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  • L'homme sans tête (2)

    Un homme sans tête.

    J'ai déjà éprouvé ce sentiment en fait. C'est sans doute aux enfants que je le dois en partie. Ces milliers d'heures que j'ai passées avec eux depuis trente ans. Je ne comprenais pas ces bouffées de chaleur qui survenaient lorsqu'une discussion prenait une ampleur inespérée. Je réalise aujourd'hui que je n'avais plus de tête: c'est exactement ça. C'est l'idée qui s'exprimait en moi, je n'étais qu'un canal émetteur. Et c'est parce que je n'avais aucune pensée autoréflexive que je finissais par ne plus avoir de tête. 

    Difficile à exprimer...

    Lorsque nous parlons avec quelqu'un, nous recevons de lui son image et c'est son regard vers nous qui établit notre rapport à nous-mêmes. Mais, bien souvent, cet échange reste assailli de données parasites, des intentions inavouées, peut-être même inconscientes ou en tout cas, bien camouflées : la séduction, une volonté de convaincre, une compétition, un rapport de force, un désir de reconnaissance, un moyen de prendre forme... Il est certain que l'idée elle-même est sertie dans un écrin chaotique... Toutes les imbrications relationnelles. Essayez d'identifier le nombre ahurissant de pensées qui surviennent lorsque vous parlez avec quelqu'un...Des pensées qui n'ont rien à voir avec le contenu originel...

    Un détournement de la pensée.

    Il s'agit en fait de disparaître, de réaliser que l'émetteur n'a aucune importance, il n'y a aucun objectif à tenir, autre que la transmission d'un message. L'émetteur ne prend pas vie à travers le message qu'il délivre. Ça serait un détournement irrespectueux au regard des idées. C'est bien en cela que les hommes politiques sont si méprisables, que les animateurs sont si présomptueux, si nombrilistes. Ils ne parlent pas en fait, ils se construisent une statue.

    Réaliser que nous n'avons pas de tête, c'est donner la pleine puissance au message. La pleine conscience.

    J'ai déjà éprouvé cet effacement mais je ne m'y arrêtais pas, je le laissais s'étendre sans le comprendre. Avec mes élèves, avec la femme que j'aime, avec mes enfants, quand je leur racontais des histoires en montagne.

    Quand on dit de quelqu'un "qu'il s'écoute parler", il convient de s'en aller. Si je l'écoute, je l'enferme dans un état hallucinogène. Il prend vie à travers l'attention que je lui porte. Alors qu'il n'y a que ce qu'il dit qui devrait compter. Mais celui-là ne dit rien justement. Puisqu'il se parle à lui-même dans une chorégraphie narcissique. C'est là que l'amour meurt. Lorsque l'échange proposé n'est plus qu'un étendard.

    On devrait parler aux gens en fermant les yeux.

    Disparaître à soi-même en ne recevant plus aucun regard.

    Plonger intégralement dans la pensée.

    Perdre la tête pour trouver le sens.

    C'est à l'écriture aussi que je dois cette prise de conscience. Ces milliers d'heures à écrire, à rester ancré dans la pensée. L'ordinateur ne me regarde pas...Il ne me renvoie aucune image. L'écriture efface l'identité ou alors, il s'agirait d'une écriture embrigadée. Celle des discours politiques par exemple. On sait très bien qu'ils ne parlent que pour se donner forme. Les idées en elles-mêmes n’ont aucune importance et c’est bien pour cela qu’ils sont capables de dire tout et son contraire en un temps record. L’objectif étant de ramper dans le sens du courant…

    L’écriture ne doit même pas être dirigée vers un receveur. Au risque de ne plus être libre de s’étendre.

    J’en viens désormais à parler sans attacher d’importance à la personne avec laquelle je parle. Pas s’il s’agit de la boulangère avec laquelle, les échanges sont de l’ordre du social.

    Mais ces échanges d’âmes, ces partages qui sont du domaine spirituel, existentiel, ceux qui pulvérisent les enceintes.

    Je sais que certains interlocuteurs sont capables de le vivre sereinement, de ressentir l’amour proposé et non un sentiment de mépris ou d’indifférence.

    Je veux parler sans être reconnu, sans y puiser la moindre importance, je veux juste que les mots s’envolent de moi et ruissellent dans l’autre et que ce flot nous accueille dans un bain lumineux… C’est l’Amour ressenti qui importe. Pas les gens qui le diffusent.

    C’est peut-être ça le détachement ultime.

    J’ai ressenti cet effacement d’une manière très forte ces derniers jours. Peut-être les effets de la méditation de pleine conscience que Nathalie Hannhart enseigne. Je ne sais pas et je ne cherche pas vraiment à comprendre.

    Je briserais l’écrin si je voulais en extraire le diamant.

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  • L'homme sans tête

    Je suis allé acheter de nouvelles lunettes.

    J'ai donc essayé de nouvelles montures et il a fallu que je me regarde dans un miroir.

    Un étrange sentiment.

    L'impression qu'il ne s'agissait pas de moi. Chaque nouvelle apparition de ce visage me surprenait. Je n'y voyais qu'une image mais aucune réalité, l'impression même qu'il s'agissait d'un inconnu, de quelqu'un de factice, une enveloppe.

    Oui, c'est ça, juste une enveloppe.

    Lorsque je suis rentré en voiture, j'ai réalisé que je n'avais aucune reconnaissance envers cette matière, ce visage, cette peau, ce regard. C'était totalement insignifiant, bien que je cherche évidemment à entretenir au mieux l'enveloppe...

    Mais la réalité n'était pas là. Quand je parle de "reconnaissance", il ne s'agit pas d'un rejet ou d'un désamour mais bien d'une absence d'identification. 

    Je ne suis pas ce visage, je ne suis pas cet individu, cette tête n'est pas moi.

    Seul le message existe. Seule la vie insérée dans l'enveloppe a une existence réelle.

    Je pourrais avoir une autre tête que le message n'en changerait pas d'un mot.

    Un homme sans tête.

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  • Confucius

    "Puis-je vous interroger sur la Mort ?

    -Vous ne comprenez encore rien à la Vie. Que voulez-vous comprendre de la Mort?"


    "N'importe qui peut m'apprendre quelque chose: si je vois quelqu'un qui se conduit bien, je cherche à l'imiter; si je vois

    quelqu'un qui se conduit mal, je cherche en moi ce qui l'imite."



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  • Bernard Moitessier

    "LA LONGUE ROUTE"

    Bernard Moitessier.

    Le livre de mer par excellence.

    Un beau documentaire de Thalassa pour découvrir cet homme.

    "Je dois sauver mon âme, j'abandonne la course."

    • « La Longue Route »

    La Longue Route

    La Longue Route

    de

    Editeur : Arthaud Parution : 14 Décembre 1990 Commandez avec 5% de remise sur Fnac.com - livraison gratuite

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    résumé du livre

    Cette première course autour du monde en solitaire, sans escale, devait rendre Moitessier célèbre : alors qu'il avait pratiquement bouclé son périple, le navigateur décidait d'abandonner, ou plutôt de poursuivre sa route vers Tahiti et les eaux bleues du Pacifique. Une remarquable performance devenait pied de nez à la civilisation, aventure humaine unique et précieuse. Et ce journal de bord, un livre-culte. Grands calmes ensoleillés, aurores australes, vagues-pyramides émeraude ou déferlantes neigeuses jalonnent ce récit, où l'homme peu à peu gagne sa paix intérieure, construit sa liberté. Et, par la grâce d'une écriture poétique, simple et naturelle, nous emporte dans son sillage, 'blanc et dense de vie le jour, lumineux la nuit comme une longue chevelure de rêve et d'étoiles'.

    La longue route

    Naissance d'un écrivain

    À trente-quatre ans, sans métier ni diplômes, Moitessier repart à zéro. Dans sa chambre de bonne parisienne, il médite sur ses mésaventures successives. Pour survivre, il accepte un job de visiteur médical. Un journaliste lui conseille d'écrire un livre dans lequel il raconterait ses joies et ses infortunes de navigateur solitaire. Ce sera Vagabond des mers du Sud, écrit dans les chambres d'hôtel et les cafés de province. Le livre publié en 1960 chez Flammarion dans la collection " L'aventure vécue " aura des milliers de lecteurs. Deux d'entre eux proposent gracieusement leurs services au navigateur pour construire un nouveau bateau. Baptisé Joshua en hommage au célèbre marin Joshua Slocum, le voilier de 12 m fait ses armes dans une école de croisière en Méditerranée. Puis Moitessier avec sa compagne Françoise met le cap sur Tahiti via l'Atlantique et le Pacifique. Le voyage du retour est un exploit sans précédent dans le monde maritime : 126 jours de mer, sans escale, par la route difficile et dangereuse du légendaire cap Horn. L'éditeur Jacques Arthaud publiera le récit de cette aventure hors du commun sous le titre : Cap Horn à la voile. Un écrivain est né.

    La course folle

    Alors qu'il rejoint son bateau en rade à Toulon, Moitessier est abordé par un journaliste du Sunday Times qui lui propose de participer à la première course en solitaire et sans escale. Le journal londonien, sponsor de l'épreuve, lui a donné le nom de Golden Globe. Le règlement est simple : chaque navigateur engagé dans la course devra faire un tour du monde en solitaire par les trois caps sans toucher terre, sans aide extérieure ni ravitaillement. Le premier à franchir la ligne d'arrivée encaissera la coquette somme de cinq mille livres sterling et le trophée du Golden Globe. Après avoir envoyé balader le journaliste, Moitessier accepte de participer à la course sans cacher son mépris pour ce genre de compétition. Il n'a rien à prouver, ce sera sa course. Cet été 1968, neuf navigateurs s'élancent autour du monde sur des petits voiliers équipés d'un simple sextant pour se positionner et d'un poste radio pour communiquer que certains comme Moitessier refuseront d'embarquer. Jamais un tel défi n'avait été relevé. Une course folle qui restera la plus grande aventure maritime de tous les temps.

    Seul entre mers et ciels

    Le 22 août 1968, Moitessier quitte Plymouth en Angleterre à bord du Joshua. Il est âgé de quarante-quatre ans et file à sept nœuds dans un brouillard absolu vers le plus long voyage en solitaire de sa vie. Tel un éclair, il traverse l'océan Atlantique laissant loin derrière lui les autres concurrents comme Chat Blyth qui apprendra à naviguer dans les Quarantièmes Rugissants ! Le 24 octobre, Joshua franchit le cap de Bonne-Espérance pour continuer sa route sur l'océan Indien en direction de l'Australie. Six mois ont passé quand le ketch d'acier passe le cap Horn. " Joshua fonce vers le Horn sous l'éclat des étoiles et la tendresse un peu lointaine de la lune… Je ne sais plus très bien où j'en suis, si ce n'est que nous courons depuis longtemps au-delà des frontières du trop. " En France et en Angleterre, le navigateur solitaire est d'ores est déjà considéré comme le vainqueur de la course. On s'apprête à lui envoyer une armada de bateaux pour l'accompagner jusqu'à Plymouth. Le 18 mars, alors qu'il atteint les côtes de l'Afrique du Sud, qu'il vient de boucler le tour du globe, Moitessier annonce officiellement (avec un lance-pierres) sa décision d'abandonner la course pour " sauver son âme " et poursuivre sa " longue route ". Rentrer déjà, écrira-t-il dans ses mémoires, reviendrait à n'être jamais vraiment parti. Il laisse derrière lui les honneurs et l'argent pour mettre le cap vers le soleil, vers les îles du Pacifique. Enfin Tahiti, où il accostera après dix mois de navigation sans toucher terre et l'exploit d'avoir réalisé un tour du monde et demi. L'épilogue de la course sera tragique. Un seul des concurrents franchira la ligne d'arrivée. L'un d'entre eux, Crowhurst, se suicidera après avoir fait croire qu'il était en tête de la course alors qu'il errait le long des côtes… La folie et la mort avaient dominé le Golden Globe. Moitessier s'en était détourné pour réaliser son rêve de liberté.

    D'île en île

    Un goût de paradis

    Durant deux ans, dans la cale de son bateau en mouillage à Papeete, Moitessier écrira son troisième livre, La longue route, le récit de ses dix mois passés seul en mer. Un dur labeur littéraire pendant lequel il rencontre sa seconde femme, Iléana. Leur fils Stéphan naît en 1971. La petite famille décide de repartir avec Joshua. Un voyage de deux ans avec escales en Nouvelle-Zélande, Paris et Jérusalem, puis le retour en Polynésie sur l'atoll de Ahé.
    Sur l'îlot paradisiaque de Poro-Poro, le navigateur construit son faré, habitation traditionnelle tahitienne. Le rêve de l'oasis prend forme. Une vie paisible de Robinson au soleil, rythmée par la pêche, le jardinage et la chasse aux rats qui déciment les cocotiers de l'île… Quelques visiteurs aussi qui partagent la soif de liberté du navigateur comme le chanteur Antoine ou un jeune journaliste Dominique Charnay (voir entretien) qui sera le confident des vingt dernières années.

    Le naufrage de Joshua

    En 1978, le marin nomade s'installe à Moorea où il rencontre le véliplanchiste Arnaud de Rosnay qu'il conseille pour son expédition en planche à voile des Marquises à Hawaï. Après dix années passées en Polynésie, las de la torpeur tropicale, Moitessier part à San Fransisco, dans l'idée aussi de se renflouer financièrement. Le fidèle Joshua malgré les blessures de l'âge accoste Sausalito après trente-huit jours de traversée. Dans cette bourgade dans la baie de San Francisco, Moitessier n'aura que des déconvenues. La terre promise s'avère ingrate envers le navigateur. Après avoir réalisé quelques maigres économies en exerçant des petits boulots, il songe à mettre le cap vers le Mexique. Un admirateur incongru aux cheveux hirsutes lui propose alors 30 000 dollars pour l'emmener à Tahiti et lui apprendre à naviguer. L'inconnu salutaire n'est autre que l'acteur Klaus Kinski, le conquérant génial du film de Werner Herzog, Aguire, la colère de Dieu. Au dernier moment, pour des raisons de tournage, le comédien annule le voyage, mais demande tout de même à Moitessier de l'embarquer avec lui jusqu'au Mexique. Au large des côtes mexicaines, le navigateur invite Kinski à rester quelques jours en plus sur Joshua pour parfaire son apprentissage. Un brusque et inhabituel cyclone force Moitessier à débarquer le comédien sur la terre ferme d'où il assiste au naufrage de Joshua. Au dernier moment, Moitessier abandonne son bateau pour rejoindre Kinski sur la plage. Ce sera la fin de Joshua pris dans les éléments déchaînés et la colère des dieux de la mer…

    La dernière vague

    Un nouveau départ

    L'écho du naufrage de Joshua s'est répercuté dans le monde entier. La solidarité des gens de la mer et des amis fidèles permettent à Moitessier de construire un nouveau bateau qu'il baptise Tamata. En 1982, il hisse les voiles pour Hawaï, puis Tahiti et Papeete. Il y rencontre Véronique sa dernière compagne qui l'incite à faire escale à Issy-les-Moulineaux, en banlieue parisienne. L'aventure continue à terre avec l'écriture de ses mémoires. Une aventure qu'il juge aussi rigoureuse et difficile que celle de la mer. Méthodiquement, il rassemble ses souvenirs, prend des notes, hésite, rature… Six années seront nécessaires pour mener à terme Tamata et l'Alliance.

    La " bête "

    Lors de la rédaction de son livre, Moitessier apprend qu'il est atteint d'un cancer de la prostate. Il songe même à confier l'achèvement de Tamata à son ami Dominique Charnay. Il décide alors de combattre la " bête " avec autant d'acharnement dont il faisait preuve face à des vagues de 25 m dans les mers démontées. Il visite la Bretagne où il retrouve des vieux amis comme Jean-Yves Le Toumelin, un autre grand navigateur solitaire qui, avec son voilier Kurun fit un tour du monde en 1949 ! Retrouvailles également avec son Joshua acquis et restauré par le musée maritime de La Rochelle. En février 1992, il remet enfin à Charles-Henri Flammarion le manuscrit de Tamata et l'Alliance. Les dernières pages seront écrites au bord du lagon de Raïatea, près de Bora Bora. La boucle est bouclée. Elle le sera vraiment quand Moitessier pour la revue Voiles et Voiliers réalise un court voyage au Vietnam. La maison familiale est en ruines. Au bord du golfe de Siam, le navigateur retrouve quelques amis d'enfance. Peu sensible aux complaintes nostalgiques, il ne s'attarde pas, pressé déjà de repartir. Grâce aux droits d'auteur de Tamata, qui est en tête des ventes, il aide quelques personnes dans le besoin comme la navigatrice Anita Conti. Affaibli, il reçoit ses amis allongé dans un divan, avec un sarong autour de la taille. Le 16 juin 1994, il meurt chez lui, entouré de ses proches, dans la sérénité et la tranquillité. " La mort est naturelle, la vie est merveilleuse ", disait-il.

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  • Dharma

    http://terresacree.org/legendeindienne.html


    Une vieille légende Hindouiste raconte qu'il fut un temps où tous les hommes étaient des dieux.

    Comme ils abusèrent de ce pouvoir, Brahma, le maître des dieux, décida de le leur retirer et de le cacher dans un endroit où il leur serait impossible de le retrouver.

    Oui, mais où ?
    Le trésor caché à l'intérieur de nous! Le pouvoir de créer
    Brahma convoqua en conseil les dieux mineurs pour résoudre ce problème.

    -Enterrons la divinité de l'homme, proposèrent-ils.

    Mais Brahma répondit:
    -Cela ne suffit pas, car l'homme creusera et trouvera.

    Les dieux répliquèrent:
    -Dans ce cas, cachons-la tout au fond des océans.

    Mais Brahma répondit:
    -Non, car tôt ou tard l'homme explorera les profondeurs de l'océan. Il finira pas la trouver et la remontera à la surface.

    Alors, les dieux dirent:
    -Nous ne savons pas où la cacher, car il ne semble pas exister sur terre ou sous la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour.

    Légende indienneMais Brahma répondit:
    Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme: nous la cacherons au plus profond de lui même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.


    Et depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme explore, escalade, plonge et creuse, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.




    Le trésor à l'intérieur de soi !



     Il y a longtemps déjà, j'avais travaillé ce texte avec ma classe. Des enfants de CE2, CM1 et CM2. Une élève, Pascale, avait décidé d'écrire une fin. Elle avait dix ans. Je n'ai jamais perdu ce texte :


    ""Et aujourd'hui, ces hommes qui ne comprennent plus la Terre, qui courent après des illusions, ces hommes perdus dans leurs propres corps inconnus, ont oublié la joie de leur jeunesse, cette jeunesse où ils ont vécu comme des Dieux, libres, puissants, dans leur univers unique, plus riche que tous les univers d'adultes.
    Mais les enfants de ces hommes dansent encore, eux. Libres pour quelques instants, aussi puissants que les Dieux. Essayant d'oublier la vie d'adultes qu'ils doivent apprendre. Essayant de retrouver dans la danse les rêves qui disparaissent.
    Alors laissons les danser."


    Pascale n'a jamais disparu. Nous sommes toujours reliés.

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  • Droits de l'Homme

    La France, pays des Droits de l'Homme...?

    Pas de tous.

    Imaginons que les Hopis viennent piller les églises pour revendre leurs trophées dans des ventes aux enchères...

    J'ai honte de tout ça...


    Le Point.fr - Publié le

    La justice a débouté à deux reprises l'association "Survival International", qui contestait

    la vente d'objets sacrés d'une tribu amérindienne. Explications.

    Le masque "mère-corbeau" vendu le 9 décembre à Drouot.
    Le masque "mère-corbeau" vendu le 9 décembre à Drouot. © Arnaug Guillaume / AFP
    C'est un masque-heaume de bois peint, encadré de deux grandes ailes de plumes noires. En avril dernier, une version de la Mère Corbeau des Indiens Hopis avait été adjugée près de 200.000 euros lors d'une vente de 70 masques à l'hôtel Drouot. Une autre est estimée entre 60.000 et 80.000 euros dans le catalogue d'une seconde vente de près de 400 objets d'art amérindien, prévue ce lundi 9 décembre. Deux fois l'association Survival International, qui défend les communautés indigènes, a saisi la justice française pour faire suspendre la dispersion aux enchères de plusieurs dizaines de kachinas, en arguant notamment de leur sacralité. Deux fois elle a été déboutée.

    L'avocat Pierre Servan-Schreiber, qui défendait déjà l'association en avril, avait demandé cette fois en référé à ce que les 25 masques compris dans la vente en soient soustraits le temps que l'affaire soit jugée au fond. "L'idée même qu'ils soient vendus, et même simplement exposés ainsi au public est pour cette tribu d'une obscénité insupportable", souligne-t-il. "Les kachinas sont chez les Hopis les messagers des dieux et les esprits de leur ancêtres, explique l'ethno historienne Joëlle Rostkowski, spécialiste des Indiens d'Amérique et enseignante à l'EHESS. Les masques qui les représentent sont portés lors des rituels par des danseurs qui abritent alors en eux les esprits. Ils ne sont pas montrés en dehors de ces occasions".

    "Outrage"

    © Arnaud Guillaume/AFP
    En avril, l'ambassadeur des États-Unis avait fait part à la maison Néret-Minet Tessier & Sarrou de son inquiétude, et demandé la suspension des enchères ; l'acteur Robert Redford, lui aussi, avait mis son poids dans la balance, qualifiant la vente de "criminelle" et de "sacrilège". Sans effet.

    La sacralité de ces masques, la justice ne la nie pourtant pas. Non plus que les commissaires priseurs. Au contraire, fait remarquer Joëlle Rostkowski : un masque a d'autant plus de valeur qu'il a été "dansé" (porté pendant un rituel) et qu'il incarne un esprit important du vaste panthéon hopi, comme la Mère Corbeau. Mais l'ordonnance rendue vendredi considère, comme en avril, que "si la vente de ces objets cultuels peut constituer un outrage à la dignité de la tribu Hopi, cette considération morale et philosophique ne donne pas à elle seule droit au juge des référés de suspendre la vente, qui n'est pas interdite en France". "Les trois quart des oeuvres d'art, surtout anciennes, sont d'inspiration religieuse", faisait valoir, avant que l'ordonnance ne soit rendue, Alain Leroy, dont la maison Eve organise les enchères de lundi. "Cette vente, ajoutait-il, est parfaitement licite, y compris dans le droit américain".

    Aux États-Unis, pourtant, ce type d'enchères n'a quasiment plus cours. Depuis 1990, une loi, le NAGPRA (Native American Graves Protection and Repatriation Act) prévoit en effet que les communautés amérindiennes puissent obtenir la restitution de leurs restes humains et de leurs objets sacrés lorsque ceux-ci sont entre les mains d'institutions publiques recevant des subsides du gouvernement fédéral. Lorsqu'un kachina est en mains privées, il peut donc être vendu pour peu qu'il dispose d'un titre de propriété valide. Sauf que la provenance des masques, justement, pose souvent question. Et "les grandes maisons s'abstiennent, en raison de l'émotion que de telles ventes provoquent et des contestations possibles dont elles peuvent faire l'objet", note Joëlle Rostkowski.

    Engouement

    Le marché s'est par conséquent déplacé vers la vieille Europe. Et vers la France en particulier où ces masques suscitent depuis longtemps un très vif engouement. Les surréalistes, André Breton en tête, en ont les premiers fait collection ainsi que des poupées kachinas, que les Hopis offrent aux enfants lors de leur initiation.

    "Nous ne disons pas qu'aucun objet sacré ne peut être vendu, ni que les musées d'arts premiers doivent être vidés de leurs collections. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle notre requête ne portait que sur une partie des lots", souligne Pierre Servan-Schreiber. "Nous avions travaillé à une définition des objets cultuels qui pourraient être interdits à la vente : qu'ils soient issus d'une communauté d'hommes qui les considère comme absolument essentiels à sa culture ; que cette communauté soit toujours existante ; qu'ils appartiennent non à un individu, mais à la communauté qui s'en prévaut ; qu'enfin ils ne puissent être trouvés et achetés dans le commerce". "La réponse qui nous a été donnée, ajoute-t-il, revient à nous sommer de ne pas revenir au tribunal une troisième fois".

    Délai

    Le débat est-il donc définitivement tranché ? Pas si sûr. "Aux aspects juridiques s'ajoutent, ici, des enjeux éthiques, note Joëlle Rostkowski. L'Icom (International Council of Museums, NDLR), qui traite des questions de déontologie dans les musées, se pose par exemple la question de l'attitude à adopter envers ce type d'objets". La France, qui a restitué ces dernière années à la Nouvelle-Zélande des têtes maories appartenant à des collections publiques, est d'ailleurs elle-même confrontée à ces enjeux.

    En attendant, l'ambassade des États-Unis a demandé samedi à la société Eve un délai, afin que les tribus Hopi et Apache San Carlos, dont des objets cultuels doivent également être vendus lundi, "'puissent avoir la possibilité de [les] identifier, de vérifier leur provenance et de déterminer si elles pourraient revendiquer ces objets selon les termes de la Convention de l'UNESCO de 1970 sur l'exportation et le transfert de propriété de biens culturels, ou de toute autre juridiction". A voir si, cette fois, sa voix sera entendue.

    Voici d'autres masques hopis (© Arnaud Guillaume / AFP) :

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  • Tablettes numériques

    Un énorme gain de temps de travail.

    Une organisation extrêmement simplifiée.

    Un intérêt renforcé pour les enfants et même sur des tâches purement scolaires.

    Une ouverture immense au regard de tous les sites accessibles.

    Un contrôle déjà intégré dans la tablette.

    C'est ce temps de travail qui me semble particulièrement intéressant car il offre d'immenses possibilités.

    Développement personnel, méditation, créations artistiques, mise en valeur des talents personnels, une relation beaucoup plus saine avec l'enseignant étant donné que c'est l'ordinateur qui gère et cautionne les avancées ou les faiblesses, l'enseignant est un guide, pas un censeur...

    Imaginons un logiciel de Français. les enfants écrivent une histoire et à chaque erreur, un en tête s'ouvre et renvoie l'enfant à une règle vue en classe. Il doit relire et se corriger. Tant que le mot reste en rouge, il ne peut pas avancer son texte. L'imprégnation grammaticale s'installera d'elle-même.

    Imaginons un logiciel d'Histoire. les enfants doivent aller à la découverte de la révolution française. ils auront accès à des textes, des vidéos de films historiques, des peintures d'époque, des extraits de romans etc etc...Ils auront pour tâche ensuite d'écrire un résumé qui sera transmis aux autres élèves. L'enseignant finira la session en donnant un résumé commun mais chaque enfant gardera les données des autres et pourra y retourner. 

    Toutes les matières pourraient de cette façon conduire l'enfant à construire ses connaissances par des recherches personnelles autour d'un projet commun.

    Les évaluations elles-mêmes pourraient etre bâties sur le même principe d'accompagnement mais en limitant les aides disponibles. Une expression écrite n'offrira que des aides sur des tâches bien définies et dont le niveau d'exigence serait trop ardue. Les leçons communes déjà travaillées devront être gérées en autonomie.

     

    Imaginons maintenant que ce temps dégagé par la mise en place, la gestion des matériels, l'organisation, (huit matières différentes au collège, huit cahiers, classeurs, livres, fiches, pochettes...Tout ça dans la tablette), que ce temps soit mis à disposition pour amener les enfants vers des situations existentielles : méditation, débats philosophiques, groupes de paroles, théatre, APEX (expression corporelle), l'école française serait considérablement transformée par une activité beaucoup plus riche, un partenariat entre les enfants, une relation beaucoup plus saine avec les enseignants, une prise en considération des individualités, des talents personnels.

    Imaginons une comédie musicale : écrire des textes, imaginer un scénario, trouver des musiques, travailler une chorégraphie, regarder des films d'anthologie, travailler la mise en scène...

    Imaginons l'écriture d'un album : trouver un scénario, faire appel aux dessinateurs les plus doués, écrire des textes, concevoir la mise en page, lire des albums divers...

    Toute la problématique de maîtrise de la langue sera prise en charge, à des degrés divers, par la tablette. L'imagination des enfants sera libérée de toute pression, de toute compétition, le projet commun conduira chacun à oeuvrer à la performance de la communauté...

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  • Incroyables talents

    Quand vous demandez à des "anciens" :
    1515?

    Ils répondent très fiers Marignan!
    Demandez : Quel roi ?

    Déjà beaucoup moins vous diront : François 1er


    Demandez : Contre quel pays et pourquoi?

    Et là quasiment personne ne saura vous répondre.

    Demandez 1515 à un jeune de 14 ans et il ne saura pas répondre du tout de but en blanc, mais après avoir tapoté sur son téléphone (pardon son smartphone), il saura en dire bien plus que n'importe quel adulte.

     

    Conclusion : Il faut créer le désir d’aller utiliser la technologie pour apprendre.

    Comment ? Il faut entièrement revoir les pratiques, réfléchir à l’essentiel, se donner des objectifs qui permettront d’utiliser la technologie tout en renforçant les connaissances.

    Avantage : l’usage de la technologie apportera une image totalement nouvelle à l’école.

     

    J’ai travaillé pendant deux jours au collège du secteur et j’étais effaré de voir que RIEN n’avait changé depuis que j’ai quitté le mien, il y a 35 ans. Les programmes ont changé mais pas vraiment les méthodes. On est toujours dans le frontal, le cours didactique, l’évaluation individuelle, la compétition, la comparaison, la notation, l’absence de passerelles entre les matières, un nombre trop important d’enseignants, un formatage de tous, l’indifférence envers les qualités « non conventionnelles » des enfants...

    On retrouve bien évidemment un grand nombre de ses paramètres dans l’enseignement primaire. Et même de plus en plus à l’école maternelle…

    Des objectifs ou des compétences ?

    La belle affaire.

    Les fondamentaux ?

    Ils sont existentiels avant d’être techniques. C’est dans l’absence de considération de l’individu que tout est brisé.

     

    Je travaille cette année en utilisant l’émission de télévision : « Incroyables talents ». Je n’ai pas de télévision mais j’ai découvert le concept sur les vidéos internet. L’idée est d’amener les enfants à travailler quelque chose qui leur plaît, dans le domaine artistique et à le présenter à la classe : gym au sol, danse, chanson, poésies, travail manuel (maquettes, découpages, volumes en cartons)…Les idées s’ajoutent les unes aux autres sans que je n’intervienne. Deux garçons ont décidé jeudi de devenir journalistes et d’interroger les artistes qui viennent de présenter leur talent. Ils ont établi la liste des questions, ils les ont formulées, écrites, ils prennent des notes chacun leur tour…Travail de français qu’ils ont mené à bien sans mon intervention. Il me reste à corriger les fautes de français et c’est là que je pense que la technologie peut jouer un rôle essentiel.

    Ces corrections me prennent un temps considérable et il est impossible que je les mène toutes pendant la journée au risque de limiter les activités. Il serait bien plus utile que ce travail de correction soit fait par l’ordinateur.

    Avantage : l’enfant n’est pas inquiet à l’idée d’écrire et de se tromper et surtout de sentir la menace d’une correction à mener. Chose qui n’a aucun intérêt en soi, sinon celui de progresser pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Mais c’est la création qui motive les enfants. Pas le travail qui devra suivre. Beaucoup d’enfants limitent donc leurs créations pour s’éviter des tâches rébarbatives et des remontrances au regard des fautes relevées par l’enseignant.

     

    L’ordinateur apportera donc une correction immédiate, libèrera les enfants les plus craintifs de toute inquiétude, motivera ceux qui ne veulent pas se retrouver avec cinquante fautes à corriger. Il n’en restera pas moins que les bases de la langue seront indispensables car aucun logiciel ne pourra corriger correctement le mot « nibobodame » à l’enfant qui fait un exposé sur les hippopotames. De plus, l’ordinateur pointe une erreur et propose parfois plusieurs solutions, ce qui implique un choix. Autre avantage : les enfants ont une vue directe de leur niveau par les mots soulignés et ils sont amenés à réfléchir, mais sans inquiétude puisque ça sera corrigé. Beaucoup plus de textes par conséquent, des créations plus nombreuses et plus conséquentes et une imprégnation grammaticale qui se fera d’elle-même. Je le vois avec mon garçon le plus grand, Master 1 en sciences, orthographe partiellement défectueuse mais sur des points très précis. Et bien, à force d’écrire des TP sur l’ordi, des pages et des pages d’analyses de données, son orthographe s’est améliorée et les fautes chroniques qu’il faisait disparaissent, non pas parce qu’il a appris par cœur une règle qu’il ne saurait pas appliquer mais par imprégnation, par intuition.

     

    J’ai un bon niveau en orthographe parce que j’ai lu énormément, pas parce que j’ai appris des leçons par coeur.

    De même, j’ai un bon niveau en histoire parce que j’ai lu énormément, pas parce que j’ai appris des leçons par cœur.

    De même, j’ai un bon niveau en philosophie parce que j’ai lu énormément, pas parce que j’ai appris des notions par cœur.

    Par contre, j’ai un niveau faible en mathématiques ( 5ème maximum, je pense…). Pour une raison très simple. Je n’en fais jamais.

    J’ai un niveau désastreux en physique puisque je n’en ai jamais fait. Pareil en chimie.

    Et mon Anglais est au niveau de la  4 ème

    J’ai pourtant appris mes leçons quand j’étais à l’école. Je détestais prendre une mauvaise note jusqu’à ce que j’arrive au collège. Mais, là,  des professeurs m’ont affirmé que je ne comprendrais jamais rien aux mathématiques, à la physique, à la chimie, à l’Allemand, mêmes les sciences naturelles ont fini par me rebuter…

    Et là, j’ai décroché. J’étais nul. Ils ne pouvaient pas tous se tromper ces professeurs. Il y avait sûrement du vrai dans ce qu’il disait. Je craignais qu’ils m’interrogent.  J’avais peur de l’école. Et j’ai donc redoublé ma 5ème.

    Qu’en est-il aujourd’hui ? Et bien, rien n’a changé…

    Rien dans l’éducation nationale mais énormément de choses ont évolué dans la technologie. Et nous devrions rester ancrés dans nos schémas, nos méthodes, nos fondamentaux… ???

     

    Je suis devenu enseignant parce que je voulais que mes élèves aiment venir à l’école, qu’ils se sentent aimés, accompagnés, soutenus, que leurs faiblesses soient des tremplins et non des condamnations.

    Et au bout de trente ans, un énième Ministre vient me dire que ma méthode n’est pas bonne, que je ne sais pas travailler mais que tout va aller mieux avec les nouveaux calendriers et les nouveaux programmes. Et après les prochaines élections, un autre costumé viendra me dire la même chose.

    Est-ce que quelqu’un va enfin se décider à regarder le problème du bon côté ?

    « Incroyables talents » a déclenché un phénomène dont je n’imaginais pas l’ampleur. Les enfants arrivent à l’école en m’annonçant tout ce qu’ils ont préparé pendant le week-end ou le mercredi, ils sont enthousiastes et pressés d’en finir avec la grammaire et tout le reste pour pouvoir montrer ce qu’ils savent faire. C’est un échange de bons procédés qui s’est installé. Je leur ai expliqué que je dois les amener à progresser dans des domaines précis et que j’attendais d’eux l’engagement le plus constant pour pouvoir également profiter de leurs talents. J’ai vu des enfants peu confiants en eux oser prendre la parole, danser devant la classe, jouer des sketchs qu’ils ont inventés et écrits, j’ai vu des enfants produire des constructions étonnantes en carton, avec des mesures précises, un vrai travail de géométrie, de pliage, de collage mais bien avant ça de conception. Des enfants peu sportifs s’engager dans des chorégraphies que je serais incapable de reproduire…

    Je suis nul en danse et je me suis toujours senti ridicule. Et bien, je pense qu’il en est de même avec les enfants qui n’aiment pas les matières scolaires. Personne ne m’a aidé à dépasser ce blocage. J’aurais pourtant aimé savoir danser. Je trouve ça très beau.

    Est-ce que je dois aider uniquement mes élèves à intégrer un cadre scolaire ou est-ce que je dois les aider à développer leurs propres talents, à dépasser leurs blocages, à renforcer l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes, est-ce que je dois les juger au regard de compétences gouvernementales ou est-ce que je dois leur permettre de découvrir leurs propres compétences ?

     

    Il se pourrait bien que je me lance dans l’écriture d’un programme scolaire…

    Il y a tellement à faire…

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