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Viande et réchauffement

Par Le 22/07/2018

La surconsommation de viande alimente le réchauffement climatique

Par : Sarantis Michalopoulos | EURACTIV.com | translated by Manon Flausch

 28 janv. 2016

Notre surconsommation de viande pèse sur notre santé et sur l'environnement. [David Blackwell / Flickr]

Langues : English

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Cet article fait partie de l'édition spéciale La nouvelle PAC se penche sur le changement climatique.

Édition spéciale. Notre consommation excessive de viande aura inévitablement un impact dangereux sur le climat, avertit une nouvelle étude, qui encourage les gouvernements, plutôt réticents, à agir.

Les agriculteurs font face à un défi de taille : comment nourrir cette population mondiale qui croît à un rythme effréné ? Un rapport publié en novembre 2015 par Chatham House et le Glasgow University Media Group analyse l’interconnexion entre la consommation de viande et de produits laitiers et le changement climatique.

Près d’un tiers des terres cultivées dans le monde est utilisé pour l’alimentation animale. Rien que dans l’UE, 45 % de la production de blé est utilisée pour nourrir les animaux. 30 % de la consommation totale est en outre importée. Au niveau planétaire, les problèmes associés à l’augmentation de la consommation de viande ne devraient faire que s’intensifier.

« La consommation mondiale de viande devrait augmenter de 76 % d’ici 2050. Une ‘transition protéinique’ est en marche dans les pays en développement : avec l’augmentation des revenus, la consommation de viande augmente également », souligne le rapport de Chatham House. Si la demande de viande dans les pays développés stagne, elle s’est stabilisée à un niveau « excessif », poursuivent les auteurs du rapport.

Surconsommation

Cette surconsommation rend plus difficile la réalisation de l’objectif de limite du réchauffement climatique à 2°C prévu par l’accord de la COP 21.

« Ce n’est pas tenable. La population mondiale, qui augmente, ne peut pas se diriger vers le niveau de consommation de viande des pays développés sans que cela entraine des conséquences sociales et environnementales énormes […] C’est un des moteurs principaux de la déforestation, de la destruction des habitats et de l’extinction d’espèces », selon le rapport.

>> Lire : La viande aussi dangereuse pour la santé que pour le climat

Les États-Unis, champions du monde la consommation de viande

C’est aux États-Unis que l’on consomme le plus de viande. Chaque Américain consomme en moyenne environ 250 g de viande par jour, alors qu’un Indien n’en consomme que 10.

En Europe, l’Allemagne est en tête, suivie du Danemark, de l’Espagne et du Portugal. Un sondage du ministère fédéral allemand de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Protection du consommateur, indique que 83 % des Allemands mangent de la viande plusieurs fois par semaine.

>> Lire : La surconsommation de viande des Allemands aggrave le changement climatique

« La production de viande en masse a un impact sur la vie des citoyens, l’environnement, la biodiversité et le climat partout dans le monde », regrette Adrian Bebb, spécialiste de l’alimentation chez les Amis de la Terre Europe. Des alternatives plus durables existent et doivent être encouragées par les institutions publiques. Ce qui se trouve dans nos assiettes n’est plus une question privée. »

Agriculture et changement climatique

Au sein de l’UE, l’agriculture représente 10 % des émissions de gaz à effet de serre, principalement à cause de deux gaz : le méthane, libéré lors de la digestion animale et par le fumier, et l’oxyde nitreux (ou protoxyde d’azote), issus des engrais azotés minéraux ou biologiques.

« L’agriculture est une source importante de gaz à effet de serre. Le secteur pourrait pourtant contribuer de manière importante à la lutte contre le changement climatique en jouant un rôle de siphon et en stockant du carbone dans la matière organique du sol et la biomasse », explique à EURACTIV un porte-parole de la Commission.

Selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), la consommation de viande et de produits laitiers représente près d’un quart de l’impact environnemental de la consommation totale de biens et services dans l’UE à 27. La production d’un kilo de bœuf nécessite par exemple 617 litres d’eau.

>> Lire : La production de viande bovine coûte cher à l’environnement

En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, la production de bétail et de fourrage génère plus de six milliards de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone.

Selon les données Eurostat, en 2014, l’Allemagne, l’Espagne, la France et le Royaume-Uni sont les pays européens accueillant le plus de têtes de bétail dans l’UE. Les cochons sont surtout présents en Allemagne et en Espagne (respectivement 28,3 et 26,6 millions d’individus), les vaches en France (19,3 millions) et les moutons au Royaume-Uni (23 millions).

Appel à une action gouvernementale

À ce jour, les gouvernements craignent une réaction négative des consommateurs et de l’opinion publique et rechignent à agir.

>> Lire : La réduction des émissions agricoles s’annonce complexe en UE

Le rapport de Chatham House encourage donc une intervention gouvernementale centrée sur des campagnes de conscientisation nationales. Celles-ci pourraient mettre en évidence le lien entre la surconsommation de viande et l’environnement et d’autres objectifs politiques, comme le budget santé.

« Le message devrait se concentrer sur les bénéfices associés à une réduction de la consommation », insiste le rapport : une meilleure santé et la protection de l’environnement. L’implication des médias et de « spécialistes non-partisans, comme des scientifiques » est également un élément important.

Le rapport souligne également qu’un changement d’alimentation nécessitera « des stratégies complètes » combinant la promotion des alternatives à la viande dans les supermarchés et des initiatives qui augmenteraient le prix de la viande. Il pourrait s’agir de « la suppression des subsides directs ou indirects à l’élevage », d’incitations à la production d’aliments alternatifs à la viande ou d’une taxe sur le CO2, par exemple, qui pénaliserait la viande et les autres produits polluants.

« La capacité des gouvernements à influencer les habitudes alimentaires est de plus en plus importante et le public l’accepte de mieux en mieux », conclut, encourageant, le rapport. Dans certaines régions européennes, comme la Flandres, les cantines scolaires proposent à présent un menu végétarien au moins une fois par semaine. Un engagement pour l’environnement qui se révèle également pratique pour les élèves musulmans ou juifs, par exemple, qui ne mange que de la viande halal ou casher.

>> Lire : De la viande, mais à quel prix ?

PLUS D'INFORMATION

Groupes de réflexion

  • Chatham House et Glasgow Media Group: Meat Atlas (en anglais)

ONG

Agences européennes

ONU

TOUS, SAUF ELLE : Remington 700

Par Le 20/07/2018

 

Comment imaginer et décrire les émotions d'un tireur d'élite quand on ne sait pas soi-même utiliser une arme à feu ?... Comment imaginer et décrire les émotions d'un terroriste quand on a déjà peur d'allumer la mèche d'un pétard ? Comment imaginer et décrire les émotions d'une femme dans l'acte sexuel quand on est un homme ? Comment imaginer et décrire les émotions d'une jeune fille devant la violence des hommes quand on vit soi-même dans une paix totale ? Comment imaginer et décrire les émotions d'un individu qui se trouve confronté à une situation jusque-là inconcevable ? Comment imaginer et décrire les émotions d'une humanité entière devant l'impensable ?

 


 

J'ai commencé l'écriture d'un passage important ce matin, à 5h30 et je viens de finir. Il est minuit. En sachant que demain, je recommencerai peut-être après m'être endormi en tournant et retournant les mots.

Il y a des soirs d'écriture où je me dis que j'aurais mieux fait de m'intéresser à la construction de maquettes en allumettes...

Et aussitôt, je m'imagine construire des villes entières pendant des milliers d'heures et en voir s'écrouler parfois des pans entiers. Et me dire que j'aurais mieux fait de m'intéresser à l'écriture de romans.

Il en va ainsi de la passion des raconteurs d'histoire.

Il y a dans ma tête une agitation frénétique, des interrogations sans fin, des personnages qui se parlent et vivent des situations compliquées, rien n'est déjà établi, tout se contruit, mot à mot, c'est comme gravir une montagne qui n'existe pas mais qui prend forme à chaque pas effectué, parfois, il faut s'arrêter, se reposer, reconstituter les forces, regarder sous ses pieds le chemin parcouru, s'assurer que la base est solide avant de reprendre l'ascension.

Impossible de présager de l'altitude finale ni même des prochains obstacles particuliers, l'horizon vertical n'a aucune forme solide, c'est comme un mirage fluctuant dans la brume des cieux.

Alors, j'écris une phrase de plus pour monter d'un palier. 


 

TOUS, SAUF ELLE

« Les quatre fenêtres n’existaient pas, je les ai ajoutées et elles permettent d’observer et de couvrir la totalité du terrain. Personne ne peut s’approcher sans être vu. Personne ne pourrait arriver ici sans se faire descendre. »

Il la laissa et s’approcha d’une vaste armoire métallique. Il prit une clé dans une poche et libéra un cadenas. Quand il ouvrit les deux panneaux, elle se figea.

Des armes, une panoplie de fusil, des cartouches, des révolvers.

C’est là qu’elle eut peur, une peur viscérale, une brûlure, une sidération.

« Est-ce que tu sais tirer ? » demanda-t-il, sur un ton froid.

Elle ne comprit pas immédiatement la question.

« Est-ce que tu sais te servir d’une arme à feu, Laure ? »

Un bunker. Il avait parlé d’un bunker. Elle avait cru qu’il souhaitait simplement s’isoler, se protéger du monde extérieur. Elle comprenait avec une brutalité nauséeuse qu’il projetait bien davantage.

« Il n’y a que Raymond qui sait ce que je fais ici. Et toi maintenant. Est-ce que tu sais tirer, Laure ? »

–Que va-t-il se passer Théo ? demanda-t-elle.

Les yeux de Figueras brillaient au fond d’elle. Le rêve vibrait dans ses fibres.

« Est-ce que tu sais tirer ? répéta Théo en la regardant fixement.

Elle s’approcha du râtelier et libéra un fusil à lunettes.

Théo, intrigué, l’observa sans un mot.

Laure étudia les diverses boîtes de cartouches rangées sur une étagère et se servit.

Deux balles.

Elle les inséra dans l’arme, sans aucune hésitation.

Elle s’approcha d’une fenêtre et l’ouvrit.

Théo cherchait à comprendre mais décida de ne pas intervenir. Il prit la paire de jumelles suspendues à une poutre et ajusta la mise au point.

« Le premier poteau en bois, à droite de la barrière métallique, » annonça Laure.

Cinq cents mètres de distance. Théo observa la prise en main du fusil, l’ajustement de la crosse sur l’épaule, le positionnement du corps, l’ancrage au sol, l’orbite venant s’appuyer sur l’œilleton de la lunette de visée.

Elle savait tirer. Il observa son visage. Une concentration totale, un instant suspendu, hors de portée du monde extérieur, l’ataraxie émotionnelle du tireur, l'enceinte attentionnelle qui limite le monde à une cible

Il vit l’interruption du souffle, l’arrêt du mouvement thoracique. Deux secondes d’immobilité totale.

Le coup partit. La balle traversa le sommet du poteau et se ficha dans le sol.

Éjection de la douille. Théo scruta chaque geste. Elle connaissait parfaitement l’usage de cette arme.

Laure reposa l’œil sur la lunette de visée.

« Troisième poteau à droite. Il y a un nœud, une tâche sombre, » annonça Laure.

Théo eut à peine le temps d’ajuster les jumelles. La balle se ficha comme au cœur d’une cible. Une pièce de vingt centimes.

Il sentit jaillir alors en lui une joie ineffable, la certitude absolue du cadeau inestimable d’avoir rencontré son âme sœur et l’expression le surprit. Un message venu d’ailleurs.

Regards croisés.

Laure esquissa un sourire et son visage se détendit.

« Lorsque j’étais à l’université, je suis entré dans l’équipe de biathlon féminin. J’ai fait de la compétition au niveau régional puis finalement j’ai choisi le trail. J’adorais le tir tout autant que le ski mais j’étais trop indépendante et solitaire pour supporter l’encadrement au grand dépit de mes entraîneurs qui me prédisaient une belle carrière. »

Elle éjecta la douille.

« C’est une arme efficace.

–C’est un Remington 700, pas du tout le fusil de biathlon.

–Oui, je sais. Porté de neuf cents mètres. Cartouches 308 Winchester.

–Et tu tiens ça d’où ?

–Mon entraîneur était un passionné. Et nous étions assez…proches. »

Elle détourna la tête. Il n’insista pas. Un passé qu’il ne souhaitait pas connaître.

« Et comment tu es arrivé à posséder un tel arsenal ? demanda-t-elle en désignant l’armurerie.

–Les banlieues regorgent de fusils et armes en tous genres. La guerre dans l’ex Yougoslavie a éparpillé un stock monumental. On trouve tout ce qu’on veut dans les grandes agglomérations françaises. Entre Marseille, Grenoble et Lyon, je n’ai aucun mal à m’équiper.

–Tout au black, je suppose. »

Il acquiesça.

« Celui-là m’a coûté cinq cents euros avec mille cartouches, juste pour lui.

–Et tu penses que tu auras à t’en servir un jour, ici ?

–C’est possible.

–Quand ?

–Entre demain ou jamais. Si le chaos ne monte pas jusqu’ici. »

Beaufortain

Par Le 20/07/2018

 

Trois jours, là-haut, dans le Beaufortain, des paysages magnifiques, deux sommets chaque jour, entre vingt et trente kilomètres en marchant ou en trottinant, 5 ou 6 heures de montées et descentes, juste de l'eau dans le sac, de longues arêtes rocheuses, des montées parfois hors sentier dans les pierriers ou les pentes herbeuses, des descentes à petites foulées, les bâtons de randonnée en appui, concentration, la tête vide, juste le bonheur du corps en action, un pas puis un autre, le souffle, la poussée des bras, les abdos serrés, l'équilibre, l'anticipation du pas et le regard qui se projette sur le mètre suivant... Le fourgon, posé dans des des coins perdus, loin des camping caristes qui aiment tant s'entasser... Un ruisseau le soir pour se laver dans une eau à dix degrés, le silence absolu de la montagne, le ciel étoilé, aucune pollution lumineuse, des lacs aux eaux turquoises...Tout ce qui nous réjouit. Des prairies alpines couvertes de fleurs, des nuées de papillons multicolores, l'eau des torrents qu'on peut boire, des névés qui attendent le prochain hiver, un sommet qui ouvre sur un autre, un chemin de crête qui invite à continuer encore et encore, des vallons totalement isolés, des lagopèdes cachés dans les amas de roches, un vol de vautours sur le bleu du ciel...Et tout cela, à deux, parfois sans se parler pendant des milliers de pas et pourtant toujours reliés...L'absence de pensées dans le creuset bouillant du corps, l'objectif tient dans la qualité du pas et rien d'autre et cet enchaînement de pas mènera à un sommet d'où un autre se dévoilera et nous reprendrons l'avancée, aimantés par la beauté des lieux et le désir profond d'explorer les territoires intérieurs, la mécanique des bras et des jambes, la concentration agissant comme un effaceur du mental, il n'y a plus que le regard sur la pente devant soi, une pierre, une fleur, un chemin qu'il faut deviner, une pente de neige, une arête au-dessus du vide et toujours le souffle qui joue sa partition musicale et emplit l'esprit comme un leitmotiv entraînant, des musiques répétitives que j'écoute parfois parce que je sais combien les images s'y intègrent et qu'il me suffira plus tard de les réécouter pour retourner "Là-Haut".

 

 

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Le bonheur immense de vivre tout cela avec l'amour de ma vie. 

Champions du monde

Par Le 16/07/2018

"On est les champions, on est les champions..."

On est surtout les champions de l'insignifiance philosophique, existentielle, sociale, les champions de l'immaturité.

Qu'on puisse éprouver de l'admiration pour des qualités physiques et techniques de sportifs, je le conçois tout à fait mais que cela soulève les foules avec une telle ampleur quand personne ou presque ne s'engage dans des luttes qu'il faut mener de toutes urgences, c'est juste dramatique.

Je suis admiratif devant la qualité de jeu des Federer, Nadal, Djokovic et des autres, impressionnés par l'effort gigantesque des cyclistes dans les cols du Tour de France, admiratifs des triathlètes, des marins du Vendée Globe, des alpinistes, des aventuriers etc etc... Mais jamais, je n'irai hurler cette émotion dans la rue. Et je ne comprends donc absolument pas un tel engouement pour le foot et un titre.

L'expression "champions du monde" est d'ailleurs très révélatrice. Cette équipe est championne du monde de football mais pas championne du monde de tout. La tournure montre à quel point ce sport a une importance considérable dans la tête des gens. 

Je suis donc assez effrayé de voir que 19 millions de Français étaient devant leur écran de télévision et que des centaines de milliers seront ce soir sur les Champs Elysées...Consternés en écoutant hier soir pendant des heures des klaxons et des hourras jusqu'au fin fond de la vallée.

Et tout ça pour quoi ? Des bonhommes qui tapent dans un ballon, se font des passes et rêvent de mettre cette balle dans un but... Et qui gagnent le salaire mensuel d'un smicard en quelques secondes.

Alors, il ne faut pas venir me parler d'humanité en éveil et d'évolution des consciences.

Je remercie malgré tout les quelques millions de Français qui ne se réjouissent absolument pas du spectacle de cette foule et qui en fuient les effluves.

Je sais que je passe pour beaucoup pour un pisse-froid et un rabatjoie en écrivant cela. Et que ça ne changera d'ailleurs absolument rien au problème.

Disons que j'éprouve simplement le besoin de vider mon désarroi.

 

À la liste ci-dessous, trouvée sur Facebook, j'ajouterai le conditionnement des enfants et l'état déplorable de l'enseignement à tous les étages.

Quant au désastre écologique, qu'il soit animal ou végétal, si je tentais d'en énumérer la liste, j'en aurais pour des heures.

On retourne Là-Haut.


Quand on reviendra, tout ce pataquès sera fini et tout le monde aura repris son chemin de croix. Les diverses plaintes reprendront leur éternelle litanie, des plaintes disséminées un peu partout mais jamais de façon commune, jamais avec cette puissance. Il n'y a que le foot pour ça...C'est bien là tout le problème. 

 

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Florent David

13 juillet, 13:19

. On vient de leur augmenter le gaz de 7,5%
. De leur augmenter la CSG
. De bloquer le smic, les retraites et le point d'indice des fonctionnaires
. De leur imposer les 80km/h sur route
. De leur imposer une augmentation et un durcissement du Contrôle Technique
. On crève comme des chiens dans les EHPAD et dans les couloirs des urgences
. Les aides sociales sont rabotées de tous côtés, voire purement et simplement supprimées
. Les minimas sociaux sont sans cesse remis en question, et revus à la baisse sur fond de flicage accru des allocataires
. Les prix du timbre poste comme des carburants relèvent désormais du vol qualifié
. On envoie la police mater les grèves
. Tout mouvement social est sauvagement réprimé à la gazeuse, la matraque et même la grenade
. On cherche à détruire leur sécurité sociale
. Le psychopathe qui leur fait office de parodie de président dépense sans compter pour ses caprices
. Chaque jour une entreprise ferme ou licencie
. La propagande du Système tourne à plein régime sur tous les médias
. Ils croulent littéralement sous les taxes et impôts à tous niveaux
. Ils sont de plus en plus pauvres et ont de moins en moins le droit de s'exprimer

. La pollution des sols, de l'eau et de l'air se généralise et tout le vivant est de plus en plus labélisé
. Les animaux crèvent par milliards dans des élevages et des abattoirs de plus en plus déshumanisés

Mais heureusement, ils se réunissent sur les Champs Élysées pour s'opposer à cette dictature de l'oligarchie!

Ha non! Ça, c'est pour le foot...


 

 

Chemins et plages de Bretagne.

Par Le 14/07/2018

Un retour sur mes terres natales pendant quelques jours. 

Le bonheur de retrouver mes parents et les coins secrets de mon enfance, les lieux cachés qu'il faut chercher, la carte au 25/000 ème, les chaussures de marche, le sac à dos, et la joie de courir sur les rochers, de quitter les "grands axes" et les plages tourisitiques, d'ignorer les parkings bondés de bord de mer. 

Le même constat qu'en montagne finalement : les gens aiment les concentrations et sont persuadés que si un endroit attire du monde, c'est qu'il n'y a pas mieux ailleurs. Je sais bien également que l'effort physique n'entre pas dans le mode de vie d'une bonne partie de la population. Il faut que la plage soit à cinq minutes du parking en fait...

On est d'ailleurs sidéré Nathalie et moi de voir autant de monde en surpoids...C'est effrayant. Chez les personnes âgées, c'est concevable avec la baisse d'activité physique mais chez les gens de cinquante ans ou même bien plus jeunes, c'est un constat qui nous désole. La population française n'est pas en bon état, c'est incontestable.

On a vu des gens qui couraient en bord de mer, sur des pistes cyclables et on voit tout de suite, à leur allure, que c'est un effort de vacances, une tentative de "remise en forme". Le problème, c'est que la course à pied est traumatisante quand on n'est pas entraîné et ses effets sont bien plus néfastes que le contraire. La marche à pied, d'un bon pas, est bien plus bénéfique. 

Mes parents ont 83 ans, ils marchent tous les jours, entre une et deux heures. Ils ont des bâtons de randonnée et de bonnes chaussures. Aucune de leurs connaissances ne les suit. Ils marchent ensemble ou parfois tout seul, c'est devenu un besoin, comme celui de manger ou de dormir. Ils sont devenus végétariens depuis quatre ans également. Contre l'avis de leur médecin généraliste de l'époque. Ils en ont changé...

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Marcher sur les rochers, grimper, sauter, anticiper les réceptions, maintenir le rythme, les yeux cherchant l'appui suivant, le corps s'appliquant dans l'appui en cours. Un bonheur immense que j'ai pratiqué avec une joie inépuisable pendant toute mon enfance et mon adolescence. Le granit breton est très adhérent, rugueux, il râpe les mains et les semelles et je grimpais déjà sur des "montagnes", j'imaginais des ascensions. Parfois, j'observais un bloc de quelques mètres de haut et je traçais un itinéraire comme s'il s'agissait d'une paroi de mille mètres. 

Parfois, je m'asseyais et j'écoutais l'océan. J'aimais l'immobilité silencieuse de l'étale, lorsque le corps immense semble se reposer et attend la prochaine aimantation de la lune. J'aimais écouter ce clapotis qui se réveille, timidement puis s'amplifie lorsque le courant s'inverse.

J'aimais les couleurs de la nuit qui se couche jusqu'à l'horizon. Les reflets des lumières et j'imaginais les poissons se laisser bercer par les flots.

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Les couleurs de la Bretagne sont d'une richesse infinie. De la lande aux rochers, de l'océan aux forêts côtières, des plages de sable fin à celles couvertes de cailloux muticolores, les bancs d'algues vertes, roses, marrons, orangées, les laminaires, le goémon et les cumulus blancs dérivant sur le bleu du ciel, la mer grise sous les cieux de tempêtes... 

Le vent qui gronde ou s'apaise et parfois disparaît on ne sait où.

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Ce changement permanent de paysages avec l'alternance des marées, des palettes de couleurs et de parfums, les silences de marée basse et les marées hautes ventées, le chant puissant des vagues écumeuses et le roulement des galets sur les rochers, ce brassement infini des cailloux dont l'avenir s'appelle le sable, des musiques variées qui invitent à chanter, à courir, à danser, à rêver ou à dormir, à contempler dans la même immobilité que les instants suspendus entre deux marées.

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Le 11 juillet, nous étions quatre personnes sur cette plage, chacun à une extrémité. Bien entendu, nous nous sommes dénudés. Il y a bien longtemps déjà que les habits ne nous sont d'aucune importance et où la nudité fait partie de notre communion avec la nature. On ne se baigne pas vraiment quand on est en maillot. Ou alors il faudrait que dans le ventre de notre mère, nous ayons été habillés... J'étais nu dans le ventre de ma mère et je suis nu dans le placenta de la mer. La vie n'a que faire des artifices et des pudeurs apprises, des sensations limitées par des cadres imposés. 

Nous avons passé des heures à nager, à empiler des galets, à jouer dans les vagues, à ramasser les cailloux colorés, les coquillages vides. Ou à ne rien faire d'autre que regarder, écouter, respirer.

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Et puis nous avons repris nos avancées, de criques en criques, à travers les forêts, à travers d'autres plages, en suivant des sentiers où nous n'avons parfois croisé personne pendant des heures.

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Purin d'ortie et Sénat

Par Le 14/07/2018

Thierry Ledru

7 min · 

On utilise du purin d'ortie pour le potager et de l'urine également et d'autres "préparations maison" mais il faut savoir que le Sénat et bien évidemment les instances de l'UE s'opposent encore et toujours au partage de ces connaissances ancestrales jusqu'à les rendre "illégales". Si vous faites des recherches sur le net, vous trouverez des témoignages de professionnels qui ont été condamnés pour "publicités illégales", des magasins qui ont été obligés de retirer des produits naturels. Même le bicarbonate de soude est dans leur viseur...Le glyphosate et tous les produits chimiques sont les seuls garants de notre bien être...Manger bio, c'est mal, c'est contraire à la loi, c'est de l'incivisme, de la rébellion...D'ailleurs, c'est marqué sur le logo du Sénat : "un site au service des citoyens..."

Sénat - Un site au service des citoyens

 

Base Questions > 2006

Réglementation applicable au purin d'ortie

12e législature

Question écrite n° 24641 de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI)

publiée dans le JO Sénat du 05/10/2006 - page 2519

M. Jean Louis Masson attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie et du développement durable sur le fait que le purin d'ortie est un produit naturel utilisé depuis des temps immémoriaux par les jardiniers. Or, il semblerait qu'en application d'un décret paru au Journal Officiel du 1er juillet 2006, il soit interdit de diffuser sur Internet ou dans des ouvrages de jardinage, la recette de fabrication de ce type de produit tout à fait naturel et inoffensif. Il souhaiterait qu'elle lui indique si elle ne pense pas qu'il s'agit là d'une dérive abusive de la réglementation.

Transmise au Ministère de l'agriculture et de la pêche


 

Réponse du Ministère de l'agriculture et de la pêche

publiée dans le JO Sénat du 07/12/2006 - page 3047

Les produits antiparasitaires à usage agricole font l'objet d'un usage strictement réglementé depuis 1943. Cette réglementation a fait l'objet d'une harmonisation communautaire par la voie de la directive 91/414/CEE du 15 juillet 1991. Suivant cette réglementation, les produits phytopharmaceutiques, quelle que soit leur nature, doivent faire l'objet d'une évaluation des risques et de leur efficacité, et d'une autorisation préalablement à leur mise sur le marché. L'objectif de ce dispositif est d'assurer un haut niveau de sécurité aux citoyens de l'Union européenne, aux applicateurs de ces produits et à l'environnement. Il vise aussi à garantir la loyauté des transactions entre le metteur en marché et l'utilisateur des produits considérés, notamment en procédant à une évaluation de leur efficacité. La loi d'orientation agricole du 5 janvier 2006 n'a pas introduit de réforme sur les objectifs généraux de la législation en vigueur, elle améliore seulement la séparation entre évaluation et gestion des risques relatifs à ces produits à travers son article 70. Comme il ne peut être garanti a priori et par principe que des produits obtenus à partir de plantes sont sûrs pour ce seul motif, aucune dérogation sur l'obligation d'homologation préalable à la mise sur le marché n'a été prévue dans la législation communautaire. De nombreux exemples illustrent le fait que des plantes peuvent présenter des risques du fait des molécules qu'elles peuvent contenir. L'interdiction en matière de recommandation vise à préserver les intérêts des utilisateurs de produits phytopharmaceutiques qui, du fait de cette recommandation, s'exposeraient à des sanctions pénales en utilisant des produits phyto-pharmaceutique non autorisés. Cette nouvelle disposition qui complète celle relative à la publicité commerciale sur des produits de même nature n'est pas restreinte à une catégorie de produit. Elle s'applique à tout produit phytopharmaceutique faisant l'objet d'une mise sur le marché. La mise sur le marché suppose une transaction (onéreuse ou gratuite) entre deux parties. Les préparations effectuées par un particulier pour une utilisation personnelle, telles que le purin d'ortie, ne rentrent donc pas dans le cadre d'une mise sur le marché. En conséquence, il n'est pas plus interdit de recommander aux particuliers des procédés naturels que d'en donner la recette. Par ailleurs, l'élaboration par l'utilisateur final à la ferme ou au jardin de ces préparations ne nécessite pas d'autorisation préalable. Le Gouvernement est conscient de la nécessité de trouver des solutions permettant de faciliter l'homologation des produits traditionnels de protection des plantes. Un groupe de travail traite cette question et, dans le cadre du projet de règlement visant à redéfinir les procédures de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, la Commission européenne propose des mesures de simplification pour l'évaluation des produits à faible risque. Ces mesures, comme l'ensemble du projet de règlement, sont actuellement examinées au Conseil et au Parlement européen.


 

Quand le ministère de l’Agriculture refuse toujours d’autoriser des alternatives aux pesticides

 

PAR SOPHIE CHAPELLE

La répression des fraudes envisage t-elle d’interdire les alternatives aux pesticides chimiques ? Des contrôles ont été menés en juillet dernier par les directions départementales de la protection des populations, dans des magasins Botanic de Saint-Etienne (Loire) et de Villeneuve-lès-Avignon (Gard). Les agents ont demandé le retrait des « purins de consoude » figurant dans le rayon des engrais. Le savon noir, connu comme un allié précieux des jardiniers bio du fait de ses propriétés antiseptiques et insecticides, a lui-aussi été visé par le contrôle, comme en témoigne un document qu’a pu consulter Basta !.

Comment expliquer ces contrôles visant ces préparations naturelles qui remplacent les pesticides et insecticides chimiques souvent cancérogènes ? Des organisations environnementales se sont procurées un document de la répression des fraudes (DGCCRF) [1]. Il est mentionné que les substances comme la consoude, le savon noir, mais aussi la fougère, la bardane ou l’origan qui n’ont pas été approuvés par un règlement européen ne peuvent être commercialisées [2]. « Il ne tient qu’au ministre de l’Agriculture de faire en sorte que ces alternatives soient enfin autorisées », réagissent une vingtaine d’organisations dans un communiqué commun [3].

Une liste de substances autorisées encore insuffisante

En juillet 2014, un pas législatif avait été franchi avec l’adoption de la loi d’avenir agricole reconnaissant un régime simplifié pour l’utilisation et la commercialisation des « préparations naturelles peu préoccupantes » (purin d’ortie, de prêle, argile, vinaigre blanc...). Avant cette loi, l’homologation de ces préparations naturelles alternatives se révélait jusque-là non seulement coûteuse – 40 000 euros en moyenne pour le dépôt d’un dossier – mais aussi très chronophage – plusieurs années pour obtenir l’autorisation de les vendre. Deux ans plus tard, en avril 2016, le ministère de l’Agriculture publiait enfin le décret relatif à leur procédure d’autorisation. Une première liste comprenant plus d’une centaine de substances naturelles autorisées était publiée [4].

Problème : « Les substances qui figurent dans l’arrêté ne correspondent pas vraiment à ce qu’on utilise »relevait Jean-François Lyphout de l’Aspro-PNPP, une association luttant pour la reconnaissance de ces préparations naturelles. « Certes, il y a l’ail, l’ortie, la sauge... Mais on ne trouve par exemple aucune substance d’origine minérale ou animale comme le petit lait. Tout n’est donc pas réglé. » Cette liste devait être complétée par d’autres substances, après une évaluation de l’Agence nationale de sécurité sanitaire garantissant qu’elles ne présentent pas d’effet nocif sur la santé humaine, la santé animale et l’environnement. Mais depuis un an, aucune nouvelle substance n’est venue s’ajouter à la liste.

Quand une entreprise allemande conteste l’approbation du bicarbonate de sodium

Dans les couloirs du ministère, l’allongement de la liste actuelle a bien été discuté ces dernières semaines avec les organisations mobilisées sur le sujet. Parmi les pistes possibles : s’appuyer sur la liste des 500 plantes qui ont déjà été autorisées dans les compléments alimentaires [5]. « Ce que nous demandons, précise Jean-François Lyphout, c’est l’autorisation immédiate de toutes les plantes et parties de plantes utilisées dans l’alimentation humaine et animale. »

Pour l’heure, le recours pour les professionnels à des préparations naturelles dites peu préoccupantes continue donc de relever du parcours du combattant. L’institut technique de l’agriculture biologique travaille depuis 2008 sur des demandes d’homologation auprès de l’Union européenne. Au terme de neuf ans de travail, seules 18 substances de base ont été approuvées, dont la prêle [6]. Mais d’autres obstacles continuent de se dresser : à peine acquise auprès de la Commission européenne, l’approbation du bicarbonate de sodium alimentaire a par exemple été contestée en justice par une entreprise allemande [7]. Si la demande a finalement été rejetée par le tribunal, cette procédure témoigne des résistances à la mise en œuvre d’alternative au tout chimique.

Notes

[1Voir un extrait du document de la DGCCRF

[2] Le règlement européen 1107/2009 concerne la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques.

[3Voir le communiqué co-signé par Agir pour l’environnement, Agrobio Périgord, Alerte des médecins sur les pesticides, Aspro-PNPP, Confédération paysanne, Domaine Chalosse Vivante, Demeter, Fédération Nature & Progrès, Générations Futures, La ligne d’horizon, Les Amis de la Terre, Les Amis de la terre des Landes, Les Amis de l’Ortie, Les Artisans du végétal, LPO, Mouvement de l’agriculture biodynamique, Mouvement Inter Régional des AMAP, OGM dangers, Syndicat des simples, Terre&Humanisme, Union Nationale de l’Apiculture Française

[4Voir la liste des plantes ou parties de plantes médicinales pouvant être vendues en France par des personnes autres que les pharmaciens.

[5Voir l’arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes, autres que les champignons, autorisées dans les compléments alimentaires.

[6Voir la liste des substances de base autorisées par la Commission européenne suite aux demandes déposées par l’Itab

[7Voir le recours du 22 décembre 2015 introduit par l’entreprise Biofa AG face à la Commission européenne. Voici également le lien vers l’ordonnance du tribunal du 9 novembre 2016.


 

Dordogne : maraîchère bio, elle plaide pour les préparations naturelles alternatives aux pesticides

Nathalie Verdier travaille sur son exploitation à Sarlande. / © France 3 Aquitaine Nathalie Nathalie Verdier travaille sur son exploitation à Sarlande. / © France 3 Aquitaine

PARTAGES

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Dans le projet de loi Agriculture et Alimentation, l'Assemblée Nationale a simplifié l'usage des préparations à base de plantes dans l'agriculture comme alternative aux produits phytosanitaires. Mais le Sénat a fait un pas en arrière, ce que regrette Nathalie Verdier, agricultrice bio en Dordogne. 

Par AR 

"J'aimerais pouvoir faire ce que je fais sans être dans l'illégalité", explique Nathalie, coprésidente d'Agrobio 24 et maraîchère à Sarlande, dans le Périgord. Dans son exploitation, elle utilise des préparations naturelles à base de plantes comme alternative aux produits phytosanitaires. Sous ses serres, elle pulvérise par exemple un mélange composé de "consoude, bardane, reine des prés et ortie" comme fortifiant végétal.  

Car le purin d'ortie, les tisanes de plantes et autres, rassemblés sous le terme de "préparations naturelles peu préoccupantes", ou PNPP, doivent théoriquement avoir fait l'objet d'une homologation comme produit phytosanitaire pour pouvoir être utilisés en agriculture.

En 2016, le purin d'ortie a d'ailleurs été autorisé par l'ANSES. 

 

L'Assemblée nationale autorise... 


Une procédure longue, coûteuse, et qui ne prend pas en compte "la complexité et la variabilité des PNPP qui ne peuvent être assimilées ni aux pesticides, ni aux produits de bio-contrôle commercialisés avec un droit de propriété intellectuelle et une AMM" comme l'ont soulevé une quinzaine de députés 
dans un amendement visant à autoriser leur usage. 

Dans le projet de loi Agriculture, l'Assemblée nationale a voté en faveur de l'usage des préparations naturelles, avec une modification de l'article L. 253-1 du code rural et de la pêche maritime indiquant que « toutes les parties consommables de plantes utilisées en alimentation animale ou humaine sont considérées comme substance naturelle à usage biostimulant autorisée. »

 

... Mais le Sénat retoque le texte 


Mais le Sénat, "le rapporteur a rendu les choses plus contraignantes, en demandant un avis de l'Anses", explique Claude Bérit-Débat, Sénateur socialiste de Dordogne.
Or l'Agence de Sécurité sanitaire n'a autorisé aucune préparation à base de plantes depuis quatre ans. 

"Les députés avaient quand même porté cet amendement, c'était une belle avancée", souligne Nathalie. "
Mais le ministère de l'Agriculture est contre", regrette-t-elle, militant au sein de l'association ASPRO PNPP, association pour la promotion des préparations naturelles peu préoccupantes. 

"Quand on voit tout ce qui se passe par rapport au glyphosate, aux néonicotinoïdes, il faut trouver une alternative. Et les PNPP sont une forme d'alternative naturelle" estime Claude Bérit-Débat, qui a déposé
un nouvel amendement pour que le Sénat revienne sur sa position. 

 

Dordogne : maraîchère bio, elle plaide pour les préparations naturelles alternatives aux pesticides
Intervenants : Nathalie Verdier, Coprésidente d'Agrobio 24 et membre d'ASPRO PNPP, Claude Bérit-Débat, Sénateur de Dordogne Equipe : ARDOUIN Bruno, TINON Pascal, CASSAR-RAJAUD Alexandra

 

Nestlé et l'eau

Par Le 11/07/2018

NESTLE : BOYCOTT intégral pour notre part et le problème, c'est d'identifier toutes les marques qui leur appartiennent. Et je ne parle pas de leurs méfaits en Afrique, ça mériterait des centaines de procès... 

Bataille de l'eau à Vittel entre des habitants et Nestlé

AFP11/07/2018 à 13:02

Des associations s'insurgent contre un projet d'acheminer de l'eau potable sur des dizaines de km pour préserver une nappe phréatique déficitaire à Vittel pillée selon eux par le groupe Nestlé Waters. ( AFP/Archives / SEBASTIEN BOZON )

Des associations s'insurgent contre un projet d'acheminer de l'eau potable sur des dizaines de km pour préserver une nappe phréatique déficitaire à Vittel pillée selon eux par le groupe Nestlé Waters. ( AFP/Archives / SEBASTIEN BOZON )

Des associations s'insurgent contre un projet d'acheminer de l'eau potable sur une dizaine de km pour préserver une nappe phréatique déficitaire à Vittel (Vosges), pillée selon eux par le groupe Nestlé Waters.

Trois communes, Vittel, Contrexéville et Bulgnéville, et trois industriels, dont Nestlé Waters (marques Vittel, Contrex, Hépar, Perrier...), puisent annuellement trois millions de m3 d'eau dans la nappe aquifère des grès du Trias inférieur (GTI), située à 100 m de profondeur. Ce réservoir d'eau, faiblement minéralisée, présente un déficit annuel d'un million de m3 et se renouvelle lentement.

La Commission locale de l'eau (CLE) a voté début juillet le principe d'un transfert de l'eau dans le cadre d'un Schéma d'aménagement et de gestion des eaux (Sage). Quatre associations environnementales s'y sont opposées.

Entre 500.000 et un million de m3 par an seront pompés dans un ou deux captages en surface, puis acheminés par canalisations sur une dizaine de km pour approvisionner les habitants. Le projet, financé en partie par le conseil départemental des Vosges et l'Agence de l'eau, est estimé entre 8 et 17 millions d'euros.

Nestlé Waters, qui continuera à puiser dans la nappe 750.000 m3 d'eau, va "contribuer financièrement à la réalisation de la solution retenue", promettant de "tout faire pour qu'il n'y ait aucune répercussion sur la facture d'eau des habitants", assure un représentant du groupe, Christophe Klotz.

Lors du vote, 150 personnes se sont rassemblées devant le conseil départemental à Epinal, où se réunissait la CLE, composée de 46 membres - élus, industriels, services de l'Etat et associations -. Sur des pancartes, on pouvait lire: "Elus = vendus à Nestlé?", "L'eau est de l'or pour l'humanité, pas pour Nestlé".

"Ces transferts sont faits pour permettre à Nestlé Waters de continuer à pomper", dénonce Bernard Schmitt, du collectif Eau 88. Il réclame "que soit restaurée la priorité aux usagers".

- Privatisation de l'eau ? -

Une ligne de production de Nestlé Waters, le 19 juillet 2010 à Vittel ( AFP/Archives / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN )

Une ligne de production de Nestlé Waters, le 19 juillet 2010 à Vittel ( AFP/Archives / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN )

"On ne peut pas autoriser Nestlé à acheter une ressource de bien commun", s'inquiète Jean-François Fleck, président de Vosges nature environnement.

Pour la CLE, "l'objectif n'est pas de servir plus une entreprise qu'une autre, mais de combler ce déficit pour restituer aux générations futures une nappe reconstituée", rétorque Jean-Luc Couzot, vice-président.

La multinationale, qui affirme avoir "réduit de 20% les prélèvements (depuis) une dizaine d'années", s'est engagée à pomper l'eau à usage industriel dans une nappe en surface. La ressource des grès du Trias inférieur sera utilisée uniquement pour sa marque Bonne source, commercialisée à l'export.

Pas question néanmoins d'abaisser le volume embouteillé: "Plusieurs centaines d'emplois" seraient menacées, souligne M. Klotz. Nestlé Waters emploie un millier de personnes et verse au territoire vosgien "14 millions d'euros de surtaxes sur l'eau minérale", rappelle-t-il.

Un argument que balaie M. Schmitt: la masse salariale ne cesse de baisser et "la seule chose qui augmente, c'est les bénéfices de Nestlé Waters".

"C'est une décision au service d'un bénéfice immédiat, pour Nestlé Waters, au détriment d'un bénéfice patrimonial pour les générations futures", regrette Christine Vauzelle, maire de Charmois-l'Orgueilleux, 600 habitants.

Son village, soumis à des restrictions d'eau l'été, s'alimente dans l'une des nappes phréatiques retenues pour compenser le déficit des GTI.

"On entend dire qu'il y aura toujours de l'eau, mais qui peut nous l'assurer?", demande-t-elle.

- Enquête préliminaire -

Arlette Jaworski, adjointe à l'environnement à Contrexéville, dénonce la présence dans la CLE ou le Sage de membres travaillant ou ayant travaillé pour la multinationale et réclame "une charte de déontologie".

Une enquête visant la conseillère départementale et ancienne présidente de la CLE, Claudie Pruvost, est ouverte depuis 2016 au parquet d'Epinal après un signalement de l'association Anticor.

Son époux, ancien cadre chez Nestlé Waters, a présidé la Vigie de l'eau, association ayant participé à l'élaboration du Sage en 2016.

"L'enquête préliminaire (toujours en cours) a mis en évidence des faits susceptibles de recevoir la qualification pénale de prise illégale d'intérêts", punissables d'une peine de cinq ans d'emprisonnement et 500.000 euros d'amende, indique le procureur, Etienne Manteaux.

"Toutes les décisions prises depuis 2016 sont entachées de nullité et nous utiliserons toutes les voies judiciaires", prévient M. Schmitt.

Une étude affinée sur la réalisation du projet sera prochainement lancée, puis démarrera une consultation de la population à l'automne.

Changement climatique : depuis 30 ans

Par Le 09/07/2018

On parle du changement climatique depuis plus de 30 ans. Pourquoi n'avons-nous rien fait ?

Dans le temps qu'il a fallu pour justifier que le changement climatique est en grande partie lié à la pollution et l'activité humaine, la crise s'est profondément aggravée. Jeudi 21 juin 2018

De Andrew Revkin

Les oiseaux des Grandes Plaines pataugent au bord de l'eau alors qu'une tempête commence à prendre forme en arrière-plan.

PHOTOGRAPHIE DE RANDY OLSON, NATIONAL GEOGRAPHIC CREATIVE

Cet article paraîtra dans le magazine National Geographic du mois de juillet 2018.

Il y a trente ans, l'impact potentiellement perturbateur des émissions carbone produites par la combustion fossile et la déforestation agressive qui commençait faisait la une de plusieurs journaux.

Il a fallu un siècle d'accumulation de faits scientifiques et une évolution majeure dans la perception de l'enjeu environnemental pour que cela se produise. Svante Arrhenius, scientifique suédois pionnier qui, en 1896, estimait pour la première fois l'ampleur du réchauffement dû à la combustion généralisée du charbon, voyait en ce changement une aubaine, une évolution vers « des climats plus équitables qui favorisera les climats terrestres les plus froids. »

Plusieurs reportages se sont succédé au fil des années, y compris un article remarquablement clair publié en 1956 dans le New York Times qui indiquait comment l'accumulation des émissions de gaz à effet de serre lié à la production d'énergie entraînerait des changements environnementaux durables. Dans sa conclusion, l'article prévoyait ce qui est devenu le principal obstacle à la lutte contre les émissions nocives : l'abondance des combustibles fossiles. « Le charbon et le pétrole sont encore abondants et bon marché dans de nombreuses parties du monde, et il y a tout lieu de croire que les deux seront consommés par l'industrie aussi longtemps que cela sera rentable. »

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat a été créé à la fin de l'année 1988, après que divers facteurs ont mis en lumière l'effet de serre. Les grandes lignes d'une solution avaient été forgées un an plus tôt alors que les nations du monde entier se mettaient d'accord sur le Protocole de Montréal, qui fixait des mesures pour éliminer certains composés synthétiques mettant en péril la couche d'ozone.

Depuis, les détails ont changé, mais à bien des égards, les principaux problèmes demeurent à peu les mêmes que ceux que moi et d'autres journalistes pouvions déjà observer en 1988.

“À bien des égards, les principaux problèmes environnementaux sont à peu les mêmes que ceux que moi et d'autres journalistes pouvions déjà observer en 1988.”

En octobre de cette année-là, mon article de couverture du magazine Discover traitait de la menace d'inondation de Miami, de la puissance potentielle des ouragans, des prévisions d'émissions carbone de la Chine, de la vulnérabilité du manteau neigeux californien et de son approvisionnement en eau. J'y décrivais également les incertitudes frustrantes dans les projections de réchauffement qui demeurent valables aujourd'hui. L'article se terminait avec cette citation de Michael B. McElroy, alors professeur à l'Université de Harvard : « Si nous choisissons de relever ce défi, il semble que nous puissions ralentir considérablement le rythme du changement climatique, nous donnant le temps de développer des mécanismes dont le coût pour la société pourra être minimisé. Nous pouvons alternativement fermer les yeux, espérer le meilleur, et payer le prix fort quand la facture nous sera présentée. »

Cet avertissement n'est aujourd'hui que trop familier. Les scientifiques, les écologistes et certains politiciens ont fait des déclarations semblables à plusieurs reprises. Leurs avertissements n'ont pas empêché les émissions d'augmenter. Glen Peters, un scientifique du Centre pour la recherche internationale sur le climat à Oslo, en Norvège, a relevé la hausse du niveau de dioxyde de carbone dans l'atmosphère à partir de 1870 et a constaté que près de la moitié de cette augmentation provenait de l'activité humaine ces 30 dernières années. 

Pourtant, de nouvelles technologies de développement durable se sont développées depuis, avec la croissance fulgurante des systèmes solaires et éoliens. Mais le monde reste à plus de 85 % tributaire des combustibles fossiles pour satisfaire sa soif en énergie. Les gains en matière d'efficacité énergétique et d'énergie renouvelable ont été submergés par la hausse de la demande d'énergies fossiles à mesure que la pauvreté augmentait. Aux États-Unis et dans une grande partie de l'Europe, l'énergie nucléaire à faible teneur en carbone recule tandis que des coûts élevés entravent le développement de nouvelles centrales.

 

COMMENT EXPLIQUER CETTE ABSENCE D'ÉVOLUTION ?

Qu'est-ce qui explique le manque de progrès significatifs quant au changement climatique provoqué par l'Homme ? Ayant consacré la moitié de mes 62 années de vie dans le reportage et la rédaction d'articles sur le climat, dans la rédaction d'articles de blogs et de livres, j'ai récemment trouvé utile de repérer les perceptions erronées ou les occasions manquées qui aggravaient le problème.

Pouvons-nous nommer les principaux coupables ? Il y a presque autant de théories et de cibles qu'il y a d'avocats d'un côté et de l'autre. Parmi eux on compte le manque de financement de la recherche fondamentale (j'étais souvent dans ce camp), l'influence de l'industrie sur la politique, la médiatisation médiocre et les doutes de ceux qui investissent dans les combustibles fossiles ou s'opposent à l'intervention gouvernementale. Il y a aussi un certain nombre de normes sociales qui vont à l'encontre d'une législation sur le changement climatique.

Pendant des années, je pensais que tous les suspects étaient coupables. Mais il y a une alternative à ce scénario. Peut-être que le changement climatique est moins un mal environnemental à corriger qu'une somme de risques émergents temporaires. Dans une pièce de 2009 intitulée « La puberté à l'échelle d'une planète », je me suis amusé à suggérer que notre espèce traversait une transition turbulente de l'adolescence à l'âge adulte, résistant aux remontrances pour grandir - avec dans le rôle de la testostérone... les carburants fossiles.

Mais la situation est encore plus complexe. Plus je partais en reportage dans les bidonvilles kenyans et les villages indiens toujours sans accès à l'électricité où les gens cuisinaient sur du charbon de bois illicite ou faisaient chauffer de la bouse de vache, plus il devenait clair qu'il n'y avait pas de « nous » d'un point de vue énergétique, ni de vulnérabilité aux aléas climatiques. Le « nous » riche peut se permettre de convertir l'énergie en énergie propre et de réduire la vulnérabilité à la chaleur, aux inondations et plus encore. Mais le reste de l'humanité lutte toujours pour obtenir les avantages économiques de base que nous avons tirés de la combustion de combustibles fossiles pendant des décennies.

La recherche menée par un éventail de scientifiques et de chercheurs appuie une conclusion décourageante : le changement climatique ne ressemble à aucun problème environnemental auquel nous ayons déjà été confrontés. Nous ne pouvons pas le « réparer » comme nous avons commencé à résoudre le problème du trou dans la couche d'ozone, avec des règlements et des traités circonscrits et des changements technologiques limités. Le changement climatique est trop important dans l'espace et le temps ; les émissions qui en sont la cause sont une conséquence trop centrale de l'effort qui devrait être consenti par plus de 7,5 milliards d'êtres humains, et près de 10 milliards dans quelques décennies, pour prospérer sur Terre.

 

LE VRAI CHANGEMENT

On ne se rend réellement compte de ce qui arrive à la Terre que lorsque un pic d'émissions de gaz à effet de serre est mis en relation avec les mesures de l'activité humaine. Un rapport scientifique de 2015 intitulé « The Great Acceleration » comprenait un tableau de bord planétaire représentant les signaux de l'activité humaine, la disparition des forêts tropicales pour satisfaire les besoins en papier, et bien sûr la consommation en eau. La plupart ont la même forme que la courbe des émissions de CO2. Les impacts de la pollution et du climat sont donc les symptômes d'une situation plus globale : un moment appelé anthropocène, qui caractérise le moment où les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l'écosystème terrestre.

Adam Frank, astrophysicien à l'Université de Rochester, a commencé à évaluer les différents scénarios possibles pour notre planète. Il s'est appuyé sur les connaissances que nous avons des mondes en dehors de notre système solaire qui pourraient abriter la vie.

Si les modèles mathématiques sont assez simples, trois grands scénarios émergent, qu' Adam Frank décrit dans un nouveau livre intitulé Light of the Stars. Le premier scénario est l'« atterrissage en douceur », dans lequel une civilisation et sa planète passent doucement à un nouvel état stable. Le second s'intitule « mourir ». Dans ce dernier, les conditions environnementales d'une planète se dégradent et les populations chutent précipitamment, mais semblent survivre. « Il est difficile de savoir si une civilisation technologique pourrait survivre en perdant près de 70 % de sa population » explique Frank.

Et il y a un troisième scénario : l'effondrement. « La population augmente, la planète se « réchauffe » et, à un moment donné, la population s'effondre à zéro », explique Frank. « Nous avons même trouvé des solutions dans lesquelles l'effondrement pourrait se produire après que la population a changé d'une source d'énergie à fort impact - les combustibles fossiles - à une énergie solaire à impact plus faible. »

LANCER LE DIAPORAMA

La perspective interplanétaire de Frank montre clairement que la crise climatique est un défi immense, au même titre que la lutte contre le cancer ou la pauvreté, auxquelles les gens dédient toute leur vie, avec un mélange d'urgence et de patience. Le changement de perspective est troublant mais aussi libérateur : cela signifie que toute personne motivée et persévérante peut faire la différence - en tant qu'enseignant ou ingénieur, artiste ou investisseur, ou simplement en tant que citoyen engagé.

En regardant dans l'espace pour évaluer les perspectives de la Terre, Frank est revenu au point de départ de James Hansen - ses premières recherches sur notre chaud voisin Vénus. Plus tôt cette année, j'ai demandé à Frank ce qu'il voyait pour l'avenir de la Terre : Sommes-nous destinés à ressembler davantage à une allumette éclairant le monde d'une lumière vibrante mais brève ? Ou pourrions-nous luire comme, disons, une LED à énergie solaire?

Frank pense qu'il peut être difficile pour toute biosphère qui développe une civilisation industrielle à l'échelle planétaire d'éviter les scénarios de grandes perturbations. « Tout dépend peut-être du patrimoine évolutionnaire de l'espèce », dit-il, et de notre capacité à penser et agir de manière responsabilité pour s'adapter à une nouvelle réalité : la nôtre.

« Avons-nous ce qu'il faut, l'avons-nous fait à temps ? Je l'espère, mais je suppose que nous le verrons bientôt. »

 

Andrew Revkin a récemment rejoint l'équipe de la National Geographic Society en tant que conseiller stratégique, journaliste environnemental et scientifique, après trois décennies de reportages sur l'environnement, principalement pour le New York Times. 

Glyphosate : plainte d'un cabinet d'avocats

Par Le 07/07/2018

Glyphosate : lancement d'une plainte pénale nationale et d'une campagne d'analyses de contamination des citoyens.
 

Lancement d’une plainte pénale nationale et d’une campagne d’analyses sur la contamination des citoyens par le glyphosate.

A l’occasion de la défense de plusieurs militants faucheurs volontaires devant le Tribunal correctionnel de Foix en août 2017, nous avions émis l’idée que tous les « prévenus » ainsi que les avocats se soumettent à un test de dépistage de la présence de glyphosate dans notre organisme. L’idée était de faire prendre conscience aux magistrats que nous sommes tous contaminés et que le danger est bien réel. J’ai même lors de l’audience proposé au Président du Tribunal de se soumettre à une analyse comme les prévenus et avocats.

Celà a très bien fonctionné et peut être même trop bien fonctionné puisqu’il est apparu que tous les prévenus étaient contaminés, que je suis contaminé et que ma compagne qui travaille avec moi est contaminée bien au delà des seuils admissibles dans l’eau potable. Pourtant, nous n’utilisons pas de glyphosate, nous tentons de manger sainement, nous buvons l’eau du robinet sensée être potable, nous ne sommes pas particulièrement exposés. Depuis cette annonce en août 2017, la surprise et la colère ne sont pas retombées.

Nous avons soulevé une question préjudicielle devant la Cour européenne pour contester ces réglementations européennes qui ne nous protègent pas suffisamment et le procureur comme le Tribunal correctionnel de Foix nous ont suivi. La Cour Européenne saisie par le Tribunal correctionnel de Foix rendra une décision dans les mois qui viennent, on parle d’interdiction du glyphosate dans trois ans (depuis déjà un an !). Le glyphosate a été déclaré molécule probablement cancérigène par le  CIRC dépendant de l’OMS depuis le 20 mars 2015. L’administration et la justice prennent leur temps.  Le glyphosate est probablement l’arbre qui cache la forêt (produits commercialisés jusqu’à 1000 fois plus toxiques que le principe déclaré actif, coformulants non pris en compte, principes actifs non déclarés, analyses insuffisantes…). Les politiques et les Etats membres devant la Cour Européenne estiment que la réglementation est parfaite comme à chaque scandale sanitaire. Pourtant le fait demeure que nous sommes largement contaminés par une molécule classée probablement cancérigène.

Le Cabinet décide aujourd’hui de poursuivre son action.

Je vais proposer dès demain à tous les membres du cabinet (nous sommes 7) de se soumettre si ils le souhaitent à une analyse de contamination.

Nous allons également très largement soutenir l’action nationale de dépistage de contamination et de plainte pénale pour mise en danger de la vie d’autrui diligentée par les faucheurs volontaires et à laquelle nous collaborons. L’action va consister en l’organisation par toute personne qui le souhaite de prélèvements d’urine envoyés pour analyse à un laboratoire. L’action collective permettra de diminuer le coût et chacun pourra savoir s’il est contaminé. S’en suivra le cas échéant le dépôt d’une plainte pénale nationale. Les premières plaintes pénales seront déposées dès le 15 juin. Les personnes contaminées pourront se joindre à cette action.

Pour toute information ou pour vous inscrire, n’hésitez pas à contacter le cabinet : contact@avocats-tumerelle.fr    Et le collectif : campagneglypho@riseup.net 

https://www.facebook.com/cabinet.tumerelle/

 

Et le collectif des faucheurs volontaires : https://www.helloasso.com/associations/campagneglypho/collectes/j-ai-des-pesticides-dans-mes-urines-et-toi

Voici le communiqué de presse du collectif :  communiqué de presse dépôt de plainte

KUNDALINI : préface de Nathalie Vieyra

Par Le 04/07/2018

Je suis comblé et honoré. Nathalie Vieyra est une référence dans le domaine du tantrisme, une professionnelle reconnue.

Je lui ai proposé de lire mon roman.

Elle en a écrit une préface qui me réjouit infiniment.

Il était essentiel pour moi que ce roman soit accompagné par un témoignage émanant d'une personnalité féminine car je sais qu'un roman écrit par un homme, sur un sujet aussi délicat que la sexualité sacrée, génère chez le public une certaine méfiance, une réticence, un mouvement de recul. Il en est ainsi. L'identité masculine, dès lors qu'elle aborde la sexualité, est entachée d'une image primaire et il est difficile d'inciter à la lecture.

Nathalie Vieyra me fait l'hommage de cette reconnaissance et je l'en remercie infiniment. 

Il me plaît infiniment également que le prénom de la femme que j'aime soit le même.

Nathalie.

Un signe évident, une "coïncidence" qui me réjouit. Après "Là-Haut", ce sera la deuxième couverture de roman où mon amour pour elle sera mis en image. Vingt-neuf ans de vie commune, une rencontre qui restera inscrite en moi jusqu'au dernier jour de cette vie, trois mois après avoir croisé nos regards, notre premier enfant était conçu dans un refuge de montagne, à 3000 mètres, une nuit solitaire sous les étoiles, juste elle et moi, une nuit d'hiver après avoir marché pendant des heures dans la neige, le poêle à bois n'était là que pour l'ambiance, la chaleur aimante nous suffisait. 

"Kundalini" lui est dédié et commencera ainsi :

"À Nathalie, la femme que j’aime à chaque instant et que j’ai déjà aimée en d’autres temps."

 

 


 

Livre Lâcher prise

« Lâchez prise, promenades au pays de la conscience. » 

Qui n’a pas cherché ses mots pour expliquer une sensation énergétique, un état modifié de conscience ? 

Nathalie Vieyra, masseuse tantrique et thérapeute psycho corporel a toujours ressenti et essayé de partager son vécu sensoriel et extra sensoriel. Elle souhaitait trouver un moyen artistique visuel pour montrer cette notion de globalité corporelle, les flux énergétiques qui nous parcourent et nous relient les uns aux autres et l’univers, la conscience. 

Ce livre est une invitation au voyage à travers le corps, dans les émotions et l’énergie. 

Les photos inspirées de Flore-aël Surun suggèrent les mouvements énergétiques et les états de conscience. Elles illustrent l’expérience personnelle et l’univers professionnel de Nathalie, à travers le massage tantrique, DreamWater bercements en eau chaude, Le Wutao Art énergétique corporel. Différentes personnes s’y confient et leurs témoignages montrent la diversité dans l’expérience du lâcher-prise. 

Nathalie Vieyra et Flore-aël Surun 
Préface du Dr Olivier Chambon


 

Préface à KUNDALINI

"Lorsque j’ai commencé la lecture de ce manuscrit, je ne savais pas à quoi m’attendre. Thierry et moi échangions depuis des mois par messages écrits occasionnellement et j’appréciais son écriture, sa culture générale, et l’homme m’intriguait. Nous parlions de nos expériences respectives spirituelles, tantriques, de la kundalini et ses manifestations. Il m’avait soutenu lors de l’auto édition de mon livre « Lâchez prise, promenades au pays de la conscience » en le partageant sur son blog.

Cependant il existe des personnes qui parlent très bien du Tantra mais qui ne le vivent pas réellement dans leur corps, cela se sent tout de suite. Entrer dans la dimension sacrée du corps n’est pas une évidence, demande parfois d’être guidé.
J’ai commencé la lecture et assez rapidement ma curiosité est née, l’envie de connaitre la suite de l’histoire. L’effet miroir fut assez troublant pour moi. Un homme écrit un roman sur une rencontre initiatique, une rencontre entre deux êtres qui se sont déjà rencontrés sans doute dans d’autres vies ? dans d’autres plans ? De nombreux textes plus ou moins sérieux parlent d’âmes sœurs, de flammes jumelles, de famille d’âmes, tentant d’expliquer cette recon-naissance lors d’une rencontre fortuite. Le besoin d’appartenance est fort lorsque l’on vit une telle rencontre. On cherche des témoignages pour comprendre l’inexplicable. Quelqu’un qui vit ou a vécu la même chose va nous rassurer sur l’état de notre santé mentale ! Oui c’est bien vrai, oui ça a du sens et oui, on n’invente pas les impressions d’une familiarité qui dépasse la réalité du moment.
Ayant été initiée par des hommes dans un premier temps, la lecture de ce roman m’a permis de lire ma propre initiation par le cœur, le corps, l’âme, les yeux, la peau, et l’esprit de l’Homme.

Cet homme,l’auteur de ce roman, écrit des échanges entre son héros et son héroïne, des dialogues. Bien sûr chaque histoire et chaque être est particulier, mais certaines vibrations, manifestations énergétiques, questions, échanges sont universels. Qu’il est doux de sentir que la magie existe et qu’elle est partagée par d’autres.


En tant que masseuse tantrique et thérapeuthe psycho corporel, j’ai reçu des personnes en couple, ou de façon individuelle qui venaient avec tant de questions sur des rencontres bouleversantes, leurs sens. La plupart sont bouleversés, perturbés dans une vie rangée par un tsunami sensoriel et émotionnel.

Je pense que ce roman sera une porte d’entrée pour certain(e)s dans ce que peut être la dimension tantrique. Un espoir pour d’autres dans un moment plus complexe de leur existence, car oui tout peut se transformer si on y met de la conscience. Un sourire dans le cœur pour d’autres qui ont vécu une telle rencontre dans leur vie, et ont su en tirer les enseignements.
 

Ce livre est donc d’utilité publique. J’en recommande la lecture en écrivant ces quelques mots. Il fera résonnance et je l’espère, invitera quelques un(e)s à ouvrir quelques portes.
 

Namasté : Mon âme salue ton âme. En toi, je salue cet espace où réside l’univers entier. En toi, je salue la lumière, l’amour, la beauté, la paix parce que ces choses se trouvent aussi en moi. Parce que nous partageons ces attributs, nous sommes reliés, nous sommes semblables, nous ne sommes qu’un."
Nathalie Vieyra 

"Le mensonge dans lequel nous vivons"

Par Le 03/07/2018

 

Le  dans lequel nous vivons (« The Lie We Live« ) est un documentaire  écrit et réalisé par Spencer Cathcart qui donne son regard critique sur le monde actuel.

 

Le vidéaste remet en question sur tout ce qui entoure la vie de l’Homme sur , à savoir : la liberté, l’éducation, les entreprises, ou encore l’argent. Il apporte un regard critique tout en invitant le spectateur à réfléchir. A travers cette vidéo, Spencer Cathcart tacle des sujets essentiels comme la politique, l’industrie agro-alimentaire, la médecine, l’environnement et la technologie ; tout en rappelant que l’être humain souhaite une et une seule chose : le bonheur.

Le texte du  Spencer Cathcart :

En ce moment, vous pourriez être n’importe où, à faire n’importe quoi. Au lieu de cela, vous êtes assis seul devant un écran. Alors qu’est ce qui nous empêche de faire ce que nous voulons ? Être là où nous voudrions être?

 
Chaque jour, nous nous réveillons dans la même pièce et suivons la même voie, nous vivons un jour semblable à celui d’hier. Pourtant, il fut un temps où chaque jour était une nouvelle aventure. Chemin faisant, quelque chose a changé. Avant nos jours étaient intemporels, maintenant nos jours sont minutés.

 
Est-ce cela être adulte ? Être libre ? Mais sommes-nous vraiment libres ?

 
Aliments, eau, terres… les éléments dont nous avons besoin pour survivre sont la propriété de sociétés. Il n’y a pas de nourriture pour nous sur les arbres, pas d’eau douce dans les ruisseaux, pas de terrain pour construire une maison. Si vous essayez de prendre ce que la 
 fournit vous serez mis sous les verrous. Alors, nous obéissons à leurs règles.
 
Nous découvrons le monde dans un manuel. Pendant des années, nous restons assis et régurgitons ce qu’on nous raconte. Passant des examens et classés comme des cobayes dans un laboratoire. Élevés à ne pas être différents dans ce monde, éduqués à ne pas être différents. Nous sommes assez intelligents pour faire notre travail, mais pas assez pour nous remettre en question les raisons pour lesquelles nous le faisons. Donc, nous travaillons sans cesse et il ne nous reste plus de temps pour vivre la vie pour laquelle nous travaillons. Et puis vient le jour où nous sommes trop vieux pour faire notre travail. Alors, on nous laisse mourir. Et nos enfants nous remplacent dans la partie.

 
Pour nous, chacun de nous est unique mais, tous ensemble, nous ne sommes rien de plus que du carburant. Le carburant qui alimente l’élite, l’élite qui se cache derrière les logos des sociétés. Ce monde leur appartient. Et leur ressource la plus précieuse n’est pas enfouie dans le sol : c’est nous. Nous construisons leurs villes, nous faisons tourner leurs machines, nous combattons dans leurs guerres. En fait, l’argent n’est pas ce qui les motive. C’est le pouvoir. L’argent est simplement l’outil qu’ils utilisent pour nous contrôler. Ces bouts de papier sans valeur, nous en dépendons pour nous nourrir, nous déplacer, nous divertir.

 
Ils nous ont donné de l’argent et en retour, nous leur avons donné le monde. Là où il y avait des arbres qui purifiaient notre air, maintenant il y a des usines qui l’empoisonnent. Là où il y avait de l’eau bonne à boire, il y a des déchets toxiques qui puent. Là où les animaux couraient libres, il y a des élevages industriels où les animaux naissent et sont abattus à la chaîne, pour notre satisfaction. Plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, bien que nous ayons assez de nourriture pour tout le monde. Où est-ce qu’elle part ? 70% des céréales que nous produisons pour l’alimentation sont utilisées pour nourrir et pour engraisser les animaux que nous mangeons pour le dîner. Pourquoi aiderions-nous les affamés? Ils ne génèrent aucun profit !

 
Nous sommes comme une peste balayant la Terre, détruisant l’environnement qui nous permet de vivre. Nous voyons tout comme quelque chose qui peut être vendu, comme un objet que nous pouvons détenir. Mais qu’est ce qui arrivera quand nous aurons pollué la dernière rivière, empoisonné le dernier souffle d’air, quand nous n’aurons plus de pétrole pour les camions qui nous apportent notre nourriture ? Quand allons-nous nous rendre compte que l’argent ne se mange pas, qu’il n’a pas de valeur ?

 
Nous ne sommes pas en train de détruire la planète : nous détruisons toute vie sur elle. Chaque année des milliers d’espèces disparaissent. Et le temps est compté avant que nous soyons l’espèce suivante. Si vous habitez en Amérique, vous avez une probabilité de 41% de développer un cancer. Les maladies du cœur vont tuer un Américain sur trois. On nous prescrit des médicaments pour faire face à ces problèmes mais les soins médicaux, eux-mêmes, sont la troisième cause de décès après le cancer et les maladies cardiaques. On nous dit que tout peut être résolu en donnant beaucoup d’argent à des scientifiques afin qu’ils puissent découvrir une pilule qui pourra résoudre tous nos problèmes. Mais les compagnies pharmaceutiques et les sociétés contre le cancer comptent sur notre souffrance pour faire du profit. Nous pensons que nous sommes à la recherche de remèdes mais, dans les faits, nous nous éloignons de trouver la cause de nos maux. Notre corps est le produit de ce que nous consommons mais la nourriture que nous mangeons est conçue uniquement dans un but lucratif. Nous nous gavons de produits chimiques toxiques. Les corps des animaux sont infestés par les médicaments et les maladies. Mais nous ne voyons pas cela. Le petit groupe de sociétés qui possèdent les médias ne veut pas que nous le réalisions. On nous raconte des balivernes et on nous dit que c’est la réalité.

 
C’est amusant de penser que l’homme croyait que la Terre était le centre de l’univers. Mais aujourd’hui, nous nous considérons comme le centre de la planète. Nous regardons notre technologie et nous nous disons que nous sommes les plus intelligents. Mais les ordinateurs, les voitures, et les usines nous montrent-ils que nous sommes très intelligents ? Ou bien montrent-ils à quel point nous sommes devenus paresseux. Nous nous sommes cachés sous le masque de « civilisés ». Mais quand on nous arrache ce masque, que sommes-nous ?

 
Comme nous oublions facilement qu’il y a moins de cent ans que nous permettons aux femmes de voter, que nous permettons aux noirs de vivre comme nos égaux. Nous agissons comme si nous étions des êtres omniscients, mais il y en a beaucoup que nous ne voyons pas. Nous marchons dans les rues en ignorant toutes les petites choses. Les yeux qui nous regardent. Les histoires qu’ils racontent. Tout cela n’est qu’un décor pour Moi.

 
Peut-être craignons-nous de ne pas être seuls, de n’être qu’une partie d’un plus grand dessein. Mais nous ne parvenons pas à faire le lien. Nous sommes d’accord de tuer les cochons, les vaches, les poules, les étrangers de pays éloignés. Mais pas nos voisins, pas nos chiens, nos chats, pas ceux que nous avons appris à aimer et à comprendre. Nous appelons les autres créatures stupides mais nous les désignons comme responsables de nos actions. Mais le fait de tuer simplement parce que nous pouvons le faire, parce que nous l’avons toujours fait, cela nous en donne-t-il le droit ? Ou cela montre-t-il le peu de choses que nous avons apprises ? Nous continuons à agir en suivant nos pulsions d’agression primitive plutôt que de privilégier la réflexion et la compassion.

 
Un jour, cette sensation que nous appelons la vie va nous quitter. Notre corps va pourrir, nos objets de valeur seront récupérés. Les actions d’hier seront tout ce qui restera. La mort nous entoure constamment et pourtant elle semble tellement éloignée de notre réalité quotidienne. Nous vivons dans un monde sur le point de s’effondrer. Il n’y aura pas de gagnants dans les guerres de demain car la violence ne sera jamais la réponse. Elle va détruire toutes les solutions possibles.

 
Si nous examinons nos désirs les plus profonds, nous voyons que nos rêves ne sont pas si différents. Nous partageons un objectif commun : le bonheur. Nous dévastons le monde à la recherche de la joie, sans jamais regarder en nous-mêmes. Beaucoup des personnes les plus heureuses sont celles qui possèdent le moins. Sommes-nous vraiment si heureux avec nos iPhones, nos grandes maisons, nos voitures pour frimer ?

 
Nous sommes devenus déconnectés. Nous idolâtrons des personnes que nous n’avons jamais rencontrées. Nous assistons à des choses extraordinaires sur les écrans mais, partout ailleurs, il n’y a que de l’ordinaire. Nous attendons que quelqu’un apporte du changement sans même envisager de nous changer nous-mêmes.

 
Les élections présidentielles pourraient aussi bien se jouer à pile ou face. Ce sont les deux faces d’une même pièce. Nous choisissons le visage que nous voulons et l’illusion du choix, du changement est ainsi créée. Mais le monde reste le même. Nous ne parvenons pas à réaliser que les politiciens ne nous servent pas ; ils servent ceux qui les ont financés pour arriver au pouvoir.

 
Nous avons besoin de leaders, pas des politiciens. Mais dans ce monde de suiveurs, nous avons oublié de nous diriger nous-mêmes. Cessez d’attendre le changement et soyez le changement que vous voulez voir advenir. Nous ne sommes pas arrivés au point où nous en sommes en restant assis sur notre cul. Le genre humain a survécu non pas parce que nous sommes les plus rapides ou les plus forts, mais parce que nous avons travaillé ensemble.

 
Nous avons maîtrisé l’acte de tuer. Maintenant, nous allons maîtriser la joie de vivre.

 
La question n’est pas de sauver la planète. La planète sera toujours là que nous y soyons encore ou pas. La Terre est là depuis des milliards d’années et chacun de nous aura la chance s’il vit quatre-vingts ans. Nous sommes un éclair dans le temps mais notre impact sera là pour toujours.

 
« J’ai souvent désiré vivre à une époque où les ordinateurs n’existaient pas encore, quand nous n’avions pas des écrans pour nous distraire. Mais je me rends compte qu’il y a une raison pour laquelle c’est maintenant que je veux être en vie. C’est parce qu’aujourd’hui, une opportunité nous est offerte que nous n’avions jamais eue auparavant. »

 
Internet nous donne le pouvoir de partager un message et d’unir des millions de personnes dans le monde.

 
« Tant que nous le pouvons encore, nous devons utiliser nos écrans pour nous rapprocher, plutôt que de nous éloigner les uns des autres. »

 
Pour le meilleur ou pour le pire, notre génération va déterminer l’avenir de la vie sur cette planète. Nous pouvons soit continuer à servir ce système de destruction jusqu’à ce qu’il ne reste aucune trace de notre existence. Ou nous pouvons nous réveiller, nous rendre compte que nous ne sommes pas en train d’évoluer vers le haut mais plutôt de tomber… nous avons juste ces écrans devant nos visages et nous ne voyons pas où nous nous dirigeons.

 
Le moment présent est celui où chaque pas, chaque respiration et chaque mort nous a conduits. Nous sommes les visages de tous ceux qui ont vécu avant nous. Et maintenant c’est notre tour. Vous pouvez choisir de tailler votre propre chemin ou suivre la route que d’innombrables autres ont déjà prise.

 
La vie n’est pas un film. Le scénario n’est pas encore écrit. Nous sommes les auteurs.

 
C’est votre histoire, leur histoire, notre histoire.

Lettre de départ à mes élèves

Par Le 03/07/2018

Dernier jour de classe avec mes élèves de CM2 aujourd'hui.

Je leur ai donné cette lettre en partant.

 

"Cultivez l’amour en vous. Je vous ai longuement expliqué  à quel point sa force est immense.

Si quelqu’un vous fait du mal, apprenez à maitriser votre colère en vous observant. L’autre deviendra alors l’opportunité pour vous de grandir, d’être plus fort encore. Si vous parvenez à rétablir le calme en vous, l’autre n’aura plus aucune emprise sur vous et il ira voir ailleurs, il ira chercher une autre proie puisque la colère qu’il aurait aimé déclencher en vous n’existera plus.

Vous aurez été plus fort que lui en restant maître de vous-même.

Ne lui donnez pas le plaisir de vous voir en colère.

Cherchez la sagesse en vous. Elle a une force immense.

Si j’avais juste été en colère contre le drame qui a frappé mon frère, je n’aurais jamais pu l’aider. Je vous l’ai raconté. C’est l’amour la seule voie possible. C’est lui qui donne l’énergie de surmonter les drames.

La colère, comme toutes les émotions qui vous emportent et vous font perdre le contrôle, ce sont comme des poisons que vous avalez et vous en êtes responsable. Mais ce mal, vous pouvez le refuser en lui opposant l’amour de la vie en vous. La vie n’a pas besoin des poisons. Apprenez à vous en protéger. Il suffit  de vous aimer en refusant ce mal qui vous blesse.   

Allez vers la lumière comme l’arbre qui grandit.

Imaginez cet arbre, un arbre immense. Il se dresse vers le soleil, jour après jour et lorsqu’une tempête surgit, il n’est pas en colère, il laisse le vent le secouer, il plie et peut-être même que des branches casseront mais les racines sont solides. Le tronc ne cèdera pas. C’est l’amour de la vie le plus fort. Demain, le soleil reviendra et si ça n’est pas demain, l’arbre patientera, il laissera le vent le secouer encore en sachant que le vent se fatiguera et qu’il finira par s’éloigner.

Laissez les autres s’agiter quand ils vous agressent, montrez-leur que vous n’y attachez aucune importance.

Si vous n’êtes pas réellement en danger, s’il n’y a rien de grave, -de vraiment grave-, laissez-les se fatiguer. Ils finiront par partir.

Si la situation est grave, -réellement grave-, cherchez la solution en vous. Cherchez la force de vie. Restez le maître intérieur et vous pourrez user de cette force.  

 

Lorsque vous avez réfléchi, profondément, lorsque vous avez analysé une situation, lorsque vous avez établi tout ce qui est de votre responsabilité et qu’après ce long travail, vous êtes certain que ce que vous faites est juste, bon et utile, alors n’abandonnez jamais.

Quoi qu’il arrive, aussi difficile que ce soit. Si cela est juste, bon et utile, n’abandonnez jamais.  

Ce que vous apprendrez de vous sera plus important encore que ce que vous réalisez.

Vous découvrirez la force de vie en vous. Et vous ne pouvez pas encore imaginer à quel point cette force est immense.

Lorsque le travail de l’école sera difficile, cherchez cette force en vous, cherchez la volonté, la détermination, la patience, le courage d’aller jusqu’au bout. Pas seulement pour que ce travail soit le plus performant possible, mais pour que vous soyez fier de vous. C’est cela qui importe.

Il ne s’agit pas d’être le premier. Il s’agit juste de trouver la force en vous. Ne vous préoccupez pas de ce que les autres réalisent. Ne soyez pas jaloux d’eux parce que cette jalousie, c’est surtout de la colère contre vous et qu’elle ne vous aidera pas. Si vous laissez la colère vous envahir, elle consumera vos forces et ces forces perdues vous manqueront dans le travail.

Le calme en soi délivre l’énergie nécessaire.

 

Ce monde a besoin de vous. Il a besoin de votre amour de la vie. Dans le calme intérieur, vous trouverez l’amour. Dans le calme, il n’y a jamais de colère.

Il est possible pourtant que vous soyez parfois en colère contre vous-même. Apprenez alors à vous pardonner. Personne n’est infaillible mais si vous ne pardonnez pas vos propres erreurs, la colère restera en vous et elle vous empêchera de grandir, comme une tempête intérieure qui ne s’arrête jamais vraiment et vous épuise. Se pardonner, c’est se tourner de nouveau vers la lumière du soleil.

Il faut de l’amour en soi pour grandir. N’attendez pas uniquement que les autres vous aiment. Apprenez aussi à vous aimer vraiment. Et, alors, vous pourrez aimer les autres. 

Je vous souhaite de trouver le bonheur en vous-même. Seul, celui-là vous appartient. Tout ce qui vient du monde n’est pas vraiment à vous et peut disparaître en un instant.

La personne avec laquelle vous passerez toute votre vie, c’est vous-même et rien n’est plus important que vous vous connaissiez réellement. Non pas au regard de ce que les autres pensent de vous puisque ce sont leurs pensées, leurs jugements, leurs interprétations, mais uniquement au regard de votre propre analyse.

Vérifiez toujours, à chaque instant, que vos pensées, vos paroles et vos actes sont à l’image de la personne que vous avez décidé d’être.

La sagesse est en vous. Trouvez-la."

 

Et le petit mot qu'une élève est venue me donner avant de partir :

"Je n'étais pas un vrai ange

mais de toi, j'ai eu des louanges

et tu m'as encouragée pour que je puisse progresser

je me suis sentie meilleure et j'ai travaillé de tout mon coeur

et tu as su me soutenir et me parler de mon avenir

Pour cela et plus encore je veux te remercier

Merci pour cette merveilleuse année."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crime contre la planète.

Par Le 30/06/2018

J'enlève, bien entendu, l'idée d'un quelconque soutien à Nicolas Hulot, dont la marque Ushuïa use et abuse de l'usage du plastique. Rien que ça, déjà, lui ôte à mes yeux, toute légitimité. 

Quant au reste, c'est juste ce que que j'écris ici depuis deux ans maintenant et qui rejoint bien évidemment les dizaines de dossiers et les centaines de pages que j'ai lues, écrites par des scientifiques et pas des déglingués du bulbe catastrophistes.

Je n'adhère pas non plus au titre de l'article. L'humanité est criminelle envers l'ensemble de la vie. Aujourd'hui, elle subit les effets de son indifférence envers la planète. C'est comme si cette humanité devait enfin prendre conscience du désastre parce que maintenant, elle est en danger.

Crier dans les oreilles des pyromanes qu'allumer des incendies, ça peut aussi être dangereux pour eux, ça pourrait m'amuser si je ne visualisais pas le corps ravagé de la planète...

 

 

Destruction de la nature : un crime contre l’humanité

 

Par Elise Rousseau , écrivaine naturaliste et Philippe J. Dubois, écologue —  (mis à jour à )

Jeunes hirondelles de fenêtre au nid. Depuis 2008-2009, les déclin des oiseaux des champs est de plus en plus marqué. Cela correspond à la flambée des cours du blé et à la généralisation des insecticides neurotoxiques très persistants.
Jeunes hirondelles de fenêtre au nid. Depuis 2008-2009, le déclin des oiseaux des champs est de plus en plus marqué. Cela correspond à la flambée des cours du blé et à la généralisation des insecticides neurotoxiques très persistants. Photo Christian Décout. Biosphoto

 

Personne n’aurait imaginé que nous perdrions aussi les hirondelles, en même temps que les abeilles. Les humains seront-ils les prochains ?

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     Destruction de la nature : un crime contre l’humanité

C’est la première fois. La première fois depuis quinze ans pour l’un, quarante ans pour l’autre, que nous travaillons dans la protection de l’environnement, que nous entendons cela. Dans notre réseau professionnel et amical, des directeurs de grandes associations naturalistes, des responsables de réserves naturelles nationales, des naturalistes de terrain sont de plus en plus nombreux à le dire, en «off» : «C’est fichu !» Ils n’y croient plus. Pour eux, les politiciens, les industriels mais aussi le grand public, personne ne comprend la catastrophe environnementale qui s’est enclenchée.

Ils continuent la lutte car il faut bien le faire, mais au fond, ils pensent que l’homme ne pourra pas faire machine arrière, c’est terminé. Nous courons à notre perte.

Quand on a, comme nous, consacré sa vie à la protection de l’environnement, de tels discours font froid dans le dos. Jusqu’ici, nous autres naturalistes, pensions que nous arriverions un jour à faire bouger les choses, à faire prendre conscience à l’humanité de son autodestruction. Mais si même nous n’y croyons plus, qui y croira ?

Ce printemps est un printemps vide. Les hirondelles, il y a encore quelques années très communes dans les villages, sont en train de disparaître à grande vitesse. On savait qu’on risquait de perdre un jour les éléphants. Que les guépards suivaient la même piste. Mais personne n’aurait imaginé que nous perdrions aussi les hirondelles, en même temps que les abeilles. Est-ce vraiment cela dont nous voulons ? Un monde sans éléphants, sans hirondelles ? Sans abeilles ? Aujourd’hui, plus de 12 000 espèces sont menacées d’extinction (et sans doute bien plus, certaines étant encore inconnues de la science). Depuis combien de temps n’avez-vous pas vu un hérisson autrement que sous forme de cadavre en bordure de route ? Depuis combien de temps n’avez-vous pas vu un hanneton butiner la haie fleurie au fond du jardin ? Ces animaux étaient communs, il y a encore peu de temps. Et plus besoin de nettoyer la calandre de la voiture après un long voyage. Il n’y a quasiment plus d’insectes écrasés dessus…

Les apiculteurs constatent un effondrement sans précédent au niveau des abeilles et des insectes pollinisateurs en général, avec toutes les questions agricoles et environnementales que cela pose. Comment allons-nous continuer à produire des fruits et des légumes sans insectes pollinisateurs ?

Dans le milieu des agriculteurs sensibles à l’environnement, une autre inquiétude est bien présente, depuis quelques années maintenant : les risques de grandes famines à venir, dues à l’agriculture industrielle, à la surexploitation des sols, à l’érosion et à la diminution des terres agricoles.

Contrairement à certains de nos amis naturalistes et scientifiques, nous espérons qu’il est encore possible pour l’homme de réagir, de se sauver, et donc de sauver ses enfants. Mais seulement si nous réagissons maintenant. Chaque jour, chaque heure compte désormais dans le compte à rebours.

Certains journalistes ont une grande part de responsabilité dans ce qui est en train de se passer, eux, qui sont censés donner l’alerte, eux, qui sont au courant des chiffres terrifiants de la situation écologique. Eux qui, lors des interviews des hommes politiques, ne posent presque jamais de questions sur l’environnement. Eux qui préfèrent consacrer des journaux entiers à des faits divers et autres informations malheureusement tellement dérisoires au regard de ce qui est en train de se jouer pour l’humanité.

Nous continuons de nous regarder le nombril, pendant que tout s’effondre autour de nous.

A chaque fois qu’un naturaliste essaie d’alerter l’opinion publique, on lui retourne qu’il est «moralisateur» ou «culpabilisant». Dirait-on à un assistant social qui explique à des parents mettant en danger leurs enfants l’urgence de changer de comportement qu’il est «moralisateur» ? Qu’il est «culpabilisant» ? Alors pourquoi, sur l’environnement, avons-nous le droit de mettre en danger l’avenir des enfants ? Pourquoi avons-nous le droit de leur donner à manger des aliments gorgés de pesticides ? De respirer un air pollué ?

Il est possible de retourner la situation, si ceux qui nous gouvernent et si les journalistes, qui doivent alerter l’opinion, prennent leurs responsabilités. Aujourd’hui, les politiques accouchent de «COP 21» médiatiquement parfaites mais dont les objectifs (inatteignables) font grimacer la communauté scientifique tant ils sont désormais irréalistes et non soutenus par des actions concrètes. C’est à nous citoyens qu’il appartient de montrer le chemin, en faisant pression pour que l’environnement devienne une priorité absolue.

On rétorque depuis des années aux scientifiques et aux naturalistes qu’ils sont «anxiogènes». Mais ce n’est pas d’alerter, ce n’est pas de parler du problème qui est anxiogène. C’est de laisser faire les choses sans réagir, alors qu’on a encore quelques moyens d’agir. Ce qui est anxiogène, ce sont les résultats d’études scientifiques qui s’accumulent depuis des décennies et qui vont aujourd’hui tous dans le même sens de l’accélération et de l’irréversibilité.

Nous devons urgemment apprendre à vivre avec mesure. Avant de se demander quelle énergie utiliser, il faut faire des économies d’énergie. Nous sommes dans une surconsommation énergétique, à l’échelle de la société comme à l’échelle individuelle. Cela pourrait être changé.

Nous devons aussi nous remettre à réfléchir à un thème banal dans les années 80 et devenu au fil du temps complètement tabou : la surpopulation. La société française reste profondément nataliste, tout comme le reste de la planète. Nous serons bientôt 8 milliards d’êtres humains sur Terre, engloutissant toutes les ressources.

Pourquoi faire autant d’enfants si c’est pour leur laisser une planète ravagée et l’impossibilité d’avoir une vie correcte ? A l’heure des enfants rois, nous leur faisons le pire des cadeaux : un environnement dévasté, une planète à bout de souffle.

Ne pourrions-nous pas faire preuve d’intelligence, nous, qui nous sommes hissés de facto au sommet de la pyramide du vivant ? Faire de deux domaines porteurs et concrets, l’alimentation bio et l’écoconstruction, des urgences prioritaires. Arrêter la course à la surconsommation. Réfléchir à notre façon de nous déplacer. Adhérer aux associations de protection de la nature. Ces dernières sont toutes extrêmement fragiles. Elles œuvrent à protéger l’humanité, mais leurs (maigres) subventions sont en permanence réduites, quand elles ne sont pas coupées. Cela demande un courage réel que de non plus changer de logiciel de vie, mais plutôt le disque dur de nos existences.

Nous appelons le gouvernement à écouter désormais Nicolas Hulot et à lui laisser la place et la marge de manœuvre promises. Nous sommes au-delà de l’urgence. Ceux qui auront contribué à la destruction de la nature, et donc des hommes, seront accusés, et peut-être même qui sait un jour jugés, pour «crime contre l’humanité». Car plus que la planète encore, c’est l’homme qui est aujourd’hui en danger.

Philippe J. Dubois est l'auteur de : Syndrome de la grenouille et de la Grande Amnésie écologique.
Elise Rousseau est l'auteure de :  Mais pourquoi j'ai acheté tout ça ?! Stop à la surconsommation. 

Elise Rousseau écrivaine naturaliste , Philippe J. Dubois écologue

Un écrivain

Par Le 28/06/2018

 

Anita Berchenko, fondatrice des "Éditions du 38" vient de m'envoyer un mail. Elle a décidé de publier tous mes romans adultes. Tous, sans exception.

N'ayant pas de catalogue "jeunesse", les quatre tomes de "Jarwal le lutin", ne sont pas concernés. 

Inutile de préciser l'immense bonheur. 

J'espère profondément qu'Anita sera récompensée pour cette confiance qu'elle accorde à mes textes. Je sais le travail qu'elle abat... Il faut être nourrie par une passion indéfectible pour tenir la distance dans le défi de l'édition et ne pas regarder à la dépense d'énergie. 

Je la remercie intérieurement quand j'ouvre la page du roman que j'écris.

 

"Là-Haut" fait déjà partie des "éditions du 38".

"Les héros sont tous morts" également.

"Kundalini" sortira à la rentrée de septembre.

Suivront :

"Jusqu'au bout"

"À cœur ouvert"

"Les Éveillés"

 

"Vertiges" et "Noirceur des cimes" sont déjà publiés depuis plusieurs années chez deux éditeurs régionaux.

 

"Les héros sont tous morts" fait partie d'une trilogie.

"Tous, sauf elle".

"Il faudra beaucoup d'amour".

Je travaille à leur écriture.

 

Dix romans adultes. Tellement de personnages que je ne peux plus les compter.

Max, Jonathan, Julie, Luc, Tanguy, Etienne, Axel, Sandra, Jean, Blandine, Isabelle, Gaston, Mathieu, Fabien, Laure, Thomas, Lucie, Figueras, Lucas, Pierre, Anne, Lou, Tian, Théo, Brohou, Miossec, Olivier, David, Léo, Marine, Rémi, François et Nadine, Morgane, Birgitt, Yolanda, Fabrice, Marc, Kernaïs, la Pennec, Maryse, Daniel, Lydie, Raymond et Yolande, Moses, Kàlen, Tariq, Wallid, Walter Born, Fabiola, Terence, Boris, le docteur Flaurent,  Diane, Paul, Alice, Chloé, Philippe, Francis, monsieur et madame Boulard, le professeur Cartier, Sam, Lisa, Sonia, Laurent, Yoann, Hélène, Christian, Maël, Leslie, Maud, Sat...

Il en manque encore.

Tellement de personnages.

Ils sont toujours là.

Ils ne disparaîtront même pas avec moi puisqu'ils sont dans les livres. 

Ils ne seront plus seulement dans la mémoire de mon ordinateur mais dans l'espace littéraire et peut-être même dans la mémoire des lecteurs et lectrices. 

Et c'est là que se pose pour moi la question essentielle : quel est le critère fondamental qui permet à un auteur de dire qu'il est un écrivain ? 

Le nombre de romans publiés ?

Le nombre de livres vendus ?

Le souvenir des personnages dans l'esprit des lecteurs ? 

L'attente du prochain roman chez les lecteurs ?

 

Je n'ai pas la réponse pour l'instant.

Je sais par contre le temps que j'y passe.

Je suis un besogneux, un méticuleux, je travaille, énormément. 

Dans un immense bonheur. 

Je m'autorise même à considérer aujourd'hui que j'ai un style personnel. 

Si je ne connaissais pas mes livres, j'en reconnaîtrais l'auteur en les lisant :)

C'est très important à mes yeux. 

C'est peut-être même la réponse la plus pertinente à la question précédente.

Si le fond n'a pas de forme, s'agit-il d'un roman ou d'un livre ?

Je n'écris pas de livres, j'écris des romans. 

Et sans la forme, le fond ne serait rien. 

Alors, je sculpte, encore et encore. 

Il y a trente ans, j'usais d'un burin et d'une masse et j'écrivais comme un cantonnier manie la pioche. 

Maintenant, j'aime uniquement le scalpel. 

Je dissèque, j'éventre, je fouille et je sais que les mots aiment qu'on les manipule, qu'on les retourne, qu'on les ausculte jusqu'au plus profond des fibres.

C'est de la chirurgie amoureuse. 

Et puis vient le temps où tout est en place, où les assemblages sont harmonieux, où la musique des mots coule comme le flux sanguin dans un corps sain. Tout est fluide et le scalpel n'est plus d'usage.

Il faut passer à la phase de réveil par des carresses longues et patientes, des relectures où chaque virgule aura son importance, il faudra lire chaque phrase dans des murmures attentifs, regarder la mise en page, l'espace comme des silences suspendus, comme une caméra en travelling, un mouvement lent et studieux.

Les nuits silencieuses où les mots se murmurent.

Je les aime tant.    

Diffuser l'amour.

Par Le 27/06/2018

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Féminin et Masculin Sacrés x Union du Couple Divin

23 juin 2015 · 

Question : Pourquoi le câlin est-il un outil thérapeutique incroyablement efficace ?

Osho :
L’homme a besoin d’être un centre d'attention. C’est l’un des besoins les plus fondamentaux des êtres humains. Si on ne prend pas soin de lui, l’être humain meurt. S’il ne sent pas qu’il est important pour quelqu’un, au moins pour quelqu’un, toute sa vie devient insignifiante.

Aussi, l’amour est la plus grande thérapie qui soit. Le monde a besoin de thérapie parce que le monde manque d’amour. Dans un monde vraiment vivant d’amour, aucune thérapie ne serait nécessaire, l’amour serait suffisant, plus que suffisant.

Le câlin est simplement un geste d’amour, de chaleur, d’affection. La sensation de chaleur qui se déverse de l’autre personne fait dissoudre de nombreuses maladies en vous, fait fondre l’ego froid comme de la glace. Cela vous fait retrouver l’enfance.

De nos jours, les psychologues sont bien conscients du fait que si un enfant n’est pas étreint, embrassé, il va manquer d’une certaine nourriture. Tout comme le corps a besoin d’aliments, l’âme a besoin d’amour. Vous pouvez satisfaire à tous les besoins matériels de l’enfant, lui donner tous le confort matériel, si les câlins manquent, l’enfant ne deviendra pas un être en pleine santé. Au fond de lui, il restera triste, ignoré, négligé, abandonné. Il aura reçu de bons soins, mais il n’aura pas été materné.

Il a été observé que si un enfant ne reçoit pas de câlins, il commence à se replier sur lui-même — il peut même en mourir — bien que tout le reste soit à sa disposition. Sur le plan corporel, il reçoit tous les soins, mais aucun amour n’entoure l’enfant. Il devient esseulé, il devient déconnecté de l’existence.

L’amour est notre connexion, l’amour est notre racine. Tout comme vous respirez — pour le corps, c’est absolument essentiel : arrêter de respirer et vous n’existez plus — de la même manière, l’amour est le souffle intérieur. L’âme vit par l’amour.

L’analyse n’y parviendra pas. L’esprit et la clarification, la connaissance et l’érudition n’y parviendront pas. Vous pouvez savoir tout ce qu’il faut savoir sur la thérapie, vous pouvez devenir un expert, si vous ne connaissez pas l’art d’aimer, vous restez uniquement à la surface du miracle de la thérapie.

(…) Le câlin est un simple geste d’unité — même le geste apporte une aide. Si ce geste est vrai — pas seulement un geste, mais votre cœur y est aussi présent — il peut être un outil magique, il peut faire des miracles. Il peut transformer une situation dans son ensemble, instantanément… Le câlin est tout simplement l’une des choses les plus importantes.

(…) Quand vous aimez une personne, la seule verbalisation n’est pas suffisante, les mots ne suffisent pas, quelque chose de plus substantiel est nécessaire, les mots ne sont qu’abstraits. Vous devez faire quelque chose. Tenez la main, étreignez la personne, embrassez-la, prenez-la dans vos bras. Cela vous aidera tous les deux — si vous pouvez vous fondre tous les deux dans l’embrassade, vous allez redevenir plus jeunes, plus frais, plus vivants. C’est tout le processus de la guérison.

L’analyse est la voie du mental, le câlin est la voie du cœur. Le mental est la cause de toutes les maladies et le cœur est la source de toute guérison.

- OSHO

Survivalisme

Par Le 25/06/2018

Un très bon article qui explique les raisons fondamentales de cette mouvance. Rien à voir avec des propos catastrophistes de porte flingues ou d'adeptes impatients de l'apocalypse. Là, on est dans l'analyse objective.


 

Le survivalisme en France : la réponse à une société en perte de valeurs

Publié par  | 19/04/2017 |  | 31  |     

Le survivalisme en France : la réponse à une société en perte de valeurs

Sommaire de l'article [Afficher]

Le survivalisme et la préparation survivaliste sont de plus en plus au cœur de l’actualité en France. Si beaucoup considèrent les survivalistes comme des originaux, ce mode de vie visant à être indépendant et autonome réunit de plus en plus d’adeptes en France et dans le monde.

Survie : Fait de survivre à un événement négatif, de continuer à vivre : Un malade en survie. Continuité de la vie dans un contexte dégradé.

Survivalisme : Mode de vie visant l’autonomie et la résilience dans le but d’éviter de subir des situations de survie.

01. Société moderne et survivalisme : le paradoxe de l’évolution

01.1 L’effet domino

Notre société moderne repose sur une longue chaîne d’interdépendances : chaque maillon de la structure socio-économique dépend d’un autre maillon pour fonctionner correctement. Industrie, transports, services publics, fret, entreprises privées, tous ces secteurs semblent distincts et pourtant l’un de ne saurait fonctionner sans les autres. Chacun, à un moment ou à un autre de sa vie, a fait l’expérience d’une perturbation de ce système en France : paralysies des transports, catastrophes naturelles ou industrielles, pénuries de pétrole, accidents nucléaires, effondrements économique, pannes de courant, grèves, conflits armés, émeutes, etc. Dans une société où chaque jour amène son lot de nouvelles menaces, les rangs des citoyens cherchant à se protéger se grossissent de jour en jour.

Les facteurs potentiels de dérèglement sont nombreux. Le dysfonctionnement isolé d’un organe est courant et communément considéré comme un incident tolérable (cf. cas AZF). Mais une défaillance simultanée et durable de plusieurs systèmes vitaux pourrait déclencher une réaction en chaîne capable de provoquer l’effondrement complet de notre société. Que ceux qui pensent que c’est impossible en France ouvrent leurs livres d’Histoire…

Certains balayent cette éventualité d’un revers de la main en s’appuyant sur la probabilité « statistiquement faible » d’un tel bouleversement. D’autres choisissent de la prendre en compte et créent leurs propres maillons pour minimiser leur dépendance au système. Ils limitent ainsi l’impact qu’aurait une rupture complète de la chaîne principale sur leurs vies.

La démarche survivaliste qui vise à maintenir une normalité relative le temps que les systèmes principaux soient rétablis pourrait, si elle se démocratisait en France, participer à la création d’une société plus réfléchie. Avec une population plus réactive et résiliente, la France serait capable de s’adapter aux contraintes exceptionnelles et de basculer sur un mode de fonctionnement alternatif entièrement opérationnel lorsque les circonstances l’exigent.

01.2 Le survivalisme a mauvaise presse en France

Apprendre à maintenir son habitation en bonne condition structurelle et sanitaire, stocker et produire de quoi s’hydrater, se nourrir et se chauffer, générer sa propre énergie pour s’éclairer, connaitre les gestes qui sauvent et être capable de se défendre lorsque c’est nécessaire semble tomber sous le sens. Et pourtant, la communauté survivaliste et la notion même de survivalisme ont mauvaise presse, en particulier en France où le sujet est souvent tourné en ridicule.

Qualité inhérente à l’espèce humaine, la capacité de survie est pourtant devenue une notion étrangère au citoyen moderne, au point de s’être transformée en une curiosité spectaculaire qu’on met en scène dans des téléréalités comme la célèbre « Man vs. Wild » où le sensationnel Bear Grylls, en caricature d’aventurier, grimpe aux arbres, se jette dans des rivières glacées, mange des plâtrées d’insectes et boit son urine.

L’audience est toute trouvée : la survie et la nature sont deux notions bien méconnues de l’homme 2.0 piégé dans sa jungle de béton. Les techniques de survie n’ont d’ailleurs jamais été adaptées à nos modes de vies urbains : la grande majorité des guides parus à ce jour se propose de nous apprendre à subsister dans la nature, ce qui est d’une pertinence relative quand on habite en ville. L’objet de la préparation survivaliste sera de vous donner les moyens de vous maintenir autant que possible dans votre logement urbain et donc ne pas avoir à appliquer leur contenu, ou du moins le plus tard possible.

Souvent abordé sous le prisme de la pathologie mentale et du sensationnalisme voyeuriste par les médias français, le terme survivalisme appelle irrémédiablement l’image d’un paranoïaque qui s’enferme dans son bunker avec armes et provisions pour échapper à la fin des temps.

survivalisme durant la guerre froide : illustration d'un bunker survivaliste de 1962

Brochure commerciale d’un promoteur de bunkers personnels, Etats-Unis, années 1960.

01.3 Qui sont les survivalistes ?

Cette vision réductrice de l’état d’esprit survivaliste occulte les raisons profondes de son apparition et de sa démocratisation, tout comme l’étendue des savoirs qu’il regroupe. Compétences techniques, organisation, cohésion, cultures, soins médicaux, maniement des armes, psychologie, chimie, mécanique, stratégie, tactique, la liste des qualités et connaissances des membres de la communauté survivaliste est longue. Et pour cause : l’accumulation de savoirs utiles est la meilleure façon de se préparer aux risques qu’impliquent les situations dégradées.

Il n’y a pas de doute, le survivalisme fascine. Critiqué pour sa logique perçue comme catastrophiste, ultra-individualiste et prédatoire, le mouvement survivaliste a pris ses racines aux États-Unis dans les années 1950, entre autres en réponse à la menace d’un conflit nucléaire avec l’URSS.

À la fin de la Guerre du Vietnam (1955-1975), des dizaines de milliers de soldats vétérans rentrent aux États-Unis. Ce retour marquera le début du survivalisme moderne : certains d’entre eux, marqués par l’expérience du combat et de la guerre, se retirent de la vie collective avec la société américaine qui traverse alors une révolution culturelle libertaire. Certains de ces soldats partent alors dans les régions isolées du centre des États-Unis pour s’y installer en quasi autarcie. Isolés du reste de la population américaine, ils vivent simplement tout en se préparant à l’éventualité d’une catastrophe ou d’une guerre sur le sol américain et posent les bases du survivalisme en mettant au point guides et techniques que nous connaissons aujourd’hui.

Devant la décadence d’une société qu’ils ne reconnaissent ni ne comprennent plus, ils se vouent à vivre en préservant et en étant prêts à défendre les valeurs authentiques de liberté, de propriété et de souveraineté sur leurs terres inspirées par leur foi et la constitution des États-Unis. Cette vie rudimentaire orientée sur des valeurs simples et axée sur la survie leur a valu le surnom de survivalistes.

Le survivalisme a évolué depuis la fin de la guerre froide et la multiplication des catastrophes industrielles et naturelles, des guerres, des attaques terroristes et des tensions socio-culturelles au cours des XX et XXIème siècles l’ont démocratisé sous les notions de prepping ou néo survivalisme, considérées comme des approches plus durables, plus collectives, plus sereines et plus politiquement correctes de la survie. Il n’en a néanmoins pas perdu de vue ses fondamentaux.

Survivre implique de continuer à vivre quand tout est réuni pour entraîner la déchéance, la mort, ou les deux. Les communautés humaines font face à ces risques depuis la nuit des temps, la notion de préparation préventive n’a donc rien de nouveau. Pendant longtemps la communauté survivaliste s’est principalement préparée à un effondrement soudain et brutal de la continuité civilisationnelle et sociale. Elle a petit à petit élargi le spectre des scénarios envisagés pour s’adapter aux enjeux et contraintes d’un monde moderne qui sombre lentement et donne d’une main pour reprendre de l’autre.

Ainsi, loin des clichés du reclus associable qui astique son arme toute la journée dans l’attente que l’humanité retourne à ses plus bas instincts, le survivaliste passe le plus clair de son temps à travailler (comme tout le monde) et à assimiler des connaissances pour accroître son autonomie : jardinage, couture, bricolage, premiers soins, la liste est longue.

Aujourd’hui en France, les survivalistes sont aussi nombreux qu’invisibles. Nous sommes vos voisins, vos amis, vos policiers, vos médecins ou vos garçons de café. Nous ne sommes ni des fous ni des dangers. Nous ne sommes pas un contre-pouvoir. Nous ne souhaitons pas la guerre ni la chute de l’État. Bien au contraire : nous construisons, dans le calme et dans la discrétion, la transmission de nos valeurs républicaines et les remparts de notre société au cas où elle viendrait à s’effondrer.

01.4 Se préparer à mieux vivre

De la panne d’essence au milieu de nulle part à la guerre civile en passant par la catastrophe naturelle, une foule d’événements extraordinaires plus ou moins déstabilisants et graves peuvent survenir. Le citoyen survivaliste ne se concentre d’ailleurs pas nécessairement sur les risques d’une catastrophe majeure. Savoir comment éviter et minimiser les problèmes et dangers de la vie quotidienne et comment réagir à des désastres aux conséquences temporaires est même sa préoccupation principale.

Si le survivalisme est souvent perçu comme un mode de vie réservé aux illuminés ou aux fous furieux, la réalité est bien différente. Au cours d’une vie, tout un tas de coups durs surviennent : perte d’emploi, problèmes de santé, perte d’un proches, catastrophe naturelle… dans les moments où l’argent vient à manquer ou quand plus rien ne semble avoir de sens, avoir un stock de denrées alimentaires et de l’argent de côté est un « luxe » qu’on apprécie.

Les scénarios plus graves sont bien sûr aussi un sujet de préoccupation pour le survivaliste, mais leur nature extrêmement imprévisible et destructrice les rend très complexe à anticiper. Une personne seule ou accompagnée de sa famille ne peut rien faire pour anticiper une catastrophe nucléaire ou une guerre, et à l’heure où les discours alarmistes se multiplient en France il est bon de garder les pieds sur terre. La préparation à l’imprévu ne doit pas se transformer en une peur irrationnelle du lendemain ni en angoisse de tous les instants.

Un certain nombre d’auteurs et de commerçants on fait de la peur un fonds de commerce très lucratif et distillent leur message angoissant par le biais de livres, de vidéos et de billets de blogs. Si injecter un peu de réalité dans l’esprit de son prochain n’est en soi pas une mauvaise chose, il faut savoir rester terre à terre.

  • On a plus de chance de se faire renverser en traversant la rue que d’être victime d’une attaque bactériologique,
  • il est plus probable de perdre son emploi que de voir son lieu de travail détruit par un bombardement,
  • le risque de perdre un proche de la maladie est plus élevé celui de le voir tomber lors d’une attaque terroriste,
  • il est plus vraisemblable de subir les conséquences d’une inondation que celles d’une guerre civile. etc…

Si cette dernière hypothèse apparait souvent comme la moins probable, elle est néanmoins possible et nombreux sont les événements à nous l’avoir rappelé ces dernières années. Ce n’est pas un hasard si on entend de plus en plus parler de survie urbaine, de survivalisme et de résilience… Les divers sites de sécurité civile ont toujours préconisé de garder chez soi de quoi tenir au minimum 1 mois et le gouvernement allemand a récemment incité sa population à constituer des stocks de vivres et d’eau en cas d’attentat ou de catastrophe.

Si vous lisez ceci c’est que vous prenez conscience que le contexte général actuel et notre mode de vie moderne –la dépendance à tout- nous rendent vulnérable. Vous voulez vous donner les moyens de protéger votre famille du mieux que vous le pouvez en cas de situation de crise et c’est normal. Pour chacun et plus encore pour le survivaliste, l’idée de voir ses proches manquer, souffrir ou mourir est inacceptable. S’imaginer incapacité et ne plus pouvoir leur être utile ou les défendre l’est tout autant. On ne survit pas pour soi, on survit pour que les siens survivent. Et pour cela, il faut se préparer.

Quoi qu’il en soit, nul ne peut se préparer à toutes les éventualités ni vivre dans l’isolement total, quel que soit son niveau de préparation. Personne ne choisit la date ni les circonstances de sa mort et nous ne pouvons qu’essayer d’en retarder l’heure. Les éventualités de vivre un cataclysme majeur sont restreintes. Il est donc plus constructif et accessible de se concentrer sur des scénarios plus plausibles et de mettre en place des plans d’actions répondant à des troubles limités en gravité et en durée : le plan d’évacuation et les sacs d’évacuation d’urgence, qui peut s’avérer utile en cas de travaux dans l’appartement comme en cas de guerre civile, en est un bon exemple.

01.5 Ville et campagne, deux environnements pour une même dépendance

Le milieu urbain évoque communément une forte densité de population et le nombre élevé de logements et services qui lui sont dédiés : barres d’immeubles, parkings, usines, bureaux, hôtels de police, casernes de pompiers, ateliers, hôpitaux, crèches, commerces, écoles, etc.  A l’école, on nous apprend très tôt à différencier la ville et la campagne, comme si ces deux univers se côtoyaient sans  se rencontrer. La réalité est bien différente et dès lors qu’il s’agit d’être confronté à une situation de crise, les enjeux des habitants de grandes villes de France comme Paris, Lyon ou Marseille ne sont pas très éloignés de ceux de communes bien plus modestes.

On peut alors élargir les critères de la vie en milieu urbain à toute personne qui vit dans un logement qui donne sur une route fréquentée ou qui en est proche, qui a une proximité directe de voisinage (maisons proches ou mitoyennes, vie en appartement dans un immeuble), qui est dépendante des réseaux publics pour l’eau, le gaz et l’électricité et des commerces pour s’alimenter.

On s’aperçoit ainsi que la plus grande part de la population française est confrontée à des problématiques de résilience et de survie urbaine. La densité de population et la proximité des bâtiments sont les facteurs les plus inquiétants à considérer dans le cadre d‘un effondrement de la normalité dans une ville. La haute concentration d’individus dans un secteur aux ressources limitées ou épuisées ne peut rien amener de bon et le survivalisme urbain fait de plus en plus d’adeptes. Il est extrêmement difficile de se figurer la barbarie des comportements induits par le manque. On a beau se l’imaginer, on ne connait pas le manque d’hygiène total, ni la soif, ni la faim, la vraie, celle qui rend fou au point de piller ou de tuer son voisin pour se nourrir.

01.6 Le siège de Sarajevo : une population forcée au survivalisme urbain

Les survivants des guerres de Yougoslavie et en particulier ceux du siège de Sarajevo (Bosnie) auraient beaucoup à dire sur le sujet. Pris au piège par le siège le plus long et le plus meurtrier de l’histoire de la guerre moderne (5 avril 1992 – 29 février 1996, près de 11500 morts), la population a vécu en vase clos pendant 4 ans. A la merci du manque de tout, pris pour cibles par les snipers et les bombardements incessants de l’artillerie serbe, les assiégés ont vu tomber près de 500 000 obus sur leur ville. Entre pertes humaines dramatiques et ravages matériels, le cauchemar fut total. Ce qui est particulièrement marquant avec ce siège et ce qui en fait un cas d’école, c’est la situation de Sarajevo avant que la situation ne bascule. Avant la guerre, cette capitale dynamique de 500 000 âmes connaissait une forte période de croissance et de développement et était un modèle de mixité ethnique et religieuse.

Les habitants vivaient en paix et jouissaient de l’animation de la cité qui proposait douceur de vie et services modernes : hôpitaux, cinémas, restaurants, etc. Entouré de ce confort et de ces signes tangibles de civilisation, la population n’a pas voulu croire à la guerre qui frayait son chemin jusqu’à elle. Ces gens vivaient dans un pays civilisé où ils étaient égaux. Nationalités, religions et origines ethniques différentes se mélangeaient pour créer une nation vantée comme forte et prospère, égalitaire, fraternelle… du moins jusqu’à ce que l’équilibre des forces change et qu’il en soit décidé autrement. Et lorsque les obus ont commencé à pleuvoir autour de la ville, il était trop tard. Incrédules, les Sarajéviens ont imaginé que leur gouvernement allait faire quelque chose, que l’aide internationale allait solutionner le conflit et que la situation allait revenir à la normale rapidement. Mais rien ne s’est produit. Et personne n’était préparé à vivre l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire européenne du XXe siècle.

01.7 L’expérience est un peigne pour les chauves

La morale est que nos sociétés structurées nous offrent une facilité d’accès à du matériel utile et un confort de vie dont il ne faut pas se priver tant qu’il nous est donné d’en profiter. Plus le niveau de civilisation est élevé, plus la chute est rude. Survivalisme rime nécessairement avec anticipation. Nul ne sait de quoi demain est fait et la satisfaction des besoins médicaux doit être une priorité, en particulier en France où leur accès est aisé et bien remboursé. Ce n’est pas une fois privé d’accès aux soins qu’il faut se dire qu’on aurait dû faire soigner cette mauvaise dent, cette douleur à l’abdomen ou se faire prescrire des lunettes à notre vue…

En dépit de ce confort, nombreux sont ceux qui fantasment un effondrement socio-économique en France qui les placerait en position dominante ou leur donnerait un rôle, une mission claire qu’ils comprennent et approuvent. Ceux-là sont les victimes inconscientes d’une société d’hyper-croissance et d’uniformisation de masse qui les empêche de trouver leur place : personne ne veut être un mauvais investissement. Personne ne veut être pris pour moins que ce qu’il ne vaut. Personne ne veut être la preuve que la vie ne vaut finalement vraiment rien. Alors tout le monde avance dans les pas de celui qui le précède. L’individualisme est total et rend la dépendance collective et massive, le naufrage est universel.

La consommation n’est pas un mode de vie ni une fin en soi et nos générations en prennent conscience dans la frustration et la douleur, ce qui n’est pas sans engendrer une certaine forme de violence.

02. Un regard survivaliste sur les restes du monde

Au-delà de l’accumulation de connaissances et de matériel, le survivalisme s’appuie sur la compréhension du monde qui l’entoure. Ceux d’entre vous qui ont lu 1984 de George Orwell se souviennent certainement de ce slogan: « LA GUERRE, C’EST LA PAIX. LA LIBERTE, C’EST L’ESCLAVAGE. L’IGNORANCE, C’EST LA FORCE.»

Ce slogan du régime politique fictif (ANGSOC) de 1984 de George Orwell illustre parfaitement la stratégie de contrôle mise en place par nos gouvernements et la contradiction permanente dans laquelle nous vivons. La double pensée orwellienne qui consiste en l’acceptation simultanée de deux concepts contradictoires  se retrouve par exemple dans le concept de guerre « préventive » moderne (Irak, Afghanistan, Lybie, Syrie, etc.) utilisé par les États-Unis et l’OTAN.

02.1 « La guerre, c’est la paix »

Éliminer un adversaire potentiel avant qu’il n’ait une chance de pouvoir se défendre honorablement dans le cadre d’un éventuel conflit est interdit par le droit international, mais le concept de guerre préventive existe pour contourner cette interdiction : appuyés par le flot continu d’informations orientées des médias, les gouvernements nous emmènent faire la guerre pour ne pas faire la guerre.

Ce système de pensée se retrouve aussi dans les discours politiques : le meilleur exemple récent en est l’élocution du Président de la République Française qui au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 annonçait gravement « la France est en guerre » devant le Parlement et la France entière et déclenchait l’état d’urgence… sans qu’aucune mesure cohérente ne soit mise en place par la suite : du jamais vu au pays de la pensée cartésienne.

La population française, à qui on a annoncé la guerre suite à des attaques d’une barbarie extrême qui ont fait 130 morts, plus de 400 blessés et détruit des milliers de vies, a donc continué à vivre comme en temps de paix. Si certains analystes politiques voient dans cette déclaration présidentielle une énième maladresse de communication, on peut en faire une lecture différente. La répétition de cette déclaration et les invitations lâches du Premier ministre à « s’habituer à vivre avec le terrorisme » pourraient laisser penser qu’on cherche à nous habituer à vivre en paix dans un état de guerre permanent. Aveu d’impuissance ou manipulation ?

Le résultat est le même pour le citoyen. De tous  temps, la propagande mensongère a été la composante majeure des systèmes politiques sans principes. Tous les systèmes tentent de convaincre leurs électeurs que le système est bon, juste et noble, digne d’être défendu et perpétué… Mais en France, y croit-on encore ?

02.2 « Et je soufflerai sur ta maison… »

L’objectif des terroristes est de perturber notre mode de vie et de nous faire vivre dans la peur constante d’une attaque. Les réponses hasardeuses apportées par les politiciens, loin de créer de la réassurance, appuient malgré eux cet agenda : déploiement inutile de militaires et de policiers patrouillant en tenue de combat dans les rues, propositions de lois visant à restreindre l’accès aux armes à feu à la population, édition de consignes à respecter en cas d’attaque… l’intégration de l’islam en France (comme ailleurs) est un échec et la guerre se mène désormais à la fois contre un ennemi intérieur et extérieur.

Toutes ces mesures soulignent la soumission et l’impuissance de notre nation devant l’ennemi et influent négativement sur le quotidien du citoyen sans le protéger pour autant. Et rares sont ceux à opposer le bon sens à ces dispositions. Les militaires sont formés à la guerre conventionnelle et ne sont ni organisés ni équipés pour s’engager rapidement et efficacement dans des situations où civils et terroristes sont mélangés.

Nos policiers, qui sont d’ailleurs souvent adeptes du survivalisme, souffrent d’un manque de personnel, de formation et d’un équipement désuet dont le remplacement est sans cesse repoussé par manque de budget… En dépit des millions dépensés par le gouvernement dans des projets inutiles ou moins urgents. On l’a bien vu lors des attaques du 13 novembre 2015, les terroristes ont pris leur temps avec leurs victimes, en particulier au Bataclan.

02.3 Le jeu de quilles de l’ennemi : strike sur un peuple français désarmé

Tels des renards dans un poulailler, ils ont joué avec nos frères, nos femmes, nos adolescents avant de les mettre à mort. Ils ont pris leur temps car ils savaient qu’il n’y avait aucune chance qu’ils rencontrent la moindre résistance armée de la part de leurs otages. Et devant la volonté des citoyens de s’armer pour se protéger, la leçon que tirent les politiciens est : il faut interdire les armes à feu à la population. A ce titre, le cercle des tireurs sportif et le mouvement survivaliste sont surveillés de près.

L’explosion du survivalisme en France est directement liée à la montée de l’insécurité et à la fréquence de plus en plus élevée des attaques terroristes. Les bombes ont été délaissées pour des attaques barbares à l’arme automatique, à la machette, à la hache, au couteau ou au camion-bélier… La capitale n’est plus la cible unique et chacun se sait désormais la victime potentielle d’un « déséquilibré« . Survivalisme et défense sont directement lié et sous l’impulsion de l’Union Européenne, les lois sur le contrôle des armes légales se durcissent. L’interdiction pure et simple de détenir une arme finira par tomber, ce n’est plus qu’une question de temps. Il ne faudrait pas que le peuple Français aie l’idée de se défendre… la puissance de l’État ne doit pas être remise en cause (on ne peut mettre fin à la tyrannie sans recours à la force…) et le spectre de la guerre civile ne doit pas être agité.

Pourtant, l’ensemble des tueries de masse procède du même mode opératoire bien connu : un ou plusieurs assaillants lourdement armés pénètrent dans une enceinte abritant des civils désarmés et les massacrent. Le concept de gun-free zonesinventé par les américains pour créer des zones de sûreté est en réalité le meilleur moyen de créer des pièges mortels pour les civils.

Il en va de même à l’échelle d’un pays. Incriminer préventivement les citoyens et chercher à les priver de leur doit à posséder légalement les armes à feu qui leur permettraient de se défendre est une hérésie sans nom. Désarmer un peuple revient à nier son droit à l’autodétermination et à l’offrir en sacrifice au premier assaillant venu. Le survivaliste et le tireur sportif, qui souvent sont une seule et même personne, ne savent cela que trop bien.

La seule réponse apportée par la population aux massacres du 13 novembre aura été le dépôt de bougies, de fleurs et de peluches devant les lieux où ils furent commis, symptôme d’une population infantilisée qui ne juge et ressent les événements que par le prisme façonné par les médias et les discours du pouvoir en place, qui la dispensent d’exercer son jugement et de prendre en main son destin. La guerre de la désinformation fait rage, les mêmes images et les mêmes discours tournent en boucle sur les chaines télévisées et l’effet de sidération fait son œuvre. « Vous n’aurez pas ma haine ».

Dépendant et désarmé, le citoyen devient un sujet à la merci des décisions de la classe politique qui règne en maitre. La guerre est là, invisible mais prête à s’abattre et à déchaîner toute sa barbarie dans le monde fleuri et vulnérable des gentils, peuplé de peluches, de dessins d’enfants et de bougies ; la violence en suspens a alors un effet de pétrification sur le peuple impuissant et l’enferme dans la psychose. Ceux qui contrôlent les médias, et donc les esprits des citoyens, ont un pouvoir dont n’auraient pas osé rêver les rois et les dictateurs. La population, couche par couche, perd progressivement toute capacité de discernement. Or le discernement est la capacité à reconnaître la différence entre croyance et réalité démontrable. Aujourd’hui, tout n’est plus que croyances martelées… Le survivalisme et sa philosophie visent à contrecarrer cela.

02.4 « La liberté, c’est l’esclavage »

Ce slogan pourrait malheureusement être gravé sur les devantures de la plupart des entreprises. Aussi paradoxale que cette affirmation puisse paraitre, elle est à la base de la structuration de notre société moderne. De l’ouvrier au ministre, tous les êtres humains sont esclaves de l’argent et du profit : ils doivent travailler pour vivre et s’acquitter de taxes et d’impôts souvent abusifs pour faire partie de la société, certains plus que d’autres, certains profitant des autres. Néanmoins, beaucoup s’imaginent être libres.

Si vous avez un doute, cessez de payer lesdits impôts et vous comprendrez rapidement que la liberté s’achète. Le système financier nous oblige à pointer chaque jour de 9h à 18h et peu nombreux sont ceux qui peuvent se targuer de faire un travail à la fois bien payé, créatif, stimulant et utile à la société. Bien souvent, la seule motivation pour aller travailler est la paye à la fin du mois, qui bien sûr ne suffit pas à combler les besoins et ce n’est pas un hasard. D’un côté, le smicard vit un survivalisme économique forcené : vivre avec rien ou presque est un vrai combat quotidien, personne ne peut le nier.

Travailler plus pour gagner plus… pour payer toujours plus

Le schéma est le même dans toutes les entreprises : les équipes dirigeantes sont payées 5 à 10 fois plus que les petites mains (ouvriers, agents de maitrise, cadres) car en maintenant la plus grande part de la population dans la précarité on l’enferme dans sa condition et on la fait se concentrer sur ses problèmes matériels : comment payer les impôts, économiser pour changer de voiture, mettre de côté pour les vacances des enfants ou pour la retraite, s’offrir tel bien ou tel service… d’ailleurs nombreux sont ceux qui s’intéressent d’abord au survivalisme par nécessité matérielle.

Avec de telles préoccupations, l’envie d’envoyer paître son patron ou de prendre du temps pour se lancer en politique disparait aussi vite qu’un SMIC en période de Noël. La pauvreté, la maladie et la guerre sont profitables mais rien n’arrive à la cheville de l’esclavage salarié quand il s’agit de contrôler la population tout en la mettant au service du capital.

L’argent est devenu la religion planétaire, partout dans le monde on trouve ses fidèles. Des êtres qui vivent une vie d’esclave, piégés dans des cages de verre et de béton le jour, hypnotisés devant des écrans la nuit. Dépendants de tout, ils assemblent leurs chaînes minutieusement dans des jobs qui ne sont d’aucune utilité à leur prochain. Obéissants et soumis à l’autorité ils sont les suppôts d’un mal exponentiel et les plus dociles d’entre eux sont glorifiés par la société comme ambitieux. De bons soldats bien sous tous rapports, prêts à piller, trahir et tuer avec la bénédiction de la Machine qui joue de leurs frustrations. Se soumettre au système est leur victoire la plus étincelante ; en être exclu est leur pire cauchemar.

02.5 « L’ignorance, c’est la force »

Ces quelques mots reflètent bien l’absence d’écoute et de partage du savoir entre les élites auto-proclamées et le simple citoyen, le manque de transparence et l’immobilisme des gouvernements ainsi que la confiscation du pouvoir au peuple en dépit des discours, des postures et du cirque démocratique. On le sait et on le constate chaque jour dans le monde entier, un système politique fera n’importe quoi pour préserver son pouvoir, y compris envoyer sa nation à la casse. En Chine, on dit qu’un sot juge les gens sur leurs paroles, et qu’un homme sage les juge sur leurs actes et leur accomplissement… Avec une classe politique qui n’accomplit rien, nous en somme réduits à choisir nos présidents en fonction de leur degré de corruption. Et tout cela semble banal en France, berceau de la démocratie…

Nos jeunes sont désormais programmés dès le plus jeune âge pour exécuter des tâches binaires, leur raison d’être est de générer plus de zéros sur un serveur bancaire car leur survie en dépend : personne ne leur a appris l’indépendance ni montré qu’une autre voie est possible. La liberté  passe aujourd’hui au travers d’une vie professionnelle dévorante et d’un casque de réalité virtuelle ; l’expérience n’est plus acquise mais simulée et personne ne questionne les programmeurs. C’est une véritable guerre de destruction intellectuelle qui est menée et la conquête se fait par la saturation des esprits.

survivaliste préparation guerre virtuelle

Déconnexion totale de la réalité pour un abrutissement maximal

Le constat est clair : nos vies s’articulent autour de centres d’intérêt, d’actions et de matériels qui s’éloignent et nous éloignent chaque jour un peu plus de nos besoins réels. Les séries nous abreuvent d’histoires extraordinaires abordant d’ailleurs souvent la question du survivalisme (The Walking Dead, Jericho, The leftovers, The 100, etc.) pendant que nous sommes vautrés dans nos canapés. Il suffit d’allumer sa télévision ou de s’attarder sur les publicités placardées dans les couloirs du métro parisien pour prendre conscience que la priorité de l’humanité est devenue de s’échapper du réel. Qu’il s’agisse de consoles de jeux, de chaînes câblées proposant des milliers d’heures de séries à visionner ou de casques de réalité virtuelle invitant à l’évasion numérique, la tendance générale s’inscrit dans la fuite de la réalité. Nous sommes entrés dans l’ère du divertissement.

Diversion : Manœuvre ou procédé visant à attirer l’adversaire vers une zone ou un point différent de celui sur lequel on compte attaquer : opérer une diversion. Événement, action qui amène quelqu’un à détourner son attention d’une tâche, d’un souci : Une agréable diversion à son ennui.

Cet éloignement de la vie et l’ultra dépendance au système qui en découle résultent d’une certaine atteinte de la civilisation telle qu’elle nous est présentée par la société de consommation. Ce que nous appelons survivalisme était tout simplement la vie pour les générations qui nous ont précédées. Le survivalisme d’aujourd’hui ferait sans doute sourire nos ancêtres. Dans notre monde moderne, un être civilisé est un être qui ne se soucie pas de pouvoir satisfaire lui-même ses besoins physiologiques, il se consacre au travail et au divertissement. Chacun de ses actes génère des profits pour la Machine et c’est la Machine qui pourvoit à ses besoins vitaux.

02.6 L’esclavage moderne

Chacun doit pouvoir se dédier entièrement à travailler, à consommer et à se divertir pour combler les temps morts entre ces deux activités. Ces derniers se font d’ailleurs de plus en plus rares : le divertissement devient lui-même une source inépuisable de consommation : télévision à la demande (payante bien sûr), électroménager connecté avec fonction de commande automatique, jeux avec achats intégrés, etc. La consommation s’insinue partout et tout le temps, omnipotente, omnisciente, vorace.

Telle l’oie que l’on gave, l’humain devient une machine à consommation perpétuelle. Une personne qui se soucie de sa capacité à vivre sans l’appui des miracles et du harcèlement constant de la société de consommation  (c’est-à-dire, qui met en doute sa pertinence, ses intentions, ses valeurs et sa pérennité, un survivaliste par exemple) est considérée comme réactionnaire -voire dangereuse-, mise au ban par les gens « normaux » et lapidée par les médias.

Mais quelle est donc cette norme à laquelle on veut nous faire adhérer à tout prix ? Accepter la cheptelisation de l’humanité, la privatisation des gains et la socialisation des pertes, la décadence de la société et la destruction des valeurs, la négation du bon sens et de l’équilibre naturel et l’usure de l’humain jusqu’à la corde, voilà ce qu’est devenue la normalité (lire accès à la consommationprogrès et cohésion sociale). Le survivalisme, au-delà des considérations de sécurité physique et matérielle, vise aussi à préserver l’esprit. Et plus le temps passe, plus il devient urgent de se prémunir contre les déviances que provoque la société « moderne ».

02.7 Le survivalisme pour reprendre le contrôle

Devenir survivaliste et résilient, c’est travailler sur soi pour y échapper et créer sa propre réalité pour vivre en accord avec ses valeurs. Gagner son autonomie, c’est se donner les moyens d’être plus confiant en l’avenir et s’offrir une paix de l’esprit pour avancer le plus sereinement possible dans un monde instable et incertain. Un pied dedans, un pied dehors : il faut profiter de la croisière mais être prêt à sauter dans un canot de sauvetage si le navire sombre. Et comme à bord du Titanic, il n’y en a pas assez pour tous les passagers.

Le constat est terrible : on ne peut pas changer le monde. Mais on peut changer son monde. Prendre le contrôle de sa vie et de son environnement pour le simplifier et le sécuriser est à la portée de chacun et pour cela il suffit d’ouvrir les yeux. La résilience c’est aussi, en partie, sortir de l’enfance. L’homme est une créature d’habitudes en quête constante de réassurance ; le réflexe enfantin de se cacher dans les jambes de ses parents se transpose à l’âge adulte par le réflexe de faire appel à la protection de la société, même si elle en est incapable. Le survivaliste apprend à rejeter ce réflexe et à ne s’appuyer que sur lui-même.

La vulnérabilité entraine la peur et pour beaucoup la peur appelle le déni. Peut-être avez-vous déjà fait part de votre préoccupation à des collègues ou à des proches et essuyé des regards fuyants ? C’est frustrant mais tout à fait normal. Le commun des mortels fait tout pour oublier qu’il l’est ; ne vous avisez surtout pas de lui rappeler. La vie s’en chargera.

Si vous lisez cet article c’est que vous savez que quelque chose ne tourne pas rond et que vous voulez agir. Votre instinct de conservation s’est réveillé car vous sentez que le système se trouve déjà dans une situation critique et qu’il pourrait brutalement tout entrainer dans sa chute. Vous l’avez écouté et c’est très bien, soyez-en fier. Le mouvement survivaliste s’appuie sur l’espoir et le courage, signe le désir de renouer avec la vie et le refus de se soumettre un esclavagisme pervers.

Le survivalisme est la forme la plus avancée d’engagement et de désobéissance civile. Et par-dessus tout, c’est un chemin qui mène à la vie dans sa nature la plus authentique. En minimisant notre dépendance, nous regagnons notre indépendance, notre liberté et surtout notre humanité.

Si les quelques ondes négatives attachées au terme « survivalisme » vous dérangent, sachez que ce n’est qu’un mot. Les valeurs et notions qu’il abrite sont, elles, universelles et positives.

03. De l’ultra-consumérisme au survivalisme en France : les raisons du changement

L’objectif du survivalisme est d’apprendre comment se passer au maximum des systèmes de support et de la respiration artificielle qu’ils représentent. Le but profond est de (re)conquérir son humanité et de s’ancrer dans le réel.

03.1 La place du survivalisme dans une société déséquilibrée

Maslow a théorisé qu’en tant qu’êtres humains, nous avons différents besoins à combler pour nous épanouir dans notre condition et pour tendre à la civilisation. Ces besoins sont hiérarchisés (à tort dans un contexte de développement personnel mais à raison dans un contexte de survivalisme) en 5 strates pyramidales et complémentaires qui entrent dans 3 sphères de besoins à la fois différents et indissociables : besoins physiologiques, besoins psychologiques et enfin, besoins sociologiques.

survivalisme pyramide de maslow

Notre mode de fonctionnement moderne nous permet de nous concentrer sur nos besoins psychosociologiques. Si c’est en soi la marque d’une société stable au quotidien, cela a pour effet pervers de nous rendre égocentriques et de nous divertir de ce qui devrait toujours être au centre de nos préoccupations : garantir la satisfaction pérenne de nos besoins vitaux et ceux de nos proches. Le survivalisme n’est pas une occupation farfelue ni un centre d’intérêt : c’est un mode de vie à part entière.

Une étude mondiale récente TNS-SOFRES a démontré qu’en France les 16-34 ans passent plus de 24 heures par semaine à consulter les réseaux sociaux. Cela représente plus de 3h30 par jour, auquel nous pouvons ajouter 1h30 de télévision soit en moyenne 5 heures de divertissement audiovisuel quotidien et ces chiffres ne sont pas très éloignés chez leurs aînés. A titre de comparaison, environ 2h30 par semaine sont consacrées aux courses alimentaires, et 3h30 au tâches domestiques (source INSEE).

La suite ici : 

https://www.resilience-urbaine.com/survivalisme-resilience/survivalisme-france-societe-valeurs/#comment-619

 

JUSQU'AU BOUT : la douleur

Par Le 20/06/2018

 

Ce roman, je l'ai écrit, il y a vingt ans. Rien n'a changé en moi de ce que j'écrivais à cette époque sinon que mes espoirs d'une humanité éveillée a fini par disparaître.

Des humains qui s'éveillent, oui, cela, j'y crois toujours. Je suis convaincu par contre que leur émergence se heurtera un jour à la folie de la masse sans âme et que cette confrontation ne se fera pas dans l'amour. L'amour viendra lorsque la folie aura été éradiquée.

Quant aux réflexions qui m'ont conduit là, elles ne datent pas de la semaine dernière. Ce sont des centaines de pages écrites, des milliers d'heures à penser, penser, penser encore et d'autres centaines de pages écrites, dans ce roman-là puis les autres et ceux à venir.

La dévastation de la vie sur Terre nourrit proportionnellement la rage qui jaillira le jour où tout cela ne sera plus supportable et où le combat pour la survie deviendra inéluctable.

Il faudra aller jusqu'au bout avant de disparaître.

 

 

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JUSQU'AU BOUT

"Il décida de marcher. L’envoûtement des pas, le retournement vers soi… Plonger à l’intérieur. Le goût d’un bonbon de son enfance. Il revenait régulièrement. Il n’aurait su le décrire mais il le ressentait pourtant. Ce n’était pas dans la bouche mais dans une mémoire profonde, diffuse, insaisissable, un abysse impossible à situer. Comme un envahissement. Qu’y avait-il d’autre dans ces endroits inexplorés ? Était-il possible de remonter plus loin dans le temps ? Une mémoire à l’échelle de l’humanité se cachait-elle en nous ? Une mémoire à l’échelle de l’univers, était-ce possible ? Portions-nous bien plus que nos simples souvenirs ?

Enflammé par les idées, il se prépara joyeusement et partit. Il délaissa les sentiers et s’enfonça sous les arbres. Une borne d’altitude placée sur la carte. C’était son objectif. Entraînement pour le Grand Nord.

Méandres sous les pinèdes, franchissements de talus, remontées de flancs rocailleux, faire le point avec la boussole, tracer un azimut, prendre des repères…

Il essaya de replonger dans la discussion de la veille. L’opposition entre l’essence et la personnalité. Où en était-il ? Un fouillis de pensées lui brouilla rapidement l’esprit. Désagréable malaise. Comme un travail titanesque, une odyssée périlleuse, sans aucune balise. En était-il capable ? Il décida de chercher parmi les écrivains ceux qui auraient pu s’intéresser à cette théorie et qui l’aurait analysée. Il n’en trouva aucun et il perdit les quelques réflexions personnelles qu’il avait réussi à extirper des méandres de son cerveau agité. Manque de culture, il se trouva pitoyable.

Il s’arrêta pour rectifier son cap avec la boussole. La traversée d’une zone de feuillus encombrée d’arbustes épineux et de taillis serrés l’avait écarté de son axe.

Lorsqu’il voulut reprendre le fil de ses réflexions il n’en restait qu’un capharnaüm indescriptible. L’impression de devoir tout reprendre à zéro. Il en garda une pénible sensation d’impuissance et décida finalement de ne penser à rien et de se concentrer sur la marche.

Les parfums de résine, les chants joyeux d’oiseaux invisibles, les couleurs chatoyantes des frondaisons, la découverte curieuse d’un nouveau paysage, quelques traces d’animaux dans une boue séchée, des sentes discrètes qu’il suivit silencieusement attisèrent peu à peu cet abandon.

Et pourtant ce dépit, cette déception tenace. Ce n’était pas ainsi qu’il parviendrait à progresser dans sa propre connaissance et la désillusion le rattrapait. Une lutte inéluctable, comme si les pensées ne pouvaient cesser de se combattre, de se chevaucher, de se contredire, il voulait cesser de penser et devait y penser pour y parvenir. Désirer l’apaisement et créer dès lors les conditions favorables à l’émergence du dégoût, une nasse inévitable, ce dégoût de l’impuissance en lui.

En débouchant dans une clairière, il s’aperçut que la couverture nuageuse s’était déchirée et que des taches de bleu parsemaient le tissu tendu du ciel. Une étrange similitude avec les différents états dans lesquels il évoluait depuis quelques mois. Les trouées éparses pouvaient représenter les quelques moments de clairvoyance qui parvenaient parfois à déchirer la masse compacte de son engourdissement. Les eaux boueuses du lac. La nature, quand on l’observait réellement, offrait de multiples possibilités d’analyses de l’existence. Mais cette simple observation restait insuffisante si l’on désirait parvenir à une conscience supérieure. Comme un simple jeu enfantin, une connivence imaginaire. Il en resta troublé puis l’idée jaillit brutalement comme un éclair de lucidité, une fulgurance qui faillit le renverser !

Il s’arrêta.

Le ciel, comme son esprit, procédait de la même façon, ils étaient semblables et égaux dans leurs existences ! Il ne s’agissait pas de se comparer occasionnellement à un élément de la nature mais de vivre comme cet élément, aussi fragile ou déterminé que lui, aussi troublé ou apaisé. Identique. Lui, simple être vivant, membre à part entière d’une nature vivante, il ressentait les mêmes troubles, les mêmes agitations, les mêmes apaisements qu’un ciel, qu’un lac, qu’un arbre ou qu’un insecte. Leurs effets étaient sans doute différents dans leurs matérialisations visibles mais leurs causes restaient communes. Les ouragans ou les tremblements de terre pouvaient donc représenter les conséquences d’un trouble profond de la planète, trouble assimilable à celui d’une crise de nerfs chez l’homme.

Durant quelques secondes, cette idée lui sembla totalement folle puis finalement cela lui parut évident. Les animistes l’avaient ressenti depuis longtemps. Cette terre était vivante, tout comme lui et il la percevait enfin dans sa réalité. Tous ces textes ésotériques qui prenaient, à travers cette vision, une portée considérable, ces réflexions qu’il n’avait pas su saisir, ces témoignages incompris.

Mais si cette nouvelle conscience s’avérait exacte, tout ce que l’homme infligeait à la nature devait la plonger dans une totale incompréhension vis à vis de cette humanité.

« Pourquoi cette espèce vivante me cause-t-elle autant de douleurs ? »

Cette question devait résonner à chaque instant dans l’âme de cette planète. Il en eut honte. Terriblement honte. Aucune autre espèce vivante ne se permettait un tel affront, l’idée d’une atteinte physique inconsidérée et injustifiée ne pouvant sans doute même pas s’éveiller dans l’esprit d’aucun des autres membres de cette vie. Le plus incroyable étant d’entendre ces hommes accuser la montagne meurtrière, la mer implacable, les volcans cruels d’avoir emporté quelques vies humaines. Mais pouvait-on honnêtement demander à cette planète de rester impassible juste parce que nous vivions à sa surface ? La puce qui nous sautait dessus ne nous demandait pas de rester immobile et de cesser toute activité. Elle savait bien qu’elle prenait un risque en s’aventurant sur cette surface vivante, mouvante et colérique. Elle en assumait la décision. Nous étions bien les seuls à oser nous plaindre des phénomènes inhérents à la vie de notre vaste foyer.

Il essaya de recentrer chacune de ses pensées et d’en retirer un résumé, une formule parfaite, un condensé précis qu’il pourrait facilement transmettre aux hommes qui seraient prêts à l’écouter. Il ne trouva rien de simple. Vouloir limiter de telles réflexions revenait systématiquement à en perdre un aspect et à donner à l’ensemble une impression farfelue. On ne l’écouterait même pas, on se moquerait de lui, il s’en doutait bien et entendait déjà les railleries. L’humanité s’était enfermée dans une vision restrictive mais rassurante, une hégémonie qui satisfaisait son désir narcissique. Vouloir établir une égalité d’existence, une similitude dans nos émotions avec un brin d’herbe ou une fourmi relevait de l’utopie absolue. Personne ne l’écouterait.

Il pensa à Maryse et Daniel. Un possible partage.

Le retournement vers soi. Il ne s’agissait pas de se contenter d’un regard humain mais d’instaurer un regard différent, neuf, épuré, jusqu’à l’effacement de cet humain. Qu’il ne reste qu’une forme de vie en symbiose avec d’autres formes de vie. L’oubli de soi, quand il ne s’agit que d’une forme aiguë de prétention, était la clé nécessaire à cette ouverture vers le monde. Il tenait la solution et la joie qui le gonflait aurait pu le faire voler au-dessus de la cime des arbres.

Ce fut comme une naissance et l’accession à une nouvelle lumière.

Pas, cette fois, la lumière artificielle d’une salle d’hôpital mais la lumière de l’univers. Un rayonnement d’étoile, un embrasement au cœur de ses fibres, un noyau en fusion, une âme libérée, un envol. Des vagues de frissons qui cascadent.

Un autre état de conscience, différent de celui prôné par l’esprit humain. Un état naturel. Un état de connivence avec le monde. Nous serions donc en dehors de la vie, attachés comme du bétail à tirer dans une fuite aveugle des fardeaux imposés, à nous abrutir jour et nuit de drogues licites, à nous interdire, par tous les moyens, de nous observer. Il pensa à ses journées de travail, à ses six heures en classe, à ses deux heures au bureau, à l’entretien de son logement et de son fourgon, de son vélo et de toutes ses petites affaires, aux courses, à la télévision et à la radio, à ces informations d’un monde en débâcle, aux discussions sur le mauvais temps et le prix de l’essence, et à tous les passe-temps dérisoires pour occuper les dernières minutes de cette mort camouflée dans une journée quotidienne. Toutes nos activités nous tournaient irrémédiablement vers un extérieur artificiel, à des distances considérables de nous-mêmes et du monde. De notre complicité avec ce monde. Nous étions tous dans un état de non vie.

Il s’assit au sommet d’une butte. Il dominait la cime des arbres. Le paysage devant lui s’étendait jusqu’à l’horizon. Il eut peur brutalement de ce qu’il découvrait.

Il eut peur du moment où il redescendrait parmi les morts.

Il eut envie de leur parler. Il eut pitié d’eux. Pour la première fois, il aima l’humanité. Pendant quelques secondes. Pourquoi cette humanité avait-elle abandonné ce bonheur ?

Il chercha… Et comprit qu’il ne devait pas le faire. Chercher, c’était encore faire appel à l’esprit humain pour répondre à une question qui concernait un ordre planétaire, une harmonie universelle d’où l’homme s’était retiré.

Il déposa son sac, sortit sa serviette et l’étala. Il se déshabilla et s’allongea au soleil. Les yeux fermés.

Une brise légère mais régulière coiffait le sommet dégagé et repoussait les insectes. Il pensa aux rennes de Scandinavie qui progressent sur les crêtes ventées pour se protéger des taons. Il suivit leurs longues marches. Vaste troupeau obéissant à des migrations séculaires, chaque individu posant ses pas dans les pas de ses ancêtres, acceptant la loi du groupe sans même y penser, perpétuant sereinement un ordre naturel. Un faucon survolait les troupeaux. La danse suspendue de l’oiseau le conduisit au bord de l’océan. Jonathan Livingstone l’accueillit. Le goéland avait acquis la liberté à travers le vol, il avait brisé les règles établies et choisi de développer des qualités extraordinaires pour éveiller sa propre connaissance. Mais s’il avait atteint une liberté sublime, il ne le devait qu’à une volonté farouche. Ce n’était pas un exemple accessible à tous. Le développement de cette connaissance hors du commun n’avait été rendu possible qu’à travers l’extrême perception et l’absolue maîtrise de son essence. Il avait retrouvé enfoui sous de misérables comportements quotidiens toutes les possibilités de son corps et de son esprit. De son être unifié. Aujourd’hui, le culte de la personnalité qui servait de référence ne représentait en fait que la consolidation d’un système pervers, nullement l’accession à cette connaissance supérieure. Ce n’était pas l’homme qui était promu mais sa totale participation à une vie de masse. Et les quelques individus parvenant à s’extirper de cette foule anonyme cautionnaient par cette fausse réussite un esclavage doré, totalement éloigné de toute essence. Rien ne s’éveillerait. Ce n’était pas l’homme libre qui pouvait jaillir mais juste l’homme privilégié, profitant avidement de l’opulence sordide des plaisirs offerts par ce système, l’embellissement frénétique des murs de la prison. Celui qui y parvenait apparaissait comme le plus heureux et le meilleur des hommes et la foule envieuse continuait à rêver avec le même enthousiasme aveugle, la même convoitise, se nourrissant d’espoirs de gloire et de fortune quand la paix de l’âme restait à portée de main, accessible à tous, sans distinction sociale, raciale ou d’intelligence. C’est l’esprit seul, sa sensibilité et sa capacité à goûter pleinement l’importance d’un brin d’herbe comme celle d’une étoile qui ouvrait les portes du monde.

Il s’étonna de la fluidité de son raisonnement. Il ne se souvenait pas avoir connu auparavant des éveils aussi flamboyants. Il ne pouvait certifier qu’il parviendrait à échanger de telles idées mais ce bonheur était déjà si inattendu qu’il lui suffisait amplement. Il douta d’ailleurs d’une possible transmission. N’était-ce pas à chacun de constituer sa propre théorie ? Sa propre vérité…Opposée à cette vacuité terrible qui nous étouffait. Soudainement, encore une fois, le vide de l’existence telle qu’elle était instituée, lui brûla la gorge. Physiquement. Il s’assit, prit la gourde et avala plusieurs goulées d’eau fraîche. L’angoisse disparût mais la tension dans laquelle l’esprit s’était maintenu céda d’un coup. Les larmes coulèrent, librement, sur les joues, il fallait pleurer, il le sentait, c’était une délivrance nécessaire, pas une fuite ou un abandon mais un lien avec ce monde oublié et battu. La rencontre triste de deux consciences esseulées, la complicité fabuleuse de deux esprits en sursis, deux êtres condamnés à plus ou moins brève échéance, sentant au-dessus de leurs consciences effrayées la menace permanente d’un sabre que l’espèce humaine tenait fièrement.

Il refusa de sombrer dans les noirceurs et se releva. Il reprit son sac et s’engagea sur une sente. Il força son pas durant de longues minutes, crachant des bouffées de déprime dans les souffles jaillis de ses poumons, dans les brûlures de ses muscles, les gouttes de sueur qui voilaient ses yeux. Il sentit combien la peur pouvait étouffer les plus beaux sentiments, les plus intenses émotions. Il avait entrevu son retour parmi les hommes et la terreur qui s’était dressée l’avait tétanisé. Comment supporter ce mensonge immonde ? Ça ne lui semblait plus possible.

Il marcha comme un forcené, évadé d’une prison morale et qui court, qui court, sentant dans son dos la rage haineuse des morts.

Il serpenta entre les arbres, hors de tout objectif et de toute conscience réelle. Ce fut une fuite sans but. La douleur était en lui, les terreurs l’habitaient. Et il souffrait davantage encore de ne pas maîtriser ces assauts morbides, de ne pas parvenir au contrôle de soi et de devoir, pour trouver une certaine paix, consumer ses forces dans des défis déraisonnés.

Il atteignit un nouveau sommet, simple colline déboisée, ouverte sur les horizons. Dans la dernière montée, un vertige l’avait ébloui. Il décida de manger. Espérant surtout y trouver l’absence de pensées dont il avait besoin.

Face à lui s’étendaient des pentes boisées, vastes mers de couleurs superbes sur lesquelles les rayons solaires, variant leurs inclinaisons et leurs intensités, jouaient pendant des heures. Il devina, sous le secret des frondaisons, les itinéraires répétés des animaux, leurs parcours ancestraux, incessamment agressés par des hommes envahisseurs. Il sentit l’angoisse pesante des espèces encerclées, les cris suppliants des arbres abattus, les râles étouffés d’une terre labourée, toutes ces souffrances quotidiennes qui resserraient impitoyablement sur des êtres fragiles leurs étreintes mortelles. Il aperçut au loin une brume étrange, surplombant une vallée invisible. Était-ce une vapeur échappée d’un lac ou la pollution d’une ville ? Embryon de pluie ou haleine putride. C’est de nos âmes que s’élevait ce poison. L’empreinte des hommes sur la Terre. Le cerf, au fond des bois, percevait le parfum pestilentiel des fumées d’usine, le ronflement des moteurs, le vacarme des avions, le hurlement aigu des tronçonneuses, les appels des chasseurs vers les meutes excitées des chiens. Même le parfum âcre de sa sueur agressait les narines des animaux aux abois. L’homme n’était toujours qu’une menace, que le complice cynique de la mort. Le dégoût. Il n’était qu’un humain. Les fumées de son fourgon, les routes dont il profitait, les champs sulfatés pour les récoltes forcées dont il se nourrissait, les bétails engraissés pour des populations obèses, les mers vidées par les filets dérivants, les centrales nucléaires pour des électricités gaspillées, les forêts vierges rasées pour des meubles coûteux, les fleuves agonisants sous les rejets nitratés, les décharges sauvages et les dépotoirs engorgés. On immergeait dans les fosses marines des containers de déchets radioactifs comme on jetait par les fenêtres des voitures un paquet de cigarettes. Le geste était le même. C’est la mort qu’on propageait.

Le dégoût.

Il ne voyait pas d’issue et sentait combien ses réflexions le conduisaient à une impasse. Si les animaux vivaient dans la peur permanente, la planète elle-même ressentait-elle cette angoisse ? Représentions-nous désormais le mal absolu ?

Sa simple présence éveillait dans les arbres des frissons inquiets et les gens incrédules mettaient cela sur le compte du vent. Un pigeon passa devant lui. Son vol était puissant et rapide. Était-ce une fuite, la recherche désespérée d’un dernier refuge ? On trouvait jusque dans les mers australes des traces de dérivés chimiques. Où pouvait-il aller ? Les feuilles des arbres, autour de lui, le regardaient avec des yeux terrifiés, des hordes d’insectes affolés fuyaient devant ses pas aveugles, les nuages empoisonnés pleuraient des larmes acides.

Les hommes avaient propagé la mort. Ils étaient son plus fidèle allié. L’humanité comme l’étendard de la grande faucheuse.

Le dégoût.

La violence du dégoût.

Il se leva et prit le chemin du retour. Un court instant, des désirs de suicide. Il en gardait sur les lèvres un goût sucré, presque bon, l’anéantissement salvateur de la culpabilité et l’impression d’un geste enfin à soi.

Il ne devait pas rester seul. Il en mourrait. C’était certain.

Tête baissée, il parcourut les bois, la mort aux trousses et c’est ce sentiment effroyable de la fin à venir que les hommes étouffaient sous des agitations frénétiques. Ne pas savoir, ne pas écouter ni sentir. Rien. Vivre dans l’aveuglement, juste pour se supporter. Nous étions la mort et nous le savions. Mais nous maintenions avec obstination l’interdiction de le dire.

Il finit par courir espérant que la violence de l’effort empêcherait toute intrusion raisonnée.

Arrêter de penser et ne penser qu’à cela.

C’était donc cela le rôle du sport. Juste le complice d’une dictature complexe. L’opium du peuple, un de plus.

Ne pas penser. Courir. Etouffer le dégoût sous des épuisements musculaires.

« Arrête de penser ! » cria-t-il dans le silence craintif des bois. Des sanglots échappés bloquaient ses souffles dans la gorge serrée.

« Arrête de penser, gémit-il, arrête. »

A l’orée d’une clairière, il se figea. Il ne se souvenait pas de cet espace dégagé. Il regarda autour de lui et ne reconnut rien. Au premier instant, il se dit qu’il était perdu mais l’absurdité de cette conclusion le frappa. Parmi les hommes, il était perdu. C’est ici qu’il était quelque part mais il n’y trouvait pas les repères inculqués et se sentait totalement égaré.

Avant de s’effondrer, il fonça, droit devant.

Ce n’est pas le temps qui s’égrena mais la répétition mécanique de ses foulées, la force de ses respirations, l’usure de ses muscles, le choc dans son crâne des pas retombés, les crachats de salive qui suintaient aux coins des lèvres et les larmes salées qui coulaient de son corps comme un pus honteux.

Honteux.

C’est ainsi qu’il déboucha sur une route. Il reconnut l’accès au lac. Il était descendu trop bas. Il remonta le ruban goudronné sans diminuer la longueur de ses foulées, comme poursuivi par l’horreur du monde humain et il songea à ces milliards de kilomètres balafrant la planète, cicatrices sans cesse entretenues, élargies, renforcées, reliées entre elles par des réseaux de plus en plus étendus. Il crut devenir fou et comprit qu’il découvrait la vraie raison. Les fous, de leurs côtés, traçaient de nouvelles routes pour rejoindre plus rapidement leurs semblables.

Le parking, le fourgon. Il courut encore, s’engouffra, ferma la porte et sauta fébrilement sur la boîte de cannabis. Anesthésier les flots de pensées sous des brouillards parfumés, étouffer fébrilement des consciences insupportables."

Marine, Rémi, Léo

Par Le 18/06/2018

 

Marine, Rémi, Léo

Ces derniers jours, nous avons rejoint notre fille dans son espace de vie.

Au fond des bois.

En autonomie la plus grande possible.

L'endroit a été utilisé, par des gens morts depuis bien longtemps, une vie forestière construite sur l'exploitation des châtaigneraies et de multiples terrasses de cultures. 

Tout a été abandonné par les générations qui ont succombé à l'attrait des villes, au confort, à la vie moderne. 

Des décennies pendant lesquelles, la nature a réinvesti la place dans l'euphorie de sa puissance.

Les ronces, les aulnes, les vernes, les buissons, les murs effondrés, les terrasses recouvertes, les sources embourbées, les chemins disparus, effacés, comme n'ayant jamais existés...

Tout était à reconstruire. 

Un an qu'elle y accorde toutes ses forces.

Le travail accompli est considérable.

Des murs rebâtis, pierre par pierre, des escaliers soutenus par des piquets enfoncés à coups de masse dans un sol rocheux, des terrasses dégagées de toutes les broussailles, à la machette et à la hache, des plantes qui revivent et la nourrissent, le silence des lieux emplis par ses efforts, une douche solaire, des jerricans de vingt litres qu'il faut remplir et hisser en haut des escaliers, une piste qu'il faut entretenir, les pluies cévenoles qui ravinent les sols et obligent à reprendre la pioche et la pelle, le bois qu'il faut tronçonner, fendre, ranger et porter jusqu'à la cuisinière à bois, installée à la force des bras... 

Et ça n'est que du bonheur.

Parce que chaque travail achevé ne l'est que par sa volonté.

Nous ne sommes que des aides partielles. C'est elle qui mène son chantier.

Aujourd'hui, l'eau d'une source remplit les bouteilles, un panneau solaire lui donne l'électricité suffisante pour éclairer son abri, des terrasses aménagées et cultivées lui assurent son alimentation. 

Aucune dépense inutile. Le strict nécessaire. Le travail de la terre, des journées sur le rythme du soleil ou de la pluie, de la nuit, du jour, de la pleine lune, l'écoute attentive de la nature, la solitude volontaire, la simplicité comme fil conducteur. 

Nathalie et moi, nous l'admirons pour la force de ses convictions, nous l'aimons pour la détermination de ses actes, nous sommes fiers de l'énergie de son travail. 

C'est elle qui a raison. 

Elle est un élément d'une aube nouvelle, une autre humanité, une autre voie.

Le retour à la Terre.

 

Ses deux jeunes frères ont opté pour les études secondaires, Master et Doctorat. L'écologie comme fil conducteur.

Nous les admirons pour leur détermination à aller au bout de leurs projets, à apprendre, encore et encore, dans des cadres scolaires bien souvent rigides et absurdes dans leurs fonctionnements, leur rigidité ou leurs contradictions, la bêtise administrative et l'incompétence crasse de certains professeurs. 

Mais ils tiennent tête et n'abandonnent pas. 

Tous les trois formés à l'école de la montagne. Le marcheur n'abandonne pas à la première pente raide. Il fixe le sommet et nourrit ses forces de la puissance de ses rêves.

Marine, Rémi et Léo.

Tout notre amour pour eux. 

 

 

 

 

Nous sommes des terroristes

Par Le 18/06/2018

Le terrorisme que nous connaissons a des effets dramatiques. Il serait monstrueux de le nier. 

C'est un terrorisme événementiel et limité à certaines zones géographiques. 

Les victimes doivent être pleurées et des solutions doivent être trouvées. 

Ceci étant précisé, il convient d'observer ce qu'il en est de ce terrorisme planétaire qui concerne la vie elle-même. 

Imaginons la prise de paroles de toutes ces espèces disparues et de celles qui vont disparaître sous le feu dévastateur de l'activité humaine. 

Nous sommes bel et bien à leurs yeux des terroristes qui agissons dans une folie incontrôlable, pour des raisons qui dépassent l'entendement lui-même. 

Nous dévastons pour maintenir un confort de vie que nous ne voulons plus perdre même si le maintien de ce confort induit l'effacement de millions d'êtres vivants. 

Jusqu'à porter atteinte à la planète elle-même.

Le terrorisme islamiste a des raisons innommables, immondes, totalement abjectes. Le premier qui contredit cela ne fait même plus partie à mes yeux du genre humain.

Mais que pensent de nous les animaux, les arbres, les océans, l'atmosphère, si tant est que nous leur accordions une forme de pensées ?

Peuvent-elles, toutes ces victimes, nous accorder le droit de notre folie ?

Non, assûrément.

Nous ne sommes à leurs yeux qu'un groupe humain qui les terrorise. Mais nous n'entendons pas leurs pleurs parce que nous n'écoutons pas. Le bruit humain assourdit nos coeurs et occupent nos cerveaux.  Du haut de notre piédestal mortuaire, nous ignorons le massacre.

Le terrorisme islamiste cache un terrorisme de masse dont nous sommes les acteurs. 

Les crises économiques cachent une crise environnementale majeure.

les crises sociales cachent une détresse animale et végétale qui nous échappent.

Nous sommes les raisons cachées de toutes ces crises.

Nous sommes l'économie, nous sommes le social, nous sommes les guerres, nous sommes la haine, le rejet, la peur, la colère, la soif de pouvoir, le culte de la richesse, du confort, du plaisir, de la jouissance des biens et tout cela n'est que l'excroissance de notre incapacité à aimer la vie.

Le monde moderne est notre miroir intérieur.

Il viendra un jour où la glace se brisera et nous verrons alors le vide sidéral de notre inconscience.

Il n'est plus temps de pleurer le massacre des poissons, la dévastation des forêts, l'empoisonnement de l'eau, la souffrance animale, la mort des sols, la pollution de l'air... Le constat est établi, les conclusions sont visibles et accessibles à tous ceux qui prennent la peine de plonger dans ce gouffre sombre de l'humain. Il n'est plus temps de pleurer, de s'apitoyer, de critiquer les "coupables"... Nous sommes tous coupables, à plus ou moins grande échelle. Et moi aussi.

Le temps est venu de changer.

Radicalement.

Et si cela n'est pas entendu, il viendra alors le temps de la dévastation de l'humanité.

Certains parleront de catastrophisme exagéré, d'autres opteront pour un optimisme forcené. 

Peu m'importe de savoir qui a raison. 

Lorsqu'il y a une décision à prendre, il ne s'agit pas d'écouter tous les avis contradictoires mais d'agir en conscience. Avec sa conscience. Il ne s'agit pas d'hégémonie intellectuelle et du concours de celui qui pisse le plus loin...Il ne s'agit pas d'ego et de combats d'idées. Il ne s'agit pas de se faire connaître par des prédictions apocalyptiques mais juste de se projeter plus loin que la fin du mois et des prochaines vacances d'été...

Le temps de l'insouciance est révolu.

  

 

Altitude news : le trail

Par Le 17/06/2018

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Le trail : attention et concentration

La spécificité du terrain montagnard est qu’il implique une lecture du sol particulièrement vive, précise, détaillée et par conséquent une anticipation du pas à venir tout autant que la justesse du pas en cours. Le regard alterne par conséquent dans d’incessants allers-retours qui ne sont même pas conscients. C’est une mécanique indispensable et l’esprit s’y attelle avec une attention constante. Qui peut se révéler épuisante. La lassitude de l’attention et de la concentration. Deux aspects différents du travail de l’esprit durant un trail.

L’attention est un phénomène qui permet à l’individu de saisir l’ensemble des données visuelles de son environnement : cailloux sur le chemin, rigoles, boue, ruisseau, fossé, racines, blocs, graviers, herbes mouillées, de lire la pente, sa raideur, sa longueur, ses différentes inclinaisons…

La concentration est un phénomène qui instaure un regard intérieur : la gestion de l’effort, les sensations musculaires, le souffle, la longueur de la foulée, la poussée des bras, la décontraction des épaules, de la nuque, la maîtrise du potentiel énergétique, sans gaspillage, avec lucidité.

La lucidité est donc un élément capital et il existe dans l’impossibilité de relâcher cet effort un épuisement cérébral qui peut se révéler redoutablement destructeur. C’est parfois le mental qui lâchera avant le corporel.

Qu’en est-il des paysages traversés ?

Qu’en est-il de l’amour porté à la montagne ? La réponse est évidente au regard de la difficulté de l’épreuve. Quelqu’un qui n’aimerait pas la montagne ne ferait pas de trail. Ceux et celles qui courent là-haut l’expérimentent simplement d’une autre façon que le randonneur. Là encore, il n’est pas question d’établir une hiérarchie. C’est être en montagne qui nous rend heureux. Peu importe si c’est en marchant, en courant, en vélo, à skis, en raquettes…

Il est évident en tout cas que cette pratique a pris une ampleur importante et j’ai vu apparaître des coureurs dans des secteurs de montagne quelque peu délaissés depuis une bonne dizaine d’années. Depuis que nous habitons dans le Val Gelon, nous avons vu des chemins quasiment s’effacer sous la végétation par disparition progressive des marcheurs. D’autres secteurs restent plus visités bien entendu mais la fréquentation de la montagne est, il me semble, dans une dynamique baissière notamment les vallées méconnues ou les secteurs trop sauvages pour les touristes lambda : versant Grésivaudan de la Chartreuse, vallée du Pleynet, Ferrrière, Gleysin, Fond de France, Lauzière, Bauges, Maurienne… Il nous est arrivé de sortir sans croiser âme qui vive de la journée et même pendant les week-ends ou les vacances scolaires. Dix personnes sur une journée de marche en Chartreuse, c’est parfois exceptionnel.

La mode du trail a changé la donne

Des coureurs en tenue colorée arpentent les chemins les plus ardus, le sourire aux lèvres et le pas vif. Et c’est un grand bonheur de les voir courir. Bien évidemment, les ultra trail médiatiques et quelques personnalités charismatiques ont contribué à cet essor mais l’amélioration considérable du matériel tient aussi une part indéniable dans cette évolution.

Courir une heure sur un sentier balcon ou courir une heure dans la pente qui mène au col de Morétan…

Quelques-uns réalisent le premier et sont très heureux. Très peu réalisent le second et ils sont très heureux aussi. C’est la magie de la montagne : elle rend heureux tous ceux qui y viennent puisque tous trouvent à leur échelle de quoi satisfaire leurs désirs d’efforts.

Le trail a donc ranimé le milieu montagnard. À son époque, le VTT a eu, lui aussi, un impact considérable sur la fréquentation de la montagne. Et je me demande d’ailleurs s’il ne s’effectue pas un basculement d’une partie de cette catégorie de sportifs vers le trail. De moins en moins de VTT en altitude et de plus en plus de coureurs.

C’est un séjour dans le Dévoluy qui m’a amené à penser ça. Des coureurs à l’Obiou et au Grand Ferrand, au pic de Bure, à la tête d’Oriol ou au col de Rabou, il y en avait ! Mais des cyclistes à VTT, je n’en ai vus que rarement et uniquement sur les pistes des stations de ski. Même phénomène dans le massif de Belledonne. Il est vrai que les sentiers se prêtent davantage à la course à pied et le trailer a cet avantage de passer partout.

Voilà l’essence même de la montagne. Aller puiser en soi l’énergie nécessaire et se réjouir des beautés de ce monde à part. Le trail, au regard des distances parcourues, donne à ces deux paramètres toute leur étendue.

Illustration © Trail Runner Indonesia

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