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Pour quelles raisons on crève.

La France, la Grèce, le Portugal, l'Espagne, le Portugal, les Pays Bas etc etc...Tous crèvent le ventre en l'air parce que les politiques se sont vendus aux banques commerciales.

Donc, on annule la dette des banques commerciales, elles font faillite et les banques centrales reprennent la main sous le contrôle du PEUPLE et pas des politiciens. Comités de Salut Public. La guillotine est remplacée par la faillite des banquiers.  De toute façon, c'est déjà le bordel et ça le sera pour nos enfants si on ne change pas complètement de système.

Quand un peuple ne se laisse pas convaincre par les arguments, il suffit de le persuader par la peur ou la séduction. On appelle ça de la politique.

The Voice

Musique sacrée.

Dépôt de bilan planétaire

Ecologie

http://www.bastamag.net/article2370.html

Pierre Rabhi : « Si nous nous accrochons à notre modèle de société, c’est le dépôt de bilan planétaire »

Par Agnès Rousseaux, Ivan du Roy (7 mai 2012)

Et si, après une stressante campagne électorale, on respirait un peu ? Quelle société voulons-nous aujourd’hui construire ? « La croissance est un problème, pas une solution », affirme Pierre Rabhi, paysan-philosophe. Face à la disparition des questions écologiques dans le débat politique, et à la frénésie marchande qui nous a pris en otages, il invite à repenser la vie sur un mode à la fois « sobre et puissant ». Et à inventer, pour éviter des explosions sociales et un chaos généralisé, un autre modèle de civilisation. Entretien.

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Basta ! : Vous défendez une société de la sobriété. Les crises actuelles et l’austérité qui menace vont-elles permettre de remettre en question le système économique dans lequel nous vivons ?

Pierre Rabhi [1] : Je ne me réjouis pas de cette situation, mais je me dis finalement que l’être humain a besoin d’entrer dans des impasses pour mieux comprendre. Les impasses peuvent soit finir sur un chaos généralisé, soit permettre d’initier autre chose. Le chaos est tout à fait possible : une sorte de cocotte-minute d’incertitudes et d’inquiétudes est en train de miner les âmes et les consciences. Qu’une seule ville explose et toute la France explose. Le problème aujourd’hui n’est pas de se réjouir de cela, mais de voir ce qu’on peut tirer de cette évolution. Notre modèle de société montre son inadéquation, son incapacité à continuer. Si nous nous y accrochons, ce sera le dépôt de bilan planétaire. Tous les pays émergents veulent vivre à la moderne. Où va-t-on puiser les ressources ? C’est totalement irréaliste. Il y a aujourd’hui à repenser la vie sur un mode qui soit à la fois sobre et puissant. Je crois beaucoup à la puissance de la sobriété. Je ne crois pas à la puissance des comptes en banque. La vraie puissance est dans la capacité d’une communauté humaine à se contenter de peu mais à produire de la joie. Notre société déborde de tout, mais nous sommes un des pays les plus consommateurs d’anxiolytiques, pour réparer les dégâts que produit la « société de la matière » ! Nous sommes une espèce de planète psychiatrique. Combien de souffrances produisons-nous ?

Pendant la campagne électorale, l’écologie a quasiment disparu du débat politique. Qu’en pensez-vous ?

C’est parce que les citoyens ne sont pas véritablement conscients de l’enjeu de l’écologie que nous sommes obligés d’avoir une écologie politique pour lui donner une place au forceps. Dans la réalité, l’écologie concerne absolument tout le monde. Je suis évidemment reconnaissant envers ceux qui essayent de placer l’écologie dans le débat politique. Mais c’est une anomalie. Car l’écologie est une affaire de tous. C’est ce qui détermine l’existence de tout individu, du phénomène de la vie. Nous sommes donc tous concernés.

Selon vous, le progrès technologique nous asservirait ?

La civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Plus d’électricité, de pétrole, de télécommunications et la civilisation s’écroule. Elle ne tient sur rien du tout. Le progrès ne libère pas. Plusieurs avancées ont apporté un certain bien-être. Mais ce bien-être n’est pas forcément partagé. Il faut que l’humanité se pose la question : le progrès, pour quoi faire ? Et avant : qu’est-ce que vivre ? S’il s’agit juste de consommer, je n’appelle pas ça la vie, cela n’a aucun intérêt. Nous sommes devenus des brigades de pousseurs de Caddie. Cela me terrifie. Nous sommes revenus au néolithique : nous sommes des cueilleurs, nous passons dans les rayons et nous cueillons. Tout cela n’est pas bon. On a évoqué la décroissance, qui est considérée comme une infamie dans le monde d’aujourd’hui : remettre en cause la croissance ! Au Moyen Âge, j’aurai été brûlé vif.

Peut-on se passer de l’industrie et du progrès technologique sur une planète qui comptera bientôt 9 milliards d’êtres humains ?

Le progrès technologique ne rétablit pas de l’équité dans le monde, au contraire. Une minorité en bénéficie. Ce ne sont pas les pays en voie de développement qui consomment le plus de voitures ou de frigos. C’est un leurre de dire que la planète ne pourra pas suffire, parce que nous serons plus nombreux. C’est une injustice totale : sur 7 milliards d’humains aujourd’hui, la moitié n’a pas accès à la nourriture pendant que les autres se bâfrent et gaspillent à outrance. Un cinquième de l’humanité consomme les 4/5es des ressources produites. Ce serait très pernicieux d’invoquer la démographie pour dire qu’on ne va pas s’en sortir. Non ! Plusieurs milliards d’humains ne s’en sortent déjà pas. Ce ne sont pas les pauvres qui épuisent les ressources. La démographie n’est pas en cause. Je sens cet argument s’insinuer de façon très vicieuse.

Pourquoi, après avoir été ouvrier, avez-vous choisi de devenir paysan ?

J’ai accompli mon retour à la terre, ici en Ardèche, en 1961, parce que je considère que notre système n’a pas d’intérêt. Je n’ai pas envie d’être né pour produire, pour consommer et mourir. C’est une destinée un peu limitée ! Je suis né pour vivre, je suis né pour admirer. Si on doit toute sa vie besogner pour que les poubelles débordent de déchets, cela n’a aucun sens. Il n’y a pas si longtemps, en mai 68, les jeunes défilaient dans les rues pour protester contre la société de consommation. C’était l’excès. Leur intuition était forte : nous ne sommes pas des consommateurs. Les gagneurs d’argent, la frénésie marchande nous ont pris en otages pour faire de nous des gens qui doivent absolument consommer pour faire monter le produit national brut. C’est complètement stupide. Les jeunes disaient : on ne tombe pas amoureux d’un produit national brut ! Ils lançaient des slogans très importants, qui étaient un appel à la vie. Nous ne vivons pas : nous sommes conditionnés, endoctrinés, manipulés, pour n’être que des serviteurs d’un système. Ils ressentaient ce besoin de sursaut de la vie. Depuis, je ne vois plus les jeunes défiler dans la rue pour dire qu’ils ont trop. Nous sommes au contraire entrés dans la phase du manque. Les certitudes d’une idéologie triomphante, c’est terminé ! Aujourd’hui, les jeunes ne savent pas quelle place ils auront et s’ils auront une place dans l’avenir. Ce système-là peut-il encore perdurer ? Non. Il ne faut donc pas s’illusionner et se raconter des histoires : notre système arrive à ses limites. Il faut maintenant que l’imagination se mette en route, pour en créer un autre.

D’où peut venir le changement ? D’abord de chaque individu ou de transformations portées collectivement ?

Vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer à l’énergie solaire, tout en exploitant votre prochain, ce n’est pas incompatible ! Le changement radical de la société passe par une vision différente de la vie. L’humain et la nature doivent être au cœur de nos préoccupations. Le rôle de l’éducation est souverain : et si on éduquait les enfants au contentement et non à l’avidité permanente ? Une avidité stimulée par la publicité, qui affirme qu’il nous manque toujours quelque chose. Cette civilisation du besoin chronique et permanent, sans cesse ressassé, installe dans les esprits la sensation de manque. Le phénomène de la vie, ce qui fait que nous existons, devrait avoir une place dans l’éducation des enfants. Or nous n’avons que des structures éducatives qui occultent complètement les fondements de la vie pour, le plus vite possible, fabriquer un petit consommateur et un petit producteur pour le futur. Cela en fait un petit ignorant qui s’occupera bien davantage de savoir comment il va avoir un bon boulot malgré la compétitivité.

L’exigence fondamentale, c’est que tout le monde puisse manger, se vêtir, se soigner. Voilà ce qu’une civilisation digne de ce nom devrait pouvoir fournir à tout le monde. Aucun bonheur n’est possible sans la satisfaction des besoins vitaux. Notre civilisation a la prétention de nous libérer alors qu’elle est la civilisation la plus carcérale de l’histoire de l’humanité. De la maternelle à l’Université, nous sommes enfermés, ensuite tout le monde travaille dans des boîtes. Même pour s’amuser on va en boîte, assis dans sa caisse. Enfin, on a la boîte à vieux quand on n’en peut plus, qu’on est usé, avant de nous mettre dans une dernière boîte, la boîte définitive.

Comment convaincre ceux qui profitent le plus de la société de consommation et d’accumulation ?

Qui enrichit ces gens-là ? C’est nous. Ils s’enrichissent parce que des gens insatiables achètent de plus en plus, parce que toute une communauté humaine leur donne les pleins pouvoirs. Ils n’existent que parce que nous les faisons exister. Je ne roule pas en char à bœufs mais en voiture, je pollue malgré moi, j’ai le confort moderne. Ce qui fausse tout, c’est que cela devient prétexte à un enrichissement infini. Ce serait différent si les objets fabriqués par le génie du monde moderne avaient vocation à améliorer la condition humaine. Nous donnons très peu de place à ce qui est indispensable, à ce qui amène véritablement la joie. Et nous ne mettons aucune limite au superflu.

Cela signifie donc s’attaquer aux puissances de l’argent ?

L’argent est noble quand il permet l’échange. C’est plus facile d’avoir quelques billets dans sa poche que de transporter deux kilos de pommes de terre. L’argent n’est pas à récuser dès lors qu’il participe au mécanisme de régulation du bien-être entre tous. Mais quand il régule seulement la richesse, non. Toutes les choses vitales, les biens communs – eau, air, terre, semences – devraient être soustraites à la spéculation. Ceux qui ont de l’argent commettent un hold-up légalisé sur le bien de tous. Un vol illicite mais normalisé par la règle du jeu. L’argent rend l’humanité complètement folle et démente. Aujourd’hui, on achète le bien des générations futures. Je possède de la terre, mais je suis prêt à dire que ce n’est pas la mienne. Je l’ai soignée pour qu’elle soit transmise à mes enfants ou à d’autres gens.

Comment soustraire les biens communs à ceux qui spéculent ?

Admettons qu’on aille jusqu’à la logique extrême : un jour, un petit groupe d’humains hyperriches va posséder la planète. Aux enfants qui arriveront, on leur dira qu’ils sont locataires. Qu’ils doivent payer leur droit d’exister. C’est stupide. C’est navrant. C’est d’une laideur infinie. Parce que j’ai de l’argent, j’ai le droit sur tout… C’est là que le politique devrait réguler. Mais, pour l’instant, les responsables politiques sont là pour maintenir en vie cette inégalité criante. Ils font de l’acharnement thérapeutique sur un modèle moribond. On peut le mettre sous perfusion tant qu’on voudra... on sait très bien qu’il est fini. Le drame serait que tout cela finisse dans le chaos, si on ne met pas en place une nouvelle orientation de la vie.

Il faut changer les règles du jeu démocratique, dites-vous… Pour aller vers quoi ?

On ne peut pas changer un monstre pareil du jour au lendemain. Ce que je regrette, c’est qu’on ne se mette pas sur la voie du changement. Ce modèle a été généré par l’Europe. La première victime de ce nouveau paradigme, cette nouvelle idéologie, c’est l’Europe elle-même. L’Europe était une mosaïque extraordinaire. Tout a été nivelé, standardisé. Et on a exporté ce modèle partout ailleurs, en mettant un coup de peinture « démocratie » là-dessus. Aujourd’hui ce modèle se délite, il n’a aucun moyen d’être réparé. Il faut aller vers autre chose. Ce que propose la société civile : elle est le laboratoire dans lequel est en train de s’élaborer le futur. Partout des gens essayent de faire autrement. Un État intelligent devrait encourager ça. Sinon, cela se fera sous la forme d’explosion sociale. Une grande frange des citoyens sont secourus par les dispositifs de l’État. Cela ne durera pas. Le jour où la société ne pourra plus produire de richesses, où prendra-t-on ce qu’il faut pour soutenir ceux qui sont relégués ? Nous sommes dans un système « pompier-pyromane » : il produit les dégâts et prétend en plus les corriger. On met des rustines au lieu de changer de système : ce n’est pas une posture politique intelligente.

Recueilli par Ivan du Roy et Agnès Rousseaux

Vidéo : Agnès Rousseaux

Photo : Ivan du Roy

Notes

[1] Pierre Rabhi vit en Ardèche, où il a été paysan. Il a crée en 2007 le Mouvement pour la Terre et l’Humanisme appelé ensuite mouvement Colibris. Il est aussi l’inventeur du concept « Oasis en tous lieux » et a lancé en 2012 la campagne Tous Candidats

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  • 1 - De maninoz  | 02:39 | 8 mai 2012 |

    Bonjour,

    je trouve l’article très intéressant, cependant, ce monsieur Pierre Rabhi, aurait, pour moi, été plus pertinent s’il ne cédait pas à l’argumentaire émotionnel de la peur qu’offre le catastrophisme. Je trouve cette démarche un peu trop facile, et cela décrédibilise le contenu de son point de vue.

    D’autan que je trouve sont point de vue assez obscurantiste en prétextant qu’avec notre technologie moderne nous somme devenus plus fragile. Je ne suis pas d’accord avec ça, car la technologie peut justement permettre à l’humanité de vivre dans un certain confort en oubliant la faim, le froid, la maladie et les dangers que la nature sème devant nous. Je ne crois pas me souvenir de la dernière famine en France, ou d’une maladie contagieuse digne de la peste noir. En somme, vous auriez du davantage souligner que le vrai problème n’est pas le continuel développement technologique, mais l’utilisation que l’humanité en fait. Elle n’est pas en accès libre à tous et elle n’est pas utilisée parfois comme il le faut.

    Vous dites que nous ne faisons que "cueillir" des produits dans des rayons de supermarché, pourquoi pensez vous que de récolter soi même ces produits agroalimentaire est il une meilleure chose ? Il nous faut bien un système pour se nourrir, ce n’est pas parce qu’on a un caddie entre les mains que tous les consommateurs sont abrutis par la pub et achètent des choses inutiles. (par ailleurs les français ont de moins en moins de pouvoir d’achat pour acheter des choses inutiles, cela devrait contenter vos préoccupations). L’humanité est une espèce jusqu’à présent unique en son sens dotée d’une grande intelligence, je ne crois pas que nous devrions passer beaucoup de temps à des choses primaires, comme se soucier de comment allons nous manger, boire ou dormir à l’abris. Un retour à la terre serait en mon sens, une perte énorme de liberté et un arrêt brutal à l’expansion du temps que l’humanité consacre à des choses créatives et innovantes.

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    • De Miko  | 08:37 | 8 mai 2012 |

      Réponse aux divers mouvements de la décroissance

      Sinon, pour prolonger les idées et les convictions lors des réunions et celles contenues dans les tracts, j’aurais à vous soumettre quelques pensées et propositions :

      Je crois profondément que nous sommes à un instant charnière et que le moment est venu, bien choisi, d’unifier toutes les tendances qui portent le changement et qui remettent en cause le capitalisme et son acolyte le libéralisme.

      Il faut rassembler sans relâche toutes les mouvances écologiques qui agissent pour la planète. Essayer autant que faire se peut d’associer la population et lui faire prendre conscience de l’urgence de la situation, hors de toutes manipulations idéologiques et/ou partisanes, en étant sincères et vrais dans la vérité et la réalité.

      Dès maintenant savoir que nous avons un rôle à jouer et que nous sommes les vecteurs en marche, en étant des liens qui unissent et s’unissent à d’autres liens, en formant la trame qui tisse la toile de toutes les personnes, groupes, organismes encore éparpillés sur le territoire en France et hors du pays.

      Nous devons être divers et UN. Nous sommes la volonté ardente d’un avenir radieux, c’est désormais notre message d’optimisme.

      Nous savons que l’humanité va vers le mur, que la planète est exsangue, à bout de souffle et de ressources, que l’homme est son pire ennemi et qu’il scie la branche qui le soutient, le berce et le nourrit. Nous savons tous cela.

      Dorénavant, soyons la part d’humains qui comme le colibri fait sa part, qui propose, agit vers la lumière d’une renaissance, d’un autre monde que nous allons construire tous ensemble, nous les hommes de bonne volonté.

      Foin de toujours constater le pire et le défaitisme, nous devons au contraire incarner l’espoir auquel chacun, au fond de sa conscience, de son cœur, aspire.

      Nous sommes les colporteurs de bonnes nouvelles, le courant qui draine le changement par l’exemple. Notre mission est de redonner le moral aux citoyens et non de toujours les accabler du spectacle des turpitudes de ceux qui pensent présider. Ne jouons plus à ce jeux pervers.

      Ce n’est plus l’heure des constats mais du bilan. L’heure des constats est dépassée et il faut retrousser notre imaginaire.

      Ne soyons plus les prophètes de l’apocalypse et du malheur mais, sachons frapper les trois coups à la porte du bonheur pour une nouvelle représentation d’une humanité renouvelée sur scène. Les jours heureux n’attendent que nous si nous en avons la volonté.

      Je ferais suivre quelques suggestions d’un plan d’actions immédiates au fur et à mesure.

      Pour les prochaines réunions, je pense qu’il serait bien d’organiser des tables rondes avec un thème : quel monde voulons nous ? Comment le construire et l’organiser ?

      Un grand brainstorming ; L’idée générale de la méthode est la récolte d’idées nombreuses et originales. Deux principes définissent le brainstorming : la suspension du jugement et la recherche la plus étendue possible. Ces deux principes se traduisent par quatre règles : ne pas critiquer, se laisser aller (« freewheeling »), rebondir (« hitchhike ») sur les idées exprimées et chercher à obtenir le plus grand nombre d’idées possibles sans imposer ses idées.

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    • De Macarel  | 10:32 | 8 mai 2012 |

      C’est tout le contraire de l’obscurantisme que délivre le message de Pierre Rabhi.
      J’ai retenu :
      Si nous étions intelligents nous comprendrions que la joie ne s’achète pas.
      Le progrès doit être au service de l’homme et non l’inverse.
      Au delà d’un certain seuil de bien-être matériel, rien ne sert de continuer à accumuler frénétiquement, mais il faut prendre le temps de vivre tout simplement.
      En finir avec l’argent comme instrument de pouvoir.
      Développer notre conscience que nous n’avons qu’une planète, et qu’il faut en prendre soin.
      Quant à son supposé catastrophisme, je ne le vois pas. C’est au contraire pour éviter des catastrophes aux générations futures, qu’il dénonce les dérives du présent.
      Vous faites un contresens total, son message est celui d’un amoureux de la vie.
      Mais il est vrai que nos esprits sont tellement contaminés, par la propagande du système qu’il est facile de prendre des vessies pour des lanternes.
      Et quand il dit que notre civilisation est fragile, il a tout à fait raison, en ce sens que notre mode de développement actuel n’est pas soutenable sur plus d’un siècle, deux au maximum. Et d’ici là les conflits pour l’accès à des ressources devenant de plus en plus rares se multiplieront.

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      • De Enoch  | 13:11 | 9 mai 2012 |

        1 ou 2 siecles mais vous revez !!

        Nous avons une decennie tout au plus et encore qui sera marquee par des crises a repetition.

        Nous allons vivre plus de changement dans les 25 prochaines annees que nous n’avons vecu les 100 dernieres.

    • De Winston Smith  | 10:42 | 8 mai 2012 |

      bonjour
      La technologie nous rend effectivement plus fragiles, on peut le reconnaître sans "jeter le bébé etc...". La crise de la productivité par exemple et, donc, le chômage de masse trouvent des origines dans l’innovation technologique. L’explosion démographique est, aussi, liée au "progrès" technologique(si si !). Mais, en fait, si vous devez accordez à cette idée une validité, c’est pour cette raison, que vous ne pouvez nier : l’ensemble des ,structures humaines, aujourd’hui, reposent ENTIEREMENT sur des structures technologiques, qui par ailleurs se caractérisent par une nature ambivalente de remède/poison, aide/entrave, et par une sensibilité à l’influence économique dans leur manifestation. Et il n’existe pas de méta-structure sur laquelle reposerait la technologie, sauf à dire qu’il y en a une économique. Cette méta-structure devrait en fait être "éthique", ce qui suppose un renversement total de réflexion, qui devrait se réaliser pour que nous puissions conserver sans danger ce corail technologique. Donc une telle dépendance à une technologie ambivalente, et soumise aux abstractions économiques, engendre bien une fragilité accrue, et alimente la probabilité du chaos.

      Répondre

    • De jeanclaude57  | 11:14 | 8 mai 2012 |

      En 1978, je suis allé travaillé chez Pierre Rabhi . A l’époque j’étais bien jeune je suis venu dans sa ferme a Lablachère pour un stage d’initiation à l’agriculture bio . C’était très précurseur pour un jeune de mon age et de la ville . Surtout qu’ a cette époque la plupart des lambda ne s’imaginait même pas que l’on pouvait vivre autrement , en autosatisfaction et en harmonie avec la terre . Je ne comprenait pas très bien a ce moment là la philosophie de Pierre , pour moi il était comme un néandertalien des temps modernes , à travailler la terre avec des outils rustiques et à planter des arbres à 45°en suivant la méthode "Boucher -Thomas "presque je lui en voulait quand il me faisait ramasser les pierres de son terrain à la main . De retourner le compost plusieurs fois de le nourrir pour qu’il soit bénéfique a la terre . Je ne comprenait pas très bien quand il me disait qu’il ne fallait pas abimer cette terre avec des engins modernes , avec des produits qui l’empoisonnait . Pour moi un paysan devait travailler avec des tracteurs et des outils modernes , des produits qui améliorait la productivité . J’étais tombé dans un autre monde , et petit à petit je commençait a comprendre le but de cette manœuvre . Si tu respecte la nature elle te le rend au centuple . Aujourd’hui en lisant cet article je suis tout à fait d’accord avec sa façon de voir les choses , et je suis d’accord avec lui quand il nous dit que nous ne sommes que des produits de consommations . Enlevez-nous le pétrole l’électricité les supermarchés et vous verrez que les gens se trouveront démuni , perdu ! La plupart d’entre nous ne savent même pas comment planter un légume . Il a raison Pierre de dire que nous sommes une société d’assisté . Depuis l’enfance on nous met dans des boites on nous guide et dirige jusqu’à notre dernier souffle , on ne sait plus penser par nous mêmes , on ne prend plus de décisions , on nous impose un tracé de vie pour faire partie de la société . "travail famille patrimoine " . Nous devons aujourd’hui nous sortir des sentiers bitumeux , repenser notre façon d’être , nos petites manies de consommations , penser aux générations futures à l’héritage qu’on va transmettre . Nous sommes tous responsables de la pollution de notre planète de la surconsommation et de la faim dans le monde . Nous devons aujourd’hui enlever nos œillères pour repenser notre façon d’être face à l’autre , pourquoi accumuler et m’enrichir alors que je sais que je ne fais rien pour le bien de l’humanité . Notre société actuelle est sur le déclin là dessus je te rejoint Pierre , nous devons cesser d’être égoïstes individualistes . La terre ne nous appartient pas , nous ne sommes que de passage , aussi notre devoir est de l’améliorer pour que les générations futures puissent y vivre en harmonie . Mais pour cela il faudrait que l’on puisse rééduquer nos politiciens . Cette élection ne nous apporteras pas grand choses de plus , que nous avons déjà . Si ce n’est le chaos ! Alors oui notre devoir de citoyen est de trouver et d’imposer une nouvelle façon vivre en harmonie avec 9 milliards d’être humain ! Les petits ruisseaux fonts les grandes rivières .
      Merci Pierre pour ce que tu ma enseigné pendant 1 an , ma vie entière en a été changé Je ne sais pas si aujourd’hui je suis un homme meilleur mais , je sais que je respecte mon prochain et que j’œuvre pour laisser un monde meilleur à mon fils et a ses descendants .
      Jean Claude

  • 2 - De DMonodBroca  | 12:25 | 8 mai 2012 |

    Pour que le peuple puisse exprimer le pouvoir qui est le sien en régime démocratique, encore faut-il qu’il puisse choisir, encore faut-il que les partis en lisse lui offre une alternative. Ce n’est plus le cas en France. Traditionnellement la gauche c’est le changement et la droite c’est la conservation. Il n’en est plus rien. Droite et gauche se veulent identiquement ennemies du si méprisable immobilisme, identiquement adeptes du si bienfaisant changement, identiquement déterminées à adapter la France, comme elles disent à l’unisson, au « XXIème siècle » et à « un monde qui bouge ». Comment choisir alors, puisque ça revient au même ? Que reste-t-il de la démocratie quand le peuple ne peut plus choisir ? Il y a bien quelques différences entre les recettes de droite et les recettes de gauche, mais les unes et les autres visent au même objectif, « toujours plus », toujours plus de nouveauté et de modernisme, toujours plus de science et de technique, toujours plus d’argent et de confort, toujours plus de consommation, toujours plus de richesse et de force, toujours plus de performance et de réussite… Il conviendrait, pour ranimer la démocratie, que les partis se distinguent à nouveau les uns des autres sur ce point essentiel, que sur l’échiquier politique réapparaisse une alternative véritable, que l’une, droite ou gauche, persévère dans la défense du toujours plus mais que l’autre à l’opposé s’engage résolument dans la défense du moins, avec pour mots d’ordre : frugalité, conservation, persévérance, retenue, effort, manque… Ce renoncement au changement perpétuel, ça, ce serait un changement ! Véritable cure de désintoxication, ce serait un changement oh combien salutaire ! Encore faudrait-il que le peuple puisse choisir une telle voie. Et pour cela qu’elle lui soit résolument proposée.

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    • De Macarel  | 15:02 | 8 mai 2012 |

      Actuellement, l’échiquier politique se divise entre droite et gauche, ou démocrates et républicains comme aux USA. Mais les deux bords sont des adorateurs de la Sainte Croissance du PIB.
      La principale différence - elle n’est pas négligeable pour autant - c’est que normalement la gauche a davantage le soucis de répartir équitablement les fruits de cette croissance, alors que la droite s’ accommode plus des inégalités et de leur accroissement.
      Mais le monde politique et la société en général, n’en sont pas arrivés, et loin s’en faut, à prendre au sérieux la question des limites planétaires, que nous avons d’ailleurs déjà atteintes.
      Comme le dit Pierre Rabhi, il faudra sans doute en arriver à des formes de catastrophes, pour que ces questions s’imposent dans le débat public. Avec l’inconvénient majeur qu’il sera alors bien tard (peut-être trop) pour corriger la trajectoire. La prise de conscience brutale de l’ irréversibilité des processus engagés, risque malheureusement de conduire au chaos.

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  • 3 - De Manso  | 13:09 | 8 mai 2012 |

    Dacord avec M. Rabhi, sauf en ce qui concerne la question démographique. Comment ne pas voir en effet que « c’est la dose qui fait le poison » ?

    Si la population occidentale était moitié moindre, il y aurait (au minimum) moitié moins de problèmes écologiques liés à sa consommation. Et il aurait été possible de stabiliser notre effectif dans l’après guerre, à l’époque où les alertes ont été lancées par les premiers écologistes. Cela n’a pas été fait du fait de la vanité humaine qui visiblement perdure.

    Ne parlons même pas de l’avenir qui se présente sous les plus sombres auspices : un peu plus d’un milliard de sur-consommateurs ont réussi à dérégler le climat. Que va-t-il se passer lorsque nous serons 9 milliards (2050) et même 10 milliards (2100) à revendiquer, fort légitimement, un niveau de vie décent ?

    Répondre

    • De louna  | 14:46 | 8 mai 2012 |

      bonjour,
      j’aime la vision de monsieur Pierre Rabhi..retourner aux choses simples..communiquer devient difficile car on vous demande quel est votre diplôme pour vous exprimer ainsi...je ne suis personne mais je vois que tout le monde ne pense qu’à lui...on pourrait encore utiliser ce que les gens mettent dans les conteneurs mais on ne peut plus aller prendre quelque chose qu’y s’y trouve...les enfants deviennent les objets d’une industrie (crèches et autres) parce que les parents veulent gagner leur vie à deux pour être sûr d’avoir une belle maison, des voitures, de la nourriture à foison, des vêtements hyper chers...de marque..les industries pour le développement de soi sont nombreuses...PAYER pour retrouver votre calme, votre sérénité...achetez tel talisman pour vous protéger...les gens ne sont même plus connectés à leur intuition...ils ont besoin qu’on leur vende du bonheur, du répit..de la spiritualité.ou des remèdes qui soulagent vite..les gens n’ont plus le temps de se remettre en question...ah l’ego...il exagère...
      depuis que j’écoute monsieur Rabhi, je me dis que tout n’est peut être pas perdu..c’est vrai qu’il faudra le temps et sans doute le chaos pour reconstruire une société de valeurs mais merci monsieur, vous me redonnez l’espoir

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  • 4 - De Crapaud Rouge  | 16:34 | 8 mai 2012 |

    La "démesure humaine", évoquée par M. Rabhi, résulte d’une tendance culturelle antédiluvienne qui veut que nous jugions les êtres et les choses comme si on les mesurait par une grandeur. Du côté du bien, (et parfois même du beau), tout ce qui peut être haut, grand, gros, fort, puissant, performant, rapide, visible, riche, croissant, etc... Du côté du mal, tous les contraires de ce que je viens d’énumérer. A partir de ce constat, l’on voit mal comment une économie de la décroissance pourrait s’imposer : il y faudrait une profonde révolution culturelle dont rien, aujourd’hui, n’annonce l’avènement.

    M. Rabhi déplore que l’argent donne tous les droits : mais si c’était au contraire une piste à explorer ? Car si ce pouvoir que confère l’argent était dans les mains de la "société civile", non dans celles de l’état ou de quelques gigantesques entreprises, il en irait tout autrement. Mais l’argent est encore ce qu’il était à sa naissance, vieille de quelques millénaires : un instrument exclusif dans les mains du monarque.

    M. Rabhi explique enfin que : "La vraie puissance est dans la capacité d’une communauté humaine à se contenter de peu mais à produire de la joie." C’est une idée forte, profonde et révolutionnaire. Cette puissance-là n’est pas visible comme celle des grandes entreprises : il faut un complet renversement des valeurs pour pouvoir l’apprécier.

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    • De Eric  | 20:54 | 8 mai 2012 |

      UNE ÉCONOMIE BASÉE SUR LES RESSOURCES

      1 – Dans le cadre d’une économie basée sur les ressources on considère que les ressources, c’est-à-dire les ressources naturelles, les ressources technologiques et les compétences des individus, sont le patrimoine commun de l’humanité et qu’elles ne peuvent donc appartenir à des entreprises privées qui les exploitent (d’une façon aberrante) non pour servir l’intérêt général, mais pour servir leurs intérêts particuliers.

      2 - Une économie basée sur les ressources mettra la science et la technologie au service de l’homme et de son environnement naturel, et non pas du capital et du complexe militaro-industriel puisqu’ils n’existeront plus. Le terme « économie » signifiant étymologiquement
      « administration de la maison », on peut dire que l’économie basée sur les ressources naturelles est une véritable économie, contrairement à l’économie monétaire, cette anti-économie qui non seulement détruit quotidiennement notre maison (la Terre), mais encore oblige la moitié de l’humanité à vivre avec un ou deux dollars par jour, entre autres terribles maux.

      3 - Une économie basée sur les ressources implique une approche cybernétique du « système Terre » afin que les ressources naturelles ainsi que la production et la distribution des biens de consommation soient gérées d’une façon intelligente, synergique et responsable. La
      cybernétique est la science du contrôle des systèmes. Un système cybernétique peut être défini comme un ensemble d’éléments en
      interaction entre eux et avec l’environnement. Il s’agit donc d’un système global intégré. Les interactions entre les éléments consistent en des échanges de matière, d’énergie et d’informations. La cybernétique appliquée au « système Terre » consiste à concevoir un système de mesure des ressources disponibles à chaque instant. En modulant les paramètres de distribution (arrosage, constitution de bassins de stockage, adaptation des canaux de fourniture d’énergie aux villes, etc.) et en adaptant la production à la demande (qui ne sera plus irresponsablement stimulée par la publicité et le marketing), ce système préviendra l’épuisement des ressources naturelles et les dérives des métriques environnementales (composition de l’air ambiant, qualité et quantité des nappes phréatiques, état des sols, état de la fourniture énergétique en temps réel des éoliennes, des panneaux photovoltaïques, etc.).

      4 - Aujourd’hui, la science et la technologie sont au service d’intérêts privés qui se font stupidement concurrence au lieu de coopérer et, ce
      faisant, nuisent considérablement à l’environnement. Comme l’a si bien dit l’économiste Kenneth Boulding : « Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » Dans une économie basée sur les ressources, les produits seront gratuits mais les gens consommeront beaucoup moins qu’aujourd’hui car la publicité et le marketing n’existeront plus et la production des biens de consommation ne sera plus soumise aux règles environnementicides que sont l’obsolescence programmée et l’obsolescence perçue. Les produits auront pour la plupart la même durée de vie que leurs détenteurs et les déchets seront recyclés. Aussi l’abjecte société de consommation (nous vous invitons à lire « La société de consommation », essai de Jean Baudrillard) fera-telle place à la société de la conscience.

      5 - Une économie basée sur les ressources implique l’abolition de l’anachronique système monétaire, de sorte que tous les habitants de la planète seront libres, égaux en droits et fraternels. Il n’y aura donc plus ni riches ni pauvres. Dans l’économie monétaire, les droits des citoyens sont proportionnels à leurs revenus. Nous parlons bien sûr des droits économiques qui sont beaucoup plus importants que les droits civiques, puisque les citoyens exercent ces premiers quotidiennement. Par ailleurs, comme il suffira de se munir d’une simple carte d’identité pour se rendre à l’étranger et que les moyens de transport seront gratuits, les échanges culturels internationaux s’accentueront tant et si bien que les identités nationales et régionales s’en trouveront enrichies.

      6 – Aujourd’hui, les citoyens votent pour des privilégiés qui défendent les intérêts de la classe sociale ou de la caste à laquelle ils appartiennent ainsi que les intérêts des banques et des entreprises multinationales. Dans une économie basée sur les ressources, il n’y aura plus de partis politiques car ces derniers, outre l’immaturité et l’étroitesse d’esprit qu’ils dénotent chez les individus, sont indissociables de l’existence du système monétaire et des classes sociales. La politique aura donc pour seul objet de gérer au mieux la cité (ce sera une politique au sens étymologique du terme et non plus une politique partisane ou politicienne) et non plus de promouvoir des intérêts de caste.

      7 – Les équipes interdisciplinaires constitueront l’institution clé de l’économie basée sur les ressources. On peut imaginer qu’il y aura une équipe interdisciplinaire dans toute ville d’au moins 50 000 habitants. Des scientifiques spécialistes des sciences exactes et des sciences humaines en feront partie. Ces équipes interdisciplinaires contrôleront les systèmes cybernétiques, assureront leur évolution et décideront par vote des choix de société qui seront ensuite validés ou non par le peuple (le recours au référendum d’initiative populaire sera fréquent). Toute personne pourra accéder à l’information et, sous condition de compétence, intégrer une équipe interdisciplinaire. Les membres des équipes interdisciplinaires seront des hommes et des femmes politiques dignes de ce nom.

      8 - Aujourd’hui, tous les pays qui prétendent être des démocraties (gouvernement par le peuple) sont en vérité des ploutocraties
      (gouvernement par les plus fortunés ; une ploutocratie est évidemment une oligarchie), et ce, pour deux raisons principales : les citoyens ne
      sont pas égaux en droits et le peuple n’est pas un, mais divisé en plusieurs peuples qui luttent les uns contre les autres. C’est bien sûr le peuple des riches qui domine les autres. Les soi-disant représentants du peuple (en réalité, ils représentent les intérêts des oligarchies financière et industrielle) appartiennent pour la plupart au peuple des riches et ne sauraient par conséquent défendre les intérêts des membres des autres peuples ou classes sociales. Étant donné que les médias de masse sont la propriété des puissants, ils sont obligés de faire croire à l’opinion publique que nous sommes en démocratie.

      9 - Dans une économie basée sur les ressources, les propositions élaborées collectivement et avec l’aide de l’outil informatique prévaudront sur les opinions individuelles. Les membres des équipes interdisciplinaires auront des compétences scientifiques et sociales qui dépasseront de très loin celles des actuels soi-disant représentants du peuple mais, contrairement à eux, ils ne jouiront d’aucun privilège et seront contrôlés par le peuple.

      10 - Dans une économie basée sur les ressources, les tâches non gratifiantes seront accomplies par des machines, si bien que les individus travailleront pour se réaliser et servir l’intérêt général et non pour subsister ou s’enrichir. La motivation financière avilit l’homme. Aujourd’hui, les êtres humains sont pour la plupart des aliénés car ils sont contraints d’exercer des activités qu’ils n’aiment pas pour subsister. En outre, ils ne peuvent pas servir l’intérêt général de la planète étant donné que la lutte pour la subsistance les oblige à ne se soucier que de leur intérêt personnel. Très peu d’entre eux ont conscience que c’est en servant l’intérêt général qu’on sert le mieux son intérêt personnel.

      Si vous souhaitez en savoir plus sur l’économie basée sur les ressources, nous vous invitons à visiter le site Internet de l’association Resource Based Economy Human Project (R.B.E.H.P.) : http://www.rbehpfr.org/naissance-re...

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      • De Enoch  | 13:28 | 9 mai 2012 |

        Dans l’absolue vos idees sont interessantes mais je ne sais pas si c’est le style ou si c’est le fond de votre pensee mais il y a un tel dedain des autres et meme une pointe de haine envers les hommes.

        Moi, je ne concois pas de systeme n’ayant pas pour base l’amour.

        Notre monde va s’ecrouler, les gens ne veulent pas de moins !

        Ils ne veulent pas de changement radicale. Laissons les etres fou ! La planete se moque de nos folies, elle a vu bien pire que l’humanite dans son histoire.
        Si nous disparissons, ce ne sera pas si grave !

        Pour moi, c’est retour aux communautes enracines et laissons les villes dans leurs plaisirs Samsariques. Lorsque l’effondrement et les violences surviendront alors il faudra survivre.
        Ensuite nous reconstruirons avec les survivants et puis nous referons des erreurs encore et encore jusqu’a notre disparition.
        99,9 % des especes ont disparus sur terre, nous n’echapperons pas a cette regle.

  • 5 - De DS0167  | 09:46 | 11 mai 2012 |

    Un Grand Monsieur que j’aimerais voir Président du Monde ! ou à minima à la droite (ou la gauche !) de ceux qui nous dirigent aujourd’hui...

    Bref, merci, il est toujours bon de savoir que des gens comme Monsieur Rabhi existent et que leur parole dépourvue de haine peut être transmise... et qui sait un jour appliquée.

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    • De Eric  | 20:43 | 11 mai 2012 |

      Il est regrettable que comme la plupart des gens M. Rabhi n’ait pas conscience que les produits seraient en libre accès dans un monde débarrassé du fléau monétaire et régi par une économie basée sur les ressources (voir trois posts plus haut). Le troc n’est pas l’unique alternative au délétère et anachronique système monétaire. Par ailleurs, l’argent n’a jamais "régulé le bien-être" mais a toujours été la racine d’une multitude de maux que dénonce M. Rabhi.

      Quant à la science et à la technologie, il semble que M. Rabhi n’ait pas conscience qu’elles ont été dévoyées par le système monétaire et que dans un monde non-monétaire, elles seraient au service exclusif de l’homme et de son environnement.

Curieux...

Le 22 mars, il y a eu 187 visiteurs sur mon blog et 1235 pages lues.

C'était le jour où j'ai commencé à parler de Mohammed Mehra sans que je n'ai cité son nom.

Les deux jours suivants, les visites ont diminué mais le nombre de pages lues étaient très élevés.

Les robots étaient programmés pour trouver les mots : meurtre, assassinat, Toulouse, scooter, minute de silence, terrorisme, tuerie, juif, école, enfants etc etc...

Ce nombre de visites et de pages lues ne s'est pas reproduit ensuite. Dans le graphe des statistiques dont je dispose, c'est très impressionnant...Il ne pouvait s'agit des lecteurs habituels, l'affluence était beaucoup trop inhabituelle pour ça.

Terrorisme, Al Qaida, Ben Laden, Kadhafi, Sarkosy, attentat, corruption, fascisme, nazi, bombe, Islam, mosquée, scooter, militaire, Irak, Afghanistan, Iran, bombe nucléaire, avion, tours, centrales nucléaire, détournement d'argent, banque centrale, FMI, Grèce, Révolution populaire, dette, corporatisme, collusion entre états et banques, Goldman Sachs, Georges Bush, les "Faucons", Francs maçons, Bilderberg, Illuminati etc etc etc etc etc 

Amusez-vous les robots. Je vous emmerde.

Etienne Chouard : sur Hugo Chavez

Il ne passera jamais à la télévision cet homme-là...

Pour comprendre ce qui est possible

et que les politiques et les financiers ont rendu impossible.

Socialistes, UMP et autres étiquettes à fond dans le même système. Faut pas se leurrer...

Les gens qui sont censés respecter la Constitution sont ceux qui l'écrivent...Totalement absurde.

Le despotisme démocratique


http://www.philolog.fr/le-despotisme-democratique-tocqueville/

Le texte de la vidéo s'y trouve.


http://www.marianne2.fr/La-France-du-pays-de-Cocagne-au-despotisme-democratique_a210892.html

Le prof de philo Bernard Vasseur interroge les consciences sur l’émancipation humaine dans son essai « La démocratie anesthésiée », dont le seul titre, péremptoire, annonce la couleur. Communiste, Vasseur explore le nouveau visage du politique et conclut à une entrée dans un « âge post-démocratique » qu’il appelle aussi, en reprenant un concept de Tocqueville, un « despotisme démocratique ».

La France, du pays de Cocagne au despotisme démocratique ?
Despotisme ? « A peine lâché, le mot fera naturellement frémir d’indignation », concède d'entrée l’auteur, pour mieux cadrer son propos : le despotisme dont il est question ici est d’un genre nouveau. Rien qui ne corresponde aux figures antiques, et désormais obsolètes du « tyran », du « dictateur » ou du « despote ». Pas de schlague ni de férule ici, non. Un despotisme « tranquille et doux », « cool et kiffant », tout aussi efficace, mais plus insidieux que son lointain prédécesseur.
 
Bernard Vasseur assied sa réflexion sur les apports des philosophes, au premier rang desquels Alexis de Tocqueville, dont il reprend le concept de « despotisme démocratique » pour l’opposer à l’un des créateurs de la doxa libérale, Benjamin Constant, tant elle domine, écrit-il, « encore puissamment les idées courantes de notre temps. »

Le théâtre politique autour de « l’emploi »

Trois thèmes nourrissent son raisonnement : le travail, l’économie, la démocratie. Le travail, donc. L’auteur s’étonne de voir ce mot sinistré du débat politique et refoulé par le discours officiel et médiatique sur « l’emploi ». La gauche et la droite, note-t-il, « rivalisent d’ardeur pour promouvoir d’emploi ». Mais quand la droite au pouvoir cherche à faire oublier son bilan calamiteux en allumant des contrefeux sécuritaires (les banlieues, la délinquance, la burqa, les musulmans et les mosquées, les « Roms » etc.), la gauche de gouvernement, elle, reste focalisée sur la nécessité d’une « transformation sociale », toute impuissante qu’elle est à changer la nature et les conditions de la « guerre économique ». Elle s’est laissée aller, critique-t-il, à « un climat », à « une mode », par des analyses des transformations en cours de la vie économique et sociale (« la société post-industrielle », « la société des loisirs ») au point d’ignorer les attentes et les angoisses liées au travail.
 
Et donc, déplore Vasseur, plus un mot sur le travail humain. A l’exception près de la campagne de Sarkozy en 2007, « menée tous azimuts pour capturer des électorats composites », lorsque ce dernier écumait les usines pour saluer « la France qui se lève tôt », la pudeur des ouvriers, le goût et « la fierté du travail bien fait », jusqu’au fameux « travailler plus pour gagner plus » largement entendu de l’opinion. Et Sarkozy, le soir même de son élection, d’aller fêter ce « hold-up » au Fouquet’s avec ses copains milliardaires… (sa description nerveuse de l’ère Sarkozy, celle de « la réussite qui se montre et s’étale en parfaite impudeur », se veut ironique : « du pipole comme s’il en pleuvait ! »).
 
« L’expérience ouvrière se heurte aujourd’hui à la philippique managériale de l’emploi », reprend l’auteur. Le chômage reste un moyen de peser sur les conditions de travail et les salaires, le sauve-qui-peut de l’emploi à n’importe quel prix remplace la mise en valeur du travail, l’économie et « l’Empire du management » dictent leur loi tandis que les vrais « maîtres », les actionnaires, sont passés à l’extérieur de l’entreprise, et devenus insaisissables ! « Tout se brouille : on ne sait plus s’il faut toujours se battre et contre quel adversaire. Fin de la sempiternelle lutte des classes ! Un autre mot désormais tabou, exclu, usé, fini. »
 
Aussi conclut-il, invoquant Tocqueville, que « l’aristocratie industrielle succède à l’aristocratie fondée sur la naissance », que le despotisme contemporain s’insinue dans le travail, « qui est organisé en lui-même de telle façon qu’il « tienne » le peuple au corps, dans l’usure physique, dans la soumission, dans l’angoisse et la crainte, dans le stress et parfois le désespoir. »

Comment l'économie impose son scénario et ferme l’horizon

Cette réduction du travail à l’emploi résulte selon lui d’une science, l’économie politique, qu’il entreprend de critiquer en revisitant Adam Smith et Karl Marx. Ce refoulement du travail, la disparition de la « classe ouvrière » et du « prolétariat » dans les années 80 saluée comme « le dépassement d’un archaïsme et d’une mythologie périmée », Vasseur l’interprète par le passage de l’économie politique à l’« économie » tout court, qui sous la pression des intérêts financiers, est devenue une fin en soi.
 
Bernard Vasseur scrute les non-dits de l’économie (l’accumulation du capital notamment), toujours animé par la « stratégie du soupçon » qu’avaient développée en leur temps des penseurs comme Marx, Nietzsche et Freud. Les réflexions d'autres intellectuels, plus contemporains, étayent son raisonnement : entre autres Emmanuel Todd sur la globalisation, Jacques Rancière sur les pouvoirs de la naissance et de la richesse.
 
« L’économie, écrit-il, se change en « économisme » pour établir son « pouvoir absolu et solitaire ». Elle dit la loi du monde et impose son règne aux consciences. Destin irrépressible : il faut s’y soumettre ! Impossible pour les Etats d’ignorer ses lois. »


Heureusement, pour oublier, il y a les loisirs ! Ah, le temps des loisirs (contraints) pour « s'éclater », « ne pas se prendre la tête », « kiffer »… L’auteur livre un diagnostic décapant sur la « société de loisirs » en montrant comment tout est fait pour que « les hommes courent vers leur servitude comme s’il s’agissait de leur salut » (Spinoza). La « servitude volontaire » de La Boétie n'est pas loin.

Le divertissement a pris le pas sur la culture, note le prof de philo, qui passe au crible la « fabrication » de consommateurs (le désir étant replié sur le marché, l’achetable, la marchandise), le marketing et les « industries culturelles », en même temps que les pièges de l’endettement et de « la vie à crédit ».
 
Dans son quatrième et dernier chapitre, Vasseur déjoue « La comédie démocratique », en montrant d'abord combien la démocratie, honnie pendant des siècles, se conjugue mal dans son histoire avec « la représentation » et la confiscation du pouvoir par des professionnels de la vie politique. Il souligne aussi les vraies raisons (politiques) de la mise en cause de la « démocratie sociale » et du « modèle social » français, avant d’alerter sur l’obsession de la « gouvernance », venue cacher le renoncement au partage des pouvoirs.

Parce qu'elle anime aussi la comédie démocratique, la télévision, cet « appareil d'assentiment », fait l'objet d'une longue critique par Vasseur, qui n'entend plus seulement dénoncer « la société du spectacle » de Debord, le problème étant désormais plus large. Dans le sens où la télé d'aujourd'hui, outre son mépris et son arrogance pour des téléspectateurs forcément inaptes à la raison et à l'intelligence, « joue à informer, mais ne fait que vendre des produits ». L'auteur enfonce le clou : « La télévision transforme le « citoyen » en « consommateur », et le politique en marchand de « produits miracles » qu'il s'applique à vendre de son mieux, avec le discours emprunté à la séduction publicitaire. »

« Tout est sous contrôle »

Bernard Vasseur, qui a exercé d'importantes fonctions au sein de la direction nationale du PCF (il fut assez proche de Robert Hue dans les années 1990), voulait que son ouvrage soit accessible à tous. Le message doit donc être clair : « Tout est sous contrôle : travail, désirs, affects, imaginaire, conscience, mais tout est fait pour vous donner le sentiment de votre puissance, de votre capacité à décider par vous-même, à être le seul et véritable auteur de votre vie. »
 
Au final, son essai, enchâssé de références philosophiques, littéraires et politiques qui l'orientent, accouche d'une pensée critique et radicale de la démocratie. Et Vasseur de conclure que, sans que l’on n’y prête attention, en trente ans, le projet émancipateur fondé sur la capacité des êtres humains à se libérer de leurs servitudes s’est peu à peu effacé - « anesthésié au nom de la modernité ». De quoi nourrir le débat politique de la gauche  à l'aube de la campagne présidentielle.

Décroissance.org

Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »


Kenneth Boulding (1910-1993), président de l'American Economic Association.


Comment démolir le portrait d'un objecteur de croissance candidat à la présidentielle

Par Gwenael De Boodt


http://www.decroissance.org/


Il s’agit de la critique d’un article paru dans Libération du 27 Février 2012 dans la rubrique « Portrait » sous la plume de Laure Noualhat. Sujet de ce « portrait », Clément Wittmann, candidat du Parti des Objecteurs de Croissance à la présidentielle, en plus d’être traité de manière discriminatoire en regard des candidats « élus » des médias, fait l’objet d’insultes à peine masquées.


Un « PORTRAIT » pour saper les idées
En premier lieu, à part une courte mention dans ce même journal il y a quelques mois, le programme et les idées politiques portées par Clément Wittmann n'ont jamais été mentionnées dans les pages consacrées à l'actualité politique depuis le début de la campagne présidentielle. En le reléguant dans les colonnes d’un « portrait », la rédaction l'exclut du débat d'idées, pour en faire un personnage quasi-romanesque propice à satisfaire les appétits d'exotisme de son lectorat.


De l’insulte à l’escroquerie
D’emblée, la légende de la photo, imprimée en très gros caractères, de façon à la faire passer pour un sous-titre, dénie toute importance au candidat par le truchement d’un oxymore pour le moins dévalorisant : « Ce nano-prétendant à l’Elysée…». Ce qui sonne comme « ce nain prétentieux » renvoie non seulement à l’image de Sarkozy tant affectionnée jadis par les caricaturistes mais élimine d’emblée les élans de sympathie que peuvent provoquer des termes moins insultants comme « petit candidat » ou simple « prétendant ». Passons sur « Ce nostalgique de la ruralité… » qui aurait pu être présenté comme son « promoteur » dans l’optique d’une redécouverte et d’un renouvellement de cette ruralité plutôt que d’une « nostalgie » dont l’étymologie désigne un comportement maladif. Enfin, le sous-titre se clôt sur une déformation malhonnête de l’idée maîtresse du candidat : « la décroissance » à laquelle la journaliste adjoint l’épithète « environnementale », ce qui, en plus de vider « la décroissance » du sens politique acquis par sa présence active dans le débat sociétal et écologiste depuis plusieurs dizaines d’années, l’investit d’un sens contraire à l’écologie en jouant sur l’imprécision du mot « environnement » en termes de nature et de culture.


Laure Noualhat


L’ « austère et le bigot » contre la tendance « humaniste »
Plus loin dans l’article, les« Attentes de l’auditoire acquis à sa cause sont plus vertébrées que ne le sont ses réponses. »

Est-ce un signe particulier du candidat Clément Wittmann que de s’exprimer devant des auditoires « acquis à sa cause » ? A-ton vu Hollande ou Sarkozy hués, voire contredits, dans leurs meetings ? Non. Par contre, si les médias faisaient leur travail, eux qui se gargarisent d’agiter les opinions et de porter le débat sur la place publique, Clément Wittmann aurait été depuis longtemps mis en situation de débattre avec un panel de lecteurs et avec d’autres candidats. De plus, si les attentes de l’auditoire sont ici plus « vertébrées » que celle du candidat, c’est que la culture politique et le projet de la décroissance, loin de se laisser vider de son sens par des stratégies électoralistes intéressées et de se plier à la démagogie, repose sur des convictions nourries par un débat perpétuel au sein du mouvement.de la décroissance, qui jusqu’à maintenant, ne distinguait ni base ni tribuns. Il fallait donc bien rapporter les querelles qui divisent désormais le mouvement de la décroissance et s’y affichent. Ce que fait la journaliste, mais elle se complaît dans leur description, toujours au détriment du portraitisé, dont elle fait le chantre de la tendance « austère et bigote » contre celle « humaniste » d’un certain politologue. Il s’agit sans aucun doute de Paul Ariès dont elle tait le nom par mesure de rétorsion contre toutes les années qu’il a passées à écrire dans le journal « La Décroissance », mensuel sans publicité, virulent dans ses critiques contre les accointances entre la publicité, le pouvoir financier et les médias. Les poussées d’égo mises en cause du côté de Clément Wittmann par la journaliste sont-elles insoupçonnables dans la faction de la décroissance qui a choisi de se rassembler derrière d’autres mouvements du champ électoral ? Y-aurait-il une grande humilité partagée dans la tendance dite « humaniste » qui, à l’image de la presse, ne serait que l’accoucheur du politique, sans volonté de pouvoir ?


Paul Ariès

A l’instar de la journaliste, le politologue en question apparaît ainsi dans l’article infiniment plus sage et plus sérieux que Clément Wittmann. C’est d’ailleurs « un observateur de la politique » comme son nom l’indique. L’article ne dit pas qu’en tant que professionnel, il demande à être payé pour ses interventions publiques. Si la journaliste lui accorde une certaine crédibilité au travers de l’ « humanisme » de sa faction, c’est parce qu’il est « de gauche » et qu’à l’occasion, il servira l’union sacrée et le PS face à Sarkozy (en plus il est rédacteur en chef d’un journal d’opinion plus mesuré dans ses propos que « La Décroissance »).


La question du bonheur
Pour conclure son article, la journaliste, après avoir précisé que si l’auditoire des militants écolos ou d’extrême gauche est déjà convaincu par la Décroissance, il l’est moins par Clément Wittmann, fait dire à l’un d’entre eux : « C’est étonnant, vous ne parlez jamais de bonheur ». A-t-on jamais rapporté de pareils propos au sujet des autres candidats qui, pourtant, ne parlent pas plus de bonheur que Clément Wittmann ? Pourquoi faudrait-il, et spécialement chez Clément Wittmann, que les questions d’égalité, de justice, de fraternité, de liberté cèdent leur prérogative en politique à celle du bonheur ?

Les journalistes ont-ils fait remarquer des autres candidats qu’ils ne parlaient jamais de paix ou d’inégalité planétaire, contrairement à Clément Wittmann ?

Ce que cache cette conclusion, et que ne devrait pas ignorer la journaliste si elle était consciencieuse, c’est que la division qui s’opère dans le mouvement des objecteurs de croissance est électorale avant d’être idéologique et que les débats concernant la gratuité et le revenu garanti sont loin d’être clos, de même que celui de la compromission admissible ou non avec les partis productivistes.

Le vide en soi.

Si un éditeur me répond que c'est trop compliqué pour la littérature jeunesse, je l'invite dans ma classe pour assister à des débats-philo. Il verra de lui-même que les enfants sont très, très réceptifs...


Jarwal le lutin, tome 3

« J’ai encore beaucoup d’histoires à vous raconter Marine. Quelques réponses s’y trouvent. »
 
Ils savaient tous les trois qu’il y aurait d’autres rencontres, ils savaient qu’ils ne pourraient les refuser malgré les troubles en eux, malgré les peurs que ce monde humain propageait.
 
« Cette histoire, les enfants, montre que toute mon expérience est centrée sur moi-même. Je suis celui par lequel tout ce qui vient à moi est reçu, analysé, commenté, rejeté, détesté, magnifié, adoré...Ce moi qui perçoit est au centre. Tout du moins, c'est l'impression qu'il donne. J’ai compris en ayant perdu provisoirement la mémoire que ce moi est ce qui m'appartient le moins, c’est une entité constituée de multiples fragments, parfois éparpillés au vent des conditions de vie. Lorsque je sais que quelqu'un pense du mal de moi, comme Jackmor par exemple, je suis en quelque sorte relié à cette personne, je me laisse emporter par les pensées générées par cette crise. De la même façon lorsqu'il s'agit de quelqu'un qui m'aime. C'est à partir du moi que j'entre en relation avec le monde. Je vais donc m'appliquer à confirmer l'existence de ce moi en accumulant des fragments à partir desquels je pourrai sculpter l'identification dont ce moi a besoin pour se prolonger. On devine le piège. Quelle est la réalité de ce moi sitôt qu'il prend forme à travers des pièces diverses qu'il ne maîtrise pas ? Juste un amalgame hétéroclite. C’est cela que j’ai compris. J’essayais d’exister alors que je n’avais aucune idée de l’image initiale.
-Ca me fait penser à un puzzle que je voudrais reconstituer alors que je n’aurais même pas eu l’image finie en modèle, expliqua Marine.
-Qu’est-ce que c’est ce puzzle ? demanda Jarwal.
-C’est un jeu de patience, on a des petites pièces avec un morceau d’image et quand on les assemble, ça donne une grande image complète.
-Je comprends, c’est une occupation très intéressante et effectivement, c’est un très bon exemple pour expliquer la façon dont nous voyons la Vie. On croit que parce que nous avons dans les mains quelques petites images, on a saisi l’ensemble. On essaie de construire quelque chose dont on ne possède même pas la vue générale.
-On dirait un ouvrier qui voudrait construire une maison alors qu’il n’a même pas idée de ce que ça va donner à la fin, ajouta Rémi.
-Oui, c’est exactement ça, s’enthousiasma le lutin. Vous voyez, vous comprenez très bien de quoi je parle. L'énergie dispensée pour élaborer cette image est pourtant phénoménale. Je vais accumuler et protéger mes objets, mes relations, mes connaissances, mes passions, mes projets...Tout cela créé un attachement grâce auquel je pense pouvoir donner de la valeur à mon existence. J'appartiens à mes attachements et je m'en glorifie... Il va falloir en plus que je protège mon territoire, toutes ces possessions. Je vais devoir lutter contre ceux qui s'opposent à mes droits. Je chercherai sans doute à intégrer un groupe qui me ressemble et qui pourra me défendre. J’abandonnerai certainement une partie de mes convictions pour être bien vu, bien accueilli et pouvoir bénéficier de la force de ce groupe.
-Ah, oui, on voit ça à l’école. Tous ces enfants qui veulent absolument suivre un chef et faire comme lui ou qui s’habillent comme leurs idoles de télévision. Ça m’énerve ! lança Rémi.
-Ils ont peur Rémi, tout simplement. C'est inévitable. Beaucoup de gens fonctionnent de cette façon. La peur qu'on me vole mon identification ou qu'on ne la reconnaisse pas, que je sois rejeté ou incompris, que mes choix de vie soient bafoués. J'entre en confrontation avec ceux qui ne me reconnaissent pas ou qui défendent leur image. La colère se nourrit de ma peur. Attachement, aversion, colère, peur, réjouissance, reconnaissance, insatisfaction, désillusion, amour, joie, peine. C’est un chaos immense. Il se peut qu'un jour, pour une raison connue ou pas, je prendrai conscience de ces tourments répétés. Une illumination, un choc, une révélation, quelque chose d'incompréhensible pour la raison mais qui me bouleversera au-delà du connu. J'entrerai peut-être dans une nouvelle dimension, ça sera long évidemment, douloureux sans doute mais je sentirai pourtant que c'est mon chemin.
-C’est ce qui t’est arrivé chez les Kogis ?
-Oui Léo. Mais il y a un autre risque. Si j’attribue cette révélation à moi-même sans comprendre qu’elle vient de la Vie elle-même, j'aurai l'impression d'être supérieur aux autres, d’être plus puissant qu’eux. Je détournerai la révélation pour m’en glorifier.
-Et ça sera toujours le moi qui serai le Maître.
-Tout à fait Marine. Alors je chercherai à préserver cette plénitude, à l'accroître même, et dès lors se mettra en place une nouvelle identification. D'autres empilements. Juste d'autres perceptions, d'autres sensations, d'autres pensées, d'autres réflexions narcissiques. Je me prendrai pour un Sage ou un grand Maître. J'aurai juste changé ma façon de regarder les pièces du puzzle éparpillées.
-En ayant été incapable de voir l’image originale.
-Oui Marine. Cette quête n'aura été qu'une illusion, une machination du moi qui se sera finalement révélé le plus malin... Il sera toujours le maître des lieux.  
-Mais quelle est cette image originale Jarwal ?
-Il faut comprendre avant tout qu’il n’y a rien à chercher. Tout est déjà là mais en le cherchant, je m'en éloigne. Tout le problème vient de ce remplissage inconsidéré de l’existence. On ne voit plus rien quand on a entassé des gravats.
Le Soi, c’est la fusion de ce moi, du je et de la conscience de la Vie. C’est une entité immuable qui a le pouvoir d’analyser ces changements sans que ces changements n'influent sur elle. C'est l'identité véritable. L'expérimentateur. Mais un expérimentateur qui doit parvenir à se dessaisir de lui-même comme objet. Il ne s'agit pas là de s'observer dans les évènements extérieurs mais d'entrer dans un espace sans expérience et que cette observation ne devienne pas elle-même une expérience...Au risque de renvoyer l'expérimentateur face à son objet...  Être conscient de n'être conscient de rien...Comme si l'on écoutait mais qu'il n'y avait rien à entendre. Même si ce silence est un bruit inaudible, il est toujours là. Le Soi n'est ni acteur, ni objet de l'action mais le contenant de ces deux entités identifiées. Le Soi n'a pas pour autant d'enveloppe, il n'est pas identifiable par des termes matérialistes ou scientifiques. Il est de l'ordre de l'ineffable.
-Je ne comprends plus rien, avoua Léo.  
-Tu ne comprends pas les mots Léo mais ton âme sait de quoi je parle parce que tu es déjà dans cette vie intérieure. Sinon, tu ne serais pas là à m’écouter. 
-Il ne s’agit pas de constituer l’image originelle parce qu’elle est nécessairement déjà là mais de parvenir à enlever tout ce qui la couvre. C’est ça Jarwal ?
-Oui Marine.
-Et cette image originelle, c’est la conscience de la Vie qui la détient. C’est lorsque nous avons abandonné notre appartenance à ce chaos humain.
-Pas exactement Rémi. Il ne s’agit pas de l’abandonner parce que sinon il faudrait aller vivre sur une île déserte. Il s’agit de ne pas lui appartenir. De faire la distinction entre la participation lucide et la disparition dans le flot. Imagine une particule d’eau de l’Océan. Elle n’est pas dans l’Océan car elle fait partie de l’Océan. Un bâton qui flotte est dans l’Océan. Pas une particule d’eau. Je dis par conséquent qu’elle est de l’Océan. Sans ces particules d’eau, l’Océan n’existe pas. Mais sans l’Océan, les particules ne seraient que des individualités esseulées. La fusion des particules crée l’Océan. Il y a plusieurs menaces ensuite. Soit certaines particules regroupées considèrent qu’elles ont un pouvoir plus grand que celui de l’Océan et elles finissent par l’oublier, le contester, le combattre même, soit certaines particules refusent de se voir assemblées dans un Tout et considèrent qu’elles doivent préserver une liberté de décisions, une autonomie qui leur paraît plus importante que le Tout. Dans les deux cas, ces particules sont dans l’erreur. Celles qui s’imaginent obtenir un pouvoir parce qu’elles pensent avoir une ressemblance, une particularité, des idées communes, des intentions autres que la participation à l’Océan, celles-là participent au désordre. Elles fabriquent une rupture dans la cohésion des particules. D’autres particules vont prendre peur et vont vouloir assembler leurs peurs pour fonder d’autres groupes. La confrontation prend une ampleur inéluctable et incontrôlable. De leur côté, celles qui pensent bénéficier d’une autonomie vont s’efforcer de s’isoler ou de lutter individuellement contre ces groupes. Elles ne participent pas pour autant à la cohésion perdue mais elles l’entretiennent en réagissant contre un désordre qu’elles condamnent. Elles utilisent le même fonctionnement que les groupes qu’elles critiquent. Des entités rebelles entêtées dans une distinction qu’elles vénèrent ne participent aucunement à la réhabilitation de l’Unité. Elles se voient comme plus importantes que l’Océan lui-même et succombent à la peur de disparaître. C’est toujours la peur qui crée le chaos. Cette incapacité à dépasser la vision restrictive de l’individu est une condamnation de l’Unité.
-Mais comment doit-on se comporter alors Jarwal ?
-C’est là qu’intervient cet apprentissage du détachement de soi. Il ne s’agit pas de se nier en tant qu’individu ni de rejeter l’appartenance à l’Océan mais de parvenir à observer les deux phénomènes. Juste les observer, sans leur apporter la moindre émotion. C’est ce qu’on appelle « agir dans le non-agir ». Je suis une particule animée par l’Océan. J’agis dans le champ de mes expériences mais sans jamais être dissocié d’une dimension bien plus grande. L’Amour est à la source de cette paix intérieure. Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. Cette phrase est essentielle pour moi. On pourrait penser que c’est une invitation à l’abandon et à la lâcheté, comme un bâton qui flotte sur l’Océan. Mais nous ne sommes justement pas des bâtons. Nous sommes animés par la Vie et c’est en son cœur que nous devons apprendre à agir. Non pas agir contre elle en nous dressant fièrement devant elle mais agir dans la dimension qu’elle nous propose. C’est un équilibre extraordinaire à trouver. »

Pouvoir politique

Exemples du "pourquoi" de la dette. Dans le cas présent, c'est en Espagne. C'est évidemment identique dans les autres pays de l'UE. Gestion inexistante.

En Espagne :

- une mairie de la Province de Guadalajara a obtenu 7058 ans pour rembourser sa dette

- 2000 mairies en situation d'impayés n'ont présenté aucun plan de paiement

- des notes internes distribuées aux banques demandent à créer des fiches de paie fictives rétroactives pour justifier des dépenses d'exploitation

- un village de 5000 habitants (Muela) subventionnait à hauteur de 600 K€ chaque voyage de ses habitants au Brésil, à Cuba, au Mexique ... Ce même village a construit en moins de 10 ans un centre sportif pour 20 M€, 3 musées pour 6 M€, un auditorium pour 3 M€, des arenes pour 2 M€. Aujourd'hui, tout est fermé et à l'abandon

- l'Espagne a le parc d'autoroutes payants le plus important du monde derrière ... les USA et la Chine. L'autoroute payante Madrid-Tolède a coûté 400 M€ et était prévue pour 20.000 véhicules/jour ; elle en accueille moins de 2000/jour. Tout simplement parcequ'il existe une autoroute en parrallèle qui est ... gratuite !

- Le projet de méga-stade de Valence a coûté 400 M€ et est aujourdh'ui à l'abandon ...

- L'Espagne a le plus grand nombre d'aéroports d'Europe avec 49 devant la GB (33), l'Allemagne (24) et la France (23). L'aéroport de Burgos a coûté 45 M€ en investissement et coûte 15 K€ par jour en fonctionnement pour ... 1 vol commercial par jour et 30 passagers (au lieu des 1300 prévus). De plus le billet Barcelone-Burgos (le seul vol existant) coûte 60 € aller-retour, la ville et la région de Burgos subventionnant 160 € (prix réel : 220 € !). Même chose pour Huesca (0 vols commerciaux pour 40 M€), Castellone, ... Anecdote : la plupart des aéroports sont baptisés par l'Église Catholique !

- l'Espagne est le second pays au monde pour le nombre de véhicules officiels blindés (coût jusqu'à 400 K€)

- La Cité de la Culture a coûté 300 M€ à la région de Galice pour aujourd'hui être complètement à l'abandon

Alors quand on parle de le dette immobilière en Espagne "sensible" pour 200, 250 ou 300 milliards €, on oublie de parler des dettes des collectivités publiques ...Grèce, Portugal, Italie et France dans le peloton de tête avec l'Espagne. La solution ? Arrêter de laisser des "dirigeants" mélanger les intérêts privés avec l'argent public. C'est à dire moraliser la sphère politique et financière. Euh...Quelqu'un a une autre solution?...Ah oui, arrêter de leur donner "notre "pouvoir. Un homme ou une femme élu n'a pas "le pouvoir", il a obtenu le droit d'user du nôtre pour le bien de tous. Et pas seulement pour ceux qui ont voté pour lui ou pour elle. Par là même, cette personne a perdu son "pouvoir" d’œuvrer à ses propres intérêts. Il doit œuvrer pour la communauté. Autant dire qu'on travaille à l'envers...

En même temps, la population est responsable de cet état car elle cautionne les dépenses pour lesquelles elle voit un intérêt personnel. Tant qu'on fonctionnera de cette façon, avec ce regard communautaire, voire individualiste, les politiciens et les financiers en useront puisqu'ils se sentiront soutenus. Et rien ne sera possible sur le long terme.

crise de conscience.

"Ce ne sont ni la politique, ni les religions en place, ni l’accumulation de connaissances scientifiques qui vont résoudre nos problèmes — pas plus que les psychologues, les prêtres, les spécialistes.

La crise, elle est dans notre conscience, c’est-à-dire dans notre esprit, dans la manière que nous avons de considérer le monde sous un angle étriqué et limité.

C’est là qu’est la crise.

L’esprit humain a évolué sur des millions et des millions d’années, il est conditionné par le temps et l’évolution.

Un esprit conditionné de la sorte, avec la conscience étroite, limitée, exclusive qui est la sienne — considérant la crise qu’il traverse dans le monde actuel — peut-il jamais être changé ?

Peut-il amener un changement radical au sein de ce conditionnement ?"

Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Au coeur du problème.

La définition du cœur est complexe.
Pendant longtemps, les scientifiques l’ont défini uniquement comme un muscle ; le cerveau contrôlant tout le corps et le cœur n’étant qu’une pompe faisant circuler le sang. Puis, tout en gardant les propriétés d’un muscle, le cœur a été considéré comme une glande secrétant des hormones. Récemment, de nouvelles fonctions lui ont été attribuées par la découverte de neurones à l’intérieur de celui-ci. Cette découverte pourrait permettre de mieux comprendre, sans pour autant chercher à en donner une nouvelle interprétation.
En effet, d’un point de vue scientifique, nous savons maintenant qu’il existe une communication entre le cœur et le cerveau. Elle est en fait un dialogue dynamique, continu et bidirectionnel, chaque organe influençant continuellement la fonction de l’autre.

Le cœur communique avec le cerveau et le corps de quatre façons :
Communication neurologique (système nerveux)
Communication biophysique (pression des ondes)
Communication biochimique (hormones)
Communication énergétique (champs électromagnétiques)
Cette nouvelle évidence scientifique montre que le cœur utilise ces méthodes pour envoyer à notre cerveau d’importants signaux émotionnels et intuitifs. En accord avec cette compréhension du cœur en perpétuelle communication avec le cerveau, les scientifiques découvrent que nos cœurs pourraient être en fait la « force intelligente » derrière les pensées intuitives et les sentiments que nous éprouvons. Brièvement, voici la description des différents modes de communication.

1- Communication neurologique
Les neurologistes ont découvert qu’il y a plus de 40.000 cellules nerveuses (neurones) dans le cœur seul, ceci signifie que le cœur a son propre système nerveux indépendant, parfois appelé le cerveau dans le cœur.
Actuellement on considère que le nombre de connexions entre les neurones détermine l’efficacité du cerveau ; plus il y a de connexions, plus le cerveau est performant.

Il existe donc de sorte un cerveau dans le cœur. Quel est son rôle exactement ? Tout reste à découvrir, des recherches sont réalisées dans ce sens.

Deux études centrées au départ sur les interactions neurologiques démontrent que les signaux afférents que le cœur envoie au cerveau durant les émotions positives peuvent modifier activement le cerveau de plusieurs façons. Nous savons donc maintenant que le cœur a une influence sur le cerveau.
2- Communication biophysique
Un rythme cardiaque cohérent conduit à augmenter la synchronisation cœur-cerveau. Plus le cœur bat régulièrement, plus le cerveau est performant au niveau des fonctions de l’esprit (perception, langage, mémoire, raisonnement, décision, mouvement...).
3- Communication biochimique
Le cœur est la glande endocrine la plus importante du corps. En réponse à notre expérience du monde, il produit et libère une hormone majeure FAN - Facteur Atrial Natriurétique - qui affecte profondément chaque opération du système limbique, ou ce qu’on réfère comme étant le « cerveau émotionnel ». Le lien entre nos émotions et le cœur est ainsi dévoilé. On ressent les émotions au niveau du cœur, pourtant c’est au niveau du cerveau qu’elles sont gérées.
4- Communication énergétique
La communication énergétique du cœur est référée sous l’expression communication cardio-électromagnétique. Le cœur est le plus puissant générateur d’énergie électromagnétique dans le corps humain, produisant la plus grande partie du champ électromagnétique rythmique des organes du corps.
Cela signifie que le cœur a une grande influence sur les autres organes du corps.
Le champ électrique du cœur est environ 60 fois plus important en amplitude que l’activité électrique générée par le cerveau. Pourtant le nombre de neurones dans le cœur est nettement inférieur à celui dans le cerveau (40.000 neurones dans le cœur contre environ 100 milliards de neurones dans le cerveau).
Le cœur a un champ d’énergie électromagnétique 5.000 fois supérieur à celui du cerveau et ce champ peut être mesuré avec un magnétomètre jusqu’à 10 pieds au-delà du corps.
Une certaine recherche suggère que le champ du cœur est un porteur important d’informations. Les signaux électromagnétiques générés par le cœur transmettent une information qui peut être reçue par les autres et ont la capacité d’affecter les autres autour de nous.

Lorsque les gens sont touchés ou sont à proximité, le signal des battements du cœur est enregistré dans les ondes du cerveau de l’autre personne.
L’influence d’une personne sur une autre serait donc expliquée par un phénomène physique. Le cœur exerce sur son environnement une influence que l’on ne peut négliger.

La science avancera dans sa voie rationnelle et la spiritualité continuera à oeuvrer dans son espace. Dans dix mille ans, on en saura davantage.

Mon cher frère...

Vous êtes déjà si misérables que vous ne pouvez le devenir plus. Quels genre d'homme doivent être les Européens? Quelle espèce de créature choisissent-ils d'être, forcés de faire le bien et n'ayant pour éviter le mal d'autre inspiration que la peur de la punition? (...) L'homme n'est pas seulement celui qui marche debout sur ses jambes, qui sait la lecture et l'écriture et montrer mille exemples de son industrie...

En vérité mon cher frère, je te plains du plus profond de mon âme. Suis mon conseil et devient Huron. Je vois clairement la profonde différence entre ma condition et la tienne. Je suis le maître de ma condition. Je suis le maître de mon corps, j'ai l'entière disposition de moi-même, je fais ce qui me plaît, je suis le premier et le dernier de ma nation, je ne crains absolument aucun homme, je dépends seulement du Grand Esprit.

Il n'en est pas de même pour toi. Ton corps aussi bien que ton âme sont condamnés à dépendre de ton grand capitaine, ton vice-roi dispose de toi. Tu n'as pas la liberté de faire ce que tu as dans l'esprit. Tu as peur des voleurs, des assassins, des faux-témoins, etc. Et tu dépends d'une infinité de personne dont la place est située au-dessus de la tienne. N'est-ce pas vrai ?"

Kondiarionk, chef Huron, s'adressant au baron de Lahontan, lieutenant français en Terre-Neuve

Ecrire, écrire, écrire...

JARWAL LE LUTIN, TOME 4

"

Ils prirent le chemin vers la forêt.

 

Des discussions et des rires, des histoires de balades, des sorties avec les parents, Tian qui racontait son enfance à Paris, le désir de ses parents de venir s’installer au pied des montagnes.

« Mon père dit que de lever les yeux vers les hauteurs élèvent aussi l’esprit. A Paris, les gens marchent en regardant le sol.

-C’est effrayant de voir qu’il puisse y avoir autant de distance entre les gens, autant de différences dans leur choix de vie.

-Je ne sais pas Marine s’il s’agit essentiellement de choix.

-Oui, c’est vrai Tian. Nous, les enfants, par exemple, on ne choisit rien. On naît dans une famille, nos parents nous éduquent et on adopte leurs propres choix avant de pouvoir prendre une voie.

-Mais quand on est en âge de prendre une décision de vie, on le fait en fonction de ce qu’on a vécu. Il n’y a plus vraiment de choix mais une adaptation.

-Alors Tian, on n’est jamais libre ?

-On est libre de le comprendre. »

 

Elle l’aimait. C’était une certitude.

Ils arrivèrent à la cabane et Léo sortit la corde de la souche. Une cachette qui n’avait jamais été découverte, un arbre tombé au sol dont le fût avait été dévoré par les insectes xylophages et que les pluies avaient vidé de son contenu. Il s’approcha du grand hêtre et lança le filin. Il passa par-dessus une grosse branche basse. Le garçon attrapa l’extrémité de la corde et la passa dans la boucle fermant l’autre bout. Il tira et fit grimper le brin jusqu’à ce qu’il vienne resserrer la branche. Il entama aussitôt la remontée en enlaçant ses jambes autour du cordage. Juste avant d’atteindre la branche sur laquelle le bout avait été lancé, il posa les pieds sur un nœud végétal bien épais et y prit appui. Il put saisir la grosse branche à pleines mains et il se rétablit à califourchon. Une escalade facilitée par les multiples branches l’amena jusqu’au soubassement de la cabane. Il poussa une trappe dissimulée au niveau du plancher et disparut. 

Appuyé à une balustrade, il invita ses compagnons.

« A qui le tour ? 

-Pas pour moi, en tout cas, je n’ai jamais réussi à grimper à la corde lisse, murmura Lou, piteusement.

-Pas grave, je reste avec toi en bas, lança Rémi, immédiatement. Et puis, je t’apprendrai. »

Elle lui sourit, sans parvenir à cacher son émoi.

« Tu apprendras vite, Lou, mon frérot est un bon professeur, » lança Marine qui venait de saisir la corde.

« A toi l’honneur, Tian. Tu seras notre premier invité. Personne ne connaît l’existence de cette cabane. »

Tian rejoignit sans peine Léo. Une souplesse de chat. Force et légèreté, maîtrise des gestes, sérénité.

Marine avait déjà pu l’observer dans les séances de sport au collège. Cette impression que tout lui était facile.

Elle prit la corde à son tour et grimpa.

Tian la suivit des yeux avec cette impression que son bonheur ne s’arrêtait pas à l’observation des qualités physiques de la jeune fille ou au partage de ses interrogations existentielles. C’était un bonheur plus profond, de l’ordre de l’inexprimable, comme cette paix immense devant la beauté du monde, cette plénitude qui dessine un sourire intérieur, une retenue étrange qui s’étend uniquement dans les tréfonds de l’âme, un sourire qui n’a pas de raison, qui n’a pas d’intention, au-delà des simples émotions.

L’impression qu’il venait d’entrer dans une sphère lumineuse et que Marine s’y trouvait aussi. Non pas l’autre comme un complément à des faiblesses intimes mais l’autre comme un partenaire, lié par un filament invisible, porté par une énergie commune.

Un vertige en lui lorsque Marine se redressa à ses côtés et lui sourit. Une flamboyance qui irradiait dans chaque particule, une chaleur dont il n’aurait su identifier la source. Il serra la balustrade et plongea dans ses yeux bleus.

 

Léo, enthousiaste et rieur, expliqua toute la construction, les galères et les réussites, les combines et les astuces, les discussions et les prises de décision, tout ce travail pour mener le projet à terme.

« Comme les escaliers des Kogis dans la forêt ou votre abri avec Jarwal. Construire, non pas simplement pour créer quelque chose mais pour unifier les êtres. C’est sans doute ça le premier objectif de tout ce qui a été fait par les hommes.

-Oui, Tian, mais ça n’est pas toujours pour des intentions très pures, ajouta Marine.

-La Grande Muraille de Chine, par exemple, compléta le jeune garçon. Des constructions à des fins guerrières, que ça soit comme assaillant ou comme assailli.   

-Construire sous l’emprise des maîtres de guerre, des maîtres politiques, financiers, religieux, de tous les hommes qui se veulent être des guides alors qu’ils sont eux-mêmes perdus dans leur prétention, c’est de toute façon toujours une catastrophe. Les César, les Louis, les empereurs, les Tsars, les chanceliers, les Conquistadors, les Papes, les Napoléon, les Führers et autres fous furieux ou fous de Dieu, ce sont juste des assassins nourris par les folies de ceux qui les vénèrent. Je n’aime pas les hommes et parfois, j’aimerais les voir disparaître. »

Le visage tendu de Marine, des paroles lancées comme des sentences, comme une rage enfermée dans l’impuissance de son statut d’enfant. Elle n’y pouvait rien et c’était insupportable.

Tian partagea sa douleur, comme si la colère de Marine coulait en lui.

 

« Allez, Lou, vas-y, serre bien les pieds autour de la corde ! »

Rémi encourageait Lou qui tentait de quitter le sol.

« Ne tire pas sur les bras, c’est les jambes qui te font monter ! »

 

De la cabane, les trois compagnons joignirent leurs encouragements à ceux de Rémi mais Lou redescendit après quelques efforts.

« Je crois bien que j’ai compris mais c’est la hauteur qui me fait peur. Et puis surtout, je ne sais pas si j’arriverai à lâcher la corde pour attraper la branche.

-Ben, c’est pas grave, on recommencera une autre fois et tu vas prendre confiance. Pas de souci. Si tu veux, on s’entraînera aussi dans le gymnase du collège, après la cantine.

-Oui, bonne idée, je veux y arriver. »

 

Des sourires échangés, impossible d’en dire davantage. Plus tard sûrement. Elle voulait laisser les choses se faire et être certaine de ne pas s’illusionner.

Léo, Marine et Tian redescendirent chacun leur tour. Ils félicitèrent Lou encore une fois.

« Dis Léo, je peux regarder ton bâton de marche, s’il te plaît ? demanda Tian.

-Oui, bien sûr. »

Tian prit le bâton, l’observa attentivement, posa ses mains conjointement et le leva devant lui. Il posa ensuite la pointe sur le sol et se mit en garde, comme un escrimeur.

Ses compagnons le regardèrent, médusés, effectuer un enchaînement de pas et de séries de coups portés à un adversaire imaginaire, une vitesse d’exécution stupéfiante, une souplesse et une fluidité de félin, un volte-face, une parade comme s’il évitait un sabre passant au-dessus de sa tête, un saut, jambes repliées pour esquiver une autre attaque, une détente verticale absolument prodigieuse, il tournoya en l’air et retomba au sol sans aucun déséquilibre, il enchaîna une série de coups secs, ponctués par des souffles maîtrisés, le bâton stoppait sa course comme s’il heurtait réellement un adversaire, puis il tournoyait de nouveau dans des arabesques fulgurantes, tranchant l’air dans tous les sens, dans une chorégraphie minutieuse. Tian semblait habité par une énergie nouvelle, transfiguré, métamorphosé, comme si un combattant millénaire venait de s’insinuer en lui et le guidait.

Il effectua un salto arrière en prenant appui sur un bras et retomba, jambes fendues, son arme dressée devant le visage imaginaire d’un combattant statufié par sa dextérité.

 

« Waouh ! lança Léo, totalement subjugué. C’est dingue comme tu vas vite.

-Ben, dis donc, Tian, tu m’as scié net, enchaîna Rémi. »

 

Marine observait le jeune garçon. Aucun signe d’essoufflement, aucune émotion visible, le visage neutre, impassible, ce regard perçant, presque dur qui l’avait habité pendant sa démonstration, ce regard inconnu, presque envoûté, avait disparu. Il ne restait que cette paix étrange, indéfinissable, cette posture digne et solide qui le caractérisait.

Il tendit le bâton.

« Merci, Léo, un très bon bâton.

-Où t’as appris à te battre comme ça ? demanda Lou.

-Je ne me battais pas, Lou, je me défendais.

-C’est du Kung Fu ? interrogea Rémi, toujours aussi fasciné.

-C’est l’enseignement des moines du temple de Shaolin. C’est très ancien. Mon père m’avait inscrit dans un dojo à Paris. Depuis mes trois ans. Et j’ai reçu aussi les enseignements spirituels qui accompagnent cette pratique. »

 

Marine ne comprenait pas les raisons de ce déballage. Une désagréable impression, comme si Tian avait cherché à épater la troupe. Cette boule au creux de son ventre, une déception pénible, des interrogations qui fusaient. C’était insupportable.

« Pourquoi tu nous as montré ça ? » questionna-t-elle sèchement.

Rémi et Léo furent surpris du ton de leur sœur.

Tian l’observa et comprit immédiatement.

« Je ne cherchais pas à vous épater Marine. Je n’ai jamais parlé de ça à quiconque. Vous êtes les premiers. Pour une raison très simple. Vous m’avez fait confiance en m’invitant ici et en racontant votre histoire. Je me devais de vous faire part également de ce qui me porte, me fait vivre, me pousse à grandir. Je ne connais pas de lutin, je n’ai pas de compagnon. Enfin… Je n’en avais pas. »

Marine crut qu’elle allait défaillir, des tremblements dans les jambes, des bouffées de chaleur sur le visage, des frissons dans le corps, comme si cette interprétation néfaste lui ôtait toutes ses forces, comme si cette méfiance injustifiée envers Tian serait à tout jamais une marque honteuse sur sa peau, un fer rouge, ancré dans ses chairs.

« Je te prie de m’excuser Tian. J’avais imaginé n’importe quoi. C’est ridicule, je suis bête.

-Non, Marine, tu es méfiante et je le suis aussi. Mais je suis si heureux de vous avoir rencontrés.

-Moi aussi Tian. »

Les mots avaient jailli, impossible de les retenir. C’était comme une bouffée d’air, l’effacement des paroles blessantes.

« J’aimerais vous apprendre ce que je sais. Si cela vous intéresse.

-Tu voudrais nous apprendre à combattre comme toi ? bondit Léo.

-Je ne me bats pas Léo. Il s’agit uniquement de se défendre.

-Ben, c’est pareil non ?

-Je ne pense pas Léo. Celui qui se bat accepte le combat. Je ne l’accepte pas, intérieurement, mais je suis capable de me défendre pour que cesse le combat.

-Ah, oui, ça y est, je comprends. Ton objectif est de montrer à ton agresseur que tu es capable de te défendre pour que le combat s’arrête. C’est ça ?

-Exactement Léo. Et dès que mon agresseur se retirera, je cesserai de me défendre. Mais les arts martiaux ne sont pas l’essentiel de cet apprentissage.

-Et de quoi s’agit-il alors ? demanda Marine dont le trouble avait cessé.

-Le monde intérieur et le Qi Gong.

-Qu’est-ce que c’est ?

-C’est une gymnastique traditionnelle chinoise et une science de la respiration. C’est l’énergie vitale qu’il faut apprendre à maîtriser. Les moines Shaolin possèdent cette maîtrise. Vous seriez très étonnés de voir de quoi ils sont capables. La philosophie Taoïste est le fondement de tout ce travail. »

Un silence maintenu, l’impression pour la petite troupe d’être en présence d’un personnage dont les connaissances les dépassaient amplement.

« Et tu penses qu’on peut accéder à tout ça Tian ?

-Oui, Marine, j’en suis persuadé. Pour une raison principale. Vous aimez la nature. Et l’énergie vitale est partout en elle. De se mouler dans le monde des hommes conduit bien souvent à la perte de cette conscience de l’énergie, à sa dissolution dans les tourments des pensées. Le Qi Gong est un travail dans le silence. Le silence extérieur mais aussi le silence intérieur. Et tout à l’heure, au bord du lac, j’ai bien vu que vous aimiez tous ce silence. D’autres enfants auraient voulu bouger sans cesse et parler pour ne rien dire, faire du bruit, s’agiter, sans même aimer la nourriture du repas, sans même voir la beauté du monde. Vous n’êtes pas comme ça.

-Ce sont nos parents qui nous ont appris tout ça, » expliqua Léo.

Il raconta brièvement quelques anecdotes et Tian s’amusa du bonheur que le garçon éprouvait à énumérer leurs journées.

Lou s’était assise sur un tronc couché. Marine s’aperçut du trouble de son amie. Une tristesse pesante sur son visage, les épaules tombantes, un silence chargé de mots.

Elle s’assit à ses côtés. Lou leva les yeux et croisa son regard. Marine aperçut un voile de larmes suspendu, une brillance de cœur brisé.

« J’ai un secret moi aussi. Personne ne le connaît. »

Elle croisa les mains et entremêla nerveusement ses doigts.

« Rien ne t’oblige à le révéler Lou.

-Merci Marine mais pour une fois, je me sens un peu capable d’en parler. C’est tellement incroyable ce qui se passe aujourd’hui. Je ne pourrais même pas dire depuis combien de temps, je ne me suis pas sentie aussi bien. Et là, c’est comme si ce secret était en trop, comme si ça devait déborder. »

Les garçons se taisaient. Rémi aurait aimé s’asseoir près de Lou mais il n’osait pas.     

« J’avais une sœur jumelle. Elle s’appelait Océane. Elle est morte il y a deux ans, un accident de voiture. Et souvent, elle est là. Près de moi. Je n’ai jamais osé le dire. »

Un tourbillon de pensées dans les esprits, des douleurs qui se propagent, comme une blessure invisible qui suinte, Léo imaginant la mort de son frère ou de sa sœur, Marine repensant à l’arrivée de Lou l’an passé, à sa solitude et son retrait, elle la trouvait souvent assise dans un coin de la cour, plongée dans un livre, elle avait toujours un ouvrage dans une poche, elle ne cherchait pas vraiment à créer de relations, une infinie tristesse qui émanait de son visage, une discrétion constante en classe, elle ne prenait pas la parole, elle ne se mêlait pas au groupe.

Marine n’avait pas voulu l’intégrer à son petit monde, elle n’avait pas voulu d’une intrusion perturbatrice, elle vénérait son statut de chef et craignait de tout perdre. Une honte terrible désormais, la vérité qui lui sautait à la gorge, comme une bête qu’elle ne pouvait plus soumettre. Elle avait ignoré la souffrance de Lou pour préserver sa tranquillité et la belle image qu’elle se fabriquait toute seule. Et là encore, elle avait osé attribuer à Tian des intentions perverses. Lou, Tian… A vivre ainsi dans le clan fermé de ses illusions égotiques, elle avait brisé en elle la perception des autres.

Elle prit la main de Lou et la serra tendrement.

« Merci de ta confiance Lou. Nous sommes tous reliés désormais, unis par l’essentiel. Et j’aurais beaucoup appris aujourd’hui. Sur moi. Grâce à vous deux. »

Marine regarda Lou et Tian, des mots silencieux dans l’intensité de l’échange, le visage défait par la violence de l’éveil, des révélations comme des coups de burin sur une statue grossière.

« Mon père est tombé malade quelques mois après la mort d’Océane. Les médecins disent que c’est à cause de l’amiante qu’il y avait dans son usine mais moi je sais bien ce qu’il se reproche. L’amiante, c’est juste le moyen qu’il a trouvé pour montrer à quel point il est désespéré. C’est lui qui conduisait la voiture. Un rendez-vous chez le médecin avec ma sœur. Un camion a traversé la route et est venu les taper. Mon père n’a pas réussi à l’éviter et la voiture a fait des tonneaux et elle s’est écrasée contre un poteau électrique. Juste où était Océane. Mon père a passé deux mois à l’hôpital et après il est tombé malade. Il n’a même pas pu venir à l’enterrement d’Océane. »

 

Tous les mots s’étaient déversés comme un torrent furieux, le souffle haché, les yeux figés sur le sol.

Ils ne bougèrent pas, ils ne dirent rien. Muets, statufiés, aucune parole, une sidération commune devant la violence des faits, une impuissance à adoucir les douleurs. Comme si la mort elle-même œuvrait à la scission des âmes. Cette peur infinie de la mort des autres parce qu’elle contient la mort de tous. Et de soi.

Rémi aurait tellement voulu avoir la force, le courage ou l’abandon de toutes les retenues pour aller s’asseoir auprès de Lou, lui prendre la main, amener sa tête sur son épaule, juste pour qu’elle se repose et qu’elle quitte quelques instants cette horreur de la vie. Qu’il devienne pour Lou un puits sans fond dans lequel elle aurait pu jeter tout ce qui l’alourdissait, voilait ses regards, ternissait ses jours, qu’il devienne la possibilité de l’oubli. Et soudainement, il comprit qu’il n’espérait même pas qu’elle s’intéresse à lui, qu’elle l’aime peut-être, mais simplement qu’elle se repose un peu.

« Comment la vie pouvait-elle se montrer aussi redoutable ? Pour quelles raisons ? » Les questions insolubles d’où suintaient les colères. Cette conscience brutale de la chance qui le concernait. Il n‘avait connu aucun malheur. Pourquoi était-il passé à travers toutes les épreuves ? Pourquoi lui et pourquoi pas Lou ? Y-a avait-il une raison ou simplement un hasard totalement aveugle ?   

Il aurait aimé que Jarwal soit là, pendant quelques secondes et puis soudainement, avec la même célérité dans la pensée, il réalisa que c’était à lui de comprendre. Qu’il devait grandir en lui-même et cesser d’attendre que d’autre se chargent de cette croissance.

Il s’approcha de Lou et s’assit à ses côtés. Il ne pouvait en faire davantage mais il devina, intérieurement, au plus profond, que le germe croissait et qu’il devait rester confiant. Un jour, il offrirait à Lou le bouquet de son amour éclos.

Surdoué. Intellectuellement précoce. Haut Potentiel.

Jeanne Siaud-Facchin

"Etre surdoué ne signifie pas être plus intelligent que les autres, mais fonctionner avec un mode de pensée, une structure de raisonnement différente. L'intelligence de l'enfant surdoué est atypique. C'est cette particularité qui rend souvent difficile son adaptation scolaire, mais aussi son adaptation sociale. C'est aussi grandir avec une hypersensibilité, une affectivité envahissante, qui marquent la personnalité."


Psychologue-clinicienne, spécialiste des surdoués, Jeanne Siaud-Facchin a été membre du laboratoire d'exploration fonctionnelle cognitive de l'hôpital de la Salpêtrière à Paris, puis attachée à l'Unité d'adolescents du Pr Rufo, à l'hôpital de la Timone à Marseille.
Depuis une dizaine d'année, elle s'occupe des personnes surdouées, plus particulièrement des enfants. Elle a créé en 2003, à Marseille, CogitoZ, le premier centre français consacré à la prise en charge des troubles de l'apprentissage. Dans son cabinet, elle reçoit les familles, fait passer des tests de QI, explique aux parents les particularités de leurs enfants et les conseille. Jeanne Siaud-Facchin voit des enfants qui souffrent et elle juge ceci inacceptable : elle sait qu'un enfant surdoué peut être heureux et équilibré si on sait s'en occuper.
Elle a publié chez Odile Jacob en 2002 "l'Enfant surdoué, l'aider à grandir, l'aider à réussir", en 2006 "Aider l'enfant en difficulté scolaire" et, en 2008, "Trop intelligent pour être heureux ? L'adulte surdoué"

Elle a également postfacé "Trouble Tête" de Mathilde Monaque, témoignage sur la dépression écrit par une adolescente surdouée.




L'interview de Jeanne Siaud-Facchin dans "La Recherche" de décembre 2004 : « Un QI élevé peut cacher une fragilité ».


Jeanne Siaud-Facchin, "L'Enfant surdoué, l'aider à grandir, l'aider à réussir", Odile Jacob, 9/2002, collection "Guide pour s'aider soi-même", ISBN 2-7381-1159-9, environ 20€.

Quelques extraits:
"Etre surdoué, c'est penser dans un système différent, c'est disposer d'une forme d'intelligence particulière. C'est aussi grandir avec une hypersensibilité, une affectivité envahissante, qui marquent la personnalité."

Particularités sur le plan affectif ...
"... être d'une sensibilité extrême, muni de multiples capteurs branchés en permanence sur ce qui l'entoure .... capacité étonnante de ressentir avec une grande finesse l'état émotionnel des autres. Véritable éponge, l'enfant surdoué est, depuis toujours, littéralement assailli par des émotions, des sensations, des informations multiples qu'il lui est le plus souvent difficile de vivre, d'intégrer et d'élaborer."

Pourquoi est-on surdoué ?

"... composante génétiquement programmée ... mais pas programmable ..."
"... ne peut jamais s'acquérir ... On l'a ou on ne l'a pas, c'est tout ... "

L'hypersensibilité

"...  s'observe chez tous les enfants surdoués. Elle est plus ou moins perceptible selon les aménagements effectués par l'enfant, ...
" ... est à la fois un atout, par la finesse perceptive de l'environnement qu'elle permet, mais aussi une source de souffrances et de blessures affectives.
L'enfant surdoué, branché en permanence sur son environnement affectif, sur le monde émotionnel, est constamment bombardé d'informations sensorielles, assailli de messages affectifs."

Perception sensorielle exacerbée (= "hyperesthésie")

Vue: voit/retient mille et un détails
Ouïe: récolte en même temps des informations diverses en provenance de sources multiples.
Odorat: distingue un grand nombre d'odeurs (même quasiment pas perceptibles)
Goût: différencie des saveurs très proches, souvent gastronome.
Toucher: réactivité tactile très élevée, aime/recherche le contact physique, indispensable à son équilibre affectif.

La suite dans le bouquin.


L'interview de Jeanne Siaud-Facchin sur le site de ça se discute (émission du 9 avril 2003 : "Génies et surdoués : sont-ils condamnés à vivre dans un monde à part ?")
Ecoutez Jeanne Siaud-Facchin (MP3-4,5MB!) décrire l'enfant surdoué chez Jean-Luc Delarue ("Ca se discute")
Transcription pour les connexions lentes :

Delarue : "Jeanne, vous êtes psychologue-clinicienne, attachée à l'Unité d'adolescents de l'Hôpital de la Timonne à Marseille, où vous vous occupez plus particulièrement d'enfants et de personnes surdoués. Comment réagissez-vous à ce qui a été dit jusqu'à présent, sur le QI qui n'est pas quantifiable, etc ?"

Jeanne Siaud-Facchin (JSF) : "Il y a beaucoup, beaucoup de choses à dire; le QI, pas quantifiable, bien sûr, c'est vrai, on ne mesure pas l'intelligence; les tests de QI ne visent pas à mesurer l'intelligence, mais à évaluer le fonctionnement intellectuel d'un enfant, simplement pour pouvoir le comparer et avoir un indice diagnostique. Un QI ne "fait" pas un diagnostic : on parle d'abord d'un enfant et il me paraît incontournable d'avoir une approche globale de l'enfant et de bien comprendre quel est le sens, et la place, de cette particularité intellectuelle dans la dynamique globale de l'individu.

Mais c'est vrai que d'avoir un QI élevé, c'est, d'abord et surtout, pas tellement être quantitativement plus intelligent que les autres, mais surtout, je crois, avoir un fonctionnement qualitativement très différent au niveau intellectuel, càd avoir une forme d'intelligence différente, un système de pensée qui est très différent, qui décale beaucoup par rapport à l'école et qui explique d'ailleurs les difficultés scolaires que rencontrent beaucoup de ces enfants à l'école.

Mais c'est aussi et surtout une hypersensibilité, une hyperaffectivité extrêmement envahissantes, et qui marquent considérablement la personnalité :
- ils voient ce que d'autres ne voient pas,
- ils perçoivent ce que d'autres ne perçoivent pas,
- ils ressentent avec une force inouïe les émotions environnantes
et ça leur donne une forme de lucidité exacerbée sur le monde, qui peut être extrêmement douloureuse ..."

Claude Hagège : "L'hémisphère droit !"

JSF : Oui, de toutes façons, l'hémisphère droit; on sait à quel point les enfants surdoués effectivement fonctionnent beaucoup en activant leur hémisphère droit, avec toute la créativité, toute l'intuition que ça suppose, mais aussi l'ingérence affective constante, présente dans tous les actes de la vie des enfants surdoués, et y compris bien sûr dans l'acte cognitif, dans l'acte intellectuel.

Ils ne peuvent pas s'empêcher de penser, ils ne peuvent pas s'empêcher de réfléchir, ils ne peuvent pas, quelque part, s'empêcher de créer, ils ne peuvent pas s'empêcher de ressentir; la moindre variation émotionnelle dans l'environnement va être perçue par ces enfants-là, et c'est dificile de tout ressentir tout le temps, d'être bombardé émotionnellement de tas de choses.

Ce sont des enfants à risque et il faut s'en préoccuper, il faut apporter des réponses, scolaires, au niveau des familles, des parents, pour les aider. Quand on voit Bernard (adulte détecté sur le tard), c'est quand-même terrifiant d'en arriver là. Je crois que ce qui est important aussi aujourd'hui pour lui, c'est de donner sens à ce qu'il a vécu, de pouvoir avoir une forme de recul sur son histoire, sur ce qu'il a pu ressentir, ce qu'il a pu vivre.
Et c'est important de dépister, même plus tard ...

La famille de Marseille, moi, je crois que ce qui les sauve, c'est d'être en groupe, c'est d'être en bande, parce que justement ça les structure, ça leur permet d'avoir des repères identificatoires, qui est quelque chose de très difficile pour ces enfants-là, qui n'arrivent pas à se repérer dans le regard des autres, qui se sentent très souvent seuls, même quand ils sont avec les autres, qui ressentent souvent cette espèce de décalage avec les autres, et qui font des efforts terribles pour s'intégrer.

Je crois que ce qui est très douloureux aussi, c'est que, quelque part, l'intelligence est un double mal :
- d'abord, l'intelligence peut faire souffrir;
- et personne ne songe à plaindre quelqu'un d'intelligent; on ne dit pas : "Ah, tiens, oui, il est sympa, mais le pauvre, il est intelligent !"; ça ne traverse évidemment l'idée de personne, et pourtant ..., et pourtant ...

Delarue : Pourtant, ce sont les imbéciles qui sont heureux ...!

JSF : Non, enfin, en tous cas, je pense que l'insouciance permet une certaine sérénité, et ces enfants et ces adultes sont tout, sauf insouciants ! Ils ont au contraire une conscience aiguisée des choses et de la vie.

Delarue : Mais alors, il faut qu'ils trouvent une passion, un moyen de ...

JSF : Il faut d'abord qu'ils trouvent des gens qui soient capables de les entendre, de les comprendre, de les reconnaître, de les accepter; et de les accompagner pour les aider à grandir, à s'épanouir, à mettre à profit leur immense richesse, non seulement intellectuelle, mais aussi affective, et leur permettre d'être ce qu'ils sont tout simplement.

Accepter la différence, quelle qu'elle soit, pour ce qu'elle est, avec ses côtés formidables, ses côtés plus compliqués; être surdoué, c'est complexe !



J'ai été invité à participer à une réunion de parents d'enfants intellectuellement précoces.
Et bien, si je savais depuis longtemps déjà que l'enseignement était parfois désastreux pour les enfants en difficulté scolaires, j'ai pu prendre conscience que ça l'était tout autant avec les enfants à "haut potentiel. "
Quel gâchis, quel désastre. C'est effarant. Et la douleur de ces parents, leurs inquiétudes, leurs perdtions parfois sont des révélateurs indéniables de l'incapacité du système à prendre en considération la différence. Toutes les différences d'ailleurs;
"Il faut rentrer dans le moule même s'il est considérablement étroit. "
Pour ce qui est des enseignants, le problème est très simple. Ces enfants-là mettent à jour toutes leurs insuffisances. Non pas seulement professionnelles mais également existentielles. Toutes ces questions sur l'objectif final de l'enseignement. S'il s'avère que cet objectif est l'obtention d'un diplôme et l'accession à la vie professionnelle, il est évident que les EIP (enfants intellectuellement précoces) font voler en éclat l'insignifiance de ce but.
La pensée en arborescence est une caractéritique commune chez ces enfants. A la question très simple de savoir quelle est la singularité commune entre le chat et la souris, un EIP va répondre qu'il s'agit de deux prédateurs, le chat envers la souris, la souris envers le fromage, que ce sont deux rodeurs, deux mammifères, qu'ils peuvent tous les deux être domestiqués, qu'ils vivent principalement sous les climats tempérés, qu'on en trouve des traces depuis l'Antiquité, dans des récits mythologiques,  etc etc...La réponse tout simple que ce sont deux animaux ne lui viendra pas à l'esprit.
L'effervescence intellectuelle est une particularité qui peut finir par les placer en difficulté. Ils finiront par ne plus rien répondre.
A écouter ces parents, je réalisais que les difficultés de leurs enfants concernaient principalement le monde extérieur. Ou en tout cas qu'il s'agissait des difficultés les plus présentes dans l'esprit des parents. Après avoir abordé les "débats-philo" que je fais en classe avec mes élèves, il est rapidement apparu que la dimension intellectuelle ne représentait pas le seul problème...La dimension existentielle occupe bien entendu une place considérable dans l'esprit de ces enfants.
L'immense difficulté vient du fait que leur potentiel intellectuel les place justement dans une situation particulière au regard des apprentissages cognitifs et que la dimension existentielle s'en trouve reléguée au second plan alors qu'elle est, à mon sens, la source même de toutes les difficultés.
Je repensais à ce travail que je fais dans ma classe au sujet de l'attention et de la concentration. L'attention se porte sur l'environnement et la pensée en arborescence incite encore plus à cette attention. Une pensée précise va se trouver connectée à un réseau infini de pensées parce que la pensée initiale génère un phénomène d'attention qui vient dessiner en eux un emboîtement intellectuel nourri par la profusion de leurs connaissances et l'insatiable curiosité qui les anime.
La concentration aurait pour tâche de les amener à "peindre en jaune fluo" la pensée intiale et à éliminer toutes les autres. Mais cela semble quasiment impossible dans le registre intellectuel. Cela peut par contre s'avérer envisageable s'il s'agit d'une démarche existentielle. Parce que cette fois, ils deviennent le sujet d'étude. La philosophie existentielle ou la spiritualité est une observation des phénomènes intérieurs et non une accumulation de savoirs cognitifs. L'observation du penseur par le penseur lui-même favorise la rupture avec les chaînes de pensées; Jusqu'à ne plus penser au penseur et en oublier la pensée elle-même.
Il me semble évident que le travail sur la gestion des émotions est une priorité. Perceptions sensorielles à l'origine des émotions et la multiplication des émotions aboutissant au sentiment. Rien que d'effectuer ce cheminement leur permettrait d'établir cette observation interne et à se détourner provisoirement de ce monde extérieur qui les assaille. 
Il est étonnant en tout cas de constater que ce potentiel intellectuel est accompagné par une effervescence émotionnelle. J'aimerais comprendre ce que cela cache.
A suivre...

Livre du mois.

http://www.frenchwritersworldwide.com/book-of-the-month/coulisses-de-mes-exploitsobscenes

Coulisses de mes exploits...

 

" Coulisses de mes exploits...obscènes "

Behind the Scenes of my exploits…


de

Pascal Querou.

 

on entend ce que l'on veut bien 

 

Si «  l’œil écoute » c’est forcément que « l’oreille regarde »

© Paul claudel.

 

 

 

Rien ne prédestinait Tristan Medelec à embrasser une profession de technicien  à la télévision…

Issu d’une famille bourgeoise et intellectuelle, le jeune Tristan avait une vie agréable, pratiquement sans heurt…

A 18 ans, il choisit de devenir artiste peintre sans grande conviction.

Habité par un grand vide, il cherche sa voie en tâtonnant, adulescent vivant la bohème comme si l’évidence allait devenir réalité.

Orphelin à vingt ans, cette disparition lui transperce le corps et l’esprit…

Il se retrouve seul avec sa sœur, vivant  d’une somme conséquente reçue en héritage, il n’a donc pas l’obligation de travailler pour subvenir à ses besoins et s’enferme confortablement dans une oisiveté, un bulle hermétique impénétrable, carapace contre l’adversité du monde.

 

Le commencement de sa  vie d’adulte, apparaît comme une parenthèse intemporelle, nourrit d’une sexualité débridée à la recherche d’affections fugaces mais combien nécessaires pour se sentir exister et combler ses manques. Le capital épuisé, un cousin lui suggère de devenir éclairagiste, il deviendra preneur de son pour France 2.

 

Le hasard fait que son premier baptême du feu allait lui ouvrir un destin imprévisible…Sans qualification il apprendra sur le terrain, et deviendra le témoin privilégié des évènements, des comportements, des réactions, dont il n’avait jamais soupçonné l’existence dans le genre humain…


« Ce jour-là, Mercredi 22 juin 1994, la radio confirma que le Conseil de Sécurité de L’ONU venait d’adopter la résolution 929 qui donnait droit à l’armée française de mener une opération à but humanitaire autorisant la force au Rwanda. Inutile de dire que France2, se devait de couvrir un tel événement qui allait permettre à nos soldats de se distinguer pour une juste cause… Et devenir par la force des choses un des feuilletons médiatiques de l’été… »

Tristant Medelec, avait déjà voyagé avec ses parents et sa sœur, au Sénégal, dans des ghettos d’occidentaux, sans vraiment prendre conscience de la réalité locale. Les premières visions des africains coiffés de bérets, vêtus de treillis et harnachés de kalachnikov perturbèrent ces souvenirs imagés de léthargie africaine envoûtante, classés dans le rayon folklore de son enfance.

Le cruel jaillissait d’un coup devant lui..

« Des enfants s’agglutinaient autour de nous. Et un petit gars haut comme trois pommes d’environ cinq ou six ans me montra le sommet de son crâne avec le bout du doigt. Traversé par une entaille encore sanguinolente… Un autre guère plus vieux s’approcha à son tour, et remua le petit bout de bras qu’il lui restait et qu’un vieux bandage crasseux recouvrait… »

La part d'enfance qui sommeille encore en lui, s'en trouve boulversée.

Les évènements du génocide que tout un chacun a suivi  en son temps sur les chaînes de télévision sont nombreux et inoubliables de part leurs atrocités. Graduellement Medelec, qui ne maîtrisait pas toutes les subtilités géopolitiques et diplomatiques des évènements historiques qu’il couvrait, se rend compte qu’il est associé en tant français libérateurs mais acclamés par les Hutus assassins. Lui, qui était si fier de ses principes humanistes et démocratiques d'occident, sent la méprise de la situation créant en lui un mal être empli de culpabilité.

Pascal Querou nous écrit un livre entre l' autobiographie et la fiction romancée empli d’humanité, il peint avec ses mots ses ressentis d’homme vulnérable  toutes les facettes de l’humanité qu’il découvre pendant son activité professionnelle, que ce soit l’adaptation instantanée d’une équipe d’hommes et de femmes de télévision qui se connaissent à peine, et qui réagissent spontanément à des situations complètement chaotiques ou encore les regards insoutenables des africains blessés.Les horreurs de la guerre ethnique organisée ne peuvent que choquer les esprits même si dans le feu de l’action le travail d’information passe en première ligne.

L’homme profondément bon se pose toutes les questions spirituelles et éthiques sur le genre humain qui s’autodétruit dans la rage dépuratrice, mais les images atroces restent imprimées dans sa mémoire et l’apparition de troubles somatiques correspond à un moment particulier où le deuil subit un blocage sélectif en rapport avec le retour de la problématique historique.

Ce roman est une fresque faite de craquelures psychologiques ressenties par un homme qui regarde et entend ce que les autres protagonistes semblent vivre autrement que lui-même.

Dans les formes les plus abstraites de l’intelligence, les facteurs affectifs interviennent toujours…l’homme cherche l’équilibre entre l’assimilation des faits et l’accommodation de son être face à des situations extérieures qui le déséquilibrent. 

Le monde des médias et de l’information est traversé part une palette de caractères humains et d' hommes nourris d’ expériences vivantes qui modifient leurs personnalités intrinsèques.

On rencontre des rédacteurs aveuglés par les tumultes extraordinaires des situations exposées, prêts à tout,  pour devenir les barons de l’information. Certains aristocrates du reportage sont jalousés par les médiocres,  condamnés à couvrir l’actualité la plus banale. Chacun recherchant la reconnaissance de sa personnalité à travers l' activité journalistique et caressant l’espoir d’un regard soutenu de la direction, avec pour questionnement : la télévision peut-elle vous rendre fou ?

Medelec y répond : "Car j’avais la certitude que la télévision rendait fou. Dans le sens où les moins scrupuleux souvent implicitement encouragés par une partie de leur hiérarchie et aveuglés par leur ego difforme, n’hésitaient pas à surenchérir sur l’ampleur d’un événement pour lui donner un caractère exceptionnel. Et le transformer en avatar sensationnel… ou en aléa sordide. Pour d'autres une certaine déontologie et un sens de la qualité paraissaient une conception poussiéreuse du métier…le racolage organisé par la création de nouvelles chaînes de télévision, avait amplifié un style très décontracté, qualifié de méthodes de voyous par les plus intègres"

Ce roman  n’est pas anodin …il met en exergue la situation professionnelle de ces personnes qui prennent beaucoup de risques pour nous informer des évènements que nous ne voudrions pas voir.

 

Nos jeunes étudiants diplômés,  face à un avenir professionnel incertain et un monde d’une dureté révoltante, font le choix d’un métier qui, à défaut d’être payant, s’inscrit dans une quête de sens, un goût d’aller voir ailleurs, de mieux comprendre ce monde de plus en plus étroit, mais complexe..

On dira qu’ils sont téméraires, naïfs, idéalistes « Cette peur qui me donnait un sentiment de vie extrême. Comme si chaque seconde comptait double ou triple… et cette sensation me remplissait entièrement. Et rendait tout le reste complètement insignifiant… ».


Mais ce sont des humains comme les autres. La disparition de nos journalistes de guerre, nous rappelle à la fois la brutalité insensée de la guerre et le courage de ceux qui ont choisi de s’en faire les témoins. Aux dernières nouvelles … 

 

Morts aussi à Homs en Syrie,Gilles Jacquier ( janiver2012 ) et Anthony Shadid ( février2012 ), tous deux âgés de 43 ans et pères de famille. Anne Nivat, récemment expulsée de russie pour son travail de terrain à la fois très humain, lucide et surtout critique, est une jeune mère aussi. 

Remi Ochlik, jeune photographe français de 28 ans, vient d’être tué en Syrie, tout comme sa collègue américaine Marie Colvin. En 2004, à 20 ans, il avait choisi de partir en Haïti dans l’indifférence générale, lors de la chute du président Aristide. Il a été aux premières loges du printemps arabe en 2011, en Tunisie, en Égypte et en Libye. Il a remporté plusieurs prix d’excellence pour son travail.


Pascal Querou, vitrail d'une cathédrale humaine, ose partager sa fragilité et  la part de féminité qui l'habite. Un rayon de lumière rassurant parcourt ce roman, symbole de l'amour de sa compagne qui en filigrane lui éclaircit son histoire personnelle, et donne encore un sens à sa vie.

 

Coulisses de mes exploits ...obscènes

Vous procurez ce roman 

"Coulisses de mes exploits...

obscènes "

Genre : roman

Auteur : Pascal Querou 

Riveveuve Editions

394 pages

Prix : 18 euros

ISBN : 978-2-36013-083-2


 

 

 

 

 

 

© Marie-Christine Dehove pour frencwriterswordwide.com

5 mai 2012

En savoir plus sur Pascal Querou.

"Coulisses de mes Exploits...obscènes" livre sélectionné pour le livre du mois de mai 2012.


Tout revient à la pensée.

"Une nouvelle façon de vivre n'est  jamais donnée pour rien. Elle doit être chèrement payée et acquise à force de patience et d'efforts. "

F.M.Dostoïevski


On rencontre beaucoup d'hommes parlant de liberté mais on en voit très peu dont la vie n'ait pas été principalement consacrée à se forger des chaînes."

G.Le Bon


Le début d'une habitude est comme un fil invisible mais chaque fois que nous répétons l'acte, nous renforçons le fil, y ajoutons un nouveau filament, jusqu'à ce qu'il forme un gros câble et lie irrévocablement nos pensées et nos actions. "

O.S.Marden


La façon de penser qui nous a mis dans la situation dans laquelle on est, est une façon de penser insuffisante pour s'en sortir. "

A.Einstein.


Et bien, une nouvelle façon de vivre ne peut émerger qu'après y avoir pensé mais bien davantage après avoir analysé, autopsié, disséqué les cheminements de la pensée qui ont contribué à l'élaboration de cette vie dont on veut s'extraire. On ne peut rien créer de nouveau sans que l'état des lieux ait été au préalable effectué. Cette patience et ses efforts ne seront enviageables que si l'individu sait exactement quel est le niveau de connaissance personnelle dont il dispose. Imaginons une maison dont on souhaite renouveler l'aménagement intérieur. Il est indispensable d'en connaître les dimensions, l'architecture et la mesure de tous les meubles qui s'y trouvent. Inutile de vouloir entreprendre quelques travaux intérieurs tant que la constitution de cet espace intérieur n'est pas exactement cartographiée. Se lancer dans la tâche avant d'avoir réalisé cet état des lieux n'aboutira qu'au chaos.

Il convient par conséquent d'y penser. Une pensée à la fois. Et l'explorer jusqu'à son épuisement.

Tant que ce travail n'est pas devenu constant, sans aucun déni, sans aucun délai, l'individu parlera de liberté à atteindre et se constituera des chaînes. Les chaînes de ses intentions, de ses espoirs, de ses attentes alors qu'il n'est même pas au bord du quai et qu'il lui est impossible d'entamer le moindre voyage. Il est figé dans le chaos de ses pensées. Le seul voyage libérateur, c'est celui que l'on entreprend sans intention de liberté. Parce que le travail est déjà fait. Le voyage contribuera au saisissement de la plénitude. Non pas à son élaboration mais à sa validation. Elle est là parce que les pensées ne sont déjà plus des pressions mais juste des phénomènes identifiés qu'il est aisé de déposer lorsqu'ils n'ont aucune utilité. 

Il est donc indispensable d'analyser nos habitudes parce qu'elles sont la jonction entre nos pensées et nos actes. Tant que ces pensées sont des flux inconsidérés de formatages répétés, il ne s'agit pas de pensées mais de phénomènes de pensées. La pensée appartient à l'individu alors que les phénomènes de pensées sont les conséquences de l'intrusion forcenée des systèmes éducatifs, historiques, sociaux, religieux, politiques, édiatiques, culturels.

"Ça pense en moi mais "Je" ne pense pas".

Les habitudes qui sont issues des pensées maîtrisées et non des phnéomènes de pensées ne sont pas des habitudes mais des constructions parce qu'elles sont évolutives. L'individu qui crée en lui la constance de l'analyse n'est pas dans une habitude répétitive et inconsciente mais dans un cheminement d'éveil. L'habitude convient à un mental perverti et soumis. Pas à un esprit qui s'éveille. Celui qui médite quotidiennement n'est pas dans une habitude passive mais dans l'absorption d'une nourriture spirituelle dont la qualité ne pourra que se renforcer. Celui qui est dans la répétition mécanique des schémas de pensées et d'actes n'est pas dans une démarche évolutive mais dans un extension horizontale dont le matérialisme servira d'étendard à défaut de posséder une vie intérieure. La société de consommation se nourrit de ces individus-là. Elle les consomme...

Il s'agit donc de cesser de penser à travers des schémas instaurés mais d'élaborer son propre axe vertical; Ni guide, ni gourou, ni ahsram, ni philosophie adorée. Krishnamurti, lui-même, n'a cessé de le répéter.

 

"Celui qui marche dans les pas d'autrui ne laisse pas ses propres traces". Denis Diderot.

Crise espagnole

Un dessin animé très bien construit, clair, précis et effroyablement révélateur de ce qui se passe partout en Europe, sauf désormais en Islande puisque le peuple a mis les banquiers en prison...

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