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"On vous avait prévenus"

Par Le 10/08/2018

C'est bien cela que nous finirons par entendre mais lorsque nous l'entendrons vraiment, il sera bien tard...Il n'est pas envisageable que toutes ces études soient erronées. Certaines sont véritablement apocalyptiques, d'autres gardent une forme d'espérance mais toutes, en tout cas, pointent l'urgence absolue.

Si on cherche dans les discours politiques, l'émergence d'une volonté de décroissance économique, le résultat est un néant absolu.

Si on cherche la proposition d'une réduction de la croissance démographique, le résultat est le même.

Si on cherche la réduction drastique de la consommation des ressources non renouvelables, on se heurte aux clichés du retour dans la grotte de Lascaux.

De la même façon, lorsque l'association L214, alerte sur la consommation considérable d'eau potable pour l'élevage industriel, les commentaires des internautes tournent tout cela en dérision ou se montrent même parfois particulièrement violents. Le barbecue d'été est sacré.

"Une vache ne boit pas 7000 litres d'eau par jour..."

Bon, très bien. N'en parlons plus. 

On fera le point dans dix ans. 

 

 

Quand le sage montre le climat, l’économiste regarde l’inflation

 

Par Jean-Joseph Boillot, Conseiller économique au club du CEPII — 

Sur l’archipel arctique canadien en 2017.
Sur l’archipel arctique canadien en 2017. Photo David Goldman. AP

Alors qu’apporter une réponse économique à la crise climatique relève désormais de l’urgence absolue, les spécialistes persistent à se focaliser sur des indicateurs à la pertinence illusoire. Et les dirigeants se murent dans un «silence caniculaire».

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     Quand le sage montre le climat, l’économiste regarde l’inflation

«On entend l’arbre qui tombe mais pas la forêt qui pousse.» Ce proverbe africain bien connu peut être rangé au musée. Désormais, la forêt tombe sous l’effet du changement climatique et ce sont les économistes qu’on n’entend pas. Alors que les climatologues retiennent de plus en plus sérieusement le troisième scénario mis sous le tapis de l’accord de Paris d’une augmentation de 3 à 4 °C de la température de la planète d’ici à 2025-2030, les économistes se sont plutôt passionnés en juin pour la montée à 2 % de l’inflation en Europe, ou pour le demi-point de croissance mondiale que pourrait coûter la guerre commerciale déclenchée par Trump. Puis ils sont partis en vacances comme le Président et son gouvernement dont le seul devoir d’été est de préparer les «grandes» réformes de la rentrée dont le plan pauvreté et la Constitution.

Comme si la grande tâche de l’heure n’était pas le bouleversement climatique en cours et de se lancer dans des réformes fondamentales. Par exemple, pour inverser nos émissions de gaz à effet de serre (GES) qui continuent d’augmenter ; ou encore pour reculer drastiquement le fameux «jour du dépassement» tristement fêté le 1er août pour la planète, mais bien silencieusement en France le 5 mai, jour d’épuisement de notre biocapacité annuelle.

On entend les climatologues qui poussent (des cris d’urgence), mais les économistes continuent de tomber dans leur discrédit, qui se mesure par exemple au millimètre linéaire de leur rayon dans les librairies. Et ce n’est pas surprenant. L’inflation, par exemple ? Tant mieux, en réalité, si les prix montent. Les Français ne sont pas des imbéciles. Ils répondent comme tout le monde à des incitations comme les prix ou à des réglementations. Ce qui est vrai pour le tabac est tout aussi vrai pour les émissions de CO2. De même pour l’alimentation aux prix maintenus artificiellement très bas, comme pour la viande ou le lait, grâce à des méthodes de production de plus en plus intensives fondées sur une agrochimie destructrice rendue possible grâce à un système de puissants lobbys.

Ce dernier n’hésite pas à jouer du chantage sur la faim dans le monde pour exporter les trois quarts de la production française alors que cela tue les agricultures des pays en développement. En particulier en Afrique, où l’exode rural s’accélère, premier facteur de migration bien avant les guerres. Ce qui nous ramène au commerce international, dont le libre-échange le plus intégral serait censé apporter des gains de pouvoir d’achat alors que c’est un vaste système de dumping environnemental et social où les prix ne reflètent surtout pas la rareté des ressources de la planète. Tout particulièrement parce que les lobbys du transport maritime et aérien ont discrètement réussi à sortir de l’accord de Paris et ne supportent aucune contrainte sur leurs énormes émissions de CO2 ou leur pollution bien connue, qui n’ont rien à envier à la Chine en bilan total.

A de rares exceptions près, les économistes des pays riches sont toujours obsédés par le paradigme du progrès linéaire et quantitatif. Leur véritable traumatisme ces derniers mois a été le débat lancé par l’ancien secrétaire d’Etat au Trésor américain Lawrence Summers sur la stagnation séculaire de la productivité et donc de la croissance, près d’un million d’occurrences sur la Toile. Or, de l’avis de tous les climatologues, seule une division par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre permettrait au mieux d’éviter la catastrophe. Et ne nous faisons pas d’illusions. Son impact sur le vaudou du taux de croissance ne peut être que négatif en effet. Le concept de décroissance - pourtant dû à un grand économiste mathématicien, Nicholas Georgescu-Roegen - n’a toujours pas droit de cité dans les manuels d’économie, et très rares sont les travaux de recherche entrepris pour en comprendre les mécanismes et la mise en œuvre.

La quatrième révolution industrielle en cours n’est vue par les économistes standards qu’au travers des points de croissance supplémentaires qu’elle pourrait apporter pour compenser le risque de stagnation séculaire. Elle devrait être, au contraire, un formidable atout pour gérer la décroissance d’une façon intelligente, et notamment inclusive sur le plan social tant l’explosion des inégalités ces dernières années a un lien étroit avec celle des risques sur la planète. C’est ce que vient de montrer une étude passionnante sur le tourisme de masse à l’échelle mondiale qui ne fait que reproduire le mode de vie des élites. Les inégalités de prélèvement des ressources de la planète sont aujourd’hui de l’ordre de ce qu’elles étaient sous l’Ancien Régime.

Et ici, les économistes savent bien que le seul système d’incitation par les prix pèche en termes d’équité et qu’il n’est d’ailleurs pas toujours le plus efficace en présence de déficiences de marché. Il leur faut donc imaginer des systèmes de taxation, de quotas, de réglementation et surtout de réformes de structures qui permettraient d’atteindre le Facteur 4 d’ici à 2030, c’est-à-dire demain.

Ce qui compte in fine n’est pas le PIB ou le revenu national brut, mais bien le revenu net, notamment de tous les dégâts du soi-disant «progrès», surtout ceux à venir qui constituent une dette vis-à-vis de nos enfants. C’est une révolution conceptuelle pour les économistes. Ils ont commencé leur mutation avec ce fameux rapport commandé à l’ère Sarkozy sous la direction des Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et Amartya Sen (Richesse des nations et bien-être des individus, Odile Jacob, 2010). Mais ils n’ont toujours pas concrètement franchi le Rubicon dans leurs conseils aux dirigeants. D’où leur silence caniculaire cet été.

Or, les prédictions d’un autre scientifique (Safa Motesharrei) publiées dans un papier remarqué de 2014 (1) mentionnent la probabilité très sérieuse d’un effondrement de notre civilisation lié aux inégalités et à la surexploitation des ressources. Elles rejoignent celles des climatologues et des scientifiques de la nature qui envisagent de plus en plus sérieusement une rupture systémique brutale des grands équilibres de la planète et le scénario graduel très diplomatique de l’accord de Paris. Les économistes connaissent pourtant ce type de phénomène. C’est celui des hyperinflations comme dans l’Allemagne des années 30 ou au Venezuela aujourd’hui. C’est celui des crises financières. Ils savent que pour les arrêter, il faut une réaction radicale des autorités monétaires. Cette fois, la réaction doit être aussi radicale mais dans tous les domaines de la relation entre les ressources de la planète et nos systèmes de production et de consommation. La France a besoin de bien autre chose qu’un plan canicule et les économistes doivent se mobiliser pour en dessiner les contours. Voilà une vraie grande réforme pour la rentrée.

(1) Safa Motesharrei, Jorge Rivas, Eugenia Kalnay : «Methodological and Ideological Options Human and nature dynamics (Handy) : Modeling inequality and use ofresources in the collapse or sustainability of societies», Ecological Economics 101 (2014), pp. 90-102.

Glacier et bouquetins

Par Le 09/08/2018

Quatre jours en Haute Maurienne, cols et sommets à plus de 3000 mètres dans des paysages magnifiques, lacs glaciaires, marmottes, bouquetins, des vallons déserts, des itinéraires à vue, carte et jumelles, des torrents pour la baignade, des kilomètres avalés avec un bonheur immense, des descentes à la "trottinette" dans une concentration euphorisante, les fleurs, les papillons, quelques passages mémorables, la recherche de l'itinéraire avec une trace, un cairn ou rien du tout et donc "au mieux"...Les nuits dans le camion, caché au bout des pistes désertes.

Que du bonheur.

Chose étonnante au regard de l'âge qui s'accumule (56 ans), on enchaîne plus facilement aujourd'hui les journées de marche (4 à 5 h de montée, 2 h de descente) qu'il y a quelques années, autant Nathalie que moi. Il est clair pour nous que notre régime alimentaire en est la raison principale. 

La plupart du temps désormais, nous ne mangeons pas à midi. Un petit-déjeuner et un repas complet le soir. Un biscuit "montagne" fait maison à midi et 1 litre d'eau. Aucune sensation de faim. Un massage à chacun le soir après un bain dans l'eau froide des torrents et on repart le lendemain sans aucune courbature et toujours la même énergie. 

On a même pris l'habitude d'effectuer les descentes de sommets en trottinant. Pour quelqu'un qui a eu cinq hernies discales, dont deux opérées, il y a des médecins qui ne comprendraient pas... 

Nous ne sommes absolument pas des "cas" mais juste deux personnes sportives avec une hygiène de vie très simple.

C'est ce qui nous désole quelque peu d'ailleurs quand on voit "l'état" physique des gens de notre génération dans une bonne majorité...Et même des plus jeunes. De tout l'été, nous n'avons jamais été "dépassés" par qui que ce soit et lorsqu'on descend en trottinant, on voit des jeunes qui nous regardent passer avec interrogation.

Et ce bonheur du corps en action, il est tellement euphorisant qu'à peine rentrés à la maison pour l'entretien du potager (il pleut enfin), l'envie de remonter nous prend déjà :)

La magie de la montagne.

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L'effet domino

Par Le 08/08/2018

Quand je reprends des ouvrages scientifiques écrits il y a vingt et même trente ans, toutes les projections sur le réchauffement climatique engendré par l'activité humaine se révèlent justes. Rien ne vient me laisser croire que les études actuelles seraient fausses. 

On vient de passer quatre jours en haute Maurienne à courir sur des sommets à plus de 3000 mètres. Là, où j'ai connu des glaciers lorsque j'avais vingt ans, il ne reste que des moraines ruinformes et quelques îlots glaciaires en fin de vie. Une simple observation. 

Alors, on fait quoi ? On attend que les gouvernements prennent des mesures draconniennes ? Ils ne le feront pas. 

Il existe une phrase fondamentale pour comprendre le fonctionnement de la sphère politique et elle a été prononcée par Al Gore...Elle est bien évidemment appliquée par tous ses condisciples. Elle met simplement en exergue le fait que la priorité absolue, c'est de ne prendre de décisions qu'à partir du moment où elles contribueront au pouvoir alors que toutes les décisions qu'il faudrait prendre pour combattre le réchauffement climatique à travers les comportements humains condamneraient le gouvernement qui les mettrait en action. 
 

"Le minimum d'actions, de dépenses, d'investissements (...) scientifiquement nécessaire pour combattre le réchauffement de la planète dépasse largement le maximum politiquement faisable pour ne pas perdre les prochaines élections. "

Les politiciens, d'où qu'ils viennent, n'ont qu'un objectif : préserver leurs privilèges et pour que cela se fasse, ils oeuvrent au maintien du système qui leur a permis d'arriver au sommet de l'échelle sociale. Rien d'autre.

Ce mois de juillet est le plus chaud depuis 1990 et patati et patata, le moins arrosé depuis Louis XIV, le plus sec depuis la disparition des dinosaures, les nuits les plus brûlantes depuis la chute de Sodome et Gomorrhe, et patati et patata... Les infos se délectent de ces grands titres. C'est très vendeur depuis quelques temps. 

Mais ça n'est pas ça LE problème. 
Ce qu'il faut surtout entendre, c'est que les records précédents étaient étalés dans le temps, sur des décennies, qu'il s'agissait d'épisodes éphémères. 
Là, maintenant, ce qu'il faut comprendre et retenir, c'est que les records tombent année après année et qu'ils seront sans doute battus l'année prochaine. 
Les vendeurs de climatisation se frottent les mains et la première option dans les automobiles neuves, c'est encore la climatisation. 
On voit donc comme principale réaction des populations, le moyen de se protéger des effets de la chaleur.
Mais quand il y a un incendie, les pompiers ne cherchent pas à se protéger de la chaleur, ils cherchent à éteindre les flammes. Ensuite, ils se réjouiront de la baisse des températures.
Alors, on fait quoi ? 
Combien sont les individus ayant conscience qu'ils ont un rôle à tenir dans l'extinction des flammes ? Combien comprennent qu'après avoir été des pyromanes (et moi aussi) ils doivent devenir des pompiers.
C'est ça le problème.

Voilà cinq ans que nous ne mangeons plus d'animaux. Par respect pour eux, pour ne plus être complices de leurs souffrances mais également parce que l'élevage industriel contribue considérablement à la dévastation de la planète. Il y a sur ce blog toutes les études disponibles pour en prendre conscience.

Voilà cinq ans que nous boycottons la grande distribution et le consumérisme, que nous boycottons au mieux tout ce qui est en plastique, tout ce qui est issu du pétrole. Bien entendu que nous ne parvenons pas à tout rejeter. Malheureusement. Mais nous avons malgré tout très fortement diminué notre consommation. Nathalie fabrique elle-même tous les produits de soins et d'hygiène (savons, dentifrices, produit vaisselle, lessive...), tous nos produits alimentaires sont conservés dans des bocaux en verre, le potager de la maison contribue à 80 % de notre alimentation, nous n'achetons aucun aliment "exotiques" ou hors saison, nos achats sont bio ET local car il est absurde de se dire "écolo" en consommant des produits qui ont traversé des océans et ont voyagé sur des milliers de kilomètres en camions. 

Tout doit être analysé, réfléchi et jugé au regard de l'empreinte carbone du produit.

On en vient même à penser que ces millions de personnes en surpoids, non pas pour une maladie ou un traitement quelconque, mais par simple goinfrerie, devraient être taxées au regard de l'impact qu'elles ont de par leur alimentation. Elles prennent bien plus que ce dont elles ont besoin et sans aucune capacité de jugement sur l'impact que leur consommation effrénée a sur l'ensemble de l'humanité et de la vie. 

C'est despotique ? 

Non, ce qui l'est, c'est leur indifférence, leur immaturité, leur insouciance, leur bêtise puisqu'il est impossible aujourd'hui de ne rien comprendre à l'état de la planète. Ces gens-là imposent à la planète entière leur mode d'existence. C'est cela le despotisme. Le fameux "Après moi, le déluge"... 

Voilà environ dix ans maintenant que j'entends mes élèves s'interroger et me questionner sur l'état de la planète. Ils entendent les informations, ils en comprennent partiellement les données mais ce qui est incontestable, c'est que leurs peurs sont de plus en plus fortes. 

"Le monde des adultes, c'est un cauchemar et je n'ai pas du tout envie d'en faire partie." 

C'est un garçon de ma classe qui a dit cela. Il avait dix ans. 

Il existe d'ailleurs aux USA un mouvement juridique qui permet à des enfants d'attaquer des multinationales. Un premier jugement leur a été favorable. 

C'est cela le monde que nous leur proposons ? 

Un monde où les enfants vont devoir se protéger des adultes ? 

Qui donc est mature ? Qui donc est responsable ? 

Eux ou nous ?


 

 

Un terrible "effet domino" menace de transformer notre planète en une étuve

 

Par Sciences et Avenir avec AFP le 07.08.2018 à 12h28

Même si l'humanité réduit les émissions de gaz à effet de serre la planète elle-même pourrait perturber les efforts des hommes et basculer dans un état durable d'étuve, selon une étude publiée lundi 6 août 2018.

Effet domino

Image d'artiste de la Terre, pour moitié sans eau.

©MARK GARLICK / SCIENCE PHOTO LIBRA / MGA / SCIENCE PHOTO LIBRARY/AFP

C'est un scénario catastrophe. Mais un scénario plausible. D'ici quelques années, la température moyenne de la Terre pourrait se stabiliser à +4°C ou +5°C par rapport à l'ère pré-industrielle, bien au-delà de l'objectif de l'accord de Paris sur le climat (+2°C maximum), révèle une étude de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), publiée lundi 6 août 2018. Voici les grandes lignes de cette étude conduite par une équipe internationale de chercheurs. 

Si les calottes polaires continuent de fondre, les forêts d'être décimées et les émissions de gaz à effet de serre de battre chaque année des records, la Terre va inéluctablement franchir un "point de rupture". De nombreux mécanismes interconnectés pourraient alors se produire les uns à la suite des autres, conduisant à rejeter des quantités colossales de CO2 et de méthane dans l'atmosphère, contribuant alors encore plus au réchauffement global de la planète. Ces "points de bascule" sont liés à des températures au-delà desquelles la libération de ces gaz serait inéluctable. "Quand un seuil critique est atteint, le processus de réactions s'auto-entretient", note l'étude, qui s'inquiète que la Terre puisse approcher un seuil la condamnant à devenir alors une étuve. Et si ce processus s'enclenche, "il sera conduit par des mécanismes puissants, intrinsèques, bio-géo-physiques, difficiles à corriger par une quelconque action humaine, et qui ne pourra ni être inversé, ni guidé, ni ralenti" affirme l'étude. 

  • "Puits de carbone" affaiblis

Les forêts et les océans ont absorbé ces dernières décennies plus de la moitié des émissions de carbone. Mais les forêts rétrécissent et les océans montrent des signes de saturation en CO2, selon de récentes études. Leur rôle d'éponge risque de s'affaiblir.

  • Permafrost

Le méthane et le CO2 emprisonnés dans le permafrost, sol censé être gelé en permanence en Russie ou au Canada, correspond à environ 15 années d'émissions humaines. Une véritable bombe climatique à retardement. En cas de dégel, ces gaz relâchés -- pour l'instant en quantité négligeable-- accélèreraient le réchauffement, libérant encore plus de gaz.

Les "points de bascule" du climat, bombes à retardement (AFP - Simon MALFATTO)

  • Hydrates de méthane

De manière similaire, les hydrates de méthane, composés ayant l'apparence de la glace présents dans les fonds marins, sont également vulnérables au réchauffement, mais les scientifiques ne savent pas à quel rythme. Ils sont suspectés d'être à l'origine d'épisodes rapides de réchauffement il y a plusieurs millions d'années, et représentent donc une menace potentielle.

  • Dépérissement des forêts 

Un réchauffement de 3°C pourrait condamner à terme au dépérissement 40% de la forêt amazonienne, selon une étude publiée en 2016 dans le magazine Nature Climate Change. Et les incendies, pas pris en compte dans ce modèle, pourraient accélérer cette destruction susceptible de relâcher dans l'atmosphère des milliards de tonnes de CO2.

  • Moins de banquise

Le miroir blanc glacé de la banquise renvoie 80% des rayonnements du soleil. Mais avec la fonte de cette glace de mer, l'océan qui la remplace absorbe à l'inverse 80% de ces radiations, accélérant le réchauffement. Dans l'Arctique, le premier été sans banquise devrait avoir lieu avant le milieu du siècle. Une situation susceptible de se reproduire tous les quatre ans dans un monde à +2°C. Les scientifiques s'accordent pour dire qu'il existe une température de bascule au delà de laquelle la calotte glaciaire recouvrant la terre de l'Antarctique ouest et du Groenland fondra. Mais leurs estimations sur cette température varient entre +1°C et +3°C. L'autre question ouverte est le temps que cette glace mettra à fondre, libérant des volumes énormes d'eau douce dans les océans. Les conséquences seraient dévastatrices : deux-tiers des mégalopoles sont installées moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, tout comme les plaines agricoles qui les nourrissent. La fonte des glaces de l'Antarctique Ouest et du Groenland conduirait à une hausse du niveau de la mer de 13 mètres. La calotte de l'Antarctique Est, plus sensible au réchauffement qu'estimé précédemment, représente 12 mètres potentiels supplémentaires.

Vers un nouveau mode de fonctionnement terrestre

Tous ces mécanismes sont interconnectés, selon les auteurs de l'étude, et l'un d'entre eux pourrait en déclencher un autre, puis un autre. "Ces événements en cascade pourraient pousser le système Terre dans son ensemble dans un nouveau mode de fonctionnement", note Hans Joachim Schellnhuber, coauteur et directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research. 

Les émissions de gaz à effet de serre ont déjà provoqué une hausse de 1°C de la température moyenne de la Terre, augmentant les probabilités et l'intensité des canicules, des sécheresses ou des tempêtes. Le risque d'évènements en cascades pourrait survenir dès 2°C estime l'étude. Petite pointe d'optimisme toutefois, il n'est pas impossible, si l'humanité prend maintenant des mesures drastiques de réduction d'émission des gaz à effet de serre, d'infléchir ce scénario catastrophe vers celui d'une terre "stabilisée". Ce dernier avait précédemment estimé qu'une Terre à +4 ou +5°C ne pourrait pas abriter plus d'un milliard de personnes. Les impacts d'un tel changement sur nos sociétés seraient alors "massifs" et "abrupts".

Tous dans le même brasier

Par Le 02/08/2018

Il est clair que la situation m'interpelle beaucoup et que j'y réfléchis énormément. 

C'est de toute façon le thème principal de la trilogie en cours, "Les héros sont tous morts" et les suites.

Lorsque je lis tous les articles et toutes les études scientifiques que je trouve, je me dis que finalement, c'est une "chance" ou une opportunité ce qui arrive parce que c'est sans doute la première fois dans l'histoire de l'humanité que l'ensemble des terriens est confronté au même danger : le climat. 

Il est clair également que jusqu'ici, les divers problèmes, en tous lieux, ne concernaient que les humains sur place. Pas les autres. Et par conséquent, aucune mesure planétaire n'a jamais été envisagée.

Là, maintenant, nous sommes tous dans le même brasier.

C'est aussi la métaphore des grenouilles dans le chaudron... 

 


La vie dans un monde trop chaud

Par Aurore Coulaud et Aude Massiot — 

Kineta, près d’Athènes, le 24 juillet.
Kineta, près d’Athènes, le 24 juillet. Photo Valérie Gache. AFP

Plus fréquentes et intenses, les vagues de canicule font sentir leur impact sur la santé et l’environnement. Cette année, c’est tout l’hémisphère Nord qui passe un été hors-norme, entraînant décès et hospitalisations.

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     La vie dans un monde trop chaud

A Qurayyat, ville aride du sultanat d’Oman, la température n’est pas descendue en dessous de 42,6°C entre le 25 et le 26 juin. Sur toute une journée, aucun point de la planète n’a jamais connu une telle température. Cet épisode extrême n’est que la pointe émergée de l’iceberg de records de chaleur observés à travers le monde depuis le début de l’année. Ils ont causé plus de 70 morts au Canada et encore davantage au Japon. En Californie, des incendies gigantesques dus à la sécheresse intense font rage et ont tué six personnes depuis le début du mois.

«Il y a une très grande cohérence entre les prédictions de l’évolution du changement climatique et les observations de terrain, affirme Robert Vautard, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement du CNRS. En Europe, le réchauffement est même plus rapide que prévu. Dans les prochaines décennies, les vagues de chaleur vont se multiplier et s’intensifier partout sur la planète.» Les années 2016, 2015, 2017 et 2014 ont été, dans cet ordre, les plus chaudes jamais enregistrées. 2018 pourrait bientôt se placer en haut de la liste, selon l’Organisation météorologique mondiale.

À LIRE AUSSI «La lutte pour le climat est contraire aux libertés individuelles»

Face à ce scénario, les pouvoirs publics commencent à s’inquiéter des impacts sur la santé humaine, alors que de nombreux pays ne sont pas armés pour protéger leur population. Le 26 juillet, des parlementaires britanniques ont alerté, dans un rapport, que la chaleur pourrait causer 7 000 morts par an d’ici 2050 si le gouvernement n’adaptait pas les infrastructures du pays. Dans le Sahel, la saison sèche (au printemps) a vu les températures atteindre des niveaux presque mortels. Le chercheur-climatologue François-Marie Bréon précise que «la durée est aussi importante que la température elle-même» car elle favorise le risque de mortalité pour les personnes vulnérables.

Une étude scientifique publiée en 2017 dans la revue Nature concluait qu’actuellement, près de 30 % de la population mondiale est exposée, au moins 20 jours par an, à des températures et de l’humidité au-delà du seuil létal. Pour 2100, ce pourcentage s’élèverait à environ 48 % si on réduit drastiquement les émissions de gaz à effet de serre (GES), et à 74 % si ces dernières continuent d’augmenter (ce qui est en train d’arriver). Sous l’effet conjugué d’une forte humidité et d’une température de plus de 35°C, le corps humain ne peut plus se refroidir par la transpiration.

Chikungunya

«La chaleur affecte aussi la qualité et la quantité d’eau et de nourriture disponible pour les communautés qui vivent dans ces circonstances climatiques extrêmes pendant très longtemps, décrit Shubhayu Saha, professeur à l’université Emory à Atlanta, spécialiste des impacts du changement climatique sur la santé publique. La sécheresse provoque des incendies qui dégagent des fumées toxiques pour l’homme et les animaux.»

Le dérèglement climatique a aussi des effets de long terme sur la santé, mais qui restent encore peu étudiés. Selon l’Association américaine de psychiatrie (APA), l’exposition à de hautes températures est associée à un accroissement de la consommation d’alcool pour lutter contre le stress et à une hausse des admissions dans les hôpitaux et aux urgences des personnes souffrant de troubles mentaux et psychiatriques, ainsi que du nombre de suicides. «On a découvert un lien entre les événements météorologiques extrêmes et une augmentation des comportements agressifs et de la violence domestique», décrit l’APA. «Le désagrément causé par une température trop chaude ou trop froide touche notre système immunitaire, lui-même lié au mental», rappelle le Pr Emmanuel Rusch, médecin de santé publique au CHU de Tours.

Autre conséquence : la transformation des possibilités de transmission des maladies infectieuses. «Les écosystèmes changent, la répartition des insectes aussi, souligne le spécialiste. Il y a dix ans, en Indre-et-Loire, il n’était pas possible d’imaginer la transmission de maladies infectieuses comme le chikungunya véhiculé par le moustique tigre. Aujourd’hui, c’est différent.» Marie Carrega, adjointe au secrétaire général de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc), confirme : «On s’attend à une remontée des maladies qu’on n’avait plus l’habitude de voir en Europe.» C’est aussi ce que prédit une étude de la revue scientifique britannique Scientific Reports parue l’an dernier et selon laquelle plus de 63 % de 157 agents pathogènes ou maladies (concernant l’homme et l’animal) sont liées au moins à un facteur climatique et pourraient donc évoluer sous l’effet du réchauffement.

Chaleur est aussi synonyme de pollution de l’air. De la frontière nord de la France à la vallée du Rhône en passant par Paris, l’épisode de canicule de la semaine dernière s’est accompagné d’une hausse des concentrations en polluants atmosphériques. «La pollution à l’ozone[qui prend la forme du smog, ndlr] se produit de manière concomitante avec la hausse des températures, affirme Robert Vautard. L’air chaud circule lentement et s’alimente en pollution à son passage au-dessus des régions industrielles et au fort trafic routier.» Respirer beaucoup d’ozone peut provoquer crises d’asthme, encombrements des bronches et irritations oculaires.

Est-on prêt à faire face à ces menaces ? «En France, il a fallu attendre la canicule de 2003 pour développer un plan de prévention et d’adaptation efficace, souligne le chercheur. Il n’est basé que sur les observations, pas sur les prévisions climatiques établies par les scientifiques.» Aux Etats-Unis, plus de 130 groupes de protection des travailleurs ont déposé, le 17 juillet, une requête auprès de l’administration Trump pour l’élaboration d’un plan pour les personnes travaillant en extérieur. La série de canicules de cet été a déjà provoqué la mort de plusieurs personnes, notamment des agriculteurs.

Selon l’Organisation internationale du travail, les chaleurs extrêmes pourraient conduire à des pertes de productivité au travail équivalentes à 2 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Car «notre activité économique tout comme notre bien-être dépendent du climat», rappelle François-Marie Bréon. En France, le code du travail, par exemple, prévoit pour les travailleurs du BTP la mise à disposition de lieux de repos, mais aussi «de l’eau potable et fraîche, à raison de trois litres au moins par jour et par travailleur» et même «l’arrêt du travail en cas d’intempéries». Mais on est encore loin des bons réflexes de l’Espagne et du Portugal, qui décalent leurs horaires à cause de la chaleur.

Océan saturé de chaleur

Les hommes ne sont pas les seuls touchés. Animaux et végétaux sont aussi bouleversés par la fournaise. En France, certains oiseaux et arbres ont débuté leur ascension vers des altitudes plus fraîches, mais risquent d’être coincés par les hauteurs dans les prochaines décennies. Plus alarmant encore : les océans captent 93 % de la chaleur liée aux émissions de GES. «Ce réchauffement des eaux entraîne la fonte des glaces aux niveaux des pôles et la montée du niveau des mers,développe Françoise Gaill, coordinatrice du conseil scientifique de la plateforme Océan et Climat. Il participe à leur acidification, ce qui a de graves impacts sur certaines espèces marines, notamment les mollusques et les coraux.» Des populations de poissons ont déjà commencé à migrer vers le nord pour éviter de cuire. «Nous savons que l’océan a une limite de chaleur qu’il peut capturer, mais nous ne la connaissons pas encore, reprend la chercheuse. Atteindre ce seuil de saturation aura des conséquences dramatiques pour tous les écosystèmes, les humains y compris.» 

Enfants contre adultes

Par Le 02/08/2018

 

Thierry Ledru

6 min · 

A l'origine, les adultes ont pour mission de protéger les enfants. Il est clair que ça n'est plus le cas au niveau planétaire. Désormais, les enfants apprennent à se protéger contre le monde adulte...

Des enfants du monde entier attaquent leurs gouvernements sur le réchauffement climatique

 

Repéré par Victor Métais —  — mis à jour le 25 juillet 2018 à 10h11

Et ça fonctionne!

Une usine au loin dans un champ | Thomas Hafeneth via Unsplash CC License by

Une usine au loin dans un champ | Thomas Hafeneth via Unsplash CC License by

 

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Temps de lecture: 2 min — Repéré sur Quartz

En 2015, un groupe de vingt-et-un jeunes Américains et Américaines a décidé de poursuivre le gouvernement en raison du réchauffement climatique. Dans l’affaire Juliana vs. US, les plaignants ont affirmé que le gouvernement avait violé «le droit de vie, de liberté et de propreté des jeunes générations» en adoptant des politiques promouvant l’utilisation d’énergie fossiles, malgré les études mettant en cause le rôle des émissions de CO2 dans le processus de réchauffement climatique.

Malgré son apparence extrême, cette revendication a été acceptée à plusieurs reprises. Le 20 juillet dernier, la cour d’appel des États-Unis pour le neuvième circuita rejeté la tentative de révocation de l’affaire par l’administration Trump. L’affaire sera jugée au tribunal le 29 octobre prochain. «Avec le soutien de la cour fédérale, nous gagnons en puissance»,affirme Avery M., une plaignante de 12 ans. «Le gouvernement fédéral essaie de nous mettre des bâtons dans les roues mais nous persévérerons. Nous sommes optimistes et avons le courage suffisant pour continuer à défendre nos droits constitutionnels.»

Un des problèmes auquel font face ces jeunes gens est que la Constitution américaine ne fait pas état du réchauffement climatique, l’influence de l’Homme sur l’environnement n’étant pas une des préoccupations du XVIIe siècle. Mais les juges estiment que, depuis le siècle dernier et à partir du moment où les gouvernements ont été au courant des conséquences désastreuses de leur politique énergétique, ils sont allés à l’encontre de la Constitution –les principes de vie et de liberté perdant tout leur sens sur une planète inhabitable.

Les enfants ont aussi dénoncé le fait, qu'à cause des politiques passées et (parfois) présentes, leur génération soit disproportionnellement accablée par les effets du réchauffement climatique. À ce titre, ils affirment avoir été victime de discrimination.

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Un mouvement d'ampleur mondiale

En avril dernier, la jeunesse colombienne a réussi à convaincre la cour suprême de justice de son pays de revenir sur la décision de ne pas donner suite à une affaire mettant en cause le gouvernement et cette jeunesse dans le cadre du réchauffement climatique. Les jeunes plaignants et plaignantes affirmaient que la déforestation de l’Amazonie et le réchauffement des températures que cette dernière induit, menaçaient leur droit constitutionnel de bénéficier d’un environnement sain. La cour suprême de justice colombienne a décrété que la partie colombienne de l'Amazonie était considéré comme une personne morale. De ce fait, le gouvernement a le devoir de protéger cet espace.

Ce mouvement a aussi touché la Norvège, la Belgique, les Pays-Bas. Ainsi, ces différents enfants, à travers le globe, ne se rendent pas nécessairement compte qu’ils font partie d’un mouvement collectif international. Cependant ce dont ils se rendent compte est que le «réchauffement climatique est déjà destructeur». Sahara V. affirme en ce sens que ce phénomène «ne cessera pas tant que les gouvernements ne prendront pas de mesures significatives pour l’arrêter plutôt que pour en être acteur».

Jean Jouzel, climatologue

Par Le 01/08/2018

Réchauffement climatique. Jean Jouzel, climatologue : "Nous n'avons que trois ans pour agir"

 

Le climatologue Jean Jouzel tire la sonnette d'alarme au JDD sur les risques du réchauffement climatique. Selon lui, la planète subira des conséquences dramatiques si les émissions de gaz ne sont pas stabilisées d'ici à 2020.

Le climatologue Jean Jouzel s'alarme sur l'évolution du réchauffement climatique. (Eric Baudet/Divergence pour le JDD.)

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"Pas besoin de faire de catastrophisme : la situation est catastrophique." L'avertissement fait froid dans le dos. Le climatologue et ancien vice-président du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) Jean Jouzel, dresse un bilan bien sombre sur l'évolution du réchauffement climatique. "Pour espérer rester en deçà de 2°C de réchauffement par rapport à l'ère préindustrielle, il faudrait que le pic d'émissions de gaz à effet de serre survienne au plus tard en 2020", souligne le climatologue. Nous n'avons que trois ans devant nous." Face au réchauffement climatique, il prévoit notamment des étés de plus en plus chauds, jusqu'à 6 à 8°C de plus dans les années à venir. "On n'est plus dans le futur : ce sont les enfants d'aujourd'hui, ceux des cours d'école, qui pourraient subir ces étés à 50°C", s'inquiète Jean Jouzel.

À quoi ressembleront nos étés demain ?
Ils seront plus chauds en moyenne. Pour vous donner une idée, en juin, juillet et août 2003, les températures étaient supérieures de 3 °C par rapport à un été de référence du XXe siècle. Si rien n'était fait pour lutter contre le réchauffement, cela pourrait devenir banal au-delà de 2050. Les étés caniculaires seraient encore plus chauds, jusqu'à 6 à 8 °C de plus, avec deux problèmes majeurs. D'une part la mortalité : même si on est mieux préparés, la canicule de 2003 avait causé 15.000 décès en France et 70.000 morts en Europe ; d'autre part, les feux de forêt, avec 73.000 hectares brûlés ce même été. Et dans certaines mégapoles comme Paris, des îlots de chaleur urbains se formeront, où le mercure grimpera encore de 6 à 8 °C supplémentaires, entraînant des problèmes de santé accentués en cas de pollution.

Certaines régions en France connaîtraient des journées à plus de 50 °C, selon une récente étude.
C'est un travail très utile car il rend le phénomène concret. Si on n'agit pas, la planète se réchauffera en moyenne de 4 à 5 °C d'ici à la fin du siècle par rapport à l'ère pré­industrielle. La limite à ne pas ­dépasser, c'est + 2 °C. Si on respecte les accords de Paris, on sera entre les deux, entre + 3 et + 3,5 °C. Or il est difficile de faire comprendre qu'un degré de plus nous fera basculer dans un autre climat. Ces chercheurs ont compilé les données de températures journalières et travaillé avec un modèle de Météo France d'une résolution de 12,5 kilomètres. Si rien n'est fait, vers 2075, les maximales journalières seront certaines années plus chaudes de 12 à 13 °C dans l'est de la France, de 8 °C en Bretagne. Et cela sur des températures dépassant déjà 40 °C! On atteindrait ainsi 50 à 55 °C dans certaines régions.

"À l'horizon 2050, ce risque de feux apparaîtra dans le centre et l'ouest de la France, jusqu'ici épargnés"

Une canicule en juin, des incendies massifs en juillet… La France est-elle déjà en surchauffe?
L'été est plus chaud et plus précoce. Au 15 juin, on a désormais un climat de début juillet 1960. La saison s'étend, avec des canicules plus précoces en juin ou plus tardives en septembre. Le lien avec le réchauffement climatique est certain, et celui-ci est dû depuis 1950 avec une quasi-certitude aux activités humaines. Ce contexte fait craindre que les sécheresses actuelles du ­Bassin méditerranéen (40 °C et plus de 60 morts dans un incendie au Portugal, pénurie d'eau en Italie, le sud de la France en proie aux flammes) soient de plus en plus fréquentes et aiguës. Les incendies augmentent partout et les ingrédients sont connus : la température, la sécheresse, le vent, mais aussi l'urbanisation et la négligence humaine. À l'horizon 2050, ce risque de feux apparaîtra dans le centre et l'ouest de la France, jusqu'ici épargnés.

Boira-t‑on bientôt du vin de Bordeaux cultivé en Finlande?
Il y a dix ans, lorsqu'on disait qu'il faudrait planter des vignes en ­Angleterre car les vins deviendraient trop alcoolisés avec la chaleur, les gens nous prenaient pour des fous. Aujourd'hui, les maisons champenoises investissent toutes dans le sud de l'Angleterre. Cette préoccupation de l'adaptation au climat est devenue quotidienne pour la profession. Pour les vignerons et les producteurs de fruits, la succession d'hivers doux suivis de gelées tardives est aussi très néfaste.

Votre frère, qui a repris la ferme familiale en Bretagne, ne croit pas au réchauffement!
Exact, comme beaucoup de paysans qui reprennent le credo de Claude Allègre, il pense que nous sommes dans un cycle comme il y en a déjà eu par le passé. En ­revanche, j'ai beaucoup d'espoir en voyant mes sept petits-enfants. Récemment, j'ai entendu deux de mes ­petites-filles de 9 et 10 ans parler trente minutes d'éoliennes et d'énergies renouvelables…

"Les engagements actuels ne sont pas à la hauteur de l'enjeu. L'urgence est là."

Il ne reste que trois ans pour agir, comme le rappelle un groupe de scientifiques, politiques et économistes dans la revue Nature.
Oui, nous n'avons que trois ans devant nous. C'était écrit dès 2007 dans le rapport du Giec. On l'a réécrit depuis, ça reste vrai! Pour espérer rester en deçà de 2 °C de réchauffement par rapport à l'ère préindustrielle, il faudrait que le pic d'émissions de gaz à effet de serre survienne au plus tard en 2020. L'accord de Paris a transformé ce diagnostic des scientifiques en un objectif d'atteindre ce pic "le plus tôt possible", sans date. Nous écrivions aussi qu'il fallait diminuer de 40 à 70 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050 et atteindre la neutralité carbone d'ici à 2100. C'est un défi. Le dialogue entre scientifiques et politiques fonctionne au niveau international, mais les engagements actuels ne sont pas à la hauteur de l'enjeu. L'urgence est là.

Le discours des scientifiques n'est-il pas trop timide?
On n'a peut-être pas été bons, mais on n'arrête pas de sonner l'alarme ! Tout a été dit dans le premier rapport du Giec en 1990. Les conséquences du réchauffement étaient perçues comme virtuelles. C'était "cause toujours, on verra après". Malheureusement, les faits sont là. Avec la fonte des glaces, le niveau de l'eau s'est élevé de 20 cm depuis 1900. Il augmente de 3 mm par an, et cela risque de s'accélérer. La Bretagne s'est réchauffée de 1,5 °C depuis le milieu du XXe siècle, les gens de ma génération l'ont vu. Tout ce qu'on prédisait se réalise, et on n'exagère pas ! Hélas, la prise de conscience ne se fait que par les extrêmes. La canicule de 2003 qui a touché toute l'Europe de l'Ouest a eu un effet pédagogique, de même que le rapport de l'économiste Nicholas Stern selon lequel ne rien faire coûterait plus cher que d'agir. Ce message a été un choc pour les entreprises.

"Si le Sahel et la Corne de l'Afrique deviennent plus secs, les réfugiés seront encore plus nombreux"

Que dire aujourd'hui pour alerter les consciences?
J'ai longtemps dit qu'en Europe de l'Ouest le réchauffement était perceptible mais pas encore dangereux. Je change mon discours : il est déjà dangereux. Ces catastrophes ont des coûts humains, financiers, en pertes de biens. Je le répète, on n'est plus dans le futur : ce sont les enfants d'aujourd'hui, ceux des cours d'école, qui pourraient subir ces étés à 50 °C. On n'échappera pas d'ici à 2100 à une hausse de 40 cm à 1 m du niveau de la mer ; peut-être pas loin de 2 m, selon des études récentes. L'île de Sein ou l'île de Ré seraient coupées en deux. Et si le réchauffement se maintient sur plusieurs siècles, le Groenland pourrait finir par fondre, provoquant une élévation de 7 mètres.

Et cela ne vous rend pas catastrophiste?
Pas besoin de faire de catastrophisme : la situation est catastrophique. Alarmiste, je le suis si on ne fait rien. Le réchauffement est inéluctable, mais en le limitant à 2 °C nous pourrons nous y adapter pour l'essentiel. Du moins dans les pays riches. Car la principale conséquence du réchauffement, c'est l'accroissement des inégalités. Il diminue les endroits où il fait bon vivre sur la planète. Partout, les premières victimes sont les moins fortunées : cela a été vrai en France lors de la canicule de 2003 et pour ­Xynthia : les maisons les plus touchées par la tempête étaient celles construites sur des terrains pas chers. C'est vrai ailleurs. Le réchauffement a des effets sur l'instabilité et le risque de conflits au Moyen-Orient. Cet été, on a relevé 54 °C au Pakistan et en Iran. Au Moyen-Orient et de la Corne de l'Afrique jusqu'à la Libye, le mercure va grimper de 5 à 6 °C… À ces températures, il n'y a plus d'activité extérieure possible. On compte déjà 65 millions de déplacés sur la planète. Si le Sahel et la Corne de l'Afrique deviennent plus secs, les réfugiés seront encore plus nombreux.

Malgré ce diagnostic sévère, vous restez optimiste. Par foi en l'homme?
À mes yeux, un monde sans pétrole, où on fait mieux avec moins, est tout aussi désirable. À l'échelle planétaire, si on s'y met, 50 % de l'énergie pourrait venir du renouvelable en 2050. Créer un mode de développement différent, c'est enthousiasmant ! Cela suppose des innovations, des emplois. Il faut donner l'espoir et l'envie : ceux qui ont acheté une voiture électrique ne reviendront pas à l'essence. Mon principal reproche à Claude Allègre et ses soutiens, c'est de laisser croire qu'on trouvera toujours des solutions quand les catastrophes arriveront. Ce n'est pas vrai pour le réchauffement climatique. C'est la pure vanité humaine. Personne n'arrêtera l'élévation des mers. Les refuges vont rétrécir. Il sera difficile de garantir la sécurité alimentaire pour 10 milliards d'habitants.

"J'ai été agréablement surpris lorsque Macron a cité l'accord de Paris comme une action majeure du quinquennat Hollande"

Se donne-t‑on les moyens d'y faire face en France?
Le moment approche où il sera trop tard pour mettre en place les solutions. Or trop de freins administratifs à l'action persistent. En Allemagne, un projet éolien voit le jour en quatre ans ; en France, en huit ans ! Dans le golfe du ­Morbihan, ils veulent construire des hydroliennes, ils n'y arrivent pas. Il y a 3.000 éoliennes en mer en Europe, zéro en France. Entre l'appel d'offres et la réalisation, cinq à dix ans s'écoulent, et des technologies plus performantes apparues entre-temps ne peuvent pas être utilisées. Ces barrages sont aberrants. Accélérer ces projets, c'est l'un des grands chantiers de Nicolas Hulot.

Sentez-vous un climat favorable depuis sa nomination et l'élection d'Emmanuel Macron?
J'ai soutenu Benoît Hamon. Mais j'ai été agréablement surpris lorsque Macron a cité l'accord de Paris comme une action majeure du quinquennat Hollande. Pour Hulot, le travail consistera avant tout à mettre en œuvre les lois existant sur la transition énergétique et la biodiversité. Ce n'est pas si facile. La France est à 16 % d'énergies renouvelables, nous n'atteindrons pas l'objectif fixé à 23 % en 2020. Le ministre dit qu'il veut faire mieux que la loi. Très bien, mais remplissons déjà le contrat !

Avec le retrait des États-Unis de l'accord de Paris, les chances de réussir à le mettre en œuvre ne sont plus que de 10 %, selon le climatologue américain Michael Oppenheimer.
Je ne suis pas loin de ce diagnostic. Je dirais qu'il reste 20 à 30 % de chances. L'effet le plus dommageable du retrait américain est indirect : c'est l'impact auprès des autres pays signataires. Chacun d'eux devait détailler en 2018 les outils pour atteindre ses objectifs. Puis vers 2019, rediscuter des moyens de faire mieux, de relever l'ambition. C'est indispensable, car on est dans les choux par rapport à l'objectif de 2 degrés maximum ! Désormais, les autres pays pourront dire : "Les USA ont quitté le navire, pourquoi faire plus ?" Le succès de Paris, c'était d'être quasi universel. Trump a rompu cette confiance. Mais s'il y voit un intérêt pour sa politique intérieure, il pourrait faire un geste. Il a déjà fait savoir que Washington participerait aux négociations hors de l'accord, il pourrait aussi revenir sur sa promesse de cesser le soutien aux organisations internationales environnementales. Comme le dit le Nobel d'économie Joseph Stiglitz, c'est le seul grand projet pour l'avenir : réussir à continuer à se développer dans ce monde limité. Tenir compte de l'écologie, et pas seulement de l'économie.

 

Climatiseurs et dissonance cognitive

Par Le 31/07/2018

 

Thierry Ledru

"Selon la théorie de la dissonance cognitive, lorsque les circonstances amènent une personne à agir en désaccord avec ses croyances,cette personne éprouvera un état de tension inconfortable appelé dissonance, qui, par la suite, tendra à être réduit, par exemple par une modification de ses croyances dans le sens de l’acte."


On a donc avec les épisodes répétés de canicule des millions de personnes dans le monde qui s'équipent en climatiseur et on sait de façon irréfutable que ces climatiseurs renforcent encore le réchauffement climatique. 
Malgré tout, les installateurs et les équipementiers croulent sous les commandes et tout le monde se plaint de la chaleur...
La dissonance cognitive prend forme lorsque les consommateurs considèrent que leur confort individuel devient prioritaire au regard de l'impact planétaire et qu'ils s'efforcent d'oublier ou de continuer à ignorer les conséquences de leurs actes personnels.
"Je ne suis pas responsable de cette canicule alors je m'en protège. "
La responsabilité du phénomène est atténuée par le confort retrouvé. Le problème s'efface dans le plaisir.

On peut bien évidemment élargir le phénomène à bien d'autres domaines.

Qui aujourd'hui n'a pas entendu parler de la maltraitance animale et de l'impact considérable de l'élevage bovin pour l'alimentation humaine ? Combien ont décidé de ne plus manger d'animaux?

Qui aujourd'hui n'a pas entendu parler de la pollution engendrée par le commerce mondial et l'achat de produits alimentaires venant de l'autre côté de la planète ? Combien ont décidé de ne plus acheter ces produits ? 

Qui n'a pas entendu parler de la pollution considérable de l'atmosphère par les avions de grandes lignes ? Combien ont décidé de se passer des vacances dans les pays "exotiques" à la nature si belle ? 
 

Le plaisir individuel est à la source de l'état désastreux de la planète. Pas uniquement de décisions politiques n'ayant pour seuls objectifs que de garder le pouvoir et ses privilèges.


Réchauffement de la planète : le cercle vicieux de la climatisation

Des milliards de nouveaux climatiseurs vont être installés dans le monde sur les prochaines décennies. Mais ces appareils consomment beaucoup d'énergie.

Source AFP

Modifié le  - Publié le  | Le Point.fr

Le climatiseur est l'un des premiers achats réalisés lorsque le niveau de vie s'améliore en pays émergent.

Le climatiseur est l'un des premiers achats réalisés lorsque le niveau de vie s'améliore en pays émergent.

© BELGA/AFP/ Patrick Lefevre

 

Dans certains pays où il fait très chaud l'été, les populations peuvent s'offrir depuis longtemps maintenant quelques instants de fraîcheur. Comment ? Grâce aux climatiseurs. Un été humide et torride devient alors plus supportable en Géorgie américaine, ou encore en Australie. Problème : la climatisation contribue discrètement mais sûrement et de façon croissante au réchauffement de la planète. Car plus il fait chaud, plus il y a de climatiseurs en circulation, et plus il y a de climatiseurs, plus il fait chaud. Des milliards de nouveaux appareils vont être installés dans le monde dans les prochaines décennies, au fur et à mesure que les habitants de pays émergents au climat étouffant obtiennent les moyens de s'acheter ces biens, aussi essentiels en Chineet en Inde que peut l'être le réfrigérateur.

Or ces appareils consomment énormément d'électricité, de l'électricité aujourd'hui générée principalement par des centrales au charbon ou au gaz... et qui émet donc des gaz à effet de serre, réchauffant le climat. À moins d'un changement radical de trajectoire, les émissions de dioxyde de carbone liées à la climatisation devraient presque doubler entre 2016 et 2050, selon un rapport publié mardi par l'Agence internationale de l'énergie. En quantité de CO2 supplémentaire rejeté dans l'atmosphère, c'est comme si l'on ajoutait une Afrique actuelle au monde, soit près d'un milliard de tonnes de CO2 environ par an.

Les cas de la Chine, l'Inde et l'Indonésie

Les climatiseurs ont un autre effet réchauffant, bien plus direct et ressenti par chacun : ils réchauffent les villes car chaque appareil rejette dans la rue la chaleur qu'il a pompée pour refroidir l'intérieur d'un logement ou d'un bureau. Une étude de 2014 a simulé la hausse de température, de nuit, à un degré Celsius en centre-ville. Le cercle vicieux est renforcé par la hausse continue du niveau de vie dans le monde. À commencer par la Chine, l'Inde et l'Indonésie, trois pays qui contribueront pour moitié à la hausse mondiale de consommation électrique pour la climatisation. Au Brésil, en Thaïlande ou en Indonésie, quand les revenus d'un ménage augmentent, c'est souvent l'un des premiers achats.

L'urbanisation rapide, notamment en Inde, accélère encore le phénomène : les machineries urbaines, pas seulement la climatisation, créent de la chaleur, une chaleur qui est à son tour absorbée par le béton... Il existe aujourd'hui environ 1,6 milliard de climatiseurs installés dans le monde, dont environ la moitié aux États-Unis et en Chine. Environ 135 millions de nouveaux appareils sont vendus chaque année, trois fois plus qu'en 1990, selon le rapport de l'AIE. Rien qu'en Chine, le premier marché mondial, 53 millions ont été vendus en 2016. En Inde, seuls 4 % des ménages sont équipés en climatisation. Tout indique que la demande va exploser dans les prochaines décennies.

Le climatiseur, « angle mort » du débat énergétique

« Le monde va subir une crise du froid », affirme le directeur de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol. Pour lui, la question des climatiseurs est « l'angle mort » du débat énergétique actuel. Les solutions, détaillées dans le rapport, existent, comme développer l'énergie solaire donc le pic de production, en journée, correspond au pic de consommation des climatiseurs ; ou améliorer l'isolation énergétique des bâtiments. Mais la priorité, selon l'organisation, est de durcir les normes sur la consommation électrique des appareils. Les technologies plus économes existent, mais les consommateurs plébiscitent encore largement les appareils énergivores et moins chers, notamment aux États-Unis.

Tourisme de masse (3)

Par Le 30/07/2018

Haro sur le tourisme de masse

 

http://media.lesechos.fr/infographie/tourisme-masse/

La planète s’affole devant des flux de touristes toujours plus nombreux : 1,3 milliard en 2017, selon l’Organisation mondiale du tourisme, en hausse de 7% sur un an. Et aucun signe de ralentissement en vue. Ni les crises économiques, ni les tensions géopolitiques n’ont durablement infléchi cette croissance. On attendrait 500 millions de visiteurs supplémentaires pour 2030, dont la moitié viendrait de Chine.

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Geneviève Thibaud & Jules Grandin

Les pays d’Europe accueillaient plus des deux tiers des touristes internationaux en 1980, l’Amérique du Nord 16%, les autres régions du monde se partageant les miettes. En 2017, l’Europe capte 51% des arrivées, l’Amérique toujours 16%, mais l’Asie-Pacifique 24%, avec l’émergence de la Chine passée au 3e rang (4e, en 2016) des destinations touristiques. Et même au premier rang, en incluant Macao et Hong Kong.

La Chine dans le « Top 5 » des destinations

Evolution des 20 premières destinations touristiques, en 1980 et 2016

Flourish logoA Flourish data visualisation

L’asphyxie menace déjà certains sites. Les habitants de Barcelone, de Palma, ou de Venise, manifestant régulièrement leur exaspération devant les nuisances provoquées par ces hordes de touristes, les autorités ont fini par réagir, à coups de restrictions sur les locations saisonnières, de réglementation ou d’interdiction. A tel point que la tendance est à l’inventaire des sites à éviter absolument. Tour d’horizon de ces destinations en « overtourism » mises sous surveillance.

Les sites fermés

THAÏLANDE

Maya Bay

Immortalisé par Danny Boyle, dans le film « La Plage » avec Leonardo DiCaprio, ce lagon aux eaux cristallines est devenu un spot mondial attirant 5 000 curieux/jour. Au péril de l’environnement. 77% du corail aurait disparu, selon les scientifiques.

Les autorités ont fini par juger que Maya Bay, comme une vingtaine d’autres sites de plongée, avait besoin d'une pause. L’accès est fermé jusqu’en septembre prochain, pour permettre de transplanter du corail d'autres endroits mieux préservés. Par la suite, le nombre de visiteurs pouvant accoster sera limité à 2 000 par jour.

PHILIPPINES

île de Boracay

Cette île paradisiaque de l’archipel des Visayas accueillait plus de 2 millions de visiteurs par an, avant que Rodrigo Duterte, le président philippin, n’annonce sa fermeture pour six mois, jusqu’en octobre prochain. Face à "ce cloaque surpeuplé", selon ses mots, il était urgent de nettoyer les déchets et de dépolluer. Malheureusement cette opération serait un préliminaire à la construction d’un vaste complexe de loisirs.

AUSTRALIE

Uluru

C’est sans doute le rocher le plus connu et le plus photographié de la planète : il a été rendu célèbre par une image de Charles et Diana, le couple royal britannique, posant devant cette falaise lors d’un voyage en 1983. Les touristes se contenteront de l’admirer de loin. L'ascension de cette formation rocheuse, sacrée pour les Aborigènes, sera interdite à partir du 26 octobre 2019.

MEXIQUE

Chichen Itza

L’escalade de la pyramide de Kukulkan de ce site maya est désormais interdite, et la salle du trône est fermée.

Les quotas

INDE

Taj Mahal

Le site accueille entre 10 000 et 15 000 visiteurs/jour, un chiffre pouvant atteindre 70 000 le week-end. Une surfréquentation qui fragilise particulièrement les fondations du palais. Depuis janvier dernier, les autorités ont limité le nombre de visiteurs quotidiens à 40 000. Cette restriction ne concerne pas les touristes étrangers. Elle ne s'applique qu'aux Indiens, sauf s'ils acquittent le droit d’entrée réservés aux étrangers de 1 000 roupies (13 euros). La visite ne peut plus excéder trois heures.

ITALIE

Venise

Pour éviter le « Venexodus », l’exode des habitants face à la marée de touristes, la municipalité a lancé un grand plan de régulation : gel de la  création de nouveaux hôtels dans le centre-ville, réduction du nombre d'appartements en location touristique, des itinéraires alternatifs pour désengorger certains passages grâce à des capteurs placés à des endroits stratégiques, déploiement de policiers municipaux...

En attendant, les navires de croisière géants (plus de 96.000 tonneaux) ne passeront plus devant la place Saint-Marc. Ils devront accoster à Marghera, sur un nouveau terminal qui devrait être achevé en 2019.

GRÈCE

Santorin

Sur l’île, le nombre de visiteurs a été limité à 8 000 par jour, alors que l’an dernier pendant la haute saison, 10 000 à 13 000 croisiéristes étaient enregistrés.

PÉROU

Machu Picchu

En 2016, 1,4 million de touristes ont visité le site, dépassant la limite quotidienne des 2 500 fixée par l’Unesco. Pour éviter l’inscription du site sur la liste du Patrimoine mondial en péril, depuis juillet dernier, le Pérou a instauré de nouvelles règles visant à restreindre le nombre d’entrées : les touristes étrangers devront prendre un guide, afin d'éviter les attroupements de foule, emprunter l'un des trois itinéraires balisés durant un créneau horaire déterminé, limiter leur visite à 4 heures. Enfin, cannes à selfies, nourriture, ombrelles, chaussures à talons, poussettes, animaux et instruments de musique devront rester au vestiaire.

COLOMBIE

Caño Cristales

Au cœur de terres minées par des luttes entre factions rivales, aujourd’hui pacifiées, la destination a rouvert assez récemment. Mais les cohortes de touristes, 16 000 en 2016, dans un écosystème fragile préoccupent les autorités. En décembre dernier, l'accès a été restreint.

EQUATEUR

Iles Galapagos

Laboratoire vivant d' espèces uniques au monde (iguanes terrestres, tortues géantes, etc.), qui inspira à Charles Darwin sa théorie de l’évolution par la sélection naturelle, l île met le tourisme sous haute surveillance. Les visiteurs, désormais limités à 200 000 par an, signent une charte de bonne conduite. La marine militaire patrouille en mer.

CHILI

Ile de Pâques

Véritable musée à ciel ouvert, les fameuses statues Moai ne se laissent plus approcher sans billet vendu par les autorités locales ou les agences de voyage, instauré il y a deux ans. Le nombre de visiteurs est limité à 100 000 et la durée du séjour ne peut excéder 60 jours.

Réglementation, loi, taxe

NÉPAL

Mont Everest

Accéder au toit du monde se paye cher. Le permis d'ascension (« autorisation de sommet ») obligatoire pour tout étranger désireux d’accéder à un pic du Népal, se monnaye entre 10 000 et 15 000 dollars. En ajoutant la pension complète, l'équipement, le sherpa etc, l'expédition sur l'Everest coûte en moyenne 55 000 à 70 000 euros par personne. Depuis 2015, les grimpeurs « novices » sont écartés tandis que l'accent est mis sur la formation de petites cordées afin d'éviter les embouteillages sur les sentiers. Par ailleurs, pour lutter contre l’accumulation de déchets, chaque randonneur doit redescendre avec ses ordures (8 kg de déchets en plus de son matériel), sous peine de poursuites.

BHOUTAN

Le contraire du tourisme de masse. Ce pays très soucieux de préserver sa culture n’a entrouvert ses frontières aux étrangers qu’en 1974. Les restrictions demeurent nombreuses : les visiteurs, à l'exception de ceux provenant des pays voisins (Inde, Maldives, Bangladesh), doivent obtenir un visa d'un voyagiste agréé et s’acquitter d’une taxe journalière de 200 à 250 dollars selon la saison. Paradoxalement, ces mesures assez drastiques ont pu attirer des touristes soucieux d’authenticité. Le flux n’a de cesse de grossir: +412 % depuis 2010.

NOUVELLE-ZÉLANDE

A une hausse des frais de visas pourrait s’ajouter l'instauration d'une taxe de 35 dollars néo-zélandais (21 euros) imposées aux touristes étrangers, l’an prochain. Celle-ci servirait à financer des infrastructures publiques dont manque certaines régions du pays.

JAPON

Mont Fuji

Les visiteurs sont désormais invités à ramener leurs déchets, ne pas s’écarter des sentiers, ne pas faire de graffitis sur les pierres, etc. Un quota est également à l’étude.

TANZANIE

Kilimandjaro

Les touristes doivent impérativement passer par un guide local, engager des porteurs et s'acquitter des droits d'entrée du parc. L'ascension est interdite aux moins de 10 ans.

ITALIE

Florence

Le Kärcher pour empêcher les pique-niques devant les monuments de la ville : les policiers municipaux arrosent les marches des églises à l'heure du déjeuner pour empêcher les touristes de s'asseoir avec leur sandwich. La ville compte 5 866 touristes au km2.

ISLANDE

A l’éruption d'Eyjafjallajökull, qui a placé l'Islande sur la carte du tourisme, s’est ajoutée l’exposition offerte par la série culte « Game of Thrones », (les saisons 2,3, 4 et 7 y ont été tournées) et des vols bon marché. Résultat, des visiteurs toujours plus nombreux : 50 000 en 1994, 2,2 millions en 2018, pour seulement 330 000 habitants. On frôle l’overdose. Si le tourisme a sauvé l'économie à plat après la crise bancaire, les autorités entendent désormais mieux réguler ces flux de voyageurs pas toujours très soucieux d’environnement. En commençant par les encourager à signer une charte de bonne conduite. Sur un mode humoristique, « le serment islandais », se décline en huit principes essentiels comme « lorsque l’appel de la nature se fera sentir, je n’y répondrai pas sur la nature » ou encore « je suivrai la route qui mène à l’inconnu, sans jamais sortir des sentiers battus ».

ETATS-UNIS

Canyon de Zion (Utah)

Face aux embouteillages géants, les autorités ont interdit l’accès aux voitures d’avril à octobre.

ANTARCTIQUE

Une des dernières terres de conquête du tourisme mondial, l’Antarctique fait incontestablement rêver. Malgré la cherté de la destination, les croisiéristes, en particulier américains, se bousculent, obligeant les compagnies qui opèrent dans le secteur à s’accorder sur des règles. Les débarquements sont interdits aux paquebots de plus 500 passagers. Quant aux excursions terrestres, elles sont limitées à 100 personnes sur un même site à condition de stationner moins de trois heures

Restrictions à la location

FRANCE

Paris, Bordeaux, Nice

AMSTERDAM

Pays-Bas

Durcissement des règles autour des activités touristiques, comme les calèches et les « beer bikes », interdiction des cars et bateaux touristiques en centre-ville, augmentation de la taxe de séjour : la ville multiplient les initiatives. Les locations saisonnières sont également visées. Elles seront même interdites dans certains quartiers du centre pour les durées très courtes.

ROYAUME-UNI

Londres

La ville a limité la location saisonnière, pour les particuliers, à un maximum de 90 jours dans l'année.

ALLEMAGNE

Berlin

La municipalité a interdit aux particuliers la location saisonnière d'appartements entiers.

Les destinations qui explosent

Cinq des dix destinations qui affichent les plus fortes croissances se situent en Chine ou en Inde. Ce qui laisse présager d'un futur raz de marée, d’autant que ces chiffres ne tiennent pas compte des touristes voyageant dans leur propre pays, estimés à entre 3 et 4 milliards. Ainsi, sur les 750 millions de touristes visitant l’Inde, seuls 16 millions sont étrangers, les Indiens formant l’immense majorité (98%). A un tourisme international croissant s’ajoute un tourisme national véritablement exponentiel. Aucune raison, par exemple, que la classe moyenne des pays d’Afrique sub-saharienne n’échappe à cette vague de fond.

Evolution du nombre de touristes internationaux, entre 2000 et 2017

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Deux capitales asiatiques sur le podium

En tête du classement des villes les plus visitées l’an dernier, on retrouve Hong Kong suivi de Bangkok, qui dépasse Londres depuis 2015. Les capitales asiatiques dominent le classement mondial des destinations grâce à l’inexorable montée en puissance de la Chine. A un tourisme urbain plus culturel, associé quelquefois au shopping (Dubai, Singapour, Londres), ou religieux (Rome, La Mecque) s’ajoute un tourisme balnéaire ultraconcentré. A Cancun, Pattaya ou Phuket, le nombre de touristes au mètre carré affole les compteurs, pour une population locale, elle, quasi-inexistante. L’entre-soi du tourisme de masse poussé à son comble.

« Top 30 » des villes accueillant le plus de touristes

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Note : L’OMT mesure les entrées de visiteurs internationaux passant une nuit hors de leur pays d’origine. Les voyages de vacances, de détentes ou de loisir ont représenté la moitié des arrivées.

SOURCES : OMT, Euromonitor, AFP, The Guardian, BBC, le Monde.

"La sous-ciété"

Par Le 30/07/2018

La "sous-ciété"


Il m'est impossible d'utiliser le terme de société pour désigner cet environnement social et surtout spirituel dans lequel j'évolue. D'autant plus en lisant tout ce que la société Kogis a mis en place et cette osmose fascinante dans laquelle ce groupe humain évolue depuis des siècles.
Si j'utilise le terme de "sous-ciété" pour désigner le monde occidental, c'est parce qu'il s'agit à mes yeux d'un espace de basse synergie. 
Une société digne de ce nom existe au contraire dans une haute synergie. Cette synergie prend forme dès lors que les individus ont opté pour une exploration lucide de leur implication dans une harmonie constante au regard de la Nature et du flux vital.

Ce n'est pas le système occidental qu'il faut blâmer. Ce soi-disant système n'a aucune existence spontanée, il n'est que le reflet de l'état de conscience des gens qui le composent. Un système n'est que l'amalgame de composants. Les individus sont ces composants et le système est activé par les liens qui unissent les composants. 
Un moteur de voiture n'a pas d'existence en soi, ce sont les liens entre chaque composant qui lui donnent ce semblant d'existence. Il est totalement absurde de dire qu'un moteur ne fonctionne pas. Il s'agit d'identifier le composant défectueux. Pas d'accuser l'ensemble.

Le terme de "société" correspond à un paradigme extrêmement puissant. Les individus ont été conditionnés à s'en remettre à ce système et à quelques groupes ou individus chargés d'entretenir le système. Un paradigme est une "super théorie". Il propose les modèles de pensées auxquels chaque composant du système va apprendre à se référer. On trouve des paradigmes dans le domaine scientifique mais le concept de "société" s'établit dans un espace psychologique et philosophique, même si cette "philosophie" est indigne de la philosophie en tant que telle.

Inutile de se référer à des données politiques, économiques, sociales, historiques. Tout cela n'est que l'habillage d'un formatage philosophique.

Un paradigme se nourrit de schémas mentaux. Ceux qui nous concernent dans cette "sous-ciété" de basse synergie s'établissent au coeur de l'ego. Ces schémas mentaux sont destinés à préserver le paradigme. Une fois que les schémas mentaux sont appliqués à la masse entière, le paradigme devient une "réalité". Il ne s'agit pas du "réel" mais d'une interprétation des phénomènes dans le cadre du paradigme. 
La "réalité" est instaurée de façon à propager le fonctionnement institutionnel. Non pas gouvernemental mais un fonctionnement philosophique. C'est là qu'il faut dépasser la condamnation infantile de la "société". La "société" est un moteur dont chaque individu est un composant.

Même les leaders de cette "sous-ciété" ne sont pas conscients de l'illusion dans laquelle ils évoluent. Ils ont simplement adopté les schémas mentaux de leurs pairs et les ont développés pour leurs propres intérêts. Personne, parmi les leaders, qu'ils soient politiques ou économiques, n'est conscient du courant qui les emporte. On ne demande pas à un carburateur d'être conscient de son appartenance à un moteur. On lui demande d'effecteur sa tâche avec soin. Les leaders de cette "sous-ciété" ne sont que des carburateurs et ils n'ont aucune vision verticale de l'ensemble. Ils se pensent "décideurs" quand ils ne sont que les copistes des écrits de leurs prédécesseurs.

Les manipulations dont ils sont régulièrement accusés ne s'établissent toujours qu'au coeur de ce paradigme. Les schémas mentaux sont modulables mais nourrissent toujours le paradigme. La prochaine élection n'est que la confrontation de schémas mentaux dans une "réalité" illusoire et perverse. Aucun changement de paradigme n'est envisagé car cela signifierait que les leaders prendraient le risque de ne plus être les leaders. Leur objectif n'est que de porter une étiquette différente de celle de leur adversaire. La philosophie interne au système reste la même dans un jeu de chaises musicales sous la direction d'un orchestre archaïque et fondamentalement conservateur.

L'idée fondamentale est de modifier quelque peu les composants du moteur pour lui donner un rendement différent et si possible "meilleur" au regard de la "réalité" instaurée afin de justifier les privilèges qui sont accordés aux solistes. Mais il n'est pas question de réfléchir à la justesse du moteur lui-même. On ne touche qu'aux schémas mentaux. Pas à la source de ces schémas.

Les individus sont donc responsables du paradigme en se sens qu'ils l'entretiennent à travers les schémas mentaux qu'ils ont adoptés. Le système n'existe qu'à travers cette adhésion. Non seulement comportementale mais bien avant tout philosophique.

Si ce paradigme nourrissant cette "sous-ciété" existe, c'est en raison de notre fonctionnement. Nous sommes encapsulés dans un moi tout puissant et tout ce qui ne participe pas à cette identité est extérieure à ce moi. Cette scission est à la source de la dualité et de la basse synergie si dévastatrice. 
Ce modèle fondamental conditionne toute la "réalité" qui convient au maintien du paradigme. Le système s'auto-entretient à travers le figement philosophique des individus. 
On peut parler désormais avec la mondialisation de "méta-modèle" ou "méta-paradigme", c'est à dire ce qui est au-delà du paradigme lui-même. Comme un moteur qui fonctionnerait de lui-même, sans aucun pilote...Mû par sa propre énergie. Un mouvement perpétuel. Ou qui se croit perpétuel...

La société des Kogis est organisée autour d'une idée radicalement différente de celle du moi encapsulé. C'est celle de l'unicité. Il n'y a pas de séparation mais une osmose qu'il faut entretenir. L'individu n'est pas qu'un composant d'un moteur. Il est conscient du moteur et du rôle qu'il tient au coeur de ce système. Il n'agit pas en restant centré sur le fonctionnement de la pièce qui le constitue et de son rôle parcellaire parce qu'il n'est jamais dissocié du moteur lui-même. On pourrait comparer cela également avec une cellule constituant le bout infime d'un doigt. Cette cellule aurait conscience de l'existence de l'individu auquel elle appartient malgré le gigantisme de l'ensemble dans lequel elle évolue. C'est une vision macroscopique qui donne à l'existence de l'individu une énergie bien plus puissante que celle d'une cellule qui se croit isolée et toute puissante. Le moi n'est plus une entité en elle-même mais un réceptacle de l'énergie vitale qui anime un ensemble d'une complexité infinie. Il ne s'agit pas pour autant de la négation de l'individu étant donné que l'individu puise dans cette appartenance une nourriture spirituelle d'une plénitude inconcevable pour la plupart des occidentaux et impossible à saisir dans le champ limité du moi encapsulé.

Le moi encapsulé est séparé du flux vital parce que ses schémas de pensées créent un voile opaque. 
Ça n'est pas la vie qui l'anime mais lui qui donne à la vie l'image d'une réalité qui convient au maintien de son identité. Les pensées, les sentiments, les perceptions, les réflexions, les actes, les intentions sont irrémédiablement au service de ces schémas. Là encore, le fonctionnement est terriblement pervers étant donné que chaque instant de l'existence participe à l'édification puis au renforcement de l'identification. Le moi existe à travers lui-même et s'auto-persuade de la justesse de son raisonnement. On retrouve par conséquent à l'échelle de l'individu le fonctionnement inhérent au paradigme de l'ensemble. C'est en cela que le système qui apparaît comme responsable du mal être des individus est un leurre. Le moi accuse un système qu'il a lui-même constitué parce que dans cette lutte, le moi, lui-même, se renforce et se sent exister.

Même les individus qui disent oeuvrer à la constitution d'une quête spirituelle ne sont parfois que des ego établissant dans une démarche philosophique le renforcement de leur moi pour la simple raison qu'ils reproduisent un fonctionnement individuel au coeur duquel se trouve toujours le moi encapsulé. C'est en cela qu'il me semble extrêmement délicat de parvenir à rompre les schémas de pensées et tous les conditionnements qui en découlent lorsque l'individu a déjà évolué dans la dimension enivrante de la "sous-ciété".
Il faut se désintoxiquer pour entrer dans une autre vision de l'existence...

L'avenir de l'humanité appartient aux groupes ethniques ayant su préserver depuis des millénaires une vision uniciste de l'existence.

Les "sous-ciétés" modernes voient bien parfois s'éveiller quelques individus "dé-capsulés" mais ils ne seront sans doute jamais suffisamment entendus pour que des schémas de pensées opposés prennent suffisamment de puissance pour parvenir à insérer dans la masse un nouveau paradigme.

Je rêve parfois d'une intervention de la vie elle-même. Que le réel en vienne à s'imposer à la réalité. Par la force si nécessaire.

Le jour d'après

Par Le 30/07/2018

C'est le titre d'un film apocalyptique.

Ici, on en a un scénario réel.

On va où là ?...

Dès mercredi, l'humanité aura épuisé les ressources de la planète pour 2018

L'humanité aura consommé au 1er août l'ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an et vivra "à crédit" pendant cinq mois, selon l'ONG Global Footprint Network, qui souligne que cette date survient de plus en plus tôt.

Le 1er août est "la date à laquelle nous aurons utilisé plus d'arbres, d'eau, de sols fertiles et de poissons que ce que la Terre peut nous fournir en un an pour nous alimenter, nous loger et nous déplacer et émis plus de carbone que les océans et les forêts peuvent absorber", explique Valérie Gramond de WWF, partenaire du Global Footprint Network.

"Il nous faudrait aujourd'hui l'équivalent de 1,7 Terre pour subvenir à nos besoins", souligne WWF dans un communiqué.

Cette date est la plus précoce jamais enregistrée depuis le lancement du "jour du dépassement" au début des années 1970, où la date retenue était celle du 29 décembre. En 2017, il était intervenu le 3 août.

Le mouvement "s'est accéléré à cause de la surconsommation et du gaspillage", explique Valérie Gramond, qui rappelle que dans le monde, environ un tiers des aliments finissent à la poubelle. "On met à mal la capacité de la planète à se régénérer", en puisant par exemple dans les stocks de poissons, ajoute-t-elle.

La situation diffère fortement selon les pays. "Nous avons des responsabilités différentes: des petits pays avec peu de population, comme le Qatar et le Luxembourg, ont une empreinte écologique extrêmement forte", souligne Pierre Cannet de WWF. Si l'ensemble de l'humanité vivait comme eux, le "jour du dépassement" interviendrait dès les 9 et 19 février. A l'inverse, dans un pays comme le Vietnam, la date retenue est celle du 21 décembre.

"On doit passer du cri d'alarme à l'action", estime Pierre Cannet, qui s'inquiète de la reprise des émissions de CO2 au niveau mondial en 2017 après trois années de stabilisation.

Sur le site internet du "jour du dépassement" sont présentées différentes solutions pour inverser la tendance: revoir la façon dont sont pensées les villes, développer et privilégier les énergies vertes, lutter contre le gaspillage alimentaire et la surconsommation de viande, limiter l'expansion démographique.

Chacun peut calculer son empreinte écologique sur http://www.footprintcalculator.org/.

https://www.linfodurable.fr/des-mercredi-lhumanite-aura-epuise-les-ressources-de-la-planete-pour-2018-5310

Apiculteurs et lobby agrochimique

Par Le 30/07/2018

Alors, on a donc aujourd'hui un gouvernement qui va piocher dans les caisses de l'état pour aider les apiculteurs. Très bien pour les professionnels, ils en ont considérablement besoin. Mais quand on sait d'où vient le problème et il faut être un sacré crétin de ministre pour le nier, cet argent devrait être pris sur les bénéfices pharaoniques des chimistes comme Bayer et Monsanto et pas sur l'argent du contribuable. D'autre part, quand des nouvelles de ce genre tombent, il convient d'aller chercher ce qui a été dit quelques années en arrière étant donné que les politiciens ont une propension à oublier leurs propos aussi rapidement que la terre absorbe les arrosoirs que j'y déverse en ce moment...Et c'est là que je me marre parce que le Foll a dit en 2013 que les décisions à prendre ne devaient pas créer de concurrence déloyale envers les autres pays de l'UE et que par conséquent, l'interdiction des néonocotinoïdes ne pouvait être prise unilatéralement. C'est dingue... Le choix de la France est donc de continuer à empoisonner depuis 2013 pour faire comme les voisins...Et donc, maintenant que le massacre des abeilles est évident, l'état débloque une enveloppe pour compenser les pertes. Vive l'UE...Un monde de fous.


Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert a annoncé ce lundi une aide de trois millions d'euros afin d'aider les apiculteurs touchés par les mortalités d'abeilles à renouveler leurs essaims.

Une ruche d'abeilles noires Une ruche d'abeilles noires © AFP - FRED TANNEAU

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert va "mettre en place un dispositif d'aide exceptionnel pour les apiculteurs impactés", a t-il annoncé ce lundi. Ce dispositif "sera effectif d'ici fin septembre, et prendra la forme d'une aide au renouvellement du cheptel apicole (aide à l'achat d'essaims)", a t-il ajouté. "L'enveloppe consacrée à cette aide sera d'un montant de trois millions d'euros".

L’enquête qualitative menée par la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) auprès des Directions Régionales de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) sur les mortalités apicoles de l’hiver 2017/2018, a en effet "mis en lumière une augmentation par rapport aux hivers précédents en Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte-D’azur et Bourgogne-Franche-Comté principalement", selon le ministère de l'Agriculture. 

Stéphane Travert © AFP - BERTRAND GUAY

Une aide pour le renouvellement des essaims 

Afin de répondre au besoin de trésorerie des apiculteurs touchés, une avance sera versée rapidement dès la demande effectuée. Les apiculteurs auront ensuite jusqu'à la fin du printemps 2019 pour réaliser les achats d'essaims et transmettre les factures, selon le texte.

Les critères pris en compte pour l'attribution de l'aide sont en cours de définition, en lien avec les organisations professionnelles apicoles. Le dispositif sera articulé avec les aides déjà mises en place par les collectivités territoriales et notamment les Conseils Régionaux.

Un taux de mortalité pouvant monter jusqu'à 80%

Depuis plusieurs années, les apiculteurs français subissent des pertes moyennes de 30% de leurs cheptels en hiver, selon l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf).

Durant l'hiver 2017/2018 "on a franchi un cap supplémentaire", avec des taux de mortalité pouvant grimper à 40%, 50% voire 80%, avait indiqué en juin Gilles Lanio, président de l'Unaf.


 

ARTICLE DE 2013

Un plan d'aide aux apiculteurs mais sans nouvelle interdiction de pesticide

avec AFP

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Le gouvernement a lancé vendredi un plan sur trois ans pour redynamiser l'apiculture française ne prévoyant aucune nouvelle interdiction de pesticide, au grand dam des apiculteurs qui estiment que "sans abeille, pas de miel".

Le gouvernement a lancé vendredi un plan sur trois ans pour redynamiser l'apiculture française ne prévoyant aucune nouvelle interdiction de pesticide, au grand dam des apiculteurs qui estiment que "sans abeille, pas de miel". — Jean-Francois Monier afp.com

Le gouvernement a lancé vendredi un plan sur trois ans pour redynamiser l'apiculture française ne prévoyant aucune nouvelle interdiction de pesticide, au grand dam des apiculteurs qui estiment que «sans abeille, pas de miel».

C'est chez un couple d'apiculteurs de son fief de la Sarthe que le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a dévoilé les grandes lignes de ce «plan pour le développement durable de l'apiculture» destiné à «faire de la France l'un des grands pays apicoles de l'Union européenne». Son constat: la filière manque cruellement de bras et d'ailes puisque plus de 50% du miel consommé en France est importé. Et elle n'est pas suffisamment structurée: plus de 90% des apiculteurs ont moins de 30 ruches et seuls 1.600 (4%) sont «professionnels». Pour y remédier, le ministre veut créer une spécialité «apiculture» dans les BAC pro et BTS. L'objectif: 200 à 300 installations par an, a-t-il détaillé.

Son plan, doté de 40 millions d'euros sur trois ans, ne prévoit cependant aucune nouvelle interdiction de pesticide. En juin, Stéphane Le Foll avait interdit le Cruiser OSR sur le colza. Pour améliorer «la préservation de la population d'abeilles», le ministre prévoit de créer un observatoire des résidus de pesticides dans l'alimentaion de l'abeille et d'«organiser rationnellement la lutte» contre le frelon asiatique, grand prédateur d'abeilles classé comme «nuisible» en 2012.

«Zéro néonic et l'abeille vivra»

«Ce plan va dans le bon sens» et jamais aucun plan apiculture n'a dégagé autant de moyens, commente Olivier Belval, président de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), qui dit représenter 700 apiculteurs professionnels et 40% des apiculteurs. Mais «2013 sera une année avec pesticides et nous sommes déçus», ajoute-t-il.

«On n'arrive pas à maintenir nos cheptels. L'abeille quitte la ruche, ne revient pas, elle meurt. Alors, ça sert à rien de donner des subventions de soutien au cheptel, la question est politique et environnementale», s'agace Gaëlle Brossier, secrétaire générale de la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP), qui représente environ 150 professionnels. Une quinzaine d'entre eux, remontés contre le ministre, l'attendaient vendredi à l'entrée de l'exploitation vendredi avec des pancartes «zéro néonic et l'abeille vivra», en référence aux néonocotinoïdes accusés d'être dangereux pour les abeilles. «Ca fait quatre ans que je suis installée, j'ai 350 ruches et j'en ai perdu 40. Pour s'en sortir, il faut élever en forêt car dans les champs c'est plus possible», s'inquiète Gaëlle Grossier.

Stéphane Le Foll se dit conscient du problème. Mais plutôt que de prendre des décisions en France, il plaide que «le mieux est de les prendre à l'échelle européenne» pour éviter de mettre les agriculteurs français en situation de «concurrence déloyale». La Commission européenne a proposé la semaine dernière d'interdire pendant deux ans l'utilisation de certains pesticides sur quatre types de cultures (maïs, colza, tournesol et coton). «La France soutiendra la position de la Commission», a assuré le ministre, avec l'espoir qu'elle soit adoptée à l'échelle européenne pour l'été. Mais «il faut aussi qu'on se donne le temps de régler l'ensemble des autres problèmes. Est-ce que ça a un impact ou pas sur les productions de céréales ? (...) Quelles sont les alternatives ?», a-t-il demandé.

Pour l'Union des industries de la protection des plantes (IUPP, pesticides), «la réussite d'un tel plan ne passera que par un travail collectif et multi-partenarial, basé sur le respect et la compréhension de tous les acteurs impliqués».


 

Il y a en bas de ce deuxième article le nom d'un organisme qui semble promouvoir "une agriculture saine pour le bien de tous", l'IUPP, et après quelques doutes et donc de recherches, je tombe sur un article qui décrypte toute la dialectique réjouissante du lobby et tout ce que ça cache... Effarant. Le pouvoir financier qui oeuvre à des décisions favorables à l'usage de tous les produits chimiques imaginables et qui fait une promotion de dingue auprès des agriculteurs...On n'est pas prêt de sortir la tête du sable...Les politiciens ne sont pas au service de la population et ne le seront jamais parce que les sommes pharaoniques qui sont en jeu les hypnotisent et que les accointances avec les lobbies seront toujours les plus fortes.

https://www.humanite.fr/lobby-agrochimique-cachez-ces...

En faisant croire, à travers cette exposition, que les pesticides ne sont pas si dangereux et que leur emploi est indispensable, l’Uipp espère rendre ces molécules «	socialement plus acceptables	». Un leurre. Michaël Adelo pour Le Siècle Vert

En faisant croire, à travers cette exposition, que les pesticides ne sont pas si dangereux et que leur emploi est indispensable, l’Uipp espère rendre ces molécules « socialement plus acceptables ». Un leurre. Michaël Adelo pour Le Siècle Vert

LOBBY AGROCHIMIQUE. CACHEZ CES PESTICIDES QUE JE NE SAURAIS VOIR

Vendredi, 18 Mai, 2018

Alexandra Chaignon

Tout ce que vous avez voulu savoir sur les produits phytopharmaceutiques : c’est ce que promet une exposition éphémère présentée par Monsanto et consorts...

Hasard du calendrier ? Pas sûr… Alors que se déroulera, samedi, la 6e édition de la Marche mondiale contre Monsanto-Bayer et consorts, l’Union des industries pour la protection des plantes (Uipp) inaugurait cette semaine en grande pompe la Cité du siècle vert : un « espace végétal éphémère » – comprenez un lieu d’exposition – de 850 m2 destiné à faire « découvrir le monde de la santé des plantes et son histoire ». Pour un public non averti, sensible à la préservation de l’environnement, l’intitulé peut paraître séduisant. D’où la nécessité de le décoder.

Car, ici, tout est question de dialectique. « Chaque mot a été validé par l’Académie de l’agriculture », soutient d’emblée Eugénia Pommaret, la directrice de l’Uipp. Ici, on parle « protection des cultures », « santé des plantes », « chimie de synthèse ». Mais pas de pesticides. C’est pourtant l’enjeu de cette exposition, dont l’ambition est de « rétablir des vérités sur les bénéfices des solutions de protection des cultures, trop souvent ignorées, voire systématiquement décriées ». Revenons d’ailleurs sur cette organisation professionnelle qu’est l’Union des industries pour la protection des plantes : les 22 entreprises adhérentes, parmi lesquelles on retrouve Monsanto-Bayer et Syngenta, représentent… 95 % du marché des produits phytosanitaires. Mais, là aussi, silence. De là à penser qu’il s’agit d’une vaste opération de greenwashing, il n’y a qu’un pas…

L’IMPASSE TOTALE SUR LES CONSÉQUENCES SANITAIRES DE CES PRODUITS...

« Nous sommes bien conscients de l’interpellation, voire des inquiétudes, que les Français peuvent avoir autour des phytosanitaires. L’objectif de cette exposition est justement de faire de la pédagogie auprès du grand public », résume Eugénia Pommaret, qui assure avec aplomb vouloir « récréer un espace apaisé pour la discussion avec nos détracteurs ».

Nul doute que la polémique sur le glyphosate a poussé cet organe de lobbying à sortir du silence. Il n’a d’ailleurs pas lésiné sur les moyens : simulateur de conduite de tracteur, laboratoire de chimie pour retracer le parcours d’une molécule, conférences scientifiques, témoignages d’agriculteurs… Le tout étayé de raccourcis et d’arguments massues, à l’image du « chemin en 12 étapes », consacré à « l’évolution des pratiques et des solutions de protection des plantes des cent dernières années ». En bref, un panégyrique bourré de raccourcis et d’omissions.

Plants de patates malades… Tout commence par les années 1910, pour comprendre comment on a maîtrisé le mildiou, ce champignon qui décimait les cultures. Puis comment, en 1920, le désherbage mécanique a soulagé le travail des femmes, « qui étaient considérées comme la solution de désherbage ». Viennent ensuite les années 1930-1940, où « les enfants allaient à la chasse aux insectes ravageurs plutôt qu’à l’école »… Et comment le machinisme les « a sortis des champs ». « Et ce n’est pas si lointain », ponctue Eugénia Pommaret… Le raccourci est plus qu’orienté. Mais la fervente porte-parole de la filière a bien compris que c’est ce type d’anecdote que retiendront les scolaires.

Autre vitrine, autre époque : entre 1940 et 1950, c’est l’époque où il faut produire plus pour nourrir plus de monde ; les hommes découvrent les pouvoirs de la chimie moderne. Herbicides, insecticides, fongicides : c’est le début des pesticides. Puis arrivent les années 1960 et la prise de conscience de l’impact sur l’environnement, grâce notamment au travail des ONG : « Il faut le dire », souligne Delphine Guey, la directrice de la communication de l’Uipp, soucieuse de rétablir une certaine vérité. Mais si l’exposition mentionne l’interdiction de l’insecticide DDT, elle fait totalement l’impasse sur les conséquences sanitaires de ces produits, alors que des scientifiques dénoncent déjà leurs ravages… On passe donc à l’essor du biocontrôle au début des années 1980, ou « comment les coccinelles et autres insectes sont devenus les alliés des agriculteurs », souligne la directrice de l’Uipp, qui n’hésite pas à rappeler que plus de 50 % des produits biologiques sont aujourd’hui fabriqués par les géants de l’agrochimie ! Et depuis, avec la génétique, la robotique, la protection des plantes, etc., l’agriculteur est mieux outillé pour assurer « le développement d’une agriculture performante et d’une alimentation sûre ».

DES ALLÉGATIONS LOURDES DE SOUS-ENTENDUS ET DE NOMBREUX OUBLIS

Pas de contre-vérités, certes. Mais des allégations lourdes de sous-entendus, comme ces chiffres sur la prétendue « réalité agricole » : « Sans protection contre les maladies du blé, 34 milliards de baguettes de pain seraient perdues chaque année » ; « en soixante ans, les doses moyennes (de pesticides – ndlr) pour protéger un hectare ont été divisées par 34 ». Pourtant, l’utilisation des produits phytosanitaires a bondi de 22 % depuis 2008 ! En outre, études et expériences s’accumulent pour prouver qu’il est possible de se passer de ces produits dangereux.

Et surtout on constate de nombreux oublis. Quid de la disparition des abeilles à cause des néonicotinoïdes ? Quid de la pollution des eaux ? On nous dit que l’exposition a été validée par des scientifiques. Mais aucune mention n’est faite des études menées depuis trente ans et montrant que ces substances sont bel et bien à l’origine de diverses maladies. Aucune allusion non plus au Circ, cette agence rattachée à l’OMS, qui, en 2015, a classé cinq pesticides, dont le glyphosate, comme cancérogènes « probables »… Interrogée à ce sujet, la directrice de l’Uipp rétorque que les produits « sont systématiquement évalués quand ils arrivent sur le marché », tout en se déchargeant sur « les autorités sanitaires, qui décident si un produit peut être présenté sur le marché ». Et d’insister sur la « transparence » des industriels. Un comble quand on sait que ces mêmes industriels ne produisent jamais leurs données toxicologiques…

En faisant croire que les pesticides ne sont pas si dangereux et que leur emploi est indispensable, l’Uipp espère rendre ces molécules « socialement plus acceptables ». Une véritable campagne d’intoxication !

La polémique sur le glyphosate a poussé les industriels à sortir du silence. Leur objectif : « rétablir la vérité ».

Alexandra Chaignon

 

LA LECTURE DU SITE DE L'IUPP est digne d'un bad trip aux pesticides, des éléphants roses qui planent à quinze mille mètres et nous proposent "un monde meilleur..." Il serait vraiment temps que les agriculteurs ouvrent les yeux...Et leur conscience...

http://www.uipp.org/Qui-sommes-nous/Notre-vision

NOTRE VISION

  

L’Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP) en collaboration avec l’ensemble de la filière agricole travaille à garantir une agriculture moderne, innovante et respectueuse de la santé et des ressources naturelles, ce afin d’assurer une production durable des cultures françaises.

Notre vision

Les produits phytopharmaceutiques font partie des outils mis à la disposition d’une agriculture durable et moderne. Ils contribuent à répondre aux besoins des populations et à leur donner accès à une alimentation saine, de qualité et en quantité suffisante.

En réduisant les pertes dues aux maladies, mauvaises herbes et insectes ravageurs, la protection des plantes s’inscrit aujourd’hui pleinement dans une démarche de raisonnement systématique. Les interventions sont ajustées en fonction de chaque situation et uniquement si cela est nécessaire.

Produits et solutions de la la protection des plantes et des cultures 

Nos entreprises adhérentes proposent une palette d’outils de protection des plantes variés, ainsi que des solutions qui aident les professionnels à les utiliser. L’ensemble de ces solutions permettent une intervention raisonnée et adaptée.

  • Les produits de synthèse
  • Les produits d’origine minérale, destinés notamment à l’agriculture biologique, notamment le cuivre et le souffre à l’état naturel.
  • Les produits  de biocontrôle : organismes vivants (coccinelles, larves, etc.), médiateurs chimiques (phéromones, kairomones) ou autres substances naturelles.

Un suivi des produits est opéré sur la durée après leur mise sur le marché. Et pour une meilleure utilisation, nous proposons un accompagnement et des services à la disposition des professionnels de l’agriculture, comme les Outils d’Aide à la Décision, qui permettent de déterminer les seuils d’intervention.

 

 

 

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Tourisme de masse (2)

Par Le 29/07/2018

Thierry Ledru

18 min · 

Une solution très simple pour l'habitat: les habitations à l'année sont exonérées de taxe d'habitation et toutes les maisons louées pour les touristes ont une taxe triplée. Ça va déjà calmer tous ceux qui participent au saccage de leur région. 
Deuxièmement, tous les emplois à l'année voient les taxes amputées de moitié et tous les emplois d'été doivent être associés à un logement de qualité. Ça va calmer les patrons qui se plaignent de ne pas avoir de personnel mais sont lespremiers à vouloir profiter du tourisme. On a le même problème ici dans les stations de ski où les saisonniers se "logent" dans des camions et "dorment" sur les parkings les plus reculés, parfois sans aucun accès direct à l'eau potable.
Tous les commerces à touristes 'hors alimentaire" doivent également être surtaxés.
Toutes les agences touristiques qui se contentent de faire du transport doivent être taxées afin que cet argent soit utilisé par les associations de sauvegarde du patrimoine. 
Mais, bon, tout ça, faut du courage dans les municipalités et de la solidarité dans la population...Donc... :(

Autre remarque qui n'a rien à voir mais qui s'impose malgré tout : tous les gens qui sont sur cette photo sont en surpoids...

Quand les touristes ne sont plus les bienvenus

 Par Emilie Tôn, publié le , mis à jour à   
Les falaises d'Etretat accueillent environ un million de visiteurs chaque année.

Les falaises d'Etretat accueillent environ un million de visiteurs chaque année.

 

Emilie Tôn

Villes "muséifiées", gentrifiées, vidées... Les habitants acceptent de moins en moins les désagréments du tourisme de masse.

 

"Les croisiéristes qui débarquent à 1200 sur les falaises pour prendre deux-trois photos en coup de vent et puis s'en vont, clairement, nous n'en voulons pas. Chaque année, nous accueillons déjà environ un million de visiteurs. Sur un territoire en vallée encaissée extrêmement contraint de 4 km², ça devient compliqué à gérer." Pour Pierre-Antoine Dumarquez, le constat est simple et il le dresse sans que le cri des mouettes, qui l'entourent, ne vienne le perturber.  

"Etretat est une commune de 1300 habitants, confrontée à un vieillissement de la population qui, en plus, est en phase décroissante.Si cette population à l'année continue de diminuer, ce sont les commerces et les écoles qui sont en danger", poursuit le premier adjoint au maire et président de l'Office du tourisme de la cité balnéaire. Avec ses falaises mythiques, sa plage, ses nombreux restaurants et ses maisons en brique, le petit village normand a tout ce qu'il faut pour attirer les touristes. Trop, peut-être, pour les "autochtones", qui se trouvent noyés sous cette marée de visiteurs et les désagréments qu'ils provoquent. 

 

Ecoutez Emilie Tôn parler de la "tourismophobie", de ces Français que l'afflux de touristes commence à chasser des villes où ils habitent (sur SoundCloud). 

LIRE AUSSI >> Venise, Amsterdam, Dubrovnik... Ces villes n'en peuvent plus du tourisme de masse 

Les médias français s'en sont fait largement l'écho : à l'étranger, les habitants de San Sebastian, Barcelone, Amsterdam ou encore Gérone se sont mobilisés pour protester contre ce qu'ils perçoivent comme des hordes de touristes débarquant sur leurs terres. Le développement d'une offre de voyage low cost, complétée par l'uberisation des locations de vacances, grâce aux plateformes de type Airbnb, n'a cessé de faire grossir leurs rangs. Au point de pousser les locaux, mécontents de vivre dans des cartes postales aux apparences trompeuses, à se fédérer.  

"Tourists go home", réclament-ils sur les murs de leurs villes. Comme les Vénitiens, ils n'ont pas envie que les locations de vacances fassent exploser les prix de l'immobilier et ne contraignent les leurs au déménagement. Et pour cause, en trente ans, la cité flottante a perdu la moitié de ses résidents. Ainsi qu'une grande partie de ses commerces de proximité, remplacés au fil des ans par des boutiques et restaurants attrape-touristes.  

"Nous ne voulons pas de touristes dans nos immeubles, ceci n'est pas une station balnéaire", indique cette bannière sur la plage de La Barceloneta, en août 2017

"Nous ne voulons pas de touristes dans nos immeubles, ceci n'est pas une station balnéaire", indique cette bannière sur la plage de La Barceloneta, en août 2017

afp.com/Josep LAGO

Peut-on s'attendre à une gronde "tourismophobe" similaire dans l'Hexagone ? Car elles sont nombreuses les communes, comme Etretat, à souffrir d'une trop grande attractivité. "C'est possible", avertit Marie Delaplace, professeure d'aménagement à l'École d'urbanisme de Paris (EUP) de l'université Paris-Est Marne-la-Vallée. "Dans certaines zones, les habitations sont complètement retirées du marché pour devenir des logements pour touristes. Il est plus rentable de louer quelques jours par-ci, par-là, plutôt qu'au mois." Vincent, administrateur de la page Facebook du "Front de libération Bordeluche (FLBP)", qui ironise avec humour sur les Parisiens de passage dans sa bonne ville de Bordeaux, confirme : "Dans le quartier Saint-Pierre, il n'y a plus que des Airbnb. Ça rapporte bien plus que de les louer à des étudiants." 

Selon un recensement réalisé par l'Insee en 2015, Le Grau-du-Roi comptait ainsi 81% de résidences secondaires. La plupart servent principalement d'appartements-vacances mis en location pendant la saison estivale. Sur les 662 logements qu'affiche la commune de Germ, dans les Hautes-Pyrénées, seuls 3% sont occupés à l'année. A l'exception d'une poignée de moines, personne ou presque ne vit encore au Mont-Saint-Michel. Aux Baux-de-Provence, 22 irréductibles résistent dans le centre historique aux "touristes-envahisseurs". Dans certaines villes du littoral breton, le taux de résidences secondaires atteint aussi les 80%. Sur l'ensemble de la région, il ne représente pourtant que 12%.  

"Ce sont des dizaines de milliers de logements inoccupés les trois-quarts de l'année et dont la vente fait monter les prix de l'immobilier sur le littoral", s'énerve Ewan Thébaud, du collectif indépendantiste Dispac'h. Le jeune homme regrette les conséquences d'un tel phénomène. "Comment un jeune ou un couple de jeunes, avec peu de revenus, peut-il s'installer dans ces secteurs-là quand le prix d'une maison descend rarement en dessous de 200 000 euros et peut facilement dépasser les 600 000 euros ? C'est le pouvoir de l'argent contre toute logique de développement durable des territoires. Nous réclamons que les élus prennent le problème à bras le corps." 

Des villes gentrifiées

Au bar-tabac d'Etretat, installé dans une petite maison de briques à deux pas de la mairie, la serveuse confie une situation similaire. "Les propriétaires mettent tout en location-vacances. Beaucoup de gens qui travaillent ici vivent dans les campagnes alentours. C'est moins cher." Malgré son parc hôtelier de 296 chambres, le petit village normand a vu les plateformes de location prendre de plus en plus d'importance ces dernières années, au point d'inquiéter sérieusement la municipalité. "Rien que sur Airbnb, il y a 8000 arrivées de voyageurs par an. Etant donné le rendement annuel de 10000 euros par logement, les gens cherchent à acheter. Les résidences secondaires représentent désormais 50% de notre parc immobilier. Sans compter celles qui sont dans les communes voisines...", explique la directrice de l'office du tourisme, Magalie Thuillier.  

Avec le temps, la responsable a observé une gentrification du centre de la commune causée par l'affluence de touristes hébergés dans ces propriétés. Une hausse des prix qui n'est pas sans conséquences pour les Etretatais. "Je ne peux pas faire mes courses dans les commerces du village, ça coûte trop d'argent. Mes enfants m'emmènent plus loin, en grande surface, pour les commissions", confie la dame en charge de l'entretien des toilettes publiques. Pas grand-chose à faire non plus le soir, surtout pour les plus jeunes, comme l'explique son fils, un grand gaillard âgé d'une vingtaine d'années. "Ici, on vient voir la falaise et on repart. Si on veut sortir, on doit aller au Havre."  

Et pour travailler, il faut prendre la route dans la même direction. "Mon fils a eu de la chance, il a décroché un apprentissage à la boucherie", dit fièrement cette mère de trois enfants aux cheveux grisonnants. "Mais les autres ont dû partir, car travailler dans les hôtels et les restaurants, ce n'est pas possible l'hiver, quand ils sont vides", souffle son garçon.  

LIRE AUSSI >> Tourisme: la face cachée du nouveau record français 

En Bretagne, Ewan Thébaud observe les mêmes départs. "Surtout chez les jeunes, qui se tournent vers les grandes villes comme Nantes, Rennes et Brest où il y a plus d'emplois stables." Pourtant, à Etretat, les emplois ne manquent pas. "Bien que le taux de chômage soit supérieur à la moyenne, les restaurateurs ne parviennent pas à recruter", souligne le premier adjoint Pierre-Antoine Dumarquez. Comment l'expliquer ? "Il est difficile de trouver du personnel dans ces zones où le marché de la résidence secondaire a fait grimper les prix des logements. Cela élève le niveau de salaire demandé", développe l'universitaire Marie Delaplace.  

Faudrait-il également réglementer Airbnb et ses clones ? Depuis le 1er juillet, la plateforme s'est engagée à collecter directement la taxe de séjour dans les 23 000 communes françaises qui l'appliquent, avant de la reverser aux collectivités. Mais certaines villes ont décidé de prendre des mesures supplémentaires. "Pour éviter la spéculation immobilière dans le centre-ville et l'hyper centre-ville, la ville de Bordeaux a par exemple limité le nombre maximum de nuitées par logement à 120 par an", indique Fabien Raimbaud, chargé de projets à la Mission des offices de tourisme de Nouvelle-Aquitaine (Mona). Idem à Paris, où 20 000 logements ont déjà disparu du marché traditionnel pour rejoindre les plateformes de location. "Nous aimerions imposer la même chose à Etretat, pour que les habitants puissent revenir. Mais cette mesure ne concerne que des villes de plus de 200 000 habitants", regrette Pierre-Antoine Dumarquez, qui prévoit d'interpeller le gouvernement à ce sujet à la rentrée.  

"Tout sature"

Sans hébergement, difficile de faire venir de nouveaux habitants. D'autant que l'image d'une ville saturée par le tourisme fait déjà office de repoussoir. "Nous aimons venir pour une balade. Mais je n'apprécierais pas vivre tous mes étés entre les vendeurs de glace et les touristes qui prennent des photos. Il y a des jours où c'est vraiment insupportable", confie du haut de la falaise une Havraise, qui s'est offerte un bol d'air frais en compagnie de sa fille après une journée au bureau.  

A Bordeaux, c'est l'authenticité - réelle ou fantasmée - perdue qui créé cette sensation de saturation. "Depuis toujours, les Bordelais se retrouvent au marché des Capucins le dimanche matin pour grignoter et s'envoyer un verre de blanc. Maintenant, il y a tellement de monde qu'ils n'y vont même plus", râle Vincent du FLBP. Il le sait : cette muséification des centres-villes et villages poussent les habitants à les déserter pour vivre en périphérie, où les embouteillages sont moins nombreux, les places de stationnement plus disponibles et les commerces plus accessibles. "Les nouveaux arrivants ou les touristes ont causé une surchauffe : la ville est en sous-capacité pour le tram, les routes, les hôtels, les plages. Tout sature." 

Avec les foules, vient également l'imprudence, comme à Etretat, où la municipalité a dû mettre en place une brigade pour dissuader les touristes de traverser le "trou à l'homme" - un tunnel sous la falaise qui dessert une plage isolée - lorsque la marée s'apprête à monter. "Les gens ne font pas attention et paniquent ensuite lorsqu'ils sont pris au piège, isolés par la mer", soupire Pierre-Antoine Dumarquez. Les avertissements signalétiques, la pédagogie de l'office du tourisme, la brigade présente sur place et même la création d'une amende... Rien n'y fait. En 2017, les secours sont intervenus 27 fois, aidant en tout 130 personnes au trou à l'homme. "Puisqu'en France les secours sont gratuits, c'est la collectivité qui paye. Rien qu'en patrouille, ça nous coûte 10 000 euros par an." Et c'est sans compter le coût écologique. "La surfréquentation des falaises fragilise aussi le site, où sont installées des espèces protégées, développe Magalie Thuillier. Les gens dépassent le sentier balisé. Ils créent de nouveaux cheminements à force de piétinement." 

A Bayonne, où les Fêtes ont démarré ce mercredi, les habitants sont également lassés de mettre de leur poche pour la casse causée par le million de visiteurs qui y participent à chaque édition. Cette année, pour la première fois, les non-résidents ont dû payer un bracelet d'entrée à 8 euros, pour compenser les frais. "Les Bayonnais viennent surtout le mercredi et le jeudi, pas le week-end, pour éviter la foule, car les touristes viennent avant tout pour faire la fête. Ils ne respectent pas les traditions et les festivités", réagit Ludivine, habitante des lieux. "Les contribuables bayonnais en avaient assez de payer pour le nettoyage, la réparation et la sécurité. Ils râlaient, donc ce bracelet est peut-être une bonne chose !" 

Peut-être inspiré par ce qui se passe côté espagnol, au pays basque français, aussi, ça commence à gronder. Aux revendications identitaires traditionnelles s'est ajoutée une petite dose de tourismophobie. Des autocollants "Parisien dégage, t'as Paris plage" sont apparus. A Biarritz, les locaux se sentent cernés et les élus sont invités à réagir. Et vite. 

Y trouver son intérêt

Pour éviter les effets nuisibles du tourisme de masse, Fabien Raimbaud, de la Mona, estime que les collectivités doivent proposer des activités en dehors des centres touristiques. "A Lyon, les agents de l'office de tourisme vont à la rencontre des visiteurs dans les rues pour leur proposer des visites différentes, selon qu'ils sont là pour la première fois ou qu'ils connaissent déjà bien la ville."  

Pour aller plus loin encore, le spécialiste du tourisme propose, en plus de faire de la pédagogie dans les écoles, d'impliquer les habitants sur le modèle des greeters, comme cela se fait à Paris où des bénévoles donnent de leur temps pour faire visiter la capitale autrement. "Ce qui est désagréable, lorsque l'on vit dans un quartier touristique, c'est de voir les touristes uniquement comme une externalité négative. Mais si, pour des raisons diverses, on les héberge ou on échange avec eux, on peut aussi y trouver son intérêt", affirme la chercheuse Marie Delaplace. 

Mieux encore, pour éviter la saturation pendant les trois mois d'été : proposer des activités tout au long de l'année, pour mieux étaler la fréquentation touristique. "Etretat est à 2h30 de Paris, ce qui est un avantage et, en même temps, un inconvénient. Dès qu'il y a un rayon de soleil, les Franciliens débarquent en masse", constate Magalie Thuillier. Face à elle, des tracts pour toutes sortes d'événements : un salon du livre, des pièces de théâtre, un festival de l'image, des randonnées... "Nous essayons de ne pas les concentrer l'été. D'autant qu'à ce moment de l'année, les gens préfèrent la plage", sourit la directrice de l'office du tourisme, qui peut aujourd'hui se vanter d'accueillir des visiteurs de la Saint-Valentin à la Toussaint.  

Dernière solution pour ne pas nuire à la qualité de vie des habitants : privilégier et faire la promotion d'un tourisme "de qualité". "Les cars qui déversent des foules pour une heure ou deux, sans consommer quoi que ce soit, ça ne créé que des nuisances. Nous, nous voulons des gens qui s'intéressent aussi au patrimoine historique et culturel du site", développe Pierre-Antoine Dumarquez, qui précise : "Sans pour autant faire un tri par l'argent." 

Ces mesures sont-elles suffisantes pour réconcilier locaux et touristes ? "Je l'espère !", souffle Romain, un habitant de Biarritz, ville qui a perdu 15% de sa population en dix ans, au profit des résidences secondaires. Et il prévient : "Les gens en ont marre, tout le monde se barre. Si rien n'est fait, il ne restera que les touristes !" Mais Biarritz sans les Biarrots, est-ce vraiment encore Biarritz ? 

Qui est prêt à s'engager ?

Par Le 29/07/2018

Thierry Ledru

À l’instant · 

Ce constat du réchauffement climatique, les scientifiques en parlent et publient des études depuis trente ans mais de l'autre côté, on trouve les politiciens et les financiers qui ne s'intéressent qu'à la croissance du PIB et à l'économie (qui porte très mal son nom puisqu'elle n'économise rien du tout)...Du coup, la solution ne viendra jamais des gouvernements qui ne prendront pas le risque électoral de promouvoir la décroissance et donc, c'est à chaque individu de s'engager dans cette voie. Mais qui le veut réellement ?...Qui par exemple va décider de changer de régime alimentaire quand on sait de façon irréfutable que la consommation de viande a un impact considérablement dévastateur sur le climat ? Qui va décider de ne plus prendre l'avion pour aller visiter des pays exotiques quand on sait que la pollution atmosphérique des avions est gigantesque ? Qui va décider d'acheter du bio local quand on sait que de la viande venant des quatre coins du monde est vendue en France, tout autant que des fruits et légumes hors saison ou des fruits exotiques venus par cargos et que ces cargos représentent une pollution mille fois plus importante que les véhicules individuels ? Qui va demander aux gouvernements d'abandonner la promotion effrénée du véhicule individuel au profit du transport ferroviaire en relançant ces centaines de lignes abandonnées au profit des trains à grande vitesse entre grandes villes ?

Il suffit d'imaginer quelques secondes tous ces grands patrons d'industrie et leur pouvoir immense pour comprendre que tout ça n'arrivera jamais depuis le haut de la pyramide...Donc, soit on s'engage individuellement, soit on accepte le désastre en cours.

 

Le cercle arctique est en train de brûler

 

par 

incendie forêt feu

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Crédits : iStock

Une vague de chaleur intense alimente les feux de forêt en Europe du Nord, avec au moins 11 incendies qui font rage dans le cercle polaire, rapporte The Guardian. La Suède est le pays le plus touché.

De multiples communautés ont été évacuées et des milliers de personnes ont été invitées à rester à chez elles avec leurs volets et leurs fenêtres fermées pour éviter l’inhalation de fumées nocives. « C’est certainement la pire année que j’ai connue », explique Mike Peacock, chercheur universitaire et résident local. « Alors que nous sommes habitués à voir des incendies chaque année, 2018 s’annonce vraiment excessif ». Rappelons que le cercle arctique enregistre actuellement des températures localement supérieures à 30 °C – une tendance qui devrait se poursuivre dans les prochains jours.

Les climatologues préviennent par ailleurs que l’Arctique et d’autres régions qui connaissaient normalement une très faible activité de feu deviennent de plus en plus vulnérables aux incendies de forêt, peut-on lire dans The Guardian« Ce que nous voyons avec cette vague de chaleur mondiale, c’est que ces zones de vulnérabilité au feu s’élargissent maintenant, avec les landes au nord-ouest de l’Angleterre et maintenant ces feux suédois en sont une conséquence », note Vincent Gauci, professeur d’écologie à l’Open University, au Royaume-Uni. « Lorsque de tels écosystèmes riches en carbone connaîtront l’aridité et la chaleur et qu’il y aura une source d’inflammation, plus d’incendies se produiront ».

Irlande, Écosse ou Canada en passant par le Moyen-Orient, rappelons qu’il y a deux semaines, de nombreux endroits dans l’hémisphère Nord ont vu le thermomètre grimper, conduisant à des températures étouffantes. Quelques records ont d’ailleurs été établis : Denver, par exemple, a égalé son record historique de la plus haute température avec 40,5 °C le 28 juin. Montréal a également enregistré sa température la plus élevée jamais enregistrée depuis 147 ans, soit 36,6 °C le 2 juillet.

En Europe, Greycrook, en Écosse, a provisoirement établi sa température la plus chaude jamais enregistrée : 33,2 °C le 28 juin. Quriyat, à Oman, affichait le 28 juin dernier la plus chaude du monde (pour une ville) : 42,6 °C.

Source

Qui va considérer que le sort des oies bernaches mérite d'être pris en compte ? 

Les oies migratrices sont épuisées par le réchauffement climatique

 

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oie migration oiseau

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Crédits : Pixabay / Free-Photos

Chaque printemps, des milliers d’oies bernaches migrent depuis le nord de l’Europe et le nord-ouest de la Russie vers leurs aires de nidification d’été dans l’Arctique. Long de 3 000 kilomètres, le voyage prend habituellement environ un mois. Mais de nouvelles recherches ont montré que la hausse des températures dans l’Arctique pousse les oies à faire le voyage en une semaine. Et elles sont épuisées.

Vous retrouverez les oies bernaches (Branta leucopsis) en Europe, en Russie, au Royaume-Uni, au pays de Galles et dans l’Arctique. Jusqu’à ces dernières années, elles arrivaient dans l’Arctique au moment où la fonte des neiges exposait leurs sites de nidification et initiait la croissance des plantes. Les oiseaux pondaient presque immédiatement leurs œufs, qui pouvaient alors éclore une trentaine de jours plus tard. Mais au cours des dernières décennies, les choses ont changé. Les températures dans l’Arctique se réchauffent de plus en plus tôt dans la saison – environ un jour par an – ce qui exerce une pression considérable sur les oiseaux migrateurs.

Les oies essaient néanmoins de faire face. Les scientifiques ont découvert que les oiseaux partent toujours à peu près à la même période chaque année, mais ils ont raccourci leur temps de déplacement vers l’Arctique. Un voyage qui prenait en moyenne un mois prend maintenant environ une semaine seulement, le but étant de ne pas raccourcir le temps passé sur les sites de nidification.

Au lieu de déposer rapidement leurs œufs comme elles le font habituellement lorsqu’elles arrivent en Arctique, les oies épuisées ont en revanche besoin de plus d’une semaine pour récupérer et accumuler suffisamment d’énergie avant de pouvoir commencer à nicher. Au moment où les animaux sont prêts à pondre leurs œufs, les herbes et les plantes dont ils se nourrissent poussent déjà depuis quelques semaines. En conséquence, les oisons sortent de leurs œufs après la saison de croissance maximale plutôt que pendant celle-ci, ce qui entraîne chez eux un déclin du taux de survie.

Les chercheurs prédisent que les oies bernaches pourraient ne pas être en mesure de suivre un tel réchauffement continu, et que par conséquent leur population pourrait en souffrir. Pour elles, la clé serait de partir plus tôt.

Source

 

Après les inondations, une vague de chaleur mortelle inquiète le Japon

 

En 2100, 75% des terriens pourraient être touchés par des vagues de chaleur mortelles

 

La Terre en surchauffe : de nombreux records de chaleur ont été battus dans le monde cette semaine

Réchauffement climatique : mécanisme et évolution

Par Le 29/07/2018

SAVOIRS

Jean Jouzel : "Il y a un risque qu’il ne soit trop tard pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique"

25.07.2018 (MIS À JOUR À 23:27)

Par Tara Schlegel et Eric Chaverou

Entretien |

Canicule en France, en Suède ou au Japon, avec des records de chaleur dans le monde entier et des incendies meurtriers. "Le réchauffement climatique est bien là", explique le climatologue Jean Jouzel, qui détaille son mécanisme et son évolution.

Incendie à Kineta, près d'Athènes, le 24 juillet 2018. La Grèce n'avait pas connu autant de victimes (80 morts, au moins 187 blessés) depuis 2007 Incendie à Kineta, près d'Athènes, le 24 juillet 2018. La Grèce n'avait pas connu autant de victimes (80 morts, au moins 187 blessés) depuis 2007 • Crédits : Valérie Gache - AFP

Un record absolu de chaleur a été battu en Suède, près du cercle polaire, à Kvikkjokk, le 17 juillet dernier avec 32.5°C !

Plus largement, la Scandinavie vit des températures inédites et l'Organisation météorologique mondiale (OMM) prévoit des températures supérieures à la normale jusqu'à début août, de l'Irlande aux pays Baltes, en passant par la Scandinavie. La canicule a aussi investi le Japon, la Grèce, la Sibérie ou Los Angeles, avec des dizaines de morts, notamment liées à des incendies géants. En décembre dernier, pour la première fois, une étude publiée dans le "Bulletin of the American Meteorological Society" concluait que le réchauffement était le seul responsable du record de chaleur global pour 2016 et d'une canicule extrême en Asie.
Climatologue et glaciologue, ancien vice Président du groupe scientifique du GIEC, 
Jean Jouzel revient sur les causes de ce réchauffement climatique et ce que l'on peut en attendre.

Etes-vous surpris par l’ampleur de ces incendies ? 

Non. C’est malheureusement ce qui est envisagé en cas de réchauffement climatique et le réchauffement climatique est bien là. Dans le cas de la Grèce, ce sont des périodes de sécheresse autour de la Méditerranée, avec on l’a vu, malheureusement, pas mal de morts. Et c’est une situation assez exceptionnelle dans le Grand Nord, en Scandinavie. Mais elle va normalement devenir de plus en plus fréquente.
On est vraiment dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, et ces événements – feux de forêts en Europe et décès liés aux canicules - vont se multiplier.

Dans le Nord de l’Europe, les températures sont inégalées. Comment cela peut-il s’expliquer ?

Oui, ce sont des records. Des températures qui vont au-delà de 30 degrés, voire 35 degrés, au Nord du cercle polaire sont inédites dans ces régions. C’est lié à un système de hautes pressions qui se maintient et qui risque de se maintenir jusqu’à la fin de ce mois. S’y ajoute une période de sécheresse extrêmement longue. Nous avons donc tous les ingrédients pour des feux de forêts. En plus, ces pays ne sont pas du tout préparés aux incendies.

Il faut voir aussi que le réchauffement climatique en Scandinavie est en moyenne deux fois plus rapide qu’il ne l’est à l’échelle de la planète. Il y a donc une amplification des températures dans les hautes latitudes nord qui est très visible depuis un siècle et qui va se poursuivre.

Cela est lié en particulier à la fonte des glaces de mer et des surfaces enneigées. Il y a moins de zones enneigées actuellement qu’il y a trente, quarante, cinquante ans. Or ces surfaces ont la propriété de renvoyer une large partie du rayonnement solaire vers l’atmosphère. (principe de l'albédo)

Ce n’est pas le cas des zones de forêts, de toundra ou de l’océan libre qui ont remplacé la neige. Elles absorbent au contraire largement la chaleur et les rayonnements solaires. Cela explique en partie le fait que les températures augmentent deux fois plus rapidement dans les régions de l’Arctique qu’elles n’augmentent en moyenne globale.

Ces zones de hautes pressions qui stagnent sur la Scandinavie sont conjoncturelles, mais sommes-nous aussi face à un phénomène de long terme ?

C’est effectivement la question. Tout le problème est de savoir si ces zones de haute pression sont liées au réchauffement climatique global. D’après les météorologues, elles devraient se prolonger toute la semaine. En tous cas, elles s’inscrivent dans un réchauffement climatique que nous décrivons depuis longtemps. 

A l’échelle planétaire, 2018 est la troisième année la plus chaude que nous ayons connue, après 2016 et 2017. On reste bien dans un contexte de réchauffement global avec des records qui sont battus. Et cela va devenir de plus en plus fréquent dans le monde, à mesure que le réchauffement climatique va se mettre en place.

Il va falloir s’y habituer. C’est ce que nous disons, nous, climatologues depuis trente ans.

Par exemple en France, même d’ici 2025, on aura des températures record de 2 à 3 degrés plus chaudes qu’elles ne le sont actuellement. Aujourd’hui, les températures record tournent autour de 42, 43 degrés en France. A l’échelle d’une dizaine d’années, elles pourraient arriver à 45 degrés. Et si le réchauffement climatique n’était pas maîtrisé, on pourrait aller au-delà de 50 voire 55 degrés dans certaines régions de l’Hexagone, dès la deuxième moitié de ce siècle.

Et en Europe, si rien n’est fait pour lutter contre le réchauffement climatique, pratiquement deux tiers des habitants auront à faire face à des extrêmes climatiques. En cas de réchauffement non maîtrisé, il risque d’y avoir d’ici la deuxième moitié du siècle, 50 fois plus de décès liés aux catastrophes climatiques qu’actuellement. Aujourd’hui, on déplore 3 000 décès par an, on risque d’avoir 150 000 décès par an, en Europe, liés essentiellement aux périodes de canicule.

On a ce sentiment que l’Europe est un continent moins vulnérable que d’autres, ce qui est bien le cas. Mais l’Europe est quand même très vulnérable au réchauffement climatique. On le vit actuellement avec le problème de ces feux de forêts très importants. Ces risques vont aller en s’amplifiant. Ce sont des choses que nous répétons continuellement, depuis vingt ans, trente ans. Mais il faut vraiment que les gens aient à faire face à ces difficultés pour qu’ils en prennent conscience. Et malheureusement, il y a un risque qu’il ne soit trop tard pour lutter contre le réchauffement climatique de façon efficace. C’est aussi très clair. On rentre dans un autre monde, c'est maintenant qu'il faut agir.

 • Crédits : Visactu

Sommes-nous entrés dans la phase d’emballement du réchauffement climatique qui est très redoutée ?

Non. Ce qui se produit en Europe actuellement est dans la ligne de ce qu’on anticipe. Il n’y a pas de déraillement du train, et on en est bien loin. Le problème est que même sans être sortis des clous en matière de climat, la montée normale des températures que l’on envisage se traduit forcément par des extrêmes plus extrêmes et en particulier des vagues de chaleur qui deviennent de plus en plus fortes. Cette année, c’est en Europe. En 2010, c’était plutôt en Russie. On battra de plus en plus fréquemment des records, c’est inhérent au réchauffement moyen des températures.

Tout ce réchauffement est-il attribuable aux gaz à effet de serre ?

L’essentiel de ce réchauffement est attribué aux activités humaines.

En premier lieu, notre utilisation de combustible fossile, qui dégage du gaz carbonique – premier contributeur à l’augmentation de l’effet de serre. Les activités agricoles contribuent aussi aux émissions de méthane et de protoxyde d’azote. Mais pour 80%, il s’agit des gaz carboniques qui sont liés à notre utilisation du pétrole et du gaz. Et, si nous voulons être en mesure de tenir l’objectif de l’accord de Paris, il faut aller très rapidement vers une transition énergétique qui nous amène vers une société bas carbone. 

Il faut voir que nous sommes partis pour des réchauffements de 3 degrés et demi en moyenne globale, donc des étés de plus en plus chauds et des décès de plus en plus importants, y compris en Europe. Il faut prendre la mesure de ces projections qui sont à la disposition de tous les citoyens et de tous les médias. Mais ce sont des choses, je le répète, que l’on dit depuis trente, quarante ans.

Le réchauffement climatique est-il d'origine humaine ?

Le réchauffement climatique est-il lié à l’activité humaine ?

Notre pays ne semble pas tenir ses objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Oui, la France s’est fixée comme objectif de diminuer ses émissions polluantes de 20% en 2020 et de 40% en 2030. Or si l’on regarde 2017, les émissions ont augmenté de 3% par rapport à l’année précédente. Nous ne sommes pas du tout sur la trajectoire dans laquelle un pays comme le nôtre devrait s’inscrire. Alors que nous sommes – à travers l’accord de Paris – aux avant-postes de la lutte contre le réchauffement climatique.

  • Crédits : Sophie Ramis, Kun Tian, Gillian Handyside, Iris de Véricourt - AFP

Tara Schlegel et Eric Chaverou

 

L'eau et l'élevage intensif

Par Le 29/07/2018

16 000 litres d'eau potable pour produire un kilo de viande bovine.

Le problème n'est pas l'élevage mais l'alimentation humaine. L'élevage intensif n'en est que la conséquence.

Donc ?...


 

Aux États-Unis, le Colorado s'étend sur plus de 2300 km et fournit en eau potable plus de 40 millions de personnes. Mais la sécheresse et l'activité humaine ont considérablement fait baisser le niveau d'eau.FRANCE 2

C'est le fleuve le plus célèbre de l'Ouest américain. Depuis des millions d'années, le Colorado semble s'écouler paisiblement dans les canyons ocres qu'il a sculptés. Le fleuve parcourt plus de 2300 km, depuis les montagnes Rocheuses, jusqu'à son delta, situé au Mexique. Source de frisson pour les touristes, il alimente en eau plus de 40 millions de personnes.

Mais les spécialistes sont inquiets, après 19 années de sécheresse consécutives. Le fleuve est en danger et son débit diminue d'année en année. Les lacs artificiels qui ont été créés sur son passage pour servir de réservoirs aux plus grandes villes de l'Ouest se vident progressivement. Sur le lac Powell, situé entre l'Arizona et l'Utah, par exemple, Marlon Duke, de l'agence d'Etat de gestion de l'eau, montre les signes de cette baisse du niveau. "On utilise plus d'eau que le lac n'en a reçu", analyse-t-il. 

Une importante surexploitation

La sécheresse n'est la seule en cause : lacs artificiels, barrages gigantesques et canaux de dérivation ont largement participé à son tarrissement. Dans les sept Etats qu'il traverse, le fleuve est détourné par la main de l'homme et est puisé, parfois jusqu'à l'excès. Son eau alimente des champs d'agriculture intensive (luzerne, coton, bétail), dont certains sont situés en plein désert. Leur situation est critique. 

"Comme on n'a pas vu de pluies ce printemps, notre réservoir n'a pas reçu assez d'eau", explique ainsi Nancy Caywood, propriétaire d'une importante exploitation agricole. Et les autorités lui ont coupé l'accès aux canaux d'irrigation. "C'est tragique pour nous, on perd beaucoup d'argent."

Des solutions alternatives 

Certains trouvent des parades. Dans un golf de Casa Grande (Arizona), on arrose les greens en plein désert avec de l'eau recyclée. "On ne pompe ni dans les nappes phréatiques, ni dans les canaux, on retraite les eaux usées. Il s'agit d'eau impropre à la consommation", explique Larry Rains, le manager. 

Mais ces solutions apparaissent dérisoires. Au bout de son voyage dans l'Ouest américain, le Colorado asséché n'arrive plus à rejoindre son estuaire dans la mer.

 


 

Des sécheresses, il y en a eu évidemment et pas juste ces dernières années mais l'autre problème et dont on ne parle pas assez, c'est la transformation de la nature par l'activité humaine et cette transformation réduit considérablement la capacité de cette nature à survivre "naturellement" à des épisodes de sécheresse. Encore une fois, on voit l'impact à "LONG TERME" de l'humain lorsque celui-ci cherche prioritairement à rentabiliser à court terme son travail...


"Pour ne rien arranger, la Suède est recouverte de moitié par les forêts, mais seul 2% d'entre elles sont naturelles. Le reste est composé de pins sylvestres et de feuillus plantés pour l'industrie papetière et le bois. "Ces forêts plantées par l'homme sont beaucoup plus fragiles que les forêts naturelles. Elles sont faites de monocultures peu résistantes au changement climatique et aux incendies et elles empêchent toute pérennité de la biodiversité", analyse la militante, qui rappelle qu'une forêt naturelle serait "plus résiliente" face au réchauffement."

Depuis le mois de mai, quasiment aucune goutte d'eau n'est tombée dans le pays scandinave, d'habitude si frais, et les températures dépassent même les 30°C. De nombreux incendies se sont déclarés. Reportage.

La forêt de Ljusdal en Suède, le 25 juillet 2018.
La forêt de Ljusdal en Suède, le 25 juillet 2018. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

Oloff Brink a tout perdu en quelques jours. Le 16 juillet, un gigantesque incendie s'est déclaré dans la forêt de Ljusdal, commune du centre de la Suèdebrûlant quasiment tous les arbres de sa famille. Sur les 460 hectares que possèdent les Brink, historique famille de forestiers de la région, il n'en reste plus que cent, toujours menacés par les flammes. "Mon héritage s'est envolé d'un coup. Cette forêt que je connais par cœur depuis que je suis petit n'existe plus", déplore cet homme de 23 ans.

Assis dans le jardin fleuri de sa maison en bois verni, le jeune Suédois aux cheveux dorés a le regard triste. Il y a quatre ans, Oloff Brink a arrêté ses études en informatique pour reprendre l'exploitation forestière de son père, certain que la solitude du travail dans les bois lui conviendrait mieux que les bureaux.

Mes projets ont été détruits par la météo. Un été caniculaire s'est installé juste après l'hiver, il n'y a même pas eu de printemps.Oloff Brinkà franceinfo

Depuis le mois de mai, quasiment aucune goutte d'eau n'est tombée en Suède, pays d'habitude si frais, traversé de multiples cours d'eau et lacs. Selon l'Institut suédois de météorologie et d'hydrologie (SMHI), certaines régions reçoivent depuis le début du mois de juin 75% de précipitations en moins par rapport à la normale. À Ljusdal, le thermomètre atteint plus de 30°C, soit cinq à dix degrés de plus que d'habitude. Cela fait au moins 260 ans que le royaume n'a pas connu une telle sécheresse, rapporte le site The Local (en suédois).

Des incendies au-dessus du cercle polaire

La pelouse de la famille Brink, normalement si verdoyante à cette saison, a pris une couleur jaune pâle et craquelle sous le moindre pas. Dans le potager, les salades hier gorgées d'eau de pluie sont arrosées par un jet automatique. Afin de fuir cette chaleur "insupportable", Oloff Brink s'est aménagé une petite chambre dans le hangar à bétail. Il y fait 18°C, "le maximum que je puisse supporter", sourit le jeune homme. "Je n'ai jamais connu un été aussi chaud depuis que je suis né", renchérit son père, Björn Brink, en s'essuyant le front.

Face à la chaleur, Oloff Birk s\'est aménagé une chambre dans le hangar réservé au bétail de sa maison à Färila, le 25 juillet 2018.
Face à la chaleur, Oloff Birk s'est aménagé une chambre dans le hangar réservé au bétail de sa maison à Färila, le 25 juillet 2018. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

La sécheresse est si intense et la chaleur si élevée qu'une cinquantaine d'incendies se sont déclarés en une semaine dans tout le pays, brûlant près de 30 000 hectares de forêt. Selon le service d'alerte suédois, une trentaine de feux sont toujours actifs le 26 juillet, principalement dans les régions de Gävleborg, Dalécarlie, Jämtland et Västernorrland. Des feux ont également été repérés en Laponie suédoise, au-dessus du cercle polaire : autour de la ville de Jökkmokk, destination du grand nord prisée des touristes, pas moins de cinq incendies ont été recensés. À Ljusdal, où les feux sont les plus violents, les autorités ont évacué plusieurs villages proches de la forêt.

"On m'a réveillé à 2 heures du matin pour que je parte, raconte Ivan Halvarsson, 68 ans, habitant du village Huskölen, à l'orée des bois de Jämtland. J'ai juste eu le temps de prendre quelques vêtements et des photos. Je suis logé chez des amis en attendant, mais je ne sais pas quand je pourrai revenir", soupire ce Suédois à la silhouette ronde.

On est très inquiets pour notre maison mais que peut-on faire ? Nous n'avons plus qu'à espérer et attendre.Ivan Halvarssonà franceinfo

Depuis le début des incendies, tous les secours du pays, pompiers et protection civile, ont été mobilisés. Certains pompiers partis en vacances ont été rappelés et 500 militaires sont venus en renfort. Malgré l'ampleur du dispositif, la Suède, sous-équipée pour ce genre d'interventions, a dû solliciter l'aide de ses voisins en activant le mécanisme européen de sécurité civile. L'Italie, l'Allemagne, la Norvège, la Pologne et la France ont répondu à l'appel en envoyant plusieurs contingents de femmes et d'hommes et du matériel. Le 19 juillet, un convoi de 44 camions de pompiers et 139 sapeurs-pompiers de Pologne a traversé le pays sous les applaudissements des habitants.

Des pompiers français installent leurs affaires dans le camp de base de Färila, le 24 juillet 2018.
Des pompiers français installent leurs affaires dans le camp de base de Färila, le 24 juillet 2018. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

"Si sec que l'eau ne suffit pas à stopper le feu"

"Je n'ai jamais connu autant de feux de cette ampleur simultanément, reconnaît Peter Hertzmann, pompier volontaire depuis onze ans dans la commune de Jarvsö. Il fait si sec que l'eau ne suffit pas à stopper le feu." Même l'aide des agriculteurs arrivés en renfort avec leurs camions-citernes ne permet pas d'en venir à bout. "Le temps de se réapprovisionner en eau, le feu est déjà reparti", déplore le cinquantenaire à l'allure sportive.

Il n'y a pas assez de pompiers en Suède et nous manquons de matériel. Avant l'aide européenne, nous n'avions pas assez d'avions pour survoler la forêt. Or, y pénétrer en camion ou à pieds est devenu trop dangereux.Peter Hertzmannà franceinfo

À Färila, l'Agence de suédoise de protection civile (MSB) a construit un camp en douze heures pour accueillir les secours français, venus pour une durée indéterminée. "D'habitude, on se sert de ces camps lors des catastrophes naturelles ou les crises humanitaires en Afrique, en Asie... C'est la première fois en Suède", lâche l'athlétique Bobby Rose, chef des opérations du MSB. Malgré la chaleur suffocante, une dizaine de bénévoles sont venus prêter main forte et apporter des vivres. "Je suis en vacances, j'ai du temps. C'est la première fois qu'on vit une telle sécheresse, ça m'inquiète beaucoup", murmure Mikaël Wikström, en plein montage de ventilateurs.

Mikael Wikström et Anders Carlström montent des ventilateurs dans le camp de base pour les pompiers à Färila (Suède), le 24 juillet 2018.
Mikael Wikström et Anders Carlström montent des ventilateurs dans le camp de base pour les pompiers à Färila (Suède), le 24 juillet 2018. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

Côté français, le lieutenant-colonel des pompiers Jean-Paul Monet reste optimiste, mais prudent. "Le feu se propage ici à 3 km/h, moitié moins que dans le sud de la France ou en Grèce, explique-t-il d'un ton calme. Mais la tourbe est si sèche que le feu repart toujours. On essaye de le contenir en creusant des tranchées, en arrosant les lisières, c'est un travail très dur." Afin d'éviter tout nouveau départ de feu, le gouvernement a interdit les feux de camp et les barbecues dans plusieurs régions, y compris dans les jardins privés, note The Local.

"Je perds 2 500 euros par jour"

Les conséquences de cette sécheresse sur l'agriculture et l'élevage sont déjà visibles. Par manque de foin, certains éleveurs assurent avoir commencé à abattre leurs animaux. Certains sont transformés en biocarburant ou vendus à la consommation. Pour écouler le stock, "des épiceries ne vendent plus que de la viande suédoise", reprend le pompier Peter Hertzmann. Pour la fédération des agriculteurs suédois, il s'agit de la pire crise depuis plus de 50 ans. "La perte est déjà estimée à plus de 2 milliards de couronnes suédoises", soit 194 millions d'euros, explique un porte-parole à l'AFP.

À Ljusdal, l'heure est à l'inquiétude. Dans son exploitation de 1 400 hectares pour 11 000 vaches, Janna Hansson craint les prochains mois, même si de son propre aveu, il n'est pas le plus à plaindre. À la tête d'une des plus grosses fermes laitières du pays, ce Suédois à la taille imposante prévoit une baisse de sa production de 50% cette année à cause de la chaleur.

Janna Hansson dans son exploitation laitière à Ljusdal (Suède), le 26 juillet 2018.
Janna Hansson dans son exploitation laitière à Ljusdal (Suède), le 26 juillet 2018. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

"Le sol est trop sec et il ne pleut pas, alors on manque de foin, raconte-t-il en marchant, suivi de près par son chien. Lors de la dernière moisson, on a récolté seulement 30% de la production habituelle." Le bétail a déjà entamé les réserves de l'hiver et montrerait des signes de "stress" face aux températures. "Les vaches produisent moins de lait. Depuis le début de l'été, je perds 2 500 euros par jour", reprend l'éleveur, fatigué par ces derniers jours. 

L'entreprise est solide donc on devrait s'en sortir, mais j'ai peur que ce temps devienne la norme.Janna Hanssonà franceinfo

Oloff et Björn Brink, les forestiers, ont perdu 12 millions de couronnes avec les incendies, soit près de 200 000 euros de capital. "On a une assurance, mais on ne sait pas combien elle nous remboursera. Et quand bien même, il faut des dizaines d'années pour que la forêt repousse, prévient Björn Brink. Ça, personne ne peut le compenser."

La preuve du réchauffement en cours ?

Cette sécheresse exceptionnelle et ces incendies sont-ils liés au réchauffement climatique ? Comme à chaque fois, les scientifiques sont divisés sur la question. Pour Lina Burnelius, spécialiste des forêts à Greenpeace Suède, le lien est indéniable : les feux sont essentiellement le résultat de l'activité humaine.

Ces incendies sont la partie visible du réchauffement climatique. C'est une première pour la Suède mais de nombreux pays du Sud sont touchés depuis longtemps.Lina Burneliusà franceinfo

Pour ne rien arranger, la Suède est recouverte de moitié par les forêts, mais seul 2% d'entre elles sont naturelles. Le reste est composé de pins sylvestres et de feuillus plantés pour l'industrie papetière et le bois. "Ces forêts plantées par l'homme sont beaucoup plus fragiles que les forêts naturelles. Elles sont faites de monocultures peu résistantes au changement climatique et aux incendies et elles empêchent toute pérennité de la biodiversité", analyse la militante, qui rappelle qu'une forêt naturelle serait "plus résiliente" face au réchauffement.

Mais d'autres spécialistes se montrent plus prudents. "On ne peut pas affirmer que les feux sont liés au réchauffement, estime ainsi Erik Kjellström, climatologue au SMHI. L'Europe traverse depuis quatre mois un système de haute pression qui provoque la hausse des températures et la baisse des précipitations, mais cela pourrait se produire sur une planète plus froide." En revanche, "les incendies de cette ampleur sont de plus en plus nombreux, tout comme les hivers très froids".

La forêt de Ljusdal en Suède, le 25 juillet 2018.
La forêt de Ljusdal en Suède, le 25 juillet 2018. (ELISE LAMBERT/FRANCEINFO)

En attendant, la chaleur n'est pas prête de retomber sur le royaume scandinave. Des pics à 35°C sont attendus dans le week-end et les autorités mettent en garde contre les risques de nouveaux départs de feu. Les plus pessimistes affirment qu'il faudra attendre les premières neiges pour que la situation se résorbe complètement (mais ce ne sera pas avant octobre). "Si on veut rester positifs, on se dit qu'affronter une telle sécheresse c'est de l'expérience pour le futur, pressent le pompier Peter Hertzmann. À l'avenir, on sera obligés de prendre en compte ces risques dans nos vies."

 


 

Pour le climatologue du CNRS Robert Vautard, les vagues de chaleur que connaissent de nombreux pays "sont une conséquence directe du réchauffement climatique".

Au cœur de Stockholm (Suède) des gens se font bronzer, le 16 juin 2018. Depuis plusieurs semaines, le pays connaît un épisode de chaleur exceptionnel. 
Au cœur de Stockholm (Suède) des gens se font bronzer, le 16 juin 2018. Depuis plusieurs semaines, le pays connaît un épisode de chaleur exceptionnel.  (HOSSEIN SALMANZADEH / AFP)

Vous n'avez pas pu y échapper : le thermomètre s'affole ces derniers jours. Jusqu'à 38°C sont attendus dans l'Hexagone, jeudi 26 juillet. La France, ainsi que plusieurs pays d'Europe du Nord, vivent depuis quelques semaines un épisode de chaleur particulièrement intense. Mais ce n'est rien comparé à ce que nous connaîtrons d'ici quelques décennies, prévient Robert Vautard, climatologue au CNRS et directeur de recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE). Interrogé par franceinfo, ce spécialiste affirme que "les températures extrêmes que l’on subit cet été vont devenir la norme"

>> DIRECT. Canicule : 18 départements toujours en vigilance orange, jusqu'à 38 degrés attendus jeudi

Franceinfo : Peut-on imputer les vagues de chaleur actuelles au changement climatique ?

Robert Vautard : D’une manière générale, oui. Il n’y a plus de doutes là-dessus. On est capable de démontrer scientifiquement que les vagues de chaleur sont une conséquence directe du réchauffement climatique, contrairement aux cyclones ou aux fortes pluies, pour lesquels il est encore difficile d’établir un lien de causalité.

On sait notamment que les gaz à effet de serre et les activités humaines augmentent directement la fréquence des vagues de chaleur.

Le problème est qu’on est arrivés à un point de non retour.Robert Vautard, climatologueà franceinfo

Pourquoi ?

On ne pourra pas revenir à un climat normal, même en diminuant nos émissions de CO2. On pourra les contenir et en limiter la progression mais les températures dépendent des gaz à effet de serre qui se trouvent déjà dans l’atmosphère et faire redescendre les niveaux de CO2, c’est extrêmement difficile. Contrairement à la pollution atmosphérique, dont les particules retombent assez vite, ces émissions de gaz à effet de serre ne retombent pas, ou extrêmement lentement. On a tendance à l'oublier.

Aujourd’hui, on se retrouve avec des étés étouffants. Mais avec l’augmentation actuelle des émissions de CO2, il faudra s’y habituer car les épisodes caniculaires deviendront la norme.Robert Vautardà franceinfo

Que peut-on faire en priorité pour lutter contre ce réchauffement climatique ?

À notre niveau, il faut d’abord que l'on ait une prise de conscience. Le changement climatique ne sera pas un problème dans vingt ou trente ans. C’est maintenant. On en subit même déjà les conséquences aujourd’hui puisque l’on doit déjà s’adapter, particulièrement en été avec ces vagues de chaleur. Cette prise de conscience peut paraître évidente mais force est de constater que, pour le gouvernement américain par exemple, ce n’est pas du tout une priorité. Malgré les bonnes intentions affichées des politiques, le climat reste quand même au second plan par rapport à des sujets qu’ils jugent plus immédiats.

La deuxième étape, c’est l’action. Il faut agir un peu à tous les niveaux. Cela commence par recourir au maximum à une énergie zéro carbone, qui n'émet pas de CO2 : ce n’est pas difficile et c’est déjà en cours. On est sur la bonne voie. Même si, aujourd’hui, le problème n’est pas tellement en France ou en Europe mais dans les pays émergents. Il ne faut pas les blâmer mais il faut plutôt réfléchir à les aider pour qu’ils se développent d’une façon différente de la nôtre. Ce n’est pas un défi uniquement pour eux : il nous concerne tous.

Dans les villes, la situation s'annonce particulièrement difficile…

Les villes ont un climat vraiment particulier, surtout en été. Le peu de présence de végétation notamment fait que l’énergie est piégée la journée dans la ville et a du mal à s’évacuer la nuit. Cela crée un îlot de chaleur urbain qui fait que les températures redescendent beaucoup moins vite la nuit, contrairement aux campagnes environnantes.

La persistance de températures élevées la nuit pose un gros problème de santé car on sait que pendant les périodes de forte chaleur, le corps a besoin de se reposer la nuit.Robert Vautard, climatologueà franceinfo

On est capable d'absorber des températures assez fortes la journée, à condition de se reposer après.

Jean Jouzel, climatologue et vice-président du Giec, affirmait que l’on pourrait même atteindre les 50 degrés dans l'est de la France, dans la deuxième partie du XXIe siècle. Vous confirmez ?

Bien sûr. Si le réchauffement climatique augmente de 3 ou 4 degrés, on a des scénarios dans lesquels les écarts à la normale d’aujourd’hui seront beaucoup plus importants. L’été 2003 en région parisienne était 3 degrés plus chaud que la normale.

Dans certaines de nos simulations climatiques, d’ici la fin du siècle, on aura des étés qui iront jusqu’à 10 degrés au-dessus de la normale. Est-on prêt à supporter ça ?Robert Vautard, climatologue."


 

Arnaud Ferreira

Par Le 29/07/2018

Arnaud est un ancien élève et c'est que du bonheur de le voir évoluer dans sa passion de la musique electro.

Un Grand est en train d'émerger et comme en plus, c'est un gars bien, une belle personne, ça me plaît de partager sa page.

https://www.facebook.com/Arnaud-Ferreira-924430724240372/…

-0:28

HD

 

 

Arnaud Ferreira

 

Pour moi, il ne s'agit pas de se limiter à aimer ou pas ce style musical mais à se réjouir de voir un jeune se démener et travailler dans la création artistique et je sais oh combien c'est un travail de longue haleine.

Une musique de film ça : Un thriller à la Ridley Scott ou Denis Villeneuve. Chapeau bas Arnaud.

 

Vertiges de l'amour en montagne

Par Le 28/07/2018

Quatre jours dans le massif du Dévoluy. Quasiment personne, sept personnes croisées en tout sur des sommets. Des papillons en pagaille, des sauterelles par milliers dans les alpages, des chamois surpris de voir des bipèdes, des gypaètes majestueux, des chevreuils, des marmottes, des vautours, les petits passereaux qui vivent encore là-haut, un lieu préservé, l'eau potable des torrents de montagne, des chemins balisés ou des montées "à vue", en terrain d'aventure, les fameuses "randonnées du vertige".

Et le silence absolu de la nuit, des étoiles plein les cieux. Et nous deux. Que du bonheur.

L'Obiou. Une montagne unique, incomparable, puissante, complexe. Troisième fois qu'on monte au sommet mais cette fois, on a emprunté une voie un peu particulière puisqu'il faut grimper dans des passages si étroits qu'on doit enlever le sac à dos et le hisser avec la corde ! Trois personnes au sommet dont un gars qui était monté pour sauter avec une "aile"...Terriblement impressionnant...Quelques secondes de chute libre et puis un vol plané avant d'ouvrir le parachute...

Et puis, la recherche compliquée d'une grotte au fond de laquelle on trouve un mur de glace. Des pentes raides, des éboulis, des couloirs ruiniformes où il faut rester très concentré. Pas grand-monde dans le secteur. Comme dans tout le massif d'ailleurs.

En quatre jours et des paquets de kilomètres, on a vu très, très peu de randonneurs. Et pourtant, cette nature est d'une beauté à couper le souffle. Des torrents le soir pour se baigner et le lac du Sautet dans son écrin. Des chamois, des papillons multicolores, le silence, le camion posé au bout des pistes forestières, une solitude incroyable.

Le Grand Ferrand est avec l'Obiou le sommet emblématique du Dévoluy. La voie normale emprunte déjà quelques passages escarpés mais comme on la connaissait déjà, on est parti dans un autre itinéraire. Plus compliqué... Bon, très clairement, à plusieurs endroits, la chute est interdite et on était soulagé quand on est sorti des gradins herbeux, terreux et couverts de pierrailles pour rejoindre la voie normale. La corde était plus symbolique qu'autre chose vu qu'il n'y a pas d'ancrage vraiment "béton" même en utilisant des coinceurs et des sangles. "Terrain d'aventure", comme on dit ou "randonnée du vertige". 

Alors, on a cherché, on a pris notre temps, on s'est assuré au mieux, le regard attentif sur soi et sur l'autre et on est allé en haut. "Le tunnel de la cloche" qui traverse la paroi et débouche dans la falaise est un moment à part...La suite, sur les arêtes, est effectivement une randonnée du vertige...Grandiose.

Des heures de marche, juste Nathalie et moi, un biscuit au sommet, rien d'autre, plus aucun besoin de nourriture en journée de marche, quelques mots, la recherche de l'itinéraire, l'étude de la carte, la recherche d'une trace, d'un cairn, le bonheur de l'effort long et du corps en action.

Le privilège de vivre tout cela à deux. Vertiges de l'amour.

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JARWAL le lutin est toujours avec moi, Là-Haut.

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Ecriture de romans et recherches documentaires

Par Le 22/07/2018

Dans l'écriture de la trilogie en cours, "Les héros sont tous morts", "Tous, sauf elle" et "Il faudra beaucoup d'amour", je ne compte plus les documents, livres et vidéos que j'ai étudiés, les liens que je conserve, plus de cent actuellement et bien évidemment, tout ce que j'y ai appris. Rien de réjouissant d'ailleurs. 

Terrorisme, ressources de la planète, sphère financière, survivalisme, biologie, médecine, peuples premiers, factions religieuses de l'Islam, centrales nucléaires, informatique et cyber attaque, stocks stratégiques de carburant, réseau électrique, écologie...

C'est ce dernier thème qui occupe mon esprit ces jours-ci et je suis tombé là-dessus.

La "platisphère", terme utilisé en 2003 par le couple Zettler, scientifiques de renom. 

Les déchets plastiques deversés dans l'Océan voient proliférer sur eux de nouvelles bactéries, comme celle du vibrion choleare...

On va où là ?...

Je pensais écrire une série d'anticipation et je me retrouve constamment rattrapé par l'actualité...

J'en arrive parfois dans ce travail d'écriture à me sentir dépasser par l'ampleur de la tâche au regard de la vitesse de propagation du cauchemar humain et par l'infinie petitesse actuelle des noeuds de résistance. Il me devient difficile de me projeter certains jours dans un horizon lumineux.

Un sentiment partagé quant à la justification de ce travail. L'impression d'écrire une trilogie que personne n'aura envie de lire.

Parfois, j'arrête, je me mets en mode "pause et rêverie" et j'écoute de la musique.

Très important la musique. L'humain sait faire de très belles choses aussi. Tout n'est pas perdu.

 


 

PLANÈTE

Des colonies de microbes dans la plastisphère océanique

ACTUALITÉClassé sous :OCÉAN , ÎLE DE DÉCHETS , CONTINENT DE PLASTIQUE

La plastisphère, ce nouvel écosystème marin qui se développe sur les déchets plastiques, grouille de microbes et de bactéries en tout genre. S'il est difficile de prévoir les effets qu'aura ce nouveau monde sur l'océan, on peut d'ores et déjà affirmer qu'il modifie le développement des micro-organismes et pourrait bien transporter des maladies.

Ce macrodéchet de plastique a été découvert dans la zone d'accumulation est de l'océan Pacifique, durant l'expédition 7e continent, le mois dernier. Les mollusques s'en servent au même titre que les rochers ou récifs. Ces déchets de plastique sont aujourd'hui de véritables nouveaux récifs, nids de microbes en tout genre, tels que le choléra. © Soizic Lardeux, OSL

Ce macrodéchet de plastique a été découvert dans la zone d'accumulation est de l'océan Pacifique, durant l'expédition 7e continent, le mois dernier. Les mollusques s'en servent au même titre que les rochers ou récifs. Ces déchets de plastique sont aujourd'hui de véritables nouveaux récifs, nids de microbes en tout genre, tels que le choléra. © Soizic Lardeux, OSL 

Les débris marins les plus abondants sont les déchets plastiques. Sur les 260 millions de tonnes de plastique produites chaque année, 10 % finit sa course en mer. La circulation océanique entraîne les déchets loin des côtes, dans les gyres océaniques où ils s'accumulent et se dégradent lentement. Ces zones d'accumulation sont souvent appelées continents de plastique ou îles de plastique. La notion de plaque macroscopique de plastique est trompeuse, on devrait plutôt parler de soupe de plastique microscopique. Néanmoins, l'abondance du matériau dans l'océan a conduit à la prolifération de milliers de bactéries, fondant un nouvel écosystème, la « plastisphère ».

Ce nouvel habitat océanique soulève un grand nombre de questions. Les nouvelles conditions environnementales vont-elles favoriser le développement d'espèces au détriment d'autres ? En quoi la prolifération de la vie marine à même ces déchets plastiques pourrait-elle modifier la chaîne alimentaire ? À leur mort, ces organismes vont-ils plonger au fond de l'océan ou seront-ils ingérés ? Quel impact la plastisphère peut-elle avoir sur l'océan ? Difficile de répondre maintenant, mais une équipe du Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) donne quelques éléments d'analyse.

Une ciliée Suctoria couverte de bactéries symbiotiques et des diatomées, fixées sur un morceau de plastique fissuré et altéré. © Erik Zettler, Sea Education Association

Une ciliée Suctoria couverte de bactéries symbiotiques et des diatomées, fixées sur un morceau de plastique fissuré et altéré. © Erik Zettler, Sea Education Association 

L'équipe a étudié des débris plastiques récoltés en différents points du gyre de l'Atlantique nord, à partir de filets au maillage microscopique. La plupart des débris récupérés ne dépassaient pas le millimètre, mais abritaient une riche vie microbienne. Les résultats de l'analyse, publiés dans la revue Environmental Science & Technology, font état de plus d'un millier d'espèces différentes développées sur un seul microdéchet de plastique.

Le plastique au temps du choléra

Sur un bout de plastique d'à peine la taille d'une épingle, les chercheurs ont trouvé des organismes autotrophes (phytoplancton et bactéries), des animaux et bactéries qui s'en nourrissaient et des prédateurs plus gros encore. Ils ont par ailleurs identifié de véritables relations symbiotiques entre certains de ces organismes. La plastisphère peut être vue comme un nouveau récif microbien.

Étudiées à partir de microscopie électronique à balayage et de techniques de séquençage des gènes, les bactéries montrent un développement différent de celles qui grandissent sur des récifs naturels. Le plastique se dégrade moins vite que le bois ou les plumes sur lesquels elles vivent normalement, et fournit des éléments nutritifs bien inhabituels. L'équipe montre notamment que les microbes sont capables de dégrader le plastique. Ils ont observé des fissures et des puits microscopiques dans le matériau, qui révèlent que les bactéries s'attaquent aux chaînes d’hydrocarbures.

Les débris de plastique représentent donc un nouvel écosystème, mais pourraient bien être aussi un nouveau mode de transport, vecteur de microbes nocifs. Sur un des plastiques étudiés, la population dominante appartenait au genre Vibrio, qui comprend les bactéries du choléra et les bactéries vectrices de maladies gastrointestinales. L'équipe du WHOI espère pour la suite être en mesure d'identifier et de séquencer toutes les bactéries que l'on peut trouver dans ces milieux, pour ainsi parvenir à développer des cultures en laboratoire et étudier leur mode de fonctionnement. 

Monarchie républicaine

Par Le 22/07/2018

Ce que je retiens surtout de cette affaire, c'est que le comportement de ces gens est à l'image du "matraquage" social orchestré par M Macron. La pensée prend forme dans la matière, c'est inéluctable. Je ne suis donc absolument pas surpris de la tournure des événements...On est dans la logique des choses et l'attitude du chef de l'état en dit long sur la suite...Ce qui va être intéressant, c'est la réaction des parlementaires parce que finalement, eux aussi sont pris pour des moins que rien étant donné tous les passe-droits dont bénéficiait cet énergumène. Et on peut supposer qu'il n'est pas le seul. "Monarchie républicaine", c'est le nouveau concept...Mais, bon, en pleines vacances d'été, ça ne va pas remuer les foules. M'étonnerait pas qu'un pare-feu soit rapidement mis en place, histoire d'occuper la plèbe et les journalistes. C'est surtout là-dessus que ça doit cogiter dans les hautes sphères boueuses...

Alexandre Benalla s\'en est pris physiquement à un jeune couple, lors des manifestations du 1er-Mai. Le photographe Naguib Michel Sidhom a immortalisé cet instant clé.
Alexandre Benalla s'en est pris physiquement à un jeune couple, lors des manifestations du 1er-Mai. Le photographe Naguib Michel Sidhom a immortalisé cet instant clé. (NAGUIB-MICHEL SIDHOM / AFP)

Le couple de jeunes qui a été frappé par Alexandre Benalla et Vincent Crase lors des manifestations du 1er-Mai à Paris "avait une attitude extrêmement pacifique", a témoigné sur franceinfo dimanche 22 juillet, Naguib Michel Sidhom, photographe et ancien journaliste qui a notamment travaillé à l'AFP et au Monde.

Témoin clé de l'affaire Benalla

Il a été témoin de la scène depuis son appartement, situé dans un immeuble qui donne sur la place de la Contrescarpe, où se sont déroulés les faits. Naguib Michel Sidhom a pris "141 photos qui sont maintenant à la disposition de la justice". Il a par ailleurs été entendu par la police judiciaire.

Selon Naguib Michel Sidhom, "on voit de manière très claire que l'ensemble des manifestants, qui étaient extrêmement jeunes, avaient été fouillés" par les CRS présents sur la place. "Il n'y avait à mon sens aucun danger", estime donc le photographe. Sur la place, le couple de jeunes victimes des coups portés par Alexandre Benalla et Vincent Crase "avait une attitude extrêmement pacifique", qu'il qualifie de "souriante et décontractée." "Je ne suis pas certain que ces deux jeunes faisaient partie des manifestants", affirme Naguib Michel Sidhom. "J'ai l'impression qu'ils étaient là peut-être par hasard." En référence au rôle d'observateur pour lequel Alexandre Benalla avait reçu une autorisation, Naguib Michel Sidhom assure : "Ceux qui était observateurs, c'était plutôt les deux jeunes."

Une série de coups 

Selon Naguib Michel Sidhom, il y a eu une première charge des CRS pour faire refluer les manifestants rassemblés sur la place de la Contrescarpe. Elle ne concernait pas les deux jeunes. Les CRS ont reflué puis "le garçon a pointé un doigt en direction des CRS, sans doute pour dire sa manière de penser sur cette charge." Les CRS ont alors lancé une petite charge à l'encontre du couple et les deux jeunes ont pris la fuite en direction de la rue Mouffetard. "Ils sont d'abord ramenés par Alexandre Benalla, qui ramène la fille vers le café des Arts. Il l'oblige à s'asseoir de manière un peu vigoureuse et la confie à ce que je crois être - parce que maintenant je ne suis plus sûr de rien - un policier en civil portant des lunettes."

Alexandre Benalla est alors reparti et, pendant ce temps, Vincent Crase est arrivé "avec une demi-douzaine de CRS tenant le garçon qui, à mon sens, fait de la résistance passive", témoigne Naguib Michel Sidhom. "En même temps, [le jeune] essaie de dialoguer. Il a une attitude qui n'est pas dangereuse à mon avis." C'est alors qu'Alexandre Benalla "revient, attrape par derrière le garçon est lui assène des coups. Ces coups ont continué, y compris quand il était à terre, c'est-à-dire qu'il est relevé, remis à terre et de nouveau frappé."

Des CRS conciliants ?

Selon Naguib Michel Sidhom, Alexandre Benalla apparaissait clairement comme un membre des forces de l'ordre. "A ce moment-là, c'est évident. Il a le casque et l'insigne. Je ne vois ni bandeau ni arme (...) mais c'est évident, ils font partie de l'équipe." Il estime que le comportement des CRS n'est "pas mieux" que celui d'Alexandre Benalla et Vincent Crase. D'après lui, les CRS n'ont d'ailleurs eu "aucun mouvement de surprise" en voyant les agissements d'Alexandre Benalla. Et de conclure : "Si c'est nécessaire, je témoignerai en leur faveur."


 

Je sais bien qu'il s'agit d'un gars de l'opposition mais l'article a au moins le mérite de résumer clairement ce qu'un grand monde de gens suspecte fortement...Il doit faire "chaud" à l'Elysée et la clim n'y changera rien...

Photo d\'illustration. Olivier Faure, premier Secrétaire du PS.
Photo d'illustration. Olivier Faure, premier Secrétaire du PS. (LEON TANGUY / MAXPPP)

Le gouvernement a décidé de suspendre l'examen de la révision constitutionnelle jusqu'à nouvel ordre, a annoncé dimanche 22 juillet la garde des Sceaux Nicole Belloubet, alors que l'Assemblée est paralysée depuis plusieurs jours par l'affaire Benalla.

"C'était la seule décision qui s'imposait", réagit sur franceinfo Olivier Faure, député Nouvelle Gauche de Seine-et-Marne, dimanche 22 juillet. Le Premier secrétaire du PS attend maintenant l'audition du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, ainsi que celle de Michel Delpuech, préfet de police de Paris, prévues lundi 23 juillet.

Olivier Faure souhaite "que l'ensemble de la hiérarchie de M. Benalla soit entendue, à la fois le directeur de cabinet, le secrétaire général de l'Élysée, le chef de cabinet... et qu'ils nous donnent des explications sur le rôle réel de M. Benalla." Le silence d'Emmanuel Macron ne passe pas non plus inaperçu : "On aimerait entendre le chef de l'État, c'est la moindre des choses. C'est lui, en dernier ressort, le responsable de cette affaire."

franceinfo : Il est impossible de mettre l'affaire Benalla de côté pendant quelques heures pour examiner ce projet de révision constitutionnelle ?

Olivier Faure : Il y a un lien étroit avec le projet que nous examinons en ce moment, qui vise à réduire les droits du parlement. Comment peut-on penser qu'il faut réduire les droits du parlement, quand on voit quelles sont les dérives potentielles, quand on permet au pouvoir d'être seul maître de tout, y compris de mettre en place une police parallèle, de couvrir les exactions et de se sentir dénuée de toute obligation par rapport à la loi, puisque la logique aurait voulu que M. Benalla soit sanctionné, soit dénoncé auprès du procureur de la République dès la connaissance des faits, le 2 mai dernier. On le sait maintenant, à la fois le ministre de l'Intérieur et le président de la République ont en été informé et aucune décision de ce type n'a été prise. Ils ont couvert.

La commission des lois qui s'est dotée de pouvoirs d'enquête doit auditionner demain le ministre de l'Intérieur et le préfet de Paris. Qu'attendez-vous de ces auditions ?

La vérité. Les faits sont plus que troublants. Voilà un jeune homme de 26 ans, qui n'est même pas nommé au Journal officiel, qui donc n'a pas d'existence officielle dans la République, qui se retrouve à être celui qui commande les forces de l'ordre en opération, qui participe à un certain nombre de réunions, qui est en fait le bras armé d'Emmanuel Macron dans la police et qui est ensuite couvert alors qu'il commet des agissements graves le 1er mai. Toutes ces questions supposent des réponses. Nous sommes véritablement en présence d'une affaire d'État, qui justifie pleinement une commission d'enquête que nous avions demandé et que nous avons obtenu. Maintenant, il faut que le ministre, sous serment, comme le préfet de police, répondent aux questions qui leur seront posées, qui seront nombreuses et qui seront précises.

Pour vous le ministre de l'Intérieur a clairement couvert Alexandre Benalla ?

Ce n'est pas moi qui le dit, il le dit lui-même. Il a commencé par mentir en essayant de passer à travers les gouttes. Puis, on a découvert qu'il était au courant et qu'il avait transmis à l'Élysée les informations dont il disposait. Il aurait dû, au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, être celui qui appelle le procureur de la République et dénonce ces faits. Il ne l'a pas fait. Il a, depuis le 2 mai, couvert. Non seulement la sanction n'a pas eu lieu, mais M. Benalla a repris ses activités, comme si de rien n'était, puisqu'il était au Panthéon pour la dépose des cendres de Simone Veil, qu'il était là pour le retour des Bleus, qu'il était là pour le passage de Tom Cruise à l'Élysée le 14 juillet... Il n'a pas cessé ses fonctions de sécurité comme il l'a été dit. Il n'a pas été cantonné à des activités administratives. Il continue à gérer les affaires de police parallèle que M. Macron lui a demandé vraisemblablement de conduire. Il n'est empêché par personne.

Souhaitez-vous que d'autres personnalités soient interrogées par la commission des lois ?

Oui, je souhaite que l'ensemble de la hiérarchie de M. Benalla soit entendue, c'est-à-dire à la fois le directeur de cabinet, le secrétaire général de l'Élysée, le chef de cabinet... et qu'ils nous donnent des explications sur le rôle réel de M. Benalla, puisqu'il n'était pas seulement chargé de la sécurité, il s'occupait aussi de politique puisqu'il avait un badge d'accès jusqu'à l'hémicycle, ce qui est extrêmement rare. Le président de la République n'a pas le droit de mettre les pieds à l'intérieur de l'Assemblée, ce qui rend totalement inopérant l'argumentaire selon lequel il serait là uniquement pour la sécurité. Il avait visiblement une mission qui était plus large, dont personne ne connait les contours à ce jour. Emmanuel Macron aussi doit s'exprimer pour dire la vérité. Il est directement mis en cause. C'est lui, en dernier ressort, le responsable de cette affaire. C'est lui qui a organisé ou laissé organiser sous son toit une police parallèle qui a refusé de sanctionner un individu qui s'était comporté de manière violente et qui avait usurpé des titres qui n'étaient pas les siens, qu'il a laissé se comporter comme un policier, pendant de longs mois, voire même une année complète, sans que rien ne l'y autorise. On aimerait entendre le chef de l'État, c'est la moindre des choses.

Orang-outan ou hydroélectricité...

Par Le 22/07/2018

L'orang-outan de Tapanuli, juste découvert et bientôt disparu ?

 

L'orang-outan de Tapanuli

L'orang-outan de TapanuliAncestral, tout juste découvert et déjà menacé d'extinction : l'orang-outan de Tapanuli (© Andrew Walmsley/Nature Picture Library)

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L'orang-outan de Tapanuli crée l’émoi. Identifié comme une espèce à part entière en 2017, il risque déjà de disparaître. Les 800 derniers individus vivent dans les forêts de Sumatra. Ils sont aujourd'hui menacés d'extinction à cause d'un projet de barrage qui détruirait leur habitat. Protégeons l'orang-outan de Tapanuli à tout prix !

Lettre

Aux présidents de la Chine et de l'Indonésie, aux dirigeants de Sinohydro et de l'entreprise publique d'électricité PLN

Merci de ne pas construire de barrage dans la forêt de Batang Toru ! Protégeons l'orang-outan de Tapanuli et son habitat avant tout !

AFFICHER LA LETTRE DE PÉTITION

Un pelage long et ondulé : cette apparence singulière distingue d'ores et déjà l'orang-outan des forêts de Tapanuli de ses cousins de Sumatra et Borneo. Et les cris des mâles évoquent presque une langue étrangère.

Ce n'est pourtant qu'en novembre 2017 que des scientifiques ont découvert que l'orang-outan de Tapanuli est une espèce à part entière et non une sous-espèce de l'orang-outan de Sumatra, ce qui lui valut son nom (Pongo tapanuliensis). Des analyses du génome ont révélé que l'orang-outan de Tapanuli s'est séparé de la lignée des orangs-outans de Bornéo il y a 670 000 ans. Pongo tapanuliensis est l'espèce d'orang-outan la plus rare. 

Cette découverte nous ouvre les yeux sur la méconnaissance que nous avons de nos plus proches parents et sur la biodiversité en général. Le genre humain est prompt à détruire ce qu'il ne fait qu'entrevoir. C'est également le sort qui attend l'orang-outan de Tapanuli si un projet de barrage pour une centrale électrique est réalisé dans sa zone de refuge.

Les 800 derniers individus de l'espèce vivent dans les forêts au sud du lac Toba. C'est dans la forêt de Batang Toru que l'entreprise publique chinoise Sinohydro projette de construire un barrage pour une centrale hydroélectrique de 510 MW. Une perspective qui plonge le monde scientifique dans l'effroi : voir l'habitat du rare orang-outan de Tapanuli détruit, en partie englouti et qui sonnerait le glas des primates les plus rares.

Bien qu'une partie de la forêt de Batang Toru soit protégée, d'autres zones d'intérêt écologique ne le sont pas. Et c'est précisément là que se concentre la majeure partie des orangs-outans. Le projet de barrage isolerait les différentes populations les unes des autres.

Ce barrage est insensé et ne doit jamais voir le jour !

ContexteLettre

Aux présidents de la Chine et de l'Indonésie, aux dirigeants de Sinohydro et de l'entreprise publique d'électricité PLN

Monsieur le Président,
Madame, Monsieur,

Dans les forêts de Batang Toru vit le rare orang-outan de Tapanuli, tout juste identifié comme une espèce à part entière en 2017. Les analyses scientifiques de son génome, de sa morphologie et de son comportement sont surprenantes : avec l’orang-outan de Tapanuli, l'Indonésie abrite donc trois espèces d'orang-outan. Toutes trois sont gravement menacées mais c'est surtout la survie de cette espèce nouvellement identifiée qui est incertaine. L'exploitation minière, la coupe de bois, le braconnage et les plantations déciment déjà les forêts riches en biodiversité de Batang Toru. Les scientifiques exhortent à protéger l'habitat des orangs-outans de Tapanuli immédiatement et sans relâche.

Car c'est précisément dans cette région d'importance écologique que Sinohydro projette de construire un barrage pour une centrale hydroélectrique de 510 MW. Ce barrage couperait en deux l'habitat de l'orang-outan de Tapanuli, en isolerait les différentes populations et inonderait en partie la zone.

Nous en appelons à vous pour faire tout ce qui est en votre pouvoir pour protéger l'orang-outan de Tapanuli. Ne vous rendez pas coupables de l'extinction de notre parent le plus proche ! Ne sacrifiez pas les bases écologiques de la vie à des intérêts économiques à court terme !

La planification d'un projet de grande envergure comme celui du barrage de Batang Toru doit impérativement et inconditionnellement tenir compte des critères écologiques et sociaux.

Non au projet de barrage dans l'habitat de l'orang-outan à Tapanuli !

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, Madame, Monsieur, l'expression de notre profond respect.

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