en biologie moléculaire et cellulaire, résume ainsi la gravité de la situation : « A l’âge où ils apprennent les émotions, la lecture, l’expression orale et écrite, le mouvement, l’équilibre, ils se retrouvent dans les cours de récréation muselés, parqués dans des cercles ou des carrés délimités, cloisonnés en intérieurs avec étouffoirs devant des enseignants miroirs. Maltraitance ? Sans aucun doute. Restent dominants la peur, l’angoisse, le stress et l’immobilisme qui semble la nouvelle ligne éditorialiste de ce gouvernement pour instruire et épanouir nos enfants. »[11]

L’autorité est vécue comme déshumanisée, robotisée, sous l’angle du contrôle, de la démesure, de la surveillance et de la punition, sans le pendant qui rend d’ordinaire seul acceptables les limites éducatives, à savoir la bienveillance, la tendresse et l’humanisation des rapports humains au travers des émotions. Et c’est sans compter sur l’intrusion de la police au sein des établissements scolaires, certains policiers étant postés armés à l’entrée des écoles et des collèges : quel conditionnement de terreur souhaite-t-on imprégner dans le psychisme des enfants ?

Voici par exemple le témoignage public d’une maman (de surcroît ancienne professeur de lettres classiques durant 16 ans) pour sa fille au collège, et qui reflète les témoignages que nous recevons ainsi que les déclarations des parents et des enfants en consultation :

« Les profs sont de plus en plus odieux, mis à part une minorité ; une prof a tout de même osé lui dire que ce n’était pas son masque qui l’empêchait de respirer, mais qu’elle "avait un problème au cerveau", une autre l’a accusée d’être potentiellement responsable de la mort de sa famille, une autre prof saisit les copies avec une pince, pour les mettre en quarantaine dans un sac avant de les toucher…(…) L’infirmière du collège passe tous les 15 jours dans les classes pour rappeler aux élèves qu’ils peuvent tuer leurs grands-parents, et ne doivent pas faire de câlins en famille… »[12]

Cette mère relève différents actes de maltraitances à l’égard des enfants de la part du personnel enseignant, par exemple :

« Comment pouvez-vous tolérer qu’un élève se fasse exclure d’un cours parce qu’il a tenté à plusieurs reprises de respirer un peu en glissant le masque sous le nez ?

Comment pouvez-vous tolérer qu’un élève se fasse disputer et accuser de faire des histoires quand il se trouve avoir des vertiges à cause de l’hypoxie générée par le port du masque?» [13]

Un autre exemple, parmi les nombreuses maltraitances qui semblent surgir au sein des établissements scolaires, de violence d’adultes envers les enfants et nous a été rapporté en témoignage direct est celui d’un professeur menaçant une élève de collège de lui faire un procès pour motif d’atteinte à la vie d’autrui, parce qu’elle avait enlevé son masque pour remettre un élastique de ses bagues d’orthodontie !

Ainsi, des adultes référents, censés rassurer et protéger les enfants, peuvent ainsi réagir de manière exacerbée, voire irrationnelle, perdant eux-mêmes leur discernement et leur propre sécurité de base.

Une condamnation de la tendresse et de l’empathie, un interdit implicite à l’altérité

La distanciation sociale et le port du masque obligatoires dans les établissements scolaires dès l’âge de 6 ans interdisent de fait le réconfort de l’enfant à l’école par la tendresse, laquelle devient un acte dangereux interdit et assimilé comme tel. La spontanéité des gestes est interdite, réprimée et punie. La tendresse même au sein de la famille est réprimandée dans la narration médiatique ; l’isolement social au sein des familles est encouragé, sous peine de chantage à la culpabilité : l’enfant est ainsi assimilé à un meurtrier s’il a embrassé spontanément ses grands-parents ![14]

La représentation de la maladie est en soi problématique, vue comme un ennemi étranger et invisible duquel on doit se protéger en s’éloignant d’autrui. Les enfants développent des angoisses en rapport à ce qu’ils touchent, et ce d’autant plus que le toucher est l’un des premiers sens mis à contribution dans la découverte du monde (rappelons que les bébés portent les objets à la bouche avant de les manipuler, pour découvrir le monde. Les enfants touchent le matériel, les jeux, les vêtements, et c’est un besoin primordial dans la constitution psychique du principe de réalité). Priver les enfants du toucher revient à les priver d’un accès sensoriel fondamental au monde qui les entoure, et est une grave maltraitance aux terribles conséquences.

L’accès aux émotions est rendu extrêmement problématique par le port du masque. Les enfants n’apprennent plus à lire correctement les émotions sur le visage de l’adulte, ce qui renforce des processus de perte des affects. Le retrait du masque chez les adultes entraîne de l’angoisse chez les enfants en bas âge, qui vivent dès lors le visage de l’adulte comme menaçant. L’autre est perçu comme un ennemi, ce qui grève lourdement le développement de l’altérité. Le rapport au corps, la perte d’accès à l’humanité ainsi que la confusion générale (cf. infra) entraînent des troubles du comportement et, pour certains enfants, une perte du sentiment de réalité de nature à engendrer également des troubles de nature psychotique.

Plus l’enfant est jeune, plus ce risque est aujourd’hui accru.

Une entrave au développement psycho-affectif, relationnel, psychomoteur et des régressions dans les apprentissages

A 6 ans, l’enfant n’a pas encore accédé au stade logique, et vit encore dans un monde fait de pensée magique. Son développement psycho-affectif et relationnel est aujourd’hui empêché (ex. : impossible de se rassurer par un sourire ou des expressions sur le visage de l’adulte autour).

Le psychologue du développement et universitaire américain Edward Tronick a démontré dans ses recherches (the « Still Face Experiment ») qu’un nourrisson est en recherche de partage constant avec sa mère, et qu’il se trouve en détresse psychique sérieuse face à l’absence d’interactions, ou encore l’inexpressivité d’un visage ou son impassibilité. Ceci a un impact direct grave sur son développement affectif et le lien d’attachement. L’enfant est sensible à trois éléments : les expressions faciales, les vocalisations et les postures corporelles. Le masque vient aujourd’hui entraver de fait ce que ce psychologue américain appelle les unités expressives fondamentales, c’est-à-dire la capacité pour l’enfant en bas âge de grandir sans épisodes de détresse face à l’inexpressivité du visage des adultes référents autour de lui. Le port du masque des personnes autour empêchant l’accès au sourire et aux traits du visage engendre de facto cette inexpressivité et compromet donc sérieusement le développement psychique des enfants en bas âge.

Dès l’âge de 4 à 6 semaines, les bébés esquissent des mouvements de lèvres et réagissent à leur environnement de cette façon pour lui montrer le plaisir qu’ils éprouvent d’interagir avec lui. Dispenser et voir un sourire a des effets positifs sur le bien-être, le développement et l’apprentissage[15]. Ce mécanisme trouve une explication au niveau neurologique depuis la découverte récente des « neurones miroir » ou neurones de l’empathie[16] permettant de se mettre à la place de l’autre et d’imiter ses comportements. Ces neurones seraient tout particulièrement sensibles au sourire.

Par la suppression du sourire derrière le masque s’effectue donc une neutralisation très importante de l’empathie chez l’adulte vis-à-vis de l’enfant mais aussi chez l’enfant vis-à-vis des adultes qui l’entourent. Cette empathie est nécessaire pour la prise de confiance dans les relations sociales et donc, en supprimant l’accès au sourire, le port du masque est très dommageable à l’épanouissement et au développement psycho-affectif des enfants.

La suppression du visage au travers des masques ainsi que les contraintes exercées sur les corps entraînent des régressions nettes dans le développement relationnel et intellectuel de l’enfant et une perte d’élan vital pour communiquer. Pour beaucoup d’enfants, la socialisation commence avec l’école, et la découverte des règles du vivre-ensemble, comme de l’autorité du maître. Quel est donc ce maître qui n’a pas d’identité, comment reconnaître son humeur, savoir s’il est gentil, ou humain ?

Il convient de noter que ce problème de reconnaissance concerne aussi les adultes, un maître d’école nous a témoigné qu’il confondait les mamans et avait rendu un enfant à une autre… Une psychologue a également confondu une maman avec une autre, en allant chercher l’enfant dans la salle d’attente. Ceci est un grave problème de protection des enfants, dont la sécurité est mise en danger.

Le langage est lié aux émotions, il existe un besoin de lire les expressions du visage, de la bouche et d’entendre de façon audible une voix et les émotions qui l’accompagne. Renoncer à cette forme de communication consistant à lire le langage et les signes sur le visage revient à renoncer à la communication non verbale et à ses subtilités, à l’ironie et à l’humour qui convoque les mimiques du visage, à l’analyse de la communication paradoxale… Quelle cohérence y a-t-il aujourd’hui avec le déploiement au sein des établissements de la langue des signes au nom de « l’inclusion » ?

De plus, couper l’accès à un organe de communication essentiel, diminue la réceptivité des autres.

Les enfants dépendent largement des expressions faciales pour comprendre et appréhender leur environnement : « Cacher la moitié inférieure du visage diminue la capacité à communiquer, interpréter et imiter les expressions de ceux avec lesquels nous sommes en contact. Les émotions positives deviennent moins reconnaissables et les émotions négatives sont amplifiées. Le mimétisme émotionnel, la contagion et l’émotivité en général sont réduits ainsi que les liens entre les enseignants et les étudiants, la cohésion de groupe et l’apprentissage – dont les émotions sont un moteur majeur. » [17]

Le développement de l’élocution est lourdement freiné, de même que celui de la lecture, lesquelles fonctionnent également par mimétisme des phonèmes sur le visage d’autrui.

Les professeurs témoignent des difficultés à se faire entendre au travers du masque, les enfants devenant plus agités en classe, n’ayant pas accès à une audibilité correcte dans les enseignements reçus.

Des régressions nettes de l’apprentissage scolaire de base (diction, audition, lecture) et des replis sur soi sont à craindre.

Dans de nombreuses maternelles, l’accès spontané aux jeux est interdit (crainte de contagion par les jouets), ce qui bloque le développement psychique et moteur des enfants en bas âge.

Une fragilisation majeure de l’autorité bienveillante/contenante et de la posture parentale

Le message dominant est fait d’angoisse sur l’avenir.

Les modèles sont des adultes tristes et obéissants, rendus vulnérables par l’incertitude sur la situation économique (ce qui fragilise par ricochet les enfants). La politique sanitaire actuelle fragilise en outre la posture parentale auprès des enfants, mettant les parents en situation d’enfants devant obéir, ce qui entraîne tout à la fois une impuissance parentale et une perte de repères pour les enfants[18].

Le pouvoir imaginaire et symbolique de l’autorité parentale est en chute libre, or rappelons-le, c’est d’abord l’autorité parentale qui rassure les enfants et leur permet de grandir dans un environnement affectif sécurisant pour eux.

Les parents manquent d’arguments, ne sont plus en mesure de promettre que « ça va finir », ne soutiennent pas forcément la narration médiatique dominante et monopolistique, et n’ont pas le temps de préparer les enfants face à la variabilité chronique des décisions politiques à « effet immédiat », annoncées brutalement.

Les parents sont donc mis dans l’impossibilité d’accompagner leurs enfants dans leurs représentations, de les guider et de les épargner. Ils sont à court d’arguments pour expliquer des situations que les enfants ne manquent pas de questionner avec leur bon sens.

Une perte de repères structurants et des discours paradoxaux

La situation entraîne une perte de repères vis-à-vis du monde adulte, vécu comme menaçant et incohérent. Par exemple, un enfant témoigne pour dire qu’il ne comprend pas pourquoi il peut aller en classe, mais ne peut plus jouer dans la rue avec ses copains comme avant.

Le paradoxe est également présent dans la collusion entre un discours mortifère d’adultes qui est adressé aux enfants, et des apprentissages à l’école de chansons fort surprenantes parlant d’un « virus extra-terrestre » ou guerrières, telles que « le covid on en viendra tous à bout », d’après les témoignages que nous recueillons.

Les précautions hygiénistes sont poussées à l’absurde : interdiction de se laver les mains dans certains établissements pour éviter de toucher au robinet, repli par groupes (interdiction de se mélanger entre classes lors de la récréation) etc.

L’école n’est plus le lieu de l’apprentissage de la socialisation, mais celui de l’apprentissage de la distanciation sociale. Elle n’est plus le lieu du vivre-ensemble mais celui du marquage de la méfiance de tous contre tous. Le lien social est très attaqué : les proches deviennent de potentiels ennemis, nous nageons dans les paradoxes éducatifs.

Les enfants vont-ils avoir envie de grandir pour appartenir au monde adulte tel que nous sommes en train de le leur présenter ? Ou vont-ils se déconnecter et se réfugier dans l’imaginaire en refusant de grandir, des sentiments de toute-puissance avec passages à l’acte, ou encore des idées délirantes avec déréalisation ? Sans compter l’augmentation du recours aux écrans, déjà bien problématique, ayant pour conséquences la fuite de la réalité et du lien social au sein même de l’espace familial.

Le paradoxe éducatif concerne également l’écologie, au regard de la contamination du milieu ambiant due au gel hydro-alcoolique, ainsi qu’aux déchets produits cette année (gants, masques etc.) à l’échelle de la planète, mais également le rapport à la nature : un virus est-il vraiment un ennemi extérieur à notre organisme qu’il faudrait combattre ? Doit-on réellement abattre des troupeaux entiers d’animaux porteurs d’un virus ou l’idée d’éradiquer un virus en tuant son porteur vivant relève-t-elle davantage d’une pensée primitive dangereuse de type psychotique ?

Les enfants sont aujourd’hui stigmatisés, alors que durant la première période de l’année 2020, ils étaient considérés comme inoffensifs. Le port du masque est vécu comme un geste arbitraire ; beaucoup se soumettent à des ordres vécus comme arbitraires pour « ne pas avoir de problème » sans comprendre le sens de ce qui leur est demandé. Dès qu’un enfant se gratte le nez, ou baisse son masque, il est contraint à l’isolement et/ou disputé.

Les enfants nagent enfin dans la confusion psychique face à des règles floues, changeantes, contradictoires, arbitraires et uniquement punitives. Ils se vivent comme « mauvais », puisqu’ils sont, selon les moments, punis de jeux collectifs, de cours de récréations ; les sorties scolaires peuvent être annulées, les toboggans fermés et quid de l’accès aux bibliothèques ?

Il est urgent de retrouver la raison…

Si l’on reprend ces éléments du point de vue de la thérapeutique, dans le cas qui nous intéresse il s’agit d’un traitement préventif, c’est ainsi que nous est présenté le port du masque par les enfants et leur distanciation en milieu scolaire, il y a lieu, comme pour tout traitement, y compris préventif, d’évaluer son rapport risques/bénéfices.

Rappelons tout d’abord quel est l’objectif direct cherché actuellement par ce traitement préventif (le « bénéfice ») : diminuer la circulation du virus SARS-Cov-2 (ou COVID-19 virus) dans la population scolaire et par conséquence dans la population générale, c’est-à-dire en pratique, le nombre de personnes contaminées. De la réussite de cet objectif dépendraient des objectifs secondaires comme la diminution du nombre de patients hospitalisés et surtout celui des formes graves admises en service de réanimation, ainsi que la mortalité due à cette maladie, un lien effectivement probable du point de vue épidémiologique, encore qu’un lien de temporalité (la diminution du nombre de malades symptomatiques après ces mesures) n’implique pas de lui-même un lien de causalité et qu’il faudrait étayer ce dernier par d’autres arguments dans une méthodologie adéquate.

Cet abord de la prévention en milieu scolaire (le port du masque et la distanciation sociale rebaptisée physique) ne l’envisage que d’un point de vue passif, une sorte de ligne Maginot contre le virus, sans que soient réellement prises en compte les capacités de défense propres à chaque individu, en dehors, et ceci de manière paradoxale, de celles, affaiblies, des personnes « fragiles ». Ce qui vient d’ailleurs confirmer l’évidence : les défenses immunitaires personnelles d’un être humain jouent un rôle majeur pour contrer le développement d’une maladie infectieuse. Les grandes difficultés de traitement curatif ou préventif des infections des patients souffrant de déficience immunitaire congénitale ou acquise en sont la preuve a contrario.

Il est généralement admis avec de fortes présomptions scientifiques à l’appui, tant historiques qu’actuelles, que de nombreux facteurs qui ont été développés auparavant dans cet article interviennent dans l’état des défenses immunitaires propres à chaque individu à un moment donné de sa vie, à côté de caractéristiques constitutionnelles initiales ou de maladies chroniques. C’est par exemple, et quel que soit l’âge, l’hygiène de vie (air respiré, lumière naturelle, espace vital, activité physique, cadre de vie, rythmes circadiens tels que veille-sommeil, activités scolaires ou professionnelles et leurs productions, etc., tous ces éléments étant fortement perturbés par la vie en confinement), l’alimentation et les conditions des repas, enfin et tout particulièrement l’importance de l’état de son humeur psychique. De nombreuses études ont montré qu’une humeur dépressive (a fortiori une dépression), de même qu’une anxiété chronique, diminuent les défenses immunitaires de celui qui en souffre. Les facteurs sociaux jouent un grand rôle dans ces états psychiques, et la cohésion du groupe ainsi que la qualité des relations affectives avec l’entourage sont des éléments importants dans leur prévention ou leur traitement. Pour les plus jeunes, qui ont moins de moyens de prise de distance émotionnelle que les adultes, le port du masque, la distance sociale et même le confinement vont à l’évidence, au regard des éléments développés plus haut, à l’encontre des éléments favorables au développement d’une bonne immunité personnelle.

Pour en revenir plus précisément au port du masque en milieu scolaire, que peut-on en attendre sur le plan de la contamination ? Sa seule véritable action est de limiter la quantité de postillons et autres particules émises par la bouche et le nez. Son but n’est pas de protéger de ces particules celui qui le porte mais l’espace proche qui l’entoure : le masque chirurgical protège le champ opératoire, pas le chirurgien. Dans le meilleur des cas le masque porté par les enfants ne peut que limiter en partie la contamination entre eux durant le temps scolaire. La distance physique imposée (qui devient ainsi de fait une distance sociale) peut effectivement augmenter cette limitation de la contamination, mais n’importe quel enfant de l’école primaire peut s’interroger et poser des questions à ses parents sur ce qu’il observe. Des questions comme : pourquoi dans les transports publics cette distance physique n’est-elle plus nécessaire depuis que le port du masque est obligatoire pour les adultes ? Ou bien : pourquoi les deux ne sont-ils obligatoires qu’à l’école ? La situation scolaire est-elle bien plus dangereuse que n’importe quelle autre de sa vie quotidienne (puisqu’en dehors de l’école, comme on peut le constater de visu, une partie des enfants continue de jouer et de parler normalement entre eux) ? Et si l’école est effectivement dangereuse pourquoi continue-t-on à l’y envoyer ? Que répondriez-vous à la place des parents ?

Comme aucune évaluation sérieuse de ces actions « anti-contamination-diffusion du virus » ne semble avoir été faite, ils sont bien en peine pour répondre à des questions qu’eux-mêmes se posent, ce qui nous renvoie à la baisse de la confiance des enfants dans le rôle protecteur parental exposée plus haut. Il en est de même dans les relations des enfants avec les adultes qui les enseignent, quand ne se sont pas installés des sentiments de défiance et de culpabilité bien plus toxiques tels que décrits supra dans cet article. Actuellement, le sentiment de culpabilité (et pas seulement de responsabilité pour plagier certaines anciennes réponses de « décideurs » lors d’affaires tragiques antérieures) est d’ailleurs assez général chez les enfants, sans qu’ils comprennent ce qu’ils ont pu faire de mal, surtout les plus jeunes, et il le reportent sur les messages culpabilisant de certains adultes : les petites incartades au port du masque, les jeux ou discussions entre eux, etc., qu’ils ne peuvent s’empêcher de faire, comme des enfants qu’ils sont. La mise en cause de leur responsabilité dans le risque mortel qu’ils feraient courir à leurs grands-parents ou autres personnes fragiles proches est particulièrement culpabilisante, alors que les données qui nous sont transmises sur ces voies de contamination par les enfants sont très parcellaires et contradictoires.

Au bout du compte cette diminution possible mais non vérifiée (ni humainement vérifiable) de la contamination entre enfants durant les heures scolaires est très probablement quantité négligeable dans la diffusion des vagues épidémiques actuelles de COVID 19. Les effets indésirables de cette prévention constatés lors de l’utilisation du port du masque et la distance entre enfants en milieu scolaire (et plus globalement, l’anxiété généralisée qui les accompagne), c’est-à-dire les « risques » du rapport « risques/bénéfices » sont donc bien présents et importants. Ils apparaissent ainsi prépondérants sur les « bénéfices », ce qui nécessiterait une réévaluation de ce rapport, un traitement, qu’il soit préventif ou curatif, ne pouvant être évalué que par son résultat clinique global et non sur celui d’une seule partie de ses effets. Cette réévaluation pourrait permettre un réexamen des mesures sanitaires en cours en milieu scolaire.

Un autre élément de prévention lors d’une épidémie, dont on entend parler fréquemment, est l’acquisition d’un taux suffisant de personnes immunisées au sein d’une population pour arrêter la propagation du virus en son sein et ainsi protéger également ceux qui n’ont pas encore été contaminés. En ce qui concerne ce nouveau virus, ce taux ne peut actuellement qu’être estimé en fonction des épidémies antérieures par d’autres virus plus ou moins proches de celui-ci. Quel qu’il soit, il ne semble pas atteint jusqu’à présent dans la plupart des populations mondiales, au vu de la pandémie en cours. Cette immunité de groupe ne peut être acquise que par un nombre suffisant d’individus immunisés après contamination par le virus circulant entre les membres de ce groupe. On comprend dans ce cas l’importance de l’immunité personnelle de chaque membre de ce groupe et de l’intérêt qu’elle soit la meilleure possible. La stratégie de limitation de la diffusion d’un virus ne peut que retarder l’acquisition d’une immunité collective plutôt que mettre fin à l’épidémie. Son intérêt est plutôt d’étaler l’évolution de celle-ci afin que les capacités de soins disponibles ne soient pas dépassées en cas de pic, ce que l’on peut comprendre.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire des épidémies à transmission interhumaine que nous sommes confrontés à une telle situation et nous le sommes même encore actuellement pour d’autres agents infectieux que le COVID 19. Pour mémoire, citons en trois cas, dus à différentes sortes d’agents infectieux :

1. Celui de la varicelle, due à un virus, qui sévissait sous forme d’épidémies à renforcements saisonniers. Celle-ci était très contagieuse dans la population enfantine, quasi exclusivement sous des formes peu symptomatiques ou relativement bénignes. Les formes graves, potentiellement mortelles, ne se voyaient que chez les enfants immunodéprimés (en cas de leucémie par exemple). La stratégie préventive consistait alors, dès qu’une épidémie de varicelle débutait, à protéger ces quelques malheureux enfants en les mettant au vert dans un milieu sans contact avec d’autres enfants, les grands-parents par exemple, avec scolarité à distance. Il n’était pas question de freiner la diffusion du virus mais au contraire de favoriser celle-ci dans l’entourage de l’enfant concerné, comme par exemple chez ses frères et sœurs, afin qu’ils constituent une barrière efficace pour son retour. Les enfants « boucliers » se sentaient ainsi valorisés par leur rôle après qu’on leur avait expliqué les raisons de l’éloignement de l’enfant malade.

2. Autre maladie : la coqueluche, due à une bactérie. Pas si anodine que cela chez l’enfant, elle reste très dangereuse chez le nouveau-né. La stratégie actuelle est donc d’établir une barrière sanitaire autour de lui, en vérifiant l’état d’immunité de toutes les personnes qui vont être amenées à s’en occuper pendant ses premiers mois de vie.

3. Troisième cas, celui de la toxoplasmose, qui est une parasitose. L’infection durant l’enfance passe le plus souvent inaperçue alors que pendant la grossesse elle aboutit fréquemment à des malformations graves, voire la mort du fœtus. Là encore la stratégie consiste à favoriser l’acquisition d’une immunité par l’absence de mesures empêchant la contamination spontanée par le toxoplasme à une période de la vie où elle est sans conséquence : l’enfance (sauf en cas de déficit immunitaire, bien évidemment), voire à la favoriser par le contact avec un des animaux transmettant le parasite et que les enfants adorent caresser : le chat.

Dans ces trois situations, la stratégie adoptée est celle d’une protection individuelle des personnes susceptibles de contracter une forme grave de la maladie, tout en favorisant l’acquisition d’une barrière immunitaire collective capable de les protéger en remplacement de cette protection individuelle qui ne peut être que provisoire pour de multiples raisons. Encore faut-il réduire le plus possible les effets indésirables de ces mesures provisoires et, lorsque c’est possible, demander aux personnes concernées leur avis sur ce qu’elles souhaitent (comme par exemple des grands-parents en institution par rapport au contact avec leurs petits-enfants pour l’épidémie actuelle). C’est sous cet angle que pourrait être considérée la protection des enseignants et autres professionnels de l’enfance, qui prennent probablement moins de risques avec les enfants qu’ils côtoient durant leur activité professionnelle, qu’en croisant sur le trottoir quelqu’un en plein effort de course à pied sans masque.

Pour résumer ces paragraphes, il est souhaitable de se demander si les mesures sanitaires actuelles concernant les enfants en milieux scolaire et autres ne relèvent pas d’un hygiénisme plus du registre de la phobie que de l’hygiène (et l’on commence à découvrir le rôle de la nosophobie des microbes dans les maladies allergiques) ainsi que d’un scientisme plutôt que d’une médecine clinique dans ses composantes somatique et psychologique.

Il est urgent de retrouver la raison et de formuler clairement les questions posées par cette épidémie si l’on veut avoir la possibilité d’y trouver des réponses adéquates à la situation qu’elle nous impose, sans avoir à l’aggraver par nos actions, comme le veut toute thérapeutique bien comprise.

Conclusion

Notre relevé clinique est très alarmant, et signale une politique sanitaire ne souffrant d’aucune contestation dans ses certitudes, mais qui semble très déconnectée du réel vécu et des troubles psychiques et physiologiques graves et sérieux qu’elle engendre sur la population en général, et les enfants en particulier.

« Maintenant on ne va plus à l’école pour travailler mais pour se faire gronder » est devenu un discours récurrent entendu dans nos consultations. Bientôt, tous les enfants seront traumatisés d’aller à l’école et ne souhaiteront plus grandir, puisqu’ils ressentent une hostilité franche à leur égard de la part du monde adulte. La souffrance psychique et les troubles associés chez les enfants sont par conséquent en pleine « explosion »[19].

L’enfance est aujourd’hui utilisée comme un champ expérimental hasardeux notamment de techniques manipulatoires institutionnalisées (cf. BVA nudge unitssupra), où la violence d’un monde adulte régi par l’angoisse focalisée sur la mort et la maladie fait effraction traumatique dans le monde de l’enfance, lui supprimant de façon totalitaire et abusive le droit à une autorité contenante, à une structure sécurisante favorisant les apprentissages, lui volant son innocence, sa joie de vivre et sa sérénité.

Il serait confortable de se reposer sur la capacité d’adaptation et de résilience des enfants face aux maltraitances, mais cela ne devrait en aucun cas nous permettre de faire l’économie d’un positionnement professionnel.

C’est pourquoi nous appelons les professionnels de l’enfance en particulier, et les adultes en général, à se manifester publiquement avec discernement, responsabilité et bienveillance, pour faire barrage à cette maltraitance systémique, aider à promouvoir une approche raisonnable et mesurée, et garantir ainsi la protection des enfants du peuple de France.

Références complémentaires (non exhaustives)

« Le droit de chacun à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé », par Marianne Moliner-Dubost (maître de conférences)

Port du masque : le parcours du combattant d’un collégien asthmatique, décrivant les railleries et l’isolement subi par un collégien, vivant désormais un calvaire dans ses activités scolaires ; la mère ayant insisté pour la reprise des cours de l’enfant, a subi une garde à vue de 8 heures.

Témoignage : au collège, le droit à respirer de l’air pur est relégué aux toilettes

Masked education? The benefits and burdens of wearing face masks in schools during the current Corona pandemic, Trends Neurosci Educ. 2020 Sep.; 20, 11 août 2020

Le port obligatoire du masque pour les enfants, c’est de la maltraitance !, 21 Août 2020, par les docteurs G. Delépine, chirurgien oncologue et N. Delépine, pédiatre cancérologue.

Signataires

Karine Amistani, psychologue clinicienne

Cécile Auduc, psychologue clinicienne

Julien Baillet, psychologue, thérapeute EMDR Europe

Anaïs Barbier, psychologue

Mélissa Bellocq, psychologue spécialisée en neuropsychologie

Ariane Bilheran, psychologue clinicienne et docteur en psychopathologie

Marie Claude Bonnetto, psycho-praticienne

Sandra Brot, psychologue clinicienne

Régis Brunod, pédiatre et pédopsychiatre

Valérie Chénard, psychologue sociale et du travail

Stéphanie D’Attoma, Psychologue

Isabel Dousset, psychopédagogue

Anne Laure Duprat, psychologue référente de la CUMP 24, Psycho-traumatologue Laetitia Dutoict, thérapeute et praticienne EMDR

Thierry Duverger, psychologue clinicien

Sonia Fazio, Psychologue Clinicienne, Psychothérapeute, Expert près les Tribunaux

Catherine Frade psychologue et psychopathologue du travail, docteur en pharmacie, ancienne présidente de l'association EMDR France

Anne Gendron, psychologue

Laetitia Guias, psychologue du travail

Marie-Laurence Hercenberg, psychologue clinicienne

Stéphanie Jacques, psychologue clinicienne

Marie-Pierre Josancy, psychothérapeute pour enfants

Amandine Lafargue, psychologue clinicienne, psychologue sociale et des organisations du travail, psychothérapeute et psychanalyste

Virginia Leclercq, psychanalyste

Laurence Leroy, psychologue clinicienne

Carole Mary, psycho-praticienne et infirmière

Émilie Michaud, psychologue

Yoanna Micoud, psychologue clinicienne

Consuelo Palacios, psychologue clinicienne

Gwenaëlle Persiaux, psychologue clinicienne

Amandine Potier, psychologue clinicienne

Jocelyne Rabier, psychologue

Laurence Rasmussen-Amigues, psychologue clinicienne

Juliette Rocache, psychologue

Marta Cecilia Rodriguez Rave, psychologue clinicienne

Caroline Sanmori, Psychologue Clinicienne et Psychologue Scolaire

Marie-Catherine Thevenet, psychologue clinicienne et psychanalyste

Isabelle Torisi, psychanalyste

Cet article est proposé pour publication en première instance à France Soir ainsi qu’à Reinfocovid.

Un collectif de professionnels de la psychologie et de la psychiatrie est en constitution, contactez conscience.sante.liberte@protonmail.com, si vous souhaitez en faire partie.

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Notes [1] Ces troubles de nature phobique sont à relever également chez des enseignants dans nos consultations, certains étant en arrêt de travail pour cela, d’autres souhaitant démissionner et ne se sentant plus en capacité de transmettre de façon sereine dans de telles conditions.

[2] https://www.facebook.com/watch/?v=317319673026731 [3] The effects of social deprivation on adolescent development and mental health, The Lancet Child & Adolescent Health, Volume 4, Issue 8, 1 Août 2020. [4] Baumeister RF Leary MR. The need to belong: desire for interpersonal attachments as a fundamental human motivation. Psychol Bull. 1995 ; 117 : 497-529 Hawkley LC, Cacioppo JT. Loneliness matters: a theoretical and empirical review of consequences and mechanisms. Ann Behav Med. 2010; 40: 218-227 Mask mandates may affect a child’s emotional, intellectual development, Dr Mary Gillis, 23 Juillet 2020. [5] https://up-magazine.info/le-vivant/sciences/65177-la-covid-19-nest-pas-une-maladie-qui-concerne-les-enfants/ [6] Chen Y, Zhou Z, Min W. Mitochondria, Oxidative Stress and Innate Immunity. Front Physiol 2018 ;9 :1487. Doi :10.3389/fphys.2018.01487 [7] https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/332448/WHO-2019-nCov-IPC_Masks-2020.4-fre.pdf [8] https://www.londonneurology.com/dr-margareta-griesz-brisson Founder and Medical Director of The London Neurology & Pain Clinic Ltd, Specialized Clinic exclusively on Physiology, Neurotoxicology and Primary Prevention Medicolegal Expert in the USA, UK, Germany, Switzerland, Norway. Ce manque d’oxygène dû au port du masque étant qualifié de « fake news », nous souhaitons rappeler que cela contredit les observations cliniques de bon sens et les retours faits notamment par les enfants et les sportifs. Demandons donc aux sportifs s’ils obtiennent les mêmes résultats en s’entraînant avec un masque ou non, et cela permettra de valider par l’expérience les bienfondés de ces assertions théoriques. Bientôt, nous devrons également argumenter sur les raisons pour lesquelles il ne faut pas arroser les plantes avec du pétrole ! [9] http://www.francesoir.fr/societe-sante/les-gestes-barrieres-les-mains-oui-les-masques-vraiment-moins [10] https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200512.OBS28723/une-fiche-invitant-a-signaler-les-propos-inacceptables-des-eleves-sur-le-covid-agace-les-profs.html [11] https://unpeudairfrais.org/le-port-du-masque-a-nos-enfants-de-6-11-ans-est-il-justifie-reinfocovid/ [12] https://m.facebook.com/100000304937380/posts/3620330454653750/?d=n [13] https://m.facebook.com/100000304937380/posts/3624932354193560/?d=n [14] Le gouvernement s’est doté institutionnellement d’une unité d’experts en sciences comportementales (BVA nudge unit au cœur même de Matignon) pour la campagne gouvernementale. Le nudge signifiant coup de pouce en anglais est une théorie d’économie comportementale mise de Richard H. Thaler et par Cass R. Sustein (2008 « Nudge. La méthode douce pour inspirer la bonne décision »). Aussi appelé manipulation douce, le nudge exploite nos réflexes en les bousculant à l’aide de biais cognitifs tels que l’aversion à la perte, l’émotion, la réciprocité, l’effet de groupe, les comptes mentaux ou les émotions. Cet outil permet de modifier inconsciemment le comportement des gens pour parvenir à un comportement souhaité. France culture a dédié une émission sur cette gestion manipulatrice de la crise sanitaire. Les enfants sont donc confrontés massivement au matraquage de ces messages de campagne de communication manipulant nos biais cognitifs pour condamner les gestes les plus élémentaires de tendresse et d’empathie. https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/le-nudge-et-le-comportementalisme [15] https://www.caminteresse.fr/psychologie/le-sourire-un-langage-subtil-et-universel-11114950/ [16] https://sensoridys.fr/videos/les-neurones-miroirs/ [17] Mask mandates may affect a child’s emotional, intellectual development, Dr. Mary Gillis, 23 juillet 2020. Young children especially rely on facial expressions to understand situations. [18] Nous renvoyons à l’article de Laurence Leroy, « Fragilisation de la position parentale dans l’exercice de son autorité et "syndrome d’aliénation" ». http://www.arianebilheran.com/post/fragilisation-de-la-position-parentale-dans-l-exercice-de-son-autorite-et-syndrome-d-alienation [19] « Dans le nord-est de Paris, on constate un doublement des tentatives de suicide chez les mineurs de moins de 15 ans par rapport à l’année dernière (…). Depuis la rentrée de septembre, un enfant de moins de 15 ans arrive ainsi presque chaque jour aux urgences de Robert-Debré pour une tentative de suicide, contre environ un tous les trois jours un an avant ». https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/11/26/a-l-hopital-robert-debre-les-soignants-face-a-l-explosion-des-troubles-psychiques-chez-les-enfants_6061143_3244.html

Addenda : témoignages d'enfants au 13 décembre 2020

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