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Nucléaire : les mensonges
Les mensonges du nucléaire français
Une enquête édifiante sur les secrets de cette industrie dont on nous vante les mérites depuis les années 1960 (lundi 4 mai, à 22 h 55, sur Canal+).
LE MONDE | • Mis à jour le |Par Mustapha Kessous

Une enquête édifiante sur les secrets de cette industrie dont on nous vante les mérites depuis les années 1960
A en croire ce documentaire, les mensonges sur le nucléaire français sont aussi toxiques que la radioactivité. Depuis les années 1960, les différents gouvernements nous assurent que les centrales nucléaires sont extrêmement sûres, au point qu’ils n’ont jamais eu à déplorer le moindre accident. Et ce n’est pas tout : l’énergie électrique – produite par les 58 réacteurs du pays – est propre et peu onéreuse. Un mythe, selon les auteurs de Nucléaire, la politique du mensonge ?,qui se font un malin plaisir de déconstruire – pour ne pas diredégommer – la trop belle « fable » des bienfaits de l’atome.
Cette nouvelle enquête de « Spécial investigation » commence dans un village du Loir-et-Cher, Saint-Laurent-Nouan, où se trouve la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux qui, depuis son inauguration en 1963, a connu deux accidents passés sous silence par EDF. Le premier date de 1969, le second – plus grave – remonte à 1980. En cause : un défaut de maintenance qui a entraîné la surchauffe et la fusion de l’un des deux cœurs de réacteur, libérant ainsi du plutonium – matière hautement radioactive et dangereuse – que les responsables du site ont décidé, pour s’en débarrasser, de rejeter dans… la Loire. Une pratique illégale à cette époque et qui l’est toujours de nos jours.
Surréaliste
Il est regrettable que les dirigeants actuels d’EDF n’aient pas souhaité s’exprimer. Seul Marcel Boiteux, ancien président du groupe (de 1979 à 1987), et artisan du nucléaire, a accepté de parler. Ce qu’il dit semble à peine croyable, et son entretien avec le journaliste, surréaliste. Interrogé à propos de ce qui a conduit les responsables à déverser le plutonium dans la Loire, M. Boiteux répond sans ciller : « C’est quand même pas grand-chose. » « C’est du plutonium, c’est interdit », s’étonne le journaliste. « Oui, bien sûr, ce n’est pas bien, mais ce n’est pas grave », se défend l’ancien patron. « C’est illégal », insiste le reporter. « C’est illégal de tuer son voisin quand vous êtes en voiture, et que vous rencontrez la voiture d’en face et que vous tenez mal votre volant. En cas d’accident, il se passe des choses illégales, quand on est conscient », explique en souriant le président d’honneur d’EDF. Un tel accident, pourtant, devrait systématiquement obliger à l’évacuation des habitants alentour.
Quid ensuite des sites de stockage des déchets radioactifs ? Et peut-on affirmerque le nucléaire est une énergie propre ? Anne Lauvergeon, ancienne présidente d’Areva, a récemment assuré que le nucléaire produit, en termes de déchets, l’équivalent d’« une piscine olympique ».Vrai ou faux ? Selon les calculs et les différentes révélations du documentaire, le volume de ces déchets correspondrait plutôt à près de 200 piscines olympiques. On est loin du compte.
De même, on est bien loin de la vérité lorsqu’on nous assène que le nucléaire ne coûte pas cher. En effet, la note des travaux de remise en état des centrales nucléaires engagés depuis 2012 s’élèverait à 110 milliards d’euros, soit deux fois plus que le chiffre avancé par EDF.
Documents inédits à l’appui, cette enquête démonte habilement – et avec pédagogie – le discours tenu aujourd’hui sur le nucléaire français. Un discours qui se veut rassurant, notamment par l’usage de certains mots plutôt que d’autres. Les communicants préfèrent par exemple parler de « relâchement » et jamais de « fuite ». L’euphémisme en dit long.
« Nucléaire, la politique du mensonge ? », de Jean-Baptiste Renaud (Fr., 2015, 55 min).
Et une autre vidéo pour compléter et croiser les informations :
Huile de palme contre Rafale

La France achète de l’huile de palme pour vendre des avions Rafale
GÉRARD LE PUILL
VENDREDI, 13 AVRIL, 2018
HUMANITE.FR
900.000 tonnes d’huile de palme sont importées en France chaque année dont les trois quarts finissent dans les réservoirs des véhicules sous forme de « carburants verts ». (le terme donne une idée du foutage de gueule)
Trente mois après la conférence de Paris sur le climat et l’adoption d’un texte visant à freiner le réchauffement de la planète, la France promeut la déforestation en Afrique et en Asie en choisissant d’accroître ses importations d’huile de palme afin d’exporter des avions Rafale en Malaisie et dans d’autres pays.
Depuis un certain nombre d’années, des millions d’hectares de forêts primaires ont disparu dans les pays tropicaux pour développer les plantations de palmiers à huile afin d’exporter cette huile bon marché. Comme elle est également facile à travailler, l’industrie agroalimentaire des pays capitalistes développés et émergents en consomme de plus en plus. Il y a quelques jours, plusieurs associations dont « Rainforest Action Network» (RAN) dénonçaient la destruction de 10.000 hectares de tourbières normalement protégées sur l’île de Bornéo par le groupe du magnat Anthoni Salim avec l’aide du groupe « Indofood « présenté par ces associations comme un « partenaire incontournable des multinationales Pepsi Co et Nestlé ».
Les associations citent un rapport selon lequel l’une des filiales du groupe Salim avait « fait modifier la carte du moratoire protégeant les tourbières, alors même que les cartes établie par l’Agence de restauration des tourbières classaient la plupart en zones de tourbières à protéger en priorité ». Selon Gemma Tillak, en charge de la politique forestière au sein du RAN, « ce rapport est une preuve évidente de pratiques douteuses et d’immobilisme aux plus hauts niveaux des entreprises, alors que les forêts tropicales continuent de disparaître à cause de l’huile de palme produite de manière illégale ». Au RAN, on considère que « les partenaires commerciaux du Groupe Salim, comme Pepsi Co sont complices de cette déforestation illégale, car ils continuent de faire des affaires avec Salim sans être inquiétés. Pepsi Co, Nestlé et Wilmar doivent faire en sorte que leur partenaire commercial respecte le droit indonésien et les normes de développement soutenable sans déforestation ou bien mettre un terme à leur relation commerciale », ajoute le RAN.
900.000 tonnes d’huile de palme importées en France chaque année
On peut aussi se demander si l’Etat indonésien souhaite faire respecter le droit indonésien. Cette question vaut aussi pour de nombreux pays dont la France. Le Canard enchaîné du 4 avril rappelait que 900.000 tonnes d’huile de palme sont importées en France chaque année dont les trois quarts finissent dans les réservoirs des véhicules sous forme de « carburants verts ». Ce diester entre concurrence avec l’huile de colza, une plante qui fleurit tout en jaune en ce moment sur nos terres céréalières. Mais le prix de la tonne payée aux paysans est passé de 430€ en février 2017 à 351€ en avril 2018. C’est une des conséquences de l’importation d’huile de palme de pays comme l’Indonésie et la Malaisie.
(et après Macron and co vont nous dire qu'ils prennent en considération les difficultés du monde paysan...)
Conscients du problème, les parlementaires européens ont adopté récemment un amendement discriminant l’huile de palme en raison de ses conséquences sur la déforestation. Selon le Canard, ils étaient en phase avec le souci de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire de « mettre en route son fameux plan d’action contre l’importation de produits contribuant à la déforestation ». Mais, toujours selon le Canard, l’Elysée a envoyé la ministre de la Défense Florence Parly en Malaisie pour dire au gouvernement de ce pays qu’une directive européenne sur l’énergie reprenant « l’amendement adopté par le Parlement ne saurait être soutenu par les autorités françaises dans la mesure ou il discrimine l’huile de palme ».
Quand les intérêts de Total s’ajoutent à ceux de Dassault
Et pourquoi donc ? Parce que la Malaisie menaçait de ne pas acheter les 18 avions de combat Rafale que Dassault s’apprêtait à lui vendre. Qui plus est, Total doit ouvrir cet été dans les Bouches-du-Rhône une usine capable de traiter chaque année 500.000 tonnes de biodiesel avec un pourcentage élevé d’huile de palme. Il s’agirait d’un diester issu de plusieurs huiles mélangées. Or le feu vert doit être donné à cette nouvelle unité de production par le ministère de la Transition écologique et solidaire de Nicolas Hulot. D’où ce cri de colère de Sylvain Angerand, de l’ONG Les Amis de la Terre repris dans le Canard : « La position du ministère de l’Ecologie est schizophrène. D’un côté, il fait de la lutte contre la déforestation l’une de priorités de son plan Climat; de l’autre, il laisse construire une usine qui pourrait quasiment doubler les importations d’huile de palme».
Sylvain Angerand refuse de voir la réalité en face. Nous sommes de plein pied dans le « et en même temps » préconisé à tout bout de champ par Emmanuel Macron dès lorsque sa politique correspond aux intérêts immédiats des patrons. Quant à Nicolas Hulot… (au bûcher...)
Mettre un enfant au monde

On pourrait croire que ce texte de François Ruffin est exagéré.
Et ça serait une erreur terrible.
C'est parce que nous n'anticipons pas que tout ce que nous voyons aujourd'hui est devenu possible.
Parce que nous restons dans un ghetto quotidien qui nous épuise et que nous n'avons plus le goût ni l'énergie d'essayer de comprendre ce "monde moderne" qui n'est à mes yeux qu'une dégénérescence puisqu'il en est rendu à porter atteinte à la vie elle-même.

Je suis consterné par tous ces adultes qui réclament de leurs enfants l'attention, la concentration, le travail pour acquérir des connaissances multiples, la volonté, l'effort, le sérieux et qui eux-mêmes n'ont plus la lucidité pour prendre conscience que ce monde qu'il laisse s'étendre est une abomination.
Comment est-il possible d'acheter des produits contenant de l'huile de palme ? Qui n'a jamais entendu parler du désastre de cette exploitation ?
Comment est-il possible de se gaver de viande et de poissons quand on voit l'impact considérablement destructeur que cette alimentation engendre ?
Comment est-il possible d'utiliser des produits chimiques qui empoisonnent la terre et les eaux ?
Comment est-il possible d'acheter des milliers de produits emballés dans des plastiques dont seulement 20% seront recyclés et le reste brûlé ou jeté dans la nature ?
Qui n'a jamais entendu parler de la pollution des océans ? Dans quelle cellule cérébrale vivent ces gens, dans quelle fange individuelle se complaisent-ils ?
Comment est-il possible de laisser la nature mourir sans rien tenter pour sauver ce qui peut l'être ?
Comment est-il possible de demander aux enfants de grandir dans ce système économique et consumériste sans réaliser que l'héritage proposé est une tombe que l'humanité creuse ?
Il n'est aucun espoir à attendre des gouvernants, quels qu'ils soient.
Cela aussi, il faut l'enseigner aux enfants.
Nous sommes responsables.
Un choix à prendre : la lâcheté ou la révolte, l'insouciance ou la lucidité, l'indifférence ou la lutte.
La lutte passe d'abord par la connaissance. Connaître, c'est se libérer du mensonge.
Si nous ne le faisons pas pour nous, il faut le faire pour eux.
Ou alors, il ne fallait pas faire d'enfants.
Mettre un enfant au monde et ne pas prendre soin de ce monde, c'est une condamnation. Rien d'autre.
Et c'est monstrueux.
Sommes-nous des esclaves ?
Et que seront nos enfants ?
A tombeau ouvert


Il est minuit et je lis des documents sur l'état de la planète. Et c'est juste effroyable. Je viens d'écrire à une des députées qui a rejeté l'interdiction du glyphosate. J'ai choisi une femme parce que ça me paraît totalement fou et incompréhensible que quelqu'un qui peut porter la vie puisse ne pas la respecter. Et je trouve ça désespérant parce que ça signifie que les plans de carrière sont plus importants que tout.
Je suis donc allée lire sa page facebook et son explication de texte sur cette décision. Et en fait, c'est encore plus simple que ça. Elle est totalement stupide. Elle n'a même aucune connaissance réelle du problème. Quelqu'un capable de dire que la France est exemplaire dans son usage modéré des pesticides, c'est soit une menteuse, soit une ignorante. Soit quelqu'un qui se ment sur son ignorance mais ça n'est en tout cas aucunement une personne de confiance, fiable et lucide.
Et donc ?... Elle a fait ce qui lui a été ordonné.
Alors, la démocratie, vous voulez vraiment savoir ce que j'en pense ?
Le gouvernement nous affirme que dans trois ans, une interdiction entrera en vigueur. Oui, bien sûr...Si je fais le tour des promesses électorales non appliquées, j'en ai pour trois heures.
Ils trouveront autre chose pour repousser encore et dans trois ans, la situation aura considérablement empiré parce que le mal désormais est exponentiel. Il leur suffira de dire que la recherche n'a pas permis de trouver une autre méthode d'exploitation et qu'il faut encore y travailler ou que la période électorale n'est pas favorable à de telles décisions ou que les finances de l'état ne permettent pas d'investir suffisamment dans la transformation des entreprises agricoles ou que la demande de produits alimentaires est incompatible avec une agriculture respectueuse de l'environnement etc etc...Ils trouveront quelque chose...
Quand à Bruxelles, j'ai appris quand j'étais gamin qu'il ne faut jamais obéir à un chef quand c'est un con. Que c'est là que se trouve le libre arbitre, la volonté, la conscience de soi. Si la politique va à l'encontre de la conscience de soi, alors, j'attends avec impatience le jour où les hommes apprendront à user de leur liberté de penser et d'agir.
Et si cela n'arrive jamais, c'est que les hommes sont trop lâches et stupides pour être autorisés à survivre.
Car il faut bien avoir conscience d'une chose très claire désormais : la sphère politique et financière roulent à tombeau ouvert et nous sommes, nous aussi, dans le cercueil.
Le couvercle est en phase de fermeture.
Soit on refuse le processus, par la force si nécessaire, soit on fait la fête encore un peu, on agrandit encore un peu les œillères, on s'amuse et on finit de tout foutre en l'air dans la joie et la bonne humeur.
L'huile de palme...Qui n'en a jamais entendu parler ? Qui aujourd'hui peut ne pas être informé du massacre en cours ? Est-ce que je dois montrer cela à mes élèves demain en classe pour que le traumatisme les empêche de dormir et qu'ils finissent par réagir contre les "parents" qui les élèvent ?
Est-ce que je dois leur montrer la souffrance animale dans les élevages industriels, dans les abattoirs, dans les filets dérivants, est-ce que je dois leur montrer le monde dans lequel ils vivent ?
Quel est l'intérêt d'essayer de leur apprendre l'Histoire de leur pays, les Gaulois, François 1er, et autres poussières insignifiantes quand ils n'ont même conscience que leur avenir est aussi aléatoire qu'un château de cartes et que la tempête approche à grand pas ?
Je leur mens par l'entremise d'une mission enseignante qui sert des forces occultes et destructrices.
L'école, si elle n'est que cela, est un empoisonnement.
Mais il est vrai qu'il convient de contaminer les esprits pour éviter qu'ils se réveillent.
Et je n'ai aucune illusion sur l'impact de mes interventions. Tout aura disparu dans quelques mois parce que la puissance formatrice de la société entière est incommensurable.
Il faut vraiment que je quitte ce lieu avant de me dégoûter moi-même.
Glyphosate : qui a voté quoi ?
GLYPHOSATE : QUI A VOTÉ QUOI ?
Votre député a-t-il voté pour ou contre l’interdiction ?
MOBILISEZ-VOUS POUR L’INTERDICTION DU GLYPHOSATE
Glyphosate : découvrez qui a voté quoi ! (cliquez sur ce lien)
Interdiction du glyphosate :
qu’a voté votre député-e ?
Le glyphosate est un herbicide classé potentiellement cancérigène par l’Organisation Mondiale de la Santé. Le président Emmanuel Macron s’était engagé à interdire d’ici trois ans le glyphosate.
Pourtant une majorité des députés présents et le gouvernement ont rejeté cette interdiction, cédant à la pression du lobby agro-chimique !
Roland Lescure
Lise Magnier
(UAI - Union Des Démocrates, Radicaux Et Libéraux)
Nicolas Turquois
(MODEM - Mouvement Démocrate)
Véronique Hammerer
(LREM - En Marche !)
Pascale Boyer
(LREM - En Marche !)
Jean-Michel Jacques
(LREM - En Marche !)
Jean-Yves Bony
(LR - Les Républicains)
Vincent Descoeur
(LR - Les Républicains)
Laure De La Raudière
(UAI - Union Des Démocrates, Radicaux Et Libéraux)
Philippe Vigier
(UAI - Union Des Démocrates, Radicaux Et Libéraux)
Benoit Potterie
(LREM - En Marche !)
Marie Guévenoux
(LREM - En Marche !)
Éric Girardin
(LREM - En Marche !)
Grégory Besson-Moreau
(LREM - En Marche !)
Jean-Pierre Door
(LR - Les Républicains)
Gilles Lurton
(LR - Les Républicains)
Richard Ferrand
(LREM - En Marche !)
Véronique Louwagie
(LR - Les Républicains)
Jean-Jacques Bridey
(LREM - En Marche !)
Marc Fesneau
(MODEM - Mouvement Démocrate)
Jean François Mbaye
(LREM - En Marche !)
Jérôme Nury
(LR - Les Républicains)
Thierry Benoit
(UAI - Union Des Démocrates, Radicaux Et Libéraux)
Jean-Marie Fiévet
(LREM - En Marche !)
Antoine Herth
(UAI - Union Des Démocrates, Radicaux Et Libéraux)
Charles De Courson
(UAI - Union Des Démocrates, Radicaux Et Libéraux)
Valéria Faure-Muntian
(LREM - En Marche !)
Jean-Claude Leclabart
(LREM - En Marche !)
Christian Jacob
(LR - Les Républicains)
Anne-Christine Lang
(LREM - En Marche !)
Bertrand Bouyx
(LREM - En Marche !)
Marie-Christine Verdier-Jouclas
(LREM - En Marche !)
Jean-Baptiste Moreau
(LREM - En Marche !)
Emmanuelle Anthoine
(LR - Les Républicains)
Guillaume Kasbarian
(LREM - En Marche !)
Xavier Batut
(LREM - En Marche !)
Nicole Le Peih
(LREM - En Marche !)
Nicolas Démoulin
(LREM - En Marche !)
Julien Dive
(LR - Les Républicains)
Jean-Claude Bouchet
(LR - Les Républicains)
Arnaud Viala
(LR - Les Républicains)
Monique Limon
(LREM - En Marche !)
Rémy Rebeyrotte
(LREM - En Marche !)
Maxime Minot
(LR - Les Républicains)
Michèle Crouzet
(LREM - En Marche !)
Olivier Damaisin
(LREM - En Marche !)
Philippe Huppé
(LREM - En Marche !)
Olivier Gaillard
(LREM - En Marche !)
Graziella Melchior
(LREM - En Marche !)
Dino Cinieri
(LR - Les Républicains)
Funérailles.
L’effrayante mortalité des abeilles : des funérailles à Paris
8 juin 2018 / Amélie Beaucour (Reporterre)

Des dizaines d’apiculteurs se sont retrouvés à Paris et en région jeudi 7 juin, pour dénoncer la mortalité considérable des abeilles cette année. Les pertes s’élèvent à 90 % dans certains cheptels. En cause : l’utilisation des néonicotinoïdes, pesticides qui attaquent les abeilles.
- Paris, reportage
Il est un peu plus de 10 h ce jeudi matin lorsque le son du clairon retentit. La cérémonie commence. Face à l’hôtel des Invalides, trois cercueils sont alignés, recouverts d’un drapeau européen, français et breton. Qui pleure-t-on aujourd’hui ? Pas d’anciens soldats morts pour la patrie mais des colonies d’abeilles tombées sous le feu des néonicotinoïdes, substances neurotoxiques utilisées dans l’agriculture.
Venus de Bretagne, des dizaines d’apiculteurs endeuillés s’étaient donné rendez-vous dans la capitale. Cette année, 20.000 colonies d’abeilles bretonnes ont passé l’arme à gauche. Une hécatombe que les apiculteurs dénoncent depuis près d’un mois. Réunis en un « cortège funèbre », ils sont partis du Morbihan, le 30 avril dernier, sous l’œil de Reporterre, pour sillonner la région et attirer l’attention des autorités.
La scène, digne d’une pièce de théâtre, raconte toute la détresse des apiculteurs français. Voile (d’apiculteur) sur la tête et mains derrière le dos, une quinzaine d’entre eux sont venus se recueillir sur ces petites cabanes en bois, sépultures de leurs ouvrières. L’enfumoir apicole remplace l’encens, et les pots de miel les gerbes de fleurs qu’elles ne pourront de toute façon plus butiner.

D’autres délégations en région se sont également rassemblées pour dénoncer le calvaire que vivent les artisans du miel, « condamnés, chaque printemps, tel Sisyphe et son rocher, à refaire le travail estival que l’hiver n’aurait pas dû détruire », compare tristement François le Dudal, adhérent de la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP)
Mais cette année, les pertes sont plus lourdes que d’habitude. Loïc, apiculteur breton et vice-président de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), a vu mourir la moitié de ses abeilles. « Mais certains de mes collègues ont perdu jusqu’à 90 % de leur cheptel », dit-il. Du jamais vu en quarante ans. Si les pertes de cheptel sont naturelles, elles ne dépassent habituellement pas les 7 % par an.
Marie est apicultrice bretonne, elle aussi. Cette année, elle a perdu 200 ruches sur les 260 qu’elle possède. « Et celles qui restent sont extrêmement affaiblies, ajoute-t-elle. Je vis de l’apiculture, j’ai deux enfants à nourrir et plus de cheptel pour produire. Comment je fais ? »
Les néonicotinoïdes, tueur d’abeilles

Marie possède également quelques ruches dans le Finistère. Ici, pas de champs de maïs traités mais uniquement de la bruyère. Sur ces ruches-ci, elle n’a enregistré qu’une perte de 10 %. Coïncidence ? « Le lien est évident. Sans néonicotinoïdes, les abeilles se portent très bien », conclut Marie.
Le problème des néonicotinoïdes est connu depuis longtemps. Ces pesticides neurotoxiques attaquent le système nerveux des abeilles et les tuent à petit feu. Pourtant, leur usage vient seulement d’être réglementé. La loi Biodiversité de 2016, en France, a acté leur interdiction prochaine et le projet de loi Agriculture et Alimentation en cours de discussion devrait interdire les pesticides au mode d’action similaire. Fin avril, l’Union européenne a voté l’interdiction quasi totale de trois d’entre eux, interdiction qui n’entrera en vigueur qu’en 2019 et qui ne concernera que les cultures en plein champ.
Mais la bataille est loin d’être gagnée, selon l’UNAF. « Cela ne suffit pas. Les traces de ces substances nocives ne disparaîtront qu’après 5 ou 6 ans… et seulement en partie. » Personne n’est actuellement en mesure de dire ce qu’il advient de ces substances une fois larguées dans la nature. « L’agrochimie a ouvert la boite de Pandore et ne sait plus comment la refermer », déplore François Le Dudal.
Pour autant, les apiculteurs refusent de blâmer ceux qui en font usage. « Nos collègues agriculteurs font ce qu’ils peuvent. Ils sont, eux aussi, victimes du système. Ce n’est pas à eux de faire des efforts, c’est au gouvernement de prendre ses responsabilités. »
Un gouvernement silencieux
Jusqu’à maintenant, aucun des gouvernements successifs ne leur a manifesté de soutien. Cette fois encore, les apiculteurs accusent Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture, de rester les bras croisés. « Tout ce qu’il nous témoigne, c’est du mépris », grogne un apiculteur en colère. « La preuve, il n’a pas pris la peine de se déplacer », constate un autre.
Nicolas Hulot, quant à lui, était présent, contre toute attente, ce jeudi matin. Pas de mesures concrètes à la clé mais, à la place, il s’est engagé à venir en Bretagne et a promis une « discussion avec ses collègues sur les solutions envisageables ».

Cela ne suffit pas aux apiculteurs, qui préféreraient s’entretenir directement avec le président de la République. « On aimerait bien savoir ce qu’il en pense, M. Macron », lance un apiculteur. « Il doit bien avoir un avis là-dessus puisqu’il a lui-même trois ruches à l’Élysée », ricane un autre.
Mais les ruches du président se portent probablement mieux que celles des apiculteurs bretons. « Les ruches en villes sont toujours en meilleur état. Qui dit ville dit moins de surfaces agricoles et donc moins d’exposition aux pesticides, explique Bruno, apiculteur amateur à Anthony, en banlieue parisienne. Moi, je m’en sors relativement bien, j’ai plus de chance que mes collègues de province. Eux ont vraiment besoin d’aide. »

- 80 % du cheptel d’abeilles d’Aurélie n’ont pas passé l’hiver
En chemin vers l’Élysée, le convoi est arrêté par un cordon des forces de l’ordre. Aurélie et son mari sont apiculteurs dans les Côtes-d’Armor. Cette année, plus de 80 % de leur cheptel a disparu. Ce constat affligeant, le couple l’a fait un beau matin de printemps. Comme chaque année depuis sept ans, ils venaient vérifier si leurs petites ouvrières avaient survécu à la saison froide. À la place, ils ont découvert leurs essaims décimés. « C’était le 6 avril 2018, cette date je ne suis pas prête de l’oublier », raconte-t-elle, émue.
Comme les centaines d’apiculteurs mobilisés, elle demande au gouvernement d’agir rapidement. D’agir non seulement pour les apiculteurs, mais aussi et surtout pour la biodiversité.
« On est témoin pour les abeilles, mais en réalité, cela s’applique à tous les pollinisateurs, tous les insectes, tous les oiseaux, toutes les espèces victimes de ces pesticides », dit-elle. D’après une étude scientifique publiée en fin d’année dernière, 80 % des insectes européens auraient disparu ces trente dernières années.

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KUNDALINI : couverture
J'ai passé quelques jours à travailler sur une couverture pour le roman avec la graphiste et la fondatrice des "éditions du 38" dans une écoute attentive et professionnelle.
Plusieurs essais, puis des modifications, puis là, ce point, cette couleur, cette lumière, ce détail dans le paysage etc etc...
L'impression de voir se matérialiser toutes les images qui sont en moi, les sensations et les émotions que je souhaitais transmettre dans l'histoire, là, posées, sur le "papier", et c'est comme une image réelle, mouvante, sensorielle...
Un grand bonheur.
Sortie prévue en septembre.
L'image finale restera secrète encore quelques temps :)
Il me plaît infiniment que Nathalie ait été le modèle, une deuxième fois, de la couverture d'un de mes livres.
"Là-Haut" avait été le premier.

"Kundalini, l'étreinte des âmes", sera le deuxième.
Tantra et âmes soeurs

Le Tantra est la science qui transforme les amateurs amoureux en âmes sœurs. Telle est la grandeur du Tantra. Il peut transformer la terre entière : il peut transformer chaque couple en âmes sœurs. » - Osho
« En Orient, nous avons développé une science : si tu ne peux pas trouver ton âme sœur, tu peux en créer une. Cette science est le Tantra. Trouver une âme sœur veut dire trouver une personne avec laquelle tous tes sept centres se réalisent naturellement. C’est impossible, mais cela peut arriver une fois de temps en temps : un Krishna avec une Radha, un Shiva avec une Shakti. Et lorsque cela arrive, alors c’est d’une beauté formidable. Pourtant, ceci est comme la foudre – tu ne peux pas en dépendre. Lorsque tu lis ta bible, tu ne peux pas attendre que la foudre se présente pour pouvoir lire. La foudre est un phénomène naturel, mais elle n’est pas fiable.
Si tu attends de rencontrer ton âme sœur naturelle, cela sera exactement comme d’attendre la foudre pour lire ta bible. Et encore, tu ne seras même pas capable de lire davantage. Elle sera là pour un instant, mais au moment où tu auras ouvert ta bible, elle sera déjà partie.
Ainsi le Tantra a été créé. Le Tantra est une approche scientifique. Le Tantra est une alchimie ; il peut transformer tes centres, il peut transformer les centres d’autrui, il peut créer un rythme et une harmonie entre toi et ton amoureux. Cela est la beauté du Tantra. C’est comme d’amener de l’électricité chez toi. Alors, tu peux l’allumer et l’éteindre à volonté. En plus, tu peux en trouver mille et une utilisations. Tu peux avoir une pièce fraîche ou une pièce chaude. Donc, il s’agit d’un miracle. Ces sept centres en toi ne sont que des centres d’un corps d’électricité. Et quand je parle de foudre, ne pense pas seulement au symbole, mais au sens propre du terme.
Un courant d’électricité subtil, très subtil, se trouve dans ton corps. Mais plus subtil il est, plus profond il entre. Il n’est pas tellement visible. Les scientifiques disent que l’ensemble de toute l’électricité de ton corps peut allumer une ampoule de cinq watt. Ce n’est pas beaucoup. La quantité n’est pas très grande, la quantité de l’atome n’est pas tellement grande, alors que la qualité… S’il explose, il y aura une énergie énorme.
Ces sept centres, ces sept chakras dont le Yoga et le Tantra parlent depuis toujours ne sont que cinq nœuds dans le courant électrique de ton corps. On peut les changer, on peut les réarranger. Ils peuvent recevoir une nouvelle forme, une nouvelle structure. Deux amoureux peuvent être transformés si profondément que tous leurs sept chakras peuvent commencer à se rencontrer.
Le Tantra est la science qui transforme les amateurs amoureux en âmes sœurs. Telle est la grandeur du Tantra. Il peut transformer la terre entière : il peut transformer chaque couple en âmes sœurs. »
Préparation de classe (2)
Thierry Ledru
Et le texte de mardi matin :

POURQUOI CRIE-T-ON QUAND ON EST EN COLÈRE ?
Un sage hindou qui était en visite au Gange pour prendre un bain remarqua un groupe de personnes criant de colère, les unes sur les autres.
Il se tourna vers ses disciples, sourit et leur demanda :
– Savez-vous pourquoi les gens crient lorsqu’ils sont en colère ?
Les disciples y pensèrent pendant un moment et l’un d’eux dit:
– C’est parce que nous perdons notre calme que nous crions.
– Mais pourquoi criez-vous quand l’autre personne est juste à côté de vous ? demanda le guide. Pourriez-vous tout aussi bien lui dire ce que vous avez à dire d’une manière plus douce?
Comme aucune des réponses des disciples n’était suffisamment satisfaisante pour le sage, il expliqua finalement :
« Quand deux personnes sont en colère l’une contre l’autre, leurs cœurs sont séparés par une grande distance. Pour couvrir cette distance, ils doivent crier, car sinon ils sont incapables de s’entendre l’un et l’autre. Plus ils sont en colère et plus ils auront besoin de crier fort pour s’entendre l’un et l’autre pour arriver à couvrir cette grande distance.
Qu’est-ce qu'il se passe lorsque deux personnes tombent en amour ? Ils ne crient pas sur l’autre, mais ils se parlent doucement parce que leurs cœurs sont très proches. La distance entre eux est soit inexistante, soit très faible.
Le sage continua…
« Quand ils s’aiment encore plus, que se produit-il ? Ils ne se parlent pas, ils chuchotent et obtiennent encore plus de proximité et plus d’amour. Enfin vient un moment où ils n’ont même plus besoin de chuchoter, ils se regardent seulement l’un et l’autre et se comprennent.

Puis il regarda ses disciples et leur dit :
« Ainsi quand vous discutez les uns avec les autres ne laissez pas vos cœurs s’éloigner. Ne dites pas les mots qui vous éloignent davantage ou bien viendra un jour où la distance sera si grande que vous ne trouverez pas le chemin du retour… »
Sagesse hindoue
GRAMMAIRE :
Cherchez une liste de verbes conjugués au présent de l'indicatif et leurs groupes sujets respectifs.
Cherchez l'antécédent de plusieurs pronoms relatifs.
Cherchez des pronoms personnels complément d'objet direct. Identifiez le nom qu'il remplace respectivement.
EXPRESSION ÉCRITE
Racontez une situation dans laquelle vous avez crié sur quelqu'un et une autre dans laquelle vous avez parlé doucement. Décrivez l'état émotionnel dans lequel vous étiez.
Préparation de classe
Thierry Ledru
Le texte pour ma classe demain.

Il était une fois quatre individus qu'on appelait :
-Tout le monde -Quelqu'un -Chacun - et -Personne..
Il y avait un important travail à faire.
Tout le monde entendit dire qu'il fallait le faire.
Tout le monde fut donc persuadé que Quelqu'un le ferait.
Chacun, effectivement, était en mesure de le faire mais en réalité Personne ne le fit.
Quelqu'un se fâcha car c'était le travail de Chacun et devant cette colère Tout le monde pensa que Quelqu'un allait enfin le faire.
En fin de compte, Tout le monde fit des reproches à Chacun parce que Personne n'avait fait ce que Quelqu'un aurait pu faire.
MORALITÉ
Sans vouloir le reprocher à Tout le monde, Il serait bon que Chacun fasse ce qu'il doit, sans nourrir l'espoir que Quelqu'un le fasse à sa place car l'expérience montre que là où on attend Quelqu'un, généralement on ne trouve Personne.
QUESTIONS:
Conjugaison : A quels modes et quels temps les verbes sont-ils conjugués ?
Vocabulaire : Remplace tous les verbes "faire" par des synonymes.
Orthographe : Quelles sont les quatre majuscules inhabituelles de ce texte. Explique la raison de leur usage.
Réflexion : Identifie une situation dans laquelle tu peux nommer les groupes concernés par les véritables protagonistes. Écris en quelques lignes cette situation et explique ce qui devrait changer pour que le problème soit réglé.
"Libérer le plaisir féminin."

Libérer le plaisir féminin
Alors qu’elle a exploré la sexualité masculine de fond en comble, la science ne sait presque rien sur celle des femmes. Qu’est-ce qui attise leur désir ? Qu’est-ce qui l’éteint ? Des scientifiques canadiennes ont résolu de répondre à ces questions, et se retrouvent à l’avant-garde mondiale de ce domaine de recherche.
Leda & St-Jacques
Quand votre travail implique de faire regarder des films érotiques à des femmes, vous avez intérêt à avoir l’air professionnel, dit Meredith Chivers en rigolant. « Je porte une blouse de laboratoire, j’attache mes cheveux et j’évite même le maquillage », précise la directrice du laboratoire de recherche sur la sexualité et le genre (SageLab) de l’Université Queen’s, en Ontario.
Dans une petite pièce, une volontaire, confortablement installée dans un fauteuil inclinable, fait signe à Samantha Dawson, une doctorante, qu’elle est prête à commencer. Celle-ci place alors devant elle un moniteur vidéo et quitte la pièce. On pourrait croire que la femme se repose dans une chambre d’hôpital en regardant la télé, si ce n’était qu’elle devra répondre à des questions et évaluer ses réactions sur une échelle de zéro à neuf. Des questions plutôt intimes…
À combien se chiffre votre niveau d’excitation ? D’ennui ? De dégoût ? Avez-vous envie de vous masturber ?
Sous le drap se cachent deux minces fils au bout desquels se trouvent deux indicateurs photosensibles. Un capteur a été inséré dans le vagin de la femme, dont l’embout en forme d’ampoule (surnommé le « nez » par les chercheurs) restera appuyé sur son clitoris pendant qu’elle regardera la vidéo.
L’écran s’anime. Au bord d’une piscine, une jolie blonde en bikini blanc s’abandonne à un homme agenouillé entre ses cuisses, qui lui fait l’amour oral. (Les chercheurs ont choisi cette vidéo parce qu’elle met l’accent sur le plaisir de la femme, ce qui est plutôt rare dans l’industrie de la porno.) Dans le bas de l’appareil, de petites lumières infrarouges clignotent discrètement. Elles scrutent les yeux de la femme qui, elle, a le regard fixé sur les images. Jusqu’à 60 données par seconde sont ainsi analysées par un ordinateur situé dans la pièce voisine.
Cet ordinateur reconstitue la vidéo en version « porno pour psychologues » : on y voit les mêmes ébats sulfureux au bord de la piscine, sauf que les corps des acteurs sont parsemés de points et de traits rouges. Les points indiquent où se pose le regard, en temps réel, de la participante à l’étude. Plus elle fixe longtemps l’image, s’attardant sur une partie du corps ou sur un geste, plus gros sont les points. Les traits, eux, correspondent au balayage du regard et témoignent d’un désintérêt pour tel ou tel élément. Lorsque des points apparaissent à des endroits inhabituels, en marge de l’écran, par exemple, c’est que la participante détourne les yeux, par inattention ou par dégoût.
Faire la lumière sur la façon dont nous percevons le sexe « réellement », voilà ce que désirent Meredith Chivers et son équipe du SageLab. Et pour y parvenir, les chercheurs ont recours au suivi oculaire, actuellement ce qui se rapproche le plus d’une incursion dans la tête de leurs sujets. Il permet de dévoiler l’expression très intime du désir, bien plus encore que ne le révèlent les tracés de l’afflux sanguin vers le clitoris.
Dans la version « porno pour psychologues », des points rouges se multiplient sur le corps des acteurs, puis grossissent sur le visage de l’homme, celui de la femme, ses seins, son sexe… Tiens, le maillot de bain noir de l’homme se gonfle soudain comme une tente. L’image est vite recouverte par un immense point rouge !
Les scientifiques ont longtemps étudié la sexualité à partir de mesures de l’activité des organes génitaux et de questionnaires — qui ne sont utiles que si les participantes sont conscientes de leurs désirs… et disposées à en faire part aux chercheurs. De plus en plus, les experts comme Meredith Chivers ont recours au suivi oculaire, à l’imagerie cérébrale et à d’autres technologies pour percer les secrets du plus grand organe sexuel humain : le cerveau. Ces outils modernes sont d’autant plus utiles qu’ils permettent de révéler ces désirs que l’on n’ose avouer à quiconque, pas même à soi-même parfois. Grâce à eux, Meredith Chivers apporte un nouvel éclairage sur les résultats contre-intuitifs qu’elle a obtenus jusqu’ici par rapport à un sujet brûlant : ce qui excite les femmes.
Les travaux de la scientifique de 44 ans propulsent la ville de Kingston et le Canada à l’avant-scène de la recherche dans le domaine. Depuis la création du SageLab, en 2009 (avec une subvention de 183 000 dollars de la Fondation canadienne pour l’innovation), près de 500 femmes de toutes orientations sexuelles se sont assises dans les fameux fauteuils inclinables de la chercheuse.
* * *
Meredith Chivers a commencé à faire parler d’elle en 2009, lorsqu’elle a démontré que les organes génitaux féminins réagissent à la présentation d’un large éventail de stimuli, allant d’ébats entre lesbiennes à la copulation de singes bonobos. Et que la présence d’engorgement sanguin dans le vagin et de lubrification ne signifie pas automatiquement que la femme éprouve de l’excitation. L’une de ses hypothèses : les sécrétions vaginales ne sont dans certains cas qu’un réflexe de protection des muqueuses. L’idée que les organes reproducteurs des femmes puissent s’être adaptés pour parer à la violence sexuelle — idée qui fait aujourd’hui consensus dans le milieu de la recherche — a fait des vagues à l’époque.
Quand les médias en ont parlé, de nombreuses femmes ont écrit à la chercheuse pour la remercier. Des femmes soulagées d’apprendre que si leur corps et leur esprit n’étaient pas toujours en harmonie pendant qu’elles faisaient l’amour, ce n’était pas parce que quelque chose clochait ! Ceux qui perpétuaient des mythes du genre « si tu es mouillée, c’est que tu en as envie » ou « tu dis non, mais ton corps dit oui » pouvaient aller se rhabiller.
« Des femmes m’ont aussi confié avoir été agressées sexuellement et être hantées par l’idée que, au fond, elles avaient dû désirer ce rapport », raconte Meredith Chivers.
Plus récemment, la chercheuse s’est intéressée à de nouveaux modèles du désir, a étudié des personnes de genre non binaire [NDLR : qui ne se définit ni comme un homme ni comme une femme], mesuré le débit sanguin dans le clitoris. Son tout dernier sujet de recherche, lui, ne se limite pas aux organes génitaux eux-mêmes : il concerne aussi leur relation avec les pensées. D’où l’utilité de l’appareil de suivi du regard (celui qui produit les points rouges), un joujou de près de 50 000 dollars. Il ne détecte pas l’excitation physique proprement dite, mais ce qui retient l’attention. L’étude qu’elle mène conjointement avec Samantha Dawson compare le mouvement des yeux d’hommes et de femmes, dont certaines souffrant de dysfonctions sexuelles, pendant qu’ils regardent des vidéos érotiques.
Devant des images érotiques destinées indifféremment aux femmes homosexuelles et hétérosexuelles, les femmes des deux groupes présentaient des réponses génitales semblables. Pourquoi ? « Mon superviseur [de recherche] de l’époque était tout aussi perplexe que moi », raconte Meredith Chivers. Elle allait s’ingénier à résoudre l’énigme.
Les chercheuses ont observé que certaines femmes ne s’attardent pas sur les visages ou les parties intimes, mais sur les arbres, la piscine ou les marges de l’écran. Elles veulent savoir si cette inattention est liée à des troubles sexuels, comme des niveaux de désir et d’excitation franchement bas. Serait-il possible que des associations négatives à la sexualité, découlant d’un traumatisme ou d’un tabou, pervertissent l’attention ?
« Le corps tout entier réagit aux stimuli érotiques, pas seulement les organes génitaux », précise Jim Pfaus, professeur de psychologie à l’Université Concordia, qui s’intéresse au comportement sexuel et au système de récompense du cerveau. « C’est une distinction importante, parce que les gens pensent au sexe même dans le feu de l’action. Longtemps, on a cru que si les organes génitaux n’étaient pas sollicités, ce n’était pas du sexe. De plus en plus, on conçoit la sexualité comme un phénomène systémique impliquant le corps tout entier. »
En 2013, un sondage mené en Grande-Bretagne a révélé que les femmes étaient plus nombreuses que les hommes (deux fois plus, d’après un indicateur) à se plaindre d’un aspect ou d’un autre de leur sexualité, allant du manque d’intérêt aux douleurs durant la pénétration. Officiellement, le diagnostic le plus courant demeure le « trouble de l’intérêt pour l’activité sexuelle ou de l’excitation sexuelle chez la femme », une sorte d’expression fourre-tout qui englobe autant la baisse de désir que l’incapacité d’éprouver de l’excitation même lorsque la stimulation est adéquate. (Notons que ce trouble n’est diagnostiqué que s’il crée une détresse chez la patiente.) Selon un article paru dans le Journal of Sexual Medicine, jusqu’à 28 % des femmes ont du mal à devenir excitées. Pour bon nombre d’entre elles, les problèmes s’additionnent. La difficulté à atteindre l’orgasme est également fréquente.
Pour que les médecins puissent espérer traiter les dysfonctions sexuelles des femmes, encore faudrait-il qu’ils sachent à quoi correspond la sexualité « normale » d’une femme. Or, présentement, on ne le sait pas. Un fait incroyable, étant donné que le sexe fait l’objet d’études en Occident depuis au moins l’Antiquité.
C’est que, jusqu’à récemment, la plupart des recherches ont porté sur la sexualité des hommes, longtemps considérés comme les instigateurs en matière de séduction et de copulation.
Il y a 10 ans à peine, on dénombrait encore trois fois plus d’études sur les troubles sexuels des hommes que sur ceux des femmes. De nombreux ouvrages médicaux ne présentent toujours pas de description exhaustive de l’anatomie clitoridienne, alors qu’ils consacrent des pages entières à l’anatomie du pénis. La description de la structure interne du clitoris — qui se prolonge à l’intérieur du corps et qui contient autant de terminaisons nerveuses que son pendant masculin — est encore embryonnaire dans la littérature scientifique.
Quand 50 % de la population ne correspond pas au modèle accepté en matière de désir sexuel, quelle conclusion faut-il tirer ? À l’heure actuelle, le Canada est l’endroit par excellence pour répondre à cette question.
* * *
C’est pendant ses études en psychologie, à l’Université de Guelph, que Meredith Chivers a eu la première des deux intuitions qui allaient donner le ton à ses travaux.
Durant un cours sur la sexualité, en deuxième année de son baccalauréat, des images de pénis projetées sur un écran n’ont pas suscité de réaction dans la classe. Mais lorsqu’une vulve est apparue, un immense « beurk » s’est fait entendre. En regardant autour d’elle, Meredith Chivers a constaté qu’il venait en grande partie de ses camarades féminines. Deux constats se sont alors imposés à elle : la relation des femmes avec leur corps est compliquée, et elle-même était plus à l’aise d’aborder les questions de sexualité que la plupart des gens.
Meredith Chivers a eu sa seconde intuition en 1997, après avoir entendu parler des travaux menés aux Pays-Bas par Ellen Laan, qui étudiait alors la réponse sexuelle des lesbiennes. Les conclusions de celle-ci étaient étonnantes : devant des images érotiques destinées indifféremment aux femmes homosexuelles et hétérosexuelles, les femmes des deux groupes présentaient des réponses génitales semblables. Pourquoi ?
« Mon superviseur [de recherche] de l’époque était tout aussi perplexe que moi », raconte Meredith Chivers. Elle allait s’ingénier à résoudre l’énigme.
Dans les années 1980, des études avaient commencé à observer une faible concordance chez certaines femmes : ce qu’elles disaient trouver excitant ne correspondait pas toujours aux stimuli auxquels elles répondaient physiquement. Peu de chercheurs semblaient néanmoins capables d’expliquer ces résultats. Ces femmes étaient-elles allumées par n’importe quoi ? À moins que la notion d’orientation sexuelle chez les femmes soit différente de chez les hommes ? S’agissait-il d’autre chose ?
À la recherche de réponses, Meredith Chivers a mené de multiples études pendant son doctorat, mis sur pied son laboratoire de recherche à l’Université Queen’s, reproduit les résultats de Laan… et gagné en notoriété. Notamment en ajoutant à son parcours, en 2010, une méta-analyse de 132 articles consacrés à la réponse génitale.
Dans cette méta-analyse, qu’elle a corédigée avec son mari (le psychologue judiciaire Michael Seto), Ellen Laan et deux autres collègues, Meredith Chivers a fait ressortir une distinction majeure entre la sexualité des hommes et celle des femmes (qui sont par ailleurs plus semblables que différentes). L’évaluation que les hommes faisaient de leur excitation était synchro avec la réaction de leur pénis — les chercheurs parlent d’un « coefficient de corrélation » de 0,66. En clair : quand les hommes ont une érection, ils éprouvent probablement aussi du désir. Les femmes, elles, présentaient un coefficient de corrélation radicalement inférieur : 0,26.
D’autres recherches ont apporté de l’eau au moulin. Ainsi, une hausse du débit sanguin vaginal a été enregistrée chez des femmes en train de regarder des scènes osées entre deux femmes, deux hommes, entre un homme et une femme, et même, dans une proportion moindre, entre des singes bonobos. Par contre, ce qu’elles déclaraient trouver émoustillant — l’évaluation subjective de leur excitation — était plus sélectif : les couples hétérosexuels et les images de plaisir féminin. Bref, leur vulve et leurs pensées ne disaient pas la même chose ! Curieusement, dans une autre étude, les femmes lesbiennes ont présenté une concordance légèrement supérieure à celle des hétérosexuelles — quoique loin d’égaler celle des hommes.
Ces conclusions, pour le moins surprenantes, remettaient en question la fameuse idée selon laquelle les femmes « sont davantage à l’écoute de leur corps ». Les données indiquaient totalement l’inverse ! À en croire les propos du journaliste et auteur Daniel Bergner tenus dans le New York Times en 2009, et dans son livre Que veulent les femmes ?, paru ensuite, les travaux de Meredith Chivers laissaient penser que, au fond, les femmes bouillonnent secrètement d’une concupiscence aveugle, bisexuelle, ce qu’elles taisent pudiquement, sinon inconsciemment.
La réalité est bien sûr plus complexe. Si les organes génitaux d’une femme envoient des signaux d’excitation contradictoires, explique Meredith Chivers, cela ne veut pas dire qu’elle ment. « Je ne remets pas en doute la parole des gens », affirme la chercheuse. Pourquoi alors le sexe et la tête des femmes ne disent-ils pas la même chose ? Et comment se fait-il que les hommes, eux, soient si réceptifs aux demandes de leur pénis ? (Rosemary Basson, une autre chercheuse, raconte avoir demandé à des hommes d’évaluer la dureté de leur membre en érection, sans le regarder, sur une échelle de 0 à 10 : « Ils déclaraient : “Je suis à cinq et trois quarts.” »)
D’abord, les organes génitaux ne sont pas les seuls agents du plaisir, précise Meredith Chivers. Le cerveau est un puissant organe sexuel, en particulier chez la femme. (L’« orgasme mental », ou la jouissance sans contact génital, serait d’ailleurs plus fréquent chez les femmes que chez les hommes.) Et il ne faut pas oublier que l’hypothèse selon laquelle l’engorgement sanguin et la lubrification du vagin seraient des mécanismes de protection automatiques, produits par l’évolution en réponse à l’activité sexuelle (désirée ou non), fait largement consensus dans le milieu universitaire.
Par définition, le désir évoque la volonté de posséder une chose — un sexe ou l’autre, une personne, une situation. Pourtant, les signaux de notre corps et de notre esprit, et la description qu’on en fait aux autres, se brouillent souvent. Les psychologues ont maintes fois constaté que le « soi », en apparence monolithique, serait plutôt formé d’un ensemble de mécanismes qui peuvent parfois entrer en conflit. Les hémisphères gauche et droit du cerveau auraient eux aussi une activité propre, si bien que certains neuroscientifiques conçoivent le cerveau comme un assemblage de modules séparés qui interagissent entre eux. Nous ne sommes pas faits d’un seul bloc homogène — pas plus les femmes que les hommes.
* * *
Si une certaine dissonance est normale en nous, quand devient-elle problématique ? Comment se fait-il que des femmes (lesbiennes, par exemple) détectent plus finement les réactions de leur corps que d’autres ? Les études ont montré que celles qui se masturbent davantage présentent un taux de concordance entre la tête et le corps supérieur à celui des autres femmes. En d’autres termes, elles sont plus réceptives aux signaux de leurs organes génitaux. La masturbation joue aussi un rôle clé chez les membres du sexe opposé. Les hommes en général se masturbent plus fréquemment que les femmes, et sont également plus nombreux à le faire plusieurs fois par semaine. Ils ont aussi l’habitude, bien plus que les femmes, de toucher leur sexe en cours de journée, pour replacer leur pénis dans leur sous-vêtement, par exemple.
Meredith Chivers a par ailleurs démontré que plus un trouble sexuel chez une femme est sérieux (désir extrêmement faible, incapacité d’atteindre l’orgasme, etc.), plus faible sera le taux de concordance entre ce que disent son corps et sa tête. Si votre corps est réceptif mais que votre tête s’emmerde, ou si vous avez envie de faire l’amour mais que votre corps ne répond pas, vous aurez beau vous engager dans une relation sexuelle, vous n’aurez pas l’impression de participer vraiment.
La chercheuse ignore la cause exacte de ce clivage entre le corps et l’esprit des femmes. Mais sa collègue Lori Brotto, de l’Université de la Colombie-Britannique (une autre sommité en matière de recherche sur la sexualité), et elle envisagent certaines pistes. Le milieu dans lequel grandit une enfant pourrait teinter le rapport à la sexualité qu’elle aura plus tard (le sexe est dégoûtant, malsain, traumatisant) et être à l’origine du divorce psychique. Un discours négatif répété pourrait conduire les jeunes filles à se dissocier de leur corps afin d’éviter de passer par les étapes normales d’exploration et de découverte de soi, et de développement des circuits neurogénitaux. Ce cercle vicieux pourrait non seulement se solder par le refoulement de leurs pulsions sexuelles, mais aussi par leur incapacité à les comprendre.
Peut-être certaines femmes (ainsi que certains hommes) ont-elles besoin de plus que le sexe lui-même pour se sentir excitées. Peut-être accordent-elles une plus grande importance au contexte, aux signaux affectifs ou aux mots. Peut-être ont-elles simplement besoin de plus de « bon sexe ».
L’équipe cherche en outre à savoir pourquoi les hommes présentent une concordance si élevée. Leur anatomie y est sans doute pour quelque chose, puisque leurs parties intimes (et leurs réactions) sont apparentes. « D’abord, les organes génitaux des femmes sont cachés, explique Lori Brotto. Ensuite, quand les filles grandissent, elles reçoivent beaucoup de messages du genre “Ne touche pas”, “C’est sale” ou “Mets tes mains ailleurs”, ce qui pourrait faire qu’elles y prêtent moins attention. » Certes, il arrive aussi que les garçons se fassent sermonner à propos de la masturbation, mais avec une nuance de taille, précise Meredith Chivers. « On leur dit : “Ne te touche pas, mais on comprend que tu le fasses quand même.” [On véhicule l’idée] que les hommes ont davantage besoin de se masturber que les femmes. »
C’est sans parler des pressions des médias, qui dictent en quelque sorte la désirabilité féminine. Leurs messages invitent les femmes non pas à songer à ce qu’elles désirent véritablement, mais plutôt à s’attarder aux détails de leur apparence. Prises dans le jeu de la séduction, elles en viennent à perdre de vue ce qu’elles trouvent sexy.
Le facteur numéro un qui bloque le désir d’une femme pendant une relation sexuelle ? Si elle a été suffisamment stimulée et que les préliminaires n’ont pas été bâclés ? La distraction, répond la Dre Rosemary Basson, qui étudie et soigne les troubles du désir et de l’excitation à l’Université de la Colombie-Britannique. L’excitation peut être vue comme une sorte de transe, un état d’ivresse propre à celles qui parviennent à laisser le « monde réel » derrière (la vaisselle à faire, le téléphone qui vibre, le rendez-vous des enfants chez le dentiste). « Si vous faites l’amour et que vous ne pensez qu’à la peinture défraîchie du plafond, vous n’êtes pas vraiment là », ajoute Jim Pfaus, de l’Université Concordia.
Les scientifiques savent évidemment que les relations sexuelles ne sont pas géniales à tous coups. Il y a ce sexe qui nous allume, mais ne nous enflamme pas ; celui qui nous fait du bien, mais qui nous déplaît. Dans son récent ouvrage Future Sex, consacré aux périls du plaisir moderne, Emily Witt résume bien le clivage entre les urgences du corps et la répulsion de l’esprit devant la vulgarité d’une grande part de la porno d’aujourd’hui. « Mon aversion pour la pornographie n’était pas due au fait que les images ne m’excitaient pas, mais plutôt à celui que je ne voulais pas être excitée par des pratiques que je n’avais pas envie de tester. »
Peut-être certaines femmes (ainsi que certains hommes) ont-elles besoin de plus que le sexe lui-même pour se sentir excitées. Peut-être accordent-elles une plus grande importance au contexte, aux signaux affectifs ou aux mots. Peut-être ont-elles simplement besoin de plus de « bon sexe ». À l’Université Concordia, Jim Pfaus a démontré que le souvenir d’un rapport sexuel décevant supprimait la libido chez les rats femelles : le blocage des récepteurs opioïdes durant l’accouplement décourageait les rates de chercher à se reproduire par la suite.
* * *
Un partenaire à la fois habile et attentionné, ça ne s’obtient pas, hélas, par une ordonnance de son médecin. Par contre, celui-ci pourrait bientôt recommander une thérapie à première vue pas très affriolante : s’asseoir les yeux fermés.
Les vertus de la méditation de pleine conscience ont déjà été éprouvées dans divers milieux, des écoles aux entreprises, pour accroître la concentration et apaiser les esprits tourmentés du XXIe siècle. Mais elles ont jusqu’ici pénétré très peu la sphère du plaisir.
L’association peut étonner à première vue, surtout si on pense à la passion charnelle comme à un élan de désir irrésistible, presque animal. Selon les psychologues qui étudient la pleine conscience, la pratique favorise la formation de circuits neuronaux entre la tête et le reste du corps, entre pensées et sensations. Inspirée par son application dans le domaine de la santé mentale, Lori Brotto a eu l’idée de recourir à la pleine conscience pour traiter les troubles sexuels chez les femmes. Les études cliniques qu’elle mène actuellement portent à croire que cet exercice spirituel d’inspiration bouddhiste pourrait être l’antidote le plus efficace contre l’insatisfaction sexuelle.
En effet, la pleine conscience permettrait aux femmes d’accéder à toutes leurs sensations sans être assaillies par des pensées anxieuses du type : Je ne sens pas grand-chose. Est-ce que je prends trop de temps ? De quoi ai-je l’air dans cette position ? Est-ce que je devrais éteindre la lumière ?
Meredith Chivers, qui, plus jeune, avait justement appris à méditer, a tout de suite vu le potentiel de ce traitement. Dans une étude de 2016, Lori Brotto et elle concluaient que quatre séances de pleine conscience suffisent à renforcer un facteur central de la concordance nommé « intéroception », soit la capacité de percevoir des réalités internes, comme les battements du cœur, la digestion ou le plaisir. De récentes données concernant le « trouble de l’intérêt pour l’activité sexuelle ou de l’excitation sexuelle chez la femme » ont associé cette propriété de la méditation à une modification de l’insula, une région du cerveau qui joue un rôle dans la perception du corps. Plus encore, des essais cliniques menés par les chercheuses Lori Brotto et Rosemary Basson ont révélé que la thérapie est efficace pour soulager des maux bien plus graves : la vestibulodynie provoquée, cette douleur invalidante dont souffrent quelque 12 % des femmes lors de rapports sexuels — et dont on dit souvent qu’elle est incurable.
Une nouvelle révolution sexuelle, scientifique celle-là, est en marche, pour mieux définir comment le sexe touche chaque aspect de l’être humain. « [Meredith Chivers et Lori Brotto] dictent les normes de la recherche sur la sexualité pour les 20 prochaines années, croit Jim Pfaus. Quand le financement en recherche aura repris en Europe et aux États-Unis, et que les mentalités auront évolué, leurs modèles serviront de référence. »
Meredith Chivers, elle, espère que les études menées sur la sexualité féminine éveilleront les consciences : « Le but n’est pas de dire qu’on peut être heureux au lit ni quels sont les 500 trucs pour avoir de meilleurs orgasmes. C’est de prendre conscience que notre sexualité est importante. »
(Traduction de Geneviève Bélanger-Leroux)
Députés collaborateurs.
Dans les couloirs du pouvoir, les lobbyistes tentent d’influer sur les lois : infiltration, petits cadeaux et amendements clés en main, toutes les méthodes sont bonnes pour parvenir à leurs fins.
Là, les choses sont claires.
Delphine Batho, la députée à l'origine de l'amendement interdisant le glyphosate dans le projet de loi Agriculture et alimentation, a déclaré le 22 mai dernier avoir découvert que son texte avait été "siphonné" par des lobbies.
Elle raconte avoir mis son amendement dans la base de l’Assemblée nationale depuis son domicile, puis l’avoir modifié plusieurs heures après, quelques jours avant qu’il ne soit rendu public. À ce stade, seuls les députés rédacteurs, le rapporteur du texte et les services de l’Assemblée y ont accès. Les autres députés eux-mêmes ne peuvent le consulter.
Lobbies : une complicité au cœur de l’Assemblée ?
Delphine Batho est alors contactée par un lanceur d’alerte : il lui transmet une preuve que la première version de son texte – non modifié – figure dans un document interne de l’UIPP, l’Union des industries pour la protection des plantes. Pour elle, c’est le signe indiscutable que son amendement a été "siphonné" par un lobby, transmis au groupe d’industriels – qui compte notamment dans ses membres BASF, Bayer ou Monsanto. "Comme si les lobbyistes", dit la députée, "avaient un système d’alerte interne ou une complicité au cœur de l’Assemblée".
Le 23 octobre 2017, Nicolas Hulot s’était ému de la "pression terrible"exercée par les lobbies. Le ministre de la Transition écologique avait lâché sur le plateau de C à vous sur France 5 ces phrases sans équivoque : "Il y a un moment, il faut qu’on arrête d’être naïfs. Ces firmes - et je vais parler avec prudence parce que croyez-moi, on se sent tous menacés par ces firmes-là - ont des moyens de pression que l’on subit les uns et les autres. Il faut quand même le savoir, et faire en sorte que le lobbying de ces entreprises ne court-circuite pas la démocratie. Ces firmes ne sont puissantes que parce qu’on est faibles."
Delphine Batho a beau s’indigner en plein hémicycle, personne ne s’en émeut vraiment. Le président de l’Assemblée, François de Rugy, lance une enquête interne, qui ne donne rien.
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Représentants d’intérêts : pour sécuriser le processus de dépôt des amendements par les députés nous allons prendre de nouvelles mesures. #RTLMatin
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L’enquête interne menée suite au signalement de Delphine Batho n’a pas permis de déterminer la source de la fuite de l’amendement qu’elle avait déposé. Cet exemple est rarissime.#RTLMatin
Du côté des lobbies soupçonnés d’avoir récupéré cet amendement, on nie. "Nous récupérons les amendements, en effet", dit Delphine Guey. La responsable communication de l’UIPP explique qu’effectivement ils se procurent des amendements, mais seulement au moment où ils sont rendus publics sur le site de l’Assemblée. "Comme toutes les parties prenantes, bien souvent on s’appuie sur des cabinets extérieurs dont le métier est justement de faire de la veille réglementaire. Le cabinet nous a informés de la mise en ligne des amendements, et à partir de là nous avons fait notre travail d’analyse, comme toutes les parties prenantes et nous n’avons jamais, à aucune occasion, pu avoir accès au fameux amendement que Delphine Batho met en avant."
Les attachés parlementaires courtisés
Alors circulez, il n’y rien à voir ? La fuite a pourtant bel et bien eu lieu.
Les députés et le personnel de l’Assemblée ont accès aux textes en cours d’élaboration, tous les ministères concernés par l’amendement aussi. En l’occurrence ils sont onze, dont des poids lourds : Agriculture, Santé et Écologie. Ça commence à faire du monde. François de Rugy omet de le dire, peut-être est-il difficile de se mettre en porte-à-faux avec ceux qui ont concouru à son accession au perchoir.
Alors qui ? Qui peut concrètement accéder aux textes, hormis les députés, les fonctionnaires de l’Assemblée et le personnel des ministères ? Il y a encore les attachés parlementaires. Ils sont rarement dans la lumière, et pourtant au cœur de la fabrique de la loi. C’est donc une catégorie extrêmement sollicitée, courtisée même, par les lobbyistes. Même après avoir quitté leurs postes, ils sont très recherchés par les divers cabinets de conseil. L’ex-députée écologiste Isabelle Attard a été frappée de voir à quel point son attachée parlementaire a été demandée après la fin du mandat.
Je ne sais même pas comment ils ont su qu’elle n’était plus attachée parlementaire, mais ça n’a pas traîné. Et j’étais d’autant plus étonnée qu’elle était en poste en région et non pas à Paris.
Isabelle Attard, ex-députée écologiste
Les approches sont parfois très directes. Un lobbyiste qui veut garder l’anonymat confie qu’il y a plusieurs années, il a été contacté par un de ses clients, un important fabricant de cigarettes. "Le PDG m’a demandé de lui trouver un assistant parlementaire, qu’il pourrait employer à mi-temps - à l’époque c’était juridiquement possible. Sa mission aurait été de transmettre à l’entreprise les comptes-rendus des commissions parlementaires. J’ai refusé. J’ai perdu le client."
Dans les ministères et à l‘Assemblée, il y a aussi les "petites mains". Les assistants, les secrétaires, qui manipulent papiers et dossiers. Il peut être tentant d’essayer de se procurer des documents grâce à eux. C’est en tout cas le soupçon qu’ont eu un jour les services de Marisol Touraine, alors ministre de la Santé. C’était au moment du vote du projet de loi sur le paquet de cigarettes neutre. Une secrétaire a été trouvée en train de fouiller dans des dossiers où elle n’avait strictement rien à faire… faute de preuve, elle a été par prudence déplacée dans un autre service, moins sensible.
Thierry Coste, "un véritable mercenaire"
Sans aller jusque-là, certains lobbyistes utilisent des méthodes parfois limites et le revendiquent, comme Thierry Coste, le patron de Stratégie et Lobbying, une entreprise qui annonce clairement la couleur.
L’homme, qui a désormais l’oreille du président de la République sur les sujets de la chasse et de la ruralité, ne cache pas qu’il travaille aussi dans le domaine des armes (pour la "NRA française" dit-il) et encore pour certains pays pas très démocratiques d’Afrique ou du Moyen Orient. Et il assume. "Mon métier, c’est de plaider pour l’intérêt de mes clients et faire en sorte qu’ils aient raison auprès des pouvoirs politiques, auprès des médias. Je ne dis pas qu’ils ont raison, mais ils me payent pour expliquer, pour bien défendre leur cause. Donc mon métier c’est d’abord de faire beaucoup d’investigation, de renseignement : j’infiltre les groupes de pression opposés, les syndicats, tout ce qui peut nuire aux intérêts de mes clients. Ensuite je dois convaincre les ministres, les conseillers des ministres, les parlementaires."
"Et puis utiliser les bons arguments au bon moment", affirme Thierry Coste."Une bonne discussion, une bonne polémique, un bon rapport de force, j’utilise tout. Le juridique, la communication, la négociation très cool et très sympa, peu importe. J’assume complètement le fait d’être un véritable mercenaire. J’ai un code d’honneur qui est de respecter les lois et les règlements, de ne jamais pratiquer la corruption, et de ne jamais pratiquer les polémiques sur les affaires de sexe et d’argent. Pour tout le reste, je suis sans foi ni loi."
Seul le résultat compte pour moi : je respecte la loi, point. Pour le reste je n'ai aucun état d’âme.
Thierry Coste, patron de Stratégie et Lobbying
Éléments de langage pour les parlementaires
Il y a mille manières d’agir pour les lobbies, qu’ils soient identifiés – quand ils le revendiquent comme Thierry Coste – ou qu’ils se présentent comme cabinets de conseil ou d’avocats, associations professionnelles, ou cabinets d’"affaires publiques" (nouveau nom politiquement correct des lobbyistes).
Pour faire pression, les groupes d’intérêts utilisent toute une panoplie de moyens. Il y a d’abord les classiques "éléments de langage" fabriqués par les lobbies pour peser sur la décision publique. Au moment du vote sur les néonicotinoïdes, Dow Chemical, la grande firme américaine de chimie, fait passer à un cabinet de lobbying un mail pour défendre le sulfoxaflor – un pesticide tueur d’abeilles - avec un argumentaire clé en mains. Argumentaire signé… UIPP. Et Dow Chemical demande clairement au cabinet de sensibiliser "ses" députés. Extrait : "La définition proposée par les amendements ne correspond aucunement au consensus scientifique actuel. Les amendements proviennent de différents groupes politiques et le risque qu’ils soient adoptés est donc très important. C’est pourquoi je vous serais très reconnaissant de mobiliser vos contacts et de sensibiliser vos députés pour faire en sorte que ces amendements ne soient pas adoptés. Vous trouverez en pièce jointe l’argumentaire détaillé concernant ces amendements, préparé par l’UIPP".
Réponse de l’UIPP à travers sa porte-parole Delphine Guey : "Notre travail consiste à voir à travers les propositions et projets de loi quel seraient les impacts de telle ou telle rédaction. De là à rédiger des amendements… Ça peut arriver, c’est-à-dire que parfois on nous demande des propositions, quand on est auditionnés par exemple par le ministère de l’Agriculture, mais on ne rédige pas en tant que tel l’amendement, non."
Et pourtant, il y a des coïncidences plus que troublantes. Dans le projet de loi sur l’alimentation par exemple, une soixantaine de députés (LREM, UDI, LR et Modem) ont déposé strictement le même amendement en faveur de l’épandage de pesticides par des drones sur des vignobles en pente. Le même amendement… à la virgule près.
Cadeaux et déjeuners prestigieux
Sur un plan moins technique et plus relationnel, il y a les veilles recettes pour convaincre les élus, qui fonctionnent toujours. Les petits cadeaux par exemple. Le député LREM Richard Ramos raconte avoir reçu une bonne bouteille de la part d’un des plus gros cabinets de lobbying parisiens. Un petit cadeau tout à fait "déontologique" puisqu’il rentre dans les recommandations de l’institution : ne pas accepter de cadeau d’une valeur de plus de 150 euros. Mais le député veut renvoyer la bouteille, et demande à l’accueil de l’Assemblée de le faire. La jeune femme, effarée, lui répond que le cabinet a fait livrer en tout des centaines de bouteilles !
Il y a aussi les formules éprouvées : on invite à déjeuner ou à dîner dans des établissements luxueux, on convie à des évènements ou des concerts prestigieux. Là encore, les exemples sont nombreux. Les grands cigarettiers (British American Tobacco, Japan Tobacco) sont notamment friands des loges VIP au Stade de France où ils invitent politiques ou journalistes… Marisol Touraine alors ministre de la Santé - fervente mélomane - raconte ainsi un fabuleux concert à Royaumont avec affiche prestigieuse et buffet gastronomique, qu’elle a décliné, quand elle a vu que l’invitation émanait de Japan Tobacco.
Des colloques de lobbies au sein même de l'Assemblée nationale
Au-delà de la "stratégie du cocktail", une très bonne façon de se faire bien voir des élus, c’est… de les mettre eux-mêmes en valeur. Quoi de mieux qu’organiser un colloque clé en main sur une thématique forte ou d’actualité – de préférence au sein même de l’Assemblée - et d'en confier la présidence à l’élu, qui peut donc ensuite se poser en spécialiste de la question auprès de ses pairs. Colloques financés par les entreprises qui y participent.
Parmi eux on relève Esprit de défense, effort de défense, organisé par l’association des villes marraines des forces armées, où sont intervenus le Groupement des industries de construction et activités navales et Safran Helicopters Engines. Autre exemple, Quelles conditions techniques et économiques pour une transition énergétique réussie ?, qui rassemble des grands noms du nucléaire, comme EDF et Framatome. Pas un seul groupe d’intérêt représentant des énergies renouvelables ! Ce concept de colloque tout prêt a été inventé il y a plus de 20 ans par Hervé Maurey et sa société de lobbying… Hervé Maurey devenu depuis sénateur.
La force de l'entre-soi
La grande force du lobbying "à la française", c’est l’entre-soi. Il y a déjà un entre-soi de caste : on sort souvent du même milieu, des mêmes grandes écoles. Il y a ensuite l’entre-soi des portes tournantes entre le privé et le public, entre les cabinets de lobbying et les cabinets d’élus. Le Premier ministre en est un exemple : il était directeur des "affaires publiques" chez Areva entre 2007 et 2010. Et à cet égard, le CV des collaborateurs ministériels est aussi édifiant : sur 298 collaborateurs, 43 ont travaillé à un moment de leur carrière dans le lobbying. La palme revient au ministère du Travail, où sur neuf personnes, quatre ont travaillé dans le lobbying et deux dans les "relations sociales" pour le Medef.
Qu’en est-il de la question du contrôle, de la moralisation de la vie publique, de la transparence ? C’est l’enfant pauvre du système. La loi Sapin 2 a posé quelques bases – minimalistes, selon Eric Alt, le magistrat et vice-président de l’association anticorruption Anticor – avec la création l’an dernier d’un registre officiel où les lobbyistes doivent se déclarer. Aujourd’hui 1 500 groupes d’intérêt y sont recensés, mais les déclarations ne se font pas en temps réel et n’ont lieu que tous les six mois. Elles ne permettent pas de connaître les personnes avec lesquelles les représentants d’intérêt sont entrés en contact.
Pour Éric Alt, "ni la loi Sapin, ni la Haute autorité pour la transparence de la vie publique - ne sont allées assez loin. Tant qu’on accepte des espaces d’opacité la démocratie n’est pas tout à fait atteinte. C’est une question d’éthique, de culture, d’esprit critique. C’est peut être trop demander aux parlementaires. C’est comme s’il y avait une confusion entre un intérêt public et privé. Alors le pénal peut traiter les situations graves : prise illégale d’intérêt, trafic d’influence, mais on ne peut réguler une société uniquement par le pénal. C’est une culture à faire évoluer ou à retrouver, car c’est l’éthique de la haute fonction publique française qui peu à peu se délite avec ces pratiques. Il faut aussi que le citoyen exerce une vigilance sur le pouvoir".
Votes des députés
L'anonymat des votes de l'Assemblée était jusque-là une sorte de droit tacite et le vote étant considéré, à juste titre, comme une décision personnelle, intime et secrète, rien ne sortait de l'hémyclique.
Mais se pose dès lors le problème de la représentation du peuple dans ce "secret". Les députés sont là pour porter la voix populaire, pas pour représenter des intérêts divers et variés et notamment les leurs.
Par conséquent, cela ne me pose aucun problème d'afficher ainsi leur identité.
Il est temps de briser l'omerta de ce milieu gangréné par toutes les malversations générées par un système opaque et si facilement manipulable.
L'Assemblée ne nous représente pas.
Elle est au service de forces bien plus redoutables que nos convictions.
Il faudra bien, un jour, brûler cet ancien monde et tous les caciques qui s'octroient le droit de mensonge.
L'Animal est une Personne est avec Claire Geny-moscardo.
FRANCE
"CES 48 DÉPUTÉS ONT REJETÉ LES AMENDEMENTS visant à interdire les cages pour les poules pondeuses et les lapins, l'obligation des caméras dans les abattoirs, légiférer sur le transport longues distances.
Ils ont préféré les intérêts de la FNSEA et des lobbies de l'agro-alimentaire plutôt que faire leur travail pour lequel ils ont été élus : représenter les citoyens."
BIEN-ÊTRE ANIMAL : LES 48 députés QUI ONT VOTÉ "CONTRE"
Les trois scrutins publics étudiés concernent les amendements 222 (vidéo obligatoire), 1622 (lapins en parcs) et 2020 (interdiction de tous les élevages de poules en cage)."
http://www.leparisien.fr/…/bien-etre-animal-qui-sont-les-de…
TOUS LES AMENDEMENTS POUR AMÉLIORER LE SORT DES VICTIMES REJETÉS
1/ La majorité des députés ont voté CONTRE l’interdiction des cages pour les #poulespondeuses. Les oiseaux resteront dans des cages.
2/ La majorité des députés ont voté CONTRE l’interdiction des cages pour les #lapins. Les lapins resteront dans des cages.
3/ La majorité des députés ont voté CONTRE l’interdiction de broyer les #poussinsmâles et les #canetons femelles. On continuera de broyer des individus vivants.
4/ La majorité des députés ont voté CONTRE l’interdiction de limiter la durée de transport d’#animaux vivants.
5/ La majorité des députés ont voté CONTRE l’encadrement de la durée de #transportmaritime d’animaux vivants.
6/ La majorité des députés ont voté CONTRE l’interdiction des #fermes-usines. Les animaux peuvent continuer à être entassés toujours plus nombreux dans les #élevages.
7/ La majorité des députés ont voté CONTRE l’interdiction de l’étourdissement des #volailles par #électronarcose. Les animaux peuvent continuer à hurler de douleur.
8/ La majorité des députés ont voté CONTRE l’interdiction de l’étourdissement des #cochons au dioxyde de carbone, ils peuvent donc continuer à suffoquer dans la #peur.
9/ La majorité des députés ont voté CONTRE l’interdiction de castrer à vif les #porcelets. Les cochons peuvent donc continuer à hurler de #douleur.
10/ La majorité des députés ont voté CONTRE la mise en place du #ContrôleVidéo. L'assemblée nationale préserve l’opacité des abattoirs.
11/ La majorité des députés ont voté CONTRE l’interdiction de l’abattage sans #étourdissement préalable. Les animaux pourront donc être #égorgés en pleine #conscience.
12/ La majorité des députés ont voté CONTRE l'utilisation du #sexage in ovo pour la filière ponte. On continue donc de faire naitre des individus pour les #broyer vivants.
L’assemblée nationale est insensible aux souffrances des animaux."
LES VOTES DES DÉPUTÉS EN FAVEUR D'UNE AMÉLIORATION DU SORT DES ANIMAUX
♥️ :
-CES DÉPUTÉS ONT VOTÉ POUR L'INTERDICTION DE L'ÉLEVAGE EN CAGES DES POULES :
https://www.politique-animaux.fr/…/ces-deputes-ont-vote-con…
-CES DÉPUTÉS ONT VOTÉ CONTRE LES LAPINS EN CAGES :
https://www.politique-animaux.fr/…/ces-deputes-ont-vote-pou…
-CES DÉPUTÉS ONT VOTÉ POUR LA LIMITATION DE LA DURÉE DE TRANSPORT :
https://www.politique-animaux.fr/…/ces-deputes-ont-vote-pou…
(Pour qu'ils en soient notifiés, vous pouvez également interpeller ou féliciter les députés sur Twitter via https://www.politique-animaux.fr/
"Ceci est un rectificatif"
URGENT : Ceci est un rectificatif au message précédent.
Comme tous les soirs, je m'étais installé pour reprendre l'écriture et lorsque j'ai ouvert le roman en cours, une nouvelle page était remplie.
Un message de la part de l'histoire elle-même.
Elle est très en colère contre moi à la suite de mon appel au boycott de mon dernier roman.
En représailles, si jamais ce fiasco devait avoir lieu, elle m'a menacé de transformer la trilogie en quadrilogie...
C'est un cauchemar, je ne tiendrai pas, j'ai besoin absolument de votre aide pour retrouver ma liberté.
Par conséquent, je vous supplie d'acheter ce roman, de l'offrir, de le perdre et de le racheter, de l'offrir encore, jusqu'à rupture des stocks de papier dans toute l'Europe !!!
Merci :)

"Ceci est une alerte"
Thierry Ledru
1 h ·
"Ceci est une alerte. Le livre que je tiens dans les mains est une malédiction. C'est à cause de cette histoire que je suis enfermé ici, avec des endives pour seule nourriture. Du jour où cette histoire est entrée en moi, je suis devenu son esclave. Elle m'oblige à la raconter, encore et encore, et à l'écrire pendant des milliers d'heures. Elle m'a prévenu déjà que ce tome 1 n'est que le premier ouvrage d'une trilogie, une trilogie qui jettera sur le monde sa malédiction. Alors, par pitié, si vous voyez ce livre en vente, fuyez, partez, hurlez pour ne pas entendre ses chants maléfiques... Ma seule chance de sortir d'ici, c'est que ce premier tome ne se vende pas, que ça soit un échec planétaire et que cette histoire décide alors de me quitter. Si, par contre, cette trilogie est menée à son terme, l'humanité ne s'en relèvera pas."

Je n'invente rien ; voilà mes endives :)

Démocratie et fourvoiements.
Vu de l'intérieur, voilà ce qu'est notre "démocratie".
Qu'on ne vienne pas me dire que le glyphosate est un problème qui n'intéresse pas la population et qui peut être réglé entre deux baillements.
François Ruffin témoigne :
5 h ·
Glyphosate: de Rugy sabote son Assemblée
"Un seul député insoumis présent, sur 17, sur l'interdiction du glyphosate. Je suis trop déçue !" On a reçu un paquet de courriels comme ça, et des remarques sur Facebook.
Alors que répondre ? La vérité. Je vais parler pour moi, à la première personne : je suis un bleu à l'Assemblée, et ils m'ont blousé. Ils ont réussi, sur le glyphosate, un tour de force. Dans cette guérilla parlementaire, ils ont oeuvré pour bafouer la démocratie.
Qui ça, "ils"? C'est le président de Rugy, en première ligne.
Qu'on résume : depuis une semaine, sur le projet de loi agriculture, nous siégeons de 9 h 30 le matin à 1 h du matin suivant. Samedi et dimanche compris. Avec, en parallèle, les missions et les commissions. Dans ce tunnel continuel d'amendements, plus de deux mille au total, difficile de deviner quand vont passer les trucs importants. On fait le guet. On perd des centaines et des centaines de votes, à lever la main en cadence. Et après sept jours de cette guerre d'usure, ce mardi, à 1 h moins deux minutes, le président de Rugy décide, arbitrairement, de prolonger les débats. Comme si le glyphosate était un point anecdotique, ou justement parce qu'il ne l'est pas. Parce que, sinon, ça repoussait la discussion au mardi 16 h 30. Et alors, l'hémicycle serait plein, les débats animés sur cette promesse du président Macron, la passion soulèverait les rangs.
Et ça, il ne faudrait surtout pas.
Surtout pas.
Que la chambre d'enregistrement demeure froide et morte.
Que de Rugy veille sur elle comme un croque-mort sur un cadavre.
Oui, il faut accuser : le président de Rugy, qui organise lui-même le sabotage du parlement! Comment? Par ces prolongations nocturnes, certes, ces méthodes de cosaques. Mais au-delà: lui qui devrait nous protéger, lui qui devrait préserver le législatif contre l'exécutif, lui s'en fait le complice quotidien pour nous gaver de lois. Car, pour ce projet Agriculture, qui s'annonçait un marathon, de Rugy aurait pu bloquer deux semaines. On serait retournés chez nous le vendredi, en circo, les idées remises au clair. Mais non, il fallait faire vite. Au pas de charge. Parce que, derrière, arrive Elan, sur le logement, et là encore, on bouclera et bâclera en une semaine, samedi et dimanche compris. Et qu'on se souvienne, juste avant, du projet de loi "Asile et immigration", voté en catimini un dimanche soir ! C'est un dimanche, encore, ce dimanche dans la nuit, que fut rejetée la fin des poules en cages, autre engagement du candidat Macron.
Et qu'importe, ici, qu'on soit pour ou contre tout ça.
Qu'importe.
On voit bien que ces sujets mobilisent des citoyens, des pans de l'opinion.
Que les controverses et les décisions du Parlement sont attendues.
Le président de l'Assemblée fait tout, alors, non pour permettre le débat, mais au contraire, pour le miner, pour l'enterrer, pour l'amoindrir. Plutôt que de résister à la toute-puissance de l'Elysée, il agit en porte-flingue.
Répétons-le: c'est du sabotage législatif.
Conscient.
Volontaire.
De la maltraitance des députés. On s'en fiche, admettons.
De la maltraitance des salariés, aussi. Cette nuit, alors que les débats venaient de s'achever (à 3 h du matin!, la présidente de séance a d'ailleurs décidé, en dernière minute, de supprimer les "positions de vote" des députés), un copiste de l'Assemblée me chuchotait: "On en a marre. Ca fait onze jours sans pause, pour moi. Avec des horaires impossibles. On est épuisés. On n'a jamais vu ça."
Et surtout, de la maltraitance des citoyens, quand les lois sont ainsi passées, en vitesse, presque en clando, dans le dos de leurs représentants.
Alors, que Les Républicains soient plus aguerris à cet art du siège: on peut le dire. Qu'on manque d'expérience face à ces stratagèmes, et qu'il nous faille progresser: on peut le dire. Que le gouvernement, allié au président de l'Assemblée, nous ait efficacement dupés: on peut le dire.
On ne peut pas dire, en revanche, que les camarades Insoumis et moi-même soyons paresseux (matez les stats de nosdeputes.fr), ou qu'on s'en fiche du glyphosate (au contraire, c'est presque transformé en symbole identitaire), ou même, même, même, que l'amendement serait passé (un coup de sonnerie, une suspension de séance, et les presseurs de bouton de la majorité rappliquaient, bien plus plus nombreux que nous).
N'empêche que.
N'empêche que.
A ce jeu injuste, on va s'efforcer de progresser.
Musique intérieure
Thierry Ledru
1 min ·
Je suis étonné par l'évolution de mes goûts musicaux en quelques années, de cette distance surprenante au regard de ce que j'écoutais autrefois. Et si je repense à mon adolescence, là, c'est à des milliers de kilomètres. Pourquoi ? Qu'est-ce qui en nous déclenche parfois cette oreille nouvelle, cette perception qui se découvre, ces émotions jamais ressenties ? Qu'est-ce qui incite ainsi le cerveau à modifier sa réception ? Ce qui n'était pas écouté l'est soudainement et ce qui l'était tombe dans un certain oubli.
Qu'est-ce qui a changé finalement en moi ?
Pourquoi est-ce que j'aime autant, maintenant, ces musiques répétitives, douces, étranges parfois, ces longues mélodies comme des vagues qui vont et viennent, dans une rythmique qui m'hypnotise ?
Je n'ai qu'une explication : l'état d'esprit. Ce ne sont pas mes goûts qui ont changé mais mon esprit et la musique qui convient à son état présent, c'est ce genre de musique.
La musique qui nous convient correspond à des ondes vibratoires internes, un flux d'énergie particulier, individuel, mouvant, changeant... La musique est comme un son lancé dans les gouffres intérieurs et la connivence énergétique entretient l'écho, elle le nourrit de son énergie.
Nous aimons en fait une musique qui est en nous et la musique extérieure qui vient l'accompagner est un amplificateur.
Les musiques répétitives sont comme mes battements cardiaques, mes respirations, le tempo de mon sang, c'est une musique qui résonne conjointement avec l'attention que je porte à être en moi. Cette musique-là crée une brèche dans l'enveloppe parce que l'intérieur a besoin d'elle, de sa douceur, de son intensité, de tout ce qu'elle éveille.
Il est clair en tout cas que ce que j'écoute est de plus en plus "minimaliste", un désir de légèreté, de plénitude, une sonorité dans laquelle je retrouve l'état intérieur dans lequel je suis quand j'écris.
"Plastisphère"
C'est si consternant que j'ai tenu à utiliser ce cauchemar dans le roman en cours.
Des "radeaux" de plastique dérivant partout sur les océans et quelques-uns d'entre eux potentiellement porteurs de virus mortels.
Effarant.
Il n'y aura pas que les animaux marins à mourir par le plastique.
Les bactéries colonisent tous les déchets plastiques, quelle que soit leur taille – des macro-déchets aux microplastiques. Et ils sont nombreux ! Des bactéries pathogènes, notamment celles du genre Vibrio pourraient entraîner des maladies chez l’homme et les espèces aquatiques. Quels risques fait peser cette plastisphère?
http://www.natura-sciences.com/environnement/plastisphere-continent-de-plastique.html
Dans les océans, tout un écosystème se développe sur les plastiques. PHOTO//Expédition MED 2015
Dans l’eau, une faune diverse de bactéries et d’autres micro-organismes colonise les plastiques. Ces petits organismes vivant sur le plastique constituent la plastisphère. Et c’est la spécialité des chercheurs Linda Amaral-Zettler et Erik Zettler depuis leur découverte de la plastisphère en 2003 dans l’Océan Atlantique.
La chose est troublante : les communautés vivant sur ces « récifs » ne sont pas les mêmes que dans l’eau environnante. Le couple Zettler a déjà identifié plus de 1.000 bactéries qui prolifèrent sur le plastique dans le Pacifique et l’Atlantique. En fonction de la taille des supports, une vie diverse s’installe à leur surface. « Il peut y avoir de tout, des microbes aux invertébrés plus grands, comme de petits crustacés, explique Erik Zettler, chercheur NIOZ-Institut royal néerlandais pour la recherche sur la mer. La vie sur le plastique est une riche communauté de bactéries, de micro-animaux avec des producteurs primaires, des herbivores, des prédateurs, des organismes qui peuvent parasiter d’autres organismes et même des symbioses. » Un vrai micro-écosystème !
La plastisphère : des radeaux pour les microorganismes
Les plus de 5.250 milliards de fragments flottant à la surface des océans constituent autant d’embarcations potentielles pour les bactéries. Une fois colonisés, les plastiques continuent leur chemin dans la mer et les océans. Ils servent de radeau à cette faune qui peut être envahissante pour les écosystèmes marins et pathogènes pour l’homme ou les animaux. Ces radeaux permettraient la dispersion, la dissémination et le développement de certaines espèces. En devenant des espèces envahissantes dans des régions non originelles, elles pourraient perturber les fragiles équilibres marins et terrestres.
Les chercheurs s’intéressent tout particulièrement aux bactéries du genre « vibrio »présentes dans l’océan. Leur version la plus connue est vectrice du choléra et d’autres maladies gastro-intestinales chez l’homme. Elles peuvent aussi s’attaquer au système digestif des poissons. « Nous avons en effet découvert en 2013 que la communauté microbienne sur un morceau de plastique de l’Atlantique était constituée à près de 25 % de Vibrio », relate Erik Zettler. Il n’est pas encore établi que les Vibrio pathogènes sont transportées par le plastique. Toutefois, « cette éventualité est loin d’être négligeable », estime le chercheur.
Lire aussi : Les microplastiques contaminent fruits de mer, poissons et sels
Un risque de contamination planétaire ou la solution à la pollution ?
S’il s’avérait que les plastiques transportent bien des pathogènes, il se pourrait que les microplastiques et les microfibres les transmettent aux bactéries dans les stations d’épuration. Étant donné que ces usines dépolluent l’eau grâce à des bactéries bien définies, cela pourrait effectivement poser de graves problèmes localement. Les chercheurs craignent aussi le risque de contamination des poissons en pisciculture, vu que ces élevages utilisent beaucoup de plastique. Au regard des densités élevées, un bout de plastique transportant un pathogène qui se détacherait pourrait contaminer l’ensemble des poissons. En d’autres termes, un seul fragment de plastique contaminé pourrait engendrer un risque épidémique.
Selon d’autres chercheur, les microbes sur terre peuvent dégrader certaines résines de plastique. Par ailleurs, on sait que des microbes dégradent les hydrocarbures dans les océans. « Je pense qu’à long terme, presque tous les composés organiques, y compris le plastique, seront dégradés par les microbes, mais ce n’est pas une solution, insiste Erik Zettler. Car aux températures relativement basses et aux concentrations de nutriments faibles dans l’océan, la dégradation microbienne du plastique se produira très très lentement. » Selon le chercheur, il ne faut pas considérer les bactéries comme faisant partie de la solution à la pollution plastique dans l’environnement.
Auteur : Matthieu Combe, journaliste du webzine Natura-sciences.com
Pour quelques lignes de plus
Thierry Ledru
Levé à 5h20. Laure et le cerf, leur rencontre, tout était là, chaque image, la lumière et les ombres, le silence, le lever du jour... Quelques lignes de plus. Je pense depuis de longues années déjà que les mots qui me viennent doivent être écrits, que si leur émergence a eu lieu, il est de mon devoir de les saisir au vol.
Cinq heures pour quelques lignes. Maintenant, c'est posé, c'est là, ça ne sombrera plus dans une mémoire trop profonde. Certainement que je reprendrai tout ça, que je chercherai encore un peu plus la musique qui me comble. Plus tard. Il faut laisser les plantes grandir à leur rythme.

TOUS, SAUF ELLE
CHAPITRE 34
Laure avait décidé de s’occuper du potager. Elle avait besoin de la résonance et la présence joyeuse de Raymond ne lui permettait pas de communiquer pleinement avec les végétaux.
Un matin, alors que le soleil venait de répandre sa chaleur sur la terre endormie du potager, elle avait senti dans le corps d’une tomate des parfums d’énergie, comme une vibration moléculaire, une agitation euphorique. Elle l’avait détachée de sa tige avec une infinie reconnaissance. Elle avait posé ses lèvres sur la peau brillante, une bise tendre et aimante.
Elle avait pensé alors à tous ces animaux abattus, chaque jour, à chaque instant et que personne ne remerciait. Il ne restait d’eux que le nom attribué aux diverses tranches dans leur présentoir.
Rien de l’animal n’existerait plus.
Elle se réjouissait en observant le potager de ce flux de vie qui emplissait le lieu. Rien ici ne disparaîtrait jamais. La tomate était un élément du corps, une partie renouvelable, une offrande pour les soins prodigués. Elle aimait ce partage respectueux.
Elle continua sa cueillette. Amoureusement.
Lorsqu’elle se leva pour rejoindre le carré d’oignons blancs, elle sentit un regard posé sur elle, un contact qu’elle n’identifia pas, une présence secrète. Elle balaya lentement des yeux le paysage proche : la maison, la grange, le terrain attenant, les blocs rocheux puis l’orée de la forêt.
Là, dans une immobilité totale, dans l’ombre des feuillages, elle reconnut un cerf. À vingt mètres.
Elle devinait la puissance de sa masse, l’ampleur de ses bois. Les yeux la fixaient.
Aucun mouvement, rien, pas même un frémissement d’oreille, pas un frisson, juste ce regard perçant, ces yeux en amande qui semblaient tracer dans les airs un invisible rayonnement.
Elle sentit battre dans sa poitrine le cœur aimant de l’animal. Une sonorité de tambour sur laquelle elle s’accorda, une cohérence cardiaque, une ligne constituée de pulsations rondes et de silences allongés, comme un chemin dessiné sur l’écran du monde.
Elle n’esquissa aucun geste, elle en élimina même la moindre pensée, que rien d’inquiétant ne soit diffusé par cette passerelle, par ce mélange unifié de leur écho, qu’aucun trouble émotionnel ne vienne féconder les peurs irréelles, que l’humain s’efface et qu’il ne reste qu’une vie commune.
Elle ne chercha pas à exprimer clairement l’intensité des ressentis car elle connaissait désormais l’empoisonnement inévitable.
Ne pas réfléchir, ne rien vouloir d’autre que le silence intérieur, ne pas s’étourdir, ne chercher que la paix de la disparition.
Ne plus être là, comme une forme humaine, mais se diluer dans la marée de molécules agitées, dans la convergence rétablie des entités similaires.
Le cerf sortit du couvert des arbres, dans une série de petits pas majestueux. Le lacis de ses bois l’auréolait d’une couronne. Le soleil l’enflamma.
Laure s’appliqua à maintenir en elle le calme de son cœur.
Le cerf avança de nouveau, quelques pas de plus puis il se figea, la tête haute, les yeux brillants. Une brillance de ténèbres, un noir piqueté d’étoiles.
Elle connaissait ce regard.
Oui, évidemment.
Il était là.
Figueras.
KUNDALINI : La Présence et la Grâce

KUNDALINI
"Tu veux dire que tout à l’heure, ce sentiment d’amour que j’éprouvais jusqu’à en ressentir un plaisir physique, c’est la vie en moi ?
-Je pense que la vie renforce dans la réalité ce que nous percevons d’elle. Et elle t’a offert en retour le plaisir que tu lui offrais en l’aimant.
-Effectivement, c’est bien au-delà d’un simple optimisme béat.
-C’est même une tâche très exigeante. Ce regard aimant sur la vie n’est pas une chose aisée. J’ai longtemps vécu ma maladie comme une sanction, une pénitence dont j’ignorais la raison. Et puis, j’ai appris, peu à peu, avec des hauts et des bas, à observer objectivement ce que je découvrais grâce à elle. Et il s’agit bien d’un état de grâce d’ailleurs. Je ne pense pas que l’état de grâce suscite du bonheur. C’est l’inverse. Le bonheur éveille en nous l’amour de la vie pour elle-même. C’est ce que j’appelle la Présence. Cette émotion immense qui nous submerge, elle n’est pas de notre ressort. Je pense que la création a multiplié les formes de vie pour prendre conscience d’elle-même et que rien n’est plus beau pour elle que de vibrer amoureusement en nous. Lorsque tu atteins cet état, lorsque la Présence te submerge, la grâce est en toi. »






