Blog
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Le Prophète
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/12/2013
Un message aux parents que certains enseignants devraient connaître également. Il leur suffirait de remplacer les enfants par les élèves. Tout le monde vivrait mieux...En paix.
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Mandela
- Par Thierry LEDRU
- Le 06/12/2013
« Parfois, il revient à une génération d'être grande.
Vous pouvez être cette génération.Laissez fleurir votre grandeur.»
Nelson Mandela -
Rencontre
- Par Thierry LEDRU
- Le 04/12/2013
Il est des moments de vie qu'il ne faut pas manquer. Il est des partages qu'on regretterait infiniment d'avoir gâchés. Des rencontres d'âmes.
Je vis dans une solitude volontaire quasi totale. Je vois mes collègues de travail et quelques personnes par ci par là. Nos échanges restent corrélés aux circonstances. Aucune souffrance. Une totale acceptation d'un cheminement que j'ai choisi. La femme de ma vie et nos enfants sont des interlocuteurs privilégiés et je ne me lasse pas de les écouter et de parler avec eux ou de vivre en silence à leurs côtés. Ils savent ce que je vis. Je sais ce qui leur importe.
Et puis, il y a parfois ces fameuses rencontres ou des retrouvailles. De très rares moments. Un partage de nos vécus. La dimension spirituelle.
J'ai entendu des voix, j'ai vu des auras bleutées qui me parlaient, j'ai connu des éblouissements fulgurants, des chaleurs inconnues, comme si un soleil en moi illuminait les profondeurs, j'ai connu des envolées inexplicables, je me suis vu de très haut, petit point insignifiant sur la Terre, j'ai pleuré devant les montagnes, j'ai pleuré en écoutant des musiques, pleuré en pensant à la douleur du monde entier, pleuré de bonheur aussi, sans aucune raison identifiable, comme si l'Amour tombait en moi, un puits ouvert, un gouffre lumineux, j'ai compris soudainement des livres sur lesquels j'avais buté pendant des années, j'ai écrit des milliers de pages, comme si les mots venaient en moi sans que je ne les cherche, comme s'ils avaient leur propre vie et que je servais de canal de transmission, je me souviens de cette journée, je tronçonnais du bois et puis les frissons sont survenus, des bouffées de chaleur immenses, jusqu'à m'en faire tourner la tête, je me suis assis sur une souche, j'ai regardé l'arbre que j'avais coupé et j'ai pleuré. Sans rien comprendre. Et je ne cherchais plus à le faire. Lâcher prise absolu. Juste être là et laisser la Vie me parler. Ecouter et me taire intérieurement.
C'est toujours là et je ne cherche rien. Ni à retrouver les plus belles émotions, ni à craindre que plus rien ne revienne jamais. Tout est là. Je laisse ce trésor briller comme il l'entend. Rien ne m'appartient.
Je n'en parle pas, je l'écris. C'est mon vécu. Je sais que tout ça paraît totalement fou, je sais que je suis perçu parfois, comme un illuminé ou un être étrange. Je sais que tout ça ne relève pas de la vie quotidienne.
Mais il existe parfois des partages possibles.
Il existe des passerelles tendues lorsque les vécus sont similaires, non pas nécessairement dans leur développement mais dans leur étrangeté et il est indispensable d'expliquer qu'il ne faut pas avoir peur, qu'il s'agit bien d'une chance même si les repères ont volé en éclat, même si les proches ne comprennent pas, même si la vie quotidienne devient un fardeau constant, même si l'alternance entre le haut et le bas est incessante et épuisante, déstructurante, même si on y perd ce qu'on pensait être et que l'individu qui se révèle peut paraître incompréhensible, inconstant, insaisissable.
Je sais aujourd'hui, avec une certitude absolue, que la vie ne se trompe jamais de message.
Je suis allée voir une amie, je ne l'avais pas vue depuis bien longtemps. C'est quelqu'un que j'aime parce que je sais qu'elle porte en elle de belles choses. Elle m'a envoyé un message. Je ne voulais pas me contenter de répondre.
Alors, nous avons parlé, longuement, longuement, parlé de ce qui ne se dit qu'à ceux et celles qui savent sans rien comprendre, parlé de ce qui n'est pas racontable mais que nous entendons parce que c'est en nous, parce que cette vibration ne nous quittera plus jamais, même si parfois, elle semble éteinte, parlé de cet Amour qui nous dépasse, qui semble même trop puissant pour qu'on puisse l'accueillir, parlé de nos larmes et de nos éclats de bonheur, parlé de ces émotions qui nous étreignent jusqu'à nous serrer la gorge, parlé de ces douleurs qui nous submergent comme des étaux qui nous broient, parlé de nos doutes et de nos peurs qui nourrissent ces douleurs, nous avons ri aussi et puis nous reprenions l'exploration intérieure et je devinais ses larmes. Je sais ce qu'elle vit et je sens en moi la nécessité de l'accompagner, parce que nous sommes des âmes égarées au milieu d'un champ de bataille qui nous désole infiniment, parce que l'Amour de la Vie est là et qu'il serait ignoble de s'en détourner.
Je sais que c'est un cadeau et que la Vie nous fait confiance, qu'elle considère que nous pourrons continuer l'exploration, même si nous ne connaissons pas l'intention finale. Ce temps à venir n'existe pas, le temps passé s'étiole. Il ne reste que cet instant présent, que le maintenant, immédiat, puissant, euphorisant ou déprimant, il ne reste que nos errances et cet appel que la Vie nous lance.
"Aime-toi, aie confiance en toi, sois patient, bienveillant, lucide, réceptif, donne aux autres, à ceux et celles qui pourront entendre et recevoir à leur tour."
C'est ainsi que je ferai, c'est promis. Je ne peux pas rejeter cette confiance qui m'est accordée, je ne peux pas ignorer ce chemin à parcourir, là où je suis, maintenant.
"Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. "
Comment aurais-je pu ignorer ce message ?
Comment pourrais-je le garder pour moi ?
Alors, j'ai pris cette amie dans mes bras et je l'ai serrée, comme si la vie en moi, cette vie dont j'ignorais tout et qui s'était révélée, il y a longtemps déjà, pouvait se fondre en elle, comme si l'exploration que j'ai déjà menée pouvait servir de balises, juste un éclat dans le chaos qui l'étreint.
C'est peut-être ça que je devrais faire désormais.
Parler...
Merci Audrey.
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La minorité
- Par Thierry LEDRU
- Le 04/12/2013
"Ne doutez jamais qu'un petit groupe d'individus conscients et engagés puisse changer le monde car historiquement, c'est toujours de cette façon que le changement s'est produit. "
Margaret Mead.
Est-ce que cette pensée est toujours d'actualité ? Est-ce que l'évolution du monde permet de concevoir qu'une minorité d'individus puisse enclencher un changement profond ou le poids de la mondialisation et les effets destructeurs de la négativité couvrent-ils les actes constructeurs d'une chape de plomb ? Est-ce volontaire ?
Je lis beaucoup de messages pessimistes de ci de là. Il est évident que l'état de la planète n'est guère réjouissant, autant sur un plan social qu'écologique, sur un plan spirituel, éducatif, philosophique, culturel, économique. Mais est-ce un état génaral ou une mise en lumière des dégâts prônés par des instances dirigeantes qui cherchent à maintenir une peur primaire afin de convaincre la masse des actes engagés ?
Lorsqu'émerge une volonté de changement, il est difficile de lutter contre une marée contraire. Les généralisations génèrent des pensées sombres qui viennent altérer la détermination ou pire encore l'anéantir. Je le vois avec mes élèves. Il suffirait que je leur dise que la prochaine évaluation sera très exigeante pour créer une peur invalidante. Si au contraire, je mets en avant l'excellent travail qu'ils ont accompli et la certitude qu'ils ont un niveau largement suffisant pour s'engager dans une évaluation, je sais que l'état psychologique dans lequel ils seront plongés contribuera à la performance.
Tout est affaire de psychologie.
La psychologie des foules, c'est à dire de la majorité, s'entretient d'elle-même dès lors qu'elle est relayée par les médias.
Les choix qui s'offrent ont deux directions opposées : l'indifférence ou la lutte.
On sait très bien que l'indifférence est mortifère. Le danger n'est pas tant dans les actes destructeurs de quelques-uns que dans le refus de s'en préoccuper de tous les autres.
La lutte est plus engageante. Mais le danger vient de l'état d'esprit dans lequel cette lutte se fait. Il ne s'agit pas tant de dénoncer les destructions que de proposer d'autres comportements. Il ne s'agit pas de lutter pour lutter mais bien pour construire. Parce que la construction a tout simplement un effet bénéfique sur la psychologie. Et qu'elle peut amorcer par son pouvoir une inversion de la marée...
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Sabordage
- Par Thierry LEDRU
- Le 03/12/2013
Hier et aujourd'hui, j'ai travaillé en "animation pédagogique" avec les professeurs de collège du secteur. J'ai assisté à quatre heures de cours lundi matin puis trois professeurs sont venus dans ma classe. Aujourd'hui, il s'agissait, je le pensais, de condenser ce que nous avions vu et entendu, d'établir un projet commun, d'identifier les priorités pour unifier la continuité des enseignements mais lorsque j'ai entendu l'ordre du jour, j'ai été estomaqué. Il s'agissait d'analyser le livret de compétences et au préalable d'expliciter clairement ce que ce terme signifie.
Là, j'ai pris un coup de sang...
Un sabordage personnel grandeur XXL...
J'ai pris la parole...
Une vingtaine de professeurs de collège, tous les collègues de CM du secteur, les formateurs et conseillers pédagogiques, le proviseur du collège et l'Inspecteur de circonscription.
Je me suis adressé à l'Inspecteur. J'ai dit que j'en avais assez de cette dialectique et qu'elle ne me servait à rien, que j'en avais assez d'entendre depuis trente ans que jusqu'ici je ne savais pas travailler et que maintenant on allait m'apprendre le métier, que j'en avais assez d'être pris pour un crétin qu'on allait sauver et que j'avais déjà assisté à des centaines d'heures de concertation pour n'en sortir qu'avec un profond désoeuvrement, un flot d'interrogations qui venaient dévorer l'énergie dont j'avais besoin pour mener à bien mon travail avec les enfants, que j'en avais assez de cette idée que je devais m'adapter à un système défectueux et malsain et faire entrer dans ce cadre pervers des enfants innocents et malléables, que ça n'était pas ainsi que je concevais ma mission.
Le conseiller pédagogique m'a coupé la parole. Une fois. Pas deux. Il a suffi que je hausse la voix. Fortement.
J'ai continué en expliquant que les enfants dont tout le monde se plaignait n'éprouvaient aucun besoin FONDAMENTAL, EXISTENTIEL d'apprendre ce qu'on me demandait de leur enseigner et qu'il fallait donc que je parvienne à créer un désir en eux, que ce désir ne pouvait s'éveiller qu'à partir du moment où je les considérais comme des enfants et non seulement comme des élèves et que c'est l'observation et la connaissance de soi qui pouvaient générer ce désir. "Connais-toi toi même." Une des premières maximes que je leur transmets.
Ce qui m'importe, ça n'est pas d'identifier des compétences ou des objectifs parce que si j'en étais encore là après trente ans de métier, ça serait un effroyable constat d'échec. Ce qui m'importe, c'est de lancer les enfants dans cette exploration intérieure. Les travaux menés en classe sont des opportunités d'éveil à soi et non de possibles menaces d'évaluation de compétences. Tant que nous travaillerons sur des techniques en espérant améliorer un système carcéral, nous n'ouvrirons pas les grilles.
C'était un sabordage. Ou pas. Je n'en sais rien et en fait, je m'en contrefous.
J'ai dit que je ne voulais plus collaborer à ce désastre. Que je refusais d'être un "collaborateur". Maintenant, ils savent tous ce que je pense d'eux.
J'ai pris mon sac et je suis parti.
"Le déséquilibre entre le niveau du développement de notre environnement extérieur et celui de notre développement spirituel est très frappant. La vraie menace qui pèse sur l'homme aujourd'hui, ce n'est pas tant la guerre que cette aridité désespérée, cet arrêt du développement intérieur. Une éducation capable de sauver l'humanité n'est pas une mince affaire. Elle implique le développement spirituel de l'homme et le renforcement de sa valeur personnelle. " Maria Montessori.
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Réveillez-vous !!
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/12/2013
Ca pue l’injustice, et la tempête est programmée,
Tout va de plus en plus vite, oui la guerre est proclamée,
Une guerre glaciale de moins en moins discrète,
Qui s’attaque aux plus pauvres, et à ceux qui refusent d’intégrer la disquette,
On divise la populace, instaure l’Etat policier,
Sors des rangs tu mangeras la matraque de l’officier !
Nouvel Ordre OFFICIEUX, terrorisme OFFICIEL !
"Des gains multiples" pour instaurer la surveillance et la peur,
Eteins ta télé, et leurs émissions d’arriérés,
Eteins ta télé, avant d’finir complètement aliéné !
Propagande de peur pour une soumission official,
Métro boulot dodo, biométrie et fichage !
Hé ! Les rebelles croupissent en taule,
Campagne de disparition marketing pour qu’on accepte les puces dans l’corps !
Faut qu’on s’réveille car demain sera pire encore,
Les murs s’resserrent y’a de moins en moins d’espace Hé oh !!!!
Refrain:
Réveillez vous, ils nous ont déclaré la guerre,
Réveillez vous, peuple du monde et enfant de la terre,
Réveillez vous avant le point de non-retour,
On aura besoin de tout le monde tout le monde tout le monde !!
Réveillez vous, car demain sera pire encore,
Réveillez-vous avant qu’ils nous mettent des puces dans l’corps !
Réveillez vous c’est toutes nos vies qui sont en jeu,
Réveillez vous, RE-VEIL-LEZ VOUS !
Ca pue l’injustice, et la tempête est pour bientôt,
Peuple aliéné, politiques qui nous mènent en bateau,
Terrorisme d’état bien concis,
Peuple exploité voué à consommer c’qu’ils construisent,
Prisons à ciel ouvert dans le crime et la norme,
Quand les frontières deviennent les barricades de la mort !
Méfie toi des miradors, des gardiens du désastre,
Méfie toi, car les arrestations deviennent des rafles,
Ils condamnent l’exclu, en propageant l’exclusion,
Exploitent les plus pauvres avant la case Expulsion !
Font la chasse à l’enfant, des CRS dans les écoles,
Wesh les voiles les dérangent mais pas les flics dans les écoles !
Si on était ensemble ils pourraient plus semer le chaos,
Nous on croit pas en leur justice nous on croit en celle de Là-haut !
Mon frère, ne perds pas la foi toi qui n’y croit plus,
On a besoin de toi, ma sœur on a besoin d’toi Hé oh !!!!
Refrain:
Réveillez vous, ils nous ont déclaré la guerre,
Réveillez vous, peuple du monde et enfant de la terre,
Réveillez vous avant le point de non-retour,
On aura besoin de tout le monde tout le monde tout le monde !!
Réveillez vous, car demain sera pire encore,
Réveillez-vous avant qu’ils nous mettent des puces dans l’corps !
Réveillez vous c’est toutes nos vies qui sont en jeu,
Réveillez vous, RE-VEIL-LEZ VOUS !
Ca pue l’injustice et la tempête a commencé,
Avant même le combat, trop de frères ont renoncé !
Dis moi qu’est ce qu’on attend pour construire sans eux,
Que le soleil disparaisse ou que leurs armées soient des clones ?!
Energie nucléaire, saccageant la création,
Processus établi de déshumanisation,
Esprit rempli de subliminal bombardement,
Les plus gros médias appartiennent aux usines d’armement !
Alors comprend dans quel monde nous vivons !
Le savoir est une arme à l’heure où ils brevettent le vivant !
La science et la recherche au service de la peur,
Car un virus c’est mieux qu’une guerre pour exterminer un peuple !
N’ayons pas peur, ayons confiance en nous même,
Même la vie est avec nous Oui la vie est avec nous !
Mon frère, ma sœur on est ensemble,
Si Oui on meurt ensemble, allez on a plus l’temps Hé oh !!!!
Refrain:
Réveillez vous, ils nous ont déclaré la guerre,
Réveillez vous, peuple du monde et enfant de la terre,
Réveillez vous avant le point de non-retour,
On aura besoin de tout le monde tout le monde tout le monde !!
Réveillez vous, car demain sera pire encore,
Réveillez-vous avant qu’ils nous mettent des puces dans l’corps !
Réveillez vous c’est toutes nos vies qui sont en jeu,
Réveillez vous, RE-VEIL-LEZ VOUS !
N’ayons pas peur car nous sommes le monde, le système n’est rien sans nous,
à nous de reprendre l’espace public, de récupérer nos rues, de reprendre en main nos quartiers,
On nique pas le système en voulant le détruire, on nique le système en construisant sans lui,
Alors construisons, reprenons nos vies en mains, car les leurs sont pleins de sang…
Echangeons, on a tous quelque chose à apporter à l’autre,
Et donnons plus nos compétences qu’à Babylone,
Donnez les à la résistance qui t’enroute, On fait tous partie de la solution,
N’oublions pas qu’on est le monde, même s’ils ont le chiffre on est plus fort on a le nombre !
Un peuple uni ne sera jamais vaincu. -
Politique de la peur
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/12/2013
A NE JAMAIS OUBLIER : Écoutez bien nos dirigeants et les discours qu'ils tiennent. Tout est basé sur la peur. Regardez les chasses qu'ils déclenchent. Toute contestation est détournée par des propos cataclysmiques. Toutes pensées hors cadre est condamnée. Tout individu contestataire est épinglé, identfié, catalogué.
Politique de la peur est une expression qui désigne la politique d'un gouvernement qui utiliserait la peur de la population pour faire adopter des mesures réduisant les libertés individuelles1,2.
Sommaire
Origine
Dès le début du XXe siècle, H. L. Mencken, journaliste, écrivain, célèbre critique de la culture américaine, considérait que « le but de la politique est de garder la population inquiète et donc en demande d’être mise en sécurité, en la menaçant d’une série ininterrompue de monstres, tous étant imaginaires »3.
John W. Dean, ancien conseiller du président Richard Nixon, considère la politique de la peur comme la marque exclusive des dictatures d'Amérique latine jusqu'au gouvernement de Georges Bush4. Selon Franck Furedi, professeur de sociologie à l'université du Kent, auteur de « Politics of Fear », l’expression « politique de la peur » implique que des politiciens manipulent volontairement les craintes des populations pour réaliser leurs objectifs5. Cette politique est, selon lui, devenue une des caractéristiques principales de la vie publique américaine depuis le 11 septembre 20016. Elle a été particulièrement pointée dans les actions de John Ashcroft qui, selon certaines analyses, comme celle du président de l'International Center de l'université de Floride, n'aurait pas laissé « la loi interférer avec ses actions » et aurait « préféré faire appel de manière subliminale au racisme et à la xénophobie »7.
Mais la politisation de la peur ne date pas de 2001 et la menace que représente la possession, par certains pays, d’armes de destruction massive était déjà brandie depuis les années 19908. L'expression avait même été utilisée dans les années 1970 pour désigner le maccarthysme9 et auparavant pour le « péril jaune »10 ou la propagande du régime nazi11.
Plusieurs médias du Royaume-Uni utilisaient la même expression, affirmant que cette politique avait rapidement été adoptée par le gouvernement de Tony Blair12. Selon certains journalistes, elle serait même adoptée par le Hezbollah, pour une cause différente13. Selon d'autres études, l'Australie aurait également eu recours à une politique de la peur dans sa gestion de l'immigration14.
Dans son ouvrage Risque : la science et les politiques de la peur, Dan Gardner, développe l'idée que notre évaluation des risques et les actions que nous entreprenons pour nous en protéger ne sont pas rationnelles mais émotionnelles et provoquées par les médias et les politiciens15.
Plusieurs études sociologiques ont tenté d'évaluer les implications sociales de la politique de la peur dans la gestion du terrorisme aux États-Unis16,17. Kate Nash, en particulier, présente la politique de la peur comme à la fois un contrepoids et un complément à ce qu'elle appelle « la politique du désir » (parmi les quatre modèles de politique qu'elle définit, politique tribale, politique du désir, politique de la peur, et politique de la certitude) 18.
Politique de la peur et libertés individuelles
Certaines associations de défense des droits de l'homme décrivent la politique de la peur comme utilisant un discours alarmiste afin de justifier ainsi l'adoption de mesures disproportionnées, dont le résultat serait le contrôle des populations que ces mesures étaient censées protéger19. Amnesty International, dans son rapport de 2007, décrivait un « monde divisé » en conséquence de la politique de la peur menée dans la guerre contre le terrorisme20.
En mai 2009, Janet Napolitano, secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, affirme que le gouvernement de Barack Obama souhaite « sortir de la politique de la peur »21.
États-Unis
Dans son livre Propaganda (1928), Edward Bernays explique que la mentalité collective n’est pas guidée par la pensée mais « par l’impulsion, l’habitude ou l’émotion ».
Leo Strauss, philosophe politique, développe l'idée que le peuple est divisé en « nombreux communs » (« vulgar-many ») et « peu de sages » (« wise-few »). Les sages ont pour tâche de maintenir l'ordre, et pour atteindre leur but peuvent user de « nobles mensonges » (« noble lies »). Si les « nombreux communs » sont laissés à l'individualisme, au libéralisme et au relativisme, il ne peut en résulter que le chaos. Un mythe inventé par les dirigeants servira à contrôler le peuple. En inventant ou en entretenant une « guerre perpétuelle », le peuple pourra être mené pour son propre bien22. Les néo-conservateurs américains se réclament de la philosophie de Leo Strauss[réf. souhaitée].
L'influence des néo-conservateurs commencerait dans les années 1980, où ils23 ont conseillé le président Ronald Reagan. Le principe serait de mettre en place un mythe où les États-Unis seraient le représentant du bien et l'URSS l'« Empire du Mal ». L'équipe B qui interprétait en parallèle de la CIA les informations fournies, est soupçonnée24 d'avoir sur-évalué la menace que représentait l'URSS à l'époque, voire d'avoir inventé certaines menaces.
Après le 11-Septembre, George W. Bush a utilisé une rhétorique déjà utilisée pendant la guerre froide25,26 en qualifiant Al-Qaida d'incarnation des forces du Mal. La communication de Bush s'est alors tournée vers l'Irak, régime politique décrit comme membre de l'Axe du Mal. Des liens entre Al-Qaida et l'Irak ont alors été supposés, mais jamais confirmés. L'Irak a aussi été suspecté de fabriquer des armes de destruction massive, ce qui s'est avéré être un mensonge forgé à dessein.
Noam Chomsky a montré de manière convaincante que la surévaluation du danger représenté par la guerre froide et la « guerre contre le terrorisme » n'ont été qu'un moyen pour les États-Unis de tenter de renforcer leur hégémonie27.
L'appel au rejet de la politique de la peur était l'un des arguments de la campagne de Barack Obama28.
Critiques de l'utilisation du concept par les médias et certaines ONG
Sur une politique de la peur exclusivement de la province du Québec (Canada)
La loi 12 (le projet de loi 78) concourt à l’instauration « d’un régime de répression et de peur », estime Charles-Maxime Panaccio, professeur à la section de droit civil de l’université d’Ottawa29.
Sur une politique de la peur exclusivement « républicaine »
Certains journalistes décèlent une utilisation plus large de la politique de la peur, y compris dans la politique de Barack Obama quand il évoque, par exemple, « le risque que fait peser sur notre planète » des entreprises comme EXXON30.
Jouer la carte de la politique de la peur
Selon certains observateurs, « politique de la peur » est devenue une expression pratique qui s'est répandue au-delà de l'Amérique du Nord pour attaquer à moindre frais diverses propositions politiques31.
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Psychotropes numériques
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/12/2013
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- Serge Tisseron : « Les écrans sont utilisés comme des psychotropes »
France - Sciences Serge Tisseron : « Les écrans sont utilisés comme des psychotropes »
le 01/12/2013 à 05:00 Vu 154 fois
Serge Tisseron, docteur en psychologie, psychiatre et psychanalyste. Photo Franz CHAVAROCHE
Dans un monde ultra-connecté, Serge Tisseron décrit des populations précarisées qui ont trouvé dans les technologies numériques de nouvelles manières de satisfaire de sempiternels désirs. Avec tous les mésusages que cela peut induire.
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«L es écrans sont aujourd’hui largement utilisés pour tenter d’oublier les difficultés et les souffrances de la vie quotidienne ». Effrayante réalité sociale que vous décrivez dans votre livre 3-6-9-12 …
« Les écrans sont beaucoup utilisés comme cela. Quand je dis les écrans, je ne veux pas introduire de distinction entre l’utilisation de la télévision, d’internet, des jeux vidéo… Y’a de très bonnes utilisations de la télévision, des jeux vidéo, d’internet… Et puis il y a aussi le risque de les utiliser comme une manière de ne pas penser. C’est vrai qu’aujourd’hui les écrans sont largement utilisés par une partie de la population comme peuvent l’être les médicaments psychotropes ou à une autre époque l’alcool, c’est-à-dire comme une boisson d’oubli. C’est vrai que, quand on est préoccupé par son travail, regarder une heure de téléréalité, au moins, ça vide la tête. C’est dramatique, mais il ne faut pas culpabiliser les usagers de la téléréalité. Et à la limite, quand bien même il y a autre chose à la télévision, les gens reviennent à la téléréalité. C’est pour cela que les gens qui condamnent la bêtise des écrans sont dans l’erreur. Le problème n’est pas que les écrans soient bêtes et ultraviolents, le problème, c’est de savoir pourquoi il y a tant de gens qui vont voir ça. Quand vous voyez l’extraordinaire difficulté de vie de beaucoup de gens, vous comprenez pourquoi ils veulent se vider la tête. Que les gens n’envisagent pas seulement GTA (le jeu vidéo Grand Theft auto) dans ses conséquences possibles en termes de violence, mais comme une conséquence de causes à analyser. Or, la cause, c’est l’extraordinaire précarité. Parmi les enfants qui regardent la télévision, certains n’ont pas de jouets… »
Qu’est-ce que se cache derrière cette course en avant technologique, ce tout connecté ? Une pathologie sociétale, l’apparition de nouveau besoins ou désirs ?
« Ce ne sont pas des désirs spécifiques à notre société. Ils ont toujours existé chez l’être humain. Mais il n’avait pas les moyens de les satisfaire aussi bien que ce qu’il le peut aujourd’hui avec les technologies contemporaines. Ce sont les usagers qui décident quelle utilisation faire des technologies. Il y a d’excellentes technologies qui ne marchent pas. Elles ne sont pas mauvaises du tout, mais elles ne correspondent pas à un désir humain. Le téléphone mobile a eu un succès extraordinaire car il correspond totalement à plusieurs désirs humains : le désir que l’on ne m’oublie jamais, le désir que mon expérience personnelle soit utile à d’autres, le fait que l’on puisse se cacher et se monter à volonté et puis le désir de pouvoir contrôler mes interlocuteurs, la dimension manipulatoire qui a toujours existé chez l’être humain. »
Des désirs qui induisent la problématique de la séparation de la sphère publique de la sphère privée sur internet…
« Il y a deux phénomènes qui interviennent : il y a d’abord le désir des adolescents d’être présents dans l’espace public. Mais comment être présent sur internet si on ne rend pas publique son intimité ? Et c’est un gros problème qui n’est pas résolu encore, mais qui pourrait l’être mieux si les adolescents étaient mieux informés des dangers qu’il y a à mettre leur intimité dans l’espace public. Les trois règles de base de l’internet que je répète toujours : tout ce qu’on y met risque d’y rester éternellement, tout ce qu’on y met risque de tomber dans le domaine public et tout ce qu’on y trouve ne doit pas être pris pour vérité. Et aujourd’hui on voit de plus en plus de jeunes adultes qui regrettent d’avoir en effet mis sur internet leurs ébats sexuels, leur strip-tease, leurs clips, leurs soirées bien arrosées…. Parce qu’une fois que ça y est, si l’on tape leur nom, c’est ce qui remonte en premier. Aujourd’hui, il y a une prise de conscience des jeunes : ils vont moins surexposer leur intimité. Il faut faire comprendre aux jeunes qu’il y a d’autres moyens d’être présent dans l’espace public que d’exposer leur intimité. Et il faut commencer l’éducation très tôt. »
Cette liberté de parole, associée à un sentiment d’impunité sur internet, engendre de plus en plus souvent à des débordements. Faut-il avoir peur des réseaux sociaux ?
« Le problème n’est pas seulement celui de Facebook ou Twitter. C’est celui de toutes les communications qui passent par des supports numériques dans lesquels il n’y a pas de présence physique. L’être humain est tellement habitué depuis les origines à réguler sa communication en tenant compte des gestes, des attitudes, des mimiques de ses interlocuteurs que, brutalement privé de ce retour, il coure toujours le risque de ne plus tenir compte de son interlocuteur. Le problème c’est que dans les communications numériques, je n’ai pas ce feedback. On a donc tendance à faire ou dire les choses de manière beaucoup plus brutale, beaucoup plus violente que lors d’un face-à-face. Les technologies numériques sont apparues tellement vite que nous n’avons pas encore appris à réguler cela. Il faudra qu’un jour les technologies numériques nous rappellent ce qu’elles nous font aujourd’hui oublier. Je pense que c’est inévitable car trop de gens en souffrent. Il faut constamment rappeler que la loi commune s’applique sur les réseaux sociaux. Ce ne sont pas des domaines hors la loi. Ces technologies encouragent un passage direct de la pensée à l’expression, sans la retenue qui caractérise en principe la civilisation. La génération qui utilise ces technologies numériques n’a absolument pas été préparée à les utiliser. »