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Magie de la montagne

Par Le 08/09/2018

 

Montée à la selle du Puy gris, chaîne de Belledonne, 1700 mètres de dénivelée en passant par le lac blanc, le lac noir et le lac gelé. Au lac gelé flottait un long bloc de glace et les reflets, les couleurs, les formes, les lumières m'ont ébloui...Je n'arrivais plus à partir et je photographiais à tout-va :) J'ai rejoint Nathalie qui avait entamé la montée du dernier mur, raide, raide, raide et après la pause au sommet, j'ai ressorti l'appareil à la descente...Le bloc de glace avait dérivé avec le vent et les reflets sur l'eau avaient changé. Magique...

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Le lac blanc

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le lac noir

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Le lac gelé

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Vue sur le col et le mur final...Raide.

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Le lac gelé en bas.

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Argent liquide liquidé...

Par Le 05/09/2018

On le sait depuis un moment et les choses s'accélèrent. Que le brexit soit passé par là ne change rien au problème. Les banques n'ont pas de frontières réelles. 

Alors, bien évidemment, dans mon esprit tordu, j'essaie de voir les conséquences possibles.

Comme il est dit en fin d'article, qu'en sera-t-il en cas de bug informatique ou de black out ? Gardez des pièces, on ne sait jamais...

 


A Londres, le début de la fin de l'argent liquide

AFP 05/09/2018 à 13:06

La chanteuse de rue Charlotte Campbell utilise un lecteur de carte bancaire sans contact pour récolter des dons, au pied du London Eye (grande roue) à Londres le 1er septembre 2018 ( AFP / Daniel LEAL-OLIVAS )

La chanteuse de rue Charlotte Campbell utilise un lecteur de carte bancaire sans contact pour récolter des dons, au pied du London Eye (grande roue) à Londres le 1er septembre 2018 ( AFP / Daniel LEAL-OLIVAS )

Pendant des siècles, les artistes et vendeurs de rue ont pu compter à Londres sur la menue monnaie amassée auprès des passants pour vivre. Mais avec la disparition progressive de l'usage de l'argent liquide dans la capitale britannique, la nécessité de s'adapter s'impose.

C'est ce qu'a rapidement compris la chanteuse Charlotte Campbell, l'une des premières à adopter un lecteur de carte bancaire sans contact pour faire rémunérer ses prestations à l'ombre du London Eye, surnom donné à la grande roue posée sur la rive sud de la Tamise.

"Les gens ont pris l'habitude de tout payer par carte", dit la jeune femme de 28 ans à l'AFP, une couronne de fleurs artificielles posée sur ses cheveux blonds. Or "si les gens n'ont plus de monnaie, l'art de rue risque de disparaître", ajoute-t-elle en cet après-midi de fin d'été.

Désormais, 5 à 10% de ses revenus ne proviennent plus de pièces de monnaie jetées dans sa housse de guitare mais de paiements effectués sur le petit lecteur portable de cartes, qu'elle a programmé pour débiter 2 livres (2,22 euros).

- A l'Eglise aussi -

Le lecteur de carte sans contact de la chanteuse britannique de rue Charlotte Campbell, à Londres le 1er septembre 2008 ( AFP / Daniel LEAL-OLIVAS )

Le lecteur de carte sans contact de la chanteuse britannique de rue Charlotte Campbell, à Londres le 1er septembre 2008 ( AFP / Daniel LEAL-OLIVAS )

Les chiffres du gouvernement lui donnent raison. Selon un rapport du Trésor publié cette année, la part des paiements en liquide au Royaume-Uni est tombée de 62% en 2006 à 40% en 2016. Une proportion qui devrait chuter à 21% en 2026, pronostique le document. Le ministère encourage le mouvement en interdisant depuis janvier aux commerçants de faire payer des frais pour l'utilisation de cartes de paiement.

Autre signe que la disparition des pièces et billets de banque est en route dans la capitale britannique, un certain nombre d'adresses pour déjeuner dans la City, l'épicentre de la finance du pays, ne les acceptent plus.

Quant aux vendeurs du magazine The Big Issue, dont les recettes sont destinées à aider les personnes pauvres ou sans-abri, ils ont aussi adopté des lecteurs de cartes sans contact pour faire face à l'absence de monnaie des passants.

A l'église Christ Church East Greenwich, dans le sud-est de Londres, on utilise encore une corbeille pour la quête du dimanche, mais depuis l'an dernier, la révérende Margaret Cave a aussi déployé un lecteur sans contact.

"Les montants sont crédités de manière sûre sur votre compte bancaire, personne ne peut s'en emparer, donc c'est mieux que l'argent liquide de ce point de vue", estime-t-elle.

- "Guerre contre le cash" -

Le phénomène n'a cependant pas l'heur de plaire à tous.

"Une société sans liquide pose des problèmes de trois ordres", juge ainsi l'expert financier Brett Scott, auteur d'un guide sur la finance mondiale: "Celui de la surveillance - on sait ce que vous faites; celui de l'exclusion financière - vous pouvez être exclu du système; et la question de la cybersécurité", énumère-t-il.

Les dons affluent encore en pièces de monnaie pour les artistes de rue, mais aussi dorénavant par lecteur de carte sans contact. A Londres le 1er septembre 2018 ( AFP / Daniel LEAL-OLIVAS )

Les dons affluent encore en pièces de monnaie pour les artistes de rue, mais aussi dorénavant par lecteur de carte sans contact. A Londres le 1er septembre 2018 ( AFP / Daniel LEAL-OLIVAS )

Selon lui, banques, sociétés de service de paiement, gouvernement et entreprises de technologie financière sont engagés depuis deux décennies dans "une guerre froide contre le cash", essayant de convaincre le public que pièces et billets constituent un inconvénient.

"On peut envisager ça un peu comme une gentrification du paiement", estime l'analyste. "On essaie de pousser toute forme d'activité informelle ou non institutionnelle dans un enclos numérique que l'on peut surveiller et utilisable par de grandes institutions".

Les sans-abri, les réfugiés et ceux qui ont du mal à obtenir l'ouverture d'un compte bancaire pourraient être exclus de cette nouvelle économie, met-il en garde.

L'histoire récente semble donner raison aux pourfendeurs d'une trop grande confiance placée dans les technologies de paiement par carte: au mois de juin, quelque 5,2 millions de transactions par carte Visa - dont 2,4 millions rien qu'au Royaume-Uni - avaient été bloquées pendant plusieurs heures, laissant commerçants et consommateurs bien dépourvus.

Message de l'Intelligence artificielle

Par Le 04/09/2018

Je sais ce que j'écrirai quand j'aurai terminé la trilogie en cours. A moins qu'elle ne devienne une quadrilogie...

Trouver la paix en soi

Par Le 04/09/2018

Première séance d'écoute musicale en classe.

J'ai beaucoup parlé ces deux premiers jours.

Sur l'attention, la concentration, les pensées, les émotions, la paix, la conscience, l'esprit, le mental, le calme, la vie en soi, l'amour.

Il était temps de les amener à chercher en eux...

 

« Rien sur la table, aucun objet, enlevez vos montres ceux ou celles qui en ont une. Vous pouvez garder les yeux ouverts mais vous les laissez dans le flou, sans rien fixer, sans rien identifier, juste ouverts sur rien de précis, comme si vous étiez dans le brouillard. Ou vous fermez les yeux. Vous pouvez croiser les bras sur la table et y poser la tête.

La seule chose qui importe, c’est que vous ne fassiez rien et que vous le fassiez bien. Rien, ça signifie aussi de laisser les pensées aller et venir, sans chercher volontairement à les saisir et à les développer. Vous allez inévitablement avoir des pensées mais ne faites rien avec elles. Laissez-les passer.

Il arrivera même peut-être à un instant que vous réalisiez que vous ne pensiez à rien mais à ce moment-là, il s’agira de la pensée qui vous dit que vous ne pensiez à rien.

C’est très bien. Laissez cette pensée partir comme les autres.

Vous écoutez, c’est tout, c’est la seule chose sur laquelle vous devez être attentifs. Souvenez-vous de mes explications. Etre attentif, c’est percevoir le monde extérieur. Etre concentré, c’est se retirer du monde extérieur et percevoir le monde intérieur.

Pour entendre la musique, vous devez être attentifs à elle, uniquement à elle puis lorsque la musique vous aura totalement investie, qu’il n’y aura plus qu’elle en vous, qu’il n’y aura qu’elle qui agira sur votre conscience et que les pensées s’apaiseront, doucement, lentement, alors vous sentirez la présence de votre conscience en vous, non pas une conscience vers le monde extérieur mais une conscience de la vie en vous.

Votre respiration, les mouvements de votre cage thoracique, la chaleur, les points de contact de votre tête sur vos bras, de vos fesses sur la chaise, de votre dos contre le dossier.

Ne faites rien d’autre que de regarder tout ça depuis l’intérieur.

Peut-être que vous aurez envie de bouger un peu, faites-le, sans bruit, puis recommencez à observer le calme.

Ne faites rien d’autre.

Puis, peut-être qu’à un moment, vous ne ferez plus rien. Rien du tout. Peut-être que vous n’entendrez plus vraiment la musique, peut-être qu’elle ne sera plus que des sons lointains, peut-être que vous n’aurez plus aucune pensée, peut-être que vous commencerez à vous enfoncer dans une sorte de sommeil.

Laissez faire. Imaginez juste une dernière chose.

La vie en vous est heureuse de cette paix intérieure.

Mais n’attendez rien de tout ça, ne vous demandez pas si ça va arriver, ne cherchez pas la paix. Si vous la cherchez avec vos pensées, vous ne la trouverez pas.

Elle est déjà là. Elle n’a pas besoin de vos pensées. Elle a besoin de votre amour pour elle. Remerciez-là, enlacez-là, serrez-là contre votre coeur mais pas avec vos pensées...Avec votre amour.

Si vous ne comprenez pas encore tout ce que je dis, si vous ne ressentez pas cette paix et cet amour, ne vous inquiétez pas. Cela aussi, ça s'apprend et pour l'apprendre, il faut commencer par vider de votre conscience tout le bruit que le monde extérieur y a mis. L'amour de la vie s'entend dans le silence intérieur.

Ecoutez."

 

 

Jour de rentrée

Par Le 02/09/2018

Voilà le programme de la matinée, en sachant que toutes les réponses seront reprises et développées dans les jours prochains et au fil du temps.

Jour de rentrée

 

Pourquoi êtes-vous là ?

  1. Je suis obligé
  2. J’ai envie.

 

Quels mots utiliseriez-vous pour décrire votre état intérieur aujourd’hui :

joie, plaisir, tristesse, colère, curiosité, impatience, bonheur, malheur, inquiétude, peur, angoisse, confiance, sérénité, injustice

(Vous pouvez en ajouter)

Entourez le chiffre qui correspond à vos pensées.

  1. Plutôt que de venir à l’école, je préférerais disposer de mon temps et faire ce que je veux.
  2. J’aime bien apprendre en classe.
  3. J’aime bien apprendre tout seul quand j’ai envie.
  4. Je n’essaie pas d’apprendre quelque chose quand je ne suis pas à l’école.
  5. Je m’ennuie parfois quand personne ne s’occupe de moi.
  6. J’ai des camarades à l’école.
  7. J’aime bien rencontrer de nouvelles personnes.
  8. J’aime bien rester tout seul, tranquille.
  9. J’ai envie d’apprendre de nouvelles choses.

 

Pour la réponse 1 du début, dites ce que vous feriez de votre temps si vous ne veniez pas à l’école.

Pour la réponse 2 du début, dites quelles sont les trois raisons principales de votre envie d’être à l’école.

Si vous avez répondu que vous préféreriez ne pas venir à l’école, étant donné que vous êtes quand même obligés d’être là, que comptez-vous faire chaque jour de classe ?

Si vous avez répondu que vous avez envie d’être là, que ferez-vous lorsqu’une matière scolaire ne vous plaît pas autant que d’autres ?

Maintenant, je vais donner mon point de vue :

  • Je n’ai pas envie d’être là.
  • Je préfère utiliser mon temps comme j’en ai envie.
  • J’aime apprendre ce que je veux, ce qui m’intéresse et pas ce qu’on m’oblige à apprendre.
  • J’aime écrire, faire du sport, lire, m’occuper de mon potager, bricoler, voyager ou ne rien faire. Je ne m’ennuie jamais.
  • Je préfère rencontrer uniquement les gens que j’aime ou personne.

Maintenant, comme je suis obligé d’être là, il ne servirait à rien que ça me mette en colère ou que je sois triste. Je choisis donc de me concentrer sur les choses qui me plaisent pour que mes journées soient les plus intéressantes possibles.

Je suis heureux d’apprendre de nouvelles choses à mes élèves et de leur montrer que la connaissance est un élément indispensable de la vie. C’est le plus important pour moi et ça suffit à mon bonheur d’être là.

Trail de l'échappée belle

Par Le 02/09/2018

 

Léo, le benjamin de la famille, fait partie des 30 et quelques % de "finishers" de l'ultra trail de "l'échappée belle", c'est à dire la traversée de la chaîne de Belledonne de Vizille à Aiguebelle : 144 km et plus de 11 000 mètres de dénivelée. L'an passé, il avait dû abandonner à 30 km de l'arrivée avec un genou bloqué mais là, malgré la pluie, le froid et le vent, les chevilles et les mollets tétanisés, il est allé au bout...

Départ de Vizille vendredi à 6 h du matin et il a fini cette nuit à 4 h. Les dernières heures ont été très, très éprouvantes au point que la ligne semblait inatteignable et que chaque pas est un pas de trop.

Nathalie a géré la partie : encouragements, conseils, vêtements, biscuits énergétiques maison, thé, café, sur tous les ravitaillements et les massages des jambes de Léo, allongé dans le coffre de la voiture. 

J'ai accompagné Léo sur la dernière partie et vraiment, vraiment, vraiment c'est absolument énorme, physiquement et psychologiquement... Là, il faut aller chercher les ressources les plus profondes, celles dont on ne sait même pas qu'elles existent...Immensément heureux et ému d'avoir vécu les 30 derniers kilomètres avec lui et de pouvoir le prendre dans mes bras après qu'il ait secoué la fameuse cloche de Belledonne que tous les participants rêvent d'atteindre...

Un ami me demandait :

"Ne devrait-il pas y avoir une limite qui s'appellerait la raison ?

- La raison, c'est de vouloir connaître intégralement ce qui est en soi. La déraison, c'est de penser que tout est connu. D'autre part, est-il raisonnable de voir autant de gens détruits par leur situation professionnelle, physiquement et psychologiquement, sans que RIEN, absolument rien de positif n'en soit retiré ? Ou de voir autant de gens détruits par une suralimentation sans que RIEN de positif n'en soit retiré ? ... Il y a beaucoup de situations dans ce monde "moderne" qui relèvent de la destruction, sans qu'aucune lucidité ne soit développée, aucun effet positif, aucun éveil, aucune connaissance profonde de l'être, juste un cadre "carcéral existentiel", des conditionnements, des "abandons", des désespérances qui finissent par être chroniques... Dans l'effort physique, volontaire, et qui suit un énorme entraînement personnel, physique et psychologique, (Léo s'est préparé pendant des mois) la décision est un choix délibéré et elle est assumée parce qu'elle engendre une exploration de soi qui dépasse le cadre "normal" de l'existence et ce qui est découvert est difficilement transmissible. On rejoint la problématique de l'alpinisme par exemple et de la fameuse expression de Lionel Terray : "les conquérants de l'inutile." C'est considéré comme "inutile" parce que ça n'a pas de valeur marchande (hors cadre professionnel sponsorisé) , parce que c'est totalement "déraisonnable" aux yeux de tous. Mais il faut regarder le regard de ceux et celles qui le vivent pour avoir une idée, une toute petite idée de ce que ça génère...Les yeux de Léo, cette nuit, malgré son extrême fatigue... je sais un peu ce qu'est cette "lumière"... J'ai passé un sacré paquet d'années à essayer de traduire ça dans mes romans. Maintenant, il prendra le temps nécessaire à sa récupération, il en retirera les "leçons" et il s'améliorera encore puis il trouvera un autre objectif, un palier supplémentaire, pour aller chercher ce qui n'est pas encore extrait et au final, c'est ce que fait l'humanité depuis son premier jour : aller voir plus loin, apprendre, découvrir, en retirer les enseignements, se connaître, partager, aimer la vie en soi, jusqu'à plus soif et pourtant, voir jaillir un jour le désir irrépressible de boire encore cette liqueur sublime, "l’élixir de vie"."

Première nuit, Léo, accompagné par un ami. Plusieurs camarades montagnards se sont partagés les tronçons pour que Léo soit toujours accompagné. J'ai pris la dernière partie, là où il avait dû abandonner l'an passé.

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C'est très particulier la marche en montagne de nuit, une ambiance très forte, une concentration totale sur soi et le pas à faire, rien d'autre n'est visible et c'est un retournement intérieur indéfinissable...

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Une dernière pour la route

Par Le 30/08/2018

J'en ai lu un paquet de chroniques sur Nicolas Hulot. J'y vois beaucoup plus clair désormais.

Celle-là me plaît beaucoup.

Tout est dit. Son admiration pour Macron et Philippe et le mal, effectivement, que sa présence au gouvernement a induit sur les mouvements écologiques, une caution morale et politique qui a eu des effets destructeurs.

Peut-être qu'un jour, Hulot s'expliquera.

Un problème qui, bien avant d'être politique, est un problème planétaire.

Une dernière pour la route et la route va être longue.

 

"Nicolas, merci d’avoir enfin craqué"

 

 Nicolas Hulot, le 18 juin 2018 à l'Elysée. ( CHAMUSSY/SIPA)

Lettre ouverte de Claire Nouvian, chroniqueuse à "l'Obs", présidente de l'association Bloom, et prix Goldman de l'environnement, à Nicolas Hulot.

Par 

Cher Nicolas,

Merci de t'être libéré, et de nous avoir libérés par la même occasion, d'un mensonge indigne de toi et des Français.

Cela fait plus d'un an que nous assistons avec désarroi, impuissance et inquiétude, à la mise en scène d'une politique qui tente de masquer, derrière des discours, sa vraie nature libérale et hypercapitaliste, profondément incompatible avec les décisions de long terme qu'impose l'impératif de survie de la biosphère.

Ces discours n'ont pas un seul instant dupé les experts, qu'il s'agisse des scientifiques ou des associations luttant contre la destruction des normes sociales, humanitaires, climatiques ou environnementales…

Emmanuel Macron se prend peut-être pour Jupiter mais il n'est pas sorti de sa cuisse !

Il avait d'ailleurs déjà imprimé sa marque lors de son passage au ministère de l'économie dans le gouvernement Hollande :

  • il s'était prononcé en faveur de l'extraction d'or en Guyane par un conglomérat russo-canadien
  • il avait signé le décret d'extraction des sables en baie de Lannion (à proximité de zones protégées Natura 2000)
  • il avait donné un avis défavorable à la publication en toute transparence des subventions publiques versées au secteur de la pêche (et majoritairement accaparées par les lobbies de la pêche industrielle)
  • il avait montré sa proximité avec les lobbies au moment de sa "loi Macron"
  • il soutenait déjà les traités de libre-échange qui facilitent l'emprise des multinationales sur nos vies et soumettent nos juridictions nationales ou européennes à leur joug.

Alors, Nicolas, ma question, c'est : sur quelles bases as-tu pu croire qu'Emmanuel Macron mènerait une politique favorable à l'environnement ? Qu'est-ce qui a présidé à ton choix d'offrir ta crédibilité à ce gouvernement, plutôt qu'à un autre, en dépit du fait que le candidat Macron avait soigneusement évité de prendre des engagements concrets et ambitieux sur la transition écologique ?  

Les présidents successifs depuis Chirac t'auraient décroché la Lune pour te compter dans leur gouvernement, mais c'est au moins-disant d'entre eux, en matière d'écologie, que tu as fait le cadeau de ton nom et de ce qu'il porte de sincérité et de constance pour la protection du vivant, des écosystèmes, du climat et des victimes de nos dérèglements…

Dans le milieu de la protection de l'environnement, des droits de l'homme, des associations de lutte contre la corruption et l'évasion fiscale, le ruissellement de mauvaises nouvelles qui a suivi l'élection d'Emmanuel Macron n'a rien de surprenant. C'est au contraire en toute cohérence avec son credo néolibéral que ce gouvernement agit.

Tes révélations sur la présence du lobbyiste des chasseurs, Thierry Coste, dans les premiers cercles du pouvoir, ont permis de déchirer le voile de ce que nous, écologistes aux prises avec ces lobbies, savons et dénonçons depuis les tout débuts de ce gouvernement :

avec Macron, les lobbies ont changé d'ère. Ils ne font plus le siège du pouvoir. Ils SONT au pouvoir.

Lorsque l'on désigne l'ancien chef des relations publiques d'Areva au poste de Premier ministre, il ne faut pas s'étonner du renoncement du gouvernement aux engagements de la transition énergétique sur le nucléaire. Lorsque l'on confie le ministère de l'Agriculture à un proche de la FNSEA, après avoir pensé le confier directement à sa présidente, on récolte ce que l'on a semé : la fin des aides à l'agriculture bio, des états généraux de l'alimentation transformés en mascarade de consultation citoyenne, pilotés par les lobbies et dont le gouvernement a largement ignoré les résultats.

Pendant ce temps, un tiers de nos agriculteurs tente de survivre avec un revenu de 350 euros par mois. Face à cette précarité inhumaine, à un avenir bouché, sans espoir, un agriculteur se suicide tous les deux jours.

Qu'Emmanuel Macron n'ait pas tout mis en œuvre pour tenir sa promesse d'assurer un "juste prix" aux paysans pour qu'ils puissent "vivre dignement" de leur travail, est d'une brutalité insoutenable.

Voilà le visage sans fard du capitalisme débridé qui a perdu la mesure des choses, qui œuvre dans une seule logique de profit mangeuse d'hommes et du vivant. Quand 15.000 scientifiques avertissent l'humanité que "de grandes misères humaines" nous attendent si nous ne changeons pas radicalement notre gestion de la Terre et de la vie, quand les insectes ne maculent plus nos pare-brises l'été parce qu'ils ont disparu de nos campagnes, quand les chalutiers industriels s'équipent d'électrodes pour déloger les derniers poissons, c'est le signe que nous sommes en guerre contre la nature. Et tu le sais mieux que personne. Tu sais que ce n'est pas une politique du compromis du plus faible, une politique d'ajustements à la marge qui peut nous éviter le décrochage des écosystèmes et des humains avec eux.

Alors oui, on s'est questionnés sur tes motivations, tes objectifs… On est sans doute loin d'imaginer ce que ta présence a permis d'empêcher ou de limiter.

On attend de toi que tu rendes compte de cela avec sincérité, car te voir avaler autant de couleuvres était une souffrance pour nous.

Cela ne nous a pas aidés non plus. Ta présence au gouvernement lui a donné une caution, ta caution, et nous a fait passer pour des extrémistes. Critiquer l'action d'un homme apparemment aussi "raisonnable" que Macron a rangé les associations environnementales, les acteurs de la transformation agricole, les pêcheurs artisans broyés par les industriels, les défenseurs des droits de l'homme, tous ceux qui œuvrent pour une transition vers un monde plus juste et plus durable, dans la boîte des "radicaux".

Tu n'avais pas de "troupes" derrière toi, dis-tu. Mais en quoi est-ce surprenant ? Cela se négocie ! La politique, ce n'est rien d'autre qu'un rapport de force de chaque instant ! C'est se battre pour la composition de son ministère, ne pas accepter de se faire imposer les secrétaires d'Etat ou les membres du cabinet. C'est arracher avec les dents les arbitrages interministériels. C'est dénoncer les coups bas, l'immoralité de certaines décisions. C'est refuser le régime dictatorial de Macron envers la presse. C'est s'émanciper, mettre sous pression, aller chercher sa légitimité dans l'opinion publique. Sous prétexte d'éviter les couacs du quinquennat Hollande, Macron a réinventé les règles du jeu politique et porté des coups au cœur même de la démocratie. Dans un excès d'autoritarisme, il a jugulé les ministres et les députés dans une régression ahurissante de la liberté de parole.

Tu n'es pas assez teigne, Nicolas, tu as trop la culture du compromis pour tenir tête à un personnel politique dont l'égo, l'autorité et l'arrogance ont explosé avec l'accession au pouvoir.

Quand tu dis que tu as une immense admiration pour Emmanuel Macron et Edouard Philippe, de quoi parles-tu ? De leur charisme ? De leur capacité de travail ? De leur propension naturelle à mener les hommes ? Il faudra épiloguer Nicolas, car nous attendons que tu scindes les relations amicales qui peuvent te lier à ceux avec lesquels tu as interagi pendant des mois, du bilan sans concession de leurs actes.

Ce qui compte pour nous, ce qui devrait uniquement compter pour les Français, ce sont les faits, et il est désormais possible de juger sur pièces. La liste est longue, et sans la vouloir exhaustive, nous en avons dressé un début sur le site de BLOOM. Oublions les discours, jugeons les actes.

La République en Marche s'est empressée d'écrire à ses sympathisants et donateurs pour leur signifier que tout allait bien, que le bilan écologique du gouvernement était "à la hauteur des enjeux". Ils ne manquent pas de ressources pour dresser de tels écrans de fumée destinés à minimiser le séisme politique et idéologique que ton départ provoque. Mais j'ai espoir que les Français sauront tirer les conséquences électorales de ton acte et sanctionner un parti qui nous a trahis, qui a trahi ses militants les plus jeunes et les plus mobilisés en leur faisant croire que la marche du monde pouvait se poursuivre sur les mêmes modèles de pensée, de réussite, de production et de consommation, alors que c'est un mensonge qui met en péril les fondements mêmes de notre stabilité, de notre démocratie et que cela pourrait nous coûter notre liberté et notre avenir.

Nicolas, merci d'avoir enfin craqué. Merci d'avoir permis ce moment tant attendu de grande clarification avant les élections européennes. Désormais les choses sont aussi nettes que le vote d'un amendement : on adopte, on rejette, ou on s'abstient. Les Français ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas. S'ils choisissent la croyance plutôt que la connaissance, s'ils choisissent les discours enjoliveurs du gouvernement contre sa réalité brute, ils le feront en âme et conscience.

Claire Nouvian, fondatrice de Bloom

Cyril Dion : constat et avenir

Par Le 30/08/2018

Démission de Nicolas Hulot : pour Cyril Dion, “Il faut qu’on arrête d’être des enfants”

Emmanuel Macron et Nicolas Hulot le 20 juin 2018 lors d'une visite au Cap Frehel à Plevenon, France.

 

 

“Ne plus se mentir”, a lâché Nicolas Hulot en démissionnant de son poste de ministre de la Transition écologique. Le paysage politique se divise donc désormais entre ceux qui souhaiteront mettre l’écologie au centre de leur projet et ceux qui continueront de faire l’autruche. Cyril Dion, le réalisateur de “Demain”, réagit à cette annonce.

La démission de Nicolas Hulot, mardi 28 août, est un séisme dont on ne mesure pas encore tous les effets. Mais elle clarifie aussi les choses : dans un projet politique qui manifeste, au choix, son mépris ou sa totale incompréhension du drame écologique en cours, la défense de l’environnement n’est plus, aujourd’hui, incarnée par un ministre. Le fauteuil est vide. Comment ne pas se laisser gagner par l’angoisse du vide ? Cyril Dion, confondateur avec Pierre Rabhi du mouvement Colibris, et coréalisateur avec Mélanie Laurent du triomphal Demain(César du meilleur documentaire en 2016), publiait en mai un Petit Manuel de résistance contemporaine chez Actes Sud. Entretien.

Dans le Petit Manuel de résistance contemporaine,vous évoquez deux types d’engagement face à la tragédie environnementale : le démantèlement brutal de la société industrielle, notamment par le sabotage ; ou la mobilisation des citoyens, des entrepreneurs et des élus, pour transformer le système « de l’intérieur ». L’échec d’Hulot est-il celui de la méthode pacifiste et démocratique ?

En partie, oui. Mais je consacre plusieurs pages dans ce livre à l’idée que les responsables politiques que nous élisons ont en réalité très peu de pouvoir aujourd’hui pour transformer la société. Les lobbies et les multinationales, les grands pétroliers, les grandes banques ou les Gafa ont bien plus de pouvoir qu’eux pour influer sur la société. Ce que le lanceur d’alerte Edward Snowden appelle l’Etat profond, ces hauts fonctionnaires qui restent de gouvernements en gouvernements et orientent la politique de ces derniers en formatant des responsables parfois inexpérimentés (comme l’était Hulot), ce sont eux, bien souvent, qui tiennent le gouvernail.

Au-delà du pouvoir, il y a les intentions. Emmanuel Macron a-t-il eu, à un moment ou à un autre, le projet de donner une véritable importance à l’écologie ?

Il s’est intéressé au sujet, et comme il a une grande intelligence politique, il a vu combien aller chercher Nicolas Hulot serait un signe très fort dans son projet de dépasser les clivages. Mais depuis un an, on voit bien qu’il n’a jamais eu l’intention de transformer le cœur de sa politique pour donner une place importante à l’environnement. On ne peut pas à la fois demander à Bercy de relancer la croissance, au ministère de l’Agriculture de donner systématiquement ou presque raison à la FNSEA (qui continue de militer pour un modèle agricole résolument productiviste), signer des contrats de libre-échange… et en même temps demander au ministre de l’Ecologie de résoudre les problèmes que tous les autres ministères font naître pour la planète. Ce n’est pas sérieux. Le fond du problème est là. Comme écrivait Naomi Klein dans Tout peut changer, si on veut vraiment inverser le cours du changement climatique, il faut rompre avec le capitalisme tel qu’il existe aujourd’hui. Et Emmanuel Macron n’est pas prêt à le faire – pas plus que les dirigeants qui l’ont précédé.

“Il est urgent que le mouvement écologiste se structure pour prendre le pouvoir”

L’impossibilité de changer le système de l’intérieur, malgré l’urgence, signe-t-elle la mort de toute action pacifique pour la défense de l’environnement ?

Il existe une alternative à la violence. Je consacre la dernière partie de mon livre à une stratégie révolutionnaire non violente qui permettrait, à terme, à ceux qui mettent l’écologie au centre de leurs préoccupations de prendre le pouvoir. Le mouvement écologique souffre pour le moment d’un déficit d’organisation énorme. Pour défendre les intérêts économiques des grandes entreprises polluantes, un escadron de personnes très bien organisées suffit. Elles savent d’ailleurs très bien ce qu’elles font, ces entreprises (le contenu de scénarios développés en interne sur le réchauffement climatique, chez BP et Shell, a fuité) : elles tablent sur un accroissement de 5 degrés d’ici à 2050, dont on sait qu’il serait tragique. Elles ne sont donc pas du tout dans le déni, elles continuent simplement à défendre leurs intérêts. Il est donc urgent que le mouvement écologiste se structure pour prendre le pouvoir. Comment ? En s’appuyant sur un majorité culturelle massive. Il n’y a jamais eu autant qu’aujourd’hui de personnes convaincues par les arguments de la défense de l’environnement, et pourtant cette adhésion aux idées ne se traduit pas par un mouvement de masse. Il faut donc se donner une vision, une stratégie et des étapes. Des mouvements spontanés comme Nuit debout, ou Occupy Wall Street ont occupé des places mais sans stratégie : où leur action devait-elle aboutir ? Des mouvements politiques comme ceux de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon ont bien commencé à intégrer l’environnement dans leur programme, mais ils continuent de se déchirer ! Face à un drame dont les effets pourraient s’apparenter à ceux d’une guerre mondiale, n’y a-t-il pas moyen de s’entendre sur les fondamentaux ? Si un accord n’aboutit pas, la place sera libre pour des mouvements révolutionnaires durs et des actions violentes, ou pour des régimes autoritaires comme en Chine, qui mettent en place une politique de plus en plus répressive sur la question écologique, quitte à mettre les gens en prison lorsqu’ils contreviennent aux règles.

Un hélicoptère de pompier fait tomber de l'eau alors qu'un incendie se déclare près du village de Metochi, au nord d'Athènes, Grèce, le 15 août 2017.

Puisque vous filez la métaphore de la Seconde Guerre mondiale, l’histoire montre malheureusement qu’il a fallu attendre le déclenchement de cette guerre pour que la résistance devienne effective… Cela ne vous rend pas pessimiste ?

Je suis très inquiet, comme tous ceux qui s’intéressent au sujet. Une étude publiée il y a trois semaines par des scientifiques allemands, danois et américains notamment indique que même si l’on tient les objectifs de l’Accord de Paris – limitation du réchauffement à 2 degrés – cela provoquera sans doute des boucles de rétroaction, et les gaz à effet de serre emprisonnés sous le permafrost seront probablement libérés par le dégel. On entrerait alors dans une spirale à 5 ou 6 degrés, et on sait qu’à ce niveau-là une bonne partie du monde devient inhabitable. Oui, il est peut-être déjà trop tard.

Etes-vous favorable au lancement d’actions en justice contre le chef de l’Etat ou le chef du gouvernement, pour non-assistance à personne en danger ou crime contre l’humanité, comme cela existe déjà dans certains pays ?

Absolument. Des initiatives comme cela sont effectivement déjà prises et j’y suis favorable. Il faut utiliser tous les moyens possibles, mobilisation citoyenne comme action en justice. Mais pour cela il faut définir une stratégie, créer une véritable coopération entre tous les acteurs autour d’objectifs atteignables et enchaîner les opérations, comme l’a fait l’ONG Bloom, qui est passée d’une belle victoire sur l’interdiction de la pêche en eaux profondes à l’interdiction de la pêche électrique. Il faut mobiliser et coordonner ONG, élus et entrepreneurs pour faire bouger les choses. Un tel mouvement de base, s’il était efficace, pendant deux ou trois ans, dans une démarche transpolitique, pourrait ensuite présenter des candidats aux élections, certain qu’un vaste mouvement populaire pourrait les soutenir. Mais il faut que les citoyens s’impliquent dans cette transformation. Il faut qu’on arrête d’être des enfants, qu’on se rende compte que la démocratie ne peut fonctionner que si on s’y implique tous les jours.

“Aujourd’hui, la plupart d’entre nous envisage l’écologie comme une perte potentielle [...] Avec Demain, nous avons essayé de montrer que quand on raconte correctement une histoire de l’avenir « inspirante », pour susciter l’enthousiasme et la créativité, ça marche”

Pour que cette mobilisation ait lieu, encore faut-il que le message passe. Nicolas Hulot n’a pas réussi à convaincre Emmanuel Macron de l’imminence du désastre, et les Français eux-mêmes ne semblent pas mobilisés…

Je ne crois pas que le message ne passe pas. Si vous allez dans la rue et que vous demandez aux gens si le réchauffement climatique ou la disparition des espèces pose problème, la plupart vous répondront « oui ». Le problème n’est pas dans la réception du message mais dans la mise en œuvre des actions nécessaires. Barack Obama, en arrivant à la présidence des Etats-Unis, avait sincèrement l’intention de faire plus. Mais comme le dit Snowden, en quelques semaines, on l’a vu faire un virage à 180 degrés, reprendre dans ses équipes des gens de Goldman Sachs, responsables en partie de la crise financière, bref, il s’est fait happer par la machine. On sait aujourd’hui quels peuvent être les principaux moteurs d’une transformation radicale de nos modes de production et d’existence, acceptés par tous : les catastrophes ou les récits. Ce sont les récits qui favorisent le mieux les changements culturels de fond. Les gens ont besoin d’imaginer à quoi ressemblerait un monde vraiment respectueux de l’environnement pour avoir envie de le mettre en œuvre. Aujourd’hui, la plupart d’entre nous envisage l’écologie comme une perte potentielle, le renoncement aux quelques acquis dont nous pouvons profiter, notre confort, notre emploi, notre voiture, etc. Alors nous nous trouvons chaque jour face à des choix cornéliens : « J’ai besoin de ma voiture pour aller travailler, mais si je prends ma voiture, je pollue » ; « Je vends encore des Airbus parce que cela crée des emplois, mais ces mêmes avions polluent terriblement l’atmosphère »… Avec Demain, nous avons essayé de montrer que quand on raconte correctement une histoire de l’avenir « inspirante », pour susciter l’enthousiasme et la créativité, ça marche. Et les initiatives sont innombrables, du Plan climat pour Paris, très ambitieux, aux efforts de certains entrepreneurs pour s’engager résolument sur le plan social et environnemental, sans parler des simples citoyens qui ont changé de boulot…

 

On a tout de même l’impression que c’est la stratégie de la dernière chance…

Il faut aller vite, c’est vrai. En 1938, Daladier et Chamberlain ne voulaient pas repartir pour une guerre, et ils ont choisi la solution la plus raisonnable. Cela n’a pas fonctionné. On ne peut donc pas se rater. Aujourd’hui, je plaide pour la voie non violente, afin d’éviter l’affrontement et le chaos. J’espère qu’on atteindra des résultats par cette voie, et qu’on amortira le choc – car choc il y aura, quoi qu’il arrive. On peut seulement essayer de l’amortir, pour que moins de gens meurent, moins de régimes dictatoriaux fleurissent sur le désastre écologique. En accélérant la révolution culturelle, en transmettant des stratégies révolutionnaires non violentes, j’espère qu’on pourra limiter les dégâts. Si on n’y arrive pas, il faudra en accepter les conséquences.

"Sale temps pour l'écologie"

Par Le 29/08/2018

Je poste cet article qui représente une grande partie de l'opinion des gens au regard de ce que j'ai lu ces deux derniers jours. 

A chacun de se faire son idée.

Il est clair pour moi que les propos de Hulot quant à son admiration pour M Macron me restent salement en travers.

L'article est en tout cas sans appel par rapport à Nicolas Hulot et à cette déroute inévitable et pire encore à cette sortie de route qui serait uniquement destinée à sauver son image.

Je n'en sais rien et au final, c'est sans importance.

Il m'importe davantage de souligner ce qui est dit sur l'autonomie des communes et des individus, sur l'engagement de chacun à oeuvrer, à sa mesure, au sauvetage de ce qui peut l'être.

Le changement de paradigme ne viendra pas du sommet de la pyramide mais de la base. C'est à dire nous tous. 

 

Le départ de M. Hulot n’est ni surprenant, ni courageux

29 août 2018 / Isabelle Attard 
 

      
 

Le départ de M. Hulot n'est ni surprenant, ni courageux

L’annonce de Nicolas Hulot n’a pas vraiment surpris notre chroniqueuse, qui voit surtout dans cette démission une opération de « sauvetage d’image ». « Sale temps pour l’écologie », conclut-elle, à l’heure où le gouvernement semble incapable de prendre la mesure de l’effondrement en cours.

Isabelle Attard a été députée écologiste du Calvados. Elle se présente comme « écoanarchiste ».

Isabelle Attard.

Ce mardi 28 août en écoutant les matinales, j’ai donc entendu comme tout le monde le ministre de l’Écologie annoncer qu’il démissionnait de son poste. De nombreux commentateurs parlent de « surprise », tandis que des femmes et hommes politiques de tous bords saluent son « courage ». Apparemment, d’après les confidences du ministre au journaliste de France Inter Thomas Legrand, la réunion avec le président de la fédération nationale des chasseurs Willy Schraen et le lobbyiste Thierry Coste, lundi à l’Élysée, aurait été la goutte d’eau pour Hulot.

Énième et dernière couleuvre donc.

Mais revenons sur les notions de « surprise » et de « courage ». À quel moment Nicolas Hulot a-t-il pu imaginer qu’Emmanuel Macron et son gouvernement allaient suivre ses idées pour sauver la biodiversité, la planète et nous avec ?

Déjà pendant la campagne électorale de la présidentielle, à cette fameuse audition de tous les candidats par la Fédération nationale des chasseurs, Macron avait raillé publiquement l’écologie et les écologistes, se faisant ovationner par les chasseurs conquis. On pourrait se passer cette scène en boucle tellement elle est révélatrice de l’état d’esprit méprisant de notre président.

Puis le choix d’Édouard Philippe comme Premier ministre aurait pu être un deuxième indice. VRPfavori d’Areva et de l’industrie nucléaire dans son ensemble, Philippe n’allait pas soudainement virer sa cuti en prenant la tête du gouvernement.

De manière générale, le programme ultralibéral de croissance, de diminution des services publics, de cadeaux fiscaux aux privilégiés annoncés bien avant mai 2017 par Emmanuel Macron était connu de tous et de Nicolas Hulot en particulier. Ce dernier avait d’ailleurs écrit dans son livre Osons  : « Le libéralisme n’est pas compatible avec l’écologie. »

Dont acte, quelqu’un de cohérent et lucide n’aurait jamais mis un orteil dans ce gouvernement et aurait plutôt fui le plus loin possible. Pas Hulot. Lui, il y est allé et son fan club de reprendre en cœur des éléments de langage du style : « Il est important d’essayer de l’intérieur » « Au moins, Hulot, il est courageux, il essaie ! » « Avec Hulot au gouvernement, l’écologie est bien représentée » et j’en passe.

Mois après mois, renoncement après renoncement, il s’en trouvait toujours pour plaindre ce brave et sympathique Nicolas Hulot « coincé »« sans marge de manœuvre »« perdant ses arbitrages » !

Cessons ces simagrées hypocrites. La position libérale de ce gouvernement n’est pas une surprise et Nicolas Hulot n’est ni un naïf ni un perdreau de l’année.

Sa cote de popularité était en chute libre, entraînée par celle de Jupiter. Il lui fallait réagir avant que son image n’en sorte flétrie à jamais. Je ne vois dans cette séquence politique ni « surprise » ni « courage » mais simplement une histoire de « timing » et de « sauvetage d’image », à moins que nous n’ayons connaissance de motifs supplémentaires dans les semaines qui viennent.

Sale temps pour l’écologie en tout cas, car pourtant il y a urgence. Je ne parle pas comme Brune Poirson (potentielle candidate à la succession de Hulot ?) de l’urgence à réduire ses courriels, supprimer les pailles en plastique et couper l’eau en se lavant les dents. Non, je parle de l’urgence d’être lucide sur l’effondrement en cours.

Tout comme Vincent Mignerot et Arthur Keller au sein de l’association Adrastia, je pense qu’il est trop tard pour empêcher les dérèglements climatiques et l’extinction massive des espèces, que les sociétés du « capitalocène » ont provoqués.

Par contre, ce que j’attends de femmes et d’hommes politiques responsables et d’un·e ministre de l’Écologie en particulier, dès aujourd’hui, c’est de « limiter la casse », de tout miser sur la résilience des territoires urbains et ruraux, c’est-à-dire que les communes puissent être autonomes en production d’énergies renouvelables, qu’elles valorisent l’autonomie alimentaire et la prise de décisions en assemblée locale pour l’intérêt général et non celui des lobbies. J’attends également que les responsables politiques ne prennent pas la pollution de l’air et la question des pesticides à la légère. Que l’on réinvente des modes de vie compatibles avec ce que la planète peut endurer. Que nous puissions enfin nous passer de voitures même si l’on habite à la campagne, que nous apprenions à réduire notre consommation d’électricité grâce aux actions gouvernementales.

Bref vous l’aurez compris, nous devrions urgemment faire un 180 degrés dans nos façons de vivre en supprimant le capitalisme et cette société thermo-industrielle qui nous a menés dans le mur en nous gavant de publicités et de jeux télévisés.

Alors, si notre Premier ministre, qui cite souvent le livre Effondrement de Jared Diamond, pouvait tirer de ce livre les conclusions qui s’imposent, enfin je dirais que « c’est une belle surprise » et que « c’est extrêmement courageux » !

Lobbies et démocratie

Par Le 29/08/2018

L'affaire Hulot a le mérite de mettre sous les projecteurs un vaste problème connu et identifié mais dont les médias parlent très peu. Très peu puisqu'elles sont directement concernées : les lobbies. (on sait combien dans le milieu de la presse d'information, tout est cadenassé par des des "personnages hauts placés".) De vrais paniers de crabes.

Les projecteurs s'éteindront rapidement. Commme d'habitude.

 

Les lobbies en France, une entorse à la démocratie en l'absence de transparence

AFP 29/08/2018 à 16:27

Nicolas Hulot sort de l'Elysée le 22 août 2018 ( AFP/Archives / Bertrand GUAY )

Nicolas Hulot sort de l'Elysée le 22 août 2018 ( AFP/Archives / Bertrand GUAY )

En jetant l'éponge après 15 mois au gouvernement, Nicolas Hulot a mis en cause le poids des lobbies, dont l'influence bien réelle en France peut être une entorse à la démocratie si elle demeure dans l'ombre, avertissent des spécialistes.

C'est l'"élément qui a achevé de me convaincre", a expliqué Nicolas Hulot mardi: la présence, lundi lors d'une réunion à l'Elysée sur la chasse, d'un lobbyiste "qui n'était pas invité", Thierry Coste, conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs (FNC). "C'est un problème de démocratie. Qui a le pouvoir? Qui gouverne?".

Fin mai, le poids des lobbies avait déjà été pointé du doigt, à propos de la loi agriculture, lorsque l'ex-ministre socialiste de l'Écologie, Delphine Batho, avait accusé un lobby d'avoir pu consulter son amendement sur l'interdiction du glyphosate plusieurs jours avant les députés.

Longtemps, le sujet est demeuré tabou en France, selon Cornelia Woll, professeure à Sciences Po, spécialiste des lobbies. Dans l'hexagone, "on a cette conception que la politique éclairée ne devrait pas être pervertie" par des groupes, analyse-t-elle pour l'AFP.

Pour autant, poursuit la chercheuse, "est-ce que les chasseurs doivent avoir une chaise à la table? Oui. Mais dans la même mesure que les autres groupes".

Or, soutient Benjamin Sourice, de l'ONG anti-corruption VoxPublic et auteur d'un "Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen" (éd. Mayer), il y a un déséquilibre: "Aujourd'hui la société civile, même organisée en associations, a des difficultés d'accès aux décideurs et trouve des portes fermées là où certains lobbyistes comme Coste ont des accès sans limites."

Thierry Coste racontait récemment sur France Inter: "Mon métier c'est d'abord de faire beaucoup d'investigation, je suis un spécialiste du renseignement, j'en cherche aussi dans les groupes de pression opposés, que j'infiltre - associations de consommateurs, ONG environnementales, syndicats..."

Taclant "certaines personnes qui ont oublié qu'on faisait un métier de prestation de service", Clément Leonarduzzi, président de l'agence de relations publiques Publicis Consultants, relativise pourtant. La loi Sapin II de 2016 et la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique "permettent d'encadrer la profession: quand vous demandez un rendez-vous à un député, il doit être déclaré, vous devez expliquer qui vous avez vu, et pourquoi".

- "Lobby transparent" -

Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), assume, lui, son influence sur les sujets de rénovation énergétique: "Une fédération professionnelle, elle sent mieux que personne le ressenti des entrepreneurs sur un sujet."

"C'est surtout un problème quand les lobbyistes cherchent à bloquer un progrès pour maintenir un avantage concurrentiel", note Benjamin Sourice.

"On ferait mieux de s'interroger sur l'absence de courage et de conviction des politiques, il ne faut pas croire que ce sont les lobbies qui décident", fait valoir de son côté Alain Bazot, président de l'association de défense du consommateur UFC-Que Choisir.

Se revendiquant "lobby transparent" à l'origine "d'études sérieuses publiées et soumises à la critique de tous pour dénoncer des dysfonctionnements de marchés", l'UFC-Que Choisir se trouve confronté à des lobbies professionnels très puissants, dotés de moyens financiers importants. Parmi ceux-ci, les lobbies des secteurs chimique, agro-alimentaire, bancaire mais aussi le Medef comptent parmi les plus influents auprès de l'exécutif, estime M.Bazot.

Benjamin Sourice prône la transparence, opposant "le travail toujours public des associations" et "le lobbying privé, en coulisses, dont on ne sait pas exactement les réclamations".

Une règlementation efficace est d'autant plus difficile à concevoir qu'"en France, le lobbying ce n'est pas la mallette d'argent, mais les liens interpersonnels, la connivence entre ceux qui ont été à l'école ensemble", souligne Cornelia Woll.

"C'est la structure de l'élite française, il est assez facile de passer du public au privé, de travailler dans un cabinet, puis d'être précieux pour une entreprise car on a des contacts politiques", ajoute-t-elle.

Le gouvernement actuel compte d'ailleurs d'anciens lobbyistes. Le Premier ministre, Edouard Philippe, assume avoir été directeur des relations publiques d'Areva, tandis que le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, avait un poste similaire chez le géant de l'immobilier commercial Unibail-Rodamco.

"Le temps précieux de la maturité"

Par Le 28/08/2018

« Le temps précieux de la maturité », de Mário Raul de Morais Andrade, (1893 - 1945) Poète, Romancier, Musicologue Brésilien.

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" J’ai compté mes années et j´ai découvert qu’à partir de maintenant, j’ai moins de temps à vivre que ce que j’ai vécu jusqu’à présent… 
 

Je me sens comme ce petit garçon qui a gagné un paquet de friandises: la première il la mangea avec plaisir, mais quand il s’aperçut qu’il lui en restait peu, il commença réellement à les savourer profondément. 
 

Je n’ai plus de temps pour des réunions sans fin où nous discutons de lois, des règles, des procédures et des règlements, en sachant que cela n’aboutira à rien. 
 

Je n’ai plus de temps pour supporter des gens stupides qui, malgré leur âge chronologique n’ont pas grandi. Je n’ai plus de temps pour faire face à la médiocrité. 
 

Je ne veux plus assister à des réunions où défilent des égos démesurés. 
 

Je ne tolère plus les manipulateurs et opportunistes. 
 

Je suis mal à l´aise avec les jaloux, qui cherchent à nuire aux plus capables, d’usurper leurs places, leurs talents et leurs réalisations. 
 

Je déteste assister aux effets pervers qu’engendre la lutte pour un poste de haut rang. 
 

Les gens ne discutent pas du contenu, seulement les titres. 
 

Moi, mon temps est trop précieux pour discuter des titres. 
 

Je veux l’essentiel, mon âme est dans l’urgence … il y a de moins en moins de friandises dans le paquet… 
 

Je veux vivre à côté de gens humains, très humains. qui savent rire de leurs erreurs, qui ne se gonflent pas de leurs triomphes, qui ne se sentent pas élus avant l’heure, qui ne fuient pas leurs responsabilités, qui défendent la dignité humaine, et qui veulent marcher à côté de la vérité et l’honnêteté.


L’essentiel est ce que tu fais pour que la vie en vaille la peine. 

 

Je veux m´entourer de gens qui peuvent toucher le cœur des autres…des gens à qui les coups durs de la vie leurs ont appris à grandir avec de la douceur dans l’âme. 
 

Oui … je suis pressé de vivre avec l’intensité que la maturité peut m´apporter. 
 

J’ai l’intention de ne pas perdre une seule partie des friandises qu´il me reste… 
 

Je suis sûr qu’elles seront plus exquises que toutes celles que j´ai mangées jusqu’à présent. 
 

Mon objectif est d’être enfin satisfait et en paix avec mes proches et ma conscience. 

 

J’espère que la vôtre sera la même, parce que de toute façon, vous y arriverez… "

 

Nicolas Hulot (suite de la suite)

Par Le 28/08/2018

Glyphosate, nucléaire, perturbateurs endocriniens… Les multiples couleuvres avalées par Nicolas Hulot au gouvernement

 

Il espérait que l'interdiction du glyphosate sous trois ans soit gravée dans la loi, défendait la baisse de la part du nucléaire à 50% d'ici 2025... Nicolas Hulot a renoncé à plusieurs de ses combats pendant son passage au gouvernement. Tour d'horizon. 

Nicolas Hulot a renoncé à plusieurs de ses convictions pendant son année passée au gouvernement. 
Nicolas Hulot a renoncé à plusieurs de ses convictions pendant son année passée au gouvernement.  (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

C'était devenu un sujet d'interrogation récurrent : Nicolas Hulot allait-il rester ministre ? Il a finalement annoncé sa démission, mardi 28 août, au micro de France Inter, devant des journalistes plus que surpris, après une année marquée par plusieurs batailles perdues pour le militant écologiste. Ou, comme dirait le ministre, "une accumulation de déceptions" qui ont fait de ces derniers mois "une souffrance" pour lui, qui s'est surpris "par lassitude" à parfois "baisser les bras".

>> Nicolas Hulot démissionne : suivez les réactions à son départ du gouvernement dans notre direct

Ces renoncements en série sur le nucléaire ou encore les pesticides ont mis en lumière l'isolement du ministre au sein de la majorité. Retour sur ces différents dossiers.

Le recul sur les perturbateurs endocriniens

Ce qui a été décidé. En juillet 2017, les membres de l'UE ont adopté une définition commune des perturbateurs endocriniens, ces substances qui peuvent interférer avec le système hormonal, présentes dans de nombreux produits de consommation courante. Selon la Commission européenne, les critères ainsi définis permettent d'identifier les perturbateurs endocriniens"avérés et présumés".

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. Ces critères de définition ont été votés trois ans après la date initialement attendue. Sous François Hollande, Ségolène Royal avait jugé "inacceptable" la définition proposée par la Commission et dénonçait des garanties insuffisantes. Plusieurs associations étaient elles aussi hostiles à cette définition, estimant notamment qu'elle nécessiterait trop de preuves pour classer un produit comme perturbateur endocrinien.

Quelques jours avant de valider l'accord, Nicolas Hulot avait assuré sur RMC qu'il "ne céderait rien sur le sujet". "Quand je suis arrivé, la première chose que j'ai demandée, c'est le report de ce texte", avait-il affirmé, ajoutant : "Mon rôle, c'est d'aider à protéger les Français de ces empoisonnements."

"Nous n’avons pas gagné cette guerre, mais nous avons gagné une bataille", a estimé Nicolas Hulot après le scrutin, dans Libération. "Si nous avons voté le texte, qui se heurtait à un poids monstrueux des lobbys, c’est que nous avons ouvert une très grande brèche, qui ne se refermera pas et qui s’élargira dans le temps." Il a aussi souligné avoir obtenu l'inclusion des perturbateurs endocriniens présumés, et pas seulement avérés. Il a toutefois reconnu une insuffisance de l'accord, ajoutant que "le risque, si nous ne votions pas ce texte, était qu’un certain nombre de produits reste encore durablement sur le marché". 

Le recul des objectifs sur la baisse du nucléaire 

Ce qui a été décidé. En novembre 2017, à la sortie du Conseil des ministres, Nicolas Hulot l'annonce : il sera "difficile" de tenir l'engagement de ramener la part du nucléaire à 50% d'ici 2025 et le gouvernement préfère tabler sur 2030, "au plus tard" 2035. Une annonce justifiée à l'époque par une volonté de "réalisme et de sincérité", relevait Le Monde"Si on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50%, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques", avait déclaré le ministre. 

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. Avant d'entrer au gouvernement, il était ferme sur le sujet. "Il faut sortir du nucléaire. Fukushima a achevé de me convaincre", affirmait-il en avril 2011 au Point. Une nouvelle fois, en 2015, en pleine polémique sur le retard pris dans la construction de l'EPR de Flamanville (Manche), il martelait à quel point lui importait que soit tenu l'objectif de ramener la part du nucléaire à 50% en 2025, comme prévu dans la loi de transition énergétique. Le revirement opéré par le ministre en 2017 a inspiré à l'écologiste Yannick Jadot cette raillerie : "Nicolas Hulot n'avale plus des couleuvres, mais des boas constricteurs."

Le vote européen sur le glyphosate  

Ce qui a été décidé. Toujours en novembre 2017, les pays de l'Union européenne ont voté le renouvellement pour cinq ans de l'autorisation du glyphosate, un herbicide classé comme "cancérigène probable" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. Le ministre souhaitait prolonger l'autorisation pour trois ans, mais, dans un premier temps, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, avait tablé sur sept ans. Finalement, la France a voté contre une prolongation de cinq ans, mais, étant minoritaire, le renouvellement pour cinq ans a été adopté. "C’est une décision que je regrette car l’Europe avait ici les moyens de montrer qu’elle est synchronisée avec les attentes légitimes des citoyens sur l’utilisation de ce produit", a réagi Nicolas Hulot dans L'Obs, affirmant vouloir tout mettre en œuvre pour "développer des alternatives et, à partir de là, interdire le glyphosate, au plus tard dans trois ans". Déçu au niveau européen, le ministre s'est donc raccroché à l'échelon national, d'autant que l'interdiction sous trois ans était soutenue, à l'époque, par Emmanuel Macron. 

Emmanuel Macron@EmmanuelMacron

J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans.

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Le rejet d'un amendement interdisant le glyphosate en 2021 en France

Ce qui a été décidé. Un amendement à la loi sur l'équilibre dans le secteur agricole et alimentaire, qui proposait l'interdiction du glyphosate au 1er mai 2021, a été rejeté fin mai 2018. Il était porté par Matthieu Orphelin, député LREM proche de Nicolas Hulot, mais le gouvernement a émis un avis défavorable. 

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. Il soutenait publiquement l'amendement. "C'est une décision à la fois des députés et du gouvernement", avait déclaré le ministre, qui  s'était alors dit "déçu". Selon Le JDD, voyant la défaite se profiler, il aurait préféré prolonger un séjour en Corse, prévu en même temps que le vote à l'Assemblée. Dans une interview au Parisien début août, il n'a pas suggéré d'avancer cette échéance, pointant du doigt les groupes de pression "qui ont pignon sur rue" et tiennent "parfois même la plume des amendements". 

L'attitude du gouvernement sur les pesticides a sans doute largement pesé dans sa démission, comme il l'a évoqué au micro de France Inter. "Est-ce que nous avons commencé à réduire l'usage des pesticides ? La réponse est non (...) Je ne veux plus me mentir. Je ne veux pas donner l'illusion que ma présence au gouvernement signifie qu'on est à la hauteur sur ces enjeux-là." 

L'entrée en vigueur du CETA 

Ce qui a été décidé. L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (Ceta) est entré en vigueur de façon provisoire et dans sa quasi-totalité le 21 septembre 2017. Il baisse les droits de douane pour doper les échanges commerciaux et a pour objectif d'aboutir à une convergence de certaines normes. 

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. Lorsqu'il dirigeait encore sa fondation, celle-ci employait des mots très durs à l'encontre du Ceta, qualifiant le texte de "climaticide et antidémocratique". Ministre, Nicolas Hulot est plus mesuré, mais reste méfiant. "J'étais très inquiet, et je le suis toujours, sur des traités comme le Ceta. Ce sont des traités qui nous exposent au lieu de nous protéger", affirme-t-il sur Europe 1 en réaction à son adoption. 

Les conclusions des états généraux de l'alimentation 

Ce qui a été décidé. Après cinq mois de discussions, les états généraux de l'alimentation touchent à leur fin en décembre 2017. Des débats sur lesquels l'écologiste du gouvernement compte beaucoup. "J'espère qu’aujourd’hui est le début de quelque chose d’inattendu et de magnifique", a-t-il déclaré à leur ouvertureDans son discours de clôture, Edouard Philippe annonce "un projet de loi au début de cette année pour garantir des conditions de marché justes, efficaces, saines". Parmi les mesures évoquées, on trouve la restriction des promotions, le plan pour le bio, la défense du bien-être animal ou encore la lutte contre le gaspillage alimentaire, résume Le Figaro. 

Nicolas Hulot@N_Hulot

j'appelle à 1 mobilisation de la restauration collective pour 50% de produits locaux, de qualité et de saison

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Ce qu'en disait Nicolas Hulot. En décembre 2017, il boude la clôture des états généraux de l'alimentation, pilotés par Stéphane Travert. "Ce n’est pas un psychodrame, je considère que les conclusions ne sont pas à la hauteur de la qualité du travail extraordinaire et des propositions qui ont été faites dans les ateliers. Je ne vais donc pas aller faire le beau ou aller dire dans un micro que le compte n’y est pas", confie-t-il au Monde.

Les arbitrages rendus en faveur des chasseurs

Ce qui a été décidé. Les représentants des chasseurs ont à nouveau été reçus à l'Elysée, lundi 27 août. Ils ont obtenu plusieurs concessions, dont la réduction du prix du permis national de chasse, ainsi que la mise en place d'une gestion adaptative des espèces et d'une police rurale. 

Ce qu'en disait Nicolas Hulot. Selon BFMTV, le ministre est "très énervé"lors de cette réunion, "agacé" par les arbitrages rendus. C'est peut-être cette rencontre qui "a achevé de [le] convaincre" de démissionner, explique Nicolas Hulot sur France Inter. "J’ai découvert la présence d’un lobbyiste qui n’était pas invité à cette réunion. C’est symptomatique de la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir. Il faut à un moment poser ce problème sur la table"martèle le ministre démissionnaire, qui tient toutefois à souligner que sa décision vient d'une "accumulation de déceptions". 

Nicolas Hulot (suite)

Par Le 28/08/2018

Bon...J'ai fait le tour des fameux "réseaux sociaux" et de quelques forums auquel je participe et pour parler clairement, Nicolas Hulot, il s'en prend "plein la gueule."

Il est accusé d'avoir pactisé avec le diable et de s'y être brûlé, de faire sa pleurnicheuse avant d'aller profiter du pognon qu'il s'est fait pendant quatorze mois, d'être un hypocrite qui a servi de caution à M Macron et à sa clique, d'avoir joué le jeu du gouvernement en s'agitant tout en sachant que rien de sérieux ne serait fait, de n'avoir aucunement conscience que des millions de personnes sont dans des situations bien pires que la sienne et n'ont pas le privilège de venir s'épancher sur France inter pour autant, que ses propres pratiques dans l'entreprise Ushuaïa ne sont pas respectueuses de l'environnement, d'avoir une profonde admiration pour M Macron et M Philippe, de n'avoir pas compris qu'il était naïf et illusoire de croire qu'il allait arranger la situation et parvenir à infléchir la puissance des financiers juste parce qu'il avait des convictions, d'être même un vendu au lobbies, à EDF et à la filière nucléaire, aux chasseurs, à l'industrie agro alimentaire etc etc...

De façon assez étrange, étant donné que je passe pour pas mal de monde comme quelqu'un d'intransigeant et manquant de bienveillance, je me retrouve du coup dans la situation de celui qui éprouve une réelle compassion pour le personnage, c'est à dire pour l'homme et non le politicien.

Je pense aujourd'hui au regard de l'état dans lequel il se trouve qu'il a fini par comprendre que sa fonction permettait à l'état d'avoir une forme de caution mais je ne pense pas que M Hulot avait cela comme objectif. Je pense en écoutant ses propos et au vu de la douleur intérieure que ça représente qu'il a vraiment espéré pouvoir changer les choses. Est-ce que c'était de l'illusion ou la force de ses convictions, c'est à lui de le dire. Est-ce qu'il a été manipulé et qu'il a mis trop longtemps à en prendre conscience ? Mais alors, pour quelles raisons parle-t-il encore de son "admiration pour M Macron"? Il reste des zones d'ombres et lui seul pourra peut-être les éclairer lorsqu'il aura pris le recul nécessaire.

Je pense pour ma part qu'il avait de profondes convictions et lui même parle aujourd'hui d'une "foi perdue."

Quand des gens réalisent des choses jugées comme impensables, on dit que leur force de conviction ne pouvait pas les arrêter et quand ils échouent, on dit d'eux qu'ils étaient dans l'illusion...Tout ça est un regard extérieur.

Il n'est qu'à étudier l'histoire de l'alpinisme ou de l'exploration de la Terre pour voir que les convictions donnent de fabuleuses aventures.

Lui, il a échoué donc on lui reproche d'avoir été dans l'illusion et la naïveté, voire même l'inconscience. On lui reproche finalement son engagement auprès d'un gouvernement très fortement mal-aimé. 

Ce que j'en retire en tout cas, c'est qu'effectivement, le milieu politique et donc financier ne se laissera jamais dicter des règles autres que celles qui les arrangent. Hulot dit aussi un problème majeur dans son cas : il était seul...Le constat dès lors est simple : rien ne viendra de la sphère étatique et c'est donc à nous, chaque individu, de pallier aux déficiences des états. 

J'ai regardé plusieurs fois la vidéo de ce matin. Très clairement, Nicolas Hulot se retient de ne pas craquer en direct...Le bonhomme qui regarde en l'air, qui respire posément avant de lâcher une phrase, tous ses tics nerveux, le fait qu'en entrant dans le studio il n'avait pas encore décidé de faire cette annonce et là, boum, il lâche l'affaire...Ce gars est à bout, totalement à bout... Il y a au moins une personne qui va être terriblement soulagée aujourd'hui, c'est sa femme...

Moi, dans cette interview, j'entends un homme (pas un politicien) qui n'en peut plus de se confronter à des contradictions majeures et la conclusion que j'en retire, c'est que le milieu politique et financier n'a strictement aucune écoute sur l'urgence de la situation planétaire.

À la limite, M Hulot n'a aucune importance dans ce débat. C'est le fond qui est gravissime.

Il n'empêche que la douleur du bonhomme, elle me touche et je n'oublie pourtant pas son passé. Mais, là, ce matin, il y a quelque chose qui s'est brisé en lui et ça, c'est une situation qui m'interpelle. C'est souvent lorsque les gens s'effondrent qu'ils disent les choses les plus importantes...

Le problème, du coup, c'est que justement le fond du problème est effacé par toutes les images associées au personnage public et politique et que toutes les explications qu'il a données ne sont pas entendues et reprises. L'alerte qu'il lance n'est même pas entendue.

Il ne tire pas le bilan de son passage au gouvernement mais bien davantage le constat d'un monde qui continue à ignorer l'urgence planétaire. Beaucoup lui reprochent d'avoir joué un double jeu et peu de gens semblent entendre l'essentiel.

Lorsqu'à propos de la présence de personnalités appartenant à divers lobbies, il pose la question : "Qui gouverne ?" pourquoi est-ce que ça n'est pas entendu, commenté, analysé ? Parce qu'on lui reproche d'avoir été naïf et que tout le monde le savait déjà ? Non, beaucoup de gens l'ignorent, beaucoup de gens considèrent que c'est du "complotisme de pilier de bar".

Lorsqu'il explique qu'un gouvernement, seul, ne peut rien, réellement, contre la puissance décisionnel de l'UE ou d'autres puissances économiques, beaucoup ne l'entendent pas. On lui reproche juste son "admiration pour M Macron". Je ne sais pas pour quelles raisons, M Hulot emploie ce terme à l'égard de "sa majesté" et bien évidemment, je n'y adhère pas mais encore une fois, cela ne devrait pas couvrir le reste de ses propos.

Lorsqu'il dit qu'il y avait une opportunité inespérée de transformer le système agricole et qu'il n'y aurait jamais dû y avoir de confrontation avec M Travert, ministre de "l'agriculture industrielle", beaucoup lui reprochent encore sa candeur.

Le bilan de tout ça, c'est que les convictions de M Hulot se retournent contre lui et accentuent son rejet parce qu'il a échoué dans les grandes lignes et qu'il ne reste de son séjour au gouvernement " que des petits pas".

Finalement, M Hulot aura échoué dans son passage au gouvernement tout autant que sa sortie. 

Et la plupart des individus s'arrêteront à ce fait.

L'état des lieux qu'il a énoncé n'aura même pas été entendu.

C'est là que je vois dans tout ça une forme de double peine.

Vraiment, oui, très sincèrement, je le plains. 

 

Maintenant, à mes yeux, il se pose un autre problème et avec ça, je vais encore sûrement passer pour un donneur de leçons. Je précise donc que pour moi, "un donneur de leçons" est quelqu'un qui parle de choses qu'il n'applique pas lui-même. Celui qui fait ce qu'il dit n'est donc pas un donneur de leçons mais juste un exemple de ce qu'il est possible de réaliser.

Donc, lorsque M Hulot dit qu'il s'est senti considérablement seul dans ses différentes missions, il ne s'agit pas pour moi uniquement d'une solitude au sein du gouvernement même si c'est bien évidemment la cause première. Il parle également de l'engagement des citoyens, de tous les citoyens. Pierre Rabhi dit de son côté qu'il faut "prendre le maquis."

C'est de cette façon que je vois les choses : s'extraire au mieux du systéme matérialiste, consumériste, d'une idée de croissance infinie. Par conséquent, tous les gens qui critiquent M Hulot au regard de sa participation à un gouvernement conspué (à juste raison), que font-ils de leur côté pour alléger le désastre planétaire dont parle M Hulot ?...

Qui est passé à un régime végétarien pour ne plus amplifier les effets de l'élevage intensif ? Qui, parmi les heureux propriétaires d'un jardin d'agrément l'ont transformé en potager afin de ne plus avoir besoin de prendre son véhicule pour aller faire des courses et ne plus cautionner l'alimentation végétale industrielle ? Qui a décidé de ne plus aller visiter des pays exotiques en prenant l'avion ? Qui a décidé de faire ses propres produits d'entretien en utilisant des bouteilles en verre afin de ne pas participer à l'usage immodéré du plastique dans les maisons ? Qui a décidé d'user jusqu'à la trame ses vêtements au lieu de remplir indéfiniment ses placards de textiles divers ayant voyagé par cargos depuis les pays asiatiques? Qui a décidé de réduire sa consommation alimentaire afin de pouvoir supporter le surcoût des produits bio ? Qui essaie de trouver les produits locaux et non pas venant par camions de destinations lointaines ? Qui éteint systématiquement les lumières en sortant d'une pièce ? Qui utilise l'eau de vaisselle ou du lavabo dans la chasse d'eau ? Qui a jeté la télévision énergétivore ? Qui remplace au mieux le déplacement en voiture par la marche à pied ou le vélo ou les transports en commun ? Qui tente jour après jour d'analyser ses propres comportements et d'en déceler les travers écologiques et de les corriger ?

Il y a beaucoup de gens qui le font et dont on ignore les engagements. C'est bien dommage d'ailleurs et il serait temps que les exemples soient mis en avant, sous les yeux de tous. Rien ne sera jamais parfait mais tout relève de la volonté de chacun.  

La liste est longue, très longue de tout ce qu'il est possible de faire sans attendre qu'un N Hulot ou un chef d'état ou une personnalité publique vienne nous l'apprendre ou nous l'imposer. Il n'est pas honnête de critiquer un Hulot et de s'en tenir à ça.

J'aurais aimé d'ailleurs que dans sa "sortie", il appuie bien davantage la responsabilité de tous...Mais sans doute s'en serait-il pris encore plus dans la tronche..."Qu'est-ce que c'est que ce donneur de leçons qui vend du shampoing dans des bouteilles en plastique et qui roule en 4X4 ? " Oui, c'est clair qu'un Pierre Rabhi est bien plus crédible avec sa 4L et ses vieilles chemises à carreaux. Mais doit-on s'intéresser uniquement aux gens parfaits quand nous ne le sommes pas nous-mêmes? Je ne suis pas parfait, je consomme de l'électricité du réseau avec cet ordinateur et sa fabrication a contribué à l'exploitation des terres rares et à la pollution des océans par son envoi en cargo depuis l'autre côté du monde. J'ai un 4X4 diesel parce que je m'en sers pour aller chercher mon bois de chauffage et que je n'ai pas les moyens d'acheter un véhicule plus moderne (d'autant que les véhicules modernes sont très polluants par leur usage de pétrole ( plastique) et électronique... Non, je ne suis pas parfait. Personne ne l'est. À part les morts. 

 

 

 

 

Nicolas Hulot

Par Le 28/08/2018

Voilà, c'était inévitable et ça me désole au plus haut point. Pour lui bien évidemment et quand on voit son état physique et nerveux, je le comprends amplement. Il faut qu'il sauve sa peau maintenant...Je n'ai jamais vu une personnalité politique décrépir et s'abîmer aussi vite et avec une telle ampleur. Ce qui montre bien d'ailleurs à quel point, les autres personnes de ce milieu n'ont aucune conviction, aucun réel engagement, aucune réelle désillusion quand quelque chose n'aboutit pas... Aucune importance, ils continueront avec une autre idée, juste pour exister médiatiquement et justifier à leurs yeux leurs privilèges.

On ne peut donc qu'accorder à M Hulot une sincère reconnaissance pour tout ce qu'il a tenté. Qu'il s'éloigne maintenant de la fange, qu'il reprenne vie, qu'il se repose, longuement...

Désolé pour la réalité des choses ensuite, car comme il l'explique, rien n'a été réglé ni même amélioré. C'est toujours la même fuite en avant au nom de la croissance et de la consommation. Quant à ceux et celles qui pensent toujours que les politiciens et les financiers accordent un quelconque intérêt à la santé de la planète et par conséquent de la nôtre, qu'ils regardent bien les faits et cessent d'écouter les discours électoraux....

Nicolas Hulot quitte le gouvernement

Le ministre de la Transition écologique et solidaire en a fait l'annonce mardi 28 août sur France Inter. Il indique n'avoir prévenu ni Emmanuel Macron ni Édouard Philippe.

Nicolas Hulot a annoncé mardi 28 août, sur France Inter, qu'il démissionnait de son poste de ministre de la Transition écologique et solidaire. "Je prends la décision de quitter le gouvernement", a déclaré Nicolas Hulot.

"Est-ce que nous avons commencé à réduire l'utilisation de pesticides ? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à enrayer l'érosion de la biodiversité ? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à nous mettre en situation d'arrêter l'artificialisation des sols ? La réponse est non", a déploré Nicolas Hulot.

"Je ne veux plus me mentir"

"Je vais prendre, pour la première fois, la décision la plus difficile de ma vie", a poursuivi l'ancien animateur. "Je ne veux plus me mentir. Je ne veux pas donner l'illusion que ma présence au gouvernement signifie qu'on est à la hauteur sur ces enjeux-là. Et donc je prends la décision de quitter le gouvernement."

Nicolas Hulot affirme qu'il n'avait prévenu ni Emmanuel Macron ni Édouard Philippe de sa décision. "Ce n'est pas très protocolaire", a-t-il admis. Il précise avoir pris sa décision lundi 27 août au soir, "elle a été mûrie cet été".

Nicolas Hulot avait participé lundi 27 août à une réunion à l'Élysée avec des représentants des chasseurs, à l'issue de laquelle Emmanuel Macron a accepté de diviser par deux le prix du permis national de chasse, et a dessiné les contours d'une vaste réforme de la chasse, suscitant l'inquiétude des défenseurs de l'environnement

Chamanisme

Par Le 28/08/2018

Toujours aussi étranges ces synchronicités... Cette nuit, j'ai écrit dans le roman en cours, la "rencontre" de l'héroïne avec son animal totem et ce matin, je tombe sur cet article.


 

TOUS, SAUF ELLE

 

Quand elle arriva à la ferme et qu’elle ne vit pas le véhicule de Théo, elle repensa au texto et décida de le relire.

Elle ouvrit la porte, alluma la lumière et s’assit dans le fauteuil du salon.

« Tout va bien. Il ne s’est rien passé. Je reste à Lyon demain, deux, trois trucs à vérifier. Je t’aime. »

Elle leva les yeux et balaya l’intérieur du regard et ce fut comme un rappel à soi, la sortie d’un tunnel, le retour à une vie connue.

Il y a longtemps, elle était entrée dans une grotte et elle s’était allongée dans l’ombre. Le temps s’était étiré au-delà de l’espace habituel et elle avait maintenant l’impression étrange de ne pas être redescendue. Ou d’être quelqu’un d’autre.

Une femme était montée là-haut. Quelqu’un d’autre était revenu.

Elle ne se souvenait pas avoir fermé les yeux. Elle n’avait plus aucun repère temporel depuis l’instant où elle avait quitté le monde visuel.

La main de Figueras s’était posée sur son front.

Mais à l’intérieur.

L’évaporation intégrale des ressentis humains. L’effacement de son corps allongé sur la roche. Aucun point de contact. Rien de connu. Et tout ce qui avait jailli n’était aucunement identifiable.

Elle s’étonna même de ne pas oser vraiment se le remémorer comme si de telles pensées relevaient de la psychiatrie et ne devaient pas être ranimées.

Elle sut alors qu’elle n’en parlerait jamais.

Elle s’enfonça dans le fauteuil, posa le smartphone sur le plancher et ferma les yeux. Volontairement, cette fois.

Qu’avait-elle vécu là-haut ? Elle devait se souvenir, ne rien perdre, elle en sentait douloureusement l’importance et s’en voulait de gâcher la beauté des ressentis par une peur ténébreuse.

Plonger dans la lumière, la retrouver, se nourrir de sa bienveillance, du cadeau offert.

La main de Figueras la regardait et elle savait maintenant que la phrase n’avait aucun sens.

L’énergie qui coulait la visitait comme un flux électrique. Plus rien n’avait de sens. Figueras regardait en elle et elle se souvenait de la tendresse, de l’intention bienveillante. Ou peut-être l’imaginait-elle.

Elle était gênée et simultanément comblée de deviner dans le phénomène un acte d’amour. Sans rien y comprendre.

Elle ne savait plus rien. Pas dans la dimension humaine.

Puisqu’elle était un puma. Un puma… Elle n’en connaissait rien avant d’entrer dans la grotte. Elle savait tout de lui maintenant. Puisqu’il était elle et qu’elle était lui.

Plus rien n’avait de sens, rien n’était vérifiable, rien n’était racontable, rien n’était traduisible, aucun rêve n’avait cette portée.

Un territoire infini s’était ouvert et elle n’en était pas revenue.

Elle avait couru dans les montagnes, la puissance de l’animal dans ses fibres, elle était lui, il était elle, une reconnaissance cellulaire, des retrouvailles, la joie sidérante de l’euphorie musculaire, quatre pattes volant au-dessus de la terre, chaque appui dans une perfection totale, elle avait couru en lui, dans l’acuité de ses regards, dans le couronnement de ses sens, l’extrême déploiement de sa force, elle avait vu par son âme l’étendue des existences, le cheminement millénaire des incarnations. Dans l’immensité des montagnes, à l’envers des cieux, elle avait cavalé sur les nuages, elle avait traversé les abîmes du temps en découvrant leur inexistence, rien n’avait de durée, tout n’était que l’instant, éternellement.

C’est là qu’elle avait ressenti le danger, une menace immense, constante, où que l’animal soit, qu’il coure dans les montagnes ou les forêts, qu’il traverse les torrents ou explore les ravins les plus profonds.

Où qu’il soit, un péril majeur, un danger de mort.

Elle ne savait pas quand elle avait ouvert les yeux. Ni quand elle avait décidé de quitter la grotte, ni comment elle avait franchi les ressauts, les pentes, les vires et les couloirs rocheux pour rejoindre la forêt, elle ne savait rien de ces instants inexistants.

C’est dans l’espace fermé des murs de la ferme qu’elle avait réellement repris conscience.

Ou qu’elle l’avait perdue.


 

Les chamanes sont-ils les nouveaux psys du XXIe siècle ?

 

Par Dalila Kerchouche | Le 26 août 2018

Enquête. - Convoquer son animal totem, découvrir son esprit guide, dialoguer avec les arbres… Une nouvelle vague ésotérique chic ensorcelle de plus en plus de jeunes actifs urbains. Entre quête de sens, reconnexion à la nature et psychothérapie alternative, voyage au cœur de ces nouvelles spiritualités.

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À quatre pattes dans les hautes herbes, Amandine, 28 ans, feule, grogne, rugit et gratte furieusement le sol. Dans cette prairie ensoleillée de Bretagne, oubliant tout vernis social, la trentenaire nantaise entre dans la peau d’un jaguar qui arpente la jungle, renifle les dangers et frotte son pelage contre l’écorce des arbres. Électrisé par le tambour de Simeth, la chamane maya, le corps frêle d’Amandine, secoué de spasmes, expulse alors une colère colossale en une transe cathartique… Avant de s’effondrer dans l’herbe. Vidée, la jeune femme plonge avec délices dans une rivière ombragée, au milieu des libellules bleutées. Tout en essuyant ses cheveux ruisselants, Amandine exulte d’une joie sauvage : «C’est très libérateur !»

Retrouver du sens

Qu’est-ce qui a conduit cette jeune informaticienne, qui n’a rien d’une illuminée, à pratiquer ce rite ancestral maya ? «Il y a trois ans, je travaillais chez Capgemini, raconte-t-elle. Rester assise sept heures par jour derrière un écran, dans l’air conditionné et sans voir personne : je mourais à petit feu. Je ne me voyais pas vivre ainsi jusqu’à ma retraite.» Résultat : burn-out à 25 ans, scoliose et dépression. «Mon corps a dit stop. Je suis partie au Pérou chez un chamane faire du woofing (tourisme alternatif qui permet d’être nourri et logé chez l’habitant en échange de travaux, NDLR). Il m’a soignée avec l’ayahuasca, une liane médicinale d’Amazonie. Le chamanisme me nettoie de mes émotions négatives : mon manque d’estime de moi, ma peur du lendemain et la colère que provoque en moi la destruction de la planète. Depuis, j’ai retrouvé un sens à ma vie. Aujourd’hui, je me forme à la permaculturepour devenir maraîchère bio.»

Entre totems et tipis indiens dressés dans une clairière du Morbihan, ils sont plus de 400 curieux, comme Amandine, à participer à ce festival chamanique baptisé Rencontre au cœur du sacré, né en 2015. Chaque été s’y entremêlent dans une ambiance joyeuse et bienveillante les traditions de guérisseurs celtes, mongoles, hébraïques, africains ou amérindiens. On y danse avec l’esprit du jaguar, on se connecte à son animal totem, on rencontre ses esprits guides, on communique avec les arbres, on nettoie sa lignée dans des huttes de sudation, et l’on célèbre la terre mère par des offrandes. «Notre public, qui est majoritairement féminin, jeune et passionné de développement personnel, a doublé en quatre ans», se réjouit Corinne, 57 ans, alias Oiseau de lune, ex-comptable parisienne devenue femme médecine et organisatrice du festival.

Les psys du XXIe siècle ?

Chamanes, les nouveaux psys ?

Baptiste Stephan / Madame Figaro

Chamane ! Par quel charme puissant cette figure du guérisseur sorcier, vieille de plus 40.000 ans, envoûte- t-elle en 2018 notre société occidentale désacralisée, matérialiste et technologique ? «Diabolisé en Occident par les philosophes des Lumières, puis réhabilité par l’anthropologue Claude Lévi-Strauss dans les années 1950, le chamanisme a resurgi pendant les seventies dans les milieux alternatifs hippies sous la forme d’un néochamanisme», explique l’anthropologue Jeremy Narby, coauteur de Plantes & chamanisme(Mama Éditions, avec Jan Kounen et Vincent Ravalec). Aujourd’hui, de la campagne bretonne aux dîners mondains, de plus en plus de millennials hyperconnectés et d’urbains actifs tout à fait rationnels, qui carburent plus au jus bio qu’au LSD, contactent un chamane aussi facilement qu’un thérapeute. Les chamanes issus des sociétés traditionnelles, qui savent entrer en relation avec le monde de l’invisible et les esprits de la nature afin d’y intercéder pour les hommes, deviendraient-ils les psys du XXIe siècle ?

Cette chamane-mania ensorcelle aussi l’univers du luxe. Depuis 2016, Louis Vuitton aurait son chamane attitré. Le 28 mai dernier, la maison de luxe l’aurait même fait venir en jet privé pour chasser la pluie lors de son défilé croisière 2019, qui se déroulait en plein air à la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence. Ce même chamane aurait été mandaté pour garantir le beau temps lors des noces de Meghan Markle et du prince Harry. «Dans le monde du luxe, on s’échange discrètement les 06 des meilleurs chamanes», avoue la dircom d’une grande maison. Avec des séances pouvant atteindre 300 euros les deux heures, le chamane business se porte bien. Même le monde très pragmatique de l’entreprise y succombe. Ainsi, la chamane Liliane Van der Velde propose aux managers des stages pour voyager dans l’«esprit» de son entreprise, dénouer un litige avec un client ou trouver ses alliés professionnels.

Dans les librairies, les livres sur le sujet fleurissent au rayon développement personnel. Sur Internet, où des guérisseurs sincères et efficaces côtoient des charlatans, les stages énergétiques explosent. En Amérique du Sud, un tourisme chamanique émerge autour de l’ayahuasca, cette plante sacrée pour les Amérindiens, mais interdite en France car considérée comme un psychotrope. Dans son récent best-seller How to Change Your Mind : the New Science of Psychedelics(Éditions Penguin Press), le journaliste du New Yorker Michael Pollan défend les effets thérapeutiques de ces plantes hallucinogènes utilisées par les chamanes depuis des millénaires.

Des urbains désenchantés ?

Faut-il voir dans ce phénomène une énième mode ésotérique new age, dont les risques de dérives sectaires ont été épinglés par un rapport de la Miviludes dès 2009 ? Ou une quête plus profonde, qui répondrait à la fois au désenchantement du monde, analysé par Max Weber, et à l’angoisse générée par la crise écologique ? Pour Arnaud Riou, auteur de Réveillez le chaman qui est en vous (Éditions Harmonie Solar), «le chamanisme revient au goût du jour parce que notre planète va mal. Beaucoup d’urbains en quête de sens, sensibles à l’écologie, à la méditation et au yoga désirent expérimenter une reliance plus spirituelle à la nature. Ils cherchent une connexion revitalisée avec le vivant. On a tous besoin de se reconnecter à la dimension sensible et sacrée de la nature, dont on a été coupé par le matérialisme et le monothéisme.»

Le président du Palais de Tokyo, Jean de Loisy, qui a dirigé l’exposition Les Maîtres du désordre en 2012 au Musée du quai Branly, relie cet engouement au succès actuel de la littérature sur les arbres, la conscience des végétaux et des animaux : «Depuis la naissance du monde moderne, l’homme se considère comme étant en dehors de la nature, dans une relation de prédation et d’exploitation qui, aujourd’hui, est ressentie comme inacceptable. Cet intérêt pour le chamanisme exprime le désir d’un rapport moins rationnel, plus sensible et plus immersif au monde. On bascule d’un rapport de pouvoir sur la nature à une relation de résonance intime.»

Cette quête d’une transcendance avec la nature touche des dirigeantes très structurées. Bénédicte, directrice marketing d’un groupe européen d’informatique, a réalisé plusieurs voyages en Amazonie : «Avec la prise d’ayahuasca, j’ai ressenti une connexion intense au vivant qui a aiguisé ma conscience écologique, raconte-t-elle. Je suis sortie de mon corps, je percevais les sensations des arbres et des plantes.» Dans le business, Bénédicte a aussi senti son intuition se décupler. «J’appréhende désormais le monde en 5D, avec ma raison, mes émotions, mes perceptions et mon ressenti, qui sont les bases de la communication intuitive. Lors des réunions, je sens la vibration des mots et des intentions cachées, je sais trouver le message juste et percutant, je peux rassurer des clients sur des appels d’offres à plusieurs millions d’euros. Je perçois la réalité avec une conscience élargie.»

“Le corps est mémoire”

Quand on lui a dit qu’elle était chamane, lors d’un festival, Bérangère, 48 ans, a éclaté de rire. «J’ai répondu : “Vous êtes dingues !” Adjointe au maire de Fréthun (Pas-de-Calais) et championne de France de randonnée aquatique, je ne suis pas du tout “perchée”. Je suis cartésienne, sportive et rationnelle. Pendant deux ans, j’ai tout rejeté. Et je me suis retrouvée clouée au lit par de violentes douleurs au dos. Quand j’ai accepté cette mission, mes douleurs ont disparu en quelques heures.» Initiée aux rites scandinaves, et baptisée désormais Vegvizir, elle soigne par des voyages au tambour nombre de femmes blessées dans leur féminin, victimes d’abus sexuels ou souffrant de fausses couches à répétition. «Le corps est mémoire, il garde tout. La demande est si forte que j’ai créé l’association Ursprang avec Anja Normann, une chamane suédoise, pour aider les femmes à se reconnecter à leur puissance et à prendre leur place.» Elle met en garde contre les dangers de la fascination : «Quand des patients en larmes se jettent à votre cou en vous remerciant, on peut vite s’enivrer et basculer dans une forme de pouvoir. Il faut rester humble, ancré dans ses valeurs. Il n’y a pas de magie, le chamane apporte ce qu’il peut avec ses outils, sa connexion et son altruisme.»

Même les psys s’y convertissent. Quand les outils thérapeutiques classiques ne parviennent pas à résoudre des problèmes d’addictions, de névroses, de dépressions, de ruminations négatives ou de scénarios de répétitions, certains envoient leurs patients chez un chamane. C’est le cas de Stéphane, psychologue à Genève : «Face à certains traumas engrammés depuis des années dans la mémoire corporelle, la thérapie par le langage ne suffit pas. Je conseille alors à mes patients de participer à des huttes de sudation près de Morzine, menées par Milenko, un ami chamane chilien. Le chamanisme, qui intègre le physique, l’émotionnel, l’énergétique et le spirituel, aborde l’être de façon holistique. C’est un véritable booster thérapeutique, qui permet une transformation profonde et spectaculaire.»

La science se penche aussi sur ce phénomène. Sur le modèle des recherches sur les bienfaits de la méditation réalisées avec le moine bouddhiste Matthieu Ricard, l’Inserm étudie en imagerie cérébrale les effets de la transe sur le cerveau, avec l’aide de Corine Sombrun, une pianiste devenue chamane en Mongolie.

Un défi à la raison

Voyage au cœur de ces nouvelles spiritualités.

Baptiste Stephan / Madame Figaro

Certains psys deviennent eux-mêmes chamanes. Pour soigner des traumas, ils s’initient aux rituels les plus étonnants, comme le recouvrement d’âmes. Psychologue clinicienne à l’hôpital de Plymouth, en Angleterre, et auteur de Comment je suis devenue chamane (Éditions Fayard), Claire Marie s’est formée à la médecine aztèque : «Quand on subit un trauma, une partie de notre énergie sort du corps. Cela crée un vide que l’on remplit par des pensées négatives et par l’énergie des autres.» Comment travaille-t-elle concrètement ? «Habillée de blanc, je frotte le corps de mon patient avec des œufs. J’utilise aussi le son avec un tambour, les parfums avec des fleurs, j’appelle l’esprit du vent, du feu, de l’eau et de la terre. En fin de cérémonie, je souffle sept fois sur différentes parties du corps pour réinsuffler les parcelles d’âmes qui se sont échappées. Quand le patient se nettoie en profondeur, souvent les œufs pourrissent en deux heures.»

Ce type d’expériences mystiques, courantes dans le chamanisme, résonnent comme un défi à la raison. En 2018, faudrait-il donc croire aux esprits ? Pionnier de cette double approche thérapeutique et spirituelle, le psychiatre Olivier Chambon, qui a publié Le Chamane & le Psy (Mama Éditions, avec Laurent Huguelit), rassure : «Ce n’est pas un afflux d’irrationalité qui infiltrerait soudain notre société. Certains penseurs et chercheurs comme Ervin László ou Mario Beauregard posent la question de l’existence de champs d’informations et d’énergies qui sont intelligents et indépendants de nous. La physique quantique montre que nous baignons dans un monde de vibrations et d’ondes avec lequel nous sommes en interaction.»

Qu’apporte, au fond, le chamanisme ? «Il nous montre que notre conscience est beaucoup plus large que notre petit “moi” de tous les jours. Dans notre vie routinière, nous vivons dans un état rétréci de conscience. Le chamanisme nous libère du brouillard mental de nos soucis quotidiens et de notre obsession pour la réussite. Il nous “éveille” de ce rêve contemporain. Il répond à un besoin de réenchanter nos vies, de se réanimer, au sens de remettre de l’âme dans nos existences, d’exprimer notre essence profonde et de restaurer l’équilibre entre l’homme et la nature. Il nous aide à retrouver un lien spirituel avec la terre mère pour nous guérir et comprendre le sens de notre vie, ce pour quoi on est là.»

 

Le chapelet des jours

Par Le 26/08/2018

Je n'aurais jamais pu imaginer l'ampleur que la trilogie de romans en cours prendrait dans ma vie.

Il était totalement hors de mes capacités imaginatives de prévoir les multiples directions que prendraient mes recherches et en même temps, les liens qui se créeraient dans toutes mes découvertes.

Je réalise, roman après roman, à quel point l'écriture a pris une importance considérable dans ma vie, non plus seulement sur un plan émotionnel et existentiel mais également sur un plan cognitif.

Autant, il y a quelques années, je m'appliquais à transcrire, sous forme de fiction, diverses expériences personnelles ou à explorer des réflexions liées à des thèmes qui me touchaient particulièrement, autant maintenant, je me sens happé, aimanté, conduit moi-même par une forme d'exploration d'une terre inconnue, comme si l'écriture elle-même me projetait au-delà de moi-même et m'invitait à aller voir bien plus loin que ma propre histoire ou mes propres connaissances actuelles.

J'ai écrit toute la journée. Depuis sept heures ce matin et je ne sais pas à quelle heure j'éteindrai l'ordinateur, en sachant qu'une fois allongé, mon esprit continuera jusqu'à l'endormissement à s'agiter en tous sens et que je m'appliquerai à encadrer le foisonnement de pensées et à punaiser sur le mur mémoriel chaque phrase, chaque image, chaque séquence, en demandant à ma conscience de ranger tout cela soigneusement jusqu'à mon réveil.

Le plus douloureux étant d'imaginer que la semaine prochaine, je serai en classe et que tout cela devra être mis en pause...

Un an, encore, .................un an pendant lequel j'effacerai un à un chacun de ces centaines de petits points, à chaque jour passé, jusqu'au moment où le chapelet sera terminé, ce jour où je tiendrai dans mes mains, la clé qui ouvrira la cellule.

Pour que je puisse écrire enfin, jours et nuits, si mon esprit le souhaite, sans aucune interruption forcée, pour que je puisse continuer à apprendre, à avancer dans des espaces inconnus, à stimuler mon esprit, à verbaliser les pensées, à contraindre ma concentration dans une direction précise, sans que rien ne vienne en perturber l'inertie. Aller, là-haut, dans les sphères de la pensée.

Et sur les sommets des montagnes, tout aussi librement, sans qu'aucun planning professionnel ne vienne interférer sur mes désirs physiques, émotionnels, énergétiques.

J'ai parfaitement conscience qu'à 57 ans, je serai un privilégié au regard de nombre de citoyens français qui ne se verront accorder cette mise en liberté que bien plus tard.

Je leur souhaite juste de tenir jusque-là. 

 

 


 

Sécheresse, élevage, jachères.

Par Le 26/08/2018

Il est clair pour Nathalie et moi qu'il va falloir penser à changer d'habitation et à trouver une maison dont le terrain est approvisionné par une eau de source permanente. Malgré nos 5000 litres de récupération d'eau de pluie, nous avons été obligés pour le quatrième été de suite d'utiliser l'eau potable du réseau pour l'arrosage et c'est aussi insupportable que de tirer la chasse d'eau (nous récupérons au maximum l'eau usagée de la maison pour ça). 

Il est évident par conséquent que l'autonomie en eau va devenir encore plus cruciale que l'autonomie en électricité. 

Toutes les modélisations des dix dernières années sur l'évolution climatique tendent vers un accroissement des témpératures estivales et des périodes de sécheresse de plus en plus longues et intenses. 

Vu que le potager contribue grandement à notre alimentation, il va devenir indispensable de trouver un autre lieu d'habitation. 

Une maison avec une source permanente à fort débit, dans un coin très reculé, au bout d'une voie sans issue ou d'une piste en terre, sans AUCUN vis-à-vis, ni aucune construction possible, avec un hectare de terrain plat et si possible un verger et un potager déjà existant. Bon, ça doit être rare tout ça...Dans un an, je serai à la retraite. Les prospections immobilières pourront commencer.

Quant au problème que cela pose déjà à l'échelle du pays et même désormais à l'échelle européenne, on en a un aperçu ici.

 

AFP 23/08/2018 à 07:50

La sécheresse a fait des ravages cet été parmi les pays du nord de l'Europe, producteurs de lait ( AFP / Jean-Francois MONIER )

La sécheresse a fait des ravages cet été parmi les pays du nord de l'Europe, producteurs de lait ( AFP / Jean-Francois MONIER )

"Nos vaches vivent depuis la mi-juillet grâce au foin récolté en juin, il n'y a plus d'herbe": comme nombre d'éleveurs suédois, allemands ou britanniques, Jean-Guillaume Hannequin, agriculteur dans l'est de la France, se demande comment il va nourrir son bétail cet hiver.

 

Si les pays méditerranéens ont depuis longtemps adapté leurs pratiques agricoles au manque d'eau, la sécheresse a fait des ravages cet été parmi les pays du nord de l'Europe, producteurs de lait.

En Suède, où des feux de forêts ont détruit des milliers d'hectares desséchés, la Fédération des agriculteurs (LRF) parle de la "pire crise depuis plus de 50 ans".

Un manque de nourriture pour le bétail "sera perceptible dès cet hiver", prévoit Harald Svensson, chef-économiste de l'Agence gouvernementale suédoise de l'Agriculture.

"La plupart des agriculteurs ont distribué aux animaux durant l'été les réserves de fourrage qu'ils avaient constituées pour l'hiver", explique-t-il à l'AFP, évoquant une chute historique de "29%" de la production suédoise de céréales par rapport à 2017.

Idem en Allemagne, où une ferme sur 25 est menacée de fermeture. En Basse-Saxe, grande région agricole du pays, l'inquiétude est grande pour les exploitations fourragères dont la production est inférieure d'au moins 40% à celle d'une année normale.

Aux Pays-Bas, le déficit de fourrage est estimé entre 40% et 60% par l'organisation agricole LTO, et celui de céréales à 20%.

- Spéculation "désagréable" sur la paille -

Loin de l'image idyllique des vertes prairies anglaises, la Grande-Bretagne n'a pas connu de sécheresse comme cette année depuis 80 ans, selon l'organisme public Agriculture and Horticulture Development Board (AHDB). La collecte de lait est en forte baisse du fait du manque d'herbe.

Chaleur intense : instantané d'une anomalie ( AFP / Laurence CHU )

 

Chaleur intense : instantané d'une anomalie ( AFP / Laurence CHU )

En France, "l'est du pays souffre depuis début juillet, et le reste du pays depuis août avec la vague de chaleur et de canicule prolongée", souligne Patrick Bénézit, responsable de l'organisation agricole FNSEA. Pour lui, la situation est comparable à celle de la canicule historique de 2003.

"Dans beaucoup d'endroits, même dans le Massif Central, le +château d'eau+ de la France, il n'y a pas de deuxième coupe d'herbe, c'est très préoccupant", indique-t-il à l'AFP.

Le responsable dénonce "une spéculation assez désagréable" sur les prix de la paille: "Les éleveurs ont besoin d'acheter de la paille pour la mélanger au foin afin de nourrir leurs bêtes, et les négociants en profitent." Réclamant jusqu'à 100 euros la tonne, contre 60 à 80 euros l'an dernier, selon lui.

Le coût du fourrage ayant bondi, beaucoup de bêtes ont été envoyées à l'abattoir plus tôt que d'habitude. En Grande-Bretagne, l'abattage de bovins a été 18% plus élevé que l'an dernier en juillet, avec une bonne partie de vaches laitières, selon l'AHDB. En Allemagne, où le gouvernement vient de débloquer 340 millions d'euros d'aide, les abattages ont augmenté de 10% dans les deux premières semaines de juillet, selon l'Agence allemande pour l'agriculture et la nutrition.

En Suède, le gouvernement a aussi débloqué une aide de 1,2 milliard de couronnes (117 millions d'euros) pour acheter du fourrage et éviter les abattages d'urgence.

 

En France, le sujet est tabou, tant les éleveurs redoutent une chute brutale des cours, en raison notamment du monopole de fait dont dispose le groupe Bigard dans l'abattage.

"On a peur qu'il profite de l'aubaine (de la) sécheresse pour acheter encore moins cher nos animaux, alors que nous avons déjà beaucoup de mal à survivre", confie un éleveur à l'AFP sous le sceau de l'anonymat.

- Risque d'abandons massifs -

Du côté de l'élevage laitier, "l'hiver risque d'être catastrophique" embraye un autre. "Pour compléter les rations des animaux, il va falloir acheter des céréales qui, elles, ont vu leur prix monter cet été, le lait va être de plus en plus cher à produire, les coûts de revient vont augmenter."

Un constat confirmé par Erwin Schöpges, président de l'European Milk Board à Bruxelles qui regroupe 100.000 petits producteurs laitiers européens: "Sans cette sécheresse, les coûts de production sont déjà loin d'être couverts. On parle, pour toute l'Europe, de coûts autour de 40 à 45 cents" alors que le prix de vente du lait en Europe "tourne autour de 30 à 33 centimes", détaille-t-il à l'AFP. "Alors comment voulez-vous, avec la sécheresse qui va encore augmenter les frais, que la situation s'améliore?"

Pour desserrer l'étau, la Commission européenne a promis des aides exceptionnelles, notamment le versement anticipé de certaines aides et des dérogations pour permettre d'utiliser l'herbe des jachères comme fourrage.

Jean-Guillaume Hannequin avertit néanmoins: "Il va y avoir des abandons massifs dans l'élevage."


 

 A la suite de cet article, j'ai donc cherché à voir quelles étaient les solutions à court terme pour tous ces agriculteurs et j'ai découvert le problème des terres laissées en jachère. C'est juste consternant en fait. L'article a un an mais c'est la même problématique aujourd'hui.

Pour résumer, quand un céréalier met des terres en jachère pour la rotation des cultures, il perçoit une subvention compensatrice mais s'il décide d'ouvrir ces jachères aux troupeaux d'un collègue éleveur qui souffre des effets de la sécheresse, il perd cette subvention et de plus, ce terrain risque de passer en "prairie permanente" et ne plus pouvoir être cultivé. Ce qui bien évidemment n'est pas envisageable pour lui. Au final, l'administration de l'UE empêche toute forme de solidarité paysanne par des textes de lois très restrictifs. 

Non, je ne dirai pas ce que je pense de l'UE...

 

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Jachères et élevage, une souplesse bien raide

1ParJeandey Antoine - Dans Edito

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13JUIL2015

En raison de la sécheresse, la profession agricole a demandé à pouvoir exceptionnellement utiliser les surfaces en jachère pour fournir les éleveurs en herbe. La réponse du ministère n'a pas traîné, extrêmement "gonflée", disant qu'elle autorise les agriculteurs à changer les déclarations d'affectation de leurs terres ou jachères. En d'autres termes, sans assouplir les textes en vigueur, et donc sans s'associer lui-même à la solidarité.

L'été, il se passe parfois de drôles de choses dans les établissements publics, les vérifications ne sont pas forcément aussi poussées que d'habitude, et les décisions manquent, de temps à autre, de vision pratique à terme... Ou encore le "politicien" passe devant le gestionnaire avisé.

Ainsi, disons-le tout net, le dernier communiqué sorti par le ministère de l'Agriculture tient ni plus ni moins du foutage de gueule, rédigé noir sur blanc qui plus est, et au nom de Stéphane Le Foll (dont on ose espérer qu'il aura été surpris par un collaborateur trop zélé de l'associer à une telle entreprise)...

Les faits, simples, compte-tenu de la conjoncture. La profession agricole (plusieurs syndicats en fait, nationaux ou départementaux) demande la possibilité d'autoriser le pâturage et la fauche de surfaces en herbe non utilisées, notamment les jachères. Ceci de manière exceptionnelle, pour répondre à une situation qui ne l'est pas moins, la sécheresse que nous vivons et qui handicape les éleveurs, déjà souvent en crise par ailleurs, les manifestations récentes l'ont démontré. Car sinon on connaît les règlements, les jachères, on n'y touche pas, et en échange de ces terres non cultivées considérées comme des SIE (surfaces d'intérêt écologique), les agriculteurs perçoivent une compensation.

Or que répond le ministère à cette demande ? Tout simplement un rappel du règlement : il est toujours possible de déclarer un changement d'affectation des jachères. Comprenez : "vous voulez faire pâturer sur vos jachères, faites-le, mais alors ce ne seront plus des jachères..." En d'autres termes, la prime (légère) perçue pour la surface non cultivée disparait... Et pire encore, le changement d'affectation acté par l'administration peut transformer la jachère en prairie permanente, ce qui signifie que la terre en question ne pourra plus être cultivée.

Pourquoi faire simple...

Soyons encore plus précis, à travers un exemple. Imaginons un céréalier voisin d'un éleveur. L'éleveur voit ses pâtures souffrir de la sècheresse, la production d'herbe est faible, la deuxième coupe est compromise... Bref il est en souci pour nourrir ses animaux, cela dans un contexte global de l'élevage en France qui l'empêche de trouver une alternative avec sa propre trésorerie. Le céréalier a quelques jachères. Elles sont là pour reposer la terre, en rotation bien sûr avec les cultures. Ces jachères génèrent de l'herbe, sans que l'on puisse parler de production puisqu'elle n'est pas valorisée. Une solution simple d'entraide entre agriculteurs serait donc d'autoriser l'éleveur à faire pâturer ses bêtes sur la jachère. Certes, les jachères n'ont pas été prévues pour cela, d'où le fait des demandes syndicales, pour assouplir le règlement compte-tenu d'éléments exceptionnels. Mais, comme vous l'avez compris désormais, la réponse du ministère ne l'autorise pas sans que cela ne devienne une perte sèche de terres pour le céréalier, lequel ne pourra plus poursuivre ses rotations en incluant une jachère dans le processus... Alors que laisser brouter ou paître quelques animaux quelques semaines uniquement n'aurait eu aucune influence sur ses cultures, et aurait bien sûr rendu service à l'éleveur.

Devant la demande syndicale, le ministère avait en fait deux possibilités rationnelles. La première consistait à rappeler le bon usage des jachères de façons à éviter que l'exception ne devienne habitude, tout en accordant des dérogations par zones géographiques selon les gravités recensées. La seconde aurait été de se couvrir à Bruxelles vis-à-vis des règlements européens sur les jachères, en faisant passer en urgence cette demande et en la faisant valider à ce niveau, histoire de ne pas insulter l'avenir et d'éviter un retour de bâton européen plus tard. Seulement, dans ce dernier cas, on transférait le souci administratif au personnel du ministère, et il était plus "simple" de le laisser aux agriculteurs, qui devront donc faire les démarches pour le transfert des jachères, puis surveiller que l'administration locale ne les transforme pas en prairies permanentes.

Un mot sur l'effet d'annonce ministériel, qui ne manque franchement pas d'air. En titre "sécheresse 2015 : le pâturage des jachères est possible sur simple modification de la déclaration Pac". Déjà, on sent le piège, mais le texte, lui, ne laisse aucun doute quant à l'"aide" ministérielle sur le dossier : "Suite aux demandes des professionnels agricoles, au vu des conditions climatiques exceptionnellement sèches en ce début d’été, Stéphane Le Foll s’était engagé à répondre dans les meilleurs délais sur la possibilité de déroger aux règles applicables aux jachères pour leur utilisation en alimentation animale. Il confirme que l’obligation de maintien des jachères au titre de la conditionnalité et la sanction à hauteur de 20 % qui était liée à cette obligation sont supprimées dans le cadre de la nouvelle Pac applicable cette année. Les agriculteurs peuvent doncmodifier leur déclaration pour requalifier en prairies des surfaces initialement déclarées en jachère." Et après ce simple rappel du règlement, une conclusion emphatique et de récupération politicienne pas vraiment de circonstance : "Stéphane Le Foll reste pleinement mobilisé et à l’écoute du monde de l’élevage qui traverse aujourd’hui une situation délicate. Toutes les souplesses permises par la réglementation communautaire seront exploitées pour leur permettre de passer ce cap difficile."

Une "ubuesque gestion administrative de la solidarité professionnelle"

Ce communiqué ministériel a été publié le 8 juillet. Son côté "bien tourné" a dans un premier temps fait son effet, il a été repris dans la profession agricole... Jusqu'aux premières tentatives de mises en pratique. C'est le syndicat de la Fdsea Ile de Francequi a levé le lièvre. Voici son communiqué, diffusé il y a quelques heures seulement : "Dans un contexte de sécheresse, la solidarité agricole doit pouvoir jouer son rôle, permettant aux céréaliers de mettre à la disposition des éleveurs des surfaces en jachères pour assurer un complément de fourrage aux animaux. C’est dans ce sens que la FDSEA a saisi l’administration afin d’autoriser la fauche et le pâturage de certaines surfaces en herbe, dont règlementairement le produit ne peut être utilisé, à l’image des jachères. Une demande simple pour pouvoir activer la solidarité entre voisins agriculteurs. Mais le ministère de l’Agriculture contraint ce geste de solidarité à une nouvelle démarche administrative, au risque d’engendrer des pénalités financières pour ceux qui le feraient. En effet, il faut requalifier en prairies les surfaces initialement déclarées en jachères, leur enlevant le caractère de Surface d’Intérêt Ecologique, dont le taux cette année est de 5 %. Plus grave, si la parcelle est déclarée en « Jachère SIE », l’administration peut la notifier définitivement en prairie permanente, avec les conséquences d’une remise en culture impossible." Avec en prime un commentaire de Damien Greffin, président de ce syndicat : "Nous sommes dans un système totalement ubuesque, où les agriculteurs, déjà sur-encadrés règlementairement, doivent maintenant subir une gestion administrative de la solidarité professionnelle."

En conclusion, pensez à ces éleveurs qui cherchent désespérément aujourd'hui à passer au travers des catastrophes qui s'amoncellent... Et à qui on répond, "bien sûr, les autres agriculteurs peuvent vous aider, ils n'ont qu'à faire les démarches nécessaires pour perdre définitivement l'exploitation des terres correspondant à leurs jachères..."

Où va-t-on ?

Notre illustration : l'annonce publiée sur le site du ministère de l'Agriculture, lien direct :http://agriculture.gouv.fr/secheresse-2015-le-paturage-des-jacheres-est-possible-sur-simple-modification-de-la-declaration-pac 

 

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Auteur :

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JEANDEY ANTOINE

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Pic pétrolier

Par Le 23/08/2018

Lorsque j'ai entamé l'écriture du roman "Les héros sont tous morts", je n'avais aucune idée de l'ampleur que cette histoire allait prendre dans ma vie...

Je ne pourrais pas comptabiliser les heures de lecture ni les documents que j'ai compilés.

Rien de ce que j'écris dans le deuxième tome de ce qui est devenue une trilogie ne relève de la fiction. Tout est réel. 

Dans le tome 3, j'entrerai intégralement dans l'anticipation. 

Sauf si la réalité va plus vite que ma capacité de travail.


 

"Il est improbable que les hommes renoncent à la croissance, mais la contrainte énergétique peut nous y conduire, et il vaut mieux s’y préparer."

 

https://aspofrance.org/2018/07/01/que-devient-le-pic-de-petrole%e2%80%89-interview-de-p-brocorens-par-la-revue-silence-octobre-2017/

1 - L'Agence internationale de l'énergie estime que le pic de production de pétrole conventionnel a été passé en 2006. Avant cette date, on parlait pour l'après-pic d'une courbe de consommation en "tôle ondulée" : quand le prix monte, la consommation ralentit, provoquant une surproduction, le prix baisse alors relançant la consommation… et donc la hausse des prix. Pourtant, après une brève période d'augmentation du prix du pétrole (140 $ en 2008), tout continue comme avant. Pourquoi ? Les choses évoluent, au contraire. L’échelle de temps est essentielle, et dans notre société du buzz, il est difficile de percevoir des évolutions de temps long. Depuis qu’on exploite le pétrole, le débit de production est soumis à des contraintes : géologiques, techniques, économiques, géopolitiques, et autres. Par le passé, ces contraintes n’ont jamais été suffisantes au point d’enrayer durablement la croissance de la production, car l’augmentation de certaines contraintes (épuisement de gisements,…) était plus que compensée (nouvelles découvertes, progrès techniques,…). Mais petit à petit, le rapport de force s’inverse sous l’action des contraintes géologiques, les ressources étant finies. Pour le brut conventionnel, cette dégradation s’est d’abord marquée au niveau des découvertes. Depuis le milieu du XIXème siècle, et pendant environ cent ans, elles ont augmenté tendanciellement. Mais vers 1960, le pic est atteint, le déclin commence. Dans les années 1980s, la courbe des découvertes (en baisse) croise la courbe de production (en hausse). A partir de cette date, les découvertes ne renouvellent plus assez les réserves. Un pic de production devient inévitable. Il eut lieu au début du nouveau millénaire, 40 ans après le pic des découvertes. Les prix flambèrent. Ce fut la surprise, car l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) prévoyait une production en forte croissance dans les vingt ans à venir (Fig.1) et des prix stables (Fig.2). Le pic du brut conventionnel, ça concerne 75% des liquides pétroliers. Enorme ! Mais rares sont ceux qui ont pris la mesure du phénomène. L’AIE, vous l’écrivez, a reconnu un pic de production, mais dans un langage ambigu et inaudible. La contrainte économique est mise en avant - si seulement les investissements avaient été plus élevés - et à travers elle, c’est l’origine humaine, supposée surmontable, qui est perçue, non la dimension géologique. On oublie que c’est à travers l’économie que la contrainte géologique se matérialise : entre 2000 et 2014, les investissements ont été multipliés par 250%, mais découvertes et production ont plafonné. Depuis plus de dix ans, l’AIE rabote ses prévisions de production, par petites touches, année après année (Fig.1).

Quant au lien prix-production, on a bien un scénario de plateau ondulant comme vous le décrivez, mais les variations de prix sont amples et avec des phases parfois très longues. Depuis le nouveau millénaire, on a connu deux phases de hausse, en 2000-2008 et 2009-2014, et deux phases de baisse, en 2008-2009 et depuis 2014. Les prix bas actuels ont raboté les investissements, si bien que la production de brut conventionnel devrait amplifier son effritement, lorsque les projets mis en chantier pendant les années fastes seront terminés. On peut donc s’attendre à une nouvelle phase de hausse des prix, que l’AIE anticipe aussi (Fig.2.). 2 - Le recours croissant au gaz (pour les centrales thermiques) et aux pétroles non conventionnels (pour les transports) peut-il se faire sans limite ? Les prix bas actuels s’expliquent par les pétroles « de schiste ». Ils ont relancé la croissance de la production d’hydrocarbures liquides qui avait été stoppée par le pic du brut conventionnel. Les pétroles « de schiste » ont été développés massivement aux USA grâce à une conjonction unique au monde de facteurs géologique, technique, économique, financier, législatif, et politique très favorables, qui les ont conduits en quelques années à représenter 5% de l’offre mondiale d’hydrocarbures liquides. C’est un exploit ! Mais 5%, c’est peu face aux 75% que constitue la part du brut conventionnel et qui, rappelons-le, entre en déclin. Et en dehors des USA, les pétroles « de schiste » sont freinés par les contraintes locales. Des développements majeurs auront lieu ailleurs dans le monde, ainsi que pour d’autres ressources comme les sables bitumineux, mais il est peu probable que les non-conventionnels repoussent le pic tous pétroles au-delà de 2030. 3 - Peux-on prévoir les pics de production des pétroles non-conventionnels ? (Gaz de schistes, schistes bitumineux) ? Qu'en est-il de celui du gaz naturel ? De celui du charbon ? Alors que les pétrole et gaz conventionnels sont concentrés dans des volumes de roches bien définis, pour les pétroles et gaz « de schiste », la concentration dans le sous-sol varie graduellement, depuis des zones libres d’hydrocarbures jusqu’à des zones très riches, ce qui rend l’étendue des zones exploitables – et le montant des réserves – très sensible au prix du pétrole. Les débits sont également très sensibles au prix, car très sensibles au rythme des forages. Ainsi, la production US a atteint un premier pic début 2015, est descendue jusque fin 2016, pour actuellement rebondir, imitant avec retard la volatilité des prix. En fonction de l’évolution des prix, plusieurs pics de production peuvent donc se produire. Sur le long terme, le comportement de la demande à des prix plus élevés sera déterminant. Quant aux schistes bitumineux, ils ne sont que des précurseurs de pétrole et gaz. Pour obtenir des hydrocarbures, il faut les soumettre à une cuisson très énergivore qui rompt les grosses molécules solides en molécules plus petites, liquides et gazeuses. Ces ressources ne seront probablement envisagées qu’en cas de secours, à des prix supérieurs à 200$/b. A ces prix-là, le monde sera vraisemblablement engagé tous azimuts à sortir du pétrole, aussi les schistes bitumineux sont-ils exclus des scénarios de pic pétrolier. Pour gaz et charbon, on peut faire des analyses similaires, en séparant les différents types de ressources. Cependant, le pétrole est crucial. C’est le premier des trois hydrocarbures à franchir son pic, et vu son importance, les conséquences pourraient être incalculables et changer drastiquement les rythmes d’extraction des autres ressources.

4 - Le débat sur le réchauffement climatique indique qu'il faudrait laisser le maximum de ces énergies fossiles dans le sol pour éviter d'en libérer le CO2. Peut-on espérer que l'industrie pétrolière accepte de telles restrictions ? De même pour l'industrie charbonnière (et donc la possibilité de liquéfier le charbon pour en faire du carburant) ? Peut-on surtout espérer que nous, les drogués du pétrole, acceptions de telles restrictions ? L’énergie représente la capacité d’action et de transformation du monde, et le pétrole nous a offert une capacité d’action gigantesque. Qui pourrait s’en passer ? Tout est fait pour qu’il y ait plus d’échanges et d’action, garants de croissance économique et d’intégration dans la société de consommation. Quant aux pays exportateurs de pétrole, exporter leur permet d’acheter la paix sociale. Ce n’est pas un hasard si le printemps arabe a emporté Syrie, Yemen, Tunisie, et Egypte. Le pic pétrolier franchi des années auparavant fut clairement un facteur déstabilisateur, éliminant recettes de l’état et gonflant ses dépenses. Dans ces pays, un élément clé du contrat social est la disponibilité d’énergie à bas prix. C’est possible tant que le pays est auto-suffisant, mais ruineux une fois qu’il devient importateur, ce qui oblige à des ajustements impopulaires. En bref, ces pays ont vécu une transition pétrolière, et elle est bien différente des clichés : pas de pénurie physique, mais une réorganisation profonde des flux économiques et financiers au sein de la société.

D’autre part, le Yemen et la Syrie ont vu la chute de production s’accélérer avec la guerre civile. Ainsi, déclin de production et déstabilisation du pays peuvent se renforcer l’un l’autre. Si de telles évolutions devaient se reproduire, il sera difficile d’avoir conscience qu’on franchit un pic pétrolier mondial. Le pic mondial étant la superposition de pics et déclins locaux, si ces déclins sont exacerbés par les événements géopolitiques, ce sera la géopolitique qui sera pointée du doigt, non les contraintes géologiques. C’est un élément clé à suivre, car le Venezuela (pour le conventionnel), l’Algérie, et le Nigéria sont entrés en transition pétrolière. 5 - Si on connait des scénarios pour une électricité 100 % renouvelables, il semble bien difficile d'imaginer une "sortie du pétrole" ou une "sortie des énergies fossiles". Le pétrole couvre environ un tiers de nos besoins énergétiques mondiaux, si on y ajoute le charbon et le gaz, on arrive à encore plus de 80 % (les biocarburants et les déchets font autour de 10 %, le nucléaire moins de 5 %, les renouvelables moins de 5 %). A part les économies d'énergie, quelles sont les pistes envisageables pour remplacer les énergies fossiles (dans le domaine énergétique, mais aussi dans la pétrochimie) ?

Oui, remplacer les énergies fossiles est une tâche colossale, et on n’a pas encore commencé. Au niveau mondial, les énergies alternatives ne remplacent pas les énergies fossiles. Elles viennent s’y ajouter. Pourtant, de nombreuses pistes sont connues, déclinées en énergies alternatives, économies d’énergie, et adaptations sociétales, mais elles doivent être développées beaucoup plus massivement qu’aujourd’hui pour avoir un impact. Il y a aussi des pistes novatrices, comme utiliser plusieurs fois la même calorie avant qu’elle ne se perde dans la nature sous forme de chaleur, stade ultime de dégradation de l’énergie. On profiterait de cette propriété pour faire réaliser un travail utile à la calorie, avant de valoriser sa forme dégradée là où de la chaleur basse température est requise. Ces dernières années, des radiateurs et chauffeeau électriques ont été créés avec des processeurs comme résistances chauffantes. Grâce aux réseaux, la capacité de calcul des processeurs est mise à disposition d’un utilisateur éloigné, alors que la chaleur produite est relâchée dans votre salon. Une calorie pour deux usages, c’est une économie d’énergie de 50%. Ceci dit, sur la durée, les efforts finissent toujours par être insuffisants dans un système de croissance économique continue. Il est improbable que les hommes renoncent à la croissance, mais la contrainte énergétique peut nous y conduire, et il vaut mieux s’y préparer."

 

Souveraineté alimentaire

Par Le 22/08/2018

La mondialisation alimentaire est un empoisonnement de masse.

La solution passe soit par une fermeture des frontières, soit des surtaxes aux produits importés, soit une égalité des règles. 

Aucune de ces solutions n'est envisagée par l'union européenne.

Il reste donc aux consommateurs d'user de leur pouvoir et de choisir l'agriculture locale bio ou en tout cas la moins chimique possible. 

L'intérêt des populations est flagrant... Le pouvoir d'achat est réduit pour beaucoup, c'est une évidence. Il reste à chacun de ne pas sacrifier le pouvoir de rester en bonne santé. Et la planète aussi...


Le Modef organise mercredi sa traditionnelle vente "au juste prix" de fruits et légumes, notamment à Paris. Pour son vice-président, Raymond Girardi, il s'agit de dénoncer la concurrence déloyale des autres pays, qui n'ont pas les mêmes règles concernant les pesticides.

La vente directe de fruits et légumes organisée par le Modef place de la Bastille à Paris, ici en 2017.
La vente directe de fruits et légumes organisée par le Modef place de la Bastille à Paris, ici en 2017. (BERTRAND GUAY / AFP)

franceinfo : Vous parlez de vente au juste prix, c'est-à-dire ?

Raymond Girardi : L'idée du juste prix, c'est de faire la démonstration de ce qui devrait être le prix pratiqué partout en Ile-de-France, de ce que l'on peut trouver sur l'étalage. Prenons par exemple les tomates, qui sont un produit de grande consommation, que l'on vend 1,7 euro le kilo. Dans ce prix, il y a la juste rémunération des agriculteurs, environ 1 euro et le reste c'est la marge normale de la grande distribution. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, puisque ces tomates se trouvent en catégorie premier choix plutôt autour de 3 euros que de 1,7 euro. C'est ce que l'on considère comme le juste prix et c'est l'occasion de faire la promotion des fruits et légumes de France, de dire aux consommateurs qu'ils ont intérêt à acheter des fruits et légumes de France, parce que c'est là qu'il y a la meilleure garantie au niveau des produits.

Est-ce la priorité pour vous de lutter contre les importations ?

Oui, actuellement les producteurs français ne couvrent que 60% des besoins, donc on importe 40%. Le problème que posent ces importations c'est que nous, producteurs français, nous avons une réglementation extrêmement stricte en matière d'utilisation de produits chimiques, ce que l'on appelle les pesticides. Alors que tout le monde sait que tous les pays n'ont pas la même réglementation et utilisent ces produits chimiques interdits. Donc cela fait une concurrence déloyale pour les producteurs français et pose un problème de santé publique pour les consommateurs. Ces produits sont dangereux quand ils sont utilisés en France, il n'y a pas de raison que cela ne le soit pas pour des produits importés. On demande au gouvernement de sanctionner les importations qui sont soupçonnées d'utiliser des matières interdites en France.

La France va-t-elle trop vite sur les interdictions de pesticides, selon vous ?

Nous sommes favorables à la mise en place de l'agriculture raisonnée, voire bio, pour limiter au maximum l'utilisation des produits chimiques. Ceci dit, c'est très compliqué de s'appliquer ces règles localement, en France et que le reste du monde continue de les utiliser. À un moment donné, il faut que l'État français négocie au niveau international, pour que les mêmes règles et les mêmes pratiques soient réparties sur l'ensemble de la planète. Que la France ne soit pas un îlot vertueux et que le reste de la planète continue d'utiliser des pesticides parce qu'en fait, c'est l'agriculture française qui va en pâtir, et les consommateurs français. C'est bien que la France soit leader en matière d'utilisation (il manque le terme réglementée, à mon avis) des produits chimiques dans l'agriculture et ailleurs, mais on ne peut pas s'isoler du reste du monde, sinon on se pénalise et la production française va continuer de baisser. Et au lieu d'être à 40% [d'importations] dans 10 ans on sera à 50% et se posera le problème lié à la santé par rapport aux importations. Donc il faut régler le problème aujourd'hui. Que l'État français fasse des efforts, que nous producteurs français, on fasse des efforts, mais que le même cadre de réglementation soit mondialisé. Au moins au niveau de l'Union européenne puis au niveau international. Sinon il n'y a pas d'issue possible.

 

Obésité

Par Le 22/08/2018

Je veux bien les accueillir pour un séjour "marche en montagne, végétarisme et perte de poids" :)

 

Le Premier ministre des îles Tonga, Akilisi Pohiva, a lancé un défi à ses homologues : afin de promouvoir la lutte contre l’obésité, il veut organiser un concours de perte de poids.

Dans le monde, neuf des dix pays les plus touchés par l\'obésité sont des îles du Pacifique.
Dans le monde, neuf des dix pays les plus touchés par l'obésité sont des îles du Pacifique.

En matière de santé publique, le Premier ministre des îles Tonga, Akilisi Pohiva, a des idées pour le moins originales. Evoquant les autres chefs de gouvernement du Pacifique, Akilisi Pohiva a en effet déclaré, dans le Samoa Observer du 12 août, qu’ils devraient "se lancer ensemble dans une compétition de perte de poids". "Nous nous pèserons à nouveau l'année prochaine quand nous nous retrouverons. Nous verrons qui a perdu le plus", a précisé Akilisi Pohiva. Si le concept peut paraître absurde, il a en réalité un but bien précis : promouvoir la lutte contre l’obésité, véritable fléau dans le Pacifique.

Junk food, sédentarité et diabète

Dans le monde en effet, neuf des dix pays les plus touchés par cette maladie sont des îles du Pacifique, selon l'Organisation mondiale de la santé. L’obésité n’y n'épargne personne, pas même la famille royale des îles Tonga. Le roi Taufa’ahau Tupou IV est ainsi considéré comme le plus gros souverain du monde, puisqu'il pesait 209 kg en 1976. Les conséquences de cette épidémie sont graves : dans les îles du Pacifique, de nombreuses personnes sont amputées des suites d’un diabète, directement associé à l’obésité. Comme la journaliste Géraldine Zamansky le soulignait sur le plateau duMagazine de la Santé en 2016, ce diabète abîme les vaisseaux et les nerfs, et les plaies ne parviennent pas à cicatriser.

Cette inquiétante progression de l’obésité est due à un changement d’habitudes alimentaires et sportives opéré il y a une cinquantaine d’années. Aujourd’hui, les habitants du Pacifique, très pauvres, consomment beaucoup de junk food et sont très sédentaires. Auparavant pourtant, leur mode de vie était particulièrement sain. Pour inverser la tendance, le Premier ministre des îles Tonga estime que c’est aux chefs de gouvernement de montrer l’exemple. Il s’explique : "Le but n'est pas de savoir qui va perdre le plus de kilos, mais de promouvoir une mentalité saine." Aussi Akilisi Pohiva a-t-il ajouté qu'il avait prévu de lancer ce défi lors du Forum des îles du Pacifique, qui aura lieu en septembre à Nauru (Micronésie).

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