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L'Etat, les consommateurs et les algues vertes

Par Le 11/12/2016

Quand j'étais gamin en Bretagne, je "m'amusais" à aller patauger dans les vasières (jusqu'à y laisser mes bottes...), ça durait bien plus d'une heure et j'en sortais en sueur. Je n'ai jamais eu le moindre "malaise" à respirer les effluves. Mais à cette époque, les algues vertes, il n'y en avait pas...Alors que cet homme de cinquante ans, sportif émérite, y laisse la vie pour tenter de récupérer son chien en se débattant pendant une heure dans la vasière, c'est bien évidemment très, très suspect. Qu'il faille une plainte pour qu'une autopsie soit décidée l'est tout autant. Que la "justice.." (hum, hum...) mette en doute les effets des gaz délivrés par les algues vertes relève de la farce. Triste farce. Le dernier procès en date avait conclu, lors de la mort d'un cheval, que l'Etat avait une part de responsabilités et il avait été condamné à...2000 euros d’indemnités pour le propriétaire...On peut imaginer bien évidemment que la mort d'un homme (et il n'est pas le premier sur la liste poserait un très sérieux problème...) Mais, bon, pas d'inquiétude, la justice est "intègre", on le sait bien...
Le monde paysan et l'élevage intensif sont bien évidemment montrés du doigt mais c'est trop simpliste comme conclusion. Si l'élevage intensif existe, c'est qu'il y a des consommateurs qui en profitent......Aïe....Tous responsables...Aïe, aïe, aïe........

1 ) Ne pas consommer de "cochonailles."

2) Que l'Etat cesse de subventionner les "cochonniers"

3) Que l'Etat subventionne l'agriculture biologique.

4) Que les consommateurs prennent conscience que le soutien à l'agriculture biologique relève de leurs responsabilités.

Les algues vertes sont-elles responsables de la mort d'un homme en Bretagne ?

  • Par Martin Planques
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VIDÉO - Après la mort d'un joggeur de 50 ans dans la baie de Saint-Brieuc (Bretagne), un certain nombre d'associations alertent sur le danger de la prolifération des algues vertes. Une plainte va être déposée dans les prochains jours.

Le 8 septembre dernier, un joggeur est décédé dans l'embouchure du Gouessant (Bretagne). Jean-René Auffray a été retrouvé allongé, face contre terre, le visage dans la vase et non enlisé jusqu'à la taille comme il avait été indiqué au préalable. «Cet élément nouveau important a amené le procureur de la République, après s'être rapproché de la famille du défunt, qu'il s'est proposé de rencontrer, à ordonner l'exhumation du corps de la victime en vue de son autopsie et d'analyses complémentaires», a précisé Bertrand Leclerc, procureur de la République de Saint-Brieuc.

Dans la même zone, 36 sangliers avaient été retrouvés morts à l'été 2011, lorsque des dépôts d'algues vertes étaient importants. Un rapport de l'Anses avait mis en avant les fortes présomptions quant aux émissions d'hydrogène sulfuré (H2S) provenant de ces algues en décomposition. Concernant la mort de Jean-René Auffray, dans une lettre ouverte adressée au procureur le 12 septembre, les associations Sauvegarde du Trégor et Halte aux marées vertes, avaient mis en cause «l'absence d'autopsie» immédiate et, selon eux, «le refus manifeste de fait de toute enquête sur les causes de la mort de la victime» est «incompréhensible». Interrogé par l'AFP le même jour, le parquet avait affirmé qu'il n'y avait «pas de doute» quant à l'origine du décès (une crise cardiaque) et que sans «d'obstacle médico-légal, le corps a été remis à la famille». Une enquête est depuis ouverte.

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Jean Hascoet, président de l'association Baie de DouarneneZ Environnement, a affirmé au figaro.fr qu'il allait, avec les associations qui forment la Coordination Verte et Bleue (CVB), déposer plainte contre X pour mise en danger d'autrui. «On devrait mettre des panneaux sur les lieux, pour prévenir (...) nous sommes allés sur place et c'est putride» a-t-il confié. Le maire d'Hillion, Mickaël Cosson, appelle de son côté au respect de la mémoire de la victime. «La cause peut être juste» mais, selon lui, le drame est instrumentalisé de «manière inhumaine». L'élu affirme «faire confiance aux gens compétents» en ce qui concerne l'enquête.

Les associations mettent en cause les autorités publiques

La CVB s'est exprimée dans un communiqué affirmant que «le préfet, et donc le gouvernement, répondait aux injonctions du lobby agricole». La prolifération des algues vertes est un problème environnemental principalement dû à l'agriculture intensive, selon les associations. La préfecture des Côtes d'Armor, contacté par lefigaro.fr n'a pas souhaité s'exprimer et répondre aux attaques des associations.

Ces dernières ont effectué des relevés sur les lieux du drame le 10 septembre, toujours selon franceinfo. Elles y ont mesuré des émissions d'hydrogène sulfuré à une concentration allant jusqu'à 360 ppm (parties par million) alors que, par prudence ils étaient restés éloignés de la zone où la victime avait été retrouvée. Les doses de H2S commencent à provoquer des malaises chez l'homme vers 500 ppm relevés, «et elles sont mortelles lorsqu'elles atteignent les 1500 ppm» a confié Sylain Ballu, scientifique du Centre d'Étude et de Valorisation des Algues (CEVA) au Figaro. Le scientifique, qui étudie le phénomène des marées vertes depuis des années dans la région, affirme que la «situation s'est améliorée avec le temps, notamment grâce au meilleur ramassage des algues.»

Le constat est pourtant sans appel selon Jean Hascoet, qui n'hésite pas à mettre en cause le procureur dans cette affaire. «Il sait que ses investigations juste après l'enterrement du corps ne peuvent pas aboutir, il a ouvert une enquête pour faire semblant de s'activer aujourd'hui car il sait que s'il ne faisait pas un minimum d'enquête, il créerait plus de suspiscion.»

La rédaction vous conseille

Soirée à Paris.

Par Le 06/12/2016

De retour de Paris mais sans le Prix... Une soirée émouvante malgré tout, des témoignages qui rejoignent ce que j'écrivais il y a quelques jours sur la force morale associée à la situation de handicap autant pour les personnes concernées directement que pour leurs proches.Il restera de ces quelques heures à Paris, le bonheur d'avoir retrouvé une ancienne élève, quelques vingt ans après. Séquence émotion, découverte de Paris, une soirée sur la Seine, des discussions passionnantes, un accueil merveilleux et certainement d'autres journées à venir. Que du bonheur. Merci Fanny 

05 décembre 2016

La cérémonie de remise du Prix littéraire Handi-Livres s’est tenue le 5 décembre 2016 au Centre Georges Pompidou.

Cette année encore la soirée a été animée avec talent par Vincent Lochmann, journaliste à Vivre FM, en présence des représentants du Fonds Handicap & Société, de ses partenaires, des membres du jury, des auteurs sélectionnés et d’un public venu nombreux…

La cérémonie s’est ouverte par un mot de bienvenue du Directeur des publics de la Bpi, Jean-Arthur CREFF, qui a rappelé l’implication de la Bibliothèque dans le Prix Handi-Livres pour accueillir les lecteurs en situation de handicap.

Pour cette 11ème édition, c’est dans une ambiance chaleureuse et conviviale, présidé par Axel Khan, que plus de 200 personnes étaient présentes pour découvrir les heureux lauréats.

Une sélection de 30 livres, répartis dans les 6 catégories en lice, a été soumise à un jury composé de professionnels du handicap, de journalistes et d’écrivains. Le jury a décidé, en plus de ces six prix, de décerner une Mention Spéciale pour saluer la qualité de l’ouvrage de Sylvie CALLET intitulé Les murs noirs - Parcours de vie des « jeunes filles incurables » d’Ainay publié par les Éditions Les Presses du Midi. Par ailleurs, le Président du jury a également souhaité récompenser par un Coup de cœur l’ouvrage de Sylvain LAURENT intitulé Chandolinades, en auto-édition.

Meilleur Roman

L’homme qui n’a pas inventé la poudre

Stéphanie CLAVERIE - Éditions de la Différence

Meilleure Biographie

Le voleur de brosses à dents

Églantine ÉMÉYÉ - Robert Laffont

Meilleur Guide

Réussir son orientation et sa vie professionnelle quand on est DYS

Fédération Française des Dys sous la direction d’Olivier BURGER – Belin

Meilleur Livre Jeunesse Enfant

On n’est pas si différents

Sandra KOLLENDER et Claire CANTAIS - La Ville brûle

Meilleur Livre Jeunesse Adolescent

Mon frère, mon enfer, mon bel enfer

Sandrine ANDREWS et Christine DEROIN - Oskar Éditeur

Meilleur Livre adapté

Un parfum de victoire - Avoir un enfant quand on est en situation de handicap

Collectif sous la direction de Marie-Anne DIVET - Histoires Ordinaires Éditions

Mention Spéciale

Les murs noirs - Parcours de vie des « jeunes filles incurables » d’Ainay

Sylvie CALLET - Les Presses du Midi

Coup de coeur du jury

Chandolinades

Sylvain LAURENT - Auto-édition

 

Pour télécharger le communiqué de presse : cliquez ICI

 

LA-HAUT : "La Muse en parle"

Par Le 04/12/2016

http://lamusenparle.blogspot.fr/2016/12/la-haut-de-thierry-ledru.html
 

dimanche 4 décembre 2016

Là-Haut de Thierry Ledru

 
 
Là-Haut de Thierry Ledru aux éditions AO André Odémard.
Pour écouter la chronique, il faut cliquer ici : Là-Haut de Thierry Ledru par La Muse en audio
 
J’ai reçu il y a fort longtemps un livre en service presse : « Là-Haut » de Thierry Ledru. Si j’ai mis tant de temps à le lire, c’est tout d’abord parce que je suis très en retard, mais aussi, parce que je voulais être dans les conditions optimales pour le faire. C’est le cas à présent, et je remercie l’auteur pour sa patience.
 
L’histoire ? C’est celle de Jean, guide, écrivain également, à qui tout réussi. Il est amoureux d’une très belle et douce femme, Blandine, ils vont à Paris pour un salon littéraire, tout est beau, Blandine est belle … et Jean va tout perdre !  
 
L’action se situe en 1995. Ils arrivent à la station Saint-Michel : l’attentat monstrueux. Blandine va mourir, Jean sera amputé, lui, le guide, l’amoureux de la montagne. 
 
Malgré la douleur et les peines qui sont admirablement bien transcrites par l’auteur, ce livre est magnifique, car il porte l’espoir. C’est un long chemin vers la reconstruction, le dépassement, la résilience, même quand on croit avoir tout perdu. Thierry Ledru ou plutôt Jean, son héros, s’attachera à de nombreuses descriptions, qui permettront au lecteur de se fondre dans l’histoire, de prendre le temps de sa reconstruction. Jean devient « lui », devient « il ». 
 
« Il avait fini de grandir sans son père. Il lui restait à vieillir sans Blandine ».
 
Cette reconstruction ne se fera pas sans heurts, sans peine, sans dégoût, sans solitude. L’homme sera seul, avec ses souffrances, le blanc, la montagne qu’il aime tant.
 
L’auteur va admirablement expliquer le milieu hospitalier, la prise en charge, l’urgence, le sentiment d’abandon, les douleurs, physiques, bien évidemment, mais également psychologiques vécues par Jean. 
 
« Vous ne savez rien de mes douleurs ».
 
Finalement, il ne sera pas seul. Il va redécouvrir plein de merveilleuses choses, que nous oublions de regarder, alors qu’elles sont si belles. 
 
Etrangement, il va renouer des liens, lui qui se sentait et qui se voulait exclu d’un monde qui ne le comprenait plus.
 
« Les liens sociaux ne seraient-ils qu’une interdiction d’être soi-même ? »
 
« Là-Haut » de Thierry Ledru a été sélectionné pour le prix Handi-livres 2016. La décision aura lieu ce lundi 5 décembre. On croise les doigts pour l’auteur, car il a remarquablement détaillé la souffrance d’une personne en situation de handicap, qu’elle soit physique ou psychologique, et sa reconstruction, longue et difficile, sans oublier les innombrables parcours de solitudes, passages obligés mais si douloureux.
 
« Là-Haut » est un roman porteur d’espoir, qui devrait être mis entre toutes les mains, car il permet une perception plus juste et surtout plus réelle du monde qui nous entoure.
 
« Il va falloir penser à tout ce qui lui reste et beaucoup moins à ce qu’il a perdu. Il ne s’agit pas d’oublier, bien sûr, mais de s’efforcer de construire au lieu de déblayer des ruines ».
 
Le Fonds Handicap & Société par Intégrance a lancé son appel à candidature en mars dernier pour le Prix Handi-Livres 2016. Parrainé depuis sa création par Robert Hossein, le prix est devenu une référence dans son domaine. Près de 115 ouvrages ont été présentés en 2016 pour participer au prix littéraire.
 
Le Prix Handi-Livres a pour but d’encourager les auteurs et de mettre en lumière des personnes handicapées ou des ouvrages traitant du handicap. (source : http://www.fondshs.fr/le-prix-handi-livres/PHL-2016-preselection)
"Là-Haut" un roman de Thierry Ledru a été sélectionné pour le prix Handi-livres. On en saura plus, ce lundi 5 décembre. Dans tous les cas, je vous conseille fortement sa lecture.

 
La Muse, bouleversée


 
 

LSD ou Méditation ? (14)

Par Le 03/12/2016

Lorsque je lis les effets rapportés par la prise de LSD, je me dis que la science pourrait tout autant renforcer ses travaux sur les états de conscience modifiée en état méditatif...Au lieu de soigner la dépression par un apport chimique, il conviendrait plutôt de solliciter intégralement le potentiel intérieur...Ah mais j'oubliais...Il en va de l'intérêt de l'industrie pharmaceutique...

 

Recherche : le LSD "libère" le cerveau

par Anne-Laure Lebrun

Sous LSD, les fonctions cognitives de la personne ne sont plus compartimentées et une stimulation active l'ensemble du cerveau.

 

Publié le 

L’expérience est controversée mais elle a le mérite de faire parler. Et peut-être même faire avancer la recherche en psychiatrie. Une équipe de l’Imperial College de Londres (Royaume-Uni) a étudié, pour la première fois, le cerveau de volontaires ayant ingéré du LSD (diéthylamide de l’acide lysergique). Les résultats ont été publiés ce lundi dans la revue scientifique PNAS.

La recherche autour de cette substance hallucinogène a été arrêtée durant un demi-siècle, en raison de l’augmentation de son utilisation récréative à la fin des années 1960. Depuis une quinzaine d’années, elle redémarre en Europe et aux Etats-Unis, mais reste marginal. Certains chercheurs pensent qu’elle pourrait avoir des effets bénéfiques chez les personnes atteintes de dépression résistante à tous les traitements, d’autres évoquent son efficacité dans le traitement de la maladie alcoolique.


Un feu d'artifice dans le cerveau

Le laboratoire du Dr Robin Carhart-Harris tente de comprendre l’action du LSD, principe actif des champignons hallucinogènes, sur le cerveau. 20 volontaires ayant déjà consommé ces substances ont été sélectionnés. Pour les besoins de leurs travaux, l'équipe du Dr Carhart-Harris a demandé à un groupe d’avaler, soit, un placebo, soit, 75 mg du LSD.

Le cerveau de ces volontaires en mal de sensations fortes a ensuite été étudié par IRM et magnétoencéphalographie, qui permet d’étudier les champs magnétiques émis par les neurones. Grâce à cette série d’examens, les chercheurs ont pu voir et analyser ce qui se passe dans le cerveau de ces jeunes gens, et en particulier lorsqu’ils expérimentent des hallucinations visuelles. Habituellement, une stimulation visuelle est traitée par le cortex visuel, une zone cérébrale située à l’arrière du cerveau. Mais sous LSD, cette information mobilise la quasi-totalité du cerveau.

 

Source : Neural correlates of the LSD experience revealed by multimodal neuroimaging, PNAS. En haut, le cerveau d'un participant ayant pris un placebo. Seul le cortex visuel est activé. En bas, le cerveau sous LSD. La quasi-totalité de l'organe est mobilisée. 

 

Et ce véritable feu d’artifice se déclenche également lorsque les participants ont gardé les yeux fermés. Pour les chercheurs, cette observation suggère qu’ils sont capables de voir des choses simplement grâce à leur imagination.

Par ailleurs, ces travaux permettent de mieux comprendre pourquoi le LSD modifie toutes les perceptions sensorielles et l’état de conscience. « Normalement, notre cerveau fonctionne grâce à des réseaux indépendants responsables d’une fonction spécifique comme la vue, le mouvement ou l’ouïe. Mais sous LSD, cette séparation s’écroule et est remplacé par un réseau plus unifié, explique le Dr Carhart-Harris, responsable de ces travaux. Ceci expliquerait l’altération profonde de la conscience fréquemment décrite. Cela pourrait également explique ce qu’ils qualifient de voyage d’introspection et de voyage intérieur durant lequel ils se reconnectent à eux-mêmes et à la nature. Cette expérience est parfois vécue comme mystique ou religieuse, et semble être associée à un bien-être après même après que les effets de la drogue s’atténuent. »


Un cerveau plus libre

Cette drogue psychédélique permettrait donc de « décloisonner » notre cerveau lui permettant de fonctionner « librement et sans contrainte comme celui des enfants ».

Lors d’une autre expérience, les chercheurs ont également découvert que la combinaison LSD-musique améliorait l’activité du parahippocampe, une zone impliquée dans la formation d’image mentale et de la mémoire. Plus cette région du cerveau communique avec le cortex visuel, plus le cerveau est capable de générer des visions complexes et notamment se remémorer des scènes de vie.

Pour les chercheurs, ces découvertes pourraient permettre de développer des thérapies pour les troubles psychiatriques, en particulier la dépression.

"Blog : Là-Haut

Par Le 03/12/2016

 

"LÀ-HAUT" :J'ai commencé ce blog en novembre 2009 et il y a maintenant plus de 3500 articles, des textes personnels et des documents pris sur le net. 

Sur l'autre blog "KUNDALINI", dès le début, j'ai eu la bonne idée de séparer les textes personnels des autres.

Afin de compiler mes propres écrits répartis ici, j'ai donc décidé de créer un troisième blog.

"JE SUIS LÀ-HAUT"

Il s'agit pour moi de reprendre tous ces anciens textes, de les relire, de les corriger, de les compléter et si possible de les regrouper par thèmes. Il me plaît également de "visualiser" par ces écrits ma propre avancée, d'analyser le chemin parcouru, de clarifier des réflexions.

Je m'aperçois au fur et à mesure que j'avance dans ce travail que ces anciens textes portent désormais des manques au regard de toutes ces pensées, émotions, analyses, réflexions, mises à jour, projections, anticipations, autopsies du passé... Des modifications sont devenues nécessaires. 

Je vais donc me concentrer sur ce travail de réécriture. 

"JE SUIS LÀ-HAUT" va grandir et "LÀ-HAUT"sera principalement destiné à compiler des articles pris sur la Toile. 

C'est en fait une lectrice de mon premier blog qui a déclenché cette idée. Elle m'avait envoyé un extrait d'un texte personnel, enregistré dans le premier blog, elle souhaitait le relire en entier et j'ai mis des heures à retrouver le texte complet...J'étais perdu "LÀ-HAUT"...

 

 

http://thierry-ledru.e-monsite.com/ 

 

 

 

Maltraitances gynécologiques

Par Le 30/11/2016

Marie accouche là

Explorations politiques et féministes autour de la naissance

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Mélanie Déchalotte, la journaliste qui a brisé le tabou des maltraitances gynécologiques sur France Culture

Publié le 20 octobre 2015 par Marie-Hélène Lahaye

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Mélanie Déchalotte

Le 28 septembre dernier, France Culture diffusait le documentaire « collection témoignage : maltraitances gynécologiques » dans l’émission Sur les Docks. Ce documentaire a connu une audience exceptionnelle et a déclenché une avalanche de témoignages, qui ont eux-mêmes été repris par la presse, faisant tomber le tabou des violences commises dans l’intimité des cabinets de gynécologie. Mélanie Déchalotte, la journaliste à l’origine de ce documentaire, revient sur le retentissement de cette émission.

Qu’est-ce qui vous a poussée à vous intéresser aux maltraitances gynécologiques ?

Plusieurs événements sont à l’origine de mon intérêt pour ce sujet : d’abord mon expérience personnelle concernant la gynécologie, et surtout le fait que l’immense majorité des femmes de mon entourage (amical, professionnel ou familial) a été victime d’une mauvaise expérience lors d’une consultation, d’un examen gynécologique, d’un accouchement, d’une IVG, etc. Les multiples tweets parus sur la toile en réponse au lancement du hashtag « PayeTonUtérus » et enfin le scandale des touchers vaginaux sur patientes endormies m’ont convaincue qu’il fallait absolument faire un documentaire pour dénoncer cette maltraitance dont pouvaient être parfois victimes les patientes au contact de certains professionnels de santé.

Avez-vous pu facilement convaincre France Culture de diffuser un tel sujet ? Quelles ont été les réactions des responsables de la programmation ?

L’équipe de France Culture qui dirige l’émission a d’emblée accueilli très favorablement le projet de ce documentaire. Le sujet était délicat : la maltraitance dont sont victimes les femmes en gynécologie et obstétrique est un véritable tabou. La société refuse de la prendre en considération : le corps médical français reste très susceptible lorsqu’il s’agit de remettre en question ses pratiques, les hommes ne se sentent pas concernés, les femmes elles-mêmes sont conditionnées à éprouver cette souffrance comme inhérente à la condition féminine. Malgré la difficulté que représentait cette enquête, Irène Omélianenko, la directrice de l’émission, a tout de suite décidé de soutenir le projet.

Le Journal international de Médecine (JIM) vous reproche d’avoir monté le documentaire en donnant une image déformée et peu flatteuse des représentants des gynécologues. Que répondez-vous à cela ?

L’article du Journal international de Médecine est inquiétant. Au lieu de prendre la mesure du problème, de participer à une prise de conscience et de poursuivre la sensibilisation auprès des praticiens, l’auteur de l’article esquive la réalité et se lance dans une piètre défense de la corporation médicale. L’auteur dénonce d’abord l’emploi du terme « maltraitance » en expliquant que « Jean Marty se référait à une acception très classique du terme « maltraitance » » et que le terme d’ « irrespect » eût été plus pertinent. Non, il n’y a pas eu de confusion ou de naïveté de la part Jean Marty sur le sens des mots. Et il suffit de lire la définition de « maltraitance » dans un dictionnaire ordinaire (ou médical) pour réaliser que l’emploi de ce terme est tout à fait approprié au sujet. Parler ici d’irrespect, c’est faire preuve d’une indulgence coupable.

Il n’y a absolument aucun « jeu de montage » qui vise à discréditer les deux gynécologues interviewés. Tous les intervenants du documentaire donnent leur avis et se répondent sur les différents sujets qui sont abordés. Les gynécologues et les autres intervenants ont des prises de position opposées. Ces jugements antagonistes garantissent au contraire l’objectivité de l’enquête et témoignent de la volonté de donner aussi la parole à ceux qui sont accusés de maltraitance. Lors de notre entretien, Jean Marty s’est exprimé plus personnellement sur le sujet, tout en me signifiant en même temps qu’il ne fallait pas diffuser ces propos-là. Le chargé de réalisation, François Teste, et moi-même avons respecté ce « off ». Ses affirmations et ses jugements risquaient de discréditer la corporation des gynécologues. Et ce n’était pas le but. Si les deux confrères défendent mal la profession et si leurs analyses ne sont certainement pas partagées par tous les praticiens, ces deux médecins restent néanmoins des porte-paroles de la profession, élus par leurs pairs : c’est à ce titre qu’ils ont été sollicités. Ne faudrait-il pas s’interroger sur les problèmes que révèlent les propos de ces deux représentants ?

Les commentaires de praticiens sur le site de France Culture, mais aussi la majorité des commentaires de soignants sur le site de l’article du JIM, n’accusent pas le documentaire de déformer la réalité. Ils témoignent au contraire de la lucidité et de la volonté d’une partie du corps médical à appliquer une véritable éthique du soin en gynécologie-obstétrique.

Ce numéro de Sur les Docks a rencontré beaucoup de succès (plus de 10.000 partages du podcast sur facebook) et a suscité énormément de témoignages, en comparaison avec les autres émissions de France Culture. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

Le documentaire a rencontré un immense succès et l’équipe web de France Culture a dû très vite gérer et organiser un déferlement de commentaires, des centaines de témoignages qui affluaient en quelques heures seulement. Les réactions continuent sur le site et le documentaire ne cesse d’être relayé par les réseaux sociaux et d’être podcasté par des auditeurs. Je suis bien entendu très heureuse que ce travail ait permis de délier les langues et de rendre aux femmes une parole déniée et confisquée. J’ai parfois entendu que la maltraitance en gynécologie-obstétrique était un « faux-sujet» : un problème inventé de toutes pièces par les femmes désireuses de régler des comptes avec ceux qui ont le contrôle de la féminité, ou par des féministes excitées qui auraient envie d’en découdre avec la profession médicale. L’audience très importante que connaît le documentaire et le retour des auditeurs de France Culture témoignent autant de la réalité que de l’intensité de ce problème de société.

Bien évidemment ce travail – et la publication des commentaires qui ont suivi – n’ont pas pour but d’encourager les femmes à éviter le suivi médical en gynécologie. Il vise uniquement à pointer un dysfonctionnement important. On a l’impression qu’un bon gynécologue, c’est comme un bon psy. On convoite la bonne adresse et on se la refile de copine en copine, parfois presque sous le manteau. Il y a d’excellents praticiens dans la profession (techniquement et humainement) et j’en ai heureusement rencontré plusieurs au cours de mon suivi personnel. Mais lorsqu’un gynécologue se montre doux, empathique, respectueux, attentif, patient… pourquoi a-t-on l’impression d’avoir une chance extraordinaire? Pourquoi a-t-on besoin de lui dire mille fois merci de nous avoir écoutées, de nous avoir parlé, de ne pas nous avoir fait mal, de nous avoir bien expliqué les choses, etc.? En gynécologie-obstétrique, les femmes subissent une maltraitance ordinaire.

En fait j’espère surtout que ce documentaire sera écouté par les professionnels de santé et qu’il permettra une prise de conscience générale. Il serait dommage que le problème ne soit pris au sérieux que par les patientes elles-mêmes. Si les femmes essaient – dans la mesure du possible – de contourner les mauvais gynécologues, ne vaudrait-il pas mieux chercher des solutions au sein du monde médical ? Les professionnels du soin, les instances médicales, le Ministère de la Santé, les CHU, les médecins (et futurs médecins) n’ont-ils pas eux-mêmes un rôle à jouer ?

Vous attendiez-vous à une telle libération de parole ?

J’ai toujours cru à la force de ce sujet et à la nécessité de faire ce documentaire. Durant mon enquête des dizaines de femmes m’ont contactée pour me raconter leurs mauvaises expériences en gynécologie-obstétrique. Des récits intimes et douloureux. Beaucoup ne voulaient ou ne pouvaient pas témoigner derrière un micro mais elles tenaient tout de même à me raconter leur histoire au téléphone ou par mail pour soutenir le projet. Je savais donc que beaucoup attendaient la diffusion du documentaire. Pour autant, je ne m’attendais pas à une telle libération de parole. C’est impressionnant de constater à quel point les femmes se sont senties légitimes pour témoigner de leur souffrance une fois le documentaire diffusé. Les récits – qu’il n’y a aucune raison de remettre en doute – sont touchants, choquants et parfois effrayants. J’ai notamment été frappée par plusieurs témoignages de la part de femmes médecins qui, en tant que patientes, se sont retrouvées elles aussi confrontées à la maltraitance de la part de leurs confrères gynécologues. Le documentaire a brisé le silence des femmes, c’est une très bonne chose. Mais il faut maintenant qu’il brise le silence des médecins.

***

Revue de presse :

RTL : Maltraitance gynécologique : quand les femmes racontent leur souffrance

Slate : De nouveaux témoignages accablants sur les maltraitances gynécologiques

Journal international de Médecine (JIM) : « Maltraitances gynécologiques » : y-a-t-il un médecin respectueux dans la salle ?

Libération : Maltraitances gynécologiques : «Un bout de viande sur la table d’examen»

Le Figaro : Quand les femmes ont peur de leur gynécologue

La Libre : Quand se rendre chez le gynécologue est traumatisant

Marie Claire : Aller chez le gynécologue, une torture pour de nombreuses femmes

L’Obs/Rue89 : Pour en finir avec la maltraitance gynécologique

Cheek Magazine : Maltraitance gynécologique: des femmes témoignent de leurs (mauvaises) expériences

La Vie : Sur les docks. La Maltraitance gynécologique

MademoiZelle : La maltraitance gynécologique est à nouveau dénoncée par les patientes

 

Blogs qui en parlent :

10Lunes : Mal traitant et Mal traitant – mal traité

En Jupe : Maltraitance en gynécologie : témoignages, témoignages…  , #PayeTonUterus : Faites gaffe un peu quand même  et Le consentement, cet « énième formulaire »

Marie accouche là : Les maltraitances gynécologiques dénoncées sur France Culture

Ovidie : Pour en finir avec la maltraitance gynécologique

 

En humour :

Franceinter : la drôle d’humeur de Noémie De Lattre « Tiens, ceci est mon corps »

 

Pour réécouter l’émission de France Culture et lire les nombreux témoignages : Collection Témoignages : Maltraitance gynécologique

 

Comprendre l'Union européenne

Par Le 29/11/2016

 

Et comme on dit depuis quelques temps, ceux qui font encore confiance aux dirigeants européens font partie du problème...

Cancer

Par Le 29/11/2016

Cancer : le nombre de malades a explosé en France

A LA UNE / POLITIQUE / SANTÉ  /  Publié Mis à jour à par SudOuest.fr

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Les médecins tentent de trouver les causes de ces augmentations.
Les médecins tentent de trouver les causes de ces augmentations. © 

CC - PEXELS

Entre 1980 et aujourd'hui, le nombre de patients atteints de cancer a doublé. Certains types de tumeurs ont même vu leurs cas multipliés par 5

Selon des projections publiées en novembre 2015 par l'Institut de veille sanitaire (InVS), on estime à 385 000 le nombre de nouveaux cas de cancer survenus l'an dernier en France. C'est deux fois plus qu'il y a trente ans. 

Et si,  grâce à l'avancée de la médecine, la mortalité est en baisse (-34% depuis 1980), les cas de certains cancers ont triplé, quadruplé, voire quintuplé en quelques décennies. A partir des données de l'InVS, Le Monde a passé en revue l'évolution de tous les types de cancers. 

Quels sont les cancers en plus forte augmentation ? Pourquoi une telle évolution ?On fait le point.

La rédaction vous conseille

NB : les chiffres présentant l'augmentation du nombre de chaque type de cancer sont calculés à partir des données de l'InVS, entre 1980 et 2012.

  • Prostate

+400% chez les hommes

Le cancer de la prostate est le cancer le plus courant en France, tous sexes confondus (il devance le cancer du sein, premier cancer chez les femmes). Avec 49 000 nouveaux cas détectés chaque année, son augmentation fulgurante serait principalement due à un surdiagnostic. 

En effet, l'amélioration des tests de dépistages a permis d'améliorer la prise en charge de nombreux patients, mais a également amené les médecins à considérer comme des cancers des affections bénignes ou sans danger immédiat. 

Plusieurs équipes de chercheurs n'excluent cependant pas les facteurs environnementaux et le mode de vie comme causes de l'augmentation du nombre de malades.

  • Sein

+56,3% chez les femmes

La fréquence des cancers du sein en France stagne ou continue à augmenter chez les femmes de moins de 50 ans, alors qu'elle recule chez les femmes plus âgées.

Cette tendance peut s'expliquer par le recul de l'âge de la maternité, le surpoids, la sédentarité et le tabac, ainsi que par l'exposition à certains polluants et par le dépistage individuel, qui conduit à détecter des tumeurs qui ne l'auraient pas été auparavant, selon les spécialistes interrogés par le Monde. 

L'incidence globale du cancer du sein en France - le taux de nouveaux cas par an et par tranche de 100 000 habitants - diminue légèrement depuis 2005, après trente ans de forte augmentation. Cette date correspond à la publication d'une étude qui mettait en cause l'utilisation de traitements contre la ménopause, soupçonnés de favoriser les cancers du sein. 


Un lien de causalité entre les déodorants et le... par ITELE

  • Poumon

+431% chez les femmes ; stable chez les hommes

Auparavant cancer majoritairement masculin, le cancer du poumon augmente de manière exponentielle chez les femmes depuis des années. L'une des causes évoquées : la consommation de tabac, qui a augmenté chez les femmes plus tardivement que chez les hommes. Les jeunes filles fument même désormais davantage que les garçons.

  • Lèvres/bouche/pharynx

+60% chez les femmes ; en baisse chez les hommes

Le cancer de la zone buccale a longtemps été considéré comme essentiellement masculin (7 600 cas par an chez les hommes contre 3 100 chez les femmes) et causé par la consommation d'alcool et de tabac.

Mais depuis 1980, le nombre de cas a diminué de 60% chez les hommes tandis qu'il a grimpé de 60% chez les femmes. Si une partie de ces résultats peut s'expliquer par une évolution de la consommation de tabac et alcool chez ces dernières (comme pour le cancer du poumon), des scientifiques ont également pointé la responsabilité probable du papillomavirus humain, un virus sexuellement transmissible.

L'augmentation des cas de cancers de la bouche pourrait donc également être liée à l'augmentation des pratiques de sexe oral.

  • Rein

+70,59% chez les femmes ; +88% chez les hommes

Le cancer du rein, qui touche 11 000 personnes chaque année en France, est en augmentation constante. Comme pour les cancers de la prostate, l'une des causes de cette augmentation des cas est l'amélioration du diagnostic : les examens d'imagerie médicale permettent aujourd'hui de diagnostiquer des tumeurs invisibles ou indécelables à l'œil nu.

Mais l'augmentation de ce cancer pourrait également être causée par le surpoids (et une alimentation riche en graisses), le tabac, l'hypertension artérielle. L'exposition à certains produits chimiques (utilisés dans la sidérurgie et l'industrie du pétrole notamment) pourraient être un facteur aggravant.

  • Mélanome

+175% chez les femmes ; +332% chez les hommes

Le mélanome, ou cancer de la peau, est en nette augmentation depuis trente ans. Causé essentiellement par une exposition au soleil ou aux rayons UV trop importante, il peut également être favorisé par l'hérédité.

Plusieurs chercheurs estiment que la hausse du nombre de cancers de la peau est due à la prolifération des cabines de bronzage et l'exposition au soleil dès la petite enfance. 


Comment dépister le cancer de la peau ? par ITELE

  • Thyroïde

+392% chez les femmes ; +400% chez les hommes

Le cancer de la thyroïde touche majoritairement les femmes (avec 5 000 nouveaux cas par an contre 1 600 chez les hommes). En forte augmentation chez les deux sexes, ce cancer reste l'un de ceux les mieux soignés aujourd'hui.

A l'origine de l'augmentation du nombre de cas, deux causes sont principalement évoquées par les scientifiques. D'une part, un surdiagnostic peut conduire les médecins à considérer comme "cancéreuses" des thyroïde dont l'état ne se serait peut-être pas dégradé, et donc, gonflerait les statistiques de manière importante.

D'autre part, l'exposition à des perturbateurs endocriniens pourrait jouer un rôle non négligeable dans l'apparition de cancers. Ces substances chimiques influent sur les hormones et touchent donc particulièrement la thyroïde, "centre de contrôle" du corps humain.

  • Pancréas

+245% chez les femmes ; +118,18% chez les hommes

L'augmentation du nombre de cas de cancer du pancréas, particulièrement agressif, (environ 10 000 personnes sont diagnostiquées chaque année), reste un mystère pour les médecins à l'heure actuelle. Si certains facteurs (diabète, obésité) semblent jouer un rôle dans le développement de cette tumeur, particulièrement difficile à déceler, ils ne peuvent expliquer à eux seuls l'augmentation si rapide.

Selon Norbert Ifrah, président de l'Institut national du cancer, cette difficulté à diagnostiquer un cancer du pancréas pourrait aussi expliquer l'augmentation récente des cas : avant les derniers progrès de la médecine, cette pathologie n'était pas enregistrée avec la même rigueur dans les registres car elle était méconnue.


Santé - Prévenir le cancer du pancréas - 2015... par telematin

  • Foie

+200% chez les femmes ; +175% chez les hommes

Le cancer du foie est également l'un des cancers les plus agressifs et au plus faible taux de survie. Plus de 8 000 personnes sont atteintes chaque année en France (dont une majorité d'hommes). 

Longtemps considéré comme une maladie due à la consommation d'alcool, le cancer du foie peut être causé par de nombreux autres facteurs, notamment une maladie pré-existante du foie. Comme pour le cancer du pancréas, l'augmentation importante du nombre de malades est encore mal comprise par le monde médical. 

  • Testicule

+118% chez les hommes

Le cancer du testicule, même s'il est plus rare (environ 2 300 cas par an) et se soigne de mieux en mieux, est lui aussi en forte augmentation. L'hypothèse principale des médecins pour expliquer cette évolution est l'impact environnemental.

De plus en plus exposés, même in utero, à des perturbateurs endocriniens(notamment les pesticides), les enfants nés depuis les années 80 ont plus de risques de développer un cancer génital que leurs parents. 

Perturbateurs endocriniens (1)

Par Le 29/11/2016

Perturbateurs endocriniens : des scientifiques dénoncent la position de l'Europe

A LA UNE / POLITIQUE / SANTÉ  /  Publié Mis à jour à par Marine Ditta

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Pourquoi une telle frilosité à réglementer l'utilisation de ces substances ?
Pourquoi une telle frilosité à réglementer l'utilisation de ces substances ? © 

AFP EMMANUEL DUNAND

Près de 100 scientifiques réputés ont signé une tribune dénonçant la stratégie des industriels, qui orientent la politique de Bruxelles en matière de santé publique et d'environnement

Jusqu'à quand la dangerosité des perturbateurs endocriniens sera-t-elle minimisée par les instances politiques ? Jusqu'à quand les industriels parviendront-ils à imposer leur calendriers et leurs choix en matière de réglementation européenne sur des substances pourtant décriées depuis des années par la communauté scientifique ? C'est en matière ce que dénonce une tribune, publiée mardi dans Le Monde, en français et en anglais, et signée par près de 100 scientifiques internationaux renommés, spécialistes des troubles hormonaux ou des évolutions climatiques. 

Selon eux, le lobbying des industriels (qui fabriquent et vendent les substances considérées comme des perturbateurs endocriniens) est tel que depuis des années, l'Europe reste incapable de légiférer pour encadrer correctement l'utilisation de ces produits, pourtant jugés dangereux pour la santé humaine.

Les perturbateurs endocriniens, substances chimiques capables d'interférer avec notre système hormonal et de le contaminer, sont présentes dans de très nombreux produits de notre quotidien (alimentation, cosmétiques, ameublement, matériaux de construction...)

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D'un côté, des études qui dénoncent le danger

Les études démontrant leur dangerosité même à très petite dose, se sont multipliées ces dernières années. Selon les scientifiques, l'exposition à ces polluants est particulièrement critique lors de "certaines périodes du développement, pendant la grossesse ou la puberté, lorsque notre organisme est particulièrement vulnérable".Leur effet est souvent irréversible.

Résultat : leur prolifération est une véritable "menace mondiale pour la santé", alertent les signataires de la tribune.

"Jamais l'humanité n'a été confrontée à un fardeau aussi important de maladies en lien avec le système hormonal : cancers du sein, du testicule, de l'ovaire ou de la prostate, troubles du développement du cerveau, diabète, obésité, non-descente des testicules à la naissance, malformations du pénis et détérioration de la qualité spermatique."

Selon eux, une seule solution existe pour enrayer cette hausse des maladies hormonales : limiter l'exposition de la population aux substances nocives en réglementant strictement leur utilisation. 

 

 

De l'autre, des industriels qui veulent gagner du temps

Face à ces études alarmantes, la première réaction aurait pu être la décision d'appliquer le "principe de précaution" et de stopper l'utilisation des substances mises en cause.

Mais c'était sans compter sur les enjeux financiers d'une telle décision, beaucoup trop importants pour être ignorés par les industriels. 

Aussi, selon les signataires de la tribune, la stratégie des fabricants est souvent la même : 

  1. Nier en bloc les accusations
  2. Si une étude vient confirmer les risques, sortir une contre-étude pour maintenir le doute
  3. Créer une controverse scientifique pour laisser les politiques dans le flou, afin de gagner du temps sur les législations

Et ces industriels ne se battent pas seuls : ils peuvent compter sur certains États hors Europe, précieux alliés de leurs intérêts économiques. 

Car au-delà des enjeux financiers pour les fabricants de substances chimiques, c'est une partie du système de libre-échange mondial qui pourrait être remise en cause si l'Europe venait à légiférer strictement sur les perturbateurs endocriniens et donc à limiter leur utilisation et leur importation sur le territoire.

En tête de file de la fronde anti-législation, les États-Unis, qui alertent à plusieurs reprises l'Organisation mondiale du commerce (OMC) du risque de "perturbation des marchés" en cas de limitation des perturbateurs endocriniens. 

Selon Le Monde, les Américains font aussi savoir ouvertement aux commissaires européens leur désaccord sur une éventuelle législation et les menacent à demi-mots de poursuites en cas de prise de décision trop radicale. 

Face à ces études contradictoires et ces pressions, comment réagissent les responsables gouvernementaux chargés de mettre en place les politiques de santé publique ?

Au milieu, l'Europe incapable de légiférer

Le dossier sur les perturbateurs endocriniens traîne dans les bureaux européens depuis 2009. Sans cesse repoussée, la définition même de ce qu'est un perturbateur endocrinien a finalement été timidement adoptée en juin dernier par Bruxelles, mais son contenu scandalise scientifiques et ONG. 

Parmi les critiques faites à cette définition : 

  • Le fait qu'elle ne prenne en compte que les effets sur la santé humaine. Une substance testée sur les animaux et présentant des risques avérés pourrait ne pas être considérée comme un perturbateur endocrinien par l'Europe, car non confirmée sur l'homme. 
  • Le fait qu'elle ne classe les substances qu'en deux catégories : perturbateur endocrinien avéré, ou non. Impossible donc d'émettre un doute ou d'appliquer un principe de précaution, comme c'est le cas pour les substances cancérogènes, classées en quatre catégories (avéré, probable, inclassable, inoffensif). 

Pourquoi une telle frilosité à réglementer l'utilisation de ces substances ?

Selon les signataires de la tribune parue dans Le Monde, les financements privésgangrènent la prétendue impartialité des études européennes sur lesquelles se basent les législations.

"Des individus dans le déni de la science ou financés par des intérêts industriels déforment délibérément des preuves scientifiques afin de créer une fausse impression de controverse."

Le Monde s'est procuré une série de documents internes à la Commission, détaillant comment les conclusions scientifiques sur les perturbateurs endocriniens étaient écrites à l'avance pour faire correspondre les études de l'EFSA (l'autorité européenne de sécurité des aliments) à la volonté politique. Les "recommandations/conclusions" sont édifiantes.

L'omniprésence des lobbys et conflits d'intérêts au sein des institutions européennes n'est pas une découverte nouvelle. Depuis des années, des ONG dénoncent le manque d'impartialité des commissaires européens.

Ces derniers, responsables de l'initiation, de la négociation et du vote de lois qui affectent le quotidien de 500 millions de citoyens, dans des domaines aussi essentiels que le climat, l'agriculture, l'alimentation, la finance, occupent parallèlement des postes dans de grands groupes financiers ou industriels, dans les domaines qu'ils sont censés encadrer législativement. 

L'an dernier, l'ONG Corporate Europe Observatory (CEO) dévoilait des chiffres accablants : un tiers des anciens commissaires - soit 9 sur 27 - auraient pris des fonctions dans de grandes entreprises privées issues de secteurs souvent proches de leurs affectations politiques. 

Comment changer la donne ?

Pour les scientifiques signataires de la tribune, le principal enjeu est de garantir l'indépendance des études, nécessaire à une prise de décision impartiale et efficace.

"Un moyen efficace pourrait être la création, sous les auspices de l'Organisation des Nations unies, d'un groupe (indépendant, ndlr) chargé d'évaluer les connaissances scientifiques destinées aux responsables politiques dans l'intérêt général et mettrait la science à l'abri de l'influence des intérêts privés."

Ils appellent également leurs confrères à revendiquer leur indépendance et à défendre leurs études face à la volonté de "désinformation" des industriels.

"La plupart des scientifiques pensent qu'exprimer publiquement leur point de vue sur des questions politiques et participer aux débats de société pourrait compromettre leur objectivité et leur neutralité (...) Mais ce sont ceux qui nient la science qui laissent leurs opinions politiques obscurcir leur jugement. Avec, pour conséquence, des dommages irréparables."

Mario Beauregard

Par Le 27/11/2016

"DOCTEUR MARIO BEAUREGARD: LE POUVOIR GUERISSEUR DE LA CONSCIENCE"

 

Chercheur en neuroscience affilié au département de psychologie de l’Université de l’Arizona, Mario Beauregard est l’auteur de plus de 100 publications en neuroscience, psychologie et psychiatrie. Il a publié deux livres : Du cerveau à Dieu et Les pouvoirs de la conscience. Ses recherches sur la conscience lui ont valu d’être choisi par le groupe World Media Net comme l’un des « Cent pionniers du 21e siècle » (2000).

Réalisée en mai 2013, l’entrevue a été publiée en septembre 2013 dans le n°26 de la revue Néosanté.

Mario Beauregard, dans votre livre Les pouvoirs de la conscience, quel message principal souhaitez-vous transmettre à vos lecteurs ?

Je souhaite éveiller un maximum de personnes au pouvoir d’influence de la psyché, qui inclut l’esprit et la conscience, sur l’organisme. Contrairement à la vision matérialiste réductionniste dominante dans les sciences, particulièrement dans les neurosciences, nous ne sommes pas des machines biologiques complètement déterminées par les neurones, par les messagers chimiques du cerveau, par les gènes, et par l’environnement. L’esprit est doté d’une très grande capacité d’influence sur le cerveau et sur les autres systèmes physiologiques qui sont en lien avec cet organe. La limite de ce pouvoir est encore inconnue. Nier cette capacité a de graves conséquences sur la santé. Pour une personne qui souffre de dépression, qui croit que sa souffrance est déterminée biochimiquement, qu’elle manque de sérotonine et que l’unique solution est de prendre des pilules pour modifier le fonctionnement de son cerveau, c’est extraordinaire de réaliser que tout cela est faux, qu’elle peut agir sur son cerveau et sur son corps. Les implications sont énormes aux plans individuel et collectif.

Vos détracteurs vous accusent de promouvoir la pensée magique et de donner de faux espoirs aux malades. Que leur répondez-vous ?

Je ne fais pas la promotion de la pensée magique puisque je dis que les émotions et la conscience font partie des paramètres impliqués dans une dynamique psychologique et physiologique complexe. Si j’étais médecin, je n’affirmerais pas à un patient atteint de cancer qu’il va guérir s’il change sa façon de manger, de penser, s’il fait de la méditation, etc… Dans l’état actuel de nos connaissances, nous n’avons aucune certitude en matière de guérison, d’autant que les individus sont différents. Néanmoins, nier le pouvoir d’auto-guérison porte préjudice aux patients.

Il est possible qu’avec l’évolution de l’espèce humaine, plus nous devenons conscients, plus notre capacité d’influence sur notre organisme s’accroît. Nous faisons probablement des sauts quantiques. Cela expliquerait pourquoi les êtres humains n’ont pas tous les mêmes capacités. Tout à coup, on voit apparaître des individus capables de se guérir grâce à un type d’attitude mentale alors que du point de vue de la médecine conventionnelle, c’est impossible.

Est-ce à dire que les êtres humains ne seraient pas tous au même stade d’évolution psychique ?

Exactement. De même que nous n’avons pas tous les mêmes prédispositions pour jouer d’un instrument de musique, les dispositions et les aptitudes psychiques varient d’une personne à l’autre. Le fait que certaines personnes ne parviennent pas à maîtriser leurs émotions, leurs croyances, à influencer leur physiologie par leur conscience, ne signifie pas que c’est impossible pour tout le monde. D’ailleurs, nous en avons la preuve par la manifestation spectaculaire de certaines guérisons.

Quelle information devrait recevoir toute personne qui reçoit un diagnostic de maladie grave aujourd’hui ?

Une des clés de la santé semble être la gestion des émotions. Même dans le cas de maladies graves comme certains cancers, plusieurs études montrent que le fait de rester serein et d’entretenir des émotions positives, en pratiquant la méditation, la respiration consciente, la visualisation, permet de ralentir la progression de la maladie, voire même de la stopper dans certains cas. Il peut y avoir des rémissions. On ne peut pas affirmer à une personne en particulier qu’elle va guérir, mais cela met toutes les chances de son côté. Il est important également de réaliser qu’on n’est pas une victime, qu’on a une responsabilité. Les personnes qui entretiennent des émotions négatives produisent beaucoup de cortisol qui est très toxique pour l’hippocampe, une structure cérébrale impliquée dans la mémoire. Il y a de fortes corrélations entre ce type d’attitudes négatives et le développement de démences de type Alzheimer. Les gens qui sont déprimés pendant plusieurs décennies ont beaucoup plus de risque de développer une démence. Si une attitude mentale est maintenue pendant des mois, des années, c’est certain qu’à plus ou moins long terme elle aura un impact sur la physiologie. Chaque attitude qui est maintenue dans l’espace mental, bien que non matérielle, est couplée de façon informationnelle avec des processus physiologiques dans le cerveau, qui lui-même est connecté avec les autres systèmes physiologiques de l’organisme. Donc tout ce qui se passe au niveau mental a un impact partout dans l’organisme.

Si les croyances positives favorisent la guérison, les croyances négatives peuvent-elles aggraver l’état de santé d’une personne ?

Bien sûr, c’est ce qu’on appelle l’effet nocebo. Par exemple, lors des essais cliniques de médicaments, les formulaires de consentements mentionnent une liste d’effets secondaires possibles du médicament. Il y a toujours des personnes qui subissent ces effets secondaires alors qu’ils ont reçu le placebo, une substance sans aucun effet en soi. Cela se produit également pour des personnes qui suivent un traitement dont elles connaissent les effets secondaires possibles. Notre esprit est extrêmement malléable, suggestible, pour le meilleur et pour le pire. Alors mieux vaut le savoir et s’en servir de façon constructive.

L’effet nocebo peut être terriblement puissant. Dans les cas extrêmes, un individu peut mourir parce qu’il croit être malade. Il y a des cas bien documentés de personnes ayant reçu un diagnostic de cancer par erreur, alors qu’elles étaient bien portantes. Ces personnes décédaient à l’échéance annoncée par le médecin.  À l’autopsie, il n’y avait aucune cellule cancéreuse, ce qui confirmait l’erreur de diagnostic.

Comment les émotions peuvent-elles nous tuer ou nous sauver ?

C’est un processus de transduction. Ce qui se passe au niveau mental, qui est immatériel, se traduit au niveau physique. Or, les émotions positives et les émotions négatives sont traduites très différemment dans l’organisme, en termes des messagers chimiques libérés. Par conséquent, elles n’ont pas les mêmes effets immédiats sur l’organisme, ni les mêmes conséquences à long terme.

Il y a maintenant des personnes qui veulent tout mesurer pour faire de la médecine préventive. Cela a un effet très pervers. Beaucoup de foyers cancéreux dans l’organisme se résorbent spontanément ; peu de gens sont au courant de ce fait. Le dépistage précoce crée la peur de mourir qui est toxique pour l’organisme. On sécrète plus de cortisol, d’adrénaline, etc. C’est sûr que c’est nocif.

Dans votre livre vous expliquez que la guérison dépend du traitement perçu et non pas du traitement reçu.

C’est là qu’on voit comment l’aspect mental joue un rôle énorme dans la guérison. Je vais vous donner un exemple. Une étude a été faite à Vancouver avec des patients atteints de la maladie de Parkinson traités avec un placebo. Leurs neurones à dopamine étaient détruits à 70% environ, ce qui est un stade assez sévère. Ceux qui ont cru le plus dans le placebo se sont mis à libérer de la dopamine de façon comparable à des individus normaux. Ils ont eu une rémission au niveau de la motricité et de la rigidité. Les 30% de neurones restant ont compensé pour le déficit, parce que les patients ont cru qu’ils prenaient un traitement efficace alors qu’il s’agissait d’eau saline. C’est pareil en cas de lésion ou d’accident vasculaire cérébral. Il y a beaucoup de redondance dans le système nerveux. Lorsqu’un circuit est endommagé, la fonction peut être prise en charge par un circuit alternatif. C’est ce qu’on appelle la neuroplasticité. En réadaptation, c’est une hypothèse que les gens font de plus en plus.

Si les médecins disaient cela à leurs patients, qu’est-ce que cela changerait ?

Les taux de rémission et de guérison seraient plus élevés, l’efficacité des traitements serait nettement augmentée. Les patients se porteraient mieux sur le plan émotionnel. Ce n’est pas encore installé dans les pratiques médicales, mais de plus en plus de médecins sont au courant de ces choses-là. Cependant, c’est la population qui va amener le changement. Historiquement, cela s’est toujours déroulé ainsi : à partir du moment où les gens ont compris qu’il y a autre chose de meilleur, ils exigent le changement.

Vous étudiez énormément le neurofeedback. En quoi cela consiste ?

Nous enregistrons l’activité cérébrale d’un individu tout en lui donnant un feedback auditif et visuel. L’activité cérébrale est enregistrée par électro-encéphalogramme ou par résonance magnétique fonctionnelle. La personne voit en temps réel l’activité électrique de son cortex cérébral ou les changements hémodynamiques (c’est-à-dire l’oxygénation de son sang) dans son cerveau. C’est visualisé sur un écran sous forme de courbe ou de jeu vidéo rudimentaire. Dans la plupart des cas, les gens sont capables d’exercer un contrôle volontaire sur leur activité mentale, qu’il s’agisse de l’activité électrique ou de l’oxygénation du sang. Il y a des différences individuelles, comme pour les aptitudes musicales : il y a les virtuoses et il y a les personnes “normales”. Ce qui est intéressant, c’est ce qui se passe avec les personnes qui souffrent de pathologies telles que la dépression ou les troubles anxieux : plusieurs de ces personnes arrivent à inverser leur pathologie grâce au neurofeedback. Nous avons réalisé une étude avec des personnes qui souffraient de dépression sévère, qui étaient en marge du système, qui ne travaillaient plus. Certaines étaient suicidaires. Nous avons réussi à sortir de leur état dépressif plus de 70% de ces personnes, ce qui est un taux de réussite supérieur à celui des médicaments antidépresseurs.

Ma conjointe, la Docteure Johanne Lévesque, est l’une des expertes mondiales du neurofeedback avec les enfants. Elle travaille beaucoup avec des enfants qui souffrent de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité. Son équipe obtient des résultats extraordinaires. Certains enfants ont été expulsés de l’école à cause de la sévérité de leurs symptômes, malgré la prise de psychostimulants. Ces médicaments ont des effets très néfastes au niveau du développement. Au bout de quelques mois de neurofeedback, ces enfants n’ont souvent plus besoin de médication. L’amélioration concerne la cognition, l’attention, et la mémoire de travail. Au niveau de la régulation des émotions, l’équipe utilise le biofeedback, avec des paramètres tels que la respiration, la conductance électrodermale, ou le rythme cardiaque. Là  aussi, le feedback permet de contrôler assez rapidement ces fonctions-là. C’est très important de permettre à la personne de prendre le contrôle de sa propre activité physiologique. La personne ne se sent plus victime. Elle se rend compte que ces symptômes ne sont pas des processus complètement déterminés. Au contraire, elle voit qu’elle exerce une influence sur son état.

C’est cette compréhension qui aide les gens à aller mieux et à se passer de médication ?

Oui, très souvent. Ce qui nous apparaît, c’est qu’à chaque fois que nous recevons un feedback par rapport à une tâche, nous sommes capables d’influencer le processus physiologique. Toute intention consciente est couplée à des processus physiologiques inconscients, non-perçus. Le fait d’avoir un feedback sur ce qui se passe au niveau inconscient en temps réel permet de le modifier par l’intention, parce que certains aspects de l’inconscient humain sont associés à la physiologie, au corps. Lorsque nous posons une intention, l’inconscient est capable de se réguler au niveau de la biologie. C’est ce que les études en neurofeedback suggèrent, et c’est très puissant.

Le neurofeedback redonnerait à l’individu le pouvoir sur sa physiologie, sur sa biologie, sur ses émotions ?

Oui tout à fait. C’est exactement ce que découvrent les gens qui font quelques sessions de neurofeedback. Au tout début, quand ils commencent, les résultats sont aléatoires parce qu’il faut un temps d’apprentissage. La plupart des gens parviennent à exercer un contrôle mental sur des processus physiologiques au bout de 15 à 20 minutes. Cela dure quelques secondes puis ils retombent dans leur état normal. Au fil du temps, ils apprennent à rester dans l’état mental qui leur permet de contrôler les variables physiologiques. C’est une forme de d’auto-conditionnement.

Chez les sujets entraînés, est-ce que cette maîtrise se maintient en dehors des séances de neurofeedback, dans la vie courante ?

Chez les enfants souffrant d’hyperactivité et de déficits d’attention, nous avons une douzaine d’années de recul dans nos études. C’est un phénomène de neuroplasticité où le cerveau se transforme à long terme. Aussi, l’année dernière, nous avons fait une étude avec des étudiants à l’Université de Montréal. Nous voulions évaluer l’impact d’un entraînement attentionnel sur la plasticité cérébrale. Nous avons mesuré la matière grise et la matière blanche avec des techniques de morphométrie et de tractographie en résonance magnétique. Au bout de deux mois d’entraînement, nous avons observé des augmentations significatives d’épaisseur et de volume cortical dans les régions impliquées dans l’attention. Puisqu’il s’agissait d’étudiants universitaires, leurs performances cognitives étaient déjà très élevées au départ. Néanmoins, nous avons réussi à démontrer une amélioration de leurs performances. Avec des études cliniques où les gens présentent des déficits au départ, l’effet est encore plus visible. Malheureusement, le neurofeedback reste peu connu.

Aujourd’hui, avons-nous des preuves que notre esprit ou notre état d’esprit peut influencer l’expression de nos gènes ?

Pas de manière directe. Mais de manière indirecte, oui. Les études qui ont été faites concernent l’épigénétique, c’est-à-dire la capacité à modifier le fonctionnement des gènes. Quelques études ont mesuré l’effet de la relaxation et de la méditation sur l’expression de gènes impliqués dans le stress, les émotions négatives et la sécrétion de cortisol. Un entraînement par des méthodes de relaxation ou de méditation pendant quelques mois peut activer ou désactiver les gènes qui régulent le stress. Lorsqu’on parle d’un réseau psychosomatique, il n’y a pas que le système immunitaire, le système endocrinien ou le système cardio-vasculaire qui sont influencés par la psyché. Nous savons aujourd’hui qu’il faut aussi inclure l’aspect génétique, et plus particulièrement génomique. En d’autres termes, l’esprit influence aussi l’activité des gènes.

C’est ce qui explique l’effet de la visualisation mentale sur la guérison du cancer ?

Carl et Stéphanie Simonton ont été les premiers à utiliser la visualisation mentale pour le traitement du cancer. Ils proposaient d’imaginer les cellules cancéreuses en train d’être éliminées de l’organisme. La plupart des gens réussissaient à prolonger leur durée de vie. Ils ont eu plusieurs cas de rémission. Il semble y avoir un lien entre la vie émotionnelle et le développement de certaines maladies. Beaucoup d’oncologues et d’immunologues l’observent, comme mon ami et collègue Christian Boukaram.

Nous ne devons pas présupposer des limites de l’esprit. Je soupçonne que ce soit comme pour toute autre fonction. Il y a les virtuoses qui ont une énorme capacité d’influencer leur corps par leur esprit et il y a ceux qui en sont incapables. Nous pouvons apprendre à développer ces aptitudes en utilisant des outils comme certains types de méditation, de visualisation. Il y a des gens qui sont moins doués a priori mais avec de la persévérance et de l’entraînement, ceux-ci peuvent obtenir des résultats bénéfiques.

Vous décrivez une activité mentale chez des personnes cliniquement mortes, ayant un électroencéphalogramme plat, signe que l’esprit continue de vivre en dehors du corps. Généralement, les scientifiques réfutent les phénomènes qu’ils sont incapables de mesurer avec des appareils ou qui contredisent les théories communément admises. Devrons-nous attendre de nouvelles avancées technologiques pour que les scientifiques reconnaissent l’existence de ces phénomènes ?

Je ne crois pas. Il s’agit plutôt d’un changement de vision du monde. Lorsque nous parlons de pensées, d’émotions, il s’agit de processus non physiques, non matériels, sans volume ni poids. C’est immatériel, mais cela exerce un effet sur la matière. C’est un peu comme les forces fondamentales de la physique. Nous ne pouvons voir ni mesurer la force de gravité. Mais nous mesurons ses effets sur la matière. En physique, il est commun de faire certaines inférences concernant les forces fondamentales. Je propose de faire la même chose par rapport à l’esprit. Il est tout aussi fondamental que la force de gravité dans l’univers, même s’il est immatériel. C’est la condition de l’appréhension du monde, de la perception. Sans esprit, il n’y a pas de Science, pas de Physique, pas de forces fondamentales, pas de notion de réalité. Comme toute force fondamentale, l’esprit exerce une influence dans la vie de tous les jours, plus ou moins grande selon les individus.

Le cerveau humain est une interface, comme un poste de télévision. Si vous jouez avec les composantes électroniques, vous altérez la réception du signal. Mais cela ne change en rien le programme lui-même ni la station émettrice. Une lésion dans une région du cerveau ou l’absorption de drogues altèrent les fonctions psychiques. Pour autant, conclure que ces fonctions psychiques sont produites par le cerveau est aussi ridicule que de croire qu’une émission de télévision est générée par le téléviseur.

Autrement dit, on ne peut prétendre que la conscience est produite par le cerveau comme la bile est sécrétée par le foie ?

Absolument pas. L’esprit est non localisé. De plus en plus de chercheurs osent l’affirmer. William James, le père de la psychologie américaine, le disait déjà il y a un siècle. Il proposait plusieurs hypothèses pour expliquer l’origine de l’esprit. L’hypothèse de production, c’est-à-dire que l’esprit serait produit par le cerveau, mais aussi l’hypothèse de transmission ou de permission. Il comparait le cerveau à une valve de réduction, à un filtre. Henri Bergson et Aldous Huxley disaient la même chose. Évidemment, si vous modifiez le fonctionnement du filtre, vous modifiez vos perceptions. C’est ce qui arrive sous l’effet de substances psychédéliques. C’est comme de changer de fréquence sur votre poste radio : vous captez une information différente. Cela ne signifie pas que cette information est créée par l’organe lui-même. Le cerveau focalise sur le monde externe et sur le monde interne, qu’il s’agisse d’activité physiologique ou mentale. Mais c’est une petite frange de la réalité. Notre potentiel est beaucoup plus vaste, comme certaines traditions nous le disent depuis des millénaires.

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

Je vais étudier l’effet d’états émotionnels positifs sur l’expression des gènes, ce qui n’a pas encore été fait. À l’Université d’Arizona, nous avons un projet sur l’amour-compassion, la spiritualité-compassion. Il existe dans le bouddhisme des méditations dites de “loving kindness”, que l’on pourrait traduire par méditations de bienveillance. Nous allons faire des mesures avant et après ces pratiques pour voir dans quelle mesure elles modulent les hormones du bonheur, la dopamine, la sérotonine, et les endorphines.

Par ailleurs, je souhaite regrouper tous les chercheurs visionnaires qui ont une perspective post-matérialiste. En physique quantique, cela fait un siècle qu’on a fait la transition. Mais en biologie et en neuroscience, cela reste marginal. Nous voulons montrer que la conscience est non-locale, non-physique. La prochaine révolution scientifique va se faire à ce niveau-là. Ce sera aussi important que la révolution quantique en physique, amorcée au début du XXe siècle. Et plus important que la révolution copernicienne parce qu’on redonne un pouvoir énorme aux individus. On les reconnecte. Ils prennent conscience de leur unité avec l’Univers. Il existe plein de donnés qui le démontrent. J’en parle beaucoup dans mon livre. Il s’agit de rendre l’information accessible. Évidemment, il y aura beaucoup de résistance au niveau de l’establishment, qui opère encore selon le modèle de la physique mécanique classique.

N’est-ce pas difficile à appréhender pour qui n’a jamais vécu d’expériences “extraordinaires” ?

C’est certain que tant que les personnes n’ont pas fait l’expérience d’un esprit non-local, c’est difficile à comprendre. Par exemple, le neurochirurgien Eben Alexander a radicalement changé de perspective sur la nature de la conscience et du réel, suite à une expérience de mort imminente. C’était une personne très carrée qui a changé d’état d’esprit du jour au lendemain. Le fait d’avoir vécu personnellement l’expérience lui a permis de sortir d’un système de croyances dans lequel il était enfermé. C’est vrai qu’en bout de ligne, c’est une question de vécu. Quelqu’un qui n’en a pas fait l’expérience peut avoir du mal à comprendre tout cela. Il faut dire que le système scientifique dominant est basé sur une vision matérialiste. Tout est à transformer. Cependant, il n’est pas nécessaire de vivre une expérience de mort imminente pour changer de plan de conscience. Certaines pratiques méditatives peuvent permettre d’y accéder également, en plus d’avoir un impact positif sur la santé physique et psychique.


http://cyrinne.com/docteur-mario-beauregard-le-pouvoir-guerisseur-de-la-conscience/

Entre invalidité et handicap

Par Le 22/11/2016

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Invalidité et handicap

Je fais une différence entre les deux termes.

L’invalidité relève à mes yeux de l’état d’une personne possédant l’intégralité de son potentiel physique et intellectuel mais qui ne cherche pas à l’explorer au-delà des obligations quotidiennes. L’état d’une personne qui vit en mode « pause », une personne qui instaure d’elle-même des limites étanches, comme une carapace et qui espère que rien ne viendra briser cette quiétude inerte.

Quand on dit qu’un projet est validé, cela signifie qu’il a abouti, que le travail mené a permis d’appliquer intégralement ce que ce projet contenait. Mais alors qu’en est-il de ces gens « valides » qui n’explorent pas au-delà du nécessaire vital le potentiel dont ils disposent ? Peut-on considérer que le projet est validé ? Quels sont les critères qui permettent d’établir la continuité du travail mené pour tendre vers les horizons les plus lointains ?

Se contenter du territoire connu est-il un gage de validité du projet ?

Personnellement, je pense que l’individu qui se satisfait des limites atteintes n’entre pas dans la catégorie des gens valides. Il est devenu, à un moment de son existence, une personne « invalide », c'est-à-dire à l’arrêt. Rien dans son existence ne parvient à l’extraire de ce qu’il juge être son confort, sa plénitude, comme un aboutissement alors que cette immobilité relève de la négation du potentiel disponible.

Qu’en est-il maintenant des personnes en situation de handicap ?

Elles ne possèdent pas, ou plus, ce potentiel commun à la majorité des individus et cette différence impose à leurs existences une difficulté constante. Il ne peut y avoir de contentement confortable qu’au prix d’une grande force morale.

Cette « lutte » constante pour atteindre des objectifs considérés comme évidents pour des personnes valides instaure une dépense d’énergie physique et psychologique qui au lieu d’éveiller un regard compatissant devrait nourrir une réelle admiration.

Je pense que les gens qui sont admirés pour leur physique ou leur statut de star, pour leur fortune ou leur succès sont en fait la représentation des rêves de ces individus « invalides » qui se contentent du seuil d’exploitation interne le plus accessible, celui qui ne réclame pas d’intenses efforts. L’admiration des stars est aisée. Alors, chacun divague à s’imaginer identiques à elles et se réjouissent quelques instants, comme une évasion au-delà des limites habituelles, un rêve délicieux...

Pour ma part, je considère que la personne en situation de handicap ne devrait pas être regardée avec compassion mais bien avant tout avec admiration car elle sait combien, à chaque instant, il est vital d’explorer le potentiel disponible et l’énergie qu’elle doit déployer pour y parvenir, au regard de celle bien souvent gaspillée inutilement par les personnes valides, ne peut être ignorée et rejetée dans une simple pensée empathique.

Lorsqu’ils m’arrivent de ne pas avoir l’énergie pour aller marcher en montagne ou pour m’astreindre à une réflexion, pour fendre du bois ou entretenir le jardin ou la maison, il m’arrive de penser à cette force morale de la personne handicapée, de l’acceptation inévitable de la difficulté, même si peut s’y joindre de la colère ou de la tristesse ou du désespoir.

Il faut réaliser pourtant ce qui doit être fait. Coûte que coûte.

Cette validation de l’existence, par l’énergie intérieure nécessaire,  se fait à travers le handicap et il existe dans cette vie qui se gagne à chaque instant, une forme d’exemplarité.

Je ne suis pas très enclin à l’exaltation envers le genre humain. Quelques aventuriers, montagnards, explorateurs, marins et quelques écrivains, philosophes ou artistes et quelques personnes qui ne font rien de particulier mais qui le font très bien. Mais j’éprouve un profond respect pour les personnes en situation de handicap, non pas par compassion mais parce qu’elles sont à mes yeux admirables.    

Priscilla Telmon

Par Le 15/11/2016

Son film, "Voyage au Tibet interdit" est magnifique. 

"Tout est possible, je fais, c’est tout"

PORTRAIT

Priscilla Telmon

"Tout est possible, je fais, c’est tout"

 

par Djénane Kareh Tager

Photo : Priscilla Telmon. En 2004, lors de sa traversée de l’Himalaya en solo et à pied.

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A 18 ans, elle a quitté les bancs de la fac pour l’école de la vie. Depuis, rien ne l’arrête. Journaliste, photographe, peintre, cavalière… cette aventurière sillonne la planète seule et à pied. Son secret pour tout oser et tenir quand elle est rongée par la fatigue et les ampoules ? La passion qui la pousse sur les routes et la guide dans sa quête intérieure.

Je n’ai jamais eu de problèmes d’impossibilité, parce que je pense que tout est possible. » Quand elle prononce cette phrase, Priscilla Telmon ne cherche pas à vous narguer. Elle ne se rengorge pas, n’en tire aucune fierté : à vrai dire, elle est persuadée que cette « évidence » est unanimement partagée. Au « comment faites-vous ? », elle répond systématiquement : « Je fais, c’est tout. » Comment fait-elle pour être aventurière ? Ben… elle part à l’aventure. Et pour être à la fois journaliste et photographe, peintre et cavalière, cinéaste et apprentie chamane, polyglotte et grande sportive ? Facile, dit-elle : « Je ne fais que ce qui me passionne. Et puis, nous avons tous plusieurs identités. Pourquoi vouloir nous réduire à une seule case, un seul tiroir ? »

Mais commençons par le commencement. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Priscilla Telmon a toujours eu envie de savoir « ce qui se passe de l’autre côté de la montagne, de l’océan ». Toute petite, elle se passionnait pour les atlas qui étaient ses livres de chevet. D’ailleurs, quand elle vous en parle, des étincelles plein les yeux, vous avez juste envie de vous précipiter sur une carte du monde pour rêver, à votre tour, de tout ce que vous pourrez encore voir – parce que vous en avez le temps, oui, oui, il suffit de le prendre.

Des jeannettes aux steppes d’Asie centrale

Un père éditeur, une maison pleine de livres. Une famille agnostique, mais des cours de catéchisme. La fillette qui n’aime que « les contes, les mythes et les étoiles » est inscrite chez les jeannettes, les « filles scouts ». Elle y apprend à se servir d’une boussole, à lire des cartes et à décrypter la Bible, tout ce qui la passionne, mais finit par décrocher : « C’était trop carré. » Pour rassurer ses parents, elle s’inscrit en psycho, à la fac, mais elle est prise d’un vertige : « L’école de la vie m’appelait. Je ne pouvais pas, à 18 ans, m’engouffrer dans un métier pour toujours. Choisir une voie est une question tellement philosophique ! Comment peut-on l’infliger aux gamins ? » Elle quitte la fac pour les Philippines où elle s’investit dans un dispensaire de sœur Emmanuelle, se nourrit l’esprit en s’inscrivant à l’université libre du Dr Willem et suit par correspondance ses cours d’ethnomédecine où se mêlent acupuncture, cabale et médecines « ethniques » – chinoise, africaine, tibétaine…

Comment fait-elle ? Elle n’en fait qu’à sa tête. En 1999, elle a 23 ans et un coup de foudre pour le grand voyageur Sylvain Tesson. Il a déjà parcouru le monde à pied et à vélo, il l’embarque à cheval pour « un grand sourire » à travers les steppes d’Asie centrale – un parcours en demi-cercle à travers le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. 3 000 kilomètres, « avec trois chevaux merveilleux », sur des pistes de traverse, dans des contrées où l’on ne croise que quelques nomades, intrigués par cette Blanche libre et indépendante qu’ils appellent « chto », « la chose », « le truc ». Elle en rit encore, de ce rire cristallin qui s’écoule en cascades et lui est si particulier. « Nous n’allions pas à la rencontre des nomades, nous étions des nomades. Nous vivions, mangions comme eux, avions les mêmes souffrances, les mêmes joies, les mêmes plaisirs. Nous empruntions leur identité, comme des buvards. Je découvrais le sentiment de pouvoir vivre plusieurs vies en une seule. » 


En 2004, au bord du lac Namtso, au Tibet, à 4 700 mètres d’altitude

« Chto », qui a été biberonnée aux livres des grands voyageurs – les Ibn Battouta, Ella Maillart, et surtout Alexandra David-Néel qu’elle appelle « Alexandra » – se met en tête de partir sur les pas de cette dernière. A pied, toute seule, à travers jungles et montagnes, du Nord-Vietnam à l’Inde, en passant par le Yunnan, le Sikkim et le Tibet. Soit six mois, dont des semaines entières sans croiser âme qui vive, avec pour seul compagnon de route ce « comité angélique » qui, assure-t-elle, veille sur elle et la soutient.
 
Un sac à l’essentiel

Sur son dos : un sac de 15 kilos, pas plus – « le poids est l’ennemi du marcheur ». Elle y met le minimum, qu’elle décline dans cet ordre : « Du papier de riz pour écrire, c’est ce qu’il y a de plus léger, un stylo et une tenue de rechange. Une caméra et cinq batteries, soit cinq heures d’autonomie, ce qui m’oblige à filmer l’essentiel : il m’arrive de ne pas croiser de point d’électricité pendant des semaines. Des pellicules pour mon appareil photo – un appareil numérique impliquerait aussi un ordinateur, des chargeurs, donc du poids inutile. Une brosse à dents, un bout de savon pour tout laver – moi et mes habits – dans les rivières. Un couteau, une minipharmacie, un duvet. Et puis une boussole et surtout des cartes, celles des armées russe et chinoise : quand je suis au milieu de nulle part, je les compare pour être au plus près de la vérité, par exemple pour trouver un puits. En voiture, 50 kilomètres, ce n’est rien. A pied, tu as intérêt à ne pas te tromper. » 

Ceci dit, l’idée de se perdre ne l’effraye pas. « Cela amène toujours à se remettre en question, à découvrir l’inattendu. Tu t’orientes vers une ville, tu atterris dans un campement, tu passes une soirée géniale avec des personnes qui deviennent ta famille. C’est un cadeau ! Je ne me fixe pas de but quotidien. J’ai un point d’arrivée, 4 000 ou 5 000 kilomètres plus loin, et j’essaye chaque jour d’accomplir une petite étape, d’avancer. Mon idée n’est pas de me dépêcher, mais d’être dans la durée, dans une lenteur qui enrichit la vie. Ce voyage-là te dépouille de tes habits, de tes habitudes. Tu t’explores toi-même, tu plonges très fort et tu aiguises tes sens. L’aventure devient une excuse pour entreprendre une quête personnelle et intérieure. Au fond, c’est ce qui m’intéresse : il y a tellement à apprendre sur soi… » 

Nourrie d’énergie céleste

A Paris, Priscilla Telmon a les cheveux qui brillent, une peau de bébé et des mains bien soignées. Sur les routes, c’est une autre affaire. « La vie y est extrême et il faut mettre en pratique l’enseignement des stoïciens », dit-elle, pudique. Elle ne s’apitoie pas sur ses pieds en sang, rongés par les ampoules : « A force, une bonne corne se forme et procure des semelles naturelles. Il suffit de ne pas y penser. » Elle ne pense pas non plus à la faim, elle en rit : « Je reviens avec une ligne mannequin. Sur place, je mange ce que je trouve, puis l’appétit diminue. On mange trop, en Occident ! » Elle se tait, reprend d’une voix plus basse : « Seule sur les chemins, ton énergie ne vient plus de la nourriture, mais de l’extérieur, de l’ailleurs. C’est une énergie cosmique, céleste, celle que l’on retrouve dans tous les grands enseignements et qui existe vraiment. J’ai appris que la nourriture peut être autre… »

Croyante, elle l’est profondément. Chez elle, à Paris, trône un beau Bouddha, entouré d’images de maîtres tibétains et devant lequel elle renouvelle chaque matin les offrandes. C’est pourtant de l’animisme et du panthéisme qu’elle se revendique. Sa pratique, ce sont ses voyages : « Quand tu marches, tu es dans le moment présent absolu. Tu martèles la terre, tu rééquilibres les trois dimensions de l’être que sont l’esprit, l’âme et le corps, et tout s’harmonise. Tu es reconnectée, tu es dans le vrai. Tu perçois la fourmi qui marche sur une pierre, tu es en symbiose avec le caillou sur le chemin. Dans ces moments-là, tu n’as pas assez de tes bras, de ton cœur, pour étreindre la Terre. »

Il y a cinq ans, une rencontre lui a ouvert une nouvelle voie. C’était au hasard d’un documentaire pour Canal +. Elle a hésité, cette fois, elle qui n’a peur de rien, pas même des brigands qui un jour l’attaquèrent dans l’Himalaya, ni des CRS qui la cernent quand, avec son complice Sylvain Tesson, elle escalade Notre-Dame de Paris ou la tour Eiffel « pour attirer l’attention sur le Tibet ». « Je savais que je m’engageais pour vingt ans au moins… » Avec « son regard qui regarde ailleurs, si loin, au-delà », Justina l’a adoptée. Elle vit au Pérou, à cinq jours de pirogue de la ville la plus proche, dans un village où aucun Occidental n’était entré. Priscilla a appris le shipibo, la langue de la tribu de Justina. Depuis cinq ans, elle retourne régulièrement à ses côtés. Pour poursuivre son initiation de chamane, « désapprendre tout ce que j’ai appris et pénétrer ce monde mystérieux, irrationnel ». La vie n’est-elle pas magique ? 


Au cœur de la forêt amazonienne, au Pérou, avec Justina Serano qui l’initie au chamanisme. 

Site : www.priscillatelmon.com

Mots-Clés : Voyage

Ses dates-clés

1976 Naissance à Paris. 
1999 Renversée par une voiture, à Paris, elle est donnée pour morte, connaît une NDE (Near death experience). Six mois plus tard, elle entreprend sa première expédition, en Asie centrale, avec Sylvain Tesson. Elle la raconte dans“La Chevauchée des steppes” (Pocket, 2013). 
2005 Elle présente sur France 5, avec Yves Paccalet, la série documentaire “Le Sens de la marche”. 
2010 Elle publie “Himalayas, sur les pas d’Alexandra David-Néel” (Actes Sud) qui fait suite au DVD “Voyage au Tibet interdit” (MK2) relatant son voyage.


 

Comme mes pensées

Par Le 13/11/2016

Comme un flash en écoutant pour la millième fois ce morceau.

Cette musique, elle vit comme mes pensées. 

Une idée qui jaillit, une mélodie qui s'emballe, des instruments qui s'ajoutent comme autant d'arborescences, des pensées qui se connectent au flux majeur, des pensées qui viennent nourrir l'élan vital de la pensée première, c'est euphorique parfois, comme une joie physique, une course intérieure, un parcours d'obstacles et mes pensées les franchissent avec le plaisir de l'effort accompli, c'est comme une montée en altitude, chaque élément, chaque son, chaque couleur, un parfum, un regard, le tempo du souffle, c'est une vie qui bouillonne et la musique de mes pensées s'emballent, le tohu bohu s'accorde au leit motiv, une pensée comme un Guide sur la pente, elle est la force qui entraîne, elle est le courant qui emporte, elle appelle par sa puissance tous les cours d'eaux des montagnes, et dans son lit se déversent des milliers de mots, c'est comme une crue salvatrice, tous les instruments jouent dans un chaos magnifique une partition commune, tous entraînés dans le lit du fleuve vers le déversement dans l'océan, dans la jungle des mots, des sentes se dessinent et je les emprunte sans jamais perdre de vue la voie originelle, la quête de la première idée, la réponse à la première question, le prolongement jusqu'à l'horizon du dernier mot, lorsqu'il n'y a plus rien à dire, lorsque la pensée retourne au silence de la terre la plus profonde, dans l'humus du cerveau. Que le fleuve des mots s'abandonnent à l'immensité de l'Océan de la paix intérieure. 

 

L'espoir et le sens.

Par Le 13/11/2016

« L'espoir ce n'est pas de croire que tout ira bien, mais de croire que les choses auront un sens ... » ~ Vaclav Havel


Personnellement, je préfère ne pas attendre que les choses aient un sens mais à m'attacher principalement aux choses auxquelles je peux donner un sens.

Celles sur lesquelles je ne peux avoir aucune action n'ont donc à mes yeux aucun sens. 

Mais les pensées sont-elles une action ? Lorsque je pense à un sujet précis, s'agit-il d'une action ?

Oui, si cette réflexion a un sens.

Mais alors, s'il survient des pensées insoumises, récurrentes, incontrôlables, des obsessions ou des angoisses, des espoirs infantiles, s'agit-il d'une action puisque ça n'a aucune direction intentionnelle, ni même aucun raison d'être et par conséquent aucun sens ?

Il existerait donc des états de conscience si faibles qu'ils réduiraient l'existence à un non-sens...

Comment est-ce possible ?  

Et plus intriguant encore...Pourquoi ? 

Pourquoi est-ce qu'un être doté de vie et d'un cerveau plus performant que tout ce qui est connu peut-il se contenter d'espoir ou de croyances ?  

C'est possible quand l'humain ne donne pas de sens aux choses et "croit" que "quelqu'un" leur en donnera.

C'est la question de la responsabilité de soi. 

"Quel est le sens que je donne à ma vie ?

La formulation a son importance. C'est dans cet engagement que l'espoir ou les croyances deviennent inutiles. 

"L'avenir n'est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire."
Henri Bergson

 

Un oasis français.

Par Le 13/11/2016

Déserté, un petit village de Dordogne reprend vie en misant tout sur le bio !

 

La transition écologique : une arme redoutable contre l'exode rural. La preuve avec l'exemple spectaculaire de Saint-Pierre-de-Frugie en Dordogne.

Par Axel Leclercq -

 

En 2008, Saint-Pierre-de-Frugie était encore l’un de ces innombrables villages français victimes de la désertification, de l’exode rural et du vieillissement de sa population. On n’y croisait pas un chat. Pourtant, moins de 10 ans plus tard, les gens s’y pressent par dizaines dans l’espoir d’y trouver une maison à vendre ! Que s’est-il passé entre temps ? Il s’est passé que le nouveau maire a tout misé sur le bio et l’écologie ! Gros plan sur un retour à la vie qui ne doit rien à la magie !

Gilbert Chabaud a été élu maire de Saint-Pierre-de-Frugies en 2008. Seulement voilà, ce petit village de Dordogne n’avait plus rien à voir avec celui de son enfance. Tous les jeunes étaient partis s’installer en ville pour y trouver du travail et le rectorat avait fermé l’école un an plus tôt, provoquant ainsi la fermeture du dernier commerce du village : le bistro qui préparait les repas de la cantine scolaire…

Source : Wikipedia
Source : Wikipedia

En résumé, à Saint-Pierre-de-Frugies, à de rares exceptions près, on n’y trouvait plus que des anciens. En conséquence, le village était appelé à mourir à plus à moins long terme.

Mais Gilbert Chabaud ne pouvait pas se résigner à un tel sort. Élu à la tête de sa commune, cet ancien concessionnaire automobile s’est donc creusé la tête et a décidé de tenter le tout pour le tout en misant sur le bio et l’écologie !

Dans un premier temps, son conseil municipal a voté la fin de l’usage des pesticides et des traitements phytosanitaires. Résultat : on a rapidement vu revenir les papillons et autres insectes pollinisateurs oeuvrer sur le moindre bosquet.

Source : Saint-Pierre de Frugie
Source : Saint-Pierre de Frugie

Ensuite, la municipalité a décidé la création d’un « jardin partagé ». Une sorte de potager collectif ouvert à tous où chaque habitant est invité à s’initier à la permaculture et à se fournir en fruits et légumes. Résultat : une animation solidaire, écologique et inattendue qui a fini par se faire connaître au delà des frontières de la commune.

Dans un troisième temps, Gilbert Chabaud a voulu profiter du potentiel touristique de sa commune. À ce sujet, voici ce qu’il a confié à l’AFP :

« En améliorant l’environnement, en rachetant les zones humides tout autour de la commune, on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire pour l’écotourisme »

Aussitôt dit, aussitôt fait : neuf sentiers de randonnée ont été aménagés dans les environs et tout le petit patrimoine du village a été restauré grâce à des matériaux écologiques !

Résultat ? Eh bien les touristes sont venus ! Il a donc été possible de réaliser la quatrième étape du projet : la construction d’un gîte rural et écologique destiné à accueillir les visiteurs !

Source : Saint-Pierre de Frugie
Source : Saint-Pierre de Frugie

Mais ça ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin. Les touristes, aussi écolos soient-ils, ont besoin de se rafraîchir et de se nourrir. En 2013, le village a donc rouvert les portes de son bistro dont la gestion a été confiée à un gérant venu de l’extérieur.

Dans la foulée, le village a même eu droit à l’ouverture d’une épicerie bio alimentée par les agriculteurs de la région !

Retour de l’animation, retour des commerces, arrivée de nouveaux habitants… Il ne restait plus qu’à rouvrir l’école. Et, vu que l’éducation nationale y restait opposée, le maire a soutenu une institutrice qui souhaitait ouvrir une école Montessori. Bonne pioche : non seulement ça  a marché mais, en plus, en une année scolaire seulement, les effectifs ont déjà doublé (l’établissement accueillant désormais 20 élèves) !

Source : Saint-Pierre de Frugie
Source : Saint-Pierre de Frugie

Que de chemin parcouru en à peine 8 ans ! Et ça n’est pas terminé !

Véronique Friconnet, elle aussi secrétaire de mairie, s’est également confiée à l’AFP :

« C’est un cercle vertueux. Désormais il ne se passe pas un jour sans que des gens appellent pour nous demander s’il y a des maisons à vendre à Saint-Pierre ».

Le succès de cette transition écologique est tel que le maire entend désormais ouvrir un musée d’un genre original : un musée à l’envers qui envisagera l’avenir plutôt que de raconter le passé !

L’avenir, justement, Gilbert Chabaud l’envisage déjà. Son nouvel objectif ? Un village autonome en énergie !

Cette belle histoire souligne une chose : la transition écologique ne doit pas être vue comme une contrainte à trainer comme un boulet mais bien comme une formidable opportunité d’avenir. La trajectoire étonnante de Saint-Pierre-de-Frugies en est la preuve : les gens sont prêts pour l’écologie. Mieux que ça : ils la plébiscitent !

Trump : mise au point

Par Le 12/11/2016

Rien à ajouter. Tout est dit pour moi. 

Revenu universel de base

Par Le 11/11/2016

Quelques économistes prédisent dans les décennies à venir la disparition de 30 à 40% des professions. Elles seront remplacées par des algorithmes et des "robots". 

Se posent dès lors bien évidemment notre rapport au travail comme étant une nécessité vitale et le moyen de pallier à sa disparition. 

Le revenu universel de base est une idée de plus en plus évoquée.

Son Histoire est déjà ancienne. Thomas Paine l'avait longuement détaillée dans un de ses livres.

 

http://www.revenudebase.info/2016/03/02/lire-paine-gauche/ 

Agrarian Justice (« La Justice Agraire »), écrit en 1795-1796, fut son dernier grand pamphlet et marqua l’achèvement du projet de protection sociale qu’il avait proposé à Philadelphie en 1775. Ce pamphlet réitère dans un langage simple la théorie de Paine selon laquelle les inégalités et la pauvreté ne sont pas naturelles mais issues de la société. De manière plus nette que dans Rights of Man tome II, et largement inspiré des Babouvistes, il lie les origines des inégalités à la propriété privée. La cause des inégalités dans Agrarian Justice n’est plus désormais liée au système des privilèges aristocratiques, comme dans ses précédents travaux, mais à la propriété.

L’auteur déclare : « Il y a deux types de propriété. Premièrement, la propriété naturelle, la terre, l’air, et l’eau de la Terre, que le Créateur a données à l’humanité d’une manière équitable. Deuxièmement, la propriété artificielle ou acquise, les produits du labeur pour lesquels l’égalité est impossible, puisque cela nécessiterait que tout le monde ait contribué dans les mêmes proportions, ce qui ne saurait jamais être le cas. L’égalité de la propriété naturelle est le sujet de ce petit essai. Chaque individu de ce monde est à cet égard né avec un droit légitime à réclamer ce type de propriété, ou un équivalent. »

Il poursuit en arguant, comme John Locke avant lui, qu’à l’état de nature la Terre et toutes ses ressources sont « la propriété commune de l’espèce humaine ». Mais contrairement à Locke, Paine insiste sur le fait que ce droit n’est pas perdu quand la terre est revendiquée comme propriété privée pour le but de l’agriculture — « c’est seulement le mérite de l’amélioration, et non la terre elle-même, qui est une propriété individuelle. »

Il explique que ce système de propriété privée est justifié parce que la culture de la terre augmente très fortement la productivité du sol, mais que « tous ceux qui ont été chassés de leur patrimoine naturel par l’introduction du système de la propriété foncière » ont droit à une compensation pour cette perte.

« Tout propriétaire de terre cultivée, doit à la communauté une rente agricole… du fait de la terre qu’il possède », dont les fonds doivent être orientés  vers un nouveau projet de sécurité sociale. Une fois encore, Paine insiste : « c’est un droit et non de la charité que je défends. »

L’argent recueilli par cette rente foncière serait distribué sous forme de paiement égal à « chaque personne, riche ou pauvre » dès l’âge de 21 ans, ce qui garantirait à chaque citoyen un modeste héritage, « un moyen de ne pas tomber dans la pauvreté ». Cette proposition a souvent été interprétée comme la première suggestion pour un revenu de base universel, mais cela ne semble pas être exactement ce que Paine avait à l’esprit.

Alors que le revenu de base est généralement considéré comme une mesure anti-pauvreté conçue pour aider les pauvres à assumer leurs frais de subsistance avec des paiements réguliers en espèces, la proposition de Paine prend la forme d’une unique subvention forfaitaire accordée à chaque individu quand il atteint l’âge adulte. Il poursuit en disant : « Avec cette aide, ils pourraient acheter une vache, et l’utiliser pour cultiver quelques acres de terre ; et [travailler pour eux-mêmes] au lieu de devenir des fardeaux pour la société ». Paine espère que les bénéficiaires utiliseront leur héritage social non pas pour acheter des biens de consommation, mais pour s’acheter des moyens de production, et sortir complètement de la vie précaire et misérable du salariat.

Il s’agit d’une subvention universelle en capital, non pas d’un revenu de base. Paine veut rendre tout le monde propriétaire des biens produits. La liberté républicaine, après tout, exige l’indépendance économique et la sécurité matérielle pour tout le monde."


 

"Toutes ses ressources (la terre) sont « la propriété commune de l’espèce humaine ».

Cette phrase porte à mon sens les raisons actuelles (et à venir) du désastre écologique sur la planète. Les Amérindiens ne considéraient pas que la terre leur appartenait mais que eux, appartenaient à la terre. Les êtres humains, n'étant que des "locataires".

Un propriétaire fait ce qu'il veut de sa propriété. Un locataire, moralement intègre, ne se l'accorde pas. Nous ne reviendrons sans doute jamais à une vision aussi respectueuse et durable envers la planète.

Il est par contre envisageable, à défaut de devenir humbles, de faire entendre, comme l'écrivait Paine, que le droit à la terre lorsqu'il a été retiré par la propriété territoriale encadrée par l'Etat, aboutisse à une rente compensatoire. Je sais très bien, que même en étant "propriétaire" de la maison où nous vivons, l'Etat par les impôts qu'il prélève, reste le propriétaire réel de l'endroit. Jusqu'à la saisie si ma situation financière sombrait. Il en a le droit.

Nous ne sommes "propriétaires" pour notre part que du droit, moyennant finances, à nous installer sur le territoire de la Nation, "propriété de l'Etat"... 

Bon, tout ça n'est que de la rhétorique. Il reste le problème majeur du financement de cette "rente compensatoire" et, plus difficile encore, de la prise de conscience par l'ensemble de la population que le "travail"  dans l'ancien français désignait une souffrance et que plus loin encore, son étymologie remonte aux Romains : "tripalium" qui signifie "supplice"...

Tripalium :

(Antiquité) Instrument d’immobilisation et de torture à trois pieux utilisé par les Romains pour punir les esclaves rebelles.

(Antiquité) (Maréchalerie) Instrument servant à ferrer de force les chevaux rétifs.

 

C'est assez parlant comme étymologie...

Combien de gens sont totalement "dépendants" de leur travail, existentiellement ? 

Combien de gens sont persuadés que cette rente conduirait au chaos, à la paresse, au désoeuvrement ? 

Il faudra du temps...

 

"Prince of Texas"

Par Le 11/11/2016

C'est un film dans lequel il ne se passe rien. Rien de ce qui ressemble à une action ou une intrigue ou à l'once d'un "suspens". 

Et c'est un film empli de silences, de regards, d'attitudes, de non-dits et de paroles profondes, une confrontation entre deux individus que tout oppose, celui qui est là pour "se retrouver" et celui qui est là alors qu'il voudrait être ailleurs. 

Au coeur d'une nature blessée, une forêt qui a flambé et dont la route doit être remise en état. 

La difficulté existentielle comme fil conducteur, les relations humaines, la quête de l'amour, (mais de quel amour?), la mise à nu de tous les manques et de toutes les faiblesses humaines, l'importance de la parole qui relie quand les egos se taisent et que les âmes se révèlent, la fragilité du couple quand les lignes de vie ne visent pas le même horizon, l'insignifiance de l'amour quand il n'est que l'apaisement des fièvres corporelles.

Et cette nature, neutre et pourtant présente, comme un "personnage" qui les observe, silencieusement, sans parti-pris, sans jugement et qui dispense gracieusement l'apaisement à celui qui s'ouvre à la paix.

 

 

Et puis, il y a cette musique, magique, intense, prenante, envoûtante...

Je l'écoute en boucle depuis deux jours. 

Que du bonheur...

Burn out des soignants

Par Le 10/11/2016

Le problème existe dans toutes les secteurs professionnels mais il est clair que le milieu médical et particulièrement hospitalier va très mal. 

 

Burn-out : les soignants désemparés

par Bruno Martrette

Plus des trois quarts des professionnels de santé chercheraient de l’aide s’ils se retrouvaient dans une situation de burn-out. Toutefois, près de la moitié ne saurait à qui s’adresser. 

Burn-out : les soignants désemparésCLOSON/ISOPIX/SIPA

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A force d'être au chevet des autres, les professionnels de santé s'oublient souvent. En effet, qu'ils soient médecins, infirmiers, ou encore pharmaciens, le mal-être semble généralisé, notamment la souffrance psychologique, omniprésente dans ces professions. 
D’après les résultats d'une enquête menée en 2015, près de la moitié des soignants estimait avoir été en situation de souffrance dans leur carrière (50 % étaient ou avaient été concernés par le burn-out, 14 % par des conduites addictives). 

Face à ces résultats préoccupants, l’association Soins aux Professionnels de Santé (SPS) a mandaté l’agence Stethos pour répondre à une question : quelles sont les attentes des professionnels de santé en cas de souffrance psychologique ? Et cette seconde enquête n'est guère plus rassurante. 

Les professionnels de santé, tant en libéral qu’à l’hôpital, confient à plus de 75 % qu'ils chercheraient de l’aide s’ils se retrouvaient un jour dans une situation de souffrance psychologique (syndrome d’épuisement professionnel ou burn out, comportement(s) addictif(s)…). Les femmes seraient, en outre, plus enclines à se faire aider, par rapport aux hommes (79 % contre 69 %).
 

Les structures d'aide mal identifiées 

Mais ces derniers sont démunis lorsque la maladie arrive. S’ils se trouvaient dans une situation de souffrance psychologique, près de la moitié avouent qu'ils ne sauraient pas à qui s’adresser. Il semble donc logique qu'à la question plus précise : « Connaissez-vous une association engagée contre la souffrance psychologique des professionnels de santé ? Un numéro d’écoute à appeler dans le cadre de ce type de souffrance et dédié aux professionnels de santé ? », les soignants répondent « non », à 95 % (association) et 97 % (numéro d’écoute).

Il est à noter que les médecins sont un peu plus nombreux que les autres professionnels à connaître une association engagée contre la souffrance psychologie, mais ce pourcentage reste toutefois très faible (14 %).
 

Un impact majeur sur la qualité des soins ?

Et cette souffrance psychologique a l'effet d'une onde de choc. Avec un impact potentiellement majeur sur la qualité des soins. C’est ce qu’affirment en tout cas près de la moitié des répondants (et jusqu’à 65 % des médecins). Pour eux, la qualité des soins prodigués par des professionnels de santé en souffrance psychologique pourrait être affectée au point de mettre un danger la vie du patient.

Enfin, lorsqu'on les interroge sur les raisons pour lesquelles ils ne se font pas aider, les professionnels de santé sont catégoriques. Pour 71 % d'entre eux, c’est parce qu’ils ne peuvent pas s’offrir le « luxe économique » d’être en arrêt maladie. Il faut dire que les soignants ayant répondu ne sont pas tous couverts par un contrat de prévoyance (20 % n’en n’ont pas) et ils sont nombreux à ne pas savoir s’ils sont bien assurés.
La deuxième raison qui pousse ces professionnels à ne pas demander d'aide est leur désir de discrétion (69 %). La preuve que le tabou d'être malade quand on est soignant n'est pas encore totalement levé.
 

Ecoutez...

Eric Henry, président de l'association de l'association Soins aux Professionnels de Santé (SPS) : « Le tabou ne tombe pas, car la sanction pour les professionnels de santé est très grave (...), il faut rassurer tout le monde. »

 

(1) L’enquête a été menée par internet du 19 septembre au 10 octobre 2016. Plus de 4 000 professionnels de santé y ont répondu. Parmi eux, 25 % sont kinésithérapeutes et un peu plus de 20 % sont médecins. Viennent ensuite les orthophonistes, les infirmiers, les podologues, les pharmaciens, les chirurgiens-dentistes. 

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