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Le désert des Tartares

Par Le 01/02/2021

Plusieurs années à lire des études climatiques, plusieurs années à nous interroger sur nos priorités. 

Attendre ou anticiper ? 

Attendre, c'est prendre le risque de ne plus être en mesure de réagir, devoir se précipiter, au risque de commettre des erreurs.

Anticiper, c'est prendre le risque de quitter les montagnes sans être certain que les menaces se réalisent.

C'est "Le désert des Tartares" de Dino Buzzati, en quelque sorte. C'est l'histoire d'une vie humaine consumée dans l'attente d'un événement. J'avais lu ce roman quand j'étais au lycée. Inoubliable. 

Effectivement, il est possible que cette anticipation ne se réalise pas. Comme il est possible qu'elle survienne. 

La balance du "risque-bénéfice" est un raisonnement incontournable. Il est venu un moment dans nos réflexions où le bénéfice du départ l'a emporté. Il nous fallait un autre lieu de vie.

Rien dans tout ce que je continue à lire n'éveille en nous le moindre doute.

 

Il ne s'agit pas que d'un problème climatique. 

L'anticipation concerne l'économie, le social, la finance, le sanitaire, le démantèlement progressif ou brutal de nos modes de vie. 

Le temps de l'insouciance est révolu.

 

 

https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/climat-meteo-france-prevoit-des-temperatures-caniculaires-pour-la-fin-du-siecle-sur-une-large-partie-du-pays_4279819.html

Le pire des scénarios prévoit cinq à dix fois plus de canicules pour la fin du siècle. Des périodes de fortes chaleurs qui pourraient durer un voire deux mois dans le quart Sud-Est de la France.

Article rédigé par

Etienne Monin

Radio France

Publié le 01/02/2021 17:59Mis à jour le 01/02/2021 18:03

 Temps de lecture : 2 min.

Des adolescents jouent au volley-ball dans la fontaine de l'esplanade du Trocadéro à Paris le 25 juin 2019, un mois marqué par une canicule exceptionnelle. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Des adolescents jouent au volley-ball dans la fontaine de l'esplanade du Trocadéro à Paris le 25 juin 2019, un mois marqué par une canicule exceptionnelle. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Les impacts du réchauffement climatique pourraient être spectaculaires en France d’après de nouveaux modèles réalisés par Météo France et l'institut Pierre Simon Laplace. Trois scénarios ont été élaborés pour la fin du siècle. Ils prévoient un climat caniculaire sur une grande partie du pays si un gros effort n’est pas fait pour réduire les rejets de gaz à effets de serre.

Trois scénarios envisagés

Les chercheurs ont élaboré trois modèles de climat liés à trois scénarios socio-économiques. Le premier est vertueux, où nos émissions sont sensiblement réduites. Dans le second, c'est l'excès inverse : il n'y a aucune régulation. Enfin, les chercheurs ont élaboré un scénario d'entre-deux. Il en ressort que les températures vont augmenter en France d'ici la fin du siècle. L'échelle, qui conditionne notre devenir, va de + 1 à + 4 degrés en fonction du scénario.

L'histoire du réchauffement est déjà écrite jusqu'au milieu du siècle. Les températures vont augmenter, on le sait, cela vient de l'effet des gaz à effet de serre qui sont déjà stockés dans l'atmosphère. Par contre, ce qui n'est pas écrit, c'est ce qui va se passer dans la deuxième moitié du siècle. Ce qu'on fera aujourd'hui va influencer ce climat de demain, et c'est l'enjeu qu'il y a à voir dans ces trois modèles climatiques. 

Des canicules et des nuits tropicales plus fréquentes et plus durables

Le plus spectaculaire, ce sont les vagues de chaleur : elles vont augmenter, quel que soit le scénario. D'ici la fin du siècle, le nombre de jours avec des températures intenses va doubler pour le scénario le plus vertueux et être multiplié de cinq à dix avec le pire des scénarios. Conséquence : des situations de canicule pour le quart Sud-Est de la France sur une durée de plus d'un mois.

Autre phénomène : les nuits tropicales, avec des températures au-dessus de 20 degrés. Rares à la fin du siècle dernier, elles toucheraient toute la France à la fin de ce siècle si les émissions continuent d'augmenter. Elles vont déjà toucher Paris et Lyon dans les 30 ans qui arrivent, et d'après le même scénario, elles pourraient durer sur des périodes de plusieurs mois. En parallèle, le froid va devenir une situation rare. Dans le meilleur des cas, le nombre de jours liés aux vagues de froid sera divisé par deux à la fin du siècle. Il pourrait ne rester qu'un jour pour les deux autres scénarios. Pour les pluies, l'intensité devrait augmenter, mais globalement, la hausse du cumul restera limitée. On s'attend à des augmentations au Nord et des diminutions au Sud.

Un réchauffement davantage marqué au Sud et en montagne

C'est l'autre enseignement de cette étude. Le Sud-Est devrait être plus touché que le Nord-Ouest. Pour les températures, la Bretagne et les Hauts-de-France sont les régions les moins touchées, avec un écart de un degré. L'Arc méditerranéen, le couloir rhodanien et la vallée de la Garonne pourraient subir des périodes de canicule qui pourraient durer de un à deux mois en été. Le réchauffement est plus actif en montagne, dans les Alpes et dans les Pyrénées.

La France est donc clairement vulnérable aux changements climatiques. Toutes les régions seront touchées, mais elles ne sont pas égales devant ce réchauffement et l'adaptation devient cruciale.

 

Est-ce une opportunité ou une sanction ?

Par Le 31/01/2021

L’humanité serait depuis longtemps heureuse si tout le génie que les hommes mettent à réparer leurs bêtises, ils l’employaient à ne pas les commettre.

Georges Bernard Shaw.

C'est bien évidemment la course au profit qui en est responsable. Le bon sens n'y résiste pas...

Imaginer que la nature est un champ d'expérimentations libre de droits et d'attention est une erreur effroyable.

Là encore, les Peuples premiers ne s'y sont pas trompés. Les Indiens Kogis n'ont jamais eu le moindre problème d'exploitation des sols pour la bonne raison qu'ils ne "les exploitent" pas, ils les préservent.

Nous, nous cherchons à en "tirer profit" alors qu'eux en profitent. La nuance est de taille.

La course au profit est une exagération de ce qui est proposé par la nature.

L'extension du nombre contribue bien évidemment à cette dégradation de l'équilibre. La société consumériste apparaît là encore comme une excroissance néfaste. Les lois du marché sont devenues l'unique référence, l'objectif prioritaire au nom de la libre concurrence, de la liberté du choix, du bonheur des masses...Vaste mensonge.

Seul le profit mène ce monde et le bon sens est devenu l'ennemi du profit.

L'avenir de l'humanité passera par la réduction des échanges, la simplification matérialiste des existences. Dans une société psycho-toxique, les citoyens sont des toxicomanes...

Le virus qui plombe ce monde matérialiste, aussi douloureux que soient les situations que ça engendre, doit-il être considéré comme une opportunité ou comme une sanction ? 

Jean Le Cam

Par Le 29/01/2021

Bien évidemment que j'aime cet homme. Il y a bien longtemps que je regarde son parcours dans le milieu et que j'écoute ses paroles. 

"En dire trop, ça fait rire, bien faire, ça fait taire".

C'est un taiseux mais quand il parle, il dit quelque chose. Et on s'en souvient.

Ici, il parle de la course à l'argent dans le milieu, la course à la technologie, le "toujours plus", il parle de l'amitié, du respect, du partage avec le public aussi, de l'amour que ça génère.

C'est un homme de coeur et il faut écouter l'hommage que lui rend Damien Seguin.

VIDEO. Vendée Globe 2020 : Jean Le Cam, 4e au classement, est "allé au bout du bout du bout"

Jean Le Cam a bouclé son 4e Vendée Globe jeudi soir. Il est le 8e à passer la ligne d'arrivée mais Le Roi Jean s'offre la 4e place du classement au terme d'une course mouvementée au cours de laquelle il a porté secours à Kevin Escoffier dont le bateau a coulé. 

Publié le 28/01/2021 à 20h26 • Mis à jour le 29/01/2021 à 14h40

Jean Le Cam à son arrivée du Vendée Globe aux Sables d'Olonne, le 28 janvier 2021

Jean Le Cam à son arrivée du Vendée Globe aux Sables d'Olonne, le 28 janvier 2021 • © Jean-Marie Liot/Alea

Vendée Les Sables-d'Olonne

Il a quatre Vendée Globe à son actif, Jean Le Cam vient de boucler une nouvelle fois ce tour du monde mythique, en solitaire et sans escale.

J'en ai fait pourtant mais des comme ça...

Jean Le Cam

"Je ne sais pas comment je suis arrivé là", a-t-il dit dès son arrivée, "C'est une délivrance, ça c'est sûr, ça y est, c'est fait. Ça a été un truc de malade, j'en ai fait mais avec tout qui s'est passé (...) en plus apparemment je suis 4e".

" C’est une ligne d’arrivée comme je n’en ai jamais passé de ma vie. Vous saurez demain pourquoi. Je ne sais pas comment je suis arrivé là, honnêtement je ne sais pas."

Le doyen de la flotte a coupé la ligne d'arrivée de ce Vendée Globe 2020 à 19h19'55'' après 80 jours 13 heures 44 minutes 55 secondes, et après décompte d'une compensation horaire de 16h.

Par le jeu des bonifications, il a franchi la ligne d'arrivée ne 8e position mais décroche une 4e place.

Car cette édition 2020 a été mouvementée pour lui puisque le 30 novembre dernier il a dû se dérouter pour porter secours à Kevin Escoffier alors qu'il était en perdition sur son radeau de survie à 600 milles dans le sud-ouest du cap de Bonne Espérance, après le naufrage de son Imoca.

À ce sujet, la rédaction vous recommande

Vendée Globe 2020 : Escoffier en détresse, plusieurs skippers dont Jean Le Cam se déroutent pour l'aider

Lors du Vendée Globe 2008, c'est Jean Le Cam qui avait été victime d'une avarie majeure, puisque son Imoca s'était retourné au large des côtés chiliennes.

Vincent Riou s'était alors dérouté pour porter secours au skipper en difficulté au 57e jour de course, alors qu'il était 4e de la course.

Jean Le Cam au ponton avec Vincent Riou et Kevin Escoffier lors de son arrivée du Vendee Globe, le 29 Janvier 2021. • © Jean-Marie Liot/Alea

A 61 ans, le Roi Jean a su rivaliser avec ses adversaires, en naviguant pourtant sur un bateau d'ancienne génération, sans foils, vainqueur du Vendée Globe 2008-2009.

Les foils pour le Roi Jean, c'est "beaucoup de casse-tête, beaucoup d'énergie, beaucoup d'argent pour pas grand chose, je vous rappelle qu'Hugo Boss partait pour ce Vendée Globe en 69 jours, ben voilà". Alex Thomson le skipper d'Hugo Boss a dû renoncer, victime d'avarie sur son bateau, le plus moderne de la flotte.

"J'ai donné aux jeunes générations de se dire qu'ils peuvent faire le Vendée Globe même avec des moyens limités (...) ça c'est une vraie victoire".
 

 

 

Vaccination et surveillance numérique

Par Le 29/01/2021

« La principale finalité de la vaccination n’est pas sanitaire », par Philippe Guillemant

 

https://www.nexus.fr/actualite/billet-dhumeur/finalite-vaccination-guillemant/

 

1 DÉCEMBRE 2020

« Le principal but de la vaccination n’est pas d’ordre sanitaire », selon Philippe Guillemant, Docteur et ingénieur physicien, spécialiste d’Intelligence Artificielle exerçant au CNRS. « Ce problème-là est peanuts à coté du choix de société qui se trouve devant nous, qu’une politique de gouvernance mondiale semble avoir déjà fait à notre place. Le principal but de la vaccination est de parvenir à une normalisation du port d’identité numérique par chaque citoyen. Aucune loi ne pourrait empêcher l’implémentation des algorithmes correspondants, mais seulement en interdire l’usage. La question de savoir si nous allons effectivement rentrer dans ce nouveau monde, ou pas, va donc dépendre du niveau d’acceptation du vaccin. Mais je le répète une fois de plus, mon avis est qu’on n’entrera pas dans ce nouveau monde. »

En plus des articles écrits par les membres de la rédaction, Nexus diffuse désormais des messages rédigés par d’autres personnes à la plume alerte. Nous partagerons avec vous leurs coups de gueules et de sang, cris du coeur, évasions et analyses de l’esprit que nous trouvons pertinents. Aujourd’hui, nous vous proposons pour la troisième fois les écrits de Philippe Guillemant, ingénieur physicien français, Docteur en Physique, spécialiste d’Intelligence Artificielle exerçant au CNRS.

Le principal but de la vaccination n’est pas d’ordre sanitaire

Le principal but de la vaccination est de parvenir à une normalisation du port d’identité numérique par chaque citoyen. Il sera en effet permis que le contrôle de ses droits d’accès à différents lieux (restaurants, boutiques, gares etc.) se fasse de manière automatique, ce qui ouvrira un immense marché, celui des objets connectés, tellement savoureux qu’il est capable de transformer des informaticiens en virologues.
Cela permettra également l’introduction d’une monnaie numérique déjà préparée par la suppression progressive de l’argent liquide.

Il y a deux cas à considérer :

– Port d’identité numérique non intimement liée au corps : mobile, bracelet, montre, sac à main…
– Port d’identité numérique intimement liée au corps : bague, puce sous la peau, identification génique…

Dans le second cas il sera impossible, sauf opération chirurgicale, de se débarrasser de son identité.

Dans un premier temps, seul le premier cas est à considérer sérieusement. Ce n’est que lorsque l’usage d’une identité numérique sera normalisé par l’habitude (de vivre autrement) que le second cas s’imposera naturellement pour renforcer la sécurité de l’usage.

Aujourd’hui, ce port d’identité numérique est déjà réalisé via nos mobiles, mais aucun usage n’en est fait, sauf marginal comme dans le cas de l’application TousAntiCovid. Tout le monde a le droit d’entrer dans n’importe quelle boutique et de voyager sans être obligé d’avoir un portable. D’autre part, le traçage des déplacements permis par un mobile est très grossier, sa précision étant comprise entre 1 et 10 mètres. On peut considérer que pour l’instant, avoir un portable est inoffensif.

Tout cela pourrait changer avec le contrôle vaccinal automatisé et la généralisation des objets connectés via la 5G et même dès la 4G. En particulier le traçage ne serait plus réalisé par GPS, mais par analyse et triangulation de signaux via les objets alentours et sera à terme 100 à 1000 fois plus précis, à mesure que la technologie évoluera.

Le port non lié au corps d’identité numérique, dans un environnement peuplé d’objets connectés (maisons, voitures, routes, villes…) permettrait les recueils de données suivants par une I.A. :

– Vérification d’autorisation d’accès pour les vaccinés
– Contrôle de vitesse et stationnement (voiture connectée)
– Identification de toutes sortes d’infractions à la conduite
– Identification des personnes avec qui l’on déjeune
– Mémorisation de tous les déplacements
– Calcul de temps de travail ou temps de présence…
– Détection de déplacement inhabituel…
– Etc

Il convient de préciser qu’aucune loi ne pourrait empêcher l’implémentation des algorithmes correspondants, mais seulement en interdire l’usage.Toutefois, il serait extrêmement difficile de détecter qu’un tel usage n’est pas effectué. Seule son exploitation pourrait être rendue visible, mais cela laisse une grande place à une exploitation inavouée, par exemple par une société d’assurance où le calcul des droits est déjà réalisé de façon informatique.

Considérons maintenant le deuxième cas, et allongeons la liste précédente :

– Maison intelligente (interactions, commandes, dialogues…)
– Analyse d’activités privées (dormir, lire, faire l’amour…)
– Surveillance de l’activité des enfants
– Analyse des interactions familiales
– Analyse de situation (repos, activité, chute…)
– Analyse de comportement (geste brusque, activité sportive…)
– Détection et mémorisation des habitudes
– Etc

J’en oublie certainement, sachant qu’il est difficile d’imaginer d’avance tout ce que la quatrième révolution industrielle pourrait nous inventer. Je ne parle ici que d’un transhumanisme très doux, presque acceptable, sans faire référence à quoi que ce soit d’intrusif comme une puce dans le cerveau, des nanorobots dans nos veines ou une vision artificielle et connectée. Mais il va de soi que l’acceptation de ces technologies intrusives est conditionnée à l’acceptation de l’usage d’identité numérique.

La question de savoir si nous allons effectivement rentrer dans ce nouveau monde, ou pas, va donc dépendre du niveau d’acceptation du vaccin.Il est en effet peu probable que l’on oblige chaque citoyen à porter une identité numérique lors de ses déplacements si 50% de la population n’est pas vaccinée, car on ne va pas limiter à ce point la liberté de circulation. Par contre, si seulement 5% de la population n’est pas vaccinée, il est fort probable qu’on entrera dans ce nouveau monde.
La réalité sera évidemment bien plus complexe que cette simplification binaire, qui n’a d’autre but que d’éveiller aux véritables enjeux.

Donc, je le répète, nous ne sommes pas confrontés à un problème sanitaire avec le virus. Ce problème-là est peanuts à coté du choix de société qui se trouve devant nous, qu’une politique de gouvernance mondiale semble avoir déjà fait à notre place.

Mais je le répète une fois de plus, mon avis est qu’on n’entrera pas dans ce nouveau monde.

Philippe Guillemant, le 24 novembre 2020

Pour en savoir plus sur l’auteur : http://guillemant.net
Sa 
biographie, ses articles, ses livres et dvd, ses conférences, ses réalisations technologiques, sa revue de presse et ses publications.

Damien Seguin

Par Le 28/01/2021

 

Demain, vous essayez de passer une journée entière avec une main dans une moufle, avec impossibilité de vous en servir.

Ensuite, vous essayez d'imaginer ce que ça peut donner sur une course telle que le "Vendée globe".

Damien Seguin vient de finir son tour du monde à la voile en solitaire. 

 

Là-Haut : un commentaire égaré

Par Le 28/01/2021

 

Je cherchais un ancien article dans mes archives et je suis tombé sur celui-ci. Pas du tout ce que je cherchais mais le titre "Et maintenant, je fais quoi ? " ne me disait plus rien et donc je l'ai ouvert. 

C'est un commentaire en fait, sur un de mes romans. Là-Haut. 

Image 2

Et maintenant, je fais quoi ?...

  

 

 Le 25/05/2012

 

J'ai reçu aujourd'hui ce mail de la part d'Estelle, une lectrice de deux sites littéraires, "La cause littéraire" et "Reflets du temps".

Un commentaire pour mon roman "Là-Haut".

Jean est guide de haute montagne. Il va à Paris au salon du livre pour y représenter un livre de photographies. Blandine, sa femme l'accompagne.

Station Saint-Michel du RER. L'attentat.

Sa femme meurt à ses côtés et il se réveille à l'hôpital. Il a été amputé d'une jambe.

Une lente reconstruction au coeur des montagnes. Une introspection plus redoutable que tous les sommets qu'il a atteints.

"Cette fois je suis comblée.

« Jean », dont j’aurais pu assurément tomber amoureuse, ne meurt pas à la fin. Au contraire, il renaît. Il revit. Une autre vie.

J’ai encore beaucoup aimé ce texte. J’admire cette puissance chez vous à « tenir très fort dans vos mains » une drôle d’histoire, pas drôle, à la tendre à votre narrateur, afin qu’il nous la restitue et nous la raconte à souffle tendu, en apnée, au-delà de toute notion de temps, au-delà de l’imaginable. Et quelle histoire ! L’attentat de St Michel ! Fichtre ! Quelle audace !

 Et donc, que dire encore que je ne vous aie déjà dit de vos autres textes ? Au risque de me répéter, au risque de vous lasser, et de descendre du « piédestal » d’où je vous écris, puisque, dites-vous avec générosité, vous êtes « fan » de ce que je vous écris… (c’est possible ça… ?), je ne vois pas quoi ajouter à tout ce que j’ai déjà dit, écrit, exprimé pour dire la force de vos textes, la force de votre écriture, la force de vos histoires. La force incroyable de votre vie qui transpire dans vos livres. Cette force qui nous secoue. Malmène. Effraie. Ravit. Nous explose parfois. Nous remue et nous fait fondre d’émotion, de tendresse, d’amour, de peur, ne nous laisse jamais indemne. Votre écriture, c’est un ravissement. La passionnée que je suis est comblée par la passion de votre écriture. Par la passion avec laquelle vous menez votre vie, tous les instants de votre vie, aujourd’hui, hier, demain, malgré les douleurs passées, malgré les blessures, malgré tout. Vraiment vous me ravissez. Dans tous les sens du mot. Je ne vois pas d’autre mot.

 Le troisième livre, donc, que je lis de vous. Il n’en fallait pas plus pour que dès les premières lignes, les premières pages, j’entende déjà votre « musique », la musique de vos mots, de votre style, la musique même des battements de votre cœur qui scandent votre écriture. Il n’en fallait pas plus pour que dès le début du texte, je reconnaisse « de loin » votre style et la mélodie qui s’en dégage. A présent, je sais comment vous « composez » vos livres, j’en connais les notes, et la partition. Le refrain de vos mots est entré dans ma tête, je peux le fredonner comme une chanson qu’on aime, qu’on a tout le temps envie d’écouter. Vous avez une « patte d’écrivain », à vous. Pour moi, c’est ça un vrai écrivain.

 Pourtant, je ne suis pas particulièrement réceptive à tout ce qui touche à l’irrationnel, à la vie après la mort, et à tous ces témoignages que beaucoup de gens rapportent après avoir frôlé la mort, après une sorte de coma où ils se sont vus dans une sorte de tunnel, éblouis par une étrange lumière. Où ils ont ressenti comme une paix intérieure en revenant à la vie.

Mais « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse... »

 J’ai lu tout à l’heure sur votre blog votre petit texte « Je ne peux pas faire autrement ». Et vous savez à quoi ce passage-là:

"Ce qui m'importe d'ailleurs, c'est que le lecteur rencontre lui aussi sa propre disparition. Que l'histoire, nourrie par "cette écriture exigeante" devienne un effaceur de l'individu, qu'il disparaisse lui-même dans les atermoiements, les élévations, les tourments, les révélations, les drames, les rencontres, les fusions, l'inexplicable, l'invisible, l'irrationnel, que la vie du lecteur soit aspirée par cette exigence, que les mots, les idées, les pensées, les émotions l'envahissent jusqu'à ce qu'il n'ait plus conscience de lire, jusqu'à ce que la vie du livre coule en lui, jusqu'à ce que les mots résonnent en lui indéfiniment, qu'il ne puisse plus s'en défaire, qu'ils deviennent des compagnons, que le livre lui-même n'existe plus et qu'il ne reste que ce fil de vie qui relie l'existence des personnages et celui qui les accompagne et plus beau encore, qu'ils ne fassent plus qu'un."

Le mot est un peu fort et audacieux, je le concède, mais ça m’a sauté aux yeux : quand vous écrivez, vous « faites l’amour » à votre lecteur(trice).

 Cet après-midi, profitant du soleil sur mon balcon, je m’y suis installée avec un petit bouquin acheté récemment, qui vient de sortir : « Madame Céline ». Un petit recueil de témoignages d’écrivains ou d’artistes ayant côtoyé Lucette Destouches, qui aura 100 ans le 20 juillet prochain, qui est la veuve de l’écrivain Louis-Ferdinand Céline.

Et un témoignage m’a particulièrement touchée, et m’a fait penser à vous. C’est Christophe Malavoy, acteur de théâtre et de cinéma, qui a écrit un livre sur Céline, et qui écrit ces lignes, dont je vous offre en cadeau quelques petits passages :

« La première chose qui frappe quand on rencontre madame Destouches, et que l’on sait toutes les duretés et misères que cette femme a subies aux côtés de son mari durant la guerre et après la guerre, c’est son étonnante douceur, sa bienveillance qu’elle vous offre avec un sourire dont elle a le secret. Aucune amertume, aucune souffrance, pas une ombre de rancune dans ce visage apaisé. « Un frisson d’eau sur de la mousse » dirait Rimbaud.

« Lucette Destouches a une personnalité qui intrigue et l’on ressent assez vite la force de caractère que la longue et patiente pratique de la danse a forgée. C’est une humilité qui s’impose au premier regard et l’on comprend à ses côtés qu’il n’y a rien à faire que d’être soi et non pas un autre. En toute chose, cherchez l’humilité. C’est cela que madame Destouches vous invite à faire, partager quelque chose d’intime, d’humble, une relation vraie, dénuée d’arrière-pensées.

« Cette première rencontre fut donc très émouvante, et malgré la pudeur qui était la nôtre, nous avons avancé pas à pas, laissant nos âmes se rapprocher et se raconter ces choses que les mots ne connaissent pas. Ce fut très simple, sans heurts, et rien ne pouvait nous combler davantage que cette relation où l’on ne cherchait pas à se plaire mais bien plutôt à faire naître une complicité, une estime, et bien au-delà encore, ce qu’on appelle une « âme sœur ». Nous nous sommes quittés avec le goût et l’impatience de nous revoir comme deux jeunes adolescents qui se promettent un ciel qui les protège.

« A chacune de mes visites à Meudon, je suis reparti avec cette force que dégage madame Destouches, une force empreinte de fragilité, de douceur et d’humour. Une force empreinte d’une infinie patience. La patience, mère de toutes les persévérances. De sa petite voix qui s’échappe et reste légèrement en suspens telle une danseuse sur les pointes, Lucette Destouches donne le tempo et vous convainc qu’il n’y a pas autre chose à faire que de prendre les choses pour ce qu’elles sont. C’est tout simple, mais nos vies agitées en tous sens nous éloignent si souvent de cette force intime où chaque minute qui passe doit être vécue pour elle-même, et il est bien plus sage de s’en tenir à cela quand nous cherchons tant à vouloir vivre ce qui n’est pas.

Voilà ce que Lucette nous apprend : qu’il n’est rien nécessaire sinon trouver en nous notre humilité, ce discernement qui met en avant l’être plutôt que le paraître. Nul doute que la pratique de la danse, tant admirée par Céline, a donné à Lucette le sens de l’effort ainsi que celui de la mesure. Et je dirais qu’il n’y a pas d’humilité, autrement dit de connaissance des autres autant que de soi-même, sans une part de renoncement. La danse c’est le dépassement de soi par le renoncement du moi. C’est cela la grande force de Lucette Destouches, et c’est cela qui me touche et m’émerveille à chacune de mes visites. Cette capacité à être sans rien vouloir.

N’est-ce pas le tempérament de ceux qui ont souffert et qui n’en disent jamais rien ? »

Voilà, j’ai trouvé ces lignes particulièrement belles. Comme un écho à beaucoup de vos qualités humaines.

Et si, dans ces extraits, on remplace « danse » par « escalade en montagne », comment ne pas faire, naturellement, le rapprochement avec vous…

Ce soir, je commence Noirceur des cimes. Je retourne dans votre musique de mots."

Estelle

 

 

 

Le FMI et la dette française

Par Le 28/01/2021

Il faut s'attendre à des annonces pénibles...Et vu le démarrage de l'année 2021, il n'est même pas possible d'imaginer ce qui va en sortir. 

 

https://www.challenges.fr/finance-et-marche/le-fmi-invite-la-france-a-preparer-un-plan-pour-reduire-sa-dette_746681

 

Le FMI invite la France à préparer un plan pour réduire sa dette
Par Reuters le 19.01.2021 à 15h20

LE FMI INVITE LA FRANCE À PRÉPARER UN PLAN POUR RÉDUIRE SA DETTELa France doit travailler dès maintenant à un plan qui lui permettra d'assainir ses finances publiques dès que l'économie aura surmonté la crise due au coronavirus, a déclaré mardi le Fonds monétaire international (FMI). /Photo d'archives/REUTERS/Yuri Gripas
YURI GRIPAS
PARIS (Reuters) - La France doit travailler dès maintenant à un plan qui lui permettra d'assainir ses finances publiques dès que l'économie aura surmonté la crise due au coronavirus, a déclaré mardi le Fonds monétaire international (FMI).

Dans son rapport annuel sur l'économie française, le FMI dit s'attendre à un rebond de 5,5% du produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie de la zone euro après une contraction de 9% environ en 2020.

Mais il ajoute que la tendance de croissance à moyen terme devrait rester inférieure à son niveau d'avant la crise - l'économie de l'Hexagone affichait alors des performances supérieures à celles de plusieurs autres pays de la zone euro - car la situation financière des entreprises et le chômage élevé vont continuer à peser sur l'activité.

Alors que la crise devrait laisser le déficit budgétaire du secteur public à 7,7% du PIB cette année, le FMI exhorte le gouvernement à ne pas perdre de temps et à élaborer des plans pour réduire les dépenses une fois que la reprise économique sera installée.


"La dette en France est élevée et nous pensons que le moment est venu d'élaborer et d'approuver un plan d'assainissement budgétaire crédible à moyen terme", a déclaré le chef de la mission du FMI en France, Jeffrey Franks, lors d'une conférence téléphonique.

Le ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, a pris note de ce rapport en assurant partager l'analyse du FMI sur la nécessité de continuer à soutenir les entreprises, la pertinence d'un plan de relance "ambitieux" et "l'importance d'élaborer dès à présent une stratégie de rééquilibrage des finances publiques".

La semaine dernière, Bruno Le Maire avait estimé que la prévision du gouvernement d'une croissance de 6% du PIB cette année n'était pas hors d'atteinte, disant tabler sur un rebond soutenu au deuxième semestre.

Il s'est par ailleurs exprimé à plusieurs reprises ces dernières semaines en faveur d'une réforme du financement des retraites une fois la crise du coronavirus terminée, au nom de l'assainissement des comptes publics et de la justice sociale.

(Leigh Thomas; version française Claude Chendjou et Marc Angrand, édité par Jean-Philippe Lefief et Jean-Michel Bélot)

Professeur Raoult : un dossier qui date de 2003

Par Le 27/01/2021

 

RAPPORT de MISSION Didier RAOULT 

Pré-rapport le 02 avril 2003

Rapport définitif le 17 juin 2003

http://www2.cnrs.fr/sites/thema/fichier/bioterrorisme03.pdf

Il y a 360 pages mais ces pages-là montrent déjà à quel point les "alertes" ne sont pas entendues. Et je comprends parfaitement l'attitude du Professeur Raoult à l'égard des gouvernants et de toutes les structures étatiques.

 

CONCLUSIONS Rapport de Mission Pr. D. Raoult 263

Le rapport actuel montre que le pays doit faire un effort pour gérer au mieux les crises en maladies infectieuses. Celles-ci restent une cause de mortalité importante dans le pays et les niveaux de résistance aux antibiotiques sont parmi les plus élevés du monde. La gestion des molécules antibiotiques est probablement la plus mauvaise du monde, avec des niveaux de prescription uniques : le pays est considéré comme le contre-exemple mondial sur l’utilisation des antibiotiques.

Notre politique de vaccination contre l’hépatite B est unanimement condamnée.

Chaque événement nouveau est géré en urgence, ce qui fait prendre des responsabilités considérables aux politiques, du fait de l’absence de démarche et d’organisation rationnelle. Cela a été le cas pour l’histoire du sang contaminé et pour la vaccination contre l’hépatite B. Cela a été le cas plus récemment pour la prévention des infections par le nouveau variant de la maladie de Creutzfeld-Jacob. Les terreurs modernes se cristallisent autour de quelques événements médiatiques, en négligeant les quelques dix mille personnes qui meurent d’infections nosocomiales par an dans le pays.

Enfin, le niveau d’équipement du pays en maladies infectieuses est embryonnaire. Cet état de fait est la conséquence de choix politiques. Les maladies infectieuses n’ont jamais été considérées comme étant une priorité politique. C’est ainsi que des efforts ont été spécifiquement faits pour le SIDA, puis pour l’hépatite C, sans comprendre que c’est l’ensemble des maladies infectieuses qui doit être géré d’une manière cohérente.

Les réponses données sont des réponses ponctuelles à un sujet donné, sans travail sur le fond. Cette absence de volonté politique claire s’associe à un déficit de financement. Un effort a été fait par le Président de la République pour créer un appel d’offres en microbiologie. Celui-ci est malheureusement devenu un appel d’offres tourné exclusivement, ou presque, vers la recherche fondamentale, en oubliant les problèmes pratiques posés à l’homme. Par ailleurs, son niveau financier n’était pas à la hauteur des enjeux.

Il faut noter qu’aux Etats-Unis, en 2003, seront consacrés près de 3,6 milliards de dollars à la recherche sur les maladies infectieuses, soit pratiquement autant que pour le cancer et 1,2 milliard 2, rien qu’au domaine du bioterrorisme, c’est-à-dire, plus que le budget de l’INSERM en France. Ceci donne le niveau des enjeux.

Ce sous-développement financier est associé à un sous-développement des installations. En effet, la plupart des laboratoires manipulent dans des conditions qui ne sont plus légales. C’est vrai pour les organismes génétiquement modifiés qui sont manipulés hors des laboratoires de sécurité. C’est vrai pour les microorganismes pathogènes qui sont manipulés dans les hôpitaux, dans les laboratoires, dans des conditions exposant ceux qui les manipulent à des infections. Même les laboratoires nationaux de référence ne manipulent pas dans des conditions légales !

Le niveau d’équipement des hôpitaux pour l’accueil des malades contagieux est bas. Enfin, il n’existe plus dans le pays d’instance qui puisse être consultée et qui soit crédible auprès du public, des médias et des gouvernants. Ainsi, on voit se développer dans la presse et dans le public une approche complètement irrationnelle des maladies infectieuses car il n’existe plus personne ayant la légitimité pour revenir à des données raisonnables.

Au total, nos capacités à répondre en terme de bioterrorisme et de maladies infectieuses doivent être renforcées. Le système n’ayant pas un éclairage politique clair, tous les lobbies sont en œuvre et, dans ce domaine, la recherche biomédicale a toujours été défavorisée. C’est ainsi que, dans le financement de la défense (dans l’armée), la proportion de ce qui est consacré à la bio-défense est particulièrement bas, car l’essentiel de la direction générale des armements est constitué de polytechniciens et que la capacité qu’ont les quelques biologistes à lutter contre ces groupes de pression est faible. Ceci se traduit par une faiblesse structurelle du pays.

Ainsi, de la même manière, au niveau des hôpitaux, les décisions d’équipement ne sont pas prises du fait de l’intérêt national mais du fait des arrangements locaux dans le cadre des CME, des directeurs d’hôpitaux et des syndicats. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de voir que l’infrastructure basique des hôpitaux est complètement déficiente.

Ainsi, dans le cadre de la crise du bioterrorisme en 2001, sur les 4 plus grandes villes françaises choisies dans un premier temps pour traiter les poudres dans les CHU, une seule a été capable de le faire, dans deux il n’y avait pas de P3 (Lille et Lyon), dans la troisième, les P3 ont été réservés à la virologie par leur chef de service.

Enfin, il existe des conflits dignes de ceux rapportés dans la guerre des Gaules entre les différents ministères et les différents services des ministères. Certains responsables de service refusent de communiquer entre eux. La politique des uns est complètement obscure aux autres.

Certain développement demandé par telle structure de façon secrète ne bénéficie pas à l’ensemble du pays. Par ailleurs, il apparaît plus important de ménager les susceptibilités des uns et des autres que d’obtenir une réponse cohérente, efficace et active.

Je pense qu’il est essentiel d’avoir un discours politique fondateur, au plus haut niveau, autour de la lutte contre les maladies infectieuses, incluant le bioterrorisme et les maladies contagieuses. La lutte contre les maladies infectieuses est faite par la société entière. Elle fait appel à des éléments très profonds dans les relations humaines qui incluent l’hygiène, la circulation des personnes, la liberté, mais aussi l’organisation de l’ensemble des services. Seul, un discours politique fort sera susceptible de faire une priorité à la réorganisation et à la lutte contre les maladies infectieuses.

Pour pouvoir mettre en place quelque chose de stable, il faut se donner les moyens de comprendre, il faut organiser et il faut enseigner. Pour comprendre, il faut développer la recherche. Elle est actuellement éparpillée, mal financée, mal évaluée. Personne n’est capable de déterminer le financement que le pays consacre à ce domaine. Plus encore, la seule stratégie faite dans le pays pour se mettre en situation de répondre à un événement inattendu et dangereux (la construction d’un P4) a été réalisée par Monsieur MERIEUX sur des fonds privés et absolument pas par une politique de l’Etat. La France est le seul état à posséder un P4 privé ! L’armée, en particulier, n’a pas financé de P4. Il est intéressant de savoir que le coût d’un P4 est très inférieur à celui d’un avion de chasse ! (entre 1/5 et 1/10 de son prix !).

Pour organiser la réponse dans le domaine des maladies infectieuses, il serait utile de créer une cellule capable de coordonner les efforts des différents EPST, EPIC et des ministères de la santé, de la recherche et de la défense. A défaut de créer un équivalent de la branche du NIH consacré aux maladies infectieuses, il est souhaitable que le maximum des fonds et des moyens consacrés aux maladies infectieuses soit à terme géré par l’INSERM dans le cadre d’instituts autonomes fonctionnant comme des agences de moyens.

Il est essentiel de clairement indiquer à l’INSERM qu’une part de ses responsabilités se situe dans le domaine des maladies infectieuses et de la microbiologie appliquée. En effet, le pays a un retard considérable en biotechnologies et en thérapeutique et ces domaines doivent être privilégiés. Eventuellement, des appels d’offre spécifiques peuvent être réalisés dans ce domaine.

Il serait utile d’avoir une réflexion de fond avec l’Institut Pasteur actuel, qui est probablement à l’aube d’une phase nouvelle. Le service rendu au pays ne sera pas de même nature si l’Institut Pasteur se cantonne au 15ème arrondissement de Paris ou s’il décide de rayonner en rejoignant des structures plus larges et plus polyvalentes dans le pays, y compris à l’extérieur du 15ème arrondissement. En terme de recherche, et afin de permettre une certaine organisation, je propose la création d’infectiopôles, au même titre que les génopoles ou les cancéropoles qui, dans une première vague, devraient toucher Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Montpellier et peut-être Toulouse. A Paris pourrait se créer un premier infectiopôle autour de l’Institut Pasteur et de la faculté Necker. Ces infectiopôles reprendraient une organisation rationnelle comprenant la recherche fondamentale, le soin, le diagnostic, l’épidémiologie et la valorisation sur un site géographique unique. La mise en place des moyens techniques et humains sur ces infectiopôles et celle de thématiques spécifiques joueraient un rôle majeur dans le réaménagement du pays.

Il faut créer, par ailleurs et rapidement, un appel d’air de 50 millions d’Euros, comportant des appels d’offres autour de la biotechnologie, incitant à la création de mini-entreprises de diagnostic et une partie de mises au point technique en réservant une partie raisonnable à la recherche sur le bioterrorisme afin d’attirer les chercheurs dans ce domaine particulier. Le tout est probablement à gérer dans le cadre d’un institut. Dans le domaine de l’organisation, il convient aussi de créer des ressources en terme d'expertise. Il faut d’abord créer une entité nationale en créant un équivalent de l’Institut Universitaire de France où des médecins de très haut niveau, sélectionnés grâce à un comité international sur leur activité scientifique, et nommés pour un temps limité pendant leur vie scientifique active, pourront donner des grands programmes d’orientation au pays, en attirant l’attention sur les déséquilibres ou les besoins nés de l’évolution de la connaissance. Par ailleurs, il est souhaitable d’introduire à tous les niveaux une véritable politique de recrutement des experts en définissant a priori quel est le domaine sur lequel on peut interroger l’expert et, deuxièmement, en vérifiant en pratique que l’expertise correspond aux besoins demandés.

Enfin, dans l’ensemble des services de l’état, qu’il s’agisse de l’armée ou de l’épidémiologie, il est indispensable de promouvoir une politique de production d’articles internationaux validés par des journaux à comité de lecture. Seule cette démarche (en dehors de ce qui est confidentiel défense) permettra d’augmenter le niveau des acteurs, non seulement de la recherche mais aussi de la surveillance et de ceux qui se destinent à l’expertise. Dans le domaine de l’organisation, l’Etat ne peut pas continuer à encourager le laisser-aller général. Sur le plan hospitalier, il faut préciser des objectifs clairs, en terme d’équipements, de maîtrise des infections nosocomiales, de contrôle de la résistance aux antibiotiques, de contrôle dans la prescription des anti-infectieux et de réactualisation des mesures dans le domaine de la prévention des infections nosocomiales. Il importe de créer sur chaque site de soins une structure correspondant au CLIN actuel, élargi aux problèmes de bioterrorisme et de gestion de la politique des anti-infectieux. La lutte contre les maladies infectieuses, les conditions d’isolement, l’état des laboratoires, la gestion des antibiotiques, la surveillance des maladies infectieuses et des résistances doit faire l’objet de projets hospitaliers de manière explicite. Il faut créer des centres d’isolement et de traitement des maladies infectieuses à Paris, Lyon et Marseille et développer la pratique d’analyse des produits suspects (y compris les poudres) dans les CHU des plus grandes villes (y compris Toulouse, Montpellier et l’Hôpital Necker à Paris). La surveillance des maladies infectieuses doit être amplifiée. L’évolution, ces dernières années, a été marquée par la mise en place d’une structure là où il n’existait rien. Il faut augmenter de manière très significative cette capacité de surveillance, en intégrant, dans un premier temps, des éléments qui ont fait leur preuve ailleurs, comme la pharmacosurveillance, la surveillance de la mortalité hebdomadaire par site et par âge.

Enfin, il faut remettre à plat le système de surveillance, en distinguant plusieurs niveaux : le premier celui de laboratoire de référence sur un microorganisme donné où les besoins sont essentiellement techniques ; deuxièmement, mettre en place des centres de surveillance par pathologie ou par syndrome, en ajustant les moyens épidémiologiques de surveillance et en s’appuyant sur les infectiopôles afin de permettre de détecter les pathologies anormales et de servir de centres de ressources pour le pays. Par ailleurs, il faut mettre en place les observatoires de résistance des microorganismes aux différents anti-infectieux. Certains existent déjà, d’autres sont à développer, y compris pour les agents viraux et les champignons. Enfin, il faut faire une mise à jour des centres de référence, incluant certains problèmes omis concernant le domaine du bioterrorisme ou non (mycoplasmes, Chlamydia psittaci, Burkholderia, la variole) ; d’autres sont peut-être tombés en désuétude ou ne nécessitent peut-être plus une surveillance aussi active (Trichinella).

Sur le plan de la déclaration obligatoire, il faut rendre obligatoire la déclaration de toutes les maladies susceptibles d’entrer dans le cadre du bioterrorisme, envisager avec le ministère de l’agriculture le signalement des agents potentiels de bioterrorisme animal et, vraisemblablement, rendre la déclaration obligatoire pour les maladies couvertes par un vaccin obligatoire ou recommandé afin de balancer en permanence le bénéfice et le coût de telle vaccination. Sur le plan vaccinal, il faut relancer une politique réelle de vaccination et mettre en place le remboursement des vaccins qui ont démontré leur utilité, y compris quand celle-ci s’adresse à des poches spécifiques (population précaire, voyages en pays d’endémie, personnel soignant). Il faut accompagner cette politique de vaccination de la création d’un centre de référence pour les vaccinations, en charge de collecter des données sur l’innocuité, d’informer le public et la presse, d’évaluer le taux de couverture de la population et de surveiller les réactions populaires à l’usage des vaccins.

Sur le plan des antibiotiques, il faut définir une politique ; l’état doit financer les études cliniques et mettre en place les moyens de tester et de développer les produits génériques. Les infectiopôles joueront un rôle important en réunissant dans les différentes régions les éléments nécessaires à une action intégrée. Il ne faut pas oublier la politique outre-mer. Actuellement, elle s'altère du fait de la professionnalisation de l’armée qui a vu fondre le personnel médical et scientifique temporaire. Il n’y a plus de grands hôpitaux fonctionnels ni de pôles de recherche scientifique internationaux dignes de ce nom, dépendant de la France à l’étranger. Les trois acteurs, les services de santé de l’armée, actuellement exsangues, l’IRD et les Instituts Pasteur d’outre-mer n’ont pas eu de politique commune. Il serait souhaitable de créer 3 infectiopôles dans le monde. Probablement, un dans l’Océan Indien, un en Afrique et un dans le Sud-Est asiatique, regroupant suffisamment de forces en présence (100 à 200 titulaires) qui permettraient une implantation durable en Santé et Recherche ; la formation d’étudiants pris localement ou en France pour réaliser une thèse dans les domaines tropicaux y serait favorisée. Ceci permettra la surveillance des pathogènes émergents, de participer à un maillage du monde par les structures de l’OMS et de maintenir une compétence dans la pathologie des voyages et la pathologie tropicale qui a été un des points forts de la connaissance dans notre pays et qui est en train de disparaître.

Enfin, il faut enseigner. Il faut faire des campagnes d’information auprès du public, mais aussi auprès du personnel soignant, sur les notions de base d’hygiène afin de relancer le nettoyage des mains dans les hôpitaux, le port de masques, l’isolement des patients contagieux. Vis-à-vis du public, il faut clarifier la situation par rapport à la vaccination, expliquer ce que sont les différents risques infectieux dans l’état actuel de la connaissance. Il faut inclure les maladies infectieuses et leur prévention dans les programmes scolaires, au collège et au lycée.

Enfin, dans les hôpitaux, il faut reprendre les éléments de base qui apparaissent oubliés dans la prévention des maladies transmissibles. Il serait aussi souhaitable dans le domaine médical, d’introduire dès la première année de médecine, les notions d’hygiène et de prévention des maladies infectieuses qui remplaceraient avantageusement les disciplines fondamentales. Au total, le pays a montré ces dernières années une capacité limitée à gérer les problèmes infectieux, ce qui entraîne qu’il est un des moins bien préparés à un problème d’épidémie massive. Seul un véritable effort politique comprenant la définition d’une priorité nationale, la mise en place de moyens financiers suffisants et la volonté de réorganiser et de coordonner l’ensemble des efforts, avec une relance de l’enseignement de base dans ce domaine, permettra de faire face aux risques à venir. Rapport de Mission Pr. D. Raoult 270 

"L'urgence écologique"

Par Le 27/01/2021

C'est malhonnête en fait ce genre de titre ou alors c'est de l'inconscience. A moins que ça soit juste "vendeur", ça claque, ça interpelle...

L'urgence, ça fait longtemps qu'elle est dépassée. Nous ne sommes plus dans la zone d'urgence, nous sommes au coeur du conflit. L'urgence, c'était dans les années 70-80. Il était urgent de réagir. Nous ne l'avons pas fait.

Maintenant, il faut trouver le moyen de rattraper le temps perdu. Mais est-ce même possible ? Peut-on faire demi-tour et effacer les dégâts déjà constatés ?

Peut-on trouver une méthode, une voie, un mode de vie qui permettraient de vivre bien en vivant différemment ou doit-on s'attendre à perdre nos modes de vie sans que rien d'autre ne soit possible ? Comme un condamné qui se contenterait de jouir de chaque instant qui lui reste. 

Peut-on ne pas être condamnés ? Peut-on encore espérer en quelque sorte ? Et au-delà de l'espoir quels sont les actes déterminants qu'il faut accomplir ? 

L'article ci-dessous vient d'un site d'infomations gouvernementales. Il ne s'agit donc aucunement d'une vision apocalyptique, complotiste ou autre. Il me semble essentiel pour ma part de chercher dans les sites "officiels", les visions à long terme. 

 

L’urgence écologique

La question écologique fait incontestablement partie des défis majeurs de ce début du XXIe siècle. Face aux effets en cascade que l’on peut redouter, on peut même parler d’urgence. La sauvegarde de la Terre implique cependant des changements d’envergure qui soulèvent de nombreuses questions. Pouvons-nous sauver la planète sans trop nous restreindre ? L’innovation technologique est-elle une réponse à la crise écologique.

Ce nouveau numéro de Cahiers français aborde une thématique devenue centrale dans le débat public. Le défi écologique s’impose en effet au regard du réchauffement climatique, des atteintes portées à la biodiversité et de l’épuisement des ressources. Mais les réponses à mettre en œuvre sont loin de faire consensus. Elles impliquent, au moins pour partie, la remise en cause d’un mode de vie auquel nous sommes habitués. Somment-nous prêts à y consentir ?

Parole d'expert

L'innovation technologique à l'épreuve de l'anthropocène

SOCIÉTÉ

En permettant à l’homme de s’émanciper des contraintes de la nature, l’innovation technologique a constitué un moteur essentiel du progrès humain. Comment repenser le rôle de l’innovation technologique à l’heure de la crise écologique ? L'innovation constitue-t-elle la réponse ou le problème ?

Par  Aurélien Acquier - Professeur à l'ESCP Business School

Publié le 10 septembre 2020

Temps de lecture 17 minutes

Technologie, progrès et limites naturelles

La technologie comme solution : le techno-optimisme écologique

La technologie comme problème : l'appel des "basses technologies" (low tech)

Repenser l'innovation technologique dans un monde écologiquement contraint

Technologie, progrès et limites naturelles

Depuis le XVIIIe siècle, les sociétés occidentales sont entrées dans la modernité. L’homme s’est progressivement libéré des croyances religieuses pour fonder le progrès humain sur la liberté individuelle, la raison et la science. Parallèlement à cette transformation culturelle, les révolutions industrielles au XVIIIe et à la fin du XIXe ont été marquées par l’avancée radicale des sciences et des techniques, dont les cycles de développement technologiques ont tiré croissances économique, démographique et progrès.

À bien des égards, ces progrès techniques ont permis à l’homme de s’affranchir des contraintes de la nature : en se substituant à l’énergie animale et humaine, la domestication du charbon et de la machine à vapeur (première révolution industrielle) puis du pétrole et de l’électricité (deuxième révolution industrielle) ont contribué à l’accroissement de la productivité agricole. L’agriculture a aussi bénéficié des progrès de la pétrochimie via l’utilisation d’intrants (engrais et produits phytosanitaires) pour lutter contre des parasites naturels. De même, les avancées de la médecine ont-elles permis de faire chuter la mortalité et d’enrayer les maladies infectieuses.

Ces progrès techniques considérables se sont traduits par une expansion sans précédent de la population mondiale. En effet, après une longue période de croissance lente, elle a été multipliée par douze en trois siècles, passant de 600 millions d’êtres humains en 1700 à près de huit milliards en 2019.

Depuis 1945, cet essor technique et humain a été si rapide et généralisé qu’il a été qualifié de "grande accélération" (Will Steffen, Paul J. Crutzen et John R. McNeill, « The Anthropocene: are humans now overwhelming the great forces of nature? », AMBIO: A journal of the human environment, vol. 36, no 8, décembre 2007). Sur cette période, la population humaine a triplé et la consommation d’énergie a été multipliée par six (Hannah Richie et Max Roser, « Production d’énergie et sources d’énergies changeantes », Our world in data, juillet 2018). Le produit intérieur brut (PIB) mondial, indicateur usuel de la production de richesse, a quant à lui été multiplié par quinze (Max Roser, « Economic growth », Our world in data, 2019). Le nombre de voitures particulières en circulation a été multiplié par vingt-cinq, passant de quarante millions en 1945 à un milliard aujourd’hui (Statista, 2019). En 2018, à peine dix ans après la commercialisation du premier iPhone par Apple, 1,4 milliard d’unités étaient vendues, et trois milliards d’individus possédaient au moins un smartphone dans le monde (Statista, 2019). L’un des enjeux majeurs soulevés par les smartphones, dont la production est fortement consommatrice de ressources naturelles minéraux, concerne leur faible durée de vie (moins de deux ans en moyenne pour la France, selon une étude de Kantar Worldpanel, 2017).

La grande accélération, à la fois humaine et technologique, est telle qu’elle pose désormais la question de ses propres limites : depuis plus de cinquante ans se multiplient les alarmes sur les limites insoutenables des activités humaines sur la biosphère (Donella Meadow et al., « The limits to growth » ou « Rapport Meadows », Club de Rome, 1972). Au début des années 2000, Paul Crutzen, prix Nobel de chimie en 1995, et Eugène Stoermer ont proposé le concept d’anthropocène – littéralement "l’ère de l’homme" – pour qualifier une nouvelle phase dans laquelle l’emprise humaine sur l’environnement biologique, chimique et géologique est telle que l’homme devient son propre contexte. Désormais, l’avenir d’Homo Sapiens dépend de sa capacité à réguler ses impacts sur les écosystèmes.

Pourtant, rien ne semble indiquer que cette direction est prise. En 2019, le jour du dépassement – date de l’année, calculée par l'organisation non gouvernementale (ONG) américaine Global Footprint Network, à partir de laquelle l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an – a eu lieu le 29 juillet. Ce jour n’a cessé d’avancer ces dernières années (en 2010, il se situait le 7 août et en 2000 le 23 septembre selon le site www.footprintnetwork.org). Les évolutions de rejets de CO2 et autres gaz à effets de serre dans l’atmosphère font désormais envisager un réchauffement de cinq degrés entre l’ère préindustrielle et 2100 (« Changements climatiques », GIEC, 5e rapport de synthèse, 2014). Les dernières projections envisagent même des hausses de six ou sept degrés (« Le réchauffement climatique sera plus fort que prévu, avertissent des scientifiques français », franceinfo, 17 septembre 2019).

Dans de tels scénarios, les conditions de la vie humaine sont difficilement concevables : il faut en effet songer que l’holocène, l’ère géologique qui a débuté il y a 10 000 ans, a offert un contexte particulièrement favorable au développement humain par la stabilisation du climat et une augmentation de la température de quatre à cinq degrés par rapport à la dernière période glaciaire. Ce changement, marqué notamment par la fonte des glaces terrestres, a permis la sédentarisation des populations, le développement de l’agriculture et, in fine, un boom démographique. Dans un tel contexte, il est bien difficile de prédire ou d’imaginer ce que pourrait être la biosphère ou la place de l’homme dans un monde à plus de six degrés.

Si l’innovation technologique a constitué un moteur central du progrès humain, peut-elle aujourd’hui répondre à la crise écologique ? Le débat oppose deux positions antinomiques. D’un côté l’optimisme technologique, qui suggère un dépassement des limites de la technologie par la technologie. De l’autre, une défiance technologique appelant à une "détechnologisation" du monde.

La technologie comme solution : le techno-optimisme écologique

Pour de nombreux économistes, chefs d’entreprise, ingénieurs et représentants politiques, la crise écologique trouvera sa réponse dans l’innovation technologique. Cette posture, que l’on peut qualifier de "techno-optimiste", part du principe que la technique, qui a sans cesse permis de repousser les limites humaines, y parviendra également pour les questions écologiques. Face au dérèglement climatique, il s’agit alors de promouvoir des technologies dites "neutres en carbone" ou "vertes". Par exemple pour limiter la pression des systèmes agricoles sur les écosystèmes (ressources en eau, déforestation, etc.), l’idée serait de continuer à optimiser les technologies existantes pour accroître massivement la productivité et les rendements. Pour nettoyer les océans des huit millions de tonnes de déchets plastiques qui y sont déversés chaque année, il faut améliorer le recyclage et mettre au point des "technologies réparatrices", à l’image du projet "Ocean CleanUp" qui tente de nettoyer le vortex de déchets du Pacifique nord. Pour gérer une population de plus en plus urbaine, les villes intelligentes ou "Smart Cities" – ces zones urbaines qui utilisent des nouvelles technologies pour améliorer la qualité des services urbains – vont recourir à la technologie et permettre de développer des solutions d’autonomie et d’optimisation des flux énergétiques, humains, alimentaires, etc. Dans une vision plus futuriste, pour faire face à la montée des eaux, de nombreux urbanistes explorent des concepts de villes flottantes. Empruntant à l’imaginaire hightech, ils réfléchissent à la conception de villes-satellites autour de structures modulaires, autonomes en énergie, alimentées par énergie solaire, conçues pour résister aux tempêtes, récupérant les eaux de pluie et autonomes dans leur production de nourriture, pour former peut-être les "gated communities" (quartier résidentiel fermé) de demain (Andrew Revkin, « Les Villes flottantes seront-elles la solution à la crise du logement mondiale ? », National Geographic, septembre 2019).

Dans cette lecture techno-optimiste, c’est en mettant l’innovation au service du bien commun et des enjeux écologiques que les sociétés actuelles parviendront à relever le défi écologique.

Ainsi, les "Tech for good" (technologies au service du bien commun) sont en plein essor en France et dans le monde. La finance verte est, elle aussi, appelée à financer la transition écologique. Pour les plus optimistes, à mesure que se matérialise la crise environnementale, la technologie doit permettre de s’affranchir totalement des contraintes naturelles. Il s’agit alors, comme l’écrivait Hervé Juvin, de "produire le monde" en industrialisant la production, de l’oxygène jusqu’aux écosystèmes, tout en s’enthousiasmant pour le potentiel économique de ces innovations (Produire le monde : pour une croissance écologique, Gallimard, mars 2008).

Dans sa forme extrême, "produire le monde" peut conduire à des expériences de géoingénierie, c’est-à-dire d’action délibérée à grande échelle visant à modifier le climat pour corriger le processus de réchauffement. Pour ses promoteurs, la transformation délibérée du climat (par exemple à travers des démarches de séquestration de CO2 par des puits de carbone, ou par la limitation du rayonnement solaire en augmentant la quantité d’aérosols dans l’atmosphère) constituerait la seule solution pour limiter l’effet de réchauffement dans un monde incapable de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Ces démarches restent particulièrement controversées pour les risques d’effets incontrôlés qu’elles comportent. En introduisant des technologies réparatrices, optimisatrices, voire produisant la nature, l’entrepreneur schumpetérien et son processus de destruction créatrice trouveraient ainsi leur nouveau front : la nature.

La technologie comme problème : l'appel des "basses technologies" (low tech)

À l’exact opposé de cette position optimiste, des voix de plus en plus nombreuses accusent l’innovation technique d’avoir mené à l’impasse actuelle. En accélérant les cycles de renouvellement des produits, le nouveau « capitalisme de l’innovation intensive » participe à l’obsolescence programmée et fait peser un poids insupportable sur les écosystèmes. Un simple constat montre que la plus large part des innovations technologiques actuelles n’est pas orientée vers la résolution des enjeux écologiques. Pire, elles les accroissent.

Ainsi, malgré les appels répétés au "capitalisme vert", force est de constater que la consommation énergétique mondiale d’énergie carbonée continue à croître, et que les énergies renouvelables ne représentent qu’une mince proportion de l’énergie mondiale.

La majorité des innovations reste d’ailleurs bien loin d’être orientée vers la résolution de la crise écologique. Premier exemple : l’automobile. Selon le directeur de l’Agence
internationale de l’énergie (AIE) Fatih Birol, les SUV (abréviation de l'anglais sport utility vehicle c'est-à-dire des véhicules alliant des caractéristiques de monospace et de 4×4) seraient, après la production d’énergie, la deuxième source de croissance des émissions entre 2010 et 2018. En 2018, plus de 200 millions de SUV étaient en circulation contre 35 millions huit ans plus tôt (« Les SUV sont une source majeure d’émissions de CO2 et de réchauffement mondial », Le Monde avec AFP, 16 octobre 2019). À lui seul, l’essor des SUV mettrait donc en péril les efforts de décarbonation du secteur automobile, notamment liés au développement de motorisations électriques.

Quid du véhicule électrique – que certains qualifient de "propre" – ? Celui-ci pose de nombreuses questions sur son impact environnemental. Il illustre la manière dont l’innovation technologique ne fait pas que résoudre des problèmes : elle les déplace. En effet, si le véhicule électrique peut être qualifié de "zéro émission" (CO2 ou particules fines) en situation d’usage, la question des émissions est en réalité déplacée vers l’étape de production d’électricité. Les bénéfices du véhicule sont d’autant plus faibles que l’électricité est produite par des centrales à charbon fortement émettrices de CO2. De même, la production des batteries électriques pose la question de l’accès à des ressources rares et non renouvelables (telles que le lithium ou le cobalt), dont l’extraction est très polluante et s’opère dans des conditions risquées pour les travailleurs. Et l’utilisation de ces ressources pour la production des batteries électrique peut entrer en compétition avec d’autres technologies (énergie photovoltaïque, éolienne, ou technologies numériques notamment). Comme le souligne Guillaume Pitron dans son ouvrage "La Guerre des métaux rares" (Les Liens qui Libèrent, 2018), plus qu’une solution dématérialisée à la crise environnementale, l’essor de technologies mobilisant des métaux rares fait émerger de nouvelles logiques de dépendance vis à vis de ressources naturelles, dont les enjeux économiques et géopolitiques restent largement sous-estimés.

Autre exemple : les agro– ou bio-carburants. Ces carburants fabriqués à partir de matières organiques ont été présentés comme une solution environnementale il y a quelques années. Ils ont notamment été mis en avant par les industriels comme un moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre liés aux carburants, le CO2 dégagé lors de leur utilisation étant compensé par la photosynthèse des végétaux lors de leur croissance. Mais à mesure qu’ils se sont développés, les agro et bio-carburants ont dû faire face à de sévères critiques pour leur impact négatif sur la biodiversité, la déforestation et aux controverses sur l’huile de palme, entre autres. Les agro-carburants de deuxième et de troisième générations, à base d’algues ou de déchets végétaux, mais dont les procédés de traitement sont encore en cours de développement, auront pour mission de répondre à ce défi. Qu’en est-il des "Smart Cities" et de l’usage du numérique ?

Si leurs bénéfices environnementaux sont théoriques, la croissance de l’impact énergétique du numérique et de l’internet des objets (IoT) est quant à elle déjà visible et réelle. Selon l’organisme Statista, le secteur des objets connectés est en forte croissance. Leur nombre devrait passer de 20 milliards en 2017 à plus de 75 milliards en 2025. La multiplication de ces terminaux connectés, des données mais aussi des usages numérique en général – notamment la généralisation de la vidéo à la demande – font aujourd’hui exploser le trafic, les besoins de stockage et les besoins en énergie. Selon un rapport du Shift Project sur l’impact écologique du numérique, la consommation d’énergie liée au numérique serait en croissance de 9% par an, et représente déjà près de 4% des émissions mondiales de CO2 en 2018 : selon ce rapport, « La transition numérique telle qu’elle est mise en œuvre participe au dérèglement climatique plus qu’elle n’aide à le prévenir » (Pour une sobriété numérique, The Shift Project, octobre 2018).

Certains efforts d’adaptation pourraient même aboutir à accélérer le changement climatique. Confronté à des vagues de chaleur insupportables, le Qatar commence par exemple à climatiser des espaces extérieurs – stades mais aussi rues – au prix d’une consommation énergétique carbonée toujours plus intense (Steven Mufson, « Face à une chaleur insupportable, le Qatar a commencé à climatiser l’extérieur », The Washington Post, 16 octobre 2019). Ainsi, 60 % de la consommation électrique du pays serait consacrée à la climatisation. Une consommation qui devrait doubler d’ici 2030.

Pour les observateurs critiques du « tout technologique », la foi dans l’innovation technique peut être assimilée à une forme de déni et de fuite en avant, s’accrochant à l’espoir que la technologie fournira une réponse aux problématiques globales sans remettre en cause nos modes de vie actuels. Ce sont au contraire vers des sociétés du ralentissement, de la sobriété et du "low-tech" qu’il faudrait aller (Philippe Bihouix, "L’âge des low-tech : vers une civilisation techniquement soutenable", Anthropocène-Seuil, avril 2014). Dans cette perspective, le mouvement des "villes en transition" cherche à favoriser la résilience, en mettant en place une "descente énergétique" combinée à une relocalisation des activités économiques, de l’économie et des réseaux de solidarités via des dispositifs tels que les monnaies locales.

Repenser l'innovation technologique dans un monde écologiquement contraint

Les liens entre innovation technologique et écologie sont extraordinairement complexes. L’analyse des exemples précédents permet d’identifier plusieurs traits saillants de l’innovation technologique dans un monde en butte avec les limites de ses écosystèmes naturels.

D’abord, les développements technologiques semblent passer par des cycles de désirabilité : après la phase initiale d’enthousiasme autour des promesses environnementales succède des cycles de prise de conscience, voire de défiance à mesure que se diffusent les innovations. En effet, lorsqu’elle est déployée à grande échelle, l’innovation technologique ne fait pas que résoudre des problèmes : elle déplace les enjeux et vient en créer de nouveaux. Ainsi, dans un monde de plus en plus contraint d’un point de vue environnemental, il n’existe pas de technologie miracle qui résoudrait tous les problèmes. Toute solution technologique est ambivalente, et va générer des externalités et des dilemmes. Les choix deviennent alors extraordinairement complexes : faut il agir pour lutter contre le changement climatique si cela implique de nouveaux risques géopolitiques, une détérioration environnementale accrue dans certaines parties du globe ou une menace pour la biodiversité ? Qui opère ces arbitrages et comment les décisions sont-elles prises ?

C’est sans doute du fait de ces dilemmes que l’innovation se pare de plus en plus systématiquement d’un discours vertueux sur le bien commun. Ainsi, dans un monde de plus en plus contraint en ressources, et dans lequel l’innovation peut à la fois être vue comme solution ou comme risque, on assiste à une politisation de l’innovation. À grands renforts d’anglicismes, les technologies multiplient les promesses : technologies pour le bien commun (tech for good), investissement à impact positif (impact investing et green bonds), les villes intelligentes (Smart Cities) dont le but est d’optimiser les systèmes urbains, les « green by IT » qui promettent de réduire l’empreinte écologique d’un service grâce aux technologies numériques, ou l’intelligence artificielle ouverte (open AI) promouvant officiellement une intelligence artificielle qui bénéficie à l’ensemble de l’humanité. Dans un contexte d’incertitude normative et technique, les entreprises qui promeuvent une technologie cherchent ainsi à construire le cadre de légitimité dans lequel elles souhaitent s’inscrire, en hiérarchisant les enjeux normatifs qui entourent leurs innovations. Finalement, "tech for good" ou "good for tech" ? Telle est la question.

L'innovation technologique polarise des positions particulièrement clivées. S'il est clair qu’elle suscite des controverses et risque de multiplier les risques, peut-on envisager de sortir des sociétés technologiques contemporaines et "détechnologiser" le monde ? Un tel processus reste peu probable et il faut s’attendre, au contraire, à ce que des béquilles technologiques soient toujours plus indispensables dans ce contexte. Encore faudrait-il être capable de faire les bons choix, de limiter les risques d’effet dominos en cherchant à dé-complexifier les technologies, de prioriser l’enjeu écologique et de bannir les innovations qui accélèrent les dégradations environnementales.

Puisque l’innovation devient de plus en plus politique, se pose en retour la question de la possibilité de processus démocratiques des choix technologiques, qui permettent d’impliquer les différentes parties de la société pour peser les avantages et les risques, analyser les impacts et les enjeux d’accès à l’innovation pour les populations. C’est là un gigantesque chantier qui montre, si cela est nécessaire, que la technologie n’est jamais neutre et est beaucoup plus qu’une affaire purement technologique. Dans l’anthropocène, la technologie est plus que jamais une affaire de société : elles ne peut être pensée indépendamment d’un changement culturel, social, de politique et de gouvernance, afin de se projeter dans un hypothétique futur technologique commun et soutenable.

PAROLE D'EXPERT

Qu’est-ce que l'Anthropocène ?

consulter

 

"Dieu se rit des hommes..."

Par Le 27/01/2021


Je ne sais pas si un Créateur rit de nos déboires mais il est clair en tout cas qu'il aurait raison de dire que nous nous plaignons des effets de ce que nous chérissons.

Comme je l'ai écrit ici à diverses reprises, ce virus n'est pas une surprise pour tout le monde. Il est la conséquence de nos modes de vie.

On pourrait dire d'ailleurs que c'est un virus anthropique. Le premier grand virus de l'êre anthropocène. 

 

 


Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors [...] - Jacques Bénigne Bossuet...

 

Jacques Bénigne BossuetApocryphe de 



Références de Jacques Bénigne Bossuet - Biographie de Jacques Bénigne Bossuet
Plus sur cette citation >> Citation de Jacques Bénigne Bossuet (n° 2769)  - Ajouter à mon carnet de citations
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CITATION APOCRYPHE


Une citation 
apocryphe est une citation attribuée à une personne qui n'a pourtant jamais tenu les propos rapportés, ou alors les a exprimés sous une forme différente. Celle-ci n'est pas authentique ou son origine est douteuse.
Le problème avec les citations d'hommes et de femmes célèbres c'est qu'elles sont parfois attribuées à tort. Certaines citations célèbres attribuées (abusivement) à leur auteur sont apocryphes - Retrouvez en commentaire l'origine de la citation, la source de la citation ou le véritable extrait ou encore le bon auteur.

La citation « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes. » attribuée à 
Bossuet est apocryphe.

Voyage en altitude : Johann Johannsson

Par Le 26/01/2021

Voilà ce que j'aime. Cette ambiance, cette introspection, cette sérénité à travers la musique. 

J'aime infiniment ce compositeur. 

D'aucuns trouveront cela triste. Personnellement, je trouve cela empli de joie, d'énergie, de profondeur, de lumière. 

C'est comme un séjour en altitude. 

« L’homme sait beaucoup de choses, mais il ne se connaît pas lui-même. Trente ou quarante épaisseurs de peau, aussi dures que celle du bœuf ou de l’ours, couvrent son âme. Plonge-toi en toi-même et apprends-y à te connaître. » Maître Eckhart

 

Les réponses sont écrites depuis longtemps.

Par Le 26/01/2021

 

 

"Ce ne sont ni la politique, ni les religions en place, ni l’accumulation de connaissances scientifiques qui vont résoudre nos problèmes — pas plus que les psychologues, les prêtres, les spécialistes.

La crise, elle est dans notre conscience, c’est-à-dire dans notre esprit, dans la manière que nous avons de considérer le monde sous un angle étriqué et limité.

C’est là qu’est la crise.

L’esprit humain a évolué sur des millions et des millions d’années, il est conditionné par le temps et l’évolution.

Un esprit conditionné de la sorte, avec la conscience étroite, limitée, exclusive qui est la sienne — considérant la crise qu’il traverse dans le monde actuel — peut-il jamais être changé ?

Peut-il amener un changement radical au sein de ce conditionnement ?"

Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Schémas de pensées

Par Le 26/01/2021

La façon de penser qui nous a mis dans la situation dans laquelle on est, est une façon de penser insuffisante pour s'en sortir. "

A.Einstein.

 

Voilà ce à quoi cette crise sanitaire doit nous servir. 

La volonté de revenir au "monde d'avant" n'est aucunement constructive. Elle détruit ce que l'expérience peut nous enseigner. 

 

Une nouvelle façon de vivre ne peut émerger qu'après y avoir pensé mais bien davantage après avoir analysé, autopsié, disséqué les cheminements de la pensée qui ont contribué à l'élaboration de cette vie "intellectualisée".

On ne peut rien créer de nouveau sans que l'état des lieux ait été au préalable effectué. Cette patience et ces efforts ne seront envisageables que si l'individu sait exactement quel est le niveau de connaissance personnelle dont il dispose. Imaginons une maison dont on souhaite renouveler l'aménagement intérieur. Il est indispensable d'en connaître les dimensions, l'architecture et la mesure de tous les meubles qui s'y trouvent. Inutile de vouloir entreprendre quelques travaux intérieurs tant que la constitution de cet espace intérieur n'est pas exactement cartographiée. Se lancer dans la tâche avant d'avoir réalisé cet état des lieux n'aboutira qu'au chaos.

Il convient par conséquent d'y penser. Une pensée à la fois. Et l'explorer jusqu'à son épuisement.

Tant que ce travail n'est pas devenu constant, sans aucun déni, sans aucun délai, l'individu parlera de liberté à atteindre et se constituera des chaînes. Les chaînes de ses intentions, de ses espoirs, de ses attentes alors qu'il n'est même pas au bord du quai et qu'il lui est impossible d'entamer le moindre voyage. Il est figé dans le chaos de ses pensées. Le seul voyage libérateur, c'est celui que l'on entreprend sans intention de liberté. Parce que le travail est déjà fait. Le voyage contribuera au saisissement de la plénitude. Non pas à son élaboration mais à sa validation. Elle est là parce que les pensées ne sont déjà plus des pressions mais juste des phénomènes identifiés qu'il est aisé de déposer lorsqu'ils n'ont aucune utilité. 

Il est donc indispensable d'analyser nos habitudes parce qu'elles sont la jonction entre nos pensées et nos actes. Tant que ces pensées sont des flux inconsidérés de formatages répétés, il ne s'agit pas de pensées mais de phénomènes de pensées. La pensée appartient à l'individu alors que les phénomènes de pensées sont les conséquences de l'intrusion forcenée des systèmes éducatifs, historiques, sociaux, religieux, politiques, édiatiques, culturels.

"Ça pense en moi mais "Je" ne pense pas".

Les habitudes qui sont issues des pensées maîtrisées et non des phnéomènes de pensées ne sont pas des habitudes mais des constructions parce qu'elles sont évolutives. L'individu qui crée en lui la constance de l'analyse n'est pas dans une habitude répétitive et inconsciente mais dans un cheminement d'éveil. L'habitude convient à un mental perverti et soumis. Pas à un esprit qui s'éveille.

Celui qui médite quotidiennement n'est pas dans une habitude passive mais dans l'absorption d'une nourriture spirituelle dont la qualité ne pourra que se renforcer.

Celui qui est dans la répétition mécanique des schémas de pensées et d'actes n'est pas dans une démarche évolutive mais dans une extension horizontale dont le matérialisme servira d'étendard. A défaut de posséder une vie intérieure. La société de consommation se nourrit de ces individus-là. Et elle les "consomme..."

Il s'agit donc de cesser de penser à travers des schémas instaurés mais d'élaborer son propre axe vertical; Ni guide, ni gourou, ni ahsram, ni philosophie adorée. Krishnamurti, lui-même, n'a cessé de le répéter.

 

"Celui qui marche dans les pas d'autrui ne laisse pas ses propres traces". Denis Diderot.

Vaccination de masse et mutation.

Par Le 25/01/2021

Plusieurs fois déjà, je suis tombé sur cette problématique : la vaccination de masse amènerait le virus à muter encore davantage.

Je rappelle l'article sur l'éradication de la variole.

Eradication de la variole

J'essaie de voir quels seront les effets de la vaccination de masse et Israël est le pays le plus actif. 

 

 

Covid-19 : Israël redoute un nouveau variant résistant aux vaccins

La vaccination de masse pourrait « entraîner une “pression évolutive” sur le virus et générer des mutations », selon un rapport israélien.

 

Par L'Obs

Publié le 24 janvier 2021 à 11h18 Mis à jour le 24 janvier 2021 à 11h19

C’est l’un des effets collatéraux possibles de la vaccination massive dans ce pays : elle pourrait favoriser l’émergence d’un variant israélien du coronavirus résistant aux vaccins, signale un groupe de travail dirigé par l’armée israélienne, dans une étude relayée samedi 23 janvier par i24news et plusieurs médias.

« La campagne de vaccination de masse qui se déroule actuellement en même temps que l’épidémie active en Israël peut entraîner une “pression évolutive” sur le virus et générer des mutations », selon ce rapport du Centre national d’information et de connaissances sur le coronavirus.

Près de 3 millions de personnes ont reçu la première injection du vaccin Pfizer en Israël, soit près d’un tiers de ce pays de 9 millions d’habitants.

De nouveaux vaccins chaque année ?

Les vaccins devraient toutefois « rester en partie efficaces » face aux nouveaux variants, explique pour sa part le médecin Yves Lévy, directeur de l’Institut de recherche vaccinale (VRI) au CHU Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), dans une interview au « JDD ».

« Cependant, cela pose la question à long terme de la nécessité d’adapter les vaccins aux mutations déjà apparues ou à venir. Il faut donc nous préparer à l’éventualité de devoir revacciner de façon régulière. Et donc, sans doute, à mettre au point de nouveaux vaccins, comme nous le faisons chaque année pour la grippe », a-t-il ajouté.

Pour lui, l’idée d’atteindre une « immunité de groupe » est « illusoire ». Face aux variants, affirme ce spécialiste, « le confinement reste l’arme la plus efficace ».( Voilà pourquoi j'écrivais il y a peu que ce virus va considérablement bouleverser nos modes de vie, pas pendant un an mais bien plus longtemps.)

Plusieurs ont déjà été identifiés. Outre le variant anglais, plus contagieux, les scientifiques ont aussi distingué des souches, des mutations, sans compter la déclinaison sud-africaine ou japonaise venue du Brésil.

Naissance, mutation, disparition... Comment vit un virus ?

 

Si on tient compte de l'exemple de la variole, c'est "l'endiguement", c'est à dire l'isolement des personnes contaminées, qui a permis l'éradication de la maladie. La vaccination de masse n'a pas été l'élément déterminant. Elle y a contribué. La conclusion est simple: Si les gouvernements veulent en finir avec cette épidémie planétaire, c'est la fermeture totale des frontières qui devra intervenir, le confinement strict et prolongé, l'arrêt de la mondialisation commerciale, des vols touristiques, du brassage des populations. Il n'y aura pas d'autres solutions.

Et ça n'est pas une semaine de confinement qui y parviendra. C'est un mode de vie définitif qui prend forme. Même si ce virus finit par être éliminé, (ce qui semble très aléatoire vu le rythme d'apparition des variants,) l'état de la biodiversité et les zoonoses existantes un peu partout sur la planète contribueront à l'émergence du prochain virus.

Ca n'est pas un vaccin ni même un confinement prolongé qui sortira l'humanité de cette situation. C'est un bouleversement complet de son fonctionnement qu'il faut engager. Et c'est tant mieux. On peut appeler ça : les bienfaits de la crise"

Les bienfaits de la crise

Les bienfaits de la crise. (2)

 


 

 

https://www.lci.fr/international/video-covid-israel-premier-pays-a-fermer-son-espace-aerien-2176482.html

 

BOUCLAGE DU CIEL - La propagation accrue de l'infection au COVID et les inquiétudes autour des variants ont conduit Israël à fermer son espace aérien jusqu’au 31 Janvier pour tous les vols commerciaux internationaux.

 

25 janv. 15:57 - Delphine Xainte

 

C'est le premier pays à le faire... Fermer son espace aérien pour tenter de freiner la progression de la contagion, et se donner du temps pour vacciner. Après une semaine record en termes d'infections , dont 40% par des variants du coronavirus, le couperet  est tombé : tous les vols internationaux de passagers de et vers Israël sont suspendus pour une semaine au moins. Seules quelques rares exceptions "humanitaires" sont admises : les soins programmés à l'étranger, le "travail essentiel ne pouvant être effectué à distance", les déménagements ou les funérailles familiales.  Les liaisons cargos, elles ne sont pas concernées et le survol du pays reste autorisé.

 

CORONAVIRUS : LA PANDÉMIE QUI BOULEVERSE LA PLANÈTE

 

Vaccination des adolescents

L'objectif est de pouvoir poursuivre la campagne de vaccination,  sans être affaibli par de potentielles entrées de nouveaux cas de variants connus ou inconnus.  Cinq cas du variant dit de Los Angeles (le  CAL.20C) ont en effet été diagnostiqués dans une même famille  qui avait accueilli, il y a un mois, un parent résidant aux Etats-Unis. La forte contagiosité de cette version mutante du COVID a certainement pesé dans la balance, tout comme la présence de cas de variants britanniques et sudafricains. 

Le pays compte vacciner 1 million de personnes supplémentaires pendant la fermeture de ses aéroports, pour tenter de contrer cette course contre "les"virus . Et depuis hier la vaccination s'est élargie aux  jeunes et 300 000 d'entre eux auraient reçu leur première injection. Au total, quelques 2,5 millions d'Israéliens  ont été vaccinés sur une population de 9 millions, ce qui place d'ailleurs le pays  en tête dans la course à la vaccination. Mais la guerre contre la pandémie est loin d'être gagnée.

Selon les derniers chiffres officiels du ministère de santé : 4868 nouveaux cas de contamination au Covid-19 ont été enregistrés dimanche en 24h  sur 54.109 tests de dépistage , soit un taux de contamination de 9.3%. Israel a recensé 70.836 cas actifs de la maladie  dont  1140 patients  dans un état grave. 

A ce jour, 4.419 Israéliens sont décédés des suites de la maladie

 

 

Etat d'urgence sanitaire

Par Le 22/01/2021

 

Oufti...Là, c'est clair, on entre dans bien autre chose qu'une démocratie.
L'état d'urgence sanitaire, ça signifie que le Parlement n'a plus son mot à dire. Rien, nada, que dalle.

Quand je dis que ce virus va bouleverser, à tous points de vue, le fonctionnement de l'humanité toute entière, je ne pense pas m'avancer de façon démesurée.

Ici et partout. Economie intérieure, politique, finances, démographie, situation sociale, pauvreté, échanges commerciaux internationaux, filtration très renforcée des frontières, etc etc etc etc...

 

https://www.vie-publique.fr/loi/278070-loi-prolongation-etat-durgence-sanitaire-jusqua-juin-2021

Dernière modification : 21 janvier 2021

Projet de loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire

Qu'est-ce qu'une procédure législative ? 

Le projet de loi prévoit en particulier de prolonger jusqu’au 1er juin 2021 l’état d’urgence sanitaire en cours (au lieu du 16 février initialement). L'objectif est de contenir une reprise de l'épidémie de Covid‑19, à la suite de la découverte de nouveaux variants du coronavirus.

Où en est-on ?

ÉTAPE 1 VALIDÉE

13 JANVIER 2021

Conseil des ministres

ÉTAPE 2 VALIDÉE

13 JANVIER 2021

Dépôt au parlement

ÉTAPE 3 EN COURS

20 JANVIER 2021

Examen et adoption

1ère lecture

ÉTAPE 4 À VENIR

Promulgation

Le 20 janvier 2021, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture, avec modifications, le projet de loi.
Le texte avait été présenté au Conseil des ministres du 13 janvier 2021 par Jean Castex, Premier ministre.
Le gouvernement a engagé la procédure accélérée le 13 janvier 2021.

Le projet du gouvernement

L'examen du texte par les parlementaires

Le projet du gouvernement

Au regard de la circulation élevée de l’épidémie de Covid‑19 et de la forte pression qu'elle engendre sur le système de santé, le projet de loi prévoit de prolonger jusqu’au 1er juin 2021 au plus tard l’application de l'état d’urgence sanitaire en cours.

L'état d'urgence sanitaire est en vigueur pour la deuxième fois depuis l'automne 2020. Déclaré par un décret du 14 octobre 2020, à partir du 17 octobre, pour un mois, pour faire face à la seconde vague épidémique, la loi du 14 novembre 2020 avait autorisé sa prolongation jusqu'au 16 février 2021.

Le texte envisage également de repousser au 30 septembre 2021 la fin du régime de sortie de l’état d’urgence sanitaire.

Ce régime post-crise, destiné à prendre le relais de l’état d’urgence, a été institué par la loi du 9 juillet 2020 organisant la sortie de l'état d'urgence sanitaire. Autorisé initialement du 11 juillet au 30 octobre 2020, il avait été maintenu en vigueur jusqu'au 1er avril 2021 par la loi du 14 novembre 2020.
Selon le gouvernement, si la campagne de vaccination permettra la maîtrise de l’épidémie à moyen terme, il est nécessaire qu'il dispose pour plusieurs mois encore de prérogatives particulières pour répondre à la crise.

Sont enfin reportées au 31 décembre 2021 :

la caducité des dispositions du code de la santé publique organisant le régime d’état d’urgence sanitaire. La loi du 23 mars 2020 pour faire face à l'épidémie de Covid-19, qui a créé ce régime à titre provisoire, avait initialement prévu qu'il cesse le 1er avril 2021 ;

la fin du cadre législatif concernant SI-DEP et Contact Covid. Ces deux systèmes d’information mis en place pour faciliter le suivi des malades et le traçage des contacts avaient été autorisés à l'origine jusqu'au 10 janvier 2021. La loi du 14 novembre 2020 les avait prolongés jusqu’au 1er avril 2021.

Le Conseil scientifique Covid-19 a donné un avis favorable le 8 janvier 2021 à la prorogation de l'état d'urgence sanitaire et du régime de sortie de l'état d'urgence sanitaire.

À noter

L'examen par le Parlement du projet de loi instituant un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires déposé le 21 décembre 2020,  dont les dispositions avaient vocation à remplacer à partir du 1er avril 2021 les régimes actuels de l'état d'urgence sanitaire et de sortie de ce régime, a été repoussé par le gouvernement.

L'examen du texte par les parlementaires

En première lecture, les députés ont voté le projet de loi à 113 voix pour et 43 voix contre. Sur les 88 amendements déposés en séance publique, un seul a été adopté.

L'article 3 du texte qui rendait applicable le régime de sortie de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 30 septembre 2021(nouvelle fenêtre) est supprimé. Ce régime post-crise ne pourra donc être éventuellement réactivé au-delà du 1er avril 2021. Les députés souhaitent qu'un nouveau projet de loi et donc un nouveau débat au Parlement soit organisé au printemps pour permettre de choisir le dispositif le plus adapté à la situation sanitaire :

prolongation de l'état d'urgence ;

mise en oeuvre d'un régime transitoire ;

ou sortie de l'état d'urgence.

Le titre du projet de loi(nouvelle fenêtre) a été en conséquence modifié.

Le texte doit désormais être examiné en séance publique par les sénateurs le 27 janvier 2021.

Le vote définitif sur le texte est prévu le 9 février 2021.

 

Le variant sud-africain

Par Le 22/01/2021

Loin de moi la volonté de sombrer dans le pessimisme. Je reprends juste une information. Qu'elle soit négative n'est pas de mon ressort. C'est juste factuel. Je préfèrerais amplement partager des nouvelles rassurantes. Je pense juste sincèrement que ce virus va considérablement bouleverser le fonctionnement de l'humanité toute entière. Et c'est ce qui m'intéresse. 

Que des changements fondamentaux dans notre rapport à la Terre en découlent, c'est la source même de toutes les réflexions qui m'occupent l'esprit et que je partage ici. 

 

Le variant sud-africain résisterait mieux aux vaccins et serait davantage propice aux réinfections

S’il reste peu répandu dans le monde, le variant sud-africain du coronavirus est désormais celui qui suscite le plus d’inquiétudes à moyen terme.

 

Par L'Obs avec AFP

https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20210121.OBS39147/le-variant-sud-africain-resisterait-mieux-aux-vaccins-et-serait-davantage-propice-aux-reinfections.html

Publié le 21 janvier 2021 à 08h07 Mis à jour le 21 janvier 2021 à 09h33

Temps de lecture 3 min

 

 

Plusieurs nouvelles études semblent confirmer les premiers indices des scientifiques : le variant sud-africain risque d’échapper au moins partiellement à la protection espérée des vaccins contre le Covid-19, contrairement au variant anglais, contre lequel le vaccin de BioNTech/Pfizer semble efficace.

Alors que les systèmes hospitaliers sont déjà surchargés dans de nombreux pays du monde, plusieurs variants plus transmissibles détectés au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil inquiètent depuis quelques semaines la communauté internationale. Avec une question cruciale : les vaccins existants, qui représentent le principal espoir de sortir de cette crise sanitaire, sont-ils efficaces contre ces variants ?

Jacques André, psychanalyste : « Nos moyens psychiques sont plus forts et remarquables qu’on ne le pense »

De premiers éléments semblaient montrer l’efficacité au moins du vaccin de BioNTech/Pfizer, le premier arrivé sur le marché, contre une des mutations partagée par les trois variants, la N501Y. Cette mutation se situe au niveau de la protéine Spike (spicule) du coronavirus, la pointe qui se trouve à sa surface et lui permet de s’attacher aux cellules humaines pour les pénétrer, jouant donc un rôle clé dans l’infection virale.

Mais les craintes venaient surtout de la mutation E484K, également située sur la protéine Spike, et partagée uniquement par les variants sud-africain et brésilien. Des tests en laboratoire ont déjà montré que cette mutation semblait capable de diminuer la reconnaissance du virus par les anticorps, et donc sa neutralisation.

Risque de réinfection « important »

Une étude de chercheurs sud-africains mise en ligne mercredi, et pas encore évaluée par d’autres scientifiques, va plus loin. Elle conclut que le variant sud-africain dans son ensemble « est largement résistant aux anticorps neutralisants provoqués en réponse à une infection par des souches en circulation précédemment ».

Ainsi, le risque de réinfection par ce variant est « important », souligne l’étude. Et ces données ont des « implications sur l’efficacité des vaccins », en particulier parce que les vaccins actuels sont « principalement basés sur une réponse immunitaire à la protéine Spike ».

« C’est un problème qui inquiétait beaucoup d’entre nous : que des nouveaux variants du Sars-Cov-2 échappent à la réponse immunitaire en plus de leur plus grande transmissibilité », a commenté sur Twitter Kristian Andersen, immunologiste à l’institut de recherche Scripps.

« Impossible d’édulcorer les choses : ce n’est pas une bonne nouvelle. »

Pour tenter de contrer ces menaces, les auteurs de l’étude sur le variant sud-africain appellent à identifier pour ces vaccins de nouvelles « cibles » qui seraient moins sujettes aux mutations que la protéine Spike, et à développer de façon « urgente » des plateformes pour adapter les vaccins si besoin.

Les vaccins à ARN messager de BioNTech/Pfizer et de Moderna, qui ont reçu des autorisations de mise sur le marché dans plusieurs pays du monde, permettent a priori une adaptation relativement rapide. Le laboratoire allemand BioNTech a d’ailleurs assuré avoir la technologie pour produire si besoin un vaccin contre de nouveaux variants en six semaines.

Elevages, zoos, abattoirs… Face au Covid-19, il faut surveiller de près toute la filière animale

Si les résultats de l’étude sud-africaine sont confirmés, « nous devons déterminer un calendrier de production et les étapes réglementaires pour adapter la souche utilisée dans le vaccin », a commenté mercredi sur Twitter Trevor Bedford, du centre de recherche Fred Hutch.

Même si le variant 501Y.V2 est « encore largement circonscrit à l’Afrique du Sud », il « pourrait se répandre plus largement dans les mois qui viennent », a-t-il ajouté, pariant sur la nécessité d’adapter la « souche » du vaccin à l’automne 2021.

Le variant anglais a priori neutralisé par le vaccin

« Ça fait partie de la nature humaine d’aimer se faire peur, mais nous ne devons pas paniquer », a tempéré de son côté James Naismith, de l’université d’Oxford, cité par l’organisme Science Media Centre.

D’autant que de nouvelles données mises en ligne mercredi semblent confirmer que le variant anglais, qui a lui déjà largement franchi les frontières, serait bien réceptif au vaccin de BioNTech/Pfizer.

A Saint-Denis, 7 000 personnes âgées, beaucoup de volontaires mais pas assez de vaccins

Selon deux études séparées, une de chercheurs de BioNTech/Pfizer, l’autre de chercheurs d’universités britanniques et néerlandaises, les anticorps d’anciens malades du Covid-19 permettent largement de neutraliser le variant anglais, même si le pouvoir de neutralisation peut être légèrement réduit.

Il est ainsi « improbable » que le variant anglais « échappe à la protection » de ce vaccin, conclut l’équipe de BioNTech/Pfizer.

Contre le variant anglais, « les vaccins devraient être très efficaces et la couverture vaccinale est une priorité », a indiqué sur Twitter le Pr Ravi Gupta, de l’université de Cambridge, un des auteurs de l’autre étude.

 

Je me permets de renvoyer les lecteurs de ce blog à l'étude que j'ai postée hier sur l'histoire de l'éradication de la variole. Ca n'est pas la couverture vaccinale qui a permis de la faire disparaître : c'est l'endiguement. 

 

 

Coronavirus : mise à jour des archives

Par Le 22/01/2021

J'ai commencé cette page en MARS 2020.

Je n'imaginais pas que presque un an plus tard, je continuerai à l'alimenter.

Il y a sans doute des articles que j'ai oubliés d'archiver mais ça commence déjà à faire.

Qu'en sera-t-il à la fin de l'année ?

 

THÈME : Coronavirus (13)

 

THÈME : Coronavirus (13)

  

 Par 

 Le 22/03/2020

 Commentaires (0)

MARS 2020

Inutile de présenter le thème...

Je me suis dit qu'il était temps que je compile avant de ne plus m'y retrouver. On est loin de la sortie...

Coronavirus et pangolin

Coronavirus : Mise en quarantaine

A propos du coronavirus (1)

A propos du coronavirus (2)

Coronavirus et économie

Coronavirus et les scientifiques

Coronavirus et végétarisme

Coronavirus et baisse de la pollution

Coronavirus : Pénurie de médicaments

Coronavirus : juste une alerte de plus.

Coronavirus : vers un confinement total ?

Monologue du coronavirus

Coronavirus : Détresse respiratoire sévère

Coronavirus : Une interrogation...

Coronavirus : USA

Coronavirus : masques de protection

Coronavirus : soutenir les scientifiques.

Coronavirus : le Professeur Raoult

Coronavirus : Concours Lépine gouvernemental...

Coronavirus : constat et état des lieux

Coronavirus : responsabilités de l'Etat.

Coronavirus : le milieu médical

Coronavirus : Le professeur Raoult contre l'ANSM.

Coronavirus : l'argent, le profit, la rentabilité...

Coronavirus : redistribuer les cartes

Coronavirus : la chloroquine

Coronavirus : un autre point de vue

Coronavirus : collaborateur du professeur Raoult.

Coronavirus : les héros de l'hôpital

Coronavirus : "J'ai la rage"

Coronavirus : Raoult, Levy, Buzyn

Coronavirus : le savon et le lavage des mains

Coronavirus : chloroquine et les autres...

Coronavirus : et après ?

Coronavirus : refus pour des tests

Coronavirus : l'état et la chloroquine

Coronavirus : Aux USA

Coronavirus : Confinement.

Coronavirus : Surveiller les ordonnances

Coronavirus : dette des Etats.

Coronavirus : "Monsieur le Président"

Coronavirus : crise écologique

Coronavirus : immunité collective

Coronavirus : USA, diabète, NASH...

Coronavirus : confinement et emprisonnement des animaux

Coronavirus : à propos des masques...

Coronavirus : la guerre des masques

Coronavirus : confinement et vie sauvage

Coronavirus : Méditation planétaire

Coronavirus : l'immunité collective

Coronavirus : Vietnam

Coronavirus : Chine, le risque de deuxième vague.

Coronavirus : Du sang sur les mains.

Coronavirus : pénurie de médicaments

Les risques de crise en 2019

Liberté du confinement.

Coronavirus : tuto pour un masque maison

Coronavirus : le savoir-faire français.

Coronavirus et biodiversité

Coronavirus et décroissance

Coronavirus : un confinement particulier

Coronavirus : Justice populaire

Coronavirus : Immunité collective (3)

Coronavirus : Marie Tabarly et le confinement

Coronavirus : Récession

La Nature en lanceur d'alerte

Coronavirus : Simplicité volontaire

Coronavirus : Le système bancaire

Coronavirus : statistiques des personnes à risques.

Coronavirus : Anticipation

Coronavirus : Medef et économie

Coronavirus : P4 et autres centres secrets

Coronavirus : Témoignage de Jane Goodall

Coronavirus : déconfinement des personnes à risques

Coronavirus : Fermeture des écoles

Coronavirus : Medef et économie (2)

Coronavirus : Un autre message présidentiel

Confinement : Amazon et librairies.

Confinement et économie locale

Coronavirus : Une simulation en octobre 2019

Confinement et escalade

Coronavirus : Déconfinement en Europe

Coronavirus et Triangle de Karpman

Coronavirus : ouverture des écoles

Coronavirus : Une analyse élargie...

Coronavirus : "On verra bien"...

Coronavirus : Immunité chez les enfants

Coronavirus : Ordre des médecins et ouverture des écoles

Coronavirus : Ecole.

Coronavirus : Ecole (2)

Coronavirus : Ecole (3)

Coronavirus : "Négligences, mensonges et désinvolture"

Coronavirus : Zoonose (1)

Coronavirus : Budget des hôpitaux

Coronavirus : Pétition

Coronavirus : "Autorisé / Interdit

Coronavirus : Les masques...

Coronavirus : Sport et système immunitaire

Coronavirus : Economie locale

Coronavirus : Zoonose (2)

Coronavirus : Professeur Raoult suite et resuite...

Coronavirus : Complexité du déconfinement.

Coronavirus : Une seule certitude

Coronavirus : Les affamés.

Coronavirus : le savoir-faire français

Coronavirus : Pétition pour la montagne

Processus démocratique pour le monde d'après

Coronavirus : Quelle consommation pour demain ?

Coronavirus : Ecole (3) : Refus d'ouverture

Coronavirus : Ecole (4) : Comité scientifique

Coronavirus : Effondrement.

Coronavirus : Ecole (6). Les maires réfractaires

Coronavirus : L'avis d'un anthropologue : Jean-Dominique Michel

Les prochaines pandémies

Les prochaines pandémies (2)

"Propositions pour un retour sur Terre"

Coronavirus : Edgar Morin

Privés de nature

"La dangerosité de l’hydroxychloroquine: une fable politico-médiatique?"

Coronavirus : Les Amérindiens

Stratégie de la peur

Coronavirus : L’administration française

Coronavirus : Inextricable

Bande de porcs

Les bienfaits de la crise.

Les prédictions de Didier Raoult

Coronavirus : Mise au point

Vibrio Choleare

Coronavirus : état des lieux officiel

La culture pendant le covid

Covid et chercheurs.

Covid et école

Un vaccin contre le covid

Juste une question

Les alertes existaient.

Les pillards

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

Retour vers le passé.

Hôpital et contraintes budgétaires

Business is business

Crise, dette, croissance

Je suis un vilain complotiste

Impact de la crise sur les enfants

Passeport vaccinal

Passeport vaccinal (2)

Communication du pouvoir

Défenses immunitaires et industrie agroalimentaire

Zoonoses et dérèglement climatique

La croissance sans la croissance

Eradication de la variole

Le rapport Meadows (1972)

Intervention d'une généticienne.

Et si...

"Il vaut mieux prévenir que guérir"

C'était en 2017.

Coronavirus : info gouvernement

 

 

 

Coronavirus : info gouvernement

Par Le 22/01/2021

Cette vidéo issue des services du gouvernement explique les difficultés de lutte depuis le début jusqu'à la vaccination. Et la suite...Et c'est là que ça prend une tournure vraiment intéressante. 

Point essentiel : le vaccin a pour objectif prioritaire d'éviter aux personnes vaccinées de développer une forme grave de la maladie. En aucune façon, le vaccin n'empêcherait que la personne vaccinée ne soit contaminée par le virus. Le gain du vaccin, c'est qu'elle ne devrait pas en mourir, ni en garder de séquelles graves. L'objectif second étant bien entendu d'éviter l'engorgement du service hospitalier. 

Il y a une phrase qui m'interpelle à 1mn 30 lorsqu'est expliqué "l'effet indirect" du vaccin : "D'autre part, il y a un effet indirect : les malades ne peuvent plus contaminer les personnes (qui ont été vaccinées) et le virus ne peut plus circuler."

Désolé, mais ça, pour l'instant, aucune étude n'est venu le confirmer. On le suppose. Et on peut effectivement le souhaiter.

Autre point essentiel à 10mn : "Combien de temps les personnes vaccinées restent-elles immunisées ?" 

C'est effectivement sacrément important si on veut pouvoir se projeter sur les mois et les années à venir. Plusieurs paramètres entrent en compte mais il faut bien réaliser en tout cas que le vaccin aura un effet à durée limitée.

Si, par conséquent, la vaccination de masse n'atteint pas son objectif final d'éradiquer le virus, il faut envisager que les périodes de vaccination devront être renouvelées.

Mais même si l'éradication du virus venait à être réussie en France ou dans un autre pays, encore faudra-t-il qu'il ne soit pas réintroduit et de nouveau propagé. Il est clair que ce virus va entraîner des effets collatéraux très importants durant une période indéterminée.

Je rappelle au passage que la Chine est de nouveau confrontée à une reprise de l'épidémie.

On peut s'attendre à des restrictions drastiques des "voyages non essentiels ".

La "mondialisation" est clairement visée.

Pour en revenir à la durée d'immunité post vaccinale, si celle-ci n'est que de un an et que la vaccination de masse a besoin d'un an pour atteindre un niveau suggérant que l'immunité collective est efficace, on sera à peine sortie de la vaccination qu'il faudra la recommencer.

 

A 7 mn, on aborde la question de la priorité : "Qui faut-il vacciner en priorité ?" 

A 8mn10, je fais partie des gens qui sont représentés vivant dans un phare :) D'où ma décision de ne pas aller me faire vacciner.

Je considère d'ailleurs, en dehors de mon aversion pour ce vaccin, que je ne suis aucunement prioritaire et que vu les difficultés d'approvisionnement en vaccins, il est bien plus judicieux que je laisse ma dose à quelqu'un qui en a réellement besoin. (dans le cas, bien évidemment où il se porte volontaire)

L'emploi du conditionnel est largement prioritaire durant cette vidéo et vraiment, vraiment, si on rajoute les mutations du virus et notamment celui d'Afrique du sud, comme dit la Reine Guenièvre dans Kamelott, "on n'est pas sorti du sable"...

 

 

 

 

Covid-19 : le vaccin ne va pas nous sauver tout de suite, voici pourquoi

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•27 déc. 2020

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Le Monde

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Pfizer, Moderna, AstraZeneca… les vaccins de ces laboratoires vont-ils assurer une immunité globale suffisante pour arrêter la transmission du coronavirus ? Chacun d’entre eux affiche en tout cas des taux d’efficacité prometteurs oscillant entre 70 % et 95 %. Et en l’absence de traitement contre la maladie, la vaccination qui débute dimanche 27 décembre en France constitue un espoir important. Il reste néanmoins de nombreux paramètres à prendre en compte pour évaluer l’impact qu’ils auront dans les mois qui viennent. Leur efficacité dans la vie réelle sera-t-elle à la hauteur de celle mesurée lors des essais cliniques ? Assureront-ils une immunité suffisamment longue ? Combien faudra-t-il vacciner de personnes pour freiner l’épidémie ? Ces incertitudes nécessitent de réfléchir à des campagnes de vaccinations pertinentes pour mieux déterminer qui il faut vacciner en priorité et à quel rythme. L’espoir étant de revenir un jour à une « vie normale ». ==========

Sources : Calcul de l’immunité de groupe et contrôle de l’épidémie de COVID-19 : http://covid-ete.ouvaton.org/Rapport2...

Taux de vaccination nécessaire en fonction de la durée de l’immunité et de l’efficacité du vaccin : https://www.thelancet.com/journals/la... Taux de vaccination nécessaire en fonction des répartitions d’âges et d’activités professionnelles dans la population : https://science.sciencemag.org/conten...

Evolution du nombre de reproduction R0 en France (page 28) : https://www.santepubliquefrance.fr/ma...

Plateforme de partage de données scientifiques sur les paramètres de l’épidémie : https://midasnetwork.us/covid-19/ « 

Comparez l’avancée des différents vaccins contre le Covid-19 » : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/...

« Un Français sur dix aurait déjà eu le Covid-19, selon les calculs de l’Institut Pasteur » : https://www.lemonde.fr/planete/articl...

 

Le rapport Meadows (1972)

Par Le 21/01/2021

Développement durable..Vers un avenir meilleur

S'informer

 

Rapport Meadows : Les limites à la croissance

 

Le rapport Meadows est un rapport qui a été remis au Club de Rome en 1972 prédisant un avenir catastrophique au monde d'ici à 2100 si nous persistions dans la croissance actuelle.

Ce rapport modélise les 5 tendances majeures dans le monde : industrialisation accélérée, croissance de population rapide, malnutrition largement répandue, épuisement des ressources non renouvelables et un environnement détérioré.

Leurs conclusions :

- Si les tendances de croissance présentes dans la population du monde, l'industrialisation, la pollution, la production de nourriture et l'épuisement des ressources restent inchangées, les limites à la croissance sur cette planète seront atteintes un jour ou l'autre dans les cent prochaines années. Le résultat le plus probable sera une baisse plutôt soudaine et incontrôlable tant de la population que de la capacité industrielle.

- Il est possible de changer ces tendances de croissance et d’établir une condition de stabilité écologique et économique qui soit durable jusque dans un lointain avenir. L'état d'équilibre mondial pourrait être conçu pour que les besoins matériels de base de chaque personne sur la Terre soient satisfaits et que chaque personne ait une chance égale de réaliser son propre potentiel humain.

Si les gens du monde décident de lutter pour atteindre ce deuxième résultat plutôt que le premier, plus tôt ils commenceront à travailler pour l'atteindre, plus grandes seront leurs chances de succès.

Tiré d'une version courte de Limits to growth

Note : 33 ans après, la croissance de ces 5 tendances continue !

Publié le vendredi 12 août 2005 dans Developpement durable
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Eradication de la variole

Par Le 21/01/2021

 

Cette volonté de vaccination généralisée et de confinement total, ça me prend la tête. Du coup, je suis allé chercher dans l'histoire.

L'exemple de l'éradication de la variole est édifiant.

On pourra me rétorquer que cela émane d'un site sur la "vaccination libre" mais il y a  malgré tout suffisamment de références pour se faire une idée.

Bon et maintenant ?

Je n'ai aucune compétence pour dire que le virus de la covid devrait être traité de la même façon que celui de la variole mais en tout cas, il semble clair que la vaccination de masse ne représente pas la panacée.

Oui, mais alors, on fait comment avec la covid ?

On isole les gens à risques ? On isole les gens contaminés ? On organise un endiguement ? 

Ou bien on vaccine tout le monde et on confine indistinctement toute la population  ? 

 

 

La grande aventure de l'éradication de la variole

https://www.infovaccin.fr/l-eradication-de-la-variole.html

L’Organisation Mondiale de la Santé avait décidé en 1958 de lancer un programme mondial visant à éradiquer la variole en quelques années. 
La stratégie initiale proposée par les Soviétiques estimait que la vaccination de 80% des populations concernées serait suffisante pour venir à bout de la maladie et que cela était réalisable. L’entreprise débuta dans la certitude puis, après bien des vicissitudes conduisant à la désillusion, fut même un moment au bord de la faillite. Si on ne  change pas une équipe qui gagne, on le fait pour une équipe qui perd : échec salutaire qui conduira  à une profonde remise en cause, à un changement  radical d’approche de la maladie et de la stratégie de lutte pour finalement vaincre la maladie.
Pour décrire cette aventure puis esquisser les perspectives qu’elle offre, voici quelques citations extraites du rapport de 140 pages rédigé par la Commission pour la Certification de l’Éradication mondiale de la variole [1] . Il fut publié en 1980 par l’OMS et servit de fondement à la proclamation officielle de l’éradication de la maladie le 8 mai 1980 à Genève en présence des représentants de tous les Etats du monde.

Les certitudes :

« Convaincue du rôle essentiel de l’immunisation active, l’OMS a décidé en 1958 d’assurer l’éradication de la variole par des campagnes massives de vaccination. Ce n’est pas une tâche d’une difficulté insurmontable et la décision est parfaitement conforme aux possibilités réelles. Nous pouvons être tout à fait certains que les prochaines années nous apporteront la victoire.» [ Cahiers de santé publique n°8, p.10, 1962]

La désillusion :

« Les campagnes d’éradication reposant entièrement ou essentiellement  sur la vaccination de masse furent couronnées de succès dans quelques pays mais échouèrent dans la plupart des cas. » [p.32 du rapport final de la Commission mondiale pour la Certification de l'Eradication de la Variole] [1]

Les doutes :

« En Inde, cinq ans après une campagne nationale d’éradication entreprise en 1962 (55 595 cas ), le nombre de notifications était plus grand (84 902 cas) qu’il ne l’avait jamais été depuis 1958. Il eut été extrêmement coûteux et logistiquement difficile, sinon impossible, d’atteindre des niveaux beaucoup plus élevés de couverture. Avec les moyens disponibles, il fallait absolument changer de stratégie. » [p.32 du rapport final de la CCEV]

L'évolution :

À elle seule, la table des matières est déjà très éloquente car on y lit successivement :
- La stratégie de vaccination de masse : …Succès et échecs
- Evolution des stratégies : …Caractéristiques de la variole de nature à en faciliter l’éradication
- La stratégie de surveillance et d’endiguement

Etude épidémiologique :

En particulier, les conditions de transmission de la maladie vont être soigneusement étudiées :
« La période d’incubation est de 10 à 12 jours ; le stade pré-éruptif débute alors brutalement par une fièvre, un état de prostration. Dès les premiers signes de l’éruption, le malade devenait contagieux et pouvait transmettre le virus pendant toute la durée de la maladie. » [p.18 du rapport final de la CCEV]

Il fut capital de réaliser que, si le premier signe de la maladie était une fièvre à plus de 40° obligeant le malade à s’aliter, il ne devenait contagieux qu’avec le début de l’éruption, 2 jours après. Ces données seront le fondement de la stratégie de surveillance et d’endiguement qui remplacera progressivement la vaccination de masse. 

 1 - Les malades furent alors activement recherchés, en particulier par des campagnes d’affichages et en offrant même de l’argent pour tout cas signalé. Dès qu’un cas était repéré, il était isolé.

 2 - Les contacts étaient recherchés et surveillés. Aux premiers signes de maladie – une fièvre intense, donc avant de devenir contagieux – ils étaient isolés.

« Dès lors que les varioleux étaient isolés dans une enceinte où ils n’avaient de contacts qu’avec des personnes correctement vaccinées ou précédemment infectées, la chaîne de transmission était rompue. En identifiant et en isolant immédiatement les contacts qui tombaient malades, on dressait un obstacle à la poursuite de la transmission. » [p. 22 du rapport final de la CCEV ]

 3 - Il fut tout aussi essentiel de constater que la maladie se propageait le plus souvent à faible distance du malade (moins de 2 mètres) par la voie respiratoire et que les contacts se recrutaient parmi les personnes ayant approché le malade, le plus souvent les proches [p.33 du rapport final de la CCEV] :

« La variole n'était pas une maladie qui sévissait de façon simultanée et aléatoire dans de nombreux secteurs du pays, mais une maladie à propagation lente qui, à un moment donné, ne frappait qu'une petite proportion des agglomérations. Des exceptions à la règle furent observées, mais l'observation s'est généralement révélée juste.

Au début du programme [d'éradication], on estimait assez généralement que les virus en suspension dans l'air transmettaient souvent la variole à des personnes se trouvant à des distances considérables et que les couvertures, vêtements et autres contages ainsi que les croûtes des malades étaient souvent à l'origine de poussées épidémiques. Toutefois, des observations épidémiologiques ont montré que ces modes de transmission étaient relativement peu importants.

Pratiquement, tous les varioleux s'étaient infectés par contact proche avec des malades, et ils se comptaient parmi les personnes vivant sous le même toit ou celles qui avaient rendu visite aux malades.

Le fait que des non-vaccinés vivant sous le même toit qu'un varioleux échappaient souvent à l'infection montrait bien que la variole n'était pas aussi transmissible qu'on l'avait généralement cru. Des études minutieuses montrèrent qu'un sujet infecté contaminait généralement entre une et cinq personnes.

L'idée selon laquelle la variole provoquait souvent des épidémies foudroyantes occasionnant des douzaines, sinon des centaines de cas, se révéla sans fondement. »

Le succès comme en Inde et à Java :

La campagne menée en Inde révéla les limites d’une stratégie axée uniquement sur la vaccination de masse dans un pays aussi vaste et densément peuplée que l’Inde, même lorsque la couverture de vaccination atteignait 90%, objectif pourtant difficile à atteindre. En  revanche, lorsque des programmes de surveillance active et d’endiguement efficace entrèrent pleinement en action, l’Inde fut en mesure de réaliser l’éradication dans un délai relativement bref."  [p.47 du programme de la CCEV] 

En Inde, le dernier cas fut observé en mai 1975

« A Java, en dépit de toutes les mesures prises, la variole s’avérait extraordinairement difficile à éradiquer, malgré des taux de vaccination dépassant 90%. Jusqu’à ce que des structures efficaces de dépistage et de surveillance soient entièrement mises en place. » [p. 42 du rapport final de la CCEV]

La vaccination des contacts :

Les personnes reconnues comme contacts possibles d’un malade contagieux étaient non seulement isolées mais aussi vaccinées. On admettait et on admet toujours qu’une vaccination pratiquée moins de 4 jours après un contage serait efficace et certains voudraient attribuer le succès sur la variole à cette vaccination. Chacun peut reconnaître que l’efficacité de cette vaccination dans de telles conditions n’a à priori rien d’évident. De plus il n’en existe aucune preuve rigoureuse, l’expérimentation étant impossible en raison de l’absence de modèle animal pour la variole. Bien au contraire, de nombreux exemples et des éléments statistiques seraient plutôt en faveur de l’hypothèse inverse, à savoir : la superposition à quelques jours près de la contamination sauvage et de la vaccination serait un facteur aggravant voire déclenchant de la maladie même chez des personnes précédemment immunisées et qui auraient pu éviter la maladie sans cette vaccination supplémentaire [3].
Le rapport de l’OMS cite le cas qui s’était produit au Royaume-Uni en 1949 dans un laboratoire : « il était imputable à une auto-inoculation du virus variolique par un agent de laboratoire récemment engagé qui avait manipulé des instruments infectés le jour même où il avait été vacciné. » [p.55 du rapport final de la CCEV].

Sans remettre en cause l’efficacité du vaccin dans des conditions plus normales d’utilisation, cette hypothèse pourrait permettre d’expliquer l’échec des campagnes de vaccination en zone d’endémie comme aussi l’étonnante évolution de la variole en Inde peu de temps avant sa disparition alors que l’isolement des malades et la vaccination des contacts s’étaient progressivement généralisés : on est en effet passé de 12 773 cas en 1970 à 16 190 en 1971 puis 27 407 en 1972, 88 114 en 1973 et … 188 003 malades en 1974, du jamais vu ! Le dernier cas sera pourtant observé en mai 1975, un an après avoir constaté l’incidence hebdomadaire la plus élevée : plus de 11 000 cas au cours d’une semaine de mai 1974, ce qui correspondrait à plus de 572 000 cas annuels ! La disparition soudaine de la maladie s’explique très certainement par l’isolement précoce des malades ; quant à son extraordinaire poussée, elle pourrait trouver sa raison dans la vaccination des contacts récemment contaminés. Ainsi, le moindre accroissement observé entre 1962 et 1967, où le nombre de cas enregistrés passa seulement, si l'on peut dire… de 55 595 à 84 902, pourrait s’expliquer par une vaccination des contacts qui était plutôt aléatoire alors qu’elle deviendra progressivement systématique après 1970.

Enfin, quoi qu’il en soit de ce problème complexe, il est clairement établi que c’est l’interruption de la transmission par l’isolement rigoureux des contacts et non leur vaccination qui a assuré la victoire sur la maladie, l’effet de cette mesure, en l’admettant efficace, ne pouvant être que de réduire le nombre de malades à isoler.

Fin 1977, la victoire finale :

En cette occasion le journal Le Monde du 21/12/1977 publiera un article de F.J. TOMICHE, chef des services de presse et de publications de l’OMS :

« Sur le plan stratégique, l’abandon de la vaccination de masse en faveur de l’approche dite « de surveillance-endiguement » revêtit une importance capitale. Avec ce type d’approche on parvenait à faire complètement échec à la transmission, même lorsque l’incidence variolique était élevée et les taux d’immunisation faibles. La méthode consiste en la prompte détection de nouveaux cas, suivie de mesures d’endiguement immédiates, c’est-à-dire la recherche de tous les contacts possibles et leur isolement afin d’arrêter la transmission. »

Comment on fait disparaître la méthode de la surveillance-endiguement

Après cette date on va assister à la subtile occultation… de la méthode de surveillance-endiguement ! Tout ce qui n’était pas de la vaccination dans ce qui avait permis la victoire sur la maladie sera omis au profit de la vaccination massive et généralisée des populations. Les preuves de cette évolution ne manquent pas et chacun a pu en être le témoin voire le zélateur involontaire pour clamer haut et fort en toute occasion et sur tous les tons et encore aujourd'hui dans tous les médias, que 

« La variole a disparu de la surface de la terre grâce uniquement à la campagne de vaccination menée par l’Organisation Mondiale de la Santé ».

Alors que ces grandes campagnes furent un échec cuisant et que la seule vaccination qui a pu être vraiment utile fut celle des équipes de santé qui avaient les malades en charge. Cependant, beaucoup de membres de ces équipes étaient recrutés parmi d’anciens varioleux. De plus, les récentes directives d’application du plan variole prévu par le ministère pour faire face à une attaque terroriste par la variole, tout en imposant cette vaccination au personnel d’intervention, recommande aussi le port d’une blouse, de gants et d’un masque afin de rassurer le dit personnel... Deux précautions valent mieux qu’une !

Cependant, en octobre 2001, devant la menace supposée imminente et pourtant très hypothétique du retour de la variole, et devant la réelle menace de la reprise de sa très redoutable vaccination, des voix très autorisées tenteront de se faire entendre pour rétablir un peu de calme et de vérité au milieu de cette psychose organisée :

Le 26 octobre 2001 [2] : le Directeur général de l'OMS, le docteur Gro Harlem Brundtland, déclarera en effet :

« L'efficacité des vaccins existants est prouvée ; mais on observe une forte incidence des effets indésirables. La probabilité de ces réactions est suffisamment élevée pour ne pas procéder à la vaccination de masse tant que le risque d'exposition est faible, voire inexistant.
L’OMS confirme que la meilleure méthode pour enrayer une épidémie de variole, si elle devait se produire, reste la même : recherche et confinement. Cela signifie de rechercher les personnes atteintes, d’identifier celles qui ont été en contact et de les vacciner.
 »

Rapport sur la variole du 25/10/2001

Ce rapport sur la variole du 25/10/2001, qui a été réalisé par l'Institut de Veille Sanitaire à la demande du ministre, reconnaîtra le succès de la stratégie de surveillance et d’endiguement dans le programme d’éradication de la maladie :

« Il est indubitable que c'est la mise en œuvre de ces stratégies de contrôle qui a permis, au moins dans les régions de forte densité, d'atteindre l'élimination. » [p.10 du rapport final de CCEV]

Avons-nous le droit d'oublier ?

Dans sa résolution du 8 mai 1980, l'Assemblée Mondiale de la Santé rassemblant une fois l'an les ministres concernés de tous les États de la planète avait "prié le Directeur général de veiller à ce que soient publiés des ouvrages appropriés traitant de la variole et de son éradication, afin de préserver l'expérience sans précédent que constitue cette éradication". Le jour même le Directeur général, le Dr H. MAHLER, déclarera :

« En raison du caractère exceptionnel de cette réalisation, il est important que les responsables de la santé publique, les historiens et les générations futures aient accès aux éléments d’appréciation sur lesquels ces conclusions ont été fondées . Le présent ouvrage L'Éradication mondiale de la variole – rapport final de la Commission mondiale pour la Certification de l'Éradication de la Variole – analyse rigoureusement ces éléments. Puisse ce rapport final nous inciter tous à réfléchir à la manière dont cette expérience peut nous aider à nous atteler plus efficacement à la résolution d’autres problèmes de santé. »

Pouvons-nous oublier en effet que dans cette expérience pour vaincre la variole, les connaissances, les méthodes et les pratiques qui y sont attachées se sont développées sur un océan de souffrances et que l'Humanité a payé très cher l'arrogance dogmatique de ceux qui lancèrent imprudemment de gigantesques et inutiles campagnes de vaccination ? Par respect pour toutes ces souffrances passées et toutes celles qui pourraient être évitées aujourd’hui par l’application de méthodes analogues, ou demain face à des maladies émergentes contre lesquelles il n’y aura pas de vaccin, avons-nous le droit de participer, consciemment ou non, à l'occultation de tout ce qui ne fut pas de la vaccination dans la victoire sur la variole? Renoncer à cette occultation, connaître et faire connaître cette aventure, voilà certainement le plus bel hommage que nous pourrions rendre aux victimes de la variole comme de sa vaccination.

NOTES

retour au texte

[1] Ce rapport (en français) est en ligne dans la bibliothèque de l'OMS : http://whqlibdoc.who.int/publications/a41464_fre.pdf

[2] http://www.who.int/inf-pr-2001/fr/state2001-16.html

[3] Le médecin allemand Gerhard Buchwald a étudié les cas de variole apparus dans les hôpitaux allemands et rapporte en particulier 5 cas d’infirmières décédées comme « Barbara Berndt (17 ans) (épidémie de variole à Monschau, 1962), vaccinations : première et deuxième vaccinations obligatoires, vaccination après la déclaration du foyer de variole le 5 février 1962 ; date du décès : 20/02/0962, 14 jours après la dernière vaccination. »

ANNEXE

 

Voici deux citations officielles attestant du changement de stratégie qui s’opéra dans la lutte contre la variole.

  • Conseil exécutif de l'OMS janvier 1959 :

« qu'il a été démontré que l'éradication de la variole dans une zone d'endémicité peut être obtenue par la vaccination ou la revaccination effective de 80% de la population en l'espace de quatre à cinq ans ; »

Malheureusement, il fut démontré par les faits au cours des années 1960 que cela ne fonctionnait pas... d'où une évolution très significative de la stratégie :

  • Conseil exécutif OMS janvier 1970 :

« Notant l'importance que présente la surveillance dans l'état actuel des programmes et estimant qu'il est désormais souhaitable de mettre beaucoup plus fortement l'accent, dans tous les pays, sur le dépistage, les enquêtes et les mesures d'endiguement afin de parer à tous les cas et poussées épidémiques de variole ; » 

 

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