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Démantèlement des centrales nucléaires

Par Le 23/07/2017

Je m'intéresse depuis pas mal de temps à la filière nucléaire et à ses absences incroyables d'anticipation sur le problème du démantèlement et à force de fouiller, je suis tombé sur un document absolument ahurissant...

Je n'arrive pas à comprendre comment des gouvernements ont pu opter pour une technologie aussi complexe quand le fabricant lui-même n'a aucune idée exacte de la faisabilité technologique et de la portée du coût financier et je ne peux plus leur accorder la moindre confiance désormais...

Alors, je m'informe...

Le document est très long et il est impossible de le poster ici dans son intégralité.

En voici un extrait :

A. LE DÉMANTÈLEMENT INTERMINABLE DE BRENNILIS

1. Dix-huit ans d’exploitation, quarante-sept ans de démantèlement

Mise en exploitation en 1967, cette centrale expérimentale d’une puissance de 70 MW est la seule en France à avoir fonctionné avec un réacteur à eau lourde. Mais le test ne s’est pas avéré concluant. Pendant dix-huit ans, le réacteur a fonctionné par intermittence, avant d'être abandonné au profit d’une technologie jugée plus stable et plus rentable : le réacteur à eau pressurisée.

Après sa fermeture, en 1985, des employés sont restés sur le site, notamment pour mettre à l'arrêt le réacteur et évacuer le combustible. La deuxième phase du démantèlement a débuté en 1997. Mais, en 2007, le Conseil d’État, saisi par le réseau « Sortir du nucléaire », a annulé le décret qui autorisait la procédure de démantèlement, pointant un manque de transparence et exigeant une enquête publique.

Le Conseil d’État soulignait notamment le manque d'information permettant d'évaluer le coût du démantèlement, « ni sur les sommes déjà dépensées, ni sur le coût prévisionnel des opérations à venir ».

L’enquête publique a duré du 27 octobre au 11 décembre 2009, incluant une prolongation de 14 jours décidée au vu de la complexité des dossiers. Entre-temps, EDF avait choisi de confier le démantèlement du cœur du réacteur à l’entreprise privée ONET Technologies.

La déconstruction du réacteur n’a redémarré qu’en 2011. Aujourd’hui, EDF estime que le démantèlement complet pourrait être achevé en 2032, soit quarante-sept ans après la mise à l’arrêt de la centrale.

2. Un coût multiplié par vingt ?

En 2005, avant l’intervention du Conseil d’État, l’enquête publique et les nouveaux retards, la Cour des comptes évaluait le coût du démantèlement de la centrale de Brennilis à 482 millions d’euros (3), soit 20 fois plus que l’estimation que la commission PEON (4),qui est à l’origine du parc nucléaire français actuellement en exploitation, avait publiée en 1985.

Douze ans plus tard, une estimation du coût du démantèlement de ce réacteur reste difficile à obtenir. Interrogé sur ce point, l’électricien n’a pas apporté de réponse à la mission d’information.

 

Pour l'ensemble du document, il faut utiliser ce lien :

 

http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i4428.asp#P319_50887

 

Comme vous le voyez, c'est issu de l'assemblée nationale et pas d'un site "conspirationniste"...

Bonne lecture et bon courage...

Réfugiés climatiques

Par Le 23/07/2017

 

C'est effrayant, terrifiant, inconcevable dès qu'on y réfléchit un peu...L'impact de nos sociétés "modernes" est tel qu'il condamne des millions d'être humains, à la misère, à l'exode, à la fuite et nous, dans nos citadelles illusoires, nous nous posons la question de savoir ce que nous allons en faire, comment nous allons pouvoir gérer ces "invasions" qui ne sont fondamentalement que les effets de nos propres errances, de nos insouciances, de nos désirs de croissance infinie, de nos enfermements matérialistes, de nos mirages économiques...Il est consternant d'ailleurs d'utiliser ce terme "économique" alors que nous n'avons aucunement fait preuve d'économie, de prudence, de gestion réfléchie et nous en voyons désormais les conséquences. Nos croissances sont à bout de souffle, la misère frappe des millions de citoyens et désormais, nous allons devoir reconnaître nos responsabilités au regard de millions de réfugiés climatiques...Bienvenue dans le monde de demain matin...

 


 

Réfugiés climatiques, la crise du siècle

 

MARION D’ALLARD

MARDI, 15 NOVEMBRE, 2016

L'HUMANITÉ

Le 7 novembre 2013, des résidents vivant à proximité des pentes du volcan Mayon sont évacuées en prévision du typhon Haïyan qui menacait plusieurs provinces du centre des Philippines.

Le 7 novembre 2013, des résidents vivant à proximité des pentes du volcan Mayon sont évacuées en prévision du typhon Haïyan qui menacait plusieurs provinces du centre des Philippines.

Photo : AP

Selon les estimations de l’ONU, 250 millions de personnes, seront, d’ici 2050, forcées de s’exiler à cause des bouleversements du climat. Un enjeu humanitaire et géopolitique majeur, pourtant soigneusement mis de côté dans les négociations internationales.  

Les changements environnementaux sont devenus l’un des principaux facteurs, sinon le principal, de migrations et déplacements de populations dans le monde. Ce préambule, posé conjointement par les chercheurs et les ONG, annonce l’ampleur d’un phénomène dont l’accélération met désormais la question des réfugiés climatiques au centre des enjeux humanitaires.

 

Alors que plusieurs dizaines de chefs d’État et de gouvernement, accompagnés par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, arrivent aujourd’hui à Marrakech, où, depuis une semaine, les négociateurs internationaux tentent de faire avancer la lutte contre le réchauffement climatique, la délégation américaine menée par John Kerry est particulièrement attendue, l’élection de Donald Trump, pourfendeur de la cause climatique, préfigurant un pas en arrière mortifère. Un an après la signature de l’accord de Paris, par lequel le monde s’est engagé à maintenir le réchauffement planétaire « bien en dessous des 2 °C », la mise en œuvre des mesures annoncées est au cœur de cette COP22. Il n’est plus temps de tergiverser. 

 

1. Derrière les catastrophes, des millions de déplacés

 

L’ONU annonce 250 millions de réfugiés climatiques à l’horizon 2050. Pour la seule année 2015, et d’après les chiffres de The Internal Displacement Monitoring Centre (IDMC), 18,9 millions de personnes ont été déplacées sous le coup de phénomènes climatiques extrêmes. Bien sûr, « les mouvements de populations ayant pour origine l’environnement ont toujours existé dans l’histoire de l’humanité », explique François Gemenne, chercheur en sciences politiques et directeur exécutif du programme politique de la terre à Sciences-Po. « En revanche, poursuit-il, 85 % des événements climatiques extrêmes qui poussent les populations à l’exil sont désormais liés au réchauffement climatique. C’est une donnée nouvelle. »

 

Sur l’ensemble des populations déplacées pour des raisons environnementales, « 55 % fuiraient des inondations et 29 % des tempêtes », détaille pour sa part la Cimade (1). Selon François Gemenne, « trois grandes régions correspondant à trois types de phénomènes environnementaux sont particulièrement concernées par ces épisodes extrêmes ». Il s’agit de l’Afrique subsaharienne avec, en cause, les sécheresses et la dégradation des sols. Un impact catastrophique dans une région du monde où plus de la moitié de la population dépend de l’agriculture. L’Asie du Sud et du Sud-Est, région la plus peuplée du globe, se trouve, elle, la plus exposée aux typhons et autres tempêtes. À tel point que, dès 2007, le Groupe international d’experts sur l’évolution du climat alertait sur le fait que « les rendements des cultures en Asie centrale et du Sud pourraient chuter de 30 % d’ici le milieu du siècle ». Enfin, particulièrement exposés également, les petits États insulaires, dont la montée du niveau des mers menace jusqu’à l’existence même. Dans la liste figurent les archipels du Pacifique, les îles Marshall, la Polynésie, les Maldives, mais également les quelque 7 000 îles des Philippines et leurs 100 millions d’habitants, ou la Malaisie et ses 27 millions de Malaisiens. Toujours selon l’IDMC, l’Inde, la Chine, le Népal, les Philippines et la Birmanie figurent aussi en tête de liste des pays les plus vulnérables face au réchauffement climatique. Pour autant, ses effets frappent également les pays développés, « à l’instar de la montée du Danube, qui inquiète la plupart des États des Balkans, dont les Roms, vivant dans des conditions précaires et délaissés par les pouvoirs publics, sont les premiers à souffrir », complète la Cimade. Car, s’il est un dénominateur commun aux multiples réalités du changement climatique, c’est que les populations les plus vulnérables en sont les premières victimes. 

 

2. comment les définir, comment les dénombrer ? 

 

Temporaires ou définitifs, régionaux ou internationaux, les déplacements de populations liés aux bouleversements climatiques sont divers dans l’espace et dans le temps. Ils demeurent en conséquence très difficiles à quantifier. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), « l’impact météorologique de l’évolution du climat peut se traduire par deux facteurs migratoires distincts : les processus climatiques comme la hausse du niveau des mers, la salinisation des terres agricoles, la désertification et la rareté grandissante de l’eau, et les événements climatiques tels que les crues, les tempêtes et les inondations causées par la montée brutale du niveau des lacs glaciaires ». Cependant, et contrairement aux idées reçues, l’immense majorité – 95 % – de ces déplacements contraints se font à l’échelle nationale. Au Bangladesh, par exemple, les migrations internes sont « devenues une véritable stratégie de survie pour les populations », explique la Cimade, dans un pays « soumis à l’élévation du niveau de la mer, aux inondations, sécheresses, cyclones et érosions ». Derrière cette réalité, et c’est le cas aussi au Bangladesh, se trame également l’aggravation des situations de grande précarité. « Les gens partent pour survivre. Ils quittent un endroit vulnérable pour un autre endroit tout aussi vulnérable », indique François Gemenne. Pour eux, l’exil est sans fin. Mais pour d’autres, la situation oblige à passer les frontières, à s’établir ailleurs. 

 

Sur les bords du lac Tchad, dont l’assèchement pousse les communautés d’éleveurs à aller toujours plus loin chercher de l’eau, la situation confine à l’intenable. « En cinquante ans, le lac est passé d’une superficie de 25 000 kilomètres carrés à 2 500 à peine. Plus de 30 millions de personnes vivent sur ses rives de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche », raconte Hindou Oumarou Ibrahim, coordinatrice de l’Association des femmes peules autochtones du Tchad. Là-bas, la crise environnementale a créé « une situation explosive qui dégénère souvent en conflits régionaux, nationaux et même internationaux », poursuit-elle. Les migrations climatiques peuvent être temporaires, comme après une catastrophe naturelle. Elles peuvent aussi devenir tout ce qu’il y a de plus définitif. C’est le destin tragique auquel sont promis les habitants de certains États insulaires. Car, l’option de la disparition totale de certains territoires est désormais envisagée par les climatologues. « Le cas de certaines îles menacées d’engloutissement par la montée des eaux nous oblige, collectivement, à repenser la notion même de frontières géographiques. » Les populations insulaires devenant, de fait, apatrides, « comment considérer dès lors un État dont le territoire a disparu ? » interroge François Gemenne.

 

3. Les oubliés du droit international

 

Réfugiés, déplacés, migrants, il persiste un flou autour de la définition même de ceux que le changement climatique pousse sur les routes. En 1985, le Programme des Nations unies tente une première approche, estimant qu’est considérée comme réfugiée environnementale « toute personne forcée de quitter son habitation traditionnelle d’une façon temporaire ou permanente à cause d’une dégradation nette de son environnement qui bouleverse son cadre de vie et déséquilibre sérieusement sa qualité de vie ». Pour autant, cette définition ne fait pas consensus et les discussions internationales continuent d’achopper sur la question du statut de ces réfugiés climatiques. D’autre part, relève François Gemenne, « il reste compliqué de nommer globalement ces mouvements migratoires, tant les facteurs qui les provoquent sont multiples et souvent interdépendants ». Un agriculteur d’Afrique subsaharienne faisant face à la dégradation des sols (sécheresses, inondations, désertification…), décidant de s’installer en ville dans un premier temps et n’y trouvant pas de quoi gagner sa vie, tente de rejoindre l’Europe. Est-il considéré comme migrant climatique ou économique ? Le chercheur plaide pour une approche globale des flux migratoires sans « catégoriser » les réfugiés. Pour l’OIM, en revanche, cette catégorisation a son importance. « Savoir s’il faut qualifier les personnes déplacées par les changements du climat de “réfugiés climatiques” ou de “migrants climatiques” n’est pas seulement affaire de sémantique, explique l’organisation. Selon que l’on acceptera l’une ou l’autre définition, les implications au regard du droit international se traduiront par des obligations bien réelles pour la communauté internationale. »

 

À l’heure actuelle, la convention de Genève, signée en 1951 et relative au statut international des réfugiés, précise qu’il concerne toute personne faisant l’objet d’une « crainte bien fondée de persécution », excluant de fait les réfugiés du climat. Les choses commencent néanmoins à bouger. La Suisse et la Norvège sont à l’origine de l’initiative Nansen, adoptée en octobre 2015 par 109 États. Définissant un « agenda de protection », cette initiative vise à construire un cadre légal international sur la question des déplacés climatiques transnationaux. Elle n’est cependant toujours pas mise en œuvre. Les conférences climatiques peuvent être l’occasion de remettre l’ouvrage sur le métier. Pour autant, la création d’un statut spécifique ne saurait être considérée comme la « solution miracle », prévient François Gemenne. Et ne vaudrait d’ailleurs pas grand-chose sans la mise en œuvre de politiques nationales qui anticipent et protègent les populations concernées. Ainsi, poursuit le chercheur, « cette question des migrations climatiques ne serait plus appréhendée seulement comme une condition urgente de survie, mais pourrait être planifiée et vue comme une véritable stratégie d’adaptation pour l’avenir ». Pour s’en convaincre, « il suffit de voir ce qui se passe actuellement en Europe sur la question des réfugiés et à quel point une telle situation, lorsqu’elle n’est pas anticipée, peut confiner au chaos ». 

 

 

 

 

 

(1) Association de solidarité qui œuvre auprès des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile.

 

Catastrophes naturelles : le bilan est pire que ce que l’on pensait

« L’impact économique et  humain des catastrophes naturelles est nettement plus important qu’on ne le pensait jusqu’ici », écrit la Banque mondiale dans un rapport publié

hier. En détail, l’institution estime que 26 millions de personnes basculent chaque année dans la pauvreté suite à des   vénements climatiques  extrêmes, dont le coût

global annuel est, par ailleurs, évalué à 520 milliards de dollars. Contrairement aux travaux précédents, les auteurs de ce rapport ont pris en compte, en plus des pertes matérielles, les pertes de « bien-être » des populations, relatives à la santé, à l’alimentation ou à l’éducation.

La méthanisation

Par Le 23/07/2017

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Méthanisation : un projet pionnier

Agriculture

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Une quarantaine de personnes étaient présentes à la réunion publique du Vernet./ Photo DDM

Une quarantaine de personnes étaient présentes à la réunion publique du Vernet./ Photo DDM

«À cette échelle, c'est un projet pionnier en France», assure David Brus, chargé de mission énergie à la chambre d'agriculture de l'Ariège. D'ici 2018, la SAS Arseme espère créer un méthaniseur particulier à Montaut, à proximité du Vernet, entre Caussade Semences et la carrière Malet. Il sera unique par sa taille : 57 agriculteurs font partie du projet mais une centaine pourrait être concernée. La production de méthane correspondrait à la consommation résidentielle de 6 800 habitants. Il sera particulier aussi parce que l'objectif est de récupérer les têtes des pieds mâles de maïs semence. «Il faut savoir que les pieds mâles, aujourd'hui, on est réglementairement obligés de les détruire, ce sont des déchets. Demain, on en fera du biogaz», souligne Jean Mistou, président du groupement des producteurs de maïs semence Prosem, l'un des porteurs du projet de méthanisation.

Six emplois créés sur place

Autre avantage : «À la fin du processus, une fois l'énergie créée, il reste ce que l'on appelle un digestat, indique M.Brus. Et ce digestat sera réinjecté dans les champs sous forme d'engrais et de compost. Ça veut dire qu'avec ce qui est actuellement un déchet, on va créer de l'énergie et on va changer les pratiques des agriculteurs en substituant de l'engrais chimique par des engrais organiques.» Qui plus est, «6 emplois seront créés sur le site, assure Jean Mistou. Et on va renforcer tous les agriculteurs qui participent au projet.»

Des arguments qui ont convaincu la maire de Montaut, Monique Gagneux. Contacté, le maire du Vernet, Michel Grasa, n'a pas souhaité nous répondre avant d'avoir réuni son conseil municipal.

Il faut dire que ce projet fait face à des oppositions, qui se sont notamment déclarées lors de la récente réunion publique au Vernet.

Crainte de mauvaises odeurs

Jean-Louis Bertrant, l'ancien maire de Saverdun, s'est ému d'«un projet qui risque de causer des nuisances pour les riverains». Jean-Pierre Delorme, président du Comité écologique ariégeois, ajoute : «Ce dossier nous paraît mal ficelé sur le plan technique, d'abord parce que les riverains ont été mal informés en amont. Ensuite, nous avons soulevé des points concernant la technologie utilisée et, surtout, les gênes pour les riverains.» Tous craignent notamment la diffusion de mauvaises odeurs, à un jet de pierre de maisons d'habitation et à quelques encablures du camp du Vernet.

En plus des têtes de maïs, ce projet devra également utiliser du lisier de bovins, en plus petite quantité. «7 000 projets de ce type existent en Allemagne, ils sont même au cœur des villes, ce qui prouve que c'est adapté, assure M.Brus. Dans le projet de Montaut, tout est fait pour limiter la gêne olfactive, tant à l'entrée, pour le lisier, qu'en sortie du méthaniseur, pour le digestat.» Certes, mais le CEA l'annonce déjà : «Si nos observations ne sont pas prises en compte, on sera certainement dans l'obligation de porter un recours.»


 

La conversion à froid de déchets alimentaires en énergie renouvelable et en engrais

il y a 3 heures

Déchets, Enviro, Gaz

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Des chercheurs du Département de génie du bâtiment, civil et environnemental de l’Université Concordia et leurs collaborateurs de la société Bio-Terre Systems gardent la tête froide lorsqu’il s’agit de lutter contre le réchauffement planétaire.

Leur arme dans ce combat ? Un procédé faisant appel à des bactéries qui raffolent du froid.

 

Dans une étude parue dans la revue Process Safety and Environmental Protection, Rajinikanth Rajagopal, David Bellavance et Mohammad Saifur Rahaman montrent l’efficacité de la méthanisation, ou digestion anaérobie, pour transformer des déchets alimentaires solides en énergie renouvelable et en engrais organique, et ce, dans un environnement à -20 °C.

Les chercheurs se sont servis de bactéries psychrophiles – qui prospèrent à des températures relativement basses – pour décomposer des déchets alimentaires dans un bioréacteur spécialement conçu à cette fin. Grâce à ce procédé, ils ont obtenu un rendement spécifique en méthane comparable à celui de procédés de digestion anaérobie plus énergivores.

« Nous disposons ici d’un potentiel énorme pour réduire la quantité de combustible nécessaire au traitement des déchets solides », affirme le Pr Rahaman.

« La gestion et le traitement des déchets alimentaires posent des défis partout dans le monde, en particulier dans des pays froids comme le Canada où le thermomètre descend souvent sous les ?20 °C et la demande énergétique liée au chauffage est élevée », explique-t-il.

Il précise que dans les procédés de méthanisation les plus courants, il faut de grandes quantités d’énergie pour réchauffer les bioréacteurs et y maintenir la température nécessaire à une activité bactérienne optimale.

« Nos résultats montrent que nous pouvons exploiter des bactéries psychrophiles modifiées pour produire une quantité de méthane semblable à celle que génèrent les bactéries d’usage courant, mais en utilisant moins d’énergie », soutient le Pr Rahaman.

« Un nouvel axe de recherche prometteur »

Chaque année, les villes de la planète produisent plus de 1,3 milliard de tonnes de déchets. Selon les prévisions, ce volume devrait atteindre 2,2 milliards d’ici à 2025. La plupart du temps, les ordures finissent dans des décharges où elles se biodégradent lentement. Ce faisant, elles émettent du biogaz, un puissant gaz à effet de serre qui se compose principalement de dioxyde de carbone, de méthane et de sulfure d’hydrogène.

À lui seul, ce biogaz riche en méthane représente une grave menace climatique. De fait, comparé au dioxyde de carbone, le méthane affiche un potentiel de réchauffement planétaire 21 fois plus important.

Selon les chercheurs, les techniques de méthanisation synthétique pourraient toutefois être modulées de sorte à capter ces émanations et à les transformer en énergie renouvelable.

L’utilisation de divers dispositifs comme les dômes de stockage pour le biogaz, les biofiltres et les systèmes électrocalogènes mixtes permettrait de récupérer et de purifier le méthane avant de le convertir en énergie ou en chaleur. Il suppléerait ainsi la plupart des combustibles fossiles.

Par ailleurs, sur le plan de l’agronomie, ce procédé fournirait des matières riches en phosphore et en azote. Recyclés, ces résidus du digestat serviraient d’engrais pour les végétaux.

Le mode d’alimentation du bioréacteur est inédit. Celui-ci est constitué d’un réservoir de trop-plein à volume constant alimenté en semi-continu. L’entrée de déchets alimentaires dans l’ouverture inférieure de l’appareil s’accompagne de la sortie par la partie supérieure d’une quantité équivalente d’effluents traités.

Les chercheurs ont effectué diverses analyses sur les matières extraites. Ils cherchaient notamment à établir leurs caractéristiques physicochimiques et à évaluer la qualité et la quantité du biogaz.

« Peu de recherches sont menées en vue de concevoir des applications pour le traitement des déchets alimentaires, déclare M. Rajagopal. Nous espérons que notre étude dégagera un nouvel axe de recherche prometteur. »

Photo: Michael Stern (Flickr CC)

 

 

Méthane et climat

Par Le 23/07/2017

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MÉTHANE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE : UN DANGER NÉGLIGÉ QUI S’ACCROÎT

date   10 mai
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PARLER DU DIOXYDE DE CARBONE (CO2) ÉCLIPSE SOUVENT LE MÉTHANE (CH4). A TORT. CAR L’AUGMENTATION DE LA CONCENTRATION ATMOSPHÉRIQUE DE CE GAZ S’ACCÉLÈRE DEPUIS 2013. OR IL A UN EFFET RÉCHAUFFANT BIEN PLUS ÉLEVÉ QUE CELUI DU CO2, EN PARTICULIER SUR 10 ANS, CE QUI REND CRITIQUE LES DÉCISIONS PRISES POUR LES ANNÉES À VENIR.

Une augmentation rapide de la concentration atmosphérique de CH4 depuis 2013

« Au cours des années 2014 à 2016, la concentration de méthane (CH4) a augmenté à une vitesse inégalée depuis les années 1980, lance Marielle Saunois, enseignant-chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE). Cette tendance suit la pente du scénario le plus pessimiste (RCP 8.5 : voir tableau de l’évolution de la température moyenne à la surface du globe pour 2081-2100 suivant les différents scénarios RCP) du rapport de 2013 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, 5è rapport (AR5), Groupe de travail 1 (GT 1), « Les éléments scientifiques »). La concentration de méthane dans l’atmosphère est actuellement plus de 2,5 fois celle de 1750, avec 1843 ppb (parties par milliards) en 2016 ». 


L’augmentation de la concentration atmosphérique de CH4 en 2014 et 2016 correspond à une augmentation annuelle de 10 ppb par an en moyenne soit un peu plus d’un doublement de la tendance observée entre les années 2005 et 2011 d’après le 5è rapport du GIEC de 2013 (voir tableau ci-dessous). Or le méthane a un effet réchauffant nettement supérieur au dioxyde de carbone (CO2) sur une période de 10 ans après son émission, qui diminue par la suite (voir graphique de l’augmentation de la température suite à un an d’émissions de CO2 ou de CH4, source : figure 8.33 de la page 719 du Ch. 8 de l’AR 5, GT 1). 

Sources :
(1) 
Table 8,2 Ch. 8 GT1 page 678, 5è rapport du GIEC, 2013
(2) Agence américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA), 2017

Ces données récentes sur le CH4 proviennent des dernières données atmosphériques de l’Agence américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA) et d’articles publiés en 2016 [1] [2] sous l’égide du Global Carbon Project, un projet de recherche qui regroupe de nombreux scientifiques du monde entier pour travailler sur les inventaires du carbone et du méthane [3] [4]. Si ce bilan planétaire des sources et puits de méthane réalisé tous les 2 à 3 ans est essentiel, il reste décalé dans le temps. Les dernières estimations des émissions s’arrêtent en effet fin 2012. Pour les prochains bilans, un minimum de deux ans de décalage avec l’année en cours subsistera puisqu’ils nécessiteront toujours du temps pour récupérer, valider, et analyser les données, puis réaliser les simulations numériques les utilisant. « Nous avons pour objectif de faire cet inventaire tous les deux ans. L’inventaire du CO2 se fait annuellement. Pour le méthane, c’est plus complexe », précise Marielle Saunois. Cela est dû au fait que les puits et les sources de ce gaz sont très diversifiés (voir l’estimation des puits et sources de méthane selon le Global Carbon Project en moyenne sur la période 2003-2012) et moins bien connus que pour le CO2. 

 

A l’avenir, de nouvelles observations permettront d’améliorer aussi les estimations des sources et puits de méthane : « Jusque-là, nous avions des observations à des endroits fixes mais ne couvrant pas uniformément tout le globe », observe Sébastien Payan, enseignant-chercheur au laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (LATMOS). Les missions spatiales comme celle du satellite Merlin [5] (Mission Lidar de télédétection du méthane depuis l’espace), qui sera mis en orbite en 2021, permettront d’obtenir une concentration bien plus précise du méthane dans l’atmosphère et de voir sa distribution sur toute la Terre ».
 

Les sources des émissions de CH4

Les premières sources de méthane sont liées à des processus microbiens. La dégradation de la matière organique, dans des environnements privés d’oxygène, produit du méthane. 34% des émissions planétaires de CH4 concernent l’agriculture (élevage et culture du riz) et les déchets(voir le rapport entre les émissions annuelles par source et celles annuelles totales notées dans la figure « Cycle global du méthane »). 34% proviennent des zones inondées (marécages et lacs) et des pergélisols (voir Pergélisol, le piège climatique, 2015, CNRS) . Les deux autres types de sources de méthane sont pour 27% liés à l’exploitation et l’utilisation des combustibles fossiles et au dégazage naturel de la croûte terrestre, et pour 5% aux feux de forêts et à l’utilisation de biocarburants. 

A l’échelle régionale (voir figure régionale ci-dessous et le graphique interactif sur les sources selon les régions géographiques), le méthane est principalement émis dans les tropiques avec des contributions des régions boréales et de régions plus tempérées à forte population (ex. Chine).

Les solutions pour réduire le CH4

Pour les scientifiques qui ont étudié ces concentrations, leur augmentation met en doute la réalité, ou au moins l’efficacité, des mesures prises pour réduire les émissions de méthane, alors que les contrôler sera vraisemblablement essentiel pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, de contenir le réchauffement bien en-deçà de 2° et de viser à le limiter à 1.5° [6]. Et pourtant une amélioration rapide est possible. «  Le méthane ne reste pas longtemps dans l’atmosphère, il a une durée de demi-vie de 10 ans environ. Si des efforts étaient fait, cela se verrait donc assez rapidement comparativement aux effets des mesures pour réduire le CO2 atmosphérique  », conclut Marielle Saunois. 

En effet, la réduction des émissions de CH4 pourrait faire l’objet de programmes beaucoup plus ambitieux qu’aujourd’hui, ce qui permettrait de diminuer le risque de franchir un cap de réchauffement dangereux dans les 30 années à venir. Il existe en effet de nombreuses opportunités potentiellement ou déjà viables économiquement pour diminuer les émissions de méthane, au Nord comme au Sud. 

Pour y parvenir, tout en répondant aux autres enjeux d’alimentation, de maintien de la biodiversité et des ressources en eau, de santé publique, de bien-être animal, de santé économique du secteur agricole et de création d’emploi, 
le scénario Afterres2050 propose de diminuer la fermentation entérique animale de la manière suivante : réduire la consommation de produits carnés et le cheptel en le recentrant vers des élevages de qualité, davantage à l’herbe pour les ruminants et de plein air pour les monogastriques (poules, poulets et cochons en particulier). Ensuite, pour les déchets ménagers et agricoles fermentescibles, les solutions consistent à mieux les stocker et récupérer et valoriser énergétiquement le CH4 par la méthanisation. La détection et la réparation systématique des fuites de gaz semblent aussi une solution assez directe, au moins pour les fuites des grandes infrastructures localisées ou des anciens réseaux des centres villes. 

Il est donc urgent d’agir et de définir, pays par pays, en fonction de leurs spécificités, un programme ambitieux de réduction d’émissions de méthane à l’horizon de 10 ou 15 ans (voir « Climat : omerta sur le méthane », Benjamin Dessus et Bernard Laponche, Décryptage n°9 de La Fabrique Ecologique, Janvier 2017), en s’appuyant sur des pratiques d’atténuation à l’étude ou déjà existantes, en particulier dans les rapports du GT 3 (« L’Atténuation du Changement Climatique ») du 5è rapport du GIEC de 2013.

date   Post Scriptum

Références (revues scientifiques à comité de lecture) :
-  [1] Saunois M. et al., 2016, The growing role of methane in anthropogenic climate change. Environ. Res. Lett. 11 (2016) 120207 doi:10.1088/1748-9326/11/12/120207
-  [2] Saunois M. et al., 2016, The global methane budget 2000–2012. Earth Syst. Sci. Data, 8, 697–751, 2016 doi:10.5194/essd-8-697-2016
-  Nisbet, E. G., et al. (2016), Rising atmospheric methane : 2007–2014 growth and isotopic shift, Global Biogeochem. Cycles, 30, 1356–1370, doi:10.1002/2016GB005406.
-  Schaefer, H., et al. 2016, A 21st-century shift from fossil-fuel to biogenic methane emissions indicated by 13CH4. Science, VOL 352 ISSUE 6281 
-  McNorton, J., et al. 2016, Role of OH variability in the stalling of the global atmospheric CH4 growth rate from 1999 to 2006. Atmos. Chem. Phys., 16, 7943–7956, 2016. doi:10.5194/acp-16-7943-2016
-  Hausmann, P., et al. 2016, Contribution of oil and natural gas production to renewed increase in atmospheric methane (2007–2014) : top–down estimate from ethane and methane column observations. Atmos. Chem. Phys., 16, 3227–3244, 2016 doi:10.5194/acp-16-3227-2016
-  Dalsoren S.B., et al. 2016, Atmospheric methane evolution the last 40 years. Atmos. Chem. Phys., 16, 3099–3126, 2016, doi:10.5194/acp-16-3099-2016
-  Schwietzke S., et al. 2016, Upward revision of global fossil fuel methane emissions based on isotope database. NATURE, Vol 538 doi:10.1038/nature19797

 

Informations complémentaires :
- [3] Les 10 ans d’avancement des connaissances sur le cycle du Carbone du Global Carbon Project : 

http://www.globalcarbonproject.org/...
- [4] Global Carbon Atlas : 
http://www.globalcarbonatlas.org/en...
- [5] Mission Merlin, CNES : 
https://merlin.cnes.fr/
- [6] R.J. Salawitch et al. 2017, Paris Climate Agreement : Beacon of Hope, Springer Climate (page 14)
http://link.springer.com/book/10.10...
- Les légumes secs, Réseau Action Climat :
http://rac-f.org/Les-legumes-secs-Q...

Dérèglement climatique

Par Le 23/07/2017

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En Mongolie, par -50°C, un nouvel hiver extrême décime les cheptels

 

MONGOLIE - AFP - JEUDI 16 FÉVRIER 2017


Pékin (AFP)

Un phénomène climatique exceptionnel caractérisé par un hiver extrêmement rigoureux a décimé cette année dans les steppes mongoles plus de 40.000 animaux d'élevage et menace des dizaines de milliers de nomades, a averti la Croix-Rouge jeudi, lançant un appel international.

La Mongolie est de nouveau frappée cette année par un "dzud", phénomène climatique caractérisé par une vague de froid extrême en hiver faisant suite à un été caniculaire, a expliqué dans un communiqué la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge (IFRC).

La raréfaction des pâturages pendant l'été empêche les chèvres, moutons et vaches de se nourrir suffisamment pour supporter ensuite les rigueurs hivernales, lorsque les températures tombent sous les 50 degrés Celsius. Un givre et un enneigement excessif viennent encore compliquer l'accès des animaux aux couches de verdure.

Quelque 42.500 animaux ont déjà péri de faim et de froid, selon des chiffres des autorités mongoles actualisés début février. Or, un dzud avait déjà frappé le pays lors de l'hiver 2015-2016, tuant au moins 350.000 bêtes.

Mais "le chiffre d'animaux morts cette année devrait s'envoler de façon exponentielle dans les mois qui viennent", indique la Croix-Rouge.

En effet, "au printemps, lorsque les animaux donnent naissance, mais sont exténués par l'hiver, les risques sont très élevés qu'ils ne puissent trouver une nourriture suffisante, ni même les abris et les soins vétérinaires dont ils auraient besoin, et qui font défaut", a expliqué Nordov Bolormaa, secrétaire général de l'IFRC en Mongolie.

Un désastre de grande ampleur dans ce pays peu densément peuplé où un habitant sur trois se nourrit des bêtes qu'il élève.

La répétition pour la deuxième année consécutive de la catastrophe météorologique met "en danger" plus de 157.000 personnes, prévient l'organisation internationale, qui va apporter une aide d'urgence à 11.000 des foyers les plus durement touchés.

Lors de l'hiver 2015-2016, de nombreux éleveurs endettés avaient fini par vendre leurs animaux survivants, faisant chuter les prix sur le marché -- ce qui avait en retour amoindri les revenus des petits éleveurs, souligne Gwendolyn Pang, responsable de la Croix-Rouge à Pékin.

La perte de leur cheptel prive les familles d'éleveurs de leurs moyens de subsistance, les obligeant à émigrer vers les centres urbains, en lisière desquels elles installent leurs tentes, grossissant des bidonvilles dépourvus d'infrastructures élémentaires, indique-t-elle.

De l'avis de l'organisation, l'aide internationale reste très insuffisante face à cette tragédie mongole -- dont le caractère lent et peu spectaculaire rend plus difficile la sensibilisation de l'opinion.

En 2009-2010, lors d'un dzud dévastateur, qui avait amené l'hiver le plus froid de mémoire humaine dans le pays, au moins 8 millions d'animaux d'élevage étaient morts, selon des chiffres officiels. Carcasses gelées de chèvres, os et crânes jonchaient alors la steppe.

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Une synthèse de 80 études publiée par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) s'alarme de la fréquence des évènements climatiques / © AFP/Archives/JOEL SAGET

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Le monde sous la menace d'évènements climatiques plus fréquents

MARRAKECH - AFP - MARDI 8 NOVEMBRE 2016


Marrakech (Maroc) (AFP)

Le réchauffement favorise déjà des évènements météorologiques extrêmes, en particulier des sécheresses et des vagues de chaleur : ce constat d'un rapport de l'ONU devrait inciter les pays réunis à la COP22 à Marrakech à agir vite pour éviter un emballement du système climatique.

"Le changement climatique provoqué par les activités humaines a favorisé de nombreux événements météorologiques extrêmes enregistrés entre 2011 et 2015", affirme l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans cette synthèse de près de 80 études publiées sur le sujet.

L'augmentation de la température moyenne mondiale a "augmenté les risques d'évènements extrêmes tels que vagues de chaleur, sécheresses, records de précipitations et inondations", a souligné dans un communiqué Petteri Taalas, le secrétaire général de l'OMM.

Les travaux de l'OMM, qui dépend de l'ONU, complètent la dernière synthèse du groupe mondial d'experts sur le climat (Giec), publiée en 2013.

S'il est impossible d'attribuer un évènement particulier au seul changement climatique, les travaux des climatologues démontrent que les épisodes extrêmes seront plus nombreux à mesure que le réchauffement sera plus marqué. D'après l'OMM, ce phénomène, coûteux en vies humaines et en dégats matériels, est déjà à l'oeuvre.

En passant en revue 79 études publiées par la Société américaine de météorologie, ses experts ont constaté que près de la moitié établissent un lien entre le réchauffement et l'évènement extrême en question. La probabilité d'avoir des températures extrêmes aurait "été multipliée par dix et même plus" sur la période étudiée (2011-2015).

 

Le président de la COP22 Salaheddine Mezouar, lors de la cérémonie d'ouverture du sommet à Marrakech (Maroc) / © AFP/FADEL SENNA

Plusieurs exemples sont cités : records saisonniers et annuels de températures aux Etats-Unis en 2012 et en Australie en 2013, étés chauds en Asie de l'Est et en Europe de l'Ouest en 2013, vagues de chaleur au printemps et en automne 2014 en Australie, record annuel de chaleur en Europe en 2014, vague de chaleur en Argentine en décembre 2013.

Contrairement aux températures, le lien entre réchauffement et précipitations extrêmes n'est pas écarté mais n'est pas aussi clairement établi sur la période 2011-2015, nuancent les auteurs du rapport.

- L'Afrique très touchée -

Les pays du monde entier sont réunis depuis lundi et jusqu'au 18 novembre au Maroc pour la COP22, qui doit faciliter la mise en oeuvre de l'accord de Paris scellé l'an dernier et qui vise à limiter le réchauffement à 2°C.

 

 

Au-delà de ce seuil, les scientifiques estiment que de nombreuses zones seront inhabitables, et redoutent un emballement des dérèglements climatiques. Or l'étude de la période 2011-2015 montre une accélération du réchauffement.

Juste derrière 2014, l'année 2015 a été la plus chaude jamais enregistrée et a dépassé de plus de 1°C celle d'avant la Révolution industrielle.

 

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Les années 2011-2015 ont été la période de cinq ans la plus chaude pour tous les continents, sauf l'Afrique (2e période la plus chaude) : la température moyenne a été 0,57°C au-dessus de la moyenne de 1961-1990.

Le niveau de la mer a gagné en moyenne 3 mm par an depuis 1993 contre 1,7 mm/an entre 1900 et 2010, sous l'effet de la fonte des glaces (glaciers et Arctique) et de la dilatation provoquée par une température plus élevée.

Un autre rapport publié mardi à Marrakech a établi la liste des pays les plus touchés en 2015 par des évènements climatiques extrêmes.

 

 

L'Afrique, dont la contribution à l'explosion des émissions de gaz à effet de serre à l'origine du réchauffement est très faible, a été particulièrement touchée : le Mozambique arrive en tête, suivi de la Dominique, du Malawi, de l'Inde, du Vanuatu, de la Birmanie, des Bahamas, du Ghana, de Madagascar et du Chili.

De 1996 à 2015, près de 11.000 épisodes extrêmes ont tué plus d'un demi-million de personnes dans le monde et ont coûté plus de 3.000 milliards de dollars (2.700 mds d'euros), selon l'organisation Germanwatch qui a publié le rapport.

A la lumière de ces constats, les pays les plus vulnérables ne manqueront pas de faire entendre leur voix à Marrakech, notamment pour demander que davantage d'aide internationale soit consacrée à prévenir l'impact des catastrophes naturelles (systèmes d'alerte, digues, systèmes d'irrigation, plan d'urbanisme, système assurantiel, etc.).

© 2016 AFP


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Réforme du collège

Par Le 22/07/2017

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Réforme du collège, un gâchis de temps et d'énergie

  •  
     Lucie Martin
  •  
  • Publié le 19/07/2017. Mis à jour le 19/07/2017 à 11h08.

 

 

L'année est finie. L'heure du bilan ? Une chose est sûre, je jette les injonctions du ministère, je me concentrerai sur ce qui est important : l’intérêt de mes élèves, leur culture, leur avenir.

Finie. Cette année est finie, terminée. Je commençais à douter que cela arrive un jour.

En faire un bilan ? Si vous avez un peu suivi ce blog, vous savez qu’il ne serait que négatif. Bien malgré moi. Je savais que ce serait une année de réforme mais, comme on dit, « j’en ai connu d’autres ». Non, en fait, des réformes comme celle-ci, je n’en avais jamais connu dans ma vingtaine d’années de carrière. L’impression que j’en retiens ? Celle d’un immense gâchis. Gâchis de temps, d’énergie. Nous avons passé des semaines, des mois, à tenter d’obéir à des injonctions mal pensées, inabouties. J’espère que les hauts fonctionnaires qui sont responsables de tout cela ont un peu honte, quand même, juste un peu. Je sais, c’est bien trop demander. Je pense même qu’ils sont plutôt fiers des économies réalisées qui étaient, après tout, leur unique but.

Je suis atterrée des messages que nous envoient dans nos boîtes mails académiques les ministres, les recteurs, qui nous congratulent et sont, devant les caméras, plein d’admiration pour notre fonction. Ils pourraient avoir au moins la décence de se taire, quand leur fonction ne consiste manifestement qu’à exiger toujours plus de nous sans la moindre reconnaissance, quelle qu’elle soit.

Le pire, c’est qu’il y avait des idées intéressantes, dans cette réforme, mais qui ont été imposées de façon tellement dogmatique et inaboutie que le rejet par les enseignants fut presque total. Les projets réalisés en EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires) sont en soi intéressants, mais uniquement si les équipes enseignantes sont volontaires. Sous la contrainte, comme cela a été mis en place, cela dessert tout le monde, les élèves en premier. L’aide personnalisée… Magnifique concept ! Qui ne reste pour beaucoup qu’un concept : qu’est-ce qui peut être personnalisé face à un groupe de trente élèves ? Quant au fameux débat « notes/compétences », que le ministère prenne une décision une fois pour toutes et qu’il l’assume ! Au nom de la fameuse « liberté pédagogique », plus personne ne prend la moindre décision et tout devient un vaste foutoir.

Non, je ne suis pas « super prof ». Enseigner est mon métier, pas mon sacerdoce. Non, je ne sacrifierai pas ma vie familiale et sociale à l’Education nationale. Si, voyez-vous, quand je mesure ce que l’institution attend en réalité de nous, c’est une abnégation totale. D’ailleurs, quand j’observe autour de moi les enseignants qui parviennent à mettre en œuvre cette nouvelle pédagogie, je constate qu’ils ont souvent des profils similaires : soit des gens sans enfants totalement dévoués à leur fonction, soit des bourreaux de travail. Dans les deux cas, ils n’ont d’ailleurs quasiment aucune reconnaissance de leur hiérarchie. Alors à quoi bon ? L’intérêt des élèves ? Pardon, mais l’intérêt de mes propres enfants passe bien avant. Vous trouvez que je suis une mauvaise prof ? Je préfère cela au fait d’être une mauvaise mère.

Et si certains veulent me citer ceux qui parviennent à tout concilier, à être à la fois un excellent enseignant à la pointe, une mère admirable, une épouse comblée, une amie fidèle, etc. je vous répondrai que oui, nous en connaissons tous. Que celle à laquelle je pense parvient en plus toujours à assortir son sac à main, ses chaussures et son impeccable rouge à lèvres. Et que cette prof-là, on aimerait pouvoir la haïr, mais qu’en plus elle est éminemment sympathique et que c’est presque pire. Oui, nous en connaissons tous. Je ne suis pas comme cela, désolée, et je constate que la plus grande partie de mes collègues est, hélas pour la collectivité, aussi imparfaite que moi. Si l’Education nationale ne veut plus que des super profs, leurs problèmes de recrutements risquent encore de s’aggraver…

Alors, cette année, j’ai renoncé. Non, je ne démissionne pas. Je crois que si j’en avais les moyens financiers, je l’aurais fait. C’est assez dommage, car j’ai la chance d’avoir de bons rapports avec mes élèves, et de toujours adorer enseigner. Mais, que voulez-vous, dans l’Education nationale, ce sont les adultes que je trouve insupportables. Bref, n’étant pas une riche héritière et ne jouant pas au loto, je reste. Mais je tourne une page : l’année qui arrive ne sera pas la même que celle qui vient de s’achever, je ne le supporterais pas. Je jette par-dessus bord les injonctions du ministère, je ne lirai plus le Bulletin officiel, j’acquiescerai sans écouter lors des réunions, et je me recentrerai sur ce qui est important : mes élèves.

Adieu prédicat, thématiques, compétences, EPI, LSU et autres sigles aussi changeants que la Méditerranée. Je vous croiserai peut-être au détour d’une navigation, mais vous ne serez plus le cap à suivre. J’ai tangué cette année de Charybde en Scylla, trop écouté le chant des Sirènes faussement pédagogiques, failli sombrer dans le désespoir tel Ulysse accroché à son rocher au large de la Phéacie. Je ne dois pas oublier mon unique but, mon Ithaque : l’intérêt de mes élèves, leur culture, leur avenir.

L’année qui s’annonce sera définitivement tout autre que celle que je viens de subir.

En espérant sincèrement que cela ne reste pas un vœu pieux, au même titre que les fameux « bon, cet été, on limite les apéros ! », « on va les écrire, ces vingt cartes postales » et « je vous préviens les enfants, cette année, vous allez finir vos cahiers de vacances ! »
Très bel été à tous.

Premier texte

Par Le 20/07/2017

Etant donné que je retourne en classe à la rentrée, avec des enfants de CM2, je commence à réfléchir à ce que je vais faire. Non pas que j'ignore l'existence des "programmes" et la nécessité de les mener à terme pour la suite de leur scolarité mais bien davantage dans le registre "existentiel" ou philosophique ou spirituel. on peut bien appeler ça de diverses façons. 

Le premier texte, le premier jour, sera celui-là :

 

"Il y avait un homme très riche. Il y avait un homme très pauvre. Chacun d'eux avait un fils et chacun d'eux vivait de part et d'autre d'une grande colline. 

Un jour, l'homme très riche fit monter son fils au sommet de la colline et, embrassant tout le paysage d'un grand geste du bras, il dit :

"Regarde, bientôt, tout cela sera à toi !"

 

Au même instant, l'homme très pauvre fit monter son fils sur l'autre versant de la colline et, devant le soleil levant qui illuminait la plaine, il lui dit simplement :

"Regarde."

 

 

Rythmes scolaires, reset...

Par Le 20/07/2017

"Les gamins étaient crevés" : le retour à la semaine de quatre jours accueilli avec soulagement à Longpont-sur-Orge

Un tiers des écoles primaires et maternelles de l'Hexagone ont fait choix de revenir à la semaine de quatre jours dès la rentrée.

Un groupe scolaire de la commune de Longpont-sur-Orge (Essonne), le 19 juillet 2017. 
Un groupe scolaire de la commune de Longpont-sur-Orge (Essonne), le 19 juillet 2017.  (MARGAUX DUGUET / FRANCEINFO)

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Margaux DuguetFrance Télévisions

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Tour de France : le Français Warren Barguil remporte la 18e étape, Christopher Froome reste en jaune et Romain Bardet rate le coche

Il y a de l'orage dans l'air. En ce milieu d'après-midi, mercredi 19 juillet, le soleil tape fort sur la petite commune de Longpont-sur-Orge (Essonne) et quelques gouttes se font déjà sentir. Les 6 500 habitants que compte cette petite ville du sud de Paris se font rares. Beaucoup ont déjà pris la route des vacances, après une année scolaire bien chargée. A la rentrée, les 800 écoliers de la commune, qui se répartissent dans trois groupes scolaires, trouveront pourtant les choses un peu changées.

Longpont-sur-Orge a fait le choix de revenir à la semaine de quatre jours, quatre ans après l'instauration de la semaine de quatre jours et demi. Au niveau national, c'est un tiers des écoles maternelles et primaires de France qui ont décidé de revenir en arrière. Des dérogations sont, en effet, possibles depuis la publication d'un décret au Bulletin officiel, le 28 juin.

"Finalement, ça ne s'est pas si mal passé"

Alain Lamour affiche une allure décontractée au moment d'ouvrir sa mairie. Sandales aux pieds, l'édile, encarté au Parti de gauche, connaît bien la question des rythmes scolaires. S'il n'est maire que depuis trois mois, après des démissions en cascade au sein de l'ancienne équipe municipale, l'homme était premier adjoint lorsque la réforme a été adoptée entre 2013 et 2014. Il se souvient d'une mesure "compliquée à mettre en place", qui, sans les subventions qui sont venues après, coûtait 200 000 euros par an.

 

Alain Lamour, le maire de Longpont-sur-Orge (Essonne), le 19 juillet 2017. 
Alain Lamour, le maire de Longpont-sur-Orge (Essonne), le 19 juillet 2017.  (MARGAUX DUGUET / FRANCEINFO)

 

Dans sa commune, l'école se termine ainsi à 15h45. Après le goûter, les écoliers ont le choix entre des activités périscolaires ou l'étude. Les NAP, les "nouvelles activités périscolaires" pour les néophytes, se déroulent elles le vendredi après-midi. "Finalement, ça ne s'est pas si mal passé", reconnaît le maire lorsqu'on lui demande de faire le bilan. "Mais", ajoute-t-il immédiatement, il y avait "un point noir souligné par les parents et les enseignants" : la fatigue des enfants. 

Les gamins étaient crevés à partir du jeudi. L'apprentissage n'était pas quasi nul mais enfin...

Alain Lamour, maire de Longpont-sur-Orge

à franceinfo

Ce point est repris en boucle par tous les parents d'élèves. "Dès le jeudi, ils sont fatigués. Et le vendredi, c'est le plus dur, c'est terrible", relate Alexandrine Martin, mère de deux enfants et représentante de l'AAPEL (Association autonome des parents d'élèves de Longpont-sur-Orge). "Le jeudi est une journée extrêmement difficile. Ils ont beaucoup de mal à se lever", complète Aurélia Lambrisset, mère de trois enfants et présidente locale de la FCPE. "Ils sont très fatigués. On appelle ça 'le jeudi noir'", renchérit Linda Vallois, mère de trois enfants, également représentante de l'AAPEL.

"Ça n'allège pas les journées, ça en rajoute"

Cette fatigue est à mettre en relation avec l'activité professionnelle des parents. "Sur le principe, je n'étais pas défavorable à la réforme des 4 jours et demi mais je le suis devenue car les enfants ne peuvent pas être récupérés à 15h45", pointe Aurélia Lambrisset, ajoutant qu'à Longpont-sur-Orge, "plus de la moitié des enfants restaient après 15h45 alors que 75% des familles peuvent les faire garder le mercredi". En clair, la réforme des rythmes scolaires sensée alléger la semaine et mieux repartir les temps d'apprentissage a atteint un objectif opposé. "Ça n'allège pas les journées, ça en rajoute", assure Aurélia Lambrisset. 

Je suis satisfaite de ce retour à la semaine de 4 jours car ça fait une coupure dans la semaine.

Aurélia Lambrisset

à franceinfo

"Il y avait beaucoup d'absents le mercredi matin", note encore cette maman. "La vraie question, c'est aussi : est-ce que les enfants apprennent mieux avec ce rythme-là ? Bon, eh bien, on ne voyait pas trop la différence", relève de son côté Alexandrine Martin. 

Retour aux journées de 8h30 à 16h30

Si on comprend bien que le maire ne fait pas de cette réforme un marqueur idéologique à l'instar de certains élus des Républicains, Alain Lamour glisse tout de même sa position personnelle. "Le bon rythme, c'est le samedi matin [supprimé en 2008 sous Nicolas Sarkozy] ou alors, l'autre solution, c'est de raccourcir les vacances scolaires mais ça, c'est encore autre chose", balaye-t-il, trouvant que "quatre jours, ça fait des journées trop longues". 

Le maire a néanmoins pris les devants très tôt, dès que la possibilité d'une dérogation à la réforme des rythmes scolaires a été émise par le ministère de l'Education. Un sondage a été envoyé aux parents d'élèves qui y ont répondu massivement. En 2013, au moment de la réforme, seuls 25% des parents de la commune avaient donné leur avis. Une "écrasante majorité", selon le maire, s'est prononcée en faveur de la semaine à quatre jours. 

 

La mairie de Longpont-sur-Orge (Essonne), le 19 juillet 2017. 
La mairie de Longpont-sur-Orge (Essonne), le 19 juillet 2017.  (MARGAUX DUGUET / FRANCEINFO)

 

Comme la commune est relativement petite, les choses ont pu se mettre en place pour la rentrée de septembre. "Ça s'est fait naturellement et avec beaucoup de fluidité", tient à faire remarquer Aurélia Lambrisset. Revoilà donc les journées de 8h30-16h30. Néanmoins, signale Alain Lamour, "on garde ce qui est bien dans la réforme", à savoir le choix entre les activités périscolaires et l'étude ainsi que les NAP le vendredi après-midi. Autre "gros" avantage pour la mairie : de substantielles économies, estimées par le maire entre "70 000 à 100 000 euros" par an. "Deux ou trois postes d'animateurs"vont, par exemple, être supprimés.

"Il y a des parents qui s'étaient déjà organisés pour la rentrée"

Si tout semble aller dans le meilleur des mondes à Longpont-sur-Orge, quelques voix discordantes s'élèvent tout de même. Certains représentants de parents d'élève ne semblent pas très satisfaits des activités extra-scolaires proposées. "Il n'y a eu pas grand chose de fait pour les NAP. C'était plus de la garderie améliorée", juge sévèrement Linda Vallois. Cette dernière regrette aussi la précipitation dans laquelle les choses se sont faites. "On nous a prévenus à la fin juin qu'on repassait à 4 jours. Il y a des parents qui avaient déjà fixé les choses pour la rentrée que ce soit en terme professionnel ou de garde d'enfants", souligne-t-elle. 

On n'est pas à l'abri que ça rechange, en plus.

Linda Vallois

à franceinfo

Sa collègue Alexandrine Martin, qui loue "l'écoute de la mairie sur ce sujet", se tourne plutôt du côté de l'Education nationale. "Pour moi, la solution miracle, c'est une vraie réforme de l'école, sur les apprentissages, les programmes... La question des rythmes n'est pas le seul problème de l'école."

"Lâchez-prise" de Nathalie Vieyra

Par Le 20/07/2017

 

 

Lachez prise

Je lis la page Facebook de Nathalie Vieyra depuis un bon moment déjà et ces articles sont passionnants, enthousiasmants, riches d'une longue expérience dans le massage tantrique et la sexualité sacrée. Cette expérience professionnelle se nourrit également de multiples lectures auxquelles j'adhère intégralement. Il ne s'agit pas d'une démarche "intellectuelle" mais avant tout émotionnelle, corporelle, spirituelle, aimante, bienveillante, une invitation à l'amour.

Alors, je ne peux que recommander cette lecture et son partage. 

 


RENCONTRE AVEC NATHALIE VIEYRA, AUTEUR DE "LÂCHEZ PRISE, PROMENADES AU PAYS DE LA CONSCIENCE"

 

​​​​​​​

Masseuse tantrique et thérapeute psycho-corporel, Nathalie Vieyra signe un ouvrage qui est est une invitation au voyage à travers le corps, dans les émotions et l’énergie. Un livre étonnant et hors du commun dans lequel elle partage son vécu sensoriel et extra sensoriel en exprimant visuellement la notion de globalité corporelle, entre les flux énergétiques et la conscience. Rencontre.

 

 

 

Quel est ton parcours ?
Durant « ma première vie » en Afrique, j’évoluais dans le domaine de l’Art et des Voyages. J’ai fait du Yoga, du stretching, de la danse, des stages d’énergie universelle, de Reiki, de respiration et de Souffle. Avec le père de mon fils nous avions une relation tantrique, Naturellement. J’ai toujours était intéressée par la magie, la connexion avec la nature, la sexualité, l’énergie. L’Afrique est puissante et, c’est en moi. Un jour, j’ai été évacuée d’Afrique dans des évènements politiques, et je suis arrivée à Paris. J’ai reçu un massage tantrique et ce fut comme si la boite de Pandore s’ouvrait, littéralement. Ce fut totalement initiatique pour moi. Je me suis engagée dans une formation personnelle en massage tantrique et Tantra. J’ai alors choisi de changer de voie. J’ai refusé un poste chez Roche Bobois et suis devenue masseuse tantrique. J’ai ensuite fait des formations en différents massages, en watsu, puis en Wutao.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
J’avais depuis longtemps l’envie de trouver un moyen visuel et artistique pour montrer ce que je vivais et ce à quoi j’assistais durant mes rv et échanges. La diversité et la richesse de l’expression de cet intime est immense ! De la régression, revécu de naissance, mémoires corporelles qui se libèrent avec une émotion inconnue, image personnelle qui change et prises de conscience, extase etc … Notre corps est tellement incroyable et recèle de tant de potentialité ! Ce livre est un partage intime, des partages. Nous avons tout en nous et ce livre sert aussi à le montrer. 

Dans la violence de cette période où je suis arrivée en France, j’ai perdu cette expression artistique avec mes crayons et la peinture. J’ai mis toute mon énergie vitale, source de ma créativité, dans le massage puis la photo. J’ai rencontré Flore-aël Surun par le massage tantrique, puis le tambour chamanique. Elle est aussi une photographe talentueuse. Un jour, je lui confiais mon envie d’expression du subtil et de l’énergie du corps et elle a tout de suite dit qu’elle avait envie de faire ce projet avec moi.

Qu'est ce que le Tantra pour toi ?
Le Tantra c’est un chemin de conscience. Le massage tantrique est un moyen efficace d’en sentir la dimension. Tout est tantrique si l’on est connecté à notre énergie sexuelle. Les pieds bien dans le sol et consciente de ma respiration, libérée des peurs, tabous et pensées limitantes, je m’affirme et m’accepte telle que je suis. Je me sens en total connexion avec mon environnement, la Nature, la Ville, les autres humains. Notre corps est un temple et le sexe une porte vers la spiritualité. Ce ne sont pas que des mots. Chaque cellule de notre corps peut vibrer de sa propre mélodie et se joindre aux autres cellules, et à l’Univers. En apprenant à écouter mon corps, je me positionne dans l’instant présent et je développe ma conscience.

Parle-nous des arts éveil qui ont permis de t'éveiller à une part de toi même ?
Chaque expérience a été une clé dans la compréhension de moi-même, et très bien « guidée », j’ai un jour poussé les portes du Centre Tao à Paris. Je venais là car je souhaitais découvrir le Souffle Alchimique. J’ai découvert le Wutao. Il m’a fallu le temps de comprendre et t’intégrer que c’est une globalité. Il y a là à la fois la notion de lâcher prise et de non faire, et aussi l’incarnation. L’Art du Wutao m’a permis de mettre du lien entre les états énergétiques fous que je vivais, mes perceptions et mon corps physique. Le Wutao c’est l’expression de l’âme du corps. La notion d’écologie corporelle est vraiment intéressante. A travers des 12 mouvements calligraphiés et l’écoute de notre onde de vie, le Wutao est une proposition de ressourcement profond, de connaissance de soi, d’expression personnelle et de communication.

Quel est le rôle du souffle ?
La respiration consciente est le lien entre nous, notre intériorité et l’univers. J’ai expérimenté différentes techniques de Souffle. 

Je vais citer un extrait que j’adore du Vijnana Bhairava La Divine Conscience du Dr Jean Marc Mantel (éditions recto verseau) : Verset 24/25 : L’écoute du souffle enseigne la présence à la sensation, et libère l’esprit de son habitude de vivre dans le passé ou le futur. (…) A travers l’écoute du souffle, c’est l’écoute elle-même qui va pouvoir être explorée. La pause qui suit l’inspiration, et surtout celle qui l’expiration, sont autant de fenêtres ouvertes sur l’état sans pensée. Ces espaces libres du souffle, de l’intention et de la mémoire, révèlent la plénitude naturelle de l’être, qui survient lors de l’abandon de la lutte et de l’effort. Sans effort, sans conflit, sans parole et sans pensée, ils sont la parfaite réflexion de ce que nous sommes. (…) La conscience gît tel un arrière-plan silencieux, dont la présence se révèle dans l’espace entre deux respirations, mais aussi comme un continuum présent pendant le déroulement du souffle.

Qu'est-ce que l'orgone ?
L’orgone est pour moi notre onde vie, notre énergie sexuelle. En 1940, Wilhem Reich l’a étudié et appelé Orgone. L'orgone est une énergie primordiale, présente en nous tous. C’est aussi une énergie de vie, qui anime le cosmos. Wilhelm Reich, explique que cette énergie, n’est pas uniquement libérée pendant l’orgasme. L’orgone représente, une force vitale qui sous-tend l’ensemble de la Création, une sorte de force cosmique, invisible et omniprésente, qui constitue le fondement même de l’existence. Sa théorie est que tous maux humains résultent de blocages dans l’écoulement de cette force.

Comment s'ouvrir à sa blessure et lâcher prise ?
Il n’y a pas de méthode unique, chacun va trouver ce qui le touche et expérimenter. Il n’y a que cela d’essentiel, faire des expériences et sentir ce que cela nous fait. Petit à petit comme l’oignon, les couches d’abord superficielles puis profondes, (voir transgénérationelles) sont mises à nu et conscientisées. Je suis partie d’une thérapie avec une psychothérapeuthe vers le massage tantrique, premières couches de l’oignon. J’ai identifié une blessure initiatique, la blessure ? Avec le Wutao, je suis descendue un peu plus profond dans mon corps, mes blessures, mon développement psycho motricien. J’ai découvert alors avec cette pratique du Wutao et du Souffle, L’Art de la trans-analyse. J’ai commencé la Trans-analyse avec une tribu d’humains généreux et dans une démarche de conscience et de liberté. Cocrée par Imanou Risselard, Pol Charroy et Giovanni Fusetti, l’Art de la Trans-analyse se résume par cette phrase « Ce que je joue de moi ne se joue plus de moi ». Ma quête de liberté a trouvé ses réponses là. J’ai conscientisé Ma blessure originelle dans ces groupes expérientiels, séances individuelles et un travail de conscience « continu » personnel. Par l’identification de mes émotions, le jeu scénique de « mes formes », j’ai compris qui j’étais et pourquoi. La Trans-analyse unit la force d’une conscience modifiée (la transe) avec le pouvoir des mots (l’analyse), mais ne se limite pas au « dit ». Elle nous propose de dynamiser nos échanges énergétiques et émotionnels par le souffle, le mouvement, la mise en jeu et mise en acte, afin de révéler et éventuellement transformer, les formes « caractérielles » qui sont les nôtres.

Aujourd'hui comment exerces-tu ?
J’ai un espace où je reçois, à Courbevoie en région parisienne, pour des massages, des accompagnements personnalisés, des formations. J’anime des groupes de femmes et des groupes mixtes, dans l’eau avec DreamWater et, des groupes de massage et de Tantra. Je suis instructrice de Wutao et propose un cours hebdomadaire à Neuilly.

Quelles sont tes sources d'inspirations ?
Je continue à faire des expériences et à pratiquer chaque jour. Un chemin de conscience ne s’arrête jamais. Mon corps reste mon terrain d’expérimentation, de créativité sans cesse renouvelée. Je reste ouverte au changement, au mouvement, à la rencontre et la découverte. J’essaie de développer ma conscience et mon ressenti, à chaque instant. Je lis aussi énormément et, applique pour « voir ». Mes sources d’inspirations ? La Vie !

Une vision de la femme ?
La femme est une Initiatrice, et ce sont des hommes qui m’ont révélé à moi-même. Le féminin c’est le cœur, l’accueil, la réceptivité. Nous avons cette capacité à sentir dans notre ventre la vie, à travers l’écoute de notre utérus, de nos cycles, de la lune, de nos maternités transformantes, de notre sensualité et de notre sexualité. Une femme qui se connait bien, cela signifie aussi en phase avec son masculin intérieur, peut initier tellement de belles actions et d’Amour. Elle fait le lien entre son cœur et son ventre et permet à la spiritualité vivante d’irradier. La femme peut montrer à l’homme ce chemin de ressourcement et de paix à travers le sexe, le corps, vers le ciel. L’homme est son socle, son maintien dans la puissance de la Terre. Nous sommes complémentaires, Ensemble c’est idéal.

Olivier Chambon a préfacé ton livre, qu'est ce qui t'inspire en lui ?
Olivier Chambon est psychiatre, c’est un homme de sciences. La psychiatrie n’a que 50 ans et les pratiques évoluent lentement, mais sûrement grâce à des personnes comme lui. Il fait preuve d’une curiosité et d’une ouverture rare (même si de plus en plus fréquentes), pour un médecin. En fait c’est plutôt « Homme médecine » dans le sens du chamanisme qui le caractérise le mieux pour moi. Il a étudié la médecine, la psychiatrie et a cherché des explications sur le subtil, les états de conscience. Je n’avais pensé qu’à lui pour ma préface, sans le connaitre personnellement à ce moment-là. J’avais vu ses conférences sur YouTube. Il a dit Oui, le jour de Noël ! Quel beau cadeau que cette préface qui crédibilise mon projet de partage et de transmission totalement « aérien ». 

 

Nathalie Vieyra est l'auteur de "Lâchez prise, promenades au pays de la conscience" Retrouvez-la aussi sur son site 

 

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Tantra : 5 questions vérité sur un massage bien être sacré

Tantra : 5 questions vérité sur un massage bien être sacré

Dans cet article

» Tantra, bien plus qu'un massage

⇒ Ni médecine ni pratique religieuse : Qu'est ce que le Tantra ?
⇒ Quels en sont les principes fondateurs ?
» Tantrisme, du massage à la sagesse
⇒ Comment avez vous découvert la sagesse tantrique ?
» Tantra, bien être en soi et en couple
⇒ En quoi le Tantra permet-il d'accéder à la paix intérieure, au bien être ?
⇒ Quel rôle le Tantra peut il jouer au sein du couple ?

 

Le Tantra est une discipline que les profanes voient centrée sur la simple recherche du plaisir. Pourtant, derrière les massages tantriques les plus suaves, se cache une véritable philosophie de la vie, du bien être et du couple. Plus qu’un simple instrument de plaisir, le Tantratend à donner du sens à une existence qui défile sans conscience. Retrouver l’existence par les sens, tel pourrait être le mot d’ordre de cette sagesse millénaire. Pour mieux comprendre la vérité qui se dévoile sous les gestes, la thérapie qui prend forme sous les massages, nous avons posé 5 questions à une spécialiste du Tantra, Nathalie Vieyra. Une Interview authentique sur la philosophie tantrique.

Tantra, bien plus qu’un massage

Ni médecine ni pratique religieuse : Qu’est ce que le Tantra ?

Tantra est un terme originaire de la région himalayo-indienne. Le Tantra traditionnel est une voie de transformation intégrale qui n’envisage pas la séparation du corps, de l’esprit et des cinq sens. Les tantra sont des textes anciens (environ 1500-1000 av. J.-C.) qui parlent de rituels et de formules (Védas).

Quels en sont les principes fondateurs ?

Le Tantra repose sur deux principes : Une « présence » et une « conscience », symbolisés respectivement par Shiva et par Shakti.

Le Tantrisme considère comme base de l’univers deux principes symbolisés par le couple masculin et féminin.

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Tantrisme, du massage à la sagesse

Comment avez vous découvert la sagesse tantrique ?

Il y 24 ans, mon beau frère Phari m’a offert « Tantra le culte de la féminité »de Van lysebeth André. J’avais 18 ans et vivais une magnifique histoire d’Amour. Ce livre culte aujourd’hui a été le début d’un cheminement personnel pour mon couple et moi même.

Des années de travail sur moi avec la découverte du Yoga, de la respiration et du Souffle, de l’énergieuniverselle pour se soigner et soigner, la méditation et pour finir un massage Tantrique (par Frédéric d’Ayuneda Relaxation tantrique) qui a révolutionné ma vie.

En effet, toute la première partie de ma vie s’est déroulée en Afrique. Mon 1er massage tantrique reçu peu de temps après mon arrivée brutale en France, une rupture profonde dans ma vie, m’a permis d’intégrer tout un travail thérapeutique déjà entrepris et stagnant.

Le Tantra et les séances de Toucher thérapeutiquem’ont aidée à retrouver la plénitude et l’envie de vivre pleinement ma vie de femme. C’est alors que j’ai souhaité apprendre ce massage pour pouvoir aider à mon tour et faire découvrir la beauté et l’efficacité de ce Toucher.

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Tantra, bien être en soi et en couple

En quoi le Tantra permet-il d’accéder à la paix intérieure, au bien être ?

Le Tantra c’est avant tout une magnifique voie de connaissance personnelle, d’expansion de la conscience. Quand j’apprends à faire les choses en conscience, à vivre vraiment le présent, le temps s’étire et cela donne du sens à la Vie.

Faire les choses en conscience, Vivre en conscience c’est le Tantra. On est alors centré sur soi et son ressenti. On fait les choses pour soi (et pas pour l’autre) ce qui permet de se sentir ancré et bien dans son corps et dans son âme.

On peut alors proposer à l’autre, aux autres, la qualité d’un partage et d’une présence qui n’est plus une projection. C’est alors une proposition de soi, un partage vrai. On offre et on n’attend rien en retour.

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Quel rôle le Tantra peut il jouer au sein du couple ?

Le couple, c’est deux individus qui partagent des moments de vie. On n’attend plus de l’autre autre chose que le partage du présent que chacun nourrira de ce qu’il a alors à offrir.

Lorsqu’on est centré, grâce au Tantra notamment, la qualité d’être est particulière. Etre centré veut dire être dans son centre, son axe, son canal. Notre énergie vitale, notre énergie sexuelle, est alors libre, fluide, et permet une rencontre affective et sexuelle intense et puissante.

Que ce soit une méditation du regard, une accolade légère ou une rencontre avec pénétration, la roue énergétique unit alors les partenaires et apporte une dimension sacrée, une connexion à l’univers.

Pour pimenter votre massage tantrique, pensez aux vertus aphrodisiaques naturelles du guarana

 

Nathalie Vieyra est une praticienne de massage énergétiques, spécialisée en massages Ayurvédiques et Tantriques. Issue d’un univers bien éloigné des sagesses orientales, elle décide de se consacrer au massage thérapeutique suite à la révélation foudroyante d’un massage tantrique. Son site internet : Nathalie-vieyra-massage.com

Grégory Colbert : "ashes and snow"

Par Le 18/07/2017

Je ne l'avais encore jamais trouvé en entier et comme c'est à mes yeux une pure merveille, je le mets ici  :

Slow sex

Par Le 16/07/2017

Slow Sex pour les hommes : Faire de l’amour une méditation

 

Le sexe n’est pas ce qu’il semble être. Nous avons tous hérité d’idées préconçues au sujet de la sexualité, qui sont souvent fausses et forment un écran, une barrière, qui nous sépare du vrai pouvoir de la sexualité. Quand nous regardons au-delà de cet écran de malentendus, nous découvrons que le sexe est totalement différent de ce que nous pensons qu’il est.

En explorant ma propre sexualité, j’ai découvert la vraie fonction du sexe, qui est d’apporter plus d’amour dans notre monde. Chaque personne peut devenir un messager d’amour en créant plus d’amour et ainsi apporter sa contribution au monde.

L’écran des conditionnements – nos expériences passées et nos idées- limite l’expression de notre sexualité en tant qu’être humain. Après tout, que veut un homme quand il fait l’amour à une femme ? Quelle est la motivation profonde pour faire l’amour ?

Ce n’est pas pour arriver à l’éjaculation ; c’est pour être aimé de la femme.

La femme est source d’amour, la mère de l’amour, et moi, en tant qu’homme, je peux avoir accès à cet amour. Pour moi, tout n’est question que d’amour. En étant dans le présent, j’ai découvert que dans la tranquillité, y compris la tranquillité intérieure dans le mouvement, je peux avoir accès ou connecter le « jardin d’amour » dans la femme. Et il n’y a rien de plus satisfaisant et touchant que de voir une femme s’ouvrir et irradier d’amour.

J’ai un espoir pour l’humanité ; c’est que l’homme trouve un chemin pour traverser l’écran du conditionnement sexuel, pour venir se détendre dans son autorité masculine naturelle. Pour qu’il puisse faire la paix avec la femme et faire l’amour à son corps, à son cœur et à son âme. p.7

Tous les enjeux majeurs qui ont toujours été considérés comme faisant partie de la sexualité sans jamais être remis en question tombent tout simplement.

Que nous en soyons conscient ou pas, une grande partie de notre personnalité, identité et perception de nous-même, trouvent leurs racines dans le sexe et dans la façon dont nous nous ressentons en tant qu’être sexuel. Le sexe joue aussi un rôle de confirmation de notre pouvoir et de notre puissance. Il est donc lié – consciemment ou inconsciemment – avec notre tentative de prouver notre vraie valeur et avec la pression de la performance qui en découle.

L’homme qui commence à expérimenter une sexualité plus tranquille, à l’opposé de ce que nous avons décrit ci-dessus, relate un soulagement extrême de ne plus subir de stress.

Tous les enjeux majeurs qui ont toujours été considérés comme faisant partie de la sexualité sans jamais être remis en question tombent tout simplement. Ils ne sont plus d’aucune utilité. Pour se détendre dans sa sexualité, l’homme doit être encouragé à abandonner l’idée qu’en tant qu’homme, il est responsable à 100% de la qualité de l’échange sexuel, qu’elle soit bonne, passable ou insatisfaisante.

Au lieu de porter l’entière responsabilité de l’acte sexuel, ce qui lui demande un effort surhumain, l’homme peut découvrir comment simplement être en amour, intensément présent ici et maintenant, et explorer une nouvelle sexualité plus détendue, libre de la performance, sans efforts ni tensions.p.17

Ne pas être apprécié en tant qu’amant peut être très difficile à digérer pour un homme.

Une femme peut critiquer un homme sur pas mal de sujets, lui reprocher d’être un mauvais cuisinier, un mauvais conducteur, d’avoir un travail médiocre ou même d’être un mauvais père. Ces critiques ne sont certes pas faciles à entendre, mais elles ne sont pas rédhibitoires. Mais lorsqu’une femme se permet de critiquer nos comportements sexuels, de remettre en question nos performances d’amant, alors ces mots nous atteignent à l’endroit le plus vulnérable et ébranlent notre ego de mâle. Ne pas être apprécié en tant qu’amant peut être très difficile à digérer pour un homme.p.16

Ces ruptures du lien d’amour semblent tellement naturelles qu’on ne les associe pas directement à la sexualité

L’homme doit être conscient que souvent la femme s’identifie à l’orgasme/éjaculation de son homme.

Dans ces quelques instants, la femme a l’impression que l’homme se donne à elle, et pour la femme c’est une sorte de confirmation. L’ironie est qu’elle déclenche chez l’homme le syndrome post-éjaculatoire, involontairement il perd de sa puissance (et elle aussi), tandis que le lien d’intimité et d’amour est rompu ou s’évapore. Parfois ces ruptures du lien semblent tellement naturelles qu’on ne les associe pas directement à la sexualité. On pense que c’est dû à notre personnalité et à notre façon de réagir. Pourtant, l’homme qui pratique la rétention d’énergie va commencer à se sentir totalement différent dans sa vie quotidienne. Les hommes racontent le plaisir qu’ils sentent naître dans leur cœur, la légèreté et la chaleur lumineuse qui irradie dans tout leur corps et leur être.

L’homme est aussi identifié à l’orgasme féminin, parce qu’il confirme qu’il est un bon amant et que cela conforte son égo de mâle (comme beaucoup de femmes simulent l’orgasme, ce n’est pas un retour tout à fait fiable). Le grand désavantage à faire jouir une femme, comme on l’a déjà dit, c’est que la plupart du temps l’homme éjacule quelques secondes trop tôt, à cause du haut niveau d’excitation et de tension, et ainsi perd sa puissance.p. 47

Le pénis est un instrument puissant capable de générer des états d’extase divine…

Le grand avantage de la présence à soi, d’être conscient pendant la pénétration, est qu’on peut sentir le pénis de l’intérieur, au niveau cellulaire. Finalement, vous avez le temps, il n’y a nulle part où aller (par exemple vers l’éjaculation), vous pouvez donc fixer votre attention à l’intérieur même du pénis.

Écouter son pénis et rester particulièrement attentif à ses mouvements augmente considérablement sa sensibilité et permet de percevoir des sensations fines, délicates, cellulaires, absolument délicieuses qui se diffusent dans tout le corps. Mais pour que cela soit possible, il faut vraiment pratiquer une approche sans hâte, sans objectif, sans but.

Des expériences réellement extatiques, touchantes, palpitantes peuvent se produire par la mise en correspondance des pôles opposés. Quand le pénis et le vagin sont mis en présence dans un contact prolongé, ils se répondent l’un l’autre avec une intelligence innée. Le pénis est un instrument puissant capable de générer des états d’extase divine lorsqu’il est placé dans un environnement réellement complémentaire.p.90

Le pénis est capable d’effectuer une danse du serpent à l’intérieur d’une femme

Lorsqu’une relation s’établit dans le temps, il se peut que l’homme ait des pannes d’érection dues à la diminution de l’excitation. La femme est connue, la situation est connue, la routine est établie, il n’y a plus vraiment de quoi être excité. Pourtant, avec une nouvelle vision de la sexualité, on s’aperçoit que l’excitation n’est pas forcément nécessaire pour l’acte sexuel.

Sans aucun doute, l’érection peut survenir sans excitation ni stimulation à partir du moment où l’homme fait confiance à son pénis. En fait, une vraie érection est une réponse électromagnétique à la force égale et opposée exercée par le vagin. D’un état parfaitement au repos, le pénis peut s’élever lentement en réponse à l’environnement du vagin. La force féminine joue un rôle égal : sa réceptivité attire le pénis et le tire lentement vers l’érection, millimètre par millimètre. Le pénis se déplie lentement comme un serpent qui se dresse dans un mouvement en spirale. L’érection sans stimulation ni excitation peut aussi survenir lorsqu’on est dans une réelle intimité avec la femme. La force féminine exerce alors une attraction sur la force masculine sans que l’homme soit effectivement à l’intérieur de la femme. Certains hommes racontent que c’est comme si le pénis était réveillé par l’ambiance amoureuse créée par la présence et la conscience.

L’érection spontanée est celle qui surgit de nulle part, provoquée uniquement par la différence de polarité entre les forces dynamique et réceptive et par la présence des deux individus à ce moment précis. L’érection qui survient spontanément n’a pas besoin d’excitation ou de fantasmes pour se maintenir : elle a juste besoin de présence et d’attention. Au moment où l’attention de la personne vacille, le pénis commence à se rétracter, à se lover comme un serpent. En retrouvant sa présence et en lâchant les pensées parasites, l’érection revient rapidement. Le pénis est capable d’effectuer une danse du serpent à l’intérieur d’une femme, ce qui est une expérience fabuleuse pour l’homme.p. 98-99

Les hommes sont à la recherche d’une certaine autorité masculine, mais que signifie réellement être un homme?

La capacité à rester présent définit réellement ce que signifie être un homme, particulièrement au vu de la confusion qui règne dans notre culture. Les hommes sont à la recherche d’une certaine autorité masculine, mais que signifie réellement être un homme ?

Ce n’est ni plus ni moins que la capacité à être présent. Si l’homme arrive à être présent dans la femme – sans la pénétrer avec un pénis assoiffé ou exigeant, mais avec un pénis qui est aimant ici et maintenant – alors le pénis peut commencer à « catalyser » ce qui s’est accumulé dans le corps féminin, et lui permettre de se détendre et de se transformer en pur amour – la qualité profonde de la femme.

Pour un homme, il n’y a rien de plus gratifiant que de voir la transformation se faire sous ses yeux.

Loin d’être un fardeau ou une charge, cela donne le sentiment d’accomplir une noble tâche.

Être à l’intérieur de la femme avec conscience est un honneur. Ça me donne (Michael) une certaine confiance en moi – une autorité masculine.

À la fin de la retraite, un grand nombre d’hommes nous confient avoir enfin trouvé une vision positive de la masculinité, et avoir senti que c’est une expérience qui leur change complètement la vie. De plus, quand vous coopérez avec votre nature sexuelle, vous gagnez en maturité et devenez plus homme. Vous êtes plus présent, détendu et connecté à votre être profond ; vous êtes un être humain plus aimant.
p.132

De Diana Richardson et Michael Richardson

Diana Richardson et Michael Richardson

Présentation des auteurs

Diana Richardson est praticienne et enseignante en thérapies corporelles holistiques, elle est engagée personnellement depuis plus de 30 ans dans l’exploration de la sexualité tantrique. Enseignant de Tai chi et praticien de shiatsu, Michael Richardson partage avec Diana cette recherche inspirée par les enseignements d’Osho sur le tantra et par l’approche de Barry Long.
Au fil du temps, Diana et Michael ont développé une approche unique de la sexualité.

Ils ont écrit plusieurs ouvrages sur la sexualité et la relation de couple qui ont été traduits dans plusieurs langues. Sont disponibles en français : « L’extase sexuelle », « Slow Sex », « Amour et émotions » et « Slow Sex pour les hommes ».
Depuis 1993, ils enseignent aux couples l’art de la sexualité en conscience lors d’un séminaire d’une semaine, The Making Love Retreat.

La retraite Making Love est aussi proposée dans plusieurs pays par des couples d’enseignants habilités à enseigner l’approche de Diana et Michael Richardson. En France, elle est animée par Anne et Jean-François Descombes sous le nom : Faire l’amour en conscience.

Slow Sex pour les hommes
Faire de l’amour une méditation
De Diana Richardson et Michael Richardson
Editeur: Almasta éditions, 2016
ISBN 978-2-940095-40-7
Pages: 208

http://etredivinaufeminin.blogspot.co.il/

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de citer la source et le site: http://www.elishean-aufeminin.com 

Copyright les Hathor © Elishean/2009-2017/ Elishean au Féminin 

Chartreuse : terrain d'aventures

Par Le 16/07/2017

Le massif de la Chartreuse est vraiment particulier. Une barrière immense de calcaire, des vires, des sangles, des plateaux, des brèches, des failles, des grottes, des lapiaz, des forêts immenses, des itinéraires complexes, physiques, incertains parfois au point de devoir sortir la corde et le matériel d'escalade pour franchir un ressaut, sans vraiment savoir si c'est le bon passage... Des chamois, des marmottes, des bouquetins, des mouflons et très, très peu de "bipèdes à godillots"...Aujourd'hui, nous sommes montés aux rochers de Bellefont par le pas de Montbrun. Personne sur les 1200 mètres de dénivelée et les 3h45 de montée. On savait qu'on pouvait passer près de deux arches et on était décidé à les trouver, une à la montée et une à la descente. Magnifiques sculptures. Il a fallu sortir la corde et le matériel d'escalade dans le final : un couloir rocheux et herbeux où il fallait chercher l'itinéraire sans trop savoir si ça sortirait en haut...C'est là que l'expérience du "terrain d'aventure" est vraiment utile... Pas d'équipement en place, ni pitons (sauf un...), pas de spits comme en école d'escalade, juste des touffes d'herbes, des arbustes, des pierres enchâssées dans de la terre, des murs friables, des cheminées ravinées, des ronces, des résineux, des buissons, des pierres instables qu'il ne faut pas faire tomber sur le second, des points d'assurance très, très espacés et pas toujours bien solides... Une incertitude qui demande du calme...La peur est un dévoreur d'énergie...

Du sommet, on est redescendu sur les vires dans les falaises pour trouver la deuxième arche. Le vent et les intempéries, le ruissellement de l'eau sur une roche peut-être plus tendre...Je ne sais pas combien de temps il faut pour une telle trouée dans la roche mais c'est là aussi qu'on réalise à quel point notre planète est ancienne. Les montagnes et leur évolution. Gigantisme de la création.


Les randonnées débutent souvent par les forêts de hêtres.

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Les pentes sont raides en Chartreuse, les dénivelées s'enfilent sur des distances assez courtes. C'est rude à la montée et ça l'est aussi à la descente...

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Un chamois sûrement surpris de voir du monde :) 

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Premier couloir à escalader. 

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Les vires forment des étages qu'il faut franchir les uns après les autres en dénichant des couloirs praticables...Accepter de buter sur une impasse fait partie du jeu alors on reprend les recherches, une faille, une cheminée, un couloir, des traces de terre sur la roche, témoignage d'anciens passages, un rond de peinture partiellement effacé sur un caillou, un cairn (accumulation de pierres)... 

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La première arche. 

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On reprend la montée de vires en vires à la recherche du couloir final. 

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C'est par là. Les quelques données écrites dont on dispose avec le site "altitude-rando" parlent d'une étroiture à escalader pour accéder à un couloir rocheux-herbeux. Ca y ressemble, au moins pour la première partie...

 

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Là, il a fallu sortir la corde. Nathalie est dans le couloir le long des rochers. Pas vraiment de points d'assurance mais les touffes d'herbe sont solides :) Il faut se méfier aussi des pierres décrochées par les chamois...Lors d'une précédente sortie, le caillou n'était pas passé loin. Alors, on écoute et on regarde. Les arbustes sont parfois utiles pour placer une sangle d'assurance, les coinceurs dans les fissures complètent le tout. 

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Le couloir final remontait à gauche de la grande dalle grise dans les pentes herbeuses et rocheuses. Au sommet, on a mangé notre pomme et on a entamé la descente à la recherche de la deuxième arche. 

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La deuxième arche.

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Une marmotte sculptée :) 

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Reconnaissance éternelle

Par Le 14/07/2017

Je suis infiniment reconnaissant à la vie d'avoir invité mes parents à me concevoir,
Je suis infiniment reconnaissant à la vie d'avoir enflammé d'amour le cœur de Nathalie et le mien,
Je suis infiniment reconnaissant à la vie d'avoir insufflé à l'âme de nos trois enfants le désir de nous faire grandir,
Je m'emplis de bonheur au spectacle des montagnes,
Et de par tout ce que je lui dois encore, je reconnais avec joie et gratitude à la vie, le droit de faire de moi ce que bon lui semble.

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"Nous ne savions pas"...

Par Le 13/07/2017

Quand on regarde à quelle date Lamarck a écrit le texte ci-dessous, il devient inconvenant de dire aujourd'hui que nous ne savions pas, scientifiquement, que notre "croissance", qu'elle soit démographique ou économique, pourrait avoir les conséquences que nous voyons aujourd'hui...
Il faut savoir également qu'en 1824, S Carnot, avait calculé, mathématiquement, par des équations imparables, que notre système énergétique, par utilisation des ressources naturelles, conduirait à une crise majeure....Ce qu'aujourd'hui, des scientifiques nomment "collapse".... 
Après, on peut toujours penser que ça ne nous concerne pas puisque, pour l'instant, la situation est encore viable...
Beaucoup choisissent cette option. 
Le simple fait de se dire qu'il est impossible de changer de régime alimentaire et que l'homme est "fait pour manger de la viande", alors que des centaines d'études et une simple observation montrent très clairement, et sans que ça puisse être contredit, que l'agriculture intensive mise au service de l'alimentation carnée, est un désastre, c'est quelque chose qui me laisse pantois.... Imaginer que le "plaisir gustatif" puisse justifier que l'homme détruise cet environnement qui lui permet de vivre, eh bien, comment dire... Je ne souhaite rien d'autre à cette humanité immature que de disparaître au plus vite. A moins qu'elle fasse le choix de "grandir" intérieurement et donc de cesser de s'étendre physiquement. 
Il reste ensuite à comprendre :
1) comment il est possible que des travaux scientifiques datant du 19 ème siècle aient pu nous échapper et 
2) pour quelles raisons, les gouvernants ont refusé d'en tenir compte. 
Réponse : 
1) parce que nous sommes, et moi aussi, fondamentalement immatures et que nous vivons dans l'espace limité de nos existences.
2 ) parce qu'il était mille fois plus intéressant pour leur pouvoir et leur enrichissement que ces gouvernants encouragent la croissance économique, quels qu'en soient les effets sur le long terme.

Solution : 
1) Comprendre que le temps de l'insouciance est révolu et que chaque être humain est responsable.
2) Comprendre que le système politique actuel dans l'ensemble du "monde développé" n'inversera jamais cette "involution" parce que cela contribuerait à sa propre disparition. 



"En détruisant partout, les grands végétaux qui protégeaient le sol, pour des objets qui satisfont son avidité du moment, l'homme amène rapidement à la stérilité ce sol qu'il habite, donne lieu au tarissement des sources, en écarte les animaux qui y trouvaient leur subsistance, et fait que de grandes parties du globe, autrefois très peuplées et très fertiles à tous égards, sont maintenant nues et stériles, inhabitées et désertes. On dirait que l'homme est destiné à s'exterminer lui-même après avoir rendu le globe inhabitable." J B Lamarck, naturaliste, 1820...........


"La main humaine, en frappant des forêts, peut amener des révolutions dans l'état atmosphérique, des débordements des fleuves, des épidémies... Ces centaines de billions d'acide carbonique et d'oxyde de carbone, pourront bien troubler un peu l'harmonie du monde."Eugène Huzar "la fin du monde par la science", 1855.........

C'est effrayant de voir que les scientifiques en sont réduits à poindre la menace sur l'homme comme s'il fallait que nous soyons les prochaines victimes pour se décider à agir réellement. La vie de ces milliards d'animaux n'a pas de valeur intrinsèque, elle n'en prend qu'au regard de ce qu'elle nous apporte et c'est monstrueux.

La surpopulation....Est-ce qu'on peut imaginer une humanité capable de limiter l'accroissement de sa population ?...La démographie est à la base de la croissance économique et le maintien de la croissance et "mieux" encore son augmentation est l'objectif incontournable et même obsessionnel des politiques et des financiers... Alors, la conclusion est toute trouvée : rien ne se fera volontairement... L'humanité continuera son oeuvre de démolition jusqu'au jour où le point de non retour sera atteint...

 

"L’auteur principal de l’étude, Gerardo Ceballos, est alarmiste : « Ces pertes massives en termes de populations et d’espèces sont un prélude à la disparition de nombreuses autres espèces et au déclin des écosystèmes qui rendent la civilisation possible. »

Les chercheurs appellent quant à eux à agir contre les causes du déclin de la vie sauvage, notamment la surpopulation et la surconsommation."

Un orang-outan dans un zoo britannique.

Un orang-outan dans un zoo britannique. — Paignton Zoo/Cover Images.

  • Des chercheurs alertent sur la disparition rapide des effectifs de très nombreuses espèces animales vertébrées.
  • Notre planète vit sa sixième extinction animale de masse.
  • Selon un chercheur interrogé par 20 Minutes, ce phénomène aura de graves conséquences pour l’espèce humaine.

Notre planète vit la sixième extinction massive d’ animaux de son histoire. Ce déclin de la biodiversité s’est accéléré selon une étude scientifique publiée lundi dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Pour comprendre cette « défaunation » et ses conséquences pour la Terre et pour l’Homme, 20 Minutes a interrogé Franck Courchamp, directeur de recherche au CNRS et à l’université Paris-Sud, spécialiste de la biodiversité.

>> A lire aussi : Une sixième extinction massive d’animaux est en cours

Notre planète vit actuellement la sixième extinction de masse d’espèces. Qu’est-ce que cela signifie et quelles ont été les précédentes extinctions massives ?

Il y a déjà eu cinq causes majeures de perte de biodiversité qui ont entraîné la disparition d’une grande part de la biodiversité dans un temps très court. Concrètement, cela se produit sur des centaines de milliers d’années, ce qui est rapide à l’échelle des 4,5 milliards d’années de la planète. Ce sont des moments au cours desquels au moins 60 à 70 % des espèces disparaissent, ce qui est vraiment énorme. Cela représente des centaines de milliers voire des millions d’espèces.

La dernière extinction de masse a concerné les dinosaures, il y a 65 millions d’années. Il y a 250 millions d’années, 95 % des espèces ont disparu, parmi lesquelles les trilobites et des insectes géants.

Cela signifie que 95 % des espèces peuvent disparaître et que la nature arrive à recréer une biodiversité. La planète va se remettre de cette sixième extinction de masse, mais cela va prendre un million d’années. La nature va s’en remettre, mais pas nous, les humains.

Dans cette étude, les chercheurs ne parlent pas de disparition d’espèces, mais ils mesurent une réduction des populations. Quelle est la différence entre espèce et population et en quoi cette approche est-elle pertinente ?

Par exemple, l’espèce humaine regroupe les sept milliards d’individus sur Terre. La notion de population renvoie à des territoires et des groupes d’individus.

Le taux d’extinction - plusieurs centaines d’espèces par an dont deux à trois espèces de vertébrés - est relativement faible par rapport à notre perception, mais à l’échelle de la population, il est très important. Avec cette étude, on constate que l’on ne regardait que la partie émergée de l’iceberg. Les espèces, avant de s’éteindre définitivement, sont en train de disparaître très fortement. Une espèce pas disparue mais qui perd beaucoup de spécimens et de territoires, c’est une espèce qui va disparaître. Et elle n’a pas besoin d’être éteinte pour n’être quasiment plus fonctionnelle.

Cette étude révèle également que près de 30 % des espèces en déclin sont des espèces communes. Nous sommes en train de détruire notre écosystème et nous ne le voyons pas.

En France, le chardonneret a enregistré une baisse de 40 % de ses effectifs depuis dix ans selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
En France, le chardonneret a enregistré une baisse de 40 % de ses effectifs depuis dix ans selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). - ARDEA/MARY EVANS/SIPA

Quelles sont les causes de cet « anéantissement » de la biodiversité et quelle est la responsabilité de l’homme ?

Il y a cinq causes principales : la destruction de l’habitat des espèces, les invasions biologiques, la surexploitation (déforestation, surchasse, surpêche), la pollution et le changement climatique. L’homme est responsable de ces cinq causes.

Cette publication ne prend en compte que les vertébrés terrestres. Les poissons, les invertébrés, les plantes sont-elles menacées dans des mesures similaires ?

Oui, il y a des groupes très affectés, par exemple les récifs coralliens, qui sont des écosystèmes très importants. Beaucoup de plantes sont en déclin, ainsi que de nombreuses espèces de poissons.

Est-ce inéluctable ?

Rien n’est inéluctable. Mais une fois qu’une espèce a perdu la moitié de ses spécimens en 40 ans, les choses vont très vite. Si nous ne réagissons pas dans les deux à trois prochaines décennies, nous allons perdre des centaines de milliers d’espèces, et avec elles nous perdrons des ressources pour notre santé, notre alimentation, notre agriculture, notre climat… Il faut mieux informer le grand public sur ces questions, des actions politiques au niveau global, et des changements de comportements au niveau individuel, comme réduire sa consommation de viande ou de produits contenant de l’huile de palme.

MOTS-CLÉS :

 

Biodiversité : extinction massive

Par Le 11/07/2017

«La biodiversité, ce n’est pas une affaire d’écolos farfelus»

Par Coralie Schaub — 

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. Christophe Beaudufe. AFP

 

Pour le biologiste Gilles Bœuf, la préservation des écosystèmes doit être le souci de tous.

 

http://www.liberation.fr/futurs/2017/07/11/la-biodiversite-ce-n-est-pas-une-affaire-d-ecolos-farfelus_1583234

  •  

     

     «La biodiversité, ce n’est pas une affaire d’écolos farfelus»

Ex-président du Muséum national d’histoire naturelle, le biologiste Gilles Bœuf enseigne à l’université Pierre-et-Marie-Curie à Paris et préside le conseil scientifique de l’Agence française pour la biodiversité (AFB).

Qu’est-ce qu’une crise d’extinction de masse ?

C’est la disparition d’au moins les trois quarts des espèces marines et continentales sur un temps court, soit entre un demi-million d’années et quelques millions. Depuis 700 millions d’années, environ soixante grandes crises se sont produites, dont cinq massives. La plus violente a été la troisième, il y a 251 millions d’années : 96 % des espèces ont disparu, c’est la fin par exemple des trilobites dans l’océan. Et la cinquième, c’est celle qui a fait disparaître les dinosaures, il y a 65,5 millions d’années.

Nous vivons donc la sixième, à un rythme ahurissant ?

Dans un article paru dans Nature en 2011, des écologues se sont demandé si nous ne vivons pas la sixième grande crise d’extinction. L’étude parue lundi dans PNAS confirme que nous sommes sur cette voie. Les activités humaines sont en train de mimer une crise massive. Ce ne sont pas encore les espèces qui disparaissent en tant que telles, mais leurs populations qui s’effondrent. Le terme «extinction» veut dire que le dernier spécimen a disparu. Or par exemple pour la faune marine, on ne connaît que vingt espèces vraiment disparues en quatre siècles, sur plus de 20 millions. L’extinction n’est donc pas le bon critère. Le bon critère, c’est de montrer que si on continue comme ça, on va tout faire disparaître : on fait disparaître les populations d’animaux, un prélude à l’extinction des espèces. Cette étude, comme celle du WWF en octobre 2016, montre que plus de 50 % des populations de vertébrés ont disparu en quarante ans. Ce qui est effroyable, c’est cela : quarante ans, ce n’est rien dans l’histoire de la Terre ! En 2011, l’article de Naturecalculait que nous ferions tout disparaître endeux cents ans.

Une chose frappe : les espèces communes s’effondrent…

Si on détruit les écosystèmes, les espèces communes s’en vont aussi, autant que les espèces rares. Ces dernières ne disparaissent pas toujours en premier. Le pigeon migrateur américain était extrêmement abondant aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, il a été sauvé in extremis, il ne reste que quelques individus. Il y a deux choses dans l’article de PNAS : le nombre d’individus s’effondre, et les zones de répartition sont de plus en plus réduites. C’est le cas du guépard, qui était africain et asiatique. Il n’y en a plus en Inde et le seul qui reste est le guépard d’Iran : avec moins de 80 individus, il est en train de disparaître. Il y a extinction de populations de guépards, pas encore de l’espèce guépard tout entière. En France, c’est dramatique pour le hérisson ou les grenouilles…

Il s’agit d’une énième alerte…

Oui. On s’apitoie quelques heures, quelques jours. Et puis on ne fait rien. On nous parle sans cesse de résilience, on nous dit qu’il faut que les écosystèmes agressés comme les humains agressés soient capables de revenir à un état d’équilibre. Mais on ne peut pas être résilient si on a disparu ! Il faut donc tout faire pour que le vivant ne disparaisse pas. Surtout, il faut qu’on s’adapte à tous ces changements. Aucune espèce vivante n’a pu s’adapter sans changer. Or, on ne change pas ! Il faut vraiment qu’on réagisse.

Que devrions-nous faire ?

D’abord, arrêter de détruire les écosystèmes. Avant de construire un bâtiment, une voie ferrée, une autoroute, il faut s’interroger sur sa nécessité. L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, par exemple, on n’en a pas besoin. Si une construction est indispensable, il faut réduire au maximum ses impacts sur l’environnement. On artificialise l’équivalent d’un département français tous les sept ans, souvent des bonnes terres agricoles, il n’est pas possible de continuer comme ça. La seconde chose, c’est arrêter de polluer, notamment avec l’agriculture intensive. On peut très bien se passer de pesticides. Des oiseaux en Arctique qui n’ont jamais vu d’humains en sont bourrés. Troisième chose : arrêter de surexploiter, de surpêcher, de surchasser. Il y avait 2 000 rhinocéros en Zambie il y a vingt ans. Aujourd’hui, zéro. Il faut aussi cesser de disséminer des espèces invasives partout, comme l’ambroisie qui vient d’Amérique du Sud et provoque des crises d’asthme. Enfin, il faut lutter contre le changement climatique, qui s’ajoute à tout cela et a des effets délétères sur les écosystèmes et le vivant. Parler de la crise climatique, c’est bien, mais il ne faut pas oublier celle de la biodiversité : c’est aussi inquiétant, sinon plus.

L’étude de lundi parle aussi de la surpopulation humaine…

Bien sûr, c’est le dada de Paul Ehrlich [l’un des auteurs, ndlr]. Il a écrit en 1968 un livre, la bombe P, qui l’avait mis au ban de toutes les religions. Cela évolue, le pape François l’a reçu. Mais le sujet reste tabou. Le seul pays ayant légiféré est la Chine.

Des espoirs ?

Il y a des zones où on a pris la situation à bras-le-corps. S’il n’y avait pas eu les ONG, les lémuriens auraient déjà disparu à Madagascar. Mais cela reste très fragile. J’espère que le grand public prendra en considération le fait que la biodiversité, ce n’est pas une affaire d’écolos farfelus qui veulent sauver un papillon à points bleus, c’est l’affaire de tous. Il faut comprendre que si cette biodiversité s’en va, l’économie mondiale ne tournera pas du tout de la même façon. On ne mange que du vivant et on ne coopère qu’avec du vivant. Si la biodiversité s’en va, on s’en va nous aussi, puisqu’on en fait partie. Il faut y aller tous ensemble, ce n’est pas qu’un truc d’écolos. Je ne crois pas trop au politique, le temps politique n’est pas du tout celui de la nature.

Surtout qu’il y a l’influence des lobbys…

Ils sont totalement irresponsables, dans le court-termisme. Ces gens freinent alors qu’ils savent qu’ils ont déjà perdu. Demain, les pesticides seront interdits, c’est évident. Il faut dès aujourd’hui chercher des alternatives. Or les lobbys sont là pour permettre à quelques-uns de continuer à se remplir les poches. Et certains croient que la technologie va nous sauver, disent «il n’y a plus d’abeilles, ce n’est pas grave on fera des drones». C’est à pleurer de bêtise ! Le drame, c’est qu’on ne pense qu’à quelques-uns, à quelques très riches. Plus on sera là-dedans, plus on créera des Boko Haram et des Daech. Car le reste du monde ne se laissera pas faire. Il faut penser un développement harmonieux de l’humanité tout entière, une conscience humanitaire planétaire, comme dit Edgar Morin. Nous n’y sommes pas du tout.

Coralie Schaub

Les jardins communaux

Par Le 10/07/2017

Je partage ici le blog d'une amie dont le projet m'enchante.

 

 

 

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Les jardins communaux

Marie-Noelle Vandooren

Posté par  le dans Ortie Rose - Le concret

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Les jardins communaux

Il y a 100 ans , mon arrière grand-père Frédéric laissait derrière lui en Belgique , les ruines calcinées de sa ferme , et venait en France  avec sa fille Marie , et ses 5 fils , Camille,Adolphe,Homer,Jules et Charles . 

Tâcherons dans un premier temps , ils ont biné les champs de betteraves ,fauché les blés fané et bottelé les foins dans  les vastes étendues de la Beauce et du Hurepoix  , c'était au temps où l'agriculture avait besoin de bras , et les flamands ne rechignaient pas à la tâche . 

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Un temps ouvriers agricole dans une grande ferme à Orsay, en Seine et Oise (75 ), ils sont arrivés à Forges dans les années 30  .

 

Forgia , en Celte signifiait probablement foyer,demeure signe que ce village existait déjà à l'époque Gallo-romaine . 

En 1677, Mathurin Le Jariel, l'une des plus grosses fortunes de France , secrétaire du Roy , conservateur de toutes les rentes et des hypothèques de ce dernier , propriétaire entre autre  des greniers à sel de Luzy et Château Chinon ,va se rendre acquéreur de la seigneurie de Forges , afin de se rapprocher de Versailles et de Louis XIV.

Aujourd'hui encore , les propriétaires du château sont des descendants Le Jariel .

En 1822 un médecin s'intéresse aux  sources du village , en 1862 l'académie impériale de médecine autorise l'exploitation des eaux de Forges qui deviendra Forges les Bains . 

Durant presque un siècle , Forges fut un village de cures thermales , avec les établissements  de santé s'y rattachant , de nombreux baigneurs venaient de Paris par le train , les rues y étaient animées et les commerces prospères . 

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Tout ceci prit fin à la seconde guerre mondiale , le faible débit des sources ne permettait pas à la société les exploitant de lutter contre Vittel ou Evian .

N'empêche que la proximité de Paris et la notoriété du village l'ont rendu attractif et de nombreux bourgeois y établirent leur résidence secondaire . 

C'est ainsi que Monsieur Régnard acquit en 1933 une propriété et ses dépendances dont la ferme du Vaux et mon grand-oncle Camille en devint le régisseur. Sa famille y fut employée : mon grand -père  ma grand -mère ,mon père y naquit en 1935 .

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La vocation agricole du village est très affirmée , on y pratique la polyculture , l'élevage , il y a même des châtaigneraies .

Voici le village dans lequel je suis née en 1962:

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 Le ministre de l'agriculture en 1964,

"voit déjà dans le Parisien de l'an 2000,auquel la semaine de quatre jours de travail donnera la possibilité d'échapper à l'enfer d'une métropole qui comptera,peut-être dix-sept ou dix-huit millions d'habitants , un nomade d'un type nouveau , cherchant un délassement à la campagne ".

( extrait du livre de Marcelle Petit :"L'avenir de Forges-les-bains")

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Mon père,Frédéric, a acheté sa ferme natale en 1970 . Il y mènera sa carrière d'agriculteur , il est encore actif aujourd'hui , donnant de précieux coups de mains à ma soeur , qui tient une pension pour chevaux créée en périphérie du village .

La ferme , quant à elle vit ses derniers jours .

Voici en quelques vues , l'évolution de "mon" pré :

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Au fond , la ferme , et juste devant le pré où je gardais les vaches . Au premier plan , ce sont les prairies de " la pettie garenne"  des champs  réaffectés  car la région est prisée des cavaliers citadins . 

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Quelques mois plus tard.

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L'entrée du village .

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Le pré devenu rue !

La ferme existe encore , côté cour:

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Côté champs , une enfilade de 3 bassins de retenues laissent voir les hangars qui un jour prochain , seront abattus . 

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3 bassins pour protéger le lotissement , nous sommes sur les sources , souvenez vous . 

Alors un siècle après mon aïeul, je me suis déracinée , jusqu'à Fouronnes , où j'ai pu acheter une ancienne ferme . 

J'ai raconté l'histoire de ma famille  dans la continuité de celle de mon village , cela me semble une belle illustration de l'évolution de nos modes de vie , de la façon dont ce qui peut sembler important en un instant T , devient désuet  des lustres plus tard .

Durant 50 ans , j'ai souffert de voir l'univers auquel j'étais attachée , se métamorphoser , ma campagne natale est aujourd'hui , la grande banlieue , celle des nantis .

Les lotissements qui se construisent ont pour vocation d'accueillir ceux qui vont déferler vers le pôle universitaire et technologique de Paris Saclay  

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à cela se rajoute la construction du Grand Paris

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cet incroyable chantier va complètement métamorphoser la région parisienne , les heures d'embouteillage seront pour certains un mauvais souvenir d'antan . 

Le "nomade d'un type nouveau" , "le parisien de l'an 2000" que mentionnait le ministre de l'agriculture de 1964 , est en passe de devenir une réalité . 

Peut être que les raisons invoquées , telles la semaine de quatre jours , ne sont pas encore exactes , mais fuir l'enfer de la métropole , la pollution , le stress vont amener les "ile- de -franciens " à avoir besoin de s'échapper . 

La Forterre , cette région qui me passionne , n'est pas si loin Complice. 

Même si je suis bien aise que sa désaffection

m'ait permis d'acheter , je pense que nous avons beaucoup à offrir , en jouant la carte d'un tourisme vert , sain , écologique ... 

J'ai créé Ortie Rose pour conseiller , mais je ne suis pas bonne commerciale ...et pour le moment , l'entreprise est au point mort . 

Pourtant l'idée est bonne et surtout en adéquation avec l'évolution actuelle de notre société . 

On m'a fait remarquer il y a peu , qu'aussi valable que soit cette idée , je n'obtiendrai rien dans la région , car j'y suis une étrangère , Parisienne de surcroît . 

Soit!

C'est pourquoi , je suis à la recherche d'aides  , d'associés , de co-créateurs .... LOCAUX .

L'idée:proposer de créer et d'animer dans chaque  village, un jardin communal , à l'instar des magnifiques lavoirs  érigés dans la région au XIX ième siècle .

Ils seraient lieux de vie , ouverts à tous , et surtout , lieux de reconnexion avec la nature et  ses bienfaits . 

Pourquoi pas aux abords de ces fameux lavoirs , pour bénéficier de la proximité de l'eau .

Exemple :Fouronnes 

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le lavoir, géré au désherbant 

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comme on peut le voir grace à mes amies les orties . 

Juste au dessus 

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il suffit de monter les marches ,

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le chemin du colombier Surpris

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on peut imaginer la même chose autour du lavoir :ce sont des vivaces , des semis spontanés , des plantes sauvages . 

On peut imaginer des échanges de graines , 

on peut imaginer y promener les écoliers ,leur réapprendre les simples et reconnaître leurs bienfaits .

on peut imaginer , sans ruiner nos édiles , faire revenir un peu de vie au coeur des villages .

Je ne suis pas d'ici , c'est peut-être pourquoi je peux m'émerveiller d'autant de diversité . 

Parfois , prendre une direction différente , ça tient à presque rien , à une idée , une volonté . 

Faire d'une région qui se meurt , une oasis souriante  ça me semble un challenge engageant Complice!

 

Je n'ai pas de leçon à donner , mais j'aime la nature , je connais la synergie qui est sa force , j'ai à coeur de permettre qu'elle puisse être à l'oeuvre , pour le bien de tous , humains y compris . 

Un médecin curieux , à Forges , a insufflé au village une énergie nouvelle grace à de l'eau . 

Pourquoi une jardinière n'en ferait -elle pas de même grace à la végétation locale ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Modifié le

EDF et les déchets

Par Le 10/07/2017

On parle ici de la pollution du site mais qu'en est-il de la santé des ouvriers qui ont dû obéir à des ordres ou qui ont géré tout ça comme ils le voulaient ? Est-ce qu'ils sont réellement informés de ce qu'ils manipulent ?...A la centrale de Brennilis, une commission de sécurité est tombé sur des gants et combinaisons irradiés, rangés dans des placards ou abandonnés sur le site.....

 

Les associations anti-nucléaire sont furieuses et dénoncent les pratiques d'EDF.

Des déchets datant des années 70 et 80 ont été découverts enfouis sur le site de l'EPR de Flamanville en mai 2016. ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

Des déchets enfouis depuis la construction des deux premiers réacteurs de la centrale de Flamanville, dans la Manche ont été découverts sur le chantier de l'EPR, rapporte le Parisien lundi 10 juillet. S'ils ne sont a priori pas dangereux, leur découverte jette le doute sur les pratiques d'EDF.

En mai 2016, sur le chantier de construction du nouveau réacteur de type EPR à Flamanville, un terrassier met au jour des déchets, enterrés à quelques mètres sous le sol. L'autorité de sûreté du nucléaire (ASN) est prévenue, et vient faire des constatations sur place : les sacs plastiques, morceaux de bois, câbles métalliques et tuyaux datent de la construction des deux premiers réacteurs de la centrale, entre 1978 et 1986. Ils n'ont jamais été répertoriés et traités comme ils auraient dû l'être, explique Le Parisien.

L'ASN rapporte que les déchets sont apparemment "non-dangereux". Cependant la découverte jette le doute, et le gendarme du nucléaire demande à EDF des compléments d'information le 7 juillet 2016, qu'elle tarde à recevoir.

Du coup, le 2 juin 2017, l'ASN profite d'une inspection du chantier pour observer plus attentivement les pratiques d'EDF. "Les inspecteurs de l'ASN se sont rendus dans le magasin du site et dans la salle des machines afin d'y examiner les modalités d'entreposage de produits chimiques, peut-on y lire. Ainsi qu'au niveau d'un ouvrage de prélèvement d'eau souterraine afin d'en contrôler les conditions d'exploitation". Les résultats ne sont pas très probants. "L'organisation définie et mise en oeuvre sur le site de l'EPR de Flamanville pour la préservation de l'environnement apparaît perfectible", écrit l'ASN dans une lettre envoyée au directeur de l'aménagement de Flamanville 3 et que Le Parisien a pu se procurer.

L'autorité a demandé à rencontrer des ouvriers ayant travaillé sur le site à l'époque des chantiers de Flamanville 1 et 2, mais en attendant, EDF a dû revoir son plan de gestion des déchets mis au jour. "Certes le groupe a immédiatement pris des mesures pour évacuer ces déchets vers les filières autorisées, selon la chef de la division Caen à l'ASN, Hélène Héron. Mais de nouvelles fouilles ont montré que le volume à extraire était finalement largement supérieur aux estimations de départ."

EDF se veut rassurant, mais cela ne suffit pas aux associations. "Cette histoire est révélatrice de certaines pratiques, qui contrairement à ce qu'affirme EDF, sont encore monnaie courante sur tous les sites. Et nous n'avons aucune garantie sur la non-dangerosité de ces déchets", accuse la porte-parole de Réseau sortir du nucléaire, Charlotte Mijeon, citée par Le Parisien.

EDF - ELECTRICITE DE FRANCE

AREVA

Jeunesse, santé et sport

Par Le 10/07/2017

Il nous suffit de constater la désertification des montagnes et le fait que les gens que nous rencontrons ont principalement notre âge pour valider l'idée que l'activité physique n'est nullement à la mode et que la dégradation des physiques, dès le plus jeune âge, est une réalité indéniable...

 

Santé des jeunes: «On s'en va vers une catastrophe»

La pire dégradation se constate chez les garçons... (David Boily, La Presse)

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La pire dégradation se constate chez les garçons de 17 ans, qui ont vu leur VO2 max - mesure de la capacité cardiorespiratoire - fondre de près de 19,8 % depuis 1982.

DAVID BOILY, LA PRESSE

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DU MÊME AUTEUR

GABRIEL BÉLAND
La Presse

Des données inédites obtenues par La Presseconfirment ce que les professeurs d'éducation physique au Québec constatent sur le terrain : les jeunes Québécois sont de moins en moins en forme.

Malgré des années d'efforts pour inciter les jeunes à bouger, leur capacité respiratoire connaît un recul prononcé au Québec. Les jeunes ont aujourd'hui un VO2 max inférieur d'environ 10 % en moyenne par rapport à ceux de 1982.

Ces résultats représentent « un signal d'alarme » et dressent le portrait d'une situation « dramatique », selon plusieurs experts, qui déplorent les effets de la sédentarité et de l'omniprésence des écrans dans la vie des jeunes.

« Si ça, ça ne convainc pas les gens qu'on s'en va vers une catastrophe, je ne sais pas ce que ça va prendre pour faire changer les choses », lance Mario Leone, le chercheur qui a récolté ces données aux quatre coins du Québec.

 

La pire dégradation se constate chez les garçons de 17 ans, qui ont vu leur VO2 max - mesure de la capacité cardiorespiratoire - fondre de près de 19,8 % depuis 1982.

« Ce sont des données assez dramatiques. Ça annonce des problèmes futurs assez importants », explique M. Leone, directeur du Groupe de recherche sur les aptitudes physiques des enfants de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

«Le VO2 max est un des indicateurs de santé. Un VO2 max à 40 à 17 ans, c'est une valeur qu'on retrouvait avant chez des gens d'une quarantaine d'années. Alors des problèmes qu'on voyait apparaître plus tard, on les voit plus tôt.»

Mario Leone,
directeur du Groupe de recherche sur les aptitudes physiques des enfants de l'Université du Québec à Chicoutimi

« TEST DU BIP-BIP »

Mario Leone, avec d'autres chercheurs québécois, a fait passer des tests à 3000 jeunes du primaire et 2000 du secondaire de 2010 à 2015. Il leur a notamment fait faire le test navette de Luc Léger, le fameux « test du bip-bip » commun dans les écoles du Québec. Il s'agit d'un test de course qui consiste à faire des allers-retours, en augmentant la vitesse, jusqu'à l'épuisement.

Son but était entre autres de comparer les résultats obtenus par les jeunes d'aujourd'hui avec ceux colligés au tournant des années 80 par Luc Léger. Ce test uniforme permet d'estimer la capacité cardiorespiratoire des participants, donc le VO2 max.

Ce que les chercheurs ont constaté, c'est que les jeunes Québécois réussissent moins de paliers que par le passé. Ils ont moins de cardio. Ils ont aussi découvert que la condition physique des enfants, qui se dégradait modérément entre l'âge de 6 et 17 ans en 1982, chute dramatiquement aujourd'hui.

Il y a 35 ans, un jeune garçon perdait 4 % de sa capacité cardiorespiratoire de 6 à 17 ans. Aujourd'hui, le jeune perd près de 17 % de son VO2 max sur la même période.

« Ce que ça veut dire, en gros, c'est que le niveau d'activité physique des jeunes dans les années 80 était suffisant pour maintenir grosso modo la valeur du VO2 max, explique Mario Leone. Maintenant, ce qu'on voit, c'est que ce n'est plus suffisant pour maintenir ça. Plus les jeunes vieillissent, moins ils sont actifs. »

« Ça va aller en empirant si ça continue comme ça, ajoute le chercheur. La pression sur le système de santé, ça va être épouvantable. On parle beaucoup du vieillissement de la population. Mais quand on voit que le taux d'obésité a triplé chez les enfants, on se dit que ces jeunes-là, ils vont prendre des médicaments pendant 50 ans. »

MOINS DE TEMPS POUR BOUGER ?

Cette tendance à la méforme n'est pas propre au Québec : des chercheurs la constatent dans tout le monde occidental. Comment l'expliquer ? À peu près tous les experts consultés par La Presse montrent la sédentarité : les jeunes bougent moins qu'avant, tout simplement, pour une multitude de raisons.

« Ils ont le cours de musique, le cours de ci, le cours de ça... Rendus au cégep, c'est le travail, car ils ont besoin d'argent pour payer le téléphone et l'auto. Ils ont besoin de beaucoup plus d'argent qu'il y a 30 ans », fait remarquer la sociologue du sport Suzanne Laberge, qui s'intéresse à l'activité physique chez les jeunes depuis une trentaine d'années.

« La vie est beaucoup plus demandante que jadis. Ils doivent se battre. Ils sont des numéros. On n'est pas dans une crise de l'emploi, mais ils ont été influencés par la dernière crise financière », note la professeure au département de kinésiologie de l'Université de Montréal.

«Quand [les jeunes] veulent de l'argent, ils le veulent tout de suite. C'est une génération de l'immédiateté.»

Suzanne Laberge,
professeure au département de kinésiologie de l'Université de Montréal

Les spécialistes consultés par La Presse ne prédisent pas un inversement de ce phénomène de sitôt. La chute de la forme des jeunes Québécois inquiète autant les éducateurs physiques que les cardiologues (voir autres textes). Elle pourrait aussi poser des problèmes de recrutement pour le sport de haut niveau.

« Si la quantité d'adolescents en forme diminue, c'est certain qu'il sera plus difficile à l'avenir de trouver des éléments de talent comme on en a encore au Québec. Ça, ça m'inquiète », explique Guy Thibault, directeur des sciences du sport à l'Institut national du sport du Québec (INSPQ).

Les chiffres de M. Leone ne surprennent pas du tout cet homme qui suit l'état de la condition physique des jeunes depuis des années au Québec. « Ça corrobore ce qu'on constate quand on a suivi la situation un peu. C'est déplorable », dit-il.

MÊME CHOSE AU CÉGEP

D'autres données recueillies par La Presse appuient les résultats de Mario Leone. Au cégep de Lévis-Lauzon, par exemple, les éducateurs physiques mesurent, dans le cadre d'un projet ambitieux qui n'a pas son pareil dans le reste de la province, la condition physique d'environ 1000 élèves chaque année.

Les jeunes sont soumis à un test de paliers. Ce que les enseignants du cégep ont constaté, c'est que depuis le début du projet, en 1999, chaque année, de plus en plus de jeunes abandonnent au premier palier, celui qui demande le moins d'efforts.

«C'est comme si au hockey, après l'échauffement, tu ne te rendais pas à la partie. C'est un peu le même principe.»

Daniel Thibault,
éducateur physique au cégep de Lévis-Lauzon

À l'Université de Sherbrooke, des chercheurs ont quant à eux relevé la condition physique et les habiletés motrices des étudiants en éducation physique et en kinésiologie. De 2006 à 2013, ils ont fait passer des tests à ces jeunes qui sont normalement parmi les plus actifs.

« On a constaté une diminution de la condition physique de nos étudiants et aussi de leurs habiletés motrices dans les dernières années », note Félix Berrigan, directeur du programme de baccalauréat en enseignement en éducation physique et à la santé à l'Université de Sherbrooke.

« Ce qui est surprenant, c'est qu'on constate cette diminution chez des jeunes qui se prédisposent à des domaines sportifs. Ce sont de futurs éducateurs physiques et de futurs kinésiologues », dit-il.

>> Lisez l'ensemble du dossier sur La Presse+: Faire un infractus avant ses 30 ans et Revaloriser l'éducation physique

Qu'est-ce que le VO2 max ?

Le VO2 max est considéré comme l'une des meilleures mesures des capacités cardiorespiratoires et de l'endurance. « Le VO2 max se mesure en millilitres d'oxygène extraits chaque minute par kilogramme de votre poids corporel. Plus une personne est capable d'effectuer des exercices aérobiques de haute intensité pendant une longue période, plus son VO2 max est élevé », peut-on lire sur le site de l'Institut de cardiologie de Montréal. Plus la valeur est élevée, donc, plus la personne est en forme. Les experts estiment qu'une personne sédentaire peut améliorer de 30 à 35 % la valeur de son VO2max grâce à l'activité physique.

Bilan et état des lieux.

Par Le 09/07/2017

Texte écrit en décembre 2014... Voilà où j'en étais. Aujourd'hui, c'est officiel, je reprends une classe de 28 CM2 à la rentrée. Le trio Peillon/Hamon/Belkacem est passé et il reste un champ de ruines. De mon côté, il me reste deux ans pour atteindre l'âge de la retraite. Je ne m'étais pas trompé il y a trois ans quand j'ai refusé d'appliquer cette réforme. Je n'imaginais pas, par contre, ce que j'allais endurer dans le giron de l'administration. La liste des dégâts collatéraux est longue. Mon corps a subi ce que ma tête ne parvenait plus à gérer, comme un territoire ravagé par deux armées. Mes convictions ou mes valeurs et en face le rouleau compresseur du ministère. Je ne regrette rien en tout cas. Ce fut également l'occasion de voir, encore une fois, à quel point les "relations professionnelles" sont fragiles dès lors qu'on se place en dehors du cadre... Il m'est très réjouissant de savoir que mes anciens ..."collègues"... ont demandé à l'inspecteur de revenir à la semaine des quatre jours...Je ne m'étais pas trompé...
 





« Vous ne pouvez plus enseigner ou vous ne voulez plus enseigner Mr Ledru ?

-Les deux, Docteur. C’est un burn out moral, physique et idéologique. Depuis quatre ans déjà, je sentais que j’étais au bout, nerveusement, moralement, physiquement, un épuisement complet, l’impression de ne plus parvenir à ressentir le bonheur que j’avais eu jusque-là à vivre avec des enfants et à enseigner. Et puis est venu s’ajouter à cette déliquescence, cette trahison de l’État, cet engagement hiérarchique dans une désintégration du système éducatif.

-C’est peut-être exagéré comme conclusion, vous ne croyez pas ?

-Oui, je sais, Docteur, je suis paranoïaque…Vous n’êtes pas tout seul à le penser.

-Je n’ai pas dit ça, Mr L. Je cherche juste à comprendre.

-Et bien, imaginez qu’une instance dirigeante, l’Ordre des médecins ou l’État lui-même vous impose un cadre professionnel extrêmement perturbant. Imaginez par exemple que votre degré de prescription soit limité par une barrière, un seuil à ne pas dépasser. Vous disposez d’un stock médicamenteux mensuel et c’est à vous de le répartir sur vos patients. Une fois atteint ce seuil financier imposé par votre hiérarchie, vous êtes dans l’obligation de suspendre vos prescriptions. Il vous restera deux solutions : au début de chaque mois, vous prescrivez ce que vos patients ont besoin, sans aucune limitation, parce que vous jugez que le traitement doit être complet pour être efficace mais inévitablement, avant la fin du mois, vous ne pourrez plus rien prescrire à vos patients. Vous aurez atteint le seuil imparti. Ces patients ne seront pas soignés. Soit ils iront voir ailleurs, soit ils reviendront vous voir en début de mois suivant. Mais ils seront donc encore plus atteints et il vous faudra redoubler les prescriptions, ce qui entamera encore plus vite le stock autorisé. Ou alors, vous déciderez en début de période de limiter vos prescriptions pour essayer d’atteindre la fin du mois sans être totalement démuni. Mais vos patients n’auront donc à disposition qu’un traitement parcellaire et il est probable que ça sera insuffisant. Certains rechuteront avec davantage d’ampleur et vous devrez renouveler les traitements ce qui viendra entamer encore une fois le stock disponible. Aucune solution ne sera satisfaisante et vous réaliserez rapidement que vous ne pouvez plus respecter vos idéaux, que vos convictions et votre sens du devoir sont irrémédiablement rognés par ces limitations. Et bien, c’est ce que je vis depuis deux ans.

-Je pense que dans mon cas, cette situation n’est pas envisageable. L’État ne peut pas intervenir de la sorte.

-C’est également ce que je pensais il y a encore deux ans. Il faut croire que nous sommes très naïfs et vous l’êtes donc tout autant que moi. Jusqu’ici l’État vous demande d’être modéré dans vos prescriptions et vous n’envisagez pas qu’un jour il puisse s’agir d’injonctions avec des menaces financières ou autres. Ce que je dis est donc tout à fait réalisable. Rien n’est impossible pour les financiers. Il suffit de trouver le moyen de convaincre la population que c’est pour leur bien. C’est pour ça que les Politiciens existent. Ils sont les porte-parole des Financiers. C’est tout.

-Vous considérez donc qu’il n’est plus possible d’enseigner aujourd’hui.

-Non, absolument pas. Puisqu’il reste encore des milliers d’enseignants dans les classes. Mais c’est la qualité de l’enseignement qu’il n’est plus possible de préserver. Si l’État venait restreindre vos prescriptions de façon drastique, jusqu’à vous menacer de sanctions diverses et avec un contrôle coercitif très puissant, vous continueriez de pratiquer mais en sachant que vous ne respectez plus vos idéaux. Beaucoup d’enseignants vivent aujourd’hui avec ce dilemme constant, cette torture idéologique. Pour ceux et celles qui ont une idéologie, bien entendu. Je ne parle donc pas des fonctionnaires-enseignants mais uniquement des Enseignants. Vous voyez la différence ?

-Oui, j’imagine assez bien. Entre l’apathie et la passion.

-Voilà, c’est ça. On peut dire aussi entre la soumission et la désobéissance. Mais cette lutte idéologique génère une pression énorme et elle vient s’ajouter aux difficultés inhérentes du métier, comme un poison quotidien. Vous voyez tous les jours les insuffisances chroniques de votre pratique, non pas parce que vous n’êtes pas compétents mais parce que vous êtes considérablement bridé, enfermé, limité, contraint. Jour après jour, ces insuffisances, ces manques, ces limites vous renvoient une image négative de vous-même, jusqu’à ressentir une honte, un malaise qui vous ronge. Vos patients subissent, non pas votre incompétence mais votre obéissance. C’est ça que je ne supporte pas. Jusqu’à en tomber malade, jusqu’à ne plus me supporter moi-même.

-Mais vous n’êtes pas responsable de ces injonctions ?

-Je suis responsable de leur application. Toute la problématique est là. Soit je décide de lutter au mieux pour soulager mes élèves comme vous pourriez lutter pour soulager vos patients mais vous voyez bien que dans ce cas-là, jamais, vous ne pourrez appliquer intégralement vos idéaux. Vous ne ferez qu’appliquer des pansements sur une plaie qui continuera à s’infecter sans jamais pouvoir intervenir sur la cause même de cette plaie. Soit je refuse d’obéir. Parce que moralement et physiquement, je n’ai plus la force pour maintenir cette lutte, parce que je n’accepte pas l’idée que j’accueille des enfants dans un contexte qui porte inévitablement atteinte à leur bien-être. Vous comprenez que c’est antinomique, totalement contradictoire. J’ouvre ma classe avec l’idée fondamentale d’œuvrer au développement équilibré et bienveillant de mes élèves en sachant qu’inévitablement, je leur fais du mal, je leur impose un cadre déstructurant. Avec des effets désastreux. Tout comme vos patients qui ne pourraient plus bénéficier d’un traitement adapté et complet. Les plus faibles risquent même de dépérir. Imaginez cette situation Docteur, imaginez que tous les jours, vous soyez amenés à abandonner une partie de vos patients, parce qu’ils sont déjà trop faibles pour lutter contre la maladie qui les touche et que vous ne disposez plus des moyens nécessaires pour les sauver. C’est ce qui se passe aujourd’hui pour des milliers d’enfants. Essayez de ressentir clairement en vous ce que cette situation génère… Qu’est-ce qui se passe en vous ? Comment vous sentez-vous Docteur ? »

Se nourrir en pleine conscience

Par Le 08/07/2017

 

Quand on part en montagne, alors qu'on sait qu'on va marcher plusieurs heures, on ne prend quasiment rien à manger : un biscuit montagne, fait maison par Nathalie et une pomme. C'est en fait largement suffisant. L'organisme possède bien assez de réserves énergétiques. On part avec 1 litre d'eau chacun ou du thé en hiver. 

Maintenant, qu'en est-il lorsqu'on mange au sommet d'une montagne après avoir marché pendant des heures, et que dans un état contemplatif lié aux paysages et au repos du corps, l'esprit se retrouve dans un calme profond ? 

C'est là que j'ai appris,vraiment, à manger en pleine conscience. Pendant une bonne partie de ma vie, j'ai mangé pour me remplir, juste pour le plaisir de la satiété.

"Ah, j'ai bien mangé" est une expression qui désigne fortement le fait d'être "calé" et non d'avoir "bien" mangé.

Bien manger peut donc signifier :

Qu'on a le ventre plein.

Ou alors que la nourriture et les plats étaient de grande qualité.

Ou alors, enfin, que l'individu a mangé en pleine conscience.

De quoi s'agit-il ? 

De réaliser, totalement, que cette nourriture est à bénir, que la terre nous donne ce dont nous avons besoin, que la chair de cette pomme est emplie de soleil et des sucs de la terre, qu'il faut en délecter le cadeau, le mâcher et le mâcher encore, sans le quitter des yeux, intérieurement, en sentir les parfums et les goûts, la densité de la matière, faire en sorte que chaque bouchée soit considérée comme la dernière, l'ultime repas avant la mort, et honorer la vie qui est là.

Lorsque j'étais jeune, je mangeais comme un aspirateur et je pesais 65 kilos à 14 ans. J'en pèse 55 aujourd'hui et je vais avoir 55 ans. Chose étrange, j'ai découvert cette conscience de manger après être devenu végétarien comme si le fait de ne plus manger d'animaux morts, je ne me sentais plus obligé de me dépêcher de les avaler. Même si rien n'était conscient. 

Mais ça l'est aujourd'hui.

Alors, je suis debout sur un rocher et je contemple le paysage avec un regard évanescent, poreux, voyageur et je me délecte de cette pomme que je sens ruisseler en moi. 

Et je remercie la terre du présent. 

 

 

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