Là-Haut

Articles de la-haut

Réchauffement climatique : mécanisme et évolution

Par Le 29/07/2018

SAVOIRS

Jean Jouzel : "Il y a un risque qu’il ne soit trop tard pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique"

25.07.2018 (MIS À JOUR À 23:27)

Par Tara Schlegel et Eric Chaverou

Entretien |

Canicule en France, en Suède ou au Japon, avec des records de chaleur dans le monde entier et des incendies meurtriers. "Le réchauffement climatique est bien là", explique le climatologue Jean Jouzel, qui détaille son mécanisme et son évolution.

Incendie à Kineta, près d'Athènes, le 24 juillet 2018. La Grèce n'avait pas connu autant de victimes (80 morts, au moins 187 blessés) depuis 2007 Incendie à Kineta, près d'Athènes, le 24 juillet 2018. La Grèce n'avait pas connu autant de victimes (80 morts, au moins 187 blessés) depuis 2007 • Crédits : Valérie Gache - AFP

Un record absolu de chaleur a été battu en Suède, près du cercle polaire, à Kvikkjokk, le 17 juillet dernier avec 32.5°C !

Plus largement, la Scandinavie vit des températures inédites et l'Organisation météorologique mondiale (OMM) prévoit des températures supérieures à la normale jusqu'à début août, de l'Irlande aux pays Baltes, en passant par la Scandinavie. La canicule a aussi investi le Japon, la Grèce, la Sibérie ou Los Angeles, avec des dizaines de morts, notamment liées à des incendies géants. En décembre dernier, pour la première fois, une étude publiée dans le "Bulletin of the American Meteorological Society" concluait que le réchauffement était le seul responsable du record de chaleur global pour 2016 et d'une canicule extrême en Asie.
Climatologue et glaciologue, ancien vice Président du groupe scientifique du GIEC, 
Jean Jouzel revient sur les causes de ce réchauffement climatique et ce que l'on peut en attendre.

Etes-vous surpris par l’ampleur de ces incendies ? 

Non. C’est malheureusement ce qui est envisagé en cas de réchauffement climatique et le réchauffement climatique est bien là. Dans le cas de la Grèce, ce sont des périodes de sécheresse autour de la Méditerranée, avec on l’a vu, malheureusement, pas mal de morts. Et c’est une situation assez exceptionnelle dans le Grand Nord, en Scandinavie. Mais elle va normalement devenir de plus en plus fréquente.
On est vraiment dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, et ces événements – feux de forêts en Europe et décès liés aux canicules - vont se multiplier.

Dans le Nord de l’Europe, les températures sont inégalées. Comment cela peut-il s’expliquer ?

Oui, ce sont des records. Des températures qui vont au-delà de 30 degrés, voire 35 degrés, au Nord du cercle polaire sont inédites dans ces régions. C’est lié à un système de hautes pressions qui se maintient et qui risque de se maintenir jusqu’à la fin de ce mois. S’y ajoute une période de sécheresse extrêmement longue. Nous avons donc tous les ingrédients pour des feux de forêts. En plus, ces pays ne sont pas du tout préparés aux incendies.

Il faut voir aussi que le réchauffement climatique en Scandinavie est en moyenne deux fois plus rapide qu’il ne l’est à l’échelle de la planète. Il y a donc une amplification des températures dans les hautes latitudes nord qui est très visible depuis un siècle et qui va se poursuivre.

Cela est lié en particulier à la fonte des glaces de mer et des surfaces enneigées. Il y a moins de zones enneigées actuellement qu’il y a trente, quarante, cinquante ans. Or ces surfaces ont la propriété de renvoyer une large partie du rayonnement solaire vers l’atmosphère. (principe de l'albédo)

Ce n’est pas le cas des zones de forêts, de toundra ou de l’océan libre qui ont remplacé la neige. Elles absorbent au contraire largement la chaleur et les rayonnements solaires. Cela explique en partie le fait que les températures augmentent deux fois plus rapidement dans les régions de l’Arctique qu’elles n’augmentent en moyenne globale.

Ces zones de hautes pressions qui stagnent sur la Scandinavie sont conjoncturelles, mais sommes-nous aussi face à un phénomène de long terme ?

C’est effectivement la question. Tout le problème est de savoir si ces zones de haute pression sont liées au réchauffement climatique global. D’après les météorologues, elles devraient se prolonger toute la semaine. En tous cas, elles s’inscrivent dans un réchauffement climatique que nous décrivons depuis longtemps. 

A l’échelle planétaire, 2018 est la troisième année la plus chaude que nous ayons connue, après 2016 et 2017. On reste bien dans un contexte de réchauffement global avec des records qui sont battus. Et cela va devenir de plus en plus fréquent dans le monde, à mesure que le réchauffement climatique va se mettre en place.

Il va falloir s’y habituer. C’est ce que nous disons, nous, climatologues depuis trente ans.

Par exemple en France, même d’ici 2025, on aura des températures record de 2 à 3 degrés plus chaudes qu’elles ne le sont actuellement. Aujourd’hui, les températures record tournent autour de 42, 43 degrés en France. A l’échelle d’une dizaine d’années, elles pourraient arriver à 45 degrés. Et si le réchauffement climatique n’était pas maîtrisé, on pourrait aller au-delà de 50 voire 55 degrés dans certaines régions de l’Hexagone, dès la deuxième moitié de ce siècle.

Et en Europe, si rien n’est fait pour lutter contre le réchauffement climatique, pratiquement deux tiers des habitants auront à faire face à des extrêmes climatiques. En cas de réchauffement non maîtrisé, il risque d’y avoir d’ici la deuxième moitié du siècle, 50 fois plus de décès liés aux catastrophes climatiques qu’actuellement. Aujourd’hui, on déplore 3 000 décès par an, on risque d’avoir 150 000 décès par an, en Europe, liés essentiellement aux périodes de canicule.

On a ce sentiment que l’Europe est un continent moins vulnérable que d’autres, ce qui est bien le cas. Mais l’Europe est quand même très vulnérable au réchauffement climatique. On le vit actuellement avec le problème de ces feux de forêts très importants. Ces risques vont aller en s’amplifiant. Ce sont des choses que nous répétons continuellement, depuis vingt ans, trente ans. Mais il faut vraiment que les gens aient à faire face à ces difficultés pour qu’ils en prennent conscience. Et malheureusement, il y a un risque qu’il ne soit trop tard pour lutter contre le réchauffement climatique de façon efficace. C’est aussi très clair. On rentre dans un autre monde, c'est maintenant qu'il faut agir.

 • Crédits : Visactu

Sommes-nous entrés dans la phase d’emballement du réchauffement climatique qui est très redoutée ?

Non. Ce qui se produit en Europe actuellement est dans la ligne de ce qu’on anticipe. Il n’y a pas de déraillement du train, et on en est bien loin. Le problème est que même sans être sortis des clous en matière de climat, la montée normale des températures que l’on envisage se traduit forcément par des extrêmes plus extrêmes et en particulier des vagues de chaleur qui deviennent de plus en plus fortes. Cette année, c’est en Europe. En 2010, c’était plutôt en Russie. On battra de plus en plus fréquemment des records, c’est inhérent au réchauffement moyen des températures.

Tout ce réchauffement est-il attribuable aux gaz à effet de serre ?

L’essentiel de ce réchauffement est attribué aux activités humaines.

En premier lieu, notre utilisation de combustible fossile, qui dégage du gaz carbonique – premier contributeur à l’augmentation de l’effet de serre. Les activités agricoles contribuent aussi aux émissions de méthane et de protoxyde d’azote. Mais pour 80%, il s’agit des gaz carboniques qui sont liés à notre utilisation du pétrole et du gaz. Et, si nous voulons être en mesure de tenir l’objectif de l’accord de Paris, il faut aller très rapidement vers une transition énergétique qui nous amène vers une société bas carbone. 

Il faut voir que nous sommes partis pour des réchauffements de 3 degrés et demi en moyenne globale, donc des étés de plus en plus chauds et des décès de plus en plus importants, y compris en Europe. Il faut prendre la mesure de ces projections qui sont à la disposition de tous les citoyens et de tous les médias. Mais ce sont des choses, je le répète, que l’on dit depuis trente, quarante ans.

Le réchauffement climatique est-il d'origine humaine ?

Le réchauffement climatique est-il lié à l’activité humaine ?

Notre pays ne semble pas tenir ses objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Oui, la France s’est fixée comme objectif de diminuer ses émissions polluantes de 20% en 2020 et de 40% en 2030. Or si l’on regarde 2017, les émissions ont augmenté de 3% par rapport à l’année précédente. Nous ne sommes pas du tout sur la trajectoire dans laquelle un pays comme le nôtre devrait s’inscrire. Alors que nous sommes – à travers l’accord de Paris – aux avant-postes de la lutte contre le réchauffement climatique.

  • Crédits : Sophie Ramis, Kun Tian, Gillian Handyside, Iris de Véricourt - AFP

Tara Schlegel et Eric Chaverou

 

L'eau et l'élevage intensif

Par Le 29/07/2018

16 000 litres d'eau potable pour produire un kilo de viande bovine.

Le problème n'est pas l'élevage mais l'alimentation humaine. L'élevage intensif n'en est que la conséquence.

Donc ?...


 

Aux États-Unis, le Colorado s'étend sur plus de 2300 km et fournit en eau potable plus de 40 millions de personnes. Mais la sécheresse et l'activité humaine ont considérablement fait baisser le niveau d'eau.FRANCE 2

C'est le fleuve le plus célèbre de l'Ouest américain. Depuis des millions d'années, le Colorado semble s'écouler paisiblement dans les canyons ocres qu'il a sculptés. Le fleuve parcourt plus de 2300 km, depuis les montagnes Rocheuses, jusqu'à son delta, situé au Mexique. Source de frisson pour les touristes, il alimente en eau plus de 40 millions de personnes.

Mais les spécialistes sont inquiets, après 19 années de sécheresse consécutives. Le fleuve est en danger et son débit diminue d'année en année. Les lacs artificiels qui ont été créés sur son passage pour servir de réservoirs aux plus grandes villes de l'Ouest se vident progressivement. Sur le lac Powell, situé entre l'Arizona et l'Utah, par exemple, Marlon Duke, de l'agence d'Etat de gestion de l'eau, montre les signes de cette baisse du niveau. "On utilise plus d'eau que le lac n'en a reçu", analyse-t-il. 

Une importante surexploitation

La sécheresse n'est la seule en cause : lacs artificiels, barrages gigantesques et canaux de dérivation ont largement participé à son tarrissement. Dans les sept Etats qu'il traverse, le fleuve est détourné par la main de l'homme et est puisé, parfois jusqu'à l'excès. Son eau alimente des champs d'agriculture intensive (luzerne, coton, bétail), dont certains sont situés en plein désert. Leur situation est critique. 

"Comme on n'a pas vu de pluies ce printemps, notre réservoir n'a pas reçu assez d'eau", explique ainsi Nancy Caywood, propriétaire d'une importante exploitation agricole. Et les autorités lui ont coupé l'accès aux canaux d'irrigation. "C'est tragique pour nous, on perd beaucoup d'argent."

Des solutions alternatives 

Certains trouvent des parades. Dans un golf de Casa Grande (Arizona), on arrose les greens en plein désert avec de l'eau recyclée. "On ne pompe ni dans les nappes phréatiques, ni dans les canaux, on retraite les eaux usées. Il s'agit d'eau impropre à la consommation", explique Larry Rains, le manager. 

Mais ces solutions apparaissent dérisoires. Au bout de son voyage dans l'Ouest américain, le Colorado asséché n'arrive plus à rejoindre son estuaire dans la mer.

 


 

Des sécheresses, il y en a eu évidemment et pas juste ces dernières années mais l'autre problème et dont on ne parle pas assez, c'est la transformation de la nature par l'activité humaine et cette transformation réduit considérablement la capacité de cette nature à survivre "naturellement" à des épisodes de sécheresse. Encore une fois, on voit l'impact à "LONG TERME" de l'humain lorsque celui-ci cherche prioritairement à rentabiliser à court terme son travail...


"Pour ne rien arranger, la Suède est recouverte de moitié par les forêts, mais seul 2% d'entre elles sont naturelles. Le reste est composé de pins sylvestres et de feuillus plantés pour l'industrie papetière et le bois. "Ces forêts plantées par l'homme sont beaucoup plus fragiles que les forêts naturelles. Elles sont faites de monocultures peu résistantes au changement climatique et aux incendies et elles empêchent toute pérennité de la biodiversité", analyse la militante, qui rappelle qu'une forêt naturelle serait "plus résiliente" face au réchauffement."

Depuis le mois de mai, quasiment aucune goutte d'eau n'est tombée dans le pays scandinave, d'habitude si frais, et les températures dépassent même les 30°C. De nombreux incendies se sont déclarés. Reportage.

La forêt de Ljusdal en Suède, le 25 juillet 2018.
La forêt de Ljusdal en Suède, le 25 juillet 2018. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

Oloff Brink a tout perdu en quelques jours. Le 16 juillet, un gigantesque incendie s'est déclaré dans la forêt de Ljusdal, commune du centre de la Suède, brûlant quasiment tous les arbres de sa famille. Sur les 460 hectares que possèdent les Brink, historique famille de forestiers de la région, il n'en reste plus que cent, toujours menacés par les flammes. "Mon héritage s'est envolé d'un coup. Cette forêt que je connais par cœur depuis que je suis petit n'existe plus", déplore cet homme de 23 ans.

Assis dans le jardin fleuri de sa maison en bois verni, le jeune Suédois aux cheveux dorés a le regard triste. Il y a quatre ans, Oloff Brink a arrêté ses études en informatique pour reprendre l'exploitation forestière de son père, certain que la solitude du travail dans les bois lui conviendrait mieux que les bureaux.

Mes projets ont été détruits par la météo. Un été caniculaire s'est installé juste après l'hiver, il n'y a même pas eu de printemps.Oloff Brinkà franceinfo

Depuis le mois de mai, quasiment aucune goutte d'eau n'est tombée en Suède, pays d'habitude si frais, traversé de multiples cours d'eau et lacs. Selon l'Institut suédois de météorologie et d'hydrologie (SMHI), certaines régions reçoivent depuis le début du mois de juin 75% de précipitations en moins par rapport à la normale. À Ljusdal, le thermomètre atteint plus de 30°C, soit cinq à dix degrés de plus que d'habitude. Cela fait au moins 260 ans que le royaume n'a pas connu une telle sécheresse, rapporte le site The Local (en suédois).

Des incendies au-dessus du cercle polaire

La pelouse de la famille Brink, normalement si verdoyante à cette saison, a pris une couleur jaune pâle et craquelle sous le moindre pas. Dans le potager, les salades hier gorgées d'eau de pluie sont arrosées par un jet automatique. Afin de fuir cette chaleur "insupportable", Oloff Brink s'est aménagé une petite chambre dans le hangar à bétail. Il y fait 18°C, "le maximum que je puisse supporter", sourit le jeune homme. "Je n'ai jamais connu un été aussi chaud depuis que je suis né", renchérit son père, Björn Brink, en s'essuyant le front.

Face à la chaleur, Oloff Birk s\'est aménagé une chambre dans le hangar réservé au bétail de sa maison à Färila, le 25 juillet 2018.
Face à la chaleur, Oloff Birk s'est aménagé une chambre dans le hangar réservé au bétail de sa maison à Färila, le 25 juillet 2018. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

La sécheresse est si intense et la chaleur si élevée qu'une cinquantaine d'incendies se sont déclarés en une semaine dans tout le pays, brûlant près de 30 000 hectares de forêt. Selon le service d'alerte suédois, une trentaine de feux sont toujours actifs le 26 juillet, principalement dans les régions de Gävleborg, Dalécarlie, Jämtland et Västernorrland. Des feux ont également été repérés en Laponie suédoise, au-dessus du cercle polaire : autour de la ville de Jökkmokk, destination du grand nord prisée des touristes, pas moins de cinq incendies ont été recensés. À Ljusdal, où les feux sont les plus violents, les autorités ont évacué plusieurs villages proches de la forêt.

"On m'a réveillé à 2 heures du matin pour que je parte, raconte Ivan Halvarsson, 68 ans, habitant du village Huskölen, à l'orée des bois de Jämtland. J'ai juste eu le temps de prendre quelques vêtements et des photos. Je suis logé chez des amis en attendant, mais je ne sais pas quand je pourrai revenir", soupire ce Suédois à la silhouette ronde.

On est très inquiets pour notre maison mais que peut-on faire ? Nous n'avons plus qu'à espérer et attendre.Ivan Halvarssonà franceinfo

Depuis le début des incendies, tous les secours du pays, pompiers et protection civile, ont été mobilisés. Certains pompiers partis en vacances ont été rappelés et 500 militaires sont venus en renfort. Malgré l'ampleur du dispositif, la Suède, sous-équipée pour ce genre d'interventions, a dû solliciter l'aide de ses voisins en activant le mécanisme européen de sécurité civile. L'Italie, l'Allemagne, la Norvège, la Pologne et la France ont répondu à l'appel en envoyant plusieurs contingents de femmes et d'hommes et du matériel. Le 19 juillet, un convoi de 44 camions de pompiers et 139 sapeurs-pompiers de Pologne a traversé le pays sous les applaudissements des habitants.

Des pompiers français installent leurs affaires dans le camp de base de Färila, le 24 juillet 2018.
Des pompiers français installent leurs affaires dans le camp de base de Färila, le 24 juillet 2018. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

"Si sec que l'eau ne suffit pas à stopper le feu"

"Je n'ai jamais connu autant de feux de cette ampleur simultanément, reconnaît Peter Hertzmann, pompier volontaire depuis onze ans dans la commune de Jarvsö. Il fait si sec que l'eau ne suffit pas à stopper le feu." Même l'aide des agriculteurs arrivés en renfort avec leurs camions-citernes ne permet pas d'en venir à bout. "Le temps de se réapprovisionner en eau, le feu est déjà reparti", déplore le cinquantenaire à l'allure sportive.

Il n'y a pas assez de pompiers en Suède et nous manquons de matériel. Avant l'aide européenne, nous n'avions pas assez d'avions pour survoler la forêt. Or, y pénétrer en camion ou à pieds est devenu trop dangereux.Peter Hertzmannà franceinfo

À Färila, l'Agence de suédoise de protection civile (MSB) a construit un camp en douze heures pour accueillir les secours français, venus pour une durée indéterminée. "D'habitude, on se sert de ces camps lors des catastrophes naturelles ou les crises humanitaires en Afrique, en Asie... C'est la première fois en Suède", lâche l'athlétique Bobby Rose, chef des opérations du MSB. Malgré la chaleur suffocante, une dizaine de bénévoles sont venus prêter main forte et apporter des vivres. "Je suis en vacances, j'ai du temps. C'est la première fois qu'on vit une telle sécheresse, ça m'inquiète beaucoup", murmure Mikaël Wikström, en plein montage de ventilateurs.

Mikael Wikström et Anders Carlström montent des ventilateurs dans le camp de base pour les pompiers à Färila (Suède), le 24 juillet 2018.
Mikael Wikström et Anders Carlström montent des ventilateurs dans le camp de base pour les pompiers à Färila (Suède), le 24 juillet 2018. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

Côté français, le lieutenant-colonel des pompiers Jean-Paul Monet reste optimiste, mais prudent. "Le feu se propage ici à 3 km/h, moitié moins que dans le sud de la France ou en Grèce, explique-t-il d'un ton calme. Mais la tourbe est si sèche que le feu repart toujours. On essaye de le contenir en creusant des tranchées, en arrosant les lisières, c'est un travail très dur." Afin d'éviter tout nouveau départ de feu, le gouvernement a interdit les feux de camp et les barbecues dans plusieurs régions, y compris dans les jardins privés, note The Local.

"Je perds 2 500 euros par jour"

Les conséquences de cette sécheresse sur l'agriculture et l'élevage sont déjà visibles. Par manque de foin, certains éleveurs assurent avoir commencé à abattre leurs animaux. Certains sont transformés en biocarburant ou vendus à la consommation. Pour écouler le stock, "des épiceries ne vendent plus que de la viande suédoise", reprend le pompier Peter Hertzmann. Pour la fédération des agriculteurs suédois, il s'agit de la pire crise depuis plus de 50 ans. "La perte est déjà estimée à plus de 2 milliards de couronnes suédoises", soit 194 millions d'euros, explique un porte-parole à l'AFP.

À Ljusdal, l'heure est à l'inquiétude. Dans son exploitation de 1 400 hectares pour 11 000 vaches, Janna Hansson craint les prochains mois, même si de son propre aveu, il n'est pas le plus à plaindre. À la tête d'une des plus grosses fermes laitières du pays, ce Suédois à la taille imposante prévoit une baisse de sa production de 50% cette année à cause de la chaleur.

Janna Hansson dans son exploitation laitière à Ljusdal (Suède), le 26 juillet 2018.
Janna Hansson dans son exploitation laitière à Ljusdal (Suède), le 26 juillet 2018. (ELISE LAMBERT / FRANCEINFO)

"Le sol est trop sec et il ne pleut pas, alors on manque de foin, raconte-t-il en marchant, suivi de près par son chien. Lors de la dernière moisson, on a récolté seulement 30% de la production habituelle." Le bétail a déjà entamé les réserves de l'hiver et montrerait des signes de "stress" face aux températures. "Les vaches produisent moins de lait. Depuis le début de l'été, je perds 2 500 euros par jour", reprend l'éleveur, fatigué par ces derniers jours. 

L'entreprise est solide donc on devrait s'en sortir, mais j'ai peur que ce temps devienne la norme.Janna Hanssonà franceinfo

Oloff et Björn Brink, les forestiers, ont perdu 12 millions de couronnes avec les incendies, soit près de 200 000 euros de capital. "On a une assurance, mais on ne sait pas combien elle nous remboursera. Et quand bien même, il faut des dizaines d'années pour que la forêt repousse, prévient Björn Brink. Ça, personne ne peut le compenser."

La preuve du réchauffement en cours ?

Cette sécheresse exceptionnelle et ces incendies sont-ils liés au réchauffement climatique ? Comme à chaque fois, les scientifiques sont divisés sur la question. Pour Lina Burnelius, spécialiste des forêts à Greenpeace Suède, le lien est indéniable : les feux sont essentiellement le résultat de l'activité humaine.

Ces incendies sont la partie visible du réchauffement climatique. C'est une première pour la Suède mais de nombreux pays du Sud sont touchés depuis longtemps.Lina Burneliusà franceinfo

Pour ne rien arranger, la Suède est recouverte de moitié par les forêts, mais seul 2% d'entre elles sont naturelles. Le reste est composé de pins sylvestres et de feuillus plantés pour l'industrie papetière et le bois. "Ces forêts plantées par l'homme sont beaucoup plus fragiles que les forêts naturelles. Elles sont faites de monocultures peu résistantes au changement climatique et aux incendies et elles empêchent toute pérennité de la biodiversité", analyse la militante, qui rappelle qu'une forêt naturelle serait "plus résiliente" face au réchauffement.

Mais d'autres spécialistes se montrent plus prudents. "On ne peut pas affirmer que les feux sont liés au réchauffement, estime ainsi Erik Kjellström, climatologue au SMHI. L'Europe traverse depuis quatre mois un système de haute pression qui provoque la hausse des températures et la baisse des précipitations, mais cela pourrait se produire sur une planète plus froide." En revanche, "les incendies de cette ampleur sont de plus en plus nombreux, tout comme les hivers très froids".

La forêt de Ljusdal en Suède, le 25 juillet 2018.
La forêt de Ljusdal en Suède, le 25 juillet 2018. (ELISE LAMBERT/FRANCEINFO)

En attendant, la chaleur n'est pas prête de retomber sur le royaume scandinave. Des pics à 35°C sont attendus dans le week-end et les autorités mettent en garde contre les risques de nouveaux départs de feu. Les plus pessimistes affirment qu'il faudra attendre les premières neiges pour que la situation se résorbe complètement (mais ce ne sera pas avant octobre). "Si on veut rester positifs, on se dit qu'affronter une telle sécheresse c'est de l'expérience pour le futur, pressent le pompier Peter Hertzmann. À l'avenir, on sera obligés de prendre en compte ces risques dans nos vies."

 


 

Pour le climatologue du CNRS Robert Vautard, les vagues de chaleur que connaissent de nombreux pays "sont une conséquence directe du réchauffement climatique".

Au cœur de Stockholm (Suède) des gens se font bronzer, le 16 juin 2018. Depuis plusieurs semaines, le pays connaît un épisode de chaleur exceptionnel. 
Au cœur de Stockholm (Suède) des gens se font bronzer, le 16 juin 2018. Depuis plusieurs semaines, le pays connaît un épisode de chaleur exceptionnel.  (HOSSEIN SALMANZADEH / AFP)

Vous n'avez pas pu y échapper : le thermomètre s'affole ces derniers jours. Jusqu'à 38°C sont attendus dans l'Hexagone, jeudi 26 juillet. La France, ainsi que plusieurs pays d'Europe du Nord, vivent depuis quelques semaines un épisode de chaleur particulièrement intense. Mais ce n'est rien comparé à ce que nous connaîtrons d'ici quelques décennies, prévient Robert Vautard, climatologue au CNRS et directeur de recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE). Interrogé par franceinfo, ce spécialiste affirme que "les températures extrêmes que l’on subit cet été vont devenir la norme". 

>> DIRECT. Canicule : 18 départements toujours en vigilance orange, jusqu'à 38 degrés attendus jeudi

Franceinfo : Peut-on imputer les vagues de chaleur actuelles au changement climatique ?

Robert Vautard : D’une manière générale, oui. Il n’y a plus de doutes là-dessus. On est capable de démontrer scientifiquement que les vagues de chaleur sont une conséquence directe du réchauffement climatique, contrairement aux cyclones ou aux fortes pluies, pour lesquels il est encore difficile d’établir un lien de causalité.

On sait notamment que les gaz à effet de serre et les activités humaines augmentent directement la fréquence des vagues de chaleur.

Le problème est qu’on est arrivés à un point de non retour.Robert Vautard, climatologueà franceinfo

Pourquoi ?

On ne pourra pas revenir à un climat normal, même en diminuant nos émissions de CO2. On pourra les contenir et en limiter la progression mais les températures dépendent des gaz à effet de serre qui se trouvent déjà dans l’atmosphère et faire redescendre les niveaux de CO2, c’est extrêmement difficile. Contrairement à la pollution atmosphérique, dont les particules retombent assez vite, ces émissions de gaz à effet de serre ne retombent pas, ou extrêmement lentement. On a tendance à l'oublier.

Aujourd’hui, on se retrouve avec des étés étouffants. Mais avec l’augmentation actuelle des émissions de CO2, il faudra s’y habituer car les épisodes caniculaires deviendront la norme.Robert Vautardà franceinfo

Que peut-on faire en priorité pour lutter contre ce réchauffement climatique ?

À notre niveau, il faut d’abord que l'on ait une prise de conscience. Le changement climatique ne sera pas un problème dans vingt ou trente ans. C’est maintenant. On en subit même déjà les conséquences aujourd’hui puisque l’on doit déjà s’adapter, particulièrement en été avec ces vagues de chaleur. Cette prise de conscience peut paraître évidente mais force est de constater que, pour le gouvernement américain par exemple, ce n’est pas du tout une priorité. Malgré les bonnes intentions affichées des politiques, le climat reste quand même au second plan par rapport à des sujets qu’ils jugent plus immédiats.

La deuxième étape, c’est l’action. Il faut agir un peu à tous les niveaux. Cela commence par recourir au maximum à une énergie zéro carbone, qui n'émet pas de CO2 : ce n’est pas difficile et c’est déjà en cours. On est sur la bonne voie. Même si, aujourd’hui, le problème n’est pas tellement en France ou en Europe mais dans les pays émergents. Il ne faut pas les blâmer mais il faut plutôt réfléchir à les aider pour qu’ils se développent d’une façon différente de la nôtre. Ce n’est pas un défi uniquement pour eux : il nous concerne tous.

Dans les villes, la situation s'annonce particulièrement difficile…

Les villes ont un climat vraiment particulier, surtout en été. Le peu de présence de végétation notamment fait que l’énergie est piégée la journée dans la ville et a du mal à s’évacuer la nuit. Cela crée un îlot de chaleur urbain qui fait que les températures redescendent beaucoup moins vite la nuit, contrairement aux campagnes environnantes.

La persistance de températures élevées la nuit pose un gros problème de santé car on sait que pendant les périodes de forte chaleur, le corps a besoin de se reposer la nuit.Robert Vautard, climatologueà franceinfo

On est capable d'absorber des températures assez fortes la journée, à condition de se reposer après.

Jean Jouzel, climatologue et vice-président du Giec, affirmait que l’on pourrait même atteindre les 50 degrés dans l'est de la France, dans la deuxième partie du XXIe siècle. Vous confirmez ?

Bien sûr. Si le réchauffement climatique augmente de 3 ou 4 degrés, on a des scénarios dans lesquels les écarts à la normale d’aujourd’hui seront beaucoup plus importants. L’été 2003 en région parisienne était 3 degrés plus chaud que la normale.

Dans certaines de nos simulations climatiques, d’ici la fin du siècle, on aura des étés qui iront jusqu’à 10 degrés au-dessus de la normale. Est-on prêt à supporter ça ?Robert Vautard, climatologue."


 

Arnaud Ferreira

Par Le 29/07/2018

Arnaud est un ancien élève et c'est que du bonheur de le voir évoluer dans sa passion de la musique electro.

Un Grand est en train d'émerger et comme en plus, c'est un gars bien, une belle personne, ça me plaît de partager sa page.

. https://www.facebook.com/Arnaud-Ferreira-924430724240372/…

-0:28

HD

 

 

Arnaud Ferreira

 

Pour moi, il ne s'agit pas de se limiter à aimer ou pas ce style musical mais à se réjouir de voir un jeune se démener et travailler dans la création artistique et je sais oh combien c'est un travail de longue haleine.

Une musique de film ça : Un thriller à la Ridley Scott ou Denis Villeneuve. Chapeau bas Arnaud.

 

Vertiges de l'amour en montagne

Par Le 28/07/2018

Quatre jours dans le massif du Dévoluy. Quasiment personne, sept personnes croisées en tout sur des sommets. Des papillons en pagaille, des sauterelles par milliers dans les alpages, des chamois surpris de voir des bipèdes, des gypaètes majestueux, des chevreuils, des marmottes, des vautours, les petits passereaux qui vivent encore là-haut, un lieu préservé, l'eau potable des torrents de montagne, des chemins balisés ou des montées "à vue", en terrain d'aventure, les fameuses "randonnées du vertige".

Et le silence absolu de la nuit, des étoiles plein les cieux. Et nous deux. Que du bonheur.

L'Obiou. Une montagne unique, incomparable, puissante, complexe. Troisième fois qu'on monte au sommet mais cette fois, on a emprunté une voie un peu particulière puisqu'il faut grimper dans des passages si étroits qu'on doit enlever le sac à dos et le hisser avec la corde ! Trois personnes au sommet dont un gars qui était monté pour sauter avec une "aile"...Terriblement impressionnant...Quelques secondes de chute libre et puis un vol plané avant d'ouvrir le parachute...

Et puis, la recherche compliquée d'une grotte au fond de laquelle on trouve un mur de glace. Des pentes raides, des éboulis, des couloirs ruiniformes où il faut rester très concentré. Pas grand-monde dans le secteur. Comme dans tout le massif d'ailleurs.

En quatre jours et des paquets de kilomètres, on a vu très, très peu de randonneurs. Et pourtant, cette nature est d'une beauté à couper le souffle. Des torrents le soir pour se baigner et le lac du Sautet dans son écrin. Des chamois, des papillons multicolores, le silence, le camion posé au bout des pistes forestières, une solitude incroyable.

Le Grand Ferrand est avec l'Obiou le sommet emblématique du Dévoluy. La voie normale emprunte déjà quelques passages escarpés mais comme on la connaissait déjà, on est parti dans un autre itinéraire. Plus compliqué... Bon, très clairement, à plusieurs endroits, la chute est interdite et on était soulagé quand on est sorti des gradins herbeux, terreux et couverts de pierrailles pour rejoindre la voie normale. La corde était plus symbolique qu'autre chose vu qu'il n'y a pas d'ancrage vraiment "béton" même en utilisant des coinceurs et des sangles. "Terrain d'aventure", comme on dit ou "randonnée du vertige". 

Alors, on a cherché, on a pris notre temps, on s'est assuré au mieux, le regard attentif sur soi et sur l'autre et on est allé en haut. "Le tunnel de la cloche" qui traverse la paroi et débouche dans la falaise est un moment à part...La suite, sur les arêtes, est effectivement une randonnée du vertige...Grandiose.

Des heures de marche, juste Nathalie et moi, un biscuit au sommet, rien d'autre, plus aucun besoin de nourriture en journée de marche, quelques mots, la recherche de l'itinéraire, l'étude de la carte, la recherche d'une trace, d'un cairn, le bonheur de l'effort long et du corps en action.

Le privilège de vivre tout cela à deux. Vertiges de l'amour.

L’image contient peut-être : ciel, montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : une personne ou plus, montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : une personne ou plus, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : 1 personne, sourit, plein air et eau

L’image contient peut-être : 1 personne, plein air et nature

L’image contient peut-être : plein air et nature

L’image contient peut-être : plein air

L’image contient peut-être : montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : une personne ou plus, montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : plein air

L’image contient peut-être : une personne ou plus, plein air et nature

L’image contient peut-être : plein air

L’image contient peut-être : arbre, plein air et nature

L’image contient peut-être : plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, nuage, montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : une personne ou plus, ciel, montagne, nuage, plein air et nature

L’image contient peut-être : 1 personne, plein air et nature

JARWAL le lutin est toujours avec moi, Là-Haut.

L’image contient peut-être : Thierry Ledru, sourit, nuage, montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : plante et plein air

L’image contient peut-être : plante, fleur, nature et plein air

L’image contient peut-être : plante, fleur, plein air et nature

L’image contient peut-être : plein air et nature

L’image contient peut-être : 1 personne, sourit, ciel, montagne, nuage, plein air et nature

L’image contient peut-être : oiseau, ciel, nuage et plein air

L’image contient peut-être : fleur, plante, plein air et nature

L’image contient peut-être : 1 personne, océan, nage, plein air, eau et nature

Ecriture de romans et recherches documentaires

Par Le 22/07/2018

Dans l'écriture de la trilogie en cours, "Les héros sont tous morts", "Tous, sauf elle" et "Il faudra beaucoup d'amour", je ne compte plus les documents, livres et vidéos que j'ai étudiés, les liens que je conserve, plus de cent actuellement et bien évidemment, tout ce que j'y ai appris. Rien de réjouissant d'ailleurs. 

Terrorisme, ressources de la planète, sphère financière, survivalisme, biologie, médecine, peuples premiers, factions religieuses de l'Islam, centrales nucléaires, informatique et cyber attaque, stocks stratégiques de carburant, réseau électrique, écologie...

C'est ce dernier thème qui occupe mon esprit ces jours-ci et je suis tombé là-dessus.

La "platisphère", terme utilisé en 2003 par le couple Zettler, scientifiques de renom. 

Les déchets plastiques deversés dans l'Océan voient proliférer sur eux de nouvelles bactéries, comme celle du vibrion choleare...

On va où là ?...

Je pensais écrire une série d'anticipation et je me retrouve constamment rattrapé par l'actualité...

J'en arrive parfois dans ce travail d'écriture à me sentir dépasser par l'ampleur de la tâche au regard de la vitesse de propagation du cauchemar humain et par l'infinie petitesse actuelle des noeuds de résistance. Il me devient difficile de me projeter certains jours dans un horizon lumineux.

Un sentiment partagé quant à la justification de ce travail. L'impression d'écrire une trilogie que personne n'aura envie de lire.

Parfois, j'arrête, je me mets en mode "pause et rêverie" et j'écoute de la musique.

Très important la musique. L'humain sait faire de très belles choses aussi. Tout n'est pas perdu.

 


 

PLANÈTE

Des colonies de microbes dans la plastisphère océanique

ACTUALITÉClassé sous :OCÉAN , ÎLE DE DÉCHETS , CONTINENT DE PLASTIQUE

La plastisphère, ce nouvel écosystème marin qui se développe sur les déchets plastiques, grouille de microbes et de bactéries en tout genre. S'il est difficile de prévoir les effets qu'aura ce nouveau monde sur l'océan, on peut d'ores et déjà affirmer qu'il modifie le développement des micro-organismes et pourrait bien transporter des maladies.

Ce macrodéchet de plastique a été découvert dans la zone d'accumulation est de l'océan Pacifique, durant l'expédition 7e continent, le mois dernier. Les mollusques s'en servent au même titre que les rochers ou récifs. Ces déchets de plastique sont aujourd'hui de véritables nouveaux récifs, nids de microbes en tout genre, tels que le choléra. © Soizic Lardeux, OSL

Ce macrodéchet de plastique a été découvert dans la zone d'accumulation est de l'océan Pacifique, durant l'expédition 7e continent, le mois dernier. Les mollusques s'en servent au même titre que les rochers ou récifs. Ces déchets de plastique sont aujourd'hui de véritables nouveaux récifs, nids de microbes en tout genre, tels que le choléra. © Soizic Lardeux, OSL 

Les débris marins les plus abondants sont les déchets plastiques. Sur les 260 millions de tonnes de plastique produites chaque année, 10 % finit sa course en mer. La circulation océanique entraîne les déchets loin des côtes, dans les gyres océaniques où ils s'accumulent et se dégradent lentement. Ces zones d'accumulation sont souvent appelées continents de plastique ou îles de plastique. La notion de plaque macroscopique de plastique est trompeuse, on devrait plutôt parler de soupe de plastique microscopique. Néanmoins, l'abondance du matériau dans l'océan a conduit à la prolifération de milliers de bactéries, fondant un nouvel écosystème, la « plastisphère ».

Ce nouvel habitat océanique soulève un grand nombre de questions. Les nouvelles conditions environnementales vont-elles favoriser le développement d'espèces au détriment d'autres ? En quoi la prolifération de la vie marine à même ces déchets plastiques pourrait-elle modifier la chaîne alimentaire ? À leur mort, ces organismes vont-ils plonger au fond de l'océan ou seront-ils ingérés ? Quel impact la plastisphère peut-elle avoir sur l'océan ? Difficile de répondre maintenant, mais une équipe du Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) donne quelques éléments d'analyse.

Une ciliée Suctoria couverte de bactéries symbiotiques et des diatomées, fixées sur un morceau de plastique fissuré et altéré. © Erik Zettler, Sea Education Association

Une ciliée Suctoria couverte de bactéries symbiotiques et des diatomées, fixées sur un morceau de plastique fissuré et altéré. © Erik Zettler, Sea Education Association 

L'équipe a étudié des débris plastiques récoltés en différents points du gyre de l'Atlantique nord, à partir de filets au maillage microscopique. La plupart des débris récupérés ne dépassaient pas le millimètre, mais abritaient une riche vie microbienne. Les résultats de l'analyse, publiés dans la revue Environmental Science & Technology, font état de plus d'un millier d'espèces différentes développées sur un seul microdéchet de plastique.

Le plastique au temps du choléra

Sur un bout de plastique d'à peine la taille d'une épingle, les chercheurs ont trouvé des organismes autotrophes (phytoplancton et bactéries), des animaux et bactéries qui s'en nourrissaient et des prédateurs plus gros encore. Ils ont par ailleurs identifié de véritables relations symbiotiques entre certains de ces organismes. La plastisphère peut être vue comme un nouveau récif microbien.

Étudiées à partir de microscopie électronique à balayage et de techniques de séquençage des gènes, les bactéries montrent un développement différent de celles qui grandissent sur des récifs naturels. Le plastique se dégrade moins vite que le bois ou les plumes sur lesquels elles vivent normalement, et fournit des éléments nutritifs bien inhabituels. L'équipe montre notamment que les microbes sont capables de dégrader le plastique. Ils ont observé des fissures et des puits microscopiques dans le matériau, qui révèlent que les bactéries s'attaquent aux chaînes d’hydrocarbures.

Les débris de plastique représentent donc un nouvel écosystème, mais pourraient bien être aussi un nouveau mode de transport, vecteur de microbes nocifs. Sur un des plastiques étudiés, la population dominante appartenait au genre Vibrio, qui comprend les bactéries du choléra et les bactéries vectrices de maladies gastrointestinales. L'équipe du WHOI espère pour la suite être en mesure d'identifier et de séquencer toutes les bactéries que l'on peut trouver dans ces milieux, pour ainsi parvenir à développer des cultures en laboratoire et étudier leur mode de fonctionnement. 

Monarchie républicaine

Par Le 22/07/2018

Ce que je retiens surtout de cette affaire, c'est que le comportement de ces gens est à l'image du "matraquage" social orchestré par M Macron. La pensée prend forme dans la matière, c'est inéluctable. Je ne suis donc absolument pas surpris de la tournure des événements...On est dans la logique des choses et l'attitude du chef de l'état en dit long sur la suite...Ce qui va être intéressant, c'est la réaction des parlementaires parce que finalement, eux aussi sont pris pour des moins que rien étant donné tous les passe-droits dont bénéficiait cet énergumène. Et on peut supposer qu'il n'est pas le seul. "Monarchie républicaine", c'est le nouveau concept...Mais, bon, en pleines vacances d'été, ça ne va pas remuer les foules. M'étonnerait pas qu'un pare-feu soit rapidement mis en place, histoire d'occuper la plèbe et les journalistes. C'est surtout là-dessus que ça doit cogiter dans les hautes sphères boueuses...

Alexandre Benalla s\'en est pris physiquement à un jeune couple, lors des manifestations du 1er-Mai. Le photographe Naguib Michel Sidhom a immortalisé cet instant clé.
Alexandre Benalla s'en est pris physiquement à un jeune couple, lors des manifestations du 1er-Mai. Le photographe Naguib Michel Sidhom a immortalisé cet instant clé. (NAGUIB-MICHEL SIDHOM / AFP)

Le couple de jeunes qui a été frappé par Alexandre Benalla et Vincent Crase lors des manifestations du 1er-Mai à Paris "avait une attitude extrêmement pacifique", a témoigné sur franceinfo dimanche 22 juillet, Naguib Michel Sidhom, photographe et ancien journaliste qui a notamment travaillé à l'AFP et au Monde.

Témoin clé de l'affaire Benalla

Il a été témoin de la scène depuis son appartement, situé dans un immeuble qui donne sur la place de la Contrescarpe, où se sont déroulés les faits. Naguib Michel Sidhom a pris "141 photos qui sont maintenant à la disposition de la justice". Il a par ailleurs été entendu par la police judiciaire.

Selon Naguib Michel Sidhom, "on voit de manière très claire que l'ensemble des manifestants, qui étaient extrêmement jeunes, avaient été fouillés" par les CRS présents sur la place. "Il n'y avait à mon sens aucun danger", estime donc le photographe. Sur la place, le couple de jeunes victimes des coups portés par Alexandre Benalla et Vincent Crase "avait une attitude extrêmement pacifique", qu'il qualifie de "souriante et décontractée." "Je ne suis pas certain que ces deux jeunes faisaient partie des manifestants", affirme Naguib Michel Sidhom. "J'ai l'impression qu'ils étaient là peut-être par hasard." En référence au rôle d'observateur pour lequel Alexandre Benalla avait reçu une autorisation, Naguib Michel Sidhom assure : "Ceux qui était observateurs, c'était plutôt les deux jeunes."

Une série de coups 

Selon Naguib Michel Sidhom, il y a eu une première charge des CRS pour faire refluer les manifestants rassemblés sur la place de la Contrescarpe. Elle ne concernait pas les deux jeunes. Les CRS ont reflué puis "le garçon a pointé un doigt en direction des CRS, sans doute pour dire sa manière de penser sur cette charge." Les CRS ont alors lancé une petite charge à l'encontre du couple et les deux jeunes ont pris la fuite en direction de la rue Mouffetard. "Ils sont d'abord ramenés par Alexandre Benalla, qui ramène la fille vers le café des Arts. Il l'oblige à s'asseoir de manière un peu vigoureuse et la confie à ce que je crois être - parce que maintenant je ne suis plus sûr de rien - un policier en civil portant des lunettes."

Alexandre Benalla est alors reparti et, pendant ce temps, Vincent Crase est arrivé "avec une demi-douzaine de CRS tenant le garçon qui, à mon sens, fait de la résistance passive", témoigne Naguib Michel Sidhom. "En même temps, [le jeune] essaie de dialoguer. Il a une attitude qui n'est pas dangereuse à mon avis." C'est alors qu'Alexandre Benalla "revient, attrape par derrière le garçon est lui assène des coups. Ces coups ont continué, y compris quand il était à terre, c'est-à-dire qu'il est relevé, remis à terre et de nouveau frappé."

Des CRS conciliants ?

Selon Naguib Michel Sidhom, Alexandre Benalla apparaissait clairement comme un membre des forces de l'ordre. "A ce moment-là, c'est évident. Il a le casque et l'insigne. Je ne vois ni bandeau ni arme (...) mais c'est évident, ils font partie de l'équipe." Il estime que le comportement des CRS n'est "pas mieux" que celui d'Alexandre Benalla et Vincent Crase. D'après lui, les CRS n'ont d'ailleurs eu "aucun mouvement de surprise" en voyant les agissements d'Alexandre Benalla. Et de conclure : "Si c'est nécessaire, je témoignerai en leur faveur."


 

Je sais bien qu'il s'agit d'un gars de l'opposition mais l'article a au moins le mérite de résumer clairement ce qu'un grand monde de gens suspecte fortement...Il doit faire "chaud" à l'Elysée et la clim n'y changera rien...

Photo d\'illustration. Olivier Faure, premier Secrétaire du PS.
Photo d'illustration. Olivier Faure, premier Secrétaire du PS. (LEON TANGUY / MAXPPP)

Le gouvernement a décidé de suspendre l'examen de la révision constitutionnelle jusqu'à nouvel ordre, a annoncé dimanche 22 juillet la garde des Sceaux Nicole Belloubet, alors que l'Assemblée est paralysée depuis plusieurs jours par l'affaire Benalla.

"C'était la seule décision qui s'imposait", réagit sur franceinfo Olivier Faure, député Nouvelle Gauche de Seine-et-Marne, dimanche 22 juillet. Le Premier secrétaire du PS attend maintenant l'audition du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, ainsi que celle de Michel Delpuech, préfet de police de Paris, prévues lundi 23 juillet.

Olivier Faure souhaite "que l'ensemble de la hiérarchie de M. Benalla soit entendue, à la fois le directeur de cabinet, le secrétaire général de l'Élysée, le chef de cabinet... et qu'ils nous donnent des explications sur le rôle réel de M. Benalla." Le silence d'Emmanuel Macron ne passe pas non plus inaperçu : "On aimerait entendre le chef de l'État, c'est la moindre des choses. C'est lui, en dernier ressort, le responsable de cette affaire."

franceinfo : Il est impossible de mettre l'affaire Benalla de côté pendant quelques heures pour examiner ce projet de révision constitutionnelle ?

Olivier Faure : Il y a un lien étroit avec le projet que nous examinons en ce moment, qui vise à réduire les droits du parlement. Comment peut-on penser qu'il faut réduire les droits du parlement, quand on voit quelles sont les dérives potentielles, quand on permet au pouvoir d'être seul maître de tout, y compris de mettre en place une police parallèle, de couvrir les exactions et de se sentir dénuée de toute obligation par rapport à la loi, puisque la logique aurait voulu que M. Benalla soit sanctionné, soit dénoncé auprès du procureur de la République dès la connaissance des faits, le 2 mai dernier. On le sait maintenant, à la fois le ministre de l'Intérieur et le président de la République ont en été informé et aucune décision de ce type n'a été prise. Ils ont couvert.

La commission des lois qui s'est dotée de pouvoirs d'enquête doit auditionner demain le ministre de l'Intérieur et le préfet de Paris. Qu'attendez-vous de ces auditions ?

La vérité. Les faits sont plus que troublants. Voilà un jeune homme de 26 ans, qui n'est même pas nommé au Journal officiel, qui donc n'a pas d'existence officielle dans la République, qui se retrouve à être celui qui commande les forces de l'ordre en opération, qui participe à un certain nombre de réunions, qui est en fait le bras armé d'Emmanuel Macron dans la police et qui est ensuite couvert alors qu'il commet des agissements graves le 1er mai. Toutes ces questions supposent des réponses. Nous sommes véritablement en présence d'une affaire d'État, qui justifie pleinement une commission d'enquête que nous avions demandé et que nous avons obtenu. Maintenant, il faut que le ministre, sous serment, comme le préfet de police, répondent aux questions qui leur seront posées, qui seront nombreuses et qui seront précises.

Pour vous le ministre de l'Intérieur a clairement couvert Alexandre Benalla ?

Ce n'est pas moi qui le dit, il le dit lui-même. Il a commencé par mentir en essayant de passer à travers les gouttes. Puis, on a découvert qu'il était au courant et qu'il avait transmis à l'Élysée les informations dont il disposait. Il aurait dû, au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, être celui qui appelle le procureur de la République et dénonce ces faits. Il ne l'a pas fait. Il a, depuis le 2 mai, couvert. Non seulement la sanction n'a pas eu lieu, mais M. Benalla a repris ses activités, comme si de rien n'était, puisqu'il était au Panthéon pour la dépose des cendres de Simone Veil, qu'il était là pour le retour des Bleus, qu'il était là pour le passage de Tom Cruise à l'Élysée le 14 juillet... Il n'a pas cessé ses fonctions de sécurité comme il l'a été dit. Il n'a pas été cantonné à des activités administratives. Il continue à gérer les affaires de police parallèle que M. Macron lui a demandé vraisemblablement de conduire. Il n'est empêché par personne.

Souhaitez-vous que d'autres personnalités soient interrogées par la commission des lois ?

Oui, je souhaite que l'ensemble de la hiérarchie de M. Benalla soit entendue, c'est-à-dire à la fois le directeur de cabinet, le secrétaire général de l'Élysée, le chef de cabinet... et qu'ils nous donnent des explications sur le rôle réel de M. Benalla, puisqu'il n'était pas seulement chargé de la sécurité, il s'occupait aussi de politique puisqu'il avait un badge d'accès jusqu'à l'hémicycle, ce qui est extrêmement rare. Le président de la République n'a pas le droit de mettre les pieds à l'intérieur de l'Assemblée, ce qui rend totalement inopérant l'argumentaire selon lequel il serait là uniquement pour la sécurité. Il avait visiblement une mission qui était plus large, dont personne ne connait les contours à ce jour. Emmanuel Macron aussi doit s'exprimer pour dire la vérité. Il est directement mis en cause. C'est lui, en dernier ressort, le responsable de cette affaire. C'est lui qui a organisé ou laissé organiser sous son toit une police parallèle qui a refusé de sanctionner un individu qui s'était comporté de manière violente et qui avait usurpé des titres qui n'étaient pas les siens, qu'il a laissé se comporter comme un policier, pendant de longs mois, voire même une année complète, sans que rien ne l'y autorise. On aimerait entendre le chef de l'État, c'est la moindre des choses.

Orang-outan ou hydroélectricité...

Par Le 22/07/2018

L'orang-outan de Tapanuli, juste découvert et bientôt disparu ?

 

L'orang-outan de Tapanuli

L'orang-outan de TapanuliAncestral, tout juste découvert et déjà menacé d'extinction : l'orang-outan de Tapanuli (© Andrew Walmsley/Nature Picture Library)

FacebookTelegramTwitterE-Mail

L'orang-outan de Tapanuli crée l’émoi. Identifié comme une espèce à part entière en 2017, il risque déjà de disparaître. Les 800 derniers individus vivent dans les forêts de Sumatra. Ils sont aujourd'hui menacés d'extinction à cause d'un projet de barrage qui détruirait leur habitat. Protégeons l'orang-outan de Tapanuli à tout prix !

Lettre

Aux présidents de la Chine et de l'Indonésie, aux dirigeants de Sinohydro et de l'entreprise publique d'électricité PLN

Merci de ne pas construire de barrage dans la forêt de Batang Toru ! Protégeons l'orang-outan de Tapanuli et son habitat avant tout !

AFFICHER LA LETTRE DE PÉTITION

Un pelage long et ondulé : cette apparence singulière distingue d'ores et déjà l'orang-outan des forêts de Tapanuli de ses cousins de Sumatra et Borneo. Et les cris des mâles évoquent presque une langue étrangère.

Ce n'est pourtant qu'en novembre 2017 que des scientifiques ont découvert que l'orang-outan de Tapanuli est une espèce à part entière et non une sous-espèce de l'orang-outan de Sumatra, ce qui lui valut son nom (Pongo tapanuliensis). Des analyses du génome ont révélé que l'orang-outan de Tapanuli s'est séparé de la lignée des orangs-outans de Bornéo il y a 670 000 ans. Pongo tapanuliensis est l'espèce d'orang-outan la plus rare. 

Cette découverte nous ouvre les yeux sur la méconnaissance que nous avons de nos plus proches parents et sur la biodiversité en général. Le genre humain est prompt à détruire ce qu'il ne fait qu'entrevoir. C'est également le sort qui attend l'orang-outan de Tapanuli si un projet de barrage pour une centrale électrique est réalisé dans sa zone de refuge.

Les 800 derniers individus de l'espèce vivent dans les forêts au sud du lac Toba. C'est dans la forêt de Batang Toru que l'entreprise publique chinoise Sinohydro projette de construire un barrage pour une centrale hydroélectrique de 510 MW. Une perspective qui plonge le monde scientifique dans l'effroi : voir l'habitat du rare orang-outan de Tapanuli détruit, en partie englouti et qui sonnerait le glas des primates les plus rares.

Bien qu'une partie de la forêt de Batang Toru soit protégée, d'autres zones d'intérêt écologique ne le sont pas. Et c'est précisément là que se concentre la majeure partie des orangs-outans. Le projet de barrage isolerait les différentes populations les unes des autres.

Ce barrage est insensé et ne doit jamais voir le jour !

ContexteLettre

Aux présidents de la Chine et de l'Indonésie, aux dirigeants de Sinohydro et de l'entreprise publique d'électricité PLN

Monsieur le Président,
Madame, Monsieur,

Dans les forêts de Batang Toru vit le rare orang-outan de Tapanuli, tout juste identifié comme une espèce à part entière en 2017. Les analyses scientifiques de son génome, de sa morphologie et de son comportement sont surprenantes : avec l’orang-outan de Tapanuli, l'Indonésie abrite donc trois espèces d'orang-outan. Toutes trois sont gravement menacées mais c'est surtout la survie de cette espèce nouvellement identifiée qui est incertaine. L'exploitation minière, la coupe de bois, le braconnage et les plantations déciment déjà les forêts riches en biodiversité de Batang Toru. Les scientifiques exhortent à protéger l'habitat des orangs-outans de Tapanuli immédiatement et sans relâche.

Car c'est précisément dans cette région d'importance écologique que Sinohydro projette de construire un barrage pour une centrale hydroélectrique de 510 MW. Ce barrage couperait en deux l'habitat de l'orang-outan de Tapanuli, en isolerait les différentes populations et inonderait en partie la zone.

Nous en appelons à vous pour faire tout ce qui est en votre pouvoir pour protéger l'orang-outan de Tapanuli. Ne vous rendez pas coupables de l'extinction de notre parent le plus proche ! Ne sacrifiez pas les bases écologiques de la vie à des intérêts économiques à court terme !

La planification d'un projet de grande envergure comme celui du barrage de Batang Toru doit impérativement et inconditionnellement tenir compte des critères écologiques et sociaux.

Non au projet de barrage dans l'habitat de l'orang-outan à Tapanuli !

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, Madame, Monsieur, l'expression de notre profond respect.

Viande et réchauffement

Par Le 22/07/2018

La surconsommation de viande alimente le réchauffement climatique

Par : Sarantis Michalopoulos | EURACTIV.com | translated by Manon Flausch

 28 janv. 2016

Notre surconsommation de viande pèse sur notre santé et sur l'environnement. [David Blackwell / Flickr]

Langues : English

Commentaires Imprimer      

Cet article fait partie de l'édition spéciale La nouvelle PAC se penche sur le changement climatique.

Édition spéciale. Notre consommation excessive de viande aura inévitablement un impact dangereux sur le climat, avertit une nouvelle étude, qui encourage les gouvernements, plutôt réticents, à agir.

Les agriculteurs font face à un défi de taille : comment nourrir cette population mondiale qui croît à un rythme effréné ? Un rapport publié en novembre 2015 par Chatham House et le Glasgow University Media Group analyse l’interconnexion entre la consommation de viande et de produits laitiers et le changement climatique.

Près d’un tiers des terres cultivées dans le monde est utilisé pour l’alimentation animale. Rien que dans l’UE, 45 % de la production de blé est utilisée pour nourrir les animaux. 30 % de la consommation totale est en outre importée. Au niveau planétaire, les problèmes associés à l’augmentation de la consommation de viande ne devraient faire que s’intensifier.

« La consommation mondiale de viande devrait augmenter de 76 % d’ici 2050. Une ‘transition protéinique’ est en marche dans les pays en développement : avec l’augmentation des revenus, la consommation de viande augmente également », souligne le rapport de Chatham House. Si la demande de viande dans les pays développés stagne, elle s’est stabilisée à un niveau « excessif », poursuivent les auteurs du rapport.

Surconsommation

Cette surconsommation rend plus difficile la réalisation de l’objectif de limite du réchauffement climatique à 2°C prévu par l’accord de la COP 21.

« Ce n’est pas tenable. La population mondiale, qui augmente, ne peut pas se diriger vers le niveau de consommation de viande des pays développés sans que cela entraine des conséquences sociales et environnementales énormes […] C’est un des moteurs principaux de la déforestation, de la destruction des habitats et de l’extinction d’espèces », selon le rapport.

>> Lire : La viande aussi dangereuse pour la santé que pour le climat

Les États-Unis, champions du monde la consommation de viande

C’est aux États-Unis que l’on consomme le plus de viande. Chaque Américain consomme en moyenne environ 250 g de viande par jour, alors qu’un Indien n’en consomme que 10.

En Europe, l’Allemagne est en tête, suivie du Danemark, de l’Espagne et du Portugal. Un sondage du ministère fédéral allemand de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Protection du consommateur, indique que 83 % des Allemands mangent de la viande plusieurs fois par semaine.

>> Lire : La surconsommation de viande des Allemands aggrave le changement climatique

« La production de viande en masse a un impact sur la vie des citoyens, l’environnement, la biodiversité et le climat partout dans le monde », regrette Adrian Bebb, spécialiste de l’alimentation chez les Amis de la Terre Europe. Des alternatives plus durables existent et doivent être encouragées par les institutions publiques. Ce qui se trouve dans nos assiettes n’est plus une question privée. »

Agriculture et changement climatique

Au sein de l’UE, l’agriculture représente 10 % des émissions de gaz à effet de serre, principalement à cause de deux gaz : le méthane, libéré lors de la digestion animale et par le fumier, et l’oxyde nitreux (ou protoxyde d’azote), issus des engrais azotés minéraux ou biologiques.

« L’agriculture est une source importante de gaz à effet de serre. Le secteur pourrait pourtant contribuer de manière importante à la lutte contre le changement climatique en jouant un rôle de siphon et en stockant du carbone dans la matière organique du sol et la biomasse », explique à EURACTIV un porte-parole de la Commission.

Selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), la consommation de viande et de produits laitiers représente près d’un quart de l’impact environnemental de la consommation totale de biens et services dans l’UE à 27. La production d’un kilo de bœuf nécessite par exemple 617 litres d’eau.

>> Lire : La production de viande bovine coûte cher à l’environnement

En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, la production de bétail et de fourrage génère plus de six milliards de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone.

Selon les données Eurostat, en 2014, l’Allemagne, l’Espagne, la France et le Royaume-Uni sont les pays européens accueillant le plus de têtes de bétail dans l’UE. Les cochons sont surtout présents en Allemagne et en Espagne (respectivement 28,3 et 26,6 millions d’individus), les vaches en France (19,3 millions) et les moutons au Royaume-Uni (23 millions).

Appel à une action gouvernementale

À ce jour, les gouvernements craignent une réaction négative des consommateurs et de l’opinion publique et rechignent à agir.

>> Lire : La réduction des émissions agricoles s’annonce complexe en UE

Le rapport de Chatham House encourage donc une intervention gouvernementale centrée sur des campagnes de conscientisation nationales. Celles-ci pourraient mettre en évidence le lien entre la surconsommation de viande et l’environnement et d’autres objectifs politiques, comme le budget santé.

« Le message devrait se concentrer sur les bénéfices associés à une réduction de la consommation », insiste le rapport : une meilleure santé et la protection de l’environnement. L’implication des médias et de « spécialistes non-partisans, comme des scientifiques » est également un élément important.

Le rapport souligne également qu’un changement d’alimentation nécessitera « des stratégies complètes » combinant la promotion des alternatives à la viande dans les supermarchés et des initiatives qui augmenteraient le prix de la viande. Il pourrait s’agir de « la suppression des subsides directs ou indirects à l’élevage », d’incitations à la production d’aliments alternatifs à la viande ou d’une taxe sur le CO2, par exemple, qui pénaliserait la viande et les autres produits polluants.

« La capacité des gouvernements à influencer les habitudes alimentaires est de plus en plus importante et le public l’accepte de mieux en mieux », conclut, encourageant, le rapport. Dans certaines régions européennes, comme la Flandres, les cantines scolaires proposent à présent un menu végétarien au moins une fois par semaine. Un engagement pour l’environnement qui se révèle également pratique pour les élèves musulmans ou juifs, par exemple, qui ne mange que de la viande halal ou casher.

>> Lire : De la viande, mais à quel prix ?

PLUS D'INFORMATION

Groupes de réflexion

  • Chatham House et Glasgow Media Group: Meat Atlas (en anglais)

ONG

Agences européennes

ONU

TOUS, SAUF ELLE : Remington 700

Par Le 20/07/2018

 

Comment imaginer et décrire les émotions d'un tireur d'élite quand on ne sait pas soi-même utiliser une arme à feu ?... Comment imaginer et décrire les émotions d'un terroriste quand on a déjà peur d'allumer la mèche d'un pétard ? Comment imaginer et décrire les émotions d'une femme dans l'acte sexuel quand on est un homme ? Comment imaginer et décrire les émotions d'une jeune fille devant la violence des hommes quand on vit soi-même dans une paix totale ? Comment imaginer et décrire les émotions d'un individu qui se trouve confronté à une situation jusque-là inconcevable ? Comment imaginer et décrire les émotions d'une humanité entière devant l'impensable ?

 


 

J'ai commencé l'écriture d'un passage important ce matin, à 5h30 et je viens de finir. Il est minuit. En sachant que demain, je recommencerai peut-être après m'être endormi en tournant et retournant les mots.

Il y a des soirs d'écriture où je me dis que j'aurais mieux fait de m'intéresser à la construction de maquettes en allumettes...

Et aussitôt, je m'imagine construire des villes entières pendant des milliers d'heures et en voir s'écrouler parfois des pans entiers. Et me dire que j'aurais mieux fait de m'intéresser à l'écriture de romans.

Il en va ainsi de la passion des raconteurs d'histoire.

Il y a dans ma tête une agitation frénétique, des interrogations sans fin, des personnages qui se parlent et vivent des situations compliquées, rien n'est déjà établi, tout se contruit, mot à mot, c'est comme gravir une montagne qui n'existe pas mais qui prend forme à chaque pas effectué, parfois, il faut s'arrêter, se reposer, reconstituter les forces, regarder sous ses pieds le chemin parcouru, s'assurer que la base est solide avant de reprendre l'ascension.

Impossible de présager de l'altitude finale ni même des prochains obstacles particuliers, l'horizon vertical n'a aucune forme solide, c'est comme un mirage fluctuant dans la brume des cieux.

Alors, j'écris une phrase de plus pour monter d'un palier. 


 

TOUS, SAUF ELLE

« Les quatre fenêtres n’existaient pas, je les ai ajoutées et elles permettent d’observer et de couvrir la totalité du terrain. Personne ne peut s’approcher sans être vu. Personne ne pourrait arriver ici sans se faire descendre. »

Il la laissa et s’approcha d’une vaste armoire métallique. Il prit une clé dans une poche et libéra un cadenas. Quand il ouvrit les deux panneaux, elle se figea.

Des armes, une panoplie de fusil, des cartouches, des révolvers.

C’est là qu’elle eut peur, une peur viscérale, une brûlure, une sidération.

« Est-ce que tu sais tirer ? » demanda-t-il, sur un ton froid.

Elle ne comprit pas immédiatement la question.

« Est-ce que tu sais te servir d’une arme à feu, Laure ? »

Un bunker. Il avait parlé d’un bunker. Elle avait cru qu’il souhaitait simplement s’isoler, se protéger du monde extérieur. Elle comprenait avec une brutalité nauséeuse qu’il projetait bien davantage.

« Il n’y a que Raymond qui sait ce que je fais ici. Et toi maintenant. Est-ce que tu sais tirer, Laure ? »

–Que va-t-il se passer Théo ? demanda-t-elle.

Les yeux de Figueras brillaient au fond d’elle. Le rêve vibrait dans ses fibres.

« Est-ce que tu sais tirer ? répéta Théo en la regardant fixement.

Elle s’approcha du râtelier et libéra un fusil à lunettes.

Théo, intrigué, l’observa sans un mot.

Laure étudia les diverses boîtes de cartouches rangées sur une étagère et se servit.

Deux balles.

Elle les inséra dans l’arme, sans aucune hésitation.

Elle s’approcha d’une fenêtre et l’ouvrit.

Théo cherchait à comprendre mais décida de ne pas intervenir. Il prit la paire de jumelles suspendues à une poutre et ajusta la mise au point.

« Le premier poteau en bois, à droite de la barrière métallique, » annonça Laure.

Cinq cents mètres de distance. Théo observa la prise en main du fusil, l’ajustement de la crosse sur l’épaule, le positionnement du corps, l’ancrage au sol, l’orbite venant s’appuyer sur l’œilleton de la lunette de visée.

Elle savait tirer. Il observa son visage. Une concentration totale, un instant suspendu, hors de portée du monde extérieur, l’ataraxie émotionnelle du tireur, l'enceinte attentionnelle qui limite le monde à une cible

Il vit l’interruption du souffle, l’arrêt du mouvement thoracique. Deux secondes d’immobilité totale.

Le coup partit. La balle traversa le sommet du poteau et se ficha dans le sol.

Éjection de la douille. Théo scruta chaque geste. Elle connaissait parfaitement l’usage de cette arme.

Laure reposa l’œil sur la lunette de visée.

« Troisième poteau à droite. Il y a un nœud, une tâche sombre, » annonça Laure.

Théo eut à peine le temps d’ajuster les jumelles. La balle se ficha comme au cœur d’une cible. Une pièce de vingt centimes.

Il sentit jaillir alors en lui une joie ineffable, la certitude absolue du cadeau inestimable d’avoir rencontré son âme sœur et l’expression le surprit. Un message venu d’ailleurs.

Regards croisés.

Laure esquissa un sourire et son visage se détendit.

« Lorsque j’étais à l’université, je suis entré dans l’équipe de biathlon féminin. J’ai fait de la compétition au niveau régional puis finalement j’ai choisi le trail. J’adorais le tir tout autant que le ski mais j’étais trop indépendante et solitaire pour supporter l’encadrement au grand dépit de mes entraîneurs qui me prédisaient une belle carrière. »

Elle éjecta la douille.

« C’est une arme efficace.

–C’est un Remington 700, pas du tout le fusil de biathlon.

–Oui, je sais. Porté de neuf cents mètres. Cartouches 308 Winchester.

–Et tu tiens ça d’où ?

–Mon entraîneur était un passionné. Et nous étions assez…proches. »

Elle détourna la tête. Il n’insista pas. Un passé qu’il ne souhaitait pas connaître.

« Et comment tu es arrivé à posséder un tel arsenal ? demanda-t-elle en désignant l’armurerie.

–Les banlieues regorgent de fusils et armes en tous genres. La guerre dans l’ex Yougoslavie a éparpillé un stock monumental. On trouve tout ce qu’on veut dans les grandes agglomérations françaises. Entre Marseille, Grenoble et Lyon, je n’ai aucun mal à m’équiper.

–Tout au black, je suppose. »

Il acquiesça.

« Celui-là m’a coûté cinq cents euros avec mille cartouches, juste pour lui.

–Et tu penses que tu auras à t’en servir un jour, ici ?

–C’est possible.

–Quand ?

–Entre demain ou jamais. Si le chaos ne monte pas jusqu’ici. »

Beaufortain

Par Le 20/07/2018

 

Trois jours, là-haut, dans le Beaufortain, des paysages magnifiques, deux sommets chaque jour, entre vingt et trente kilomètres en marchant ou en trottinant, 5 ou 6 heures de montées et descentes, juste de l'eau dans le sac, de longues arêtes rocheuses, des montées parfois hors sentier dans les pierriers ou les pentes herbeuses, des descentes à petites foulées, les bâtons de randonnée en appui, concentration, la tête vide, juste le bonheur du corps en action, un pas puis un autre, le souffle, la poussée des bras, les abdos serrés, l'équilibre, l'anticipation du pas et le regard qui se projette sur le mètre suivant... Le fourgon, posé dans des des coins perdus, loin des camping caristes qui aiment tant s'entasser... Un ruisseau le soir pour se laver dans une eau à dix degrés, le silence absolu de la montagne, le ciel étoilé, aucune pollution lumineuse, des lacs aux eaux turquoises...Tout ce qui nous réjouit. Des prairies alpines couvertes de fleurs, des nuées de papillons multicolores, l'eau des torrents qu'on peut boire, des névés qui attendent le prochain hiver, un sommet qui ouvre sur un autre, un chemin de crête qui invite à continuer encore et encore, des vallons totalement isolés, des lagopèdes cachés dans les amas de roches, un vol de vautours sur le bleu du ciel...Et tout cela, à deux, parfois sans se parler pendant des milliers de pas et pourtant toujours reliés...L'absence de pensées dans le creuset bouillant du corps, l'objectif tient dans la qualité du pas et rien d'autre et cet enchaînement de pas mènera à un sommet d'où un autre se dévoilera et nous reprendrons l'avancée, aimantés par la beauté des lieux et le désir profond d'explorer les territoires intérieurs, la mécanique des bras et des jambes, la concentration agissant comme un effaceur du mental, il n'y a plus que le regard sur la pente devant soi, une pierre, une fleur, un chemin qu'il faut deviner, une pente de neige, une arête au-dessus du vide et toujours le souffle qui joue sa partition musicale et emplit l'esprit comme un leitmotiv entraînant, des musiques répétitives que j'écoute parfois parce que je sais combien les images s'y intègrent et qu'il me suffira plus tard de les réécouter pour retourner "Là-Haut".

 

 

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air, nature et eau

L’image contient peut-être : plein air

L’image contient peut-être : plante, plein air, nature et eau

L’image contient peut-être : plante, fleur, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, nuage, montagne, nature et plein air

L’image contient peut-être : plante, fleur, nature et plein air

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, ciel, herbe, plein air et nature

L’image contient peut-être : plante, arbre, ciel, fleur, plein air et nature

L’image contient peut-être : 1 personne, montagne, ciel, plein air, nature et eau

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : 1 personne, montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air, nature et eau

L’image contient peut-être : montagne, ciel, herbe, nuage, plein air et nature

L’image contient peut-être : 1 personne, sourit, debout, montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : plante, fleur, nature et plein air

L’image contient peut-être : fleur, plante, plein air et nature

L’image contient peut-être : plante et plein air

L’image contient peut-être : ciel, montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air et nature

 

L’image contient peut-être : plante, plein air et nature

L’image contient peut-être : nuage, ciel, montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : fleur, plante, nature et plein air

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes souriantes, ciel, nuage, montagne, plein air, nature et gros plan

Le bonheur immense de vivre tout cela avec l'amour de ma vie. 

Champions du monde

Par Le 16/07/2018

"On est les champions, on est les champions..."

On est surtout les champions de l'insignifiance philosophique, existentielle, sociale, les champions de l'immaturité.

Qu'on puisse éprouver de l'admiration pour des qualités physiques et techniques de sportifs, je le conçois tout à fait mais que cela soulève les foules avec une telle ampleur quand personne ou presque ne s'engage dans des luttes qu'il faut mener de toutes urgences, c'est juste dramatique.

Je suis admiratif devant la qualité de jeu des Federer, Nadal, Djokovic et des autres, impressionnés par l'effort gigantesque des cyclistes dans les cols du Tour de France, admiratifs des triathlètes, des marins du Vendée Globe, des alpinistes, des aventuriers etc etc... Mais jamais, je n'irai hurler cette émotion dans la rue. Et je ne comprends donc absolument pas un tel engouement pour le foot et un titre.

L'expression "champions du monde" est d'ailleurs très révélatrice. Cette équipe est championne du monde de football mais pas championne du monde de tout. La tournure montre à quel point ce sport a une importance considérable dans la tête des gens. 

Je suis donc assez effrayé de voir que 19 millions de Français étaient devant leur écran de télévision et que des centaines de milliers seront ce soir sur les Champs Elysées...Consternés en écoutant hier soir pendant des heures des klaxons et des hourras jusqu'au fin fond de la vallée.

Et tout ça pour quoi ? Des bonhommes qui tapent dans un ballon, se font des passes et rêvent de mettre cette balle dans un but... Et qui gagnent le salaire mensuel d'un smicard en quelques secondes.

Alors, il ne faut pas venir me parler d'humanité en éveil et d'évolution des consciences.

Je remercie malgré tout les quelques millions de Français qui ne se réjouissent absolument pas du spectacle de cette foule et qui en fuient les effluves.

Je sais que je passe pour beaucoup pour un pisse-froid et un rabatjoie en écrivant cela. Et que ça ne changera d'ailleurs absolument rien au problème.

Disons que j'éprouve simplement le besoin de vider mon désarroi.

 

À la liste ci-dessous, trouvée sur Facebook, j'ajouterai le conditionnement des enfants et l'état déplorable de l'enseignement à tous les étages.

Quant au désastre écologique, qu'il soit animal ou végétal, si je tentais d'en énumérer la liste, j'en aurais pour des heures.

On retourne Là-Haut.


Quand on reviendra, tout ce pataquès sera fini et tout le monde aura repris son chemin de croix. Les diverses plaintes reprendront leur éternelle litanie, des plaintes disséminées un peu partout mais jamais de façon commune, jamais avec cette puissance. Il n'y a que le foot pour ça...C'est bien là tout le problème. 

 

 L’image contient peut-être : une personne ou plus, foule et plein air

Florent David

13 juillet, 13:19

. On vient de leur augmenter le gaz de 7,5%
. De leur augmenter la CSG
. De bloquer le smic, les retraites et le point d'indice des fonctionnaires
. De leur imposer les 80km/h sur route
. De leur imposer une augmentation et un durcissement du Contrôle Technique
. On crève comme des chiens dans les EHPAD et dans les couloirs des urgences
. Les aides sociales sont rabotées de tous côtés, voire purement et simplement supprimées
. Les minimas sociaux sont sans cesse remis en question, et revus à la baisse sur fond de flicage accru des allocataires
. Les prix du timbre poste comme des carburants relèvent désormais du vol qualifié
. On envoie la police mater les grèves
. Tout mouvement social est sauvagement réprimé à la gazeuse, la matraque et même la grenade
. On cherche à détruire leur sécurité sociale
. Le psychopathe qui leur fait office de parodie de président dépense sans compter pour ses caprices
. Chaque jour une entreprise ferme ou licencie
. La propagande du Système tourne à plein régime sur tous les médias
. Ils croulent littéralement sous les taxes et impôts à tous niveaux
. Ils sont de plus en plus pauvres et ont de moins en moins le droit de s'exprimer

. La pollution des sols, de l'eau et de l'air se généralise et tout le vivant est de plus en plus labélisé
. Les animaux crèvent par milliards dans des élevages et des abattoirs de plus en plus déshumanisés

Mais heureusement, ils se réunissent sur les Champs Élysées pour s'opposer à cette dictature de l'oligarchie!

Ha non! Ça, c'est pour le foot...


 

 

Chemins et plages de Bretagne.

Par Le 14/07/2018

Un retour sur mes terres natales pendant quelques jours. 

Le bonheur de retrouver mes parents et les coins secrets de mon enfance, les lieux cachés qu'il faut chercher, la carte au 25/000 ème, les chaussures de marche, le sac à dos, et la joie de courir sur les rochers, de quitter les "grands axes" et les plages tourisitiques, d'ignorer les parkings bondés de bord de mer. 

Le même constat qu'en montagne finalement : les gens aiment les concentrations et sont persuadés que si un endroit attire du monde, c'est qu'il n'y a pas mieux ailleurs. Je sais bien également que l'effort physique n'entre pas dans le mode de vie d'une bonne partie de la population. Il faut que la plage soit à cinq minutes du parking en fait...

On est d'ailleurs sidéré Nathalie et moi de voir autant de monde en surpoids...C'est effrayant. Chez les personnes âgées, c'est concevable avec la baisse d'activité physique mais chez les gens de cinquante ans ou même bien plus jeunes, c'est un constat qui nous désole. La population française n'est pas en bon état, c'est incontestable.

On a vu des gens qui couraient en bord de mer, sur des pistes cyclables et on voit tout de suite, à leur allure, que c'est un effort de vacances, une tentative de "remise en forme". Le problème, c'est que la course à pied est traumatisante quand on n'est pas entraîné et ses effets sont bien plus néfastes que le contraire. La marche à pied, d'un bon pas, est bien plus bénéfique. 

Mes parents ont 83 ans, ils marchent tous les jours, entre une et deux heures. Ils ont des bâtons de randonnée et de bonnes chaussures. Aucune de leurs connaissances ne les suit. Ils marchent ensemble ou parfois tout seul, c'est devenu un besoin, comme celui de manger ou de dormir. Ils sont devenus végétariens depuis quatre ans également. Contre l'avis de leur médecin généraliste de l'époque. Ils en ont changé...

L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes souriantes, personnes debout, arbre, enfant, plein air et nature

Marcher sur les rochers, grimper, sauter, anticiper les réceptions, maintenir le rythme, les yeux cherchant l'appui suivant, le corps s'appliquant dans l'appui en cours. Un bonheur immense que j'ai pratiqué avec une joie inépuisable pendant toute mon enfance et mon adolescence. Le granit breton est très adhérent, rugueux, il râpe les mains et les semelles et je grimpais déjà sur des "montagnes", j'imaginais des ascensions. Parfois, j'observais un bloc de quelques mètres de haut et je traçais un itinéraire comme s'il s'agissait d'une paroi de mille mètres. 

Parfois, je m'asseyais et j'écoutais l'océan. J'aimais l'immobilité silencieuse de l'étale, lorsque le corps immense semble se reposer et attend la prochaine aimantation de la lune. J'aimais écouter ce clapotis qui se réveille, timidement puis s'amplifie lorsque le courant s'inverse.

J'aimais les couleurs de la nuit qui se couche jusqu'à l'horizon. Les reflets des lumières et j'imaginais les poissons se laisser bercer par les flots.

L’image contient peut-être : ciel, océan, nuage, crépuscule, plein air, nature et eau

Les couleurs de la Bretagne sont d'une richesse infinie. De la lande aux rochers, de l'océan aux forêts côtières, des plages de sable fin à celles couvertes de cailloux muticolores, les bancs d'algues vertes, roses, marrons, orangées, les laminaires, le goémon et les cumulus blancs dérivant sur le bleu du ciel, la mer grise sous les cieux de tempêtes... 

Le vent qui gronde ou s'apaise et parfois disparaît on ne sait où.

L’image contient peut-être : fleur, plante, ciel, arbre, plein air et nature

L’image contient peut-être : océan, eau, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : océan, ciel, plante, chaussures, plein air, nature et eau

Ce changement permanent de paysages avec l'alternance des marées, des palettes de couleurs et de parfums, les silences de marée basse et les marées hautes ventées, le chant puissant des vagues écumeuses et le roulement des galets sur les rochers, ce brassement infini des cailloux dont l'avenir s'appelle le sable, des musiques variées qui invitent à chanter, à courir, à danser, à rêver ou à dormir, à contempler dans la même immobilité que les instants suspendus entre deux marées.

L’image contient peut-être : nourriture

L’image contient peut-être : plein air, nature, nourriture et eau

L’image contient peut-être : plante, fleur, nourriture et plein air

L’image contient peut-être : océan, plage, plante, ciel, plein air, eau et nature

Le 11 juillet, nous étions quatre personnes sur cette plage, chacun à une extrémité. Bien entendu, nous nous sommes dénudés. Il y a bien longtemps déjà que les habits ne nous sont d'aucune importance et où la nudité fait partie de notre communion avec la nature. On ne se baigne pas vraiment quand on est en maillot. Ou alors il faudrait que dans le ventre de notre mère, nous ayons été habillés... J'étais nu dans le ventre de ma mère et je suis nu dans le placenta de la mer. La vie n'a que faire des artifices et des pudeurs apprises, des sensations limitées par des cadres imposés. 

Nous avons passé des heures à nager, à empiler des galets, à jouer dans les vagues, à ramasser les cailloux colorés, les coquillages vides. Ou à ne rien faire d'autre que regarder, écouter, respirer.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, océan, nage, plein air, nature et eau

L’image contient peut-être : ciel, océan, plein air et nature

L’image contient peut-être : 1 personne, sourit, océan, nage, plein air, nature et eau

Et puis nous avons repris nos avancées, de criques en criques, à travers les forêts, à travers d'autres plages, en suivant des sentiers où nous n'avons parfois croisé personne pendant des heures.

L’image contient peut-être : ciel, océan, plante, plein air, nature et eau

 

Purin d'ortie et Sénat

Par Le 14/07/2018

Thierry Ledru

7 min · 

On utilise du purin d'ortie pour le potager et de l'urine également et d'autres "préparations maison" mais il faut savoir que le Sénat et bien évidemment les instances de l'UE s'opposent encore et toujours au partage de ces connaissances ancestrales jusqu'à les rendre "illégales". Si vous faites des recherches sur le net, vous trouverez des témoignages de professionnels qui ont été condamnés pour "publicités illégales", des magasins qui ont été obligés de retirer des produits naturels. Même le bicarbonate de soude est dans leur viseur...Le glyphosate et tous les produits chimiques sont les seuls garants de notre bien être...Manger bio, c'est mal, c'est contraire à la loi, c'est de l'incivisme, de la rébellion...D'ailleurs, c'est marqué sur le logo du Sénat : "un site au service des citoyens..."

Sénat - Un site au service des citoyens

 

Base Questions > 2006

Réglementation applicable au purin d'ortie

12e législature

Question écrite n° 24641 de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI)

publiée dans le JO Sénat du 05/10/2006 - page 2519

M. Jean Louis Masson attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie et du développement durable sur le fait que le purin d'ortie est un produit naturel utilisé depuis des temps immémoriaux par les jardiniers. Or, il semblerait qu'en application d'un décret paru au Journal Officiel du 1er juillet 2006, il soit interdit de diffuser sur Internet ou dans des ouvrages de jardinage, la recette de fabrication de ce type de produit tout à fait naturel et inoffensif. Il souhaiterait qu'elle lui indique si elle ne pense pas qu'il s'agit là d'une dérive abusive de la réglementation.

Transmise au Ministère de l'agriculture et de la pêche


 

Réponse du Ministère de l'agriculture et de la pêche

publiée dans le JO Sénat du 07/12/2006 - page 3047

Les produits antiparasitaires à usage agricole font l'objet d'un usage strictement réglementé depuis 1943. Cette réglementation a fait l'objet d'une harmonisation communautaire par la voie de la directive 91/414/CEE du 15 juillet 1991. Suivant cette réglementation, les produits phytopharmaceutiques, quelle que soit leur nature, doivent faire l'objet d'une évaluation des risques et de leur efficacité, et d'une autorisation préalablement à leur mise sur le marché. L'objectif de ce dispositif est d'assurer un haut niveau de sécurité aux citoyens de l'Union européenne, aux applicateurs de ces produits et à l'environnement. Il vise aussi à garantir la loyauté des transactions entre le metteur en marché et l'utilisateur des produits considérés, notamment en procédant à une évaluation de leur efficacité. La loi d'orientation agricole du 5 janvier 2006 n'a pas introduit de réforme sur les objectifs généraux de la législation en vigueur, elle améliore seulement la séparation entre évaluation et gestion des risques relatifs à ces produits à travers son article 70. Comme il ne peut être garanti a priori et par principe que des produits obtenus à partir de plantes sont sûrs pour ce seul motif, aucune dérogation sur l'obligation d'homologation préalable à la mise sur le marché n'a été prévue dans la législation communautaire. De nombreux exemples illustrent le fait que des plantes peuvent présenter des risques du fait des molécules qu'elles peuvent contenir. L'interdiction en matière de recommandation vise à préserver les intérêts des utilisateurs de produits phytopharmaceutiques qui, du fait de cette recommandation, s'exposeraient à des sanctions pénales en utilisant des produits phyto-pharmaceutique non autorisés. Cette nouvelle disposition qui complète celle relative à la publicité commerciale sur des produits de même nature n'est pas restreinte à une catégorie de produit. Elle s'applique à tout produit phytopharmaceutique faisant l'objet d'une mise sur le marché. La mise sur le marché suppose une transaction (onéreuse ou gratuite) entre deux parties. Les préparations effectuées par un particulier pour une utilisation personnelle, telles que le purin d'ortie, ne rentrent donc pas dans le cadre d'une mise sur le marché. En conséquence, il n'est pas plus interdit de recommander aux particuliers des procédés naturels que d'en donner la recette. Par ailleurs, l'élaboration par l'utilisateur final à la ferme ou au jardin de ces préparations ne nécessite pas d'autorisation préalable. Le Gouvernement est conscient de la nécessité de trouver des solutions permettant de faciliter l'homologation des produits traditionnels de protection des plantes. Un groupe de travail traite cette question et, dans le cadre du projet de règlement visant à redéfinir les procédures de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, la Commission européenne propose des mesures de simplification pour l'évaluation des produits à faible risque. Ces mesures, comme l'ensemble du projet de règlement, sont actuellement examinées au Conseil et au Parlement européen.


 

Quand le ministère de l’Agriculture refuse toujours d’autoriser des alternatives aux pesticides

 

PAR SOPHIE CHAPELLE

La répression des fraudes envisage t-elle d’interdire les alternatives aux pesticides chimiques ? Des contrôles ont été menés en juillet dernier par les directions départementales de la protection des populations, dans des magasins Botanic de Saint-Etienne (Loire) et de Villeneuve-lès-Avignon (Gard). Les agents ont demandé le retrait des « purins de consoude » figurant dans le rayon des engrais. Le savon noir, connu comme un allié précieux des jardiniers bio du fait de ses propriétés antiseptiques et insecticides, a lui-aussi été visé par le contrôle, comme en témoigne un document qu’a pu consulter Basta !.

Comment expliquer ces contrôles visant ces préparations naturelles qui remplacent les pesticides et insecticides chimiques souvent cancérogènes ? Des organisations environnementales se sont procurées un document de la répression des fraudes (DGCCRF) [1]. Il est mentionné que les substances comme la consoude, le savon noir, mais aussi la fougère, la bardane ou l’origan qui n’ont pas été approuvés par un règlement européen ne peuvent être commercialisées [2]. « Il ne tient qu’au ministre de l’Agriculture de faire en sorte que ces alternatives soient enfin autorisées », réagissent une vingtaine d’organisations dans un communiqué commun [3].

Une liste de substances autorisées encore insuffisante

En juillet 2014, un pas législatif avait été franchi avec l’adoption de la loi d’avenir agricole reconnaissant un régime simplifié pour l’utilisation et la commercialisation des « préparations naturelles peu préoccupantes » (purin d’ortie, de prêle, argile, vinaigre blanc...). Avant cette loi, l’homologation de ces préparations naturelles alternatives se révélait jusque-là non seulement coûteuse – 40 000 euros en moyenne pour le dépôt d’un dossier – mais aussi très chronophage – plusieurs années pour obtenir l’autorisation de les vendre. Deux ans plus tard, en avril 2016, le ministère de l’Agriculture publiait enfin le décret relatif à leur procédure d’autorisation. Une première liste comprenant plus d’une centaine de substances naturelles autorisées était publiée [4].

Problème : « Les substances qui figurent dans l’arrêté ne correspondent pas vraiment à ce qu’on utilise », relevait Jean-François Lyphout de l’Aspro-PNPP, une association luttant pour la reconnaissance de ces préparations naturelles. « Certes, il y a l’ail, l’ortie, la sauge... Mais on ne trouve par exemple aucune substance d’origine minérale ou animale comme le petit lait. Tout n’est donc pas réglé. » Cette liste devait être complétée par d’autres substances, après une évaluation de l’Agence nationale de sécurité sanitaire garantissant qu’elles ne présentent pas d’effet nocif sur la santé humaine, la santé animale et l’environnement. Mais depuis un an, aucune nouvelle substance n’est venue s’ajouter à la liste.

Quand une entreprise allemande conteste l’approbation du bicarbonate de sodium

Dans les couloirs du ministère, l’allongement de la liste actuelle a bien été discuté ces dernières semaines avec les organisations mobilisées sur le sujet. Parmi les pistes possibles : s’appuyer sur la liste des 500 plantes qui ont déjà été autorisées dans les compléments alimentaires [5]. « Ce que nous demandons, précise Jean-François Lyphout, c’est l’autorisation immédiate de toutes les plantes et parties de plantes utilisées dans l’alimentation humaine et animale. »

Pour l’heure, le recours pour les professionnels à des préparations naturelles dites peu préoccupantes continue donc de relever du parcours du combattant. L’institut technique de l’agriculture biologique travaille depuis 2008 sur des demandes d’homologation auprès de l’Union européenne. Au terme de neuf ans de travail, seules 18 substances de base ont été approuvées, dont la prêle [6]. Mais d’autres obstacles continuent de se dresser : à peine acquise auprès de la Commission européenne, l’approbation du bicarbonate de sodium alimentaire a par exemple été contestée en justice par une entreprise allemande [7]. Si la demande a finalement été rejetée par le tribunal, cette procédure témoigne des résistances à la mise en œuvre d’alternative au tout chimique.

Notes

[1] Voir un extrait du document de la DGCCRF

[2] Le règlement européen 1107/2009 concerne la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques.

[3] Voir le communiqué co-signé par Agir pour l’environnement, Agrobio Périgord, Alerte des médecins sur les pesticides, Aspro-PNPP, Confédération paysanne, Domaine Chalosse Vivante, Demeter, Fédération Nature & Progrès, Générations Futures, La ligne d’horizon, Les Amis de la Terre, Les Amis de la terre des Landes, Les Amis de l’Ortie, Les Artisans du végétal, LPO, Mouvement de l’agriculture biodynamique, Mouvement Inter Régional des AMAP, OGM dangers, Syndicat des simples, Terre&Humanisme, Union Nationale de l’Apiculture Française

[4] Voir la liste des plantes ou parties de plantes médicinales pouvant être vendues en France par des personnes autres que les pharmaciens.

[5] Voir l’arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes, autres que les champignons, autorisées dans les compléments alimentaires.

[6] Voir la liste des substances de base autorisées par la Commission européenne suite aux demandes déposées par l’Itab

[7] Voir le recours du 22 décembre 2015 introduit par l’entreprise Biofa AG face à la Commission européenne. Voici également le lien vers l’ordonnance du tribunal du 9 novembre 2016.


 

Dordogne : maraîchère bio, elle plaide pour les préparations naturelles alternatives aux pesticides

Nathalie Verdier travaille sur son exploitation à Sarlande. / © France 3 Aquitaine Nathalie Nathalie Verdier travaille sur son exploitation à Sarlande. / © France 3 Aquitaine

PARTAGES

  •  

Dans le projet de loi Agriculture et Alimentation, l'Assemblée Nationale a simplifié l'usage des préparations à base de plantes dans l'agriculture comme alternative aux produits phytosanitaires. Mais le Sénat a fait un pas en arrière, ce que regrette Nathalie Verdier, agricultrice bio en Dordogne. 

Par AR 

"J'aimerais pouvoir faire ce que je fais sans être dans l'illégalité", explique Nathalie, coprésidente d'Agrobio 24 et maraîchère à Sarlande, dans le Périgord. Dans son exploitation, elle utilise des préparations naturelles à base de plantes comme alternative aux produits phytosanitaires. Sous ses serres, elle pulvérise par exemple un mélange composé de "consoude, bardane, reine des prés et ortie" comme fortifiant végétal.  

Car le purin d'ortie, les tisanes de plantes et autres, rassemblés sous le terme de "préparations naturelles peu préoccupantes", ou PNPP, doivent théoriquement avoir fait l'objet d'une homologation comme produit phytosanitaire pour pouvoir être utilisés en agriculture.

En 2016, le purin d'ortie a d'ailleurs été autorisé par l'ANSES. 

 

L'Assemblée nationale autorise... 


Une procédure longue, coûteuse, et qui ne prend pas en compte "la complexité et la variabilité des PNPP qui ne peuvent être assimilées ni aux pesticides, ni aux produits de bio-contrôle commercialisés avec un droit de propriété intellectuelle et une AMM" comme l'ont soulevé une quinzaine de députés 
dans un amendement visant à autoriser leur usage. 

Dans le projet de loi Agriculture, l'Assemblée nationale a voté en faveur de l'usage des préparations naturelles, avec une modification de l'article L. 253-1 du code rural et de la pêche maritime indiquant que « toutes les parties consommables de plantes utilisées en alimentation animale ou humaine sont considérées comme substance naturelle à usage biostimulant autorisée. »

 

... Mais le Sénat retoque le texte 


Mais le Sénat, "le rapporteur a rendu les choses plus contraignantes, en demandant un avis de l'Anses", explique Claude Bérit-Débat, Sénateur socialiste de Dordogne.
Or l'Agence de Sécurité sanitaire n'a autorisé aucune préparation à base de plantes depuis quatre ans. 

"Les députés avaient quand même porté cet amendement, c'était une belle avancée", souligne Nathalie. "
Mais le ministère de l'Agriculture est contre", regrette-t-elle, militant au sein de l'association ASPRO PNPP, association pour la promotion des préparations naturelles peu préoccupantes. 

"Quand on voit tout ce qui se passe par rapport au glyphosate, aux néonicotinoïdes, il faut trouver une alternative. Et les PNPP sont une forme d'alternative naturelle" estime Claude Bérit-Débat, qui a déposé
un nouvel amendement pour que le Sénat revienne sur sa position. 

 

Dordogne : maraîchère bio, elle plaide pour les préparations naturelles alternatives aux pesticides
Intervenants : Nathalie Verdier, Coprésidente d'Agrobio 24 et membre d'ASPRO PNPP, Claude Bérit-Débat, Sénateur de Dordogne Equipe : ARDOUIN Bruno, TINON Pascal, CASSAR-RAJAUD Alexandra

 

Nestlé et l'eau

Par Le 11/07/2018

NESTLE : BOYCOTT intégral pour notre part et le problème, c'est d'identifier toutes les marques qui leur appartiennent. Et je ne parle pas de leurs méfaits en Afrique, ça mériterait des centaines de procès... 

Bataille de l'eau à Vittel entre des habitants et Nestlé

AFP11/07/2018 à 13:02

Des associations s'insurgent contre un projet d'acheminer de l'eau potable sur des dizaines de km pour préserver une nappe phréatique déficitaire à Vittel pillée selon eux par le groupe Nestlé Waters. ( AFP/Archives / SEBASTIEN BOZON )

Des associations s'insurgent contre un projet d'acheminer de l'eau potable sur des dizaines de km pour préserver une nappe phréatique déficitaire à Vittel pillée selon eux par le groupe Nestlé Waters. ( AFP/Archives / SEBASTIEN BOZON )

Des associations s'insurgent contre un projet d'acheminer de l'eau potable sur une dizaine de km pour préserver une nappe phréatique déficitaire à Vittel (Vosges), pillée selon eux par le groupe Nestlé Waters.

Trois communes, Vittel, Contrexéville et Bulgnéville, et trois industriels, dont Nestlé Waters (marques Vittel, Contrex, Hépar, Perrier...), puisent annuellement trois millions de m3 d'eau dans la nappe aquifère des grès du Trias inférieur (GTI), située à 100 m de profondeur. Ce réservoir d'eau, faiblement minéralisée, présente un déficit annuel d'un million de m3 et se renouvelle lentement.

La Commission locale de l'eau (CLE) a voté début juillet le principe d'un transfert de l'eau dans le cadre d'un Schéma d'aménagement et de gestion des eaux (Sage). Quatre associations environnementales s'y sont opposées.

Entre 500.000 et un million de m3 par an seront pompés dans un ou deux captages en surface, puis acheminés par canalisations sur une dizaine de km pour approvisionner les habitants. Le projet, financé en partie par le conseil départemental des Vosges et l'Agence de l'eau, est estimé entre 8 et 17 millions d'euros.

Nestlé Waters, qui continuera à puiser dans la nappe 750.000 m3 d'eau, va "contribuer financièrement à la réalisation de la solution retenue", promettant de "tout faire pour qu'il n'y ait aucune répercussion sur la facture d'eau des habitants", assure un représentant du groupe, Christophe Klotz.

Lors du vote, 150 personnes se sont rassemblées devant le conseil départemental à Epinal, où se réunissait la CLE, composée de 46 membres - élus, industriels, services de l'Etat et associations -. Sur des pancartes, on pouvait lire: "Elus = vendus à Nestlé?", "L'eau est de l'or pour l'humanité, pas pour Nestlé".

"Ces transferts sont faits pour permettre à Nestlé Waters de continuer à pomper", dénonce Bernard Schmitt, du collectif Eau 88. Il réclame "que soit restaurée la priorité aux usagers".

- Privatisation de l'eau ? -

Une ligne de production de Nestlé Waters, le 19 juillet 2010 à Vittel ( AFP/Archives / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN )

Une ligne de production de Nestlé Waters, le 19 juillet 2010 à Vittel ( AFP/Archives / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN )

"On ne peut pas autoriser Nestlé à acheter une ressource de bien commun", s'inquiète Jean-François Fleck, président de Vosges nature environnement.

Pour la CLE, "l'objectif n'est pas de servir plus une entreprise qu'une autre, mais de combler ce déficit pour restituer aux générations futures une nappe reconstituée", rétorque Jean-Luc Couzot, vice-président.

La multinationale, qui affirme avoir "réduit de 20% les prélèvements (depuis) une dizaine d'années", s'est engagée à pomper l'eau à usage industriel dans une nappe en surface. La ressource des grès du Trias inférieur sera utilisée uniquement pour sa marque Bonne source, commercialisée à l'export.

Pas question néanmoins d'abaisser le volume embouteillé: "Plusieurs centaines d'emplois" seraient menacées, souligne M. Klotz. Nestlé Waters emploie un millier de personnes et verse au territoire vosgien "14 millions d'euros de surtaxes sur l'eau minérale", rappelle-t-il.

Un argument que balaie M. Schmitt: la masse salariale ne cesse de baisser et "la seule chose qui augmente, c'est les bénéfices de Nestlé Waters".

"C'est une décision au service d'un bénéfice immédiat, pour Nestlé Waters, au détriment d'un bénéfice patrimonial pour les générations futures", regrette Christine Vauzelle, maire de Charmois-l'Orgueilleux, 600 habitants.

Son village, soumis à des restrictions d'eau l'été, s'alimente dans l'une des nappes phréatiques retenues pour compenser le déficit des GTI.

"On entend dire qu'il y aura toujours de l'eau, mais qui peut nous l'assurer?", demande-t-elle.

- Enquête préliminaire -

Arlette Jaworski, adjointe à l'environnement à Contrexéville, dénonce la présence dans la CLE ou le Sage de membres travaillant ou ayant travaillé pour la multinationale et réclame "une charte de déontologie".

Une enquête visant la conseillère départementale et ancienne présidente de la CLE, Claudie Pruvost, est ouverte depuis 2016 au parquet d'Epinal après un signalement de l'association Anticor.

Son époux, ancien cadre chez Nestlé Waters, a présidé la Vigie de l'eau, association ayant participé à l'élaboration du Sage en 2016.

"L'enquête préliminaire (toujours en cours) a mis en évidence des faits susceptibles de recevoir la qualification pénale de prise illégale d'intérêts", punissables d'une peine de cinq ans d'emprisonnement et 500.000 euros d'amende, indique le procureur, Etienne Manteaux.

"Toutes les décisions prises depuis 2016 sont entachées de nullité et nous utiliserons toutes les voies judiciaires", prévient M. Schmitt.

Une étude affinée sur la réalisation du projet sera prochainement lancée, puis démarrera une consultation de la population à l'automne.

Changement climatique : depuis 30 ans

Par Le 09/07/2018

On parle du changement climatique depuis plus de 30 ans. Pourquoi n'avons-nous rien fait ?

Dans le temps qu'il a fallu pour justifier que le changement climatique est en grande partie lié à la pollution et l'activité humaine, la crise s'est profondément aggravée. Jeudi 21 juin 2018

De Andrew Revkin

Les oiseaux des Grandes Plaines pataugent au bord de l'eau alors qu'une tempête commence à prendre forme en arrière-plan.

PHOTOGRAPHIE DE RANDY OLSON, NATIONAL GEOGRAPHIC CREATIVE

Cet article paraîtra dans le magazine National Geographic du mois de juillet 2018.

Il y a trente ans, l'impact potentiellement perturbateur des émissions carbone produites par la combustion fossile et la déforestation agressive qui commençait faisait la une de plusieurs journaux.

Il a fallu un siècle d'accumulation de faits scientifiques et une évolution majeure dans la perception de l'enjeu environnemental pour que cela se produise. Svante Arrhenius, scientifique suédois pionnier qui, en 1896, estimait pour la première fois l'ampleur du réchauffement dû à la combustion généralisée du charbon, voyait en ce changement une aubaine, une évolution vers « des climats plus équitables qui favorisera les climats terrestres les plus froids. »

Plusieurs reportages se sont succédé au fil des années, y compris un article remarquablement clair publié en 1956 dans le New York Times qui indiquait comment l'accumulation des émissions de gaz à effet de serre lié à la production d'énergie entraînerait des changements environnementaux durables. Dans sa conclusion, l'article prévoyait ce qui est devenu le principal obstacle à la lutte contre les émissions nocives : l'abondance des combustibles fossiles. « Le charbon et le pétrole sont encore abondants et bon marché dans de nombreuses parties du monde, et il y a tout lieu de croire que les deux seront consommés par l'industrie aussi longtemps que cela sera rentable. »

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat a été créé à la fin de l'année 1988, après que divers facteurs ont mis en lumière l'effet de serre. Les grandes lignes d'une solution avaient été forgées un an plus tôt alors que les nations du monde entier se mettaient d'accord sur le Protocole de Montréal, qui fixait des mesures pour éliminer certains composés synthétiques mettant en péril la couche d'ozone.

Depuis, les détails ont changé, mais à bien des égards, les principaux problèmes demeurent à peu les mêmes que ceux que moi et d'autres journalistes pouvions déjà observer en 1988.

“À bien des égards, les principaux problèmes environnementaux sont à peu les mêmes que ceux que moi et d'autres journalistes pouvions déjà observer en 1988.”

En octobre de cette année-là, mon article de couverture du magazine Discover traitait de la menace d'inondation de Miami, de la puissance potentielle des ouragans, des prévisions d'émissions carbone de la Chine, de la vulnérabilité du manteau neigeux californien et de son approvisionnement en eau. J'y décrivais également les incertitudes frustrantes dans les projections de réchauffement qui demeurent valables aujourd'hui. L'article se terminait avec cette citation de Michael B. McElroy, alors professeur à l'Université de Harvard : « Si nous choisissons de relever ce défi, il semble que nous puissions ralentir considérablement le rythme du changement climatique, nous donnant le temps de développer des mécanismes dont le coût pour la société pourra être minimisé. Nous pouvons alternativement fermer les yeux, espérer le meilleur, et payer le prix fort quand la facture nous sera présentée. »

Cet avertissement n'est aujourd'hui que trop familier. Les scientifiques, les écologistes et certains politiciens ont fait des déclarations semblables à plusieurs reprises. Leurs avertissements n'ont pas empêché les émissions d'augmenter. Glen Peters, un scientifique du Centre pour la recherche internationale sur le climat à Oslo, en Norvège, a relevé la hausse du niveau de dioxyde de carbone dans l'atmosphère à partir de 1870 et a constaté que près de la moitié de cette augmentation provenait de l'activité humaine ces 30 dernières années. 

Pourtant, de nouvelles technologies de développement durable se sont développées depuis, avec la croissance fulgurante des systèmes solaires et éoliens. Mais le monde reste à plus de 85 % tributaire des combustibles fossiles pour satisfaire sa soif en énergie. Les gains en matière d'efficacité énergétique et d'énergie renouvelable ont été submergés par la hausse de la demande d'énergies fossiles à mesure que la pauvreté augmentait. Aux États-Unis et dans une grande partie de l'Europe, l'énergie nucléaire à faible teneur en carbone recule tandis que des coûts élevés entravent le développement de nouvelles centrales.

 

COMMENT EXPLIQUER CETTE ABSENCE D'ÉVOLUTION ?

Qu'est-ce qui explique le manque de progrès significatifs quant au changement climatique provoqué par l'Homme ? Ayant consacré la moitié de mes 62 années de vie dans le reportage et la rédaction d'articles sur le climat, dans la rédaction d'articles de blogs et de livres, j'ai récemment trouvé utile de repérer les perceptions erronées ou les occasions manquées qui aggravaient le problème.

Pouvons-nous nommer les principaux coupables ? Il y a presque autant de théories et de cibles qu'il y a d'avocats d'un côté et de l'autre. Parmi eux on compte le manque de financement de la recherche fondamentale (j'étais souvent dans ce camp), l'influence de l'industrie sur la politique, la médiatisation médiocre et les doutes de ceux qui investissent dans les combustibles fossiles ou s'opposent à l'intervention gouvernementale. Il y a aussi un certain nombre de normes sociales qui vont à l'encontre d'une législation sur le changement climatique.

Pendant des années, je pensais que tous les suspects étaient coupables. Mais il y a une alternative à ce scénario. Peut-être que le changement climatique est moins un mal environnemental à corriger qu'une somme de risques émergents temporaires. Dans une pièce de 2009 intitulée « La puberté à l'échelle d'une planète », je me suis amusé à suggérer que notre espèce traversait une transition turbulente de l'adolescence à l'âge adulte, résistant aux remontrances pour grandir - avec dans le rôle de la testostérone... les carburants fossiles.

Mais la situation est encore plus complexe. Plus je partais en reportage dans les bidonvilles kenyans et les villages indiens toujours sans accès à l'électricité où les gens cuisinaient sur du charbon de bois illicite ou faisaient chauffer de la bouse de vache, plus il devenait clair qu'il n'y avait pas de « nous » d'un point de vue énergétique, ni de vulnérabilité aux aléas climatiques. Le « nous » riche peut se permettre de convertir l'énergie en énergie propre et de réduire la vulnérabilité à la chaleur, aux inondations et plus encore. Mais le reste de l'humanité lutte toujours pour obtenir les avantages économiques de base que nous avons tirés de la combustion de combustibles fossiles pendant des décennies.

La recherche menée par un éventail de scientifiques et de chercheurs appuie une conclusion décourageante : le changement climatique ne ressemble à aucun problème environnemental auquel nous ayons déjà été confrontés. Nous ne pouvons pas le « réparer » comme nous avons commencé à résoudre le problème du trou dans la couche d'ozone, avec des règlements et des traités circonscrits et des changements technologiques limités. Le changement climatique est trop important dans l'espace et le temps ; les émissions qui en sont la cause sont une conséquence trop centrale de l'effort qui devrait être consenti par plus de 7,5 milliards d'êtres humains, et près de 10 milliards dans quelques décennies, pour prospérer sur Terre.

 

LE VRAI CHANGEMENT

On ne se rend réellement compte de ce qui arrive à la Terre que lorsque un pic d'émissions de gaz à effet de serre est mis en relation avec les mesures de l'activité humaine. Un rapport scientifique de 2015 intitulé « The Great Acceleration » comprenait un tableau de bord planétaire représentant les signaux de l'activité humaine, la disparition des forêts tropicales pour satisfaire les besoins en papier, et bien sûr la consommation en eau. La plupart ont la même forme que la courbe des émissions de CO2. Les impacts de la pollution et du climat sont donc les symptômes d'une situation plus globale : un moment appelé anthropocène, qui caractérise le moment où les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l'écosystème terrestre.

Adam Frank, astrophysicien à l'Université de Rochester, a commencé à évaluer les différents scénarios possibles pour notre planète. Il s'est appuyé sur les connaissances que nous avons des mondes en dehors de notre système solaire qui pourraient abriter la vie.

Si les modèles mathématiques sont assez simples, trois grands scénarios émergent, qu' Adam Frank décrit dans un nouveau livre intitulé Light of the Stars. Le premier scénario est l'« atterrissage en douceur », dans lequel une civilisation et sa planète passent doucement à un nouvel état stable. Le second s'intitule « mourir ». Dans ce dernier, les conditions environnementales d'une planète se dégradent et les populations chutent précipitamment, mais semblent survivre. « Il est difficile de savoir si une civilisation technologique pourrait survivre en perdant près de 70 % de sa population » explique Frank.

Et il y a un troisième scénario : l'effondrement. « La population augmente, la planète se « réchauffe » et, à un moment donné, la population s'effondre à zéro », explique Frank. « Nous avons même trouvé des solutions dans lesquelles l'effondrement pourrait se produire après que la population a changé d'une source d'énergie à fort impact - les combustibles fossiles - à une énergie solaire à impact plus faible. »

LANCER LE DIAPORAMA

La perspective interplanétaire de Frank montre clairement que la crise climatique est un défi immense, au même titre que la lutte contre le cancer ou la pauvreté, auxquelles les gens dédient toute leur vie, avec un mélange d'urgence et de patience. Le changement de perspective est troublant mais aussi libérateur : cela signifie que toute personne motivée et persévérante peut faire la différence - en tant qu'enseignant ou ingénieur, artiste ou investisseur, ou simplement en tant que citoyen engagé.

En regardant dans l'espace pour évaluer les perspectives de la Terre, Frank est revenu au point de départ de James Hansen - ses premières recherches sur notre chaud voisin Vénus. Plus tôt cette année, j'ai demandé à Frank ce qu'il voyait pour l'avenir de la Terre : Sommes-nous destinés à ressembler davantage à une allumette éclairant le monde d'une lumière vibrante mais brève ? Ou pourrions-nous luire comme, disons, une LED à énergie solaire?

Frank pense qu'il peut être difficile pour toute biosphère qui développe une civilisation industrielle à l'échelle planétaire d'éviter les scénarios de grandes perturbations. « Tout dépend peut-être du patrimoine évolutionnaire de l'espèce », dit-il, et de notre capacité à penser et agir de manière responsabilité pour s'adapter à une nouvelle réalité : la nôtre.

« Avons-nous ce qu'il faut, l'avons-nous fait à temps ? Je l'espère, mais je suppose que nous le verrons bientôt. »

 

Andrew Revkin a récemment rejoint l'équipe de la National Geographic Society en tant que conseiller stratégique, journaliste environnemental et scientifique, après trois décennies de reportages sur l'environnement, principalement pour le New York Times. 

Glyphosate : plainte d'un cabinet d'avocats

Par Le 07/07/2018

Glyphosate : lancement d'une plainte pénale nationale et d'une campagne d'analyses de contamination des citoyens.
 

Lancement d’une plainte pénale nationale et d’une campagne d’analyses sur la contamination des citoyens par le glyphosate.

A l’occasion de la défense de plusieurs militants faucheurs volontaires devant le Tribunal correctionnel de Foix en août 2017, nous avions émis l’idée que tous les « prévenus » ainsi que les avocats se soumettent à un test de dépistage de la présence de glyphosate dans notre organisme. L’idée était de faire prendre conscience aux magistrats que nous sommes tous contaminés et que le danger est bien réel. J’ai même lors de l’audience proposé au Président du Tribunal de se soumettre à une analyse comme les prévenus et avocats.

Celà a très bien fonctionné et peut être même trop bien fonctionné puisqu’il est apparu que tous les prévenus étaient contaminés, que je suis contaminé et que ma compagne qui travaille avec moi est contaminée bien au delà des seuils admissibles dans l’eau potable. Pourtant, nous n’utilisons pas de glyphosate, nous tentons de manger sainement, nous buvons l’eau du robinet sensée être potable, nous ne sommes pas particulièrement exposés. Depuis cette annonce en août 2017, la surprise et la colère ne sont pas retombées.

Nous avons soulevé une question préjudicielle devant la Cour européenne pour contester ces réglementations européennes qui ne nous protègent pas suffisamment et le procureur comme le Tribunal correctionnel de Foix nous ont suivi. La Cour Européenne saisie par le Tribunal correctionnel de Foix rendra une décision dans les mois qui viennent, on parle d’interdiction du glyphosate dans trois ans (depuis déjà un an !). Le glyphosate a été déclaré molécule probablement cancérigène par le  CIRC dépendant de l’OMS depuis le 20 mars 2015. L’administration et la justice prennent leur temps.  Le glyphosate est probablement l’arbre qui cache la forêt (produits commercialisés jusqu’à 1000 fois plus toxiques que le principe déclaré actif, coformulants non pris en compte, principes actifs non déclarés, analyses insuffisantes…). Les politiques et les Etats membres devant la Cour Européenne estiment que la réglementation est parfaite comme à chaque scandale sanitaire. Pourtant le fait demeure que nous sommes largement contaminés par une molécule classée probablement cancérigène.

Le Cabinet décide aujourd’hui de poursuivre son action.

Je vais proposer dès demain à tous les membres du cabinet (nous sommes 7) de se soumettre si ils le souhaitent à une analyse de contamination.

Nous allons également très largement soutenir l’action nationale de dépistage de contamination et de plainte pénale pour mise en danger de la vie d’autrui diligentée par les faucheurs volontaires et à laquelle nous collaborons. L’action va consister en l’organisation par toute personne qui le souhaite de prélèvements d’urine envoyés pour analyse à un laboratoire. L’action collective permettra de diminuer le coût et chacun pourra savoir s’il est contaminé. S’en suivra le cas échéant le dépôt d’une plainte pénale nationale. Les premières plaintes pénales seront déposées dès le 15 juin. Les personnes contaminées pourront se joindre à cette action.

Pour toute information ou pour vous inscrire, n’hésitez pas à contacter le cabinet : contact@avocats-tumerelle.fr    Et le collectif : campagneglypho@riseup.net 

https://www.facebook.com/cabinet.tumerelle/

 

Et le collectif des faucheurs volontaires : https://www.helloasso.com/associations/campagneglypho/collectes/j-ai-des-pesticides-dans-mes-urines-et-toi

Voici le communiqué de presse du collectif :  communiqué de presse dépôt de plainte

KUNDALINI : préface de Nathalie Vieyra

Par Le 04/07/2018

Je suis comblé et honoré. Nathalie Vieyra est une référence dans le domaine du tantrisme, une professionnelle reconnue.

Je lui ai proposé de lire mon roman.

Elle en a écrit une préface qui me réjouit infiniment.

Il était essentiel pour moi que ce roman soit accompagné par un témoignage émanant d'une personnalité féminine car je sais qu'un roman écrit par un homme, sur un sujet aussi délicat que la sexualité sacrée, génère chez le public une certaine méfiance, une réticence, un mouvement de recul. Il en est ainsi. L'identité masculine, dès lors qu'elle aborde la sexualité, est entachée d'une image primaire et il est difficile d'inciter à la lecture.

Nathalie Vieyra me fait l'hommage de cette reconnaissance et je l'en remercie infiniment. 

Il me plaît infiniment également que le prénom de la femme que j'aime soit le même.

Nathalie.

Un signe évident, une "coïncidence" qui me réjouit. Après "Là-Haut", ce sera la deuxième couverture de roman où mon amour pour elle sera mis en image. Vingt-neuf ans de vie commune, une rencontre qui restera inscrite en moi jusqu'au dernier jour de cette vie, trois mois après avoir croisé nos regards, notre premier enfant était conçu dans un refuge de montagne, à 3000 mètres, une nuit solitaire sous les étoiles, juste elle et moi, une nuit d'hiver après avoir marché pendant des heures dans la neige, le poêle à bois n'était là que pour l'ambiance, la chaleur aimante nous suffisait. 

"Kundalini" lui est dédié et commencera ainsi :

"À Nathalie, la femme que j’aime à chaque instant et que j’ai déjà aimée en d’autres temps."

 

 


 

Livre Lâcher prise

« Lâchez prise, promenades au pays de la conscience. » 

Qui n’a pas cherché ses mots pour expliquer une sensation énergétique, un état modifié de conscience ? 

Nathalie Vieyra, masseuse tantrique et thérapeute psycho corporel a toujours ressenti et essayé de partager son vécu sensoriel et extra sensoriel. Elle souhaitait trouver un moyen artistique visuel pour montrer cette notion de globalité corporelle, les flux énergétiques qui nous parcourent et nous relient les uns aux autres et l’univers, la conscience. 

Ce livre est une invitation au voyage à travers le corps, dans les émotions et l’énergie. 

Les photos inspirées de Flore-aël Surun suggèrent les mouvements énergétiques et les états de conscience. Elles illustrent l’expérience personnelle et l’univers professionnel de Nathalie, à travers le massage tantrique, DreamWater bercements en eau chaude, Le Wutao Art énergétique corporel. Différentes personnes s’y confient et leurs témoignages montrent la diversité dans l’expérience du lâcher-prise. 

Nathalie Vieyra et Flore-aël Surun 
Préface du Dr Olivier Chambon


 

Préface à KUNDALINI

"Lorsque j’ai commencé la lecture de ce manuscrit, je ne savais pas à quoi m’attendre. Thierry et moi échangions depuis des mois par messages écrits occasionnellement et j’appréciais son écriture, sa culture générale, et l’homme m’intriguait. Nous parlions de nos expériences respectives spirituelles, tantriques, de la kundalini et ses manifestations. Il m’avait soutenu lors de l’auto édition de mon livre « Lâchez prise, promenades au pays de la conscience » en le partageant sur son blog.

Cependant il existe des personnes qui parlent très bien du Tantra mais qui ne le vivent pas réellement dans leur corps, cela se sent tout de suite. Entrer dans la dimension sacrée du corps n’est pas une évidence, demande parfois d’être guidé.
J’ai commencé la lecture et assez rapidement ma curiosité est née, l’envie de connaitre la suite de l’histoire. L’effet miroir fut assez troublant pour moi. Un homme écrit un roman sur une rencontre initiatique, une rencontre entre deux êtres qui se sont déjà rencontrés sans doute dans d’autres vies ? dans d’autres plans ? De nombreux textes plus ou moins sérieux parlent d’âmes sœurs, de flammes jumelles, de famille d’âmes, tentant d’expliquer cette recon-naissance lors d’une rencontre fortuite. Le besoin d’appartenance est fort lorsque l’on vit une telle rencontre. On cherche des témoignages pour comprendre l’inexplicable. Quelqu’un qui vit ou a vécu la même chose va nous rassurer sur l’état de notre santé mentale ! Oui c’est bien vrai, oui ça a du sens et oui, on n’invente pas les impressions d’une familiarité qui dépasse la réalité du moment.
Ayant été initiée par des hommes dans un premier temps, la lecture de ce roman m’a permis de lire ma propre initiation par le cœur, le corps, l’âme, les yeux, la peau, et l’esprit de l’Homme.

Cet homme,l’auteur de ce roman, écrit des échanges entre son héros et son héroïne, des dialogues. Bien sûr chaque histoire et chaque être est particulier, mais certaines vibrations, manifestations énergétiques, questions, échanges sont universels. Qu’il est doux de sentir que la magie existe et qu’elle est partagée par d’autres.


En tant que masseuse tantrique et thérapeuthe psycho corporel, j’ai reçu des personnes en couple, ou de façon individuelle qui venaient avec tant de questions sur des rencontres bouleversantes, leurs sens. La plupart sont bouleversés, perturbés dans une vie rangée par un tsunami sensoriel et émotionnel.

Je pense que ce roman sera une porte d’entrée pour certain(e)s dans ce que peut être la dimension tantrique. Un espoir pour d’autres dans un moment plus complexe de leur existence, car oui tout peut se transformer si on y met de la conscience. Un sourire dans le cœur pour d’autres qui ont vécu une telle rencontre dans leur vie, et ont su en tirer les enseignements.
 

Ce livre est donc d’utilité publique. J’en recommande la lecture en écrivant ces quelques mots. Il fera résonnance et je l’espère, invitera quelques un(e)s à ouvrir quelques portes.
 

Namasté : Mon âme salue ton âme. En toi, je salue cet espace où réside l’univers entier. En toi, je salue la lumière, l’amour, la beauté, la paix parce que ces choses se trouvent aussi en moi. Parce que nous partageons ces attributs, nous sommes reliés, nous sommes semblables, nous ne sommes qu’un."
Nathalie Vieyra 

"Le mensonge dans lequel nous vivons"

Par Le 03/07/2018

 

Le  dans lequel nous vivons (« The Lie We Live« ) est un documentaire  écrit et réalisé par Spencer Cathcart qui donne son regard critique sur le monde actuel.

 

Le vidéaste remet en question sur tout ce qui entoure la vie de l’Homme sur , à savoir : la liberté, l’éducation, les entreprises, ou encore l’argent. Il apporte un regard critique tout en invitant le spectateur à réfléchir. A travers cette vidéo, Spencer Cathcart tacle des sujets essentiels comme la politique, l’industrie agro-alimentaire, la médecine, l’environnement et la technologie ; tout en rappelant que l’être humain souhaite une et une seule chose : le bonheur.

Le texte du  Spencer Cathcart :

En ce moment, vous pourriez être n’importe où, à faire n’importe quoi. Au lieu de cela, vous êtes assis seul devant un écran. Alors qu’est ce qui nous empêche de faire ce que nous voulons ? Être là où nous voudrions être?

 
Chaque jour, nous nous réveillons dans la même pièce et suivons la même voie, nous vivons un jour semblable à celui d’hier. Pourtant, il fut un temps où chaque jour était une nouvelle aventure. Chemin faisant, quelque chose a changé. Avant nos jours étaient intemporels, maintenant nos jours sont minutés.

 
Est-ce cela être adulte ? Être libre ? Mais sommes-nous vraiment libres ?

 
Aliments, eau, terres… les éléments dont nous avons besoin pour survivre sont la propriété de sociétés. Il n’y a pas de nourriture pour nous sur les arbres, pas d’eau douce dans les ruisseaux, pas de terrain pour construire une maison. Si vous essayez de prendre ce que la 
 fournit vous serez mis sous les verrous. Alors, nous obéissons à leurs règles.
 
Nous découvrons le monde dans un manuel. Pendant des années, nous restons assis et régurgitons ce qu’on nous raconte. Passant des examens et classés comme des cobayes dans un laboratoire. Élevés à ne pas être différents dans ce monde, éduqués à ne pas être différents. Nous sommes assez intelligents pour faire notre travail, mais pas assez pour nous remettre en question les raisons pour lesquelles nous le faisons. Donc, nous travaillons sans cesse et il ne nous reste plus de temps pour vivre la vie pour laquelle nous travaillons. Et puis vient le jour où nous sommes trop vieux pour faire notre travail. Alors, on nous laisse mourir. Et nos enfants nous remplacent dans la partie.

 
Pour nous, chacun de nous est unique mais, tous ensemble, nous ne sommes rien de plus que du carburant. Le carburant qui alimente l’élite, l’élite qui se cache derrière les logos des sociétés. Ce monde leur appartient. Et leur ressource la plus précieuse n’est pas enfouie dans le sol : c’est nous. Nous construisons leurs villes, nous faisons tourner leurs machines, nous combattons dans leurs guerres. En fait, l’argent n’est pas ce qui les motive. C’est le pouvoir. L’argent est simplement l’outil qu’ils utilisent pour nous contrôler. Ces bouts de papier sans valeur, nous en dépendons pour nous nourrir, nous déplacer, nous divertir.

 
Ils nous ont donné de l’argent et en retour, nous leur avons donné le monde. Là où il y avait des arbres qui purifiaient notre air, maintenant il y a des usines qui l’empoisonnent. Là où il y avait de l’eau bonne à boire, il y a des déchets toxiques qui puent. Là où les animaux couraient libres, il y a des élevages industriels où les animaux naissent et sont abattus à la chaîne, pour notre satisfaction. Plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, bien que nous ayons assez de nourriture pour tout le monde. Où est-ce qu’elle part ? 70% des céréales que nous produisons pour l’alimentation sont utilisées pour nourrir et pour engraisser les animaux que nous mangeons pour le dîner. Pourquoi aiderions-nous les affamés? Ils ne génèrent aucun profit !

 
Nous sommes comme une peste balayant la Terre, détruisant l’environnement qui nous permet de vivre. Nous voyons tout comme quelque chose qui peut être vendu, comme un objet que nous pouvons détenir. Mais qu’est ce qui arrivera quand nous aurons pollué la dernière rivière, empoisonné le dernier souffle d’air, quand nous n’aurons plus de pétrole pour les camions qui nous apportent notre nourriture ? Quand allons-nous nous rendre compte que l’argent ne se mange pas, qu’il n’a pas de valeur ?

 
Nous ne sommes pas en train de détruire la planète : nous détruisons toute vie sur elle. Chaque année des milliers d’espèces disparaissent. Et le temps est compté avant que nous soyons l’espèce suivante. Si vous habitez en Amérique, vous avez une probabilité de 41% de développer un cancer. Les maladies du cœur vont tuer un Américain sur trois. On nous prescrit des médicaments pour faire face à ces problèmes mais les soins médicaux, eux-mêmes, sont la troisième cause de décès après le cancer et les maladies cardiaques. On nous dit que tout peut être résolu en donnant beaucoup d’argent à des scientifiques afin qu’ils puissent découvrir une pilule qui pourra résoudre tous nos problèmes. Mais les compagnies pharmaceutiques et les sociétés contre le cancer comptent sur notre souffrance pour faire du profit. Nous pensons que nous sommes à la recherche de remèdes mais, dans les faits, nous nous éloignons de trouver la cause de nos maux. Notre corps est le produit de ce que nous consommons mais la nourriture que nous mangeons est conçue uniquement dans un but lucratif. Nous nous gavons de produits chimiques toxiques. Les corps des animaux sont infestés par les médicaments et les maladies. Mais nous ne voyons pas cela. Le petit groupe de sociétés qui possèdent les médias ne veut pas que nous le réalisions. On nous raconte des balivernes et on nous dit que c’est la réalité.

 
C’est amusant de penser que l’homme croyait que la Terre était le centre de l’univers. Mais aujourd’hui, nous nous considérons comme le centre de la planète. Nous regardons notre technologie et nous nous disons que nous sommes les plus intelligents. Mais les ordinateurs, les voitures, et les usines nous montrent-ils que nous sommes très intelligents ? Ou bien montrent-ils à quel point nous sommes devenus paresseux. Nous nous sommes cachés sous le masque de « civilisés ». Mais quand on nous arrache ce masque, que sommes-nous ?

 
Comme nous oublions facilement qu’il y a moins de cent ans que nous permettons aux femmes de voter, que nous permettons aux noirs de vivre comme nos égaux. Nous agissons comme si nous étions des êtres omniscients, mais il y en a beaucoup que nous ne voyons pas. Nous marchons dans les rues en ignorant toutes les petites choses. Les yeux qui nous regardent. Les histoires qu’ils racontent. Tout cela n’est qu’un décor pour Moi.

 
Peut-être craignons-nous de ne pas être seuls, de n’être qu’une partie d’un plus grand dessein. Mais nous ne parvenons pas à faire le lien. Nous sommes d’accord de tuer les cochons, les vaches, les poules, les étrangers de pays éloignés. Mais pas nos voisins, pas nos chiens, nos chats, pas ceux que nous avons appris à aimer et à comprendre. Nous appelons les autres créatures stupides mais nous les désignons comme responsables de nos actions. Mais le fait de tuer simplement parce que nous pouvons le faire, parce que nous l’avons toujours fait, cela nous en donne-t-il le droit ? Ou cela montre-t-il le peu de choses que nous avons apprises ? Nous continuons à agir en suivant nos pulsions d’agression primitive plutôt que de privilégier la réflexion et la compassion.

 
Un jour, cette sensation que nous appelons la vie va nous quitter. Notre corps va pourrir, nos objets de valeur seront récupérés. Les actions d’hier seront tout ce qui restera. La mort nous entoure constamment et pourtant elle semble tellement éloignée de notre réalité quotidienne. Nous vivons dans un monde sur le point de s’effondrer. Il n’y aura pas de gagnants dans les guerres de demain car la violence ne sera jamais la réponse. Elle va détruire toutes les solutions possibles.

 
Si nous examinons nos désirs les plus profonds, nous voyons que nos rêves ne sont pas si différents. Nous partageons un objectif commun : le bonheur. Nous dévastons le monde à la recherche de la joie, sans jamais regarder en nous-mêmes. Beaucoup des personnes les plus heureuses sont celles qui possèdent le moins. Sommes-nous vraiment si heureux avec nos iPhones, nos grandes maisons, nos voitures pour frimer ?

 
Nous sommes devenus déconnectés. Nous idolâtrons des personnes que nous n’avons jamais rencontrées. Nous assistons à des choses extraordinaires sur les écrans mais, partout ailleurs, il n’y a que de l’ordinaire. Nous attendons que quelqu’un apporte du changement sans même envisager de nous changer nous-mêmes.

 
Les élections présidentielles pourraient aussi bien se jouer à pile ou face. Ce sont les deux faces d’une même pièce. Nous choisissons le visage que nous voulons et l’illusion du choix, du changement est ainsi créée. Mais le monde reste le même. Nous ne parvenons pas à réaliser que les politiciens ne nous servent pas ; ils servent ceux qui les ont financés pour arriver au pouvoir.

 
Nous avons besoin de leaders, pas des politiciens. Mais dans ce monde de suiveurs, nous avons oublié de nous diriger nous-mêmes. Cessez d’attendre le changement et soyez le changement que vous voulez voir advenir. Nous ne sommes pas arrivés au point où nous en sommes en restant assis sur notre cul. Le genre humain a survécu non pas parce que nous sommes les plus rapides ou les plus forts, mais parce que nous avons travaillé ensemble.

 
Nous avons maîtrisé l’acte de tuer. Maintenant, nous allons maîtriser la joie de vivre.

 
La question n’est pas de sauver la planète. La planète sera toujours là que nous y soyons encore ou pas. La Terre est là depuis des milliards d’années et chacun de nous aura la chance s’il vit quatre-vingts ans. Nous sommes un éclair dans le temps mais notre impact sera là pour toujours.

 
« J’ai souvent désiré vivre à une époque où les ordinateurs n’existaient pas encore, quand nous n’avions pas des écrans pour nous distraire. Mais je me rends compte qu’il y a une raison pour laquelle c’est maintenant que je veux être en vie. C’est parce qu’aujourd’hui, une opportunité nous est offerte que nous n’avions jamais eue auparavant. »

 
Internet nous donne le pouvoir de partager un message et d’unir des millions de personnes dans le monde.

 
« Tant que nous le pouvons encore, nous devons utiliser nos écrans pour nous rapprocher, plutôt que de nous éloigner les uns des autres. »

 
Pour le meilleur ou pour le pire, notre génération va déterminer l’avenir de la vie sur cette planète. Nous pouvons soit continuer à servir ce système de destruction jusqu’à ce qu’il ne reste aucune trace de notre existence. Ou nous pouvons nous réveiller, nous rendre compte que nous ne sommes pas en train d’évoluer vers le haut mais plutôt de tomber… nous avons juste ces écrans devant nos visages et nous ne voyons pas où nous nous dirigeons.

 
Le moment présent est celui où chaque pas, chaque respiration et chaque mort nous a conduits. Nous sommes les visages de tous ceux qui ont vécu avant nous. Et maintenant c’est notre tour. Vous pouvez choisir de tailler votre propre chemin ou suivre la route que d’innombrables autres ont déjà prise.

 
La vie n’est pas un film. Le scénario n’est pas encore écrit. Nous sommes les auteurs.

 
C’est votre histoire, leur histoire, notre histoire.

Lettre de départ à mes élèves

Par Le 03/07/2018

Dernier jour de classe avec mes élèves de CM2 aujourd'hui.

Je leur ai donné cette lettre en partant.

 

"Cultivez l’amour en vous. Je vous ai longuement expliqué  à quel point sa force est immense.

Si quelqu’un vous fait du mal, apprenez à maitriser votre colère en vous observant. L’autre deviendra alors l’opportunité pour vous de grandir, d’être plus fort encore. Si vous parvenez à rétablir le calme en vous, l’autre n’aura plus aucune emprise sur vous et il ira voir ailleurs, il ira chercher une autre proie puisque la colère qu’il aurait aimé déclencher en vous n’existera plus.

Vous aurez été plus fort que lui en restant maître de vous-même.

Ne lui donnez pas le plaisir de vous voir en colère.

Cherchez la sagesse en vous. Elle a une force immense.

Si j’avais juste été en colère contre le drame qui a frappé mon frère, je n’aurais jamais pu l’aider. Je vous l’ai raconté. C’est l’amour la seule voie possible. C’est lui qui donne l’énergie de surmonter les drames.

La colère, comme toutes les émotions qui vous emportent et vous font perdre le contrôle, ce sont comme des poisons que vous avalez et vous en êtes responsable. Mais ce mal, vous pouvez le refuser en lui opposant l’amour de la vie en vous. La vie n’a pas besoin des poisons. Apprenez à vous en protéger. Il suffit  de vous aimer en refusant ce mal qui vous blesse.   

Allez vers la lumière comme l’arbre qui grandit.

Imaginez cet arbre, un arbre immense. Il se dresse vers le soleil, jour après jour et lorsqu’une tempête surgit, il n’est pas en colère, il laisse le vent le secouer, il plie et peut-être même que des branches casseront mais les racines sont solides. Le tronc ne cèdera pas. C’est l’amour de la vie le plus fort. Demain, le soleil reviendra et si ça n’est pas demain, l’arbre patientera, il laissera le vent le secouer encore en sachant que le vent se fatiguera et qu’il finira par s’éloigner.

Laissez les autres s’agiter quand ils vous agressent, montrez-leur que vous n’y attachez aucune importance.

Si vous n’êtes pas réellement en danger, s’il n’y a rien de grave, -de vraiment grave-, laissez-les se fatiguer. Ils finiront par partir.

Si la situation est grave, -réellement grave-, cherchez la solution en vous. Cherchez la force de vie. Restez le maître intérieur et vous pourrez user de cette force.  

 

Lorsque vous avez réfléchi, profondément, lorsque vous avez analysé une situation, lorsque vous avez établi tout ce qui est de votre responsabilité et qu’après ce long travail, vous êtes certain que ce que vous faites est juste, bon et utile, alors n’abandonnez jamais.

Quoi qu’il arrive, aussi difficile que ce soit. Si cela est juste, bon et utile, n’abandonnez jamais.  

Ce que vous apprendrez de vous sera plus important encore que ce que vous réalisez.

Vous découvrirez la force de vie en vous. Et vous ne pouvez pas encore imaginer à quel point cette force est immense.

Lorsque le travail de l’école sera difficile, cherchez cette force en vous, cherchez la volonté, la détermination, la patience, le courage d’aller jusqu’au bout. Pas seulement pour que ce travail soit le plus performant possible, mais pour que vous soyez fier de vous. C’est cela qui importe.

Il ne s’agit pas d’être le premier. Il s’agit juste de trouver la force en vous. Ne vous préoccupez pas de ce que les autres réalisent. Ne soyez pas jaloux d’eux parce que cette jalousie, c’est surtout de la colère contre vous et qu’elle ne vous aidera pas. Si vous laissez la colère vous envahir, elle consumera vos forces et ces forces perdues vous manqueront dans le travail.

Le calme en soi délivre l’énergie nécessaire.

 

Ce monde a besoin de vous. Il a besoin de votre amour de la vie. Dans le calme intérieur, vous trouverez l’amour. Dans le calme, il n’y a jamais de colère.

Il est possible pourtant que vous soyez parfois en colère contre vous-même. Apprenez alors à vous pardonner. Personne n’est infaillible mais si vous ne pardonnez pas vos propres erreurs, la colère restera en vous et elle vous empêchera de grandir, comme une tempête intérieure qui ne s’arrête jamais vraiment et vous épuise. Se pardonner, c’est se tourner de nouveau vers la lumière du soleil.

Il faut de l’amour en soi pour grandir. N’attendez pas uniquement que les autres vous aiment. Apprenez aussi à vous aimer vraiment. Et, alors, vous pourrez aimer les autres. 

Je vous souhaite de trouver le bonheur en vous-même. Seul, celui-là vous appartient. Tout ce qui vient du monde n’est pas vraiment à vous et peut disparaître en un instant.

La personne avec laquelle vous passerez toute votre vie, c’est vous-même et rien n’est plus important que vous vous connaissiez réellement. Non pas au regard de ce que les autres pensent de vous puisque ce sont leurs pensées, leurs jugements, leurs interprétations, mais uniquement au regard de votre propre analyse.

Vérifiez toujours, à chaque instant, que vos pensées, vos paroles et vos actes sont à l’image de la personne que vous avez décidé d’être.

La sagesse est en vous. Trouvez-la."

 

Et le petit mot qu'une élève est venue me donner avant de partir :

"Je n'étais pas un vrai ange

mais de toi, j'ai eu des louanges

et tu m'as encouragée pour que je puisse progresser

je me suis sentie meilleure et j'ai travaillé de tout mon coeur

et tu as su me soutenir et me parler de mon avenir

Pour cela et plus encore je veux te remercier

Merci pour cette merveilleuse année."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crime contre la planète.

Par Le 30/06/2018

J'enlève, bien entendu, l'idée d'un quelconque soutien à Nicolas Hulot, dont la marque Ushuïa use et abuse de l'usage du plastique. Rien que ça, déjà, lui ôte à mes yeux, toute légitimité. 

Quant au reste, c'est juste ce que que j'écris ici depuis deux ans maintenant et qui rejoint bien évidemment les dizaines de dossiers et les centaines de pages que j'ai lues, écrites par des scientifiques et pas des déglingués du bulbe catastrophistes.

Je n'adhère pas non plus au titre de l'article. L'humanité est criminelle envers l'ensemble de la vie. Aujourd'hui, elle subit les effets de son indifférence envers la planète. C'est comme si cette humanité devait enfin prendre conscience du désastre parce que maintenant, elle est en danger.

Crier dans les oreilles des pyromanes qu'allumer des incendies, ça peut aussi être dangereux pour eux, ça pourrait m'amuser si je ne visualisais pas le corps ravagé de la planète...

 

 

Destruction de la nature : un crime contre l’humanité

 

Par Elise Rousseau , écrivaine naturaliste et Philippe J. Dubois, écologue —  (mis à jour à )

Jeunes hirondelles de fenêtre au nid. Depuis 2008-2009, les déclin des oiseaux des champs est de plus en plus marqué. Cela correspond à la flambée des cours du blé et à la généralisation des insecticides neurotoxiques très persistants.
Jeunes hirondelles de fenêtre au nid. Depuis 2008-2009, le déclin des oiseaux des champs est de plus en plus marqué. Cela correspond à la flambée des cours du blé et à la généralisation des insecticides neurotoxiques très persistants. Photo Christian Décout. Biosphoto

 

Personne n’aurait imaginé que nous perdrions aussi les hirondelles, en même temps que les abeilles. Les humains seront-ils les prochains ?

  •  

     

     Destruction de la nature : un crime contre l’humanité

C’est la première fois. La première fois depuis quinze ans pour l’un, quarante ans pour l’autre, que nous travaillons dans la protection de l’environnement, que nous entendons cela. Dans notre réseau professionnel et amical, des directeurs de grandes associations naturalistes, des responsables de réserves naturelles nationales, des naturalistes de terrain sont de plus en plus nombreux à le dire, en «off» : «C’est fichu !» Ils n’y croient plus. Pour eux, les politiciens, les industriels mais aussi le grand public, personne ne comprend la catastrophe environnementale qui s’est enclenchée.

Ils continuent la lutte car il faut bien le faire, mais au fond, ils pensent que l’homme ne pourra pas faire machine arrière, c’est terminé. Nous courons à notre perte.

Quand on a, comme nous, consacré sa vie à la protection de l’environnement, de tels discours font froid dans le dos. Jusqu’ici, nous autres naturalistes, pensions que nous arriverions un jour à faire bouger les choses, à faire prendre conscience à l’humanité de son autodestruction. Mais si même nous n’y croyons plus, qui y croira ?

Ce printemps est un printemps vide. Les hirondelles, il y a encore quelques années très communes dans les villages, sont en train de disparaître à grande vitesse. On savait qu’on risquait de perdre un jour les éléphants. Que les guépards suivaient la même piste. Mais personne n’aurait imaginé que nous perdrions aussi les hirondelles, en même temps que les abeilles. Est-ce vraiment cela dont nous voulons ? Un monde sans éléphants, sans hirondelles ? Sans abeilles ? Aujourd’hui, plus de 12 000 espèces sont menacées d’extinction (et sans doute bien plus, certaines étant encore inconnues de la science). Depuis combien de temps n’avez-vous pas vu un hérisson autrement que sous forme de cadavre en bordure de route ? Depuis combien de temps n’avez-vous pas vu un hanneton butiner la haie fleurie au fond du jardin ? Ces animaux étaient communs, il y a encore peu de temps. Et plus besoin de nettoyer la calandre de la voiture après un long voyage. Il n’y a quasiment plus d’insectes écrasés dessus…

Les apiculteurs constatent un effondrement sans précédent au niveau des abeilles et des insectes pollinisateurs en général, avec toutes les questions agricoles et environnementales que cela pose. Comment allons-nous continuer à produire des fruits et des légumes sans insectes pollinisateurs ?

Dans le milieu des agriculteurs sensibles à l’environnement, une autre inquiétude est bien présente, depuis quelques années maintenant : les risques de grandes famines à venir, dues à l’agriculture industrielle, à la surexploitation des sols, à l’érosion et à la diminution des terres agricoles.

Contrairement à certains de nos amis naturalistes et scientifiques, nous espérons qu’il est encore possible pour l’homme de réagir, de se sauver, et donc de sauver ses enfants. Mais seulement si nous réagissons maintenant. Chaque jour, chaque heure compte désormais dans le compte à rebours.

Certains journalistes ont une grande part de responsabilité dans ce qui est en train de se passer, eux, qui sont censés donner l’alerte, eux, qui sont au courant des chiffres terrifiants de la situation écologique. Eux qui, lors des interviews des hommes politiques, ne posent presque jamais de questions sur l’environnement. Eux qui préfèrent consacrer des journaux entiers à des faits divers et autres informations malheureusement tellement dérisoires au regard de ce qui est en train de se jouer pour l’humanité.

Nous continuons de nous regarder le nombril, pendant que tout s’effondre autour de nous.

A chaque fois qu’un naturaliste essaie d’alerter l’opinion publique, on lui retourne qu’il est «moralisateur» ou «culpabilisant». Dirait-on à un assistant social qui explique à des parents mettant en danger leurs enfants l’urgence de changer de comportement qu’il est «moralisateur» ? Qu’il est «culpabilisant» ? Alors pourquoi, sur l’environnement, avons-nous le droit de mettre en danger l’avenir des enfants ? Pourquoi avons-nous le droit de leur donner à manger des aliments gorgés de pesticides ? De respirer un air pollué ?

Il est possible de retourner la situation, si ceux qui nous gouvernent et si les journalistes, qui doivent alerter l’opinion, prennent leurs responsabilités. Aujourd’hui, les politiques accouchent de «COP 21» médiatiquement parfaites mais dont les objectifs (inatteignables) font grimacer la communauté scientifique tant ils sont désormais irréalistes et non soutenus par des actions concrètes. C’est à nous citoyens qu’il appartient de montrer le chemin, en faisant pression pour que l’environnement devienne une priorité absolue.

On rétorque depuis des années aux scientifiques et aux naturalistes qu’ils sont «anxiogènes». Mais ce n’est pas d’alerter, ce n’est pas de parler du problème qui est anxiogène. C’est de laisser faire les choses sans réagir, alors qu’on a encore quelques moyens d’agir. Ce qui est anxiogène, ce sont les résultats d’études scientifiques qui s’accumulent depuis des décennies et qui vont aujourd’hui tous dans le même sens de l’accélération et de l’irréversibilité.

Nous devons urgemment apprendre à vivre avec mesure. Avant de se demander quelle énergie utiliser, il faut faire des économies d’énergie. Nous sommes dans une surconsommation énergétique, à l’échelle de la société comme à l’échelle individuelle. Cela pourrait être changé.

Nous devons aussi nous remettre à réfléchir à un thème banal dans les années 80 et devenu au fil du temps complètement tabou : la surpopulation. La société française reste profondément nataliste, tout comme le reste de la planète. Nous serons bientôt 8 milliards d’êtres humains sur Terre, engloutissant toutes les ressources.

Pourquoi faire autant d’enfants si c’est pour leur laisser une planète ravagée et l’impossibilité d’avoir une vie correcte ? A l’heure des enfants rois, nous leur faisons le pire des cadeaux : un environnement dévasté, une planète à bout de souffle.

Ne pourrions-nous pas faire preuve d’intelligence, nous, qui nous sommes hissés de facto au sommet de la pyramide du vivant ? Faire de deux domaines porteurs et concrets, l’alimentation bio et l’écoconstruction, des urgences prioritaires. Arrêter la course à la surconsommation. Réfléchir à notre façon de nous déplacer. Adhérer aux associations de protection de la nature. Ces dernières sont toutes extrêmement fragiles. Elles œuvrent à protéger l’humanité, mais leurs (maigres) subventions sont en permanence réduites, quand elles ne sont pas coupées. Cela demande un courage réel que de non plus changer de logiciel de vie, mais plutôt le disque dur de nos existences.

Nous appelons le gouvernement à écouter désormais Nicolas Hulot et à lui laisser la place et la marge de manœuvre promises. Nous sommes au-delà de l’urgence. Ceux qui auront contribué à la destruction de la nature, et donc des hommes, seront accusés, et peut-être même qui sait un jour jugés, pour «crime contre l’humanité». Car plus que la planète encore, c’est l’homme qui est aujourd’hui en danger.

Philippe J. Dubois est l'auteur de : Syndrome de la grenouille et de la Grande Amnésie écologique.
Elise Rousseau est l'auteure de :  Mais pourquoi j'ai acheté tout ça ?! Stop à la surconsommation. 

Elise Rousseau écrivaine naturaliste , Philippe J. Dubois écologue

  • 106
  • 107
  • 108
  • 109
  • 110
  • 111
  • 112
  • 113