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    • Thierry LEDRU
    • Presle
  • "LE DESERT DES BARBARES" (6) : Figueras.

     

    Les Indiens Kogis à la reconquête de leurs terres

    CHAPITRE 45

    Figueras s'était levé au premier chant d'oiseau. Il s'était assis sur une roche moussue et il avait observé la montée de l'astre. De l'autre côté des cimes, à l'est, derrière les crêtes dentelées. L'air était frais, descendu des montagnes comme un voyageur curieux. Il allait remonter avec la venue du maître des lieux.

    La lumière n'était encore qu'une esquisse, un placenta en croissance. Le ciel épuré avait bu tous les nuages de la veille et le bleu métallique de la nuit accueillait l'astre naissant. La lumière condensée tel un ventre rond annonçait la mise au monde. Puis vinrent les traits lumineux, des routes à suivre, des rayons écarlates lancés dans l'azur comme autant d'éclaireurs. Ils tracèrent leur chemin dans les échancrures, les cols et les versants et Figueras imagina les animaux engourdis s'étirer goulûment.

    Des chapelets de gouttes de rosée, suspendues sur les fils des toiles d'araignée, s'illuminèrent comme autant de perles, des rêves de nuit dans l'attente du réveil. Les toiles tendues sur les herbes drues dessinaient des étoiles.

    Plus bas, dans la vallée, au-dessus des forêts épaisses, traînaient nonchalamment des nappes de brouillard, larges marées immobiles, couvertures humides étirées comme des voiles protecteurs. Ces brumes éphémères s'évanouiraient dès les premières chaleurs et les frondaisons se gorgeraient de lumière.

    Tout était juste.

    Et Figueras s'en réjouit.

     

     

    Indiens kogis : le monde moderne est déséquilibré !

       

    COLOMBIE

    DÉCROISSANCE

    FORÊTS

    PEUPLES INDIGÈNES

      

    Publié le : 08 Nov 2015

    Mis à jour le : 18 Nov 2019

    4 minutes 

    6

    kogis

    « Le problème de la Sierra aujourd’hui c’est que le gouvernement privatise les terres avec le désir de gagner de l’argent. Ils font des projets sans nous demander notre avis, ils construisent des barrages, des hôtels, des mines, des ports, des sites d’extraction, ils pillent des trésors qui font partie du corps de la nature. Alors, les terres sont déséquilibrées, les marais et les lacs sont asséchés, la forêt est détruite… La terre mère est malade on lui a ôté son sang, les rivières ou les marécages ; son cerveau, le charbon… On la perfore ! », proclame un jeune kogi. Les Kogis sont une tribu indigène vivant dans les montagnes de Colombie. Au mois d’octobre, trois indiens Kogis, ou trois grands frères comme ils se nomment eux-mêmes, ont quitté leur forêt colombienne pour venir à la rencontre des petits frères, nous, les occidentaux.

    Pendant 15 jours ils ont sillonné la France et donné des conférences pour parler de leur mode de vie, des menaces qui pèsent sur leur tribu et de leur rapport à l’environnement.
    Aujourd’hui, les dernières terres des Kogis demeurent menacées à cause du narco trafic, de la guérilla, et de la déforestation. Mais l’histoire ne date pas d’hier, puisque depuis 1525, et l’arrivée des colons espagnols, l’exploitation de la Sierra Nevada se fait aux dépens des Kogis. Petit à petit ils ont été repoussés aux confins de la montagne.

    Les Kogis de la Sierra Nevada de Santa Marta

    Les Kogis vivent en totale harmonie avec la Sierra Nevada de Santa Marta, leur montagne, au Nord de la Colombie. Environ 12 000 hommes et femmes y mènent une existence simple et isolée. Ce sont les derniers héritiers de l’une des plus brillantes civilisations pré-colombiennes, les Tayronas. La Sierra Nevada est une terre riche d’une variété unique d’écosystèmes et qui accueille 7% des espèces vivants sur la planète. Cette pyramide enneigée est la plus haute montagne en bord de mer de la planète, elle culmine à plus de 5 800 mètres d’altitude à seulement 42km du littoral. La montagne des Kogis représente le cœur du monde, un être vivant, la Mère Terre, celle qui leur a donné naissance, celle à qui ils dédient leur vie. « Le sens de la vie est de se perpétuer éternellement, et pour cela il ne faut pas abîmer la terre, c’est une pensée très simple que l’on a beaucoup de mal à comprendre. », explique Claude Schwarb, correspondant en Colombie de l’association Tchendukua.  Cette association française se bat depuis 20 ans pour la restitution et la reforestation des terres ancestrales kogis.

    Trois hommes Kogis ont fait le voyage, dont deux mamus : des chamans qui guident leur communauté. «  Mamu signifie soleil, et le soleil c’est celui qui guide, qui éclaire, qui protège et aide tout le monde. Le mamu est en lien avec la nature. », explique le troisième kogi, un jeune étudiant en comptabilité. Lui, vit entre les deux mondes, celui de ses ancêtres et celui du XXIème siècle. Il parle très bien espagnol, et appréhende mieux la culture des petits frères, il fait le lien entre son peuple et la modernité.


    Vivre en équilibre avec la nature

    « Pour prélever quelque chose à la nature, par exemple couper un arbre, il faut bien réfléchir au pourquoi, il faut justifier l’acte, organiser une consultation avec toute la communauté, afin de statuer et de décider de la procédure à suivre. Une fois l’arbre coupé il va falloir compenser cette action, il faut toujours remplacer ce que l’on prend à la terre mère. », explique Claude Schwarb.

    Tout est une question d’équilibre avec la nature, le sens de leur vie est de le maintenir. Chaque homme doit protéger le territoire que la mère nature lui a offert. Ils ne cultivent et ne récoltent que ce dont ils ont strictement besoin. Pour eux, homme et nature sont indissociables. L’homme n’est qu’une graine, une semence que la nature a fait pousser. L’argent n’existe pas dans leur culture.

    Seule la nature peut assurer les moyens de leur subsistance. Les mamus passent au minimum 9 ans pour se former. « Ils doivent tout connaitre sur les arbres, les rivières, les pierres… Si on apprend tout sur ces éléments, alors on peut commencer à les respecter.  », explique un kogi.

    « Ils ont des connaissances de bons paysans tout simplement. Sur une petite parcelle cultivée on peut trouver 35 variétés de plantes différentes, 80% sont destinées à être mangées, et le reste sera utile autrement, pour la construction des maisons par exemple. On trouve de la canne à sucre à côté d’haricots qui vont s’agripper à la canne pour pousser, et dont les racines vont produire de l’azote… C’est un cycle où tous les éléments s’entraident, c’est de la permaculture, sauf que eux ne connaissent pas ce mot. »

    Deux mondes en contradiction

    « Quand ils arrivent en France, ou ailleurs en Europe, ce qui les surprend le plus c’est notre rapport au temps et la vitesse à laquelle va notre monde. Eux, ils prennent le temps pour tout. Depuis que je les ai rencontré je ne porte plus de montre » Claude Schwarb a appris la patience, les choses finissent toujours par arriver à qui sait attendre.

    Claude Schwarb explique que les kogis ne comprennent pas non plus la prédominance du « je » dans nos sociétés. « Leur société fonctionne sans dirigeant, comme les abeilles, les guêpes ou les fourmis qui n’ont pas d’organe directeur. Il y a seulement des guides : les mamus qui conseillent mais qui n’ont pas de pouvoir décisionnel, la communauté décide en harmonie, après de longues discussions. Chez les Kogis tout est communautaire : construire une maison, semer, récolter… »

    De ce je découle une autre idée inconnue du peuple Kogi : « Nous n’avons pas de notion de propriété, nous ne pouvons pas dire cela est à moi, cette idée n’existe pas chez nous. Nous on ne peut pas dire que l’eau, l’oxygène, ou la terre appartiennent à quelqu’un. La terre n’est la propriété de personne, puisque nous sommes la nature. Dans votre monde on a l’impression que l’on ne peut pas être libre. Dans nos montagnes on peut aller partout, dans vos villes nous n’avons vu que des propriétés privées, alors comment faites vous pour vivre ici ? Vous êtes attachés, amarrés comme des chiens en laisse ! Quelqu’un qui arrive chez vous il ne peut pas vivre ! »

    Tchendukua : 1 200 hectares de terre déjà restituées

    Quelques semaines avant la COP21, ces rencontres conférences ont ouvert une réflexion, et nous renvoient à l’absurdité d’un monde qui scie, avec frénésie, la branche sur laquelle l’humanité est assise : la planète terre.

    Cette tournée a aussi permis de récolter des dons pour récupérer les terres ancestrales kogis. Grâce à Tchenudukua, les indiens ont déjà acquis près de 1 200 hectares de terre, qu’ils ont reboisés. Chaque lopin de terre est dédié à 80% à la reforestation, le reste est utilisé pour les cultures ou la création de villages. Ces terres réappropriées ont vu leur biodiversité renaître, la faune et la flore revivre, les traditions se perpétuer.
    Pour en savoir plus sur Tchendukua, lire aussi notre article sur leurs actions

    Le site de Tchendukua

  • C'est trop cher et tant mieux.

     

    impact-eclairage-public-biodiversite

     

    La facture est salée et du coup, ça commence à réagir. Depuis le temps...

    La raison est financière alors qu'il est prouvé que l'atteinte à la biodiversité est considérable. Mais bon, ça, c'est "secondaire"...

    "On ne va pas couper le jus pour deux ou trois chauve-souris"...

    La remarque classique de celui qui ne sait rien de la problématique. Et qui surtout ne cherche pas à s'informer. Et pour ce qui est de l'insécurité, AUCUNE étude nationale ne prouve le lien entre la délinquance, la criminalité, le vandalisme et l'absence de lumière. Il suffit d'éplucher les compte-rendus de la gendarmerie. Et de toute façon, il s'agit de sortir de SON propre sentiment d'insécurité lié à cette absence de lumière alors que cette insécurité est considérablement plus grave et vaste au regard de l'empreinte carbone.

    Soit on élargit sa vision au niveau planétaire (cf l'article sur le manque, le besoin, le désir), soit on reste dans sa zone de confort, même si celle-ci condamne l'ensemble. Il va falloir choisir. 

    D'anciens textes : manque, besoin, désir

     

    Prix de l'énergie : Brive va éteindre entièrement son éclairage public

     

    Publié le 30/09/2022 à 15h55

    Écrit par Elise Rouard.

    Brive, entre chien et loup

    Brive, entre chien et loup • © FranceTV

    Brive

    Corrèze

    Nouvelle-Aquitaine

    Un différend avec son fournisseur d'énergie contraint la municipalité de Brive à annoncer l'extinction de l'éclairage public en ville. La mesure prend effet dès ce vendredi soir dans certains quartiers avant une généralisation à toute la ville d'ici la fin octobre.

    L'annonce prend effet dès ce vendredi soir, minuit - c'est à dire, le 1er octobre : "la Ville de Brive contrainte d'éteindre progressivement l'éclairage public de minuit à 5 heures du matin;"

    Progressivement, précise le service communication de la mairie, car "80% des boîtiers" d'alimentation des réverbères "sont équipés d'une horloge, et on met une semaine à les programmer un par un. Donc dans une semaine, 80% de la ville sera éteinte".

    Quant aux 20% restants, "on va les équiper de ces horloges pour que la totalité de la ville soit éteinte fin octobre".

    Une décision radicale, annoncée ce vendredi et actée deux jours plus tôt en conseil municipal, sous la pression financière : la ville indique être en conflit avec son fournisseur d'énergie. "Malgré un contrat de marché public prévoyant une hausse de 18% soit une augmentation de 480.000 euros, le fournisseur demande 35% soit + 934 000 euros," précise un communiqué. Le contrat courrait pourtant jusque fin 2023. La différence serait liée à des problèmes d'approvisionnement en énergie entre l'Etat et le fournisseur...  

    Des vérifications sont menées par la collectivité afin de savoir si la faute est imputable au fournisseur et, si tel est le cas, l'ouverture d'un contentieux serait envisagée. 

    Tout éteindre en ville permettra à la commune, selon ses calculs, d'économiser 456 000 euros - en attendant la mise en place d'ampoules LEDS l'an prochain.

    Et Brive n'est pas la première à se lancer, même si d'autres l'avaient annoncé plus en amont depuis cet été : Limoges, aux prises avec un surcoût énergétique de 3 millions d'euros ; le Dorat et Chaptelat en Haute-Vienne, qui ont choisi une extinction partielle ; et Couzeix, qui réduit son éclairage de 2 heures par jour. 

     

    Pourquoi et comment pratiquer l’extinction de l’éclairage public ?

     

    22 décembre 2019 MarineConseils et AstucesInfos et législation

    L’éclairage public représente une dépense communale non négligeable. Face à ce constat de plus en plus de petites communes s’interrogent sur la mise en place de l’extinction de l’éclairage publique une partie de la nuit.

    Aujourd’hui, on constate que les petites communes sont aussi concernées par un éclairage public permanent alors même que les rues en milieu de nuit sont peu ou pas fréquentées. Quels sont les enjeux de l’extinction de l’éclairage nocturne ? Comment l’instaurer ? Que nous dit la loi ?…

    Pourquoi la réduction ou l’extinction de l’éclairage public est un enjeu majeur ?

    Un éclairage public énergivore et onéreux :

    Selon Ademe, (l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), l’éclairage public représente 41 % de l’énergie consommée par les collectivités territoriales et 37 % de leur facture d’électricité. La mise en place de l’extinction de l’éclairage public permet aux villes qui l’ont adoptée de réduire considérablement leur consommation d’énergie et par conséquent leur facture d’électricité.

    Ce dispositif est donc un moyen pour les communes de lutter contre le gaspillage énergétique et de réaliser des économies. Cette initiative aurait par exemple permis à la ville de Saumur de diminuer sa facture totale d’électricité de 30 % et sa consommation d’électricité de 45 % (source : ANPCEN).

    L’éclairage public a un impact négatif sur l’environnement :

    L’éclairage public participe à l’augmentation des émissions de C02 dans l’atmosphère responsable de la production des gaz à effet de serre. L’interruption des éclairages artificiels peut donc être un moyen de lutter contre le changement climatique.

    Pour rappel, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, la France s’est engagée à diminuer de 20% ses émissions de CO2.

    Cette interruption permet également de protéger la biodiversité et diminuer l’impact sur celle-ci. En effet, l’éclairage nocturne perturbe les écosystèmes en bouleversant la fréquence jour/nuit.

    L’éclairage public est source de nuisances :

    La lumière artificielle provoquée par l’éclairage public est responsable d’une partie importante de la pollution lumineuse. Elle affecte notamment le bien être des habitants et a un réel impact sur leur santé en perturbant leur horloge biologique et leur sommeil.

    Elle masque aussi l’accès au ciel et la contemplation des étoiles, supprimer l’éclairage c’est favoriser la conservation du ciel.

    Quels sont les moyens qui peuvent être mis en œuvre ?

    Les communes peuvent donc envisager de :

    Réduire l’intensité lumineuse

    Diminuer l’éclairage en réduisant le nombre de lampadaires en fonctionnement. Elle peut faire le choix d’éteindre un appareil d’éclairage sur deux ou trois.

    Améliorer la qualité et les performances de son parc d’installation et d’éclairage public.

    Éteindre l’éclairage une partie de la nuit sur quelques rues, des quartiers ou sur l’ensemble de la commune.

    Comment adopter l’extinction de l’éclairage public ?

    En France, toutes les communes peuvent adopter l’extinction de l’éclairage de nuit entre minuit et 5h. Cependant, elles doivent garantir la sécurité de leur population.

    Le choix des lieux bénéficiant ou non de l’éclairage public fait partie des prérogatives du Maire. Il convient néanmoins avant de prendre une décision de :

    Consulter les habitants de la commune.

    Évaluer les risques en prenant en compte la fréquentation et la circulation et en analysant la dangerosité d’un tel dispositif.

    Informer la population concernée :

    Un arrêté doit être affiché ou mise à disposition de la population dans le bulletin municipal. Ce document doit mentionner les lieux et les horaires d’extinction et d’éclairage. (Article L 2131-1 et 2 du code Général des Collectivités Territoriales).

    La pose de panneaux d’informations à l’entrée de la commune est fortement recommandée.

    Vous pouvez également vous rapprocher d’organismes spécialisés pour réaliser un bilan.

    Enfin, pour pallier à l’extinction de l’éclairage nocturne, il est possible d’améliorer et de repenser la signalisation actuelle en s’équipant de produits rétroréfléchissants (marquages au sol, panneaux, balises, plots à encastrer en verre…) pour signaler les obstacles et les dangers.

    Quel bilan ?

    On observe un retour positif pour la majorité des villes ayant adopté cette initiative. Le principal obstacle reste le sentiment d’insécurité provoqué par l’absence de lumière. Il est toutefois à nuancer, aucune étude ne montre une recrudescence de la violence ou des incivilités suite à la suppression de l’éclairage public. Il n’existe pas non plus de lien entre éclairage et réduction de la criminalité.

    Que dit la loi ?

    La loi municipale du 5 avril 1884 qui confère au maire les pouvoirs municipaux de police et le code général des collectivités territoriales énumèrent les prérogatives propres au pouvoir municipal dont la gestion de l’éclairage public.

    Art. 97 de la loi municipale du 5 avril 1884 :

    « La police municipale a pour objet d’assurer le bon ordre, la sûreté et la salubrité publique.

    1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l’éclairage, l’enlèvement des encombrements… ».

    Art. L 2212-2 du Code Général des Collectivités Territoriales :

    « 1° L’éclairage public fait partie intégrante des pouvoirs de police du maire même si cette compétence est transférée au syndicat d’énergies. Une commune peut réduire l’amplitude horaire d’éclairement des voies ou de leurs abords. »

    Autrement dit l’éclairage public est de la responsabilité du maire néanmoins ce n’est pas une obligation. Comme l’indique le ministre de l’intérieur en réponse à la question de M. Claude Raynal, il n’existe aucune obligation légale ou réglementaire qui oblige les maires à mettre en place un dispositif d’éclairage public.

    «Il appartient au maire de rechercher un juste équilibre entre les objectifs d’économie d’énergie et de sécurité afin de déterminer les secteurs de la commune prioritaires en matière d’éclairage public au regard des circonstances locales. Dès lors qu’il serait ainsi en mesure de démontrer qu’il a accompli toutes diligences, le maire ne devrait pas voir sa responsabilité reconnue. »

    En France, déjà 6000 communes ont mis en place l’extinction de l’éclairage public (Source : Ademe). Pourquoi pas la vôtre !!!

    Venez découvrir l’ensemble de nos articles consacrés à la législation.

     

     

    Sobriété énergétique : est-ce vraiment utile d'éteindre la lumière ?

    Article rédigé par

    Louis San

    France Télévisions

    Publié le 31/07/2022 07:03Mis à jour le 31/07/2022 11:36

     Temps de lecture : 7 min.

    L'éclairage public représente "un gisement d'économies d'énergie", selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, car le parc français est vétuste. (ASTRID AMADIEU / FRANCEINFO)

    L'éclairage public représente "un gisement d'économies d'énergie", selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, car le parc français est vétuste. (ASTRID AMADIEU / FRANCEINFO)

    Les publicités lumineuses, les bureaux qui restent allumés et les lampadaires dans la rue représentent-ils une source d'économies d'énergie ? Franceinfo s'est demandé si les éteindre était une idée lumineuse pour réduire la consommation française d'électricité. 

    Il a sonné la "mobilisation générale" pour la "chasse au gaspillage énergétique". Lors de son interview du 14-Juillet, Emmanuel Macron a annoncé un "plan de sobriété". Objectif : faire en sorte que la France puisse traverser l'hiver sans coupure d'électricité alors que les pays de l'Union européenne se sont accordés mardi pour réduire de 15% leur consommation de gaz – et donc leur dépendance à la Russie – en pleine guerre en Ukraine. "On va d'abord essayer de faire attention collectivement, le soir, aux éclairages, quand ils sont inutiles", a expliqué le président de la République.

    Les lumières nocturnes des bureaux et des commerces ou les écrans publicitaires numériques dans les gares sont souvent évoqués lorsqu'il s'agit de traquer les sources de consommation électrique superflues. Mais que représentent-elles réellement dans la consommation du pays ? Franceinfo tente d'éclairer la situation.

    Un levier symbolique pour la publicité lumineuse

    Dans les gares, dans les couloirs du métro, dans les vitrines de commerces… Les écrans LCD publicitaires sont l'une des cibles des élus écologistes. David Belliard, maire adjoint de Paris, s'y était attaqué lors de la dernière campagne des élections municipales à Paris. De son côté, la députée écologiste Delphine Batho avait déposé, en février 2020, une proposition de loi sur "l'interdiction de toute forme de publicité numérique et lumineuse dans l'espace public". L'ancienne ministre de l'Ecologie dénonçait "une aberration" et une "consommation inutile d'électricité".

    Mais quelle est la consommation réelle de ces dispositifs ? Selon un rapport (PDF) de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), "un écran publicitaire LCD numérique de 2 m2 consomme 2 049 kWh par an, ce qui est proche de la consommation moyenne d'un ménage français pour l'éclairage et l'électroménager (2 350 kWh/an)".

    Combien d'écrans de ce type sont installés en France ? Aucun recensement exhaustif n'existe. En revanche, la SNCF en dénombre 1 574 dans ses gares. La compagnie ferroviaire affirme à franceinfo que 2 914 seront installés d'ici à 2031. Selon elle, "les écrans numériques 70-75 pouces consomment plus de deux fois moins aujourd'hui qu'il y a dix ans". Par ailleurs, "le remplacement des supports papier par les écrans numériques permet de multiplier le nombre d'annonceurs sur un seul support", justifie aussi la SNCF.

    De son côté, le gestionnaire du Réseau de transport d'électricité (RTE) classait en 2019 les panneaux publicitaires lumineux parmi les consommations "superflues". Dans un rapport de février 2022 (PDF), la réduction de ces écrans est toutefois présentée par RTE comme un "levier de sobriété" permettant de réaliser une économie de 0,5 TWh. Une miette au regard des 473 TWh de la consommation d'électricité globale en France en 2019, selon EDF.

    "De manière plus anecdotique, la diminution de la publicité aura un impact sur les consommations énergétiques directement associées (écrans, affichages vidéo), ainsi que sur la consommation de biens au sens large."

    RTE 

    dans un rapport de février 2022

    En s'attaquant aux écrans publicitaires, la visée n'est donc pas forcément celle d'une économie d'énergie. Elle est aussi esthétique, politique, voire philosophique. A Lyon, une majorité d'élus de la métropole s'est accordée, en juin, "pour diminuer fortement la place de la publicité dans l'espace public". Les écrans seront retirés du métro lyonnais dès 2024. "Sobriété énergétique, sobriété cognitive, stop aux appels à surconsommer... Nous continuons d'agir pour l'intérêt général", avait fait valoir Benjamin Badouard, co-président du groupe des écologistes à la métropole de Lyon.

    >> Publicité lumineuse : ce qui existe déjà, ce que veut faire le gouvernement, ce que demandent les associations

    Un gain certain pour les lumières dans les bureaux et commerces

    Il est encore fréquent, en France, de constater que des bureaux ou des commerces sont éclairés la nuit. Pourtant, la loi interdit ces éclairages nocturnes. Un arrêté ministériel relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses a été pris en 2018. Il dispose que "les éclairages de vitrines de magasins de commerce ou d'exposition sont éteints à 1 heure du matin au plus tard ou 1 heure après la cessation de l'activité si celle-ci est plus tardive et sont allumés à 7 heures du matin au plus tôt ou 1 heure avant le début de l'activité si celle-ci s'exerce plus tôt".

    Ces éclairages maintenus la nuit ne sont pas le fruit d'actes délibérés mais de "méconnaissance", estime François Darsy, président de la commission éclairage intérieur du Syndicat de l'éclairage, interrogé par franceinfo. Un avis partagé par Dany Joly, membre du conseil d'administration de l'Association française de l'éclairage et responsable de l'éclairage public à Nantes. La métropole a donc choisi en 2019 de sensibiliser les commerçants sur le sujet.

    "A Nantes, des contrôles relèveraient de la police municipale. Elle a autre chose à faire, en pleine nuit, que d'aller vérifier si les vitrines sont bien éteintes."

    Dany Joly, responsable de l'éclairage à Nantes 

    à franceinfo

    Que représente l'éclairage nocturne de commerces et de bureaux ? Impossible de l'estimer précisément. Mais selon le Syndicat de l'éclairage, l'ensemble de la consommation électrique liée à l'éclairage, diurne et nocturne, représente 42 TWh. Parmi les premiers postes se trouvent l'éclairage domestique (7,13 TWh), celui des bureaux privés (7 TWh), et celui des commerces (7 TWh).

    Aussi visibles soient-ils, ces éclairages nocturnes "ne représentent pas les plus fortes consommations", observe Gilles Aymoz, directeur adjoint de l'Ademe en charge de ces questions. "Assez souvent, les importants postes de consommation d'énergie dans les bureaux sont le chauffage ou la climatisation. Cela peut aussi varier s'il y a beaucoup d'informatique ou non."

    "Pour faire des économies à long terme, concernant les bureaux, nous devrons aller plus loin. Il va falloir travailler sur le mode d'isolation, de chauffage, sur des éléments plus structurels."

    Gilles Aymoz, directeur adjoint de l'Ademe 

    à franceinfo

    Face au risque de pénurie, l'extinction des éclairages nocturnes des bureaux et des commerces doit être appliquée rapidement, alerte toutefois Thomas Pellerin-Carlin, spécialiste des questions d'énergie à l'Institut Jacques Delors. "Chaque électron économisé, qui n'a pas besoin d'être produit pour générer de l'électricité, nous permet de consommer moins de gaz", explique-t-il. Et de noter qu'une telle mesure revêt aussi une dimension symbolique et psychologique :

    "Il y a un effet indirect, qui montre à tout le monde que nous sommes dans une crise énergétique et qu'il y a besoin de faire des efforts."

    Thomas Pellerin-Carlin, chercheur à l'Institut Jacques Delors 

    à franceinfo

    Une mine d'économies d'énergie pour l'éclairage public

    Depuis le 1er juillet, il n'y a plus d'éclairage public dans les rues de Cormeilles-en-Parisis (Val-d'Oise), entre 1h15 et 4h45. Cette ville de 23 000 habitants et 4 000 lampadaires a coupé le courant en raison de "l'explosion des prix de l'énergie", justifie le maire Yannick Boëdec dans Libération. La mesure doit permettre de réaliser une économie de 26% sur la facture d'électricité. L'argument est le même pour de nombreux autres édiles.

    Ils ne s'y trompent pas : l'éclairage public représente "un gisement d'économies d'énergie", selon l'Ademe, puisqu'il pèse "41% des consommations d'électricité des collectivités territoriales", "16% de leurs consommations toutes énergies confondues, "37% de leur facture d'électricité". Or, une grande partie des équipements en France est vétuste et mal gérée, a épinglé la Cour des comptes en avril 2021. D'après l'Ademe, "près de 40% des luminaires en service ont plus de vingt ans" et "plus de la moitié du parc est obsolète".

    >> INFOGRAPHIES. Pourquoi certaines communes éteignent leur éclairage public la nuit

    A l'échelle nationale, la consommation annuelle de l'éclairage public, souvent justifiée par un impératif sécuritaire, est estimée à 6 TWh. Mais des économies d'énergie et une réduction du montant des factures peuvent être réalisées avec des équipements rénovés. François Darsy plaide ainsi pour une campagne de mise aux normes, dénonçant "la petite musique selon laquelle la meilleure rénovation serait l'extinction".

    A Nantes, "nous sommes passés aux LED il y a cinq ans", raconte Dany Joly, et près d'un tiers des éclairages sont équipés de telles ampoules. La ville a également décidé de baisser la puissance lumineuse entre 20 heures et 6 heures. Résultat : la consommation d'électricité liée à l'éclairage public à Nantes a baissé de 50 GWh annuels en 2017 à 37 GWh en 2021. En voilà une idée lumineuse ?

     

     

    LE BLOG DE L'OMPE

     

    L’IMPACT DE L’ÉCLAIRAGE PUBLIC SUR LA BIODIVERSITÉ

    En 2012, une étude publiée dans la revue « Biology Letters » de l’Académie des sciences britannique alertait sur l’impact de l’éclairage nocturne sur la biodiversité. Ainsi, il aurait des effets néfastes sur l’organisme mais aussi sur le comportement individuel des insectes et des mammifères. Avec une augmentation de 30 % des points lumineux en France en l’espace de 10 ans seulement, nous sommes en droit de nous demander si cette pollution lumineuse ne joue pas un rôle dans la perte de notre biodiversité.

    impact-eclairage-public-biodiversite

    Comment l’éclairage public impacte-t-il la biodiversité ?

    Selon le site internet du Ministère de la Transition écologique et solidaire, la France compte 11 millions de points lumineux sur tout le territoire. Hormis le fait que cette pollution lumineuse émet 670 000 tonnes de CO2 chaque année et qu’elle pèse en moyenne 23 % de la facture énergétique d’une commune, elle semble également impacter certaines population d’insectes et de mammifères. Depuis 1989, 80 % des insectes d’Europe ont disparu en raison, d’une part, de l’intensification de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture (+ 12 % entre 2014 et 2016) et, d’autre part, à cause de l’augmentation de la pollution lumineuse. Jean-Philippe Siblet, ornithologue et directeur du patrimoine naturel au Muséum national d’histoire naturelle, alerte notamment sur la diminution de la population de chouette hulotte depuis une dizaine d’années. Pour cet ornithologue, l’équation est simple : très sensible à la lumière, la chouette ne supporte de chasser que dans l’obscurité nocturne d’un cadre naturel. La chouette hulotte doit également faire face à un déclin du nombre de petits rongeurs qu’elle chasse pour se nourrir.

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    Autres espèces victimes de la lumière nocturne : les insectes. En Allemagne, une étude a révélé que chaque réverbère tue environ 150 insectes chaque nuit en été. Si l’on rapporte ce constat aux millions de réverbères en France, le chiffre devient colossal. Les papillons de nuit, les Bombyx disparates ou encore les lucioles sont les insectes les plus perturbés par l’éclairage public. Ils s’épuisent à tourbillonner, ne se nourrissent plus et deviennent une proie facile pour leurs prédateurs. Si la pollution lumineuse a des impacts directs sur les animaux et les insectes, elle peut également induire une modification de la végétation, des ressources et des habitats. Des biologistes de l’Université britannique d’Exeter ont notamment constaté un déséquilibre et une sur-représentation de certaines espèces d’insectes dans les zones éclairées par les réverbères. Au final, si l’augmentation de la pollution lumineuse se poursuit à l’échelle mondiale, elle pourrait altérer l’ensemble d’un écosystème.

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    Selon la Direction départementale des territoires et de la mer, « la lumière artificielle est la deuxième cause d’extinction des insectes après les pesticides ». Les effets de la lumière sur la vie sauvage varient en fonction de la qualité de la lumière, de son intensité ou encore de sa fréquence d’émission. Pour tenter d’inverser la tendance, la mairie du XIIIème arrondissement de Paris a décidé en 2016 d’équiper ses lampadaires de détecteurs de présence afin de les faire fonctionner à 10 % seulement de leur puissance lorsqu’il n’y a personne. La couleur de l’éclairage a également été travaillée pour nuire le moins possible aux oiseaux. A suivre…

     

  • "Regarder le monde brûler"

     

    A ne lire qu'après avoir bu un ou deux verres ou deux bouteilles, par un jour de beau temps, c'est à dire avec de la pluie, en agréable compagnie et en oubliant que demain, ça sera pire.

    Bonne soirée.

    (pour voir toutes les photographies, faire un C/C et l'ouvrir sur votre ordi. Mais bon, c'est en fonction de votre niveau de résistance)

    Regarder le monde brûler

     

    https://making-of.afp.com/regarder-le-monde-bruler

     

    Marlowe Hood Facebook Twitter Email Samedi 17 septembre 2022

    Alors que le monde est secoué par des vagues de chaleur, des sécheresses, des incendies et des inondations sans précédent, vous ressentez peut-être vous-même un sentiment croissant de malaise, voire de panique.

    Pour moi, le "moment Oh merde !", c’est-à-dire le moment du déclic - quand j’ai ressenti dans mes tripes la gravité de la situation - s'est produit début 2009, deux ans après avoir commencé à couvrir pour l'Agence France-Presse les questions scientifiques et la géopolitique du changement climatique.

    A l'époque, j'avais déjà rendu compte de tout un tas d'études évaluées par des pairs, parlé à des scientifiques, assisté aux sommets des Nations unies sur le climat et interviewé des habitants du Pacifique, dont les îles étaient en train de disparaître sous les flots.  Mais je n’avais pas encore réalisé qu’un réchauffement climatique incontrôlé allait chambouler le monde civilisé, je n’avais pas encore eu cette prise de conscience qui vous frappe tout à coup à l’estomac et vous coupe le souffle.

    Ce coup de massue, il m'est tombé dessus lors d'une conférence à Oxford où un large éventail d'experts s’était vu demander d'imaginer une planète qui se serait réchauffée de quatre degrés Celsius. Le tableau qui en était ressorti était un cauchemar éveillé. J'ai eu l'impression de détenir un savoir terrifiant que les autres, d'une certaine façon, n'arrivaient pas à voir.

    Un pompier tente d'empêcher un immense feu de forêt de se propager près de Louchats, dans le sud-ouest de la France, le 17 juillet 2022 (Thibaud Moritz / AFP )

    Ce qui est étrange, car le danger, présent et manifeste, du changement climatique est depuis longtemps très visible. Déjà à la fin du 19e siècle, Svante Arrhenius - le premier prix Nobel de chimie - avait prédit qu'un doublement du CO2 dans l'atmosphère réchaufferait la planète de cinq degrés Celsius, une température invivable. Il n'était pas loin de la vérité.  Il avait même émis une hypothèse sur la façon dont cela pourrait se produire : en brûlant trop de charbon. 

    En 1969, le conseiller présidentiel américain et futur sénateur Patrick Moynihan déclarait à l'administration Nixon que le réchauffement climatique pourrait soulever les océans au point de noyer de grandes villes. "Adieu New York", écrivait-il dans un mémo. "Adieu Washington, par la même occasion."

    En 1985, l'astrobiologiste Carl Sagan avertissait le Congrès américain : "nous léguons des problèmes extrêmement graves à nos enfants alors que le temps pour résoudre ces problèmes - si tant est qu'ils puissent être résolus –, c’est maintenant." Et en 1988, l'année même où James Hansen, scientifique du gouvernement américain, proclamait que le réchauffement de la planète avait commencé, les Nations unies créaient un corps de scientifiques bénévoles - le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) - chargé de tenir informés de la crise les dirigeants mondiaux.

    Quatre ans plus tard, ces derniers étaient suffisamment alarmés pour élaborer un traité visant à lutter contre les "interventions humaines dangereuses pour le système climatique".

    Au travail, des collègues me reprochaient la prépondérance d'histoires négatives dans mes articles.  "Nous devons donner de l'espoir aux gens", disait l'un d'eux.

    Et pourtant, la plupart des gens semblaient allègrement ignorer la comète meurtrière qui se dirigeait vers nous. Ils considéraient le changement climatique - pour peu qu'ils le voient - comme une menace évitable et future. Ma diète quotidienne, faite de rapports scientifiques et de projections d’impacts, m'empêchait de regarder ailleurs. Comme le dit Greta Thunberg : si vous regardez l'état de la science, comment pouvez-vous penser à autre chose ?

    De temps en temps, je rencontrais une âme sœur, quelqu'un d'aussi calmement effrayé que moi par la direction que nous prenons.  Mais faire entendre un sentiment total d'effroi n'est pas quelque chose que l'on fait en bonne compagnie, alors je me réfrénais.  Mon seul espace de confiance était la maison, où - soir après soir, année après année - je détaillais les sinistres nouvelles de ma rubrique à ma femme résiliente. Mais il y avait des dégâts collatéraux : j’en frémis aujourd'hui quand je pense au fardeau que j'ai infligé à mes deux filles pendant qu'elles atteignaient l'âge adulte, surtout à la plus jeune.  

    Au travail, des collègues me reprochaient la prépondérance d'histoires négatives dans mes articles.  "Nous devons donner de l'espoir aux gens", disait l'un d'eux. "Tu devrais te concentrer davantage sur les bonnes nouvelles."

    Des enfants jouent sur de la glace fondue à cause du réchauffement climatique dans le delta du Yukon en Alaska, le 18 avril 2019 (Mark Ralston / AFP )

    Un garçon enlevant du pétrole déversé sur la plage d'Itapuama à Cabo de Santo Agostinho, au Brésil, le 21 octobre 2019 (Leo Malafaia / AFP )

    Mais il n'y a pas de bonnes nouvelles, du moins pas du côté de la nature ou de la science. 

    Depuis que le monde a décidé collectivement, il y a 30 ans, de régler le problème du climat et de sauver le règne du vivant, tous les indicateurs de la santé planétaire ont dramatiquement empirés. En 2009, les scientifiques ont déterminé neuf "limites planétaires" à ne pas franchir. À l'époque, nous avions déjà dépassé la zone de sécurité pour trois d'entre elles : le réchauffement climatique, le taux d'extinction des espèces et l'excès d'azote dans l'environnement (provenant principalement des engrais). Aujourd'hui, nous en avons franchi six, voire sept. Nous recrachons dans l’atmosphère plus de gaz à effet de serre et de pollution de toutes sortes que jamais auparavant.

    Les leitmotiv les plus courants, dans les milliers d'études sur le changement climatique et la dégradation de l'environnement que j'ai examinées au cours des 15 dernières années, sont "pire que nous le pensions", "plus rapide que nous le craignions".    

    Ce qui passe aujourd'hui pour de bonnes nouvelles, ce sont ces objectifs "net zéro" -- annoncés dans un étalage de vertus par les pays et les entreprises -- mais qui reposent davantage sur la plantation d'arbres et des compensations de carbone douteuses que sur une réelle réduction des émissions.

    Dans le domaine scientifique, un flot ininterrompu de projections basées sur l'hypothèse du "nous faisons tout ce qu'il faut" dessinent des voies fantaisistes vers un monde dans lequel la température moyenne à la surface de la Terre ne se réchaufferait jamais de plus de 1,5 degré Celsius par rapport aux niveaux de la fin du XIXe siècle (la température a augmenté de 1,2 °C jusqu'à présent, principalement au cours des 50 dernières années).

    Même si nous commençons à injecter des milliers de milliards de dollars pour résoudre le problème, les choses vont empirer - considérablement - avant de commencer à s'améliorer. 

    Ces scénarios pétris de bonnes intentions - destinés à montrer tant aux dirigeants qu'aux administrés que nous pouvons encore éviter le pire - sont présentés comme "techniquement réalisables", ce qui signifie qu'ils fonctionnent sur le papier. Mais pas vraiment dans le monde réel des intérêts particuliers et de la pression politique. 

    L'année dernière a également été marquée par un enthousiasme débordant pour des solutions de géo-ingénierie - aspirer le CO2 de l'air, atténuer le rayonnement solaire avec des écrans solaires stratosphériques - qui étaient rejetées il y a dix ans, considérées comme des mesures désespérées et de la dernière chance. C'est peut-être là où nous en sommes.

    Dans son dernier rapport publié au début de l'année, le GIEC a indiqué noir sur blanc qu'il n'y aurait pas de salut climatique sans une contribution majeure de ces technologies et d'autres encore en gestation ou à l'état de prototype.  Nous faisons du patinage sur une glace de plus en plus mince.

    Un ours polaire sur des morceaux de banquise dans l'archipel russe François-Joseph, le 16 août 2021 (Ekaterina Anisimova / AFP )

    Disons-le tout net : le plafond de 1,5 °C fixé par l'accord de Paris pour le réchauffement climatique est un mirage qui s'évapore à l'horizon frappé par la sécheresse. Nous allons le dépasser.  Est-ce que cela signifie la fin du monde ?  Bien sûr que non, mais l'ampleur des dégâts va dépendre de la gravité de notre incursion dans la zone de danger. 

    Au-delà d'un certain seuil - et personne ne sait exactement où il se situe - la planète elle-même accélérera considérablement le réchauffement et libérera d'importantes réserves de carbone qui réduiront à néant nos efforts déjà laborieux pour ralentir et finalement arrêter les émissions humaines.  Dans le même temps, nous détruisons rapidement les écosystèmes qui soutiennent la vie sur Terre.  Les océans, les forêts et les sols s'efforcent de maintenir les conditions stables qui ont fait de la Terre un lieu si hospitalier pour notre espèce au cours des 11.000 dernières années, et pourraient brusquement changer de cap et se diriger vers un nouvel équilibre de "serre", comme cela s'est déjà produit par le passé, préviennent les scientifiques.   

    Ce n'est pas un monde dans lequel nous pouvons vivre. 

    Avec les catastrophes amplifiées par le changement climatiques qui se succèdent, la réalité commence à se faire durement sentir dans le monde entier.  Paradoxalement, c’est pour beaucoup rassurant. Les doutes persistants, longtemps entretenus par les grands groupes pétroliers, étant enfin dissipés, un plan Marshall pour le climat est certainement le seul choix rationnel qui nous reste.  Les politiciens sont éveillés, les marchés se sont réveillés.  Mais comprennent-ils vraiment que nous n'avons eu droit qu'à un faible avant-goût de nos impacts déjà incorporés par le système climatique ?  Même si nous commençons à injecter des milliers de milliards de dollars, d'euros et de yuans pour résoudre le problème, les choses vont empirer - considérablement - avant de commencer à s'améliorer. 

    Et ça, c'est le scénario optimiste.

    Un jeune Indien s'accroche à une ligne électrique après une inondation du Gange près d'Allahabad, le 6 août 2013 (Sanjay Kanojia / AFP )

    On n'a pas non plus vraiment compris que la construction d'infrastructures massives pour se protéger contre les moussons irrégulières, les mois de chaleur mortelle, la montée des eaux, les sécheresses extrêmes et les inondations millénales n'est pas une stratégie viable, pas même dans les pays qui regorgent d'argent, de prouesses technologiques et d’une confiance absolue en leurs capacités.

    Mais l'objet de cette complainte est un état d'esprit plus qu'un état de nature : ce que l'on ressent en travaillant dans ce que nous appelons affectueusement "la rubrique fin du monde". Comment porte-t-on ce fardeau ?

    Cette question m'est souvent posée par mes étudiants dans les écoles de journalisme de Paris où j'enseigne. Parfois, j'y réponds par une plaisanterie - du lundi au vendredi, désespoir ; l'espoir, c'est pour le week-end. Ou bien je tente une réponse sérieuse, en expliquant en termes généraux comment les journalistes - et au premier chef les correspondants de guerre - érigent des pare-feu émotionnels contre la cruauté, la souffrance et l'injustice auxquelles ils sont confrontés.  Dans les régions déchirées par la guerre, les éditeurs de photos de l'AFP suivent une formation sur les traumatismes avant de trier les clichés présentant une violence trop explicite pour être publiés.

    Pendant plus d'une douzaine d'années à cette rubrique, je me suis persuadé que ce goutte-à-goutte ininterrompu de sinistrose et de catastrophisme planétaires m'avait laissé émotionnellement indemne.  Le sens de ma mission était mon bouclier : aider les gens à comprendre que le fait de ne pas réparer les dommages causés entraînera des conséquences terribles et irréversibles.  Au fil des années, à la suite de la communauté scientifique, mes articles ont progressivement adopté le langage de la crise existentielle, mais je ne me suis que rarement permis de contempler réellement ce que cela signifiait de revivre l'intensité de mon déclic, ce "moment Oh merde !" originel. Lorsque cela m'arrivait, je serrais les dents jusqu'à ce que la tempête se calme et puis je continuais.     

    Maintenant, le pare-feu s'effrite, et je ne sais pas comment le reconstruire.

    Des baigneurs regardent un incendie de forêt près d'une plage de Saint-Tropez, dans le sud de la France, le 25 juillet 2017 (Valery Hache / AFP )

    Rétrospectivement, c'est embarrassant de voir combien de temps il m'a fallu pour faire le lien.  Les crises d'anxiété, les nuits sans sommeil, les douleurs nerveuses invalidantes, les éclairs de colère - je les ai longtemps attribués à une constellation banale de problèmes d'argent, d'une opération ratée, de frustrations au travail et d'inquiétudes pour mes enfants.  Tous ces éléments étaient réels, mais ils n'étaient pas la seule cause.

    La confrontation avec le Covid - et la prise de conscience de ma propre condition mortelle - au commencement de la pandémie début 2020, m'a obligé à réfléchir sérieusement aux grandes questions de la vie. J'ai retrouvé dès que possible et avec empressement la voie du journalisme au quotidien, mais quelque chose de fondamental avait bougé.  La même année, j'ai été nommé pour un nouveau prix international de journalisme environnemental, qui exigeait la rédaction d'un long essai expliquant pourquoi mon travail était important. Je n'ai pas gagné, mais l'exercice m'a fait réaliser à quel point ma vie avait été enveloppée par ce sujet, devenu une « breaking news » permanente.

    J'ai commencé à consulter un spécialiste des douleurs chroniques, un ancien anesthésiste qui emprunte des outils à la psychanalyse pour aider ses patients à comprendre les sources de leurs souffrances physiques.  Cela a permis de déverrouiller des choses dans quelques recoins plus enfouis, mais le facteur déclenchant le plus évident est resté invisible pour moi.             

    L'année suivante, j'ai à nouveau retenté ma chance pour le prix et j'ai gagné.  Ce fut une agréable surprise, car les journalistes des agences de presse sont rarement sous les feux de la rampe. Mais cela m'a également déstabilisé, pour des raisons que je n'arrive toujours pas à comprendre. À peu près à la même époque, j'ai commencé à réfléchir à ce que signifie vivre dans l'ombre grandissante de l'effondrement de l'environnement, tout comme ma génération s'était recroquevillée, enfant, sous les pupitres de l'école pour se préparer à l'apocalypse nucléaire. Mais je ne ressentais toujours rien d'intime là-dedans.

    Des manifestants simulent des funérailles à la nécropole de Glasgow pour symboliser l'échec de la conférence de l'ONU COP26, le 13 novembre 2021 (AFP / Paul Ellis)

      

    Action de militants d'Extinction Rebellion (XR) lors de la COP26, à Glasgow en Ecosse, le 11 novembre 2021 (Andy Buchanan / AFP )

    Il existe une littérature croissante sur le sujet, qui porte plusieurs noms : anxiété climatique, éco-anxiété ou, dans les cas extrêmes, "doomism" (catastrophisme, ndlr).  Katharine Hayhoe, une éminente climatologue qui voyage aux États-Unis et dans le monde entier pour aider les personnes préoccupées par le changement climatique à trouver du réconfort dans le militantisme, affirme que la prépondérance de ses détracteurs sur les médias sociaux est brusquement passée des climato-négationnistes aux prophètes de malheur, courroucés par son message d'optimisme et d'espoir. 

    Ces "doomistes", comme on les appelle, ont été fustigés par les climatologues et les militants qui les considèrent comme plus dangereux que les climato-sceptiques de la vieille école. Mais puisque ces mêmes experts crient sur tous les toits que nous sommes confrontés à une menace d’extinction, ils ne devraient pas être surpris si certaines personnes perdent les pédales.  Au moins, cela signifie qu'ils écoutent.         

    Soyons clair : nous ne pouvons pas nous permettre de nous laisser submerger par les émotions que suscite la menace du changement climatique.  Les enjeux sont trop importants et le temps presse.  C'est pourquoi les personnes chargées de la communication stratégique sur le réchauffement de la planète - les Nations unies, les groupes écologistes, les scientifiques et, peut-être, les médias - sont sur la corde raide.

    Ce n'est pas mon travail - ni celui d'aucun journaliste - de fabriquer de l'espoir.  Le faire serait non seulement manipulateur, mais aussi intellectuellement malhonnête.

    Ils veulent effrayer suffisamment les gens pour qu'ils prennent le problème au sérieux, mais pas trop pour qu'ils ne se sentent pas désespérés. Dans le même temps, ils veulent rassurer les gens sur la possibilité d'un avenir certain sur le plan climatique, mais juste ce qu'il faut pour ne pas tomber dans l'excès d'optimisme. 

    Je me suis retrouvé tiraillé par le même dilemme lorsque j'ai commencé à donner un cours sur le changement climatique.  J'ai immédiatement ressenti le poids des attentes des étudiants. Ils étaient comme des patients anxieux craignant un diagnostic, et j'étais le médecin leur disant de se préparer aux mauvaises nouvelles.  En plaisantant à moitié, j'ai commencé au début de chaque semestre par un "trigger warning", c'est-à-dire un message d'avertissement pour contenu potentiellement traumatisant. 

    Une brèche est apparue dans la sagesse populaire selon laquelle une plongée profonde dans la sinistrose climatique ne fait qu'inciter les gens à abandonner ou à détourner le regard.  En 2018, j'ai rencontré des membres fondateurs d’Extinction Rebellion (XR) alors naissante, qui utilisaient des actes flamboyants de désobéissance civile pour mettre en lumière l'inaction en matière de réchauffement climatique. Depuis, XR est présente dans le monde entier. 

    La formation commence par un cours accéléré sur la science du climat mettant en évidence la façon dont nous avons fait basculer la Terre dans une période rarissime d'extinction massive, qui n'épargne pas les humains.  Cela signifie qu'on peut s'autoriser à être émotionnellement bouleversé et à faire le deuil de ce qui est et de ce qui sera perdu.  "Aujourd'hui, je vois à peu près tout à travers le prisme du changement climatique", m'a confié un membre.  Les militants de XR, en d'autres termes, ne sont pas paralysés par leur profonde appréhension.  Au contraire, accepter et accueillir notre sombre avenir les a transformés en une armée de guerriers climatiques implacables.    

    Un agriculteur brésilien traverse une zone dévastée par un incendie dans une forêt tropicale près de Porto Velho, dans l'État de Rondonia, le 26 août 2019 (Carl De Souza / AFP )

    À un niveau humain, je souhaite désespérément offrir une vision encourageante à mes étudiants et aux personnes qui lisent mes articles, à fournir les preuves que nous pouvons éviter – et que nous éviterons – le pire. Mais ce n'est pas mon travail - ni celui d'aucun journaliste - de fabriquer de l'espoir.  Le faire serait non seulement manipulateur, mais aussi intellectuellement malhonnête.

    Cela peut aussi s'avérer contreproductif.  Étant donné le sentiment d’urgence que je ressens face à la crise climatique, j'aspire à dénoncer explicitement ce que je sais être nuisible ou erroné, et à défendre ce que je pense être la bonne ligne de conduite. Mais agir à partir de cette aspiration, quand bien même ce serait possible dans le cadre strict de l'AFP, serait une erreur.

    "En fait, les journalistes en savent plus que quiconque - même que la plupart des scientifiques - sur l'ampleur réelle de la menace", m'a dit il y a quelques années l'écologiste Bill McKibben à qui je faisais part de ma frustration. "Mais si vous devenez un partisan, cela sera utilisé pour saper tout ce que vous écrivez", a ajouté l'auteur de "The End of Nature". 

    La justesse d'esprit, la neutralité - et surtout la perception de ces qualités - sont le fondement de notre crédibilité en tant qu'organes d'information. 

    Plus que jamais, le monde a besoin d'un journalisme fondé sur des faits incontestables, même si les informations sont parfois ignorées ou déformées.

    Notre cœur de métier comporte une analyse nuancée des raisons pour lesquelles quelque chose s'est produit (ou pourrait se produire), mais elle ne franchit pas la limite entre "ce qui est" et "ce qui devrait être". Plus que jamais, le monde a besoin d'un journalisme fondé sur des faits incontestables, même si les informations sont parfois ignorées ou déformées.

    J'ai récemment interviewé un trio d'acteurs de premier plan dans le domaine du climat, sans me rendre compte à quel point j'étais inconsciemment à la recherche de conseils sur la façon de m'en sortir. Tous avaient été aux prises avec les problèmes qui me faisaient lentement perdre pied, et chacun avait des conseils de sagesse à partager.   

    En tant que professeur des Sciences de la Terre, Johan Rockström a contribué à redéfinir la compréhension de notre relation avec la planète. Il est également un défenseur infatigable de l'action en faveur du climat, qu'il s'agisse de se faire entendre des élites mondiales à Davos ou de témoigner dans son émission spéciale "Breaking Boundaries" sur Netflix.  Au cours d'une conversation sur son concept d'"espace de fonctionnement sûr" (Safe Operating Space, en anglais) pour l'activité humaine, je l'ai piégé avec une question personnelle.

    "En 2009, nous avions déjà franchi trois limites planétaires, aujourd'hui nous en avons dépassé sept", lui ai-je dit. "Comment pouvez-vous ne pas vous sentir désespéré ?"

    "Je me sens définitivement très, très inquiet et frustré", m’a-t-il répondu, un peu déstabilisé. "Au moment précis où nous avons besoin d'une biosphère résiliente, nous sommes en train de la perdre. Si nous nous éloignons trop des limites planétaires, les rétroactions de la Terre commenceront à amplifier notre trajectoire de manière irréversible vers un monde à quatre, cinq ou six degrés." Longue pause.

    "Comment pouvons-nous rester concentrés de manière constructive sur la petite lueur qui est là ?" s’est-il interrogé, alors que j'étais suspendu à chacun de ses mots. "Pour commencer, quel choix avons-nous ?" Les sombres avertissements de Rockström ne sont rassurants que dans la mesure où ils confirment mes raisons d'être morose.  Et si je ne doute pas de la véracité du dicton de Churchill - "Je suis un optimiste ; cela ne me semble pas très utile d'être autre chose" - ce n'est guère suffisant pour me remonter le moral.

    En revanche, passer deux heures avec l'invincible optimiste Katharine Hayhoe fut un véritable shoot d’endorphine. Comme Rockström, Hayhoe est une climatologue de haut niveau qui passe beaucoup de temps sur la route à répandre la Bonne Nouvelle de l'action climatique, notamment dans l'Amérique profonde. Travaillant en étroite collaboration avec des spécialistes des sciences sociales, son objectif primordial est de "faire en sorte que tous ceux qui sont inquiets s'activent... aujourd'hui, la plupart des gens sont déjà inquiets face au changement climatique. Mais nous ne savons pas quoi faire".

    Hayhoe n'enjolive pas la situation : "Notre civilisation a été construite pour un climat qui n'existe plus. Chaque aspect de notre vie sur Terre est menacé par le changement climatique." Mais elle déborde d'optimisme et d'espoir, ce qui, précise-t-elle, n'est pas la même chose. Quand on n'a pas de soucis, on peut quand même être optimiste et penser que l'avenir sera aussi bon, voire meilleur. "On n'a besoin d'espoir que lorsque les choses ne vont pas bien. L'espoir vient de la souffrance", explique-t-elle.

    Plusieurs sources abreuvent le réservoir d'espoir exceptionnellement grand de Mme Hayhoe : la science, une vision charitable de la nature humaine et sa profonde foi chrétienne.  "Grâce à la science, je sais viscéralement que ce que nous faisons a une incidence", confie-t-elle, notant qu'en l'espace d'une décennie les engagements en matière de réduction des émissions ont permis de ramener les projections de la température à la surface de la Terre à la fin du siècle de 5 °C à 3 °C par rapport à la référence préindustrielle. 

    Insuffisant, mais déjà une énorme différence. "La science montre que chaque petit morceau compte, et c'est en fait une chose plutôt encourageante".

    La climatologue Katharine Hayhoe s'entretient avec l'acteur Leonardo DiCaprio à Washington, le 3 octobre 2016 (Mandel Ngan / AFP )

    Hayhoe pense qu'un déclic – un "moment Oh merde !" - collectif, provoqué par le type de catastrophes météorologiques extrêmes qui deviennent rapidement la nouvelle norme, fera passer l'action climatique à la vitesse supérieure.  "Si l'on tient compte de la façon dont les humains réagissent, socialement, aux catastrophes, nous pourrions atteindre l'objectif des 2°C", dit-elle, citant l'obtention du droit de vote et des droits civiques par les femmes comme des changements majeurs rendus possibles par une évolution rapide des valeurs.

    Hayhoe a certainement raison de dire que ce sont les masses qui exigent et adoptent des changements profonds qui peuvent nous sauver, mais je ne partage pas sa confiance dans le fait que nos meilleurs anges prévaudront lorsque les choses deviendront vraiment difficiles. A d'autres égards toutefois, ses mots ont été une bouée de sauvetage.

    Bien qu'elle ne s'appesantisse pas sur le sujet, la colère a clairement été un puissant moteur pour elle. Hayhoe et sa famille ont déménagé en Colombie lorsqu'elle avait neuf ans.  "En premier lieu, ce qui m'a poussée à devenir une scientifique du climat, c'est l'injustice de la situation", se souvient-elle, le changement climatique frappant le plus durement ceux qui en sont le moins responsables.  "Si vous vivez dans un pays à faible revenu, quand une catastrophe se produit, vous savez à quoi cela ressemble, et c'est très différent d'ici."

    Ce que j'ai également trouvé réconfortant, c'est son idée simple selon laquelle vous n'avez pas à porter le fardeau seul.  "Il y a un million de mains sur le rocher, et si je devais retirer la mienne un petit moment, ce n'est pas grave - quelqu'un d'autre est là." Un muscle tendu en permanence à l'arrière de mon cou s'est alors un peu décontracté.

    Mais c'est le troisième entretien qui m'a vraiment fait tourner la tête.  C'était comme une séance de psychanalyse, et je ne savais même pas que j'étais sur le divan.

    Des kangourous tentent d'échapper à un feu de brousse à Snowy Valley, en Australie, le 4 janvier 2020 (Saeed Khan / AFP)

    Clover Hogan est une experte de l'anxiété climatique, et a créé une ONG - Force of Nature - en 2019 pour s'attaquer à ses conséquences, notamment chez les jeunes.  "Nous sommes confrontés non seulement à une crise climatique, mais aussi à une crise de santé mentale", m'a-t-elle dit alors que nous nous tenions au milieu d'enfants jouant dans un parc parisien.

    La source de cette anxiété, a-t-elle rapidement compris, est autant le sentiment que l'humanité se dirige en somnambule vers le bord d'une falaise que ce qui pourrait se passer lorsque nous y arriverons.  "Nous menons des programmes qui aident les jeunes à convertir leur éco-anxiété en action".

    Pendant son enfance dans l'Australie rurale, Hogan avait pour meilleure amie la nature. 

    Et en regardant des documentaires, elle a réalisé combien le monde qu'elle chérissait était menacé. Elle avait 11 ans. Elle s'est lancée dans l'activisme environnemental et, à 16 ans, elle s'est retrouvée au sommet de la COP21 à Paris. L'un des événements auxquels elle a assisté était un haut lieu de l’écoblanchiment, autrement dit du greenwashing: le Forum de l'innovation durable, financé par BMW, Coca Cola et Shell. "Je me souviens avoir pensé que c'était comme aller à une conférence sur le cancer du poumon sponsorisée par (le géant du tabac) Philip Morris", dit-elle. 

    Au début de son adolescence, Hogan a tenu l'éco-anxiété à distance en étant "implacablement optimiste, positive et déterminée."  Et puis, en novembre 2019, "tout s'est écroulé".  C'était l'année de "l'été noir" australien, des incendies incontrôlables qui ont réduit en cendres de grands pans de ses souvenirs d'enfance et environ deux milliards d'animaux sauvages. "J'ai commencé à pleurer spontanément", a déclaré Hogan. "Je pleurais en allant au travail... Je m'effondrais au milieu des réunions. Je faisais des rêves apocalyptiques."

    "Je pense que le désespoir est la seule réponse rationnelle. Mais nous avons peur de ressentir la douleur et le déchirement du cœur. La peur est que si j'ouvre la porte à ce déchirement, alors je n'en sortirai jamais."  Cependant, lorsqu'elle a vu son pays en flammes, quelque chose a craqué. "J'ai dû m'abandonner à ce chagrin.  Mais ce faisant, j'ai trouvé une énorme quantité d'amour, de passion et de détermination, et j'ai compris qu'il ne s'agit pas de moi ou de vous, mais de tout le monde. Il s'agit de l'avenir de la planète."

       

    Clover Hogan reproche aux journalistes comme moi d'avoir échoué dans leur couverture de la crise climatique.  Les médias ont (enfin) appris à tirer la sonnette d'alarme et à parler de l'ampleur du danger. "C'est comme être frappé par un train. Mais nous ne disposons pas des compétences, des connaissances ou des outils nécessaires pour nous demander ce que nous pouvons faire", m’a-t-elle dit. "Beaucoup de journalistes ne considèrent pas cela comme leur responsabilité ; ils considèrent que leur travail consiste à rapporter les faits de la manière la plus objective possible. Ils ne pensent pas à l'impact de ce qu'ils disent."

    Dans ma quête de conseils climatiques, je me suis également tourné vers un vieil homme espiègle qui avait mis une tempête dans mon crâne lors d'une interview en 2009.  James Lovelock, qui est décédé cet été le jour de son 103e anniversaire, a inventé la machine qui a révélé que nous faisions par inadvertance des trous dans la couche d'ozone et qui a conçu une expérience pour la NASA afin de prouver que Mars est dépourvue de vie.

    Mais on se souviendra surtout de lui pour Gaïa, sa théorie - révolutionnaire dans les années 1970 - selon laquelle la Terre est un système autorégulé qui tend vers la stabilité, une "planète vivante" dans laquelle tout joue un rôle. C'est pourquoi, par exemple, les océans et les forêts - qui s'efforcent de maintenir l'équilibre de la Terre - ont absorbé pendant des décennies la moitié de notre pollution au carbone, alors même que les émissions de CO2 augmentaient de plus de 50%.  Aujourd'hui, c'est du B.A.-ba des sciences de la Terre.  Mais Lovelock était également convaincu que Gaïa avait une finalité, une hypothèse qui reste très controversée.

    "Je pense que le but est tout simplement de maintenir l'habitabilité, et que la sélection naturelle y veille. Toute espèce sur la planète qui affecte négativement le climat, affecte négativement sa propre progéniture et - selon le darwinisme - aura tendance à être éliminée", m’a-t-il expliqué.

    Il y a longtemps que Lovelock a décidé que l'humanité avait raté le coche du changement climatique et que notre espèce était condamnée à voir son nombre diminuer considérablement.  Deux ans avant sa mort, son point de vue n'avait pas beaucoup changé.  "Si nous ne faisons pas quelque chose, nous serons retranchés de la planète", m'avait-il dit.

    Une forêt brûlée près de Mariposa, en Californie, le 24 juillet 2022 (David Mcnew / AFP )

    Des volontaires tentent de dégager un barrage rempli de plastique près de Krichim, en Bulgarie, le 25 avril 2009 (Dimitar Dilkoff / AFP )

    Lovelock adoptait une perspective olympienne - il aimait le point de vue depuis l'espace – pour contempler l'humanité, « ce pauvre acteur qui s’agite et parade une heure sur la scène » du monde. « Nous sommes comme d'autres espèces avant nous qui ont massivement changé l'environnement de la planète entière... Les photosynthétiseurs, lorsqu'ils ont produit de l'oxygène pour la première fois (il y a plus de 2,5 milliards d'années), étaient des organismes dévastateurs et nuisibles qui ont tué des pans entiers d'autres espèces. »

    Puis les algues marines produisant un composé organique chargé de soufre, probablement à l'origine de la couche de glace qui a recouvert notre planète il y a plus de 650 millions d'années. "Et puis arrivent les humains avec une intelligence communicante", a-t-il ajouté. "Cela a eu des effets dévastateurs sur la planète, et nous en sommes témoins.  Mais si la planète peut s'adapter, et si nous pouvons nous adapter, cela pourrait finalement faire de Gaïa une planète intelligente, la première de la galaxie." 

    En d'autres termes, même si des milliards de nos semblables périssent, "ceux qui survivent pourraient avoir une meilleure planète pour vivre."

    Alors, où est-ce que tout cela me mène ?  À un niveau personnel, je réalise que je ne peux plus chroniquer, jour après jour, la destruction accélérée de la nature et la tempête climatique qui s'amorce, comme je l'ai fait depuis 2007.  Ce n'est pas de l'épuisement professionnel, du burn-out, c'est de l'auto-préservation.  Il y a maintenant une légion de reporters pour prendre ma place.  Je ne peux pas non plus me résoudre à croire, une fois de plus, que les négociations des Nations unies sur le climat déboucheront sur autre chose qu'une amère déception agrémentée de juste assez de progrès pour empêcher le processus de s'effondrer.

    Que vous le vouliez ou non, la réalité du changement climatique va empiéter sur nos vies, corps et âme. Accrochez-vous !

    Le sommet des Nations unies sur le climat de Charm el-Cheikh - le 27e depuis 1995, et mon 11e - sera mon dernier.  Quant à la bataille entre l'espoir et le désespoir, je ne trouve aucun réconfort dans la vision de Lovelock d'un "bon Anthropocène" émergeant des ruines d'un monde ravagé par le climat, et je n'ai pas la moindre idée de ce que signifie partager la foi de Hayhoe, qui pense que nous parviendrons envers et contre tout à éviter la catastrophe.

    Mais le pessimisme n'implique pas nécessairement de se retirer dans les Alpes et de relever le pont-levis.  Je suis toujours stimulé par la colère - contre les mensonges, les demi-mensonges, la cupidité, et surtout les souffrances supplémentaires qu'ils entraîneront dans un monde de plus en plus inégal et injuste.

    "L'espoir est un verbe actif", a déclaré M. Hogan. "Nous continuons à nous précipiter vers l'effondrement du climat. C'est ce que dit la science.  Mais il faut être prêt à tenir les deux vérités, à tenir l'espoir et le désespoir dans le même souffle. Ce ne sont pas les extrémités polaires d'un spectre, c'est une seule et même chose."

    Plus important encore, où tout cela vous mène-t-il, vous ?  Vous n'y avez peut-être pas beaucoup réfléchi, et vous n'en avez peut-être pas envie.  Mais que vous le vouliez ou non, la réalité du changement climatique va empiéter sur nos vies, corps et âme. Accrochez-vous !

    Texte traduit en français par Benjamin Legendre et édité par Jessica Lopez

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    Marlowe Hood

    environment, science & health correspondent

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  • Ca sent le gaz

    Moscou va demander une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU au sujet des fuites sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2.

    Dans un message publié sur Telegram, mercredi 28 septembre, la porte-parole de la diplomatie Maria Zakharova évoque des "provocations". 

    Elle demande aussi au président américain Joe Biden de "répondre à la question" d'une potentielle implication des Etats-Unis.

    Une référence à une déclaration de ce dernier en février : il avait affirmé qu'il "mettrait fin" à Nord Stream 2 (dont l'ouverture n'était alors pas encore annulée) si la Russie intervenait militairement en Ukraine. 

  • Nord stream (suite)

    C'est pénible cette actualité qui va trop vite. "Ils" ne vont pas me laisser le temps de finir mon roman.

     

    Nord Stream : quelles sont les différentes hypothèses de sabotage ?

     

    "Quels qu’ils soient, ceux qui ont attaqué Nord Stream font aussi comprendre qu’ils pourraient frapper d’autres infrastructures énergétiques desservant une Europe assoiffée de gaz et pétrole."

      Lecture 2 min

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    Nord Stream : quelles sont les différentes hypothèses de sabotage ?

    Les trois fuites identifiées depuis lundi se situent en mer Baltique. © Crédit photo : HANDOUT/AFP

    Par SudOuest.fr avec AFP
    Publié le 28/09/2022 à 15h19

     

        

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    Nord Stream : quelles sont les différentes hypothèses de sabotage ?

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    Russie, États-Unis ou autre acteur étatique ? Qui pourrait être responsable d’un sabotage de Nord Stream ? Plusieurs pays « ont intérêt à ce que le pipe ne puisse plus jamais fonctionner », indique une source militaire

    La thèse du « sabotage » est hautement privilégiée pour expliquer les fuites spectaculaires des gazoducs Nord Stream, une opération certes complexe mais nullement hors de portée d’une armée compétente. Et elles sont nombreuses dans la zone. L’hypothèse de défaillances accidentelles simultanées semblait mercredi écartée. Mais la méthode utilisée reste inconnue comme l’auteur présumé, objet de multiples conjectures.

     

    Une zone surveillée

    Les trois fuites identifiées depuis lundi se situent en mer Baltique, au large de l’île danoise de Bornholm, entre le sud de la Suède et la Pologne. Une zone hautement surveillée depuis des décennies. « Dans le passé, l’URSS basait des sous-marins espions avec des capacités spéciales d’ingénierie sur les fonds marins », rappelle l’analyste naval indépendant HI Sutton sur Twitter.

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    Depuis, les Pays Baltes sont passés du côté de l’Otan. Mais les fuites sont survenues dans les eaux territoriales internationales où chacun peut circuler. « Aujourd’hui, la marine russe dispose de la plus grande flotte de sous-marins espions dans le monde. Ils sont basés en Arctique. Ils seraient capables de dégrader un pipeline dans la Baltique », assure HI Sutton. Mais il jugeait aussi mardi l’hypothèse « improbable ».

    Un sabotage complexe

    L’opération nécessite d’intervenir par 70 mètres de fond. « C’est du lourd. Abîmer deux gazoducs au fond de la mer est un événement important, donc un acteur étatique est probable », note Lion Hirth, professeur à la Hertie School de Berlin, écartant implicitement l’acte terroriste ou crapuleux.

    Mais une armée compétente sait le faire. La zone est « parfaitement adaptée à des sous-marins de poche », explique un haut responsable militaire français, évoquant soit l’option de nageurs de combat envoyés pour poser des charges, soit celle de la mine mobile ou du drone sous-marin. « Le drone part d’un sous-marin qui peut rester à plusieurs miles nautiques du point visé. Il largue son drone-mine, qui navigue à une petite dizaine de nœuds, à proximité du fond », explique-t-il. « La cible est fixe donc ce n’est pas très compliqué ». En revanche, l’hypothèse de la torpille, utile plutôt pour une cible en mouvement, est selon lui moins plausible.

    Opération non revendiquée

    Les chancelleries pointent du doigt Moscou qui, elle-même, n’exclut « aucune hypothèse » et rappelle que le gaz qui s’échappe des gazoducs lui appartient. « La mer Baltique est confinée et peu profonde et chaque mouvement ou presque est traqué et observé par les États du littoral et leurs navires », relève Julian Pawlak, de l’université Helmut Schmidt de Hambourg. « Navires et sous-marins sont capables d’y déployer des plongeurs de combat en cachette » et autres véhicules sous-marins guidés à distance.

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    Les deux pipelines exploités par un consortium dépendant du géant russe Gazprom ne sont pas opérationnels en raison de la guerre en Ukraine, mais ils étaient encore remplis de gaz. Envisagée, la piste d’un sabotage a été confirmée par la Première ministre danoise mardi soir

    Mais rien n’est impossible pour une armée rompue à l’art des opérations clandestines. « Ça s’appelle une opération spéciale navale. Ce n’est pas facile mais ça se fait », résume la source militaire française. « Cela ressemble à quelque chose de bien coordonné et bien préparé ». Il faudra peut-être du temps pour que la vérité émerge de façon crédible. Certains analystes observent à cet égard que le flou profite à beaucoup d’acteurs.

    Mais alors qui ?

    « Reste à savoir qui a la paternité de l’opération », ajoute cette source militaire. « D’autres pays ont intérêt à ce que le pipe ne puisse plus jamais fonctionner ». De fait, les adversaires de Nord Stream 2 sont nombreux depuis des années, États-Unis en tête. Le 7 février dernier, peu avant l’invasion russe en Ukraine, le président américain Joe Biden avait évoqué la possibilité d’y « mettre fin ».

    Deux certitudes à ce stade : d’abord, l’événement est lié à la guerre à l’Ukraine. « Le commandement maritime de l’Otan et les navires alliés envisagent et se préparent à des activités hybrides, incluant le sabotage d’infrastructures critiques, en marge de l’objectif principal de la défense collective », assure Julian Pawlak.

    Ensuite, cela créer une instabilité supplémentaire sur l’économie européenne. « C’est un violent rappel de la vulnérabilité de notre infrastructure énergétique », estime Lion Hirth. Lui privilégie la piste russe. « Si c’est vrai, c’est assez inquiétant. À tout le moins, cela signifie que la Russie […] envoie le signal le plus clair possible qu’elle ne livrera plus de gaz dans un avenir proche ».

    Quels qu’ils soient, ceux qui ont attaqué Nord Stream font aussi comprendre qu’ils pourraient frapper d’autres infrastructures énergétiques desservant une Europe assoiffée de gaz et pétrole.

  • De la fiction à la réalité

    J'ai repris l'écriture de la suite de "LES HEROS SONT TOUS MORTS".

    Deux tomes, le troisième est en cours. 

    "TOUS, SAUF ELLE" est achevé.

    "LE DESERT DES BARBARES " est en cours..

    650 pages pour les deux tomes pour l'instant. Et la fin n'est pas pour demain. 

    Il s'agit d'anticipation, très proche de l'instant présent, si proche que la réalité vient de rejoindre la fiction. 

    J'ai développé l'idée d'attentats majeurs sur l'approvisionnement énergétique des pays occidentaux. Et de leurs conséquences...Des années de lecture sur le sujet. Et à travers quelques discussions sur internet, je me rends compte du niveau de méconnaissance des individus quant à notre extrême dépendance.

    L'attentat sur le gazoduc Nordstream, je l'avais donc imaginé.

    Et on vient donc de passer de la fiction à la réalité.

    Et à l'allure où les choses avancent, d'une trilogie d'anticipation, je vais finir par me retrouver avec une trilogie historique. 

    Fuites sur Nord Stream: l'UE promet la "réponse la plus ferme" à ce "sabotage"

     

    information fournie parAFP•28/09/2022 à 08:31

    Photo non datée, fournie par la société Nord Stream 2 AG en septembre 2021, du raccordement sous-marin pendant la phase finale de construction du gazoduc Nord Stream 2, en mer Baltique ( Nord Stream 2 AG / Handout )

    Photo non datée, fournie par la société Nord Stream 2 AG en septembre 2021, du raccordement sous-marin pendant la phase finale de construction du gazoduc Nord Stream 2, en mer Baltique ( Nord Stream 2 AG / Handout )

    Hors service à cause de la guerre en Ukraine, les gazoducs Nord Stream reliant la Russie à l'Allemagne sous la mer Baltique ont été tous deux touchés par des fuites spectaculaires précédées d'explosions sous-marines, l'Union européenne promettant la "réponse la plus ferme possible" à ce "sabotage".

    Les trois grandes fuites identifiées depuis lundi au large de l'île danoise de Bornholm, entre le sud de la Suède et la Pologne, sont visibles à la surface avec des bouillonnements allant de 200 mètres jusqu'à un kilomètre de diamètre, a annoncé mardi l'armée danoise, images à l'appui.

    Le gazoduc Nord Stream 2 avait subi une forte chute de pression lundi, suivi quelques heures plus tard de Nord Stream 1, dont il suit le tracé sous la Baltique.

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a écrit mardi soir sur Twitter avoir "parlé de l'acte de sabotage Nord Stream" avec la Première ministre danoise Mette Frederiksen.

    "Il est primordial d'enquêter sur les incidents et de faire toute la lumière sur les événements (...) Toute perturbation délibérée de l'infrastructure énergétique européenne active est inacceptable et entraînera la réponse la plus ferme possible", a ajouté Mme von der Leyen.

    Peu avant, la Première ministre danoise avait déclaré que "l'avis clair des autorités est qu'il s'agit d'actes délibérés. On ne parle pas d'un accident".

    "Des détonations ont eu lieu et il s'agit probablement de sabotage", a renchéri la Première ministre suédoise démissionnaire Magdalena Andersson, qui assure les affaires courantes après des élections perdues le 11 septembre.

    Image satellite prise le 26 septembre 2022 et diffusée le 27 septembre 2022 par Planet Labs PBC, montrant une fuite de gaz sur le gazoduc Nord Stream 2 au large de l'île danoise de Bornholm, en mer Baltique  ( 2022 Planet Labs PBC / Handout )

    Image satellite prise le 26 septembre 2022 et diffusée le 27 septembre 2022 par Planet Labs PBC, montrant une fuite de gaz sur le gazoduc Nord Stream 2 au large de l'île danoise de Bornholm, en mer Baltique ( 2022 Planet Labs PBC / Handout )

    Comme le Danemark, la Suède n'y voit pas un acte d'agression contre elle, les incidents ayant eu lieu en dehors des eaux territoriales, dans les zones économiques exclusives.

    Selon Copenhague, les fuites devraient durer "au moins une semaine", jusqu'à ce que tout le gaz soit sorti des deux ouvrages.

    L'institut sismique suédois a enregistré deux explosions sous-marines, "très probablement dues à des détonations", avant l'incident, comme ses équivalents norvégien et danois.

    - Bras de fer -

    Objets de bras de fer géopolitiques ces derniers mois, les deux pipelines exploités par un consortium dépendant du géant russe Gazprom ne sont pas opérationnels à cause des conséquences de la guerre en Ukraine. Mais tous les deux étaient encore remplis de gaz.

    Carte de la zone où ont été détectées des fuites de gaz sur le parcours du gazoduc Nord Stream 1 et 2 ( AFP /  )

    Carte de la zone où ont été détectées des fuites de gaz sur le parcours du gazoduc Nord Stream 1 et 2 ( AFP / )

    Le Kremlin, vers qui se sont tournés nombre de regards, s'est dit "extrêmement préoccupé", estimant qu'il ne fallait exclure "aucune" hypothèse, dont le sabotage.

    A Kiev, le conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak a dénoncé "une attaque terroriste planifiée" par Moscou, sans avancer de preuves.

    Le Premier ministre polonais a également suggéré une implication russe. "Nous voyons clairement que c'est un acte de sabotage, qui marque probablement la prochaine étape de l'escalade de la situation en Ukraine", a déclaré Mateusz Morawiecki, qui inaugurait justement mardi un gazoduc reliant la Norvège à la Pologne.

    "Nous n'excluons aucun scénario, mais nous n'allons pas spéculer sur les mobiles ni les acteurs" pouvant être impliqués, a expliqué la ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde.

    "Il n'y a pas encore d'information nous disant quelque chose sur les responsables", a pour sa part affirmé Mme Frederiksen.

    La fuite de gaz du gazoduc Nord Stream 2 vue depuis un F-16 de la défense danoise au large de l'île de Bornholm, le 27 septembre 2022 en mer Baltique ( DANISH DEFENCE / Handout )

    La fuite de gaz du gazoduc Nord Stream 2 vue depuis un F-16 de la défense danoise au large de l'île de Bornholm, le 27 septembre 2022 en mer Baltique ( DANISH DEFENCE / Handout )

    Côté américain, Washington, après s'être refusé à "confirmer" un acte de sabotage, a dit examiner des informations selon lesquelles les fuites sont "le résultat d'une attaque ou d'une sorte de sabotage". "Si c'est confirmé, ce n'est clairement dans l'intérêt de personne", a déclaré le secrétaire d'Etat Antony Blinken devant la presse.

    Le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a parlé d'un "apparent sabotage". Il a tweeté avoir parlé à son homologue danois Jean-Charles Ellermann-Kingombe de l'"apparent sabotage des pipelines Nord Stream".

    L'exploitant des pipelines, le consortium Nord Stream, a reconnu qu'"un incident durant lequel trois tuyaux éprouvent simultanément des difficultés le même jour n'est pas ordinaire", selon un porte-parole.

    – "Extrêmement rare" –

    Le Danemark a dépêché sur place deux navires militaires accompagnés d'hélicoptères, et a placé en état d'alerte orange ses infrastructures énergétiques, le deuxième niveau de vigilance le plus élevé.

    "Les fuites de gazoducs sont extrêmement rares et nous voyons donc une raison d'augmenter le niveau de vigilance" après les incidents des 24 dernières heures, a expliqué le directeur de l'Agence danoise de l'énergie, Kristoffer Böttzauw.

    Des installations du gazoduc Nord Stream 2, le 1er mars 2022 à Lubmin, dans le nord-est de l'Allemagne, près de la frontière avec la Pologne ( AFP / John MACDOUGALL )

    Des installations du gazoduc Nord Stream 2, le 1er mars 2022 à Lubmin, dans le nord-est de l'Allemagne, près de la frontière avec la Pologne ( AFP / John MACDOUGALL )

    De son côté, le gouvernement norvégien a décidé de "renforcer la préparation aux situations d'urgence en ce qui concerne les infrastructures et les installations à terre et en mer sur le plateau continental norvégien". Dans son communiqué, Oslo évoque "une activité accrue de drones" et assure qu'une enquête est en cours.

    Nord Stream 2, achevé en 2021, était destiné à doubler la capacité d'importation de gaz russe en Allemagne. Sa mise en service a été suspendue en représailles à l'invasion de l'Ukraine.

    Quant à Nord Stream 1, Gazprom a progressivement réduit les volumes de gaz livrés jusqu'à la fermeture complète du gazoduc fin août, accusant les sanctions occidentales d'avoir retardé les réparations nécessaires de l'installation.

    La navigation a été interdite dans un rayon de cinq milles nautiques (environ neuf kilomètres) autour des trois fuites, ainsi que leur survol dans un rayon d'un kilomètre.

    Selon les autorités danoises, les incidents sont sans conséquences pour la sécurité ou la santé des riverains.

    L'impact environnemental direct devrait lui aussi être limité, même si le gaz naturel non brûlé a un puissant effet de serre.

     

  • "Walden ou la vie dans les bois"

     

    Henry David Thoreau avait anticipé l'impact de l'homme blanc sur la nature aux Etats-Unis. Il aurait pu y ajouter l'Europe, une immense partie de l'Asie, les mégapoles de l'Amérique du sud, l'Australie etc etc...Et désormais, la question qui se pose, c'est s'il est possible de trouver une terre qui ne soit pas impactée par le matérialisme...Et c'est effrayant. 

     

    "Un homme est riche de tout ce dont il peut se passer." Henry David Thoreau

    Peut être une image de 5 personnes, plein air et texte qui dit ’Imaginez ce que nous pouvons faire avec cette terre, lewis Je peux presque le voir maintenant, clark prettyoootim SUNDG M GIFTS 8 SOUVEN McDonald's PETROIZ unei’

    Walden ou la Vie dans les bois

     

     

    Wikipédia:Articles de qualité

    Vous lisez un « article de qualité » labellisé en 2011.

    Walden ou la Vie dans les bois

    Image illustrative de l’article Walden ou la Vie dans les bois
    Couverture illustrée de Walden ou la Vie dans les bois
    Note 1

    AuteurHenry David Thoreau

     

     

    Walden ou la Vie dans les bois (titre original Walden; or, Life in the Woods) est un récit publié en 1854 par l'écrivain américain Henry David Thoreau (1817-1862).

    Le livre relate son séjour dans la forêt de son ami et mentor Ralph Waldo Emerson, où il habita une cabane durant deux ans, deux mois et deux jours aux abords de l'étang de Walden (Walden Pond), près de sa famille et ses amis qui résidaient à Concord au Massachusetts.

    Walden est écrit de telle façon que le séjour semble durer un an seulement. La narration suit les changements de saisons et Thoreau présente ses pensées, observations et spéculations. Il dévoile également comment, au contact de l'élément naturel, l'individu peut se renouveler et se métamorphoser, prendre conscience enfin de la nécessité de fondre toute action et toute éthique sur le rythme des éléments.

    Walden n'est ni un roman, ni une autobiographie, ni un journal naturaliste. Sa dimension critique à l'encontre du monde occidental en fait un véritable pamphlet. La part de l'imagination est conséquente et Thoreau consacre de nombreuses scènes à décrire l'étang de Walden mais aussi les animaux et la façon dont les gens le considèrent du fait de son isolement, tout en dégageant des conclusions philosophiques. Ces longs passages concernant la nature appartiennent à la tradition transcendantaliste et appellent à refondre l'éthique.

    Plus d'un siècle plus tard, Walden reste une œuvre phare de la littérature américaine et l'ouvrage fondateur du genre littéraire du nature writing. La pensée écologiste moderne voit également en Walden le roman du retour à la nature et de la conscience environnementale. Les observations et spéculations de Thoreau font en effet de la nature, dans le récit, un protagoniste à part entière. Walden est enfin la lente introspection de Thoreau, le fil directeur d'une recherche de sens dans un monde de plus en plus marqué par l'industrialisation et la transformation de l'espace.

    Il existe plus de 200 traductions de Walden à travers le monde. L'ouvrage a été traduit en français en 1922 par Louis Fabulet (1862-1933) et redécouvert en France lors des événements de mai 68. Il demeure l'un des ouvrages de référence de la pensée écologiste voire libertaire. Il a inspiré Walden Two, roman dystopique et uchronique de B. F. Skinner (1948). En 2017, Walden ou la Vie dans les bois a été retraduit par Jacques Mailhos et republié par Gallmeister.

     

     

  • En cas de problème

    Un article très complet sur la façon de s'en sortir en cas de gros problème.

    Pour notre part, en montagne, on a ce qu'il faut et cette batterie supplémentaire offre une charge complète sur un smartphone:

     

    "Vous aurez compris que tout ceci aurait été évité en
    A- prévoyant une batterie externe, même un truc pourri à 5€ qui ne donne qu’une charge."

     

     

    Astuce survie avec le répondeur : fausse bonne idée, on vous dit pourquoi

    https://www.skol-louarn.com/2021/10/31/astuce-survie-avec-le-repondeur-fausse-bonne-idee-on-vous-dit-pourquoi/?

     

    Premier article hivernal de cette année 2021, voilà plusieurs jours maintenant que je vois (Renan) un article tourner sur facebook qui donne des conseils si vous êtes perdus en forêt ou dans la nature, à propos du répondeur. C’est l’une des beautés de la technologie, on peut diffuser rapidement l’information et toucher un grand nombre de gens. Mais cela créer aussi la responsabilité de vérifier la validité des sources ou des données avant de relayer quelque chose, au risque de se faire insulter de grosse banane si l’information se révèle fausse à la fin.

     

    Pourquoi je prends le temps de faire cet article au sujet de cette publication, me direz-vous ? Parce que j’ai vu beaucoup de plussoiment à ce conseil et je le trouve dangereux. Pour rappel, nous vivons dans une société où un gars perdu en pleine nature ne répond pas à son portable qui sonne car les secours ont eu le malheur d’appeler en numéro inconnu (je ne pense pas qu’ils aient le choix de cette option, passons). https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/il-se-perd-en-montagne-toute-une-nuit-mais-ne-repond-pas-aux-secours-car-le-numero-est-inconnu-7486492

    Voici également d’autres sites qui déconseillent cette manip :

    https://www.fox4news.com/news/dont-change-outgoing-voicemail-if-lost-stranded-rescue-team-responds-to-viral-post?utm_campaign=trueanthem&utm_medium=trueanthem&utm_source=facebook&fbclid=IwAR1r3G0X1TVg_aMLdkf9Z-T89Benx8HIGwh55P34MOOKiKw3DG2Pa76i96I

    https://www.backpacker.com/survival/running-out-of-phone-battery-dont-change-your-voicemail/

    Tout d’abord, « si vous n’avez pas de signal », alors moi pour appeler le 888 et changer mon répondeur, j’ai besoin d’appeler, donc pas de signal = pas d’appel, c’est réglé. Par contre, le 112 est un numéro spécial (de secours) qui peut fonctionner sans réseau et sans forfait (pour « les d’jeuns »).

    Ensuite, pour passer un appel « en randonnée », je le constate à chacun de mes stages Bushcraft / Survie, vous êtes généralement en pleine nature, donc éloignés des antennes réseau. Cela veut dire que pour trouver un signal correct votre téléphone va pédaler dans la semoule pour « aller le chercher » où il est, loin. Solliciter ainsi l’antenne de votre portable va consommer énormément de batterie. C’est la raison pour laquelle en forêt, en montagne, en mer, il faut se mettre en mode avion. C’est vous qui aurez besoin d’aide pas l’extérieur, donc en cas de pépin vous pourrez enlever le mode avion et prévenir qui de droit, avec une batterie préservée. A titre d’exemple, un appel en pleine forêt c’est 1% la minute, sans la 4G (sinon on passe à 30 secondes).

    Changer un répondeur prend quand même au bas mot une minute, il faut passer par l’accueil « vous n’avez pas de nouveau message… » si comme moi vous n’êtes pas toujours au taquet pour les écouter il va falloir dire « non » pour écouter les nouveaux messages, rien que là vous êtes à 30 secondes de perdues, bref, fausse bonne idée.

    Continuons, un répondeur ne fonctionne que si on vous appelle. Quand je pars en forêt, je dis bien souvent « ne m’appelez pas je pars en forêt ». Si personne ne vous appelle, l’astuce tombe à l’eau. Ensuite, si vous n’avez plus de batterie et que votre situation évolue, tout ce que les secours auront est ce message à une heure H, rapidement dépassé par le temps qui passe (vous dites je vais au nord, mais vous tombez sur une falaise, obligé de partir à l’ouest, les secours vous chercheront au nord, vous êtes fichus ^.^)

    Ensuite, un sms à rédiger prend quelques secondes. « Ici Gérard je suis perdu forêt de la Biquette, parti plein nord sur 3 ou 4h, puis je me suis perdu. Je ne bouge pas, envoie les secours. Pu de batterie » et paf on envoie à 10 personnes. Il ne faut pas dépasser la longueur d’un SMS car si vous passez en MMS, la 4G va s’activer automatiquement et c’est fichu, les 2% deviennent « portable éteint » avant le moindre envoie. L’autre avantage d’un SMS est qu’il va continuer de s’envoyer jusqu’à ce que vous ayez du réseau, alors qu’un appel c’est fixe, à un temps donné, à un lieu donné, ça marche ou pas. Le SMS en bougeant un peu finira bien par s’envoyer (il paraît que certains numéros de secours sont équipés pour recevoir les SMS, sympa !)

    Bon à savoir, les appels au 112 sont enregistrés et localisés automatiquement. Même si vous sentez que cet appel va couper votre portable, tentez le coup et parlez directement « Je suis Gérard Gérartruc, perdu en forêt de la biquette, parti plein nord, 3 ou 4h, perdu, je ne bouge pas, venez me chercher svp ». Tut tut tut… pas grave si ça coupe, le secouriste pourra réécouter l’appel et lancer une équipe avec les coordonnées approximatives de l’appel. Si sur place vous faîtes un feu ou du bruit ou de la lumière sur l’hélicoptère (en clairière donc) vous serez retrouvés en 2 ou 3 heures maximum.

    Enfin soyez honnêtes, qui de nos jours (surtout chez les milléniaux) écoute le répondeur pour laisser un message ? On envoie tous un SMS ou un email à la place et basta le message est passé. Si je réfléchis bien, hormis les contacts inconnus, je ne laisse jamais de message, quand le bip du répondeur s’active je raccroche. Ne dépendez pas d’autrui pour être sauvé, agissez par vous-même, comment ? Lire la suite !

    Cela est bien sûr une liste de choses à « ne pas faire » ou à « éviter ». Voici une liste de choses « à faire » pour ne jamais se retrouver bête :

    Toujours donner un plan ou une roadmap de votre voyage, même à la journée ou sur deux jours, à plus forte raison si c’est un lieu un peu risqué (falaises, montagnes, grande forêt… donc pas en France ^.^). Sur ce plan on donne les infos ETD-ETA (heure de départ, heure de retour). Si vous mettez 8h > 18h, personne ne va s’inquiéter à 19h, par contre à minuit, on vous enverra un petit sms « tu es bien rentré Gégé ?! » et c’est vers 2-3h que, sans nouvelles, un ami appellera les secours qui enverront les gendarmes à votre domicile voir si vous êtes revenus ou pas. Ce n’est qu’au petit matin qu’on lancera un groupement quelconque (PGHM, CRS…) donc vous serez bons pour une nuit dehors, mais pas plus en France.

    Ce plan, tâchez de le suivre, si vous donnez un itinéraire et que vous ne le suivez pas, il faut prévenir quelqu’un par SMS « je vais plutôt à la cascade me baigner puis je reprendrais vers le massif de HumHum », sans cela on vous cherchera au mauvais endroit, fausse bonne idée encore.

    Pourquoi attendre d’être à 3% pour prévenir les secours ? Vous savez qu’ils ne lancent pas une patrouille instantanément à chaque appel, heureusement. Rien ne vous empêche d’appeler à 20% de batterie pour suggérer l’idée que vous seriez peut-être perdu mais que pour le moment vous allez tenter de vous retrouver, préciser quel chemin vous avez pris etc… Ensuite la personne pour ne pas se saturer va donner votre numéro au centre de secours le plus proche de vous et ils vous appelleront une ou deux fois dans la journée pour savoir si vous êtes toujours perdus ou pas. Cela prendra sûrement 2-3% mais au moins ils auront pris le temps de réfléchir à votre présence.

    La plupart du temps les secours savent déjà où les gens se perdent régulièrement ou bien ils connaissent par coeur leur zone d’intervention et si vous dites bêtement « ouais y’a plein d’arbres… y’a un chemin… ah tiens j’ai passé une grotte y’a une heure » et en fait ils ont déjà fait des exercices dans cette grotte et ils sauront vous retrouver à 300m près… coup de bol. Mais… cela n’empêche pas comme le conseille Protegor https://www.protegor.net/blog/2019/09/simongautier-et-la-localisation-par-votre-telephone/?fbclid=IwAR2ASSdhwiE2UtJfki1wRo-2pxMDY19s_mP-lOkgsiqh5S6xcRobljXcGiM d’apprendre à se localiser (longitude, latitude) pour pouvoir donner précisément sa position aux secours. Et oui, cela prendra 5-10% de batterie, raison pour laquelle on n’attend pas d’être à 2% pour s’y intéresser.

    Le plus simple est de noter sa position grâce à une appli GPS (Waze, Maps) et d’envoyer en copier-coller la position à des amis en leur disant de prévenir les secours pour vous. Si ils savent le ou, quand, quoi, pourquoi, qui… ils l’expliqueront pour vous et vous garderez votre batterie pour être retrouvé au dernier moment.

    Les secours sont un peu comme dans les séries TV, ils ont accès à vos derniers relevés de position connue, comme pour les crimes ! On pourra savoir à peu près le lieu où vous étiez la dernière fois que votre téléphone a borné (a contacté une borne téléphonique pour maintenir votre connexion au réseau). Donc même si vous ne pouvez plus appeler, ils vous trouveront. PAR CONTRE, si vous bougez soyez sûrs de votre coup car ils n’auront alors plus cet indice pour vous retrouver. De plus, c’est à 300 ou 500m près ce bornage, donc soyez visible (couleur, lumière, feu).

    Raison de plus pour laisser votre téléphone se reposer, prenez « une carte à l’anciennnnnne wesh » avec « une boussole de grand-père aïïïïïïïïïïïe » mais au moins ils ne tomberont pas en panne (comme un livre notamment). Si vous apprenez à trianguler votre position par exemple, vous pourrez précisément dire aux secours où vous êtes, chez les scouts on l’apprend dès 12 ans pour information https://www.youtube.com/watch?v=6reapWrE-xU&list=PLxZcxte0GnvwTw2e-11pnuMP3XZPhWCE1&index=10 (oui on peut se moquer de moi, j’étais déguisé en gaulois pour la finalité d’une formation scoute ha ha).

    Vous aurez compris que tout ceci aurait été évité en
    A- prévoyant une batterie externe, même un truc pourri à 5€ qui ne donne qu’une charge.
    B- en préparant mieux votre sortie pour connaître les zones dangereuses, avoir une carte, savoir par où passer, le dénivelé, le temps prévu, le matériel embarqué (au cas où : prendre plus à boire / à manger si on passe la nuit là-bas, le petit briquet pour un feu en hiver… les 3C ou les 5C).
    C- en partant avec des amis si on n’a pas le niveau pour partir tout seul.
    D- en ne quittant pas le sentier prévu ou le sentier qu’on connaît bien pour s’aventurer sur un truc foireux sans panneau, sans sentier.
    E- S’il vous plait, prenez l’habitude en autonomie ou semi-autonomie, de maximiser la batterie de votre téléphone. On coupe les applis inutiles, on les ferme du second plan (pas d’applis en veille ça consomme quand même). On arrête d’avoir la 4G allumée non-stop, le WIFI allumé parce que « you know » dès fois qu’on croise un refuge équipé en wifi… la bluetooth allumé pour l’enceinte connectée dans le sac à dos afin de jouer le dernier HIT à la mode en pleine nature (les animaux en sont ravis…)… la NFC allumée pour qui, pour quoi, on ne sait pas… A la limite le seul truc utile serait le positionnement GPS (si vous avez une batterie externe fiable) si votre conjoint connaît votre compte lié (Maps = compte gmail) il/elle pourra donner aux secours la liste des derniers endroits fréquentés (on peut vous suivre à la trace avec votre historique gmail par exemple, bon à savoir on peut aussi désactiver cette option). Le mieux est le mode avion + 0 applis en veille (ce que je fais). Le mode avion permet quand même d’utiliser photos et vidéos, on n’est pas des sauvages non plus.
    F- en participant à un stage avec un professionnel si on n’est pas rassuré ou si on veut rafraîchir son savoir (je plaisante mais à moitié seulement).

    En espérant que ces informations vous auront été utiles dans vos prochains voyages / prochaines sorties.

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    Renan

    Fondateur et moniteur à la Skol Louarn

  • Les Jeux Olympiques

     

    Chacun se fera son opinion. C'est juste pour l'état des lieux post JO. Et en prévision de ceux de Paris.

     

    Les championnats du monde de cyclisme de 2027 viennent d'être attribués à la France, sur le site de Sallanches en Haute Savoie et dès la nouvelle de cette attribution, les contestations se sont élevées. Les lignes bougent...

     

     

    Stades abandonnés, chantiers démesurés, pollution… Paris 2024 va-t-il avoir les mêmes conséquences écologiques que les précédents JO ?

     

    À moins de deux ans des prochains Jeux olympiques de Paris 2024, franceinfo revient sur les précédentes olympiades d'été qui, malgré les ambitions affichées, sont montrées du doigt pour leurs conséquences écologiques.

    Article rédigé par

    Thomas Destelle - franceinfo

    Radio France

    Publié le 22/09/2022 07:24Mis à jour le 22/09/2022 10:03

     Temps de lecture : 10 min.

    Les anneaux olympiques sur le parvis du Trocadéro, le 14 septembre 2017. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

    Les anneaux olympiques sur le parvis du Trocadéro, le 14 septembre 2017. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

    Avec ses gigantesques stades climatisés en pleine crise énergétique et climatique, la Coupe du monde au Qatar concentre les critiques sur les conséquences climatiques des événements sportifs. Des appels au boycott sont lancés pour dénoncer les conditions de travail déplorables sur les chantiers et la catastrophe écologique que la compétition représente.

    Ces critiques concernent aussi les Jeux olympiques. Les images des sites de Pékin 2022 entourés de montagnes sans neige ont marqué les esprits. Les JO d'été sont aussi montrés du doigt. Paris accueillera dans moins de deux ans la plus grande compétition sportive internationale. Les organisateurs assurent que ces Jeux olympiques s'engagent pour le climat

    VIDÉO >> Paris 2024 : Thomas Bach, patron du CIO, souhaite que les Jeux laissent "un héritage durable et sportif au-delà de 2024"

    Un engagement olympique qui ne date pas d'hier. Les Jeux de Sydney en 2000 ambitionnent déjà réduire les conséquences écologiques de la compétition sportive. Le village olympique est annoncé comme éco-durable, un système de transport public est mis en place ainsi qu'un système de gestion de l'eau et une usine de recyclage. Mais des lacunes jugées évidentes sur le plan environnemental ont conduit Greenpeace, associée au projet, à prendre clairement position contre le comité organisateur. Une occasion manquée de mettre en place des Jeux olympiques "verts" ou un vrai héritage écologiste, comme le souligne le CIO ?

    franceinfo revient sur sur les conséquences écologiques des cinq dernières olympiades d'été. Avec une question : Paris 2024 va-t-il réussir ou non à remporter une médaille verte ?

    Athènes 2004 : la catastrophe des éléphants blancs

    Pour 2004, les Jeux olympiques à Athènes sont vus comme un retour aux sources. La Grèce est le berceau des Jeux de l'Antiquité et l'hôte des premiers Jeux de l'ère moderne en 1896. Le respect de l’environnement est officiellement devenu en 2004 le 3e pilier de l’olympisme, avec les sports et la culture. Pour ces JO, les organisateurs mettent en avant les projets de rénovation urbaine dans la capitale, la mise en place de transports en commun ou les étapes franchies grâce aux jeux en faveur de l'environnement notamment sur la qualité de l'eau et la protection du bord de mer.

    Mais ces Jeux olympiques sont aussi considérés comme ruineux pour la Grèce. Le budget d'environ deux milliards d'euros sera par la suite réévalué à 6,5 milliards. Ce chiffre ne prend pas en compte la rénovation ou l'extension d'infrastructures urbaines comme les routes, l'aéroport ou les transports en commun. Le pays connaîtra une banqueroute quelques années après l'organisation de la compétition. Cette olympiade est désignée comme ayant précipité la Grèce dans la crise financière avec pour symbole ces "éléphants blancs" dans la capitale grecque.

    Les "éléphants blancs" sont des infrastructures surdimensionnées construites pour une grande compétition sportive ou culturelle. Elles sont laissées à l'abandon quelques mois après car elles sont peu adaptés à leur réemploi ou trop coûteuses à entretenir. Les exemples ne manquent pas, le quartier de l'Exposition universelle de Séville 1992 est souvent cité en exemple. Ils sont surtout devenus un symbole des Jeux olympiques de 2004. La capitale grecque se retrouve, quelques mois après la compétition, parsemée d'équipements sportifs abandonnés comme le stade de softball ou des piscines transformées en marécages.

    Des éléphants blancs après Paris 2024 ? Il s'agit de l'un des points forts de ces JO parisiens : 95% des infrastructures prévues sont déjà existantes ou temporaires. Parmi les nouvelles installations, le futur Centre aquatique olympique à Saint-Denis pour accueillir les épreuves de plongeon et de natation. Au niveau des installations temporaires, les épreuves se dérouleront dans des sites iconiques de la capitale comme sous la Tour Eiffel ou sur la place de la Concorde.

    Les installations existantes, notamment le Parc des princes, Roland-Garros ou l'AccorArena, accueilleront de nombreuses épreuves olympiques et paralympiques. Les épreuves athlétisme se dérouleront au Stade de France. Cette enceinte a longtemps été critiquée. Si elle accueille depuis son inauguration en janvier 1998 des grandes manifestations sportives et culturelles, l'absence de club de football ou de rugby à l'année depuis plus de 20 ans, interroge sur son avenir.

    Le stade olympique de softball laissé à l'abandon à Athènes, le 11 juin 2012. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

    Le stade olympique de softball laissé à l'abandon à Athènes, le 11 juin 2012. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

    Pékin 2008 : des JO au budget colossal

    La démesure des Jeux olympiques ne prendra pas fin avec ceux de Pékin en 2008. Le pays en pleine croissance veut utiliser cette compétition pour montrer sa capacité à accueillir un grand rendez-vous international et prouver sa place parmi les grandes puissances. Un budget impressionnant qui dépasse les 30 milliards d'euros est alloué pour ces JO, en grande partie pour construire ou rénover les infrastructures de la ville.

    Pour le CIO, l'héritage olympique est toujours vivant dans ce qui est appelé le "nouveau Beijing" citant notamment les parcs créés en pleine ville et la mise en place de nouveaux transports en commun. Mais ce gigantisme a forcément des répercussions écologiques mais ils existent peu d'études sur les conséquences écologiques de la compétition. Les expropriations pour construire les équipements sportifs, le respect des droits de l'homme en Chine et la censure exercée par le pouvoir seront critiqués par des organisations non gouvernementales avec de nombreux appels au boycott.

    Quel budget pour Paris 2024 ? Si le coût des prochains Jeux olympiques est loin des sommes impressionnantes de 2008, le risque de dérapages n'est pas à exclure. La somme de 6,2 milliards d'euros que les organisateurs prévoyaient initialement a dû être revue à la hausse en passant à 7,3 milliards. Un budget calculé selon une inflation modérée avant notamment la récente flambée des cours de matières premières et de l'énergie.

    Mais il ne faut pas oublier que ces Jeux olympiques s'inscrivent dans le projet du Grand Paris. Il comprend entre autre une rénovation urbaine importante dans certains quartiers notamment Saint-Denis Pleyel situé à proximité des sites olympiques et la construction du Grand Paris express qui doit desservir certaines installations sportives. Le budget de ce supermétro parisien, avec ces 200 km de lignes et 68 gares, avaient été réévalué par la Cour des comptes à 34,6 milliards d'euros à la fin de l'année 2017.

    Le Stade olympique national, plus connu sous le nom de "Nid d'oiseau", à Pékin, le 30 novembre 2008. (GOU YIGE / AFP)

    Le Stade olympique national, plus connu sous le nom de "Nid d'oiseau", à Pékin, le 30 novembre 2008. (GOU YIGE / AFP)

    Londres 2012 : une première évaluation de l'impact écologique

    Avec un budget final de 9 millions de livres (plus de 10 milliards d'euros selon le taux de change de l'époque) au lieu des 2,4 milliards de livres de prévus, le retour de l'olympisme en Europe après la coûteuse olympiade de 2004 n'est pas synonyme de restrictions budgétaires. Cependant, point positif, ce budget élevé a permis de réhabiliter le quartier de l’East End de Londres. Le site olympique accueille après la compétition des nouveaux habitants, même si dans ce quartier populaire la rénovation urbaine a fait grimper les prix de l'immobilier. Les installations sportives ont aussi été conçues pour être très vite adaptables et utilisables à un coût raisonnable.

    Les éléphants blancs ont été évités. Le parc olympique continue d'accueillir des événements sportifs et le stade olympique est occupé par le club londonien de West Ham. Les Jeux olympiques de Londres 2012 sont les premiers où l'on dispose d'une évaluation des conséquences écologiques de la compétition sportive. Le bilan carbone final est de 3,5 millions de tonnes équivalent CO2.

    Quel bilan carbone est prévu pour Paris 2024 ? Les organisateurs estiment que ces JO auront un impact plus faible que les récentes olympiades. Un objectif de 1,5 million de tonnes de CO2 est prévu. Une économie réalisée grâce aux faibles nombre de nouvelles installations construites et des sites accessibles en transports en commun. Ces Jeux sont censés sur le papier moins polluer, mais pour de nombreuses associations ou collectifs d'habitants, ces JO ne sont pas pour autant des jeux "verts". Certains sites dans le département de la Seine-Saint-Denis on disparu ou vont disparaître, notamment les jardins ouvriers d'Aubervilliers ou encore l’Aire des Vents, à Dugny, où sera construit le village des médias.

    Des personnes se promènent dans le parc olympique Elizabeth, anciennement le parc olympique de Londres 2012, le 30 mars 2013. (WILL OLIVER / AFP)

    Des personnes se promènent dans le parc olympique Elizabeth, anciennement le parc olympique de Londres 2012, le 30 mars 2013. (WILL OLIVER / AFP)

    Rio 2016 : le symbole de l'eau verte

    Le site du Comité international olympique l'assure, la première olympiade organisée en Amérique du Sud sera la plus respectueuse de l'environnement. Un affichage écologique jusque dans la cérémonie d'ouverture avec des arbres formant des anneaux olympiques. La question environnementale s'est depuis imposée dans le débat public. La COP 21 qui s'est conclue sur l'accord de Paris a eu lieu en 2015. Mais peut-on parler de Jeux olympiques "verts" ? En matière de bilan carbone, il est au-dessus, mais proche, de celui des JO de Londres avec 3,6 millions de tonnes de CO2. Difficile de faire baisser les émissions carbone quand le budget final atteint les 13,7 milliards d'euros au lieu du budget initial de 10 milliards d’euros.

    De nombreuses installations ont aussi été construites pour l'occasion. Le pays, à l'époque en pleine crise, n'échappe pas aux fameux éléphants blancs. Un an après les JO, le gouvernement doit présenter un plan pour occuper les installations laissées à l'abandon. Autre grief : la pollution de certains sites olympiques qui accueillaient des compétitions. L'eau du bassin de plongeon est devenue verte en 24 heures, et la (très) mauvaise qualité de l'eau de la baie de Guanabara, où se déroulaient les épreuves de voile, a également été pointée.

    Se baignera-t-on dans la Seine pour Paris 2024 ? C'est un symbole pour ces Jeux. La Seine doit accueillir plusieurs épreuves olympiques comme la nage en eau libre et le triathlon. Pour améliorer la qualité du fleuve, encore interdit à la baignade car pollué par les eaux usées, la municipalité a inauguré récemment, le 5 juillet 2022, un tunnelier dans le quartier d'Austerlitz. Un bassin de 30 m de profondeur, doit être relié au réseau d'égoût pour éviter le rejet d'eaux polluées lors des fortes pluies. Selon la mairie de Paris, après les athlètes ce seront les Parisiens qui pourront plonger une tête dans le fleuve en 2025.

    De l'eau verte dans la piscine avant une épreuve de plongeon des Jeux olympiques de Rio 2016 au stade aquatique Maria Lenk à Rio de Janeiro, le 9 août 2016. (MARTIN BUREAU / AFP)

    De l'eau verte dans la piscine avant une épreuve de plongeon des Jeux olympiques de Rio 2016 au stade aquatique Maria Lenk à Rio de Janeiro, le 9 août 2016. (MARTIN BUREAU / AFP)

    Tokyo 2021 : des promesses écologiques tenues ?

    Malgré la dérive financière des Jeux olympiques de Tokyo, avec un budget final évalué entre 10 et 20 milliards d'euros (le stade national a coûté 1,1 milliard), les émissions carbones diminuent pour la première fois avec 2,7 millions de tonnes équivalent CO2. Le chiffre sera réévalué à la baisse atteignant les 2,4 millions de tonnes en raison du Covid-19. Ces Jeux se sont déroulés un an après la date prévue et sans spectateurs étrangers. Résultat, environ 340 000 tonnes de CO2 ont été économisées.

    Les organisateurs ont voulu afficher une exemplarité sur l'environnement. La limitation des conséquences de l'évènement est passée par notamment des circuits courts pour l’alimentation des athlètes et des spectateurs, le recyclage et la récupération des déchets ou encore les énergies renouvelables. Durant la compétition, la flamme olympique est alimentée par de l'hydrogène vert. Par ailleurs, le Japon s'est engagé à "compenser" ses émissions de CO2, et même au-delà, avec l'achat de crédits carbone équivalent à 4,38 millions de tonnes de CO2.

    La neutralité carbone est-elle réalisable pour Paris 2024 ? Le Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 assure que ces JO atteindront cette "neutralité carbone". Il y a un an, le Cojo a lancé notamment deux appels à projet. Ils concernent entre autres la réalisation de groupes électrogènes propres pour faire face au pic énergétique. Les émissions carbone seront compensées à 100% assurent aussi les organisateurs. Un principe considéré comme illusoire selon des organisations environnementales qui accusent ce procédé de "compensation" comme permettant de se donner bonne conscience.

    Lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Tokyo, au stade olympique, à Tokyo, le 23 juillet 2021. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

    Lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Tokyo, au stade olympique, à Tokyo, le 23 juillet 2021. (LIONEL BONAVENTURE /

     

    Mondiaux de cyclisme 2027 : les opposants promettent des "actions spectaculaires" en Haute-Savoie

    Publié le 22/09/2022 à 17h12

    Écrit par Marie-Charlotte Perrier.

    Les banderoles sur les Mondiaux sont déjà visibles à Annecy.

    Les banderoles sur les Mondiaux sont déjà visibles à Annecy. • © F3Alpes

    Annecy

    Haute-Savoie

    Auvergne-Rhône-Alpes

    Alors que l’Union cycliste internationale vient d'attribuer les championnats du monde 2027 à la Haute-Savoie, l'annonce suscite déjà une vive opposition chez les détracteurs du projet. Ces derniers promettent "des actions spectaculaires sur le terrain".

    Qu’ils soient "grandioses" pour les uns ou "inutiles" pour les autres, les Mondiaux de cyclisme ne laissent personne indifférent en Haute-Savoie. Après un vote à l'unanimité du comité directeur de l'Union cycliste internationale (UCI), le département s’est vu attribuer l’organisation des championnats du 11 au 26 septembre 2027.

    Si la délégation haut-savoyarde avait le sourire lors de l’annonce sur la scène du 191e congrès de l’UCI, d’autres ne cachent pas leur colère dans le département.

    Depuis Wollongong en Australie, le Président de l’Union Cycliste Internationale, David Lappartient, a annoncé ce jeudi 22 septembre, l’attribution des Championnats du Monde de Cyclisme UCI 2027 à la Haute-Savoie.

    Depuis Wollongong en Australie, le Président de l’Union Cycliste Internationale, David Lappartient, a annoncé ce jeudi 22 septembre, l’attribution des Championnats du Monde de Cyclisme UCI 2027 à la Haute-Savoie. • © Département de la Haute-Savoie

    Plusieurs recours, dont un premier a été rejeté par le tribunal administratif de Grenoble, ont été déposés par un collectif d'associations et des élus écologistes qui fustigent "un projet du XXe siècle".

    Ils dénoncent surtout la construction éventuelle d'un vélodrome à Reignier-Esery. Une dépense jugée injustifiée alors qu'il en existe déjà un à Grenoble, non homologué par l'UCI, avec une piste à la distance "complètement atypique" et vouée à la destruction, selon Michel Callot le président de la Fédération française de cyclisme.

    La construction ex nihilo d’un vélodrome pour plusieurs dizaines de millions d’euros est une erreur.

    Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie

    à France 3 Alpes

    Malgré la validation de la candidature haut-savoyarde, les opposants ne comptent pas désarmer pour autant. Elisabeth Charmot, représentante de l'association ACPAT qui fait partie du collectif hostile au vélodrome, a annoncé des "actions spectaculaires sur le terrain", voire l'établissement d'une ZAD (zone à défendre).

    "La compétence principale du département, c'est le social. La Haute-Savoie est un des départements les plus inégalitaires, et là c'est un énorme budget alloué à un événement finalement éphémère", a déploré pour sa part Pascal Sciabbarrasi, porte-parole de EELV 74. Avec le contexte qu'on a connu cet été de réchauffement climatique, on ne peut plus nier le problème de l'artificialisation des sols, d'autant plus que des vélodromes, il y en a à proximité".

    Elu depuis 14 ans, le sénateur Loïc Hervé (Union centriste) assure n’avoir jamais entendu parler d’un besoin de vélodrome en Haute-Savoie. "Au moment où on va demander des efforts importants aux entreprises et aux ménages en matière de finances publiques, je me dis que tous les projets en matière d’investissements et de fonctionnements doivent être sobres et humbles. La construction ex nihilo d’un vélodrome pour plusieurs dizaines de millions d’euros est une erreur."

    Du côté de la Fédération française de cyclisme, on préfère s'appuyer sur un autre argument écologique. "Un des héritages de cet événement sera de sortir avec une nation française davantage cycliste qu'elle ne l'est aujourd'hui", a souligné son président Michel Callot.

    cyclisme sport vélo transports

  • "La rentrée scolaire s'est bien passée"

    Si, si, c'est ce que le ministre a dit.

    "Il y a bien quelques petits flottements mais c'est de la dentelle qui se règlera en académie".

    De la dentelle...Le terme est délicieux...

    Alors, état des lieux après quelques jours.

    Quand l'éducation nationale se voit contrainte d'augmenter sans cesse le nombre de contractuels, le problème n'est pas que financier.

    Le mal est bien plus profond. Je l'ai dit et je le redis et je recommencerai : ce métier est mort. Pas encore enterré parce que ça ne pue pas trop mais ça viendra. 

    Rentrée scolaire 2022 : Y a-t-il vraiment un prof devant chaque classe en ce mois de septembre ?

     

    EDUCATION Une semaine après la rentrée, les difficultés se font déjà ressentir sur le terrain

    Delphine Bancaud

    Twitter

    Publié le 10/09/22 à 09h15

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    La rentrée au lycée professionnel "Les Coteaux" à Cannes.

    La rentrée au lycée professionnel "Les Coteaux" à Cannes. — SYSPEO/SIPA

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    Rentrée scolaire 2022 : Y a-t-il vraiment un prof devant chaque classe en ce mois de septembre ?

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    Le ministre de l’Education, Pap Ndiaye, l’avait répété fin août : « Il y aura un enseignant dans chaque classe ». Une promesse faite alors qu’une crise des recrutements fait rage dans l’Education nationale.

    Même si aucun chiffre officiel n’a été dévoilé concernant le nombre de profs manquants, les syndicats enseignants et la FCPE constatent des trous dans les emplois du temps en cette rentrée.

    Certaines académies ont fait appel en urgence aux profs remplaçants, mais les syndicats s’inquiètent du fait qu’il ne reste plus beaucoup de personnels pour assurer les remplacements dans les mois à venir.

    La promesse a-t-elle été tenue ? « Il y aura un enseignant dans chaque classe à la rentrée », avait martelé le ministre de l’Education, Pap Ndiaye, fin août. Quelques jours après la rentrée, si les chiffres officiels concernant les profs manquants n’ont pas été dévoilés, le gouvernement affiche tout de même son optimisme. « Malgré un contexte de tension évidente sur les postes d’enseignants, la rentrée s’est passée dans de bonnes conditions. Dans certaines académies, la situation est même meilleure que les années passées », a ainsi déclaré mercredi Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, à l’issue du Conseil des ministres.

    Mais sur le terrain, les équipes pédagogiques ne font pas le même constat. Même si des recrutements express de contractuels ont été faits cet été, le compte d’enseignants n’y est pas. Selon une enquête du Snes, au 3 septembre, il manquait au moins un professeur sur un poste fixe dans 62 % des établissements. Un problème qui a touché plus durement certaines académies, selon le syndicat du second degré. Sur celle de Créteil, 83 % des collèges et des lycées manquaient d’au moins un professeur, sur celle de Nantes 67 %, et sur celle de Normandie 51 %. L’académie de Guyane semble très touchée : dans 12 établissements sur 45, le Snes comptait déjà 80 postes non pourvus début septembre.

    Le second degré touché en premier, le primaire pas épargné

    Sur Twitter, des équipes enseignantes témoignent aussi des difficultés constatées dans leur établissement sous le hashtag #NotreVraieRentrée. Même son de cloche chez les parents d’élèves : « La promesse d’un enseignant devant chaque classe, ce n’est pas ce qui a été constaté sur le terrain. Et ce dès le 1er septembre », a déclaré vendredi Carla Dugault, coprésidente de la FCPE, lors de la conférence de presse de la première fédération de parents d’élèves. « Nous avons déjà des retours sur des enseignants qui manquent à l’appel. Surtout dans le second degré et particulièrement dans certaines matières comme les maths, la physique, les langues et même le français », complète Nageate Belahcen, coprésidente de la FCPE. « Certains contractuels n’ont reçu leur affectation qu’après la rentrée », explique aussi Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT. Les conséquences pour les élèves sont déjà perceptibles, via des trous dans les emplois du temps.

    Le primaire n’est pas épargné non plus : « Si, le jour de la rentrée, un adulte était présent presque partout devant chaque classe, les difficultés commencent à se faire sentir dans certaines écoles », indique le SNUipp-FSU dans un communiqué. Certains départements, comme la Seine Saint-Denis ou le Val-d’Oise, seraient particulièrement touchés. Par ailleurs, certains professeurs des écoles n’exerçant pas à temps complet, il est parfois difficile de trouver un enseignant assurant le reste de leurs heures, comme le constate Catherine Nave-Bekhti : « Dans beaucoup d’écoles, des compléments de service sur des temps partiel ou des décharges* ne sont pas encore là ».

    Les remplaçants appelés à la rescousse

    Pour assurer les heures de classe des écoliers, certaines académies n’ont pas eu d’autre choix que de puiser dans le vivier des remplaçants, des profs titulaires dont la mission est de suppléer leurs collègues en cas d’arrêt maladie ou de congé maternité, par exemple. D’après les remontées du SNUipp-FSU, des profs remplaçants ont ainsi été envoyés dans plus de 1.000 classes pour assurer la rentrée. « En Meurthe et Moselle, 243 remplaçants sont déjà mobilisés dans des classes à l’année. Dans la Creuse, ce sont 50 % des remplaçants déjà occupés », relève le syndicat.

     

    Le recours à ce vivier si tôt dans l’année inquiète les syndicats : « Lorsqu’on aura besoin de remplaçants au cours de l’année, il risque d’être déjà tari », s’alarme Catherine Nave-Bekhti. Le SNUipp-FSU est encore plus alarmiste : « Il y a fort à parier que dans quelques jours ou semaines, selon les départements, il ne sera plus possible de remplacer les enseignantes et enseignants en congé maladie ». Dans ce cas, les écoles n’auront plus d’autre solution que de dispatcher les élèves sans enseignant dans d’autres classes. Ce qui pénalisera leurs conditions d’apprentissage.

    Pour le second degré, si plus aucun remplaçant ni contractuel n’est disponible dans une académie, il est à craindre que les élèves soient privés de certaines matières pour un temps. L’an dernier, la FCPE avait comptabilisé sur le site Ouyapacours les heures de classes « perdues ». « Il y en a eu 80.690 », indique Nageate Belahcen. En espérant que cette plateforme ne battra pas un nouveau record cette année…

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    Rentrée scolaire 2022 : « Je me suis retrouvée noyée dans le grand bain »… Les profs contractuels racontent leurs débuts

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    Education : Pourquoi la crise du recrutement des enseignants s’aggrave

    * Quand un prof accomplit d’autres missions que d’enseigner, le ministère de l’Éducation nationale doit le décharger d’une fraction de ses heures devant élèves. C’est par exemple le cas des directeurs d’école.


     

    "Des contractuels sont mis devant des élèves dans l'urgence, alors qu'un TZR est disponible "

     

    Publié le 14/09/2022 à 16h22

    Écrit par Dolores Mazzola

    Le malaise des enseignants TZR, dans le secondaire : ils ont le sentiment d'être ballottés, dévalorisés et ignorés.

    Le malaise des enseignants TZR, dans le secondaire : ils ont le sentiment d'être ballottés, dévalorisés et ignorés. • © ALEXANDRE MARCHI, /NCY / MAXPPP

    Ardèche

    Drôme

    Auvergne-Rhône-Alpes

    Qui sont les TZR? A la fois enseignants titulaires et remplaçants. "Non, la rentrée ne s'est pas bien passée ! " Ces enseignants remplaçants sont souvent sans poste et ne veulent plus être des jokers alors que des contractuels sont recrutés au motif que des classes sont sans prof. Le paradoxe les ronge.

    Ils sont une "ancienne" réserve de l'Education Nationale mais la vérité c'est qu'ils se sentent plus que jamais inutiles et privés de rentrée alors qu'il y a des besoins. "Je veux enseigner, j'aime mon métier, je n'ai pas envie de me sentir inutile !" C'est le cri du cœur de Jessy G., professeure de Français depuis près de 8 ans. 

    Pour la jeune femme, enseignante TZR, Titulaire d'une Zone de Remplacement, la situation de cette rentrée est intolérable. Professeure de français installée à Tournon/Rhône, elle a décroché son Capes en 2018. Elle se retrouve aujourd'hui dans une situation ubuesque : c'est sa 3e rentrée en Ardèche et elle n'a pas d'élèves. Chaque jour, elle se rend pourtant dans son établissement de rattachement. Pas de rentrée pour Jessy alors qu'elle avait fait sa pré-rentrée normalement. Le poste qu'elle aurait dû occuper, selon elle, a été attribué à un enseignant remplaçant, un contractuel. Pour la professeure de lettres, c'est l'incompréhension. "On paie un enseignant contractuel et moi, on me paye à ne rien faire. J'ai fait ma pré-rentrée mais le poste était déjà pourvu par un énième contractuel alors que je suis disponible depuis juin," s'indique l'enseignante.

    Les parents pensent qu'il n'y a pas de profs et qu'on est payé à ne rien faire. Mais vous n'imaginez pas le nombre de coups de fils et de mails passés pour réclamer un poste car j'aime enseigner.

    Jessy G.

    Professeure de Lettres, TZR

    Que recouvre le statut de TZR ? Un professeur TZR est un enseignant titulaire de l'enseignement secondaire français, affecté sur une zone de remplacement (ZR) à l'intérieur d'une académie. Une situation que connaissent les jeunes lauréats de concours à l'issue de leur titularisation.

    Contacté, le service ressources humaines de l'académie de Grenoble, explique que les TZR ne sont pas sans poste. Ce sont des titulaires présents sur des zones de remplacement avec une mission précise : " un TZR est affecté sur zone pour réaliser des remplacements, c'est sa mission première, pallier les absences sur les points critiques ". Cette situation professionnelle relève aussi d'" un choix professionnel ". " Un TZR peut toujours demander une mobilité sur un poste fixe ", explique-t-on. Mais la mobilité fait partie intégrante du statut, rappelle-t-on.  

    Des contractuels chouchoutés ?

    Ce que Jessy déplore : que le Rectorat fasse appel à des contractuels et non à des TZR. Son cas est loin d'être isolé. Les enseignants TZR sont l'un des rouages essentiels du secondaire, des professeurs remplaçants, titulaires du Capes, formés et souvent très expérimentés. Depuis quelques temps, l'Education Nationale ferait de plus en plus appel à des "contractuels" pour remplacer les professeurs absents ou combler des postes dans les collèges et les lycées. 

    Marion, professeure dans l'académie de Grenoble, qui se présente comme "certainement la plus ancienne TZR d'Italien" a le même sentiment : "depuis 2 ou 3 ans, les TZR sont de moins en moins affectés sur des poste à l'année. On a des affectations partielles". Avec le sentiment pour ces titulaires remplaçants d'arriver "comme un cheveu sur la soupe devant les élèves, en septembre", prévenus à la dernière minute. 

    Pourquoi embaucher des contractuels, quand on a des enseignants TZR à disposition ?

    Jessy G.

    Professeure de Lettres, TZR

    En termes de ressources humaines, les TZR ont le sentiment d'être devenus la variable d'ajustement, contrairement aux contractuels. "On nous garde pour faire des remplacements au pied levé, alors que ce devrait être l'inverse", explique Marion, dépitée." J'aimerai savoir comment ça marche, mais nous n'avons pas de réponse".

    "Pas de concurrence", "pas de comparaison"

    Dans l'académie de Grenoble qui regroupe aussi les départements de Drôme et d'Ardèche, les inquiétudes semblent bien vives. Les TZR s'interrogent sur la gestion des remplacements. Certains n'hésitent pas à parler d'une différence de traitement.

    "Il n'y a pas de concurrence entre un TZR et un contractuel", assure-t-on à l'Académie de Grenoble. Les TZR vont être affectés sur des zones et des disciplines où on va être en difficulté", précise-t-on. Le service Ressources Humaines convient que des contractuels sont "CDIsés". On rappelle toutefois que les deux statuts ne sont "pas comparables". "Pour un contractuel, quand le contrat de remplacement est terminé, c'est fini. Un TZR bénéficie, par exemple, de modalités d'avancement". 

    Côté enseignant, certains titulaires se sentent aujourd'hui ballotés par les décisions d'affectations de remplacements. Certaines pèsent parfois lourdement sur leur vie privée comme l'explique V., une enseignante TZR valentinoise qui a préféré conserver l'anonymat.

    "Un contractuel peut refuser un poste dans un établissement, pas un fonctionnaire. Aux contractuels, on donne un poste dans un établissement, à l'année, souvent en lycée. Nous, on peut nous envoyer n'importe où. On n'a pas le choix", déplore-t-elle. 

    Côté académie, la décision de faire appel aux contractuels est assumée, pour la bonne cause : "certains TZR sont gardés en réserve, sont préservés pour l'année". Ces TZR sont plus expérimentés, plus efficaces et armés pour effectuer des remplacements. Il s'agit de "préserver un vivier de TZR pour couvrir les absences". "Notre vivier c'est notre centre d'intérêt. On a à cœur d'augmenter les ressources et pas de mettre en difficulté les chefs d'établissement", assure-t-on.  

    "Nous sommes des profs, pas des pions ou des AED"

    Lorsque l'enseignant titulaire se retrouve sans classe et sans cours à dispenser, il ne végète pas pour autant à la maison. Il doit se rendre chaque jour dans son établissement de rattachement. "Même si certains le pensent, on ne reste pas chez nous à regarder Netflix!" s'exclame Marion.

    En effet, l'Académie confirme : les TZR bénéficient d'une affectation, ils sont liés à leur établissement de rattachement où ils sont en activité, "des missions leur sont données par les chefs d'établissement pour être activité. Ils sont par exemple en doublon, en accompagnement, en ateliers ou en modules. Ils restent en interaction," explique-t-on.

    Si certains TZR multiplient les tâches, ils se sentent pourtant dévalorisés. "Nous sommes des profs, pas des pions ou des AED", lâche Jessy. Ces titulaires évoquent frustration et découragement, soulignent la difficulté d'intégrer une équipe pédagogique, de proposer des projets à une classe qu'ils ne vont parfois prendre en charge que quelques semaines ou quelques jours.

    "La seule chose qui fait tenir, c'est la reconnaissance des élèves", explique Marion, qui sort d'une dépression. Mais pour ceux qui se retrouvent dans l'établissement de référence, la situation est parfois cruelle : "les enfants dans la cour, moi en salle des profs, on se regarde en chien de faïence ! On se dit qu'on ne sert à rien ! Mais je ne vais pas faire des cours clandestins !" raconte la prof d'Italien.

    "A quoi me sert mon concours ?"  

    La formation des contractuels est aussi au cœur des tensions. "Quand ces contractuels arrivent, on les met devant des gamins, dans l'urgence. Alors qu'un TZR est disponible. On ne dit pas quelle est leur formation, ni comment sont recrutés ces contractuels", martèle l'enseignante d'Histoire-Géographie. "Mais à quoi me sert mon concours ?", s'interroge-t-elle.

    On est des enseignants qui voulons bien faire notre travail. On est des personnes, on a un concours, un métier ...

    V., professeure d'Histoire-Géographie

    Enseignante TZR en Drôme

    La question d'une prochaine titularisation express de ces remplaçants pour faire face à la pénurie d'enseignants fait grincer des dents. Aujourd'hui, les enseignants TZR posent la question : que va-t-on devenir, nous qui avons passé un concours, décroché un Capes ou une agrégation et qui avons plusieurs années d'expérience dans l'enseignement ? De son côté, l'Académie parle aussi d'accompagnement des contractuels vers les concours.

    Jokers, pions ... 

    V. jeune agrégée, enseignante depuis 13 ans. En septembre, bénéficiant d'une affectation à l'année dans un collège de La Voulte, elle a fait sa rentrée normalement. Tout était programmé : un temps plein auprès de 5 classes de collégiens. Mais, une semaine après la rentrée, c'est la catastrophe. Cette professeur d'Histoire-Géographie reçoit une nouvelle demande pour effectuer un remplacement de 7 semaines dans un autre établissement, à Valence. Pour la jeune femme, mère de famille, c'est aussi toute une organisation de vie de famille qui vole en éclats. 

    "On voit les élèves pendant une semaine, on prépare tout et au bout de quelques jours on vous envoie un arrêté pour un autre établissement pour 7 semaines car il n'y a personne pour faire un remplacement de 7 semaines", la prof d'Histoire-Géographie ne décolère pas. "On se fiche des élèves, on se fiche de votre travail et de ce que vous avez commencé", tempête l'agrégée qui vit très mal cette situation.  

    Ces enseignants volants de l'académie de Grenoble, et d'ailleurs, dénoncent aujourd'hui "un flou artistique" concernant l'attribution des postes mais surtout un manque de communication. Ces titulaires ont le sentiment d'être devenus des "jokers" ou des "pions". Certains ont surtout le sentiment de faire les frais d'une volonté politique affichée : "mettre un prof devant chaque élève". Mais la crainte de ces TZR au bout du rouleau va plus loin. Ils redoutent une fuite des cerveaux avec démissions en masse et une dégradation de la situation au détriment des élèves. Côté syndicat, la situation pourrait encore se dégrader, faut d'un recrutement suffisant d'enseignants, et parce que "le métier est de moins en moins attractif". 

     

     

  • Et celle-là quand j'écris

     

     

     

    LE DESERT DES BARBARES

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    Walter Zorn n'avait plus supporté l'absence d'informations.

    Il avait construit son empire parce que rien ne lui était inconnu, parce que même ce qui n'existait pas encore avait déjà été conçu par son esprit. Mais pour que l'anticipation soit possible et qu'elle s'élève au-delà de la pensée commune, il fallait nécessairement être informé de tout, absolument tout, non pas l'information qui emplissait l'existence formatée des individus mais l'information qui permettait de contrôler toutes les existences, de les mener là où sa volonté le souhaitait, de décider pour eux ce qu'ils imaginaient leur appartenir. Il avait réalisé dans cet effacement des contacts avec le colonel Nichols et de la disparition de toutes les données qu'il amassait quotidiennement à quel point sa puissance dépendait d'éléments extérieurs : la technologie, internet, les satellites. Et la conscience de cette dépendance dont il n'avait jamais voulu voir la portée le rongeait, jour et nuit.

    Il avait décidé d'utiliser le personnel militaire du camp. Une mission en aveugle destinée à éclairer les zones sombres : qu'en était-il des survivants, du gouvernement, de l'armée officielle, des attentats, de l'épidémie de choléra et celle du Hum, des dégâts sur les infrastructures, de l'état des villes, de Christchurch et de toutes les autres ?

    Cinquante hommes répartis par groupe de cinq dans les 4X4, tous ultra armés. Ordre d'abattre toutes personnes présentant des symptômes épidémiques. Revenir avec le maximum d'informations. L'ensemble du territoire de l'île sud devait être parcouru.

    Les deux hélicoptères avaient pour mission de transporter et déposer dix hommes sur l'île nord. L'approvisionnement en carburant se ferait sur la base militaire de Trendham. Wellington et Auckland devaient être survolées. Si possible établir des contacts avec des survivants. Pas de soutien possible. Mission extrêmement incertaine. Aucune communication radio possible.

    Zack sélectionna dix hommes. Les deux équipages étaient constitués. Pilotes et seconds.

    Les groupes quittèrent le domaine au matin du 5 octobre.

     

    L'ignorance ne pouvait pas perdurer. Est-ce qu'un Dieu peut se permettre de ne pas savoir ?

    Ce matin-là, Walter avait proposé à Fabiola une petite marche dans le domaine mais elle avait décliné l'invitation. Fatiguée par sa grossesse et des nuits agitées, elle souhaitait se reposer.

    Walter n'avait pas insisté et il s'était équipé pour son footing quotidien.

    Il sentit dès les premières foulées qu'il n'avait aucune énergie et qu'il risquait de se blesser à vouloir forcer son corps. Une amertume profonde le saisit. Lui, l'homme tout-puissant, incapable de courir, affaibli par son ignorance. L'origine de cette pesanteur qui l'empêchait de lancer ses jambes, de retrouver le goût délicieux de la puissance. Il ne restait que cette faiblesse lourde. Le poids de son aveuglement et de sa surdité et de son mutisme car tout était là, toute sa vie. Voir l'intégralité du monde et l'écouter jusqu'au murmure les plus secrets et prendre la parole pour dicter ses ordres. Il avait été élevé dans cette exigence, celui qui voit tout, entend tout, celui qui sera écouté quand il parle.

    Les ingénieurs du domaine avaient tout essayé. Aucun contact satellite. Tous perdus dans le noir de l'Univers, consumés par les vents solaires. Machines sans âme qui coupaient les esprits de tout échange. Le soleil avait joué le rôle de juge de paix, là où Walter Zorn ne rêvait que de suivre l'avancée de sa guerre totale contre l'humanité.

    Il décida de marcher puis dût admettre qu'il ne décidait rien. Il avait perdu l'énergie de son corps en perdant la maîtrise. Il marcha donc parce que rien d'autre n'était possible et il s'obligea à regarder la nature pour quitter les horizons sombres de son monde intérieur.

    Il erra entre les arbres du parc, ne cherchant pas à reproduire son trajet habituel. Il ne releva pas les premiers signes du printemps, les bourgeons et les chants des oiseaux, la lumière palpitante et les cieux épurés, il ne perçut aucunement la beauté du monde renaissant parce que le goût acre de sa mort pourrissait ses sens. Non pas la mort réelle mais un chaos existentiel et c'est l'usage du chaos dans sa tête qui le fit réagir, comme un électrochoc, une évidence, l'inévitable correspondance. Il était en lui ce qu'il avait propagé par-delà les océans, au-delà des murailles, dans les villes les plus lointaines, dans les pays les plus puissants. Il était dans le chaos lui-même quand il s'était toujours imaginé à l'abri. Un guerrier ne peut pas être mis en danger par ses propres armes, il ne peut être vaincu que par celles de son ennemi. La nature toute entière était devenue son plus redoutable adversaire et elle l'avait plongé dans le chaos. Et il redouta à l'instant la prochaine épreuve.

    Redouter. Un mot qui n'aurait jamais dû trouver une faille en lui.

  • "Aphrodite's child : 666"

    Aux gens de ma génération, c'est à dire le siècle dernier, est-ce que vous vous souvenez de ça ?

    Aphrodite's child 666.

    Collector. Une richesse musicale fabuleuse. Au-delà des choses connues pour l'époque, totalement révolutionnaire, compositions et textes.

    Vangélis et Demis Roussos.

     

     
    APHRODITE'S CHILD - 666 (1972)
     
     
     
     
    Par TOMTOM le 28 Août 2013          Consultée 6560 fois
     

    D’instinct, il n’y a pas grand monde pour aller chercher les chefs d’œuvres du rock progressif en Grèce, encore moins du côté de la discographie de Demis Roussos. L’amateur pressé se contente plutôt de grands noms anglais (Pink Floyd, Yes, King Crimson, etc.), ceux qui ont initié le genre tout en le popularisant. Et pourtant, en 1970, c’était au tour d’un groupe grec de composer une des plus brillantes strophes de l’internationale progressive.

    Depuis son premier succès en 1968 (la bluette vaguement psychédélique : « Rain And Tears »), Aphrodite's Child avait enchaîné les single pop uniquement destinés à remplir les caisses, formule convenant parfaitement au chanteur et bassiste de la formation : Demis Roussos. Le compositeur du groupe, lui, préfère nettement l’expérimentation sonique et a les yeux rivés sur la vague progressive venue d’Angleterre. Son nom : Vangelis Papathanassiou, le pas encore oscarisé compositeur de la bande originale du film « les Chariots de feu » mais déjà génie du synthétiseur.

    666 est le disque de Vangelis. C’est lui qui impose cette idée saugrenue (même pour l’époque): enregistrer un double album concept, adaptation musicale de l’apocalypse de saint Jean. D’où cette pochette bardée d’un 666 noir sur fond rouge sang et ces quelques vers qui allaient se retrouver une dizaine d’années plus tard dans l’introduction du « Number of The Beast » d’Iron Maiden : « Anyone who has intelligence may interpret the number of the beast. It is a man’s number. This number is 666. »

    Si on prend la peine de passer outre les délires satanico-progressifs quelque peu pompeux de quatre Grecs shootés au salep (dixit les notes de pochette), ainsi que l’inutile « ∞ » où l’actrice Irene Papas simule un orgasme de cinq minutes sur fond de cymbales épileptiques, on ne peut rester qu’admiratif devant l’univers sonore développé par Vangelis. 1h18, 24 titres et autant d’ambiances différentes : écouter 666 revient à effectuer un voyage où les influences, les thèmes et les sonorités s’entrechoquent.

    Du garage sixties de « Babylon » et « Hic et Nunc », mélange des Who et de Traffic, au médiévalisme de « The Wedding Of The Lamb », Vangelis invoque au détour du diptyque « The Battle Of The Locusts/Do It » les plus belles heures du jam psychédélique. Sur le potache « The Beast », on retrouve les accents des premiers Frank Zappa alors que les saxophones d’ « Altamont » rappellent les plus belles heures de King Crimson, le groupe de Robert Fripp, inventeur et roi vénéré du rock progressif. Et en termes de prog, les épiques 20 minutes de « All The Sits Were Occupied » n’ont rien à envier aux autres chefs d’œuvres du genre.

    Dans ce projet dément, rien n’aurait été possible si Vangelis n’avait pas été accompagné par un groupe de tueurs. Dans la bataille, l’œuvre du guitariste Silver Koulouris est primordiale. Se glissant avec aisance dans la peau d’Hendrix (« The Battle Of The Locusts ») et préfigurant le jeu de David Gilmour sur l’oriental « Aegian See », Silver Koulouris est au premier plan sur tout l’album, des accords de « Babylon » au solo de la ballade finale « Break ». De même, ce n’est pas le chant virginal et la basse volubile de Demis Roussos mais bien l’envolée du guitariste qui magnifie « The Four Horsemen », chef d’œuvre indéniable de 666. Ecouter cette pièce ne serait-ce qu’une fois revient à graver à jamais dans son esprit ce refrain incantatoire : « The leading horse is white/The second horse is red/The third one is a black/The last one is a green. »

    Au final, 666 est l’album qui signe autant l’apogée de l’idéal hippie que sa chute inexorable. Car si Demis Roussos et ses compères parviennent à mobiliser ici l’intégralité des influences qui ont émaillé les expériences psychédéliques (guitares pyrotechniques, orientalisme, ésotérisme, etc.) n’est-ce pas pour les dévoyer et les faire rentrer dans l’ère malsaine et hystérique du rock progressif ? Quand on connaît les futurs travaux de Vangelis (la bande son de l’oppressant Blade Runner en particulier), on se dit que le claviériste portait déjà ici un coup fatal à la génération Woodstock.

    D’ailleurs, l’évocation d’Altamont dans un disque voulu comme transcription sonore de l’Apocalypse n’est pas anodine. En 1969, le festival organisé par les Rolling Stones à Altamont se solde par la mort d’un spectateur, poignardé par les Hells Angels censés assurer le service d’ordre de l’événement. Quand il enregistre ce disque, Vangelis a compris (et probablement avant tout le monde) que ce désastre marque la fin d’une époque et que le futur irait se jouer loin des rivages oniriques de l’idéal hippie.

    Finalement sorti en 1972 après des bisbilles avec la maison de disque (« ∞ »…), 666 sera un succès incroyable. Entre temps, Demis Roussos aura quitté le navire, ne goûtant que peu aux dérives de son groupe et préférant embrasser la carrière variéto-pop qu’on lui connaît. Vangelis suivra son exemple, signant définitivement la fin des fils d’Aphrodite. Reste ce disque, probablement la plus belle pierre qu’un groupe grec pouvait apporter à la cathédrale du rock progressif.

    Note : 4,5/5

     

     

     

     

    Ce morceau final reprend les thèmes de tous les autres et les associent avec une puissance de fou. Dans les oreilles, à vélo, c'est au-delà de la fatigue, comme une batterie qui recharge l'organisme :

  • Eric Cantona

    Eric Cantona quiere dar el salto del fútbol a las presidenciales ...

     

    Je ne regarderai pas cette coupe du monde qui est une aberration écologique et un massacre humain avec presque 7000 ouvriers morts dans la construction des stades.

    « Réduisez votre consommation d’énergie mais regardez des matchs dans des cimetières climatisés !! » A gerber 
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    L'empreinte carbone du sport professionnel.

    Il est clair que le sport professionnel cumule une empreinte carbone considérable et même chez les amateurs d'ailleurs.

    Quand je vois les compétitions de type "spartan" à des milliers de kilomètres pour aller se faire plaisir sur des parcours "naturels", vraiment, vraiment, je me dis qu'on n'est pas sorti de la vase.

    Voilà en tout cas, un exemple à suivre pour les footeux, les rugbymens, les tennismen, les cyclistes (championnats du monde en Australie cette année...) et les JO etc etc ...

    Il faut que je trouve des infos sur les JO à Paris par rapport à l'empreinte carbone, rien que pour les infrastructures et l'impact environnemental. Oui, je sais, ça va piquer...

     

    Stand Up For The Planet

     

    Peut être une image de 3 personnes, personnes debout et plein air

    Andy Symonds, l’un des plus grands coureurs de Trail du Monde, ne participera pas aux mondiaux pour raison de Bilan carbone annuel et individuel déjà trop lourd.

    Son récit ici :

    « J'ai pris la décision de décliner la proposition de participer aux championnats du monde de trail cette année, suite à ma sélection dans l’équipe britannique.

    Mon empreinte carbone pour 2022 sera d’environ 6,3 tonnes équivalent C02.

    Ce qui est déjà trop.

    Afin de limiter l’augmentation de la température mondiale à un niveau qui ne soit pas trop dévastateur, nous devons viser 2 tonnes chacun.

    Nous sommes la cause du problème, nous qui vivons et habitons dans les pays les plus riches de la planète. C’est donc nous qui pouvons faire la différence. Il y a tant de choses que nous pouvons faire, dont certaines sont impactantes sur nos vies, et d'autres qui sont plus faciles. Autant mettre en œuvre dès que possible les « efforts faciles », et ensuite se mettre au défi de cumuler les « gains marginaux ».

    C'est principalement pour cette raison que j'ai refusé l'opportunité de représenter la Grande-Bretagne aux Championnats du monde de Trail.

    J'adore concourir à un niveau international et il n'y a pas grand-chose que j'apprécie plus que de courir en portant les couleurs de la Grande-Bretagne. Cependant, cette année, les championnats du monde se déroulent en Thaïlande et je ne peux tout simplement pas justifier, surtout à moi-même, l’ajout de 4 tonnes supplémentaires à mon empreinte carbone de 2022.

    Environ un tiers de mon empreinte carbone personnelle cette année provient des déplacements. Les quelques courses que j'ai faites loin de chez moi ont contribué le plus à mes émissions personnelles, en particulier lorsqu'un vol était pris.

    Je ne culpabilise personne, j’ai moi-même mes contradictions dans l’affaire ; je mange un burger de temps en temps, j’ai une maison individuelle avec piscine… mais il me semble particulièrement incohérent de tenter de tenir un discours public en faveur de pratiques responsables et ensuite de sauter dans un avion pour la Thaïlande pour faire un footing de huit heures.

    Voici quelques efforts faciles que je vais adopter davantage pour tenter de réduire mes 6,3 tonnes actuelles :

    ✈️ supprimer les voyages en avion non essentiels (qu'est-ce qui est « essentiel » ? !).

    
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    Coupe du monde de foot au Qatar

    Les appels au boycott se multiplient sur les réseaux sociaux et à juste raison, bien évidemment.

    Bon, moi, déjà, je n'aime pas le football et je ne regarde jamais rien. Je n'aime pas ce sport et je déteste ce milieu. Et ça n'est pas la "blague de Galthier et le fou rire de M'bappé qui vont me faire changer d'avis.

    Le seul joueur que j'estimais, c'était Eric Cantona et c'est toujours le cas. 

    Pour ce qui est du Qatar, il ne faut pas compter sur nos politiciens pour soutenir l'idée du boycott. Le premier qui s'y risquerait mettrait un terme immédiat à sa carrière. Il suffit d'imaginer l'impact financier. Pour ceux qui ne connaîtraient pas les investissements des Qataris en France, en voici un aperçu :

    La France est le deuxième pays d’investissement en Europe pour le Qatar

      Lecture 1 min

    Accueil France

    La France est le deuxième pays d’investissement en Europe pour le Qatar

    L’émir du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani et le président français Emmanuel Macron à Doha en décembre 2021. © Crédit photo : THOMAS SAMSON/AFP

    Par SudOuest.fr avec AFP
    Publié le 08/06/2022 à 18h22

     

        

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    La France est le deuxième pays d’investissement en Europe pour le Qatar

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    Les Qataris investissent particulièrement dans l’immobilier en France

    La France est le deuxième pays européen dans lequel le Qatar investit le plus, à égalité avec l’Allemagne et derrière le Royaume-Uni, avec des participations de 25,3 milliards d’euros en 2019, selon une étude publiée mercredi par le cercle économique franco-qatari Qadran avec HEC. Sur ce total, 7,1 milliards sont investis dans l’immobilier (hors hôtellerie et investissements de particuliers).

    Dans le détail, l’étude réalisée avec le « Junior Conseil » de l’école de commerce française qui dispose également d’un campus au Qatar, précise que les actifs du pays organisateur de la prochaine Coupe du Monde de football sont valorisés à 5,3 milliards d’euros dans les secteurs de l’industrie et de la construction avec « des participations importantes dans des fleurons nationaux » comme Vinci, Total, Suez ou Airbus.

    Les participations du Qatar dans le commerce de détail pèsent pour 4,2 milliards d’euros, celles dans le transport et le tourisme pour 3,4 milliards d’euros, celles dans les télécoms et médias pour 2,3 milliards d’euros.

    Gaz et hydrocarbures

    Le chiffre de 7,1 milliards d’euros pour l’actif immobilier correspond aux « activités immobilières et (à) la valeur totale de l’actif net immobilier détenu par des sociétés qataries ou affiliées ». « Les investissements immobiliers résultant de personnes physiques ne sont pas comptés », précisent les auteurs de l’étude, selon qui « la valorisation des titres des entreprises et participations qataries en France fin 2021 est semblable à celle de 2019. »

    Les échanges commerciaux entre les deux pays, tirés « par les exportations françaises de biens d’équipement » et le matériel militaire, « et les exportations qataries de gaz et produits dérivés des hydrocarbures », ont cru en moyenne de 16 % par an depuis 2000.

     

    Le président de ce cercle économique créé en 2015, Omer Acar, a dit dans un communiqué s’attendre « à ce que cette dynamique se poursuive et s’intensifie dans les années à venir, notamment grâce à l’impulsion donnée dans le cadre de la Coupe du Monde ».

     

    On a donc la ministre de la transition écologique (MDR) qui rejette l'idée du boycott. 

     

    Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’Je ne crois pas que le fait de boycotter la Coupe du monde change malheureusementles émissions de gaz à effet de serre de cet évènement[ [...] Ily a des équipes qui se préparent depuis des années. Cette décision a été prise dans un autre contexte climatique AGNÈS PANNIER-RUNACHER ministre de la Transition énergétique, dans l'émission "Grand Jury RTL-Le 11/09/22 JOHN THYS AFP’

     

    Immobilier, sport et luxe : les investissements du Qatar en France

    Le Qatar a multiplié les acquisitions et les prises de participation en France depuis 2008. Désormais, le petit émirat du Golfe persique consolide ses positions et s'intéresse aux PME tournées vers l'international.  

     

    Immobilier, sport et luxe : les investissements du Qatar en France

    Par  

    Le 3 décembre 2015 à 18h44

    Plus de 12 milliards d'euros. C'est, au bas mot, le montant des investissements effectués par le Qatar en France depuis 2008. Le petit émirat du Golfe persique applique ainsi sa stratégie de diversification économique, qui vise à le rendre indépendant de la manne gazière.

    Après une période d'acquisitions tous azimuts entre 2009 et 2013, les différentes filiales du fonds souverain créé en 2005 (Qatar Holding, Qatari Diar, Katara Hospitality, Qatar Sport Investment etc) consolident leurs positions dans l'immobilier, l'hôtellerie et le luxe.

    Cet automne, le projet d'acquisition du Parc des Princes a été démenti par la mairie de Paris. Mais les hommes de Doha n'ont pas dit leur dernier mot. Aux commandes de 260 milliards de dollars d'actifs dans le monde, le Qatar est entré dans une «deuxième phase de son développement, plus réfléchie et sélective», affirment «Les Echos». Il vise désormais les petites entreprises françaises spécialisées dans la recherche, la santé ou l'agroalimentaire (lire encadré).

    Le fonds banlieues remplacé par un soutien aux PME

    Une enveloppe de 50 millions d'euros destinée aux banlieues. Cette idée avait été évoquée par des investisseurs du Qatar en 2011. Mais la proposition avait suscité de vives critiques, élus de droite comme de gauche redoutant des arrière-pensées idéologiques ou religieuses. Dès 2012, cette idée a été remplacée par celle d'un fonds dédié aux petites et moyennes entreprises à vocation internationale. Baptisé «Future French Champions», ce programme de 300 millions d'euros a été officiellement présenté en 2014. Il est abondé à parts égales par la Caisse des dépôts et consignations et le fonds souverain qatarien. Objectif : attirer dans l'émirat des sociétés dans le domaine de la recherche, de la santé ou de l'agroalimentaire. Après sélection, les PME choisies pourront bénéficier d'une injection de capital allant jusqu'à 60 millions d'euros. De quoi donner des ailes.

    Tour d'horizon des secteurs qui ont aiguisé l'appétit du Qatar dans l'Hexagone.

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    L'IMMOBILIER

    C'est le domaine économique où l'argent du Qatar est le plus présent. Les nombreux investissements de l'émirat ont été favorisés par le vote d'une niche fiscale spéciale votée par le Parlement en 2009, qui exonère les Qatariens de l'impôt sur les plus-values immobilières.

    Immeubles. Le Printemps Hausmann a été acquis en 2013 par le fonds Divine Investments SA, société luxembourgeoise détenue par des intérêts privés du Qatar. Celui-ci est également propriétaire du groupe de magasins Printemps. Sur les Champs Elysées, les Qatariens sont propriétaires de l'ancien bâtiment Virgin (acheté 500 millions d'euros en 2012), de la galerie commerciale Elysées 26, du siège de la banque HSBC (400 Mâ?¬). Ils ont aussi dans leur escarcelle le bâtiment qui abrite «Le Figaro», sur le boulevard Hausmann.

    Hôtels de luxe. Le fonds Katara Hospitality a multiplié les achats et les chantiers depuis cinq ans. A Paris, il est propriétaire du Peninsula (ex-centre de conférences Kléber, 850 Mâ?¬ investis), du Royal Monceau, du Hyatt Regency, du Concorde Opéra, de l'hôtel du Louvre et de l'hôtel Lambert, à la pointe de l'île Saint-Louis. Le Qatar possède aussi l'hôtel Kinski et l'hôtel Landolfo-Carcano, place de l'Etoile, où loge son ambassade. Sur la Côte d'Azur, les investisseurs de Doha ont en leur possession le Carlton et le Martinez à Cannes, ainsi que le Palais de la Méditerranée à Nice. Le Qatar est un actionnaire important de la Société fermière du casino municipal de Cannes, qui exploite deux casinos ainsi que ainsi que les hôtels Gray d'Albion et Majestic. Il est aussi présent dans la Société des Bains de Mer de Monaco, qui gère de nombreux actifs dans l'hôtellerie.

    LE SPORT

    Zlatan Ibrahimovic, star du PSG. (LP)

    Football. C'est l'un des investissements qui a eu le plus gros impact médiatique : le rachat, en 2011, du Paris Saint-Germain par Qatar Sports Investment (QSI) à Colony Capital. Montant final de la transaction : environ 100 millions d'euros. Le nouveau propriétaire a depuis injecté des centaines de millions d'euros pour recruter les meilleurs joueurs du monde, dont Zlatan Ibrahimovic. En cinq ans, le budget du club parisien a été multiplié par cinq. Il est désormais proche des 500 millions d'euros.

    Handball. Dans la foulée, QSI s'est offert le Paris Handball en 2011, rebaptisé PSG Handball, avec l'ambition d'en faire le meilleur club d'Europe.

    Courses hippiques. Depuis 2008, le Qatar sponsorise le célèbre Prix de l'Arc de Triomphe, qui se déroule à Longchamp le premier dimanche d'octobre. Budget de l'événement en 2014 : 14,5 Mâ?¬ et une dotation de 5 Mâ?¬.

    Rugby. Selon le journal L'Indépendant, le Qatar est en discussion pour investir dans le Racing club de Narbonne, qui évolue actuellement en Pro D2.

    LES MEDIAS

    Omar Da Fonseca, consultant de BeIN Sports. (LP)

    BeIN Sports. Filiales du groupe qatarien Al Djazira, les chaînes payantes BeIN Sports sont apparues en France en juin 2012. Peu à peu, BeIN a racheté les droits de diffusion de certains matches de Ligue 1, de la Ligue des Champions, de la Coupe du Monde et des championnats étrangers. BeIN revendique 2,5 millions d'abonnés et vise le cap des 3 millions pour 2016.

    Lagardère. Le fonds du Qatar détient 12,8% du groupe Lagardère, un des leadeurs mondiaux de la production et la distribution de contenus pour la presse, la télévision ou la radio.

    Vivendi Universal. En avril 2015, le Qatar a revendu discrètement les 2% du capital qu'il possédait. Montant de la revente : 450 millions d'euros.

    Orange - France Telecom. En 2011, le fonds de Doha a fait l'acquisition de 1% du capital du groupe de télécoms, également présents dans l'industrie des médias.

    LE LUXE

    Le Qatar est friand du luxe français. (LP/ Mathieu de Marticgnac.)

    LVMH. Depuis 2013, les investisseurs de Doha possèdent une participation dans le capital du leader mondial de l'industrie du luxe, de l'ordre de 1%.

    Maroquinier Le Tanneur. Le Qatar Luxury Group, propriété de Sheikha Mozah, l'une des épouses de l'émir du Qatar, détient 85% du capital de la société Le Tanneur, basée à Bort-les-Orgues, en Corrèze. Ces fabriques, fondées en 1898, produisent des sacs de luxe et des objets en cuir.

    L'INDUSTRIE

    Total. Le fonds du Qatar détient 3% du capital de Total depuis mai 2013. L'émirat est devenu l'un des plus importants actionnaires du groupe français, derrière le holding du milliardaire belge Albert Frère et les salariés. Le groupe pétrolier français est présent au Qatar depuis 80 ans, où il extrait du gaz naturel.

    EADS. Le Qatar pèse 6% dans le capital du groupe aéronautique européen.

    LES TRAVAUX PUBLICS

    Vinci. Fin 2015, le fonds du Qatar possède 3,9% de Vinci, le géant français des travaux publics. Sa participation a baissé en valeur relative, avec la revente en octobre de 1,1% de ses actions, sur les 5% qu'il possédait. Vinci bénéficie par ailleurs d'importants marchés sur le sol du Qatar. Le groupe s'est vu confier la construction de neuf stades de la Coupe du Monde de football 2022.

    LE COMMERCE

    Le Printemps Hausmann à Paris. (LP/ Philippe Lavieille.)

    Magasins Printemps. Le fonds Divine Investments SA, détenu par des Qatariens, est devenu actionnaire majoritaire du groupe Printemps, racheté en 2013 au groupe Boretti. Printemps compte aujourd'hui 19 grands magasins en France. DISA possède aussi le site de vente en ligne du groupe, placedestendances.com

    Vente-privee.com. En recherche permanente de diversification, les investisseurs qatariens s'intéressent au e-commerce. En 2013, ils sont entrés en tant qu'actionnaires minoritaires au capital de vente-privee.com, la société de Jacques-Antoine Granjon.

    LES SERVICES

    Veolia. En 2010, le fonds Qatari Diar annonçait l'achat de 5% du capital du groupe français, leadeur mondial dans la gestion de l'eau et le traitement des déchets. Montant de l'opération : 182 millions d'euros. En 2014, une enquête a été ouverte pour des soupçons de corruption lors de ce montage financier.

    Suez Environnement. 4,5% du capital est détenu par les investisseurs du Qatar. Suez est le numéro 2 mondial dans la gestion de l'eau et des déchets, juste derrière Veolia.

    GFI Informatique. Fin novembre, le groupe qatarien Mannai était en négociations exclusives pour le rachat de 51% du capital de GFI, société française qui emploie 11 000 personnes dans le domaine des services informatiques.

     

  • Musique répétitive

     

    J'aime infiniment. 

     

  • "Le voyageur contemplant une mer de nuages"

     

    Un tableau de Casper David Friedrich, "le voyageur contemplant une mer de nuages"

    Lorsque j'étais au collège, la professeure d'arts plastiques nous l'avait fait étudier.

    Et j'avais été fasciné.

    Je m'étais imaginé à la place de cet homme. C'est un des points de départ qui m'a poussé à aller vivre en montagne.

    <em>Le Voyageur contemplant une mer de nuages</em>, tableau du peintre romantique allemand Caspar David Friedrich

     

    Voilà ce que ça donne aujourd'hui.

     

     

    Peut être une image de 1 personne et plein air

    Lorsque je lis les réseaux sociaux à la suite d'articles sur l'état de la planète, je suis effaré par le niveau d'ignorance d'une bonne partie de la population. Le déni est d'une puissance incommensurable.

    Un déni primaire qui consiste à nier en bloc les problématiques et un autre déni, tout aussi grave : celui de reconnaître les faits mais de ne rien faire, soi-même, pour tenter de freiner cette dévastation, cette épouvantable attitude qui revient à considérer que c'est à l'état ou à tous les autres de se bouger. Combien de gens reconnaissent les faits mais n'ont strictement rien changé de leur mode de vie ? Consommation, avion, voiture, loisirs avec une empreinte carbone conséquente. Oui, bien sûr, il y a les riches qui prennent leur jet privé, les joueurs de foot qui prennent l'avion, les yachts, les voitures de luxe etc etc etc etc, la liste est infinie. Et donc ? Cela nous autoriserait, nous le bas peuple, les sans dents, à continuer à vivre comme avant ? Et qu'en est-il de la conscience, qu'en est-il du fait de se regarder dans la glace et de se dire : tu n'es pas riche mais tu participes à la destruction, sans rien vouloir changer de ta routine. Combien ici, lecteurs et lectrices, sont parents ou grands-parents ? Est-il acceptable de ne rien faire ? 

    Est-ce donc le seul horizon que nous allons laisser ? 

  • La SNCF et les cyclistes

    Pour mes 60 ans, j'avais le projet de faire à vélo en autonomie, la grande route des Alpes, de Thonon à Nice. Un parcours qui passe par les grand cols des Alpes. Avec les sacoches transportant la tente, le duvet, des vêtements, l'eau, la nourriture. 

    Je me suis entraîné depuis le printemps et avec Nathalie, on a fait le tour de la Creuse en raid, 450 km, 4600 km de dénivelée. Que du bonheur.

    Mais, voilà, on habite dans la Creuse et le réseau SNCF est un véritable désastre. Et même en rejoignant Clermont-Ferrand, le trajet jusqu'à Thonon est un chemin de croix et je ne parle pas du retour depuis Nice. Réservation obligatoire pour l'aller, c'est possible mais pour le retour, c'est inconcevable. 800 km et les grands cols à franchir, il est impossible de prévoir une date. Et d'ailleurs, même avec une réservation, il n'est même pas certain de pouvoir monter dans le train, même quand il reste des places assises parce que le compartiment accueillant les vélos est très, très limité et que la gestion informatique des réservations est de plus aléatoire. Nombreux sont ceux qui arrivent avec une réservation et se voient refuser l'accès au wagon. 

    J'ai laissé tomber. Je n'ai pas envie de me battre contre des employés dépassés par une direction incompétente et je n'ai pas envie de passer tout le trajet à me demander comment va se passer le retour. On a déjà vécu ça quand on a fait la grande traversée du Massif Central à VTT de Clermont-Ferrand à Montpellier et ce souvenir du passage à la gare est une boule noire.

    Soit la SNCF améliore considrablement ses services aux cyclistes, soit je ferai des raids en partant de la maison.  

     

    L'afflux croissant des vélos dans les trains, une équation difficile à résoudre

     

    Publié le 08/09/2022 à 11h09 • Mis à jour le 08/09/2022 à 11h17

    Écrit par Romain Bizeul.

    Photo d'illustration. Parfois trop nombreux, les cyclistes se voient régulièrement refuser l'accès aux trains régionaux qui possèdent une capacité d'accueil très limitée.

    Photo d'illustration. Parfois trop nombreux, les cyclistes se voient régulièrement refuser l'accès aux trains régionaux qui possèdent une capacité d'accueil très limitée. • © Yannick Bohn - MaxPPP

    Ils sont chaque année plus nombreux. Par conviction écologique ou par plaisir, les cyclistes abondent sur les routes, mais également dans les trains où la place qui leur est réservée reste limitée. Face à cette demande qui ne cesse de croître, la Région Nouvelle-Aquitaine et la SNCF se retrouvent quelque peu démunis par manque de moyen.

    Emmener son vélo dans le train relève parfois de l’épreuve. Dans les TER de Nouvelle-Aquitaine comme dans bien d’autres régions, les emplacements de vélos sont pris d’assaut face à la volonté - ou l’obligation - de laisser de côté la voiture pour se déplacer. Les rames surchargées par des vélos sont des scènes de moins en moins rares, tandis que les cyclistes tentent d'entreposer leurs montures où ils peuvent. Et d’autant plus l’été. Les lignes prisées par les vacanciers doivent faire face à l’afflux des cyclotouristes, chaque année plus nombreux.

    Des cyclistes laissés sur le quai

    "Nous avons des difficultés l’été, concède le délégué TER à la Région Nouvelle-Aquitaine, Jacky Emon. À certains moments, nous n’avons pas pu accueillir tout le monde." Des refus qui s’expliquent avant tout par le risque pour la sécurité des voyageurs que causerait l’entassement de vélos hors emplacement dédiés, selon l’élu. La SNCF est en droit de refuser l’accès aux cyclistes avec leurs montures "dès lors qu'il n'y a plus d'emplacement vélo disponible à bord du train", selon l’article D1272-7 du code des transports. Une réglementation qui occasionne des tensions, d’autant plus lorsque le train est loin d’être plein.

    "Avant d’être élue, je suis une citoyenne qui a fait le choix de changer sa mobilité, je n’ai plus de voiture et le train est donc indispensable en plus du vélo, précise l’adjointe à la mairie de La Rochelle, Marie Nédellec. Je constate que les citoyens ne sont pas vraiment aidés à changer leurs modes de déplacements. Les trains sont parfois bondés, parfois vide, mais l’espace vélo reste limité."

    Des trains sous-équipés pour accueillir des cyclistes toujours plus nombreux

    Si les situations de surcharges sont monnaie courante, c’est avant tout que le vélo n’en finit pas de séduire. Notamment depuis la pandémie de Covid-19. Entre 2019 et 2021, la fréquentation cyclable a augmenté de 16 % en Nouvelle-Aquitaine et de 18 % sur l’ensemble du territoire. Pour le cyclotourisme, le chiffre est encore plus révélateur : +32 % entre l’été 2019 et l’été 2020. 

    Face à cette demande grandissante, la SNCF peine à satisfaire pleinement tous ses usagers, qu’ils soient réguliers ou occasionnels. "C’est un problème qui ressort en permanence, mais il est difficile à résoudre. Il est évident que dans les trains qui comptent quelques emplacements, c’est impossible de mettre des dizaines et des dizaines de vélos", soulève Benoît Groussin, le président de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports (Fnaut) Nouvelle-Aquitaine. Il évoque également des problématiques de sécurité des voyageurs.

    Nous avons des limites financières. D’autant plus avec l’état du réseau ferroviaire qui est très dégradé. Ce n’est pas notre compétence, c’est une compétence nationale mais l’État se désengage de plus en plus.

    Jacky Emon, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine, délégué aux TER et à l'intermodalité

    Actuellement, les rames TER de la région comportent six emplacements. La Région prévoit d’arriver prochainement à une dizaine. "Nos 62 rames vont être rénovées d'ici à 2026, c’est une belle occasion pour augmenter notre capacité d’accueil de vélos." Mais celle-ci reste loin de la trentaine de places disponibles dans les trains que propose la Région Pays de la Loire sur le parcours de la Loire à Vélo.

    Une tendance accrue par l'essor du cyclotourisme

    Pour autant, depuis 2021, la Région essaie de satisfaire au mieux la demande en finançant le dispositif "TER+Vélo" avec un wagon entier dédié aux vélos. Avec certaines limites : il n’est disponible que pour 4 lignes qui en sont pourvues, un seul aller-retour par jour existe de Bordeaux à La Rochelle et uniquement en juillet et en août.

    Une solution qui ne permet d’enrayer qu’une partie du problème, selon Benoît Groussin. "Les cyclotouristes demandent plus de place, car ils ont des sacoches accrochées. Et maintenant, il y en a de Pâques à octobre quasiment. Notre région est particulièrement touristique avec la Vélodyssée et la flow vélo qui relie la Dordogne à l’Île d’Aix", fait-il remarquer. 

    Tout comme Marie Nédellec, Benoît Groussin ne jette pas pour autant la pierre à la Région Nouvelle-Aquitaine qui fait preuve, selon lui, de volonté pour trouver des solutions. Mais se retrouve à faire des choix difficiles. "Nous ne finançons presque plus l’amélioration des performances sur nos lignes, car nous devons financer la remise à niveau des voies, pointe Jacky Emon. On se refuse de fermer d’autres lignes, nous préférons maintenir un service même un peu dégradé." L’élu régional dénonce un désengagement progressif de l’État dans les territoires. 

    Une intermodalité à développer sans cesse

    Face au manque de moyens, l’heure est plutôt aux solutions alternatives. "Ce problème, on le résout mieux quand on arrive à supprimer le vélo dans le train", constate le président de la FNAUT Nouvelle-Aquitaine, Benoît Groussin. Mais prévient : "Cela dépend des situations, ce n’est pas possible tout le temps", avoue le président de la Fnaut Nouvelle-Aquitaine, Benoît Groussin. La SNCF incite les cyclistes à laisser leurs vélos en gare. Pour cela, la Région accompagne financièrement les collectivités à créer des espaces sécurisés. 

    "Pour les trajets quotidiens, la solution idéale est de laisser son vélo au départ et d’en louer un autre à l’arrivée, reprend l’élu à la Région Jacky Emon. Mais c’est seulement possible dans des grandes villes comme La Rochelle et Poitiers." Certains usagers utilisent même deux vélos, un au départ, l’autre à l’arrivée. Mais les solutions de parking sécurisées ne sont pas disponibles partout et sont insuffisantes comme le constatait Vélo & Territoires dans son Étude intermodalité vélo - transports terrestres, publiée en 2021. "Il faut que la Région aille plus vite", appuie Benoît Groussin.

    Mais la solution miracle ne semble pas exister. Pour combler les manques, les différents acteurs dialoguent régulièrement pour travailler l’intermodalité. Ils s'accordent à dire que ces discussions leur permettent de prendre en compte les besoins des usagers et d'y répondre chaque année un petit peu mieux. Mais la demande est exponentielle, renforcée dernièrement par la hausse des prix du carburant. L’adjointe à la mairie de La Rochelle, Marie Nédellec appelle, elle aussi, l’État à prendre ses responsabilités : "Il va falloir que le gouvernement fasse quelque chose. Pour que l’on arrive à changer nos modes de mobilité, l’impulsion doit venir d’en haut, même si l’effort doit être collectif."

     

     

    Trains R

  • Education nationale en crise

    Ca fait plus de dix ans que j'écris ici que le mur au bout de l'impasse arrive à grande vitesse.

    Tout ce que je lis avec cette nouvelle rentrée ne fait que le confirmer.

    En 2010, j'ai dit que l'école publique n'existera plus en 2030. On y va, on y va...

     

     

    TEMOIGNAGE. "Nous sommes de plus en plus dénigrés" : un enseignant stagiaire pose sa démission à la veille de la rentrée

     

    Publié le 31/08/2022 à 07h00 • Mis à jour le 31/08/2022 à 11h20

    Écrit par Christine Ravier

    Jeune diplômé démissionnaire, Romaric Justes dénonce le dénigrement des profs à l'extérieur et la  maltraitance à l'intérieur de l'Education nationale.

    Jeune diplômé démissionnaire, Romaric Justes dénonce le dénigrement des profs à l'extérieur et la maltraitance à l'intérieur de l'Education nationale. • © RJustes

     

    Romaric Justes est enseignant stagiaire en NSI (numérique et sciences informatiques) en lycée. Tout juste diplômé, il a décidé de ne pas se présenter devant les élèves à la rentrée. Il nous en explique les raisons.

    Il vient de démissionner de l'Education nationale avec le sentiment que son cas relève d'un problème sociétal. Romaric Justes, un prof gersois du secondaire, a accepté de répondre à nos questions. Comme d'autres enseignants, il pense que c'est le moment de tirer la sonnette d'alarme sur la précarisation du métier et la situation ubuesque dans laquelle l'institution place trop souvent ses jeunes profs diplômés.

    France 3 : Vous avez présenté votre démission à l'Éducation nationale voilà 4 jours, pourquoi ?

    Romaric Justes : La première raison, c'est qu'après mon année de stage, j'ai été affecté à 5 heures de chez moi. J'ai une femme qui a un enfant, je ne peux pas me permettre de déménager si loin de ma famille.

    Mais le problème de fond est la question de la reconnaissance de notre travail. On embauche à 1.550 € net sachant que j'ai un bac+5 et que j'ai passé un concours national. Dans le secteur informatique, les salaires sont beaucoup plus élevés que ce que je gagnerai jamais en étant prof. 

    J'ai une mère prof, l'enseignement m'est venu comme une passion. J'avais envie de partager mes connaissances. Comme la spécialité était nouvelle, je me suis dit que c'était une occasion de développer l'informatique car la France était l'un des derniers pays dans lequel cette matière n'était pas enseignée. J'ai toujours cette envie mais aujourd'hui, je n'en ai pas la possibilité technique.

    France 3 : Qu'est-ce que vous entendez par là précisément ? 

    Romaric Justes : Il y a plusieurs facteurs. On se retrouve avec de plus en plus de contractuels, le métier est déjà difficile mais eux, en plus, n'ont pas la formation qu'on a. Dans l'informatique, il y a un vrai problème : on a ouvert un enseignement aux élèves alors qu'il n'y avait pas de profs formés. Les profs ont commencé à sortir en 2020, deux ans après l'ouverture de la spécialité.

    Des profs de maths et de physique ont été formés rapidement à l'informatique, en un mois. Les gens en poste ne sont pas des informaticiens. Nous qui avons été formés, nous n'avons pas de postes, nous sommes volants (TZR dans le jargon)... on remplace ici et là. 

    Les profs formés à l'informatique n'ont donc pas priorité sur les profs de maths et physique. C'est ce qui est arrivé pendant mon année de stage. On m'a demandé d'enseigner les SNT (Science numérique et technologie) en 2nde, ce qui ne fait pas partie de ma formation. Bref, on a l'impression de se faire piquer les postes par des gens qui ne sont pas formés en NSI et de faire les bouche-trous dans une spécialité qui n'est pas la nôtre. 

    France 3 : Effectivement ça paraît incohérent...

    Romaric Justes : ça va assez loin. En juin, j'ai été certifié enseignant sur une matière que je n'ai jamais enseignée. Je n'ai pas pu enseigner la matière sur laquelle j'ai été formé. Et j'ai subi un traitement que je qualifierai de proche de l'inhumanité.

    Quand l'inspecteur m'a fait passer l'inspection finale, j'ai dit ce que je pensais, ce que je viens de vous expliquer : le fait que nous n'avons pas les postes qui sont de fait offerts aux profs de maths. Je me suis vu refuser ma titularisation. Il a menti sciemment dans son rapport. J'ai été convoqué au rectorat de Montpellier face à 6 personnes. Si ce n'est pas de l'intimidation, ça y ressemble...

    Je me suis rendu compte que ces gens ne connaissaient pas ma spécialité. Donc l'avis qu'ils allaient donner était celui de personnes qui ne savaient rien de ce que j'étais censé enseigner. C'est pour vous dire comment sont traités les enseignants. On le joue au chantage, à l'intimidation... Pourquoi s'infliger ça si on peut gagner deux fois plus à côté ?

    Quand j'ai eu mon CAPES, je n'ai pas eu de félicitations, ni quand j'ai été titularisé. La seule chose qu'ils m'ont offert, c'est de m'envoyer devant un jury qui ne connaissait rien à ma spécialité pour décider si oui ou non j'étais apte à enseigner...

    France 3 : On entend beaucoup parler des conditions d'enseignement, des classes difficiles. Est-ce que ça a eu un poids dans votre décision ?

    Romaric Justes : Non. Le fait que les classes soient hétérogènes, qu'il faille faire de la discipline, c'est mon travail, tout comme la gestion administrative, aller voir les CPE pour les heures de colle, le rendu du travail, etc. Je trouve que ça fait partie du boulot.

    En discutant avec ma mère qui est enseignante depuis 30 ans, j'ai réalisé les changements sociétaux qui ont eu lieu : l'enfant est roi, il a toujours raison. S'il ne comprend pas, c'est forcément la faute du prof, etc. Je l'ai ressenti en discutant avec plusieurs de mes collègues. On a l'impression d'avoir devant nous des élèves qui ne devraient pas être là ou des élèves fantômes qui n'ouvrent pas la bouche ou ne sont même pas là physiquement. 

    Le malaise vient du fait que nous sommes de plus en plus dénigrés. Or on a été 60 à réussir le concours sur 1.200 candidats. Mais on a du mal à remplir certains CAPES aujourd'hui. Le fait que par manque de profs, on prenne des gens qui n'ont pas les diplômes pose problème. Donc il n'y a plus ce postulat qui faisait que quand on était recruté, on était considéré comme des spécialistes de notre domaine.

    On est très peu payé, très peu considéré. On subit un peu le même sort que les policiers. Et certains médias comme les chaînes en continu, tout comme les hommes politiques auxquels elles sont liées, en rajoutent pour nous dénigrer.

    France 3 : Que faudrait-il changer ?

    Romaric Justes : Il faudrait changer la façon de former les enseignants. L'année de master 2 est divisée en 2 parties : 9 heures par semaine d'enseignement et 3 jours de cours à l'université. On donne les cours et on est étudiant dans le même temps. C'est extrêmement chargé. On a tous fini exténués. Pendant mon année de stage, je suivais mes cours à Montpellier les mardis, mercredis et jeudis et j'enseignais à Perpignan à 2 heures de voiture les lundis et vendredis. Ma vie de famille était dans le Gers.

    Quand on sort du master, on est envoyé n'importe où en France. C'est ce qui arrive à beaucoup de jeunes enseignants qui se retrouvent dans des quartiers chauds d'Ile-de-France. Se dire qu'on est avec sa famille dans le sud et qu'on doit être titularisé en banlieue, c'est une mesure d'un autre temps. On ne peut pas demander ça aux jeunes enseignants avec le peu de reconnaissance qu'ils ont et ce salaire si bas.

    Avant l'argument de l'emploi garanti à vie pouvait jouer, plus maintenant. Les profs devraient, comme l'on obtenu les instits, être titularisés dans l'académie dans laquelle ils ont fait leur formation. C'est un système qui date, qui n'est plus en phase avec la société d'aujourd'hui.

    Rentrée scolaire 2022 : des professeurs témoignent de leur lassitude "On est le reflet des maux de la société"

     

    Publié le 31/08/2022 à 20h00 • Mis à jour le 31/08/2022 à 20h08

    Écrit par Rachel Cotte avec Elsa Assalit et Pauline Juvigny

    durée de la vidéo : 03min 00

    Parole de profs à la veille de la rentrée scolaire • ©France télévisions

    Le 1er septembre marquera le début de l'année scolaire 2022-2023. Une rentrée notamment entachée par des problèmes de recrutement. Mais pour les professeurs interrogés en Gironde, le manque d'attractivité de la profession ne date pas d'aujourd'hui, et s'explique par de nombreux facteurs.

    A la veille de la rentrée, toujours les mêmes sentiments. La joie de retrouver les élèves est entachée par des conditions d'enseignement qui se détériorent au fil des ans. En ce début d'année scolaire marqué par une hausse du nombre d'enseignants contractuels, des professeurs tirent la sonnette d'alarme. Le déficit d'attractivité du métier et le manque de moyens alloués plongent notre système éducatif dans une situation particulièrement difficile. Plus de 4 000 postes n'ont pas été pourvus cette année aux concours enseignants. 

    Pour Charlotte Bonneau, professeure de français au collège en Gironde, le problème de recrutement est loin d'être récent. "Je suis assez étonnée qu'on nous parle de rentrée spéciale alors que c'est pas du tout la première fois qu'on n'a pas un professeur devant chaque classe. L'augmentation des contractuels, on le vit depuis des années, j'ai l'impression d'en entendre parler depuis que je suis dans ce métier. On en subit les conséquences depuis longtemps", souffle cette enseignante de 37 ans, qui exerce depuis maintenant 13 ans. 

    "Revalorisation symbolique"

    Pour tenter d'attirer de nouvelles recrues, le ministère de l'Education nationale a annoncé une future revalorisation salariale. A partir de la rentrée 2023, tous les professeurs devraient percevoir au minimum 2 000 euros nets par mois. Mais le problème ne se situe pas qu'au niveau des salaires selon l'enseignante.  "On a fait que nous parler de l'école de la confiance mais moi ce que j'aimerais c'est qu'on nous fasse confiance [...] qu'on nous laisse travailler, valoriser nos initiatives et pas nous imposer des choses."

    Selon Charlotte Bonneau, la hausse des salaires doit s'accompagner d'une "revalorisation symbolique".  "Il faut arrêter de dire qu'on est récalcitrants. Chaque année, on nous rajoute des choses et on accepte, on le fait." Celle-ci évoque aussi la nécessité de mettre en place des aides pour pouvoir accueillir les élèves aux "profils particuliers", notamment ceux en situation de handicap. 

    Manque de moyens

    Une meilleure prise en charge de ces élèves serait envisageable grâce à davantage de moyens, mais ceux-ci manquent cruellement selon Charlotte Laizet, professeure d'histoire-géographie de 42 ans. Un déficit qui ne touche par ailleurs pas que l'Education Nationale. 

    Les problèmes qui se posent à l'école se posent dans tous les services publics. On est le reflet des maux de la société. Il y a de moins en moins de moyens. La plupart d'entre nous, si on a choisi ce métier, c'est parce qu'on y croit, parce qu'on veut une école qui permette d'émanciper les élèves, de réduire les inégalités... On n'a plus les moyens de le faire.

    Charlotte Laizet, enseignante en histoire-géographie

    France 3 Aquitaine

    Des évolutions "auxquelles on n'était pas préparés"

    Selon Pascal Bourdon, 59 ans, professeur d'histoire-géographie depuis maintenant 37 ans, l'essor des réseaux sociaux a compliqué le processus de socialisation traditionnellement assuré par l'école. "Ces dernières années s'est développée l'individualisation des savoirs par les réseaux sociaux, l'Internet  [...] Désormais, on a des individus de plus en plus autocentrés via les réseaux sociaux, entre autres. Mais nous, on doit faire du collectif. C'est une des évolutions que j'ai vues ces 15, 20, 30 dernières années, auxquelles on était pas préparés." 

    Malgré toutes ces difficultés, les professeurs assureront la rentrée, comme chaque année, pour leurs élèves. A l'instar d'Harold Sabourdy 41 ans, lui aussi enseignant en histoire géographie :  "Comme les collègues, on sera devant les classes, demain, avec l'envie de bien faire."