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Articles de la-haut

Textes sur l'amour : mise à jour

Par Le 10/05/2018

L'an passé déjà, j'ai entrepris de faire du "rangement" dans le blog et j'en suis venu à chercher les textes sur l'Amour.

J'ai pu réaliser à quel point cette quête, son exploration, son vécu, son saisissement intégral occupaient largement mes réflexions.

En voici quelques liens parmi beaucoup d'autres avec une mise à jour.

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L'amour dans mes romans

 

Aimer

Apprendre à ne plus s'aimer.

Aimer l'amour. (roman)

Aimer et ensuite apprendre (spiritualité)

L'amour et le besoin (spiritualité)

L'amour et le besoin (2) (spiritualité)

L'amour et le besoin (3) (sexualité sacrée)

L'Amour et le juste milieu. (spiritualité)

Ma vision de l'Amour. (spiritualité)

L'amour en otage (spiritualité)

L'Amour véritable (spiritualité)

L'amour de la Nature (spiritualité)

L'amour du silence. (spiritualité) 

L'amour des montagnes. (A CŒUR OUVERT)

L'amour des âmes (spiritualité)

L'Amour révélé

L'amour inconditionnel (spiritualité)

Dans le territoire de l'amour (spiritualité)

"A COEUR OUVERT" : l'amour

Le corps Sacré. (sexualité sacrée)

Le Graal (sexualité sacrée)

Le couple et l'amour conscient (sexualité sacrée)

La réalité de l'amour (sexualité sacrée)

Sur l'Amour

En amour.

Amour et séduction. (spiritualité)

Amour et sexualité (sexualité sacrée)

Etre en amour. (spiritualité/sexualité)

Etre aimé. (spiritualité)

Les âmes enlacées (sexualité sacrée)

La raison et le couple.

La sexualité censurée (spiritualité)

Vélo, tantrisme et pleine conscience.

Vertiges de l'Amour à vélo. (spiritualité)

 

Cirques sans animaux

Par Le 09/05/2018

Ils n'étaient plus "des saltimbanques mais des tortionnaires" : le cirque Bouglione lance son éco-cirque sans animaux

"On a vu le regard du public changer" raconte Sandrine Bouglione, qui dirige aujourd'hui avec entre autres son mari, un éco-cirque, sans exploitation animale.

Sandrine Bouglione dirige avec son mari le spectacle L\'étrange cabaret magique, sans exploitation animale.
Sandrine Bouglione dirige avec son mari le spectacle L'étrange cabaret magique, sans exploitation animale. (GRÉGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

Un grand nom du cirque français menacé de disparaître : le cirque Pinder a été placé en liquidation judiciaire le 2 mai 2018. Son propriétaire Gilbert Edelstein se dit victime de la crise, de la peur des attentats, mais aussi des rythmes scolaires et du désintérêt du public, qui boude de plus en plus les spectacles avec des animaux sauvages en captivité.

Ce constat, le cirque Joseph Bouglione l’a dressé il y a quasiment un an. La troupe a décidé de cesser de se produire avec des animaux pour aller vers un éco-cirque : son dernier spectacle intitulé L’étrange cabaret magique se joue sans exploitation animale... sauf un : un poisson rouge !

Devenus "des tortionnaires" pour le public

 

Terminé le temps où André-Joseph Bouglione, petit-fils de l'un des fondateurs du célèbre cirque, posait pour la télévision avec un bébé tigre dans les bras. L'an dernier, la troupe a donc décidé de sauter le pas : plus d'animaux dans les spectacles. Un coup de tonnerre dans le milieu : "on défendait notre métier avec une ardeur extraordinaire, mais on a vu le regard du public changer." Pour elle, le public se disait : "ce ne sont plus des saltimbanques mais des tortionnaires."

 

La présence de l’animal en captivité à vie, ce sont des valeurs que les gens ne voulaient plus transmettre à leurs enfantsSandrine Bouglionefranceinfo

Une remise en question était nécessaire selon Sandrine, qui a aussi constaté un retrait des écoles : "quand on voit que le cirque Pinder se plaint des quatre jours et demi d’école, ça n’est pas vrai. Lorsqu'on contacte les écoles, beaucoup de maitresses ne veulent plus transmettre ces valeurs-là aux enfants."

De mauvaises pratiques qui salissent les cirques

Pour Sandrine Bouglione, le cirque traditionnel doit évoluer, et rompre avec des pratiques qui rendent les cirques indésirables dans certaines villes aujourd'hui : "beaucoup de petits cirques manquent de force. Il faut savoir qu’il faut trois semaines pour déloger un cirque qui s'est implanté illégalement. Je pense que les grands cirques n’ont pas su faire le ménage pour faire en sorte que ce genre de pratiques ne se fassent pas, et aujourd’hui ils en payent le prix. Le public est en train de bouder le cirque à cause d'agissements illégaux... C’est impensable."

Voir un animal attaché sur un rond point ou sur un panneau de signalisation pour annoncer un cirque en ville, c’est abominable Sandrine Bouglione

Le cirque Joseph Bouglione va donc se lancer dans un éco-cirque. Les costumes seront en fibres végétales uniquement. Il n'y aura même plus le poisson rouge : "il est à la retraite !"

"La vue au bout des doigts"

Par Le 09/05/2018

Mathieu Barbe à l'entraînement / © France 3 Alpes
Mathieu Barbe à l'entraînement / © France 3 Alpes

 

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Il y a 3 ans, Mathieu Barbe chutait de 20 mètres sur la Via Ferrata de la Bastille à Grenoble, à cause d'une longe défectueuse. Gravement blessé, la vie de cet étudiant de 25 ans a basculé. Aujourd'hui, il a repris goût à la vie grâce à sa passion: le sport.

Par Faïza Garel-Younsi 

5 Mai 2011: une date que Mathieu Barbe n'oubliera jamais. Ce jour-là, il escalade les falaises de la Bastille à Grenoble, en Via Ferrata. Une activité a priori sécurisée. Sauf que sa longe, défectueuse, cède. La chute de 20 mètres, le laisse dans le coma pendant des semaines. Quand il se réveille, Mathieu Barbe est aveugle. Et le fabricant de la longe, Petzl, très touché par l'affaire, est finalement relaxé après des mois de procédure judiciaire.
 

Aveugle, il reprend l'escalade


Pour Mathieu, pas question de se laisser abattre: aujourd'hui, le jeune homme a décroché son diplôme d'ingénieur à l'INSA de Lyon. Malgré son handicap, ce passionné de montagne a repris le sport. Notamment, l'escalade. Une pratique désormais adaptée, Mathieu est guidé à l'oreillette par un "assureur". Même s'il n'a pas retrouvé le niveau qu'il avait avant l'accident, à force d'entraînements, il a réussi à intégrer l'Equipe de France Handi Escalade. Aujourd'hui il rêve de participer au prochain Championnat du Monde
Et pourquoi pas d'accéder au Podium! 

Reportage François Guais et Jean-Pierre Rivet

Portrait de Mathieu Barbe
Le réalisateur Brunot Cédat lui a consacré un film "la vue au bout des doigts" :

LA VUE AU BOUT DES DOIGTS from Bruno CEDAT on Vimeo.

Musique

Par Le 05/05/2018

Il est vraiment très rare que j'écoute des musiques avec des paroles mais, là, cette voix et cette rythmique m'ont happé. Une heure qu'elle tourne en boucle et que j'écris.

Vélo, tantrisme et pleine conscience.

Par Le 05/05/2018

Kundalini 4 2

 

Ce matin, je me suis dit qu’il était temps, pour cette quatrième sortie en vélo, de passer le cap des soixante kilomètres. Je me suis donc mitonné un parcours bien vallonné et un final où je m’imaginais bien exploser en vol comme c’est déjà arrivé. Sur ce parcours, les huit derniers kilomètres qui ramènent à la maison cumulent quatre côtes, courtes et raides, des casse-pattes redoutables quand on est déjà carbonisé.

Je me suis depuis longtemps appliqué en vélo à ne pas gaspiller d’énergie par des mouvements de tête ou d’épaules, des crispations du haut du corps,… tout ce qui contribue à user d’une énergie qui manquera d’autant plus vite qu’elle n’est pas préservée par une concentration maintenue.

Il y a quelques années, j’ai suivi une session de méditation de pleine conscience sous la conduite expérimentée de Nathalie Hannhart. L’impact de ce travail intérieur, je n’en ai pris conscience qu’après quelques temps, lorsque je me suis aperçu que je m’en servais en vélo, pour bricoler, pour écrire, pour marcher en montagne, pour faire la vaisselle, pour travailler avec les enfants, pour écouter de la musique, pour préparer mon sommeil…Et plus beau que tout ça réuni pour aimer la femme de mon âme et de mon cœur.

Pendant mon tour de vélo, alors que je roulais déjà à une allure soutenue depuis un bon moment, je me suis fait rattraper par sept gars, tous avec la même tenue, un club de Chambéry, des cuisses comme des poteaux électriques, de quoi se cacher derrière et ne plus prendre de vent. Tous plus jeunes que moi et ça me motive :) J’ai donc remis "un coup de dur" pour coller au dernier et tenter de suivre aussi longtemps que possible. Lorsque mon tour de relais est arrivé, j’ai dit que si je passais devant, ils allaient se croire à l’arrêt et le gars qui me suivait a rigolé et m’a lancé : « t’inquiète, je prends ta place ». Je me suis déboîté et j’ai réintégré la queue de file. Le gars qui me précédait m’a lancé : « On fait une sortie à 35 » et comme je ne comprenais pas, vu le nombre de cyclistes, il a précisé : « On ne descend pas en-dessous de 35 km/h… »

Bon, là, il fallait vraiment que je m’applique. Je voyais le compteur qui oscillait entre 39 et 42 km/h alors je me suis concentré sur la poussée du ventre, sur le souffle, sur cet état de pleine conscience qui permet de visualiser l’énergie en soi, de la canaliser, de la propager là où elle doit être, là où il est nécessaire qu’elle soit dispensée, sans aucune perte, sans aucun gâchis, sans jamais que la moindre pensée ne vienne briser ce lien intérieur entre la force et l’esprit…

Comme lorsque je suis en amour avec la femme de mon cœur et de mon âme.

C’est ce que j’ai compris dans la dimension du Tantrisme et que j’ai cherché à écrire dans « Kundalini ».

Lorsqu’une verge se raidit, elle réagit à un afflux sanguin dans les corps caverneux. Il faut le voir en soi pour en aimer l’importance, il faut contacter la chair et les veines, il faut contacter cette matière qui porte en étendard la puissance de l'amour qui se partage. Il faut contacter aussi ce cœur qui maintient le flux sanguin, qui en accroît le volume, qui en agite les particules dans cette tâche essentielle. Contacter le souffle ventral, celui qui va permettre de dépasser l’état « naturel » de l’être qui est en amour pour entrer dans l’état de conscience de l’amour en l'être. 

Il faut aimer tout cela et ne rien perdre de vue.

 

Et quand je pédale sur les routes de montagne, je vois cette énergie en moi, je l’honore, je la bénis, elle me réjouit, elle me transcende. Le sang afflue, le cœur tambourine mais il faut y ajouter un partenaire : le souffle. Non pas le souffle qui s’exhale par une bouche grande ouverte, mais le souffle intérieur, celui qu’il convient d’enlacer de son attention pour le diriger vers le bas du ventre.

C’est lui qui conscientise l’acte, c’est lui qui permet à l’individu de dépasser l’état d’inconscience inhérent à l’excitation du sport. Cette excitation qui n’est que dispersion. On sait l’importance considérable que les sportifs professionnels attachent à la concentration, à la maîtrise de leur esprit, à la canalisation de l'excitation pour qu'elle reste à leur service au lieu de les étourdir. C'est là que se trouve la maîtrise de l’énergie et la possiblité d'en saisir l'immense potentiel.

Il est juste, bon et utile d’apprendre à faire comme eux ou tout du moins d’explorer notre propre potentiel de pleine conscience.

En amour, en vélo, en bricolage, au travail, en voiture, au jardin, dans la création artistique. Être là, en soi.

Si je me perds dans une excitation débridée, je ne suis pas en vélo puisque l’inconscience contribue à la dilapidation de l’énergie. Alors, j’entre dans un état d’observation de mes gestes pour que dure le plaisir, pour que l’énergie dépensée ne s’évapore pas dans un néant inconscient mais dans une lucidité réjouissante.

En amour, je considère que c’est un devoir envers l’être aimé. La pleine conscience est un acte d’amour.

C’est là, dans cette pleine conscience, nourrie par l’attention portée au souffle qui dirige l’énergie, que la durée devient possible, quelle que soit la situation.

Je me suis donc appliqué à renier la crainte de ne pas pouvoir suivre ces sept cyclistes, à limiter ma pensée sur la visualisation intérieure de mon souffle, ce resserrement des abdominaux, la conscience du souffle qui descend dans le périnée, celui-ci jouant le rôle de répartiteur d’énergie, projetant le flux indistinctement dans chaque jambe…

En arrivant à une intersection, le groupe a tourné, je les ai remerciés et je me suis retrouvé tout seul.

Il me restait vingt kilomètres, dont ce final redoutable.

Alors, je me suis dit que c’était le bon jour pour rester centré sur l’intérieur, pour m’extraire le plus possible de la route qui défile, pour ne pas laisser la crainte de finir perclus de crampes gâcher le plaisir de l’instant.

J’étais bien. Vraiment bien. Intérieurement heureux, épanoui, réjoui, un sourire béat sur mes lèvres.

Le souffle en moi continuait sa tâche. Je sentais sa chaleur rayonner dans mon ventre, dans mon périnée, dans mes cuisses, jusqu’au bout des orteils, aucune crampe, aucune douleur.

Juste ce bonheur de la plénitude, de cet amour de la vie en moi.

Dans la dernière bosse, les frissons sont apparus. Je les connais bien. Ils ne viennent pas d'un état de fatigue extrême mais d'un état de bonheur absolu. Et j'ai fini, avec le temps, par m'autoriser à rire tout fort de ce bonheur qui m'étreint, à n'en rien retenir, à le laisser s'exprimer et se réjouir de lui-même, de la tête aux pieds, de mon âme à mon coeur, dans l'intégralité de mon sang. Dans ma nuque est monté un flux électrisé, comme une apothéose et s'est déversé dans mon crâne. J'en ai ri encore.

Lorsque j’ai vu le chemin qui mène à la maison et que j’ai quitté la route, je n’étais pas soulagé d’être arrivé, je n’étais pas déçu pour autant. J’étais toujours là, dans l’instant intérieur, dans la conscience que le souffle est tout, qu’il nous propose la maîtrise, la puissance, la force tout autant que la douceur et la tendresse.

Il est le souffle de l’amour, il est la conscience de l’être.

Soixante-huit kilomètres. Je sais que la prochaine fois, j'irai plus loin encore et ça sera délicieux. 

Mortalité provoquée

Par Le 04/05/2018

Juste un constat à travers trois articles.

Il suffit d'ailleurs de sortir à 6 h du matin et d'écouter... Il suffit aussi de marcher dans une prairie...dans un sous-bois...au bord d'une rivière, au bord d'un étang... et de penser à ce qu'il en était de cette richesse de vie il y a vingt ans.

Quand j'étais enfant et que j'allais courir les bois, j'étais malheureux en marchant dans les herbes de voir tous ces insectes que je ne pouvais tous éviter.

J'étais fasciné quand je m'asseyais sous les frondaisons de tous ces chants d'oiseaux qui emplissaient la verdure.

 

Que reste-t-il de cette nature ?

Des ilôts qui résistent encore à la mort de tout et au silence de catacombes.

Mais en dehors de s'en attrister, combien sont ceux qui décident de réagir par un comportement salvateur ? Combien sont ceux qui acceptent l'idée de changer de régime alimentaire puisque tout vient de là...

Le comportement destructeur du monde paysan industriel n'est que la réponse à la demande alimentaire...

Les paysans ne sont pas des assassins en puissance mais plus justement les bras armés de tous les consommateurs.

La demande alimentaire façonne la nature.

Ce silence de mort dans les prairies n'est pas une fatalité, une malédiction ou un manque de chance. Il est la conséquence de notre ignorance et de notre avidité.

 

En Alsace, Jean-Paul se dévoue au grand hamster décimé par la culture intensive de maïs ; à Lyon, des chercheurs étudient les grenouilles stressées par l’éclairage public et le trafic routier… "Envoyé spécial" a rencontré ceux qui se battent pour sauvegarder nos animaux familiers.

 

Dans un rapport publié vendredi, le Fonds mondial pour la nature (WWF) estime que la France fait partie, cette année, des 10 premiers pays à vivre à crédit sur le dos de la nature.

Les côtes bretonnes vues depuis la Station spatiale internationale, sous l\'œil du spationaute Thomas Pesquet, mardi 6 décembre.
Les côtes bretonnes vues depuis la Station spatiale internationale, sous l'œil du spationaute Thomas Pesquet, mardi 6 décembre. (ESA / NASA)

À partir de samedi 5 mai, la France aura atteint le jour de "son dépassement écologique", selon un rapport de l'ONG WWF France, en partenariat avec le Global Footprint Network, rendu public vendredi 3 mai. Concrètement cela veut dire que si le monde entier vivait comme les Français, à partir du 5 mai, la planète aurait déjà consommé l'ensemble des ressources naturelles qu'elle peut renouveler en un an.

L'un des plus gros "prédateurs" de la planète

Chaque année, WWF établit le jour du dépassement mondial autour du mois d'août, la date française arrive bien plus tôt et classe le pays comme un des plus gros "prédateurs" de la planète. Selon ce rapport, la France fait partie des 10 premiers pays à vivre à crédit cette année sur le dos de la nature, derrière le Qatar, les États-Unis ou la Russie, mais bien avant l'Espagne ou le Maroc par exemple. Si toute l'humanité consommait comme les Français, il faudrait près de trois planètes pour subvenir aux besoins, selon WWF. Un résultat bien au-dessus de la moyenne mondiale qui se situe autour de 1,7 Terre.

C'est la première fois que WWF France choisit de mettre l’accent sur le jour du dépassement français. L'objectif est d'"envoyer un signal fort à un moment politique clef où plusieurs lois et décisions sont attendues dans les domaines de l’alimentation, des mobilités, de l’énergie, de la biodiversité ou encore de la lutte contre la déforestation importée", indique l'ONG.

"Inacceptable"

"C'est en fait un travail de calcul qui est effectué sur la base de surfaces. À la fois les surfaces en océans qui nous sont indispensables pour pêcher, les surfaces en cultures et des surfaces notamment en forêt qu'il nous faut pour absorber les émissions de gaz à effet de serre", a expliqué Pierre Cannet du WWF à franceinfo.

Depuis 2015, année de la COP 21, le jour du dépassement [de la France] se dégrade.Pierre Cannet, WWF Franceà franceinfo

Pour WWF, c'est donc le signe "qu'il est urgent de mettre en place une stratégie de désendettement écologique" et de "revoir nos modes de production et consommation". 

Dans son rapport, le WWF juge "inacceptable de continuer à ignorer les limites de la planète en opposant le développement économique à la protection de l'environnement" car "l'épuisement des ressources naturelles menace notre stabilité économique et la survie de l'humanité elle-même".

 

 Cadavres d'abeilles dans un rucher de Razés en Haute-Vienne
Cadavres d'abeilles dans un rucher de Razés en Haute-Vienne

PARTAGES

L'Union européenne a voté la semaine dernière l'interdiction pour 2019 de trois pesticides néonicotinoïdes utilisés pour protéger les cultures agricoles. Des produits accusé de causer la disparition des abeilles... Nécessaire, mais sans doute loin d'être suffisant et sûrement trop tardif.

Par Pascal Faiseaux 

En trente ans, près de 80 % des insectes volants auraient disparu d'Europe. Et parmi les victimes les plus "visibles", les abeilles dont les hécatombes récentes ne cessent d'inquiéter les apiculteurs. Fin mars, les apiculteurs de Dordogne avaient dénombré 700 ruches désertées, vides de tout occupant. Aujourd'hui il y en aurait 3 000 !

Plus de 3 000 ruches détruites en Dordogne, probablement à cause des nouveaux produits chimiques
Après de précieuses années perdues en débats et batailles d'experts, l'interdiction de trois néonicotinoïdes reconnus dangereux pour la survie des précieux insectes a été prononcée par Bruxelles, mais n'entrera en vigueur qu'en 2019. L'Union Européenne s'appuie sur des évaluations négatives de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), publiées en 2013 et confirmées en février dernier.

Surmortalité des abeilles, notre sujet de mai 2018Décision tardive, mais décision quand même. Que l'Union Européenne vienne d'interdire ces trois pesticides dangereux reste une bonne nouvelle pour les apiculteurs, désespérés de constater, impuissants, les disparitions vertigineuses de leurs ruches.

Ces pesticides néonicotinoïdes s'attaquent au système nerveuxdes abeilles au moment où celles-ci butinent des champs traités. Évidemment pas le but premier recherché par les agriculteurs qui apprécient en revanche la protection contre les parasites des récoltes, qu'ils proviennent du sol ou des airs. Un engouement bien sûr encouragé par les industriels...

Est-ce pour autant la fin du cauchemar pour les insectes ? C'est malheureusement loin d'être sûr.  D'autres molécules sortent régulièrement sur le marché, trop vite pour être testées. Et les autres néonicotinoïdes sont de toute façon encore autorisés et largement utilisés.

Et comme si ces produits ne suffisaient pas, le 15 avril dernier 
dans une tribune publiée dans Libération des scientifiques et des chercheurs du CNRS, INRA et de l'Inserm alertaient la population et les pouvoirs publics sur les risques potentiels de fongicides SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase) utilisés "à grande échelle" en agriculture pour détruire les moisissures qui se développent sur les céréales ou les fruits et qui se retrouvent dans la nourriture. Une substance qui bloque une étape de la respiration des champignons, et qui pourrait affecter les cellules de tous les êtres vivants, voire modifier l'ADN humaine... Nous vivons une époque formidable... où le progrès fait rage...

La dernière page, le dernier mot.

Par Le 03/05/2018

 

C’est très étrange comme prise de conscience.

Voilà quatre jours que j’ai décidé de relire intégralement « Tous, sauf elle », la suite de « Les héros sont tous morts. »

Aujourd’hui, depuis 7 h ce matin, je n’ai quasiment rien fait d’autre que de lire, corriger, changer, reprendre, effacer, rajouter, déplacer, murmurer une phrase pour en entendre la sonorité, fermer les yeux pour voir plus précisément encore la scène décrite, chercher l’image la plus adaptée, la plus juste, la plus pertinente et la traduire en mots, en extraire l’essentiel et en effacer le superflu, encore et encore, aligner des mots et des phrases et des chapitres, des dialogues, des voix entendues, des regards échangés, des amours enflammés, tout ce qu’il faut vivre en soi pour que la vie transpire de soi et forme des lignes de mots et des phrases et des chapitres…

Et puis, là, il y a quelques instants, je me suis aperçu que j’étais arrivé à la dernière page. Non pas simplement la dernière page écrite mais la dernière page de l’histoire.

Un choc, réellement. Une surprise totalement impossible à deviner.

Je n’ai rien vu venir.

J’ai fini ce livre sans le savoir.

Et là, j’ai compris ce qui m’arrivait.

L’autre roman est déjà là. Rien n’est fini.

Je laisse simplement pour quelques heures ou quelques jours tous les personnages que j’ai regardé vivre.

Je les imagine, là, suspendus dans une pose intemporelle, le regard vivant mais dans une immobilité totale. Il n’y a plus de passé, ni le moindre avenir puisque le temps s’est arrêté pour eux.

J’ai donc avancé dans cette écriture, depuis plusieurs mois, comme quelqu’un qui tient un cahier journal, un individu consciencieux qui tient à ne rien perdre de ses pensées et ce soir, je réalise que toutes ces pensées romancées tiennent en 200 pages et que je n’ai aucun souvenir du moment où je les ai écrites.

Je ne sais pas quand j'ai commencé ce roman. Je sais juste que je viens de le terminer et cet instant a déjà disparu dans la conscience que la suite est déjà là. 

C'est comme si justement, je n’avais rien écrit mais que l’histoire se racontait elle-même, qu’elle usait de moi pour se matérialiser définitivement, qu’elle se libérait de la menace d’une perte de mémoire.

Il m’est déjà arrivé à maintes reprises de percevoir très profondément ce détachement de moi-même lorsque j’écris.

« Ça écrit en moi. »

Le nombre de fois où je l’ai ressenti.

Chose étrange également, c’est cette surprenante propension à ne rien oublier de l’histoire alors que je n’ai pas le souvenir précis de l’écrire.

Chose étrange également, c’est cette surprenante capacité à m’extraire de moi, lorsque les conditions sont propices pour ça et à redevenir l’observateur de l’histoire. Disparaître de moi-même pour laisser les personnages m'investir et vivre en moi sans que je n'interfère mais que je sois malgré tout suffisamment présent pour tenir le cahier journal et raconter leur histoire.

Je n’ai pas le souvenir d’avoir cherché une seule fois ce que j’allais raconter alors que je ne me souviens pas m’être projeté au-delà de la page en cours. Bien évidemment que le scénario existe, que la trame est tissée, que le fil conduteur est tendu vers l'horizon mais au moment où mes doigts s'installent au-dessus du clavier, je ne suis plus l'architecte de l'histoire mais son sculpteur et le plan ne m'est plus d'aucune importance. Tout est en moi et je me dois de laisser les mots s'étendre. Je suis un ouvrier. 

J’aime infiniment ces instants où je vois défiler les lettres sur l’écran et où j’imagine que chaque mot est déjà écrit et qu’il apparaît au moment même où le curseur de la souris avance d’un espace.

J’aime infiniment écrire.

Maintenant, je vais laisser la suite de l'histoire se gonfler de forces en moi, comme un bourgeon qui se gaverait de sève.

Je sais que l'éclosion surviendra. Lorsque le moment sera venu, j'écrirai le titre en haut d'une page blanche et je laisserai le curseur de la souris donner vie aux mots, aux phrases, aux chapitres, au prochain livre, à la suite de tout ça. 

La nuit, ça écrit en moi. Mon inconscient est parfaitement conscient de ce qu'il veut. 

 

Paradoxe insoluble

Par Le 03/05/2018

Dans l'écriture de la trilogie que je tente de mener à terme, j'ai eu besoin de lire. Énormément. Non pas des romans pour m'imprégner des techniques d'écriture d'un thriller mais bien pour avoir une idée la plus vaste et complète possible de l'état de la planète. Plus de 200 liens d'articles lus et compilés.

Le constat est effroyable et le dessin ci-dessus exprime bien la gravité du problème.

L'idée même de réduire nos consommations aboutit bien souvent au même raccourci outrancier : "Si on t'écoutait, il faudrait retourner vivre dans une grotte ou au mieux dans une cabane au fond des bois."

Non, aucunement. 

Je sais très bien que je contribue moi aussi à la dégradation de la planète mais je m'efforce d'identifier les domaines et les situations dans lesquels j'ai une possibilité d'intervention, d'élimination du problème ou tout du moins de sa réduction. 

Et ce travail mené par des des millions d'individus aurait bien évidemment un impact très fortement positif sans pour autant ressortir les bougies et aller brouter de l'herbe...

J'entends souvent parler de "pleine conscience" sur les réseaux sociaux dédiés au développement personnel.

Elle est là également cette pleine conscience de l'impact de nos actes.

Je n'adhère donc aucunement à l'idée de ce "tout ou rien" qui voudrait que nous soyons condamnés à consommer aveuglément ou à tout abandonner de notre confort de vie. Ou alors il faudrait qu'au cours de sa vie, un être humain soit ou en très bonne santé ou en train de mourir, l'idée même d'une guérison étant impossible...Limiter sa vitesse en voiture, ça ne signifie pas s'arrêter. Et je ne suis pas, soit en très bonne santé, soit mourant : je peux tomber malade et me soigner. Il en est de même avec la décroissance... 

L'humanité est malade, psychologiquement malade et la planète en souffre physiquement. Et cette "souffrance" ignorée, moquée ou reconnue, condamne l'humanité elle-même dans sa dimension physique. C'est une boucle fermée qui ne saurait être rompue. 

Il est par contre possible de l'entretenir, de la préserver, de la soigner là où elle doit l'être.

Je sais que pour écrire ce texte, j'utilise l'énergie nucléaire, que mon ordinateur contient des terres rares, qu'il est bardé de plastique issu du pétrole, qu'il a voyagé dans un cargo sur les mers les plus lointaines, que des camions l'ont mené jusqu'aux distributeurs, qu'il sera un jour jeté sans être intégralement recyclé...

Je participe au problème en cherchant à l'analyser.

Paradoxe insoluble.

Peut-être qu'un jour, effectivement, j'abandonnerai l'idée de partage et je disparaîtrai au fond des bois.

 

Métaux rares : «Un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel»

 

Par Marine Ernoult —  (mis à jour à )

Dans une mine d'extraction de terres rares de la province chinoise du Jiangxi, en octobre 2010.
Dans une mine d'extraction de terres rares de la province chinoise du Jiangxi, en octobre 2010. Photo stringer. Reuters

 

Dans son dernier ouvrage, «La Guerre des métaux rares», Guillaume Pitron dénonce «la face cachée de la transition énergétique et numérique». Pour le journaliste, éoliennes, panneaux solaires et voitures électriques se contentent de déplacer la pollution à l’autre bout du monde.

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     Métaux rares : «Un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel»

Iridium, indium, platine, terres rares : ces métaux aux noms parfois méconnus sont essentiels pour les industries de pointe. Sans eux, pas de batteries électriques, d’éoliennes, de téléphones portables ou de fibre optique. Le journaliste Guillaume Pitron s’est intéressé aux conséquences environnementales et géopolitiques de l’extraction de ces métaux rares. A l’occasion de la sortie de son livre la Guerre des métaux rares, il revient sur six ans d’enquête à travers une douzaine de pays.

Les métaux rares, qu’est-ce que c’est ?

L’Union européenne fournit une liste de 27 matières premières rares (phosphore, cobalt, hélium, etc.), dont de nombreux métaux. Ce sont des minerais présents en quantité infime dans la croûte terrestre. Ils sont naturellement mélangés à d’autres métaux plus abondants (fer, aluminium, etc.). Pour en obtenir quelques kilos, il faut extraire des tonnes de terre. Les scientifiques parlent de rareté géologique mais aussi industrielle. Certains métaux abondants peuvent devenir rares si la demande explose.

A quoi servent-ils ?

Grâce à leurs propriétés chimiques uniques, ce sont les vitamines de la transition énergétique et numérique, le pétrole du XXIe siècle. Sans métaux rares, nos téléphones portables feraient la taille d’une brique, n’auraient ni écran tactile ni vibreur. Sans eux, impossible de propulser un TGV à 500 km/h. C’est hallucinant, ils nous ont envahis. Notre futur high-tech sera toujours plus tributaire de ces minerais dont la production ne cesse de croître.

Quel est le principal pays producteur de métaux rares ?

La Chine a le leadership sur la production d’une ribambelle d’entre eux. Elle contrôle notamment 95% de la production mondiale de terres rares. En 1992, Deng Xiaoping (numéro un de la Chine de 1978 à 1992) aurait dit de façon prémonitoire, «le Moyen-Orient a le pétrole, la Chine a les terres rares». Historiquement, les Etats-Unis étaient leader sur le marché. Mais avec la prise de conscience écologique des années 80, les Occidentaux ne veulent plus de mines chez eux. Extraire des métaux rares est trop sale et coûteux en énergie.

Les Chinois, dans une quête de croissance effrénée, récupèrent le job. Pendant des décennies, au prix d’un dumping social et environnemental sans précédent, l’Empire du milieu inonde l’Occident de métaux rares très peu chers. Cette situation arrange tout le monde, d’un côté les pays occidentaux développent leurs nouvelles technologies à faible coût, de l’autre les Chinois s’enrichissent.

Tout va bien dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce que la Chine prenne conscience des leviers économiques et géopolitiques qu’elle peut actionner avec ces ressources. Au tournant des années 2000, sa croissance et ses besoins en métaux rares explosent. Pour satisfaire sa demande intérieure et développer ses propres technologies, Pékin décide de fermer le robinet. Après avoir gavé l’Occident de métaux rares, le pays restreint ses exportations. C’est la fameuse politique des quotas qui chauffe les oreilles de l’Organisation mondiale du commerce.

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La Chine en a profité pour développer sa propre transition énergétique…

Exactement, au détriment de la nôtre. Le mot innovation est devenu un mantra en Chine. Les technologies vertes et le numérique sont les nouveaux moteurs de la croissance chinoise, indispensable à la survie du Parti communiste. Pour assurer son avance industrielle, Pékin n’a pas hésité à s’approprier les technologies occidentales. En échange d’un accès direct et illimité aux métaux rares, de nombreux industriels ont migré vers l’Empire du milieu. Les Chinois ont accédé à leurs laboratoires de recherche. Sous couvert de co-innovation, ils ont sinisé les brevets européens et américains. Grâce à ce chantage aux métaux, la Chine est devenue le leader mondial de la transition énergétique. Le pays est sorti de l’âge de pierre auquel les Occidentaux voulaient le cantonner.

Trouve-t-on des métaux rares dans d’autres pays ?

Il y en a partout, du lithium en Bolivie et en Argentine, du cuivre au Chili, du cobalt en république démocratique du Congo. L’Indonésie est également une grande puissance minière qui regorge d’étain. Tous ces pays veulent s’inspirer de l’exemple chinois et capter la valeur ajoutée des métaux rares. Plus aucun Etat ne veut reproduire le schéma néocolonialiste selon lequel les pays en développement produisent les minerais bruts, le vendent une poignée de dollars aux Occidentaux ; et ces derniers le valorisent avec quelques brevets pour le revendre dix fois plus cher.

Au-delà des ambitions, c’est très dur à mettre en place car ça veut dire ouvrir des routes, installer des lignes électriques, faire venir des savoir-faire. En 2015, l’Indonésie a tenté un embargo sur l’exportation de minerais brut. Derrière, elle n’avait pas un tissu industriel suffisamment développé pour transformer la ressource. Elle a dû faire marche arrière deux ans plus tard. Seule certitude, les Occidentaux doivent accepter de partager le gâteau technologique auquel toutes les nations aspirent.

Quelles sont les conséquences écologiques de cette course aux métaux rares ?

Qui dit mine, dit dégâts environnementaux. C’est le revers de la croissance verte à tous crins. En Mongolie intérieure, la principale région minière chinoise, c’est un enfer de Dante. Aucune réglementation n’est appliquée. Les usines rejettent leurs effluents toxiques directement dans les sols. La population paye un lourd tribut avec un taux de cancer très élevé. Le problème c’est que le recyclage coûte plus cher que l’extraction. Piégés par une logique du moindre coût, les industriels préfèrent renvoyer leurs déchets en Chine et s’approvisionner directement en nouveaux minerais.

La transition énergétique ne fait donc que déplacer la pollution ?

Cette transition est un leurre. Un fabuleux marketing nourrit l’illusion que les énergies renouvelables sont vertes. Nous oublions sciemment qu’elles sont tributaires de l’extraction de métaux sales. Nous avons juste délocalisé la pollution et faisons semblant de faire du propre. Prenez l’exemple des voitures électriques. Le terme «zéro émission» est délirant. Sur l’ensemble de son cycle de vie, un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel. Comment peut-on qualifier cette technologie de durable ?

La révolution numérique, essentielle au développement de nouvelles sources d’énergie, entretient aussi le mirage d’un monde moins physique. En réalité, derrière un courriel se cachent des milliers de kilomètres de câbles de cuivre. Nous oublions que la quantité de matière est finie. Les experts connaissent déjà le jour exact où on extraira le dernier minerai rentable. Les technologies pourront toujours évoluer et repousser la date butoir, mais à quel prix ? C’est une course de vitesse qui épuise la terre.

Au nom de la sobriété, du moindre impact de l’homme sur l’environnement, nous creusons toujours plus. Nous vivons en plein paradoxe. Les plus productivistes pensent déjà aux océans et aux astéroïdes où le potentiel minier serait gigantesque. Les grandes puissances sont en train de s’approprier des endroits que la communauté internationale s’était juré de laisser à l’abri des appétits industriels. En 2015, Barack Obama a ouvert la danse. Il a autorisé les citoyens américains à devenir propriétaires d’astéroïdes pour exploiter des gisements de métaux rares. C’est en rupture totale avec l’idée que l’espace est un bien commun de l’humanité.

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Pour susciter une prise de conscience, vous plaidez pour la réouverture des mines françaises…

Je ne le propose pas de gaieté de cœur mais c’est indispensable. Si les Français ont sous leur fenêtre la tonne de minerais qui a servi à la construction de leur voiture électrique, ils seront obligés d’ouvrir les yeux. Je plaide pour ce choc visuel, psychologique et physique. Nous sortirons peut-être de cette transition au rabais et rationaliserons notre utilisation de métaux rares. Nous devons partager le fardeau écologique de la transition énergétique. En France, nous avons la chance d’avoir de bonnes réglementations environnementales, la transition serait un peu moins sale.

Je suis conscient que la réouverture des mines nécessite un immense courage politique et beaucoup de pédagogie. La transition énergétique a besoin de sauts de conscience et pas seulement de sauts technologiques. Nous nous sommes enfermés dans l’idée qu’avec quelques technologies de plus nous allons tout résoudre.

Marine Ernoult

Comme un miroir révélateur.

Par Le 01/05/2018

 

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J'en ai souvent parlé ici.

Les Indiens Kogis de la sierra Nevada de Santa Marta, en Colombie, la chaîne de montagnes côtières la plus haute du monde. 

Ce peuple millénaire qui n'a comme idée du progrès que la voie spirituelle. Le reste n'étant qu'une facilitation possible du quotidien ou son empoisonnement. 

Je tenais à les insérer de nouveau dans un roman.

Ils s'y trouvent déjà dans les histoires de Jarwal le lutin mais ces quatre romans jeunesse ne sont pas publiés.

Alors, j'ai réfléchi et l'évidence s'est imposée.

Dans un roman où l'argent rend fous les humains, les Kogis pouvaient devenir le miroir révélateur de nos fonctionnements. Non pas un miroir dans lequel nous verrions notre image mais celle que nous avons perdue, une sagesse d'âme ou de coeur, une quête du bonheur dans l'être et non l'avoir, une exploration intérieure et non une quête de possession des richesses extérieures.

Ils sont dans ce roman et ils seront dans les deux ouvrages suivants. 

Entre les meurtres, les balles, les attentats, le sang et la folie, ils apportent en symétrie la dignité de l'humain et son élévation. 

 

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Elle courait à en mourir, l’impression qu’elle allait vomir son cœur, un étrange détachement alors qu’elle sentait la mort autour d’elle, une lucidité extrême, comme une conscience décuplée, elle savait parfaitement ce qu’elle devait accomplir mais elle ne parvenait pourtant pas à se libérer de la pesanteur de ses pas, elle devait produire des efforts gigantesques pour avancer de quelques mètres, comme si elle devait se mouvoir dans un espace gluant, un océan invisible qui ralentissait chacun de ses gestes, elle n’éprouvait étrangement aucune peur, juste l’application de ses actes, sans aucune émotion, sans aucune pensée invalidante, malgré le danger, malgré la mort, malgré l’incertitude. Rien. Elle courait au ralenti dans une extrême vigilance. L’impression d’être surveillée, un regard qu’elle n’identifiait pas, une énergie qui coulait en elle, comme un don… Incompréhension.

Le train passa sur un aiguillage et le vacarme la réveilla.

Elle avait vu les yeux étroits qui l’observaient. Des yeux d’Indien.

Elle se frotta le front et s’assit sur le banc, le corps endolori et lourd. Elle leva la tête.

Il était là, face à elle. Son regard scintillant, les prunelles comme deux soleils noirs.

« Tu vois, la peur est encore en toi mais tu es sur le bon chemin. Tu commences à l’accepter et à ne plus lutter contre elle. Plus tu luttes, plus tu la nourris de ton énergie. Un jour, tu comprendras.

-Comment vois-tu tout ça ?

-Je ne le vois pas. Je le sens. Vous, les Blancs, vous passez votre temps à regarder avec vos yeux et c’est pour ça que vous ne voyez rien. Écoute, respire, touche, et retourne tes yeux vers l’intérieur. Là, tu pourras apprendre. Mais surtout, bien plus important que tout, arrête de penser quand ça ne sert à rien. Tu manges quand tu as faim, tu bois quand tu as soif, tu dors quand tu es fatiguée, tout cela est nécessaire parce que ton corps en a besoin. Fais la même chose avec ton esprit, apprends à penser quand c’est nécessaire. Là, tu pourras saisir la réalité. Sinon, tu l’étouffes. »

Ces leçons de vie dans un vieux train de Colombie, face à un Indien qui lui parlait comme s’il la connaissait depuis son enfance. Un million caché sous son gilet en toile. Est-ce qu’il le savait? Que pouvait-il voir ou sentir? L’odeur de l’argent? Ou l’odeur de la peur de celle qui le porte…

« Tu vas aller voir Ayuka. Tu lui diras qu’il doit t’accompagner jusqu’aux Kogis. Tu lui diras mon nom. Il ne te posera aucune question, il ne te demandera pas d’argent.

-Je vais bien le payer quand même ?

-Oui, mais c’est toi qui décideras de la somme. Une toute petite part de tout ce que tu transportes. »

Elle le fixa et baissa les yeux. Certaine d’avoir retenu son souffle sans le vouloir, un coup au ventre, comme s’il venait d’ouvrir la sacoche et de répandre les billets sur le sol.

« Vous avez inventé les trains et les moteurs, vous avez fait voler des avions, mais vous ne savez pas voyager à l’intérieur de vous. Alors, vous ne pouvez rien savoir des autres. Pour celui qui sait lire les âmes, tout ce qui est en vous est visible parce que ça ne vous appartient pas, tout vous échappe. Et vous croyez en plus que vous pouvez mentir aux autres. C’est à vous que vous mentez. Je ne sais pas lire les mots et les hommes qui sont allés à l’école me méprisent. Mais ils ne savent lire que les mots et ce savoir les aveugle jusqu’à ne rien savoir d’eux-mêmes. »

Elle ne savait pas répondre. Une telle ignorance. Cette impression d’être une enfant devant un Maître et de découvrir soudainement l’immensité des espaces à parcourir. Elle courait sur les montagnes du monde et ne savait rien de ce qui la constituait, de ce qui émanait d’elle, de ce qui était perceptible.

Et c’est pour cela qu’elle avait peur.

Une évidence.

Nous ne pourrions vivre en paix, les uns avec les autres, qu’avec une connaissance absolue de nous-mêmes.

Figueras était en paix. Une paix qui semblait l’envelopper comme si l’espace intérieur ne suffisait plus, comme si cette énergie bienfaitrice éprouvait le désir des autres, comme s’il fallait propager cette lumière. Le soleil noir de ses pupilles. Et ce sourire bienveillant sur son visage, rien de connu, comme un amour diffusé, elle se sentait enlacée.

Il lui raconta son enfance dans les montagnes, les humiliations et les spoliations, la misère existentielle des Indiens qui avaient perdu leurs racines, attirés par des illusions fatales, il parla de ses luttes, de son engagement, des enseignements qu’il avait reçus. Il avait vécu une nuit une intuition d’une force immense, une révélation sublime qui l’avait bouleversé jusqu’aux larmes. Devenir le ver dans le fruit, rogner de l’intérieur les croyances néfastes des hommes civilisés, sonder les âmes et révéler les failles. Il avait longtemps été animé par un esprit de vengeance, un désir d’humiliations puis il avait compris, peu à peu, qu’il entretenait dès lors la scission des âmes, que sa mission était souillée par des intentions perverses, qu’il devait lui-même apprendre à tendre son âme vers les autres, à ne pas juger, à ne pas souiller l’intention de la Vie. Sa colère n’était qu’une citadelle dressée. Elle n’ouvrait pas les enceintes des âmes rencontrées. Il avait sombré pendant de longues saisons, comme rongé par un Mal insaisissable, un poison qu’il avait mis longtemps à identifier. Il avait dû connaître l’effondrement pour apprendre à aimer.

« Je te remercie infiniment Figueras. »

Elle ne savait pas parler d’elle et elle comprit avec une violence soudaine que son ignorance intime, que cette méconnaissance des méandres intérieurs l’avait privée des plus belles flamboyances, qu’elle n’avait toujours été qu’une âme perdue cherchant frénétiquement des ancrages existentiels. Elle courait depuis des années pour une reconnaissance extérieure. Comme si une ombre pouvait se remplir, comme si les regards reçus pouvaient suffire à combler les vides.

Un Indien venait de lui parler de son âme et elle ressentait désormais en elle un vide incommensurable.

« Ne te juge pas, reprit Figueras. Ta colère contre toi ne serait qu’une condamnation. Réjouis-toi simplement de savoir désormais qu’il te reste beaucoup à apprendre. Reconnais simplement que tout est déjà en toi. Mais simplement que tu ne le savais pas. Simplement. Tu vois l’importance de ce mot ? Lorsque les choses que tu vis te semblent compliquées, c’est que tu n’es plus reliée à la Vie. Le réel problème n’est pas ce qui survient mais la façon dont tu le perçois. Un jour, tu comprendras. »

Elle raconta ses courses en montagne, la découverte de ses qualités physiques, ses premières compétitions et la fierté qu’elle éprouvait, les premiers sponsors et l’entraînement acharné qu’elle devait supporter, la pression de plus en plus forte et ce sentiment de gâchis au sommet du Kilimandjaro.

« C’est bien, écoute bien tout cela. Et réjouis-toi. »

Elle ne comprenait pas d’où venait cette impression qu’il souriait en permanence alors que rien sur son visage ne l’indiquait. Une neutralité totale. Et pourtant, cette joie qui l’inondait. Elle en éprouva de la gêne. Comme un lien physique qu’elle ne commandait pas. L’impression d’être reliés, non pas d’elle à lui, mais comme deux énergies compatibles, un flux sans matière, une reconnaissance cellulaire.

« Quand tu sauras lire en toi, tu comprendras ce que les autres portent. »

Il lui raconta encore la vie de ses ancêtres, la communion avec la Nature, l’hommage rendu à chaque élément de la Terre Mère, la vie des enfants dans les tribus, les explorations spirituelles par le travail solidaire et les jeux, l’apprentissage des connaissances ancestrales, des ancrages qu’il honorait chaque jour, un respect immuable qui nourrissait ses cheminements. Les enfants recevaient des racines qui leur donnaient des ailes.

Elle songea aux enfants de l’Ancien Monde, les ailes rognées de leurs âmes, leurs racines empoisonnées par une Histoire immonde, ces tombereaux de morts et de massacres, ces peuples exterminés et ces génocides orchestrés par des Puissants avides de richesses et de pouvoir. Rien n’avait changé. Les justifications avaient pris des tournures honorables mais les intentions restaient les mêmes. Les petits d’hommes recevaient en héritage des avenirs prémâchés, une pâte infestée par des esprits pervers, des égrégores toxiques qui les condamnaient à une imitation formatée.

Elle réalisa soudainement que son projet était dérisoire. L’intuition que son désir consistait à emballer dans du papier cadeau des charniers infinis. Elle sentit une boule gonfler dans sa gorge, comme si la révélation l’empêchait de respirer, toute la beauté du don envisagé périssait sous les assauts impitoyables de la réalité. Peut-être même portait-elle dans ce projet, le désir de soulager sa conscience. Mais que pouvait bien représenter l’argent dispensé dans des âmes violées par des siècles d’outrages?

L’impression que tout cela allait voler en éclat.

Elle regarda Figueras. Il ne la quittait pas des yeux, comme attentif à des messages sans paroles, percevant des pensées insoumises.

« Tu auras tes réponses quand elles seront nécessaires, » avança-t-il en souriant pour de bon.

"Les héros sont tous morts" : publication

Par Le 01/05/2018

L’image contient peut-être : feu et texte

L'image se suffit à elle-même :)

Anita Berchenko aime ce que j'écris et les Éditions du 38 publient donc mon quatrième roman.

"KUNDALINI" est également prévu avant l'été.

Que dire de plus ?

Que du bonheur, un immense bonheur.

Des mois de travail et c'est véritablement un "travail". Non pas une corvée puisque le bonheur d'écrire est immense mais bien d'un travail puisqu'il réclame de l'attention, de la concentration, de la réflexion, de la ténacité, le courage d'effacer pour reprendre, encore et encore, de ne jamais se contenter d'un "à peu près" mais de viser constamment la perfection que l'on porte, c'est à dire ce que je peux produire de mieux, non pas au regard d'une certaine compétition envers les autres auteurs, mais juste ce que moi, je peux extraire de plus abouti de moi-même.

Et je cherche parfois dans les entrailles les plus profondes, dans les méandres cérébraux les plus secrets, dans les émotions les plus puissantes aussi. 

Jusqu'à en rêver encore et encore, jusqu'à parler tout seul quand je marche en montagne, à "jouer" des scènes, à établir des dialogues alors que je pédale sur mon vélo, à m'endormir en songeant au prochain jour de mes personnages...

C'est comme une double vie parfois.

Je suis "l'autre", dans ces moments-là, "celui qui écrit".

Aujourd'hui, "celui qui écrit" plane en altitude :)

 


 

"Un lendemain de beuverie, pour s'aérer la tête et se vider des miasmes de l'alcool, Gaston, chasseur invétéré, part pister le sanglier. Des coups de feu retentissent, venant du cul-de-sac de la route forestière du Sappey. L'homme s'approche, et découvre trois corps. Une mallette est attachée au poignet d'une des victimes. Pleine de billets. Un million quatre cent mille euros. Gaston s'empare de son couteau de chasse, découpe le poignet du mort et s'enfuit avec l'argent.

Lucas, Lucie, Thomas, Laure, Fabien, Mathieu... chacun de ceux qui vont croiser la route de la mallette maudite va sombrer du côté le plus noir de sa personnalité. Envolée l'empathie, effacée la morale, oubliés les préceptes de respect des autres. Cet argent sale semble contaminer irrémédiablement tous ceux qui le touchent.

Y a-t-il une rédemption possible ?

Dans un registre plus noir que d'habitude, et sur fond de thriller, on retrouve l'excellente écriture de Thierry Ledru, qui nous livre une analyse en miroir de l'âme humaine, et nous pousse à nous interroger : que ferions-nous avec cette mallette ?"

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Animaux et empathie

Par Le 01/05/2018

 

Les animaux peuvent-ils faire preuve de compassion ?

 

24.04.2018 (MIS À JOUR À 15:10)

Par Pierre Ropert

L'empathie est-elle le propre de l'homme ? Pas vraiment, à en croire de nombreuses études. Mieux, les animaux sociaux comme les éléphants ou les chimpanzés seraient capables de compassion. Une notion qui intrigue les chercheurs.

Des éléphanteaux jouent dans le Parc National de Samburu, au Kenya.
Des éléphanteaux jouent dans le Parc National de Samburu, au Kenya.• Crédits : Simon Eeman / EyeEm - Getty

La rumeur avait de quoi plaire : à en croire de nombreux messages diffusés sur les réseaux sociaux, lorsqu’un éléphant aperçoit un humain, la même zone s’active dans son cerveau que lorsqu’un humain aperçoit un chaton ; les pachydermes nous trouveraient donc mignons. 

Julia@JuliaHass

I just learned that elephants think humans are cute the way humans think puppies are cute (the same part of the brain lights up when they see us) so pack it in, nothing else this pure and good is happening today.

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"Je viens juste d’apprendre que les éléphants pensent que les humains sont mignons de la même façon que les humains trouvent les chatons mignons (la même partie du cerveau s’allume quand ils nous voient), donc remballez-tout, rien d’autre d’aussi pur et bon n’arrivera aujourd’hui."

Ce tweet, partagé et repris des milliers de fois, conte une jolie fable... que rien ne permet de prouver. Nulle étude ne confirme que les éléphants trouvent l'être humain mignon. Mais cette affirmation erronée traduit pourtant une réalité : les pachydermes, ainsi que d'autres animaux, semblent pouvoir éprouver de l'empathie, voire de la compassion à notre égard. Et cette idée divise encore la communauté scientifique. 

De l'empathie à l'altruisme chez les animaux

L’empathie n’a rien d’un sentiment propre à l’homme : elle est la capacité à percevoir et à se mettre à l’unisson de ce que ressent autrui. La peur, par exemple, est une forme d'empathie, et on la retrouve dans la nature sous forme de contagion émotionnelle (des oiseaux prenant la fuite en même temps par exemple). L’empathie est ainsi nécessaire aux interactions sociales, et elle existe notamment chez les animaux qui vivent en groupe, dits sociaux. 

"Lorsqu'on montre à des humains et à des grands singes des images chargées d'émotion, on observe des modifications similaires de leurs cerveau et de leur température périphérique, précise Carl Safina, auteur plusieurs fois primé pour ses ouvrages sur l’environnement, dans son livre Qu’est-ce qui fait sourire les animaux ? [...] L'empathie est automatique. Elle n'exige aucune réflexion. Le cerveau établit automatiquement la correspondance d'humeur et ne fait prendre conscience de l'émotion qu'ensuite. Les animaux qui jouent doivent savoir que l'individu qui leur court après et les attaque n'est pas sérieux : empathie. Comprendre l'invitation au jeu : empathie."

"Plus le cerveau est compliqué, plus il y aura des émotions raffinées et fines. C'est vrai pour l'émotion. C'est vrai pour tout ", précisait Georges Chapouthier, neurobiologiste et philosophe, membre du conseil d'administration de La Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences, en janvier dernier dans La Méthode scientifique :

Dans tous les groupes sociaux fortement intégrés il y a une forte interaction et une forte empathie nécessaire au fonctionnement du groupe.

Écouter

 

A la recherche des émotions animales (La Méthode scientifique, 18/01/2018)

Ce “sentiment” peut donc s’expliquer simplement : il y a un intérêt collectif à coopérer pour ces animaux. En ce sens, l'empathie est compatible avec la théorie de l’évolution et de la sélection naturelle des espèces de Charles Darwin. Pourtant, chez certains animaux, comme les éléphants, l’empathie semble virer à la compassion ou à l’altruisme, non seulement entre eux mais également à d'autres espèces, ce qui intrigue les chercheurs. 

Les éléphants, des animaux capables de compassion 

Dans leur étude, “Les éléphants sont-ils capables d’empathie ?” (“Do Elephants Show Empathy ?”), la chercheuse Lucy Bates et ses collègues affirment ainsi que les éléphants sont capables de secourir ceux qui souffrent et de s’aider mutuellement. Des scientifiques ont pu observer des éléphants nourrir un congénère blessé à la trompe ou encore arracher les fléchettes tranquillisantes utilisées par les soigneurs. En 2013, au Kenya, lors du décès d'une éléphante nommée Victoria, trois groupes distincts d’éléphants sont venus défiler devant la dépouille, s’arrêtant plusieurs secondes avant de repartir. Si les scientifiques se méfient de notre tendance à tirer de cet événement une analyse anthropomorphique, ils reconnaissent un comportement inhabituel.

Les comportements altruistes des éléphants ne semblent pourtant pas motivés par des mécanismes de survie lorsque ces derniers viennent en aide à d’autres espèces. En Inde, par exemple, il a été fait mention d’un éléphant utilisé pour enfoncer des poteaux dans des trous préalablement creusés. L’éléphant domestiqué a soudainement refusé de continuer sa tâche, jusqu’à ce que le mahout, son “guide”, réalise qu’un chien était endormi dans un des trous et ne le fasse partir. Après quoi l’éléphant a repris son travail.

Des éléphants à Amboseli National Park, au Kenya.
Des éléphants à Amboseli National Park, au Kenya.• Crédits : Buena Vista Images - Getty

Plus curieux encore, les éléphants peuvent aider des humains. Dans son livre “Qu’est-ce qui fait sourire les animaux ?”, Carl Safina relate ainsi plusieurs fois où des pachydermes sont venus en aide à des humains :

Un berger s’était cassé une jambe dans un affrontement accidentel avec une matriarche. [...] Il a expliqué plus tard qu’après l’avoir frappé, l’éléphante s’était rendu compte qu’il ne pouvait plus marcher. A l’aide de sa trompe et de ses pattes avant, elle l’avait doucement déplacé un peu plus loin et l’avait adossé à l’ombre d’un arbre. L’effleurant de temps en temps de sa trompe, elle l’avait veillé toute la nuit, bien que sa famille ne l’ait pas attendue. 

Selon la chercheuse Lucy Bates et ses collaborateurs, les éléphants, en plus d'avoir des capacités cognitives très élevées, ont ainsi une empathie équivalente à celle des humains.

Chimpanzés, chiens, rats : une empathie partagée 

Mais les éléphants sont loin d'être les seuls animaux soupçonnés d’empathie. Ce genre de comportements a été observé chez les très grands singes à de nombreuses reprises. En septembre 2013, dans l’émission Les Racines du ciel, le docteur en génétique cellulaire et moine bouddhiste Matthieu Ricard, venu parler de la notion d’altruisme, racontait ainsi comment un bonobo nommé Kuni avait pris soin d’un étourneau : 

L’oiseau avait percuté une vitre et était tombé par terre. Le singe l’a pris entre ses mains, a étendu ses ailes et l’a lâché pour voir s’il volait, puis il est monté sur une branche a écarté ses ailes et l’a lancé : l’oiseau est retombé. D’autres Bonobo s'approchant, il l'a repris pour le protéger…

Les bonobos ayant un régime omnivore, la protection n'avait rien de superflu : l’oiseau sauvé a ainsi fini par s’envoler à nouveau. 

Écouter

 

L'altruisme avec Matthieu Ricard (Les Racines du ciel, 22/09/2013)

Un bonobo.
Un bonobo.• Crédits : Fiona Rogers - Getty

D’autres exemples témoignent de la capacité des grands singes à aider également les êtres humains : en 1996, au Zoo de Brookfield à Chicago, une femelle gorille a ainsi rapporté à l’entrée de l’enclos un petit garçon de 3 ans qui avait fait une chute de 6 m dans l’enceinte des primates, raconte Emmanuelle Pouydebat dans L’Intelligence animale. Selon une étude de 2015 de Jaak et Jules Panksepp, intitulée Toward a cross-species understanding of empathy, on dénombre ainsi plus de 2000 anecdotes qui confirment que les primates non-humains sont capables d’empathie. 

Pour en apprendre plus sur les grands singes, n’hésitez pas à écouter La Méthode Scientifiqueconsacrée à ce sujet : 

Écouter

 

Sabrina Krief, sur la piste des grands singes (La Méthode scientifique, 25/12/2017)

Longtemps, les scientifiques ont contesté la possibilité de l’empathie chez les animaux, cherchant une explication plus égoïste à ces comportements. Pourtant, dès 1959, une étude intitulée Emotional reactions of rats to the pain of others (Les Réactions émotionnelles des rats face à la douleur des autres), démontrait que les rats, s’ils avaient la possibilité d’obtenir de la nourriture en poussant un levier au prix d’une décharge électrique sur l’un de leurs congénères, choisissaient le plus souvent de ne rien faire. 

Quelles origines pour l'empathie ?

Dans une étude publiée récente publiée en janvier 2016 dans la revue américaine Science, des chercheurs ont mis en évidence le rôle de l’ocytocine, un neurotransmetteur, dans les comportements empathiques chez les campagnols des prairies. Alors qu’ils avaient tendance à consoler des rongeurs de leur “famille” soumis à du stress, les campagnols cessaient de les aider dès lors qu’ils étaient privés par les chercheurs de ce neurotransmetteur. 

Le résultat de l'étude continue de mettre à mal l'idée que seule la compétition régule les relations entre animaux, ce que Charles Darwin avait d'ailleurs anticipé dans La Descendance de l'homme et la sélection sexuelle : il expliquait d'ores et déjà qu'à l'intérieur d'une tribu, un animal honnête n'était pas forcément avantagé, mais qu'un groupe avec des congénères honnêtes possédait un avantage sur les autres groupes, cela constituant in fine "une sélection naturelle".

Pour le biologiste Frans de Waal, co-auteur de l'étude sus-citée et spécialiste des primates, l'empathie trouve effectivement ses origines dans un processus évolutif, dicté par l'instinct maternel : "Pendant 200 millions d'années d'évolution des mammifères, les femelles sensibles à leur progéniture se reproduisirent davantage que les femelles froides et distantes. Il s'est sûrement exercé une incroyable pression de sélection sur cette sensibilité". 

Invité en octobre 2016 de La Grande Table, le biologiste auteur de "Sommes nous trop 'bêtes' pour comprendre l'intelligence des animaux", regrettait que les scientifiques aient si longtemps mis de côté la notion d'intelligence animale :

L'intelligence animale était un tabou au siècle dernier, on essayait de tout mettre dans deux boîtes : soit c'est l'instinct, soit c'est de l'apprentissage très simple. C'est seulement depuis 25 ans que de jeunes scientifiques regardent en dehors de ces boîtes et proposent que les animaux puissent avoir des concepts, puissent planifier, fabriquer des outils... Chaque semaine il y a des découvertes comme ça. [...] La façon dont on traite les animaux peut être influencée par ce genre de recherches.

Écouter

 

L’animal est-il un homme comme un autre ? (La Grande Table, 05/10/2016)

Rendre soin

Par Le 26/04/2018

J'aime dans cette image la révélation de tout ce qui est caché, ce qu'il convient d'atteindre lorsque je masse la vie insérée dans le corps de la femme que j'aime.

Il ne s'agit pas tant pour moi de masser son corps que d'entrer en contact avec l'énergie qui s'y trouve, de lui prodiguer tout l'amour nécessaire pour que les fluides circulent, que les courants ruissellent, que les équilibres se retrouvent, que la douceur l'emplisse, comme des retrouvailles avec la paix intérieure, que les noeuds se délient, que les fatigues s'effacent, que les tensions du jour à travers les activités quotidiennes se dispersent jusqu'à se liquéfier dans l'équilibre retrouvé des énergies.

Il ne s'agit pas de se disperser dans des caresses érogènes mais de suspendre les intentions sexuelles pour que l'auriculaire ou le lobe d'une oreille soient aussi aimés que la poitrine ou la douceur intérieure des cuisses. Chaque geste est empli de la même douceur, chaque geste est une caresse de soins.

Il viendra peut-être cet instant de l'aube qui électrise comme le soleil du matin mais là n'est pas l'objectif. 

Il s'agit d'aimer le bien-être de l'autre, d'aimer la conscience en soi de cette vie secrète, celle qui ne se voit pas mais qui se sent, à chaque parcelle de peau.

Il ne s'agit donc pas de "prendre soin" mais de "rendre soin" puisque de vivre auprès de l'être aimé est déjà un soin pour soi. 

Je masse la vie de la femme que j'aime pour le soin qu'elle m'offre à aimer vivre à mes côtés. 

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Les sillons du temps

Par Le 26/04/2018

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L’image contient peut-être : 1 personne, montagne, ciel, plein air, nature et gros plan

De 15 à 55 ans.

Et finalement, je réalise que j'ai passé beaucoup de temps à regarder vers Là-Haut.

Je sais tout ce que je dois à cet univers minéral, à cet amour de la lumière des montagnes. 

Les rides sont les souvenirs heureux des chemins. 

L’image contient peut-être : plein air

J'ai rencontré Nathalie en montagne.

Marine, notre premier enfant, a été conçu dans un refuge désert à 3000 mètres, un soir d'automne, aux premières chutes de neige. 

J'ai passé des années à écrire pour tenter de raconter l'émotion des montagnes.

Nos deux garçons courent sur les sommets aujourd'hui, dans les pentes les plus raides, sur leurs skis ou en alpinisme et la lumière dans leurs yeux est celle des étoiles. 

Dans un roman autobiographique, "Les Eveillés", j'ai raconté ma mort. Là-Haut. Ma mort physique, puisque pour le reste, je ne sais rien d'autre que ce que j'entrevois. Et que je vérifierai le jour venu. 

Et là, encore, ça sera du bonheur. 

Il me reste un an...

Par Le 26/04/2018

Ce matin, j'ai passé le contrôle technique de notre petit fourgon aménagé. C'est un vieux de la vieille et dans deux ans, il passera en véhicule de collection. Malgré les soins que je lui prodigue avec mes maigres compétences dans le domaine, il est apparu que deux passages de roues étaient fortement attaqués par de la rouille perforante ce qui signifie qu'avec les prochaines règles de contrôle technique, il serait bon pour la casse dans deux ans. Il me fallait donc trouver un carrossier, acceptant de se lancer dans des travaux d'importance et mon mécanicien était plutôt pessismiste...

Je décide donc de retourner dans l'ancien garage qui s'occupait de ce véhicule il y a quelques années car il dispose d'un atelier de carrosserie. Et là, le patron me voit entrer et je perçois dans son regard une certaine interrogation...

Je précise que c'est un ancien professeur en lycée technique et qu'il a quitté l'enseignement depuis plusieurs années pour reprendre ce garage. On avait eu quelques discussions sur le sujet et je connais sa colère envers le ministère.

"Comment tu vas ? me demande-t-il.

Et je réponds sans vraiment réfléchir :

"Il me reste un an à tenir. Mais sinon, ça va."

Et là, je vois dans son regard une grande inquiétude, une interrogation, une émotion très forte. Il reste sans mot.

Je reprends :

"Dans un an, je pars à la retraite.

-Purée, tu m'as fais peur, dit-il aussitôt. J'ai cru que tu en avais pour un an avant de ...

-Ben quoi, j'ai l'air d'un gars qui va mourir ? 

-Non, enfin, je ne sais pas..."

Il est complètement en vrac.

"J'ai maigri, c'est ça ?

-Ah, ben, oui, sacrément, purée, c'est impressionnant. J'ai cru que tu étais malade, gravement malade. Enfin, c'est quand tu as dit que tu en n'avais plus que pour un an..."

Et là, je lui explique donc qu'il y a plus de trois ans maintenant, j'ai fait un "burn out de rage" devant la tournure dramatique de l'éducation nationale et que j'ai perdu vingt kilos dans cette lutte, refus d'obéissance et tout le reste (convocations en hôpital psychiatrique, perte provisoire de salaire, perte de mon poste, perte de mes relations professionnelles, etc etc...) mais qu'en même temps, j'ai arrêté de manger des animaux et que là, je vais très bien, que je fais du sport autant que possible, que je n'ai absolument pas besoin de reprendre du poids, que je suis en très bonne santé, même si certains effets de cette période ne disparaîtront jamais... (vésicule biliaire hors service, déréglement important du collagène avec apparition de nodules importants dans une main, dans le dos, ossification du ligament jaune sur deux vertèbres etc etc etc...) Psychologie des profondeurs et je n'avais pas de diplôme de plongée...

Ce n'est pas la première fois que je réalise combien j'ai changé physiquement aux yeux des gens qui me connaissent. Comme je suis très solitaire, il y en a certains que je ne vois que rarement. Il en fait partie et c'était donc un choc pour lui.

Personnellement, j'ai évidemment du mal à réaliser l'importance de cette allure physique. Tout comme Nathalie qui en me voyant tous les jours n'a pas cette image d'une "rupture" dans cet aspect visuel. 

C'est clair que de peser 55 kilos pour 1m76 alors que j'en pesais 75 il y a quelques années, ça doit se voir...J'ai d'ailleurs donné dernièrement tous mes anciens pantalons, plus un seul ne tenait sur moi... Même en rajoutant des trous à la ceinture, j'avais l'air perdu à l'intérieur de bouts de tissus beaucoup, beaucoup trop larges... 

Le patron, soulagé, appelle le carrossier et je vois arriver un gars avec lequel j'avais longuement parlé à l'époque. Une personne que j'apprécie beaucoup et à laquelle je ne pensais plus. Il a un enfant handicapé et lui aussi porte une profonde colère contre l'éducation nationale.

Lui aussi semble fortement surpris. Je lui raconte rapidement mes dernières années puis on fait le tour du fourgon.

"Pas de problème, me dit-il, je m'en occupe en septembre. Et je te remets tout le châssis à neuf, un chouette camion comme celui-là, ça se sauve. On ne jette pas des bijoux."

 

On discute un bon moment encore, je prends des nouvelles de son garçon, du parcours oh combien douloureux d'un papa qui lutte contre une administration conduite uniquement par des contingences financières.

Je sens en moi cette colère ancienne, cette rage qui m'a accompagné si longtemps, qui a rongé mon corps mais que je ne regrette nullement. 

J'ai fait ce que je devais faire et si je n'étais pas allé jusqu'au bout de mes convictions, je n'ose imaginer ce que la honte aurait fait de moi. La rage était bien moins destructrice. C'est une certitude. 

 

On prend rendez-vous puis je repars.

Sur la route, je remercie les Anges. 

On ne perdra pas notre camion. 

Je vais bien. 

Dans un an, je ne serai pas mort.

Je serai libre.

Avec Nathalie et les montagnes.

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s'activait, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui lança :
« Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ? 
-Je le sais, répondit le colibri, mais je fais ma part » .


Voilà, j'ai fait le colibri et dans un an, j'irai voler ailleurs. 

 

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"La femme tantrique"

Par Le 24/04/2018

Photo sensuelle d'une femme danseuse du ventre touchant son nombril

Le Tantra éveille la femme à la spiritualité à travers sa conscience sensuelle et sexuelle.

 

https://feminiteetspiritualite.com/2017/02/01/la-femme-tantrique/

Elle contient le féminin sacré, ce qui veut dire que sa nature divine est présente au quotidien.

La voie du Tantra autorise la femme à trouver un axe intérieur pour vivre différemment sa sexualité, la relation à soi, à l’autre et au monde.

Plusieurs étapes ou initiations pour aller vers cet axe, dont trois importantes de mon point de vue (l’ordre chronologique posé ici n’est qu’un exemple) :

  1. La première est de reconnecter le lien à la mère mais dans son altérité et sa différence. Ce qui lui permet de s’inscrire dans sa lignée de femmes et se sentir reliée à toutes les femmes du monde.

    Ainsi, elle reconnaît elle-même le lien ontologique de sa nature femelle : naître et être de sexe féminin avec la vision et la préhension du monde qui en découlent. Ce qui n’est pas une « mince affaire » car cela signifie se différencier du modèle masculin. On voit que dans beaucoup de traditions ou religions, la femme n’a pas d’autre choix que de suivre ce qui est proposé par l’homme ou par un « Dieu »masculin…

 

  1. La deuxième, être capable de ressentir la femme sauvage qui est en ellepour distinguer de l’intérieur, la différence entre puissance et violence. Ce qui lui permet d’accepter le masculin de l’homme dans son expression et non plus en le castrant ou en devenant victime.

    S’approprier la puissance de la femme car, seule, la puissance de la mère est reconnue comme légitime. Pour la femme, savoir dire non pour pouvoir poser des oui assumés et conscients, est un chemin vers sa liberté. Ainsi, elle sort des rôles de mère ou de fille dans la relation de couple. Elle s’affranchit de la « domination émotionnelle » dans laquelle elle est enfermée.

 

  1. La troisième étape est de s’initier à une très bonne connaissance de son corps. La femme tantrique sait connecter son sexe (yoni*) de l’intérieur pour le sentir vivant et existant.

    Petit à petit, elle s’enseigne le savoir sensuel inhérent à sa nature féminine. Cet auto apprentissage, la femme le reçoit dans l’être et le non faire, comme nous l’avons un peu expérimenté dans l’atelier au festival du féminin.

 

Dans le Tantra, la personne souffrante laisse place à la divinité en soi. Le beau, la sensualité et l’amour émergent alors, de la femme – déesse. La femme tantrique se découvre à ne plus «faire l’amour» mais vivre l’amour, donner et recevoir, sans but ni recherche particulière que celle d’être dans le présent et de ce qui va se créer entre soi et l’autre.

La sexualité est vécue comme une voie spirituelle qui passe par le respect, la joie, la tendresse.

A l’intérieur de soi, le masculin sacré se pose à côté du féminin sacré et vice-versa.

La sexualité féminine est un univers à découvrir, dont nous savons peu. La femme ayant le plus souvent orientée sa sexualité en « réponse, en écho» à la sexualité masculine.

Hors le féminin ne s’épanouit que dans un contexte secure : il doit se sentir parfaitement accueilli, sans intention ni projet d’être possédé. Dans cet état d’être et d’esprit, le féminin fleurit. Il crée du bonheur autour de lui, le masculin est alors transcendé et trouve naturellement sa légitimité. Il n’y a plus de lutte de place et de résultat pour les partenaires. Dans ces moments, les 2 personnes savent « d’instinct » se créer des espaces sacrés pour prendre le temps de s’aimer. Alors la part divinisée, féminine et masculine de chacun, éclos et ouvre le chemin d’une sensualité et d’une sexualité sans fin. Nulle menace ne doit venir troubler ce qui s’ouvre. Sinon tel le nénuphar qui se referme, le féminin sacré s’en va, et la magie est partie. Revient alors une sexualité connue. Cette magie du Tantra est souvent reconnue par les pratiquants.

Couple sacré

Nous comprenons ici, comment les hommes et les femmes doivent progresser ensemble, s’entraider, aller vers une confiance mutuelle. Ce qui s’exprime à l’extérieur, la relation pacifiée, s’exprime à l’intérieur par un épanouissement à soi et à la vie, plus heureux.

Dans le tantrisme ou Tantra, il est reconnu que la femme est pure et sacrée par essence. Il s’agit de ses cellules, de son énergie comme un fait ontologique, et non pas comme quelque chose à acquérir ou à atteindre. Cela change tout. C’est la découverte de la force et du caractère pleinement sacré d’être femme.

Dans le Tantra, la femme (Shakti**) vit et pratique non seulement sur un plan d’égalité avec les hommes (Shivas**) la poursuite d’une transformation spirituelle mais dans beaucoup de cas montre même le chemin. Elle est l’initiatrice. Pour les hommes pratiquants tantriques, le féminin doit être honoré et vénéré comme la valeur qui apporte l’éveil au monde. Le féminin chez la femme mais aussi à l’intérieur de lui.

L’enjeu de la femme tantrique est d’affirmer ces valeurs, et les maintenir dans sa vie, face à une société pas toujours prête à les recevoir. Il est possible d’imaginer que si la vision féminine du monde s’exprime totalement, soutenue par les hommes, les choses changeront. Elle ne doit pas être vue comme complémentarité à celle de l’homme mais comme légitime à part entière.

Beaucoup de peurs sont présentes dans la sexualité aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Des traumatismes anciens tels que viols, incestes, abus, des relations sexuelles qui se sont mal passées, freinent l’évolution de la sexualité et rendent les rapports sexuels maladroits et infantiles Sans parler des interdits culturels, des tabous familiaux, de la pornographie etc.

C’est pourquoi, le chemin de la femme vers une sexualité sacrée assumée est source de transcendance et de changement. Changement pour soi, comme écrit plus haut, mais aussi par résonance, changement pour les femmes, les jeunes filles, les filles autour de soi. La femme qui met au monde sa sexualité de femme sacrée est un être humain libre.

* Yoni (sanskrit), dans l’hindouisme, désigne la vulve, le sexe féminin. Souvent traduit au masculin, je l’emploie volontairement au féminin : la yoni.

** Shakti représente l’énergie féminine, et dans la pratique tantrique la femme, la déesse. Shiva, divinité hindoue, dans la pratique tantrique, représente l’homme, le dieu.

~ Marisa Ortolan

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Pour aller plus loin :

Si les mots de l’auteur, Marisa Ortolan résonnent avec vous, vous aimerez sûrement son oracle :

La voie de la conscience : Les cartes du voyage intérieur

Et voici le livre

Les secrets de la sexualité féminine de Maitreyi-D Piontek

"La femme initiatrice"

Par Le 24/04/2018

Dans une relation tantrique, où l'aspect féminin est valorisé, la femme est dite initiatrice. En effet, c'est elle qui guide l'homme vers une intimité sexuelle basée sur les sensations subtiles, l'écoute et la présence à l'instant, sans but à atteindre... tout est déjà là.

La femme initiatrice

 

https://feminiteetspiritualite.com/2017/12/10/la-femme-initiatrice/

 

Dans une relation tantrique, où l’aspect féminin est valorisé, la femme est dite initiatrice.

En effet, c’est elle qui guide l’homme vers une intimité sexuelle basée sur les sensations subtiles, l’écoute et la présence à l’instant, sans but à atteindre… tout est déjà là.

 

Tant que la femme n’entre pas dans son plaisir, elle entretient le machisme de l’homme

Dans notre culture, la sexualité est de nature masculine, elle met l’accent sur la performance, les techniques, le savoir-faire avec un but bien précis : atteindre l’orgasme, gage d’une relation sexuelle réussie. Malgré tout, les frustrations et les blocages persistent aussi bien pour la femme que pour l’homme. Dans cette optique parler d’initiatrice prend même des connotations lourdes de sens car la femme n’est pas valorisée. Un chamane sud-américain très connu dont j’avais suivi quelques ateliers disait . «  Tant que la femme n’entre pas dans son plaisir, elle entretient le machisme de l’homme  ».

D’une certaine façon, oui, car en ne prenant pas sa place elle entretient le côté masculin de la sexualité. En honorant sa féminité elle peut insuffler petit à petit une nouvelle conscience, ni par le féminisme ni par la compétition mais par la CÉLÉBRATION !

Devenir femme initiatrice ne s’improvise pas. Trop de femmes croient initier leur compagnon mais leurs tentatives souvent maladroites ne sont reçues que comme des critiques, des jugements, de la culpabilisation et ferme le dialogue et la communication émotionnelle. L’homme se sentant incapable et déstabilisé dans son rôle et dans son pôle « faire » se ferme de plus en plus, ou peut perdre ses moyens et entretenir encore bien malgré lui frustration et colère chez sa partenaire…

 

Comme beaucoup de femmes, j’avais la croyance que l’homme avait toutes les clés et que s’il ne savait pas les utiliser c’est qu’il était incapable et égoïste. Il devait savoir, il devait deviner et sentir alors que pour l’homme la femme est un mystère qu’il tentera d’élucider par des techniques et « savoir-faire » pour surmonter ses peurs.

 

Quels ingrédients sont-ils nécessaires ?

 

Une bonne connaissance de soi, de son corps, de son énergie vitale et sexuelle. La capacité d’écouter et de prendre soin de ses désirs et besoins dans l’intimité, d’écouter son rythme, et surtout de savoir s’exprimer.

 

Dans mon expérience, par un travail thérapeutique et tantrique soutenu, j’ai ouvert des portes à l’intérieur. Ces clés que j’attendais de l’autre je les tenais en main ! J’ai pu guérir ma peur de l’homme, celle qui me mettaient en réaction par rapport à lui et m’empêchait de m’abandonner. J’ai dû aussi faire un travail de fond pour me réconcilier avec ma féminité blessée et humiliée. Je fais partie de ces femmes qui sont très féminines dans leur apparence mais qui ont un côté yang très fort. Ce côté yang secondaire me sert pour mes activités mais me desservait dans l’intimité par son côté réactionnel.  Du coup je ne me laissais pas aimer et protéger car ma croyance était que je serais blessée et abandonnée. L’acceptation de mes peurs profondes et de cet état contrôlant et réactionnel a opéré dans les profondeurs de mon inconscient en m’apportant une paix profonde, une confiance en moi sans limite et un grand sentiment de liberté.

 

De cette liberté est né l’écoute inconditionnelle de ce qui se passe en moi et une certaine forme de magie opère parce qu’en m’ouvrant totalement à ma vulnérabilité, à ma sensibilité à mes désirs j’ai pris soin de moi et permis à l’homme de s’approcher tel qu’il est, avec sa force, ses faiblesses, ses doutes, ses peurs, ses désirs différents des miens dans leur façon de s’exprimer. En me redonnant de la valeur, en m’affirmant j’ai ouvert mon cœur, et redonné de la valeur à l’homme.

 

Être à l’écoute nécessite d’éviter certains pièges : par exemple, vouloir faire plaisir à l’autre alors que l’on a pas de désir est un manque de respect pour soi comme pour l’autre. Un vrai non débouchera sur un vrai oui en sachant qu’il y a mille manières d’être dans une relation intime favorisant le rapprochement, le plaisir, la complicité. Sachez aussi à quoi vous dites non afin de pouvoir vous ouvrir à ce qui serait juste pour vous sans fermer totalement la porte à la rencontre. Faire l’amour ne se limite pas à la pénétration !

Il ne s’agit pas tant de lui dire comment faire ou de lui dire notre mécontentement ou nos frustrations, il s’agit de le guider en lui disant ce qui nous fait plaisir dans l’instant, verbalement, ou en laissant parler son corps. Cela va vous demander de vous donner le droit au plaisir, de l’investir totalement, de jouer avec dans la sensualité, ce qui va guider et attiser le plaisir de votre partenaire. Écouter son plaisir ce n’est pas attendre un super orgasme en se disant  « Y a rien qui vient ! ». Centrée dans l’instant cela va être d’être en phase avec son énergie sexuelle et la sentir circuler, ou d’accueillir des petites sensations, un bien-être diffus, peut-être juste l’envie d’être contre l’autre, à partir de là, dans une respiration plus calme, une détente, peut naître un élan plus fort, un désir en forme de vague qui vous prend vous emmène et vous emporte l’un et l’autre dans une synchronicité de sensations.

 

Il ne s’agit pas d’entrer dans une sexualité masculine en suivant le rythme de l’homme qui sera plutôt à tendance rapide ou soutenue, mais de savoir goûter, savourer ce qui ce passe en s’arrêtant sur ce qui est en train de se passer, en se relaxant, en respirant profondémentde manière à ce que l’énergie sexuelle accumulée dans les organes génitaux puisse circuler et envahir le reste du corps.

 

Cela demande à oser l’inviter à vous rejoindre dans cet espace parce que c’est là qu’est votre plaisir. Lorsque l’homme est dans l’action il n’est pas dans le ressenti, il ne se laisse pas non plus toucher, à tous les sens du terme. Si la femme l’invite à entrer dans son ressenti en ralentissant le rythme, il va s’ouvrir et dans cette ouverture la rencontre peut se faire, une rencontre de cœur à cœur, corps à corps, d’âme à âme. Là, les deux amants vont se sentir nourris d’amour, dans une proximité profonde, non pas de surface. Là est le changement parce qu’il y a rencontre, partage…

Cet amour se ressent au niveau énergétique par des vibrations particulières.

Dans cet espace plus doux, le vagin se détend et les sensations peuvent alors se diffuser, se transformer en vibrations, en vagues, l’homme aussi peut apprendre à percevoir d’autres sensations au niveau de son pénis qui ne naissent pas dans le mouvement bien au contraire. C’est par son sexe que l’homme transmet son amour, car son énergie est pénétrante, c’est le propre de l’énergie masculine. Dans cet espace de pénétration cet amour peut être recueilli, accueilli reconnu au niveau du vagin. En percevant cet amour qui vient du sexe vous pouvez le porter dans l’espace du cœur avec la conscience, l’attention, la présence.

Ressentir cet amour est très guérissant lorsque l’on a été blessée sexuellement, la femme va se sentir respectée, honorée, aimée, elle va alors s’ouvrir encore plus à l’énergie masculine. Si l’homme se sent ainsi reçu au niveau du sexe, il va ouvrir son cœur. Les deux partenaires sont alors dans le donner/recevoir, complémentaires dans leur énergie yin et yang, l’énergie d’amour va adoucir l’énergie sexuelle, l’énergie sexuelle va attiser l’amour. Un cercle se forme de l’un a l’autre, il n’y a plus de séparation.

Femme initiatrice

Image: Robby Donaghey | Spiritual Artwork | www.artisticgenius.com/

Plus vous serez à votre écoute plus vous allez affiner vos perceptions et sentir aussi où est votre partenaire. S’il est trop centré sur vous il risque d’être déconnecté de ses sensations au profit de votre plaisir. Vous allez le sentir et vous pourrez alors l’inviter à se recentrer et à entrer dans son propre plaisir. Il a parfois besoin de cette autorisation. Si la femme est dans son plaisir, qu’elle l’entretient, en invitant l’homme à entrer dans le sien cela va recréer une forme de fluidité naturelle entre les 2 corps. D’une manière métaphorique on pourrait dire que dans la sexualité, l’homme est celui qui donne l’impulsion électrique, la femme est celle qui transmet ou conduit le courant… Cette transmission peut prendre naissance dans l’énergie du feu en entrant dans votre côté plus animal, plus sexuel si votre corps vous guide instinctivement dans cette énergie. Vous serez alors l’un et l’autre dans l’aspect yang de la sexualité puis au bout d’un moment sentir que votre corps passe à une autre vitesse de croisière, il entre dans l’aspect yin et aura besoin de se relaxer, de s’abandonner à des sensations plus douces plus subtiles et peut-être de vous faire entrer dans un espace plus extatiquo-méditatif.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire ce n’est pas la femme qui prend les rennes, elle prend tout simplement sa place dans une complémentarité avec l’homme. Elle va l’inviter à explorer le côté féminin de la sexualité, ce côté qui fait trop souvent défaut et qui fait qu’il y a tant de frustrations. En se donnant le droit d’explorer toute sa palette de sensations elle va permettre aussi à l’homme d’explorer les territoires de son féminin intérieur, devenir plus réceptif sans pour autant qu’il perde de son yang, bien au contraire. Un homme qui s’ouvre prend une autre consistance, car se sentant valorisé dans son côté masculin il osera plus facilement entrer dans sa réceptivité. Une femme qui honore sa féminité rayonne de l’intérieur, elle n’est ni fille, ni objet de désir, ni mère… À vous de découvrir ce joyau !

Pour que l’alchimie opère dans cette forme d’initiation, le couple aura besoin d’une bonne communication, une confiance mutuelle, beaucoup d’amour, une grande capacité d’ouverture, le désir d’explorer et d’instaurer une certaine qualité et le temps nécessaire pour que cela s’installe. La femme est l’avenir de l’homme chantait Ferrat…

~ Catherine Weissbrodt-Delorme

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Pour aller plus loin :

Découvrez l’extrait du livre
La femme initiatrice dans la relation amoureuse
de Catherine Delorme

… La femme devrait apprendre à accueillir l’homme tel qu’il est. Surtout s’il est comme vous dans une démarche de conscience, il se cherche aussi et désire s’améliorer car il souhaite vous aimer d’une manière plus juste. Peut-être n’avancez-vous pas au même rythme ou de la même manière ?

En général, lorsque nous cherchons à changer l’homme, nous pouvons être certaines d’être dans la projection. L’homme nous renvoie quelque chose que nous souhaiterions changer, mais que nous projetons sur lui. Nous devons donc vérifier ce que nous cherchons vraiment à changer afin d’être plus juste avec nous-mêmes et avec notre partenaire.

Je remarque que les femmes cherchent à changer leur partenaire lorsque celui-ci ne comble pas leur besoin d’affection et d’intimité comme elles le souhaiteraient. Elles vont lui reprocher d’être trop dans sa tête, de trop en faire, de ne pas être présent même s’il est là physiquement, de ne pas être assez aimant dans la sexualité.

Pour beaucoup d’hommes, ce n’est pas naturel d’être sensible et réceptif. Dans les stages que j’anime pour les hommes, il y a une grande majorité d’hommes sensibles qui souffrent de ne pas trouver leur place dans le monde des hommes, ils se sentent à part et il leur manque un aspect d’eux plus viril. Pour d’autres, la sensibilité a été tellement cloisonnée qu’ils ont du mal à y accéder. C’est la femme qui peut l’aider à retrouver ce chemin. Si la mère n’a pas su remplir ce rôle, il sera en défense par rapport à la femme et aura de la difficulté à se laisser initier. Ou alors, il cherchera une mère aimante et se comportera comme un petit garçon. Si sa femme cherche à le changer en étant dans le reproche et la critique, soit il se blindera un peu plus, soit il tentera de bien faire et de correspondre aux attentes de sa femme qui ne sera toujours pas satisfaite, car elle souhaite qu’il incarne vraiment sa part réceptive et non pas qu’il essaie de lui faire plaisir à partir de son mental. Il ne faut pas oublier que l’homme est naturellement polarisé sur le faire. S’il est sans arrêt critiqué dans sa manière de faire, surtout dans l’intimité, il risque de perdre totalement confiance en lui et se sentir castré.

Tant que l’homme ne plonge pas dans l’expérience intime de sa propre vulnérabilité et réceptivité, il ne peut pas répondre aux demandes de sa partenaire. Il cherchera à faire face à l’inconnu d’un point de vue rationnel, alors que la réceptivité et la vulnérabilité font partie du monde des sens. Et même lorsqu’il en fera l’expérience, il ne le vivra pas comme la femme. Mais au moins, ils pourront trouver des terrains communs sur lesquels se rencontrer vraiment.

La femme qui veut changer l’homme ne sait pas non plus investir totalement sa part féminine. Elle va projeter ce manque sur l’homme en lui demandant d’être dans un espace où elle n’est pas non plus capable d’aller. Elle va attendre de lui un amour réparateur qu’elle n’a pas conquis elle-même. Elle vit bien souvent une énorme colère contre l’homme en général qu’elle tente d’éviter en demandant à l’homme d’être un idéal d’amour… (à suivre)

La femme initiatrice dans la relation amoureuse
de Catherine Delorme

Slow Sex : Faire l’amour en conscience
de Diana et Michael RICHARDSON

Écocide : un nouveau droit pour la Terre

Par Le 23/04/2018

Peu à peu, le crime d'écocide s'impose dans le droit international

L’écocide désigne le crime de destruction de ce qui est nécessaire à l’humanité pour exister.

Conçu dans les années 1970, il a pris un contenu juridique, afin de criminaliser la destruction des écosystèmes. La juriste Valérie Cabanes, porte-parole du mouvement End Ecocide on Earth (« arrêtons l’écocide planétaire »), se bat pour faire aboutir cette revendication à l’échelle internationale.

L’écocide ? C’est la destruction de ce qui est nécessaire à l’humanité pour exister. Il y a plus de 50 ans qu’on en parle ! Face à l’horreur, qui durait depuis 1961, des épandages de l’herbicide agent orange (fabriqué par Monsanto et Dow Chemical), au Vietnam et dans les zones frontières du Laos et du Cambodge par l’armée américaine, dont le but était de détruire les forêts qui abritaient les rebelles, l’activiste biologiste états-unien Arthur Galston lance le mot écocide. Sa première apparition officielle a lieu à Washington, en 1970 [1], lors de la Conférence sur la guerre et la responsabilité nationale, une conférence où Galston lance le projet de rédiger une convention des Nations unies bannissant l’écocide comme un crime de guerre. Olof Palme, Premier ministre suédois, reprend le mot à la conférence de Stockholm sur l’environnement humain, en 1972.

On en reparle dans les années 1980 à propos d’améliorations à la Convention de 1948 sur le génocide, avec la possibilité d’inclure, dans la notion de génocide, une destruction massive de l’environnement qui rendrait les conditions de vie des populations impossibles. Puis, de nouveau dans les années 1990, lors de la rédaction du Statut de Rome, avec le projet d’inclure, dans l’article 26, les crimes les plus graves contre l’environnement non seulement en temps de guerre, mais aussi en temps de paix. Quatre États refusent, dont la France !

En 2010, Polly Higgins, juriste britannique, propose à la Commission du droit international des Nations unies d’ajouter aux crimes déjà reconnus contre la paix [2], celui d’écocide.

Un nouveau droit de l’humanité, fondé sur le pivot de l’écosystème Terre 

Le but de Valérie Cabanes, et du mouvement End Ecocide on Earth (« arrêtons l’écocide planétaire »), dont elle est la porte-parole, est de criminaliser la destruction des écosystèmes. Il faut pouvoir poursuivre non seulement des entités morales au civil, mais aussi au pénal les personnes physiques responsables de catastrophes environnementales, y compris non intentionnelles. À cette fin, il faut amender le Statut de Rome pour que la Cour pénale internationale de La Haye puisse instruire le crime d’écocide en temps de guerre et en temps de paix.

Des avions états-uniens épandant l’agent orange au Vietnam.
 

Valérie Cabanes, dans son livre Un nouveau droit pour la Terre (Seuil), appelle à une métamorphose du droit international autour de cette notion d’écocide. Dans la première partie de l’ouvrage, elle fait un inventaire lucide et sans appel des différentes technologies dévastatrices : extractives, nucléaires, chimiques… et de ceux qui en sont responsables. La seconde partie ouvre le chapitre du nouveau droit de l’humanité fondé sur le pivot de l’écosystème Terre. Il y a deux étapes, explique Valérie Cabanes, la première, qui est en cours, est de reconnaître, en droit, notre interdépendance avec le vivant sur terre, et le droit des générations futures à un environnement sain. La seconde, plus révolutionnaire, serait, comme le voulait l’inventeur du terme, Arthur Galston, « d’accorder des droits aux communs planétaires comme les océans ou l’atmosphère et des droits aux systèmes écologiques de la Terre. Ceci permettrait d’ester en justice au nom de la nature afin d’en préserver les cycles vitaux. »

« Protéger des communautés de l’avidité des multinationales qui convoitent leurs terres et leurs ressources » 

Un peu partout dans le monde, des groupes de travail réfléchissent aux moyens d’utiliser la justice pour contraindre les États à agir contre le changement climatique. Des victoires juridiques ont déjà été remportées.

En juin dernier, un tribunal, saisi par 886 plaignants néerlandais et la Fondation Urgenda, a condamné l’État néerlandais, pour « violation des droits de l’homme » parce qu’il ne faisait pas le nécessaire pour éviter un réchauffement climatique supérieur à 2 °C avant la fin du siècle. Il l’a obligé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, conformément à ses obligations de « protéger ses citoyens ».

Des enfants états-uniens et l’association Children’s trust ont gagné dans des procès contre les États de Washington et du Massachusetts et un procès contre l’État fédéral est en cours. Même chose au Pakistan, où un juge a créé un précédent juridique en ordonnant au gouvernement d’appliquer effectivement sa politique de changement climatique. Récemment, la procureure générale de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a annoncé l’élargissement de son champ d’action aux crimes liés à « l’exploitation illicite de ressources naturelles », à « l’appropriation illicite de terres ou à la destruction de l’environnement », par l’extraction minière, l’agrobusiness, la construction de barrages hydroélectriques...

Valérie Cabanes.

« C’est un premier pas, indique Valérie Cabanes à Reporterre. La Procureure a reconnu les crimes contre l’environnement en temps de paix, mais seulement dans le cadre des crimes contre l’humanité. Cela va permettre de protéger des communautés de l’avidité des multinationales qui convoitent leurs terres et leurs ressources, mais il faut aller plus loin, et obtenir que les limites planétaires soient reconnues par le droit comme des bornes à ne pas dépasser. »

« Trouver un État courageux » 

En décembre 2015, le collectif Notre Affaire à tous, dont fait partie Valérie Cabanes, a formulé auprès du gouvernement français une réclamation indemnitaire préalable, demandant un engagement ferme à réduire de 25 % à 40 % les émissions de gaz à effet de serre françaises, pour limiter le dérèglement climatique à 2 °C voire 1,5 °C suivant les engagements de l’accord de Paris sur le climat.

« L’écocide n’est pas un crime de plus s’ajoutant à toutes les autres atteintes aux droits humains,dit Valérie Cabanes, il est le crime premier, celui qui ruine les conditions mêmes d’habitabilité de la Terre. D’ores et déjà, les dérèglements climatiques attisent injustices et tensions géopolitiques tandis que les saccageurs de la planète restent impunis. Nous avons rédigé 17 amendements, prêts à être ajoutés aux statuts de la CPI, définis par le traité de Rome, qui régit la cour pénale internationale, pour faire ajouter le crime d’écocide à la liste des crimes internationaux déjà reconnus. Les dirigeants d’entreprises et les politiciens complices d’expropriation ou de destructions de terres, de forêts tropicales ou de pollution des océans et de sources d’eau potable doivent pouvoir être jugés et condamnés. Nous avons remis ces amendements pour information aussi bien à la CPI qu’à M. Ban Ki-moon [le secrétaire général des Nations unies]. Il nous faut maintenant trouver un État courageux, qui le fera parvenir officiellement à l’ONU, et aux [124] États signataires du Traité de Rome. Il faudra ensuite faire en sorte que deux tiers d’entre eux les approuvent. »

La juriste se réjouit de l’avancée de ses idées : « Le mot écocide est désormais officiellement admis au Scrabble ! Ma grande satisfaction, dit Valérie Cabanes, c’est d’avoir déjà contribué à faire passer ce mot, et l’idée qu’il véhicule, dans le langage commun. Aujourd’hui, le mot est utilisé spontanément par les ONG, les politiques, les journalistes. Lorsque j’ai commencé, en 2012, ce n’était pas évident ! Je suis dans une lignée. Pour moi, c’est le chemin qui est important. J’ai semé une graine et elle prend racine. C’est déjà une victoire ! »


- Un nouveau droit pour la terre, pour en finir avec l’écocide, par Valérie Cabanes, éditions du Seuil, 364 p., 20 €.

Pour un centre d'accueil des animaux sauvages

Par Le 22/04/2018

Création d'un Centre de Sauvegarde de la Faune sauvage des Pays de Savoie

Association pour un Centre de sauvegarde pour la faune sauvage des pays de Savoie

Association pour un Centre de sauvegarde pour la faune sauvage des pays de Savoie, le 13 février 2018 à 17:14 • Modifié le 27 février 2018 à 22:28

Création d'un Centre de Sauvegarde de la Faune sauvage des Pays de Savoie

L'association a pour but de créer un Centre de soins pour la faune sauvage blessée (soins, rééducation et relâcher en milieu naturel).

Description

L’idée du projet est née il y a quelques années au sein d'associations environnementales déjà implantées sur le territoire de la Savoie et de la Haute Savoie. Déjà actives pour venir en aide à notre faune et notre flore et sensibiliser le public, elles ont clairement établi que la création d’un centre de sauvegarde pour les animaux sauvages blessés était essentielle.

Les pompiers ont formé un service spécial pour la récupération d’animaux sauvages blessés mais se retrouvent très souvent bloqués au moment du placement et de la prise en charge après la capture.

 

Il est souhaitable, au vu de la faune exceptionnelle peuplant la Savoie et la Haute Savoie, que nous possédions un Centre de soins à la faune sauvage afin de contrebalancer l’impact humain qui représente 90% des causes d’accueil.

De plus, le centre le plus proche (Le Tichodrome) qui accueillait jusqu’à présent les animaux en détresse des pays de Savoie, ne pouvait plus faire face au nombre grandissant qui sont accueillis et ils ont dû imposer des restrictions.

Un grand nombre d’animaux sauvages dont la plupart sont des espèces protégées vont se retrouver alors sans soins.

 

Grâce à la mobilisation humaine et à la détermination des structures locales, une association s’est créée le 28 mars 2015.

Ce projet met ainsi en lien toutes les structures travaillant au contact de la faune sauvage (Ligue de protection des oiseaux, Association pour la protection des animaux sauvages - ASPAS, Fédération de chasse, Conservatoire des espaces naturels, pompiers, Asters, les cliniques vétérinaires…).

 

Les données, les connaissances, les suivis épidémiologiques réalisés au sein de ses structures seront complétées par notre Centre car nous serons les seuls à interagir avec les animaux sauvages directement. En plus de venir en aide à des êtres vivants en détresse, il permet de créer un lien durable et positif entre de nombreuses structures, de partager nos expériences pour être plus efficace.

 

Un Centre de sauvegarde fonctionne en grande partie grâce à des bénévoles. Actuellement, nous retrouvons une vraie mixité dans nos équipes car notre projet touche tous les âges de la vie et toutes les catégories professionnelles. Grâce aux capacitaires en soins à la faune sauvage et à l'aide de nos nombreux ornithologues et naturalistes impliqués, des formations de prise en charge de la faune sauvage en détresse pourront être réalisées auprès des communes, des agglomérations, et des différents services en lien avec l’environnement (pompiers, écoles, entreprises) car nous pouvons tous être amenés à découvrir un jour un animal sauvage en détresse.

Lieu ou adresse

Le Mapas, 73000 Montagnole, France

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Leaflet | © Mapbox © OpenStreetMap Improve this map

En quoi votre projet répond-il à l’intérêt général ?

Actuellement, aucune structure ne prend en charge les animaux sauvages blessés provenant des départements de la Savoie et de la Haute Savoie. Tous ces animaux appartiennent au patrimoine français et la plupart sont des espèces protégées, sensibles ou bénéficiant d'un Plan National d'Action (PNA). Parmi les causes fréquemment imputées dans la déstabilisation des milieux écologiques dont dépendent les animaux, on trouve un certain effet du réchauffement climatique mais surtout une fragmentation et une destruction des habitats naturels sous l'action de l'homme. 90% des causes d’accueils sont liées aux activités humaines (en moyenne 2 500 accueils/an) et le réchauffement de la planète fragilise également les refuges naturels dont dépendent ces êtres vivants qui participent à maintenir l’équilibre naturel de notre environnement. Ce nouveau syndrome écologique doit être pris en considération en agissant par tous les moyens à notre portée et surtout en mettant ces moyens à la portée du plus grand nombre. A ce titre, notre projet répond à l’intérêt général et à un devoir civique. En plus de venir au secours d’animaux sauvages blessés, nous participons à la formation du public, de nos stagiaires, des éco-volontaires, des services civiques.

Quels sont vos partenaires et les autres acteurs mobilisés sur ce projet ?

Collectivités : - La Motte Servolex - Montagnole - Le Bourget du Lac - Mme la Député Typhanie Degois - DDCSPP Associations : - ASTERS (74) - FRAPNA (73 et 74) - LPO (73 et 74) - LE TICHODROME - Le Gua (73) - ERMUS - Groisy (74) - SPA Chambéry (73) - Assistance aux animaux d'Aix les bains (73) Entreprises : - VICAT - ADELPHIA - Aix les bains - SATM - Chambéry - ALPHI - Viviers du lac - JARDIN DES PLANTES - Voglans - 4 murs - Chambéry - Eurocash - Chambéry - Radio Aix - Aix les bains - Maxi zoo - Bassens - Isabelle MANDROU - illustratrice - Cabinet Christian Brunet expertise comptable et audit Fondations : - LEA NATURE - NATURE ET DECOUVERTE - Chambéry (73) et Annecy (74) Vétérinaires : Haute-Savoie : - La Clinique du Dr Cuveilier - Sillingy - La Clinique des Drs Larboulette et Lopez - Seynod Savoie : - Clinique des deux ponts - Pont Beauvoisin - Clinique du Grand Verger - Chambéry - Clinique du Verney - Chambéry - Clinique du Dr Porcheron - Chambéry - Clinique Albanne - Chambéry - Clinique du Vallon Fleuri - La Ravoire - Clinique du Dr Hurstel - La Motte Servolex - Clinique du Dr Magalie Ferroul - La Motte Servolex - Clinique de Drumettaz - Drumettaz-Clarafond - Clinique du Lac - Le Bourget du Lac - Clinique du Grand Port - Aix les bains - Clinique du Dr Roosevelt - Aix les bains

Quelles seront leur contribution au projet ?

- Collectivités : Prêt de salles de réunions, soutien politique, subvention - Associations : Cotisation annuelle, expertises naturalistes, réseaux d'acteurs - Entreprises : Mécénats, subvention de fonctionnement, dons en nature, possibilité de tenu de stand (Jardin des Plantes et Maxi Zoo) - Fondations : Subvention de fonctionnement ou Mécénat - Clinique vétérinaires : Cotisation annuelle, vente d'objets au profit de l'association et soins bénévoles aux animaux sauvages en détresses.

En quoi votre projet est il innovant ou pionnier ?

Aucune structure ne prend actuellement en charge les animaux sauvages blessés de Savoie et de haute Savoie. Il n'existe par ailleurs qu'un seul centre qui récupère les grands mammifères pour toute la région Rhône Alpes Auvergne et cela est insuffisant. Pour donner un exemple concret : Un chevreuil heurté par un véhicule à Annecy devra parcourir 304 Kilomètres, soit 3h20 de route avant d'être pris en charge dans la structure la plus proche se situant à Clermont-Ferrand. Notre Centre permettrait ainsi de désengorger toute la région. Suite à ce constat, il semble que notre projet est nouveau pour la région considérée et que sa mise en oeuvre à caractère d'urgence.

Comment votre projet pourrait-il être éventuellement développé à une échelle plus large ?

Notre projet prévoit d'englober les département de la Savoie et de la Haute Savoie mais aussi de s'étendre au-delà de ces limites. Il prendrait en charge les animaux du département de l'Ain actuellement dépourvu de centre de soins, et aussi pour les mammifères, l'Isère et le Rhône, tout aussi dépourvus. On peut même affirmer que la portée du projet est internationale, car une grande partie des oiseaux sont des migrateurs. Si, nous ne prenons pas soin des animaux de passage chez nous, en provenance de Suisse ou d'Italie, les conséquences ne s'arrêtent pas à notre département.

Plan d’actions détaillé

Notre action première concerne l’accueil, le soin, la rééducation et le relâcher des animaux sauvages blessés. Tous ces actes seront réalisés gratuitement et surtout grâces aux personnes et partenaires qui nous soutiennent.

 

Travailler dans un centre de sauvegarde est pour bon nombre de personne très salutaire. En effet, nous savons aujourd'hui que de travailler à la préservation du vivant, en contact direct, permet à de nombreuses personnes de se reconnecter à soi et certaine fois de trouver sa voix. Pour cela, nous accueillerons des stagiaires, des bénévoles, des écovolontaires et des services civiques. Nous espérons créer davantage de postes ce qui permettrait l'approfondissement d'expérience pour les plus passionnés.

 

Notre projet concerne tout type de public. Chacun d'entre nous peut, un jour, découvrir un animal sauvage blessé. Nous animons ainsi des stands d'informations mais aussi des formations et des sessions de relâcher publiques permettant de sensibiliser les plus jeunes grâce aux nombreux animateurs bénévoles et à nos capacitaires. De plus, nous disposerons d'une ligne téléphonique de médiation faune sauvage pour répondre en direct aux questions sous forme d'un SOS faune en détresse. Cette ligne sera ouverte 7/7 jours de 9 à 17 heures et on peut d'ores et déjà estimer jusqu'à 6000 heures d'appels par an.

Nom de la ou des structures qui porteront le projet

Association pour un Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage des Pays de Savoie

Statut de votre structure

Association loi 1901

Activités de votre structure

L'association a pour objectif de créer un centre de soins de la faune sauvage en détresse dans les Pays de Savoie. L'activité principale de cette structure sera, une fois ouverte, l'accueil, le soin, la rééducation et le relâcher en milieu naturel des animaux sauvages blessés.

En parallèle, l'une des principales activités du centre sera la Médiation faune sauvage qui consiste principalement à gérer les appels téléphoniques pour venir en aide au public et aux collectivités au sujet de la faune sauvage blessée sur le territoire des Pays de Savoie (Haute-Savoie, Savoie et territoires limitrophes). A cela s'ajoute une partie communication auprès du grand public, via la rédaction d'une Newsletter, via les réseaux sociaux, la tenue de stands d'informations pour le grand public, l'animation auprès des scolaires dans les écoles, le relâcher d'animaux ayant été pris en charge, l'organisation des événements de l'association (Conseil d'Administration, Assemblée Générale, etc.)

Outre cela, des formations de rapatrieurs à l'attention des particuliers (bénévoles, adhérents etc) ainsi que des formations soins auprès des cliniques vétérinaires seront réalisées pour mieux prendre en charge les animaux sauvages en détresse et pour sensibiliser le grand public à la préservation de la faune sauvage. En complément, des stands d'informations se tiendront régulièrement afin de communiquer sur le projet et sur le Centre de manière adaptée aux différents publics.

Documents / Articles de Presse / Illustrations

 newsletter_nov_2017.pdf (598.0 Ko)

 plaquette.pdf (6.5 Mo)

 articleDauphine2-1-2.jpg (384.8 Ko)

 articleDauphine2-2-2.jpg (389.1 Ko)

 synthèse projet 2018.pdf (484.3 Ko)

Site web ou vidéo

http://csfs-paysdesavoie.org/

Entre souffrance animale et plaisir humain.

Par Le 22/04/2018

Matthieu Ricard - "La souffrance d'un animal est plus importante que le goût d'un aliment"

Le moine bouddhiste soutient le manifeste de 26 ONG pour imposer la cause animale dans le débat politique. Ce combat sert aussi la cause des hommes, explique-t-il.

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Publié le  | Le Point.fr

Le moine bouddhiste Matthieu Ricard soutient le manifeste lance mardi 22 novembre par 26 ONG pour imposer le bien-etre animal dans le debat politique a l'occasion des elections.

Le moine bouddhiste Matthieu Ricard soutient le manifeste lancé mardi 22 novembre par 26 ONG pour imposer le bien-être animal dans le débat politique à l'occasion des élections. © SIPA

 

Nous sommes tout, ils ne sont rien. La valeur de la vie humaine est, à juste titre, infinie. La valeur de la vie animale est-elle pour autant nulle ? Chaque heure dans le monde nous tuons 120 millions d'animaux terrestres et marins. Cela fait beaucoup : en une seule semaine, davantage d'animaux tués que toutes les victimes humaines de toutes les guerres !

Nous avons fait d'immenses progrès de civilisation. Nous n'acceptons plus ce qui a pourtant longtemps semblé normal : l'esclavage ou la torture. Nous avons adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme. Nous continuons d'améliorer le statut des femmes et des enfants. Nous réduisons la pauvreté dans le monde. Mais quand nous en venons aux animaux, le massacre en masse reste la règle.

Les 8 millions d'espèces qui peuplent encore notre planète sont nos concitoyens. Ils aspirent à vivre, à éviter la souffrance. Nous aimons les chiens, mais mangeons les porcs et nous nous vêtissons des vaches. Il y a là une incohérence fondamentale. La valeur des vies innocentes est non négociable.

Il n'y a aucun excès de sentimentalisme à être choqué par les horreurs révélées par les vidéos tournées dans les abattoirs.

Certains affirment que la production de viande est un mal nécessaire. Aujourd'hui, n'étant plus nécessaire, c'est un mal tout court. De fait, tout le monde y perd : la production industrielle de viande est la deuxième cause d'émission de gaz à effet de serre (15 %), après les habitations et avant les transports. Elle entretient la pauvreté dans le monde : 750 millions de tonnes de céréales, qui pourraient nourrir localement un milliard de personnes, sont expédiées d'Amérique latine et d'Afriquevers les pays du Nord, pour nourrir nos animaux destinés à devenir de la viande. Cerise sur le gâteau, plusieurs centaines d'études épidémiologiques montrent que la consommation régulière de viande est nocive pour la santé (source OMS 2015).

Il m'est arrivé de demander à une assemblée : « Êtes-vous en faveur de la justice et de la morale ? » Tout le monde a levé la main. J'ai demandé ensuite : « Est-il juste et moral d'infliger des souffrances non nécessaires à des êtres sensibles ? » Personne n'a levé la main. En vérité, aucun argument moral ne permet de justifier nos comportements à l'égard des animaux.

 

Ôter la vie par plaisir

Récemment, un dimanche matin un groupe de chasseurs fusil à l'épaule s'était rassemblé sur la place de l'église d'un petit village du sud de la France. Un enfant, fils d'amis, s'arrêta devant eux et leur demanda ingénument : « Vous allez tuer ? » Il n'eut droit qu'à un silence gêné, des sourires de connivence et des regards en coin. Tuer par plaisir, c'est préférer la mort à la vie. Est-ce là ce que l'humanité peut offrir de mieux ?

Vingt millions de Français se promènent dans les bois. Il ne reste plus que 1,2 million de chasseurs. Pourtant, ce sont ces derniers qui font la loi. Sont-ils, comme ils l'affirment, les meilleurs protecteurs de l'équilibre biologique ? En 1974, l'interdiction de la chasse dans le canton de Genève fut approuvée par référendum par 72 % de la population. Malgré les cris d'alarme des chasseurs, tout s'est bien passé : la faune du canton a retrouvé sa richesse et sa diversité – fort appréciées par les promeneurs – et son équilibre naturel. Les sangliers et cervidés n'ont pas envahi les forêts et les champs cultivés.

Mieux aimer l'ensemble des êtres

En incluant tous les êtres sensibles dans le cercle de la bienveillance, nous n'aimons pas moins les humains, nous les aimons mieux, car notre bienveillance est plus vaste. L'association humanitaire que j'ai cofondée, Karuna-Shechen, aide chaque année 300 000 personnes en Inde, au Népal et au Tibet dans le domaine de la santé, de l'éducation et des services sociaux. Le fait de m'occuper aussi des souffrances infligées aux animaux ne diminue en rien ma détermination à soulager les souffrances humaines. Bien au contraire. Et ne pas se soucier des animaux n'améliorerait en rien le sort terrible des victimes d'Alep en Syrie ou du Darfour.

Les bonnes nouvelles

La bonne nouvelle est que le végétarisme et le véganisme sont en plein essor parmi les jeunes. J'ai récemment déjeuné à la cantine de la grande université de Princeton : les 50 premiers mètres du self-service étaient surmontés de panneaux « Végan ». Près de 20 % des étudiants américains sont végans.

Cette transition vers une alimentation non-violente est possible et économiquement viable. Considérez votre envie d'un steak saignant : elle aboutit à la production industrielle de viande. À l'inverse, une pensée de compassion pour les animaux conduit à un monde meilleur et à une économie qui emploi tout autant de personnes, occupées à produire des aliments sans souffrance animale et préférables pour la santé humaine.

Nous sommes à court d'excuses. La souffrance d'un animal est plus importante que le goût d'un aliment. La façon dont nous traitons ceux qui sont, comme nous, des êtres sensibles porte dans le monde un message d'obscurité et de mort ou un message de lumière et de vie.

 

 

L’œil était dans la cage et regardait l'humain.

Par Le 21/04/2018

 

Regard bleu cage g

L'oeil était dans la cage et regardait l'humain.

Tout comme il était dans la tombe et regardait Caïn.

Il faut regarder cet oeil, non pas distraitement mais au plus profond de nos coeurs, de nos âmes, de nos consciences.

Avons-nous conscience de cette ignominie du meurtre répandu sur la Terre comme un fait avéré qu'on ne peut renier ? 

J'ai mangé des animaux pendant quarante ans et je ne supporte plus ces regards désemparés.

Je ne sais pas à quoi ce cochon pense mais il pense, c'est une certitude.

Tout comme les poules et les lapins, les agneaux et les moutons, les vaches et leurs veaux.

Et je n'oublie pas les animaux de la mer arrachés à leur élément pour mourir sur cette terre ferme où ils n'ont que faire.

Que me dit ce regard ? Que me dit ce cochon et tous ces êtres vivants que l'on condamne à l'assiette ? 

Ils pensent peut-être à cette nature perdue qu'ils ont si peu connue et pour certains jamais avant de mourir. 

Bien entendu, je n'en ai aucune certitude mais je peux avancer en tout cas que ce cochon n'est pas heureux de son sort. 

Qui donc le serait ?

Il m'est impossible d'affirmer que les animaux n'éprouvent pas la joie de vivre. Il suffit de les observer dans leur mileu naturel.

Leur milieu naturel et non une cage. 

Et il convient dès lors de repenser à la phrase de Spinoza :

"Nous ne désirons pas les choses parce qu'elles sont bonnes ; nous les considérons bonnes parce que nous les désirons".

Et dès lors disparaît la joie de vivre de l'animal derrière le paravent immense de nos désirs alimentaires.

Des désirs que nous jugeons comme de bonnes choses. 

Et l'oeil de l'animal dans sa cage n'existe même plus. Cette tristesse infinie est bannie des assiettes.

Il ne reste qu'une tranche de viande.

Un jour, j'ai donc décidé que je ne mangerai plus jamais d'animaux, qu'ils soient terrestres ou marins.

J'ai décidé également que je ne porterai plus de graisse superflue parce que cela représente à mes yeux le pillage de la Terre. Je prends un peu de poids en hiver, comme le font les marmottes. Je le reperds en quelques semaines au retour des beaux jours. 

Je ne mange que selon ma faim. Rien d'autre.

Et le plaisir de cette conscience de mes actes est un plaisir bien supérieur à celui d'une côtelette d'agneau. 

Je pesais 75 kilos avant de ne plus manger d'animaux. 

J'en pèse aujourd'hui 55 pour une taille de 1m76. Pour la médecine, je suis dans un état de maigreur. Mon IMC est trop bas. 

J'ai pourtant enchaîné cette semaine deux sommets en ski de randonnée et deux sorties de vélo de route. Je retourne en montagne demain.

En ne mangeant que le matin et le soir. Juste le nécessaire. Et avec grand plaisir et non cette idée fausse de la privation ou de l'ascétisme ou même comme on me l'a dit de l'anorexie.

C'est juste une question de conscience de mes actes et cette conscience me nourrit bien plus que la matière elle-même.

Je ne souffre d'aucune carence. Mon médecin généraliste devant mon amaigrissement a tenu à ce que je fasse une prise de sang et son commentaire a été le suivant : "J'aimerais que tous mes patients aient de tels résultats. "

L'éducation alimentaire de nos sociétés modernes a rendu le meurtre animal légal, banal, généralisé, irréfléchi, inconscient.

Je voudrais que sur les barquettes de viande et les étals de charcuterie soient affichés les regards des animaux dans leur cage, la terreur dans leurs yeux quand ils sentent la mort s'approcher.

Bien évidemment qu'ils savent qu'ils vont mourir.

Je pourrais mettre ici des dizaines de vidéos qui le prouvent. 

Mais depuis que j'ai commencé à parler de végétarisme, d'écologie, de survivalisme, de collapsologie, je sais que des lecteurs et lectrices ont effacé ce blog de leurs listes.

Il pourrait ne plus y avoir aucun lecteur que rien ne changerait dans mes convictions. Mais se poserait alors le problème de la diffusion du message. 

Si j'en viens à écrire dans le vide, quel serait l'intérêt ?

Je n'ai pas besoin de me convaincre de ce que je dis.

Doit-on dès lors se taire et espérer que chaque conscience humaine suivra un jour le même chemin que le mien ?

Je ne me pose plus la question de la légitimité de mon engagement pour la cause animale, pour la planète entière.

J'ai la certitude que j'ai raison. 

Il est impossible, humainement, de continuer à remplir nos assiettes d'une telle souffrance. 

Et le mot "humainement", je l'emploie volontairement. 

Que sommes-nous sur cette planète ? Des humains ou des bourreaux ?  

La masse considérable de gens obèses m'interpelle. Je ne parle pas de problèmes médicaux profonds et de leurs effets secondaires mais de ces gens qui se gavent de tout comme pour remplir un vide existentiel.

L'obésité et le surpoids sont bien souvent des troubles existentiels.

Et c'est donc à travers la conscience de soi, et de la vie en soi, et de la vie autour de soi que se trouvent la guérison de ces êtres. Je ne les juge pas. Je les plains. 

Mais je plains plus encore les animaux qui perdent la vie pour les troubles existentiels de ces humains.  

Des scientifiques ont mis à jour une maladie moderne : la stéatose non alcoolique. L'acronyme "NASH". Ils parlent de pandémie. La "maladie du foie gras".

Une partie de l'humanité meurt à se nourrir. Se nourrir et mourir. 

Les Anciens le disaient : "Il ne faut pas vivre pour manger mais manger pour vivre."

Nous avons enterré nos Anciens et leur sagesse avec.   

Et nous avançons aveuglément vers un futur immonde. 

 

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