Là-Haut

Articles de la-haut

De l'enfant à l'adulte.

Par Le 28/05/2017

L’image contient peut-être : ciel, montagne, nuage, neige, nature et plein air

 

Jarwal le lutin :
« Dans votre monde, lorsque vous naissez, vos parents ont peur pour vous et vous transmettent inconsciemment cette émotion profonde. C’est la peur de la mort et elle prend le pas sur l’amour de la vie. Vous allez apprendre avec cette peur et elle vous poussera inconsciemment à vous détacher de la Vie jusqu’à croire que vous êtes différents, meilleurs, insignifiants, bêtes, intelligents, paresseux, courageux, forte tête, soumis, rebelle, rêveur, que vous êtes votre nom, votre image, votre réputation. Tout cela peut exister effectivement mais tout cela vous éloigne de la source, tout le drame est là. Vos conditions de vie ne sont pas la Vie et dès que vous êtes coupés de cette Vie, vous vous contentez d’exister. Et c’est un effroyable gâchis. C’est comme si vous vous intéressiez à l’Océan en vous préoccupant uniquement d’une des gouttes d’eau qui le composent. Vous ne connaîtrez alors jamais l’Océan et vous n’aurez qu’une vue parcellaire de la Vie. Ce qui manque à votre Monde, c’est la capacité à vous élever.»

 

Cette semaine, Rémi et Léo, les deux frères, sont montés au Mont-Blanc, par les Trois Monts (Tacul/ Maudit/Mont-Blanc). Piolets, crampons et skis, puis descente par la Face Nord à travers le dédale des crevasses et des séracs.

Des souvenirs pour une vie entière et pour nous, parents, ce bonheur d'avoir su transmettre cette amour des montagnes, le goût de l'effort, la volonté, l'engagement, la détermination, la conscentration, la connaissance de soi. Le désir de "s'élever", toujours plus haut, de s'explorer en usant des montagnes et de leur beauté. 

Bien sûr que nous étions "tendus" et impatients d'avoir de leurs nouvelles. On sait ce qu'il en est là-haut et les risques encourus mais nos peurs, nous les avons gardées car sinon, il aurait été absurde lorsqu'ils étaient enfants de les avoir emmenés en altitude. Il aurait été tout aussi absurde de "charger" les garçons de nos inquiétudes. Nous les avons encouragés, connaissant parfaitement leur entraînement et l'exigence de leur préparation. Ils sont eux aussi intégralement végétariens, ils connaissent les bienfaits du jeûne, ils courent en montagne aussi souvent que possible. Une hygiène de vie intégrale, une hygiène spirituelle qui nous comble de bonheur. 

Transmission des valeurs validée.

 

Nourriture émotionnelle et carence affective

Par Le 28/05/2017

https://nospensees.fr/lalimentation-emotionnelle-la-nourriture-qui-comble-le-vide/

L’alimentation émotionnelle, la nourriture qui « comble le vide »

4, août 2016 dans Psychologie12848 Partagés

Manger des sucreries après une rupture amoureuse, dévorer de la nourriture pendant des moments de tension, dépasser les quantités suffisantes pour notre corps, etc.

Voilà ce qu’est l’alimentation émotionnelle, une habitude pour laquelle il n’y a pas meilleure définition que les exemples.

Nous croyons qu’“être des personnes normales” équivaut à être en état d’alerte par rapport à la nourriture, que nous devons avoir peur du chocolat et de la crème, persuadés que si nous pouvions arriver à maîtriser “cette féroce faim intérieure”, nous parviendrions à l’harmonie.

Nous oublions là que souvent, manger devient une métaphore de la façon dont nous vivons et de la manière dont nous gérons nos émotions.

Pourtant, dans de nombreux cas d’ingestion compulsive, la nourriture fonctionne comme un rideau de fumée qui nous empêche de voir le vrai problème : la perte de contrôle émotionnel par le besoin de combler le vide relatif à d’autres domaines de notre vie.

IMAGE 2

La relation entre les carences affectives et la nourriture

La nourriture peut devenir un substitut d’équilibre émotionnel.

Combien de fois avons-nous payé nos frustrations en nous empiffrant ou en mangeant une glace ou un chocolat ?

La compulsion qui nous guide au moment de manger est très souvent le désespoir au niveau émotionnel.

Les régimes ne fonctionnent pas parce que la nourriture et le poids sont les symptômes, pas le problème.

Disons que le fait de se concentrer sur le poids est une manière de ne pas prêter attention aux raisons pour lesquelles tant de personnes se jettent sur la nourriture quand elles ont faim.

Ceci, naturellement, est renforcé par notre société, qui focalise son attention sur les kilos en trop et sur les calories consommées.

On dirait que la perte de poids et l’obtention d’une belle silhouette provoqueraient chez nous la libération émotionnelle des événements douloureux qui nous tourmentent actuellement.

Geneen Roth, auteure spécialisée, met l’accent sur le fait que la prise de poids est, en soi, un symptôme. Même si nous arrivons à la faire diminuer, nous continuerons à générer de grandes fluctuations.

Je vous fais partager un passage qui illustre très bien cette question :

Quelqu’un assista une fois à un de mes séminaires après avoir perdu trente-quatre kilos en faisant un régime. Cette femme s’est mise devant cent cinquante personnes et elle a dit d’une voix tremblante :

— C’est comme si on m’avait dépouillée. On m’a volé le plus beau de mes rêves. Je croyais vraiment qu’en perdant du poids, ma vie changerait. Mais ce qui a changé en moi est seulement extérieur. L’intérieur est toujours le même. Ma mère est toujours décédée, et je suis toujours sûre que mon père me battait quand j’étais petite. Je suis toujours en colère et je me sens seule, et maintenant, je n’ai plus l’espoir de maigrir.

IMAGE 3

Le cercle vicieux de l’alimentation émotionnelle

D’une certaine manière, la préoccupation de notre corps masque des préoccupations bien plus profondes, qui alimentent un cercle vicieux d’inquiétudes qui ne se résolvent pas et qui freinent notre capacité à grandir et à nous développer.

Pour certains auteurs, le véritable problème de la prise de poids et de l’alimentation émotionnelle est que la nourriture devient un substitut de l’amour.

Ainsi, comme l’affirme Geneen Roth : “Si nous cessons d’alimenter l’enfant maltraité qu’il y a à l’intérieur de l’adulte solitaire, nous pourrons nourrir l’amour et donner lieu à l’intimité.

De cette manière, nous libérerons la douleur de la vie passée et nous nous installerons définitivement dans le présent.

Il n’y a qu’en nous réservant un espace pour l’intimité et l’amour que nous apprendrons à apprécier la nourriture et que nous cesserons de nous en servir comme d’un substitut.”

À certains moments, nous croyons que manger nous sauvera de nous-mêmes, de la haine que nous ressentons, de l’angoisse d’être qui nous sommes et de ce que cela provoque chez nous, et que nous ne souhaitons pas. C’est une espèce de pensée magique qui renforce un cercle vicieux qui nous tourmente.

 Partager

Quand nous mangeons de manière déséquilibrée, nous ne prenons pas soin de nous et de notre présent.

Mais comme nous le disons, nous soulager à travers la nourriture et prendre du poids est, très souvent, juste un symptôme qui se recrée dans un cercle vicieux.

Alors, ce faisant, chaque fois que nous mangeons de manière compulsive, nous renforçons la croyance selon laquelle la seule façon d’avoir ce que nous voulons est de nous l’octroyer nous-mêmes grâce à la nutrition.

IMAGE 5

C’est pourquoi chaque fois que nous nous adonnons à une ingestion excessive à la suite d’un déséquilibre émotionnel, nous renforçons ce désespoir associé à notre problème, ce qui provoque une pagaille encore plus grande.

C’est un cercle vicieux en tous points qui se nourrit lui-même du besoin de manger, tout en cachant ainsi le problème de fond.

L’alimentation émotionnelle, surnutrition ou déséquilibre nutritionnel nous sert souvent d’appui imaginaire, c’est-à-dire que nous pouvons arriver à utiliser la nourriture pour maintenir debout les quatre murs de notre maison.

 Partager

Prendre et perdre du poids ou être toujours au régime, c’est comme être constamment sur une montagne russe émotionnelle.

Une personne qui se sert de la nourriture pour se protéger s’enivre sans cesse à travers le chaos, l’intensité émotionnelle et le dramatisme.

Parce que comme nous l’avons dit, manger de façon compulsive reflète la mise en scène de la souffrance.

IMC et alimentation

Par Le 28/05/2017

IMC : indice de masse corporelle

Il y a un énorme problème de santé qui se profile avec une ampleur dont on n'imagine pas encore vraiment les conséquences et tout est lié à l'alimentation...

Actuellement, j'ai un IMC de 18 et pour le milieu médical, je suis en "état de maigreur". Ce matin, je me suis pourtant avalé 80 km de vélo, à fond, avant d'aller travailler au potager, hier deux heures de tennis, avant-hier, 1800 m de dénivelée en montagne et je travaille tous les jours dans le potager ou je fends du bois ou je creuse ma cave à la pioche et à la pelle et sans ressentir le moindre effet négatif au regard de cet "état de maigreur"....

Par contre, si j'observe les personnes que je croise dans la vie quotidienne et notamment les gens de mon âge, je constate un état de surpoids très fréquent, hommes et femmes mélangés. Même constat chez des individus plus jeunes, même constat chez des adolescents... Et de plus en plus chez de jeunes enfants.

Et là, je n'ai pas l'impression que le milieu médical soit très enclin à tirer la sonnette d'alarme, en tout cas, pas avec la même application que lorsque l'IMC est soi-disant "trop bas"....Et pourtant, il existe de plus en plus d'études scientifiques, dans divers pays, qui pointent une menace réelle, à l'échelle d'une pandémie..." La maladie du foie gras" (NASH, acronyme anglo-saxon)  n'est pas une illusion. Et maintenant, viennent s'ajouter des risques de dégénérescence cérébrale, de démence, d'augmentation exponentielle de maladie liée au vieillissement, amplifiées par des pratiques alimentaires totalement toxiques..... On va où là ?.........

Ce qui m'interpelle, c'est de voir que cet IMC a évolué dans les cinquante dernières années, une évolution qui suggérerait que l'IMC actuel est beaucoup plus "conciliant" et que des individus en surpoids il y a cinquante ans sont considérés aujourd'hui comme étant en bonne santé. Je n'aime guère ce que cela signifie : la consommation alimentaire est encouragée et la "norme" est relevée afin que les individus ne se sentent pas "hors cadre". Si cela n'avait pas d'incidence sur leur santé, il n'y aurait aucun problème mais ça n'est nullement le cas. 

La maladie du "foie gras" contribue à l'apparition de cirrhose du foie et à long terme à la nécessité d'une greffe. L'animateur Pierre Ménès en est devenu le porte parole après avoir failli mourir.

 

Pour quelles raisons, cet état de fait n'est pas plus fortement dénoncé, pour quelles raisons les alertes du milieu médical ne se font pas plus pressantes ? Qui freine de la sorte la prise de conscience des populations ? 

Les lobbies agro-alimentaires ne le souhaitent pas. 

Les laboratoires pharmaceutiques pas davantage.

Il faut imaginer les sommes que tout cela représente.

 

Il faut observer également les résistances de la population sur les régimes végétariens et les "traditions alimentaires carnées", les résistances sur la pratique du jeûne, pourtant connu depuis des siècles et sans que rien ne soit jamais venu en prouver la novicité, dès lors que c'est une méthode raisonnée, justifiée, encadrée, documentée.  

Comment peut-on considérer que la nourriture censée promouvoir notre santé finisse par y porter atteinte ? 

De la même façon, comment accepter le fait que l'alimentation humaine contribue avec une telle violence à la souffrance animale et à la dégradation de l'espace naturel ? 

N'y a-t-il pas là une réflexion indispensable, vitale ?...

 

"150 millions d'animaux tués par heure pour la consommation humaine." Je ne sais pas trop comment des gens parviennent à établir un tel constat mais en tout cas, ce qui est certain, au-delà des chiffres, c'est que l'humain produit sur la planète une quantité de souffrance inimaginable....


LA-HAUT
"Si, sur cette Terre ensanglantée, chaque être vivant qui meurt poussait un cri puissant à l’instant où il succombe, qu’il soit animal, végétal ou humain, ce monde ne serait qu’un atroce hurlement indéfiniment prolongé et nous mutilerions certainement nos oreilles, préférant être sourds."

 

 

 

 

http://www.santemagazine.fr/actualite-avc-et-demence-des-nouveaux-risques-attribues-aux-boissons-sucrees-77779.html

 

Les sodas classiques et light sont-ils mauvais pour le cerveau ? La question se pose après la publication de deux études menées par une même équipe de chercheurs américains qui mettent en garde contre ces deux types de boissons, et plus généralement contre l'excès de sucre.

Qu'elles soient light ou classiques, les effets des boissons sucrées sur l'organisme font souvent l'objet d'études scientifiques pour connaître leur impact sur le long terme. Caries, surpoids, diabète... outre ces risques bien connus, des chercheurs de l'université de Boston évoquent un autre dommage, qui concerne cette fois le cerveau.

Leur étude montre en effet que les personnes qui consomment fréquemment des boissons sucrées classiques (boissons gazeuses, sodas et jus de fruits) sont plus susceptibles de présenter une mémoire moins développée, un volume global du cerveau moins important et un hippocampe plus petit, une zone du cerveau importante pour l'apprentissage et la mémoire.

Mais il n'est pas conseillé de se "rabattre" sur les sodas light car dans une autre étude, les chercheurs pointent des risques propres. Les adeptes de ces boissons seraient presque trois fois plus susceptibles de développer un accident vasculaire cérébral et une démence que celles qui n'en consomment pas. Les chercheurs sont prompts à souligner que ces résultats, qui apparaissent dans les journaux "Alzheimer & Dementia" et "Stroke", démontrent une corrélation mais pas de véritable lien de cause-à-effet.

Plus de recherches sont nécessaires pour déterminer comment ces boissons endommagent le cerveau et si ces dommages peuvent être causés par une maladie vasculaire ou un diabète sous-jacent. "Ces études ne sont pas exhaustives, mais ce sont des données solides et une suggestion très forte, déclare Sudha Seshadri, professeur de neurologie à la Faculté de médecine de l'Université de Boston. Il semble qu'il n'y ait pas d'avantages à consommer des boissons sucrées, et la substitution du sucre par des édulcorants artificiels ne semble pas aider".

Les boissons sucrées, principale source d'exposition

Les chercheurs sont partis du constat que l'excès de sucre a longtemps été associé à des maladies cardiovasculaires et métaboliques, mais ses effets sur le cerveau humain sont peu documentés. Bien que le risque concerne le sucre en général, ils ont choisi de se concentrer sur l'impact des boissons sucrées, principale source d'exposition.

Pour la première étude, les chercheurs ont examiné les données, y compris celles issues d'analyses d'imagerie par résonance magnétique (IRM) et de résultats de tests cognitifs, auprès d'environ 4 000 personnes inscrites dans des cohortes de santé. Ils se sont particulièrement intéressés aux personnes qui ont consommé plus de deux boissons sucrées par jour ou plus de trois sodas par semaine.

Parmi celles-ci ils ont constaté de multiples signes de vieillissement accéléré du cerveau, y compris un volume général du cerveau plus faible, une mémoire épisodique plus pauvre et un hippocampe rétréci, soit des éléments qui constituent des facteurs de risque de survenue de la maladie d'Alzheimer à un stade précoce.

Gare aux édulcorants artificiels

Les chercheurs ont également constaté qu'une consommation élevée de sodas diététiques, au moins une par jour, était associée à un volume plus petit du cerveau. Dans la deuxième étude, les chercheurs ont utilisé les données de santé des mêmes personnes membres de ces cohortes, mais seulement des plus âgées et ont regardé spécifiquement si les participants avaient subi un AVC ou avaient été diagnostiqués avec une démence.

Après avoir mesuré l'apport de boissons des bénévoles sur sept ans, les chercheurs les ont ensuite surveillé pendant 10 ans, cherchant des signes d'accident vasculaire cérébral chez 2 888 personnes de plus de 45 ans ou de démence chez 1 484 participants de plus de 60 ans. Leurs conclusions ont établi que les personnes qui ont bu au moins un soda diététique par jour étaient presque trois fois plus susceptibles de développer un AVC et une démence.

Les chercheurs ne sont cependant pas parvenus à savoir quel rôle le diabète pouvait jouer dans la survenue de ces pathologies: ce dernier constitue un facteur de risque connu pour ces deux maladies. Mais les diabétiques ont davantage tendance à consommer des sodas light pour limiter leur consommation de sucre. Diverses hypothèses sont avancées sur la façon dont les édulcorants artificiels peuvent causer ces dommages, notamment le fait qu'ils auraient la capacité de modifier la composition de la flore intestinale, une partie de l'organisme directement liée au cerveau.


http://www.conseil-economique-et-social.fr/steatose-hepatique-causes-symptomes-traitements/

Stéatose hépatique – Causes, symptômes et traitements

 

 fred

 

 Appareil digestif

La stéatose hépatique ou foie gras non alcoolique est la cause la plus fréquente des maladies chroniques du foie dans le monde occidental. C’est une maladie assez courante dans les pays développés, qui affecte surtout les hommes entre 40 et 60 ans. Il a une incidence de 15% à 35% selon les pays, qui a augmenté au cours des dernières décennies en raison de la présence accrue de diabète de type 2 et de l’obésité.

Toutes les informations importantes sur la stéatose hépatique

La stéatose hépatique est une maladie qui consiste en l’accumulation progressive de graisse dans les hépatocytes et qui empêche le corps d’accomplir correctement ses fonctions.

Le diabète de type 2, l’obésité ou l’hypertension sont les facteurs qui facilitent le développement de foie gras ou de la stéatose hépatique.

La stéatose hépatique ne montre aucun symptôme visible. Habituellement, elle est découverte fortuitement suite à une douleur sourde dans la région du foie, une fatigue et dans certains cas une augmentation de la taille du foie qui peut révéler son apparence.

Qu’est-ce que le foie gras?

Le foie est un viscère avec diverses fonctions, y compris la production de protéines, le stockage du glycogène et la sécrétion de la bile, qui sont nécessaires pour la digestion des corps gras. La cellule principale du foie est l’hépatocyte, une cellule capable de stocker à la fois du glucose et des lipides (graisses). Si ces excès de graisse s’accumulent, un moment peut arriver où les cellules n’accomplissent plus correctement leur fonction. Lorsque ce moment se produit, et que la cause de cette augmentation de lipides intracellulaires n’est pas l’alcool, il est dit que le patient a une stéatose hépatique ou un foie gras.

Comment se produit la stéatose hépatique ?

C’est une maladie qui se produit dans le foie en bonne santé et qui ne provient pas de la consommation excessive d’alcool. Il s’agit clairement d’un hépatotoxique. Progressivement, l’accumulation de la graisse dans les hépatocytes est due à une production excessive pendant son utilisation, ce qui provoque une augmentation de la sensibilité à des facteurs qui peuvent causer des dommages au foie et entrainer finalement une inflammation et une fibrose, empêchant le corps d’accomplir correctement leurs obligations.

Les principaux facteurs qui prédisposent ou facilitent la stéatose hépatique sont :

− L’obésité,

− Le diabète de type 2 et la résistance à l’insuline,

− La dyslipidémie,

− L’hypertension,

− Certains médicaments tels que l’amiodarone, les antirétroviraux, les corticoïdes, le diltiazem, le tamoxifène, etc.

− Diverses maladies telles que l’apnée obstructive du sommeil (AOS), le syndrome des ovaires polykystiques, l’hypothyroïdie , la perte de poids importante, la résection intestinale, etc.

Les symptômes de la stéatose hépatique

La maladie du foie gras ne provoque généralement pas de signes évidents ou encombrants. La plupart du temps, sa découverte est fortuite lors d’une exécution d’un test d’imagerie abdominale (échographie ou tomodensitométrie -TAC-) pour d’autres raisons.

Toutefois, dans certains cas, le patient peut avoir une douleur sourde au niveau abdominal, dans la région du foie, avec un peu plus de fatigue que d’habitude. Il peut aussi ressentir une hépatomégalie. Une augmentation de la taille du foie peut être perçue en palpant l’abdomen.

La plupart des patients atteints de la stéatose hépatique sont stables et la maladie ne dégénère pas en hépatite. Mais dans les cas résiduels, on peut constater une insuffisance hépatique. La coexistence de l’obésité et du diabète de type 2 favorise la progression de la maladie. Il a été découvert que les patients souffrants de foie gras peuvent avoir des complications cardiovasculaires plus fréquentes.

Le diagnostic de la stéatose hépatique

La maladie est habituellement découverte fortuitement. Un examen de l’abdomen du patient peut être flou. Il se peut que le médecin remarque une augmentation de la taille du foie ou que le patient se plaigne d’une douleur à la palpation de la région du foie.

Au cours de l’analyse de sang, on peut voir une élévation des enzymes hépatiques (ALT, AST et GGT), une diminution du cholestérol de haute densité (HDL) et une augmentation des triglycérides, avec des niveaux de glucose dans le sang.

L’échographie abdominale est la meilleure technique d’imagerie, à cause de sa simplicité. Ce test invasif permet d’évaluer les résultats typiques de la stéatose hépatique. Le CT (scanner) et l’imagerie par résonance magnétique (IRM) peuvent également être utiles pour diagnostiquer la stéatose hépatique. Cependant, le diagnostic définitif sera donné par une biopsie du foie. Mais, puisque cette maladie a généralement une évolution bénigne, le test présente des risques et ne devrait être effectué que si le patient montre des facteurs de risque sur la progression de la maladie, tels que l’âge avancé, l’obésité sévère, le diabète ou des modifications importantes des enzymes hépatiques. L’étude des tissus permet d’évaluer le degré de l’inflammation et la fibrose.

Il est important d’établir le diagnostic en excluant avant tout les causes possibles de l’hépatite et le dysfonctionnement du foie comme :

− La stéatose alcoolique,

− L’utilisation de médicaments hépatotoxiques,

− Les maladies du foie auto-immunes,

− L’hémochromatose,

− La maladie de Wilson.

Le traitement de la stéatose hépatique

La stéatose hépatique est une maladie essentiellement bénigne et son traitement est basé sur la détection de la maladie pour ralentir la progression des facteurs de risque et les corriger le plus tôt possible.

Il est souhaitable que le patient qui est en surpoids ou obèse essaie de réduire son indice de masse corporelle (IMC) avec une alimentation saine et une pratique modérée d’exercice aérobique (course, vélo, aviron…).

En cas de diabète ou de dyslipidémie, un contrôle métabolique adéquat et une utilisation de médicaments prescrits par un spécialiste, tels que les glitazones ou les antidiabètes biguanides et les statines hypolipidémiants, sont recommandés.

Les précautions

En dépit que la stéatose hépatique soit une maladie bénigne, il faut essayer de réduire la consommation de graisses et de sucres qui peut conduire à l’obésité et au diabète de type 2 et de faire une activité physique modérée.

Nouvelle année

Par Le 31/12/2016

Je me souhaite un bel instant présent

Je me souhaite de n'avoir aucun espoir qui ne soit que chimère. 

Je me souhaite de ne pas rêver éveillé.

Et si je m'en tiens à ces directives, je n'ai rien finalement à me souhaiter puisque tout sera réglé.

Je souhaite aux gens que j'aime qu'ils n'aient pas besoin de mes souhaits pour être en paix.

Je souhaite aux gens que j'aime qu'ils n'aient même pas besoin de mon amour.

Je souhaite aux gens que j'aime de n'avoir rien à se souhaiter eux-mêmes. 

Et si tout cela n'est pas possible, n'est pas réalisable, que les épreuves sont trop lourdes ou les besoins encore très présents, je souhaite aux gens que j'aime tout ce qu'ils aimeraient que je leur souhaite.

Pour le reste de l'Humanité, je n'ai rien à dire. Ça n'est pas de mon ressort et ça serait m'octroyer un pouvoir prétentieux. 

 

Le piège climatique

Par Le 28/12/2016

Pergélisol, le piège climatique

26.01.2015, par 

Laure Cailloce

Pergélisol

Résultat de la fonte du pergélisol, les mares de thermokarst (ici sous la neige) seraient plusieurs millions en Arctique, sur une superficie de plusieurs centaines de kilomètres carrés.

 L. CAILLOCE/ CNRS PHOTOTHEQUE

Partager

Typique des régions arctiques, le pergélisol, le sol gelé depuis des milliers d’années, dégèle peu à peu sous l’effet du réchauffement climatique. Ce faisant, il libère de puissants gaz à effet de serre. « CNRS Le journal » s’est rendu au Nunavik, dans l’Arctique canadien, pour mieux comprendre ce phénomène largement sous-estimé par les modèles climatiques.

Les Inuits le savent bien, eux qui sont coutumiers des longues attentes dans les aéroports de la région. Voyager dans le Nord demande une bonne dose de patience. C’est à notre tour d’en faire l’expérience, en ce matin de décembre : le vol d’Air Inuit sur lequel nous avons embarqué à Montréal fait un atterrissage forcé à 150 kilomètres à peine de notre destination, Kuujjuarapik. Dans ce village inuit situé au sud de la baie d’Hudson, à l’embouchure de la rivière à la Baleine, le blizzard fait rage et empêche tout trafic aérien. Des conditions inhabituelles à cette époque de l’année. « À cause du changement climatique, la glace de mer tarde à se former sur la baie, ce qui crée une grande instabilité des masses d’air », nous explique-t-on.

Le plus gros réservoir de carbone continental

C’est loin d’être la seule conséquence des bouleversements climatiques dans le Nunavik, cette région arctique du Québec peuplée à 90 % d’Inuits. Ici, non seulement la banquise se réduit d’année en année, mais le pergélisol, le sol gelé en permanence, caractéristique des régions arctiques (permafrost, dans sa version anglo-saxonne), commence lui aussi à dégeler… Un vrai problème pour les infrastructures des quatorze municipalités de la région – routes d’accès et pistes d’aéroport défoncées, maisons qui voient le sol se déliter sous leurs fondations –, mais aussi pour le devenir climatique de la planète. C’est pour en savoir plus sur ce phénomène inquiétant que nous avons fait le voyage avec Florent Dominé : ce chercheur au laboratoire franco-canadien Takuvik a initié un vaste projet de recherche sur le pergélisol, le projet APT (Acceleration of Permafrost Thaw by Snow-Vegetation Interaction), réunissant pas moins de huit laboratoires français et canadiens1.

Répartition du pergélisol dans l'hémisphère nord. De bleu foncé à bleu clair : pergélisol continu (90% de la surface), pergélisol discontinu et pergélisol sporadique (- de 10% de la surface). En rouge : Kuujjuarapik.

 H. AHLENIUS/UNEP/GRID-ARENDAL

Partager

 

Si la totalité du carbone du pergélisol venait à être relâchée, cela aurait des conséquences dramatiques pour le réchauffement climatique.

Le pergélisol représente 25 % des terres émergées dans l’hémisphère Nord, soit l’équivalent de la superficie du Canada. C’est le plus gros réservoir de carbone continental de la planète, devant les réserves de combustible fossile que sont le pétrole, le gaz et le charbon : « 1 700 milliards de tonnes de carbone d’origine végétale s’y sont accumulées depuis la dernière glaciation, explique Florent Dominé. C’est deux fois plus de carbone que n’en contient actuellement l’atmosphère ! » Problème, avec la hausse des températures atmosphériques, le pergélisol tend à se réchauffer, voire à dégeler par endroits – « au Nunavik, on a enregistré une hausse de 2 °C de la température du sol à 4 mètres de profondeur entre 1992 et 2010 », rappelle le Québécois Michel Allard, chercheur à Takuvik et partie prenante du projet APT. Or, en dégelant, le pergélisol libère dans l’atmosphère du dioxyde de carbone (CO2) et du méthane, deux puissants gaz à effet de serre.

« Si la totalité du carbone emprisonné dans le pergélisol venait à être relâchée, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques pour le réchauffement climatique », explique Florent Dominé, qui évoque une augmentation de 5 à 8 °C de la température d’ici à 2100, quand le pire scénario du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec)2 se situe aujourd’hui à 4 °C, faute de prendre encore en compte ces processus complexes, mis au jour récemment.

Trois sites sous haute surveillance

« Il est urgent d’intégrer le pergélisol aux modèles climatiques, martèle le chercheur. Pour ce faire, il faut connaître précisément l’évolution de son régime de température en fonction des conditions extérieures telles que la température de l’air, la vitesse du vent, la nature du sol, mais aussi, et on le sait moins, les caractéristiques du manteau neigeux qui le recouvre l’hiver… » Deuxième axe de recherche indissociable du premier : connaître et modéliser les processus de relargage des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. « Tout ce qu’on sait aujourd’hui, c’est qu’on est face à une redoutable boucle de rétroaction positive, poursuit le chercheur. Plus la température de l’air augmente, plus le pergélisol fond, plus la quantité de gaz à effet de serre augmente dans l’atmosphère, ce qui entraîne une nouvelle hausse de la température de l’air, et ainsi de suite… »
 

Florent Dominé

Le manteau neigeux influe directement sur la température du pergélisol. Florent Dominé, chercheur à Takuvik, effectue des mesures dans la région de Kuujjuarapik.

 L. CAILLOCE/CNRS PHOTOTHEQUE

Partager

 

A Kuujjuarapik, 90% du pergélisol a fondu ces dernières décennies.

Trois sites ont été retenus pour mener cette étude de trois ans : l’île Bylot, le plus septentrional (73° de latitude nord), situé dans une région de pergélisol continu caractérisée par un paysage de toundra herbeuse ; Umiujaq (56° N), un village côtier situé dans une région de pergélisol discontinu présentant une alternance de forêt boréale et de toundra arbustive ; et enfin, Kuujjuarapik, le site le plus méridional (55° N), caractérisé par un paysage de pergélisol sporadique, qui fait la part belle à la forêt boréale et aux conifères – le but de notre voyage !

Le lendemain, le blizzard a fait place à un grand soleil. Nous survolons la baie d’Hudson à peine ridée par les premiers gels et plongeons vers Kuujjuarapik. Pas le temps de souffler au village : nous montons aussitôt dans l’hélicoptère qui doit nous emmener sur les buttes de pergélisol situées à quelques kilomètres de là. L’engin n’est pas une coquetterie : en Arctique, il n’y a tout simplement pas de routes ! Depuis le ciel, nous découvrons les palses, ces buttes de tourbe gonflées par la glace, et les mares créées par la fonte du pergélisol, aussi appelées mares de thermokarst, alignées comme autant de pots de peinture blanche. Les buttes sont en réalité les derniers reliquats du pergélisol qui existait autrefois à Kuujjuarapik, et dont 90 % a fondu ces dernières décennies. Nous nous posons sur l’une d’elles et déchargeons le matériel. Le thermomètre confirme que nous ne sommes pas là pour nous amuser : il fait – 23 °C ! Le temps de préparer les instruments, les appareils photo et les smartphones se figent : « problème de refroidissement », affiche un téléphone auquel le froid a fait visiblement perdre la tête.

Kuujjuarapik est situé dans une zone de pergélisol sporadique. On aperçoit ici les buttes de pergélisol caractéristiques de la région, aussi appelées palses.

 L. CAILLOCE/CNRS PHOTOTHEQUE

Partager

 

Des hauteurs de neige trop importantes

Chaudement emmitouflé dans sa veste en duvet d’oie, bonnet vissé sur la tête, Florent Dominé est, lui, dans son élément. « La neige est un très bon isolant, proche des performances du polystyrène ou… d’une bonne doudoune, explique le chercheur. L’hiver, elle fait tampon entre le pergélisol et l’air extérieur et empêche le sol de se refroidir autant que ce dernier. Ses propriétés isolantes varient néanmoins en fonction de son épaisseur, de sa densité et de sa structure. Une couche de neige très épaisse sera plus isolante qu’une couche plus fine ; une neige peu dense préservera plus du froid qu’une neige plus compacte. » Le chercheur dégaine sa sonde à neige – il mesure 12 centimètres à peine d’épaisseur au sommet de la palse –, et enfonce une sonde de température dans la neige. À l’interface pergélisol-neige, la température atteint – 9 °C, soit 15 °C de plus que la température atmosphérique ! Grâce à une petite pelle de contenance connue (100 cm3), il ramasse la poudre blanche et la pèse sur la balance extraite de ses valises à instruments. De tête, il calcule sa densité. « Elle est encore assez légère », commente le chercheur. Nouvelle démonstration au pied de la palse, où la neige, nettement plus épaisse, s’est accumulée sur 80 centimètres de hauteur. La température du pergélisol au contact avec la neige y est de – 1 °C, proche du dégel !

L'hiver, la neige fait tampon entre le pergélisol et l'air extérieur et empêche le sol de se refroidir autant que ce dernier.

La démonstration n’est pas innocente : avec le changement climatique, on enregistre non seulement une hausse de la température de l’air, mais également une augmentation du régime des précipitations (pluie et neige), du fait d’une plus grande évaporation. « C’est contre-intuitif, car tout le monde en Arctique peut constater que le nombre de jours de neige a diminué, explique le chercheur. Pourtant, lorsque la neige tombe, c’est en quantité bien plus importante qu’avant. Les hauteurs de neige tendent donc à augmenter, ce qui a un effet direct sur le réchauffement du pergélisol. ».

Autre facteur à prendre en compte pour une meilleure compréhension des effets du manteau neigeux : la végétation. Avec la hausse des températures atmosphériques, la couverture végétale s’accroît, tandis que les arbres et les arbustes migrent vers le nord. Or plus de végétation signifie des hauteurs de neige plus importantes. « La neige soufflée par le vent a tendance à s’accumuler en présence de végétation, au pied des arbres notamment », explique Florent Dominé. En outre, la végétation, de couleur sombre, diminue le pouvoir réfléchissant de la neige (celle-ci renvoie donc moins de chaleur et de rayonnement solaire vers l’espace) et modifie en profondeur ses propriétés optiques – autant de paramètres qui seront mesurés précisément dans le cadre du projet APT.

 

Mares d'été, Pergélisol

Résultat de la fonte du pergélisol, les mares de thermokarst (ici en été) émettent de puissants gaz à effet de serre : CO2 et méthane.

 CENTRE D'ETUDES NORDIQUES/TAKUVIK

Partager

 

Le rôle décisif des mares de thermokarst

L’hélicoptère est de retour, prêt à nous ramener au village. La nuit ne va pas tarder à tomber et nous n’aurons malheureusement pas le temps de faire un arrêt près des mares de thermokarst. Déjà pris dans la glace à cette période de l’année, ces véritables bioréacteurs sont au cœur du processus de relargage du carbone gelé. Lorsque le pergélisol dégèle, des morceaux de sol se détachent et tombent dans l’eau, apportant nutriments et carbone aux bactéries et au plancton présents dans la mare, qui les dégradent en CO2 (dans les couches d’eau proches de la surface) et en méthane ou CH4 (dans le fond privé d’oxygène de la mare). « Des chercheurs ont analysé le méthane libéré par ces mares en plusieurs endroits de l'Arctique, rapporte Warwick Vincent, le directeur scientifique du Centre d’études nordiques, qui gère notamment les bases scientifiques de l’île Bylot, Umiujaq et Kuujjuarapik. Dans certaines, le carbone est âgé de plus de 20 000 ans ! Cela signifie que c’est le vieux carbone stocké dans le pergélisol qui est en train d’être relargué dans l’atmosphère. Pas vraiment une bonne nouvelle pour la planète… »

C'est le vieux carbone qui est en train d'être relargué dans l'atmosphère.

Le travail de modélisation des émissions gazeuses promet en tout cas d’être ardu. « Il existe des millions de ces mares en Arctique, sur une superficie de plusieurs centaines de kilomètres carrés », estime Warwick Vincent. Le plus étonnant, c’est que ces mares de fonte n’ont pas toujours joué contre nous : dans les premiers milliers d’années qui ont suivi la fin de la dernière glaciation (il y a 15 000 ans), elles auraient contribué à réchauffer notre atmosphère encore glaciale, avant de se combler progressivement.

 

Situé à 55° de latitude nord, Kuujjuarapik est le village le plus "méridional" de l'arctique.

 L. CAILLOCE/CNRS PHOTOTHEQUE

Partager

 

De retour à Kuujjuarapik, où nous nous installons pour la nuit dans les bâtiments du Centre d’études nordiques, une nouvelle achève de nous glacer les os, déjà bien rafraîchis par un après-midi sur la neige : un ours polaire a été aperçu en plein village, la nuit précédente, et les enfants sont privés de sortie jusqu’à nouvel ordre… « Quand j’étais enfant, dans les années 1950, des choses pareilles ne se produisaient pas », nous affirme Alec Tuckatuck, un chasseur inuit rencontré au Centre. C’est une conséquence de plus du changement climatique sur les régions arctiques : du fait de la diminution et de la fragilisation de la banquise, son habitat naturel, le géant blanc se met en effet à longer les côtes et entre dans les villages pour chercher de la nourriture… Le lendemain, le blizzard blanchit à nouveau le village. Il nous faudra patienter pour rentrer à Montréal. L’ours blanc, lui, a été abattu par les chasseurs.

Notes

  • 1.Le projet APT est financé par la fondation BNP-Paribas, qui vient de lui apporter une dotation de 560 000 euros.
  • 2.Les rapports du Giec sont le fruit des travaux publiés par les scientifiques durant les six années qui précèdent.

Le méthane

Par Le 28/12/2016

Explosions de méthane : risque d’emballement du réchauffement climatique

image: http://www.consostatic.com/wp-content/uploads/2015/07/permafrost-methane-cratere-ban.jpg

Explosions de méthane : risque d'emballement du réchauffement climatique

Le 7 juil 2015

Rédigé par Camille Tourneboeuf

 

 

Été 2015, une équipe de chercheurs russes localise plusieurs cratères de 80 mètres de diamètre dans la région de Yamal, en Sibérie. Ces cratères seraient le résultat direct du réchauffement climatique, la hausse des températures entraînant un dégel inhabituel du permafrost, ou pergélisol, ce sol sensé rester gelé en permanence, et libérant le méthane emprisonné jusque là dans la glace. Le risque d’un emballement du phénomène du réchauffement climatique est réel.

Des explosions de méthane dans le nord de la Russie

Les trous constatés par les chercheurs russes seraient le résultat d’explosions souterraines de gaz, dont le méthane. Pour l’équipe de chercheurs, cette découverte ne serait que le début de découvertes semblables à venir.

Les conséquences pour cette région du globe sont majeures, tant pour la sécurité des personnes dont les habitations menacent de s’écrouler si ce phénomène se poursuit, que pour la vie économique locale, si les voies de transports ne sont plus accessibles. Les éleveurs de rennes voient déjà leurs routes de transhumance disparaître avec la fonte du permafrost et des hivers trop doux qui ne permettent pas qu’une croûte de glace suffisamment solide se forme pour permettre le passage des rennes.

image: http://www.consostatic.com/wp-content/uploads/2015/07/shutterstock_118397971-permafrost-methane.jpg

Des maisons s'écroulent du fait de la fonte du permafrost méthane

Maisons s’écroulent avec la fonte du permafrost © Pi-Lens / Shutterstock.com – maisons permafrost

Au-delà des conséquences régionales, un risque d’emballement du climat

Le méthane est un gaz à effet de serre puissant, 25 fois plus important que le CO2, et les activités humaines ont comme conséquence une augmentation de la quantité de ce gaz dans l’atmosphère.

Or, cette libération de méthane fait peser une incertitude forte sur l’accélération du réchauffement climatique, par des boucles de rétroaction dites positives, car se renforçant mutuellement. Pour dire les choses plus simplement : nous entrons dans un cercle vicieux, c’est-à-dire d’amplification du phénomène observé par la répétition de l’action.

Dans le cas présent, le réchauffement climatique entraîne la fonte du pergélisol avec comme conséquence la libération du méthane qui à son tour accélère le rythme du réchauffement climatique, accélérant d’autant plus la fonte du permafrost et la libération massive du méthane, etc.

image: http://www.consostatic.com/wp-content/uploads/2015/07/Permafrost_thaw_ponds_in_Hudson_Bay_Canada_near_Greenland.jpg

Méthane permafrost

Trous de fonte de permafrost dans le nord du Canada, près du Groenland. Permafrost thaw ponds in Hudson Bay Canada near Greenland” de S.Jurvetson. License sous CC BY 2.0 via Wikimedia Commons

Le pergélisol désigne la partie d’un sol gelé en permanence, au moins pendant deux ans, et de ce fait imperméable. Ses formations, sa persistance ou disparition, et son épaisseur sont très étroitement liées aux changements climatiques.

Un risque encore mal mesuré

Le méthane, tout comme le CO2, est présent naturellement sur notre planète. Mais, à l’inverse du CO2, son cycle et ses interactions avec les différents éléments de notre planète (le sous-sol, la biomasse, l’atmosphère) sont encore mal compris, mais tout à fait inquiétants. 

Il est en effet certain que les activités humaines entraînent un déséquilibre de ce cycle naturel en libérant une quantité de méthane en surplus. La quantité de méthane dans l’atmosphère a augmenté de plus de 150 % depuis la révolution industrielle.

image: http://www.consostatic.com/wp-content/uploads/2015/07/crater-yamal-B1-Marya-Zulinova-Siberian-Times-e1425917275140.jpg

Methane permafrost

Les cratères dans le pergélisol dus aux explosions de gaz, dont le méthane.

Pour mieux évaluer les interactions entre le méthane et les autres éléments de la planète et son impact sur le réchauffement, l’Académie des Technologies a fait le point sur les connaissances actuelles(2) car si  le GIEC a intégré les émissions de méthane dans son dernier rapport les boucles de rétroactions possibles ne sont à ce jour pas prises en compte dans les différents scénarios.

 

Les rétractions associées au dégel du pergélisol pourraient intervenir sur l’échelle du siècle. Si la fonte du pergélisol est relativement certaine au-dessus d’un seuil de réchauffement climatique dont tout laisse à penser qu’il risque d’être atteint, sa vitesse et la quantité de carbone qui sera émise, en particulier sous forme de méthane, restent très difficiles à évaluer.

Académie des Technologies, janvier 2015

 

Jusqu’à 70 % de permafrost pourrait disparaître, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme

Selon les scientifiques, les zones de sol gelé couvrent environ 25 % des terres de l’hémisphère Nord, allant de Amérique du Nord en passant par la Sibérie. D’ici à la fin du siècle, les zones couvertes par le pergélisol devraient diminuer de 30 à 70 %, selon le volume des émissions de gaz à effet de serre provoquées par les activités humaines. Si la communauté internationale parvient à se fixer des objectifs permettant de limiter la hausse du réchauffement à 2°C, les chercheurs prédisent dans les scénarios optimistes une perte de 30 % du permafrost. Mais cette proportion pourrait grimper à 70 % dans les scénarios les plus pessimistes.

Dans la prestigieuse revue scientifique Nature, en avril de cette année(3), le bilan dressé par les scientifiques est pour le moins alarmant et souligne le risque d’emballement.

Selon Susan Natali, chercheuse du Woods Hole Research Center et coauteur des travaux publiés par Nature : « Il y a 1.500 milliards de tonnes de gaz à effet de serre gelé et emprisonné dans le permafrost. Le volume de CO2 accumulé depuis plusieurs milliers d’années dans les terres du permafrost est environ deux fois plus important que celui présent dans l’atmosphère (…) Selon nos estimations, 130 à 160 gigatonnes de gaz à effet de serre pourraient être libérées dans l’atmosphère d’ici à 2100 » du fait de ce dégel.

Lire page suivante : Les différentes sources de méthane ; les solutions


En savoir plus sur http://www.consoglobe.com/methane-emballement-rechauffement-cg#J8mRIQqb4gxrYrrP.99

image: http://www.consostatic.com/wp-content/uploads/2015/07/permafrost-methane-cratere-ban.jpg

Explosions de méthane : risque d'emballement du réchauffement climatique

Le 7 juil 2015

 

 

Les différentes sources de méthane liées aux activités humaines

Il existe quatre grandes sources d’émission de méthane liées aux activités humaines :

  • l’élevage et la culture,
  • les feux de végétation,
  • l‘extraction et la distribution des énergies fossiles,
  • les décharges.

Concernant l’élevage, les émissions de méthane sont dues tout particulièrement à la digestion des ruminants qui libère du méthane. Une des solutions passe par une amélioration de l’efficacité nutritionnelle, ainsi que par la recherche d’un bilan neutre en analysant les émissions de méthane dans le système complet d´élevage. Par exemple, le méthane rejeté par des ruminants élevés à l’herbe correspondra au méthane absorbé par la prairie et le sol, tout les deux puits de méthane, aboutissant à un équilibre entre le méthane prélevé et le méthane rejeté dans l’atmosphère.

 

image: http://www.consostatic.com/wp-content/uploads/2015/03/vache-museau-00-ban.jpg

Méthane élevage

Pour l’agriculture, se sont tout particulièrement les rizières qui sont sources de rejets de méthane. D’autant plus quand elles sont réalisées sur un terrain préalablement sec. En effet, c’est la décomposition de la matière végétale dans un milieu sans oxygène qui aboutit à une libération du méthane. Afin de réduire la quantité de méthane émis, il est nécessaire de drainer l’eau régulièrement durant le phase de culture.

La combustion de la biomasse et les décharges répondent aux même principes de décomposition de la matière organique sans oxygène ou partiellement sans oxygène qui aboutit aux rejets de méthane dans l’atmosphère. Le principe pour les décharges est tout d’abord de confiner cette décomposition. Le méthane est ensuite capté et utilisé comme combustible. Des usines de méthanisation récupèrent ainsi le méthane pour produire chaleur et/ou électricité.

 

image: http://www.consostatic.com/wp-content/uploads/2013/09/feux-forets.jpg

méthane feux

Pour les feux de végétation, la réduction des rejets de méthane passe par un changement des pratiques agricoles afin de réduire la culture sur brûlis, tandis que les mesures de prévention pour limiter les feux de forêts doivent être constamment rappelées.

Enfin, dans le cas de l’exploitation des énergies fossiles – pétrole, gaz de schiste, etc. -, c’est la libération du méthane préalablement emprisonné dans les roches qui favorise le rejet du méthane dans l’atmosphère. Les efforts aujourd’hui consistent à récupérer le méthane qui là encore peut servir de combustible.

Un nouveau dégagement de méthane avec les puits abandonnés de gaz de schiste

S’ajoute à cette longue liste, une nouvelle source importante de méthane. C’est ce qu’ont découvert récemment des chercheurs de l’Université de Princeton avec les puits abandonnés de gaz de schiste et de pétrole dont plusieurs remontent au 19e siècle. Or ces fuites ne sont pas incluses dans le calcul des émissions de gaz à effet de serre des données gouvernementales des USA, alors que les chercheurs estiment qu’elles comptent dans la contribution globale à l’effet de serre.

Des puits de méthane à ne pas négliger

Si les activités humaines sont responsables d’émissions de méthane en excès, elles peuvent aussi contribuer à former des puits de méthane, tout particulièrement en favorisant l’absorption du méthane par les plantes et le sol. En effet, le premier puits de méthane est le sol. Mais la nature de celui-ci influence fortement sa qualité à absorber le méthane. Ainsi, un sol totalement goudronné n’aura aucune capacité d’absorption, alors qu’à l’inverse les sols forestiers sont des puits importants de méthane.

L’aménagement du territoire, la préservation de sol agraires, des jachères et de zones forestières sont également nécessaires pour réduire la quantité de méthane aujourd’hui libérées dans l’atmosphère et ainsi limiter le risque d’emballement du climat.

 

A lire aussi : 

 

Références :


En savoir plus sur http://www.consoglobe.com/methane-emballement-rechauffement-cg/2#3lpxQ9qwe5VHU7Oo.99

Anticipation du désastre

Par Le 27/12/2016

Il y a presque trois ans maintenant, j'avais écrit ici qu'un des objectifs de la "Réforme des rythmes scolaires" était de faire entrer le secteur privé dans l'éducation nationale et qu'à terme, les entreprises prendraient une participation financière conséquente des frais avec d'évidentes contreparties commerciales.

On m'a répondu que j'étais parano.


Apple fait polémique en proposant des sorties de classe dans ses magasins

Par  • Publié le 

«Les produits Apple peuvent ouvrir le champ des possibles aux élèves», selon la firme. Crédits photo: PATRICK HERTZOG/AFP
  •  
  •  
  •  

La firme américaine propose aux enseignants et à leurs élèves une «expérience pédagogique inoubliable» dans ses Apple Store. Le corps enseignant dénonce un piège commercial.

Après le zoo, le musée ou le cinéma, voici les sorties de classe... à l’Apple Store. Sur son site internet, la firme américaine invite les enseignants du primaire et du secondaire à faire découvrir ses points de vente à leurs élèves, comme le révèle Franceinfo. Apple leur promet une «expérience pédagogique inoubliable» d’une durée de 60 à 90 minutes. Les élèves pourront «réaliser sur place des projets originaux qui compléteront les travaux effectués en classe».

Sur sa page d’inscription, Apple demande notamment la tranche d’âge des participants (dès 5 ans) et se renseigne sur «les technologies que vous [les enseignants] utilisez en classe» (Mac, PC, iPad, tablette). Parmi les 21 Apple Store présents en France, huit sont ouverts à ces visites, dont cinq à Paris et en Île-de-France. «À l’issue de la séance, les élèves auront compris à quel point les produits Apple peuvent leur ouvrir le champ des possibles. De leur côté, les enseignants repartiront avec des élèves surmotivés et une foule d’idées pour continuer à les stimuler en classe», ajoute Apple.

Les enseignants dénoncent une confusion des genres

Les vacances n’ont pas empêché le personnel éducatif de critiquer vivement cette proposition de sortie. Paul Vannier, enseignant et secrétaire national à l’éducation au Parti de gauche, a expliqué ce matin à Franceinfo que «les élèves n’ont rien à faire sur le temps scolaire dans un magasin». Il demande à la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, d’interdire ce type de sortie. «Les enseignants utilisent leur liberté pédagogique de façon pertinente pour éviter les pièges commerciaux. Faisons-leur confiance», a répondu son cabinet dans un tweet.

DirectNVB @DirectNVB

.@Vannier75 Les enseignants utilisent leur liberté pédagogique de façon pertinente pr éviter les pièges commerciaux. Faisons-leur confiance.

 Suivre

Paul Vannier @Vannier75

.@DirectNVB J'ai tte confiance ds les enseignants. C'est vs que j'interpelle. Quel est l'apport pédagogique d'1 moment promotion marchande?

  •  
  •  
  •  

 

Pour sa part, Paul Devin, syndicaliste FSU et inspecteur de l’Éducation nationale, estime sur son blog que les sorties de classe chez Apple contreviennent au «Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire» daté de 2001. Selon lui, accepter une sortie de classe dans un Apple Store reviendrait à enfreindre la neutralité commerciale du service public.

Ce n’est pas la première fois que les relations entre les entreprises privées et le milieu scolaire déclenchent la polémique. L’une des plus connues concerne le partenariat entre l’Éducation nationale et Microsoft conclu en 2015. Il consiste en une mise à disposition gratuite de certains logiciels pour les élèves et la formation numérique des enseignants. Les éditeurs de logiciels libres étaient montés au créneau... en vain: en septembre, le tribunal de grande instance de Paris a confirmé la légalité de l’accord.

 

 

Se "Dé-penser"

Par Le 21/12/2016

 

Les yeux fermés, ne rien penser, se laisser couler, ne même pas penser à la musique, ne pas identifier les instruments, ne pas anticiper sur les notes, juste être là, ignorer la mémoire qui commente la mélodie et libère les souvenirs, rien, juste être là, sans être le "moi", si une pensée survient se concentrer alors sur la respiration, suivre la houle, ne pas chercher à contrôler le souffle, juste le regarder intérieurement, l'aimer lui qui ne cesse pas, si la pensée s'accroche encore et qu'elle n'est qu'une pierre jetée dans l'eau du lac, alors accompagner cet air dans l'intégralité du corps, dans le courant du sang, visualiser chaque fibre, ne pas chercher à la nommer, ne pas l'identifier avec des mots mais juste vivre le ressenti, juste ce souffle en vous, cette paix immense, cette étendue océanique où vous flottez, loin de tout, juste en vous, le temps n'existe plus parce que vous ne savez plus le nommer, il n'y a pas d'heures, ni de secondes et puis, avec une délicieuse attention, discrètement, comme une vapeur invisible engloutie par le vide, il n'y aura plus de matière, vous vous en apercevrez dans l'incapacité de situer le moment où le processus s'est enclenché et vous ne pourrez vous empêcher de commenter la surprise, et puis le silence vous enveloppera, il n'y aura plus de matière, aucune pesanteur, un état inconnu, plus de corps, plus de contact avec vos habits, juste ce souffle libre dans lequel vous êtes, ce souffle comme un placenta qui bat, ce souffle qui vous respire et se nourrit de votre bonheur, la vie s'aime en vous quand vous baignez dans l'amour intérieur, cette euphorie tendre, la vie en vous qui vous aime et se réjouit d'être là.

Fermes d'avenir

Par Le 20/12/2016

 Découvrir des projets agroécologiques

Pétition - 10 Propositions pour une transition agricole

Après un an de recherches, ponctué de rencontres et de retours d'expérience, l'association Fermes d'Avenir publie un plaidoyer de 150 pages pour chiffrer les "externalités négatives" de l'agriculture chimique qui domine nos campagnes.
Ce plaidoyer nous a permis d'identifier 10 propositions de lois qui permettraient de changer radicalement, et rapidement, nos modèles de productions.

De nombreuses personnalités, experts de l'agriculture, philosophes, représentants d'organisations, directeurs d'entreprises, artistes, ont décidé de signer cette pétition et nous vous invitons à faire de même, pour montrer aux femmes et hommes politiques que ce sujet est prioritaire pour nous, qu'il est primordial de repenser notre alimentation, la production sur les territoires, pour déployer des pratiques responsables, à même de préserver notre santé, nos emplois, et de régénérer les écosystèmes.

 

Emploi et compétences

 

Proposition 1 : Permettre aux fermes agroécologiques de bénéficier d’aides à l’emploi. 
En savoir plus ...

Proposition 2 : Aiguiller 5.000 Services Civiques par an sur des fermes agroécologiques* en création notamment pour sensibiliser les riverains à la consommation alimentaire responsable et créer des espaces de biodiversité restaurée et préservée. 
En savoir plus ...

Proposition 3 : Faire de l’agro-écologie une brique obligatoire et transversale dans les lycées agricoles et cursus d’agronomie, intégrer une dimension de terrain dans l’enseignement. 
En savoir plus ...

 

Financement et modèle économique

 

Proposition 4 : Dédier 350 millions d’euros de la Politique Agricole Commune (PAC) par an au mieux manger local pour tous, en finançant les agriculteurs prêts à adopter des pratiques agroécologiques et en renforçant la rémunération des services écologiques rendus par leurs fermes (préservation de la qualité de l’eau, séquestration carbone,…), ce qui impliquera nécessairement des créations d’emplois. 
En savoir plus ...

Proposition 5 : Lancer un Programme d’Investissement d’Avenir Agricole (PIAA) doté de 5 Milliards d’Euros pour soutenir des innovations agroécologiques, accompagner l’émergence de projets de développement rural dans les territoires (circuits-courts, coopératives, etc.) et faciliter la transmission des exploitations aux jeunes agriculteurs qui souhaitent les convertir en agriculture biologique. 
En savoir plus ...

Proposition 6 : Mettre en place des conventions entre les collectivités et les acteurs de la finance participative pour que les citoyens puissent financer la transition agricole en direct. 
En savoir plus ...

Proposition 7 : Financer la mise en place de 50% d’approvisionnements durables (de saison, bio, locaux < 100 km) d’ici 5 ans dans la restauration collective (organisation des producteurs et soutien à leurs activités locales, investissements dans les maillons de transformation) et remplacer 25% de la proposition de produits carnés par d’autres protéines. 
En savoir plus ...

 

Foncier

 

Proposition 8 : Promulguer une nouvelle loi d’orientation foncière nationale pour sanctuariser les terres agricoles. 
En savoir plus ...

Proposition 9 : Privilégier systématiquement l’attribution du foncier disponible (notamment les transmissions de fermes) à des projets en agriculture biologique. 
En savoir plus ...

Proposition 10 : Mettre en place des projets expérimentaux de ‘grappes de fermes’ pour expérimenter, former, et développer de nouveaux modèles alimentaires territoriaux. 
En savoir plus ...

Georges Orwell : "1984"

Par Le 19/12/2016

8675798749 e9c5d296d2 z

 

"Nous ne cherchons pas le pouvoir en vue de nos propres fins, mais pour le bien de la majorité tel que nous le définissons. Les hommes, ces créatures frêles et lâches, ne peuvent endurer la liberté ni faire face à la vérité. Ils doivent être dirigés par ceux qui sont plus forts qu'eux. L'espèce humaine a le choix entre la liberté et le bonheur, or le bonheur vaut mieux." 
"
"Ce pouvoir est aussi le pouvoir sur d'autres êtres humains, sur les corps mais surtout sur les esprits. Le pouvoir sur la matière n'est pas important, notre maîtrise de la matière est déjà absolue. Ce qui importe c'est de commander à l'esprit. La réalité est à l'intérieur du crâne... Le réel pouvoir, le pouvoir pour lequel nous devons lutter jour et nuit, est le pouvoir non sur les choses, mais sur les hommes. Comment assure-t-on le pouvoir sur un autre? En le faisant souffrir. L'obéissance ne suffit pas. Comment, s'il ne souffre pas, peut-on être certain qu'il obéit, non à sa volonté, mais à la nôtre?"

"Le pouvoir est d'infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l'esprit humain en morceaux que l'on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l'on a choisies. Commencez-vous à voir quel sorte de monde nous créons? Un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde d'écraseurs et d'écrasés, un monde qui au fur et à mesure qu'il s'affinera deviendra plus impitoyable. Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance. Notre civilisation est fondée sur la haine; il n'y aura pas d'autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l'humiliation. Nous détruirons tout le reste."

"Nous avons coupé les liens entre l'enfant et les parents, entre l'homme et l'homme, entre l'homme et la femme. Mais plus tard, il n'y aura ni femme ni ami. Les enfants seront à leur naissance enlevés aux mères, comme on enlève leurs oeufs aux poules. La procréation sera une formalité annuelle, comme le renouvellement de la carte d'alimentation. Il n'y aura plus de loyauté que pour le pouvoir. Tous les plaisirs de l'émulation seront détruits remplacés par l'ivresse toujours croissante du pouvoir, qui s'affinera de plus en plus. Il y aura à chaque instant, le frisson de la victoire, la sensation de piétiner un ennemi impuissant... Autant qu'un monde de triomphe ce sera un monde de terreur... Nous commanderons à la vie à tous ses niveaux."

"Vous imaginez qu'il y a quelque chose qui s'appelle la nature humaine qui sera outragée par ce que nous faisons et se retournera contre nous. Mais nous créons la nature humaine. L'homme est infiniment malléable.
"1984" Georges Orwell.

-------------------------------------------------------------------------------------------
On ne peut plus d'actualité...La course au "bonheur modélisé" est une disparition programmée de la liberté.

L'aperception

Par Le 15/12/2016

L’aperception originaire      

    Nous l’existence consciente disions qu’avec l’homme apparaît le mental. Si l’animal existe, sent et connaît, l’homme en plus sait qu’il connaît. Nous disons (en principe) que l’homme est conscient, ou du moins il peut être conscient de lui-même, c’est-à-dire lucide. La précaution oratoire veut dire ici que la lumière de la conscience est loin d’être toujours actualisée. De fait, la plupart des hommes sombrent dans leurs pensées plutôt qu’ils ne les pensent vraiment. Nos pensées pensées répétitives et non délibérées nous tirent vers l’inconscience. Et pourtant ce sont bien des pensées. Toutefois, la potentialité demeure en tout homme d’être conscient de lui-même. Elle est la conscience elle-même, c’est-à-dire plus que lavigilance engagée dans le rapport sujet/objet. Par exemple le qui-vive face à un danger. La conscience-de-soi accompagne la conscience-de-quelque-chose, mais elle n’est pas une conscience d’objet.

    Cependant, la nature du sujet conscient est subtile, elle ne se réduit pas à une question de logique ni de grammaire. Aussi étrange que cela paraisse, l’apparition dans l’état de veille d’un sujet qui dit « moi » n’est en aucune façon la preuve d’une forme élevée de conscience, mais juste l’entrée en scène de l’ego. Que l’ego monopolise toute notre attention ne veut pas dire que nous soyons davantage conscient, c’est même exactement le contraire. Plus la conscience égotique se manifeste et plus l’occultation du champ de conscience est forte, car elle voile la présence. Inversement, avec un sens de l’ego moins insistant, un ego presque transparent, la présence est davantage manifeste. C’est alors seulement de l’éveil qu’émerge le sujet véritable, plus large et plus profond que les accointances limitatives de l’ego. Nous le voyons par exemple dans la communication, plus nous sommes présent, moins nous y mettons d’ego, et meilleure est la relation, plus le partage est riche et doué de sens.

    Donc, si ce n’est pas se planter en tant qu’ego face à un autre, se pose alors la question de savoir ce qu’il faut entendre par conscience de soi. Une pensée ? Un concept ? Une intuition parmi d’autres ? Est-ce une sorte d’intuition qui nous accompagne et n’est jamais perdue ? Qu’est ce que l’aperception originaire ?  Kant a indéniablement touché du doigt le problème. Il emploie les expression « aperception pure », « aperception originaire » ou « aperception transcendantale » pour désigner cette conscience une et identique par laquelle le divers des impressions est rattachée à l’unité du je.

*  *
*

A. L’aperception empirique et l’ego

    Dans le développement du cours, comme nous l‘avons vu,  il faut parler d’un je. du je suis qui n’est pas le moimais le précède. Impossible de dire qu’il s’agit d’une simple pensée parmi d’autres, « une » pensée dans le défiléinterminable de nos pensées. Il devrait être clair à tout esprit véritablement attentif que penser beaucoup et cogiter sans arrêt ne nous rend pas plus conscient, c’est-à-dire pleinement présent ici et maintenant. Et pourtant, ce défilé des pensées qui sans arrêt se retourne sur lui- même pour se hausser le col, pour s’affirmer face à un autre, pour se plaindre, ce défilé des pensées qui prend pour centre notre petite personne est précisément l’ego. Le moi empirique. Mais en tant qu’ego, c’est-à-dire identifié à l’ego, avons-nous une conscience de nous-même ?

     1) Très honnêtement, il faut reconnaître que non. A la place, et c’est différent, nous avons un souci éperdu de nous définir et de nous faire valoir. Donc dans la pensée et par concepts. Il est très important -pour la première fois peut être-, de pouvoir l’observer. Rien de plus banal et de plus commun, de plus universel. Sans aucun rapport avec quelque degré de culture que ce soit chez l’être humain. L’ego n’est pas une dotation spéciale pour scientifiques, une propriété des savants, un attribut du bon sens, ni un concept spéculatif, une invention des philosophes, et pas davantage un noble idéal à réaliser, une création de la morale, ni une invention religieuse. L’ego est le sujet le plus trivial qui soit, le moins aperçu et le moins bien compris. Les guerriers de Gensis Khan étaient tout autant doués d’un ego que leur maître conquérant, autant que les vendeurs de drogue dans les bas-fond de Brooklyn, pas moins, ni plus, que les petites mains des usines  de Corée, les étudiants dans toutes les universités du monde, les hommes et les femmes présent dans des communautés religieuses ou s’agitant dans des quartiers d’affaire. L’esprit humain, en se donnant une image de lui-même fait naître l’entité ego, et nous dépensons une énergie folle dans toutes nos activités pour chérir, préserver, renforcer, nourrir, l’image que nous avons de nous-même.L’ensemble de ces processus se situe dans ce que nous pouvons appeler la conscience normale. Que dans cette image figure un fauteuil à l’assemblée, un conseil d’administration, à la tête d’une église ou une place reconnue dans un gang, psychologiquement c’est la même chose, encore de l’ego. Qu’entre en jeu une motivation liée à la libido, une référence au jugement d’un père ou d’une mère, qu’il y ait une place obsessionnelle pour les jugements d’autrui, les remarques insidieuses, les flatteries ou les humiliations, cela va de soi ; c’est encore de la nourriture pour la défense et la préservation de l’image du moi. C’est de l’ego au sens ordinaire du terme ; et tout ce trafic qui tourne autour de « moi » peut très bien opérer de manière subconsciente, sans que le prétendu « moi » ait la moindre idée de son propre fonctionnement mental. C’est la conscience normale qui n’est rien d’autre que l’inconscience ordinaire dans laquelle de prime abord nous pensons en tant qu’être humain, nous cherchons en scientifique, nous calculons en économiste, nous décidons en politique, nous planifions et dominons avec de l’argent etc. En fait, à bien y regarder, le meilleur de l’humain surgit précisément quand il s’élève pour une fois au-dessus de cette conscience normale, dans un accomplissement qui touche à l’universel. Dans ce qui ....

    Maintenant, comprenons bien, l’auto-définition ne nous fait pas avancer d’un pouce. Contrairement à ce que l’on croit dans l’opinion, l’auto-définition n’est pas la conscience de soi. Elle n’est pas non plus la connaissance de soi. Elle s’inscrit dans le registre de l’affirmation du moi et elle est égocentrique. Pourtant, dans ce que l’on appelle d’ordinaire «l’examen de conscience », on admet que la réflexion  nous révèle tel que nous sommes. En faisant dans une introspection le tour de nos « qualités » et de nos « défauts », on pense (c’est une idée tellement courante) qu’on arrivera à « mieux se définir », le souci de définition exacte devenant « la conscience de soi ». Du moins c’est ce que l’on croit. Suis-je un concept mathématique auquel il faudrait rapporter une définition exacte ? L’exactitude d’une définition de soi, n’est-ce pas une tentative de clouer l’animal dans la boîte pour en finir et dire fièrement « moi, je suis comme ça » ? Raide comme un piquet. Apparemment oui ou en tout cas c’est bien dans cette croyance que fonctionne l’introspection, du plus ordinaire des jugements que l’on porte sur soi aux formes plus sophistiquées et littéraires. Quand vais-je enfin parvenir à me définir ? A trouver « moi » ? A définir « moi » ? Donner la réponse ultime à la question : « qui suis-je ? » Dans la déclaration « moi, je suis comme çà » il y a une étonnante prétention. « Il faut me prendre comme ça, je suis jalouse, agressive, bornée… mais je le revendique, c’est « moi ». « Je suis menteur, lâche, et vaniteux… mais je le revendique, c’est « moi » ». « J’ai enfin trouvé mon moi précieux et définitif ! Et je le revendique. (c’est à vous de le supporter, moi, je ne changerai pas) ». Prodige d’égocentrisme! Miracle de l’auto-définition : figer la conscience dans l’ego et la revendiquer comme telle. Aveuglement et aveuglement renforcé. Ignorance de Soi.

    ... j --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    2) Le concept d’aperception a été formé par Leibniz pour dire perception accompagnée de conscience. Ce que Leibniz souligne, c’est que toute perception en général n’est pas nécessairement consciente. « Il y a mille marques qui font juger qu'il y a à tout moment une infinité de perceptions en nous, mais sans aperception et sans réflexion, c'est-à-dire des changements dans l'âme même dont nous ne nous apercevons pas ». (texte) Le terme choisi précédemment dans le cours était celui de sensation, que nous avons distingué de perception qui, elle, comporte une « distinction ». L’exemple donné par Leibniz est celui du jeu des habitudes qui font qu’obsédé par nos pensées, nous sommes distraits, nous avançant sans prêter attention à rien, alors qu’en fait à chaque instant nous vivons dans un flux constant de sensations. « C'est ainsi que l'accoutumance fait que nous ne prenons pas garde au mouvement d'un moulin ou à une chute d'eau, quand nous avons habité tout auprès depuis quelque temps. Ce n'est pas que ce mouvement ne frappe toujours nos organes, et qu'il ne se passe encore quelque chose dans l'âme qui y réponde, à cause de l'harmonie de l'âme et du corps, mais ces impressions qui sont dans l'âme et dans le corps, destituées des attraits de la nouveauté, ne sont pas assez fortes pour s'attirer notre attention et notre mémoire, attachées à des objets plus occupants ». Remarquons la subtilité des observations de Leibniz : les sensations demeurent en toile de fond, mais c’est bien notre activité mentale ego-centrée qui nous occupe alors, voilant immédiatement la présence sensible que pourrait découvrir l’attention, ou mieux encore, comme nous l’avons montré, l’attention panoramique de la présence. Autre point important, Leibniz évoque aussitôt la mémoire, or effectivement, la pensée pour penser et identifier a besoin de la mémoire et c’est par elle qu’il y a perception. La perception ordinaire donne lieu effectivement lieu à une identification. C’est bien que l’on appelle aperception empirique. Là encore, il faut le souligner, rien de très mystérieux, ni de particulièrement "philosophique", c’est le lot habituel de toute perception humaine, toute perception de ce genre est enveloppée de concepts.

    La thèse de Leibniz consiste à soutenir qu’il existe cependant une marge de « petites perceptions » inconscientes, un flou impressionniste qui n’est pas le conscient, mais participe de la perception à l’étage de la sensation inconsciente. Leibniz recourt à une analogie : « Pour juger encore mieux des petites perceptions que nous ne saurions distinguer dans la foule, j'ai coutume de me servir de l'exemple du mugissement ou du bruit de la mer dont on est frappé quand on est au rivage. Pour entendre ce bruit comme l'on fait, il faut bien qu'on entende les parties qui composent ce tout, c'est-à-dire les bruits de chaque vague, quoique chacun de ces petits bruits ne se fasse connaître que dans l'assemblage confus de tous les autres ensemble, c'est-à-dire dans ce mugissement même, et ne se remarquerait pas si cette vague qui le fait était seule ». Le « mugissement » de l’océan est confus, mais le bruit d’une vague est distinct. Entre les « petites perceptions » et l’aperception d’un objet, quel qu’il soit, Leibniz marque une différence d’intensité. Plus exactement, soit nous ne mettons pas en œuvre notre capacité d’attention, auquel cas le flou impressionniste de la sensation demeure, soit nous exerçons notre pensée et il y a perception. « Souvent quand nous ne sommes plus admonestés pour ainsi dire et avertis de prendre garde, à quelques-unes de nos propres perceptions présentes, nous les laissons passer sans réflexion et même sans être remarquées ; mais si

________________

    3) Maintenant, que veut dire aperception empirique de soi–même? Ici le « mugissement » en toile de fond ne serait rien d’autre que noise in the head, le bruit dans la tête de la pensée habituelle, le bourdonnement continu du mental qui est le lot ordinaire de notre condition dans la conscience normale. Il y aurait aperception empirique de soi-même quand le sujet fait véritablement usage de sa pensée, au lieu de se laisser emporter dans son bourdonnement continu, en faisant acte de réflexion sur lui-même. En termes techniques, cela s’appelle se livrer à une forme d'introspection.

    Dès lors, le moi se divise en observateur/ observé et tente de se saisir comme un objet qu’il peut définir. D’un point de vue psychologique on aura la dualité moi analysant/moi analysé. D’un point de vue moral on aura la dualité moi juge/moi condamné. Ou encore, le moi qui joue à se poser comme caractérologue et regarde d’en haut un moi en dessous qu’il définit comme « passionné », « émotif », « sentimental », à savoir lui-même. Un moi dressé à la performance qui prononce une évaluation sur un moi jugé bon, pas assez bon ou nul, conformément aux exigences imposées. Ce qui est la « connaissance de soi » dans le sport : connaître ses limites. Dans l’examen de conscience religieux le moi juge est d’un côté du confessionnal, le moi pêcheur de l’autre. Le moi idéal, par la réflexion, prend position face au moi réel et le juge de ses intentions, de ses paroles et de ses actes. On dira alors que « l’âme se repend » après s’être égarée dans le péché, l’égarement est le péché lui-même, tandis que le salut est la contrition face à la reconnaissance du péché en tant que tel. Etc. on peut continuer indéfiniment avec toutes les formes de « connaissance de soi » jusque dans les magazines, où « connais-toi toi-même devient : « testez vos performances sexuelles ». C’est toujours le même registre empirique, même s’il faudrait mieux parler de psychologique.

    L’aperception empirique se situe donc dans l’expérience, il faut ajouter dans l’expérience empirique pour bien comprendre ce que cela veut dire (l’expérience empirique n’est qu'une forme de l’expérience humaine) et en Occident on donne une extension très large à ce concept. Sous l’influence des empiristes anglais, Locke et surtout Hume qui a influencé Kant. Est empirique tout ce qui relève de la constatation par les sens, de l’observation ordinaire, dans une signification plutôt basique. Ce qui concerne avant tout l’œil de chair selon Ken Wilber. Il faudrait y inclure la démarche des sciences de la Nature, mais puisque nous sommes ici dans le domaine de la subjectivité, on ne retiendra de savoir empirique que l’observation en matière des comportements, des conduites que l’on juge, qualités et défauts que l’on cherche, pensées, humeurs, émotions, traits du caractères et du tempérament, aptitudes que l’on veut cerner, les méandres du cœur humain comme dit Hegel. (texte)

    Une remarque, toujours avec Ken Wilber : les méthodes « empiriques » valent dans le domaine de l’objectivité (le quadrant SD) mais deviennent

___________

B. Le sujet pur, monade spirituelle

    Leibniz dit que « nous ne sommes qu’empiriques dans les trois quarts de nos actions.» Chez la plupart des hommes la pensée tourne et vire au gré de l’association des idées. Nous enregistrons des perceptions de toutes sortes sans savoir si elles sont vraies, fausses, ou illusoires. Nous brassons des concepts à la pelle, mais des concepts vides d’un principe supérieur de discernement. Le courant de nos pensées saute deci-delà, ce qui pourtant tient lieu de compréhension pour la plupart des hommes. Que nous soyons empiriques veut aussi dire que notre pensée est une répétition sans fin d’associations habituelles venues du passé, de désirs, de préjugés, d’idées préconçues ou de préférences inculquées. Chercher l’unité du Soi dans les pensées est donc tout simplement comique. Cela n’existe pas. Il faut dire « il pense » comme on dit « il pleut » dit W. James. De plus, quand bien même l’ego chercherait à se composer une unité, il la tirerait de la mémoire, mais la mémoire est pleine de trous, elle est parfaitement incapable de composer une unité réelle. Quand elle est fragmentée apparaissent despersonnalités multiples. Une « aperception empirique de soi-même » ne peut être qu’un défilé de postures et de personnages, un kaléidoscope d’impressions diverses, un courant d’air d’influences ou un paquet deconditionnements hétéroclites. Et pourtant, pour qu’une expérience soit possible, il faut qu’elle apparaisse à quelqu’un, dans ces conditions le sujet réel, Je, peut-il encore être empirique ?

    1) Nous avons vu que Kant, fait usage de l’expression « aperception empirique de soi-même », et il semble bien qu’il n’envisage la connaissance de soi que sur ce mode. On peut le voir dans son Anthropologie du Point de vue pragmatique. La preuve en est qu’il distingue l’aperception empirique de soi de l’aperception transcendantale, (texte) tout en disant que seule la première aurait valeur de connaissance, tandis la conscience de soi n’est pas une connaissance. Le sous-entendu est clair : la connaissance de soi s’appuie sur « l’aperception empirique de soi » mis en forme par une psychologie, d’ailleurs très peu élaborée chez Kant. Du coup, l’aperception transcendantale a paru négligeable aux yeux de bien des lecteurs de Kant, évacuée sous prétexte qu’elle n’était pas une « connaissance de soi ». Invitation indirecte à se replier sur l’individualité psychologique, ses détours et ses travers : l’idiosyncrasie de l’ego. Et on passe alors complètement à côté de l’essentiel.

    Si l’aperception empirique est un fait d’expérience, l’aperception transcendantale n’est pas une expérience empirique, la réponse que donne Kant est qu’elle précède toute expérience en la rendant possible. Le sens de l’Identité est immanent à toute la création, c’est l’ipséité pure qui jamais ne quitte le sujet, car précisément c’est bien ce par quoi le sujet ne peut se séparer de lui-même et s’éprouve comme Soi. Là se termine la philosophie de la représentation de Kant et commence la philosophie de la Vie de Michel Henry.

    Mais il s’en faut de beaucoup que Kant ait compris toute la portée de sa découverte, car ce qu’il retient, c’est avant tout un principe « logique ». Il faut jusque dans l’expérimentation en physique que le divers de l’expérience soit ramené à une unité. Kant est fasciné par Newton et l’œuvre inaugurée par Galilée, même quand il évoque l’aperception pure, c’est encore avec des exemples de physique ou de mathématique. Il veut montrer que dans le savoir scientifique, la raison ne trouve que ce qu’elle a produit selon ses propres plans. Elle ne va pas glaner au hasard l’universel dans la Nature. Ce n’est pas en regardant les pommes tomber que l’on inventera la théorie de la gravité. C’est aussi l’histoire célèbre de l’expérience de Galilée des boules sur le plan incliné. La raison porte en elle le principe d’unité de la Conscience, principe qui ne saurait se trouver dans le divers des données empiriques, la raison ne peut même pas l’inventer, elle trouve l’Unité pure en Soi, dans la spontanéité pure de l’aperception originaire. Là même où réside le Je du je pense qui porte le divers des pensées. Nous pouvons en dire autant dans le domaine des mathématiques, l’aperception pure fournit l’archétype de l’Unité qui préordonne les règles du nombre, fournit les schèmes directeur fondamentaux de la géométrie et de la représentation de l’espace. C’est sur le fondement de l’aperception pure qu’il est possible...

    En toute rigueur, il faudra dire que l’Identité pure du Je suis est par la pensée projetée dans le divers des représentations, donnant lieu à une conceptualisation de l’identique. Mieux, l’Identité pure est de ce fait spontanément accaparée par le moi empirique qui se drape de ses atours, se proclamant à son corps défendant siège de l’identité. L’ahamkara, l’ego, joue à être aham, Je. Mais cela, Kant ne le comprend pas, il n’est pas psychologue et il n’est pas, disons, un chercheur spirituel. Il en reste à l’idée d’un principe formel. Ce qu’il retient, c’est tout à la fois que les formes logiques du jugement, et celles de l’intuition de l’espace et du temps proviennent de l’esprit et de l’esprit seulement, elles constituent toute aperception empirique, mais elles ont leur siège dans l’aperception originaire sans laquelle elles ne pourraient tout simplement pas exister. L’esprit préforme l’univers qu’il connaît, il le constitue de l’intérieur, mais il n’a pas d’ordinaire conscience de le faire. Si nous poussions un peu plus loin avec David Bohm, dans La Plénitude de l’Univers, nous dirions que la Conscience, Une en tant qu’Esprit, perçoit à travers le système nerveux humain qui est le nôtre, une représentation holographique de l’Univers qu’elle constitue de l’intérieur. Ce monde qu’elle appelle « objectif » à l’état de veille.

    Le mental peut toujours chercher une unité au dehors, il se trompe de direction et s’égare, l’unité principielle est au-dedans et à la source de l’esprit. Elle réside dans le je suis, matrice de toute pensée, mais la catastrophe métaphysique, c’est que je suis est très vite occulté et il devient le je pense qui prend sa place. Et on obtient la formule trompeuse, l’erreur de Descartes, « je pense donc je suis » où on attribue à tort une conscience de soi à la pensée, pour la retourner fièrement vers le « je suis » en croyant l’avoir inventé ;  d’où une somme colossale de méprises dans toute la philosophie en Occident. L’aperception originaire je suis est l’évidence même de la donation à Soi, l’évidence absolue et la clarté originelle dans laquelle la pensée a séjour. La pensée mère si on veut de toutes les pensées filles. Bien sûr Kant tombe dans le panneau en maintenant une ambiguïté. Il écrit : « Le je pense doit pouvoir accompagner toutes mes représentations; car autrement serait représenté en moi quelque chose qui ne pourrait pas du tout être pensé, ce qui revient à dire ou que la représentation serait impossible, ou que, du moins, elle ne serait rien pour moi ». Le Je est toujours présent et l’aperception transcendantale, bien que jamais remarquée (parce qu’elle n’est pas une expérience) accompagne toute représentation. Une représentation est toujours représentation de quelqu’un, et tout objet de conscience n’existe que pour un sujet.

    2) Dire de la représentation « elle ne serait rien pour moi » est superflu. Il n’y a rien du tout en l’absence du sujet, ni pensée, ni sentiment, ni expérience. Ce qui se produit dans le sommeil profond. Du côté du « divers », il y a ce que Kant appelle la « sensibilité » qui fait référence aux sens, et non à l’auto-affection du sujet en lui-même. Ce que dit Michel Henry. Kant admet que le Je transcendantal se manifeste comme « un acte de la spontanéité », ne provenant pas de la « sensibilité », mais jaillissant de Soi-même. Nous avons employé précédemment les termes de pulsation de la Conscience en tant que Je. La suite du texte de Kant devient désormais plus claire : « Je la nommeaperception pure pour la distinguer de l'aperception empirique, ou encore aperception originaire parce qu'elle est cette conscience de soi qui, en produisant la représentation je pense, doit pouvoir accompagner toutes les autres, et qui est une et identique en toute conscience ». Cette conscience-de-soi est une et identique en toute conscience, elle est la Conscience, elle produit la représentation je pense. A part Karl Jaspers, très peu de commentateurs ont mis le doigt sur l’importance de ce texte. Il ne veut pas dire que je suis une représentation, la représentation « je pense » découle de mon être comme l’attribut découle de la substance, ou comme l’ombre n’a d’existence que par l’arbre qu’elle projette. Elle est fondée sur : « l'unité transcendantale de la conscience de soi » et de là vient « la possibilité de la connaissance a priori qui en dérive ». Ce que nous avons examiné plus haut.

    Pour que les perles du collier tiennent ensemble, un fil doit les traverser. Le fil de l’unité transcendantale de la conscience-de-soi tient ensemble toute conscience-de-quelque-chose, tout « divers » des impressions. « Les diverses représentations qui sont données dans une certaine intuition ne seraient pas toutes ensemble mes représentations si elles n'appartenaient pas toutes ensemble à une conscience de soi ». Mais attention, dans toute cette analyse nous n’avons nullement parlé du moi empirique au sens ordinaire. Celui là n’est qu’une pensée parmi d’autres, une pensée recourbée sur elle-même devenue une entité, qu’après avoir enfanté, nous avons cru devoir maintenir de gré ou de force. Une pensée qui apparaît dans l’état de veille fait son tour de manège et disparaît dans le sommeil. Ce n’est pas la conscience transcendantale. Le Je.

    Bien que ténue et inaperçue l’aperception originaire est fondamentale, un peu comme l’écran blanc sur lequel se projette le film de la phénoménalité. Si d’aventure nous en venions à l’oublier, si d’un trait comme Sartre nous biffions la conscience-de-soi, il ne resterait que la conscience-de-quelque-chose et nous ne verrions plus la conscience que comme un courant d’air (texte). On peut même tomber encore plus bas : ne voir dans l’homme que des « comportements » du behaviorisme, à l’image des réactions stimulus-réponse mécaniques de l’animal. De l’animal-machine humain sans âme ni esprit. Une chose, le corps, avec ses réactions où laconscience à la limite n’est plus qu’une ombre...    Quand l’être humain ne se sent plus exister dans la Plénitude de la Vie, quand il est devenu « fonctionnel » dans la plupart de ses activités et qu’il ne fait plus que s’activer dans un non-sens abyssal, quand, dépourvu de Passion, il ne se sent plus vivre au sein de la Vie, le sentiment de l’Être dissipée, la conscience se réduit à l’objet. Le voilement du Soi est presque complet et la vie perd son Sens, car c’est par la conscience-de-soi que l’homme est en contact avec lui-même, avec l’âme, la monadespirituelle qui préside à sa vie psychique.

C. Les trois états et la conscience transcendantale

    L’expression « aperception originaire » peut paraître très abstraite et technique, d’aucuns ne se sentiront pas concernés et diront qu’il s’agit là d’un « problème de philosophe » ; mais c’est une méprise tragique, l’aperception pure est en rapport direct avec le vif du vécu de la conscience : l’éveil à Soi dans le sens intime. Qu’un homme, guère plus conscient qu’une botte de foin, ou une potée de souris, vivant sa vie par inadvertance, s’éveille, qu’il éprouve pour la première fois le sentiment formidable de se sentir exister, et il saura tout de suite l’importance ce que nous voulons dire. Faire de la conscience-de-soi un principe purement "formel" en éliminant sa dimension vécue, est au minimum une erreur ; au pire, un meurtre métaphysique, se tuer soi-même par négligence, ne pas être attentif à soi. A la présence à soi. « Écrabouiller son âme » comme dit Stephen Jourdain.

    1) Il est indispensable pour y voir plus clair de considérer attentivement les états de conscience. Nous devrons y revenir souvent. Les trois états relatifs (texte) que nous traversons de manière cyclique sont la veille, le rêve et le sommeil profond. Il est important d’en saisir la texture. Parler de « la conscience » en l’air, de manière abstraite, c’est se payer de mots, non seulement nous ne voyons pas de quoi il retourne, mais nous sommes surtout trop éloigné du vécu. Or quand nous parlons de conscience, il s’agit d’expériences conscientes, qui toutes font référence à un état. Le plus souvent

Un sacré gâchis

Par Le 11/12/2016

J'aime le reportage et je hais les hommes qui y apparaissent. Ce qui est effrayant, c'est d'imaginer que ces "sous-hommes" ont été mis au monde par les Femmes. Un sacré gâchis. 


Sexisme en banlieues : Caroline Sinz, journaliste à France 2 veut « briser la loi du silence »

by 

Vous connaissez toutes Caroline Sinz mais vous avez sans doute oublié son nom. C’est elle, cette journaliste qui avait été lynchée et agressée sexuellement par une meute d’hommes sur la place Tahrir au Caire en 2011. Malgré son traumatisme, elle avait eu le courage de témoigner de l’horreur.

Hier dans son reportage explosif réalisé pour France 2, elle s’est attaquée au tabou des pressions subies par les femmes en banlieue. Harcèlement de rue, cafés interdits aux femmes, censure vestimentaires : dans de nombreux quartiers à forte population arabo-musulmane, les femmes sont de plus en plus rejetées de l’espace public.

Dans une interview pour France Infos, elle revient sur les difficultés qu’elle a rencontrées pour enquêter sur ce sujet politiquement sensible :

Franceinfo : Quelle est la genèse de votre reportage ?

Caroline Sinz : Il s’agit au départ d’une demande de David Pujadas en vue d’un sujet sur les femmes dans l’espace public. Je sais que cette question est délicate. Au fil de mes recherches, j’ai pris conscience que le problème est plus lié à la culture, à la tradition et à la religion quand on est dans certains quartiers.

Mais il faut avoir à l’esprit que les femmes ont des problèmes partout. J’ai moi-même été victime de viol, dans le cadre de mon travail [en Egypte, en 2011]. J’ai vécu ce que vivent de nombreuses femmes victimes de violences sexuelles : on met en doute notre parole, on nous met à l’écart, on nous reproche d’avoir parlé… Mon reportage est filmé dans des banlieues, mais on pourrait aussi parler de certaines campagnes en France.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de votre enquête ?

Lorsque j’ai commencé, j’ai été surprise par le nombre de refus que j’ai essuyés, de la part de femmes qui sont pourtant membres d’associations mais qui n’ont pas envie de passer à la télévision. Elles ont peur, elles ont déjà manifesté dans de nombreuses villes et elles ont été insultées et agressées. Alors pour ne pas subir des pressions ou des menaces, elles se taisent ou s’autocensurent.

J’ai contacté des femmes à Aubervilliers, à Toulouse, des femmes du Planning familial qui m’ont confirmé un recul des droits partout en France… Mais toujours ce refus de parler. Il fallait briser cette loi du silence. Et j’ai fini par rencontrer des militantes de La Brigade des mères à Sevran et des femmes pas encore très organisées dans la banlieue lyonnaise.

Ne craignez-vous pas d’être accusée de dresser un portrait caricatural des banlieues ?

J’espère que je n’ai pas été caricaturale. Je n’ai pas pointé du doigt, j’ai posé les choses. A chacun de se faire son idée. Je ne regarde pas les choses avec une orientation politique mais il fallait dire ‘attention, regardez le sort de ces femmes’. Depuis 2005 et les émeutes des banlieues, les médias y retournent trop peu… Mais la réalité est là. Des femmes de tous les bords politiques, du FN, d’extrême gauche, du PS ou de droite, manifestent et luttent contre la peur pour dénoncer la réduction de leurs libertés.

Je ne suis pas surprise par l’ampleur des réactions. La question concerne beaucoup de femmes, insultées, harcelées, agressées. C’est un sujet quotidien. La liberté et le droit des femmes, les injustices qu’elles subissent, sont toujours des sujets.

 

 

Comments

18 comments

L'Etat, les consommateurs et les algues vertes

Par Le 11/12/2016

Quand j'étais gamin en Bretagne, je "m'amusais" à aller patauger dans les vasières (jusqu'à y laisser mes bottes...), ça durait bien plus d'une heure et j'en sortais en sueur. Je n'ai jamais eu le moindre "malaise" à respirer les effluves. Mais à cette époque, les algues vertes, il n'y en avait pas...Alors que cet homme de cinquante ans, sportif émérite, y laisse la vie pour tenter de récupérer son chien en se débattant pendant une heure dans la vasière, c'est bien évidemment très, très suspect. Qu'il faille une plainte pour qu'une autopsie soit décidée l'est tout autant. Que la "justice.." (hum, hum...) mette en doute les effets des gaz délivrés par les algues vertes relève de la farce. Triste farce. Le dernier procès en date avait conclu, lors de la mort d'un cheval, que l'Etat avait une part de responsabilités et il avait été condamné à...2000 euros d’indemnités pour le propriétaire...On peut imaginer bien évidemment que la mort d'un homme (et il n'est pas le premier sur la liste poserait un très sérieux problème...) Mais, bon, pas d'inquiétude, la justice est "intègre", on le sait bien...
Le monde paysan et l'élevage intensif sont bien évidemment montrés du doigt mais c'est trop simpliste comme conclusion. Si l'élevage intensif existe, c'est qu'il y a des consommateurs qui en profitent......Aïe....Tous responsables...Aïe, aïe, aïe........

1 ) Ne pas consommer de "cochonailles."

2) Que l'Etat cesse de subventionner les "cochonniers"

3) Que l'Etat subventionne l'agriculture biologique.

4) Que les consommateurs prennent conscience que le soutien à l'agriculture biologique relève de leurs responsabilités.

Les algues vertes sont-elles responsables de la mort d'un homme en Bretagne ?

  • Par Martin Planques
  • Mis à jour 
  •  
  • Publié 

 

VIDÉO - Après la mort d'un joggeur de 50 ans dans la baie de Saint-Brieuc (Bretagne), un certain nombre d'associations alertent sur le danger de la prolifération des algues vertes. Une plainte va être déposée dans les prochains jours.

Le 8 septembre dernier, un joggeur est décédé dans l'embouchure du Gouessant (Bretagne). Jean-René Auffray a été retrouvé allongé, face contre terre, le visage dans la vase et non enlisé jusqu'à la taille comme il avait été indiqué au préalable. «Cet élément nouveau important a amené le procureur de la République, après s'être rapproché de la famille du défunt, qu'il s'est proposé de rencontrer, à ordonner l'exhumation du corps de la victime en vue de son autopsie et d'analyses complémentaires», a précisé Bertrand Leclerc, procureur de la République de Saint-Brieuc.

Dans la même zone, 36 sangliers avaient été retrouvés morts à l'été 2011, lorsque des dépôts d'algues vertes étaient importants. Un rapport de l'Anses avait mis en avant les fortes présomptions quant aux émissions d'hydrogène sulfuré (H2S) provenant de ces algues en décomposition. Concernant la mort de Jean-René Auffray, dans une lettre ouverte adressée au procureur le 12 septembre, les associations Sauvegarde du Trégor et Halte aux marées vertes, avaient mis en cause «l'absence d'autopsie» immédiate et, selon eux, «le refus manifeste de fait de toute enquête sur les causes de la mort de la victime» est «incompréhensible». Interrogé par l'AFP le même jour, le parquet avait affirmé qu'il n'y avait «pas de doute» quant à l'origine du décès (une crise cardiaque) et que sans «d'obstacle médico-légal, le corps a été remis à la famille». Une enquête est depuis ouverte.

PUBLICITÉ

 

 

 

Jean Hascoet, président de l'association Baie de DouarneneZ Environnement, a affirmé au figaro.fr qu'il allait, avec les associations qui forment la Coordination Verte et Bleue (CVB), déposer plainte contre X pour mise en danger d'autrui. «On devrait mettre des panneaux sur les lieux, pour prévenir (...) nous sommes allés sur place et c'est putride» a-t-il confié. Le maire d'Hillion, Mickaël Cosson, appelle de son côté au respect de la mémoire de la victime. «La cause peut être juste» mais, selon lui, le drame est instrumentalisé de «manière inhumaine». L'élu affirme «faire confiance aux gens compétents» en ce qui concerne l'enquête.

Les associations mettent en cause les autorités publiques

La CVB s'est exprimée dans un communiqué affirmant que «le préfet, et donc le gouvernement, répondait aux injonctions du lobby agricole». La prolifération des algues vertes est un problème environnemental principalement dû à l'agriculture intensive, selon les associations. La préfecture des Côtes d'Armor, contacté par lefigaro.fr n'a pas souhaité s'exprimer et répondre aux attaques des associations.

Ces dernières ont effectué des relevés sur les lieux du drame le 10 septembre, toujours selon franceinfo. Elles y ont mesuré des émissions d'hydrogène sulfuré à une concentration allant jusqu'à 360 ppm (parties par million) alors que, par prudence ils étaient restés éloignés de la zone où la victime avait été retrouvée. Les doses de H2S commencent à provoquer des malaises chez l'homme vers 500 ppm relevés, «et elles sont mortelles lorsqu'elles atteignent les 1500 ppm» a confié Sylain Ballu, scientifique du Centre d'Étude et de Valorisation des Algues (CEVA) au Figaro. Le scientifique, qui étudie le phénomène des marées vertes depuis des années dans la région, affirme que la «situation s'est améliorée avec le temps, notamment grâce au meilleur ramassage des algues.»

Le constat est pourtant sans appel selon Jean Hascoet, qui n'hésite pas à mettre en cause le procureur dans cette affaire. «Il sait que ses investigations juste après l'enterrement du corps ne peuvent pas aboutir, il a ouvert une enquête pour faire semblant de s'activer aujourd'hui car il sait que s'il ne faisait pas un minimum d'enquête, il créerait plus de suspiscion.»

La rédaction vous conseille

Soirée à Paris.

Par Le 06/12/2016

De retour de Paris mais sans le Prix... Une soirée émouvante malgré tout, des témoignages qui rejoignent ce que j'écrivais il y a quelques jours sur la force morale associée à la situation de handicap autant pour les personnes concernées directement que pour leurs proches.Il restera de ces quelques heures à Paris, le bonheur d'avoir retrouvé une ancienne élève, quelques vingt ans après. Séquence émotion, découverte de Paris, une soirée sur la Seine, des discussions passionnantes, un accueil merveilleux et certainement d'autres journées à venir. Que du bonheur. Merci Fanny 

05 décembre 2016

La cérémonie de remise du Prix littéraire Handi-Livres s’est tenue le 5 décembre 2016 au Centre Georges Pompidou.

Cette année encore la soirée a été animée avec talent par Vincent Lochmann, journaliste à Vivre FM, en présence des représentants du Fonds Handicap & Société, de ses partenaires, des membres du jury, des auteurs sélectionnés et d’un public venu nombreux…

La cérémonie s’est ouverte par un mot de bienvenue du Directeur des publics de la Bpi, Jean-Arthur CREFF, qui a rappelé l’implication de la Bibliothèque dans le Prix Handi-Livres pour accueillir les lecteurs en situation de handicap.

Pour cette 11ème édition, c’est dans une ambiance chaleureuse et conviviale, présidé par Axel Khan, que plus de 200 personnes étaient présentes pour découvrir les heureux lauréats.

Une sélection de 30 livres, répartis dans les 6 catégories en lice, a été soumise à un jury composé de professionnels du handicap, de journalistes et d’écrivains. Le jury a décidé, en plus de ces six prix, de décerner une Mention Spéciale pour saluer la qualité de l’ouvrage de Sylvie CALLET intitulé Les murs noirs - Parcours de vie des « jeunes filles incurables » d’Ainay publié par les Éditions Les Presses du Midi. Par ailleurs, le Président du jury a également souhaité récompenser par un Coup de cœur l’ouvrage de Sylvain LAURENT intitulé Chandolinades, en auto-édition.

Meilleur Roman

L’homme qui n’a pas inventé la poudre

Stéphanie CLAVERIE - Éditions de la Différence

Meilleure Biographie

Le voleur de brosses à dents

Églantine ÉMÉYÉ - Robert Laffont

Meilleur Guide

Réussir son orientation et sa vie professionnelle quand on est DYS

Fédération Française des Dys sous la direction d’Olivier BURGER – Belin

Meilleur Livre Jeunesse Enfant

On n’est pas si différents

Sandra KOLLENDER et Claire CANTAIS - La Ville brûle

Meilleur Livre Jeunesse Adolescent

Mon frère, mon enfer, mon bel enfer

Sandrine ANDREWS et Christine DEROIN - Oskar Éditeur

Meilleur Livre adapté

Un parfum de victoire - Avoir un enfant quand on est en situation de handicap

Collectif sous la direction de Marie-Anne DIVET - Histoires Ordinaires Éditions

Mention Spéciale

Les murs noirs - Parcours de vie des « jeunes filles incurables » d’Ainay

Sylvie CALLET - Les Presses du Midi

Coup de coeur du jury

Chandolinades

Sylvain LAURENT - Auto-édition

 

Pour télécharger le communiqué de presse : cliquez ICI

 

LA-HAUT : "La Muse en parle"

Par Le 04/12/2016

http://lamusenparle.blogspot.fr/2016/12/la-haut-de-thierry-ledru.html
 

dimanche 4 décembre 2016

Là-Haut de Thierry Ledru

 
 
Là-Haut de Thierry Ledru aux éditions AO André Odémard.
Pour écouter la chronique, il faut cliquer ici : Là-Haut de Thierry Ledru par La Muse en audio
 
J’ai reçu il y a fort longtemps un livre en service presse : « Là-Haut » de Thierry Ledru. Si j’ai mis tant de temps à le lire, c’est tout d’abord parce que je suis très en retard, mais aussi, parce que je voulais être dans les conditions optimales pour le faire. C’est le cas à présent, et je remercie l’auteur pour sa patience.
 
L’histoire ? C’est celle de Jean, guide, écrivain également, à qui tout réussi. Il est amoureux d’une très belle et douce femme, Blandine, ils vont à Paris pour un salon littéraire, tout est beau, Blandine est belle … et Jean va tout perdre !  
 
L’action se situe en 1995. Ils arrivent à la station Saint-Michel : l’attentat monstrueux. Blandine va mourir, Jean sera amputé, lui, le guide, l’amoureux de la montagne. 
 
Malgré la douleur et les peines qui sont admirablement bien transcrites par l’auteur, ce livre est magnifique, car il porte l’espoir. C’est un long chemin vers la reconstruction, le dépassement, la résilience, même quand on croit avoir tout perdu. Thierry Ledru ou plutôt Jean, son héros, s’attachera à de nombreuses descriptions, qui permettront au lecteur de se fondre dans l’histoire, de prendre le temps de sa reconstruction. Jean devient « lui », devient « il ». 
 
« Il avait fini de grandir sans son père. Il lui restait à vieillir sans Blandine ».
 
Cette reconstruction ne se fera pas sans heurts, sans peine, sans dégoût, sans solitude. L’homme sera seul, avec ses souffrances, le blanc, la montagne qu’il aime tant.
 
L’auteur va admirablement expliquer le milieu hospitalier, la prise en charge, l’urgence, le sentiment d’abandon, les douleurs, physiques, bien évidemment, mais également psychologiques vécues par Jean. 
 
« Vous ne savez rien de mes douleurs ».
 
Finalement, il ne sera pas seul. Il va redécouvrir plein de merveilleuses choses, que nous oublions de regarder, alors qu’elles sont si belles. 
 
Etrangement, il va renouer des liens, lui qui se sentait et qui se voulait exclu d’un monde qui ne le comprenait plus.
 
« Les liens sociaux ne seraient-ils qu’une interdiction d’être soi-même ? »
 
« Là-Haut » de Thierry Ledru a été sélectionné pour le prix Handi-livres 2016. La décision aura lieu ce lundi 5 décembre. On croise les doigts pour l’auteur, car il a remarquablement détaillé la souffrance d’une personne en situation de handicap, qu’elle soit physique ou psychologique, et sa reconstruction, longue et difficile, sans oublier les innombrables parcours de solitudes, passages obligés mais si douloureux.
 
« Là-Haut » est un roman porteur d’espoir, qui devrait être mis entre toutes les mains, car il permet une perception plus juste et surtout plus réelle du monde qui nous entoure.
 
« Il va falloir penser à tout ce qui lui reste et beaucoup moins à ce qu’il a perdu. Il ne s’agit pas d’oublier, bien sûr, mais de s’efforcer de construire au lieu de déblayer des ruines ».
 
Le Fonds Handicap & Société par Intégrance a lancé son appel à candidature en mars dernier pour le Prix Handi-Livres 2016. Parrainé depuis sa création par Robert Hossein, le prix est devenu une référence dans son domaine. Près de 115 ouvrages ont été présentés en 2016 pour participer au prix littéraire.
 
Le Prix Handi-Livres a pour but d’encourager les auteurs et de mettre en lumière des personnes handicapées ou des ouvrages traitant du handicap. (source : http://www.fondshs.fr/le-prix-handi-livres/PHL-2016-preselection)
"Là-Haut" un roman de Thierry Ledru a été sélectionné pour le prix Handi-livres. On en saura plus, ce lundi 5 décembre. Dans tous les cas, je vous conseille fortement sa lecture.

 
La Muse, bouleversée


 
 

LSD ou Méditation ? (14)

Par Le 03/12/2016

Lorsque je lis les effets rapportés par la prise de LSD, je me dis que la science pourrait tout autant renforcer ses travaux sur les états de conscience modifiée en état méditatif...Au lieu de soigner la dépression par un apport chimique, il conviendrait plutôt de solliciter intégralement le potentiel intérieur...Ah mais j'oubliais...Il en va de l'intérêt de l'industrie pharmaceutique...

 

Recherche : le LSD "libère" le cerveau

par Anne-Laure Lebrun

Sous LSD, les fonctions cognitives de la personne ne sont plus compartimentées et une stimulation active l'ensemble du cerveau.

 

Publié le 

L’expérience est controversée mais elle a le mérite de faire parler. Et peut-être même faire avancer la recherche en psychiatrie. Une équipe de l’Imperial College de Londres (Royaume-Uni) a étudié, pour la première fois, le cerveau de volontaires ayant ingéré du LSD (diéthylamide de l’acide lysergique). Les résultats ont été publiés ce lundi dans la revue scientifique PNAS.

La recherche autour de cette substance hallucinogène a été arrêtée durant un demi-siècle, en raison de l’augmentation de son utilisation récréative à la fin des années 1960. Depuis une quinzaine d’années, elle redémarre en Europe et aux Etats-Unis, mais reste marginal. Certains chercheurs pensent qu’elle pourrait avoir des effets bénéfiques chez les personnes atteintes de dépression résistante à tous les traitements, d’autres évoquent son efficacité dans le traitement de la maladie alcoolique.


Un feu d'artifice dans le cerveau

Le laboratoire du Dr Robin Carhart-Harris tente de comprendre l’action du LSD, principe actif des champignons hallucinogènes, sur le cerveau. 20 volontaires ayant déjà consommé ces substances ont été sélectionnés. Pour les besoins de leurs travaux, l'équipe du Dr Carhart-Harris a demandé à un groupe d’avaler, soit, un placebo, soit, 75 mg du LSD.

Le cerveau de ces volontaires en mal de sensations fortes a ensuite été étudié par IRM et magnétoencéphalographie, qui permet d’étudier les champs magnétiques émis par les neurones. Grâce à cette série d’examens, les chercheurs ont pu voir et analyser ce qui se passe dans le cerveau de ces jeunes gens, et en particulier lorsqu’ils expérimentent des hallucinations visuelles. Habituellement, une stimulation visuelle est traitée par le cortex visuel, une zone cérébrale située à l’arrière du cerveau. Mais sous LSD, cette information mobilise la quasi-totalité du cerveau.

 

Source : Neural correlates of the LSD experience revealed by multimodal neuroimaging, PNAS. En haut, le cerveau d'un participant ayant pris un placebo. Seul le cortex visuel est activé. En bas, le cerveau sous LSD. La quasi-totalité de l'organe est mobilisée. 

 

Et ce véritable feu d’artifice se déclenche également lorsque les participants ont gardé les yeux fermés. Pour les chercheurs, cette observation suggère qu’ils sont capables de voir des choses simplement grâce à leur imagination.

Par ailleurs, ces travaux permettent de mieux comprendre pourquoi le LSD modifie toutes les perceptions sensorielles et l’état de conscience. « Normalement, notre cerveau fonctionne grâce à des réseaux indépendants responsables d’une fonction spécifique comme la vue, le mouvement ou l’ouïe. Mais sous LSD, cette séparation s’écroule et est remplacé par un réseau plus unifié, explique le Dr Carhart-Harris, responsable de ces travaux. Ceci expliquerait l’altération profonde de la conscience fréquemment décrite. Cela pourrait également explique ce qu’ils qualifient de voyage d’introspection et de voyage intérieur durant lequel ils se reconnectent à eux-mêmes et à la nature. Cette expérience est parfois vécue comme mystique ou religieuse, et semble être associée à un bien-être après même après que les effets de la drogue s’atténuent. »


Un cerveau plus libre

Cette drogue psychédélique permettrait donc de « décloisonner » notre cerveau lui permettant de fonctionner « librement et sans contrainte comme celui des enfants ».

Lors d’une autre expérience, les chercheurs ont également découvert que la combinaison LSD-musique améliorait l’activité du parahippocampe, une zone impliquée dans la formation d’image mentale et de la mémoire. Plus cette région du cerveau communique avec le cortex visuel, plus le cerveau est capable de générer des visions complexes et notamment se remémorer des scènes de vie.

Pour les chercheurs, ces découvertes pourraient permettre de développer des thérapies pour les troubles psychiatriques, en particulier la dépression.

"Blog : Là-Haut

Par Le 03/12/2016

 

"LÀ-HAUT" :J'ai commencé ce blog en novembre 2009 et il y a maintenant plus de 3500 articles, des textes personnels et des documents pris sur le net. 

Sur l'autre blog "KUNDALINI", dès le début, j'ai eu la bonne idée de séparer les textes personnels des autres.

Afin de compiler mes propres écrits répartis ici, j'ai donc décidé de créer un troisième blog.

"JE SUIS LÀ-HAUT"

Il s'agit pour moi de reprendre tous ces anciens textes, de les relire, de les corriger, de les compléter et si possible de les regrouper par thèmes. Il me plaît également de "visualiser" par ces écrits ma propre avancée, d'analyser le chemin parcouru, de clarifier des réflexions.

Je m'aperçois au fur et à mesure que j'avance dans ce travail que ces anciens textes portent désormais des manques au regard de toutes ces pensées, émotions, analyses, réflexions, mises à jour, projections, anticipations, autopsies du passé... Des modifications sont devenues nécessaires. 

Je vais donc me concentrer sur ce travail de réécriture. 

"JE SUIS LÀ-HAUT" va grandir et "LÀ-HAUT"sera principalement destiné à compiler des articles pris sur la Toile. 

C'est en fait une lectrice de mon premier blog qui a déclenché cette idée. Elle m'avait envoyé un extrait d'un texte personnel, enregistré dans le premier blog, elle souhaitait le relire en entier et j'ai mis des heures à retrouver le texte complet...J'étais perdu "LÀ-HAUT"...

 

 

http://thierry-ledru.e-monsite.com/ 

 

 

 

Maltraitances gynécologiques

Par Le 30/11/2016

Marie accouche là

Explorations politiques et féministes autour de la naissance

p1130086modifie-1

Aller au contenu

Mélanie Déchalotte, la journaliste qui a brisé le tabou des maltraitances gynécologiques sur France Culture

Publié le 20 octobre 2015 par Marie-Hélène Lahaye

inShare11

Mélanie Déchalotte

Le 28 septembre dernier, France Culture diffusait le documentaire « collection témoignage : maltraitances gynécologiques » dans l’émission Sur les Docks. Ce documentaire a connu une audience exceptionnelle et a déclenché une avalanche de témoignages, qui ont eux-mêmes été repris par la presse, faisant tomber le tabou des violences commises dans l’intimité des cabinets de gynécologie. Mélanie Déchalotte, la journaliste à l’origine de ce documentaire, revient sur le retentissement de cette émission.

Qu’est-ce qui vous a poussée à vous intéresser aux maltraitances gynécologiques ?

Plusieurs événements sont à l’origine de mon intérêt pour ce sujet : d’abord mon expérience personnelle concernant la gynécologie, et surtout le fait que l’immense majorité des femmes de mon entourage (amical, professionnel ou familial) a été victime d’une mauvaise expérience lors d’une consultation, d’un examen gynécologique, d’un accouchement, d’une IVG, etc. Les multiples tweets parus sur la toile en réponse au lancement du hashtag « PayeTonUtérus » et enfin le scandale des touchers vaginaux sur patientes endormies m’ont convaincue qu’il fallait absolument faire un documentaire pour dénoncer cette maltraitance dont pouvaient être parfois victimes les patientes au contact de certains professionnels de santé.

Avez-vous pu facilement convaincre France Culture de diffuser un tel sujet ? Quelles ont été les réactions des responsables de la programmation ?

L’équipe de France Culture qui dirige l’émission a d’emblée accueilli très favorablement le projet de ce documentaire. Le sujet était délicat : la maltraitance dont sont victimes les femmes en gynécologie et obstétrique est un véritable tabou. La société refuse de la prendre en considération : le corps médical français reste très susceptible lorsqu’il s’agit de remettre en question ses pratiques, les hommes ne se sentent pas concernés, les femmes elles-mêmes sont conditionnées à éprouver cette souffrance comme inhérente à la condition féminine. Malgré la difficulté que représentait cette enquête, Irène Omélianenko, la directrice de l’émission, a tout de suite décidé de soutenir le projet.

Le Journal international de Médecine (JIM) vous reproche d’avoir monté le documentaire en donnant une image déformée et peu flatteuse des représentants des gynécologues. Que répondez-vous à cela ?

L’article du Journal international de Médecine est inquiétant. Au lieu de prendre la mesure du problème, de participer à une prise de conscience et de poursuivre la sensibilisation auprès des praticiens, l’auteur de l’article esquive la réalité et se lance dans une piètre défense de la corporation médicale. L’auteur dénonce d’abord l’emploi du terme « maltraitance » en expliquant que « Jean Marty se référait à une acception très classique du terme « maltraitance » » et que le terme d’ « irrespect » eût été plus pertinent. Non, il n’y a pas eu de confusion ou de naïveté de la part Jean Marty sur le sens des mots. Et il suffit de lire la définition de « maltraitance » dans un dictionnaire ordinaire (ou médical) pour réaliser que l’emploi de ce terme est tout à fait approprié au sujet. Parler ici d’irrespect, c’est faire preuve d’une indulgence coupable.

Il n’y a absolument aucun « jeu de montage » qui vise à discréditer les deux gynécologues interviewés. Tous les intervenants du documentaire donnent leur avis et se répondent sur les différents sujets qui sont abordés. Les gynécologues et les autres intervenants ont des prises de position opposées. Ces jugements antagonistes garantissent au contraire l’objectivité de l’enquête et témoignent de la volonté de donner aussi la parole à ceux qui sont accusés de maltraitance. Lors de notre entretien, Jean Marty s’est exprimé plus personnellement sur le sujet, tout en me signifiant en même temps qu’il ne fallait pas diffuser ces propos-là. Le chargé de réalisation, François Teste, et moi-même avons respecté ce « off ». Ses affirmations et ses jugements risquaient de discréditer la corporation des gynécologues. Et ce n’était pas le but. Si les deux confrères défendent mal la profession et si leurs analyses ne sont certainement pas partagées par tous les praticiens, ces deux médecins restent néanmoins des porte-paroles de la profession, élus par leurs pairs : c’est à ce titre qu’ils ont été sollicités. Ne faudrait-il pas s’interroger sur les problèmes que révèlent les propos de ces deux représentants ?

Les commentaires de praticiens sur le site de France Culture, mais aussi la majorité des commentaires de soignants sur le site de l’article du JIM, n’accusent pas le documentaire de déformer la réalité. Ils témoignent au contraire de la lucidité et de la volonté d’une partie du corps médical à appliquer une véritable éthique du soin en gynécologie-obstétrique.

Ce numéro de Sur les Docks a rencontré beaucoup de succès (plus de 10.000 partages du podcast sur facebook) et a suscité énormément de témoignages, en comparaison avec les autres émissions de France Culture. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

Le documentaire a rencontré un immense succès et l’équipe web de France Culture a dû très vite gérer et organiser un déferlement de commentaires, des centaines de témoignages qui affluaient en quelques heures seulement. Les réactions continuent sur le site et le documentaire ne cesse d’être relayé par les réseaux sociaux et d’être podcasté par des auditeurs. Je suis bien entendu très heureuse que ce travail ait permis de délier les langues et de rendre aux femmes une parole déniée et confisquée. J’ai parfois entendu que la maltraitance en gynécologie-obstétrique était un « faux-sujet» : un problème inventé de toutes pièces par les femmes désireuses de régler des comptes avec ceux qui ont le contrôle de la féminité, ou par des féministes excitées qui auraient envie d’en découdre avec la profession médicale. L’audience très importante que connaît le documentaire et le retour des auditeurs de France Culture témoignent autant de la réalité que de l’intensité de ce problème de société.

Bien évidemment ce travail – et la publication des commentaires qui ont suivi – n’ont pas pour but d’encourager les femmes à éviter le suivi médical en gynécologie. Il vise uniquement à pointer un dysfonctionnement important. On a l’impression qu’un bon gynécologue, c’est comme un bon psy. On convoite la bonne adresse et on se la refile de copine en copine, parfois presque sous le manteau. Il y a d’excellents praticiens dans la profession (techniquement et humainement) et j’en ai heureusement rencontré plusieurs au cours de mon suivi personnel. Mais lorsqu’un gynécologue se montre doux, empathique, respectueux, attentif, patient… pourquoi a-t-on l’impression d’avoir une chance extraordinaire? Pourquoi a-t-on besoin de lui dire mille fois merci de nous avoir écoutées, de nous avoir parlé, de ne pas nous avoir fait mal, de nous avoir bien expliqué les choses, etc.? En gynécologie-obstétrique, les femmes subissent une maltraitance ordinaire.

En fait j’espère surtout que ce documentaire sera écouté par les professionnels de santé et qu’il permettra une prise de conscience générale. Il serait dommage que le problème ne soit pris au sérieux que par les patientes elles-mêmes. Si les femmes essaient – dans la mesure du possible – de contourner les mauvais gynécologues, ne vaudrait-il pas mieux chercher des solutions au sein du monde médical ? Les professionnels du soin, les instances médicales, le Ministère de la Santé, les CHU, les médecins (et futurs médecins) n’ont-ils pas eux-mêmes un rôle à jouer ?

Vous attendiez-vous à une telle libération de parole ?

J’ai toujours cru à la force de ce sujet et à la nécessité de faire ce documentaire. Durant mon enquête des dizaines de femmes m’ont contactée pour me raconter leurs mauvaises expériences en gynécologie-obstétrique. Des récits intimes et douloureux. Beaucoup ne voulaient ou ne pouvaient pas témoigner derrière un micro mais elles tenaient tout de même à me raconter leur histoire au téléphone ou par mail pour soutenir le projet. Je savais donc que beaucoup attendaient la diffusion du documentaire. Pour autant, je ne m’attendais pas à une telle libération de parole. C’est impressionnant de constater à quel point les femmes se sont senties légitimes pour témoigner de leur souffrance une fois le documentaire diffusé. Les récits – qu’il n’y a aucune raison de remettre en doute – sont touchants, choquants et parfois effrayants. J’ai notamment été frappée par plusieurs témoignages de la part de femmes médecins qui, en tant que patientes, se sont retrouvées elles aussi confrontées à la maltraitance de la part de leurs confrères gynécologues. Le documentaire a brisé le silence des femmes, c’est une très bonne chose. Mais il faut maintenant qu’il brise le silence des médecins.

***

Revue de presse :

RTL : Maltraitance gynécologique : quand les femmes racontent leur souffrance

Slate : De nouveaux témoignages accablants sur les maltraitances gynécologiques

Journal international de Médecine (JIM) : « Maltraitances gynécologiques » : y-a-t-il un médecin respectueux dans la salle ?

Libération : Maltraitances gynécologiques : «Un bout de viande sur la table d’examen»

Le Figaro : Quand les femmes ont peur de leur gynécologue

La Libre : Quand se rendre chez le gynécologue est traumatisant

Marie Claire : Aller chez le gynécologue, une torture pour de nombreuses femmes

L’Obs/Rue89 : Pour en finir avec la maltraitance gynécologique

Cheek Magazine : Maltraitance gynécologique: des femmes témoignent de leurs (mauvaises) expériences

La Vie : Sur les docks. La Maltraitance gynécologique

MademoiZelle : La maltraitance gynécologique est à nouveau dénoncée par les patientes

 

Blogs qui en parlent :

10Lunes : Mal traitant et Mal traitant – mal traité

En Jupe : Maltraitance en gynécologie : témoignages, témoignages…  , #PayeTonUterus : Faites gaffe un peu quand même  et Le consentement, cet « énième formulaire »

Marie accouche là : Les maltraitances gynécologiques dénoncées sur France Culture

Ovidie : Pour en finir avec la maltraitance gynécologique

 

En humour :

Franceinter : la drôle d’humeur de Noémie De Lattre « Tiens, ceci est mon corps »

 

Pour réécouter l’émission de France Culture et lire les nombreux témoignages : Collection Témoignages : Maltraitance gynécologique

 

Comprendre l'Union européenne

Par Le 29/11/2016

 

Et comme on dit depuis quelques temps, ceux qui font encore confiance aux dirigeants européens font partie du problème...

  • 132
  • 133
  • 134
  • 135
  • 136
  • 137
  • 138
  • 139