Blog

  • Nature et confinement (suite)

    Je reprends un titre pas très ancien. L'impression de tourner en rond du coup...

     

    Confinement et nature

     

     

     

    Les balades en partant de la maison, il n'est pas question de les limiter à une heure et un kilomètre. On est seuls dans la nature, on ne se met pas en danger et on ne risque pas de contaminer les arbres...

    Hier, on a marché quatre heures en partant de la maison. On pourrait d'ailleurs dire qu'on est allé faire des courses alimentaires vu tout ce qu'on avait dans les sacs en rentrant. C'est hallucinant la quantité de nourriture qu'on trouve dans les bois. Nourritures émotionnelles et physiques.

    Je me suis souvenu de cette demande officielle lors du premier confinement. Il va être nécessaire de la ressortir.

     

    https://reporterre.net/Il-faut-autoriser-l-acces-aux-espaces-naturels-pendant-le-confinement

    « Se promener dans la nature n’a pas d’incidence sur la circulation du coronavirus », rappellent les auteurs de cette tribune. « En revanche, de nombreuses études démontrent l’effet bénéfique du contact avec la nature et de l’activité physique sur la santé. »

    Billy Fernandez est accompagnateur en montagne. Solène Petitdemange est médecin généraliste.


    La liste des personnes signataires de cette tribune se trouve à la fin du texte.


    Monsieur le président de la République,

    Le confinement instauré par le décret n° 2020-293 du 23 mars 2020 limite l’exercice de l’activité physique et de la promenade à une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile (et cent mètres de dénivelé par arrêté préfectoral en Haute-Savoie). Certains préfets, comme celui de l’Isère, ont également pris des arrêtés interdisant la pratique des activités de plein air et de montagne – dont la randonnée – sur l’ensemble du territoire départemental. Alors que nous manquons de moyens, cette réglementation semble être appliquée avec sévérité en espace naturel et mobilise des moyens parfois très importants (hélicoptères, drones, quads, motocross, etc.), y compris à l’encontre de simples promeneurs, respectant les gestes barrières de mise à distance. La presse locale et nationale s’en fait d’ailleurs régulièrement l’écho.

    L’heure n’est pas à pratiquer des sports de nature ou de montagne à risque, au vu de la très forte tension, voire la saturation, dans certains établissements hospitaliers. Mais comment comprendre que l’on verbalise de simples promeneurs respectant les règles ?

    Il serait pourtant logique de pouvoir se disperser dans les espaces de nature

    En cette période de confinement, il serait pourtant logique de pouvoir se disperser dans les espaces de nature plutôt que de se concentrer dans les lieux à forte densité, dès lors que les activités pratiquées ne sont pas plus risquées que le jardinage ou autres pratiques domestiques, et de manière qu’elles n’induisent pas de surfréquentations dommageables pour la faune, la flore et les milieux. En effet, pratiquées de façon responsable et en respectant une distance minimale qui pourrait être portée à deux mètres, ces activités (promenade, randonnée, trail, photographie, yoga, etc.) n’ont pas d’incidence sur la circulation du virus, ni sur l’accidentologie.

    Il est en outre scientifiquement établi que ces activités contribuent à maintenir les individus en bonne santé, sur le plan psychologique mais aussi immunitaire. Ainsi, de nombreuses études médicales démontrent l’effet bénéfique du contact avec la nature sur le stress, l’anxiété, ou encore la dépression. Il est aussi démontré que ce bénéfice se répercute sur le système immunitaire et sur les comportements addictifs (liés à la dépendance envers l’alcool, le tabac, les anxiolytiques, les psychotropes) et probablement même sur les violences familiales. C’est également un outil de justice sociale : l’accès à la nature est d’autant plus important quand on est confiné dans un environnement de béton, dans un logement exigu, sans jardin, et parfois toxique.

    En l’absence de vaccin et de traitement, notre système immunitaire apparaît, outre les gestes barrières et de distanciation sociale, comme la meilleure arme pour lutter contre le virus. Il convient donc de le protéger.

    Par ailleurs, en favorisant la motivation à « bouger » dans un environnement naturel agréable (beauté, silence, odeurs), ces activités permettraient de lutter contre la morbidité liée à la sédentarité (maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, insuffisance veineuse, douleurs articulaires, mal de dos, etc.), inhérente au confinement. Du reste, en Allemagne, où l’épidémie de Covid-19 est moins sévère qu’en France, la pratique des sports et activités de plein air a été encouragée, dès sa première allocution, par la chancelière Angela Merkel, suivie depuis par les dirigeants des Länder. Les autorités appellent la population à être raisonnable et à privilégier les balades ou sorties en vélo de proximité, sans limitation kilométrique, ni attestation de déplacement. Il est ainsi autorisé d’aller à la plage lorsqu’on habite un Land côtier. Même la pratique générale des sports de montagne n’est pas interdite, seulement déconseillée. Des approches similaires existent en Suisse et en Belgique, notamment.

    Le Covid-19 est à l’origine d’une épidémie qui compte déjà plus de 170.000 morts dans le monde et plus de 20.000 en France, et en provoquera certainement beaucoup plus. Le confinement risquant de durer encore de longues semaines, il ne faudrait pas que s’y ajoutent d’autres sources de mortalité parmi celles évoquées plus haut, qui tuent déjà en temps normal des milliers de personnes chaque année (41.000 pour l’alcool75.000 pour le tabac21.000 pour la sédentarité...)

    Ainsi, nous vous demandons, Monsieur le président de la République, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19 et contre les autres causes de mortalité et morbidité associées au confinement, de modifier le décret et d’autoriser l’accès aux espaces naturels, à condition de respecter strictement des règles de distanciation sociale éventuellement renforcées, et exclusivement pour les activités qui ne présentent objectivement pas plus de risque que des activités domestiques ou de jardinage. Nous laissons le soin aux autorités de définir ce cadre.


    • Liste des signataire.s. de la tribune

    - Christophe André - Psychiatre, psychothérapeute
    - Alexia Barrier : Navigatrice, Skipper du Vendée Globe 2020, Fondatrice de 4myplanet
    - Delphine Batho - Députée, ancienne ministre de l’écologie, présidente de Génération Écologie
    - Philippe Bourdeau - Enseignant chercheur, spécialiste des pratiques sportives de nature
    - Dominique Bourg - Philosophe, professeur honoraire à l’Université de Lausanne
    - Valérie Cabanes — Juriste internationale, autrice de Homo Natura. En harmonie avec le vivant
    - André Cicolella – Toxicologue, président du Réseau Environnement Santé
    - Lionel Daudet – Alpiniste et écrivain engagé, auteur de Le tour de la France, exactement
    - Pascale d’Erm – Autrice de Natura - Pourquoi la nature nous soigne... et nous rend plus heureux
    - François Labande – Alpiniste, écrivain, administrateur du Parc national des Écrins
    - Xavier de Le Rue – Snowboarder, double champion du monde et triple vainqueur du Freeride World Tour
    - Henri Malosse – 30e président du Comité économique et social européen
    - Frédi Meignan – Acteur de la montagne, ancien gardien du refuge du Promontoire
    - Corinne Morel Darleux — Conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes, autrice de Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce
    - Guillaume Néry – Champion du monde d’apnée
    - Xavier Ricard – Philosophe, ethnologue, essayiste, cofondateur de la revue Terrestres
    - Marie Toussaint – Députée européenne, juriste, à l’origine de la pétition « l’Affaire du siècle »
    - Guillaume Vallot — Journaliste, éditeur et alpiniste


    Les auteurs de cette tribune sont à l’origine d’une pétition, déjà signée par près de 26.000 personnes, « pour un accès responsable à la nature en période de confinement ». Pour la signer, cliquez-ici.

  • "Le survivaliste" (mise à jour)

    vendredi 10 avril 2020

    Interview - LE MONDE




    Je voudrais sincèrement remercier le journal “Le Monde” pour m’avoir contacté il y a quelques semaines pour une interview sur la thématique du Survivalisme. Je suis toujours enthousiasmé d’avoir l’occasion de peut-être influencer les lecteurs de journaux aussi sérieux que Le Monde, surtout dans une période de crise sanitaire et de tensions complexes sur nos sociétés.

    Bien sur, je voudrais surtout remercier Le Monde pour, encore une fois, ne pas avoir publié ne serait-ce qu’une seule phrase de mon interview, et pour s’abandonner à la paresse intellectuelle remarquablement systémique chez nos journalistes; repli, croyance, catastrophe, sacs de nourriture, jubilation, néonazis, défiance vis-a-vis de l’Etat, fusils et arbalètes, lubies…sont les mots utilisés dans cet article pour dépeindre “les survivalistes”.

    Et finalement merci de politiser le tout, en nous rappelant que “…le mouvement né aux États- Unis dans les années 1970 avec Kurt Saxon, un libertarien proche des néonazis, et par le courant européen de l’extrême droite identitaire, incarné par le Français Alain Soral ou le Suisse Piero San Giorgio, ils comptent aussi dans leurs rangs quelques « eco-warriors » d’extrême gauche, engagés dans un combat pour sauver la planète.”

    Dans un effort de clarté, et pour peut être mettre à nu les motivations journalistiques, je partage ici même l’interview originale, qui n’a donc pas été publiée.

    Merci a vous de partager cet article le plus possible !


    -----------------------------------------------------------------
    -
    LE MONDE - Etes-vous surpris de ce qui arrive, à savoir cette pandémie de Covid 19 ?

    volwest - Qu'il soit question de catastrophes naturelles, technologiques, économiques, sociales ou aujourd’hui sanitaires avec le coronavirus, chaque année de part le monde, des tensions plus ou moins dynamiques, plus ou moins lourdes et longues, perturbent la complexité de nos infrastructures techno-dépendantes, menacent le bon fonctionnement de nos systèmes de support tels que nos hôpitaux ou nos chaines d’approvisionnements, altèrent la nature même du vernis social ambiant, et finalement bouleversent, parfois violemment et soudainement, la stabilité physique et psychologique de millions de foyers.

    - Athènes: Crise économique de 2012
    - Aleppo: Guerre civile et sécheresse depuis 2011
    - Japon: Tsunami et désastre nucléaire de 2011
    - Caracas: Crise économique depuis 2010
    - Mexico: Guerre des cartels depuis 2006
    - USA: Ouragan Katrina de 2005
    - Bagdad: Guerre et occupation militaire depuis 2003
    - Argentine: Crise économique de 1998 a 2002
    - Sarajevo - Siege de 1992 a 1996
    - USA: Emeutes de 1992
    - Mogadishu: Famine et guerre civile depuis 1991
    - Russie: Effondrement de l’URSS des années 90
    Etc.

    La seule chose qui me surprend encore, est ce rapport de dépendance à outrance que nous, le peuple, entretenons avec l’Etat pour tous nos besoins de première nécessitée: nourriture, eau potable, énergie, soins et protection.



    LE MONDE - Est-ce notamment, en prévision d'une telle crise que vous avez adopté depuis longtemps une façon différente de vivre ?

    volwest - L’idée n’est pas de prévoir les crises en se demandant “comment vais-je survivre à demain” ?
    L’idée est est de se demander “comment est-ce que je veux vivre dès aujourd’hui” ? Crise ou pas !

    Outre les petites excentricités technologiques dont nous jouissons aujourd’hui, notre manière de vivre s’inscrit dans une longue lignée de rusticité “péquenaude”, de cohérence écologique, d’indépendance et finalement de résilience:

    - Je ne m'intéresse pas à certaines méthodes alternatives de productions alimentaires comme la Permaculture juste pour survivre à une famine dans le cadre d'un effondrement total et systémique du monde tel que nous le connaissons.
    Je m'intéresse a ces pratiques alternatives et parfois ancestrales pour contribuer, à mon échelle, à la construction d’une dynamique agricole locale, stable, cohérente et durable, pour pouvoir consommer des aliments sains, et finalement pour m'émanciper le plus possible d'un univers agro-alimentaire aujourd'hui principalement gouverné par l'agri-business, la monoculture et plus largement l'agriculture intensive.


    - Je ne m'intéresse pas à la chasse pour le plaisir de tuer un animal, pour assouvir une quelconque pulsion “d’homme des cavernes” ou satisfaire un besoin en viande éléphantesque.
    Je m'intéresse à la chasse pour m'éloigner de la manière dont notre espèce conçoit la consommation de protéines animales au travers de stratégies d’élevage obscènes, et pour peut-être redécouvrir une certaine vigueur primitive, soit une connexion au naturel responsabilisante et honnête: si je veux manger de la viande, je me dois de tuer l’animal.


    - Je ne m'intéresse pas aux méthodes alternatives de production d'énergies pour pouvoir continuer d'utiliser mon frigo et ma tablette quand la troisième guerre mondiale éclate.
    Je m'intéresse à la production d’énergie à l’échelle individuelle, familiale et clanique pour réduire mes factures mensuelles, pour gérer le plus simplement possible une coupure de courant, et pour sécuriser toujours un peu plus d'indépendance face à certains enjeux géo-politiques, écologiques et économiques concernant l'énergie.


    - Je ne m'intéresse pas a la médecine et aux techniques de premiers soins pour pouvoir me faire des points de sutures après une fusillade quand l'effondrement de l'économie globale nous aura plongé au 18ème siècle.
    Je m'intéresse à l’univers complexe de la médecine pour pouvoir intelligemment porter assistance à une personne victime d'un accident de la route, d'une agression physique, d'une chute ou d'un malaise.


    - Je ne fais pas de la récupération des eaux de pluie pour pouvoir continuer de boire durant la prochaine pandémie.
    Je m'intéresse à cette pratique intelligente pour réduire mes factures, pour arroser mes légumes avec de l’eau de pluie, pour avoir la capacité d'offrir un soutien logistique à l'échelle de mon quartier durant une coupure d'eau, et finalement pour réduire le gaspillage systémique et collectivement suicidaire de cette ressource critique.


    - Je ne m'intéresse pas aux armes à feu pour tuer quelques pilleurs durant une guerre civile. Je m'intéresse à ces outils pour avoir un moyen adapté de défendre ma vie et la vie de mes proches dans un cadre extrêmement précis et strict, pour pouvoir récolter ma propre viande, aussi dans un cadre extrêmement précis et strict, et finalement pour contribuer à un certain équilibre de la force face au système et m'émanciper du monopole ambiant concernant mon droit naturel d'avoir la capacité d'affirmer ma propre conscience.


    - Je ne fais pas des réserves de nourriture pour pouvoir bouffer dans mon coin quand le reste du monde a faim.
    Je m'intéresse à cette tradition ancestrale pour faire des économies, pour mitiger les fluctuations de prix causées par la spéculation sur les produits de base, pour respecter les cycles de production de notre potager imposés par la nature, pour construire une certaine résilience alimentaire et m'émanciper d'un système de distribution aujourd'hui principalement fondé sur le "juste-à-temps".



    LE MONDE - Vous sentiez vous aujourd'hui, en raison de votre mode de vie, plus prêt que d'autres à affronter une telle crise? comment appréhendez vous ce qui se passe ?

    volwest - Une telle crise ?
    De ma fenêtre, nous avons toujours l’eau courante, le frigo qui tourne, le chauffage central, le tout à l’égout, PornHub, les services d’urgence et la télévision !

    Encore une fois l’idée n’est pas d’être prêt a surmonter une crise…l’idée est de devenir les acteurs de notre propre bien-être, en construisant, en parallèle de nos sociétés complexes et fragiles une manière de vivre moins dépendante. C’est reprendre le contrôle de sa propre condition.

    Maintenant…avons-nous été obligés de nous ruer dans les supermarchés pour acheter des pâtes, du PQ et des boites de Doliprane ? Certainement pas: qui peut le plus, peut le moins.



    LE MONDE - Certains survivalistes, sur les réseaux sociaux, semblent se réjouir de cette crise qui donne raison à leur engagement: est-ce votre cas ?

    volwest - Pas du tout. La souffrance, physique, économique ou encore émotionnelle que doivent endurer les personnes directement touchées par la maladie, le personnel soignant ou encore les PME obligées de mettre la clé sous la porte me remplit de tristesse et d’humilité.

    C’est un moment tragique.

    Cependant, il me parait important de dénoncer notamment les médias grand public pour avoir fait un travail de moquerie systématique des “Survivalistes” ces 10 dernières années. Peut-être aussi que si les médias ne nous avaient pas fait passer pour de grands farfelus névrosés qui attendent la fin du monde dans nos bunkers, nos voisins et nos collègues de bureau seraient aujourd’hui plus résiliants, plus bienveillants, plus sereins, plus stables…



    LE MONDE - Comment vivez-vous aujourd'hui, avez-vous adapté votre vie à la pandémie ou votre façon de vivre "avant", suffit à bien affronter cette crise ?

    volwest - Nous n’affrontons rien…

    Nous préparons notre ferme urbaine au printemps. Nous plantons nos tomates, nos salades, nos épinards et nos poivrons dans la serre que nous avons construite. Les poules se promènent de plus en plus au fur et à mesure que la neige fond et nous donnent des oeufs frais et bio tous les jours. Nos abeilles commencent à sortir les jours de soleil. Nous leurs donnons des galettes de pollen pour indiquer à la reine qu’il est temps de pondre.

    La neige qui fond est en train de remplir nos cuves de 1000 Litres pour l’arrosage. Nous faisons du troc avec un fermier local pour du lait de vache que nous transformons en beurre et en fromage.

    Nous finissons les projets d’hiver. Un peu de couture, un peu de bricolage sur la maison, un peu d’artisanat…



    LE MONDE - Comment vous êtes vous préparés matériellement, physiquement et mentalement pour affronter tous les accidents potentiels ?

    volwest - Vouloir être capable d’affronter tous les accidents potentiels est totalement idiot. D’une part c’est impossible (voir la loi de Murphy), et d’autre part c’est un coup à devenir fou !

    Avant de se poser la question de comment se préparer à survivre je ne sais quoi, il me parait pertinent de se poser la question de comment vivre !

    - Vivre où ?
    - Avec qui ?
    - Manger quoi ?
    - Boire quoi ?
    - S’informer où ?
    - S’éduquer où ?
    - Produire quoi ?
    - Consommer quoi ?



    LE MONDE - Craignez vous aujourd'hui la réaction de tous ceux qui ne se sont pas préparés à vivre de tels événements? des réactions irrationnelles ou des réactions de violence ?

    volwest - Lorsque nous prenons la décision de devenir totalement dépendants de la société pour nos besoins les plus basiques, il est effectivement inévitable de voir germer des comportements irrationnels et violents si la société ne peut assurer sa part du contrat.

    Effectivement la réaction du collectif face à la faim, la peur, l’inconnu, la solitude ou encore la douleur est largement prévisible. L’histoire de notre espèce est plutôt catégorique: ça coupe, ça écrase, ça perce, ça arrache, ça viole, ça pend, ça égorge et ça brûle tout…



    LE MONDE - Envisagez vous dans les jours, les semaines ou les mois qui viennent, de vous éloigner (plus que vous ne l'êtes) afin d'éviter les contacts extérieurs ou vous sentez-vous en sécurité là où vous êtes ?

    volwest - L’option Zarathustra m’a toujours séduite…mais c’est en s’enracinant autour d’un clocher de village que nous devenons réellement résilients.



    LE MONDE - Espérez vous que individuellement ou au niveau des Etats, des leçons seront tirées de cette crise, et lesquelles ?

    volwest - A l’échelle des Etats, il me parait peu probable de voir des changements de fond capables d’optimiser la résilience du peuple, puisque la motivation première des Etats et des gouvernements est justement le maintien en place d’un peuple consommateur, abruti et dépendant.

    Nous verrons sans doute des petits pas de danse pour projeter une aura salvatrice, peut-être un peu plus de matériel dans les hôpitaux, mais il est a craindre de surtout voir apparaitre une multitude de lois et de mesures donnant aux Etats encore et toujours plus de pouvoir…pour notre plus grand bien évidemment !

    A l’échelle des individus, et si je dois rester le plus honnête possible, je pense que l’apathie cristallisée ces 40 dernières années fera que la grande majorité des gens ne tireront aucune leçon de cette crise sanitaire.

    Bien sur, j’espère largement me tromper…et témoigner ces 10 prochaines années d’une révolution de la conscience collective et d’un changement radical de paradigme tournée vers l’indépendance et la résilience citoyenne.

    A suivre…

  • Docteur Perronne

    Je suis sur la toile depuis le discours du "patron" et je me dis qu'il serait bon d'entendre un "contestataire" qui s'est fait connaître par ses prises de position, tout comme le professeur Raoult depuis le début de cette crise.

    Lui aussi, il est pendu haut et court par de nombreux scientifiques. 

    Je ne dis pas qu'il a raison. Je n'en sais rien. Je n'ai pas les compétences. Tout comme je ne me positionne pas au regard des positions du professeur Raoult.

    Je tiens juste à écouter les divers avis et celui-là va à l'encontre d'une grande partie du milieu scientifique.

    Il est docteur, pas un people ou un journaliste qui n'aurait pas les connaissances requises. Donc, j'écoute. Et ça permet de mettre en contre-point tout ce qui est matraqué à longueur de journée sur les ondes et les médias. 

     

  • Albert Dupontel

    Dans le cinéma français, c'est indéniablement le Monsieur que j'aime intégralement, autant sur un plan artistique que dans tous ses propos.

    Un Grand.

     

  • Vibrio Choleare

    Dans le tome 3 de la trilogie que j'ai mise de côté, j'avais imaginé une pandémie. C'était en décembre 2019. Juste avant le covid.

    J'avais déjà beaucoup lu sur les zoonoses et notamment ce que les scientifiques ont nommé la "plastisphère"

    J'en ai déjà parlé ici :

     

     "Plastisphère"
     


    Chapitre 5

    Genève. Bâtiment de l’OMS. Réunion des pays concernés par l’épidémie de plastisphère. État des lieux par le Docteur Huang.

    « Nous comptabilisons à ce jour 8456 victimes et 42458 personnes hospitalisées. Les symptômes sont toujours les mêmes : diarrhée très abondante avec atteinte de tout le système digestif. Le choléra, vous l’aurez compris. Se sont ajoutées des atteintes pulmonaires et neurologiques. Les patients traités dès les premiers symptômes diarrhéiques et supportant le traitement succombent parfois de complications qui relèvent d’une mutation du vibrio choleare. La plupart des décès surviennent dans une fourchette de trois à huit jours. Certains décès se sont produits quelques heures après le début des diarrhées. Des traitements sont en cours avec des succès partiels. Très partiels, je ne vous le cache pas. Les neufs pays concernés actuellement ont mis en place une alerte sanitaire la plus drastique possible. Il est malgré tout très délicat d’atténuer la propagation de l’épidémie au regard des populations atteintes. La majorité de cette population côtière est désœuvrée, n’a pas accès aux soins d’urgence et vit principalement des ressources marines. On savait déjà que les crevettes pouvaient participer à la propagation du virus. Nous avons découvert que tous les éléments marins peuvent être contaminés, que ça soit la faune marine ou la flore. Quelques études scientifiques avaient déjà évoqué cette possibilité, il y a une dizaine d’années mais rien ne laissait présager une telle extension et une telle contamination. Il semble que la concentration exponentielle de plastique dans les océans ait accéléré le processus de symbiotique entre les divers micro-organismes relevés sur les déchets flottants ou immergés. C’est à une véritable jungle microbienne que nous sommes désormais confrontés. Il est d’ailleurs probable que le vibrio choleare ne soit pas le seul à avoir muté. Nous avons établi des restrictions préventives auprès des pays épargnés pour l’instant mais nous n’avons guère de doute sur l’extension à venir. Il est fort probable que des pays occidentaux seront concernés dans un avenir assez proche. La contamination semble se produire de façon totalement atypique. Les symptômes sont ceux du choléra mais la contamination est celle d’une grippe H5N1. Contacts physiques et postillons. Nous avons eu des cas qui semblent le confirmer. Des études bactériologiques sont en cours dans la Manche, la mer du Nord, la mer Méditerranée, sur la côte Pacifique de l’Amérique latine, sur la côte Atlantique de l’Afrique. Actuellement, l’épidémie frappe fortement l’Asie du sud-est et le pourtour de l’océan Indien. La pollution au plastique est fortement implantée dans ces zones. On peut envisager également que des lacs d’eau douce, des fleuves, des rivières sont ou seront impactés. Il suffit de penser à l’état du Gange par exemple. De nombreuses équipes scientifiques sont en alerte maximale dans toutes les zones urbanisées où les rejets plastique sont établis depuis bien longtemps. Il faut bien entendu tenir compte des courants marins qui contribuent à la propagation de ces bactéries à l’échelle planétaire. Le régime alimentaire des populations jouera un rôle prépondérant. Toutes les populations côtières attachées à l’exploitation marine sont les premières cibles de nos interventions préventives. Le rythme de propagation depuis l’apparition des premiers cas suggère une croissance exponentielle pouvant atteindre le million de personnes dans un délai de deux mois. La létalité est très élevée. Si nos soupçons de contamination par simple contact physique se révèlent exacts, nous n’échapperons pas à une pandémie qui pourrait se révéler dévastatrice. L’objectif prioritaire est donc de trouver un traitement adéquat et d’accompagner les populations les plus fragiles par une aide alimentaire. Il reste à convaincre les gouvernements. L’impact sur le tourisme se révèle déjà dévastateur pour l’Asie du sud-est. Les états les plus réticents, dans les premiers jours, se montrent désormais totalement réceptifs à nos interventions. On sait tous, par expérience, que la croissance économique des gouvernements a toujours été l’élément déterminant pour la prise en considération des populations. »

  • Coronavirus : état des lieux officiel

    J'ai bien dit "officiel".

    Chacun en fera ce qu'il voudra.

    Pour ma part, je ne crois plus en rien, ni en personne. 

    Je porte un masque quand je vais dans un magasin et je me lave les mains. Il n'est pas question pour moi d'entrer dans le rôle du rebelle. Mes parents ont 86 ans et je n'aimerais pas apprendre qu'ils sont atteints par ce virus. Il en est donc de même pour tout le monde. Donc, je respecte les consignes sans savoir si elles sont utiles. J'ai un sérieux doute pour le masque. Je n'en ai pas pour le lavage des mains. C'est juste logique. Ma mère m'a appris à me laver les mains quand j'étais petit. Je continue. 

    Maintenant pour ce qui est des chiffres "officiels", on est toujours dans le même flou. De quoi ces gens sont décédés ? Etaient-ils déjà atteints par une pathologie lourde ? Est-ce qu'on meurt du covid ou le covid vient-il amplifier les effets d'une pathologie existante ? 

    Je n'en sais rien et je sais aujourd'hui que je ne trouverai pas la réponse sur la Toile. Il faudrait que j'aille demander à mon médecin mais je n'ai aucune raison personnelle d'aller le voir...

    En tout cas, ça ne change rien à mes habitudes de vie. Je ne vois toujours quasiment personne.

    Par contre, j'imagine aisément les gigantesques difficultés rencontrées par des millions de personnes.

    Quand je fais le tour des pays et que je vois le désastre économique et social, c'est juste effarant.

    Par contre, à Wuhan, tout le monde a repris sa vie quotidienne.

    Drôle de monde...

     

    Covid-19 : 523 décès recensés en 24 heures en France, du jamais-vu depuis le mois d'avril

    Les chiffres de la mortalité diffusés mardi soir par Santé publique France prennent en compte les décès en milieu hospitalier (+288) et dans les établissements médico-sociaux (+235) dont les Ehpad.

    Article rédigé par
    France Télévisions
    Publié Mis à jour 
     Temps de lecture : 1 min.
    Une équipe médicale à Bron, près de Lyon (Rhône), récupère un malade du Covid-19 évacué d'un autre hôpital, le 27 octobre 2020.  (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

    Tous les voyants sont au rouge. La France a recensé 523 décès attribués au Covid-19 ces dernières 24 heures, soit 266 de plus que la veille, ont annoncé mardi 27 octobre les autorités sanitaires. C'est du jamais-vu depuis le 22 avril, où l'on avait enregistré 544 morts, selon le tableau de bord du ministère de la Santé. Au total, 35 541 personnes sont décédées des suites du coronavirus. 

    Le pays a également enregistré 33 417 nouvelles contaminations, contre 26 771 lundi, pour un total de 1 198 695 de cas depuis le début de l'épidémie. Les chiffres de la mortalité diffusés mardi soir prennent en compte les décès en milieu hospitalier (+288) et dans les établissements médico-sociaux et les Ehpad (+235).

    148 patients en plus en réanimation 

    Par ailleurs, il y a 148 patients de plus en réanimation (2 918 contre 2 770 lundi soir), occupant ainsi la moitié des lits actuellement disponibles en France dans ces services accueillant les patients les plus gravement atteints. 

    Si on prend également en compte les sorties, ce sont 431 malades du Covid-19 qui ont été admis en réanimation (ou en soins intensifs) dans les dernières 24 heures, selon les données publiées par Santé publique France.

    Près de 19 000 personnes hospitalisées 

    Le nombre global des hospitalisations liées au Covid-19 continue lui aussi à augmenter. Près de 19 000 malades du Covid-19 (18 978) se trouvent à l'hôpital mardi, contre 17 784 la veille. Quelque 3 000 (2 988) hospitalisations pour cause de Covid-19 ont été comptabilisées dans les dernières 24 heures.

    Face à la très forte dégradation de tous les indicateurs de l'épidémie, Emmanuel Macron fera une allocution télévisée mercredi à 20 heures pour présenter de nouvelles mesures.

  • Agnus Dei

    Il y a quelques semaines, Nathalie et moi, nous avons été invités au mariage d'un ancien élève de CM2. Un élève profondément catholique, sa femme tout autant. Un élève qui est devenu un ami et qui continue à m'appeler par mon nom comme s'il était toujours dans ma classe. 

    C'était une très belle cérémonie. 

    Les églises. 

    C'est un lieu qui me touche. Par leur histoire, par les milliers de personnes qui ont travaillé à leurs constructions, par ces milliers de personnes qui sont venus y prier. Ce sont des lieux chargés d'humanité. 

    Je sais combien les hommes ne sont pas fondamentalement humains dans la pratique de leurs religions.

    Mais je dissocie le lieu de ce que les hommes sont capables de faire dans le cadre de la religion.

    C'est l'église elle-même qui me touche.

    L'architecture, la lumière, le silence, le parfum des pierres, l'usure des sols, l'usure des bancs.

    Les figures religieuses des peintures me laissent indifférents. 

    J'ai lu la Bible et le Nouveau Testament. Rien dans tout ça ne m'a touché. 

    J'ai lu également beaucoup d'ouvrages sur l'évangélisation des missionnaires, sur les colonies et  la bénédiction religieuse de toutes les souffrances commises. 

    Mais j'aime les églises. 

    J'aime aussi quelques chants religieux. Dans une église, ces chants sont à leur place. C'est comme le chant des oiseaux dans la nature. Un chant d'oiseau dans une cage n'est plus un chant d'oiseau. Un chant religieux dans une salle de spectacle a perdu de sa beauté. 

  • Là-bas.

    Non, il ne s'agit pas d'une terre à l'altitude de l'océan. On ne part pas de Là-Haut pour rejoindre les terres basses. Elles n'ont pas la magie qui nous nourrit. Là-bas, c'est juste le lieu où nous souhaitons aller vivre. Une terre qui ne dévoile pas son nom. Parce qu'elle se doit d'être préservée, parce qu'il faut la trouver, parce qu'elle est très peu connue et qu'elle ne réclame aucunement les projecteurs. Nous y avons rencontré des gens aimant l'existence qu'ils y mènent, des gens ne cherchant aucunement à être connus mais qui se réjouissent d'autres personnes déclamant l'amour pour cette terre. Trente habitants au km², dix habitants sur certains secteurs. Il nous est arrivé de ne croiser qu'une dizaine de voitures en une journée lorsque nous naviguions à la recherche de notre prochaine habitation. 

    Lors de nos randonnées, là-bas, nous sommes tombés sur un lieu particulier, une île qui se gagne par une voie piétonne, juste assez large pour le passage d'une voiture. Une ou deux par jour. Celles des personnes entretenant le lieu. Un bâtiment où se côtoient des artistes, des permaculteurs, des forestiers, des apiculteurs, des botanistes, des gens aimant le silence, la nature, les animaux qui se cachent dans les bois, les oiseaux qui chantent. C'est une île au milieu d'un lac artificiel. Mais un lac qui semble toujours avoir été là. L'étendue est immense, des reliefs qui dessinent des arabesques au-dessus de l'eau. Une eau douce.

    Douce, le mot est particulièrement approprié. Je sais pourquoi j'aime autant les lacs de montagne. Ils offrent un spectacle qui me touche considérablement. Horizontalité de l'élément liquide baignant les élévations minérales, géométrie totale entre l'apaisement des surfaces planes et celles qui se dressent. S'y joignent les forêts et les roches affleurantes. Les couleurs multiples de l'automne, les résineux acharnés à préserver leurs aiguilles et les feuillus qui s'abandonnent à la nudité. Des troncs érigés comme des adorations au soleil. 

    Je peux courir là-bas et sentir mes forces ou m'asseoir et ne plus bouger. Chaque instant est un bonheur. 

    OLYMPUS-DIGITAL-CAMERA

    OLYMPUS-DIGITAL-CAMERA

    OLYMPUS-DIGITAL-CAMERA

    OLYMPUS-DIGITAL-CAMERA

    OLYMPUS-DIGITAL-CAMERA

    OLYMPUS-DIGITAL-CAMERA

    OLYMPUS-DIGITAL-CAMERA