Articles de la-haut
Allan Watts : Eloge de l'insécurité
Tout comme Gurdjieff ou bien Ouspensky ou encore René Daumal, Alan Watts fait partie des auteurs qui m'ont considérablement "remué", agité intérieurement, invité à explorer des espaces inconnus, qui m'ont amené à bousculer les certitudes insérées, les enseignements ingurgités comme d'inévitables connaissances quant ils ne sont qu'une soupe commune.
Je reviens à ces lectures de temps en temps, comme une espèce de pélerinage.
Rien chez Alan Watts ne se lit facilement car tout ce qu'il écrit relève de l'inattendu. Soit la curiosité l'emporte et on continue le chemin, soit on s'arrête. Mais il n'y a pas de demi-mesure, on ne peut pas cheminer avec lui tout en étant ailleurs.
Cet article de présentation représente une belle page de découverte.
https://revolution-lente.coerrance.org/eloge-de-l-insecurite-alan-watts.php
Éloge de l’insécurité - Alan Watts
« Essayer de tout comprendre en fonction de la mémoire, du passé et des écrits, c’est comme avoir vécu l’essentiel de sa vie, le nez dans un guide touristique, sans jamais regarder le paysage. »
« Chercher l’éveil, c’est comme utiliser ses lunettes pour les chercher. »
Le livre Éloge de l’insécurité
Éditions Petite Bibliothèque Payot, février 2005. Titre original : The Wisdom of Insecurity (Vintage Books) (1951) Traduit de l'anglais (États-Unis) par Benjamin Guérif
Quatrième de couverture

QUATRIEME DE COUVERURE
"J'ai toujours été fasciné par la loi de l'effort inverse : quand vous essayez de rester à la surface de l'eau, vous coulez ; mais quand vous essayez de couler, vous flottez. Mon livre explore cette loi en l'appliquant à la recherche par l'homme de la sécurité psychologique, et à ses efforts pour trouver des certitudes spirituelles et intellectuelles dans la religion et la philosophie. Écrit avec la conviction qu'aucun thème ne pourrait être mieux approprié à une époque où la vie humaine semble particulièrement précaire et aléatoire, il soutient que pareille insécurité résulte de la volonté d'atteindre cette sécurité, et que, a contrario, salut et bon sens consistent à reconnaître le plus radicalement possible que nous n'avons aucun moyen d'assurer notre propre salut." — Alan Watts.
Un livre revigorant, par l'un des "pères" de la contre-culture aux États-Unis, qui figure en bonne place dans Les Livres de ma vie de Henry Miller.
Éloge de l’insécurité montre comment cette loi régit notre quête d’une sécurité psychologique et les efforts que nous déployons pour trouver des certitudes spirituelles et intellectuelles dans la religion et la philosophie. Ce livre est écrit avec la conviction qu’aucun thème ne pourrait être mieux approprié à une époque où la vie humaine semble particulièrement précaire et aléatoire. Il soutient que cette insécurité résulte de la volonté d’atteindre la sécurité et que, a contrario, salut et bon sens consistent à reconnaître le plus radicalement possible que nous n’avons aucun moyen d’assurer notre propre salut.
Voilà qui commence à ressembler à un extrait de Alice au Pays des Merveilles, dont ce livre est une sorte d’équivalent philosophique. Car le lecteur se trouvera fréquemment dans un monde sens dessus dessous, où l’ordre normal des choses paraît complètement inversé. Ceux qui ont lu certains de mes livres trouveront ici des éléments qui semblent en contradiction totale avec bien des choses que j’ai dites précédemment. Ce n’est cependant vrai que sur des points mineurs. Car j’ai découvert que l’essence même de ce que j’essayais de dire dans ces livres était rarement comprise, l’ossature et le contexte de ma pensée en cachant souvent la signification. Mon intention ici est d’approcher cette même signification à partir de prémices entièrement différents, et en des termes qui ne confondraient pas la pensée avec les multiples associations non pertinentes que le temps et la tradition leur ont attaché.
Dans ces livres, j’avais le souci de défendre certains principes de religion, philosophie et métaphysique en les réinterprétant. C’était, je pense, superflu, inutile et propre à semer la confusion, car seules les vérités douteuses ont besoin d’être défendues. Ce livre, quoi qu’il en soit, est dans l’esprit du sage chinois Lao-Tseu, maître de la loi de l’effort inverse, qui a déclaré que ceux qui se justifient ne convainquent pas, que pour connaître la vérité on doit se débarrasser de la connaissance, et que rien n’est plus puissant et créatif que le vide, qui suscite l’aversion de l’homme. Ainsi, mon but est de montrer ici, à la mode du rebours, que ces réalités essentielles de la religion et de la métaphysique sont défendues lorsqu’on les ignore, et démontrées quand elles sont détruites.
Je suis heureux de reconnaître que le projet de ce livre a pu être mené à bien grâce à la générosité de la fondation créée par le New-Yorkais Franklin J. Matchette à la fin de sa vie, un homme qui consacra une grande partie de son existence à la science et à la métaphysique, un de ces rares hommes d’affaires qui n’a pas complètement été absorbé dans le cercle vicieux consistant à faire de l’argent pour faire de l’argent pour faire de l’argent. C’est pour cette raison que la Fondation Matchette est dévolue au développement des études métaphysiques, et, inutile de le dire, c’est pour moi un signe de perspicacité et d’imagination de la part de ses dirigeants qu’ils aient bien voulu s’intéresser à une approche si "contraire" de la connaissance métaphysique.
Alan W. Watts
Interview par Jacques Mousseau, septembre 1968
Source : chronophonix.blogspot.com
Le Nouveau Planète
Initialement publié dans le numéro 2 de la revue "Le nouveau planète" en septembre 1968, voici un entretien avec Alan Watts par Jacques Mousseau, qui nous montre que les préoccupations socio-spirituelles d’il y a 40 ans n’ont pas tellement changé…
À travers l’œuvre d’Alan Watts court la préoccupation de jeter un pont entre pensée occidentale et pensée orientale.
En Amérique, Alan Watts est devenu l’un des maîtres à penser de la jeunesse, non seulement des hippies de San Francisco et de New York, mais des étudiants des campus. Watts n’est pas allé au devant des consciences révoltées ou inquiètes. Depuis près de 30 ans, il poursuit la même quête. Soudain, sa vision du monde et de l’homme a rencontré la sourde interrogation qui s’élève de la jeunesse des deux continents.
Quantité d’étudiants viennent frapper à la porte du vieux ferry-boat dont il a fait sa demeure dans la baie de Sausalito. Ils assistent à ses séminaires de philosophie comparée. Ils l’accueillent dans leurs journaux et périodiques. The Oracle a organisé un débat entre le philosophe et Hermann Kahn, l’homme qui calcule des modèles de sociétés technologiques futures.
Alan Watts a passé le printemps et le début de l’été à se déplacer de campus en campus, où il parlait plus d’une philosophie de la vie, d’un art de vivre, qu’il ne faisait d’exposés dogmatiques sur tel ou tel système de pensée. Alan Watts, né le 6 janvier 1915, à Chislehurt (Grande-Bretagne), est docteur en philosophie et docteur en théologie. Avant d’émigrer d’Angleterre aux États-Unis, peu avant la guerre, il était pasteur de l’Église anglicane. Après avoir abandonné son ministère, il a passé plusieurs années au Japon où il a étudié le bouddhisme zen. Depuis la guerre, il a enseigné dans les universités américaines de Harvard, Cornell, Hawaii. Des millions d’auditeurs suivent ses conférences à la radio. Enfin, il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur la philosophie et la religion comparées.
PLANÈTE — Vous vous êtes consacré à l’étude des philosophies et des religions orientales. Par curiosité ?
Alan Watts — Mon intérêt pour la philosophie orientale ne tient pas à l’exotisme. Il tient au fait qu’il ne s’agit pas d’une philosophie au sens où nous l’entendons en Occident. La philosophie occidentale est spéculative. C’est un échafaudage de théories concernant la nature de l’être et la nature de la connaissance, uniquement basées sur des mots. La philosophie orientale, en revanche, est empirique. C’est une expérience. Son but fondamental est de modifier la conscience de telle sorte que l’individu puisse connaître une expérience de lui-même différente de celle qu’on appelle normale. L’expérience normale de nous-même est déterminée par la culture dans laquelle nous vivons. Chaque culture est comme un jeu par lequel nous jouons la vie de diverses manières : il y a le jeu de la girafe, le jeu de l’hippopotame, le jeu du kangourou, et il existe différents jeux humains. Certains de ces jeux ne vont pas : leurs règles sont en contradiction avec elles-mêmes. Lorsqu’un jeu humain se trouve placé sur ce que j’appelle une trajectoire à collision, il risque de détruire la planète. Ce jeu est mauvais. Alors nous avons besoin de sentiments nouveaux, de règles nouvelles, de concepts nouveaux pour définir ce que signifie être en vie, ce que signifie être un homme. En d’autres termes, nous avons besoin de cesser de nous considérer, ici, comme des étrangers dans un monde étranger. Telle est mon idée de base.
P. — Pourquoi pensez-vous que le mode de penser et d’agir de l’Occident constitue une menace pour la planète ?
A.W. — L’Occidental parle de son action dans l’univers en termes d’agression ou de conquête. Il escalade une montagne : il dit qu’il la conquiert. Il guérit une maladie : il dit qu’il la vainc. Alors qu’au contraire il faut, pour guérir une maladie, non la maîtriser avec violence, mais apprendre à coopérer avec elle. Il faut apprendre à aimer ces bactéries dont nous avons besoin lorsqu’elles ne sont pas destructrices. Nous ne comprenons pas cet aspect du réel. Le résultat c’est qu’au lieu de civiliser le monde, nous sommes en train de le « losangéliser », car Los Angeles est l’un des exemples les plus terrifiants de perversion technologique.
P. — Losangéliser, c’est un fameux néologisme ! Vous pensez avoir trouvé dans la philosophie orientale les recettes d’une attitude meilleure ?
A.W. — Je le crois. Vous allez me demander pourquoi les Orientaux ne l’utilisent pas eux-mêmes ?
P. — Naturellement.
A.W. — Parce que notre civilisation leur a tourné la tête. Le pays d’Orient que je -connais le mieux est le Japon. C’est un curieux endroit : dans les restaurants, on peut voir tous les Américains manger de la cuisine japonaise et tous les Japonais manger de la cuisine européenne. Les Américains aiment s’intégrer au cadre japonais et les Japonais idéalisent tout ce qui vient d’Amérique. Les hommes d’affaires japonais s’habillent exactement comme les directeurs d’IBM : complets noirs, cravates noires. Ils oublient qu’ils ont inventé le seul costume masculin confortable : le kimono. Il est agréable et reposant à porter. Seulement, un Japonais m’a dit un jour que pour rien au monde il ne sortirait dans Tokyo en kimono. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas courir après un autobus en kimono. Et c’est vrai. En kimono, on est obligé de traîner les pieds paisiblement, ce qui est excellent non seulement pour le corps, mais pour l’esprit. Si nous étions moins obsédés par le temps, par les rendez-vous à prendre, nous aurions une culture au rythme plus lent qui entrerait moins en conflit avec les autres et serait moins impérialiste, moins dominatrice.
P. — Et qu’est ce qui s’est "cassé", selon vous, en Occident ?
A.W. — Le problème est très compliqué. Assurer pour tout le monde nourriture, confort et soins médicaux et fondamentalement une question de technologie.
Jusqu’à la moitié du ’axe siècle, l’Orient et l’Occident en étaient au même point : pas d’égouts, pas de sécurité sociale, des lois et des institutions également barbares.
C’est au milieu du me siècle, avec la révolution industrielle, que nous avons découvert qu’il était possible de donner une chance de survie égale à tous. Cette découverte essentielle, l’Orient ne l’a pas faite pour bon nombre de raisons très complexes. Quant aux raisons pour lesquelles c’est en Occident qu’elle s’est faite en premier, elles n’ont aucun rapport ni avec le christianisme ni avec nos institutions.
P. — Ce que vous dites est singulier ! On pense généralement que c’est la pensée spécifique de l’Occident chrétien qui a permis le progrès et la démocratisation.
A.W. — Le christianisme n’y est pour rien. Avant le XIXe siècle, on chantait dans les églises un cantique qui disait : « Le Seigneur Dieu a créé toutes choses belles et harmonieuses, il a fait les créatures grandes ou petites, le riche dans son château et le pauvre à sa porte, riches ou humbles selon l’ordre qu’il a établi. » Le christianisme a toujours considéré la pauvreté comme allant de soi, au même titre que le Soleil ou la Lune. L’idée d’y changer quelque chose n’a pas germé avant le ’axe siècle et la révolution industrielle, au moment où il est devenu possible d’y remédier. C’est seulement à partir de ce point dans le temps que l’on a pu imaginer un monde d’où la pauvreté aurait disparu.
La difficulté à laquelle on se heurte ensuite n’est pas technique, mais psychologique. Elle naît de ce que les gens ne comprennent pas que l’argent est une fiction. L’idée que l’or est une richesse est une superstition aussi archaïque que la saignée. L’argent n’est qu’un instrument de comptabilité. Chaque nation devrait être une sorte de banque en société anonyme qui ouvrirait à sa population un crédit suffisant pour permettre la circulation de la production. Sinon, comme elle économise du travail, l’automation créera de plus en plus de chômage. Qu’attendait-on des machines, sinon qu’elles travaillent à notre place et qu’elles gagnent notre argent pendant que nous resterions assis au soleil à fumer et à boire du vin ? Mais si la communauté ne distribue pas les richesses à l’homme qui se repose pendant que la machine travaille pour lui, le producteur ne peut plus écouler ses produits. Les machines sont nos esclaves communs, elles ne sentent rien et ne se plaignent pas.
P. — À quoi attribuez-vous le fait que l’Occident ait inventé et fait la révolution industrielle ?
A.W. — Le moteur de l’évolution a été la géographie. Regardez la carte de l’Europe : c’est un colossal système de ports; la Méditerranée à elle toute seule est un port. Les Européens sont des navigateurs, et parce qu’ils voyageaient ils ont pu amalgamer les connaissances qu’ils recueillaient à droite et à gauche. C’est la synthèse de cette diversité de connaissances qui a donné naissance à la technologie. Les Chinois possédaient une foule de connaissances technologiques qu’ils n’ont jamais utilisées. Ils avaient découvert la poudre, mais au lieu de l’employer pour la guerre, ils en ont fait des feux d’artifices; en un sens, on pourrait dire que cela prouve qu’ils étaient plus civilisés que nous. Je suis profondément convaincu que c’est cette qualité de navigateurs propre aux Européens qui leur a permis de faire la révolution industrielle du XIXe siècle.
P. — L’Occident a eu un jour l’audace de prendre le cours des choses naturelles en charge.
A.W. — Oui. C’est le grand saut psychologique. En Asie, on a toujours considéré qu’intervenir dans l’ordre de la nature peut paraître profitable dans l’immédiat, mais que les conséquences lointaines sont menaçantes. Guérir les maladies, c’est parfait, mais que faire si la Terre devient surpeuplée ? Alors l’Orient a adopté une attitude détachée : suivre le cours des choses, mais ne pas tenter de le modifier. Actuellement, en Inde, en Chine, on cherche à copier l’Occident; l’Inde et la Chine veulent s’industrialiser et devenir des états farouchement modernes.
P. — Vous estimez que le revers de médaille de notre civilisation technique est son incapacité à promouvoir une pensée et une action à long terme ?
A.W. — Absolument ! Ce problème est fondamental. Korzybski, le père de la sémantique générale, a qualifié l’humanité de lieuse de temps, parce qu’elle a le sens de l’avenir. Apparemment, les animaux ne le possèdent pas, car ils ne prévoient pas. Les sciences sont, en effet, une forme de prédiction. Mais notre pouvoir de prédiction constitue à la fois un avantage et un désavantage. D’une part, à partir du moment où il peut prévoir, l’homme possède un pouvoir sur l’avenir. D’autre part, il est troublé parce qu’il sait qu’il mourra et qu’il n’a pas d’avenir véritable. C’est un atout déprimant. Alors il se donne dix ans ou un peu plus. Il se décharge des responsabilités plus lointaines sur ses enfants. Ici, par exemple, en Californie, la technologie et l’industrie sont en train de détruire complètement les ressources naturelles du pays. Cette région, que je connais bien, deviendra peut-être un désert, simplement parce que l’être humain n’est pas conscient de ce qu’il n’est pas une chose individuelle enfermée dans un sac de peau. Le remous dans la rivière est un événement isolé qui se produit dans la rivière, mais le remous et la rivière sont inséparables. Il en va de même en ce qui concerne l’être humain. C’est l’une des formes prises par l’énergie, et il est inséparable de son milieu. En écologie, qui est la science des relations entre les organismes et leur milieu environnant, l’organisme s’appelle milieu-organisme, avec un tiret pour bien montrer qu’il n’y a qu’un seul champ de comportement. L’organisme a le comportement de son milieu et le milieu a le comportement de tous les organismes qui y vivent. Mais l’individu n’en est pas conscient. Il se ressent comme un ego isolé dans un sac de peau, à mi-chemin derrière les oreilles et un peu en arrière des yeux. Même son corps ne lui appartient pas. Si vous dites à une fille qu’elle est ravissante, elle vous répondra que c’est bien masculin de ne s’attacher qu’au corps, que ce sont ses parents qui lui ont donné ce corps et qu’elle veut être admirée pour elle-même et non pour son chassis. En quoi elle se définit comme chauffeur ! Elle désavoue son corps, tout le monde désavoue son corps lorsqu’il dit j’ai, et non pas je suis un corps. À partir du moment où l’on est, et non plus où l’on a un corps, il se produit quelque chose d’extraordinaire, parce que le corps, lui, sait qu’il est relié à tout l’univers. Un échange d’énergie se fait continuellement entre ce qu’il y a au dehors et moi qui suis assis ici. Lorsqu’on commence à l’éprouver physiquement, on sait immédiatement qu’il n’existe pas de discontinuité, non seulement entre soi et la montagne que l’on voit par la fenêtre, mais entre soi et le système solaire tout entier, la galaxie dont fait partie le système solaire, toutes les galaxies, et tout à coup on comprend qu’on est ce qui est.
On ne peut pas se soulever de terre en tirant ses lacets de chaussures
P. — D’accord, mais d’où est venue cette attitude de séparation ? N’était-elle pas nécessaire à la connaissance objective ?
A.W. — L’attitude générale de l’Occidental à l’égard de l’univers a pour modèle une structure politique. C’est Dieu le maître, comme dans les sociétés monarchiques le roi est le grand tyran devant qui tous s’inclinent. Même la hiérarchie de l’Église est à l’image d’une cour royale : l’officiant tourne le dos au mur de crainte d’être attaqué, il est entouré de gardes, et l’assistance a le dos courbé, est agenouillée, parce que c’est une position dans laquelle on ne peut pas attaquer. Dieu, donc, a peur. Et cette image politique de Dieu est l’une des maladies dont souffre la culture occidentale. Imaginez. qu’un homme fasse une expérience mystique, soit spontanément, soit avec l’aide du LSD par exemple, qu’il réalise tout à coup qu’il est un avec Dieu, et qu’ensuite il aille dire qu’il est Dieu. Le fait paraîtra intolérable : comment oser prétendre qu’on est Dieu, puisque c’est Dieu le maître de l’univers ? Comment pourrait-on reconnaître un homme comme maître de l’univers entier, s’incliner devant lui et l’adorer ? Alors qu’aux Indes, lorsque quelqu’un vient de découvrir qu’il est Dieu et qu’il l’annonce, on le félicite, au contraire, d’avoir enfin fait cette découverte ! Pour les Orientaux, Dieu n’est pas un maître dominateur, un meneur de jeu politique, au contraire, c’est le danseur, l’acteur du monde, le grand comédien qui joue tous les rôles. L’image de Dieu, dans la culture indienne, étant différente, un individu peut dire qu’il est Dieu.
P. — Seulement, chez nous autres Occidentaux, la conscience la plus vive, c’est la conscience de la mort de Dieu.
A.W. — Je crois qu’il s’agit surtout de la mort d’une certaine idée de Dieu, de ce Dieu chrétien qui est un Dieu politique à l’image des antiques législateurs. C’est la découverte de l’idée orientale du dieu qui me paraît personnellement la seule valable. Je suis émerveillé par la vie, je voudrais pénétrer le mystère de ma propre existence, connaître les racines de ma conscience. Plus je suis convaincu que je suis moi aussi Dieu — mais certes pas le Dieu-Maître — plus cette découverte me paraît dépendre entièrement de l’abandon des images traditionnelles de Dieu. La foi, la vraie, est une ouverture au vrai quel qu’il soit. S’attacher à une image d’un Dieu qui protège l’univers, prend soin de lui, me semble précisément un manque de foi total. On ne peut pas se raccrocher à l’eau pour nager : il faut lui faire confiance. De la même manière, les images mentales de Dieu sont encore plus sournoisement dangereuses que les idoles de bois ou de pierre. Ce qui est mort, ce sont nos anciennes images, nos anciens symboles, nos concepts de Dieu. Dès que nous en serons débarrassés, dès que nos vitres intérieures auront été lavées, nous pourrons enfin voir le vrai ciel et le vrai soleil. Dès le moment où l’on accepte l’idée qu’il n’existe rien derrière quoi s’abriter, ni sécurité, ni certitude, ni compte en banque, ni assurance sur la vie pour tromper sa peur, toute l’énergie mobilisée à se protéger redevient immédiatement disponible pour les choses constructives. Après tout, on ne peut pas se soulever de terre en tirant sur les lacets de ses chaussures.
P. — La conscience occidentale est aussi une conscience individuelle : Mao veut « tuer le moi ». C’est le chemin pour vous ?
A.W. — Les rapports entre boudhisme et révolution culturelle restent à étudier. Mais le message du "non-moi oriental" est pour l’Occident le plus important. Étant donné notre maîtrise dans le domaine technologique et afin que nous puissions utiliser la technologie d’une manière non destructrice, il faut que nous sentions que nous faisons partie d’un courant. Je pense que la plupart des Occidentaux qui sont pris dans l’engrenage de notre civilisation ont un besoin urgent de découvrir qui ils sont, de découvrir que ce qu’ils appellent moi est en continuité avec l’univers physique tout entier. D’où l’intérêt actuel de l’Occident pour l’Orient, et les choses de l’Orient comme le yoga.
P. — Notre culture nous a enfermés dans une contradiction. D’un côté, elle met l’accent sur l’individu. De l’autre, elle fait que, par ses modes de vie collectifs, cet individu se sent écrasé. Nous peinons pour nous adapter à la civilisation que nous-mêmes avons bâtie.
A.W. — Il existe une raison à cela : c’est que notre conception de l’individu est une erreur. Nous nous débattons entre deux notions qui sont en conflit. D’un côté l’homme qui affronte seul les éléments : c’est le pionnier, celui qui a colonisé le Far West. De l’autre côté, l’homme au service de l’État et de la collectivité : c’est l’homme-fourmi. Dans les deux cas, on ignore le fait que l’individu et le monde appartiennent à un même processus. Les doigts de la main peuvent bouger séparément, mais uniquement parce qu’ils font partie de l’organisme. De la même façon, nous sommes, vous et moi, deux personnalités complètement différentes et uniques, mais plus nous faisons partie de l’ensemble, plus nous sommes uniques. Nous appartenons au même organisme, et plus nous le réalisons plus le fait que nous sommes des fonctions du monde devient pour nous une réalité, plus nous devenons capables d’être uniques, différents, individuels.
P. — Pour résoudre nos conflits et d’autres, nous disposons des sciences humaines. Mais est-ce que les psychologues, les psychanalystes et les sociologues sont convenablement outillés pour faire évoluer favorablement l’homme et la société ?
A.W. — Non. Pourtant, je souhaiterais qu’ils le soient. La psychanalyse est devenue une religion, une religion établie, orthodoxe. Tout y est : elle a ses successions apostoliques, ses rites, ses hérétiques et ses hérésies. Jung est à Freud ce qu’Arius est à la tradition chrétienne. On a cherché des preuves statistiques de l’efficacité de la psychanalyse. Selon les statistiques existantes, il faudrait plus de temps pour guérir une névrose
par l’analyse qu’en lui laissant suivre son cours toute seule. La guérison demande trois ans sans analyse et cinq ans avec analyse. Qui plus est, il existe un danger sérieux, du moins aux États-Unis, que la psychanalyse devienne une sorte de centrale fasciste. Les psychiatres détiennent le pouvoir. J’en connais un, un Anglais très brillant qui s’appelle Ronald Laing, qui pense que la schizophrénie est une réaction contre cette culture en folie dans l’engrenage de laquelle nous sommes pris. Voici comment il l’illustre : imaginons qu’un vol d’oiseaux traverse le ciel, que l’un quitte le groupe pour prendre une autre direction. On se posera alors la question : qui va dans la bonne direction ? Et vraiment on ne peut pas le savoir. Ce peut être le groupe aussi bien que l’oiseau qui l’a quitté. De la même manière, Laing estime que le schizophrène est quelqu’un qui, tout simplement, n’est pas en état de supporter la démence de notre culture et qui se trouve condamné à subir des symptômes extrêmement douloureux parce qu’il n’a pas pu s’intégrer. Généralement, lorsqu’un schizophrène entre dans un hôpital psychiatrique, il est étiqueté comme malade et les gens en blouse blanche qui l’approchent lui disent qu’il est un pauvre malheureux. Cependant, au fond de lui-même, il sait bien qu’il n’est pas malade, qu’il est en voie de guérison, tout comme lorsqu’on a de la fièvre.
Car la fièvre non plus n’est pas une maladie mais un processus de guérison. Laing suggère de remplacer les hôpitaux psychiatriques par des institutions d’un genre totalement différent où, au lieu de porter des blouses blanches et de considérer le malade comme un individu socialement déchu, les médecins et les infirmières lui diraient : « Toutes nos félicitations : soyez le bienvenu. Vous êtes actuellement en train de subir un processus pénible, mais il conduit vers un état de meilleure santé mentale et nous sommes ici pour vous y aider.» Ronald Laing dirige un petit hôpital privé dans ce genre à Londres. Mais ses rapports avec les autres psychiatres sont négatifs. On peut, à présent, se permettre d’être un hérétique en religion, car on n’attache plus beaucoup d’importance aux hérésies religieuses, mais en psychiatrie, c’est grave et dangereux.
P. — La civilisation occidentale est à vocation hégémonique. Elle est devenue si puissante que nous pouvons très bientôt n’avoir plus au monde qu’une unique culture. D’accord ? C’est un péril ou une chance planétaire ?
A.W. — Un penseur prophétisait, il y a quelques années, qu’en 1968 — c’est-à-dire maintenant — le monde ne serait plus qu’une ville unique, ce qui est presque vrai. Les moyens de communication — radio, transports aériens — tendent à abolir les distances, et les villes les plus éloignées se ressemblent de plus en plus. Londres, Paris, San Francisco, New York, Tokyo et Hong-Kong possèdent chacune leur Hilton. Les langues mêmes se mélangent au point de donner du franglais, du japlish, et ainsi naît une culture uniformisée de la technologie industrielle.
Quant au danger que peut comporter une telle civilisation, la question vaut en effet la peine d’être posée… Il n’y a pas si longtemps, un groupe de généticiens de l’université de Californie avaient soulevé une question parallèle : si nous parvenons à fabriquer des individus de série comme nous fabriquons des avions de série, nous aurons trouvé la meilleure manière de répondre à nos besoins, c’est-à-dire que nous aurions, en fonction du modèle considéré, l’individu le mieux adapté. Mais adapté à quoi ? Pionnier pour défricher le Far West, ou travailleur d’équipe capable de s’intégrer dans le contexte moderne des grandes villes industrielles ? Car, avant tout, nous ignorons de quel type d’individu nous aurons besoin, parce que les conditions se modifient très vite et très brusquement. D’où la nécessité de préserver la variété des cultures existantes.
Le touriste cherche le dépaysement. Il cherche l’inconnu et la couleur locale et, lorsqu’il voyage, veut savoir si le lieu où il se rend est déjà « abîmé », c’est-à-dire s’il ressemble à ce qu’il quitte. Les Japonais conservent quelques réserves de couleur locale à l’intention des touristes, alors qu’eux- mêmes ne rêvent que de vie à l’américaine. Cependant, ces touristes ne sont plus convaincus, ni par les geishas ni par les maisons de thé. Ils savent qu’ils assistent à un spectacle, à une mise en scène et que la véritable tradition s’est coupée de ses racines. Il ne reste plus qu’un décor préservé à leur usage. Le tourisme est un exemple de ces mécanismes d’auto-neutralisation. Il y perd sa raison d’être.
P. — Seulement, à ce durcissement généralisé peut correspondre le désir d’un nouvel enracinement dans la vie spirituelle. Et c’est peut-être dans nos pays, déjà vaccinés contre les enthousiasmes de la modernisation, que ce désir se manifestera.
A.W. — D’ici quelques années, des autoroutes immenses sillonneront l’Asie, on y roulera en Ford, vêtu à l’européenne, on y trouvera des hot-dogs. Mais, au même moment, aux États-Unis, apparaîtront des lamaseries, des moines, des ashrams, dont les hippies sont les annonciateurs…
L’argent n’est rien, ce n’est pas la richesse,
P. — Les hippies : vous croyez à leur avenir ?
A.W. Oui. Ils ont vu ce que la civilisation de l’Occident a apporté à leurs parents. Ils n’en veulent pas. Cela ira loin. Le problème de l’Occident est la confusion du symbole avec la réalité. Le pain par exemple, qui est le symbole de la vie même, n’est qu’une sorte de matière plastique à base de blé, additionnée de vitamines.
Nos maisons mêmes sont mal construites parce que le travail n’est pas fait honnêtement — et ne peut l’être. Il est impossible dans ce système pour un ouvrier ou un artisan qui connaît et aime son métier de gagner sa vie, car on attend et exige de lui du travail bâclé. De même, il s’est créé une confusion entre argent et richesse, alors qu’en réalité l’argent sert à mesurer la richesse, exactement comme les centimètres servent à mesurer le bois ou le métal. Cette confusion a d’ailleurs considérablement freiné l’évolution technologique. Le but de la technologie, je l’ai dit, est en effet de faire exécuter par les machines les travaux ennuyeux qui sont actuellement le gagne-pain de la plupart des gens — ce qui est effectivement devenu possible. Quoi faire alors des gens ? Si on identifie argent et richesse, la question de payer les hommes pour le travail exécuté par les machines ne peut pas se poser. Si d’autre part on accepte de les payer tout de même, on va inévitablement se demander d’où viendra désormais l’argent. En fait c’est une question absurde, car l’argent, pas plus que les centimètres, n’est jamais venu de nulle part, au contraire du bois, de l’énergie hydro-électrique ou du minerai de fer. Mais l’argent n’est qu’une comptabilité sur papier des richesses d’une communauté, d’un territoire ou d’une nation. S’il n’existe plus de salaires, c’est-à-dire en fin de compte si le pays ne se paie plus à lui- même le travail fait par ses machines, il ne pourra plus écouler ses produits faute de pouvoir d’achat. C’est une chose extrêmement difficile à faire comprendre aux gens et pourtant c’est le seul système qui puisse fonctionner. Si chaque représentant de la race humaine recevait un revenu national garanti correspondant au travail accompli par les machines, immédiatement se poserait un problème d’inflation, car les prix ne cesseraient de monter pour capter le nouvel argent — alors qu’en réalité la hausse des prix ne fait que réduire la valeur de l’unité monétaire — et nous entrerions dans le cercle vicieux : hausse des prix, revendications syndicales, augmentations de salaires, nouvelle hausse des prix, etc. Quant aux gens très riches, le profit qu’ils peuvent en tirer est purement illusoire, parce qu’il ne leur est pas vraiment possible de jouir de leur richesse. Comment vivre dans six maisons à la fois, ou manger douze rôtis à un seul repas ? Il y a des limites à la capacité de consommation. En revanche, dès le moment où l’on confond argent et richesse, il n’existe plus de limites et l’on devient insatiable, bien que la possession d’une énorme quantité d’argent n’apporte strictement rien.
P. — Vos hippies, selon Toynbee, sont quelque chose comme les premiers chrétiens dans l’Empire romain. Ils sont, en gros, pour le jardinier contre l’ingénieur, c’est-à-dire pour l’homme vrai, qui n’est pas nécessairement un intellectuel ou un technicien utile au rendement. C’est ainsi que vous les voyez ? Et surgis du pays le plus fortement technologique !
A.W. — Aux États-Unis, je vais beaucoup dans les universités et dans les collèges. Il existe encore, bien sûr, une proportion importante de conformistes parmi les jeunes, mais j’ai néanmoins le sentiment qu’il s’est produit une mutation, et une mutation qui est l’avènement d’une nouvelle race, supérieurement intelligente, extrêmement cultivée, très avertie, et qui sait exactement comment employer son savoir. Aux États-Unis, les hippies sont parmi ce qu’il y a de plus doué. Cette jeunesse devrait le mieux réussir dans le monde académique, sauf qu’apparemment ce monde n’est pas à sa hauteur parce qu’il n’est organisé que pour approvisionner l’industrie en personnel de qualité. Nos hippies ne veulent ni de cela ni de la vie de famille telle qu’ils l’ont vécue chez leurs parents, où les individus sont isolés sans liens entre eux, sans relations. Jadis, la famille vivait autour d’une réalité — ferme ou boutique — où chacun avait sa place et son rôle, y compris les enfants, où le fils était apprenti chez son père. Cette tradition appartient au passé de la civilisation. On va à l’école pour recevoir une éducation superficielle et livresque qui peut tout au plus — et pourquoi pas — donner à un fils d’ouvrier l’ambition de devenir un intellectuel, mais qui enlève le sens des vrais métiers utiles (utiles à l’homme), comme s’il était indigne d’un humain d’être autre chose qu’un intellectuel, de faire le moindre travail non cérébral. Le résultat est que des métiers comme ceux de cuisinier, de coiffeur, de masseur, de chauffeur sont de plus en plus abandonnés aux machines qui, pourtant, ne possèdent ni discernement ni sensibilité. Le sens, le goût, l’habileté de l’artisanat disparaissent avec les petits métiers. Il existe cinq façons de communiquer avec le monde : cultiver la terre, cuisiner, travailler pour se vêtir, avoir un toit où s’abriter et faire l’amour. Autant dire que dans notre univers technologique, nous sommes loin de ces moyens de communication avec le monde matériel.
P. — On parlera de cet amour à refaire )) une autre fois. De l’amour physique comme extase, relation et connaissance. C’est un de vos sujets favoris. Mais voilà que vous écrivez un bouquin : le Philosophe dans la cuisine. La cuisine est à réhabiliter, comme l’amour ?
A.W. — Oui. Toute relation à la chair doit être réhabilitée, parce qu’elle est le chemin de la relation à l’univers entier. Les Chinois sont de vrais matérialistes, depuis des centaines d’années, les Français aussi d’ailleurs, bien que venant loin derrière : ils aiment la terre, ils en sont très proches : ce sont de merveilleux cuisiniers. Le fourneau qui sert à cuire les aliments est l’autel où s’accomplit la transformation d’une forme de vie en une autre. Le philosophe moderne Lin U Tan disait qu’un poisson mal préparé avait donné sa vie en vain. Si l’on est obligé de tuer pour vivre (et nous voici devant l’alternative : meurtre ou suicide), alors il faut le faire avec un immense respect. Ici, en Occident, on se nourrit à toute vitesse — bientôt les repas seront composés de comprimés - pour satisfaire les besoins fondamentaux en hydrocarbones, en protéines et en vitamines, mais on ne mange plus.
P. — Le grand sens du soulèvement de la jeunesse, c’est le passage d’une connaissance quantitative à la volonté d’une expérience de soi qualitative. C’est bien cela pour vous ?
A.W. — Oui. Le moment où les gens seront payés pour ne pas travailler approche très vite. Le marché du travail est saturé. Par la force des choses, l’école revient à son antique rôle : n’ayant pas besoin de travailler pour vivre, on peut se mettre en quête du savoir. À l’heure actuelle, ce qu’on intitule « recherche » consiste surtout à couper les cheveux en quatre. Mais les étudiants ont compris qu’ils perdent leur temps à accumuler des connaissances. Ils veulent vivre la complexité de l’expérience. D’où leur attirance pour les hallucinogènes, les religions orientales, les techniques de méditation, tout ce qui ouvre de nouveaux champs de conscience, de modes de perception. D’où aussi ce besoin de faire à plein l’expérience sexuelle. En musique, ce sont des gens comme les Beatles qui succèdent à Bach, Mozart et Stravinsky, et non pas les compositeurs professionnels et traditionnels. La poésie a été retrouvée grâce à Bob Dylan, Donovan : cette poésie qui se desséchait a maintenant des millions d’auditeurs. Des vieux métiers comme celui de luthier redeviennent actuels. J’ai vu récemment des guitares incrustées d’ivoire, comme on n’en avait plus vu depuis la Renaissance italienne, fabriquées par des hippies. C’est d’ailleurs ce qui est fascinant dans l’art de cette jeunesse : le retour au raffinement de l’artisanat véritable. On redécouvre la couleur, l’exubérance, la précision et le sens du détail, comme du temps des miniatures persanes ou celtiques, des œuvres monastiques du Moyen Age français, des émaux de Limoges et des vitraux de Chartres.
P. — Dernière question : vous vous considérez comme un philosophe, un homme religieux ou un gourou occidental ?
A.W. — Je suis philosophe, mais un philosophe qui ne construit pas un système intellectuel, un philosophe qui vit sa philosophie. Je ne suis pas prédicateur : je ne veux ni convertir ni changer personne. Je ne philosophe pas pour la gloire de la philosophie mais parce que je suis émerveillé par le monde et que j’ai envie de faire partager cet émerveillement.
Alan Watts
Biographie d’Alan Watts, par Jean-Claude St-Louis, 28 août 2005
Source : albertportail.info
Auteur et conférencier fécond, Alan Watts est connu pour ses nombreux ouvrages sur le christianisme, le zen, l’hindouisme et le taoïsme, dont "Le Bouddhisme zen", devenu un classique. Originaire de Grande-Bretagne, Watts fut chapelain de la Northwestern University durant la seconde guerre mondiale. À la suite de la publication, en 1947, de son livre "Face à Dieu", il quitta l’Angleterre pour se rendre en Californie, où il enseigna à l’Académie d’études asiatiques de San Francisco, aux côtés du dr. Frederick Spiegelberg.

Trois ans plus tard, à Berkeley, débutait sur les ondes de la KPFA, la série d’émissions "Au-delà de l’Occident". Ces chroniques radiophoniques d’Alan Watts connurent un tel succès dans le quartier de Bay Area, à San Francisco, que la KPFA en poursuivit la diffusion durant trente ans. D’autres stations de Pacifica accueillirent régulièrement ce programme dominical, soit à Los Angeles, New York et Boston. Vers la fin des années soixante et à l’orée des années soixante-dix, ce programme reçut le surnom d’"Antidote à la gueule de bois". Pendant cette période, les ouvrages de Watts attirèrent maintes fois l’attention du Los Angeles Times qui, dans ses pages littéraires, qualifia l’auteur en ces termes : "Alan Watts est sans doute l’interprète le plus éminent de la pensée orientale que nous ayons en Occident".
Dans le pays tout entier, universités, centres de séminaire et mouvements religieux d’avant-garde, accueillirent régulièrement le conférencier. À cette époque, les émissions dominicales, précédemment enregistrées aux studios de la KPFA, étaient désormais diffusées en direct et le présentateur de radio se transforma en un orateur plein d’entrain, ce qui valut à Watts, une réputation de philosophe amuseur. Lorsqu’il s’éteignit dans son sommeil en 1973, Alan Watts était attelé à l’écriture d’un ouvrage sur le taoïsme. Selon Watts, le monde n’est pas l’œuvre d’une entité suprême à visage humain, mais une réalité "qui va de soi". Telle était la conception de l’univers qu’il privilégiait. La sagesse qui consiste à ne pas contrarier le "cours des choses", afin de remédier au désordre écologique, avait trouvé chez lui, un écho profond. Watts se référait d’ailleurs à un "organisme-environnement", plus proche du "nous" que du "je".
Dans son livre "La Philosophie du Tao", paru en juillet 1953, Alan Watts démontre dans son introduction "De la synthèse philosophique", que le ton n’est plus le même et ce changement est révélateur de son évolution. En effet, Watts s’éloigna du cadre académique dans lequel il avait abordé ces questions, pour aboutir à l’expérience vécue, ce qui lui permit d’y répondre. Ainsi que l’écrivait la poétesse Elisa Gidlow, pour rendre compte du cheminement d’Alan Watts dans l’esprit du Tao : "il s’en imprégna jusqu’à la métamorphose ; à l’âge mûr, le jeune anglais réservé, un peu collet monté et confiné dans son univers intellectuel, était devenu un sage joyeux, un penseur universel, qui se distinguait par son ouverture d’esprit et sa spontanéité-espiègle". Alan Watts espérait que le Tao, administré à doses massives, parviendrait peut-être, dans sa profonde sagesse, à faire évoluer l’Occident, comme lui-même avait évolué.
Alan Watts reste, dans le monde anglo-saxon, un des penseurs et interprètes les plus respectés de la pensée orientale. À travers une vingtaine de livres, deux séries d’émissions de télévision, ainsi que de nombreuses conférences, il aura contribué à lever le voile sur les philosophies liées à l’hindouisme, au bouddhisme, au taoïsme et au zen. Pour Alan Watts, le zen est une fusion de l’être humain avec l’univers. La vie est la Voie et la Voie est la vie ! Le secret du zen est une transmission spéciale en dehors des Écritures, ne dépendant ni des mots, ni des lettres, destinée directement à l’esprit de l’homme.
Alan Watts, héraut de la contre-culture
Article sur Nouvelles-Clés Par Gilles Farcet : Nouvelles-Clés
Alan Watts fut l’un des papes de la contre culture-américaine dans les années soixante et son œuvre était très lue en Europe. Puis, précocement disparu à cinquante-huit ans, il entra dans une sorte d’oubli, ce qu’on appelle "l’enfer" des écrivains. On redécouvre aujourd’hui peu à peu son message de philosophe spirituel et libertaire.
Alan Wilson Watts était un drôle de bonhomme : un homme du paradoxe, à bien des égards. Jouisseur et ascète, érudit et communiquant de masse, l’âme chrétienne et le regard bouddhiste, contestataire icône de la contre-culture et connaisseur des traditions, Britannique de naissance, d’accent et de style en même temps que Californien invétéré... Et, à l’instar de bien des hommes du paradoxe, Watts était un visionnaire, précurseur et révolutionnaire de la conscience.
C’est en 1915 qu’il voit le jour à Chislehurst, un village du Kent. La campagne anglaise dans toute sa splendeur et, surtout, partie intégrante de la maison familiale, un jardin potager qui décidera de sa position d’écologiste avant la lettre. Il demeurera toute sa vie un grand amateur de nature et de jardinage. Entré en 1928 à la King’s School de Canterbury, il y reçoit une éducation censée faire de lui un parfait gentleman britannique. Aux sermons des ecclésiastiques anglicans chargés de l’éclairer sur son salut, il préfère les leçons pratiques du père d’un de ses camarades de classe, qui entreprend de l’initier aux plaisirs de la gastronomie lors d’un voyage sur le continent. Là aussi, la leçon sera déterminante. Watts affichera jusqu’à sa mort un goût prononcé pour la bonne chère, les vins et alcools fins, les cigares, plaisirs sensuels qui, pour lui, non seulement n’entrent pas en conflit avec la quête mystique, mais en constituent un aspect. Pour Watts, la spiritualité est amour de la vie et la vie se goûte à travers les sens associés à l’esprit et non uniquement par l’esprit.
Autre initiation majeure dispensée par ce père, décidément fort éclairé, la découverte du bouddhisme. Rappelons qu’en ce début des années trente, s’intéresser au bouddhisme est tout à fait inhabituel et incongru. Il n’existe que fort peu d’ouvrages accessibles sur cette religion exotique et les roshis ou rimpochés sont alors inconnus au bataillon de la culture anglaise, sinon de quelques poussiéreux orientalistes. Il existe néanmoins à Londres une « Société bouddhiste », à laquelle l’adolescent s’empresse d’adhérer et qui lui permettra de découvrir les textes fondateurs.
Avant ses dix-huit ans, Alan Watts est déjà ce qu’il demeurera toute sa vie : un bouddhiste épicurien.
Un esprit éclectique
Ne pouvant espérer entrer à Oxford du fait des modestes moyens de sa famille et de son peu de chance d’obtenir une bourse, compte tenu de son excentricité peu appréciée à King’s School, il prend un emploi de gratte-papier et poursuit son éducation au gré des rencontres, assistant à des conférences de Carl Gustav Jung et fréquentant assidûment l’une des rares librairies ésotériques de Londres. En 1936, il fait la découverte capitale des livres de D.T. Suzuki, qu’il rencontre même lors du Congrès mondial des religions. C’est dans l’émerveillement de cette initiation théorique au zen, qu’avec précocité il rédige son premier ouvrage, L’Esprit du zen, résumé des célèbres Essais sur le bouddhisme zen de Suzuki. Il assiste également à cette époque à des conférences de Krishnamurti dont il deviendra plus tard un proche en Californie. C’est cette même année qu’il fait la connaissance d’une jeune Américaine, Eleonore Everett, de retour du Japon, où elle a visité plusieurs monastères zen en compagnie de sa mère.
Mariés en 1937, ils traversent l’océan pour s’établir à New York avec le soutien financier de la belle-mère, alors épouse d’un riche avocat. La belle-mère en question sera bientôt l’une des premières pratiquantes sérieuses du zen Rinzaï en Amérique. À la mort de son premier mari, elle épousera son maître, Sokeï-an Sasaki, devenant ainsi Ruth Fuller Sasaki et, en tant que seule prêtresse rinzaï américaine dûment ordonnée au Japon, jouera un rôle déterminant pour la propagation du zen dans le Nouveau Monde. Par sa belle-mère, Watts rencontre Sasaki dont il sera très proche trois années durant, jusqu’à ce que la guerre et l’emprisonnement par le gouvernement américain des Japonais vivant aux États-Unis interrompe cette éducation.
En 1940, à la surprise, pour ne pas dire la consternation de son cercle d’amis, Watts entre dans l’église Episcopalienne, très puissante aux USA, qui admet les prêtres mariés. Il sera ordonné en 1945. « La plupart pensaient - écrira-t-il dans ses mémoires - que j’avais perdu le nord. Je dirais plutôt que j’essayais désespérément de le trouver. »
Une conversion pragmatique
Si surprenante qu’elle paraisse, cette « conversion » aboutissant au sacerdoce participe d’une logique : dépourvu de diplômes, bien que doté d’une culture déjà encyclopédique, ne s’intéressant qu’à la religion au sens le plus vaste du terme, Watts est un jeune homme qui cherche une manière acceptable de s’insérer dans la société. Son svadharma, comme diraient les hindous, sa vocation véritable, est bien celle d’un « prêtre », d’un homme voué à témoigner de l’essentiel. Convaincu par ailleurs de l’importance et de la valeur de ses racines chrétiennes, il voit à l’époque dans la prêtrise la possibilité concrète de jouer le rôle qui lui correspond au sein de la communauté. C’est aussi en 1940 que paraît son premier livre écrit et publié aux États-Unis, La Signification du bonheur, dans lequel il se livre avec brio à une étude comparée des sagesses orientales et de la psychologie contemporaine.
Aumonier de l’université Northwestem, près de Chicago, il fascine nombre d’étudiants par son ministère peu conventionnel, mais s’attire dans le même temps, comme on pouvait le prévoir, la suspicion appuyée des autorités de son Église, qui ne reconnaissent pas leur dogme dans le « panthéisme » du père Watts. Il fait ainsi quelques années le grand écart entre ses convictions et leur version socialement correcte. Cette position finit cependant par devenir intenable, si bien qu’en 1950, cinq ans après son ordination, il se « défroque » et quitte à jamais le sein de mère Église. Dans une longue lettre adressée à ses étudiants et amis, il admet y être entré pour « fuir la confusion de notre époque en cherchant refuge dans une sorte de nostalgie »,et met en garde quiconque prétendrait l’imiter : « Vous ne pouvez pas agir correctement en imitant les actions de quelqu’un d’autre. »
Le voici donc électron libre, retiré quelques mois à la campagne où il pratique le noble art de la cuisine et écrit Bienheureuse Insécurité, en compagnie d’Antonietta, qui deviendra sa seconde femme. Le message essentiel - et, à l’époque, révolutionnaire - de cet ouvrage est la nécessité de l’abandon à l’instant présent, unique porte du paradis, et la récusation de toute prétention à figer Dieu en un concept. En 1951, il trouve refuge au sein d’une institution comme seule en crée l’Amérique, l’Académie des études asiatiques, en Californie, qui lui confère un statut de professeur sans qu’il en possède les diplômes.
Désormais et jusqu’à sa mort, Californien, établi à Mill Valley, il se trouve aux premières loges pour assister à la mutation des consciences qui couve déjà, et bientôt y participer en tant qu’inspirateur de premier plan. En 1953, il publie l’un de ses ouvrages majeurs, Mythe et Rituel dans le christianisme. Fort de sa grande connaissance de la liturgie combinée à son esprit zen, Watts dresse un réquisitoire d’une religion dégénérée trop imprégnée de l’idée moderne de « progrès », et chante la beauté d’une version primitive et écologique du christianisme.
À l’Académie, sous couvert de cours portant sur le ch’an chinois, il partage surtout sa quête et sa pratique de la reliance à ce qui est, invitant D.T. Suzuki, ou emmenant ses élèves écouter Krishnamurti.
Il a pour étudiant et admirateur le futur poète beat et moine zen Gary Snyder, dont son ami Jack Kerouac fera, sous le pseudonyme transparent de Japhy Rider, le protagoniste des Clochards célestes. Watts apparaît aussi dans ce roman sous le nom d’Arthur Wane. Déconcertée par ces contestataires beat qui parlent de dharma, de tao et de satori, l’Amérique se tourne vers le vulgarisateur de génie qu’est Watts pour tenter d’y comprendre quelque chose. Si bien que notre homme est à la fois inspirateur de la contre-culture et son ambassadeur auprès du grand public, publiant des articles dans Playboy et participant à des émissions télévisées. Vulgarisateur au sens le plus noble du terme, celui qui fait comprendre à la masse, oui ; vulgaire ou bon marché, jamais. Le Bouddhisme zen, publié en 1957, est à la fois une remarquable présentation du zen en tant que courant spirituel et un témoignage de cet esprit zen qu’il incarne avec brio. Soucieux de rigueur, il met les choses au point dans un fameux article intitulé : « Le zen beat le zen square et le Zen , ». II y explique que, pour lui, ni le zen square, celui de l’orthodoxie et des institutions japonaises, ni le zen beat, trop souvent fumeux prétexte à suivre sa fantaisie, ne sont réellement le Zen, qui procède d’un lâcher-prise radical.
En 1957, désormais célèbre et apte à « vivre de ses dons », ainsi qu’il l’écrira lui-même, il quitte l’Académie des études asiatiques. Dans Amour et Connaissance, publié en 1958, il développe des thèmes écologiques aujourd’hui évidents, mais alors tout à fait précurseurs, et établit un lien entre la domination de la nature par l’homme avide et l’asservissement de la femme. C’est à cette époque qu’il rencontre celle qui deviendra sa troisième et dernière épouse, Mary Jane.
La période psychédélique
II fraie avec l’antipsychiatrie, dirige le premier séminaire de l’institut Esalen à Big Sur et s’intéresse, notamment sous l’influence de son ami Aldous Huxley, à la mescaline et au LSD qui fait alors son apparition. Ayant tenté l’expérience, il se prononce sans ambages : si les drogues peuvent conduire à de pénétrantes intuitions, leurs effets ne doivent pas se confondre avec une authentique expérience mystique intégrée. Bien qu’ami et soutien de Timothy Leary, le grand propagateur du LSD, il fustige son côté « grand prêtre », et dénonce « cette mégalomanie messianique qui naît d’une mauvaise interprétation de l’expérience de l’union à Dieu, ». II l’écrit dans Joyeuse Cosmologie, où il médite sur les modifications d’états de conscience dues à l’usage des produits psychédéliques. Installé en 1961 sur un gros bateau vapeur à roues à Sausalito, dans la baie de San Francisco, Watts est un homme public qui sait préserver sa liberté de parole et de pensée. Être Dieu, publié en 1963, réaffirme la vocation mystique de l’homme. Dans Le Livre de la sagesse (1966), il s’attaque à la conception d’un je existant indépendamment du tout, autrement dit l’ego.
De 1966 à 1972, il ne publie pas, mais voyage en Europe et au Japon, écrit de nombreux articles et enregistre des séries de conférences télévisées aujourd’hui disponibles en vidéo. Ses Mémoires, parues en 1972, seront le dernier ouvrage publié de son vivant. Avec humour et profondeur, il y revient sur son étonnant parcours et montre comment un petit campagnard britannique se mue en grand prêtre de la contre-culture californienne et surtout en homme du paradoxe, à la fois pleinement occidental et habité par l’esprit du zen. Grand buveur et jouisseur, il s’éteint dans son sommeille 17 novembre 1973. « Certes, Alan avait une vie sentimentale très compliquée et il aimait boire, me dira Gary Snyder lorsqu’en 1988 je l’interrogerai sur son mentor.
Mais ce que sa biographe [Monica Furlong, auteur de Zen Efficts : The Life of Alan Watts] ne restitue pas, c’est la grâce avec laquelle il passait à travers tout cela. . . Alan était toujours très joyeux, il ne se plaignait jamais, faisait en toutes circonstances preuve d’une grande générosité. . . » Et Arnaud Desjardins se souvient du rire tonitruant de Watts - rencontré à Paris vers la fin des années soixante -, de l’impression de liberté qui émanait de lui et de ce que lui confia ensuite un ami tibétain, interprète du Dalaï- Lama, présent à cette soirée : « Voici le premier Occidental qui ait vraiment compris l’essentiel du bouddhisme mahâyâna.. Lui, il sait de quoi il parle...
Il a vécu l’expérience fondamentale. » .
Sur Alan Watts, l’excellent livre de Pierre Lherrnite, Alan Watts, taoïste d’Occident, préface d’Arnaud Desjardins, éditions la Table Ronde,1983.
Sur internet : Quelques vidéos de Watts sont disponibles sur YouTube, les enregistrements de ses séminaires et conférences peuvent être acquis sur plusieurs sites américains, dont le site « officiel » : www.alanwatts.com.
Sur jerryroad.over-blog.com
Alan Wilson Watts (6 janvier 1915 – 16 novembre 1973) est l’un des pères de la contre-culture en Amérique.

Philosophe, écrivain, conférencier et expert en religion comparée, il est l’auteur de vingt-cinq livres et de nombreux articles traitant de sujets comme l’identité individuelle, la véritable nature des choses, la conscience et la recherche du bonheur. Dans ses ouvrages, il s’appuie sur la connaissance scientifique et sur l’enseignement des religions et des philosophies d’Orient et d’Occident (bouddhisme Zen, taoïsme, christianisme, hindouisme). Par ailleurs, il était intéressé par les nouvelles tendances apparaissant en Occident à son époque, et se fit l’apôtre d’un certain changement des mentalités quant à la société, la nature, les styles de vie et l’esthétique. Alan Watts était un autodidacte réputé et c’est son interprétation des philosophies asiatiques qui l’a rendu populaire.
ll apparaît comme l’un des personnages des "Clochards célestes" de Kerouac. Toutefois, comme il le déclarera lui-même dans ses "Mémoires", il était plus dans ce milieu que de ce milieu. La suppression de la Collection Denoël/Gonthier a interrompu la traduction de son œuvre en français. Elle pourrait reprendre : le besoin d’une Philosophie "en liberté" se faisant de plus en plus sentir (d’où le succès des divers ouvrages de vulgarisation philosophique - ceux-ci portant sur les grands thèmes classiques ou sur l’Histoire de la Philosophie).
La pensée d’Alan Watts est celle d’un mode d’approche de la Réalité (vient-elle du monde ou de l’esprit observant le monde ?) qui se veut dépasser l’opposition d’une philosophie qui prouve et d’une ascétique qui s’éprouve. Cette approche libertaire implique une mise à distance de toute institution quelle qu’elle soit, et le refus de tous les bouddhismes comme de tous les christianismes. Il préconisait la philosophie perennis (telle que l’entendait Aldous Huxley dans l’ouvrage du même intitulé). Dans sa préface à "L’Identité Suprême", il rend un hommage appuyé à l’Ecole Traditionnelle. Mais, par ailleurs, il dit aussi que l’ésotérisme n’est pas un code pour service secret, mais simplement l’intérieur des formes et des apparences.
L’association du nom d’Alan Watts à une critique radicale de la société américaine est trompeuse en ceci : le monde entier est en cours d’américanisation. C’est l’américanisme qu’il critique, de même que tous les autres "ismes" de l’idéologisme, tous les prosélytismes, -académisme comme écologisme, végétarisme comme mysticisme inclus. À ses yeux, libertaire n’équivaut pas à révolutionnaire, ni critique à agression.
On peut tenir sa philosophie, sa démarche philosophique, comme taoïstes (il dégage bien l’influence taoïste dans la naissance du "Zen chinois", le Chan). Le Tao pouvant être considéré comme une vision et/ou vécu naturels, un "allant de soi ainsi" ou une écologie de l’étant au monde, il est peut-être à souligner que la philosophie écologique d’Alan Watts n’a strictement rien à voir avec tous les "écologismes".
Sa pensée pourrait se résumer par l’expression d’apophatique générale.
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Citations
« Essayer de tout comprendre en fonction de la mémoire, du passé et des écrits, c’est comme avoir vécu l’essentiel de sa vie, le nez dans un guide touristique, sans jamais regarder le paysage. »
« Ce que nous savons par la mémoire, nous ne le savons que de seconde main. »
« Si l’univers n’a pas de signification, l’énoncé qui dit cela n’en a pas non plus. »
« Qui n’a pas la capacité de vivre dans le présent, ne peut faire de plans valables pour l’avenir. »
« L’engagement religieux irrévocable, quelle que soit la confession choisie, n’est pas seulement un suicide intellectuel, c’est aussi la négation même de la foi, puisqu’il s’agit d’un acte qui ferme l’esprit à toute nouvelle vision du monde. »
« La vision de Dieu ne s’obtient qu’en abandonnant toute croyance en une quelconque idée de Dieu. »
« Tout éveil doit nécessairement se produire spontanément, n’en déplaise à ceux qui veulent obliger les gens à devenir leurs disciples pour l’atteindre. »
« Chercher l’éveil, c’est comme utiliser ses lunettes pour les chercher. »
« Le drame de l’homme occidental vient de ce qu’il se sent séparé de l’univers. »
François Roustang
Le corps est l’espritGlobal Systema
Art martial et spiritualitéFoutez vous la paix ! Et commencez à vivre
Fabrice MidalLa découverte suprême
La MèreSe libérer des jugements
Isabelle PadovaniSatprem
Restera seulement ce qui est vraiOublier ses certitudes - François Roustang
Le lâcher-priseÉloge de l’insécurité
Alan WattsLes mythes de la méditation - Fabrice MidalOn ne décide de rien
Pour la joie de ne rien être - Éric BaretUn immense désir de tout ralentir - Patrice Van EerselLa simplicité volontaireCommunication Non Violente
Être heureux n’est pas nécessairement confortableDivine Blessure - Jacqueline KelenRisquer la liberté - Fabrice Midal
Inventer l’existence indépendamment des sentiers connusChögyam Trungpa - Fabrice Midal
la révolution spirituelleBienheureuse infidélité - Paule SalomonÉloge de la lenteur - Carl HonoréVive la paresseLe droit à la paresse - Paul LaffargueL'intranquillité - Bernardo Soares (Fernando Pessoa)
Le goût du vrai - Richesses du Présent - Contact - Liens
L'impuissance apprise et ses effets
J'ai découvert le principe de "l'impuissance apprise" dans un livre. J'avais environ 30 ans. J'étais instituteur depuis 11 ans. J'ai eu honte, vraiment honte de ne pas avoir découvert cela plus tôt. Parce qu'inévitablement, j'avais pu générer ce sentiment chez mes élèves. pas volontairement bien entendu mais par ignorance. Ma propre ignorance. C'est là vraiment que je me suis intéressé à la psychologie. Je n'avais reçu aucune formation professionnelle digne de ce nom. Je ne savais rien. Je devais apprendre pour que cette honte ne me submerge plus jamais.
Aujourd'hui, à maintes reprises, lorsque je regarde la société humaine, j'y vois des situations similaires à celle expérimentée dans la vidéo ci-dessous.
L'impuissance apprise est un mal terrifiant.
Et je pense que le déni des urgences actuelles et l'absence de décision relative à un changement radical de nos modes de vie est un phénomène qui peut se rapprocher de celui de l'impuissance apprise. Nous sommes conditionnés à ne pas remettre en question les fondements de nos sociétés modernes, de nos sociétés matérialistes. D'autres avant nous ont tenté de le faire et il n'en est rien resté à grande échelle. Ce furent des échecs. Il suffit de penser à la période 1970, le "Do it", Woodstock, les Hippies, les mouvements "marginaux" qui sont restés lettre morte.
Tout ça est encore flou dans mon esprit mais je pense qu'il y a quelque chose à creuser.
Le formatage est une conséquence de l'impuissance apprise.
Nous n'avons pas été éduqués à sortir du cadre, nous n'avons pas été enseignés pour remettre en cause un système de pensées généralisé, nous n'avons pas été encouragés à développer d'autres formes de sociétés, sinon des micro-sociétés à l'échelle de la communauté.
Pourquoi est-ce que rien de puissant n'a jamais émergé de tous les esprits, de toutes les intelligences, pourquoi est-ce que toutes les "avancées, que tous les "progrès" ont toujours été guidés par une voie unique, celle de la croissance, celle du "toujours plus" ? Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, encore et toujours, celui qui cherchera à s'extraire du comportement général sera considéré comme une menace, comme un "rebelle" alors que la voie commune est une voie qui nous mène à une impasse ? Je pense qu'il existe dans le groupe humain un sentiment d'impuissance qui agit comme une fatalité.
"On ne peut pas vivre autrement, le "métro-boulot-dodo" est une voie incontournable, il n'y a pas d'issue. Sinon, ça se saurait. "
Et si justement les organisateurs de nos sociétés modernes ne voulaient pas que ça se sache ? Et si justement, les instances dirigeantes avaient choisi l'impuissance apprise comme moteur du maintien de ce monde qui leur convient ? Oui, je sais, ça fait complotisme tout ça. Je parlerais davantage d'opportunisme. Ils surfent sur la vague et s'en réjouissent. Et nous n'avons même pas conscience que la vague n'existe qu'au regard de l'océan et que nous sommes l'océan.
J'ai rencontré cet hiver un ancien élève. Il ne veut plus de ce monde matérialiste. Il veut tout quitter et créer sa propre voie. Il cherche, il réfléchit, il lit... Peut-être est-ce que lui, justement, n'est plus dans l'impuissance apprise.
Le théorème du singe est une fable décrivant une expérience imaginaire menée sur un groupe de singes. Elle exprime la transmission et la perpétuation de croyances collectives au sein d'une population progressivement renouvelée, et ce même après que la cause première de ces croyances est éteinte et après la disparition de tout témoin de cette cause. Le phénomène et les comportements supposés des singes n'ont pas été confirmés dans la réalité par une expérience conforme à celle décrite dans la fable.
Une vingtaine de chimpanzés est isolée dans une pièce où est accrochée au plafond une banane, et seule une échelle permet d'y accéder. La pièce est également dotée d'un système qui permet de faire couler de l'eau glacée dans la chambre dès qu'un singe tente d'escalader l'échelle.
Rapidement, les chimpanzés apprennent qu'ils ne doivent pas escalader l'échelle. Le système d'aspersion d'eau glacée est ensuite rendu inactif, mais les chimpanzés conservent l'expérience acquise et ne tentent pas d'approcher de l'échelle.
Un des singes est remplacé par un nouveau. Lorsque ce dernier tente d'attraper la banane en gravissant l'échelle, les autres singes l'agressent violemment et le repoussent. Lorsqu'un second chimpanzé est remplacé, lui aussi se fait agresser en tentant d'escalader l'échelle, y compris par le premier singe remplaçant.
L'expérience est poursuivie jusqu'à ce que la totalité des premiers chimpanzés qui avaient effectivement eu à subir les douches froides soient tous remplacés. Pourtant, les singes ne tentent plus d'escalader l'échelle pour atteindre la banane. Et si l'un d'entre eux s'y essaye néanmoins, il est puni par les autres, sans savoir pourquoi cela est interdit et en n'ayant jamais subi de douche glacée.

L’impuissance apprise ou comment induire la résignation
Induire la résignation : l’expérience d’échecs successifs
La résignation ou la notion d’impuissance apprise [Learned Helplessness] est développée dans les années 60 par Martin Seligman, un psychologue comportemental. C’est un état proche du renoncement et de la dépression induit chez un individu (ou un animal) faisant l’expérience d’échecs successifs et d’absence de maîtrise sur ce qui lui arrive.
Comment résigner une classe en moins de 5 minutes
Avant de rentrer plus en détail sur les aspects comportementaux, voici une vidéo dans laquelle une psychologue, Charisse Nixon, provoque de la résignation chez un groupe en quelques minutes :
« Je ne vais pas y arriver »
Dans cet extrait, on remarque que la capacité à résoudre des problèmes est comme « gelée ». Cette passivité (ou apathie) se met en place chez l’homme ou l’animal qui est plongé dans un état de résignation, l’amenant à supporter sans réaction des évènements négatifs. Le groupe expérimentant l’absence de maîtrise et l’échec face à une situation – l’impossibilité de résoudre les deux premiers anagrammes – n’arrive pas à réaliser le troisième qui était pourtant faisable.
Et c’est peut être l’élément le plus troublant : au delà de la frustration induite face aux deux premières taches, ce vécu conditionne les comportements ultérieurs. On parle donc d’impuissance « apprise » car cette attitude résignée, une fois installée, contamine même les situations pour lesquelles le comportement d’une personne aurait été efficace.
Par exemple, une recherche d’emploi qui se solde par des échecs systématiques peut, a terme, éteindre toute combativité pour retrouver du travail. Dans la vie personnelle également, les tentatives de régime, si elles échouent, vont amener la personne à renoncer en se disant « Les régimes ne fonctionnent jamais ». Autre cas de figure, une personne en quête d’une rencontre amoureuse, confrontée à des refus, va intérioriser ces échecs et mettre en place un système de croyances: le résultat négatif, malgré les actions, sera anticipé et généralisé au point de ne plus rien tenter. L’estime de soi est alors touchée, la motivation baisse et la dépression s’installe. Dans le langage, on retrouve certains marqueurs de cet état d’esprit comme les expressions : « je ne vais pas y arriver », « je ne suis pas fait pour cela ».
L’origine de l’impuissance apprise (IA)
Martin Seligman s’inscrit dans un paradigme en psychologie : le conditionnement opérant (ou conditionnement instrumental). Ce concept comportemental est initié au début du XXème siècle par Edward Thorndike et s’appuie sur le « modèle animal », qui vise à étudier un processus pathologique (spontané ou induit / biologique ou comportemental) sur les animaux pour en dégager des aspects communs avec un phénomène équivalent chez l’humain. L’auteur le plus célèbre de ce courant dit « behavioriste » s’appelle Skinner (on parle d’apprentissage skinnerien)..
Skinner et Seligman s’intéressent à l’apprentissage résultant d’une action, en analysant particulièrement les mécanismes favorisant la reproduction d’un comportement. L’idée générale est que la conduite humaine est conditionnée par les conséquences qu’un individu anticipe à partir de son comportement suite à ses expériences. La « récompense attendue » serait la base de toute motivation. Il est donc possible de favoriser des comportements induits par « renforcement » ou, à l’inverse, de provoquer des comportements d’évitement par « punition ». C’est dans ce cadre que Seligman expérimente et développe la notion d’impuissance apprise appelée également résignation acquise.
Un modèle expliquant la dépression
Au milieu des années 70, il étend son concept et le propose comme modèle explicatif de la dépression qui « résulterait de la perte par le sujet de la possibilité de faire une liaison entre l’action et les conséquences positives de celle-ci » (1975, Helplessness. On Development, Depression and Death). Plus précisément, il décrit trois conséquences lorsqu’il y a rupture entre nos propres actions et l’environnement :
Un déficit cognitif, qui rend encore plus difficile la possibilité d’apprendre que les évènements dépendent de ses actions.
Un déficit motivationnel, entravant la possibilité de réponses volontaires.
Un déficit émotionnel, sur un versant dépressif.
Courbe environnementale de Kuznets
En lisant des articles sur les adeptes de l'écomodernisme, je suis tombé sur cette courbe. C'est ce qu'il y a de passionnant quand on apprend, ça ne s'arrête jamais :)
Théorie selon laquelle la croissance serait nocive pour l’environnement dans les premiers stades du développement. En effet, initialement la qualité environnementale se détériore avec la hausse du revenu. À partir d’un certain niveau de richesse la croissance économique s’accompagnerait d’une amélioration de l’état de l’environnement. C’est-à-dire que la société aura les moyens et la volonté d’un environnement plus sain, ce qui conduit à un renforcement des normes et à une amélioration de la qualité de l'environnement dans certains domaines.
Pour la petite histoire, contrairement à ce que laisse penser le nom de cette théorie, la courbe, malgré son nom, ne dérive pas des travaux de l’économiste Simon Kuznets mais de ceux de Grossman et Krueger. Le nom fait juste référence à la forme de cette courbe en "U" inversé.
La courbe de Kuznets environnementale
https://keskec.fr/economie/johann/1651/

Un pays en situation post-industrielle tend à diminuer le niveau de pollution qu’il émet. En effet, les besoins primaires ayant été satisfaits, l’environnement devient peu à peu une priorité pour les populations, qui attendent des pouvoirs publics et des entreprises la mise en place de mesures adaptées à sa préservation. Les innovations technologiques permettent, en plus de ces mesures, de réduire la pollution de certaines activités.
A titre d’exemple, les visioconférences et le télétravail ont un impact positif sur le niveau de pollution quand ils évitent le déplacements de personnes vers un même point en vue d’une réunion. Cependant, pour que cela soit vraiment considéré comme efficace, il faut que les activités prévues puissent se dérouler aussi bien qu’en présentiel et que les technologies de substitution polluent moins que l’activité en cycle « normal ». Par exemple, la pollution des serveurs et matériels informatiques utilisés pour la visioconférence doit être plus faible que la pollution effectuée par les employés se rendant au travail en transport. Selon les situations, d’autres critères sont à prendre en compte pour affirmer de l’efficacité d’innovations technologiques.
D’autres facteurs comme la modification du PIB entraînent une diminution des pressions sur l’environnement. Ainsi, dans les pays d’Europe de l’Ouest, la production industrielle a peu à peu laissé place aux entreprises du secteur du service, qui sont généralement moins polluants que les productions industrielles. Mais bien souvent, la-dites pollution n’est que déplacée vers des pays moins développés, en phase d’industrialisation.
Une vision contestée
Cependant, de nombreux économistes et scientifiques pointent des incohérences dans la construction de la courbe, voire dans sa véracité pour certains polluants. Par exemple, l’évolution de la pollution en CO2 ne correspondrait pas à cette projection pour le 21ème siècle, ce qui remet en cause le modèle. Pour plus de détails, je vous invite à vous renseigner sur ces recherches (notamment la partie IV). (Un dossier très, très intéressant)
En général, les courbes de Kuznets peuvent être mises en évidence dans quelques données concernant certains questions environnementales locales (comme la pollution de l’air) mais ce n’est pas le cas d’autres (comme le renouvellement des sols ou la biodiversité). On doit aussi ajouter que les effets de changements climatiques comme la disparition d’espèces ou la perte de biodiversité est irréversible.
Pour aller plus loin
Courbe de Kuznets, définition et limites
Courbe de Kuznets en détail + calculs
Le mirage de la croissance - ou le mythe de la courbe de Kuznets
https://reporterre.net/Le-mirage-de-la-croissance-ou-le
Durée de lecture : 8 minutes
19 février 2012 / Nicolas Ridoux
Cet article de 2007 analyse avec clarté la théorie de la « courbe environnementale de Kuznets ».
Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) est une femme brillante. Polytechnicienne, elle est à 33 ans députée UMP de l’Essonne, et conseillère écologie de l’UMP. Elle livre au quotidien Le Monde du 23 janvier 2007, une curieuse analyse scientifique pour réfuter la décroissance (1) :
"Question - Les bénéfices d’une croissance plus propre ne sont-ils pas annulés si l’on continue à produire plus ? La croissance durable n’est-elle pas un paradoxe ?
NKM - Regardez les fameuses ’courbes en cloche’ produites par l’OCDE. Elles montrent le volume de pollution créé par chaque point supplémentaire de PIB. Elles grimpent toutes jusqu’à un point culminant, à partir duquel la pollution marginale par point de PIB commence à baisser. Sauf pour les déchets et le CO2. Au point culminant, la courbe baisse mais le volume de pollution global continue de croître. Mais il y a un deuxième point, qui correspond à la dérivée seconde de la courbe, à partir duquel la pollution totale décroît, bien que le PIB continue d’augmenter.[…] La position de l’UMP est de pousser pour que nous arrivions le plus vite possible au deuxième point des ’courbes en cloche’.
Cette réponse est un grand classique de la pensée économique néolibérale. La croissance n’est pas le problème, elle est la solution. Les problèmes créés par la croissance seront réglés par elle : il suffit donc de l’accélérer ! NKM appuie apparemment son discours sur des travaux scientifiques, alors regardons cela d’un peu plus près.
NKM fait allusion aux courbes en cloche, dites CEK (2).
Source : André Meunié – Centre d’Economie du Développement - Université Bordeaux IV.
La Banque Mondiale (3) a en effet déclenché une polémique scientifique, en 1992, en publiant les travaux de Shafik et Bandayopadhyay (4), qui montraient effectivement une courbe en cloche (CEK), basée sur des données empiriques pour quelques polluants aux effets locaux (5) (SO2, CO, NOx). Le rapport restait toutefois très prudent dans ses conclusions. Depuis cette date, de très nombreux travaux scientifiques ont été menés qui montrent que l’on ne peut pas généraliser ces quelques cas particuliers :
1. Les modèles de CEK utilisés initialement ne sont pas statistiquement robustes (voir Stern, 2004 ; Day et Grafton, 2003 ; Dijkgraaf et Vollebergh, 1998 ; Harbaugh et al., 2002 ; Millimet et al., 2003 ; Perman et Stern, 2003) (6). En clair, on peut faire dire n’importe quoi aux données que l’on a utilisées à l’époque.
2. La relation générale, trouvée pour la majorité des polluants par des analyses économétriques poussées sur des séries de données plus complètes est une relation de croissance (7) de la pollution avec le PIB par tête. Le rapport peut varier entre 0 et 1, mais n’est pas négatif (Stern, 2004), donc la courbe ne pointe jamais vers le bas... (adieu la cloche…).
3. La pollution croît en volume et croît également en nature (à certains polluants « classiques » et locaux type SO2, il faut ajouter les cancérigènes, le CO2, etc.) (Dasgupta et al., 2002)(8)
4. Lorsqu’il existe une décroissance de la pollution, elle est corrélée non pas avec le PIB, mais avec le temps, avec l’amélioration de la technologie, et avec des politiques explicites (9) de préservation de l’environnement. (Dasgupta et al., 2002 ; Stern, 2004, l’ont montré dans le cas de la Chine et de l’Asie du Sud-Est).
5. Des pays avec un faible PIB par tête ont pu réduire certaines de leurs émissions (SO2 en Asie du Sud-Est et en Chine (10)) alors que d’autres pays avec un fort PIB/tête, mais peu de liberté politique (c’était le cas de l’ex-URSS) ont maintenu une pollution élevée.
Ces éléments contredisent l’hypothèse simpliste des « fameuses courbes en cloche ». C’est bien une volonté politique (11) de lutte contre la pollution qui a permis sa réduction, et ce indépendamment de l’évolution du PIB.
La baisse des émissions de CFC, suite aux publications sur le trou dans la couche d’ozone, est clairement corrélée aux accords politiques internationaux et en rien à la croissance.
Abondance des CFC dans l’atmosphère
et prévisions en fonction des accords politiques de limitation
D’après vous, c’est la croissance du PIB ou la régulation des marchés par la politique qui explique la baisse des émissions de CFC ?
Avoir foi (12) dans les CEK, c’est également faire l’impasse coupable sur les effets irréversibles (13) (par ex. la perte de biodiversité), se focaliser sur les émissions en oubliant les effets cumulatifs (la concentration du CO2 qui augmente, par exemple), les effets négatifs de la pollution sur l’activité, ou l’export des pollutions vers des pays moins regardants en matière de protection de l’environnement.
Que nous dit l’OCDE, que cite pourtant NKM ? « Un certain découplage des pressions exercées sur l’environnement et de la décroissance économique devrait intervenir mais il ne sera pas suffisant pour compenser les effets de l’augmentation des pressions » (14).
La courbe probable (Stern, 2004) est celle-ci :
Il est possible de décaler la courbe vers le bas avec le temps, si des politiques environnementales et une technologie appropriées sont appliquées.
NKM est bien trop intelligente et spécialisée dans l’écologie (15) pour faire des erreurs sur des données aussi solidement établies. Ne serions-nous pas en présence d’un discours au service d’une idéologie ? Cette idéologie ne serait-elle pas la totale substituabilité d’un capital artificiel au capital naturel (16) ? C’est la négation de toute irréversibilité réelle et la croyance irrationnelle qu’un environnement rendu invivable pourra toujours être corrigé, remplacé, par une création artificielle humaine.
Si on utilise un indicateur plus global comme l’empreinte écologique, la courbe qui relie celle-ci au PIB ou à l’IDH (17) est, elle aussi, clairement croissante.
Source : Boutaud Aurélien, Gondran Natacha, Courbes de Kuznets environnementales : l’apport des indicateurs alternatifs de type empreinte écologique dans la réflexion sur le développement durable, Centre SITE, Ecole des Mines de Saint-Etienne.
Les progrès scientifiques sont porteurs d’espoir mais nous montrent aussi, et toujours plus, l’étendue de notre ignorance.
Au-delà des querelles sur les courbes, c’est bien de politique dont nous avons besoin, afin de décider collectivement du futur que nous souhaitons et de la société vers laquelle nous voulons tendre.
Même si les « fameuses courbes en cloches » existaient, nous pourrions politiquement les trouver non désirables et choisir une autre voie de développement (18), plus conforme à l’idée que nous nous faisons du progrès humain.
.......................
Notes :
(1) Entretien avec Alexandre Piquard, Le Monde, édition du 23/01/07.
(2) Courbes Environnementales de Kuznets (CEK) ou EKC en anglais. Reprises à l’occasion par l’OCDE. L’OCDE est d’ailleurs très prudente à leur propos (voir Les perspectives de l’environnement de l’OCDE, OCDE, 2001, p.66).
(3) World Bank, World Development Report 1992 : development and the environment, The World Bank, 1992.
(4) Shafik, N. et Bandayopadhyay, "Economic Development and Environmental Quality : Time Series and Cross-Country Evidence", Background Paper for the World Development Report 1992.
(5) …quelques courbes et non pas toutes les courbes comme le dit NKM.
(6) Voir, pour une bonne synthèse : Stern, D. I., « The rise and fall of the environmental Kuznets curve », World Development, 32(8), 1419-1439, 2004.
(7) NKM reconnaît d’ailleurs la croissance des déchets et du CO2, ce qui n’est pas un détail, le CO2 étant l’un des principaux gaz à effet de serre.
(8) Dasgupta, S., Laplante, B., Wang, H., Wheeler, D., "Confronting the environmental Kuznets curve", Journal of Economic Perspectives, 16, 147–168, 2002.
(9) Donc une action correctrice de la société sur les marchés, via en particulier les pouvoirs publics.
(10) Ce qui n’exclut pas les autres graves atteintes à l’environnement en Chine que l’on connaît, et montre la faible représentativité de quelques indicateurs de pollution spécifiques comme le SO2.
(11) Volonté politique qui s’appuie sur les données scientifiques, voir par ex. la lutte contre les CFC, contre les Gaz à Effet de Serre, etc…
(12) Car c’est bien d’une foi, d’une croyance, dont il s’agit.
(13) De ce point de vue, même en croyant qu’une courbe en cloche existe, son point de retournement peut se situer au-delà de l’extinction de l’espèce humaine…
(14) Les perspectives de l’environnement de l’OCDE, OCDE, 2001, p. 23. Cela rejoint le point 2. décrit plus haut.
(15) Elle est députée, rapporteure de la mission d’information sur le climat de l’assemblée nationale.
(16) Ce qui nous paraît au minimum présomptueux, au pire suicidaire.
(17) IDH ou Indice de Développement Humain, meilleur indicateur que le PIB, puisqu’il conjugue longévité, éducation et niveau de vie.
(18) Qui évite le pic de pollution de la courbe en cloche, au lieu de le subir comme un mal nécessaire…
"Ils sont devenus décroissants"
KIM BASCHET / LE MONDE
https://www.lemonde.fr/climat/article/2018/12/13/ils-sont-devenus-decroissants-quatre-francais-temoignent_
Patricia Mignone, 60 ans, est formatrice et cadre dans le marketing numérique à Charleroi, en Belgique.
« L’empêchement principal à la décroissance ? Les habitudes »
« Je fais partie de la première vague des décroissants, celle des années 1970. A 16 ans, en 1974, j’ai été touchée par le mouvement écologique naissant : j’ai adopté la frugalité et le minimalisme. Puis dans les années 1980, alors que j’étais jeune mère, nous avons vécu dans le Brabant, une région de Belgique qui constituait un véritable vivier en matière d’écologie. Nous avions un maraîcher bio, un boulanger bio, un boucher bio et, au village, un précurseur avait organisé un système de tri et de recyclage des déchets ménagers.
J’ai toujours été perçue comme une personne originale et austère. Il est clair que je détonnais par rapport aux autres adolescentes. Quand j’étais à l’université, il est arrivé que l’on me dise que j’étais radine parce que je n’étais pas aussi coquette que les autres filles de ma promo. J’ai élevé mes enfants dans cet esprit-là. Arrivés à l’âge adulte, ils m’en ont remerciée, ce qui ne les a pas empêchés de faire d’autres choix de consommation.
Chez moi, on trouve un pain de savon de Marseille et une bouteille d’eau vinaigrée pour le rinçage des cheveux !
Concrètement, je consomme ce dont j’ai besoin, en m’efforçant d’observer des comportements résilients : j’évite les produits non éthiques et les déchets ; je tends vers l’autonomie. De passage à Paris ces jours-ci, j’ai loué un appartement sur la plate-forme Airbnb et j’ai découvert dans la cabine de douche un nombre de flacons en plastique inutiles… Chez moi, on trouve un pain de savon de Marseille et une bouteille d’eau vinaigrée pour le rinçage des cheveux ! C’est économique et sain : la publicité fait croire qu’on a besoin d’un produit pour chaque fonction alors que des produits de base suffisent.
Je me passe de télévision depuis une vingtaine d’années, je suis végane et j’ai mon propre jardin. Je n’en suis pas pour autant exemplaire : il m’arrive encore d’acheter des produits emballés dans du plastique.
Comment arriver à convaincre davantage de personnes d’adopter ce mode de vie ? L’empêchement principal, ce sont les habitudes. En matière d’alimentation, les gens commencent cependant à admettre que nous devons réduire notre consommation de chair animale. Afin d’aider mes amis omnivores à évoluer en ce sens sans changer d’habitudes gustatives, j’adapte régulièrement des recettes de cuisine dites « traditionnelles ».
Selon moi, il faut être pédagogue, pas moralisateur : non culpabiliser, mais aider ceux qui le souhaitent à évoluer sur ce chemin. A une échelle un peu plus grande, la publication de livres, l’animation d’ateliers, les conférences permettent aux “éclaireurs” de sensibiliser ceux qui ont besoin d’aide.
Je pense que nous assistons aujourd’hui à la réplique d’un mouvement qui a eu lieu il y a cinquante ans, après Mai 68. Si dans les années 1970 ce mouvement était une lame de fond, là ça devient une véritable tendance : les médias s’intéressent au sujet ; l’Europe a légiféré quant à la responsabilité sociétale des entreprises ; les enseignes de la grande distribution vont désormais au-delà du bio en intégrant les concepts de la transition – local, de saison, en vrac… C’est souvent du greenwashing [marketing écologique], elles font ça pour se donner une bonne image, mais cela permet au moins de sensibiliser le grand public. Le mode de vie de la transition semble également séduire de plus en plus de jeunes, notamment ceux qui sont éduqués : ils ont une conscience aiguë de l’état du monde.
En 1972, le rapport Meadows [la première étude significative à alerter sur l’impact pour la planète de la croissance économique et démographique, intitulé “Les Limites de la croissance”] nous invitait à changer de cap. A l’époque, il était encore temps. Rien n’a été fait depuis, notamment parce que le monde politique manque de courage. Et nous le payons aujourd’hui. »
Olivia Cunéo, 19 ans, est étudiante en langues étrangères à Papeete.
« J’ai totalement arrêté le shampooing, le savon, le dentifrice industriel, le papier toilette… »
« Tout a commencé avec le déodorant. Je me souviendrai toujours de ce jour où mon père m’a dit de ne plus en mettre parce que cela pouvait provoquer un cancer. Cela m’a frappée, et j’ai cherché par quoi je pourrais le remplacer. J’ai testé le bicarbonate de soude, puis je me suis rendu compte qu’il pouvait servir à d’autres choses, comme fabriquer son dentifrice ou des produits nettoyants. Et de fil en aiguille, j’ai tout remplacé. J’ai voulu être cohérente avec mes convictions écologiques, je suis donc devenue une partisane du zéro déchet et de tout ce qui va avec : le minimalisme, la décroissance…
Honnêtement, ce n’est pas très compliqué pour une jeune adulte qui n’a pas de revenu fixe et qui vit chez ses parents. Malgré tout, mes seuls achats neufs récents sont des sous-vêtements et une paire de chaussures pour le scooter. Autrement, j’achète toujours des vêtements d’occasion. Bien sûr, il est très difficile de résister à certaines tentations du quotidien. J’adore le chocolat et les biscuits industriels, et quand j’ai un peu d’argent j’en achète encore. C’est difficile de ne pas succomber, avec toutes ces publicités qui nous incitent à consommer ! Même si l’on sait que c’est mauvais pour la santé et loin d’être écolo.
Mes proches m’ont totalement suivie. Ma mère est même allée plus loin : terminé la lessive industrielle, les produits ménagers industriels… et même, depuis cette année, le papier toilette ! C’est notre grande réussite. Pour les selles, nous utilisons l’eau de la douche. Et pour le reste, nous utilisons des serviettes que l’on garde après usage dans une petite poubelle, où ma mère a mis du bicarbonate pour éviter les odeurs, puis qu’elle lave régulièrement.
La plupart de mes amis comprennent mes décisions, mais cela ne va pas plus loin
Est-ce qu’on fait des économies ? Oui, oui et re-oui. A tel point qu’on s’en veut de ne pas avoir pratiqué le zéro déchet et le minimalisme plus tôt ! Du côté de mes amis, c’est beaucoup plus mitigé. L’un d’entre eux trouve “dégoûtant” que je n’utilise pas de shampooing. La plupart des autres comprennent mes décisions, mais cela ne va pas plus loin. Pour eux, cette prise de conscience est inutile et mon idéal impossible à atteindre. Je pense notamment à mes amies parties en métropole qui y ont découvert les « vrais » magasins de vêtements : pour elles, il n’est pas question de ne rien acheter de neuf, et je peux les comprendre. Ici, les vêtements coûtent affreusement cher. Heureusement, j’ai quand même deux ou trois amies qui essaient elles aussi d’être décroissantes. Donc on peut en parler et essayer de convaincre les autres.
Pour moi, un retour en arrière est impensable. Impossible de racheter un jour du shampooing par exemple. On me dit souvent “au cas par cas, ça ne sert à rien. J’adopterai ce mode de vie quand les politiques auront changé”. Je trouve ça assez facile.
Si on ne change rien soi-même, les responsables politiques ou les industriels n’ont aucune raison de le faire. Je pense, au contraire, que l’on doit tous agir au plan individuel, parce que ce sont les actions du peuple qui modifieront les façons de penser à plus grande échelle. Au bout d’un moment, si on arrête d’engraisser les industriels, ils finiront bien par cesser leurs activités. Et c’est eux qu’il faut viser. Ce sont eux les vrais pollueurs. »
KIM BASCHET / LE MONDE
Guy Renard, 45 ans, est informaticien en Suisse.
« Ouvrez un tiroir et demandez-vous “qu’est-ce que j’utilise régulièrement ?” »
« Le déclic n’est pas vraiment venu à un moment précis. C’est un processus qui s’est étiré sur plus de quinze ans. Au fil des années, j’ai pris de plus en plus de recul sur la société de consommation, vu les choses empirer : on ne peut pas continuer avec un tel mode de vie, un tel gaspillage des ressources.
A l’échelle de la planète, ce n’est plus soutenable ; il faut que ce soit plus équilibré. C’est pour cela que, progressivement, je suis devenu décroissant. Cela m’a permis de ralentir, de changer de mode de vie. De prendre davantage le train, de prendre le temps de cuisiner et de servir moins de plats préparés. Je passe aussi moins de temps dans les magasins.
Je dirais que 60 % des choses que l’on possède ne sont jamais utilisées
Après avoir découvert le mouvement minimaliste, j’ai décidé de changer d’appartement pour en prendre un plus petit. Faites l’expérience chez vous, ouvrez un tiroir dans votre salle de bains ou dans votre cuisine et demandez-vous “qu’est-ce que j’utilise régulièrement ?”. Je dirais que 60 % des choses que l’on possède ne sont jamais utilisées. Il est donc facile de s’en débarrasser : vêtements, matériel de cuisine, de bricolage… Je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin d’un appartement si grand : je suis passé d’un 80 m² à un 60 m² et c’est encore trop grand. Je pense que je m’en sortirais très bien avec un 45 m².
J’ai aussi arrêté de prendre l’avion, je ne prends plus ma voiture tous les jours. J’utilise davantage le vélo ou le bus. Mais on a une énorme chance en Suisse, on a plusieurs alternatives à la voiture. Il y a beaucoup de lignes régionales pour se rendre dans les petites villes. Ce n’est pas forcément le cas en France. Je fais également plus de tourisme local et je visite des pays frontaliers. Economiquement, j’y gagne à tous les niveaux ; mon loyer a par exemple baissé de 20 % à 30 %. Je n’ai pas l’impression de vivre moins bien et j’ai redonné du sens à ma vie.
Cela a été assez facile avec mes proches, je n’ai pas vraiment eu de réactions posant problème, même si pour certaines personnes je suis excessif. Mais elles hésitent à me le reprocher car cela les renvoie à leurs propres contradictions.
Mon objectif, c’est d’en débattre dans une démarche pédagogique. Mais c’est vrai que nous sommes confrontés à une pression sociale de toujours consommer et cela crée de la frustration. Tout décroissant peut, à un moment donné, se sentir isolé socialement. Je mange par exemple moins de viande, mais je n’ai pas arrêté complètement : je sais que l’élevage pose beaucoup de problèmes à l’environnement, mais, socialement, la diminution de la viande, plutôt que l’arrêt complet, est plus facile à faire accepter à ses proches.
Je suis convaincu que les changements individuels, on ne peut pas y couper. Nous sommes les clients des multinationales. Dans l’idéal, il faudrait que les individus évoluent en parallèle des politiques, mais il y a une résistance au changement. Beaucoup sont convaincus par ce mode de vie décroissant, mais il est vrai que cela demande beaucoup d’efforts dans la vie de tous les jours. »
Comment agir pour le climat ? « Le Monde » se mobilise pendant une semaine
Que faire face au défi du changement climatique ? Comment agir, concrètement, à l’échelle individuelle ou collective ? Les initiatives citoyennes ont-elles un sens alors que c’est tout le système qu’il faudrait faire évoluer pour espérer limiter les effets du dérèglement ? Alors que la COP24 sur le climat s’est ouverte, dimanche 2 décembre, en Pologne, la rédaction du Monde se mobilise autour de ces questions. Au-delà du constat de l’urgence, nous avons voulu nous interroger sur les solutions existantes ou à explorer.
Chaque jour, pendant une semaine, des personnalités, expertes de leur domaine et engagées au quotidien, répondront en direct aux questions des internautes :
Peut-on se passer de la voiture ? Jérémie Almosni, chef du service Transport et mobilités à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), a répondu aux questions des internautes lundi 10 décembre.
Peut-on continuer à manger autant de viande ? Le chef cuistot Adrien Zedda, du resto lyonnais Culina Hortus et Cyrielle Denhartigh, responsable agriculture et alimentation pour Réseau Action Climat ont répondu à vos questions mardi.
Peut-on se chauffer autrement ? Vous avez pu dialoguer avec Jean-Baptiste Lebrun, directeur du CLER – réseau pour la transition énergétique, mercredi.
Peut-on consommer moins ? Le politologue Paul Ariès a répondu à de nombreuses questions jeudi.
Et, finalement, peut-on peser collectivement ? L’ingénieur agronome et collapsologue Pablo Servigne, auteur de Comment tout peut s’effondrer en 2015 et de Une autre fin du monde est possible. Vive l’effondrement en 2018 répondra à vos questions à partir de 13 h 30. Il sera suivi dans la foulée par le youtubeur écolo Nicolas Meyrieux, engagé dans la campagne « On est prêt », qui sera présent en tchat à partir de 15 heures.
"La solution de la décroissance"
Je sais très bien que ce terme de "décroissance" agit comme un épouvantail et qu'il est souvent associé à des esprits perturbés, extrémistes, anarchistes et autres "istes" monstrueux.
Je dois dire que ça m'agace quelque peu.
Si je ne me retenais pas, je bombarderai ce blog d'articles et de documentaires expliquant ce qu'il en est réellement. Il ne s'agit donc pas de propos d'huluberlus mais bien de chercheurs scientifiques en tous genres : économistes, sociologues, biologistes et même financiers (si, si, il y en a :) )
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La solution de la décroissance ?
http://ses.ens-lyon.fr/articles/la-solution-de-la-decroissance
Publié le 20/02/2016
Auteur(s) : Fabrice Flipo
Alors que la croissance est réaffirmée comme indispensable en réponse à la crise économique et écologique, le philosophe Fabrice Flipo propose d'explorer la voie alternative de la décroissance. Après une introduction sur l'émergence de la problématique de la décroissance, il développe cinq types d'arguments en faveur de celle-ci et donc cinq critiques théoriques de la croissance : écologiste, économique, anthropologique, démocratique et spirituel. Cette conférence s'inscrit dans le cycle sur "Le défi du développement durable" qui s'est déroulé à l'ENS de Lyon en 2015-16.
SOMMAIRE
La conférence de fabrice Flipo : La solution de la décroissance ?
La troisième conférence du cycle à l'ENS de Lyon sur "Le défi du développement durable" s'est déroulée le 8 février 2016. L'invité était le philosophe Fabrice Flipo.
Fabrice Flipo est Maître de conférences en philosophie et épistémologie politique à Télécom École de Management (Institut Mines-Télécom) et chercheur au Laboratoire de changement social et politique (LCSP-Université Paris 7 Denis Diderot) où il travaille dans le domaine des nouvelles technologies d'une part et dans celui de l'écologie et du développement durable d'autre part. Ses recherches portent notamment sur l'écologie politique et le mouvement de l'écologisme, les questions de justice en lien avec les enjeux écologiques, l'épistémologie de la décroissance, l'impact environnemental des NTIC et les technologies vertes. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et articles sur ces questions. Il est également chroniqueur du journal La Décroissance.
La conférence de fabrice Flipo : La solution de la décroissance ?
Partie 1 : La présentation de Fabrice Flipo
ChapitresDurée
Introduction aux cinq arguments ou justifications théoriques de la décroissance12:26
1. La source écologiste04:59
2. La source économique12:34
3. La source anthropologique09:37
4. La source démocratique09:52
5. La source spirituelle10:54
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Résumé des cinq arguments ou justifications théoriques de la décroissance développés par Fabrice Flipo :
1. La source écologiste : la croissance détruit l'environnement et les écosystèmes ; critique du courant de la durabilité faible – substitution du capital technique au capital naturel permettant de concilier croissance économique et environnement – et de la thèse de la dématérialisation de l'économie. L'impact positif des NTIC sur l'environnement par exemple n'est absolument pas évident.
2. La source économique : la croissance est vouée à s'amenuiser en raison de l'essoufflement des gains de productivité (cf. thèses sur la stagnation séculaire, Robert Gordon), de la raréfaction des ressources non renouvelables et de la difficulté croissante à les exploiter, mais aussi du caractère limité des ressources renouvelables (Nicholas Georgescu-Roegen et la loi d'entropie).
3. La source anthropologique : la croissance est un type de civilisation ou de rapport au monde qui repose sur la division du travail et l'échange considéré comme mutuellement bénéfique (Serge Latouche). L'époque moderne a imposé une norme de développement fondée sur la croissance économique et la marchandisation du monde, où la nature est une simple ressource support de l'échange, sans valeur intrinsèque. On peut imaginer un autre mode de vie ou modèle de société qui reposerait sur le bien-vivre ensemble plutôt que sur la croissance et le productivisme.
4. La source démocratique : la croissance est un processus de dépossession des besoins par le système industriel et publicitaire et d'«industrialisation du manque» (Ivan Illich, voir aussi John Kenneth Galbraith et Jean Baudrillard). Le système industriel et commercial impose par exemple l'usage des technologies numériques ou une certaine configuration de l'espace incitant à l'utilisation de la voiture, d'où une perte de liberté et de maîtrise des objectifs de la croissance, mais aussi un accroissement des inégalités.
5. La source spirituelle : la décroissance favorise la réappropriation des besoins et des désirs à l'échelle individuelle. Une révolution intérieure est nécessaire pour faire face à la crise de sens que traversent nos sociétés. La "simplicité volontaire" est un moyen de se libérer de l'obligation de consommer toujours plus et de revenir à plus d'authenticité dans nos modes de vie (Pierre Rabhi).
Ces cinq sources de la décroissance sont indépendantes mais peuvent se renforcer mutuellement.
Partie 2 : Les questions du public
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Questions abordées : la problématique démographique, comment produire le changement attendu avec des démarches individuelles minoritaires, la décroissance est-elle compatible avec le plein emploi, la décroissance implique-t-elle une baisse du revenu et du pouvoir d'achat ?
Pour aller plus loin
Fabrice Flipo, François Schneider, Denis Bayon, La décroissance. Dix questions pour comprendre et débattre, La Découverte Poche / Essais n°362, mars 2012. Compte rendu de Pascal Décarpes dans Lectures.
Fabrice Flipo, "Les cinq sources de la décroissance", Implications philosophiques (revue électronique de philosophie), 16 janvier 2015.
Fabrice Flipo, "Décroissance", Encyclopædia Universalis en ligne.
Fabrice Flipo, "L'urgence de la décroissance", Le Monde, 9/12/2015.
Fabrice Flipo, "Les trois conceptions du développement durable", Développement durable et territoires, Vol. 5, n°3, décembre 2014.
Film Demain, réalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion en 2015 (le site du film propose une rubrique enseignant et un dossier pédagogique).
Retour vers la présentation du cycle "le défi du développement durable".
"L'écomodernisme"
A la suite des deux articles reprenant les écrits et les propos de Michael Shellenberger et pour tenter d'en comprendre la teneur, j'ai continué à chercher sur le net. J'ai lu quelques articles, études, interview et je me suis intéressé à un autre scientifique couramment cité : Roger Pielke.
Roger A. Pielke Jr. (né le 2 novembre 1968) est un politologue et professeur américain, et a été directeur du Sports Governance Center au sein du département d'athlétisme du Center for Science and Technology Policy Research de l'Université du Colorado à Boulder1.
Il a précédemment servi dans le programme d'études environnementales et a été membre de l'Institut coopératif de recherche en sciences de l'environnement (CIRES), où il a été directeur du Center for Science and Technology Policy Research de l'Université du Colorado Boulder de 2001 à 2007. Pielke a été chercheur invité à la Saïd Business School de l'Université d'Oxford au cours de l'année scolaire 2007-20082.
Écrivain prolifique, il s'intéresse notamment à la politisation de la science, aux prises de décision dans l'incertitude, à l'éducation politique des scientifiques dans des domaines tels que le changement climatique, les plans d'urgence, le commerce mondial et des recherches sur la gouvernance des organisations sportives, dont la FIFA et la NCAA.
Sommaire
Éducation et formation
Pielke a obtenu une licence en mathématiques (1990), une maîtrise en politique publique (1992) et un doctorat en science politique, tous de l'Université du Colorado Boulder. Avant d'occuper ses fonctions à l'Université du Colorado Boulder, de 1993 à 2001, il a été chercheur au sein du groupe Impacts environnementaux et sociétaux du National Center for Atmospheric Research.
De 2002 à 2004, Pielke a été directeur des études supérieures pour le programme d'études supérieures en études environnementales de l'l'Université du Colorado Boulder et en 2001, les étudiants l'ont sélectionné pour le prix du meilleur conseiller diplômé (Outstanding Graduate Advisor Award). Pielke siège à de nombreux comités de rédaction et comités consultatifs, conserve de nombreuses affiliations professionnelles et a siégé au conseil d'administration de WeatherData, Inc. de 2001 à 2006. En 2012, il a reçu un doctorat honorifique de l'Université de Linköping et le prix du service public de la Geological Society of America.
Publications
Les premières publications de Pielke ont été réalisés dans le cadre du programme de la navette spatiale américaine. En 1993, 7 ans après l'accident de la navette spatiale Challenger, il suggère que la navette est coûteuse et risquée et qu'il est « probable » qu'une autre navette soit perdue dans un délai de 20 à 35 vols7. Peu avant la perte de Columbia en 2003, il avertit que la perte d'une autre navette n'est qu'une question de temps8. Il a également critiqué le programme de la station spatiale internationale9.
Pielke a également beaucoup écrit sur les politiques en matière de changement climatique. Il est d'accord avec le GIEC : « Le GIEC a conclu que les émissions de gaz à effet de serre résultant de l'activité humaine sont un important facteur de changement du climat. Et sur cette seule base, je suis personnellement convaincu qu'il est logique de prendre des mesures pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ». Selon Pielke, « toute politique concevable de réduction des émissions, même si elle est efficace, ne peut avoir un impact perceptible sur le climat pendant de nombreuses décennies », et il en conclut « que dans les décennies à venir, les seules politiques qui pourront être utilisées efficacement pour gérer les effets immédiats de la variabilité et du changement climatiques seront des politiques d'adaptation ».
Sur les questions des ouragans et du changement climatique, il fait valoir que la tendance à l'augmentation des dommages causés par les ouragans est principalement due à des facteurs sociétaux et économiques (principalement une augmentation de la densité de la richesse), plutôt qu'à un changement de fréquence et d'intensité. Cette opinion a conduit différentes personnes dont le Guardian à le considérer comme un « négateur » du changement climatique et un « alarmiste », ce qu'il rejette « fermement ».
Pielke est mentionné dans des courriels impliquant John Podesta, président de la campagne d'Hillary Clinton révélés par WikiLeaks. Le courriel en question a été envoyé par Judd Legum, l'éditeur de ThinkProgress, un site qui fait partie du Center for American Progress Action Fund, le bras de défense du think tank libéral Center for American Progress, qui a été fondé par Podesta en 2003. Dans son courriel à l'écologiste milliardaire Tom Steyer, Legum a décrit comment, selon lui, Climate Progress, la branche environnementale de ThinkProgress, a obtenu de Pielke qu'il cesse d'écrire sur le changement climatique pendant une période de cinq ans et demi.
En avril 2015, Pielke s'est joint à un groupe de chercheurs pour publier un « Manifeste de l'écomodernisme » : John Asafu-Adjaye, Linus Blomqvist, Stewart Brand, Barry Brook. Ruth DeFries, Erle Ellis, Christopher Foreman, David Keith, Martin Lewis, Mark Lynas, Ted Nordhaus, Rachel Pritzker, Joyashree Roy, Mark Sagoff, Michael Shellenberger, Robert Stone et Peter Teague.
Pielke a été nommé dans une lettre envoyée par le sénateur Edward Markey (D-MA) à de nombreux groupes de l'industrie énergétique, leur demandant de révéler les noms des scientifiques qu'ils avaient financés. Concernant la divulgation des conflits d'intérêts, M. Pielke a déclaré que la non-divulgation des conflits d'intérêts est assez endémique au sein des scientifiques du climat.
Si je reprends une des idées énoncées par Schellenberger et que je la juxtapose avec cette dernière phrase écrite en rouge, je ne peux m'empêcher de penser à des conflits d'intérêt : "La prévention des futures pandémies nécessite plus d’agriculture « industrielle » et non pas l’inverse."
Cette phrase-là m'a singulièrement interpellé. J'ai déjà évoqué ici la puissance du lobbying, au sein de l'UE comme dans tous les états développés. Mais bon, il faudrait que je lise le livre de Shellenberger pour comprendre ce qu'il veut dire.
Je pourrais en tout cas délivrer ici de très nombreuses études qui affirment le contraire. L'agriculture intensive industrielle n'est aucunement une fatalité et encore moins une nécessité. Disons que j'ai là un sérieux doute sur l'objectivité de ce monsieur. Il n'en reste pas moins que son parcours scientifique et son engagement dans l'écologie, durant une partie de sa vie, m'incite à m'interroger.
En continuant donc mes recherches, j'ai fini par croiser un terme dont j'ignorais l'existence : l'écomodernisme. Pielke, Shellenberger et les autres scientifiques mentionnés plus haut sont des adeptes de ce mouvement. On retrouve d'ailleurs le nom de Schellenberger et de Pielke dans l'article suivant.
A chacun de se faire son idée. Je renvoie bien évidemment au "paradoxe de Jevons" avant de tirer des conclusions.
ECOMODERNISME
https://www.hisour.com/fr/ecomodernism-34769/
Lecture audio
L’écomodernisme est une philosophie environnementale qui soutient que les humains peuvent protéger la nature en utilisant la technologie pour «dissocier» les impacts anthropiques du monde naturel. L’écomodernisme est une école de pensée de nombreux spécialistes de l’environnement et du design, critiques, philosophes et activistes. Le modernisme basé sur l’écologie est la manière la plus directe de définir ce mouvement. Il englobe les aspects les plus réussis des Designers Outlaw (Jay Baldwin, Buckminster Fuller et Stewart Brand) des années 1960 et 70 avec le pragmatisme optimiste des Modernistes basé sur la réforme. Il exige une compréhension plus détaillée de l’histoire de la discipline et encourage les objets conçus et les systèmes créés avec l’inspiration logique du cycle de la nature intégré à ses objectifs.
Les créations matérielles et immatérielles qui en résultent espèrent mieux unir la technologie, l’humanité et la nature. L’éco-modernisme incite les designers à se déconnecter de leur univers de pixels et à renouer avec les nuances de notre environnement naturel pour mieux comprendre les matériaux que nous utilisons, les procédés que nous utilisons et apprécier l’importance de nos ressources naturelles. Au lieu de l’approche linéaire d’un processus de conception, basé sur le fordisme et le taylorisme, l’éco-modernisme embrasse le modèle de la «nourriture égale» (William McDonough et Michael Braungart) et le berceau-à-berceau inventé par Walter R. Stahel dans le 1970 (pendant le mouvement de conception d’Outlaw) où la conception et la fabrication visent à «fermer la boucle».
Pour réaliser cette composante du mouvement, les concepteurs doivent minimiser leur empreinte environnementale en utilisant des ressources locales et renouvelables pour tous nos projets futurs. Dans leur manifeste de 2015, 18 écomodernistes autoproclamés – y compris des chercheurs du Breakthrough Institute, de l’Université de Harvard, de l’Université de Jadavpur et de la Long Now Foundation – ont élargi la définition originale d’Eric Benson et Peter Fine en 2010: l’idéal environnemental durable, que l’humanité doit réduire ses impacts sur l’environnement pour faire plus de place à la nature, alors que nous en rejetons une autre, que les sociétés humaines doivent s’harmoniser avec la nature pour éviter l’effondrement économique et écologique.
Aperçu
L’écomodernisme comprend explicitement la substitution des services écologiques naturels à l’énergie, à la technologie et aux solutions synthétiques. Les éco-modernistes adoptent notamment l’intensification agricole, les aliments génétiquement modifiés et synthétiques, le poisson des fermes aquacoles, le dessalement et le recyclage des déchets, l’urbanisation et le remplacement des combustibles moins denses par des combustibles plus denses (par exemple, remplacer le charbon par du bois). les technologies à faible teneur en carbone telles que les centrales électriques à combustible fossile équipées de systèmes de capture et de stockage du carbone, les centrales nucléaires et les énergies renouvelables avancées). L’utilisation de la technologie pour intensifier l’activité humaine et faire plus de place à la nature sauvage est l’un des principaux objectifs d’une éthique environnementale respectueuse de l’environnement.
L’écomodernisme a émergé de la rédaction académique d’Eric Benson et Peter Fine dans un article publié en 2010. Divers débats, y compris le débat sur le moment où Homo sapiens est devenu une force dominante agissant sur les écosystèmes terrestres (dates proposées pour la gamme Anthropocène) depuis l’avènement de l’agriculture il y a 10 000 ans jusqu’à l’invention des armes atomiques au XXe siècle). Parmi les autres débats qui forment la base de l’écomodernisme, on peut citer la meilleure façon de protéger les milieux naturels, d’accélérer la décarbonisation pour atténuer les changements climatiques et d’accélérer le développement économique et social des pauvres dans le monde.
Dans ces débats, l’écomodernisme se distingue des autres courants de pensée, notamment le développement durable, l’économie écologique, la décroissance ou l’économie stationnaire, la réduction de la population, l’économie du laisser-faire, la «soft energy» et la planification centrale. L’écomodernisme considère beaucoup de ses idéologies fondamentales empruntées au pragmatisme américain, à l’écologie politique, à l’économie évolutionniste et au modernisme.
L’éco-modernisme embrasse les principes fondamentaux de la durabilité où tout design est créé pour: respecter et prendre soin de la communauté, améliorer la qualité de vie, conserver la vitalité et la diversité de la Terre, minimiser l’épuisement des ressources non renouvelables et changer les attitudes et pratiques personnelles maintenir la capacité de charge de la planète.
Les concepteurs et les artistes qui travaillent dans ce mouvement cherchent la réalisation créative dans les problèmes de conception systémique plus grands afin d’élever la profession du niveau inférieur de l’échelle de l’entreprise aux leaders respectés et aux innovateurs à travers la culture. Ils embrassent la logique moderniste et les initiatives basées sur la réforme, mais rejettent les solutions universelles et utilisent plutôt des matériaux locaux et des idées sexospécifiques / culturelles qui créent ce que Jorge Frascara considère comme le meilleur design: faciliter, soutenir et améliorer la vie.
Origine
L’éco-modernisme est né aux alentours de 2004 aux États-Unis. La manière de penser a surgi en partie en réponse aux idées d’une partie du mouvement environnemental traditionnel. Selon les écomodernistes, une grande partie du mouvement environnemental traditionnel est:
Trop critique sur les effets de la modernité et du progrès sur l’environnement.
Trop critique du rôle de l’homme par rapport à la nature, et pense trop en termes de limitations des actions humaines qui seraient nécessaires.
Trop critique sur les inconvénients de la technologie et de l’économie pour l’environnement.
Trop négatif sur l’avenir de la nature, et trop positif sur la nature elle-même.
Des idées
Les écomodernistes se distinguent au sein du mouvement environnemental par leur forte appréciation du modernisme et de la modernité. Il se félicite de la poursuite de la modernisation et est convaincu que cela conduira à de grands progrès, y compris dans le domaine de la durabilité.
Les éco-modernistes reconnaissent les problèmes environnementaux existants, mais croient en la possibilité de les réduire à l’avenir avec l’inventivité humaine.
Ils s’attendent à court terme à de nombreuses innovations technologiques, telles que, par exemple, des techniques de production plus propres, qui contribueront grandement à une nouvelle économie durable. Parce qu’ils croient que l’économie peut devenir pleinement viable, ils ne voient pas la croissance économique comme un problème, mais comme une augmentation positive de la prospérité. Selon les écomodernistes, aucune restriction de comportement ne doit donc être imposée aux personnes ou au monde des affaires pour atteindre la durabilité. Ils ont une résistance aux règles du comportement et des appels moraux à la sobriété.
Ils ne considèrent pas la nature comme intrinsèquement utile, mais comme un fournisseur de ressources naturelles et de services écosystémiques pour les humains. Les écomodernistes n’ont aucun problème avec la prédominance des humains sur notre planète dans l’Anthropocène et croient qu’il peut être souhaitable d’augmenter davantage la domination humaine afin de contrôler de façon optimale le système naturel.
Positions
Les éco-modernistes veulent se démarquer des points de vue communs et répandus sur l’environnement et le climat et offrir une alternative à un débat qui, selon eux, est au point mort. Ils doutent surtout que les changements culturels demandés par de nombreux écologistes (moins de consommation, plus de subsistance, etc.) soient réalisables. Surtout en raison de la persistance de la pauvreté généralisée dans de grandes parties du monde qui serait naïve. Ils supposent que la plupart des problèmes environnementaux peuvent être résolus technologiquement.
Un document important de l’Ökomodernisten est le Manifeste Ecomodernist. Ses points clés comprennent:
L’intensification de l’agriculture, de l’aquaculture, de la production d’énergie et des zones de peuplement humain devrait protéger la nature selon le principe d’économie de la terre.
L’énergie est essentielle pour une utilisation plus efficace des ressources naturelles (par exemple, la purification et le dessalement de l’eau, le recyclage, l’agriculture intensive avec un minimum d’utilisation des terres), d. H. L’énergie moins chère est un facteur très important dans la réalisation de ces technologies. À long terme, l’énergie nucléaire et l’énergie solaire sont considérées comme les producteurs d’énergie les plus efficaces.
Les menaces graves comprennent le changement climatique, l’amincissement de la couche d’ozone et l’acidification des océans.
La dépendance générale vis-à-vis de la nature devrait être réduite afin de la protéger.
L’urbanisation mondiale devrait réduire la consommation naturelle et promouvoir la croissance.
La durabilité peut être atteinte par la renaturalisation et la réimagerie de la planète.
La protection du climat ne doit pas être placée inconditionnellement avant les intérêts de la population, en particulier dans les pays les plus pauvres.
Les États et les sociétés doivent consacrer leurs énergies à la réalisation de ces objectifs. Le niveau de vie moderne dans le monde et la promotion des pays en développement et émergents doivent être prioritaires. Les fonds sont réellement là. Pour cela, cependant, les réserves idéologiques devraient être supprimées.
Un manifeste écomoderniste
En avril 2015, un groupe de 18 écomodernistes autoproclamés a publié collectivement un manifeste éco-moderniste. Les auteurs étaient:
John Asafu-Adjaye
Linus Blomqvist
Stewart Brand
Barry Brook
Ruth DeFries
Erle Ellis
Christopher Foreman
David Keith
Martin Lewis
Mark Lynas
Ted Nordhaus
Roger Pielke, Jr.
Rachel Pritzker
Joyashree Roy
Mark Sagoff
Michael Shellenberger
Robert Stone
Peter Teague
Les auteurs ont écrit:
Bien que nous ayons à ce jour écrit séparément, nos opinions sont de plus en plus discutées dans leur ensemble. Nous nous appelons écopragmatistes et écomodernistes. Nous offrons cette déclaration pour affirmer et clarifier nos points de vue et pour décrire notre vision pour mettre les pouvoirs extraordinaires de l’humanité au service de la création d’un bon Anthropocène.
Réception et critique
Des journalistes environnementaux éminents ont fait l’éloge du Manifeste Ecomodernist. Au New York Times, Eduardo Porter a écrit d’une manière approbatrice l’approche alternative de l’écomodernisme au développement durable. Dans un article intitulé «Le Manifeste appelle à mettre fin à l’écologisme des« gens sont mauvais », Eric Holthaus de Slate a écrit:« C’est inclusif, c’est excitant, et cela donne aux environnementalistes quelque chose à se battre pour un changement. La revue scientifique Nature a éditorialisé le manifeste.
Les critiques courantes de l’écomodernisme ont inclus son manque relatif de considération pour la justice, l’éthique et le pouvoir politique. Dans “Un diagnostic sympathique du Manifeste Ecomoderniste”, Paul Robbins et Sarah A. Moore décrivent les similitudes et les points de départ entre l’écomodernisme et l’écologie politique.
Certains écologistes [qui?] Ont également caractérisé l’écomodernisme comme une excuse pour continuer l’exploitation des ressources naturelles pour des gains humains.
Un autre courant important de critique envers l’écomodernisme vient des partisans de la décroissance ou de l’économie stationnaire. Dix-huit économistes écologiques ont publié une longue réplique intitulée “Une réponse de décroissance à un manifeste écomoderniste”, (je l'ai cherchée sur le net mais sans succès ) écrivant que “les écomodernistes ne fournissent ni un modèle très inspirant pour de futures stratégies de développement ni beaucoup de solutions à nos problèmes environnementaux et énergétiques.”
Lors du Dialogue annuel de l’Institut Breakthrough en juin 2015, plusieurs éminents spécialistes de l’environnement ont présenté une critique de l’écomodernisme. Bruno Latour ( ce Monsieur est une sacrée référence dans le domaine de la réflexion.) a fait valoir que la modernité célébrée dans le Manifeste Ecomodernist est un mythe. Jenny Price a soutenu que le manifeste offrait une vision simpliste de l ‘«humanité» et de la «nature», qui, selon elle, sont «rendues invisibles» en parlant d’elles en termes si généraux.
Paradoxe de Jevons
On en revient toujours à la même problématique : le défaut principal de l'humain, en dépit de son extraordinaire intelligence, c'est de ne pas engager ses réflexions et ses créations dans un processus spitiruel, c'est à dire dans une dimension holistique, qui implique l'intégralité des effets et des conséquences, non pas dans l'immédiateté mais dans la projection la plus longue possible, bien au-delà de la génération qui découvre et use d'une nouvelle technologie.
La "croissance verte" n'aura aucun sens dès lors qu'elle consiste à péréniser un mode de vie fondé sur la "croissance infinie", ni même sur un mode de vie dans lequel la croissance reste le moteur de toutes les intelligences.
Il nous faut revoir nos modes de vie et le sens que nous accordons à l'existence.
Paradoxe de Jevons : comprendre le mythe de la « croissance verte »
16 août 2018
En matière d’écologie, il est primordial de s’inspirer de l’Histoire pour profiter des enseignements acquis par les générations passées, d’autant plus de leurs erreurs. À ce titre, la compréhension du paradoxe de Jevons semble importante pour anticiper l’avènement des énergies renouvelables et aborder la transition énergétique sereinement. Du paradoxe de Jevons aux énergies de demain.
Le paradoxe de Jevons a initialement été formulé par l’économiste britannique du nom de William Stanley Jevons dans son livre Sur la question du charbon en 1865. L’homme va faire précocement une observation capitale dont les conséquences sont essentielles aujourd’hui. Ce paradoxe est le suivant : À mesure que les améliorations technologiques augmentent l’efficacité avec laquelle une ressource est employée, on observe que la consommation globale de cette ressource augmente. En termes simples : plus une énergie est maitrisée (donc démocratisée), plus sa consommation augmente car sa disponibilité est plus grande.
Le chercheur a donc démontré que l’introduction de technologies plus efficaces, permettant théoriquement de faire des économies d’énergie, augmentait paradoxalement la consommation totale d’énergie consommée. D’où le paradoxe : à travers la croissance de la production, un effet positif généré par une innovation réelle peut être annihilé par la quantité. À l’époque, la machine à vapeur de James Watt, véritable rupture technologique, n’avait pas fait baisser la consommation globale de charbon. Pourtant, grâce à cette rupture technologique, il fallait beaucoup moins de charbon pour produire plus d’énergie. Cette observation fut ensuite validée à plusieurs reprises dans l’histoire des technologies modernes. Conclusion : une innovation à l’échelle individuelle ne génère pas forcément une externalité négative à une échelle de masse. Mais par quelle procédé la consommation d’énergie totale augmente-t-elle ?
Des écrans partout, une pollution camouflée pourtant évitable
Résolution du paradoxe
Le phénomène est très simple à comprendre. Une augmentation de la rentabilité d’une ressource induit une baisse de son prix par un phénomène économique de base : l’offre et la demande. À très court terme, la demande chute car il est maintenant possible d’utiliser moins de charbon pour arriver au même résultat. Le problème est que cette réduction du coût va entrainer un effet rebond à moyen terme : l’avènement d’une technologie efficiente à coût abordable fait des envieux. Les applications se multiplient autour de la nouvelle source d’énergie et la consommation totale augmente.
Outre l’exemple du charbon, le schéma ci-dessous présente l’effet rebond du paradoxe de Jevons sur les appareils électriques des maisons américaines pendant les trente glorieuses. Le développement des machines à laver et climatiseurs offre des appareils à plus faible consommation. Cependant, le nombre d’appareils par foyer a été plusieurs multiplié. Au final, la consommation d’énergie électrique par habitant ne cesse d’augmenter entrainant une croissance inévitable de la demande de matières comme d’énergie. Appliqué à l’ère moderne, par exemple, aux télévisions, l’apparition des écrans LED à basse énergie fut une véritable innovation pour réduire la consommation d’énergie. Malheureusement, son faible coût a engendré une explosion du nombre d’écrans vendus, sous toutes ses formes, au point de pouvoir en croiser jusque dans les toilettes de certains magasins… et, par conséquent, un grand nombre dans les déchetteries.

Graphique exposant le paradoxe : la demande augmente alors que la quantité de charbon nécessaire pour une même production d’énergie ne cesse de diminuer.
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Les énergies renouvelables et le paradoxe de Jevons
Une fois le paradoxe assimilé, il est légitime de se questionner sur les risques de le voir s’appliquer aux technologies qui se revendiquent du développement durable. Si nous en sommes encore loin, la généralisation des énergies renouvelables (qui ne peuvent jamais être entièrement propres) peut donner rapidement l’occasion de prétexter leur abondance pour perpétuer la fuite en avant productiviste dans un contexte où c’est précisément la croissance soutenue de la consommation (poussée par la publicité et l’obsolescence programmée) qui engendre les aberrations environnementales que nous connaissons.
Il existe donc un risque réel de voir l’humanité céder à l’opportunisme qui naît des efforts d’efficacités et d’innovations. Bien que l’énergie solaire incidente soit plusieurs milliers de fois supérieure aux besoins énergétiques de l’humanité, il ne faut pas perdre de vue qu’il y a toujours interaction entre production énergétique et exploitation de ressources, quelles qu’elles soient. À ce titre, le développement durable ne peut prétendre être efficace à long terme sans logique collective d’objection à la croissance et plus globalement aux institutions qui l’encouragent. Le mythe d’une croissance infinie sur une planète finie semble désormais bien intégré de tous si on en croit les grands discours entendus aux grandes conférences sur le climat. Mais les responsables sont-ils en mesure d’adapter ce savoir aux institutions qu’ils dirigent ?

L’argument fort de cette thèse est qu’une part conséquente de la croissance actuelle repose sur des processus extractivistes. Outre les énergies fossiles –pétrole, charbon, gaz-, la partie exploitable des ressources minérales et métalliques est physiquement limitée. Les métaux les plus consommés tendent à se raréfier plus rapidement qu’on ne le pensait. Même les ressources renouvelables sont conditionnées par certaines limites. Par exemple, s’il est effectivement possible – et vital – d’entretenir une forêt durablement, il n’y a pas assez d’espace libre sur terre pour soutenir la demande globale en bois, trop importante. Autant de raisons de rester prudents quand une entreprise ou un gouvernement parle de croissance verte pour perpétuer un modèle de société fondamentalement dépassé.
Attention cependant à ne pas se méprendre. Ce phénomène économique ne rend pas toute innovation écologique négative par défaut ! Il convient simplement d’observer ces innovations à travers le filtre d’un risque inhérent au capitalisme productiviste. Ayant désormais connaissance de cet effet rebond décrit par le paradoxe de Jevons, il apparait donc judicieux de se tourner vers une transition verte qui considère l’ensemble des éléments en jeu, présents et futurs, afin qu’elle ne soit pas nouveau prétexte pour augmenter les champs de nos consommations.
Portrait de Stanley Jevons (1877)
Questions-réponses sur le rapport du GIEC
Cette page compile les questions les plus fréquentes en opposition aux arguments du Giec et les réponses apportées.
Encore une fois, je ne prends pas position. Je partage des informations.
Ce que j'en pense d'ailleurs n'a strictement aucune importance.
5ÈME RAPPORT DU GIEC
SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET LEURS ÉVOLUTIONS FUTURES
EN FINIR AVEC LES IDÉES REÇUES SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
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LES ARGUMENTS CLIMATO-SCEPTIQUES RÉFUTÉS EN QUELQUES MOTS PUIS EN QUELQUES LIGNES
LE CLIMAT A DÉJÀ CHANGÉ, CE N’EST PAS GRAVE !
LE CLIMAT A TOUJOURS CHANGÉ, QUEL QUE SOIT LE MOTEUR DE SES CHANGEMENTS. OR AUJOURD’HUI, LA FORCE MOTRICE DOMINANTE PROVIENT DES ACTIVITÉS HUMAINES.
Plusieurs forces différentes peuvent influencer le climat. Quand l’activité solaire augmente, la planète reçoit plus d’énergie et se réchauffe. Lorsque des volcans entrent en éruption, ils émettent des particules dans l’atmosphère qui renvoient la lumière du soleil, et la planète se refroidit.
Quand il y a plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, la planète se réchauffe. Aujourd’hui, la force motrice dominante provient des activités humaines et des émissions de gaz à effet de serre additionnelles provoquées par ces activités.
Les changements climatiques passés ne nous disent pas que les humains ne peuvent pas influer sur le climat, au contraire, ils nous disent que le climat est très sensible aux gaz à effet de serre dont nous contribuons à augmenter la présence dans l’atmosphère terrestre.
LE RESPONSABLE, C’EST LE SOLEIL !
DURANT LES 35 DERNIÈRES ANNÉES, AU COURS DESQUELLES LE CLIMAT S’EST RÉCHAUFFÉ, L’ACTIVITÉ DU SOLEIL A EU TENDANCE À DIMINUER.
Le soleil «cause du réchauffement climatique» est l’un des mythes les plus tenaces et les plus communément répandus. Effectivement, sur les périodes passées, l’activité solaire a souvent influencé le climat. Mais si l’on tient compte des dernières décennies, les deux divergent.
Le 5e rapport du GIEC montre comment les différentes variations naturelles, comme celles de l’activité solaire (cf. pages 13 et 16), peuvent expliquer les variations de températures constatées dans le passé, jusqu’à la moitié du XXe siècle. Mais depuis 1950, le réchauffement constaté est explicable principalement du fait des activités humaines.

LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, CE N’EST PAS SI GRAVE !
LES IMPACTS NÉGATIFS DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES SUR L’AGRICULTURE, LA SANTÉ OU L’ENVIRONNEMENT DÉPASSENT DE TRÈS LOIN SES QUELQUES EFFETS POSITIFS.
Les impacts des changements climatiques seront développés par le 5ème rapport du GIEC en mars 2014. Cependant, la liste des secteurs touchés par ces changements est déjà très longue, touchant des dizaines de secteurs d’activité humaine, dans tous les pays :
Agriculture
Toute l’agriculture dépend de la fiabilité des réserves d’eau, et les changements climatiques sont susceptibles de perturber ces ressources par des inondations, des sécheresses ou une plus grande variabilité. L’agriculture peut être perturbée par des incendies, conséquences des sécheresses et des canicules. L’impact est d’autant plus important dans les pays où les rendements sont réduits ou soumis à un risque d’échec (Afrique subsaharienne notamment).
Santé
Les morts attribuables aux canicules devraient être environ cinq fois plus nombreux que les morts hivernales évitées. Il est largement admis qu’un climat plus chaud encouragera la migration d’insectes porteurs de maladies comme les moustiques, et la malaria (paludisme) est déjà en train d’apparaître dans des zones où elle n’avait jamais été vue auparavant.
Fonte des glaces polaires
Les effets nuisibles incluent la perte de l’habitat de l’ours polaire et l’augmentation des risques de collisions entre icebergs. Les eaux plus chaudes accroissent la fonte des glaciers et de la couche de glace du Groenland.
Acidification de l’océan
Ce processus est causé par l’absorption de plus de CO2 par l’eau, et pourrait avoir des effets déstabilisants sérieux sur la chaîne alimentaire océanique entière.
Fonte des glaciers
Un sixième de la population mondiale dépend de l’eau douce restituée par la fonte annuelle des glaciers dans les mois et saisons suivant l’hiver. Ces ressources en eau (eau potable, agriculture) pourraient venir à manquer en période estivale.
Economie
Le rapport Stern a montré que les coûts de l’inaction face au changement climatique excèdent largement les coûts de sa prévention. Certains scénarios prévus par le 4ème rapport du GIEC témoignent de migrations massives de populations au fur et à mesure que les pays en basses-terres seront inondés. Des perturbations dans le marché mondial, les transports, les réserves d’énergie et le marché du travail, la banque et la finance, l’investissement et l’assurance, feraient toutes des ravages sur la stabilité des pays en développement mais aussi des pays développés. Les marchés endureraient plus d’instabilité et les investisseurs tels que les fonds de pension et les compagnies d’assurance auraient des difficultés considérables.
IL N’Y A PAS DE CONSENSUS SCIENTIFIQUE SUR LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE
97% DES SCIENTIFIQUES DE LA PLANÈTE COMPÉTENTS EN MATIÈRE CLIMATIQUE S’ACCORDENT À DIRE QU’IL Y A BIEN UN RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET QUE CE PHÉNOMÈNE EST D’ORIGINE HUMAINE.
Le fait que les activités humaines soient la cause du réchauffement planétaire est la position prise par les académies des sciences de 19 pays (dont la France), en plus des organismes scientifiques qui étudient la climatologie (dont le GIEC). Plus particulièrement, 97% des climatologues actifs en recherche appuient le consensus.
LES TEMPÉRATURES N’AUGMENTENT PLUS DEPUIS 1998 !
COMPARER LES DONNÉES CLIMATIQUES PAR RAPPORT À UNE SEULE ANNÉE NE CONFÈRE PAS UNE SOLIDITÉ STATISTIQUE À CETTE OBSERVATION. DES PÉRIODES DE RÉFÉRENCE PLUS LONGUES (20 À 30 ANS) PERMETTENT DE MIEUX APPRÉHENDER LES PHÉNOMÈNES. LE RAPPORT PROVISOIRE DE L’OMM (ORGANISATION MÉTÉOROLOGIQUE MONDIALE) POUR 2014 INDIQUAIT QUE QUATORZE DES QUINZE ANNÉES LES PLUS CHAUDES JAMAIS MESURÉES APPARTIENNENT AU XXIE SIÈCLE.
Même si la température moyenne globale augmente moins vite depuis 10 ans, la décennie 2000-2009 a été la plus chaude jamais enregistrée depuis 1850!
Le 5e rapport du GIEC rappelle aussi que depuis 1980, chaque décennie a été significativement plus chaude que n’importe quelle décennie passée depuis 1850. De plus, l’explication du réchauffement climatique repose sur plusieurs facteurs. S’il est naturel de commencer par la température de l’air, un examen plus approfondi devrait aussi inclure la couverture neigeuse, la fonte des glaces, les températures au sol, au-dessus des mers et même la température de la mer elle-même. Aujourd’hui, chacun de ces indicateurs atteste d’un réchauffement global des températures.
LES ESPÈCES ANIMALES ET VÉGÉTALES VONT S’ADAPTER
ON ASSISTE DÉJÀ À L’EXTINCTION D’UN GRAND NOMBRE D’ESPÈCES, CELLES-CI NE POUVANT PAS S’ADAPTER ASSEZ VITE À DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES AUSSI RAPIDES. UN RAPPORT DE WWF DE 2014 ÉTABLIT QUE LA MOITIÉ DES ESPÈCES ANIMALES SUR TERRE A DÉJÀ DISPARU. L’ÉTUDE MONTRE QUE SUR 10000 POPULATIONS REPRÉSENTATIVES DE MAMMIFÈRES, D’OISEAUX, DE REPTILES, D’AMPHIBIENS ET DE POISSONS, ON ENREGISTRE UN DÉCLIN DE LA TAILLE DES POPULATIONS DE 52% DEPUIS 1970.
LE RAPPORT MONTRE QU’À L’ÉCHELLE MONDIALE, LES PRINCIPALES MENACES POUR CES ESPÈCES SONT : LA PERTE ET LA DÉGRADATION DES HABITATS, LA CHASSE, ET LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES.
Historiquement, les extinctions massives d’espèces ont été très souvent causées par des changements climatiques trop rapides. Le mode d’adaptation le plus classique d’une espèce est la migration. Aujourd’hui, la vitesse à laquelle le climat évolue, ainsi que certaines activités humaines dévastatrices pour les habitats (changement d’usage des sols avec leur artificialisation par exemple) pourraient ne pas laisser suffisamment de temps aux espèces pour migrer, et donc survivre aux changements imposés. Il faut généralement plusieurs milliers d’années pour que se consolide une biodiversité.
AVEC L’HIVER ET LE PRINTEMPS FROIDS QUE L’ON VIENT DE SUBIR, ON PARLE ENCORE DE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE !?
UNE JOURNÉE FROIDE, OU UNE ANNÉE FROIDE EN UN LIEU DONNÉ, N’A RIEN À VOIR AVEC LES TENDANCES DE LONG TERME (LES VARIATIONS DU CLIMAT S’ÉVALUENT SUR 30 ANS) QUI MONTRENT UNE HAUSSE DES TEMPÉRATURES À L’ÉCHELLE PLANÉTAIRE.
La climatologie s’intéresse aux évolutions longues du système climatique, sur des périodes de 20 à 30 ans.
De la même manière qu’à la plage, il est difficile de savoir si la marée est montante ou descendante en observant les vagues pendant quelques minutes, on ne peut pas analyser les évolutions du climat seulement à partir des évolutions de quelques années.
Lorsqu’il analyse les tendances de long terme, le GIEC montre par exemple qu’entre 1901 et 2010, la température moyenne globale a augmenté de 0,8°C. De même, la période 1981-2010 a été la plus chaude depuis 1400 ans.

IL FAISAIT PLUS CHAUD AU MOYEN-AGE
LES TEMPÉRATURES MOYENNES GLOBALES SONT AUJOURD’HUI PLUS ÉLEVÉES QUE CELLES CONNUES AU MOYEN-ÂGE.
Même si dans certaines régions (dans l’Atlantique Nord) on a observé que la température au Moyen-Âge était plus élevée qu’aujourd’hui, si l’on étudie les températures atmosphériques globales, on voit que le Moyen-Âge fut une période plus froide que la période actuelle.
De plus, des phénomènes naturels permettent d’expliquer la relative chaleur de l’époque : en effet, au Moyen-Âge, l’activité volcanique (qui contribue à refroidir le climat) était très faible; à l’inverse, l’activité solaire (qui réchauffe le climat lorsqu’elle est importante) était très forte.
Ces phénomènes, bien connus, sont moins intenses aujourd’hui ; seules les activités humaines et les émissions de gaz à effet de serre permettent d’expliquer le réchauffement constaté depuis 1950.
LA FONTE DE L’ARCTIQUE RÉSULTE D’UN CYCLE NATUREL
LES OBSERVATIONS SATELLITES MONTRENT UNE FONTE TRÈS RAPIDE DE LA BANQUISE EN ARCTIQUE DEPUIS 30 ANS.
La banquise en Arctique est un indicateur très sensible aux changements climatiques. Les données satellites recueillies ces trente dernières années montrent un déclin très rapide de la surface de la banquise : l’extension de la banquise en Arctique a diminué de 12,2% par décennie (en Septembre) depuis le début des observations satellites, en 1979.
Le graphique ci-dessous montre clairement la baisse constatée de l’extension de l’Arctique. Celle ci coïncide avec le réchauffement global (voir la courbe des températures dans le point suivant), et donc avec la hausse brutale des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

L’EFFET D’UNE AUGMENTATION DES ÉMISSIONS DE CO2 EST TRÈS FAIBLE, VOIRE NUL
UN FAISCEAU DE PREUVES, ISSUES D’OBSERVATIONS SATELLITES ET DE TESTS EN LABORATOIRES, MONTRE QUE LE CO2 CONTRIBUE INDISCUTABLEMENT À L’EFFET DE SERRE, ET DONC À RÉCHAUFFER LE CLIMAT.
Le CO2 est incontestablement un des quelques paramètres principaux qui pilotent la température de la Terre. Cela est établi non par une corrélation observée entre température et concentration en CO2, mais par des mesures répétées en laboratoire, et appuyée par les observations de l’atmosphère au sol ou par satellite. On peut mesurer l’augmentation de l’effet de serre lié à l’augmentation des concentrations en dioxyde de carbone et quelques autres gaz.
Même si le parallèle entre les niveaux de CO2 et les températures n’est pas parfait à court terme, les tendances de long terme montrent bien que la hausse des températures accompagne la hausse des concentrations en CO2.
LE GIEC EST TROP ALARMISTE, SON JUGEMENT EST BIAISÉ
LES PUBLICATIONS OFFICIELLES DU GIEC SONT UNE SYNTHÈSE DES CONNAISSANCES SCIENTIFIQUES, QUI INCLUENT DES PUBLICATIONS QUI FONT L’UNANIMITÉ AINSI QUE CELLES QUI SONT CONTESTÉES.
Le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) a été créé en 1988 par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme pour l’Environnement des Nations Unies (PNUE) ; il représente tous les gouvernements. Il évalue et synthétise les travaux publiés de milliers de climatologues sous forme de rapports, analysant les tendances et prévisions mondiales en matière de changement climatique.
Le rapport du GIEC est donc une compilation des travaux scientifiques réalisés depuis le précédent rapport. Il fait la synthèse de nombreuses analyses et modélisations ; en cela il ne s’agit pas d’un travail partisan et orienté, mais bien d’une analyse pondérée.
FIXER DES LIMITES D’ÉMISSION DE CO2 EST SUICIDAIRE DANS LE CONTEXTE ÉCONOMIQUE
LE COÛT D’UNE ACTION AUJOURD’HUI (TANT QU’IL EST ENCORE TEMPS) EST MINIME, COMPARÉ À CE QUE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE NOUS COÛTERA À L’AVENIR SI ON NE FAIT RIEN.
Agir aujourd’hui, c’est dépenser un petit peu pour ne pas avoir à dépenser beaucoup pour panser les plaies des changements climatiques. En effet, le coût de l’inaction serait bien supérieur au coût qu’aurait une politique volontariste de réduction des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui.
C’EST FAUX, LE CLIMAT NE CHANGE PAS !
L’ANALYSE DE NOMBREUX INDICATEURS MONTRE QUE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE EST SANS ÉQUIVOQUE.
Même si certains avancent que le réchauffement est moins rapide que prévu, on s’aperçoit que quels que soient les indicateurs utilisés, tous montrent que le climat est en train de changer. La température de l’atmosphère, l’humidité, la couverture neigeuse, la fonte des glaciers… sont autant d’indicateurs dont l’évolution atteste d’un réchauffement global.
LE GROENLAND ÉTAIT VERT, RECOUVERT D’HERBE (LORSQU’IL A ÉTÉ DÉCOUVERT PAR LES VIKINGS IL Y A 1000 ANS) !
LES CAROTTAGES SUR PLACE MONTRENT QUE LA CALOTTE GLACIAIRE DU GROENLAND EXISTE DEPUIS AU MOINS 400000 ANS !
Certaines régions côtières du sud du Groenland sont plus froides aujourd’hui qu’elles n’étaient il y a 1000 ans, ce qui expliquerait que les Vikings aient vu des zones «vertes» au Groenland (Grøland en danois).
Même si ce phénomène est vrai, cela ne contredit en rien le phénomène de réchauffement planétaire. Comme précisé dans l’argumentaire sur le Moyen-Âge, on a observé dans certaines régions (l’Atlantique Nord) que la température était plus élevée au Moyen-Âge qu’aujourd’hui.
Mais si l’on observe les températures à l’échelle mondiale, les températures actuelles sont globalement plus élevées qu’au Moyen-Âge.
IL N’Y A AUCUNE PREUVE EMPIRIQUE QUE LES ACTIVITÉS HUMAINES SONT RESPONSABLES DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
DES OBSERVATIONS DIRECTES MONTRENT QUE LES CONCENTRATIONS EN CO2 AUGMENTENT DU FAIT DES ACTIVITÉS HUMAINES. DES MESURES SATELLITAIRES ET EN SURFACE MONTRENT QUE CE CO2 PIÈGE LA CHALEUR, QUI S’ACCUMULE ALORS SUR LA TERRE.
Comme précisé auparavant, des mesures répétées en laboratoire, et appuyée par les observations de l’atmosphère au sol ou par satellite ont montré clairement que le CO2 piège la chaleur.
Le CO2 émis par la nature (océans, végétaux et volcans) est rééquilibré par l’absorption naturelle (par les mêmes océans et végétaux).
Mais les émissions humaines bouleversent l’équilibre naturel en élevant le CO2 à des niveaux jamais atteints en 800 000 ans. Environ 40% des émissions humaines de CO2 sont absorbées, en grande partie par les océans et la végétation. Le reste demeure dans l’atmosphère, la quantité ajoutée est, certes faible mais elle est cumulée tous les ans. Cela porte le niveau de CO2 à son plus haut niveau depuis 15 à 20 millions d’années (Tripati, 2009).
C’EST LA FAUTE D’EL NINO !
EL NIÑO EST UN PHÉNOMÈNE INFLUANT SUR LA TEMPÉRATURE MOYENNE GLOBALE, MAIS CE PHÉNOMÈNE EST ÉPHÉMÈRE ET N’A DONC PAS D’IMPACT SUR LA TENDANCE DE LONG TERME.
Le phénomène El Niño désigne un phénomène climatique particulier qui se caractérise par des températures de l’eau anormalement élevées dans la partie Est de l’océan Pacifique équatorial. Lorsque ce phénomène se manifeste, on assiste à la forte hausse des températures annuelles. Cependant ce phénomène ne perdure pas, d’où le terme d’«oscillation», et ne peut pas expliquer les tendances de long terme.
C’EST LA FAUTE DU MÉTHANE !
BIEN QUE LE MÉTHANE SOIT UN GAZ BEAUCOUP PLUS PUISSANT QUE LE CO2 (PAR MOLÉCULE) IL Y A AU MOINS 200 FOIS PLUS DE CO2 QUE DE MÉTHANE DANS L’ATMOSPHÈRE.
Bien que le méthane soit un gaz beaucoup plus puissant que le CO2 (par molécule) il y a au moins 200 fois plus de CO2 que de méthane dans l’atmosphère. Ainsi, la concentration de CO2 est de 390 ppm (parties par million) alors que celle du méthane est de 1,75 ppm. Les activités humaines ont conduit a doubler la concentration de méthane dans l’atmosphère, alors que celle du CO2 a augmenté d’environ un tiers. Même si l’accroissement du méthane dans l’atmosphère a contribué à augmenter l’effet de serre, cette augmentation est plus faible que celle due au CO2. C’est ce que montrent clairement les calculs, qui sont eux mêmes basés sur les mesures de l’absorption du rayonnement par les différents gaz.
Cependant, il ne faut pas négliger les effets du méthane.
Ce dernier a en effet un pouvoir de réchauffement (PRG) très élevé et a la spécificité de concentrer son action dans les premières années après son émission.
La bonne nouvelle est que depuis le début des années 90, l’augmentation des concentrations de méthane dans l’atmosphère s’est fortement ralentie. Après être restées stables pendant une dizaine d’années, les concentrations sont reparties à la hausse en 2008 (Dlugokencky 2003).
Les causes des variations interannuelles de la concentration en méthane restent mal comprises.
IL N’Y A PAS À S’INQUIÉTER, C’EST UN PHÉNOMÈNE NATUREL, UN CYCLE
UN CYCLE NATUREL RÉPOND À UN FORÇAGE, UNE FORCE MOTRICE ELLE MÊME NATURELLE. OR AUCUNE FORCE MOTRICE CONNUE, NE PEUT EXPLIQUER LE RÉCHAUFFEMENT OBSERVÉ, SI CE N’EST LES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE PROVOQUÉES PAR LES ACTIVITÉS HUMAINES.
Des épisodes de réchauffement/refroidissement, connus sous le nom d’événements de Dansgaard-Oeschger, sont observés dans les enregistrements de la dernière période glaciaire (entre -100 000 et -10 000 ans approximativement) avec une durée de retour de l’ordre de 1500 ans. Ils se caractérisent par un réchauffement rapide de l’Atlantique Nord accompagné d’un refroidissement plus lent de l’Antarctique et d’une migration des zones pluvieuses tropicales. Ainsi ces cycles montrent plutôt une réorganisation des gradients de température, et l’hypothèse la mieux étayée pour les expliquer est une variation de la circulation océanique et du transport de chaleur associé. A l’inverse, le réchauffement climatique observé actuellement concerne l’ensemble des deux hémisphères et notamment la totalité des océans de la planète, ce qui indique un déséquilibre énergétique global d’importance et pas seulement une réorganisation des transports de chaleur.
LE GIEC S’EST TROMPÉ LORS DE SON PRÉCÉDENT RAPPORT, SUR LA FONTE DES GLACIERS EN HIMALAYA
LA MASSE DES GLACIERS SE RÉDUIT RAPIDEMENT PARTOUT DANS LE MONDE MAIS EFFECTIVEMENT, LE GIEC A COMMIS UNE ERREUR DANS SON PRÉCÉDENT RAPPORT : UNE ERREUR (2035 AU LIEU DE 2350) DANS UN PARAGRAPHE, SUR UN RAPPORT DE 3000 PAGES.
Une erreur s’est donc bien glissée dans le dernier rapport du GIEC, dans la section 10.6.2 ; erreur sur laquelle se sont précipités les climato-sceptiques pour discréditer l’ensemble du travail du GIEC.
Cette affirmation était erronée : « la probabilité de voir les glaciers en Himalaya disparaître d’ici 2035 – voire avant – est très élevée si la Terre continue à se réchauffer à la vitesse actuelle ».
Il s’agissait néanmoins d’une seule erreur au milieu d’un rapport de 3000 pages, dans la partie traitant des impacts des changements climatiques.
C’EST LA FAUTE DE LA CHALEUR URBAINE
BIEN QUE LES ZONES URBAINES SOIENT SANS CONTESTE PLUS CHAUDES QUE LES ZONES RURALES AVOISINANTES, CELA N’A QUE PEU D’EFFETS, VOIRE AUCUN, SUR LA TENDANCE AU RÉCHAUFFEMENT GLOBAL OBSERVÉE.
Lorsqu’ils compilent les enregistrements de température, les scientifiques du GISS (« Goddard Institute for Spatial Studies ») de la NASA (National Aeronautics and Space Administration) tiennent compte de l’influence des Îlots de Chaleur Urbains (ICU). Ils comparent les tendances climatiques à long terme des zones urbaines à celles des zones rurales voisines. Ces procédures sont décrites en détail sur le site de la NASA (Hansen 2001). Leurs études révèlent que, dans la plupart des cas, le réchauffement urbain est modeste et d’amplitude comparable à celle de l’erreur sur la mesure. Ces résultats sont confirmés par un examen critique effectué par des confères du NCDC (le « National Climatic Data Center », Peterson 2003), qui ont mené une étude statistique sur les anomalies de température en zones rurales et urbaines et aboutissent à la conclusion que « contrairement à une opinion largement répandue, l’impact de l’urbanisation sur l’évolution annuelle des températures ne peut être statistiquement démontré. Les zones industrielles d’une ville sont certes nettement plus chaudes que les territoires ruraux, mais les observations météorologiques sont le plus souvent effectuées dans les parties froides des villes et non dans les zones industrielles. »
Les scénarios du GIEC
Le GIEC, groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
Les scénarios du GIEC
http://www.meteofrance.fr/climat-passe-et-futur/le-giec-groupe-dexperts-intergouvernemental-sur-levolution-du-climat/les-scenarios-du-giec
Le climat à venir est notamment fonction des émissions ou concentrations de gaz à effet de serre et d'aérosols dues aux activités humaines. Or, les émissions humaines dépendent de notre consommation énergétique : chauffage et climatisation, transports, production de biens de consommation, activités agricoles, etc. Pour réaliser des projections climatiques, il faut donc émettre des hypothèses sur l'évolution de la démographie mondiale et des modes de vie à travers la planète.
Les scénarios des rapports 2001 et 2007
Dans les précédents Rapports du GIEC, l'analyse reposait sur un faisceau de futurs possibles de nos sociétés et de nos modes de vie. Ces scénarios socio-économiques, organisés en 4 familles (A1, A2, B1 et B2), étaient traduits chacun en termes d'émissions de gaz à effet de serre pour le XXIème siècle. Ces évolutions des émissions ou des concentrations de gaz à effet de serre et d'aérosols étaient alors utilisées par les climatologues comme données d'entrée des modèles simulant le climat futur. Les scénarios climatiques émergeant de ces simulations étaient à leur tour utilisés dans des modèles d'impacts permettant notamment de simuler les effets du climat sur les écosystèmes ou l'hydrologie. Ces résultats étaient enfin utilisés dans des études socio-économiques sur les impacts et l'adaptation aux changements climatiques.
5ème Rapport du GIEC : une nouvelle approche
Lors de la préparation du 5ème Rapport, une approche différente a été adoptée afin d'accélérer le processus d'évaluation. Pour analyser le futur du changement climatique, les experts du GIEC ont cette fois défini a priori quatre trajectoires d'émissions et de concentrations de gaz à effet de serre, d'ozone et d'aérosols, ainsi que d'occupation des sols baptisés RCP (« Representative Concentration Pathways » ou « Profils représentatifs d'évolution de concentration »).
Ces RCP sont utilisés par les différentes équipes d'experts (climatologues, hydrologues, agronomes, économistes …), qui travaillent pour la première fois en parallèle. Les climatologues en déduisent des projections climatiques globales ou régionales. Les économistes établissent des scénarios qui explorent toutes les possibilités d'évolutions technologiques et socio-économiques compatibles avec les RCP.
A quoi correspondent les RCP ?
Les quatre profils d'évolution des concentrations des gaz à effet de serre (RCP) retenus par les experts du GIEC pour le 5ème Rapport ont été traduits en termes de forçage radiatif, c'est-à-dire de modification du bilan radiatif de la planète. Le bilan radiatif représente la différence entre le rayonnement solaire reçu et le rayonnement infrarouge réémis par la planète. Il est calculé au sommet de la troposphère (entre 10 et 16 km d'altitude). Sous l'effet de facteurs d'évolution du climat, comme par exemple la concentration en gaz à effet de serre, ce bilan se modifie : on parle de forçage radiatif.
Les 4 profils RCP correspondent chacun à une évolution différente de ce forçage à l'horizon 2300. Ils sont identifiés par un nombre, exprimé en W/m² (puissance par unité de surface), qui indique la valeur du forçage considéré. Plus cette valeur est élevée, plus le système terre-atmosphère gagne en énergie et se réchauffe.
Évolution du bilan radiatif de la terre ou « forçage radiatif »
en W/m2 sur la période 1850-2250 selon les différents scénarios

Après 2006, les traits continus correspondent aux nouveaux scénarios dits RCP (Representative Concentration Pathways)
et les traits pointillés aux scénarios des rapports 2001 et 2007 du GIEC.
Comparaison entre RCP et anciens scénarios
Les RCP et les scénarios utilisés pour les Rapports 2001 et 2007 se recouvrent partiellement. Les RCP couvrent cependant une période plus longue : jusqu'à 2300 (2100 pour les anciens scénarios).
Le profil RCP 8.5 est le plus extrême (pessimiste). Il est un peu plus fort que le scénario le plus marqué utilisé dans les simulations du rapport du GIEC 2007 (A2).
Les profils RCP 6.0 et RCP 4.5 correspondent sensiblement et respectivement aux scénarios A1B et B1.
Enfin, le profil RCP 2.6 est sans équivalent dans les anciennes propositions du GIEC. En effet, sa réalisation implique, et c'est une nouveauté importante, l'intégration des effets de politiques de réduction des émissions susceptibles de limiter le réchauffement planétaire à 2°C.
Rappel : les scénarios utilisés pour les rapports 2001 et 2007
Famille A1
Elle postule une croissance économique très rapide et répartie de façon homogène sur la planète. La population mondiale atteint un maximum de 9 milliards d'individus au milieu du siècle pour décliner ensuite. De nouvelles technologies énergétiquement efficaces sont introduites rapidement. Les variantes viennent de l'utilisation plus ou moins intense des combustibles fossiles. Par exemple, la variante A1B suppose une utilisation des différentes sources énergétiques sans en privilégier une en particulier (scénario médian). À l'inverse, le scénario A1FI est le plus pessimiste, puisqu'il suppose que ce sont surtout des sources d'énergie fossile qui sont utilisées.
Famille A2
Elle prévoit un monde beaucoup plus hétérogène : la croissance économique et le développement des technologies énergétiquement efficaces sont très variables selon les régions et la population atteint 15 milliards d'habitants à la fin du siècle sans cesser de croître.
Famille B1
Elle décrit la même hypothèse démographique que la famille A1 mais avec une économie rapidement dominée par les services, les « techniques de l'information et de la communication » et dotée de technologies énergétiquement efficaces. Mais sans initiatives supplémentaires par rapport à aujourd'hui pour gérer le climat. Ce scénario est le plus optimiste.
Famille B2
Elle décrit un monde à mi-chemin des scénarios A1 et A2 sur les plans économiques et technologiques, qui voit sa population atteindre à 10 milliards d'habitants en 2100, sans cesser de croître.
Le GIEC
Il est juste au regard des deux articles précédents de mentionner les travaux du GIEC.
On peut lire des quantités d'articles très documentés en fouillant sur le net.
Ici, c'est juste de la vulgarisation.
https://www.lepoint.fr/environnement/sauver-les-oceans-pour-sauver-l-humanite-le-constat-glacant-du-giec-
Montée du niveau des océans, disparition des glaciers... : le rapport alarmant du Giec
VIDÉO. Le niveau des océans a augmenté 2,5 fois plus vite au début du XXIe siècle qu'au XXe, et va continuer à s'accroître, alertent les experts climat de l'ONU.

Source AFP
Publié le 25/09/2019 à 11h14 - Modifié le 25/09/2019 à 13h08
Victimes du réchauffement, les océans et les zones gelées dépérissent à grande vitesse, menaçant des pans entiers de l'Humanité qui doit réduire au plus vite ses émissions de CO2 pour limiter les dégâts, avertit mercredi un rapport alarmant du Giec. Montée du niveau des océans, petites îles menacées de submersion, glaciers qui disparaissent… Certains des impacts dévastateurs du changement climatique sont déjà « irréversibles », note le groupe d'experts climat de l'ONU à l'issue d'une réunion marathon de cinq jours à Monaco.
Deux jours après le sommet climat de New York qui n'a pas suscité l'impulsion espérée, ce rapport souligne toutefois que mettre en place des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pourrait faire une vraie différence. Les modifications de l'océan ne s'arrêteront pas soudainement en baissant les émissions, mais leur rythme devrait être ralenti. « Ça donne plus de chances de conserver les écosystèmes, et ça permettrait de gagner du temps », souligne la climatologue Valérie Masson-Delmotte, qui a participé à la rédaction du document de 900 pages basé sur des milliers d'études scientifiques.
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Gagner du temps pour, par exemple, se préparer à la montée des eaux qui favorisent les vagues de submersion et les tempêtes : en construisant des digues autour des grandes mégapoles côtières comme New York ou en anticipant le déplacement peut-être inéluctable de certaines populations, notamment celles de petits États insulaires qui pourraient devenir inhabitables d'ici à la fin du siècle.
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« On ne peut pas mettre un pansement dessus pour le faire disparaître »
Le niveau des océans a augmenté 2,5 fois plus vite au début du XXIe siècle qu'au XXe, et va continuer à s'accroître. Ce n'est « pas un problème technique ou environnemental. On ne peut pas mettre un pansement dessus pour le faire disparaître », insiste un autre auteur, Bruce Glavovic, de l'université Massey en Nouvelle-Zélande. Cela va « redéfinir les littoraux du monde entier, là même où la population est concentrée ». Sur ces côtes, construire des protections contre la montée des eaux pourrait réduire de 100 à 1 000 fois les risques d'inondations, selon le rapport. À condition d'investir « des dizaines à des centaines de milliards de dollars par an ». Ces protections seraient toutefois plus efficaces pour les mégalopoles côtières que les grands deltas agricoles ou les petits États insulaires qui n'auraient de toute façon pas les moyens de financer ces grands travaux.
Au total, selon le rapport, plus d'un milliard de personnes vivront d'ici le milieu du siècle dans des zones côtières peu élevées particulièrement vulnérables aux inondations ou à d'autres événements météo extrêmes amplifiés par la montée du niveau de la mer et le dérèglement climatique. Et même dans un monde à + 2 °C, de nombreuses mégapoles et petites îles devraient être frappées d'ici à 2050 au moins une fois par an par un événement extrême qui ne se produisait jusqu'alors que tous les cent ans.
Le monde s'est engagé en 2015 dans l'accord de Paris à limiter le réchauffement à + 2 °C, voire + 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. Les océans, qui couvrent plus de 70 % de la surface du globe, ont absorbé environ un quart de ces émissions et 90 % de la chaleur supplémentaire générée par le CO2 produit par l'Homme. Avec des conséquences palpables : hausse de la température de la mer, acidification, perte d'oxygène.
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Promesses trop « faibles »
Ces bouleversements entraînent des impacts en cascade sur les écosystèmes dont dépend l'Homme, comme les récifs coralliens qui servent de nurserie à de nombreuses espèces de poissons ou les régions de montagnes alimentées en eau par les glaciers. Ce rapport adopté par les 195 États membres du Giec est le quatrième opus scientifique de l'ONU en un an à tirer la sonnette d'alarme sur les impacts du dérèglement climatique et à pointer des pistes vers les façons d'y remédier ou au moins les limiter.
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Mais malgré le constat sans appel de la science et la mobilisation de millions de jeunes dans les rues du monde entier la semaine dernière, les dirigeants mondiaux réunis à New York lundi n'ont pas été à la hauteur des engagements nécessaires, accusent les défenseurs de la planète. « Avec ces faibles promesses des États, nous avons probablement plus de chance de faire sauter la banque au casino de Monte-Carlo que de limiter le réchauffement à + 1,5 °C », a commenté Stephen Cornelius, de WWF.
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Les engagements internationaux actuels, s'ils étaient respectés, conduiraient à un monde à + 3 °C. Le Giec note dans son rapport que les océans peuvent aussi offrir des solutions pour aider à réduire ces émissions, notamment par le développement des énergies renouvelables.
Le catastrophisme climatique
Dans la continuité de l'article précédent, je partage celui-ci.
Il reprend les arguments de Michael Schellenberger et son combat contre le "catastrophisme climatique".
TRIBUNE. Pourquoi les affirmations catastrophistes sur le climat sont fausses
https://www.lepoint.fr/postillon/tribune-pourquoi-les-affirmations-catastrophistes-sur-le-climat-sont-fausses-
Pour l'écologiste pragmatique Michael Shellenberger, les déclarations apocalyptiques s'avèrent scientifiquement erronées et politiquement contre-productives.
Par Michael Shellenberger*
Publié le 09/12/2019 à 15h46
Ces dernières semaines, les journalistes et les défenseurs de l'environnement ont fait un certain nombre de prédictions apocalyptiques sur l'impact du changement climatique. L'écologiste Bill McKibben a suggéré qu'en Australie, les incendies causés par le climat avaient rendu les koalas « pratiquement éteints ». Extinction Rebellion affirme : « Des milliards de gens mourront » et « la vie sur Terre est en train de s'éteindre ». Vice magazine soutient que « l'effondrement de la civilisation a peut-être déjà commencé ».
Peu ont plus attiré l'attention sur cette menace que la militante étudiante Greta Thunberg et la représentante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, sponsor du Green New Deal. Cette dernière prétend que « le monde va s'écrouler dans douze ans si nous ne nous attaquons pas au changement climatique ». Dans son nouveau livre, Thunberg affirme : « Vers 2030, nous serons en situation de déclencher une réaction en chaîne irréversible hors du contrôle humain, qui conduira à la fin de la civilisation telle que nous la connaissons. »
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Parfois, les scientifiques eux-mêmes font des affirmations apocalyptiques. Si la terre se réchauffe de quatre degrés, « il est difficile de voir comment nous pourrions accueillir huit milliards de personnes, voire la moitié d'entre elles », a déclaré l'un d'entre eux, Johan Rockström, directeur de l'Institut de Potsdam pour la recherche sur l'impact du climat. Si le niveau de la mer s'élève autant que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat le prévoit, un autre scientifique, Michael Oppenheimer, professeur des sciences de la Terre à Princeton, a déclaré : « Ce sera un problème ingérable. »
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L'écologiste « pragmatique » Michael Shellenberger en février à Madrid.
© Oscar Gonzalez / NurPhoto
Des déclarations apocalyptiques comme celles-ci ont des répercussions dans le monde réel. En septembre, un groupe de psychologues britanniques a déclaré que les enfants souffrent de plus en plus de l'anxiété causée par le discours effrayant sur le changement climatique. En octobre, un militant d'Extinction Rebellion (XR) – un groupe environnemental fondé en 2018 pour désobéir civilement afin d'attirer l'attention sur la menace que les changements climatiques font peser sur l'existence humaine – et un vidéaste ont été frappés et battus dans une station du métro londonien par des voyageurs en colère. Et fin novembre, un cofondateur de XR a déclaré qu'un génocide comme celui de l'Holocauste « se reproduisait, à une bien plus grande échelle, et à la vue de tous » à cause du changement climatique.
Le changement climatique est une question qui me tient à cœur et à laquelle j'ai consacré une partie importante de ma vie. J'ai été politiquement actif sur cette question pendant plus de vingt ans et j'ai fait des recherches et écrit à ce sujet pendant dix-sept ans. Au cours des quatre dernières années, mon organisation, Environmental Progress, a collaboré avec certains des plus grands climatologues du monde pour empêcher les émissions de carbone d'augmenter. À ce jour, nous avons contribué à prévenir l'augmentation des émissions, pour l'équivalent de 24 millions de voitures supplémentaires sur les routes.
Je tiens également à rétablir l'exactitude des faits et de la science et j'ai, ces derniers mois, corrigé la couverture médiatique inexacte et apocalyptique des incendies en Amazonie et en Californie, qui ont été présentés à tort comme étant principalement attribuables aux changements climatiques.
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L'approche catastrophiste du changement climatique est autodestructrice
Les journalistes et les militants ont l'obligation de décrire les problèmes environnementaux avec honnêteté et précision, même s'ils craignent que cela réduise la valeur de ces nouvelles ou leur impact sur le public. Il y a des preuves concordantes du fait que l'approche catastrophiste du changement climatique est autodestructrice, car elle détourne et polarise de nombreuses personnes. Et exagérer le changement climatique risque de nous éloigner d'autres questions importantes, y compris celles sur lesquelles nous pourrions avoir un meilleur contrôle à court terme.
Je ressens le besoin de le dire d'emblée parce que je veux que les questions que je m'apprête à soulever soient prises au sérieux et ne soient pas rejetées par ceux qui qualifient de « négationnistes du climat » ou de « retardateurs du climat » ceux qui repoussent l'exagération.
Cela étant posé, examinons si les données scientifiques appuient ce qui a été dit.
Premièrement, aucun organisme scientifique crédible n'a jamais dit que les changements climatiques menacent la civilisation d'effondrement et encore moins l'espèce humaine d'extinction. « Nos enfants vont mourir dans les 10 à 20 prochaines années. » Quel est le fondement scientifique de ces allégations ? » Andrew Neil, de la BBC, a interrogé le mois dernier une porte-parole de XR visiblement mal à l'aise. « Il est vrai que ces affirmations ont été contestées », répond-elle. « Il y a des scientifiques qui sont d'accord et d'autres qui disent que ce n'est pas vrai. Mais le problème général, c'est que ces morts vont bien se produire. » « Mais la plupart des scientifiques ne sont pas d'accord avec cela » poursuit Neil. « J'ai examiné les rapports du Giec et je ne vois aucune référence à des milliards de personnes qui mourront, ou à de telles conséquences pour les enfants dans 20 ans. Comment mourraient-ils ? » « Des migrations de masse à travers le monde ont déjà lieu en raison de la sécheresse prolongée qui sévit dans certains pays, en particulier en Asie du Sud. Il y a des incendies de forêt en Indonésie, dans la forêt amazonienne, en Sibérie, dans l'Arctique », dit-elle.
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Mais en disant cela, la porte-parole de XR a grossièrement déformé la science. « Il existe des preuves solides que les catastrophes déplacent des personnes dans le monde entier, note le Giec, mais des preuves limitées que le changement climatique ou l'élévation du niveau de la mer en sont la cause directe. » Qu'en est-il de cette « migration de masse » ? « La majorité des mouvements de population qui en résultent ont tendance à se produire à l'intérieur des frontières des pays touchés », explique le Giec.
Ce n'est pas comme si le climat n'avait pas d'importance. C'est que les changements climatiques sont compensés par d'autres facteurs. Plus tôt cette année, les chercheurs ont constaté que le climat « a affecté les conflits armés organisés dans des pays. Cependant, d'autres moteurs, tels que le faible développement socio-économique et les faibles capacités de l'État, sont jugés beaucoup plus influents. »
En janvier dernier, après que les climatologues eurent critiqué la représente Alexandria Ocasio-Cortez pour avoir dit que la fin du monde arriverait dans douze ans, son porte-parole a répondu : « Nous pouvons ergoter sur la phraséologie, qu'elle soit existentielle ou cataclysmique », ajoutant : « Nous observons beaucoup de problèmes [liés au changement climatique] qui ont déjà un impact sur des vies. » Cette dernière partie est peut-être vraie, mais il est également vrai que le développement économique nous a rendus moins vulnérables, ce qui explique pourquoi le nombre de victimes de catastrophes naturelles a diminué de 99,7 % depuis son point culminant de 1931. Cette année-là, 3,7 millions de personnes sont mortes des suites de catastrophes naturelles. En 2018, 11 000 seulement. Et ce déclin s'est produit au cours d'une période où la population mondiale a quadruplé.
Qu'en est-il de l'élévation du niveau de la mer ? Le Giec estime que le niveau de la mer pourrait monter de deux pieds (0,6 mètre) d'ici 2100. Est-ce que cela semble apocalyptique ou même « ingérable » ? Considérons qu'un tiers des Pays-Bas se trouve sous le niveau de la mer et que certaines régions se trouvent à sept mètres sous le niveau de la mer. On pourrait objecter que les Pays-Bas sont riches alors que le Bangladesh est pauvre. Mais les Pays-Bas se sont adaptés à la vie sous le niveau de la mer il y a quatre cents ans. La technologie s'est un peu améliorée depuis.
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Qu'en est-il des allégations de mauvaises récoltes, de famine et de mortalité massive ? C'est de la science-fiction, pas de la science. Aujourd'hui, les humains produisent suffisamment de nourriture pour 10 milliards de personnes, soit 25 % de plus que ce dont nous avons besoin, et les organismes scientifiques prédisent une augmentation de cette tendance, et non un déclin. L'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prévoit uneaugmentation des rendements agricoles de 30 % d'ici 2050. Et les régions les plus pauvres du monde, comme l'Afrique subsaharienne, devraient connaître des augmentations de 80 à 90 %.
Personne ne suggère que le changement climatique n'aura pas d'impact négatif sur le rendement des cultures. Cela se pourrait. Mais ces baisses doivent être relativisées. Les rendements du blé ont augmenté de 100 à 300 % dans le monde entier depuis les années 1960, tandis qu'une étude reposant sur 30 modèles a révélé que les rendements diminueraient de 6 % pour chaque degré Celsius d'augmentation des températures. Les taux de croissance futurs des rendements dépendent beaucoup plus de l'accès des pays pauvres aux tracteurs, à l'irrigation et aux engrais que du changement climatique, selon la FAO.
Tout ceci explique pourquoi le Giec prévoit que les changements climatiques auront un impact modeste sur la croissance économique. D'ici 2100, le Giec prévoit que l'économie mondiale sera de 300 à 500 % plus importante qu'elle ne l'est actuellement. Le Giec et le lauréat du prix Nobel d'économie de Yale, William Nordhaus, prédisent conjointement qu'un réchauffement de 2,5 °C et 4 °C réduirait le produit intérieur brut (PIB) de 2 % et 5 % au cours de la même période.
Cela signifie-t-il que nous ne devrions pas nous inquiéter du changement climatique ? Pas du tout.
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Doit-on s'inquiéter pour les koalas ? Absolument !
L'une des raisons pour lesquelles je travaille sur le changement climatique est que je m'inquiète de l'impact qu'il pourrait avoir sur les espèces en péril. Le changement climatique pourrait menacer un million d'espèces dans le monde et la moitié de tous les mammifères, reptiles et amphibiens dans divers endroits comme le Rift Albertin en Afrique centrale, habitat du gorille des montagnes dont l'espèce est menacée.
Mais il n'est pas vrai que « nous mettons notre propre survie en danger » par des extinctions, comme Elizabeth Kolbert l'a affirmé dans son livre, La Sixième Extinction (éditions Vuibert). Aussi tragiques que soient les extinctions d'animaux, elles ne menacent pas la civilisation humaine. Si nous voulons sauver les espèces en voie de disparition, nous devons le faire parce que nous nous préoccupons de la faune pour des raisons spirituelles, éthiques ou esthétiques, et non pour des raisons de survie.
Et exagérer le risque et suggérer que le changement climatique est plus important que des choses comme la destruction de l'habitat sont contre-productifs. Par exemple, les incendies en Australie ne conduisent pas à l'extinction des koalas, comme l'a suggéré Bill McKibben. Le principal organisme scientifique qui suit l'espèce, l'Union internationale pour la conservation de la nature, ou UICN, qualifie le koala de « vulnérable », qui est un niveau en dessous de « en danger », deux niveaux en dessous de « en danger critique d'extinction » et trois en dessous de « éteint » à l'état sauvage.
Doit-on s'inquiéter pour les koalas ? Absolument ! Ce sont des animaux étonnants et leur nombre est tombé à environ 300 000. Mais ils font face à des menaces beaucoup plus importantes comme la destruction de leur habitat, les maladies, les feux de brousse et les espèces envahissantes. Envisagez les choses ainsi. Le climat pourrait changer radicalement – et nous pourrions encore sauver les koalas. Inversement, le climat pourrait ne changer que modestement – et les koalas pourraient toujours disparaître.
L'accent monomaniaque mis sur le climat détourne notre attention d'autres menaces qui pèsent sur les koalas et sur les possibilités de les protéger, comme la protection et l'expansion de leur habitat. En ce qui concerne les incendies, l'un des scientifiques australiens les plus éminents sur la question déclare : « Les pertes dues aux feux de brousse peuvent s'expliquer par l'exposition croissante des habitations aux broussailles sujettes au feu. Aucune autre influence n'a besoin d'être invoquée. Donc, même si le changement climatique avait joué un petit rôle dans l'occurrence des feux de brousse récents, et nous ne pouvons l'exclure, le changement d'exposition des biens au risque est un facteur largement prééminent. »
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Les incendies ne sont pas non plus uniquement dus à la sécheresse, qui est fréquente en Australie, et exceptionnelle cette année.« Le changement climatique joue son rôle ici », a expliqué Richard Thornton du Bushfire and Natural Hazards Cooperative Research Centre en Australie, « mais il n'est pas la cause de ces incendies. »
Il en va de même pour les incendies aux États-Unis. En 2017, les scientifiques ont modélisé 37 régions différentes et ont découvert que « les humains peuvent non seulement influencer les régimes de feu, mais que leur présence peut en fait éclipser, ou même neutraliser, les effets du climat ». Parmi les dix variables qui influent sur le feu, « aucune n'était aussi importante… que les variables anthropiques », comme la construction de maisons, la gestion de feux et l'utilisation du bois en tant que combustible à proximité des forêts.
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Les scientifiques du climat commencent à repousser les exagérations des militants, des journalistes et des autres scientifiques. « Alors que de nombreuses espèces sont menacées d'extinction », a déclaré Ken Caldeira de Stanford, « le changement climatique ne menace pas l'extinction de l'homme… Je ne voudrais pas qu'on motive les gens à faire ce qu'il faut en leur faisant croire quelque chose qui est faux. » J'ai demandé au climatologue australien Tom Wigley ce qu'il pensait de l'affirmation selon laquelle le changement climatique menace la civilisation. « Ça me dérange vraiment parce que c'est faux », a-t-il dit. « Tous ces jeunes ont été mal informés. Et c'est en partie la faute de Greta Thunberg. Pas délibérément. Mais elle a tort. » Mais les scientifiques et les militants n'ont-ils pas besoin d'exagérer pour attirer l'attention du public ? « Je me souviens de ce que disait Steve Schneider, un climatologue de l'université de Stanford, répondit Wigley. « Il avait l'habitude de dire qu'en tant que scientifique, nous ne devons pas vraiment nous préoccuper de la façon dont nous présentons les choses dans nos communications avec les gens de la rue qui ont besoin d'un petit coup de pouce pour réaliser que le problème est grave. Steve n'avait aucun scrupule à parler de cette façon biaisée. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ça. »
Nécessité d'un terrain d'entente
Wigley a commencé à travailler à plein temps sur la science du climat en 1975 et a créé l'un des premiers modèles climatiques (MAGICC) en 1987. MAGICC reste l'un des principaux modèles climatiques utilisés aujourd'hui. « Quand je m'adresse au grand public, dit-il, je souligne certaines des choses qui pourraient réduire le réchauffement prévu et d'autres qui pourraient l'accroître. J'essaie toujours de présenter les deux côtés. »
Ce qui me dérange pour partie dans la rhétorique apocalyptique des activistes du climat, c'est qu'elle s'accompagne souvent d'exigences visant à refuser aux pays pauvres les sources d'énergie bon marché dont ils ont besoin pour se développer. J'ai constaté que de nombreux scientifiques partagent mes préoccupations.
« Si vous voulez minimiser la proportion de dioxyde de carbone dans l'atmosphère en 2070, vous pourriez bien être amené à accélérer la combustion du charbon en Inde aujourd'hui », a déclaré Kerry Emanuel, climatologue du MIT. « Cela semble paradoxal. Le charbon est terrible pour le carbone. Mais c'est en brûlant beaucoup de charbon que les Indiens s'enrichissent, et en s'enrichissant ils ont moins d'enfants, et en n'ayant pas autant de gens qui brûlent du carbone, on sera peut-être en meilleure position en 2070. »
Emanuel et Wigley affirment qu'une rhétorique extrémiste rend plus difficile un accord politique sur le changement climatique.
« Il faut trouver un terrain d'entente où l'on peut faire des choses raisonnables pour atténuer les risques et essayer en même temps de sortir les gens de la pauvreté et les rendre plus résilients », dit Emanuel. « Nous ne devrions pas être forcés de choisir entre sortir les gens de la pauvreté et faire quelque chose pour le climat. »
Fort heureusement, il y a une grande marge de manœuvre entre l'apocalypse climatique et le déni climatique.
*Nommé « héros de l'environnement » par le magazine Time en 2008 et fondateur du think thank Environmental Progress, Michael Shellenberger se définit comme un écologiste pragmatique et pro-nucléaire. Il est un fréquent contributeur de Forbes, du New York Times et du Washington Post.
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Michael Shellenberger et la peur climatique
C'est un sujet qui me préoccupe de longue date. J'ai lu beaucoup, beaucoup de documents sur cette problématique.
Je viens de découvrir un auteur qui a un point de vue radicalement différent de tous les scientifiques qui alertent sur le changement climatique et la responsabilité de l'homme dans ce phénomène.
Je ne sais toujours pas s'il faut parler de "changement", de "dérèglement", de "réchauffement" mais ce qui est clair pour moi, à travers de simples observations quotidiennes, c'est que les effets sur la nature sont indéniables.
Il y a dix ans, la saison de ski de fond durait jusqu'aux vacances de Pâques. Dans une semaine, avec les températures actuelles, le site de la Féclaz ne sera plus praticable. C'est un fait.
Les primevères sont déjà en fleurs dans le jardin.
L'été dernier, pour la première fois, en vingt-cinq ans, le lac des grenouilles à 2000 mètres était sec. Totalement sec.
Le ruisseau qui alimente l'étang en contrebas de la maison disparaît au mois de juin et à la fin de l'été, cet étang n'est plus qu'une mare boueuse.
Je ne parle pas de la difficulté considérable de maintenir le potager en état quand l'absence de pluie devient mortifère et que le vent du sud qui dure des semaines grille tout.
Bon, on va me dire que ça n'a rien de scientifique. Effectivement, c'est juste de l'observation. Est-ce que ça n'a aucune valeur pour autant ? Est-ce que ce "changement" climatique en devient illusoire ?
Je pose la question.
Je n'ai pas de réponse.
Quant au plastique, je rappelle juste qu'on en trouve désormais dans tous les grands lacs de montagne des Alpes et que les pêcheurs professionnels craignent considérablement des atteintes irrémédiables sur la faune.
Mais bon, il faut toujours poser en contrepoints les arguments venant du camp opposé.
En voici un exemple.
Il y a dans cet argumentaire des affirmations qui me font bondir. Mais il convient malgré tout de lire et d'y réfléchir et de ne surtout pas s'enfermer dans une vision unique.
Je me méfie considérablement en tout cas des gens qui affirment avoir raison dans le domaine. De quelque bord que ce soit.
Pour ma part, je ne sais rien avec certitude. Je me contente d'observer et je tente de m'informer.
Association des climato-réalistes
Au nom des écologistes, je tiens à m’excuser pour avoir répandu la peur climatique
3 juillet 2020 / Association des climato-réalistes
Michael Shellenberger
Traduit de l’anglais par l’association des climato-réalistes
Michael Shellenberger est fondateur et président de l’association Environmental Progress, qui se réclame de l’écomodernisme. Il vient de publier, Apocalypse Never (Harper Collins 30 juin 2020), un livre dans lequel il dénonce les déclarations apocalyptiques sur le climat qui sont scientifiquement erronées et politiquement contre-productives. Dans un article, initialement publié dans Forbes qui l’a finalement censuré, Michael Shellenberger tient au nom des écologistes du monde entier, à présenter ses excuses pour avoir répandu la peur climatique. Le texte original en anglais de sa déclaration se trouve sur le site du GWPF.
Au nom des écologistes du monde entier, je voudrais m’excuser formellement pour la peur climatique que nous avons créée au cours des 30 dernières années.
Le changement climatique se produit. Ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est même pas notre problème environnemental le plus grave.
Il peut paraître étrange que je dise tout cela. J’ai milité pour le climat pendant 20 ans et été un écologiste pendant 30 ans.
Mais en tant qu’expert en énergie invité par le Congrès à fournir un témoignage objectif, et invité par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à être expert examinateur de son prochain rapport d’évaluation, je me sens une obligation de demander des excuses pour la façon dont nous les écologistes avons trompé le public.
Voici quelques faits que peu de gens savent :
Les humains ne sont pas à la cause d’une « sixième extinction de masse » ;
L’Amazonie n’est pas « le poumon du monde » ;
Le changement climatique n’aggrave pas les catastrophes naturelles ;
Les incendies ont diminué de 25 % dans le monde depuis 2003 ;
La superficie des terres que nous utilisons pour la viande (l’élevage est la plus grande utilisatrice de terres) a diminué d’une superficie presque équivalente à celle de l’Alaska ;
Ce sont l’accumulation de bois et la proximité des habitations des forêts, et non le changement climatique, qui expliquent pourquoi il y a davantage d’incendies et de plus dangereux, en Australie et en Californie ;
Les émissions de carbone diminuent dans les pays riches depuis des décennies et ont atteint un pic en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France au milieu des années 1970 ;
En s’adaptant à la vie en dessous du niveau de la mer, les Pays-Bas sont devenus plus riches et non pas plus pauvres ;
Nous produisons 25 % de nourriture en plus de ce dont nous avons besoin et les excédents alimentaires continueront à augmenter à mesure que le monde deviendra plus chaud ;
La perte d’habitat et l’abattage direct d’animaux sauvages sont des menaces plus grandes pour les espèces que le changement climatique ;
Le bois est bien plus dangereux pour les gens et la faune que les combustibles fossiles ;
La prévention des futures pandémies nécessite plus d’agriculture « industrielle » et non pas l’inverse.
Je sais que les faits ci-dessus paraîtront comme du « négationnisme climatique » à beaucoup de gens. Mais cela montre simplement la puissance de l’alarmisme climatique.
En réalité, les faits ci-dessus proviennent des meilleures études scientifiques disponibles, y compris celles conduites ou acceptées par le GIEC, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et d’autres organismes scientifiques de premier plan.
Certaines personnes en lisant ceci imagineront que je suis une sorte d’anti-environnementaliste de droite. Je ne le suis pas. À 17 ans, j’ai vécu au Nicaragua pour montrer ma solidarité avec la révolution socialiste sandiniste. À 23 ans, j’ai recueilli des fonds destinés à des coopératives de femmes guatémaltèques. Dans les 1ères années de ma vingtaine, j’ai vécu dans la semi-Amazonie pour y faire des recherches avec de petits agriculteurs luttant contre l’invasion de leurs terres. À 26 ans, j’ai contribué à faire connaître les mauvaises conditions de travail dans les usines Nike en Asie.
Je suis devenu un écologiste à 16 ans quand j’ai lancé une collecte de fonds pour Rainforest Action Network. À 27 ans, j’ai aidé à sauver les derniers séquoias antiques non protégés en Californie. Dans ma trentaine, je me suis fait l’avocat des énergies renouvelables et contribué avec succès à persuader l’administration Obama d’investir 90 milliards de dollars dans celles-ci. Au cours des dernières années, j’ai aidé à éviter le remplacement de centrales nucléaires par des centrales thermiques, évitant ainsi une forte augmentation des émissions.
Jusqu’à l’année dernière, j’ai évité de m’exprimer contre la peur climatique. C’est en partie parce que j’étais embarrassé. Après tout, je suis aussi coupable d’alarmisme que n’importe quel autre écologiste. Pendant des années, j’ai parlé du changement climatique comme d’une menace « existentielle » pour la civilisation humaine, et je le qualifiant de « crise ».
Mais surtout, j’avais peur. Je suis resté silencieux au sujet de la campagne de désinformation climatique parce que je craignais de perdre des amis et des crédits. Les rares fois où j’ai eu le courage de défendre la science du climat contre ceux qui la dénaturent, j’ai subi des conséquences sévères. Et donc je n’ai rien fait alors que mes collègues écologistes terrifiaient le public.
Je n’ai même pas réagi lorsque des gens à la maison blanche et beaucoup d’autres dans les médias ont essayé de détruire la réputation et la carrière d’un scientifique exceptionnel, un homme bien, et ami à moi, Roger Pielke, Jr., démocrate progressiste de longue date et un écologiste qui militait pour la réglementation du carbone. Pourquoi ont-ils fait ça ? Parce que ses recherches prouvaient que les catastrophes naturelles ne s’aggravaient pas.
Mais l’année dernière, les choses ont basculé.
Alexandrie Ocasio-Cortez a déclaré : « Ce sera la fin du monde dans douze ans si nous ne nous attaquons pas au changement climatique. » Le groupe environnemental le plus en vue de Grande-Bretagne a affirmé que « le changement climatique tue les enfants ».
Le journaliste vert le plus influent du monde, Bill McKibben, a qualifié le changement climatique de « plus grand défi auquel les humains ont jamais été confrontés » et a déclaré qu’il « anéantirait les civilisations ».
Les journalistes « mainstream » ont rapporté, à plusieurs reprises, que l’Amazonie était le « poumon du monde », et que la déforestation avait les mêmes effets que l’explosion d’une bombe nucléaire.
En conséquence, la moitié des personnes interrogées dans le monde l’année dernière ont déclaré qu’ils pensaient que le changement climatique ferait disparaître l’humanité. Et en janvier, un enfant britannique sur cinq disait aux sondeurs qu’il faisait des cauchemars à cause du changement climatique.
Que vous ayez ou non des enfants, vous devez voir à quel point cette situation est mauvaise. J’avoue que je devrais être sensibilisé à cette question étant le père d’une fille adolescente. Après que nous en ayons parlé de façon scientifique, elle s’est sentie rassurée. Mais ses amis sont profondément désinformés et donc, naturellement, effrayés.
J’ai donc décidé que je devais m’exprimer. Je savais que l’écriture de quelques articles ne suffiraient pas. Il fallait un livre pour exposer toutes les preuves.
Et ainsi mes excuses formelles pour avoir répandu la crainte ont pris la forme d’un nouveau livre, « l’apocalypse jamais : pourquoi l’alarmisme environnemental nous fait du mal à tous ».
Il est basé sur deux décennies de recherche et trois décennies d’activisme environnemental. Avec 400 pages, dont 100 de notes de fin, Apocalypse Never couvre le changement climatique, la déforestation, les déchets plastiques, l’extinction des espèces, l’industrialisation, la viande, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables.
Quelques faits saillants du livre :
Les usines et l’agriculture moderne sont les clés pour la libération humaine et le progrès environnemental ;
Le plus important pour sauver l’environnement est de produire plus de nourriture, en particulier de la viande, sur moins de terres ;
Le plus important pour réduire la pollution atmosphérique et les émissions de carbone est de passer du bois au charbon, puis au pétrole et au gaz naturel et enfin à l’uranium ;
100 % d’énergies renouvelables nécessiteraient d’augmenter le nombre de terres utilisées pour l’énergie de 0,5 % à 50 % ;
Nous devrions avoir des villes, des fermes et les centrales électriques plus denses en énergie, et non pas le contraire ;
Les végétariens réduisent leur trace carbone de de moins de 4% ;
Greenpeace n’a pas sauvé les baleines ; passer de l’huile de baleine au pétrole et à l’huile de palme en sauve ;
Le bœuf « en liberté » aurait besoin de 20 fois plus de terres et produirait 300 % plus d’émissions en plus ;
Le dogmatisme de Greenpeace a aggravé la fragmentation forestière de l’Amazonie ;
L’approche colonialiste de la conservation des gorilles au Congo a produit un effet pervers qui a pu avoir comme conséquence le meurtre de 250 éléphants.
Pourquoi avons-nous tous été autant induits en erreur ?
Dans les trois derniers chapitres d’Apocalypse Jamais j’expose les motivations financières, politiques et idéologiques. Les mouvements environnementaux ont accepté des centaines de millions de dollars provenant de l’industrie des combustibles fossiles. Des groupes motivés par des croyances antihumanistes ont forcé la Banque mondiale à cesser leurs efforts pour mettre fin à la pauvreté en tentant de rendre la pauvreté « soutenable ». Et l’anxiété, la dépression, et l’hostilité à la civilisation moderne sont largement à l’origine de l’alarmisme.
Lorsque que vous vous rendez compte à quel point nous avons été désinformés, souvent par des gens dont les motivations sont manifestement peu recommandables ou malsaines, il est difficile de ne pas se sentir dupé.
Est-ce que Apocalypse Never changera quelque chose ? Il y a certainement des raisons d’en douter.
Les médias d’information ont fait des déclarations apocalyptiques sur le changement climatique depuis la fin des années 1980, et ne semblent pas disposés à s’arrêter.
L’idéologie qui est derrière l’alarmisme environnemental, à savoir le malthusianisme, bien que maintes fois dénoncée pendant ces 200 dernières années, est pourtant plus puissante que jamais.
Mais il y a aussi des raisons de croire que l’alarmisme environnemental, s’il ne sera pas éradiqué, perdra de son pouvoir d’influence culturelle.
La pandémie de coronavirus est une crise réelle qui a permis de relativiser la « crise » climatique. Même s’il y a des raisons de penser que nous avons surréagi, la Covide-19 aura tué près de 500 000 personnes et brisé des économies dans le monde entier.
Les institutions scientifiques, dont l’OMS et le GIEC, ont sapé leur crédibilité en politisant la science de façon répétée. Leur future existence et leur utilité exigent un nouveau leadership et une réforme sérieuse.
Les faits importent encore, et les réseaux sociaux permettent à des voix nouvelles et indépendantes de s’opposer à celle des journalistes écologistes alarmistes écrivant dans les publications mainstream.
Les nations se réorientent vers l’intérêt national et s’éloignent du Malthusianisme et du néolibéralisme, ce qui est bon pour le nucléaire et mauvais pour les énergies renouvelables.
Il y a des preuves accablantes que notre civilisation à forte densité en énergie est meilleure pour les populations et la nature que la civilisation à faible énergie prônées par les alarmistes.
Et les invitations que j’ai reçues du GIEC et du Congrès à la fin de l’année dernière, après la publication d’une série de critiques sur l’alarmisme climatique, sont les signes d’une ouverture croissante à une nouvelle réflexion sur le changement climatique et l’environnement.
Un autre signe est la réponse à mon livre de la part de climatologues, écologistes et spécialistes de l’environnement. « Apocalypse Never est un livre extrêmement important » a écrit Richard Rhodes, l’auteur The Making of the Atomic Bomb, lauréat du prix Pulitzer. « Cela pourrait être le livre le plus important jamais écrit sur l’environnement », a aussi dit Tom Wigley, l’un des pères de la science moderne du climat.
« Nous, les écologistes, condamnons ceux qui ont des opinions antithétiques, sont ignorants de la science et suspects de biais de confirmation », a déclaré Steve McCormick ancien directeur de The Nature Conservancy. « Mais trop souvent, nous prêtons le flanc aux mêmes critiques. Shellenberger offre « l’amour sans concession » : un défi aux orthodoxies rigides et enracinées, et aux mentalités autodestructrices. Apocalypse Never nous sert des points de vue occasionnellement dérangeants mais toujours fondés sur des preuves et bien conçus, qui nous aideront à développer le « muscle mental » dont nous avons besoin pour concevoir un avenir non seulement plein d’espoir, mais réalisable. »
C’est tout ce que j’espérais en l’écrivant. Si vous m’avez suivi jusqu’au bout, j’espère que vous conviendrez que ce n’est peut-être pas aussi étrange que cela qu’un écologiste de toute une vie, progressiste, et militant du climat aie ressenti le besoin de dénoncer l’alarmisme.
J’espère en outre que vous accepterez mes excuses.
Confucius : citations
Il est rare de tomber sur une liste aussi importante des citations de Confucius et donc, je la mets ici pour ne pas la perdre.
Une phrase par jour, la lecture du matin au réveil, une réflexion offerte.

Confucius : citations les plus célèbres
22 FÉVRIER 2021
https://www.jepense.org/confucius-citations-celebres/
5/5 (1)
Confucius : citations les plus célèbres sur le travail, la vie, le bonheur, le savoir, l’amour et le gouvernement.
Confucius (551 – 479 avant J-C) est un philosophe chinois fondateur du confucianisme, qui est l’une des trois écoles de pensée chinoise traditionnelle, les deux autres étant le taoïsme et le bouddhisme.
Le confucianisme est une voie d’épanouissement dont le but est de devenir un homme honorable vivant en harmonie avec ses semblables. L’importance attachée aux rites et aux cérémonies lui donne l’aspect d’une religion, même si Confucius n’évoque aucun dieu.
Confucius décrit une morale positive, structurée par les rites, l’art de se conduire avec loyauté et sincérité (par exemple l’art de tirer à l’arc), valeurs qui doivent fonder la société.
L’essentiel de la pensée de Confucius est rassemblée dans les Entretiens de Confucius, oeuvre écrite par les disciples de Confucius et dont nous livrons ici les préceptes essentiels. Une description détaillée du mode de vie de Confucius figure au chapitre 10.
Voici les citations les plus célèbres de Confucius.
Confucius : citations les plus célèbres.
Voici quelques-unes des citations les plus célèbres de Confucius, tirées des Entretiens de Confucius.
Citations de Confucius sur le travail.
Si l’étudiant fait sans cesse des efforts, même en recueillant peu à la fois, il amassera beaucoup ; mais s’il s’arrête à mi-chemin, il perdra tout le fruit du travail qu’il a déjà accompli. 9, 18
Une légère impatience ruine de grands projets. 15, 26
Citations sur la connaissance et l’enseignement.
Le Maître dit : Ne vous affligez pas de ce que les hommes ne vous connaissent pas ; affligez-vous de ne pas connaître les hommes. 1, 16
Le Maître dit : Les Odes sont au nombre de trois cents. Un seul mot les résume toutes : penser sans dévier. 2, 2
En réchauffant l’ancien, on perçoit le nouveau. 2, 11
Étudier sans réfléchir est une occupation vaine ; réfléchir sans étudier est dangereux. 2, 15
Iou, veux-tu que je t’enseigne le moyen d’arriver à la connaissance ? Ce qu’on sait, savoir qu’on le sait ; ce qu’on ne sait pas, savoir qu’on ne le sait pas : c’est savoir véritablement. 2, 17
Celui qui s’applique de toutes ses forces à étudier peut devenir un saint. 5, 27
Engranger en silence les connaissances, apprendre sans éprouver jamais de satiété, enseigner sans jamais se lasser, quelle est la difficulté pour moi ? 7, 2
En parlant ainsi, Confucius a voulu s’abaisser lui-même. Il a été un saint, parce que la connaissance était innée en lui. Quand il disait qu’il aimait l’étude, ce n’était pas uniquement pour engager les autres à étudier. Car, ce qu’un homme peut connaître naturellement et sans étude, ce sont les devoirs de Justice et de convenance. Quant aux faits historiques, aux changements introduits dans les cérémonies, dans la musique, dans les insignes des dignités, nul ne peut les connaître avec certitude, s’il ne les a étudiés. 7, 19
Le Maître enseignait spécialement quatre choses : les textes anciens, la pratique, la loyauté et la fidélité. 7, 24
Adonnez-vous à l’étude avec une foi profonde, conservez la bonne voie jusqu’à la mort ; n’entrez pas dans un pays troublé ; ne demeurez pas dans un État en rébellion. Si le monde suit la Voie, montrez-vous, sinon cachez-vous. Si le pays suit la Voie, ayez honte de n’avoir ni richesses ni honneurs. Mais s’il ne la suit pas, ayez honte d’en avoir. 8, 13
Étudiez comme si vous aviez toujours à acquérir. 8, 17
Le Maître dit : Oh ! suprême grandeur ! Chouenn et Iu ont possédé le monde sans y être attachés. 8, 18
Le Maître dit : Est-ce que j’ai beaucoup de science ? Je n’ai pas de science. Mais quand un homme de la plus humble condition m’interroge, je discute la question sans préjugés, d’un bout à l’autre, sans rien omettre. 9, 7
Je n’ai que faire d’un homme qui acquiesce sans réfléchir, qui approuve sans se corriger. 9, 23
Le Maître dit : Si vous refusez d’instruire un homme qui a les dispositions requises, vous perdez un homme. Si vous enseignez un homme qui n’a pas les dispositions nécessaires, vous perdez vos instructions. Un sage ne perd ni les hommes ni ses enseignements. 15, 7
Le Maître dit : Dans mon école tous les hommes sont admis, sans distinction. La nature humaine profonde est excellente en elle-même. La différence entre les bons et les méchants est due à la différence des habitudes qu’ils ont contractées. Lorsqu’un homme honorable tient école, tous les hommes peuvent, sous sa direction, recouvrer l’excellence, et mériter de n’être plus rangés dans la classe des méchants. 15, 38
Celui qui chaque jour examine ses manques, et qui chaque mois examine s’il n’a rien oublié de ce qu’il a appris, celui-là désire vraiment apprendre. 19, 5
Sur l’honneur et la vertu.
L’homme honorable commence par appliquer ce qu’il veut enseigner ; ensuite il enseigne. 2, 13
L’homme honorable aime tous les hommes et n’a de partialité pour personne. L’homme de peu est partial et n’aime pas tous les hommes. 2, 14
Même quand il lutte, l’homme honorable est toujours plein d’humanité. 3, 7
Avant de peindre, il faut avoir un fond blanc. 3, 8 (sur la sincérité des sentiments)
Quand on tire à l’arc, le mérite ne consiste pas à transpercer le cuir ; l’essentiel est d’atteindre le centre de la cible, et non de la transpercer. 3, 16
Le Maître dit : “Celui qui s’applique sérieusement à cultiver la vertu d’humanité s’abstient de mal faire.” 4, 4
Tout homme, s’il fait des efforts sérieux, peut atteindre la perfection. 4, 6
Ne soyez pas en peine de ce que personne ne vous connaît ; travaillez à vous rendre digne d’être connu. 4, 14
Ma Voie est cousue d’un seul fil. La Voie consiste en la loyauté et en l’amour d’autrui comme de soi-même. 5, 15
Le Maître dit : “L’homme honorable considère les choses à travers la justice, et l’homme de peu à travers son intérêt.” 4, 16
Le Maître dit : “Quand vous voyez un homme sage, pensez à l’égaler en vertu. Quand vous voyez un homme dépourvu de sagesse, examinez-vous vous-même.” 4, 17
Le Maître dit : “L’homme honorable s’applique à être lent dans ses discours et diligent dans ses actions.” 4, 23
Que sert d’être habile à parler ? Ceux qui reçoivent tout le monde avec de belles paroles, qui viennent seulement des lèvres, et non du cœur, se rendent souvent odieux. 5, 4
Ce que je ne veux pas que les autres me fassent, je désire ne pas le faire aux autres. 5, 11
Le Maître dit que Tzeu tchang pratiquait parfaitement quatre qualités de l’homme honorable, à savoir la déférence envers ses égaux, le respect envers ses supérieurs, la bienfaisance envers le peuple, la justice envers ses sujets. 5, 15
Ki Wenn tzeu réfléchissait trois fois avant de faire une chose. Le Maître, l’ayant appris, dit : “Il suffit de réfléchir deux fois.” 5, 19
Le Maître dit : Pe i et Chou ts’i oubliaient les défauts passés d’autrui ; aussi avaient-ils peu d’ennemis. 5, 22
On doit partager avec tout l’univers l’usage des choses de tout l’univers. 5, 25
J’ai entendu dire que l’homme honorable secourait les indigents ; mais n’ajoutait pas à l’opulence des riches. 6, 3
Les hommes savent que, pour sortir, il faut passer par la porte, et ils ne savent pas que, pour bien agir, il faut passer par la Voie. 6, 15
Le Maître dit : “Celui chez qui les qualités naturelles l’emportent sur la politesse des manières et du langage est un homme agreste. Celui chez qui la politesse des manières et du langage l’emporte sur les vertus intérieures est comme un copiste de tribunal. Celui qui possède à un égal degré la vertu et la politesse est un homme honorable.” 6, 16
L’homme honorable commence par le plus difficile, avant de penser aux avantages qu’il en doit retirer ; on peut appeler cela de l’humanité. 6, 20
Le Maître dit : L’homme intelligent aime l’eau, et l’homme honorable les montagnes. L’homme intelligent se donne du mouvement ; l’homme honorable demeure immobile. L’homme intelligent vit heureux ; l’homme honorable vit longtemps. L’homme intelligent a l’esprit exempt de tout préjugé et de toute passion, très perspicace et libre de toute entrave. Il a une ressemblance avec l’eau ; c’est pour cela qu’il aime l’eau. L’homme honorable est grave et ferme par caractère ; rien ne peut l’émouvoir ni l’agiter. Il a une ressemblance avec les montagnes, et il les aime. L’homme intelligent pénètre toutes choses par perspicacité ; son activité atteint presque le plus haut degré possible. L’homme honorable pratique tous les principes célestes spontanément ; son cœur n’est ni troublé ni tourmenté par les passions. Son repos est presque absolu. Un homme dont le cœur est attaché aux choses extérieures, comme par des liens, rencontre des obstacles à ses désirs et éprouve mille soucis. L’homme intelligent, dont la force d’âme est toujours pure et lucide, n’est arrêté par aucun obstacle. Comment ne serait-il pas heureux ? Un homme qui ne met pas de frein à ses passions ni à ses désirs se conduit mal et abrège sa vie. L’homme honorable jouit d’une santé forte et vigoureuse, qu’aucun excès ne vient altérer. Comment ne vivrait-il pas longtemps ? 6, 21
La Vertu qui se tient dans le milieu juste n’est-elle pas la plus parfaite ? 6, 27
La vertu d’humanité, c’est élever autrui comme on souhaiterait l’être soi-même ; c’est le faire parvenir là où on le voudrait soi-même. 6, 28
Les défauts que je reconnaîtrais en l’autre, je tâcherais de les corriger en moi-même. 7, 21
La vertu d’humanité est la bonté naturelle que chaque homme possède nécessairement. Mais les hommes, aveuglés par leurs passions, ne savent pas la chercher. Ils suivent l’inverse et se persuadent qu’elle est loin d’eux. 7, 29
La prodigalité conduit à l’arrogance, et la parcimonie à l’avarice. L’arrogance est pire que l’avarice. 7, 35
Un homme honorable a surtout soin de trois choses : éviter la violence et l’insolence dans ses attitudes et dans ses gestes, garder une expression qui inspire confiance, prendre un ton dénué de vulgarité et de bassesse. 8, 4
L’ambition sans droiture, l’ignorance sans prudence, la naïveté sans bonne foi, cela dépasse mon entendement ! 8, 16
Le Maître désapprouvait quatre choses : l’opinion personnelle, l’affirmation catégorique, l’opiniâtreté et l’égoïsme. 9, 4
Le Maître dit : Un homme éclairé n’hésite pas ; un homme honorable est exempt de soucis ; un homme courageux n’a pas peur. 9, 27
Se maîtriser soi-même, et revenir aux rites de la courtoisie, c’est cela le sens d’humanité. 12, 1
Ne pas se laisser imprégner par les calomnies, ni se laisser meurtrir par les accusations ; cela peut s’appeler lucidité. 12,6
Magnifier la Vertu, c’est s’appliquer principalement à garder la fidélité et la sincérité, et observer la justice. 12, 10
Servir d’abord, avant d’en espérer les fruits, n’est-ce pas magnifier la Vertu ? Lutter contre ses propres défauts, et non sur ceux d’autrui, n’est-ce pas le moyen de se corriger ? 12, 20
Fan Tch’eu demanda en quoi consiste la vertu d’humanité. Elle consiste à aimer les hommes, répondit le Maître. Fan Tch’eu demanda en quoi consiste la connaissance. Elle consiste à connaître les hommes, répondit Confucius. 12, 21
Avertis tes amis avec franchise, et conseille les avec douceur. S’ils n’approuvent pas tes avis, arrête, plutôt que de risquer un affront. 12, 22
L’homme honorable cultive l’harmonie et non le conformisme. L’homme de peu cultive le conformisme et non l’harmonie. 13, 23
Fermeté, résolution, simplicité, réserve, touchent à la vertu d’humanité. 13, 27
La Voie de l’homme honorable est triple – que je ne peux quant à moi réaliser : la plénitude humaine sans obsession ; la connaissance sans scepticisme ; le courage sans peur. 14, 30
Le Maître dit : Ne t’afflige pas d’être méconnu des hommes, mais plutôt d’être incompétent. 14, 32
Le Maître dit : Le sage évite le monde, puis évite certaines contrées, puis certaines attitudes, enfin certaines paroles. 14, 39
Sois loyal et digne de confiance dans tes paroles, sérieux et circonspect dans tes actions, et tu pourras œuvrer, même au milieu des barbares du Sud ou du Nord. 15, 5
Celui qui est sévère envers lui-même et indulgent envers les autres évite les mécontentements. 15, 14
L’homme honorable attend tout de lui-même ; l’homme de peu attend tout des autres. 15, 20
Ne pas se corriger après une faute, c’est là qu’est la faute. 15, 29
Celui-là est parfait qui est capable de pratiquer cinq choses partout et toujours. Tzeu tchang dit : Permettez-moi de vous demander quelles sont ces cinq choses ? – Ce sont, répondit Confucius, la déférence, la grandeur d’âme, la sincérité, la diligence et la générosité. 17, 6
Répéter en chemin à tous les passants ce que l’on a appris de bon en chemin, c’est jeter la Vertu au vent. 17, 14
L’homme honorable honore les sages, et est indulgent envers la multitude ; il encourage par des éloges les excellents et a compassion des faibles. 19, 3
L’homme de peu colore toujours d’une belle apparence les fautes qu’il a commises. 19, 8
Les fautes d’un homme honorable sont comme les éclipses du soleil et de la lune. Quand il s’égare, tous les yeux le voient. Quand il se corrige, tous les regards le contemplent. 19, 21
Citations sur la famille et l’harmonie sociale.
Le sage donne son principal soin à la racine. Une fois la racine affermie, la Voie peut naître. L’affection envers nos parents et le respect envers ceux qui sont au-dessus de nous sont comme la racine de la vertu. 1, 2
Un jeune homme, dans la maison, doit aimer et respecter ses parents. Hors de la maison, il doit respecter ceux qui sont plus âgés ou d’un rang plus élevé que lui. Il doit être attentif et sincère dans ses paroles ; aimer tout le monde, mais se lier plus étroitement avec les hommes d’humanité. Ces devoirs remplis, s’il lui reste du temps et des forces, qu’il les emploie à l’étude des lettres et des arts libéraux. 1, 6
Cultiver l’harmonie pour elle-même, sans qu’elle soit réglée par les rites, ne peut se faire. 1, 12
Meng I tzeu ayant interrogé sur la piété filiale, le Maître répondit : Elle consiste à ne pas contrevenir. 2, 5
Tzeu koung demanda s’il existait un mot qu’on pût observer toute la vie. Le Maître répondit : N’est-ce pas celui de tolérance ? Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse à vous-même. 15, 23
Confucius dit : Trois sortes d’amitié sont avantageuses, et trois sortes d’amitié sont nuisibles. L’amitié avec un homme qui parle sans détours, l’amitié avec un homme sincère, l’amitié avec un homme de grand savoir, ces trois sortes d’amitié sont utiles. L’amitié avec un homme habitué à tromper par une fausse apparence d’honnêteté, l’amitié avec un homme habile à flatter, l’amitié avec un homme qui est grand parleur, ces trois sortes d’amitié sont nuisibles. 16, 4
Le Maître dit : Les hommes sont tous semblables par leur nature profonde ; ils diffèrent par leurs us et coutumes. 17, 2
Citations de Confucius sur la vie et le bonheur.
Rien ne sert de parler des choses qui sont déjà accomplies, ni de faire des remontrances sur celles qui sont déjà très avancées, ni de blâmer ce qui est passé. 3, 21
Le Maître dit : “Un homme dépourvu d’humanité ne peut demeurer longtemps dans le malheur ou dans le bonheur. L’homme honorable trouve la paix dans la vertu d’humanité ; l’homme sage en connaît tout le profit.” 4, 2
La pauvreté et l’abjection sont en horreur aux hommes ; si elles vous viennent, même sans aucune faute de votre part, ne les fuyez pas. 4, 5
Celui qui le matin a compris la Voie, le soir peut mourir content. 4, 8
Le Maître dit : “Que la sagesse de Ien Houei était grande ! Il demeurait dans une misérable ruelle, n’ayant qu’une écuelle de riz et une gourde de boisson. Un autre, en se voyant si dépourvu, aurait eu un chagrin intolérable. Houei était toujours content. Oh ! que Houei était sage !” 6, 9
Le Maître dit : Fût-on réduit à manger une grossière nourriture, à boire de l’eau, et à reposer la nuit la tète appuyée sur son bras, on y trouvera de la joie au milieu de ses privations. Les richesses et les dignités obtenues injustement me paraissent comme des nuages qui passent. 7, 15
Le plus grand malheur qui puisse arriver à un homme, c’est de n’être pas averti de ses fautes. Moi, j’ai un bonheur particulier ; si je commets une faute, elle ne manque pas d’être connue. Lorsqu’elle est connue des autres, j’en suis informé ; je puis changer de conduite, et me rendre irréprochable. N’est-ce pas un très grand bonheur pour moi ? 7, 30
Le Maître dit : Le sage est calme et serein. L’homme de peu est toujours accablé de soucis. 7, 36
Le Maître se trouvant au bord d’un cours d’eau dit : Tout passe comme cette eau ; rien ne s’arrête ni jour ni nuit. L’homme honorable imite ce mouvement continuel de l’eau et de toute la nature. Il ne cesse de s’efforcer d’atteindre sa perfection. 9, 16
Celui qui ne sait pas ce qu’est la vie, comment saura-t-il ce qu’est la mort ? 11, 11
Le Maître dit : Un gentilhomme d’idéal, un homme pleinement humain ne cherche jamais à sauver sa vie aux dépens de la vertu d’humanité. Il est des circonstances où il sacrifie sa vie, pour que s’accomplisse cette vertu. 15, 8
Citations sur la meilleure façon de gouverner.
Chercher à plaire aux hommes par des discours étudiés et un extérieur composé est rarement signe de plénitude humaine. 1, 3
Le Maître dit : Celui qui gouverne un peuple par la Vertu est comme l’étoile polaire qui demeure immobile, pendant que toutes les autres étoiles se meuvent autour d’elle. 2, 1
Le Maître dit : Si le prince conduit le peuple au moyen des lois et le retient dans l’unité au moyen des châtiments, le peuple s’abstient de mal faire ; mais il ne connaît aucune honte. Si le prince dirige le peuple par la Vertu et fait régner l’union grâce aux rites, le peuple a honte de mal faire, et devient vertueux. 2, 3
Entrer en lutte avec le parti opposé, c’est nuisible. 2, 16
Ngai, prince de Lou, dit à Confucius : “Que doit faire un prince pour que le peuple soit content ?” Maître K’ong répondit : “Si le prince élève aux charges les hommes vertueux et écarte tous les hommes vicieux, le peuple le soutiendra ; si le prince élève aux charges les hommes vicieux et écarte les hommes vertueux, le peuple ne se soumettra pas.” 2, 19
Faire régner la vertu dans sa famille par son exemple, c’est aussi gouverner. 2, 21
Le Maître dit : Celui qui, dans le gouvernement de l’État, montre cette déférence qui fait le fondement de l’urbanité, quelle difficulté rencontrera-t-il ? 4, 13
Tzeu wenn fut trois fois nommé Premier ministre ; il n’en manifesta aucune joie. Il fut trois fois dépouillé de sa charge ; il n’en manifesta aucun mécontentement. En quittant la charge de Premier ministre, il faisait connaître à son successeur ses actes administratifs. 5, 18
Le Maître dit : Sans civilité la politesse devient laborieuse, la circonspection craintive, le courage rebelle, la franchise offensante. Que le prince remplisse avec zèle ses devoirs envers ses proches, et le peuple sera mû par le bien. Que le prince n’abandonne pas ses anciens amis, et le peuple ne sera pas négligent. 8, 2
Ne cherchez pas à vous immiscer dans les affaires dont vous n’avez pas la charge. 8, 14
Tzeu koung interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Le Maître répondit : Celui qui gouverne doit avoir soin que les vivres ne manquent pas, que les forces militaires soient suffisantes, que le peuple lui donne sa confiance. Tzeu koung dit : S’il était absolument nécessaire de négliger une de ces trois choses, laquelle conviendrait-il de négliger ? – Les forces militaires, répondit Confucius. Et s’il était absolument nécessaire d’en négliger encore une seconde, dit Tzeu koung, quelle serait-elle ? – Les vivres, répondit Confucius, car de tout temps les hommes ont été sujets à la mort, mais si le peuple n’a pas confiance en ceux qui le gouvernent, c’en est fait de lui. 12, 7
Si le peuple est dans le besoin, comment le prince serait-il le seul à ne manquer de rien ? 12, 9
Instruire un procès, je le puis, tout comme un autre. L’important serait de faire qu’il n’y eût plus de procès. 12, 13
Gouverner, c’est maintenir dans la voie droite. Si vous-même, Seigneur, maintenez droit, qui osera dévier ? 12, 16
Ki K’ang tzeu, interrogeant Confucius sur la manière de gouverner, lui dit : Ne ferais-je pas bien de mettre à mort ceux qui contreviennent à la Voie, pour faire place à ceux qui la suivent ? Confucius répondit : Pour gouverner le peuple, Seigneur, avez-vous besoin de tuer ? Vous-même tendez vers le bien, et le peuple sera bon. La Vertu du prince est comme le vent ; celle du peuple est comme l’herbe. Au souffle du vent, l’herbe se courbe toujours. 12, 18
Tzeu lou interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Le Maître répondit : Donner l’exemple du labeur. Tzeu lou pria le Maître de lui en dire davantage. Confucius répondit : Sans relâche. 13, 1
Si le prince s’attache à la justice, aucun de ses sujets n’osera lui refuser l’obéissance. Si le prince s’attache à la sincérité, aucun de ses sujets n’osera agir de mauvaise foi. Les choses étant ainsi, les habitants de toutes les contrées accourront à lui, avec leurs petits enfants sur leurs épaules. 13, 4
Le Maître dit : Si le prince personnifie la rectitude, tout se fait sans qu’il commande ; si le prince ne l’incarne pas, il aura beau donner des ordres, il ne sera pas suivi. 13, 6
Le Maître alla dans la principauté de Wei avec Jen Iou, qui conduisait son char. Le Maître dit : Que les habitants sont nombreux ! – Maintenant qu’ils sont nombreux, dit Jen Iou, que faut-il faire pour eux ? Le Maître répondit : Les rendre riches. Jen Iou reprit : Quand ils seront devenus riches, que faudra-t-il faire de plus pour eux ? – Les instruire, répondit Confucius. 13, 9
Le Maître dit : Si des princes vertueux se succédaient sur le trône durant cent ans, a dit un poète, ils vaincraient les scélérats, et élimineraient la peine de mort. 13, 11
Le Maître dit : Si un homme sait se gouverner lui-même, quelle difficulté aura-t-il à gouverner l’État ? Mais celui qui ne sait pas se gouverner lui-même, comment pourra-t-il gouverner les autres ? 13, 13
Il est un dicton : “Il est malaisé d’être souverain, il n’est pas facile d’être ministre.” Si le prince comprenait bien la difficulté de régner, ne serait-il pas sur le point de faire prospérer le pays par ce seul adage ? 13, 15
Si le prince parle bien, et que personne ne le contredise, ne sera-ce pas bien ? Mais s’il parle mal, et que personne ne le contredise, n’est-il pas sur le point, par ce seul adage, de mener le pays à sa perte ? 13, 15
Tzeu hia, étant préfet de Kiu fou, interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Le Maître dit : Ne te hâte pas trop ; ne recherche pas les petits avantages. Qui se hâte n’atteint pas loin ; qui poursuit de petits avantages néglige les grandes choses. 13, 17
Le Maître dit : Celui qui ne craint pas de promettre de grandes choses a de la peine à les exécuter. 14, 21
Le Maître dit : Si le prince aime à garder l’ordre fixé par les lois et les usages, le peuple est facile à diriger. 14, 44
L’homme honorable est maître de lui-même et n’a de contestation avec personne ; il est sociable, mais n’est pas homme de parti. 15, 21
Un prince ne néglige pas ceux qui lui sont unis par le sang. Il a soin que les grands officiers ne puissent pas se plaindre de n’être pas employés. À moins d’une raison grave, il ne rejette pas ceux qui ont servi l’État de génération en génération. Il n’exige pas qu’un homme possède à lui seul tous les talents et toutes les qualités. 18, 10
Pour votre bibliothèque :
Les entretiens de Confucius, texte complet.
Modif. le 24 février 2021
"A la découverte de stations de ski abandonnées"
Un effet du réchauffement.
Le climat n'est pas le seul responsable.
Il y a aussi toutes les malversations humaines.
A voir aussi les impacts sur la nature de tous ces bâtiments et infrastructures abandonnés. C'est toujours pareil en fait. La faillite induit qu'il n'y a aucune prise en charge des stations mortes même si une nouvelle loi, non rétroactive, impose aujourd'hui le démantèlement.
"L'or blanc" n'est plus de mise partout. Les mines sont à l'abandon.
Il reste à changer de méthode.
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PROPOSER DES APPROCHES DOUCES DE LA MONTAGNE,
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RECONNUE D’UTILITÉ PUBLIQUE ET AGRÉÉE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT, L’ASSOCIATION TRAVAILLE POUR FAIRE ÉVOLUER LES COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DE LA MONTAGNE AU MOYEN D’ACTIONS SUR LE TERRAIN, DE PUBLICATIONS EXPERTES ET DE RELATIONS AUPRÈS DES ACTEURS POLITIQUES, ASSOCIATIFS ET ÉCONOMIQUES. INDÉPENDANTE DES PRESSIONS FINANCIÈRES ET POLITIQUES, MOUNTAIN WILDERNESS DÉFEND UNE APPROCHE GLOBALE DE LA MONTAGNE DANS LAQUELLE “PRÉSERVATION DU MILIEU NATUREL” ET “AMÉLIORATION DE L’ÉCONOMIE” CONSTITUENT LE MÊME DÉFI. L’ASSOCIATION A VU LE JOUR EN 1988 AU CONGRÈS D’EVIAN.
[1] Cette définition extraite des "Thèses de Biella" (1987) inspire toujours les actions de Mountain Wilderness depuis plus de 20 ans et partout dans le monde.
Réchauffement climatique et menaces planétaires
Le problème, c'est que ce genre d'alerte, des dizaines de scientifiques issus de divers domaines l'ont faite il y a bien longtemps. Donc, il ne suffit plus d'établir des constats. Il faut passer aux actes. Et pas dans dix ans. On lit depuis quelques années, des articles qui parlent de la menace d'un "nouvel ordre mondial". Il faudrait bien pourtant que des ententes mondiales soient établies. Pour le bien de tous.
Le réchauffement climatique menace la sécurité mondiale
Le lien entre crise climatique et sécurité mondiale est indéniable, a expliqué Emmanuel Macron lors d'un débat en visioconférence au Conseil de sécurité de l'ONU. Les chefs d'Etat ont reconnu l'urgence de la situation et plaidé pour une meilleure coordination des actions.
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D'ici 2050, quelque 143 millions de personnes devraient être obligées de quitter leur région d'origine à cause du réchauffement climatique selon la Banque mondiale. (LUIS TATO/AFP)
Par Michel De Grandi
Publié le 23 févr. 2021 à 19:05
Quelques jours après la réintégration formelle des Etats-Unis dans l'accord de Paris des Etats-Unis sous l'impulsion de l'administration Biden, le Conseil de sécurité de l'ONU a réuni, mardi en visioconférence, un sommet de dirigeants pour débattre des implications du changement climatique sur la paix dans le monde.
Le thème, bien qu'universel, ne fait pas nécessairement l'unanimité parmi les 15 membres du Conseil de sécurité. Pour le Britannique Boris Johnson, organisateur du sommet, il faut une action rapide pour protéger « la stabilité de notre monde ».
Antonio Guterres, le Secrétaire général de l'ONU, a très vite planté le décor en s'efforçant de rendre tangibles les problématiques soulevées : « En Afghanistan, où 40 % des travailleurs sont liés à l'agriculture, des moissons réduites précipitent les gens dans la pauvreté et l'insécurité alimentaire, les rendant susceptibles d'être recrutés par des groupes armés », a-t-il expliqué. De quoi justifier que cette question soit portée devant le Conseil de Sécurité a plaidé John Kerry. La crise climatique, « c'est une menace pour notre sécurité collective, qu'elle soit alimentaire, énergétique ou physique », a-t-il dit. L'envoyé américain pour le changement climatique a été rejoint sur ce terrain par le président français.
Envoyé spécial de l'ONU pour la sécurité climatique
Emmanuel Macron a plaidé pour que « l'ONU et le Conseil de sécurité jouent un rôle accru » autour de cet enjeu du climat et de la sécurité. Le président français a cité trois régions -l'Afrique, l'Indo-Pacifique et l'Arctique- où « les besoins d'une plus grande implication de la communauté internationale sont réels ».
Surtout, le chef de l'Etat a proposé la nomination d'un envoyé spécial de l'ONU pour la sécurité climatique afin de mieux coordonner la lutte contre le réchauffement de la terre. Il a suggéré aussi au secrétaire général de l'ONU de présenter chaque année au Conseil de sécurité, dont la France est l'un des membres permanents, « un rapport sur l'impact du climat sur la sécurité internationale pour anticiper, alerter, faire des recommandations et nous permettre de jouer notre rôle ». « Très clairement, le lien entre climat et sécurité, s'il est complexe, est indéniable, en quelque sorte inexorable », a souligné le président français, rappelant que « sur les 20 pays les plus touchés par les conflits dans le monde, 12 font également partie des pays les plus vulnérables aux impacts du changement climatique ».
L'Inde et le Mexique, entrés au Conseil de sécurité en janvier, ont déroulé eux aussi une vision plus progressiste. « Il faut une réponse internationale coordonnée qui permette une protection des écosystèmes » a dit le Mexique. L'Inde de son côté s'est posée en bon élève des Accords de Paris en rappelant avoir respecté les objectifs fixés en 2015.
Nécessaire coordination
Tandis que le Kenya ou le Niger « ressentent très vivement » l'impact du changement climatique sur la situation sécuritaire, la Chine a prôné l'intérêt du multilatéralisme et d'une nécessaire coordination entre croissance, réduction de la pauvreté et réponse au réchauffement climatique. De son côté, le représentant de la Russie a rappelé qu'il ne faut pas considérer le réchauffement climatique comme le problème fondamental en matière de sécurité. « C'est détourner le débat des causes premières », a-t-il dit.
Les évaluations parlent d'elles-mêmes
Quelles que soient les positions adoptées, tous les pays reconnaissent l'urgence de la situation. Les évaluations parlent d'elles-mêmes. Dans un rapport publié en 2018, la Banque mondiale alertait déjà sans détour : « Dans seulement trois régions, le changement climatique pourrait forcer plus de 143 millions de personnes à se déplacer à l'intérieur de leur pays d'ici 2050 ». Sur ce total, plus de la moitié (86 millions de personnes) seraient des migrants climatiques internes à l'Afrique subsaharienne.
A propos de la désertification, le GIEC (Groupement d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) dressait en 2019, un constat tout aussi accablant : au cours de la période 1961-2013, la désertification a progressé en moyenne de plus de 1 % par an de sorte qu'en 2015, environ 500 millions de personnes (entre 380 et 620 millions) vivaient dans des zones qui ont été touchées par ce phénomène entre les années quatre-vingt et 2000.
Michel De Grandi
Polio et vaccination
Pour que les choses soient claires, je ne suis aucunement réfractaire à l'usage des vaccins. Je pense qu'il faudrait être inconscient pour le dire. L'exemple de la polio reste celui qui est le plus emblématique.
La polio est officiellement éradiquée en Afrique
ACTUALITÉClassé sous :MÉDECINE , POLIOMYÉLITE , AFRIQUE
Futura avec l'AFP-Relaxnews
Publié le 26/08/2020
Une formidable victoire... une délivrance... un moment historique pour l'Afrique qui a aujourd'hui éradiqué la polio sur son continent. Depuis quatre ans, aucun cas n'a été signalé. Malgré la découverte du vaccin dans les années 50, la polio continuait ses ravages irréversiblement. Retour sur les campagnes de vaccination et les batailles durement menées contre certains préjugés.
Le poliovirus sauvage, plus connu sous le nom de polio a été mardi officiellement déclaré « éradiqué » du continent africain par l'Organisation mondiale de la Santé, après quatre années consécutives sans cas déclaré et des efforts massifs de vaccination des enfants. « Aujourd'hui, les membres de la Commission de certification pour la région Afrique (ARCC) -- organisme de certification de l'OMS -- déclarent que la transmission du poliovirus sauvage a été interrompue » en Afrique, a affirmé sa présidente, Rose Leke, lors d'un événement organisé par visioconférence.

Les experts scientifiques estiment qu'il reste environ 30.000 enfants toujours « inaccessibles ». Selon eux, ce chiffre est « trop faible » pour assurer une transmission épidémique. © Jaimie Duplass, Shutterstock.com
Aucun cas signalé depuis 4 ans
« C'est un moment historique pour l'Afrique, a déclaré la directrice Afrique de l'OMS, Matshidiso Moeti. À partir de maintenant, les enfants qui naîtront sur ce continent n'auront pas à craindre d'être infectés par la polio ». Cette annonce a également réuni par visioconférence le directeur général de l'OMS, l'Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus ainsi que le Nigérian Aliko Dangote et l'Américain Bill Gates, tous deux milliardaires et philanthropes.
« C'est une formidable victoire, une délivrance, confie à l'AFP Tunji Funsho, du comité Polio Nigeria de l'association Rotary International. Cela fait plus de 30 ans que nous avons lancé ce défi. Dire que je suis heureux, c'est un euphémisme ! », se réjouit ce médecin nigérian.
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À partir de maintenant, les enfants qui naîtront sur ce continent n'auront pas à craindre d'être infectés par la polio
Il faut normalement attendre trois ans sans cas déclaré pour obtenir la certification de l'OMS, mais l'organisation onusienne a préféré attendre quatre ans cette fois, « pour être sûre à 100 % qu'il n'y a plus de danger », explique le médecin. Provoquée par le poliovirus sauvage, la poliomyélite est une maladie infectieuse aiguë et contagieuse qui touche principalement les enfants, attaquant la moelle épinière et pouvant provoquer une paralysie irréversible. Elle était endémique partout dans le monde, jusqu'à la découverte d'un vaccin dans les années 1950.
Les efforts de pédagogie ont fini par convaincre les populations
En 1988, l'OMS dénombrait 350.000 cas à travers le monde et encore plus de 70.000 cas rien qu'en Afrique en 1996. Mais, grâce à une rare prise de conscience collective et à d'importants efforts financiers (19 milliards de dollars sur 30 ans), seuls deux pays au monde comptent aujourd'hui des contaminations par le poliovirus sauvage : l'Afghanistan (29 cas en 2020) et le Pakistan (58 cas).
Épicentre de la maladie dans le monde au début des années 2000, le Nigeria, géant africain de 200 millions d'habitants, figurait encore il y a peu à leurs côtés. Dans le Nord musulman, sous la pression des milieux salafistes, les campagnes de vaccination antipolio s'étaient arrêtées entre 2003 et 2004, accusées par la rumeur d'être l'outil d'un vaste complot international pour stériliser les musulmans.

Une employée du ministère de la Santé de la RDC administre un vaccin contre la polio à un enfant congolais. © Gwenn Dubourthoumieu, AFP Photo
Il a fallu un énorme travail avec les chefs traditionnels et religieux pour convaincre les populations de faire vacciner leurs enfants. Pourtant, dès 2009 l'émergence du conflit contre Boko Haram a douché les espoirs d'avoir enfin éradiqué la maladie: en 2016, quatre nouveaux cas de poliomyélite étaient enregistrés dans l'État du Borno (Nord-Est), foyer de l'insurrection jihadiste.
« À l'époque, environ 400.000 enfants étaient hors d'atteinte de toute campagne médicale à cause des violences », se souvient le Dr Funsho. La situation sécuritaire reste extrêmement volatile dans le Nord-Est du Nigeria, dont Boko Haram et le groupe État Islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) contrôlent de larges zones, particulièrement autour du lac Tchad.
Le 2e virus à être éradiqué sur le continent africain
« Mais les autorités locales, les agences humanitaires et tous les partenaires ont pris le taureau par les cornes pour trouver des solutions pour atteindre ces enfants », raconte Musa Idowu Audu, coordinateur de l'OMS pour l'Etat du Borno.
Aujourd'hui, on estime que seuls 30.000 enfants sont toujours « inaccessibles » : un chiffre « trop faible » pour assurer une transmission épidémique, selon les experts scientifiques. Malgré son « immense fierté et sa joie », le Dr Audu rappelle qu'une vingtaine d'employés médicaux ou de bénévoles ont été tués ces dernières années dans le Nord-Est du Nigeria. C'est le deuxième virus à être éradiqué du continent depuis la disparition de la variole il y a 40 ans.
Une bonne nouvelle qui n'arrive pas seule
Autres bonnes nouvelles émanant du continent : la République démocratique du Congo a annoncé mardi la fin officielle d'une meurtrière épidémie de rougeole qui a emporté, en 25 mois, plus de 7.000 enfants de moins de cinq ans.
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La République démocratique du Congo a annoncé la fin officielle d'une meurtrière épidémie de rougeole et le Togo a annoncé avoir définitivement éradiqué la « maladie du sommeil »
Et le Togo a annoncé lundi être le premier pays africain à avoir définitivement éradiqué de son territoire la Trypanosomiase humaine africaine (THA), plus connue sous le nom de « maladie du sommeil ».
Des médecins restent cependant inquiets de l'impact de la pandémie de coronavirus sur les activités de surveillance d'autres épidémies. Dans plusieurs pays du continent, les campagnes de vaccination, notamment de la polio, ont été interrompues en raison des restriction sur les déplacements, mais l'OMS a appelé à leur reprise dès que possible.
Continent le moins touché par le Covid-19 après l'Océanie, l'Afrique a officiellement recensé 1.196.539 cas de coronavirus, dont 27.990 décès. « Nous semblons avoir atteint un pic et désormais le nombre de nouveaux cas quotidiens est en baisse », a souligné mardi la directrice régionale Afrique de l'OMS, Matshidiso Moeti, tout en mettant en garde contre un relâchement qui faciliterait une deuxième vague de contaminations.
Vaccin et transmission d'un virus
A propos des vaccins et de l'éradication du covid.
Un vaccin qui n'empêche pas la transmission du virus est-il utile ?
ACTUALITÉClassé sous :VACCIN ANTI-COVID , VACCIN CONTRE LE CORONAVIRUS , IMMUNITÉ
Céline Deluzarche
Journaliste
Publié le 24/02/2021

[EN VIDÉO] Comment fonctionne un vaccin à ARN messager ? Pfizer et Moderna ont choisi cette technique de pointe pour concevoir en un temps record leur vaccin contre le Covid-19. Cette vidéo présente tout ce qu'il faut savoir sur les vaccins à ARN messager en trois minutes !
Contrairement à ce que pensent les gens, la plupart des vaccins ne protègent pas contre l'infection par le virus et n'empêchent pas sa diffusion dans la population. Faut-il en conclure qu'ils sont inutiles ?
Les différents vaccins contre la Covid-19 montrent une efficacité assez remarquable. Ils préviennent les formes graves de la maladie dans 62 à 94 % des cas. Cependant, les données manquent toujours pour savoir si ces vaccins réduisent aussi la transmission du virus.
Il existe en effet deux types d'immunité conférés par les vaccins. L'immunité « effective », qui protège le sujet contre les principaux symptômes d'une maladie mais n'empêche pas le virus d'entrer dans l'organisme et de s'y multiplier, et l'immunité dite « stérilisante », qui prévient l'infection de l'organisme par le virus et empêche donc la propagation du pathogène. Et si la deuxième solution représente le but ultime de la recherche vaccinale, elle est en réalité rarement atteinte.
Vaccins non stérilisants : un virus qui continue à circuler
Un des cas les plus connus de vaccin stérilisant est celui de la variole, la seule maladie dans l'histoire à avoir été éradiquée par un vaccin. (D'autres études scientifiques disent que le vaccin n'est pas la raison principale de cette éradication. C'est toujours aussi difficile de se faire une idée claire))
Les anticorps produits par la réponse immunitaire en réaction au vaccin éliminent entièrement le virus de l'organisme, et suppriment de fait la circulation du virus. La rougeole est un autre exemple de vaccin à immunité stérilisante.
Mais la plupart des vaccins (hépatite B, oreillons, grippe...) ne procurent qu'une immunité effective. « Avec ces vaccins, le système immunitaire contient suffisamment l'agent pathogène pour prévenir la maladie, mais celui-ci peut persister dans l'organisme et potentiellement infecter d'autres personnes. Cela signifie que l'agent pathogène continue à circuler dans une population, où il peut rendre malades des personnes non vaccinées ou vulnérables, ou encore évoluer vers une forme résistante à la réponse immunitaire », avertit Dawn Bowdish, professeur de médecine à l'université McMaster au Canada, dans le journal Scientific American.

L’immunité acquise par les vaccins passe par la production d’anticorps dits neutralisants. © Christoph Burgstedt, Adobe Stock
Quand la vaccination accroît l’infectiosité
Dans certains cas, la vaccination peut même engendrer une diffusion accrue du pathogène. Les vaccins contre Bordetella pertussis, la principale bactérie responsable de la coqueluche, entraînent ainsi le développement du microbe dans les voies respiratoires supérieures, alors que l'infection « naturelle » produit une puissante réponse immunitaire dans les muqueuses. « La transmission asymptomatique peut donc être un moteur majeur de la résurgence de la coqueluche dans les populations hautement vaccinées », attestent les auteurs d’une étude de l’Institut Pasteur de Lille.
Réduire la charge virale
Alors faut-il vacciner massivement contre la Covid-19 sachant que l'on ne sait pas si le vaccin empêche la transmission du virus ? Oui, selon Richard Bailey, auteur d'une modélisation sur le virus de Marek chez les poulets. « La vaccination avec un vaccin non stérilisant réduit considérablement la charge virale chez les personnes vaccinées, mais aussi chez les personnes contacts non vaccinées qu'elles infectent. Par conséquent, elles sont moins susceptibles de répandre des virus infectieux. Même une vaccination partielle avec [ce type de vaccin] a des conséquences positives sur le contrôle de la propagation et des symptômes de la maladie ».
Le saviez-vous ?
L’immunité stérilisante est acquise lorsque le vaccin engendre suffisamment d’anticorps neutralisants chez l’individu. Ces anticorps bloquent l’entrée du virus dans la cellule et l’empêchent donc de se multiplier. Mais il existe d’autres formes d’immunité acquise, comme celle des lymphocytes T ou des anticorps non neutralisants, qui ralentissent la progression du virus et préviennent les principaux symptômes.
Une étude préliminaire portant sur le vaccin Pfizer/BioNTech montre une baisse significative de la charge virale chez les patients infectés ayant reçu une première dose de vaccin. « Cela suggère que la vaccination réduit le potentiel infectieux des personnes vaccinées même si elle ne prévient pas l'infection », confirme dans Nature Virginia Pitzer, épidémiologiste à la Yale School of Public Health à New Haven (États-Unis). Les essais du vaccin AstraZeneca ont également montré une plus grande réduction de la charge virale chez les personnes vaccinées.
Désengorger les hôpitaux
En attendant d'être fixé, la vaccination des populations à risque permettra en tous cas de désengorger les hôpitaux en empêchant les cas graves. Selon une étude portant sur l’Écosse et publiée le 22 février, le vaccin Pfizer réduit le risque d'admission à l'hôpital de 85 % quatre semaines après la première dose, et celui d'AstraZeneca jusqu'à 94 %, et même 81 % chez les personnes âgées alors qu'il est réputé peu efficace chez ce public. Le SARS-CoV-2 ne sera peut-être jamais éradiqué comme la variole, mais il deviendra endémique et bénin, un peu comme le rhume.
Vaccin et charge virale
Une question sur laquelle je continue à chercher des réponses.
Qu'en est-il de la charge virale et d'une éventuelle protection envers autrui après une vaccination ?
Il semble que ça soit le cas mais rien ne vient encore le prouver scientifiquement. Il le faudrait pourtant si on veut espérer sortir un jour de cette période.
SANTÉ
Espoir et prudence : le vaccin Pfizer réduirait aussi la charge virale
ACTUALITÉClassé sous :PANDÉMIE , VACCIN , VACCIN ANTI-COVID
Julien Hernandez
Journaliste scientifique
Publié le 09/02/2021

[EN VIDÉO] Comment fonctionne un vaccin à ARN messager ? Pfizer et Moderna ont choisi cette technique de pointe pour concevoir en un temps record leur vaccin contre le Covid-19. Cette vidéo présente tout ce qu'il faut savoir sur les vaccins à ARN messager en trois minutes !
Une récente étude prépubliée suggère que le vaccin développé par le laboratoire Pfizer pourrait aussi avoir un effet sur la charge virale des personnes vaccinées. Selon des résultats préliminaires à prendre avec précaution, il pourrait la réduire, ce qui, dans une perspective mécaniste, pourrait conduire à une baisse des transmissions.
Une bonne nouvelle sur la planète Covid-19 ? Même si les résultats que nous vous présentons sont à prendre avec précaution car ils sont issus d'une étude prépubliée, qui n'est donc pas encore passée par la case peer-review, nous ne résistons pas à saupoudrer un peu d'espoir dans cette lutte contre ce virus qui dure depuis plus d'un an désormais. Ces données proviennent d'expériences réalisées par des chercheurs israéliens. En effet, ce pays compte plus de 650.000 personnes vaccinées depuis le 25 janvier.
Une charge virale qui semble réduite entre 12 et 28 jours après l'infection
En analysant des échantillons de patients infectés (vaccinés et non vaccinés), les chercheurs ont remarqué que le nombre de seuils de cycle pour détecter la présence du virus à l'aide d'un test PCR était plus important entre 12 et 28 jours après l'infection chez les échantillons des personnes vaccinées. Cela suggère donc qu'il y a moins de matériel génétique du virus chez les patients vaccinés, étant donné qu'on a plus de difficulté à détecter l'ARN du virus via un test PCR au fur et à mesure que l'infection évolue. Les mesures de charges virales se rejoignent à nouveau après 28 jours, lorsque la charge virale revient progressivement à des quantités faibles, même chez les patients non vaccinés.

La vaccination augmenterait le seuil de cycle nécessaire pour détecter le matériel génétique du virus dans un échantillon lors d'un test PCR. © Medrxiv
Prudence avec les données d'observations
Toutefois, même si ces résultats sont encourageants et poussent à l'engouement, il faut rester mesuré comme dans toutes analyses de résultats scientifiques. Ces données émanent d'une étude d'observation et pas d'une étude clinique, contrôlée et randomisée. Même si les chercheurs ont fait en sorte d'apparier leurs données afin de disperser l'influence de variables d'intérêts connues - l'âge et le sexe notamment - on ne peut occulter, dans le cadre d'une étude d'observation, l'influence de facteurs de confusion (état de santé de base des patients, infection à un variant qui se traduit par une charge virale plus basse) qui ne serait pas portée à notre connaissance.
Enfin, les échantillons prélevés sont issus de la cavité nasopharyngée. Les résultats ne valent donc que pour la présence du virus dans cette cavité. Cependant, elle n'est pas toujours la zone la plus représentative de la charge virale et du potentiel infectieux du patient. Il est donc important d'attendre plus de données pour conclure définitivement. Mais un peu d'espoir, pourvu qu'il soit mesuré et ne pousse pas à la cacophonie médiatique, ne fait de mal à personne.
CE QU'IL FAUT RETENIR
Des analyses préliminaires, non relues par les pairs, suggèrent que le vaccin Pfizer pourrait réduire la charge virale après une infection à SARS-CoV-2.
L'étude étant observationnelle, il faut être très prudent dans l'analyse des données et attendre pour conclure définitivement.
Texas
Le pays le plus puissant de la planète, celui qui sert "d'exemple", le moteur, la locomotive, "l'influenceur".
Il n'y a aucune moquerie dans mes propos. Juste un état des lieux.
Le réchauffement climatique, c'est en premier lieu un "dérèglement" et sa particularité, ce sont des phénomènes inhabituels de grande ampleur : sécheresse, canicule, vents violents, vague de froid, inondations, orages de grêle, tornades, etc etc et tout ça, à des saisons qui ne sont pas répertoriées pour ce genre de situations. Ni certaines zones géographiques.
A savoir également que cela ne stoppe aucunement le réchauffement en cours. Il faut imaginer des montagnes russes avec des pics de plus en plus hauts et des creux parfois très marqués.
Dans les années 1970, le Pentagone avait sorti un dossier dans lequel il envisageait la possiblité d'un "enfoncement du Gulf Stream" sous l'effet des eaux froides descendues des zones polaires en raison du réchauffement climatique. Cet enfoncement du Gulf Stream aurait pour effet de plonger le continent Européen dans un âge semi-glaciaire.
Tout est possible. La complexité des phénomènes météorologiques est bien connue. La complexité du climat est au-delà de toute compréhension. Elle relève juste de la prédiction.
D'où la nécessité de s'y préparer. Ou d'attendre que ça arrive.
Texas : pannes monstres, canalisations gelées, sénateur envolé... Les conséquences d'une vague de froid historique
Des températures jusqu'à -18 °C ont été enregistrées dans cet Etat américain plutôt habitué aux canicules qu'aux vagues de froid.
Article rédigé par
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France Télévisions
Publié le 21/02/2021 11:42Mis à jour le 21/02/2021 11:55
Temps de lecture : 5 min.

Des camions à l'arrêt sur l'autoroute Interstate-35, à Killeen (Texas), le 18 février 2021. (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)
Le Texas, Etat du sud des Etats-Unis, est touché depuis près d'une semaine par une vague de froid polaire sans précédent, avec des températures 15 à 20 degrés sous la normale. Selon les médias américains, au moins 40 personnes seraient mortes ces derniers jours à cause de cet épisode de froid glacial, et ce alors que de nombreuses polémiques ont éclaté dans l'Etat. Entre coupures d'électricité, canalisations gelées et un sénateur exilé en vacances sous le soleil du Mexique, franceinfo vous explique les conséquences de cet épisode climatique exceptionnel.
Quelle est l'ampleur de cette vague de froid ?
Depuis le 15 février, les 30 millions d'habitants de cet Etat ont dû affronter un froid extrême, alors qu'ils sont plutôt habitués des vagues de chaleur. Les températures sont descendues jusqu'à -18 °C à Dallas, le 16 février, soit près de 30 degrés de moins que les normales saisonnières, habituellement entre 10 et 15 °C. Le thermomètre vient à peine de repasser au-dessus de zéro.
Les tempêtes de neige qui frappent les Etats-Unis depuis plusieurs jours devraient s'apaiser durant le week-end, en particulier dans le sud du pays, selon les services météorologiques américains (NWS). "La semaine anormalement froide qu'ont connue les plaines du Sud prendra fin ce week-end à mesure qu'une dépression apportera un air plus chaud", ont-ils affirmé vendredi 19 février.
Quelles sont les conséquences pour les Texans ?
Au total, plus de deux millions de foyers ont été privés d'électricité dans le Texas. Samedi, plus de 60 000 foyers restaient sans électricité, alors que les autorités s'efforcent de rétablir le courant. Une panne géante liée à une trop forte demande d'énergie, que les structures n'ont pas pu gérer : l'ERCOT, organisation chargée de gérer l'électricité au Texas, a annoncé un nouveau record avec un pic de consommation à 69 000 mégawatts. Sursollicitées par les habitants, l'ensemble des ressources énergétiques de l'Etat ont progressivement cédé face à la demande croissante et la difficulté de fonctionnement en raison du froid qui gelait les installations, comme l'explique le Guardian (lien en anglais).

Deux Texanes tentent de se réchauffer autour d'un barbecue alors que l'Etat américain est balayé par une vague de froid qui a causé de nombreuses coupures de courant, à Houston (Etats-Unis), le 16 février 2021. (GO NAKAMURA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)
Les habitants du Texas ont aussi dû faire face à des ruptures de canalisations occasionnées par le gel. En raison de ces problèmes d'alimentation en eau, il a été conseillé à quelque sept millions de Texans de faire bouillir l'eau avant de la consommer ou de l'utiliser pour la cuisine. Dans plusieurs localités, des distributions d'eau potable ont été organisées.
Des usines de fabrication de puces électroniques ont été contraintes de fermer temporairement. Les matchs de basket des équipes de Dallas et Houston en NBA, prévus les 18 et 20 février, ont été reportés après que leurs salles respectives ont été fermées par les autorités. Le président américain Joe Biden s'est entretenu vendredi avec le directeur par intérim de l'agence fédérale pour les situations d'urgence, Bob Fenton, et a signé une nouvelle déclaration d'urgence pour le Texas, ce qui permet de débloquer une aide fédérale pour l'Etat du sud des Etats-Unis. Le président américain devrait se rendre sur place dans les prochains jours.

La distribution d'eau potable s'organise à Houston (Texas), le 19 février 2021. (JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)
Pourquoi le sénateur Ted Cruz s'est-il retrouvé au cœur des critiques ?
Sénateur du Texas depuis 2013, le républicain Ted Cruz est l'un des politiques les plus connus du pays, mais ce n'est pas par sa mobilisation au cours de cette crise qu'il brille en une de l'actualité. Le sénateur a en effet fait le choix de s'envoler à Cancun (Mexique) pour des vacances en famille le 18 février. Le voyage du sénateur, répéré par un internaute à l'aéroport de Houston, n'est pas resté secret très longtemps.
Une décision qui a été extrêmement mal perçue par les Américains, ce qui a conduit Ted Cruz à présenter ses excuses : "C'était évidemment une erreur. Avec le recul, je ne l'aurais pas fait." Il assure avoir voulu se comporter en "bon père" pour ses filles qui ne pouvaient pas aller à l'école et n'avaient pas de chauffage.
Au-delà de son voyage, c'est surtout son manque de cohérence qui a été moqué et a choqué les Américains. En effet, lors d'une interview radio le 15 février, Ted Cruz avait mis en garde les habitants de son Etat contre les graves perturbations météorologiques à venir, soulignant qu'elles pourraient faire de nombreuses victimes. "Ne prenez aucun risque. Assurez-vous que votre famille est à l'abri, ne quittez pas votre maison et prenez soin de vos enfants", avait-il déclaré.

Un camion dans les rues de Houston (Texas), portant l'inscription "Les Texans ont gelé, Ted s'est enfuit", le 19 février 2021. (JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)
Pourquoi ce froid relance-t-il le débat autour des énergies fossiles ?
Les coupures massives d'électricité ont engendré un débat entre pro et anti-énergies fossiles au Texas. Principal Etat fournisseur de pétrole et de gaz naturel dans le pays, le Texas est indépendant énergétiquement : il n'est pas raccordé au réseau des Etats frontaliers. Quand son réseau est en difficulté, il ne peut donc pas faire appel à ses voisins, son circuit d'alimentation fonctionne en vase clos, ce qui explique ces coupures de courant.
Le 20 février, le commissaire à l'Agriculture du Texas Sid Miller, un républicain notoire, a mis en cause les éoliennes et pointé un échec des dirigeants locaux dans la gestion de la vague de froid, sur Facebook. Des propos rapidement contredits par Daniel Cohan, professeur à la Rice University de Houston, dans un post sur Twitter : "Nous affrontons une crise du système énergétique texan, pas simplement une crise électrique." Si les pales des éoliennes ont elles aussi gelé sous l'effet du froid, l'énergie éolienne n'est pas la principale responsable de ces coupures soudaines. Le froid a ainsi gelé les puits de gaz naturel et bloqué les gazoducs, qui acheminent 47,2% de l'électricité texane, selon des données publiées par l'Etat en 2019.
Tirer les leçons
Depuis l'ouragan Katrina en 2005 et le désastre qu'a connu notamment la ville de la Nouvelle-Orléans, je me suis fortement intéressé aux scénarios catastrophes, non par morbidité mais par prévoyance.
Comment peut-on éviter les effets de situations de crises majeures ?
J'ai lu de nombreux ouvrages et vu de nombreux documentaires.
La crise sanitaire actuelle n'est juste qu'une alerte. Une espèce de mise en bouche. Un aperçu.
Lorsque la vallée de la Vésubie et de la Roya ont été dévastées par des crues phénoménales, j'ai vu des habitants qui disposaient encore de leurs maisons réclamer de la nourriture trois jours après la catastrophe, réclamer des piles, des médicaments, de l'eau potable. Je trouve ça effarant de disposer d'aussi peu de ressources, d'être aussi dépendants, d'être aussi fragiles.
Il n'y a pas si longtemps, dans les campagnes, les gens avaient des réserves, ils avaient un coin de potager. Ils étaient dans la prévoyance. Désormais, même dans les campagnes, une très grande partie de la population ne vit qu'au jour le jour.
Il suffit de regarder ce qui se passe actuellement au Texas qui connaît une vague de froid conséquente. Black out électrique, plus d'eau potable, plus de nourriture dans les magasins.
Je rappelerai juste les bagarres dans les magasins en France lors du premier confinement et la "valeur" prise par les rouleaux de papier toilette. Paris intra-muros dispose de trois jours de réserves alimentaires. Imaginez un black-out d'une semaine.
On quitte la Savoie parce que la région a une démographie trop importante et que cette population représente une sorte de bombe à retardement. Je ne parle même pas de Paris ou d'autres zones urbaines de la même ampleur, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille etc etc...
Nous avons cherché un territoire à l'écart de tout. Là où nous allons pouvoir réaliser notre objectif de résilience totale. Nourriture, eau potable, énergie. Il ne s'agira pas de nous isoler mais de chercher à rencontrer des individus engagés dans une voie similaire. Et on ne les trouve que dans des lieux retirés.
Être survivaliste ne consiste pas à stocker des biens, de la nourriture, de l'eau, des médicaments et des armes en attendant égoïstement que le monde s’effondre, qu'une catastrophe planétaire éteigne cette humanité et efface tout ce qu'elle accomplit de néfaste. Il s'agit de réduire notre impact sur la Terre afin que les équilibres se maintiennent, il s'agit d'économiser ce qui appartient à tous et ne doit pas être dilapidé, il s'agit de prévoir afin de ne pas subir, il s'agit de relier les individus dont la vison de l'existence ne se résume pas au consumérisme et à un "Après moi, le déluge". Notre rêve désormais est de constituer cette base de vie durable et d'en partager l'expérience.
COVID-19 : à quoi s’attendre au sortir de la crise sanitaire
Publié par Légendat | 30/03/2020 | Survivalisme et résilience | 12 |

Presque trois ans se sont écoulés depuis que j’ai écrit mon article expliquant comment se préparer à une pandémie. Ce scénario -que j’ai toujours estimé être potentiellement le pire mais le moins susceptible de se produire- est aujourd’hui devenu réalité avec la propagation mondiale du COVID-19.
La France est confinée et la même question est sur toutes les lèvres : quand la vie va-t-elle reprendre son cours normal ?
Pour ceux et celles qui n’auraient pas encore compris, la fête est finie. La vie ne reprendra pas son cours normal au sens où nous l’entendons tous. Les choses ne reviendront pas à la normale après quelques semaines ni quelques mois. Il faudra des années pour que les vies politiques nationales et les économies repartent.
Et certaines choses ne seront jamais plus comme avant.
Ce premier trimestre 2020 aura été l’occasion de constater une bonne fois pour toutes que :
L’Etat français n’a ni la volonté profonde ni les moyens de protéger son peuple.
Le gouvernement est incompétent et n’hésite pas à mentir pour couvrir ses fautes stratégiques et s’assurer la continuité du pouvoir (et des profits).
Les fonctionnaires servant ce même gouvernement sont traités comme de la chair à canon, corvéables à merci jusqu’à la mort.
La sécurité est sacrifiée sur l’autel de la rentabilité, qui a menée à la destruction de nos hôpitaux, de notre armée et de nos forces de l’ordre (entre autres).
Je pourrais encore allonger cette liste mais ces 4 points me semblent être les plus importants pour nous, survivalistes (fous d’hier, lucides d’aujourd’hui), qui cherchons à assurer notre sécurité par nous-même.
Les conclusions sont faciles à tirer : chacun doit œuvrer pour être à même d’assurer sa propre protection au sens large : sécurité financière, alimentaire, sanitaire et bien sûr personnelle.
J’aurais énormément à dire sur ce que je pense de cette crise et de la façon dont elle est gérée mais je vais me concentrer sur les aspects qui nous intéressent. Les scandales de la pénurie de masques et du traitement à la chloroquine sont largement débattus par tout le monde et l’ensemble des médias s’épand jour et nuit sur la gravité de la situation, mais ma perception de cette pandémie est toute autre.
Ce que je peux commencer par vous dire, c’est qu’en dépit du bordel planétaire qu’elle a provoqué, cette pandémie de COVID-19 ne restera dans l’Histoire que comme un événement précurseur, le déclencheur de quelque chose de bien plus important.
Propagation et résurgence du COVID-19
Le sujet est très peu abordé pour le moment mais il est déjà évident que nous sommes loin d’être débarrassés du coronavirus. L’absence d’équipements de protection et de consensus mondial sur la façon de contenir la pandémie va inévitablement favoriser la réapparition de la maladie pendant des mois voire des années, avec le risque réel de faire face à des mutations bien plus virulentes que la souche actuelle.
J’en profite pour préciser que le COVID-19 est un virus à la létalité assez faible si on le met en perspective avec d’autres maladies virales ou bacilles comme Ebola, la peste noire ou la souche H5N1 modifiée. Le COVID-19 n’est pas le danger biologique auquel je me préparais jusqu’ici et je le prends plus comme un entraînement à ce qui va suivre que comme une épreuve en tant que tel.
La vérité est que la crise que nous traversons est moins liée au coronavirus qu’à l’incompétence des gouvernements européens et à la destruction des Etats-nations orchestrée par l’Union Européenne et ses sous-fifres. Si nos stocks stratégiques de matériel de protection NRBC avaient été corrects et notre chef d’Etat compétent, des milliers de morts et le confinement que nous subissons auraient pu être évités. La récession économique brutale qui va en découler aurait donc pu, elle aussi, être maîtrisée.
Prenez le temps de vous imaginer ce que nous serions en train de vivre si nous avions été la cible d’une attaque biologique et si nous n’avions pas la « chance » de faire face à une affection contrôlable -qui en passant est devenue hors de contrôle grâce à l’incompétence de nos « élites ».
Quoi qu’il en soit, la passivité et l’attentisme des gouvernements européens ainsi que la perméabilité des frontières nationales supplantées par celles de l’espace Schengen nous garantissent le taux de mortalité le plus élevé possible et la résurgence future de la maladie dans des zones assainies.
Conséquences du COVID-19
Nous payons aujourd’hui la vente de nos Etats -et donc notre destin individuel comme national- à une économie de marché libérale ne jurant que par le profit maximal : nos gouvernants sont des incapables méprisants qui ne représentent qu’eux-mêmes, notre système de santé est mis à genoux par une politique de rentabilité incohérente avec sa nature profonde, notre armée est déliquescente, nos forces de l’ordre sont à bout de souffle, nos stocks de résilience sont inexistants.
Le point commun à tous ces maux est la recherche vorace d’une rentabilité totale qui n’a pas lieu d’être dans les fonctions régaliennes de l’Etat. Les fonctionnaires sont les premiers à avoir été trahis par le gouvernement et leur intégrité et dévouement sont admirables car ils en sont très conscients.
Qu’elle doive affronter une guerre sanitaire ou une guerre conventionnelle, la France est mal engagée. Une guerre se mène de front avec des chefs de guerre compétents, des décisions claires et cohérentes, de la confiance, du courage, des hommes motivés et soudés, du matériel adapté et une logistique solide.
La victoire n’est jamais acquise même quand toutes ces conditions sont réunies et comme le démontre le cirque pitoyable auquel nous assistons, nous n’avons plus rien de tout cela.
Ne vous y trompez pas. Si à l’heure où j’écris ces lignes nos soignants, pompiers, FO, militaires font front commun pour tenter d’endiguer le COVID-19, il est inévitable que le mépris et la violence passés -encore très présents dans les esprits et dans les chairs- ainsi que l’incompétence crasse du gouvernement et le manque de moyens mis à disposition vont se payer très cher au sortir de la crise sanitaire.
Cette pandémie est l’occasion de mettre en lumière tous les manquements gouvernementaux en termes de gestion régalienne : nos hôpitaux, notre armée et nos forces de l’ordre sont sous-équipés et en sous-nombre, nos réserves stratégiques sont vides, notre tissu social est gangréné au point de devoir adapter les mesures de confinement aux territoires « perdus » (pour ne pas dire abandonnés à l’ennemi) de peur de voir les cités « s’embraser ».
Tout cela en dit long sur l’état du pays.
On parle beaucoup du coronavirus en lui-même mais il ne faut pas en oublier l’essentiel : c’est la mauvaise gestion de l’Etat plus que le virus en lui-même qui aura causé tant de souffrances et de dégâts.
Ce qu’il restait de confiance entre le gouvernement et le peuple est mort du coronavirus, en France comme dans nombre d’autres pays européens. L’heure des révoltes populaires est proche, celle des « mesures sécuritaires » drastiques aussi.
Ce temps de confinement n’est que le calme avant la tempête.
Je vous renvoie donc vers mon article sur les produits à stocker en cas de crise, qui risque lui aussi de devenir encore plus d’actualité très prochainement.
La foudre vient, l’orage est déjà là. Préparez-vous aujourd’hui plus que jamais, demain n’attend pas.
Légendat







