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Essence méditative
Le sens de la pratique méditative

ESSENCE MÉDITATIVE·LUNDI 7 MAI 2018
https://www.facebook.com/notes/essence-m%C3%A9ditative/le-sens-de-la-pratique-m%C3%A9ditative/231395827610111/
Qu'est ce que la méditation?
La méditation est une pratique permettant par la stase du corps et celle du mental de s’apaiser profondément et de retrouver une unité corps/esprit/énergie.
Comment médite t-on?
Il existe plusieurs types de méditation, à chacun de trouver celle qui lui semble le plus accessible pour commencer à bénéficier de ces bienfaits.
Le principe est toujours identique: il s'agit de définir un point de méditation et de poser son attention dessus. Cela peut être le souffle, une image mentale, une musique spécifique.
Ce point permet d'auto-contrôler sa pratique méditative.
Le but de la méditation n'est pas de faire le vide (l’humain n'étant pas vide par essence il serait impossible d'y parvenir) mais simplement de ne pas donner prise à ses pensées, ses émotions, ses sensations.
Méditer c'est être pleinement présent à soi et au monde.
Pourquoi méditer?
Vous pouvez méditer:
- pour réduire votre stress
- pour apaiser le flot de vos pensées
- pour réguler un trop plein d'émotion
- pour évacuer vos ruminations mentales
- pour vous sentir mieux
Vous pouvez méditer pour toutes sortes de raisons car la liste des bienfaits de la méditation est longue.
La méditation Pleine Conscience vous reconnecte à vous même et vous permet de retrouver votre sérénité naturelle ainsi qu’une harmonie avec votre environnement.
Le cheminement du méditant
La méditation est indéniablement une pratique permettant d'apaiser son mental, mais ceci n'est que la première étape du parcours du méditant.
Une fois cette relaxation du flot de pensées atteinte, les mécanismes limitants liés au mal être de la personne émergent.
Il y a donc, comme dans toute évolution de vie, une phase d'entre deux où on goûte à la fois au mieux être apporté par cette pratique, et où on est aussi confronté aux racines émotionnelles de notre mal-être.
La transformation de ce mal être se fait par le lâcher prise avec l’ego.
Quand ce processus se réalise, le bonheur naturel émerge durablement.
Y a t il des contres-indications à la méditation?
Comme expliqué précédemment, la méditation n'est pas une pratique de bien être immédiat et inconditionnel.
C'est un processus de déconstruction de ses schémas fermés qui conduit à une restructuration de soi dans une unité d'être.
La méditation est donc contre indiquée en cas de troubles mentaux et de fragilités psychiques car elle pourrait renforcer le côté déstructuré de la personne.
Il est bon de rappeler également que la méditation est un outil de cheminement vers un mieux être mais ne se substitue en aucun cas à un suivi médical.
Pour conclure la pratique méditative est par essence une pratique de transformation véritable et profonde qui unifie l'être.
Réfléchir sur l'huile de palme
Voilà donc un cas concret.
Il s'agit de "réfléchir" au problème de l'huile de palme et d'identifier très clairement un choix personnel et s'y tenir.
1) Soit, c'est un problème qui ne me concerne pas et donc, je choisis de continuer à consommer les produits qui me plaisent.
2) Soit, je me sens concerné par cette situation et donc, je choisis d'identifier les produits concernés et je décide d'apprendre à m'en passer.
C'est 1 ou 2.
Collaborateur ou Résistant.
La neutralité n'est qu'une collaboration passive qui sert de prétexte aux exploitants pour cautionner leurs actes et leurs "réflexions".
Aucun d'entre eux n'a d'autre intention que de s'enrichir en usant de la neutralité des masses ou du choix délibéré de profiter de tout, en dépit de toute raison commune.
Soit, nous décidons d'être le carburant du moteur des tronconneuses, soit nous décidons d'ériger par nos consciences et nos actes des barrières métalliques autour des forêts pour que les chaînes s'y brisent.
Mais, ce qui est une certitude, c'est que nous sommes et serons responsables de l'existence des générations futures. Si le mot "futur" a encore un sens.
“J’AI VU LE SCANDALE DE L’HUILE DE PALME” : UN TÉMOIGNAGE EXCEPTIONNEL
Parce qu'il est nécessaire de mettre des images sur des mots, voici un reportage qui, déjà, touche bien au delà des seules personnes sensibilisées.
Par
Axel Leclercq-
Publié le 27 mars 2018 à 17:21 - Mis à jour le 7 avril 2018 à 22:34PAS DE PUBLICITÉ, DES CONTENUS EXCLUSIFS...
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L’huile de palme serait à l’origine d’une catastrophe écologique. Mais de quoi parle-t-on vraiment ? En quoi se gaver de pâte à tartiner, manger des biscuits ou se laver les cheveux (oui, on trouve aussi de l’huile de palme dans des shampooings) pose un problème à qui que ce soit ? Pour avoir une réponse à cette simple question, il n’y a qu’à jeter un œil à cette vidéo édifiante, passionnante et bouleversante qui, et c’est une excellente nouvelle, remporte actuellement un gigantesque succès d’audience sur Youtube.
Julien Donzé (plus connu sous le nom de Le Grand JD) est parti sur l’île de Bornéo pour voir de ses propres yeux à quoi ressemblait la culture de l’huile de palme et quelles pouvaient être les conséquences de ce business juteux sur l’homme et la nature.
Accompagné de Bernard Genier, un journaliste de la télévision suisse qui s’était déjà rendu sur place il y a 17 ans, il a alors observé l’inimaginable : des forêts vierges rasées à perte de vue, des terres infinies rongées par les pesticides où plus rien ne pousse (à part des palmiers, bien sûr) et, pire que tout, des peuples autochtones menacés et condamnés à vivre sur des terres réduites à peau de chagrin.
Alors voilà. Si vous avez le courage de savoir en quoi l’huile de palme est à l’origine d’une catastrophe écologique, c’est maintenant…
En moins de trois jours, cette vidéo a déjà été vue près d’un million de fois. Un chiffre qui doit nous réjouir : il y a fort à parier que c’est un million de personnes qui, désormais, liront les étiquettes avant de remplir leur panier de courses. Et encore, ça n’est qu’un début.
N’attendons pas que des lois viennent changer la règle du jeu. Tant qu’il y aura des fortunes à gagner, on trouvera toujours des gens prêts à raser la jungle et à éliminer ses habitants (Bernard Genier l’explique très bien dans la vidéo). Mais dès lors que plus personne n’acceptera de cautionner ce massacre par ses achats, alors, ce qui reste sera sauvé.
Cette vidéo ne prêche pas que les convaincus. Pourvu qu’elle tourne encore et encore. Il y a urgence.
A savoir aussi que cette situation de la destruction des forêts primaires est connue depuis plus de dix ans et si le problème existe toujours, c'est que les consommateurs consomment...
Ecrire, lire, écrire, lire...
C'est fou l'écriture d'un roman ce que ça peut vous amener à faire : lire la réglementation des armes à feu en Nouvelle Zélande, trouver l'adresse d'un magasin informatique à Bombay, l'emplacement d'un lac d'altitude dans la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, étudier la carte de l'Irak, de la Turquie et de l'Europe de l'est, chercher la distance entre Paris et Istanbul, lire des dizaines de documents et articles scientifiques, visionner des dizaines de vidéos, analyser des données économiques et les comparer d'un site à un autre, étudier le réchauffement climatique, trouver l'adresse d'une banque à Dunedin, chercher les procédures d'ouverture de compte bancaire à l'étranger, apprendre les différentes versions du réel à travers les peuples premiers, tenir à jour le registre de tous les personnages, égrener des éléments disparates pour que l'ensemble du puzzle se forme, au fil des pages et sur trois romans...ou quatre...ou plus...Je ne sais pas où je vais mais c'est magnifique d'être perdu de la sorte.
L'écriture d'une trilogie... Je découvre en fait la particularité de ce travail. Un élément du tome 1 peut avoir une importance considérable dans le tome 3 et il est particulièrement délicat de mettre ainsi en place des éléments disparates sur une telle longueur.
Hier soir, j'ai envoyé un mail à mon éditrice pour lui dire que j'avais oublié un détail dans le tome 1, "Les héros sont tous morts". Je voulais savoir s'il était possible de le rajouter avant la publication de la version papier. Et pendant la nuit, je me suis réveillé et immédiatement, j'ai réalisé que cet "oubli" n'était pas dans le tome 1 mais dans le tome 2 que je suis en train d'écrire... Là, j'ai compris à quel point, je m'étais embarqué dans une aventure aux horizons lointains. Au point d'en perdre de vue mes repères habituels dans l'écriture et à ne plus savoir qui est où, qui fait quoi, qui a fait quoi avec qui...
Tout ça pour dire que l'écriture, c'est un vaste chantier, une construction monumentale, qui occupe un espace et un temps immense, que l'engagement de l'auteur se doit d'être intégral.
J'ai longtemps refusé de m'attribuer le terme d'écrivain. Je ne m'en sentais pas le droit au regard de l'excellence de ces écrivains qui avaient empli mes jours et mes nuits. Je disais juste que j'aimais écrire.
Maintenant, j'arrive à me le dire, intérieurement. "Tu es écrivain."
M Ollier, professeur de lettres en seconde qui me rend un devoir et qui me dit en souriant : "Un jour Ledru, vous serez édité".
J'aime repenser au visage de cet homme. Il ne disait pas cela comme une boutade. Il en était persuadé.
Extinction massive
Cet homme-là n'est pas un "déglingué apocalyptique" mais un des esprits les plus éveillés qui soient.
RTBF
C'est un sage qui jusque là avait plutôt la tête dans les étoiles. Aujourd'hui, il nous revient avec un cri d'alarme très terre à terre: Hubert Reeves, le célèbre astrophysicien, continue à 85 ans son combat pour sauver la planète: "Nous sommes en train de vivre un anéantissement biologique" alerte-t-il, en passage au museum de sciences naturelles de Bruxelles, "une extinction de masse des animaux".
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Il continue donc à parcourir le monde avec des livres et des conférences pour faire passer un message: il faut sauver notre biodiversité, il est urgent de sauver toutes ces espèces en train de disparaître.
"La diminution des vers de terre, ça ne fait pas la une des journaux. Cependant, c'est tout aussi grave que le réchauffement climatique. Il faut alerter sur l'importance de préserver la nature sous cette forme qui est proche de nous mais que la plupart du temps nous ignorons, parce que ça marche tout seul"
Notre civilisation est en train de surexploiter toutes les ressources de la nature au détriment des animaux ou des insectes qui peuplent la terre et ses océans, prévient-il.
"C'est une situation d'alerte. Il faut prendre conscience que les décisions qui se prennent aujourd'hui vont influencer l'humanité pendant des milliers d'années."
En attendant, de nombreux scientifiques l'ont déjà constaté, une extinction majeure des espèces est en cours. La dernière avait conduit à la disparition des dinosaures ...il y a 66 millions d'années.
"Nous avons déjà éliminé la moitié des espèces vivantes. Ca correspond à ce qu'on appelle une extinction de masse. La sixième depuis un milliard d'années, mais la plus grave car la plus rapide. Auparavant, cela prenait des milliers d'années, maintenant, c'est des décennies. La vie peut s'adapter, mais pas à cette vitesse"
Un message d'urgence qu'il veut à tout prix faire passer aux plus jeunes, en expliquant la biodiversité dans une BD. On y parle des vers de terre, ces véritables ingénieurs des mines, ou encore du nécessaire retour du loup. Un message reçu 5 sur 5 par tous les enfants, scotchés ce matin pendant une bonne heure à leur chaise...
Réfléchir...

Réfléchir... On pourrait penser que c'est une démarche intérieure bénéfique.
C'est insuffisant si cela ne concerne que la raison car l'individu est parfaitement capable de s'inventer "des raisons" qui lui sont favorables là où la raison commune pourrait s'opposer.
Il n'y a que le filtre de l'âme qui puisse détourner l'esprit des gouffres sombres du mental.
Le mental, l'esprit, la raison et l'âme.
C'est ce que j'ai cherché à analyser dans "Les héros sont tous morts".
Chaque individu, confonté à la tentation de la fortune, réfléchit selon ses intérêts et non selon une raison universelle.
Et c'est pour cela aussi que j'ai tenu à insérer dans ce roman la vision raisonnée des Kogis. Ils n'ont pas d'intérêt personnels prioritaires. Ils ont des intérêts communs et chaque individu puise dans cette cohésion le bonheur de son développement personnel.
Une vision inverse de celle du monde occidental.
S'il existe bien dans les sociétés "modernes", des objectifs communs, ils serviront toujours des intérêts personnels et ces intérêts seront le moteur de l'engagement de l'individu.
Le monde politique est l'exemple type de ce fonctionnement. Ces individus vont nous parler de l'intérêt général alors que leur positionnement au regard de leur idée de la politique est à l'encontre même de la cohésion de l'ensemble. Nos politiques sont systématiquement en opposition les unes et les autres non pas parce que les objectifs ne sont pas suffisamment puissants pour créer un mouvement unitaire mais parce que ces objectifs sont détournés par les intentions individuelles des leaders politiques. Dans leur esprit, la politique les sert et non l'inverse.
On peut bien entendu étendre ce constat à bien d'autres secteurs et situations : Les enseignants qui répondront favorablement à des injonctions ministérielles pour soutenir leur plan de carrière et leur tranquillité alors que les décisions vont à l'encontre du bien commun des enfants...Des industriels qui se gausseront de créer des emplois en développant des produits qui contribueront à tuer les vies des ouvriers eux-mêmes et de l'ensemble des personnes inévitablement contaminées. Des consommateurs qui continuent à acheter des produits dont la nocivité est reconnue, pour eux et pour la planète, et qui vont s'émouvoir quelques secondes en regardant les images du désastre au journal de 20 heures...
L'intérêt personnel est le moteur commun.
Je ne vais pas m'étendre davantage, j'en aurais pour des heures.
Il n'existe qu'une solution à mes yeux : la raison universelle. Non pas une raison qui ne concernerait que les humains mais bien l'ensemble de la création, c'est à dire une raison qui aurait la capacité à établir un regard macroscopique et non plus un regard sur le "moi" et ses proches...
Autant dire que c'est une utopie et qu'elle ne verra jamais le jour. Pas dans l'état actuel des choses.
Par contre...
Imaginons que ce système de pensées, ce formatage et cet abêtissement volent en éclat pour des raisons exogènes, planétaires, un chaos mondial, une extinction partielle de l'humanité.
Qu'en sera-t-il de la raison ?
Devant l'anéantissement, les individualités formeront-elles une entité capable de s'extraire des intérêts personnels ? ou pas ?
"Les héros sont tous morts" explore la dimension de la tentation.
"Tous, sauf elle" établit les germes du chaos.
"Le désert des Barbares" décrit l'effondrement.
Je sais aujourd'hui qu'il faudra un quatrième tome, celui des survivants.
EXTRAIT :
« La Terre souffre et nous l’entendons. Vous, les petits frères, vous avez oublié d’où vous venez, vous n’avez plus de racines, vous n’avez aucun ancrage et vous errez dans le vent à la recherche d’un bonheur que vous avez saccagé. Mais votre quête du bonheur ajoute encore au désastre car vous courez tous dans le même sens ? Qu’es-tu allée chercher là-haut ? Une vie meilleure ? Ou juste une image de toi ? Une image qui comblerait la douleur que tu portes, que vous portez tous, vous les Petits Frères. Parce que vous êtes les serviteurs de la mort. »
Parking extérieur. Lumière du jour. Zone d’approvisionnement du centre commercial. Des containers, des déchets de toutes sortes, tous les véhicules des employés. Elle balaya rapidement l’espace et s’engagea dans les enfilades des voitures. Elle jeta un regard rapide dans son dos. Rien, personne, aucun mouvement. Le tueur avait abandonné la poursuite. Sans doute s’était-il décidé à éliminer des proies plus faciles. Elle ne voulut pas ralentir sa course. S’éloigner, fuir, loin, disparaître, éviter les forces de police. Elle vit surgir au bout du parking trois véhicules militaires, des bâches sur les armatures en demi-cercles, le camouflage habituel des frondaisons. Elle se tapit derrière un 4X4 et laissa passer les troupes. Elle regarda furtivement les hommes sauter des camions et se ruer à l’intérieur du bâtiment. Exactement le chemin inverse au sien. Elle était sortie juste à temps.
Disparaître.
Elle resta accroupie et se faufila derrière les véhicules jusqu’à la sortie du parking. Elle traversa l’avenue et s’accorda une pause. Elle était en dehors de la zone dangereuse, hors d’atteinte, hors de vue, anonyme parmi la foule. Elle devait reprendre son souffle, observer, tenter de comprendre.
Quelques soldats descendus des camions barraient l’entrée du parking avec de la rubalise, périmètre de sécurité, vérification des identités.
Elle prit conscience du chaos.
De la fumée s’échappait d’un toit du bâtiment, un feu en cours. Elle entendait des sirènes de l’autre côté du centre. Des gens qui couraient, des cris, des appels, elle vit un soldat soutenir une femme blessée. Des dizaines de voitures arrêtées sur la chaussée, des curieux qui cherchaient à comprendre, inconscients du danger, heureux d’être des témoins privilégiés. Personne n’avait idée du massacre.
Elle en était sortie.
Une fortune dans les bras.
Disparaître.
Réfléchir…
Le spécisme en voie d'extinction.

Il y a encore 150 ans, la plupart des citoyens des pays d’Europe occidentale accordaient moins de droits et de capacités cognitives aux Noirs qu’aux Blancs, ou aux femmes qu’aux hommes. Peu à peu, les mentalités ont évolué, de sorte que nous avons globalement considéré que la première attitude – le racisme – et la seconde – le sexisme – ne correspondent ni à une vision juste des choses, ni à une attitude saine et propice au bien-être de tous.
Un processus analogue semble en cours, concernant notre rapport aux animaux. L’idée selon laquelle l’être humain serait intrinsèquement supérieur aux autres animaux et aurait sur eux des droits particuliers, perd peu à peu de ses soutiens. Un terme est apparu, qui rend compte de ce phénomène : le spécisme. Le spécisme validerait une hiérarchisation des espèces, comme le racisme a tenté le faire pour les origines ethniques, et le sexisme, pour les sexes. En tant que tel, il pourrait bien un jour être traité d’une façon analogue : réprouvé, puis abandonné.
Nous voyons partout autour de nous des signes révélateurs. Manifestations pour la fermeture des abattoirs, alertes sur les conditions d’abattage, mise en cause croissante de l’expérimentation animale, répudiation du foie gras ou des cirques traditionnels… L’actualité témoigne d’évolutions majeures dans la manière dont les Français conçoivent leur relation avec les animaux non humains. Ces mutations de la sensibilité avaient été anticipées par plusieurs pionniers des sciences sociales comme le sociologue Norbert Elias et l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, qui auguraient d’un rejet civilisationnel de la viande. Elles sont confirmées dans les analyses récentes de Steven Pinker, qui décrit un élargissement historique du cercle moral : la chasse décline, l’expérimentation animale est plus stricte, le végétarisme croît… « La tendance historique est claire : dans le futur, les gens considéreront que l’élevage d’animaux destinés à l’abattage est une pratique barbare », n’hésite pas à écrire l’influent intellectuel de Harvard.
Depuis une cinquantaine d’années, la dénonciation de l’instrumentalisation des animaux et des conditions de leur utilisation alimentaire, vestimentaire ou de loisir a fait l’objet d’une intensification des travaux en éthique animale, face à une élévation des cadences de l’abattage : 70 milliards d’oiseaux et de mammifères sont tués dans les abattoirs chaque année dans le monde, ainsi que 1 000 milliards de poissons. Dans le monde, près de 100 millions d’animaux sont annuellement sacrifiés pour la recherche scientifique. C’est dans ce contexte qu’au début de l’année 2018, la première revue scientifique mondiale en psychologie sociale publiait une série d’études consacrées au spécisme. Avant cette publication, un nombre croissant de recherches ont dévoilé les normes et processus cognitifs qui neutralisent l’inconfort psychologique résultant de l’exploitation et la consommation des animaux.
Qu’est-ce que le spécisme ?
Forgé en 1970 par le psychologue britannique d’Oxford Richard Ryder, ce terme a été popularisé cinq ans plus tard par le philosophe de Princeton Peter Singer pour dénoncer ce qu’il considérait comme une discrimination injustifiable, à l’exemple du racisme ou du sexisme. Le spécisme correspond à l’attribution d’une valeur morale inégale à un animal en fonction de son appartenance à une espèce donnée, ce qui conduit à ignorer les intérêts biologiques propres des animaux non humains.
URGENT : un vote utile.
URGENT :
Il manque une centaine de voix pour que le projet soit retenu et les votes se terminent ce soir à minuit...
Merci pour eux et n'hésitez pas à partager autant que possible.
Développer une micro ferme pédagogique et nourricière en agroécologie
Terre d'Avenirs, le 24 février 2018 à 17:05 • Modifié le 27 février 2018 à 18:33

Un lieu ressource où se côtoient un jardin vivrier et des ateliers de formation
Description
Il existe des techniques agricoles permettant :
- un renouvellement durable des ressources naturelles nécessaires à la production (biodiversité, eau, sol, ...) ;
- la préservation et la régénération des sols ;
- une réduction importante de l'utilisation des énergies non renouvelables ;
- l'arrêt d'utilisation d'intrants chimiques ;
- l'amélioration de la santé des agriculteurs et des consommateurs ;
- d’atteindre la sécurité alimentaire.
Ces méthodes se regroupent sous l'appellation d'agroécologie qui concilie productivité, préservation des agrosystèmes et développement économique et social.
Nous proposons la création d'une micro ferme pédagogique vivrière en agroécologie.
Cet espace sera créé au sein d'un projet plus global regroupant : des écohabitats, un centre de formation, un espace de soins, ...
Notre projet a deux vocations principales :
- créer un jardin potager en agroécologie permettant aux habitants de s'autoalimenter ;
- partager ces expériences et acquis pour accompagner les personnes qui le souhaitent à prendre en main leur alimentation.
Concrètement, nous comptons :
- nous faire accompagner et conseiller la première année par un maraîcher, animateur en agroécologie, pour mettre en place un système de production permettant de nourrir l'écohameau, et pour réaliser les parcours pédagogiques ;
- construire une serre bioclimatique ;
- équiper le site entier en phytoépuration dans une optique de cohérence globale ;
- nous faire accompagner par des partenaires pour établir le design du lieu en permaculture ;
- planter un verger conservatoire de variétés anciennes et locales ainsi que des haies qui serviront de lieux d'habitat pour la faune locale ;
- proposer des ateliers et des chantiers école.
Nous imaginons ce jardin comme un espace pédagogique ouvert à tous, où nous pourrons expérimenter différentes techniques de culture.
Cette initiative vise à minimiser l'impact de certaines activités humaines sur l'environnement. Elle permet de reconnecter l'Homme à la Terre.
Lieu ou adresse
1 Rue du Jardin d'Enfants, 66230 Prats-de-Mollo-la-Preste, France
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En quoi votre projet répond-il à l’intérêt général ?
Nos principaux objectifs servent l'intérêt général car nous soutenons la transition écologique en rendant le consommateur actif, en protégeant les sols et la biodiversité, en gérant durablement les ressources naturelles, en participant à la culture de produits sains et au maintien de la santé, en développant les circuits courts et en montrant qu'il est possible d'être autonome en eau. Ces pratiques permettent de prendre soin de notre planète. Notre projet porte une mission pédagogique au travers des ateliers, des chantiers et des parcours pédagogiques. Nous créons un lieu ouvert qui permet les échanges. La ferme pédagogique vise à améliorer la qualité de vie des usagers qui s’alimentent ainsi de façon saine et préservent les sols. Il permet de transmettre des solutions pour le développement d’une agriculture écologique et durable. Cette activité revitalise une zone rurale en proposant des activités attractives et accessibles à tous.
Quels sont vos partenaires et les autres acteurs mobilisés sur ce projet ?
Les fermes : ferme de Can là haut ; les Milpas de Taranis / L'entreprise : Informatik'éthique / Les associations : Centre Culturel de Luminy ; Colibris ; Terre & Humanisme / Nous souhaitons nous mettre en relation avec les entrepreneurs, mairies, déchetteries et communauté de commune locale pour établir un partenariat afin de récupérer les déchets de tonte et d'élagage ainsi que du compost. Nous comptons nous mettre en relation avec le département pour faire planter des haies champêtres.
Quelles seront leur contribution au projet ?
Ferme de Can la Haut : aide à la réalisation du design en permaculture de tout le site, utilise notre structure pour faire des stages de permaculture / Centre Culturel de Luminy : mise en réseau, diffusion de nos stages et évènements, participation aux chantiers, temps d'échanges sur nos pratiques et savoirs respectifs / Informatik'éthique : mise en place d'un site web et d'un intranet de travail partagé pour les utilisateurs du jardin / Colibris : mise en réseau, diffusion de nos stages et évènements / Ferme les Milpas de Taranis: conseil et aide pour la mise en place du jardin et dons de plants.
En quoi votre projet est il innovant ou pionnier ?
Nous proposons un lieu ouvert où chaque citoyen peut facilement se reconnecter à la Terre : - en produisant lui même les aliments qu'il va consommer dans un espace riche et dynamique en constante évolution ; - en s'appropriant des savoir-faire issus des dernières découvertes en agroécologie ; - en participant à la culture de produits sains pour le sol, pour le cultivateur et pour le consommateur ; - en améliorant sa compréhension du monde agricole. Les ateliers et formations qui s'y dérouleront vont permettre de révéler les enjeux scientifiques et sociétaux de demain en impliquant tous les acteurs locaux : habitants, agriculteurs, associations, entreprises, élus. Notre concept est unique et novateur, car il rassemble au même endroit : - une micro ferme vivrière avec serre bioclimatique ; - un jardin pédagogique en agroécologie ; - un verger conservatoire de variétés anciennes ; - un lieu de vie dans des maisons passives prototypes ; - un centre d'accueil et de formation ; - un atelier de menuiserie. L’environnement est adapté aux gens de tous les âges (juniors et seniors) et certains ateliers seront ouverts aux familles accompagnées de leurs enfants. L’organisation de notre initiative est fondée sur le respect des humains : - communication bienveillante (communication non violente) ; - mode de gouvernance horizontale et partagée (sociocratie). Et aussi sur la protection de la nature : - utilisation d’outils de permaculture ; - diminution et utilisation des déchets ; - une gestion écologique et durable de l'eau ( notamment phytoépuration ) ; - mise en place de refuges pour espèces menacées (mare, plantation de haies, hôtel à insectes...).
Comment votre projet pourrait-il être éventuellement développé à une échelle plus large ?
Une dimension importante de l'agroécologie réside dans le fait que plus on développe ces techniques localement, plus son impact augmente. Nous avons à cœur de permettre son développement dans notre voisinage. L'agroécologie repose sur des techniques adaptables à différents contextes, qui fonctionnent dans différents types d'espaces et ne nécessitent aucun apport extérieur (ni engrais, ni outils particuliers, ni travail du sol, ...). C'est pourquoi nous souhaitons mettre en place des petits chantiers facilement reproductibles chez soi, dans une école ou un jardin public. Ils seront ouvert à tous quelque soit l'âge et la situation sociale. Nous avons prévu de demander une participation libre pour les chantiers école afin de pouvoir toucher même des foyers aux revenus modestes. Au fur et à mesure de nos chantiers, nous comptons mettre à disposition des schémas et des plans de ce que nous aurons réalisé (serre bioclimatique, phytoépuration, design en permaculture, associations de plantes, cycle de l'eau, ...). Nous développerons des panneaux pédagogiques fixes et numériques sur ces thématiques. Afin de développer le concept, nous avons choisi de partager nos connaissances grâce : - à des ateliers hebdomadaires gratuits ouverts à tous organisés par un animateur certifié en agroécologie ; - à la mise en place de parcours pédagogique ; - à notre centre de formation ; - au soutien des élus locaux (mairie, département, communauté de commune, région) ; - aux associations partenaires qui peuvent diffuser nos actions sur leurs réseaux ; - à la création d’un site internet qui permettra de tenir les gens informés des ateliers, évènements, chantiers ; - à l’organisation d’évènements publics ; - à la parution dans les médias (télévision, radio, journaux) ; - à la création de partenariats avec les producteurs locaux ; - à la publication de bulletins de liaison.
Plan d’actions détaillé
Plan d’actions
Ce plan d’action a été écrit en prenant en compte l’obtention de la subvention « Mon projet pour la planète ».
Etape 1 – Hiver 2018
- investissement des lieux ( 1 semaine )
- design permaculturel et marquage des espaces au sol ( 2 mois )
- développement de supports de communication pour présenter le projet ( 2 semaines )
- développement du site web ( 2 semaines )
- rencontre des agriculteurs et producteurs locaux ( 3 mois )
- développement du réseau associatif en allant à leur rencontre ( 1 an )
- préparation et organisation des premiers chantiers ( 1 mois )
- achat des outils nécessaires aux premiers chantiers ( 1 semaine )
Etape 2 - Juin 2018
- préparation des trous pour l’installation de la phyto-épuration, de la mare, des arbres du verger ( 1 jour )
- chantier école « premiers amendements et préparation du sol, buttes pour le jardin » ( 2 mois )
- premières plantations dans le jardin ( 2 mois )
- chantier école « construction de composteurs » ( 2 jours )
- installation de la phyto-épuration ( 3 semaines )
- chantier école « dessiner le verger et choisir les premières variétés » ( 3 jours )
Etape 4 – Juillet 2018
- chantier participatif pour le montage de la serre maraîchère ( 1 semaine )
- chantier participatif pour la préparation des sols et des bacs de plantations dans les serres ( 2 semaines )
- chantier école « construction du cabanon pour les outils » ( 3 jours )
- chantier école « différentes techniques de buttes » ( 1 semaine )
Etape 5 – Août 2018
- chantier participatif de montage de la serre bioclimatique adossée à la façade sud du bâtiment principal : fabrication des murs Sud, Ouest et Est ; toit ; huisserie ; domotique ( 3 semaines )
- formalisation des chantiers école en réalisant des supports numériques ( 1 mois )
- chantier école « installation d’un système d’irrigation dans le jardin » ( 3 jours )
Etape 6 – Septembre 2018
- organisation de l’inauguration du lieu ( 1 semaine )
- aménagement de l'intérieur de la serre bioclimatique ( 2 semaines )
- chantier école « installation du système d’irrigation de la serre » ( 3 semaines )
- chantier participatif de mise en place de la mare : bâche EPDM ; aménagement autour de la mare ; mise en eau ; plantations autour et dans la mare ( 10 jours )
- inauguration du jardin et des serres - évènement public ( 1 jour )
Etape 7 : Octobre 2018
- chantier « plantation des haies champêtres » ( 5 jours )
- chantier école « plantation des premiers arbres dans le verger » ( 5 jours )
- chantier école « des pieds de petits fruits rouges » ( 3 jours )
- préparation du contenu des panneaux pédagogiques ( 3 semaines )
Etape 8 : Novembre 2018
- atelier « fabrication des panneaux en bois du parcours pédagogique » ( 3 semaines )
- préparation des sols pour l’hibernation ( 2 semaines )
Etape 9 : Hiver 2019
- atelier familiale « fabriquer un hôtel à insectes » ( 3 x 1 jour )
- chantier école « greffe ton arbre » ( 1 semaine )
- atelier théorique « reproduire ses semences » ( 1 semaine )
- atelier théorique « créer des abris refuge pour les espèces menacées » (3 x 1 jour )
- atelier « dessiner un mandala de plantes aromatiques » ( 2 jours )
- finaliser les supports numériques théoriques ( 3 semaines )
- préparer les sols pour les cultures du printemps 2019 ( 1 mois )
- chantier école « faire des semis dans la serre bioclimatique » ( 3 semaines )
Etape 10 : Printemps 2019
- chantier école « plantation des semis sur butte » ( 2 semaines )
- chantier école « plantation des semis en pleine terre » ( 2 semaines )
- chantier théorie + pratique « assurer une production nourricière grâce à une serre » ( 2 semaines )
- accueil des écoles ( plusieurs demies journées )
- évènement ouvert au public pour fêter la première année du jardin ( 3 jours )
Nom de la ou des structures qui porteront le projet
Terre d'avenirs
Statut de votre structure
Association
Activités de votre structure
L’association « Terre d’avenirs » se donne pour but de créer et d’accompagner le développement de projets en accord avec les principes suivants : écologie, permaculture et protection de la biodiversité. Elle a vocation d’intérêt général au soutien d’autres structures et individus ainsi qu une mission pédagogique.
Pour ce faire, elle propose de :
- créer des projets innovants dans les domaines sus nommés ;
- aider à la création et l’installation de projets portant ces valeurs ;
- sensibiliser les acteurs du territoire (habitants, structures, pouvoirs publics) sur ces thématiques ;
- sauvegarder le patrimoine et les savoir faire ;
- créer du lien entre les différents acteurs du territoire pour relocaliser les activités et le savoir faire.
L’association « Terre d’avenirs » prévoit d’étendre le champ de ses activités en rapport avec son but : formation, rencontres, expositions, conférences, bulletin de liaison, publications, achat et vente de biens et de services.
Documents / Articles de Presse / Illustrations
ateliers de mise en terre de plants sur le jardin pedagogique de luminy.png (1.2 Mo)
differentes techniques de culture au jardin de luminy.png (1.2 Mo)
jardin maraicher les Milpas de Taranis.jpg (73.9 Ko)
semis en terre a ecolectif.jpg (350.7 Ko)
Site web ou vidéo
http://campus-libre.org/sd/terredavenirs/
Textes sur l'amour : mise à jour
L'an passé déjà, j'ai entrepris de faire du "rangement" dans le blog et j'en suis venu à chercher les textes sur l'Amour.
J'ai pu réaliser à quel point cette quête, son exploration, son vécu, son saisissement intégral occupaient largement mes réflexions.
En voici quelques liens parmi beaucoup d'autres avec une mise à jour.

Aimer et ensuite apprendre (spiritualité)
L'amour et le besoin (spiritualité)
L'amour et le besoin (2) (spiritualité)
L'amour et le besoin (3) (sexualité sacrée)
L'Amour et le juste milieu. (spiritualité)
Ma vision de l'Amour. (spiritualité)
L'amour en otage (spiritualité)
L'Amour véritable (spiritualité)
L'amour de la Nature (spiritualité)
L'amour du silence. (spiritualité)
L'amour des montagnes. (A CŒUR OUVERT)
L'amour des âmes (spiritualité)
L'amour inconditionnel (spiritualité)
Dans le territoire de l'amour (spiritualité)
Le corps Sacré. (sexualité sacrée)
Le couple et l'amour conscient (sexualité sacrée)
La réalité de l'amour (sexualité sacrée)
Amour et séduction. (spiritualité)
Amour et sexualité (sexualité sacrée)
Etre en amour. (spiritualité/sexualité)
Les âmes enlacées (sexualité sacrée)
La sexualité censurée (spiritualité)
Vélo, tantrisme et pleine conscience.
Vertiges de l'Amour à vélo. (spiritualité)
Cirques sans animaux
Ils n'étaient plus "des saltimbanques mais des tortionnaires" : le cirque Bouglione lance son éco-cirque sans animaux
"On a vu le regard du public changer" raconte Sandrine Bouglione, qui dirige aujourd'hui avec entre autres son mari, un éco-cirque, sans exploitation animale.
Un grand nom du cirque français menacé de disparaître : le cirque Pinder a été placé en liquidation judiciaire le 2 mai 2018. Son propriétaire Gilbert Edelstein se dit victime de la crise, de la peur des attentats, mais aussi des rythmes scolaires et du désintérêt du public, qui boude de plus en plus les spectacles avec des animaux sauvages en captivité.
Ce constat, le cirque Joseph Bouglione l’a dressé il y a quasiment un an. La troupe a décidé de cesser de se produire avec des animaux pour aller vers un éco-cirque : son dernier spectacle intitulé L’étrange cabaret magique se joue sans exploitation animale... sauf un : un poisson rouge !
Devenus "des tortionnaires" pour le public
Terminé le temps où André-Joseph Bouglione, petit-fils de l'un des fondateurs du célèbre cirque, posait pour la télévision avec un bébé tigre dans les bras. L'an dernier, la troupe a donc décidé de sauter le pas : plus d'animaux dans les spectacles. Un coup de tonnerre dans le milieu : "on défendait notre métier avec une ardeur extraordinaire, mais on a vu le regard du public changer." Pour elle, le public se disait : "ce ne sont plus des saltimbanques mais des tortionnaires."
La présence de l’animal en captivité à vie, ce sont des valeurs que les gens ne voulaient plus transmettre à leurs enfantsSandrine Bouglionefranceinfo
Une remise en question était nécessaire selon Sandrine, qui a aussi constaté un retrait des écoles : "quand on voit que le cirque Pinder se plaint des quatre jours et demi d’école, ça n’est pas vrai. Lorsqu'on contacte les écoles, beaucoup de maitresses ne veulent plus transmettre ces valeurs-là aux enfants."
De mauvaises pratiques qui salissent les cirques
Pour Sandrine Bouglione, le cirque traditionnel doit évoluer, et rompre avec des pratiques qui rendent les cirques indésirables dans certaines villes aujourd'hui : "beaucoup de petits cirques manquent de force. Il faut savoir qu’il faut trois semaines pour déloger un cirque qui s'est implanté illégalement. Je pense que les grands cirques n’ont pas su faire le ménage pour faire en sorte que ce genre de pratiques ne se fassent pas, et aujourd’hui ils en payent le prix. Le public est en train de bouder le cirque à cause d'agissements illégaux... C’est impensable."
Voir un animal attaché sur un rond point ou sur un panneau de signalisation pour annoncer un cirque en ville, c’est abominable Sandrine Bouglione
Le cirque Joseph Bouglione va donc se lancer dans un éco-cirque. Les costumes seront en fibres végétales uniquement. Il n'y aura même plus le poisson rouge : "il est à la retraite !"
"La vue au bout des doigts"
Il y a 3 ans, Mathieu Barbe chutait de 20 mètres sur la Via Ferrata de la Bastille à Grenoble, à cause d'une longe défectueuse. Gravement blessé, la vie de cet étudiant de 25 ans a basculé. Aujourd'hui, il a repris goût à la vie grâce à sa passion: le sport.
Par Faïza Garel-Younsi
Aveugle, il reprend l'escalade
Pour Mathieu, pas question de se laisser abattre: aujourd'hui, le jeune homme a décroché son diplôme d'ingénieur à l'INSA de Lyon. Malgré son handicap, ce passionné de montagne a repris le sport. Notamment, l'escalade. Une pratique désormais adaptée, Mathieu est guidé à l'oreillette par un "assureur". Même s'il n'a pas retrouvé le niveau qu'il avait avant l'accident, à force d'entraînements, il a réussi à intégrer l'Equipe de France Handi Escalade. Aujourd'hui il rêve de participer au prochain Championnat du Monde
Et pourquoi pas d'accéder au Podium!
Reportage François Guais et Jean-Pierre Rivet
Le réalisateur Brunot Cédat lui a consacré un film "la vue au bout des doigts" :
LA VUE AU BOUT DES DOIGTS from Bruno CEDAT on Vimeo.
Musique
Il est vraiment très rare que j'écoute des musiques avec des paroles mais, là, cette voix et cette rythmique m'ont happé. Une heure qu'elle tourne en boucle et que j'écris.
Vélo, tantrisme et pleine conscience.

Ce matin, je me suis dit qu’il était temps, pour cette quatrième sortie en vélo, de passer le cap des soixante kilomètres. Je me suis donc mitonné un parcours bien vallonné et un final où je m’imaginais bien exploser en vol comme c’est déjà arrivé. Sur ce parcours, les huit derniers kilomètres qui ramènent à la maison cumulent quatre côtes, courtes et raides, des casse-pattes redoutables quand on est déjà carbonisé.
Je me suis depuis longtemps appliqué en vélo à ne pas gaspiller d’énergie par des mouvements de tête ou d’épaules, des crispations du haut du corps,… tout ce qui contribue à user d’une énergie qui manquera d’autant plus vite qu’elle n’est pas préservée par une concentration maintenue.
Il y a quelques années, j’ai suivi une session de méditation de pleine conscience sous la conduite expérimentée de Nathalie Hannhart. L’impact de ce travail intérieur, je n’en ai pris conscience qu’après quelques temps, lorsque je me suis aperçu que je m’en servais en vélo, pour bricoler, pour écrire, pour marcher en montagne, pour faire la vaisselle, pour travailler avec les enfants, pour écouter de la musique, pour préparer mon sommeil…Et plus beau que tout ça réuni pour aimer la femme de mon âme et de mon cœur.
Pendant mon tour de vélo, alors que je roulais déjà à une allure soutenue depuis un bon moment, je me suis fait rattraper par sept gars, tous avec la même tenue, un club de Chambéry, des cuisses comme des poteaux électriques, de quoi se cacher derrière et ne plus prendre de vent. Tous plus jeunes que moi et ça me motive :) J’ai donc remis "un coup de dur" pour coller au dernier et tenter de suivre aussi longtemps que possible. Lorsque mon tour de relais est arrivé, j’ai dit que si je passais devant, ils allaient se croire à l’arrêt et le gars qui me suivait a rigolé et m’a lancé : « t’inquiète, je prends ta place ». Je me suis déboîté et j’ai réintégré la queue de file. Le gars qui me précédait m’a lancé : « On fait une sortie à 35 » et comme je ne comprenais pas, vu le nombre de cyclistes, il a précisé : « On ne descend pas en-dessous de 35 km/h… »
Bon, là, il fallait vraiment que je m’applique. Je voyais le compteur qui oscillait entre 39 et 42 km/h alors je me suis concentré sur la poussée du ventre, sur le souffle, sur cet état de pleine conscience qui permet de visualiser l’énergie en soi, de la canaliser, de la propager là où elle doit être, là où il est nécessaire qu’elle soit dispensée, sans aucune perte, sans aucun gâchis, sans jamais que la moindre pensée ne vienne briser ce lien intérieur entre la force et l’esprit…
Comme lorsque je suis en amour avec la femme de mon cœur et de mon âme.
C’est ce que j’ai compris dans la dimension du Tantrisme et que j’ai cherché à écrire dans « Kundalini ».
Lorsqu’une verge se raidit, elle réagit à un afflux sanguin dans les corps caverneux. Il faut le voir en soi pour en aimer l’importance, il faut contacter la chair et les veines, il faut contacter cette matière qui porte en étendard la puissance de l'amour qui se partage. Il faut contacter aussi ce cœur qui maintient le flux sanguin, qui en accroît le volume, qui en agite les particules dans cette tâche essentielle. Contacter le souffle ventral, celui qui va permettre de dépasser l’état « naturel » de l’être qui est en amour pour entrer dans l’état de conscience de l’amour en l'être.
Il faut aimer tout cela et ne rien perdre de vue.
Et quand je pédale sur les routes de montagne, je vois cette énergie en moi, je l’honore, je la bénis, elle me réjouit, elle me transcende. Le sang afflue, le cœur tambourine mais il faut y ajouter un partenaire : le souffle. Non pas le souffle qui s’exhale par une bouche grande ouverte, mais le souffle intérieur, celui qu’il convient d’enlacer de son attention pour le diriger vers le bas du ventre.
C’est lui qui conscientise l’acte, c’est lui qui permet à l’individu de dépasser l’état d’inconscience inhérent à l’excitation du sport. Cette excitation qui n’est que dispersion. On sait l’importance considérable que les sportifs professionnels attachent à la concentration, à la maîtrise de leur esprit, à la canalisation de l'excitation pour qu'elle reste à leur service au lieu de les étourdir. C'est là que se trouve la maîtrise de l’énergie et la possiblité d'en saisir l'immense potentiel.
Il est juste, bon et utile d’apprendre à faire comme eux ou tout du moins d’explorer notre propre potentiel de pleine conscience.
En amour, en vélo, en bricolage, au travail, en voiture, au jardin, dans la création artistique. Être là, en soi.
Si je me perds dans une excitation débridée, je ne suis pas en vélo puisque l’inconscience contribue à la dilapidation de l’énergie. Alors, j’entre dans un état d’observation de mes gestes pour que dure le plaisir, pour que l’énergie dépensée ne s’évapore pas dans un néant inconscient mais dans une lucidité réjouissante.
En amour, je considère que c’est un devoir envers l’être aimé. La pleine conscience est un acte d’amour.
C’est là, dans cette pleine conscience, nourrie par l’attention portée au souffle qui dirige l’énergie, que la durée devient possible, quelle que soit la situation.
Je me suis donc appliqué à renier la crainte de ne pas pouvoir suivre ces sept cyclistes, à limiter ma pensée sur la visualisation intérieure de mon souffle, ce resserrement des abdominaux, la conscience du souffle qui descend dans le périnée, celui-ci jouant le rôle de répartiteur d’énergie, projetant le flux indistinctement dans chaque jambe…
En arrivant à une intersection, le groupe a tourné, je les ai remerciés et je me suis retrouvé tout seul.
Il me restait vingt kilomètres, dont ce final redoutable.
Alors, je me suis dit que c’était le bon jour pour rester centré sur l’intérieur, pour m’extraire le plus possible de la route qui défile, pour ne pas laisser la crainte de finir perclus de crampes gâcher le plaisir de l’instant.
J’étais bien. Vraiment bien. Intérieurement heureux, épanoui, réjoui, un sourire béat sur mes lèvres.
Le souffle en moi continuait sa tâche. Je sentais sa chaleur rayonner dans mon ventre, dans mon périnée, dans mes cuisses, jusqu’au bout des orteils, aucune crampe, aucune douleur.
Juste ce bonheur de la plénitude, de cet amour de la vie en moi.
Dans la dernière bosse, les frissons sont apparus. Je les connais bien. Ils ne viennent pas d'un état de fatigue extrême mais d'un état de bonheur absolu. Et j'ai fini, avec le temps, par m'autoriser à rire tout fort de ce bonheur qui m'étreint, à n'en rien retenir, à le laisser s'exprimer et se réjouir de lui-même, de la tête aux pieds, de mon âme à mon coeur, dans l'intégralité de mon sang. Dans ma nuque est monté un flux électrisé, comme une apothéose et s'est déversé dans mon crâne. J'en ai ri encore.
Lorsque j’ai vu le chemin qui mène à la maison et que j’ai quitté la route, je n’étais pas soulagé d’être arrivé, je n’étais pas déçu pour autant. J’étais toujours là, dans l’instant intérieur, dans la conscience que le souffle est tout, qu’il nous propose la maîtrise, la puissance, la force tout autant que la douceur et la tendresse.
Il est le souffle de l’amour, il est la conscience de l’être.
Soixante-huit kilomètres. Je sais que la prochaine fois, j'irai plus loin encore et ça sera délicieux.
Mortalité provoquée
Juste un constat à travers trois articles.
Il suffit d'ailleurs de sortir à 6 h du matin et d'écouter... Il suffit aussi de marcher dans une prairie...dans un sous-bois...au bord d'une rivière, au bord d'un étang... et de penser à ce qu'il en était de cette richesse de vie il y a vingt ans.
Quand j'étais enfant et que j'allais courir les bois, j'étais malheureux en marchant dans les herbes de voir tous ces insectes que je ne pouvais tous éviter.
J'étais fasciné quand je m'asseyais sous les frondaisons de tous ces chants d'oiseaux qui emplissaient la verdure.
Que reste-t-il de cette nature ?
Des ilôts qui résistent encore à la mort de tout et au silence de catacombes.
Mais en dehors de s'en attrister, combien sont ceux qui décident de réagir par un comportement salvateur ? Combien sont ceux qui acceptent l'idée de changer de régime alimentaire puisque tout vient de là...
Le comportement destructeur du monde paysan industriel n'est que la réponse à la demande alimentaire...
Les paysans ne sont pas des assassins en puissance mais plus justement les bras armés de tous les consommateurs.
La demande alimentaire façonne la nature.
Ce silence de mort dans les prairies n'est pas une fatalité, une malédiction ou un manque de chance. Il est la conséquence de notre ignorance et de notre avidité.
En Alsace, Jean-Paul se dévoue au grand hamster décimé par la culture intensive de maïs ; à Lyon, des chercheurs étudient les grenouilles stressées par l’éclairage public et le trafic routier… "Envoyé spécial" a rencontré ceux qui se battent pour sauvegarder nos animaux familiers.
Dans un rapport publié vendredi, le Fonds mondial pour la nature (WWF) estime que la France fait partie, cette année, des 10 premiers pays à vivre à crédit sur le dos de la nature.
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LA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matin
À partir de samedi 5 mai, la France aura atteint le jour de "son dépassement écologique", selon un rapport de l'ONG WWF France, en partenariat avec le Global Footprint Network, rendu public vendredi 3 mai. Concrètement cela veut dire que si le monde entier vivait comme les Français, à partir du 5 mai, la planète aurait déjà consommé l'ensemble des ressources naturelles qu'elle peut renouveler en un an.
L'un des plus gros "prédateurs" de la planète
Chaque année, WWF établit le jour du dépassement mondial autour du mois d'août, la date française arrive bien plus tôt et classe le pays comme un des plus gros "prédateurs" de la planète. Selon ce rapport, la France fait partie des 10 premiers pays à vivre à crédit cette année sur le dos de la nature, derrière le Qatar, les États-Unis ou la Russie, mais bien avant l'Espagne ou le Maroc par exemple. Si toute l'humanité consommait comme les Français, il faudrait près de trois planètes pour subvenir aux besoins, selon WWF. Un résultat bien au-dessus de la moyenne mondiale qui se situe autour de 1,7 Terre.
C'est la première fois que WWF France choisit de mettre l’accent sur le jour du dépassement français. L'objectif est d'"envoyer un signal fort à un moment politique clef où plusieurs lois et décisions sont attendues dans les domaines de l’alimentation, des mobilités, de l’énergie, de la biodiversité ou encore de la lutte contre la déforestation importée", indique l'ONG.
"Inacceptable"
"C'est en fait un travail de calcul qui est effectué sur la base de surfaces. À la fois les surfaces en océans qui nous sont indispensables pour pêcher, les surfaces en cultures et des surfaces notamment en forêt qu'il nous faut pour absorber les émissions de gaz à effet de serre", a expliqué Pierre Cannet du WWF à franceinfo.
Depuis 2015, année de la COP 21, le jour du dépassement [de la France] se dégrade.Pierre Cannet, WWF Franceà franceinfo
Pour WWF, c'est donc le signe "qu'il est urgent de mettre en place une stratégie de désendettement écologique" et de "revoir nos modes de production et consommation".
Dans son rapport, le WWF juge "inacceptable de continuer à ignorer les limites de la planète en opposant le développement économique à la protection de l'environnement" car "l'épuisement des ressources naturelles menace notre stabilité économique et la survie de l'humanité elle-même".
PARTAGES
L'Union européenne a voté la semaine dernière l'interdiction pour 2019 de trois pesticides néonicotinoïdes utilisés pour protéger les cultures agricoles. Des produits accusé de causer la disparition des abeilles... Nécessaire, mais sans doute loin d'être suffisant et sûrement trop tardif.
Par Pascal Faiseaux
Plus de 3 000 ruches détruites en Dordogne, probablement à cause des nouveaux produits chimiques
Après de précieuses années perdues en débats et batailles d'experts, l'interdiction de trois néonicotinoïdes reconnus dangereux pour la survie des précieux insectes a été prononcée par Bruxelles, mais n'entrera en vigueur qu'en 2019. L'Union Européenne s'appuie sur des évaluations négatives de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), publiées en 2013 et confirmées en février dernier.
Surmortalité des abeilles, notre sujet de mai 2018Décision tardive, mais décision quand même. Que l'Union Européenne vienne d'interdire ces trois pesticides dangereux reste une bonne nouvelle pour les apiculteurs, désespérés de constater, impuissants, les disparitions vertigineuses de leurs ruches.
Ces pesticides néonicotinoïdes s'attaquent au système nerveuxdes abeilles au moment où celles-ci butinent des champs traités. Évidemment pas le but premier recherché par les agriculteurs qui apprécient en revanche la protection contre les parasites des récoltes, qu'ils proviennent du sol ou des airs. Un engouement bien sûr encouragé par les industriels...
Est-ce pour autant la fin du cauchemar pour les insectes ? C'est malheureusement loin d'être sûr. D'autres molécules sortent régulièrement sur le marché, trop vite pour être testées. Et les autres néonicotinoïdes sont de toute façon encore autorisés et largement utilisés.
Et comme si ces produits ne suffisaient pas, le 15 avril dernier dans une tribune publiée dans Libération des scientifiques et des chercheurs du CNRS, INRA et de l'Inserm alertaient la population et les pouvoirs publics sur les risques potentiels de fongicides SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase) utilisés "à grande échelle" en agriculture pour détruire les moisissures qui se développent sur les céréales ou les fruits et qui se retrouvent dans la nourriture. Une substance qui bloque une étape de la respiration des champignons, et qui pourrait affecter les cellules de tous les êtres vivants, voire modifier l'ADN humaine... Nous vivons une époque formidable... où le progrès fait rage...
La dernière page, le dernier mot.

C’est très étrange comme prise de conscience.
Voilà quatre jours que j’ai décidé de relire intégralement « Tous, sauf elle », la suite de « Les héros sont tous morts. »
Aujourd’hui, depuis 7 h ce matin, je n’ai quasiment rien fait d’autre que de lire, corriger, changer, reprendre, effacer, rajouter, déplacer, murmurer une phrase pour en entendre la sonorité, fermer les yeux pour voir plus précisément encore la scène décrite, chercher l’image la plus adaptée, la plus juste, la plus pertinente et la traduire en mots, en extraire l’essentiel et en effacer le superflu, encore et encore, aligner des mots et des phrases et des chapitres, des dialogues, des voix entendues, des regards échangés, des amours enflammés, tout ce qu’il faut vivre en soi pour que la vie transpire de soi et forme des lignes de mots et des phrases et des chapitres…
Et puis, là, il y a quelques instants, je me suis aperçu que j’étais arrivé à la dernière page. Non pas simplement la dernière page écrite mais la dernière page de l’histoire.
Un choc, réellement. Une surprise totalement impossible à deviner.
Je n’ai rien vu venir.
J’ai fini ce livre sans le savoir.
Et là, j’ai compris ce qui m’arrivait.
L’autre roman est déjà là. Rien n’est fini.
Je laisse simplement pour quelques heures ou quelques jours tous les personnages que j’ai regardé vivre.
Je les imagine, là, suspendus dans une pose intemporelle, le regard vivant mais dans une immobilité totale. Il n’y a plus de passé, ni le moindre avenir puisque le temps s’est arrêté pour eux.
J’ai donc avancé dans cette écriture, depuis plusieurs mois, comme quelqu’un qui tient un cahier journal, un individu consciencieux qui tient à ne rien perdre de ses pensées et ce soir, je réalise que toutes ces pensées romancées tiennent en 200 pages et que je n’ai aucun souvenir du moment où je les ai écrites.
Je ne sais pas quand j'ai commencé ce roman. Je sais juste que je viens de le terminer et cet instant a déjà disparu dans la conscience que la suite est déjà là.
C'est comme si justement, je n’avais rien écrit mais que l’histoire se racontait elle-même, qu’elle usait de moi pour se matérialiser définitivement, qu’elle se libérait de la menace d’une perte de mémoire.
Il m’est déjà arrivé à maintes reprises de percevoir très profondément ce détachement de moi-même lorsque j’écris.
« Ça écrit en moi. »
Le nombre de fois où je l’ai ressenti.
Chose étrange également, c’est cette surprenante propension à ne rien oublier de l’histoire alors que je n’ai pas le souvenir précis de l’écrire.
Chose étrange également, c’est cette surprenante capacité à m’extraire de moi, lorsque les conditions sont propices pour ça et à redevenir l’observateur de l’histoire. Disparaître de moi-même pour laisser les personnages m'investir et vivre en moi sans que je n'interfère mais que je sois malgré tout suffisamment présent pour tenir le cahier journal et raconter leur histoire.
Je n’ai pas le souvenir d’avoir cherché une seule fois ce que j’allais raconter alors que je ne me souviens pas m’être projeté au-delà de la page en cours. Bien évidemment que le scénario existe, que la trame est tissée, que le fil conduteur est tendu vers l'horizon mais au moment où mes doigts s'installent au-dessus du clavier, je ne suis plus l'architecte de l'histoire mais son sculpteur et le plan ne m'est plus d'aucune importance. Tout est en moi et je me dois de laisser les mots s'étendre. Je suis un ouvrier.
J’aime infiniment ces instants où je vois défiler les lettres sur l’écran et où j’imagine que chaque mot est déjà écrit et qu’il apparaît au moment même où le curseur de la souris avance d’un espace.
J’aime infiniment écrire.
Maintenant, je vais laisser la suite de l'histoire se gonfler de forces en moi, comme un bourgeon qui se gaverait de sève.
Je sais que l'éclosion surviendra. Lorsque le moment sera venu, j'écrirai le titre en haut d'une page blanche et je laisserai le curseur de la souris donner vie aux mots, aux phrases, aux chapitres, au prochain livre, à la suite de tout ça.
La nuit, ça écrit en moi. Mon inconscient est parfaitement conscient de ce qu'il veut.
Paradoxe insoluble

Dans l'écriture de la trilogie que je tente de mener à terme, j'ai eu besoin de lire. Énormément. Non pas des romans pour m'imprégner des techniques d'écriture d'un thriller mais bien pour avoir une idée la plus vaste et complète possible de l'état de la planète. Plus de 200 liens d'articles lus et compilés.
Le constat est effroyable et le dessin ci-dessus exprime bien la gravité du problème.
L'idée même de réduire nos consommations aboutit bien souvent au même raccourci outrancier : "Si on t'écoutait, il faudrait retourner vivre dans une grotte ou au mieux dans une cabane au fond des bois."
Non, aucunement.
Je sais très bien que je contribue moi aussi à la dégradation de la planète mais je m'efforce d'identifier les domaines et les situations dans lesquels j'ai une possibilité d'intervention, d'élimination du problème ou tout du moins de sa réduction.
Et ce travail mené par des des millions d'individus aurait bien évidemment un impact très fortement positif sans pour autant ressortir les bougies et aller brouter de l'herbe...
J'entends souvent parler de "pleine conscience" sur les réseaux sociaux dédiés au développement personnel.
Elle est là également cette pleine conscience de l'impact de nos actes.
Je n'adhère donc aucunement à l'idée de ce "tout ou rien" qui voudrait que nous soyons condamnés à consommer aveuglément ou à tout abandonner de notre confort de vie. Ou alors il faudrait qu'au cours de sa vie, un être humain soit ou en très bonne santé ou en train de mourir, l'idée même d'une guérison étant impossible...Limiter sa vitesse en voiture, ça ne signifie pas s'arrêter. Et je ne suis pas, soit en très bonne santé, soit mourant : je peux tomber malade et me soigner. Il en est de même avec la décroissance...
L'humanité est malade, psychologiquement malade et la planète en souffre physiquement. Et cette "souffrance" ignorée, moquée ou reconnue, condamne l'humanité elle-même dans sa dimension physique. C'est une boucle fermée qui ne saurait être rompue.
Il est par contre possible de l'entretenir, de la préserver, de la soigner là où elle doit l'être.
Je sais que pour écrire ce texte, j'utilise l'énergie nucléaire, que mon ordinateur contient des terres rares, qu'il est bardé de plastique issu du pétrole, qu'il a voyagé dans un cargo sur les mers les plus lointaines, que des camions l'ont mené jusqu'aux distributeurs, qu'il sera un jour jeté sans être intégralement recyclé...
Je participe au problème en cherchant à l'analyser.
Paradoxe insoluble.
Peut-être qu'un jour, effectivement, j'abandonnerai l'idée de partage et je disparaîtrai au fond des bois.
Métaux rares : «Un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel»
Par Marine Ernoult — (mis à jour à )
Dans son dernier ouvrage, «La Guerre des métaux rares», Guillaume Pitron dénonce «la face cachée de la transition énergétique et numérique». Pour le journaliste, éoliennes, panneaux solaires et voitures électriques se contentent de déplacer la pollution à l’autre bout du monde.
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Métaux rares : «Un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel»
Iridium, indium, platine, terres rares : ces métaux aux noms parfois méconnus sont essentiels pour les industries de pointe. Sans eux, pas de batteries électriques, d’éoliennes, de téléphones portables ou de fibre optique. Le journaliste Guillaume Pitron s’est intéressé aux conséquences environnementales et géopolitiques de l’extraction de ces métaux rares. A l’occasion de la sortie de son livre la Guerre des métaux rares, il revient sur six ans d’enquête à travers une douzaine de pays.
Les métaux rares, qu’est-ce que c’est ?
L’Union européenne fournit une liste de 27 matières premières rares (phosphore, cobalt, hélium, etc.), dont de nombreux métaux. Ce sont des minerais présents en quantité infime dans la croûte terrestre. Ils sont naturellement mélangés à d’autres métaux plus abondants (fer, aluminium, etc.). Pour en obtenir quelques kilos, il faut extraire des tonnes de terre. Les scientifiques parlent de rareté géologique mais aussi industrielle. Certains métaux abondants peuvent devenir rares si la demande explose.
A quoi servent-ils ?
Grâce à leurs propriétés chimiques uniques, ce sont les vitamines de la transition énergétique et numérique, le pétrole du XXIe siècle. Sans métaux rares, nos téléphones portables feraient la taille d’une brique, n’auraient ni écran tactile ni vibreur. Sans eux, impossible de propulser un TGV à 500 km/h. C’est hallucinant, ils nous ont envahis. Notre futur high-tech sera toujours plus tributaire de ces minerais dont la production ne cesse de croître.
Quel est le principal pays producteur de métaux rares ?
La Chine a le leadership sur la production d’une ribambelle d’entre eux. Elle contrôle notamment 95% de la production mondiale de terres rares. En 1992, Deng Xiaoping (numéro un de la Chine de 1978 à 1992) aurait dit de façon prémonitoire, «le Moyen-Orient a le pétrole, la Chine a les terres rares». Historiquement, les Etats-Unis étaient leader sur le marché. Mais avec la prise de conscience écologique des années 80, les Occidentaux ne veulent plus de mines chez eux. Extraire des métaux rares est trop sale et coûteux en énergie.
Les Chinois, dans une quête de croissance effrénée, récupèrent le job. Pendant des décennies, au prix d’un dumping social et environnemental sans précédent, l’Empire du milieu inonde l’Occident de métaux rares très peu chers. Cette situation arrange tout le monde, d’un côté les pays occidentaux développent leurs nouvelles technologies à faible coût, de l’autre les Chinois s’enrichissent.
Tout va bien dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce que la Chine prenne conscience des leviers économiques et géopolitiques qu’elle peut actionner avec ces ressources. Au tournant des années 2000, sa croissance et ses besoins en métaux rares explosent. Pour satisfaire sa demande intérieure et développer ses propres technologies, Pékin décide de fermer le robinet. Après avoir gavé l’Occident de métaux rares, le pays restreint ses exportations. C’est la fameuse politique des quotas qui chauffe les oreilles de l’Organisation mondiale du commerce.
A LIRE AUSSILa Chine, receleuse de terres rares…
La Chine en a profité pour développer sa propre transition énergétique…
Exactement, au détriment de la nôtre. Le mot innovation est devenu un mantra en Chine. Les technologies vertes et le numérique sont les nouveaux moteurs de la croissance chinoise, indispensable à la survie du Parti communiste. Pour assurer son avance industrielle, Pékin n’a pas hésité à s’approprier les technologies occidentales. En échange d’un accès direct et illimité aux métaux rares, de nombreux industriels ont migré vers l’Empire du milieu. Les Chinois ont accédé à leurs laboratoires de recherche. Sous couvert de co-innovation, ils ont sinisé les brevets européens et américains. Grâce à ce chantage aux métaux, la Chine est devenue le leader mondial de la transition énergétique. Le pays est sorti de l’âge de pierre auquel les Occidentaux voulaient le cantonner.
Trouve-t-on des métaux rares dans d’autres pays ?
Il y en a partout, du lithium en Bolivie et en Argentine, du cuivre au Chili, du cobalt en république démocratique du Congo. L’Indonésie est également une grande puissance minière qui regorge d’étain. Tous ces pays veulent s’inspirer de l’exemple chinois et capter la valeur ajoutée des métaux rares. Plus aucun Etat ne veut reproduire le schéma néocolonialiste selon lequel les pays en développement produisent les minerais bruts, le vendent une poignée de dollars aux Occidentaux ; et ces derniers le valorisent avec quelques brevets pour le revendre dix fois plus cher.
Au-delà des ambitions, c’est très dur à mettre en place car ça veut dire ouvrir des routes, installer des lignes électriques, faire venir des savoir-faire. En 2015, l’Indonésie a tenté un embargo sur l’exportation de minerais brut. Derrière, elle n’avait pas un tissu industriel suffisamment développé pour transformer la ressource. Elle a dû faire marche arrière deux ans plus tard. Seule certitude, les Occidentaux doivent accepter de partager le gâteau technologique auquel toutes les nations aspirent.
Quelles sont les conséquences écologiques de cette course aux métaux rares ?
Qui dit mine, dit dégâts environnementaux. C’est le revers de la croissance verte à tous crins. En Mongolie intérieure, la principale région minière chinoise, c’est un enfer de Dante. Aucune réglementation n’est appliquée. Les usines rejettent leurs effluents toxiques directement dans les sols. La population paye un lourd tribut avec un taux de cancer très élevé. Le problème c’est que le recyclage coûte plus cher que l’extraction. Piégés par une logique du moindre coût, les industriels préfèrent renvoyer leurs déchets en Chine et s’approvisionner directement en nouveaux minerais.
La transition énergétique ne fait donc que déplacer la pollution ?
Cette transition est un leurre. Un fabuleux marketing nourrit l’illusion que les énergies renouvelables sont vertes. Nous oublions sciemment qu’elles sont tributaires de l’extraction de métaux sales. Nous avons juste délocalisé la pollution et faisons semblant de faire du propre. Prenez l’exemple des voitures électriques. Le terme «zéro émission» est délirant. Sur l’ensemble de son cycle de vie, un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel. Comment peut-on qualifier cette technologie de durable ?
La révolution numérique, essentielle au développement de nouvelles sources d’énergie, entretient aussi le mirage d’un monde moins physique. En réalité, derrière un courriel se cachent des milliers de kilomètres de câbles de cuivre. Nous oublions que la quantité de matière est finie. Les experts connaissent déjà le jour exact où on extraira le dernier minerai rentable. Les technologies pourront toujours évoluer et repousser la date butoir, mais à quel prix ? C’est une course de vitesse qui épuise la terre.
Au nom de la sobriété, du moindre impact de l’homme sur l’environnement, nous creusons toujours plus. Nous vivons en plein paradoxe. Les plus productivistes pensent déjà aux océans et aux astéroïdes où le potentiel minier serait gigantesque. Les grandes puissances sont en train de s’approprier des endroits que la communauté internationale s’était juré de laisser à l’abri des appétits industriels. En 2015, Barack Obama a ouvert la danse. Il a autorisé les citoyens américains à devenir propriétaires d’astéroïdes pour exploiter des gisements de métaux rares. C’est en rupture totale avec l’idée que l’espace est un bien commun de l’humanité.
A LIRE AUSSIDes terres de moins en moins rares
Pour susciter une prise de conscience, vous plaidez pour la réouverture des mines françaises…
Je ne le propose pas de gaieté de cœur mais c’est indispensable. Si les Français ont sous leur fenêtre la tonne de minerais qui a servi à la construction de leur voiture électrique, ils seront obligés d’ouvrir les yeux. Je plaide pour ce choc visuel, psychologique et physique. Nous sortirons peut-être de cette transition au rabais et rationaliserons notre utilisation de métaux rares. Nous devons partager le fardeau écologique de la transition énergétique. En France, nous avons la chance d’avoir de bonnes réglementations environnementales, la transition serait un peu moins sale.
Je suis conscient que la réouverture des mines nécessite un immense courage politique et beaucoup de pédagogie. La transition énergétique a besoin de sauts de conscience et pas seulement de sauts technologiques. Nous nous sommes enfermés dans l’idée qu’avec quelques technologies de plus nous allons tout résoudre.
Comme un miroir révélateur.

J'en ai souvent parlé ici.
Les Indiens Kogis de la sierra Nevada de Santa Marta, en Colombie, la chaîne de montagnes côtières la plus haute du monde.
Ce peuple millénaire qui n'a comme idée du progrès que la voie spirituelle. Le reste n'étant qu'une facilitation possible du quotidien ou son empoisonnement.
Je tenais à les insérer de nouveau dans un roman.
Ils s'y trouvent déjà dans les histoires de Jarwal le lutin mais ces quatre romans jeunesse ne sont pas publiés.
Alors, j'ai réfléchi et l'évidence s'est imposée.
Dans un roman où l'argent rend fous les humains, les Kogis pouvaient devenir le miroir révélateur de nos fonctionnements. Non pas un miroir dans lequel nous verrions notre image mais celle que nous avons perdue, une sagesse d'âme ou de coeur, une quête du bonheur dans l'être et non l'avoir, une exploration intérieure et non une quête de possession des richesses extérieures.
Ils sont dans ce roman et ils seront dans les deux ouvrages suivants.
Entre les meurtres, les balles, les attentats, le sang et la folie, ils apportent en symétrie la dignité de l'humain et son élévation.

Elle courait à en mourir, l’impression qu’elle allait vomir son cœur, un étrange détachement alors qu’elle sentait la mort autour d’elle, une lucidité extrême, comme une conscience décuplée, elle savait parfaitement ce qu’elle devait accomplir mais elle ne parvenait pourtant pas à se libérer de la pesanteur de ses pas, elle devait produire des efforts gigantesques pour avancer de quelques mètres, comme si elle devait se mouvoir dans un espace gluant, un océan invisible qui ralentissait chacun de ses gestes, elle n’éprouvait étrangement aucune peur, juste l’application de ses actes, sans aucune émotion, sans aucune pensée invalidante, malgré le danger, malgré la mort, malgré l’incertitude. Rien. Elle courait au ralenti dans une extrême vigilance. L’impression d’être surveillée, un regard qu’elle n’identifiait pas, une énergie qui coulait en elle, comme un don… Incompréhension.
Le train passa sur un aiguillage et le vacarme la réveilla.
Elle avait vu les yeux étroits qui l’observaient. Des yeux d’Indien.
Elle se frotta le front et s’assit sur le banc, le corps endolori et lourd. Elle leva la tête.
Il était là, face à elle. Son regard scintillant, les prunelles comme deux soleils noirs.
« Tu vois, la peur est encore en toi mais tu es sur le bon chemin. Tu commences à l’accepter et à ne plus lutter contre elle. Plus tu luttes, plus tu la nourris de ton énergie. Un jour, tu comprendras.
-Comment vois-tu tout ça ?
-Je ne le vois pas. Je le sens. Vous, les Blancs, vous passez votre temps à regarder avec vos yeux et c’est pour ça que vous ne voyez rien. Écoute, respire, touche, et retourne tes yeux vers l’intérieur. Là, tu pourras apprendre. Mais surtout, bien plus important que tout, arrête de penser quand ça ne sert à rien. Tu manges quand tu as faim, tu bois quand tu as soif, tu dors quand tu es fatiguée, tout cela est nécessaire parce que ton corps en a besoin. Fais la même chose avec ton esprit, apprends à penser quand c’est nécessaire. Là, tu pourras saisir la réalité. Sinon, tu l’étouffes. »
Ces leçons de vie dans un vieux train de Colombie, face à un Indien qui lui parlait comme s’il la connaissait depuis son enfance. Un million caché sous son gilet en toile. Est-ce qu’il le savait? Que pouvait-il voir ou sentir? L’odeur de l’argent? Ou l’odeur de la peur de celle qui le porte…
« Tu vas aller voir Ayuka. Tu lui diras qu’il doit t’accompagner jusqu’aux Kogis. Tu lui diras mon nom. Il ne te posera aucune question, il ne te demandera pas d’argent.
-Je vais bien le payer quand même ?
-Oui, mais c’est toi qui décideras de la somme. Une toute petite part de tout ce que tu transportes. »
Elle le fixa et baissa les yeux. Certaine d’avoir retenu son souffle sans le vouloir, un coup au ventre, comme s’il venait d’ouvrir la sacoche et de répandre les billets sur le sol.
« Vous avez inventé les trains et les moteurs, vous avez fait voler des avions, mais vous ne savez pas voyager à l’intérieur de vous. Alors, vous ne pouvez rien savoir des autres. Pour celui qui sait lire les âmes, tout ce qui est en vous est visible parce que ça ne vous appartient pas, tout vous échappe. Et vous croyez en plus que vous pouvez mentir aux autres. C’est à vous que vous mentez. Je ne sais pas lire les mots et les hommes qui sont allés à l’école me méprisent. Mais ils ne savent lire que les mots et ce savoir les aveugle jusqu’à ne rien savoir d’eux-mêmes. »
Elle ne savait pas répondre. Une telle ignorance. Cette impression d’être une enfant devant un Maître et de découvrir soudainement l’immensité des espaces à parcourir. Elle courait sur les montagnes du monde et ne savait rien de ce qui la constituait, de ce qui émanait d’elle, de ce qui était perceptible.
Et c’est pour cela qu’elle avait peur.
Une évidence.
Nous ne pourrions vivre en paix, les uns avec les autres, qu’avec une connaissance absolue de nous-mêmes.
Figueras était en paix. Une paix qui semblait l’envelopper comme si l’espace intérieur ne suffisait plus, comme si cette énergie bienfaitrice éprouvait le désir des autres, comme s’il fallait propager cette lumière. Le soleil noir de ses pupilles. Et ce sourire bienveillant sur son visage, rien de connu, comme un amour diffusé, elle se sentait enlacée.
Il lui raconta son enfance dans les montagnes, les humiliations et les spoliations, la misère existentielle des Indiens qui avaient perdu leurs racines, attirés par des illusions fatales, il parla de ses luttes, de son engagement, des enseignements qu’il avait reçus. Il avait vécu une nuit une intuition d’une force immense, une révélation sublime qui l’avait bouleversé jusqu’aux larmes. Devenir le ver dans le fruit, rogner de l’intérieur les croyances néfastes des hommes civilisés, sonder les âmes et révéler les failles. Il avait longtemps été animé par un esprit de vengeance, un désir d’humiliations puis il avait compris, peu à peu, qu’il entretenait dès lors la scission des âmes, que sa mission était souillée par des intentions perverses, qu’il devait lui-même apprendre à tendre son âme vers les autres, à ne pas juger, à ne pas souiller l’intention de la Vie. Sa colère n’était qu’une citadelle dressée. Elle n’ouvrait pas les enceintes des âmes rencontrées. Il avait sombré pendant de longues saisons, comme rongé par un Mal insaisissable, un poison qu’il avait mis longtemps à identifier. Il avait dû connaître l’effondrement pour apprendre à aimer.
« Je te remercie infiniment Figueras. »
Elle ne savait pas parler d’elle et elle comprit avec une violence soudaine que son ignorance intime, que cette méconnaissance des méandres intérieurs l’avait privée des plus belles flamboyances, qu’elle n’avait toujours été qu’une âme perdue cherchant frénétiquement des ancrages existentiels. Elle courait depuis des années pour une reconnaissance extérieure. Comme si une ombre pouvait se remplir, comme si les regards reçus pouvaient suffire à combler les vides.
Un Indien venait de lui parler de son âme et elle ressentait désormais en elle un vide incommensurable.
« Ne te juge pas, reprit Figueras. Ta colère contre toi ne serait qu’une condamnation. Réjouis-toi simplement de savoir désormais qu’il te reste beaucoup à apprendre. Reconnais simplement que tout est déjà en toi. Mais simplement que tu ne le savais pas. Simplement. Tu vois l’importance de ce mot ? Lorsque les choses que tu vis te semblent compliquées, c’est que tu n’es plus reliée à la Vie. Le réel problème n’est pas ce qui survient mais la façon dont tu le perçois. Un jour, tu comprendras. »
Elle raconta ses courses en montagne, la découverte de ses qualités physiques, ses premières compétitions et la fierté qu’elle éprouvait, les premiers sponsors et l’entraînement acharné qu’elle devait supporter, la pression de plus en plus forte et ce sentiment de gâchis au sommet du Kilimandjaro.
« C’est bien, écoute bien tout cela. Et réjouis-toi. »
Elle ne comprenait pas d’où venait cette impression qu’il souriait en permanence alors que rien sur son visage ne l’indiquait. Une neutralité totale. Et pourtant, cette joie qui l’inondait. Elle en éprouva de la gêne. Comme un lien physique qu’elle ne commandait pas. L’impression d’être reliés, non pas d’elle à lui, mais comme deux énergies compatibles, un flux sans matière, une reconnaissance cellulaire.
« Quand tu sauras lire en toi, tu comprendras ce que les autres portent. »
Il lui raconta encore la vie de ses ancêtres, la communion avec la Nature, l’hommage rendu à chaque élément de la Terre Mère, la vie des enfants dans les tribus, les explorations spirituelles par le travail solidaire et les jeux, l’apprentissage des connaissances ancestrales, des ancrages qu’il honorait chaque jour, un respect immuable qui nourrissait ses cheminements. Les enfants recevaient des racines qui leur donnaient des ailes.
Elle songea aux enfants de l’Ancien Monde, les ailes rognées de leurs âmes, leurs racines empoisonnées par une Histoire immonde, ces tombereaux de morts et de massacres, ces peuples exterminés et ces génocides orchestrés par des Puissants avides de richesses et de pouvoir. Rien n’avait changé. Les justifications avaient pris des tournures honorables mais les intentions restaient les mêmes. Les petits d’hommes recevaient en héritage des avenirs prémâchés, une pâte infestée par des esprits pervers, des égrégores toxiques qui les condamnaient à une imitation formatée.
Elle réalisa soudainement que son projet était dérisoire. L’intuition que son désir consistait à emballer dans du papier cadeau des charniers infinis. Elle sentit une boule gonfler dans sa gorge, comme si la révélation l’empêchait de respirer, toute la beauté du don envisagé périssait sous les assauts impitoyables de la réalité. Peut-être même portait-elle dans ce projet, le désir de soulager sa conscience. Mais que pouvait bien représenter l’argent dispensé dans des âmes violées par des siècles d’outrages?
L’impression que tout cela allait voler en éclat.
Elle regarda Figueras. Il ne la quittait pas des yeux, comme attentif à des messages sans paroles, percevant des pensées insoumises.
« Tu auras tes réponses quand elles seront nécessaires, » avança-t-il en souriant pour de bon.
"Les héros sont tous morts" : publication

L'image se suffit à elle-même :)
Anita Berchenko aime ce que j'écris et les Éditions du 38 publient donc mon quatrième roman.
"KUNDALINI" est également prévu avant l'été.
Que dire de plus ?
Que du bonheur, un immense bonheur.
Des mois de travail et c'est véritablement un "travail". Non pas une corvée puisque le bonheur d'écrire est immense mais bien d'un travail puisqu'il réclame de l'attention, de la concentration, de la réflexion, de la ténacité, le courage d'effacer pour reprendre, encore et encore, de ne jamais se contenter d'un "à peu près" mais de viser constamment la perfection que l'on porte, c'est à dire ce que je peux produire de mieux, non pas au regard d'une certaine compétition envers les autres auteurs, mais juste ce que moi, je peux extraire de plus abouti de moi-même.
Et je cherche parfois dans les entrailles les plus profondes, dans les méandres cérébraux les plus secrets, dans les émotions les plus puissantes aussi.
Jusqu'à en rêver encore et encore, jusqu'à parler tout seul quand je marche en montagne, à "jouer" des scènes, à établir des dialogues alors que je pédale sur mon vélo, à m'endormir en songeant au prochain jour de mes personnages...
C'est comme une double vie parfois.
Je suis "l'autre", dans ces moments-là, "celui qui écrit".
Aujourd'hui, "celui qui écrit" plane en altitude :)
"Un lendemain de beuverie, pour s'aérer la tête et se vider des miasmes de l'alcool, Gaston, chasseur invétéré, part pister le sanglier. Des coups de feu retentissent, venant du cul-de-sac de la route forestière du Sappey. L'homme s'approche, et découvre trois corps. Une mallette est attachée au poignet d'une des victimes. Pleine de billets. Un million quatre cent mille euros. Gaston s'empare de son couteau de chasse, découpe le poignet du mort et s'enfuit avec l'argent.
Lucas, Lucie, Thomas, Laure, Fabien, Mathieu... chacun de ceux qui vont croiser la route de la mallette maudite va sombrer du côté le plus noir de sa personnalité. Envolée l'empathie, effacée la morale, oubliés les préceptes de respect des autres. Cet argent sale semble contaminer irrémédiablement tous ceux qui le touchent.
Y a-t-il une rédemption possible ?
Dans un registre plus noir que d'habitude, et sur fond de thriller, on retrouve l'excellente écriture de Thierry Ledru, qui nous livre une analyse en miroir de l'âme humaine, et nous pousse à nous interroger : que ferions-nous avec cette mallette ?"
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Animaux et empathie
Les animaux peuvent-ils faire preuve de compassion ?
24.04.2018 (MIS À JOUR À 15:10)
Par Pierre Ropert
L'empathie est-elle le propre de l'homme ? Pas vraiment, à en croire de nombreuses études. Mieux, les animaux sociaux comme les éléphants ou les chimpanzés seraient capables de compassion. Une notion qui intrigue les chercheurs.
La rumeur avait de quoi plaire : à en croire de nombreux messages diffusés sur les réseaux sociaux, lorsqu’un éléphant aperçoit un humain, la même zone s’active dans son cerveau que lorsqu’un humain aperçoit un chaton ; les pachydermes nous trouveraient donc mignons.
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I just learned that elephants think humans are cute the way humans think puppies are cute (the same part of the brain lights up when they see us) so pack it in, nothing else this pure and good is happening today.
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"Je viens juste d’apprendre que les éléphants pensent que les humains sont mignons de la même façon que les humains trouvent les chatons mignons (la même partie du cerveau s’allume quand ils nous voient), donc remballez-tout, rien d’autre d’aussi pur et bon n’arrivera aujourd’hui."
Ce tweet, partagé et repris des milliers de fois, conte une jolie fable... que rien ne permet de prouver. Nulle étude ne confirme que les éléphants trouvent l'être humain mignon. Mais cette affirmation erronée traduit pourtant une réalité : les pachydermes, ainsi que d'autres animaux, semblent pouvoir éprouver de l'empathie, voire de la compassion à notre égard. Et cette idée divise encore la communauté scientifique.
De l'empathie à l'altruisme chez les animaux
L’empathie n’a rien d’un sentiment propre à l’homme : elle est la capacité à percevoir et à se mettre à l’unisson de ce que ressent autrui. La peur, par exemple, est une forme d'empathie, et on la retrouve dans la nature sous forme de contagion émotionnelle (des oiseaux prenant la fuite en même temps par exemple). L’empathie est ainsi nécessaire aux interactions sociales, et elle existe notamment chez les animaux qui vivent en groupe, dits sociaux.
"Lorsqu'on montre à des humains et à des grands singes des images chargées d'émotion, on observe des modifications similaires de leurs cerveau et de leur température périphérique, précise Carl Safina, auteur plusieurs fois primé pour ses ouvrages sur l’environnement, dans son livre Qu’est-ce qui fait sourire les animaux ? [...] L'empathie est automatique. Elle n'exige aucune réflexion. Le cerveau établit automatiquement la correspondance d'humeur et ne fait prendre conscience de l'émotion qu'ensuite. Les animaux qui jouent doivent savoir que l'individu qui leur court après et les attaque n'est pas sérieux : empathie. Comprendre l'invitation au jeu : empathie."
"Plus le cerveau est compliqué, plus il y aura des émotions raffinées et fines. C'est vrai pour l'émotion. C'est vrai pour tout ", précisait Georges Chapouthier, neurobiologiste et philosophe, membre du conseil d'administration de La Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences, en janvier dernier dans La Méthode scientifique :
Dans tous les groupes sociaux fortement intégrés il y a une forte interaction et une forte empathie nécessaire au fonctionnement du groupe.
Écouter
A la recherche des émotions animales (La Méthode scientifique, 18/01/2018)
Ce “sentiment” peut donc s’expliquer simplement : il y a un intérêt collectif à coopérer pour ces animaux. En ce sens, l'empathie est compatible avec la théorie de l’évolution et de la sélection naturelle des espèces de Charles Darwin. Pourtant, chez certains animaux, comme les éléphants, l’empathie semble virer à la compassion ou à l’altruisme, non seulement entre eux mais également à d'autres espèces, ce qui intrigue les chercheurs.
Les éléphants, des animaux capables de compassion
Dans leur étude, “Les éléphants sont-ils capables d’empathie ?” (“Do Elephants Show Empathy ?”), la chercheuse Lucy Bates et ses collègues affirment ainsi que les éléphants sont capables de secourir ceux qui souffrent et de s’aider mutuellement. Des scientifiques ont pu observer des éléphants nourrir un congénère blessé à la trompe ou encore arracher les fléchettes tranquillisantes utilisées par les soigneurs. En 2013, au Kenya, lors du décès d'une éléphante nommée Victoria, trois groupes distincts d’éléphants sont venus défiler devant la dépouille, s’arrêtant plusieurs secondes avant de repartir. Si les scientifiques se méfient de notre tendance à tirer de cet événement une analyse anthropomorphique, ils reconnaissent un comportement inhabituel.
Les comportements altruistes des éléphants ne semblent pourtant pas motivés par des mécanismes de survie lorsque ces derniers viennent en aide à d’autres espèces. En Inde, par exemple, il a été fait mention d’un éléphant utilisé pour enfoncer des poteaux dans des trous préalablement creusés. L’éléphant domestiqué a soudainement refusé de continuer sa tâche, jusqu’à ce que le mahout, son “guide”, réalise qu’un chien était endormi dans un des trous et ne le fasse partir. Après quoi l’éléphant a repris son travail.
Plus curieux encore, les éléphants peuvent aider des humains. Dans son livre “Qu’est-ce qui fait sourire les animaux ?”, Carl Safina relate ainsi plusieurs fois où des pachydermes sont venus en aide à des humains :
Un berger s’était cassé une jambe dans un affrontement accidentel avec une matriarche. [...] Il a expliqué plus tard qu’après l’avoir frappé, l’éléphante s’était rendu compte qu’il ne pouvait plus marcher. A l’aide de sa trompe et de ses pattes avant, elle l’avait doucement déplacé un peu plus loin et l’avait adossé à l’ombre d’un arbre. L’effleurant de temps en temps de sa trompe, elle l’avait veillé toute la nuit, bien que sa famille ne l’ait pas attendue.
Selon la chercheuse Lucy Bates et ses collaborateurs, les éléphants, en plus d'avoir des capacités cognitives très élevées, ont ainsi une empathie équivalente à celle des humains.
Chimpanzés, chiens, rats : une empathie partagée
Mais les éléphants sont loin d'être les seuls animaux soupçonnés d’empathie. Ce genre de comportements a été observé chez les très grands singes à de nombreuses reprises. En septembre 2013, dans l’émission Les Racines du ciel, le docteur en génétique cellulaire et moine bouddhiste Matthieu Ricard, venu parler de la notion d’altruisme, racontait ainsi comment un bonobo nommé Kuni avait pris soin d’un étourneau :
L’oiseau avait percuté une vitre et était tombé par terre. Le singe l’a pris entre ses mains, a étendu ses ailes et l’a lâché pour voir s’il volait, puis il est monté sur une branche a écarté ses ailes et l’a lancé : l’oiseau est retombé. D’autres Bonobo s'approchant, il l'a repris pour le protéger…
Les bonobos ayant un régime omnivore, la protection n'avait rien de superflu : l’oiseau sauvé a ainsi fini par s’envoler à nouveau.
Écouter
L'altruisme avec Matthieu Ricard (Les Racines du ciel, 22/09/2013)
D’autres exemples témoignent de la capacité des grands singes à aider également les êtres humains : en 1996, au Zoo de Brookfield à Chicago, une femelle gorille a ainsi rapporté à l’entrée de l’enclos un petit garçon de 3 ans qui avait fait une chute de 6 m dans l’enceinte des primates, raconte Emmanuelle Pouydebat dans L’Intelligence animale. Selon une étude de 2015 de Jaak et Jules Panksepp, intitulée Toward a cross-species understanding of empathy, on dénombre ainsi plus de 2000 anecdotes qui confirment que les primates non-humains sont capables d’empathie.
Pour en apprendre plus sur les grands singes, n’hésitez pas à écouter La Méthode Scientifiqueconsacrée à ce sujet :
Écouter
Sabrina Krief, sur la piste des grands singes (La Méthode scientifique, 25/12/2017)
Longtemps, les scientifiques ont contesté la possibilité de l’empathie chez les animaux, cherchant une explication plus égoïste à ces comportements. Pourtant, dès 1959, une étude intitulée Emotional reactions of rats to the pain of others (Les Réactions émotionnelles des rats face à la douleur des autres), démontrait que les rats, s’ils avaient la possibilité d’obtenir de la nourriture en poussant un levier au prix d’une décharge électrique sur l’un de leurs congénères, choisissaient le plus souvent de ne rien faire.
Quelles origines pour l'empathie ?
Dans une étude publiée récente publiée en janvier 2016 dans la revue américaine Science, des chercheurs ont mis en évidence le rôle de l’ocytocine, un neurotransmetteur, dans les comportements empathiques chez les campagnols des prairies. Alors qu’ils avaient tendance à consoler des rongeurs de leur “famille” soumis à du stress, les campagnols cessaient de les aider dès lors qu’ils étaient privés par les chercheurs de ce neurotransmetteur.
Le résultat de l'étude continue de mettre à mal l'idée que seule la compétition régule les relations entre animaux, ce que Charles Darwin avait d'ailleurs anticipé dans La Descendance de l'homme et la sélection sexuelle : il expliquait d'ores et déjà qu'à l'intérieur d'une tribu, un animal honnête n'était pas forcément avantagé, mais qu'un groupe avec des congénères honnêtes possédait un avantage sur les autres groupes, cela constituant in fine "une sélection naturelle".
Pour le biologiste Frans de Waal, co-auteur de l'étude sus-citée et spécialiste des primates, l'empathie trouve effectivement ses origines dans un processus évolutif, dicté par l'instinct maternel : "Pendant 200 millions d'années d'évolution des mammifères, les femelles sensibles à leur progéniture se reproduisirent davantage que les femelles froides et distantes. Il s'est sûrement exercé une incroyable pression de sélection sur cette sensibilité".
Invité en octobre 2016 de La Grande Table, le biologiste auteur de "Sommes nous trop 'bêtes' pour comprendre l'intelligence des animaux", regrettait que les scientifiques aient si longtemps mis de côté la notion d'intelligence animale :
L'intelligence animale était un tabou au siècle dernier, on essayait de tout mettre dans deux boîtes : soit c'est l'instinct, soit c'est de l'apprentissage très simple. C'est seulement depuis 25 ans que de jeunes scientifiques regardent en dehors de ces boîtes et proposent que les animaux puissent avoir des concepts, puissent planifier, fabriquer des outils... Chaque semaine il y a des découvertes comme ça. [...] La façon dont on traite les animaux peut être influencée par ce genre de recherches.
Écouter
L’animal est-il un homme comme un autre ? (La Grande Table, 05/10/2016)
Rendre soin

J'aime dans cette image la révélation de tout ce qui est caché, ce qu'il convient d'atteindre lorsque je masse la vie insérée dans le corps de la femme que j'aime.
Il ne s'agit pas tant pour moi de masser son corps que d'entrer en contact avec l'énergie qui s'y trouve, de lui prodiguer tout l'amour nécessaire pour que les fluides circulent, que les courants ruissellent, que les équilibres se retrouvent, que la douceur l'emplisse, comme des retrouvailles avec la paix intérieure, que les noeuds se délient, que les fatigues s'effacent, que les tensions du jour à travers les activités quotidiennes se dispersent jusqu'à se liquéfier dans l'équilibre retrouvé des énergies.
Il ne s'agit pas de se disperser dans des caresses érogènes mais de suspendre les intentions sexuelles pour que l'auriculaire ou le lobe d'une oreille soient aussi aimés que la poitrine ou la douceur intérieure des cuisses. Chaque geste est empli de la même douceur, chaque geste est une caresse de soins.
Il viendra peut-être cet instant de l'aube qui électrise comme le soleil du matin mais là n'est pas l'objectif.
Il s'agit d'aimer le bien-être de l'autre, d'aimer la conscience en soi de cette vie secrète, celle qui ne se voit pas mais qui se sent, à chaque parcelle de peau.
Il ne s'agit donc pas de "prendre soin" mais de "rendre soin" puisque de vivre auprès de l'être aimé est déjà un soin pour soi.
Je masse la vie de la femme que j'aime pour le soin qu'elle m'offre à aimer vivre à mes côtés.

Les sillons du temps


De 15 à 55 ans.
Et finalement, je réalise que j'ai passé beaucoup de temps à regarder vers Là-Haut.
Je sais tout ce que je dois à cet univers minéral, à cet amour de la lumière des montagnes.
Les rides sont les souvenirs heureux des chemins.

J'ai rencontré Nathalie en montagne.
Marine, notre premier enfant, a été conçu dans un refuge désert à 3000 mètres, un soir d'automne, aux premières chutes de neige.
J'ai passé des années à écrire pour tenter de raconter l'émotion des montagnes.
Nos deux garçons courent sur les sommets aujourd'hui, dans les pentes les plus raides, sur leurs skis ou en alpinisme et la lumière dans leurs yeux est celle des étoiles.
Dans un roman autobiographique, "Les Eveillés", j'ai raconté ma mort. Là-Haut. Ma mort physique, puisque pour le reste, je ne sais rien d'autre que ce que j'entrevois. Et que je vérifierai le jour venu.
Et là, encore, ça sera du bonheur.

