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  • TOUS, SAUF ELLE : Une trilogie qui ne veut pas finir.

     

     

     

    Un lendemain de beuverie, pour s’aérer la tête et se vider des miasmes de l’alcool, Gaston, chasseur invétéré, part pister le sanglier. Des coups de feu retentissent, venant du cul-de-sac de la route forestière du Sappey. L’homme s’approche, et découvre trois corps. Une mallette est attachée au poignet d’une des victimes. Pleine de billets. Un million quatre cent mille euros. Gaston s’empare de son couteau de chasse, découpe le poignet du mort et s’enfuit avec l’argent.

    Lucas, Lucie, Thomas, Laure… chacun de ceux qui vont croiser la route de la mallette maudite va sombrer du côté le plus noir de sa personnalité. Envolée l’empathie, effacée la morale, oubliés les préceptes de respect des autres. Cet argent sale semble contaminer irrémédiablement tous ceux qui le touchent.

    Y a-t-il une rédemption possible ?

    Dans un registre plus noir que d’habitude, et sur fond de polar, on retrouve l’excellente écriture de Thierry Ledru, qui nous livre une analyse en miroir de l’âme humaine, et nous pousse à nous interroger : que ferions-nous avec cette mallette ?

    Les Héros sont tous morts - papier

    Broché  133mm x 203mm  -  192 pages

    Mai 2018

    16,00 €

    TTC, frais de port non compris

     disponible

     3 à 5 jours de délai de livraison

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    Livre numérique Les Héros sont tous morts

    Thierry Ledru

    Les éditions du 38

    5,99 €

    LES HÉROS SONT TOUS MORTS (roman)

    J'ai écrit ce roman en 2017. Je n'imaginais pas en écrire une suite. Et puis, l'idée s'est imposée peu à peu. Il me suffisait de suivre l'actualité et notamment celui de l'état de la planète. Pour quelles raisons en étions-nous arrivés là ? La réponse s'imposait : l'argent, le pouvoir, la puissance, la croissance. Qui était responsable de ces mouvements financiers et de leurs conséquences ? Tout le monde, nous y compris, nous les consommateurs. Nous en étions les victimes consentantes. Nous avons participé à cette course effrénée au confort, à la possession des biens matériels, à l'amélioration de nos conditions d'existence. Mais cette amélioration portait finalement atteinte à la vie. La question qui m'est venue alors était très simple : si l'état de la planète continue à se dégrader et rien ne nous laisse entrevoir l'idée que ça s'arrête, ni même que tout cela soit freiné, tout le monde sera impacté : riches, pauvres et ceux et celles qui sont entre les deux.

    J'ai alors imaginé que tout ça ne pouvait durer, que les plus puissants chercheraient à sauver leur peau. Beaucoup le font déjà en s'installant dans des lieux qu'ils jugent protégés. La Nouvelle-Zélande est devenue une sorte de refuge pour milliardaires. C'est donc là-bas que j'ai donné vie à Walter Zorn et au projet "Némésis" du nom d'une divinité.

    "Némésis est la déesse de la vengeance. Son courroux s'abat en particulier sur les humains coupables de démesure et de mégalomanie. Elle est parfois assimilée, à la fois, à la vengeance et à l'équilibre. La Némésis est aussi interprétée comme étant un message de mort envoyé par les dieux comme punition. Elle est la déesse du châtiment divin."

    J'ai donc repris l'écriture après une pause de plusieurs mois. Je ne savais pas vraiment où j'allais avec cette idée. J'en identifiais clairement le fond mais pas le développement. Alors, j'ai laissé les choses se mettre en place, lentement, sans rien forcer, sans me mettre de pression, sans même envisager que j'irai au bout et encore moins que cette suite serait publiable. J'écrivais par petits bouts, comme si j'assemblais un puzzle sans même connaître l'image finale. Et j'ai vu les personnages prendre forme, s'installer les uns après les autres. Laure Bonpierre, personnage principal du roman initial, devenait la pièce maîtresse, celle autour de laquelle toutes les autres pièces venaient s'emboîter.

    D'où le titre du tome 2 : TOUS, SAUF ELLE

    L'histoire a progressé, lentement, à pas de loup. Puis, au fil du temps, elle a pris de l'ampleur. Les personnages se sont multipliés, densifiés, ils ont pris des directions précises. Figueras, l'indien Kogi, est revenu et il a pris une place très importante. Il avait contribué à la survie de Laure, il n'était pas question qu'il l'abandonne. Et puis est apparu Théo, flic tenace et survivaliste. Le fond du roman. 

    "Entre la civilisation et la barbarie, il y a cinq repas." Winston Churchill.

    Théo a tout prévu, tout anticipé, tout préparé. Tout ce qui était réalisable.

    Et c'est lui qui s'occupe de l'enquête qui concerne Laure. 

    Des mois d'écriture, le puzzle qui grandit, l'image qui s'affirme, des horizons immenses qui se dévoilent.

    Des horizons si vastes que l'évidence s'est imposée : un troisième tome était nécessaire.

    LE DÉSERT DES BARBARES

    Dino Buzzati, "le désert des Tartares", chef d'oeuvre incontournable. Des soldats qui attendent dans un fortin l'arrivée de l'ennemi.

    Théo attend dans la ferme qu'il a restaurée et aménagée. Il attend les Barbares. Je viens de mettre le point final à ce troisième tome. Mais  ce dont à quoi je ne m'attendais pas, c'est qu'il est nécessaire d'écrire un quatrième tome...Impossible de m'arrêter là. Les multiples personnages qui se sont imposés n'ont pas fini leur parcours et il est impensable de raccourcir leur existence.

    Ce qui est curieux, c'est que d'un polar, je suis parti dans le tome 2 sur un "simple" roman contemporain puis dans le tome 3 sur un roman d'anticipation mais que l'évolution du monde est si rapide qu'avant que je finisse le tome 4, il pourrait bien s'agir d'une série historique. 

    Pour l'instant, je profite de l'aide très précieuse d'un ami, écrivain lui aussi. J'avais écrit une chronique sur son roman.

    "L'apocalypse de Roger" Philippe Renaissance

    Philippe relit le tome 2 et son oeil acéré décèle ce qui doit être corrigé. Il est indispensable d'être aidé à un moment parce que le texte, je ne le lis plus, je le récite, je le connais par coeur, je n'y vois plus rien de ce qui doit être repris. 

    Une fois ce travail achevé, le texte partira chez l'éditrice et il restera à attendre son verdict.

    Ce temps sera mis à contribution pour la correction du tome 3.

    Puis, il restera à écrire le tome 4.

     

     

     

     

  • Mes romans aux éditions du 38

    J'écris, certains lisent, la suite ne m'appartient pas. Mais, par contre, j'ai un devoir de soutien de mes romans envers mon éditrice. Alors, comme la période des cadeaux approche...Il manque deux autres romans dans cette liste : VERTIGES et NOIRCEURS DES CIMES. Publiés tous les deux chez deux autres éditeurs. 

    On les trouve tous sur Amazon ou directement chez l'éditeur (ce qui est beaucoup mieux)

    Vertiges2

     

     

     

     

    Noirceur des cimes 4

     

     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
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    Un catalogue très riche.
     
     
     

    Thierry Ledru

     

    Thierry Ledru vit en Savoie. Après un BAC litté/philo, il est tout de suite entré à l’école Normale, en Bretagne. Passionné par l’escalade et l’alpinisme, il est allé vivre dans les Alpes.

    « J’ai eu la chance immense d’avoir un prof de français et une prof de philo extraordinaires. J’adorais lire et écrire et peu à peu ils m’ont permis d’avoir avec eux une relation privilégiée, des échanges extrêmement enrichissants, non seulement d’un point de vue cognitif mais surtout sur le plan humain. Krishnamurti, Ouspensky, Platon, Gurdjieff, Camus, Sartre, Saint-Exupéry, Lanza del Vasto, Gandhi, Koestler, Conrad, Steinbeck, Heminghway, Prajnanpad, Vivekananda, Sri Aurobindo, London, Moitessier, Arséniev, tout ce qu’ils m’ont fait connaître ! Tout ce que je leur dois ! J’écrivais des nouvelles, ils les lisaient, les critiquaient, m’encourageaient. Ils disaient tous les deux qu’un jour je serai édité. »

    Dans ses romans, Thierry Ledru pousse ses personnages à l’extrême d’eux-mêmes, il les confronte à des questionnements et à des événements qui les font avancer, leur ouvre un cheminement intérieur que le lecteur emprunte à leur suite avec un grand bonheur.

     

    Son blog : Là-Haut

     

     
     
     
     
     

     

  • "La voie" : Edgar Morin

     

     

    La Voie par Morin
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    LIRE UN EXTRAIT

    EAN : 9782213655604
    320 pages

    FAYARD (19/01/2011)

    3.87/5   77 notes

    Résumé :


    Le vaisseau spatial Terre, continue à toute vitesse sa course dans un processus à trois visages : mondialisation, occidentalisation, développement.Tout est désormais interdépendant, mais tout est en même temps séparé. L’unification techno-économique du globe s’accompagne de conflits ethniques, religieux, politiques, de convulsions économiques, de la dégradation de la biosphère, de la crise des civilisations traditionnelles mais aussi de la modernité. Une multiplicité de crises sont ainsi enchevêtrées dans la grande crise de l'humanité, qui n'arrive pas à devenir l'humanité.Où nous conduit la voie suivie ?Vers un progrès ininterrompu ? Nous ne pouvons plus le croire. La mort de la pieuvre totalitaire a réveillé la pieuvre des fanatismes religieux et stimulé celle du capitalisme financier. Elles enserrent de plus en plus le monde de leurs tentacules. La diminution de la pauvreté se fait non seulement dans un accroissement de bien-être matériel, mais également dans un énorme accroissement de misère.Allons-nous vers des catastrophes en chaîne ? C’est ce qui paraît probable si nous ne parvenons pas à changer de voie.Edgar Morin pose ici les jalons d’une « Voie » salutaire qui pourrait se dessiner par la conjonction de myriades de voies réformatrices et nous conduire à une métamorphose plus étonnante encore que celle qui a engendré les sociétés historiques à partir des sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs.Directeur de recherches émérite au CNRS, penseur transdisciplinaire et indiscipliné, l’auteur de La Voie est connu pour avoir conçu la "pensée complexe" dans son œuvre maîtresse, La Méthode. Il est docteur honoris causa de vingt-quatre universités à travers le monde.

    https://www.scienceshumaines.com/changer-la-vie-entretien-avec-edgar-morin_fr_30607.html

    Changer la vie. Entretien avec Edgar Morin

    Hors-série N° 18 - Mai/juin 2013

        

    « Changer la vie », mot d’ordre du poète Arthur Rimbaud, ne représente plus aujourd’hui l’aspiration d’un individu mais doit être celui de notre époque. L’humanité est face à un grand défi : elle appelle à une politique de civilisation qui suppose aussi une réforme de vie.

    Vous consacrez une partie de votre ouvrage La Voie à la définition d’une « réforme de vie » qui accompagne et justifie une politique de civilisation, indispensable pour affronter les grands défis de l’humanité.
    Qu’entendez-vous par réforme de vie ?

    Effectivement, la « voie » que je propose dessine un autre horizon que celui vers lequel nous précipite l’histoire actuelle. La planète Terre est engagée dans un processus infernal qui mène l’humanité à une catastrophe prévisible. Seule une métamorphose historique pourra permettre de résoudre les crises – majeures et multiples – écologiques, économiques, sociétales, politiques qui menacent l’existence même de nos civilisations en voie d’unification.

    Dans La Voie, je ne trace pas un « programme » politique, au sens étroit du terme, mais un chemin, une voie faite de la conjonction de multiples voies vers lesquelles nous devons nous orienter pour faire face au défi de la crise de l’humanité. Cette « politique de l’humanité » passe par des réformes économiques, politiques, éducatives et une régénération de la pensée politique dont je tente de tracer les contours. Ces réformes de société impliquent aussi une « réforme de vie ».

    Le développement est une machine infernale de production/consommation/destruction qui nous précipite vers des crises écologiques et économiques. Ce processus trouve un parallèle sur le plan individuel : le développement de l’individu envisagé comme essentiellement quantitatif et matériel, lequel conduit chez les aisés à une course infernale vers le « toujours plus » et mène à un mal-être au sein même du bien-être, notion dégradée dans le seul confort. Aussi faut-il promouvoir le bien-vivre, qui comporte à la fois autonomie individuelle et insertion dans une/des communauté(s), dominer la chronométrie qui dégrade notre temps vivant, et réduire nos intoxications de civilisation qui nous rendent dépendants de futilités et de bienfaits illusoires.

    Les sociétés occidentales se sont longtemps considérées comme des sociétés « civilisées » par rapport aux autres sociétés, jugées barbares. En fait, la modernité occidentale a produit la domination d’une barbarie glacée, anonyme, celle du calcul, du profit, de la technique, et n’a qu’insuffisamment inhibé une « barbarie intérieure », faite d’incompréhension d’autrui, de mépris, d’indifférence.

    Les sociétés contemporaines ont accompli pour beaucoup ce qui était un rêve pour nos aînés : le bien-être matériel, le confort. Dans le même temps, on a découvert que le bien-être matériel n’apporte pas le bonheur. Pire ! Le prix à payer pour l’abondance matérielle s’avère d’un coût humain exorbitant : stress, course à la vitesse, addiction, sentiment de vide intérieur…

    Par ailleurs, sur le plan humain, nous restons des barbares : l’aveuglement sur soi et l’incompréhension d’autrui s’expriment au niveau des sociétés et des peuples comme au niveau des relations personnelles, y compris au sein des familles et des couples. Beaucoup se séparent et se déchirent ; ces conflits ressemblent à des conflits guerriers fondés sur la haine, le refus de comprendre l’autre. D’autres couples ne font que coexister.

    Dans les entreprises et les organisations règnent des clans et des cliques rongés par la jalousie, le ressentiment, parfois la haine. Ces envies et ces haines empoisonnent à la fois la vie de ceux qui sont enviés ou haïs, mais aussi celle des envieux et de ceux qui haïssent. En dépit des multiples moyens de communication, l’incompréhension à l’égard des autres peuples s’accroît.

    L’inhumanité et la barbarie sont sans cesse prêtes à surgir en chaque humain civilisé. Les messages de compassion, de fraternité, de pardon légués par les grandes spiritualités, les religions, les philosophies humanistes n’ont qu’à peine entamé la cuirasse des barbaries intérieures.

    Une aspiration à ce nouvel art de vivre est en train d’émerger dans la société du fait même des maux générés par nos modes de vie actuels. C’est à partir de cette attente que l’on peut dessiner ce que peut être une réforme de vie.

    Sur quels principes ce nouvel « art de vivre » s’appuie-t-il ?

    L’idée d’un art de vivre est ancienne. Les philosophies d’Inde, de Chine, de l’Antiquité grecque se sont consacrées à cette recherche. Elle se présente aujourd’hui de manière nouvelle dans notre civilisation caractérisée par l’industrialisation, l’urbanisation, le développement et la suprématie du quantitatif.

    L’aspiration contemporaine à un art de vivre est d’abord une réaction salutaire à nos maux de civilisation, à la mécanisation de la vie, à l’hyperspécialisation, à la chronométrisation. La généralisation d’un mal-être, y compris au sein du bien-être matériel, provoque, en réaction, un besoin à la fois de paix intérieure, de plénitude, d’épanouissement, c’est-à-dire une aspiration à la « vraie vie ».

    Le bien-vivre est fondé sur quelques principes : la qualité prime sur la quantité, l’être sur l’avoir, le besoin d’autonomie et le besoin de communauté doivent être associés, la poésie de la vie, et enfin l’amour, qui est notre valeur mais aussi notre vérité suprême. Cette réforme de vie nous conduirait aussi à exprimer les riches virtualités inhérentes à tout être humain.

    Concrètement, comment cela peut-il s’appliquer ?

    Une première tâche consiste à se libérer de la tyrannie du temps. Nos rythmes de vies actuels sont fondés sur des courses permanentes. La vitesse, la précipitation, le zapping mental nous font vivre à un rythme effréné. Il faut nous rendre maître du temps, ce bien plus précieux que l’argent disait déjà Sénèque. De même qu’il existe un mouvement de slow food, il faudrait développer le slow time, le slow travel, le slow work ou la slow city. Il importe plus de vivre sa vie que de courir après.

    Une réappropriation du temps exige à la fois une nouvelle organisation du travail, des transports, des rythmes scolaires, des rythmes de vie. Cela suppose aussi de redécouvrir le sens du « carpe diem » : apprendre à vivre « l’ici et maintenant », comme le préconisent les sagesses antiques.

    La réforme de vie appelle à un ralentissement généralisé, à un éloge de la lenteur. Arrêter de courir est une façon de reconquérir notre temps intérieur.

    Il faut substituer à l’alternance pernicieuse dépression/excitation qui caractérise nos vies actuelles un couple combinant sérénité et intensité.

    C’est-à-dire ?

    Une existence pleinement humaine ne peut reposer sur une harmonie spontanée entre nos penchants contradictoires. La vie accomplie demande une dialogique permanente entre les exigences de la raison et celles de la passion : on ne peut régler nos vies ni sur le calcul et la froide rationalité, ni sur la seule passion qui, sans autocontrôle, conduit au délire. Il faut apprendre à humaniser nos pulsions et nos émotions par des contrôles réflexifs : cela signifie qu’il faut développer notre capacité à contenir énervement, rancune, ressentiment, colère, etc. Cette maîtrise de nous ne signifie en rien le refoulement de nos pulsions. L’espèce humaine est à la fois Homo sapiens et Homo demens : le problème est l’articulation entre ces deux dimensions fondamentales de nos existences. Cela ne peut se faire sans une connaissance de soi, sous-développée dans nos civilisations. L’Occident a privilégié la connaissance et la maîtrise de la nature plutôt que la connaissance et la maîtrise de soi.

    Pour se connaître, il faut développer la réflexivité, l’autoexamen et l’autocritique. C’est un exercice difficile car il s’agit de débusquer en soi les idées fixes et les routines mentales, de soumettre ses propres croyances et certitudes à la critique, ce qui n’est pas simple tant nous sommes enclins à critiquer les autres et à dénigrer l’adversaire. L’autoexamen suppose une part d’autodérision, cette capacité de se moquer de soi qui est une forme de distanciation et de décentration.

    La réforme de nos vies implique aussi de se désintoxiquer de toutes nos addictions à la consommation. Cela ne veut pas dire qu’il faille renoncer aux plaisirs de consommer pour vivre dans l’ascèse, la frugalité, la restriction permanente, le rigorisme et les privations. Bien consommer, c’est apprendre au contraire à redécouvrir le goût des choses. Une vie riche et bien remplie sur des alternances entre périodes de sobriété et périodes de fête. Aux périodes de contrôle de soi doivent succéder d’indispensables moments d’excès, de fête, ce que Georges Bataille appelait la « consumation ». La société doit aujourd’hui se guérir de la « fièvre acheteuse », de la surconsommation. Cela n’interdit pas des achats de désir et d’enchantement.

    La réforme de vie n’est donc pas seulement un exercice de simplicité volontaire. Elle inviterait aussi à réenchanter nos existences ?

    Oui, mais tout en ayant conscience de l’impossibilité de vivre en permanence dans la béatitude. Notre condition humaine suppose une alternance entre des « états prosaïques » et des « états poétiques », qui sont les deux polarités de nos vies. L’état prosaïque correspond aux activités et contraintes obligatoires qui s’imposent à nous. L’état « poétique » correspond aux moments de création, de fête, de dialogue, de partage et d’amour. Les deux se succèdent et s’enchevêtrent dans la vie quotidienne : sans prose, pas de poésie. Il est vain d’espérer une vie enchantée où l’état poétique serait permanent. Une telle vie finirait par s’affadir elle-même. Nous sommes voués à la complémentarité et à l’alternance poésie/prose.

    Contre les ravages de l’individualisme et les excès de l’autonomie, beaucoup en appellent aujourd’hui au retour à la solidarité, à l’empathie, à l’altruisme. Qu’en pensez-vous ?

    La réforme de vie doit comporter simultanément deux des plus profondes aspirations complémentaires humaines : celle de l’affirmation, du « je » en liberté et en responsabilité, et celle de l’intégration, du « nous » qui établit la « reliance » à autrui en sympathie, amitié, amour. La réforme de vie nous incite à nous inscrire dans des communautés sans rien perdre de notre autonomie. L’une des priorités de la réforme de vie porte sur l’apprentissage de formes de sociabilité nouvelles.

    Ce que l’on nomme la politique du care et de l’attention à autrui fait partie des grands chantiers de la réforme de vie. L’assistance et la solidarité devraient être effectuées dans des « maisons de la solidarité » comportant des aides d’urgence à toute détresse et un service civique de solidarité pour la jeunesse. Ce qui montre bien que les réformes de vie reposent non seulement sur des consciences personnelles, mais sur un ensemble de réformes politiques, sociales et économiques.

    L’empathie, la bienveillance, la gentillesse, l’altruisme, le souci de l’autre existent chez tous les êtres humains comme dispositions fondamentales : on le voit notamment lors des grandes catastrophes où se réactivent spontanément des élans de générosité, même pour des populations lointaines. Cette prédisposition demande à être cultivée, stimulée, encouragée et apprise.

    Mais justement, comment parvenir à une telle réforme de vie ? Quelle réforme institutionnelle implique-t-elle ?

    La réforme de vie exige à la fois un apprentissage et une réforme personnelle. Simultanément, elle appelle à une réforme de l’éducation ainsi qu’à de grandes réformes économiques et sociales, à une nouvelle conscience consommatrice, à une réhumanisation des villes, à une revitalisation des campagnes. J’énumère dans mon livre tous les champs de réformes nécessaires. S’engager dans une nouvelle voie ne peut se faire seulement sur un plan personnel ni seulement sur un plan collectif. Cela exige une multiplicité de réformes qui, se développant, deviendraient intersolidaires. J’ai cité André Gide qui s’interroge pour savoir s’il faut commencer par le changement de société ou par le changement personnel. Il faut commencer en même temps des deux côtés. Gandhi disait : « Il faut porter en nous le monde que nous voulons. » Mais cela ne suffit pas comme ne suffit pas l’élimination d’un système d’exploitation, lequel est aussitôt remplacé par un autre comme l’a montré l’exemple de l’Union soviétique, qui finalement échoue. Je ne suis pas un idéaliste naïf ; les idéalistes naïfs croient qu’un seul type de réforme peut améliorer la vie humaine et la société. C’est parce que je vois que tout est lié – c’est cela la pensée complexe – que j’en déduis que la seule voie est celle de l’intersolidarité des réformes.

    Bien sûr, cela reste très incertain. Partout dans le monde se révèle un grouillement d’initiatives créatrices nous montrant un vouloir-vivre ignoré des bureaucraties et des partis. Rien n’a encore relié ces initiatives ; dans un sens, nous en sommes à peine au commencement d’un commencement. Dans l’histoire, toute grande transformation – religieuse, éthique, politique, scientifique – a commencé de façon déviante par rapport au cours principal, et de façon modeste par rapport à l’état des choses. Cela nous autorise l’espérance, laquelle évidemment n’est pas une certitude. La réforme de vie est à la fois une aventure intérieure, un projet de vie et un projet collectif.

  • Musique pour l'écriture.

     

    C'est une playlist. Je ne mets que les trois premières vidéos. 

    J'ai besoin de musique lente, avec des sons profonds, des sons qui durent, sur lesquels je peux voguer. Des compositions qui stimulent les visions, qui m'isolent, qui me projettent dans l'espace où vivent mes personnages. 

    TOUS, SAUF ELLE

    Dix-sept heures trente quand elle ferma la maison.

    Elle se concentra sur la route sans jamais relâcher sa présence auprès de Théo. Ne jamais perdre le contact. Comme avec elle-même quand elle méditait. Elle savait contraindre son mental au silence ou à une attention précise. Elle s’appliqua à respirer profondément, lentement, à insuffler dans son unique pensée l’amour de son âme pour lui.

    La circulation de fin de journée était cauchemardesque. Une heure cinquante-cinq de trajet.

    Elle se présenta enfin à l’accueil.

    « Il est dans la chambre 18, tout s’est bien passé.

    –Merci. »

    Elle n’aimait pas l’odeur des hôpitaux. Elle n’aimait pas les portes entrouvertes, entre la vie et la mort, entre la paix provisoire et la reprise des souffrances, entre le soutien et la solitude, entre le monde agité du couloir et l’immobilité des survivants. Elle percevait toute la fragilité humaine et son acharnement à la dépasser. Des armées en blouses blanches qui luttaient contre des armées de microbes invisibles, des bataillons de personnels débordés qui combattaient des ennemis inépuisables, des assauts répétés et des trêves trompeuses, des mensonges cachant des vérités imprononçables, des soulagements craintifs dans l’angoisse d’un piège redoutable. Il n’y avait aucune certitude quand on entrait là. Et même une fois dehors, c’est comme si le mal restait ancré dans la mémoire et préparait une nouvelle offensive.

    C’est en marchant dans le couloir qu’elle eut la certitude que le chaos venait de commencer. Une sensation épidermique, comme un air brûlant sur sa peau et la nuit glacée des déserts, une alternance frénétique, une succession de chocs thermiques interdisant le moindre répit. Elle frotta son visage pour en chasser les effets.

    Quand elle entra dans la chambre et qu’elle croisa le regard de Théo, elle se reprocha furtivement de lui être attachée comme le cathéter qu’elle vit sur son bras, une pensée rebelle qui semblait remonter des profondeurs. En vivant avec Théo, elle avait pris conscience que les ruptures qu'elle avait toujours initiées étaient inéluctables. Elle avait systématiquement refusé de souffrir en amour. Souffrir d'inquiétude, endurer les doutes, accepter les concessions, contenir les frustrations, s'éloigner de soi, se perdre en l'autre.

    Mais là, à cet instant précis, elle était heureuse de l’aimer. Le futur n’avait aucune importance au regard de cette force aimante. Elle pouvait souffrir de l'aimer puisque son amour pour lui était plus intense que la souffrance.

     

     

  • Caspar David Friedrich

    Caspar David Friedrich est un artiste peintre que j'aime infiniment, sans doute celui qui me touche le plus et celui qui m'a le plus inspiré dans certains de mes écrits.

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    Caspar David Friedrich, né le 5 septembre 1774 à Greifswald et mort le 7 mai 1840 à Dresde, est un peintre et dessinateur allemand, considéré comme l'artiste le plus significatif et influent de la peinture romantique allemande du XIXe siècle. Il est particulièrement connu pour son tableau Le Voyageur contemplant une mer de nuages (1818).

    L'enfance de Caspar David Friedrich est marquée par la mort de ses proches qui, entre 1781 et 1791, décèdent les uns après les autres : à sept ans, en 1781, il perd sa mère et sa sœur Elisabeth ; en 1787, son frère Johann Christoffer se noie dans la mer Baltique et, en 1791, meurt sa sœur Maria. Cela va avoir une influence sur l'un des deux thèmes de sa peinture, la mort, l'autre étant la nature.

     

    « Je dois rester seul et savoir que je suis seul pour contempler et ressentir pleinement la nature. Je dois m’abandonner à ce qui m’entoure, je dois me confondre avec mes nuages et mes rochers pour être ce que je suis. »

     

     

    « L’artiste doit peindre non seulement ce qu’il a devant lui, mais aussi ce qu’il voit à l’intérieur de lui-même. S’il ne voit rien à l’intérieur, alors il devrait s’arrêter de peindre ce qu’il a devant lui. »

     

    Il en est de même pour l'écrivain. S'il ne voit que la scène qu'il imagine et ne ressent pas ce qui émerge en lui, il manque l'essentiel.

    La nature n'est pas qu'un spectacle. Elle est la source de cet élan qui nous invite à explorer ce qui est en nous. J'ai mis longtemps à comprendre que cette course effrénée sur les montagnes était également une quête intérieure. Je ne parvenais pas vraiment à la mettre en mots. Je me souviens juste d'un devoir en classe de philosophie avec Madame Sotirakis, un travail sur la passion. Ce fut sans doute un point de départ et je regrette infiniment de ne pas avoir gardé cet exposé. C'est Monsieur Ollier, professeur de littérature en classe de seconde qui nous avait montré le tableau de l'homme contemplant la mer de nuages, un travail sur le "romantisme".

     

    Romantisme

    Mouvement artistique

    Le romantisme est un mouvement culturel apparu à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre et en Allemagne et se diffusant à toute l’Europe au cours du XIXe siècle, jusqu’aux années 1850. Il s’exprime dans la littérature, la peinture, la sculpture, la musique et la politique. Il se caractérise par une volonté d'explorer toutes les possibilités de l'art afin d'exprimer ses états d'âme : il est ainsi une réaction du sentiment contre la raison, exaltant le mystère et le fantastique et cherchant l'évasion et le ravissement dans le rêve, le morbide et le sublime, l'exotisme et le passé. Idéal ou cauchemar d'une sensibilité passionnée et mélancolique. Ses valeurs esthétiques et morales, ses idées et thématiques nouvelles ne tardèrent pas à influencer d'autres domaines, en particulier la peinture et la musique.

    Je sais quel impact ce tableau de l'homme contemplant une mer de nuages a eu sur moi, la puissance émotionnelle. C'était ce que je voulais connaître. A 17 ans, l'été suivant, j'étais au sommet du Mont-Blanc. Je n'étais pas seul mais je contemplais la mer de nuages. Je réalisais mon rêve. Pour connaître réellement l'émotion éprouvée devant un tableau. Ces instants où l'existence prend une direction précise, il est essentiel de parvenir à les identifier.

    Caspar david friedrich morgen im riesengebirge

     

    Cette croix au sommet d'un rocher. La question essentielle de Dieu. Non pas le Dieu des textes liturgiques mais la raison de la Création et des tourments qui l'accompagnent. J'avais veillé mon frère pendant presque trois mois dans sa chambre d'hôpital. Coma profond. Un drame fondamental. Et les croix aux sommets des montagnes m'apparaissaient comme le miroir des interrogations humaines, toutes les questions qui me hantaient. Pourquoi le mal, pourquoi la douleur, la souffrance, la destruction, la violence, la mort, quel était donc le sens de cette effroyable opposition entre la sérénité de la création et son impitoyable puissance ?

    Il fallait que j'éprouve la puissance de la vie pour en comprendre l'essence et les montagnes étaient là pour ça. Risquer sa vie pour atteindre un sommet et toucher la croix, non pas une croix religieuse mais celle que je portais et que j'allais déposer Là-Haut. 

    C'est plus tard que l'écriture est devenue nécessaire.

    "VERTIGES" a été la première exploration intérieure, ma "Terra incognita" que je devais cartographier. Puis "NOIRCEUR DES CIMES " et "LA-HAUT" et tous les autres. 

    Tout ça parce que j'avais éprouvé un choc immense un jour devant un tableau et qu'il m'avait guidé là où j'allais pouvoir devenir ce que je devais être.

     

     

     

     

     

  • "Cinq heures du mat, j'ai des frissons"

     

     

    "Cinq heures du mat, j'ai des frissons," les mots comme de la fièvre qu'il faut déposer.

    Ce dernier chapitre que j'essaie de construire. Ça fait six fois que j'efface tout.

    Il faut que je trouve le point final et qu'en même temps, il s'agisse d'un trait d'union avec le tome 4. Ne pas terminer sur une impression d'inachevé et en même temps trouver le moyen d'exprimer une sorte de pause, comme une respiration avant de replonger.

    Les gens qui imaginent que c'est facile d'écrire un bouquin, qu'il suffit de taper sur un clavier, que tout vient avec la facilité de la parole, comme si on discutait avec soi-même, oh, combien ils se trompent.

    L'auteur ne discute pas avec lui-même mais avec tous ses personnages et il serait invraisemblable, irrespectueux, inconvenant de ne pas les écouter. Ils ont une vie propre aussi absurde que ça puisse paraître. Et si ça n'était pas le cas, si l'auteur n'était qu'une sorte de Maître du jeu, capable d'ignorer les tourments de ses sujets, capable de gommer les existences, alors il ne serait qu'un monarque présomptueux.

    Je ne suis que le transcripteur des existences fictives et cette fiction est si puissante que je ne peux pas, viscéralement, m'autoriser à être inconsistant.

    668 pages écrites entre le tome 2 et le tome 3. Il en manque deux ou trois pour poser le point final. Et je suis tiraillé entre l'impatience d'y parvenir et la crainte que ce point ne soit qu'une tâche, un ratage complet, comme si le dernier coup de pinceau sur la toile devenait une rature, un dérapage, une écorchure, une balafre qui resterait à tout jamais. Il y a une forme de peur dans l'écriture, peur de trahir, peur de se tromper, peur de tromper les personnages eux-mêmes, peur de la culpabilité qui en résulterait.

    Il y a une forme de responsabilité. Et elle n'est pas fictive. La fiction crée une réalité. On peut y voir un sentiment de paternité ou d'amitié ou d'amour et aucune de ces situations ne peut être considérée avec légèreté. 

    Pourquoi est-ce que je prends le temps d'écrire cette réflexion, d'exprimer ces ressentis, pourquoi est-ce que je ne suis pas en train de travailler le roman puisque c'est ce qui m'importe à cette heure indue?

    Parce que moi aussi je suis un personnage dans cette histoire, parce que moi aussi j'éprouve des doutes, des tourments, des moments d'incertitude profonde, et j'ai donc besoin, parfois, de sortir de la scène pour prendre du recul, pour m'accorder un moment de répit. Et de ce répit, extraire une analyse, calmer les idées qui fusent, les déposer délicatement les unes à côté des autres, en constituer une sorte de drapeau à prières et les regarder flotter au vent, dans une contemplation sereine.

    Ensuite, il est possible de reprendre la route. 

     

  • Rocket stove

    Voilà le projet bricolage pour cet hiver. 

    Barnabé et Damien, la rencontre de deux gars formidables. 

  • "La terramation"

    Plus qu'à espérer que ça se développe en France avant que je trépasse.

     

     

    La "terramation", fabrication de compost humain, bientôt autorisée en Californie

     

    Cinq États américains autorisent déjà la "réduction organique naturelle", autrement dit la transformation de nos dépouilles humaines en compost après la mort. Une technique plus écolo et moins chère, selon ses défenseurs.

    Loïc Pialat

    Radio France

    Publié le 01/11/2022 14:55

     Temps de lecture : 2 min.

    Le fondateur de Return Home, Micah Truman, le 14 mars 2022. (JASON REDMOND / AFP)

    Le fondateur de Return Home, Micah Truman, le 14 mars 2022. (JASON REDMOND / AFP)

    "Tu es poussière, tu retourneras à la poussière", annonce la Bible. La Californie a une autre proposition. Le mois dernier, Gavin Newsom, le gouverneur du Golden State, a signé une loi autorisant à partir de 2027 le compost humain après la mort. La Californie est le cinquième État américain après Washington, l’Oregon, le Colorado et le Vermont à valider cette alternative à la crémation ou à l’enterrement.

    La loi AB 351 parle de "réduction organique naturelle". Le procédé consiste à placer le défunt dans un conteneur en métal d’environ 2,50 mètres de long et un peu plus d’un mètre de large. Il est rempli de produits organiques, comme des copeaux de bois, de la paille ou encore de la luzerne. Une fois le conteneur fermé, la nature fait son travail. Le système favorise juste l’activité microbienne pour accélérer la décomposition du corps, qui devient de la terre cultivable au bout de 60 jours.

    Les familles peuvent se servir des quelque 100 kilos de terre récoltés pour faire pousser un arbre ou des plantes et honorer ainsi la mémoire du ou de la disparue. Le compost humain est plus naturel et coûte moins cher que des obsèques classiques, entre 4 000 et 5 000 dollars contre 6 000 dollars pour une crémation et plus de 7 000 dollars pour un enterrement.

    Une alternative plus écologique que la crémation ou l'inhumation

    Selon Micah Truman, fondateur de Return Home, une maison funéraire près de Seattle, le compost humain est aussi moins néfaste à l’environnement, en évitant les produits chimiques d'un embaumement qui finissent dans les sols, par exemple. "Il faut 115 litres de fuel pour une crémation, en plus d’envoyer dans les airs sous forme de gaz à effet de serre tout ce que notre corps pourrait rendre à la terre", détaille Micah Truman qui estime que "comme chacun d’entre nous va mourir, la façon de nous occuper de nos défunts est très problématique."

    "Beaucoup de gens ne sont pas particulièrement excités à l’idée d’être incinérés, et d’autres n’ont aucune envie d’être enterrés."

    Micah Truman, fondateur de Return Home 

    à franceinfo

    "Alors notre méthodologie intéresse ceux qui veulent revenir à la terre, les agriculteurs par exemple, explique Micah Truman. Des tas de gens ont des tas de raisons".

    Cet ancien financier, qui se sentait inutile dans son métier même s’il gagnait bien sa vie, avait l’environnement en tête quand il s’est lancé il y a un an et demi. Mais il a depuis découvert que ce qu’il appelle "la terramation" aide les familles en leur donnant vraiment le temps de dire au revoir au disparu. Certains déposent des fleurs, un morceau de gâteau ou du vin sur le corps du défunt, dit-il. Mais comme Micah Truman connaît bien la finance et le marketing – le compte TikTok de Return Home a un demi-million d’abonnés – il attend l’ouverture du marché de la Californie, l’État le plus peuplé du pays, avec une certaine impatience.