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  • Gitta Mallasz "Dialogues avec l'Ange"

    Parce qu'au début, tout semble si "étrange" et qu'ensuite tout semble si évident...

     

    http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=1853

     

    Gitta Mallasz, la baroudeuse des anges

    par Patrice van Eersel


    Celle dont le nom restera synonyme du livre Dialogues avec l’Ange était-elle un simple « scribe », comme elle disait, ou un maître spirituel ? Aujourd’hui, ses anciens « élèves » divergent à ce sujet - les uns se sentant d’abord attachés au livre, les autres à la personne. Une chose est sûre, l’ancienne nageuse austro-hongroise, rugueuse, drôle et débordante d’énergie, fut le catalyseur d’une expérience hors norme, qui déboucha - aux portes de la Shoah - sur une sidérante leçon de joie. Une leçon qui répond exactement aux questions d’aujourd’hui.



    Sans Gitta, l’expérience des Dialogues n’aurait certainement pas eu lieu. « Celle qui rayonne », comme la qualifiait la « voix de son ange », constitua l’un des deux pôles d’un arc extraordinairement puissant. L’autre pôle, « celle qui mesure », une femme également, de la bouche de qui sortirent les fameux Dialogues, était son amie Hanna Dallos. Tout l’inverse d’elle : douce et patiente, d’une intelligence fine et d’une grande culture. Gitta fournissait l’énergie animale. Hanna lui donnait une forme. Nulle opposition, mais un formidable bras de fer amoureux. Dans l’enseignement qui se dégagea finalement de leur questionnement réciproque, énergie et forme, matière et lumière, corps et esprit furent constamment décrits comme « amoureux l’un de l’autre », l’humain constituant la clé de leur rencontre, la clé du cosmos entier !

    Mais il faut camper le contexte, pour ceux qui ne connaîtraient pas cette histoire sublime et tragique. Une histoire à laquelle nombre de nos proches auront la chance de se frotter, rétroactivement, après que Gitta Mallasz se fut enfuie de la Hongrie communiste et réfugiée en France, en 1960, où elle resta jusqu’à sa mort, en 1992.

    Explosion de sens en pleine modernité

    L’histoire commence dans l’Autriche-Hongrie impériale. Fille d’un général magyar et de son épouse autrichienne, Gitta Mallasz est une diablesse haute comme trois pommes de Slovénie, qui fait tôt parler d’elle dans tout le pays. Les Hongrois aiment la natation et la jeune fille est une championne - en piscine et dans le Danube. C’est aussi un pitre - elle gardera jusqu’à la fin un goût des blagues à vous faire tordre de rire (ses hôtes des dernières années, Bernard et Patricia Montaud, en savent quelque chose). C’est enfin une amoureuse redoutable, dont les fiancés tomberont les uns après les autres, sans qu’elle s’en soucie beaucoup. Quand elle rencontre Hanna Dallos, sur les bancs des Beaux Arts, tout les oppose. Fille d’instituteurs juifs raffinés et doux, Hanna est plutôt fragile. Mais elle a aussi beaucoup d’humour et Gitta l’amuse énormément. Contre toute attente, elles deviennent amies - après le mariage de Hanna avec le styliste ébéniste Joseph Kreutzer.

    Budapest est alors une ville moderne très en vue. Nos jeunes gens se retrouvent dans un atelier de design, d’art graphique et de publicité, que dirigent Joseph et Hanna. Avec les ans, la fascination s’inverse. Gitta est folle d’admiration pour Hanna, plus mûre qu’elle et jouant vis-à-vis de ses collaborateurs et apprentis un rôle de guide artistique, intellectuel et spirituel. D’une culture éclectique, Hanna les entraîne dans des discussions passionnées. Un petit groupe se forme, auquel participe aussi Lili Strauß, une jeune femme connue pour sa douceur et sa capacité à enseigner, en Hongrie, une méthode de rééducation corporelle d’avant-garde, tirée du yoga... Mais les temps s’assombrissent. L’idéologie antisémite envahit tout. Hanna, Joseph et plusieurs collaborateurs ne peuvent plus travailler. Fille d’un général antibolchevique (il a maté la révolution de Bela Kun en 1919), Gitta peut les « couvrir » et passer les commandes à leur place. Le petit groupe poursuit ses conversations en catimini. Si Hanna, Joseph et Lili sont nés juifs et Gitta catholique, aucun ne se reconnaît dans une religion. En avance sur leur temps, ils s’intéressent par contre à toutes les traditions spirituelles, d’Occident comme d‘Orient. La conversation tourne beaucoup autour du mensonge, « bien plus grave que la violence ». Sur de nombreux points, Hanna est influencée par les explorateurs orientaux de la « non-dualité », qui lui soufflent que « le corps et l’esprit sont un » et que « le mal n’est que du bien immature ». Mais les religions du Livre sont très présentes aussi. Question : si le Verbe crée le monde (thème judéo-chrétien omniprésent, de la Genèse à l’Apocalypse de saint Jean), le vrai péché n’est-il pas de le trahir, autrement dit de mentir ? Or, que font d’autre les dirigeants du monde, et pas seulement les totalitaires ? À ce stade, Gitta est une élève parmi d‘autres, à l’écoute de Hanna ; si elle dépasse ses camarades, c’est surtout dans le genre étourdi, zélé et chien fou.

    La guerre éclate et l’atmosphère devient de plomb. Comme toute la noblesse hongroise, le dictateur Horthy n’aime pas les Allemands nazis. S’il collabore avec eux, c’est de loin, à la manière de l’Espagnol Franco ou du Portugais Salazar. Bien qu’antisémite, il refuse de livrer « ses » juifs, qui constituent l’essentiel de la bourgeoisie de Budapest, son économie. Presque jusqu’à la fin, les nazis, trop occupés ailleurs, toléreront cette indépendance... Résultat, pour 750 000 juifs, la Hongrie va devenir un balcon sur l’enfer. Une cocotte-minute. Dans tous les pays alentour on déporte à tour de bras... et ici non ? Cinquante ans après, ayant traversé la guerre dans le ghetto de Pest, Maria Torok, juive hongroise devenue psychanalyste en France, assurera que, dans cette atmosphère surtendue, plusieurs phénomènes similaires aux Dialogues avec l’ange ont littéralement « explosé ». De quoi s’agit-il donc ?

    Le mystère de l’inspiration créatrice

    Le petit groupe finit par se réfugier à Budaliget, un faubourg, sur les hauteurs de Buda. C’est là que, le vendredi 25 juin 1943, à 15 heures, tandis que Hanna et Gitta conversent, seules, éclate un événement qui va les catapulter à un autre niveau de conscience. Alors que rien ne l’annonce, Hanna change soudain de ton et déclare à Gitta : « Attention, ce n’est plus moi qui parle ! », avant de partir dans un discours extrêmement beau - et sévère - adressé à son amie. Sur le coup, Gitta se trouve écrasée. Son « guide » lui assène : « On va te faire perdre l’habitude de poser des questions inutiles ! » Le ton est donné. À partir de là, pendant dix-sept mois, ce phénomène se reproduira une centaine de fois, tous les vendredis à 15 heures - quatre-vingt-huit de ces « Dialogues » seront pris en note, dans des cahiers à couverture de moleskine noire qui deviendront célèbres... trente-trois ans plus tard. Dès le premier entretien, c’est un enseignement de très haut niveau qui s’énonce, dans un hongrois somptueux, lapidaire et tranchant (que les traducteurs auront grand mal à rendre, comme pour toute poésie forte).

    Très vite, Lili rejoindra ses deux amies - et la voix de son guide à elle sera infiniment douce. Joseph, sceptique de nature, mettra plusieurs semaines avant de suivre - le sien s’avérant presque aussi muet que lui. Finalement, c’est à quatre - structure carré servant d’« antenne » ? - qu’ils recevront les très frappants messages de leurs « guides » (le mot ange ne viendra que beaucoup plus tard). À chaque fois, c’est Hanna qui parle, tandis que Gitta et Lili notent, chacune son tour, ce que la voix répond aux questions de l’autre. Attention : ni parole automatique, ni transe - « Il faut absolument que vous compreniez que tout cela était parfaitement na-tu-rel ! » ne cessera de nous répéter Gitta, une fois exilée en France, avec le fort accent austro-hongrois qu’elle ne perdra jamais. Pas de channeling, ni de médiumité ! Encore que...

    Quelle différence entre l’inspiration d’un Mozart, avouant recevoir sa musique « sous la dictée des anges », et celle d’un médium proférant, endormi, des paroles venues d’on ne sait quel inconscient ? Interrogé à ce sujet, le théologien, philosophe et psychothérapeute Jean-Yves Leloup n’hésite pas à dire que, exception faite des tricheurs, les « inspirations » ne diffèrent pas en nature, mais en degré de conscience, le channel endormi représentant en quelque sorte le niveau zéro, et le grand prophète - mettons Moïse - l’autre bout d’une même échelle transpersonnelle (l’artiste présentant cette grosse différence avec le prophète qu’il conserve un ego, généralement énorme). Hanna, quand elle parle, est « transparente » et pourtant plus éveillée que jamais, tellement « en forme » qu’elle profère des paroles qui la surprennent elle-même ! Lesquelles par exemple ?

    Un manifeste esthétique radical

    Les Dialogues avec l’ange rassemblent un contenu très riche, dont on ne peut donner ici que de minces aperçus. Les « guides » des quatre amis (Celui qui mesure, Celui qui rayonne, Celui qui aide et Celui qui bâtit) se présentent comme leurs « moitiés créatrices », à jamais liés à eux - eux dont les consciences, encore prisonnières du rêve, se croient réduites à leurs « moitiés créées », à la fois « animales » et « mentales », deux états soumis au temps et donc appelés à disparaître avec la mort du corps. Jamais pourtant le corps n’est méprisé, bien au contraire. Un amour fou, disent les messagers invisibles, attire la lumière et la matière l’une vers l’autre. C’est un appel pressant à l’incarnation : « Le poids est la voie », dit l’entretien du 1er octobre 1943. Mais la participation à la pesanteur ne peut se faire que dans la joie : pour accomplir son destin, l’humain doit peser joyeusement ! On est loin des voyages astraux. Loin aussi du dolorisme. La souffrance n’est utile qu’à l’animal, à qui elle sert de boussole. Pas d’abstinence mortifère : la sexualité, par exemple, est vue comme une passerelle supérieure pour créer « l’Homme », et non pour faire « beaucoup d’hommes ». Le divin (désigné en hongrois par l’intraduisible pronom « Ö », ni masculin, ni féminin, ni neutre) se réalise Lui-Même dans un jaillissement en permanente innovation, dont chaque humain peut devenir acteur à condition d’oser hisser sa vie et ses questions à la hauteur de ce « manifeste esthétique radical », comme l’écrira Michel Cressole dans Libération, le 5 juillet 1990. Les « guides » insistent particulièrement sur cet aspect « éternellement nouveau » de la force divine, dont ils se disent les humbles messagers, pris à l’intérieur d’une hiérarchie angélique qui fait penser à la Kabbale juive.

    Danser de joie dans la Shoah !?!

    Sentant leur défaite inéluctable, les nazis envahissent la Hongrie en mars 1944. En quelques semaines à peine, ils déportent 95 % de la communauté juive, jusque-là épargnée et à présent jetée droit dans les fours ! C’est alors que, cessant d’être simple assistante ou catalyseur sidéré, Gitta Mallasz devient actrice de l’« expérience » que les anges disent « tenter » sur les quatre amis.

    Poussée par une intelligentsia catholique d’exception, la fille du général accepte d’abord de prendre la tête d’une « usine de guerre » fabriquant des uniformes et servant, comme dans la Liste Schindler, à cacher des femmes juives transformées à la hâte en couturières. Mais si une centaine d’entre elles seront bien sauvées (avec leurs enfants), Hanna et Lili, elles, choisiront de mourir déportées (Joseph les y précède). Jusqu’à la dernière goutte d’énergie, ployant mais ne rompant pas, elles continueront à donner corps au plus incroyable et au plus insolent des messages. La guerre ? Un vieux réflexe, une habitude, une routine, un ennui mortel... - tous les signes du « Menteur ». La véritable Paix, les hommes ne la connaissent pas encore : c’est la danse des noces de la Terre et du Ciel, et celle-ci passe par l’Humain, conscient de sa part créatrice et donc immortel ! Jusqu’à la fin, dans la « cabane du commandant » de l’usine de guerre, et même ensuite à Ravensbrück, soutenue par Lili et deux autres femmes (dont Eva Dànos qui en réchappera et témoignera), Hanna et Lili, pourtant transpercées de tristesse, accueilleront l’invitation à « danser l’ébauche du nouveau monde » et à la transmettre aux déportées, transformées en cadavres ambulants, mais souriant une dernière fois et n’en croyant pas leurs oreilles.

    Transmettre le message au monde entier

    C’est toute seule que Gitta Mallasz vivra l’autre moitié de l’épopée. Ayant réussi à devenir la décoratrice des Ballets nationaux de la Hongrie communiste (malgré son père, général anti-bolchevique !), elle voyagera dans le monde entier, attendant que ses parents meurent pour demander l’asile politique en France. Commencera alors une longue ascension, occupée à survivre (en dessinant des pochettes de disque), puis à traduire le contenu des cahiers qu’elle a miraculeusement réussi à préserver. Avec l’aide de Laci Walder, un réfugié hongrois, épousé en mariage blanc, mais devenu son vrai (et seul) mari, et de quelques amis (dont Françoise Maupin et Marguerite Kardos), Gitta Mallasz mettra quinze ans à parvenir à un texte français publiable. C’est Dominique Raoul Duval, éditrice chez Aubier, qui trouvera le titre Dialogues avec l’Ange (Gitta avait titré : Les 4 Messagers). Quant à la promotion, elle sera assurée par trois hommes de radio, subjugués par la fougue de cette Hongroise inclassable : Claude Mettra, de France Culture, et Jacques Chancel, de France Inter - ce dernier, commencera sa « Radioscopie » de Gitta très sceptique et se retournera stupéfait, en cours d’émission, après que Gitta, inspirée, lui ait fait lire à l’antenne le passage sur le sourire...

    En peu d’années, les Dialogues seront traduits dans le monde entier, sous la surveillance ultra attentive de Gitta Mallasz qui, aidée par Robert Hinshaw, éditeur de la Fondation Jung, réussira à faire parrainer plusieurs traductions par de grands esprits, souvent des musiciens, par exemple Narciso Yepes et Yehudi Menuhin [1]. Refusant catégoriquement de devenir gourou et interdisant très explicitement à quiconque de s’ériger en interprète ou en exégète des Dialogues, Gitta, devenue veuve, s’apprêtera à finir ses jours dans un village de Dordogne. Mais le sort en décidera autrement...

    Elle a 81 ans quand, roulant en pleine tempête, elle écrase sa 2CV sur une autre voiture et se fracasse les deux bras. Astreinte à ne plus rouler, elle est heureuse d’accepter, sur les conseils de Marguerite Kardos, l’invitation d’un homme chaleureux qui, depuis plusieurs années, organise les conférences qu’il lui arrive de donner : Bernard Montaud. Avec sa femme Patricia, celui-ci propose à la vieille baroudeuse de venir habiter chez eux, au milieu des vignes des Côtes du Rhône.

    Là se déroulera une dernière et étonnante phase d’un parcours déjà chargé. Pressée par ses hôtes - et par des centaines de lecteurs - d’expliquer, le plus concrètement possible, comment chacun peut contacter sa « moitié créatrice », Gitta Mallasz, acceptera finalement d’enseigner la manière la plus simple, pour chacun, d’entendre la voix de son guide intérieur (et pas celle de son délire !), dans un dialogue intime dont elle finira par dire qu’il s’agit d’une « fonction naturelle » de la condition humaine. [2]

    À lire :

    Les Dialogues avec l’Ange, éditions Aubier.

    Quatre commentaires signés Gitta Mallasz :

    Les Dialogues tels que je les ai vécus, Les Dialogues ou l’Enfant né sans parents, Les Dialogues ou le Saut dans l’inconnu, et Petits Dialogues d’hier et d’aujourd’hui, éd. Aubier.

    Quand l’ange s’en mêle, entretiens de Gitta Mallasz avec Bernard et Patricia Montaud, éditions Dervy.

    César l’éclaireur et César l’enchanteur, Bernard Montaud, éditions Dervy/Edit’as.

    La Source blanche, l’étonnante histoire des dialogues avec l’ange, Patrice van Eersel, éditions Grasset et Livre de Poche.

    Les amis de Gitta Mallasz : www.lesamisdegittamallasz.org

    Association pour la Diffusion des Dialogues avec l’Ange (ADDA) : m.kardos@wanadoo.fr

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  • Sur l'indentité nationale.

    Un forum que j'aime bien, un débat d'actualité. Personnellement je lis avec le même intérêt les commentaires. J'aime beaucoup celui qui dit que l'identité est une notion figée et qu'il ne veut pas qu'on le limite dans une Histoire.

     

    http://philomag.com/fiche-philinfo.php?id=155

     

    L'identité planétaire, quand est-ce que ce débat sera d'actualité ?...

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  • Haïti

    http://www.swissinfo.ch/fre/multimedia/video/Le_journal_19:30.html?cid=8100072&itemId=8100068

     

    Il est là Dieu ? Dans ce monde ?
    Ou juste des hommes imparfaits.
    Pourquoi devrait-Il porter le fardeau de ce que nous créons ?
    Entre deux pierres, je peux casser une noix. Je peux aussi fracasser un crâne. Est-ce qu'Il est responsable de cette folie en moi ? Il aurait créé la pierre, la noix, moi et l'autre. Il aurait dû savoir que je pouvais prendre le crâne de l'autre pour une noix ? Ca paraît quand même relever de l'intuition divine ! Ah, ben oui, justement me direz-vous...Encore faudrait-il que je puisse analyser les conséquences de mon acte au-delà de la vision de la cervelle qui s'écoule. Peut-être y a-t-il l'intention insaisissable dans ce geste de déclencher en moi la commisération, le remord, une possible révélation à moi-même de l'amour envers l'autre, peut-être y a-t-il au-delà l'opportunité pour des masses humaines de prendre conscience de l'horreur de mon geste, peut-être n'est-ce qu'un exemple proposé tout comme la catastrophe épouvantable de Haïti est l'opportunité pour les survivants de sortir d'un état misérable, pour l'humanité entière de créer une solidarité jamais connue, peut-être que Dieu a des méthodes qui nous échappent.
    Si je Le comprenais, ne serais-je pas un Dieu ? Ma vision étriquée n'est qu'une parcelle infime du chaos intentionnel. Je n'y comprends rien parce que je ne suis pas à Sa place. Alors, je doute, je souffre de cette horreur planétaire et je vais marcher en montagne pour calmer mes entrailles. Et je m'extasie devant un champ de neige et je me dis que la Création est vraiment merveilleuse.
    Et là, bien évidemment, devant la futilité de mon mental vagabond et versatile, je réalise à quel point je ne suis qu'un esprit infantile.
    Peut-être qu'un jour je grandirai. C'est peut-être ça l'intention finale.

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  • Le Bien et le Mal (1)

    Un habitant du nord de la Chine vit un jour son cheval s’échapper et passer de l’autre côté de la frontière. Le cheval fut considéré comme perdu.

    A ses voisins qui venaient lui présenter leur sympathie, le vieil homme répondit :

    La perte de mon cheval est certes un grand malheur. Mais qui sait si dans cette malchance ne se cache pas une chance ?

    Quelques mois plus tard, le cheval revint accompagnée d’une magnifique jument. Les voisins félicitèrent l’homme, qui leur dit, impassible :

    Est-ce une chance, ou est-ce une malchance ?

    Le fils unique du vieil homme fut pris d’une véritable passion pour la jument. Il la montait très souvent et finit un jour par se casser la jambe pour de bon.

    Aux paroles désolées des voisins, l’homme répondit, imperturbable :

    Et si cet accident était une chance pour mon fils ?

    L’année suivante les Huns envahirent le nord du pays. Tous les jeunes du village furent mobilisés et partirent au front. Aucun n’en revint. Le fils estropié du vieil homme, non mobilisable, fut le seul à échapper à l’hécatombe.

    (d’après Hoài-Nam-Tu)




    "Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va."

    Je n'en démords pas. A ces situations auxquelles nous apportons notre réaction, nous ne comprenons en fait rien du tout. Nous cherchons à les enluminer ou à les exorciser par des paroles insignifiantes qui nous donnent un sentiment de puissance, une soi-disant maîtrise, une analyse, une reconnaissance ou un déni...
    Tout ce à quoi nous nous identifions en insérant dans la Vie nos conditions de vie.
    Cette réaction est à mon sens issue de cet orgueil immense de l'homme à qui on apprend, enfant, que la Vie est une lutte redoutable, une alternance constante entre le bonheur et le malheur, le bien et le mal, toutes ces notions archaîques ensemencées par les religions, les conditonnements, les formatages, l'inconscient collectif.
    Cette Vie devient effectivement une lutte dès lors que nous y insérons les résidus d'un mental incontrôlé, les éducations adorées comme autant de divinités. Nous sommes des esprits supérieurs, que diable !! Que diable...Oui, effectivement, on pourrait penser qu'il s'agit de lui. Le mental comme un Satan sortant constamment de sa boîte et pervertissant la Vie.

    Mais la Vie n'a rien à voir avec nos conditions de vie, avec les évènements qui jalonnent notre parcours, avec les errances, les tourments, les douleurs, les réalisations, les bonheurs, les amours, les désastres...Tout cela n'est qu'un vaste puzzle dont les pièces emboîtées constituent l'image de la Vie qui nous a été donnée.
    Il est absurde de vouloir en changer les couleurs, les dessins, les arabesques, les nuances en insérant dans l'étendue les commentaires d'un mental qui se veut le maître. Il n'est pas le dessinateur, il n'est pas l'architecte, il n'est pas le coloriste. Il n'est que le commentateur bavard et indiscipliné d'un "dessein" dont il ne comprend rien.



    La lucidité consiste à envelopper dans son ensemble et non uniquement dans ses détails l'estampe infiniment complexe où nous demeurons.

  • Humour.

    Pour une fois...

     

    GELLUCK

    Les perles du chat

    - Pour avoir de l’argent devant soi,
    les gens mettent de l’argent de côté.

    - On dit que boire du café empêche de dormir.
    Par contre, dormir empêche de boire du café.humour-chat-velo

    - Prendre un coup de vieux, ça ne veut pas obligatoirement dire qu’on se fait taper dessus par un octogénaire.

    - La différence entre l’amour et l’argent,
    c’est que si on partage son argent, il diminue.
    Tandis que si on partage son amour, il augmente.
    L’idéal étant d’arriver à partager son amour avec quelqu’un qui a du pognon.

    - Moi l’augmentation du prix de l’essence, je m’en fous. J’en prends toujours pour 75 euros.

    - Il n’est pas nécessaire d’être gros pour être un gros con. Il suffit d’être con.

    - Il y a malgré tout un avantage à tomber en panne sèche : c’est moins lourd de pousser la voiture que si le réservoir est plein.

    - Allez donc faire comprendre à des élèves :
    Que l’enseignement primaire n’est pas primaire,
    que le secondaire est loin d’être secondaire et
    que le supérieur est parfois moyen…

    - Plus mon cigare raccourcit
    et plus je dois tendre le bras vers le cendrier.

    - Il y a des livres qui rendent con.
    Le problème, c’est que c’est après les avoir lus...
    que l’on s’en rend compte.

    - J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... Il a appris à nager.

    - Savez-vous quel est le point commun entre un robot et une sauce napolitaine ?
    J’ose à peine le dire :
    Ils sont tous les deux automates. !!!

    - Dans la vie, il y a deux choses que l’on ne peut pas faire à moitié : c’est naître et mourir.

    - La différence entre un artiste et une paire de chaussures,
    c’est que l’artiste doit pouvoir partir avant de lasser,
    tandis que les chaussures il vaut mieux les lacer avant de partir.

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  • Vigneault, Charlebois, Leclerc.

    Un titre inoubliable.

     

    http://www.youtube.com/watch?v=DTi3GfOv4ms&feature=related

     

    et une humanité qui ne comprend toujours pas.

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  • Le désir.

    Textes philosophiques
    Swami Prajnanpad les attentes vis-à-vis d'autrui

    "De qui est-ce que j'attends quelque chose? De qui? De "lui". Mais c'est absurde. Moi et lui sommes-nous pareils? Le désir implique que je veux quelque chose. L'action est la manifestation du désir. L'action dépend donc du désir. Mais le désir est "mien", tandis que l'action je l'attends de "lui". Il y a d'abord le désir, puis l'action vient. "Son" action à "lui", va donc suivre "son" désir. Comment alors une action"chez lui", pourrait-elle suivre "mon" désir qui est "en moi"? C'est impossible.

    La logique des faits, en conséquence, c'est que vous ne pouvez rien attendre. Vous n'avez aucun droit d'attendre. Vous n'avez pas le droit de juger. Vous êtes un homme et votre seul droit est de comprendre... oui, de comprendre.

    Tant que vous ne réaliserez pas que l'attente n'est rien d'autre qu'une illusion, votre mental continuera à fonctionner en partant de l'hypothèse que cette attente correspond à la réalité. Le mental continuera à chérir cette illusion, en sera satisfait et continuera à rejeter les torts sur autrui.

    Pourquoi dit-on que ce sont les autres qui ont tort? Parce que l'on se refuse (deny) soi-même. On refuse de voir sa propre erreur... Qui en est responsable? Votre attente a été déçue. L'échec ne vient-il pas alors de votre propre attente? Comment blâmer l'autre personne pour cela? Car c'est vous qui avez attendu et espéré. Mais de qui? ... Qu'est-ce qui cause cette attente? La possibilité d'obtenir quelque chose. J'attends signifie "je crois qu'il il a une possibilité" Mais pouvez-vous espérer quand vous savez qu'il n'y a aucune possibilité? Pour éliminer l'attente à sa racine, vous devez détruire la racine même de cette possibilité. Il n'y a aucune possibilité. Aucune. Vous deux, vous et lui, sont différents. Où se trouve alors la possibilité que l'un puisse répondre à l'attente de l'autre? Il n'y en a aucune.

    Pourquoi? Parce que toute action dépend d'un désir. Et je suis seul en position d'agir selon mon désir. Si le désir est ici, où se trouve l'action? Le désir est "mien" mais j'attends une action de "lui". Quel est l'ordre des choses? D'abord un souhait ou un désir puis une action. Le désir ou le souhait précèdent toujours l'action. En conséquence quand le désir est "mien", l'action doit aussi venir de "moi" et non pas de "lui". J'oublie que son action dépend de "son" désir à lui. J'ignore "son" désir et je mets "mon" désir à la place du "sien" et j'attends que "il" agisse selon "mon" désir. C'est un non-sens. Personne ne fait quelque chose, personne ne peut faire quoi que ce soit pour quelqu'un d'autre. Nous en arrivons à la seconde maxime concernant la vérité: si le désir est en moi, l'action aussi doit être mienne... L'attente est une illusion, c'est un mensonge. Aussi longtemps que vous ne le réaliserez pas, vous continuerez à justifier vos espoirs, prenant l'attente pour une réalité et vous aurez à en payer le prix ".

    L'Expérience de l'Unité, L’originel, p. 57, 58, 61, 62. sq.
    "Chaque fois que vous êtes malheureux, vous ajoutez quelque chose à la réalité et c'est cette addiction qui vous rend malheureux. Je vous le répète, vous ajoutez quelque chose : vous ajoutez votre réaction négative.

    La réalité procure le stimulus, vous procurez la réaction. Vous ajoutez quelque chose en réagissant. Et si vous examinez cette chose, vous constatez que c'est toujours une illusion, une exigence, une attente, un désir insatiable. Toujours. Les exemples d'illusions abondent. " Anthony de Mello

    Je ne peux pas me plaindre de l'obscure réalité étant donné que mon regard lui donne cette teinte. La réalité n'est rien d'autre que la réalité. Si mon désir est un étouffoir de la réalité je ne peux pas me plaindre de ne plus rien voir. Etant donné qu'un désir se projette vers une entité extérieure à moi je ne peux pas maîtriser tous les paramètres. Soit je l'accepte, soit je me retire. Soit je reste dans cette réalité et je l'assume, soit je sombre dans l'éventualité de la désillusion. C'est la peur qui l'emporte dès lors et parfois c'est cette peur qui entretient le désir...Le désir a une force considérable et il est indispensable d'établir en soi la vigilance qui convient.

     

  • Où est le centre ?

    Où est le centre ?

     

    Si j’épluche un oignon pour parvenir à son « cœur », je vais enlever des épaisseurs, des enveloppes d’abord épaisses, résistantes, les premières seront légèrement teintées par leur contact avec l’environnement, ridées, cassantes, plus je descendrais vers le cœur et plus la matière sera brillante, gorgée de jus, dense, compacte mais tendre, des fibres nourries sans relâche par l’énergie vivace.

    Les enveloppes tombent les unes après les autres. Elles ne sont pas séparées entre elles, il n’y a pas de vide. Je distingue des liens, des filaments comme autant de points de contact, des passerelles par lesquelles le principe vital se transmet.

    Je continue ma tâche, je veux arriver au cœur, l’oignon dans ma main est de plus en plus petit.

    Et puis il n’y a plus rien. Rien de dur, rien de solide, juste un « cœur » aussi tendre et fragile que toutes les peaux que j’ai enlevées. Je peux ainsi continuer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’une accumulation de voiles diaphanes et fragiles. Rien ne résiste à la lame de mon couteau.

    L’embryon au centre n’est qu’un infime grain.

     

    L’homme est un oignon !

    Il n’y a rien au centre, pas de nœud vital, pas de cœur dur, solide, pas de structure figée. Il est couvert de peaux internes, toutes les expériences liées à ses conditions de vie. Elles forment un entrelacs de matières toutes reliées entre elles par des réseaux gorgés d’énergie. Il lui appartient de ne pas perturber les flux, de ne pas obstruer les canaux nourriciers.

    Il est inutile de vouloir éplucher » l’individu en quête d’un centre primaire. Il n’y a rien. L’énergie est le centre elle-même. L’égo, l’âme, l’esprit, le corps, l’intellect, le corps émotionnel, le corps astral, l’aura, tout cela n’est qu’un amalgame de peaux nourries par le principe vital. Il est vain de vouloir s’en défaire en espérant atteindre le nœud, le cœur, la plénitude, la source, le nirvana…

    Rien n’existe hors de cette énergie. Les entités sur lesquelles l’individu fixe son attention ne sont que des structures imaginées par la vie elle-même comme autant de supports. Celui qui envisage l’éveil en se débarrassant des « peaux » internes court à sa perte. Il n’y a pas de cœur, il n’y a pas de centre. L’énergie est là, constamment, elle ne cesse jamais son œuvre. C’est notre mental prétentieux qui le couvre d’intentions enluminées par des désirs de maîtrise. Comme si un gourou pouvait ressentir la vie en moi et me la faire trouver. Il ne peut que me parler de ce qui coule en lui et de sa façon de le percevoir. En quoi cela pourrait-il m’aider ? Il va me nourrir de l’illusion de ce que j’imagine. Si je deviens ce gourou infatué et me gave de connaissances livresques, de méthodes méditatives, de mantras récités pendant des heures sur mon coussin, de rejets de toutes les « peaux » qui me constituent je nie en moi les flux nourriciers, je m’oppose à ce que la vie a constitué et qui doit me servir de guide. Je suis le centre, je suis le cœur, il n’y a rien de caché, il n’y a rien à découvrir, tout est là, tout est à portée de mains, à portée de cœur, à portée de conscience, peu importe l’expression, ce ne sont que des mots, la réalité est là, visible, palpable, offerte. Si je m’épluche, si je cherche à me défaire des vieilles peaux, si je cherche à me dénuder je ne fais que me fragiliser, je détruis la structure en croyant me trouver. Mais qu’est-ce que je trouve ? Un individu limité par le nombre de liens perdus, par toutes les fibres disparues, des connexions qui se réduisent comme peau de chagrin. Je perds toutes les opportunités de saisir la vie, de l’exploiter dans le champ du réel.

    J’aime serrer la femme que j’aime dans mes bras, j’aime sentir en moi l’amour qui me bouleverse. Est-ce que je devrais m’en priver pour ne pas en être dépendant, pour ne pas risquer d’en souffrir, pour ne pas imaginer ce qui adviendrait si elle disparaissait de ma vie ? Tout cela n’est pas réel. Ca n’est que mon imagination qui s’emballe. La réalité, c’est ce bouleversement délicieux lorsque je plonge dans ses yeux, cette communion d’énergie, cette osmose d’énergie qui nous amène à nous relier par nos corps. Tant que je suis dans cette réalité et que je ne l’affuble pas de dispersions mentalisées, tant que ce mental reste au service des caresses que je lui prodigue, ouvrier de la tendresse, de l’attention, de l’amour partagé, je suis au centre de l’énergie, je suis le cœur de la vie.

    Je suis amoureux, je suis père, je suis mari, je suis instituteur, alpiniste, cycliste, marcheur, écrivain, émerveillé, contemplatif, actif, attendri, bouleversé, amoureux, amoureux, amoureux…

    Je suis ce que la vie fait de moi. Rien d’autre. Il ne me reste qu’à l’accueillir à travers toutes les peaux qui me constituent, sans rien rejeter, dans le plus pur détachement, rien ne m’appartient, tout m’est donné. Je suis le réceptacle, le calice et si je cogne à grands coups de burins sur la masse en pensant l’embellir je créé une brèche et le flux s’écoule et se perd. Et je m’étiole comme un ruisseau coupé de sa source.

    Je suis dans le courant et il me constitue. Il est le centre et de me donne forme.

    Et j’aime infiniment la multitude de ses arabesques.

     

     

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