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  • Tous crétins

    Les perturbateurs endocriniens condamnent l’humanité à la stupidité…

    1 décembre 2017 / par Auguste Bergot

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    Nous parlons souvent des perturbateurs endocriniens comme d’une menace. Mais que savons-nous véritablement sur la manière dont ils agissent, sur leur présence, et sur les outils à notre disposition pour s’en protéger ? A vrai dire, pas grand-chose. Ou plutôt pas suffisamment. Nous continuons à les voir comme une menace lointaine, un sentiment largement entretenu par l’inertie de nos dirigeants qui nous mène à croire que nous pouvons encore minimiser l’importance de ce sujet.

    Et pourtant, l’omniprésence des perturbateurs endocriniens dans notre environnement est un enjeu de santé publique globale : nous sommes tous concernés, tous affectés, et à plus forte raison, nous sommes en train d’engager l’avenir de toute l’humanité en restant inactifs, en prétendant être démunis. C’est pour apporter un éclairage scientifique à ces questions auxquelles nous sommes tous sensibles, quoiqu’insuffisamment informés, que Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade ont réalisé le documentaire « Demain, tous crétins », diffusé samedi 11 novembre sur Arte.

    Si l’accent a souvent été mis sur l’impact des perturbateurs endocriniens en ce qui concerne le développement de cancer du sein, des testicules, ou encore la détérioration de la qualité du sperme (et donc de la fertilité), le documentaire développe un aspect sans doute moins traité jusqu’alors : l’impact des perturbateurs endocriniens sur l’intelligence humaine. De plus en plus, les données s’accumulent et montrent que l’humanité est en train de connaître une diminution généralisée du quotient intellectuel (QI) depuis plus de vingt ans, un développement des cas de troubles du spectre autistique, une baisse de la capacité d’attention, et un accroissement des troubles du comportement.

    Les chiffres qui apparaissent dans le documentaire donnent froid dans le dos. Un chercheur a ainsi eu accès aux tests de QI qui étaient réalisés dans l’armée scandinave en Finlande. Il a alors constaté que depuis 20 ans, le QI avait baissé de 2 points par décennie. Autre constat alarmant : « entre 1990 et 2001, le nombre d’enfants diagnostiqués autistes a augmenté de 600% en Californie. Aujourd’hui, 1 enfant sur 68 est diagnostiqué autiste aux Etats-Unis. » Par ailleurs, nos instituteurs constatent tous les jours la perte d’attention croissante des enfants (qui ne saurait être expliqué exclusivement par l’effet des perturbateurs endocriniens d’ailleurs – on pense notamment au temps passé sur les écrans et au format « information instantanée » qui forme la pensée à traiter des informations rapidement mais sommairement).

    En quoi alors les perturbateurs endocriniens jouent-ils un rôle dans cette diminution du niveau intellectuel ? Pour comprendre ce rôle, les réalisateurs du documentaire font un détour par les études menées par Peter Pharoah dans une région de Papouasie Nouvelle-Guinée. Dans un groupe de sociétés tribales, le chercheur a remarqué que près d’un septième de la population était atteint de crétinisme – une maladie notamment caractérisée par le gonflement de la thyroïde. Or, en 1999, année où Peter se rend sur son terrain de recherche, la colonisation avait eu le temps de sonner le glas des pratiques traditionnelle de fabrication du sel, comme le souligne Barbara Demeneixdans son livre Cocktail toxique. Celui-ci a alors l’idée de faire une injection à l’ensemble des 16 000 habitants de la région – la moitié recevant une simple injection d’eau et l’autre une injection d’iode. Quelques années plus tard, ces résultats montrent que les enfants nés des femmes qui avaient reçu l’injection d’iode n’était plus touchés par le crétinisme (sauf si l’injection avait été réalisée alors que les femmes étaient déjà enceintes) et à l’inverse, que les cas de crétinisme persistaient pour les enfants dont les mères n’avaient reçu qu’une simple injection d’eau.

    Quel rapport avec les perturbateurs endocriniens me direz-vous ? Eh bien, il s’avère que certaines molécules chimiques ont à peu de choses près la même structure que celles des hormones thyroïdiennes. Parmi celles-ci on trouve le brome, le chlore, et le fluor (qui sont sur la même colonne du tableau périodique des éléments que l’iode), des molécules omniprésentes dans notre environnement et qui prennent leur place dans notre organisme, notamment en lieu et place de l’iode dans notre thyroïde. Et c’est l’invasion de ces molécules qui va conduire à la perturbation de notre fonctionnement hormonal et à l’altération de notre développement cérébral.

    « Nous volons littéralement à la population son potentiel intellectuel » 

    A partir de là, c’est bien connu, on va retrouver en énormes quantités le chrome, le fluor et le brome notamment dans les PCB – qui, même interdits, se retrouvent encore dans les sédiments des sols et contaminent toute la chaîne alimentaire –, dans les pesticides et (moins connu) dans les retardateurs de flamme. Il serait trop long ici de détailler toutes les études présentées par le documentaire qui confirment les liens de cause à effet entre la surexposition à ces intrants chimiques et la diminution des capacités intellectuelles, mais soulignons toutefois à bon droit que dans la plupart des cas, c’est l’activité de lobbying des industriels qui – faisant abstraction de toutes les expertises scientifiques alertant des dangers des perturbateurs endocriniens – continue d’entretenir ce modèle et dessine en toute connaissance de cause le chemin d’un effondrement…

    Crédit Illustration : Olivier Bonhomme

    Mais face à ce lobbying dangereux, les scientifiques indépendants de tout conflit d’intérêt, à l’image de Barbara Demeneix ou Arlene Bloom, mènent une lutte acharnée auprès des politiques pour faire avancer les législations. Car en effet, « l’information reste le nerf de la guerre » et les lobbys n’ont pas de scrupules à commander des études scientifiques allant dans leur sens pour contredire les études menées par le reste de la communauté scientifique… Pourtant il est urgent d’agir, et pour cela il est urgent que NOUS soyons informés pour comprendre l’imminence de cette menace qui pèse sur l’ensemble de notre civilisation.

    Pour agir déjà à notre échelle et éviter d’être trop impacté et de trop impacter le cerveau de nos enfants, l’iode semble être un moyen efficace. Comme il est souligné dans le dossier de presse du documentaire :

    « Toute femme enceinte devrait veiller à avoir un apport d’iode suffisant chaque jour. D’une part, parce que l’iode est indispensable à la fabrication d’hormones thyroïdiennes nécessaires au développement cérébral, d’autre part, parce que l’iode, en saturant la thyroïde, pourrait se révéler un rempart contre certaines attaques chimiques. »

    Nous ne saurions que trop vous conseiller le documentaire de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade qui est clairement de l’ordre de l’utilité publique.

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  • Les "scientifiques"...

    Je vois passer parfois des "expériences scientifiques" qui me laissent pantois tant elles sont absurdes au regard du simple bon sens ou de la simple expérience. 

    On a par exemple des "chercheurs" qui nous prouvent avec des électrodes que la synchronisation visuelle est importante pour l'apprentissage des enfants.

    Wahou, quelle découverte exceptionnelle...C'est clair qu'un parent aimant n'a jamais ressenti, profondément, dans une vague d'amour et de joie, que le regard croisé avec son enfant créait un lien qui allait bien au-delà de la simple vue. 

    Ils nous disent aussi qu'il est important que les enfants fassent du sport pour mieux retenir et que celui qui va à l'école à pied est davantage prêt à apprendre.

    Wahou, je n'y avais pas pensé...

    Ils nous disent aussi qu'il ne faut pas parler à son enfant de 2 ans comme à un bébé.

    Ou que l'environnement du bébé joue sur sa santé d'adulte.

    ......

    Non, mais vraiment, c'est consternant. 

    Je me souviens aussi de scientifiques qui avait "prouvé" que les poules et les vaches éprouvaient de l'empathie pour leurs congénères. Et les poissons aussi.

    Non, sans blague. Et ils ont besoin d'être "scientifiques" pour ça ?

    ...

    Alors, je me demande une chose toute simple : est-ce que ces scientifiques n'ont pas été intégralement déglingués au fil de leurs années d'études pour penser que seule la science a la capacité et la légitimité pour apporter des "preuves" à des données aussi évidentes et connues de n'importe quel adulte normalement constitué ?.....

     

    Pour ce qui est de la synchronicité cérébrale, par exemple, il leur aurait suffi de passer une journée dans une classe pour réaliser à quel point le regard a une importance considérable... Pas besoin d'aller coller des électrodes sur les crânes...

    Je me demande également si cette main-mise de la science n'est pas le reflet d'un monde immature où il convient d'expliquer par A et B et jusqu'à Z comment les choses sont parce que le seul bon sens et l'observation ne sont plus considérés comme des savoirs mais juste comme des croyances...

    J'entends parfois des mamans quitter leur enfant à la porte de l'école en disant : "bonne journée mon bébé..."

    C'est donc qu'il faudrait que les scientifiques apportent des preuves pour limiter les dégâts ou au moins éviter qu'ils surviennent. Mais cela signifie-t-il également qu'un nombre conséquent d'adultes n'est pas en mesure d'user du simple bon sens ? 

    Eh bien, personnellement, ces "scientifiques" et leurs "études", mon bon sens me dit de m'asseoir desssus.  

    Quant aux adultes qui auraient besoin de ces "études", qu'ils essaient déjà de grandir avant de faire des enfants. 

    Apprentissages  de bébé

    © Thinkstock

     

    La synchronisation visuelle serait efficace pour que les bébés maîtrisent la communication et l'apprentissage.

    Un contact visuel avec un bébé provoque une synchronisation des ondes cérébrales chez l'enfant et la personne qu'il regarde, selon les résultats d'une étude publiée dans la revue médicale Proceedings of the National Academy of Sciences. Cette synchronisation peut aider à renforcer les compétences de communication et d'apprentissage.

    Quand un parent et un nourrisson interagissent, divers aspects de leur comportement peuvent se synchroniser, y compris leur regard, leurs émotions et leur rythme cardiaque, mais on sait peu de choses sur la synchronisation de leur activité cérébrale et sur ses conséquences.

    Des chercheurs de l'université de Cambridge (Royaume-Uni) ont mené une étude pour déterminer si les nourrissons peuvent aussi synchroniser leurs ondes cérébrales avec celles des adultes et si le contact visuel pourrait influencer cela.

    L'équipe a examiné les modèles d'ondes cérébrales de 36 nourrissons (17 dans la première expérience et 19 dans la seconde) en utilisant l'électroencéphalographie (EEG), qui mesure les modèles d'activité électrique du cerveau via des électrodes. Ils ont comparé l'activité cérébrale du nourrisson à celle de l'adulte qui lui chantait des comptines.

    LA SYNCHRONISATION CÉRÉBRALE AMÉLIORÉE PAR LE REGARD

    Dans la première de deux expériences, l'enfant a regardé une vidéo d'un adulte pendant qu'il chantait une chanson. Dans un premier temps, l'adulte regardait directement le bébé. Puis, il tournait la tête pour détourner son regard, tout en chantant des comptines.

    Les chercheurs ont constaté que les ondes cérébrales des nourrissons étaient plus synchronisées avec celles des adultes lorsque le regard de l'adulte croisait celui de l'enfant.

    Lors de la deuxième expérience, l'adulte regardait directement l'enfant ou détournait son regard en chantant des comptines.

    Dans ce cas, l'activité cérébrale des nourrissons et des adultes ont été synchronisés une fois que le contact visuel mutuel a été établi.

    "Quand l'adulte et l'enfant se regardent, ils signalent leur disponibilité et leur intention de communiquer l'un avec l'autre. Nous avons constaté que les cerveaux des enfants et des adultes répondaient à un 'signal de regard fixe' les rendant davantage reliés à leur partenaire", a déclaré Dr Victoria Leong, auteure principale de l'étude.

     


    C'est chouette les discussions avec un fils qui fait de hautes études scientifiques : :) 

    Léo Ledru Pas du tout d'accord avec tout ça, déjà à l'époque où on pense (et où on a déjà commencé) à dispenser des cours avec tablettes et pc omniprésents, ou des jeux électroniques pour nourrisson, ce type d'étude est très important pour justement démontrer que cette technologie est mal adaptée et risque d’amener à tout simplement à des déficiences mentales, émotionnelles , sociales. Et puisque justement le "bon sens" n'a aucune valeur puisqu'il est totalement subjectif et qu'il y a un nombre très important et potentiellement croissant de con la science à l'énorme responsabilité, et est l'unique solution, permettant d'avoir l'espoir de prendre des bonnes décisions et un progrès réussi. 
    Et avoir connaissance de quelque chose est complètement différent de savoir quelque chose et de pouvoir l'expliquer. Ce n'est pas parce que effectivement on ressent quelque chose quand on regarde une personne dans les yeux qu'il faut s'arrêter là, comprendre le pourquoi de notre ressenti et ses conséquences c'est là que la science entre en jeu et sans cette éternelle volonté à expliquer les phénomènes on serait toujours à l'âge de pierre.
    Des conflits d'intérêts dans la science, ou des problèmes d'éthiques ça existe mais ça ne discrédite en rien la science qui elle est et a toujours été bénéfique

     

    Thierry Ledru "il y a un nombre très important et potentiellement croissant de cons "... Oui, c'est surtout ça le problème. Et je n'aime pas l'idée que la "science" soit le pilier sur lequel les individus doivent se référer pour ne pas rester cons. C'est ça qui me désole au plus haut point. D'autant plus que la science devient dès lors la seule base de réflexion et c'est davantage à mes yeux une dépendance qu'une possible libération. Il n'est qu'à voir les scientifiques qui considèrent que le glyphosate n'est pas dangereux ou que les preuves de sa toxicité ne sont pas suffisantes. Maintenant, que des scientifiques viennent apporter une "preuve" que les poules ont des émotions et une conscience animale, si ça peut aider à ne plus les enfermer dans des mouroirs, c'est évidemment positif. Mais c'est la référence nécessaire à la science que je trouve "immature". Quand on regarde les yeux de Pignonnet, on n'a pas besoin de lui coller des électrodes sur le crâne pour savoir, intuitivement, qu'il y a une conscience derrière... :)

     

    Léo Ledru Dans ce cas ce n'est ni la science ni les scientifiques qu'il faut critiquer parce que justement sans eux se serait encore l'invasion des cons. Que ce soit désolant qu'il faille tout démontrer pour essayer de sensibiliser un minimum certes, mais ce qui est vraiment désolant c'est plutôt quand les choses sont démontrer mais pas mise en pratique justement parce que le reste du monde est trop con. Et justement c'est cette critique des scientifiques soit-disant dans leur tour d'ivoire qui fait qu'une partie de la population croit mieux penser que tout le monde et est incapable d'être à l'écoute des conseils ou consignes prouvées scientifiquement. Le bon sens c'est chacun fait ce qui lui semble bon , la science c'est prouver de manière reproductible qu'un comportement est le meilleur à adopter relativement aux autres.
    Et bien que je vois dans pignonet un être doué de sensibilité qui à ses humeurs ses envies et surement son analyse j'aimerai fortement avoir des preuves scientifiques de cela et surtout la compréhension de quelle est sa conscience, si c'est la même que la notre, s'il en existe des différentes etc. Et tout simplement savoir comment fonctionne la conscience, si elle est immuable ou si elle se fabrique par l'expérience du monde. Tout ça mon bon sens et mon ressenti personnel ne me l'expliqueront jamais, et je ne pourrai jamais sensibiliser et instruire d'autrs personnes sur la conscience animal en leur demandant juste de regarder un chat dans les yeux, certains ont le cœur sec c'est comme ça, la science est universelle et même un coeur sec si on lui montre par A+B comment est structuré la conscience du chat il sera surement plus à même de l'accepter

     

    Léo Ledru Après ya un autre facteur qui donne une mauvaise image, c'est ce que les médias présentent de la science. Toujours pareil, faut faire du clic, du scandale, et à chaque fois que je lis un article en français sur une publication il me suffit d'aller voir le résumé officielle de la publication en anglais (toujours disponible publiquement) pour voir que l'article français c'est de la vraie merde qui prend que ce qui l'intéresse dans la publication et passe sous silence d'autre éléments ce qui fausse complètement le truc

     

    Thierry Ledru Réponse 1 et réponse 2, entièrement d'accord. Sauf sur le bon sens, qui à mes yeux, est justement fondé sur l'expérience commune et partagée et non sur la perception individuelle. Le risque généré par une science omniprésente et seule habilitée à valider une connaissance, c'est qu'elle contient dès lors un pouvoir immense et que ce pouvoir appartient en sous-main à ceux qui financent les recherches. On entre dans les problématiques développées par Asimov ou Van Vogt sur le pouvoir de la connaissance orchestré par des individus intelligents pour dominer des cons...

     

    Thierry Ledru Le danger d'une "science toute puissante et seule valide", c'est ça, par exemple : http://www.telerama.fr/.../bienvenue-a-gattaca,44066.php

  • Roman d'anticipation.

    C'est la première fois que ça m'arrive...

    Dans l'écriture du roman en cours, la suite de "Les héros sont tous morts", l'histoire plonge au coeur d'une certaine actualité. Daesh y tient une place importante. Sauf que l'évolution de la situation dans les divers territoires occupés par l'état islamique m'oblige à changer le scénario prévu...En fait, l'actualité va trop vite...

    D'un roman d'anticipation, je me retrouvais avec une dissonance temporelle...Le présent rattrape le futur de mon histoire jusqu'à le faire tomber dans le passé.

    Donc, je reprends tout à zéro... Pile cent pages à retravailler pour prendre un peu plus de distance par rapport au présent.

    Mais, je reste néanmoins très heureux de ce genre de problème quand je pense à la réalité sur le terrain...

     

    Par contre, au regard de la vitesse effarante des déréglements écologiques générés par l'humanité et les conséquences inévitables qui surviendront, j'en viens à me dire qu'un jour, il faudra que j'écrive l'histoire d'un procès.

    Il racontera la plainte d'un jeune homme contre ses parents pour "mise en danger de la vie d'autrui par l'acte de procréation volontaire et prémédité sans le consentement de la tierce personne..."

    Un roman d'anticipation mais je ne sais pas jusqu'à quand.

  • Droits des animaux

    L'histoire du tigre abattu à Paris après s'être échappé d'un zoo occupe pas mal de place dans "l'actualité"...

    Il est intéressant d'analyser la dialectique employée dans les divers articles.

     

    "Agé de deux ans, le tigre a été tué de trois balles de fusil à pompe.
    Selon nos informations, son propriétaire a été placé en garde à vue dans les locaux du commissariat du XVe arrondissement pour «mise en danger de la vie d’autrui». Il aurait reconnu de lui-même une défaillance de la sécurité de l’enclos du tigre."

     

    L'humain considère que ses congénères se trouvaient en danger.

    Oui, assûrément.

    Mais qui est responsable de cette situation ?

    L'humain.

    Ce tigre aurait donc dû être anesthésié par les forces de l'ordre. Elles sont équipées pour ça. 

     

    "Nous avons une véranda dont les portes sont fermées car c'est de cet endroit que les tigres rentrent pour les spectacles et puis nous avons une autre cage de détente, où les tigres sortent avec une piscine, des arbres", a-t-il détaillé. "Si une bête s'échappe - mais cela n'est jamais arrivé depuis quarante ans que je suis à Paris - elle reste enfermée: c'est une cage dans une autre cage".

    Mais vendredi vers 18h00, il a ouvert une porte de séparation pour nettoyer les tigres dans la véranda: "une tigresse était sortie car une porte, généralement condamnée, était ouverte. On soupçonne un acte de malveillance. Il y avait une chaîne avec un cadenas et la chaîne a été coupée", a-t-il dit.

     

    L'acte de malveillance a eu lieu le jour où ce tigre a été arraché à son milieu naturel, pas dans le fait qu'une chaîne aurait été coupée. L'acte de malveillance, c'est d'oser prétendre qu'une cellule puisse être un lieu de détente pour des animaux, qu'il s'agisse d'un tigre ou de n'importe quel autre animal.

    On se trouve là encore devant un déni de responsabilité. Il en est de même dans l'usage que l'homme a de la planète en général. 

    Les mentalités évoluent malgré tout et je me réjouis de voir sur les réseaux sociaux des centaines de commentaires révoltés devant la vie et la fin tragique de ce tigre...

    On avance...On avance... Il n'est qu'à voir la liste grandissante des villes françaises qui refusent désormais la venue de ces mouroirs sur leur commune. 

    S'ils n'ont plus d'emplacement, ils finiront par abandonner les "numéros avec animaux". Ou alors, ils disparaîtront du paysage. C'est aux gens de faire pression.

     

    Les communes qui agissent en faveur des animaux

     

    Ce sont elles qui ont le pouvoir d'interdire la venue d'un cirque avec animaux sur leur territoire. Lesquelles ont déjà sauté le pas ?

    Si vous souhaitez solliciter votre mairie pour qu'elle prenne un arrêté d'interdiction, n'hésitez pas à nous contacter et nous vous y aiderons. Des modèles de documents sont également disponibles dans la rubrique Agir.

    Élus locaux, téléchargez notre modèle de délibération pour interdire l'installation de cirques avec animaux sur votre commune.

    A l'initiative de Code animal, qui avait rédigé le premier arrêté et "décroché" la première ville française, le mouvement a pris de l'ampleur ces dernières années. Au 24 novembre 2017, 65 communes françaises, dont 17 de plus de 20 000 habitants, disent non aux cirques avec animaux.

     

    Dernière mise à jour : 

    24/11/2017

     

    ©CCBYSA © OpenStreetMap contributors

     

     

    Légende

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    Ajaccio

    En avril 2016, Ajaccio (67 500 habitants, Corse du Sud), a voté l'interdiction d'installation des cirques avec animaux sur son territoire.

    Aups

    Aups refuse les cirques détenant des animaux sauvages depuis mars 2017. Béatrice Caturla, adjointe à la mairie est à l'origine de cette action : «Ma préoccupation principale est avant tout le bien-être animal, et le respect de la loi. L'article L.214-1 du code rural dispose que tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. Ne serait-ce que par le fait de l'enfermement, le plus souvent dans des cages exiguës, et de par les techniques de dressage, le cirque ne peut correspondre à cette législation.

    Bastia

    Le 17 octobre 2017, et suite à une consultation en ligne et au travail de sensibilisation du groupe "la Corse dit Stop aux cirques avec animaux", Bastia interdit au travers d'un arrêté les cirques avec numéros d'animaux sauvages : 

    "Au-delà de la question de la qualité de traitement des animaux, c'est tout simplement la notion d'exploitation commerciale d'animaux devant vivre à l'état sauvage qui ressort comme un problème majeur. La notion "d'exemple donné aux enfants" revient également très régulièrement, amenant les répondants à dire qu'ils fuient désormais les cirques avec animaux sauvages pour ne pas montrer cela à leurs enfants. Globalement, 90% des répondants sont contre l’accueil de cirques avec numéros d'animaux sauvages."

    Tout en affirmant clairement que tous les spectacles de cirque ne mettant pas en scène de numéros avec animaux sauvages, restent les bienvenus sur la commune de Bastia.
    http://www.bastia.corsica/fr/actualites-20/la-ville-de-bastia-interdit-les-cirques-avec-numeros-d-animaux-sauvages.html?cHash=d5c7afeece404a4386e7fb68817c3283

    Bazeilles

    Le Conseil municipal de Bazeilles a délibéré pour refuser l'installation de cirques sur le territoire communal en raison des conditions liées aux stationnement. 

    Bègles

    L’interdiction sur le territoire de Bègles du 1er mars au 1er novembre de chaque année, des spectacles organisés par des personnes morales ou physiques dans un cadre itinérant et dans lesquels figureront des animaux domestiques, sauvages, apprivoisés ou tenus en captivité.

    Bessancourt

    La ville de Bessancourt (Val d'Oise) dans une délibération en date du 31 mai 2007 "renonce à recevoir sur son territoire tout cirque détenant des animaux sauvages".

    Carquefou

    Carquefou refuse depuis mars 2011 les cirques avec animaux sauvages

    Carros

    Charles Scibetta, maire de Carros, vient de prendre un arrêté interdisant dans sa commune "l'installation de cirques avec animaux issus de la faune sauvage et/ou domestique, sauf exception".

     

    Chassieu

    Vernaisson et Chassieu, villes du Grand Lyon, renoncent à recevoir les cirques avec animaux. Monsieur Alain Darlay, maire de Chassieu, nous a transmis la délibération de sa ville, le 13 juillet 2010. Cette résolution a été voté à l'unanimité sur la base notamment des propositions faites par Code Animal par le biais de sa résolution.

    L'association Dignité Animale a multiplié les rencontres et démarches afin d'expliquer le bien fondé de cette décision.

    Creil

    Juillet 2009 : la ville de Creil (34 200 habitants) dans l'Oise interdit les cirques présentant des animaux.

    Draguignan

    2017 : la ville de Draguignan accepte la présence de cirques mais sans animaux. 

    Esbly

    La commune d'Esbly, en Seine-et-Marne, interdit depuis janvier 2016 l'installation de spectacles et de cirques détenant des animaux sauvages sur son territoire.

    Fontenay-sous-Bois

    À Fontenay-sous-bois (53 100 habitants, Val-de-Marne), un arrêté en date du 1er septembre signé par le sénateur-maire Jean-François Voguet stipule que "l’installation de cirques détenant des animaux sauvages et/ou domestiques (exceptés les chevaux, les chats, les chiens, les colombidés, les lapins), en vue de leur présentation au public, est interdite sur le territoire de la commune de Fontenay-sous-Bois".

    Furiani

    Par délibération du 19 septembre 2016, la commune de Furiani, en Haute-Corse, interdit l'installation des cirques détenant des animaux sauvages sur son territoire.

    Gainneville

    En avril 2016, la municipalité de Gainneville, en Seine-Maritime, a interdit l'installation de cirques avec animaux sauvages sur son territoire : "La municipalité est garante de la moralité publique et la mise en spectacle d'animaux sauvages ou de certains animaux domestiques dans des conditions incompatibles avec leurs besoins biologiques et leur habitat constitue une atteinte aux valeurs de respect de la nature et de l'environnement protégées par notre constitution."
     

    Gougenheim

    Les élus de la commune de Gougenheim (bas-rhin) ont décidé à l’unanimité d’interdire l’implantation des cirques détenant des animaux sauvages,  alors qu’elle en accueillait auparavant. Cette décision prise en juillet 2017 a été prise grâce à l'intervention d'Animalsace

    Ham-sous-Varsberg

    La commune de Ham-sous-Varsberg a voté à la majorité pour l'interdiction des animaux sauvages ! C'est la 11ème commune de Lorraine, grâce au travail du Groupe d'Actions Animales Moselle

    Hayange

    Le 13 avril 2016, la municipalité d'Hayange (Moselle) a adopté une motion interdisant l'installation sur le territoire de la commune de cirques avec animaux sauvages.
     

    Hénin-Beaumont

    La ville d'Hénin-Beaumont (26 300 habitants) renonce à recevoir des cirques détenant des animaux sauvages

    Homécourt

    La Ville d’Homécourt a pris un arrêté municipal en septembre 2016 pour refuser l’installation de cirques avec ménagerie dans la commune. « Les conditions de vie de ces pauvres bêtes ne sont pas dignes d’êtres sensibles », justifient les élus.

    Illkirch

    La ville d'Illkirch (26 400 habitants, Bas-Rhin) a adopté à l'unanimité une motion sur le refus d'accepter des cirques détenant des animaux sauvages à compter du 9 octobre 2006.

    Ivry sur Seine

    Le conseil municipal d'Ivry, suite à l'intervention de EELV a décidé d'interdire les cirques avec animaux sur son territoire. 
    "Fier de ma ville et d'avoir porté ce combat localement"  Romain Zavallone, au nom du groupe EELV. 22/11/2017 

    Jons

    La commune de Jons a décidé de dire non aux cirques malgré le rejet de la délibaration par le préfet.

    Jœuf

    La commune de Jœuf, en Meurthe-et-Moselle, a interdit l'installation sur son territoire de cirques détenant des animaux sauvages en cage, et n'autorise que des établissements "présentant au public des animaux domestiques pouvant être détenus en liberté, dans un enclos extérieur ou attachés".

    La Ciotat

    Troisième commune à agir en 2016 pour mettre fin aux spectacles avec animaux : La Ciotat (34 600 habitants, Bouches-du-Rhône). En mars, à l'initiative du maire, Patrick Boré, le conseil municipal a adopté une délibération interdisant la présence de cirques avec des animaux sauvages sur le territoire de la commune.

    La Trinité

    La mairie a pris un arrêté en 2012 interdisant l'installation de cirques avec ménagerie sur son territoire.

    Lescar

    Première commune en 2016 à prendre un arrêté pour interdire l'installation de cirques avec animaux : Lescar, dans les Pyrénées-Atlantiques.

    Lieusaint

    En février 2016, la ville de Lieusaint, en Seine-et-Marne, a décidé de « renoncer à recevoir sur son territoire tout cirque détenant des animaux sauvages ».

    Luc

    La commune varoise a renoncé à accueillir des cirques détenant des animaux sauvages le 1er août 2016.

    Machilly

    Le 29 août 2016, la commune de Machilly, en Haute-Savoie, a décidé d'interdire l'installation sur son territoire de cirques détenant des animaux sauvages.

    Magny-le-Hongre

    Par délibération du 23 mai 2016, la commune de Magny-le-Hongre, en Seine-et-Marne, a renoncé "à recevoir sur son territoire tout cirque détenant des animaux sauvages".

    Marcilly-d'Azergues

    En juin 2016, la municipalité de Marcilly-d'Azergues (Rhône) a voté par 9 voix pour (et 4 abstentions) l'interdiction pour les cirques détenant des animaux sauvages de se produire sur son territoire.

    Mouans Sartoux

    Mouans Sartoux a été déclarée ville anti-corrida, elle refuse de fait depuis 2007 tout spectacle avec animaux.
     

    Mourenx

    La commune de Mourenx dans les Pyrénées-Atlantiques a dit non aux cirques depuis le 14 Mars 2017.

    Orgelet

    La commune d'Orgelet a décidé de bannir, en 2016, tous les cirques présentant des numéros avec animaux, qu'ils soient sauvages ou non. Une décision éthique, qu'elle est la première à prendre en Franche-Comté.

    Passy

    Depuis juin 2017, le maire a décidé de refuser, désormais, d’accorder les autorisations d’occupation du domaine public, obligatoires pour les cirques et fêtes foraines, aux compagnies travaillant avec des animaux. 

    http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2017/06/20/les-cirques-avec-animaux-ne-sont-plus-les-bienvenus

    Pessac

    Troisième plus grande ville de Gironde, Pessac (60 700 habitants, 2013) devient, en octobre 2016, la première du département à dire non aux cirques avec animaux.

    Prunelli-di-Fiumorbo

    En Haute-Corse, la commune de Prunelli-di-Fiumorbo interdit la venue de cirques détenant des animaux sauvages sur son territoire depuis août 2016.

    Puttelange-aux-Lacs

    La commune mosellane a pris un arrêté d'interdiction d'installation sur son territoire de cirques avec animaux sauvages en juillet 2016.

    Rilhac-Rancon

    Depuis février 2016, la commune de Rilhac-Rancon, en Haute-Vienne, refuse l'installation sur son territoire de cirques avec animaux, pour des raisons éthiques.

    Roncq

    Dans le département du Nord-Pas-de-Calais, la municipalité de Roncq a interdit, en octobre 2015, la venue de cirques détenant des animaux sauvages sur son territoire.

    Roquebrune-sur-Argens

    Le 10 août 2015, par un arrêté, Luc Jousse, le maire de Roquebrune-sur-Argens (Var), a refusé les cirques avec animaux dans sa commune.

    Saint-Arnoult-en-Yvelines

    La commune de Saint-Arnoult-en-Yvelines interdit l'installation de cirques avec animaux sur son territoire depuis décembre 2012.

    Saint-Cergues

    Petite commune de Haute-Savoie, Saint-Cergues a pris à son tour, en 2016, une délibération interdisant l'installation de cirques présentant des animaux sur son territoire.

    Saint-Lys

    En juin 2016, la municipalité de Saint-Lys, en Haute-Garonne, a renoncé aux cirques avec animaux.

    Saint-Raphaël

    Saint-Raphaël (35000 habitants) interdit la présence des cirques détenant des animaux sauvages du 15 avril au 15 octobre, dont pendant la période touristique

    Servon

    La ville de Servon, en Seine-et-Marne, a pris, en février 2016, une délibération interdisant l'installation de cirques avec animaux sauvages sur son territoire.

    Six Fours les plages

    Six-fours les plages dans le Var (35 000 habitants)  interdit les cirques animaliers en septembre 2017 après le passage d'un cirque. Le maire a déclaré laconique : «On a eu pitié du tigre...»

    Sucé-sur-Erdre

    En juin 2016, le conseil municipal de Sucé-sur-Erdre, en Loire-Atlantique a décidé à l'unanimité de ne plus recevoir de cirques détenant des animaux sauvages.

    Thaon-les-Vosges-Girmont-Oncourt

    Le 23 mars 2016, la commune vosgienne de Thaon-les-Vosges-Girmont-Oncourt a adopté par 21 voix pour (4 abstentions et 17 voix contre) une motion renonçant à recevoir sur son territoire tout cirque détenant des animaux sauvages.

    Tourcoing

    L'équipe municipale de Tourcoing (94 400 habitants, Nord) en place depuis 2014 a inscrit dans son programme une politique de protection des animaux. Dans ce cadre, elle ne délivre aucune autorisation pour l'implantation de cirques avec animaux sur son territoire.

    Truchtersheim

    La commune de Truchtersheim, dans le Bas-Rhin, a décidé en mars 2016 de ne plus accueillir de cirques avec animaux. Une décision prise à l'unanimité du conseil municipal, suite à l'intervention d'Animalsace auprès du maire Justin Vogel. Ce dernier est aussi l'un des vice-présidents de la région et s'est clairement positionné contre les animaux dans les cirques.

    Vémars

    Le 8 juillet 2016, le conseil municipal de Vémars, dans le Val-d'Oise, a décidé à l'unanimité de ne plus accepter l'installation, sur le territoire de la commune, de cirques détenant des animaux sauvages.

    Vence

    Le 18 mai 2016, la ville de Vence (Alpes-Maritimes) a pris un arrêté interdisant l'installation sur son territoire de cirques et d'établissements présentant des spectacles avec animaux. Se déclarant "touchée par le destin tragique de la plupart de ces animaux", la municipalité dénonce ainsi "la mise en spectacle dans des conditions incompatibles avec leurs besoins biologiques et leur habitat".

    Vernaison

    Vernaisson et Chassieu, villes du Grand Lyon, renoncent à recevoir les cirques avec animaux. Monsieur Alain Darlay, maire de Chassieu, nous a transmis la délibération de sa ville, le 13 juillet 2010. Cette résolution a été voté à l'unanimité sur la base notamment des propositions faites par Code Animal par le biais de sa résolution.

    L'association Dignité Animale a multiplié les rencontres et démarches afin d'expliquer le bien fondé de cette décision.

    Villecroze

    La commune varoise a pris, le 1er août, un arrêté d'interdiction d'installation sur son territoire de cirques exploitant des animaux sauvages.

    Villeneuve Loubet

    Le 27 octobre 2016,  le conseil municipal de Villeneuve Loubet a voté à l’unanimité que « les cirques détenant des animaux sauvages aux vues de leurs conditions de détention et de dressage » sont désormais proscrits sur le territoire de la commune.

    Villeneuve-lez-Avignon

    Octobre 2008, Villeneuve-lez-Avignon, suite à une action du CLAN, le député-maire de la ville UMP, Jean-Marc Roubaud s'est déclaré contre l'utilisation des animaux sauvages dans les cirques : "Je n'ai pas pris d'arrêté parce que ce n'est pas nécessaire dans la mesure où les cirques doivent demander une autorisation, mais je suis tout à fait en phase avec cette association (le CLAN), c'est une décision en cohérence avec mes autres positions de défense de la cause animale. Et franchement, j'ai l'impression que ce genre de cirque n'est plus dans l'air du temps...".

    Villerupt

    Le maire de Villerupt, Alain Casoni,  rappelle que la ville veut « envoyer un signal à la population : le bien-être animal est une question importante qui concerne tous les citoyens. ». La ville interdit désormais les cirques avec animaux sauvages depuis février 2017.

    Villeurbanne

    Le maire de Villeurbanne (148 543 habitants) a pris position en faveur des droits des animaux et confirme en février 2017 ne jamais recevoir de cirques détenant des animaux.

    Viry Chatillon

    Viry Chatillon (33000 habitants), suite à l'intervention du CCE2A, publie un arrêté le 6 avril 2017 pour l'interdiction des cirques avec animaux.

    Vourles

    Août 2011 : selon le Progrès , "le conseil municipal vourlois a approuvé à l’unanimité une résolution visant à « renoncer à accueillir des cirques détenant des animaux sauvages », la semaine dernière. Au-delà des problèmes sanitaires que peut poser ce type de manifestations, en adoptant ce texte de loi, la mairie a véritablement tenu à s’inscrire dans les directives du ministère de l’Ecologie de mars 2011.

    À l’origine de ce projet, Dignité Animale, une association qui « lutte pour la défense des droits des animaux ». L’organisation, dirigée par Brian Mordasini, tente de convaincre l’ensemble des communes de la région lyonnaise. Le militant a confié qu’il avait déjà réussi à rallier Vernaison et Chassieu à sa cause".

    Wingles

    La ville de Wingles a décidé de prendre un arrêté interdisant l'implantation de cirques avec animaux sur sa commune (arrêté du 8 mars 2017)

    Yerres

    Depuis 2010, le maire de Yerres (28 800 habitants, Essonne), Nicolas Dupont-Aignan, refuse l'installation de cirques avec animaux.

    Yutz

    La commune de Yutz interdit les cirques détenant des animaux sauvages en mars 2017

  • L'amour divin

    Si le hasard reste « la force » nourrissant l’évolution de la vie, nous devons admettre l’idée que nous sommes en pleine errance au regard de l’humanité et qu’il est dès lors impossible d’anticiper sur la suite puisque rien d’intelligent ne la soutient. Et qu’on ne vienne pas opposer à ce constat l’intelligence humaine au regard de l’état de la planète…

    Si on prend à l’inverse en considération que l’extraordinaire complexité du vivant ne peut avoir émergé du néant par un enchaînement hasardeux, c’est qu’il existe une « intelligence créatrice. »

    « Dieu » : peu importe le nom qu’on lui donne dès lors qu'on parvient à s'extraire de toutes les nuisances commises en son nom par les hommes.

    Là où l'éventualité divine se charge pour moi d’une puissance phénoménale, c’est que cette intelligence détenait le pouvoir d’imaginer ce qui n’existait pas encore…

    Nous, humains, dotés semble-t-il d’une intelligence supérieure, nous n’inventons rien, fondamentalement parlant : nous usons des connaissances passées pour contribuer à l’évolution de ces connaissances. Rien de ce qui germe dans nos esprits ne vient de rien…

    Dieu, pour sa part, aurait donc inventé la vie sans aucune base de comparaison, sans données établies, sans cadres de références, sans structures initiales. Il n’y avait rien d’autre que Dieu et Dieu aurait élaboré l’idée de la vie.

    C’est comme si nous, humains, nous parvenions à concevoir ce qui n’existe pas encore et dont même l’idée ne peut être connue.

    Non seulement le phénomène vivant est infiniment stupéfiant mais l’idée même de ce phénomène l’est plus encore.

    Essayez donc pendant quelques instants de concevoir ce qui n’existe pas et vous tomberez inévitablement sur une connaissance antérieure, qu’elle soit intellectuelle ou matérielle. Il ne s’agira donc pas d’une « invention » mais d’une « continuité », d’un prolongement, d’une suite, d’un raisonnement empli des données acquises. La physique quantique qui peut paraître intégralement nouvelle n’est jamais qu’une « bifurcation » ou l’élaboration d’une voie parallèle à une connaissance antérieure. Sans la physique, les mathématiques et toute l'intelligence humaine contenue dans des milliers d'années d'études et de réflexions, rien n'aurait été possible. Notre présent découle inévitablement de notre passé.

    Rien de présent ne jaillit de rien.

    D’autre part, les humains qui adhèrent à l’idée d’un Dieu créateur doivent concevoir le fait que cette création concerne l’Univers entier et non pas seulement notre planète bleue ou alors, il faudrait accorder à ce Dieu une unique existence terrestre et au reste de l’Univers un tohu-bohu totalement chaotique. Mais l’Univers n’est nullement chaotique. Il est structuré.

    Dieu en devient dès lors l’architecte et notre système solaire n’est qu’une infime parcelle du chantier.

    Dieu serait donc une énergie diluée dans l’ensemble de sa création car on ne peut pas concevoir au regard de nos connaissances en physique que la complexité de l’Univers soit un désordre hasardeux et notre planète bleue un refuge pour un Dieu égaré dans l’immensité cosmique.

    J’imagine donc la vie terrestre comme une expérimentation parmi des milliards d’autres.

    Dans cette expérience, l’humanité dispose d’un libre arbitre absolu, intégral, non pas par indifférence divine mais par curiosité.

    Nous sommes une expérience et si nos comportements en viennent à porter atteinte à l’intégralité de la vie, ça n’a aucune importance au regard de Dieu et de l’immensité incommensurable de l’univers.

    Il m’est impossible d'autre part d’imaginer que les humains aient pu échapper à l’ordonnancement d’un créateur.

    Bien entendu que les références à Prométhée ou à Frankenstein surgissent mais elles ne me satisfont pas. Un Dieu, créateur de l’univers, ne peut voir une de ses créatures échapper à son intention ou alors c’est qu’il faudrait admettre une faille et une indépendance acquise ce qui serait totalement présomptueux… C’est donc que l’intention divine est neutre.

    Dieu observe juste l’expérience.

    Qu’en est-il d’ailleurs de cette observation ? Doit-on imaginer un Dieu observant l’univers à partir d’un endroit précis, dirigeant sa longue-vue dans des directions précises et tenant un cahier journal ?...

    « Deus sive natura » écrivait Spinoza et c’est ce à quoi j’adhère.

    Dieu serait donc partout puisqu’il est l’énergie de toutes choses existantes, de la pierre inerte au noir sidéral puisque ce « noir » est quelque chose… Ce qui revient donc à admettre l’idée que Dieu est en nous…

    Et là, les choses prennent une force immense.

    Je ne suis pas un individu issu d’un hasard facétieux observant une vie complexe et variée mais une entité insérée elle-même dans une expérimentation divine. Une entité bénéficiant d’une totale liberté d’agir : d’un comportement destructeur à celui d’un individu aimant et protecteur, responsable et intelligent. Non pas une intelligence égotique mais une conscience reconnaissante et emplie d’humilité, responsable également de la pérennité de cette création terrestre, de cette expérimentation en cours.

    Il existerait donc en toute création une présence commune : Dieu ou le flux vital ou n’importe quel autre nom, peu importe encore une fois.

    C’est ce que j’appelle « la vie en moi ». Non pas mon existence en tant qu’individu inséré dans une histoire personnelle mais une entité mue par une énergie commune à tout ce qui est : de la fleur à l’amibe en passant par la baleine bleue, de l’atmosphère à la terre du potager, de la pluie et de chaque flocon de neige.

    Dieu est en moi comme il est en toutes choses.

    Et lorsque j’éprouve cette présence, lorsqu’elle m’enflamme de sa puissance, je me relie à toutes choses. Je suis partout et non plus uniquement dans cette enveloppe provisoire. Là, ce petit rouge-gorge qui chante, il est animé, intérieurement, par la même énergie que moi. Rien entre lui et moi ne diffère sur ce point. Nous sommes unis par un flux commun. Cet arbre que j'ai tronçonné hier, je me suis donc appliqué à lui dire la raison de mes actes. Oh, bien sûr que certains individus ne verraient dans mes paroles que les élucubrations d'un esprit malade. Peu m'importe. Je n'agis qu'en fonction de mes convictions et non en m'interrogeant sur le jugement d'autrui.

    Et ce qui m'importe plus que tout, c'est de plonger autant que possible dans cette dimension de l'énergie commune, de la présence divine en toutes choses.

    Et lorsque je me glisse contre le corps de la femme que j’aime, je rencontre là aussi la présence de Dieu, l’énergie aimante qui vibre en nous. C’est là que la beauté infinie et lumineuse de l’amour se révèle. L’amour partagé est un hommage à la création. Et dans nos étreintes et chaque instant de notre vie commune, il me plaît d’éprouver en moi le bonheur de Dieu à cette réjouissance.

    La femme que j'aime est par conséquent la représentation idéale dont mon âme avait besoin pour aller vers Dieu, dans l'espace merveilleux de l'amour humain.

    Et j'honore la vie pour ce cadeau divin.

    L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes souriantes, personnes debout, ciel, montagne, nuage, plein air et nature

  • Black friday.

     

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    Black Friday : la messe de la schizophrénie moderne

    24 novembre 2017 / par La Relève et La Peste

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    Au lendemain de la fête de Thanksgiving s’ouvre aujourd’hui le « Black Friday », la messe capitaliste par excellence, profondément inscrite dans la culture américaine (et de plus en plus européenne) et qui est symptomatique de la schizophrénie moderne de nos sociétés.

    On honorait aux Etats-Unis hier le souvenir des Pères pèlerins qui, souffrant de la faim et du scorbut, avaient été touchés par la Providence divine. Par Providence, il faut entendre en réalité la bienveillance de Squanto et des Wampanoags qui leur vinrent en aide en partageant avec eux leur repas (une dinde selon la tradition) puis en leur apprenant à pêcher, chasser et cultiver du maïs. On sait comment, au cours de l’histoire, les colons américains ont su remercier les peuples amérindiens de leur accueil et de leur aide.

    Quoi qu’il en soit, hier était un jour de fête, de partage, de joie. Aujourd’hui, portés par ce sentiment de fête et d’excitation, les foyers américains partiront le cœur léger vers de nouveaux horizons : le partage deviendra prédation, la fête deviendra folie, la joie deviendra joute. Black Friday porte bien son nom, il est un jour triste, un jour d’aveuglement. Parce que rien ne vaut le plaisir de pouvoir, un jour dans l’année (ou plutôt un week-end voire une semaine), s’offrir à prix cassé tout ce qui nous a été vendu par la publicité, des millions de personnes vont se rendre aujourd’hui dans les grands magasins, profiter de cet instant de grâce.

    L’année dernière, sur les quatre jours qui s’étendaient du Black Friday au Cyber Monday, 154 millions d’Américains ont dépensé pour un total de plus de 50 milliards de dollars. En France 15 millions de personnes ont dépensé pour un total de 4,3 milliards d’euros en boutique et 735 millions en ligne selon le site Poulpeo. Tout ça pour quoi ? Un écran télé de l’épaisseur d’une feuille de papier qui remplacera celui de l’épaisseur d’un livre de poche ? Trois paires de chaussures qui seront portées autant de jours ? Derrière ce festival d’opulence c’est pourtant le massacre organisé – et conscient – de la planète et d’une partie de l’humanité qui s’organise.

    Crédits : Diariocritico de Venezuela/Flickr, CC BY

    Il y a à peine une semaine 15 000 scientifiques se réunissaient pour tirer (une fois encore) le cri d’alarme. On apprenait à peu près au même moment que des lycéens chinois avaient été exploités pour répondre à la demande ahurissante d’iPhone X. Peu de temps avant, les Panama Papers dévoilaient les noms de ces multinationales, artisans de la misère sociale, qui s’apprêtent à engranger des recettes mirifiques ce week end alors que pas un centime ne profitera aux services publics. La liste pourrait s’étendre sans fin tant chaque semaine nous sommes à la fois les spectateurs effarés d’un monde en dérive et les acteurs schizophrènes de son effondrement…

    Bien sûr nous serons aussi nombreux à ne pas participer à cette infâme messe. Nous sommes également de plus en plus nombreux à vouloir changer la couleur de cet événement – « Green Is the New Black » dirait-on. Et pour cause, comme le rapporte Bastamag, la Camif a pour sa part choisi de boycotter le Black Friday en fermant son site pour la journée et en envoyant ses employés dans diverses associations (comme à la Maison du Zéro Déchet, ou à Emmaüs). La fédération de magasins Envie a également choisi de détourner le Black Friday pour en faire « un rendez-vous annuel autour d’une consommation plus raisonnée et responsable. » L’idée est alors de proposer des initiations à la réparation de nos objets pour « sortir de la logique du tout-jetable ».

    Que dire à l’inverse de nos politiques qui continuent d’inciter à la relance de la consommation et encouragent le développement d’événements commerciaux à l’image du Black Friday ? En juin dernier, déçu par les résultats des soldes, Bruno Le Maire évoquait la possibilité de multiplier les événements de ce type. Il n’y a en soi rien d’étonnant – c’est son travail – mais arrêtons de faire croire que nous pouvons concilier nos modes de consommation et la préservation de l’environnement.

  • L'entraide

    Quand les temps deviennent difficiles, une seule solution : l’entraide

    22 novembre 2017 / Pablo Servigne et Gauthier Chapelle 
     

        
     

    Quand les temps deviennent difficiles, une seule solution : l'entraide

    Les temps à venir s’annoncent difficiles. Pour y faire face, les auteurs de cette tribune rappellent que les êtres humains ne sont jamais aussi forts que quand il font preuve du sens de l’entraide plutôt que de la compétition.

    Pablo Servigne est coauteur de Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes (Seuil, 2015). Gauthier Chapelle est coauteur de Le vivant comme modèle (Albin Michel, 2015). Ensemble, ils viennent de publier l’Entraide, l’autre loi de la jungle (les Liens qui libèrent).


    Les tempêtes arrivent, difficile de nier l’évidence. Climat, ressources, inégalités, migrations, etc. C’est bien parti pour durer, et tout va en s’accélérant. Mais comment se préparer ? Quelle posture adopter ? Pour nous qui vivons « hors-sol », dans les villes ou à la campagne, dans un confort matériel qui donne pour l’instant un sentiment d’invulnérabilité, la question est abstraite.

    Elle est cependant tout à fait concrète pour les populations dont les conditions d’existence ne permettent plus de s’enraciner décemment quelque part. En cela, la dernière analyse de Bruno Latour [1] est pertinente : nous sommes autant « hors-sol » que beaucoup de migrants… Mais comment faire pour habiter à nouveau le système-Terre ensemble ? Comment atterrir ?

    Bien sûr, il y a la petite recette « classique » : trouver un lieu à la campagne, faire un potager, apprendre les plantes médicinales, le bois ou la couture, s’organiser avec des voisins, etc. C’est bien, c’est même vital, mais est-ce réellement suffisant à l’échelle d’une société ? Combien de personnes peuvent envisager de vivre ce petit « atterrissage » ? Le retour sur Terre se heurte à des limites…

    Il y a la question des limites matérielles, les pénuries de ressources, de matériaux et d’énergie. Sur ce point, la caractéristique de l’espèce humaine est justement d’avoir jusqu’à présent remarquablement bien fait face aux pénuries. Nous, le petit singe imberbe et immature (à la naissance), incroyablement vulnérable, avons colonisé l’ensemble du globe (et même au-delà) avec une puissance époustouflante.

    Un milieu d’abondance fait émerger la compétition ; un milieu pauvre et hostile fait émerger l’entraide 

    Ce sont précisément les contraintes qui ont fait de nous l’espèce la plus coopérative du monde vivant. C’est notre vulnérabilité qui nous a rendus forts, qui nous a obligés à prendre soin des autres, à nous réunir en clans, à faire coopérer les mâles (en réduisant leur agressivité, ce qui est rare chez les primates), à profiter de la présence des grand-mères, à former des familles élargies soudées par des normes sociales de forte réciprocité. L’entraide est profondément ancrée en nous. Nous sommes une espèce ultrasociale.

    À cela, il faut ajouter la révolution cognitive (il y a 70.000 ans), quand nous sommes partis dans notre tête, nos mythes, nos récits, nos histoires… qui s’accumulent depuis des siècles pour former la culture, les cultures.

    En bref, un solide sens de l’entraide et une agrégation culturelle d’intelligence, voilà les deux clés pour bien gérer d’éventuelles pénuries. Nous savons le faire depuis des milliers d’années. Nous possédons les capacités de faire émerger l’abondance lorsque les limites du milieu se font sentir.

    Sauf que cette fois, non seulement toutes les limites arrivent simultanément et rapidement, non seulement nous avons gravement déstabilisé les équilibres du système-Terre nécessaires à la création d’abondance, mais la possibilité même d’entraide semble nous filer entre les doigts !

    Avant d’aller plus loin, il faut se rendre compte que la courte et extraordinaire période d’abondance que nous venons de vivre depuis la révolution industrielle — grâce aux énergies fossiles — a fait émerger une solide culture de l’égoïsme. Logique : c’est parce que nous sommes infiniment riches que nous pouvons nous permettre le luxe de dire à notre voisin : « Je n’ai pas besoin de toi, je peux vivre seul. » Il en va de même dans le monde vivant, des bactéries aux arbres, en passant par les animaux. Un milieu d’abondance fait émerger la compétition ; un milieu pauvre et hostile fait émerger l’entraide.

    La question des limites imaginaires 

    Le vrai problème n’est donc pas la pénurie, l’être humain sait assez bien gérer cela. Le vrai problème est d’arriver de plein fouet dans un monde de pénurie avec une culture de l’égoïsme. C’est précisément cette culture qu’il faut désamorcer au plus vite, afin de réduire le chaos social.

    Et si nous nous mettions à raconter la grande histoire de l’entraide ? Telle qu’elle s’est déployée depuis la nuit des temps, des bactéries il y a trois milliards d’années à nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, en passant par les millions de symbioses entre plantes et champignons, bactéries et insectes, anémones de mer et algues unicellulaires, fourmis et pucerons, etc. Bref, la « symbiodiversité » dans toute sa splendeur…

    Les biologistes redécouvrent aujourd’hui que les organismes qui survivent le mieux ne sont pas forcément les plus forts, mais ceux qui s’entraident le plus. Pendant les tempêtes, ce seront donc les groupes les plus coopératifs, les plus soudés, les plus organisés, qui s’en sortiront le mieux. Mais arriverons-nous à y croire à temps ?

    Il y a donc, en plus des limites matérielles, la question des limites imaginaires. Le front de lutte de ces prochaines années se situera assurément sur le plan des récits et du storytelling. Sortons vite du mythe de la compétition ! Pour cela, pas d’autre choix que de se raconter d’autres histoires, partout, à l’école, dans les universités (et les business schools !), dans les cinémas, dans les conversations.

    Continuer à rabâcher que la compétition est l’unique loi de la jungle et que l’être humain est naturellement égoïste est non seulement inexact, mais n’a aucun intérêt sinon celui de justifier soit un ordre social inique et toxique, soit sa propre paresse, pour ne pas dire lâcheté. Affronter les tempêtes et apprendre à aller vers les autres demande du courage, des efforts, de la patience et des compétences. Mais c’est probablement le seul chemin pour remettre les pieds sur Terre.



     


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    [1] Latour, B. Où atterrir ? Comment s’orienter en politique, la Découverte, 2017.

     


    Lire aussi : Pelt et Rabhi : « La loi du plus fort n’est pas la loi de la nature »

  • Oligarchie et enrichissement personnel

    J'ai laissé tomber le suivi de la politique par dégoût. Il est évident que nous ne sommes pas en démocratie mais uniquement en oligarchie. 

    Une oligarchie est une forme de gouvernement où le pouvoir est réservé à un petit groupe de personnes qui forment une classe dominante.

    Pour les sceptiques, on en a ici, encore une fois, l'exemple type. Lorsque les lois, tous les systèmes administratifs et financiers dépendent de quelques individus, l'idée même de démocratie est une farce. 

    Les ex-députés Nathalie Kosciusko-Morizet, François Sauvadet, Patricia Adam, Geneviève Fioraso et Bernard Accoyer.
    Les ex-députés Nathalie Kosciusko-Morizet, François Sauvadet, Patricia Adam, Geneviève Fioraso et Bernard Accoyer. (AFP / FRANCEINFO)

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    Qu'a fait votre ancien député de sa permanence parlementaire ? Vérifiez-le avec notre moteur de recherche

    "J'ai fait une connerie en vous parlant." Après plusieurs minutes d'entretien, cet ex-député s'agite. En repensant à ses réponses, il prend peur d'apparaître comme un "voyou" auprès des "gens modestes" de sa circonscription. "Je n'ai pas envie de détruire ma vie politique, j'ai une certaine image", soutient-il. Il finit par supplier de ne pas être nommé. Pas l'intention d'assumer en public le financement, sur ses frais de mandat parlementaires, de son ancienne permanence, restée depuis dans son patrimoine personnel.

    Jean-Jacques Urvoas, lui, pourrait avoir à s'expliquer. Comme le révèle franceinfo jeudi 23 novembre, l'ex-ministre de la Justice est visé par une plainte pour "détournement de bien public". L'ancien député PS du Finistère a utilisé son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) pour acheter sa permanence à Quimper, dont il est resté propriétaire après sa défaite aux législatives de juin. Cette pratique était autorisée à l’époque, avec la bénédiction des services de l'Assemblée. Mais une association anticorruption, Cicero 29, lui reproche un "enrichissement personnel", qu'elle estime à plus de 200 000 euros. Dans son rapport 2016, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique avait déjà alerté sur l'"accroissement sensible du patrimoine" de certains députés, du fait notamment de "remboursements d'emprunt provenant de leur IRFM".

    C'est la première fois qu'une plainte de ce type est lancée. Pourtant, le système des acquisitions de permanences, qui consiste à utiliser des fonds publics pour financer un patrimoine personnel, est ancien. Il a fallu attendre 2015 pour que l'Assemblée nationale interdise formellement aux élus d'acheter leur permanence parlementaire avec leur IRFM. Cette enveloppe mensuelle de 5 840 euros brut permet à chaque député de faire face aux dépenses liées à l'exercice de sa fonction (bureaux, déplacements, repas, etc.). Elle est distincte de l'enveloppe dédiée à la rémunération des collaborateurs, ainsi que du salaire de l'élu (7 210 euros brut). Elle a été utilisée pour l'achat de biens immobiliers par quantité de députés, depuis des décennies, sans aucun contrôle.

    Urvoas, l'arbre qui cache la forêt

    A l'issue des élections de juin, 432 députés ont fait leurs adieux à l'Assemblée nationale. Parmi eux, 250 avaient exercé au moins deux mandats au Palais-Bourbon. Franceinfo a enquêté sur le financement des permanences de ces 250 députés "historiques" et les a contactés individuellement, obtenant des retours pour 152 d'entre eux. Cette longue série d'entretiens, associée à un travail de recoupements auprès des services fiscaux, a permis d'identifier 71 propriétaires, soit près d'un élu sur deux. Ce chiffre aurait sans doute été encore plus élevé sans le silence troublant de certains ex-députés qui n'ont pas répondu – et sans les possibles mensonges ou omissions de certains autres.

    >> Qu'a fait votre ancien député de sa permanence parlementaire ? Vérifiez-le avec notre moteur de recherche

    Parmi les propriétaires, 32 anciens députés ont reconnu le recours à l'IRFM, au moins partiellement, pour financer l'acquisition d'une permanence parlementaire. C'est le cas de l'ancienne ministre socialiste de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso, qui a acheté un local dans le centre de Grenoble (Isère), en 2007. Elle a alors bénéficié, comme des dizaines d'autres députés, d'un prêt à taux réduit de la part de l'Assemblée nationale – un dispositif supprimé en 2010. Interrogée par franceinfo, elle assume avoir pioché dans l'IRFM et accuse les critiques du système de "démagogie".

    "Dans la durée, l'achat s'est révélé un bon calcul économique" pour l'Assemblée, défend l'ancien ministre de la Fonction publique François Sauvadet. En 1994, un an après son élection aux législatives, le centriste a fait l'acquisition d'une belle bâtisse en vieilles pierres dans un village à 50 km à l'ouest de Dijon. Il a alors déboursé 600 000 francs (ce qui équivaudrait aujourd'hui à 124 000 euros) puis remboursé les mensualités de son prêt avec ses frais de mandat. En 2010, la facture était soldée. "Cela permet à mon IRFM de servir à d'autres usages au service de mes concitoyens", justifiait-il vers la fin de son mandat, en 2015. Aujourd'hui président du conseil départemental de la Côte-d'Or, François Sauvadet peut toujours profiter du bâtiment – et de sa piscine extérieure.

     

    Vue aérienne de la permanence achetée par François Sauvadet en 1994 en Côte-d\'Or. Il a ensuite acquis, en 2004, deux parcelles jouxtant son terrain (à gauche de la piscine et à gauche du bâtiment principal).
    Vue aérienne de la permanence achetée par François Sauvadet en 1994 en Côte-d'Or. Il a ensuite acquis, en 2004, deux parcelles jouxtant son terrain (à gauche de la piscine et à gauche du bâtiment principal). (GOOGLE MAPS / FRANCEINFO)

     

    A Brest, installer une piscine en plein air est un pari plus risqué. En 2003, fraîchement élue, la députée socialiste du Finistère Patricia Adam s'est contentée d'acheter un appartement en plein cœur du centre-ville, pour 88 769 euros. "Je l'ai entièrement financé avec l'IRFM, en remboursant pendant dix ans, reconnaît-elle. Pendant mon dernier mandat, je ne me suis pas versé de loyer, ça n'a rien coûté."

    C'était la règle il y a quinze ans. On achetait, on nous disait de faire ainsi.

    Patricia Adam

    à franceinfo

    Certains élus ont mis un peu de temps avant de découvrir l'astuce. Le député PS de l'Allier Bernard Lesterlin, élu en 2007, affirme qu'il louait un local depuis deux ans quand il a été interpellé par les services de l'Assemblée. "C'est un peu idiot, vous devriez acheter, à Montluçon le marché est très peu cher", lui aurait dit le Palais-Bourbon. L'élu affirme avoir alors acheté, en 2009, un appartement de 130 m².

    Son collègue de Moselle, Michel Liebgott, lui, utilisait gracieusement un bureau acheté sur ses deniers personnels. En 2015, à l'heure des nouvelles règles imposées aux députés, le propriétaire a pris rendez-vous avec le déontologue de l'Assemblée. "Le déontologue m'a dit 'Vous pouvez tout à fait vous verser un loyer'", affirme le socialiste. Dès lors, il s'est versé un loyer de 700 euros par mois avec son IRFM, jusqu'à la fin de son mandat. Contactés par franceinfo, ni l’ancien ni l’actuelle déontologue n’ont souhaité répondre à nos questions.

    Des biens aujourd'hui à louer ou à vendre

    Cinq mois après les législatives, qu'ont fait ces ex-députés de leur permanence ? Disant n'avoir "aucun état d'âme" sur son utilisation de l'IRFM, l'ex-député Les Républicains de Haute-Savoie Marc Francina, maire d'Evian-les-Bains, reconnaît avoir déjà "remis en location" son bien situé dans une rue piétonne de Thonon-les-Bains, acheté pour 106 715 euros en 2004. Son collègue LR de la Somme Alain Gest, président d'Amiens Métropole, assure, lui, qu'une promesse de vente a été signée pour son bureau à Corbie.

    D'autres n'ont pas attendu la fin de leur mandat pour revendre, avec de jolies plus-values à la clé. En 2013, via sa société civile immobilière (SCI), le député LR de Seine-et-Marne Guy Geoffroy a revendu, pour 150 000 euros, son bureau acheté dix ans plus tôt pour 89 000 euros, à Brie-Comte-Robert. Dans le Nord, le Républicain Thierry Lazaro a presque réussi à tripler le montant initial. Sa permanence achetée "dans un état pas très glorieux" pour 53 000 euros en 2004 dans la commune dont il est maire, Phalempin, a été reprise, en 2016, pour 140 000 euros. "On a fait les travaux avec nos petites mains", justifie-t-il, tout en précisant que l'achat initial n'a été remboursé qu'"en partie sur l'IRFM""Le reste, je l'avais donné sur mes fonds propres, avec un apport personnel."

     

    Pour quelques-uns, pas question de remettre la permanence sur le marché. "Je la garde, sentimentalement, j'y suis attaché", confie l'ex-élu PS de la Loire Jean-Louis Gagnaire, qui a acheté un appartement dans le cœur de Saint-Etienne en 2007 pour 287 000 euros. Aujourd’hui, l’appartement est mis gracieusement à disposition d’un fonctionnaire qui cherchait un logement pour l’année. "Peut-être que j'y habiterai un jour…", glisse Jean-Louis Gagnaire. A Hondschoote (Nord), Jean-Pierre Decool a lui aussi conservé sa permanence. On n’y vient plus pour rencontrer son député mais pour y faire toiletter son chien, dans le salon canin  tenu par Sidonie Decool, fille du nouveau sénateur divers droite. A Grenoble (Isère), l'ancien maire socialiste Michel Destot a lui fait don de sa permanence à ses enfants. Ils sont, depuis 2011, les propriétaires de l’appartement, estimé à 154 000 euros, qui lui servait de permanence.

    Silence chez Accoyer, Chatel et Kosciusko-Morizet

    Dans la famille des anciens députés propriétaires, il y a donc ceux qui reconnaissent avoir utilisé l'IRFM, mais aussi ceux qui assurent ne pas y avoir touché (ils sont 20 dans ce cas), et enfin – et surtout ? – ceux qui refusent de répondre sur le sujet. IRFM ou pas ? Malgré de multiples relances, pendant plusieurs semaines, franceinfo reste dans l'attente d'explications de la part de 18 ex-élus propriétaires. Parmi eux, le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer. L'ancien président de l'Assemblée nationale a déboursé 390 000 francs en 2000 (soit 74 500 euros constants) pour un bien à Annecy (Haute-Savoie), où il accueillait ses concitoyens. Aucun retour, non plus, de la part de Luc Chatel. L'ex-ministre LR de l'Education nationale a acheté sa permanence de Chaumont (Haute-Marne) en 2003 pour 211 000 euros et l'a revendue en 2014 pour 280 000 euros.

    Quand certains ne décrochent pas le téléphone, d'autres le raccrochent précipitamment. "Pardonnez-moi, mais je préfère qu'on en reste là, lâche l'ancienne ministre LR de la Parité, Nicole Ameline, à l'évocation de sa permanence à Honfleur (Calvados). Je suis navrée, je ne réponds pas, je vous dis à bientôt." Même empressement chez l'ex-ministre LR de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. "C'était il y a dix ans, vous trouverez tout ça dans la presse, je vous remercie, bonne journée", assène la conseillère de Paris. Malheureusement, nos recherches n'ont pas permis d'exhumer d'articles de presse concernant sa permanence-demeure avec tennis et piscine de Longpont-sur-Orge (Essonne), achetée pour 891 800 euros en 2002 et revendue pour 1 210 000 euros en 2013. Un achat financé en partie par un prêt bonifié de l'Assemblée nationale, à un taux de 2%, contre 3,6% pour le second prêt souscrit auprès d'une banque. En 2015, la députée avait déjà refusé de nous répondre. Seule la démarche entamée par l'association Regards Citoyens, qui a demandé à tous les députés sortants de publier leurs relevés de comptes IRFM, pourrait permettre de faire la lumière sur ces cas.

     

    L\'ancienne maison-permanence de Nathalie Kosciusko-Morizet à Longpont-sur-Orge (Essonne).
    L'ancienne maison-permanence de Nathalie Kosciusko-Morizet à Longpont-sur-Orge (Essonne). (GOOGLE MAPS)

     

    Autre cas que nous avions relevé, celui du maire LR de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Patrick Balkany. Au téléphone, il nous explique d'abord avoir acheté sa permanence de la rue Trébois en 1978, avec ses fonds personnels, avant de la revendre en 2007. Mais il se fait plus énigmatique lorsqu'on lui demande s'il s'est versé un loyer avec l'IRFM lorsqu'il était député : "L'IRFM a servi à financer le fonctionnement de mon mandat". C'est finalement après la publication de notre enquête* qu'il précise sa réponse, par la voix de sa femme Isabelle : "Jamais, jamais, jamais, il n'a touché un loyer" lorsqu'il était propriétaire. Dont acte.

    "Je n'ai pas voulu être propriétaire avec de l'argent qui n'était pas le mien"

    Parmi les 150 ex-députés contactés avec succès par franceinfo, une autre moitié avait fait le choix de louer sa permanence parlementaire. "Je fais partie de la catégorie des idiots, ironise l'ancien élu LR des Alpes-Maritimes Lionnel Luca. Je ne me suis pas enrichi avec les indemnités qui servaient à l'exercice des fonctions, je suis assez fier de ça."

    A l'époque, il fallait être résistant pour éviter cette facilité présentée comme légale, alors que ce n'était pas légitime. Les administrateurs vous encourageaient, c'était presque un pousse-au-crime.

    Lionnel Luca

    à franceinfo

    "Faire une opération immobilière sur les fonds de l'Assemblée nationale, ce n'était pas ma ligne", explique l'ex-ministre PS de la Justice Elisabeth Guigou, longtemps élue en Seine-Saint-Denis. "Je n'ai pas voulu être propriétaire avec de l’argent qui n’était pas le mien, cet argent n’était pas là pour acquérir un bien immobilier", abonde son ancien collègue marseillais Henri Jibrayel.

    Certains ont opté pour la location instinctivement, d'autres presque par déformation professionnelle. "Je fais partie de ces hauts fonctionnaires si décriés, mais éduqués dans le sens 'service public' : on ne mélange pas l’intérêt public et l’intérêt privé", explique l'ex-élue chevènementiste de l'Aisne Marie-Françoise Bechtel, un temps à la tête de l'ENA. "Cela me semblait logique de rester en location, dit l'ancien élu PS du Lot Jean Launay. N'oubliez pas que j’étais comptable public, ça laisse des traces..."

    Quel regard les anciens locataires portent-ils sur leurs collègues propriétaires ayant financé leur acquisition avec leur IRFM ? "C’est une appropriation privée de moyens publics qui est plus que condamnable", tranche l'ex-député PS des Ardennes Christophe Léonard. "Je ne comprends même pas qu'on puisse y penser", assure le centriste François Rochebloine, élu de la Loire pendant trente ans. "C’est pour ça que les citoyens nous en veulent", estime même la Guyanaise Chantal Berthelot, qui siégeait sur les bancs socialistes.

    Pour Hervé Lebreton, président de l’Association pour une démocratie directe, cette pratique relèverait même de la prise illégale d’intérêts, "avec quelqu’un qui a la casquette de surveillant et de surveillé""La question centrale est celle de la probité : est-ce qu’un élu peut s’enrichir avec son enveloppe de mandat ?", s’interroge le militant associatif, à l’origine du changement de règlement en 2015.

    Reverser l'argent à des associations ?

    Face aux critiques, les anciens députés ayant conservé leur permanence restent droits. Tous insistent sur le caractère légal de l'opération, alors "autorisée""conseillée", voire "demandée" par l'Assemblée nationale."C'était un avantage des députés", reconnaît l'Amiénois Alain Gest, qui peste au passage contre la réduction des privilèges des députés et contre la "suspicion détestable" qu'"on fait peser" sur eux. "On avait des semaines de travail du lundi au lundi, presque sans temps de pause", se défend l'ex-socialiste de Haute-Garonne Françoise Imbert.

    L'ancien élu LR Dominique Le Mèner, qui a acheté sa permanence au Mans (Sarthe), met cette pratique contestée sur le compte d'une autre époque. "Personne ne se posait ce genre de question, assure l'actuel président du conseil départemental de la Sarthe. Maintenant, avec les difficultés économiques, ça ne paraît plus normal, et j'ai compris le changement de règles. Mais ce serait un peu stupide de penser à rendre sa permanence..."

    Rendre la permanence ? L'ancien député PS des Deux-Sèvres Jean Grellier, lui, y songe. Il a demandé au service du budget de l'Assemblée "s'il y avait une procédure pour reverser l'argent" tiré de la vente prochaine qu'il compte faire de son bien à Bressuire. Réponse négative. Après un échange avec la déontologue du Palais-Bourbon, il envisage désormais de "distribuer l'équivalent des plus-values à des associations locales".

    Le communiste Alain Bocquet, élu pendant des décennies dans le Nord, affirme avoir "toujours eu l'idée de refiler [sa permanence] à une association ou une fondation""J'ai pas envie de garder ces locaux, qui ne m'intéressent pas d'ailleurs, dit-il. Je veux simplement rentrer dans mes frais." Il vendra donc son bâtiment de Bruay-sur-l'Escaut, acheté pour 140 000 euros en 2008, à moins de le laisser à son successeur PCF Fabien Roussel. "Cela restera une permanence parlementaire ou un lieu social", promet-il.

    En janvier 2018, l'IRFM ne sera plus de ce monde. L'Assemblée nationale a décidé de la remplacer par un système de remboursements sur justificatifs. Les députés s'exposeront alors à des contrôles de leurs dépenses, qui étaient jusque-là inexistants. Ce nouveau dispositif devrait, en théorie, empêcher les nouveaux députés d'imiter leurs aînés en faisant de belles affaires immobilières. A moins qu'ils ne trouvent le moyen de contourner les règles.

     

    * Une première illustration de cette enquête montrait Patrick Balkany. Après la publication, il nous a finalement affirmé ne pas avoir utilisé son IRFM lorsqu'il était propriétaire de sa permanence.