Articles de la-haut
Une belle personne
Il y a des chemins de vie qui revèlent le potentiel incommensurable de l'humain.
Philippe Ribière est ce que j'appelle "une belle personne".
"Mon handicap, c'est le plus beau cadeau que Dame Nature m'ait fait"
Sport et handicap

Là-Haut
Extrait :
"C’est une journée magnifique, un ciel d’une pureté absolue, une neige étincelante. En altitude, les dépressions de la semaine passée ont déposé une extraordinaire poudreuse.
Cinquième descente. Aucune appréhension. La prothèse ne le limite pas. Il n’attaque pas encore totalement la pente, mais il sent que rien n’est impossible. Quelques sorties supplémentaires et les automatismes s’installeront de nouveau. Il a déjà remercié Lionel qui a insisté pour le filmer. Plusieurs personnes du groupe l’ont félicité pour son style et sa maîtrise. Lionel leur a révélé qu’il était guide. Il s’est raidi à cette phrase et une jeune fille a aussitôt rajouté.
« Vous allez pouvoir reprendre le métier. »
Il a répondu qu’il ne savait pas encore et son trouble, depuis, ne le quitte plus. Pour tous ces gens, rien ne l’empêche de parcourir de nouveau la montagne et d’y emmener des clients. Il ne laissait jamais l’idée lui effleurer l’esprit. Il en avait fait son deuil. Un de plus. Et là, sans aucune hésitation, cette jeune fille, Lionel et les autres gens du groupe se tournent vers lui et affirment qu’il est en pleine forme, que son style est impeccable, qu’on voit l’expérience du professionnel de la montagne. Il a la tête qui tourne.
Il descend la piste rouge des bosses sans aucune appréhension et sans même y penser réellement. Il est ailleurs, dans un univers lumineux de parois verticales. Bouleversé. Et c’est un nœud qui s’est délié dans son ventre.
Un peu plus tard, sur un télésiège, ses deux compagnons du moment, « rasta attitude » avec un débit de paroles étourdissant, lui demandent s’il a repris l’escalade, car ils aimeraient bien essayer. Amputés tibiaux tous les deux. Accident de moto. Ils en parlent avec une facilité qui le déconcerte et l’essentiel de leurs discussions se tourne vers de multiples projets. Rien ne semble les arrêter. Il répond qu’il doit d’abord s’y remettre avant de songer à emmener quelqu’un. Et un des deux skieurs, enthousiaste, ajoute : « Vu comment tu reprends le ski, ça posera aucun problème. » Et cet enthousiasme finit par le gonfler lui-même d’une certitude joyeuse. Il va tout recommencer, avec force et application. Il en sourit, tout seul, en tournant la tête vers les montagnes qui l’environnent.
« On a déjà fait une via ferrate à Aussois, avec Lionel, raconte le plus hirsute des deux. C’était génial. Le vide, ça nous plaît, mais l’escalade, ça doit être encore mieux. Dans la cité d’où on vient tous les deux, on n’a jamais eu l’occasion de faire des sports comme ça. Nous, c’était plutôt la course à pied avec les flics au cul. Mais alors depuis qu’on a perdu un bout de guibole qu’est-ce qu’on s’éclate ! »
Là, c’est trop. Ils en sont contents ! Il a du mal à y croire. Mais ils paraissent tellement naturels. Et hilares !
Lionel les attend au sommet de la piste.
« T’as fait la montée avec ces deux jobards ! Et ben, t’as pas dû t’ennuyer. C’est des fous furieux. Des comme ça, j’ai jamais vu. On leur ferait faire n’importe quoi pourvu que ça leur fiche la trouille. Des accros, je te dis. Si tu veux des mecs blindés pour aller en montagne, tu trouveras pas mieux. »
Les deux gars, à cet éloge, se tapent dans la main en remuant leurs dreadlocks et en gueulant un « yahou » à libérer toutes les avalanches du secteur.
Il ne peut s’empêcher de rire. Et les larmes aussitôt lui viennent aux yeux. Il refuse de dévoiler cette émotion incontrôlée et se lance dans la pente. Les deux joyeux lurons et Lionel se lancent à ses trousses. Il a les yeux embués et les essuie d’un geste rapide. Il sourit maintenant et s’amuse en entendant les efforts du trio qui le suit.
L’éclat de son rire. Comme une brèche dans un mur. Cette forteresse dans laquelle il s’était enfermé. Un prisonnier à l’air libre. Libre de rire et de se mêler à ses semblables, sans réticence ni crainte. Il ne saurait même plus expliquer les raisons de cet enfermement qu’il s’imposait. L’étourdissement du bonheur est un puissant antalgique. Un avenir totalement nouveau se dessine. Il peut approcher les êtres qui l’entourent. La solitude n’est plus une nécessité ni une pénitence, elle ne doit être qu’une occasion de repos et de retour vers soi. Toute sa perception de l’existence change. En quelques instants. Et l’image de la jeune fille surgit soudainement dans un éclair ébouriffant. Son visage auréolé d’une joie lumineuse. Il ne pue pas la mort comme il le craignait et avant d’être un amputé il est une personne dont la compagnie n’est pas rejetée. Il est aussi du monde des hommes. Et ses semblables sont toujours prêts à l’accueillir.
Ils mangent, tous réunis au soleil, assis sur des rochers dégagés par le vent et la douceur des derniers jours. Chacun profite du moment pour retirer sa prothèse et sécher la peau du moignon, affiner les réglages et la position de l’appareillage. L’étalage de jambe en matériaux composites dessine une étrange scène. Les dernières nouveautés techniques sont commentées, les expériences sportives des uns, les projets des autres. Il est très impressionné par le fait que rien ne semble les limiter. Ils sont tous à la recherche de solutions. Pas de regards attristés sur le passé, pas de nostalgie d’un temps lointain. La fusion du groupe et l’enthousiasme commun projettent les idées vers l’avant. Il se sent soulevé par cette ambiance joyeuse et positive, transporté vers les arêtes dentelées, gravissant des parois vertigineuses. C’est parce qu’il était seul qu’il ne pouvait imaginer autre chose que la marche vers des sommets arrondis. Tous ces compagnons du moment lui affirment qu’il n’y a pas d’autres limites que celles de l’esprit. L’un d’eux lui raconte l’histoire d’un alpiniste, un Polonais, amputé fémoral d’un côté et tibial de l’autre, qui a gravi le Mont Blanc l’été dernier. Lorsque lui tentait de gravir quelques marches.
« Et des cas comme celui-là, rajoute-t-il, il y en a tout de même pas mal. »
Et chacun effectivement de raconter une histoire similaire dans le milieu du cyclisme, du ski, de l’escalade, de la voile, de la course à pied, du triathlon. Il est estomaqué. Bouleversé. Une jeune fille, à ses côtés, lui raconte le marathon de New York. Elle l’a couru l’an passé, vingt mois après son amputation. Elle était accompagnée par deux amis en fauteuil roulant. Tous les trois, ils ont fini l’épreuve.
Il sait que dans le centre de rééducation, il aurait pu rencontrer de telles personnes. Il n’a pas voulu les voir, il a rejeté toutes les approches. Il s’est enfermé dans son handicap. Sans jamais prendre en considération celui des autres. Il comprend à cet instant combien il s’est trompé et immédiatement se corrige en pensant que cette étape, pour lui, était peut-être nécessaire, qu’il n’aurait pas su profiter aussi pleinement de cette journée sans avoir connu auparavant cet état de solitude. Rien n’est à répudier, tout est à comprendre. Il veut tout du moins y croire."
"La Terre vue du cœur"
« La Terre vue du Cœur » : Hubert Reeves s’exprime dans un film poignant
Une grande nouvelle pour ceux qui admirent le personnage. Astrophysicien et écologiste emblématique, Hubert Reeves est reconnu dans les cercles militants pour ses multiples interventions publiques en faveur de la protection de l’environnement et un changement de paradigme sociétal. Dans le film « Hubert Reeves – La Terre vue du Cœur », documentaire de Iolande Cadrin-Rossignol, il raconte de sa voix paisible et envoutante la manière dont il perçoit le monde d’aujourd’hui et le défi que doit relever l’humanité pour limiter la catastrophe en cours. À ses côtés, des acteurs mobilisés de la société civile s’expriment pour évoquer leur lutte pour la biodiversité.
Il est des paroles qui ne laissent que difficilement insensible. Il en est ainsi de celle du franco-canadien Hubert Reeves, connu du grand public pour ses essais de vulgarisation scientifique et son engagement pour la protection de l’environnement depuis les années 2000. Celui qui participe indéniablement à conscientiser les nouvelles générations se livre aujourd’hui dans le dernier documentaire de Iolande Cadrin-Rossignol qui sortira dans les salles françaises le 23 mai prochain.
« La détérioration de la nature n’a jamais été aussi rapide que maintenant »
Du haut de ses 85 ans, dans le cadre enchanteur de sa ferme à Malicorne (Bourgogne), Hubert Reeves nous raconte comment il a vu changer le monde qui l’entoure. Assis sur les bords d’une marre, il confie avoir vu la biodiversité s’effondrer années après années de ses propres yeux. Le triste constat a été confirmé par les dernières publications scientifiques qui s’alarment en effet de la vitesse vertigineuse à laquelle les campagnes se vident de leur vie. Une étude d’octobre 2017 estimait que 80 % des insectes avait disparu en l’espace de 30 ans en Europe – ce qui s’apparente à un véritable effondrement. En France, en 15 ans, ce seraient 30 % des oiseaux qui auraient disparu.
Agir, malgré tout !
Faut-il céder face à ces constats alarmants ? Alors que bon nombre de personnes, que ce soit dans certaines régions côtières ou dans des territoires arides souffrent d’ores et déjà du changement climatique, que la forte mortalité des abeilles ou les zones mortes des mers ont une incidence catastrophique sur des populations de plus en plus importantes, des citoyens et des citoyennes se mobilisent pour encourager le changement et tenter de faire naître un nouveau modèle économique
C’est ainsi qu’Hubert Reeves nous présente des spécialistes de divers horizons qui ont observé, comme lui, les beautés en péril de notre planète et qui mettent tout en œuvre pour la sauvegarde de notre biodiversité. Inspiré et inspirant, ces grands vulgarisateurs, scientifiques et citoyens engagés nous proposent des pistes d’actions collectives concrètes et à notre portée. Le film met en relief cette lutte épique dans laquelle nous sommes tous impliqués, qu’on le veuille ou non : d’un côté la destruction de la planète et ses écosystèmes s’accélère et de l’autre les initiatives pour la protéger et la restaurer sont en plein essor.
Ligne 7, le distributeur du film, souhaite d’ailleurs que la projection du film permette d’accompagner les citoyens et les citoyennes vers l’action, au-delà des « constats alarmants ». Certaines projections organisées au Canada et en France se feront ainsi en présence d’associations et de structures locales qui présenteront aux spectateurs certaines pistes pour s’engager à l’échelle individuelle et collective.
Pour savoir où et quand le documentaire sera projeté : facebook.com/pg/laterrevueducoeur/events/ ou www.laterrevueducoeur.com
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Pour sauver un arbre
MOBILISATION POUR UN CÈDRE PLURICENTENAIRE MENACÉ D'ABATTAGE
Malgré son histoire et ses dimensions, cet arbre devrait être rasé pour laisser la place à un supermarché. Mais beaucoup se dressent contre cette issue.
Par
Axel Leclercq-
Publié le 15 mai 2018 à 11:01 - Mis à jour le 16 mai 2018 à 8:59PAS DE PUBLICITÉ, DES CONTENUS EXCLUSIFS...
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« Il m’a fallu deux siècles pour grandir. On m’abattra en deux jours. Prenons deux heures pour y réfléchir. » Voici résumée en une phrase la résistance qui s’organise autour d’un cèdre pluricentenaire bientôt abattu pour laisser place à un supermarché. Tout un symbole dont beaucoup ne veulent pas. Explications.
Gençay, 1 700 habitants dans la Vienne (86), compte un magnifique cèdre du Liban. Planté en 1800, il a grandi sur sur un terrain privé qui, malheureusement, devrait bientôt accueillir l’agrandissement du supermarché voisin. Résultat : malgré sa longue histoire, ses 30 m de haut, ses 20 m d’envergure et ses 5 m de circonférence, il devrait être abattu. Une issue à laquelle près de 40 000 personnes refusent de se soumettre, comme en atteste cette pétitionlancée il y a une semaine seulement.
Pour comprendre l’enjeu de cette mobilisation et faire connaissance avec cet arbre d’exception, voyez cette vidéo :
« Détruiriez-vous un château pour construire une grande surface ? »
Contacté par Positivr, le maire de Gençay, François Bock, rappelle que « la mairie de Gençay n’est pas propriétaire du terrain et ne peut pas interdire l’abattage d’un arbre sur un terrain privé. »
Une solution alors ? L’élu semble assez pessimiste :
« La mairie dispose d’un document d’urbanisme où plusieurs centaines d’arbres sont protégés dans un « espace boisé classé » (EBC). Les deux cèdres ne font malheureusement pas partie de ces EBC. Il est cependant possible de créer un EBC qui protègerait ces arbres. Cette opération nécessiterait la révision du « plan local d’urbanisme » (PLU).
Une révision du PLU est prévue prochainement dans le cadre du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) de la communauté de commune du Civraisien en Poitou (CCCP).
Les délais de mise en œuvre sont néanmoins longs, sont soumis à enquête publique et à une validation de la Préfète de la Vienne. »
Autrement dit, le temps court et ne joue pas en faveur du cèdre. La pétition, qui connaît un formidable succès, pèsera-t-elle suffisamment pour inverser le cours des choses ? On ne peut que le souhaiter.
Pour signer la pétition, c’est ici.
Discours de Philip Wollen : les nations animales
Philip Wollen, ex banquier, est aujourd'hui un des plus grands activistes pour le droit des animaux. Il est australien et a déjà reçu de nombreuses médailles, le récompensant de ses actes philanthropes, en faveur de l’humanité (au même titre que le Dr Jane Goodall, Capitaine Paul Watson, eux aussi connus mondialement pour leurs actions envers un changement considérable de notre rapport à l’animal).
En 2012, il a donné un discours de 10min qui est désormais célèbre à travers le monde. Ce discours est important à regarder car il résume tous les points importants à saisir en ce qui concerne l’industrie de la viande, des produits animaux et l’environnement.
La vidéo
sous titrage activable en bas de la vidéo (4eme icône en partant de la droite)
Le discours :
Le roi Lear, tard dans la nuit sur la falaise,
demanda à Gloucester :
“Comment vois-tu le monde ?”
Et Gloucester, qui était aveugle, répondit :
« Je le vois parce que je ressens. »
Ne devrions-nous pas tous ?
Les animaux doivent être retirés des menus parce que ce soir, ils crient de terreur dans les abattoirs, les caisses et les cages, vils goulags ignobles de désespoir.
J’ai entendu les cris de mon père mourant, son corps ravagé par le cancer qui l’a tué,
et j’ai réalisé que j’avais déjà entendu ces cris avant.
Dans les abattoirs ;
les yeux arrachés et les tendons coupés,
sur les navires bétaillers en direction du Moyen-Orient
et chez la mère baleine mourante
quand un harpon explose dans son cerveau
alors qu’elle appelle son baleineau.
Ces cris étaient ceux de mon père.
J’ai alors découvert que dans la souffrance, nous sommes tous égaux,
et que dans notre capacité à souffrir,
un chien est un cochon, est un ours, … est un garçon.
La viande est le nouvel amiante – plus meurtrière que le tabac.
CO2, méthane et oxyde nitreux provenant du secteur de l’élevage tuent nos océans,
créant des zones mortes, acides, hypoxiques.
90% des poissons de petite taille sont broyés pour nourrir le bétail :
les vaches végétariennes sont aujourd’hui les plus grands prédateurs marins.
Les océans sont en train de mourir.
D’ici 2048 toutes nos pêcheries seront mortes :
les poumons et les artères de la terre.
Des milliards de petits poussins sautillants sont broyés vivants,
simplement parce qu’ils sont des mâles.
Seulement 100 milliards de personnes ont vécu sur terre.
7 milliards y vivent aujourd’hui.
Et nous torturons et tuons 2 MILLIARDS d’animaux chaque semaine.
10.000 espèces sont anéanties chaque année par les actions d’une seule.
Nous sommes maintenant face à la 6ème extinction de masse de l’histoire cosmologique.
Si un autre organisme agissait comme ça, les biologistes l’appelleraient – un virus,
et le bombarderaient jusqu’à l’âge de bronze.
C’est un crime contre l’humanité aux proportions inimaginables.
Mais heureusement, le monde est en train de changer.
Il y a 10 ans, Twitter n’était qu’un bruit d’oiseau,
www un clavier bloqué, Cloud (nuage) était dans le ciel,
4G une place de parking, Google un rot de bébé,
Skype une faute de frappe et Al Qaeda était mon plombier.
Victor Hugo a dit :
“Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue.”
Les droits des animaux sont aujourd’hui la plus importante question de justice sociale depuis l’abolition de l’esclavage.
Il y a plus de 600 MILLIONS de végétariens dans le monde.
C’est plus grand que la population des États-Unis, Angleterre, France, Allemagne, Espagne,
Italie, Canada, Australie et Nouvelle Zélande réunis.
Si nous étions une nation, nous serions plus grand que les 27 pays de l’Union Européenne réunis !
Malgré cette empreinte massive, nous sommes toujours étouffés par ces cartels tapageurs qui chassent, abattent et tuent, croyant que la violence est la réponse alors qu’elle ne devrait même pas être une question !
La viande est une industrie qui tue les animaux, qui nous tue nous, et qui tue notre économie.
Medicare (l’assistance médicale aux personnes âgées) a déjà ruiné les États-Unis.
Ils auront besoin de 8 milliards de dollars investis en bons du Trésor rien que pour payer les intérêts.
Et ils en ont exactement zéro !
Ils pourraient fermer toutes les écoles, l’armée, la marine, l’armée de l’air et les Marines, le FBI et la CIA – et ils ne seraient toujours pas en mesure de payer.
Les Universités de Cornell et d’Harvard l’affirment : la quantité optimale de viande pour une alimentation saine est précisément : ZERO.
L’eau est le nouveau pétrole.
Les nations partiront bientôt en guerre pour elle.
Les aquifères souterrains, qui ont pris des millions d’années pour se remplir, sont à sec.
Il faut 50.000 litres d’eau pour produire un kilo de viande de bœuf.
1 milliard de personnes aujourd’hui ont faim.
20 millions de personnes mourront de malnutrition.
Réduire la viande de seulement 10% nourrira 100 millions de personnes.
L’élimination de la viande mettra fin pour toujours à la famine.
Si tout le monde mangeait un régime alimentaire occidental,
nous aurions besoin de 2 planètes pour les nourrir.
Nous n’en avons qu’une seule et elle est en train de mourir.
Le gaz à effet de serre provenant du bétail est 50% plus élevé
que celui des transports… avions, trains, camions, voitures, et navires.
Les pays pauvres vendent leurs céréales à l’occident,
alors que leurs propres enfants meurent de faim dans leurs bras.
Et nous en nourrissons le bétail pour pouvoir manger un steak ?
Suis-je le seul à voir cela comme un crime ?
Chaque morceau de viande que nous mangeons
est une gifle au visage baigné de larmes d’un enfant affamé.
Quand je le regarde dans les yeux, dois-je rester silencieux ?
La terre peut produire assez pour les besoins de chacun,
mais pas assez pour la cupidité de tous.
Nous sommes face à la tempête parfaite.
Si une nation avait mis au point des armes pouvant causer de tels ravages à la planète,
nous lancerions une attaque militaire préventive et la bombarderions jusqu’à l’âge de bronze.
Mais il ne s’agit pas d’un État dévoyé. Il s’agit d’une – industrie.
La bonne nouvelle est que nous n’avons pas à la bombarder.
Nous pouvons tout simplement ne pas l’acheter.
George Bush avait tort.
L’axe du mal ne passe pas par l’Irak, l’Iran ou la Corée du Nord.
Il passe par nos tables. Les armes de destruction massive sont nos couteaux et fourchettes.
Notre proposition est le “couteau suisse de l’avenir” –
il résout nos problèmes environnementaux, de santé, d’eau
et met fin pour toujours à la cruauté.
L’âge de pierre n’a pas pris fin parce que nous n’avions plus de pierres.
Cette industrie cruelle prendra fin parce que nous finirons par manquer d’excuses.
La viande est comme les pièces de 1 et 2 centimes.
Elle coûte plus cher à faire que ce qu’elle vaut.
Et les agriculteurs sont ceux qui ont le plus à gagner.
Ce ne serait pas la fin de l’agriculture mais son essor.
Seule la ligne de produits changerait.
Les agriculteurs gagneraient tellement d’argent qu’ils ne prendraient même plus la peine de le compter.
Les gouvernements nous aimeront.
De nouvelles industries émergeraient et prospéreraient.
Les primes d’assurance santé seraient en chute libre.
Les listes d’attente des hôpitaux disparaîtraient.
On serait tellement en bonne santé qu’on devrait tuer quelqu’un juste pour commencer un cimetière !
Alors ce soir, j’ai 2 défis pour l’opposition:
1.) La viande provoque un large éventail de cancers et de maladies cardiaques.
Vont-ils nommer une maladie causée par un régime végétarien ?
2.) Je finance la trilogie Earthlings (“Terriens”).
Si l’opposition est si sûre de ses opinions,
je les mets au défi d’envoyer le DVD à tous leurs collègues et clients.
Allez, je vous mets au défi.
Les animaux ne sont pas seulement d’autres espèces,
ils sont d’autres nations.
Et nous les assassinons à nos risques et périls.
La carte de la paix se dessine sur un menu.
La paix n’est pas seulement l’absence de guerre.
C’est la présence de justice.
La justice doit être aveugle face à la race, la couleur, la religion ou l’espèce.
Si elle n’est pas aveugle, elle sera une arme de terreur.
Et il y a une terreur inimaginable dans ces horribles Guantánamo
que nous appelons “élevages industriels” ou “abattoirs”..
Si les abattoirs avaient des murs de verre, ce débat n’aurait pas lieu.
Je crois qu’un autre monde est possible.
Par une nuit tranquille, je peux l’entendre respirer.
Retirons les animaux du menu et de ces chambres de torture.
S’il vous plaît, votez ce soir pour ceux qui n’ont pas de voix.
Merci.
P.Wollen
Abeilles et produits chimiques
Ce matin, on s'est baladé pendant 3h30 dans le secteur, une bonne quinzaine de kilomètres. On a traversé des champs, des prairies, des sous-bois, avec un grand soleil. Des abeilles ? Non, rien. Pas une seule et pourtant on a cherché. Dans notre jardin potager, c'est le même constat. Cette année, on assiste à une véritable disparition.
Un constat effroyable.
700 ruches mortes en Dordogne fin mars... 3 000 aujourd'hui. Une catastrophe naturelle annoncée
Cadavres d'abeilles dans un rucher de Razés en Haute-Vienne
PARTAGES
L'Union européenne a voté la semaine dernière l'interdiction pour 2019 de trois pesticides néonicotinoïdes utilisés pour protéger les cultures agricoles. Des produits accusé de causer la disparition des abeilles... Nécessaire, mais sans doute loin d'être suffisant et sûrement trop tardif.
Par Pascal Faiseaux
Plus de 3 000 ruches détruites en Dordogne, probablement à cause des nouveaux produits chimiques
Après de précieuses années perdues en débats et batailles d'experts, l'interdiction de trois néonicotinoïdes reconnus dangereux pour la survie des précieux insectes a été prononcée par Bruxelles, mais n'entrera en vigueur qu'en 2019. L'Union Européenne s'appuie sur des évaluations négatives de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), publiées en 2013 et confirmées en février dernier.
Surmortalité des abeilles, notre sujet de mai 2018Décision tardive, mais décision quand même. Que l'Union Européenne vienne d'interdire ces trois pesticides dangereux reste une bonne nouvelle pour les apiculteurs, désespérés de constater, impuissants, les disparitions vertigineuses de leurs ruches.
Ces pesticides néonicotinoïdes s'attaquent au système nerveuxdes abeilles au moment où celles-ci butinent des champs traités. Évidemment pas le but premier recherché par les agriculteurs qui apprécient en revanche la protection contre les parasites des récoltes, qu'ils proviennent du sol ou des airs. Un engouement bien sûr encouragé par les industriels...
Est-ce pour autant la fin du cauchemar pour les insectes ? C'est malheureusement loin d'être sûr. D'autres molécules sortent régulièrement sur le marché, trop vite pour être testées. Et les autres néonicotinoïdes sont de toute façon encore autorisés et largement utilisés.
Et comme si ces produits ne suffisaient pas, le 15 avril dernier dans une tribune publiée dans Libération des scientifiques et des chercheurs du CNRS, INRA et de l'Inserm alertaient la population et les pouvoirs publics sur les risques potentiels de fongicides SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase) utilisés "à grande échelle" en agriculture pour détruire les moisissures qui se développent sur les céréales ou les fruits et qui se retrouvent dans la nourriture. Une substance qui bloque une étape de la respiration des champignons, et qui pourrait affecter les cellules de tous les êtres vivants, voire modifier l'ADN humaine... Nous vivons une époque formidable... où le progrès fait rage...
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13.04.2018, par

Zoo Portraits. All Rights Reserved. 2018
Les espèces sauvages les plus populaires et les plus présentes dans le commerce ou les médias (cinéma, jouets, publicité…) sont fortement menacées d’extinction… ce que le public semble ignorer. Une étude internationale révèle cet étrange paradoxe, et propose de mettre en place un mécanisme de compensation – sorte de « droit à l’image » – pour financer la conservation de ces espèces. Entretien avec Franck Courchamp, qui pilote cette étude.
Vous venez de publier dans Plos Biology(link is external)1une étude selon laquelle, contrairement aux idées reçues, les espèces sauvages emblématiques, celles que l’on considère comme les plus charismatiques – le lion, le tigre, ou l’éléphant –, même si elles sont favorisées sur le plan des efforts de conservation, restent malgré tout très menacées, et ne sont pas perçues comme telles par le public. Selon vous, une des explications pourrait être que ces animaux sont justement surreprésentés dans notre quotidien – imaginaire, culture, publicité… Des populations « virtuelles », en quelque sorte, qui masqueraient la situation critique bien réelle de ces espèces. Comment se lance-t-on dans une telle étude ?
Franck Courchamp2 : J’ai commencé il y a six ans ce travail, que je faisais en parallèle de mes recherches principales, lesquelles portent essentiellement sur les espèces envahissantes et le changement climatique. J’avais été frappé par l’affirmation maintes fois répétée que les espèces sauvages charismatiques étaient très privilégiées en biologie de la conservation, au détriment d’autres espèces. Je me suis donc demandé si cela était vrai, mais avant de commencer, il me fallait déterminer quelles étaient ces espèces charismatiques, au moins pour un public occidental. J’ai donc effectué parallèlement quatre études, à partir de sources différentes, pour obtenir cette liste.
De quel type d’études s’agit-il ?
F. C. : La première est un site Internet multilingue (français, anglais, espagnol et italien) qui pose directement cette question aux internautes.
Nous connaissons mieux le nombre d’étoiles qu’il y a dans notre galaxie que le nombre d’espèces qui existent sur Terre.
Nous avons eu assez rapidement près de 5 000 réponses, ce qui est plutôt bien pour ce genre d’étude, car nous nous trouvons plus souvent devant des échantillons de dizaines ou de centaines de personnes. Nous avons complété cela avec des questionnaires similaires auprès d’enfants de dix ans dans des écoles en Espagne, en Angleterre et en France.
Ensuite, nous avons ajouté deux autres approches. La première consistait à répertorier tous les animaux sauvages qui étaient sur les affiches de tous les films d’animations de Disney, Pixar et Dreamworks, ainsi que tous les animaux figurant sur la première page des sites Web des zoos des cent plus grandes villes du monde. Dans les deux cas, l’idée de départ, c’est que ces espèces avaient été choisies parce qu’elles étaient charismatiques. D’ailleurs, les résultats de ces quatre études sont presque identiques.

Scène du film d’animation Madagascar 3. Selon l'étude de Franck Courchamp, le public semble ignorer que la girafe est menacée d’extinction.
Pacific Data Images/COLLECTION CHRISTOPHEL
Avec des différences par zones géographiques ?
F. C. : En effet, nous avons vu des choses assez intéressantes, et nous allons essayer de les publier dans un deuxième temps. Par exemple, les Espagnols aiment beaucoup le lynx ibérique et le taureau sauvage, alors que les Anglais préfèrent les animaux féroces, comme les requins-tigres ou les anacondas. À mon avis, cela pourrait refléter la forte présence de ces animaux dans les films de la BBC, comme les documentaires de Richard Attenborough. Un autre point intéressant est que les enfants avaient beaucoup plus d’imagination que les adultes et trouvaient beaucoup plus d’espèces.
En observant la liste finale de ces espèces sauvages charismatiques – donc, dans l’ordre : le tigre, le lion, l’éléphant, la girafe, le léopard, le panda, guépard, l’ours polaire, le loup gris et le gorille –, on est étonné par la présence du loup gris…
F. C. : Cela m’a en effet un peu surpris, car c’est le seul qui ne soit pas exotique, ni le plus menacé. En effet, bien qu’un tiers de son territoire ait été réduit et qu’il ait été décimé dans plusieurs pays, il n’est pas en danger d’extinction imminent comme les neuf autres. C’est aussi un animal qui a été historiquement et reste persécuté dans le monde, et il est donc étonnant qu’il soit en même temps jugé l’un des plus charismatiques.
Finalement, ce qui vous a le plus surpris, c’est que le public n’a pas toujours conscience qu’il s’agit d’espèces menacées ou en voie de disparition…
F. C. : Dans un premier temps, cette liste me paraissait tellement évidente que je ne trouvais pas cela très intéressant. Mais c’est en parlant autour de moi que je me suis rendu compte combien les gens avaient une faible connaissance de l’état réel de ces populations. Sur notre site Web initial, une deuxième page demandait aux internautes d’associer ces espèces à six caractéristiques : dangereux, mignon, magnifique, etc. Une de ces caractéristiques était « menacée », et une personne sur deux s’est trompée sur sa réponse. Lorsque j’étais à UCLA3 il y a trois ans, j’ai aussi interviewé une centaine d’étudiants de plusieurs disciplines au sujet de cette liste et du statut de ces espèces. J’ai ainsi pu quantifier le degré d’erreur pour chacune de ces espèces.
Le panda, l’ours polaire et le tigre sont les plus évidents, car ils bénéficient de nombreuses campagnes d’information. Mais pour d’autres, comme la girafe, les résultats sont frappants. Le public ne semble pas savoir que la girafe est une espèce en voie de disparition, que la girafe Masaï a perdu 97% de ses effectifs en quelque 35 années, ce qui est quasiment un génocide lorsqu’on parle d’une espèce et de ses gènes. Le public interrogé ignorait que les lions pourraient disparaître dans vingt ans si rien n’était fait. C’était un résultat que je trouvais assez probant, surtout pour des espèces qui sont les préférées du public. Car si nous n’arrivons pas à sauver le lion, le roi des animaux et l’espèce emblématique que l’on retrouve sur tous les blasons, tous les drapeaux, tous les logos sportifs, quel espoir avons-nous de sauver un papillon des forêts tropicales d’Amérique du Sud, que personne n’a jamais vu ?

Le lion, «roi des animaux», est l’espèce emblématique par excellence, omniprésent sur les blasons, les drapeaux ou les logos sportifs (ici, opération publicitaire Wanagogo en Belgique, en mars 2016).
Van den Meersschaut/Reporters-REA
L’hypothèse avancée dans votre étude pour expliquer cette dissociation entre le réel et le perçu est que ces espèces charismatiques sont justement surreprésentées dans notre quotidien.
F. C. : Oui, nous pensons que c’est parce que l’on voit ces espèces partout que l’on ne pense pas qu’elles sont rares. Leur perception est biaisée. L’exemple de la girafe en France est frappant. Chaque année, il est vendu plus de jouets « Sophie la Girafe » qu’il n’y a de bébés qui naissent (plus de 700 000 en 2016) ; et évidemment bien plus que de girafes vivantes sur Terre. Nous avons aussi demandé à 48 volontaires français de noter le nombre de fois qu’ils voyaient une de ces espèces dans leur quotidien pendant une semaine. Ils en ont vu en moyenne une trentaine par jour.
Côté américain, vous notez que ces dix espèces charismatiques représentent 48 % des peluches vendues sur Amazon chaque année. Mais la deuxième partie de votre étude, presque la plus importante, porte sur la condition actuelle de ces espèces à l’échelle planétaire. Et là, les chiffres globaux de population cachent une fragilité souvent incomprise.
F. C. : C’est cela aussi qui nous a pris beaucoup de temps. Nous avons dû trouver le nombre de zones d’habitat de chaque population, les tailles de ces populations passées et présentes, et les tendances. Prenons par exemple les tigres. À l’échelle planétaire et en liberté, il en reste 3 500. Donc, nous pouvons nous dire qu’il s’agit d’une population significative. Mais si on retire ceux qui sont trop vieux ou trop jeunes pour se reproduire – car ce qui est important, c’est le potentiel de la population –, nous pensons qu’il reste aujourd’hui seulement mille tigresses en capacité de reproduction. De surcroît, il ne s’agit pas d’une seule population, mais de nombreuses petites populations totalement isolées à l’intérieur de petits territoires. Il est question d’une quarantaine de populations de moins de 100 tigres, ce qui est très peu pour que chacune de ces petites populations ait des chances de s’en sortir à long terme.
Il s’agit là de quelque chose d’assez surprenant : ce sont les espèces que nous préférons que nous tuons.
Pour toutes ces espèces, si l’on prend en compte ces deux éléments – reproduction et fragmentation de la population –, la perception est différente. Une de ces espèces a été récemment dans l’actualité : le dernier rhinocéros blanc d’Afrique du Nord. Cela faisait longtemps qu’il ne pouvait plus se reproduire, et les deux derniers spécimens – deux femelles – sont ses enfants. Cela montre bien que ce n’est pas parce qu’il reste des individus que la population peut s’en sortir.
Un rapport de l’Union internationale de conservation de la nature (IUCN), cité dans votre étude, indique que c’est la chasse qui menace bien souvent ces espèces.
F. C. : En effet, et il s’agit là de quelque chose d’assez surprenant, car ce sont les espèces que nous préférons que nous tuons. Les grands singes, par exemple, chassés pour être mangés, ne disparaissent pas uniquement à cause de la destruction de leur habitat. Pour les lions, il s’agit de chasse au trophée, l’éléphant pour ses défenses, les loups pour protéger nos troupeaux et les tigres sont abattus pour des préparations de médecine traditionnelle. Il y a là quelque chose d’assez paradoxal et de cynique.

Atelier de Taxidermie en Namibie. Les chasseurs des États-Unis et d'Allemagne y font naturaliser leurs trophées de chasse.
Ton Koene / Visual and Written - Photo Collection / Biosphoto
Quelle est la prochaine espèce qui va nous quitter, selon vos constats ?
F. C. : Plusieurs études montrent que d’ici 20 à 30 ans, les tigres auront tous disparu à l’état sauvage. Pour les éléphants, il s’agit d’une cinquantaine d’années, de même que pour les ours polaires. Cela reste bien sûr difficile à évaluer exactement, mais nous parlons bien de décennies. Si rien n’est fait, la plupart des personnes qui sont en train de lire cet entretien verront l’extinction de la plupart de ces espèces à l’état sauvage, ce qui, à l’échelle géologique, est pratiquement instantané.
Dans cette publication, vous lancez deux appels, le premier étant pour qu’il y ait davantage d’études à l’échelle globale sur ces espèces.
F. C. : Oui, car nous connaissons mieux le nombre d’étoiles qu’il y a dans notre galaxie que le nombre d’espèces qui existent sur Terre, ou encore la surface de la Lune que le fond de nos océans – et je dis cela en étant moi-même un amateur enthousiaste d’astronomie. Mais malheureusement, il n’y a pas assez d’investissements aujourd’hui pour préserver la plus grande richesse que nous ayons sur cette planète. Le problème n’est pas que les chercheurs ne s’intéressent pas assez à ce problème, mais qu’il manque des chercheurs dans les domaines de la conservation et de l’écologie.
Il n’y a pas assez d’investissements aujourd’hui pour préserver la plus grande richesse que nous ayons sur cette planète.
Nous avons beaucoup d’étudiants, mais il y a très peu de postes et de financements pour les projets de recherche, et nous avons peu de croisements possibles avec des fonds privés. C’est pour cela qu’un mécanisme de compensation pourrait permettre de générer des fonds afin d’aider à la conservation de ce patrimoine.
Et c’est là-dessus que nous allons conclure, sur ce deuxième appel, un mécanisme qui permettrait de financer la conservation de certaines espèces suite à l’utilisation de leur image : un « droit à l’image du lion », par exemple.
F. C. : Si une entreprise fait des bénéfices sur l’image du lion, par exemple, il serait en effet normal qu’une partie de ces bénéfices – rien du tout, un dixième de pourcent, par exemple –, aille soit à des campagnes d’information pour essayer d’annuler le « mal » qui est de contribuer à faire croire que le lion est omniprésent, soit tout simplement de faire des dons à des fonds de préservation des lions. Et pour ces entreprises, cela n’est pas étranger à leur culture de marketing, puisqu’elles payent des droits d’auteur pour toute image qu’elles utilisent. Quant à l’impact financier, cela ne représenterait pas grand-chose pour une entreprise qui utilisent l’image d’une espèce menacée, mais énormément pour les efforts de conservation de ces espèces. Ces entreprises auraient d’ailleurs tout à y gagner, car si elles étaient vues comme des acteurs de la préservation de l’espèce qui le représente, le message serait fort et attractif auprès de leurs consommateurs.
À l’inverse, si elles perdaient leur emblème, cela serait assez préjudiciable, car elles se verraient promouvoir fièrement le logo d’une espèce disparue…
Notes
- 1.F. Courchamp et al., "The paradoxical extinction of the most charismatic animals,PLOS Biology, publié en ligne le 12 avril 2018. https://doi.org/10.1371/journal.pbio.2003997(link is external)
- 2.Directeur de recherche au laboratoire Écologie, systématique et évolution (CNRS/Université Paris-Sud/AgroParisTech).
- 3.Université de Californie à Los Angeles.
Où sont passés les oiseaux des champs ?
Où sont passés les oiseaux des champs?
20.03.2018, par

En France, le nombre de pipits farlouses, des passereaux qui se nourrissent d’invertébrés, a diminué de 68 % en 17 ans.
S. BOUILLAND/BIOSPHOTO
L’alouette des champs ou la linotte mélodieuse font traditionnellement résonner leur chant dans les campagnes françaises. Mais pour combien de temps encore ? Deux études récentes dressent un constat alarmant : les populations d’oiseaux vivant en milieu agricole ont perdu un tiers de leurs effectifs en 17 ans.
« Nous pulvérisons les ormes, et aux printemps suivants nul merle ne chante, s’alarmait l’écologiste américaine Rachel Carson en 1962 alors que le DDT, un puissant insecticide, décimait les populations d’oiseaux aux États-Unis, non qu’ils aient été touchés directement mais parce que le poison a fait son chemin, pas à pas, de la feuille de l’orme au ver, puis du ver au merle »1. Depuis, la responsabilité du DDT dans la mortalité accrue des oiseaux a été démontrée et le « poison » interdit dans de nombreux pays. Mais le problème est loin d’être réglé.
Toutes les espèces sont concernées
Les études pointant du doigt les effets de l’agriculture intensive et de l’utilisation massive de pesticides sur la biodiversité se multiplient. Deux d’entre elles, menées récemment par le Muséum national d’histoire naturelle sur tout le territoire français et par le CNRS à l’échelle locale, présentent à leur tour un bilan inquiétant : en 17 ans, un tiers des oiseaux ont disparu des campagnes françaises.
Nos campagnes sont en train de devenir de véritables déserts.
« La situation est catastrophique, se désole Benoît Fontaine, biologiste de la conservation au Centre d’écologie et des sciences de la conservation2 (Cesco) du Muséum national d’histoire naturelle. Nos campagnes sont en train de devenir de véritables déserts. » « Les populations d’oiseaux s’effondrent littéralement dans les plaines céréalières, et cela concerne toutes les espèces, renchérit Vincent Bretagnolle, écologue au Centre d’études biologiques de Chizé3 et directeur de la zone atelier « Plaine et val de Sèvre ». Les perdrix se sont presque éteintes de notre zone d’étude… »
Poussée par une tradition naturaliste particulièrement forte, la Grande-Bretagne commence à suivre les populations d’oiseaux selon des méthodes standardisées et rigoureuses à partir des années 1970. La France lui emboîte le pas. C’est dans cette tradition que le Muséum national d’histoire naturelle initie en 1989 un vaste programme, le Suivi temporel des oiseaux communs(link is external)4 (Stoc) sur tout le territoire français. Deux fois par an, au printemps, plusieurs centaines d’ornithologues bénévoles recensent les oiseaux qu’ils voient et entendent au petit matin dans des aires de 4 kilomètres carrés situés en ville, en forêt ou à la campagne. Alouette des champs, hirondelle de fenêtre, mésange noire, pigeon ramier… 175 espèces d’oiseaux communs sont inventoriées dans tous les milieux. « À partir de 2001, nous avons changé notre méthode d’échantillonnage avec un tirage aléatoire des sites à surveiller, ce qui permet d’obtenir une image plus fidèle de ce qui se passe sur le territoire français », indique Benoît Fontaine.

L’alouette des champs a vu ses effectifs diminuer d’un tiers en moins de 20 ans sur la zone atelier Plaine & Val de Sèvre.
V. Bretagnolle, CEBC (CNRS/Université de La Rochelle)
Un bilan plus lourd en zone agricole
Parallèlement, dans les Deux-Sèvres, un programme de suivi intensif de la faune et de la flore(link is external) se met en place dès 1993, dans la zone atelier « Plaine & val de Sèvre ». Mais cette fois-ci, les 450 kilomètres carrés de la zone étudiée sont entièrement agricoles. « Au départ, nous suivions des oiseaux des plaines céréalières menacés comme l’outarde canepetière et le busard cendré, raconte Vincent Bretagnolle. Mais à partir de 1995, nous nous sommes progressivement intéressés à l’ensemble des oiseaux car ils ont une position intermédiaire dans la chaîne trophique, étant quasiment tous prédateurs d’insectes mais aussi, pour certains, prédatés par des rapaces. » Au total, 160 zones de 10 hectares chacune sont soumises chaque année à l’expertise d’ornithologues chevronnés, selon un protocole spatial et temporel bien défini. Une centaine d’espèces y sont identifiées, à la vue et au chant. « Sur ces terres agricoles, nous suivons aussi les plantes, les mammifères et les insectes, ce qui nous permet d’avoir une vision de tous les compartiments de l’écosystème et de leurs interactions », précise le chercheur.
Les dernières données de ces programmes de recherche sont catastrophiques : de nombreuses espèces d’oiseaux sont en déclin dans tous les milieux, et clairement en chute libre dans le milieu agricole. Le programme Stoc révèle ainsi que les oiseaux communs des milieux agricoles ont perdu 33 % de leurs effectifs depuis 2001.
C’est la qualité globale de l’écosystème agricole qui se détériore.
Le pipit farlouse, par exemple, un passereau qui se nourrit d’invertébrés, a perdu 68 % de ses troupes en 17 ans, tandis que la linotte mélodieuse, friande d’invertébrés à la belle saison et de graines de plantes adventices en hiver, a vu disparaître 27 % de ses effectifs sur la même période. Du côté de la plaine céréalière des Deux-Sèvres, même constat. Les populations d’oiseaux familières des zones cultivées, comme l’alouette des champs ou la perdrix grise, s’effondrent littéralement, avec respectivement −50 % et −90 % de leurs effectifs en 25 ans.
« Ce qui est véritablement alarmant, c’est que tous les oiseaux du milieu agricole régressent à la même vitesse, même les plus généralistes ou les oiseaux des milieux boisés, qui ne diminuent pas ou peu dans leur milieu de prédilection, analyse Vincent Bretagnolle. Cela signifie que c’est la qualité globale de l’écosystème agricole qui se détériore. »

La Perdrix rouge, une espèce jusqu'ici présente dans les milieux agricoles, est également en déclin.
F. JIGUET
Les pesticides pointés du doigt
Les raisons de ce déclin sont en effet à chercher du côté de l’intensification de l’agriculture, les paysages devenant toujours plus homogènes – des champs de maïs et de blé à perte de vue – et toujours aussi massivement arrosés de pesticides, malgré le plan Écophyto qui vise à réduire de moitié leur utilisation en France d’ici à 2020. « Les surfaces dédiées à la monoculture n’ont cessé d’augmenter en France, conduisant à la destruction des milieux favorables aux oiseaux et aux insectes. Et en 2009, la Politique agricole commune a donné un coup d’arrêt aux jachères, ce qui est également néfaste pour la biodiversité, décrypte Benoît Fontaine. Dernier facteur nuisible : les pesticides. » Si, dans les années 1960, c’est le DDT qui fait parler de lui, ce sont aujourd’hui les néonicotinoïdes, des insecticides qui contaminent l’ensemble de l’écosystème, mais aussi le glyphosate (Roundup), l’herbicide le plus utilisé au monde, qui inquiètent. Tous les deux concourent à la disparition des plantes et des insectes et donc aux ressources alimentaires des oiseaux, surtout au printemps. « Il n’y a quasiment plus d’insectes, c’est ça le problème numéro un », martèle Vincent Bretagnolle. Et le constat est le même partout. Deux études récentes ont révélé que l’Allemagne et l’Europe auraient perdu 80 % d’insectes volants et 421 millions d’oiseaux en 30 ans5.

L'utilisation des pesticides et herbicides est incriminée dans le déclin des oiseaux.
Claudius Thiriet / Biosphoto
Aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement d’interdire un pesticide, mais de changer de paradigme.
Alors que faire ? Pour Benoît Fontaine, « la diminution des pesticides va être aussi motivée par les préoccupations de santé humaine, mais la solution viendra du monde agricole ». Justement, dans la zone atelier « Plaine & Val de Sèvre », Vincent Bretagnolle s’est associé aux agriculteurs pour expérimenter des modèles agricoles alternatifs, basés sur l’agroécologie et les potentialités de la biodiversité.
« Profitant de la mise en place du plan Écophyto, en 2008, nous avons convaincu des exploitants de réduire d’un tiers ou de moitié les intrants chimiques sur certaines parcelles, rapporte le chercheur. Résultat : les rendements sont maintenus, ce qui augmente les revenus des agriculteurs et la biodiversité. »
D’autres études montrent que les subventions pour les prairies et les haies sont également favorables à la biodiversité et donc, là encore, au maintien de la productivité des parcelles. Désormais, les acteurs du monde agricole doivent se saisir de ces outils et changer leurs pratiques à grande échelle. « Le printemps silencieux annoncé par Rachel Carson pourrait devenir une réalité si nous ne réagissons pas très vite, conclut Vincent Bretagnolle. La situation est inquiétante, d’autant qu’aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement d’interdire un pesticide, mais de changer de paradigme. » ♦
L'interview de Vincent Bretagnolle sur les pratiques agricoles : Quand le productivisme nuit à l'agriculture
Notes
- 1.Extrait du livre Silent Spring (Printemps silencieux), de Rachel Carson, publié aux États-Unis en 1962.
- 2.Unité CNRS/MNHN/UPMC.
- 3.Unité CNRS/Université de La Rochelle/Inra.
- 4.Ce programme est coordonné par le MNHN, dans le cadre du réseau Vigie-Nature.
- 5.« More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas », C. A Hallmann et al., PLoS One, publié en ligne le 18 octobre 2017. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0185809(link is external) ; « Common European birds are declining rapidly while less abundant species' numbers are rising », R. Inger et al., Ecology Letters, publié en ligne le 2 novembre 2014. Doi : 10.1111/ele.12387
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Mots-clés
Biodiversité OiseauxOrnithologie CampagnesEnvironnement PesticidesNéonicotinoïdesAgriculture Intensive JachèresPAC Modèle AgricoleScience Participative
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Auteur
Laurianne Geffroy
Laurianne Geffroy est journaliste scientifique et auteur depuis 2000. Elle réalise, au sein de Ya+K productions, des reportages pour les sites Internet du Cnes, de l’Inserm et d’Universcience.tv, et collabore régulièrement à des ouvrages scientifiques édités par Le Cherche Midi.
Altitude news
ALTITUDE NEWS est, comme son nom l'indique, un site dédié à la montagne, qu'il s'agisse d'expéditions les plus engagées à une pratique plus accessible. Des articles de qualité qui parlent du bonheur d'être là-haut, de l'intensité des moments, de la richesse des découvertes, qu'il s'agisse de paysages ou de la part intérieure des individus qui parcourent ces lieux.
J'ai le plaisir aujourd'hui d'y trouver un article consacré à mes romans.
Et j'en suis très touché.
Accueil Business L’écriture et la montagne en guise de thérapie
L’écriture et la montagne en guise de thérapie
Par
Arnaud P-

Instituteur basé en Savoie, Thierry Ledru partage sa vie entre montagne et littérature. Alors qu’il n’est qu’adolescent, il écrit déjà des nouvelles que ses profs de lettres corrigent, encourageants. A 16 ans, son frère est victime d’un grave accident de la route. Ce dernier passe plusieurs mois entre la vie et la mort, Thierry est à ses côtés. Cette période dramatique va avoir un fort impact sur la suite de sa vie et sur son écriture.
Quelques années plus tard, alors que ses rêves de montagne se font plus forts, Thierry se fait opérer d’une hernie discale. L’opération rate et les sommets s’éloignent. S’en suivra une période de dépression que seule l’écriture saura guérir : « Faut-il donc avoir souffert pour savoir écrire ? Pour sortir de soi un écrit acceptable, faut-il donc être descendu dans les tréfonds de l’âme ? » se demande-t-il en ayant au fond de lui une petite idée de la réponse.
L’écriture en guise de thérapie
Ce n’est pourtant que bien plus tard qu’il met un point final à son premier livre. Après de longues années de dépression. Un premier roman, « Vertiges », histoire d’un drame en haute montagne. S’en suivront trois autres titres : « Là-haut », un guide de haute montagne qui perd sa femme et sa jambe dans un attentat, « Jusqu’au bout » un récit qui s’éloigne un peu de l’univers des montagnes ou encore « Noirceur des cîmes » où une auteure rédige un manuscrit dans la tente d’une expédition au K2. L’écriture le prend alors aux tripes. Pendant l’écriture de ce dernier titre, un des personnages « m’a appelé une nuit, dans un rêve, un appel déchirant, il allait mourir, il fallait que je vienne le sauver. Je me suis levé, j’ai allumé l’ordinateur, je lui ai dit que j’arrivais » explique-t-il.
Et après ces 4 romans, Thierry aura raison de ses hernies discales et il repartira enfin en montagne, son dos débarrassé d’un lourd poids. Depuis, il ne quitte plus la montagne et son stylo. Il en est à son douzième roman et ne compte pas s’arrêter de sitôt. Les cimes font partie intégrante de sa vie, et qu’il le veuille ou non, il transmet sa passion : ses deux fils « Rémi et Léo sont des mordus de ski de pentes raides » !
Quelques titres encore disponibles
Certains des romans sont édités et disponibles en librairie, comme ces trois-là :
4.6 (91.43%) 7 votes
"L'effondrement et la joie"
L’effondrement et la joie
Il est temps. Il est temps d’articuler, de dire, d’écrire.
Depuis que j’ai découvert l’étude de l’effondrement de notre civilisation, qu’on appelle la collapsologie, je me sens beaucoup mieux. Disons, mieux.
Avoir mis un mot sur ce sentiment diffus et persistant que tout va s’effondrer m’a procuré un soulagement immense.

La lecture de Comment tout peut s’effondrer m’a donné de la force. Le visionnage des premiers épisodes de la web série documentaire NEXT m’a réconfortée. Pouvoir tracer un lien entre les faits, les articles, les données, et les ressentis, m’a soulagée.
Tout peut s’effondrer. Voila, c’est dit. Je ne suis donc pas folle, ou pas seule à être folle.
Et cela fait naître des sentiments, des émotions, des peurs, des craintes, des doutes. Cela fait d’abord s’effondrer.
Les faits sont durs, solides et implacables.
Bien sur, il y a des initiatives, des petits pas, des inspirations, des mouvements, des aménagements ; des personnes, des projets, des communautés à soutenir absolument, qui préparent le monde d’après.
Alors ne faudrait-il pas être résolument optimiste et vivre l’instant présent avec foi dans l’avenir et l’humain ?
Rien ne nous invite à l’optimisme aveugle. Et, plus encore, optimisme ou pessimisme : là n’est pas la bonne question.
L’optimisme acharné est un frein à l’action. Tout comme le pessimisme résigné, qui immobilise toute tentative contre des puissances jugées omnipotentes.
Entre ces deux vues, il est nécessaire de regarder le monde en face, avec lucidité et clairvoyance, pour faire jaillir d’autres imaginaires de ce monde d’après, sans céder à la panique et la paralysie.
Pour reprendre la métaphore de la voiture de Pablo Servigne et Raphaël Stevens : nous avançons donc à toute vitesse, le réservoir est quasiment vide, nous dévalons la piste, la voiture va de plus en plus vite et sort de la route.
Nous avons dépassé des frontières et franchi des seuils de façon dramatique et irréversible, et, non, on ne peut pas rectifier le tir. Il n’y a pas de solution, car ce n’est pas une crise de plus, crise qui sous-entendrait un retour futur à la normale.
On ne parle pas ici de la ritournelle du “c’était mieux avant”. Encore moins d’un “ce sera mieux après”. Certains parleront de sirènes de mauvaise augure, d’oiseaux de malheur, de prophétie autoréalisatrice.
On parle ici de faits, de publications scientifiques, mais aussi d’émotions et d’intuition.
L’effondrement est causé par la chute massive de la biodiversité, l’épuisement des ressources fossiles, et les conséquences en chaîne qui s’en suivent : climat et catastrophes climatiques, pollution, crises économiques, financières, tensions géopolitiques et sociales.
La collapsologie étudie ainsi les processus d’effondrement des sociétés humaines, de façon systémique, contre la pensée en silo, et permet de tisser des liens entre les domaines.
Croissance, chômage, réchauffement, anthropocène, pétrole, biodiversité, ressources, consommation, famines, guerres : même combat.
L’effondrement qui vient, l’effondrement qui pourra advenir entre 2020 et 2030, c’est un déclin brutal et global de notre civilisation thermo industrielle. Ses causes sont multiples, et personne ne les ignore. Mais les stratégies d’évitement de la psyché humaine sont immenses et vont du déni pur à la dissonance cognitive, en passant par la mauvaise foi ou la simple inaction.
Pourquoi ne fait-on rien ? Parce qu’on tourne la tête, parce que le discours médiatique diffuse des raccourcis qu’on ne parvient pas à saisir, dont on ne parvient pas à prendre la mesure, et que l’esprit humain est ainsi fait qu’il ne peut craindre que des choses qu’il connaît déjà.

Parler de 2 degrés de réchauffement, cela ne fait peur à personne, en tout cas à pas grand monde. Même 5 degrés, qui a peur de 5 degrés ? Qui comprend que 5 degrés, c’est la différence entre une période glaciaire et la période dans laquelle on vit ? Quel impact de la vue d’un ours polaire famélique sur la vie des gens ? Est-ce que cela produit un électrochoc ?
Parler d’effondrement, c’est douloureux parfois, cela suscite de la colère, parce que cela implique de renoncer à une certaine vision de l’avenir et du progrès.
Comme tant d’autres, je suis usée d’entendre et de lire ces avertissements murmurés, ces formules sans force, les “si nous continuons comme ca”, “à ce rythme là”, “il sera bientôt trop tard”, “nos enfants nous accuseront”.
Il ne sera pas bientôt trop tard : il est trop tard. Mais trop tard pour quoi exactement ? Trop tard pour que les choses continuent comme si de rien n’était. Trop tard pour que la planète puisse continuer de nous abriter paisiblement.
La planète montre ses limites, tandis que l’on avait toujours voulu la voir comme une source infinie de ressources, dans laquelle on pourrait éternellement puiser, tranquillement.
Nous avons dépassé tous les seuils, et ce qui se profile n’est a priori pas vraiment une décroissance douce et choisie, une sobriété plus ou moins heureuse, une transition sympathique pleine de pâquerettes.
Nous allons vers un effondrement massif de nos sociétés telles qu’on les connait aujourd’hui ; il faut faire face à cette réalité, pour s’y préparer, rapidement, psychologiquement, concrètement. Pas pour se barricader avec des conserves de sardines et des packs d’eau. Mais pour commencer à mettre en place d’autres mécanismes sociaux que ceux de la compétition acharnée et de la lutte de tous contre tous.
Parler d’effondrement, c’est faire face au réel.
Bien que ce mot fourre-tout désigne plutôt la mosaïque d’effondrement qui commence à advenir, il est urgent de s’y confronter.
Faire entrer le mot d’effondrement dans le réel, c’est convoquer un ensemble d’imaginaires chargé de violence et de barbarie, des scénarios hollywoodiens dystopiques sans fondements. Il nous faut dépasser les images fantasmées pour se mettre en action.
Il est urgent de lire Pablo Servigne et Raphaël Stevens.
“En mettant des mots sur des intuitions partagées par beaucoup d’entre nous, ce livre redonne de l’intelligibilité aux phénomènes de “crises” que nous vivons, et surtout, redonne du sens à notre époque. Car aujourd’hui, l’utopie a changé de camp : est utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant. L’effondrement est l’horizon de notre génération, c’est le début de son avenir. Qu’y aura-t-il après ? Tout cela reste à penser, à imaginer, et à vivre… “
Il est urgent de se documenter, de diffuser la prise de conscience, de regarder la web série NEXT de Clément Montfort, de lire ou regarder Yves Cochet, Gaël Giraud, Jean-Marc Jancovici (malgré sa délicate position sur le nucléaire), Vincent Mignerot, Dennis Meadows….
Puis, après la prise de conscience, faire face à soi : comment vivre avec l’effondrement ? Comment ne pas sombrer dans un puits d’angoisse infinie ? Comment ne pas considérer chaque chose de la vie comme vaine et futile ? Comment ne pas se rendre fou ?
Travailler la résilience, imaginer le monde d’après, tout en vivant avec force dans le présent.
Aller vers l’autre, commencer à vivre autrement, retrouver des réflexes d’entraide et de coopération. Se tourner vers le mouvement de la transition.
Retrouver des perspectives par la reconnexion à soi, aux autres, à la nature,
Etre à la hauteur de la bonté et de la beauté de l’humain et du monde, malgré tout.
Cultiver l’émerveillement, le lien, la vie, la joie.
— —
Quelques recommandations
A voir :
- NEXT, web série documentaire de Clément Montfort sur l’effondrement
- Conference : L’effondrement qui vient — Pablo Servigne & Raphael Stevens
- Interview Thinkerview de Vincent Mignerot : Anticiper l’effondrement ?
- Entretien avec Gaël Giraud, chef économiste de l’Agence Française de Développement : effondrement financier, économique, écologique, démographique, énergétique …
A lire :
- Comment tout peut s’effondrer, Pablo Servigne et Raphaël Stevens
- Les limites à la croissance (dans un monde fini), Dennis & Donella Meadows, Jorgen Rangers
- L’âge des low tech ; vers une civilisation techniquement soutenable, Philippe Bihouix
- Dormez tranquilles jusqu’en 2100 ; et autres malentendus sur le climat et l’énergie, Jean-Marc Jancovici
- Ils changent le monde ; 1001 initiatives de transition écologique, Rob Hopkins
- L’Entraide, l’autre loi de la jungle, Gauthier Chapelle & Pablo Servigne
- Transition 2017, Vincent Mignerot
- Ecopsychologie ; retrouver notre lien avec la Terre, Michel Maxime Egger
Krishnamurti : une crise de conscience

« Nous disions combien il était important de provoquer dans l’esprit humain la révolution radicale. La crise est une crise de conscience, une crise qui ne peut plus accepter, aucunement, les vieilles normes, les vieux modèles, les anciennes traditions et, en considérant ce que le monde est maintenant, avec toute la misère, les conflits, la brutalité destructrice, l’agression, et ainsi de suite… l’homme est resté tel qu’il était, il est toujours brutal, violent, agressif, cupide, compétitif, et il a construit une société sur ces bases.
Ce que nous essayons de faire dans toutes ces discussions, ces discours ici est de voir si nous pouvons radicalement apporter une transformation de l’esprit, ne pas accepter les choses telles qu’elles sont, mais de les comprendre, de les étudier, de les examiner. Donnez votre cœur et votre esprit dans tout ce que vous recherchez. Une façon de vivre autrement. Mais ça dépend de vous et de personne d’autre, car dans ceci, il n’y a pas d’enseignant, d’élève, il n’y a pas de chef, ni de gourou, il n’y a pas de maître, pas de sauveur, vous êtes vous-même le professeur, l’élève, vous êtes le maître, vous êtes le gourou, vous êtes le chef, vous êtes tout ! Comprendre, c’est transformer ce qui est. »
Jiddu Krishnamurti
Je suis en colère
Quand je relis tout ce que j'ai écrit sur ma page Facebook aujourd'hui, je me dis que j'aurais mieux fait, encore une fois, de fermer ma grande g... et de m'asseoir sur ma colère.
Parce qu'au final, ça sert à quoi ? Je suis qui pour aller balancer mes certitudes à tout va ? Et en dehors de déclencher le zapping sur une autre page, quel effet ça aura ?
Seulement, la semaine dernière, il y a une petite fille de ma classe que j'ai vue pleurer quand j'ai parlé des effets de la déforestation en Amazonie, pour remplacer la jungle par des prairies à bovins, des bovins pour les étals des bouchers et des champs de soja pour nourrir les bovins. Et j'ai vu qu'elle essuyait ses yeux, rapidement, pour que personne ne la voit.
Alors, je fais quoi moi avec la détresse de cet enfant ?
Je ferme ma gueule ? Ça n'a pas de valeur les larmes d'un enfant, ça ne mérite pas qu'on se mette en colère ?
Mais alors, qu'est-ce qui peut faire bouger cette humanité ?
Faudra-t-il attendre la mort des enfants ?
Ah, mais c'est déjà le cas en fait... ça meurt à la chaîne... L'alimentation, la pollution de l'air, de l'eau, des plantes, le bonheur de vivre, tout ça, les bombes, les guerres des adultes, les famines, l'eau qui n'est plus potable, les épidémies, les enfants cancéreux...Quand j'étais enfant, jamais je n'entendais parler du cancer des enfants. Est-ce que ça existait mais que le sujet était tabou ou est-ce que leur nombre augmente sans cesse ? Je n'en sais rien mais je sais que ça existe et que c'est incompréhensible à mes yeux en dehors de déréglements exogènes.
Et là, j'entends chaque parent prier pour que ça n'arrive pas au sien, à son cher enfant, à la chair de sa chair...Et il vient d'où cet enfant sinon de la vie sur Terre ? C'est pas la petite graine du papa dans la fleur de la maman, non, ça c'est juste un amusement pour donner envie, l'enfant il est le fruit de la vie sur Terre.
Je suis en colère.
En colère aussi contre les gens qui s'émeuvent en regardant les informations à la télévision et qui attendent que les "dirigeants" prennent des décisions efficaces et qui pour patienter vont continuer leur petite vie en s'efforçant d'oublier voire même d'ignorer le désastre en cours. Alors, premièrement, pour les dirigeants, le monde est un business et rien d'autre et nous sommes, tous autant que nous sommes, le carburant de ce business. Les malades emplissent le tiroir caisse des laboratoires pharmaceutiques. Et aucun d'entre eux ne rêverait de l'éradication des maladies, du cancer comme du reste. Les industriels de l'agro-alimentaire répondent à la demande des consommateurs, rien de plus. Ils comptent l'argent et ils ne compteront jamais les morts puisque les vivants réclament leur dose quotidienne.
Nous sommes les dirigeants de nos choix. Il suffit donc de ne plus choisir ce qui contribue à l'extension du désastre.
Quand j'étais adolescent, j'ai vu ce film : Network
Plusieurs passages m'ont considérablement marqué et encore aujourd'hui, je réalise que dans l'écriture de la trilogie en cours, je reprends cette idée.
Le monde est un business et tout le reste, c'est de l'enfumage, des évènements secondaires pour occuper les esprits. Et dans le registre de l'abêtissement de la masse, les dirigeants et leurs valets ont atteint un niveau remarquable, une réussite totale. Il n'y a rien à attendre des dirigeants, quels qu'ils soient pour une raison très simple, évidente, incontestable : ils n'existent qu'avec le soutien des financiers qui entretiennent le business du monde.
Alors, oui, parfois, j'en ai assez et je crie par la fenêtre de mon ordinateur.
La réalité de la "viande"
Dans un récit qui paraît ces jours-ci, cet ancien ouvrier d'abattoir retrace les étapes de sa prise de conscience sur l'inhumanité de la filière viande.
Par Anne Crignon
Il y a deux ans, Mauricio Garcia Pereira est devenu le lanceur d’alerte de sa profession. Cet ancien ouvrier des abattoirs de Limoges a dénoncé la mise à mort et la découpe de vaches alors même qu’elles sont à quelques jours de mettre bas – une pratique banale, quotidienne, légale. Intitulé "Ma vie toute crue" (1), le récit qui paraît ces jours-ci retrace les étapes de sa prise de conscience sur l'inhumanité de la filière viande.
Un soir de l’hiver 2013, Mauricio Garcia Pereira a pété les plombs, sept ans après ses débuts sur la chaîne de production à "faire" (c’est ainsi qu’on dit dans les abattoirs) chaque jour entre 250 et 300 bêtes pour une paye de 1.450 euros nets. "Des années gâchées", écrit-il aujourd’hui.
Dans sa quarante-deuxième année, Mauricio Pereira a embauché un matin dans un bâtiment de tôle grise à l’écart de la ville, là où une petite centaine de salariés travaillent à assommer, tuer, découper, vider les animaux dits "de boucherie" (entre guillemets car un débat est en cours initié par les antispécistes qui réfutent ces catégories : pourquoi l’agneau et pas le chaton ?) et sans imaginer le coût moral à venir d’une telle activité.
C’est que dans la ferme parentale à Dusseldörf, Mauricio Pereira a ressenti plus d’une fois cet amour instinctif de l’enfant qui tient un animal dans ses bras. Plus tard, les spectacles de tauromachie l’ont fait pleurer et pourtant, pendant des années, il a pu se lever à l’heure où fleurit la campagne pour prendre le chemin de l’usine, mais en prenant soin de respirer par la bouche. Surtout ne pas sentir l’odeur de la mort portée par le vent à un kilomètre à la ronde.
La petite musique de l’auto-persuasion l’a aidé. Tenir bon, se dire que c’est un métier utile pour tous, que nourrir les gens est une noble tâche. Ne pas craquer, penser au CDI qui vient. Et puis un beau jour, ce fut la découverte de trop. Un de ces moments dans la vie où l’esprit et le corps se cabrent et que tout en soi dit non. Il faisait alors un remplacement à la boyauterie, là où arrivent les viscères et les panses sur un tapis roulant.
"Putain, un fœtus !"
A ce poste, les gars doivent découper l’herbière (l’œsophage des ruminants), enlever la rate, retourner la panse pour séparer le petit estomac du gros. Les herbières d’un côté, les rates et la graisse de l’autre, les tripes dans une boîte en inox.
Soudain est arrivée sur la chaîne une grosse poche d’un rose irisé. Mauricio a posé son couteau, palpé la chose toute chaude et s’est glacé : "Putain, un fœtus !" Il a essuyé la sueur sur son front, attrapé son couteau pour fendre la poche et en sortir un veau. Un petit mâle marron de race limousine, entièrement formé, d’un bon mètre et d’une vingtaine de kilos, des mini sabots d’un jaune fluo couverts de placenta, qui tirait vers lui une minuscule langue rose. Là, c’est son cœur qui a saigné.
Il a délicatement posé l’animal sur le plan de travail et couru à toute allure chercher son chef pour lui dire qu’il y avait erreur, qu’il fallait tout arrêter, tout de suite, appeler les vétérinaires, vite ! Son chef, il a trouvé ça drôle comme scène. Et il a bien ri, ses mains sur les hanches :
"Ça, c’est pas un problème Mauricio, ça arrive tout le temps. Tu fais le tri comme d’habitude et, le fœtus, tu le jettes dans ce bac, là."
Et il a poussé le veau inanimé dans la poubelle. Les heures suivantes, trois ou quatre fœtus sont encore passés. Ce qui n’était pas un problème pour son chef, en est devenu un immense pour Mauricio.
Un nouveau remplacement deux mois plus tard à la boyauterie a achevé de le dévaster. Ce jour-là, après avoir coupé un premier cordon ombilical et regardé rouler le fœtus jusque dans le bac à déchets, Mauricio, pris d’une impulsion, a sorti son portable pour faire des photos. Il prend alors conscience qu’on jette à la poubelle une quinzaine de veaux plus ou moins mort-nés tous les soirs. Et qu’entre ces murs, il n’y a ni éthique ni respect. Sa vision des choses, le sens de son travail : tout est alors remis en question. Une digue lâche.
Image extraite d'une vidéo de l'association L214 dénonçant la mauvaise manipulation des animaux dans deux abattoirs du Sud de la France. (Crédit : AFP PHOTO / L214)
Ne pas casser l’ambiance
En vérité, le doute était là depuis longtemps, à voir tant de détresse et d’affolement dans le regard des bêtes qui vont mourir. Ces choses-là sont tues pour ne pas casser l’ambiance à l’heure des repas mais un animal sent que sa fin est proche et s’accroche à la vie.
Il y a des vaches qui avancent tête baissée et d’autres qui se cabrent. Celles qui se laissent tomber de tout leur poids et refusent d’aller plus loin dans l’étroit "couloir de la mort" malgré les coups de bâton et les décharges électriques. Les scènes de panique sont quotidiennes. Des vaches veulent fuir et se hissent par-dessus la rambarde ; à l’usine de Limoges on a vu une génisse de 700 kilos folle de peur galoper tout au long de la chaîne.
Il y a toutes celles qui se réveillent une fois suspendues par une patte, les yeux révulsés. Ces images se télescopent avec ce que la science et l’éthologie ont révélé sur l’esprit animal, son affectivité, sa sociabilité, et sur le système nerveux pareillement sensible à la douleur des animaux humains et des animaux non humains – la distinction est de Darwin.
Un contresens biologique
Les séquences se superposent aussi avec ce que savent les chercheurs en alimentation. Avaler toute cette viande est un contresens biologique qui engendre les maladies les plus graves. Cette industrie aggrave par ailleurs, en important de quoi nourrir les bêtes d’élevage, le malheur des pays pauvres. Alors à quoi bon tout ça ?
Depuis son poste de travail, Mauricio concentré sur sa tâche s’est longtemps efforcé de ne pas penser. Ne pas voir dans sa globalité ce qui se passait autour de lui. Il écrit :
"Le jour où tu comprends que tu n’es qu’un tout petit ouvrier de merde, un rien du tout qui patauge dans le sang et la merde animale, les larmes te viennent."
Tant de sentiments paradoxaux étaient refoulés par la nécessité qui fait loi. Séparé, deux enfants, une pension alimentaire. Par le souvenir de dix années d’intérims divers et de galères sans lendemains, de mois à vivre dans sa voiture. Par le découvert chronique et l’absence d'autre perspective de travail. Certes. Mais tout de même. Des vaches pleines. "Comment peut-on les tuer, nom de Dieu ?" La question l’a hanté.
L’affaire est rentable
Aucune loi ne l’interdit. Après l’émotion suscitée par les révélations de Mauricio et de L214, un amendement déposé pour mettre fin à cette pratique a été rejeté en décembre 2016. Lorsqu’ils achètent une vache pleine, les grossistes savent ce qu’ils font. Mais ils savent aussi qu’ainsi empesée la vache sera plus docile et facile à conduire à l’abattoir et surtout plus grasse.
Avec une vingtaine de kilos supplémentaires, l’affaire est bien rentable. Rentabilité. Le mot explique à lui seul toutes ces souffrances. Celles des hommes, celles des bêtes. N’aurait-on pas là, l’illustration de ce qu’un capitalisme obèse et jamais repu peut produire de plus inhumain ?
"Au fil des années, les indignations se sont accumulées. Je suis en colère contre l’abattage des vaches gestantes, sur lequel nous fermons tous les yeux. A l’abattoir les irrégularités sont partout."
Les irrégularités, ce sont les vétérinaires qui restent dans leur bureau et circulent le moins possible dans l’usine, les inspecteurs de la santé publique vétérinaire qui s’annoncent poliment une semaine avant tout contrôle. Les irrégularités, ce sont les égouts de la triperie régulièrement bouchés qui donnent "l’impression de travailler dans des piscines de merde" et le matériel obsolète. Les irrégularités, ce sont les accidents du travail, nombreux et la cadence augmentée. A enchaîner trop vite les gestes avec de grands couteaux, on peut se blesser très grièvement. Qui se soucie des intérimaires sous-payés repartis estropiés ? Quant aux blessures psychiques, elles ne sont pas même inventoriées. Les plus sensibles picolent et fument des joints pour supporter tout ça.
"Les cadences sont au maximum, 170 ou 180 bêtes par heure ; on est à fond la caisse, tout le monde se gueule dessus, on fait plus d’erreurs et de mauvais gestes. On sait que si on veut avoir une chance de sortir du boulot pas trop tard, on ne doit pas arrêter la chaîne. S’il se présente moins de bêtes, la journée est un peu plus calme, et nous pouvons enfin travailler dans de bonnes conditions."
Il a tapé "L 214"
Et puis un soir en février 2016, chez lui, tandis qu’une télé débitait ses infos en continu, Mauricio Pereira a relevé la tête. On annonçait qu’un groupe militant étrangement baptisée L 214 (2) allait diffuser des images difficilement supportables, prises dans un abattoir. Il a regardé. Il a trouvé tout ça bien en deçà de sa réalité. Alors sur internet, il a tapé "L 214" et trouvé un numéro de téléphone. C’est Brigitte Gothière, cofondatrice de cette association créée en 2008, qui a décroché. Il lui a dit :
"– Je travaille à l’abattoir municipal de Limoges, le plus grand de France où l’on tue chaque jour sans exception des vaches gestantes. Parfois on attend exprès une vingtaine de minutes avant d’ouvrir la vache pour que le veau prêt à naître se noie dans le liquide amniotique. La mère est déjà morte depuis un bon moment mais on voit encore son ventre qui remue. Si on ouvrait la poche et qu’on secouait le veau, il pourrait vivre.
– On fait ça en France ?
– Tous les jours. Tout le monde est au courant et tout le monde ferme sa gueule. "
Tout est allé très vite ensuite. Mauricio Pereira a accepté de faire une série de films avec une caméra cachée, lesquels ont eu le retentissement qu’on sait. Mais par ce livre rigoureux, on en découvre davantage encore sur le revers glaçant du productivisme industriel et de l'animal ravalé au rang de matière première au même titre que le cacao ou le café, et pas plus.
La liste est longue au fil de cette confession singulière, de ce qui déraille dans un milieu qui favorise l’expression d’une mauvaise virilité. " 'T’es un homme ou un pédé ?". Cette phrase est un refrain classique et l’écho d’un management plein de violences.
"On ne se rend plus compte de rien"
"Comme un ouvrier ne peut pas mettre un coup de bâton à son chef, c’est à l’animal qu’il le met. On assiste à des scènes épouvantables, auxquelles on s’habitue finalement très vite. La bête est arrivée à l’abattoir ; de toute façon elle s’apprête à mourir. Certains ouvriers ne comprennent donc pas vraiment pourquoi ils ne pourraient pas taper.
Qu’est-ce que ça change au fond ? Parfois c’est même un jeu. Il faut dire qu’il y a tellement de tensions à évacuer, tellement de frustrations… A force d’entendre les chefs nous parler comme à des animaux, on devient complètement cinglé. On fait des selfies avec des carcasses pour se marrer un peu. On ne se rend plus compte de rien."
Bien sûr, après tout ce barouf, il a quitté son usine à l’issue d’une procédure de licenciement à l’amiable et son directeur a reconnu qu’il n’avait "pas tout à fait tort". Depuis, il ne mange plus du tout de veau, d’agneau, de cochon de lait. Il y a quelque temps, il se sentait souvent abattu malgré les petits mots manuscrits d’enfants et les messages de soutien venus de toute la France. Les cauchemars étaient toujours là et ses nuits difficiles. Il est allé voir une psychologue, ancien médecin du travail, qui a posé un diagnostic : état de choc post-traumatique. Tout comme l’ouvrier, dirait-on, avec qui il entretient une correspondance par email. C’est un homme d’une trentaine d’années, dix ans d’usine au compteur dans une autre ville de France, affecté à l’assommage pendant six ans, à la triperie pendant trois, et le reste en arrêt maladie. Il lui a écrit ceci :
"Je voudrais bien raccrocher, je n’en peux plus. Mais j’ai des crédits, une famille à nourrir, je suis coincé. C’est un métier inhumain et traumatisant, je n’arrive même plus à me regarder dans une glace. Moi, je suis pour le travail bien fait, quand je vois toutes les bêtes se faire saigner alors qu’elles sont à demi conscientes, ces cochons qui se relèvent, ça me rend fou."
L’an dernier à l’occasion de la parution du livre d’Olivia Mokiejewski, "le Peuple des abattoirs" (3) nous avions déjà publié un article sur ce même sujet. Un ouvrier contrarié par la tonalité de l’article nous avait écrit pour dire que cette vision sombre du métier n’est pas partagée par tous, tant s’en faut et que, lui, aime son travail et qu’il le fait avec fierté. Dont acte. Mais pour les hommes traversés par les tourments insondables de la souffrance éthique, Mauricio Garcia Pereira est un porte-parole digne et droit.
(1) Plon, 173 p., 15,90 euros
(2) L’article L 214 du Code rural stipule que " tout animal, étant un être sensible, doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. "
(3) Grasset
Essence méditative
Le sens de la pratique méditative

ESSENCE MÉDITATIVE·LUNDI 7 MAI 2018
https://www.facebook.com/notes/essence-m%C3%A9ditative/le-sens-de-la-pratique-m%C3%A9ditative/231395827610111/
Qu'est ce que la méditation?
La méditation est une pratique permettant par la stase du corps et celle du mental de s’apaiser profondément et de retrouver une unité corps/esprit/énergie.
Comment médite t-on?
Il existe plusieurs types de méditation, à chacun de trouver celle qui lui semble le plus accessible pour commencer à bénéficier de ces bienfaits.
Le principe est toujours identique: il s'agit de définir un point de méditation et de poser son attention dessus. Cela peut être le souffle, une image mentale, une musique spécifique.
Ce point permet d'auto-contrôler sa pratique méditative.
Le but de la méditation n'est pas de faire le vide (l’humain n'étant pas vide par essence il serait impossible d'y parvenir) mais simplement de ne pas donner prise à ses pensées, ses émotions, ses sensations.
Méditer c'est être pleinement présent à soi et au monde.
Pourquoi méditer?
Vous pouvez méditer:
- pour réduire votre stress
- pour apaiser le flot de vos pensées
- pour réguler un trop plein d'émotion
- pour évacuer vos ruminations mentales
- pour vous sentir mieux
Vous pouvez méditer pour toutes sortes de raisons car la liste des bienfaits de la méditation est longue.
La méditation Pleine Conscience vous reconnecte à vous même et vous permet de retrouver votre sérénité naturelle ainsi qu’une harmonie avec votre environnement.
Le cheminement du méditant
La méditation est indéniablement une pratique permettant d'apaiser son mental, mais ceci n'est que la première étape du parcours du méditant.
Une fois cette relaxation du flot de pensées atteinte, les mécanismes limitants liés au mal être de la personne émergent.
Il y a donc, comme dans toute évolution de vie, une phase d'entre deux où on goûte à la fois au mieux être apporté par cette pratique, et où on est aussi confronté aux racines émotionnelles de notre mal-être.
La transformation de ce mal être se fait par le lâcher prise avec l’ego.
Quand ce processus se réalise, le bonheur naturel émerge durablement.
Y a t il des contres-indications à la méditation?
Comme expliqué précédemment, la méditation n'est pas une pratique de bien être immédiat et inconditionnel.
C'est un processus de déconstruction de ses schémas fermés qui conduit à une restructuration de soi dans une unité d'être.
La méditation est donc contre indiquée en cas de troubles mentaux et de fragilités psychiques car elle pourrait renforcer le côté déstructuré de la personne.
Il est bon de rappeler également que la méditation est un outil de cheminement vers un mieux être mais ne se substitue en aucun cas à un suivi médical.
Pour conclure la pratique méditative est par essence une pratique de transformation véritable et profonde qui unifie l'être.
Réfléchir sur l'huile de palme
Voilà donc un cas concret.
Il s'agit de "réfléchir" au problème de l'huile de palme et d'identifier très clairement un choix personnel et s'y tenir.
1) Soit, c'est un problème qui ne me concerne pas et donc, je choisis de continuer à consommer les produits qui me plaisent.
2) Soit, je me sens concerné par cette situation et donc, je choisis d'identifier les produits concernés et je décide d'apprendre à m'en passer.
C'est 1 ou 2.
Collaborateur ou Résistant.
La neutralité n'est qu'une collaboration passive qui sert de prétexte aux exploitants pour cautionner leurs actes et leurs "réflexions".
Aucun d'entre eux n'a d'autre intention que de s'enrichir en usant de la neutralité des masses ou du choix délibéré de profiter de tout, en dépit de toute raison commune.
Soit, nous décidons d'être le carburant du moteur des tronconneuses, soit nous décidons d'ériger par nos consciences et nos actes des barrières métalliques autour des forêts pour que les chaînes s'y brisent.
Mais, ce qui est une certitude, c'est que nous sommes et serons responsables de l'existence des générations futures. Si le mot "futur" a encore un sens.
“J’AI VU LE SCANDALE DE L’HUILE DE PALME” : UN TÉMOIGNAGE EXCEPTIONNEL
Parce qu'il est nécessaire de mettre des images sur des mots, voici un reportage qui, déjà, touche bien au delà des seules personnes sensibilisées.
Par
Axel Leclercq-
Publié le 27 mars 2018 à 17:21 - Mis à jour le 7 avril 2018 à 22:34PAS DE PUBLICITÉ, DES CONTENUS EXCLUSIFS...
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L’huile de palme serait à l’origine d’une catastrophe écologique. Mais de quoi parle-t-on vraiment ? En quoi se gaver de pâte à tartiner, manger des biscuits ou se laver les cheveux (oui, on trouve aussi de l’huile de palme dans des shampooings) pose un problème à qui que ce soit ? Pour avoir une réponse à cette simple question, il n’y a qu’à jeter un œil à cette vidéo édifiante, passionnante et bouleversante qui, et c’est une excellente nouvelle, remporte actuellement un gigantesque succès d’audience sur Youtube.
Julien Donzé (plus connu sous le nom de Le Grand JD) est parti sur l’île de Bornéo pour voir de ses propres yeux à quoi ressemblait la culture de l’huile de palme et quelles pouvaient être les conséquences de ce business juteux sur l’homme et la nature.
Accompagné de Bernard Genier, un journaliste de la télévision suisse qui s’était déjà rendu sur place il y a 17 ans, il a alors observé l’inimaginable : des forêts vierges rasées à perte de vue, des terres infinies rongées par les pesticides où plus rien ne pousse (à part des palmiers, bien sûr) et, pire que tout, des peuples autochtones menacés et condamnés à vivre sur des terres réduites à peau de chagrin.
Alors voilà. Si vous avez le courage de savoir en quoi l’huile de palme est à l’origine d’une catastrophe écologique, c’est maintenant…
En moins de trois jours, cette vidéo a déjà été vue près d’un million de fois. Un chiffre qui doit nous réjouir : il y a fort à parier que c’est un million de personnes qui, désormais, liront les étiquettes avant de remplir leur panier de courses. Et encore, ça n’est qu’un début.
N’attendons pas que des lois viennent changer la règle du jeu. Tant qu’il y aura des fortunes à gagner, on trouvera toujours des gens prêts à raser la jungle et à éliminer ses habitants (Bernard Genier l’explique très bien dans la vidéo). Mais dès lors que plus personne n’acceptera de cautionner ce massacre par ses achats, alors, ce qui reste sera sauvé.
Cette vidéo ne prêche pas que les convaincus. Pourvu qu’elle tourne encore et encore. Il y a urgence.
A savoir aussi que cette situation de la destruction des forêts primaires est connue depuis plus de dix ans et si le problème existe toujours, c'est que les consommateurs consomment...
Ecrire, lire, écrire, lire...
C'est fou l'écriture d'un roman ce que ça peut vous amener à faire : lire la réglementation des armes à feu en Nouvelle Zélande, trouver l'adresse d'un magasin informatique à Bombay, l'emplacement d'un lac d'altitude dans la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, étudier la carte de l'Irak, de la Turquie et de l'Europe de l'est, chercher la distance entre Paris et Istanbul, lire des dizaines de documents et articles scientifiques, visionner des dizaines de vidéos, analyser des données économiques et les comparer d'un site à un autre, étudier le réchauffement climatique, trouver l'adresse d'une banque à Dunedin, chercher les procédures d'ouverture de compte bancaire à l'étranger, apprendre les différentes versions du réel à travers les peuples premiers, tenir à jour le registre de tous les personnages, égrener des éléments disparates pour que l'ensemble du puzzle se forme, au fil des pages et sur trois romans...ou quatre...ou plus...Je ne sais pas où je vais mais c'est magnifique d'être perdu de la sorte.
L'écriture d'une trilogie... Je découvre en fait la particularité de ce travail. Un élément du tome 1 peut avoir une importance considérable dans le tome 3 et il est particulièrement délicat de mettre ainsi en place des éléments disparates sur une telle longueur.
Hier soir, j'ai envoyé un mail à mon éditrice pour lui dire que j'avais oublié un détail dans le tome 1, "Les héros sont tous morts". Je voulais savoir s'il était possible de le rajouter avant la publication de la version papier. Et pendant la nuit, je me suis réveillé et immédiatement, j'ai réalisé que cet "oubli" n'était pas dans le tome 1 mais dans le tome 2 que je suis en train d'écrire... Là, j'ai compris à quel point, je m'étais embarqué dans une aventure aux horizons lointains. Au point d'en perdre de vue mes repères habituels dans l'écriture et à ne plus savoir qui est où, qui fait quoi, qui a fait quoi avec qui...
Tout ça pour dire que l'écriture, c'est un vaste chantier, une construction monumentale, qui occupe un espace et un temps immense, que l'engagement de l'auteur se doit d'être intégral.
J'ai longtemps refusé de m'attribuer le terme d'écrivain. Je ne m'en sentais pas le droit au regard de l'excellence de ces écrivains qui avaient empli mes jours et mes nuits. Je disais juste que j'aimais écrire.
Maintenant, j'arrive à me le dire, intérieurement. "Tu es écrivain."
M Ollier, professeur de lettres en seconde qui me rend un devoir et qui me dit en souriant : "Un jour Ledru, vous serez édité".
J'aime repenser au visage de cet homme. Il ne disait pas cela comme une boutade. Il en était persuadé.
Extinction massive
Cet homme-là n'est pas un "déglingué apocalyptique" mais un des esprits les plus éveillés qui soient.
RTBF
C'est un sage qui jusque là avait plutôt la tête dans les étoiles. Aujourd'hui, il nous revient avec un cri d'alarme très terre à terre: Hubert Reeves, le célèbre astrophysicien, continue à 85 ans son combat pour sauver la planète: "Nous sommes en train de vivre un anéantissement biologique" alerte-t-il, en passage au museum de sciences naturelles de Bruxelles, "une extinction de masse des animaux".
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Il continue donc à parcourir le monde avec des livres et des conférences pour faire passer un message: il faut sauver notre biodiversité, il est urgent de sauver toutes ces espèces en train de disparaître.
"La diminution des vers de terre, ça ne fait pas la une des journaux. Cependant, c'est tout aussi grave que le réchauffement climatique. Il faut alerter sur l'importance de préserver la nature sous cette forme qui est proche de nous mais que la plupart du temps nous ignorons, parce que ça marche tout seul"
Notre civilisation est en train de surexploiter toutes les ressources de la nature au détriment des animaux ou des insectes qui peuplent la terre et ses océans, prévient-il.
"C'est une situation d'alerte. Il faut prendre conscience que les décisions qui se prennent aujourd'hui vont influencer l'humanité pendant des milliers d'années."
En attendant, de nombreux scientifiques l'ont déjà constaté, une extinction majeure des espèces est en cours. La dernière avait conduit à la disparition des dinosaures ...il y a 66 millions d'années.
"Nous avons déjà éliminé la moitié des espèces vivantes. Ca correspond à ce qu'on appelle une extinction de masse. La sixième depuis un milliard d'années, mais la plus grave car la plus rapide. Auparavant, cela prenait des milliers d'années, maintenant, c'est des décennies. La vie peut s'adapter, mais pas à cette vitesse"
Un message d'urgence qu'il veut à tout prix faire passer aux plus jeunes, en expliquant la biodiversité dans une BD. On y parle des vers de terre, ces véritables ingénieurs des mines, ou encore du nécessaire retour du loup. Un message reçu 5 sur 5 par tous les enfants, scotchés ce matin pendant une bonne heure à leur chaise...
Réfléchir...

Réfléchir... On pourrait penser que c'est une démarche intérieure bénéfique.
C'est insuffisant si cela ne concerne que la raison car l'individu est parfaitement capable de s'inventer "des raisons" qui lui sont favorables là où la raison commune pourrait s'opposer.
Il n'y a que le filtre de l'âme qui puisse détourner l'esprit des gouffres sombres du mental.
Le mental, l'esprit, la raison et l'âme.
C'est ce que j'ai cherché à analyser dans "Les héros sont tous morts".
Chaque individu, confonté à la tentation de la fortune, réfléchit selon ses intérêts et non selon une raison universelle.
Et c'est pour cela aussi que j'ai tenu à insérer dans ce roman la vision raisonnée des Kogis. Ils n'ont pas d'intérêt personnels prioritaires. Ils ont des intérêts communs et chaque individu puise dans cette cohésion le bonheur de son développement personnel.
Une vision inverse de celle du monde occidental.
S'il existe bien dans les sociétés "modernes", des objectifs communs, ils serviront toujours des intérêts personnels et ces intérêts seront le moteur de l'engagement de l'individu.
Le monde politique est l'exemple type de ce fonctionnement. Ces individus vont nous parler de l'intérêt général alors que leur positionnement au regard de leur idée de la politique est à l'encontre même de la cohésion de l'ensemble. Nos politiques sont systématiquement en opposition les unes et les autres non pas parce que les objectifs ne sont pas suffisamment puissants pour créer un mouvement unitaire mais parce que ces objectifs sont détournés par les intentions individuelles des leaders politiques. Dans leur esprit, la politique les sert et non l'inverse.
On peut bien entendu étendre ce constat à bien d'autres secteurs et situations : Les enseignants qui répondront favorablement à des injonctions ministérielles pour soutenir leur plan de carrière et leur tranquillité alors que les décisions vont à l'encontre du bien commun des enfants...Des industriels qui se gausseront de créer des emplois en développant des produits qui contribueront à tuer les vies des ouvriers eux-mêmes et de l'ensemble des personnes inévitablement contaminées. Des consommateurs qui continuent à acheter des produits dont la nocivité est reconnue, pour eux et pour la planète, et qui vont s'émouvoir quelques secondes en regardant les images du désastre au journal de 20 heures...
L'intérêt personnel est le moteur commun.
Je ne vais pas m'étendre davantage, j'en aurais pour des heures.
Il n'existe qu'une solution à mes yeux : la raison universelle. Non pas une raison qui ne concernerait que les humains mais bien l'ensemble de la création, c'est à dire une raison qui aurait la capacité à établir un regard macroscopique et non plus un regard sur le "moi" et ses proches...
Autant dire que c'est une utopie et qu'elle ne verra jamais le jour. Pas dans l'état actuel des choses.
Par contre...
Imaginons que ce système de pensées, ce formatage et cet abêtissement volent en éclat pour des raisons exogènes, planétaires, un chaos mondial, une extinction partielle de l'humanité.
Qu'en sera-t-il de la raison ?
Devant l'anéantissement, les individualités formeront-elles une entité capable de s'extraire des intérêts personnels ? ou pas ?
"Les héros sont tous morts" explore la dimension de la tentation.
"Tous, sauf elle" établit les germes du chaos.
"Le désert des Barbares" décrit l'effondrement.
Je sais aujourd'hui qu'il faudra un quatrième tome, celui des survivants.
EXTRAIT :
« La Terre souffre et nous l’entendons. Vous, les petits frères, vous avez oublié d’où vous venez, vous n’avez plus de racines, vous n’avez aucun ancrage et vous errez dans le vent à la recherche d’un bonheur que vous avez saccagé. Mais votre quête du bonheur ajoute encore au désastre car vous courez tous dans le même sens ? Qu’es-tu allée chercher là-haut ? Une vie meilleure ? Ou juste une image de toi ? Une image qui comblerait la douleur que tu portes, que vous portez tous, vous les Petits Frères. Parce que vous êtes les serviteurs de la mort. »
Parking extérieur. Lumière du jour. Zone d’approvisionnement du centre commercial. Des containers, des déchets de toutes sortes, tous les véhicules des employés. Elle balaya rapidement l’espace et s’engagea dans les enfilades des voitures. Elle jeta un regard rapide dans son dos. Rien, personne, aucun mouvement. Le tueur avait abandonné la poursuite. Sans doute s’était-il décidé à éliminer des proies plus faciles. Elle ne voulut pas ralentir sa course. S’éloigner, fuir, loin, disparaître, éviter les forces de police. Elle vit surgir au bout du parking trois véhicules militaires, des bâches sur les armatures en demi-cercles, le camouflage habituel des frondaisons. Elle se tapit derrière un 4X4 et laissa passer les troupes. Elle regarda furtivement les hommes sauter des camions et se ruer à l’intérieur du bâtiment. Exactement le chemin inverse au sien. Elle était sortie juste à temps.
Disparaître.
Elle resta accroupie et se faufila derrière les véhicules jusqu’à la sortie du parking. Elle traversa l’avenue et s’accorda une pause. Elle était en dehors de la zone dangereuse, hors d’atteinte, hors de vue, anonyme parmi la foule. Elle devait reprendre son souffle, observer, tenter de comprendre.
Quelques soldats descendus des camions barraient l’entrée du parking avec de la rubalise, périmètre de sécurité, vérification des identités.
Elle prit conscience du chaos.
De la fumée s’échappait d’un toit du bâtiment, un feu en cours. Elle entendait des sirènes de l’autre côté du centre. Des gens qui couraient, des cris, des appels, elle vit un soldat soutenir une femme blessée. Des dizaines de voitures arrêtées sur la chaussée, des curieux qui cherchaient à comprendre, inconscients du danger, heureux d’être des témoins privilégiés. Personne n’avait idée du massacre.
Elle en était sortie.
Une fortune dans les bras.
Disparaître.
Réfléchir…
Le spécisme en voie d'extinction.

Il y a encore 150 ans, la plupart des citoyens des pays d’Europe occidentale accordaient moins de droits et de capacités cognitives aux Noirs qu’aux Blancs, ou aux femmes qu’aux hommes. Peu à peu, les mentalités ont évolué, de sorte que nous avons globalement considéré que la première attitude – le racisme – et la seconde – le sexisme – ne correspondent ni à une vision juste des choses, ni à une attitude saine et propice au bien-être de tous.
Un processus analogue semble en cours, concernant notre rapport aux animaux. L’idée selon laquelle l’être humain serait intrinsèquement supérieur aux autres animaux et aurait sur eux des droits particuliers, perd peu à peu de ses soutiens. Un terme est apparu, qui rend compte de ce phénomène : le spécisme. Le spécisme validerait une hiérarchisation des espèces, comme le racisme a tenté le faire pour les origines ethniques, et le sexisme, pour les sexes. En tant que tel, il pourrait bien un jour être traité d’une façon analogue : réprouvé, puis abandonné.
Nous voyons partout autour de nous des signes révélateurs. Manifestations pour la fermeture des abattoirs, alertes sur les conditions d’abattage, mise en cause croissante de l’expérimentation animale, répudiation du foie gras ou des cirques traditionnels… L’actualité témoigne d’évolutions majeures dans la manière dont les Français conçoivent leur relation avec les animaux non humains. Ces mutations de la sensibilité avaient été anticipées par plusieurs pionniers des sciences sociales comme le sociologue Norbert Elias et l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, qui auguraient d’un rejet civilisationnel de la viande. Elles sont confirmées dans les analyses récentes de Steven Pinker, qui décrit un élargissement historique du cercle moral : la chasse décline, l’expérimentation animale est plus stricte, le végétarisme croît… « La tendance historique est claire : dans le futur, les gens considéreront que l’élevage d’animaux destinés à l’abattage est une pratique barbare », n’hésite pas à écrire l’influent intellectuel de Harvard.
Depuis une cinquantaine d’années, la dénonciation de l’instrumentalisation des animaux et des conditions de leur utilisation alimentaire, vestimentaire ou de loisir a fait l’objet d’une intensification des travaux en éthique animale, face à une élévation des cadences de l’abattage : 70 milliards d’oiseaux et de mammifères sont tués dans les abattoirs chaque année dans le monde, ainsi que 1 000 milliards de poissons. Dans le monde, près de 100 millions d’animaux sont annuellement sacrifiés pour la recherche scientifique. C’est dans ce contexte qu’au début de l’année 2018, la première revue scientifique mondiale en psychologie sociale publiait une série d’études consacrées au spécisme. Avant cette publication, un nombre croissant de recherches ont dévoilé les normes et processus cognitifs qui neutralisent l’inconfort psychologique résultant de l’exploitation et la consommation des animaux.
Qu’est-ce que le spécisme ?
Forgé en 1970 par le psychologue britannique d’Oxford Richard Ryder, ce terme a été popularisé cinq ans plus tard par le philosophe de Princeton Peter Singer pour dénoncer ce qu’il considérait comme une discrimination injustifiable, à l’exemple du racisme ou du sexisme. Le spécisme correspond à l’attribution d’une valeur morale inégale à un animal en fonction de son appartenance à une espèce donnée, ce qui conduit à ignorer les intérêts biologiques propres des animaux non humains.
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Développer une micro ferme pédagogique et nourricière en agroécologie
Terre d'Avenirs, le 24 février 2018 à 17:05 • Modifié le 27 février 2018 à 18:33

Un lieu ressource où se côtoient un jardin vivrier et des ateliers de formation
Description
Il existe des techniques agricoles permettant :
- un renouvellement durable des ressources naturelles nécessaires à la production (biodiversité, eau, sol, ...) ;
- la préservation et la régénération des sols ;
- une réduction importante de l'utilisation des énergies non renouvelables ;
- l'arrêt d'utilisation d'intrants chimiques ;
- l'amélioration de la santé des agriculteurs et des consommateurs ;
- d’atteindre la sécurité alimentaire.
Ces méthodes se regroupent sous l'appellation d'agroécologie qui concilie productivité, préservation des agrosystèmes et développement économique et social.
Nous proposons la création d'une micro ferme pédagogique vivrière en agroécologie.
Cet espace sera créé au sein d'un projet plus global regroupant : des écohabitats, un centre de formation, un espace de soins, ...
Notre projet a deux vocations principales :
- créer un jardin potager en agroécologie permettant aux habitants de s'autoalimenter ;
- partager ces expériences et acquis pour accompagner les personnes qui le souhaitent à prendre en main leur alimentation.
Concrètement, nous comptons :
- nous faire accompagner et conseiller la première année par un maraîcher, animateur en agroécologie, pour mettre en place un système de production permettant de nourrir l'écohameau, et pour réaliser les parcours pédagogiques ;
- construire une serre bioclimatique ;
- équiper le site entier en phytoépuration dans une optique de cohérence globale ;
- nous faire accompagner par des partenaires pour établir le design du lieu en permaculture ;
- planter un verger conservatoire de variétés anciennes et locales ainsi que des haies qui serviront de lieux d'habitat pour la faune locale ;
- proposer des ateliers et des chantiers école.
Nous imaginons ce jardin comme un espace pédagogique ouvert à tous, où nous pourrons expérimenter différentes techniques de culture.
Cette initiative vise à minimiser l'impact de certaines activités humaines sur l'environnement. Elle permet de reconnecter l'Homme à la Terre.
Lieu ou adresse
1 Rue du Jardin d'Enfants, 66230 Prats-de-Mollo-la-Preste, France
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En quoi votre projet répond-il à l’intérêt général ?
Nos principaux objectifs servent l'intérêt général car nous soutenons la transition écologique en rendant le consommateur actif, en protégeant les sols et la biodiversité, en gérant durablement les ressources naturelles, en participant à la culture de produits sains et au maintien de la santé, en développant les circuits courts et en montrant qu'il est possible d'être autonome en eau. Ces pratiques permettent de prendre soin de notre planète. Notre projet porte une mission pédagogique au travers des ateliers, des chantiers et des parcours pédagogiques. Nous créons un lieu ouvert qui permet les échanges. La ferme pédagogique vise à améliorer la qualité de vie des usagers qui s’alimentent ainsi de façon saine et préservent les sols. Il permet de transmettre des solutions pour le développement d’une agriculture écologique et durable. Cette activité revitalise une zone rurale en proposant des activités attractives et accessibles à tous.
Quels sont vos partenaires et les autres acteurs mobilisés sur ce projet ?
Les fermes : ferme de Can là haut ; les Milpas de Taranis / L'entreprise : Informatik'éthique / Les associations : Centre Culturel de Luminy ; Colibris ; Terre & Humanisme / Nous souhaitons nous mettre en relation avec les entrepreneurs, mairies, déchetteries et communauté de commune locale pour établir un partenariat afin de récupérer les déchets de tonte et d'élagage ainsi que du compost. Nous comptons nous mettre en relation avec le département pour faire planter des haies champêtres.
Quelles seront leur contribution au projet ?
Ferme de Can la Haut : aide à la réalisation du design en permaculture de tout le site, utilise notre structure pour faire des stages de permaculture / Centre Culturel de Luminy : mise en réseau, diffusion de nos stages et évènements, participation aux chantiers, temps d'échanges sur nos pratiques et savoirs respectifs / Informatik'éthique : mise en place d'un site web et d'un intranet de travail partagé pour les utilisateurs du jardin / Colibris : mise en réseau, diffusion de nos stages et évènements / Ferme les Milpas de Taranis: conseil et aide pour la mise en place du jardin et dons de plants.
En quoi votre projet est il innovant ou pionnier ?
Nous proposons un lieu ouvert où chaque citoyen peut facilement se reconnecter à la Terre : - en produisant lui même les aliments qu'il va consommer dans un espace riche et dynamique en constante évolution ; - en s'appropriant des savoir-faire issus des dernières découvertes en agroécologie ; - en participant à la culture de produits sains pour le sol, pour le cultivateur et pour le consommateur ; - en améliorant sa compréhension du monde agricole. Les ateliers et formations qui s'y dérouleront vont permettre de révéler les enjeux scientifiques et sociétaux de demain en impliquant tous les acteurs locaux : habitants, agriculteurs, associations, entreprises, élus. Notre concept est unique et novateur, car il rassemble au même endroit : - une micro ferme vivrière avec serre bioclimatique ; - un jardin pédagogique en agroécologie ; - un verger conservatoire de variétés anciennes ; - un lieu de vie dans des maisons passives prototypes ; - un centre d'accueil et de formation ; - un atelier de menuiserie. L’environnement est adapté aux gens de tous les âges (juniors et seniors) et certains ateliers seront ouverts aux familles accompagnées de leurs enfants. L’organisation de notre initiative est fondée sur le respect des humains : - communication bienveillante (communication non violente) ; - mode de gouvernance horizontale et partagée (sociocratie). Et aussi sur la protection de la nature : - utilisation d’outils de permaculture ; - diminution et utilisation des déchets ; - une gestion écologique et durable de l'eau ( notamment phytoépuration ) ; - mise en place de refuges pour espèces menacées (mare, plantation de haies, hôtel à insectes...).
Comment votre projet pourrait-il être éventuellement développé à une échelle plus large ?
Une dimension importante de l'agroécologie réside dans le fait que plus on développe ces techniques localement, plus son impact augmente. Nous avons à cœur de permettre son développement dans notre voisinage. L'agroécologie repose sur des techniques adaptables à différents contextes, qui fonctionnent dans différents types d'espaces et ne nécessitent aucun apport extérieur (ni engrais, ni outils particuliers, ni travail du sol, ...). C'est pourquoi nous souhaitons mettre en place des petits chantiers facilement reproductibles chez soi, dans une école ou un jardin public. Ils seront ouvert à tous quelque soit l'âge et la situation sociale. Nous avons prévu de demander une participation libre pour les chantiers école afin de pouvoir toucher même des foyers aux revenus modestes. Au fur et à mesure de nos chantiers, nous comptons mettre à disposition des schémas et des plans de ce que nous aurons réalisé (serre bioclimatique, phytoépuration, design en permaculture, associations de plantes, cycle de l'eau, ...). Nous développerons des panneaux pédagogiques fixes et numériques sur ces thématiques. Afin de développer le concept, nous avons choisi de partager nos connaissances grâce : - à des ateliers hebdomadaires gratuits ouverts à tous organisés par un animateur certifié en agroécologie ; - à la mise en place de parcours pédagogique ; - à notre centre de formation ; - au soutien des élus locaux (mairie, département, communauté de commune, région) ; - aux associations partenaires qui peuvent diffuser nos actions sur leurs réseaux ; - à la création d’un site internet qui permettra de tenir les gens informés des ateliers, évènements, chantiers ; - à l’organisation d’évènements publics ; - à la parution dans les médias (télévision, radio, journaux) ; - à la création de partenariats avec les producteurs locaux ; - à la publication de bulletins de liaison.
Plan d’actions détaillé
Plan d’actions
Ce plan d’action a été écrit en prenant en compte l’obtention de la subvention « Mon projet pour la planète ».
Etape 1 – Hiver 2018
- investissement des lieux ( 1 semaine )
- design permaculturel et marquage des espaces au sol ( 2 mois )
- développement de supports de communication pour présenter le projet ( 2 semaines )
- développement du site web ( 2 semaines )
- rencontre des agriculteurs et producteurs locaux ( 3 mois )
- développement du réseau associatif en allant à leur rencontre ( 1 an )
- préparation et organisation des premiers chantiers ( 1 mois )
- achat des outils nécessaires aux premiers chantiers ( 1 semaine )
Etape 2 - Juin 2018
- préparation des trous pour l’installation de la phyto-épuration, de la mare, des arbres du verger ( 1 jour )
- chantier école « premiers amendements et préparation du sol, buttes pour le jardin » ( 2 mois )
- premières plantations dans le jardin ( 2 mois )
- chantier école « construction de composteurs » ( 2 jours )
- installation de la phyto-épuration ( 3 semaines )
- chantier école « dessiner le verger et choisir les premières variétés » ( 3 jours )
Etape 4 – Juillet 2018
- chantier participatif pour le montage de la serre maraîchère ( 1 semaine )
- chantier participatif pour la préparation des sols et des bacs de plantations dans les serres ( 2 semaines )
- chantier école « construction du cabanon pour les outils » ( 3 jours )
- chantier école « différentes techniques de buttes » ( 1 semaine )
Etape 5 – Août 2018
- chantier participatif de montage de la serre bioclimatique adossée à la façade sud du bâtiment principal : fabrication des murs Sud, Ouest et Est ; toit ; huisserie ; domotique ( 3 semaines )
- formalisation des chantiers école en réalisant des supports numériques ( 1 mois )
- chantier école « installation d’un système d’irrigation dans le jardin » ( 3 jours )
Etape 6 – Septembre 2018
- organisation de l’inauguration du lieu ( 1 semaine )
- aménagement de l'intérieur de la serre bioclimatique ( 2 semaines )
- chantier école « installation du système d’irrigation de la serre » ( 3 semaines )
- chantier participatif de mise en place de la mare : bâche EPDM ; aménagement autour de la mare ; mise en eau ; plantations autour et dans la mare ( 10 jours )
- inauguration du jardin et des serres - évènement public ( 1 jour )
Etape 7 : Octobre 2018
- chantier « plantation des haies champêtres » ( 5 jours )
- chantier école « plantation des premiers arbres dans le verger » ( 5 jours )
- chantier école « des pieds de petits fruits rouges » ( 3 jours )
- préparation du contenu des panneaux pédagogiques ( 3 semaines )
Etape 8 : Novembre 2018
- atelier « fabrication des panneaux en bois du parcours pédagogique » ( 3 semaines )
- préparation des sols pour l’hibernation ( 2 semaines )
Etape 9 : Hiver 2019
- atelier familiale « fabriquer un hôtel à insectes » ( 3 x 1 jour )
- chantier école « greffe ton arbre » ( 1 semaine )
- atelier théorique « reproduire ses semences » ( 1 semaine )
- atelier théorique « créer des abris refuge pour les espèces menacées » (3 x 1 jour )
- atelier « dessiner un mandala de plantes aromatiques » ( 2 jours )
- finaliser les supports numériques théoriques ( 3 semaines )
- préparer les sols pour les cultures du printemps 2019 ( 1 mois )
- chantier école « faire des semis dans la serre bioclimatique » ( 3 semaines )
Etape 10 : Printemps 2019
- chantier école « plantation des semis sur butte » ( 2 semaines )
- chantier école « plantation des semis en pleine terre » ( 2 semaines )
- chantier théorie + pratique « assurer une production nourricière grâce à une serre » ( 2 semaines )
- accueil des écoles ( plusieurs demies journées )
- évènement ouvert au public pour fêter la première année du jardin ( 3 jours )
Nom de la ou des structures qui porteront le projet
Terre d'avenirs
Statut de votre structure
Association
Activités de votre structure
L’association « Terre d’avenirs » se donne pour but de créer et d’accompagner le développement de projets en accord avec les principes suivants : écologie, permaculture et protection de la biodiversité. Elle a vocation d’intérêt général au soutien d’autres structures et individus ainsi qu une mission pédagogique.
Pour ce faire, elle propose de :
- créer des projets innovants dans les domaines sus nommés ;
- aider à la création et l’installation de projets portant ces valeurs ;
- sensibiliser les acteurs du territoire (habitants, structures, pouvoirs publics) sur ces thématiques ;
- sauvegarder le patrimoine et les savoir faire ;
- créer du lien entre les différents acteurs du territoire pour relocaliser les activités et le savoir faire.
L’association « Terre d’avenirs » prévoit d’étendre le champ de ses activités en rapport avec son but : formation, rencontres, expositions, conférences, bulletin de liaison, publications, achat et vente de biens et de services.
Documents / Articles de Presse / Illustrations
ateliers de mise en terre de plants sur le jardin pedagogique de luminy.png (1.2 Mo)
differentes techniques de culture au jardin de luminy.png (1.2 Mo)
jardin maraicher les Milpas de Taranis.jpg (73.9 Ko)
semis en terre a ecolectif.jpg (350.7 Ko)
Site web ou vidéo
http://campus-libre.org/sd/terredavenirs/






