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  • Comment ruiner l'école publique (école)

     

    C'est amusant de voir la flopée d'articles qui sortent pour raconter ce que je disais il y a deux ans....Je les imprime et je les ajoute au fil des jours à mon dossier....500 pages de textes, d'articles, d'analyses personnelles ou trouvées sur la toile. J'aime bien maintenant poser le "pavé" sur le bureau des gens qui me convoquent. 
    "Vous voulez qu'on fasse un bilan du chaos ? Pas de problème si vous avez une semaine devant vous...."

     

    Cet article date de 2008. On était un bon nombre déjà à sentir le vent du lisier pédago-libéro-financier qui commençait à rendre l'air irrespirable...


     

    LA LEÇON DES NÉO-LIBÉRAUX : COMMENT RUINER L'ÉCOLE PUBLIQUE?

    Par Marie Perret
    Samedi 3 mai 2008

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    QUATRE CONSTATS INQUIÉTANTS

     

    1. Plus de 150 000 élèves sortent chaque année du système scolaire sans diplôme.
    2. Le recours à des officines de soutien privé est de plus en plus systématique. Il faut savoir qu’Acadomia, entreprise spécialisée dans les cours à domicile, est désormais cotée en bourse. Il y a, de fait, une privatisation rampante de l’enseignement.
    3. L’école, depuis 30 ans, ne joue plus son rôle d’« ascenseur social ». Un exemple : il n’y a jamais eu aussi peu d’enfants d’ouvriers dans des grandes écoles comme Polytechnique ou Centrale qu’aujourd’hui.
    4. Le niveau baisse. Il y a quelques années encore, il était de bon ton de railler les professeurs élitistes et grincheux, toujours prompts à « seriner l’antienne du niveau qui baisse ». Aujourd’hui, le constat est pour ainsi dire unanime. On tire la sonnette d’alarme à tous les niveaux, et dans toutes les matières. Instituteurs, professeurs de collège et de lycée, mais également professeurs d’université : tous déplorent le peu de culture des élèves et des étudiants, leur manque de repères historiques, leur difficulté à maîtriser la langue française, à organiser leur pensée de façon rigoureuse, à exprimer leurs idées de façon fine. Les raisons de ces difficultés ne sont pas seulement exogènes et sociologiques. Si le niveau baisse, ce n’est pas seulement à cause de l’hégémonie de la société du spectacle ou de l’attitude « consommatrice » des jeunes : c’est aussi parce que l’école est de moins en moins exigeante. Bien sûr, le régime n’est pas le même partout : dans les grands lycées de centre ville, où sont généralement scolarisés les enfants de la bourgeoisie, les exigences sont restées à peu près les mêmes. Dans les quartiers populaires, en revanche, les professeurs, débordés, gèrent tant bien que mal la violence liée à l’indiscipline en occupantles élèves, à défaut de les instruire. Les parents cherchent par tous les moyens à dé-sectoriser leurs enfants ou à les inscrire, quand ils sont assez riches, dans le privé. Le contraste entre les établissements est désormais tellement marqué qu’il n’est pas excessif de parler d’une « école à deux vitesses ».

    Ces quatre faits ne sont évidemment pas indépendants les uns des autres. Le quatrième constat, qui est le plus déterminant, éclaire les trois autres : c’est parce que le niveau baisse que les familles bourgeoises enrichissent les officines de soutien privé tandis que les enfants des milieux populaires vont grossir les rangs de ceux qui sortent du système scolaire sans diplôme. On ne s’étonnera donc pas que l’école joue aujourd’hui moins que jamais son rôle d’« ascenseur social ».

     

     

    A QUI PROFITE LE CRIME ?

     

    La question qu’il faut poser est la suivante : qui a intérêt à ruiner l’école publique ? A qui profite le crime ?

    En 1996, le centre de développement de l’OCDE a publié un intéressant rapport. Le titre est sibyllin (« La faisabilité politique de l’ajustement »), le style, technocratique, l’enjeu effrayant : sous couvert d’apprendre aux gouvernements comment réduire les déficits budgétaires, son auteur, Christian Morrisson, montre comment libéraliser tous les secteurs des activités humaines en « réduisant les risques » – entendez : en évitant la révolte sociale. Soit le problème suivant : étant donné qu’il n’y a pas de libéralisation possible sans destruction des services publics, étant donné que les peuples sont généralement attachés aux services publics, trouver le moyen de supprimer les services publics tout en évitant de mettre les gens dans la rue. La solution est simple, mais il fallait l’inventer : Christian Morrisson préconise la méthode douce qui consiste à diminuer la qualité des services publics. Dans l’extrait ci-dessous, l’auteur prend l’exemple de l’école. Goûtons ce morceau d’anthologie du cynisme néo-libéral :
    « Les mesures de stabilisations peu dangereuses :
    Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population.
     »

    Il n’y a qu’à diminuer progressivement la qualité de l’enseignement : les citoyens n’y verront que du feu. Personne ne descendra dans la rue, les gouvernants ne seront pas inquiétés, le secteur privé tirera tout le bénéfice, car les familles fuiront les établissements publics. Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
    Christian Morrisson décrit sans fard la réalité de l’école publique. La qualité de l’enseignement, depuis 30 ans, baisse à un point tel que les citoyens n’ont plus confiance dans leur école. Résultat : la marchandisation de l’enseignement est en marche (après celle de l’eau, après celle des énergies, après celle de la santé, etc.). L’école publique se délite progressivement. On grogne bien ici ou là, on réclame davantage de moyens, mais force est de constater que la recette Morrisson marche bien : le « risque politique » que constitue le « mécontentement général de la population » est évité.

     

    LES « IDIOTS UTILES »

     

    Pour résister à cette entreprise de destruction de l’école publique, il aurait fallu défendre l’idéal d’une institution forte, dévolue à la transmission de savoirs exigeants, sourde aux pressions venant de la société civile. Pour combattre efficacement Morrisson, il aurait fallu se ranger derrière Condorcet. On aurait pu croire que la gauche, fidèle aux principes de l’école républicaine, allait résister à l’offensive. Non seulement elle ne l’a pas fait, mais elle a apporté, à son corps défendant, un soutien inespéré au programme de la marchandisation de l’école. Le discours « pédagogiste » auquel une grande partie de la gauche a adhéré a eu pour principal effet de précipiter l’affaiblissement de l’institution scolaire ainsi que la baisse général du niveau. Voici quelques exemples de mesures qui ont participé à cette baisse :

    • En valorisant des qualités qui n’ont rien à voir avec les compétences qu’on doit attendre d’un professeur, on a recruté des enseignants qui n’étaient pas toujours qualifiés. On a oublié qu’avant d’être « gentil », « dynamique », d’« aimer les élèves », de « participer activement au projet d’établissement », un professeur doit se distinguer par la maîtrise des savoirs qu’il transmet.
    • En instaurant le passage automatique, on a fait en sorte que tous les élèves, même ceux qui n’ont pas le niveau, puissent passer dans la classe supérieure. Comme le redoublement est un luxe (les gestionnaires de l’éducation nationale savent que cela coûte de l’argent), on a poussé les professeurs au laxisme. Pire : on leur a retiré le droit de s’opposer au passage de tel ou tel élève dans les conseils de classe. Les parents sont généralement contents : ils pensent qu’on fait un cadeau à leurs enfants. Ils se trompent : en fait de cadeau, il ne s’agit que de faire des économies.
    • Sous le prétexte idiot que la discipline ferait violence aux élèves, qu’un cours doit être « vivant », que le cours magistral est « ringard », on a laissé le désordre s’installer dans les classes. Les professeurs constatent amèrement qu’il est de plus en plus difficile de faire la classe dans de bonnes conditions et d’instruire les élèves.
    • En bradant les diplômes qui, de fait, ont de moins en moins de valeur sur le marché du travail, on a poussé tout le monde à faire des études longues. Comme les conditions d’enseignement à l’Université sont souvent difficiles et parfois déplorables, comme les BTS et les IUT sont pleins, les parents qui ont de l’argent inscrivent leurs enfants dans des écoles supérieures privées (qui coûtent très cher). Ceux dont les parents n’ont pas les moyens se retrouvent sur le marché du travail : ils constituent alors une main d’œuvre paupérisée, qui est d’autant plus exploitable par le patronat qu’elle est peu qualifiée.
    • On a délaissé l’enseignement technique et professionnel, éternel parent pauvre de l’éducation nationale, alors qu’il peut assurer une solide formation à des élèves qui s’ennuient dans les filières générales.
    • Au nom des meilleurs sentiments du monde, on a remis en question le principe d’égalité républicaine et condamné les élèves des quartiers populaires : au lieu d’exiger d’eux ce qu’on exige dans les collèges et les lycées parisiens, on a "adapté" l’enseignement (« inutile de leur faire lire Racine, Descartes ou Montaigne : c’est trop compliqué pour eux et puis c’est tellement éloigné de leurs préoccupations »). On enseigne les humanités aux fils et aux filles de la bourgeoisie, tandis qu’on expérimente, sur les enfants des quartiers populaires, les nouvelles "pédagogies".

     

     

    LES MOYENS DE RÉSISTER

     

    Comment résister à cette entreprise d’affaiblissement de l’école publique ?

    Voici, pour conclure, quelques pistes :

    • En renforçant l’institution scolaire : il faut instaurer de la discipline, élever le niveau des exigences, instruire les élèves (et non les occuper ou les amuser).
    • En recrutant des professeurs compétents : il faut que ceux-ci soient recrutés sur concours nationaux, pour leurs savoirs ainsi que leur capacité à les transmettre le plus clairement et le plus rigoureusement possible.
    • En concentrant les moyens dans les établissements des quartiers populaires : les professeurs les plus puissants, les mieux formés, les plus savants doivent être envoyés dans ces quartiers et exiger des élèves ce qu’ils exigeraient des élèves d’un lycée comme Henri IV.
    • En cessant d’abaisser l’enseignement technique et professionnel : il faut que les élèves puissent en tirer une formation solide grâce à laquelle ils pourront trouver du travail, mais aussi suffisamment généraliste pour qu’ils puissent changer d’entreprise.

    par Marie Perret
    Responsable du secteur Ecole de l'UFALvoir tous ses articles

  • "Je suis devenue chamane... (spiritualité)

    "Je suis devenue chamane malgré moi"

    SPIRITUALITÉ

     

    Corine Sombrun

     

    "Je suis devenue chamane malgré moi"

    par Patrice van Eersel

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    Un jour, lors d’un reportage en mongolie, elle est entrée en transe et s’est transformée en louve. c’est là qu’elle a découvert son don de chamane. le pouvoir de ces prêtres-sorciers est, selon elle, de savoir faire toute la place à l’intuition dont nos sociétés modernes se sont coupées.

    Comment imaginer que cette Française à la voix douce et au regard bienveillant se transforme en louve hurlant sur la steppe mongole ? L’histoire de Corine Sombrun est un grand roman.

    Elevée en Afrique par des parents ouverts aux autres cultures, puis formée à la composition musicale à Nice, elle a reçu plusieurs grands prix avant de fonder son école de piano. Elle se lance ensuite dans l’art multimédia, au Canada, puis à Londres où elle s’engage dans des performances. Alors qu’elle participe à une pièce de théâtre de Ken Campbell, des producteurs de la BBC la remarquent. On l’invite à réaliser des reportages sur les peuples premiers. Elle se rend ainsi à la rencontre d’Indiens d’Amazonie. Puis elle part recueillir les chants d’un rituel chamanique mongol. Elle ignore que ce voyage va tout faire basculer.

    Elle vit aujourd’hui de ses compositions musicales et de ses livres, mais est aussi à l’origine du premier protocole de recherche en neurologie sur la transe chamanique mongole. Elle dit : “Je suis une psychonaute” – entendez un pont entre la science et la plus ancienne des religions. Lorsque, en 2001, envoyée spéciale de la BBC, vous avez débarqué en Mongolie pour la première fois, tout s’est joué très vite…

    Après 15 heures d’avion, 35 heures de bus et 7 heures de jeep, je me suis retrouvée en pleine steppe, parmi des éleveurs de yacks. Avec Naraa, l’interprète qui allait devenir mon amie, nous sommes allées voir Balgir, le chamane local. Un homme rare : à cette époque, il n’y avait plus que 30 chamanes pour trois millions de Mongols. Je lui ai demandé si je pouvais enregistrer son prochain rituel. Il m’a dit :« Ça risque d’énerver les esprits, je dois demander leur avis. » Il m’a alors invitée à aller couper de l’herbe pour ses bêtes, tandis qu’il s’allongeait tranquillement sous un arbre. Le soir, j’étais exténuée, mais j’avais fait mes preuves : les esprits ont été d’accord pour que j’enregistre. Quelques jours plus tard, à la nuit tombée, je me suis rendue dans sa ger (« yourte » en mongol) avec un minidisque et un micro. Là, c’est allé très vite, en effet. A peine avait-il commencé à battre son énorme tambour que je suis entrée en transe, ce qui n’était pas prévu au programme. 

    Je me savais sensible, mais pas à ce point : mes parents m’avaient raconté qu’enfant, au Burkina Faso, il avait fallu me retenir pour que je ne me rue pas dans une danse sacrée locale. Chez Balgir, j’ai d’abord tremblé de tout mon corps et les gens ont cru que j’avais peur. Puis je me suis mise à hurler et je suis devenue une louve, avec l’impression d’avoir des griffes et une truffe à la place du nez. Une sensation d’une force inimaginable. Le chamane a dit ensuite à Naraa qu’il avait dû batailler dur pour me « ramener ». Il était furieux.

    Pourquoi ?

    Parce que nous ne l’avions pas prévenu que j’avais le don de chamane ! J’étais d’autant plus ahurie qu’il m’a fait comprendre que je ne pouvais plus repartir, qu’il fallait que l’on m’initie. Pour les Mongols, l’une des pires fautes possibles, source d’innombrables malheurs, est de ne pas cultiver un don. Si les esprits vous ont gratifié d’un talent, vous êtes obligé de le travailler. Or, il était formel, j’avais le don chamanique. Bien que sidérée, je lui ai demandé combien de temps durait une « initiation ». Il m’a répondu : « Trois ans. » J’ai rétorqué que c’était impossible, que je devais rentrer à Londres où j’avais des obligations. Mais il a secoué la tête : si je refusais, des malheurs bien pires que ceux que j’avais connus jusque-là allaient me tomber sur la tête. Je sortais d’une période très noire, où mon compagnon était décédé. Ses paroles m’ont glacée. Mais soudain, une pensée fulgurante m’a traversée : j’étais seule désormais, je n’avais plus rien à perdre. J’ai demandé : « Et si je venais faire des séjours de quelques mois, ça marcherait ? » Il a fait signe que oui. Tout s’est joué ainsi. J’avais 40 ans.

    Vous êtes la première Occidentale à être devenue udgan, chamane mongole. En huit ans, il vous a donc initiée. 

    Pas lui. Il a demandé aux esprits qui, d’après eux, pouvait s’occuper de moi. Un chamane ne décide rien de son propre chef. De même qu’il ne vous enseigne jamais rien directement. Combien de fois, au début, j’ai été agacée d’entendre répondre à mes questions : « Les esprits t’enseigneront. » Mais finalement, ça s’est avéré rassurant : l’ego du chamane ne compte pas, seuls les esprits qui l’habitent pendant sa transe sont décisionnaires. J’ai ainsi appris que je serais formée par une femme de l’ethnie des Tsaatans, des éleveurs de rennes qui habitent sous des tipis, à la limite de la Sibérie. Elle s’appelait Enkhetuya et allait devenir une clé de ma vie. C’est une magicienne : elle savait toujours quand j’allais arriver, alors que je débarquais d’Europe à l’improviste. J’ai d’abord cru qu’elle bluffait, mais j’ai fini par comprendre que nous étions reliées par une télépathie stupéfiante. 

    Les esprits lui ayant confirmé que j’avais le don et que c’était à elle de me former, elle m’a fait faire un costume et un tambour. Le costume protège le chamane pendant son voyage au pays des esprits. Son tambour est son moteur, son cheval. C’est un instrument qui pèse presque dix kilos et je me demandais si je serais capable de le porter en frappant dessus pendant des heures. Mais la transe vous donne une force étonnante, au point que le chamane doit avoir un assistant pour l’empêcher de partir dans le décor. Et c’est donc auprès d’Enkhetuya, à la frontière sibérienne, que je me suis rendue régulièrement, pendant huit ans. 

    A quoi ressemble la transe vue de l’intérieur ?

    C’est mieux qu’au cinéma. Un voyage limpide, comme un rêve intense dont on se souviendrait parfaitement. Je vois le plus souvent un loup de très près, qui hurle, c’est mon animal totémique. Son cri m’indique une sorte de porte qu’il me faut passer, ce que je fais en hurlant à mon tour. Je deviens ce loup et c’est là que j’entre dans le « monde des esprits ». Les êtres et les choses m’apparaissent alors dans leur essence même – leur âme ? Cela passe par des images, des couleurs, des métamorphoses et des chaînes de causes à effets, à la fois évidentes et impossibles à expliquer. L’essentiel est que, sans le moindre mot, toute question qui me vient à l’esprit trouve aussitôt sa réponse. En fait, tout se passe comme si la transe éveillait en nous une formidable intuition.

    A vous entendre, l’intuition est centrale. Est-ce cela qui intéresse les neurologues avec qui vous travaillez ?

    Entre autres, oui. Evidemment, le chamane remplit sa mission sans chercher à l’analyser avec notre esprit occidental. Il doit : 1) entrer en transe pour contacter les esprits ; 2) leur poser des questions pour résoudre le problème de quelqu’un. On ne consulte un chamane que pour un problème grave : épidémie, maladie mortelle, stérilité, vol du troupeau, meurtre… Il doit alors remonter à la cause. La plus courante, c’est qu’on a dérangé l’harmonie du monde : la personne a négligé un rituel ou enfreint un tabou, elle a malmené ses animaux ou mangé une nourriture interdite, mais très souvent aussi, elle n’a juste pas écouté son intuition. C’est très grave. Les esprits nous parlent à tous, sous la forme de signes extérieurs ou d’une petite voix intérieure. Si nous n’écoutons pas ces signes ou cette voix, les esprits nous envoient une épreuve. Si notre surdité persiste, l’épreuve se durcit. Passé un certain stade, une souillure indélébile risque de se former, qui peut se transmettre sur plusieurs générations. Ils appellent cela le buzar. Seul le chamane peut le « nettoyer », en faisant appel à cette intuition redoublée qu’éveille en lui la transe. 

    Pour les neurologues avec qui j’ai commencé à travailler à partir de 2006 – le docteur Pierre Etevenon, ancien directeur de recherche de l’Inserm, puis le professeur Pierre Flor-Henry, de l’Alberta Hospital d’Edmonton, au Canada – c’est cela qu’il faut étudier : la transe. Que déclenche-t-elle dans le ­cerveau ?

    Vous avez réussi à vous mettre en transe avec des électrodes sur le crâne. Qu’ont découvert les ­chercheurs ?

    D’abord, ils m’ont analysée à l’état de veille normale et ont constaté que je ne souffrais d’aucune pathologie, ce qui m’a rassurée ! Ensuite, j’ai appris, avec difficulté, à me mettre en transe sans tambour. Et là, ils ont découvert que mes tracés électroencéphalographiques étaient comparables à ceux d’une personne qui souffrirait à la fois de schizophrénie, de troubles maniaques et de dépression. Les trois pathologies en même temps ! Quand il a vu ça, le professeur Flor-Henry s’est écrié : « C’est une psychose généralisée ! » Son équipe était passionnée et perturbée : qui pouvait leur garantir que je n’allais pas rester bloquée dans cet état ? Balgir et Enkhetuya m’avaient prévenue, la transe comporte un risque : si le chamane est incompétent, certains peuvent y laisser leur vie ou y « perdre leur âme ». Ce qui intrigue les chercheurs, c’est qu’on puisse vous mettre dans cet état, puis vous en ramener. Ne pourrait-on pas, en les imitant, apprendre à « ramener » les personnes psychiatrisées ? Ce serait une perspective enthousiasmante. Mais pour l’instant, en observant mon cerveau, les neuropsychiatres ont surtout confirmé que la transe stimulait fortement les zones sensorielles perceptives. 

    Vos cinq sens sont en hyper alerte ?

    Voilà. Ce serait la raison pour laquelle l’intuition du chamane s’éveille tant : son « intelligence perceptive » prend le dessus sur son « intelligence spéculative ». L’intuition ne serait peut-être rien d’autre que cela : la capacité à percevoir un maximum d’informations qui, dans notre état ordinaire, passent inaperçues. La société moderne tend à hypertrophier l’intelligence spéculative et l’ego au détriment de l’intelligence perceptive et de l’empathie. L’expérience chamanique nous invite à changer. En transe, vous voyez que tout est interdépendant.

    Mais pourquoi faut-il l’intercession d’un chamane ? Chaque humain ne dispose-t-il pas de sa propre intuition ?

    Pour les historiens du chamanisme depuis Mircea Eliade, les chamanes seraient apparus au Néolithique, avec l’invention de l’élevage et de l’agriculture. Avant cela, n’importe quel humain avait sans doute une intuition et un instinct comparables à ceux des animaux. Les débuts de la civilisation auraient suscité l’émergence de l’intelligence spéculative au détriment de l’intelligence perceptive, et donc la nécessité d’une fonction spécialisée, chargée de conserver une surintuition pour protéger le groupe. Mais les chamanes auraient eux-mêmes peu à peu perdu leur puissance. Dans les années 1970, le psychologue Julian Jaynes disait que l’invention de l’écriture avait reformaté notre cerveau en changeant notre rapport à l’environnement et en diminuant notre intuition. En Mongolie, on raconte que les premiers chamanes étaient si puissants qu’ils pouvaient même entrer en contact avec Tenger, le dieu du ciel, père de tous les esprits. Aujourd’hui, ils ont appris à lire, mais savent au mieux communiquer avec des esprits mineurs, liés aux lieux, aux éléments ou aux ancêtres. 

    En fait, vous avez eu le privilège de connaître les derniers chamanes mongols ?

    Le stalinisme les avait déjà atrocement atteints : la pratique du chamanisme était punie de mort, avec déportation de toute la famille au goulag. Mais le libéralisme moderne les supprime avec encore plus d’efficacité. S’ils sont passés de 30 à 3 000 en douze ans, c’est que le tourisme chamanique a brusquement fleuri. On a construit des aéroports et les étrangers arrivent par centaines pour assister à de fausses cérémonies, conduites par des « chamanes » que je ne peux condamner : ils sont très pauvres, cela leur apporte un peu de confort. 

    Vous-même, avec qui pratiquez-vous ? Pas avec des « touristes » occidentaux ?

    Je ne pense pas que l’on puisse emprunter aussi facilement les traditions d’une autre culture. Le hasard de ma vie m’a « mongolisée » sans que je l’aie voulu. J’ai appris leur langue et, après une longue période de mise à l’épreuve pendant laquelle je devais surtout casser du bois pour le feu – afin de saper mon éventuelle poussée d’ego – j’ai découvert, en transe, quelle était ma « spécialité ». Tous les chamanes ne sont pas thérapeutes. Il s’avère que j’arrive à percevoir certains troubles de santé, ce qui semble parfois les « réparer ». Cela fait partie d’un autre protocole de recherche, clinique celui-là. 

    Quelle pourrait être la suite de votre incroyable histoire ?

    Tant que je le pourrai, je servirai de « psychonaute » entre la steppe et les labos. Chez les derniers chamanes mongols, une résistance s’organise contre l’effacement de la tradition. Ils demandent aux esprits de les aider à mettre un bémol à la cupidité qui s’est allumée dans tous les cœurs. Une intuition bien éveillée nous dit comment nous protéger des mauvaises influences. En cela, je crois qu’ils rejoignent une révolution silencieuse actuellement en œuvre sur toute la planète.

    Mots-Clés : chamanisme, Spiritualité

  • Les cinq étapes de l'amour (spiritualité/sexualité sacrée)

    Les-5-étapes-de-l-amour

    Les 5 étapes de l’amour

     

    Les 5 étapes de l’amour et pourquoi nous sommes si nombreux à rester coincés à l’étape 3

    Pourquoi certaines relations se brisent-elles tandis que d’autres durent toute une vie ?

    L’une des raisons est que les relations passent par 5 étapes. Lorsqu’on les comprend, on est mieux préparé pour traverser les étapes avec succès et ne pas rester « coincé » dans l’une d’elle, comme c’est souvent le cas pour la 3ème étape.

    Inspiré du livre « Qui sont ces couples heureux » de Yvon DALLAIRE (N°3)

    Toutes les étapes n’apparaissent pas nécessairement dans cet ordre mais les couples heureux les vivent toutes…

    1. La lune de miel ou période passionnelle
    2. La lutte pour le pouvoir ou période d’adaptation
    3. Le partage du pouvoir ou période de stabilisation
    4. L’engagement ou l’amour véritable
    5. L’ouverture sur autrui ou comment servir d’exemple

    Voici les 5 étapes de l’amour :

    1. La lune de miel /Tomber amoureux.

    On l’appelle parfois la phase de lune de miel. C’est lorsque tout est tellement incroyable. Vous apprenez à vous connaître, apprenez tous les moindres détails, et tombez amoureux un peu plus chaque jour. L’amour est grand. Chaque jour est exaltant. Être amoureux est vraiment la partie la plus facile.

    La lune de miel, comprenez « séduction », comporte également 5 étapes déclinées ci-dessous en « actes ».

    L’intention de la séduction est d’attirer l’attention de l’autre et d’en prendre le « contrôle émotionnel » pour en obtenir les faveurs !

    Les relations intimes ne sont qu’une petite partie de ces faveurs, on y retrouve également le besoin de partager, le point de la solitude, le manque affectif, l’envie de construire.., qui sont également des faveurs attendues d’un partenaire.

    Premier acte : L’attirance

    C’est aussi bien une question d’hormones (phéromones) que de visuel. Qu’on le veuille ou non, toute personne rencontrée suscite en nous, une réaction sympathie-antipathie ou attirance-répulsion.

    « La femme se montre attirante et gage de plaisirs innombrables, sachant consciemment ou non que l’homme sélectionne la femme selon son apparence physique, du moins au début. L’homme montre plutôt sa richesse, son statut et sa force, sachant consciemment ou non que la puissance est le premier aphrodisiaque de la femme, du moins au début. »

    Les femmes provoquent, les hommes paradent.

    Deuxième acte : Les regards et les sourires

    Ne dit-on pas que les nouveaux amoureux se « dévorent des yeux » et qu’ils sont seuls au monde, même parmi la foule ? Le regard est l’instrument de séduction humain le plus efficace.

    Si le regard intrusif et intéressé d’un homme rencontre le regard réceptif et intéressé d’une femme, il se produit alors le désir…

    Troisième acte : La conversation

    La communication est faite de langage corporel à 55 % et d’intonation vocale à 38 %. Le sens des mots ne pèse que 7 % dans cette balance. Nul besoin donc d’être compliqué. Rester soi-même est, et restera, la meilleure façon de rentrer en relation. Alors entrez en relation avec cette simple intention de savoir qui est l’autre.., et laissez faire, ou plutôt, laissez « être »

    Quatrième acte : Le contact physique

    Le contact physique intervient naturellement dans une conversation qui se passe bien et dans laquelle les deux interlocuteurs sont en accord. Ces échanges de contact successifs sonnent très souvent comme la capacité et la possibilité d’aller plus loin. Nous le faisons intuitivement.

    Cinquième acte: La danse de l’amour

    Cette danse de l’amour récapitule cette première période de la « lune de miel ».

    Les deux amants ne se connaissent pas encore et incertains de l’amour que l’autre éprouve pour soi, ils se montrent sur leur plus beau jour…

    Cette période, plus fusionnelle et plus passionnelle n’est donc pas encore de l’amour. C’est une période de bonne entente pendant laquelle les deux partenaires s’apprivoisent.

    L’e plaisir intime lui, arrive plus rapidement chez les plus fusionnels, et est plus lent chez les célibataires bien dans leur peau, plus autonomes, et à la recherche non pas d’aventures successives, mais d’une relation stable.

    Les passionnés, fusionnels vont de coup de foudre en coup de foudre; les membres d’un futur couple heureux cherchent à savoir à qui ils ont affaire avant de « tomber» réellement en amour.

    Pendant cette période, et tant que les partenaires ne seront pas rassurés sur le fait d’avoir séduit, ils se conduiront comme si l’autre était un invité « spécial » en mettant systématiquement les petits plats dans les grands.

    2. La lutte pour le pouvoir / Être un couple.

    Pendant cette période de lune de miel, les partenaires ne sont donc pas véritablement amoureux. Ils sont amoureux de la sensation de complétude que l’autre lui procure…

    Après être tombé amoureux, les choses se calment un peu. Vous commencez à devenir un peu plus casanier. Vous vous êtes probablement engagé dans une monogamie à ce stade et avez désactivé votre compte Tinder. C’est la partie où vous construisez une vie ensemble, et voici un secret :

    Ça peut être aussi amusant que vous le voulez.

    Cette première phase de lune de miel a un effet de minimisation des défauts de l’autre nécessaire à l’engagement de départ et au commencement d’une relation.Mais elle n’est pas faite pour durer et plus ou moins rapidement en fonction des profils, la véritable nature revient. Cette étape de « différentiation » est d’autant plus délicate pour les plus « dépendants affectifs ». Le vide existentiel en chacun d’entre nous, temporairement comblé par l’autre pendant cette période de fusion, ne peut que refaire surface au fil du temps.

    Le couple à ce moment-là n’a pas de problème particulier mais la présence du ressenti de ce vide chez les partenaires non autonomes est difficile. Sans « hauteur », sans « intelligence émotionnelle », ils s’accuseront de ne plus se donner d’attention, ils s’accuseront d’être le responsable de ce vide en eux. Ce sera la crise et potentiellement la rupture pour les plus fusionnels et les moins « conscients » de ce mécanisme.

    Ceux-là iront fusionner ailleurs, avec un(e) autre partenaire et répéteront cette situation jusqu’à ce qu’ils comprennent que le couple n’est pas la source de cette douleur mais que cette douleur est une « non acceptation » du vide déjà présent en la personne qui cherche inlassablement à le combler par l’autre.

    C’est en cela que le couple est également utile, il nous permet de mettre en lumière nos vides, nos blessures, nos peurs. C’est un outil de croissance très efficace.

    Dans « la lutte pour le pouvoir », c’est « l’autonomie affective » l’enjeu. C’est de passer de la fusion à l’amour, c’est de passer de cet état de fusion à cet état de différenciation. C’est comprendre que l’autre n’est pas nécessairement la source de la souffrance. C’est apprendre à se regarder de l’intérieur.

    C’est obligatoirement un travail sur soi. Les plus réfractaires cumuleront les relations pour ne pas ressentir et ne pas aller dans leurs peurs, les autres feront le chemin et passeront l’étape suivante. Seulement 20% des couples passeront à l’étape 3 !

    Construire cette vie peut être banal et ennuyeux ou cela peut être excitant et amusant. C’est vraiment vous qui choisissez. Mais parfois, nous nous retrouvons à l’étape 3.

    3. Le partage du pouvoir/ La désillusion.

    La phase passionnelle permet à deux personnes généralement étrangères l’une à l’autre d’être attirées l’une envers l’autre.

    C’est l’étape où la plupart des relations finissent. Cela peut venir lentement ou soudainement. Pendant cette troisième étape, nous pouvons être en colère ou nous retirer lorsqu’on se sent blessé. On peut se sentir pris au piège dans la relation. Vous ne voulez pas abandonner, mais vous vous retrouvez toujours à faire des choses que vous ne pensiez jamais faire.

    Peut-être que le compte Tinder sera réactivé pendant une journée. Peut-être que votre regard se tournera sur l’un de vos collègues. Mais la façon donc vous gérez cette étape est vraiment déterminante pour le reste de votre vie ensemble. Il faut travailler pour être la meilleure personne possible pour votre partenaire. Que choisirez-vous ?

    La lutte pour le pouvoir, phase consécutive et inévitable, permet aux deux partenaires de découvrir « qui » est réellement la personne dont ils sont devenus amoureux et, par le fait même, de mieux découvrir leur propre besoin de fusion et de contrôle et de dépendance affective.

    Cette troisième phase demande vraisemblablement plus de conscience sur soi.

    C’est une association de deux personnes, incomplètes et imparfaites qui décident de donner leur pouvoir au « nous » (toi + moi) qu’elles forment ensemble pour se faire grandir mutuellement.

    Chacune d’entre elle a pour se faire un regard sur elle-même, sur ses failles, ses défauts et ne cherche pas à les combler par son partenaire. Au contraire, chacune des ces deux personnes utilise leur couple comme moyen de grandir, comme moyen de comprendre et d’apprendre sur elle de part les situations qu’elles vivent ensemble. C’est une croissance par « résonance ».

    Les partenaires de couple heureux ne sont pas fusionnels. Ils partagent des moments leur permettant de combler leurs besoins grâce au couple, dont des moments de fusion, mais tout en étant individualisés et autonomes. C’est une danse…

    Ces couples se disputeront bien-sûr mais utiliseront ces disputent pour travailler sur elles, grandir et s’aimer davantage.

    4. L’engagement ou l’amour véritable

    L’amour véritable est donc la contribution de chaque membre du couple dans et au travers d’une troisième entité qu’est le couple pour permettre une croissance respective et commune à la fois.

    Si vous avez surmonté la désillusion, la quatrième étape durera. En faisant face aux problèmes majeurs dans votre relation, vous construisez une base pour le reste de votre vie ensemble. Les blessures se cicatrisent, les alliances sont reconstruites, et le véritable amour fleurit.

    Le « je t’aime » un peu cannibale de la première phase passe par le « je t’aime » imprégné du « je te déteste » de la lutte pour le pouvoir pour progressivement aller dans un « je t’aime » plus réaliste car moins empreint d’illusion et d’idolâtrie pour enfin finir dans un « je t’aime » sous-entendant un « je nous aime ». C’est-à-dire j’aime la personne que je suis en train de devenir à tes côtés, j’aime ce que nous construisons ensemble.

    C’est ici que la notion d’Essence, est présente au quotidien. C’est-à-dire qu’une relation stable et épanouissante permet à ses membres de se sentir bien, pleinement libre de s’exprimer et d’être ce qu’il est. En sommes, c’est uniquement au travers de cette compréhension que le bonheur peut apparaître dans un couple.

    5. L’ouverture sur autrui ou comment servir d’exemple

    Ce sont ces couples qui nous prouvent que le bonheur à deux est possible et qu’il dure. Ce sont ces couples qui ont traversé des épreuves tout en les utilisant pour grandir et se faire grandir. Ce sont ces couples enviés, qui semblent sereins, paisibles et qui nous donnent envie de leur ressembler.

    « Les membres des couples heureux ont décidé d’être heureux plutôt que de chercher à avoir raison sur l’autre. »

    Les 5 étapes de l’amour : Conclusion

    Un couple heureux est la conséquence de deux personnes indépendantes affectivement parlant. Non pas parfaites, ni même ayant « réglé » tous ses problèmes, mais conscientes de ceux-ci.

    Elles ne cherchent pas à fuir ou à compenser leurs blessures au travers de l’autre, ce qui créerait aussi un déséquilibre tragique.

    Ce sont des personnes conscientes de qui elles sont de ce qu’elles veulent vivre mais surtout “ressentir“ dans leur couple. Ce sont des personnes heureuses seules AVANT-MÊME d’être heureuses à deux.

    Elles savent également que le couple n’est pas là pour solutionner leurs problèmes mais qu’elles auront l’opportunité de travailler sur ces problèmes au sein de celui-ci.

    Source : heureux-dans-sa-vie.com

    Claire C.

    - See more at: http://www.espritsciencemetaphysiques.com/les-5-etapes-de-l-amour-et-pourquoi-nous-sommes-si-nombreux-a-rester-coinces-a-letape-3.html#sthash.IwJK79MO.dpuf

  • Une clameur assourdissante (spiritualité)

    KUNDALINI

    " La clameur matérielle est un étouffoir du silence existentiel. Et ce monde moderne adore le bruit. "

     

    J'écrivais cette phrase tout à l'heure et je me suis arrêté.

    Si je fais le tour sur internet des sites d'informations, je suis effaré par le nombre d'articles parlant de guerres, d'assassinats, de viols, de pollutions, de maladies, de famines, d'épidémies...

    C'est une clameur assourdissante et qui ne s'épuise jamais. 

    Mais quel est l'intérêt de la chose ?

    À quoi cela me sert-il de le savoir ?

    Quels sont les problèmes sur lesquels je pourrais intervenir ?

    Aucun sans doute.

    Quels sont les effets sur moi de ces informations ?

    Elles génèrent une image très sombre de l'humanité.

    Est-ce que c'est utile ?

    Absolument pas.

    Est-ce que cette image est juste ?

    Non, elle est très partielle.

    Quels sont les thèmes ou les situations qui pourraient venir compléter ou même contrebalancer cette image très sombre ?

    La beauté de la Nature. La beauté des gens qui l'aiment. 

    L'amour évidemment. 

    Aujourd'hui, des millions de personnes se sont aimées physiquement. Imaginons la quantité de bonheur propagée dans l'atmosphère.

    Aujourd'hui, des millions de personnes se sont extasiées devant un coucher de soleil, le vol d'un rapace, un bouquet de fleurs, des fonds marins, un sommet, une forêt, un arbre, le vol d 'un papillon...Ou devant les yeux rieurs de leurs enfants, devant leur joie de vivre...Ou les yeux de l'être aîmé...

    Une infinité de moments d'amour.

    Aujourd'hui, des millions de personnes ont été bouleversées, emportées, comblées, des millions de personnes ont ri, joui, appris, construit, partagé, des millions de personnes ont lancé dans les airs des émotions joyeuses..

    Imaginons cette énergie diffusée comme des parfums.

    Imaginons ce bonheur...Jusqu'à le ressentir.

    Comme un rayon lumineux qui coulerait en nous...

     

     

  • "Vers un monde altruiste" (spiritualité)

     
     

     

    Vers un monde altruiste ?

    vendredi 04 mars à 9h55 (91 min)

    ARTE+7

    91 min

    VERS UN MONDE ALTRUISTE ?

    vendredi 04 mars à 9h55 (91 min)

    Et si l'altruisme était un élément essentiel de la nature humaine ? Une piste scientifique aussi passionnante que porteuse d'espoirs suivie par Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade avec, entre autres, la star des neurosciences Richard Davidson et le moine bouddhiste Matthieu Ricard.

    EN SAVOIR PLUS
    Em 051656 000 fr 1456241406
    Naturellement altruistes ?

    Comment renouer avec votre tendance naturelle à l'altruisme ? Découvrez le documentaire en avant-première sur

    ARTE FUTURE

     VOD-DVD

    Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD

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    "L'homme est un loup pour l'homme" : l'histoire du monde semble écrite pour illustrer cet adage. Pourtant, des voix scientifiques s'élèvent depuis une vingtaine d'années contre cette vision de la nature humaine. Chercheurs en psychologie, primatologie, mathématiques ou neurosciences, ils mènent des expériences novatrices qui contredisent la thèse de l'égoïsme naturel et inventent le vocabulaire d'une autre histoire : l'altruisme et la coopération en sont les maîtres mots. Des États-Unis au Népal en passant par l'Allemagne, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade (Mâles en péril, Le jeûne, une nouvelle thérapie ?, Secrets de longévité) sont allés à leur rencontre pour esquisser, sur la base de leurs découvertes, des solutions nouvelles aux maux de la planète, à l'opposé du pessimisme ambiant. Une enquête scientifique aussi passionnante que prometteuse avec, entre autres, la star des neurosciences Richard Davidson et son non moins célèbre cobaye, le moine bouddhiste Matthieu Ricard, qui depuis longtemps se sont invités dans le débat public avec un slogan plus révolutionnaire qu'il n'y paraît : "Changez votre cerveau, changez le monde !"

    Bonnes natures

    Les habitants de La Nouvelle-Orléans post-Katrina font sagement la queue sous le soleil pour se partager l'eau potable. Des anonymes, filmés par des caméras de surveillance, risquent spontanément leurs vies pour sauver celles d'inconnus. À travers des tests répétés des centaines de fois, des bébés américains de quelques mois témoignent d'un sens inné de la justice tandis que leurs homologues allemands, un peu plus âgés, manifestent une tendance naturelle à aider autrui... Entre expériences scientifiques et innovation sociale, entretiens et observation documentaire, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade montrent que la coopération, si elle a été oubliée par les héritiers de Darwin, constitue dans l'évolution un élément au moins aussi important que la compétition. Et c'est le pari des chercheurs qui s'expriment dans le film : si l'altruisme existe, on peut le cultiver, à l'heure où la survie de l'humanité en dépend probablement.

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  • Une utopie bien réelle (humanisme)

    Tout plaquer pour vivre en autarcie sur une île grecque : reportage au sein d’une utopie bien réelle

    14/02/2016 | 17h09

     

     

    Les yourtes et tipis du campement © Daphnée Breytenbach

     

    Depuis 2010, la communauté Free and Real s’est installée sur l’île d’Eubée, en Grèce, pour expérimenter un mode de vie écologique qui attire de plus en plus de visiteurs. Rencontre avec des utopistes qui n’attendent plus rien de l’État.

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    Depuis quatre mois, Anastasia dort dans une yourte de toile et de bois. À l’aube, c’est au cœur de la campagne hellène, des oliviers, des bougainvilliers et des figuiers qu’elle se réveille. Après quelques ablutions et un passage par les toilettes sèches du campement, elle emprunte à pied un chemin de terre niché entre les arbustes jaunis par le climat méditerranéen, avant de rejoindre une petite plage de galets gris. En ce mois d’octobre, l’eau est encore chaude et la vue sur le littoral escarpé de l’île d’Eubée superbe. Pour cette jeune Athénienne, vivre en pleine nature est une révolution personnelle :

    “J’ai toujours habité la capitale mais je n’en pouvais plus : la pollution, le stress ambiant, l’atmosphère morose due à la crise… Quand j’ai découvert ce lieu, la question ne s’est même pas posée : j’ai choisi de ne plus le quitter.”

    À 21 ans, son diplôme scientifique en poche, elle décide de changer radicalement de vie en devenant bénévole pour le projet Free and Real.

    “C’est ma nouvelle famille, sourit-elle. Ici, j’ai appris à vivre différemment, à respecter l’environnement, à travailler pour une communauté, et pas seulement pour moi-même.”

    Free and Real, c’est le nom d’une utopie bien réelle, née en 2010 dans l’esprit d’Apostolos Sianos. À l’époque, ce créateur de sites Internet, jeune et prometteur, décide de tout plaquer pour s’installer sur l’île d’Eubée avec quelques camarades. Son but ? Ne plus dépendre de personne – surtout pas de l’État – et se nourrir autant que possible de produits cultivés de ses propres mains. Une alternative à la situation économique désastreuse qui affaiblit le pays et plonge de plus en plus de jeunes dans le chômage et la pauvreté. Mais Free and Real, c’est aussi et surtout un mode de vie écologique jusque dans les moindres détails. Panneaux solaires, nourriture bio, fabrication de savons et de dentifrices artisanaux… Ici, tout est fait pour réduire au maximum son empreinte écologique.

    Le "site test", où les bénévoles dorment pour le moment © Daphnée Breytenbach
    (Le “site test”, où les bénévoles dorment pour le moment © Daphnée Breytenbach)

    Un déclencheur nommé Zeitgeist

    Un mode de vie directement inspiré par le documentaire Zeitgeist: Addendum (emprunté à l’allemand, Zeitgeist signifie “l’esprit du temps”, ndlr), réalisé en 2008 par l’Américain Peter Joseph. Dans ce film, deuxième épisode d’une trilogie souvent critiquée pour ses relents complotistes, le cinéaste dénonce ce qu’il appelle la “corruption sociale envahissante” et préconise la mise en place d’un nouveau système social permettant de renouer le lien entre les hommes et la nature.

    recommandation in-video par 

    Disponible gratuitement sur Internet, on y trouve une réponse possible à la société actuelle fondée, selon Peter Joseph, sur un modèle économique basé sur la surexploitation des ressources naturelles. Le réalisateur appelle surtout à la construction d’une organisation internationale qui plaiderait pour ce monde durable, le “mouvement Zeitgeist”. Mais Apostolos n’a pas attendu la constitution d’un tel mouvement pour franchir le pas et mettre en pratique l’esprit Zeitgeist à son échelle :

    “J’ai pris conscience que la manière dont nous traitons notre planète n’est pas la bonne. Très vite, je me suis rendu compte que je n’étais pas seul : sur la Toile, j’ai rencontré de nombreux Grecs qui se posaient les mêmes questions après avoir vu le film. Nous avons échangé pendant des mois sur un forum, débattu, imaginé des solutions, confronté nos points de vue.”

    Au fil des discussions, l’envie de faire de ces principes une réalité se dessine peu à peu.

    “Avec vingt-quatre camarades, nous avons commencé à concevoir Free and Real, détaille Apostolos. L’idée, c’était de trouver un lieu où nous pourrions nous installer, construire, jardiner, vivre autrement… Nous avons longtemps cherché, puis ma grand-mère a proposé de me céder un petit terrain qu’elle possédait sur l’île d’Eubée. L’endroit idéal pour démarrer !”

    Le bouche-à-oreille fait son effet

    Le Telaithrion Project, du nom de la montagne où est installée une partie des équipements des bénévoles, prend forme.

    “Au début, nous n’étions que quatre à vivre ici à temps plein. Cinq ans plus tard, nous sommes une douzaine, mais souvent beaucoup plus grâce à la centaine de personnes qui font régulièrement l’aller-retour pour passer quelques semaines ici”, détaille Apostolos.

    Et pour cause : le bouche-à-oreille fait son effet et les curieux sont de plus en plus nombreux à venir de toute la Grèce, et même de l’étranger, pour assister à l’un des ateliers organisés par les porteurs du projet. Si les bénévoles qui habitent l’île à demeure ne déboursent pas d’argent, les visiteurs ponctuels doivent s’acquitter de 12 euros par jour pour les repas et l’hébergement. Une somme que la communauté utilise pour acheter les quelques aliments non produits sur place et régler les faibles frais d’Internet et d’électricité – seul l’un des trois campements que possède Free and Real sur l’île en utilise.

    “Notre objectif est de créer une véritable école du développement durable, avec des spécialistes du jardinage, du yoga, de la nutrition ou encore de la cueillette des champignons, qui viennent sur l’île et enseignent pendant une semaine ou plus leurs techniques à nos élèves. Nous proposons déjà pas moins de deux workshops par mois, et c’est toujours un succès”, précise le fondateur.

    L’immense dôme accueille les ateliers © Daphnée Breytenbach
    (L’immense dôme accueille les ateliers © Daphnée Breytenbach)

    Le tout dans un cadre étonnant : un immense dôme de bois construit dans les montagnes, qui fait face à l’immensité de la mer Égée.

    “Cette parcelle de terrain, nous l’avons achetée au nom de Free and Real, qui a obtenu le statut d’ONG. À terme, c’est ici que tout se passera. Nous avons beaucoup planté, nous sommes en train de construire un lac artificiel pour arroser les arbres et les plantes, et nous allons bâtir des yourtes identiques à celles dans lesquelles nous vivons déjà, pour rassembler toutes les activités dans un même lieu.”

    “Pas des esclaves”

    Depuis le départ de l’aventure, les membres de Free and Real respectent minutieusement les dogmes de la permaculture, cette méthode agricole qui prend en considération la biodiversité des écosystèmes et vise à créer une production durable et très économe en énergie, tout en laissant à la nature sauvage le plus de place possible. Il est d’ailleurs temps pour Elvira et sa sœur Ariane d’aller cueillir les tomates vertes, le basilic et les grenades qui poussent ici librement. Cette doctorante suisse de 27 ans a décidé de consacrer sa thèse au projet Free and Real. Elle vit sur l’île depuis maintenant cinq mois. “Au début, j’étais un peu déçue parce qu’il reste beaucoup à faire pour rendre cet endroit totalement autosuffisant”, confie-t-elle tout en sélectionnant avec soin les tomates suffisamment mûres pour être récoltées.

    Elvira, 27 ans, consacre sa thèse au projet Free and Real © Daphnée Breytenbach
    (Elvira, 27 ans, consacre sa thèse au projet Free and Real © Daphnée Breytenbach)

    Si l’objectif initial du fondateur était de parvenir à vivre sur l’île en se passant totalement d’argent et en adoptant un comportement 100 % écologique, la réalité se révèle en effet plus complexe. Les bénévoles doivent se fournir en partie à l’extérieur pour alimenter leur stock de fruits et légumes. La faute à des récoltes encore trop faibles. Autres obstacles sur la voie d’un mode de vie écologiquement irréprochable : cette voiture, nécessaire pour se rendre d’un campement à l’autre, et une machine à laver trop gourmande en énergie aux yeux d’Apostolos et ses disciples.

    “On pourrait faire encore plus, encore mieux, c’est certain. Il y a des petits luxes qui sont difficiles à supprimer. Mais c’est une aventure humaine fantastique. On s’entraide, on partage énormément. Ça ne peut qu’aller dans la bonne direction”, s’enthousiasme Elvira.

    Tous les après-midi, la chercheuse travaille donc pour la collectivité sans rechigner.

    “Le rythme est plutôt tranquille : le matin, chacun vaque à ses occupations personnelles, fait du sport, de la méditation ou profite des sources d’eau chaude toutes proches. On se retrouve à 11 heures pour un copieux petit déjeuner à base de confitures fabriquées par nos soins, de fruits à profusion et de thé que nous récoltons nous-mêmes dans les montagnes. Ensuite, on se consacre aux besognes collectives, en fonction des besoins du moment.”

    À 18 heures, la journée de labeur s’arrête et les bénévoles partagent l’unique véritable repas de la journée : “L’idée, c’est de repenser totalement le quotidien et de ne pas forcer les gens, avance Apostolos. Chacun peut choisir d’effectuer les tâches qu’il aime, que ce soit du jardinage, de la construction ou même de l’administratif… Il n’est pas question d’imposer quoi que ce soit, nous ne sommes pas des esclaves”, s’amuse-t-il.

    L’heure de la récolte des fruits et des légumes © Daphnée Breytenbach
    (L’heure de la récolte des fruits et des légumes  © Daphnée Breytenbach) 

    “Je suis mon propre changement”

    En ce début d’automne, le plus important pour le fondateur de Free and Real est d’achever la construction d’une cinquième yourte posée sur pilotis, qui deviendra un lieu de vie commun et une salle de repos. Menuiserie, ébénisterie, finitions… Il sait tout faire et fait tout lui-même, avec l’aide de ses camarades. Une approche do it yourself qui n’est pas sans lien avec la crise économique qui frappe le pays depuis 2008. Alors que 36 % de la population grecque vit à la limite du seuil de pauvreté ou en dessous (432 euros par mois et par personne) et que plus d’un jeune Grec sur deux est sans emploi, les membres de Free and Real ont choisi de prendre leur destin en main sans espérer la moindre aide de l’État. “Au lieu d’attendre un changement, je suis mon propre changement”, ne cesse de répéter Apostolos.

    Plutôt adepte des préceptes libertaires, le leader de Free and Real n’a jamais voté :

    “Je suis contre le système tel qu’il est. Alors, à quoi bon ? Ce qui se passe en Grèce, Tsipras (le Premier ministre issu de la gauche radicale, ndlr), le jeu politique, ça ne m’intéresse pas. Tsipras est peut-être moins pire, moins corrompu que d’autres, mais le résultat sera le même. Le renouveau ne peut pas venir d’en haut. Il faut reprendre notre destin en main, sans espérer quoi que ce soit de nos dirigeants. Inverser la pyramide, en somme.”

    Vie en communauté, absence de propriété privée, cueillette collective, partage égalitaire des tâches quotidiennes, repas pris en commun… Sur bien des points, Free and Real apparaît comme l’héritière des kibboutzim israéliens. Sauf que côté grec, le cadre idéologique est loin d’être le cœur du projet. Là où les tout premiers kibboutzim se fondaient sur des préceptes socialistes, l’expérience de l’île d’Eubée interroge plus le rapport de chacun à l’écologie que la politique en tant que telle.

    “Nous ne sommes pas une arche de Noé. À terme, notre objectif n’est pas de vivre continuellement tous ensemble. Free and Real est plutôt une expérience qui s’enrichira des allées et venues des uns et des autres. J’espère créer d’autres centres dans le pays, développer un véritable réseau “universitaire” parallèle, alternatif. Mais il n’est pas question d’élever nos enfants en groupe, ni d’habiter ici pour le restant de nos vies.”

    Au risque de voir le modèle décliner le jour où son charismatique fondateur, aujourd’hui seul aux commandes, ne sera plus là.

    “Avant, j’avais tout ce qu’il fallait pour rendre heureux un capitaliste”

    Sur les tenants et les aboutissants de la crise politique grecque, Apostolos n’en dira pas plus. Pour lui, la dépression foudroyante qui s’abat sur son pays reste de toute manière minime en regard des dangers que les hommes font courir à la planète :

    “La “crise” n’est pas que grecque, elle est mondiale. Comment pouvons-nous continuer ainsi ? Avant, j’avais tout ce qu’il fallait pour rendre heureux un capitaliste : un travail bien payé, une belle maison, des meubles chers et une voiture. Aujourd’hui, à 37 ans, je ne veux plus de ça. J’essaie, à mon échelle, de prouver qu’autre chose est possible.”

    Apostolos, 37 ans, fondateur de Free and Real © Daphnée Breytenbach (Apostolos, 37 ans, fondateur de Free and Real © Daphnée Breytenbach)

    Pour l’instant, le militant se contente de petites victoires quotidiennes. Chez Free and Real, on se nourrit exclusivement en respectant un régime végétalien qui exclut toute chair animale ou produits dérivés, à l’instar du lait, du fromage ou même – pour les plus radicaux – du miel. Lorsqu’il persuade les visiteurs de suivre cette hygiène de vie, Apostolos savoure son succès.

    “Cet été, un homme d’une trentaine d’années est venu suivre un workshop. Il était bedonnant, fatigué, avait une calvitie précoce. Après dix jours avec nous, à manger sainement, il se sentait déjà beaucoup mieux. Aujourd’hui, il me donne régulièrement des nouvelles, me dit qu’il poursuit sa diète et qu’il a déjà perdu une dizaine de kilos, se réjouit Apostolos. C’est pour ce genre de prise de conscience que Free and Real existe !”

    Par contre, l’histoire ne nous dit pas si le visiteur a retrouvé ses cheveux après son passage sur l’île…

    En matière d’alimentation au moins, la crise a eu du bon, estime le fondateur de Free and Real: “En Grèce, les gens sont traditionnellement carnivores et très peu soucieux des enjeux écologiques. Maintenant, ils prennent conscience de la nécessité de repenser autrement le quotidien et de protéger la seule chose qui compte vraiment : notre planète.” Ils sont d’ailleurs nombreux à avoir changé de vie après leur séjour sur l’île, à l’instar de ce couple qui a quitté Athènes et tout plaqué pour acheter une parcelle de terrain dans le Péloponnèse et cultiver des fruits et des légumes.

    Survivre longtemps

    Bien que le retour à la nature soit l’un des leitmotivs d’Apostolos, ce dernier est tout sauf un Robinson Crusoé des temps modernes. Développement durable, recyclage, jardinage et respect de l’environnement vont selon lui de pair avec une nécessaire maîtrise des nouvelles technologies. Le groupe communique quotidiennement sur les réseaux sociaux, finance ses installations grâce au crowdfunding et utilise des outils de construction à la pointe de la technologie.

    “Nous avons 35 000 likes sur notre page Facebook et trois campagnes de crowdfunding réussies sur la plate-forme Indiegogo à notre actif !”

    Pour lui, cette vie en ligne est surtout un moyen de faire connaître le projet bien au-delà des frontières grecques :

    “Quatre mille personnes nous suivent au Brésil, vous imaginez ? C’est véritablement la preuve que les gens veulent vivre autrement, que les mentalités sont en train de changer.”

    Cette jonction réussie entre pratiques hyperconnectées et démarche autarcique de retour à la terre n’est pas nouvelle. En 2011, pour dénoncer les abus du capitalisme financier et l’ultraconsumérisme, le mouvement Occupy Wall Street mêlait lui aussi un usage certain de la com’ numérique à un ancrage territorial bien périmétré, cette fois dans le cadre urbain du parc Zuccotti, à New York. Loin d’être technophobe, Apostolos, membre de la génération Y, estime qu’une maîtrise pointue des outils numériques ne peut que bénéficier à la cause écologique.

    Modestie et originalité 

    C’est d’ailleurs grâce à cette visibilité numérique que Jungmi Park a entendu parler du projet et décidé de rejoindre – en auto-stop – les bénévoles. Cette Sud-Coréenne de 29 ans, qui a entamé en 2014 un tour du monde sans argent qu’elle documente quotidiennement sur son blog, ne connaissait rien à la Grèce.

    “J’ai passé presque dix mois en Angleterre et j’ai séjourné dans de nombreuses collectivités adeptes de l’écologie et du développement durable. Mais aucune n’était aussi moderne que celle-là”, affirme la voyageuse.

    Habituée à fréquenter des mouvements plus radicaux, comme les Rainbow Gatherings, ces communautés éphémères et autogérées qui se réunissent chaque année simultanément dans plusieurs pays pour promouvoir des idéaux de paix, d’harmonie et de rupture avec le capitalisme, elle apprécie la modestie et l’originalité cultivée sur l’île d’Eubée.

    “Ici, il n’y a rien de spectaculaire ou d’excentrique. C’est un projet sérieux, ambitieux et parfaitement dans l’air du temps. Ils sont suffisamment organisés et réfléchis pour survivre longtemps, ce qui est loin d’être le cas de tous les groupes de ce type.”

    Une prédiction qu’Apostolos prend au pied de la lettre :

    “80 % des projets utopiques s’arrêtent avant trois ans. Mais si tu passes le cap, c’est gagné, ça veut dire que ton modèle est le bon. Les Grecs n’en ont pas encore terminé avec Free and Real !”

    Daphnée Breytenbach

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    Ce papier a été publié dans le numéro 14 (décembre, janvier, février 2016) disponible en kiosques et dans leurboutique en ligne

  • "En Bio, on s'en sort" (Santé/Nature/politique)

    «En bio, on s'en sort». Le témoignage d'Annie, productrice de lait 

    / Propos recueillis par Corentin Le Doujet /15

     

    image: http://www.letelegramme.fr/images/2016/02/22/annie-legoff-mene-avec-son-mari-la-ferme-des-aulnays-a_2773660_514x405p.jpg?v=1

    Annie Legoff mène avec son mari la ferme des Aulnays, à Évran.
    Annie Legoff mène avec son mari la ferme des Aulnays, à Évran.

    Brûler des pneus, très peu pour elle. Annie Legoff est productrice de lait bio, à Évran, et ne connaît pas la crise. Par ailleurs trésorière du syndicat minoritaire Confédération paysanne 22, l'agricultrice expose sa vision d'un système « au bout du rouleau ».

    Le Télégramme : vous ne participez pas aux manifestations de colère agricole. Pourquoi ?
    Annie Legoff :« Même si on n'y participe pas, on comprend la colère. Le métier d'éleveur est très prenant, c'est inadmissible de ne pas pouvoir vivre de sa production. En filière conventionnelle (non bio, NDLR), le lait n'a plus de valeur marchande, on dit qu'un litre vaut une demi-cigarette ! Par contre, les manifestations donnent une image catastrophique et contre-productive du métier. Ils brûlent leurs déchets, bâches, pneus, tôles... pendant des heures, alors qu'on parle d'intoxication aux particules fines. Ce n'est pas une bonne idée, ça complique la vie du citoyen, et surtout, ça ne débouche sur rien. Quant aux revendications sur l'origine des produits, on ne peut pas vider des rayons les produits étrangers et en même temps demander l'ouverture des frontières à l'export. Si on veut vendre dans d'autres pays, il faut accepter leurs produits ». 

    La crise, vous la ressentez ?
    « On est mal placé pour en parler : on est en bio, on s'en sort. On vend notre lait 420 € les 1.000 litres, alors que le lait conventionnel se vend autour de 260 €. En Bretagne, le choix a été fait de produire en masse un produit qui se banalise, devenu une matière première pour les industriels. Avec la fin des quotas laitiers, le 31 mars 2015, on a abandonné toute régulation publique. Les laiteries ont fait la réglementation elles-mêmes, favorisant la surproduction et entraînant la baisse des prix. Il y avait comme une sorte d'euphorie à la fin des quotas, les producteurs ont investi en bâtiments, matériel, automatisation... Mais il y a une différence entre améliorer ses conditions de travail et se lancer dans des investissements démesurés. Dans la durée, " plus je produis et plus je gagne ", c'est faux. Ça reflète un manque de réflexion et d'esprit critique vis-à-vis d'un système qui arrive au bout du rouleau ».

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    Comment faites-vous pour vous en sortir ? « On est installés depuis 1994, en bio, on produit du lait et on fait également du camembert. On maîtrise toute la chaîne : production, transformation et vente. On a toujours un risque commercial et sanitaire, mais on ne subit pas la crise de la filière longue. On essaie d'adapter l'offre à la demande, alors que les laiteries conduisent à une fuite en avant, en favorisant une production laitière de masse, suivant un grand choix industriel des années 1960. On dit qu'un excédent de 1 % sur le marché, c'est au moins 10 % de prix en moins. Par ailleurs, on produit nous-mêmes notre fourrage, on est autonome, c'est un avantage. Notre système est basé sur le pâturage, la solution la plus économique pour nourrir les animaux, alors qu'on voit de moins en moins de vaches dans les prés et de plus en plus de tracteurs sur les routes. Avec notre quarantaine de vaches Jersiaises et nos 62 hectares, on produit 150.000 litres de lait par an, dont 110.000 sont transformés en fromage. Quatre personnes travaillent sur la ferme ».

    Que conseillez-vous à un producteur souhaitant sortir du système que vous critiquez ?
    « À la Confédération paysanne, on favorise les circuits courts, pas forcément bio, mais on ne donne pas de leçons. Individuellement, pour un producteur, la seule marge est de réduire son coût de production, quitte à produire moins. Renouer les liens avec le sol, notamment en produisant son fourrage et en réduisant les importations de soja. Il y a sûrement aussi beaucoup de surmécanisation. Collectivement, il faut une régulation de la production à l'échelle européenne, on ne peut pas avoir et du prix, et du volume. Il ne faut pas laisser les laiteries gérer le système à titre privé ».

     

    VOS RÉACTIONS15 VOS RÉACTIONS

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      Stéphane Grall 23 Février 2016 à 14h33

      En naturel (je préfère naturel à bio) les aides sont productives, elles sont essentiellement versées à l'installation.
      en classique les aides servent à garder la tête hors de l'eau, et quand l'eau monte de trop, on casse tout et les aides viennent donner un peu d'air....jusqu'à la prochaine fois

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      Thierry Courant 22 Février 2016 à 16h45

      Chez nous, on récupère des morceaux de ces bâches noires d'ensilage que l'on pose en paillage sur notre potager. Après 2 mois, tout est brûlé dessous . Une bonne dose de compost maison enrichi à la consoude, un coup de croc et c'est parti pour la culture bio pas chère sans efforts de bêchage !

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      sylvie yvinec 24 Février 2016 à 21h53

      Réflexion pleine de bon sens! il faut aussi que le consommateur soit très attentif . Bien sûr que quand on a un petit salaire et une famille à nourrir c'est difficile de faire les courses ! Il est temps de donner un coup de pouce au pouvoir d'achat ! Tout le monde est conscient que la qualité à un prix! il faut consommer local le plus possible pour éviter les intermédiaires. En allant acheter auprès des petits producteurs , amenez vos enfants car il faut qu'ils redécouvrent la ferme, les champs , les potagers, les basses cour etc. ... 
      Mme le Goff a raison quand elle parle de tous ces pneus brûlés , ces déchets qui vont devoir être traités en fonction de leur contenu: c'est un beau gâchis et une bien mauvaise image pour la profession. Il est néanmoins anormal qu'un agriculteur ne puisse pas vivre de son métier mais je suis effarée par la taille des tracteurs et des remorques qui coûtent horriblement cher , n'y a t'il pas d'autres alternatives telles que la mutualisation ou la location, étant fille d'agriculteur j'ai toujours vu mes parents acheter du matériel avec 2 ou 3 voisins . Merci pour votre article

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      bernard huiban 24 Février 2016 à 15h07

      il faut arrêter tout le monde ne peux pas se mettre à faire du bio sinon le marché va se casser la gueule ; en se qui concerne la transformation du lait c'est pareil vous vous voyez aller sur un marché avec 30 autres agri de la commune autour qui vendent la même chose ; et pour finir en ce qui concerne l'alimentation vous venez sur ma commune du printemps à l'automne toute les vaches sont dehors (je pense que personne ne peut dire lesquelles sont en bio) alors il faut arrêter de critiquer le conventionnelle tout le monde a besoin a manger et tout le monde ne peux pas se permettre d'acheter bio

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      roger jegou 23 Février 2016 à 15h32

      Agriculteurs et gestionnaires sont 2 métiers différents! Mais on ne parle pas des banques qui prêtent , elles sont bien contentes de s'engraisser sur le dos des agriculteurs. Pourquoi elles continuent d'accorder des prets en leur faisant croire que c'est de cette facon qu'il faut gerer???

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      ISABELLE LE NEZET 23 Février 2016 à 10h11

      J'ai posé cette même question à ma productrice de yaourts bio au marché d'Inzinzac-Lochrist du samedi matin !

      Elle non plus n'a pas "besoin" d'aller "faire du foin" en brûlant et saccageant les biens publics : lait et yaourts bio, en vente directe, depuis quelques années : 
      http://www.inzinzac-lochrist.fr/Annie-Justome-Yaourts.9686.0.html 

      Et faire un far aux pruneaux avec ce lait entier, crémeux... c'est autre chose !

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      PHILIPPE ROUDOT 23 Février 2016 à 05h31

      eh oui!le véritable bon sens détourné par tant d'autres...

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      REMI BLOUET 23 Février 2016 à 01h32

      Vous touchez combien d'aides par an pour être en bio ?

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      Jean Le Goff 23 Février 2016 à 00h08

      Voilà ce que devrait être l'agriculture.
      Mais y a-t-il de la place pour tout le monde dans le bio ?
      Et tous les consommateurs sont-ils prêts à dépenser plus pour avoir quelque chose de meilleure qualité ? Moi oui.

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      andre ollivro 22 Février 2016 à 21h09

      BRAVO ,et felicitations pour votre courage ; Vous donnez du baume au coeur de tous ceux qui luttent pour une agriculture paysanne respectueuse des des sols de l'eau et donc la diminution des marées vertes. .Enfin avec vous le cauchemar des feux sur les routes s'estompe et vous nous donner une vision de bien vivre a la campagne Merçi infiniment .

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      guy le gall 22 Février 2016 à 19h25

      Bravo Madame. Nous soutenons depuis de nombreuses années votre démarche en achetant nos produits dans l'enseigne bio spécialisée de Brest rive droite. Acheter bio c'est voter pour une agriculture respectueuse de tous. Alors votez !

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      CHRISTIAN PREVOST 22 Février 2016 à 19h01

      BRAVO MADAME, c'est vraiment courageux de votre part de dire enfin LA VERITE aux consommateurs.Quand j'entends le montant des prêts faits par certains, et dont des remboursements sont finis au bout de 3 ans, cela me choque, car cela veut dire que certains ont bien gagné leur vie pendant longtemps.Pour ma part beaucoup d'agriculteurs sont de mauvais gestionnaires!!!

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      JEAN CHARLES THOMAS 22 Février 2016 à 16h05

      Enfin une vraie réflexion sur le devenir agricole, il faudrait qu'elle soit plus partagée.
      Bravo Madame.

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      jean Pierre FEAT 22 Février 2016 à 15h01

      " brûler des pneus , très peu pour elle " .
      C'est bien ! 
      Impressionnant le nombre de pneus brûlés ou déversés depuis plus d'un mois . 
      Pourquoi ? 
      Parce que mettre ces pneus sur les bâches des tas de mais va bientôt être interdit , pour cause de pollution ! 
      Il faudra les remplacer par des boudins de sable .
      C'est pourquoi ils les jettent . Les manifs sont également faite pour nettoyer les cours de ferme .

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      Jacques Aubin 22 Février 2016 à 14h06

      Oulà ! Elle a tout à fait raison, mais elle va se faire bien voir par les bloqueurs et brûleurs de déchets agricoles ! Moi je dis : bravo Madame et bon courage, ce sont les gens comme vous qui donnent, ou redonnent, sa noblesse à ce métier .


    © Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/dinan/crise-agricole-en-bio-on-s-en-sort-22-02-2016-10965901.php#mjPf8JiyUOJIPieI.99

  • Suicide des agriculteurs.

    Je suis opposé à l'élevage et à l'agriculture industrielle, opposé à l'empoisonnement des terres, à la souffrance animale, à l'empoisonnement des populations, MAIS quand je lis la situation personnelle des agriculteurs et connaissant la difficulté de leur métier, eh bien, je les plains. Considérablement et sincèrement. Le gars qui PERD 6000 euros par semaine en se levant à l'aube et en finissant bien après le coucher des poules, oui vraiment je le plains...Je suis persuadé que bon nombre d'exploitants aiment sincèrement leur métier et j'espère qu'ils trouveront dans un changement radical de méthodes la solution pour parvenir à une vie honorable. Monter des coopératives, s'engager intégralement dans une agriculture et un élevage répondant aux critères de qualité réclamés aujourd'hui par un nombre croissant de personnes, travailler sur le local et le bio, réduire les surfaces pour se concentrer sur la qualité, établir un lien de confiance et de totale clarté avec les consommateurs, court-circuiter les intermédiaires qui s'engraissent sur le dos de ceux qui ont fait le plus dur du travail....Je suis loin de maîtriser tous les paramètres du problème mais je reste persuadé que la solution ne viendra pas du monde politique....

     

     

     

    Depuis la disparition de la PAC, la politique agricole commune, les prix ne sont plus garantis, et ils peuvent atteindre des planchers mortels pour les élevages et les éleveurs.

     

    Agriculture : la profession de plus en plus touchée par les suicides

     

    Salon de l’agriculture : hué, Hollande accueilli au son de « démission »

    Dès le début de sa visite, le président s’est engagé à « tout faire » pour aider les agriculteurs . Mais cela n’a pas suffit à les calmer.

    C’est par des sifflets que François Hollande a été accueilli ce samedi au Salon de l’agriculture. Des agriculteurs, revêtus pour certains de t-shirts noirs marqués « Je suis éleveur je meurs », ont également scandé « Démission ». « C’est l’état d’urgence pour l’élevage ! », lance l’un d’eux. « Bon à rien », « on n’est pas des migrants », « connard », « fumier » et autres insultes ont fusé tandis que le président progressait au milieu d’une haie hostile d’éleveurs. « Il s’en fout complètement de nous », clame un autre. « Ça fait un an qu’on mène des actions en France, personne ne nous écoute », renchérit un troisième.

     

    Les insultes lancées à François Hollande couvertes par le commentaire ininterrompu de Claude Askolovitch, sur I-Télé :

     

     

     

     

    Le président, accompagné du ministre du l’Agriculture Stéphane Le Foll, n’a pas interrompu pour autant sa visite. « La colère, je l’entends, je la comprends », a expliqué le président à un agriculteur. Le président s’est engagé à « tout faire » pour aider les agriculteurs en difficulté. « Si je suis là aujourd’hui c’est pour montrer qu il y a une solidarité nationale », et « on va tout faire » pour aider l’agriculture, car « en défendant l’agriculture je défends toute la nation », a déclaré le président, accueilli à son arrivée à 6 h 46 par le président de la FNSEA Xavier Beulin, entouré de membres du syndicat drapeaux à la main.

    Il a rappelé les mesures gouvernementales pour aider les éleveurs en difficulté et redemandé aux groupes de distribution, dont les négociations tarifaires annuelles avec leurs fournisseurs s’achèvent dans deux jours, de « faire un effort de solidarité ». Avec l’effondrement généralisé des cours agricoles qui frappe en particulier les éleveurs, plus de 40 000 exploitations sont en situation d’extrême urgence, selon Stéphane Le Foll. Plus de 60 000 (sur 490 000) ont réclamé de l’aide alors qu’un éleveur de porcs, en Bretagne, perd jusqu’à 6 000 euros par semaine.

    Lire la suite de l’article sur lepoint.fr

     

    10 heures du matin, tweet de dernière minute :

     

    Le stand du ministère démonté par des paysans en colère au #SalonDeLagriculture ! Les CRS chargent ! C’est l’anarchie !

     

     

    Le tweet qui résume la situation des familles d’agriculteurs :