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De l'éducation.
- Par Thierry LEDRU
- Le 06/03/2012
"J'espère qu'à la fin de ce siècle, ce que nous appelons aujourd'hui « école » sera une relique historique, développée à l'époque des chemins de fer et de l'automobile privée et rejetée avec eux. Bientôt, il sera évident que l'école est aussi marginale à l'éducation qu'un guérisseur l'est à la santé publique."
Ivan Illich (Cuernavaca, Mexique)
"La révolution viendra en éducation, mais elle ne dépendra ni des diplômes des professeurs, ni de leurs connaissances, ni des programmes, ni des livres, ni des méthodes audio-visuelles, ni d'aucun progrès technique. Elle dépendra uniquement du climat que saura créer le maître dans sa relation avec l'élève... L'enseignant ne doit pas être un tube stérile à travers lequel passe la connaissance de génération en génération."
Carl Rogers, « Les enfants ne sont pas des oies à gaver ».
"C'est parce que nous sommes si desséchés nous-mêmes, si vides et sans amour que nous avons permis aux gouvernements et aux systèmes de s'emparer de l'éducation de nos enfants et de la direction de nos vies ; mais les gouvernements veulent des techniciens efficients, non des êtres humains, car des êtres vraiment humains deviennent dangereux pour les Etats et pour les religions organisées. Voilà pourquoi les gouvernements et les Églises cherchent à contrôler l'éducation."
Krishamurti, « De l'éducation »
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Etiquettes
- Par Thierry LEDRU
- Le 15/02/2012
Je trouve assez déprimant que ce besoin d'étiquettes soit encore présent quand il s'agit d'une démarche spirituelle et finalement, ça me laisse penser que ce moi dérivé qui a besoin de s'identifier exerce toujours son influence, même au coeur de cette sphère spirituelle qui se devrait d'être détachée de ces appartenances limitatives.
Je ne suis pas bouddhiste. Il n'y a que Bouddha qui l'était.
A la limite, je pourrais dire que je suis "ledruiste" mais ça serait encore plus ridicule.
Je ne suis rien qui puisse exercer sur moi un signe d'appartenance ou d'adhésion pleine et entière.
Je ne suis pas Français, je suis né sur un bout de terre que des hommes ont nommé France.
Je ne suis pas instituteur, j'exerce le métier d'instituteur.
Je ne suis pas écrivain, j'aime écrire.
Je ne suis pas un humain, je suis une forme de la vie qui a fini par prendre le nom d'humain.
Mais tout ce fatras ne fait pas de moi autre chose que ce que la vie est en moi. Elle existe et le nom prise par la forme n'est pas l'espace qui s'y trouve. Tant que les humains s'égareront dans ce genre de limitations, il n'y aura aucun changement possible. On sera toujours dans ce registre du moi qui cherche à exister à travers des illusions dérisoires et éphémères.
Et il y a des jours où cette immobilité spirituelle me désespère. Cette impression que le progrès matérialiste, scientifique, social, technologique a usé de toute l'énergie disponible et que l'évolution spirituelle s'est trouvée vidée de tout. Une vieille peau abandonnée, flétrie, pourrie, liquéfiée dans le flot des âmes fascinée par la quête matérialiste.
Ceux et celles qui s'intéressaient encore à cet espace spirituel, se sont dit que ça serait bien qu'ils se retrouvent ensemble pour en discuter, se reconnaître, comparer, débattre, tenter de s'élever un peu de la masse qui s'étend, s'étend...Et au fil des rencontres, ils ont créé des groupes pour pouvoir se positionner vis à vis des groupes qu'ils critiquaient.
Quelle misère, quelle épouvantable misère...
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L'expérience des perceptions
- Par Thierry LEDRU
- Le 26/12/2011
"La source première de notre connaissance est l'expérience. Pour qu'il y ait expérience, il faut, absolument parlant, que nous ayons perçu une chose elle-même. Mais on doit, en outre, distinguer perception et expérience. D'entrée de jeu la perception ne contient qu'un unique objet qui est maintenant, de façon fortuite, ainsi constituée, mais qui, une autre fois, peut être autrement constituée. Or, si je répète la perception et que, dans cette perception répétée, je remarque et retienne fermement ce qui reste égal à soi-même en toutes ces perceptions, c'est là une expérience. L'expérience contient avant tout des lois, c'est-à-dire une liaison entre deux phénomènes tels que, si l'un est présent, l'autre aussi suit toujours. Mais l'expérience ne contient que l'universalité d'un tel phénomène, non la nécessité de la corrélation. L'expérience enseigne seulement qu'une chose est ainsi, c'est-à-dire comme elle se trouve, ou donnée, mais non encore les fondements ou le pourquoi.( ... )Si l'on veut connaître ce qu'est véritablement une rose, un œillet, un chêne etc., c'est-à-dire en saisir le concept, il faut tout d'abord saisir le concept supérieur sur lequel se fondent ces êtres, ici par conséquent le concept de plante; et, pour saisir le concept de plante, il faut derechef saisir le concept plus élevé d'où dépend le concept de plante, c'est-à-dire le concept de corps organisé. " (F. Hegel)Et bien, alors, j'en suis à la perception de la pulsion de Vie, tout comme celle de la pulsion de mort.Un jour, il s'agira d'une expérience.Et puis viendra le temps des fondements et des pourquoi.Le temps que ça me prendra n'a aucune importance.Ce qui compte, c'est que j'avance.Et si je ne parviens pas au bout, c'est que je n'en étais pas capable. Mais pour l'instant, je ne peux pas le savoir.On ne peut pas savoir de quoi on sera capable en dehors du fait qu'on sera capable de mourir un jour. C'est la seule certitude. Sans qu'on sache pour autant ce que cette mort contient et propose. Il ne s'agit donc que d'une certitude tronquée, une évidence partielle qui correspond simplement à notre incomplétude.Pour l'instant, je dispose du florilège incessant de mes perceptions. Dans quelques domaines, j'ai pu en établir une certaine expérience. J'ai même parfois identifié les fondements. Je sais par exemple pourquoi je suis instituteur. Fondamentalement. La pulsion de Vie en est l'instigatrice. Créer, prolonger, transmettre, renouveler.La mort ne proposera pas de perceptions multiples. Il n'y aura donc aucune expérience possible. Ni par conséquent la possiblité de remonter aux fondements. A moins que tout se passe en dehors de ce champ de connaissances.J'ai du mal à imaginer que la Vie puisse mettre un terme d'une façon aussi absolue à tout ce qui a constitué l'existence. L'impression que la mort est une pierre qui tombe dans l'océan d'énergie. Des ondes circulaires qui s'étendent. -
Pulsion de mort.
- Par Thierry LEDRU
- Le 25/12/2011
Pulsion de mort
Si je m’en tiens à l’idée que la Vie est une pensée qui a pris forme, cela sous-entend que cette pensée contient deux voies :
Une pulsion de vie dont le but est de créer, de prolonger puis de renouveler.
Et une pulsion de mort.
Pour que ce renouvellement se fasse, la mort a pour rôle de mettre un terme aux formes. Il était inconcevable que des formes apparaissent sans que celles existantes ne laissent la place. Dans la pensée de la Vie, il y a une finitude des formes mais pas de la Vie elle-même. C’est juste un remplacement afin que les formes existantes soient vivaces, exaltées, enthousiastes, lumineuses et soient dans un état favorable à l’idée du renouvellement. L’épuisement de la forme n’est pas associable à l’idée de reproduction. Le principe de la reproduction s’appuie sur des formes robustes. La Mort n’intervient pas comme une fin mais comme une évolution possible. Le remplacement implique l’éventualité d’une amélioration, d’un renforcement, d’une transformation nécessaire. Rien n’est figé parce que la Mort se charge d’éliminer l’ancien afin que la Vie propose une suite. Et si nécessaire un changement, aussi infime soit-il, aussi dérisoire dans le temps d’existence de cette forme. La Vie a tout son Temps.
Cette mort a pourtant eu une conséquence néfaste dans ce système parfait. La pulsion de mort qu’elle génère est devenue chez l’homme une véritable addiction.
Un enfant marche le long d’une haie. Il laisse traîner sa main dans les feuillages puis soudainement, il serre les doigts et arrache une feuille. Il la malaxe quelques secondes et la laisse tomber au sol.
Pulsion de mort.
Un geste irréfléchi, une action très facile à réaliser, un sentiment de puissance qui vient renforcer l’identification de l’individu, cette irréalité du détachement envers la Vie.
« Tu as écrasé cette chenille. C’était facile. Maintenant, refais-la. » Lanza del Vasto.
« Je ne suis pas cette plante, je ne suis pas cette chenille. »
Et se disant cela, l’enfant peut la blesser ou la tuer. Elle n’est pas « lui ». Effectivement, elle n’est pas lui, mais elle porte une Vie identique à celle qui est en lui.
Pour concevoir cette idée, il faut être habité par la pulsion de Vie. Cela implique un détachement envers cette identification formatée dont l’individu est abreuvé depuis sa naissance.
La pulsion de vie n’est pas la norme en vigueur dans le monde occidental. Elles l’est chez les Peuples Premiers, les Kogis par exemple.
La pulsion de mort a un impact incommensurable. Elle répond à des désirs immédiats d’identification et cette identification favorise le développement de comportements mercantiles. La pulsion de mort renforce le conditionnement qui consiste à présenter l’individu comme séparé de la Vie. Il y a lui et « l’environnement ».
En étant éduqué comme une entité individuelle évoluant dans un environnement et non comme un fragment d’une entité originelle, une pièce infime d’une image immense et en dehors de laquelle il n’est rien, l’individu n’est pas amené à se tourner vers la pulsion de Vie mais bien au contraire à exploiter cette pulsion de mort qui exacerbe ce schéma de pensée éducatif.
Les effets mercantiles se mettent en place dès lors que l’identification à l’individu est suffisamment ancrée pour que des désirs de puissance viennent l’alimenter. Posséder et détruire sont deux phénomènes révélateurs de ce formatage. La possession matérielle va apporter à l’individu un renforcement de sa distinction, de cette croyance à son extériorité au regard du phénomène vital. En accumulant les biens, il comble inconsciemment le vide tombé en lui avec son rejet forcené du phénomène vital. N’étant pas « vivant » au cœur de ce phénomène vital, il va s’efforcer de devenir « vivant » au cœur du matérialisme. L’appartenance à des groupes sociaux renforce là encore l’identification étant donné qu’elle créé un miroir dans lequel l’individu s’observe. « Je suis comme ceux-là. »
Tous les phénomènes sociaux, qu’ils soient politiques, économiques, religieux, consuméristes, médiatiques… sont des excroissances de cette pulsion de mort. Il s’agit tout simplement de renforcer sans cesse, en multipliant les supports, tout ce qui permet de combler le vide laissé par la perte de la pulsion de Vie.
Là où le phénomène a pris une ampleur jamais perdue depuis, c’est lorsque certains individus totalement impliqués dans cette pulsion de mort se sont aperçus du bénéfice qu’ils pouvaient en tirer. Ils sont devenus « les Maîtres » à penser. Dans un schéma de pensées individualistes.
La guerre en est l’exemple parfait : Pouvoir, puissance, accumulation des richesses, extension des territoires, suprématie etc… Pour parvenir à ses fins, un conquérant, qu’il soit président élu, dictateur ou empereur doit avant tout accumuler des armes. Il faut des matières premières, des usines, des marchands. Des sommes colossales. Une fois les terres ravagées et la paix revenue, il faut reconstruire. Des sommes colossales. La pulsion de mort dans toute son horreur. Les instigateurs des combats n’en seront pas les victimes. Il leur aura suffi d’utiliser les masses populaires, celles qui depuis leur naissance ont appris à être identifié à eux-mêmes, puis à une nation, à un drapeau, à des idées politiques, à tout un ensemble intellectuel, jusqu’à la déraison. Pensant avec les Maîtres en retirer des bénéfices. Aussi dérisoires soient-ils. L’essentiel étant de continuer à exister comme l’individu qu’ils ont appris à être.
En temps de paix, la pulsion de mort est très profitable également. Le principe est toujours le même. Pour exister, il faut posséder et combler le vide de la pulsion de Vie abandonnée. Les possessions matérielles sont là pour ça. L’individu existe parce qu’il a une maison à son nom, une voiture à son nom, un compte en banque à son nom, des enfants qui portent son nom, il a un bout de terrain qui lui appartient, il achète la technologie à la mode et il peut en parler avec ceux qui font comme lui, il est supporter d’un club de foot, il a même une femme qui a pris son nom…
Mais tout ça ne serait pas très enthousiasmant s’il n’y avait pas la possibilité de changer. Il suffit de casser et on remplace, il suffit d’attendre la dernière nouveauté et on remplace, il suffit de jeter, de perdre, d’abîmer, d’user, d’abuser. Même une femme, « ça » se remplace…Mêmes des enfants, « ça » se remplace, « ça » se jette. C’est normal tout ça. Tout le monde vit comme ça. C’est le monde moderne.
Il est tout aussi intéressant de renforcer les appartenances. Les religions ont montré la voie dans ce domaine. Les religions technologiques les ont remplacées. Toujours des appartenances, du néant pour combler le vide originel. Les religions politiques, les religions médiatiques, les religions syndicalistes, historiques... Du néant.
Ce qui importe pour tous les Maîtres de ces mouvements, c’est de prolonger et d’intensifier les richesses accumulées, de renouveler la masse des consommateurs, des électeurs, des participants. Il suffit qu’ils y trouvent du rêve à défaut d’une réalité enviable.
Il est facile de faire rêver un endormi.
Dans la pulsion de Vie, le principe du renouvellement est une nécessité afin de maintenir la vie.
Dans la pulsion de mort, le principe du renouvellement est évènementiel. Il s’agit de créer un évènement qui va renouveler le rêve, lui donner un nouveau visage. Il n’y a aucune nécessité intrinsèque mais une intention cachée. Il faut changer la décoration de la cellule.
Le droit de vote n’est jamais que le droit de rester endormi. Comme il est doux de continuer à rêver après avoir fait son devoir…Juste le devoir inséré dans le cerveau de la masse par les Maîtres du système.
« Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être adapté à une société malade. » Krishnamurti.
Il ne sert à rien de chercher à améliorer le confort d’un malade quand on en oublie de combattre la maladie. Ou pire encore quand on ne la voit même pas.
Ce monde moderne s’entête dans une voie sans issue.
Et je ne vois aucune solution collégiale au problème. L’Humanité n’évoluera qu’au regard de l’évolution spirituelle de chacun.
D’avoir perdu le sens de l’unité originelle a généré une unité fondée sur l’individualisme. Les individus se regroupent sous les bannières des Maîtres à penser. Eux-mêmes regroupés sous la bannière de leurs propres intérêts. Le monde moderne fonctionne comme une unité morcelée qui broie l’individu en prônant sa liberté.
Il est impossible d’imaginer ce que sera l’Humanité dans dix mille ans. En imaginant qu’elle existe encore. Mais il m’est tout autant impossible d’envisager une évolution positive et c’est le plus effrayant.
Je n’ose même pas essayer d’imaginer ce qu’il restera de la Nature. Et cette douleur-là est insupportable.
Pour l’Humanité elle-même, je n’en éprouve aucune peine.
C’était sans doute un beau projet. Mais la Vie aura peut-être besoin d’en changer.
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L'écologie à l'ancienne.
- Par Thierry LEDRU
- Le 08/12/2011
A la caisse d'un super marché une vieille femme choisit un sac en plastique pour ranger ses achats. La caissière lui reproche alors de ne pas se mettre à « l'écologie » et lui dit : "Votre génération ne comprend tout simplement pas le mouvement écologique. Seuls les jeunes vont payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources! " La vieille femme s'excusant auprès de la caissière expliqua : " Je suis désolée, nous n'avions pas de mouvement écologique dans mon temps." Alors qu'elle quittait le magasin, la mine déconfite, la caissière en rajouta : " Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à notre dépens. C'est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de l'environnement dans votre temps! "
La vieille dame se retournant finit par répondre :
"A l'époque, on retournait les bouteilles de lait, les bouteilles de limonade et de bière au magasin qui les renvoyait à l'usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau ; on utilisait les mêmes bouteilles à plusieurs reprises. À cette époque, les bouteilles étaient réellement recyclées, mais on ne connaissait pas le mouvement écologique. De mon temps, on montait l'escalier à pied : on n'avait pas d'escaliers roulants dans tous les magasins ou dans les bureaux. On marchait jusqu'à l'épicerie du coin aussi. On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu'il fallait se déplacer de deux rues. Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique. À l'époque, on lavait les couches de bébé avec du savon ; on ne connaissait pas les couches jetables ni les lingettes. On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde à linge; pas dans un machine avalant 3000 watts à l'heure. On utilisait l'énergie éolienne et solaire pour vraiment sécher les vêtements. À l'époque, on recyclait systématiquement les vêtements qui passaient d'un frère ou d'une soeur à l'autre. C'est vrai ! on ne connaissait pas le mouvement écologique À l'époque, on n'avait qu'une TV ou une radio dans la maison ; pas une télé dans chaque chambre. Et la télévision avait un petit écran de la taille d'une boîte de pizza, pas un écran de la taille de l'État du Texas. Dans la cuisine, on s'activait pour fouetter les préparations culinaires et pour préparer les repas ; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans efforts et qui bouffent des watts autant qu'EDF en produit. Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait comme rembourrage du papier journal ou de la ouate, dans des boites ayant déjà servi, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique. À l'époque, on utilisait l'huile de coude pour tondre le gazon ; on n'avait pas de tondeuses à essence auto-propulsées ou auto portées. À l'époque, on travaillait physiquement; on n'avait pas besoin d'aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l'électricité. À l'époque, on buvait de l'eau à la fontaine quand on avait soif ; on n'utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter à chaque fois qu'on voulait prendre de l'eau. On remplissait les stylos plumes dans une bouteille d'encre au lieu d'acheter un nouveau stylo ; on remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir après chaque rasage. À l'époque, les gens prenaient le bus, le métro et les enfants prenaient leur vélo pour se rendre à l'école au lieu d'utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi de 24 heures sur 24. À l'époque, les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d'une année sur l'autre, les crayons de couleurs, gommes, taille crayon et autres accessoires duraient tant qu'ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers à jeter fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rentrée. On avait une prise de courant par pièce, pas une bande multi-prises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d'aujourd'hui."
La vieille dame avait raison : à son époque, on ne connaissait pas le mouvement écologique, mais on vivait chaque jour de la vie dans le respect de l'environnement.
Aujourd'hui, le mouvement écologique est devenu une nécessité. Mais nous en sommes responsables. Ca n'est nullement une fatalité. Au lieu de chercher de nouvelles sources d'énergie, il conviendrait en priorité de chercher à réduire la consommation.
Pas de lumières de Nöel par pitié. Allumez des bougies parfumées...
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Pire que tout.
- Par Thierry LEDRU
- Le 04/12/2011
Cette idée que nous sommes "drogués" par des conditionnements destructeurs. Si je l'élargis à l'ensemble de l'humanité, ça n'est pas que nous que nous conduisons à la déchéance du drogué mais la Terre elle-même étant donné que nous sommes des éléments de la Vie. S'il n'y a pas de dualité réelle mais une osmose des éléments vivants, nourris par une même énergie, nous sommes alors des cellules malades. A croire que nous sommes les seuls concernés par nos crises économiques, existentielles, religieuses, politiques, amoureuses, sociales, financières, historiques, nous en oublions l'essentiel. Nous sommes malades parce que nous sommes coupés de la Source.
Je suis fatigué de cette alternance entre la conscience d'une Vie immense et insaisissable et ce que les hommes ont fait de cette existence. Ces bouffées de bonheur qui ruissellent quand s'éveille en moi, cette force incommensurable et la détresse lorsque j'observe cette humanité et sa déliquescence.
A quoi ça me sert de l'observer ? Puisque je ne peux rien y changer.
Il arrivera un jour où je partirai. Je ne m'occuperai plus des enfants. Je ne m'occuperai plus du monde. Je n'écrirai plus rien.
Je prendrai mon vélo et j'écouterai de la musique en pédalant autour de la Terre.
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L'école de la République
- Par Thierry LEDRU
- Le 05/11/2011
Quelle république ?
Celle qui consiste à asservir les citoyens en leur faisant croire qu'un vote présidentiel suffit à les placer dans une situation de décideurs ?
Vaste supercherie. Aucun des électeurs n'avait envisagé une telle déroute économique, financière, sociale, égalitaire, culturelle. Aucun électeur n'a eu son mot à dire dans la situation que nous connaissons et pour laquelle, aucun dirigeant politique n'a de solutions autre qu'un paquet de rustines. La république n'est pas une démocratie mais une oligarchie.
Qu'en est-il de l'école aujourd'hui dans ce système manipulateur ?
Et bien, elle se doit d'oeuvrer au maintien des Privilèges. On en est toujours à l'école de la République. F Hollande a déjà précisé dans son programme que "l'école a pour vocation de former des salariés pour soutenir la croissance."
République économique.
Les enseignants se doivent donc d'être des individus soumis afin de conditionner leurs élèves à cette soumission. Il n'est pas question de faire appel à "l'entendement" si cher à Kant mais de propager les valeurs mercantiles des citoyens. Il ne s'agit pas d'être un salarié pour pouvoir s'accorder le temps nécessaire et la tranquillité d'esprit à un travail existentiel mais juste pour pouvoir soutenir l'économie de la République en consommant. L'existence se réduit donc à un salaire et aux dépenses qu'il autorise.
Les individus qui quittent le système scolaire se partagent en trois groupes : les conditionnés, les traumatisés et les rebelles.
Les conditionnés seront les salariés consommateurs.Ils tenteront toute leur vie de continuer à croire que cela suffit au bonheur.
Les traumatisés serviront à faire vivre le corps médical. Comme en plus, ils auront été amenés à emprunter des voies scolaires très courtes, ils serviront de masse ouvrière et tenteront de survivre avec un salaire dérisoire. Ils deviendront supporters de foot et de la Française des jeux.
Les rebelles se partageront en deux sous-groupes : les artistes, les créateurs, les voyageurs, les atypiques, tous ceux qui auront opté pour une voie existentielle, longue, ardue, solitaire, individuelle et puis les voyous. Les premiers se détacheront au mieux de la société de consommation et les seconds se serviront de ses points faibles pour "se servir", donnant par là-même du travail à la République qui se gaussera de protéger ses citoyens et leurs propriétés. La république crée les problèmes qu'elle s'efforcera de résoudre afin de renforcer son influence et l'adoration que lui porte la masse.
Alors, quelles solutions ?
Aucune solution ne viendra d'une quelconque structure étatique. L'Etat n'a pas vocation a développer l'individu dans sa dimension existentielle mais à prolonger les Privilèges en associant la masse à des rêves de consommation.
La solution n'existe qu'individuellement. C'est une démarche philosophique. Pas la philosophie enseignée à l'école, bien évidemment.
Quand les gens comprendront que les librairies contiennent les outils les plus puissants qui soient pour creuser une brèche dans les murs de leurs geôles, l'humanité aura fait un grand pas en avant. A travers le cheminement de chaque individu et non en raison d'un mouvement de masse provoqué par une structure étatique.
L'école de la République est une structure étatique. De plus en plus étatique. Et plus la crise économique est dure, plus elle subit la pression de l'Etat.
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La philosophie des Lumières était une voie de liberté.
Les Lumières sont des mouvements culturels et philosophiques ayant dominés en Europe, et plus particulièrement en France, au XVIIIe siècle. Ils donnèrent par extension à cette période le nom de siècle des Lumières. Les penseurs de cette époque marquèrent le domaine du savoir (science et philosophie) et de l’art (la littérature en particulier) par leurs questions et leurs critiques fondées sur la « raison éclairée » de l’être humain et sur l’idée de liberté.
Par leur engagement contre les oppressions religieuses, morales et politiques, les membres de ce mouvement, qui se voyaient comme une élite avancée œuvrant pour un progrès du monde, combattant l’irrationnel, l’arbitraire, l’obscurantisme et la superstition des siècles passés, ont procédé au renouvellement du savoir, de l’éthique et de l’esthétique de leur temps. L’influence de leurs écrits a été déterminante dans les grands événements de la fin du XVIIIe siècle que sont la Déclaration d'indépendance des États-Unis et la Révolution française1.
Le mouvement de renouveau intellectuel et culturel des Lumières reste, au sens strict, européen avant tout, et il découle presque exclusivement d’un contexte spécifique de maturation des idées héritées de la Renaissance. La pensée des Lumières s’est étendue à l’Europe, quoique la traduction de ce terme, dans les autres langues européennes, ait toujours privilégié l'idée d'une « illumination » provenant de l’extérieur, alors que le terme français privilégie le fait que les Lumières viennent de soi-même. De manière très générale, sur le plan scientifique et philosophique, les Lumières voient le triomphe de la raison sur la foi et la croyance ; sur le plan politique et économique, le triomphe de la bourgeoisie sur la noblesse et le clergé. Enfin l’on parle parfois des Lumières (au substantif) pour désigner les penseurs, écrivains et philosophes emblématiques de ce mouvement de pensée, ce qui peut être regardé comme un abus de langage (on préférera plutôt parler par exemple de « philosophe des Lumières »).
WIKIPEDIA
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"Sur le plan politique et économique, le triomphe de la bourgeoisie sur la noblesse et le clergé."
Effectivement, c'est bien ce qui s'est passé et ce triomphe a même fini par emporter tout le reste. Jusqu'à en devenir "déraisonnable", ce qui montre à quel point la Philosophie des Lumières n'existe plus.
Alors, il ne faut pas compter sur l'école de la République pour lutter contre cette déchéance. Elle n'en a ni l'envie, ni la force, ni même la capacité au regard de la majorité des gens qui y travaille.
L'école de la république est devenue une énorme machine, une "moulinette" au travers de laquelle il faut passer en essayant de sauver au moins son âme.